Choriste du mois


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 05. Petit échauffement | Edena P. Miller

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MessageSujet: 05. Petit échauffement | Edena P. Miller   Sam 5 Mar - 14:21

Eléa poussa timidement la grande porte du gymnase. Jetant un œil à l'intérieur pour s'assurer qu'il était bel et bien vide, la blondinette finit par entrer, un léger sourire s'esquissant sur son visage pâlichon. Il lui faudrait d'ailleurs sérieusement à partir en vacances au soleil, près de la mer, histoire de bronzer un peu. Elle faisait vraiment peine à voir, ses traits semblaient maladifs, et sa longue chevelure blonde qui se balançait dans son dos éclaircissait encore plus son joli minois. La porte se referma avec fracas, faisant trembler les murs de la salle, où tout résonnait de manière exagérée. Comme à l'intérieur d'un tambour, où la moindre vibration provoquait une véritable cacophonie.

La jeune française déposa, ou plutôt jeta sans la moindre considération, son sac de cours contre un mur. Elle commença à saisir tous ses cheveux, prenant bien garde à ne pas oublier de petite mèche rebelle, et noua le tout en énorme chignon au sommet de son crâne, à l'aide d'un élastique qui lui serrait le poignet depuis le début de la matinée.

Une fois prête, Eléa sautilla sur place, comme pour se motiver un peu, et déplaça un épais tapis vers le centre du gymnase, afin de s'étirer à son aise. Étirement qui lui semblait d'ailleurs assez futile, puisque tous ses petits muscles, habitués à être tiraillés de part et d'autre par divers exercices, ne ressentaient plus la moindre douleur due à de simples étirements. Pourtant, ses professeurs de danse avaient toujours insisté sur la nécessité de l'échauffement avant de véritablement commencer, et de l'étirement en fin de séance afin de bien détendre son corps. Ainsi, Eléa, en mouton obéissant qui se respecte et qui ne cherche jamais à froisser ses professeurs en doutant de leurs décisions bien que parfois légèrement sadiques, prenait toujours grand soin à faire travailler ses bras, ses cuisses, ses mollets, et à échauffer sa nuque, ses poignets, ses chevilles et ses genoux pour éviter toute cassure qui serait fatale à une éventuelle reprise de carrière professionnelle en danse, ou même à un poste important au sein de l'équipe des Cheerios. Sue Sylverter n'hésiterait pas à la mettre dehors si elle remarquait la moindre faiblesse. Déjà que Eléa avait l'impression que la coach ne l'aimait pas à cause de son accent terriblement étranger...

Désormais bien préparée, la blondinette s'empressa de tournoyer autour du tapis, comme elle l'avait apprit lors de ses jeunes années au conservatoire de Toulouse, puis à l'Opéra de Paris. La danse lui manquait affreusement, mais tout cela était derrière elle, à cause de sa maudite sœur qui avait eu la bonne idée d'enseigner à Lima. Franchement, Paris était une grande ville, et même une très grande ville, une des capitales européennes. Avouez que c'est assez difficile à croire, qu'une jeune professeur diplômée en lettres modernes ne puisse pas trouver le moindre emploi dans la région, étant alors dans l'obligation de s'éclipser aux États-Unis. Même si cela n'avait pas été à Paris, d'ailleurs, Eléa aurait pu continuer la danse. Les internats, cela existe, et elle aurait bien survécu. Mais non, sa sœur Maxine avait décidé de quitter le pays, et adieu les rêves de gloire. En repensant à tout cela, le visage d'Eléa, pourtant toujours doux et souriant, se crispa instantanément, ses gestes devinrent plus brusques à cause de l'énervement. Ses pas devinrent quant à eux plus hasardeux, et le pied gauche de la belle finit par se coincer sous l'angle du tapis, la faisant trébucher.

Soufflant profondément afin de se calmer, Eléa tira ses bras haut vers le ciel, et se dirigea sur la pointe des pieds vers son sac abandonné il y a quelques minutes, se grandissant au maximum pour soulager son dos. La jeune fille en sortit une bouteille d'eau, dans laquelle elle but deux grosses gorgées avant de la poser à côté du sac, et se munit de ses pompoms rouges et blancs, que Sue lui avait confiés dès son acceptation dans l'équipe des Cheerios. Retournant auprès du tapis pour reprendre la chorégraphie qui serait présentée lors du prochain match de football, Eléa fut coupée dans son élan. Un grincement sinistre l'avait faite sursauter, et se retourner instantanément. La porte du gymnase venait de s'ouvrir, mais la stupeur d'Eléa se transforma en sourire joyeux.

