Choriste du mois


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 05. New Rom' and Jul'

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MessageSujet: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptySam 5 Mar - 23:05

Deux familles, égales en noblesse,
Dans la belle Vérone, où nous plaçons notre scène,
Sont entraînées par d'anciennes rancunes à des rixes nouvelles où le sang des citoyens souille les mains des citoyens.
Des entrailles prédestinées de ces deux ennemies a pris naissance, sous des étoiles contraires, un couple d'amoureux dont la ruine néfaste et lamentable doit ensevelir dans leur tombe l'animosité de leurs parents.
Les terribles péripéties de leur fatal amour et les effets de la rage obstinée de ces familles, que peut seule apaiser la mort de leurs enfants,
Vont en deux heures être exposés sur notre scène.
Si vous daignez nous écouter patiemment,
Notre zèle s'efforcera de corriger notre insuffisance.



Avec une moue songeuse, Christabella posa son livre bien à plat, pour ne pas qu'il se referme, ou que les pages tournent toutes seules. Puis elle ouvrit son classeur, attrapa une feuille et un stylo, et entreprit de prendre quelques notes. Elle était assise, seule, dans une salle de classe, et comme c'était la pause déjeuner, personne ne risquait de venir les déranger. Quelques jours avant, leur professeur de littérature anglaise, Mr Kingston, leur avait demandé d'étudier une œuvre connue de Shakespeare, Roméo et Juliette. Les filles avaient toutes poussées des soupirs envieux, et eut quelques rires hystériques, surtout lorsqu'il avait été question de présenter quelques scènes devant la classe. Bien sûr, toutes les filles voulaient jouer Juliette, et tous les garçons qui voulaient charmer les filles qui voulaient jouer Juliette, voulaient jouer Roméo. Mais Mr Kingston avait décidé de choisir lui-même les scènes à présenter, et peu de filles avaient, au final, eu ce qu'elles voulaient.
Christabella, pour sa part, bien que connaissant Shakespeare, n'avait jamais lu Roméo et Juliette. Elle savait qu'il s'agissait, en gros, d'une histoire d'amour tragique, mais peu interessée par la littérature -ce qui l'avait d'ailleurs poussé à demander des cours de soutien, afin de remonter sa moyenne-, elle n'avait jamais eu l'occasion de lire cette magnifique œuvre. C'était une grande première, et elle avait mis du temps à comprendre pourquoi les filles avaient poussés des soupirs rageurs, et eut quelques réflexions désagréables à son encontre, lorsque Mr Kingston l'avait désignée pour jouer quelques scènes avec Juliette. Pour sa part, il lui semblait qu'il ne s'agissait que d'une pauvre fille qui avait péché en se donnant la mort, rien de plus. Mais soit, elle allait donc apprendre les quelques répliques de la jeune Juliette, pour pouvoir les présenter devant le reste de sa classe.
Fort heureusement, le Roméo avec qui elle allait jouer n'était pas n'importe qui, puisqu'il s'agissait d'Ezrael, qui partageait ce cours avec elle. Comme ils passaient tous deux beaucoup de temps ensemble, qu'ils étudiaient même ensemble parfois, cela ne dérangerait pas leurs habitudes, et elle lui avait donc donné rendez-vous dans la classe de littérature, que Mr Kingston avait gentiment accepté de lui laisser pour l'heure du déjeuner, puisqu'il n'y avait pas cours, et que tout le monde serait au réfectoire. Elle y attendait donc Ezrael.

ROMÉO, à un valet, montrant Juliette.
- Quelle est cette dame qui enrichit la main de ce cavalier, là-bas ?
LE VALET.
- Je ne sais pas, monsieur.
ROMÉO.
- Oh ! elle apprend aux flambeaux à illuminer !
Sa beauté est suspendue à la face de la nuit comme un riche joyau à l'oreille d'une Éthiopienne !
Beauté trop précieuse pour la possession, trop exquise pour la terre !
Telle la colombe de neige dans une troupe de corneilles, telle apparaît cette jeune dame au milieu de ses compagnes.
Cette danse finie, j'épierai la place où elle se tient, et je donnerai à ma main grossière le bonheur de toucher la sienne.
Mon cœur a-t-il aimé jusqu'ici ?
Non ; jurez-le, mes yeux !
Car jusqu'à ce soir, je n'avais pas vu la vraie beauté.

Christabella haussa un sourcil dubitatif. Roméo voit Juliette pour la première fois, et il tombe aussitôt amoureux d'elle? Bien sûr, la jeune fille ne connaissait rien à l'amour, elle était donc mal placée pour juger.. mais tout de même! Toujours très terre à terre, elle avait du mal à croire qu'il suffisait d'un simple regard pour aimer quelqu'un. Au contraire, cela devait se construire. Cela prenait du temps, comme l'amitié, par exemple. Il fallait du temps pour connaitre la personne, pour savoir qui elle était réellement.
Mais en même temps, qu'en savait-elle? Avec un soupir de frustration, elle se redressa et se passa la main dans les cheveux. Aujourd'hui, elle les avait laissés flotter sur ses épaules, parce qu'en partant ce matin, elle avait oublié son bonnet, et ses cheveux, qu'elle avait longs, avaient un peu protégés ses oreilles du froid glacial qui régnait dehors. Ils retombaient souplement dans son dos. Agacée, elle remonta les manches de son pull et se laissa aller sur le dossier de sa chaise. Elle ne comprenait pas. D'un coup d'œil sur sa montre, elle sut qu'Ezrael ne tarderait pas, et pour patienter, elle sortir un paquet de bonbon à la fraise de son sac à dos. Gourmande, elle plongea la main à l'intérieur, et en engloutit plusieurs, avant que la porte ne finisse par s'ouvrir.

" Ah, bonjour Ezra! " dit-elle avec joie, toujours aussi polie que d'habitude. " Tu vas bien? C'est gentil à toi d'être venu pendant l'heure du déjeuner. Tu n'avais rien de prévu j'espère? Je veux dire, à part déjeuner, bien sûr. " ajouta-t-elle avec un rire. " Assieds-toi, tu vas pouvoir m'aider. Je veux bien réciter toutes les pièces de théâtre qu'ils veulent, mais il faudrait déjà que je comprenne. Tu avais déjà lu Roméo et Juliette? J'en suis à la scène qu'on doit jouer devant la classe, celle de la première rencontre entre Roméo et Juliette. Et.. je ne comprends pas comment on peut tomber amoureux comme ça, d'un regard. C'est possible? "

Comme elle l'avait fait de nombreuses fois, Christabella se tournait vers Ezrael pour comprendre un peu le monde. Car elle n'était pas seulement vierge de corps, elle l'était également d'esprit, il y avait beaucoup de choses pour lesquelles elle était totalement inculte. Machinalement, elle tendit le sachet de bonbon à Ezrael, pour qu'il en prenne un s'il le souhaitait.
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyDim 6 Mar - 1:49

    Ezrael empila son plateau au dessus des autres, et jeta un rapide coup d'œil à l'horloge de la cafétéria. Un peu plus, et il allait être au retard. Il fit un dernier signe à ses amis, avec qui il venait de passer la dernière demie-heure, à table, et commença à trottiner dans les couloirs de McKinley, son sac bandoulière sur l'épaule gauche, en direction de la salle de classe où il avait rendez-vous avec Christabella. Elle devait très certainement l'y attendre depuis déjà plusieurs minutes, elle était loin d'être la personne qui le ferait attendre, bien au contraire. Jamais il n'avait vu quelqu'un d'aussi ponctuelle qu'elle. A croire qu'elle avait dix minutes d'avance sur tout le monde, dans la vie qu'elle menait. Ezrael arriva enfin dans l'aile droite, puis finalement devant la classe. Il poussa la porte, et y vit la jeune fille, déjà assise, son livre sur la table, et un crayon dans la main.

    Il sourit, n'étant même pas étonnée de la voir dans une telle situation. C'en était presque devenue une habitude. Il posa son sac sur la table en face de celle de Christa, et elle commença à l'innonder de paroles et de questions, toutes plus sensées et intéressantes les unes que les autres. Il n'avait pas encore réagit, que déjà, il était noyé dans un flot d'informations, et ne savait plus où donner de la tête. Christabella était vraiment innocente, tellement innocente qu'elle en devenait charmante. Elle sortait d'un collège très catholique, où il n'y avait aucune présence masculine. Autrement dit : un univers prude et vide de sexualité. C'est pourquoi, elle s'était directement tournée vers Ezrael lors de son arrivée au lycée, elle avait dû le juger suffisamment honnête et galant à son goût. Depuis ce temps, il était en quelque sorte devenu son précepteur, qui lui apprenait ce qu'elle n'avait jamais pu apprendre durant son irréprochable pré-adolescence. Ezrael écoutait donc son amie, qui ne cessait d'augmenter sa curiosité de jour en jour. Cette fois-ci, il s'agissait de l'amour, et ses secrets. Sujet sur lequel elle était vierge d'éducation, jeux de mots mis à part, bien entendu. Ca ne serait pas une mince affaire, mais il savait qu'elle finirait par comprendre, elle n'était pas idiote, loin de là.

    Ezrael commença par refuser l'invitation à un bonbon de Christabella. Celui-ci ne serait très certainement pas bien passé dans son estomac, alors qu'il venait d'engloutir une pizza entière, en moins d'une demie-heure. Il se demandait déjà comment il allait la digérer correctement... Ezrael, affichant un léger sourire, sortit à son tour son livre de son sac, et l'ouvrit à la page de la première rencontre. C'était l'une de ses préférées, sans oublier la sublime scène du balcon. Il les connaissait toutes deux sur le bout des doigts, tout comme une partition de piano.

      « Tu avais déjà lu Roméo et Juliette ? » questionna la jeune fille.

