Choriste du mois


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 06. Quand le hasard fait bien les choses.

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MessageSujet: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyJeu 16 Juin - 23:58

06. Quand le hasard fait bien les choses. Catetgale

La mine renfrognée de Gale en disait long sur la journée qu’il venait de passer. Trainant les pieds avec désinvolture, frappant les quelques pierres qu’il croisait sur son chemin, le jeune garçon, capuche sur la tête et casque sur les oreilles, profitait de ce qu’il estimait être son seul moment de tranquillité de la journée. Une tranquillité bien souvent troublée par les vifs souvenirs de ses mésaventures mais qu’il s’évertuait à rallonger en choisissant de faire le trajet jusqu’à chez lui à pieds. Ainsi, en plus de respirer l’air à grandes bouffées, le blondinet s’offrait quelques rares minutes pour se changer l’esprit. Et pour détourner ses pensées du principal sujet qui le tourmentait désormais quotidiennement ; le lycée. Au fond, il savait que son aversion pour McKinley n’était qu’un prétexte supplémentaire pour détester un peu plus sa nouvelle vie mais il s’était avéré que, pour une fois, sa mauvaise foi était justifiée.

Pourtant, en faisant abstraction de ses coutumes atypiques et franchement inquiétantes, McKinley High était hélas le seul endroit où de bonnes choses étaient arrivées au blondinet. Principalement les quelques rares personnes qu’il y avait rencontrées et qui avaient su attiser ses espoirs d’avoir une scolarité normale –ou du moins, sans devoir se confronter seul aux terribles meurs de son lycée. En tête de liste, il y avait Cat –dont Gale ignorait tout, jusqu’à son prénom complet-, une jeune fille fort intrigante mais qui s’était gentiment proposée d’accompagner le garçon pour son premier cours. Depuis ce jour, Gale regrettait d’ailleurs beaucoup de ne pas avoir eu l’occasion de parler davantage avec sa camarade, songeant qu’une telle opportunité ne se représenterait peut-être jamais à lui. Ce qui, curieusement, ne l’empêchait pas de sourire bêtement et de manquer de rougir à chaque fois qu’il croisait la blondinette au détour d’un couloir. Une velléité de faire meilleure connaissance que le garçon espérait réciproque –même s’il avait cru comprendre que Cat se complaisait à merveille dans sa solitude.

Un peu plus tard, Gale avait fait la connaissance de Ryder, un garçon fort charmant que Gale avait pris à tort pour un footballeur. Force était d’admettre que son physique imposant et ses airs de mauvais garçon auraient pu induire en erreur n’importe qui ; fort heureusement, un repas à ses côtés avait suffi pour convaincre Gale du contraire et ranger Ryder dans le camp des « gens fréquentables », en doublant ainsi son effectif. Le blondinet n’oubliait pas le dialogue étonnement calme qu’il avait tenu en cours avec Ruby Caldwell, une brunette qui elle aussi était fraichement débarquée à McKinley. Et d’ailleurs, si la jeune fille ne portait pas l’uniforme des cheerleader, il était presque sûr qu’ils auraient pu s’entendre à merveille, mais pour l’heure le garçon ne se sentait pas prêt à passer outre ce détail qui en aurait pourtant motivé plus d’un. Disons que l’étiquette de « neutre » seyait bien à la jeune fille, même si ses fréquentations ne tarderaient inévitablement pas à la faire basculer du côté des gens à éviter.

C’est sur cette dernière réflexion que Gale refit surface ; bercé par la monotonie de ses pas et une musique calme, il s’était littéralement noyé dans ses pensées. Relevant la tête et redressant ses épaules pour se donner contenance, le jeune homme parcourut du regard les alentours en constatant que quelque chose avait changé. A la place de l’habituelle route déserte et bordée d’arbres nus qu’il sillonnait chaque soir se dressait une ruelle à l’aspect vieillot jalonnée de vitrines de magasins. Il conclut rapidement que son étourderie l’avait conduit tout droit à cet endroit, qu’il présuma être le vieux quartier de Lima, dont il avait entendu parler. Embarrassé, le jeune homme sourit nerveusement et se frotta les yeux dans l’espoir d’être seulement en train de rêver, en vain. Tapotant sur ses cuisses au rythme d’un nouvel air qui venait d’atteindre ses tympans, le blondinet tournoya sur lui-même et leva la tête vers le ciel sombre, intrigué par une obscurité si inhabituelle à cette heure-ci. Lorsqu’une goutte de pluie vint s’écraser sur le bout de son nez, il ne réfléchit pas et fit volte-face pour rebrousser chemin. Une entreprise à laquelle il renonça presque aussitôt ; le tonnerre venait de se manifester pour de bon, faisant tomber soudainement des cordes.

Le premier réflexe de jeune homme fut de chercher un abri mais, rapidement à court d’idées, il se précipita vers le seul magasin encore éclairé à portée, une librairie, qui ne se trouvait qu’à quelques mètres, de l’autre côté de la chaussée. Gale courut modérément pour éviter de glisser au milieu de la rue et atteignit sa destination rapidement, essoufflé et trempé de la tête aux pieds. Tapotant des pieds à l’entrée de la boutique pour éviter de laisser traîner de vilaines traces derrière lui une fois à l’intérieur, le garçon poussa délicatement la porte qui s’ouvrit dans un son de clochette marquant son entrée. Refermant hâtivement la porte derrière lui, le blondinet ôta sa capuche, posa son casque autour du cou puis sonda avec peine l’état de ses vêtements. Entièrement trempé, ces derniers gouttaient par endroit, donnant ainsi l’impression qu’il venait de passer une journée entière sous la pluie. Heureusement, son visage était intact et Gale passa rapidement une main dans ses cheveux pour s’assurer que sa crinière n’en avait pas pâti elle non plus. Puis, se rappelant qu’il venait d’entrer dans une librairie, le jeune homme releva fébrilement les yeux pour constater que la pièce était vide.

« Bonsoir »lança-t-il avec assurance, espérant que si quelqu’un se trouvait là, caché derrière un rayon, cette personne se manifesterait. En guise de réponse, Gale entendit simplement un bruit surgir de plus loin, mais pas une voix ; en réalité, le garçon pensa reconnaître le choc d’un livre heurtant le sol –sans conteste parce que devant lui se dressaient des rangées entières d’ouvrages en tout genre. Lançant un regard inquisiteur en direction de la source du bruit, Gale se retourna une dernière fois, et avança en s’apercevant que la pluie qui tombait à torrent depuis quelques minutes ne s’était pas calmée. Ses vêtements ne dégoulinaient plus mais restaient visiblement imbibés d’eau, ce qui était d’autant plus perceptible avec l’éclairage éclatant de la pièce. Avançant d’un pas circonspect mais trahi par les couinements de ses chaussures recouvertes d’eau sur le sol, le blondinet s’arrêta au détour d’un rayon, retenu par un présentoir dédié à un roman qui lui était vaguement familier, Poison Study. Il attrapa le premier exemplaire à sa portée puis retourna délicatement le livre pour ne pas le mouiller. A peine avait-il commencé à lire le quatrième de couverture qu’un second bruit retentit, plus audible cette fois-ci. Conscient que son origine était toute proche, le jeune homme se pencha légèrement, coulant un regard vers la rangée de livres qui se trouvait à sa droite.

Là, au fond de la rangée, une personne de dos, qui semblait occupée à ordonner quelques ouvrages à en juger par les piles de bouquins qui l’entourait, lui faisait face. Des cheveux d’un blond flavescent, brillants sous l’effet de l’éclairage, Gale plissa les yeux en croyant reconnaître cette chevelure manifestement soyeuse. « Bonsoir » renchérit-il, toujours penché de manière à ce que l’individu ne puisse distinguer nettement que le haut de son corps. Cette fois-ci, son ton s’était avéré plus calme et plus poli. Pourtant, lorsque la fille en question se retourna, Gale dut retenir une exclamation inopinée et manqua de s’étaler sur le sol. Se redressant sur ses deux pieds, perdant ainsi son interlocutrice de son champ de vision, il réalisa son étonnement ; cette jeune personne, c’était Cat.


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Ecaterina S. Robertson
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Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptySam 18 Juin - 21:38

Les bras chargés de livres, Cat descendit les marches du grand escalier qui menait au niveau supérieur de la librairie. Tendant le cou pour regarder ses pieds, tachant avec dextérité de ne pas trébucher, elle sursauta violemment quand un éclair illumina le ciel anormalement sombre à l’extérieur : le coup de tonnerre qui suivit fit trembler les vitres du petit magasin si bien que peu rassurée, la jeune fille s’arrêta promptement en plein milieu des marches ; la musique en sourdine qui s’élevait à l’étage fut soudain dominée par la pluie qui ne tarda pas à tomber. Cela la fit lentement soupirer et observant d’un air inquiet cette pluie qui s’abattait sauvagement sur le bitume, elle serra davantage les livres contre sa poitrine ;

L’orage n’était pas quelque chose qui l‘effrayait, d’ordinaire. En réalité, Cat craignait plus le vent que le tonnerre. Petite, elle n’avait jamais fait partie de ces enfants craintifs qui vont se glisser dans le lit de leur parents lors des gros orages d‘été, au contraire : elle avait toujours aimé cette ambiance. Cette obscurité fulgurante et surtout ce parfum si particulier que laissait la pluie après l’orage et dès qu’elle distinguait cette couleur sépia que prenait le ciel avant le début des festivités, elle se sentait frénétique et patientait sagement jusqu’à ce que le tonnerre se mette à gronder -ce n’était sans doute pas courant. La blondinette était d’ailleurs du genre à stopper toute activité pour profiter un peu du spectacle qu‘offrait les trombes d‘eaux dégringolant du ciel. Pour écouter cette mélodie reposante que jouait la pluie. Se poster devant une fenêtre pour contempler le ciel chargé d’électricité n’était pas la meilleure des choses à faire, elle le savait. Seulement, Cat adorait le faire et tant pis si cela la retardait dans sa routine si bien huilée.

Néanmoins aujourd’hui, la jeune fille ne pouvait pas se permettre de flâner devant la vitre -à son grand regret. Restant un instant à regarder la pluie tomber de loin, la jeune fille fixa l’horizon. Juchée sur les marches de l’escalier, elle se força à reprendre ses esprits puis, une fois sûre d’être à nouveau concentrée, elle se mordit nerveusement la lèvre en détachant avec difficulté le regard de la fenêtre ruisselante d‘eau. Cat relâcha la pression qu’exerçait ses poignets délicats sur les livres qu’elle tenait fermement entre ses bras, et soupira une nouvelle fois pour se donner du courage ; elle tourna habilement sa main droite et vérifia rapidement l’heure sur sa montre. Au moins, une chose était certaine : la boutique était maintenant officiellement fermée.

L’après-midi ne fut pas de tout repos -ce qui expliquait son désir profond de se poser quelques secondes-. Au fond, ce n’était pas tellement dû à l’afflux de clients mais, plutôt à cet état second dans lequel elle se trouvait : épuisée, soucieuse et particulièrement maladroite, la jeune fille peinait beaucoup depuis plusieurs jours. En soit, cela n’aurait pas été dramatique si cette constante rêvasserie n’influait pas sur son travail impeccable ou encore sur ses résultats scolaires. Cependant, force est de constater que c’était loin d’être le cas -sa note catastrophique à son dernier devoir d’espagnol en était la preuve honteuse, d’ailleurs. Bien sûr, Cat était consciente de ce changement d’attitude. L’adolescente en était d’autant plus troublée qu’elle parvenait si bien à contrôler -un euphémisme- ses sautes d‘humeurs, d’habitude. Pourtant, il semblait y avoir comme une faille dans le système et bien qu’elle essayait de se convaincre de son infimité, Cat savait que quelque chose de plus important se tramait. Si seulement, elle parvenait à savoir de quoi il s’agissait. Descendant lentement les marches restantes, la jeune fille réagit au second éclair qui vint lui effleurer la rétine en clignant des yeux, hébétée.

Malheureusement, il s’avérait qu’elle n’était pas la seule à avoir remarqué que quelque chose n’allait pas : son employeur lui avait clairement fait comprendre qu’il la trouvait différente. Visiblement, cela l’inquiétait beaucoup. Ecaterina était touchée qu’il s’en soucie autant cependant, elle préféra lui dire qu’elle était tout simplement fatiguée à cause du lycée et quand il s’apprêta à la questionner davantage, elle le fit taire avec un sourire désarmant puis était naturellement retournée encaisser les articles d’une cliente faisant comme si de rien n’était.

En plus de son déclin scolaire, l’on pouvait ajouter que la vie à la maison n’en était pas plus glorieuse. C’était ce qui était le plus douloureux à accepter. Les choses étaient devenues compliquées, comme partout. La cause de ce revirement de situation était principalement dû au fait qu’ils avaient accueilli une personne en plus, au cours des ces derniers jours. L’arrivée impromptue de leur cousine n’était qu’un échelon à ajouter à cette pyramide de catastrophes qui s’abattaient sur leur petit foyer. Si l’on ajoutait ce stupide dégâts des eaux qui les obligeaient à déménager, on pouvait aisément parler d’une malédiction -ce n’était pas dramatiser les choses que d’oser le dire. En y réfléchissant, Cat avait toute les raisons du monde d’être si soucieuse et épuisée : quand exactement retrouverait-elle un peu de tranquillité ?

S’approchant d’une étagère partiellement vide, la jeune fille parvint à peine à distinguer les paroles de la chanson qui passait en fond sonore maintenant, à cause de la violente pluie qui martelait les vitres et qui ne semblait pas vouloir se calmer. Dans un même temps, elle ne distingua pas non plus la clochette de la porte qui retenti alors qu’elle posait brusquement les bouquins sur une table, à ses côtés et qui claquèrent bruyamment sur le bois. Retournant à ses activités, elle passa une main dans ses cheveux lisses et se redressa, prête à en finir avec tout ces livres à ranger.

Debout face à l’étagère, l’adolescente attrapa une pile de livres conséquente qu’elle cala astucieusement dans le creux de son bras tout en se hissant sur la pointe des pieds, espérant ainsi atteindre le rayon qu’elle convoitait et qui -à y regarder de plus près, n’était pas aussi haut que ça, pourtant. Cat regrettait de s’être proposée pour rester plus tard, ce soir. Seulement, l’une de ses collègues -la plus âgée, celle avec qui elle discutait le plus- lui avait tellement rabattu les oreilles avec le récital de début d’année de sa fille de huit ans que cela l’avait attendri… tellement que dès qu’elle en eut l’occasion, Cat avait revu entièrement son planning avec le patron exprès pour elle. Pour ainsi lui permettre de voir sa petite déguisée en champignon dans le spectacle de son école : ça lui apprendra à être un tant soit peu compatissante.

Travailler à la librairie n’était pas une contrainte, loin de là. C’était elle qui avait fait la démarche de remplir ce formulaire d’embauche qu’elle avait trouvé en passant par hasard, à la boutique et en toute honnêteté, elle trouvait que ce job était le meilleur qu’elle ne puisse trouver, à Lima. Parfois, il s’avérait qu’elle tombait nez à nez avec des élèves qui fréquentaient le même lycée qu‘elle, bien ce n’était pas totalement désagréable. Bizarrement, il n’y avait eu aucun élève du lycée qui était passé à la boutique, aujourd’hui. Du moins, si l’on ne comptait pas Jacob Ben Israël qui s’incrustait au moins une fois par semaine pour tenter de lui soutirer des informations ou lui glisser de sa voix nasillarde des compliments particulièrement déplacés. Ce matin d’ailleurs, il lui avait fait savoir qu’il adorait cette nouvelle façon qu’elle avait de se coiffer. Mine de rien, la jeune fille s’était senti flattée sur le moment. Presque heureuse de constater que quelqu‘un l’ait remarqué. Finalement, elle se mit à paniquer quand il voulu lui replacer une mèche rebelle puis l‘envoya gracieusement balader, suite à cette tentative échouée : elle était alors parvenue à lui faire promettre -en le poussant littéralement dehors- de ne jamais plus remettre les pieds ici.

Se repositionnant convenablement sur ses pieds, la jeune fille ne réussit pas à glisser ce premier livre correctement au milieu des autres. D’un geste brusque, Cat le récupéra mais, celui-ci lui fuit des mains et tomba au sol dans un bruit concis qui la fit cligner des yeux. Profondément agacée par sa maladresse, elle souffla bruyamment tout en passant une main fébrile sur son visage fatigué ; elle la laissa d’ailleurs posée quelques secondes sur sa joue, pinçant les lèvres en contemplant la rangée de livre devant elle. Elle remua la tête de droite à gauche d’une façon dépitée puis contrainte de ne pas se laisser abattre, elle s’astreint enfin à se baisser pour le ramasser.

Excédée, Cat haussa les sourcils quand en lisant la tranche du bouquin, elle se rendit compte que ce roman n’avait absolument rien à faire dans cette partie de la librairie et fatiguée de devoir réfléchir alors qu’elle en était tout bonnement incapable à ce moment précis, elle le jeta à nouveau sur la table à côté -le livre en question alla une nouvelle fois s‘échouer sur le sol et le fixant d‘un œil méchant, elle se détourna de cette maudite table puis, posa les mains sur les hanches : il valait sans doute mieux qu’elle prenne une petite pause ;

Prenant la décision d’abandonner les bouquins pour un temps, la jeune fille balança ses longs cheveux par-dessus son épaule. Enfin, elle fit un pas de côté pour aller rejoindre la salle de pause, souriant intérieurement à la simple pensée de cette barre chocolatée savoureuse qui l’attendait patiemment dans son sac quand une voix masculine l’interpella, prononçant un « bonsoir » assuré qui ne manqua pas de la faire tressauter -derechef, elle rétorqua tout de même :

« Nous sommes ferm… » commença-t-elle tout en retournant son visage en direction de la voix en question. Dégageant son visage d’une mèche d’un simple mouvement de tête élégant, elle mit du temps avant de regarder le jeune homme mais, une fois qu’elle s‘y résigna, son cœur fit un petit bond dans sa poitrine. Stupéfaite, elle laissa sa phrase en suspend « Oh, hey.. ouah. » C’était Gale. Ce jeune homme qu’elle avait -à sa manière- aidé il y à quelques jours et qui été un nouveau venu, au lycée. Glissant précipitamment une mèche de cheveux derrière son oreille, Cat le regarda : ils ne s’étaient pas revus depuis l‘arrivée de Gale, à McKinley. Enfin, la blondinette l’avait souvent croisé dans les couloirs, en réalité. Seulement, elle n’avait pas osé l’approcher de nouveau, craignant de l’ennuyer ou d’empiéter sur le terrain de celles-dont-il-ne-fallait-pas-prononcer-le-nom (comprenez, les cheerleaders). Cat le regrettait plus ou moins parce qu’elle était préoccupée de savoir comment s’était déroulée sa première journée à McKinley -visiblement, il était encore vivant, ce qui la rassurait sur le fait qu’il ne s’était pas fait d’ennemis- mais, pas seulement : Gale lui avait fait bonne impression, et autant dire qu’il s’agissait d’un véritable exploit dont il pouvait se féliciter s’il était au courant du caractère peu banal de la chose ! Élargissant son sourire en détaillant l’état dans lequel était le jeune homme, elle ne put réprimer un rire qui sonnait spontané avant de baisser la tête tout en le pointant brièvement de l’index - elle fronça les sourcils, tentant de garder son sérieux « Je vois que tu as trouvé le chemin de la librairie tout seul, finalement. »
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptySam 9 Juil - 15:20

De nouveau sur ses deux pieds, momentanément caché derrière l’épaisse étagère, Gale frotta son visage crispé avant d’adopter un air bougon. Une nouvelle fois, il venait de lamentablement se ridiculiser devant la blondinette qui, il peinait à y croire, semblait avoir le don de le décontenancer au possible. Aspirant de grandes goulées d’air pour tenter de camoufler ce qui lui semblait être de l’appréhension, le blondinet plissa une nouvelle fois ses yeux -espérant de cette manière pouvoir évacuer son malaise une bonne fois pour toutes. « Du calme » s’intima-t-il, songeant que s’il ne souhaitait pas perdre définitivement toute crédibilité aux yeux de la jeune fille, il était temps de se montrer. Puis, un poil chancelant, le garçon se faufila dans l’allée attenante et s’avança cette fois-ci suffisamment près de Cat pour discuter confortablement. Sa grimace avait laissé place à un sourire chaleureux qui s’était élargi à l’approche de la blondinette.