    « Edena ! Comment vas-tu ma belle ? »


Dès son arrivée à Lima, Eléa s'était inscrite dans un organisme de tutorat, prévoyant de futures difficultés scolaires, qui ne se sont d'ailleurs pas faites attendre. Ce fut une excellente initiative prise par la belle blonde, qui avait pu ainsi rencontrer Edena, la tutrice qu'on lui avait assigné. Elles s'étaient dès lors très bien entendu, et les séances de travail d'Eléa, poussées par Edena, se passaient alors à merveille. Cependant, la petite française ne s'attendait pas à voir son amie au gymnase. En général, il n'y avait guère que les Cheerios qui venaient là pour s'entrainer, s'embrouiller, ou juste s'éloigner des autres lycéens considérés comme des loosers. Bref, un lieu où l'on voyait rarement des élèves sains et sympathiques comme Edena. Oh, mais Edena avait fait parti des Cheerios, jusqu'à l'an dernier, maintenant qu'elle y pensait ! Les bonnes vieilles habitudes restent toujours, non ?

    « Tu viens t'entrainer un peu ? »


Eléa voulait son sourire encourageant. Elle espérait toujours que cela compensait ses phrases courtes et pas très élaborées, dues à son mauvais anglais. Sans parler des fautes grammaticales impardonnables qu'elle commettait parfois, des mots qu'elle écorchait gravement, et des expressions françaises dont elle ponctuait ses discussions. Cela avait certes le don d'agacer pas mal de monde, mais... Cela en faisait rire d'autres, alors. Et puis, Edena l'aidait dans son apprentissage de la langue et des coutumes américaines, l'empêchant d'être trop à côté de la plaque. Heureusement.
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MessageSujet: Re: 05. Petit échauffement | Edena P. Miller   Lun 21 Mar - 21:48

Polar et pantalon ample. Polar kaki et vert aux imprimés militaires. Un polar d’homme, celui de son homme à elle et pas de personne d’autre. Celui que l’armée vous donnait une fois que vous aviez complété votre inscription comme chair à canon. Paire de jeans usée jusqu’à la corde qui avait connu la distraction d’un peu de javellisant de mis dans la laveuse avec une brassée de bleu. Cheveux détachés qui frisaient librement dans tous les sens. Mèches blondes qui commençaient à partir. Bague de finissante au doigt et collier d’identification militaire d’Alexander. Qui pouvait bien se douter que l’on pouvait partir de si haut pour finir à ce stade, n’est-ce pas cher lecteur?

Il y a malheureusement des matins comme ça. Des matins où l’on ne se sent pas l’énergie de s’arranger pendant de longues heures. Mais le cas d’Edena Penelope Miller n’était pas celui d’une jeune femme qui n’a simplement pas l’énergie de s’arranger. Elle était Nagasaki et Hiroshima suite aux bombes nucléaires à la fin de la seconde guerre mondiale. Une zone désertique et rudement mise à l’épreuve par les récentes intempéries.

Elle avait l’impression que tout le monde savait qu’elle était enceinte. Et c’était un choc. Elle l’avait annoncé sur twitter… mais personne ne l’avait soulevé ouvertement. Et il y avait eu les allusions à sa plus récente prise de poids, celle qui devenait de plus en plus apparente parce qu’elle ne pouvait plus simplement plus prendre une paire de jeans dans la taille plus haute. Mais ce n’était pas grave. Elle se vengeait en allant magasiner dans les boutiques. Elle ruinait sa mère pour des vêtements équitables, en fibre douces et naturelles. Mais ce matin-là, celui où se déroule cette rencontre fortuite dans un gymnase, Edena n’avait pas trouvé le moyen de rentrer dans sa paire de pantalon préférée et elle avait sauté les plombs. Elle voulait pouvoir mettre cette paire de jeans. Mais elle avait dû se rendre à l’évidence. Enceinte, on ne peut pas porter du cinq. Elle avait fini par se calmer, comprendre que pleurer ne ferait pas agrandir le pantalon. Elle avait donc opté pour l’option B. Une camisole blanche superposée sur une camisole noir portée sous le polar de son copain – le père de son bébé – et une vieille paire de jean volée à sa mère qui portait les intempéries et les couleurs des logements de la famille Miller et des nombreux rejetons de la fratrie.

