Choriste du mois


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 06. Rolling in the deep.

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MessageSujet: 06. Rolling in the deep.   Mar 31 Mai - 20:55


Un sourire béat flottant sur ses lèvres couleur vermeille, Emma Pillsbury observait la porte de la salle des professeurs d’un air faussement désintéressé. Le visage posé au creux de sa main, le coude posé sur la table, elle avait adopté un air rêveur sans même s’en rendre compte. Depuis plusieurs jours, la conseillère d’orientation de McKinley High était sur son petit nuage. Et pourtant, six jours auparavant, Carl Howell avait décidé de mettre un terme à leur relation. Cela aurait pu engendrer une période de dépression pour la jeune femme, d’autant plus qu’elle avait bien d’autres problèmes à gérer à coté de cela, des problèmes qui assombrissaient l’état de son moral. Cependant, il y avait eu le bal de la Saint Valentin entre temps, et Emma avait passé une soirée qu’elle n’était pas prête d’oublier. Elle était enfin retombée dans les bras de l’homme qu’elle aimait vraiment, et depuis elle passait son temps à rêvasser telle une adolescente qui vit son premier amour. C’était grâce à cette nouvelle relation que le souvenir de Carl était moins douloureux ; grâce à cela qu’elle parvenait à échapper aux doutes quant à cette fameuse matinée au cours de laquelle elle s’était retrouvée sans aucun souvenir de la veille. La présence de Will à ses cotés l’aidait considérablement, et elle ne cessait de l’en remercier, à voix haute ou tout simplement par la pensée. Finalement, elle avait eu ce qu’elle désirait et malgré la pointe de culpabilité qui ressurgissait de temps en temps en pensant au beau dentiste, elle savait que c’était avec Will qu’elle serait heureuse. Et quitte à être égoïste, autant en profiter même si sa conscience lui soufflait qu’elle avait fait beaucoup de mal autour d’elle.

La voix de Désirée la ramena à la réalité et la conseillère sursauta, surprise. Elle tourna le visage vers le professeur de littérature, quittant enfin la porte du regard, comme prise en flagrant délit. Reposant délicatement son coude sur la table, elle attrapa un raisin vert entre ses doigts d’un geste expert. La jolie blonde eut un sourire en la voyant agir, tout en se réjouissant ouvertement de sa nouvelle relation. Selon sa meilleure amie, Emma aurait fini par s’ennuyer avec le dentiste, alors qu’un professeur d’espagnol c’est muy caliente, et bien plus attirant ! La jolie rousse secoua la tête en signe de dénégation, s’amusant des paroles de son amie tout en portant le raisin à ses lèvres. Depuis que la jeune femme avait appris qu’elle n’était pas enceinte, elle redoublait de dynamisme et d’enthousiasme, surtout lorsqu’il s’agissait de parler d’Ashton ou de Will… enfin, de la gente masculine de manière générale, en fait. Il s’agissait là de son sujet de conversation favori… en dehors de celui concernant les paires de chaussures dont regorgeaient ses placards, évidemment. Le regard d’Emma se posa furtivement sur la porte avant faire la moue. Il ne viendrait peut-être pas, finalement. Avalant le dernier raisin de la grappe désormais vide, elle croisa le regard de Désirée et lui annonça qu’elle allait rejoindre son bureau puisque plusieurs dossiers l’y attendaient. La blonde sulfureuse haussa un sourcil dubitatif, et lorsque la jolie rousse quitta la salle, elle lui lança de ne pas perdre trop de temps à penser aux sous vêtements de son « canon » de petit ami.

Emma s’engagea dans les couloirs, tout en essayant vainement de faire disparaitre le sourire qu’esquissaient ses lèvres. Sa bonne humeur et sa joie de vivre étaient revenues après avoir traversé une période difficile qui avait enfoncé son moral au fond de ses chaussettes. Cela ne lui ressemblait pas de se sentir aussi lasse et pourtant, son courage et sa motivation l’avaient quittée l’espace de quelques jours. Au bout du rouleau, la jeune femme s’était laissée emportée dans un tourbillon de problèmes qu’elle n’avait su gérer correctement. Cependant, tout ceci était désormais derrière elle, et elle n’avait plus le temps d’y penser avec ce qui lui arrivait. Elle n’avait pas été aussi heureuse depuis environ un an et elle espérait plus que tout que cela dure. La tête ailleurs, elle traversait les couloirs sans faire attention à la direction qu’elle prenait, se laissant tout simplement guider par ses jambes. Seulement, lorsqu’elle se retrouva devant l’entrée de la bibliothèque, elle se rendit compte qu’elle avait fait fausse route. McKinley n’était pas un grand lycée et pourtant, elle avait quand même réussi à se tromper de chemin. Levant les yeux au ciel, elle tourna les talons et fit demi-tour, s’apprêtant cette fois-ci à rejoindre son bureau.

Elle parcourut le couloir d’un pas lent mais assuré, ses pensées se redirigeant presque automatiquement vers un certain regard clair qui s’était dessiné dans son esprit, lorsqu’elle s’arrêta net devant une porte. Elle fronça les sourcils en voyant une jeune fille pousser la porte de l’amphithéâtre. Elle avait une fine silhouette élancée, une peau laiteuse mais surtout de longs cheveux d’un blond de blé qui ne pouvait en aucun cas tromper Emma sur son identité. Plissant les paupières, elle reconnut Ecaterina Robertson. Lorsque cette dernière poussa un dernier regard en arrière, la conseillère d’orientation se surprit à faire un pas en arrière afin de ne pas être dans le champ de vision de l’adolescente. Intriguée par ce qu’elle avait vu, elle patienta quelques secondes avant d’avancer d’un pas, constatant avec étonnement que la porte de l’amphithéâtre s’était refermée derrière la jeune fille. Ecaterina était une lycéenne mystérieuse aux yeux d’Emma. Malgré ses efforts et son acharnement, elle n’avait jamais réellement réussi à briser la carapace. Sous ce masque de détachement que composaient toujours les traits de la jeune fille, elle avait cru entr’apercevoir une certaine fragilité qui ne l’avait pas laissée indifférente. Emma connaissait son dossier, mais n’avait jamais su trouver les mots pour convaincre la jolie blonde qu’elle pouvait avoir confiance en elle : qu’elle n’était pas qu’une vulgaire conseillère qui pourchasse ses élèves afin d’avoir la conscience tranquille et le sentiment d’avoir fait du bon travail. Ceci était bien loin de motiver Emma qui était surtout intéressée par le bien être des élèves de ce lycée.

Plantée au beau milieu du couloir vide, Emma hésita. Elle devait rejoindre son bureau car elle n’avait pas menti à Désirée en disant qu’elle avait du travail, mais d’un autre coté, sa curiosité l’incitait à ouvrir cette fameuse porte afin de découvrir ce qu’il s’y passait derrière. Fronçant les sourcils, elle pesa le pour et le contre avant de se laisser emporter par l’intérêt qu’elle portait à Ecaterina. Haussant les épaules, elle avança vers la porte et se saisit de la poignée de la porte avant de la lâcher aussitôt, se rendant compte de son geste. Elle jeta un regard dégouté à la paume de sa main, et s’empressa d’ouvrir le sac qu’elle portait à l’épaule. Attrapant son flacon sacré de désinfectant pour les mains, elle en versa quelques gouttes sur les siennes, les frotta frénétiquement et saisit finalement un mouchoir dont elle se servit pour ouvrir la porte. L’amphithéâtre était plongé dans la l’obscurité et son entrée passa inaperçue. Dans le noir, elle plissa les yeux avant de découvrir la dernière rangée de sièges. Sans dire un seul mot, elle s’installa sur l’un d’eux, le regard fixé sur la scène qui était à peine éclairée. Elle reconnut la silhouette svelte d’Ecaterina et écarquilla les yeux en voyant un micro entre ses mains délicates. Se persuadant que cela n’était qu’un mal entendu, la jeune femme patienta, ayant l’impression d’être une espionne. Elle savait que ce n’était pas correct d’épier Ecaterina de la sorte, mais elle ne pouvait s’en empêcher, gagnée par la curiosité.

Soudain, quelques notes de musique retentirent dans la salle et, pour la seconde fois de la journée, Emma sursauta sur son siège. Elle chercha un orchestre sur scène avant de comprendre qu’il n’y avait qu’Ecaterina et elle dans cette pièce. La jolie blonde approcha d’ailleurs le micro de ses lèvres, et Emma plaqua ses mains contre sa bouche, empêchant ainsi le cri qu’elle avait failli pousser. There’s a fire starting in my heart, reaching a fever pitch and it’s bringing me out the dark ♪ Elle découvrit la voix d’Ecaterina et à sa grande surprise, celle-ci était mélodieuse. La voix grave de la jeune fille s’accordait à la perfection avec cette chanson et après un long moment de réaction, la conseillère se rendit compte que cette adolescente là avait un talent qu’elle n’aurait jamais soupçonné. La chanson se poursuivit tandis que les yeux d’Emma détaillaient le visage, au loin, de la lycéenne. Attentive aux paroles de la chanson mais davantage encore à la voix de son interprète, elle se laissa bercée par une voix qui avait certainement échappé aux autres lycéens de McKinley, et une grâce sans pareille qu’elle n’avait jamais prêtée à la jeune fille.

Sous le choc, elle n’esquissa pas le moindre geste au cours des trois minutes et quelques qui suivirent, troublée par cette révélation. Pourtant, la voix d’Ecaterina s’éteignit bientôt, la chanson prenant fin et la conseillère se sentit frustrée, n’ayant pas vu le temps passer. Sur scène, Ecaterina se retournait déjà, certainement prête à repartir. Emma hésita un instant, avant se lever de son siège et de faire quelques pas en direction de l’estrade. Sa voix incertaine vint briser la quiétude qu’avaient retrouvée les lieux lorsque les dernières notes de la chanson d’Adele avaient retenti. « Ecaterina ? » demanda-t-elle d’une voix à peine perceptible. Elle s’éclaircit la gorge et atteignant enfin l’escalier menant à la scène, elle les gravit. Le regard d’Ecaterina croisa le sien et aussitôt, Emma eut l’impression d’avoir menacé l’intimité de l’adolescente. Malgré la froideur de son regard qu’elle soutint, la jeune femme ne se découragea pas. « Je suis désolée, je n’ai pas pu m’empêcher d’écouter. J’espère que tu ne m’en voudras pas pour cela... Mon but n’était pas de te suivre et de t’espionner, loin de là ». Emma lui adressa un sourire avant d’ajouter : « Tu as une voix magnifique, Ecaterina. Je suis sincèrement bluffée. »


Dernière édition par Emma Pillsbury le Sam 18 Juin - 23:30, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Dim 5 Juin - 19:39

La tête tournée vers la fenêtre, Cat observa d’un air distrait la pluie qui la martelait en cadence, ne percevant que la moitié de la cacophonie ambiante qui régnait dans cette salle de classe, bondée : rêvasser n’était pas dans ses habitudes. Pourtant, depuis quelques temps, il se trouvait qu'elle donnait l‘impression permanente d‘être perdue dans ses pensées. Les raisons de cet état méditatif restaient partiellement floues. Toujours est-il que même si elle essayait de minimiser l’impact de sa constante rêverie, cela la contrariait beaucoup. Les gouttes de pluies perlèrent tranquillement le long de la vitre. La joue délicatement posée sur sa main ouverte, Cat plissa les yeux en suivant avec attention le chemin tout tracé de l‘eau qui ruisselait. Soudain éclairée par les rayons du soleil, elle détourna la tête, clignant des yeux en reprenant peu à peu ses esprits.

L’air dans cette salle de classe était irrespirable, quasi-insupportable tellement les élèves y étaient nombreux. Une partie des premières de ce lycée y était entassés, et pour cause : un nouveau club avait fait son apparition, à McKinley High. Brillante idée de son principal, celui-ci avait jugé bon d’imposer aux élèves de deuxième année un club de débat auquel ils participeraient plusieurs heures par semaine -une initiative qui selon lui permettrait d’éveiller la conscience politique de ses élèves ;

Le jour où ces mêmes élèves avaient été convoqués dans le gymnase pour que Figgins puisse leur annoncer cette réjouissante nouvelle, la jeune fille s’en souvenait comme si c’était hier. Dans l’assemblée, la houle de mécontentements avait été telle qu’il fallut déclencher l’alarme incendie pour venir à bout de ceux qui étaient prêts à en découdre avec le pauvre indien, effaré par un comportement pareil. Dès la deuxième heure de classe, Jacob Ben Israël s’était empressé d’interviewer un nombre incalculables d’élèves furieux qui menaçaient de boycotter ce nouveau club -club qui ne mit pas longtemps à être catalogué comme étant un club de losers, comme tous les clubs un peu trop intelligents ou artistiques du lycée. Ecaterina admettait que l’idée n’était pas mauvaise, en soit. Cependant, quand elle s’y était attardée davantage, le tableau s’était immédiatement obscurcit : qu’attendait-il au juste d’une bande d’adolescents guidés par leurs hormones ? Si Cat était prête à y mettre toute sa bonne volonté, ce n’était pas le cas de ses camarades qui passaient leur temps à déplorer cette nouvelle législation barbare ; dans les couloirs de ce lycée flottait dans l’air comme un doux parfum de révolte.

Curieusement, Cat parvenait à comprendre ses camarades mécontents. Il était déjà difficile de trouver la motivation nécessaire pour se rendre en classe parfois, qu’elle imaginait que puiser dans des réserves imperceptibles pour assister à une heure qui leur été imposée, cela relevait du supplice. De son côté, ce qui l’avait aidé à s’y rendre sans rechigner, c’était la perspective joyeuse de se retrouver avec des personnes qu’elles appréciaient -Gale et Quinn en particuliers. Seulement, elle avait vite déchanté en apprenant sur le tard qu’ils ne seraient pas dans le même groupe qu’elle ;

Cette réunion forcée se déroulait exactement comme Cat l’avait imaginé ; le sujet -sommes-nous les esclaves de nos écrans?- avait dérivé depuis bientôt quarante minutes. En dépit de son apathie flagrante qui lui permettait de faire habilement abstraction des sottises déblatérées par l’assistance survoltée, la jeune fille reconnaissait vouloir quitter cet endroit au plus vite. Bon sang, si l’indien savait ce qu’il se passait dans cette salle de classe, le pauvre en avalerait sans nul doute sa calculatrice ! Se redressant brièvement en discernant le beuglement de ses camarades, elle roula des yeux, agacée puis se mordilla furtivement la lèvre, obliquant lentement ses pupilles claires sur l’horloge, trônant au dessus du tableau. Depuis le début du cours, Cat comptait les minutes -encore un petit effort et elle viendrait à bout de cette entreprise grotesque, plus que quelques secondes encore, et elle serait enfin libre-.

« Moi, je préfère être mal accompagnée qu’être seule. » entendit-elle, soudain. La lycéenne arqua subtilement l’un de ses sourcils bien dessinés tout en suivant d’un air absent l’aiguille de l’horloge qui terminait son tour « Ouah, et tu l’as pêché dans quelle série télé celle-ci ? » siffla-elle d’un ton monocorde, sa voix grave s’imposant face aux chuchotis désagréables. Le regard rivé sur l’horloge, sa propre voix la surprit. Si bien qu’elle fronça les sourcils expressément en clignant furieusement des yeux, comme si l‘on venait de la réveiller d‘un sommeil particulièrement profond. Déroutée, Cat se tourna machinalement vers les élèves qui tous sans exceptions, la regardèrent avec des yeux ronds ;

Il arrivait que les mots dépassent sa pensée, et constatant la manière dont ses camarades la fixait sans retenue, elle su très vite que ceux qu’elle avait osé prononcer plus tôt, n’avaient pas été très bien accueillit par l‘auditoire. Sa léthargie était telle qu’elle ne se souvenait même plus de ce qu’elle avait dit ! Toutefois, Cat ne mettait pas en doute la capacité de ses futurs assaillants à analyser sa petite pique comme un outrage. Bien sûr, elle leur faisait entièrement confiance, sur ce point ! Scrutant leurs visages un par un, la mine d‘une impudente sérénité, Cat s’arrêta sur celui de la jeune fille qu’elle avait magistralement rabroué. Cette dernière, la toisa méchamment, prenant une grande inspiration tout en entrouvrant sa grande bouche, laissant apparaître des dents parfaitement alignées, blanches à souhait. S’apprêtant -comme Cat s’y attendait- à lui faire une remarque blessante sur son physique, la blondinette pinça les lèvres, prête à entendre ce qu‘elle avait à lui dire pour ainsi, rétorquer en conséquence. Cette dernière examina son visage, plissa les yeux avec véracité, une lueur furibonde dans le regard. Un moment encore, l’ennemie la regarda mais, visiblement elle, ne trouva rien à lui reprocher -ses longs cheveux lisses et blonds, ses yeux d’un bleu profond et sa jolie bouche gourmande la dissuadèrent de s’aventurer à se ridiculiser publiquement. Cette fille n’avait pas de défauts, c‘en était ridicule et avant qu’elle n’ait le temps de concocter pour la forme une insulte cinglante à son égard, la sonnerie retenti à temps, couvrant sa voix criarde. Sauvée par le gong.

