Choriste du mois


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 07. The ugly truth

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MessageSujet: 07. The ugly truth   Mar 5 Juil - 14:59

D'un coup d'œil furtif, Cassandra constatait pour la énième fois qu'elle était seule. Ce n'était pas étonnant puisque tous les élèves assistaient à cet instant à leur dernier cours de la journée. Le dernier cours avant le week-end, pour être précis. Cassie, qui avait bataillé de nombreuses minutes avec ce que l'on appelle communément un ordinateur, cliquait pour la troisième fois sur le bouton de réécoute du lecteur de Youtube. Bien évidemment, elle ne séchait pas les cours, c'était bien peu digne d'elle. Non, le professeur de sciences lui avait tout naturellement donné quartier libre, sachant qu'elle refusait toujours catégoriquement d'éventrer les créatures de Dieu. Au fond, elle était bien curieuse de savoir comment fonctionnait l'organisme d'un batracien, mais elle préférait s'instruire dans un livre plutôt que de pratiquer une telle torture.

Un sourire tout à fait niais se dessinait sur ses lèvres tandis qu'elle regardait une des prestations de Hillsong, cette même prestation qu'elle devrait faire ce dimanche devant toute la paroisse. A cette pensée elle se mit à frémir et son cœur bondissait dans sa poitrine. Ce solo, elle l'avait voulu, elle l'avait même réclamé. Mais malgré tout, elle persistait à croire qu'elle ne serait jamais prête et que ces cinq ridicules minutes musicales seraient les plus honteuses de sa vie. Comment pourrait-elle se pointer de nouveau à l'église si elle en venait à faire une performance lamentable ? Cassandra feignait être pleine d'assurance en public mais elle savait très bien, au fond, qu'elle avait des peurs, comme tout le monde.
Les images défilaient, mais aucun son ne parvenait à sortir des hauts parleurs. Sans difficulté Cassie entendait la chanson dans sa tête, l'ayant écoutée à maintes et maintes reprises, mais elle regrettait tout de même de ne pas savoir comment déclencher le son. Elle n'allait pourtant pas s'en plaindre, elle qui, deux mois auparavant, n'avait jamais touché à un ordinateur. Bien heureusement personne n'était au courant, on la prendrait vite pour la bête de foire qu'elle n'était pas. Ce n'était pas sa faute si sa télévision était bloquée par un code d'accès, si elle n'avait pas de téléphone portable, et si les seuls ordinateurs qu'elle avait vus trônaient derrière une vitrine de magasin. Même si elle était persuadée ne pas avoir besoin de tous ces gadgets pour être heureuse, elle ne pouvait dissimuler une pointe de déception lorsqu'elle se rendait compte à quel point elle était arriérée.

Ce fut avec délicatesse qu'elle se décolla de son siège, sans prendre la peine d'éteindre l'ordinateur ou de fermer la fenêtre internet qu'elle avait ouverte avec tant de complication. Elle jeta un dernier coup d'œil à la vidéo qui prenait fin, et sortit de la salle qui dormait paisiblement, bercée par le ronronnement régulier des machines.

Il ne restait plus que cinq minutes avant le retentissement de la dernière sonnerie. Ce son si agaçant qui annonçait une liberté éphémère dont se délectaient la plupart des élèves. Cassandra aimait le week-end, c'était bien là son seul point commun avec les adolescents si ordinaires de ce lycée. Mais ce week-end là, elle l'avait redouté durant la semaine entière. Sa sœur avait beau lui dire "qu'elle allait tout déchirer", elle ne pouvait apaiser ce sentiment d'appréhension constant qui s'était emparé de son être. Curieusement, elle se mit à courir, profitant de chaque brin d'air qui s'agitait paisiblement sur son doux visage. Le tintement de ses ballerines sur le sol était presque sourd, comme une douce mélodie qu'elle seule parvenait à entendre. Enfin, la porte de l'auditorium se dressait devant elle. Cassie n'était pas certaine d'avoir le droit d'y pénétrer, et encore moins de l'utiliser, sans permission, mais elle se devait de faire le vide dans un endroit si majestueux. Sa chambre ne lui convenait pas, elle était bien trop singulière et le fait qu'elle s'y sentait à l'aise faussait considérablement son anxiété. Ce qu'il lui fallait, c'était un lieu où elle ne se sentirait absolument pas à sa place. C'était le seul moyen de lutter contre son angoisse.

Balayant la salle du regard, elle descendait vers la scène avec discrétion, craignant de se faire interpeller dans la minute. A sa grande surprise, personne ne semblait être là. Une fois sur la scène, elle s'assit près du piano, convoitant l'instrument avec pudeur. Elle avait quelques notions, mais la virtuose c'était sa soeur, pas elle. Elle s'aventura cependant à jouer l'introduction, puis, le regard perdu au loin, se laissa entrainer par la mélodie.

If my heart has grown cold
There Your love will unfold
As You open my eyes to the work of Your hand ♫

Le crissement d'une fausse note la découragea, d'autant plus qu'il lui semblait qu'on l'observait. Elle avait cette étrange sensation d'être épiée, mais elle n'avait pas le cran de détourner la tête, sachant très bien que ce serait devoir assumer une pénible vérité.
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MessageSujet: Re: 07. The ugly truth   Mer 13 Juil - 15:51

    Cinq minutes de plus et le weekend s’offrait aux élèves encore présents dans l’établissement. Ezrael assistait à sa deuxième heure de maths de la journée. Il avait demandé à faire des heures supplémentaires dans cette matière, souhaitant à tout prix être prêt pour entrer à Oxford, l’an prochain. Alors que le regard du jeune homme se posait sur l’horloge qui surmontait la porte, il aperçut comme une ombre détaler dans le couloir. Comment se faisait-il qu’un élève se balade dans l’école à cette heure-ci ? Ezrael reporta rapidement son attention sur la toute dernière fonction exponentielle de la semaine qu’il devait traiter, tentant d’ignorer les hallucinations qui semblaient lui hurler qu’il avait besoin de repos, après une semaine aussi chargée que celle qu’il avait vécue.

    La sonnerie retentit dans toute l’école. Ezrael soupira ; « enfin libre », pensa-t-il. Bien qu’il apprécie apprendre, venir au lycée et suivre les cours, il ne pouvait pas cacher que parfois, la seule chose à laquelle il pensait était un petit somme après une douche bien chaude. Pourtant encore une fois, il ne pouvait se le permettre. Mr R. leur avait demandé de préparer un solo accompagné d’un instrument, pour le lundi qui arrivait. Autrement dit, autant profiter d’être à William McKinley pour répéter un petit quelque chose dans l’amphithéâtre. Ezrael avait choisi son instrument de prédilection : le piano ; il interprèterait The Letter par James Morrison.

