Choriste du mois


Partagez | 
 

 07. Jalousie, quand tu nous tiens...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
MessageSujet: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   Mer 20 Juil - 22:22

Heather avait fini plus tôt que prévu cet après-midi là. Le temps pourri de mars qui s'abattait sur Lima depuis plusieurs jours n'épargnait même pas les profs et personne n'allait s'en plaindre ! La jeune fille se dépêcha de prendre la direction du parking, elle finissait deux heures en avance, inutile de traîner plus longtemps dans ce lycée qui lui donnait des boutons. Avant même d'atteindre les portes du hall qui la mèneraient sur l'extérieur, elle se saisit de son téléphone portable et commença à chercher frénétiquement dans son répertoire pour prévenir sa mère. Elle profitait du fait qu'elle n'ait pas encore trouvé d'emploi en Ohio, peut-être qu'elle exagérait d'ailleurs, mais au fond d'elle-même elle savait qu'elle faisait ça par pure vengeance. Mais Mrs Swan trouverait tôt ou tard un boulot, et sa fille savait qu'à partir de ce moment-là ses journées à McKinley High School seraientt vraiment très longues.

Heather voulait d'ailleurs à tout prix trouver un job d'été pour avoir de quoi se payer une voiture. Elle tenait là sa seule chance de liberté. Elle pourrait quitter le lycée sans compter sur personne, et le plus important, elle pourrait retourner à Charlotte beaucoup plus souvent. Ses parents commençaient déjà à organiser un séjour d'une semaine dans sa ville natale pendant les congés d'été, mais la seule idée de devoir désormais passer une seule semaine par an chez elle la déprimait.

A l'extérieur le soleil avait percé la grisaille qui s'était imposée depuis une dizaine de jours. Ce n'était pas dommage. Il faisait presque bon, même si le froid persistait encore un peu. La lycéenne lança alors un regard en direction du parking et une pensée lui vint presque aussitôt. Elle croyait se souvenir que Keith finissait tôt ce jour-là, mais elle n'en était plus vraiment sûre. Elle ne l'avait pas croisé depuis un petit moment et ça lui manquait un peu. Mais elle ne devait pas vraiment se plaindre, c'était un choix de sa part. Elle l'évitait presque en vérité. La faute à l'incertitude qui la gagnait chaque jour. Elle ne savait pas quoi penser de leur relation, elle avait le sentiment d'avoir face à elle une sorte de grand frère, un luxe que la fille unique qu'elle était n'avait jamais connu, mais d'un autre côté elle trouvait ça presque trop beau. L'idée qu'un dernière année veuille prendre sous son aile une petite nouvelle paumée lui semblait presque surréaliste. Peut-être se faisait-elle des idées, peut-être recherchait-il sa compagnie simplement par politesse. Elle avait donc préféré prendre un peu ses distances pour surveiller sa réaction. Mais elle avait sans doute l'opportunité de le voir et subitement toutes ses belles résolutions volèrent en éclat. Et puis, elle allait juste vérifier si sa voiture était bien là et si c'était le cas elle patienterait dix petites minutes, pas plus.

Le parking n'était pas très fréquenté, en dehors d'un groupe de filles adossées à une voiture et qui discutait avec animation. Heather fit son possible pour ne pas croiser leur regard et commença à chercher son objectif des yeux, à savoir la voiture de Keith. Quand elle arriva à son but, elle entreprit de s'adosser au grillage qui se trouvait tout près et pianota sur son téléphone pour faire passer le temps. Elle sentait les regards curieux des grues qui avaient cessé de piaffer pendant quelques instants, mais elle essayait de ne pas y faire attention. Rougir voulait toujours dire qu'on avait quelque chose à cacher. Et rougir en attendant un mec devant sa voiture n'était donc pas très bon signe vis-à-vis des autres... Soudain, la jolie rousse prit conscience de la stupidité de son acte. Quelle excuse allait-elle bien pouvoir donner à quelqu'un qu'elle évitait depuis des jours ? Sa présence ici serait forcément suspecte. Elle allait peut-être lui demander s'il voulait bien la ramener. Mais là elle passerait pour la dernière des profiteuses ! Enfin, inutile de se torturer l'esprit pour le moment, peut-être ne le verrait elle même pas.

