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 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)

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MessageSujet: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyDim 24 Avr - 19:04

06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) Gale 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) Ecat

Lorsque la sonnerie du réveil se fit entendre, Gale émergea lentement d’un sommeil agité, confirmé par les draps froissés et la sueur qui ruisselait sur son front. Comme à l’accoutumée, il ouvrit timidement ses paupières, dans l’espoir de retrouver le décor de sa vieille chambre. Dans l’espoir que tout ça –le déménagement, la nouvelle ville, la nouvelle école- n’était rien d’autre qu’un vulgaire cauchemar qui se terminait enfin. Immanquablement, cet espoir fut anéanti lorsque ses yeux fixèrent le plafond fraichement repeint de sa nouvelle chambre. Déglutissant avec peine, le garçon se pencha vers son radio réveil qui affichait 7:00. Il se levait souvent tôt, mettant à profit son temps libre pour aider ses parents dans leur installation, mais là, c’était différent. S’il rechignait autant à se lever, c’était parce qu’aujourd’hui était son premier jour d’école. Un jour qu’il avait beaucoup appréhendé depuis qu’il avait visité les lieux à son inscription, quelques jours plus tôt. Bien que pragmatique en toutes circonstances, Gale avait senti que McKinley était bien loin du lycée paisible où il avait entamé ses études. Tout là-bas laissait présager une politique du plus fort qui réduisait à néant ses chances de traverser tranquillement les couloirs sans attirer l’attention. Une hantise inextricable qui avait même fini par devenir l’objet de certains de ses cauchemars, dans lesquels il subissait la sentence dont il avait été témoin : se faire balancer dans les conteneurs à ordures, en public. Et même si le jeune homme savait se défendre, il craignait sérieusement de ne pas faire le poids face à une horde de footballeurs en furie.

Une douche froide apaisa légèrement le jeune homme et fit disparaître cette sempiternelle boule au ventre. Furetant dans les placards pour attraper une tenue de circonstance, il repensa à cette scène d’humiliation qui le minait tant. A bien y réfléchir, peut-être que tout ça n’était réservé qu’aux vrais ringards, ces élèves carrément décalés que même dans son ancien lycée on prenait plaisir à montrer du doigt. Avec un peu de chance, si son style vestimentaire se fondait dans la masse, peut-être que lui aussi se fondrait dans la masse. Mais cette combine n’était pas suffisante, il lui faudrait aussi faire preuve de beaucoup d’objectivité dans sa manière d’être. En l’occurrence, ne pas se faire remarquer, se taire, et rester discret en classe. Lui qui était né acteur savait chacun de ses faits et gestes crédible, mais les élèves de McKinley verraient-ils ça du même œil ? Il était trop tard pour y réfléchir, car l’heure avançait et Gale doutait qu’arriver en retard le premier jour soit là encore vu d’un bon œil. Surtout qu’il n’avait pas pour autant laissé tomber ses velléités d’être assidu en cours et de réussir sa scolarité. Saluant tendrement ses parents tout excités, le jeune homme esquissa un sourire forcé avant de se glisser dans sa voiture pour partir. Il profita du trajet pour chantonner sur la discographie de Ben Harper, un rituel qui le détendait fortement, mais qui à cet instant ne parvint qu’à camoufler davantage son ressentiment. Une fois arrivé sur le parking du lycée, Gale ne tarda pas et prit la direction du hall d’entrée, d’un pas circonspect. Assaillants et victimes étaient de nouveau au rendez-vous, mais cette fois-ci Gale était beaucoup trop défiant pour scruter la scène. Il se contenta d’avancer jusqu’à pénétrer dans l’enceinte du lycée.

Le blondinet s’abstint de pousser le moindre soupir en signe de soulagement lorsqu’il passa la porte d’entrée. D’une part parce qu’il savait qu’être à l’intérieur ne le protégeait nullement de toute autre sorte de bizutage et d’autre part parce que son jeu d’acteur le lui interdisait. Il s’accorda malgré tout quelques secondes de répit pour attraper son emploi du temps et mémoriser dans quelle salle il allait assister à son premier cours. L’instant d’après, il prit la direction du couloir du gauche, puisque c’était par-là que se trouvait la fameuse classe. Portant son sac sur une seule épaule, Gale affichait un air plutôt confiant, suivant la trace des élèves qui marchaient quelques mètres devant lui. De cette manière, les élèves qui étaient postés à leur casier n’avaient que brièvement l’occasion de l’apercevoir et donc éventuellement de ragoter à son sujet. C’était plutôt facile, en fin de compte. Beaucoup trop facile au goût du jeune homme qui, dans un élan de lucidité, perdit pied. Distrait, il ne remarqua pas une seule seconde que le groupe d’élèves qu’il suivait venait de s’écarter pour laisser passer quelqu’un, et pressa à l’inverse le pas. Lorsqu’il reprit ses esprits, Gale réalisa qu’il était trop tard. La collision était inévitable.

« Attentionnnnn !!! » eut-il à peine le temps d’avertir.



Dernière édition par Gale Hemmens le Jeu 28 Avr - 21:12, édité 1 fois
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyLun 25 Avr - 17:17

A Lima, dans l’Ohio, l’hiver arrive tôt puis, il s‘installe : d’abord, le froid puis le vent et enfin la neige. Habitués aux petites chutes depuis le mois de décembre, les habitants s’y accommodent. Ils équipent leurs voitures et sortent bien couverts, rien ne les arrête. Le froid, rien de mieux pour se remettre les idées en place, vous diront-ils. Pourtant, aujourd’hui, le soleil enveloppe la quasi-totalité de la ville. Le thermomètre semble avoir augmenté de quelques mesures et les routes sont sèches. Rien à voir encore avec une journée d’été, certes, mais, le printemps semble vouloir se frayer un chemin et s’imposer — plus que quelques semaines à tenir encore et il pointera le bout de son joli nez.

Dans le centre-ville, en face du musée, l’immeuble surplombant l’angle nord de la rue commencent à s’animer : au rez-de-chaussée, on entend une mère de famille crier sur son fils pour qu’il accélère le mouvement alors qu’au cinquième, le trentenaire qui est rentré tard la veille continue sa nuit paisiblement, sans se soucier de l’heure qu’il est. Au troisième, en revanche, tout est calme. Pas un bruit, pas de pleurs, ni de cris. Au 314, la porte s’ouvre : Ecaterina en sort, la hanse de son sac en bandoulière délicatement posé sur son épaule, une tartine de confiture de framboise qu’elle maintient habillement entre ses dents lui laissant une petite trace rose et collante sur sa joue droite. Elle referme la porte lentement. Le week-end a été long, surtout pour son frère. Leur prestation au « Rising Sun » a été un franc succès, mais, cela l‘a épuisé. Il faut dire qu’il ne ménage pas ses efforts pour subvenir aux besoins de sa petite sœur. Ce qui est ridicule quand on sait que leur père leur envoie suffisamment d’argent pour subsister et qu’elle-même travaille dans la librairie des vieux quartiers. Enfin, cela doit être une question de fierté sûrement. À vrai dire, elle n’en sait trop rien. Fermant un œil tout en claquant la porte avec délicatesse, l’adolescente retint sa respiration pendant ce long périple et une fois sûre d’être parvenu à en sortir victorieuse, elle lâcha la poignet tout en croquant dans son toast grillé : une nouvelle journée d’école est sur le point de commencer.

Le lycée, elle s’y était faite, finalement. Au départ, elle l’avait tellement craint que plusieurs fois l’idée de tout abandonner lui avait frôlé l’esprit et puis, avec le temps... Cat n’aimait pas spécialement ça cela dit. Elle rejetait en bloc toute cette haine stupide que ses camarades avaient les uns envers les autres et elle ne la comprenait pas, mais, devait vivre avec. Même s’il lui arrivait de s’opposer aux techniques barbares de ses condisciples qui consistaient à humilier un élève plus faible que les autres et bien, elle admettait aussi volontiers qu’elle parvenait aisément à ignorer toutes ces lois mesquines, stupides, inhumaines et répugnantes que certaines cliques du bahut se faisaient un plaisir d’instaurer dans le but de mener la vie dure aux petites gens, comme elle -tu parles.

Dévalant les escaliers de l’immeuble, Ecaterina oublia de se frotter la joue toute poisseuse de confiture et se hâta de rejoindre la rue où le bus scolaire l’attendait. Non, elle n’avait pas de voiture, elle avait tout bonnement refusé de passer le permis de conduire. Cat ne le voulait pas, se jugeant trop maladroite pour tenir le volant d’un véhicule. La vie des habitants de Lima en dépendait et elle était certaine que la couleur orange moche des uniformes des prisonniers ne lui irait pas, alors elle préférait attendre et gagner en confiance plutôt que de renverser sans le vouloir ce pauvre Jacob Ben Israël se promenant sur sa trottinette à moteur -à cette pensée, elle fronça le nez.

Sortant de l’immeuble, Cat prit une grande bouffée d’air frais. Emmitouflée dans sa veste d’hiver, elle plissa les yeux à cause des rayons du soleil qui l’éblouissaient. Elle adorait le soleil. Élargissant son sourire en constatant qu’une belle journée été sur le point de se dérouler, elle fouilla dans son sac un moment et en sortie une paire de lunettes de soleil qu’elle n’avait pas utilisée depuis d’été dernier. Tant pis si elle avait l’air stupide avec sa veste chaude et ses lunettes ! Elle les chaussa avec élégance, sans se soucier du regard des autres comme d'habitude. Arquant un sourcil, elle se mordilla la lèvre, les mit convenablement devant ses yeux et fièrement, releva la tête. Contemplant le trottoir en face, l’adolescente se ressaisit quand le bus s’arrêta devant elle et que les portes s’ouvrirent brusquement. Balayant sa frange d’une main sûre, elle grimpa dans l’engin, ignorant les rires goguenards de ses camarades puis, elle alla rejoindre sa place habituelle.

Les regards insistants ça aussi, elle s’y était faite, mais, il lui fallut beaucoup plus de temps. En réalité, bien qu’elle essayait de se convaincre du contraire, Ecaterina avait encore un peu de mal avec cette action grotesque qu'était de toiser une personne sur son simple passage : elle détestait ça. Toutefois, c’était son quotidien ; au lycée, on la regardait parce qu’elle était jolie. On la regardait parce qu’elle connaissait par cœur « La mégère apprivoisée » de Shakespeare ou encore, on la regardait parce qu’elle était amie avec le quarterback de l’équipe de foot du lycée. En somme, on la regardait tout le temps -elle qui souhaitait à tout prix qu’on ne le remarque pas, elle s’était vite rendu compte que son entreprise avait lamentablement échoué. Pourtant, elle se donnait tellement de mal pour qu’on l’ignore et que l’on ne s’intéresse pas à elle. Glissant ses lunettes sur le haut de sa tête, relevant sa frange au passage, la jeune fille chercha à nouveau dans son sac. Cette fois, elle en dégagea son iPod, sans prêter attention aux autres. Ne prenant pas part aux conversations de ses camarades qui hurlaient dans tout les coins, la jolie jeune fille fourra avec une feinte arrogance, les écouteurs dans ses oreilles mit l’appareil en route, et ferma les yeux : dommage, le bus s’arrêta.

Se redressant quand il cala violemment devant l’entrée du lycée, Cat rouvrit les paupières remarquant que les autres descendaient déjà. Patientant un instant, elle garda ses écouteurs puis après un moment se leva avec nonchalance. Une fois arrivée à l’extérieur, Ecaterina descendit du bus : des têtes se tournèrent vers elle, la toisèrent sans ménagements. La blondinette les regarda avec condescendance, rechaussant ses lunettes alors que dans ses oreilles, la chanson qu’elle avait programmée débuta -sans attendre plus longtemps, elle s’engagea dans l’allée.

Qu’avait-elle en première heure de cours, ce matin ? Marchant d’un pas soutenu, Ecaterina se laissa distraire par la voix beuglante d’une chanteuse de pop qu’elle ne connaissait pas -pourquoi l’avait-elle dans son lecteur, au juste- et montant en petite foulée les marches de l’escalier principal, elle se dirigea machinalement vers la porte du hall d’entrée. Comme à l’accoutumée, les couloirs étaient bruyants. Du moins, c’est-ce qu’elle s'imagina en remarquant Trevor McClusky imiter un lion — où était-ce un ours — dans un coin des casiers, sur sa gauche. Roulant des yeux en constatant à quel point son cas ne s’arrangeait pas, elle continua son chemin tranquillement. Ecaterina ne passerait pas à son casier ce matin, se souvenant soudain qu’elle avait maths et que ses livres étaient dans son sac, elle progressa lentement vers la salle de classe. Au fond, le lycée avait quelque chose de rassurant — ses yeux croisèrent ceux de Sue Sylvester qui passait par là — hum ou peut-être pas, en fait. Écarquillant les yeux tout en secouant la tête, Cat posa une main sur sa joue toute collante : qu’est-ce que c’était que ça ? Tâtant fébrilement sa joue, l'adolescente fronça les sourcils, plutôt inquiète — avait-elle eu la varicelle étant enfant ? Touchant et appuyant fermement sur sa peau, elle jugea (avec soulagement, d'ailleurs) qu’il ne s’agissait pas de pustules dégoûtantes et se rappela de son petit-déjeuner express. Bon sang, la prochaine fois elle repassera par la salle de bain avant de partir.

Devant elle, un groupe d’élèves s’extasiait devant leur téléphone portable. Ouvrant pour la énième fois son sac, Cat ne savait pas de quoi ils parlaient, mais cela avait l’air tellement intéressant et profond, comme discussion — un sourire mesquin se dessina sur son visage. Aussi, contrariée par cette matière visqueuse sur sa joue, Cat jeta ses lunettes de soleil à l’intérieur quand la sonnerie retentit, la faisant sursauter : son stress s’intensifia. Ne trouvant pas de quoi se débarbouiller avant d’entrer en cours, elle sentait qu’elle commençait à perdre patience. Retournant ses livres, crayons et autres babioles traînant dans son sac, elle soupira bruyamment quand brusquement, elle retira ses écouteurs et lança de sa voix rauque, s'en prenant plus à elle qu'au groupe trop enthousiaste à son goût :

« Bon sang… » le groupe devant elle s’écarta. Continuant son chemin sans s’en soucier, la main plongée dans son sac et les yeux rivés sur le fond de celui-ci, Ecaterina releva la tête avec stupeur quand une voix masculine l’interpella : c'était trop tard « Aïe ! » lâchant son sac sur le sol, son front percuta le menton de la personne en question. Fermant les yeux avec force, sa petite main posée sur l’endroit de l’impact, elle sentit une bosse se former sous ses doigts — le groupe derrière eux se mit à rire, cela l’agaça « Vous n’avez rien de mieux à faire. J’sais pas moi. Compter les boutons d’acné de Justin Bieber ou acheter la petite culotte de Miley Cyrus. Circulez ! » les sourcils froncés, Cat fit un geste brusque du menton pour désigner un coin reculé du couloir, leur faisant ainsi comprendre de déguerpir illico. Son front la faisait souffrir, mais il n'était sans doute pas le seul. Alors, elle pinça les lèvres, et se tourna vers celui qui l’avait percuté. Cat le regarda avec un mi-sourire et montra son menton du doigt « C’ est de ma faute. Je ne regardais pas où j’allais — ça va ? »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mar 21 Mai - 19:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyJeu 28 Avr - 21:23

Du haut de ses dix-sept ans, ses quelques années de théâtre derrière lui, Gale estimait être suffisamment émérite pour faire face à toute sorte d’imprévu. Improviser, en fin de compte, c’était un peu sa marque de fabrique, l’ambition à laquelle il aspirait depuis très jeune. Une prédisposition qui s’était souvent montrée très fructueuse et à laquelle il avait régulièrement eu recours ces derniers temps. La première fois, ce fut lorsque ses parents, prospères, lui avaient annoncé qu’ils partaient s’installer à Lima suite à une promotion. Cette fois-là, il s’en était sorti en camouflant habilement son ressentiment et en bafouillant quelques paroles d’une voix ténue pour féliciter son père. La seconde fois se produisit au moment où Gale avait dû faire ses adieux à ses amis. A cette occasion, il s’était subtilement efforcé de ne pas employer un ton trop dramatique, promettant de garder le contact et de revenir dès que possible. Et si le jeune homme avait réussi, à chaque fois, à transparaître ce qu’il voulait, il comprit à cet instant que ça n’était pas seulement grâce à son talent. Là-bas, dans sa bourgade, il était chez lui, dans son univers. Alors qu’ici, à McKinley, à Lima, il n’était qu’un vulgaire pion traîné de force sur l’échiquier. Pas un acteur.

