Choriste du mois


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 04. Isolation is not good for you.

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MessageSujet: 04. Isolation is not good for you.   Dim 30 Jan - 21:33

Emmitouflée dans son manteau, Emma Pillsbury quitta son appartement, frissonnant d’avance à l’idée de devoir sortir d’un temps pareil. Le week-end était arrivé et la jeune conseillère d’orientation en avait profité pour nettoyer (une fois de plus) son appartement de fond en comble. Pour n’importe quelle personne normalement constituée, ce genre de corvée durait deux heures, au grand maximum. Mais par pour Emma. Elle s’était réveillée tôt ce matin-là dans le but de pouvoir passer le plus de temps possible sur son ménage. Un grand sourire dessiné sur ses lèvres, excitée comme un gosse par le programme de sa journée, elle avait enfilé ce qu’elle appelait sa « tenue de combat ». Cette tenue qui signifiait beaucoup aux yeux de la jeune femme était constituée d’un genre de survêtement – mais attention, pas un survêtement à la Sue Sylvester – qu’elle possédait depuis plusieurs années, déjà. Personne n’avait jamais vu la jeune femme dans cette tenue pour la simple et bonne raison que lorsqu’elle nettoyait son appartement, elle ne laissait personne pénétrer les lieux. C’était son moment à elle et même Carl avait été prévenu qu’il était persona non grata lors de ces journées ménage (ce qui ne lui déplaisait pas, avouons-le). Elle avait donc passé la matinée avec ses désinfectants chéris, ses chiffons adorés et ses petites brosses à dent sacrées qui lui permettaient de nettoyer les recoins difficiles d’accès - il fallait voir la tête de la caissière à chaque fois qu’elle arrivait à la caisse munie d’une douzaine de brosses à dents. Qu’on se le dise : nettoyer était l’une de ses passions. Et là où tout le Monde soupirait, les genoux à terre, en train d’astiquer le carrelage ou le parquet, Emma, elle, avait le sourire et fredonnait même l’air de ses chansons préférées qui passaient à la radio.

Malheureusement pour Ms P., ce moment avait fini par toucher à sa fin, et après de longues heures passées à nettoyer elle s’était accordée un déjeuner digne de ce nom (à quinze heures de l’après-midi, certes, mais s’arrêter en plein ménage revenait un peu à fêter le jour de l’an le trois janvier, selon elle). Elle avait ensuite pris une douche mémorable et s’était félicitée de ne pas y avoir passé tout l’après-midi : oui, elle en était parfaitement capable. Néanmoins, la journée n’était pas terminée et Emma devait désormais sortir afin de remplir son devoir de la journée. Sakura Kami, jeune lycéenne de McKinley et atteinte de la mucoviscidose avait attrapé la grippe en fin de semaine et avait été hospitalisée ; sa maladie rendait chaque virus ou microbe dangereux pour son organisme fragile et délicat. C'est ainsi que Ms Pillsbury devait se rendre à l’hôpital afin de lui donner ses cours et devoirs. A vrai dire, c’était loin d’être une corvée aux yeux de la jeune femme puisqu’elle s’était proposée de le faire. L’unité dans laquelle était placée Sakura était interdite d’accès pour les visiteurs mineurs, c’était pourquoi il fallait à tout prix que ce soit un adulte qui puisse s’y rendre. Or, Emma connaissait plutôt bien l’adolescente qui passait de longues heures dans son bureau, chaque semaine, quand elle avait sport (qu’elle ne pouvait exercer à cause de sa santé). Une certaine complicité s’était installée entre la conseillère et son élève : il fallait dire qu’elle partageait au moins un point commun, l’obsession des microbes.

La jeune femme poussa enfin la porte de l’immeuble de sa main gantée – car ces poignées étaient de véritables nids à microbes et qu’elle ne pouvait concevoir l’idée de poser sa main nue dessus. Aussitôt, elle enfouit son menton dans l’écharpe nouée consciencieusement autour de son cou. Le mois de janvier avait beau être arrivé, les températures n’en étaient pas plus chaudes, bien au contraire. Le trottoir était recouvert d’un épais voile blanc, conséquence d’une semaine entière passée sous les flocons de neige. La vague de froid dans la petite ville de Lima était telle que les rues étaient désertes. Même les enfants avaient préféré la chaleur réconfortante de la cheminée aux blizzards hivernaux et bonhommes de neige. Fronçant les sourcils, Emma plongea ses mains recouvertes de gants dans ses poches. Elle avança doucement mais sûrement, veillant à ne pas glisser sur la neige. Elle n’était pas spécialement maladroite mais comme l’expression le disait si bien : il valait mieux prévenir que guérir. Le chemin vers sa voiture se fit quasiment sans encombre. A une seule reprise néanmoins, elle perdit l’équilibre avant de se rattraper de justesse et éviter de tomber dans la poudreuse. Malheureusement, le pire était à venir et à la vue de sa voiture recouverte d’une couche de neige, elle soupira de désespoir, son souffle chaud formant de la vapeur devant son visage. C’est ainsi qu’elle passa plusieurs minutes à dégager le pare brise de la neige qui s’y était installée. Ce ne fut pas une tache aisée, et les gants de la jeune femme furent bientôt si trempés que ses doigts tremblaient. Finalement, elle s’engouffra dans la voiture avant de claquer la portière derrière elle. Elle retira immédiatement ses gants pour souffler entre ses mains afin de les réchauffer un peu et d’être certaine de pouvoir tenir le volant correctement. Ah ! Si seulement elle avait pu rester au chaud… Qu’il était difficile d’être généreuse et attentionnée, parfois.

Le trajet jusque l’hôpital de la ville se déroula sans problème. Il n’y avait quasiment pas de voitures sur la route, ce qui la rendit plus à l’aise car la neige avait toujours tendance à l’effrayer lorsqu’elle devait conduire. Trouvant facilement une place sur le parking, elle ne mit pas longtemps à quitter son véhicule et rejoindre le hall bondé de l’hôpital ; c’était bien connu : celui-ci était plein à craquer par un temps pareil ! Se dirigeant vers le bureau de l’accueil, elle demanda à la femme assise derrière le comptoir le numéro de la chambre de Sakura. Une fois qu’elle l’eut obtenu, elle s’engagea dans les couloirs labyrinthiques du bâtiment. Quelques minutes plus tard, elle se retrouva enfin devant la petite chambre après qu’on lui ait demandé son identité et le motif de sa visite. Un sourire aux lèvres, elle toqua une fois à la porte de la chambre avant d’en ouvrir la porte. Elle découvrit alors la lycéenne au fond de son lit. Emma ouvrit de grands yeux à la vue de la jeune fille. Elle ne s’était pas attendue à ce qu’elle soit sous assistance respiratoire, près d’une machine qui était si imposante qu’elle rendait les choses – ou ses maladies – bien plus concrètes, soudainement. Bien sûr, Emma n'avait pas la phobie des hôpitaux, pensez-vous ! Elle en avait déjà bien assez avec les microbes ! Toutefois, cela l’impressionnait assez pour qu’elle ne se sente pas spécialement à l’aise. Heureusement l’idée que l’endroit soit plus ou moins protégé des microbes la réconforta et elle avança de plusieurs pas vers le lit d’hôpital, esquissant un sourire adressé à Sakura. Elle déposa les livres et autres manuels scolaires sur une petite table un peu plus loin du lit avant de se retourner de nouveau vers la jeune fille :

« Bonjour Sakura, je suis venue t’apporter ton travail ! » dit-elle d’une voix enthousiaste – non pas que le travail en question soit des plus excitants mais parce qu’elle était tout de même heureuse de voir la lycéenne. « J’espère que tu vas bien ? … Même si cette question est de toute évidence idiote vu tous ces appareils qui t’entourent » ajouta-t-elle, plus impressionnée qu’elle ne le laissait paraitre.
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MessageSujet: Re: 04. Isolation is not good for you.   Lun 31 Jan - 21:57