D’ordinaire, Gale ne prêtait pas attention à l’image de lui-même qu’il pouvait laisser paraître ; simplement, il mettait un point d’honneur à se donner au mieux bonne contenance. Et ce même si passer quelques semaines à McKinley avait rapidement recentré ses priorités –à savoir que le plus important était avant tout d’avoir l’air invisible, en toutes circonstances. Mais curieusement, depuis leur première rencontre, Cat était parvenue à attiser cette fatuité si peu naturelle qui poussait le garçon à paraître au meilleur de lui-même –en refusant notamment de discuter de son passé avec lui et en formulant une bien étrange remarque concernant son « type ». Au fond, Gale savait que le penchant quelque peu rebelle de la jeune fille ne l’avait pas laissé indifférent, mais il préférait nettement aspirer à tisser un lien amical pour l’heure ; il savait de toute manière depuis longtemps que les relations plus sérieuses n’étaient pas faites pour lui. Et d’ailleurs, être ami avec une si forte personnalité semblait être une tâche suffisamment ardue comme ça.

Gale était effectivement un jeune homme éthéré qui prenait le soin de choisir quelles personnes méritaient sa confiance, pensant ainsi se protéger de contrariétés inutiles. Il en avait parfois oublié à quel point les gens pouvaient changer et, après avoir fait face à quelques échecs répétés, en avait conclu qu’au même titre que tout autre lien affectif, l’amitié était éphémère. Il en faisait d’ailleurs actuellement la douloureuse expérience avec ses amis de l’Indiana ; seuls quelques malheureux avaient pris la peine de répondre à ses messages et la plupart de leurs échanges s’étaient résumés à quelques phrases concises, pour la forme. L’avantage était qu’au moins, à McKinley, ce genre de soucis ne se poserait pas ; car de toute évidence, personne n’avait envie de devenir son ami –ou du moins, personne ne semblait pouvoir trouver un intérêt quelconque à traîner à ses côtés dans les couloirs du lycée. Un point sur lequel Gale rejoignait entièrement l’avis de Cat qui, de son côté, ne semblait pas non plus être amie avec grand monde.

Cela rendait la demoiselle d’autant plus intrigante à ses yeux qu’il avait presque aussitôt été pris d’une farouche envie d’en apprendre plus à son sujet. Naturellement, lorsque Gale décidait d’élaborer ce genre de combine, il agissait avec tact ; et même s’il n’avait rien à y perdre, quelque chose l’empêchait de se montrer désobligeant avec la jeune fille. C’était ce même sentiment confus qui brouillait continuellement le flux de ses pensées à tel point qu’à chaque fois qu’ils étaient venus à se croiser, il n’avait jamais osé entamer de discussion. Le hasard semblait pourtant jouer en sa faveur ; puisqu’à priori, il n’avait qu’une infime chance que Gale puisse retrouver la blondinette dans cet endroit, dans lequel il s’était aventuré par le plus heureux des hasards.

Son masque impassible ne lui offrait désormais plus la moindre protection et Gale fut bien forcé d’esquisser un second sourire, plus penaud, lorsque Cat le salua. « Hey ! Ça va ? » répondit-il avec gêne, accompagnant ses paroles d’un geste discret de la main. Malgré son entrée en scène déroutante, il avait pu clairement discerner les premiers mots de la jeune fille et était parvenu à la conclusion que la boutique devait être fermée –un détail qu’il avait omis de vérifier sous le coup de la précipitation. Ne souhaitant pas se tourner davantage en ridicule, Gale préféra entamer la conversation sur un sujet qui lui paraissait beaucoup plus légitime. « Tu travailles ici ? » s’enquit-il, plongeant son regard dans celui de son interlocutrice.

A vrai dire, cette question n’était qu’un prétexte pour en apprendre plus sur la jeune fille ; au fond, qu’aurait-elle pu faire d’autre dans cet endroit si ça n’était pas le cas ? Le blondinet espérait plus qu’un simple « oui » ou qu’un hochement de tête mais, encore nouveau dans l’art de soutirer des informations, il craignait un premier échec à son palmarès. Frottant du bout des doigts ses cheveux presque secs, il balaya du regard les alentours et constata que, çà et là, quelques piles de livres rendaient la circulation difficile. Pourtant, l’endroit en question était empreint de calme et tranchait agréablement avec le tonnerre qui continuait à vrombir au dehors. En amoureux de la littérature, Gale était le genre de garçon capable d’étudier chaque rangée dans les moindres détails pour y dénicher des ouvrages à sa fantaisie. Mais pour l’instant, Cat accaparait toute son attention et il peinait encore à croire que le hasard l’avait guidé jusqu’ici.

La scène n’avait pourtant rien de surprenant ; Gale était profondément persuadé que la blondinette était elle aussi très cultivée et devait vouer une passion au moins supérieure à la sienne pour la langue anglaise. Le garçon s’imaginait très bien sa camarade feuilletant avec passion un roman jusqu’à ce que la fatigue vienne la tirer de cet état de semi-inconscience. Oui, cette image lui était tout à fait seyante, et Gale songea que si ça n’était pas le cas, il n’aurait jamais pu la croiser dans un endroit pareil. Il lança un regard pénétrant à la jeune fille, mais ranimé par les paroles de sa camarade, réprima cet envie de l’étudier davantage.

« Eh bien, l’orage y est pour beaucoup, si tu veux tout savoir ; c’est le seul endroit que j’ai trouvé pour m’abriter » répondit-il en hochant les épaules à la blondinette, vraisemblablement amusée par l’état dans lequel il se trouvait. Malgré la chaleur de la librairie, les vêtements du jeune homme étaient toujours trempés aux extrémités et lui donnaient un aspect presque ridicule. Fort heureusement, il pouvait espérer sauver la mise avec son visage intact, même si un pressentiment lui faisait croire le contraire. « Je crois d’ailleurs que si je n’attrape pas un rhume, je pourrai te remercier –j’ai cru comprendre que la boutique était fermée… » dit-il, un sourire embarrassé toujours pendu aux lèvres. A la surprise de retrouver son amie ici s’ajoutait en effet le fait que la boutique était fermée ; autrement dit, qu’il n’avait rien à faire dans cet endroit à cette heure-ci. Il aurait volontiers disparu à toutes jambes si sa camarade l’avait congédié mais comme celle-ci semblait vouloir discuter avec lui, il en avait conclu que sa présence ne la dérangeait pas. « Tu as besoin d’aide ? » ajouta-t-il toutefois, bien décidé à ne pas rester sans rien faire mais surtout à donner une once d’intérêt à sa présence dans cette boutique.


Dernière édition par Gale Hemmens le Mar 16 Aoû - 13:34, édité 1 fois
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyDim 10 Juil - 20:34

La pluie qui tombait dehors ne se calmait pas, au contraire. La jeune fille n’avait pas besoin de couler un regard vers la vitre pour savoir que les torrents d’eaux que déversaient le ciel s’amplifiaient de seconde en seconde : la pluie régulière qui martelait en rythme la vitrine suffisait pour qu’elle se fasse une rapide idée du déluge qui s’abattait sur la ville. Ecaterina ne pouvait s’empêcher de trouver que ce temps donnait une ambiance toute particulière à la librairie ; elle se sentait en sécurité, protégée de toute cette eau et bien que le tonnerre grondait de façon sporadique, elle savait que la soirée serait relativement agitée. L’odeur singulière des livres neufs et la musique qui passait en sourdine à l’étage, ajoutait un charme certain à cet endroit qui était d’une banalité effarant d’ordinaire, et contre toute attente, elle cessa soudain de regretter d’avoir encore autant de travail à accomplir avant de rentrer.

Mettre son regain de motivation sur le dos du temps pluvieux n’était pas totalement honnête. Lorsqu’elle s’était retournée, Cat ne s’attendait tellement pas à se retrouver face à Gale que le discours pré mâché qu’elle avait mentalement préparé, s’étouffa dans sa poitrine, se transformant ainsi en une furtive -mais agréable- sensation d’enthousiasme. D’ailleurs, celle-ci ne se dissipa pas quand, constatant son état, elle se mit à rire brièvement ; les mots qu’elle employa alors sortirent indépendamment d’entre ses lèvres étirées en un sourire spontané et riant encore un moment, elle releva la tête tachant avec difficulté de garder son sérieux ; aussi, la jeune fille se sentit obligée de s’excuser « Pardon, c’est nerveux. La journée à été longue. » admit-t-elle dans un éclat. Son rire rauque résonna encore quelques secondes dans la boutique puis s’amenuisa lentement. Hochant la tête quant à la première question du jeune homme, elle reprit d’abord ses esprits puis s’avança naturellement vers lui tout en passant brièvement ses doigts dans ses longs cheveux blonds ;

Les quelques personnes proches de la jeune fille étaient tous au courant d’une chose : elle n’était pas douée pour les relations humaines. Pourtant, il semblait que les adolescentes de sa qualité -plus ou moins jolies, intelligente et cultivées entre autre- étaient du genre à se faire rapidement un cercle d’amis bien fourni. Oui mais, qui pouvait prétendre que cette fille était comme les autres, exactement ? Ecaterina elle-même ne se trouvait pas particulièrement sociable ; elle refusait de se mêler aux autres par simple peur et dotée d’une envie farouche de se protéger, il était difficile pour elle d’entamer des conversations l’air de rien, sans prendre en considération un tas de petit détail qui lui donnait la migraine rien que d’y penser. Consciente de ses défauts, Cat admettait volontiers que son attitude peu banale n’était pas la meilleure façon de se faire des amis -quand bien même aurait-elle voulu ne serait-ce qu‘en avoir un seul.

Toutefois, Gale avait, lui, réussi à l’intriguer et cela dès leur première rencontre. Il n’était pas particulièrement mystérieux, cela dit mais, quelque chose chez lui la poussait à juste se soucier de ce qu’il pourrait bien lui arriver. Ce sentiment, la jeune fille ne l’avait jamais éprouvé, auparavant. Elle ne savait pas ce que cela pouvait bien signifier et finalement, elle ne s’en souciait pas plus que ça. La seule chose dont elle était plus ou moins certaine, c’est qu’elle voulait apprendre à le connaître. Gale n’en était peut-être pas conscient et Cat ne savait pas comment le lui faire comprendre, toujours est-il qu’elle était prête à faire un effort pour lui et -qui sait ?- peut-être même accepter d’en dévoiler davantage sur elle.

S’approchant lentement du jeune homme, elle glissa une mèche de cheveux derrière son oreille et sourit à sa question hâtive ; ses yeux se posèrent directement dans ceux de son interlocuteur et un peu gênée par cette proximité soudaine -et surtout par cet échange de regard trop profond à son goût-, elle baissa graduellement le visage et désigna son badge épinglé sur sa poitrine et qui donnait son prénom complet « Ecaterina, au service du client et de son patron qui pense que, parce qu’elle blonde et lycéenne de surcroît, elle est incapable de se charger de la section Histoire et Politique. » prononça-t-elle d’une traite et ponctuant son court monologue d’un sourire en coin. Relevant le menton, elle plissa les yeux mystérieusement « Les lieux communs ont la dent dure dans le temple de la culture. » ajouta-t-elle sur une note chantante et exécutant un pas en arrière, Cat scruta le visage de Gale attentivement avant de faire glisser son regard sur les extrémités de son sweat à capuche humide et de conclure en souriant timidement « J’ai l’impression qu’on est prédestinés à toujours se rencontrer dans ce genre de situation cocasse. » Dans un geste maladroit, la jeune fille porta sa main droite à sa boucle d’oreille qu’elle tritura nerveusement avant de se détourner de l’adolescent, évitant soigneusement de recroiser son regard bleu clair, puis elle se retourna complètement, fermant les yeux avec force à cause de sa phrase qu’elle jugea trop stupide ; elle n’était définitivement pas faite pour les relations humaines.

Un violent coup de tonnerre résonna dans la boutique et sursautant une nouvelle fois, la blondinette ouvrit les yeux et lança malgré elle un regard inquiet vers la vitre qui vibra dangereusement : les trombes d’eaux ne désemplissaient pas et furtivement, la blondinette se demanda si son frère aurait la présence d’esprit de passer la prendre en rentrant du disquaire. Observant un moment la pluie, Cat soupira ; elle n’était déjà pas bien motivée à la base, on ne pouvait pas dire que l’arrivée de cet invité surprise la motivait davantage. Certes, elle se sentait revigorée mais, elle aurait souhaité mettre à profit cette énergie retrouvée pour discuter, par exemple. C‘est vrai, ce n’était pas très sérieux, et cela ne lui ressemblait pas vraiment mais, il se trouvait que le jeune homme était là alors, pourquoi ne pas profiter de cette occasion qui ne se représenterait peut-être plus pour… dialoguer ?

Ecaterina estima le nombre de piles de livres qu’il lui restait à ranger d’un simple regard et alors que le jeune homme s’adressa une nouvelle fois à elle, celle-ci en profita pour s’avancer d’un pas gracieux vers la rangée vide qu’elle avait quitté auparavant -les paroles de Gale la firent réagir au quart de tour et dans un froncement de sourcils, Cat pivota sur ses pieds et croisa les bras sur sa poitrine tout en prenant un air faussement boudeur « Tu veux dire que ta présence ici est due à un pur hasard ? » Durant son interrogation, sa voix naturellement éraillée se fit étrangement plus aiguë qu’a l’accoutumée et laissant ses bras retomber le long de son corps, Cat arqua un sourcil puis vrilla la tête dans une expression semi moqueuse -ses cheveux dégringolèrent le long de son dos, et quelques mèches passèrent sur le haut de son épaule gauche « Moi qui pensais que tu me traquais, en réalité. Je t’avoue que je suis presque déçue. » Balançant avec habilité une longue mèche gênante par-dessus son épaule, elle le gratifia d’un sourire malicieux et ajouta sur le même ton « J’ai toujours rêvé d’avoir un admirateur secret. » dit-elle mais, sa phrase la fit tiquer et troublée par ses propres propos, elle cligna les yeux subitement et baissa la tête en tentant rapidement de retrouver une contenance ;

Plaisanter sur l’attention que les gens lui portaient n’était pas chose commune de la part de la jeune fille. Qui plus est, les récents évènements l’obligeait à se méfier davantage des gens qui l’entourait. Consciencieusement, Cat faisait tout pour oublier ce soir où Finn Hudson avait profité de la situation pour poser ses lèvres contre les siennes, et lui voler un baiser -baiser qu’elle s’était contrainte à ne pas lui rendre pour diverses raisons-. Debout au milieu de toutes ces rangées de livres, Cat fixa Gale un moment puis haussa les sourcils quand poliment, il lui demanda si elle avait besoin d’aide ; elle sauta sur l’occasion pour se dépêtrer de sa propre bêtise et ainsi se rattacher à cette perche que le jeune homme lui tendait :

« Tu veux vraiment m’aider ? » Récupérant une pile de livres qu’elle cala contre son buste après s‘être brièvement accroupit, Cat se dirigea aussitôt vers Gale. Sans attendre sa réponse, elle déposa la pile conséquente dans les bras du jeune homme et releva la tête en souriant « Tu deviens mon stagiaire d’une soirée. Je peux déjà t’assurer que je ne suis pas une patronne facile ; j’en ai fait pleurer plus d’un. » Sondant succinctement le regard de Gale, Cat pinça les lèvres et enchaîna plus sérieusement -lâchant la pile une fois qu’il la rattrapa, elle se remit correctement sur ses pieds « A ce propos, » commença-t-elle « je voulais m’excuser. » Honorant une courte pause dans son discours, la jeune fille baissa brièvement la tête, retenant ses cheveux avec la main « Tu sais, pour la dernière fois quand on a parlé de ton déménagement. » Lors de leur premier échange, Cat avait cruellement manqué de tact. Il était inutile de s’attarder sur cette erreur monumentale mais, elle s’en était beaucoup voulue. Depuis, elle n’avait jamais eu le temps -ni l’occasion- de lui présenter ses excuses à voix haute ; il semblait que cette occasion soit enfin arrivée et acquiesçant ses propres dires, elle fronça les sourcils tout en s’éclaircissant la gorge -lâchant sa mèche de cheveux, celle-ci ondula naturellement près de son oreille « J’ai voulu éviter tes questions et -hum- je m’y suis plutôt mal prise. » avoua-t-elle, incertaine. Ses yeux azur valdinguèrent de part et d’autre du visage du jeune homme et plutôt embarrassée, la blondinette frotta du bout de son index l’arrière de son oreille puis enfin, se détourna et alla rejoindre la rangée délaissée plus tôt ; au moins, elle pouvait se féliciter d’avoir été assez courageuse pour s’excuser.
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyMar 26 Juil - 10:24

Gale se faisait plus que jamais l’effet d’un petit garçon honteux face à sa mère furieuse. Le rire de la jeune fille, causé notamment par le piteux état de ses vêtements, tranchait curieusement avec cette gêne lancinante qui, l’espace d’un instant, avait menacé de le faire déguerpir à toutes jambes. A sa plus grande stupeur, Gale imita au contraire sa jeune camarade en souriant sans raison, songeant qu’il ne lui arrivait habituellement presque jamais de susciter la gaieté sans vraiment le vouloir. Les circonstances n’inspiraient pourtant pas à de telles réjouissances ; au dehors, l’orage continuait son concert sonore et visuel pendant que les éclairs faisaient vaciller les ombres des deux adolescents malgré l’éclairage de la pièce. Le blondinet, même s’il jugeait sa présence dans la librairie inadéquate –à cause de l’état dans lequel il se trouvait et de l’heure tardive- se complaisait dans ce havre de chaleur humaine au milieu d’une violente pluie. Cette nouvelle rencontre avec Cat n’était certes pas celle qu’il avait escompté, mais force était de reconnaître que leur isolement inopiné jouait en sa faveur ; cette fois-ci personne n’était là pour interrompre leur discours et –surtout- pour les dévisager d’un regard beaucoup trop inquisiteur à leur goût.