Il s’en rendit compte lorsqu’il réalisa à quel point ce qui venait d’arriver le dépassait. Après avoir violemment percuté l’individu qui serait certainement la première source de ses problèmes à McKinley, Gale ne parvint pas à masquer sa douleur physique comme il l’aurait fait si naturellement quelques mois plus tôt. Au contraire, il se surprit à porter une main fébrile à son menton douloureux et à grimacer en sentant une vilaine bosse naître sous ses doigts. Il avait même fermé les yeux, d’un zèle anxieux, craignant que tout le monde le scrute sans la moindre gêne, comme la première bête de cirque venue. Immanquablement, il finit par les rouvrir, alors qu’un sentiment d’effroi sous-jacent lui criait de partir, loin, et en courant si possible. Une entreprise qui semblait vouée à l’échec car il avait vu juste : tous les élèves qui avaient assisté à la scène le dévisageaient. Il songea dans un second temps à maugréer quelque chose comme Cassez-vous, imbéciles mais fut coupé dans son élan par quelqu’un qu’il avait oublié. Une personne à laquelle il aurait pourtant dû s’intéresser en premier. Sa « victime ».

Sa vue délesta Gale d’un lourd poids. A peine quelques centimètres en face de lui ne se trouvait pas le footballeur baraqué qui lui aurait indubitablement flanqué une raclé sans se soucier de qui était vraiment responsable. Ça n’était pas non plus la cheerleader hautaine et méprisable qui, sous son bel uniforme impeccablement repassé, aurait fait de sa vie au lycée un véritable calvaire. Non, fort heureusement, devant lui se tenait une jeune fille qu’il gratifia d’un coup d’œil perçant, comme fasciné. Sa soyeuse et longue trèèèès longue chevelure d’un blond naturel recouvrait un visage impeccablement dessiné sur lequel deux yeux bleus se fondaient à merveille. En d’autres circonstances, Gale auraient pu passer plusieurs minutes à fixer avec admiration la jeune fille, mais il était beaucoup trop penaud pour s’y risquer. D’autant plus que la fille en question, à en juger par le ton expéditif avec lequel elle envoya paitre les spectateurs de la scène et autres potiches invétérées, ne semblait pas d’humeur à se faire reluquer de la sorte.

Gale éprouva un cuisant sentiment de ridicule en songeant à ce qui venait de se passer. A comment lui, garçon foncièrement protecteur, était resté stoïque tandis qu’elle, lycéenne, avait sévèrement expédié toutes ces commères. Est-ce que ça n’était pas plutôt à lui, de faire ce genre de chose ? Ne serait-ce que par galanterie ou n’importe quel autre code de la bonne conduite ? Tout ce que Gale pouvait dire avec certitude c’était que pour une fois, son silence l’avait tourné en ridicule. Peu ou prou. Le blondinet reprit ses esprits lorsque la jeune fille se retourna vers lui. Comme il doutait de pouvoir aligner plusieurs mots intelligibles de suite sans bafouiller il se contenta d’esquisser un sourire en gage de remerciement. Car, mine de rien, autour d’eux les élèves avaient repris leurs activités et plus personne ne leur accordait son attention. Un bon point pour le jeune homme qui, en somme, n’aurait pas à présenter des excuses en se sachant épié de toute part.

Lorsque ses yeux croisèrent ceux de sa mystérieuse victime, Gale sentit ses joues rosir à mesure que celle-ci pointait du doigt son menton endolori. Le jeune garçon, stoïque, gambergeait sur le fait que, nonobstant sa petite taille, la silhouette de la jeune fille était parfaitement modelée. Il revint à lui à l’instant où celle-ci affirma être à l’origine de leur collision. Le garçon, qui se sentait suffisamment embarrassé comme ça, ne comptait pas laisser la jeune fille prendre entièrement la responsabilité de leur collision. « Ton sac… » Murmura-t-il, brisant son silence, presque aussitôt que ses yeux remarquèrent le sac de la jeune fille par terre et quelques-uns de ses livres éparpillés sur le sol. Il ramassa avec hâte le tout puis se releva, retournant le sourire que la jeune fille lui lançait. « Ne t’inquiète pas, ça n’est pas de ta faute. Je ne faisais pas du tout attention, ça m’apprendra ! » formula-t-il avec une assurance inopinée puis lorsqu’il fut question de sa blessure il déclara simplement « Ça devrait aller. Mais, toi, comment va ton front ? ». Il espérait que sa douleur soit aussi bénigne que la sienne mais une légère rougeur à l’endroit de l’impact lui faisait penser le contraire.

Pour la première fois depuis longtemps, Gale se sentait désemparé, presque à cours d’idée. Fallait-il qu’il accompagne cette jeune fille à l’infirmerie ? Et d’ailleurs, où était-elle, l’infirmerie ? Non, avec une blessure aussi superficielle, il ne pouvait décemment pas proposer un séjour à l’infirmerie sans passer pour une andouille. Alors quoi, un bisou magique ? Certainement pas. Furetant dans son cerveau, en ébullition, comme Jimmy Neutron il conclut que pour trouver la bonne réponse, il avait tout intérêt à poser la question. Avec un air toujours aussi navré, il reprit donc la parole « Il y a quelque chose que je puisse faire pour me racheter ? ». Gale savait qu’il aurait sans doute dû se présenter, mais il jugeait les circonstances plutôt inappropriées. C’est vrai, après tout, qu’est ce qui lui garantissait qu’une jeune fille veuille connaître le nom d’un type qui venait de manquer de lui causer un traumatisme crânien ?
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyVen 29 Avr - 16:31

Cet été quand, d’un air solennel son frère lui avait proposé de s’inscrire dans un lycée digne de ce nom, Cat avait en tout premier lieu paniquée. Jamais elle n’avait eu la chance de se rendre dans un établissement scolaire, ne serait-ce que pour le visiter, et les cours sommaires que lui dispensait son manager de mère lui suffisaient, à une époque. Très vite, elle avait pris conscience que des gens pourraient la reconnaître voir pire — la questionner- et c’était ce qui l’avait angoissé à un point tel, qu‘elle n‘avait put rien avaler les quelques jours avant la rentrée ; que les autres découvrent son passé, c’était son pire cauchemar et ces faits qu’elle rejetait, toute cette vie qui au fond n’était pas réellement la sienne — on la lui avait imposée, ce n‘était pas un secret. À présent, elle vivait avec et s’était habituée pourtant, quand elle y repensait, cela avait été difficile ; en entrant dans ce lycée, elle s’était pris en pleine face toutes les choses qu’elle avait manquées : est-ce que c’était douloureux ? Pas tellement, elle était lucide et avait compris depuis bien longtemps qu’elle était plus ou moins atypique dans le petit monde de McKinley High. De ce fait, elle s’était renfermée et prenait un plaisir considérable à se fondre dans la masse.

Bien que des regards se perdaient quelques fois, lorsqu’elle descendait le grand escalier ou quand elle traversait le couloir jusqu‘à son casier, personne ne la remarquait vraiment et c’était tant mieux. On savait juste, qu’elle n’était pas de Lima, mais de Cincinnati — son accent la trahissait — qu’elle vivait avec son frère et que sa chevelure blonde n’était qu’un leurre et qu’elle était en fait intelligente et sensée. Il n’y avait pas besoin d’en savoir plus : elle n’avait pas envie d’en dire plus.

Les rires de ses camarades s’amenuisèrent alors qu’ils quittaient le lieu de l’accident. D’ordinaire, la jeune fille ne se serait pas énervée et se contentant d’un haussement d’épaules magistral prouvant ainsi le fait qu’elle se fichait royalement d’eux et de leurs petits rires mesquins. Seulement, depuis quelque temps, elle était épuisée par toute cette méchanceté environnante. Le lycée William McKinley n’était pas un endroit de tolérance et de respect ; que ce soit les élèves ou même les professeurs, les coups bas et autres enfantillages sévissaient, à son grand regret. Mine de rien, cela commençait à peser lourd dans la balance et la jeune fille supportait de moins en moins toutes ces railleries — dont elle n’était pas victime, pourtant. De plus en plus, elle se rebellait. Craignait-elle les membres du football club — pas le moins du monde et les cheerleaders alors — des idiotes, un point c’est tout. Constatant qu’autour d’eux, les élèves reprenaient leurs activités, une pointe de fierté s’empara d’elle alors que son front lui picota légèrement. Regardant une nouvelle fois le groupe qui s’éloignait, elle reprit ses esprits et protégea sa blessure avec sa main : elle ne sentait quasiment plus rien…

… du moins, c’est ce qu’elle pensait. Oui, la douleur fut minime, sur le coup, mais, plus le temps avançait et plus elle lui martelait le front. Cat se retourna vers la personne qui l’avait percuté. Si elle s’attendait à tomber sur un visage qu’elle ne connaissait pas ? À vrai dire, pas vraiment. Elle s’était déjà préparée à continuer sur sa lancée, insultant gracieusement ce maladroit qui ne regardait pas devant lui et lui conseillant même de consulter un ophtalmo. Pourtant, quand elle se retrouva face à ce garçon, elle se radoucit soudain, se contentant d’un sourire et d’un discours banal, pré mâché qu’on entendait dans toutes les mauvaises séries télés : oui, elle était prête à endosser toutes les responsabilités de cette collision malheureuse et s’excusant platement, elle l’observa un instant.

Il était évident qu’il était nouveau, ici — plissant les yeux, elle appuya son regard. Cat était une observatrice talentueuse — le fruit de ses longues heures passées à la bibliothèque à vouloir analyser le spécimen adolescent, comme quoi, cela lui servait à quelque chose, finalement. Certes, elle n’avait pas des tas d’amis, mais elle savait reconnaître un visage et celui-ci ne lui disait, malheureusement, rien. Cat le fixa avec un peu trop d’insistance et cherchant un moyen subtil de détacher son regard sans révéler pour autant le petit trouble qui s’emparait d’elle, elle fut surprise — et soulagée — quand il se baissa pour lui ramasser ses affaires lamentablement échouées sur le sol ; elle sauta sur l’occasion pour détourner les yeux.

« C’est rien. Laisse,… » dit-elle doucement alors qu’il s’était déjà rué sur son livre de maths. C’était officiel : il était nouveau. S’il était vraiment un élève d’ici, il n’aurait jamais pris la peine de l’aider à ramasser ses affaires ; il l’aurait tout bonnement laissé planter là, et se serait rendu à son premier cours de la journée sans se soucier de son état. Souriant légèrement, elle récupéra son sac en penchant la tête quand il le lui tendit en la rassurant sur le fait qu’il allait bien « Tant mieux. Je suis vraiment désolée. Il ne te manque pas de dent, au moins ? J’ai la tête plutôt… dure. » Stupide, c’était complètement stupide et glissant maladroitement la hanse de son sac sur son épaule, elle fit un pas sur son côté droit pour laisser passer un élève derrière elle, avant de retourner la tête vers le jeune homme et de sourire à nouveau, à cause de sa question « Je crois que je vais m’en remettre… » Son front était drôlement douloureux et quand elle s’apprêta à poser ses doigts dessus pour constater les dégâts, elle comprit qu’il ne valait mieux pas qu’elle s’y aventure et renonça : même l’atmosphère rendait le coup encore plus atroce. Seulement, elle n’avait pas envie d’affoler le garçon et préféra ajouter « … j’ai dû perdre deux ou trois neurones, mais, j’en avais pas tellement l’utilité, alors. »

Cat haussa les épaules avec une feinte décontraction et baissa les yeux quelques secondes, en remontant machinalement son sac sur son épaule. Sa mère lui disait toujours d’avoir un tube d’arnica dans son sac, au cas où — c’était un bon remède pour les petits bobos de ce genre, mais, malheureusement, elle avait cessé de faire confiance à sa mère depuis bien longtemps — c’était bien sa veine. En même temps, elle se fichait pas mal d’être défigurée. Si un bleu ornait son joli front après cette collision, tant pis, cela lui donnerait une allure de mauvaise fille et elle jugeait ça plutôt cool. Prenant une légère inspiration en remontant la tête, elle se risqua à frôler du doigt sa bosse douloureuse, mais, grimaça discrètement alors que le jeune homme en face d’elle lui demanda ce qu’il pouvait bien faire pour se racheter, elle étouffa un léger rire et croisa les bras sur sa poitrine en faisant mine de réfléchir.

« Hum, me donner ton prénom, je pense que ça suffira. » se contenta-t-elle de dire en haussant les sourcils. Cat se redressa, et ajouta « Tu sais, pour que je t’ajoute à ma longue liste des hommes de McKinley à abattre. » Ce n’était peut-être pas une bonne idée d’effrayer le nouveau. Elle n’aurait pas forcément voulu que quelqu’un la menace le jour de son arrivée ici et de rendant compte que ses paroles pouvaient être mal perçues, elle pinça les lèvres brièvement, tout en faisant un autre pas de côté — sur la gauche, cette fois — puis, horrifiée par sa soi-disant menace, la blondinette continua précipitamment « C’est une plaisanterie ! Je n’ai rien contre toi, je ne vais pas tenter de t’empoisonner ou de cracher dans ton jus de pommes, c’était une blague ! Je ne suis pas du genre à — hum — faire ce... genre de… chose. » Fermant furtivement les yeux en opinant du chef, les mains tendues devant, elle fronça les sourcils en cherchant ses mots. C’était un fait, Cat avait tendance à être maladroite quand elle était nerveuse, et stoppant aussitôt son monologue embarrassant, elle passa une main dans ses cheveux tout en se mordillant la lèvre, une expression de profonde confusion passant sur son visage. Soudainement, elle tendit la main à son interlocuteur -un peu vieux jeu, mais, elle trouvait le geste plutôt sympa et accueillant « Je m’appelle Cat. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mar 21 Mai - 19:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyDim 1 Mai - 14:42

Adolescent, Gale n’avait jamais directement été confronté au genre féminin comme il s’apprêtait à l’être à McKinley. Il lui était naturellement arrivé de traînailler avec des filles et, en garçon de bonne composition, s’était toujours adroitement bien comporté avec elles, mais il n’avait jamais estimé ces rapports-là spontanés. L’année de ses quinze ans, toutefois, Beth –jeune fille charmante au demeurant- avait ouvertement demandé à Gale d’être son petit ami. Pragmatique, le jeune homme avait accepté, sans vraiment s’inquiéter de ses sentiments à l’égard de la jeune fille. Elle, de son côté, lui avait sèchement expliqué que lorsqu’un garçon et une fille sortaient ensemble, il était fondamental que le garçon subvienne à tous les besoins de sa petite amie et, qu’en contrepartie, le garçon avait le droit de lui tenir la main en public et recevait de temps en temps un bisou sur la joue. Les premiers jours, Gale s’était donc exécuté sans rechigner, avait porté les affaires de cours de la demoiselle, lui avait servi son plateau le midi, et avait fait un détour le soir pour la raccompagner chez elle. Mais lorsque plus tard Beth lui ordonna de promener son chien pendant qu’elle prévoyait de sortir avec ses amies, Gale s’était empressé de mettre un terme à tout ça. Il en avait conclu que l’amour le dépassait et s’était promis de n’envisager rien d’autre que de l’amitié avec une fille -au prix de moqueries de la part de ses amis.

C’est sur cette dernière réflexion que Gale réalisa qu’il avait peut-être eu tort. Quoiqu’en pensaient d’aucuns, l’idée de ne pas sortir avec tout un tas de filles ne l’avait nullement gêné, mais qu’avaient bien pu s’imaginer ses parents qui, à plusieurs reprises, l’avaient mesurément questionné sur le sujet ? A chaque fois Gale avait pris le malin plaisir d’éluder la question mais après coup, il se demandait si cette attitude n’avait pas motivé un peu plus leur déménagement -et à fortiori son changement d’école. Non, songea-t-il, cette promotion était la seule et unique raison de sa présence ici, ses parents n’avaient décemment pas pu le contraindre à quitter ses amis pour si peu –ou du moins, il l’espérait.

Une toute autre question chamboulait le jeune homme à mesure qu’il tâtonnait son menton douloureux. Comment expliquerait-il la présence de ce bleu sur son visage sans éveiller les soupçons pléthoriques de ses parents ? Ces derniers, Gale en était pleinement convaincu, ne le croiraient pas lorsqu’il parlerait d’une banale histoire de collision involontaire, même s’il mettait tout en œuvre pour les en persuader, obombrant son bleu avec sa main pour le dissimuler un maximum. Iraient-ils jusqu’à croire que le jeune homme puisse s’être fait frapper par des élèves ? Iraient-ils jusqu’à rencontrer Figgins le lendemain même en quête d’explications ? Gale priait sérieusement pour que non, et Dieu savait qu’il passerait certainement pour une andouille s’il devait implorer sa charmante victime de bien vouloir plaider sa version des faits.