Interrompues par les chaises qui raclaient bruyamment le sol, les jeunes filles lâchèrent prises, en même temps. Cat baissa les yeux, passant une main sûre dans ses cheveux et se leva, sans plus tarder. Cette fois, elle avait fait preuve d’un peu trop de zèle. Il était évident qu’elle ne cherchait pas les ennuis. La jeune fille avait bien trop à perdre pour se permettre de s’attaquer à des gros poissons comme ceux-ci. Cependant, cela devenait de plus en plus difficile pour elle de ne rien dire, de ne pas rétorquer et de laisser couler les énormités que ses soi-disant camarades de classe s’entêtaient à prononcer constamment. Pourtant, elle tachait de se cantonner à une règle simple : ne pas se faire remarquer. Aujourd’hui, elle avait manqué de vigilance. Rangeant soigneusement ses affaires, des murmures parvinrent à se frayer un chemin jusqu’à elle. Cat les ignora, et fourra ses livres dans son sac puis glissa la hanse sur son épaule. La jeune fille qu’elle avait courageusement affrontée du regard, fit de même puis, s’approcha d’elle sournoisement. Le dos tourné à elle, Cat s’apprêta à emboîter le pas aux autres pour aller déjeuner. Seulement, elle se sentit brusquement basculer : gratifiée d’un violent coup d’épaule, la blondinette vacilla sous l’assaut et s’étala de tout son buste sur le bureau, au milieu de la pièce. Les paumes étendues sur le bois de la tablette, ses cheveux recouvrant son visage, Cat ne fut pas assez rapide pour se relever et quittant la pièce en compagnie de son petit groupe d’amis, s’esclaffant de toute la force de ses poumons, la fourbe lui lança un dernier regard moqueur puis, disparut dans le couloir.

L’impulsivité n’était pas un trait de caractère qui définissait l’adolescente. Toutefois, à ce moment très précis, l’envie soudaine de rattraper la brunette pour lui faire payer son erreur, s’imposa à elle. Cependant elle n’en fit rien. Maintenant seule dans la salle de classe, le souffle coupé, elle haletait d’une façon régulière, la bouche sèche et le cœur battant. Reprenant conscience de la situation, Cat se releva du bureau -il n’y avait pas de larmes dans ses yeux, la colère ne déformait même pas ses traits. Soufflant modérément par la bouche pour se calmer, elle balança d’un geste précis ses cheveux en arrière, se redressant de toute sa petitesse. Il était inutile qu’elle ne cède à la colère, elle était bien plus intelligente et regardant dans la classe, elle opina du chef avec dédain, passant furtivement la langue sur ses dents bien lisses puis, d’un pas calme, elle se dirigea enfin vers la porte encore ouverte : il ne fallait pas qu’elle se laisse atteindre par ce genre d’incident.

Cat n’avait jamais été victime de ce genre de petits coups bas, à McKinley High. En revanche, elle avouait avoir été prise à partie par certaines de ses concurrentes, lorsqu’elle était encore mannequin. Disons qu’elle en été habituée, qu’elle avait été contrainte de faire avec -sans compter que sa mère prenait un malin plaisir à la pousser à les détester- et qu’elle parvenait ainsi à aisément gérer ce genre de stupidités. Marchant dans le couloir, la main étroitement serrée autour de la hanse de son sac, la jeune fille sentait que quelque chose la tracassait -outres la douleur grandissante qui la tiraillait au niveau de la poitrine : elle devait se calmer. Obliquant à l’angle du couloir, elle tomba face à la porte de l’auditorium et sans y réfléchir plus longtemps, glissant élégamment une mèche de cheveux derrière son oreille, Cat poussa la porte de l’amphithéâtre puis, s’y engouffra.

L’auditorium, elle avait eu l’occasion de s’y rendre à de maintes reprises. A chaque fois, elle été parvenue à se sentir apaisée. Très vite, il était devenu son endroit préféré, de McKinley. Finn l’avait invité plusieurs fois à assister aux répétitions de la chorale mais, trop intimidée par les autres -et surtout, par Mister Schue-, Cat n’avait jamais osé accepter son offre. De ce fait, elle s’y rendait de manière clandestine, comme maintenant. Plongée dans l’obscurité, la seule source de clarté émanait de l’ampoule qui par tradition restait toujours allumée, en plein milieu de la scène. Descendant lentement les marches, Ecaterina regarda devant elle. L’endroit était magnifique, elle aimait beaucoup les couleurs, l’odeur qui s’en dégageait. C’était bien plus agréable que les scènes miteuses des bars qu’elle fréquentait régulièrement avec son aîné, il n’y avait pas de doute. Se dirigeant d’un pas décidé vers l’estrade, Cat hésita un temps avant d’y monter, finalement. Elle constata à quel point la scène pouvait être grande -elle devait avoir l’air minuscule, de loin ! Cette idée la fit d’ailleurs sourire, et s’approchant du seul micro resté sur scène, elle l’empoigna délicatement, le regard égaré. Cette colère qu’elle ressentait, il fallait qu’elle l’extériorise. Tournant le micro entre ses doigts, elle s’accroupit puis le posa au sol. Ouvrant son sac et furetant un instant à l’intérieur, elle en dénicha un cd d’instrumentaux que Dorian lui avait confié pour de prochaines répétitions. Détaillant du regard la tracklist gribouillée à la hâte par son frère, ses pupilles s’arrêtèrent sur un titre -c’était le titre parfait.

♪ There's a fire starting in my heart,
Reaching a fever pitch and it's bringing me out the dark.
Finally, I can see you crystal clear,
Go ahead and sell me out and I'll lay your ship bare, ♪


Après avoir mis en route la musique, Cat s’était dirigée d’un pas serein vers le centre de la scène, se penchant pour récupérer le micro qu’elle avait posé au sol, plus tôt. Adele avait une voix qui se rapprochait de la sienne. Évidemment, Cat ne s’estimait pas aussi talentueuse que la chanteuse, loin de là mais, son frère lui avait dit que ses chansons se situaient exactement dans sa tessiture. De ce fait, elle faisait partie des artistes que la jeune fille adorait reprendre puisqu’elle se ressemblait -au moins, en ce qui concernait leurs voix. Commençant son couplet studieusement, sa voix grave s’éleva soudain dans l’amphithéâtre. Cat n’avait pas une voix commune pour une ado de son âge. On le lui avait souvent répété, cela la flattait ; elle ne savait pas exactement d’où est-ce qu’elle tenait ce timbre si rocailleux peut-être était-ce un don, après tout. Se laissant porter par la musique, récitant ses paroles avec dextérité, Cat se concentra sur celles-ci, tenant le micro entre ses petits doigts, ondulant des hanches au rythme de la musique, elle se dirigea soudain vers le pied du micro devant elle, continuant en rythme :

♪ See how I'll leave with every piece of you,
Don't underestimate the things that I will do.
There's a fire starting in my heart,
Reaching a fever pitch and it's bring me out the dark. ♪


Cette chanson traduisait à la perfection ce qu’elle ressentait à ce moment précis -du moins, si l’on occultait le côté amour torturé et trop compliqué. La colère qui s’était emparé d’elle, cette rage soudaine qui l’avait forcé à prendre sur elle, Cat pouvait avait désormais tout le loisir de l’exprimer sans craintes ;

♪ The scars of your love remind me of us,
They keep me thinking that we almost had it all.
The scars of your love, they leave me breathless,
I can't help feeling, ♪


Face au micro, tenant le pied d’une main et battant la mesure sur sa cuisse de l’autre, ses longs cheveux suivirent le mouvement de ses gestes envoûtants. Les personnes qui savaient que Cat était douée pour le chant n’étaient pas très nombreuses. Certes, elle n’en faisait pas en secret, pour autant. Il était clair qu’elle aimait ça, en tout cas et elle remerciait son frère de lui avoir forcé un peu la main. Fixant l’horizon avec détermination, elle passa soudainement sa main dans ses cheveux, laissant ses doigts s’attarder sur une mèche particulièrement longue -elle la maintint, fermant les yeux, enchaînant avec talent sur ce refrain difficile :

♪ We could have had it all,
Rolling in the deep,
You had my heart inside of your hand,
And you played it to the beat. ♪


Détachant le micro de son pied au début du deuxième couplet, la jeune fille se dirigea d’un pas plus langoureux vers le devant de la scène, observant d’un œil distrait les sièges qui s’étalaient, en face. Elle ne pensait pas que chanter pouvait lui faire autant de bien. La douleur qui l'avait frappé tout à l’heure s’était estompée, sa colère également. Il lui semblait même qu’elle pourrait facilement oublier cette altercation, à présent. Enchaînant les notes avec une facilité effarante, Cat se laissa aller à quelques roulements d’épaules, passant ses mains dans ses cheveux, repoussant des mèches avec distinction. La fin de la chanson n’allait pas tarder à arriver. Sentant l’échéance approcher, Cat se dirigea à nouveau vers le pied du micro esseulé et quand la dernière note se profila, la maintint avec habilité jusqu’à ce que la musique ne s’arrête. Face à ce brusque silence, Ecaterina cligna des yeux une seconde avant de se retourner, hésitante pour aller récupérer ses affaires qu’elle avait laissé dans les coulisses. Exécutant un premier pas, elle prit une légère inspiration… qu'elle retint subitement, quand une voix aussi douce qu’aiguë résonna à ses oreilles.

Se raidissant, l’adolescente ne se retourna pas sur le moment mais, attendit un instant avec de réaliser que la personne qui s’adressait à elle n’était autre que la conseillère d’orientation psychologue du lycée -Emma Pillsbury. Cette même Emma qu’elle avait copieusement envoyé sur les roses plusieurs fois, sans ménagements, et qu’elle évitait aussi souvent qu’elle le pouvait. Foncièrement, Cat n’avait rien contre elle. Elle s’en voulait même atrocement d’avoir été aussi impolie avec elle -peut-être que le jour était venu d’enterrer la hache de guerre. Percevant le compliment de la jeune femme, la blondinette se retourna progressivement, les yeux baissés.

« Je vais avoir des problèmes ? » interrogea-t-elle, maladroitement. Cat ne savait pas si elle avait le droit d’être ici, en réalité. L’amphithéâtre était peut-être réservé aux seuls membres des chorales -un peu stupide, si c’était le cas. Relevant doucement les yeux vers Emma, l’adolescente pinça les lèvres flattée par la façon dont la conseillère s’adressait à elle -avec tact, et diplomatie- aussi, elle la gratifia d’un sourire timide, alors qu’elle glissa une mèche de cheveux derrière son oreille, acceptant pour la première fois, un compliment sans rechigner « Je suis une fille pleine de surprise. » murmura-elle en étouffant un bref rire qu’elle savait nerveux ; un silence s’installa suite à cet échange concis et souhaitant ne pas s’éterniser, elle ajouta la voix incertaine « Je -hum- vous attendez peut-être Monsieur Schuester. Je sais qu’il passe beaucoup de temps ici et que vous êtes plutôt bons amis. » Cat se mordilla la lèvre -elle était bien trop nerveuse. La présence de la jeune femme en était la cause. Fermant brièvement les yeux, elle se précipita d’ajouter, tendant ses mains devant elle -ce qui trahissait son affolement « Ça ne me regarde pas ! Je n’ai pas… enfin, vous voyez… je -hum- je vais aller déjeuner. » Ecaterina s’éclaircit la voix, toussant discrètement puis se retourna, les yeux encore fermés. Des flots de paroles lui traversèrent l’esprit -des mots d’excuses, et de regrets principalement... et avant qu’elle n’ait eu le temps de faire un autre pas, elle lança à mi-voix « Mademoiselle ? » Cat marqua une pause, se retournant d'un même chef vers Emma -son regard azur se planta directement dans ses grands yeux de biches « J‘espère que vous ne m‘en voulez pas non plus. » se contenta-t-elle de dire, et lui souriant une dernière fois, Cat détourna la tête et se dirigea vers les coulisses : cette situation avait comme un air de déjà-vu.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Dim 26 Juin - 0:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Sam 18 Juin - 23:22

Ecaterina ne se retourna pas immédiatement, se contentant de se figer sur place en entendant la voix de la conseillère d’orientation retentir dans l’amphithéâtre. Fronçant les sourcils, Emma se demanda quelle serait la réaction de l’adolescente en la découvrant ainsi. S’indignerait-elle devant la petite séance d’espionnage à laquelle elle s’était adonné ? Lui cracherait-elle à la figure qu’elle en avait assez qu’elle la suive partout et qu’elle cherche à l’aider alors qu’elle refusait justement que l’on se mêle de ses affaires ? Ou alors, peut-être qu’elle fuirait l’amphithéâtre sans prononcer le moindre mot. Emma était perplexe et sentait le poids de sa propre culpabilité s’accentuer. Elle n’aurait jamais dû suivre Ecaterina, elle était certaine que cela lui vaudrait de nouvelles piques acerbes de la part de la lycéenne. Le souvenir de leur dernière rencontre dans son bureau flottait encore dans son esprit. Après avoir consulté le dossier d’Ecaterina, Emma avait jugé nécessaire de la convier dans son bureau, afin de s’intéresser un peu plus à elle. Seulement, elle ne s’était pas attendue à une telle réaction. Sans jamais se départir de son calme, la jeune fille avait décliné proposition après proposition, clamant haut et fort qu’elle pourrait se débrouiller seule, sans son aide. Et Emma avait dû se rendre à l’évidence : Ecaterina ressemblait à toutes ces adolescentes qui l’avaient toujours vu d’un mauvais œil, et qui repoussaient systématiquement son soutien. Elle ne pouvait pas les blâmer, elle pouvait comprendre cette indépendance que l’on voulait avoir à cet âge-là. Cependant, elle n’avait jamais baissé les bras et ce, pour aucun des dossiers qui étaient soigneusement rangés dans son bureau. Elle avait toujours redoublé de courage et d’ambition, échouant parfois, mais ne renonçant jamais.

Ecaterina se retourna enfin, et Emma scruta son regard clair avec une curiosité à peine dissimulée. Contrairement à ce qu’elle pensait, les grands yeux de la jeune fille n’exprimaient pas la colère, ni même la lassitude. Fronçant les sourcils, la conseillère se demanda ce qu’il pouvait bien se passer dans la tête de l’adolescente à cet instant précis. Elle doutait qu’elle ait jamais révélé à quiconque l’étendue de son talent : après tout, si elle venait se cacher dans l’amphithéâtre pour pouvoir chanter devant des rangées de sièges vides, ce n’était certainement pas pour rien. De plus, elle était certaine que si Will l’avait déjà entendu interpréter une chanson, il n’aurait pas hésité à lui en parler. Un tel talent ne peut rester secret longtemps. Ecaterina éleva alors la voix, lui demandant si elle allait avoir des ennuis. Etonnée, Emma étudia longuement l’expression de son visage. Elle s’était attendue à tout, sauf à ça. Le ton de sa voix n’était pas le même que la dernière fois : il n’y avait pas le moindre agacement, ni une seule once d’irritation qui la transperçait. Au contraire, Ecaterina semblait mal à l’aise, comme si elle venait de se faire prendre la main dans le sac.

« Non, pas du tout » Répondit-elle doucement. « Cet amphithéâtre n’est pas réservé qu’aux élèves du glee club. Et entre nous, je pense que tu y as ta place » Poursuivit-elle, tout en esquissant un sourire rassurant. Ses grands yeux bruns balayèrent furtivement la salle. Elle y était venue secrètement tant de fois, pour assister aux répétitions des New Directions et même parfois celles des Awesome Voices - moins régulièrement, certes. Emma soutenait le glee club depuis le début, et même si nombreux étaient les professeurs qui pensaient que son intérêt n’était motivé que par la seule présence de Will Schuester à la direction de ce club, elle savait qu’il n’y avait pas que cela. Elle éprouvait une grande admiration pour ces jeunes qui s’adonnaient à leur passion bien qu’elle ne soit pas des plus populaires à McKinley High. Pourtant, ils avaient beau recevoir des verres de glace pillée à longueur de journée et essuyer les remarques désobligeantes de leurs petits camarades, ils continuaient à aller aux répétitions et à donner tout ce qu’ils pouvaient lors des compétitions. Emma savait de quoi elle parlait : elle avait été la première à les accompagner aux communales. Et elle se souvenait de la fierté qu’elle avait ressentie en les voyant se serrer les coudes, surmonter les difficultés et assurer un show exceptionnel devant un public qui de toute évidence, avait rapidement été conquis.

