Choriste du mois


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 04. Nothing's really making any sense at all.

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MessageSujet: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptyVen 7 Jan - 17:43

Ecaterina & Emma •



06:30. « Bip ! Bip ! Bip ! ». La tête enfouie dans son oreiller, les cheveux emmêlés retombant dans sa nuque, la jeune femme tapa si violemment le réveil qui se trouvait sur la table de chevet que celui-ci tomba par terre, glissant en dessous du lit. Au lieu de se lever, Emma Pillsbury se retourna sur le coté et tira sur la couverture de façon à ce que sa tête se retrouve en dessous. Et aussi rapidement que la sonnerie stridente du réveil l’avait sorti de son sommeil, elle retomba dans les bras de Morphée sans se soucier de l’heure qu’il pouvait être.

7:45. « Touch-a touch-a touch-a touch me ! I wanna be dirty ! Thrill me, chill me, fulfill me, creatuuure of the night ! ». Cette fois-ci, Emma ouvrit légèrement les yeux, se demandant pourquoi son téléphone sonnait au beau milieu de la nuit. Ecartant les couvertures de son visage, ce fut les yeux plissés qu’elle se mit à chercher du regard son réveil, habituellement posé sur la table de chevet. Lorsqu’elle remarqua la place vacante, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle se redressa rapidement sur son lit et repoussa une mèche rousse qui lui barrait le visage. Paniquée, elle se mit à chercher son radio réveil qu’elle trouva quelques secondes plus tard en dessous de son lit. Quand elle y vit l’heure affichée, elle écarquilla les yeux d’horreur ! Elle devait être au lycée dans un quart d’heure et elle était toujours dans son lit, et en pyjama de surcroit ! Elle poussa un petit cri avant de se lever d’un bond et de chercher ses chaussons qui, heureusement, se trouvaient à leur place. Elle courut jusqu’au salon, les cheveux ébouriffés et son pyjama de travers. Elle mit la cafetière en marche et prépara un café, en espérant que cela lui permettrait de se réveiller un peu. Toujours aussi paniquée, elle se dirigeait vers la salle de bain en attendant que son café ne refroidisse un peu quand son portable se remit à sonner « Touch-a touch-a touch-a touch-me ! I wanna be… » Emma s’écria alors « Ahhhh tais-toi, toi ! ». Elle avait beau adorer le Rocky Horror Picture Show, ce matin-là, elle n’était pas d’humeur à entendre sa chanson préférée. En faisant un détour par sa chambre, elle cacha le portable en dessous de son oreiller pour ne plus entendre la sonnerie, avant de repartir de plus belle vers la salle de bain, où son grand rituel matinal l’attendait… et oui, il en fallait du temps pour se préparer quand on avait la phobie des microbes !

*

8:35. Emma se gara en vitesse sur le parking du lycée. Heureusement que son appartement n’était pas très loin de McKinley, sans quoi elle serait vraiment arrivée en retard ! Avec plus d’une demi-heure de retard, elle s’en voulait déjà suffisamment comme ça… Pourtant, elle avait fait du mieux qu’elle le pouvait ! D’habitude, elle mettait plus d’une heure à se laver et se préparer, car en général, elle passait déjà un bon quart d’heure, voire une vingtaine de minutes, sous la douche pour être certaine d’être vraiment propre. Alors se préparer en un peu plus d’une demi-heure seulement relevait de l’exploit ! Emma se précipita toutefois, s’engageant dans l’allée du lycée avant d’y entrer. Elle se dirigea directement vers son bureau, rencontrant quelques collègues sur le chemin qui l’observaient comme si elle sortait tout droit d’un film d’horreur. La jeune femme fronça les sourcils. Elle était pourtant propre et elle n’avait ni oublié sa culotte, ni sa jupe ! Elle se dit que ce devait être le fait de la voir si agitée qui les rendait aussi intrigués. Elle croisa au passage Désirée Cravy, une de ses amies qui enseignait la littérature à McKinley. Elle s’approcha d’elle, et lui dit : « salut Désirée… dis, tu as bien Ecaterina ce matin en cours, il me semble ? ». Emma avait prévu de convoquer l’élève dans son bureau ce jour-là, et avait donc jeté un coup d’œil à son emploi du temps la veille avant de quitter son lieu de travail. La jeune femme acquiesça d’un signe de la tête et Emma sourit : « pourrais-tu lui demander de passer à mon bureau en fin de matinée ? J’aimerais la voir ». Une fois de plus le professeur de littérature hocha la tête et après l’en avoir remerciée, Emma repartit vers son bureau.

*

11:15. Cela faisait désormais quelques heures qu’Emma Pillsbury était assise à son bureau. Passée la folie et la panique de la matinée, elle était maintenant plus sereine. Elle tenait entre ses mains le dossier d’une élève : Ecaterina Robertson. Cela faisait déjà plusieurs jours que la jeune femme avait dans l’idée de la convoquer dans son bureau. En effet, à la rentrée Emma avait pris connaissance du dossier de la nouvelle venue et au vu de ses antécédents, avait voulu la convoquer dans son bureau pour lui parler des projets professionnels de la jeune fille, mais aussi pour en connaitre davantage à son sujet. Car si elle était censée être conseillère d’orientation à McKinley, le travail d’Emma ne se résumait pas à conseiller les élèves sur leur orientation. Souvent jugée plus psychologue que conseillère, il n’était pas rare qu’elle demande à des élèves de venir la voir pour essayer de les aider avec les problèmes de la vie quotidienne comme des problèmes plus importants. Elle considérait qu’en cette période d’adolescence, les jeunes avaient besoin d’une personne sur qui compter et à qui faire confiance pour pouvoir s’exprimer sur certains sujets. Et cette personne, Emma espérait l’être. Toutefois, lors de leur première rencontre, Ecaterina avait semblée être plus discrète et renfermée qu’elle ne l’aurait pensé. Elle s’était tout de suite rendu compte que ce ne serait peut-être pas aussi facile de l’aider, étant donné que la jeune fille s’était forgé une espèce de carapace qui l’aidait à se protéger et qui interdisait surtout l’intrusion de toute personne extérieure. Suite à l’échec de ce premier entretien, Emma avait décidé de lui laisser un peu de temps avant de la convoquer une seconde fois. Et cette seconde fois était arrivée.

Les sourcils froncés, elle relisait les notes de Désirée Cravy concernant l’élève. Celle-ci semblait avoir un talent inestimable pour l’écriture selon les divers commentaires du professeur de littérature. C’était un sujet qu’elle avait déjà abordé avec Ecaterina, mais pas suffisamment selon elle. Cela dit pour être honnête ce n’était pas pour ça qu’Emma voulait la voir. En effet, selon le dossier de l’élève, elle n’avait jamais été confrontée à un lycée auparavant puisqu’elle avait fait du mannequinat. De plus, le dossier stipulait que la jeune fille avait perdu sa mère, ce qui interpellait Emma. Elle avait déjà vu par le passé des tas d’élèves qui se refermaient sur eux-mêmes suite à ce genre d’événement tragique… comme Damaris Vasili, par exemple, qui avait perdu sa famille. La conseillère d’orientation se sentait souvent impuissante face à ce genre de chose : elle espérait toujours pouvoir en faire plus, les aider d’une façon plus significative.

Perdue dans ses pensées, la jeune femme ne vit même pas l’élève qu’elle attendait, postée derrière la porte du bureau et qui n’allait pas tarder à y rentrer.


Dernière édition par Emma Pillsbury le Lun 24 Jan - 21:28, édité 1 fois
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptyVen 7 Jan - 21:17

« Si tu l’aurais vu. Je te jure, c’était un truc de malade. » Scanda l’une des cheerleaders en train de raconter ses exploits de la veille à sa meilleure amie qui s‘égosillait tellement elle riait - et de bon cœur, en plus. Choisissant ses mots avec précaution, elle avait passé près d’une demi-heure à expliquer comment elle avait humilié son petit ami infidèle sans prendre en compte qu’autours d’elle, les élèves qui partageaient son cours la regardait du coin de l’œil, effarés par son manque cruel de pudeur « Si tu l’avais vu. » Les conversations s’arrêtèrent brusquement dans la salle de classe. Ecaterina continua la lecture de son carnet qu’elle tenait entre les mains, comme si de rien n’était. Le menton délicatement posé sur sa paume ouverte, parcourant de ses brillantes pupilles les pages noircies par sa propre écriture - soignée et régulière. Elle ne l’avait pas vraiment voulu. Ce fut indépendant de sa propre volonté et elle savait qu’au fond, elle le regretterait. Mais, sa voix avait voulu n’en faire qu’à sa tête, qu'aurait-elle pu faire ? Cat n’était absolument pas responsable de cette interpellation grossière, indécente totalement déplacée que, dis-je impensable tellement elle était insignifiante dans ce lycée. Quelques chuchotis se firent entendre et machinalement, la blondinette leva les yeux vers le groupe d’élèves qui la fixait avec surprise, presque étonné que cette fille - cette petite blonde mignonne qui partageait le cours de littérature avec eux depuis le début de l’année n’était pas muette, dieu merci. Elle cru percevoir quelques sourires mais, elle n’en avait que faire, à dire vrai. L’adolescente cligna des yeux un certain moment, sonnée par sa propre désinvolture et se redressa sur sa chaise, posant avec douceur son carnet sur sa table propre et bien organisée puis croisa avec amusement les bras sur sa poitrine. Il était juste hors de question qu’elle montre à quel point elle était confuse - l'était-elle réellement ? - et penchant la tête sur le côté avec cet air malicieux qu'elle arborait quand elle était prête à pointer du doigt les défauts les plus flagrants de son frère, elle fixa celle qui avait fait cette abominable faute de grammaire « On ne dit pas, si tu l‘aurais vu mais si tu l‘avais vu. C‘est une faute, tu vois. C‘est pas joli. » ajouta t-elle avec espièglerie, faisant vaciller son regard de droite à gauche puis, finalement, elle roula des yeux face à l'air benêt de son interlocutrice qui la toisait avec dédain. Cat souffla bruyamment en se penchant gracieusement sur sa table qu'elle attrapa de ses mains minuscules et enfin, récita sérieusement, soupirant au passage mais tachant de rester zen comme toujours dans ce genre de situation « Les si n‘aiment pas les -rais. On ne t‘as jamais appris ça avant ? »

Un sourire hypocrite se dessina sur son visage. Un élève pouffa de rire alors que celui derrière lui, lui donna un coup sur la tête avec l’aide de sa trousse bien pleine pour qu’il n’enfonce pas le clou - qui sait ce qu’il pourrait lui arriver. L'élève assommé se frotta l'arrière du crâne et balança furieusement sa gomme sur son bourreau avant d'éclater à nouveau de rire quand il la reçu en plein milieu du front. Ecaterina avait un petit problème avec la clique des populaires. Cela n’avait rien de personnel. Si on occultait le fait que l’un d’entre eux avait raconté à qui voulait bien l’entendre qu’elle avait couché avec lui un beau soir, lors d’une fête à laquelle elle ne s’était même pas rendue. Si. Cela avait tout l'air d'être quelque chose de personnel. En fait, c’était tellement stupide de détester autant des gens que l’on ne connaissait pas mais, elle en avait assez de les voir se comporter comme des petits princes alors, quitte à paraître stupide. Les cheerleaders étaient de la même espèce. Voir pire, elle n’avait encore jamais eu l’occasion d’être confrontée à l’une d’entre-elles. Aussi, celle à qui elle venait d'offrir gentiment un cours de grammaire, la regarda avec une lueur assassine dans ses petits yeux de fouine. Pensait-elle effrayer Ecaterina ? Évidemment que oui, cela paraissait indéniable. Mais, la jolie jeune fille n’était pas du genre à avoir peur de ce genre de personnes. Celles obligées de lancer des rumeurs pour se donner de l’importance aux yeux des autres et exister. Oui, sa petite pique était totalement puérile mais, elle l’avait bien mérité ! Puis, aux vues des quelques rires décomplexés qui se firent maintenant entendre dans la classe, elle n’était pas la seule à déplorer leur comportement de parfaites enflures. La cheerio et sa copine ne cessèrent de regarder Ecaterina. De la toiser, des pieds à la tête pour lui trouver ne serait-ce qu’un défaut : elles déchantèrent bientôt, il n’y avait rien à reprocher à la jeune fille. Les yeux sombres de sa victime se plongèrent dans ceux beaucoup plus clairs (et charmants, il fallait l'avouer) de la blondinette mais, elle ne céda pas. Il était inutile que cette pimbêche s’entête; jamais l'adolescente ne baisserait les yeux. Dans la classe, la tension devint plus que palpable et quelques encouragements à ne pas lâcher prise vinrent aux oreilles d’Ecaterina qui sourit en coin. Pourtant, quand les talons aiguisés de sa professeur claquèrent sur le parquet de la salle de classe, automatiquement Cat tourna la tête vers elle. Diantre. Elle venait de perdre la bataille. Ravie de sa victoire, la cheerio tapa dans ses mains comme une enfant de huit ans et exécuta un mouvement d’épaule à la sauce m’as-tu-vu. Blondie émit un léger rire comme un soupir suffisant, complétant sa parfaite panoplie de l'arrogante de base et opina du chef, affolée par le niveau mental de son adversaire et ouvrit son bloc-notes. Comment avait-elle pu se laisser prendre au jeu ? Cela ne lui ressemblait pas. Cependant, quand elle sentie une main lui tapoter l'épaule, elle se retourna discrètement. Son voisin la félicita d'un clin d'œil et esquissant un sourire sincère, elle se dit que finalement... ce n'était pas aussi déplaisant que ça.