Edena avait rapidement enlevé son polar pendant le cours de chimie pour mettre le sarrau blanc des jours d’expériences. Elle avait été particulièrement silencieuse. Et elle avait espéré que personne ne fasse de commentaire par rapport à la fameuse courbure. Elle n’avait pas envie d’en parler à tout le monde. Elle aurait dû se la fermer. Dans sa tête, la nouvelles aurait bien passé. Mais tout était allé trop vite et maintenant, elle avait l’impression d’être jugée et d’être rejetée par ses pairs. Sa mère ne comprenait pas. Après tout, Rose Élizabeth avait vu sa fille pleurer après chaque test de grossesse négatif. Parce que oui, le bébé d’Edena Penelope Miller et de son Alexander n’était pas une erreur de parcours. Il avait été planifié. Calculé. Parce qu’elle avait peur du second départ en Afghanistan de son mec. Parce qu’elle avait besoin d’une bouée de secours. Son humeur remonta drastiquement pendant le cours de chimie. Tous les cours de sciences de la jeune demoiselle étaient une véritable bouée de sauvetage. Elle profitait de chaque petit moment. Elle avait beau être enceinte et son homme avait beau être tombé au front près d’un mois plutôt, Edena gardait l’espoir de pouvoir réaliser son rêve numéro un : devenir chirurgienne. Elle était déterminée et têtue comme l’était l’ensemble des Miller. Ses lunettes protectrices sur le bout de son nez, ses cheveux attachés, elle s’amusait tout en rigolant avec son partenaire de chimie, qui – dieu merci – avait compris qu’elle ne voulait pas parler de son bébé ou des rumeurs.

La journée fila bien plus vite qu’elle ne l’avait soupçonné. Rapidement, Edena se retrouva lors de la dernière cloche. Mais que pouvait-elle faire? Elle n’avait pas envie de retourner chez elle. Sa mère savait malheureusement très bien la faire culpabiliser lorsqu’elle sautait les plombs sans raison. Il doit s’agir d’un don que toutes les mères acquièrent avec le temps et l’expérience, ne pouvait s’empêcher de penser la jeune demoiselle. Elle choisit donc de rester pendant un petit moment au lycée. À jour dans ses devoirs et même en avance dans certains de ses projets scolaires, la jeune demoiselle cherchait visiblement une bonne raison pour laquelle elle avait raison de rester à l’école. La solution lui vient dans son automobile. Son sac de sport. Bouger un peu et sans trop forcer était une excellente idée.

Edena fila se changer dans les vestiaires. C’était une autre demoiselle. Elle portait une paire de pantalon ample à l’effigie de son équipe de danse. Elle avait gardé le polar jusqu’à ce qu’elle rentre dans le gymnase. La porte claqua brusquement après que la jeune femme ait pénétré dans cet univers sportif. Quelqu’un se trouvait déjà dans le temple sportif quasiment seulement réservé aux cheerios. Edena ne put s’empêcher de sourire en voyant son amie et étudiante en tutorat, Élea Delacroix. C’est d’ailleurs cette même amie qui parla en premier brisant le silence du gymnase aux odeurs de gymnase, un mélange étrange de vieilles chaussettes et de tapis bleus.
« Edena ! Comment vas-tu ma belle ? »