C’était à cause du froid. Sakura mettait la grippe sur le dos de la température glaciale qu’il y avait en Ohio. Mais commençons par le début. La jeune nippone était allée se faire vacciner contre la grippe saisonnière au début du mois de décembre. Elle avait été surprise par la grande différence entre les températures hivernale de Lima et celles de Beppu. Dans sa ville natale, les températures ne descendaient jamais sous le zéro. Elle n’avait jamais vu de neige et n’avait jamais fait de nuage de buée en respirant. Le froid était quelque chose dans les températures de trois à sept degrés Celsius. À des températures pareilles, Sakura mettait seulement le pied dehors pour marcher de la maison au véhicule familial et du véhicule familial à la maison. Elle était emmitouflée dans son plus épais manteau avec tuque, mitaine et foulard, frissonnant dans l’air glacial de la plus géothermique de toutes les villes du monde. Elle avait donc été surprise par ce début de décembre 2010 par le froid typique de l’Ohio. Le lundi qui précède l’hospitalisation de la jeune demoiselle, elle s’était réveillée d’une humeur massacrante, la kinésithérapie s’était mal passée. Cette fameuse journée du début de la semaine où la température ambiante extérieure avait atteint un faramineux dix degrés SOUS zéro – non, mais qui peut vivre dans un climat pareille, s’était-elle exclamée sous le sourire de ses parents. Avant cette journée, Sakura n’avait jamais vu de glace à l’extérieur – ce n’était pas seulement dans un congélateur qu’il devait y avoir de la glace?, avait-elle pu se demander en enfilant une veste sous son manteau. Pire encore, la jeune adolescente n’avait jamais vu de neige – Mais qu’est-ce que ces petits morceaux de glace qui rendent le sol tout glissant?, s’était-elle dit en grande philosophe un peu frustrée en sortant de la maison.

Son humeur s’était un peu améliorée avec la récréation où elle avait expérimenté sa première bataille de boule de neige. Elle avait adoré ces petits morceaux de glace jusqu’à ce qu’une bonne partie entre dans son manteau. Jurant et insultant la neige de tout son soul dans un japonais impeccable – mais qui eut comme seul effet d’empêcher de détruire l’image de jeune fille bien élevée, offusquée et enragée contre la neige, elle s’était réfugiée dans le local de Miss Pillsbury, en attendant la fin de la récré. Sakura n’était pas retournée jouer dans la neige, car comme le dit le proverbe, chat échaudée craint l’eau froide. Et trois jours plus tard, la jeune nippone avait eu une poussée de fièvre graduelle. Naturellement, avec sa mucoviscidose, cela avait inquiété ses parents, mais pas outre mesure. Sakura était après tout leur seul enfant. Mais la toux s’était intensifiée doucement. Le nez de l’adolescente s’était mis à couler. C’était jeudi que la condition était devenue réellement dramatique. Fièvre accoté à 38.5 degrés qu’aucun médicament ni bain à la température normale du corps réussissait à faire descendre, toux persistante qui fit en sorte que Sakura rendit son diner suite à une quinte et le mucus qui contenait une grande quantité de sang, tous les symptômes étaient présents pour que la famille en entier soit en état d’alerte. La grande question que se posèrent les parents de Sakura en fait était s’ils devaient se rendre aux urgences en voiture ou faire venir une ambulance à leur résidence pour faire déplacer leur fille.

C’était ainsi que Sakura s’était retrouvée à vingt-deux heures trente-cinq en ce jeudi froid de Décembre à être admise – encore une fois – à l’hôpital général de Lima. Mise sous oxygène dès son admission, la jeune demoiselle passa à travers la routine complète de l’admission pour une personne atteinte de mucoviscidose. Prise de sang, scanner des poumons, transmission de la salle de pneumologie – quoi? Autre chose que mes poumons peuvent clocher? – aux soins intensifs – j’aime pas les soins intensifs… c’est trop silencieux, on peut au moins me mettre dans les pédiatriques? – pour finalement l’admettre dans l’une de ses chambres d’immunologie - Cool… j’ai trouvé comment choppé la grippe en étant vacciner et une surprise de surinfection par le staphylocoque doré… et il est multi-résistant… comme vous êtes gentils docteur.- où pour qu’elle puisse avoir accès à ses parents ou amis, ils devaient être majeurs et porter un masque de protection. Son vendredi fut apocalyptique, le départ de la maison n’ayant pas été prévu, Sakura n’avait pas avec elle aucun livre d’école, aucune bande dessinée, aucun manga, aucun jeu informatique,… et qui dit cas de grippe dit aussi interdiction d’entrer en contact avec les autres patients dont la santé fait en sorte que Sakura a une bonne connaissance de leurs existence. Les grands événements de ce morne vendredi fut donc l’explosion de la veine dans laquelle on avait installé la perfusion d’antibiotiques pour lutter – avec beaucoup d’espoir – contre la surinfection, l’installation d’une sonde de gavage et d’une ligne d’injection temporaire, la découverte d’un autre antibiotique que l’on avait pas encore essayé et la livraison en fin de soirée par sa mère de la collection complète de ses jeux vidéos et de ses bandes dessinées favorites. Le samedi s’écoula dans un rythme semblable. Les infirmières de ce service qu’elle ne connaissait pas et de médecins qui lui était aussi peu familier défilèrent dans sa chambre vérifiant ses signes vitaux et ses progrès notables.


« Bonjour Sakura, je suis venue t’apporter ton travail!»

« Kon'nichiwa! Arigato, miss Pillsbury. Le temps pouvoir être long en immunologie. »

Assise dans son lit, calée contre les oreillers, dans la petite jaquette bleu typiques des hôpitaux, Sakura était en train de jouer à un jeu vidéo, totalement indifférente des fils et des machines qui l’entouraient. D’un geste d’experte, elle mit le jeu sur pause. Un grand sourire illumina son visage. Dans la succession des visages plus ou moins connu de la journée, la jeune nipponne était heureuse de voir une personne qui la connaissait. Elle était de plus extrêmement heureuse de voir que c’était Miss Pillsbury qui était venu lui porter ses livres. En temps normale, les gens ne la voyaient pas dans cet état. Elle n’avait pas ses verres de contact, mais ses grandes lunettes. Pas d’habit excentrique. Pas de queue de cheval mais des cheveux en bataille comme quelqu’un qui vient de se réveiller. Sakura déposa la manette du jeu sur la tablette ou se trouvait son repas du soir. Elle n’avait pourtant pas faim. Elle devait manger. Mais l’effet des antibiotiques faisait en sorte qu’elle avait une nausée permanente qui l’empêchait de manger normalement. Elle aurait aimé être prévenue. D’une voix douce, elle avait parlé. Une quinte de toux s’éleva de sa gorge. Armée d’un mouchoir elle essaya de ne pas avoir l’air dans un état trop pire. Quand elle put réussir à reprendre son souffle, elle se laissa retomber dans les oreilles. Un bref instant, elle regarda les livres. Depuis combien de temps jouait-elle à un jeu vidéo? Il y avait une infirmière aux deux heures qui passait. La préposée qui était venue lui porter son plateau était passé il y avait plus ou moins une demi-heure… Sakura avait dit qu’elle mangerait… mais elle n’était pas sur… et il n’y avait pas de baguette. En pneumo, on savait qu’il fallait lui mettre des baguettes… elle ne savait toujours pas se servir d’une fourchette.

