Choriste du mois


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 04. Correcting is special

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MessageSujet: 04. Correcting is special   04. Correcting is special EmptyMar 14 Déc - 5:18

Pendant les sept année que Mélina avait passé avec l'homme qui avait été son mari, la période qu'elle avait toujours le plus aimé était la période des fêtes. Même si à cette période, elle était encore à l'université et qu'entre l'action de Grâce et le Nouvel An elle avait une tonne de travaux à remettre. Elle aimait la période des fêtes comme elle n'avait jamais aimé aucune autre période de l'année. Après leur mariage, après deux ans de fréquentation et de cohabitation, Mélina s'était habitué à le regarder corriger les copies de ces étudiants, avec ces lunettes qui se penchaient sur le bout de son nez en lisant parfois à voix hautes certaines phrases qui lui semblait étrange.

C'était l'une des parties qui lui manquait le plus en fait depuis le décès de son Manuel. Le voir penché sur ces copies d'examen avec un sourire léger pendant qu'un feu crépitait dans le salon où elle avait habitude de s'installer pour travailler sur la rédaction de son mémoire de maîtrise ou sa thèse de doctorat par la suite. C'était pour cette raison que malgré la température qui n'était pas la même que celle de leur New Yotk, que Mélina refusait obstinément de corriger toute les copies d'examens qui s'était accumulées et qui en cette fin de trimestre attendait avec une avidité malsaine d'être corriger par un enseignante au courage étonnant.

Il était peu de temps passé une heure en ce mardi quand Mélina s'attaqua à la lecture des petits exercices qu'elle avait donné à ces élèves en prévision de cette fin d'année. Sa salade au tofu posé en équilibre sur un coin de la table, un café -noir deux sucre- quand elle se mit à l'attaque de sa pile de travail. Elle n'avait jamais compris ce qui passionnait autant son mari dans la correction des travaux de ces étudiants. Pour la simple et bonne raison qu'avant d'être devenue elle-même une étudiante de niveau universitaire, elle n'avait jamais eu de cours de quoi que ce soit, sauf de Karaté dans un grand groupe. Son enseignement avait été fait par Madame Luz et trois ans dans une école privée aux petits groupes.

Penchée sur les copies d'examen, elle avait l'impression d'apprendre à en connaitre un peu plus sur les étudiants en corrigeant leurs travaux. C'était le lien individuel que l'on pouvait avoir la chance de créer avec les élèves se déterminait en grande partie par la correction que l'on pouvait faire des copies d'examen. Elle ne regardait pas le temps qui passait et se concentrait au maximum sur la correction. Si appliqué sur un travail si routinier pourtant pour quelqu'un qui avait été formé comme enseignant, au contraire de Mélina.
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MessageSujet: Re: 04. Correcting is special   04. Correcting is special EmptyJeu 16 Déc - 20:27

Il était tôt ce matin là lorsque Chris se réveilla, le nez sur ses copies. Elle s'était encore endormie là dessus sans s'en rendre compte. Ce n'était pas tant que la copie était inintéressante ni ennuyeuse mais la fatigue était vraiment de plus en plus présente au fil du temps qui passait et cela était proportionnel à son tour de taille qui augmentait au fil des semaines.

Le proviseur lui avait dit la veille qu'elle pouvait disposer d'horaires particuliers si elle le souhaitait afin de se reposer le plus possible. Mais cela n'était pas vraiment possible en cette période vu qu'elle devait travailler chez elle jusque tard dans la nuit pour corriger et noter les copies de ses élèves en vue des examens de fin de semestre. Pour se réveiller un peu, la jeune professeure s'octroya un bon bain relaxant puis, une fois prête, elle se mit en route pour le lycée. La neige était omniprésente et Chris ressentit un immense soulagement d'être arrivée sans avoir glissé sur une plaque de verglas. Les couloirs étaient vides lorsqu'elle entra, vers onze heures. Prenant son repas avec Ashton, James et Maggie qui avaient des cours à donner beaucoup plus nombreux que les siens, étant donné que leur matière n'était pas une option. Puis chacun retourna à ses occupations. En attendant son cours de 15 heures, la jeune femme partit en salle des professeurs afin de corriger les copies qu'elle n'avait pas encore fait. Elle remarqua que Mélina était déjà présente. Hésitant à la déranger, Chris s'installa à la table jusqu'à côté de la sienne et sortit ses copies de son sac.