Un léger doute s’insinua dans son esprit lorsque la blondinette mit fin à leur fou rire pour s’excuser ; étourdi par cette euphorie si soudaine, il ne comprit pas dans un premier temps la raison qui poussait son amie à le faire. Une demi-seconde lui suffit à reprendre ses esprits et, constatant une nouvelle fois le piteux état de ses vêtements, il arqua un sourcil et esquissa un sourire résigné à Cat, accompagnant ces gestes d’un hochement de la tête. « Ne t’en fais pas, ça n’est rien. Et puis, en toute sincérité, je crois que ma réaction devant un miroir aurait été la même » répondit-il d’un ton qui se voulait rassurant, comme pour dissiper la moindre gêne qu’aurait pu éprouver la blondinette à son égard. Gale songea au contraire que c’était à lui de s’excuser ; vraisemblablement, il n’avait aucun motif valable pour être ici et si Cat acceptait volontiers qu’il reste, ça n’était pas sans risque. Nuire à la jeune fille de quelque manière que ce soit était d’ailleurs tout sauf son intention ; aussi avait-il à plusieurs reprises entrepris de quitter les lieux, avant de finalement en être dissuadé par le souvenir de l’orage à l’extérieur. Il n’en demeurait pas moins contrarié et, frottant fébrilement ses cheveux et serrant les dents, affichait une mine infiniment contrite. « Vraiment, je suis pathétique. Je te promets de nettoyer la moindre goutte d’eau qui trahirait ma présence ici. » ajouta-t-il, ponctuant ses paroles d’un regard un tantinet crispé.

Sentant ses pommettes rosir discrètement, le blondinet fit mine de se passer la main sur le visage ; l’air de rien, Cat venait encore une fois de le mettre mal-à-l’aise. Le garçon n’était plus trop sûr que la jeune fille agisse en connaissance de cause mais, lorsqu’il tentait de s’en persuader pour de bon, il ne pouvait s’empêcher de constater à quel point la blondinette semblait jouait avec ses petits yeux –en tripotant çà et là ses mèches de cheveux ou le gratifiant de regards curieux. S’agissait-il d’une forme primaire de paranoïa ou voyait-il simplement juste ? Rien ne lui permettait de le savoir, mais toujours était-il que ce sentiment de nature incertaine semblait le pousser à jouer le jeu, à sa manière. Gale n’était pourtant pas du genre à passer son temps à douter, à comparer les solutions ni à chercher des failles dans ses raisonnements mais, encore une fois, Cat semblait déroger à cette règle. Comme si, rien qu’en l’apercevant, d’une personne sûre d’elle et confiante, Gale se changeait en une personne incertaine et chétive –la même personne qu’il avait été pour son premier jour à McKinley.

Regagnant petit à petit son masque impassible, le jeune garçon ôta la main de son visage et posa son regard troublé sur sa locutrice à mesure que celle-ci s’avançait vers lui –non sans faire palpiter davantage son cœur sous sa poitrine. Ses yeux suivirent ceux de la jeune fille pour venir se poser sur un badge comme tout employé en bonne et due forme en possède. Intrigué, Gale fut dans un premier temps happé par le patronyme indiqué : Ecaterina. Il se doutait que Cat n’était qu’un surnom mais n’avait jamais vraiment réfléchi à son origine et, maintenant que ce mystère venait d’être éclairé, il ne put retenir un sourire hébété dans sa barbe, émerveillé par la beauté et l’originalité dudit prénom. Ça pouvait paraître prématuré mais cette découverte semblait déjà lever une zone d’ombre sur « l’individu Ecaterina », qui occupait depuis déjà plusieurs semaines bon nombre de ses pensées.

Gale n’était pas surpris par l’obsession qu’il semblait vouer à sa camarade et que n’importe quel individu aurait interprété comme de l’admiration pure et simple. Nonobstant son penchant pour éluder les questions, Cat demeurait à l’heure actuelle la seule personne en qui il avait véritablement confiance ; elle le lui avait notamment prouvé lors de leur première rencontre, en ne lésinant pas sur les détails importants à connaître pour survivre au mieux au lycée et ce malgré le choc préalable à leur rencontre. Il s’était d’ailleurs presque aussitôt promis de chercher à en savoir plus sur sa personne, mais sans vraiment réussir à trouver le moyen d’y parvenir ; il comptait donc bien mettre cette nouvelle rencontre à profit pour tenter d’y parvenir –même si l’aura mystérieuse de la jeune fille semblait lui compliquer lourdement la donne.

« Prisonnière des bons vieux clichés, à ce je vois. Je comprends ton désarroi. » répondit Gale d’un ton penaud ; il n’avait jamais compris ce qui poussait certaines personnes à catégoriser des individus de la sorte –en les jugeant seulement sur le sexe et la couleur de cheveux, de surcroît. Il lança un regard réconfortant à sa jeune amie qui semblait plutôt amusée par ce détail et ne put s’empêcher de formuler quelques encouragements. « Je te fais confiance pour prouver à ton cher patron qu’il a tort » poursuivit-il, un sourire toujours pendu aux lèvres. En vérité, Gale parlait sans vraiment savoir si la blondinette en était réellement capable mais son instinct le confortait dans cette idée ; Cat parlait avec aisance et paraissait douée pour jouer avec les mots, une qualité qui ne trompait pas. La jeune fille l’examina de plus près cette fois-ci et émit un constat qu’il jugea légitime d’acquiescer. « Effectivement, je crois que tu as vu juste. D’ailleurs, j’ose espérer qu’un jour tu pourras me voir dans de meilleures circonstances –sans hématome sur le visage et avec les vêtements secs, pour commencer » répliqua-t-il en levant ses yeux timidement. Sa main vint une nouvelle fois chercher un semblant de chaleur dans sa tignasse blonde puis trouva refuge dans la poche encore humide de son jean ; la lumière de la pièce permettait de voir nettement à quel point les manches de son sweat étaient imbibées d’eau et Gale songea qu’il ne devait pas compter sur la température ambiante pour faire sécher le tout.

La réaction d’Ecaterina concernant la raison de la raison de la présence du jeune homme le flatta quelque peu. Reconnaissant rapidement une grande part d’ironie dans ses paroles, même si foncièrement tout n’était pas aussi faux qu’il n’y paraissait, le garçon afficha une mine réjouie et n’attendit pas pour s’expliquer ; il adopta pour l’occasion un ton faussement sérieux en balança sa tête pour appuyer ses paroles. « Le hasard ? Hmmm, j’appellerais plutôt ça le destin, disons. » commença-t-il, fixant successivement sa jeune camarade puis la fenêtre qui laissait toujours transparaître un déluge à l’extérieur. « Ne sois pas si déçue, voyons. J’ai cru comprendre que ce bon vieux Jacob te voue une attention toute particulière. » Sa voix grêle se mêlait à un ton taquin ; en soit, Jacob n’était pas le genre de personne désirable –et même si Cat était une fille à part, Gale doutait que son opinion à son sujet diffère. « Il m’a d’ailleurs clairement fait comprendre qu’il ne vaut mieux pas empiéter sur son terrain de chasse et, avec tout le respect que je lui dois, j’ai préféré battre en retraite. » acheva-t-il avec un sourire plus large aux lèvres ; tout ça n’était que supercherie –Gale avait beau être un garçon de bonne composition, les menaces de Jacob n’auraient jamais pu le dissuader de faire quoi que ce soit, surtout si celles-ci concernaient Cat. Le blondinet fit ensuite mine de balayer la pièce du regard, comme pour s’assurer que personne ne les observait, puis poursuivit sur une note un peu plus ironique. « Mais... puisque c’est toi, que je te dois une fière chandelle –et que, entre nous, je ne reçois pas d’ordre de cette petite vermine, je suis d’accord pour faire un effort. J’ai toujours rêvé d’écrire des lettres romantiques anonymes, de toute manière. » Il pencha obliquement sa tête et fronça les sourcils avant de réengager son discours, la mine hésitante. « J’y pense… ça n’est plus vraiment fairplay si tu es au courant, si ? » acheva-t-il, les yeux toujours rivés vers ceux de son interlocutrice.

Le jeune adolescent ne trouva pas de meilleur moyen pour se rendre un minimum utile que de proposer à la jeune fille de lui prêter main forte ; il fallait bien avouer que certains des ouvrages empilaient semblaient particulièrement volumineux et il ne pouvait décemment pas rester là sans rien faire simplement pour s’abriter et partir comme un voleur à la première éclaircie. Ecaterina n’hésita pas un seul instant et apporta une pile de livres vers le jeune homme qui s’empressa de déployer ses bras pour les accueillir aisément. Elle articula quelques paroles par la même occasion que Gale fit mine de prendre très au sérieux ; calant le tas de livre sur son bras gauche il s’empressa de gratifier sa camarade d’un salut militaire –un geste inapproprié aux circonstances mais tellement tentant. « Très bien, patron. Je promets d’être un employé modèle et d’obéir à la lettre ! Mais patron, promettez moi une chose, une seule –je veux un badge ! » dit-il d’une traite, achevant sa phrase par un sourire vendeur qui montrait toutes ses dents. Il se tenait sur le bout de ses pieds pour affirmer davantage sa détermination –le poids des ouvrages le fit toutefois reposer les talons.

La conversation prit ensuite un étrange tournant et Cat adopta un air beaucoup plus sérieux et grave cette fois-ci ; vraisemblablement, elle présentait ses excuses au jeune homme concernant la discussion qu’ils avaient tenus lors de leur première rencontre –durant laquelle Gale avait évoqué son déménagement douloureux et Cat n’avait pas accepté de parler de son passé en retour. Le blondinet n’estimait pas ces excuses comme nécessaires mais le geste de son amie semblait tellement sincère qu’il ne put se résoudre à le lui faire remarquer. « Excuses acceptées. » répondit-il simplement, arborant un faciès joyeux malgré sa légère gêne. Durant cette fameuse conversation, Gale s’était montré particulièrement maladroit à l’égard de la jeune fille et il n’avait pas considéré que ses questions méritaient la moindre réponse ; même si sa curiosité semblait grande, il ne pouvait pas se résoudre à gâcher cet étrange lien avec sa camarade pour si peu. « Il faut dire que mes questions n’étaient pas franchement malignes. » expliqua-t-il avec un air ennuyé ; il aurait dû se douter que si la jeune fille préférait se braquer, ça n’était pas sans raison. « Et puis, ton passé ne me regarde pas, la confusion de mon premier jour m’a certainement empêché d’en tenir compte » . renchérit-il pour partager les torts équitablement. Gale ne voulait pour rien au monde brusquer son amie mais celle-ci pouvait être sûre d’une chose ; lorsqu’elle serait prête à se confier, il se ferait un plaisir de l’écouter calmement.


Dernière édition par Gale Hemmens le Mar 16 Aoû - 13:37, édité 1 fois
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyVen 29 Juil - 0:17

« Hum, le destin. » Dans un mi-sourire timide, Cat prit soin de détourner son regard de celui de Gale. Soudain pensive, elle concentra ses prunelles incertaines sur les livres disposés un peu partout aux alentours et qui comblaient une bonne partie de la vaste pièce. Assimilant au fur et à mesure les mots du jeune homme, elle ajouta entre deux phrases qu’il prononça sérieusement « Tu sais, je ne crois pas beaucoup au destin. » reconnut-elle d’un ton concis qui accentua le grain rocailleux de sa voix. Faisant volte-face, elle se retourna une nouvelle fois sur le blondinet et étouffa un autre rire succinct, après avoir replacé une longue mèche de cheveux derrière son oreille. Successivement, elle porta sa main gauche à ses lèvres brillantes et mordilla brièvement le bout de son index -le vernis à ongles bleu électrique y étant passablement écaillé comparé à la couleur des autres, l’on pouvait en juger que cette manie était courante chez elle- puis fronçant le nez, elle daigna expliquer son air amusé par une simple -mais révélatrice- question « Comme ça tu as rencontré Jacob ? » Ne cessant de sourire, elle laissa s’évanouir dans l’air cette note aiguë qui accompagna sa question. Toutefois, la minute suivante, elle abandonna cette façade réjouie puis croisant les bras sur sa poitrine en arquant un sourcil avec attention, elle prit une expression faussement chiffonnée « J’avais totalement oublié Jacob. » Cat secoua la tête. Relevant son bras droit d‘un même chef, elle laissa ses doigts s’attarder subrepticement sur son menton et resta silencieuse un instant.

Ecaterina s’entendait mieux avec les garçons. La jeune fille ne s’était jamais demandé pourquoi. Cependant, il était évident qu’elle se sentait plus à l‘aise en leur présence et plus d’une fois, elle s’était rendu compte qu’elle agissait plus spontanément quand de temps à autre il lui arrivait d‘échanger des mots avec certains de ses camarades de classe masculins : peut-être que le fait qu’elle vive avec l’un d’entre eux -illustration parfaite du mâle de base- l’aidait à mieux les comprendre et à déceler avec beaucoup de recul cette part constante d’ironie qu’ils utilisaient. D’ailleurs, cela lui permettait de ne jamais prendre au sérieux les faux reproches de n’importe quel blagueur invétéré et parfois, elle se faisait même complice des méfaits honteusement commis. D’un certain côté, c’était un don comme un autre et elle se réjouissait de ne pas faire partie de ces pimbêches trop fières qui se vexaient à la moindre des occasions : elle était cool. Au fil du temps, Cat avait fini par s’y résoudre et finalement, cette idée ne lui déplaisait pas tant que ça.

Une fois, Finn lui avait fait savoir qu’il se sentait bien en sa présence. Du point de vue de l‘adolescente, il s’agissait de l’un des plus beaux compliments qu’elle n’ait eu l’occasion de recevoir au cours de sa jeune vie -il était le seul qu‘elle avait accepté sans rechigner-. Le quarterback avait ainsi appuyé ses dires en prononçant une longue tirade gauche dans laquelle il lui avait fait comprendre qu’il appréciait le fait qu’elle n’essayait pas de changer son comportement et ses habitudes ou encore de discuter avec lui de chose trop abstraites à ses yeux en lui imposant ainsi son propre jugement. La blondinette savait donc s’y prendre et se fondre à la perfection dans cet univers gorgé de testostérone était un véritable jeu d’enfant. Oui mais, cette étonnante aptitude en faisait jaser plus d’un ;

Les plus médisants prenaient un malin plaisir à penser -et à déclamer quand elle avait le dos tourné bien entendu- que cette faculté était juste un moyen astucieux pour elle de se mettre un bon nombres de jeunes hommes dans la poche -et quel-en était l’intérêt, au juste ?- Ecaterina se fichait pas mal de savoir ce que ces gens pouvaient bien penser d’elle. Sans les provoquer, elle devait bien avouer que cela l’amusait également : jamais elle n’avait pensait flirter avec un quelconque garçon dans l’enceinte de McKinley High. Elle ne savait pas comment se comportaient les jeunes filles de son âge (quoi que si, elle le savait que trop bien justement) mais ces intentions à elle était plus que louables voir même innocentes ! Du moins, c’est-ce qu’elle pensait jusqu’à maintenant.

Dès leur première -fracassante- rencontre, Gale et Cat s’étaient amusés à se chercher réciproquement sans que cela n’ait aucune incidence sur les choses qu’ils se racontaient ou sur la manière dont-ils agissaient. Ils n’étaient juste que deux ados maladroits dans les couloirs d’un lycée banal qui tentaient de faire un peu d’humour pour briser la glace et bavarder. Néanmoins à ce moment précis, Cat sentait bien que le moindre de ses mouvements n’étaient plus aussi naturel que la dernière fois et que inconsciemment, elle se mettait à réfléchir furieusement chaque fois que Gale prononçait ne serait-ce qu’un simple mot : non, cela ne lui ressemblait pas ! Il fallait qu’elle essaie de garder son calme et de se ressaisir rapidement. Ne pas le regarder trop longtemps était la première étape de ce programme improvisé et tiens -elle vrilla succinctement le regard sur les nombreux bracelets qu’elle portait aux poignets- si elle s’attachait les cheveux maintenant ? Toute cette masse qu’elle ne pouvait s’empêcher de toucher. Il fallait qu’elle l’éloigne de ses doigts et fissa !

