Choriste du mois


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 04. Happy Birthday, Cat.

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Age : 26 ans
Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
Humeur : Changeante
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MessageSujet: 04. Happy Birthday, Cat.   Lun 13 Déc - 15:39

« Joyeux Anniversaire, Kitty ! » entendit-elle et la porte de la chambre s’ouvrit à la volée et fronçant les sourcils dans son sommeil, Ecaterina sentit son matelas si confortable s’affaisser alors que Dorian sauta dessus comme un dératé cherchant à tout prix à se faire une place à ses côtés et l’étreignant de toute ses forces alors qu’elle ouvrait timidement les yeux, la mine stoïque « Allez, petite marmotte ! Réveille-toi, oh ! Tu as dix-sept aujourd’hui ! » Dorian la secoua et la jeune fille daigna esquisser un sourire douloureux avant de le regarder. Les yeux de son frère scrutèrent son visage avec une certaine émotion. Une émotion qu’Ecaterina trouva déplacée et qui la gêna, plus que tout. Ils étaient proches, c’est vrai mais le fait que Dorian semble vouloir fondre en larmes à l’évocation de l’âge de sa petite sœur était une chose que la blondinette ne pouvait pas gérer. Alors que son musicien de frère s’apprêtait à déposer un baiser sur son front, le réveil sonna de toute la puissance de ses piles qui étaient en train de rendre l’âme : sauvée par le gong. L’adolescente ne se fit pas prier et se défit habilement des bras musclés de son frère qui l’étouffait et jeta par-dessus sa silhouette l’amas de couvertures qui la maintenait au chaud puis sortit du lit, bien décidée à fuir cette situation particulièrement embarrassante. Seulement, il semblait entrain à fêter ce jour comme il se devait et d’un même geste ils s’approchèrent de la porte grand ouverte, se précipitant de toute la force de leurs jambes pour arriver en premier mais, Dorian fut plus rapide et il lui barra le passage, s’accotant à l’encadrement de la porte, il écarta les bras sur toute la largeur de l’entrée et fixa sa petite sœur, les yeux plissés « Je t’ai préparé ton petit dej’ préféré : pancakes, confiture de myrtilles, kiwis et jus d’orange. » annonça t-il et la jeune fille maintenu son regard, les sourcils haussés. Elle n’y croyait pas et souriant l’air moqueur, elle croisa les bras. Un air désinvolte s’affichant sur son visage ensommeillé, elle pencha la tête sur le côté « Tu as fais des pancakes ? Toi, à 6h30 du matin ? » le taquina t-elle. Réprimant un rire qui resta coincé dans sa gorge extrêmement sèche et elle posa ses doigts sur ses lèvres pour ne pas laisser échapper ce rire qui donnait l’impression de vouloir se frayer un chemin entre les méandres de ses cordes vocales et alors que les yeux clairs de son frère s’écarquillèrent comme particulièrement choqué que sa sœur puisse penser qu’il n’était pas assez débrouillard pour se servir d’une poêle tout seul, il croisa les bras à son tour, gonflant les joues en faisant mine de réfléchir puis il leva les bras au dessus de sa tête avant de frôler de son poing la frêle épaule de la jeune fille qui ne put contenir son rire plus longtemps « C’est ça, marre toi. Tu es ma sœur. Je serais même prêt à mâcher ta nourriture avant de la donner, si tu n'avais plus de dents et puis quoi ? C’est ton anniversaire, frangine. Souris à la vie, profite de la journée… de ma gentillesse, surtout. Allez, les pancakes vont refroidir. » trancha t-il. Ecaterina fronça le nez, écœurée face aux dires du jeune homme et quand il quitta la chambre avant elle, la pointant de son index avec ce petit air faussement arrogant qu’il se donnait pour impressionner la galerie, elle soupira.

Le douze décembre. On était le douze décembre. Ecaterina n’en revenait pas de la vitesse à laquelle les jours passaient. Son anniversaire n’avait jamais été un évènement. C’était un jour normal. Qui plus est, elle n’aimait pas particulièrement qu’on le lui souhaite. Elle se sentait touché qu’on puisse s’en souvenir mais, c’était tout. En fait, elle ne parvenait pas expliquer pourquoi elle se sentait si triste à cet instant mais, quand elle arriva dans la cuisine et qu’elle s’approcha de la table, son assiette dressée avec originalité, elle ferma doucement les yeux en souriant : Dorian avait prit le soin de dessiner un petit smiley mignon avec le pancake qui représentait la tête, les rondelles de kiwis les yeux et la confiture de myrtille le large sourire qu’il c’était appliqué à dessiner du bout de la cuillère qui était encore dans le pot ouvert près de son verre de jus d’orange. Elle s’en voulait de ne pas être aussi enthousiaste que lui à l’idée d’avoir dix-sept ans. Ce n’était qu’un chiffre, rien de plus. Elle s’installa devant son assiette, remerciant le jeune homme d’un signe de tête hésitant et avala son petit déjeuner se donnant la peine de, tout de même, féliciter son frère de ses progrès notoire en cuisine. Une fois terminée, elle se leva et alla se préparer pour aller en cours et une fois toute ces choses auxquelles elle était dorénavant habituée de faire de si bon matin, accomplies elle s’apprêta à quitter l’appartement pour se rendre au lycée mais Dorian se précipita une nouvelle fois sur elle et posa ses mains sur ses épaules, pliant les genoux pour lui faire face. Il la regarda une nouvelle fois droit dans les yeux.

« Ne traîne pas, ce soir. On ira dîner au Breadsticks et tu auras tes cadeaux là-bas. » dit-il et il sourit de toute ses dents et regarda sur le côté en fronçant les sourcils « Jn'ai pas eu le temps de les emballer. Mais ! Je suis sûr qu’ils te plairont. » Posant une main sur le haut de son crâne, il lui ébouriffa les cheveux avec satisfaction alors que Cat émit un miaulement de rage puis, il l’embrassa sur le joue. Les yeux grand ouverts, il lui ouvrit la porte comme un groom particulièrement collant « Passe une bonne journée et surtout : ne fais rien de ce que je n'ferais pas. » ajouta t-il en prenant un air solennel, la main posée sur son cœur. L’adolescente s’arrêta soudain, le fixant avec agacement, elle rétorqua en roulant des yeux « Je vais au lycée, Dorian, qu'est-ce que tu crois ? » lança t-elle en avançant sur le palier et se retournant pour le voir une dernière fois. Dorian lui lança un regard signifiant que quand même, ce n’était pas une raison et il lui claqua la porte au nez, exécutant une dernière petite courbette ridicule qui fit sourire la blondinette.

Ecaterina descendit les escaliers pour sortir de l’immeuble et tourna à l’angle du rez-de-chaussée quand elle bouscula malencontreusement son voisin de pallier qui n’était autre qu’un membre de l’équipe éducative du lycée et qui sortait de l’ascenseur, très élégant comme toujours. Bryan Ryan. Elle savait qu’il était directeur de la chorale rivale à celle que fréquentait Finn et ça lui importait peu, en réalité. Elle n‘était pas très portée sur cette rivalité qu‘elle jugeait complètement stupide et désuète. Aussi, elle ne manquait pas de lui dire bonjour quand elle le croisait, ce qu’elle fit d’ailleurs tout en s’excusant. La jeune fille le gratifia d’un dernier sourire avant de se diriger de son pas gracieux vers les boîtes aux lettres à quelques pas de l’entrée et fit tinter son trousseaux de clefs et y inséra la plus petite dans la serrure, elle l’ouvrit en pivotant la tête; un paquet y était déposé. Cat fronça les sourcils et le sortit de la boîte. Son regard sceptique s’arrêta sur l’adresse de l’expéditeur et elle esquissa un sourire timide. C’était son père qui le lui avait envoyé. Elle resta un moment à contempler la boîte en carton qu’elle tenait dans les mains, hésitant longtemps avant de détacher la carte qui était accrochée sur le dessus mais, elle fut sortit de sa torpeur n’ayant pas le temps de le faire quand dans le hall, elle entendit descendre les enfants du cinquième étage, discrets comme pas possible; elle n’avait pas vraiment envie de l’ouvrir maintenant et décidé à ne pas revenir sur sa décision aussi vite, elle quitta l’immeuble en trombe pour ne pas louper son bus qui l’attendait déjà devant l’arrêt.

Dans le bus scolaire, la jeune fille posa ce paquet sur ses genoux, le fixant discrètement, le cœur battant à tout rompre. C’était son premier anniversaire depuis la mort de sa mère. Un anniversaire qu’elle aurait dû fêter normalement. C’est vrai, c’était Annabelle qui l’avait toujours empêché de vivre comme les autres. Elle lui avait volé ces moments. Elle lui avait volé son enfance et même, une partie de son adolescence. Toutefois, Ecaterina ne se sentait pas d’attaque à faire ça. A faire une fête, souffler ses bougies et faire des vœux qui ne se réaliseraient pas de toute façon alors, à quoi bon ? Elle ne savait même pas ce qu’elle voulait, elle était si indécise. Le paquet sur ses genoux pivota quand soudain le bus s’arrêta devant le lycée. Il lui fallut du temps avant de se rendre compte qu’elle était arrivée à destination et c’est l’élève assit à côté d’elle qui lui secoua doucement l’épaule pour qu’elle sorte enfin. Dans l'agitation habituelle, Ecaterina descendit du bus et rejoignit le hall d’entrée sans réellement prendre conscience du trajet qu’elle effectuait. Pourquoi fallait-elle qu’elle soit si compliquée ? Dorian semblait tellement heureux de fêter son anniversaire avec elle et elle, elle pensait à sa mère. A ses années à vouloir connaître ce qu’elle avait manqué et aujourd’hui qu’elle avait la possibilité de le faire, elle reculait, craintive. C’était tout elle. Arrivant dans le couloir, elle prit une grande inspiration - rituel qu’elle avait instauré depuis sa première journée au lycée et fit un pas en avant. Seulement, elle n’avança pas. Elle ne se sentait pas capable d’aller en cours. Ce paquet dans les mains, elle se fit bousculer sans ménagement par un élève qui prit tout de même la peine de s’excuser mais Ecaterina n’était pas d’humeur à lui répondre, à lui dire que ce n’était rien. Elle fixa le couloir et quelques élèves. Son regard vacillant d’un visage à un autre et clignant des yeux quand elle sentit une bouffée d’air qui lui était impossible d’expirer se coincer dans sa gorge qui lui picotait, elle fit volte-face et traversa la grande allée droite comme un piquet.