    Ezrael se mit alors à rire. S'il avait lu Romeo et Juliette ? Quel anglais digne de ce nom n'avait pas lu cette pièce ? Certes, il n'y avait vécu que très peu de temps, mais son sang et ses origines l'y obligeaient. D'autant plus qu'il s'agissait là d'un chef-d'œuvre de la littérature anglaise. Et d'après lui, tout individu devrait s'y attarder durant son existence, et lire au moins une fois du Shakespeare. Mais malheureusement, il ne pouvait contraindre personne, et beaucoup resteront alors de simples ignorants, vident de culture.

      « Bien sûr que je l'ai déjà lu. Et même de nombreuses fois. Tu oublies que je suis british ! » répondit alors Ezrael, sur un ton plaisantin.

    Puis vint alors cette question existencielle. Peut-on tomber amoureux d'un regard ? C'était en quelque sorte, de ce simple regard que découlait toute cette pièce de Shakespeare. Un regard qui changeait alors toute la vie des Capulet et des Montaigu. Le coup de foudre, ce devait être la notion la plus difficile qu'Ezrael avait eu à expliquer jusqu'à maintenant. Son charmant sourire se transforma en une légère grimace, signe d'une reflexion aiguë pour tenter d'expliquer à son amie ce que pouvait être l'amour et surtout, celui que ressentait Juliette et Roméo l'un envers l'autre.

      « Je ne peux pas trop te répondre sur cette question. Mais, prends ton livre à l'acte deux, scène deux - c'est la scène du balcon. Si tu veux bien on va la jouer, tu seras Juliette, et je serai Roméo ainsi que la nourrice. Peut-être que ça t'éclairera un peu. »

    Ezrael avait toujours adoré le théatre, d'autant plus qu'il était bon comédien, mais n'en avait jamais fait, de peur de se trouver seul à parler devant une foule de gens. La scène ne l'effrayait pas spécialement, au contraire, mais parler devant une assemblée, c'était beaucoup trop fort pour lui. Pour ce, il le gardait dans ses nombreux talents cachés, que seuls quelques individus pouvaient se venter de connaitre.
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyMar 8 Mar - 23:54

Peu consciente du flot de paroles qui franchissaient ses lèvres, Christabella inondait le jeune homme de questions. En temps normal, elle n'était pas considérée comme une jeune fille bavarde. En cours, elle ne parlait que lorsqu'on l'y autorisait, comme on le lui avait appris. Chez elle, elle restait toujours calme, silencieuse à table sauf lorsque la conversation l'impliquait de près ou de loin, et que ses parents lui laissaient la parole. C'était l'éducation qu'elle avait reçue. Mais avec Cassandra, par exemple, avec ses frères et sœurs, ou avec Ezrael, elle se laissait aller à parler un peu plus. Surtout avec Ezrael en fait, car le garçon devait être plus habitué au bruit, et il ne s'offusquait jamais de toutes les questions qu'elle pouvait lui poser. C'est cela qui les avait rapprochés, entre autre chose. Elle avait besoin qu'on lui enseigne comment vivre dans ce monde si différent de celui dans lequel elle avait été élevée, et il adorait lui apprendre. Il lui expliquait ce qu'elle ne connaissait pas, ce qu'elle ne comprenait pas, et le faisait de bon cœur, ravi et apparemment amusé par l'innocence et l'inexpérience de la jeune fille. Pourtant, il ne se moquait pas. Enfin, pas méchamment. Au fil du temps, il aimait la taquiner, mais il prenait quand même toujours le temps d'éclairer sa lanterne, et elle lui en était très reconnaissante. Sans lui.. et bien sans lui elle aurait vite renoncé à suivre sa scolarité dans ce lycée! Certes, Cassandra était là, mais elle se contentait de suivre son chemin, le chemin que Dieu Lui avait tracé. Christabella voulait tracer elle-même sa propre voie, sans pour autant renoncer à ses enseignements religieux, mais elle voulait apprendre, comprendre, et vivre comme tout le monde.

Ezrael prit place, après avoir refusé les bonbons que Christabella lui offrait, et prit son propre exemplaire du livre, lui expliquant au passage qu'en bon anglais qui se respecte, il avait déjà lu Roméo et Juliette, et même de nombreuses fois. Bon, peut-être. Admettons que les anglais aient tous lu au moins un fois la pièce de Shakespeare. Mais Christabelle, elle, était américaine, catholique, et n'avait jamais lu une seule œuvre de Shakespeare. Elle ne dédaignait pas le travail qu'il avait accompli de son vivant, mais elle n'y comprenait pas grand chose. Enfin, elle comprenait les mots, les phrases. Non, ce qui la laissait perplexe, c'était ce que cela voulait dire, ce que Roméo voulait dire.
Et pour la première fois, il lui sembla qu'Ezrael semblait face à un problème. Christabella s'en rendit compte, à la grimace qu'il fit. Lui avait-elle posé une colle? Elle savait qu'il n'était pas innocent comme elle l'était. Il était sorti avec des filles, dont Madison. Et, Christabella l'avait bien compris, une grande majorité des élèves du lycée avaient franchis le cap de la première relation sexuelle, puisque n'ayant pas fait vœu de rester vierge jusqu'au mariage, comme elle-même l'avait fait. Ezrael lui même, avait bien du..
Consciente de ce qui lui traversait l'esprit, Christabella rougit violemment, et se morigéna intérieurement. Adressant silencieusement un pardon à Dieu pour avoir eu de telles pensées, elle revint au sujet qui la préoccupait. Le jeune homme lui demanda de reprendre le texte à la fameuse scène du balcon-enfin, fameuse d'après les filles de sa classe, parce que pour Christabella, il n'y avait rien d'extraordinaire dans un balcon, il y en avait chez elle, et elle ne tombait pas en pâmoison devant chacun d'entre eux!

Attrapant son livre, Christabella fit tourner les pages jusqu'au passage recherché, et se tourna à demi sur sa chaise pour faire face à Ezrael. Roméo se lançait dans un long monologue, mais c'est la voix d'Ezrael qui raisonnait à ses oreilles, et elle se concentra, essayant de mieux comprendre de quoi il pouvait bien s'agir.

* Roméo n'est pas amoureux d'une personne, on dirait qu'il est amoureux d'une étoile. Pourtant, ce n'est pas une œuvre de science fiction, Juliette n'est pas un extra terrestre, à ce que je sache. * songea-t-elle vaguement.

Lorsque ce fut son tour, elle s'éclaircit la gorge, et levant les yeux vers Ezrael, elle s'efforça de réciter son texte comme le ferait une femme amoureuse, tout en se disant que si Roméo était amoureux d'une étoile, apparemment Juliette l'était d'une rose, et que décidément, les anglais de cette époque avaient des mœurs douteuses, ou tout du moins étranges.

" ô Roméo ! Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ?
Renie ton père et abdique ton nom ; ou, si tu ne le veux pas, jure de m'aimer, et je ne serai plus une Capulet.
Ton nom seul est mon ennemi. Tu n'es pas un Montague, tu es toi-même.
Qu'est-ce qu'un Montague ? Ce n'est ni une main, ni un pied, ni un bras, ni un visage, ni rien qui fasse partie d'un homme...
Oh ! sois quelque autre nom !
Qu'y a-t-il dans un nom ? Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom. Ainsi, quand Roméo ne s'appellerait plus Roméo, il conserverait encore les chères perfections qu'il possède... Roméo, renonce à ton nom ; et, à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, prends-moi tout entière.
"
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyMer 9 Mar - 22:03

    Après l'acquiescement de Christabella pour jouer ce moment de la pièce si émouvant et bouleversant, Ezrael laissa un léger silence. Il voulait créer une ambiance, celle qu'il y aurait eu s'ils avaient été tous les deux, ensemble, sur scène, à l'époque de Sir William Shakespeare. Il connaissait cette scène par cœur, c'était pour cette raison qu'il l'avait choisi plutôt qu'une autre. D'autant plus qu'elle était celle qui faisait ressortir le mieux ce que les deux amants ressentaient l'un pour l'autre. Roméo exposait chacun de ses sentiments avec une telle douceur et ses mots étaient pesés et choisis comme il le fallait. Quoi qu'il eut pu en dire, ce dramaturge qu'était Shakespeare était un véritable génie. Ezrael s'éclaircit alors la voix, plongea son regard dans celui de son amie, et d'une voix douce et calme, se mit à réciter la tirade de son personnage.

