Choriste du mois


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 07. Fashion dérapage

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MessageSujet: 07. Fashion dérapage   07. Fashion dérapage EmptyVen 24 Juin - 20:34

La fin de l’hiver approchait. On était déjà début mars et la patience de Maddy commençait à être usée jusqu’à la corde. Quel mal la rongeait me demanderez-vous : celui de dévaliser la totalité des boutiques dans les environs bien sûr ! Avec la température qui se radoucissait, elle mourrait déjà d’envie de troquer bottes contre boots et manteaux contre vestes. Mais il y avait encore et toujours un obstacle de taille entre elle et les chaussures de ses rêves aperçues dans le Vogue de ce mois-ci : son salaire. Certes l’emploi de surveillante qu’elle avait réussi à arracher à Figgins sans grand lutte en février était stable et lui assurait des revenus fixes, mais il fallait voir quels revenus ! Lorsqu’elle avait reçu sa première fiche de paie à la fin de février ,elle n’avait pas pu s’empêcher de laisser échapper un petit rire nerveux. Elle se revoyait encore plantée dans le hall de son immeuble, le dos appuyé contre la rangée de boîtes aux lettres, les yeux écarquillés outre mesure. Il devait manquer un zéro. Et pourtant… elle n’était qu’au début de ses surprises, il fallait encore qu’elle fasse de savants calculs pour que tout rentre dans son budget : appartement, charges, téléphone, alcool… Les vêtements n’avaient tout simplement plus de place. Ça lui avait fait l’effet d’une bombe. Mad avait même hésité un instant à faire sa valise et repartir immédiatement pour la grande ville la plus proche. Deux semaines de service de nuit dans un bar lui rapportaient plus que ça ! La jeune femme était purement et simplement outrée. Et son amertume allait croissant lorsqu’elle s’imaginait contrainte de se vêtir comme les lycéens campagnards de McKinley. Elle avait été habituée à dépenser plus de la moitié de ce qu’elle gagnait dans de nouveaux vêtements à chaque saison profitant des avantages divers et variés qu’elle savait négocier auprès de ses amis. Elle avait une fois abandonné son appartement de Chicago et s’était installée sans complexe chez un ami simplement pour pouvoir s’acheter une paire de chaussures Jimmy Choo. Dire que Madeleine Wild était une accro au shopping était faible, cela faisait partie intégrante de son être. Et son humeur dépendait largement de la satisfaction de ses envies vestimentaires. Or pour le printemps qui allait pointer le bout de son nez d’ici quelques semaines à peine, la frustration allait être grande. D’où l’urgence de trouver un recours à une situation de détresse comme celle-ci.

Déambulant dans les couloirs comme une âme en peine, elle ne regardait personne en particulier, mais ses yeux s’arrêtaient sur chaque détail des tenues de la foule qui se pressait pour rentrer en classe avant que la deuxième sonnerie ne retentisse. Manque de goût, faute de goût, abomination, n’y avait-il donc pas une personne capable de sentir la mode dans ce fichu lycée ?! Tout était encore tranquille à cette époque de l’année, le championnat ne faisait que se préparer et les rumeurs ne grondaient pas encore. Maddy n’avait que peu de travail après qu’elle eut mis en pratique son système de répartition des tâches : faisant traiter tous les papiers administratifs longs et sans intérêt par les élèves qu’elle avait en colle, elle avait ensuite le loisir de paresser dans son bureau pendant de longues heures, et donc de ruminer sa frustration. C’était un peu avant midi qu’elle s’était décidée à bouger pour se dégourdir les jambes en faisant une dernière ronde avant que la cloche du déjeuner ne se fasse entendre. Pas de rebelle ayant séché les cours en vue, décidément il n’y avait rien qui puisse lui remonter le moral. Et quitte à ne pas pouvoir s’acheter de nouvelle tenue autant en profiter pour abuser du sucre ! À cette idée, elle tourna les talons sur-le-champ et la surveillante fila droit vers la machine à slushy la plus proche pour s’en remplir un plein gobelet. Alors qu’elle regardait la matière bleutée de la glace pilée au cola s’écouler doucement la jeune femme se replongea un instant dans ses souvenirs de lycée. Mad avait toujours été au sommet de la pyramide sociale jusqu’à présent. Lycéenne elle était cheerio, première de la classe, toujours la première à organiser des fêtes chez les autres, bref : elle tenait la tête de McKinley. Elle n’avait jamais elle-même pratiqué le jet de glace pilée sur les faibles n’y voyant pas le moindre intérêt. Pour la jeune Maddy soit on méritait son attention, soit on ne la méritait pas, et en ce cas on n’existait purement et simplement pas. Relâchant le robinet, elle laissa échapper un soupir. Ah qu’elle était loin cette époque dorée maintenant ! Mais comment avait-elle pu se laisser convaincre de s’embarquer dans une idée pareille : surveillante ! Elle en voulait presque à Désirée de lui avoir soufflé l’idée. Pour l’instant elle ne s’amusait pas du tout !

Elle avait repris sa marche, errant sans but dans les couloirs en quête de quelque chose qui attirât son attention. Puis la sonnerie retentit haut et fort et une masse de lycéens affamés à midi tapantes se rua en direction de la cafétéria. On voyait à la manière que certains avaient de s’habiller cher mais mal que leurs parents étaient aisés, mais que cet argent était bien gaspillé, ce qui piqua Mad à vif. La jeune femme pressait le pas pour se sortir de ce musée des horreurs vestimentaires quand son regard se posa sur une magnifique veste en cuir. Le cuir noir était mat, mais le travail était impeccable. La fermeture éclair était encadrée par une petite boucle en bas et une pression en haut qui fermait un col droit, laissé ouvert. Elle était légèrement cintrée, mais épousait parfaitement le corps de la personne qui la portait et à laquelle Mad n’avait pas encore accordé la grâce d’un regard. Elle était tellement absorbée par cette veste parfaite qu’elle ne savait plus quoi faire, paralysée au milieu du couloir, bouillonnant d’envie avec son slushy à la main. C’est alors qu’un drame se produisit. Complètement ébahie par tant de perfection, elle ne put réaliser à temps que l’élève venait d’entrer en mouvement après avoir claqué son casier, et en se retournant pour prendre la direction de la sortie, il heurta de plein fouet Mad qui était devenue spectatrice hallucinée de la scène. Le slushy, la veste, le cri qu’elle laissa s’échapper. Voilà comment elle vécut cet instant fatidique : elle venait de faire une énorme tache de granité sur la manche de la veste parfaite !