Elle ne savait pas où elle allait. Le sang battait à ses tempes et un bourdonnement désagréable lui résonnait dans les oreilles. Le paquet étroitement maintenu entres ses doigts crispés, sa course fut longue mais il fallait qu’elle s’arrête et tournant dans l’aile droite, elle entra dans la première salle qui s’offrait à elle. S’adossant au mur tout de suite à l’entrée, la jeune fille souffla de toute la force de ses poumons, la respiration saccadée. Elle ouvrit les yeux et regarda le plafond qu’elle ne parvenait pas réellement à distinguer puis, elle scruta l’endroit prenant conscience enfin, de où elle était : l’amphithéâtre. Elle ferma les yeux furtivement et glissa une mèche de cheveux derrière son oreille avant de se décoller du mur et de s’avancer dans l’endroit, descendant les quelques marches qui menait aux sièges vides plutôt machinalement. La première fois qu’elle était venue dans cet endroit, elle avait été impressionnée. C’était un moment qu’elle essayait d’oublier mais, si Finn ne l’avait pas emmené elle n’aurait sans doutes jamais eu le courage d’y entrer. Elle trouvait cet endroit fantastique. Ses sièges rouge bordeaux, parfaitement alignés. Sa grande scène, toujours illuminée et les instruments qui y trônaient. La jeune fille sentit qu’elle pouvait respirer à nouveau normalement et avançant lentement vers le premier rang de sièges qui s‘étendaient à côté d‘elle, elle s’assit, le regard fixé sur la scène devant elle. Si elle aimait la scène ? Pas vraiment, en réalité. Mais, elle voulait faire plaisir à son frère. Et puis, chanter dans des bars et sur la scène d’un amphithéâtre, c’était complètement différent peut-être prendrait-elle du plaisir à s’y produire. Elle préféra ne plus y penser, de toutes façons ça n’arriverait jamais et ses yeux se reposèrent sur le paquet qu’elle tenait entre les mains. Ses paumes étaient moites et elles avaient laissés une trace grisâtre sur le carton de la boîte. Déposant son sac sur le siège d’à côté, retirant son écharpe de son cou qui bouillonnait, elle détacha la carte qui y été accrochée et la lu d’une traite, sentant les larmes lui monter aux yeux alors que glissant son doigt dessous le carton, il céda et laissa apparaître la couverture d’un livre qu’elle ne pu prendre tout de suite, occupée à relire le petit mot :

« C’est un exemplaire des Hauts-de hurlevent. Je l’ai trouvé chez un antiquaire, il est écrit en vieil anglais et les pages sont abîmées mais, je connais ta passion pour les livres. Peut-être que tu vas me haïr, je sais à quel point tu détestes ce livre seulement, j’ai bien l’intention de te faire changer d’avis; lis-le, en pensant à moi. Joyeux anniversaire, ma chérie. Je t’aime, Papa. » Ecaterina se mit à rire, les larmes coulant sans qu’elle ne puisse rien faire sur ses joues rafraîchit par le froid extérieur. Son père savait toujours quoi lui offrir et même quand il avait quitté la maison, il continuait à lui faire des cadeaux et à lui envoyer des cartes, toujours bien écrite. C‘était une tradition à laquelle elle tenait, bizarrement compte tenue de son aversion pour son anniversaire. Enfin, il tapait souvent juste et là même si, il disait vrai, elle détestait ce livre plus que n’importe quel autre, elle avouait que ses feuilles jaunies et sa couverture vieillotte la touchait tellement. Son rire s’intensifia pendant qu’elle séchait ses larmes d’un revers de main. Ecaterina ne pleurait pas souvent. En fait, elle ne pleurait jamais mais, aujourd’hui, elle savait bien que tout garder pour elle était inutile. Elle avait le cœur bien trop lourd pour faire bonne figure. Son rire était devenue incontrôlable et refermant la carte entre ses mains, elle continua à fixer le livre encore dans le paquet alors que son rire rauque se transforma en des sanglots qu’elle tenta d’étouffer en posant une main sur sa bouche; il ne lui restait plus qu’à se souhaiter à elle-même, un joyeux anniversaire.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Sam 14 Jan - 18:12, édité 18 fois
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MessageSujet: Re: 04. Happy Birthday, Cat.   Lun 13 Déc - 18:58

L’épaule posée sur l’encadrement de la porte, Calvin observait sa sœur dormir, un sourire triste aux lèvres. Le réveil affichait six-heure cinquante-huit, une heure qu’il trouvait tôt pour songer à réveiller un petit ange. Mais depuis quelques années, monsieur et madame Collins avaient choisi de noyer leurs pensées grâce au travail. Il ne passait plus de temps avec leurs enfants depuis que l’un d’entre eux avait commis l’acte irréparable. Mais il était trop aveuglé par ce drame pour voir que leurs enfants, et surtout Jade, avaient besoin d’eux. Au lieu d’être là, ils trouvaient le moyen de travailler deux fois plus et voir la famille réunis se faisait assez rare. Calvin s’occupait alors de sa sœur comme il le pouvait. Comme ce matin où il s’apprêtait à enlever sa sœur des bras de Morphée à cette heure indécente. Qui pouvait-il ? A part essayer de rendre cet instant aussi agréable que possible. Lui était déjà habillé, accoutré dans des vêtements de jeune homme sérieux et mature. Une heure plus tôt, son réveil l’avait dérangé en plein milieu d’un rêve. Ce genre de rêve qu’on ne souhaite pas quitter tant il est chaleureux, bien qu’irréaliste. Mais de sa naturelle bonne humeur, il avait posé son pied droit sur le sol et s’en était suivi une préparation rapide et organisé pour lui permettre d’être libre pour sa sœur, plus jeune. Le réveil afficha sept heures et le jeune homme osa quitter sa position bienveillante pour aller s’assoir auprès de sa sœur. Glissant ses doigts dans les cheveux de Jade dans une douce caresse, il lui chuchota : « Jade, c’est l’heure de te réveiller ma puce. ». L’enfant rumina comme à son habitude. Puis elle enchaina des mots presque incompréhensibles. Cependant, Calvin put les traduire, maintenant habitué. Cela donnait un peu : « Man m’amène c’matin, laisse moi dormir cor. ». Malgré un petit rire amusé, cela lui déchira le cœur que de lui avouer : « Maman est partie plus tôt ce matin, il ne reste plus que nous deux. Je t’amène chez Sarah avant d’aller au lycée. ». Bougonnant une nouvelle fois, Calvin se leva et sortit de la chambre. Il connaissait sa sœur et dans une dizaine de minute, elle serait dans la cuisine à réclamer son petit déjeuner.

Ces matins là, Calvin y était habitué. Il ne les aimait pas. Non pas qu’il n’aimait pas passer du temps avec sa sœur, ni s’en occuper. Non, il ne les aimait pas parce qu’il savait que cela affectait cette dernière. Il savait qu’il n’y pouvait rien et que les reproches qu’il avait pu faire à ses parents n’avaient été qu’un écho inaudible dans leurs oreilles. Mais ce n’était pas une vie pour une enfant. S’étant préparé un deuxième café, pendant qu’il le buvait adossé contre les meubles de la cuisine, il observa sa sœur déjeuner, les yeux fatigués, parlant de la journée qui se préparait pour elle. Noël approchait, les vacances aussi, mais elle n’était pas très enthousiaste. Et pour cause, cette période n’était pas très exploitée par la famille Collins. Plus depuis que l’un d’eux était en prison. C’était dommage car le jeune homme avait adoré cette fête autrefois et tentait tant bien que mal d’y reprendre goût. C’était ainsi qu’il s’était retrouvé à organiser une journée porte ouverte à son lycée. Mais ceci était aussi synonyme de pression.
Jade ayant terminé de se préparer, tout deux filèrent dans le froid glacial de cet hiver. Calvin prit sa voiture, titulaire du permis depuis quelques années déjà. Et c’est avec prudence qu’il s’engagea sur les routes. Ca allait être une longue journée. Et bien qu’il fit mine devant sa sœur d’aller bien, il avait ce point au ventre dût à un fort stress qu’il aurait toutes les peines du monde à contrôler.

Et à peine était-il arrivé dans le lycée qu’il comprit que sa journée serait pénible. En fait, il commençait à regretter ses initiatives. Noël, il voulait l’apprécier pour lui. Mais en essayant, il se noyait dans la foule et détestait cela. Quelques secondes après avoir passé la porte d’entée, une ruée de New Directions s’était dirigé vers lui pour lui reprocher d’avoir proposé les Awesome Voices comme choriste pour la journée de porte ouverte. Calvin n’aimait pas cette compétition entre des élèves du même lycée. C’était puérile et sans saveur. Il avait été évidant, pour lui, que les deux chorales auraient la même place et Will Schuester était aussi de cet avis. Mais certains n’aspiraient qu’à être les uniques. C’est en leur répondant du mieux qu’il put qu’il sentit une bouffée de chaleur désagréable montrer à son visage. Des Awesome Voices, ayant entendu certains propos, se mêlèrent alors à la conversation. Cela commença à devenir insupportable. Il aurait aimé être vulgaire pour les faire taire, mais n’en eut pas le courage. Alors que le groupe piaillait à ses oreilles sans qu’on ne s’adresse réellement à lui, Calvin se fraya un chemin et parcourut les couloirs en tentant de cacher son visage. Cette célébrité soudaine était aussi étouffante que s’il avait été placé dans un four en préchauffage. Courant presque, il se dirigea vers l’amphithéâtre qu’il savait vide à cette heure. C’était l’avantage d’être l’organisateur. Forte heureusement, plus il s’enfonçait dans l’aile, moins il y avait de monde. Regardant à gauche et à droite, il s’engouffra dans la grande salle en soupirant son anxiété. Son envie, c’était de chanter sur la scène la chanson qu’il s’était préparé depuis quelques jours. Mais alors qu’il pensait qu’il serait accompagné par sa solitude, il entendit des sanglots. Pas très loin de lui, une tête blonde semblait malheureuse. Fronçant les sourcils furtivement, l’air de son visage exprima ensuite de l’inquiétude. Avec douceur, il marcha jusqu’à l’âme en peine et, peu curieux d’origine, se demanda qu’elle était la cause de ce chagrin. Observant alors ce qu’elle avait sur les jambes, il ne put s’empêcher de rompre le silence :

« C’est assez malvenu de lire ce genre de livre avant les cours. » dit-il pour alléger l’atmosphère. « Ce livre est un moyen de torture à lui tout seul envers ceux qui ont un cœur déjà blessé. » renchérit-il. « Je peux m’assoir ? » demanda-t-il en s’asseyant avec une lenteur poli. La question était, en effet, posé pour qu’elle puisse lui donner une réponse et il la suivrait malgré son geste.

Il ne savait absolument pas si ces pleures étaient du à ce bouquin ou s’il s’agissait d’une histoire plus personnelle. Il voulait juste débuter une conversation sans l’éternel : Salut, ca va ? d’un air enjoué, qui pour cette fois, n’était pas du tout approprié. Mais en observant ce livre d’une édition précise, il se douta, après réflexion, que tout ceci n’était pas qu’une histoire de lecture, mais plutôt de choses plus profondes.

