Choriste du mois


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 07 - After the party, the hangover

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MessageSujet: 07 - After the party, the hangover   Mer 13 Juil - 18:33



After the party

the hangover !


    Ellen mit ses Ray-ban noires sur son nez. C'était un peu ridicule vu que le temps était nuageux, et qu'on était en mars, mais les lunettes de soleil était la parade traditionnelle contre les horribles cernes des lendemains de soirée. Et quelle soirée d'ailleurs ! Pas aussi trash et dépravée qu'à Los Angeles, mais qui avait de la classe compte tenu de l'État où elle se déroulait.
    La jeune fille était déjà prête, habillée, maquillée quand elle descendit pour déjeuner. Une horrible odeur de friture lui arriva au narines. Elle qui d'habitude adorait les churros, ce matin, les effluves de beignets frits lui étaient insupportable. Elle remonta aussi sec dans sa chambre (qui ressemblait plus à une suite ou à un appartement), et sortit par l'escalier de secours. C'était assez ardu, surtout en talons, ceux-ci ayant la fâcheuse manie de se coincer dans les petits trous du grillage de métal. El finit presque sa descente sur les mains, et fut rassurée de constater que son équilibre était toujours aussi bon. Elle surprit un regard étonné de sa voisine, une vieille bique engoncée dans sa robe de chambre léopard. Quoi ? Elle n'avait jamais vu quelqu'un descendre son escalier de secours sur les mains ? Bon d'accord, peut-être pas. Et ce quelqu'un n'était sans doute pas vêtu non plus d'un jean slim et en chemisier haute-couture.
    D'un air provoquant, Ella s'alluma une cigarette et la voisine se hâta de rentrer dans son appartement. Elle regretta bien vite ses dernier gestes, quand elle fut prise d'un violent vertige et qu'elle faillit s'étouffer dans une bouffée de fumée.
    Elle s'assit au volant de sa voiture afin de retrouver ses esprits, et respira doucement. Inspiration. Expiration. Ce n'était pas encore ça, mais le monde tournait déjà moins. Comme quoi les cours de yoga n'était pas forcément inutiles. Ellen glissa la clé, démarra sa Porshe et poussa d'un doigt le bouton de l'autoradio.

    NANANACOME ON ! COME ON ! COME ON !

    Elle freina brusquement et fit taire le vacarme. Les lendemains de fêtes difficiles Rihanna était peu recommandable. Le silence c'était bien aussi.
    Elle conduisit avec une lenteur presque exagérée, les rues étaient vides, personne ne pouvait se plaindre à grands coups de klaxons. Son trajet prit le double de temps qu'à l'habitude. La jeune fille attendit encore cinq minutes avant de sortir, se préparant psychologiquement aux bousculades et aux cris des lycéens.
    Elle prit enfin son courage à deux mains, replaça correctement ses lunettes, et entra dans le bâtiment principal.
    A peine quelques pas, et une cheerleader s'aspergea d'un parfum de super marché juste sur son chemin. Ellen n'y tint plus, elle se précipita aux toilettes les plus proches, s'improvisa un chignon en route, et vomit le peu qu'elle avait ingurgité dans la cuvette. Elle tira la chasse, sortit du cabinet, puis se passa de l'eau fraiche sur le visage. Le teint un peu décrépit, El s'apprêtait sortir quand une blonde débarqua et alla reproduire ses gestes. Quand elle eu finit de dégueuler tripes et boyaux, Ellen, négligemment adossée à un mur, lui jeta un paquet de mentos dans les mains.

    « Salut. » dit la jeune fille, le regard malicieux et un léger sourire aux lèvres.


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MessageSujet: Re: 07 - After the party, the hangover   Mer 13 Juil - 22:18

    En se réveillant ce matin-là, Candice parvint miraculeusement à se remémorer les événements de la veille, et en particulier cette fête où elle était allée. Sans même avoir ouvert les yeux, elle savait qu’elle allait regretter de s’y être rendue : elle avait l’impression qu’un petit lutin invisible tentait de lui briser le crâne à l’aide d’un marteau. Et vu la douleur qu’elle ressentait, il n’était pas loin de réussir semblait-il. Pourtant, la soirée avait été super. D’accord, il y avait mieux, mais par rapport aux autres soirées auxquelles elle était allée, celle-ci était vraiment réussie. Ouvrant péniblement les yeux, ses doutes se confirmèrent : elle était en proie à une affreuse gueule de bois. Cognant sur son réveil pour le faire taire, elle se leva et se dirigea dans la cuisine. Son père dormait toujours, il se lèverait cinq minutes avant qu’elle ne parte – mais n’ayant pas idée de l’heure à laquelle elle était rentrée, mieux valait qu’elle soit en avance au lycée aujourd’hui. Elle se prépara un bol de lait chaud et fut prise d’un haut-le-cœur lorsque l’odeur lui parvint aux narines. Elle se contenterait d’un verre d’eau pour la matinée. Malheureusement, elle constata rapidement que son père n’avait plus d’aspirine. C’aurait été trop beau … Elle repartit donc enfiler sa tenue de cheerleader et se faire la queue de cheval « traditionnelle », puis elle se maquilla et enfila des lunettes de soleil bien opaques qui cacheraient ses yeux fatigués. Elle quitta la maison avant que son paternel ne se réveille et découvre que sa chère petite fille avait un peu trop bu la veille.