« J’espère que tu vas bien ? … Même si cette question est de toute évidence idiote vu tous ces appareils qui t’entourent. »

« C’est moins pire… Ils ont enlevé la sonde qui me gavait ce matin. J’ai recommencé à manger un peu… et sans vomir…. Mes veines semblé tenir à l’intraveineuse. Mais c’est la surinfection au Staphylocoque Doré qui fait que je suis encore ici. Ils pensent me renvoyer en pneumologie si je réagis aux antibiotiques.»
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MessageSujet: Re: 04. Isolation is not good for you.   Lun 14 Fév - 17:05

Emma balaya la pièce du regard, quittant l’image de l’adolescente étendue dans le lit d’hôpital l’espace d’une seconde ou deux. L’atmosphère se dégageant de la pièce donnait presque des frissons à la jeune femme. Tout était d’un blanc nacré, immaculé : les quatre murs, les rideaux encadrant les fenêtres, les couvertures, draps et oreillers du lit, la chaise dans le coin de la chambre, les armoires certainement vides. Seuls la tenue bleue de Sakura et le tissu rouge du manteau d’Emma contrastaient avec tout ce blanc. On aurait pu croire qu’à la vue d’une telle neutralité dans les couleurs, les gens se sentiraient plus à l’aise, comme si le blanc rappelait la paix naturellement associée au Paradis. Seulement, c’était tout le contraire. Les patients comme les visiteurs se sentaient oppressés dans de telles chambres. C’était en tout cas l’impression qu’avait Emma. A défaut d’avoir la phobie des hôpitaux, elle avait la phobie des microbes et qui disait microbe, disait inéluctablement maladie. Elle ne se sentait pas à l’aise dans cette chambre, entourée de ce blanc cristallin étourdissant. Toutefois, elle fit de son mieux pour ne rien laisser paraitre et esquisser un sourire aussi naturel que possible. Elle quitta la vue des murs et des rideaux au fond de la chambre et posa son regard sur Sakura, qui la regardait désormais avec de grands yeux, et un sourire au coin des lèvres. Si Emma la reconnaissait parce qu’elle avait l’habitude de scruter les traits de son visage semaine après semaine au lycée, il n’aurait pourtant pas été aussi aisé pour toute autre personne la connaissant moins bien qu’elle, de deviner que la jeune fille qui se trouvait sur ce lit d’hôpital était bien Sakura Kami. Exit l’excentricité et l’originalité que l’on retrouvait d’ordinaire chez la lycéenne aux origines asiatiques. Elle n’était désormais plus qu’une jeune fille comme les autres, en tenue d’hôpital, avec des lunettes rondes posées sur le nez.

Emma s’approcha un peu plus du lit d’hôpital et de Sakura après avoir déposé les manuels scolaires sur la petite table – blanche, cela allait de soi. L’adolescente mit son jeu vidéo sur pause avant de déposer sa manette sur une petite table. Elle lança alors un regard ravi à Emma, comme si sa présence lui faisait plaisir. La conseillère d’orientation répondit à ce sourire de façon convaincante car malgré le malaise que lui procurait la pièce, elle était contente de venir au chevet de Sakura et de pouvoir prendre de ses nouvelles. La jeune fille la salua à son tour, lui disant que le temps était long à l’hôpital. Emma leva un sourcil et jeta un coup d’œil à la manette de jeu qui, quelques secondes plus tôt, se trouvait dans les mains de Sakura. Il était vrai qu’à part lire ou faire des jeux de ce genre-là, il n’y avait pas énormément de choix au niveau de la distraction dans un hôpital, et encore plus dans ce genre de section surprotégée. La jeune femme n’avait jamais fait de long séjour à l’hôpital, elle ne se rendait pas vraiment compte de ce genre de chose puisqu’elle ne les avait jamais expérimentées, et priait le ciel pour que cela n’arrive jamais. Lorsqu’elle venait à St Rita, la plupart du temps c'était pour prendre des douches désinfectantes. Comme la fois où suite aux déboires d’April Rhodes à McKinley, Kurt Hummel lui avait vomi sur les pieds. Cet épisode-là était mémorable, et elle pouvait encore sentir l’odeur abominable lui chatouiller les narines. Imaginez un peu ce que c’est de se faire vomir dessus quand on a une sainte horreur des microbes !

La toux de Sakura ramena Emma sur Terre alors que cette dernière se replongeait déjà dans les vieux souvenirs embarrassants. La conseillère fronça les sourcils, s’approchant délicatement de l’adolescente, inquiète. Ce n’était un secret pour personne : Sakura avait une santé fragile et la moindre maladie qui l’affectait affaiblissait ostensiblement son frêle organisme. C’était la raison pour laquelle Emma était aussi anxieuse. Appréciant la jeune fille avec qui elle partageait désormais une certaine complicité, elle n’aimait pas la savoir dans un tel état. C’était aussi pour ça qu’elle s’était tout naturellement proposée à aller lui donner ses devoirs. Cela ne la dérangeait pas le moins du Monde, et ce malgré l’hiver qui gelait la ville et qui rendait tout déplacement délicat.

Sakura lui raconta alors l’évolution de son état, et Emma l’écouta attentivement bien qu’elle ne comprenne pas toujours les termes techniques qu’elle employait. Quand la lycéenne s’interrompit, elle acquiesça d’un signe de la tête :

« Je suis heureuse d’apprendre que ça s’améliore, c’est encourageant » dit-elle avec un sourire aux lèvres. Elle suivit du regard l’un des nombreux fils qui entouraient Sakura avant de poursuivre, en omettant volontairement de montrer à quel point tout ceci l’impressionnait : « je vois que tu as trouvé de quoi t’occuper avec tes jeux. Mais je pense que rien ne peut remplacer une présence humaine alors je serais ravie de passer un peu de temps avec toi si tu le souhaites », jetant un coup d’œil à la fenêtre avant de la pointer du doigt elle ajouta : « et puis, on ne peut pas dire que la météo me donne particulièrement envie de repartir tout de suite »

Emma était sincère – de toutes façons elle n’avait pas l’habitude de mentir. Elle n’avait pas envie de voir Sakura se morfondre seule sur son lit d’hôpital et était disposée à passer un peu de temps en sa compagnie cet après-midi là. Elle n’avait rien ramené avec elle à part quelques cahiers et manuels scolaire, mais elle n’avait pas envie de faire le clown pour distraire Sakura donc ça tombait bien. En sa qualité de conseillère d’orientation doublée de psychologue, elle avait l’habitude des discussions donc ça ne lui faisait pas vraiment peur. Elle fit le tour de la chambre pour se dégourdir les jambes avant de s’arrêter de l’autre coté du lit de Sakura, à la droite de cette dernière. Elle était désormais plus proche d’elle et pouvait lire avec aisance la fatigue qui se lisait sur ses traits. Pourtant, elle tenta de ne pas y accorder trop d’importance tout en se disant que cette fatigue était probablement normale au vu de la maladie de Sakura.

« Tu as eu de la visite, ces derniers temps ? » demanda-t-elle gentiment. « Oh, je sais que seuls les adultes peuvent venir te voir, mais j’espère simplement que tu as quand même de la compagnie de temps en temps. »
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MessageSujet: Re: 04. Isolation is not good for you.   Lun 21 Fév - 5:03

Aux yeux de Sakura, la routine était quelque chose d’énormément important. Religieusement, elle appliquait chacun des conseils des médecins et suivait une routine précise. Chaque fois qu’elle en dérogeait, il se produisait un phénomène négatif qui plus souvent qu’autrement se finissait aux urgences.

Chaque matin, qui, pour elle, débutait près de deux heures avant le départ de la maison, se commençait par le réveil et la douche. Elle lavait sa longue tignasse sombre et les enroulait dans une grande serviette colorée. Dans son peignoir rose à l’effigie d’Hello Kitty, la petite nippone descendait vers la cuisine. Assise dans la cuisine, elle avalait une dizaines d’enzymes en cachet. En plus de son repas, elle n’avait pas le choix de prendre des suppléments alimentaires. Ensuite, elle remontait vers sa chambre. Si la majorité des chambres d’adolescente étaient en désordre, celle de Sakura était dans un ordre quasiment inquiétant. Le bureau était propre et juché de trousses clairement identifiées. Après s’être habillé, elle s’assoyait devant son ordinateur. Avec une précision chirurgicale, elle préparait les deux aérosols qu’elle prenait le matin. Assise devant son écran d’ordinateur, elle mettait à jour son facebook et jouait à quelques jeux. Elle respirait lentement en laissant l’aérosolthérapie faire son boulot. Une demi-heure après, elle s’attaquait à la kinésithérapie. Il était vraiment plus aisé de faire la kiné lorsque le kinésithérapeute était présent. Malheureusement, l’hôpital ne pouvait en fournir qu’un seul par jour et elle préférait l’avoir de soir car il permettait que Sakura dorme sans oxygène. Deuxième aérosol allait pendant qu’elle se battait avec ses verres de contacts et qu’elle peignait ses cheveux pour leurs donner l’apparence d’une jeune femme pleine de vigueur. Elle s’habillait après avoir complètement fini de tousser. La thérapie par les aérosols servait majoritairement à dégager les voies respiratoires tout comme la kinésithérapie physique. Elle permettait à la jeune femme de passer à travers la journée. Par la suite, elle s’habillait. Au choix, elle allait vers des habits colorés. Doucement, elle préparait son sac d’école en y mettant les médicaments qu’elle aurait besoin pour la journée et son portable qu’elle n’oubliait que très rarement. Accessoires colorés était la dernière touche qu’elle mettait à son habillement. Traditionnellement, son père allait la reconduire à l’école. Normalement, elle revenait à pied ou en vélo. Il fallait quand l’on est aux prises avec la mucoviscidose être capable de faire des sports de faible intensité. Alors Sakura ne courrait pas, mais elle marchait et elle nageait un peu. Même si souvent la marche, le vélo et la natation avait comme un effet secondaire de provoquer une toux creuses qui vidait complètement les poumons de la grande quantité de mucus qui s’accumulait contre les parois. Le soir, elle faisait ses devoirs et jouait à de nombreux jeux vidéo. À dix-sept heure trente, le kinésithérapeute se pointait à la maison pour faire les percussions sur la peau de la jeune demoiselle. Par tradition, Sakura se couchait tôt. Mais elle prenait toujours un peu de temps pour passer avec ses parents qui finissaient tard de travailler vers les vingt heures. Ils faisaient de leur mieux pour joindre les deux bouts. La jeune demoiselle savait que ses frais médicaux s’élevaient à une véritable fortune. La maladie était quelque chose de permanant. Et la seule espoir que le cas ne s’alourdisse pas davantage était la greffe… Elle y avait quand même espoir.