Reprenant vite ses esprits, elle posa son gobelet avec ce qui restait de slushy sur le sol et se jeta sur l’élève, qui s’avérait être un petit blondinet, pour le traîner en urgence près d’un point d’eau.
    Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu !

Mad perdait l’esprit : comment avait-elle pu tacher une si jolie veste ! Il fallait vite nettoyer ça pour éviter toute séquelle ! Elle n’osait même pas regarder le lycéen dans les yeux tant elle s’en voulait, pas tant pour lui dont elle se fichait encore éperdument, mais pour cette veste tombée tout droit du ciel qui risquait d’être ruinée par le sucre.
    Respire Mad, respire. Bon qu’est-ce qu’on fait ? Tu as de l’alcool ? Oui de l’eau… vite.

Elle marmonnait. Sa phrase n’avait ni queue ni tête, mais les idées défilaient bien trop vite dans l’esprit de Maddy pour qu’elle ne s’en rende compte et son idée de détacher la veste avec de l’eau et un peu d’alcool avait l’air d’être à des lieues de ce qu’elle venait de dire tout haut. Elle n’avait bien évidemment pas de quoi essuyer la tache ce qui la rendit d’autant plus hystérique, sous le regard apeuré de sa pauvre victime.


Dernière édition par Madeleine Wild le Lun 26 Sep - 2:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 07. Fashion dérapage   07. Fashion dérapage EmptyLun 27 Juin - 19:30

C'est avec un grand sourire au lèvres que Glenn arriva à McKinley ce jour là. Il avait non seulement été à New-York le week-end précédent où il avait littéralement dévalisé Macy's mais finalement, après des semaines de travail acharné, il avait enfin réussi à faire une veste en cuir ! Et c'était un véritable chef d'œuvre ! Toutes ces nuits à carburer au Coca et au Redbull avaient été payantes.

Fou de joie, il n'avait pas pu s'empêcher de la porter pour aller au lycée, fier de pouvoir montrer son talent. Les regards admiratifs que suscitaient la veste ne faisait que le rendre plus heureux encore. En plus, elle épousait parfaitement sa silhouette grâce au cintrage qu'il avait fait. Pour aller avec cette veste, Glenn avait décidé de porter un T-Shirt bariolé, un jean serré blanc et des bottes noires. Un chapeau melon blanc décoré d'une fleur rose psychédélique complétait sa tenue, lui donnant un air glam rock à tomber.

Évidemment, vêtu ainsi il ne passait pas le moins du monde inaperçu et il devait donc redoubler de prudence au cas où un dégénéré armé d'un slushie croiserait son chemin. Il était prêt à tuer quiconque menacerait sa tenue parfaite avec sa lime à ongle et une cuillère, en prenant tout son temps pour le faire souffrir. Il y avait consacré trop de temps pour laisser une brute la ruiner. Heureusement, il ne se passa rien de notable jusqu'à l'heure de déjeuner.

Contrairement à la plupart de ses camarades, il ne s'était pas rué vers la sortie mais avait pris son temps pour rassembler ses affaires et se dirigea vers son casier. Là, il échangea quelques bouquins et se recoiffa rapidement avant de se décider enfin à rejoindre le self. Il s'engagea dans la foule en fouillant dans son sac et ne vit donc pas la jeune femme planté au beau milieu de sa route, un granita à la main. Et l'inévitable se produisit.

Ils entrèrent en collision l'un dans l'autre mais Glenn ne sentit pas le choc. En revanche, il vit avec une acuité alarmante, comme dans une scène au ralentit, le liquide chimique s'échapper du verre en un arc parfait avant de se répandre sur sa manche. A cet instant précis, son cerveau court-circuita et il resta là, les yeux fixés sur l'abomination qui maculait sa toute nouvelle veste. Il cligna lentement des paupières et se prépara à hurler sur la personne qui avait fait ça, qui qu'elle fut, quand celle-ci le prit de cours.

La jeune femme blonde se jeta sur lui, une litanie de « Oh mon Dieu ! » s'échappant de ses lèvres. Avec une force étonnante, apparemment décuplée par l'hystérie dans laquelle elle sombrait, elle l'emmena jusqu'à la fontaine. Glenn, plus que surpris par cette réaction, se laissa faire sans rien dire, ne comprenant pas encore ce qu'elle voulait faire.

Elle ne cessait de marmonner des phrases inintelligibles en s'agitant autour de lui. C'est lorsqu'elle commença à parler d'alcool et d'eau que le blond comprit enfin ce qu'elle allait faire et, cette fois, ce fut lui qui commença à paniquer. Alors qu'elle approchait dangereusement sa manche en cuir sous le robinet, il décida d'agir avant qu'un drame n'ait lieu. A la vitesse de l'éclair, il arracha son bras de la poigne de la surveillante et leva les mains, comme pour apaisé un animal … ou un fou échappé de l'asile. Voyant comme elle était désolée, il ne pouvait pas lui tenir rigueur de l'accident mais inutile d'aggraver la situation.

-Mademoiselle, mademoiselle ! Calmez-vous, c'est bon tout va bien ! C'était un accident ! Mais, s'il vous plait, ne touchez plus à rien. Je ferais nettoyer la veste mais n'approchez surtout pas de l'eau ou un quelconque alcool de ma veste ! Je risquerais de perdre la raison, vraiment.
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MessageSujet: Re: 07. Fashion dérapage   07. Fashion dérapage EmptyMar 28 Juin - 15:02