Cette jeune fille, curieusement, n’incommodait pas Gale comme il en avait l’habitude en présence féminine. S’agissait-il de son teint nitide qui laissait croire qu’on pouvait spéculairement lire ses émotions sur son visage ? Ou s’agissait-il de ces cheveux dorés, flavescents par mèches qui menaçaient de vous éblouir au premier rayon de soleil ? Gale n’en savait rien. A vrai dire, à cet instant, le blondinet se sentait presque flotter d’allégresse à l’idée que cet incident puisse, en fin de compte, aboutir à un arrangement à l’amiable. A l’idée qu’il puisse reprendre le cours de sa journée comme si rien ne s’était passé et disperser les nuages de soucis qui s’étaient accumulés au-dessus de sa tête depuis qu’il avait posé son premier pied ici. Paradoxalement, il n’était pas prompt à évacuer ce sentiment de culpabilité, persuadé d’être le seul à l’origine de cet incident, ce pourquoi il s’était empressé de ramasser les affaires de la jeune fille –il était presque sûr qu’aucun élève ne se serait gêné pour les piétiner s’il ne l’avait pas expressément fait.

Même si sa locutrice lui assura que tout allait bien, Gale ne pouvait s’empêcher de se sentir infiniment contrit. Il parvint à esquisser un sourire amusé lorsqu’il fut question de l’état de ses dents, et après avoir machinalement passé sa langue pour sentir si elles étaient toutes bien en place, il prononça son verdict d’un ton enjoué. « Non, je crois qu’elles sont toutes là ! » plaisanta-t-il, avant que la jeune fille n’en rajoute une couche en prétextant avoir seulement perdu quelques neurones sous l’impact. Sa nervosité n’empêchait pas Gale de ricaner sincèrement comme il n’en avait pas eu l’occasion depuis plusieurs semaines. Néanmoins, son sourire s’atténua lorsque ses yeux se posèrent une nouvelle fois sur le front de la jeune fille qui rosissait anormalement. Il songea à lui demander si elle était vraiment sûre que tout allait bien mais s’abstint en se rappelant comment celle-ci venait d’expédier toute la populace environnante. « J’irais volontiers chercher un tube de pommade à l’infirmerie, si encore je savais où elle était… » se contenta-t-il de répondre, toujours confus.

Gale s’estimait heureux que la jeune fille ne fasse pas preuve de remontrance –comme l’aurait fait n’importe quel autre élève, il en était presque sûr- et ne pouvait raisonnablement pas filer sans lui proposer de dédommagement. Mais il eut de sérieux doutes lorsque celle-ci lui demanda son prénom pour, je cite, l’ajouter à sa liste des hommes de McKinley à abattre. Cette nouvelle eut d’ailleurs l’effet d’une bombe sur le jeune homme qui sentit son cœur commencer à battre à toute vitesse. Alors c’était donc ça, les mœurs de McKinley ? Faire preuve de sympathie envers les gens pour mieux les enfoncer l’instant d’après ? Celle-là, Gale ne l’avait pas vu venir, et il regretta amèrement de ne pas avoir déguerpi lorsqu’il en était encore temps. Ravalant sa salive, il se résigna à ne rien lui répondre, craignant d’aggraver sa situation s’il émettait la moindre protestation.

Le blondinet ferma nerveusement les yeux. En à peine quelques secondes, tous ses espoirs de redémarrer à zéro et de rester incognito s’étaient éteints et pour couronner le tout, son menton commençait sérieusement à le faire souffrir. Cette blessure, ça n’était certainement qu’un avant-goût de ce qu’il subirait dans les jours –peut-être même les heures- à venir, mais ça n’atténuait en rien sa douleur. Il avait été bien bête de croire qu’une jeune fille si alliciante puisse être foncièrement sincère et laisser filer l’inconnu qui venait de malmener son visage si parfait. Il s’en voulait d’avoir été si crédule simplement parce que sa victime lui avait tapé dans l’œil, alors que ce genre d’attitude ne lui ressemblait pas. Et pourtant, l’instant d’après, Gale se sentit à nouveau submergé par une vague de soulagement lorsque la jeune fille formula le mot plaisanterie.

Cette fois, c’était officiel, le jeune garçon n’était pas dans son assiette. D’ordinaire, il aurait dépisté la farce en un rien de temps et là… il s’était fait prendre à son propre jeu. Il exprima sa surprise par un sourire cuisant mais agréablement détendu. « Ouah, j’ai bien failli y croire, figure toi. » avoua-t-il, sentant son rythme cardiaque ralentir. Idiot, il se sentait juste idiot, et c’est probablement ce que penserait la jeune fille d’un garçon qui n’était même pas capable de reconnaître une plaisanterie. Mais à sa grande surprise, et malgré une atmosphère plutôt tendue, la blondinette finit par lui tendre la main et à se présenter d’un ton cordial et enthousiaste. « Enchanté Cat. Je m’appelle Gale » répondit-il tout en serrant chaleureusement la main de son interlocutrice. Si Gale ne trouvait pas ce genre de procédé obsolète, les élèves qui leur passaient à côté ne se gênaient pas pour les dévisager. Lui s’en fichait, et réfléchissait plutôt à ce qu’il pouvait ajouter. C’est un très beau prénom lui traversa l’esprit, mais il craignait que ce genre de réplique fasse vieux jeux. Il se contenta donc de « Les couloirs ici font toujours salle comble ? Parce que… c’est ma première journée ici et je doute de pouvoir m’y faire ! ».
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Ecaterina S. Robertson
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Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyLun 2 Mai - 11:57

Il y a quelques mois de cela, Cat avait vécu exactement la même chose que ce jeune homme, et dès son arrivée, l’impression étrange d’avoir été jetée dans la fosse aux lions s’était imposée à elle. Évidemment, cela n’avait en rien calmé la peur irrationnelle qui l’avait submergé, ne faisant que l’accroître à chaque fois qu’elle se décidait à faire un pas de plus dans l‘antre de l‘humiliation. Toutefois, elle se remit vite de ses émotions, constatant qu’elle était peut-être un peu plus maligne qu‘une bonne moitié de ces étudiants — c’était vil, elle l’assumait. Aussi, elle fut forcée de prendre conscience de l’endroit où elle avait mis les pieds… c’est à ce moment précis, que la jeune fille était parvenue à conclure d’une chose : McKinley High était une terre hostile. Une jungle particulièrement dangereuse, avec ses lois et ses occupants. Si elle était parvenue à aisément se faire une discrète place en cette terre inconnue, cela ne s’était pas fait sans heurts et pour cause ;

Dès la première semaine, elle s’était violemment pris un gobelet de glace pilée en plein dans le dos, récoltant au passage un rhume et un aller simple de son haut préféré pour la poubelle. Cat n’était pas la personne visée c’est vrai, n’empêche que cela l’avait on ne peut plus éclairée sur le réel fonctionnement du lycée — elle qui pensait que dans les films traitant du sujet, ils exagéraient toujours un peu, il se trouvait que la réalité était bien pire ; les sportifs étaient les chefs de meute et il lui arrivait souvent de se demander pourquoi… mais, pourquoi exactement les gens s’entêtaient-ils à leur vouer un culte. Pour elle ne sait quelle raison, il se trouvait que elle, Ecaterina Robertson — jeune fille cultivée, parlant français à la perfection et douée pour l‘écriture entre toute autre qualité — évoluait dans un monde peuplé de parfaits abrutis, qui passaient leur temps à effrayer les petits nouveaux, et abuser d’autres méfaits particulièrement grotesques tout en roulant des mécaniques ; le monde était franchement mal fait.

Le plus triste dans l’histoire, c’est qu’ils avaient des fans, des supporters et des admiratrices ébahies devant leur musculature saillante et leur blouson aux couleurs des Titans. Mais, surtout : les habitants de cette ville les adoraient — tu parles, étaient-ils au courant de ce qu’ils faisaient subir à leurs enfants ? Ou alors laissaient-ils les choses se dérouler, en toute connaissance de cause ? Dans les deux cas, l’adolescente trouvait ça plutôt pathétique ou pire : c’était littéralement malsain. Pourtant, une chose était sûre, tout le monde n’était pas comme ça et Dieu merci, mais, les quelques élèves qui avait un tant soit peu de courage pour affronter ces armoires à glaces se faisaient plutôt rares, au lycée. Alors, comme pour toutes les choses qu’elle jugeait injustes et ridicules, Cat s’y était faite — avait-elle vraiment le choix, de toute façon ? Elle ne l’acceptait pas pour autant, tâchant d’utiliser sa repartie pour remettre quelques-uns de ses primitifs à leur place, mais malheureusement, elle n’était pas aussi téméraire que ce qu’elle pensait.

Dans le couloir, les élèves passaient et repassaient et tout en serrant doucement la main de son interlocuteur, la jeune fille reprit ses esprits ; ce qui la sauvait de ce genre de situation embarrassante ? Son humour. Très franchement, elle ne trouvait pas spécialement drôle. En général, c’était son frère qui saluait ses blagues vaseuses et ses références douteuses ; les autres disaient qu’elle était présomptueuse parce qu’elle vivait dans une bulle, un monde à part et surtout parce qu‘ils ne connaissaient absolument rien d‘elle, qu’ils se fiaient à son attitude arrogante tout simplement parce que c’était bien plus facile pour eux de la penser ainsi et de la juger sous le seul prétexte qu’elle était plutôt mignonne ; encore une chose, qui la dépassait. Ecaterina n’était pas présomptueuse, ça non. Elle pouvait se féliciter d’être une excellente comédienne, voilà tout. Sa mère aurait tellement été fière d’elle, c’est ce qu’elle avait toujours souhaité.

Gardant un moment la main du jeune homme dans la sienne, la blondinette releva la tête et tachant de reprendre contenance, étouffa un léger rire quant à sa remarque sur sa fausse menace pas drôle. Cat pencha la tête sur le côté, ses longs cheveux suivant le mouvement et s’échouant sur son épaule : n’était-ce pas ce qu’elle était en train de se dire — elle était juste une excellente comédienne.

« J’aurais toutes mes chances dans la course aux Oscars. » rétorqua-t-elle en pressant sa paume contre celle du garçon tout en prenant un petit air mystérieux « Souviens-toi de ce jour comme du plus important de toute ta vie parce que quand je serais célèbre, que les gens m’acclameront et que l’une des mèches de mes cheveux sera en vente sur e-bay, tu pourras te vanter de m’avoir un jour connu. » Qui aurait cru qu’elle se serait amusée ce genre de chose, il y a encore quelques semaines ? C’était complètement insensé et passant de l’air mystérieux à celui d’ouvertement théâtrale, la jeune fille sourit nette et opina du chef quand enfin, il lui donna son prénom « Gale. » dit-elle simplement en serrant ses doigts plus forts ; elle lança un regard dérouté sur le côté et récupéra promptement sa main, affichant toujours un beau sourire. Sa paume était un peu moite, mais ce n’était pas un problème : temps que l’expression de son visage ne trahissait pas sa nervosité, tout serait parfait. Repoussant une mèche de cheveux, elle ne dit plus rien sur l’instant puis, reprenant peu à peu confiance, elle jeta un coup d’œil rapide derrière elle, l’œil malicieux et enfin, se posta juste à côté de Gale ; elle montra le couloir d'une main, relevant le menton prête à parler « Et bien, Gale. Bienvenue à M… »

Splash ! Ecaterina tourna vivement la tête vers le côté droit du couloir bondé d’élèves. Prenant compte de la situation, elle cessa immédiatement de sourire, sa main pendant lamentablement dans les airs : à quelques mètres d’eux à peine, un élève venait de se faire injustement slusher. Ecaterina parvenait à sentir l’odeur sucrée du liquide, ça l’écoeurait. S’esclaffant de toute la force de leurs poumons, les membres du football club balancèrent leurs gobelets sur le sol : ils tombèrent dans un bruit concis, résonnant dans tout le couloir puis, roulèrent à l‘unisson jusqu‘à heurter le bas des casiers. L’élève douché accepta son châtiment, sans broncher. Recouvert de la tête aux pieds par une substance rouge vif, la victime passa les doigts sous ses lunettes, résignée. Se débarrassant du surplus de glace qui s’y était logée, et récupéra des vêtements dans son casier -preuve du caractère régulier de cet acte débile, avant de partir tout penaud, sans s’offusquer d’avoir encore une fois, été la victime de ses dégénérés mentaux. Ecaterina lui lança un regard désolé puis détourna les yeux ; elle était habituée à assister à ce genre de scène, cela faisait partie de son quotidien depuis maintenant six mois. Seulement, elle admettait qu’elle ressentait toujours de la compassion envers les soufres douleurs attitrés des footballeurs. Parfois même il arrivait qu’elle se sente coupable, comme aujourd’hui. Ce n’était pas agréable, c’était certain enfin, cela n’avait pas d’importance.

Gale par contre, ne devait pas être préparé à voir ce genre de petit rituel. Éberluée, cela n’empêchait pas la jeune fille de sincèrement regretter qu’il ait été témoin de cet acte barbare et agitant les doigts, sa main montrant encore le couloir qui se vidait peu à peu, elle reprit avec une certaine ironie dans le ton :

« Bienvenue à McKinley High. » Déglutissant avec difficulté, l’adolescente serra les lèvres et lança un regard de côté à son camarade : avait-il l’air sous le choc, ou ce genre de chose ? Cat ne parvenait pas à le savoir, elle se trouvait tellement stupide : après tout, elle aussi faisait partie de ce lycée, alors… cela ne la rangeait-elle pas d’office dans la même case que les assaillants de ce pauvre garçon ? Oui, elle se fichait de l’image que les autres pouvaient avoir d’elle, mais, elle ne voulait pas que ce jeune homme — ce nouvel élève, Gale — puisse penser qu’à McKinley, tous agissaient de la même manière et se sentant d’un coup investie d’une mission, elle inspira ; détournant le regard, elle posa une main sur son front, à l’endroit où un bleu conséquent commençait à se former : elle tressaillit, mais, se ressaisit aussi vite « Peut-être que je peux t’aider à te rendre en cours, montre-moi. » Malgré sa voix naturellement éraillée, son ton se voulait rassurant et brisant ce silence, elle s’humecta les lèvres puis, plissa les yeux, réagissant au contact de ses doigts sur son hématome. Cat regarda Gale et enfin baissa progressivement les yeux sur la main du jeune homme. Spontanément, elle la releva lentement pour avoir une vue sur l’emploi du temps qu’il tenait fermement « Hum… labo de sciences au deuxième étage — je t’y emmène, si tu veux. »

N’ayant pas tellement besoin de baisser la tête pour avoir une meilleure visibilité sur le papier, Cat examina l’emploi du temps sérieusement, délaissant le front de ses doigts et les portant à ses lèvres en réfléchissant, elle arqua un sourcil, alors qu’elle tenait le poignet de Gale. Ecaterina sentait son pouls, régulier plutôt serein et cela la fit sourire. Toutefois, elle ressentit subitement un léger malaise et préférant le lâcher, elle posa avec une indolence contrefaite sa main sur sa propre épaule, scrutant avec davantage de concentration l‘emploi du temps qu‘il lui tendait.

Son but n’était pas de faire l’autruche et d’ignorer ce qui venait de se passer sous leurs yeux. En réalité, elle souhaitait que Gale soit le moins possible exposé à cette image de McKinley — il en aurait tout le loisir au cours de sa scolarité, autant faire de son premier jour le meilleur qu’il soit. Alors, quand elle eut terminé de prendre connaissance de cet emploi du temps — et plus précisément, après avoir vérifié à plusieurs reprises s’ils n’avaient pas de cours en commun, elle prit une légère inspiration et le regarda furtivement, remontant nerveusement son sac sur son épaule en lançant des petits regards succincts à droite puis à gauche.

« Je suis désolée que tu ais assisté à ça. Mais… » Elle s‘éclaircit la voix, tapotant sur le devant de son sac « …c‘est plutôt courant. Ce n‘est pas particulièrement amusant, cela dit. Seulement, tu vas devoir t‘y faire. » dit-elle dans un quasi-murmure. Ecaterina replaça ses cheveux en arrière en se redressant de toute sa petitesse ; elle tira légèrement sur la hanse de son sac, souriant de nouveau — plus franchement cette fois. Toutefois, elle ne parvint pas à cacher la furtive expression de regret qui passa sur son visage. D’ailleurs, elle s’en rendit compte trop tard et jugeant préférable de faire comme si de rien n’était, elle désigna d‘un signe de tête le couloir derrière elle « Tu viens ? Ça serait mal vu d’arriver en retard pour ton premier jour, ici. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mar 21 Mai - 19:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyMer 4 Mai - 23:47

En entrant à McKinley, Gale savait qu’il ne pouvait compter que sur une chose pour l’aider : son irréprochable talent d’acteur. Il le savait si bien que depuis plusieurs jours déjà, il s’était –dans la plus grande discrétion- imaginé tous les scénarii possibles et inimaginables de son premier jour dans ce lycée. Des scénarii qu’il connaissait sur le bout des doigts, chacun étant accompagné de son lot de répliques à réciter. Dans sa première version, il se faisait sauvagement accoster par une troupe de cheerleaders qui lui riaient au nez en soulignant à quel point son insignifiance et sa niaiserie sautaient aux yeux. Dans la seconde, beaucoup moins cocasse, il se faisait harponner par une bande de footballeurs en recherche de victimes qui, dans le meilleur des cas l’insultaient publiquement, et dans le pire le jetaient brutalement dans un conteneur à ordures. Il avait tout, chaque geste, chaque regard, chaque mot, scrupuleusement en tête, comme une vulgaire représentation un soir de spectacle. A quelques différence près ; pour la première fois, il était le seul acteur et ça n’était pas sur scène qu’il jouait.