Se battant silencieusement avec ses tergiversions, la blondinette opina tout de même aux phrases du jeune homme. Penchant la tête sur le côté, elle ne put s’empêcher de dire -dans une dernière manipulation experte d’une de ses mèches rebelle- « C’est drôle, il est passé tout à l’heure à la boutique. » Dans un autre mouvement précis, elle fit glisser un élastique de son poignet et avec élégance -qui était, elle, presque innée- rassembla sa longue et soyeuse crinière blonde qu’elle attacha en un chignon haut instable, ne se souciant absolument pas de l’allure que cela pouvait bien lui donner. Fautant quant à sa mission de ne pas le regarder -du moins, droit dans les yeux- Ecaterina laissa ses pupilles s’attarder dans celles de Gale et soucieuse de ne pas alourdir l’atmosphère déjà bien chargée, elle lança promptement « Ha, je crois avoir compris votre petit manège. » Repoussant sa frange du bout des doigts, elle plissa les yeux et regarda le plafond en pointant le jeune homme avec son index au vernis dépouillé « Vous avez passé une espèce de deal qui consiste à -comment est-ce que je vais pouvoir dire ça- vous affronter dans un duel ridicule pour savoir lequel d’entre vous méritent mes faveurs, c’est bien ça ? » affirma-t-elle, souriante. Pointant encore une seconde Gale de l‘index, Cat baissa la main ensuite, puis tapa la pointe de sa ballerine sur le parquet usé de la boutique. Enfin, relevant le visage, elle ajouta d’un ton qui trahit ce sourire qu’elle tentait de réprimer « Très chevaleresque, vraiment. » Et se redressant de toute sa petitesse, les sourcils froncées, elle enchaîna avec audace « Mais je dois t'avouer que je suis encore une fois déçue. On ne peut pas dire que Jacob et toi jouiez dans la même cour. Tu aurais pu te trouver un adversaire à ta taille, au moins. Je te pensais plus loyal que ça, Gale. » La jeune fille laissa s’échapper un faux soupir de désespoir et rejeta la tête en arrière « Crois-moi, moi aussi je me suis laissée avoir par ce physique ravageur, j’ai très vite déchanté ; Jacob n’est pas du genre romantique éperdu. » Tachant de garder son sérieux, elle s’assit à moitié sur la table à ses côtés et fixa le sol avec intérêt « Il m’a demandé le nom du parfum que je porte, une fois. Je lui ai demandé pourquoi et tu sais ce qu’il m’a répondu ? » Haussant les sourcils, elle croisa les bras en obliquant le visage et se releva à cette occasion. Instantanément, ses yeux se posèrent sur celui de Gale et l‘examinant brièvement, elle décréta dans un murmure amusant « Tu ne préfères pas le savoir, j’ai saisi. » Se retournant, Cat fronça le nez en souriant bêtement puis tiqua soudain quand Gale lui parla de lettres romantiques anonymes. Pivotant une nouvelle fois sur ses pieds, elle plissa les paupières et le toisa avec curiosité « Tu veux dire que tu n’as jamais envoyé de lettres romantiques à ta petite amie d’Indiana ? Ouh, elle doit te détester à l‘heure qu‘il est. J’espère au moins que tu te rattrapes en lui envoyant des mails et des textos enflammés. »

Effectuant un bref mouvement d‘épaule pour repousser une mèche de cheveux qui s’échappa de son chignon négligé, elle se mordit la lèvre inférieure et resta muette une minute. Cat ne savait pas si le fait qu’elle implique une potentielle petite amie était réellement volontaire de sa part -bizarrement, elle n‘y avait pas réfléchi cette fois et les mots s‘étaient échappés d’entre ses lèvres-. N’empêche qu’elle avouait être curieuse de savoir si oui ou non, Gale avait laissé une pauvre fille enamourée derrière lui lors de son départ. Cependant, préférant dissiper un quelconque malaise, elle rebondit aisément sur sa dernière phrase « Ce n’est pas fair-play, en effet. Enfin, je suis quand même curieuse de les lire... ces fameuses lettres. » Une fois encore, elle dégagea son front de sa frange défaite -comme quoi, attacher ses cheveux ne servait strictement à rien, elle trouvait toujours le moyen de les tripoter- et conclut dans un ton feintant l’interrogation « Tu sais où se trouve mon casier à McKinley, non ? »

Quand Gale lui proposa son aide, Ecaterina sauta sur l’occasion et ne se faisant pas prier, elle lui chargea les bras de gros livres. Face à ses paroles, le jeune homme l’appela « patron », ce qui la fit entrouvrir la bouche, outrée par cette appellation qui ne lui allait pas du tout. Promptement pourtant, Cat prit un air faussement autoritaire qu’elle accompagna d’un signe de tête déterminé et sans attendre davantage, désigna d’un geste fluide de la main, le chemin jusqu‘à l‘étagère la plus proche. L’ambiance s’était allégée et la jeune fille s’en félicitait. Maintenant, elle se sentait de nouveau elle-même. Peut-être qu’il s’agissait juste de briser la glace comme l’autre jour. Malgré cela, Cat se devait de mettre les choses aux claires avant d’enchaîner sur d’autres échanges et prenant le coche, elle s’excusa de son comportement passé. Sérieusement, elle prononça un discours court et spontané qu’elle n’avait pas eu le temps de préparer au préalable et quittant le petit endroit confiné -Gale voulait un badge, elle allait le lui donner !- elle se dirigea d’un pas léger jusqu’au fond de la boutique où, sûre de ne pas être espionnée, elle inspira une grande bouffée d’air tiède.

Gale accepta ses excuses. Rassurée, Cat se mit à trifouiller dans quelques cartons mal rangés qui traînaient à ses côtés. Dans l’un d’entre eux, elle y dénicha un badge et l’examinant à la dérobée, elle s’assura qu’il était neuf puis, sortit de l’arrière boutique avant de se diriger cette fois vers le comptoir pour y récupérer un stylo. De loin, Cat parvenait à distinguer la voix agréable de Gale. Ses paroles la firent sourire, d’ailleurs et instinctivement, elle lui lança :

« Tu veux en parler ? » Se stoppant alors qu’elle était en train d’attraper ce fameux stylo, la jeune fille ferma les yeux en secouant la tête, agacée par le fait qu’elle réitérait le manque de tact dont elle avait fait preuve la fois dernière. Ses doigts crispés devant elle, elle se sentit donc obligée d’ajouter dans la foulée « Je ne te force pas à le faire, c’est juste pour savoir. » dit-elle simplement. Prenant son courage à deux mains, elle décida qu’il était peut-être temps de le rejoindre et reprit le chemin vers le rayon partiellement vide où l’adolescent se trouvait. Son badge et son stylo serrés dans sa main, Cat se posta près de la table maudite et continua sur sa lancée d’une voix nettement plus douce qu’à l’accoutumée « Je ne te forcerai jamais, d’ailleurs mais, si tu as envie de parler -de quoi que ce soit, pas seulement de ton déménagement- je... » Hésitant un court moment, elle baissa la tête et acheva sûre d'elle « Je suis là. » Opinant du chef, Cat fronça les sourcils et se pencha sur la table en même temps. Pour de pas à avoir à le regarder, elle se concentra sur le badge vierge ; le déposant sur la surface lisse de la table, elle déboucha lentement le stylo en reprenant la parole, plutôt embarrassée « Je ne suis pas douée pour ça. Tu sais, pour parler et communiquer avec les autres. » Maintenant le badge correctement, elle tint le stylo dans sa main gauche et posa la mine abîmée dessus « En revanche, je sais plutôt bien les écouter. Alors, si ça te tente… » Laissant s’amenuiser sa proposition, elle termina d’indiquer le prénom du jeune homme sur le badge et après l’avoir fait, elle contempla son écriture une seconde avant de se redresser lentement et de s’approcher de lui. Défaisant délicatement l’épingle au dos de l’insigne durant sa courte course, Cat s’arrêta face à Gale et n’hésita pas un seul instant avant de l’accrocher à son sweat. Peinant à joindre l’aiguille à la fermeture de l’épingle, elle inclina le visage en pinçant les lèvres et une fois que le métal de l’aiguille se montra coopératif -ce fut bien plus long que ce qu‘elle ne s‘était imaginée-, elle replaça convenablement l’écriteau pour qu’il soit bien droit et visible.

« Et voilà. » chuchota-t-elle en tapotant doucement sur le torse du jeune homme à l’endroit même où l’insigne était maintenant épinglé. La blondinette parvenait à percevoir la pluie battante au dehors mais sur le moment, cela ne l'empêcha pas d'échanger un regard appuyé avec l'adolescent. Troublée, son sourire s’atténua. Cillant par intermittence, Cat prit enfin en compte le silence soudain qui retomba dans la pièce -cela eu le don de la faire sortir de sa courte rêverie-. Battant des paupières plus régulièrement cette fois, elle récupéra prestement sa main. Souhaitant faire bonne figure et ne pas laisser perdurer ce moment de flottement, elle posa négligemment sa paume sur son chignon défait en tournant la tête de l'autre côté puis, hésitant brièvement, la jeune fille s’éloigna enfin de quelques pas pour rejoindre l’extrémité de la haute étagère derrière. Visiblement décontenancée, Cat ordonna brusquement « Il faut qu'on s'y mette ! » Et attrapant une dizaine de livres à son passage, elle monta ensuite sur la petite marche de bois qui lui permettait (à peine) d'atteindre les plus hauts rayons -désormais, c'était bien elle la plus confuse d'entre eux-.


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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyMer 17 Aoû - 1:10

Gale sentit ses doigts gesticuler nerveusement dans le creux de ses poches mais s’employa presque aussitôt à mettre fin à ce témoignage de son anxiété. A l’accoutumée, il était très doué pour camoufler avec subtilité tout cet arsenal de petits détails mais, pour l’heure, les paroles que formulait à son attention la blondinette semblaient accaparer le moindre de ses neurones. Celle-ci, qui ne manquait pas de le laisser pantois au moindre de ses faits et gestes, attisait par la même occasion cet étrange désir qu’éprouvait le garçon d’apprendre à mieux la connaître. S’agissait-il d’une folle obsession ? Le jeune homme essayait de s’en dissuader mais force était d’avouer que du haut de ses dix-sept ans, aucun individu ne lui avait tourmenté l’esprit de la sorte. Mais, plutôt que de déceler là une attitude préoccupante, il préférait laisser cet étrange sentiment opérer de son propre chef ; il était profondément convaincu que sa nature n’était pas mauvaise.

« Mais qui n’a pas rencontré Jacob ? » répondit Gale avec un ton taquin, éludant de ce fait volontairement la question de Cat. Il accompagna son propos d’un sourire en coin et un regard en biais dirigé vers sa camarade, comme pour lui faire deviner qu’en réalité, les circonstances de sa rencontre avec Jacob ne méritaient pas d’être évoquées –car cruellement inintéressantes. Pourtant, alors qu’il aurait très bien pu continuer son discours et faire comme si de rien n’était, il sentit naître une pointe de culpabilité qui fit s’insinuer un doute dans son esprit ; Cat pouvait-elle se vexer d’une réponse aussi évasive ? Il en doutait sérieusement mais, même s’il ne faisait là que lui rendre la pareille, il préféra expliciter sa réponse ; il tenait beaucoup trop à ses échanges avec la blondinette pour risquer de jeter un froid glacial entre eux. « C’est tellement bête, en fait » commença-t-il, frottant du bout des doigts son front, comme pour faire mine de chercher dans ses souvenirs les détails de cette scène. « Pour mon premier cours d’Espagnol, il n’y avait qu’une seule place de libre dans la classe… » poursuivit-il, roulant des yeux et haussant ses sourcils pour traduire l’exaspération qu’il avait éprouvé à ce moment. « … et je me suis retrouvé à côté de Jacob. » Gale fit une pause, gratifiant sa camarade d’un regard faussement désemparé. « Il a commencé à m’assommer de questions plus idiotes les unes que les autres ; entre autres, il n’a pas cessé de me demander quelle était la fille du lycée qui habitait tous mes fantasmes… J’avais beau lui dire que j’étais nouveau, que je ne connaissais personne ici, il ne voulait rien entendre. Et puis, à bout de patience, j’ai fini lui lâcher le prénom de la seule personne que j’avais rencontrée ici –toi. » expliqua le blondinet d’une traite, baissant en même temps son regard vers le sol pour éviter d’assister à la réaction de Cat. Il termina sa phrase dans la foulée pour ne pas laisser naître le moindre silence désagréable : « Et, tu n’imagines même pas le regard noir qu’il m’a jeté à ce moment-là. J’ai même cru qu’il allait me sauter dessus ! Finalement, il m’a raconté que je n’étais pas ton genre de garçon et que de toute manière, il avait déjà jeté son dévolu sur toi le premier. Enfin, ça n’étaient pas ses mots exacts mais je préfère t’épargner les détails. » dit-il, ses yeux toujours braqués vers le sol de la librairie. Enfin, relevant graduellement son regard vers la blondinette, il porta une main à sa chevelure décoiffée puis adopta un ton penaud. « Je suis vraiment désolé » .

Le jeune homme s’était pourtant promis de ne jamais parler de cette scène à la principale intéressée. Au fond, ça n’était pas simplement le fait qu’il ait mentionné le prénom de Cat qui le gênait, mais plutôt les termes exacts qu’avait utilisé Jacob pour évoquer la jeune fille. Sans la moindre retenue, il s’était évertué à la dépeindre dans ses moindres détails, soulignant curieusement ses formes corporelles et autres attributs avantageux qui en faisaient, selon ses dires, la femme de sa vie. Gale, profondément outré face à Jacob, avait préféré se taire et faire profil bas parce que, même s’il partageait l’avis du jeune homme concernant la beauté de la jeune blondinette, cette manière tout à fait grossière et déplacée de lui parler d’elle avait manqué de le mettre en colère. Pour quel motif précis ? Le jeune homme n’y savait trop rien, mais il s’était depuis employé à éviter soigneusement Jacob le plus souvent possible, rêvant occasionnellement de lui balancer ses quatre vérités en face et de gentiment lui demander de s’ôter toute idée sordide concernant Cat de la tête. Gale n’était pourtant pas dupe ; il savait qu’il se mêlait là de choses qui ne le regardaient pas et, même si la pensée de Jacob le mettait dans tous ses états, le pauvre garçon lui faisait tout de même un peu pitié. Devait-il donc s’en vouloir d’épargner ces fâcheux détails à Cat ? Il n’en était plus vraiment sûr.

La conversation prit toutefois un tournant inattendu lorsqu’Ecaterina formula une bien farouche hypothèse selon laquelle Jacob et lui s’étaient lancé dans un petit jeu consistant à s’attirer ses faveurs. Et, bien qu’une telle idée lui parût tout à fait farfelue –son sang ne faisait qu’un tour rien qu’à l’idée de devoir échanger le moindre mot avec cet empoté de Jacob- il ne put retenir un large sourire qui laissa paraître ses dents blanches. Il n’osa pas interrompre sa camarade et la laissa détailler son idée jusqu’au bout, croisant ses bras et penchant la tête, signe indubitable de son admiration. En effet, Gale admirait toujours autant les personnes jouissant d’une imagination débordante et, même si à cet instant celle de Cat lui jouait un tour, il ne pouvait réprimer ce sentiment. Plissant ses yeux lorsque la blondinet eut terminé, il s’empressa de prendre la parole pour dissiper un éventuel doute ; ses doigts tremblotant d’angoisse vinrent quant à eux recoiffer une mèche qui rebiquait. « Tu me crois capable de me lancer dans un jeu aussi stupide –avec Jacob en plus ? » répondit-il d’un ton inquisiteur, non sans afficher un sourire en coin et couler un regard vers sa camarade. « C’est mal me connaître » expliqua-t-il, adoptant une mine faussement déçue et hochant les épaules. « Je n’ai pas énormément d’expérience en la matière mais je crois savoir que, de toute manière, les filles n’aiment pas être l’objet de ce genre de jeux douteux » poursuivit-il en osant poser ses pupilles bleutées sur le visage de son interlocutrice. « Et même s’il est clair que tu es une fille à part, je doute que tu ne partages pas cet avis. » Gale, une nouvelle fois, se rendit compte qu’il avait parlé trop vite. Il voulut ravaler ses mots mais c’était trop tard ; il avait clairement fait comprendre à Cat qu’il voyait chez elle bien plus qu’une vulgaire fille. Serait-elle offusquée de cette remarque déplacée ? Le jeune homme ne tenait précisément pas à le savoir, et préféra détourner la conversation. « Cette histoire du parfum, raconte ! » .

Gale ressentit une pointe de curiosité chez son amie qui lui fit presque rosir les joues lorsqu’il fut question d’une potentielle petite amie. Que devait-il répondre, au juste ? Cat n’était pas sans savoir à quel point le blondinet était maladroit lorsqu’il s’agissait de parler avec les filles, s’agissait-il d’une ruse pour l’embarrasser à nouveau ? Ces questions faisaient encore leur chemin dans l’esprit du jeune garçon lorsqu’il lâcha sa réponse. « Il n’y a jamais eu de petite amie, pour tout dire. » Le blondinet ne savait pas si ces derniers mots suffiraient à la blondinette qui manifesta, semblait-il, un intérêt tout particulier à lire les fameuses lettres dont il était au départ question. Flatté, le jeune garçon sentit ses lèvres s’étirer pour esquisser, encore une fois, un large sourire. Il n’avait pas l’habitude de tout ça et craignait sérieusement que son image de garçon mystérieux en pâtisse pour de bon –même si vraisemblablement, Cat n’était pas du genre à se laisser duper de la sorte. « Je sais où est ton casier, ne t’en fais pas. » prononça-t-il en ponctuant ses paroles d’un hochement approbateur de sa tête. « J’espère simplement qu’aucun autre admirateur secret ne se manifestera entre temps. »

Le blondinet profita que sa camarade se dirige vers le fond de la boutique pour dégourdir ses doigts et aspirer de grandes goulées l’air. Il tournoya sur lui-même, les yeux plaqués vers le plafond, pour constater que l’orage au dehors ne désemplissait pas, et menaçait de confiner les deux adolescents encore un petit moment. Gale entreprit d’avancer dans le rayon tout en scrutant du coin de l’œil l’angle par lequel Cat venait de disparaître. Ce n’est que lorsqu’il se pencha au bout de la rangée pour chercher la blondinette qu’il perçut le son de sa voix ; celle-ci l'invita clairement à se confier au sujet de son arrivée à Lima, un souvenir qui restait malgré tout très douloureux pour le jeune homme encore fragile. Même s’il faisait suffisamment confiance à la jeune fille, ça n’était pas dans ses coutumes d’étaler ses problèmes et, lorsque la jeune fille vint pour le rejoindre, il répondit donc simplement. « Tu sais, ça n’est pas très passionnant. Disons simplement qu’un déménagement n’est pas une chose facile, surtout lorsque tu atterris dans un lycée comme McKinley. A ce propos, merci de m’avoir guidé, à mon arrivée là-bas –et ce malgré notre… hum, petit accident. » Gale ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir en repensant à cette journée qui s’était soldée par un bel hématome sur le front de la jeune fille. « C’est gentil. Je te promets que lorsque j’aurai besoin, je viendrai t’embêter avec mes petites histoires. En revanche, même si tu as l’air de sous-estimer mes talents de confident, sache que moi aussi, je suis là pour t’écouter » . Le jeune homme n’en croyait pas ses oreilles ; venait-il de proposer à Cat de l’écouter malgré le problème de communication dont elle venait de lui parler ? Ces paroles laissèrent place à une mine infiniment contrite, comme si Gale s’attendait en retour à une remarque sèche –mais méritée- de la part de sa camarade.