      « Mais doucement ! Quelle lumière jaillit par cette fenêtre ? Voilà l'Orient, et Juliette est le soleil ! Lève-toi, belle aurore, et tue la lune jalouse, qui déjà languit et pâlit de douleur parce que toi, sa prêtresse, tu es plus belle qu'elle-même ! Ne sois plus sa prêtresse, puisqu'elle est jalouse de toi ; sa livrée de vestale est maladive et blême, et les folles seules la portent : rejette-la !... Voilà ma dame ! Oh ! voilà mon amour ! Oh ! si elle pouvait le savoir !... Que dit-elle ? Rien... Elle se tait... Mais non ; son regard parle, et je veux lui répondre... » Il marqua une pause, ne quittant la jeune fille des yeux. « Ce n'est pas à moi qu'elle s'adresse. Deux des plus belles étoiles du ciel, ayant affaire ailleurs, adjurent ses yeux de vouloir bien resplendir dans leur sphère jusqu'à ce qu'elles reviennent. Ah ! si les étoiles se substituaient à ses yeux, en même temps que ses yeux aux étoiles, le seul éclat de ses joues ferait pâlir la clarté des astres, comme le grand jour, une lampe ; et ses yeux, du haut du ciel, darderaient une telle lumière à travers les régions aériennes, que les oiseaux chanteraient, croyant que la nuit n'est plus. Voyez comme elle appuie sa joue sur sa main ! Oh ! que ne suis-je le gant de cette main ! Je toucherais sa joue ! »

    Ezrael termina sa réplique, pleine d'émotion et de sentiment. Il avait tellement joué ce passage avec se grande sœur, qu'il en connaissait chaque mot, chaque phrase ou virgule. Et chaque fois qu'il la récitait, il y avait toujours un flot de passion qui se précipitait en lui, qui révélait ce qu'il y avait de plus romantique dans son âme. Lorsque vint le fameux soliloque de la demoiselle, Ezrael esquissa un sourire, et se répétait les mots intérieurement, se remémorant quelques souvenirs, jouées à de nombreuses reprises. « Qu'y a-t-il dans un nom ? » déclara la brune. Ezrael repoussa sa chaise de la table, et se leva, silencieusemet, afin de la pas perturber la belle dans sa lecture. Il fit quelques pas, contournant les multiples tables, allignées dans la salle. Lorsqu'elle eut terminé, Ezrael marcha vers la grande fenêtre qui élairait la salle, se mit dos à celle-ci, en face de Christabella, avant de reprendre son discours :

      « Je te prends au mot ! Appelle-moi seulement ton amour et je reçois un nouveau baptême : désormais je ne suis plus Roméo. »

    C'était ce moment, où Roméo ne se cachait plus, et se montrait enfin à son amour. Un amour déjà infini, alors qu'il ne faisait que commencer. Ezrael marqua de nouveau une pause. Aucune expression ne marquait son visage, il posa seulement son regard sur son amie, et s'appuya sur le rebord de la fenêtre. Et avant qu'elle n'ait eu le temps de reprendre la parole de nouveau, il intervint, afin de stopper ici leur jeu de rôles.

      « Tu as tout saisi, ou on doit revenir sur quelque chose ? Il faut absolument que tu t'imprègnes bien du texte, pour pouvoir espérer comprendre à quel point - l'amour qu'ils ressentent l'un pour l'autre est fort et sans limite. Je connais tellement le texte que c'est devenu évident pour moi, mais il faut que ça le soit pour toi aussi, pour qu'on puisse le jouer correctement devant les autres. »

    Ezrael prenait ce travail très au sérieux, et il savait bien que ça l'était tout autant pour Christabella, qui était une élève très studieuse. Même si elle semblait perdue dans ce Roméo et Juliette, Ezrael voulait vraiment lui faire comprendre ce que l'auteur avait voulu exprimer, cinq siècles plus tôt. A la fois pour leur projet de mise en scène, mais aussi pour elle, et sa culture personnelle.
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyVen 11 Mar - 20:30

Ezrael devait vraiment bien connaitre cette pièce, car il n'avait même pas besoin de lire les répliques de son livre. Il les récitait de tête, sans hésitation, et comme Christabella put s'en rendre compte, alors qu'elle-même ne quittait pas son livre des yeux, sans faire d'erreur. La voix d'Ezrael était douce, veloutée, et dans le silence de la salle de classe, très agréable. Inconsciemment, Christabella laissa un très léger sourire se dessiner sur ses lèvres, et se laissa porter par la voix du jeune homme. Bien que suivant le texte, elle laissa son esprit vagabonder, et petit à petit, elle aurait pu ne pas s'appeler Christabella, mais Juliette Capulet, et elle ne se serait pas tenue assise sur une chaise inconfortable, dans une salle de classe de McKinley High, mais appuyée contre la rambarde d'un balcon. Seulement c'était la voix d'Ezrael qui caressait ses oreilles. Christabella sentit que le garçon s'écartait de la table, repoussant la chaise le plus silencieusement possible, et se levait pour aller s'appuyer contre l'encadrement de la fenêtre. Alors Christabella leva les yeux, le suivant du regard, alors qu'il poursuivait ses répliques.
Et elle ne comprit plus rien à ce qui se passait. L'espace d'avant, elle regardait l'un de ses meilleurs amis jouer du Shakespeare, et l'instant d'après, elle était dans un état second. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, à tel point qu'il menaçait de jaillir hors de sa poitrine pour sauter un peu partout dans la pièce. Cela lui était déjà arrivé auparavant. La première fois, elle n'y avait pas pris garde. Au bout d'un moment, elle avait fini par comprendre que cela ne se produisait qu'en présence d'Ezrael, mais pas systématiquement, uniquement lorsqu'il agissait d'une certaine manière. Lorsqu'il avait un geste un peu plus tendre que d'habitude, par exemple. Ou lorsqu'il la regardait comme il le faisait à cet instant précis.

Le silence s'installa, et l'éclat dans les yeux d'Ezrael disparut. Mais ce que ressentait Christabella persista. Elle ne put détacher son regard du jeune homme. Son cœur ralentit ses battements furieux, mais continuait à tambouriner sourdement dans sa poitrine. Elle sentit ses paumes devenir moites et ses jambes s'engourdirent à tel point que si elle avait du se lever, elle n'y serait pas arrivée. Complètement étourdie, Christabella se rendit soudainement compte qu'Ezrael attendait visiblement une réponse de sa part, et que la moindre des politesses était de lui répondre. S'apercevant qu'elle avait gardé la bouche entrouverte, elle la referma dans un claquement de dents, et cligna plusieurs fois des yeux. Alors le sang revint en force sur ses jours, les colorant d'un rouge soutenu, et une intense chaleur naquit dans tout son corps. Consciente que la couleur écarlate de son visage devait se voir, elle se détourna vivement. Ses cheveux lâchés volèrent autour de son visage, et retombèrent sur le coté, la dissimulant au regard scrutateur d'Ezrael.

" Oui, oui. " articula-t-elle, sans même savoir ce à quoi elle acquiesçait.

Convaincue qu'elle avait du attraper un mauvais rhume, ce qui justifierait cette drôle de sensation de chaleur, alors que ses mains lui semblaient glacées et moites à la fois, elle se passa la langue sur les lèvres, et déglutit. Son corps cessa de lui faire des misères, et elle retrouva le contrôle sur elle-même. Alors elle s'autorisa une question.

" Qu'est ce qu'on ressent, quand on est amoureux? "

Partagée entre une curiosité innocente et purement scientifique, et un désir ardent de savoir ce que l'on pouvait effectivement ressentir lorsque l'amour frappait à sa porte, elle se tourna vers Ezrael, un sourcil légèrement haussé.

" Je veux dire, c'est bien beau, tout ce qu'il y a dans les livres. " dit-elle en secouant son livre qu'elle tenait dans une main. " Mais cela n'explique pas ce qu'on ressent, quand on aime. Je ne peux pas jouer l'amour, juste avec des mots. Je suis une scientifique, j'ai besoin de concret. " décida-t-elle, et elle leva un regard interrogateur vers Ezrael, attendant qu'il lui fournisse une explication précise de ce qu'on pouvait éprouver lorsqu'on était amoureux de quelqu'un.
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyMar 15 Mar - 20:29

    Ezrael sentit un soudain malaise lorsqu'il questionna Christabella à propos de la compréhension du temps. Son visage, d'ordinaire si pâle et doux, devint rosé et elle tenta tant bien que mal de le cacher grâce à sa longue chevelure noire d'ébène. Ainsi, il préféra ne pas relever, et fit comme si tout était ordinaire, même si au fond de lui, il trouvait ce semblant de gêne très mignon. Elle acquiesça, mais reprit directement la parole, interrogeant Ezrael.

      « Qu'est ce qu'on ressent, quand on est amoureux ? »

    Il était un peu confus, pensant qu'elle avait cerné l'ampleur du problème. Mais il n'y prit pas attention, et passa sa main gauche dans ses cheveux, comme il avait l'habitude de le faire lorsqu'il réfléchissait. Il soupira doucement, se rapprocha de la jeune fille, jusqu'à se reprendre place sur la chaise qu'il avait laissé quelques minutes plus tôt. Il regarda Christabella, et resta ainsi un long moment, avant de parler de nouveau.

      « C'est définitivement le sentiment le plus complexe, ce qui le rend compliqué à exprimer, autant dans une définition que lorsqu'on doit l'avouer à la personne qu'on aime. Je dois dire que je n'ai pas énormément d'expérience en la matière, malgré ce que tu peux penser. Mon premier amour était Liv Brennan, lorsque j'étais encore à New York. Et je dois dire que c'est un sentiment magique, on se sent léger de tous nos problèmes, tout semble insignifiant et vide de sens quand on est avec cette personne. C'est du bonheur à l'état pur, on se sent vraiment vivre. Tu as le coeur qui bat à deux milles à l'heure, des envies de prendre ton amour dans tes bras, ne plus le quitter. Mais il le faut pourtant, et là tout devient sombre, tu ne penses qu'à cette personne. Tu te sens vide, et seule, et rien ne peut changer cet état, sauf un signe de celui que tu aimes. Les moments sans lui sont les plus longs de ta vie, tu ferais absolument tout pour le voir... Tu penses à lui, tu rêves de lui, tu ne vois que lui, du moins tu espéres qu'il soit là, près de toi, pour te glisser quelques mots à l'oreille, murmurer qu'il t'aime, et ton coeur te fera tellement souffrir lorsque ça arrivera, que tu en redemanderas. L'amour est terriblement douloureux, mais si agréable à vivre. C'est le plus grand paradoxe humain qui puisse exister, je pense. La première sortie, le premier baiser, la première promesse, la première caresse, le premier projet rêvé à deux. Tu as l'impression que tu ne pourras jamais plus vivre sans lui et que vous vivez un amour pur et éternel. Il est tellement merveilleux ; tellement belle ; parfait sous tous points de vue. »

    Ezrael aurait pu continuer des heures entières. C'était un sujet intarrisable, et si passionnant. Ca lui rappelait de nombreux souvenirs, bons et mauvais, avec Faustine, Liv, et même Maddie, plus récemment, malgré que ce ne fut pas vraiment ce qu'il se passa. Il y avait tant de magnifiques choses à expliquer, et même de nombreuses tellement fortes et prenantes qu'elles en devenaient inexplicables. Christabella devait les vivre pour les comprendre, et même si aujourd'hui elle n'était qu'une naïve et innocente vierge, elle finirait bien par tomber sous le charme d'un parfait garçon, qui comprendrait et respecterait ses choix. Elle sera probablement de celles qui ne sauront pas qu'elles sont amoureuses, mais c'était bien égal, les sentiments seraient les mêmes.