« Est-ce que ça va ? » demanda-t-il alors avec une certaine douceur dans sa voix. Lui, peu causant avec les autres, n’aimait pas voir des personnes malheureuses. C’est pour cela qu’il était bénévole pour faire sourire les enfants à l’hôpital de Lima. C’était donc dans sa nature d’essayer de la consoler, malgré ses démons à lui.
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MessageSujet: Re: 04. Happy Birthday, Cat.   Lun 13 Déc - 20:58

Quelqu’un lui avait dit un jour que pleurer avait des vertus thérapeutiques. Pourtant, Cat ne c’était jamais autant sentit mal de toute sa vie. C’était terrible d’être assise dans cet endroit, ce livre sur ses genoux venant d’une personne qu’elle chérissait de tout son cœur qui lui manquait tellement et ne pouvoir rien faire d’autre que de pleurer. Elle ne pouvait même pas profiter du moment. Se dire que son père avait pensé à elle, cette année encore. Qu’il avait prit du temps pour choisir ce cadeaux avec attention, tout en prenant en compte ses goûts et que ce mot qu’elle tenait dans les mains avait été écrit avec tendresse, qu’il l’avait frôlé avec ses doigts y laissant peut-être son odeur avant de le lui envoyer. Sa gorge la faisait souffrir, elle avait soif et elle remarqua en passant furtivement ses mains sous ses yeux que son mascara était en train de couler avant de porter la carte à son visage, humant le carton qui ne dégageait, malheureusement aucune odeur particulière. Son père avait été absent, longtemps. Elle lui en avait voulu de l’avoir abandonné mais dans le fond, elle le comprenait. Tenir tête à une femme comme sa mère avait été une chose impossible, même pour elle qui était sensée avoir de l’importance à ses yeux. Si elle regrettait d’avoir refusé d’être à l’entière charge de son père ? Parfois mais, elle avait décidé de vivre avec Dorian pour le protéger et non pas parce qu’elle avait la rancune tenace. Sanglotant, elle ferma les yeux un moment. Elle devait être la jeune fille la plus bizarre de ce lycée. Elle était consciente d’être une espèce de mystère et d’avoir un caractère difficile à cerner. Elle s’en félicitait, de temps en temps parce que cela lui permettait de se cacher des autres et de jouer un jeu dont elle seule connaissait les règles : rester impassible, se taire et observer. Aujourd’hui, elle aurait dû profiter de son anniversaire pour laisser s’exprimer l’autre facette de sa personne. Celle qu’elle était avec son frère. La jeune fille naturelle et douce qui avait un sens de l’humour aiguisé mais elle n’y parvenait pas et elle éprouvait de la culpabilité à être une personne complexe. Secouée de sanglots, la jeune fille rouvrit les yeux, la vue brouillée par ses larmes et elle inspira profondément, la respiration saccadée par des spasmes incontrôlables. Elle regarda devant elle, fronçant les sourcils alors que l’éclairage de la scène lui fit plisser les yeux et elle reporta soudain son attention sur le livre qu’elle tenait délicatement entre ses doigts. Elle décida qu’il était peut-être temps d’y jeter un coup d’œil; elle posa avec parcimonie la carte à côté d’elle, sur son écharpe roulée en boule et son sac posé sur le siège et ouvrit l’ouvrage sans plus attendre, son visage encore humide.

Dans le silence de l’amphithéâtre, un sanglot se faisait plus audible qu’un autre quelquefois mais au fur et à mesure, Ecaterina parvenait à se calmer même si les larmes continuèrent de s’échapper de ses magnifiques yeux bleus. La jeune fille ne s’y connaissait pas en matière d’antiquités. En revanche, elle devait reconnaître que ce livre devait sans doutes avoir une certaine valeur et elle se mordilla la lèvre inférieure quand elle tourna les pages lentement. Sa main droite frôlant la page jaunie du vieux manuscrit, elle ressentit une vague de tristesse l’envahir à nouveau et avant qu’une nouvelle larme n’ait le temps de couler, elle sursauta vivement quand quelqu’un s’adressa à elle. Par réflexe, la blondinette leva la tête et sa fameuse larme s’échoua sur sa main tendue sur la page sur laquelle elle était posée et elle se sentit ridicule, prise sur le fait, comme un enfant prêt à se faire gronder pour avoir osé mettre le doigt dans le pot de confiture. Elle détourna le regard alors que le jeune homme en face d’elle lui demanda si il pouvait s’asseoir, elle opina du chef pour lui faire comprendre qu’il le pouvait et retira le mot, son sac ainsi que son écharpe du siège voisin pour qu’il puisse s’installer et enfin elle referma le livre, ses yeux se perdant à contempler la couverture, elle glissa la carte de son père à l’intérieur.

« Je déteste ce livre. » osa-t-elle avouer alors que sa voix était voilée, teintée de sanglots. D’ailleurs, elle s’en rendit compte et elle esquissa un sourire plein de tristesse, tournant son visage taché par le mascara qui n’avait pas tenu le choc, elle regarda en l‘air, rectifiant sa phrase lentement « Pas ce livre… » insista-t-elle, désignant celui qu’elle tenait dans les mains « … mais le roman, je le déteste. » précisa-t-elle une nouvelle fois avant de baisser les yeux, les clignant en haussant un sourcil « Tout le monde considère qu’il s’agit d’une histoire d’amour merveilleuse. Mais, je crois que c’est une erreur. Heathcliff et Catherine n’avaient rien à faire ensemble, ils n’auraient même jamais dû se rencontrer. » Séchant ses larmes d’un revers de main, elle pinça les lèvres un moment avant de soupirer doucement et de pencher la tête, prenant soin de ne pas regarder celui qui était assit à côté d’elle. Elle laissa échapper un rire et elle posa la tête sur le siège qu’elle occupait, ayant une vue d’ensemble du plafond qui s’étalait devant elle « Catherine était une calamité. » reprit-elle « Et Heathcliff, un garçon trop gentil et naïf qui ne connaissait absolument rien à la vie. Il n’aurait jamais dû s’enticher d’une pleurnicheuse. » Elle fixa le plafond un long moment et la tête toujours collée au dossier du siège, elle tourna enfin le visage vers le jeune homme et haussa un sourcil « Ce livre est une erreur. »

Que sa critique paraisse acerbe et complètement malvenue, la blondinette en était consciente mais cela avait eu le mérite d’arrêter le flot de larmes qui c’était emparé d’elle. Le garçon à ses côtés, Cat ne le connaissait pas. Son visage lui disait vaguement quelque chose mais, elle fut accaparé par la question qui précéda et qui la fit sourire, stoppant nette son cerveau qui était déjà en train de chercher qui il pouvait bien être dans ces fichiers virtuels, acquits au cours de ses heures à observer ceux qui l‘entourait. Si elle allait bien ? Elle détourna une nouvelle fois le regard et leva le livre de ses genoux qu’elle le tendit au garçon tout naturellement.

« C’est mon anniversaire, aujourd’hui. » dit-elle dans un murmure « C’est mon père qui me l’a offert. Je crois qu’il est très vieux, je n’ai pas trouvé la date d’édition. » ajouta-t-elle en ne quittant pas le livre qu’elle avait posé sur les genoux de l’adolescent, elle lui sourit une nouvelle fois - contraste étrange avec les larmes séchées qui lui parcourait les joues et elle ponctua « Je suppose que ça va mieux, maintenant. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Sam 14 Jan - 18:12, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: 04. Happy Birthday, Cat.   Lun 13 Déc - 22:41

Observant la jeune lycéenne devant son livre, il ne put s’empêcher de voir en cet amphithéâtre, une sorte d’église ou certaines âmes cassées venaient pour leurs prières ou leurs confessions. C’était presque réconfortant de sentir en ce lieu, un endroit où les maux pouvaient être soulagés. C’est peut-être pour cela qu’il avait eu envie d’aider la jeune blonde dont il ignorait tout, à commencer par son prénom. Mais il y avait parfois du bon de se trouver devant un inconnu. Une personne invisible aux yeux des autres. Calvin était de ceux-là. Ce n’était pas pour autant qu’on se moquait de lui ou qu’on le maltraitait. Bien sur, son intégration à la chorale ne l’aidait pas à paraitre complètement invisible. Mais un jour, sa sœur lui avait dit que s’il voulait que personne ne cherche à le comprendre, il fallait qu’il offre un minimum. On est toujours attiré par ce qu'on ne connait pas. En intégrant les New Directions, il avait annoncé à tout le monde qu’il aimait chanter…Et tout le monde s’en foutait. Peu de monde le fréquentait d’ailleurs. C’était peut-être sa relation avec Alejandro qui le protégeait des pluies de Slushies. C’est donc en parfait anonyme qu’il s’était intéressé au malaise de la jeune blonde, commençant à lui parler de ce livre, qu’il avait lu quelques années plus tôt pour ensuite lui demander si elle allait bien.

Assis à ses côtés, il l’écouta alors lui faire part de son avis sur le livre. Elle le détestait. Lui n’avait pas franchement d’avis positif sur ce livre, mais pas un avis négatif non plus. Les relations familiales et amoureuses de ce bouquin avaient été un nœud très difficile à dénouer à l’époque de sa découverte. Il se rappelait avoir lu plusieurs fois la même page pour en comprendre le sens. Ce n’était pas qu’il était limité intellectuellement, mais la période où il s'était plongé dedans, avait été intense et ses pensées avaient été inondé de parasites. Cependant, d'aussi loin était ses souvenirs, il n’avait pas été dégouté par la relation entre Catherine et Heathcliff. En l’écoutant, il avait l’impression que l’histoire était assez liée à celle de la jeune femme. Comme si elle se comparait à l’un des personnages : Catherine peut-être. Il ne chercha pas à aller plus loin et elle conclut en lui disant que ce livre était une erreur. Pendant qu’elle parlait, Calvin avait essayé de percer son regard, de comprendre ce qu’elle ressentait exactement. Elle s’en cacha assez bien, sans doute consciente du mascara coulant sur ses joues. Lorsqu’elle lui dit que c’était son anniversaire et que le livre n’était autre qu’un cadeau de son père, Calvin fit fonctionner sa réflexion et comprit alors au moins une chose. Son père n’était pas présent pour ce jour qui aurait du être merveilleux pour elle. Un père absent donc puisqu’elle le reçut le jour même, cela amenait à penser qu’il n’avait pas l’occasion de lui offrir un autre jour, dans la semaine, pour apprécier la surprise de sa fille. Le jeune Collins prit le livre qu’on lui tandis avec délicatesse, comme si on lui confiait un trésor, comme si elle lui confiait un cœur encore entrain de battre, une parcelle d’elle-même. Il le posa sur ses genoux, et l’ouvrit avec lenteur. Un mot, d’une écriture soignée, se présenta devant lui. Il tourna la page, sans y prêter attention. Ce message ne lui était pas adressé, il n’avait pas le droit de se l’approprier. Les pages étaient jaunis par le temps et authentique. Calvin n’était pas un antiquaire, mais il était certain d’une chose :

« Il n’est pas jeune, ça c’est un fait. » commença-t-il. « Qu’il est un lustre ne m’étonnerait pas. C’est un magnifique cadeau. Mais pourquoi prendre tant de peine à acheter un tel trésor sachant que tu n’aimes pas ce livre. » S’étonna-t-il en caressant les pages du bout de ses doigts. Il la regarda ensuite avant de s’expliquer : « Non parce que je pense qu’il doit y avoir un lien entre ce livre et toi pour qu’il ose t’offrir une roman que tu détestes. Et puis tu aimes ce livre, mais pas le roman. Ca veut tout dire. » Finit-il par un sourire aimable. « Tu t’identifies à un personnage ? » demanda-t-il en arquant un sourcil.

Se rendant compte qu’il enquêtait sur des choses qui ne le concernaient pas, il baissa la tête. Il n’était pas curieux à l’origine. Du moins cela n’avait jamais été de la mauvaise curiosité. Il souhaitait avant tout aider les autres à se sentir mieux. Mais parfois, il creusait un peu trop profond, risquant de tomber sur une tombe trop remplis de lourd secret. C’était un comble lorsqu’on savait que lui-même n’aimait pas qu’on lui pose trop de question sur sa vie personnelle. Ce fut ce point là qui le fit réfléchir d’ailleurs. Et il sacrifia son envie de savoir en s’excusant de son intrusion si soudaine :

« Je suis désolé, il arrive que mes questions soient un peu trop personnelles » se fondit-il en grimace. Il fouilla dans l’une de ses poches et en sortit un mouchoir en tissu blanc. « Cadeau pour ton anniversaire. Il n’a jamais servi. Ma sœur trouve que ca fait vieux genre, mais j’aime bien avoir un mouchoir en poche. Ca ne s’explique pas ! » lança-t-il avec un sourire sincère et sans la moindre gêne. « Ne m’en veut pas pour ma curiosité. Je pensais être seul pour chanter une chanson et du coup…je prends la perche que tu me tends. » Calvin eut une idée en tête et n’hésita pas à la partager. Seulement, peu sûre de ce qu’il allait proposer, il reprit son attention sur le bouquin, en tournant les pages avec douceur, mais ni portait pas tant d’intérêt. Il s’entendit simplement dire : « Je n’ai pas l’habitude de raconter ma vie à qui que ce soit, mais je pourrais bien faire une exception en chantant ma chanson si ca te réconforte un peu. Mais tous devra rester entre nous. Et si le besoin de te confier se faire sentir, je serais là. Qu’en dis-tu ? » Demanda-t-il en osant la regarder de nouveau.