    Le jeune homme salua les quelques personnes qui suivaient le même cours que lui et qu’il appréciait. Il passa à son casier, déposa ce dont il n’avait pas besoin, et se diriger vers le fameux amphithéâtre, vérifiant préalablement qu’un footballer ne soit dans les parages, prêt à la lyncher à l’aide d’un grand gobelet de granité. Mais il semblait qu’à cette heure-ci, un vendredi soir, les plus bêtas d’entre eux soient déjà rentrés dans leurs trous à rats. Ezrael jeta un dernier coup d’œil à sa droite, puis à sa gauche, avant de pousser la porte battante de la vaste pièce qu’il aimait tant. Il avait vécu tellement de moments forts ici, il lui était impossible de ne pas y être comme chez lui… Alors qu’il pensait être seul, il entendit quelques accords de piano résonner dans l’immense pièce. Il ne connaissait pas la mélodie, mais ça n’était pas si mal. Une voix féminine se fit alors entendre, suivant la musique. Il ne la reconnaissait pas. Peut-être était-ce quelqu’un de l’autre chorale, après tout, en tant que rivaux, ils n’avaient pas souvent l’habitude de s’entendre chanter.

    Ezrael s’avança quelque peu, sans se montrer. Il ne voulait pas déranger cette personne à la voix si cristalline. Il fit plusieurs pas, s’assurant de rester cacher tout de même. Au moment où il put enfin apercevoir la chevelure blonde de la chanteuse, celle-ci dit une fausse note au piano, ce qui sembla la décourager. Un sourire éclaira alors le visage du garçon. Il venait de reconnaitre la jeune Cassandra Hamilton, présidente du club d’abstinence du lycée, mais surtout meilleure amie de Christabella A. Gillespie, sa petite-amie. Elle n’était apparemment, pas encore au courant que ces deux là soient ensembles, mais elle semblait pourtant toujours se méfier d’Ezrael. Pour lui, le croiser ici, dans de telles conditions, était tout simplement étrange. Jamais il ne l’avait imaginé chanter, même des chansons à propos du Tout-Puissant, qu’elle idolâtrait tant. Pourtant, elle avait une bien jolie voix.

    Quelques secondes s’écoulèrent ; aucun son de se faisaient plus entendre. Elle n’avait pas l’air de vouloir reprendre sa chanson. Qu’avait-elle ? Peut-être souhaitait-elle de l’aide ? Alors, sans savoir pourquoi il faisait ça, Ezrael réajusta son sac bandoulière sur son épaule, et s’approcha de la scène, descendant les marches de l’auditorium. Arrivé à quelques mètres, il se racla la gorge, pour signifier de sa présence.

      « Salut. » déclara-t-il à demi-voix. « Tu te débrouilles pas mal. » ajouta-t-il, avec un sourire.

    Il monta les quelques marches pour rejoindre Cassandra sur la scène, et rejoignit le piano doucement, gardant une certaine distance avec la jeune fille.

      « Mais si je peux me permettre… Tu penses trop à ce que tu fais et à ce que tu chantes. »

    Ezrael ignorait complètement pourquoi il s’était rendu sur cette scène. Après tout, il ne portait pas cette fille spécialement dans son cœur, et elle allait forcément le questionner d’ici cinq minutes sur ce qu’il pouvait bien dire pour sa défense à propos de sa relation avec Chritabella. Il fallait croire que sa petite-amie avait réveillé en lui un peu plus d’humanité qu’il n’en avait déjà, qui lui faisait ressentir un besoin soudain d’aider les autres.

      « Tu veux de l’aide ? »

    Après tout, là où il en était, il n’allait plus faire demi-tour, ses talents de pianiste pourraient peut-être être utiles.
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MessageSujet: Re: 07. The ugly truth   Sam 16 Juil - 17:27

Le silence était apaisant et frustrant à la fois. Les yeux fermés, Cassandra ne visualisait plus rien, bien trop préoccupée par le bruit de pas qui s'intensifiait à mesure que l'on s'approchait d'elle, dangereusement. Pour une fois, elle voulait véritablement se déconnecter de la réalité. D'ordinaire elle ne le faisait pas exprès, on lui faisait plutôt le reproche, celui d'avoir la tête ailleurs à longueur de temps. Elle n'était pas certaine de savoir pourquoi son esprit se détachait si facilement de son corps, comme si sa légèreté spirituelle avait besoin d'un rien pour se laisser embarquer. Certainement était-ce lié à ses croyances, bien plus nombreuses que l'on pourrait l'imaginer. A vrai dire, il fallait être plutôt du genre rêveur pour croire à tout et n'importe quoi. Pour croire à une infinité de mondes, à d'autres forces intellectuelles que celles de l'Homme. Et ses aspirations. Qui ne pouvait pas se revendiquer parfait utopiste en prétendant vouloir soigner le monde de ses blessures ? Tôt ou tard, il faudrait à Cassandra se rendre compte que la vie, la vie réelle, se jouait sur Terre et non dans les recoins les plus honorables de son esprit.

Elle ouvrit les yeux, lentement, craignant de voir apparaître devant elle une silhouette qu'elle préférait ignorer. Une voix, qui lui paraissait être si lointaine et pourtant si proche, l'interpella. Elle l'avait reconnue sans mal, même si elle aimait ne pas l'entendre. Et toute l'innocence du moment, soudainement, sembla s'évanouir. Ce n'était pas qu'une simple impression pour Cassandra, elle était certaine, au fond, qu'Ezrael était là pour lui dérober, comme il l'avait fait pour Christabella, une candeur à laquelle elle tenait tant. C'était pour cette raison qu'elle ne l'appréciait pas, outre le fait qu'il était un garçon et adolescent, ce qui, dans son esprit, faisait rarement bon ménage. Elle ne le haïssait pas, elle ne haïssait point. Elle ne le portait tout simplement pas dans son cœur comme les êtres qu'elle chérissait le plus au monde. Il avait une place, certes, mais tellement infime qu'elle ne semblait pas le remarquer. "Salut." répondit-elle par simple politesse. Elle le gratifia ensuite d'un sourire qui se voulait sincère pour le remercier. Cassie était naïve, mais elle se méfiait tellement des garçons que leurs techniques, aussi maladroites les unes que les autres, pour l'amadouer ne fonctionnaient jamais. Elle ne pouvait s'empêcher, alors, de douter de cette spontanéité dont il avait fait preuve. Bien évidemment, Christa, peu farouche, était tombée dans le piège si séduisant du sourire ravageur. Quant à Cassandra, ce n'était absolument pas son genre. Elle était naïve mais pas dupe, et nul n'avait échappé aux rumeurs qui circulaient au lycée sur le soit disant couple le plus innatendu et pathétique de McKinley. Au fond, Cassandra espérait au moins qu'Ezrael ne faisait pas ça par simple charité, car ce serait l'acte de bonté le plus ridicule jamais réalisé.