A la réflexion, le peu de popularité accordée aux membres des glee clubs était peut-être la raison pour laquelle certains n’osaient pas les rejoindre. Emma observa Ecaterina et arqua légèrement les sourcils, se demandant soudainement si la jeune fille avait peur que l’on découvre son secret, parce qu’elle était terrorisée à l’idée de passer dans le camp des « losers ». D’après ce qu’elle savait, la lycéenne n’avait jamais voulu attirer l’attention sur elle. La preuve : les vêtements qu’elles choisissaient ne mettaient pas sa fine silhouette en valeur alors qu’elle avait un corps que lui enviaient certainement la moitié des adolescentes de Lima. Emma l’avait également remarqué de par son comportement : elle ne cherchait jamais à faire de vagues, se contentant de se mêler à la vague d’étudiants sans avoir l’envie de se démarquer d’une façon ou d’une autre. Poussant finalement un soupir, Emma chassa ces pensées et se concentra sur les mots que prononça Ecaterina. La jeune fille suggéra que la conseillère attendait peut-être « Monsieur Schuester » puisqu’ils étaient selon elle de bons amis et qu’ils passaient beaucoup de temps ensemble. Emma acquiesça d’un signe de la tête, l’air songeuse tandis qu’un sourire reprenait place sur ses lèvres, ses pensées se dirigeant de nouveau vers ce regard clair qui la hantait depuis de nombreux mois, mais plus intensément encore depuis quelques jours. Il y avait du vrai dans les paroles d’Ecaterina : en effet, ils passaient beaucoup de temps ensemble.

Secouant la tête afin de ne pas se laisser submerger par de nouvelles émotions qui n’avaient rien à voir avec l’adolescente qui se tenait face à elle, elle répliqua aux nouvelles paroles de cette dernière qui semblait confuse et désolée d’avoir fait ce genre d’insinuations. « Oh non, non ce n’est pas grave, tu n’as rien à te reprocher. Ne t’en fais pas ». Emma écarta une mèche rousse d’un geste distrait tout en rougissant légèrement. Elle n’aimait pas parler de ses relations amicales, et encore moins de ses relations amoureuses, devant les élèves. Elle savait qu’ils n’étaient pas dupes pour la plupart, mais cela ne l’empêchait pas d’être gênée. S’éclaircissant la gorge, la jeune femme allait relancer la discussion sur la chanson d’Ecaterina quand celle-ci prit les devants et l’interpella sur un ton peu assuré. Emma haussa un sourcil et leva de nouveau son regard vers celui de l’adolescente. « Oui ? » Répondit-elle. Il y avait quelque chose dans les yeux d’Ecaterina qui la troublait. Elle n’avait encore jamais croisé ce regard-là. D’ordinaire, elle avait droit à un regard lourd de reproches qui en disait long sur l’opinion que la lycéenne se faisait de la conseillère. Mais cette fois… Cette fois, il y avait de la douceur dans ces yeux clairs, de la douceur mêlée à un certain embarras.

Ecaterina espérait qu’elle ne lui en voulait pas, c’était ce qu’elle venait de dire tout en la gratifiant d’un sourire. Confuse, Emma se demandait à quoi elle voulait en venir. Se sentait-elle désolée par rapport à leur dernière entrevue, ou par rapport à ce qu’il venait de se passer ? Emma ne savait plus, et ne put s’appuyer sur le regard de la jeune fille qui venait de fuir le sien quand elle se retourna, prête à quitter la salle. Fronçant les sourcils, Emma hésita avant de l’interpeller à son tour. « Attends je… » La conseillère fit quelques pas et s’avança vers Ecaterina, la rattrapant bientôt près des escaliers menant à la sortie. Quand elle parvint enfin à sa hauteur, elle se planta devant elle ; pour une fois qu’elle avait l’opportunité d’avoir une discussion avec elle, elle ne voulait pas la laisser filer aussi facilement. « Tu sais, je n’ai pas pour habitude d’en vouloir aux élèves de ce lycée ». Marquant une pause, elle réfléchit à la manière de s’y prendre. Elle ne voulait pas qu’Ecaterina se referme une fois de plus sur elle-même. Hésitant de plus belle, elle laissa quelques secondes s’écouler avant d’oser reprendre la parole. « Je peux te poser une question ? » Emma plissa les paupières et ne prit pas le temps d’attendre la réponse d’Ecaterina pour exprimer son interrogation. « Tu n’as jamais pensé à t’inscrire à un glee club ? Il me semble que tu n’as rejoins aucun club jusqu'à maintenant… enfin, d’après ce que je sais. Mais je suis sûre que Mr Schuester serait ravi de t’accueillir parmi les New Directions. Ou même Mr Bryan, avec les Awesome Voices. Tu as beaucoup de talent, Ecaterina. Il serait dommage de ne pas le partager » Emma se tut et dévisagea Ecaterina, tout en espérant qu'elle ne lui tournerait pas le dos cette fois-ci.
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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Dim 19 Juin - 17:15

Debout au bord de cette grande scène plongée dans l’obscurité, Cat préféra détourner furtivement le regard quand Emma lui assura d’une voix calme qu’elle n’aurait pas de problème. Dans un geste inhabituel, elle se tordit les doigts, baissant honteusement la tête comme une enfant malicieuse prise sur le fait et même si son second compliment la toucha, la jeune fille préféra garder le silence tout en fixant le sol, feintant la concentration.

Emma Pillbury, sous ce masque d’extrême gentillesse qu’elle arborait dans tous les cas de figure, cachait en réalité une détermination sans bornes. Ecaterina s’en était rendue compte lors de leur dernier entretien et même si elle préférait ne pas l’avouer directement à la principale intéressée -des clous, et puis quoi encore ?-, elle acceptait toutefois que cette volonté farouche à apporter son aide aux élèves les plus nécessiteux l’impressionnait beaucoup et la forçait à avoir un tant soit peu de respect pour cette femme qui donnait son temps précieux à des adolescents ingrats -ingrats comme elle, soit dit en passant. Ce manque de respect intolérable dont elle avait fait preuve, la dernière fois. Le fait qu’elle ait osé remettre à sa place une adulte aussi importante que la gentille conseillère était un incident qui lui faisait honte rien que d’y repenser. Seulement, Cat ne pouvait pas revenir en arrière et elle craignait que la jeune femme n’oublie pas cet affront mesquin dont elle avait injustement été victime. Difficilement, l’adolescente été néanmoins obligée de l’accepter ;

Plusieurs fois au cours de ces quelques mois, elle avait pourtant pensé se rendre inopinément dans le bureau de la jeune femme. La prenant par surprise, elle s’était imaginé lui présenter ses plates excuses. Cat s’était même surprise à préparer mentalement ce minable discours qu’elle réciterait avec application d‘un ton trop monocorde pour être honnête. Au final, elle n’avait jamais été assez courageuse pour le faire, préférant l’éviter soigneusement dans les couloirs du lycée et rebroussant chemin quand par malheur, il lui arrivait de passer devant son bureau bien rangé.

Le court silence qu’avait instauré la blondinette prit subitement fin quand elle-même décida de quitter les lieux. Elle prit comme excuse le fait que la conseillère attendait peut-être un autre professeur -Monsieur Schuester. Quand elle releva la tête, se dépêtrant comme elle le pouvait avec le reste de la phrase qu’elle avait prononcé trop promptement, Cat posa les yeux sur Emma. Dans son regard, elle décela un éclat soudain : alors comme ça, les rumeurs étaient fondées ? Esquissant un bref sourire, elle opina du chef suite aux paroles de son interlocutrice et sauta sur l’occasion pour partir après avoir présenté ses excuses plutôt maladroitement ;

Ecaterina ne se sentait pas bien. Tout d’abord parce qu’elle était parfaitement consciente du malaise certain qu’il y avait entres elles mais, aussi parce qu’elle ne parvenait plus à accepter cet afflux de compliments dont elle avait été gentiment gratifiée. Foncièrement, la jeune fille savait que la psychologue ne lui voulait pas de mal. Néanmoins, il était difficile pour elle d’accepter le fait que quelqu’un puisse lui apporter un peu d’attention : Emma connaissait son dossier. Elle savait des choses qu’un bon nombre de personnes ne soupçonnaient même pas et maintenant, elle pouvait ajouter une pièce en plus à son attirail déjà bien chargé. Marchant d’un pas soutenu jusqu’aux coulisses ou elle récupéra son disque et son sac, Cat pensa tout d’abord à s’échapper par la porte dérobée qu’elle distinguait de là où elle était. Soupirant bruyamment, elle ne voulait pas que la conseillère saute sur cette trop bonne opportunité pour la questionner mais, elle en avait assez et prenant son courage à deux mains cette fois, elle se retourna avec grâce, glissa la hanse de son sac bien rempli sur sa frêle épaule et traversa la scène jusqu’à l’escalier -elle était fatiguée de fuir sans arrêts.

Comme la blondinette l’avait prédit, la jeune femme l’interpella de nouveau en s’avançant lentement vers elle alors que l’adolescente descendait les marches d’une façon qui se voulait assurée mais qui, force est de l’admettre n’était peut-être pas aussi maîtrisée qu’à l’accoutumé. Emma lui avoua ne pas avoir l’habitude d’en vouloir aux élèves, c’était une chance mais, cela paraissait tellement improbable à la jeune fille qu’elle ne manqua pas l’occasion de le lui faire savoir « A votre place, je n’aurai pas réagi de la même façon. » dit-elle en souriant, alors qu’elle terminait de descendre les marches -elle se stoppa quand la conseillère arriva à sa hauteur puis tourna la tête vers elle tout en haussant lentement les épaules « En tant que conseillère d‘orientation psychologue professionnelle dévouée aux élèves de ce lycée, bien sûr que vous ne m’en voulez pas. » L’adolescente plissa les yeux réfléchissant succinctement « En tant que personne par contre, je suis certaine que vous n’éprouvez pas vraiment de sympathie pour moi. » Il n’y avait pas de reproche dans sa voix, au contraire. Le grain si particulier de son ton été serein presque doux. Toutefois, elle baissa les yeux furtivement quand elle marqua une pause qui en disait long sur le fait qu’elle regrettait sincèrement d’avoir donné cette image exécrable d’elle. Pourtant, se sentant obligé de rassurer son interlocutrice, elle ajouta dans un petit murmure rapide « Mais vous savez ce n’est rien, je comprends. »

Se détournant d’Emma, Cat exécuta un petit pas en plus, quittant définitivement le plateau de la scène près d’elle. Mais, la conseillère s’adressa une nouvelle fois à elle, lui demandant si elle pouvait lui poser une question. Se mordillant la lèvre en se stoppant, elle se retourna de nouveau et pencha la tête, dégageant d’un geste fluide de la main une mèche de cheveux qui s’était placée trop près de son visage « Bien sûr. » rétorqua-t-elle du tac au tac. Les paroles de la jeune femme la firent sourire et baisser la tête d’une même mesure alors que sérieusement, Emma lui exposait sa sincère conviction. Rejoindre l’une des chorales n’avait jamais été dans ses plans -rejoindre n’importe quels autres clubs de ce lycée, d’ailleurs-. L’attention qu’on portait aux glee clubs été bien trop importante pour qu’elle ne parvienne à garder sa tranquillité qu’elle avait mit autant de temps à bâtir et qui était si précieuse à ses yeux. Alors, il était juste hors de question qu’elle se joigne à la joyeuse clique de chanteurs du bahut -impensable. Appuyant sur la pointe de ses ballerines, elle croisa les bras quand la conseillère prononça le nom des deux directeurs de chorales -elle tiqua soudain. Clignant furieusement des yeux à l’énoncé de celui du directeur des Awesome Voices et secoua brusquement la tête pour se rafraîchir les idées avant de précipitamment reprendre la jeune femme dans son élan « Cat. Apellez-moi Cat, s’il vous plaît. » La jeune fille décroisa les bras, faisant un pas sur le côté pour rejoindre un siège vide sur lequel elle ne s‘installa pas, cependant « Supposons que je veuille m'y inscrire. » lança-t-elle brusquement, les mains tendues devant elle « Qu’est-ce que ça m’apporterait au juste de faire partie de l'une de ces chorales ? » Elle marqua un temps en obliquant du regard puis tourna vivement la tête vers Emma qu'elle gratifia d'un roulement d’œils impoli « Et ne me racontez pas d’histoire sur la cohésion parfaite du groupe et de l’incommensurable leçon de vie que cela pourrait bien m'apporter. Des meilleurs amis pour la vie que je me ferai en chantant des standards de Broadway en chœur avec les autres -et tout ça dans la joie et la bonne humeur, évidemment. » Cat serra ses petits poings devant elle et exécuta un furtif mouvement d'épaule -faussement- enjoué. Enfin, elle regarda la conseillère avec plus d’intensité retrouvant une posture normale en même temps « Vous savez que ça m’est totalement égal, et que ce n’est que du pipeau de psychologue de bas-étage. » dit-elle d'une traite en brassant l’air avec les mains. Soudain, elle s’arrêta. Fronçant le nez, Cat se rendit compte que son ton avait radicalement changé. Confuse, la jeune fille préféra prendre ça sur le ton de la plaisanterie et se redressa en souriant à moitié « Outch, désolée. Réflexe de défense. »
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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Ven 8 Juil - 16:18

Emma n’avait pas l’intention de laisser Ecaterina s’enfuir aussi facilement. Malgré l’embarras qu’elle ressentait après avoir suivi la jeune fille dans l’amphithéâtre plongé dans le noir, elle était satisfaite : elle avait percé à jour la lycéenne, avait découvert un secret qu’Ecaterina ne lui aurait jamais dévoilé de son plein gré. Sur cette scène, devant une salle vide, Ecaterina avait fait des merveilles en reprenant l’un des titres d’Adele. Emma avait souvent vu les élèves qui composaient la chorale de Will, faire de grandes choses sur scène. Ces élèves qui, pourtant, étaient censés être les losers de McKinley High, des élèves qui aux yeux de tous, n’avaient pas le moindre avenir partageaient pourtant une même passion qui les rendaient plus exceptionnels les uns que les autres. Aux yeux d’Emma, la chose la plus importante dans la vie était de faire ce que l’on aimait. Bryan Ryan avait beau dire que le dixième de ces élèves ne monterait jamais sur les planches de Broadway, Emma savait que ce n’était pas en les décourageant de la sorte qu’ils parviendraient à percer. Au contraire, dans son travail de conseillère d’orientation, elle conseillait toujours aux lycéens de choisir de faire ce qu’ils aimaient, car ce ne serait que de cette façon qu’ils s’épanouiraient entièrement. Ainsi, elle qui avait toujours considéré qu’Ecaterina ferait des miracles dans tout ce qui touchait de près ou de loin à la littérature, venait de revoir son jugement en la découvrant sous un tout autre jour. Elle avait toujours pensé que la jeune fille était mystérieuse, se dissimulait du mieux qu’elle le pouvait afin de faire fuir les personnes qui pourraient éventuellement s’intéresser à elle. Et visiblement, elle avait eu raison : il y avait tellement de choses qu’elle ne semblait pas connaitre à son sujet. Emma conservait donc l’espoir qu’Ecaterina finirait par lui faire confiance en lui permettant de l’aider comme elle savait si bien le faire. Une autorisation qu’elle n’avait pas encore reçue.

Sourcils froncés, la conseillère vit les lèvres de l’adolescente s’entrouvrir en un sourire qu’elle ne lui connaissait pas. Elle sentait qu’elle était peut-être sur le point de parvenir à « toucher » Ecaterina. Ce simple sourire était un grand pas dans leur relation. La jeune fille s’était toujours acharnée à se montrer distante, à porter en permanence un masque glacial de sévérité et d’indifférence en la présence d’Emma. Cette dernière avait fini par s’habituer à ce type de comportement ; après tout, ce n’était pas la première fois qu’elle se retrouvait confrontée à cela, elle en était presque habituée désormais. Ainsi, elle répondit immédiatement à ce sourire, ses propres lèvres en dessinant un autre en retour tandis que la lycéenne, plantée devant elle, son regard clair balayant le sien, lui disait qu’elle n’aurait pas réagi de la même façon que la conseillère. C’est-à-dire, en ne gardant aucune rancune suite aux accrochages qu’elles avaient pu avoir lors de ce fameux entretien dans le bureau d’Emma, qui avait rapidement tourné au vinaigre. Emma hocha la tête d’un air vague. Bien sûr qu’elle ne lui en voulait pas. Et Ecaterina se trompait également en affirmant qu’elle était certaine qu’en tant que personne, Emma lui en voulait. Ce n’était pas le cas. Bien sûr, elle avait été déçue, qui ne l’aurait pas été ? Elle qui aurait tant voulu la convaincre de lui faire confiance. Mais à la lecture du dossier de la jolie blonde, en prenant connaissance de son passé, la conseillère avait compris que se voir accorder la confiance d’Ecaterina ne serait pas une chose aisée. A cause de ce qu’elle avait vécu, l’adolescente avait appris à se méfier. Ou tout du moins était-ce l’interprétation d’Emma quant au caractère de l’adolescente, en lien avec ce qu’elle avait pu vivre auparavant.