      « L'amour n'a rien de scientifique, c'est ça le plus grand problème. Tu ne pourras jamais comprendre ce qui se passera dans ton coeur, et dans ta tête lorsque ça t'arrivera. C'est tellement irrationnel... Un jour, peut-être demain, peut-être la semaine prochaine, dans un an ou dans dix, ton coeur te jouera des tours, et là tu comprendras ce qu'il t'arrive. C'est si fort et puissant et violent que les signes ne te tromperont pas. »

    Ezrael ajouta un large sourire en guise de rassurement envers Christabella. Cette discussion, éloignée de son sujet shakespearien prenait une envergure toute différente : l'amour et ses secrets... Ce qui ne rendait Ezrael que plus enthousiaste.
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyVen 18 Mar - 13:28

Ah! Si Ezrael pensait que Christabella avait enfin compris ce qu'était l'amour, il se trompait lourdement. Les paroles de Roméo à sa Juliette avaient certes trouvées leur chemin jusqu'au cœur de la jeune fille, mais elle ne parvenait pas à comprendre avec exactitude ce que pouvait être ce sentiment d'amour. Bien que passablement naïve, et rêveuse, et même si il lui était arrivée, à sa grande honte, de se laisser aller à rêver à l'amour, imaginant divers scénario avec ce qu'elle grappillait en observant les couples au lycée, en vérité son esprit scientifique et fortement rationnel ne pouvait admettre que l'on pouvait ressentir de sentiments aussi forts que ceux décrits dans les livres. Elle n'avait pas de définitions précises de l'amour. Ezrael lui expliqua de son mieux ce qu'était l'amour.
Le jeune homme semblait confus, et hésitait visiblement sur les mots pour définir l'amour. Il laissa un court silence s'installer, et Christabella le suivit du regard, restant silencieuse pour ne pas perturber Ezrael dans sa réflexion, et elle l'écouta avec attention lui expliquer ce qu'était l'amour. Il lui parla de son premier amour, et avec force détails. Christabella ne put le regarder, et son regard se fixa sur ses mains, qu'elle avait posé sur le bureau. Apparemment passionnée par l'examen de ses cuticules, en vérité elle ne perdait pas un mot de ce que disait Ezrael, et surtout, elle comparait les informations que lui fournissait le jeune homme, avec ce qu'elle ressentait.

On se sent léger de tous nos problèmes, tout semble insignifiant et vide de sens quand on est avec cette personne. C'est du bonheur à l'état pur, on se sent vraiment vivre. * L'impression de flotter, d'être dans une bulle, et que plus rien n'existe autour.. * songea-t-elle.

Tu as le cœur qui bat à deux milles à l'heure... * Comme le mien à cet instant? * pensa Christabella en fermant fortement les yeux quelques secondes, comme pour se reprendre, mais son cœur ne cessait pas ses bonds et ses saut périlleux dans sa poitrine. ...des envies de prendre ton amour dans tes bras, ne plus le quitter. Mais il le faut pourtant, et là tout devient sombre, tu ne penses qu'à cette personne. * Comme quand je traine les pieds quand on se sépare? * se dit la jeune fille, en fronçant les sourcils. Tu penses à lui, tu rêves de lui, tu ne vois que lui, du moins tu espères qu'il soit là, près de toi, pour te glisser quelques mots à l'oreille, murmurer qu'il t'aime, et ton cœur te fera tellement souffrir lorsque ça arrivera, que tu en redemanderas. L'amour est terriblement douloureux, mais si agréable à vivre.

Ezrael poursuivit, mais ce fut d'une voix qui parut lointaine à Christabella, qui avait gardé les sourcils froncés, et semblait contrariée, à présent. Son coeur lui faisait mal, et ses mains tremblaient. Pour dissimuler ce tremblement, elle attrapa son livre, et mentalement, adressa une prière de pardon à Dieu. Qu'Il Lui pardonne d'avoir cédé aux pulsions de son corps. Elle ne parvenait pas à contrôler son petit cœur, surtout ces derniers mois. Elle s'en était voulu, et s'en voulait encore maintenant. Elle avait été faible, et prévoyait déjà d'aller se confesser, et de faire pénitence, pour oser convoiter un garçon qui n'était pas destiné à être son mari. Car elle ne devait réserver son corps et son cœur à un seul homme, son futur époux, et à personne d'autre. C'est comme cela qu'elle avait été élevée, et c'est la promesse qu'elle avait faite, renforcée par son appartenance au Club de Chasteté. La bague de pureté qu'elle portait au doigt semblait la bruler, et elle se sentait honteuse de ressentir une telle chose. C'était mal, n'est ce pas?
Elle ne savait même plus.

" Merci pour tes explications. " articula-t-elle sèchement.

Elle ne voulait pas être désagréable envers Ezrael, qui avait pris le temps de lui expliquer ce qu'était l'amour, elle était surtout furieuse contre elle-même. Déglutissant avec difficultés pour chasser le boule qui s'était logée dans sa gorge, elle inspira à fond, pinça les lèvres et se redressa, le dos raide.

" Bon, on reprend? " ajouta-t-elle sans parvenir à dissimuler son trouble.

Évitant soigneusement de regarder le jeune homme, elle s'humecta les lèvres, sans se rendre compte que ses yeux s'emplissaient de larmes.
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyMar 22 Mar - 21:45

    Ezrael ne quittait pas Christabella des yeux, et observait chaque expression de son visage angélique. Il ne disait mot, et la considérait seulement. Elle semblait complètement perdue et perturbée de ce qu'il venait de lui dire à propos de l'amour et des sentiments qu'ils pouvaient entrainer. Son visage crispé et préoccupé fit sourire Ezrael. Elle était exceptionnelle, et c'est ce qu'il appréciait chez elle. Jamais il ne rencontrerait quelqu'un comme elle, elle n'avait absolument aucun tact, ce qui faisait d'elle la personne la plus franche qu'il connaisse, et était telle une jeune enfant toute innocente, dans un immense monde plein d'embûches. Il l'adorait, et c'était réciproque. Pourtant, elle réagit soudainement très abruptement et sèchement envers lui. Et ce sans aucune raison apparente. Ezrael resta surpris et stupéfait en face d'elle. Il ne l'avait pas quitté du regard, mais avait seulement changé de posture. Il était déconcerté. Jamais elle ne lui avait parlé de la sorte. Qu'avait-il dit ou fait pour la mettre dans un tel état ? Ezrael faisait pourtant toujours très attention à son comportement et à son vocabulaire en sa compagnie, il savait qu'elle n'était pas n'importe qui et faisait de son mieux pour s'y prendre de la meilleure manière sans la troubler.

    Ezrael se redressa sur sa chaise, sans rien ajouter, il fixait seulement Christabella, le regard plongé dans le sien. Il était quelque peu vexé qu'elle réagisse comme elle venait de le faire. Ses explications n'avaient pas dû être à la hauteur des attentes de la jolie brune. Il attendait un signe de la jeune fille, quelqu'un chose, même un sourire. Il refusait catégoriquement de continuer la lecture de la pièce s'il n'avait pas d'explications valables. Soudain, Ezrael s'aperçut que les grands yeux noisette de Christa s'emplissaient de larmes. Son coeur se serra, et le fit soudainement souffrir. Il avait honte de lui-même, et se rendit automatiquement coupable de ce qu'il venait de faire subir à son amie. Il se leva alors rapidement, contourna la table. Il l'observa quelques secondes, et prit ses mains, qui tenait le livre qu'ils étaient venus étudier. Il la fit se lever, et la prit dans ses bras tendrement.

      « Viens là... Je m'excuse pour ce que j'ai pu te dire. Ne pleure pas j't'en prie, sinon je vais m'y mettre aussi. » ajouta-t-il avec un semblant d'humour. « Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi tu te mets dans cet état... Tu peux tout me dire, tu sais. »

    Ezrael se sentait terriblement mal, il avait envie de la consoler, et de comprendre ce qui lui était subitement arrivé. Il avait un peu de mal à comprendre ce qu'il avait bien pu lui faire. Il la serra tout contre lui, et posa sa tête sur la sienne, grâce à sa grande taille comparée à celle Christabella.