Hello, Mélinda, tu vas bien? Tu as l'air de quelqu'un qui a envie de s'arracher les cheveux. finit elle par dire, lui adressant un sourire.
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MessageSujet: Re: 04. Correcting is special   04. Correcting is special EmptyVen 17 Déc - 5:17

Mélina aimait la neige qu’il s’était accumulé à Lima depuis les derniers jours. Mais elle réalisait bien vite que sa caravane n’était pas nécessairement habituée encore au chauffage et sentait que la chaleur dont elle avait de besoin lui couterait cher. Elle commençait doucement à envisager une idée qui lui avait toujours semblé improbable : utiliser l’argent de l’héritage pour s’installer à un endroit. Mais elle ne se sentait pas trop prête à utiliser cet argent qui était dans un compte à part et qui n’avait pas touché depuis la mort de son mari. Son esprit vagabondait au même rythme que son stylo rouge qui corrigeait. Si elle se l’admettait, pour la première fois depuis que son homme était mort, elle se sentait peut-être la force de se stabiliser à un endroit… Elle se surprit à penser que sa psychologue, qu’elle n’avait pas vu depuis que sept mois, lui aurait dit que c’était un très grand pas par l’avant que elle avait fait… simplement que de penser que je pouvais arrêter de fuir sa peine constituait une avancée prodigieuse pour cette dernière. Son esprit vagabondait pendant qu’elle corrigeait mécaniquement mes copies d’examen. Avait-elle commencé à admettre qu’il n’était plus là? Mélina n’avait jamais vraiment eu le temps de faire son deuil… il était mort si vite… beaucoup trop vite pour qu’elle comprenne.
« Hello, Mélina, tu vas bien? Tu as l'air de quelqu'un qui a envie de s'arracher les cheveux. »
Un sourire effaça la mine soucieuse qui fixait la copie. Christ était l’une de ces personnes qui faisait en sorte que j’avais envie de rester à Lima en fait. Elle s’était relevée beaucoup vite que moi de la mort de son époux. Elle resplendissait, avec ce ventre rond que j’enviais en silence. Moi, une ancienne anorexique qui avait frôlé la mort à cause de sa maladie mentale enviait une rondeur que je n’aurais pas avant un certain temps… le fait que je me mette en couple.
« Salut Chrissie! Je vais bien mais j’ai de la misère à comprendre comment certains aiment autant la correction… bien que j’aime ça et toi? »
Sa voix était enjouée et légère. Elle était heureuse malgré tout. Mélina se releva pour partir une autre cafetière. Comment son mari faisait-il pour aimer la correction à ce point? Comment avait-il réussit à corriger des mémoires de maîtrises bourrés de faute en lui donnant l’idée que c’était intéressant assez pour qu’elle le regarde avec douceur? Elle s’accota contre le comptoir sur lequel était posée la cafetière. D’un petit geste, elle retira sa chaussure gauche. Elle portait son tailleur noir et blanc et des accessoires rouges vifs. Peu de gens savait qu’elle vivait dans une petite caravane et non pas dans une grande maison. Parce que l’apparence qu’elle avait donnait une toute autre version d’elle-même.
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MessageSujet: Re: 04. Correcting is special   04. Correcting is special EmptyMer 29 Déc - 17:00

Citation :
Aucun souci, t'en fais pas, tu peux écrire à la personne que tu veux Very Happy Désolée du retard :/

Arrivée dans la salle des professeurs, S'approchant de Mélina, Chris hésitait à la déranger mais finalement, elle se lança et fut soulagée de constater qu'elle avait eu raison de le faire en voyant le sourire sur le visage de son amie et collègue. Elle même avait dû affronter la mort de son mari mais contrairement à elle, Mélina n'avait pas eu la chance de pouvoir s'accrocher à un enfant pour conserver un lien même tenu avec cet homme qu'elle avait tant aimé. Lui rendant son sourire, elle eut un éclat de rire en entendant la plainte de son amie concernant les corrections. Il était vrai que devant les copies de certains élèves.