Ecaterina n’avait pas commencé l’année dans la classe de Ms Cravy. Le regrettait-elle ? Oh, que oui. En réalité, elle avait été dès le mois de septembre dans la classe de Mr Warren. Un professeur aux cravates immondes et à l'haleine putride, caféinée et nicotinée à fond les ballons. Il avait été licencié quelque temps plus tôt par le proviseur qui passait son temps à se plaindre du budget rudimentaire qu’il devait gérer tout au long de l’année - enfin, c'est ce que tout le monde disait. L’adolescente n’était pas attristée du départ de Mr Warren, très honnêtement. Elle ne l’aimait pas du tout. Elle le détestait, à vrai dire. Monsieur-attentat-visuel (des cravates, à vous en faire saigner les yeux) s’était mit en tête de la faire rejoindre la rédaction du journal du lycée, prétextant qu’elle était une rédactrice de talent. Sornettes. Il y avait quelque chose de louche dans sa façon de vouloir à tout prix faire comprendre à Cat qu’elle était douée. Pas de harcèlement sexuel ou d'œillades romantiques, elle avait donné dans le genre amoureux transit mais, il lui avait confisqué son carnet d’écrits. Celui qui était d’une importance capitale pour elle et qui constituait tout ce qu’elle avait de plus cher, aujourd’hui. Elle l'avait eu mauvaise pendant une longue période, elle s’était même mise en colère, avait hurlé de toute la puissance de ses poumons et l'avait menacé de mettre le chef d’établissement au courant - ce qu'elle n'aurait pas fait, elle était humaine tout de même et Warren était du genre à ne vivre que pour son job, elle avait pitié. Soit, son professeur avait eu peur et lui avait rendu son carnet sur le champ à son grand soulagement (bien qu’elle fut certaine qu’il avait fait des copies des pages de son carnet, ce bougre). Depuis quelques temps, Ms Cravy avait prit sa place et Cat l’aimait vraiment beaucoup. En plus d'être drôle et sacrément jolie, ses cours étaient un véritable plaisir et dans sa petite expérience des lycées, Ecaterina trouvait qu'elle était une professeur douée. Désirée était aussi consciente du talent de Cat - elle lui en avait fait part un jour, ce qui avait touché la jeune fille mais, elle respectait ses réticences et se contentait de lui mettre d’agréables appréciations sur ses copies les plus réussie. Se remettant doucement du plaisir qu'elle avait eu rabaisser le caquet de la cruche du premier rang, Cat croisa les jambes sous la table. Elle était toujours très excitée à l'idée d'avoir de nouveaux travaux à accomplir pour ce cours, c'était son petit moment à elle et s’apprêtant à ouvrir grands ses écoutilles pour noter avec dextérité le nouvel énoncé, Ms Cravy s’approcha d’elle discrètement et se pencha à son oreille : elle l’intima que Ms Pillsbury souhaitait la voir, dans la matinée. Ecaterina blêmit. Toutefois, elle acquiesça et gratifia son éducatrice d’un sourire aimable mais somme toute, tendue. Elle se tortilla sur sa chaise pendant quelques secondes, replia soigneusement la couverture cartonnée de son bloc-notes et tenta tant bien que mal de dissimuler la panique qui commençait à l'envahir : que diable lui voulait-elle, Ms Pillsbury ?

Le cours passa à une vitesse fulgurante, si bien que Cat n'eut même pas le temps de remplir entièrement les quatre pages de sa copie double - un véritable exploit. Et elle savait pourquoi, tout avait commencé à passer plus vite, qu'elle avait laissé son stylo s'échapper de ses doigts quatre fois en vingt-minutes et qu'elle avait dû s'y reprendre plusieurs fois avant d'écrire son nom de famille correctement : se retrouver une nouvelle fois confrontée à la conseillère d’orientation psychologue serait difficile. La première fois, elle s’était contenté de ne pas parler. D’opiner du chef continuellement, en évitant soigneusement le regard exorbité de celle qui semblait s’intéresser à son cas impossible à régler. Elle s’en était voulu, c’est vrai. Quelques minutes, tout au plus. Mais, elle n’était tout simplement pas prête à parler avec des adultes, c’était compliqué. Les adultes voulaient toujours tout savoir, c'était gênant. Et leurs conclusions hâtives, c'était barbant ! Dorian essayait de jouer les adultes, il était nul et elle préférait qu'il continue son bout de chemin comme ado attardé addict aux jeux vidéos plutôt qu'il devienne trop pédant et ennuyeux à mourir : les adultes, ça craignait grave. Fixant le mur devant elle, Ecaterina sursauta. Les chaises raclèrent le sol bruyamment et forcée de sortir de sa torpeur, la jeune fille frissonna. Reportant son regard sur le tableau, elle le regarda avec un intérêt inquiétant. Qu’est-ce qu’elle lui voulait au juste ? Bizarrement, son cœur se mit à cogner très fort dans sa poitrine. Ms Pillsbury était une femme gentille, à l’écoute. Il était vrai qu'elle effrayait Ecaterina. Ses yeux qui ne clignaient jamais l'avait impressionné. Elle s'était même demandé si, elle était humaine mais, elle avait estimé que penser ainsi était inconvenant et elle s'était tannée à ne plus l'appeler "Mad Eyes". Retenant sa respiration une longue minute, elle fronça les sourcils avec épouvante : pourquoi devait-elle paniquer autant ? La deuxième sonnerie retentit et elle prit conscience que son état de stupeur avait duré plus longtemps qu'elle ne l'avait pensé. Alors, elle se résigna à se lever de sa chaise. La blondinette ramassa ses affaires avec lenteur, sentant le regard inquiet de Ms Cravy se poser sur la moindre parcelle de son pauvre corps tétanisé puis bien forcée de quitter les lieux puisque les élèves de la classe suivante commencèrent à entrer, elle sortit de la classe toute étourdie.

Le chemin jusqu’au bureau de la conseillère fut périlleux. Ecaterina avait rebroussé chemin plusieurs fois mais, s’était obstinée à penser que cela n’était pas si dramatique. Jusqu'à ce qu'elle se souvienne que la charmante conseillère avait un accès illimité aux dossiers des élèves : horreur, malheur. Parler d'elle n'était pas une mince affaire. Ecaterina était du genre à rester calme, tout le temps. Même quand son frère avait faillit mettre le feu au sapin de Noël, il y a trois semaines. Mais, raconter sa vie, ces faits qui constituaient son histoire. C'était la prise de tête assurée et elle refusait ça, ça n'était pas son type. S'arrêtant en plein milieu du couloir, seule et en détresse, elle ferma les yeux : tout se passerait bien. Elles n’auraient qu’une discussion cordiale, sur l’université par exemple…comme la dernière fois, oui c’est ça ! Ecaterina se redressa de toute sa petite taille et fit un bref signe de tête déterminé, bombant la poitrine et avançant vers sa destinée. « Tout ira bien. » se répéta-t-elle. Et, elle avança plus rapidement. Descendant les marches du premier étage, elle passa une main fébrile sur ses longs cheveux d'un blond brillant réunit élégamment sur le côté. Elle avait prit le temps de les lisser, ce matin-là. Son frère lui avait fait un compliment sur le fait qu’elle recommençait petit à petit à reprendre soin d’elle et qu'elle était jolie, accessoirement. Tournant à l’angle du couloir, elle remonta discrètement la hanse de son sac sur sa frêle épaule et s’engouffra dans le petit vestibule impeccable qui précédait le bureau de Ms Pillsbury, qui l'était tout autant. S’arrêtant alors devant la baie vitrée qui servait également de porte, elle constata que la conseillère d’orientation était absorbée par son travail. N’osant pas de suite la déranger - sautant sur l'occasion de repousser l'échéance de quelques secondes, encore. Elle regarda à droite puis à gauche et aspira une grande bouffée d’air avant d’ouvrir la porte, une bonne fois pour toute : le temps était venu.

« Umh, bonjour. » murmura-t-elle « Ms Cravy m’a dit que vous vouliez me voir, mais... » Elle tint fermement la poignet de la porte dans sa main. Tellement fermement d'ailleurs que cela lui écorcha le doigt, elle ne s'en rendit pas compte cependant. Les battements de son cœur étaient anormalement rapides et ses jambes semblables à du coton. Restant sur le seuil de la porte en haussant timidement les épaules, elle pointa furtivement du doigt le dossier grand ouvert sur le bureau d'Emma, laissant sa phrase en suspend « Mais, si vous êtes trop occupée, donnez-moi un autre rendez-vous… » ponctua t-elle, dans un sourire nerveux. La belle aubaine, elle savait pertinemment qu’elle ne repasserait pas, pas folle la guêpe. Elle était une experte de l'excuse toute trouvée alors, mentir à une conseillère d'orientation, c'était du petit lait ! Facile ! Enfin, elle ne manquait pas de toupet et tenter une entourloupe aussi grosse que celle-ci n'était pas donné à tout le monde. Lâchant soudain la poignet de la porte cette fois, elle joignit les mains sur le devant de sa jolie blouse bohème blanc cassé, ses espoirs s'amenuisant quant sa proposition déguisée : elle espérait sincèrement que tout allait bien se passer.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Sam 14 Jan - 18:03, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptyDim 9 Jan - 17:58


      Nothing’s really making any sense at all, let’s talk…
Emma se prit la tête entre les mains un instant, n’ayant toujours pas vu Ecaterina se tenant sur le seuil de la porte, l’air de vouloir prendre ses jambes à son cou. La conseillère d’orientation cherchait un moyen qui lui permettrait d’aborder les problèmes de la jeune fille sans paraitre trop intrusive dans sa vie personnelle. Car c’était là la dernière chose qu’elle désirait. Elle faisait toujours en sorte de trouver un moyen progressif d’entrer dans le vif du sujet. Elle n’aimait pas le fait de brusquer les choses et ainsi perturber la personne à laquelle elle était censée donner des conseils. Elle préférait de loin rester évasive au début et mettre en confiance son interlocuteur. Heureusement pour Emma Pillsbury, son caractère doux et posé lui permettait déjà de parvenir à de nombreuses choses : les élèves étaient en confiance avec elle, car ils voyaient en elle une jeune femme patiente et généreuse à qui ils pouvaient parler sans problème, et non une personne voulant à tout prix faire cracher le morceau par pure curiosité. C’était justement cette impression qu’elle ne voulait pas donner : Emma était altruiste et aimait donner des conseils et cela n’avait rien à voir avec de la curiosité mal placée. Toutefois, c’était parfois difficile à faire comprendre à certains élèves, plus renfermés, qui s’entêtaient à penser qu’une fois qu’ils auraient quitté son bureau, Emma irait crier leurs secrets les plus intimes sur tous les toits. Ce qui était évidemment loin d’être le cas puisque d’une part, la jeune femme avait une conscience et de l’autre, le secret professionnel l’en empêchait. C’était une bonne comme une mauvaise chose. Il lui arrivait d’être confrontée à des problèmes de plus grande envergure qu’elle ne pouvait régler seule. Seulement, si l’élève refusait d’en parler ou de contacter d’autres personnes, elle se retrouvait alors coincée puisqu’elle n’avait pas le droit de dévoiler à quiconque ce qui lui avait été révélé.

La porte s’ouvrit alors et Emma sursauta, écartant les coudes de son bureau et levant le visage vers la nouvelle venue. C’est ainsi qu’elle rencontra le regard clair d’Ecaterina. La jeune fille était loin d’être repoussante, bien au contraire. Elle possédait des traits fins et une peau claire s’accordant à la perfection avec de longs cheveux d’un blond de blé et des yeux clairs qui laissaient rarement entrevoir ses émotions. Car si elle était jolie, il y avait toujours une certaine retenue dans la façon dont elle se comportait. Emma s’en était aperçue dès la première fois où elle avait posé son regard sur elle. L’expression neutre, elle semblait ne ressentir aucune émotion, comme si elle était indifférente à ce qu’il se passait autour d’elle. La conseillère d’orientation connaissait ce type de comportement puisqu’elle avait déjà été confrontée à des personnes qui, comme Ecaterina, semblaient porter ce masque de détachement. Un masque qui établissait une frontière invisible entre leurs réelles émotions et ce qu’ils voulaient montrer. Car dans ce type de situation les apparences sont toujours trompeuses. Cette attitude était, selon Emma, significative. De nombreux adolescents y avaient recours en cette période où il valait mieux suivre la conformité plutôt que de montrer sa distinction. Il n’y avait qu’à voir les cheerleaders de McKinley, toutes habillées de la même manière : l’uniforme aux tons blancs et rouges, les cheveux relevés en une queue de cheval. C’était certainement pour ça que les glee club étaient si peu populaires : on rejetait la différence, on méprisait le fait de vouloir se démarquer d’une façon ou d’une autre.

