Choriste du mois


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 06. Fleurs de fête

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MessageSujet: 06. Fleurs de fête   06. Fleurs de fête EmptyMer 11 Mai - 21:54

    Levée avec le soleil, elle s’était rendue tôt au lycée pour son rendez-vous avec le principal et une fois levée et préparée plus question de rentrer se recoucher ou de traîner au lit devant la télévision ou l’ordinateur. Madeleine avait de l’énergie à revendre après cette bonne nouvelle : elle était officiellement engagée en tant que surveillante au lycée McKinley ! Sa joie était telle qu’elle semblait flotter plus que marcher. Ah les années lycée… Que de bons souvenirs, encore nimbés dans la folie et l’absence de responsabilité. En y réfléchissant un peu Mad n’avait pas énormément changé depuis. Partout où elle était passée elle avait cherché à être reine de popularité, elle faisait la fête sans compter, faisant fi des conséquences, changeant de ville tous les quatre matins. « Pas d’attache, pas de plan » c’était en quelque sorte sa devise… Après avoir claqué la porte de ses parents elle avait commencé par s’enfuir dans la ville voisine, squatter chez un ami sans payer de loyer en échange de quelques services. Puis quand l’ami est devenu trop ennuyeux elle a pris le premier bus au terminal et a filé droit vers l’état voisin. Voilà ce qui lui plaisait la liberté.

    Éblouie par un rayon de soleil, elle saisit ses lunettes de soleil pendues au décolleté de sa robe et les enfila, cachant ses grands yeux gris derrière les verres noirs. Elle laissa échapper un soupir de plaisir et se remit à marcher en direction du centre ville. À cette heure de la journée, les rues semblaient encore bien vides à l’exception de quelques femmes au foyer lève-tôt. Madeleine fixa son regard sur l’une d’elle : tout cela lui était tellement étranger. Elle ne parvenait toujours pas à comprendre comment sa mère avait pu abandonner ses rêves de célébrité pour se marier avec un homme aussi ennuyeux que son père et jouer bobonne à la maison pour l’élever. Plutôt mourir torturée que d’avoir à subir ça ! Passant devant une boutique de fringues, Madeleine ne put s’empêcher de contempler son reflet sur la vitrine. La jeune femme n’était pas très grande, mais sa silhouette élancée et sa passion pour les talons aiguilles compensaient largement. Elle aimait son corps, elle aimait son style, elle s’aimait en somme. Pas besoin de quelqu’un pour lui dire qu’elle était belle ou la couvrir de compliment, elle s’en sortait parfaitement bien toute seule !

    Alors qu’elle rajustait sa coiffure soigneusement négligée quelques mètres plus loin, une idée lui traversa l’esprit : si elle pouvait se faire des compliments à elle-même autant s’offrir des fleurs ! Lorsqu’elle avait quitté Lima quelques années auparavant il existait bien une petite boutique qui faisait l’angle quelque part (elle s’en souvenait parfaitement elle avait exigé que son cavalier au bal de promo lui offre une fleur venant de cette boutique précisément), mais existait-elle encore ? Un trait de rouge à lèvre essayé dans une parfumerie et elle sortait son téléphone pour vérifier. Mais au moment de saisir la recherche, pas moyen de retrouver le nom. En y réfléchissant ça faisait un moment qu’elle avait quitté Lima. Elle savait de source sûre que ses parents n’y habitaient plus mais elle ne savait encore rien des nouvelles tendances en ville. Quelles étaient les soirées à la mode, les groupes qui attiraient le plus de groupies hystériques dans les bars le soir, les meilleurs plans happy hours. Cela ne faisait que 2 semaines qu’elle avait emménagé dans son petit studio et bien malgré elle, Madeleine avait dû se plier aux exigences administratives, rechercher tout un tas de papiers, passer un milliard de coups de téléphone pour faire valider ses expériences dans ses petits boulots précédents, tout ça pour que son CV soit impeccable pour Figgins. Quelle barbe… Et le fun dans tout ça ?! Sa nouvelle amie Désirée n’était guère dispo ces jours-ci et elle n’avait pas encore eu le temps d’aller traîner dans les bars au hasard. Il fallait donc remédier à tout cela au plus vite ! Mais il ne fallait pas perdre de vue son objectif premier : les fleurs.

    Allez Mad réfléchis, tu le connais ce fichu nom lààà– grommela-t-elle. Après avoir tapé du pied sur place au milieu de la rue piétonne pendant cinq minutes sous le regard intrigué des passants elle se résolut à errer sans but dans les rues.

    Et quelle ne fut pas sa surprise en tombant nez à nez avec un étale de fleur à l’intersection suivante ! Le moral remonté à bloc Madeleine remonta ses lunettes sur ses cheveux blonds et entra d’un pas décidé à l’intérieur de la boutique qui embaumait. Ne voyant personne aux alentours, elle fit quelques pas en lançant :

    Aloha ? Y a quelqu’un ici ?

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MessageSujet: Re: 06. Fleurs de fête   06. Fleurs de fête EmptyMar 17 Mai - 11:35

Madeleine & Télémaque
" C'est véritablement vrai. Les fleurs ont un pouvoir de prédilection."