Ce n'est pas bien compliqué. Tu aimes parce que tu es passionnée par ton métier et que cela te permet de ne plus penser à rien d'autre en te concentrant là dessus. Et puis, il faut avouer que parfois certaines copies permettent de bien rire. Hier, j'ai corrigé quelques unes des miennes et je peux t'assurer que je ne me suis pas ennuyé un seul instant. répondit elle , de l'amusement dans la voix. Bien sûr, cela n'était pas très gentil pour les élèves mais elle n'éprouvait pas vraiment de remords car elle savait que cela s'avérait réciproque chez certains d'entre eux. Et puis, il y avait néanmoins de bonnes copies ce qui la rassurait sur le fait que son enseignement était bel et bien écouté.

Quant à moi, ça va. Je commence à ressentir les coups de pieds, la nuit surtout. On dirait qu'elle a un rythme à l'opposé du mien. Quand je bouge, elle dort et quand moi je dors, là c'est la fiesta. Ah oui, je ne t'avais pas dit encore, c'est une fille, j'ai eu l'échographie ce week end, ça m'a fait un de ces chocs de la voir pour la première fois aussi nettement. reprit elle lorsque Mélina fut revenue d'avoir été cherché la cafetière. Derrière elles, quelques profs qui venaient d'arriver parler déjà de Noël.

Ah oui, je voulais te demander : est ce que ça te dirait qu'on fasse Noël entre filles? On pourrait prévoir un programme pour la soirée et tu viendrais dormir à la maison. lui demanda t'elle.

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MessageSujet: Re: 04. Correcting is special   04. Correcting is special EmptyMer 29 Déc - 18:42


À mes yeux, Chris avait eu plus de chance que moi. Son mari était mort rapidement et en héros. Le mien n’en avait pas fini de mourir en inconnu dans une chambre d’hôpital trop blanche pour être réelle. J’essayais de chasser mes idées noires de ma tête. Il ne restait que deux semaines de cours, majoritairement des exposés oraux dans mes classes. Quelque chose de majoritairement plus léger que mes examens écrit qui allaient être d’une de ces lourdeurs à corriger pour la simple et bonne raison que je ne voulais pas traîner tout cela dans ma petite caravane déjà encombré de peur de perdre pour le plus grand dam d’un étudiant une copie d’examen.

«Ce n'est pas bien compliqué. Tu aimes parce que tu es passionnée par ton métier et que cela te permet de ne plus penser à rien d'autre en te concentrant là-dessus. Et puis, il faut avouer que parfois certaines copies permettent de bien rire. Hier, j'ai corrigé quelques-unes des miennes et je peux t'assurer que je ne me suis pas ennuyée un seul instant.»

Il y avait du plaisir dans la voix de Chris quand elle parlait de l’enseignement. Le même que ce que mon mari avait dans la voix. Je crois que je devais me l’admettre. J’aimais aussi la correction. J’aimais l’impression que je pouvais enfin me lier plus personnellement à mes étudiants. Je venais de me rassoir sur ma chaise. Elle grinça sous mon poids qui n’était pourtant pas si intense. Je repris le stylo mais sans le redéposer sur la feuille. Pourquoi corrigeait-on toujours en rouge? J’avais toujours trouvé cette couleur effrayante.

«Mon mari était comme ça. Il s’arrêtait en plein milieu d’une copie et me demandait où était l’erreur…. Il transformait la correction en un jeu. Quel malheur de tomber en amour avec un prof. Grossière erreur que de le marier par la suite. Il ne sortait jamais de l’université. Moi, c’est le hasard qui a fait que je suis devenue prof.»

Il n’y avait ni déception, ni tristesse dans ma voix mais quelque de quasiment humoristique. Il était très rare que je parlais de mon mari, surtout au passé avec des collègues. Il fallait savoir qu’il était mort pour savoir que ce que je parlais datait d’une autre époque. J’avais rapidement perdu mon masque avec Chris. Le hasard fait parfois bien les choses. Pendant 2 ans, j’avais vécu seule, j’avais fui. Et un jour, j’étais atterri à Lima où j’avais pris un boulot plus conventionnel qu’auteur de livre pour enfant et j’avais recommencé en même temps à parler à des gens, à me lier à du monde… tout ça avait été une grande différence.