Le visage toujours dénué d’expression, Ecaterina salua alors Emma, lui disant que Mrs Cravy l’avait prévenue qu’elle désirait la voir. La conseillère d’orientation acquiesça d’un signe de la tête. Elle savait qu’elle pouvait compter sur le professeur de littérature pour transmettre les messages. Il fallait reconnaitre qu’en plus d’être une excellente amie, Désirée pouvait s’avérer être très professionnelle également. Emma plissa les yeux, son regard se dirigeant vers la main de la jeune fille, crispée sur la poignée de la porte. Malgré l’absence d’émotions sur ses traits, par ce simple geste, Emma comprit que la jeune fille n’était pas du tout à l’aise. Ecaterina haussa alors les épaules et pointa du doigt le dossier ouvert qui était posé sur le bureau de la jeune femme, celui même que cette dernière consultait en l’attendant. Le dossier sur lequel était inscrit le nom de l’élève : « Ecaterina Sara Robertson ». Un dossier qui, certes, n’était pas particulièrement épais étant donné l’absence d’antécédents scolaires de la jeune fille, mais qui était tout de même important car il réunissait des informations capitales sur sa famille ou son passé, des informations sans lesquelles Emma ne pouvait travailler car elle lui permettait de mieux comprendre le caractère de l'adolescente qui, en cet instant précis, se tenait devant elle, la main toujours resserrée sur la poignée de la porte du bureau, lui disant que si elle était trop occupée pour la recevoir, ils pouvaient peut-être fixer un autre rendez-vous. Un sourire discret se dessina sur les lèvres de la conseillère, qui voyait en cette réplique le parfait moyen de se défiler. Elle avait conscience que pour certains élèves, venir dans son bureau était une sorte de corvée. La plupart venait à reculons, certes, mais il était très rare qu’elle les laisse repartir après moins d’une minute passée dans la pièce en sa compagnie.

La jeune fille relâcha enfin la poignée de la porte et joignit les mains sur le devant de sa blouse en un geste parfaitement innocent – il fallait dire qu’elle était si délicate et charmante qu’on lui aurait donné le bon Dieu sans confession ! Malheureusement pour elle, Emma n’était pas aveugle et voyait même assez clair dans son jeu. Elle referma donc le dossier qui se trouvait sur son bureau et le repoussa vers sa droite avant d’esquisser un sourire aussi innocent que le comportement de la jeune fille face à elle l'était :

    « Non, non. Tu ne me déranges absolument pas puisque, justement, je t’attendais. »

Le sourire toujours accroché aux lèvres, Emma observait Ecaterina dans l’espoir d’une réaction qui la trahirait peut-être. Si elle avait dans l’idée d’échapper à une conversation sérieuse en sa compagnie, elle allait voir que ce ne serait pas aisé. Depuis le temps qu’elle attendait pareille occasion, parce qu’elle n’avait pas voulu être trop brusque avec elle et lui avait donc laissé un peu de temps avant de la convoquer de nouveau dans son bureau, Emma n’allait pas lâcher l’affaire. La situation d’Ecaterina nécessitait de l’aide, cela ne faisait aucun doute. Elle était quasiment certaine qu’elle était perdue dans ce lycée. Malgré un talent certain pour l’écriture, elle ne savait même pas si elle parvenait à se débrouiller dans les autres matières, ou si elle avait un quelconque projet professionnel. Avoir un but, un objectif, permettait en général aux élèves de faire des efforts et de redoubler d’intensité dans la poursuite de leurs études. C’était la raison pour laquelle Emma jugeait son rôle important dans l’enceinte de cet établissement. Si elle ne pouvait pas obliger les élèves à se mettre sérieusement au travail et à faire des efforts, elle pouvait toutefois tenter de leur en donner l’envie, et c’était loin d’être négligeable. Ainsi, des élèves ayant parfois moins de capacités et plus de difficultés dans les études parvenaient parfois à avoir de meilleurs résultats que d’autres, peut-être plus intelligents, à force de détermination et en ayant un but concret.

Sans se départir de son sourire bienveillant, Emma leva sa main gauche et pointa du doigt l’une des deux chaises disposées face à son bureau, invitant de cette façon Ecaterina à s’asseoir :

    « Je te propose donc de t’asseoir. Si je t’ai convoquée aujourd’hui, il y a une raison. Je voulais dans un premier temps savoir quelles étaient tes idées quant à ton orientation. J’ai lu ton dossier et j’ai pris connaissances des remarques écrites de ton professeur de littérature. Il semble que tu aies des facilités dans sa matière, car ces remarques sont élogieuses. » Emma marqua une pause, le regard toujours rivé sur Ecaterina afin de jauger ses réactions. « Si tu aimes la littérature, un certain nombre d’opportunités s’ouvre à toi. Il serait peut-être intéressant que tu en prennes connaissances. »

Il s’agissait là de l’entrée en matière d’Emma. Elle espérait mettre en confiance Ecaterina afin de pouvoir passer ensuite à la partie la plus difficile et douloureuse à aborder comme les difficultés qu’elle pouvait rencontrer, ou son sentiment vis-à-vis de ses « antécédents ». Elle espérait sincèrement que la jeune fille finirait par se livrer à elle, mais au vu de leur première conversation quelques mois plus tôt, elle doutait que ce serait aussi simple que ça. Car son petit doigt lui disait qu’Ecaterina lui donnerait du fil à retordre.
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptyDim 9 Jan - 20:27

Dans sa vision utopique et naïve du monde, Ecaterina s’était imaginée que le lycée - que l’école, en générale - était géniale Petite, son rêve le plus cher était de côtoyer les cours de récréations et de courir les cheveux au vent vers les balançoires à la pause de dix heures puis échangeant des barrettes à cheveux et autres bijoux en plastiques toxiques achetés par ses parents à force de caprices et de crises de larmes à répétitions. On lui avait même raconté que parfois, il pouvait s’y passer des évènements fun comme des fêtes organisées pour diverses occasions et pendant très longtemps, elle avait jalousée les personnes qui pouvaient s’y rendre sans problèmes (son frère, en premier lieu) et qui suivaient un parcours dit normal, comme elle aurait dû suivre. En vain. Seulement, la réalité était loin d’être aussi idyllique que ça : le lycée était un monde cruel, dur où les règles imposées par les élèves eux-mêmes étaient tellement contradictoires et stupides qu’il lui arrivait de s’y perdre. Son frère lui avait fait comprendre que la popularité était d’une importance capitale, que si tu ne rentrais pas dans le moule, tu risquais à coup sûr de te retrouver dans une benne à ordures à fréquenter les restes peu ragoûtants du déjeuner proposé au menu de la cafeteria, la veille. Ecaterina s’était moquée de lui, elle n’avait pas voulu le croire prétextant le fait qu’elle connaissait ce genre de choses et que dans le mannequinat, tout fonctionnait un pareil avec les paillettes et le brillant à lèvres haut de gamme, en plus. Elle avait tout faux. Des films sur le sujet, elle en avait visionnés des tas avant de franchir le seuil de McKinley High School. Elle en avait été effrayée, d’ailleurs Elle avait même failli faire marche arrière et continuer ses études par correspondance, tranquillement à la maison redoutant plus que tout qu’on ne l’affuble de surnoms méchants et qu’on ne veuille l’humilier pendant les cours de gym. Mais, il fallait qu’elle se confronte au monde, sinon rien de changerait jamais. Elle en avait eu tellement envie ! Tant pis, elle vivrait avec le regard des autres. D’emblée, elle su que cela serait très difficile et c’est pour ça qu’elle s’était forgée cette carapace : oui, elle était insignifiante, invisible et pas très sociable et alors ? Si c’était sa façon à elle de vouloir se protéger de la bêtise humaine ? Elle ne saisissait pas ce qui pouvait bien déranger dans tout ça. Enfin. C’était sa façon de voir les choses et ce n’était pas aisée à comprendre mais, l’important était qu’elle se sente bien et même si elle regrettait de rater des choses, elle vivait heureuse… un point, c’est tout.

Devant la porte encore ouverte, Ecaterina fixa la conseillère. Voilà une chose à laquelle elle ne s’attendait pas non plus, en entrant au lycée : le petit clan du corps professorale, propre sur eux et pétris de bonnes intentions. Écœurant. Elle comprenait parfaitement qu’ils se sentent responsables et obligés de s’intéresser un tant soit peu à leurs élèves - c’était sans doutes rassurant pour des parents inquiets de l’avenir de leur petite tête blonde mais, pourquoi s’acharner sur les autres. Les marginaux. Ceux qui n’avaient ni parents, ni situations très claires. Cat n’était pas stupide. Elle savait que oui, son cas était exceptionnel et qu’il était important qu’on la guide et tout le toutim barbant que lui avait servit le proviseur, lors de son inscription. Mais, ce n’était pas un cas à part ! Des tas d’élèves vivaient émancipés ou avec des problèmes bien pires et importants que les siens, on les ignoraient. Alors, peut-être était-ce satisfaisant pour des gens comme Ms Pillsbury de prendre sous son aile des élèves comme elle mais, Ecaterina n’approuvait pas. Sa petite entourloupe ne marcha pas et discrètement, elle roula des yeux : elle voulait lui parler, s’entretenir avec elle, soit. L’adolescente n’était pas du genre à être irrespectueuse ou grossière, c’était tout le contraire. En plus, elle était intelligente et elle réalisa à cet instant que si elle s’entêtait encore longtemps à vouloir à tout prix éviter une confrontation avec cette personne avenante et douce qu’était la jeune conseillère, quelque chose lui disait qu’elle ne lâcherait pas prise. Fichtrement obstinée, la conseillère ! Se redressant subtilement sur ses ballerines grenat, la blondinette pencha la tête sur le côté tout en attrapant la hanse de son sac quand gentiment, la psychologue lui proposa de s’installer. Ce qu’elle fit sur le champ, en baisant les yeux cette fois.

« Je ne sais même pas ce qui m’attends demain, Ms Pillsbury. Comment est-ce que vous voulez que je m’inquiète de mon avenir ? » lança-t-elle avec une pointe d’ironie. Terminant sa courte course, elle posa son sac à ses pieds et s’assit convenablement, posant les mains sur ses genoux et les frottant sur son jean en denim. Elle ne refuserait pas de parler cette fois. C’était ridicule, parler de son avenir était important. Elle était lucide et après tout, elle devait saisir le moment. Ce n’était pas comme si, elle se mettait à s’immiscer dans sa vie à proprement dit. Esquissant un sourire, elle fit brièvement de gros yeux dans un éclat de rire rauque « A supposer que j’en ai un ! » Elle rit en regardant Emma et remarqua très vite que cela ne la faisait pas rire puis elle baissa la tête. Bon, elle était peut-être un peu trop brutale et pas vraiment douée pour le dialogue. Elle était au courant, merci de le lui rappeler. Mais, elle était une jeune fille bien au fond. C’était une évidence, à vrai dire et elle n’avait jamais prétendue être une grosse dure prête à jouer des poings si on la titillait un peu trop : elle était réservée, voilà tout. Contemplant un moment la moquette crème de la pièce, elle releva la tête après un instant et joignit les mains sur ses genoux, évitant le regard d’Emma cette fois « Vous savez, je suis désolée pour la dernière fois.» avoua-t-elle « Vous essayez de m’aider - comme Ms Cravy et Mr Warren avant elle. Enfin même si entre nous, il me faisait flipper à toujours vouloir me parler. Je pensais que c’était un fétichiste de l’encre et du papier, au départ. C’était bizarre.» lança-t-elle et elle resta contemplative quelques secondes puis se ressaisit tout à coup, s’éclaircissant la gorge « Vous faites votre travail, c’est bien. Mais, je sais me débrouiller seule et je sais que vous le savez, c’est mon dossier ? »

Ses excuses étaient sincères et sa voix teintée de douceur - bien qu’un peu tremblante, en était une preuve. Ses yeux se posèrent sur le dossier cartonné encore ouvert devant la jeune femme et elle ne le quitta pas des yeux pendant un moment. Quand il avait fallut remplir toute cette paperasse, Ecaterina s’était montrée réticente et avait tout bonnement refusée de jouer le jeu de la fiche d’informations et du reste. Dorian s’en était chargé, avait appelé son père des heures entières au téléphone pour être sûr de ne rien oublier : à l’intérieur, une partie de sa vie devait y être résumée mais, elle ne savait pas quoi exactement et sa gorge devint sèche. Voilà ce qui l’effrayait dans le fait d’être confrontée à Emma : elle savait tout ou du moins, elle savait quelques petites choses. Silencieuse, les paroles d’Emma lui revinrent en tête et tentant de chasser l’idée de partir en courant du bureau et du lycée tout court, elle prit une légère inspiration et rejeta la tête en arrière, ses cheveux se remettant convenablement et ses lèvres s’étirant en un sourire qu’elle savait nerveux.