Je m'étais levé bien tôt ce matin. A dire vrai, je n'avais eu guère le choix. Nous étions en semaine, et comme à mon habitude je devais aller travailler pour gagner en quelque sorte mon gagne pain. Comme tout employé respectable, je me devais bien évidemment d'être ponctuel. Oh grand Dieu! C'était inévitable, car ma mère était un tyran assez effrayant lorsque ces employés se risquaient à arriver à des heures peu recommandables. Même moi, étant son fils j'étais comme terrifié à l'idée de l'entendre hurler. Alors que ma chère et tendre mère c'était permise de prendre du bon temps soit disant au passage, après tout c'était elle qui décidait de tout, pendant quelques heures j'avais hérité de la boutique en solitaire. Il n'y avait pas de quoi fouetter un chat, ni se mettre dans des états d'hystéries peu incongrues.

En effet, en cette période de l'année, il n'y avait pas beaucoup de client. Pourtant nous n'étions pas au bord de la crise, ni même sous la menace d'un huissier. Mais hélas! Je m'ennuyais ferme! Le calme me rendait presque fou. Je rangeais la boutique sous un air de tranquillité. Certaines fleurs étaient éparpillées un peu dans tous les sens. Ce qui n'était pas très esthétique. J'avais en quelque sorte pu terminer certaines compositions florales. Je me devais donc de mettre un peu d'ordre dans cette boutique, avant l'arrivé du tyran. Alors que je chantonnais quelques airs de musique, la porte de la boutique retentit. Comme quoi les miracles arrivaient tout de même sous cette vie misérable d'ennui. Alors que mon visage était plongé dans un parfum qui embaumait toute la boutique, j'entendis une voix non loin de la porte.

"Aloha ? Y a quelqu’un ici ?"


C'était sans le moindre doute, une voix de jeune femme. Bref, là n'était point la question. Alors que je me relevais instantanément afin d'accueillir à bras ouvert ma cliente, j'avais omis par simple hasard d'enlever certains pétales qui se baladait non loin sur mes cheveux. Idiot ou non, cela me donnait un style assez particulier. Le sourire aux lèvres j'admirais la nouvelle venue. Aussi charmante que ces fleurs aux alentours, je ne pu m'empêcher d'adresser sans le vouloir un "Wahou" du moins silencieux. Une si jolie femme ne pouvait-être que complimenté à chaque secondes de la journée, seulement ce n'était pas mon rôle. J'étais fleuriste. Et je me devais de lui vendre ce qu'elle désirait. En l'occurrence des fleurs. Même si elle me rendait en quelque sorte troublé, je n'étais pas là pour jouer le Don Juan à mes heures perdues. Aussi magnifique soit-elle, je m'approchais d'une démarche aimablement courtoise avant de lui adresser agréablement.

"Veuillez m'excuser pour le retard. Je faisais du rangement. Tout d'abord Bonjour, et Bienvenue! Vous désirez quelque chose en particulier? Sinon, je vous laisse le loisir d'admirer nos compositions."


J'aurais pu lui dire tout autre chose. "Bonjour gente demoiselle, que vous êtes charmante! Veuillez m'excuser pour ce noble compliment, mais très sincèrement vous avez des yeux forts élégants."

Aussi pathétique que cela puisse être, je me faisais tout simplement des films. J'en riais intérieurement, mais que voulez vous, je ne m'appelais pas Télémaque pour rien.
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MessageSujet: Re: 06. Fleurs de fête   06. Fleurs de fête EmptyMar 17 Mai - 23:46

L’air saturé de parfums de fleurs envoûtait complètement Madeleine. Toutes ces odeurs qui se mélangeaient sans ordre embrumaient son esprit au point d’en perdre un instant la notion du temps. Elle était plongée corps et âme dans la douceur de l’atmosphère lorsqu’elle fut tirée de sa torpeur par un bruissement derrière le comptoir qu’elle apercevait enfin caché derrière une plante verte débordante d’énergie. La jeune femme fit quelque pas dans cette direction pour voir enfin le vendeur qui s’avançait de même affichant un large sourire. Elle ne put s’empêcher de laisser échapper un petit rire en le voyant se tenir là devant elle, son tablier couvert de terreau et quelques pétales de fleurs dans les cheveux. Malgré cette apparence négligée le jeune homme dressé devant elle était très agréable à regarder. Assez grand et mince, son visage anguleux dégageait à la fois un sentiment de très grande jeunesse et de force brute. Elle soutint son regard qui s’était lourdement posé sur elle et semblait la dévorer des yeux avec envie. Se sentir regardée de la sorte flattait l’ego de Madeleine de manière démesurée, elle flottait sur un petit nuage de sentir le regard d’un homme se poser sur elle de si bon matin et ne pouvait que lui rendre son sourire.