Dans quel état était-elle en train de se mettre ? On aurait dit une petite fille prise la main dans le pot de bonbons en train de s’empiffrer gaiement après le brossage de dents réglementaire, essayant de nier l’évidence devant sa maman en colère. Ou peut-être une adolescente prise en flagrant délit d’infidélité dans le lit du petit-ami de sa meilleure amie. Quel que soit le souvenir que la situation put évoquer à Madeleine celle-ci était bien trop occupée à tergiverser sans réfléchir pour réaliser quoi que ce soit. Ce n’est que lorsque le jeune homme saisit sa main avec violence pour se dégager de la prise ferme qu’elle avait sur lui, qu’elle reprit ses esprits. Mais qu’était-elle en train de faire au juste ? Quelques instants auparavant elle bavait devant cette magnifique veste en cuir, et après ? Le slushy. La tache. Les choses reprenaient leur cours tranquillement, mais Mad avait encore du mal à faire le point. On ne pouvait pas dire que son travail engendrait un stress monstre capable de lui faire perdre l’esprit. La jeune femme avait toujours été une allumée (et une allumeuse, mais c’est un autre débat) ce qui suffisait à justifier ses réactions en général démesurées et son comportement fantasque. Son côté tête-brûlée, sa fâcheuse tendance à foncer dans le tas et voir ensuite, à parler avant de réfléchir, lui avaient été reprochés un nombre incalculable de fois, mais elle n’en avait cure et ne changeait pas son attitude d’un iota. Et la précipitation l’avait emporté une fois encore. Elle faisait n’importe quoi, mais ne le réalisa qu’en entendant la voix étonnamment grave du lycéen qui avait lui-même fini par réussir à sortir de l’engourdissement dans lequel il avait été plongé après le choc. Quel beau tableau ce devait être : elle à genou devant lui les mains vides à présent mais toujours crispées comme si elle tenait encore son avant-bras, lui debout, les deux mains en l’air, grandes ouvertes comme s’il essayait de la calmer comme un petit animal sauvage. Avec un peu de chance, aucun collègue ne passerait par là et elle n’aurait pas à souffrir d’une humiliation publique. Les élèves ? Rien à faire, ils étaient à sa merci et à la moindre incartade elle se ferait une joie de leur mettre quelques heures de colle pour rafraîchir leur mémoire sur qui était le vrai maître du jeu dans les parages. Une heure de colle ce n’est pas bien méchant me direz-vous. Peut-être, mais une heure enfermé à remplir tout un tas de papiers inutiles pour l’administration du lycée, à devoir supporter Maddie en train de chantonner l’intégrale des Beatles chorégraphie incluse, c’était plus qu’une heure de colle. Toujours était-il que lorsqu’elle se vit là, au milieu du passage, à se prosterner devant un élève, la surveillante reçut comme un sceau d’eau glacée en plein visage.

Immédiatement elle se releva, les yeux écarquillés, fixant à présent le garçon sous son chapeau. Sa tenue était de toute évidence travaillée dans les moindres détails. Chaque accessoire avait été choisi avec goût, même si le tout restait très efféminé pour un garçon marchant dans les couloirs du lycée McKinley à Lima, Ohio. Puis devant la mine effarée de son interlocuteur, elle explosa de rira. La retombée de pression fut aussi rapide que le pic de stress qu’elle avait ressenti en renversant la glace pilée sur le cuir noir. La surveillante porta ses mains à ses yeux, cachant ainsi son visage, puis après un petit gloussement, elle ne put plus retenir son rire cristallin et sonore. Qu’est-ce qui lui était passé par la tête pour se mettre dans des états pareils ? Elle aurait pu traiter ça par le mépris en tendant un billet au jeune homme pour le nettoyage et passer son chemin. Toutefois elle était à ce point en manque de shopping que même ce qui n’était pas à elle prenait de l’importance, fait rarissime pour la jolie blonde aux tendances égocentristes prononcées. Tout ça c’était la faute de cette maudite veste ! Il fallait qu’elle entre en sa possession, et ce le plus tôt possible ! Alors qu’elle riait toujours, la remarque finale du lycéen lui mit la puce à l’oreille. Certes la veste était une merveille et il semblait avoir suffisamment de goût pour savoir l’apprécier et l’assortir avec une tenue appropriée, mais la nervosité perceptible dans sa voix trahissait quelque chose d’autre. Un prix extraordinairement inabordable ? S’il avait économisé des mois de salaire d’un petit boulot pour se l’offrir, il n’était que très normal qu’il ne s’énerve. Mais cette explication ne satisfaisait pas tout à fait Madeleine. Elle n’avait pas reconnu le créateur de la veste, et cela suffisait à la perturber aussi. Est-ce qu’un malheureux mois loin de ses boutiques favorites était tout ce qu’il fallait pour qu’elle oublie la griffe des couturiers de talent ? Impossible. L’explication devait être ailleurs, et maintenant que son esprit était à peu près clair, elle devait la trouver. La jeune femme s’éclaircit donc la gorge avant de reprendre en soufflant un grand coup :
    Excuse-moi, je crois que j’ai un peu perdu les pédales.

Et voilà l’euphémisme du jour par Madeleine Wild ! Elle avait complètement perdu la raison en moins d’une minute à cause d’un maudit granité la voilà la vérité ! Mad s’insulta intérieurement et se jura de ne plus en boire avant un mois. Promesse qu’elle ne tiendrait évidemment pas, mais qui ne regardait personne d’autre qu’elle.
    Je suis désolée vraiment, j’étais là à admirer ta veste et je ne t’ai pas vu bouger et… BAM quoi !

Voilà qu’elle se mettait à parler avec des onomatopées maintenant… De mieux en mieux Maddie… enfonce-toi, là tu es en bonne voie. Elle s’éclaircit de nouveau la gorge pour gagner du temps et trouver quelque chose d’un peu plus intelligent à dire. Comment diable pouvait-elle être aussi nulle dans les relations formelles ? Elle était surveillante, elle se devait de maintenir une distance entre les élèves et elle pour être un minimum respectée, mais quoi qu’elle fasse, elle finissait toujours par retomber dans son naturel superficiel et entraînant d’adolescente attardée.
    Si la tache ne part pas je te rachèterais une veste tu sais, c’est de ma faute je n’aurais pas dû rester fixée comme ça au milieu du passage.

Tout arrive ! Enfin quelque chose de constructif ! Bien évidemment elle n’avait aucune intention de racheter une veste au pauvre blondinet, mais grâce à ce petit stratagème elle pourrait désormais savoir où il avait dégoté pareille merveille et se ruer dans la boutique en question afin de trouver à son tour le bonheur pendu à un cintre.

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MessageSujet: Re: 07. Fashion dérapage   07. Fashion dérapage EmptyMar 26 Juil - 14:58

Glenn observa avec attention le visage de la jeune femme alors qu'elle reprenait ses esprits. C'était un véritable livre ouvert, on pouvait lire toutes les émotions qui la traversaient et en d'autres circonstances, le blond aurait certainement éclater de rire, surtout qu'elle était à genoux devant lui et ne semblait pas sur le point de se lever. Il ne le fit pas pour deux raisons. La première était qu'il était encore sous le choc de la catastrophe que sa magnifique veste venait d'éviter, la seconde concernait le statut de la jeune femme. Il savait qu'elle était surveillante et donc qu'elle avait le droit de l'envoyer en colle, ce qu'il ne désirait pas le moins du monde. Il avait des choses à faire et n'avait pas le temps d'être puni.