« La littérature ? » reprit-elle en claquant la langue sur son palais (une façon de dire qu’il fallait qu’elle se concentre à nouveau sur le sujet qui intéressait la conseillère) et elle croisa les jambes cette fois, le regard scrutant la pièce « Ce n’est pas la littérature que j’aime mais, l’écriture. Ms Cravy vous direz qu’il y a une différence entre les deux, Mademoiselle. » Elle sourit en coin, regardant Emma puis opina du chef à sa dernière affirmation « J’ai entendue parler de quelques petites choses, Mr Warren aurait aimé que je visite déjà certains campus mais, je ne compte pas aller à l’université. Je n’en ai pas envie, et je n’en ai pas les moyens.»

Elle ne mentait pas. Peut-être un peu, en fait. Certes, elle et son frère ne roulait pas sur l’or mais, ils travaillaient tous les deux - Dorian dans la vieille boutique de disques du coin et elle, à la librairie et tous les mois, leur père leur envoyait de quoi subsister… largement plus, d’ailleurs. Et tout les pourboires et autres cachets des représentations qu’ils donnaient. C’était une excuse bidon - encore une mais, elle ne s’était jamais vu aller à l’université. Elle était une élève moyenne, ni trop bonne, ni trop mauvaise. Elle n‘était pas faite pour l‘université. Se faire bouffer par ceux qui en voulait plus qu‘elle… non, trop peu pour elle. La compétition, ce n’était pas son truc et elle était tellement persuadée de n’avoir rien d’exceptionnel, rien de plus que les autres que l’idée même lui était complètement absurde, il n’y avait pas de quoi tergiverser. : sa décision était prise. Pinçant les lèvres quant à sa réponse concise, elle savait qu’Emma essaierait de la persuader du contraire alors, elle préférait mentir plutôt que d’avouer qu’elle redoutait par-dessus tout d’être confronté à la compétition qui l’avait détruite, étant enfant. Tachant de faire bonne figure, elle se redressa sur sa chaise et balaya son visage des mèches qui encadraient son doux visage. Elle était fière d’avoir réussi à mener une conversation sans se refermer comme une huître, c’était une première en la présence d’un adulte ! Elle avait fait preuve de bonne foi, gâchée par un mensonge en fin de course, c’est vrai. N’empêche qu’elle était satisfaite d’avoir agi comme ça, juste… normalement. Maintenant, elle souhaitait qu’Emma la laisse partir et ne rebondisse sur aucune de ses soi-disant révélations. Tapotant du bout des doigts sur ses cuisses, elle la regarda une dernière fois et cligna plusieurs fois des yeux avant de détourner le regard; elle avait l’impression que cet entretien avait duré une éternité.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Sam 14 Jan - 18:05, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptyLun 10 Jan - 19:34

Ecaterina s’avança enfin vers le bureau et prit place face à Emma, prenant bien soin d’éviter au maximum les grands yeux bruns inquisiteurs de la jeune femme. Celle-ci se contentait d’observer l’adolescente en attendant une réaction de sa part. La dernière fois qu’elles s’étaient retrouvées toutes les deux de cette façon dans ce bureau, Emma avait longtemps attendu une réponse de la part d’Ecaterina. En vain. Se contentant de l’observer de son regard clair, la jeune fille n’avait pas réagi suite aux paroles de la conseillère d’orientation, comme si elle n’entendait même pas ce qu’elle lui disait. Emma avait un tempérament doux et était patiente. Cela pouvait être un atout, mais aux yeux des élèves cela agaçait plus que ça ne plaisait. Car elle ne laissait jamais les élèves s’enfuir de son bureau, en tournant tout simplement les talons et en prenant la porte. Non, Emma les poussait à se confier et n’hésitait pas à attendre de longues minutes afin d’obtenir une réponse. Parfois, il arrivait que les élèves restent muets, n’émettant pas le moindre son, ou se contentant d’hocher la tête à chacune de ses phrases. C’était selon elle la pire mise en scène puisqu’elle se retrouvait impuissante, avec pour seule aide un dossier qui pouvait lui apporter quelques réponses mais pas toutes celles dont elle avait besoin. Son métier était avant tout basé sur la communication. Sans cette dernière, elle ne pouvait malheureusement pas faire grand-chose, ce qui lui déplaisait énormément. Elle aurait tant aimé parvenir à en faire parler certains, surtout lorsque leurs situations le demandait. Mais il ne fallait pas se leurrer, dans certains cas, elle avait beau puiser dans toutes ses ressources et moyens de persuasion, l’échec était inévitable et cela ne venait pas d’elle. En voyant Ecaterina installée face à elle, Emma était pleine d’espoir. Elle se disait qu’avec un peu de chance, peut-être, elle se monterait coopérative. Enfin, il lui faudrait sûrement plus que de la chance, dans ce cas précis.

Lorsqu’Ecaterina entrouvrit les lèvres, s’apprêtant à parler, Emma crut pendant une fraction de seconde qu’elle tenait le bon bout, que la jeune fille finirait enfin par se confier à elle. Cependant elle déchanta très vite suite à sa réponse teintée d’ironie. Mrs Pillsbury vit un sourire se dessiner sur les lèvres d’Ecaterina avant que celle-ci n’éclate finalement de rire. Emma la fixait du regard. Cette réaction l’attristait plus qu’autre chose, elle qui s’était presque attendue à ce qu’elle se jette à l’eau et lui explique ses problèmes de but en blanc. Elle était donc si naïve ! En guise de réponse, elle se contenta de scruter son visage, sans trop savoir ce qu’elle y cherchait. L’adolescente finit toutefois par baisser les yeux, peut-être décontenancée par le regard de la conseillère. Après un moment d’hésitation, celle-ci finit par se convaincre que le fait qu’Ecaterina lui parle était déjà un grand pas. Cela changeait de la dernière fois, lorsqu’elle n’avait rien voulu savoir et s’était renfermée sur elle-même. Emma notait une certaine amélioration et se mit à espérer qu’elle parviendrait à en tirer davantage afin de pouvoir enfin l’aider. Finalement, elle avait peut-être eu raison de lui laisser un peu de temps après leur dernier entretien. L’adolescente avait du l’utiliser à bon escient, si elle finissait par lui faire connaitre le ton de sa voix. Emma pinça les lèvres en quête d’une nouvelle réaction. Car, évidemment, elle en attendait beaucoup plus de la part de la jolie jeune fille qui se trouvait face à elle : certes, le fait qu'elle lui parle était déjà bon igne, mais elle souhaitait qu’elle se livre davantage.

Ecaterina finit par reprendre la parole bien que son regard soit toujours rivé au sol, comme si elle avait peur d’une confrontation directe. Elle s’excusa pour le comportement qu’elle avait eu lors du dernier entretien avant de citer le nom des deux professeurs de littérature qu’elle avait eu : Mr Warren et Mrs Cravy, en s’expliquant. Le fait d’obtenir des excuses rendit le sourire à la conseillère d’orientation dont le regard était toujours posé sur la jeune fille. Pourtant, encore une fois, il fut de courte durée lorsque l’adolescente finit par lui dire qu’elle savait se débrouiller seule et n’avait besoin d’aucune aide. Malheureusement pour elle, si elle espérait que ces mots parviendraient à convaincre Mrs Pillsbury de la laisser tranquille, elle se fourrait le doigt dans l’œil. Emma avait certainement plus d’ambition que ça et ne s’arrêterait pas en si bon chemin après qu’Ecaterina ait enfin daigné lui parler. La jeune fille désigna alors du regard le dossier posé sur la table, lui demandant si c’était le sien. Plissant de nouveau les yeux, Emma finit par acquiescer :

    « Oui, il s’agit bien de ton dossier » déclara-t-elle d’une voix douce. « J’ai voulu le consulter un peu avant ton arrivée car j’aime savoir de quoi je parle. Ou plutôt de qui, en l’occurrence. »

Observant toujours la jeune fille, Emma ramena le dossier vers elle et l’ouvrit à la première page, celle qui réunissait les informations de base, comme la date et le lieu de naissance de l'adolescente, le nom de ses parents ou de son petit frère. La page comportait également une photographie qui se trouvait en haut à droite. Sur celle-ci étaient figés les traits de la jeune fille : son visage encadré de ses longs cheveux blonds, son regard bleu, passif, et ses lèvres serrées. Cette photo représentait à la perfection Ecaterina : distante, presque glaciale. Quand on ne la connaissait pas, on pouvait prendre son air hautain pour de l’arrogance, de la supériorité ou du dédain. A vrai dire, Emma ne pouvait pas se vanter de bien la connaitre, pourtant elle devinait que ce n’était qu’une apparence ; qu’elle déguisait et dissimulait ses véritables émotions, faisant passer son coté réservé pour de la suffisance, voire de l’orgueil. Après tout, elle se montrait prudente, d’une certaine façon. Levant le visage et détournant son regard qui était resté posé sur la photographie, Emma jeta un coup d’œil à Ecaterina. Cette dernière se mit à parler de la littérature, faisant observer à la jeune femme la différence qu’il existait entre littérature et écriture. Emma n’était pas bête, elle la connaissait. Seulement selon elle, quelqu’un qui aimait écrire s’intéressait forcément à la littérature. N’était-ce pas en lisant que l’envie d’écrire apparaissait ? C’était en tout cas ce dont elle avait toujours été convaincue. Pour elle, le désir d’écrire était étroitement lié au plaisir de la lecture, mais peut-être avait-elle tort, au final. En tout cas, Ecaterina semblait attacher une importante toute particulière quant à la différenciation de ces deux termes. Elle finit par lui dire que de toute façon elle ne pensait pas vouloir faire des études universitaires, et qu’elle n’en avait de toute façon pas les moyens. Cette réflexion arracha un sourire en coin à Emma. Ceci était une fausse excuse. Certes, les études universitaires n’étaient pas données, mais il existait des aides et des bourses pour y parvenir et couvrir une partie des frais. Si Ecaterina pensait y voir une bonne excuse pour refuser la seule idée de faire des études, Emma n’était pas dupe et connaissait son métier : l’argent n’était pas une limite et comme le disait si bien le proverbe, quand on veut on peut. Même si Ecaterina ne semblait pas vouloir. Emma se racla la gorge, le regard toujours posé sur la jeune fille.

    « Si ce n’est qu’un problème d’argent, il existe des tas de bourses différentes qui te permettraient de faire des études universitaires. L’argent n’est donc pas un souci, en revanche si tu ne veux pas poursuivre tes études à l’université, c’est un autre problème » fit-elle remarquer. « Tu sais, je ne demande qu’à t’aider et c’est pour ça que je souhaitais te voir. Je ne doute pas une seule seconde que tu penses pouvoir te débrouiller seule, mais j’aimerais que tu sois au courant des voies qui peuvent s’ouvrir à toi si tu le souhaites. Mrs Cravy semble vraiment impressionnée par tes performances et j’ai une confiance aveugle en elle ». Emma fronça les sourcils et se mit à tapoter le bureau de ses doigts, faisant claquer ses ongles contre la surface lisse et brillante. Elle finit toutefois par ajouter : « Je me dis que ce serait dommage que tu manques une opportunité par manque d’informations »

Emma esquissa un sourire, comme pour encourager Ecaterina. Il semblait que le dialogue soit de mise cette fois-ci, qu’elles parviendraient peut-être à avoir une vraie conversation toutes les deux. Elle baissa son regard vers son bureau et d’un geste précis, replaça le dossier de la jeune fille, légèrement de travers ce qui perturbait assez la conseillère, toujours aussi maniaque et méticuleuse. Elle finit par lever le visage de nouveau, croisant le regard d’Ecaterina. Jusque maintenant, elle n’avait pas abordé les véritables raisons de cet entretien qu’elle avait orchestré. Elle préférait s’en tenir aux simples conseils concernant l’orientation. Elle sentait l’élève encore hésitante, et se disait que se jeter à l’eau maintenant risquait fortement de dégrader les choses et elle était à peu près certaine que la jeune fille finirait par se renfermer comme une huitre après ça. Toutefois, elle n’oubliait pas l’objectif qu’elle s’était fixé : celui-ci restait bel et bien dans un coin de sa tête.
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptyMar 11 Jan - 17:05