Son air professionnel semblait inébranlable, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser que l’air malicieux qui pointait derrière le sourire aimable qu’il lui adressait était plus réel. Dépassant enfin les quelques rangées de fleurs qui les séparaient encore, elle s’approcha du fleuriste penchant légèrement la tête sur le côté et entendit le bras vers son visage doucement pour faire tomber les quelques pétales restés sur ses mèches brunes. Ses cheveux étaient doux, agréables à toucher et elle ne put s’empêcher d’y attarder ses doigts un bref instant avant de ramener sa main contre sa poitrine prenant un air faussement gêné. En réalité elle n’était nullement embarrassée par son comportement, elle avait toujours eu une veine tactile et ne se privait pas d’assouvir ses envies. Elle n’avait jamais considéré l’attirance physique entre deux personnes comme quelque chose de réprouvable, qui devait être caché ou bien pensé pendant de longues heures. Madeleine avait toujours vécu au jour le jour, profitant de chaque instant comme si c’était le dernier. Ce n’était pas particulièrement une philosophie mais bien davantage une manière d’être insurmontable, comme une enfant elle ne parvenait pas à se concentrer bien longtemps mais lorsqu’elle jouait elle se donnait à fond. Or sa bonne humeur du jour l’avait rendue particulièrement joueuse, et elle ne pouvait s’empêcher de titiller un vendeur aussi professionnel. Après tout, peut être que son instinct ne la trompait pas et qu’elle avait affaire à quelqu’un de bien plus intéressant que le commerçant lambda du centre ville de Lima. Elle avait l’impression que son visage ne lui était pas totalement inconnu sans pour autant pouvoir mettre un nom — sa mémoire limitée et sélective ne retenait ni nom, ni date — ou même une ambiance sur le jeune homme. Ayant laissé un blanc dans la conversation qui s’engageait alors qu’elle avait caressé ses cheveux elle reprit ses esprits et répondit enfin :
    Oh euhm, en fait je cherche un bouquet disons frais, dans des tons assez vifs, ou alors une plante, mais alors simple à entretenir, c’est pour moi et je n’ai pas exactement la main verte. Puis elle ajouta avec un clin d’œil : On ne peut pas être doué en tout !

Détachant enfin ses yeux du visage de son interlocuteur elle finit par remarquer sur son tablier une épingle retenant le badge à son nom : Télémaque. En voilà un prénom original, tout comme son porteur, ça ne faisait aucun doute. Ils ne se connaissaient peut-être pas après tout, mais elle était taraudée par l’envie de rentrer dans son monde et d’en savoir plus sur lui, tout de suite, comme on a envie de chocolat ou de prendre ses jambes à son cou. Se rapprochant encore d’un pas, réduisant la distance entre leurs corps au minimum sans pour autant se jeter sur lui ou envahir son espace, elle posa son doigt sur l’étiquette à son nom et demanda d’une voix douce :
    Les compositions dont tu parles, est-ce que tu les as faites toi-même Télémaque ? Je serais curieuse de les voir. Après tout le dernier fleuriste que j’ai rencontré était une vieille femme d’environ 60 ans avec un passion mystérieuse pour le lys, j’espère que les bouquets ici sont un peu plus divers !

Décidément cette matinée s’annonçait grandiose et cette rencontre inattendue la ravissait au plus haut point. Elle ne pourrait sans doute pas ramener la plus belle fleur du magasin chez elle mais faire connaissance était une nécessité absolue. Elle n’avait pas souvent l’occasion de rencontrer des gens de son âge en dehors du lycée et tous ses collègues n’avaient pas le profil pour faire la fête et passer un peu de bon temps sans conséquence. C’était sûrement aller un peu trop vite en besogne que de s’imaginer ce genre de situation alors qu’ils venaient à peine d’échanger quelques mots mais l’imagination débridée de Madeleine de reculait devant rien et son instinct ne la trompait que rarement : il était définitivement moins policé que ce qu’il voulait bien laisser paraître.


Dernière édition par Madeleine Wild le Lun 23 Mai - 12:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 06. Fleurs de fête   06. Fleurs de fête EmptyMer 18 Mai - 22:46

Madeleine & Télémaque
" C'est véritablement vrai. Les fleurs ont un pouvoir de prédilection."


Je m'évertuais aussi noblement que possible, de rester humble et impassible. Après tout, qu'il y est un incident ou non, ou bien une situation embarrassante, je me devais impérativement de rester aussi professionnel que possible. Aussi peu fermer d'esprit, il était évident en l'occurrence que cette jeune femme devant moi me plaisait fortement. Malheureusement c'était une cliente. Et en excellent vendeur que j'étais, j'avais le soin de remplir mon rôle avec formalité et une touche légère d'excellence. Oh Grand Dieu que oui! Mes pensées étaient toutes aussi chamboulées les unes que les autres. Mais j'avais reçu une éducation exemplaire, dont la fonction principale était de saluer cordialement les nouveaux venus, et tout aussi séduisants des uns des autres, j'avais dans l'obligation de ne point bouger d'un pouce, et de garder en bien entendeur mes mains dans mes poches. Alors que je m'efforçais avec audace de me simplifier les choses aussi naturellement que possible, la demoiselle aux cheveux blond s'approcha de moi sans la moindre répugnance à mon égard, et s'évertua avec grâce et amabilité, de retirer quelques pétales de rose qui s'étaient perdues dans mes cheveux. Bien évidemment ce geste ne représentait rien, et n'était qu'un signe sans doute de reconnaissance amicale, mais j'étais disons dans une sorte de spirale d'étonnement, qu'il m'avait fallut plusieurs secondes pour me réveiller. Que cela puisse vous distraire ou non, ou bien vous faire mourir de rire, les gestes aussi peu communs et tous aussi délicats représentaient bien plus, qu'un baiser fougueux donné sans le moindre consentement. Que vous me comprenez ou non, telle n'était pas la question. D'un geste agréable et poli je lui adressais un « Merci » de la tête accompagné d'un sourire peu calculateur. Je n'étais nullement gêné. A vrai dire j'aurais bien voulu que son « manège disons enchanté » continu inlassablement. Or, nous n'étions pas dans un « conte de fée. » C'était si dramatique! Autant pour moi que pour elle sans nul doute.