«Quant à moi, ça va. Je commence à ressentir les coups de pieds, la nuit surtout. On dirait qu'elle a un rythme à l'opposé du mien. Quand je bouge, elle dort et quand moi je dors, là c'est la fiesta. Ah oui, je ne t'avais pas dit encore, c'est une fille, j'ai eu l'échographie ce week end, ça m'a fait un de ces chocs de la voir pour la première fois aussi nettement.»

Mes yeux s’écartelèrent sur la nouvelle. Elle attendait une petite fille. C’était une excellente nouvelle. Du moins à mes yeux à moi de vieille fille célibataire depuis. Je me levai d’un seul bond pour lui faire un câlin. Un immense sourire sur le visage. J’étais réellement contente pour elle.

«Pour de vrai? Pourquoi tu ne me l’as pas dit que tu avais une échographie? Je serais venue! C’est une petite fille. Pauvre toi… on est adorable, mais un vrai paquet de trouble non?»

Je m’étais séparée d’elle pour parler. J’avais été spontanée que je l’étais du temps où Manuel était en vie. Avec une voix ironique j’avais fini par rajouter la phrase sur le fait que nous sommes des monstres, nous l’espèce féminine. Un grand sourire sur mon visage, je pris une gorgée de ma tasse de café en m’appuyant contre mon bureau. L’entrée de nouveaux enseignants dans le local changea un peu la donne. Ils parlaient de Noël et de leurs préparatifs.

«Ah oui, je voulais te demander : est-ce que ça te dirait qu'on fasse Noël entre filles? On pourrait prévoir un programme pour la soirée et tu viendrais dormir à la maison.»

Dans ma caravane, il n’y avait pas de place pour un sapin de Noël. Pas de place pour la tonne de cadeau sous les branches. Cela me manquait énormément. J’avais décoré un sapin à l’extérieur, mis des lumières à l’intérieur et à l’extérieur. Mais il manquait quelque chose dans ma maison, plus que le CD de Noel. J’ai donc eu un grand sourire et murmurer.

«Je serais pas contre. Mon père va être à Milan avec sa nouvelle protégée et ma mère… n’en parlons pas. Alors j’ai le vide de prévu.»
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MessageSujet: Re: 04. Correcting is special   04. Correcting is special EmptyLun 10 Jan - 1:51

Elle ne l'avait dit à personne, pas même Ashton. La vérité sur la mort de Matthew n'était pas vraiment celle qu'elle avait raconté. Certes, il y avait eu cette bagarre au milieu du salon mais il était toujours vivant quand les ambulanciers l'avaient emmené. A son arrivée à l'hôpital, les médecins s'étaient prononcés pour un état critique : coma profond et après des examens approfondis, ils avaient déclarés que, dans le cas peu probable où Matthew se réveillerait un jour, il ne serait plus celui qu'elle avait connu. Jamais plus, il ne se réveillerait, la mort cérébrale était un fait évident. Il ne restait qu'une solution mais Chris avait du mal, ne parvenait pas à s'y résoudre. Toute la journée, elle resta à côté du corps étendu de son mari, lui parlant, lui disant ce qu'elle n'aurait plus jamais l'occasion de lui dire n'ayant pour seule réponse, le BIP BIP régulier et monocorde qui était la seule preuve que son coeur battait encore. Ce ne fut que le lendemain matin, après une dernière nuit passée près de lui que les médecins débranchèrent les machines qui le tenaient encore en vie. Tout au long de ce moment, la jeune femme avait conservé la main de son époux dans la sienne, les larmes roulant le long de ses joues. C'était suffisamment difficile pour elle d'en parler, et elle n'arrivait pas encore à se l'imaginer. Pour elle, Matthew était absent, il reviendrait, elle n'avait pas encore réussi à faire totalement son deuil, se voilant la face presque en agissant de la sorte. C'était pour cela qu'elle n'avait jamais dit cela à voix haute, parce qu'elle savait au fond d'elle que cela rendrait les choses réelles. Pour cela, elle s'abrutissait de travail et faisait toujours en sorte de détourner la conversation avant qu'elle n'arrive à ce point dont elle ne voulait pas parler.