« Bingo. » pensa-t-elle. Ms Pillsbury ne marcherait jamais dans son jeu, c’était évident. Elle qui pensait être impassible, elle avait comme l’impression que la conseillère lisait en elle comme dans un livre ouvert : ses mensonges, elle les décelait comme ça, en un claquement de doigts. C’était son métier, en même temps mais, cela ne lui faciliterait pas la tache. Comment allait-elle faire pour se sortir de cette situation qu’elle savait sans issue ? D’ordinaire si futée, Ecaterina ne savait pas comment faire pour se dépêtrer de cette posture délicate et pour ainsi gentiment faire comprendre à la jeune femme qu’elle n’avait pas besoin d’aide - ou plutôt qu’elle n’avait pas envie qu’on l’aide. Emma connaissait son dossier, en revanche, elle ne connaissait pas son frère aîné : s’il lui avait parlé de l’université ? Aussi souvent qu’il le pouvait ! Elle se demandait d’ailleurs si son aversion à l’évocation de l’enseignement supérieur ne venait pas de sa fâcheuse tendance à ramener toute ses notes à Harvard ou elle ne savait quoi encore. C’était devenue une véritable obsession pour Dorian. Il regrettait le fait de ne pas avoir suivi sérieusement ses études de Musicologie, à l’Université. Préférant vadrouiller de villes en villes et profiter des joies de pouvoir consommer de l’alcool à tout bout de champ sans craindre de se faire réprimander par une mère timbrée ou une petite amie envahissante. Et aujourd’hui, il comptait sur sa petite sœur chérie pour reprendre le flambeau de l’élève brillante et tout le carcan inutile qui allait avec. Personne ne comprenait qu’elle ne se sentait pas prête à affronter l’avenir, entre toute autre chose ? Toute sa vie, elle avait su ce qui allait lui arriver : matins après matins, elle se levait et savait à l’avance ce qui l’attendait puis, un beau jour sa mère était morte. Elle regarda Emma, soudainement. La mort de sa mère avait mit fin à une situation confortable où elle n’avait pas besoin de s’inquiéter de ce genre de chose puisque toute sa vie semblait déjà être tracée. Bizarrement, elle n’avait jamais vu les choses de cette manière et ce retour brutale à la réalité la sonna, si bien qu’elle s’adossa à sa chaise, le regard dans le vide. On avait toujours décidé pour elle. C’était terminé, personne n’avait le droit de vouloir s’approprier sa vie comme ça et de vouloir faire d’elle quelqu’un qu’elle ne voulait pas être. Une certaine colère monta en elle, ses joues se mirent à lui chauffer, le sang à battre furieusement à ses tempes. Elle ne s’énerverait pas et reportant son attention sur Emma, elle lança :

« Je suis au courant des voies qui peuvent s’ouvrir à moi, Ms Pillsbury. » répéta-t-elle, la mâchoire crispée et se forçant à sourire, elle se mit de trois quart et pencha la tête « J’ai compris. Alors, c’est quoi le plan exactement ? Me forcer à écrire dans le journal du lycée ? Me faire obtenir une bourse ? Me faire visiter une prestigieuse université ? Me convaincre d’y étudier ? » Elle se pencha sur le bureau de la conseillère, ses longs cheveux suivant le mouvement et elle entrouvrit la bouche, s’apprêtant à reprendre mais, elle se ravisa. Souriant, aucun son ne daigna sortir de sa jolie bouche bien rouge et brillante jusqu’à qu’elle s’adosse à nouveau à sa chaise et fixe Emma d’un air faussement interrogateur « C’est quoi le but ? Prouver à Ms Cravy que vous prenez en compte les petites notes qu’elle rédige soigneusement sur les élèves ? Lui faire comprendre à quel point vous êtes une amie dévouée ? Excusez moi mais, c’est de mon avenir dont on est en train de parler et si j’ai décidé de ne pas entrer à l’université, je n’y entrerai pas. »

Elle défia Emma du regard puis, se rendit rapidement compte qu’elle avait dépassée les bornes et baissa rapidement les yeux. Ecaterina ne restait jamais très longtemps sur un conflit, elle détestait les disputes et ne supportait pas qu’on puisse lui en vouloir ou la détester à cause de sa franchise assumée. En revanche, elle était rancunière et c’était ce dernier point qui était le responsable de sa furieuse envie de coller son chewing-gum sur le bureau de la jeune femme et de renverser le vase de roses jaune qui trônaient sur le coin du bureau : elle en voulait à Emma de vouloir se mêler de ça. Même si, elle parvenait aisément à comprendre le fait qu’elle fasse son travail ! C’était tellement abstrait. Ses yeux scrutèrent encore longtemps la moquette au sol et prenant une légère inspiration, elle se résigna à regarder Emma, la mine sincèrement désolée. Elle regarda ensuite en l’air en se mordillant la lèvre et remit une mèche de cheveux derrière son oreille; ses mains tremblantes trahissaient sa sérénité feinte.

« Vous savez, j’ai été confrontée à la compétition très jeune et pendant longtemps. » murmura-t-elle puis, elle tendit le bras et traça des dessins invisibles sur le bureau de Ms Pillsbury, les sourcils froncés. Elle se redressa dans un soubresaut, pointant son index devant elle « Attention, je parle de la vraie compétition. Celle que le Coach Sylvester prône dans toute l’école et pas une histoire de premier de la classe, où ce genre de chose. » Sa main fendit l’air dans un geste désinvolte puis elle continua son esquisse invisible sur le bois clair du bureau. Elle n’en revenait pas de parler de ça mais, il fallait qu’Emma comprenne. Il était certain que cela serait la seule et unique chose sur elle qu’elle daignerait dévoiler et il faudrait bien que la conseillère s’en contente : elle n’avait pas plus à offrir, il en était hors de question. Ses doigts vagabondèrent sur le bord du bureau, tournant et retournant dans tout les sens, ils s’arrêtèrent subitement et levant les yeux lentement, Ecaterina regarda Emma d’en dessous, se réinstallant convenablement, les yeux plissés. Elle était concentrée « Ça n’était pas quelque chose que j’aimais beaucoup. Je sais qu’on est forcément obligé d’être confronté à ça, d’être comparé ou de se battre pour obtenir les meilleures notes, les meilleures places - ça fait partie des règles du jeu, je suppose. » Elle regarda derrière Emma dans le but d’éviter ses yeux et attendit quelques instants avant de continuer, souriant en coin. Son visage était partiellement détendue, faisant vaciller son regard azur de part et d’autre de la pièce puis, elle soupira en riant « Je ne dis pas que je n’irai jamais à l’université mais, ce n’est que ma première année dans une véritable école et j’ai déjà du mal à comprendre certaines choses ici. Il me faut du temps. »

Ecaterina sourit encore un moment. A vrai dire c’est-ce qu’elle avait toujours su faire : sourire quand on le lui demandait. Là, elle l’avait fait volontiers et sans trop se forcer. En fait, elle ne savait pas si l’action de sourire, d’étirer ses lèvres en une mince ligne parfaitement symétrique était naturelle ou si c’était l’un des stigmates de son enfance - et d’une partie de son adolescence jusqu’à peu de temps - passée à sourire sans cesse. Elle avait arrêté de se poser la question depuis bien des années, elle se contentait de le faire, voilà tout. Elle espérait juste que la sincérité (désarmante à cause de sa colère maîtrisée quelques minutes plutôt) qu’elle avait mise dans ses paroles et ce sourire était perceptibles. Les grands yeux noisettes de la conseillère la sondèrent et Cat détourna à temps les siens pour ne pas avoir à les affronter et une chose vint l’achever alors qu’elle tenta de retrouver sa neutralité légendaire : cette photo, dans son dossier. Elle n’y avait pas prêtée attention plus tôt tout simplement parce qu’elle ne l’avait pas remarquée mais de là où elle était, elle parvenait maintenant à la distinguer. Et par automatisme, elle détourna la tête.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Sam 14 Jan - 18:07, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptySam 15 Jan - 23:06

Emma s’estimait heureuse dans un sens. Même si elle n’avait pas encore été très loin de la discussion, cette dernière était tout du moins engagée. Elle était parvenue à faire parler Ecaterina, parvenue à en tirer quelque chose. L’échange ne s’annonçait pas de tout repos, au vu du caractère de la jeune fille, mais au fond la conseillère d’orientation avait bon espoir que tout ça aboutisse à quelque chose. Déterminée, elle ne laisserait de toute façon pas la jolie blonde s’en tirer après quelques phrases seulement. Quand il s’agissait de son travail, Emma ne laissait jamais les choses au hasard et lorsqu’elle commençait une chose il était rare qu’elle ne la termine pas. Pour les élèves ce n’était pas de tout repos. A tel point qu’il arrivait que certains se plaignent d’elle, en disant qu’elle était trop bornée à vouloir les conseiller quand ils rejetaient justement toute forme d’aide de sa part. Mais si elle n’insistait pas, elle n’obtiendrait certainement jamais de résultat et ne ferait donc pas son travail correctement. Ils avaient beau dire tout ce qu’ils voulaient à son propos, Emma savait qu’elle faisait son travail, et que de cette façon, elle le faisait bien. Car il y avait peut-être beaucoup de choses sur lesquelles la jeune femme était hésitante. Il n’y avait qu’à voir sa situation amoureuse, elle qui se retrouvait entre deux hommes, les aimant tous les deux, mais de manières différentes. Elle se trouvait au cœur d’un triangle amoureux sans n’avoir rien demandé à qui que ce soit, et après tout ce temps, tous ces mois, on pouvait dire sans l’ombre d’un doute qu’il n’y n’avait pas plus hésitante qu’elle. Mais quand il s’agissait de son travail, elle savait ce qu’elle faisait, et s’appliquait toujours énormément dans ce qu’elle entreprenait afin de parvenir au but qu’elle se fixait systématiquement. Avec Ecaterina, la première chose qu’elle avait décidé d’obtenir était quelques paroles, quelques mots. La dernière fois qu’elle l’avait convoquée dans son bureau, l’échec fut cuisant, mais ce jour-là était différent. La seconde étape, et la plus importante, était maintenant de réussir à la convaincre. Et Emma devait admettre que c’était loin d’être gagné d’avance.

Le regard posé sur Ecaterina, la jeune femme l’examinait avec la même attention. Elle aurait aimé briser le masque qui semblait être posé sur le visage de la jeune fille pour cacher ses émotions, histoire d’être moins perdue et de savoir avec exactitude où elle mettait les pieds. Ce fut alors comme si la jeune fille avait lu dans ses pensées car la seconde même où celles-ci traversèrent l’esprit d’Emma, Ecaterina crispa la mâchoire, se composant d’un sourire peu convaincant, presque forcé. Elle lui répondit de manière plutôt sèche, lui disant qu’elle était au courant des voies qui s’ouvraient à elle avant de poser plusieurs questions à la suite, des questions visant visiblement à rendre Emma mal à l’aise, à lui montrer qu’elle avait compris les ambitions de la jeune femme, et qu’elle savait ce qu’elle voulait, et en l’occurrence, l’université ne faisait nullement partie de ses projets. La conseillère d’orientation fronça légèrement les sourcils suite aux paroles d’Ecaterina. Si elle n’aimait pas le ton qu’elle employait, elle ne lui fit pas la réflexion, se contentant de l’observer très sérieusement. Cet entretien n’avait rien à voir avec son amitié avec Désirée Cravy, bien loin de là. Emma était certaine que l’adolescence assise face à elle le savait mais qu’elle trouvait juste un moyen de la mettre dans l’embarras, ou encore un moyen de détourner la conversation. Avec ces phrases, la jeune fille se protégeait en quelques sortes. On aurait dit qu’elle désirait faire culpabiliser Ms Pillsbury, alors que cette dernière faisait juste son travail et, en l’aidant à s’y retrouver, elle le faisait convenablement. Au bout de quelques secondes seulement, la jolie blonde baissa le regard, comme si elle n’assumait pas ses dernières phrases. Enfin, c’était tout du moins la façon dont Emma voyait les choses.

Celle-ci n’eut pourtant pas vraiment le loisir de répliquer puisque déjà, Ecaterina s’expliquait. La conseillère l’écouta patiemment parler de la compétition, jaugeant toujours ses réactions ou ses regards, qui parfois pouvaient s’avérer être plus significatifs que des paroles. A un moment, l’adolescente posa son doigt sur le bureau d’Emma, se mettant à esquisser quelques traits invisibles dessus. Ce geste déconcentra un peu la jeune femme qui suivit du regard les mouvements hasardeux des doigts d’Ecaterina, se sentant légèrement angoissée car elle n’aimait pas spécialement le fait que l’on touche à ses affaires. Lorsque celle-ci eut terminé de parler, le silence s’installa dans la pièce tandis qu’Emma quittait la vue de son bureau pour poser de nouveau son regard sur la jeune fille. Finalement, elle reprit la parole, ses grands yeux bruns sondant toujours le visage de son interlocutrice :

    « Le but n’est pas de vouloir prouver ou démontrer quoique ce soit à Ms Cravy et c’est justement parce que nous parlons de ton avenir que tu es assise là » dit Emma d’une voix douce, comme pour montrer à Ecaterina que malgré ses accusations, elle restait parfaitement calme. Emma hésita un peu avant de poursuivre, levant un sourcil. « Cependant, il faut voir plus loin que l’université. Il faut voir ce que ces études pourraient t’apporter, ce qu’elles pourraient t’amener à faire. Je sais qu’il peut être difficile de faire des choix quand on a dix-sept ou dix-huit ans, surtout quand il s’agit d’avenir. Mais il le faut pourtant. »

Emma s’interrompit, pensant aux dernières paroles de la jeune fille quant à la compétition à subir. Il était vrai que les universités, et d’autant plus celles qui étaient prestigieuses à la Harvard ou Yale même s’il n’en était pas question, étaient souvent propices à la compétition. D’un autre coté, celle-ci débutait dès le lycée : les élèves ne regardaient donc jamais d’un œil curieux les notes de leurs camarades quand ils recevaient leurs copies ? Les sportifs ne se mettaient jamais la pression avant un match de football ou de basket ? Et les cheerleaders ? Elles qui, sous l’œil critique de Sue, devaient suivre un régime sévère, parce que si elles prenaient le moindre gramme, elles devraient se justifier, et même risquer de perdre leur place au sein de l’équipe. Le lycée était un endroit où la compétition régnait en maitre. C’était peut-être pour ça qu’Ecaterina avait du mal à s’y habituer, parce que cela lui rappelait cette époque qu’elle aurait peut-être préféré oublier. Emma posa ses bras sur la table, croisant les doigts de ses deux mains. Elle réfléchit pendant un instant à ce qu’elle allait pouvoir répondre avant de se lancer :