En fait, il ne savait pas s’il espérait qu’elle accepte ou qu'elle refuse. Il ne savait quelle réponse l’arrangerait. Mais il ne pouvait plus aller en arrière. Il s’était confondu dans ses paroles. Dans un élan de générosité, il lui offrait son oreille avec la promesse de tout garder pour lui. Pourquoi avait-il parlé trop vite ? Parce qu’il avait honte d’avoir montré autant de curiosité. Et même s’il espérait des réponses, il s’était obligé de s’empêcher de lui montrer que sa curiosité était une fatalité. Un moyen de lui montrer qu’elle pouvait avoir confiance en lui, aussi.

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MessageSujet: Re: 04. Happy Birthday, Cat.   Mar 14 Déc - 19:05

« C’est personnel, en effet. » trancha-t-elle mais, elle n’était pas agacée. Au contraire, elle se mit à sourire moins hésitante puis elle attrapa le mouchoir, le contemplant un moment en le dépliant lentement « Merci. » ajouta-t-elle simplement avant de s’essuyer les joues et de constater les traces noires sur le tissu blanc, elle renifla discrètement et retourna la tête vers le jeune homme « C’est rien. Tu sais, j’ai un peu de mal avec… » elle plissa les yeux, cherchant ses mots « les confessions mais, disons que je suis une fille aussi indécise que Catherine. Moins instable psychologiquement parlant qu‘elle, c’est évident... » termina-t-elle laissant la fin de sa phrase en suspend avant d’étouffer un rire amer puis d’ajouter en regardant sur le côté, malicieuse « Quoi que. J’en suis pas vraiment sûre. »

Son rire perdura juste une seconde avant que son sourire ne s’efface de son visage et qu’elle ne baisse les yeux sur le mouchoir souillé qu‘elle avait enroulé autours de son index droit, par habitude. C’est vrai, elle n’était pas du genre à se confier très facilement. En fait, elle ne c’était jamais confié à personne, en particulier. Même pas à Dorian. Il lui été arrivé de vouloir discuter un peu, avec les filles qui fréquentaient les mêmes studios photos qu'elle et qui étaient les seules personnes pour lesquelles elle avait un peu d'affection, connaissant par cœur tout ce qu'elles devaient endurer pour être ici, tout ce dont à quoi elle devait renoncer. Mais, Annabelle lui avait dit à quel point c’était ridicule de vouloir se faire des amies dans ce milieux. Aujourd'hui, elle estimait que se livrer aux autres été une perte de temps. Vestiges des mauvais conseils que lui avait donné sa mère. De toute façon, elle ne savait pas faire ça. Elle avait toujours peur de trop en dire. C’était ça son problème ; elle avait peur. De tout et tout le temps. Prenant une inspiration, elle la retint un moment en constatant à quel point elle n’était pas douée pour les relations humaines et resta silencieuse un instant. Les confessions n’étaient, certes pas son fort. Seulement, dans sa poitrine, elle ressentait comme une douleur en moins. Un poids qui c’était allégé. Peut-être qu’avouer qu’elle détestait les Hauts-de hurlevent l’avait soulagé, d'une certaine manière. Après tout, cela pouvait peut-être l’aider et prenant conscience de cela, elle se détendit. Aussi, elle tourna la tête vers l’adolescent à ses côtés, les sourcils haussés d’un air surprit, ses paroles l'interpellant ; dans ce lycée, les arts avaient une place importante. Toute les personnes qu’elle croisait avait un goût prononcé pour le chant, c’était drôle et d’ailleurs cela la fit sourire alors qu’elle le fixa un peu trop longtemps, à son goût, restant béate face à cette révélation. De sa capacité à savoir cerner facilement les gens, Ecaterina en tirait un sens de l’observation incroyable. Elle n’avait pas besoin d’être bavarde et encore moins besoin de jouer les bonnes samaritaines ou encore de vouloir être amie avec les autres pour à tout pris, se faire une place : ses yeux et ses oreilles lui suffisait amplement. Ce garçon avait du charisme, c’était évident. Son visage lui disait quelque chose, elle n’en démordait et alors qu’il lui fit part du pourquoi de sa présence ici, de son envie de chanter une chanson et que, malheureusement (ou pas) il l’avait trouvé ici, elle le coupa en plein milieu de sa phrase soudain intriguée :

« Tu es le garçon qui est à l’origine du projet - les portes ouvertes, c’était ton idée. » chuchota-t-elle alors qu’un large et sincère sourire illumina son visage pourtant si tristesse, il y a quelques minutes. Elle s’installa plus confortablement sur son siège et leva légèrement une main, frôlant l’accoudoir avec sa paume en acquiesçant « Oui, bien sûr que c’est toi. » ajouta-t-elle alors qu’elle regarda sur le côté une nouvelle fois, la bouche légèrement entrouverte et croisant les jambes, elle fronça brièvement le nez et les sourcils d'un même mouvement « C’est une super initiative. J’ai été tellement surprise de voir qu’il n’y avait pas que des égoïstes dans ce lycée - sans offenser personne mais cette guerre entre les chorales, m‘exaspère. C’est puéril. » Elle se ressaisit aussitôt, consciente que peut-être elle avait pensé à voix haute et penchant davantage tête sur le côté, ses longs cheveux suivant la danse et s’attardant sur ses épaules, elle ferma les yeux un moment, amusée par sa gaffe qui - après tout, n‘en était peut-être pas une « C’est une merveilleuse idée. »

En y réfléchissant en profondeur, Cat était aussi d’une nature plutôt généreuse. Toutefois, elle n’avait jamais eu l’occasion de l’exploiter. Elle se savait émotive, un peu trop cela dit même si elle cachait ses larmes sous des sourires éclatants et des œillades charmantes - et l’arrogance, cette arrogance qui lui venait de sa mère. N’empêche que ce que le jeune homme avait prévue l’avait beaucoup enthousiasmé quand elle l'avait su. Elle ne savait pas si elle allait participer aux portes ouvertes. Elle n’était pas spécialement douée dans quelque choses en particulier (mise à part le chant bien sûr mais, il était hors de question qu’elle se produise devant des gens susceptibles de la reconnaître et de lui accorder de l’attention, plutôt mourir et à cette pensée, elle rougit bêtement) cependant, elle savait qu’elle viendrait y faire un tour, à défaut d’avoir quelque chose à proposer. Ses yeux scrutèrent le visage du jeune homme une seconde fois ; il donnait l’impression d’être mature et responsable et sa façon de parler n’était pas aussi codé que celle des autres et la blondinette se sentit un peu moins stupide face à lui, plus à son aise. Dans son attitude, il avait tout l’air d’un adulte et c’est grâce à cela que la jeune fille éprouva un certain bien-être en sa présence. Brusquement, il lui proposa de chanter sa fameuse chanson. Pour elle, maintenant. L'adolescente se redressa légèrement en pinçant les lèvres, gênée et s‘arrêta une bonne fois pour toute de l‘observer du coin de l‘œil pendant qu’il tournait avec attention les pages de son livre et le regardant pour de bon cette fois, elle tiqua pourtant ; cette situation avait comme un air de déjà-vu mais, tout était différent et d’ailleurs, elle ressentit comme un élan d’enthousiasme s’emparer d’elle, ignorant cette vague de souvenir et l'embarras qu'elle avait connu la dernière fois qu'un garçon lui avait chanté une chanson. Elle sécha, donc ses dernières larmes du bout du mouchoir qu’elle passa sur ses yeux avec distinction alors qu’il lui exposait l’idée de garder tout ça pour elle. Cat esquissa un timide mais, furtif sourire puis hocha la tête en clignant des yeux.

« Marché conclut. » dit-elle et elle tendit la main droite devant elle pour qu’il le lui serre pour conclure ce marché en un bon et due forme, se décollant du dossier pour lui faire face cette fois « Mais, je suis une piètre spectatrice, tu seras prévenue. Je me suis déjà endormie au théâtre, ma mère n’a pas appréciée. » ajouta-t-elle pour détendre l’atmosphère et rendre tout ça moins solennel. Elle regarda en l'air, fronçant le nez de cet air espiègle qui paraissait si naturel chez elle « En fait, il se peut même que je m'enfuis en courant. Ne souris pas, je l'ai déjà fait. Une fois. » Son sourire gagna du terrain, s'étendant de plus en plus en repensant rapidement (avec une certaine gêne bien dissimulée, cela va s'en dire) à l'affront qu'elle avait fait à ce pauvre Finn et quand le jeune homme lui serra la main, elle compléta avec une flagrante gentillesse « Ecaterina. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Sam 14 Jan - 18:12, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: 04. Happy Birthday, Cat.   Mer 15 Déc - 0:39

Alors qu’il s’excusait pour sa curiosité malvenue, la jeune femme affirma ses dires. Calvin ne le prit pas mal, conscient du trop d’indiscrétion dont il avait fait preuve. Se mordant la lèvre en signe de culpabilité, il lui avait ensuite tendu un mouchoir, elle l’accepta, preuve de son pardon. Mais cette intrusion maladroite apporta finalement une ouverture qui, d’après la jeune blonde, n’était pas aisé avec elle. Elle confirma alors son rapport avec le personnage de Catherine, ce qui déclencha un fin sourire sur les fines lèvres du jeune homme. Elle se défendit comme elle le put, mais il avait sa réponse. Elle avait ce lien avec ce roman qu’elle détestait tant et cela n’était forcément une bonne chose. Si elle comparait ce bouquin à sa vie, alors elle ne devait pas être si heureuse qu’elle tentait de le faire croire avec son joli sourire. C’est par cette jolie courbe sur sa bouche que Calvin crut l’avoir déjà vu autre part. Mais elle était élève ici, il n’y avait rien d’étonnant. Il ne pouvait se rappeler de l’avoir vu en tant que mannequin où que ce soit puisqu’il n’avait jamais trop porté d’intérêt à cela. Ce sourire qui avait été précédé d’un rire le rassura cependant, en s’imaginant qu’elle n’allait pas si mal que cela.

Le bouquin encore sur ses cuisses, il lui proposa alors de se donner en spectacle. Mais elle s’était exclamée en comprenant qu’il était. Celui qui avait lancé l’idée des portes ouvertes. Son sourire léger, resté figé sur ses lèvres, s’effaça et il ne put s’empêcher de regarder vers la porte d’entrée, priant que personne ne l’ait entendu. Cette semi-célébrité soudaine, il ne l’appréciait pas vraiment. Il était poursuivit par des élèves voulant faire ci ou ça, et non ça ou ci. Il ne pouvait rester une minute seul sans qu’on ne lui demande comment allait se dérouler telle chose. Calvin ne regrettait pas d’avoir proposé cette idée. Savoir que les enfants seraient heureux de vivre ses moments avec de jeunes adultes l’enchantait rien qu’en les imaginant. Mais il ne pouvait pas dire qu’il ne regrettait pas d’avoir donné un visage à celui qui avait donné l’idée. Lui aurait voulu rester anonyme, il aurait aimé que le garçon à la bonne action reste inconnu au bataillon. Mais Figgins en avait décidé autrement, en l’obligeant à organiser cette journée. Calvin jeta un œil à la jeune femme qui s’installait un peu mieux sur son siège pour l’observer. Il se sentit gêné. Elle affirma alors que c’était lui et il ne put s’empêcher de lever ses sourcils furtivement comme pour dire « surprise ». C’est alors qu’elle le complimenta sur son action et admit qu’elle trouvait la guerre, entre les chorales, puériles. Il ne pouvait que la suivre. Mais il ne lui répondit que par une expression faciale, tout à fait compréhensible, se pinçant les lèvres et en haussant les sourcils avec exagération, il hocha la tête, lentement et avec exagération.