Mal à l'aise, elle se tourna vers lui, constatant le vide significatif qu'il avait laissé entre leurs deux corps. Au moins il avait des bonnes manières, pensait-elle. Il en profita alors pour lui communiquer quelques conseils... ou serait-ce des reproches ? Cassandra, étonnamment, l'encaissa avec maturité. "Tu crois ?" demanda-t-elle plus par rhétorique qu'autre chose. "Il y a un proverbe arabe qui dit que ce qui vient du cœur touche le cœur. Apparemment j'ai encore des progrès à faire." dit-elle spontanément. "Mais je trouve cela presque arrogant de la part de quelqu'un qui chante dans un Glee Club."
D'ailleurs, c'était une des raisons pour lesquelles elle n'appréciait pas les chorales du lycée. Chantaient-ils vraiment avec leur cœur ? Il lui semblait que non, à en juger par les chorégraphies totalement outrageuses dans lesquelles ils se complaisaient avec fougue. Tout ceci, c'était de la poudre aux yeux. Et après tout, qui était véritablement Ezrael pour lui porter ne serait-ce qu'un minuscule conseil ? Il faisait bien partie de ces gens qui pensaient plus à l'impact qu'aurait leur représentation sur leur popularité plutôt qu'à celui que cela pourrait produire dans le cœur des auditeurs.

Cassandra n'était pas au bout de ses surprises. C'était incroyable, mais le garçon venait de lui offrir son aide. La suspicion pouvait se lire sur son visage tandis qu'elle réfléchissait à un moyen de répondre. "Comment crois-tu pouvoir m'aider ? Tu joues du piano ?" demanda-t-elle. Et si la réponse était positive, ce serait là la première chose qu'elle apprécierait chez lui.
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MessageSujet: Re: 07. The ugly truth   Mer 3 Aoû - 12:57

    A l’instant même où Cassandra ouvrit les yeux, laissant apparaître une expression qui semblait être mitigée entre déception et inimitié sur son visage, Ezrael comprit qu’il aurait peut-être mieux fait de rester derrière son pan de mur, puis repartir de là d’où il venait, plutôt que de jouer les bons samaritains. Pourtant, ce qui semblait avoir été de la bonté, était venu à lui, le poussant à traverser l’immense amphithéâtre, afin de se présenter à cette créature chaste, messagère du Bon Dieu, qui semblait lui porter autant d’amour qu’on en aurait pour un rat d’égout. Bien qu’étant d’un ordinaire affectueux, Ezrael avait lui aussi énormément de mal à considérer la jeune fille comme amie, ou même comme simple-connaissance-que-l’on-salue-dans-les-couloirs ; elle avait cet air hautain et désagréable envers lui, qui avait tendance à l’insupporter au plus haut point. Bien entendu, il connaissait l’origine de ce ressentiment, puisqu’il concernait la personne à laquelle tous les deux tenaient énormément – si ce n’est plus –, et que leurs visions des choses à son propos étaient très légèrement différentes. Cassandra était plutôt de ceux qui cherchent à tout prix à garder les bonnes vieilles traditions d’antan, et celles-ci ne concernaient en aucun cas les petites recettes de cuisine de grand-mère. Si seulement son conservatisme s’arrêtait à ce point, tout serait bien plus faciles pour l’un comme pour l’autre de s’entendre et même de s’apprécier. En tous points différents, Ezrael préférait vivre une vie d’adolescent des années deux-milles, c’est-à-dire sortir entre amis, avoir une petite-amie, et abuser de certaines bonnes choses. Il lui était impossible de penser un seul instant qu’il pourrait avoir une vie aussi restrictive que celle qu’avait choisit Cassandra, mais malgré ceci, il comprenait très bien qu’elle puisse préférer rester chaste jusqu’au mariage, proclamer haut et fort que les contraceptifs et l’avortement sont les pires choses que l’on puisse trouver sur Terre, ou bien encore – et pas des moindres – que la seule manière de vivre dans la prospérité était de croire en la divinité de Dieu-Le-Seul-L’Unique. Ou du moins, il respectait…

    A la seconde même où Cassandra ouvrit la bouche, laissant échapper enfin un son, Ezrael comprit que ce moment qu’ils allaient peut-être partager ne serait certainement pas aussi délectable qu’il avait pu se l’imaginer en franchissant l’embrasure de la porte battante qui séparait l’amphithéâtre du reste du lycée. Ce simple « salut », bien que calme et posé, ne lui venait clairement pas du cœur, bien au contraire ; si elle en avait eu la possibilité, elle aurait certainement ignoré sa présence. Mais que pouvait-il, lui, Ezrael, faire de plus, maintenant qu’il se trouvait devant les grands yeux azurs de son interlocutrice ? Il préférait encore affronter ce regard dédaigneux – qui générait en lui un étrange malaise –, plutôt que de passer pour le plus lâche de tous les mâles qu’elle ait put rencontrer dans son existence, et craindre d’empirer la vision des hommes, déjà très négative, dans laquelle demoiselle se complaisait. De plus, la présence d’Ezrael dans cette salle n’était pas anodine, puisque devrais-je vous rappeler que l’origine de celle-ci provenait avant tout d’un besoin de pianoter. Besoin qui s’avérait être toujours d’actualité, il était donc hors-de-question de quitter cette scène – de toute manière, fidèle à ses bonnes manières, il ne se serait ô grand jamais, permis de tourner le dos à une jeune fille de bonne famille telle que Cassandra, surtout face au statut de ‘meilleure-amie-de-Christabella’ qu’elle occupait.