Alors qu'il continuait à l'observer, les yeux de la blonde s'écarquillèrent avant qu'elle ne se redresse d'un bond, apparemment honteuse de sa position, assez peu digne. Elle le regarda puis éclata d'un rire cristallin, et légèrement hystérique, sous le regard effaré du lycéen. Pendant plusieurs minutes, elle continua à rire malgré les coups d'œil perplexes des élèves qui passaient près d'eux. Finalement, la jeune femme se calma enfin et présenta lui présenta ses excuses en expliquant pourquoi elle était restée figée en plein milieu du couloir. Glenn ne put s'empêcher de se sentir flatter que sa veste suscite une telle réaction, malgré tout ce qu'il s'était passé. Il lui offrit donc un grand sourire, élargit par le « Bam ! » qu'elle avait utiliser. Il allait ouvrir la bouche pour lui répondre quand elle lui coupa l'herbe sous le pied.

''Si la tache ne part pas je te rachèterais une veste tu sais, c’est de ma faute je n’aurais pas dû rester fixée comme ça au milieu du passage.''

C'était très gentil de sa part mais malheureusement ce n'était pas aussi simple. Il n'y avait absolument aucun moyen pour qu'elle trouve cette veste autre part et Glenn en était parfaitement conscient. Il s'empressa donc de la corriger, ne voulant pas lui causer de soucis inutiles.

-Ne vous en faîtes pas, la tâche partira. De toute façon, vous ne pourrez pas me racheter une veste pour la simple raison qu'il s'agit de pièce unique. En fait, c'est moi qui l'ai faite, du croquis à la création, en passant par le patron. Mais, il n'y a pas de soucis à avoir, si on réussit à enlever une tâche de slushie sur de la soie, ça ne doit pas être si dur sur du cuir.

Après tout, ce n'était pas la première fois qu'il se prenait du slushie, même si en général c'était dans la figure qu'il le recevait, et le pressing de la ville semblait vraiment s'y connaître en matière de liquide chimique glacé. Il devait surement voir des tas de vêtements tâchés par du granita pendant la semaine vu le nombre de slushie facial qui avait lieu chaque jour. Le pressing en avait même fait sa spécialité et il ne serait pas étonnant qu'il mette en place un système carte de fidélité pour les gleeks qui lui rendait visite plusieurs fois pas semaine.

-Merci pour le compliment en tout cas. Si elle vous a plut à ce point, ça veut dire que j'ai atteint mon but et que la veste est réussie.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: 07. Fashion dérapage   07. Fashion dérapage EmptyMar 9 Aoû - 23:18

Il se passait des choses étranges dans les couloirs du lycée William McKinley à Lima. Chaque jour les élèves qui se pressaient dans les couloirs semblaient de plus en plus banals, comme si l’air qu’ils y respiraient venait gonfler les stéréotypes du lycéen américain de base. Et pourtant, il ne devait pas se passer un jour sans que l’un d’eux ne soit une exception à la règle. Tous ensemble, ils ressemblaient à un troupeau de moutons, bien compact, qui avançait tête baissée vers les examens finaux et le bal de promotion. Impossible de distinguer une Cheerio d’une autre à première vue, un footballeur ou un autre c’était du pareil au même, néanmoins, tapis dans les rangs de l’homogénéité imposée par l’échelle sociale, il y avait des jeunes gens talentueux. Madeleine n’était pas du genre à se soucier du bien-être des élèves. Elle se contentait d’échanger des sourires amicaux, de ne pas trop mettre d’heures de colle, et d’échanger quelques mots à l’occasion. Le strict nécessaire pour être populaire dans leurs rangs, avoir l’air un peu cool, et puis ne pas s’ennuyer toute la journée. Après tout, elle était surveillante, elle n’avait pas à se soucier de tout ce qu’ils faisaient ou pensaient, il lui suffisait de chaperonner tout ça de loin. Logique implacable : les surveillants surveillent. Enfin, ça c’était seulement dans la logique de Madeleine de toute évidence, puisqu’elle était poursuivie sans relâche par le principal qui lui demandait sans cesse de davantage s’impliquer, de faire attention à son comportement, de montrer l’exemple, d’être à l’écoute, stricte mais humaine, et de faire des heures supplémentaires à l’œil. Et puis quoi encore ? Lui apporter un café à la pause, préparé à la cafetière italienne, avec lait de soja et sucre du Costa Rica ? À l’entendre parler, Figgins était un véritable tyran qui dirigeait sa vie dans le lycée de A à Z. En réalité elle avait du temps libre, beaucoup de temps libre, qu’elle occupait avec plus ou moins de bon sens dans le lycée. Allez vous occuper de 8h le matin à 18h vous. Surtout lorsque les élèves que vous surveillez sont en cours, et que les couloirs sont déserts. Si elle avait su se servir d’un ordinateur, elle aurait aimé jouer à ces jeux en lignes qui avaient l’air si amusants, ou bien traîner sur Internet à la recherche de jolies images ou de nouvelles vidéos. Mais rien de tout cela ne lui était accessible, et elle se contentait de griffonner sur des bouts de papiers, encore et toujours les mêmes points de vue, sans y prêter plus d’attention que cela. Elle ne cherchait pas à rendre son temps libre productif, et ça lui convenait à merveille pour le moment.