      « Tu sais, je tiens beaucoup à toi... »
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyJeu 24 Mar - 22:08

Depuis le temps qu'ils se connaissaient, Ezrael avait eu l'occasion de voir Christabella en proie à différentes émotions, même si cela ne faisait que quelques années -depuis leur entrée au lycée, en fait. Elle avait été heureuse à en rire aux éclats, elle avait été prise de fou rire, en sa compagnie. Elle avait également pleuré, lorsqu'il lui avait fait découvrir des films émouvants dont elle ignorait l'existence, parce que comportant souvent des scènes d'amour consommées en dehors des liens du mariage, faisant de ces merveilles cinématographiques des choses à dissimuler à ses yeux chastes et innocents. Elle avait été irritée, par exemple lorsque ses parents avaient entrepris de faire renvoyer son professeur préféré, Mr Sheffield, et même si la colère était un sentiment odieux, et à bannir, Ezrael l'avait vu furieuse. Il l'avait très -vraiment très- souvent vu perdue, et confuse, lorsqu'elle découvrait quelque chose de nouveau. Alors ce n'était pas vraiment une surprise.. ou plutôt, si. Car il n'avait jamais du la voir traversée par un tel déferlement d'émotions -de la confusion, de la frustration, de la colère, de la tristesse.
La jeune fille sentait le regard d'Ezrael sur elle, elle savait que son changement de comportement devait lui avoir sauter aux yeux, et à cet instant, elle l'imaginait très bien passant en revue ses dernières paroles, cherchant ce qu'il avait pu dire ou faire pour la troubler. Il faisait toujours très attention, et jusqu'à présent, pas une seule fois il n'avait eu une parole malheureuse à son égard, veillant à ne pas trop la choquer, sachant qu'elle n'avait pas été élevée de la même façon que lui. Sachant pertinemment que le ton qu'elle avait employée n'était pas naturel, consciente que les larmes qui perlaient à ses yeux étaient visibles, Christabella tenta de se dissimuler derrière ses cheveux, qui tombaient en rideaux devant son visage, mais Ezrael la connaissait trop bien, et il n'était pas prêt à laisser passer ça sans rien faire. D'un geste ferme, mais doux, il l'obligea à lâcher son livre, et à se lever. Ses bras s'enroulèrent autour d'elle. A ce contact, elle se raidit. Mis à part son père et ses frères, aucun garçon ne l'avait touché de cette façon. En vérité, les contacts physiques n'étaient pas vraiment tolérés, avec la voie qu'elle avait choisie, puisque seul son futur mari aurait le droit de posséder son corps. C'était son choix. Alors elle sentit tout son corps se tendre inconsciemment, mais Ezrael la tenait déjà contre elle. Peu habituée, Christabella se laissa peu à peu aller. Les bras de son ami l'encerclaient dans une étreinte chaude, et rassurante, et elle finit par se détendre complètement. C'était agréable. Relaxant. Un peu trop intime, mais de toutes manières, elle n'avait pas du tout envie de repousser Ezrael. Elle se sentait trop bien.

" Ce n'est pas toi. " souffla-t-elle au bout d'un long moment de silence.

Elle sentait le menton du garçon sur le haut de sa tête, et Christabella laissa quelques larmes couler, avant de les essuyer d'un geste avec sa manche.

" Ne t'excuses pas, tu n'as rien fait. " répéta-t-elle, mais elle ne put lever la tête, refusant de regarder Ezrael dans les yeux, parce que ce qu'elle s’apprêtait à dire était déjà assez difficile, et elle ne voulait pas perdre le peu de maîtrise qu'elle avait d'elle-même. " En fait, c'est ce que tu as dit sur l'amour. C'est familier. Je sais que c'est mal, mais je crois.. oui, je crois que je suis amoureuse. " avoua-t-elle finalement. Elle laissa un nouveau silence s'installer, puis releva la tête. Son visage était déterminé, mais ses yeux brillaient. " Je sais que c'est mal. S'il te plait, ne le dis pas à Cassandra. Si elle savait.. Nous avons fait le vœu de ne nous consacrer qu'à un seul homme, notre futur époux. Et si elle comprenait que j'ai cédé à l'appel de la chair, elle serait horrifiée. Et consternée. Et déçue. Et elle aurait raison. Cela doit rester entre nous, d'accord? Personne ne doit savoir que je suis devenue une Juliette, à ma façon. " plaisanta-t-elle avec un demi sourire, et elle haussa les épaules. " C'est douloureux. Tu avais raison. " ajouta-t-elle en se détournant, prête à s'asseoir à nouveau.

Elle avait volontairement omis de dire qui suscitait en elle des sentiments amoureux. Ezrael n'avait pas besoin de savoir.
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptySam 2 Avr - 18:57

    Ezrael fut quelque peu soulagé d'entendre les explications de son amie face à ce comportement étrange qu'elle avait adopté. Il était même presque heureux pour elle, malgré qu'elle était persuadée que c'était une véritable malédiction qui s'abatait sur son innocente existence, vide de péchés. Il relâcha son étreinte, et regarda la jolie brunette dans les yeux, les mains sur ses bras. Un sourire, qui se voulait réconfortant, s'afficha sur la visage angélique du garçon.

      « Hééé... » chuchota-t-il doucement. « Mais il ne faut pas t'en vouloir comme ça. C'est les choses de la vie - c'est complètement normal de ressentir de tels sentiments, et c'est même rassurant, je trouve. »

    Ezrael voulait à tous prix la rassurer, et la mettre en confiance, dans les nouveaux sentiments qu'elle pouvait ressentir dans son coeur de petite fille. Malgré ce que pouvait penser les gens de la jeune fille, Ezrael trouvait ce côté ridige et pur de Christabella vraiment attendrissant. Il fallait la prendre comme elle était -sans mauvais jeu de mot- et la respecter, voire la protéger. C'était probablement ça, qu'il appréciait le plus : retrouver un côté fraternel avec elle, et l'éduquer telle une petite soeur. Même si elle était devenue plus qu'une petite soeur à ses yeux.

    La vie de Christabella allait peut-être prendre une tournure toute nouvelle, si elle décidait de suivre ses intincts. Ce qui ne ferait pas forcément d'elle une vile peccamineuse. Une nouvelle fois, Ezrael serait auprès d'elle, pour la réconforter et lui expliquer qu'elle ne devait s'inquiéter que de ce qu'elle pensait, et ce qu'elle ressentait, dans le cas présent.

      « Je ne veux pas contredire la religion, ou même Cassandra, mais tu devrais écouter ce que te dis ton coeur, rien qu'une fois dans ta vie, parce que tu finiras par le regretter, je pense. Te consacrer à un seul homme, certes, mais comment peux-tu affirmer que celui qui semble te plaire au point de te faire pleurer, n'est pas l'homme de ta vie ? Et je ne sais pas vraiment ce que tu veux dire par 'te consacrer', mais pense que c'est peut-être quelqu'un de très respectable, et qu'il saura te considérer et considérer tes choix au détriment de... ses envies. S'il sait t'aimer comme il le faut, je pense qu'il saura le faire. Et sinon, je serai là ! Tu peux compter sur moi. » ajouta-t-il, tout sourire.

    Ezrael serait des plus fiers si sa jeune amie venait à surmonter ses peurs et même ses principes pour l'amour, et ce qu'elle avait dans le coeur. Cela signifierait qu'il n'y aurait vraiment rien de plus fort et beau que l'amour, et en tant que romantique averti, il serait heureux que les choses se terminent de cette manière, voire par le fameux : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Mais les choses n'en étaient pas encore là. Et étaient même bien loin d'y être ! Il sourit, tout comme le faisait Christa, qui cherchait tant bien que mal à améliorer l'ambiance, devenue morose. Puis, il posa une main délicate sur sa joue pour la réconforter.

      « Cela doit rester entre nous, d'accord ? Personne ne doit savoir que je suis devenue une Juliette, à ma façon. »

      « De toute manière, à qui veux-tu que j'en parle ? » déclara-t-il dans un rire.

    Ezrael se tenait toujours devant son amie. Il n'avait plus trop la tête à lire Roméo et Juliette, après de telles déclarations. Il préférait autant discuter avec Chris de sa nouvelle conquête, ou même d'autre chose, s'il le fallait. L'envie de travailler l'avait complètement quitté, il entamait plutôt une période digestive, où le repos d'imposait. Il reprit alors sa place, et interrogea son amie :

      « Parle-moi de lui ! »
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptySam 23 Avr - 19:28

Rassurant ? Peut-être que pour quelqu’un comme Ezrael, en effet, être amoureux pour la première fois, c’était rassurant. Cela pouvait expliquer l’étrange réaction de Christabella, qui pouvait se vanter de savoir garder son calme à peu près dans n’importe quelle situation –son éducation était telle qu’elle savait que céder au péché de la colère était honteux, et punissable par un aller simple vers l’Enfer. D’ordinaire, elle savait contenir les petites sautes d’humeur que seules les filles ont à endurer, par exemple. Mais en découvrant qu’elle avait des sentiments, et pour l’un de ses meilleurs amis, ce n’était pas facile à avaler, pour personne. Si en plus votre éducation et vos croyances ne vous permettent d’en aimer qu’un, pour toujours, cela devenait vite ingérable. Et face au texte de Shakespeare –pourquoi, mais pourquoi étudiaient-ils le théatre ce semestre ? Pourquoi pas plutôt les récits autobiographiques, ou peu importe, du moment que cela ne parlait pas d’amour ? Car feu William Shakespeare –Billy pour les intimes- avait su, des siècles plus tard, faire réaliser à une pauvre fille qu’en fait, elle était tout bonnement amoureuse. Oui, face à ce texte, Christabella avait compris, et elle avait mal réagi. Ezrael s’était senti coupable, à tort, et avait cherché à la consoler. Alors Christabella s’était sentie obligée de lui avouer qu’en réalité.. elle était amoureuse.

Bonjour la galère.

Car pour Christabella, être amoureuse n’avait rien de normal. Ou plutôt, elle était partagée. Une petit voix lui soufflait que c’était mal, que son corps et son cœur n’appartenaient qu’à l’homme qu’elle était destiné à épouser, où qu’il soit. Cette petite voix, qui ressemblait à s’y méprendre à celle de sa meilleure amie Cassandra, l’invectivait en la traitant de petite gourgandine aux hormones en folie, et Christabella se sentait honteuse. Elle se serait giflée.
Mais il y avait cette autre voix, qui lui chuchotait que non, cela n’avait rien d’anormal, qu’elle était libre d’aimer, et que même Dieu, dans Son immense bonté, ne pouvait obliger ses brebis à ne pas ressentir de sentiments. L’amour était-il quelque chose de mal ? Dans ce cas, la joie et la tristesse l’étaient tout autant ! Non, elle aimait, soit, et cela n’avait rien de répréhensible. Du moins, pas tant qu’elle ne salissait pas son corps en se vautrant dans la luxure comme ses camarades en jupette rouge le faisaient. Christabella tentait de se rassurer, mais c’est surtout la présence d’Ezrael qui la chamboulait. Le pauvre garçon, sans le savoir, sans le vouloir, avait renversé toutes les croyances de la jeune fille. Il n’était pas fautif. Et elle ne l’était pas non plus. Pas encore.