    Une fois dans sa voiture flambant neuve dont l’autoradio se mit automatiquement en marche lorsqu’elle alluma le moteur, elle vit tout tourner un moment autour d’elle. Elle dut fermer les yeux quelques secondes pour reprendre ses esprits et éteindre cette fichue musique qui tournait à fond dans les enceintes de l’habitacle. D’habitude, écouter du bon rock la motivait à aller en cours, seulement elle avait bien trop mal à la tête pour se laisser distraire. Pendant une seconde – seulement une seule ! – elle s’imagina même aller demander à son père de l’accompagner au lycée tellement elle ne se sentait pas à tenir le volant. Cette idée lui parut absurde au moment où elle l’avait pensé, mais il montrait parfaitement son état psychologique. Et si elle disait à son père qu’elle était malade ? Il ne la croirait jamais … Poussant un gros soupir résigné, elle sortit du garage et s’engagea dans l’allée avec précaution. Heureusement, McKinley n’était qu’à un quart d’heure de route de chez elle. Candice finit donc par arriver sur le parking du lycée vingt bonnes minutes plus tard, Ray Ban sur le nez, parée à affronter toutes les personnes bruyantes et les néons lumineux.

    Ce à quoi elle ne s’attendait pas et ne pouvait s’attendre, c’était à l’odeur du joueur de foot en sueur en train de manger un sandwich jambon-beurre à cette heure de la journée. Par chance, son casier n’était pas loin des toilettes et elle eut le temps de s’y précipiter pour vomir ce qu’elle n’avait pas mangé. Charmante et sexy dès le matin, la journée s’annonçait bien. Elle aurait peut-être du rester chez elle finalement …
    Candice tira la chasse d’eau et sortit de là avec une grimace, un horrible goût dans la bouche. C’est alors qu’elle remarqua Ellen adossée à un mur, qui lui lança un paquet de mentos. Pile ce qu’il lui fallait. Ca sentait l’expérience, pensa-t-elle.

    « Merci ! »

    Elle en sortit un qu’elle fourra dans sa bouche, tout en retirant ses lunettes qui la gênaient à présent. Cette migraine, c’était le prix à payer pour passer une bonne soirée.

    « Loué soit les lunettes de soleil ! »

    Candice lança un sourire complice à Ellen et commença à se rincer la bouche tout en mâchant le bonbon mentholé qui redonna un peu de fraicheur à son haleine – une bénédiction. Lorsqu’elle se regarda dans le miroir, elle crut voir un fantôme. Son teint était pâle, ses lèvres gercées et de grandes poches s’étaient formées sous ses yeux. En regardant d’un peu plus près son amie, elle remarqua qu’il en était de même pour elle.

    « T’as une tête à faire peur. » dit-elle avec une pointe d’humour.
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MessageSujet: Re: 07 - After the party, the hangover   Jeu 25 Aoû - 16:10

    « Merci » dit Candice en jetant quelques bonbons mentholé dans sa bouche.

    A McKinley, on pouvait reconnaître les personnes en fonction de leur utilisation des toilettes le matin. Il y avait les filles sages, qui se remettaient une couche de gloss (souvent membre du club d'abstinence), les premières de la classe qui révisaient leur prochain devoir, et puis celles qui dégueulaient : les femmes enceintes ou les fêtardes au choix. Candice et Ellen se trouvait dans cette dernière catégorie. Rares étaient les lundis matins où elles ne se rencontraient pas dans les toilettes de l'aile gauche. C'était presque une sorte de rituel pour commencer la semaine.
    La cheerleader releva ses lunettes de soleil et se détailla dans la glace. Bien que d'ordinaire Ellen ressemblait autant à Candice, physiquement, que Taylor Swift ressemble à Beyoncé. Ce matin, leurs mine blanchâtre et leurs énormes cernes leur donnait un petit air de famille.