Rien n’avait laissé présager que Gale puisse rencontrer quelqu’un comme Cat. Sans conteste une jeune fille sympathique et qui, paradoxalement, inhibait le pouvoir d’acteur de Gale déjà très mal en point dans un endroit pareil. Les émotions du jeune garçon étaient très partagées mais il était suffisamment prompt à se contenir pour ne pas le laisser transparaître. Quelque part, il était tiraillé par ce sentiment de culpabilité –même s’il s’était ouvertement excusé auprès de la jeune fille- et le soulagement que leur discussion, si insignifiante soit elle, lui procurait. Son talent d’acteur l’avait peut être laissé tomber pour un temps mais sa capacité d’analyse, elle, était toujours là. Et dans ce cas préc, le jeune homme sentait que Cat était une fille affectueuse qui n’était pas pour autant du genre à se laisser marcher dessus. Pourquoi ? Parce qu’il fallait quand même avoir un sacré cran pour envoyer promener toute une horde de lycéens éhontés qui se moquent de vous. A la voir, de loin, Gale ne l’en aurait jamais cru capable.

Ça n’avait peut-être rien à voir mais le blondinet sentait sa gêne s’estomper à mesure qu’il serrait la main de sa camarade. Il songea à la dernière fois qu’il avait eu la chance de toucher un poignet si délicat mais ne parvint qu’à retracer son histoire avec Beth. Une pensée qui ne fit en rien disparaître le sourire radieux qui venait de naître sur le visage éthéré du jeune garçon. Beth était incontestablement la dernière fille qu’il avait tenue par la main, du moins de la sorte, même si à l’époque, ce genre de subtilités ne retenait pas son attention –ça n’était qu’un artifice, la jeune fille le lui avait clairement expliqué-. Au théâtre, peut-être, avait-il eu l’occasion de frôler une main douce et frêle, mais encore une fois il avait rapidement appris à mettre ses sentiments de côté lorsqu’il s’agissait d’entrer dans la peau d’un personnage. Et ça, Cat semblait bien le savoir, parce qu’après tout, elle pouvait se vanter d’avoir fait marcher Gale avec sa fausse menace.

Toujours avec le même sourire pendu aux lèvres, Gale écoutait attentivement son interlocutrice qui –manifestement avec une pointe d’ironie- lui fit remarquer qu’elle avait certainement une grande carrière d’actrice devant elle. Amusé, Gale poussa un rire sardonique et passa sa main libre dans ses cheveux –peu soucieux de se décoiffer-, cherchant les mots justes pour répondre. « Quel dommage de couper de si belles mèches que les tiennes. J’ai une meilleure idée ! À partir d’aujourd’hui je ne me lave plus jamais la main, comme ça, le gens paieront pour voir ‘la main d’un type qui a serré la tienne’. Avec un peu de chance, je pourrai vivre de ça ! » enchaîna-t-il, ses yeux toujours posés sur le visage de sa camarade. Si elle disait vrai, du moins à propos de son rêve d’être actrice, alors ils avaient au moins ça en commun. Gale songea même à lui dire tu sais, j’ai fait beaucoup de théâtre et j’aimerais aussi être acteur mais, au vu des derniers évènements –surtout la manière stupide dont il été tombé dans le panneau- il préféra s’abstenir. Avec un peu de chance, il aurait d’autres occasions de lui prouver son talent.

Gale lâcha délicatement la main de Cat. Lorsqu’il précisa à celle-ci qu’il était nouvel élève à McKinley, la jeune blondinette n’eut pas l’air surpris, ce qui confirma les doutes de Gale. Il aurait pu user de tous les stratagèmes de la terre pour tenter d’être incognito dans ce nouveau lycée –si ou pouvait appeler cet endroit un lycée-, ça n’aurait servi à rien. Et puis, qu’avait-il espéré ? Qu’il pourrait se cacher et éviter sempiternellement d’emprunter les mêmes couloirs que ces brutes de footballeurs ? Il fallait qu’il s’y fasse, un jour ou l’autre, son tour viendrait. Mais pour l’instant, Gale se sentait étrangement en sécurité, comme si parler avec Cat lui offrait une immunité. Pourtant, ce qui suivit lui ramena prestement les pieds sur terre. Obnubilé par sa camarade, Gale n’avait pas remarqué qu’à quelques mètres d’eux, un élève était encerclé par des footballeurs. Ce ne fut qu’en percevant des éclats de rires audibles que Cat et lui, estomaqués, se retournèrent dans leur direction.

Ce qu’il s’était passé, Gale ne savait pas le décrire avec précision, ou du moins pas jusqu’à ce que l’élève en question se rapproche de son casier, clairement miné. A en juger par le liquide rouge visqueux qui le recouvrait et coulait par terre à chacun de ses mouvements, le jeune homme venait d’être aspergé par un mélange de glace pilée et de sirop. Un genre de boisson qui n’était pas familier à Gale mais dont la texture le dégoutait déjà. C’était donc ça, leur passe-temps favori ? Doucher les élèves avec des breuvages écœurants et collants à souhait. Entre ça et se faire balancer dans une benne à ordures, Gale ne savait pas quel était le pire. Il n’y avait pas vraiment de différence, à y réfléchir ; tout était une question d’humiliation publique. Et pour le coup, ça semblait fonctionner, parce que si tous les élèves du couloir s’étaient retournés pour constater l’ampleur des dégâts, personne n’avait bougé le petit doigt pour lui prêter main forte. Gale avait sérieusement hésité, mais savait que dans les mêmes circonstances, il aurait catégoriquement refusé qu’on lui prête secours. Pour l’honneur ? Sans doute.

Cat parvint à terminer sa phrase pour souhaiter, de vive voix, la bienvenue à Gale. Gratifiant sa jeune camarade d’un hochement approbateur, le garçon ne put retenir un sourire égayé en réalisant à quel point l’accueil de sa camarade contrastait avec la scène à laquelle ils venaient d’assister. Il savait qu’il n’y avait, au bout du compte, aucune raison d’être heureux, mais lancer un froid lancinant entre son interlocutrice et lui n’aurait certainement rien changé au sort de ce pauvre garçon qui, résigné, venait d’attraper des affaires de rechange dans son casier tout en morigénant ses assaillants à voix basse.

La blondinette poursuivit la discussion en invitant Gale à l’accompagner jusqu’à sa salle de cours. Une aubaine quand on savait que le jeune homme, distrait par ce qu’il lui était arrivé –et potentiellement par ce qu’il avait vu-, avait presque oublié la seule raison valable de sa présence ici : les cours. Il acquiesça donc, acceptant la proposition de sa camarade, qui –mine de rien- lui donnerait l’occasion de rester un peu plus longtemps avec elle. Pour se sentir immunisé, certes, mais pas seulement. Non, il trouvait Cat fort charmante et, ayant avant même d’avoir mis les pieds dans ce lycée abandonné l’espoir de s’y faire des amis, il ne voulait pas laisser filer sa chance. Peut-être qu’elle se montrait aussi charmante juste parce qu’il était nouveau –ou qu’elle se sentait coupable de leur accident- mais Gale espérait qu’il y avait plus que de la culpabilité dans sa démarche. Tout ce qu’il pouvait dire, c’est que lorsque la jeune fille lui saisit le poignet, il porta son autre main à son visage de peur de rosir de gêne. Par chance, il parvint à camoufler son embarras, les yeux perdus sur son emploi du temps. Lorsque Cat lui proposa de lui montrer le chemin du labo de science –le premier cours du jeune homme- la réponse ne se fit pas attendre « Si tu n’as rien de plus palpitant à faire, j’accepte volontiers ».

Il fut surpris de la manière fugace avec laquelle la jeune blonde lui lâcha le poignet, mais préféra ne pas en tenir rigueur, prétextant de s’éclaircir la gorge tout en remontant la seule hanse par laquelle il tenait son sac –ce dernier était descendu de son épaule et pendouillait ridiculement en l’air sous le poids des manuels-. Cat eut l’air de profiter d’un moment de calme autour d’eux pour confirmer à Gale ce qu’il craignait ; ce que venait de subir ce pauvre élève était une pratique injustement courante. « Ne t’en fais pas » répondit-il, « Je crois que depuis que j’ai vu ces pauvres types dans les poubelles, sur le parking, plus rien ne peut me surprendre ». Il disait vrai. Même si au fond, il avait espéré que la porte d’entrée du lycée puisse être aussi une barrière à la violence.

Sous les conseils avisés de la jeune fille, Gale n’y réfléchit pas davantage et la suivit en direction d’un couloir adjacent à celui où leur collision s’était produite. Laissant derrière eux toute une foule d’élèves plongés dans leur casier ou qui traçaient leur route, frappant d’un coup de pied dans les gobelets abandonnés par les footballeurs, Cat et Gale empruntèrent les escaliers jusqu’à arriver au deuxième étage. Ici, le décor était le même, excepté qu’il y avait nettement plus d’élèves présents. Plus de regards pour dévisager un Gale qui, marchant côte à côte avec sa camarade –son amie ?-, se sentait bien plus à l’aise qu’auparavant. Ils avançaient lentement, mais sûrement, et le blondinet comptait sur Cat pour l’arrêter lorsqu’ils seraient arrivés. Jetant quelques coups d’œil dans sa direction –toujours subjugué par ses cheveux qui, lorsqu’elle marchait, sautillaient en cadence sur ses épaules- il reprit la parole, sourire aux lèvres : « Mais dis-moi, y’a un moyen pour échapper à ce genre de traitement. Je veux dire… autre qu’avoir une chevelure parfaite et une répartie à toute épreuve comme les tiennes ? ».

Bon sang, mais qu’est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? Immédiatement, le jeune homme regretta amèrement d’avoir formulé ses propos de la sorte, et songea même à les retirer ou s’excuser avant que Cat ne puisse réagir. Fébrile, il passa une main dans ses cheveux, espérant un instant que sa locutrice puisse avoir mal entendu ce qu’il venait de dire.
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyJeu 5 Mai - 21:54

La rumeur des conversations qui agitait le couloir se fit plus faiblarde à mesure que Gale et Cat marchaient dans l’allée. Quand enfin les rires et autres acclamations ne devinrent plus que des chuchotis inaudibles, elle se détendit : plus personne ne s’intéressait à eux, et avançant d’un pas soutenu pour rejoindre les escaliers, la jeune fille ne put s’empêcher d’en être soulagée.

Si au lycée, la blondinette n’avait pas d’amis, c’était avant tout pour deux choses : primo — elle l’avait choisi, considérant sa sociabilité comme douteuse et n’étant pas du genre à copiner avec le premier venu, elle avait d’emblée jugée que, rester seule était la meilleure des solutions. Toute sa vie, elle l‘avait vécu en solitaire, sans aucune réelle attache affective alors, pourquoi changer les choses maintenant ? Que cela soit voulu ou non, elle s‘y était accoutumée et ce petit confort agréable de n‘avoir de compte à rendre à personne était un luxe qu‘elle pouvait se permettre sans culpabiliser. Toutefois, il arrivait que cela soit difficile ; elle n’avait personne à qui se confier — quand bien même aurait-elle eu envie de le faire — et ses journées étaient rythmées par une routine malheureuse. Exposées de la sorte, les choses pouvaient paraître tristes et déroutantes, mais, Ecaterina le vivait très bien et bizarrement, c’était les autres qui semblaient prendre plus à cœur sa façon spéciale de vivre sa vie d’adolescente plutôt que le contraire ; son frère lui répétait sans arrêt de s’ouvrir, de sortir et de voir du monde — soulignant par des remarques à double sens le fait qu’il ne supporterait pas qu’elle soit trop proche de la gent masculine, c’était pourtant avec eux qu’elle s’entendait le mieux. Enfin, toujours est-il qu’elle préférait ne pas rentrer dans ce cercle vicieux de l’amitié à tout prix alors, les autres pouvaient utiliser ce fait contre elle, et se moquer du peu de connaissance qu’elle avait au sein de ce foutu lycée, cela ne l’empêcherait pas de dormir : elle l’avait choisi, en quelle langue devait-elle leur faire comprendre ?

Deuzio — elle voulait se protéger ; de quoi exactement ? Les choses restaient encore assez floues — même pour elle — n’empêche qu’elle le faisait habilement : fuir les questions — fuir tout court — et ne pas se mettre en avant aurait pu être les deux préceptes fondamentaux de cette philosophie nébuleuse à laquelle elle s’accrochait farouchement. Même si elle refusait de l’avouer, son passé était la cause principale de tous ses troubles, de toute sa souffrance. Cat se rebiffait dès qu’un sujet un peu trop proche de son enfance était mis sur le tapis, perdant ainsi toute cette sérénité qui émanait d’elle à chaque mouvement qu’elle exécutait gracieusement. Elle ne voulait pas non plus parler de sa relation avec sa mère — qu’elle n’appelait que par son prénom, et quand les autres se mettaient à lui rapporter avec toute cette mièvrerie écœurante leurs merveilleux souvenirs d’enfance, elle se sentait tellement mal qu’il fallait qu’elle lutte pour ne pas s’effondrer, utilisant la seule arme qu’elle maîtrisait à la perfection : son sourire.

Marchant lentement jusqu’aux escaliers, devançant le jeune homme de deux — ou peut-être trois pas, Cat se défit de la hanse de son sac et s’arrêta subitement au bas de celui-ci, mais, un court instant seulement ; il fallait qu’elle retire cette veste, il faisait beaucoup trop chaud et mine de rien, ce petit coup à la tête lui avait donné des bouffées de chaleur. À l’intérieur, la chaufferie tournait à plein régime, on sentait une vague d’air chaud émaner des grilles au plafond et soucieuse d’être à son aise, elle préféra délaisser son camarade un moment, si bien qu’il la rattrapa en deux temps trois mouvements.

Terminant d’ôter sa veste, Cat glissa à nouveau son sac sur son épaule et rejoint Gale qui, dans la foulée avait déjà commencé à monter quelques marches. Arrivant à sa hauteur, l’adolescente passa une main dans ses longs cheveux ; c’était la première fois qu’elle faisait ce genre de chose — aider, un nouveau. C’était un exercice plutôt stimulant, à vrai dire, et elle était ravie de le faire. Seulement, elle n’était pas sûre que si cela avait été quelqu’un d’autre, elle se serait donné la peine de jouer les bonnes samaritaines : il avait quelque chose de spécial — outre le fait d’avoir le menton particulièrement affûté, bien entendu. D’ailleurs, elle lui lança un regard curieux sur le moment, se demandant intérieurement d’où il venait exactement, elle s’apprêta à lui poser la question, mais, il l’a pris de court.