« Je vais très bien! Et toi?»
L’accent à couper au couteau d’Éléa était habituel dans la tête d’Edena. Elle sourit. Il était difficile d’apprendre une nouvelle langue tout en y étant totalement immergé. Le défi était de taille. Et elle était toujours là pour aider son amie et n’hésitait pas à la corriger. C’était son rôle. Elle était comme la personne qui l’avait aider à réapprendre à marcher après l’accident de voiture où l’un de ses frères avait perdu l’usage de ses jambes et où elle avait été blessé au bassin. Elle devait fonctionner à petit pas et s’adapter au rythme de l’étudiant. Il ne servait absolument à rien d’avancer plus vite pour perdre l’étudiant plus qu’il ne l’était déjà. Edena enleva ses bottes et enfila sur le banc ses espadrilles blanches, Noir-blanc-noir. Elle était plus assorti qu’elle ne le pensait. Elle sourit de nouveau d’une manière authentique pour une première fois depuis longtemps.
« Tu viens t'entrainer un peu ? »

« Je… oui, probablement… mais je ne peux pas trop forcer ! »
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MessageSujet:    Mer 20 Avr - 20:51

[Désolée de ce retard impardonnable. Si jamais tu es d'accord, il serait peut-être plus sympa de faire passer le sujet au contexte de l'épisode actuel, où on pourrait parler du bal de la Saint-Valentin, et compagnie... Sinon, on peut toujours resté avec un sujet "neutre", qui peut correspondre à n'importe quel épisode ^^]

Sans le vouloir réellement, les yeux d'Eléa se posèrent sur le ventre d'Edena qui s'arrondissait à vue d'œil. Rapidement, où plutôt dès qu'elle se rendit compte qu'elle fixait son amie, la blondinette détourna le regard. Mettre Edena mal à l'aise était bien la dernière chose qu'elle désirait. D'ailleurs, Eléa ne comprenait pas pourquoi les autres élèves de McKinley faisaient tout un flan de la grossesse de la jolie jeune femme. Après tout, cela ne les concernait pas, non ? Il était vrai que faire un enfant aussi jeune, cela pouvait choquer. Surtout au vu de la mentalité assez conservatrice de la nature américaine, et surtout des élèves de McKinley. Mais tout de même ! Eléa connaissait assez bien Edena, et la soutenait à cent pour cent. Jamais sa tutrice n'aurait fait quelque chose d'aussi inconsidéré que d'avoir un bébé, si elle était incapable de s'en occuper par la suite. Cela ne ressemblait pas à la Edena qu'elle connaissait, Eléa lui faisait donc entièrement confiance.

Cependant, ce n'était pas en cachant son ventre derrière une veste militaire dix fois trop grande pour elle, qu'Edena ferait cesser les rumeurs. Bien entendu, Eléa se tut à ce propos. Elle n'avait pas à se mêler de ce genre de choses. Sa vie devait se résumer à agiter ses pompons rouge et blanc sous les hurlements injurieux de Sue Sylvester, et d'essayer d'obtenir son diplôme. Même si ce dernier point était assez mal parti, au vu de tous les C qu'elle récoltait, et ce malgré l'aide d'Edena et de Désirée Cravy, la prof de littérature qui lui donnait pas mal de conseils. Autant dire que sans le tutorat et la générosité de son enseignante, Eléa tournerait autour du F de moyenne, dans toutes les matières. Excepté le français, cela s'entend. Mais bon, ce n'était pas le français qui lui permettrait de réussir ses études, du moins à Lima. Heureusement que son physique de poupée et sa participation dans l'équipe des Cheerios compensaient, sinon elle serait considérée comme la pire des losers de McKinley, bien pire que les choristes des New Directions et des Awesome Voices. Autant dire qu'elle connaitrait parfaitement tous les parfums de glace pilée mis à disposition.

    « Ça va super aussi ! Allez, viens, on va s'échauffer un peu. Ça va peut-être même te rappeler de bons souvenirs... »


En sautillant gaiement, Eléa vient attraper la main de son amie, l'attirant vers les tapis qu'elle venait d'installer avec soin. Avec un sourire, la blondinette l'incita à faire quelques mouvements de souplesse, sans pour autant gêner la future maman en comprimant son ventre, ou étirant son dos. Au bout de quelques secondes seulement, la blondinette se leva d'un bond, entrainant un mouvement fluide de sa queue de cheval, dans son dos. En quelques pas gracieux, Eléa se rendit auprès de la chaine Hi-Fi reliée aux enceintes du gymnase, à partir de laquelle les chansons sur lesquelles les Cheerios se trémoussaient étaient diffusées. La jeune française appuya sur un petit bouton, ouvrant le lecteur CD, et y plaça le disque qu'elle avait extorqué de son sac de cours avant de commencer à s'échauffer. Un appui sur un autre bouton permit à la musique de commencer. Après avoir choisi celle qu'elle voulait en faisant défiler les pistes, Eléa retourna au niveau des tapis avec Edena, toujours souriante.