Je comprends. Pour moi j'avais tout le temps peur quand Matthew partait travailler. Policier c'est l'enfer aussi, je t'assure avec tout ce qu'on peut entendre jour après jour. Mais finalement, il n' jamais eu de problème au travail. Et moi, si j'ai voulu devenir professeur c'était parce que j'avais la passion depuis mon enfance et que finalement, ça tombait sous le sens. répondit elle Avant d'entamer sur un autre sujet en sentant les premiers coups de pied de l'enfant qu'elle portait en elle. Depuis qu'elle savait que ce serait une fille, elle se sentait rassérénée mais plus par le fait d'avoir su qu'elle était en parfaite santé. Après tout, ce serait un lien même ténu avec son mari mort et Chris voulait en profiter pour la chérir et l'adorer plus que n'importe quel trésor sur Terre.Cela semblait avoir réjoui Mélina qui vint pour lui faire un câlin qui fit énormèment de bien à la jeune professeure et amena un sourire sur son visage. Un rire vint même ponctuer la dernière question que son amie lui avait posée.

Je ne te le fais pas dire. On dirait qu'elle joue au football ou alors elle danse mais qu'est ce qu'elle bouge. Enfin, au moins, ça prouve qu'elle est en bonne santé donc je ne m'en plains pas sauf quand c'est vraiment douloureux. J'aurais voulu que tu viennes mais je ne voulais pas te déranger. On a aussi vu pour l'accouchement et la date sera approximativement vers la mi-mars. lui dit elle, lui lançant ainsi une invitation déguisée dans le cas où elle souhaiterait venir cette fois. En attendant leurs collègues parler des préparatifs de Noël, elle en vint alors à aborder également ce sujet avec Mélina en lui proposant de venir passer Noël chez elle en compagnie de Marge et d'autres personnes éventuellement qui passeraient peut être Noël toutes seules. Ravie de l'entendre accepter, un nouveau sourire vint illuminer le visage de Chris et elle en vint à s'asseoir à la table et sortir une feuille de sa poche.

Super!! Par contre, comme je dois prévoir des courses avant tout de même, tu pourrais m'indiquer ce que tu préfères s'il te plait pour ne pas que je commette d'erreurs, tu comprends? lui demanda t'elle, en lui montrant les différents idées qu'elle avait eu en plats. Il suffirait à Mélina de cocher ses préférences et le tour serait joué.
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MessageSujet: Re: 04. Correcting is special   04. Correcting is special EmptyMar 18 Jan - 16:51

Dans les chambres de soins palliatifs, il n’y a pas d’électrocardiogramme. Il y a ce qu’il faut pour aider… aider la personne à mourir sans souffrir. Ce n’est pas comme mourir aux soins intensifs. Quand l’état de Manuel était devenu trop critique, quand je n’avais plus été capable de gérer les traitements, quand il avait compris que je ne voulais pas le voir mourir dans nos draps de satin rouge préféré, nous avions choisi de parler avec l’oncologue de la possibilité d’avoir un lit en palliatif. Quand nous avons commencé à emballer ses affaires avant de transférer vers la chambre, nous savions qu’il ne reviendrait pas à la maison. Il était en fauteuil roulant. La douleur dans son ventre était si intense que de se lever lui était impossible. Il n’empêchait que l’on ne savait pas combien de temps l’agonie durerait. C’était long. Long et pénible de le voir si faible. Il jouait encore de la guitare sur son lit de mort quand la douleur n’était pas si pénible. Et il avait sombré dans le coma, au bout de plus d’un mois d’hospitalisation. J’avais été là pour lui donner de l’eau, pour mouiller ses lèvres avec des glaçons, pour lui parler et pour lui tenir la main. Je l’avais marié pour le meilleur et pour le pire. À la vie à la mort. Et je ne voulais pas réaliser que c’était déjà la fin. Qu’il n’y aurait pas tous ces plans que nous avions fait tous ses rêves que nous avions. Le cancer, quelle peste.

«Je comprends. Pour moi j'avais tout le temps peur quand Matthew partait travailler. Policier c'est l'enfer aussi, je t'assure avec tout ce qu'on peut entendre jour après jour. Mais finalement, il n' jamais eu de problème au travail. Et moi, si j'ai voulu devenir professeur c'était parce que j'avais la passion depuis mon enfance et que finalement, ça tombait sous le sens.»