Son cœur s’accéléra lorsque la jeune fille, suite à sa requête, s’approcha de lui avec un badge à son nom en main. Tentant par tous les moyens de maîtriser son petit cœur mis à rude épreuve, il songea qu’avec un peu de chance, l’épaisseur de son sweat suffirait à camoufler les vibrations accélérées qui se propageaient dans toute sa poitrine. Pendant qu’Ecaterina peinait à épingler le fameux badge, Gale profita de sa grande taille pour admirer de très près la chevelure soyeuse qui se dressait devant lui, seulement quelques centimètre sous ses yeux. D’ici, il pouvait constater à quel point la symétrie des mèches et leur agencement était parfait –il frotta machinalement avec les doigts l’intérieur de sa poche pour essayer d’imaginer leur texture soyeuse, sans succès. Il ressentit aussi un agréable parfum en émaner mais, lorsqu’il entreprit de se pencher davantage pour identifier cette odeur, la jeune fille se recula quelque peu –elle avait finalement réussi à accrocher le badge. Gale trouvait d’ailleurs que cette insigne lui était tout à fait seyant et afficha un sourire hébété, fier. « Merci beaucoup ! Après ça je l’accrocherai dans ma chambre. En souvenir. » Puis, lorsque Cat tapota le badge avec sa main, le garçon sentit ce sourire se dissiper abruptement et ses yeux rencontrèrent presque aussitôt ceux de la jeune fille. D’aussi près, il ne pouvait s’empêcher de constater à quel point son visage aux traits fins était parfait et ses yeux envoûtants. Un étrange échange de regards qui prit fin lorsque la blondinette se recula pour de bon et se dirigea vers l’extrémité de l’étagère, donnant par la même occasion le signal de départ à son assistant. Ce dernier, encore un peu troublé, ne rechigna pas et s’avança timidement vers sa camarade. « Bien, par quoi est-ce que je commence ? »
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Ecaterina S. Robertson
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Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyJeu 18 Aoû - 0:48

Curieusement, les confessions de Gale concernant sa rencontre hasardeuse avec le reporter préféré de toute la blogosphère ne l‘intimida pas. Du moins, pas vraiment et elle se surprit même à rire, très brièvement. Bien sûr, le fait que Jacob raconte à qui voulait bien l’entendre qu’elle faisait partie de son top quinze des filles les plus jolies du bahut, avait le don de l’agacer, elle ne pouvait pas le nier ! Mais, de là à prendre toute ses propositions malsaines au sérieux, il ne fallait pas compter sur elle. Jacob était un petit farceur frustré, Cat -à défaut de pouvoir lui offrir une nuit en sa compagnie- pouvait au moins avouer qu’elle l‘aimait bien… de loin, de très très loin. Face à Gale, Cat ne put s’empêcher de piquer un fard, dès lors qu’il lui avoua avoir cité son prénom lors de ce premier échange, tout simplement fatigué par l’afflux de questions que lui imposait Jacob, l’indiscret. Habilement, elle détourna le visage pour dissimuler à son camarade la couleur trop soutenue qu’avait soudain prise ses pommettes. Toutefois, cette gêne se dissipa rapidement, sa respiration se calma lentement et laissant place à toute une panoplie de signes qu’elle ne savait pas interpréter (mains moites, bouche sèche -elle cessa de les lister mentalement quand elle se rendit compte que son estomac s’était inexplicablement contracté-), elle préféra enchaîner avec un dialogue amusant qui dissimulerait aux yeux de l’adolescent, cette sensation étrange qui se répandait dans tout son corps.

Si la pluie pouvait masquer les pulsations trop vives de son cœur, elle ne pouvait pas la distraire au point d’ignorer les douces pupilles de son interlocuteur. Ses yeux, d’un bleu profond -moins clairs que les siens, certes mais, tout aussi inquisiteurs- la troublaient bien plus que ce qu‘elle n‘aurait voulu. Ecaterina ne savait pas pourquoi, ni ce que cela pouvait bien signifier au juste et soucieuse de mettre le doigt sur ce qui pouvait bien l’intriguer en lui au point d’en être désorientée, elle le fixa un court instant et sourit simplement à sa révélation, gardant dans un coin de sa tête ce détail qu’elle n’hésiterait pas à utiliser contre lui. Aussi, elle se contenta de hausser les épaules quand il s’excusa et, souhaitant consolider cet instant de complicité, elle lui raconta à son tour une anecdote concernant Jacob. Gale sauta, lui, sur l’occasion pour se dépêtrer de sa révélation et Cat fronça les sourcils quand elle se rendit compte que, éclaircir l’histoire du parfum serait un peu trop hum… bizarre. De ce fait, elle fit basculer son visage et fronça les sourcils, trouvant subitement le sol particulièrement intéressant.

« Hum, hum, trop gênant. » dit-elle en secouant la tête en signe de dénégation, un demi sourire se dessinant au coin de sa jolie bouche. Ecaterina voulu glisser une mèche de cheveux derrière son oreille mais, ses petits doigts se refermèrent sur du vide -bon sang mais, oui. Ils étaient attachés maintenant !- Se sentant cruche, la jeune fille frôla sa nuque du bout des doigts histoire de se donner une contenance et baissa la tête un peu plus puis, une nouvelle fois, elle regarda Gale tout en tachant de paraître aussi détendue et naturelle que possible « Mais, je suis surprise de savoir que Jacob pense encore que mon type de garçon lui ressemble comme deux gouttes d’eau. C’est pathétique, le pauvre. » Son regard scruta la moindre des expressions de Gale et concentrée, elle plissa les paupières. Pour la première fois, Cat s’intéressa aux cheveux de l’adolescent -son sourire s’élargit. Fière de sa trouvaille, elle replaça les pans de son gilet convenablement et croisa les bras dans une expression ouvertement malicieuse « Je crois qu’il sous-estime le pouvoir de persuasion de ta coupe de cheveux. Je suis conquise. » Penchant le visage, elle suivit avec attention les mouvements compliqués des cheveux du jeune homme d‘un œil presque avide. Riant quelques secondes, Cat détacha son regard et enfin, tourna la tête sur sa gauche. Sentant son pouls retrouver une allure normale, elle soupira.

Quand il répondit à sa question sur une potentielle petite amie, la sincérité avec laquelle il prononça sa phrase désarçonna la jeune blonde. Pourtant, Cat était réellement persuadée qu’avec ce physique et cette attitude, il était du genre à attiser la curiosité des jeunes filles en fleurs. C’est vrai, Gale avait toutes les qualités requises pour plaire aux filles de leur âge -et même au-delà-. D’ailleurs, l’adolescente s’interrogea : est-ce qu’elle aussi faisait partie de ces filles qu’il ne laissait pas indifférentes ? Évidemment, elle connaissait déjà la réponse et d‘un coup d‘œil rapide, elle le toisa discrètement sous ses longs cils. Brusquement alors, elle jugea qu’il n’était pas encore temps de s’attarder sur ce genre de détails futiles et chassa ses questions grotesques de son esprit. Néanmoins, elle se sentait stupide d’avoir fait preuve d’autant de zèle parce qu’elle s’attendait à ce qu’il lui retourne la question et que, contrairement à lui, elle n’aurait pas répondu aussi facilement et avec autant d‘honnêteté. Cat non plus n’avait pas de petit ami, elle n’en avait jamais eu et c’était une chose qu’elle voulait garder secrète. Pour plusieurs raisons mais, là non plus, il n’était pas temps d’en faire l’inventaire. Douchée par la façon dont Gale s’adressait à elle -elle s’aperçut alors qu’il devait relativement lui faire confiance et incapable de lui rendre la pareille, elle culpabilisa. Maladroitement, elle opina du chef et prit le coche pour aller trifouiller à sa guise dans l’arrière boutique. Là-bas au moins, la blondinette aurait tout le loisir de se ressaisir sans avoir à affronter ses perçantes œillades.

Trop troublée pour être pleinement conscience des paroles qu’elle prononçait, la jeune fille réitéra sa proposition de se confier, à son camarade. Il lui avait pourtant déjà dit qu’il ne souhaitait pas réellement en parler et cela la chiffonna beaucoup qu’elle remette involontairement les choses sur le tapis. Surtout qu‘elle avait cru déceler de la nostalgie dans ses yeux, l’autre jour -chose qui la toucha, sur le moment et même encore maintenant, en y pensant-. Sérieusement, il fallait qu’elle retrouve ses esprits au plus vite. Tout ça commençait à lui taper sur le système, elle n’était plus la même, elle devenait trop tatillonne ! Contrariée, Cat savait qu’elle devait paraître écervelée, et sans qu’elle ne comprenne pourquoi, elle se mit à réfléchir à un moyen convenable pour rattraper le tir et paraître sous son meilleur jour. Écoutant d’une oreille attentive Gale lui faire comprendre avec tact qu’il ne souhaitait pas -encore une fois- s’étendre sur les raisons de son déménagement, elle le rejoint de son pas gracieux et tenta de détendre l’atmosphère -le sien, plus précisément- en rebondissant spontanément sur une de ses paroles ;

« Tes parents se sont inquiétés ? » demanda-t-elle très doucement, se baissant sur la table pour écrire le prénom de Gale sur le badge. Il lui avait dit que ses parents risqueraient fort de voir en ce petit hématome une raison de s’inquiéter de son sort. Penchée, les coudes frôlant la table, elle passa fébrilement un doigt sur son front -il n’était plus du tout douloureux- puis pinçant les lèvres, la blondinette tourna la tête vers lui pour expliciter sa question « Pour ton bleu. » précisa-t-elle, coulant un regard hésitant sur le menton du jeune homme. Battant des cils une seconde, Cat s’obligea à détourner le regard et se concentra à nouveau sur l’écriteau « Tu leur a dit la vérité ? » Son écriture soignée noircissant le support, elle plissa les yeux dans une expression faussement préoccupée « Ta mère doit me détester. » Soupirant exagérément, elle se releva lentement en soufflant sur l'encre pour qu'elle sèche plus vite « Rappelle-moi de ne jamais aller la saluer pendant les réunions parents/professeurs. » Ignorant volontairement sa proposition de se confier à son tour, Ecaterina épingla son badge sur la poitrine de Gale et échangea un intense regard qui ne calma pas le semblant d’émoi dans lequel elle se trouvait et promptement, elle se détourna pour reprendre le travail et s’attela rapidement à ranger quelques livres.

« Hum, tu n’a qu’à prendre ces livres, là-bas » lui répondit-elle, désignant du menton une pile disposée plus loin. Resserrant des deux mains son chignon défait, elle laissa ses bras retomber négligemment le long de son corps. Juchée sur la vieille marche de bois, elle se retourna alors pour lui faire face. Presque à la taille de Gale maintenant -quelques centimètres à peine la séparait de sa hauteur précise-, il s’approcha d’elle et ses pupilles se posèrent instantanément dans celles du jeune homme. Officiellement, Cat pouvait admettre qu’elle ne parvenait plus à les éviter. Soutenant son regard, elle cligna des yeux plusieurs fois, hébétée avant de les redescendre tout doucement. Timidement, elle observa les détails de son visage qu’elle n’avait pas eu l’occasion de voir à cette hauteur, ni d’aussi près. Ecaterina avait été confronté à pas mal de beaux garçons au cours de sa vie mais, elle devait avouer que Gale ne se débrouillait pas trop mal lui aussi ; elle adorait ses yeux -leur couleur, leur forme- mais, pas seulement. Fermant brièvement les siens, elle retint sa respiration. Souriant graduellement, elle s’apprêta pourtant à dire quelque chose mais, ravala ses mots au dernier moment. Un temps, Cat resta silencieuse avant d’oser murmurer dans un souffle succinct « Cincinnati. » Quittant avec difficulté son observation, la jeune fille releva les yeux en étirant son sourire, légèrement « Tu m’a demandé d’où venait mon stupide accent, la dernière fois -Cincinnati. » répéta-t-elle en insistant sur le nom de sa ville natale. Ecaterina ferma les paupières, et frôla son front en baissant la tête, visiblement gênée. Elle ne voulait pas le regarder une nouvelle fois, pas d'aussi près. Elle était persuadée qu'il pouvait entendre son cœur battre de là où il était et cela ne fit que le faire battre encore plus fort. Raisonnant sans avoir de plan précis en tête, elle descendit de sa marche -il était hors de question qu’elle n’y remonte, elle devait garder les pieds sur terre maintenant- et ajouta promptement, balbutiant à moitié :

« Je, hum… j’ai une idée. » Se mordillant la lèvre inférieure, elle tordit ses doigts avant d’obliquer vers Gale et lui sourit, nettement. Contre toute attente, alors qu'elle s'était retrouvée si confuse plus tôt, Cat parut plus détendue. Mieux : elle donnait l’impression d’avoir baissé sa garde « Un jeu, c’est de l’improvisation. On va passer pas mal de temps ici, je crois alors… » L'orage au dehors appuya ses dires et enroulant sa main autour de son cou, la blondinette se laissa glisser sur le rebord d’une table à côté d’elle et expliqua posément « Je te raconte quelque chose de personnel me concernant et en échange, tu me racontes quelque chose de personnel te concernant. C’est aussi simple que ça -je commence. » Se dandinant un instant pour s’asseoir convenablement sur la table, Cat regarda le plafond dans une profonde expression de réflexion et se redressa, tapotant ses doigts sur sa nuque chaude « Mon second prénom. Sara -attends » dit-elle et arquant un sourcil, elle fixa Gale puis se stoppa brusquement. Récupérant sa main, elle la posa sur l’une de ses cuisses puis la tendit devant elle pour marquer sa pause « Tu préfères poser les questions peut-être ? » Furtivement, Cat se mordit les lèvres en roulant des yeux « Je te préviens, je serai plus tentée d’éluder si c’est le cas et tu as dû t’en rendre compte, je suis plutôt douée en la matière. » Balançant ses jambes dans le vide, elle reposa ses pupilles claires au devant et les vrilla une seconde plus tard sur le garçon qu'elle balaya des yeux, pinçant plus les lèvres. Haussant les épaules, Cat fronça le nez avec espièglerie et appuya ses paumes contre la table qui la supportait « Alors, partant ? »
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyDim 21 Aoû - 1:58

En proie à une appréhension insoutenable qui le rongeait de toute part, Gale ne pouvait s’empêcher de scruter la jeune fille avec l’espoir que, de cette manière, il pourrait déceler le moindre indice qui trahirait la réaction qui suivrait. Quelques semaines plus tôt, le blondinet l’avait ouvertement complimenté au sujet de sa chevelure et, sans qu’il ne sache vraiment pourquoi, celle-ci avait presque immédiatement rebondi sur ses propos pour souligner leur caractère tout à fait déplacé. A cet instant, le jeune Hemmens craignait une remarque similaire et, si son effort d’observation ne portait pas ses fruits, c’était incontestablement cette attente de réponse –terriblement longue, trouvait-il- qui faisait s’emballer son petit cœur encore davantage. Gale, songea-t-il, avait fait l’effort louable de dire la pure vérité à sa camarade ; ne méritait-il donc pas ne serait-ce qu’un peu de mansuétude à son égard ? Très vite, cette question s’extirpa de son esprit lorsqu’il crut voir rougir sa camarade ; il ne put toutefois s’en assurer, la blondinette avait presque aussitôt tourné sa tête. Se pouvait-il que ses petits yeux soient chamboulés au point de lui jouer un mauvais tour ? L’énigme Ecaterina promettait de lui donner plus de fil à retordre qu’il ne l’avait escompté.

Glissant sa main contre sa nuque et creusant avec ses doigts dans sa chevelure, l’air embarrassé, le jeune homme attendait sagement l’explication de sa camarade concernant cette fameuse anecdote du parfum –en vain. La jeune fille sembla vouloir éviter de lui raconter les détails ; Gale resta quant à lui sagement attentif, abandonnant l’idée d’insister une deuxième fois. A travers ce genre d’attitude, le jeune garçon se reconnaissait beaucoup en la jeune fille –lui aussi était plutôt doué pour tourner les conversations à son avantage ou encore éluder subtilement des questions trop gênantes. Lorsqu’il ne s’agissait pas de parler avec la blondinette elle-même, naturellement. Curieusement, ce sentiment jouait pour beaucoup dans la confiance que semblait accorder l’adolescent, habituellement méfiant, à Cat. C’était une jeune fille tout à fait à part, et même s’il savait que cette affection prématurée ne pouvait être réciproque, il savourait avec énormément d’entrain ces –hélas rares- moments passés en sa compagnie. Pourtant, la remarque de Cat qui suivit ne manqua pas de titiller l’esprit du jeune homme ; ouvertement, elle lui révéla que ses cheveux lui plaisaient. Sentant aussitôt ses pommettes rosir sous le coup de la flatterie, ses yeux se réfugièrent subitement sur le sol ; il parvint malgré tout à répondre intelligiblement d’un ton grêle, visiblement gêné. « Merci, c’est gentil » lui adressa-t-il, caressant par la même occasion ses cheveux, toujours décoiffés. Il ôta toutefois rapidement ses doigts arrivés à mi-hauteur, craignant de faire changer d’avis sa camarade.

Rien ne gênait Gale dans le fait de confier à son amie qu’il n’avait pas de petite amie qui l’attendait sagement à Vernon, sa ville natale. Il n’estimait pas cette information comme honteuse et savait, de toute manière, que la blondinette ne se permettrait pas de le juger. Le blondinet avait, depuis longtemps, laissé tomber tout espoir de trouver une fille avec qui il pourrait passer des moments complices sans qu’elle le fasse souffrir par la suite –et jusqu’ici, cette résolution lui avait plutôt bien réussi. Ses amis avaient beau pointer du doigt cette curieuse réticence pour les relations amoureuses, Gale estimait avoir une chance inouïe de ne pas devoir endurer quelques douloureuses peines de cœur. Il savait pourtant au fond qu’un jour ou l’autre, cette solitude finirait par lui peser, mais pour l’heure, le célibat lui réussissait plutôt bien ; et son statut encore fragile au lycée ne faisait certainement pas de lui le garçon que toutes les filles veulent s’arracher, dieu merci. Quant à retourner la question à sa camarade, Gale y songea sérieusement, mais il réprima cette envie par simple précaution –il savait nonobstant sa propre situation qu’il s’agissait là d’un sujet sensible.