"Oh euhm, en fait je cherche un bouquet disons frais, dans des tons assez vifs, ou alors une plante, mais alors simple à entretenir, c’est pour moi et je n’ai pas exactement la main verte. On ne peut pas être doué en tout !"

Le silence disparaissait peu à peu laissant place à une voix plutôt mélodieuse et soutenue. Cette attirance physique n'était point insoutenable pour moi. Au contraire j'aurais voulu l'exprimer avec des bouffées de chaleur, ou tout autres choses de plus discret, malheureusement mes yeux me jouaient des tours assez excessifs. Avec mon talent caché, cette maladresse non bienvenue, je me laissais peu à peu divaguer dans mes pensées les plus étranges. J'aurais bien voulu rester sage, dans une bulle disons réfléchies à l'abri de mon esprit tordu, mais c'était bien trop tard. Le petit agneau était pris au piège. Mais qui était le loup? A cette remarque, je jetais un bref coup d'œil enfantin vers les yeux azurs de la demoiselle en détresse, et répondit aussitôt d'une voix étourdie.

"Euh...Et bien écoutez, je pense que si vous n'avez pas la main verte, je vous conseillerais plutôt une petite plante qui ne demande pas beaucoup d'entretien...."


Le regard aussi vague qu'un drogué, et plutôt rêveur dans un sens, je me laissais lentement bercer par la douce odeur des fleurs. Effectivement, tout le monde ne pouvait être doté de Supers Dons, ni même de Supers pouvoirs. Or, il me semblait bien que cette jeune femme cachait sous son image de jeune femme discrète et pour le moins taquine, quelque chose d'assez sauvage. Quoi encore? Oui, je partais dans des pensées toutes aussi peu catholiques les unes que les autres, mais je ne faisais rien de mal n'est-ce pas? Bref, alors que j'essayais d'éviter mon cerveau fou de penser, celle-ci continu de me torturer de plus belle. Toujours avec cette noblesse d'esprit et ces gestes peu étouffants, elle s'approcha de moi d'avantage en effleurant l'étiquette qui indiquait mon prénom. D'accord, mon prénom puait la truffe enflammée! Mais encore aujourd'hui il fallait admettre que ma mère avait eut un grain à cette époque! Pourtant rien ne semblait comique sur son visage délicat.

"Les compositions dont tu parles, est-ce que tu les as faites toi-même Télémaque ? Je serais curieuse de les voir. Après tout le dernier fleuriste que j’ai rencontré était une vieille femme d’environ 60 ans avec un passion mystérieuse pour le lys, j’espère que les bouquets ici sont un peu plus divers !"


OH Mon God! Voilà qu'elle se mettait à me tutoyer d'une façon normale à son goût. Alors que j'avais du mal à aligner une pensée cohérente, je murmurais calmement, d'une voix audible malgré tout, toujours en ayant cette distance.

"Et bien, nous avons divers choix. Donc, je vous propose d'y jeter un coup d'œil. Si vous voulez des conseils plus approfondis je suis là. Pour ma part, j'adore le Lys."


Je perdais la notion du temps, ainsi que mon ennui mortel. Pour la première fois en ce début de matinée j'étais bien. Tellement paisible, que j'étais prêt à fermer la boutique. Quoique...
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MessageSujet: Re: 06. Fleurs de fête   06. Fleurs de fête EmptyJeu 19 Mai - 23:14

Quelle bonne idée elle avait eu en décidant d’entrer chez ce fleuriste ! Madeleine était sous le charme de la boutique où les tiges de verdure s’entremêlaient presque artistiquement, parsemées çà et là de fleurs multicolores, les compositions délicates qu’elle entrapercevait sur un présentoir un peu plus loin sur la gauche ne faisait que l’encourager dans ces pensées. Et ce vendeur… Un beau, très beau jeune homme, poli, professionnel, qui savait garder son sang-froid malgré ses provocations involontaires. Elle avait de l’admiration pour lui en un sens. Il aurait pu être son modèle dans son nouveau boulot qui ne s’annonçait pas très intense pour Madeleine. Surveillante du lycée. Elle n’arrivait pas même à se souvenir si à l’époque où elle était elle-même à McKinley il y en avait un. Par un miracle certain elle n’avait jamais pris une seule heure de colle malgré tous les débordements qu’elle avait pu causé : arrivées tardives, absences pur et simple, quelques cas d’insolence, vêtements non conformes au règlement, bref la panoplie idéale de l’étudiantes parfaite ! Malgré cela elle avait toujours obtenu des résultats corrects qui frustraient d’autant plus ses parents et professeurs que si elle y avait mis du sien, elle aurait très certainement fait des merveilles en cours. Rien n’y faisait, elle ne savait se concentrer plus de 30mn et ne voyait pas l’intérêt qu’elle aurait pu tirer d’études qui l’ennuyaient. Ce qui expliquait qu’elle ait quitté la fac après seulement quelques semaines de cours, ce qui de fil en aiguille l’avait amenée jusqu’ici. Tous ces souvenirs rien que pour des fleurs, décidément les plantes avaient des pouvoirs sans fin.