    « T'as une tête à faire peur ! » la taquina Candice.

    « Hum, je pense que tu seras encore pire que moi quand ton coach te verra ! » gloussa Ellen. Puis elle prit un air tyrannique et imita la voix de Sue Sylvester « Connell ! Si ton but dans la vie est de finir alcoolique, dépressive, avec six enfants à ta charge, va voir Schuester et son Glee Club ! Tu me fais honte ! ».
    Malgré le fait qu'El n'est aucun respect pour le sport qu'est le cheerleading, la plupart de ses amies, ou connaissances faisait partie de la team des Cheerios. Et elles lui avaient rapporter leurs mésaventures avec leur coach. Mme Sylvester semblait être une femme plutôt … radicale.
    Ellen posa son sac Longchamp sur le rebord du lavabo et se plaça à côté de Candice. D'un geste expert elle détacha ses cheveux et tira une brosse de son sac avec laquelle elle entreprit de démêler ses cheveux.

    « Devines quoi ? Le mec qui m'a raccompagnée hier m'a avoué qu'il voulait juste monter dans ma voiture, parce que c'était son rêve de conduire une porshe, non mais j'te jure ! » ça aussi c'était une espèce de tradition: raconter leurs fins de soirées les plus ridicules.
    « Tu sais, parfois j'aimerais que ma mère arrêtes d'essayer d'acheter mon affection. C'est pas sa faute si … » Ellen s'interrompit, peu de gens, voir personne, à Lima n'était au courant pour les infidélités de son père. El elle-même aimait peu en parler. Les rumeurs et ragots se propageaient plus vite que la mèche de Justin Bieber chez les garçons pré-pubères. Et le plus souvent, la version officielle se voyait éclipsée par une autre version beaucoup plus … tirée par les cheveux.
    Entre filles et fils de familles riches on se comprenait, mais on gardait plus ou moins ses problèmes pour sois. C'était une des règles d'or mais que tous les membres de ce club très select et officieux connaissaient. Bah ! Ce ne serait pas la première règle qu'Ellen Brook violerait. A vrai dire, presque chaque jour elle passait au dessus des règlements. Mais elle ne continuerais que si Candice la poussait à avouer, ce qu'il l'étonnerait beaucoup de la jolie blonde.

    C'est donc avec une certaine appréhension qu'elle attendit la réaction de son amie.


[Désolé pour le temps de réponse, j'ai eu des problèmes d'ordi après mon retour]
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MessageSujet: Re: 07 - After the party, the hangover   Mar 30 Aoû - 15:07

    Au lycée, les élèves avaient tendance à former des groupes bien distincts selon leur classe sociale ou leurs hobbies, surtout chez les demoiselles. Les cheerleader trainaient le plus souvent avec des cheerleader, sauf quand la concurrence les mettait à dos, ce qui n’était pas rare. Les lycéennes lambda étaient plus snobées, moins populaires généralement, bien que certaines parvenaient tout de même à se détacher du lot. Les choristes étaient tout en bas de l’échelle alimentaire, les plus humiliées qu’on ait jamais vu. Là aussi certaines personnes faisaient exception à la règle, ayant un pied chez les Cheerios et un pied chez les New Directions, ce qui faisait d’elles des sortes de looseuses respectées. Candice ne fréquentait pas ces gens-là, s’en tenant aux cheerleader et aux lycéennes. Heureusement qu’Ella faisait parti de ces derniers, sinon elle ne serait jamais venue lui adresser la parole. C’aurait été trop … humiliant.

    « Hum, je pense que tu seras encore pire que moi quand ton coach te verra ! » répondit Ellen en gloussant.

    C’en suivit une magnifique imitation de son coach. Candice en rit, mais elle savait que la jolie brune avait raison. Mme Sylvester n’allait pas du tout apprécier de la voir dans cet état. Il fallait qu’elle s’apprête à subir le pire : humiliation, etc. … La routine, en quelque sorte. Elle n’entendait même plus les insultes de cette femme qui criait tout le temps, même si son mal de tête n’allait pas se calmer ainsi. Et puis elle était dans cet état presque tous les lundis matins alors un de plus ou un de moins n’allait pas faire une grande différence.

    « Le coach va me tuer, ça c’est sûr ! » dit-elle en souriant malgré sa légère appréhension. Impossible de sécher le cours, ce serait encore pire. Elle allait devoir affronter Sue Sylvester.