    « Pas trop dure, ta matinée, poulette ? »


Le dernier mot était en français. Il s'agissait d'un des nombreux surnoms un peu débiles qu'Eléa donnait à tous ses amis. Tous étaient renommés "poulette", "cocotte", "choupette", "chouchou", et autres dérivés. Une sale habitude qu'elle avait eu en France, et qui ne l'avait pas quittée. Les gens trouvaient ça bizarre, en général, mais la belle s'en fichait un peu. Elle les aimait bien, ces surnoms, en fait. Et puis, ça changeait un peu des surnoms américains qu'on pouvait donner. Le français, ce n'était pas si courant, à McKinley. Eléa faisait dans l'originalité, elle n'allait tout de même pas s'en plaindre.

Quant au sujet de conversation, Eléa était partie sur quelque chose d'assez vague. Histoire de ne pas mettre Edena mal à l'aise. Car il était sûr que cela allait dériver sur sa grossesse, sur les ragots de ces abrutis de lycéens, et plus si affinités. Ce que la blondinette ne voulait absolument pas, évidemment. Jamais elle ne forcerait Edena à parler de ce bébé qu'elle attendait, si elle n'en avait pas envie. Et au vu du polar qu'elle portait quelques minutes auparavant, il était facile de comprendre que la moindre remarque sur ce sujet délicat était assez malvenue.

Eléa se contenta donc de sourire gentiment, en faisant une totale obstruction du petit être qui se développait au creux du corps de son amie. Le mieux était de se concentrer sur la musique qui emplissait le gymnase, et le rendait un peu moins sinistre, tout en faisant des pointes en rythme. C'était fou à quel point la danse lui manquait. Jamais elle ne comprendrait comment les gens peuvent accepter de renoncer à leurs rêves, pour une raison x ou y. Elle, ne perdrait jamais espoir. Même si pour cela, elle devait obtenir un diplôme à Lima en parlant d'un anglais très approximatif.
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MessageSujet: Re: 05. Petit échauffement | Edena P. Miller   Mer 27 Avr - 20:45

Peu n’importe ce que disait les gens. Lima était conservateur. Trop conservateur et pas assez conservateur. Un paradoxe. Le beurre et l’argent du beurre. Des gens, il y en avait eu des dizaines pour honorer le sacrifice qu’avait fait Alexander en s’engageant dans l’armée. Tout le monde avait reconnu que c’était noble, qu’un jeune homme de dix-huit ans – seulement dix-huit ans quand il s’était engagé – qui n’avait jamais connu la violence et qui n’avait jamais souffert accepte de mettre en danger sa vie pour sauver un pays. Mais des gens… des gens, il n’y en avait pas eu des tonnes pour féliciter Edena Miller quand elle était tombée enceinte. Parce qu’elle était soi-disant trop jeune pour être enceinte. Mais pourtant. Ses raisons à elle était tout aussi nobles que celles qui avaient poussé l’homme qu’elle aimait à mettre sa vie en danger pour défendre leurs intérêts. Personne n’avait voulu l’admettre. Que sa cause à elle, que sa justification à elle était aussi sincère et importante que celle de son homme.

Alors Edena vivait dans son semi-isolement. Dans son grand polar aux couleurs de l’armée, identifié au nom de son homme, au nom de la caserne où son copain avait servi pendant trois ans, où son frère – le meilleur ami de son copain – servait encore et où son père avait encore le courage de servir après ses nombreuses années de bons et loyaux services, l’adolescente vivait seule sa transition vers le monde adulte. Certains pensaient que ce n’était qu’un condom qui avait éclaté, que de l’alcool qui avait coulé, qu’une erreur de parcours. Ces certains étaient plus nombreux que les autres… les autres qui comprenaient ce qui avait poussé une étudiante modèle à vouloir un bébé parce que la peur était si grande. La peur qu’il ne revienne pas. La peur qu’il n’y ait pas tous les sourires échangés de nouveaux. Edena sentit le regard d’Eléa s’attarder sur son ventre arrondis. La future maman savait que son ventre mettait mal à l’aise, que son ventre soulevait des questions. Elle avait vu Quinn les subir les questions. Elle quittait donc la sureté du grand polar.
« Ça va super aussi ! Allez, viens, on va s'échauffer un peu. Ça va peut-être même te rappeler de bons souvenirs... »