Emma poussa un soupir furtif lorsque la jeune fille lui dit que ce n’était pas grave, si elle lui en voulait. Ouvrant de grands yeux bruns qui scrutèrent le regard d’Ecaterina, elle hésita de nouveau par rapport à la façon dont elle devait s’y prendre. Elle n’avait pas le droit à l’erreur : elle était persuadée que ce genre d’opportunité ne se représenterait plus ; que si elle laissait Ecaterina partir maintenant, celle-ci reprendrait aussitôt ses bonnes vieilles habitudes, et l’éviterait avec encore plus de ténacité. Parce que désormais, Emma connaissait un secret de plus et qu’elle représentait en conséquent une menace supplémentaire. Esquissant un nouveau sourire, elle lui répondit d’une voix douce, comme à son habitude. « Tu te trompes. Je ne t’en veux pas, je préfère avancer plutôt que de regarder en permanence en arrière en relevant les erreurs du passé. Je pense que nous sommes toutes les deux suffisamment matures pour y parvenir ». Le sourire qui avait pris place sur ses lèvres s’accentua, et elle espéra qu’Ecaterina ne trouverait pas de moyen d’interpréter ses paroles de travers.

Lorsque la conseillère rattrapa de nouveau Ecaterina, au pied des escaliers menant à la scène de l’amphithéâtre, celle-ci ne prit pas les jambes à son cou. Au contraire, elle l’écouta avec attention, ce qui rassura Emma. L’adolescente baissa subrepticement la tête, réfléchissant peut-être aux phrases que la rouquine venait de prononcer. Cette dernière, bien que ne se faisant pas trop d’espoir quant à une possible intégration d’Ecaterina au sein des New Directions ou des Awesome Voices, espérait au moins attiser sa curiosité et la faire réfléchir sur la question. Certes, elle n’imaginait que trop bien la réaction de Rachel Berry en découvrant, sous les traits de cette grande blonde au physique si parfait qu’il attirerait certainement l’œil hagard de son petit ami, une rivale digne de ce nom. Parce qu’avec une telle voix, Emma était à peu près certaine que Will ne gâcherait pas tout en laissant la lycéenne se contenter de faire les chœurs, en arrière plan. La chorale des New Directions était un véritable melting pot et réunissaient des profils qui contrastaient à merveille : de la capitaine des cheerios, athlétique et soit disant innocente à la diva qui accrochait des étoiles à chaque fois qu’elle en avait l’occasion, en passant par le grand empoté à la voix de ténor qui se laissait souvent guider par ses hormones, ou encore la fashion victim fan de Marc Jacobs, il y avait de tout. Et c’était, selon Emma, ce qui faisait la force de ce groupe si unique : ils se démarquaient de par leur différence. Et comme le disait à juste titre celle qui, justement, était la diva du groupe : being part of something special makes you special. Ecaterina ne ressemblait à aucune autre personne des New Directions, et ce serait sans aucun doute une force pour elle si jamais elle décidait de les rejoindre.

La jeune fille la pria de l’appeler Cat, et Emma vit en cette demande une nouvelle façon de s’ouvrir à elle. Elle accueillit cette réflexion d’un nouveau sourire qui aurait pu s’éterniser si Ecaterina n’avait pas été une fois de plus sur la défensive. Pourtant si calme au début, elle ne tarda pas à ironiser la situation en pointant du doigt le cliché que l’on aurait pu attribuer au New Directions : une chorale bon enfant qui ressemblait à s’y méprendre à la compagnie des Teletubbies, et dans laquelle on s’y sentait si bien que l’on passait son temps dans la joie et la bonne humeur. Le sourire de la conseillère s’évanouit aussitôt, même si ces propres ne la blessèrent pas vraiment. Elle souleva pourtant un sourcil surpris lorsque la jeune fille attribua cette analyse à celle d’un psychologue de bas étage. Il était vrai qu’Emma n’aurait pas tardé à lui démontrer par a plus b que cette chorale était un moyen de se sociabiliser et de se faire des amis. Cependant, elle avait bien compris que ce genre de chose n’intéressait en aucun cas une adolescente comme Ecaterina, qui passait son temps seule, et dont l’attitude signifiait : laissez-moi tranquille, je suis très bien comme ça, je n’ai pas besoin de vous. Bien sûr, puisqu’Emma l’avait elle-même appris à ses dépends. Plissant désormais les yeux, la conseillère étudia l’expression désolée d’Ecaterina, dû à son emportement si soudain. Elle vit le sourire qui était malgré tout resté accroché à ses lèvres, et fut rassurée.

Acquiesçant délicatement d’un signe de la tête et détournant le regard l’espace de quelques secondes éphémères, comme pour reprendre ses marques et retrouver le fil de ses pensées, Emma se sentit reprendre confiance après un moment d’égarement. Hochant toujours aussi doucement la tête de haut en bas, elle réfléchit à la portée de ces paroles et à la façon de s’y prendre, encore une fois. Elle finit par retrouver le chemin du regard clair posé sur elle, et ses lèvres décrivirent l’esquisse d’un énième sourire. D’une main distraite, elle plissa adroitement sa jupe avant que ses doigts ne viennent s’attarder sur la broche en forme de combiné de téléphone, accroché sur son cardigan éclatant. « En effet, je ne pense pas que ce genre d’argument ferait mouche avec toi, mais… ». La conseillère se redressa légèrement et laissa son bras retomber le long de son corps. « Mais je pense qu’une chorale ne t’apporterait pas seulement de nouvelles amitiés. Tu sais, ces heures passées dans une salle à chanter en groupe, ou tout simplement seul derrière un micro devant une ribambelle d’yeux braqués sur soi, permettent également autre chose : l’amusement. C’est une façon de se libérer, de se délester quelques minutes du lot de problèmes que le quotidien peut apporter. A la manière d’artistes qui ont besoin de leur palette et de leurs pinceaux pour se sentir libre, ou des sportifs pour qui courir derrière un ballon représente une forme de délivrance, le chant permet de se débarrasser de ses tracas ». Emma se tut et reprit doucement sa respiration après un pareil monologue. Elle avait le sentiment d’être sur la bonne voie, de parvenir à dire les choses telles qu’elle les pensait, et cela l’encouragea à poursuivre dans cette direction. Elle inspira longuement avant de reprendre de plus belle. « Quand je t’ai vu sur scène, j’ai cru voir une autre personne ». Elle pointa du doigt la scène qui surplombait la rangée de sièges près desquelles elles se trouvaient. « Même de loin. Tu étais concentrée, et tu avais une expression différente, comme si tu te trouvais tellement plongée au cœur de cette chanson que tu en avais oublié que le Monde continuait de tourner autour de toi. Je pense que je ne me trompe pas en disant que chanter te procure un certain plaisir. Sinon, tu ne serais jamais venue ici, dans cet amphithéâtre, risquer que l’on t’y voie simplement pour chanter, Cat ». Emma appuya sur ce dernier mot pour établir une nouvelle proximité avec la jeune fille, puis acheva son discours à l’aide d’un sourire, et se tut dans l’attente d’une quelconque réaction. Elle n’était pas sûre qu’Ecaterina saisisse ce qu’elle essayait de dire, mais on ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir essayé, en tout cas.
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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Sam 9 Juil - 19:52

L’obscurité de l’endroit ne faisait qu’amplifier cette tension latente entre les deux jeunes femmes. Il fallait reconnaître qu’elle n’avait pas un passé commun très glorieux ! Une nouvelle fois, Emma lui assura qu’elle ne lui en voulait pas. La sincérité déroutante avec laquelle elle avait prononcé son discours fit sourire Cat qui baissa furtivement la tête et opina lentement ; elle était prête à mettre de côté ses doutes et à la croire pour de bon, cette fois. Qui plus est, le fait qu’elle la définisse comme étant mature la toucha profondément et fixant le sol avec une feinte concentration, l’adolescente tenta tant bien que mal de dissimuler ce bref sentiment d’affection qu’elle éprouvait à son égard. Étrangement, bien qu’elle savait que la conseillère ne lui voulait aucun mal, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir embarrassée, presque intimidée en sa présence -qui l’eut cru ? Personne ne semblait jamais intimider Ecaterina Robertson-.

Elle ne s’en cachait pas : Ecaterina ne comprenait pas ces gens pleins de bons sentiments qui passaient leur temps à aider les autres. De son point de vue, leur démarche n’était pas sincère. Tout le monde savait qu’il était toujours question à un moment donné de satisfaction personnelle. La jeune fille pensait généralement un peu trop comme une adulte ; cette façon caustique de voir la vie n’était définitivement pas de son âge, elle n’en disconvenait pas mais, elle avait toujours évolué dans un monde d’adulte -à qui la faute ?- Combien de fois au juste ce fut déroutant pour des gens beaucoup plus âgés qu’elle d’entendre cette petite blonde aux yeux azur leur balancer à la figure des vérités difficile à avaler ? Oui, elle parlait comme une adulte, elle se comportait comme une adulte mais, cela ne signifiait pas pour autant qu’elle en était une, bien au contraire. Enfin, toujours est-il que pour la jeune fille, il n’y avait pas de demi-mesure : soit les gens étaient profondément bons, soit ils étaient profondément mauvais. Emma faisait partie des gens bons, la question ne se posait même pas, c’était une évidence. Au départ, elle fut tentée de croire qu’elle agissait comme une parfaite bonne sœur tout simplement parce que c‘était son job de le faire et qu’à la fin du mois, elle recevait une prime en conséquence si elle parvenait à remettre sur le droit chemin un certain nombre d’élève. Néanmoins, sa sincérité se lisait sur son visage et les paroles qu’elle prononçait pour rassurer ses élèves, Ecaterina les savaient tout droit sorti de son petit cœur de sainte-ni-touche et c’était ça qui la désarçonnait le plus : Emma Pillsbury était la femme la plus gentille, la plus sincère et la plus douce qu’elle n’ait jamais eu l’occasion de rencontrer de toute sa vie -bien qu’un peu niaise, cela dit-. En somme, elle était l’image même de la mère parfaite qu’elle s‘était faite pendant des années ; c’était censée être comme cela que sa propre mère aurait dû être en réalité.

Écoutant Emma lui parler, la jeune fille sentait qu’elle commençait doucement à perdre pied quand cette idée grotesque vint lui effleurer l’esprit ; elle détourna le regard un instant, laissant ses yeux humides se balader le long de la rangé de sièges vides qui surplombait l’endroit où elle se trouvait. Le meilleur moyen pour elle de se ressaisir était de s’enfuir et d’oublier cette conversation qu’elles avaient à l’instant mais, bien que cette envie farouche la taraudait, elle devait avouer qu’elle n’en avait pas la force. En quoi cela serait-il si terrible d’avoir une conversation d’adulte avec la conseillère ? Cette question s’imposa à elle. Dans un sourire, elle constata avec du recul qu’une fois encore, Emma avait découvert l’un de ses mystères. Comment parviendrait-elle à la regarder en face à présent ?

Il était vrai qu’elle n’avait jamais réellement fait de son don pour le chant un secret. Elle n’en parlait pas parce que ce n’était pas le genre de chose qui s’emboîtait à la perfection dans une conversation banale. Emma donnait l’impression de penser que l'adolescente en faisait toute une affaire d’état. Cat ne pouvait décemment pas lui en vouloir aux vues de leur premier entretien. Aussi, cela la fit esquisser un sourire narquois et haussant les épaules négligemment, la jeune fille lança avec décontraction « Vous avez retenu la leçon de notre premier entretien, on dirait. » la coupa-t-elle en souriant « J’ai un mauvais caractère. Je ne suis pas déficiente mentale alors, pas la peine de prendre de gants pour me parler. » D’un geste désinvolte, elle dégagea son visage d’une longue mèche de cheveux et fronça le nez en secouant la tête ; l'on pouvait déceler comme une pointe de sarcasmes dans sa voix « Si j’ai décidé de prendre mal l’un de vos conseils et de partir, je partirai. » avoua-t-elle. Derechef, elle se mordit la lèvre puis pencha la tête, toisant la conseillère brièvement. La fixant briévement, Cat se désigna elle-même avec l’aide de sa main droite et rétorqua sur le ton de la plaisanterie « Je n’ai pas toujours été aussi pimbêche, vous savez. L’arrogance, ça se travaille. » La jeune fille prit un air faussement mystérieux et se retourna progressivement, ne lâchant pas Emma des yeux. Enfin, elle s’assit sur le siège auprès duquel elle était postée depuis quelques minutes maintenant et lâcha prise en même temps.

Que les gens soient intrigués par la jeune fille était logique ; il était clair que des adolescentes avec le même physique qu’elle, il y en avait des tas un peu partout à McKinley High. En revanche, des adolescentes avec cette attitude piquante, on ne pouvait pas dire que cela courrait les rues ! Ecaterina était une curiosité. Une véritable énigme qu’un bon nombre de personnes s’évertuaient à vouloir déchiffrer. Pourtant, jamais elle ne se serait imaginée acquérir cette attention exacerbée quand elle s’était contrainte à se forger cette carapace si épaisse. Naïve, Cat pensait que l’arrogance était un défaut qui rebutait les autres et les poussaient à garder leurs distances. Que le silence, et la solitude était une barrière solide pour empêcher les intrus de passer -la pauvre, elle s’était bien trompée et ce piège vorace qu’elle avait mis autant de temps à mettre en place se refermait sauvagement sur sa créatrice et victime de sa propre maladresse, la jeune fille n’arrivait plus à assumer.

Cette attention qu’on lui portait était bien trop difficile à accepter. Sagement assise sur son siège, la jeune fille regretta encore une fois d’avoir parlé sans réfléchir. C'est vrai, Emma était tellement gentille avec elle ! L’écoutant d’une oreille distraite, la blondinette compris soudainement que cette attitude étrange qu’elle avait ces derniers temps était en partie due au fait qu’elle ne savait plus comment faire pour se dépêtrer de cette situation désagréable, de cette attention étouffante et de ces rencontres hasardeuses. S’enfonçant davantage dans son siège, douchée par cette prise de conscience fortuite, elle n’en perdit pas pour autant le fil de la conversation et rebondit immédiatement sur le discours de la conseillère :

« Sauf que je n’ai pas de tracas. » répondit-elle avec mauvaise foi. Roulant des yeux, Cat évita le regard accusateur qu’Emma lui lança par-dessus sa frange et arquant subtilement l'un de ses sourcils bien dessinés, la jeune fille continua sur sa lancée « C’est vrai, ma mère est morte. C’est triste, je vous l’accorde. Mais, mise à part ce petit détail dramatique qui donne un peu de substance à mon histoire de jeune fille bien sous tout rapport, j’ai envie de vous dire que… ouais, ma vie est relativement cool. » Joignant les mains sur ses genoux, elle les desserra aussitôt de leur furtive étreinte et termina sur un ton chantonnant « Les jours passent et se ressemblent et blah, blah, blah. Vous connaissez la chanson, je suppose. »

Son regard s’attarda un moment dans ceux de la conseillère et son sourire moqueur s’effaça graduellement ; elle ne pouvait pas faire comme si les paroles de la jeune femme ne la touchait pas. Emma avait remarqué qu’elle aimait chanter. Son frère n’avait même pas réussi à s’en rendre compte, il pensait tout simplement qu’elle voyait ça comme une corvée parce qu’ils avaient passé un marché il y a bien des semaines. Dans un sens, ce n’était pas totalement faux et se faire reluquer de la sorte par des paires d’yeux avides de nouvelles sensations auditives était un véritable supplice pour elle. Aussi crispée et intimidée qu’elle était une fois juchée sur une scène, il lui arrivait pourtant d’éprouver un certain plaisir à pousser la chansonnette. En une seule et unique chanson, la conseillère d’orientation s’en était aperçue. Ecaterina devait avouer qu’elle était plutôt douée et baissant sa garde une demi seconde, elle la fixa sans retenue, la bouche entre ouverte.