De plus, Ezrael n’avait pas totalement tort. Certes, elle se réservait à un seul homme, mais après tout, et comme il le disait si bien, ce garçon qui faisait battre son cœur pouvait très bien être son futur mari. En entendant ces paroles, prononcées sans arrière-pensée et destinées à la rassurer, Christabella eut envie d’en rire… de chagrin. Elle connaissait bien Ezrael, et sans le juger, elle savait qu’il aimait les filles. Comme tout garçon, et pas de façon désagréable ou indigne. Non, il sortait avec des filles biens, comme Madison, par exemple, et elle en était certaine, il n’avait certainement pas attendu le mariage pour céder aux appels de la chair. Malgré leur différence d’éducation, ils respectaient tous deux les croyances de l’autre, et Christabella ne trouvait rien à redire à la vie du garçon. Qui était-elle, pour juger ? Mais elle ne voyait aucune possibilité d’avenir avec quelqu’un qui n’avait pas été élevé de la même façon qu’elle. Saurait-il attendre le mariage avant de faire l’amour ? Respecterait-il son vœu de chasteté ? Quelle serait sa réaction par rapport à l’Eglise, qui tenait une place importante dans le cœur de Christabella ? Et les enfants ? La contraception était tabou chez les Gillespie, comme le montrait les dix-huit frères et sœur de Christabella. Qui aurait envie de s’engager avec quelqu’un qui avait un si lourd bagage de religions et de croyances ? Aussi, malgré les paroles du jeune homme, Christabella ne partageait pas son opinion, et resta silencieuse, alors qu’il lui promettait de ne rien dire. Avec un dernier soupir, elle voulut se replonger dans son livre, mais elle ne voyait plus que des lignes et des mots sans queue ni tête, et cela lui fit froncer les sourcils. Stupide bouquin ! Stupide Billy ! Stupides Roméo et Juliette ! Ah, si seulement elle avait pu rester ainsi à divaguer, son esprit vagabondant d’une idée à l’autre.. mais Ezrael ne voulut pas en rester là, et se pencha vers elle, lui posant la question fatidique et qu’elle n’avait même pas songé à redouter.

*Te parler de lui ? Et si je te mettais un miroir sous le nez, cela serait-il suffisant ? * songea-t-elle en écarquillant légèrement les yeux, perdue dans ses pensées, mais elle revint à la réalité, cligna une fois, deux fois des paupières, et abandonna son livre. De toutes façons, son pote Billy en avait assez fait pour aujourd’hui. Inspirant à fond, elle bloqua son souffle dans sa gorge, comme si elle cherchait par quoi commencer, puis le relâcha dans une longue expiration.

« Il est beau. » laissa-t-elle échapper sans réfléchir, et elle rougit à nouveau, consciente du coté naïf et ridicule de cette phrase. Si elle avait été avec Leah ou Madison –quoi que, plutôt Leah, à y réfléchir- elle aurait pu balancer ce genre de choses, mais face à un garçon ? La honte !
« Désolée, je voulais dire : il… bon, c’est ce que je voulais dire, il est beau. Selon tous les critères féminins en plus, pas seulement les miens. Quoi que je pense avec des critères assez proches de ceux des autres filles. »plaisanta-t-elle en faisant glisser une mèche de ses cheveux derrière son oreille, et elle cala sa joue dans le creux de sa main. « Il est très, très gentil. Il est également très respectueux, il parle toujours d’un ton posé, et ne crie pas à tort et à travers comme les autres garçons du lycée, qui ont une nette tendance à ne s’exprimer qu’en hurlant. » poursuivit-elle en plissant le nez en songeant à ses condisciples masculins, qui pas plus tôt qu’hier, alors qu’elle sortait de l’Eglise, lui avait hurlé des paroles indistinctes en la voyant en robe. « Il est drôle. Et très patient, enfin, avec moi, et il ne se moque pas quand j’ignore quelque chose que n’importe quelle fille devrait connaître, mais que je ne connais pas du tout parce que je sors d’une école privée catholique. » Elle laissa échapper un petit rire. « Et il chante bien, mais il ne sait pas que je l’ai déjà écouté en cachette. J’aime sa voix, et quand il me regarde, il a un air très sérieux et attentif. » Elle haussa les épaules d’un air fataliste. « C’est déjà pas si mal. » conclut-t-elle sans même s’apercevoir de tout ce qu’elle avait révélé sur ce fameux garçon qui faisait battre son cœur.
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyMer 27 Avr - 0:03

    Ezrael sentait que le sujet qu'il venait d'aborder était très sensible pour Christabella. Elle était tout sauf à l'aise, pour parler de ce garçon qu'elle semblait tant apprécier. Son regard était flou, incertain, et il sentait qu'il aurait fallu de très peu pour que les larmes ne montent une nouvelle fois aux yeux de la jolie brune. Il l'observait, dans chacun de ses mouvements, essayant d'analyser sa détresse et ses sentiments dans chacun de ses faits et gestes. Sa virginité dans ce domaine faisait doucement sourire Ezrael, qui avait l'impression de se revoir cinq ans plus tôt, paniqué d'écouter ce que son coeur lui murmurait. La vie d'adolescent amoureux est parfois très difficile à vivre, et il pouvait le lire dans les yeux de Christa... Elle posa délicatement son livre sur la table qui les séparait, et souffla doucement, en quête de courage et de soutien, au plus profond d'elle-même.

    « Il est beau » furent ses premiers mots pour le définir. Ezrael fut quelque peu surpris de si peu de tact de la part de son amie, qui était d'ordinaire très posée et modérée dans ses propos. Ses joues devinrent cramoisie, et le sourire d'Ezrael ne fit que s'accentuer. Il la laissa cependant poursuivre, écoutant avec attention. « Désolée, je voulais dire : il… bon, c’est ce que je voulais dire, il est beau. Selon tous les critères féminins en plus, pas seulement les miens. Quoi que je pense avec des critères assez proches de ceux des autres filles. » Ezrael ne put s'empêcher de rire face à cette hésitation. Ses yeux commençaient à pétiller. Sans s'en apercevoir, elle prenait confiance en elle. Ce qu'elle ressentait pour cet inconnu était tellement fort et passionné qu'elle en oubliait tout ce qui la tracassait auparavant. Elle réussissait même à prendre les choses avec humour, et affichait un charmant sourire qui illuminait son joli minois. « Il est très, très gentil. Il est également très respectueux, il parle toujours d’un ton posé, et ne crie pas à tort et à travers comme les autres garçons du lycée, qui ont une nette tendance à ne s’exprimer qu’en hurlant » ajouta-t-elle. Ezrael sourit de nouveau. Il était vrai que les garçons du lycée, et principalement les footballers, avaient tendance à communiquer haut et fort dans les couloirs, le tout avec des voix criardes et désagréables au possible... « Il est drôle. Et très patient, enfin, avec moi, et il ne se moque pas quand j’ignore quelque chose que n’importe quelle fille devrait connaître, mais que je ne connais pas du tout parce que je sors d’une école privée catholique » continua-t-elle, dans l'engouement de son récit. Alors qu'elle avait eu tout d'abord du mal à débuter, elle était à présent à l'aise dans ses propos, et ne se rendait plus vraiment compte qu'elle parlait. Les sourcils du garçon se froncèrent légèrement, se reconnaissant dans cette dernière phrase. C'était exactement la relation qu'il entretenait avec elle, et était soudainement tout aussi paniqué que l'était Christabella un instant plus tôt. « Et il chante bien, mais il ne sait pas que je l’ai déjà écouté en cachette. J’aime sa voix, et quand il me regarde, il a un air très sérieux et attentif. » Les choses se compliquaient. Ezrael ne pu s'empêcher de baisser les yeux, il déglutit et à son tour, son visage s'empourpra, et se crispa. Son coeur battait la chamade, et il n'osait plus bouger. Qu'était-il en train de lui arriver ? De leur arriver ?

    Christabella termina alors sa description. Elle n'avait apparemment pas réalisé le contenu de ses propos, et Ezrael s'en sentait à présent affecté. Il fit alors de son mieux pour ne rien laisser transparaitre, et afficha son plus beau sourire. Il était perdu, partagé et incertain. Avait-il vraiment entendu ce qu'elle avait dit ? S'était-il imaginé toutes ces paroles ? Ezrael se surprenait à penser au et après ?. Son coeur lui découvrait des sentiments alors inavoués et complètement inconnus. Mais les ressentait-il vraiment ? Ou n'était-ce que de fausses idées, construites de rien ? Des illusions recréant un mauvais Roméo et Juliette...

    A l'écoute, sérieux, calme, attentif, beau, patient, et il chante bien. Qui pouvait-il bien être ? Ezrael listait chaque garçon qu'il connaissait, essayant de trouver ce bellâtre. Il pensait connaitre tous les amis de Chris, mais apparemment, ce garçon lui était passé à côté. Ce qui semblait pourtant étrange, étant donné du cercle amical masculin assez restreint de la belle, qui refusait souvent leur présence. Il n'en était pas moins heureux pour la belle, qui semblait à présent sereine, après avoir parlé de ce garçon. Ezrael se retrouvait derrière chacune des descriptions, mais les choses étaient telles qu'il ne pouvait être celui qu'elle aimait. Trop de choses les unissaient. C'était son amie, et même plus encore, elle était presque une petite soeur pour lui. Comment se faisait-il qu'après trois ans d'amitié et d'échanges sans tabou, son coeur commençait-t-il seulement à lui en faire voir de toutes les couleurs ? Ezrael se sentit soudainement nauséeux, mais son instinct lui dictait de s'abstenir, et de rester près de la jolie brunette.