Or de toute évidence, certaines personnes dans ce lycée savaient faire attention à ce qu’elles faisaient de leur temps libre. Dessiner une veste dans son intégralité ? La penser, la réaliser et la porter ? Voilà qui en bouchait un coin à la blonde. Le mieux qu’elle puisse faire c’était de tomber sur la veste dans un magazine et économiser pour se l’acheter à la première occasion. Chacun son domaine… Mais s’il existait quelqu’un dans ce lycée capable de faire ce genre de choses, ça voulait aussi dire qu’elle avait des chances de revenir dans le paradis des filles qui ont la chance de remplir leurs placards de nouveaux vêtements. Elle pouvait trouver un moyen pour lui faire faire une autre veste de ce genre, ou bien d’en faire une autre, ou de faire n’importe quoi d’autre tant que c’était à la mode et pas ruineux. Vu sa tête et sa remarque sur les tâches de glace pilée ce devait être un habitué des douches de granité… Si elle parvenait à lui prouver qu’elle pouvait le défendre dans la guerre des couloirs, il pourrait bien lui rendre quelques services vestimentaires, pas vrai ? L’esprit de Madeleine tournait à plein régime lorsqu’il s’agissait de ses propres intérêts, et de toute évidence, si elle pouvait tirer profit de ce bête accident, la jolie blonde n’allait pas laisser passer ça. Retrouvant subitement le plein contrôle, elle reprit d’une voix douce et posée, se voulant rassurante :
    Oh mon pauvre, à parler comme ça tu as l’air affreusement habitué à ce genre de traitement… C’est vrai que les sportifs ne sont pas tendres, filles comme garçons, et j’ai beau essayer, je n’ai pas les yeux partout. Mais je limite la casse pour les élèves que je connais au moins…

Un peu trop mielleux peut-être, mais finement mené. Madeleine se sentait plus proche que jamais de la veste de ses rêves. Il fallait qu’elle parvienne à convaincre ce blondinet à tout prix. Des étoiles devaient briller dans ses grands yeux bleus qui n’avaient jamais vraiment quitté la veste, trahissant sans doute ses pensées. Se rapprochant d’un pas, elle lui parlait maintenant sur le ton de la confidence, ignorant le passage dans le couloir et le bruit de la sonnerie qui n’allait plus tarder à se faire entendre. Elle avait sûrement moins de dix minutes pour se le mettre dans la poche et réussir à le convaincre de lui coudre des vêtements de temps à autre avant qu’il n’ait trop envie d’aller manger. Mad n’était pas tout à fait un mannequin, mais elle ne se défendait tout de même pas mal à son sens, et puis tout lui allait. Ce n’était pas demain la veille qu’il trouverait une telle aubaine à Lima, alors il était de son devoir de lui ouvrir les yeux sur ce point.
    Je suis très impressionnée ! C’est toi qui fais tes propres vêtements ? Le cuir a dû être difficile à travailler pas vrai ? Mais je te comprends, si on doit trouver tout ce qu’il nous faut à Lima on n’a pas fini de mal s’habiller.

À ce moment précis passait justement une lycéenne terriblement mal habillée. Fagotée dans une horrible robe marron qui dissimulait sa silhouette, ses chaussures noires et ses chaussettes blanches juraient complètement avec le reste de sa tenue, et ce sans parler du sac à dos infâme qui accompagnait le tout. Madeleine posa sur elle un regard interrogateur et lourd : comment pouvait-on faire ça à son corps ? Est-ce que c’était une punition qu’elle s’infligeait ? Un gage pour avoir perdu un pari ? Toujours était-il qu’elle ne se voyait pas porter le même genre de fringues tant qu’elle serait en pleine possession de son esprit. Quand on n’a pas de budget, il faut trouver les bonnes affaires, et quelque chose lui disait que la bonne affaire était venue à elle, envoyée du ciel tout droit sur son verre de granité.
    D’ailleurs, si tu couds pour toi, est-ce que par le plus grand des hasards tu couds pour les autres ? Je serais très intéressée de voir quel genre de talents se cachent dans ce lycée. Tu n’as pas un carnet de croquis par hasard ?

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MessageSujet: Re: 07. Fashion dérapage   07. Fashion dérapage EmptyDim 11 Sep - 1:02

Pendant que la blonde était perdue dans ses pensées, apparemment complexes et sinueuses, Glenn jetait un coup d'œil sur sa veste, essayant de voir s'il n'y avait pas plus de dégâts. Heureusement, ce n'était pas le cas, hormis le slushie, elle était toujours aussi belle qu'avant. Il en était vraiment soulagé parce qu'il avait passer de longues semaines dessus, d'abord pour déterminer la coupe qui le mettrait le plus en valeur puis pour choisir les meilleurs tissus pour la doublure, les boutons et enfin pour la confection en elle-même qui lui avait pris énormément de temps vu qu'il n'était pas habitué à manipuler et coudre du cuir, d'ailleurs, il avait commis des erreurs. Après ça, il y avait eu les essayages et multiples retouches jusqu'à ce que le perfectionnisme, voire même la folie obsessionnelle, de Glenn s'estime satisfait du résultat et ne songe à la portée. Tous ces efforts et son dos en compote à force d'être pencher sur une machine à coudre avait finalement été payant au vu du chef d'œuvre qu'il portait et qui apparemment attirait déjà les convoitises. En effet, Madeleine avait arrêté de réfléchir et lui parla des slushie facials et de la protection qu'elle pouvait apporter. Fronçant légèrement les sourcils, le blond se demanda où elle voulait en venir. Pourquoi lui offrait-elle sa protection alors qu'elle ne lui devait rien ? Après ça, sur un ton à la fois mielleux et empressé, elle lui parla de ses créations et des boutiques de Lima. Glenn rit un peu et prit la parole.

-Je ne crée pas tous mes vêtements, seulement certains, la plupart du temps, je laisse mes créations au placard. C'est vrai que c'était difficile de travailler le cuir mais ça en valait le coup ! Et on peut trouver des choses bien à Lima, même pour un petit budget, il suffit de savoir où aller. Il y a cette petite friperie à ...

Ses dernières paroles s'éteignirent, Glenn rendu muet par le choc. Une des pires horreurs hantant ce monde passa près d'eux, vêtu d'une robe hideuse, d'un sac d'une horreur sans nom et, horreur suprême, des chaussettes blanches avec des chaussures noires à tomber … raide mort de terreur. Le blond avait l'impression de voir son pire cauchemar devenu réel Ses yeux le brulaient et il n'avait qu'une envie, se les crever à l'aide d'un atamé chauffé à blanc et de se laver le cerveau au karcher pour oublier. Comment quelqu'un pouvait-il faire autant de mal à son corps et lui infliger de telles choses ? Il fallait vraiment être au bord du désespoir pour en arriver là … ça, ou alors être aveugle. Heureusement, la surveillante avait reprit ces esprits après ce crime contre la mode ambulant et lui parla de ses créations. Elle voulait savoir si il créait pour les autres et s'il avait un carnet de croquis. Il comprit tout de suite qu'elle voulait en fait savoir si il pouvait lui coudre des vêtements. Il cligna ses yeux encore hébétés, ayant suivit le scarabée humanoïde jusqu'à ce qu'elle se prennent un slushie dans la figure et entre dans les plus proches toilettes. Il porta son regard sur la blonde, la regardant de haut en bas, évaluant ses options. Il pouvait refuser et ne pas bénéficier de sa protection, ça ne le dérangeait pas vraiment, il s'était débrouiller seul jusqu'à présent et pouveit continuer, ou il pouvait accepter et l'enrôler comme mannequin. Elle était belle après tout avec un physique plus mature que ses modèles habituelles. Elle avait une certaine élégance et un air de pin-up de Vargas, très intéressant. Avec elle, il pourrait explorer plus en profondeur le mélange de vintage sexy et de moderne chic dans un genre glamour. Il prit donc sa décision.