    Remarquant que son sac Chanel était miraculeusement toujours à son épaule, elle en tira un mascara Dior charbonneux et, repoussant ses lunettes au-dessus de sa tête, elle entreprit d’en appliquer malgré sa migraine qui lui brouillait un peu la vue. Elle n’avait pas trop insisté sur le maquillage en se levant, estimant que personne n’était censé voir ses yeux avec ses lunettes opaques.

    « Devines quoi ? Le mec qui m'a raccompagnée hier m'a avoué qu'il voulait juste monter dans ma voiture, parce que c'était son rêve de conduire une Porsche, non mais j'te jure ! »
    « C’est pas vrai ! »

    Le ton de la conversation était léger. L’habitude de raconter toutes leurs petites mésaventures les lendemains de soirées. Elles en avaient toujours une ou deux à raconter.

    « Tu sais, parfois j'aimerais que ma mère arrêtes d'essayer d'acheter mon affection. C'est pas sa faute si … »

    Candice lui lança un regard interrogateur, sans non plus lui demander de finir sa phrase. Elle appréciait sincèrement Ellen, elles s’étaient d’ailleurs très vite trouvé de nombreux points communs : la richesse, les fêtes … Une sorte de complicité était née entre elles, sans pour autant en faire des amies très proches. En effet, il y avait beaucoup de tabous dans leur petit monde des gens aisés : elles ne parlaient jamais de leurs problèmes familiaux par exemple. Ou même de leurs problèmes tout court. C’était idiot, mais c’était comme ça. Fréquenter des riches ne pouvait pas qu’avoir des avantages, c’aurait été trop beau ! Pourtant, la Cheerio avait parfois l’impression que son amie avait besoin de se confier sans trop savoir à qui. Or elle ne pensait pas être la personne la plus apte à l’écouter.

    La jolie blonde reporta son attention sur son reflet, sortant cette fois – toujours dans son petit sac Chanel, qui ne portait finalement qu’essentiellement du maquillage et son iPhone – un petit fond de teint qu’elle appliqua sur son visage à grands coups de gestes adroits, se pressant afin d’avoir terminé avant la première sonnerie. Elle avait l’air un peu moins pâle ainsi. Même ses cernes semblaient estompés, à son grand ravissement.
    Elle tentait de se remémorer la soirée de la veille, mais c’était comme regard à travers un fin bandeau. Ses souvenirs étaient flous, avec des trous de mémoire de temps en temps.

    « Hier, un barman m’a fait goûter un truc bizarre avec j’sais pas quoi dedans … genre du sirop pour la toux mélangé à du rhum ! J’lui ai dit que c’était dégueu, il l’a trop mal pris. T’aurais vu sa tête ! »

    Candice sourit en ce remémorant l’expression du gars, ignorant la phrase précédente d’Ellen. Pourtant, quelque chose lui disait qu’elles allaient bien devoir en parler. Si elle voulait être un peu plus qu’amie tout court avec la lycéenne, elle allait devoir faire un effort. Peu importait les tabous entre riches, Ellen était très loin de penser comme une petite bourge. Elle prit donc son courage à deux mains pour demander innocemment :

    « Au fait … Tu m’as jamais parlé de ton père. Il fait quoi dans la vie ? »
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MessageSujet: Re: 07 - After the party, the hangover   Dim 11 Sep - 19:14

    Confiance. Ce mot était presque étranger à Ellen. Ce qu’il représentait, combien il était important pour avancer dans la vie… la jeune femme n’en avait aucune idée. Car pour El, la confiance était sans cesse accompagnée de sa fidèle ennemie la trahison. Comme quand son père les avait trahies, elle et sa mère. Comme quand il les avait abandonnées, sa mère et elle pour sa « pseudo nouvelle famille » qui vivait à quelques pâtés de maison de leur résidence californienne … Dire qu’elle n’avait rien vu venir !
    La jolie brune fut ramenée à la réalité par un goût âcre de sang qui se rependait dans sa bouche. Elle s’était mordue la lèvre si fort qu’elle en saignait. Elle avait également tellement serré les poings que ses ongles parfaitement manucurés s’étaient enfoncés dans ses paumes, laissant des petites traces sur sa peau. Elle retint un grognement, il fallait qu’elle arrive à se contrôler un peu !

    « Hier, un barman m’a fait goûter un truc bizarre avec j’sais pas quoi dedans … genre du sirop pour la toux mélangé à du rhum ! J’lui ai dit que c’était dégueu, il l’a trop mal pris. T’aurais vu sa tête ! »


    Candice semblait avoir ignoré sa phrase précédente. D’un côté elle était rassurée, voir contente, et d’un autre elle était passablement déçue. Avec humour elle tira la langue dans une mimique de dégout.