    L’instant qui suivit, Cassandra ne sembla plus être à l’image de la petite fille sage et calme qu’elle laissait transparaître d’elle-même. A vrai dire, les rares moments où Ezrael avait eu l’occasion de lui parler, il n’avait jamais eu la possibilité d’assister à une telle facette de sa personnalité ; il semblait que son angélisme n’était pas accessible aux impies masculins. Ezrael haussa les sourcils, à l’entente de la réponse de la jeune fille. Mais que cherchait-elle donc à faire ? Pourquoi tant de haine envers lui ? … Oui, en réalité, peut-être que cette question était déplacée. Il pouvait comprendre pourquoi elle était aussi désagréable envers lui, il n’y avait pas de mystère sur ce sujet, mais peut-être pouvait-elle simplement agir avec un peu plus de maturité, ou bien… d’hypocrisie ? Non, un sourire c’est de trop ? Bien.

      « Je trouve cette réponse presque arrogante de la part d’une pieuse, rejetée par une bonne partie des élèves du lycée. Je peux bien comprendre que tu ne m’aimes pas, mais si même entre ‘losers’ on ne s’entraide pas, je me demande comment on… ou plutôt ‘tu’ vas avancer dans la vie. »

    Si elle souhaitait entrer sur ce terrain, elle ne sortirait pas indemne, c’était certain. Ezrael avait une sainte-horreur d’attaquer les gens, et d’autant plus sur des sujets qui pouvaient toucher de près ou de loin les sentiments des personnes, mais il ne fallait pas le pousser pour autant. Bien qu’il ne la connaisse pas, il pouvait certainement la blesser, mais ça n’était pas ce qu’il souhaitait. Il ne l’appréciait pas, il ne cherchait pas à l’apprécier, et c’était réciproque, et pourtant ; pourtant, il allait leur falloir faire quelques efforts, pour Christabella. Et peut-être même avant cela.

      « Je joue du piano depuis quinze ans, je chante ; je n’aurais pas la présomption de dire que je le fais bien, mais je peux très probablement t’aider à synchroniser tes paroles et tes accords, et te donner quelques conseils. A moins que tu n’ais besoin que de chanter ou de jouer ? »

    Ezrael fit quelques pas vers Cassandra, ôta son sac bandoulière de son épaule, et le posa sur le piano à queue. Il porta à nouveau son regard sur la jeune fille, toujours assise devant le clavier. Pris d’une soudaine indécision, il fronça légèrement les sourcils, avant de reprendre la parole.

      « Tu veux de l’aide, alors ? »


Dernière édition par Ezrael Ashmore le Lun 22 Aoû - 4:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 07. The ugly truth   Dim 7 Aoû - 17:11

BIM ! Cassandra venait d'avoir la très nette impression de se prendre un mur. Cela devenait tellement habituel qu'elle commençait par demeurer stoïque face à la franchise d'autrui, aussi crue soit-elle. Pourtant, au fond, cela l'agaçait de ne pouvoir se vanter, un jour, d'avoir une conversation normale avec quelqu'un d'autre que sa sœur ou ses parents. Même parler avec Christabella était devenu un challenge qu'elle s'était promis de remporter. Tout ceci, ce n'était qu'un signe de plus pour lui prouver qu'elle n'était sur la même longueur d'onde que personne d'autre sur cette Terre. Et cette frustration, qui grandissait avec le temps, se ressentait parfaitement dans sa voix. Elle encaissait avec beaucoup de courage la véhémence des adolescents de son âge, fille comme garçon, et se relevait toujours avec dignité. Jamais elle n'était restée à genoux face à l'impertinence et au mépris, encore moins lorsque ce dernier n'était qu'une forme dérivée de peur que l'on masquait derrière la violence. Personne ne voulait accepter l'aide de Cassandra mais, foncièrement, tout le monde en avait besoin.

Assise face à Ezrael, Cassie commençait sérieusement à se demander la raison de sa présence ici. Était-il venu lui assener le coup final, l'achever alors qu'elle était la plus vulnérable ? Ses propos, bien que vrais, auraient dû la mettre en colère mais ils n'éveillaient en elle qu'une triste affliction. "C'est ça dénigre-moi comme la totalité des élèves de ce lycée, c'est la définition même de l'humilité. Il n'y avait aucune animosité dans ce que j'ai dit, j'exprime simplement ce que je ressens. Mais tu vois, j'avais raison." dit-elle calmement, le fixant droit dans les yeux comme pour lui prouver sa sincérité. "Et en effet, je ne crois pas à l'entraide "entre losers". Si quelqu'un a besoin d'aide, je me ferai un plaisir de lui accorder de mon temps. Ces choses ça ne se fait pas sur dossier."
Une chance pour lui que Cassandra n'était absolument pas rancunière. A vrai dire, c'était tout le contraire. Elle pardonnait tout à tout le monde. Peut-être était-ce idiot de sa part... après tout, c'était tendre le bâton indéfiniment pour se faire frapper. Mais elle avait cette naïve conception de la vie qui lui répétait sans cesse que "tu n'es pas ce que tu as accompli". Ezrael n'en avait pas encore fait l'expérience parce que cette discussion n'avait jamais eu lieu d'être, mais sûrement finirait-il par se rendre compte que la fille présomptueuse qu'il croyait avoir devant lui n'était qu'une manifestation de sa maladresse dans les mots.

"A vrai dire jouer c'est plutôt le domaine de ma sœur. J'essayais simplement de me mettre dans l'ambiance, mais c'est raté." avoua-t-elle. En réalité tout ceci ne faisait que confirmer ses craintes. Peut-être que cette fausse note n'était que le présage de son échec à venir ? Le cœur de la jeune fille commençait à s'emballer. Elle savait que même si Ezrael ne chantait pas exactement le genre de chansons qu'elle aimait, il avait beaucoup plus d'expérience qu'elle pour gérer le stress pré-représentation. "Tu as dû commencer très tôt pour en être à quinze ans de piano ! Est-ce que tu comptes en faire ton métier ?"

Ezrael finit par prendre place à côté d'elle. Cassandra, qui voyait une symbolique pour tout et n'importe quoi, ne pouvait s'empêcher de voir ce geste comme un gage de réconciliation. Ou du moins, cela y ressemblait beaucoup. "Je veux bien de l'aide." admit-elle avec une lueur de regret dans les yeux. Peut-être que ce garçon lui ressemblait plus qu'elle ne voulait bien le croire ? Faire table rase du passé pour apporter son aide, cela lui ressemblait beaucoup. "C'est pour mon solo de dimanche, à l'église. Je ne suis pas sûre d'être à la hauteur. Tu sais, même si je n'approuve pas tout ce que vous faites au Glee Club, je vous respecte. Je ne sais pas si je serais capable d'assumer les brimades des paroissiens comme vous le faites sans arrêt face à celles des élèves."