Sakura Kami souriait. Elle avait beau être enfermé dans un hôpital, elle n’arrêtait pas de vivre pour autant. Sa routine avait souvent été interrompue par la maladie. Mais s’il aurait fallu que la jeune nippone arrête de vivre à chaque fois qu’elle était hospitalisée, la jeune femme n’aurait jamais fait de voyage avec ses parents et ne serait jamais tombé en amour. Alors, même si la jeune demoiselle était dans les murs blancs, Sakura s’en foutait. Elle mourait un jour… Mais elle aurait vécu. Vécu au maximum. Elle avait déterminé une liste de chose qu’elle voulait absolument faire avant de mourir. Peu de gens le savait. Elle ramassait un peu d’argent pour réaliser cela. Elle espérait qu’elle n’aurait pas à l’utiliser. Elle voulait aimer, vivre. Elle voulait faire de la plongée, du bungee. Ses rêves à elles!

En fait, c’est ainsi que l’on survit à une maladie comme celle de la jeune japonaise. En faisant des plans pour le lendemain, en arrivant à se dire que même si aujourd’hui n’est pas une bonne journée on a les amis, la famille et des gens qui nous donnent l’envie de se battre pour survivre à une saloperie – quel gros mot! Mais c’est vraiment le seul qui est réaliste pour définir une infection bactérienne par-dessus un autre qui nous cloue dans un lit d’hôpital sans l’autorisation de savoir si nos amis sont dans leur aile avec des médecins qui ne nous connaissent pas.


« Je suis heureuse d’apprendre que ça s’améliore, c’est encourageant. Je vois que tu as trouvé de quoi t’occuper avec tes jeux. Mais je pense que rien ne peut remplacer une présence humaine alors je serais ravie de passer un peu de temps avec toi si tu le souhaites et puis, on ne peut pas dire que la météo me donne particulièrement envie de repartir tout de suite…

« Je peux très bien survivre avec mes jeux… mais ce être plus amusant quand les gens sont là… dans ma chambre en pédiatrie, je peux prendre des ami qui sont aussi patients. Mais je étais… suis? Contagieuse… alors les docteurs ne savent pas si je vais pouvoir les voir… »

La nippone n’avait pas réalisé qu’elle pouvait être intimidante dans son lit d’hôpital. La jeune femme le réaliserait avec le temps. Le fait qu’Emma ne voulait pas partir rassurait Sakura. Elle se sentait seule dans l’hôpital. Elle avait beau y passer un temps assez impressionnant, en général elle avait le droit à des visites. Mais la section sous haute surveillance où la jeune femme était… ce n’était pas possible. Et la jeune demoiselle n’aimait pas les soins intensifs où elle était encore installée. Les infirmières étaient aux heures. Si la majorité de l’hôpital était bruyante et pleine de vie, les soins intensifs étaient silencieux à un point qui en est effrayant. La jeune femme se moucha doucement en se laissant retomber dans les oreillers. Avoir su qu’Emma viendrait, la jeune patiente se serait arranger pour avoir l’air un peu moins malade. Sakura savait qu’elle devait terrible. Elle en était consciente. En fait, aux soins intensifs, la petite nippone préférait encore fuir les salles de bains parce que les nombreux fils lui donnait l’impression qu’elle était beaucoup plus malade qu’elle ne le sentait.

« Tu as eu de la visite, ces derniers temps ? Oh, je sais que seuls les adultes peuvent venir te voir, mais j’espère simplement que tu as quand même de la compagnie de temps en temps.»

« À part vous? Pas beaucoup… Pa’ et Mama’ viennent le matin avant l’ouverture du resto… mais ils ferment après… et M’sieur Sheffield est passé la dernière fois que je me suis choppée une saloperie parce que j’avais manqué la révision. Mais je suis bonne en math… alors ce pas être grave!»
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MessageSujet: Re: 04. Isolation is not good for you.   Dim 27 Fév - 19:14

Toujours aussi mal à l’aise dans l’environnement hospitalier sans pour autant le montrer, Emma resta immobile près du lit de Sakura. Son regard était désormais posé sur la fenêtre qui laissait découvrir les petits jardins de l’hôpital recouverts de neige. C’était assez joli, vu de cette manière. Les flocons avaient recouverts toute la végétation à telle point qu’elle en était devenue invisible sous l’épaisse couche de neige. Un sourire apparut à la commissure des lèvres de la conseillère d’orientation qui, malgré le frisson que lui inspirait un tel paysage à cause du froid qui régnait à l’extérieur, appréciait une telle vue. La neige s’invitait tous les ans dans l’Etat de l’Ohio, situé au Nord des Etats-Unis. Chaque année des enfants se réveillaient et distinguaient le voile blanc qu’elle laissait dans leur jardin. Cela rappelait à Miss P. de nombreux souvenirs : son petit frère et elle, dans le jardin de la maison familiale, en train de faire des bonhommes de neige tout en se disputant quant à l’endroit où planter la carotte pour faire le nez, ou les boutons pour les yeux ; Emma voulant toujours que tout soit parfaitement à sa place tandis que son petit frère faisait toujours tout pour la contrarier.

La jeune femme finit par détourner le regard, la voix de Sakura la ramenant à la réalité des choses. Elle se retourna vers l’adolescente dont les yeux la dévisageaient. Elle lui dit qu’elle trouvait ça plus amusant lorsque des gens venaient lui rendre visite bien qu’elle puisse tout à fait survivre avec ses jeux vidéo. Elle ajouta qu’étant contagieuse, les médecins ne voulaient pas qu’elle voie d’autres amis à elle qui se trouvaient être également des patients de l’hôpital St Rita. Emma acquiesça d’un signe de la tête, son regard se posant une nouvelle fois vers la manette de jeu de la jeune fille. A la place de Sakura, Emma se serait senti bien seule. Non pas parce qu’elle n’était pas fan de jeux vidéo et que cela ne l’aiderait donc pas à tuer le temps, mais surtout parce qu’elle aimait être en compagnie des autres, sentir qu’il y avait du Monde autour d’elle. C’était l’une des raisons pour lesquelles elle travaillait dans un lycée, d’ailleurs. Il y avait toujours de l’animation, des élèves partout : de la vie. Dans une chambre comme celle-ci, elle se sentirait perdue : pas de dépliant amusant, ni de collègues rassurants, ni même son bureau impeccablement rangé qui l’apaisait. Le vide, en d’autres mots.