    « C’est pas étonnant ! T’as dû assener un grand coup à sa petite fierté ! »

    Il y eut un moment de silence, et après un instant d’hésitation la cheerios lui demanda sur le ton de la conversation :

    « Au fait … Tu m’as jamais parlé de ton père. Il fait quoi dans la vie ? »

    Gênée, El tira sur une de ses boucles brunes qu’elle enroula autour de son doigt. Sa première pensée à l’égard de son paternel fut salopard. Mais elle se retint de jurer devant Candice. Elle prit une longue inspiration en prévision d’un monologue larmoyant, mais quand elle ouvrit la bouche, aucun son n’en sorti. C’était comme si quelqu’un la mettait au défi de parler. La jolie brune savait que cette conversation n’avait plus rien d’anodine, elle fallait qu’elle choisisse avec soin ses mots.

    « Contrairement aux autres lycéens, je sais que tu t’informes, tu lis la presse et tout ça … » commença-t-elle prudemment. Le divorce de ses parents avait été assez médiatisé, en tous cas dans les journaux de Los Angeles. Ellen ne savait pas si la presse à scandales arrivait jusqu’à cette région reculée qu’était l’Ohio.

    « Enfin, bref. Tu as sans doute vu les noms de Carter et Élise Brook, même si l’article ne t’as pas intéressée. Ce sont mes parents, mon père est un le président d’une des plus grandes maisons de disques du pays -c’est d’ailleurs curieux que l’affaire ne se soit pas ébruitée plus que ça – et il y a quelques mois il a quitté ma mère. Il nous a annoncé, de but en blanc qu’il … avait une autre famille qui aurait plus besoin de lui que nous. »

    Ça avait le mérite d’être clair. El se sentait comme … libérée. Maintenant elle et Candice partageait quelque chose, ça lui faisait du bien de se dire qu’elle avait enfin une véritable amie à McKinley, et même ailleurs.

    Elle relâcha la boucle de cheveux entortillés autour de son doigt et adressa à son amie blonde un petit sourire contrit.
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MessageSujet: Re: 07 - After the party, the hangover   Dim 18 Sep - 16:02

    Candice était toujours surprise de voir à quel point des mots pouvaient provoquer diverses sensations chez une personne. Elle en avait fait l’expérience lorsque son père avait eu l’idée de l’emmener chez une psychologue. La discussion pouvait mal tourner en deux mots ou en un sous-entendu : il suffisait juste de savoir ce que l’on disait. Or lorsqu’elle avait demandé à Ella ce que son père faisait dans sa vie, son amie avait semblé être soudainement gênée. Du coin de l’œil, elle l’observa se figer devant la glace, comme prise de court, ouvrir la bouche comme si elle allait dire quelque chose puis la refermer. Là, elle sentit qu’elle n’avait plus vraiment le contrôle de la conversation. Elle n’avait jamais voulu mettre male à l’aise son amie, elle s’en voulait déjà de lui demander quelque chose sur son père alors que ce dernier était peut-être mort, ou bien il était divorcé … Candice se mordit la lèvre inférieure, prête à faire des excuses à Ella, lorsque la jolie brune répondit prudemment :

    « Contrairement aux autres lycéens, je sais que tu t’informes, tu lis la presse et tout ça … »

    Bien sûr, Candice lisait la presse à scandale, ce qui n’était pas vraiment la presse à proprement parler. Qui ne lisait pas les ragots des stars ? Tout le monde dans ce lycée voulait leur ressembler : être beau, riche, célèbre … Candice ne faisait pas exception à la règle. Mais elle comprit au ton sérieux d’Ella qu’il s’agissait des journaux, ceux qu’elle lisait parfois, histoire de se tenir informée de tout ce qui se passait dans le pays. Ces informations lui rappelaient sans cesse que le monde était noir et sombre, plein de crimes horribles dont on n’avait pas forcément connaissance. La cheerio ne les lisait pas donc toujours, pas quand elle était déprimée par exemple … Comment le savait-elle ? Elle avait sans doute deviné juste. Candice hocha la tête, trop curieuse de savoir ce qu’Ella allait lui dire pour oser l’arrêter.