Elle battait des cils lentement, suivant un tempo régulier qui collait à cette atmosphère ambiguë, partagée entre une tension encore impalpable entre les deux jeunes gens et le calme absolu qui régnait dans l’échoppe. Lorsque enfin Télémaque releva les yeux, elle y vit un instant une expression étrangement familière passer sur son visage. Elle n’arrivait pas encore à cerner cette étrange proximité entre eux, et sa réponse qui arrivait enfin la fit se ressaisir. Une plante verte… saurait-elle vraiment s’en occuper ? Le plus vraisemblable c’était qu’elle l’aimerait de tout son cœur et qu’elle la laisserait mourir, soit de sécheresse, soit noyée par trop d’eau, ou pire encore, qu’elle la ferait tomber un jour où elle se surprendrait à danser sur la musique montée à plein volume dans son studio. Non décidément ce n’était pas une idée brillante, et puis une fois de plus ce qu’elle cherchait c’était avant tout le plaisir d’un instant, quelques jours où de jolies fleurs colorées viendraient sublimer la décoration soignée de son chez elle. Un cadeau pour fêter un peu son entretien d’embauche réussi ! C’était un bon début pour elle qui n’avait pas eu l’occasion de partir à la recherche des meilleurs plans pour s’amuser à Lima. Quelques années avaient dû tout changer, et elle n’avait pas encore trouvé le moyen de se tenir au courant. Finalement elle était sûrement vieille, et cette pensée lui serra le cœur au point qu’elle se mordit la lèvre inférieure. Il fallait chasser les idées noires au plus vite !
    Oh ! mais le lys est une fleur magnifique, je n’ai rien contre, au contraire, mais je cherche quelque chose de plus… flashy ! Des fleurs tropicales peut-être.

Sa voix était enjouée, et alors qu’elle disait ces quelques mots elle s’était éloignée du jeune homme pour s’approcher des quelques bouquets qu’elle avait aperçus plus tôt. Elle compensait son malaise momentané par une aura de confiance en soi démesurée. Elle passa sa main dans ses cheveux blonds qui tombaient maintenant lisses sur ses épaules libérant ainsi quelques mèches folles qu’elle avait dissimulées jusqu’alors. Son pas était assuré, ses hanches roulaient doucement faisant flotter sa robe de droite à gauche en dessous de la ceinture qui ceignait sa taille. Elle n’y connaissait pas grand chose en matière de fleurs mais avec des conseils approfondis proposés si gentiment elle sentait que sa connaissance allait bientôt s’épanouir.
    Je cherche du jaune, du rose aussi, pas trop de blanc, il faut que ce soit gai et festif !
puis se retournant à nouveau vers le fleuriste elle ajouta avec un large sourire sur le ton de la confession :
    pour ne rien te cacher je fête un entretien d’embauche !

Maintenant qu’elle y réfléchissait, il avait l’air d’avoir son âge environ, et derrière les airs de professionnalisme assuré qu’il arborait pour le moment il devait bien aimer la fête au moins assez pour connaître un bon bar dans le coin ! Une fois qu’elle aurait l’adresse elle n’aurait plus qu’à sortir ses boots et sa jupe fétiche pour aller y danser toute la nuit et renouer avec les fêtards de Lima !
    D’ailleurs je viens tout juste d’arriver en ville, et je n’ai pas encore eu le temps de faire le tour de Lima by night, excuse-moi de te demander ça mais j’aurais aimé m’amuser un peu pour célébrer mon dernier jour de liberté, tu ne connaîtrais pas les endroits à la mode ?

Qui ne tente rien n’a rien et elle n’avait de toute évidence pas grand chose à perdre, soit il n’y connaissait rien et faire la fête ne l’intéressait pas, soit il avait des idées à lui suggérer. Dans ses rêves les plus fous la suite était tout autre et, qui sait, elle espérait secrètement que non seulement il saurait lui répondre mais qu’elle aurait peut-être quelqu’un à entraîner avec elle.

HJ : "la truffe enflammée" hahaha je suis trop fan
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MessageSujet: Re: 06. Fleurs de fête   06. Fleurs de fête EmptyVen 1 Juil - 10:53

Madeleine & Télémaque
" C'est véritablement vrai. Les fleurs ont un pouvoir de prédilection."


Nous étions en plein mois de Mars, et pourtant la boutique restait déserte. Généralement, ce mois était plutôt signe défervescence. En effet, nous étions très souvent occupés à créer de nouvelles compositions florales, pour les mariages ou encore pour les baptêmes. Tout ces événements joyeux, auquel les gens aimaient par dessus tout y aspirer un moment où l'autre dans sa future vie. Quoi qu'il en soit, je n'étais guère en mesure d'avoir une envie soudaine de me marier. Passer sa future existence enchaîner avec un même être ne me convenait guère. J'étais persuadé qu'un jour en l'occurrence dans une prochaine vie cette façon de penser si égoïste, changerait au fils du temps. Pour l'heure ce n'était point le cas. Je songeais vaguement à une vie calme et paisible. Ce qui n'était que utopie majeure, du moins pour l'instant. Je me perdais à nouveau inlassablement dans les yeux turquoises de la demoiselle. Étaient-ils vraiment bleus? Ou d'un vert émeraude? Je ne savais que faire. J'étais dans une sorte de bulle, dans laquelle j'étais si bien, qu'une sensation étrange me parcourait le long de la colonne vertébrale. J'en venais discrètement à prier le "non retour" de ma chère et tendre mère. Les rares occasions, mon regard se laissais surprendre par le rictus charmeur de ces lèvres, et ces mimiques plus ou moins distingués dont-elle avait sans aucun doute une élégance hors norme.