Même si Cassandra ne vacillait que rarement face aux moqueries des élèves de McKinley, elle savait que les évènements prendraient une toute autre tournure entre les murs de l'église. Il n'y avait que là bas qu'on la respectait. Non pas pour ce qu'elle était, mais pour ce qu'elle défendait, ce en quoi elle croyait. Ce respect, c'était sa force, celle qui l'aidait à lutter au lycée. Qu'adviendrait-il si jamais on lui réservait le même sort à l'église qu'au lycée ? Sûrement demanderait-elle à son père de déménager...
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MessageSujet: Re: 07. The ugly truth   Ven 26 Aoû - 5:30

    Ezrael avait l’étrange impression d’avoir tord, et, par-dessus tout, d’avoir mal agi. Pourtant, ce sentiment ne venait pas de son regret d’être entré dans l’amphithéâtre. Non, il se sentait seulement mal pour avoir calomnié la jeune Cassandra, qui semblait finalement plus sincère et douce que ce qu’il avait imaginé auparavant. Certes, le terme ‘amitié’ ne serait jamais employé pour décrire leur relation, mais elle ne semblait plus du tout être la jeune fille diabolique – si l’on pouvait user de ce mot à propos de Cassandra – qu’il avait en mémoire. Que s’était-il passé en l’espace de dix secondes, qui avait autant changé le regard d’Ezrael au sujet de la blondinette ? Troublé, le jeune homme écoutait seulement ce que celle-ci avait à exprimer ; tout ce qu’elle disait, bien que blessant, avait une once de vrai. C’est ainsi qu’Ezrael passa d’un sentiment de regret à celui de la culpabilité. Chaque mot que Cassandra prononçait semblait être choisi avec goût et minutie pour que quiconque capable de l’entendre – Ezrael – se sente soudainement ridiculement idiot de jouer encore à cette ‘gue-guerre’ des clans qui régnait dans les couloirs de McKinley High. Lui-même, trouvait cette manière de penser inintelligente, c’était d’ailleurs pour cette raison qu’il avait quitté l’équipe de football du lycée, et qu’il avait préféré rejoindre le Glee Club de B. Ryan, et enfin assumer ses passions. Mais en y réfléchissant, tout ceci n’avait fait qu’attiser ce concept de haine qui contrôlait les élèves. Très peu de ses anciens co-équipiers étaient restés à ses côtés, et l’avaient soutenu ; la plupart s’était même plutôt monté contre lui, le dénigrant avec agressivité et antipathie. Finalement, Ezrael en était venu à détester beaucoup de ses anciens amis, et jamais, ô grand jamais, il ne lui viendrait à l’idée de leur porter secours s’ils en avaient besoin. Leur comportement avait été d’une telle animosité envers lui, que le pardon lui semblait impossible. Et pourtant, d’après Cassandra, « l’entraide ne se fait pas sur dossier » ; certes, tout ceci avait un sens, mais était aussi, sous d’autres angles, très difficile à accepter. Dans le cas d’Isaac Weatherley, ou celui de Duncan Baxter, Ezrael ne serait probablement jamais prêt à pardonner, ils étaient tout bonnement deux imbéciles que la jalousie étouffait, mais le cas de Cassandra était tout à fait différent. Peut-être serait-il temps d’oublier le passer et de mûrir. Du moins, si celle-ci décidait de faire un effort de son côté aussi – oui, bon, peut-être que la maturité viendrait un peu plus tard.

      « Ce n’est pas parce que tu as fais une fausse note que c’est forcément raté. L’erreur est humaine, et c’est bien souvent de nos erreurs qu’on en apprend le plus. » déclara-t-il d’une voix douce et quasi-amicale. « Oui, j’ai commencé vers mes quatre ans, c’est ma mère qui nous l’enseignait à mes sœurs et moi. Mais je ne suis pas assez doué pour en faire mon métier. Je préfère largement en jouer pour mon plaisir personnel, c’est moins contraignant. » avoua-t-il enfin, avec une pointe d’humour. Se pourrait-il que lui, Ezrael Ashmore, devienne agréable avec Cassandra Hamilton ? Après seulement quelques minutes de discussion, tout ce qu’il pensait connaître de la demoiselle s’était presque envolé, laissant place à une jeune fille sympathique – probablement celle qui était la meilleure amie de Christabella. Ezrael aurait lui-même, très bien pu être meilleur ami avec quelqu’un d’aussi charmant.

    Finalement, les quelques mots : « je veux bien de l'aide » se firent entendre, dans la conversation. La jeune fille venait de signer en lettres capitales l’arrêt de leur inimitié – au moins, pour cette fin d’après midi. Cassandra l’avait dit elle-même : chacun mérite qu’on lui accorde de l’aide, même s’il s’agit d’une personne que l’on n’apprécie pas. Ezrael se contentait d’agir de la sorte, et si l’un comme l’autre parvenait à faire un effort de comportement, ils pourraient même passer un bon moment ensemble – mais il ne fallait peut-être pas trop rêver.

      « Ce qui veut dire que tu as deux jours pour améliorer ton solo… C’est faisable, il suffit seulement que tu t’entraines demain. Il faut que tu gardes confiance ; tu seras à la hauteur si tu crois en toi. C’est bien beau de croire en Dieu, mais il faut avant tout avoir foi en soi, et si tu n’as pas ça, tout ce que tu pourras entreprendre dans la vie te semblera fade et minable. Les erreurs ne doivent pas t’empêcher d’avancer, bien au contraire. »

    Ezrael savait de quoi il parlait, il vivait ce problème chaque jour que le bon Dieu créait. Il avait un très gros problème de confiance en lui, en ce qui concernait sa voix, et il savait qu’il pouvait chanter avec brio, mais il avait souvent ce petit quelque chose qui l’empêchait d’atteindre la perfection. C’était cette foi en lui, qui lui faisait défaut. Peut-être était-ce déplacé de donner ce genre de conseil à Cassandra, lorsque lui-même ne pouvait pas les mettre à exécution, mais il s’agissait là de ce qu’il avait de mieux à lui dire…

      « Tu permets ? »

    Sans même attendre de réponse, pour faire ce qu’il avait en tête, Ezrael avança encore toujours plus vers Cassandra, et s’assit à ses côtés sur le petit banc en bois et velours rouge. Il saisit les partitions de piano qu’elle avait installé devant elle, y jeta un rapide coup d’œil, et laissa échapper un « mm » d’approbation. Il les reposa sur le support destiné à cet effet, et posa ses doigts sur le clavier, fixant toujours les notes inscrites sur le papier. Il commença à jouer, faisant naturellement glisser ses mains sur le piano. Il était dans son élément. Il continua jusqu’à la dernière note, sans user de sa voix, puis lorsqu’il eut terminé, se leva et fouilla dans son sac. Il en sortit un crayon à papier et une feuille. Il attrapa de nouveau les partitions, et commença à gribouiller quelques signes musicaux. Après quelques instants, il tendit son œuvre à Cassandra.