    « Enfin, bref. Tu as sans doute vu les noms de Carter et Élise Brook, même si l’article ne t’as pas intéressée. Ce sont mes parents, mon père est un le président d’une des plus grandes maisons de disques du pays -c’est d’ailleurs curieux que l’affaire ne se soit pas ébruitée plus que ça – et il y a quelques mois il a quitté ma mère. Il nous a annoncé, de but en blanc qu’il … avait une autre famille qui aurait plus besoin de lui que nous. »

    Carter Brook … Oui, ce nom lui disait quelque chose, maintenant qu’elles en parlaient. En vérité, Candice ne lisait jamais les articles sur le divorce : c’était ennuyeux et plutôt déprimant. Elle n’avait jamais non plus voulu savoir le nom du père d’Ella, comme Ella ne connaissait pas le nom du père de Candice. Encore ces règles stupides entre gosses de riches … Bref, la blondinette était bouche bée, choquée non seulement qu’un père puisse faisait cela à sa femme et à sa fille, mais aussi qu’Ella ait caché un truc aussi énorme. D’un autre côté, étant donné ce qu’il avait fait, c’était compréhensible et Candice était loin de lui en vouloir. Elle aurait fait la même chose à sa place. Après un lourd silence, le temps pour la cheerio de cogiter un peu sur cette nouvelle information malgré la migraine qui lui brouillait les idées, elle ne réussit qu’à lâcher un « wow » d’étonnement.

    « OK, ton père est un salop, si je peux me permettre. » finit-elle par répondre, comme une conclusion à toute cette histoire.

    Candice se sentit chanceuse ce moment-là d’avoir encore son père auprès d’elle, même si sa mère les avait quittés deux ans plus tôt dans un accident de voiture. Elle savait donc ce que c’était de vivre avec un seul parent, de devoir expliquer pourquoi on ne pouvait pas faire signer un papier par ses deux parents ou pourquoi on ne parlait jamais de sa mère. Depuis ces deux dernières années, sa vie était devenue dix fois plus compliquée. Elle pouvait donc parfaitement comprendre la colère, peut-être même la haine, qu’Ella pouvait ressentir envers son paternel.
    Cependant, en bonne suiveuse de potins, Candice était curieuse. Elle avait envie d’en savoir un peu plus sur l’histoire de son amie. Car oui, Ella devenait une véritable amie, le genre de fille qui ne la laisserait pas tomber. Rien que le fait de le savoir soulageait la cheerleader, comme si elle avait une épaule sur laquelle se reposer en cas de besoin.

    « Vous ne vous êtes pas rendus compte qu’il avait une double vie ? » demanda-t-elle.
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MessageSujet: Re: 07 - After the party, the hangover   Lun 19 Sep - 19:33

    Long silence. L’ambiance n’était pas tellement tendue ou emplie d’un certain malaise, non, juste … dénuée de bruit. Ellen savait que Candice essayait de se démêler de ce surplus d’informations, ce n’était vraiment pas évident de réagir quand une de vos copines vous sortait un truc comme ça de but en blanc. El, n’avait toujours pas réussi à digérer. Les rares moments où elle arrivait à oublier ces douloureux moments, c’était quand elle était ivre et qu’elle se déhanchait sur la piste de danse. Soit, presque tous les week-ends. Pourtant la jeune fille savait que ce n’était pas une bonne solution de fuir la réalité à coup de verres de vodka. Mais elle était comme ça. Elle n’était pas du genre romantique et fleur bleue, elle ne pleurait pas un bon coup pour évacuer la douleur. Elle encaissait, encore et encore, et ça la détruisait à petit feu. Pas besoin de psy pour savoir ça, elle arrivait très bien à ce cernée elle-même et ce depuis toujours.
    Candice arriva enfin à fermer la bouche, et à avaler sa salive. La cheerios laissa échapper un petit « Wow », de stupéfaction. Bien, au moins la phase assimilation était terminée, maintenant commençait la phase des insultes. Ça aussi c’était bien un truc de riches, un espèce de module quand une grande mauvaise info arrivait (en dehors des décès), il se détachait en trois phases distinctes : compréhension, jurons, questions. La partie question était en général la plus longue et la plus pénible, quoi que parfois la compréhension pouvait durer assez longtemps pour les plus … diminués mentalement.

    « OK, ton père est un salop, si je peux me permettre. »

    Bingo. Candice était bien rompue aux us et coutumes des gens friqués. Ou bien c'était naturel, et un reflex, avec le temps ça pouvait se comprendre. Ella eu un sourire carnassier, le mot était encore faible pour qualifier son père. Cette pourriture lâche et désinvolte.

    « Plutôt de fois qu’une, surtout ne te prives pas ! »

    El sentit la période interrogatoire venir. Elle savait que Candice était du genre curieuse, elle se hissa donc pour s’assoir entre deux lavabos. La jeune fille eu le reflex stupide de jeter un coup d’œil à sa montre. Le fait d’avoir louper son premier quart d’heure de littérature ne la gêna nullement. Elle était même plutôt satisfaite, elle soupçonnait son prof (aussi jeune et canon qu’il soit) d’avoir un faible pour elle. Elle pourrait exploiter cette faille demain pour justifier son absence…

    « Vous ne vous êtes pas rendus compte qu’il avait une double vie ? » demanda Candice.