« Hum, le rituel des poubelles, un classique. » répondit-elle doucement en souriant à moitié — pas parce que cela la faisait rire, mais, parce qu’elle trouvait cet autre bizutage affligeant de stupidité « Bien, en parfaite guide, je vais te mettre dans la confidence : ce qu’il faut absolument savoir sur ce lycée, leçon une — prends note. » Montant en cadence l’escalier, elle le pointa avec son index ; ils se tenaient côte à côte. Cat était beaucoup plus petite que Gale, qui la dépassait d’un nombre incalculable de centimètres. D’ailleurs, elle se redressa discrètement en le constatant pour tenter de dissimuler cette flagrante évidence, mais, en vain — ne réfléchissant que quelques secondes, elle reprit d’une voix claire, la tête penchée sur le côté « Ici, tu apprendras très vite que si tu ne fais pas partie de l’équipe de football ou si tu n’es pas membre des cheerleaders, tu n’es rien de plus qu’une proie susceptible d’être jetée par-dessus les gradins du gymnase par l‘un des membres d‘une des cliques sus-nommées. » dit-elle d’une traite ; elle marqua une courte pause, se laissant le temps de reprendre une profonde inspiration puis continua « Les populaires font la loi, à McKinley High et nous sommes censés les aduler parce qu’ils sont beaux, forts, et — ils y croient dur comme fer — intelligents. » Un petit regard de côté, un sourire furtif et elle se mit à rire — le fait que les populaires puissent croire aussi fort en leur génie intellectuel relevait de la pure blague et alors que son rire rauque s’amenuisa progressivement, elle n’attendit pas et attaqua de nouveau « En fait, je crois que c’est partout pareil. Ici, les choses sont un peu plus compliquées qu’il n’y paraît, mais, ce sera pour la prochaine leçon, si ça ne t’ennuie pas, il y a des choses plus importantes à savoir — à mon avis. » La jeune fille joignit les mains sur le devant de son buste, frôlant avec sa paume le haut de sa ceinture, elle ferma un œil donnant un petit coup d’épaule au jeune homme, le faisant vaciller légèrement « Il faut savoir que la nourriture ici est infecte. On avait des distributeurs, en début d’année, mais, Sue Sylvester — la coach des cheerleaders, une vraie peau de vache — les a tous fait embarquer parce qu’ils n’étaient soi-disant pas conformes à l’idée qu’elle se fait d’un régime alimentaire sain et équilibré ou quelque chose de ce genre. » Remontant son sac sur son épaule, la jolie blondinette dessina des guillemets invisibles au-dessus de sa tête, puis roula des yeux, visiblement en désaccord avec la coach en question. Cat devança Gale sur les marches — petite, mais, rapide — et atteignit le haut de l’escalier avant lui ; le regardant monter vers elle, elle fit un petit mouvement de tête amusant et tendit une main en avant, se désignant du bout des doigts « Le conseil du jour : apporte toujours ton déjeuner si tu ne veux pas mourir de faim avant la fin de la journée. » Souriant nettement, la blondinette attendit que le jeune homme rejoigne l’endroit où elle était postée et une fois que ce fut le cas, elle reprit son chemin, lui lançant à mi-voix « Tu me remercieras plus tard — c’est par là ! »

Ils se dirigèrent droit dans un nouveau couloir, beaucoup plus calme qu’au rez-de-chaussée. Cat était enthousiaste à l’idée de faire découvrir le monde de McKinley à son camarade, tout simplement parce qu’elle n’avait pas eu la chance d’avoir un guide, à son arrivée — elle n’en aurait pas voulu, de toute façon. De ce fait, elle avait dû apprendre les petits travers de l’établissement seule — à force d’observations silencieuses et discrètes. Le fait de partager sa petite expérience avec quelqu’un la rendait heureuse. C’était un peu stupide, mais, sur le coup, elle préféra arrêter de vouloir toujours s’empêcher de ressentir autre chose que de l’amertume et continua son chemin, tranquillement.

Le labo de science n’était plus qu’à quelques pas et regardant machinalement l’heure sur sa montre, Cat constata qu’ils étaient loin d’être en retard, en réalité. Glissant sa veste sur le haut de son sac, la jeune fille releva les yeux quand Gale s’adressa de nouveau à elle et plutôt surprise, elle fronça les sourcils, contrariée ; ce genre de petit commentaire désuet sur son physique était, en général ce qui faisait qu’elle se braquait, et s’enfuyait pour ne plus jamais revenir — ou recroiser, la personne qui fut assez téméraire pour oser lui faire un compliment ou elle ne savait quoi exactement. S’arrêtant en plein milieu du couloir, elle entrouvrit la bouche, croisant les bras sur sa poitrine, alors que Gale reprenait son avance sur elle — elle le toisa, longtemps.

« C’est totalement inapproprié comme remarque… » dit-elle en souriant, ne lâchant pas le jeune homme de ses pupilles claires. Cat était quelqu’un de franc. Parfois, cela blessait les gens, d’autres fois cela leur rendait service. Maintenant, elle ne savait pas comment est-ce que Gale prendrait sa réaction et sa façon de passer sa main dans ses cheveux était peut-être un signe d‘une quelconque gêne : son but n’était pas de le mettre mal à l’aise, bien au contraire. Souhaitant le rassurer, elle élargit son sourire en reprenant sa petite course. Quand elle arriva près de lui, elle plissa les yeux, passant fébrilement une main dans ses cheveux soyeux ; ses doigts s’attardèrent sur leur pointe soignée, ce qui trahissait sa propre gêne — à cause du compliment déguisé du garçon, en tout premiers lieux, mais aussi, parce qu’elle ne savait pas quoi répondre, aussi elle détacha ses yeux de ceux du jeune homme et les ferma brièvement « Mais, ce n'est rien. » conclut-elle, amusée pas la situation, mais en même temps embarrassée. Elle tacha de reprendre très vite ses esprits et revenant sur la question du jeune homme, elle releva la visage, son teint prenant une couleur un peu plus soutenue « Comment on peut y échapper, hein ? » répéta-t-elle en pivotant sur le côté, frôlant l’avant-bras de Gale pour qu’il la suivre. Elle lui lança un regard par-dessus son épaule, arrivant près de la salle qu’ils convoitaient « Je ne me fait pas de souci pour toi. Tu es tout à fait le genre des cheerleaders. Dans quelques jours, tu deviendras celui qu’elles voudront absolument compter parmi leurs nombreuses conquêtes… » Gale était un garçon plutôt mignon, nouveau qui plus est… et cela lui fit mal d’y penser sur le moment, mais, il ne mettrait pas longtemps à rejoindre le clan des stars du lycée, cela paraissait tellement limpide à ses yeux. Non pas que cette idée lui plaisait, mais, les nouveaux voulaient tous voir si l‘herbe était plus verte du côté des populaires — et elle l‘était, il n‘y avait pas de doute. Gale se laisserait-il tenter ? Difficile à dire. Marchant encore quelques pas, Cat s’arrêta devant la salle vide, s’adossa près de la porte puis laissa son sac se poser doucement à ses pieds ; une nouvelle fois, elle le regarda, faisant vaciller son regard de part est d’autre de son visage, elle s’arrêta sur son menton blessé, mais, obliqua en riant négligemment « Les cheerleaders sont accaparantes, il faut t‘y préparer. » Elle sourit furtivement, et prit une grande inspiration, regardant sur le côté avec malice « Je prends le pari : dans une semaine, tu ne te souviendras même plus de la fille qui t'as emmené à ton premier cours, le jour de ton arrivée. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mar 21 Mai - 19:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyLun 9 Mai - 0:42

Lorsque Cat s’autorisa une pause pour ôter sa veste, Gale se pencha une dernière fois vers la foule qui s’éloignait derrière lui, songeant à quel point tout ça était nouveau pour lui –et que ça n’était indubitablement qu’un début. En bon téméraire, il ne comptait jamais vraiment sur l’aide de personne lorsqu’il s’agissait de débarquer dans un nouvel endroit, préférant prendre des repères à sa manière, et c’était exactement comme ça qu’il avait envisagé son intégration à McKinley. Apprendre sur le tas, à force d’observation, ça valait mieux que tous les guides de la terre. Pourtant, il lui en avait fallu peu –rien qu’un accident, en fin de compte- pour changer d’avis et saisir la main que Cat lui avait tendu en lui offrant de le guider jusqu’à sa salle de cours. Elle ne lui avait certes pas explicitement proposé de lui faire visiter l’école, ni même de lui présenter qui que ce soit –ses amies, quand bien même elle en aurait eu- mais pour Gale, qui pensait faire profil bas et rester seul toute cette première journée, c’était tout comme. Le blondinet, enjoué, avait accepté sans trop savoir pour quelle raison. Ce dont il était profondément persuadé, en revanche, c’est que cette jeune fille lui inspirait confiance, même s’il ne représentait pour elle rien d’autre qu’un type qui l’avait violemment percuté quelques minutes plus tôt. Le regard de Gale se retourna vers sa camarade, manifestement plus à l’aise sans sa veste, et lorsqu’il voulut s’adresser à elle pour lui proposer de porter son vêtement, il fut forcé de constater qu’elle l’avait déjà posé sur son épaule.

Gale porta sa main devant sa bouche, prétextant un bâillement, pour tenter de justifier le son qui venait d’en sortir inopinément. Soulage que Cat n’ait rien remarqué –ou n’en ait pas tenu rigueur- il esquissa un sourire détendu, avant de passer spontanément une main dans sa chevelure décoiffée. A son contact, il essaya de s’imaginer ce que pouvait bien ressentir la jeune blondinette en faisant la même chose, mais fut seulement comblé de frustration en frôlant ses pointes rapidement atteintes. A l’accoutumée, les cheveux n’étaient pas la première chose qu’il relevait chez une fille –son aversion pour les relations amoureuses ne l’interdisait pas de s’y intéresser- mais Cat, à la manière dont elle les manipulait presque continuellement, semblait leur accorder une attention particulière qui le fascinait. Un détail qui pouvait sembler superficiel mais qui avait su susciter l’intérêt du jeune homme, amusé par l’idée rocambolesque de vendre de pareilles mèches sur internet –comme elle lui avait suggéré plus tôt.

Suivant toujours la jeune fille de pied ferme, le blondinet fut étonné de la manière presque flegmatique avec laquelle celle-ci encaissa sa remarque concernant le lancer d’élèves dans les ordures. Selon ses dires, il s’agissait d’un rituel, et d’un classique de surcroît. Gale conclut donc que le bizutage à McKinley ne s’arrêtait ni à ça, ni à la douche au sorbet à laquelle il venait d’assister malgré lui. Le garçon soupira de consternation, s’estimant bienheureux que Cat soit habilitée à l’informer de la situation à laquelle il devrait bientôt faire face tout seul. En croisant les yeux clairs de sa locutrice, il se demanda un court instant si elle aussi, à son arrivée, avait eu à affronter tout ça, mais jugea le sujet trop indiscret pour oser en parler. Furetant activement dans son sac, il y dénicha un crayon dans l’espoir de noter grossièrement sur la paume de sa main les indications qu’énumérait Cat. Sur le haut de sa main gauche, il écrivit en lettres majuscules CHEERIOS/FOOTBALL = DANGER de manière suffisamment discrète pour que seul lui soit capable de le relire –il n’osait même pas s’imaginer ce qu’un footballeur pourrait lui faire subir s’il voyait ça-. Après tout ce dont il avait été témoin, rien ne surprenait Gale dans le discours de sa camarade : les footballeurs et les cheerios faisaient la loi, et les autres élèves devaient cohabiter –survivre ?- tant bien que mal dans ce qu’ils croyaient et disaient être leur royaume. Le garçon, quant à lui, se fichait bien de ne pas être populaire, tout ce qu’il voulait au fond, c’était qu’on le laisse tranquille –même si les footballeurs ne verraient certainement pas ça du même œil.

Mordillant le crayon coincé entre ses dents, alternant successivement son regard entre Cat et l’encre fraichement déposée sur sa main, Gale écoutait avec beaucoup d’attention la jeune fille qui avait l’air de se plaire à lui dépeindre McKinley dans les grandes lignes –peut-être était-il plus qu’un type que venait de l’amocher, en fin de compte-. Arrivé à mi-hauteur de l’escalier, quelques marches en retard sur sa camarade, il rajouta –en plus gros cette fois-ci- une note concernant la nourriture, même si là non plus, rien ne l’étonnait. BOUFFE A EVITER Il souffla pour faire sécher l’encre et dissimula rapidement sa main dans son jean, relevant sa tête pour constater qu’ils venaient tout juste d’entrer dans un nouveau couloir.

Le franc-parler était une qualité qui pouvait parfois causer beaucoup de tort à Gale, car la plupart du temps, le sien se manifestait sans qu’il ne s’en rende vraiment compte –en l’occurrence, c’est ce qu’il venait de se passer. A la vue de Cat postée devant lui, bras croisés et regard mécontenté, il serra les dents, ayant abandonné tout espoir que sa remarque concernant ses cheveux soit passée inaperçue. Curieusement, son air contrit n’empêchait pas Gale de lancer un sourire discret à sa locutrice, sourire qui s’élargit graduellement lorsque cette-dernière lui assura que ça n’était rien en fin de compte. A son approche, Gale convint toutefois qu’il valait mieux s’excuser, car sa franchise n’avait dans ce cas précis que servi à le faire passer pour un discourtois doublé d’un malotru. « Désolé » formula-t-il avec sérieux, préférant ne pas s’aventurer dans d’extravagantes justifications ; il avait eu tort, un point c’est tout.

Relançant habilement la conversation, Cat assura au jeune homme qu’il ne devait pas s’en faire puisque, selon elle, les cheerleaders ne tarderaient pas à la convoiter. Intrigué, désorienté, Gale ne savait pas vraiment ce qu’il devait en penser. Etait-ce une bonne chose, de plaire aux cheerleaders ? Ou ce qu’il pensait être un compliment n’était-ce qu’un reproche lié à son comportement ? Lançant un air inquisiteur à la blondinette, soutenant avec sérieux son regard, le garçon monta sa main au menton pour se donner un air songeur. Il en avait presque oublié sa douleur. « Mais c’est quoi au juste le genre des cheerleaders ? » questionna-t-il, fronçant les sourcils en signe d’incompréhension. Si la jeune fille ne se contentait pas d’éluder sa question, il serait au moins fixé sur ce qu’elle pensait de lui, préférant se délester de tout espoir d’une amitié possible s’il s’avérait qu’elle ne l’aidait que par culpabilité. Lorsque peu après les deux interlocuteurs furent arrivés à destination, Gale suivit l’exemple de Cat et se rapprocha au possible de la porte ouverte qui laissait entrevoir une salle encore vide. De toute évidence, ils avaient encore un peu de temps devant eux pour poursuivre leur discussion, perspective qui égaya un peu plus le jeune Hemmens. « Et puis… pour qui me prends-tu ! Sache, pour ta gouverne, que je ne suis pas un garçon facile et qu’il faut beaucoup plus qu’une jupette et des pompons pour qu’une fille m’intéresse. » Ses paroles étaient sincères mais il parlait avec un ton ironique qui pouvait laisser croire qu’il exagérait. « De toute manière, les cheerleaders… ça n’est pas mon style. » conclut-il en secouant la tête, élargissant son sourire.

Retroussant les manches de son pull, Gale demeurait fixe face à Cat toujours adossée près de la porte. Malgré sa petite taille, le garçon était forcé d’avouer que la jeune fille était dotée d’un incroyable charisme, ou du moins d’une force de caractère insoupçonnée. Etait-elle foncièrement sympathique, le jeune garçon était bien tenté d’y croire. Sa remarque suivante le titilla trop pour qu'il puisse y réfléchir davantage.
« Ne joue pas à parier avec moi, tu risquerais de perdre. Parce que même si je ne recroisais pas d’ici une semaine, j’aurais toujours mon menton endolori pour me rappeler que tu existes ! ». Non, c’était certain, Gale ne pourrait pas oublier Cat, pas après leur rencontre renversante et leur petit moment copinage. Il posa ses pupilles claires sur le visage fin de la jeune fille, soupirant légèrement. « C’est plutôt moi qui devrait m’en faire, tu ne crois pas ? Qui sait quel autre garçon charmant pourrait te heurter entre temps… ».
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyMar 10 Mai - 0:06

Quel était au juste le genre des cheerleaders ? La question de Gale résonna un instant dans l’esprit de Cat qui, fronçant les sourcils en considérant son interrogation, fit mine de réfléchir ; cela l’intéressait-il vraiment ou se contentait-il seulement de suivre le cours de leur conversation par pure politesse ? Soudainement contrariée, Cat se mordit discrètement la lèvre inférieure, suivant l’adolescent du regard pendant qu’il se plaçait tranquillement face à elle ; la douleur qui martelait son front commençait à doucement se dissiper.

Il était de notoriété publique — ou du moins, quelque chose qui s’y apparentait — que l’adolescente passait son temps à, au sens propre, fuir le regard de ses congénères ; ses professeurs le lui avaient reproché à plusieurs reprises, et le nombre de personnes qui pouvaient se vanter d’avoir ne serait ce qu’aperçut la couleur de son iris ne se comptait que sur les doigts d’une main. Cela dit, elle n’en disconvenait pas et assumait la chose, tout bonnement ; il s’agissait d’une sorte de réflexe, d’une mauvaise habitude prise pour se protéger et qui trahissait son manque de confiance en elle où elle ne savait trop comment son thérapeute avait nommé ce dysfonctionnement comportemental — comme si cela la passionnait réellement…

Être le centre d’attention d’une seule et unique personne ne l’avait pas beaucoup aidé à se familiariser avec celle que les autres pouvaient — ou non, lui porter. Sa mère ne lui avait pas rendu service en la couvant autant, en profitant d’elle et en mourant prématurément -de surcroît- la laissant ainsi aux prises d’un monde qu’elle ne connaissait pas ; que représentait exactement le regard des autres pour la jeune fille ? Sans conteste sa plus grande peur. Toutefois, jamais elle n‘en avait parlé à qui que ce soit et jamais elle n‘en parlerait, il lui restait une once d’amour propre pour garder ses peurs stupides pour elle. Qui plus est, elle ne pouvait pas faire autrement que de vivre avec, mais, n’empêche que c’était un fait avéré : Cat était effrayée.