« C’est ce que j’avais l’intention de faire. Mais je ne peux plus voler maintenant. »
Edena avait souri. Au cours des dernières années, elle avait couvert la plus grande majorité des postes de l’équipe. Voltigeuse et porteuse. Elle avait tout essayé. La sensation de voler que l’on ressentait dans les chutes libres manquait à l’adolescente. Mais Edena savait qu’elle s’en remettrait. Elle savait qu’un jour elle revolerait sur le rythme effrénée de la musique. Neuf mois de sacrifice, ce n’était dans une vie… pas pour le prix qu’elle était pour avoir pour ces cinq mois. Pas pour le fait d’avoir un petit bout de chou qui ressemblait exactement à son copain des cinq dernières années. Il y avait beaucoup de détail dans cette maternité trouble qui manquait. Beaucoup de détails qui dérangeaient… mais pas Eléa qui pétillait de vie. Elle était en ce sens comme une boisson froide après un petit jogging dehors dans la chaleur de l’été. Cela fit sourire Edena – dont les sourires étaient beaucoup plus rares depuis qu’Alexander était tombé au front. L’adolescente s’étira doucement en suivant Eléa un sourire vague flottant sur ses lèvres.
« Pas trop dure, ta matinée, poulette ? »

« Pas trop dure… mais pas trop facile, Sweetie. La tienne? »
Edena sourit doucement en s’étirant. Elle aussi devait l’admettre. La danse lui manquait. Enceinte, elle devait lâcher tout ce qui avait marqué son adolescence. Tout ce qui avait fait en sorte qu’elle avait eu une vie qu’elle considérait comme idéale. Elle dansait toujours, mais le ballet jazz était exigeant. Elle avait donc troqué ses chaussons de ballet pour un tapis de yoga. Son cours de danse du samedi matin avait été échangée pour un cours de yoga. Son cours du dimanche matin, par un peu d’aquaforme où elle observait le visage de femmes de dix ans ses ainées qui les regardait en la jugeant pour ses erreurs qu’elle n’avait pas eu l’impression de commettre.

Elle dérangeait… mais le but n’était pas d’être une vérité qui dérange. Le but n’avait jamais été de déranger les autres. Mais… Edena l’était devenue parce qu’elle avait aimé, sans condition, aimé au point de faire des folies, au point de courir sous la pluie au beau milieu de la nuit avec son amant, au point de faire des détours pour passer plus de temps ensemble. Aimer au point d’en venir à ce dire qu’une vie sans l’autre n’était pas envisageable. Qu’une vie sans l’autre n’était pas une option que l’on voulait voir à l’horizon. Aimer au point d’en avoir peur.

Avec le recul, Edena se disait que les gens finiraient par comprendre. Des notions d’amour, de douceur, de tendresse et de baisers volés. Des notions de peur, de mort, de séparation, de guerre et de baisers qui ne seront plus jamais. Avec sa capacité d’analyse, elle voyait que certains d’efforçaient de la comprendre. Mais Edena s’en foutait… en ce moment précis, Edena ne voulait qu’une seule et unique chose… elle ne voulait que danser, le corps bercé par la musique chaude, rythmée et colorée qui emplissait le gym, qui enivrait son cerveau et qui battait la mesure en cadence… à l’unisson des deux… non trois cœurs qui battaient dans le gym de McKinley
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MessageSujet:    Sam 30 Avr - 19:08