"Oh ! mais le lys est une fleur magnifique, je n’ai rien contre, au contraire, mais je cherche quelque chose de plus… flashy ! Des fleurs tropicales peut-être."

Je me sentais en cet instant, fortement ridicule, de lui avoir imposer un choix aussi idiot. J'avais imaginer cette femme aussi séduisante qu'elle soit, une nuisible jardinière. Pourtant, elle m'avait l'air douce, et tendrement attachée à certains principe. Des fleurs qui correspondraient parfaitement à son sens allègre, son sourire étincellent, dont je me sentais incapable de reproduire le même; sans parler de cette manière si exquise de se déplacer voluptueusement. Pas besoin de lui offrir une fleur. C'était elle la plus belle fleur du magasin. Quoique je puisse lui conseiller, ou lui dire j'étais complètement captivé par cette Aura charmante. Que je puisse remettre de l'ordre dans mon esprit follement perturbé n'était pas la question. En excellent vendeur, et parfait professionnelle, je glissais soigneusement ma langue sur mes lèvres, en repensant vaguement à la façon dont j'allais m'y prendre pour éviter sur ce Halo aphrodisiaque qu'elle dégageait rien qu'avec ces gestes et ces paroles tentatrices.

"Je me dois de vous féliciter pour votre entretien. Je suis réjouis pour vous. Dans ce cas, je me dois de vous offrir ces fleurs. Pas besoin de payer quoique se soit. Elles sont pour vous. Et si je puis me permettre, elles vont parfaitement bien avec votre personnalité, et votre charme."

Je me délectais du milieu de la boutique pour me diriger vers le fond, pour y prendre un bouquet. Ce magnifique joyaux, que je lui tendait était composé de plusieurs orchidées, de toutes les couleurs. Certes, ces fleurs demandaient un entretien assez particulier, mais j'étais certain qu'elle ferait tout pour y prendre soin.

"Tenez. Ces fleurs sont assez fragiles, et peut-être qu'elles ne durent pas autant de temps que l'on le souhaite, mais elle sont parfaites pour vous. De plus, je suis sûre que vous y prendrez soin. Cela, vous permettra par la suite de penser aimable petit fleuriste du coin."

Offrir des fleurs à une inconnue, voilà qui était totalement étrange venant de moi. J'avais toujours cette non difficulté à charmer la gente féminine. Seulement, j'avais toujours ce manque de confiance en moi qui me poussait à faire des choses assez surprenantes. Comme lui tendre ce magnifique bouquet et lui exposer galamment. Par ailleurs, je n'avais toujours pas réussis à lâcher ce vouvoiement incontrôlable. J'étais lasse d'être aussi coincé, moi qui ne l'était point en temps voulu.

"D’ailleurs je viens tout juste d’arriver en ville, et je n’ai pas encore eu le temps de faire le tour de Lima by night, excuse-moi de te demander ça mais j’aurais aimé m’amuser un peu pour célébrer mon dernier jour de liberté, tu ne connaîtrais pas les endroits à la mode ?"

Simple proposition ou non, je ne savais sur quel pied danser. Pour ma part j'étais submergé par l'envie de lui proposer aimablement un verre. Mais l'autre côté obscur en moi, ce fameux côté coincé, me disais de cesser toute rêverie. Pourtant je me laissais prendre à mon petit jeu. Ce jeu idéal qui me laissais perplexe et fortement idéaliste.

"Si vous acceptez ce bouquet, je vous offre un verre avec bienveillance. Ainsi, je pourrais en l'occurrence par la suite vous faire visiter la ville. Du moins; lorsque j'aurais finis mon service. Sans vouloir vous le cachez, j'aimerais abandonner mon poste pour courir boire un verre en votre charmante compagnie, mais hélas mon patron n'est guère de cet avis là."

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MessageSujet: Re: 06. Fleurs de fête   06. Fleurs de fête EmptySam 2 Juil - 2:48