Une fois que son badge fut épinglé sur son sweat toujours trempé aux manches, regardant s’éloigner de quelques mètres son amie après un intense échange de regards, le jeune garçon s’intéressa davantage à l’objet accroché à son vêtement. Etirant ce dernier avec attention, il pencha obliquement la tête pour admirer son patronyme retranscrit dans une encre noire avec une écriture tout à fait surprenante ; et pour cause, le garçon n’avait pas pu s’empêcher de remarquer que sa camarade était gauchère. « Très jolie, ton écriture. » formula-t-il à l’attention de Cat, tout en relevant sa tête pour poser son regard face à lui. Il n’attendit toutefois pas de réaction de la part de sa camarade qui, de son côté, venait de le questionner à propos de ses parents. Il enchaîna donc avec un sourire pendu aux lèvres, frottant du bout des doigts son nez joliment sculpté. « Je leur ai raconté ce qu’il s’est vraiment passé. » dit-il en ricanant sa raison apparente –ce jour-là, il s’était pourtant juré de ne pas leur dire la vérité. « Et, crois le ou non, mais ils se sont gentiment moqué de moi ! » le jeune homme adopta un air bougon, signe indubitable que cette réaction plutôt rebutante restait même à ses yeux un grand mystère. « Oui, je sais ce que tu te dis ; quel genre de parents oserait faire ça ? Je n’en sais rien moi non plus, figure-toi. » ajouta-t-il d’un ton enjoué –cette réaction, malgré ses dires, l’avait surpris dans le bon sens. « Ne t’en fais pas, j’ai raconté ce que tu as fait pour moi à ma mère. » lui dit-il, retrouvant peu à peu son sourire contrit. « Si tu lui parles un jour, je suis persuadé qu’elle t’invitera à dîner à la maison un de ces jours. Elle était tellement ravie que je lui parle de `la fille qui m’a guidé jusqu’en cours` qu’elle n’a même pas remarqué mon bleu. » acheva-t-il sur un ton péremptoire, faussement vexé, levant son regard pour faire mine d’examiner le plafond en détail.

Bien décidé à donner un sens à sa présence, Gale suivit les ordres de son amie et s’avança pour saisir la pile de livres qui lui était assignée. Toutefois, sa démarche fut interrompue par un second échange de regards, plus intense cette fois-ci, durant lequel le jeune homme ne put se résoudre à esquiver les pupilles limpides de sa camarade. Face à face, presque à hauteur identique, les adolescents s’observaient silencieusement ce qui ne manqua pas d’accélérer le rythme cardiaque du jeune homme –son cœur, il en était persuadé, faisait de vifs bonds sous sa poitrine comme il n’en avait jamais encore fait. Le blondinet, de nouveau troublé, serra sa mâchoire et se força à reculer de quelques millimètres son visage –en dehors de ses cours de théâtre, il n’était pas habitué à sentir une personne aussi proche de lui. Sa camarade, quant à elle, brisa le silence en lui révélant un détail qui lui sembla confus dans un premier temps, du moins jusqu’à ce qu’elle s’explique. Cincinnati était donc la ville où la jeune fille avait grandi ; une information qu’elle avait refusé de lui communiquer pour leur première rencontre. Se refusant le droit de lui demander toute information supplémentaire, Gale gratifia simplement l’adolescente d’un regard concerné. « J’aime beaucoup ton accent, tu sais. » lui avoua-t-il avant de tourner précipitamment sa tête en direction de la pile de livres qui l’attendait. Une fois qu’il fut retourné, tournant dos à Cat, il ne put se retenir de plisser les yeux et se mordre une lèvre, songeant à quel point son commentaire n’était certainement pas le plus réconfortant qui soit. Il s’empara des livres et disposa la pile à l’endroit indiqué par son amie ; il savait se montrer au moins utile pour quelque chose, dans cette histoire.

Tentant de se concentrer par tous les moyens sur sa tâche, Gale écoutait d’une oreille intriguée la proposition de jeu faite par Cat. Il ne savait pas vraiment ce qu’il devait en penser et se contenta d’acquiescer, amusé par l’invitation qui lui faisait-là sa camarade. Les règles étaient simples, les conditions de la jeune fille aussi, le jeune homme n’avait plus donc qu’à dénicher des questions qui lui permettraient d’en apprendre un maximum sur celle-ci –sans dépasser certaines limites, il en était pleinement conscient. « Pas de second prénom, de mon côté » précisa-t-il, notant dans un recoin de son cerveau la réponse de sa camarade. Il frotta son menton du bout des doigts, avant d’ajouter : « En revanche, je sais que mes parents voulaient m’appeler Georges, au début. J’estime être plutôt chanceux au final » confia-t-il d’un ton amusé, roulant des yeux pour accentuer ses propos. Aussitôt, une idée lui vint en tête « Hummm… Est-ce que tu as une passion cachée ? » lui demanda-t-il, une pointe d’intérêt faisant briller nettement ses yeux. Il estimait sa question raisonnable. « J’aime beaucoup la musique, moi. Je suis un peu né dans une famille de musiciens ; mon père m’a transmis sa passion pour la guitare et ma mère, celle du piano. Il m’arrive même de chanter quand je suis seul, mais ma voix n’est pas géniale » renchérit-il, s’appuyant légèrement contre une étagère stable. Ce petit jeu promettrait d’être fortement intéressant, en fin de compte.
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Ecaterina S. Robertson
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Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyDim 21 Aoû - 20:03

Entendre Gale parler de ses parents avec autant de tendresse ébranla la jeune fille qui s’efforça d’esquisser tout de même un sourire histoire de faire bonne figure. Ecaterina imaginait très clairement la complicité qui devait les lier et bien qu’elle tachait de ne pas s’en retourner, elle devait admettre qu’elle était envieuse de ce rapport sain qu’ils devaient entretenir -très envieuse. Bien sûr, elle ne pouvait pas en vouloir au jeune homme d’étaler avec enthousiasme sa relation parfaite avec ses parents, il ne savait rien d’elle, de son histoire et même si cela était difficile pour elle de lui accorder cette faveur, elle décida de ne pas lui en tenir rigueur. De toute façon, elle se sentait incapable de lui en vouloir, pour quoi que se soit. Malgré tout, elle se surprit à vouloir les rencontrer au moins une fois pour ne serait-ce que vérifier si le jeune homme ressemblait à l’un d’entre eux. Gale devait connaître ses parents par cœur, il devait partager des moments avec eux et faire toutes ces choses normales qu’un ado normal était censé apprendre de leurs expériences et de leurs bons conseils prodigués avec application. Ecaterina connaissait mal son père. Bien sûr, elle se sentait proche de lui et partageait même quelques-uns de ses traits de caractère -entre autres. Seulement, elle n’était pas convaincue par cette relation à distance. La jeune fille l’aimait tellement que, parfois, elle regrettait sincèrement d’avoir fait le choix de ne pas vivre avec lui et sa nouvelle famille et même si elle tachait de ne jamais en parler, cela la faisait souffrir. Bien plus que d’avoir été privé d’une mère digne de ce nom : ils étaient de parfaits inconnus. Formuler cette évidence à haute et intelligible voix était au dessus de ses forces mais, cela ne l’empêchait pas d’y penser très souvent et force est d’admettre qu’il s’agissait là d’une vérité, elle vivait avec… péniblement.

Tentant néanmoins de ne pas se laisser trop perturber par les paroles du jeune homme, elle choisit de prendre les choses du bon côté et secoua discrètement la tête pour retrouver une contenance en même temps que son sourire lumineux. Se retournant vers lui, elle lança alors « La fille qui t’a guidé jusqu'en cours, hein ? » Dans un plissement de paupières furtif, elle pinça les lèvres aussi vite et le pointa de l'index, l'expression taquine « Je pensais que j’étais celle qui habitait tout tes fantasmes ? Il va falloir que tu fasses un choix quant à la façon dont tu veux me qualifier auprès des autres. » Frôlant de son doigt ses propres lèvres avec indolence, Cat lui lança un regard espiègle puis, en le détournant, elle laissa échapper un petit rire succinct puis termina de sa voix éraillée « C’était trop facile, excuse-moi. » Et elle rangea deux livres d'un même chef, les glissant délicatement sur l’étagère. Ecaterina se sentit pourtant obligée de préciser avec une pointe de ruse « Enfin, la fille qui t’a guidé jusqu'en cours acceptera l’invitation volontiers. Cela dit, si ton père te ressemble, elle ne sait pas si elle réussira à rester concentrée… » Marquant une courte pause en rangeant un autre livre, elle se mordit la lèvre brièvement -elle avait parlé un peu trop vite et elle le regretta aussitôt en se gratifiant de jurons mentales- et continua sur le même ton « Mais, je suis persuadée que ta mère se fera un plaisir de partager avec elle des souvenirs de toi de quand tu étais bébé. Tu sais, les photos et les vidéos embarrassantes que tu essayes à tout prix d'oublier ? » Soudain guillerette, elle conclut en se redressant de sa petite taille « Tu comprends qu’une opportunité de ce genre, ça ne se refuse pas. La fille qui t‘a guidé jusqu'en cours est très, très curieuse parfois. » Ecaterina retourna ses pupilles vers lui et l’observa regarder le plafond alors qu’il prenait une fausse mine vexée, appuyant ainsi son discours concernant la façon dont sa mère avait éludé le beau bleu qui avait orné son menton plusieurs jours. Profitant que son attention soit détournée, elle le regarda sans entrave avant de se concentrer de nouveau sur l'étagère et de tout faire pour garder la tête froide.

Son entreprise échoua lamentablement quand leur regard se croisèrent pour la deuxième fois avec une profondeur telle que la jeune fille fut obligée de descendre de sa petite marche, son cœur prêt à bondir hors de sa poitrine. Ecaterina ne savait pas s’il était conscient du pouvoir qu’avait ses yeux sur les autres -sur elle, en l’occurrence- et tenta tant bien que mal de calmer ses ardeurs, réfléchissant à un moyen de reprendre le dessus et de calmer les frissons -bien que pas tout à fait désagréables- qui lui parcourait l’échine. Rapidement, elle pensa à un moyen futé de garder le contrôle et proposa un jeu que Gale accepta. Se hissant sur la table, elle l’écouta lui raconter quelque chose sur lui et arqua un sourcil tout en passant promptement ses doigts sur son avant-bras pour apaiser son pouls.

« Georges ? » répéta-t-elle, incrédule « Dieu merci, ils ont vite retrouvé leurs esprits ! » Ne pouvant plus longtemps réprimer ce rire qui restait coincé au fond de sa gorge, Cat l’étouffa en se pinçant les lèvres fermement et posa davantage ses paumes sur le bois de la table. Gale lui demanda si elle avait des passions cachées. Cessant de rire, Cat pencha la tête sur le côté et le couva des yeux. Réfléchissant, elle tendit légèrement les bras, ses paumes heurtant avec force les rainures de la table. Elle se décolla d’un millimètre de la surface patinée, hésitante. Son camarade quant à lui, semblait plutôt à l’aise et argumenta sa question d’une longue phrase qui surprit la blondinette et préférant tout d’abord lui répondre avant de rebondir sur sa révélation, elle laissa son indécision de côté et concéda d’un ton clair qui fit raisonner dans toute la pièce, sa jolie voix « Les livres. Je suis une littéraire. Mon père est écrivain. » Cat cilla un moment en prenant une inspiration. Un sourire timide se dessina sur son visage et elle baissa la tête, triturant nerveusement le vernis à ongles qu’elle portait aux doigts « Je crois qu’il m’a transmis le virus. J’écris des choses, rien de transcendant bien sûr, je suis une ado ! » Un rire amer s’échappa de ses lèvres et elle continua, lentement « Mais, je suis fière d’avoir hérité d’un minimum de son talent. Il est vraiment doué, alors... »

Ecaterina laissa sa phrase en suspend alors qu’elle releva scrupuleusement les yeux tout en dégageant une mèche de son front d’un geste fluide. Le silence qu’elle imposa était bien plus significatif qu’une longue tirade : elle s’en rendit compte mais beaucoup trop tard. Même si elle était prête à faire confiance à Gale, Cat se jugeait bien trop sensible en sa présence pour oser se montrer telle qu’elle était chez elle avec son frère et même avec sa cousine, Lynn. Toutefois, quelque chose lui empêchait d’arborer cette carapace solide qu’elle s’était forgée, c’était embarrassant et privée de cette sécurité, la jeune fille se sentait trop vulnérable. Pourtant, elle ne pouvait pas se résoudre à retrouver cette distance qu'elle mettait autant de mal à respecter avec les autres, c'était étrange. Décidant brusquement de rompre la quiétude environnante, elle se leva de la table et se dirigea vers lui. La blondinette fronça les sourcils alors qu’elle revenait tranquillement sur les précédents propos du jeune homme.

« Tu t’entendrais bien avec mon frère. » dit-elle en s’approchant, balançant maladroitement ses bras d'avant en arrière. Une fois près de lui, elle fit un pas de côté et fit mine de ranger correctement quelques livres pour ne pas se laisser déconcentrer « Lui aussi est musicien, dans le genre passionné à la vie, à la mort. Sa seule petite amie, c’est sa guitare, il l’aime plus que tout. Plus que moi, j’en suis convaincue. » ajouta-t-elle dans un petit rire mignon et passant la main dans sa frange défaite, elle demeura face à l‘étagère, pensive. Évidemment, elle jugea qu’il était inutile de lui avouer qu’elle aussi avec des aptitudes pour le chant, ce n’était pas important. Dans l‘élan de la discussion, Cat osa retourner ses pupilles curieuses vers Gale « J’aimerais t’entendre juste une fois. » Lui avoua-t-elle avec sincérité, les sourcils légèrement haussés. Baissant le regard sur les manches encore très humides de son sweat, elle ne pipa mot. Sans préméditations, Cat posa sa main sur le bras de Gale, la laissant doucement glisser jusqu’à sa manche trempée et l’attrapant une fois que cette caresse -bien qu’elle s’obligeait à penser que ce contact furtif n’avait rien à avoir avec ça- prit fin, elle frotta le tissu entre ses doigts, frôlant subrepticement sa main au passage « Tu devrais peut-être faire sécher ton sweat. » souffla-t-elle et lâchant délicatement le bras du jeune homme, elle toucha son front pour la énième fois et se retourna aussitôt. Dos à Gale, Cat expira très lentement en fermant les yeux mais, ne s’éloigna pas et reprit confiance avant de lui faire face de nouveau et d’ajouter, la voix un chouïa plus aiguë « Et hum -et toi ? Tu en as, des frères et sœurs ? »

Sur un ton faussement détaché, elle se força à continuer leur petit jeu mais, Ecaterina commençait à ne plus supporter cette tension trop palpable entre eux qui obligeait son cœur à s’affoler bien plus que de raison et qui mettait sa respiration à rude épreuve -parce qu’à ce moment très précis, la pauvre fille avait l’impression d’être haletante-. Le fait qu’elle ne pouvait s’empêcher de le toucher la fit déplorer de s’être approchée de lui de nouveau. Elle qui pensait avoir un self-control parfait, elle devait bien reconnaître que ce n’était absolument pas le cas. De ce fait, passablement bouleversée, Cat fit mine de s’éloigner un petit peu et pour avoir les mains occupées -ses doigts étaient brûlants- elle retira un certain nombre de livres de l’étagère -alors qu’il n’y avait aucune raison qu’elle le fasse-, se hissant sur la pointe des pieds pour atteindre la plus haute étagère et prudemment, elle lança des petits regards en coin à Gale. Même si elle adorait sa présence et que cela la rassurait, elle se mit pourtant à prier silencieusement pour que la pluie cesse au plus vite.
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyDim 28 Aoû - 23:50

Même s’il n’osait pas l’admettre, Gale aimait ses parents plus que quiconque. C’était précisément pour cette raison qu’il s’évertuait quotidiennement à paraître pleinement satisfait de sa nouvelle vie, même au terme de journées particulièrement éprouvantes comme celles qu’il passait à son lycée. Il savait pertinemment que leur exposer la vérité ne pourrait rien changer et préférait faire d’eux des parents fiers et heureux plutôt que soucieux à son égard. L’avantage de sa rencontre avec Ecaterina, en revanche, était qu’il n’avait rien eu à inventer. Leur décrire la jeune fille, les conditions improbables de leur collision et l’aboutissement de leurs premiers échanges avait réussi à le donner du baume au cœur autant qu’à lui et, pour la toute première fois depuis leur arrivée, Gale leur avait parlé la conscience tranquille. Mais ça ne s’arrêtait pas là ; un autre détail avait joué pour beaucoup dans l’enthousiasme généré par cette rencontre. Cat était une fille et, de toute son adolescence, c’était la première dont il parlait à vive voix avec eux. Gale et elle n’étaient que de simples connaissances –des amis tout au plus-, le jeune homme en avait parfaitement conscience, mais il était aussi persuadé qu’il n’en fallait pas plus à ses paternels pour s’imaginer toutes sortes de scénarios visant à faire de cette jeune blondinette un poil mystérieuse son premier coup de foudre. Devait-il leur en vouloir pour ça ? Il ne pouvait s’y résoudre, et devait bien admettre que de voir à quel point ses parents avaient confiance en lui le flattait beaucoup.

Cat ne tarda pas à souligner la contradiction dans les propos de jeune homme, le rendant de cette manière un peu plus mal à l’aise, mais finit par s’excuser. Scrutant la jeune fille avec insistance, Gale se pinça la lèvre inférieure et ne répondit mot ; il était toujours un peu incommodé par cette habitude qu’elle avait prise de rebondir sur ses propos pour le taquiner juste avant de s’en excuser. Habituellement, ce genre de jeu était typiquement le sien et, même s’il encaissait avec beaucoup de calme les facéties de son amie, il se mit en tête d’échafauder un plan pour retourner la situation à son avantage. Seulement, alors qu’il venait tout juste d’entreprendre ses recherches, la voix de sa camarade se fit entendre à nouveau, l’empêchant de se concentrer plus longtemps. La manière dont elle accaparait son attention le consternait mais, il devait bien se faire une raison, il ne pouvait rien y changer. Le jeune homme ne put se retenir de ricaner bêtement à mesure que Cat poursuivait son discours, déclarant qu’elle serait ravie d’accepter l’invitation de ses parents pour, de cette manière, prendre connaissance de certains clichés compromettants. « N’y pense même pas » glissa-t-il avant de rire à nouveau. Il parvint à se maitriser avec difficulté et put rapidement poursuivre ses propos ; un large sourire illuminait toujours son visage et ses yeux demeuraient plissés. « C’est tout à fait le genre de choses que ferait ma mère, maintenant que j’y pense. Je suis fichu » lui dit-il en braquant son regard vers le sol, feignant un extrême dépit. Il profita de sa contemplation pour se reprendre et adopter de nouveau un air plus sérieux, n’oubliant pas de réagir à la remarque précédente concernant son père. « Mon père a les mêmes yeux que moi, d’après ce que les gens disent. Et mes cheveux me viennent de ma mère. Après en ce qui concerne la ressemblance… humm, tu en jugeras par toi-même ! » acheva-t-il avant de s’avancer pour saisir la pile de livres et commencer à prêter main forte à Ecaterina.