Au lieu de répondre à ses remarques avec beaucoup de détails sur ses impressions, il choisit de lui dire un simple « merci » avant de lui proposer de chanter la chanson pour laquelle il était venu ici. Maintenant qu’il était là, il le pouvait, et, finalement, si elle était apparue en plein milieu de son show, se serait revenu au même. Calvin pensa aussi qu’il se devait de lui offrir une partie de lui en l’échange des questions qu’elle lui avait donné malgré sa curiosité. Le regard pesant de la jeune femme ne le dérangea pas tant que cela, attendant sa réponse, il avait reprit son examen du livre, priant secrètement qu’elle l’envoie paitre. Mais elle accepta, et il ne put que lui sourire face à sa main tendu. Lui prenant pour la lui serrer, il rit alors de ses paroles malgré le fait qu’elle se disait sérieuse. Elle lui donna son prénom et il fut heureux, sans savoir pourquoi, de cette nouvelle rencontre :

« Enchanté Ecaterina. C’est très joli. Moi c’est Calvin. Un peu plus basique. » Lui sourit-il. « Et bien si tu t’enfuis en courant, je n’aurais pas à craindre que tu ailles raconter mes petits secrets à tous nos petits camarades. » précisa-t-il le sourire amusé aux lèvres. Il se leva ensuite, et posa le livre sur son siège. Il soupira le stress qui s’était engagé dans sa gorge, ca ne changea rien. « Et je m’excuse d’avance si tu t’endors » Il se retourna et commença à rejoindre le coin de torture.

Sourire aux lèvres, Calvin se rendit donc sur la scène de cet amphithéâtre. En grimpant les escaliers, il saisit une guitare acoustique laissé sur le côté, près d’un piano. Il prit un haut tabouret trainant sur la droite et l’installa au milieu de la scène. Il s’assit convenablement et jeta un coup d’œil timide à la jolie jeune femme, pas sur de vouloir réellement lui confier ses sentiments en une chanson. Mais dans son esprit, il savait que ce serait un soulagement. Alors il gratta une fois sa guitare pour s’assurer de l’accordement, puis il ouvrit sa bouche :

« C’est un chanson de Noël que je ne peux pas proposer à la chorale pour cette journée porte ouverte. Tu vas comprendre pourquoi. Donc : Christmas Song de Cocoon. » L’informa-t-il

Il commença alors l’air en grattant sur sa guitare. Le regard baissé vers les cordes, il ne put se résigner à observer celle qui l’observait. Il se mordit alors la lèvre inferieure pendant cette intro musicale, s’imprégnant de ce qu’il pouvait ressentir et débuta :


« Santa Claus won't come tonight
He is never late
the reindeer may have been shot in the skies of the USA

For a long time
I have been told lies
Am I dumb?
Am I blind?
I am feeling so fine, oh so find...


« Il mentait, il se rassurait, » conta-t-il comme s’il expliquait la signification de sa chanson d’une voix monotone. « Enfermé entre ses quatre murs, coupés du monde, il n’espérait qu’une chose…Revoir les siens, les serrer dans ses bras et leur dire qu’il regrettait. Leur demander pardon, subir leurs regards, ces regards qu’il craignait tant, mais :


Good news I won’t see your faces
Round the cold turkey
Come back home and hug your neighbours
You have saved the tree

For a long time
I have been told lies
Am I dumb?
Am I blind?
I am feeling so fine, oh so find
»


Il s’arrêta de nouveau et raconta une nouvelle fois : « Il a perdu son âme, il a tué sa femme. Il regrette aujourd’hui, il ne va pas bien. Bientôt le temps se sera écoulé. Il compte les Noël sans sa famille, accompagné de sa seule amie, dame solitude, et il sait que bientôt tout sera fini. Plus de Noël, plus de vie. » En s’entendant parler d’une voix légèrement tremblante, Calvin se pinça les lèvres et reprit le pont musicale avec un certain acharnement avant de reprendre sa douceur. Son frère, condamné à mort, était le sujet de cette chanson pour lui. Une chanson qu’il pouvait fredonner dans sa cellule. La peine était là, bien présente, mais il n’y avait aucune issue. Lorsque Calvin aura sa majorité, Son grand frère serait enterré.

« For a long time
I have been told lies
Am I dumb?
Am I blind?
I am feeling so fine, oh so find
Am I dumb?
Am I blind?
I am feeling so fine, oh so find
»

Posant les dernières notes, le jeune Collins soupira. Alors que son visage était baissé sur la guitare, les yeux brillant d’une certaine tristesse, il leva alors la tête avec la peur, ou pas, de ne voir que des sièges vides.


Dernière édition par Calvin Collins le Jeu 16 Déc - 13:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. Happy Birthday, Cat.   Mer 15 Déc - 19:19

« C’est réciproque » dit-elle en serrant davantage sa main, exerçant une subtile pression sur celle de Calvin. La blondinette étouffa un léger rire quant à sa conclusion qu’elle trouva drôle parce qu’il l’avait dite avec tellement de naturel, avec un certain premier degré que la jeune fille en fut presque touchée tellement son côté gauche lui été apparut soudain, puis il la quitta pour aller rejoindre la scène toute illuminée, déserte et bien triste sur le moment presque hostile. Assise seule, elle se replaça face à cette grande étendue sauvage qu’elle redoutait tant, les soirs où elle se produisait avec son frère dans des bars miteux et recroisa les jambes lentement, en ne manquant pas un seul des gestes qu’exécutaient le garçon ; elle l’observa monter les marches qui menaient au centre et elle eu l’impression que, peut-être sa proposition n’avait été qu’un moyen poli de lui renvoyer l’ascenseur par rapport à ses révélations qui étaient plutôt basiques et pas vraiment importantes, certes mais que dans sa générosité, il avait été trop avenant. Ecaterina s’en voulait de ne pas avoir comprit cela et souriant en coin, une expression indescriptible se profilant sur son doux visage éclairé qui faisait ressortir ses yeux d’un bleu brillant, elle l’écouta préciser qu’il s’agissait d’une chanson de Noël. Elle pencha la tête un moment avant de baisser les yeux sur ses genoux, haussant les sourcils.

« C’est de saison. » appuya-t-elle, relevant lentement la tête avec un sourire timide qui ne parvint pas cette fois à dissimuler sa gêne - celle qui commençait à naître en elle parce qu’elle n’arrivait pas à croire qu’elle allait dire ce qui lui brûlait la langue « J‘adore les chants de Noël, depuis toute petite. » avoua-t-elle et elle se ressaisit, son regard perdu dans le bleu glacial et le blanc argenté du décor, au fond de la scène. Elle opina furtivement pour reprendre ses esprits et son sourire hésitant s’élargit alors, elle leva une main précipitamment vers le jeune homme debout devant elle. Prenant en compte sa petite introduction, elle se sentit honoré d’être l’exception à la règle et finit par dire, confuse « Excuse-moi, je parle trop quand je suis nerveuse ; je t’écoutes. » 

Un échange de sourires cordiaux puis, Calvin commença à jouer sur sa guitare évitant soigneusement les yeux de son unique spectatrice. La jeune fille pencha la tête, les jambes toujours croisées élégamment, elle entrouvrit la bouche prête à recevoir ce cadeau qui était sensé la réconforter. Noël avait toujours été la seule fête autorisée, à la maison. Après le départ de son père, évidemment et tout simplement parce qu’elle était une fête importante pour Annabelle qui aimait les cadeaux et l‘attention qu‘on pouvait lui porter bien plus que les embrassades et autres effusions de sentiments qu‘elle refusait, à chaque fois même venant de la part de ses propres enfants. En réalité, leurs réveillons ne se résumaient qu’à ça ; recevoir les cadeaux. Il n’y avait pas de dinde de Noël, pas de préparatifs particuliers ou même de dégustation de chocolat chaud devant des contes animées. Au fil du temps, Ecaterina s’en était contentée. Elle s’était convaincue que cela se passait partout comme ça pour ne pas davantage, seulement dans son esprit de petite fille, elle savait parfaitement que ce n’était pas le cas et ses efforts pour trouver des excuses à sa mère été peine perdue. Enfin, elle avait eu au moins la satisfaction d’être couverte de jolis cadeaux mais, ça ne remplaçait pas le véritable amour d’une mère, celui inconditionnel et pas cet ersatz d’attention qu’on lui avait donné par le simple fait qu’elle regonflait de toute sa puissance l’égo sur-dimensionné de sa mère. Passant outres tout ça, la jolie jeune fille regarda devant elle. Calvin était doué. Elle aimait sa voix, très affirmé et masculine évidemment mais pas agressive, bien au contraire. Elle du admettre que sur le coup, la signification des paroles ne l’avait pas frappé toutefois, elle se redressa légèrement quand l’adolescent reprit la parole, la musique résonnant encore alors qu’il grattait avec rythme les cordes de son instrument et là, Ecaterina fronça les sourcils et cligna des yeux un moment, elle redressa la tête dans un état semi conscient : elle comprit que cette chanson était en effet bien trop significative pour être jouée devant un parterre de jeunes gens en fleurs et sentant une boule se former au fond de sa gorge, elle regarda une nouvelle fois le visage de Calvin alors que lui faisait tout pour éviter son regard et voulant respecter sa pudeur, la jeune fille détourna les yeux un instant ; elle ne savait plus comment agir.

L’amphithéâtre était une bulle, réconfortante et agréable. Presque étouffante à cause de la chaleur que ressentait Ecaterina et qui fit rougir ses pommettes parfaites, qu’elle tenta de calmer en posant ses mains fraîches dessus. Calvin avait dû vivre des choses difficiles mais, qui était sensé être représenté dans cette chanson ? La blondinette leva la tête, regardant pour la énième fois le plafond de l’amphithéâtre. Elle parvenait presque à distinguer les contours de cette bulle, invisible et protectrice. Sa gorge se serrant de plus en plus au fil des paroles qui passaient en fond et qu’elle essayait d’ignorer, tellement elle se sentait stupide de se plaindre de sa misérable existence alors que d’autres avaient une vie bien plus tragique qu’elle. Pourtant, elle n’arrivait pas à faire abstraction de ce que qu’il lui chantait Calvin. Elle aurait voulait fuir, comme toujours pour ne pas à avoir à être confrontée à ça mais cette bulle… la musique continuait et bien forcée de baisser les yeux sur la scène, elle pinça les lèvres, les yeux bordés de larmes qu’elle ne voulait pas laisser couler, cette fois. Calvin s’arrêta à nouveau de chanter et continua son discours interrompu par la venue du couplet qu’il avait débité avec justesse et se fut le coup de grâce ; son cœur battait trop fort, elle se sentait tellement triste mais de quoi exactement ? Était-elle si égoïste au point de voir un parallèle entre elle et ce jeune homme qui avait ouvert les vannes sur des choses qui la dépassait totalement ? Absolument pas, il était évident que ce que Calvin venait de lui raconter la touchait au plus profond de son être et clignant des yeux alors que la musique s’arrêtait, elle le fixa avant de baisser la tête en ne sachant toujours pas comment rebondir sur tout ça. Ses yeux lui picotaient étrangement et elle sentait qu’il lui suffisait d’une émotion en plus pour qu’elle se remette à pleurer mais, elle avait trop pleuré aujourd’hui. Le mouchoir qu’elle tenait dans les mains - celui qu’il lui avait donné en était la preuve ; tâché de traces noires et humide, la jeune fille décida qu’il ne fallait pas qu’elle laisse tout ça la toucher davantage. Elle se connaissait par cœur, elle s’en rendrait malade et ce n’était pas bien. La tête encore baissée, elle se mordilla la lèvre inférieure si fort qu’elle cru une seconde qu’elle c’était mit à saigner. La tête tournée, ses yeux s’attardèrent sur le livre que Calvin avait posé sur son siège avant de partir se préparer pour sa prestation improvisée et elle releva le visage, le regardant un long moment avec une expression décousue.