      « Tiens. C’est une version simplifiée des accords de piano. Ca ne donnera pas exactement la même chose, mais ça sera relativement similaire, et certainement bien plus facile à apprendre pour toi. Quant aux paroles, tu as l’air de les connaître sur les bouts des doigts, donc il te suffit seulement de respirer à fond, et penser que tu es seule dans cette église. Ca n’est pas infaillible, mais ça fonctionne. »
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MessageSujet: Re: 07. The ugly truth   Sam 10 Sep - 15:07

Cassandra ne se serait jamais attendue à ce qu'Ezrael soit un garçon capable de maîtriser ses pulsions et ses émotions... après tout, c'était un garçon, et Cassandra la première savait à quel point ils étaient impulsifs. Mais elle aurait dû s'en douter. Si Christabella l'appréciait tant, depuis tant d'années, c'était certainement parce qu'il avait quelque chose de spécial. Même si au fond Cassie le perçevait, elle ne pouvait s'empêcher de demeurer sceptique, comme le serait un dresseur face à un animal sauvage. Au final, la véritable nature des gens finissait toujours par refaire surface, tôt ou tard, et elle espérait bien ne pas en être la victime.
Elle le lorgnait, partagée entre un sentiment confus d'inimitié et de commisération. Ce sentiment, elle ne le connaissait que trop tant elle l'avait éprouvé à maintes reprises à l'égard de beaucoup de personnes dans ce lycée, dans sa vie. C'était le gêne de la bonté qui s'exprimait - si l'on considérait qu'un tel gêne existait, mais Cassie en était convaincue -. Cette curieuse empathie qu'elle éprouvait envers tout le monde, ce besoin d'aider son prochain, c'était ce qu'elle ressentait en prenant soin malgré tout d'éviter son regard profond et ténébreux. C'était bien vrai, ils étaient dans le même camp après tout, celui des persécutés. Mais la détresse d'Ezrael était tellement dérisoire face à la sienne que Cassandra, juste une fois, avait envie d'être égoïste. Que pour une fois, ce soit elle que l'on plaint, parce qu'elle le méritait amplement.

Tout ce qu'il disait était censé. Ezrael était un garçon censé et intelligent, ce genre de garçon dont elle doutait fortement de l'existence. Il fallait dire qu'elle n'en côtoyait pas beaucoup, hormis son père qui était son modèle absolu de perfection. Il faudrait bien qu'un jour quelqu'un lui fasse comprendre qu'on ne pouvait et surtout, qu'on ne devait pas se marier à son père. Mener la vie de sa mère, marcher sur ses pas, dans son ombre en quelque sorte, elle n'était pas certaine de le vouloir. Mais chaque jour, même si elle ne croyait pas en l'amour et encore moins à son âge, elle désespérait de trouver un homme qui vaudrait au moins la moitié de cet homme qu'elle admirait tant.
Elle inclina légèrement la tête lorsque le garçon lui confia que l'erreur était humaine. Elle en était consciente, elle en avait même fait l'expérience, mais elle ne voulait pas échouer à un moment si crucial de sa vie. "Je te comprends." avoua-t-elle dans ce qui s'apparentait à un murmure. "J'aime beaucoup aider les autres. J'accorde au moins 10h de mon temps par semaine à des œuvres caritatives. Mais je crois que je ne voudrais pas en faire mon métier, parce que... ça deviendrait une contrainte." dit-elle en reprenant exprès les mots du jeune homme. "Je crois qu'en fait la passion n'a pas de prix." ajouta-t-elle en repoussant une mèche de cheveux derrière son oreille.

Les mots du garçon résonnaient dans sa tête, la forçant à réfléchir à leur sens véritable, à ce qu'elle devait en conclure. Avait-elle foi en elle ? Elle ne s'était jamais posé la question à vrai dire. Il lui avait toujours semblé qu'avoir foi en Dieu était bien plus important, parce qu'Il vous le rendait tôt ou tard. Et à cet instant elle se revoyait aux côtés de Miss Pillsbury, totalement déboussolée, prête à tout abandonner. Non, définitivement elle n'avait pas foi en elle. C'était un travail qu'elle n'avait jamais pensé à effectuer.
Elle se contentait d'opiner du chef, un sourire avenant pendu aux lèvres, ne sachant trop quoi répondre de peur d'exposer des faiblesses qu'il pourrait user par la suite contre elle. C'était plus fort qu'elle, elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire. Sûrement ne pouvait-on pas transformer la méfiance en confiance en un claquement de doigt. C'était là aussi un travail qu'ils se devaient d'effectuer à deux, si même ils en avaient la volonté.

Par simple politesse il lui demanda si cela la dérangeait qu'il prenne place à ses côtés. Elle hocha finalement les épaules en constatant qu'il avait lui-même pris la décision. La rhétorique, ça la connaissait. Encore une fois elle voyait ce rapprochement physique comme une véritable symbolique. Le vide entre eux, c'était Christa, et c'était bien le problème. Même si Ezrael paraissait être en fin de compte un garçon tout à fait charmant, ce qu'ils faisaient, lui et elle, n'était absolument pas convenable. Elle l'observa alterner ses gestes entre le piano et le papier, apposer des notes sur la partition, comme si c'était un langage qu'il comprenait parfaitement alors que Cassandra n'y voyait que des dessins sur des lignes.
"Merci." se contenta-t-elle de répondre. Tellement de questions lui taraudaient l'esprit qu'elle n'était plus certaine de vouloir s'entraîner pour ce solo qu'elle avait tant attendu. "Est-ce que c'est vrai ce qu'on raconte sur toi et Christabella ?" demanda-t-elle dans un élan de curiosité maladif. "Je ne suis pas certaine que son père approuverait de la savoir Reine de la promo. J'ai peur que tout ceci soit un coup monté et je ne crois pas qu'elle supporterait de se sentir trahie." Elle laissa le doute planer un instant. Ses interrogations sortaient de nulle part, elle en était consciente, et elle était également consciente qu'elle venait peut-être de gâcher tous les efforts qu'Ezrael avait fourni pour tenter de sympathiser avec elle, mais ses inquiétudes avaient raison d'elle. "Tu sais qu'elle a menti à ses parents pour se rendre à ce bal ? Heureusement pour elle que son père a confiance en moi et qu'il se trouve que j'ai décroché le téléphone ce soir là. Ce jeu auquel vous jouez, c'est trop dangereux." dit-elle avec la voix tremblante. Elle ne voulait pas non plus qu'Ezrael la voit comme la rabat-joie de service, mais s'il était si compréhensif qu'il semblait l'être, il admettrait que, pour le bien de Christa, il valait mieux s'arrêter maintenant, avant que tout ne dégénère.
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MessageSujet: Re: 07. The ugly truth   Dim 9 Oct - 0:32