Sur le chemin la jeune fille lui proposa un petit jeu qu’il accepta volontiers ; lui qui ne demandait qu’à connaître un peu plus sa camarade, il ne pouvait décemment pas laisser filer une occasion pareille. Les questions débutèrent en douceur lorsque la demoiselle lui révéla qu’elle avait un second prénom ; Gale répondit quant à lui par la négative mais précisa toutefois le patronyme qui lui était préalablement destiné, suscitant un rire que Cat s’efforça de contenir. L’adolescent ne lui en voulait pas du tout, et à vrai dire, s’il n’avait pas été là question de lui, il aurait certainement eu la même réaction. « Ouais, mais parents ont l’air cools, comme ça. Mais parfois ils sont un peu vieux-jeu. » expliqua-t-il d’un ton plus neutre, haussant les sourcils et creusant avec ses doigts dans sa chevelure en remontant soigneusement depuis sa nuque vers le haut de son crâne. Il esquissa un sourire avant d’enchaîner sur une seconde question en demandant à Cat si celle-ci avait des passions cachées. Tout en reprenant ses aller-retour pour déposer les ouvrages aux endroits qui leurs étaient prédestinés, il s’engagea à répondre le premier à la question et révéla sa passion pour la musique transmise par ses parents. Il ne parut pas surpris lorsque son amie lui annonça que sa passion était la littérature ; il ne s’était donc pas trompé quant à la nature de son travail à la librairie. Un silence s’installa ensuite et Gale n’osa pas le briser –malgré cette irrépressible envie de la questionner à propos de sa passion. La jeune fille finit par reprendre la parole.

Cette dernière ne manqua pas de le surprendre en lui rétorquant qu’il s’entendrait certainement bien avec son frère –un frère dont il apprenait par la même occasion l’existence. Il s’empressa de répondre : « Ouah, ton frère à l’air doué. Je risque d’avoir l’air ridicule à côté. Mais s’il te ressemble, il y a de fortes chances pour qu’on s’entende bien, c’est certain » tout en s’imaginant dans son esprit à quoi pourrait ressembler ce fameux frère. Avant que le jeune garçon ne puisse revenir sur les précédents propos de Cat, celle-ci poursuivit et exprima le désir de l’entendre chanter une fois, ce qui fit sourire Gale. Il était honoré, mais beaucoup trop timide pour accepter la requête ; il formula donc une vague réponse tout en obliquant la tête. « Eh bien, je crois qu’avec l’épisode des photos, j’aurai déjà l’air suffisamment ridicule comme ça. Et puis, sérieusement, je chante très mal » . Avant de pouvoir laisser une chance à sa camarade de répondre quoi que ce soit, il poursuivit sa réplique « Je suis persuadé qu’en revanche, tu écris de très jolies choses. J’espère avoir la chance d’y jeter un coup d’œil, un de ces jours » souffla-t-il sans vraiment espérer de réponse positive en retour. Cat était tout proche de lui et le garçon n’osa pas la regarder directement ; son regard dut faire quelques détours avant de se poser sur les pupilles limpides de son amie. Sa présence, si près de lui, fit s’accélérer son cœur avec modération, cette fois-ci.

Peu après, Gale sentit Cat frôler avec douceur son bras ; le jeune garçon ne fit rien et coula simplement un regard en biais vers la zone de contact, serrant le bord de la table avec son poing comme pour éviter le moindre frisson compromettant. Son cœur s’accéléra de nouveau mais Gale ne s’en rendit pas compte, il était beaucoup trop concentré sur son bras pour remarquer quoique ce soit d’autre. Puis Ecaterina, après avoir ôté sa main lui conseilla de faire sécher son sweat avant d’enchaîner sur une nouvelle question. Gale répondit avec rapidité, son cœur retrouvant un rythme neutre. « Non, je suis fils unique. C’est dommage, d’ailleurs. J’aurais bien aimé avoir un frère Georges pour le charrier à longueur de temps » répondit-il avec humour, sentant son pouls revenir à la normale. En réalité Gale n’estimait pas avoir l’étoffe d’un grand frère. « Et toi, tu n’as qu’un frère ? Il est plus jeune ou plus âgé ? » ajouta-t-il avec intérêt, reconsidérant par la suite le conseil de la jeune fille concernant son sweat. Elle n’avait pas tout à fait tort ; Gale se sentait inconfortable avec ces manches imbibées d’eau qui lui collaient à la peau ; il se leva donc face à Cat, en attente de sa réponse et entreprit de se retirer le vêtement.

Attrapant de ses deux mains l’arrière du vêtement, il le souleva avec difficulté pour tenter d’extirper le tout par le haut, sans se rendre compte qu’il avait aussi saisi son tee-shirt. Gale songea qu’il devait avoir l’air bête, la tête cachée et les bras en l'air, et força un dernier coup pour libérer sa tête. Un curieux frisson lui parcourut la poitrine mais il n'y prêta pas attention. C’est seulement à l’instant où son visage fut de nouveau à l’air libre qu’il se rendit compte que son tee-shirt, collé au sweat, se trouvait lui aussi dans ses bras –sans évoquer ses cheveux, ébouriffés à souhait. Sentant son torse nu à l’air libre il entreprit, avec précipitation, de séparer les deux hauts et renfila son tee-shirt, tout penaud. Il venait littéralement de se ridiculiser et évita soigneusement de croiser le regard de son amie tout en tentant de recoiffer sa tignasse blonde. Cherchant activement comment détourner l’attention de la jeune fille, il reprit la parole d’une voix gênée ; « Dis-moi, quelqu’un vient te récupérer, lorsque tu auras terminé ? » demanda-t-il avec un réel intérêt dans sa réponse. Au dehors, la pluie continuait à s’abattre avec force sur le bitume et semblait bel et bien partie pour durer encore un bon moment. « Si tu veux, j’appellerai ma mère. Elle sera ravie de te déposer chez toi » . Gale n’attendit pas la réponse et retrouva sa place, à côté d’Ecaterina, faisant mine d’arranger une pile de livres qui se trouvait à sa portée. Il s’assura, pour éviter de se ridiculiser à nouveau, que son tee-shirt était bel et bien à l’endroit, et laissa échapper un soupir en guise de soulagement.
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyLun 29 Aoû - 21:35

Sur le moment, rencontrer les parents du jeune homme l’enchanta presque, mais elle ne mit pas longtemps avant de décréter qu’elle n’était pas douée dans cette discipline et que cela n’arriverait ô grand jamais -pas tant qu’elle pourrait l’éviter. Certes, elle était plus à l’aise avec les adultes. Ce qu’elle craignait, c’était que les parents en question ne la trouve pas assez bien pour fréquenter leur rejeton, pas assez digne de son attention. Cat n’avait pas de mal à s’imaginer assise face à des parents avides de la descendre et qui prendraient un certain plaisir à lui balancer des horreurs au visage entre deux cuillerées de purée faite maison. Franchement, devoir affronter leur regard inquisiteur, c’était la crise de panique assurée -l’enfer sur terre, un cauchemar éveillé ou toutes autres hyperboles bien pensées.

Au moins, si Cat devait trouver un avantage à avoir des parents soit mort, soit au loin, c’était qu’elle n’était pas obligée de faire passer ses amis par la case présentation en bon et due forme. Enfin, elle parvint à s’amuser de cette éventuelle rencontre quand il lui parla de ses parents ; Gale semblait être très attaché à eux. Souriant à la façon dont il répondait à ses propos, la blondinette évita de se trahir en ajoutant quoi que se soit en retour ; cette banale discussion devait prendre fin. Cat avait peur que Gale ne lui demande comment étaient les siens et s’ils s’entendaient bien. Autant dire qu’elle ne parviendrait pas à afficher un air aussi détaché quand elle lui avouerait que sa mère était un tyran et que son père s’était fait la malle pour lui échapper. Non, ce n’était définitivement pas une chose qu’ils devaient aborder maintenant.

Le petit jeu lancé sous son impulsion continua. Ecaterina était curieuse d’en apprendre plus sur Gale. Le courant passait vraiment bien entre eux (il fallait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte) et cette façon inhabituelle qu’elle avait de se laisser prendre au jeu chaque fois qu’il la regardait l’intriguait beaucoup trop pour qu‘elle ne l‘occulte -elle trouvait ça drôle ; il lui avait fallu plus que des mots échangés dans un couloir pour ressentir de l’amitié pour Finn ou même pour Quinn alors qu’il était clair qu’elle réussissait sans mal à considérer le jeune homme comme un ami après seulement quelques jours. Que ce soit réciproque ou non, ça n’avait pas d’importance à ses yeux. Toutefois, elle avait assez d’intuition pour avoir compris qu’elle ne le laissait peut-être pas indifférent. Dans le sens ou il ne se gênait pas pour lui retourner ses questions et rien d’autre bien entendu. Si elle avait pensé un jour donner autant d’informations sur elle, elle se serait sans doute mise à rire à gorge déployée. Néanmoins, c’était une bonne surprise et en fin de compte, elle commençait à trouver ça agréable.

Ce qu’elle trouvait moins agréable en revanche, c’était la façon dont son cœur s’emballait sitôt que ses pupilles se perdaient un peu trop dans le bleu soutenu des yeux de son locuteur. Cat n’était pas stupide : elle savait bien ce que cela signifiait. Elle n’était pas assez courageuse et sûre d’elle pour oser le formuler dans son esprit et espérait même que cela se dissipe avec le temps. Des spécimens comme Gale, il n’y en avait pas beaucoup en ville et encore moins au lycée alors sans doute qu’elle devait s’acclimater à sa présence, à sa voix chaude et à son regard -surtout à son regard. Ce qui l’inquiétait, c’était ce besoin inexplicable qu’elle ressentait de le toucher. Peut-être que c’était le signe d’une quelconque névrose -encore une- mais, elle se savait trop tactile avec les gens dont elle se sentait proche. Gale pouvait au moins avoir le plaisir de faire partie de cette catégorie de gens, fallait-il encore qu’elle le mette au courant.

Quand elle s’approcha de lui, Cat cita son frère pour rebondir sur sa confidence concernant sa passion pour la musique, elle pensait qu’ils s’entendraient bien. Dorian ne verrait pas Gale comme un ami au départ -surtout qu’il lisait en elle comme dans un livre ouvert et qu’il ne mettrait pas longtemps à pointer du doigt cette fulgurante amitié. Cependant, elle était convaincue qu’il l’accepterait au fil du temps et cela l’apaisa, réveillant doucement son assurance qui l‘avait quittée depuis l‘arrivée du jeune homme dans la boutique. Frôlant du doigt la tranche des livres qui s’étalaient devant elle, Cat esquissa un sourire quand Gale avoua que si Dorian lui ressemblait, il s’entendrait effectivement avec lui.

« On ne se ressemble pas, il est plus civilisé que moi… plus sociable. » dit-elle puis, se mordant la lèvre inférieure, elle inclina la tête une seconde et regarda brièvement le plafond en continuant avec ironie « Il est plus grand, aussi. » Haussant les épaules, elle prit une mine faussement sérieuse et déclara d’un ton plus caustique que solennel « Il a hérité des qualités de notre père. Et moi, de la beauté surfaite et de la froideur intersidérale de notre mère. Il m’arrive de le détester pour ça, mais il est cool… quand il veut. » Peu à peu un nouveau sourire se dessina sur son visage et elle se détourna pour concentrer ses pupilles sur les bouquins ; elle espérait que la vague description qu’elle avait faite de ses parents ne dissuade Gale de s’étendre sur le sujet.

« Menteur. » siffla-t-elle dans un murmure outré. Ecaterina se tourna vers Gale et appuya un bras sur l’étagère à sa hauteur tout en posant son autre main sur sa hanche gauche, amusée. Elle le fixa les paupières plissées alors qu’il s’évertuait à lui faire croire qu’il ne chantait pas aussi bien que ça. Sa phrase suivante la fit rire -lui faire lire ses écrits, même dans ses rêves les plus fous il ne fallait pas qu’il y compte- et baissant les yeux graduellement, elle fronça le nez en cherchant un moyen de retourner la situation à son avantage. Inutile de préciser que c’est très rapidement qu’elle trouva un subterfuge « Si tu me chante un petit quelque chose un jour, bien sûr, tu auras peut-être le droit d’y jeter un œil. » Haussant les sourcils, elle afficha une expression satisfaite « On appelle ça un échange de bons procédés. »

Cat aurait voulu s’excuser pour avoir osé franchir cette barrière, celle du contact ouvertement affectueux. Mais, elle ne voyait pas pourquoi cela serait nécessaire au juste. Il n’y avait rien de préjudiciable dans son geste et puis, elle s’inquiétait que ce sweat humide ne lui coûte un gros rhume après coup (comme si il devait toujours y avoir une séquelle physique chaque fois qu’ils se rencontraient). Évidemment, cela l‘embarrassa. Cependant, Cat ne parvenait même pas à se sentir un peu coupable d’avoir cédé à la tentation de le toucher de nouveau. Pourtant, elle s’éloigna quand même en lui posant une autre question, histoire de briser le silence et de se donner bonne conscience ; Cat ne se tracassa pas de savoir comment Gale avait bien pu percevoir cette furtive caresse et trouva même le fait de ne pas le savoir assez euphorisant. Enfin, il lui répondit en lui avouant être fils unique et la jeune fille opina tout en détachant ses longs cheveux dans la foulée.

« C’est fun d’avoir un frère -ou une sœur, c‘est pareil. » lança-t-elle, replaçant ses mèches en arrière. Elle glissa son élastique à son délicat poignet et réfléchit avant de continuer « Quand tu n’as pas d’amis à qui te confier, avoir quelqu’un sur qui tu es sûr de pouvoir compter, qui te connais assez bien toi et ton histoire pour te comprendre et t’épauler quand ça ne va pas, c’est apaisant. » se contenta-t-elle de formuler avec une certaine tendresse dans le ton. Hochant la tête en souriant, elle inspira une profonde bouffée d’air et répondit à son tour à sa question, reportant son attention sur les livres en désordre « Heureusement, nous ne sommes que deux ! » Elle se mit à rire bêtement, imaginant douloureusement comment les choses se seraient déroulées s'ils avaient été plusieurs dans la fratrie Robertson, mais cessa promptement de s'esclaffer et conclut « Je suis la plus jeune. »

Ecaterina remarqua que Gale hésita quand elle lui conseilla de faire sécher son sweat. Suite à sa réponse, elle tourna la tête, dégageant son visage d’une longue mèche et entrouvrit la bouche, s’apprêtant ainsi à lui poser d’autres questions ; c’est là qu’elle le vit retirer son vêtement. Maladroitement, il attrapa son tee-shirt en même temps laissant percevoir toute sa musculature à la jeune fille ; une légère bouffée de chaleur empourprèrent ses joues. Clignant des paupières plusieurs fois avant de détourner subitement le regard ainsi que sa tête, Cat ferma la bouche au passage et fronça furieusement les sourcils, tâtonnant avec incertitude les pages d‘un livre entre ses mains. Elle qui avait osé lui toucher la poitrine plus tôt, elle ne le regrettait plus du tout. Néanmoins, elle eu le tact de faire comme si elle n’avait rien remarqué (difficile, très difficile) et attendit qu’il la rejoigne. Elle dû le regarder, jetant un regard par-dessus son épaule. Ses pupilles détaillèrent ses cheveux en bataille et elle se mit à sourire discrètement ; son cœur se remit à battre trop fort et des fourmillements lui retournèrent son petit ventre, mais elle parvint très bien à le gérer.

« Donne-le moi. » lui demanda-t-elle ; sweat en mains, elle le contourna puis alla le poser près d’un radiateur plus loin. Sur le chemin qui l’emmena jusqu’à l’extrémité de la pièce, Cat pensa à une question, mais la voix grave de Gale résonna une nouvelle fois et souriant, touchée par sa proposition, elle revint près de lui, la main glissée dans ses longs cheveux libérés « Mon frère devrait passer me prendre. » répondit-elle un peu mal à l’aise de refuser sa demande -elle ajouta « Merci quand même. Une autre fois, promis. »

Mordant faiblement sa lèvre, Cat ne cessa de caresser la racine de ses cheveux, restant muette. Elle se rapprocha de sa place face à l‘étagère et grimpa sur sa marche de bois. Là, ce fut plus fort qu’elle « Gale ? » Sa voix lui parut encore plus grave et s’éclaircissant vite la gorge, elle laissa retomber sa main, balayant une ou deux mèches au passage ; elle ébaucha un petit sourire se concentrant sur un gros volume devant elle « Tu sais, je suis contente qu’on se soit télescopés dans le couloir pour ton premier jour. » Oui, c’était idiot, mais elle ne s’en tenait pas rigueur -elle était trop troublée, trop soucieuse et les cheveux tout ébouriffés de Gale n‘arrangèrent pas sa condition. Émettant un rire éraillé pour faire passer tout cela en douceur, elle osa enfin le regarder dans une expression authentique « Si ça n’était pas arrivé, on ne se serait jamais adressé la parole au lycée. » clarifia-t-elle timidement. Faisant naviguer ses yeux de par et d’autre du visage de Gale, Cat élargit son sourire et ferma les yeux subitement en fronçant fort le nez, baissant la tête d’un même chef, quelques mèches de cheveux suivant ce mouvement « Ne me regarde pas comme ça, c’est stupide, je sais… » Maintenant, elle n’était plus la Cat forte, arrogante et impassible, elle se laissait attendrir et ce n’était pas bon pour elle -pas bon du tout. Souriant encore, elle rouvrit les yeux. Souhaitant ne pas affronter le regard de Gale, elle descendit de sa marche et entreprit d’aller prendre quelques livres derrière lui. Lui souriant une dernière fois et quand elle arriva à son niveau, lui donna d’un petit coup de hanche pour tenter de le faire basculer sur son passage avant de reprendre son chemin ; plus sûre d’elle dorénavant, elle ajouta dans une vague d‘enthousiasme singulier « Je crois que je suis prête à croire un minimum au destin, finalement. »
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptySam 17 Sep - 22:13

Bénéficiant d’une imagination débordante, Gale ne put s’empêcher de gamberger sur la potentielle rencontre entre Ecaterina et ses parents. Jolie, intelligente, envoûtante… la jeune fille ne manquait pas de qualités qui les séduiraient et ça ne faisait désormais aucun doute : eux aussi finiraient par tomber sous son charme. Le blondinet en était tellement convaincu qu’il prit note de leur souffler lui-même cette idée de repas si elle ne leur venait pas spontanément. Satisfait, le garçon sourit bêtement et repoussa avec élégance une mèche qui flottait devant son front. Ses pensées se tournèrent brusquement vers son amie ; contrairement à lui, Cat ne semblait pas d’humeur à évoquer ses parents. Des questions se bousculèrent dans son esprit fouineur mais Gale préféra les étouffer promptement, ne jugeant pas qu’une telle indiscrétion fût de circonstance. Si la lycéenne préférait ne pas en parler, il songea qu’il devait y avoir une raison légitime. Il laissa donc la conversation prendre un nouveau tournant, profondément convaincu que le jour où la jeune fille se déciderait à se confier finirait par arriver –ses doutes semblèrent se confirmer en voyant l’aisance avec laquelle Cat changea de sujet.