Sakura finit par répondre à sa question, lui disant qu’à part ses parents et le professeur Sheffield qui étaient venu la voir, elle n’avait reçu aucune visite. Emma eut un pincement au cœur. Elle aurait souhaité pouvoir passer plus souvent mais avec son travail, Carl et son ménage (oui, oui, c’était une chose très importante !) elle n’avait pas beaucoup de temps pour elle, surtout depuis que la neige s’était remise à tomber sur Lima et que les routes étaient difficiles d’accès. Fronçant les sourcils, Emma s’approcha finalement du lit de Sakura avant de s’arrêter à quelques centimètres du lit. Malgré le fait que la chambre soit stérilisée, Emma s’appliquait à éviter le moindre contact physique avec l’adolescente à cause de la maladie de celle-ci. Elle avait conscience que cela aurait pu être mal perçu et qu’elle aurait pu paraitre froide en gardant ses distances de cette façon. Après tout la plupart des gens seraient venu prendre la main de l’adolescente, pour la réconforter. Toutefois il ne fallait pas oublier la phobie des microbes de la jeune femme. C’était plus fort qu’elle, elle ne pouvait se résoudre à avoir certains gestes envers les autres car tout ce qu’elle voyait, tout ce qui l’obnubilait, était les microbes qu’il y avait partout. Fronçant le nez, la jeune femme esquissa un sourire adressé à Sakura, comme pour la rassurer.

« Je suis désolée pour toi, j’aurais aimé qu’il y ait plus de Monde pour venir te rendre visite » dit-elle dans un soupir. « Si ça peut te rassurer, tu ne rates pas grand-chose à l’extérieur. En vérité, il se peut que tu sois plus en sécurité dans cet hôpital qu’à l’extérieur à cause du froid qui s’abat sur la ville. Tu aurais certainement fini par tomber malade de toute façon » ajouta-t-elle, un sourire réconfortant éclairant toujours son visage.

Elle passa la pièce en revue une seconde fois, essayant de trouver des idées pour distraire l’adolescente. Pour une fois que celle-ci avait de la visite, autant qu’elle en profite. Néanmoins, la pièce était vide et n’offrait pas énormément de choix en matière de divertissement. Ses sourcils se froncèrent de nouveau tandis qu’elle réfléchissait toujours, se demandant ce que Sakura aimait faire. Après de longues heures passées en sa compagnie dans le bureau de la jeune femme à McKinley, Emma connaissait un minimum la lycéenne. Elle savait déjà qu’elles avaient au moins un point en commun puisque Sakura était au moins aussi maniaque qu’elle. Mais de toute évidence, elle n’allait pas lui proposer une petite séance de nettoyage… dans une chambre d’hôpital, c’était une idée tout à fait ridicule. Elle poussa un petit soupir discret et ne trouvant rien à faire, finit par dire :

« Il y a quelque chose que tu aimerais faire ? Je t’ai ramené des livres scolaires mais bon, on ne peut pas dire que ces manuels soient très passionnants… enfin, sauf si les mathématiques représentent pour toi un plaisir » dit-elle d’un ton ironique. Elle-même n’avait jamais vraiment trouvé d’intérêt pour la matière.
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MessageSujet: Re: 04. Isolation is not good for you.   Lun 21 Mar - 3:43

Nous traversons tous des épreuves. Nous tombons en vélo et nous écorchons les genoux. Nous perdons des gens qui nous sont proches. Nous perdons le sens du temps. Mais chaque être humain qui se respecte trouve la force de se battre parce que la vie est tellement belle malgré tous ses petits accrocs. Voilà comment résumer facilement la mentalité de Sakura Kami. Jamais elle ne se définissait comme étant une personne malade avant de se définir comme une adolescente nippone qui aimait le piano classique. Jamais elle ne manquerait assez d’estime en elle pour se dire qu’elle n’était qu’une personne atteinte de mucoviscidose. Elle passait sa vie à tenter d’être d’une banalité. En fait, elle n’avait jamais réellement réalisé et insisté sur le fait qu’elle était malade avant la rentrée de ses quatorze ans. Assise dans son lit d’hôpital, la jeune demoiselle ne pouvait s’empêcher de penser à cette fameuse rentrée.

Les ennuis avaient commencé près de deux semaines avant la rentrée scolaire. Une infection au pancréas qui avait misérablement dégénérée. Les poumons avaient suivi. Elle avait lutté de toutes ses forces. Elle ne voulait pas manqué sa rentrée scolaire. On pouvait tout lui enlever, l’empêcher de sortir de la maison, mais il était hors de question qu’elle ne manque l’école. Pendant de longs jours, elle avait minimisé son état. Elle ne voulait pas que ses parents et les médecins ne l’empêchent de recommencer l’école. Sakura avait pourtant eu le pressentiment qu’elle ne pourrait pas commencer l’école.

Et elle avait eu raison. Moins de trois jours avant, elle avait fait un arrêt respiratoire et avait été conduite en ambulance au centre hospitalier pour enfant où elle était suivit depuis sa plus tendre enfance. Quand elle avait ouvert les yeux, son père et sa mère étaient dans la petite chambre d’hôpital. Ils portaient l’ensemble complet contre les contaminations. Masques, gants et compagnie. La petite nippone trouvait que ses parents avaient l’air d’extra-terrestres. Sakura s’en voulait d’avoir attendu aussi longtemps avant de dire qu’elle se sentait mal et qu’elle était malade. Elle apprit qu’elle sortait de chirurgie et que l’on avait été obligée de défaire chirurgicalement une obstruction. Elle avait été mise sous immunosuppression et sous une tonne d’antibiotiques. Le chemin vers la guérison fut long et ardu. Pendant deux semaines, elle resta dans les soins intensifs pédiatriques. Chaque jour, pendant quatorze longues journées, Sakura joua dans son lit et lut. Son père jouait avec elle. Il ne la laissait plus gagner comme lorsqu’elle n’était qu’une petite fille. Il venait généralement tôt le matin et restait jusqu’à midi. À midi, la mère de Sakura venait dans la chambre prendre le relai. Elle arrivait toujours avec une peluche. Pourquoi? L’adolescente l’ignorait. À chaque fois qu’elle était hospitalisée depuis qu’elle était bébé, Izumi achetait une peluche. C’était une tradition familiale. Mère et fille restaient ensemble à parler et à lire. Et Sakura avait finalement été transférée dans les soins réguliers. Dans les affiches d’Hello Kitty et compagnie. Elle y avait retrouvé ses amis proches et y était même tombée amoureuse…

Cet incident avait été ce qui avait déclenché beaucoup de chose pour Sakura. Elle s’était mise à prendre plus en considération sa condition. Mais avait-elle cessé de vivre pour autant? Non. Sakura profitait de chaque seconde qui passait comme si cette dernière était un véritable cadeau du futur. Oui, elle était malade, mais ce n’était pas une raison pour cesser de vivre. Elle avait appris à sourire dans un hôpital, à marcher, à courir,… dans sa tête, il n’y avait rien d’effrayant entre les murs de l’hôpital. Mais cette fois-là, elle avait eu peur de mourir pour la première fois. Elle avait eu peur de ne pas y survivre. Et Sakura s’était mise à suivre scrupuleusement tous les conseils de ses médecins et n’avait plus jamais hésité à parler de quand elle ne se sentait pas bien parce que les soins intensifs, où elle se trouvait de nouveaux, l’effrayaient au plus haut point. La voix d’Emma la tira de ses sombres pensées – car cet hospitalisation restait un sujet tabou pour la jeune demoiselle. Sakura sourit en l’écoutant.


« Je suis désolée pour toi, j’aurais aimé qu’il y ait plus de Monde pour venir te rendre visite. Si ça peut te rassurer, tu ne rates pas grand-chose à l’extérieur. En vérité, il se peut que tu sois plus en sécurité dans cet hôpital qu’à l’extérieur à cause du froid qui s’abat sur la ville. Tu aurais certainement fini par tomber malade de toute façon. »


«On s’y habitué avec le temps. Qu’il n’y ait pas toujours quelqu’un avec nous quand on est hospitalisé… Quand j’étais bébé, ma mère restait avec moi. Mais maintenant, je suis une grande fille. Je avoir aimer être dehors quand même. C’est joli… la neige. Il ne neige pas à Beppu. Il pleut. »

Il y avait une certaine nostalgie dans la voix de l’adolescente. Il était certain que son pays lui manquait. Il était en fait beaucoup plus compliqué que Sakura ne le pensait de mettre de sa culture de côté. Elle avait beau s’adapter avec l’apprentissage de la langue et l’école. Il restait que ce n’était pas sa maison et qu’il fallait reprendre des nouveaux repères. Mais elle était heureuse d’être ici. L’Occident avait toujours été pour l’adolescente une solution et de meilleurs traitements médicaux. Qu’elle le veuille ou non, c’était parce qu’elle était malade qu’elle s’était retrouvé aux États-Unis. Si elle avait été normale... enfin, il faudrait définir ce qu’est normal. Parce que Sakura ne le savait pas… elle ne l’avait jamais été… normale. La jeune demoiselle se redressa contre les oreillers en s’y calant. Le bruit régulier de la machine à oxygène rythmait chacune des respirations de la jeune femme. Ce bruit l’énervait surtout la nuit. Il lui arrivait parfois de se réveiller la nuit à cause des sons de la machine. Emma sourit toujours… mais il y avait un silence timide. Il n’y avait pas le cadre professionnel. Pas de bureau entre les deux. Mais malgré tout, Sakura était heureuse qu’Emma ait fait le détour.