Je devais penser à d’autres choses. Je pensais à ce qui m’avait poussé en littérature. En fait, quand j’y pensais, j’ignorais ce qui m’avait poussé vers ce cours. J’aurais pu prendre arts ou marketing. Mais j’avais choisi les études espagnoles plutôt que toutes les autres options. J’avais simplement besoin de changement. J’aimais la photo, mais de là à être catapulter en avant-scène, une nouvelle fois. Je connaissais l’envers du décor du marketing déjà. Je le connaissais beaucoup trop pour pouvoir l’aimer. Je savais pour la manipulation et l’importance si illusoire de l’image. Alors j’étais allé vers la littérature. Les mots pour vaincre la peur de retomber dans mon image, celle que j’avais été et que je me battais encore pour ne plus être

«Quand je suis rentrée à l’université, je ne savais pas où j’allais. J’hésitais entre photo et littérature hispanique. Je suis rentrée en langue sans savoir où ça me mènerait. Je voulais juste être loin de ce que j’avais connu avant, le plus loin possible en fait.»

Il y avait des moments où je ne voulais simplement plus penser. Penser à celle que j’avais été et à ceux que j’avais aimés. Dans le nombre, il y avait mon défunt mari. Mais il y avait aussi cette tonne d’hommes avec qui j’avais eu des histoires sans lendemain du temps où j’étais mannequin. Tous ces gens qui m’avait aimé pour l’image que je représentais, pour la mannequin que j’étais. Tous ceux qui m’avaient vu m’autodétruire un peu mais qui ne m’avait pas pour autant tendu la main pour me proposer de m’aider à m’en sortir… pour m’aider à ne plus être un danger pour moi-même. J’avais recroisé certains de ses visages. Certaines de ses personnes m’avaient reconnues. Je n’avais jamais su ce qu’ils avaient pensé de moi après. Après que je me sois retiré de la mode parce que j’avais trop poussé et que j’avais défié la mort.

«Je ne te le fais pas dire. On dirait qu'elle joue au football ou alors elle danse mais qu'est-ce qu'elle bouge. Enfin, au moins, ça prouve qu'elle est en bonne santé donc je ne m'en plains pas sauf quand c'est vraiment douloureux. J'aurais voulu que tu viennes mais je ne voulais pas te déranger. On a aussi vu pour l'accouchement et la date sera approximativement vers la mi-mars.»

J’étais déçue un peu qu’elle n’aie pas voulu me déranger pour l’échographie. Était-ce peut-être parce que j’avais été bien souvent seule dans un hôpital quand j’avais été patiente en psychiatrie? J’avais gardé une grande peur des hôpitaux. Une angoisse d’y être seule et enfermée dans ma tête. Elle ne savait pas que j’avais été anorexique. Peu de gens ne le savait. Je n’en parlais jamais. Pire que le silence que j’avais par rapport à la longue agonie que mon mari avait eue. Le long temps qu’il avait pris pour se mourir.

«Les amis servent à être déranger pour ce genre de chose… tu n’étais pas toute seule n’est-ce pas? Rien de pire que d’être seule dans un hôpital, même pour une échographie.»

Il n’y avait pas de peur, pas de tristesse dans ma voix. En rebaissant les yeux vers la copie j’indiquais la note sur le coin supérieur droit. L’étudiant passait, de justesse… mais il avait la note de passage. J’étais contente. Un certain Justin. J’avais de la misère à mettre un visage sur la copie, je crois que c’était l’étudiant silencieux dans ma classe. Il ne parlait jamais beaucoup, mais il semblait gentil.

« Super!! Par contre, comme je dois prévoir des courses avant tout de même, tu pourrais m'indiquer ce que tu préfères s'il te plait pour ne pas que je commette d'erreurs, tu comprends?»

Je pris le menu et le parcourus du regard. Elle avait prévu une dizaine de plats. Je souris. J’étais exactement comme cela du temps où Manuel était en vie. Je prévoyais des mois en avance les repas du réveillons, toujours une dizaine. Traditionnellement, nous recevions des collègues de Manuel et de mes collègues de classes. Pas trop d’alcool et une bonne soirée entre amis. Sa famille étant en Espagne, la mienne étant… étant ce qu’elle était. Une fois, mon père était venu. Avec une ou deux mannequins, dont une qui était sa flamme du moment.