« J-je… je ne sais pas quoi dire. » Sa voix rauque résonna dans l’auditorium et elle regretta d’avoir osé briser ce silence qui était tellement lourd qu’il pesait sur ses frêles épaules. Elle continua à le regarder alors qu’il leva la tête au même moment, constatant que non, elle ne s’était pas enfuit et elle jeta un furtif regard sur le côté, se levant de son siège avec lenteur « Je t‘avais dit que j‘étais une piètre spectatrice, je n‘ai même pas applaudit. » plaisanta-t-elle à mi-voix alors qu’elle s’approcha du devant de la scène surélevé, elle soupira alors s’arrêtant à mi-chemin et passant une main sur son front, ses sourcils se haussant dans un embarras qu’elle ne pouvait décidément plus cacher, ils se froncèrent instantanément et ses yeux fuirent pendant qu’elle hésitait «  Je suis… » commença-t-elle « Je suis désolée pour cette personne dont tu parlais, dans ta chanson. Sincèrement, désolée. » 

Que pouvait-elle dire d’autre ? Il était vrai que cela restait assez délicat. La jeune fille n’était pas du genre à pardonner le crime et à trouver des circonstances atténuantes à des gens qui avaient ôtés la vie à d’autres mais, il était tout bonnement hors de question que sa franchise et ses états d’âmes ne viennent perturber ce moment si étrange mais, nécessaire. Du moins, elle le ressentait ainsi. Ecaterina n’avait jamais été douée dans ce domaine - pour réconforter les gens, elle se contentait souvent de donner des conseils qu’elle jugeait toujours trop plats et inutiles pour que quelqu’un de sain d’esprit ne les suivent à lettre aussi, elle espérait que dans le ton qu’elle avait prit, Calvin pouvait déceler sa compassion et la tristesse qui l’avait envahit. Dans l’amphithéâtre, tout était devenue calme. La jeune fille croyait percevoir encore des brides de la chanson que Calvin avait interprétée et faisant un gros effort pour ne pleurer à nouveau, elle resta debout là, devant la scène laissant ce silence perdurer aussi longtemps que le jeune homme le souhaiterait.


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MessageSujet: Re: 04. Happy Birthday, Cat.   Jeu 16 Déc - 13:47

Pendant qu’il descendait la longue allée, le cœur du jeune homme se serra, regrettant momentanément d’avoir donné cette terrible idée. Qu’est ce qui lui avait pris d’accorder sa confiance à une inconnue ? Comment pouvait-il croire qu’elle ne dirait rien ? Pourquoi pensait-il qu’elle était sincère ? A peine quelques phrases échangé et dans un élan de bonté, ou d’imbécilité, il allait vendre, ou plutôt chanter, son terrible secret. Un secret qui l’avait entrainé dans le vide depuis son enfant, depuis ce célèbre jour qui balaya tous les rêves de la famille Collins. Ce soir là, des hommes armés avaient fait irruption dans leur demeure, des hommes de loi leur annonçant que leur vie ne serait plus la même. Et pendant qu’il alignait un pas devant l’autre, ses souvenirs refit surface, il alla jusqu’à sentir sa sœur se serrer fort contre lui pour être rassurer. Du haut de ses onze ans, Calvin sentait son cœur frapper sa poitrine, menaçant à chaque instant de la traverser pour se faire la malle. Fermant les yeux alors qu’il accélérait le pas, en toute discrétion, il inspira jusqu’à remplir ses poumons et expira lentement, ayant l’impression que ses pensées sortaient de son corps pour lui laisser un peu de répit.

Et puis soudainement, il s’était retrouvé assis sur ce tabouret, les notes de la guitare résonnant dans l’immense salle le déchirant de ses pensées. Dans un automatisme, il avait saisit une guitare, dont il ne serait dire où elle s’était trouvé quelques secondes auparavant. Il s’était installé sur un tabouret qui n’avait pas été présent à cet endroit un instant plus tôt. Il jeta un œil aux sièges devant lui et aperçu Ecaterina. Après un court silence pour remettre les événements en ordre, il lui précisa le titre de sa chanson et son thème. La jeune femme tenta de le rassura en lui intimant qu’elle aimait les chants de Noël. Calvin eut une grimace peu visible. Ce qu’il s’apprêtait à interpréter n’était pas vraiment joyeux. Ce n’était pas un chant avec toute la magie que pouvait contenir Noël. Mais il avait promis cette chanson et au lieu de tourner sa veste, il eut un petit rictus. Lorsque les premières notes sonnèrent, le monde cessa d’exister et toutes ses émotions se portèrent sur sa voix. Ses souvenirs prirent le pouvoir, et il s’aperçut enfant, enlacer son frère qu’il prenait pour un modèle. Il dansait sur du son hip-hop faisant rire les amis de son héros. Mais les bons souvenirs furent rattrapés par ce soir, puis ses entrevues à la prison de Los Angeles. Le jugement fatal qui tomba anéantissant encore un peu plus la famille Collins. Les soirs de fête, comme Noël, où tous fixés une chaise vide sans dire un mot, jusqu’au jour où Calvin pensa plus serein pour sa sœur d’éviter ce genre de repas familiale. Si son frère se sentait bien, alors oui, il était bien sourd et aveugle pour ne pas voir toute la peine, toute la douleur qu’il avait infligée à ses proches. Et il ne l’était pas, chaque entretien passé avec lui était un duo de sanglots dont les victimes étaient Calvin et le condamné. Les dernière notes ayant sonné, il se pinça les lèvres, mais il fut sure de ne pouvoir sortir autre son que des sanglots, sous le coup de l’émotion. Pourtant il prit son courage à deux mains, et finit par lever la tête pour observer si son public était encore présent. Une douce voix s’éleva alors, incapable de trouver les mots pour s’exprimer. Le jeune homme prit une mine dépitée, compréhensible.

Voulant alléger l’atmosphère sans doute, ce silence presque insoutenable que Calvin n’osait rompre de peur d’être maladroit, elle s’autorisa une remarque légère sur ses applaudissements absents. Le jeune Collins, lui, préférait qu’il en soit ainsi. Ce silence était d’ailleurs une jolie récompense. Une récompense troublante, mais agréable. Ne pouvant s’empêcher de regarder alternativement la jeune femme se diriger vers lui et les cordes de sa guitare qu’il pinçait inutilement et nerveusement, il sentit son cœur ralentir enfin. Il ne l’avait même pas sentit s’accélérer au rythme de la chanson. Ecaterina se dit alors désolé pour son frère et son regard se logea alors sur le sol. Ses yeux s’embrouillèrent, et les larmes chatouillèrent ses paupières inférieures. Alors que son cœur ralentissait, il frappa plus fort sur sa poitrine comme pour le prévenir qu’il fallait qu’il se maitrise. Humectant ses lèvres sèches, il souhaita apporter ses explications. Alors il la regarda à nouveau, un sourire passager sur ses lèvres comme pour la remercier, et dans un élan de courage, il commença :

« Mon frère est dans les couloirs de la mort comme on dit. Il a été jugé pour meurtre. Il a tué sa femme et quatre autres personnes avec l’aide du gang auquel il appartenait. Il nous a menti pendant plusieurs années, sur ses activités, pour nous protéger, » dit-il alors avec une voix douce et triste. « Mais il a juste empiré les choses. Il n’a pas voulu balancé ses mauvaises fréquentations, et a pris la peine capitale. Il a détruit nos vies en une soirée. Il était mon modèle et a tout gâché. » Lâcha-t-il la mâchoire serré. Il ne pleurerait pas, pas ici. Ca faisait bien longtemps qu’il ne l’avait plus fait. Il ne voulait plus se montrer ainsi, anéantit. Et les mensonges dont ses parents l’avaient obligé à s’installer ne lui rendaient plus service. Bien au contraire, les illusions qu’il lançait aux gens lui donnaient le sentiment d’être un imposteur. Mais, à ce qu’il parait, il fallait mieux cela que d’être dévisagé à chaque minute. Les gens avaient tendance à mettre tout le monde dans le même sac. « Depuis, nous continuons à mentir à ceux qui nous fréquentent. On leur dit que Devon est dans une école d’Art, qu’il y enseigne à Los Angeles. C’était son idée. Si ca venait à se savoir, les gens nous mépriseraient autant qu’ils mépriseraient mon frère s’ils le voyaient. Nous le savons parce que mon père a été licencié pour les erreurs de Devon. Lorsqu’un membre d’une famille fait une erreur, c’est tous ses proches qui en pâtissent.» Il posa son regard sur celui de la jeune fille pour essayer de cerner son jugement. Il ne put contenir un soupir.

Calvin se tordit la bouche en une grimace coupable. Il posa la guitare contre le tabouret et se confondit en excuse : « Excuses-moi. C’est ton anniversaire et je le gâche avec mes histoires. La vérité, c’est que très peu de monde connait cette histoire. Ils se comptent sur les doigts d’une main. » Et étonnement, il put ressentir une sorte de soulagement, un poids, qu’il trainait depuis des années, s’était allégé. De pas grand-chose, certes, mais un gramme en moins, sur douze tonnes, c’était déjà un gramme en moins à supporter. Les commissures de ses lèvres se courbèrent pour un sourire à moitié gêné et à moitié désolé. Il gâchait la fête et s’en voulait. Il s’était montré égoïste, et cela n’était pas dans ses habitudes. Légèrement assis sur son tabouret, il resta figé, de peur que ses jambes, comme du coton, ne le supportent pas.
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MessageSujet: Re: 04. Happy Birthday, Cat.   Ven 17 Déc - 16:02