    Alors même qu’Ezrael allait assurer à sa chère interlocutrice que ce service lui venait du cœur, cette soudaine envie s’évapora comme par magie. Mais comment faisait-elle pour déclencher autant d’ascenseurs émotionnels en si peu de temps ? Le jeune homme était de nouveau debout, observant la jeune blonde du haut de son mètre quatre-vingt-neuf, et se demandait véritablement ce qui lui avait prit d’entrer dans cette salle. Il avait finit par croire qu’elle n’aborderait peut-être pas le sujet, après tout, leur discussion avait plutôt mal commencé, mais cette histoire de piano était tombée tellement à pique qu’elle avait presque lié les deux protagonistes d’un trait d’amitié. Mais n’oublions jamais que les apparences sont trompeuses. La prochaine fois, Ezrael pourra se créer un pense-bête pour lui-même : lorsque Maman vous assure qu’il faut toujours garder un œil sur ses ennemis, il ne faut jamais en douter. Bref, tandis que Cassandra déblatérait sur un sujet qui semblait grandement la turlupiner, le garçon ne pouvait s’empêcher de penser à quel point la jeune fille pouvait être mesquine et opportuniste.

      « Je ne sais pas ce que tu as entendu dire au sujet de Christabella et moi, parce qu’il en traîne des vertes et des pas mûres à notre sujet au lycée ; j’en ai moi-même été témoin. Et j’espère d’ailleurs, que tu n’es ni actrice, ni spectatrice de ce genre de rumeurs vaseuses qui peuvent tourner. »

    Ezrael ne comprenait que trop bien que Cassandra, maladivement perturbée par le nouveau petit ami, impure et impie, de sa meilleure amie s’inquiète et se renseigne à ce propos. Mais quel était son droit de les juger – principalement lui –, le tout en écoutant les bruits de couloirs qui musardaient. Il savait pertinemment que Christabella se gardait de parler de lui aux personnes qui l’entourait, et bien que Cassandra soit sa confidente, et amie la plus proche, elle avait préféré ne pas aborder le sujet titre « Ezrael » avec elle trop souvent, voire jamais. Elle connaissait d’avance la réaction qu’aurait la blondinette, et qu’importe les arguments qu’elle aurait pu ajouter, toute sa petite manœuvre n’aurait été que trahison, déshonneur et infidélité envers Dieu et son œuvre.

      « Pour sa défense, et la mienne par la même occasion ; cette histoire de Reine de la Promo, n’était absolument pas prévu, on n’était même plus au bal quand nos noms sont sortis. Je sais que tu penses que tout ce que je peux entreprendre avec Christabella n’est que trahison et tout le tralala, mais j’aimerai que tu affirmes avec sincérité, et que tu m’expliques sans cligner des yeux, ce que je pourrais bien vouloir d’elle, et pourquoi je me servirais d’elle avec autant d’acharment ? Je suis assez curieux d’entendre ta version des faits, miss Hamilton. Je n’ai peut-être pas les valeurs que tu prônes, mais tout le monde a l’air d’oublier que je suis tout de même anglican, et que j’ai une confession. Je n’ai pas les mêmes idées conservatrices que vous, mais je suis plus ou moins catholique et j’ai des principes, comme tout le monde. Je ne suis plus vierge, et ça fait de moins le pire des pêcheurs, j’en suis navré. En attendant, je suis amoureux de ta meilleure amie, et j’ai l’impression que ça, tu t’en contrefiches. Je pensais pourtant que l’amour était important aux yeux du Seigneur tout puissant, et de toute sa clique. Ça n’est pas ça qui est dit ? Aime ton prochain, ou j’ai dû mal suivre mes cours de catéchisme… »

    Certains mots dépassaient légèrement la pensée d’Ezrael, dont la colère semblait grandir de seconde en seconde. Il savait que Cassandra ne faisait que s’inquiéter pour son amie, et cherchait avant tout à la protéger, mais il ressentait comme un besoin d’évacuer tout ce qu’il renfermait depuis plusieurs mois à propos de cette relation qui le frustrait quelque peu. Il n’était pas frustré à cause de son manque de relations corporelles, il se fichait bien de ce genre de choses. Ce qui le spoliait autant, était justement cette manière dont les gens pouvaient les juger, et le fait qu’ils devaient se cacher à tout va, de peur qu’un professeur ou élève n’aille trahir leur secret par un quelconque moyen auprès des Gillespie. Bien que l’amour qu’il partageait avec Christabella soit des plus forts qu’il n’ait jamais connu, tant de stress et de pression sur ses épaules avaient tendance à lui peser de plus en plus sur la conscience, et les préjugés de Cassandra s’apparentaient à la minuscule goutte qui faisait déborder le vase.