«Juste les deux ou tu vas inviter d’autres filles? Parce que tu vas avoir besoin d’aide pour cuisiner non? »
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MessageSujet: Re: 04. Correcting is special   04. Correcting is special EmptyMer 2 Fév - 1:02

Visiblement, les paroles de Chris au sujet de Matthew avaient eu un effet pas très positif sur Mélina vu que celle ci semblait perdue dans des pensées tristes, vu le regard qu'elle affichait sans qu'elle se rende compte que Chris l'observait. Elle savait qu'elle aussi avec eu à souffrir de la mort de l'homme qu'elle aimait mais lui poser des questions à ce sujet était vraiment malvenu et Chris ne voulait faire remonter davantage de souvenirs douloureux à la surface en voulant satisfaire sa curiosité.

Finalement, Mélina sortit de son mutisme en lui avouant qu'elle avait beaucoup hésité à son entrée à l'université pour finalement se spécialiser dans les langues étrangères. Un choix qui l'avait menée jusqu'ici, qui relevait du pur hasard et qui montrait que chaque choix fait pouvait faire prendre un chemin différent que celui à lequel on se destinait.

Oh je vois, tu voulais sortir des sentiers battus en choisissant une option que tu n'avais jamais envisagé auparavant. J'avais moi aussi envisagé ça mais depuis que je suis môme, c'était enseigner que je voulais faire. Une vraie bêcheuse, tu peux le dire... plaisanta t'elle, avant de parler de l'échographie. Mélina était vraiment déçue de ne pas avoir pu y assister.

Non, je n'étais pas seule, Ashton m'a accompagnée. Le plus amusants, si je peux dire c'est que le médecin a cru qu'il était le père de l'enfant, ce qui est bien sûr, absolument faux. Mais j'ai les images de l'écho avec moi. Attends, je les sors.

Fouillant dans son cartable, elle en sortit l'enveloppe marron dans laquelle se trouvait les radiographies montrant sa fille. Elle laissa le soin à Mélina de les regarder puis se lança pour lui poser la question qu'elle avait l'intention de poser depuis qu'elle l'avait vue.

A ce propos, j'aimerais vraiment te demander quelque chose qui me tient à coeur. Voilà, j'aimerais que tu sois la marraine. Est ce que tu es d'accord???

Suite à cette demande vraiment importante aux yeux de Chris, elle aborda ensuite le sujet concernant la fête de Noël qu'elle avait l'intention d'organiser. Pour son premier à Lima, elle tenait à ce que cela soit parfait et ainsi se lier davantage d'amitié avec ses collègues. Mais finalement, seules deux avaient répondu à l'appel en acceptant : Marge et Mélina. Laissant cette dernière parcourir des yeux le menu qu'elle avait l'intention de concocter, elle rangea l'échographie avec le plus grand soin.

En fait, nous serons trois. J'avais inviter davantage de monde mais il semblerait que les autres soient occupées pour Noël. C'est mieux, je préfère un Noël intimiste personnellement. Et ce serait avec plaisir que j'accepte ton coup de main. lui répondit elle, avec un grand sourire aux lèvres.
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MessageSujet: Re: 04. Correcting is special   04. Correcting is special EmptyJeu 10 Fév - 2:41

Je me rappelais de ma première rencontre avec mon mari. J’avais dix-huit ans, les cheveux attachée dans une toque sévère d’où de longues mèches blondes s’échappaient inlassablement. C’était ma première journée à l’université. Simplement pour me déstabiliser, il fallait que le campus soit gros comme un village à lui seul! En essayant de me repérer sur le plan aussi flou qu’inutile, j’avais échappé mon cartable sur le sol. Jurant et parjurant dans un espagnol aussi parfait que totalement grossier dans la bouche d’une jeune femme, je m’étais penchée pour ramasser mes affaires. Une voix m’avait adressée la parole dans la foule, me demandant en espagnol si j’allais bien. J’avais dit que j’étais en retard pour un cours, que ça me stressait et que je voulais trouver ma classe. Il m’avait gentiment aidé à ramasser mes papiers de nouvelles étudiante et m’avait demandé où j’allais. « À la même place que moi », avait-il rajouté après que j’aille donner mon local et mon pavillon. Sur le coup, j’étais si contente de connaitre quelqu’un. Jusqu’à ce que quand j’arrive en classe et que je vois ce magnifique homme dans la vieille vingtaine se présenter comme étant l’enseignant.
« Oh je vois, tu voulais sortir des sentiers battus en choisissant une option que tu n'avais jamais envisagé auparavant. J'avais moi aussi envisagé ça mais depuis que je suis môme, c'était enseigner que je voulais faire. Une vraie bêcheuse, tu peux le dire...»