    « La compétition peut être difficile c’est vrai… mais je ne vais pas te mentir : elle existe partout malheureusement, et pas seulement à l’université, car sur le marché du travail c’est parfois pire » fit Emma avant de se taire quelques secondes, ayant l’impression d’être maladroite dans ce qu’elle disait. Elle tortilla nerveusement les doigts, fronça le nez et leva les yeux quelques secondes. Elle finit par dire, rejoignant le regard clair d’Ecaterina : « c’est compréhensible que tu aies besoin de plus de temps pour « t’acclimater » à un nouveau lycée. Mais je ne cherche absolument pas à vouloir te convaincre que les études universitaires sont indispensables. Tu es libre de faire tes propres choix. Je veux simplement que tu aies conscience du potentiel que tu as en écriture... ». Emma esquissa un sourire encourageant avant de continuer : « il est vrai que ton parcours est pour le moins inhabituel. C’est pour ça que si tu as besoin de te confier… sur quoique ce soit, je suis là. »

Emma jeta un coup d’œil au dossier toujours ouvert à la première page de la jeune fille, sous entendant ainsi de nombreuses choses. Ce dossier comportait de énormément d'informations sur Ecaterina, des informations qu'elle préférait peut-être ignorer car elle ne voulait pas aborder ce qui la tracassait vraiment : le véritable fond de ses problèmes. Avec sa dernière phrase, Emma entrait délicatement dans le vif du sujet. Elle doutait qu’Ecaterina se mette à parler d’un coup, à cœur ouvert. Mais elle devait quand même essayer de la convaincre qu’elle pouvait le faire si elle le souhaitait.
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Ecaterina S. Robertson
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Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
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MessageSujet: Re: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptyDim 16 Jan - 16:38

Dans sa quête de deviner les intentions de Ms Pillsbury, Ecaterina s’était rendue compte qu’elle avait peut-être été méchante. Cela n’avait pas été prémédité et ce n’était indiscutablement pas dans son caractère alors quand la jeune femme reprit la parole, un élan de culpabilité s’empara d‘elle. La méchanceté faisait partie des choses que l’adolescente ne comprenait pas. Elle avait été confrontée à cette méchanceté plusieurs fois, à la bassesse des remarques incessantes de sa mère sur son attitude déplorable lors de cocktails organisés en grandes pompes et ce genre de choses qui lui donnait - au sens propre - envie de vomir. Elle ne voulait pas céder à la facilité et déstabiliser Emma n’était pas la chose la plus adroite à faire pour se défaire de toute l’attention qu’elle lui portait aussi plaisante fut-elle pour les autres. Pour elle cela n‘avait rien d‘agréable, au contraire. Son attitude n’avait pas été très honnête et écoutant soigneusement la psychologue, elle réfléchit. C’était indéniable, il n’y avait aucune raisons de s’attarder sur le sujet de l’université. Emma était têtue. Dans son travail cela était une qualité, sans doutes. Aussi, Ecaterina l’était davantage et il valait mieux qu’elle ne s’entête pas à vouloir à tout prix lui faire comprendre que non, elle n’était pas faite pour ça et que son avenir, elle ne l’imaginait même pas. C‘était un dialogue de sourds, Ecaterina était assez honnête pour oser se l‘avouer. La discussion était donc close, fin de l‘épisode. D’ailleurs, c’est dans le but de faire taire la conseillère que la blondinette releva le regard avec lenteur, la fusillant de ses yeux bleu clairs et soupirant agacée par ses paroles qui semblaient être sincères sur le moment mais, qui finalement lui donnait l’impression de n’être que du réchauffé, hélas. Emma devait vraiment aimer son travail pour passer son temps à vouloir convaincre des adolescents attardés de faire les bons choix. C’était déprimant et la jeune fille pencha la tête sur le côté, considérant avec cette mine ironique tellement énervante les derniers mots d’Emma : il le fallait, pourtant. Ecaterina roula des yeux et resta silencieuse, les lèvres pincées. Elle n’était obligée de rien, après tout elle pouvait partir si elle le souhaitait. Rien ne la retenait ici mais, ce n’était pas intelligent et encore moins, respectueux et reposant son regard dur sur Emma, elle laissa un silence gênant s’installer : elle ne parlerait plus de son avenir.

Parfois, Ecaterina agissait comme une enfant. Ce n’était pas de sa faute, elle avait été obligée de grandir vite, passant de l’état de petit têtard fripé à celui d’une jolie poupée de porcelaine en à peine quelques mois. Sa vie avait été faite de déceptions, d’abandons perpétuels et d’attentions hypocrites de la part de gens qu’elle ne connaissait même pas. Elle ne se cherchait pas d’excuses mais, sur le plan de l’enfance elle avait ratée pas mal de choses. Si elle essayait de se rattraper ? Absolument pas. Parce que ça ne lui manquait pas. Elle regrettait seulement de pas avoir eu le droit de s’amuser comme les autres et d’apprendre à vivre autrement que sous l’œil vicieux d’un appareil photo, ce n’était pas si compliqué que ça, en définitive. L’expliquer, en revanche était mission impossible et ce masque éternel de détachement qu’elle arborait en permanence était un moyen futé de ne rien dévoiler de sa personne, elle était fière de ça. Réussir à avoir assez de recul pour que personne ne la perce à jour, elle était très douée et jusqu’à présent, personne n’avait réussit à la voir telle qu’elle était réellement : fragile, douce et tout simplement perdue dans cet inconnu qui s’étalait devant elle. Emma rebondit sur ses confidences précédentes et la jeune fille regarda à nouveau son dossier, de loin. Même si elle avait un caractère difficile, une personnalité complexe, Ecaterina n’était pas du genre à laisser les autres indifférents. Elle n’en avait pas conscience. Persuadée que seul son physique pouvait un tant soit peu lui permettre de se faire remarquer - et dieu sait qu’elle ne voulait pas qu’on la remarque mais, cette personnalité avait son charme et le fait qu’elle veuille se cacher allait plutôt en sa défaveur : entretenir le mystère, il était connu que cela attisait les curiosités. Emma continua sa parade et bientôt, elle entra dans le vif du sujet. La jeune fille posa ses bras sur les accoudoirs de la chaise sur laquelle elle était assise et laissa sa tête partir en arrière; elle n’avait pas eu tord, en venant ici. Emma ne souhaitait pas seulement s’entretenir avec elle sur sa supposée destinée. Elle était maligne, cette conseillère et esquissant un sourire, la blondinette s’installa convenablement sur son siège, un sourcil haussé.

« Je vois. » dit -elle « C’est-ce que vous vouliez depuis le départ. Que je me confie. » Pas d’interrogation mais, une affirmation prononcée d’un ton monocorde et juste, le regard fixé sur la conseillère et les mains sagement croisées sur ses genoux, maintenant. Dans l’histoire, elle n’était pas la seule à ne pas avoir été honnête. Dans son cas, elle s’en était voulu quelques instants mais, Emma ne semblait pas être dérangée par sa ruse et cela contraria Ecaterina. Pourtant, elle s’en était doutée en acceptant cet entretien - que seul son soi-disant avenir n’était pas la seule chose qui l’intéressait, au fond. Elle aurait dû camper sur ses positions et repartir sur le champ, elle n’avait pas envie de parler. Aussi, elle resta calme et sourit encore, un sincère et triste sourire s’étalant sur son visage aux traits réguliers puis désigna du menton son dossier ouvert en grand devant Ms Pillsbury, elle n’hésita plus « Sur quoi voulez-vous que je me confie, au juste ? Vous avez mon dossier ouvert devant vous. Vous sembliez concentrée quand je suis entrée, je suppose donc que vous l’avez lu. » reprit-elle, dégageant son front de sa frange, Cat tourna la tête vers la fenêtre. Ses yeux suivirent avec avidité les mouvements de quelques élèves qui passaient devant le bureau, à l’extérieur et soudain, elle étouffa un mi-rire et reporta son attention sur Emma. Les yeux plissés dans une expression détachée et sereine qui malgré les apparences, annonçait la tempête, l’adolescente regarda en l’air puis feinta la réflexion « Et je fais confiance à Dorian en ce qui concerne toute les petites anecdotes gênantes sur mon enfance idyllique. Il adore faire pleurer dans les chaumières, c’est son côté tragédien. Il tient ça d’Annabelle. » Elle posa son regard sur les bibelots bien organisés sur le bureau de la conseillère et se ressaisit sur le moment, elle posa son index sur son menton et ferma un œil avec désinvolture « Annabelle était ma mère. Mais, vous le savez, sans doutes. »

Dans sa gorge, Ecaterina sentait comme une boule énorme se former, l‘empêchant de déglutir et de reprendre correctement sa respiration, cela ne présageait rien de bon. Cat ne pleurait pas souvent. La dernière fois qu’elle s’était laissée aller à des flots de larmes, cela avait été incontrôlé et tellement futile qu’elle préférait ne plus y penser. Seulement, à cet instant elle se sentait trahit. Elle ne supportait pas ça, qu’on la trahisse. Qu’on profite d’elle et que l’on se serve d’arguments déplorables pour essayer de tirer d’elle autre chose que du cynisme et autre sarcasme gentillet. Avec toute la mauvaise foi qui lui avait été possible d’y mettre, elle avait voulu faire confiance à Ms Pillsbury. Dans un élan de faiblesse, elle avait même voulu lui faire comprendre pourquoi, elle ne souhaitait pas s’attarder sur le sujet de la faculté et là, elle lui plantait un couteau dans le dos. Ses joues commencèrent à lui picoter, ses oreilles à lui chauffer et fronçant les sourcils en attrapant du bout des doigts la hanse de son sac, elle attendit quelques instant et se leva, brusquement.

« Bien. Bien. » murmura-t-elle et glissant son sac sur son épaule, elle resta devant la bureau de la conseillère, tendant les mains devant elle « Ce n’est pas que je m’ennuie avec vous, Ms Pillsbury. Vous êtes charmante et j’adore la broche que vous portez, c’est une libellule ? » Elle pencha la tête, montrant de son index le bijoux accroché au cardigan coloré de la jeune femme et se redressa avec élégance, mettant une mèche de cheveux derrière son oreille qui en quelques secondes avait virée au cramoisi, trahissant son apparente sérénité « Bref. J’ai cours. J’aurais aimé discuter plus longtemps avec vous. Me confier. Parler de mes états d’âmes. Vous faire part de la détresse immense, du gouffre de solitude dans lequel je me trouve en ce moment. Et ces hormones qui me chatouillent. » Posant une main sur le haut de sa poitrine, elle regarda derrière Emma. Elle mima la tragédie grecque et retint son souffle quelques instants avec de relâcher tout ses efforts et de reposer ses yeux revolver sur la conseillère, laissant ses bras pendre le long de son corps. Elle regarda sur le côté, narquoisement « Mais, Mr Schuester déteste qu’on arrive en retard et j’ai des notes à rattraper, vous ne voudriez tout de même pas gâcher mes chances infimes d’avoir un avenir prometteur, Mademoiselle ? » C’était petit et mesquin. Mais, intérieurement Ecaterina dansait la rumba, son estomac exécutant des cabrioles compliquées et son cœur s‘arrêtant quand bon lui semblait. Jubilant à l’idée d’avoir réussie à ce qu’Emma jette les armes et abandonne la lutte, l’adolescente la regarda une dernière fois et joignit les mains sur le devant de sa blouse « C’était un plaisir de discuter avec vous, sincèrement. On devrait faire ça une fois par semaine, histoire de faire connaissance. » plaisanta-t-elle et elle se détourna du bureau, s’avançant vers la porte de sa démarche fluide et se retournant à mi-chemin, elle fronça le nez en regardant sur le côté « C’était une blague. Alors, ne sautez pas sur l’occasion. Je ne viendrai pas, de toute façon. »

Haussant les épaules avec impertinence, Cat continua son chemin. Elle avait préférée mettre les choses aux claires tout de suite, Emma aurait pu prendre sa moquerie pour argent comptant - quelle horreur ! Aussi, elle roula des yeux en y pensant, s’imaginant des heures et des heures dans ce bureau à devoir supporter les grands yeux inquisiteurs de la conseillère et elle frissonna, s’approchant dangereusement de la porte. La fuite avait toujours été un bon moyen pour Ecaterina ne pas avoir à se justifier, à se dévoiler ou à être confrontée à des situations qu‘elle ne pouvait pas - ou ne voulait pas gérer. Finn Hudson l’avait comprit à ses dépends et aujourd’hui, elle le regrettait, elle était même décidé à faire marche arrière mais, comme toujours quelque chose l’en empêchait. Enfin, la situation était clairement différente et ce n’était pas très courageux - tant mieux, elle ne s ‘estimait pas être d’une témérité sans failles. La sonnerie qui annonçait le début de la seconde période retenti, la blondinette s'en sentie soulagée et attrapa d’une main fébrile la poignet de la porte dans le but de sortir de cette espèce de salle d’interrogatoire lumineuse et fraîche qui sentait un peu trop l’anti-bactérien à son goût : Ms Pillsbury lui en voudrait peut-être. Elle serra les dents, ouvrant la porte; cela lui importait peu.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Sam 14 Jan - 18:09, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptyMar 18 Jan - 22:06