Ecaterina décida qu’il était peut-être temps d’affronter le regard de Calvin et même si elle ne parvenait pas à parler et à exprimer ce qu’elle ressentait face à cette histoire, elle espérait le plus sincèrement du monde que ses yeux parleraient pour elle. Sa vie avait été difficile. Ou au contraire, elle avait été relativement facile, trop peut-être mais, seulement aux yeux des autres qui n’avait pas conscience qu’on lui avait volé son enfance et tout les rêves qu’elle aurait dû avoir. Au lieu de ça, elle luttait de toute son âme pour qu’on la laisse tranquille, pour qu’on l’ignore, elle qui avait été le centre du monde durant de nombreuse années, et pour quoi ? Ecaterina n’était pas du genre à se plaindre, à se morfondre sur sa triste existence. Elle avait apprit à vivre avec et à se protéger en conséquence ; arrogante, secrète et presque invisible, une carapace de défauts qui lui arrivait de regretter parce qu’aujourd’hui, tout aurait été plus facile si elle n’avait pas eu cette envie irrépressible de se cacher et de faire une croix sur son passé : tout ce qu’elle détestait avec tellement de rage que quand une bride de souvenir lui frôlait l’esprit, cela la faisait tellement souffrir qu’elle faisait tout pour tout oublier, s’empêtrer dans ses propres mensonges et ses secrets ; la comédie avait assez duré mais au fond, elle n’était pas faite pour la facilité et elle abandonna rapidement la bataille. Personne ne la changerait, c’était ainsi. Calvin était devant elle, et elle leva la tête, le visage dur et la mâchoire serrée refoulant tout ses sentiments emmêlés et noués, tout se bousculait. Pourquoi est-ce qu’il lui racontait ça ? C’était une évidence, elle savait garder des secrets. Elle était elle-même pleine de non-dits, de choses inavouables alors, un peu plus un peu moins. Pourquoi tout le monde pensait qu’elle n’était faite que pour ça ? Pour garder, ancrée en elle des choses qu’elle ne comprenait pas, qu’elle ne connaissait même pas. Ce n’était qu’une gamine, elle ne connaissait rien à la vie. Était-elle naïve ? Elle fronça les sourcils. En fait, elle n’était pas Catherine. Non, Catherine n’était qu’une égoïste. En revanche, Heathcliff. Il était l’homme de la situation, celui sur qui tout reposait. Ecaterina cligna des yeux. Les révélations de Calvin lui serrait le cœur, elle comprenait parfaitement ce qu’ils avaient dû ressentir, lui et sa famille et en même temps, tout cela lui paraissait si lointain… tellement grave qu’elle se sentit honteuse. La jeune fille prit une inspiration et avança de quelques pas pour rejoindre le devant de la scène qui lui parut si haut de là où elle était mais, finalement, elle put y poser les bras alors qu’elle se mit sur la pointe des pieds, elle s’y accouda et maintenu sa tête avec sa main frôlant sa joue avec ses doigts tremblants, secouée par cette situation et elle émit un rire furtif, comme un soupir et opina du chef.

« C’est ridicule. » commença-t-elle et elle glissa une mèche de cheveux derrière son oreille « Vous n’êtes pas responsables. C’est ton frère qui a décidé de suivre le mauvais chemin. Tu sais, les gens sont méchants. » ajouta-t-elle, sentant ses joues rosir à cause de la rancœur qu’elle ressentait face à ces gens qui se permettaient de juger les autres juste sans fondements juste parce qu’il le fallait - elle détestait ça, c’est-ce contre quoi elle se battait, d’ailleurs et sa voix changea mais elle s’en rendit compte trop tard « Les autres ne comprendront jamais ce qui a poussé ton frère à faire ça et c’est toujours plus facile de juger et de se moquer que de chercher à comprendre pourquoi. » Elle reprit une légère inspiration et baissa la tête, soudainement « Je ne lui cherche pas des excuses. Tuer quelqu’un, c’est impardonnable et immoral. N’empêche que parfois, quand on creuse un peu - et je le répète, je ne cherche pas à le défendre mais, la vie est difficile et être courageux n’est pas donné à tout le monde ; il a choisit la facilité, faire comme ses amis… il a voulu être cool et populaire, ça ne te rappelle pas quelque chose ? » Elle leva les yeux vers lui et esquissa un sourire ironique, elle se hissa davantage sur la pointe des pieds et acquiesça lentement « Ici, si tu n’es pas populaire, tu n’es pas cool. Et si tu n’es pas cool, tu n’es rien du tout. Je l’ai appris rapidement et pourtant, c’est ma première année de lycée. » reprit-elle « A ton avis, combien d’élèves ici ont déjà fait quelque chose d’illégal pour paraître cool ? Pour être sûr d’être dans les petits papiers du football club et ne pas à avoir à affronter leur méprit et leurs stupides brimades ?  » Elle haussa un sourcil, se mordillant la lèvre alors qu’elle ne pu réprimer un autre sourire, triste cette fois « Tout est toujours une question de facilité, Calvin. »

Peut-être que ses paroles étaient hors de propos mais, elle se rendit vite compte que ce qu’elle venait de dire était vrai. Tout le monde semblait oublier à quel point tout était difficile. Des gens devaient se battre pour vivre mais, à McKinley il était si facile d’avoir une vie paisible et tout se résumait en un seul mot ; être populaire, le devenir, aspirer à faire partie du club fermé de ceux qui régentaient le lycée. Elle refusait tout simplement de céder à ce chantage absurde ; elle avait eu de la chance, elle c’était fait discrète jusqu’à présent et personne ne semblait s’intéresser à elle malgré tout mais, pour les autres. Ce n’était pas elle qui était à plaindre, au fond mais bel et bien eux. Reposant sa main sur le parquet froid de la scène trop haute pour elle, elle haussa les sourcils avec résignation.

« Le lycée, c’est comme une grande répétition de la vie. » lança-t-elle et elle pinça les lèvres un moment, son regard se perdant à nouveau dans le décor derrière Calvin « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirais ce que tu deviendras. » Elle se ressaisit alors, entendant les excuses du jeune homme lui disant qu’il lui gâchait son anniversaire et elle pencha la tête, le regardant avec bienveillance « Non. En fait, tu m’as ouvert les yeux et rien que pour ça, je devrais te remercier. »


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MessageSujet: Re: 04. Happy Birthday, Cat.   Dim 2 Jan - 23:00

Calvin ne se souvenait plus la fois où il raconta cela pour la première fois. En réalité, il se demandait même s’il l’avait déjà dit à quelqu’un. A son souvenir, non. Alors qu’est-ce qui lui prenait de le faire devant une inconnue. Il connaissait son prénom, d’accord, mais que connaissait-il d’autre que cela, à part le jour de son anniversaire et qu’elle étudiait ici. C’était déjà bien pourrait-on dire, mais ce n’était pas suffisant pour accorder sa confiance. Pourtant, il l’avait fait. Étonnement, il ne le regrettait pas. Il avait déversé tout ça, et le poids sur ses épaules fut moins lourd à porter. Ce ne serait que temporaire. Mais qu’importe, il avait eu besoin de ce moment de répit. Etait-ce égoïste de sa part ? Très certainement. Mais l’oreille qui s’était tendu à lui avait paru si intéressée, si attentive qu’il ne put se maudire de s’être laissé aller. Son visage s’était refermé au fur et à mesure qu’il racontait son histoire. Une histoire qu’il s’était promis de garder pour lui. Mais sa bouche avait trop longtemps été scellé apparemment. Terminant son récit, il avait sourit légèrement pour améliorer cette ambiance pesante, afin de démontrer que, malgré tout, il gardait le sourire. Dans l’impossibilité de se lever, il resta assis sur son tabouret et observa la jeune blonde qui s’était installé sur le rebord de la scène.

Ecaterina dégageait quelque chose de fort. C’était une belle jeune femme aux regards océan, pouvant, très certainement, noyer bien des lycéens, en se perdant dans ce bleu mystérieux. Calvin ne perdit pourtant pas un mot de ce qu’elle lui répondit. Il était rare d’avoir autant de compassion envers un cas comme lui. Du moins, c’est ce qu’il imaginait puisque peu connaissait cette déchirante vérité. Pourtant, le jeune homme savait que le jour de l’exécution de son frère, aussi sombre puisse être ce maudit jour, les gens feraient le rapprochement et verraient en Calvin, le frère d’un assassin. Cependant, il y avait dans les propos de son interlocuteur une certaine plaidoirie favorable, en partie, envers son frère. Par pure réflexe, il secoua la tête lentement de droite à gauche. La réalité est qu’il ne voulait pas trouver d’excuse à Devon. Il voulait recommencer à le haïr. Plus il approchait de cette date fatidique et plus il en avait besoin. Voir en lui un coupable devant être puni lui apportait une certaine compréhension quant à sa mort future. Mais dans son cœur, tout ceci était différent. Il comprenait qu’il restait le Devon d’autre fois, qui prenait soin de lui, qui lui montrait encore plus d’amour que ses parents. Comment pouvait-il le détester malgré ses actes ?

Ce fut à cause de l’ainé de la famille Collins que Calvin devint bénévole à l’hôpital de Lima. Beaucoup y ont vu une grande générosité. C’est pour cela qu’il ne se vente pas de ses actions. En réalité, c’est plus égoïste qu’on ne le pensait. Il profitait du malheur de certains pour se rendre utile, pour se faire pardonner d’avoir eut un meurtrier dans la famille. C’était en partie comme pour rendre service à Devon en réparant ses fautes. Du moins, au départ, c’était pour cela. A présent, le simple sourire d’un enfant malade le motive à se rendre régulièrement à l’hôpital.

C’est alors que la jeune blonde fit le rapprochement entre le lycée, et ses populaires, et son grand frère. Même s’il y avait un grand fossé, la métaphore était assez vraie. Calvin aurait pu alors lui confier qu’il ne s’était inscrit dans la chorale que pour ne pas attirer les foules. On évitait les Glee Club, on ne s’intéressait pas à eux…Alors c’était une manière pour lui de ne pas devenir un élève mystérieux dont on tentera de tout savoir sur sa discrétion qui paraitrait sans tout trop…suspecte. Le jeune Collins avait compris alors qu’il y avait un juste milieu entre la popularité et l’invisibilité pouvant intéresser. Il y avait l’impopularité et il faisait partie de ces élèves là. Aussi loin que Calvin se souvienne, il n’avait jamais rien fait d’illégal. C’était son propre frère qui lui avait appris ces valeurs là alors qu’il faillit, un jour, voler un paquet de bonbon innocemment. Il n’avait que quatre ans. Lorsque la caisse s’est mise à siffler, Devon avait observé les mains de son petit frère et y avait vu les friandises. Il s’était alors accroupi et lui avait expliqué que tout se payer dans la vie et que les caprices n’étaient pas une monnaie d’échange. Le grand frère avait rendu le paquet à la caissière en s’excusant et en précisant qu’il ne l’achèterait pas. Ce jour là, Calvin avait pleuré toutes les larmes de son corps. La caissière lui avait tendu une friandise qui fut un remède miracle, mais Devon refusa insistant sur le fait qu’il ne devait pas avoir ce qu’il souhaitait en pleurant. Dans les bras du grand frère, il avait séché ses larmes et retenu la leçon. Aujourd’hui, celui qui lui apprit de bonne valeur croupissait en prison. Alors oui, tout était une question de facilité. Mais :

« Ce qu’a fait mon frère est impardonnable. Je ne peux pas me permettre de lui pardonner. Je l’aime, mais il faut que je me persuade que ce qui l’attend, il le mérite ou deux milles douze sera très difficile. » Dit-il sans oser la regarder. Il s’excusa alors de pourrir à ce point l’ambiance. Mais elle le contredit et pensa même à le remercier pour lui avoir ouvert les yeux. Ouvrir les yeux sur quoi ? C’était une autre question. Calvin se leva alors et s’approcha d’Ecaterina. Il s’assit près d’elle, sur le rebord de la scène, mais observa tous ses sièges vides. Voilà bien là l’image de son cœur actuellement. Une place énorme, mais vide de toute chose après cette conversation. Il ne put s’empêcher de lui demander : « Ouvert les yeux sur quoi ? Sur l’importance de la famille ? Sur ce qu’ils peuvent nous apporter en mal ou en bien ? Si tu pouvais m’éclairer un peu, parce que moi-même je ne suis pas sure de me comprendre. » Dit-il avec un sourire peiné.
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MessageSujet: Re: 04. Happy Birthday, Cat.   Jeu 6 Jan - 1:14