-Je couds effectivement pour les autres mais uniquement pour mes amies, mes mannequins ou mes muses, gratuitement. Je prends des commandes payantes de temps en temps. Et oui, j'ai effectivement mon carnet sur moi. Je l'ai toujours sur moi parce que l'inspiration peut me venir à tout moment. Comme maintenant. Tout en parlant, il avait sortit son épais carnet de croquis, remplis de dessins, de notes, de morceaux de tissus en tout genre, et le tendit à la blonde qui s'en saisit. -Pourquoi toutes ses questions ? Seriez-vous intéressée ?
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MessageSujet: Re: 07. Fashion dérapage   07. Fashion dérapage EmptyVen 16 Sep - 13:56

De toute évidence ce garçon ne manquait pas de culot. Et il avait l’air un peu lent à saisir les signaux qu’elle lui envoyait pourtant de manière limpide. À part lui ôter la veste des épaules Madeleine ne voyait pas comment être plus clair dans ses intentions mais lui restait là, planté au milieu du passage, à froncer les sourcils pour essayer de comprendre ce qu’elle disait alors qu’elle déployait de grands efforts pour être claire. Et de toute évidence il vouait un tel culte à ce bout de cuir qu’il en perdait la raison. Peut-être que le temps passé à confectionner le vêtement lui avait abîmé plus que les mains… Il radotait un peu. Et puis lui parler d’une friperie de la ville, là c’était le bouquet. Est-ce qu’elle avait l’air d’avoir le temps de passer ses week-ends à fouiller dans les rayons où le désordre était la norme pour dénicher un vêtement convenable qu’il faudrait assortir encore avec des efforts surhumains ? Elle n’avait, certes, mais l’envie n’y était pas. Devoir passer des grandes boutiques aux friperies c’était encore une chose qui blesserait l’ego surdimensionné de la jeune femme. Madeleine n’était par ailleurs pas convaincue qu’une friperie à Lima vaille le détour, à en juger par le bon goût des gens qui habitaient dans les environs. Mais elle garda ses commentaires pour elle alors qu’ils regardaient tous deux passer cette pauvre lycéenne qui aurait mieux fait de venir nue. Une fois l’étourdissement provoqué par cette présence parasite dans une discussion qui s’annonçait difficile sur la couture, la surveillante se retourna à nouveau vers le petit blond. Voilà qu’il la détaillait ouvertement maintenant. Elle se sentait comme passée au rayon X, il n’épargnait rien et ses petits yeux de fouine s’attardaient à la fois sur chaque partie de son corps et sur l’impression générale qu’elle pouvait dégager. D’ordinaire assez à l’aise avec son physique la jeune femme tiqua néanmoins à se voir traiter comme un vulgaire bout de viande, ou plutôt comme un portemanteau. S’il semblait saisir enfin le message qu’elle voulait lui envoyer, on avait connu plus de tact dans l’approche. Bien que ses mots soient plus subtils en feignant l’ignorance, la surveillante était à présent assez réservée quant au fait de vouloir faire affaire avec lui. Ça voulait certes dire vêtements à moindre coût, mais ça voulait aussi dire que ses mensurations seraient accessibles au premier idiot venu qui aurait l’idée de les lui demander, ou de voler le carnet de note, et dans un lycée comme McKinley ce n’était peut-être pas la meilleure chose qui soit.

Mais ne laissant pas transparaître ses doutes, Mad se saisit du gros volume qu’il venait de lui tendre en soulevant un sourcil. Mannequins et muses ? Rien que ça ? Décidément il lui réservait encore bien des surprises celui-là. Qui était-ce exactement qu’elle venait de couvrir de granité ? Un membre de la mafia vestimentaire de l’Ohio ? Est-ce qu’ils étaient tout un gang à prendre des cours du soir pour le dessin de patrons et à sortir de temps à autre leurs créations des placards ? Tournant les pages en laissant ses yeux dériver sur les enchevêtrements de tissus, de croquis et de coups de crayons à la va-vite, la surveillante ne put s’empêcher de sourire en entendant enfin la conclusion qu’elle attendait tant. Ce qu’il dessinait n’était pas dépourvu d’un certain style, un peu trop composite sans doute, trop d’influences qui semblaient se croiser dans l’esprit de ce jeune homme très ambitieux qui croyait à dix-sept ans à peine pouvoir régner sur le monde avec muses et modèles. Elle serra les lèvres pour ne pas laisser échapper de commentaire à chaud sur ce qu’elle voyait défiler à toute vitesse sous ses yeux alors qu’elle feuilletait les dernières pages. Réajustant sa jupe bleue sur ses hanches de sa main libre, elle tendit à nouveau le cahier à son propriétaire, non sans jouer une dernière fois du bout des doigts avec les morceaux de dentelle qui dépassaient.
    C’est très joli, vraiment très joli… Assez euh divers ! Mais si tu me dis que tu as été inspiré par la fille qui vient de passer je t’avoue que je retire immédiatement le compliment. Il y a certaines personnes ici qui devraient sérieusement songer à investir dans un miroir.

Se mordant immédiatement la langue Made regrettait de s’être laissée aller de la sorte. Combien de fois lui avait-on dit de ne pas bavasser avec les élèves comme s’ils étaient des amis ? Combien de fois avait-elle eu droit aux réprimandes de Figgins parce qu’elle avait fait un commentaire désobligeant à voix haute sur l’une des personnes qui déambulaient sous ses yeux ? Elle avait le droit de critiquer, mais dans sa tête. Toutefois elle ne maîtrisait encore qu’imparfaitement la technique du « penser puis formuler ».
    Je m’intéresse à ce que font les élèves ici, après tout, est-ce qu’on n’est pas censés vous aider à passer le cap de l’adolescence pour faire quelque chose de votre vie ? Donc si je peux t’aider avec quoi que ce soit, je veux dire, dans la mesure de mes capacités, ce serait avec plaisir tu sais. Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre des couturiers en herbe ici, crois-moi.