« Je chante parfois dans des clubs, des bars… ce genre de chose. » Presque indépendamment d’elle, elle l'avoue maladroitement. Se rendant vite compte de son erreur, l'adolescente baissa immédiatement la tête et tritura nerveusement les jolies bagues qu’elle portait aux doigts. Timidement, elle reprit pourtant « Ça n’a rien d’illégal en fait, ce sont des scènes ouvertes ; il y en a des tas dans la région chaque weekend. » Le regard vissé sur ses petits doigts, elle marqua une pause tout en se mordillant la lèvre, embarrassée. Consciente qu’elle ne pouvait plus faire marche arrière de toute façon, la jeune fille vrilla le visage lentement, ses long cheveux suivant le mouvement et s'échouant sur son épaule gauche. Résignée, elle continua dans un murmure éraillé « Mon frère est musicien. » clarifia-t-elle et relevant subitement le menton, Ecaterina s’inquiéta de l’impact que pourrait avoir ses révélations sur sa tranquillité au sein du lycée. Ses yeux se posèrent rapidement dans ceux de la conseillère. Dans les pupilles claires de la jeune fille, une lueur de panique s'installa. Malheureusement, cela faisait partie des choses qu'elle ne pouvait pas contrôler « Je vous en prie, ne dites rien à personne. » Surprise par son propre ton implorant, Cat laissa ses yeux vadrouiller de part et d’autre du visage d’Emma. Dans une courte inspiration, elle rebaissa la tête une nouvelle fois, une longue mèche lui frôlant la joue dans sa chute. Ecaterina garda le silence plusieurs minutes. Replaçant nerveusement ses bagues avec attention, elle ne se souciait même plus des conséquences que ce laspe de temps sans parler aurait sur la discussion en cours. En réalité, elle était juste en train de se dire que bientôt, elle allait sans doute regretter d’avoir été aussi directe.


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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Dim 17 Juil - 14:54

Les paroles d’Emma, empreintes d’une sincérité qui était loin d’être feinte, semblèrent avoir leur effet sur Ecaterina. La conseillère étudia minutieusement la réaction de la jeune fille, certaine que cela lui permettrait de comprendre ce qu’elle pouvait bien ressentir en cet instant précis. Il lui était si difficile d’anticiper les réactions de cette jolie blonde aussi mystérieuse que froide ! A chaque fois qu’elle avait l’impression de tenir le bon bout, les réactions de l’adolescente lui échappaient. Sans cesse sur la défensive, se munissant d’un bouclier fait de répliques acerbes et bien envoyées, elle n’avait toujours eu qu’une seule et unique réaction face à la conseillère : dissimuler ses véritables sentiments à l’aide d’une carapace qu’elle s’était forgée au cours des années, et fuir dès que l’occasion se présentait. Ou tout du moins cela avait été le cas ces derniers mois, avant cette rencontre impromptue dans l’amphithéâtre. Emma parvenait enfin à percer, à cerner Ecaterina, même si elle savait qu’elle avait encore beaucoup de choses à découvrir sur la personnalité de cette dernière. Aussi étrange que cela puisse paraitre, la conseillère était réellement et sincèrement intéressée par la lycéenne. Au plus celle-ci lui échappait, au plus la frustration qui en résultait la poussait à redoubler d’efforts afin de trouver un moyen de l’aider. Le fait qu’elle ne le puisse tout simplement pas lui avait déjà effleuré l’esprit. Et si Ecaterina était bien dans ses baskets, en fin de compte ? Et si les doutes d’Emma n’étaient pas fondés et que la jeune fille menait une vie dénuée d’imperfections, qui lui plaisait ? La jeune femme secoua la tête en signe de dénégation, comme à chaque fois que cette idée lui traversait l’esprit. Non. Son instinct lui soufflait qu’une adolescente ayant eu une telle enfance ne pouvait pas avoir l’esprit aussi tranquille qu’elle ne le laissait croire. Dommage qu’elle soit la seule à faire des efforts.

Lorsqu’Ecaterina détourna le regard du sien, Emma comprit qu’elle venait de marquer des points. Elle sentit une certaine distance s’installer entre elles, au cours des premières secondes qui suivirent ses paroles. L’adolescente laissa son regard parcourir la salle tandis que la conseillère n’en perdait pas une miette, l’observant tout en essayant d’interpréter le moindre de ses faits et gestes. Il lui sembla alors décerner, dans l’obscurité déstabilisante de l’amphithéâtre, un sourire se former sur les lèvres d’Ecaterina. Ne sachant pas vraiment si cela était bon signe ou au contraire, un mauvais présage, la jeune femme patienta, se demandant ce que la lycéenne pouvait bien penser en ce moment même. Si au début de leur conversation, Emma aurait juré qu’Ecaterina prendrait la fuite dès que l’occasion se présenterait, elle était légèrement plus sceptique désormais. Après tout, elle connaissait un secret supplémentaire et il lui avait semblé que l’attitude de la jeune fille était très différente de ce à quoi elle l’avait habituée jusqu’à maintenant. Rompant à la fois le fil de ses pensées et le silence qui avait à peine eu le temps de s’installer, la voix d’Ecaterina s’éleva et résonna dans l’immense pièce vide. Elle lui expliqua qu’elle avait mauvais caractère et que si jamais elle prenait mal l’un des commentaires d’Emma, elle partirait sans hésiter. L’intéressée haussa un sourcil, encore plus perdue qu’auparavant. Le sourire qu’arborait Ecaterina contrastait avec la franchise que l’on pouvait facilement relever dans ces dernières paroles. La conseillère ne savait plus vraiment sur quel pied danser et se mordilla la lèvre lorsqu’Ecaterina ajouta qu’elle n’avait pas toujours été cette pimbêche-là. Finalement, elle n’était plus certaine d’être sur la bonne voie. Elle avait toujours autant de difficulté à comprendre les réactions de l’adolescente.

Ecaterina se retourna et partit prendre place sur l’un des sièges non loin de là où elle se tenait quelques secondes plus tôt. Cette initiative rassura Emma : visiblement, elle n’avait pas décidé de la laisser là, en préférant une nouvelle fois la fuite à la confrontation. La conseillère croisa les bras quelques instants devant sa poitrine, plissant les yeux. Finalement, sans même prendre le temps de réfléchir à ce qu’elle allait dire, elle prit la parole spontanément. « Oh, je suis certaine que tu es capable de quitter la pièce n’importe quand. J’espère simplement que tu ne le feras pas tout de suite ». Marquant une légère pause, elle hésita un moment puis ajouta : « Et je ne suis pas certaine que tu aies besoin d’arrogance pour être prise au sérieux ». De nouveau, elle sourit après avoir prononcé ces paroles. Malgré la légèreté de sa voix, elle avait peur qu’Ecaterina se sente agressée par ses propos et décida qu’elle devrait rester prudente. Elle fit quelques pas afin de se rapprocher d’Ecaterina, et s’arrêta à environ un mètre d’elle. Le faible éclairage de la salle rendait les choses plus difficiles pour Emma qui avait parfois du mal à saisir l’expression affichée par la lycéenne. Elle aurait préféré l’emmener dans son bureau, là où elle était le plus à l’aise dans l’enceinte de l’établissement. Seulement, elle pouvait déjà imaginer la réaction d’Ecaterina si elle lui faisait une telle proposition. Et puisque les choses étaient à peu près bien parties, elle ne voulait pas tout gâcher.

Poussant un léger soupir, elle finit par se résigner et fit un pas supplémentaire en avant, afin de prendre place sur le siège qui voisinait celui sur lequel Ecaterina était assise. Elle fronça le nez en jetant un coup d’œil à l’accoudoir : elle ne pouvait que trop bien imaginer tous les élèves qui avaient posé leurs bras dessus, et la désinvolture avec laquelle les hommes d’entretien avaient dû « laver » ces sièges. Elle se tint donc droite sur son siège, se consolant à l’idée qu’il n’y avait pas la moindre parcelle de sa peau en contact avec le tissu, sa jupe cachant ses cuisses et ses cheveux bien à l’écart du dossier du siège – avec tous ces élèves qui ne lavaient pas leurs cheveux régulièrement, imaginez un peu le nombre de microbes qu’il pouvait y avoir, là-dessus ! Emma en avait des frissons. Elle parvint toutefois à dégager ses pensées de ce nid à microbes et posa son regard brun sur Ecaterina. Cette dernière lui lança alors qu’elle n’avait aucun tracas et qu’en dépit d’un passé qui incluait la mort d’une mère, sa vie était « relativement cool ».

Emma fronça les sourcils et fut un instant déçue par la tournure que prenait la conversation. De toute évidence, Ecaterina n’était pas sincère avec elle : il n’y avait qu’à voir la détermination avec laquelle elle évitait le regard de la conseillère pour le comprendre. Au lieu d’avancer, de s’ouvrir à Emma, voilà qu’Ecaterina se renfermait de nouveau sur elle, ce qui désolait énormément la rouquine qui hocha doucement la tête malgré cette nouvelle vague d’incompréhension qui la submergea. L’adolescente était si insaisissable qu’elle n’en fut que plus découragée. A croire qu’à chaque fois qu’elle faisait un pas vers la conseillère, elle s’empressait d’en faire deux autres en arrière. « Je vois » Commenta Emma sans grande conviction, puisqu’en vérité, elle ne voyait rien du tout. Les grands yeux bruns de la jeune femme rencontrèrent ceux d’Ecaterina, et le sourire dessiné sur les lèvres de cette dernière s’évanouit aussitôt. Emma détourna alors le regard, toujours aussi déstabilisée et, malheureusement pour elle, fortement découragée. Levant le menton, elle jeta un coup d’œil furtif à la scène. Elle adorait cet amphithéâtre dans lequel elle avait si souvent pénétré en cachette, pour mieux observer les répétitions des New Directions sans se faire repérer par leur directeur. Lors des premiers mois qui suivirent la rentrée de septembre, cela en était presque devenu un rite. S’obligeant à garder ses distances avec Will, elle avait pourtant tout fait pour continuer à suivre de près les prouesses de son groupe d’élèves. C’était peut-être pour cela qu’elle avait si envie qu’Ecaterina rejoigne la chorale du professeur d’espagnol : d’une certaine façon, elle parviendrait toujours à la suivre de près, ce qui, après l’avoir vue sur scène, la ravissait. Elle était certaine que cette chorale pourrait être une bonne « thérapie » pour une adolescente qui passait le plus clair de son temps à éviter les autres.

Ecaterina lui confia alors qu’elle chantait régulièrement dans des clubs, et la réaction d’Emma ne se fit pas attendre : elle quitta la scène du regard et plongea ses yeux dans ceux de la jeune fille. Elle écarquilla légèrement les siens, bien que cette révélation ne soit pas si surprenante, en fin de compte. Emma avait vu l’aisance avec laquelle elle avait chanté sur scène, et en y réfléchissant, il était évident que cela n’était pas la première fois qu’elle le faisait. Cette confidence rassura également la conseillère : la lycéenne essayait peut-être de faire des efforts pour s’ouvrir. Elle accueillit les propos suivants d’Ecaterina avec attention, tout en l’observant soigneusement. Elle lui apprit que son frère était musicien, et Emma esquissa aussitôt un sourire tandis que l’adolescente semblait désormais mal à l’aise. « Vraiment ? » Demanda la conseillère d’une voix intéressée. Lorsque la jeune fille lui demanda de ne rien révéler, Emma secoua la tête. « Je ne dirai rien concernant ton frère, tes représentations dans les clubs ou encore le fait que tu aies réellement une belle voix. Je te l’assure ». Elle sourit de nouveau, se sentant toujours partagée face à Ecaterina. Ces derniers secrets auraient pu être un nouveau moyen de se rapprocher d’elle, toutefois elle restait méfiante, certaine que le caractère lunatique d’Ecaterina pourrait l’amener à changer d’attitude d’une minute à l’autre. Oubliant cette réflexion, elle laissa son regard scruter le visage de la jeune fille. « Je pense que c’est à toi de te poser les bonnes questions, désormais » Commença-t-elle d’une voix égale. « Je n’ai pas l’intention de te forcer à faire quoi que ce soit, tu sais. Alors, si tu souhaites continuer à te produire dans des bars, sans que personne ne le sache, tu devrais continuer. Cela dit je ne suis pas sûre que cela reste longtemps secret : si tu savais le nombre d’adultes dans ce lycée qui fréquentent les bars, tu serais surprise » Emma ne put réprimer un sourire alors que l’image de Bryan Ryan, accoudé à un bar en train de vider cul sec un énième verre de whisky, s’imposa à elle. Ecartant cette pensée, elle poursuivit sur un ton sérieux. « Mais je reste persuadée qu’intégrer un club, ici à McKinley, pourrait t’apporter beaucoup de choses. En tout cas, si tu décides de ne pas t’intéresser aux glee clubs, compte sur ma discrétion. Je ne dirai rien par rapport à ce que j’ai entendu, là-haut » Elle désigna du menton la scène au-dessus d’elles. Certes, elle aurait bien du mal à ne pas faire part à Will du talent de la lycéenne, mais elle tiendrait sa promesse.
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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Mer 20 Juil - 22:48

Lors de leur premier entretien, l’adolescente s’était tout bonnement sentie prise au piège dans ce grand bureau trop propre et les bonnes intentions de la conseillère d‘orientation, Cat les avaient vécu comme une pure attaque sournoise de sa part pour tenter d’en savoir davantage sur son histoire. Prévenue quelques minutes à peine avant le début de la confrontation, Ecaterina n’avait pas eu le temps de se préparer à cette rencontre et avait dû peaufiner son discours -celui qu’elle connaissait pas cœur, pourtant- à la va-vite et s’attendant au pire, elle avait naïvement tenté de se défiler mais sans succès ;

Pour la première fois depuis des mois, Ecaterina s’était alors retrouvée totalement démunie, paniquée et prête à tester sa nouvelle armure toute neuve qu’elle s’était habilement forgée pendant l’été. Une panoplie d’arguments bétons s’étaient naturellement ajoutée à son désir de base de paraître la plus sereine et la plus normale possible -force est de constater qu‘elle manquait cruellement de pratique-. Prise au dépourvue, ce fut un échec cuisant et restant pantoise face au professionnalisme de la jeune conseillère, elle ne su comment agir. Dans l‘urgence, Cat manqua de tact -de respect, encore plus- et fatalement, elle s’était emportée… ou du moins défendue à sa manière.

Emma n’avait pas tort : il était inutile de revenir sur le passé. Toutefois, Cat ne pouvait pas à aller à l’encontre de ce qu’elle ressentait maintenant. Bon sang, il s‘agissait d‘Emma Pillsbury ! Pas d‘un camarade de classe qui tentait farouchement de lui tirer les vers du nez et cette culpabilité… ce sentiment atroce qui la dissuadait d’affronter avec audace son regard n’avait plus rien à avoir avec l’envie profonde de l’adolescente de se protéger. Cat aurait tellement voulu expliquer à la jeune femme pourquoi exactement elle s’était braquée au cours de leur première entrevue. Malheureusement, elle ne parvenait pas à rassembler le peu de courage dont elle était dotée pour le faire et chaque fois qu’elle tentait de couper court aux paroles débitées avec douceur par Ms Pillsbury, Ecaterina parvenait à sentir les mots qui lui brûlaient la langue s’évanouir au fin fond de sa gorge pour finalement ne pas en sortir du tout. Amenuisant ainsi cette bride de courage qui ne cherchait qu’à se révéler. Pourtant, elle aurait dû le savoir et cesser d’y croire : Annabelle lui avait toujours dit qu’elle manquait d’ardeur.

Lorsque la jeune femme lui avait gentiment parlé de son talent pour l’écriture, Cat s’était immédiatement fermée, refusant catégoriquement d’aborder le sujet et détournant avec adresse les moindres mots qui indiquaient qu’elles allaient parler de l'avenir -horreur-. Non pas parce qu’elle n’était pas heureuse d’avoir un tant soit peu d’avenir dans ce domaine mais, Ecaterina jugeait qu’Emma avait empiété sur un terrain qui n’était pas le sien et de son point de vue, tout cela était bien trop personnel pour qu’elle n’ose en parler avec elle ;

Écrire était son seul et unique passe-temps. La seule chose qui la raccrochait à une certaine réalité et qui lui permettait de se retenir à quelque chose de concret pour avancer dans cette vie bien trop compliquée. Quand elle s’était mise à écrire, Cat ne s’était jamais inquiétée de savoir si oui ou non, elle était réellement douée pour ça. Son seul désir étant de se décharger de la peine qu’elle ressentait, de la solitude dans laquelle elle s’engouffrait de jours en jours. Bien plus tard, Dorian l’avait convaincu de son semblant d’aptitude dans cette discipline. Seulement, Cat n’avait jamais été très convaincue elle-même… enfin, peu importe… elle adorait écrire et ça, elle en était entièrement convaincue.