« Il y a quelque chose que tu aimerais faire ? Je t’ai ramené des livres scolaires mais bon, on ne peut pas dire que ces manuels soient très passionnants… enfin, sauf si les mathématiques représentent pour toi un plaisir»


« Je bien aimer les maths. Mais… si vous voulez… vous pouvez prendre l’autre manette… avec de la compétition c’est toujours plus amusant! »
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MessageSujet: Re: 04. Isolation is not good for you.   Dim 10 Avr - 19:00

Emma commençait légèrement à se détendre, essayant d’oublier le malaise que lui procuraient les murs blancs de l’hôpital et l’idée que de nombreux enfants séjournaient dans cet endroit inquiétant. On aurait pu penser que la propreté des lieux rassurerait la conseillère d’orientation, dont la phobie régissait une bonne partie de sa vie. Pourtant, c’était tout le contraire. Car si elle n’avait pas peur des hôpitaux comme elle avait peur de la saleté, elle n’en était pas moins mal à l’aise dans l’enceinte d’un tel établissement. Au plus les secondes passaient, au plus elle tentait de se faire une raison et c’était certainement la raison pour laquelle elle avait le sentiment de s’habituer à la pièce sinistre. Elle passa une main dans ses cheveux, le regard posé sur la fenêtre au fond de la chambre qui laissait entrevoir le ciel sombre et le rideau blanc de neige recouvrant les immeubles que l’on apercevait plus loin. La météo ne donnait guère envie à Emma de sortir de l’hôpital. Elle avait lu tant d’articles sur des accidents survenus les jours où la neige tombaient sans interruption comme ce jour-là qu’elle était toujours assez effrayée de devoir prendre le volant d’un temps pareil. D’ordinaire, elle n’y se serait d’ailleurs pas risquée.

Un frisson parcourut Emma qui se frotta délicatement les mains afin de se réchauffer un peu. Certes, le froid de la pièce n’était rien comparé au froid hivernal auquel elle s’était retrouvée confrontée quelques minutes plus tôt, en sortant de sa voiture pour rejoindre l’hôpital. Mais il n’empêchait que l’endroit était froid, au sens propre comme au sens figuré. La conseillère d’orientation posa finalement son regard sur Sakura qui l’observait de ses grands yeux bruns, d’ordinaire cachés par des lunettes. L’adolescente lui expliqua qu’elle s’était habituée à la solitude, que ses parents ne pouvaient pas toujours être avec elle. Emma fronça des sourcils. Sakura avait l’air de dire que c’était normal, d’être seule ; ce qu’elle désapprouvait. Il était déjà difficile de se retrouver dans un endroit pareil, d’être victime d’une maladie difficile et qui rendait bon nombre de choses dangereuses. Être seule ne devait pas arranger les choses. Sakura devait s’être fait une raison, pensa Emma. Après tout, ce service n’acceptait même pas les adolescents : seulement les adultes. Il était donc difficile de recevoir de la visite dans ces conditions. Poussant un soupir, la conseillère acquiesça doucement d’un signe de la tête aux propos de la jeune asiatique, qui ajouta qu’elle aurait aimé être dehors. Ce qui aurait certainement représenté un nouveau danger, pour elle.

Le silence s’installa dans la pièce, un silence pesant. Emma souriait toujours, observant Sakura. Malgré ce qu’elle pensait, elle ne souhaitait pas en rajouter une couche en disant à la lycéenne que si elle avait été à sa place, elle aurait espéré que son entourage vienne la voir au quotidien, et ne se contenterait pas de la solitude. Mais cela devait être suffisamment difficile comme ça. Finalement, Sakura lui expliqua qu’elle aimait les mathématiques mais qu’au lieu d’en faire, la conseillère pouvait peut-être jouer avec elle aux jeux vidéos auxquels elle jouait avant son arrivée. De nouveau, la jeune femme acquiesça, tout sourire.

« Bien sûr » Dit-elle sur un ton joyeux, « mais je te préviens : je ne joue jamais à ce genre de jeux. Donc la compétition sera… comment dire ? D’un niveau assez faible pour ne pas dire nul » Ajouta-t-elle. Elle ne disait pas ça pour faire plaisir à l’adolescente : en réalité, elle n’avait pas de console de jeux chez elle, n’ayant jamais été intéressée par ce genre de jeux. Elle préférait lire un bon livre, ou mieux encore : nettoyer son petit appartement, plutôt que de passer son temps à jouer. En revanche, elle savait que ce genre de jeux constituait une échappatoire qu’appréciaient les adolescents. Emma avait lu plusieurs articles à ce sujet, et avait même un petit pamphlet sur les dangers des jeux vidéo – cela dit, elle avait des pamphlets sur un peu tout et n’importe quoi. En ses talents de psychologue, elle savait donc que ces jeux étaient appréciés par le commun des lycéens.

Elle fit quelques pas dans la direction du lit de Sakura et observa la manette qui se trouvait non loin de l’adolescente. Elle s’en approcha et l’examina quelques secondes. Son instinct la poussait à prendre un mouchoir afin de frotter l’objet, après tout elle ne savait pas quel genre de microbes pouvaient trainer sur ce genre de chose. Pourtant, elle se retint d’ouvrir son sac pour le faire, se disant qu’au vu des normes de sécurité qui entouraient les chambres de cette section de l’hôpital, les objets comme cela devaient avoir été stérilisés auparavant. Se mordillant légèrement la lèvre, elle finit par prendre la manette de jeux dans ses mains, et partit s’installer sur le siège à coté du lit d’hôpital. Elle fit bien attention à se tenir loin des fils qui entouraient la jeune fille, ne voulant pas commettre de maladresse en débranchant l’un des câbles sans le faire exprès. Son regard se posa sur l’écran, animé de couleurs vives et pétillantes. Un sourire se dessina sur les lèvres de la conseillère : enfin un peu de couleur dans cette pièce d’un blanc insoutenable. Sakura exécuta quelques manipulations et l’écran se divisa en deux. Emma réalisa que le jeu était une course entre elles deux. Sakura avait choisi un petit animal beige qui dansait dans la petite voiturette, pour la conseillère. Cette dernière rit légèrement en le voyant.