      « Je sais que tu insinues que je la pervertis, en me parlant de ce mensonge, mais sache que je ne l’ai jamais poussé à le faire. Elle m’en a parlé seulement après être venu au bal, et je dois dire que l’idée ne m’a plu qu’à moitié, mais si elle avait choisi de le faire, c’est qu’elle en ressentait l’envie. Tu sais à quel point elle peut se montrer passionnée envers quelque chose – la religion étant un parfait exemple – et quoi que tu puisses lui dire, si elle a décidé quelque chose, rien ne pourra l’empêcher de poursuivre son idée. Ce que je veux dire par là, c’est que cette histoire de bal lui tenait à cœur, et les choses ont évoluées en ce qu’elles sont. Je sais que tu ne veux pas que notre histoire continue, et je peux le comprendre, mais est-ce que tu aurais vraiment le courage de lui demander de quitter celui qu’elle aime, et la voir malheureuse pour un temps indéfini ? Je sais ce que tu veux de moi, j’ai compris ton petit jeu, mais je peux très bien le tourner à mon avantage aussi. Encore une fois, je comprends parfaitement ce qui te fait agir de la sorte, et je sais tout aussi bien que tu as entièrement raison, mais je ne peux vraiment pas me résigner à la laisser, et à m’enfuir comme un voleur. Je n’ai jamais aimé quelqu’un de cette façon, et je pense pouvoir dire qu’elle ressent la même chose à mon égard, sans prétention. Si ça peut te rassurer, d’ici quatre mois, nous allons tous devoir passer nos examens, et aussi tôt que j’aurai mon diplôme en poche, je devrai m’envoler pour l’Angleterre. À ce jour, tu pourras officiellement me rayer de ton cercle de connaissances, et accourir vers Christabella pour lui sécher ses larmes et lui dire autant que tu veux : « tu vois, j’avais raison ». D’ici là, je me réserve le droit de ne pas suivre tes conseils, et de continuer à t’ignorer dans les couloirs à ma guise, si cela ne te dérange pas. »
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MessageSujet: Re: 07. The ugly truth   Dim 9 Oct - 11:56

En fait Cassie avait eu tort, Ezrael était un garçon comme les autres. Il la toisait de toute sa hauteur, comme le faisaient les footballers dans les couloirs et se laissait facilement maîtriser par la colère. Une colère qu'elle n'était pas surprise d'avoir déclenchée mais qu'elle trouvait malgré tout démesurée. Elle savait que l'amour pouvait adoucir les gens, et au fond cela signifiait qu'il tenait vraiment à Christabella pour se braquer de la sorte à la moindre évocation de son nom. Elle ne voulait pas y croire cependant. Pourquoi tant de haine si ce n'était pas pour cacher quelque chose ? Ezrael se rendait-il compte qu'en agissant de la sorte il livrait sa part la plus sombre à une personne qui ne voyait déjà que le mal en lui ? Le garçon charmant avait laissé s'exprimer le garçon plein de condescendance. C'était ça, Ezrael était condescendant et parfaitement égoïste. De surcroît il venait d'insinuer qu'elle pourrait colporter des rumeurs à leur sujet. "Tu ne me connais vraiment pas Ezrael pour suggérer une chose pareille. Nous aimons tous les deux Christabella à notre façon et je ne sais pas pour toi, mais moi je ne lui ferai jamais de la peine pour obtenir ce que je veux. Tu l'as très bien compris, je n'approuve pas du tout votre union mais ce n'est en aucun cas un problème personnel. Que ce soit toi ou un garçon du Club de chasteté je n'y consens absolument pas."

Elle n'avait pas cillé. Ezrael avait beau être impressionnant de part sa taille, sa carrure ou son regard ténébreux, elle n'avait pas peur de lui. Même si le ton agressif qu'il adoptait ne la rassurait à aucun moment, elle savait très bien que, si par malchance il s'en prenait physiquement à elle, son idylle avec Christabella tournerait court. Elle le défiait du regard, non sans une pointe d'angoisse qui faisait battre son cœur anormalement vite. "Ce que tu peux vouloir d'elle ? Voyons Ezrael, tu dis toi-même que tu n'es plus vierge. Tu as cédé au plaisir charnel une fois, pourquoi pas une autre ? Tu vas me dire que Christa est différente mais c'est ce que disent tous les garçons. Je ne te crois pas. Et tu vas me dire que tu te fiches de mon avis. Cependant Christa est docile. Tu n'as pas réussi à dire non pour le bal, tu as profité de la situation et tu veux me faire croire que tu ne vas pas en profiter quand vous serez seuls dans ta chambre ?" Comme il l'avait défiée de le faire, elle n'avait pas cligné des yeux. Sa voix était même particulièrement assurée, rythmée par tous ces ressentiments que Christa n'était jamais disposée à entendre. Comme toujours c'était elle qui devait agir en adulte. Pour sa soeur, pour Christa, pour tous les autres. Elle savait que personne ne lui avait jamais rien demandé, mais c'était bien plus fort qu'elle. C'était tout aussi fort que la haine qu'éprouvait Ezra à son égard. Une haine qu'elle ne partageait aucunement, au contraire de ce qu'il pouvait bien croire. "Je suis parfaitement consciente qu'il faut aimer son prochain. Il se dit aussi que le salut ne dépend pas des qualités ni des mérites. Le salut est un don, la foi est une réponse libre et responsable de l'homme à un appel de Dieu. Tu vois, Christa a le droit de faire ses propres choix, mais je la connais et elle va le regretter tôt ou tard."

Cassie savait bien que, pour l'église protestante, l'obtention du salut se faisait par la foi et non par les œuvres. Elle avait tendance à mélanger un peu tous ces concepts qu'elle trouvait presque injuste, même si Dieu en avait décidé ainsi. L'altruisme était cependant une valeur essentielle qu'elle prenait très au sérieux avec tout le naturel du monde. N'était-ce pas ce qu'elle faisait ? La recherche du mieux-être de son amie ? Si jamais le père de Christabella était amené pour des raisons obscurs à savoir que sa fille était une menteuse, il n'hésiterait pas à la mettre à la porte. Ezrael était-il seulement conscient de ça ? Cassandra était persuadé que non. Il ne connaissait pas M. Gillespie, et sûrement n'aurait-il jamais l'honneur de le rencontrer. Du moins pas main dans la main avec sa propre fille. "Les jeux sont déjà faits alors." dit-elle en s'extirpant du banc afin de s'éloigner un peu du garçon. Elle empoigna la partition et la plaqua fermement contre sa poitrine. "Dans quatre mois tu briseras son cœur et ce sera à moi de le panser. Si tu l'aimais tant que ça, tu ferais en sorte qu'elle te déteste, maintenant, dans l'espoir qu'elle ne souffre pas à l'idée de cette rupture. Tu ferais en sorte que les choses s'arrêtent maintenant au lieu de la condamner à te pleurer."
Elle se dirigea vers les coulisses, après lui avoir glissé ces quelques mots : "Réfléchis à tout ça. Tu ne m'aimes pas moi mais si tu l'aimes elle, tu sauras m'écouter." Et sa silhouette s'évanouit dans l'ombre du décor, abandonnant Ezrael a ses propres démons.
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