      « Et tu comptes lui en parler ? » demanda-t-il, essayant de cacher le malaise qui était apparu.
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyJeu 28 Avr - 23:33

Il est vrai que d'avoir évoquer le garçon qui, elle en avait la certitude maintenant, faisait battre son cœur, avait calmé Christabella, et elle se sentait beaucoup mieux. Bien sûr, au début elle s'était sentie affreusement mal à l'aise, parce qu'il ne s'agissait pas seulement de parler du garçon qui lui plaisait à n'importe qui. Elle avait du expliquer à ce fameux garçon, celui qui avait éveillée en elle ses premiers sentiments amoureux, ce qu'il aurait pu deviner rien qu'en regardant son reflet dans un miroir. Mais Ezrael ne savait rien des sentiments qui animaient Christabella, et la jeune fille ne comptait certainement pas le lui dire. Emportée dans son élan, elle avait oublié la panique qu'elle avait ressentie après avoir compris qu'elle était tombée amoureuse de son meilleure amie. Maintenant, elle repensait à ce qui lui plaisait chez Ezrael, et inconsciemment, elle pris la décision de ne jamais, jamais rien dire au garçon. Parce que même s'il faisait battre son cœur, même si Ezrael avait réussi à faire flancher ses bonnes résolutions, il était avant tout son meilleur ami. Son seul ami garçon, d'ailleurs. Il avait été là pour leurs premiers pas au lycée, et il avait été là pour l'aider à s'adapter, elle qui sortait d'une école privée. Et Christabella, qui n'avait jamais côtoyée d'autres garçons que ceux de sa famille, s'était sentie à l'aise avec lui, presque immédiatement. Peut-être que c'était ça, qui l'avait fait craquer. Peut-être était-ce le signe qu'ils étaient fait pour être ensemble.
Mais non, c'était impossible. Trop de différences, trop de choses les éloignaient l'un de l'autre. Ils ne pouvaient qu'être amis, parce qu'il la respectait elle et ses choix, ses convictions, mais ces mêmes convictions seraient une barrière. Ils n'étaient pas destinés l'un à l'autre.

Ayant terminé sa tirade, Christabella resta songeuse et silencieuse, mais elle ne savait pas si elle devait sourire ou être triste. Elle ne remarqua pas immédiatement qu'Ezrael aussi ne disait rien. Par automatisme, elle glissa sa main dans son paquet de bonbon, et en grignota un, le regard fixé sur sa trousse. Les minutes s'égrenèrent dans un silence total, seulement parfois troublé par du bruit qui provenait du couloir. Inspirant à nouveau profondément, la jeune fille se laissa aller à quelques rêveries. Le bal de la Saint Valentin approchait à grand pas, et partout dans le lycée des affiches apparaissaient. Les couples se formaient, et les filles ne parlaient que des robes qu'elles porteraient lors de la soirée. Bon, les garçons, quand à eux, ne parlaient que de celles qu'ils allaient pouvoir mettre dans leur lit, mais pour l'instant, les conversations que Christabella avait pu capter dans les couloirs étaient surtout axées sur les robes, et l’élection de Roi et Reine. Christabelle elle-même s'était arrêté devant une boutique, en allant faire une course pour sa mère, et elle était resté devant la vitrine, à regarder les robes. Des robes qu'elle jugeait très osées, voir trop. Décolletés, épaules dénudées, jambes dévoilées.. Dieu la jugerait indigne de Le rejoindre au Paradis si elle osait s'affubler de la sorte. Les filles se devaient d'être décente, et même l'été, Christabella ne portait que des jupes aux genoux, et même son maillot de bain était un une-pièce que n'importe quelle autre adolescente qualifierait de maillot de grand mère.
Mais face à ces robes, elle s'était elle-même imaginée en train d'en porter une, le soir du bal. Une robe rose, peut-être. Ou bleu, sa couleur préférée. Une couleur douce et pure. Une longue robe, simple mais élégante, et elle aurait fait son entrée, au bras d'Ezrael. Et alors, il se serait tournée vers elle pour la complimenter, et il se pencherait vers elle pour poser ses lèvres sur sa joue...

Elle revint brusquement à la réalité lorsqu'Ezrael, qui était resté étrangement silencieux, lui demanda si elle avait l'intention de parler à ce fameux garçon dont elle venait de faire les éloges. Christabella avala son bonbon, et sentit ses joues la bruler. Non seulement elle s'était laissé, osant rêver de choses interdites au sujet d'un garçon, mais en plus, et elle venait à peine de s'en rendre compte, elle allait devoir s'enfoncer dans le mensonge. Parce que maintenant qu'Ezrael était au courant de ce qu'elle traversait, et en excellent ami qu'il était, il lui poserait régulièrement des questions, pour s'assurer que tout allait bien. Oui, c'était tout à faire le genre du garçon, mais il était évident que Christabella allait devoir lui mentir, peut-être pas tout le temps, mais pour éviter de trop en dévoiler. Et le mensonge.. Christabella ne mentait pas. Jamais. Elle omettait la vérité en ne disant pas à Ezrael qu'elle l'aimait, mais s'il avait le malheur de lui poser les bonnes questions, et bien elle serait dans l'obligation de lui mentir, pour que jamais il n'apprenne ce qui se passait vraiment dans son petit cœur d'adolescente.
Elle se contenta de secouer la tête.

" Jamais. " laissa-t-elle échapper, et elle s'éclaircit la gorge. " Je ne lui dirais jamais ce que je ressens. Parce qu'il ne m'aime pas. " souffla-t-elle avec fatalité.

Consciente que l'atmosphère avait changée, et que les choses prenaient une tournure assez triste, elle hocha la tête avec un sourire.

" Mais ne t'en fais pas. C'est mieux comme ça. Parce que je ne voudrais pas briser l'amitié qu'il y a entre lui et moi. Et puis, je n'ai pas envie de terminer comme Juliette. Le suicide ferme les portes du Paradis. " ajouta-t-elle avec humour.

Oui, Ezrael ne devait pas savoir. Elle allait devoir apprendre à vivre avec ce qu'elle ressentait, mais elle ne voulait absolument pas briser ce lien si particulier qu'il y avait entre eux. Il était son meilleur ami, et ne serait jamais rien de plus. Et tant pis pour ce que son cœur lui soufflait.
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyDim 1 Mai - 15:21

    Un long silence s'était installé dans la pièce. C'était bien la première fois qu'un tel malaise était présent entre eux deux, et ça en devenait vraiment étrange. Pourtant, ni l'un ni l'autre ne souhaitait apparemment parler. Christabella était prise dans ses pensées, à rêver de celui qui faisait balancer son coeur, quant à Ezrael, il était perdu dans ses sentiments, ses impressions, ses peurs, même... Sa tête tournait, et il avait bien du mal à se concentrer sur ce qu'il se passait autour de lui. Il avait posé une question à la jolie brune, et il sentait qu'elle était d'autant plus perturbée par celle-ci que par les sentiments qu'elle venait d'avouer. Ses yeux qui s'étaient adoucis quelques minutes plus tôt, étaient redevenus inquiets, et ses joues rosées s'empourprèrent de plus belle. Mais pourquoi s'était-il entêté à lui en demander plus à ce sujet ? Ne pouvait-il pas garder sa curiosité pour lui, et s'occuper plutôt de ses affaires ? Le fait de voir Christabella aussi embarassée mettait Ezrael dans un état de gêne dans égal. Il s'en voulait énormément, et souhaitait que tout ceci cesse, et que leur relation reste ce qu'elle avait toujours été, c'est-à-dire une amitié sans complication, pleine de simplicité et de complicité.

    Le destin en avait apparemment décidé autrement pour Ezrael. Son coeur continuait de taper violemment dans sa poitrine, et ses mains devenaient moites. Il connaissait tout ceci, ce que son coeur lui témoignait, à travers tant d'ardeur. Et il se demandait surtout pourquoi maintenant, et pourquoi Christabella ?... Peut-être était-ce l'effet Roméo et Juliette, comme l'avait un peu présenté la brunette. Ou peut-être n'avait-il pas réagit avant. On ne tombe tout de même pas amoureux en l'espace de dix secondes au bout de trois ans d'amitié. Ils étaient dans la réalité, pas dans l'un de ces contes pour enfants... Peut-être bien que c'était sa définition de l'amour qui avait révélé ces sentiments. Mais peut-être aussi que s'il arrêtait de faire des suppositions sans aboutissement, les choses pourraient changer pour lui. C'est pourquoi Ezrael se reprit. Il prit doucement une grande bouffée d'air, et écouta Chris lui répondre. Il n'ajouta rien de plus à sa réponse. Après tout, il n'y avait pas grand chose de plus à dire. Ezrael n'avait pas spécialement envie de la voir accrochée au bras d'un autre garçon que lui, lors du bal de la Saint Valentin. C'était une réaction complètement égoïste de sa part, mais c'était ce qu'il ressentait. Il se ferait bien à l'idée qu'un jour elle serait peut-être avec ce type dont elle avait longuement parlé, mais c'était trop frais pour lui pour qu'il puisse s'y résoudre... Mais d'ailleurs... Qui allait l'accompagner pour le bal ?