    Dit comme ça, c’est sûr qu’Ellen se sentait vraiment ridicule. Comment avait-elle pu passer à côté d’un truc si énorme ? Elle était certaine que sa mère l’avait senti, et pourtant elle avait laissé passer. D’un côté Elise était aussi coupable que son mari. L’amour ne justifiait pas tout, y compris les plaquettes de cachets vides sur la table de chevet. Et le regard hagard qu’elle infligeait à sa fille dès qu’elle la regardait.

    « Ouais, tu dois croire que je suis vraiment stupide, hein ! ricana-t-elle. Comment, moi qui ai regardé des milliers de films, ai pu tomber dans l’excuse bidon du j’ai trop de boulot ce week-end, je reste à Paris… Moi non plus je ne sais pas trop à vrai dire. J’ai refusé de voir la vérité, ma mère aussi. Et maintenant elle est accro aux antidépresseurs. »

    Quel joli tableau que dressait Ellen. Son amie devait vraiment la prendre pour une cas-sociale à présent ! Mais El savait que tout le monde avait ses petits secrets et ses problèmes. Candice ne faisait pas exception à la règle loin de là. Et quand elle se sentira prête à lui dire ce qu’elle a sur le cœur, Ellen serait prête à l’écouter. Il ne fallait pas brusquer les choses...


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MessageSujet: Re: 07 - After the party, the hangover   Dim 25 Sep - 11:32

    Candice avait toujours eu une sorte de flair pour les personnes qui sortaient de l’ordinaire. Bizarrement, les filles banales ne l’avait jamais intéressée. Elles étaient trop … normales, ennuyantes, elle avait toujours quelque chose à leur reprocher. Pourtant, elle avait cru qu’Ella était une fille comme les autres lorsqu’elles s’étaient rencontrées. Le genre de fille qui ne se prenait pas la tête pour un rien, qui aimait juste s’amuser, danser et oublier tout le reste, jusqu’à même les personnes qui l’entourent … Visiblement, elle s’était en partie trompée. Ella avait déjà souffert, elle avait vécu quelque chose de choquant qui l’avait rendue différente. Ce qui ne tue pas rend plus fort, dit-on. Oui, ou ça nous détruit à petit feu. Cela était le cas de Candice, qui allait de plus en plus mal depuis ces deux dernières années sans que personne ne s’en rende compte. Peut-être qu’elle n’était pas la seule, qu’Ella aussi souffrait intérieurement depuis longtemps, sans le montrer à personne … Cette idée laissa la cheerio songeuse. Les deux jeunes filles se ressemblaient finalement bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé.

    « Ouais, tu dois croire que je suis vraiment stupide, hein ! Comment, moi qui ai regardé des milliers de films, ai pu tomber dans l’excuse bidon du j’ai trop de boulot ce week-end, je reste à Paris… Moi non plus je ne sais pas trop à vrai dire. J’ai refusé de voir la vérité, ma mère aussi. Et maintenant elle est accro aux antidépresseurs. »

    La jeune fille fronça les sourcils, prête à la contredire. Elle n’avait pas songé une seule seconde que son amie puisse être stupide, seulement passer à côté de quelque chose d’aussi énorme, c’était juste difficile à imaginer. Mais après tout, elle n’avait jamais été dans une telle situation. Qui sait comment elle aurait réagi à la place d’Ella ?
    Candice ne savait pas vraiment quoi en penser. Devait-elle être désolée pour son amie, avoir pitié ou lui remonter le moral ? Ayant besoin de s’occuper les mains, elle décida de refaire sa queue de cheval, maniant ses longs cheveux blonds d’une main experte. Le couloir semblait être redevenu silencieux à l’extérieur, seuls les quelques retardataires courraient encore vers leurs salles de cours respectives. La Cheerio savait que cela ne dérangerait pas spécialement Ella se sécher un petit quart d’heure de cours. Elle-même avait des math qui l’attendaient sagement dans sa salle de classe, et avec cette migraine atroce, impossible de s’y rendre. Mieux valait sécher l’heure entière, pendant qu’elle y était. Ou dormir sur sa table en se bouchant les oreilles, au cas où les calculs compliqués et les algorithmes interminables l’attendraient tout de même.