Face à Gale, les choses étaient relativement différentes. Cela en était d’autant plus troublant qu’ils ne se connaissaient même pas, et que leurs phrases échangées étaient, mine de rien d’une banalité affligeante. Toutefois, Cat sentait que quelque chose la poussait à aller vers lui et à lui parler — chose qu’elle n’aurait sans doute jamais osé faire s’ils ne s’étaient pas violemment percutés (merci les couloirs étroits du lycée) ; il était évident que tout ça ne lui ressemblait pas du tout — devait-elle commencer à s’inquiéter ? Dans tous les cas, elle ne s’était jamais aventurée à laisser transparaître cette facette d’elle, au lycée… à la maison, l’histoire n’était pas la même, certes et encore une fois, c‘était elle qui l‘avait voulu ; elle qui contrôlait tout d‘ordinaire avait l‘impression de laisser filer un détail particulièrement important et fronçant davantage les sourcils, elle cilla d‘un même chef. La situation était un peu étrange, pas désagréable pour autant, mais, Cat était déconcertée et tournant à nouveau son visage vers Gale, elle l‘observa avec une certaine attention.

La réponse de la jeune fille se faisait attendre, elle s’en rendit compte et feignit de réfléchir encore un moment, caressant du bout des doigts les bracelets qu’elle portait au poignet — elle releva la tête. Usuellement, Cat les aurait détournés aussi vite, ne se laissant même pas le temps de sonder le regard de son interlocuteur, mais, pas cette fois ; plissant doucement les yeux, Cat attendit que Gale la regarde en retour — ce qu’il fit plus rapidement que ce qu’elle espérait. Inopinément, elle soutint son regard plusieurs secondes, le fixant sans scrupule. Il était vraiment sérieux quand il disait ne pas savoir quel était le genre des cheerleaders ? Il avait tous les critères pour passer le test haut la main, c’en était presque ridicule. Esquissant un bref sourire à cette pensée, Cat reprit ses bonnes vieilles habitudes et fit pivoter son regard subitement : elle n’en démordrait pas, ce garçon avait bel et bien quelque chose de spécial.

« Le genre des cheerleaders… » répéta-t-elle en arquant un sourcil, prenant une expression moqueuse. Elle s’appuya un peu plus contre le mur, s’apprêtant à reprendre sa phrase avant de stopper son élan en secouant la tête, résignée « Est-ce que c’est vraiment important d’en parler ? Après tout, je ne sais pas ce qui leur plaît vraiment, je suis une simple observatrice, je n’ai pas réponse à tout. »

Cat éluda habillement la question, un petit sourire en coin se dessinant sur son visage. Pour le coup, elle était réellement embarrassée. Presque désolée d’avoir autant fait preuve de zèle concernant les possibles goûts des minettes à pompons — lui dire qu’elles aimaient les types mignons dans son genre, c’était dans un sens avouer qu’elle aussi le trouvait plutôt mignon et c’était tout aussi inapproprié que la remarque du jeune homme sur ses cheveux. La blondinette n’avait pas envie de rentrer dans ce jeu — aussi amusant et plaisant fut-il — pas pour le moment, en tout cas. Tentant de garder une certaine décontraction, elle passa une main sur sa joue ; elle se souvint alors de la trace suspecte qui l’avait fait perdre son attention et se demandant si le garçon l’avait remarqué lui aussi, Cat laissa longtemps ses doigts posés sur sa joue, réfléchissant activement à comment elle pourrait se débarrasser de cette chose collante et sucrée qui lui donnerait sans doute des boutons, après coup. Toutefois, son attention fut détournée et préférant regarder encore une fois Gale, elle rit succinctement à sa révélation, posant son talon contre le mur en inclinant la tête -elle tacha de garder correctement sa main collée sur sa joue.

« C’est-ce que vous dites tous, mais, elles sont persuasives ; elles voudront voir ce qu’il se cache sous le pull du petit nouveau et avant que tu n’aies eu le temps de t’en rendre compte, tu te baladeras torse nu dans les couloirs avec l’une d’entre elles à ton bras… » Cat désigna les supposés abdominaux de son camarade du menton et haussa les épaules avec espièglerie « Pauvre de toi. » ajouta-t-elle dans une fausse mine de tristesse, retrouvant rapidement son sourire, elle fronça le nez en tournant la tête puis se résigna à décoller la main de sa joue ; quand le jeune homme continua sur sa lancée, la blondinette jugea alors préférable de prendre les choses à la légère, cette fois-ci « Hum, je vois. » dit-elle dans un murmure exagéré, elle opina continuellement du chef et haussa raisonnablement la voix « Tu attends de moi que je te demande quel est ton style, exactement — je me trompe ? » Cat passa ses doigts dans ses cheveux puis croisa les bras, posant son regard sur un coin reculé du couloir « Laisse-moi deviner, d’accord ? Hum… » Elle garda les bras étroitement serrés sur sa poitrine, mais, posa son index sur sa bouche feignant pour la énième fois de réfléchir et commença avec sérieux « Les blondes, tu aimes les blondes. Petites, de préférence pour que tu puisses jouer les petits copains protecteurs — les filles aux jambes fuselées types Claudia, Heidi et Gisele, ce n’est pas trop ton truc… » Regardant avec intérêt le plafond éclairé, Cat se décolla du mur et avança de quelques pas vers Gale, plissant les paupières ; elle se mordilla la lèvre en tapotant ses petits doigts sur ses bras toujours croisés ; souhaitant continuer sur sa lancée et énumérer tout ce qui lui passait par la tête l‘adolescente s‘arrêta nette pourtant, et le toisa en lui souriant d’un air entendu « Dans l’absolu, je pense être ton style de fille — c’est plutôt drôle comme coïncidence, non ? »

Élargissant son sourire, la jeune fille fit un pas un arrière pour casser cette soudaine proximité et regarda derrière elle — plus pour se donner une contenance que pour autre chose et soupira ; les cours n’allaient pas tarder à commencer. Gale vivrait son premier traumatisme en découvrant que sa professeure de biologie est une vieille mégère aigrie et elle, devrait supporter une heure de la seule matière qui lui faisait regretter d’être blonde — les mathématiques. Sentant son enthousiasme s’amenuiser, Cat prit une légère inspiration et se concentra à nouveau sur le jeune homme, alors qu’il remettait leur collision sur le tapis — ce qui la fit entrouvrir la bouche, faussement offusquée. Dans le feu de l‘action, elle pressa rapidement son index sur le menton de Gale pour raviver sa douleur.

« Prends ça comme un cadeau de bienvenue. » dit-elle en étouffant un léger rire, appuyant une deuxième fois sur son bleu apparent ; elle lui donna un léger coup d'épaule — qui le fit à peine basculer — et retourna s’adosser au mur ; il reprit ensuite la parole et Cat répondit spontanément « Les charmants garçons comme tu dis, ce font rares. Tu peux t’estimer heureux : au moins, tu n‘auras aucun rival à McKinley High. » Occupée à replacer l‘un de ses bracelets, Ecaterina releva subitement la tête : elle avait parlé trop vite ! Elle n’avait en aucun cas voulu paraître discourtoise — fait qu'elle avait en quelque sorte reproché au jeune homme quelques minutes plus tôt. Épouvantée, la blondinette fit de gros yeux, et rebaissa instantanément les yeux, cherchant rapidement un moyen de ne pas attirer l’attention sur sa petite phrase révélatrice ; regardant Gale, elle arrêta son regard sur son menton et lança maladroitement « Tu devrais quand même aller à l’infirmerie à la pause de dix heures, tu sais. » Elle s’éclaircit la gorge dans la foulée et profitant de ce petit moment de confusion, elle sauta sur l’occasion et ajouta précipitamment « D’où est-ce que tu viens ? »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mar 21 Mai - 20:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyVen 13 Mai - 20:00

Gale avait la fâcheuse tendance de vouloir perpétuellement tourner une conversation à son avantage. Il s’y appliquait d’ailleurs avec une telle contention d’esprit que bien souvent, ses combines portaient plus ou moins leur fruit. A l’usage, ce genre de stratagème était devenu presque naturel chez-lui qui pouvait parfois y recourir inopinément. Dans le cas présent, le jeune homme doutait que sa question trouve de réponse dans la bouche de son interlocutrice, qui demeurait muette, manifestement pensive. Avait-elle évoqué les cheerleaders sans réellement connaître leurs goûts ou essayait-elle de lui répondre sans impliquer son propre jugement ? Ses mimiques ne permettaient pas à Gale d’y voir plus clair, qui une nouvelle fois fit mine de se gratter les cheveux. L’embarras qui se manifestait par ce geste était nul doute dû à fait que le jeune homme pensait avoir offusqué son interlocutrice avec sa question faussement innocente. Une crainte qui se confirma lorsque la réponse arriva jusqu’à ses oreilles. Je ne suis qu’une simple observatrice, voici l’explication que venait de lui fournir la jeune ville, une phrase qui fit naître une germe de frustration chez le jeune homme. Car d’une part sa question venait d’être astucieusement esquivée et d’autre part il n’avait rien à répondre –puisqu’après tout, rien au monde ne lui permettait de mettre en doute les propos de la blondinette. Roulant les yeux, il hocha discrètement la tête, convenant que le sujet était clos.

A côté de ça, évoquer ses propres goûts était presque une mince affaire. Gale était indubitablement un garçon discret et peu habitué au contact féminin, il ne jugeait pas inapproprié d’évoquer le sujet avec Cat, même si leur rencontre remontait à seulement quelques minutes et que –hormis son nom et son caractère bien trempé- il ne connaissait rien d’elle. De toute manière, son aversion pour les cheerleaders était bien réelle, et il n’avait aucune raison de s’en cacher ; avec un peu de chance, ça lui éviterait de devoir être désagréable avec l’une d’entre elles s’il s’avérait que Cat avait vu juste. Cette-dernière semblait d’ailleurs très sûre d’elle en affirmant que tous les garçons disaient la même chose avant de finalement se pavaner fièrement au bras de la première cheerio venue. Amusé par de tels propos, le blondinet ne put retenir un discret éclat de rire qui s’amplifia modérément lorsque sa camarade pointa ses abdos. Il ouvrit son poignet et, constatant que sa liste « du survie » était toujours intacte, songea qu’il devrait rajouter CHEERLEADER -> NUDITE ? une fois en classe. A cette dernière pensée, Gale tourna instinctivement la tête autour de lui pour constater que les élèves s’étaient rapprochés de la salle de classe. La grande majorité semblait l’ignorer, il retourna donc son attention vers Cat.

« D’autres avant moi ont peut-être cédé à leurs avances mais tu sais ce qu’on dit… » affirma-t-il en pointant son regard droit vers celui de sa locutrice. Il porta une main sur sa poitrine et arbora un air faussement sérieux avant de terminer «Je suis l’exception qui confirme la règle ». Sur le coup, Gale se préoccupait plus d’amuser la blondinette plutôt que de lui paraître vraiment convaincant. De toute manière, si elle n’en démordait pas, il aurait incontestablement l’occasion de lui prouver son erreur lorsqu’une cheerleader peu scrupuleuse l’aspergerait de slushie dans les journées à venir. Curieusement, cette pensée n’effrayait pas Gale, comme si d’un seul coup, la perspective d’être publiquement humilié ne l’affectait plus. Le portrait que Cat avait dépeint des lycéens y était pour beaucoup et il savait désormais à quoi s’en tenir ; s’il n’intégrait pas l’équipe de football, ne sortait pas avec au moins toute l’équipe de cheerleaders, il était fichu. Ce qui tombait bien puisqu’aucune de ces deux alternatives ne l’intéressait –alors autant accepter son sort avec le sourire et dévorer le peu d’instants de tranquillité qui lui restait.

Tranquillité ? Ce terme s’effaça brusquement de l’esprit de Gale lorsque les propos suivants de Cat parvinrent jusqu’à ses oreilles. La jeune fille avait entièrement raison ; il avait volontairement formulé sa phrase de manière à ce qu’elle le questionne sur ses goûts en matière de fille en retour. Dans un sens, cela voulait dire qu’elle avait certainement accepté l’idée qu’il ne soit pas attiré par les cheerleaders mais, en l’occurrence, ça n’était pas la question qui surprit Gale ; plutôt la réponse que la blondinette venait d’y apporter. Blondes, petites, disait-elle. Ces qualificatifs stupéfièrent le jeune homme qui sentit ses joues rosir légèrement –Il savait quels seraient ses propos suivants. Penaud, Gale souriait d’un air légèrement crispé, comme un enfant surpris en train de faire une bêtise. Il se résigna à lever son regard, parcourant le visage de Cat qui s’était instinctivement reculée. « Blondes et petites, hmm. Possible… De toute façon, c’est bien connu ; il ne faut pas juger qu’au physique ». Il termina sur une note faussement ironique « Mais dans mon cas précis, je dirais que tu as raison ».

Gale soupira. Ça n’était pas dans ses habitudes de mentir et il avait jugé bon de dire la vérité –même si pour ça, il lui avait fallu avouer que la jeune fille ne le laissait pas indifférent. Il ne savait pas vraiment quoi en penser ; l’avait-elle fait exprès pour qu’une deuxième fois il se montre idiot –pourtant, il s’était ouvertement excusé, pour ses cheveux- ou tenait-elle vraiment à savoir si ce type de filles lui plaisait ? Bien que piqué soudainement d’une envie de lui retourner une question concernant cette fois-ci les garçons qui –à elle- lui plaisaient, Gale ne put décemment pas s’y résoudre. Quelque chose lui disait qu’elle n’en parlerait sous aucun prétexte aussi librement qu’il venait de le faire. « Aïe » lâcha-t-il lorsque le doigt de sa camarade vint appuyer sur son menton. La douleur était vive mais disparut presque aussitôt –du moins, jusqu’à ce que le doigt vienne en remettre une couche. Il fronça les sourcils, élargit son sourire et répondit « C’est un cadeau comme un autre après tout. Merci ! ».

Une pointe de regret parut heurter Cat après qu’elle ait répondu à Gale ; à la manière dont elle releva sa tête, il sut qu’elle venait de parler sur le coup de la précipitation. Néanmoins, le jeune homme, n’éprouvant pas le sentiment que ses paroles étaient discourtoises ou même impolies, ne répondit rien. Il préféra, en échange, baisser la tête et la relever juste assez pour adresser un sourire intimidé à la blondinette. S’il s’agissait d’un compliment à son égard, elle reconnaîtrait facilement un Merci dans ce geste. Comme un peu plus tôt, une tension menaçait de s’installer entre les deux camarades jusqu’à ce que Cat, sans doute pressée de changer de sujet, lui conseille de se rendre à l’infirmerie à la pause de 10H. Dubitatif, Gale la scruta avec un peu plus d’insistance. Etait-elle sérieuse ? Non, bien sûr que non ; il ne pouvait pas courir se faire soigner pour si peu. S’il n’était pas du genre caïd, ça n’était pas non plus une mauviette. Mais l’attention que semblait lui apporter la blondinette lui plaisait. « Seulement si tu viens avec moi, alors. J’aurais l’air idiot avec mon menton amoché alors que toi… toi tu pourrais prétexter un mal de crâne. » Il débita ses propos avec beaucoup de spontanéité, recouvrant son air confiant. « Avec un peu de chance, j’aurais le droit à un peu de pommade ». Gale se frotta les yeux, circonspect. Si encore je savais où était l’infirmerie, pensa-t-il.