Gale s’étonna lui-même en acceptant la proposition de sa camarade : répondre à des questions indiscrètes était une chose qu’il rechignait à faire, en temps normal. Ne sachant pas si le déluge au dehors ou le confinement avec la jeune fille pour seule compagnie y jouaient pour quelque chose, il se prit rapidement au jeu et s’évertua à rester sincère dans ses réponses ; il était donc foncièrement honnête lorsqu’il disait aimer la musique. C’est d’ailleurs avec un étonnement mêlé de joie qu’il accueillit la nouvelle concernant le frère de la jeune fille, et Gale se surprit à désirer le rencontrer en personne –mais pas nécessairement pour évoquer leur passion commune. Ecaterina et Gale s’entendaient plutôt bien, celui-ci estima donc que, si le garçon ressemblait à sa sœur, il pourrait peut-être espérer nouer une amitié. Cette lubie s’effaça cependant rapidement lorsque la blondinette expliqua à quel point son frère et elle divergeaient. Un poil déçu, Gale soupira discrètement ; il trouvait que la jeune fille parlait d’elle-même avec beaucoup de dureté et qu'elle était très injuste avec elle-même. Un sourire étira ses lèvres et il souffla ses mots avec taquinerie. « Je ne trouve pas que tu sois froide » dit-il en croisant les bras sur sa poitrine et serrant les poings. « Mais si ça signifie que j’ai le droit à un traitement de faveur de ta part, je suis flatté » . Son visage se teinta de gaieté mais ses yeux limpides lui donnaient toujours un air songeur. « Ta mère doit être une belle femme, si tu as hérité de sa beauté. Et puis tes yeux… » ajouta-t-il avec emportement, baissant subitement le regard après avoir subitement écarquillé les yeux. Il s’aventurait là sur un terrain dangereux et préféra donc conclure prestement, impatient de poursuivre une autre conversation : « ils sont magnifiques » .

Déglutissant, le jeune garçon se sentit soudainement submergé d’un étrange sentiment. Incapable d’en déterminer la nature avec exactitude, il continua son discours l’air de rien et retrouva –avec plus ou moins de difficulté- son masque impassible. Son regard crispé alternait entre le sol et le visage de son interlocutrice mais fut forcé de se concentrer uniquement sur cette dernière lorsqu’elle formula son marché concernant leurs passions respectives. Gale fut tenté de refuser la proposition de son amie mais détestait tout bonnement la perspective de ne jamais pouvoir lire le moindre de ses écrits, il prit donc le risque de lancer une réponse évasive, regagnant un sourire –plus discret cette fois-ci. « Très bien, ça marche. Par contre, je dois te prévenir que je chante exclusivement lorsque je suis sous la douche » commença-t-il avec malice ; une étincelle amusée dans ses yeux contredisait l’expression neutre de son visage. « Alors, à moins que tu ne veuilles aller faire un tour dehors, je crois qu’il te faudra attendre » . Il désigna d’un mouvement de tête la fenêtre qui laissait toujours paraître le temps déchainé à l’extérieur. Gale savait pertinemment que si Cat insistait, il ne pourrait pas lui refuser cette faveur –et, à bien y réfléchir, c’était plutôt ça que l’idée de chanter qui l’effrayait- et il fit donc mine de réfléchir tout en se caressant les cheveux, comme pour se donner bonne contenance.

Malgré ce qu’il voulait bien laisser paraître, Gale se sentait très troublé par ce deuxième contact physique –troisième, si l’on comptait leur collision- si furtif fût-il, avec Ecaterina. Mais cette gêne n’était pas désagréable par nature, et le jeune homme si peu habitué à de tels signes d’affection avec les jeunes filles, flottait d’allégresse presque autant que lorsqu’il était tombé amoureux de sa première maîtresse d’école. Il regagna toutefois suffisamment de sérieux pour répondre à la question de la jeune femme en avouant être fils unique. Cette dernière en profita pour lui préciser qu’elle était la plus jeune et qu’elle n’avait qu’un frère ; Gale acquiesça. Il entreprit par la suite de retirer, sous les conseils de son amie, son sweat-shirt mais regretta bien rapidement de se pas s’être ravisé après avoir involontairement ôté son tee-shirt par là même. Craignant tout commentaire indésirable sur ce léger imprévu, il garda son sang-froid et tendit son sweat à Cat lorsqu’elle le lui demanda et lui proposa de la ramener comme il souhaitait le faire depuis déjà quelques minutes. Le blondinet fut toutefois forcé d’afficher un sourire amer lorsque Cat déclina sa proposition en assurant que son frère en question devait passer la chercher. Gale était stupide ; c’était évident, que quelqu’un viendrait la chercher, il aurait dû y songer.

Le garçon suivit instinctivement du regard la jeune fille qui ne cessait de tripoter ses cheveux ; il n’y pouvait rien, ce véritable spectacle capillaire avait le don de capter toute son attention. Il fut malgré tout happé par la voix grave de sa camarade qui était désormais perchée sur une marche en bois ; avec beaucoup de tact, celle-ci lui expliqua qu’elle était contente qu’ils se soient rencontrés, nonobstant l’épisode du couloir pour le premier jour du jeune homme. La gorge de ce-dernier se noua sous le coup de l’émotion et ses muscles eurent l’air de se raidir –comme s’il se retenait, à grand-peine, de s’avancer et de faire une chose qu’il pourrait regretter. Il lança un regard profond à Ecaterina qu’il se surprit à vouloir envelopper dans ses bras. Il eut un mouvement de recul instinctif ; se laisser emporter de la sorte n’était pas une bonne chose à faire. Un silence gêné parut s’installer mais Gale trouva la force d’y mettre fin aussitôt ; il espérait avoir suffisamment retrouvé ses esprits pour éviter le moindre faux pas. « Je suis très content de t’avoir rencontré aussi, tu sais » déclara-t-il avec sérieux, pour contenir ce soudain trop-plein d’affection encore nouveau pour lui. « Et puis, si on ne s’était pas rencontrés dans le couloir, on l’aurait fait aujourd’hui. Ça ne fait que confirmer que nous étions faits pour nous rencontrer. » Sa tête se pencha sur le côté et ses yeux s’ouvrirent un peu plus, ils ne quittèrent pas ceux de la jeune fille. « Ça aurait certainement été moins violent et tu m’aurais peut être demandé de quitter la boutique, je te l’accorde » ajouta-t-il avant de baisser graduellement la tête pour marquer une pause puis reprendre. « Mais c’est comme ça, on était destinés à se rencontrer. Un jour ou l’autre. »

Gale leva les yeux devant lui mais fut interrompu pas un bruit qui lui était la familier ; dans sa poche, il sentit son téléphone portable vibrer en rythme. Après avoir expressément saisi l’appareil il fronça les sourcils tout en lisant les détails affichés à l’écran. Il leva les yeux vers Ecaterina et esquissa un sourire penaud. « Ma mère » expliqua-t-il en désignant d’un léger mouvement de tête l’engin entre ses mains. « Je trouvais curieux qu’elle ne s’inquiète pas de mon retard » . Il caressa de nouveau ses cheveux, embarrassé par les circonstances –et surtout de recevoir un message de sa maman, comme n’importe quel adolescent normalement constitué- mais trouvait amusant de faire partager ça à sa camarade. Il eut soudainement une idée en tête, et tout en fixant quelques instants son téléphone, hocha discrètement la tête plusieurs fois avant d’oser prendre la parole. « Dis-moi, au fait, on ne se connais pas depuis très longtemps mais… tu voudrais bien qu’on s’échange nos numéros ? » proposa-t-il avec hésitation tout en mordillant inconsciemment sa lèvre inférieure. « J’aime beaucoup nos rencontres inopinées, c’est vrai. Mais je trouve que ce serait bien qu’un jour ou l’autre, on puisse se fixer un vrai rendez-vous. »
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 06. Quand le hasard fait bien les choses.   06. Quand le hasard fait bien les choses. EmptyLun 19 Sep - 0:46

Ecaterina avait eu l’occasion de côtoyer des garçons au cours de sa carrière. Ce genre de jeunes hommes trop sûrs d’eux pour qui elle n’avait jamais éprouvé ne serait-ce qu’un peu de pitié. La jeune fille n’était pas étrangère à la présence masculine malgré le fait qu’elle ait été élevée par une femme. Les garçons –les hommes en général la fascinaient pour maintes raisons. Bien sûr, elle savait reconnaître leur défaut, mais elle aurait aimé avoir au moins un quart de ce flegme naturel qui émanait de chacun d’entre d’eux.

Peut-être était-ce pour cette raison qu’elle se sentait à l’aise, maintenant. Du moins, c’est ce qu’elle s’obstinait à croire car il était clair que cela n’avait rien à avoir avec ce fait : quelque chose de plus profond se tramait. Ecaterina le savait –elle l’avait su dès la première fois et c’est ce qui l’avait contrainte à garder ses distances, trop effrayée à l’idée que cette intuition ne s’avère être juste. Cela la perturbait. Pire : cela lui faisait peur parce que sa philosophie ne lui permettait pas de s’attacher à quelqu’un aussi rapidement et surtout aussi fort. Elle ne savait pas comment le gérer. Elle ne savait pas si c’était bien ou mal et si Gale ressentait la même chose en retour –ressentir quoi au juste ? Tout s’embrouillait dans son esprit et la pluie martelant les vitres ne l’aidait pas à éclaircir ce brouillard vicieux qui lui embrumait la tête. Gale et Cat avaient tissé un lien –quel qu’il soit. Il avait pris racine ici. Ecaterina pourrait tout faire pour s’en dissuader en tentant de l’étouffer pour ne pas s’y accrocher, mais ce lien était bien réel. Qu’elle le veuille ou non.

L’adolescente essayait de comparer leur relation avec celle qu’elle entretenait avec Finn. Histoire de grappiller encore quelques secondes pour renier l’évidence. En sa présence, Ecaterina n’avait jamais ressenti le besoin d’être proche de lui : c’est ce qui lui mettait la puce à l’oreille. Chaque fois que Cat faisait un pas en arrière pour s’éloigner de Gale, elle en faisait instantanément deux en avant pour se retrouver plus près de lui encore et sans l’avoir prémédité. Elle était attirée par lui, c’était indéniable. Ecaterina était épuisée de faire l’autruche avec autant de conviction alors que tout ces signes qu’elle n’avait pas su interpréter plus tôt lui criait d’arrêter de se voiler la face : elle devait l’assumer.

Son ton théâtral trancha avec le sérieux du jeune homme qui lui dit qu’il ne la trouvait pas froide. Surprise par le ton de sa voix, Cat le regarda en plissant les yeux. S’apprêtant à rétorquer du tac-au-tac, elle ouvrit la bouche en conséquence. Seulement Gale prit de l’avance sur elle –le fourbe. Penaude, la jeune fille se renfrogna dans une moue boudeuse et referma la bouche subitement en roulant des yeux, passablement agacée d’avoir perdu la bataille. Toutefois, son agacement fut de courte durée : Gale lui fit savoir qu’il était flatté de recevoir un traitement de faveur de sa part –si toutefois traitement de faveur il y avait. Cat resta muette et retroussa les lèvres, un peu contrariée: il n’avait pas tort. Elle agissait de cette façon parce que c’était lui et pas un autre. Le jeune homme avait mis le doigt sur quelque chose qu’elle tentait farouchement de dissimuler et cela l’embarrassait de savoir qu’il avait plus ou moins compris le subterfuge –quand est-ce qu’elle parviendrait à retrouver son impassibilité ?

« Était une belle femme. » reprit-elle dans un murmure absent, caressant du bout des doigts les livres devant elle. Cat tourna la tête vers Gale et esquissa un sourire triste avant d’expliciter dans un souffle rauque « Elle est morte, il y a deux ans. »

La jeune fille n’avait pas voulu casser l’ambiance. Ce souffle glacial qui lui parcouru le corps n’était pas seulement dû à l’isolation sommaire de la boutique, elle en était désolée et regretta d’avoir osé le dire à voix haute. Cela lui été venu inopinément, comme si elle avait eu besoin de le dire et de le mettre au courant de ce détail crucial alors qu’elle se cantonnait à ne jamais l’évoquer. Le sourire triste dont elle gratifia Gale fut sincère. Elle éprouvait de la tristesse en pensant que sa vie aurait été différente si sa mère était encore vivante aujourd’hui. Quel genre de fille était capable de penser une chose pareille ? Sa gorge se noua douloureusement alors que Gale lui lança un autre compliment –qu’elle ignora magistralement bien que son cœur se mit à battre encore plus rapidement.

« Hum, je vois. Est-ce que c’est une façon de m’inviter à prendre une douche avec toi ? » Souhaitant dissiper ce froid, Cat rebondit sur les propos de Gale. Dans un rire éraillé, elle se tourna vers lui en arquant malicieusement un sourcil « Tu comprendras que je suis obligée de refuser, Gale. Navrée. » ajouta-t-elle dans un soupir faussement déçu. L’expression de son visage prouvait clairement qu’elle plaisantait –ou pas d’ailleurs. Elle cru bon d’ajouter pour la forme « Cela dit… l’idée de te savonner les cheveux me tente… beaucoup. Tu me laisse la semaine pour y réfléchir ? » Elle ferma brièvement un œil et étouffa un léger rire –elle se retourna à nouveau pour s’intéresser à ses bouquins et laissa sournoisement le jeune homme gamberger sur la possibilité de répondre positivement à cette fausse proposition.

Ecaterina s’accorda une trêve dans ses plaisanteries douteuses et se concentra de nouveau sur ses livres. Gale resta un peu en retrait, suivant le conseil de la jeune fille de se défaire de son sweat humide. Un simple détour brusque de la tête fut nécessaire pour que son pouls ne s’affole quand elle remarqua qu’il avait maladroitement ôté son tee-shirt. Ecaterina avait décidé de faire preuve de tact. Il ne fallait pas qu’elle saute sur ce petit incident pour tourner la situation en dérision et le mettre mal à l’aise –elle avait assez fait de dégât pour ce soir : la jeune fille prit sur elle et tenta de se calmer. Chantonnant mentalement, elle s’efforça de faire comme si elle n’avait rien remarqué.

La conversation prit un tournant inattendu quand la blondinette jugea nécessaire de faire dans le sentimentalisme de couloir. Très sérieusement, elle avoua à Gale qu’elle était heureuse qu’ils se soient rencontrés. C’était vrai, sincèrement. Elle ne cherchait pas à ce que Gale la rassure en lui retournant la pareille –il le fit tout de même et buvant quasiment ses paroles, Cat fut incapable de rétorquer quoi que se soit tant son discours la toucha. Ses yeux détaillèrent son visage pour la énième fois de la soirée et baissant graduellement les pupilles, l’adolescente se surprit à fixer brièvement les lèvres du jeune homme. Elle savait ce que cela procurait de se faire embrasser quand on ne s’y attendait pas. Elle serra étroitement les lèvres en réfléchissant à l’impact que cela pourrait avoir si elle décidait de céder à ce désir fugace. Soudain, Ecaterina descendit de sa marche de bois et contourna Gale : il était urgent qu’elle se reprenne.

A l’abri du regard de Gale, Ecaterina ferma les yeux en bloquant sa respiration. La jeune fille n’était pas croyante, mais si Dieu pouvait lui venir en aide et faire un petit geste pour obliger Gale à quitter la boutique, elle promettait de se rendre au moins une fois à l’Église et de faire des petits gâteaux pour la vente de charité de la paroisse ! C’est à ce moment là que le téléphone portable du jeune homme vibra –alléluia ! Levant les yeux au ciel, la blondinette crispa les poings en signe de réjouissance et articula un silencieux « merci » en fixant le plafond comme une gourde. Gale l’informa qu’il s’agissait de sa mère. Cat se retourna et minauda :

« Oh, dommage. Tu dois vraiment rentrer ? » Hypocrite ! Il devait être bien content le Seigneur d’avoir engendré une pareille comédienne ! Cat se mordit la lèvre et s’approcha de lui lentement. Sa phrase la fit sourire et lui prenant son téléphone des mains, elle pianota rapidement sur les touches du téléphone avant de lui rendre du bout des doigts « A la lettre "F" comme "la fille qui m’a guidé en cours" ou comme "la fille qui habite tout mes fantasmes" –je te laisse choisir. » Élargissant son sourire, Cat le laissa récupérer son téléphone -elle ajouta alors en cherchant son regard « Je récupérerai le tien quand tu m’enverras ton premier texto. Ce que tu ne tarderas pas à faire, j’en suis convaincue. » Cillant légèrement, elle repoussa une longue mèche de cheveux quand Gale lui tourna le dos pour prendre la porte. Écarquillant subitement les yeux, Ecaterina lui attrapa le bras et le pointa du doigt « Oh, attends ! Ton sweat ! » Promptement, elle alla chercher le vêtement en question. Sur le chemin, elle vérifia si tout était bien sec et lui redonna en passant une main dans ses cheveux « Sec. Tu n’auras qu’à dire à ta maman que tout est de ma faute, encore une fois. Présente lui mes sincères excuses et rassure-la en lui disant que je ne confinerai plus jamais son fiston dans une librairie vieillotte un samedi soir –c’est juré. » Et elle leva la main droite pour prouver sa bonne foi.

Debout face au jeune homme qui tardait à partir, Ecaterina ne savait pas quoi faire : lui dire de ne pas courir sous l’orage et de faire attention aux vieilles dames qui lui proposeraient des bonbons aux passages piétons ? Puis quoi encore, il n’avait plus dix ans ! Tapotant ses paumes sur ses jambes, la blondinette hésita un moment. Elle le toisa soigneusement : elle avait envie de le faire. Et soudain sans qu’elle n’ait eu le temps de réfléchir à la façon dont il pourrait prendre ce geste –somme toute très courant, Cat s’approcha de Gale et l’étreignit maladroitement. Une simple accolade amicale qui eu pour effet de faire gonfler son cœur si bien qu’elle eu l’impression qu’il avait éclaté le temps de se détacher de lui. Le nez enfouit dans le col de son tee-shirt, elle retint sa respiration tout en fermant très fort les yeux puis, lâcha prise. Se retrouvant sur ses pieds, Ecaterina scruta sa réaction. Cependant, elle ne parvint à rien déceler –ce qui la frustra à un point tel qu’elle se sentit rougir. Forcée de faire bonne figure, l’adolescente alla lui ouvrir la porte ; elle lui lança quand il passa le seuil :

« Hum –fais… fais attention… » Fronçant les sourcils avec force, Cat secoua la tête pour retrouver ses esprits et le gratifia d’un dernier sourire en concluant avec douceur « Laisse-tomber. Bonne soirée, Gale. »

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