    « A côté, mes problèmes c’est un peu du pipi de chat ! » gloussa-t-elle, plus pour combler le silence qu’autre chose.

    En fait, il y avait beaucoup plus de familles monoparentales que Candice ne l’aurait imaginé. D’abord, elle découvrait que la mère de Claire Wells était célibataire et plus que compatible avec son père, maintenant qu’Ella vivait elle aussi avec seulement sa mère … Drôles de coïncidences, mais cela l’avait bien arrangé avec Claire : elle allait pouvoir caser son père grâce à elle. Pourtant elle ne souhaitait à personne ce qu’elle avait vécu deux ans plus tôt.

    « En tout cas, un conseil : profite de ta mère. On ne sait jamais ce qui peut arriver, j’en sais quelque chose. » dit-elle en jetant un coup d’œil à son amie.

    Puisqu’on était dans les confidences, autant y aller jusqu’au bout. Surtout qu’Ella s’était confiée à elle, elle lui avait fait confiance. Candice se sentait presque obligée d’en faire autant.

    « Ma mère est morte y a deux ans. Un accident de voiture. Le jour de mon anniversaire. »

    La cheerleader accorda une grimace à Ella. Elle ne savait pas comment celle-ci allait réagir, mais au moins, c’était dit.
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MessageSujet: Re: 07 - After the party, the hangover   Sam 15 Oct - 14:19

    Candice osa une petite plaisanterie. Ellen lui en fut reconnaissante, après ce genre de discours, il valait mieux en rire qu’en pleurer, égayer un long monologue d’une remarque totalement déplacée, El n’aurait pas dit mieux ! D’ailleurs, elle était elle-même une professionnelle des réactions déplacées et décalées, elle riait aux enterrements, elle pleurait aux mariages (ou elle ne s’y rendait tout simplement pas). Dans l’avion qui l’emmenait en Ohio, elle n’avait pas pleuré, elle ne s’était pas dit que le soleil de la Californie allait lui manquer, que son bonheur ne serait plus jamais complet. Elle avait juste été agacée d’avoir un opéra de Vivaldi dans la tête. Le ressentiment était venu après.
    Ella ne s’attendais donc pas du tout à ce qui allait suivre. A ce que son amie allait lui confier.

    « Ma mère est morte y a deux ans. Un accident de voiture. Le jour de mon anniversaire. »

    Candice se contenta d’une grimace pour accompagner sa révélation. Comment pouvait-on garder la tête haute après des évènements comme ceux-là ? Comment pouvait-on continuer à sourire et à plaisanter ? El n’en savait rien. Elle voulait juste que quelqu’un la frappe, la pince, et qu’elle se réveille. Qu’elle se rende compte que tout n’était qu’un cauchemar et que la réalité n’était pas une gigantesque loterie de l’infortune.
    Candice et elle n’étaient que deux victimes du destin. Elles subissaient à chaque secondes le prix de mauvaises décisions. Leur plus grande crainte était d’être considérées par leurs paires comme les paumées de service. Comme celles dont on évitait de croiser le regard dans les couloirs. Qu’on regardait avec pitié en montrant du doigt.

    « Tes problèmes sont loin d’être du pipi de chat ! » dit Ellen d’une petite voix.

    Ellen était un peu à court de mots. Elle s’imaginait mal, dans quel état elle serait si elle avait perdu sa mère. Elle aurait probablement été obligée d’aller vivre chez son père et sa salope. Elle les aurait vus heureux, ça lui aurait rappelé sa mère et sa détresse à chaque seconde … Nausée. Ella maudit encore une fois la manie qu’elle avait de lever son verre à n’importe quelle occasion. Elle se précipita aux toilettes pour revomir le peu qu’elle avait encore dans l’estomac.
    La gravité du moment était tout simplement anéantie.
    Quand Ella sorti du cabinet, elle lança un regard sceptique à son reflet. Sa mine était encore plus blanchâtre qu’avant. Et sans qu’il y ait de signes avant-coureurs elle éclata de rire.

    « Je suis dé-désolée ! » hoqueta-t-elle entre deux éclats.

    Avec du recul en effet, la situation était plus que comique ! El se serait cru dans une sitcom, deux amies qui parleraient des drames de leurs vies dans des toilettes, la gueule de bois et tout ce qui accompagne, on pouvait difficilement faire plus décalé ! Mais rapidement, Ellen s’en voulu d’avoir ri. Et si Candice le prenait mal ? Oh, elle n’était vraiment qu’une idiote. Pendant qu’elle se frottait méticuleusement les mains, elle jetait des coups d’œil à son amie pour guetter sa réaction …
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07 - After the party, the hangover

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