Qui aurait cru qu’elle répèterait un jour les formules toute faites de Figgins… Mais la flatterie était une première base indispensable dans le marathon qu’elle s’apprêtait à courir pour obtenir de nouveaux vêtements. Elle avait conscience du statut très légèrement désespéré et pathétique de sa situation. Réduite à brosser les élèves dans le sens du poil pour obtenir des faveurs. Il fallait vraiment qu’elle ait très envie d’une nouvelle veste… La pilule était tout de même assez amère pour une jolie fille qui jusqu’à présent n’avait jamais vraiment manqué de quoi que ce soit. Et le ton enjoué du jeune homme qui avait décidé de jouer la carte de celui qui ne comprend pas n’aidait pas. Il retournait le couteau dans la plaie sans le savoir et Mad lui en aurait presque voulu pour cela. Mais l’envie dépassait l’orgueil et la raison et finalement, après avoir laissé passer un moment de silence — très largement noyé sous le bruit ambiant des couloirs toujours bondés —, elle se décida enfin à lui répondre plus sincèrement.
    Effectivement, je suis assez intéressée, ma garde-robe se sent délaissée ces derniers temps tu vois, et je cherche quelque chose pour la combler. Tu n’aurais rien pour m’aider dans cette tâche difficile par le plus grand des hasards ?
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MessageSujet: Re: 07. Fashion dérapage   07. Fashion dérapage EmptySam 17 Sep - 16:20

Le garçon regarda distraitement Madeleine feuilleter son carnet, attendant son verdict, tout en imaginant quels vêtements pourraient aller à la blonde. Il était déjà en train de dessiner de nouvelles créations dans sa tête, le cerveau en ébullition tant les idées lui venaient à la chaîne. Enfin, elle arriva à la fin du carnet qu'elle lui tendit, un air assez dubitatif sur le visage.

''C’est très joli, vraiment très joli… Assez euh divers ! Mais si tu me dis que tu as été inspiré par la fille qui vient de passer je t’avoue que je retire immédiatement le compliment. Il y a certaines personnes ici qui devraient sérieusement songer à investir dans un miroir. ''

Glenn nota immédiatement l'hésitation qu'avait eu Madeleine en décrivant ses créations et il ne savait pas trop quoi en tenir. C'était elle après tout qui n'arrêtait pas d'essayer de le manipuler pour qu'il lui fasse des vêtements, avait-elle changer d'avis ? En tout cas, il ne pouvait qu'être d'accord avec elle au sujet de l'horreur qui venait de hanter le couloir.

-C'est divers parce que ce ne sont que des ébauches que je fais lorsque j'ai une idée que je ne veux pas perdre, mes vrais travaux sont dans chez moi, ranger par saison, style et genre. Comme si j'allais prendre le risque d'amener mon véritable travail au lycée. Et ce n'était pas ce monstre qui m'a inspiré mais vous. Personnellement, je plaindrais le pauvre miroir en question, être accueillit par un tel spectacle à de quoi déprimer n'importe qui !

En tout cas, il était franchement amusé par ses commentaires et riait sincèrement, dans ce lycée, c'était rare les adultes qui prenaient le temps de leur parler au lieu de les regarder avec condescendance, comme s'ils n'étaient qu'un troupeau de brebis galeuses attardées et sans avenir. Cependant, ses prochaines paroles sonnaient tellement comme un discours préparé sortit tout droit d'un magazine sur la pseudo-psychologie des adolescents qu'il rendit le blond un peu circonspect. Il appréciait son franc-parler mais ce qu'elle venait de dire lui faisait douter de sa sincérité, c'était exactement le genre de chose que les autres surveillants, certains professeurs et Figgins disait pour faire croire aux lycéens qu'ils se souciaient d'eux. Mais Glenn était opportuniste et certainement pas du genre à décliner une offre lorsqu'il y en avait une.

-Et bien, je ne vois pas trop ce que vous pouvez faire hum … ah si ! Peut-être fermer les yeux quand je ne suis, étonnamment, pas toujours là pendant les heures du cours de maths, et que je suis souvent à la bibliothèque pendant cette période ? Si ça ne pose pas de problème évidemment.

Enfin, la surveillante se décida à jouer franc jeu avec lui. Bien sur, après un temps, il avait finalement compris où elle voulait en venir mais il préférait qu'on le lui demande franchement plutôt que de tourner autour du pot et de tenter de le manipuler pour faire croire qu'il s'agissait de son idée et de son souhait. Il avait prit un certain plaisir à jouer au blond débile, c'était tellement facile de le faire croire aux autres que s'en était presque insultant.

''Effectivement, je suis assez intéressée, ma garde-robe se sent délaissée ces derniers temps tu vois, et je cherche quelque chose pour la combler. Tu n’aurais rien pour m’aider dans cette tâche difficile par le plus grand des hasards ?''

A ces mots, il lui offrit un grand sourire, ses idées traversant son esprit à tout allure dans un kaléidoscope de couleurs et de styles différents.

-En fait, je vois déjà ce que je pourrais créer pour vous et ce que j'ai déjà et qui vous irait. Mais dites moi, vous voulez être un genre de muse, c'est à dire que vous faites un peu ma pub, ou une cliente ? Je peux très bien prendre une commande. La seule différence majeur c'est le coût et le fait que tous les vêtements ne vous appartiendront pas. J'en ferais certains spécialement pour vous mais la plupart entreront dans le portefolio qui m'ouvrira les portes de la FIT. Dans tous les cas, il faudra venir chez moi pour que je puisse prendre vos mensurations. Qu'en dites-vous ?