Elle ne l’avait pas vue venir celle-là. Alors qu’elle était en train de vagabonder dans l’espace assez réduit qui séparait les différents rayons, elle entendit la voix du jeune fleuriste lui répondre. Madeleine revint donc sur ses pas pour mieux l’entendre et quelle ne fut pas sa surprise en tombant nez à nez avec un magnifique bouquet d’orchidées. Voilà qui devrait lui coûter un bras, c’était peut-être un peu excessif pour célébrer un poste de surveillante. De plus les orchidées avaient une signification bien particulière pour la jeune femme. Cela nous ramène quelques années auparavant, le jour où elle quitta le domicile familial de manière définitive. Ce jour-là elle s’était levée aux aurores, avant même que son lève-tôt de père ne se réveille pour faire le café. L’adolescente avait ramassé ses affaires en faisant un tri sommaire, ne prenant que le strict minimum pour le ranger de manière très méthodique dans un petit sac de voyage. Une fois le sac rempli elle ne chercha pas à y faire entrer plus de choses. En décidant de quitter le nid la veille au soir, elle était consciente que jamais plus elle ne reviendrait sur ses pas et que les derniers mots qu’elle aurait adressés à sa mère seraient « Tes orchidées sont en train de faner. » Quelle ironie du sort : quitter Lima avec des orchidées et devoir en acheter pour y revenir. Peut-être était-ce une forme de rituel de passage qui lui était spécialement destiné. Cette pensée qui traversa son esprit à la vitesse de la lumière lui laissa une vague amertume dans la bouche. Mais alors qu’elle regardait encore le bouquet aux allures sophistiquées le vendeur lui annonça d’une voix envoûtante qu’il lui offrait les fleurs pour la féliciter en la couvrant de compliments. De quoi flatter son ego déjà passablement soigné ; elle en rougissait presque. Presque seulement. Mad n’avait plus rien d’une débutante à ce petit jeu là, et après avoir fait l’hôtesse dans un certain nombre de bars dans de grandes villes, elle avait appris à contrôler ses émotions face aux hommes. Il n’en demeurait pas moins que tant de galanterie la fit sourire et elle prit délicatement le bouquet dans ses bras ne manquant pas de frôler le jeune homme pour le plaisir de le tourmenter. Derrière ses airs angéliques la jolie blonde cachait relativement bien son jeu et ce qu’elle préférait par dessus tout c’était pousser les gens à bout, piétiner la frontière de leur retenue pour faire tomber le masque de la société qu’elle-même gardait précieusement et changeait à volonté. Ça, pour être aimable, ce petit fleuriste l’était, pas le moindre doute sur la question. Elle leva les yeux de son bouquet vers son interlocuteur et dans un sourire rayonnant, le remercia chaudement.
    Vraiment tu ne devrais pas, elles sont magnifiques. Je vais en prendre grand soin, je peux te le promettre, et je repasserai sûrement par ici pour prendre des conseils. Mais non je ne peux pas l’accepter.

Pour parvenir à lui offrir un bouquet accompagné de quelques paroles de miel avec autant de facilité, il devait lui-même avoir une certaine expérience des relations avec le sexe opposé. Ils se ressemblaient plus que prévu en fin de compte. Derrière des airs de petit garçon tout droit sorti des jupons de sa mère se cachait sûrement un coureur de jupons d’un tout autre acabit. Madeleine avait mordu à l’hameçon qui venait de lui être tendu et ne pouvait s’empêcher d’être curieuse. Elle aurait aimé en savoir plus sur lui, et finalement elle allait se lancer et insister pour l’inviter à boire un verre. Elle venait de jeter les bases d’une invitation à demi mots en l’interrogeant sur les lieux où l’on pouvait s’amuser dans Lima et comptait bien exploiter ce filon plus avant. La jeune femme avait su se mettre subtilement en position de force en n’acceptant pas le bouquet de prime abord, bien qu’elle l’ait toujours eu dans les bras. Il fallait que l’idée de l’inviter vienne de lui, et n’ayant pas encore la capacité d’hypnotiser les gens elle ne pouvait qu’espérer qu’il marcherait dans sa grossière combine et qu’il insisterait. Qu’avait-il à perdre objectivement ? Au pire quelques heures en charmante compagnie, pas vrai ? La confiance de Madeleine à ce sujet était inébranlable. Elle n’avait jamais eu de complexe particulier étant jeune et ne s’en était pas découvert à l’âge adulte. La jeune femme connaissait sa vraie valeur et, plutôt mourir que de l’admettre, elle le devait à sa mère qui avait fondé tous ses espoirs sur Maddie pour entreprendre ce qu’elle-même avait raté. Sans prendre démesurément soin de son corps, la jeune femme savait l’entretenir pour garder une forme parfaite, et son assurance à toute épreuve faisait une bonne partie de son charme. La surveillante n’avait rien d’exceptionnel, loin de là, mais elle avait toujours su se tirer de mauvais pas et négocier sa vie comme elle l’entendait grâce à son ego surdimensionné. Après quelques instants de flottement entre les deux jeunes gens, il finit par baisser sa garde et tomber dans le piège que Mad lui avait préparé. Elle ne comptait pas le dévorer tout cru, mais simplement s’amuser un peu avec quelqu’un de son âge avant de devoir affronter sa nouvelle vie de contraintes, entourée de lycéens aux hormones en folie qui n’aurait sans doute aucun intérêt pour elle puisque tous mineurs et frappés du sceau de l’interdit.

Les derniers mots du fleuriste lui arrachèrent un sourire incontrôlé : quel charmeur ! pensa-t-elle. Son plan avait fonctionné à merveille, voire même mieux que ce qu’elle s’était imaginé. Il fallait à présent la jouer finement pour l’accrocher pour de bon et se gagner une connaissance prometteuse à Lima.
    Faisons comme ça : je prends les fleurs, mais c’est moi qui offre le verre. Je ne voudrais pas te détourner du droit chemin alors que tu es en plein travail, je te laisse mon numéro et tu m’appelles quand tu as fini ton service. Je serai ravie de visiter Lima avec toi.

Mad avait décidé de garder pour elle le fait qu’elle ait déjà vécu à Lima durant toute sa jeunesse qui rendait de fait la visite caduque. En moins de quatre ans, la ville n’avait pas pu changer de visage de manière assez radicale pour qu’elle soit perdue, et sa promenade matinale en était la parfaite illustration : Lima restait une petite ville perdue dans le fin fond des Etats-Unis. Mais elle n’allait pas rechigner à passer un peu plus de temps avec ce garçon tout à fait enchanteur, a fortiori lorsque c’était si gentiment proposé. La jeune femme se dirigea donc vers le comptoir où elle posa le bouquet pour attraper à côté de la caisse une carte du magasin et un stylo pour y griffonner au dos son nom et son numéro. Elle revint ensuite à la charge pour lui tendre le bout de papier avec un sourire triomphant.
    Je suis Madeleine, enchantée de faire ta connaissance.