Aussi, l’adolescente n’avait pas de meilleure amie, pas de petit ami : elle était seule face à ses doutes -doutes qui la contrariait bien plus souvent qu’elle ne voulait l’admettre-. Évidemment, il y avait son frère. Cependant, il n’était définitivement pas la personne la plus qualifiée, ni celle avec laquelle l’adolescente voulait partager ses stupides questions existentielles. En revanche, ce banal petit carnet, ce cadeau que lui avait fait sa grand-mère quand elle était enfant… il était son seul confident, son seul ami. Avec lui, Ecaterina était au moins sûre d’une chose : rien ne sortirait jamais de ses pages noircies par sa propre écriture. Il était le gardien de ses incertitudes et bien qu’elle tachait de ne pas le considérer comme tel, il avait le même effet libérateur qu’un simple journal intime.

Contre toute attente, l’atmosphère lourde de l’amphithéâtre semblait s’apaiser au fil de la conversation. La jeune fille ne parvenait pas trop à savoir pourquoi, à vrai dire et cela ne l’empêchait pas de se sentir idiote pour autant ! Calée sur son siège, les mains étroitement serrées l’une dans l’autre, elle obliqua ses pupilles claires quand précipitamment, elle avoua ses activités extrascolaires à la conseillère. Longtemps, Cat s’était moquée de ceux qui ne parvenaient pas à garder leur vie pour eux, qui succombaient aux grands yeux noisettes et au ton doucereux de Ms Pillsbury… et voilà qu’elle aussi était tombée dans le panneau ! Contrairement à la dernière fois cependant, Cat ne se sentait plus prise au piège. Tranquillisée, elle savait qu’Emma ne l’obligerait à rien et ces mots qui lui brûlaient la langue quelques minutes plus tôt -ceux-là même qu’elle ne parvenait pas à formuler correctement- commençaient lentement à se délier et à devenir plus clairs dans son esprit ;

Les paroles de la conseillère résonnèrent en écho dans la grande salle. Aussi, cela ne changea rien à la détermination succincte de la jeune fille et concentrée, elle refusa dans un premier temps de couper la parole à la conseillère mais, ce fut plus fort qu’elle « Merci. » dit-elle timidement en relevant la tête, répondant ainsi à son compliment sur sa voix et à sa promesse mais, pas seulement. Pourtant, elle préféra ne pas formuler les autres raisons à voix haute et la bouche entrouverte, les mots se bousculant au seuil de ses lèvres, elle ferma les yeux et se toucha nerveusement le front, balayant d’un geste de la main les mèches qui l’encombrait « Pardon, … cont -continuez. » balbutiât-elle. Gardant les yeux fermés un moment, Cat esquissa un sourire confus avant d’ouvrir les paupières et de regarder Ms Pillsbury droit dans les yeux. Dans un rire spontané, elle opina du chef, amusée quant à sa remarque sur les professeurs qui fréquentaient les bars des environs et lança alors « J’ai déjà relevé une petite liste d’habitués, vous savez. Mr Schuester en fait partie d‘ailleurs, je l’ai croisé plusieurs fois. Sachez que quand il est ivre, ses bouclettes sont toujours aussi flexibles ! » Un rire rauque s’échappa de sa jolie bouche mais, elle se rendit compte de ses paroles équivoques et ajouta très vite « Je n’ai jamais touché, c’est-ce qu’on raconte dans les couloirs ! Je ne... ne croyez pas que… » Dans des gestes désordonnés de la main, Cat moulina devant elle puis, fronça les sourcils après avoir grossit brièvement les yeux, embarrassé par sa maladresse « Bref ! » conclut-elle promptement.

Il était déroutant pour Cat d’agir maladroitement. En règle générale, elle parvenait toujours à contrôler son débit de parole à la virgule, à la pause près. Cependant, lorsqu’elle se trouvait en présence de gens qui l’intimidait (ou qu’elle appréciait tout particulièrement au point d‘en être troublée), elle était relativement plus maladroite. Visiblement, Cat pouvait ranger Emma dans cette catégorie de gens. Se mordillant la lèvre après coup, elle assimila ses dernière parole et lui avoua une nouvelle fois « Mr Ryan est au courant. Le directeur des Awesome Voices, Bryan Ryan. » cru t-elle bon de préciser. Plus tatillonne qu’auparavant, ses yeux se perdirent brièvement dans la moquette bordeaux de l’amphithéâtre et mal à l’aise, elle se dandina sur son siège. Toutefois, elle prit soin de détourner la conversation assez vite. Fixant Emma de nouveau, un sourire malicieux se dessina naturellement sur le visage de Cat « Tout à l’heure, vous m’avez demandé si vous pouviez me poser une question. » murmura-t-elle doucement en élargissant petit à petit son sourire. L’expression de son visage avait changé, elle était nettement plus douce tout comme le ton de sa voix. D’un même mouvement, Cat pencha la tête et haussa les sourcils rapidement « Je crois que c’est à mon tour, maintenant. »
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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Ven 19 Aoû - 6:10

Détachant quelques secondes son regard du visage d’Ecaterina, la conseillère d’orientation laissa un soupir lui échapper tandis que ses grands yeux bruns se posèrent au hasard sur le fond de la scène qui surplombait les rangées de sièges. Cette situation aurait pu être banale, ordinaire. Après tout, ce n’était pas la première fois qu’Emma s’efforçait de comprendre ce qu’il se passait dans la tête des adolescents de McKinley, sans toutefois y parvenir. Malgré son enthousiasme et toute la volonté dont elle était dotée, il arrivait qu’elle essuie à son tour des échecs dans son travail de conseillère d’orientation. Emma inclina légèrement la tête, fronçant subrepticement les sourcils en se remémorant les nombreux cas auxquels elle avait dû faire face au cours de sa jeune carrière. Des élèves qui refusaient obstinément de pénétrer dans son bureau, d’autres qui trouvaient toujours le moyen de se défiler en changeant subtilement de sujet dès que l’occasion se présentait. D’autres encore qui, à l’image d’Ecaterina, était insaisissables et lui donnait du fil à retordre en restant en permanence cachés derrière un masque de faux semblants. Ce n’était pourtant pas faute d’essayer, mais il arrivait qu’Emma soit elle aussi dans l’obligation de baisser les bras. Cela n’était pas arrivé souvent au cours de ces dernières années : deux fois, peut-être trois tout au plus. Seulement, ces échecs étaient de ceux que l’on n’oubliait pas, et lui laissaient un arrière-goût amer. Jetant un coup d’œil furtif à Ecaterina, elle se mit à espérer que l’adolescente ne ferait pas partie de cette liste.

S’efforçant de laisser de côté ses inquiétudes, Emma se tourna vers la jeune fille assise près d’elle. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle replaça adroitement une mèche rousse derrière son oreille. Au fond, elle était certaine que tout n’était pas encore perdu. Elle reprit peu à peu confiance en elle et continua d’afficher une moue tranquille, ne laissant pas transparaitre les doutes qui l’avaient assaillie au cours de ces dernières secondes. Son regard détailla rapidement celui d’Ecaterina, lorsque les lèvres de cette dernière s’étirèrent en un franc sourire. Répondant ainsi à la phrase d’Emma concernant les professeurs habitués des bars, Ecaterina mentionna alors Will et ses bouclettes qui, selon elle, étaient toujours flexibles lorsqu’il était ivre. Ecarquillant les yeux devant cette révélation, Emma secoua la tête de façon confuse. Elle n’avait jamais vu Will ivre, et n’avait donc jamais imaginé le comportement qu’il pouvait avoir lorsqu’il était, disons, dans un autre Monde. Le fait qu’Ecaterina ait pu l’apercevoir ainsi la mit soudainement mal à l’aise, sans qu’elle ne sache pourquoi. Peut-être parce qu’il était son élève, et qu’un élève n’était pas censé voir son professeur ivre dans un bar. Ou peut-être à cause de cette remarque à propos des bouclettes de son petit ami. Haussant soudainement un sourcil, Emma jeta un regard interrogateur à Ecaterina qui riait tranquillement suite à sa remarque. Prenant conscience qu’elle avait peut-être dit quelque chose qu’il ne fallait pas, la jeune fille se rétracta aussitôt et ajouta que c’était simplement ce que l’on racontait dans les couloirs. Encore plus déconcertée en apprenant que des bruits de couloirs circulaient à propos du professeur d’espagnol, la conseillère d’orientation mit quelques secondes avant de se remettre à respirer normalement. Elle posa une main délicate sur sa joue, comme pour vérifier que celle-ci n’était pas en feu suite au discours de la lycéenne. En sentant la chaleur de sa peau sous ses doigts, la conseillère retira immédiatement sa main, baissant les yeux, toujours aussi confuse. Elle ne pouvait que trop bien imaginer la scène, désormais. Will, accoudé à un bar en train de boire une bière, tandis qu’Ecaterina chantait en arrière-plan sans même qu’il ne s’aperçoive que la jolie voix qui résonnait à travers la salle enfumée appartenait en fait à l’une des élèves de McKinley High. Fronçant de nouveau les sourcils, la jeune femme se demanda comment le professeur d’espagnol mais surtout directeur des New Directions, avait pu passer à côté d’une chose pareille. Perplexe, Emma ne put toutefois pas s’empêcher d’esquisser un dernier bref sourire lorsque l’image de Will s’imposa à elle.

Sentant que la vague de chaleur qui l’avait submergée commençait à s’évanouir, Emma osa couler un regard en coin à Ecaterina avant de planter franchement ses yeux bruns dans les siens. Malgré tout le sérieux de la situation, et le fait que oui, la jeune fille avait bel et bien déjà vu son professeur ivre au cours de l’une de ses tournées des bars, Emma se sentait satisfaite, en un sens. Le fait de parler de Will avec Ecaterina semblait raccourcir considérablement la distance qu’il existait entre elles – une distance volontairement imposée par la jolie blonde. Le sujet « Will » était loin d’être anodin, après tout. Parvenant enfin à retrouver contenance, et tout en espérant qu’elle n’avait pas eu l’air trop lointaine durant ces quelques secondes de flottement, Emma se réconcilia avec sa bonne humeur et son enthousiasme habituel et adressa un sourire à son interlocutrice. Cette dernière, embarrassée, semblait vouloir changer de sujet de conversation, ce qui n’était pas pour déplaire à Emma ; bien que parler de Will était loin d’être ennuyant – loin de là – elle n’avait jamais apprécié parler de sa vie personnelle en compagnie de ses élèves. Or, Will Schuester faisait désormais partie intégrante de sa vie personnelle. « Oh, d’accord » Acquiesça-t-elle sur un ton neutre, juste avant qu’Ecaterina ne change définitivement de sujet.

Les prochaines paroles de la jolie blonde eurent alors le don de piquer à vif la curiosité d’Emma. Selon les dires de l’adolescente, Bryan Ryan était déjà au courant de son talent pour la chanson. Arquant un sourcil, la conseillère afficha une moue étonnée tout en essayant de comprendre comment une telle chose était possible. Si le directeur des Awesome Voices – celui même qui, depuis septembre, remuait avec acharnement et ténacité ciel et terre pour écraser Will avec sa chorale si « awesome » - était véritablement au courant du don d’Ecaterina, comment se faisait-il qu’elle n’était pas déjà dans sa chorale ? Emma imaginait pourtant aisément Bryan déployer des efforts de persuasion pour convaincre la lycéenne de rejoindre son groupe d’élèves. Après tout, Ecaterina serait un atout majeur pour vaincre la chorale adverse, force était de l’admettre. Emma n’irait pas jusqu’à dire qu’elle était meilleure que Rachel Berry qui était sans conteste la force des New Directions, mais Ecaterina avait assez de charisme et de talent pour l’égaler en s’entrainant un peu plus. Emma était convaincue que Bryan Ryan, s’il avait déjà entendu la lycéenne chanter, devait tout faire pour essayer de la récupérer ; coûte que coûte. Même Emma, qui n’était pourtant pas une experte en la manière, avait reconnu ce don chez Ecaterina. Plissant les paupières quelques secondes, Emma essaya de déterminer les raisons qui pourraient pousser le directeur des Awesome Voices à rester les bras ballants alors qu’il aurait pu ajouter une force supplémentaire à sa chorale.

Après une ou deux secondes de réflexion, Emma décida d’abandonner et reporta son attention sur Ecaterina. Elle décida de jouer franc jeu puisqu’après tout, Ecaterina avait été sincère avec elle ; plus qu’elle ne l’avait jamais été, d’ailleurs. « Bryan Ryan t’a déjà entendue chanter ? » S’exclama-t-elle sur un ton étonné. « C’est drôle parce que le connaissant, j’aurais pensé qu’il essayerait de te convaincre de rejoindre les Awesome Voices… Ou peut-être t’es-tu montré assez persuasive pour le dissuader d’essayer ? » Demanda-t-elle, intéressée par la réponse que pourrait lui fournir la jeune fille… si toutefois celle-ci décidait de donner suite à ses interrogations. Emma dévia son regard quelques secondes, toujours curieuse par rapport à Bryan Ryan. Ce dernier l’avait toujours intriguée, et finalement, elle ne le connaissait peut-être pas autant qu’elle ne le pensait. Après tout, ils n’étaient pas les meilleurs amis du Monde, bien qu’ils soient en de bons termes. Soupirant légèrement, Emma allait poursuivre ses hypothèses lorsque le sourire arboré fugacement par Ecaterina détourna son attention. Elle ne tarda pas à connaitre la raison de ce sourire inattendu : la jeune fille lui dit alors que c’était à son tour de lui poser une question. Emma se mordit la lèvre inférieure, à la fois gênée et curieuse. Une question ? Quel genre de question Ecaterina Robertson pouvait-elle avoir envie de lui poser ? La jeune femme haussa les sourcils, ne parvenant à trouver une réponse à sa question. Elle hésita une seconde puis, comprenant que si Ecaterina s’intéressait à elle, cela signifiait qu’elle avait définitivement mis de côté sa froideur - fait approuvé par l’éclat du sourire sur le visage de la jolie blonde – Emma décida d’accepter et inclina la tête en signe d’approbation. « Bien sûr » Lui répondit-elle, un sourire aux lèvres, « Je crois qu’en effet, tu es en droit de me poser une question… Que désires-tu savoir, Ecate… hm, Cat ? »
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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Ven 19 Aoû - 18:57

Le fait que l’adolescente élude sans trop le cacher le sujet Bryan Ryan n’était pas innocent, loin de là. Seulement, elle commençait à trop bien connaître la conseillère d’orientation qui, au moment même où le nom du directeur de chorale s’échappa de ses lèvres harmonieuses, la regarda avec une expression de surprise étonnante. Cette œillade interrogatrice vint instantanément appuyer les pensées fugaces de la jeune fille. Non, Emma Pillsbury ne laisserait pas cette information -aussi accessoire fut-elle- filer. Sans craintes, Cat pouvait affirmer qu’elle n’était pas très à l’aise en présence de Bryan Ryan. Certes, elle le trouvait talentueux, plein de charisme (pour un raté, s’entend) et plutôt séduisant pour son âge. Du moins, si on ignorait son aura impressionnante de méchant récalcitrant de film d’horreur qui débarque au moment où vous vous y attendez le moins -effrayant, vraiment. Toutefois, cela ne changeait pas cette sensation bizarre qu’elle ressentait chaque fois que quelqu’un prononçait son nom en sa présence. Ou pire encore : quand elle le croisait dans les couloirs de McKinley. Il n’y avait rien de romantique là-dedans, et le fait que son cœur se mette à battre à tout rompre lorsqu’elle rencontrait son regard n’avait rien à avoir avec un désir quelconque de l’adolescente de vivre une histoire interdite avec un professeur, oh que non ! Mais tous les deux avaient connu une situation étrange. Situation que la jeune fille s’était contrainte à oublier. Cependant, il était difficile de faire comme si tout allait bien quand alors elle était persuadée que depuis ce fameux soir, cet homme -aux mœurs douteuses, elle en était plus que certaine- aspirait à vouloir faire d’elle son quatre heures.