Eléa cherchait le meilleur moyen de faire oublier la méchanceté des gens et l'hypocrisie des autres élèves à son amie. Et ce n'était pas chose facile... Ainsi, la blondinette triturait son pauvre esprit à la recherche de quelque chose de gentil à dire, ou un truc marrant à faire. Tout cela pour voir un simple sourire se dessiner sur le visage d'Edena. Jamais Eléa ne comprendrait pourquoi les lycéens menaient autant la vie dure à cette pauvre Edena, qui était une des filles les plus gentilles et serviables de tout McKinley. Cela n'avait aucun sens. Elle, serait toujours là en cas de besoin, serait une oreille prête à tout écouter, une épaule sûre sur laquelle pleurer. Du moins, c'était l'image que la jeune française avait de sa tutrice. Edena serait certainement la première personne qu'elle oserait appeler en cas de souci. Sauf peut-être Ezrael... En tout cas, Edena arriverait au moins en seconde position sur la liste des personnes de confiance. Alors pourquoi s'acharner sur une jeune femme aussi adorable ?

Savoir qu'Edena était regardée de travers, tout cela à cause de choix qui n'étaient pas respectés par l'ensemble des élèves, lui nouait l'estomac. Certes, elle pouvait comprendre pourquoi toutes ces rumeurs voyaient le jour. Elle-même ne serait enceinte qu'à cause d'un énorme souci, style problème de contraception. Mais elle savait aussi que ce bébé était un choix. D'ailleurs, tout le monde devait être au courant, puisque la jolie tutrice clamait haut et fort qu'elle avait réellement voulu cet enfant. C'était tout de même étrange, cette mentalité de refus. Tout cela parce qu'elle était différente, avait des convictions autres. Avait envie d'avoir un enfant de son fiancé, parti au front. La stupidité humaine dégoûterait à jamais Eléa... En attendant, elle se devait de distraire son amie.

    « T'inquiète pas, on va rester au sol pour le moment. »


Quelques petits étirements plus tard, Eléa se leva à nouveau, et tout en parlant, se dirigea vers le lecteur de CD. Elle venait d'avoir une sorte d'illumination, et était prête à la mettre en œuvre. Après tout, faire rire son amie était la priorité du moment, alors autant y aller franchement. Le gymnase était vide, aucune crainte de se recevoir de la glace pilée à la sortie.

    « Matinée on-ne-peut-plus basique. Des cours ennuyeux, un granité reçu. La routine, quoi... »


Eléa adressa un sourire à son amie, et appuya sur la double flèche du lecteur, pour avancer de piste. Rapidement, les premières notes de Bad Romance retentirent dans tout le gymnase. La blondinette commença à se trémousser sur la musique, et reprit la chanson en même temps que Lady Gaga, d'une voix certes peu assurée. Mais, au moins, elle connaissait les paroles.

    « I want your ugly
    I want your disease
    I want your everything
    As long as it’s free
    I want your love, love, love, love
    I want your love

    I want your drama
    The touch of your hand
    I want your leather-studded kiss in the sand
    I want your love, love, love, love
    I want your love

    You know that I want you
    And you know that I need you
    I want it bad, your bad romance

    I want your love and
    I want your revenge
    You and me could write a bad romance
    Oh oh oh, oh oh
    I want your love and
    All your lovers' revenge
    You and me could write a bad romance

    Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh
    Caught in a bad romance
    Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh
    Caught in a bad romance

    Rah rah, ah ah ah ah
    Roma, roma ma
    Ga ga, oh la la
    Want your bad romance »


Eléa chantait très rarement, et encore moins au lycée. Elle savait quel sort été réservé aux choristes des Glee clubs, et du coup, elle évitait de pousser la chansonnette dans l'établissement. Même en dehors, d'ailleurs... Elle trouvait sa voix horrible, du coup, elle ne faisait que reprendre quelques couplets et refrains par-dessus ses chansons préférées. Mais là, c'était différent. Il s'agissait d'amuser Edena. Et la jeune française espérait que sa petite reprise, agrémentée de ses pas de danse un peu fous au rythme de la chanson, amèneraient son amie au moins à sourire, et à se sentir à l'aise.