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: 07. Fashion dérapage   07. Fashion dérapage EmptyDim 25 Sep - 0:22

Jetant un coup d’œil furtif à l’une des horloges pendues dans le couloir Madeleine constata presque à regret que la pause était presque terminée, et que le temps qui lui était imparti pour convaincre le jeune homme s’était écoulé sans qu’elle ne s’en rende compte. L’écouter parler de ses créations était plus intéressant qu’elle ne l’aurait cru. Il avait cette incroyable confiance en lui qui lui permettait d’employer de grands mots malgré son jeune âge et son statut somme toute modeste de lycéen perdu dans l’Ohio. La surveillante ne parvenait pas à se fixer sur un avis : tantôt elle le trouvait vaniteux à s’autoriser de tels commentaires, tantôt elle le trouvait attendrissant. Et puis il savait la flatter tout en jouant les pimbêches critiques, ce qui ne pouvait que lui plaire. À la seule condition qu’il sache tenir sa langue sur ses remarques à elle, qui seraient bien malvenues rapportées aux oreilles du proviseur ou de n’importe quel autre professeur un tant soit peu responsable. Le rose lui monta aux joues et elle ne put s’empêcher de sourire bêtement devant le compliment qu’il venait de lui adresser. La jeune femme n’avait jamais eu de difficulté à vivre en accord avec son corps, mais la reconnaissance d’autrui était toujours une satisfaction infinie. Elle passa inconsciemment sa main dans ses cheveux laissés libres sur ses épaules, tournant l’une de ses boucles souples entre ses doigts elle trahissait son excès d’orgueil. Malgré son changement d’attitude permanent il semblait que son interlocuteur ne restât pas insensible et quelque part au fond de son cœur, elle était fière de réussir à entretenir des relations cordiales avec un élève de plus, même si tout reposait encore sur l’intérêt. Pour une fois ses idées étaient à peu près claires : elle voulait de nouveaux vêtements. Et le blondinet était un envoyé du ciel, amené à elle par le saint esprit du granité, qu’elle ne pouvait en aucun cas laisser passer.

Toutefois, aussi charmant soit-il, il semblait avoir eu vent de sa réputation de surveillante laxiste qui laissait passer les absences pour un oui, pour un non. Le regard de Madeleine se durcit à ces mots. Bien qu’elle veuille l’utiliser pour son intérêt personnel, la réciproque était loin d’être acquise, et elle était bien loin d’avoir ce genre de service en tête en prononçant le laïus figginsien. Est-ce qu’elle était la seule à qui l’on demandait ce genre de faveur ? La jeune femme n’osait bien évidemment pas poser la question à ses collègues de peur de devoir affronter un long et ennuyeux interrogatoire en cas de réponse par la négative. Elle ne pouvait pas nier qu’elle avait passé l’éponge sur nombre d’absences et retards d’Oxanna Prescott par exemple. Le même schéma se reproduisait encore et encore, sans qu’elle ne parvienne jamais à dire non. Mais le mensonge paraissait trop gros pour être gobé, même par une blonde. Sécher les cours pour aller à la bibliothèque ? Mais bien sûr, et puis les élèves étaient en retard le matin parce qu’ils font le détour par Starbucks pour apporter un latte macchiato avec supplément caramel à Sue Sylvester. Levant les yeux au plafond d’un air excédé elle répliqua d’une voix froide :
    En fait ça va me poser un problème. Je ne peux pas fermer les yeux sur tout et n’importe quoi, les examens approchent et l’absentéisme chronique n’est nullement justifiable. Je pensais à quelque chose de l’ordre des conseils et autres repères pour l’orientation. Je ne suis pas une machine à billets d’excuse.

Elle n’avait pas dissimulé une pointe d’amertume dans cette dernière remarque qui lui laissait un arrière-goût désagréable sur la pointe de la langue. Peut-être que les professeurs avaient raison lorsqu’ils disaient qu’on ne peut pas être amis avec les élèves sans perdre une partie du respect qui nous est dû. Cette constatation froissa Madeleine qui rêvait encore de vivre au lycée comme à l’époque où elle le fréquentait dans l’uniforme des Cheerios. La rupture était consommée entre elle et son passé. Finie l’époque bénie où les retardataires la cherchaient tout spécialement pour entrer en cours sans encombre, elle avait appris à dire non. Et si ça devait lui coûter une offre en or eh bien tant pis, la raison l’emporterait cette fois-ci. Intérieurement elle s’insultait elle-même : pourquoi est-ce qu’il fallait que son semblant de professionnalisme lui fasse une crise aujourd’hui ? Si le garçon retirait l’offre en jugeant qu’il n’y trouvait pas son compte, elle allait s’en mordre les doigts, et pour un sacré bout de temps. Mais la surprise fut relativement agréable lorsqu’un sourire radieux vint répondre à sa question. Elle n’était pas très sûre d’avoir tout compris à ses histoires de portfolio et de muse, mais peu lui importait. Au bout du tunnel luisait la lumière d’un grand dressing comme on en voit que dans les films : des étagères d’un blanc lumineux sur lesquelles reposaient des chaussures, des sacs, des cintres à perte de vue richement garnis. Ses yeux brillaient comme ceux d’un enfant à qui l’on promet de rencontrer le Père Noël pour qu’il exauce tous ses vœux de cadeaux. Trop heureuse de voir que le marché tenait toujours, ses considérations sur ses mensurations possiblement rendues publiques étaient bien loin. De toute façon elle ne cachait pas particulièrement son corps et le premier idiot avec un compas dans l’œil serait capable de les deviner. Joignant ses mains pour applaudir trois petits coups la surveillante recula de plusieurs pas pour reprendre un peu d’air.
    Adjugé vendu.

Elle tendit sa main au jeune homme pour la lui serrer et sceller de manière quasi solennelle cet accord qui allait à n’en pas douter la ravir à en juger par les croquis qu’elle avait pu survoler dans son carnet.
    Eh bien que dirais-tu de jeudi soir ? Tu n’auras qu’à passer par le bureau des surveillants avant de rentrer chez toi aujourd’hui pour me laisser ton adresse, ça te va euh…

Réalisant qu’elle n’avait toujours pas la moindre idée de qui pouvait être la tête blonde, Mad inclina sa tête à droite pour lire un nom griffonné sur la couverture de son précieux cahier.
    … Glenn. Et si je n’y suis pas laisse la sur le bureau à l’adresse de Madeleine Wild. En revanche je te saurai gré de ne pas raconter notre petit accord à trop de monde. Si ça pouvait rester entre nous pour le moment ce serait même parfait, tu vois ?

Ses dernières paroles furent en partie couvertes par le bruit de la sonnerie qui retentissait enfin, marquant le début de la course pour évacuer les couloirs et s’engouffrer dans une salle de classe. Adressant un dernier sourire au jeune homme sans même attendre sa réponse elle tourna les talons et s’éloigna après un geste de la main.
    Et encore désolée pour ta veste ! J’espère que ça ira pour la glace !


[RP clos]

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