Délicatement assise sur le siège de l’amphithéâtre, Cat regarda Emma avec une fausse expression d’allégresse quand celle-ci tiqua sur le fait que Bryan l’avait déjà entendu chanter « Oui, nous sommes voisins ! » insista-t-elle en opinant furieusement du chef pendant que ses cheveux soyeux glissaient vicieusement sur le devant de son buste qui s’était raidit. Si elle ne mettait pas fin tout de suite à cet interrogatoire, elle se soupçonnait de révéler la vérité d’elle-même -parce que cette situation la gênait et qu’elle n’était pas une très bonne menteuse, de toute façon. Fronçant les sourcils, Ecaterina s’adossa au siége moelleux et tourna son visage vers Emma, croisant vivement les jambes « En fait, c’est lui qui a su se montrer plutôt persuasif… » D’un œil contemplatif, elle fixa le mur au loin qui s’étalait par-dessus l’épaule de la conseillère et se ressaisissant, tachant de ne pas se laisser déconcentrer par ses souvenirs, elle reprit promptement « Je n’aime pas beaucoup, Monsieur Ryan. Il… il me fait un peu peur. » avoua-t-elle en exagérant un chouïa pour que la jeune femme ne soit pas tentée d’aller plus loin « Étonnant, non ? Je ne suis qu’une humaine, vous savez. Sous ce masque de dédain, » Elle désigna son visage avec sa main, la tournant dans le sens des aiguilles d’une montre au moins trois fois et continua avec aisance « j’ai moi aussi des craintes enfouies. Bryan Ryan, c’est un peu mon monstre du placard à moi, mon… hum comment est-ce que mon père disait, déjà… » Se mordant la lèvre très fort en claquant des doigts, elle détourna le regard quand soudain cela fit tilt dans son esprit. Ses yeux se grossirent et elle reporta son attention sur la jeune femme avec un sourire éclatant, presque désarmant « Mon croque-mitaine, c’est ça ! » Dans un rire détendu, elle tapa brièvement des mains et se redressa sur son siège avant de s’y asseoir confortablement, soupirant « Je sais, c’est plutôt déroutant. Mais vous avez remarqué son regard furieux quand il parle des New Directions ? On pourrait presque voir des éclairs apparaître au fin fond de ses iris… brr… moi, ça m’effraie beaucoup, beaucoup ! » Prise d’un faux frisson théâtrale, elle resserra sa veste autour d’elle et se mordit la langue, discrètement. Là, Cat craignait d’en avoir fait un peu trop et le ton détaché de sa voix -qui sonnait drôlement faux, à cet instant- prouvait avec une effarante évidence qu’elle était en train de déblatérer de gros mensonges qu’elle n’avait pas eu le temps de répéter avant son entrée en scène. Laissant le silence s’installer, elle se racla bruyamment la gorge en baissant le menton lentement et fermant les yeux. Enfouissant le bas de son visage dans l’écharpe qu’elle portait autour du cou, Cat respira à plein nez le parfum agréable qui s’en dégageait.

Souhaitant à tout prix faire oublier cette bride de conversation à Emma, Ecaterina réfléchit à un moyen habile d’y parvenir sans trop d‘efforts. Pour cela, elle décida qu’il était temps pour elle de lui poser une question à son tour. Même si, au départ, cette tactique n’était qu’une solution malhonnête de se dépêtrer de son attention soudaine, elle se mit pourtant à fureter dans sa mémoire pendant plusieurs secondes à la recherche de la question. Bien vite, elle mit le doigt sur ce qui l’intéressait chez la conseillère et relevant les yeux, souriant avec une sincérité étonnante, elle la remercia du regard quand tout naturellement, elle accepta de jouer le jeu et croisa un peu plus les jambes, joignant ses mains sur son genou délicat.

« Quel genre d’élève étiez vous, au lycée ? » interrogea-t-elle, simplement. Ecaterina lança un regard timide à la jeune femme et pencha doucement la tête, retrouvant une attitude posée et distinctement débonnaire « Ne répondez pas, si vous n‘en avez pas envie. C’est personnel, j’en suis consciente. » argumenta-t-elle. La jeune fille cligna des yeux quelques minutes et s’adossa à nouveau au siège, décroisant les jambes avec naturel. Emma Pillsbury -bien qu’elle tentait de ne pas se laisser atteindre par cet aspect de sa relation avec elle- intriguait Ecaterina. Alors, touchée par le soin tout particulier que la jeune femme prenait pour s’adresser à elle, elle en déduit qu’après cette conversation, elle ne lâcherait plus l’affaire, la concernant (à son grand dam). Ecaterina était moins embarrassée avec ce côté de son travail maintenant et de ce fait, elle jugea que c’était son droit d’avoir en retour, un fragment de l’expérience de la conseillère. Ce n’était pas de la curiosité mal placée, Ecaterina souhaitait sincèrement en savoir plus sur elle « Vous deviez adorer le lycée pour vouloir vous y enterrer jusqu’à la fin de vos jours. Je trouve ça intriguant, ça m’intéresse. » La blondinette sourit une nouvelle fois et prit une grande inspiration qu’elle maintint dans sa poitrine avant de relâcher la pression et de prononcer dans un murmure rauque « Finalement, vous l’avez votre conversation sérieuse. »
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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Mar 23 Aoû - 6:33

Bien qu’intriguée par la question qu’Ecaterina voulait lui poser, Emma ne parvenait pas à faire taire la curiosité qui avait été animée par le sujet « Bryan Ryan ». La réaction de l’adolescente lui avait paru étrange, sans pourtant qu’elle ne parvienne à mettre le doigt sur ce qui la poussait tant à vouloir connaitre le fin mot de l’histoire. Peut-être était-ce cet air évasif qu’avait affiché la jeune fille lorsqu’elle avait parlé du directeur des Awesome Voices ; ou peut-être le fait même qu’elle parle de Bryan Ryan, alors que d’ordinaire, elle n’était pas du genre à vouloir tendre des perches en proposant un sujet susceptible d’attirer son intérêt. Non, il y avait bel et bien quelque chose qui coinçait, qui ne correspondait pas. Jouant distraitement avec le bracelet de sa montre, Emma cherchait désespérément une réponse à ses questions. Le fait même que Bryan ne semble pas s’intéresser plus que ça à la jeune fille lui avait semblé anormal : comment était-ce possible de passer à côté d’une opportunité pareille de voir sa chorale rafler les trophées et voler la vedette aux New Directions. Perplexe, Emma jeta un nouveau regard à Ecaterina, comme si cela aurait pu lui être d’une quelconque aide. Parfaitement à l’aise, la lycéenne soutint son regard sans la moindre agressivité, puis ajouta que Bryan et elle étaient en réalité voisins. Haussant un sourcil devant cette nouvelle révélation, la conseillère finit par hocher la tête en signe d’approbation. Ses grands yeux bruns continuaient pourtant de dévisager ceux, plus clairs, de la jeune fille. Cette confidence avait beau être importante dans la compréhension de la relation entretenue entre l’élève et le professeur, Emma avait comme l’impression qu’elle n’était pas suffisante pour apporter une réponse digne de ce nom à toutes ces questions qui se bousculaient et s’entrechoquaient dans son esprit. L’air même arboré par Ecaterina titillait sa curiosité. Elle commençait à connaitre les réactions de la jeune fille, et elle avait l’impression que cette aisance et cette désinvolture soudaine n’étaient peut-être pas entièrement naturelles.

Emma acquiesça de nouveau et entrouvrit les lèvres, prête à répliquer quand Ecaterina prit les devants et lui expliqua qu’en réalité, ce n’était pas elle qui avait su se montrer persuasive, mais plutôt Bryan Ryan. Attentive, la conseillère observa d’un œil vigilant le comportement et l’attitude de la jolie adolescente. Cette dernière semblait ne pas savoir sur quel pied danser, l’observant puis baissant les yeux, ou encore, ne cessant de s’agiter sur son siège. Emma esquissa un sourire encourageant, puis Ecaterina poursuivit ses explications, lui disant ne pas aimer Bryan, ajoutant qu’il lui faisait même peur. Puis, jouant avec ses doigts, grossissant les yeux lorsqu’elle jugeait que c’était nécessaire, et tapant même dans ses mains, l’adolescente lui avoua que Bryan Ryan était en réalité son propre croque-mitaine, et qu’il la terrorisait lorsqu’il parlait avec fièvre des New Directions. La conseillère jeta un coup d’œil entendu à la jeune fille, ayant elle-même déjà vu Bryan dans cet état – elle n’était pas prête d’oublier ce jour où il avait débarqué dans son bureau, en furie, à cause de cette histoire de flashmob. Cependant, Emma n’en restait pas moins sceptique. Malgré la frayeur apparente de la lycéenne, elle avait comme l’impression que tout était légèrement excessif. Mais ce qui mit réellement la puce à l’oreille de la conseillère, furent les dernières paroles d’Ecaterina qui avouait être effrayée par le directeur des Awesome Voices. Bien qu’elle ne puisse se vanter de connaitre à la perfection la jeune fille, elle savait qu’elle n’était pas du genre à s’étaler sur ses peurs, car celles-ci seraient considérées comme des faiblesses par l’intéressée ; or, Ecaterina Robertson ne révélait jamais ses faiblesses, ne donnerait jamais délibérément ce genre d’informations à son interlocuteur.

Anxieuse, Emma mit quelques secondes avant de réagir à ces paroles, désorientée par ses propres interrogations. Réunissant ses deux mains, elle croisa d’abord les bras devant sa poitrine avant de changer d’avis et de les décroiser. La conseillère se redressa sur son siège, songeuse, puis décida finalement d’intervenir. « Hm, je ne parviens pas à comprendre comment Mr Ryan peut exercer un tel pouvoir sur toi. S’il vit dans l’appartement voisinant le tien, tu devrais savoir qu’il n’a pas toujours cet air furieux, au quotidien… Non ? Excuse-moi de te poser cette question, mais s’est-il passé quelque chose pour qu’il t’effraie à ce point ? » Dit Emma, d’un ton intéressé mais surtout inquiet. Après tout, Ecaterina ne lui dévoilerait pas forcément les vraies raisons qui la poussaient à être effrayée par Bryan – si toutefois elle l’était réellement – mais cela ne l’empêchait pas d’essayer quand même. « Tu n’es pas obligée de répondre si tu ne le souhaites pas » Ajouta Emma, « Sache que ce n’est pas de l’intérêt mal placé en ce qui me concerne, je souhaite seulement pouvoir… être là si tu souhaites, je ne sais pas, te confier ? ». Lui adressant un sourire encourageant, la conseillère espéra que la jeune fille ne lui tournerait pas le dos ou s’enfuirait de la pièce soudainement après ça. Il n’y avait plus qu’à croiser les doigts et souhaiter qu’Ecaterina serait aussi coopérative qu’elle l’avait été jusqu’à maintenant.

Laissant de côté le sujet de Bryan un moment, l’attention d’Emma fut détournée par cette histoire de question qu’Ecaterina semblait vouloir lui poser. Après quelques secondes d’hésitation, l’adolescente finit par lui décocher un sourire des plus sincères. Intriguée, la jeune femme se demanda ce qui pourrait intéresser une lycéenne comme Ecaterina… et obtint rapidement la question lorsque celle-ci lui demanda quel genre d’élève elle était, au lycée, précisant quand même qu’elle n’était pas obligée de répondre si elle n’en avait pas envie. Haussant les sourcils de surprise, Emma écarquilla légèrement les yeux. Elle n’avait absolument pas prévu ce type de question-là, et le fait que l’adolescente s’intéresse à elle dans ce sens la réconfortait. Finalement, il lui semblait qu’Ecaterina avait abandonné quelque part dans l’amphithéâtre son masque d’indifférence, s’ouvrant enfin à elle comme Emma l’avait tant espéré. La conseillère, flattée en un sens mais surtout satisfaite d’avoir enfin réussi à créer un échange avec la jolie blonde, sourit de plus belle. Cette dernière ajouta qu’elle devait vraiment aimer le lycée à son époque pour choisir un tel métier, ce qui fit encore plus sourire Emma. Cette réplique était tout à fait digne de ce qu’elle connaissait d’Ecaterina. Les doigts s’accrochant furtivement à la broche épinglée à son cardigan, la jeune femme laissa finalement retomber sa main et porta toute son attention à la lycéenne. « Non, ça ne me dérange pas de répondre à ta question, ne t’en fais pas» Répondit-elle dans un premier temps, avant de réfléchir plus sérieusement à la réponse qu’elle allait formuler.

« Quel genre d’élève ? » Dit-elle d’un air songeur, tout en pensant à voix haute. « Eh bien, je pense que j’étais une élève assez ordinaire, en fait. Je n’aimais définitivement pas attirer l’attention sur moi, ce qui était assez difficile parce qu’on me remarquait souvent à cause de l’attention que je porte à l’hygiène… Hm » S’interrompant brièvement, Emma chercha un moyen d’éviter le sujet « mysophobie » ; la dernière chose dont elle avait envie étant de s’attarder sur les moqueries que lui avaient souvent réservées ses camarades de classe. « Mais, pour répondre à ta question, et pour être parfaitement honnête, je n’étais pas une grande fan des lycées à cause de ces clichés qui circulaient – et circulent toujours -, et cette obsession de vouloir toujours classer les gens par catégorie ». Emma se mordit la lèvre inférieure, craignant soudainement de s’être trop laissé aller dans les petites confidences. Elle planta son regard dans celui d’Ecaterina, et soupira légèrement avant de reprendre. « Ce n’est pas un quelconque amour pour le lycée qui m’a motivé à y remettre les pieds, quelques années plus tard. Je dirais simplement que j’aimais l’idée de pouvoir apporter mon aide à des adolescents. Je pense que c’est à cette période de la vie, qui est décisive, que l’on a le plus besoin de… conseils ». Terminant son monologue en le ponctuant d’un énième sourire, Emma scruta le regard de la jeune fille en l’attente d’une réaction. Après quelques secondes, elle finit toutefois par ajouter quelques mots. « J’espère avoir répondu à ta question, en tout cas. J’imagine que tu n’as aucune envie de retrouver le lycée dans quelques années, pour ta part ; je me trompe ? ». Amusée par l’idée, la conseillère essaya d’imaginer une Ecaterina plus âgée, professeur à McKinley High… Ce qui était bel et bien difficile à concevoir.
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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Mar 23 Aoû - 20:57

Emma Pillsbury et Ecaterina Robertson se ressemblaient. Estomaquée, la jeune fille fixa la conseillère un long moment, oubliant presque cet embarras soudain qui avait accaparé son esprit torturé durant quelques minutes. La jeune Emma avait donc tout fait pour se fondre dans la masse elle aussi, étonnant ! N’était-ce pas ce que la blondinette tachait de faire depuis son arrivée ? En réalité, Cat ne s’était pas fait une image très nette de la jeune femme à son âge, elle s‘était juste demandée si son goût particulier pour les couleurs pastels et les broches hideuses était déjà sa marque de fabrique, à l‘époque. A cette pensée, elle esquissa un sourire, laissant son regard se poser brièvement sur celle qu’elle portait, aujourd’hui. En revanche, elle s’était attendue à beaucoup de choses sauf à cela et même si elle ne l’avouerait pas dans l’immédiat, elle se sentait étonnamment normale sur le moment, moins marginale et une vague de chaleur agréable se répandit dans sa poitrine. Emma ne donnait pas l’impression de vouloir qu’on ne la remarque pas, elle était discrète, certes mais, sa joie de vivre et sa bonhomie contagieuse n’avait rien à avoir avec sa propre mélancolie. Fronçant les sourcils, elle essaya tant bien que mal de l’imaginer avec des années en moins, se baladant tranquillement dans les couloirs d’un lycée quelconque. L’image lui plaisait et élargissant son sourire, la jeune fille écouta le reste de son discours, très attentive.

« Votre truc, avec l’hygiène… » commença-t-elle doucement tentant de faire preuve de tact -elle se dandina sur son fauteuil, les yeux rivés sur la scène face à elle, un peu mal à l’aise « C’est un peu comme hum… mon truc avec le regard des autres, je crois. Sauf que j’ai mieux réussi à le gérer. » L’adolescente opina du chef et retourna furtivement son regard vers sa locutrice dont elle fuit les pupilles, cependant. C’était la première fois qu’elle admettait avoir un problème -elle en parlait au passé. Toutefois, ça ne voulait pas dire que tout cela était résolu pour autant. Seulement, elle avait fait quelques progrès depuis quelques mois ! Pudique, elle ne rentra pas dans les détails mais, c’était un grand pas pour elle et même si une boule se forma dans sa gorge desséchée, elle ne perdit pas pied et dans un mi-rire, elle continua, toujours avec douceur « Je savais que cette journée allait être riche en émotions. » ronchonna-t-elle. Cat marqua une courte pause, s’accoudant au bras du fauteuil, elle appuya son menton sur sa paume. Son visage prit une expression indéchiffrable « C’était plus compliqué. Il ne me suffisait pas de prendre une douche brûlante d’une heure ou de grattouiller les saletés sur mon déjeuner pour me sentir d’attaque à affronter les choses. » Elle regarda devant elle et chercha ses mots, tatillonne, avant de reprendre un peu plus fort « Les microbes vous pouvez vous en débarrasser assez facilement en fin de compte. Mais, vous ne pouvez pas éradiquer la curiosité des autres de la surface de la planète sans faire quelques morts. » Elle se mit à rire de sa propre blague morbide mais, perdit très rapidement son sourire. Ses yeux se concentrèrent sur ses doigts qu’elle fixa, les sourcils encore plus froncés alors que les commissures de ses lèvres se mirent à trembler « Je n’étais pas consciente que mon attitude n’arrangerait pas les choses… je » La voix de la jeune fille se brisa peu à peu. Cat ne voulait pas céder à une émotion passagère, c’était déjà bien trop compliqué pour elle de s’ouvrir. Emma ne lui avait même rien demandé, cette fois, son initiative était spontanée, touchante même et subitement, elle jugea son attitude totalement déplacée : le moment n’était pas très opportun. Prenant une grande inspiration alors qu’un autre sourire furtif se dessina sur son visage apaisé, elle décida de mettre fin à son discours « Je n’arrive pas à expliquer les choses, pardon. J’espère quand même que vous voyez où je veux en venir, Mademoiselle. »

Emma en vint à parler des clichés, à McKinley -et partout ailleurs-. La jeune fille ne pouvait que saluer cette opinion qu’elles partageaient encore une fois. Elle non plus n’arrivait pas à se faire à cet aspect du lycée. Elle avait très bien su gérer l’attention des autres et à présent, ça devenait de plus en plus facile pour elle de discuter avec ses camarades de classes et même, de se faire des amis -rares furent-ils-. Au fond, elle ne parvenait toujours pas à comprendre ce système grotesque d’étiquettes. C’est vrai, elle avait depuis longtemps cessé de vouloir saisir le fond du problème et… si cela n’avait pas réellement d’importance, au final ? Ecaterina avait réussi à vivre avec les rituels ignobles de ses congénères, c’était ça, le plus crucial. Elle pouvait -et devait- s‘en contenter. Puis, comprendre leur petit manège c’était en quelque sorte vouloir se frayer un chemin dans leur monde de brute et ça, elle n’y tenait absolument pas.