«Non… c’est courageux que de s’en aller en enseignement. Regarde les monstres que l’on a dans nos classes, les gens qui se font arrosé de glace pilée dans les corridors.»
Il avait été celui qui m’avait pris sous son aile pour que mon projet de voyage. Je me sortais de la pire épreuve de ma vie... et il m’avouait plusieurs années après notre mariage qu’il s’avait qui j’étais avant même qu’il m’adresse la parole. Il avait entendu parler de cette mannequin de renommé mondiale qui avait été internée suite à une perte de connaissance du à l’anorexie. Il avait su me dire les mots. Et c’était lui qui m’avait montré que j’étais à ma place en langue, parce que la langue m’avait sauvé la vie. Je revenais au présent. Au moment où une de mes amies avouait qu’elle avait toujours qu’enseigner était sa vocation. Je ris doucement. Dans mon ancien univers, il n’y avait pas de lancer de glace pilée au visage comme sport national. En fait, je trouvais un peu dommage que l’adolescence de ses jeunes, déjà si troublée par les images que leur renvoyait les médias, soit aussi troublé par les autres, par les pairs qui dans ma tête de fille qui n’avait jamais fréquentée d’école normale se devait d’être solidaire aux autres. Non… il fallait être bâti solide pour aller en enseignement.
«Non, je n'étais pas seule, Ashton m'a accompagnée. Le plus amusants, si je peux dire c'est que le médecin a cru qu'il était le père de l'enfant, ce qui est bien sûr, absolument faux. Mais j'ai les images de l'écho avec moi. Attends, je les sors.»

«Je veux les voir! Ohhh! Elle a l’air adorable… »
Personne dans mon entourage à New York n’avait d’enfant. J’étais dans une bande de vieux garçons qui avait peur de l’engagement et de vieilles filles qui préféraient de loin l’art face à l’idée même de changer des couches et de courir après des mômes. J’étais donc heureuse de pouvoir observée le phénomène avant de le tester. J’y pensais… un jour… peut-être bien. À avoir un enfant… peut-être deux. Était-ce cet étrange phénomène que de l’horloge biologique. J’étais donc enthousiasme lorsqu’elle me dit qu’elle pouvait me montrer les photos. Les photos étaient ravissantes même si elles étaient flous. C’était magnifique de voir la vie à cet état… c’était magique, étonnant, soulevant. La vie à son état pur que l’on avait la chance de voir évoluer, de voir changer. J’aimais la vie… peut-être parce que j’avais eu tant de misère à m’y accrocher. Nous revenions à la base… au minimum quand on était passé par où j’étais passé… C’était où j’en étais rendu.
«A ce propos, j'aimerais vraiment te demander quelque chose qui me tient à coeur. Voilà, j'aimerais que tu sois la marraine. Est-ce que tu es d'accord?.»

«Je… oui… avec plaisir… je serais honorée d’être la marraine de cette adorable petite chouette.»
Sur le coup… j’étais sous le choc. C’était une grande responsabilité. Mes yeux s’étaient agrandis comme si c’était de grandes perles. Je m’attendais à beaucoup de choses… mais pas de cela. Je n’en étais pas sûr… mais traditionnellement dans ma famille, le parrain et la marraine avaient tous un rôle important.
« En fait, nous serons trois. J'avais invité davantage de monde mais il semblerait que les autres soient occupées pour Noël. C'est mieux, je préfère un Noël intimiste personnellement. Et ce serait avec plaisir que j'accepte ton coup de main.»

« Je préfère aussi cela… puisque je ne connais pas tant de gens que cela à Lima. Et que ce n’est pas comme New York. Si tu veux mon avis, la dinde est essentielle. »

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