Hésitante, Emma observait toujours Ecaterina, scrutant le bleu de ses yeux comme la neutralité parfaite de ses traits. Malgré la distance qu’imposait son attitude, elle possédait une beauté qui était loin de laisser indifférent ; en dépit de ses efforts pour être une adolescente banale, fondue dans la masse, il était impossible de ne pas la remarquer. C’était tout du moins la conclusion que tira Emma en contemplant le visage de la jeune fille. On disait souvent que le fait d’être jolie permettait de s’attirer les faveurs des autres. En réalité, la beauté n’était pas toujours un avantage, dans la vie. La beauté pouvait s’avérer être un poids difficile à porter, un fardeau. Une arme, certes, mais une arme dangereuse qui pouvait se retourner n’importe quand contre son détenteur. Lorsque l’on possédait une beauté aussi pure que celle d’Ecaterina, tous les efforts pour se faire discret étaient voués à l’échec. Ainsi, malgré les pulls amples, les pantalons larges, ou tout simplement l’absence de féminité ou d’efforts pour se pomponner, il y aurait toujours ces cheveux blonds et brillants qui attiraient les regards, ces yeux bleus, parfois tristes, que l’on se surprenait à explorer, et tous ces autres détails qui rendaient une jeune fille comme Ecaterina, jolie. Lorsqu’elle était plus jeune, Emma observait ce type de fille d’un œil admiratif. Elle qui, lorsqu’elle observait son reflet dans le miroir, ne voyait rien d’autre que deux grands yeux bruns la fixant. Elle n’avait jamais été une enfant très complexée, heureusement. Elle aimait ses cheveux roux qui marquaient sa différence, par exemple. Les seuls regrets qu’elle pouvait avoir étaient liés à sa mysophobie, et donc à son comportement. Elle aurait préféré être normale aux yeux des autres, et non cette espèce de monstre qui voyait des microbes partout et en était obsédée. C’était pour ces raisons qu’elle regrettait qu’une beauté comme celle que possédait Ecaterina ne soit révélée au grand jour, plutôt que d’être dissimulée de cette manière. Elle poussa un petit soupir. C’est ce que l’on appelait dégâts d’une enfance volée.

La conseillère d’orientation remarqua alors un changement dans le comportement d’Ecaterina. La jeune fille pinça les lèvres et son regard s’assombrit, comme si les paroles de Ms Pillsbury venaient de faire écho dans son esprit. Cela ne présageait rien de bon, Emma en était certaine. Toutefois, elle n’avait pas eu le choix. Son rôle ne se limitait pas à donner des conseils d’orientation. Quand elle était en présence d’un cas comme celui d’Ecaterina, elle devait tout faire pour essayer d’apporter son aide de n’importe quelle manière. Bien sûr, elle pouvait la rejeter. Bien sûr, elle pouvait quitter son bureau quand elle le voulait, après tout l’adolescente n’avait pas signé de contrat. Mais Emma, elle, en avait signé un. Et cela incluait d’aider. La jeune femme doutait fortement que son interlocutrice puisse comprendre une chose pareille. Après tout, la plupart du temps, les élèves pensaient qu’elle n’était qu’une curieuse qui n’en avait pas grand-chose à faire de leurs petits soucis mais qui souhaitait juste faire comme si c’était le cas. Mais elle savait qui elle était, et ce qu’elle faisait. Et surtout elle savait que si elle ne mettait pas le sujet sur le tapis tôt ou tard, elle finirait par le regretter. Ce n’était pas qu’un problème de conscience, évidemment, mais cela jouait quand même beaucoup. Ecaterina lui répondit alors, mettant un terme aux pensées d’Emma qui partaient déjà loin dans les suppositions. La jeune fille, sans se départir d’un calme en apparence parfaitement contrôlé, l’accusa d’avoir voulu lui tirer les vers du nez depuis le départ. L’intéressée plissa les yeux une seconde. De la façon dont Ecaterina lui parlait, on aurait dit que c’était un crime de vouloir aider quelqu’un. Emma savait que ce n’était pas le cas, mais était attristée à l’idée que l’élève face à elle pense une telle chose. Lorsque la jeune fille s’interrompit en parlant brièvement de sa mère, Emma crut voir ses yeux briller l’espace d’une seconde avant qu’elle ne détourne les yeux, certainement dans le but de se remettre les idées en place.

Emma hésita à prendre la parole, et quand finalement elle s’apprêta à répondre, Ecaterina se leva d’un bond, jetant son sac par-dessus son épaule. Elle prononça quelques paroles, lui disant même qu’elle était charmante et qu’elle avait une jolie broche. Une façon subtile de détourner son attention, peut-être ? Après un regard à la broche en question, bel et bien en forme de libellule, oui, qu’elle portait, la jeune femme reporta son attention sur Ecaterina qui, théâtrale, s’inventait toujours des excuses. Sa meilleure excuse ? Mr Schuester qui détestait que ses élèves arrivent en retard à son cours. Quand elle entendit le nom du professeur d’espagnol, Emma cligna des yeux, se forçant à ne pas repartir dans ses divagations personnelles qui n’avaient rien à voir avec l’élève perdue à laquelle elle était confrontée et qui tournait déjà le dos, s’avançant dangereusement vers la porte. Elle se retourna pour dire qu’elle blaguait quand elle disait qu’elle devrait venir au moins une fois par semaine la voir dans son bureau, pour faire connaissance. Emma n’était visiblement pas aveugle et avait bien compris l’ironie de ses paroles. Quand Ecaterina ne fut qu’à quelques centimètres seulement de la porte, la conseillère se leva à son tour, affolée quant à la tournure qu’avaient pris les choses en l’espace de quelques secondes seulement.

    « Je, hm… non ! » dit-elle en bégayant, et criant presque le dernier mot qu’elle avait prononcé. « Je peux m’arranger avec Mr Schuester s’il le faut. Crois-moi, il ne m’en voudra pas de te retenir quelques minutes supplémentaires » annonça-t-elle, comme si c’était une excuse.

Elle secoua la tête pendant une seconde afin de retrouver ses esprits, elle tortillait les doigts de ses mains, nerveuse. Elle ne voulait pas voir Ecaterina partir. Elle ne voulait pas voir les efforts qu’elle avait fait s’anéantir sur un coup de tête de l’adolescente. Mais surtout, elle ne voulait pas qu’elle passe le seuil de cette porte tout simplement parce qu’elle savait qu’elle ne remettrait plus jamais les pieds dans ce bureau si c’était le cas. Elle fronça les sourcils, son visage dénué de tout sourire. Elle prit son inspiration avant de dire, d’une voix assurée mais néanmoins douce :

    « Oui, j’ai pris connaissance de ce dossier, oui j’aimerais que tu te confies à moi, mais non, je ne suis en aucun cas désintéressée quant à tes choix professionnels, et je souhaite réellement t’apporter mon aide si je le peux. Tu n’en veux peut-être pas, en fait c’est même certain. Mais quand on a un dossier comme le tien, je ne peux pas l’ignorer. A tes yeux, je ne suis peut-être qu’une enquiquineuse de conseillère d’orientation mais tout ce que je fais est dans ton intérêt, pas dans le mien. Comme tu le dis, tu as du mal à comprendre certaines choses ici, et c’est normal. Qui pourrait t’en vouloir ? Mais je suis justement là pour t’aider à les assimiler. Je veux t’aider, Ecaterina. C’est tout ce que je souhaite. Tu ne peux pas m’en vouloir de m’intéresser à toi. »

Emma se tut, ouvrant grand les yeux. Elle n’en revenait pas d’avoir autant parlé, mais surtout d’avoir prononcer ce petit discours tout en étant parfaitement calme et en n’haussant jamais le ton de sa voix. Maintenant, la balle n’était plus dans son camp. Libre à Ecaterina d’ignorer ces paroles, ou de les accepter, bien que cette seconde possibilité semble relever de l’improbable, et ce même pour Emma, toujours pleine d’espoir d’ordinaire.
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MessageSujet: Re: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptySam 22 Jan - 16:56

Le bras tendu. La main fermement posée sur la poignet grise et froide de la porte en verre, Ecaterina crispa les doigts prête à s’enfuir, comme à son habitude. Ce n’était pas une jeune fille mauvaise, bien au contraire. Elle donnerait n’importe quoi pour faire le bonheur de ceux qui avait beaucoup moins de chance qu’elle, à vrai dire. Jeune fille douce, pas du genre à jouer les bad-girl, à abuser de la méchanceté et des reproches comme tous les autres. Cela était peut-être un défaut après tout. Mais, bon sang ! Elle voulait juste qu’on la laisse tranquille ! Ce n’était vraiment pas la mer à boire ! Ce n’était pas comme si elle demandait la corne d’une licorne pour s’en faire un porte clef ou le numéro du type de l’épicerie - celle au coin de son immeuble, où ils vendaient du chewing-gum en rouleau qui faisait la langue toute verte, délirant. Bref. C’était parfaitement réalisable ! Emma n’était pas consciente que plus elle la forcerait à vouloir parler, plus la jeune fille se refermerait et deviendrait agressive et, fatalement insolente ? Ouvrant la porte, la blondinette roula des yeux. La conseillère la laisserait partir maintenant, elle l’avait cloué sur place. Du moins, c’est-ce qu’elle croyait et prête à faire un pas pour sortir de cet enfer aseptisé, la voix claironnante de la jeune femme raisonna à ses oreilles : plus têtue, tu meurs. Ecaterina se retourna lentement, la fixant une nouvelle fois en penchant la tête, prête à débiter son discours tout préparé. Celui qu’elle sortait à qui voulait bien l’entendre, qu’elle se répétait sans arrêts - même dans son sommeil, ça en devenait alarmant. Emma lui dit qu’elle s’arrangerait avec son prof d’espagnol, sous entendant qu’il ne lui en voudrait pas le moins du monde si son élève arrivait en retard. Cela l’intrigua et elle plissa les yeux, curieuse. C’est vrai que certaines rumeurs courraient sur Ms Pillsbury et Mr Schuester. Une amourette de quelques temps, un truc compliqué. Dégoulinant de bons sentiments comme de la guimauve grillée lors d’un barbecue sur la plage, en été. Les professeurs et leurs névroses, Ecaterina sourit en coin. Comme ça, leur petite idylle n’était pas réellement terminée, hein ? Enfin, c’est-ce qu’elle en déduit face au regard lointain de la psychologue qui reprit ses esprits à temps alors que l’adolescente s’apprêtait à ouvertement se moquer de son béguin pire que celui d’une jeune fille en fleur devant Justin Bieber : qu’elle était mièvre, cette conseillère ! Aussi, Emma reprit rapidement la parole et bien forcée de ne pas partir comme une mal élevée, la jolie jeune fille croisa les bras sur sa poitrine soupirant de toute la force de ses poumons - si avec ça Emma ne comprenait pas qu’elle la barbait plus qu’autre chose, elle ne savait plus quoi faire.

Durant son monologue soigneusement récité, Emma haussa le ton tout en gardant cette douceur innée et Ecaterina en fut étonnée, presque choquée tellement cela paraissait impossible ; Emma Pillsbury était une femme gentille, cela se voyait sur son visage et ses yeux semblables à deux belles billes noisettes continuellement écarquillées débordaient de générosité, de partage et surtout de bons conseils. La blondinette se trouva stupide mais, ne détourna pas les yeux pour autant, la regardant s’approcher d’elle ses mains jointes comme un professeur particulièrement concentré. L’autorité. L’autorité était quelque chose de difficile pour Ecaterina. Elle avait été une jeune fille docile tellement d’années, n’osant jamais aller au dessus de cette autorité, au dessus des recommandations, des conseils et des remarques dont sa propre mère la gratifiait en permanence. Aujourd’hui, se soumettre à une quelconques autorité n’était pas aisé. Elle n’en restait pas moins d’une politesse exemplaire et d’un respect de mise seulement, le fait que l’on veuille lui mettre des barrières la faisait systématiquement se remémorer des choses désagréables et douloureuses qui lui piquait la gorge et lui brûlait les yeux. Emma la regardait de cette façon énervante, comme si elle se souciait réellement d’elle et quand ses paroles prirent formes dans son esprit, Ecaterina sentit une montée de sentiments tarabiscotés s’emparer d’elle et lui donner les larmes aux yeux. Les fermant un instant, elle secoua la tête de droite à gauche pour montrer sa dénégation, faire comprendre à Emma qu’elle ne voulait pas, qu’elle n’était pas d’accord pour qu’on l’aide et s’intéresse à son dossier. Sa langue violemment collée contre son palais devenait douloureuse et attendant un instant que son émotion passe, la blondinette ne parla pas sur le coup puis, soudain elle rouvrit lentement les paupières. Les yeux baignés de larmes et les lèvres frémissantes, elle regarda Emma, souriant par habitude.