« De Vernon, dans l’Indiana » répondit le jeune homme presque aussitôt. Il en déduisit que si sa camarade s’enquerrait de savoir d’où il venait, c’était que peut-être elle ne restait pas avec lui par simple charité. « Autant te dire qu’à côté de Lima, c’est une vraie bourgade ! » précisa-t-il, haussant légèrement le ton à mesure que les discussions environnantes se faisaient plus nombreuses. Il songea à ajouter que son déménagement était le résultat d’une promotion de son père mais, craignant de ne pas avoir le temps de lui poser à son tour la moindre question, préféra ne pas s’étaler « Et toi ? Tu as toujours vécu ici ? » il poursuivit avec un ton clairvoyant « Ton léger accent me fait penser que non, mais tu as l’air tellement à l’aise ici ». Remarque stupide, puisque la jeune fille pouvait très bien être née ailleurs et arrivée en début d’année ici pour étudier. Gale mit cette boulette sur le coup du stress, puisqu’il s’efforçait de ne pas paraître inapproprié une nouvelle fois. « Je veux dire… tout ça, ces comportements, ces regards. Tu as l’air d’y être habituée. Je t’admire presque ».
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Ecaterina S. Robertson
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Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyDim 15 Mai - 23:38

« Je suis intelligente, tu sais. » lança-t-elle par-dessus son épaule, rejoignant le mur auquel elle s’adossa de nouveau. Cat repoussa les quelques mèches de cheveux qui encadraient son visage radieux, et poursuivit dans un sourire « Ce n’est pas évident au premier abord — à cause de la couleur des cheveux sans doute, mais, je suis studieuse en plus de ça ; un vrai rat de bibliothèque. » Opinant du chef, l’adolescente stoppa son entreprise quand son camarade lui avoua qu’elle était, peut-être son style de filles ; comme depuis le début de leur conversation, Ecaterina rebondit immédiatement sur les propos de Gale. Propos qui, à l’accoutumée, l’aurait sans doute un peu gênée — au pire, totalement intimidée. Mais, c’était elle qui l’avait cherché cette fois-ci alors, autant l’accepter et prendre ça sur le ton de la plaisanterie. Présentement, la blondinette aurait facilement pu avouer qu’elle appréciait le moment — pour diverses raisons, elle devait très certainement être dans un de ses bons jours, dans un sens c’était un doux hasard ; se mordillant la lèvre furtivement, elle élargit son sourire avec hésitation puis pencha doucement la tête, visiblement flattée, et fixant le sol, les sourcils légèrement froncés, Cat répliqua avec sérieux « J’apprécie ta franchise — on devrait plutôt bien s’entendre, toi et moi. »

Ce n’était pas faux, Cat avait comme un bon pressentiment concernant Gale — pourtant, il lui semblait n’avoir aucun don de voyance ; souriant une dernière fois, elle se résigna à relever le visage, mais, souhaitant détourner l’attention du jeune homme, et ainsi éviter qu’il ne s’intéresse davantage à son cas (elle aurait dû prévoir qu’elle ne mettrait pas longtemps à regretter amèrement sa propre allégresse) Cat préféra se concentrer sur les élèves qui commençaient à s’approcher dangereusement de la salle et les gratifiant de sourires furtifs, la jeune fille s’abstint de regarder Gale pendant un court instant ;

Pour elle, l’honnêteté était quelque chose de très important, de primordial si l’on voulait rentrer dans les extrêmes ; bien sûr qu’elle tachait toujours d’être franche et sincère, n’était-ce pas normal d’être un tant soit peu honnête ? À vrai dire, ça ne lui demandait jamais trop d’effort de le faire. Chez elle, il s’agissait d’un acte spontané presque naturel de décrier des vérités qui n’étaient pas — toujours — bonnes à entendre, ou à dire dans son cas… parfois, cela lui portait préjudice. Cela dit ce n’était pas si grave que ça : après tout, ne dit-on pas que seule la vérité blesse ?

Lucide, l'adolescente avait très vite appris que les jeunes de son âge se fichaient éperdument de ce principe, usant régulièrement de bobards rocambolesques pour se faire mousser auprès des copains. Seulement, Cat ne faisait indubitablement pas partie du même monde — une manière de prouver cette évidence officiellement. Oui, elle s‘interdisait tout bonnement de résister à l‘appel de la facilité — comprenez, le mensonge : pourquoi ? Tout simplement parce que la franchise était la seule chose qui lui restait. Autrement, on ne pouvait pas dire qu’elle était d’un très grand intérêt dans ce bas monde. Ici, on ne le remarquait que quand elle usait de ces vérités cinglantes ; au fond, c’était encore l’une des raisons pour laquelle elle préférait rester seule : personne ne pouvait la duper. Gale semblait suffisamment honnête, il le lui avait prouvé par deux fois déjà, et elle parvenait aisément à reconnaître la franchise de la maladresse — il était franc, cela lui plaisait et bien qu’elle ne s’aventurerait plus à le lui faire savoir avant un bon moment, elle comptait sur son pouvoir de déduction pour qu’il se rende compte par lui-même qu’elle y accordait une importance toute particulière ;

De plus en plus, les élèves approchaient, resserrant l’étau qui les séparait du duo accidenté. Pour détendre l’atmosphère, Ecaterina voulut briser la glace ; s’offusquant des paroles de Gale, elle prit le droit de le faire souffrir une demi-seconde, pressant délicatement son index sur son menton ; elle étouffa un léger rire quand il réagit à la douleur, et retourna la minute suivante à sa place attitrée — la tension n’était pas retombée, mais, au moins elle pouvait se féliciter d’avoir essayé ;

Près d‘eux, des regards se faisaient un peu trop curieux, insistants ; c’était exactement ça, le problème avec les élèves de ce lycée ; dès qu’une situation échappait à leur regard affûté, ils s’empressaient de colporter des rumeurs, de se faire leur propre opinion et de briser la vie d’autrui sous prétexte que… sous quel prétexte, au juste ? Ecaterina savait ce que les deux brunettes du fond étaient en train de se raconter, chuchotant comme des harpies, en lui lançant des regards inquisiteurs — est-ce que cela la dérangeait ? Absolument pas, ce n’était pas important. Haussant les épaules quant à la demande de Gale, Cat lui prêta à nouveau attention et glissant une mèche de cheveux derrière son oreille, elle la maintint un moment avec ses doigts, hochant brièvement la tête :

« Oui — très bien, je t’accompagnerai. » dit-elle avec douceur, lâchant la mèche de cheveux qu’elle retenait ; elle se redressa de toute sa petite taille et pinça les lèvres, le regardant brièvement droit dans les yeux « Je crois que tu as anglais juste avant la pause ; je serai dans la salle d’à côté, tu n’auras qu’à m’attendre, » Une main tendue devant elle, elle continua arborant une expression enjouée « et je t’y emmènerai. » La spontanéité de Gale la fit sourire, mais, obligée de réagir — au moins pour la forme, Cat posa les mains sur le haut de sa poitrine, fronçant les sourcils avec force, elle baissa tristement les pupilles « Alors, ça veut dire que je ne suis qu’un appât pour que tu puisses récolter un peu de pommade ? Moi qui pensais que c’était une excuse pour passer un peu plus de temps avec moi — tu me brises le cœur, Gale. »

Cat soupira exagérément, rassemblant de ses doigts experts sa longue chevelure sur le côté de son épaule, elle roula même des yeux pour simuler sa profonde déception, mais, ne pouvant garder son sérieux plus longtemps, elle lui lança très vite un regard malicieux alors qu’à côté, quelques remarques insultantes les atteignirent ; préférant les ignorer, la jolie jeune fille récupéra son sac à ses pieds, ramassant sa veste par la même occasion. Les insultes, elle n’y était pas spécialement habituée, cela la blessait, comme tout le monde, mais là elle ne pouvait pas se permettre de montrer ses faiblesses alors, l’indifférence lui semblait être la meilleure des solutions, comme toujours. Dans un même temps, Gale répondit à sa question — une aubaine pour elle, et glissant habilement la hanse de son sac sur son épaule, elle le regarda plus longtemps cette fois, la bouche entrouverte : l‘écho des insultes résonna encore quelques secondes, mais, très vite elle réussit à refaire surface

« Ouah... tu viens d’un autre état, » affirma-t-elle en secouant brièvement la tête ; elle frôla son front meurtri « c’est juste à côté… je sais, mais, ça… ça n’a pas dû être facile de tout quitter, » Cat marqua une petite pause, le dévisageant. Aussi, elle s’aperçut de son impolitesse et détourna le regard en le grossissant, ajoutant maladroitement « je suppose. »

Cat se savait épiée, et tourna la tête vers les deux élèves qui l’avait gracieusement insulté plut tôt. Furtivement, elle les toisa avec tiédeur puis croisa les bras, un sourcil subtilement arqué. Son visage se retourna alors, vers le jeune homme debout devant elle ; Cat faisait partie de cette catégorie de personne qui en un regard pouvait déstabiliser l’adversaire — elle le savait, elle en jouait d’ailleurs, elle avait basé toute sa soi-disant arrogance sur cette faculté. Enfin, tentant de ne plus s’occuper des élèves en question, la blondinette réfléchit un moment, considérant avec un peu plus de sérieux la réponse de Gale ;

Cat ne voulait pas que Gale se confie à elle — tout d’abord parce que la proximité avec les deux rombières grossières était bien trop dangereuse, mais, aussi parce qu’elle jugeait que cela ne la regardait pas tellement. Sa situation ne devait pas être facile, elle parvenait à le comprendre et se sentait affectée ; elle aussi avait quitté la ville dans laquelle elle avait toujours vécue, peut-être que c’était la même chose pour Gale — l’observant, elle tournicota du bout des doigts la pointe de ses longs cheveux. Sans doute qu’il mettrait du temps à se faire à sa nouvelle vie, à sa nouvelle ville — le regardant encore un instant, avec une douce expression de compassion, elle lui sourit avec quiétude puis joignit ses deux mains, pointant ses index étroitement sur lui ; Cat s’apprêta à lui faire savoir qu’elle l’aiderait à s’y faire mais, il la prit de court et lui posa à son tour une question. Baissant la tête, elle fit claquer sa langue sur son palais et cru bon d'éluder une nouvelle fois :

« On ne parle pas de moi, mais, de toi. » Gardant le visage incliné pendant un temps, elle soupira discrètement et le pointa de la main (cette fois) reprenant rapidement « Tu peux compter sur moi pour te faire visiter la ville, en tout cas ; nous avons de bonnes boutiques, de bons restaurants, une librairie à couper le souffle… » Cat sourit, pensant qu’elle méritait une augmentation pour toute la bonne publicité qu’elle faisait pour son employeur, mais à nouveau, les paroles du garçon la firent s’arrêter ; amusée, elle pencha encore plus la tête, ses cheveux glissant sur le côté, elle fronça le nez joliment et lança de sa voix rocailleuse « On ne t’a jamais dit que les apparences peuvent être trompeuses, Mister Indiana ? » Elle remonta son sac sur son épaule, recouvrant une posture normale et se détourna de lui, avançant un peu sur la gauche, elle baissa la voix et murmura « Tu veux connaître mon secret ? » Cat le gratifia d’un petit clin d’œil, et lança un regard sommaire aux différents élèves « Je déteste cet endroit. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mar 21 Mai - 20:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyLun 23 Mai - 1:57

On devrait plutôt bien s’entendre. Ces derniers propos eurent pour effet immédiat de soulager le jeune Gale du doute qui le rongeait ; si Cat l’avait accompagné jusqu’ici, ça n’était pas par culpabilité. Ou du moins, plus seulement ; quoiqu’il en soit, le jeune homme profita que sa locutrice pique du nez pour dessiner un sourire enjoué. Un sourire qui traduisait plusieurs choses ; un soulagement mais surtout un espoir, celui de ne pas devoir passer les mois à venir sans la moindre personne avec qui discuter au lycée. Il ne savait toujours pas s’il avait eu raison de confirmer les dires de sa camarade, révélant ainsi qu’elle pouvait potentiellement lui plaire, mais si cette confidence lui avait offert un ticket vers des journées moins pénibles à McKinley, il était prêt à renouveler l’expérience. Une entreprise qu’il devrait toutefois reconsidérer : la flatterie n’étant de tout évidence pas le genre de choses qui plaisaient à la jeune fille. Mais qu’à cela ne tienne, Gale était prêt à jouer le jeu et à ne pas minauder comme il l’aurait fait, sans scrupule, en temps normal. Outre sa profonde volonté, quelque chose d’autre l’en empêchait –sans conteste le fait que la jeune fille l’intimidait et l’intriguait, un sentiment curieusement ambivalent que le jeune homme avait du mal à s’avouer.

Profitant d’une pause dans leur discussion, Gale coula un regard en biais, fixant les casiers sur sa gauche, parfois interrompu par des silhouettes troubles qui s’animaient pressement. Cette impression de mal être, d’impuissance, de timidité, c’était la même que celle que le jeune homme avait connu à l’époque de Beth. Même si son petit cœur meurtri avait joué un rôle important dans son aversion pour la compagnie féminine, il se rendait compte que ça n’était pas la seule raison. Il détestait par-dessus tout le garçon qu’il était précisément à cet instant ; le Gale maladroit, hésitant et mal à l’aise dans ses propos. Il savait que foncièrement, il était comme ça, mais il se refusait à l’admettre. Il avait toujours fait face à la plupart des situations difficiles qui s’étaient présentées à lui –dernièrement, son déménagement- et il lui était tout bonnement inconcevable que ses efforts soient vains. Projetant son regard plus loin, le jeune homme s’arrêta sur des visages qui semblaient tournés vers lui.

Ses pupilles bleues ne s’étaient pas méprises ; à quelques mètres à sa gauche, un groupe de filles avaient l’air de les fixer, lui et Cat, avec une obstination si évidente qu’elle apparaissait ridicule aux yeux du jeune homme. Il songea un moment à lâcher un rire audible pour se gausser d’un tel acte de voyeurisme –et le terme ne semblait pas exagéré- mais s’abstint de toute réaction en constatant que même démasquées, les jeunes filles persistaient à les dévisager tous les deux. Haussant un sourcil, le blondinet se résigna donc à tourner la tête vers Cat, peu intéressé de savoir ce que oh diable ces demoiselles –ou plutôt ces malapprises indiscrètes- pouvaient bien leur trouver de palpitant pour les épier de la sorte. Et puis, il fallait voir les choses telles qu’elles étaient ; Cat était une très jolie fille et seul un fou n’aurait pas aimé être vu publiquement avec elle. Ce qui tombait bien puisque, dans l’immédiat, Gale n’était pas fou.

Si le jeune homme prit beaucoup de plaisir à feindre sa douleur –à l’exagérer, du moins- lorsque Cat vint y appuyer, il ne savait pas comment il pourrait la cacher ce soir à ses parents. Il était convaincu que l’hématome, si bénin fusse-t-il, aurait eu le don d’inquiéter sa mère et, les propos de celle-ci prenant rapidement une dimension exagérée, son père n’aurait pas tardé à y rajouter une couche. Devait-il leur dire la vérité ? Leur dire que, par inattention, il avait percuté une jeune fille qui, finalement, lui avait indiqué son chemin et qui lui avait ouvertement dépeint l’école comme un endroit détestable où les écarts de conduite –et les écarts tout court, d’ailleurs- sont très vite sanctionnés ? Il doutait sérieusement que cette version puisse calmer leurs inquiétudes. Abandonnant pour l’instant l’espoir de dénicher une solution salvatrice, il caressa une nouvelle fois ses cheveux, posant ses yeux sur Cat.

« Anglais, tu seras dans la salle d’à côté –très bien » Gale compléta ses paroles d’un regard impressionné et d’un hochement de tête –Cat avait de toute évidence mémorisé son emploi du temps de la matinée, une démarche à laquelle il aurait certainement dû songer en premier. Les paroles suivantes de la jeune fille le déstabilisèrent toutefois –voilà que ça recommençait- mais il se surprit à simplement la fixer en échange, intrigué. Après tout, cette fois-ci, il n’avait rien fait de mal. Ou peut-être bien, oui, puisque s’il avait demandé à Cat que celle-ci le guide jusqu’à l’infirmerie c’était aussi –surtout ?- pour passer un peu plus de temps à sa compagnie. Mais la franchise de Gale avait des limites et il refusait –du moins pour l’instant- de venir corroborer sa version des faits une fois de plus. « Mais voyons, un appât… bien sûr que non. En fait, mine de rien, tu es celle qui va m’aider à cacher ce bleu pour ne pas que mes parents s’affolent en rentrant ce soir –ce qui, les connaissant, est fort probable » répondit-il d’un ton circonspect. « Disons que ça fait de toi celle qui me dispense d’un voyage chez le médecin –ce qui est certainement mieux qu’un appât » ajouta-t-il, manifestement amusé par ses propres paroles « Enfin, je crois ».

Sur ces derniers mots, Gale se raidit et afficha un air niais, comme pour chercher dans sa tête une réponse qu’il ne trouva pas. Attiré par des railleries voisines, il pencha sa tête vers la droite, scrutant les personnes qui, étrangement, étaient pour la plupart tournées en leur direction. Gale n’aurait pu le confirmer avec certitude mais il était persuadé que ce genre d’inspection était en partie motivée par sa présence –le nouveau ; une véritable attraction à lui seul- et son rapprochement avec Cat qui, de loin, pouvait certainement prêter à confusion. Alors quoi ? Il était donc interdit de discuter avec n’importe qui sans sommation dans cette école ? Renonçant à trouver réponse, le jeune homme se contenta de froncer les sourcils faisant donc –pour la première fois et certainement pas la dernière- preuve de son mécontentement en public. Une étape qui pouvait paraître insignifiante pour n’importe qui mais qui représentait bien plus pour lui ; après tout, qu’est ce qui lui garantissait qu’aucun de ces individus inquisiteurs ne le prendrait pour victime les jours à venir –en l’occurrence, seule la compagnie de Cat le pouvait. Frémissant en songeant à son angoisse, Gale reporta son attention sur Cat. Il n’avait plus qu’une poignée de minutes pour profiter de sa présence –de la protection qu’elle lui fournissait et du spectacle capillaire qu’elle lui offrait-. Pour rien au monde il ne devait en détourner son attention.