Ses yeux trahissaient sûrement de la malice et de l’empressement, mais elle n’aurait pas pu y prêter moins d’attention tant elle était satisfaite d’avoir rondement mené son affaire jusqu’à la réussite. Sa seule amie en ville pour le moment était Désirée Cravy, et elle n’étais pas du genre à sortir faire la fête toute la nuit. Or, même en se lançant dans un travail pour le lycée de la ville, la jeune femme n’avait jamais envisagé ne serait-ce qu’une seconde de laisser tomber ses activités nocturnes. Elle aimait sortir pour se vider l’esprit, lâcher prise et se laisser porter par l’alcool et la musique, tout simplement. On avait vu plus sain comme rythme de vie, mais elle n’avait personne pour lui faire la morale et ne s’en portait que mieux.
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MessageSujet: Re: 06. Fleurs de fête   06. Fleurs de fête EmptyMar 12 Juil - 18:20

Madeleine & Télémaque
" C'est véritablement vrai. Les fleurs ont un pouvoir de prédilection."


Le beau parleur de ces dames. Décidément, j'étais incorrigible. Il y avait de quoi. Cette femme me rendait perplexe, étonnamment curieux, et je désirais contre tout attente en savoir d'avantage sur elle. Ah! Le mystère la vie et ces drôles de changements qui vous font subir toutes sortes de sensations bien étranges! Contrairement aux autres je n'arrivais nullement à cacher mes émotions. J'étais plutôt du genre à les montrer de façon permanentes. C'est simple, les expressions de joie, de triste, d'euphorie peu passagère s'affichaient si facilement sur mon minois, que cela était déstabilisant à certains moments. Croyez moi, j'ai appris à vivre avec malgré cela. Je pouvais admettre que mentir ne servirais à rien, car mon visage exprimait tout le contraire. Au moins j'étais un jeune homme des plus sincère. Finalement, il y avait du positif.

"Vraiment tu ne devrais pas, elles sont magnifiques. Je vais en prendre grand soin, je peux te le promettre, et je repasserai sûrement par ici pour prendre des conseils. Mais non je ne peux pas l’accepter."

Oh que si je pouvais! Je me sentais âme charitable. J'étais prêt à lui offrir ces fleurs. L'entendre refuser poliment me fendit le cœur. Voilà pourquoi je marchais au chantage. J'avais toujours une idée derrière la tête. A dire vrai je pouvais me montrer aussi lucide et rusé. J'étais un homme après tout. Et la condition humaine m'avait apprise à ne point lâcher prise. Je comptais lui offrir quitte à ce qu'elle me face une crise. Pour ce qui était de la revoir une nouvelle fois dans ma boutique, la porte était grande ouverte. Je l'accueillerais aussi aimablement que la première fois. Bien évidemment je n'accrocherais pas des ballons sur la porte de la boutique, mais je serais fortement souriant. Sans doute un brin trop charmeur hélas, mais je me devais de jouer cette carte là. Cette femme était sans aucun doute bien trop précieuse pour là laisser s'échapper sans la moindre issues. Elle laissa sur un bout de papier son numéro de téléphone.

"Faisons comme ça : je prends les fleurs, mais c’est moi qui offre le verre. Je ne voudrais pas te détourner du droit chemin alors que tu es en plein travail, je te laisse mon numéro et tu m’appelles quand tu as fini ton service. Je serai ravie de visiter Lima avec toi."

J'esquissais un sourire jusqu'au oreilles. Voilà que ma journée allait bénéficier d'une agréable surprise. J'aurais tellement voulu fuir les ordres de ma mère, et me promener auprès de cette charmante femme dans les rues de Lima, mais hélas le devoir était toujours plus important que sa propre envie.

"Très bien. Nous concluons donc ce marché fort satisfaisante. Je pourrais par la suite vous faire visiter les rues assez typiques de Lima. Et j'aurais sans doute l'obligation d'éviter tout vouvoiement. J'en suis navré, c'est assez difficile pour moi de tutoyer dès le début. Je suis un peu vieux jeu, mais j'essaye de guérir."


Un rire assez gêné s'échappa de mes lèvres. Je n'allais tout même pas hurler victoire. Cela ne se faisait guère, et j'étais plutôt dans le genre discret. Lorsque je ne buvais pas, bien évidemment

"Je suis Madeleine, enchantée de faire ta connaissance."


Madeleine. Quel prénom rare de nos jours. Inutile de philosopher là dessus, le mien était bien pire. Cela lui allait divinement bien. Si toutes les Madeleine était comme elle, on n'en ferait des Madeleines! (C'était plus fort que moi! XD) Le regard rêveur, je lui adressais un dernier mot pour la fin.

"Enchanté Madeleine. Ravis de faire votre humble connaissance. Espérons que vous ne quitterez pas de si tôt!"

Oh la ferme Télémaque! La finesse dans laquelle j'avais osé prononcé cette phrase laissait entendre que je n'allais pas lâcher le morceau. Quel boulet!


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06. Fleurs de fête

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