« On se ressemble, vous et moi. » Dans un plissement de paupières, elle fixa le plafond sombre et respira lentement « Ce n’était pas gagné d’avance entre nous, hum ? » questionna-t-elle, malicieuse -elle ne quitta pas le plafond des yeux « Je vous aime bien, au fond. » avoua-t-elle avec franchise et elle retourna ses yeux clairs vers la jeune femme qu’elle gratifia d’un beau et authentique sourire alors qu'elle soulignait le caractère cocasse d'une Ecaterina revenant à McKinley High dans plusieurs années. La jeune fille ne prit pas la peine de répondre et se contenta de rire. De toute façon, Emma voyait tout juste.

Ecaterina s’y était attendue : Emma ne baissa pas les bras face au secret qu’elle tentait désespérément de dissimuler. Bon sang, ce n’était pas si grave et bien que tout était devenu un peu bizarre au cours de ces derniers mois entre les deux voisins de paliers -elle avait bien trop peur de le croiser et de devoir affronter ses yeux empreint d’une lueur libidineuse dans l'ascenseur, pas exemple- la blondinette avait quand même réussi à faire une croix sur cet incident de parcours et Dieu merci, il ne s’était rien passé ! Ce qui la fit paniquer au moment même où Emma reprenait le dessus, c’était son manque d’aptitude dans la déblatération de mensonges aussi gros qu‘elle. Pourtant, elle s’y était essayée et son monologue sagement récité l’avait elle, plus ou moins convaincue. Seulement, Emma n’était pas dupe et lorsqu’elle revint sur les paroles de la jeune fille, Ecaterina su qu’elle ne parviendrait plus très longtemps à garder ce secret honteux : sa langue lui brûlait bizarrement, sa gorge était tellement serrée que cela en devait difficile de déglutir et ses mains étaient moites, poisseuses. Elle se demanda même si son front n’était pas en train de perler mais, promptement elle vérifia en passant sa main sur celui-ci. La sueur froide qui apparut dans son dos, en dessous du tissu épais de son top la rendit encore plus incommodée et sans qu’elle n’ai eu le temps d’y réfléchir, elle lança d’une traite :

« Je crois que Monsieur Ryan est amoureux de moi ! » Cat reprit une grande et profonde inspiration qui lui fit basculer la tête. Sa poitrine se souleva visiblement quand elle reprit la parole, débitant encore plus vite « Il a essayé de m’embrasser. Enfin, on a fait un duo improvisé et il était carrément défoncé, dans le genre grave défoncé. Ses pupilles étaient tellement dilatées qu’on ne voyait plus la couleur de ses yeux, c’était trop dingue ! Croyez moi, je l’ai vu d’assez près pour m’en rendre compte et ça m’a fait un peu peur mais, il est drôlement doué ! C’en est totalement ridicule d’ailleurs, c’est dommage qu’il soit aussi démoniaque -vous l’avez déjà entendu chanter ? » Accompagnant sa révélation soudaine de grands moulinets de la main, de grossissements d’yeux théâtraux et de froncement de sourcils interrogateurs, elle sentait que son débit de parole ne voulait pas se calmer alors que sa tête lui criait de tout stopper et d’arrêter le massacre. A la fin de sa longue tirade, elle reprit une grande bouffée d’air et écarquilla les yeux, horrifiée : elle l’avait fait ! Elle avait -presque- tout dit à Emma Pillsbury, la conseillère d’orientation psychologue du lycée. Toute l’affection qu’elle avait ressenti pour elle plus tôt s’évapora dans la seconde et affolée, la blondinette sauta sur ses pieds en attrapant son sac, furibonde « Je -hum- mais… il… je, -hum- enfin… vous -hum » fut t-elle tout juste capable de balbutier en haussant les sourcils au maximum, la mine totalement dépitée et la bouche entrouverte, son regard scrutant les alentours avec urgence. Ecaterina évita avec soin de vérifier si Emma n’était pas en train de faire une attaque et cru bon de préciser maladroitement « Si ça peut vous rassurer, je crois que c’est uniquement la perspective de réussir à me mettre dans son lit qui l’a poussé à venir jusqu’à moi. Rien de romantique dans cette histoire, c’est du pur désir ! Une attraction physique intense comme on n’en voit qu’au cinéma ! » Plissant les yeux suite à ses paroles, elle cilla un moment, assimilant peu à peu ses paroles qui la firent paniquer davantage -quelle cruche ! Effarée, Cat ouvrit encore plus la bouche. Difficilement, elle osa regarder la jeune rousse et constata avec effroi qu’elle ne semblait pas du tout rassurée mais alors, loin de là et elle comprit pourquoi. Portant les mains à son visage, elle les plaqua d’abord sur ses joues avant d’en laisser glisser une sur ses lèvres « OH ! Mais on n'a rien fait, je vous le jure ! »

Ecaterina se retourna brusquement, fermant les yeux avec force, elle se mordit la lèvre d‘un même chef. Son cœur menaçait d’exploser sous la panique et les quelques fourmillements qui lui retournait l’estomac étaient tellement violents qu’elle cru vomir sur la moquette de l’amphithéâtre. Fort heureusement, il lui restait encore assez d’amour propre pour ne pas dégobiller de la sorte. Il fallait qu’elle s’en aille de cet endroit maintenant, sinon elle craignait d’envenimer les choses -elle doutait que cela ne soit encore possible jusqu’à que l’image de Bryan face à elle et la chemise grand ouverte ne lui revienne à l’esprit-. S’éventant avec ses mains, Cat prit de petites inspirations ridicules en se retournant et contourna l’allée de sièges avec une grâce surfaite, pour le coup. Droite, elle monta les marches sans se départir de son calme -seule les rougeurs sur ses joues brûlantes pouvaient la trahir- et prit enfin conscience de la situation : elle venait de faire ici la plus monumentale erreur de toute sa vie.


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MessageSujet: Re: 06. Rolling in the deep.   Dim 28 Aoû - 7:57

Et voilà que le miracle se produisait. En quelques minutes, la relation qui existait entre Ecaterina Robertson et Emma Pillsbury avait pris un tout nouveau tournant. Cela avait été si soudain, si brusque et pourtant si apaisant. La conseillère d’orientation y était finalement parvenue. Après des mois à se demander qui se cachait réellement derrière cette adolescente haute comme trois pommes au visage impassible, elle avait enfin réussi à avoir une véritable conversation avec elle. Malgré des débuts difficiles et la méfiance d’Ecaterina, celle-ci avait finalement accordé sa confiance à Emma. Peu à peu, elle s’était ouverte à elle, lui avait confié des choses qu’elle ne révélerait certainement pas au premier venu. Pour Emma, ce changement était inattendu : elle n’aurait jamais pensé qu’en suivant la trace de la jeune fille jusque l’amphithéâtre, elle pourrait avoir l’opportunité d’avoir une telle conversation avec Ecaterina. Au début, elle s’était même attendue à ce que la lycéenne lui crache des insultes à la figure ou prenne la poudre d’escampette, comme elle le faisait si souvent. Et voilà qu’elle se trouvait près d’une adolescente qui n’avait plus rien à voir avec celle qu’elle avait connue, hautaine, solitaire, presque antipathique. Ce nouvel aspect de l’adolescente était aux antipodes de cette description, et plaisait surtout énormément à la conseillère d’orientation.

Mais ce n’était pas encore terminé ; le miracle était encore en train d’agir. Peu à peu, Ecaterina perdit de son assurance, dévoilant un nouveau pan de sa personnalité. La jeune fille compara les problèmes d’Emma, liés à l’hygiène, avec les siens. Ses craintes à elle concernaient le regard des autres. Alors qu’elle expliquait les raisons de son malaise et la difficulté qu’elle avait à s’en débarrasser, Emma acquiesçait doucement du menton, le regard rivé sur les yeux clairs de l’adolescente. Oui, aussi étrange que cela pouvait paraitre, Ecaterina et elle se ressemblaient, comme venait de le souligner la jeune fille. Qui aurait pu croire qu’elles avaient des points en commun, alors qu’elles semblaient si différentes, au premier abord ? Pas Emma, en tout cas, qui s’en étonnait toujours. Ce fut à partir de ce moment précis que sa vision des choses changea. Elle commença à apercevoir Ecaterina comme une personne cachant des faiblesses, des faiblesses qu’elle-même n’avait su soupçonner. Dès le début, à la seule lecture de son dossier, la conseillère avait compris que cette Ecaterina Sara Robertson était une adolescente à problèmes. Pas dans le sens rebelle, à faire les quatre cent coups dès qu’elle en avait l’occasion. Non, à problèmes dans le sens où elle n’avait pas connu une enfance normale. Poussée trop vite sous le feu des projecteurs par une mère qui semblait toujours lui en demander plus, elle n’avait pas été élevée comme les autres enfants. Et à long terme, ceci avait forcément des répercussions. Désormais, à l’âge de dix-sept ans, Ecaterina était une personne qui souffrait de cette enfance avortée, et le seul moyen qu’elle avait trouvé pour ne pas en subir davantage les conséquences, avait été de se cacher derrière un masque impassible, se munissant d’une réputation de jeune fille froide et solitaire, et d’un air hautain. Les pièces du puzzle commençaient à s'assembler et à trouver une certaine logique dans l’esprit de la conseillère qui parvenait mieux à analyser le système de défense de l’adolescente. Et dans un sens, elle se félicitait d’avoir toujours poursuivi ses efforts ; d’avoir cherché à comprendre ce qui clochait chez Ecaterina. Désormais elle comprenait ; désormais, la lycéenne avait quelqu’un sur qui elle pouvait compter, si toutefois elle le souhaitait.

Lorsque la voix d’Ecaterina se brisa et que les mots restèrent coincés au creux de sa gorge, Emma sentit une vague d’émotions la submerger. Le regard brun couvant toujours la jeune fille, elle sentait que le courage de cette dernière commençait à s’ébranler. Sans chercher à analyser son geste, la conseillère posa quelques secondes sa main sur l’épaule de l’adolescente, avant de la retirer avec la même douceur. « Ne sois pas désolée, Cat » Lui répondit-elle dans un souffle, « Je comprends ce que tu ressens, ce que tu essayes de me dire. Je suis heureuse que tu trouves le courage de m’en parler maintenant, parce que cela te libérera peut-être de te confier à quelqu’un ». Emma pencha légèrement le visage sur le côté, tout en observant toujours la jeune fille. Elle prit une légère inspiration, puis esquissa un sourire encourageant. « Tu as besoin d’extérioriser ce que tu ressens. Tu ne peux pas tout garder pour toi en permanence ; personne ne le peut, crois-moi. Et si par exemple, tu penses que je ne suis pas la personne qu’il te faut pour discuter de ce qui te préoccupe, alors ça me va. Tant que tu trouves un autre confident qui te permettra de te soulager ». Soupirant légèrement, la conseillère posa croisa les doigts de ses mains. « Sache toutefois que mon bureau te sera toujours ouvert si tu en as besoin, et que je serais ravie de pouvoir t’apporter mon aide ».

Se redressant légèrement sur son siège, Emma se mordit légèrement la lèvre inférieure. Sans en connaitre la raison, elle se sentait particulièrement concernée. Comme l’avait dit Ecaterina, en un sens, elles se ressemblaient. C’était peut-être cette révélation qui avait de nouveau changé les choses. Emma avait cette étrange impression. Comme si elle se devait d’aider Ecaterina, non pas parce que c’était son travail d’apporter son aide aux élèves de ce lycée, mais parce que c’était son devoir. Vis-à-vis d’Ecaterina, elle ressentait une certaine responsabilité désormais, après toutes les confidences de la jeune fille. Car Emma était à peu près certaine d’une chose : jamais la lycéenne n’avait exprimé à voix haute ses inquiétudes. Et si elle l’avait déjà fait, cela ne devait pas arriver souvent. Et lorsque finalement, l’adolescente lui avoua qu’elle l’aimait bien, Emma ressentit une certaine chaleur l’envahir et elle lui adressa un sourire d’une sincérité authentique. Elle n’avait pas seulement l’impression d’avoir fait du bon travail, car en réalité c’était bien plus profond que cela. Elle était heureuse d’avoir établi le contact avec l’adolescente, et avait le sentiment que la jeune fille lui faisait désormais réellement confiance.

Changeant définitivement de sujet, Ecaterina se mit à parler de Bryan Ryan en des termes qui étonnèrent énormément la conseillère : selon la jeune fille, il était amoureux d’elle. Mais ce n’était pas tout. Et lorsqu’Emma apprit ce qu’il s’était passé entre eux, elle se figea instantanément sur son siège, abasourdie par les propos de la lycéenne. Bouche bée, les yeux écarquillés, elle ne parvint plus à esquisser le moindre geste, clouée sur son siège. Emma avait toujours apprécié Bryan, avait toujours eu une certaine estime pour lui malgré les airs de grand rebelle agaçant qu’il se donnait et la détermination avec laquelle il essayait d’atteindre Will. Pourtant, elle aurait très bien pu lui tourner le dos depuis le début ; Emma aurait pu ne pas s’intéresser à lui et l’ignorer un maximum. Mais elle n’en avait rien fait. Dès le mois de septembre et l’arrivée du nouveau directeur des Awesome Voices à McKinley High, elle s’était en quelques sortes liée d’amitié avec lui, malgré ses moqueries à répétition. Elle avait eu de l’estime pour lui, avait eu le sentiment qu’en dépit de l’air qu’il donnait, il y avait quelque chose sous cette carapace, quelque chose qui gagnait à être connu. Et voilà que toutes ces impressions semblaient s’envoler en éclat, alors qu’Emma observait d’un air incrédule l’adolescente qui ne savait plus où se mettre, suite à ces révélations. Devant le mutisme de la conseillère d’orientation, Ecaterina bégaya tout en sautant sur ses pieds. D’un air dérouté et paniqué, elle se mit à jeter des regards un peu partout à travers la pièce, puis sembla bon d’ajouter qu’il n’y avait aucun romantisme entre le professeur Ryan et elle, juste un désir et une attraction physique inéluctable. Déglutissant avec difficulté, Emma leva de grands yeux horrifiés vers l’adolescente, toujours figée sur son siège. Et sans laisser le temps à la conseillère de reprendre quelques couleurs, Ecaterina ajouta qu’il ne s’était rien passé entre eux puis, pour de bon cette fois, quitta l’amphithéâtre avec urgence. Les oreilles bourdonnant presque, la jeune femme resta de longues minutes assise sur son siège, les jambes croisées, et le visage livide. Elle ne parvenait toujours pas à croire ce qu’elle venait d’entendre.

Ce ne fut que lorsque la porte de l’amphithéâtre s’ouvrit à la volée et que des éclats de voix se firent entendre à l’entrée de celui-ci, qu’Emma réagit enfin et se leva doucement. Au loin, elle aperçut les New Directions précédés de Will. Et lorsque ce dernier lui adressa un signe de la main, elle resta immobile. Elle finit toutefois par tourner les talons, et quitta la pièce.
Il fallait qu’elle ait une conversation avec Bryan Ryan. Elle ne pouvait pas faire semblant d’ignorer les propos d’Ecaterina Robertson. Elle finirait par exploser si elle gardait ça pour elle, et il était le seul à qui elle avait le droit d’exprimer toutes les émotions qui l’atteignaient, à cet instant précis.

RP clos

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06. Rolling in the deep.

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