Un décompte s’afficha, marquant les secondes qu’il restait avant que la course ne commence. 3… 2…1 : GO ! Alors que le personnage de Sakura fonçait déjà dans le décor haut-en-couleur, celui d’Emma resta immobile sur la ligne de départ. L’intéressée ouvrit grand les yeux et comprit qu’elle n’avait même pas appuyé sur le moindre bouton. Elle observa la manette qu’elle tenait entre ses mains, confuse. Il y avait quatre petits boutons à la droite de la manette, un gros bouton au milieu et un autre, un peu bizarre, sur la gauche. Elle appuya au hasard sur l’un des quatre premiers boutons qu’elle avait remarqué et le petit personnage à l’écran recula. Tandis que le personnage de Sakura était déjà loin, elle essaya plusieurs manipulations et finit par comprendre le fonctionnement. Une poignée de secondes plus tard, son petit personnage qui ressemblait à un chiot – et qui dansait toujours outrageusement dans son véhicule – finit par prendre de la vitesse. Malheureusement pour elle, elle n’avait pas encore terminé son deuxième tour quand Sakura franchit la ligne d’arrivée, victorieuse. Emma soupira un moment, malgré le sourire qui étirait toujours ses lèvres. « Wow, c’est bien plus difficile que je ne l’aurais pensé ! En tout cas, félicitations, je crois que tu viens juste de me battre, et à plate couture en plus ! »

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MessageSujet: Re: 04. Isolation is not good for you.   Mer 20 Avr - 5:23

Si Sakura Kami avait à se définir seulement par le biais de ses trois activités préférés, elle n’aurait jamais douté pour les prendre. La toute première par laquelle elle se définirait serait sans aucun doute le dessin, les mangas et la lecture… peu n’importe la forme, cet art était sans aucun doute ce qui lui plaisait le plus dans la vie. Sa maladie l’avait poussé vers les mangas : probablement sa forme de littérature – que quelqu’un ose argumenter avec Sakura sur ce point – préférée. La jeune demoiselle en dessinait, en lisait, en mangeait. Son premier manga lui avait été offert par sa meilleure amie du primaire. La jeune demoiselle avait aimé les petits dessins pourtant si simple d’un petit manga pour les jeunes enfants du primaire. Elle avait commencé sa collection pour quand elle était hospitalisée. C’était des amies qui lui avaient donné la plus grande majorité de sa collection. Avec leur argent de poche. Et Sakura avait commencé à dessiner lors de ses huit ans, deux ans après avoir lu son premier manga. Elle l’avait caché à une partie de ses amies parce qu’elle ne voulait pas être l’artiste torturée. Elle voulait se tenir la tête haute devant ses amis… même s’ils comprenaient qu’elle était différente.

Sa seconde passion était sans doute moins connue. Timide, comme cela ne se pouvait pas, elle prétendait souvent que sa maladie l’empêchait de pouvoir chanter. Mais en fait, souvent dans son pays natal, dans les services on pouvait l’entendre chanter sous ses chansons préférées en présentant des livres pour enfants aux autres enfants. C’était son amour des animés et les cours de chant – obligatoire à son école – qui l’avait poussé à découvrir qu’elle ne chantait pas si mal… en fait… elle chantait même plutôt bien. La jeune demoiselle avait appris à chanter dans sa langue natale. Mais ici, personne ne savait qu’elle chantait. Personne ne savait qu’elle aimait chanter. Qu’elle adorait la musique. Il fallait avouer qu’au Lycée William McKinley, les chanteurs n’avaient pas une bonne réputation. Depuis le début de l’année scolaire, la jeune demoiselle avait réussi à comprendre qu’il y avait cette pyramide solide dans l’ordre social… En haut de la pile, il y avait les membres de l’équipe de football – un sport dont la petite japonaise n’avait jamais entendu parlé avant de mettre les pieds dans ce pays qui était tellement différent de son pays d’origine – et les pompons girls – dirigées par une femme très méchante – et en bas de la pile – sous même les gens qui était impopulaires dans le monde d’où venait Sakura – il y avait les talentueux chanteurs des deux chorales.

La dernière des grandes dépendances de la petite nippone était sans aucun doute son affection inconditionnelle pour les jeux vidéo. Elle ne se cachait même pas… elle était une geek totale. Elle dépendait entièrement de son ordinateur portable. Elle adorait les jeux. Toutes les sortes? Non… c’était faux. La jeune demoiselle n’aimait pas les jeux de guerre et les jeux où il y avait des violences. La jeune demoiselle trouvait que les jeux vidéo réconfortants parce que tout… presque tout ce qu’elle ne pouvait pas faire dans la réalité parce qu’elle n’était qu’une enfant malade existait sous la forme de jeu vidéo. Sur Internet, elle pouvait courir. Elle pouvait être normale. Il était sûr que pour quiconque n’étant pas dans l’exacte même position que la petite Sakura Kami ne pouvait comprendre. Mais non… Sakura avait trouvé par le biais de ses mondes virtuels une manière de s’intégrer à la société. En geekette qui se respectait, elle suivait avec la même verve que les garçons toutes les sorties de nouveaux jeux. Elle suivait avec sa passion et son attachement chacun des petits développements. Sa maladie l’empêchait d’avoir certains des jeux qu’elle aurait aimé avoir… parce qu’elle savait qu’il y avait de nombreux frais associés à ses médicaments, à ses hospitalisations. Elle savait aussi qu’elle avait la chance immense d’être choyée par des parents qui étaient prêt à tout pour leur petite princesse… même sacrifié certaines choses… Mais jamais Sakura n’avait insister… en fait, elle préférait les peluches à une nouvelle console. Parce que l’ourson la secondait davantage

La voix d’Emma tira Sakura de sa longue rêverie. La jeune fille sourit. Elle se redressa encore un peu plus contre les nombreux gros oreillers moelleux qu’il y avait dans son dos. Elle se sentait courbaturée… effet direct de sa grippe. Sakura toussa, éternua, se moucha et se lava les mains à l’aide d’un petit gel antiseptique. Elle détestait être malade. Le seul mouvement qu’elle avait fait, se relever contre les oreillers avait suffit à réveiller les symptômes. L’adolescente ne voulait pas rester seule… et elle avait peur… connaissant l’obsession de mademoiselle Pillsbury pour les microbes et bactéries … qu’elle s’en aille en la laissant seule. Sakura sourit… d’une manière qui se voulait rassurante.
« Bien sûr. Mais je te préviens : je ne joue jamais à ce genre de jeux. Donc la compétition sera… comment dire ? D’un niveau assez faible pour ne pas dire nul. »

« Ce pas être grave… Ce toujours être plus amusant quand il y a quelqu’un avec qui on joue…»
Un jeu de course… tout ce qu’il y avait de plus banale. Sur une vieille console volée de la section des jeux de l’aile pédiatrie, mais le jeu en tant que tel venait de la collection personnelle de la patiente. Non traduit. Une édition limitée sorti de chez Nintendo. Mettant en scène des personnages sur des bolides aussi absurdes qu’improbable dans un décor au fond technicolor. La petite nippone plaça le jeu en mode départ et laissa Emma s’installer sur l’une des trois chaises – blanches… pourquoi faire une différence… c’est si beau le blanc chambre d’hôpital – de la petite chambre. Droite comme un pic dans son lit, calée contre ses oreillers, l’adolescente partit le jeu. Un banal jeu de course que l’adolescente avait fait des centaines – ou des milliers – de fois au cours des derniers jours de cette hospitalisation. Seulement, sa mère avait refusé de jouer… sa mère prétendait être trop fatiguée… Son père n’avait pas eu beaucoup le temps de se libérer. Mais tout cela… l’adolescente ne l’avait pas dit à Miss P. Parce qu’elle avait peur qu’elle ne s’inquiète. Parce que Sakura était assez grande pour affronter seule les grands murs blancs d’un hôpital. Parce que la jeune demoiselle était assez forte pour se battre contre vent et marées. Ce fut sans surprise que la petite nippone gagna la course. Elle entama une petite danse de la victoire… autant que lui permettait l’ensemble des tubes qui pénétraient en elle en s’essayant même de chantonner.
« Wow, c’est bien plus difficile que je ne l’aurais pensé ! En tout cas, félicitations, je crois que tu viens juste de me battre, et à plate couture en plus ! »

« J’ai… beaucoup trop de pratique. Je le sais… ce ne pas être juste pour vous, Miss P. Ce ne pas être logique. Parce que je joue trop souvent. »
Y avait-il ce petit regret? Cette petite solitude qu’Emma aurait peut-être souhaité entendre dans cette modestie de la voix de la petite japonaise? Elle s’était inclinée et avait tendu une main… droite comme un pic encore dans son lit. Il faudrait qu’Emma l’analyse pour le découvrir. En fait, Sakura savait qu’elle était toujours plus alerte lorsqu’elle était en milieu hospitalier. Cela faisait si peur… cela était si effrayant que de se retrouver… perdue dans un milieu aux couleurs de neige… mais Sakura jouait le jeu de la femme forte… parce qu’elle avait toujours rêvée d’être une personne normale… peu n’importe ce que NORMAL voulait dire.