    Au même moment, la cloche de l'école retentit. Il était temps pour eux de rejoindre leurs classes respectives. Ezrael avait biologie avec Ashton Kinney, et il n'était pas question d'arriver dix minutes en retard. C'est pourquoi il regarda précipitamment sa montre, par habitude, et lâcha un léger juron. Heureusement pour lui il était dans la bonne partie du lycée. Le jeune homme regarda alors Chris dans les yeux, et lui adressa un sourire quelque peu timide. Il était à la fois soulagé et embêté de devoir quitter cette salle. Il était complètement confus dans ses sentiments, et ne savait pas encore bien ce qu'il faisait. Après avoir rangé toutes ses affaires, il fit la tour de la table, déposa un délicat baiser sur le front de Christabella, et ferma les yeux, empêchant une larme de couler sur son visage. Il se redressa, et prit le chemin de la sortie.

    Arrivé dans le couloir, il s'arrêta soudainement, et revint sur ses pas, sans même savoir ce qu'il faisait. Il voulait lui parler, peut-être même lui dire, tout lui avouer. Il en avait gros sur le coeur, et était tellement mal à l'aise de devoir lui mentir, à Elle. Elle était un peu devenue une religion à elle tout seule, pour Ezrael. Il espérait qu'elle ne soit pas encore partie, pour pouvoir lui parler. Il courut sur les quelques derniers mètres, et s'arrêta sur le pas de la porte.

      « Chriiis ! Je... Tu... »

    Une hésitation...
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyLun 2 Mai - 0:43

C'est presque avec soulagement que Christabella entendit la sonnerie, ce qui était assez inhabituelle. D'ordinaire elle adorait passer du temps avec Ezrael, et elle recherchait même sa compagnie. Ils se voyaient pratiquement tous les jours, à part le week-end, et Christabella aimait ça. Elle aimait voir le jeune homme, et il était d'ailleurs son seul et unique ami masculin. Elle fuyait la compagnie des autres garçons, et même si elle restait toujours très polie et aimable avec ceux qui lui adressaient la parole, elle ne se sentait pas vraiment à l'aise avec la majorité des adolescents du lycée. A part Ezrael, qui lui seul l'avait immédiatement mise en confiance, et cela faisait maintenant trois ans qu'ils étaient amis. Trois années pendant lesquelles ils s'étaient considérablement rapprochés l'un de l'autre, mais leur relation était restée très simple, amicale, et sans aucune ambiguïté. Ezrael était toujours resté très respectueux, et n'avait jamais mis Christabella dans l'embarras. Il respectait ses choix mieux que n'importe qui dans l'entourage de la jeune fille n'ayant pas décidé de suivre la même voix qu'elle. Et Christabella, de son coté, l'avait presque considéré comme un membre de sa famille. Elle n'avait jamais été choquée en voyant Ezrael avec une fille, quand bien même elle prônait l'abstinence jusqu'au mariage. Ils s'acceptaient, sans même réfléchir. Et cela convenait à merveille à la jeune fille.
Pourtant, les choses avaient légèrement changées ces derniers temps. Elle s'était mise à éprouver de drôles de sentiments en présence d'Ezrael. Et après la conversation qu'ils venaient d'avoir, elle avait compris ce qui lui arrivait : elle était amoureuse de son meilleur ami. Et c'est avec bonheur que la sonnerie lui offrait une échappatoire, et elle leva les yeux au plafond en l'entendant, comme si l'alarme était juste au dessus de sa tête.

Ezrael ramassa ses affaires, tandis que Christabella retenait un soupir. De soulagement, de regret? Impossible à déterminer, mais elle sentait qu'elle ne pouvait pas rester en compagnie du garçon pour l'instant. Une fois qu'elle aurait pris le temps de digérer la nouvelle, une fois qu'elle saurait comment gérer ses nouveaux sentiments, tout rentrerait dans l'ordre. Enfin, presque. Elle aimait Ezrael, mais elle s'efforcerait de ne rien changer à leur relation. Et surtout, surtout, personne ne saurait jamais rien de ce qui se passait. Ni Cassandra, ni Madison, ni Leah, et surtout, surtout pas Ezrael lui même.

Ezrael se leva alors, et avec un baiser sur le front de Christabella, finit par quitter la salle, laissant la jeune fille seule avec elle-même. Lâchant cette fois le soupir qu'elle avait retenue, elle sembla s'affaisser sur elle-même, et déglutit. Il lui restait quelques minutes avant la seconde sonnerie, et elle avait cours de mathématique avec Mr Sheffield. Cela lui remonterait grandement le moral de voir son professeur préféré, et l'anglais l'accueillait toujours avec le sourire. Oui, elle irait mieux après ses deux heures de math. Tendant la main, elle attrapa sa trousse, son livre, et fourra le tout dans son sac qu'elle referma d'un geste sec. Elle repoussa sa chaise et tout en hissant son sac sur une épaule, récupéra son sachet de bonbon. C'est à ce moment là qu'Ezrael refit son apparition, et ne s'y attendant pas, Christabella sursauta, à tel point que ses bonbons tressautèrent et quittèrent leur emballage plastique pour aller s'écraser au sol, près des bottes de la jeune fille.

" Tu m'as fait peur! " s'exclama-t-elle en clignant des yeux, le souffle court, mais elle se reprit bien vite et laissa échapper un rire en contemplant ses bonbons par terre. " Bon, de toutes façons la gourmandise est un péché. " résuma-t-elle en reposant son sac sur la table, et s'agenouillant, elle releva les yeux vers Ezrael. Finalement, elle s'en sortait plutôt bien, parce que même si son cœur battait la chamade dans sa poitrine, à tel point qu'elle craignait qu'il bondisse pour aller danser la salsa sur le bureau, elle parvenait à rester naturelle. Pourtant, Ezrael semblait hésiter, et elle le fixa sans bouger. " Qu'est ce qu'il y a? Tu as oublié quelque chose? "
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MessageSujet: Re: 05. New Rom' and Jul'   05. New Rom' and Jul' EmptyLun 2 Mai - 22:38

    Ezrael était dans l'embrasure de la porte, et avait malencontreusement effrayé Christabella. Il en était désolé, et en temps normal se serait mille fois excusé, et serait venu l'aider à ramasser ce qu'elle avait fait tomber. Mais là, tout était différent. Il était bloqué, stoïque, dans l'impossibilité totale de bouger. Pourquoi était-il donc revenu dans cette salle ? Quelle idée lui était donc passée par la tête ? Il savait à présent qu'il avait fait une erreur en revenant sur ses pas. Il avait eu une impulsion, quelque chose d'inexplicable et d'incontrolable qui lui avait hurlé de revenir vers elle et de se déclarer, de la prendre dans ses bras, de l'embrasser, même. Mais face au minois angélique de la demoiselle, il était dans une complète incapacité. Même s'il avait réfléchit à son acte, jamais il n'aurait pu agir de la sorte, ça ne lui ressemblait pas. Mais il fallait dire que rien de ce qu'il faisait ces derniers jours ne lui ressemblait. Il était perdu dans ses pensées incessament, avec cette histoire de bal que tout le monde n'arrêtait pas de ressasser encore et encore. Sans qu'il sache pourquoi, il était lui aussi, stressé par cet évènement, qui arrivait à grand pas...

    Ezrael regardait Christa, à genoux, en train de ramasser le reste de bonbons, jonchés sur le sol. En temps normal il aurait probablement dit : « tu sais, ça ne sert à rien de les semer, ça ne poussera pas... », ou quelque chose de tout aussi stupide, de manière à détendre l'atmosphère, et rendre cet incident banal et mineur, mais les mots refusaient de sortir. C'est alors que la jolie brune ramassa la dernière des fraises gélifiées, et se releva avec grâce, comme elle savait le faire. Il restait étrangement silencieux, mais ne savait que dire, ni même que faire... Elle posa alors son regard sur lui, et l'interrogea :

      « Qu'est ce qu'il y a ? Tu as oublié quelque chose ? »

    Il baissa alors le regard, considérant ses pieds. Il devait affronter ses peurs, il n'avait plus le choix. Plus moyen de faire demi-tour, à présent. Ezrael avait agi de manière tellement étrange ces quinze dernières minutes, qu'il était normal qu'elle commence à se poser des questions. Même si elle-même avait été perturbée par sa déclaration de sentiments, elle avait ressenti le malaise qui s'était abattu dans la salle, et ce silence laissé par le jeune homme devenait de plus en plus étrange. Même pour lui. Il se rendait compte qu'il y avait urgence, il devait ouvrir la bouche, faire sortir un son, n'importe quoi. Il devait prendre son courage à deux mains, et ne surtout pas s'enfuir en courant...

      « Oui, j'ai... » Sa gorge se serra soudainement, l'empêchant de continuer. Mais il se reprit, et continua, non sans baisser d'un ton. « J'aimerais te demander quelque chose... »

    Qui est ce garçon de qui tu parlais ? Pourquoi tu ne m'as jamais dis qu'il y avait une autre qui t'aide à t'intégrer dans ce lycée de fous ? Et pourquoi je ne suis pas ce garçon ? Les questions fusaient dans sa tête. Il aurait voulu toutes les lui poser, et connaitre les secrets de Christabella. Elle n'avait pourtant pas l'habitude de lui cacher des choses, et celle-ci était tellement énorme qu'il finissait par être vexé qu'elle ne lui ai même pas dit qui c'était. En y réfléchissant, il ne lui avait pas demandé non plus. Mais souhaitait-il vraiment le savoir ?... Tant de choses lui déchirait l'esprit, qu'il était de plus en plus difficile pour lui de penser à ce qu'il disait. Il finit pourtant par poser sa fameuse question. Laissant de côté celles qu'il avait l'intention de poser au premier abord...

      « ... Veux-tu venir au bal avec... moi ? »

    Entre temps, il lui avait pris tendrement les mains, espérant qu'elle accepte. Il aurait aimé que les choses soient plus faciles avec elle, que tout soit évident. Pourtant rien ne coulait de source... à son plus grand désespoir. L'amour était bien plus compliqué que dans ses souvenirs.

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