Toujours en dansait, mais en se gardant toutefois de continuer à chanter, Eléa se rapprocha du tapis, incitant sa tutrice à venir s'amuser avec elle sur la musique. C'était mieux que rien pour lui faire oublier le regard des gens, leurs murmures. Cela ne durerait qu'un instant, mais un instant sans rumeurs ni mensonges était tout de même précieux, même s'il était bref. Non ?
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MessageSujet: Re: 05. Petit échauffement | Edena P. Miller   Dim 22 Mai - 4:40

Edena Penelope Miller avait grandi avec quatre grands frères. C’est le genre de trucs, de petits détails techniques qui forment le caractère d’une fille. Quatre grands frères et un père. Tous étaient des protecteurs. Tous la défendaient. Tous voulaient la protéger. C’était tellement typique des grands frères. Mais elle avait toujours eu son indépendance. Grandir avec quatre grands frères voulait aussi dire de faire certaines de ses activités qui étaient toujours associés aux garçons. Edena avait pratiqué du patin… beaucoup de filles à Chicago font du patin. Mais ce qui différenciait Edena était le fait que ce n’était pas du patinage artistique qu’elle faisait, c’était du hockey et elle n’avait arrêté que lorsqu’il y avait eu des contacts physiques.

La première activité vraiment féminine qu’Edena avait pratiquée avait été celle qui lui avait été le plus dur à quitter : la danse. Elle avait commencé à danser quand elle n’avait que cinq ans. Un an après qu’elle n’ait commencé le hockey avec les patins de son frère le plus proches. Mais pour la danse elle avait tout eu de neuf pour elle. Nouveau tutu rose, nouvelles pointes pour monter du temps où elle faisait du ballet classique, nouveaux costumes pour quand elle était rentrée dans le ballet jazz. Car être la cadette d’une famille nombreuse faisait en sorte que l’on était toujours l’héritier d’une bonne partie des manteaux d’hivers unisexe qui était acheté, d’une bonne partie des patins, une bonne parties de tout ce qui pouvait être interchangé entre les générations et entre les sexes dans ce cas précis.
« T'inquiète pas, on va rester au sol pour le moment. »

« Merci…»
Edena s’étira doucement sur le sol. La danse lui manquait. Elle avait toujours eu un grand sentiment d’appartenance à l’égard de sa troupe de danse. Mais elle ne pouvait plus s’étirer autant qu’avant maintenant que son ventre était rond et qu’il fallait que selon sa mère elle fasse attention à son dos. Elle avait le regard constant de sa mère comme infirmière domestique qui lui disait quoi faire quoi ne pas faire si elle ne voulait pas que son enfant ne la bousille totalement.
« Matinée on-ne-peut-plus basique. Des cours ennuyeux, un granité reçu. La routine, quoi... »

« J’aime bien la routine... La mienne rajoute les trucs d’écrit dans les toilettes et des échographies. »
Edena rougit un peu. Elle espérait presque que la musique réussisse à enterrer ce qu’elle venait de dire. Elle n’avait pas envie de parler des échographies et des trop nombreux rendez-vous chez le médecin parce qu’une grossesse à l’adolescence était une grossesse qui était dite à risque. Une grossesse qui pouvait se mener à une tonne de complications comme un accouchement prématuré, un bébé qui aurait plus de chance de développer des maladies.

La jeune demoiselle chassa ses idées plutôt sombres pour se laisser aller sur la musique qui l’hypnotisait totalement. Bad Romance. Assez bon tube de Lady Gaga bien qu’elle était loin d’être une fan fini de cette chanteuse. Sur la musique, elle commença lentement à se laisser aller et comme Eléa, elle se surprit à pousser un peu la chansonnette couverte par la voix de la star. La voix d’Edena était grave et jazzy et contrastait avec celle de la chanteuse. Mais elle s’en foutait. Le simple fait de sentir ses muscles se délier pour la première fois depuis trop longtemps la rendait heureuse. Elle se sentait libre et bien. Comme si on avait enlevé de ses épaules un lourd poids. Elle avait laché la danse avant le décès d’Alexander. Elle avait arrêté quand le test était bleu. Parce qu’elle tenait à ce bébé. Mais il restait… il restait que la danse lui manquait. Qu’elle s’ennuyait de ses muscles qui s’engoudissait après l’effort. Edena se laissait aller sur le rythme pop électro que la vedette excentrique. C’était loin de ce qu’elle écoutait ses derniers temps. Mais elle avait besoin de se changer les idées. Le rythme diminua et Edena prit une longue gorgée d’eau.



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05. Petit échauffement | Edena P. Miller

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