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MessageSujet: Re: 04. Isolation is not good for you.   Ven 22 Avr - 0:25

Emma jeta un coup d’œil à Sakura, toujours allongée sur son lit d’hôpital. L’adolescente paraissait parfaitement à l’aise dans cet environnement hospitalier, mais l’était encore plus lorsqu’elle avait sa manette près d’elle. Ce moment de détente qu’elle avait partagé avec la lycéenne lui avait permis d’être plus à l’aise. Les murs lui paraissaient moins blancs et sinistres, désormais ; comme si les couleurs du jeu vidéo de Sakura déteignaient sur la chambre, comme si celle-ci était plus dynamique. Cela rassurait la conseillère d’orientation, dans un sens. Grâce à cela, elle avait moins l’impression d’être prise au piège dans une pièce, de se sentir étouffée par tous ces appareils, tubes et câbles qu’il pouvait y avoir près d’elle. Haussant légèrement les sourcils, son regard se posa sur la fenêtre qui laissait toujours apparaitre le ciel grisâtre et les flocons de neige qui envahissaient la ville. Elle devait admettre qu’elle ne se sentait pas forcément plus à l’aise à l’extérieur d’un temps pareil. Toutefois, même la neige semblait plus apaisante que cette chambre confinée. Soudainement, la conseillère se rendit compte que le vent qui soufflait dehors lui manquait. Malgré le fait qu’elle se sente plus à l’aise après ce moment de détente partagé avec l’adolescente se trouvant à ses cotés, elle ne pouvait s’empêcher de regretter la brise qui soulevait ses mèches rousses, ou lui brûlait les joues. Ce devait être le sentiment que procuraient les hôpitaux : le désir de retrouver sa liberté, de sortir de ce milieu morbide.

La voix de Sakura s’éleva dans la pièce, brisant aussitôt le silence qui avait suivi les paroles d’Emma. Cette dernière quitta la vue de la fenêtre, portant son attention sur l’adolescente qui parlait. Celle-ci lui disait avoir beaucoup d’entrainement, comme pour excuser le fait d’avoir gagné avec autant de facilité et soulignant également le fait que cela n’était donc pas très équitable. Un sourire apparut aux commissures des lèvres de la conseillère, qui observa longuement la jeune fille avant de répondre. Sakura avait beau dire qu’elle jouait beaucoup, cela n’excusait pas la conseillère qui n’avait même pas su utiliser sa manette de jeu correctement. A vrai dire, elle aurait même perdu contre un enfant de six ans, l’intéressée en était certaine. Alors certes, cela faisait de la « compétition » pour Sakura qui avait l’habitude de jouer seule, mais la compétition était assez pitoyable. Le sourire sur les lèvres d’Emma ne cessa de s’étirer tandis que ces pensées effleuraient son esprit. Elle était certaine que si son petit frère était là pour la voir, il rirait beaucoup de son manque de pratique dans ces jeux que lui-même pratiquait souvent. Elle secoua légèrement la tête en signe de dénégation pour effacer l’image d’un petit frère hilare, le doigt pointé dans sa direction, se moquant d’elle sans la moindre gêne.

La conseillère d’orientation s’apprêta à répondre lorsqu’elle entendit une sonnerie résonner dans la chambre d’hôpital. Fronçant les sourcils, elle mit quelques secondes à comprendre que c’était en fait la sonnerie de son téléphone. Elle tendit le bras et attrapa son sac, au pied de la chaise sur laquelle elle était assise, et chercha à tâtons son téléphone à l’intérieur de celui-ci. Quand ses doigts atteignirent l’objet et qu’elle le prit entre ses mains, elle remarqua qu’il ne s’agissait que d’un sms qu’elle avait reçu. Curieuse, elle ne tarda pas à l’ouvrir, et se mit à lire un sms que lui avait envoyé Carl. Il lui annonçait qu’il souhaitait passer chez elle en début de soirée, et qu’il avait un petit cadeau pour elle. La conseillère esquissa un sourire furtif avant de ranger son portable dans le sac, ne souhaitant pas taper un sms devant Sakura – après sa violente défaite aux jeux vidéos, elle n’avait pas envie de donner une occasion supplémentaire à la jeune fille pour rire d’elle, vu la lenteur avec laquelle elle écrivait toujours ses sms. Elle se redressa sur sa chaise, ses pensées dirigées vers Carl. Elle se demandait ce qu’il lui avait encore préparé. Il fallait dire qu’il adorait lui faire des surprises et ne manquait d’ailleurs jamais une occasion de le faire.

Emma sentit le regard de Sakura posé sur elle, et se racla la gorge doucement pour exprimer son gêne. Elle lui adressa un nouveau sourire, avant de lui dire : « je ne vais pas pouvoir rester longtemps. Mais comme je culpabilise un peu de devoir te quitter si rapidement, je veux bien faire une nouvelle partie avant d’y aller ». Elle observa Sakura, un sourire étirant toujours ses lèvres. Enthousiaste, elle ajouta : « enfin… Si ça t’intéresse bien sûr. Mais bon ça te permettra certainement de me battre une nouvelle fois, et je sais que ce genre de chose peut être satisfaisante ». Elle lui fit un clin d’œil et quand Sakura acquiesça d’un signe de la tête, elle attrapa la manette de jeux qu’elle avait reposée sur ses genoux le temps de trouver son portable. Sakura lança une nouvelle course et Emma constata avec amusement qu’elle avait conservé son petit personnage à l’écran : l’espèce de chiot qui se déhanchait dans son petit véhicule rose bonbon. Plus à l’aise que lors de la première partie, la conseillère rit légèrement devant ce personnage haut-en-couleur. Pendant ce temps, le nouveau décompte s’afficha à l’écran. Trois secondes s’écoulèrent puis la course reprit de plus belle. Cette fois-ci, la conseillère était prête, et elle ne tarda pas à se déchainer sur sa manette. Malheureusement, on ne lui avait jamais appris que bouger celle-ci dans tous les sens n’aidait en rien à gagner une course. Ainsi, la petite voiture finit à plusieurs reprises dans le décor, le chiot se dandinant toujours dans tous les sens, même lorsqu’il était à l’arrêt. Pendant ce temps, Sakura prenait une avance considérable car Emma avait beau rechigner et soupirer, cela ne faisait pas avancer plus vite le personnage. Finalement, la course se termina, la petite grenouille de Sakura en tête, et le petit chiot d'Emma pleurant à chaudes larmes sa défaite.

La jeune femme posa sa manette sur la petite table de chevet qui se trouvait à coté du lit de Sakura, et afficha un grand sourire, en dépit du nouvel échec lors de cette partie de jeux vidéo. Elle devait avouer que ces derniers étaient prenants, et comprenait donc l’engouement que pouvaient avoir les adolescents vis-à-vis de ces consoles de jeux. Affichant un sourire toujours aussi franc, la jeune femme jeta un coup d’œil à Sakura. « Tu sais, je suis certaine qu’avec de l’entrainement, je serais une bonne rivale » Lança-t-elle sur un ton joyeux. Elle se leva de la chaise, passa une main sur sa jupe afin de faire disparaitre les plis qui auraient pu s’y former. Après avoir coincé une mèche rousse derrière son oreille, elle attrapa son sac à main, et se dirigea vers le lit de la jeune fille. « Je suis contente d’être venue te remettre ces livres. J’espère que tu sortiras bientôt de cet hôpital… » Dit-elle sur un ton moins enthousiaste. « Si jamais ton séjour se prolonge ici, compte sur moi pour te ramener tes autres devoirs, en tout cas » Continua Emma, non sans un sourire. Après un dernier signe de la main, la conseillère d’orientation ouvrit la porte de la chambre et dit au revoir à Sakura.

Lorsque Emma retrouva la froideur hivernale qui régnait à l’extérieur de l’établissement – qu’elle trouvait encore plus froid que la brise – elle soupira de soulagement, heureuse d’avoir quitté les murs blancs et l’image d’enfants malades. Elle avait apprécié sa petite visite, mais frissonnait encore en se rappelant à quel point l’univers était inhospitalier… sans mauvais jeu de mot. Avec un dernier soupir, la jeune femme plongea ses mains glacées dans ses poches, se dirigeant vers sa voiture en faisant bien attention à ne pas tomber sur la neige qui la faisait trébucher. Vivement le retour des beaux jours…
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