Ecaterina eut juste le temps de se hisser sur ses bras assez longtemps et avec une certaine habilité pour ensuite s’asseoir élégamment sur le bord de la scène, ses minuscules jambes repliées sur le côté, sa main gauche appuyée sur le parquet sombre de la scène et l’autre posée négligemment sur ses genoux puis laissant son regard songeur se poser sur les sièges de l’amphithéâtre, elle soupira ; c’était drôle la façon dont elle percevait les choses. Elle n’avait jamais été à l’aise sur scène, comme dans les studios photos, d’ailleurs et pourtant, elle s’était retrouvé plusieurs fois dans cette assemblée à contempler le plafond lumineux ou encore à profiter d‘un spectacle qu‘on lui avait imposé. Cela n’avait jamais été calculé. Elle s’y sentait presque en sécurité, comme s’il lui suffisait d’oublier un instant que cette grande pièce était en dehors du lycée - terre inconnue qu‘elle commençait seulement à apprécier. Ses pupilles vadrouillant d’un coin à un autre, elle esquissa un sourire furtif en y songeant mais, il s’effaça aussi rapidement quand elle baissa la tête, se souvenant soudainement qu’il n’y avait pas de quoi sourire. L’histoire de Calvin était terrible et douloureuse. Elle jugeait qu’elle n’était peut-être pas assez forte pour endosser la responsabilité d’un tel secret mais, Calvin semblait penser le contraire. A vrai dire, Cat ne faisait confiance à personne. Toutefois, Calvin avait été assez téméraire pour oser l’interpeller, pour tenter en vain de la réconforter… il s’était intéressé à elle et pas uniquement parce qu’il l’avait reconnu ou même parce qu’il l’avait trouvé jolie. Ce n’était pas une situation à laquelle elle était habituée, elle ne savait comment réagir mais quand le jeune homme vint s’asseoir à côté d’elle, son visage se tourna automatiquement vers lui. Ses yeux scrutèrent la moindre parcelle de son visage éclairé par les spots bleutés de la scène à laquelle ils tournaient le dos, puis elle fixa ses mains et elle releva le regard après un long moment à suivre avec dextérité les lignes que formaient ses veines sur toute la longueur de ses longs doigts : elle pouvait lui faire confiance, elle en était persuadée.

Les paroles de Calvin résonnèrent en écho dans l’esprit de la blondinette. Maintenant, elle s’en voulait d’avoir osé comparer le lycée à cette atroce affaire. Cependant, il était trop tard pour faire marche arrière et se confondre en excuse ne lui serait sans doutes pas utile, Calvin semblait avoir comprit ce qu’elle avait voulu dire en tentant ce parallèle qu’elle jugeait hasardeux, désormais. Il faisait chaud dans l’amphithéâtre, assez pour embrouiller l’esprit de la jeune fille toutefois, elle tacha de rassembler ses idées et quand l’adolescent assit à ses côtés la questionna à son tour, elle reporta son attention sur lui, les sourcils haussés et la bouche entrouverte soudain surprise par ce retournement d’intérêt ; il était difficile pour elle de se confier. Dans son for intérieur évidemment, elle persistait à penser que Calvin pouvait peut-être la soulager, qu’il lui renverrait la pareille mais, leurs histoires étaient tellement différentes si bien qu’elle craignait de paraître superficielle. Ecaterina était une jeune fille contradictoire. C’était un défaut comme un autre. Elle se tannait à penser qu’elle se fichait pas mal de l’opinion des autres, de leurs chuchotis sur son passage ou des rumeurs infimes qui circulaient dans les couloirs - et c’était vrai, elle n’en avait rien à faire ! Néanmoins, elle restait une adolescente et elle n’avait pas envie de blesser Calvin en lui faisant croire qu’elle mettait sur un pied d’égalité les tragédies qui les avaient frappés, tout les deux. Elle sourit, pourtant et prit une légère inspiration en se redressant légèrement, balançant avec style les quelques mèches d’un blond brillant qui encadraient son visage harmonieux, elle hésita à le regarder mais le son de sa voix rauque ne se fit pas attendre.

« L’importance de la famille ? » dit-elle, fronçant les sourcils avec une expression amusée. Amusement qu’elle seule pouvait comprendre et bien vite, un rire fugace s’échappa de ses lèvres charnues « Ma mère est morte l’année dernière. » ajouta-t-elle « Non, ne sois pas désolé. » Son ton fut cassant et son rire éraillé s’amenuisa quelques instant après alors qu’elle détourna la tête en regardant en l’air. C’était ce qu’elle craignait par-dessus tout : devoir s’expliquer. A chaque fois, pas seulement pour tout ce qui concernait sa famille. Devoir s’expliquer était une chose qu’Ecaterina redoutait, il n’y avait aucune raisons à cela mais, ses paumes devinrent instantanément moites et sa gorge sèche, comme toujours. Calvin devait la prendre pour une folle et pinçant les lèvres longtemps, elle retourna son visage vers lui et le gratifia d’une ébauche de sourire « J’avais une relation, umh… disons compliquée avec elle, sa mort ne m’a pas rendue triste. » avoua-t-elle et machinalement, elle posa sa main sur celle de Calvin, évitant à tout prix son regard. Son débit de parole devint alors précipité et ses joues se mirent à rougir, elle était persuadée qu’il pouvait sentir la gêne immense qu’elle ressentait alors, elle récita précipitamment « C’est horrible et je m’excuse d’être aussi dure à cause de ce que tu vis en ce moment mais, je n’ai jamais eu de vraie famille et je n’en aurais sans doutes jamais. »

Ses doigts serrèrent un peu trop fort la main du jeune homme et les sentant s’engourdir sous la pression qu’elle exerçait, elle lâcha vivement son étreinte et tourna la tête vers l’étendue de sièges qui s’offrait à elle. C’était ça son problème. Ecaterina savait que parler un tant soit peu de sa mère et de cette vie qu’elle regrettait et qu’elle détestait la mettait dans des états inimaginables. C’était avant tout pour cette raison qu’elle se refusait d’aborder le sujet ; elle était fragile. Le fait de penser à sa mère lui donnait des maux d’estomac, elle repensait à toute ces choses blessantes qu’elle avait put lui dire pour qu’elle excelle et qu’elle soit meilleure que les autres. Seulement, elle n’était jamais aussi souriante, jamais aussi jolie, jamais aussi douée que celle qui l’avait mise au monde. Ce n’était qu’une pâle copie, rien de plus. Son cœur s’emballa, elle sentait le regard du jeune homme glisser sur elle et elle ne lui laissa pas le temps de dire quoi que se soit. Elle se leva gracieusement, frottant ses mains terriblement moites sur son jean et avança de quelques pas sur la scène illuminée.

« Je suis née à Cincinnati, ce n'est pas très loin d'ici et ce n’est pas tellement différent. » se résigna-t-elle à dire avant d’avancer davantage sur la scène et de s’arrêter devant l’immense échelle en bois qui surplombait l’un des coins de la scène « Annabelle… » Elle s’arrête, fermant les yeux un instant et effleurant du bout des doigts les barreaux massifs de l’échelle, elle se força à se reprendre « Ma mère était actrice dans une sitcom qui passait sur la télévision locale - je ne me souviens plus du titre, ce n’est pas vraiment important. Elle a eu son heure de gloire. Elle a même fait partie de la parade de Thanksgiving, une année. Enfin, c’est-ce qu’elle racontait mais, elle avait tendance à enjoliver les choses et à tirer avantage de ses mensonges, tu vois le genre ? » Elle tourna son joli minois vers Calvin et le toisa un instant puis de se concentrer sur l’échelle et de faire de même avant de marcher lentement vers l’autre coin de la scène « Bref. Je te passe la rencontre avec mon père et le mariage qui a suivi. De toute façon, il a mal fini. » lança t-elle « Elle a eu un premier enfant, la plus grosse erreur de toute sa vie d‘après elle. Celle qui lui a valut sa place dans cette sitcom pourri ; son personnage ? Évincé. Morte de je-ne-sais-quelle-manière-stupide qui l’a fait enrager et devenir tellement acariâtre et autoritaire que quand je suis née, elle a vu en moi un moyen habile de revivre tout ça. Tu sais, les strass et les paillettes. » Elle mima les paillettes, faisant virevolter ses doigts au dessus de sa tête dans un geste d’une élégance naturelle qui aurait pu paraître ridicule chez les autres mais, chez Ecaterina cela ne faisait que compléter cette palette injuste de distinction. Elle soupira alors, faisant retomber ses mains lourdement le long de son buste et elle attrapa d’une main délicate l’un des pans du grand rideau rouge, gentiment repoussé sur le coin de cette immense scène pour laisser la vue aux spectateurs. Elle ne reprit pas tout de suite sa tirade, contemplant avec une attention réelle ce rideau au tissu tellement lourd. Ecaterina pencha la tête, suivant lentement des yeux les dessins subtilement brodés sur le tissu et elle daigna continuer, reprenant sa promenade sur scène « Annabelle m’a inscrite dans une agence de mannequin à l’âge de deux ans. Tu en connais beaucoup des enfants de deux ans qui veulent travailler ? Moi, pas. Aucun enfants de deux ans ne veut travailler mais, je n’avais pas le choix. » avoua-t-elle dans un sourire puis elle s’installa sur le tabouret qu’avait occupé le jeune homme quelques instants plus tôt. L’adolescente posa ses pieds sur les barreaux, appuyant ses mains sur ses genoux, elle regarda Calvin et sourit encore dévoilant une rangée de dents parfaitement alignées et haussant les épaules, elle les garda ainsi haussées le temps de terminer son histoire « Je ne suis jamais allée dans une vraie école - McKinley est le premier établissement que je fréquente. Je n’avais aucun amis. J’avais juste mon frère mais, il est parti plus tard… tout comme mon père quelques années plus tôt, d’ailleurs. Je me suis retrouvé toute seule avec elle, et… » Elle s’arrêta, baissant les épaules et frottant inlassablement ses mains sur son jean qui lui brûlait les paumes. La jeune fille cligna des yeux, les leva vers le plafond éclairé et termina « Je la détestait. »

La chute de l’histoire fut concise et si mauvaise que la jeune fille n’aurait pas hésité à déchirer la page si elle l’avait écrite elle-même mais, c’était celle à laquelle on l’avait condamné et elle ne pouvait pas réécrire la fin. De toute façon, elle ne se sentait plus capable de continuer, d’expliquer en détail ce qu’il c’était passé au cours de ce long périple, étouffée par cette mère indigne et ses remarques assassines. Ecaterina prit une grande et longue inspiration, bloquant l’air dans ses poumons ; elle ne pleurerait pas, elle avait pleuré pour son père tout à l’heure mais, c’était différent. Elle l’aimait, lui. Même s’il l’avait abandonné, elle lui avait pardonné. Mais, Annabelle. Elle ne pouvait pas pleurer pour elle, elle ne lui donnerait jamais cette satisfaction même s’il elle n’était plus là, elle savait que quelques part, elle l’observait. Déplorant la façon dont elle s’habillait, la façon dont elle se comportait. Elle était morte, elle devait tourner la page. Libérant sa respiration, Cat se sentie suffoquer le temps qu’une autre bouffer d’air s’engouffre dans sa cage thoracique et elle serra la mâchoire avec force ; c’était la première fois qu’elle se sentait autant soulagée.
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04. Happy Birthday, Cat.

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