Toutefois, évoquer son passé –s’agissait-il de son passé, d’ailleurs- restait un sujet tabou qu’il peinait à évoquer. Il savait que s’il devait s’y épancher, la nostalgie prendrait rapidement le dessus et qu’il finirait certainement par souffrir un peu plus en songeant à tout ce qu’il avait quitté ; ses amis, ses endroits, son enfance. Cette seule idée fit d’ailleurs s’effacer subitement toute trace de sourire sur son visage, y laissant seulement une expression grave. Non, il ne pouvait décemment pas parler de ça avec Cat, du moins pas ici, ni maintenant. Il se contenta donc d’approuver sa remarque en murmurant « Ouais, ça n’a pas été facile » d’une voix rauque tout juste audible, les yeux rivés au sol. Relevant progressivement son regard, conscient du trouble qu’il venait de faire naître, il se força à décrocher un sourire à la jeune fille.

Celle-ci, de toute évidence, avait cru légitime d’éluder encore une fois sa question ; ce qui, dans le cas présent, ne surprenait pas le blondinet. Après tout, il venait d’esquiver le sujet, elle n’avait fait que suivre sa démarche. Cependant, la manière dont elle venait de freiner des quatre fers pour ne pas lui répondre clairement lui laissait croire qu’elle ne faisait pas simplement que suivre son exemple. Visiblement, au club de ceux qui cachent un passé douloureux, il était loin d’être le seul. Raffermissant ses abdominaux, Gale s’étira les bras vers le bas, décontenancé. « Je retiens ton offre. Après tout, si j’ai du mal à me retrouver dans ce lycée, je n’imagine même pas ce qu’une ballade en ville pourrait donner ». Il ponctua sa réponse du sourire plus naturel cette fois, et d’un second franchement spontané lorsque Cat finit par lui avouer ce qu’elle disait être son secret. « Je vois » répondit-il, à moitié surpris. Le portrait plutôt âpre que la jeune blondinette lui avait fait quant au fonctionnement de McKinley lui avait suggéré que la jeune fille ne portait pas l’endroit dans son cœur. Mais qu’elle le déteste aussi fermement, assurément pas. « Donc, si j’ai bien compris, mes seules chances de survie ici sont de me faire sagement écraser et, en plus, de me taire. Ouah. Tu sais, à côté de ça les cheerleaders ont presque l’air affriolantes » ajouta-t-il, accompagnant cette dernière phrase d’un sourire amusé et d’un clin d’œil inopiné. Dans la crainte d’une méprise de sa camarade –elle était blonde, elle-même le disait- il préféra toutefois préciser « Je plaisante » d’un ton presque taquin.

L’heure avançait et la cloche ne tarderait certainement pas à le confirmer. Gale était d’ailleurs étonné que Cat soit toujours là alors qu’à sa place, n’importe qui aurait préféré s’avancer pour s’assurer d’arriver en classe à l’heure. L’attention qu’elle semblait lui portait le touchait beaucoup –beaucoup plus qu’il n’y transparaissait- mais il refusait catégoriquement d’être la cause de nouveaux problèmes pour la jeune fille ; un bleu sur le front, ça ne lui suffisait donc pas ? « Tu n’as pas peur d’arriver en retard ? » s’enquit-il, d’un ton qui se voulait raisonnable. « Ta compagnie m’est fort agréable, vraiment ! Mais tu comprends, je m’en voudrais que tu te fasses renvoyer de cours par ma faute » acheva-t-il, s’autorisant un sourire et caressant nerveusement ses cheveux. Il craignait que sa remarque puisse passer pour une réflexion diplomatique la poussant à partir mais il n’en était rien ; au contraire, Gale était sérieusement préoccupé par sa camarade. Une attitude frappante lorsqu’on connaissait Gale et son empathie franchement exceptionnelle.
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Ecaterina S. Robertson
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Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
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MessageSujet: Re: 06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV)   06. En terme de discrétion, j'ai connu mieux. (PV) EmptyLun 23 Mai - 20:49

Dans ce grand couloir, les élèves commençaient à affluer, prêts à suivre — avec un entrain bien dissimulé, cependant — leur premier cours de la matinée ; certains d’entre eux semblaient encore ensommeillés, sautant sur la moindre occasion pour ronchonner, la mine renfrognée, et l‘allure passablement négligée. Ils traînaient des pieds, tout en grappillant quelques minutes supplémentaires de liberté, profitant du retard du professeur pour répondre à un texto matinal de la petite amie envahissante ou, pour préparer mentalement une excuse potable qui éviterait à l’élève tête en l’air de ne pas récolter une heure de retenue, à cause d’un devoir non rendu. En somme, chacun avait sa façon bien à lui de se détendre avant de rentrer en classe pour affronter cette matinée de dur labeur.

Ainsi, ils découvriraient bientôt ce nouvel élève, tout droit arrivé d’un autre état et qui partagerait les mêmes cours qu’eux, tout au long de cette année scolaire. Normalement, ils devraient se réjouir d’avoir un allié de plus, une personne qui grossirait les rangs et qui potentiellement, subirait les mêmes galères qu’eux jusqu’à la fin — un frère d’arme, en quelque sorte- seulement dans ce lycée, rien ne se déroulait jamais normalement. Inconsciemment, la façon dont Gale pourrait être accueilli par ses camarades, contrariait Cat qui parvenait presque à ressentir cette angoisse malsaine, la même qu’elle avait ressenti des mois plus tôt, en faisant son entrée ici. Contrairement à elle, Gale ne donnait pas l’impression d’être angoissé, il paraissait plutôt serein, ou alors il jouait particulièrement bien la comédie. Cela dit, cette — peut-être feinte — décontraction ne calma pas cette soudaine inquiétude qu’éprouvait la jeune fille à son égard et qui malheureusement s’accrut davantage quand des regards insistants se perdirent en sa direction.

Le plus grand malheur de Cat, c’était cette curieuse capacité à éprouver de l’empathie pour toutes les personnes qui l‘entouraient, ou du moins, pour toutes les personnes qui comptaient le plus à ses yeux. Certes, les autres pouvaient la trouver froide en la croisant au hasard d‘un couloir. Ce n’était pas du tout le cas. Son empathie exacerbée la poussait à agir d’une telle manière que ces autres se faisaient toute une image d’elle. Douée, la jeune fille faisait comme si rien ne pouvait avoir d’incidence sur sa propre vie, sur son mental d’acier — une blague, son mental était aussi épais que du papier à musique —. Son attitude blasée était une bonne armure, et en y pensant davantage, elle n’était pas près d’en changer. En réalité, personne ne la connaissait vraiment.

À de nombreuses reprises, Cat avait déjà été confrontée à des situations particulièrement délicates — le départ de son père, celui de son frère, la mort de sa mère — pourtant, à chaque fois, occultant sa propre peine, la jeune fille se concentrait sur celle des autres, aux risques de s’oublier un peu puis de finalement, s’en rendre malade — c’était comme ça. Bien sûr, au fil du temps, il s’agissait d’un fait qu’elle parvenait aisément à dissimuler — son attitude avait, en définitive réussie à la faire relativiser dans ce genre de posture. Toutefois, cela ne la préservait pas de ses pensées — nombreuses fussent-elles — et mine de rien, même si elle tâchait de ne pas s’y arrêter, beaucoup de choses la taraudaient.

La main tenant la hanse de son sac posée sur son épaule, Cat esquissa un bref sourire quand Gale dépeint ses parents comme de grands inquiets. Bizarrement, cette révélation eut pour effet de rassurer la blondinette qui se détendit promptement et relâcha la pression, libérant ses poumons de cette trop grande bouffée d’air qu’elle avait inspirée un peu plus tôt. Il était donc bien entouré. C’était une bonne chose. Non pas qu’elle prenait son cas pour une généralité — être sous la responsabilité de son frère aîné n’était pas une situation commune —, mais, l’entendre formuler cette évidence à haute et intelligible voix la tranquillisait.

« Tu n’auras qu’à leur dire la vérité. » le coupa-t-elle, en baissant les yeux « Je suis prête à prendre toutes les responsabilités de ce — hum, » La jeune fille plissa les yeux, triturant avec nervosité l’un des nombreux bracelets qu’elle portait au poignet puis, elle fit mine de réfléchir une seconde, reprenant en riant « de cet accident. » conclut-elle simplement. Sa contrariété s’était estompée un moment. Seulement, elle sentait déjà cette vague d’anxiété la reprendre et préférant ne pas s’y attarder, elle ajouta sur le ton de la plaisanterie « ,Mais, je comprends que ça puisse te faire perdre toute ta crédibilité. Une fille comme moi avoir le dessus sur un grand garçon comme toi, c’est assez humiliant. » Dans un sourire, Cat remonta son sac et écarta ses doigts du bracelet qu’elle caressait avec attention « Si tu optes pour la version non officielle, essaie de ne pas trop m’amocher, s’il te plaît. »

Enfin, la jeune fille releva la tête. Gratifiant son camarade d’un sourire timide, Cat s’apprêta à passer une main dans ses longs cheveux, avant de se rétracter, se rendant subitement compte du caractère trop régulier de la chose — un tic nerveux, sans doute. Pourtant, sous son impulsion, ils en vinrent à parler du jeune homme. D‘ailleurs, il s’avérait que l’adolescente avait visiblement été un peu trop téméraire en souhaitant s‘informer sur l‘endroit d‘où il venait, exactement : à en juger par cette expression indéfinissable qui passa sur son visage au moment même où il appuya son affirmation, la blondinette put en effet, constater à quel point cela n’avait pas du être évident pour lui. S’il avait voulu cacher sa tristesse, il ne s’y était pas pris de la bonne façon, et se sentant coupable d’avoir profité de l’arrivée de Gale à Lima pour détourner le sujet, Cat choisit alors de rester silencieuse, respectant son choix de ne pas lui en dire plus.

Des rires et des chuchotements émanèrent d’un coin du couloir et par réflexe, la jolie blondinette tourna la tête — ce qui lui permit de ne pas regarder son interlocuteur, pendant un temps. Si elle s’en voulait d’avoir ravivé la douleur du déménagement de Gale, Cat ne savait pas comment s’y prendre pour le lui faire comprendre. Les regards étaient trop braqués sur eux pour qu’elle ne prononce des excuses sincères sans pour autant titiller la curiosité des autres — chose qu’elle voulait lui éviter pour que le jeune homme soit sûr de rester tranquille jusqu’à la fin de la matinée —. Elle ne pouvait pas non plus faire un geste, quel qu’il soit, sans que cela ne soit mal interprété. Frustrée de ne pas pouvoir rattraper son erreur, Cat s’éclaircit la voix en toussant furtivement, se résignant à laisser sa bourde passer — elle aurait peut-être une autre occasion de se rattraper.

La voix rauque de Gale la ramena sur terre et retournant son visage vers lui, Cat sourit naturellement quand il résuma tout ce que la jeune fille lui avait dit depuis le début de leur petite discussion. Plissant les yeux en prenant un air plutôt sérieux, la jeune fille cru bon d’ajouter à son discours « Tu as oublié qu’il faut aussi éviter les blondes dans mon genre, si tu veux une chance de garder ton physique de surfeur californien. » Cat sourit en coin, penchant la tête modérément ; elle arrêta son regard sur le bleu du jeune homme pour la énième fois, fronçant les sourcils et serrant les dents dans une expression de douleur partagée « Je suis désolée, encore une fois. » dit-elle en fixant son menton. Dans sa maladresse, Cat espérait que Gale comprenne qu’elle ne s’excusait pas réellement pour ce vilain bleu qu’il aurait pour quelque jour encore, mais, plutôt pour son manque cruel de tact concernant son arrivée ici. Souriant encore une fois à la façon dont il s’empressa d’affirmer qu’il plaisantait, elle pencha un peu plus la tête et opina du chef pour lui faire comprendre que — cette fois — elle avait saisi la blague.

Quelques retardataires pressèrent le pas dans le couloir qui peu à peu, commençait à se vider puis, s’avancèrent d’un même mouvement vers la salle de classe, se postant ainsi près des murs : les conversations reprirent aussitôt. De l’endroit où elle était, la jeune fille aperçut la silhouette de la fameuse professeure de biologie toujours de mauvaise humeur, qui ne raterait sans doute pas une occasion de lui rappeler qu‘elle n‘avait rien à faire ici, à cette heure de la matinée. En y pensant, Cat jugea qu’il était temps qu’elle se rende en cours pour éviter de ne se faire remonter les bretelles de si bon matin. La perspective ne l’enjoua pas plus que ça, parce qu’elle avait mathématiques, mais, pas seulement. Toutefois, elle évita de formuler ce deuxième point dans son esprit, préférant prendre le coche et faire savoir au jeune homme qu’elle devait partir, pour rejoindre sa classe. Trop tard, il la prit de cour et étouffant un léger rire quand elle se rendit compte qu’elle allait plus ou moins dire la même chose que lui, Cat attendit — toutefois — qu’il formule son autre phrase puis, rétorqua :

« Tu as raison, je devrais y aller. » confirma-t-elle en hochant la tête, une mèche de cheveux glissant inopinément près de son oreille ; elle la repoussa aussi vite puis, remonta son sac avant de contourner son camarade — elle prit le temps de lui toucher l’épaule négligemment avant de le faire, une façon pour elle de l‘encourager subtilement — et enfin, exécuta un premier pas « A dix heures. » ajouta-t-elle avant de se retourner vers lui, un sourire se dessinant sur son visage ; elle le regarda en avançant à reculons, le pointant furtivement du doigt « Ne m’oublie pas surtout — je n’accepterai aucune excuse. » Un second sourire, et elle reprit une posture convenable, avançant d’un pas souple et élégant, ses longs cheveux suivant la cadence de ses pas, alors qu’elle traversait le long couloir sans se retourner. La jeune fille n’avait pas envie de partir et de devoir supporter cette pénible heure à parler équations — rien que d’y penser, elle abandonnait —. Toutefois, il le fallait et se connaissant par cœur, elle savait que si elle traînait un peu trop dans ce couloir, le désir de rester s’assurer que tout se passerait bien pour Gale serait plus fort que tout le reste — chose qui, comme l’avait dit le jeune homme, lui apporterait de nombreux soucis. Aussi, Cat croisa le professeur à mi-chemin qui, étrangement lui lança un sourire charmant, et avant qu’elle n’atteigne les escaliers, la blondinette se retourna une nouvelle fois — de là où elle était maintenant, elle se redressa et lança un peu plus fort, de sa voix naturellement éraillée, feintant la maladresse — elle se tapa même le front, à l’endroit précis de sa bosse, ce qui la fit tressaillir — cela ne l’empêcha pas de dire, cependant : « Oh et j’allais oublier : bonne chance ! » Les élèves dans le couloir lui lancèrent des regards indiscrets. Cat ne s’en préoccupa pas, lançant un dernier sourire franc à Gale. Puis, préférant ne pas s’attarder trop près de cette salle de classe — pour ne pas dire simplement de lui — la blondinette reprit son chemin, descendant les escaliers derechef.

Ecaterina ne parvenait pas à savoir comment Gale percevait sa première matinée, au lycée. Dans son for intérieur, elle espérait sincèrement avoir réussi à le rassurer un tant soit peu et à lui faire oublier qu’il était le petit nouveau, en le traitant comme n’importe quel élève. Cela dit, jamais la jeune fille n’aurait traité quelqu’un d’autre de la même façon ce qui, une autre fois, la conforta dans l’idée que ce garçon avait bien un truc en plus, quelque chose de particulier. À cette pensée, l’adolescente tilta, fronçant légèrement les sourcils, s’opposant soudain à cette idée — ce pressentiment — étrange. Descendant les marches avec une certaine assurance, Cat obliqua et s’engouffra au premier étage. Dans sa petite course jusqu’à sa salle de cours, la jeune fille se surprit à vérifier plusieurs fois l’heure sur la montre qu’elle portait au poignet, mais, alors quand elle s’en rendit compte, elle préféra feindre de la remettre en place, passant ensuite une main fébrile dans ses cheveux décoiffés, lançant des regards précipités autour d’elle comme pour vérifier que personne ne l’ai remarqué. Cette rencontre accidentelle avait eu le don de la décontenancer.

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