« Vous n’êtes pas mieux qu’elle, vous savez. » risqua-t-elle et regardant en l’air une seconde, elle reposa ses pupilles sur la jeune femme « Vous croyez que, parce que vous êtes une adulte avec de l’autorité, je vais me laisser faire et plier à votre requête ? » Clignant des yeux un moment, Ecaterina émit un furtif rire étouffé - plus comme un soupir de déception et passa une main nerveuse dans ses cheveux ouvrant la bouche à moitié en cherchant ses mots, elle haussa les sourcils « Vous avez haussé le ton. Vous avez voulu m’effrayer, m’impressionner de toute votre stature de personne importante. Parce que vous êtes une personne importante dans ce lycée. Vous avez une plaque accrochée à la porte de votre bureau. Seuls les gens importants ont ce genre de gadgets stupides pour qu’on n’oublie pas qu’ils existent et qu’ils soient sûrs de faire partie du décor même si au fond, ils sont insignifiants. » Elle se perdait, elle s’en rendit compte et secouant la tête une seconde fois, elle reprit sans attendre « C’est n’importe quoi. »

S’énerver était inutile, forcer sur sa voix à s’en faire péter les cordes vocales et avoir le visage déformée par la colère et ressembler à une harpie ne servait strictement à rien et c’était ce qui était désarmant chez la jeune fille. Qu’elle soit déçue ou en colère, jamais elle ne se laissait aller à des éclats de voix : tout le temps sereine et belle comme un cœur même si au plus profond d’elle-même tout menaçait d’exploser. Oui, cela lui ferait défaut un beau jour et toute cette accumulation de frustrations, de déceptions et de peurs irrationnelles s’échapperaient de ce petit corps charmant tôt ou tard mais, en attendant c’était la manière la plus appropriée pour elle de vivre les choses, de gérer au mieux ses sentiments sans que cela ne soit réellement perceptible aux yeux du monde. N’essayant même plus d’éviter les yeux de son interlocutrice, Ecaterina sentait les siens lui picoter et passant son index sous l’un deux, elle constata une trace de crayon khôl qu’elle avait effacé sans vraiment le vouloir mais, elle ne s’en retourna pas plus que ça. Elle avait mieux à faire. D’autres chats à fouetter, comme on dit. Pinçant les lèvres, Cat prit une légère inspiration et tenta de rassembler ses pensées et ses idées. Emma l’avait blessée quelques parts et il fallait qu’elle se défende, il était hors de question qu’elle laisse passer ça. Aussi, elle croisa les bras sur sa poitrine, remarquant à travers la baie vitrée les élèves retardataires marchant au pas de course pour rejoindre leurs classes, elle ne quitta pas le couloir extérieur des yeux alors qu’il n’y avait plus personne et attendant que la boule qui étoufferait sa voix diminue, elle reprit d’un ton monocorde :

« Je ne suis plus cette petite poupée apeurée qui obéit sans rechigner parce qu’elle a peur qu’on la déteste, ou qu’on veuille l’abandonner. Je sais que je suis capable de beaucoup de choses, malgré qu’on m’ait toujours dit que je n’étais bonne qu’à sourire. » murmura-t-elle en haussant les épaules, elle se mordit la lèvre et arqua un sourcil en esquissant un furtif sourire « J’ai grandis. Évoluée. Ma mère n’est plus là. Et j’ai confiance en mon frère, il ne me laissera pas tomber. » Ses yeux restèrent fixes, posés sur le couloir désert et calme. La tournure que prenait les choses la dérangeait énormément parce qu’elle avait pleine conscience que ses quelques paroles révélaient bien plus que ce qu’elle n’avait voulu au départ et s’en voulant cruellement, elle baissa la tête. Elle se l’attrapa des deux mains, confuse, elle les laissa glisser sur ses joues bouillantes et leva légèrement les bras au ciel, elle hésita. Puis, inspirant un bouffée d’air tiède, elle coinça ses cheveux derrière ses oreilles dans un geste désordonné « Vous savez quoi ? » Elle posa à nouveau sa main sur la poignet de la porte qui, pendant l’échange s’était refermée et ne regardant pas Emma directement sur le moment, elle fit glisser ses pupilles accusatrices sur elle et dans un rictus, elle continua « Si vous vous souciez réellement de moi, vous me ficheriez la paix, Ms Pillsbury. » Ouvrant la porte à la volée, elle se retourna furieusement et tourna le dos à la jeune femme puis avant de sortir, elle lança « Vous avez compris ? Fichez-moi la paix. » Mâchoire crispée, Cat la toisa une dernière fois, soufflant rageusement en poussant la porte, elle quitta la pièce dans un dernier regard assassin à l’intention de la conseillère, ses longs cheveux dorés virevoltants dans un même mouvement ; Emma avait été trop loin pour elle.


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MessageSujet: Re: 04. Nothing's really making any sense at all.   04. Nothing's really making any sense at all. EmptyLun 24 Jan - 21:27

Le silence retomba cruellement dans le bureau de la conseillère d’orientation après le petit discours de cette dernière. Elle était toujours debout, les bras ballants, et les mains bien écartées l’une de l’autre pour éviter de tortiller ses doigts de nouveau et montrer à Ecaterina qu’elle n’était pas particulièrement à l’aise dans cette situation délicate. Ms Pillsbury n’aimait pas particulièrement se la jouer autoritaire. D’ailleurs, elle n’aimait même pas du tout. Ce n’était pas vraiment un défaut pour elle dont la profession demandait plus de calme et de patience que d’autorité. Après tout elle n’était pas professeur, et même si elle se devait de se faire respecter, en aucun cas elle n’avait besoin de jouer les durs. Si c’était le cas, autant dire qu’elle échouerait lamentablement en tant que conseillère d’orientation. C’était à cause de ce manque d’autorité qu’Emma ne parvenait jamais à vraiment hausser le ton de sa voix, ou en tout cas face à ses élèves parce qu’il lui était bien arrivé une fois ou deux de se chamailler avec Figgins au sujet des New Directions, par exemple. Pourtant, face à Ecaterina, le ton était légèrement monté d’un cran, si légèrement toutefois qu’elle n’aurait jamais pensé que cela puisse avoir un impact quelconque. La jeune fille, dos à elle, la main sur la poignée, semblait pourtant hésiter. Ms P. avait essayé de la convaincre avec ses mots, en jouant sur la corde sensible, peut-être, mais après tout c’était son travail. Elle devait apporter son aide, essayer de mettre en confiance les adolescents qui venaient la voir au quotidien. Avec Ecaterina, autant dire que la tache était bien loin d’être aisée. Elle avait beau multiplier les arguments, et montrer à quel point elle se sentait concernée, rien n’y faisait. On avait beau dire qu’Emma était une personne têtue, cette caractéristique qui s’avérait rarement être une qualité était également applicable à la jeune fille aux longs cheveux d’un blond de blé qui se tenait dans son bureau. Oui, elle s’entêtait à se renfermer sur elle-même, à ne laisser personne percer cette bulle impénétrable dont elle s’était entourée pour se protéger. A croire qu’elles n’étaient pas si différentes que cela, finalement. Oh, bien sûr, Emma était loin d’avoir eu une enfance aussi chaotique que celle d’Ecaterina. Mis à part l’épisode de la laiterie qui la rendit maniaque au possible à cause de sa nouvelle phobie, elle n’avait jamais été poussée à faire des choses qu’elle ne voulait pas faire ; ni eu le besoin de répondre aux ambitions d’une autre personne, et n’avait pas non plus connu une perte comme la jeune fille. Elle ne pouvait donc pas prétendre pouvoir comprendre ce que ressentait Ecaterina, mais cela ne l’empêchait pas d’essayer et de lui tendre la main.

L’adolescente se retourna doucement afin de lui faire face, une nouvelle fois, de l’autre extrémité du petit bureau. Emma vit presque immédiatement le changement qui s’opéra chez elle, à travers les grands yeux clairs d’Ecaterina qui brillaient toujours, certes, mais de manière différente. La jeune femme fronça les sourcils, se demandant si ses paroles avaient joué un rôle dans ce changement soudain. A priori, oui. Il y a quelques secondes, elle avait la main posée sur la poignée, s’apprêtait à sortir du bureau et à se fondre de nouveau dans la masse des lycéens de McKinley High School. Pourtant, elle s’était soudainement figée lorsqu’Emma avait repris la parole. Comme si quelque chose la touchait dans ses paroles… ou lui déplaisait. La conseillère hésita entre ces deux émotions, jusqu'à ce qu'elle ait enfin une réponse. Une réponse qui émana de l'attitude de l'élève qui lui faisait face. En effet, elle fut surprise de voir Ecaterina fermer soudainement les yeux, et les garder clos l’espace de plusieurs secondes. Un peu abasourdie par un tel comportement, Emma ne put s’empêcher de se remettre à tortiller ses doigts dans tous les sens, en signe de nervosité. Quand la jeune fille finit par ouvrir les yeux, ces derniers étaient baignés de larmes, ce qui désarma complètement Emma qui en resta bouche bée. Elle ne s’était certainement pas attendue à une telle réaction. Elle pensait que son petit discours ferait plutôt partir Ecaterina en courant, vu le comportement qu’elle avait eu jusqu’à maintenant. Car si au début de la conversation, malgré une brève feinte dans l'espoir d'échapper aux conseils d'Emma au tout début, elle avait semblé encline à laisser la conseillère lui parler, elle s’était très rapidement braquée à la fin quand Emma avait ramené les sujets sensibles sur le tapis.

Si Emma avait été surprise par la conduite de la jeune fille, ce n’était pourtant rien comparé à ce qui suivit. Car les paroles que prononça Ecaterina furent teintées d’une amertume à laquelle elle n’était certainement pas habituée. Les moqueries, Emma connaissait. La colère, elle l’avait déjà vécue, aussi. Mais l’amertume, la rancœur, elle ne connaissait pas. Avec sa douceur et sa sensibilité, rares étaient les personnes qui s’aventuraient sur ce genre de terrain-là avec Emma Pillsbury. Son attitude avait beau parfois énerver, la plupart du temps, elle n’essuyait pas de remarques blessantes parce qu’on s’attendrissait devant ses grands yeux bruns et innocents, ou son air à la Bambi, candide et ingénu. Mais ici, Ecaterina ne prit pas le soin de peser ses mots avant de les lui jeter à la figure. Cela lui fit l’effet d’une gifle. Blessée par ces accusations, des accusations émanant pourtant d’une adolescente de dix-sept ans. Emma écarquilla les yeux, ne sachant que répondre. Elle ne se sentait pas vraiment coupable dans ce qu’elle avait fait, pourtant. Après tout vouloir aider n’avait jamais été répréhensible, et elle ne faisait que son travail, comme toujours. Alors elle ne dit rien. Pas même quand Ecaterina laissa une trace de crayon khôl sur son visage après avoir passé son doigt sur son œil et à cause des larmes bordant son regard. Ni même quand elle se mordit les lèvres et croisa les bras devant sa poitrine. Et quand elle reprit la parole, la voix tremblante, Emma resta encore muette, incapable de réagir face à la colère et la tristesse d’Ecaterina. Lorsque, finalement, cette dernière lui dit de la laisser tranquille, l’observant d’un regard particulièrement sévère, Emma ne bougea pas d’un cil, se contentant de poser son regard doux, bien que légèrement choqué, sur la jeune fille qui tourna bientôt les talons et quitta la pièce.

Elle resta plusieurs secondes ainsi, figée, n’esquissant pas le moindre mouvement. L’échec était cuisant. Complètement perdue, Ms P. semblait avoir épuisé tous ses stocks de persuasion, mais rien ne fonctionnait. Elle y avait pourtant mis toute son énergie. Elle détestait abandonner, mais elle ne voyait pas non plus comment elle pourrait faire en sorte que ça s’arrange pour Ecaterina dont les paroles virulentes à son encontre avaient fait l’effet d’une bombe. Finalement, la jeune femme s’assit sur sa chaise, le regard vide. Son métier n’était pas toujours de tout repos, mais la plupart du temps elle avait au moins la satisfaction du travail bien fait. Cette fois-ci elle ne pouvait pas en dire autant. Certes, elle avait déjà obtenu une réaction d’Ecaterina, ce qui était mieux que rien, mieux même que le silence du premier rendez-vous dans ce même bureau. Et pourtant, ce n’était gère suffisant. A en croire que dans ce cas-ci, Emma ne parviendrait pas à arranger les choses. Poussant un long soupir, elle posa ses coudes sur bureau, et son regard se dirigea vers la photo de la première page du dossier, toujours ouvert sur son bureau. Un frisson lui parcourut l'échine quand elle scruta le regard froid, figé sur le papier. Elle finit par refermer le dossier d’un geste de la main, avant de le prendre et d’aller le ranger dans ses tiroirs dans lesquels étaient triés consciencieusement tous ceux des élèves de ce lycée. Elle referma à clé le tiroir et rangea enfin celle-ci. Avec un nouveau soupir, elle jeta un coup d’œil à sa montre et constatant qu’il était déjà midi, décida de rejoindre la salle des professeurs pour le déjeuner. Se levant, elle prit son sac à main qu’elle avait toujours sur elle, et quitta son bureau, légèrement contrariée à l’idée d'avoir misérablement échoué.


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