Elle continua patiemment d'écrire le message qu'elle destinait à sa meilleure amie, sans réfléchir une seule seconde à ce qu'elle cherchait réellement en attendant ici.


Dernière édition par Heather Swan le Ven 2 Déc - 14:07, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   Dim 21 Aoû - 16:45

    Ce jour-ci, en gagnant le lycée, Hallie arborait fièrement sa nouvelle couleur, un blond des plus artificiels qui lui donnait une toute autre image. C'était en passant une porte qu'elle se plaisait à fouetter le visage du gugus de derrière, ou alors à la fontaine, où elle prenait un malin plaisir à les porter sur le côté de son cou pour ensuite, en un claquement sec, les remettre à leur place. Y'avait pas à dire, Hallie Halloway était beaucoup moins invisible et beaucoup s'étonnait de la voir, comme si une nouvelle élève venait de débarquer au lycée de McKinleigh. Ces métamorphoses physiques et psychologiques n'étaient pas passées inaperçues vis à vis des professeurs. L'élève modèle qui faisait toujours ses devoirs étaient certes toujours aussi brillante mais son attention était ailleurs et les livres restaient fermés sur son coin de bureau. Et ils comprirent rapidement que c'était inutile d'essayer de dialoguer car la jeune fille était la première sortie. Se découvrant une toute nouvelle passion, la provocation, la jeune fille répliquait avec force lorsque deux ou trois cheerios tentaient de la slusher. Avant qu'elles ne puissent s'en rendre compte, la choriste avait déjà balayé le gobelet de sa main en continuant d'avancer.

    On pouvait ainsi résumer les journées d'Hallie: flemme en cours, provocation dans les couloirs, rires espiègles avec son amie Savannah et joie immense lorsqu'elle sortait de l'enceinte de l'établissement. D'une humeur particulièrement joueuse, et suite aux nombreuses discutions avec Sav' lors de leurs soirées arrosées, la nouvelle blonde se décida à aller se jouer de Keith Campbell, lui montrer ce qu'il avait perdu et le planter tel un idiot devant sa moto. Avec une détermination qui se laissait entrevoir par son regard droit, elle s'élança avec une certaine aisance au parking où les élèves entreposaient leur moyen de transport. Et c'est une apparition qui vint stopper la fausse badass dans son élan: la rousse qui tournoyait autour de l'Anglais était effectivement entrain d'attendre également. Quoi, ou qui, Hallie s'en fichait, mais elle avait la désagréable sensation que cela ne lui plairait pas. Ecoutant son instinct, elle ne compta pas jusqu'à deux pour prendre la décision d'aller taquiner cette fille-ci. Cela faisait un moment qu'elle la voyait parler avec Keith, et cela ne lui plaisait pas. Il était temps d'arrêter ces scènes de torture en s'en prenant directement à la coupable.

    Elle s'approcha alors d'un pas déterminé vers la rouquine, filant droit comme une flèche, se fichant éperdument des voitures qui circulaient, elle avait un but, et personne ne l'arrêterait. Arrivée aux côtés de sa proie et tortionnaire, un paradoxe dont Hugo pourrait être fier, la lycéenne aux nouveaux cheveux blonds s'arrêta et posa ses poings sur ses hanches. Une attitude des plus provocatrices, surtout lorsque cette pose est d'un « Bambi s'est égarée ? », qui annonçait déjà la tension de la future discussion. Un sourire s'afficha sur le visage beaucoup moins doux de la belle, et elle toisa sa rivale de haut en bas. « Dis-moi, tu es bien belle aujourd'hui, t'attends ton petit ami ? ».

    Et ce fut tout un cycle de remerciement qui s'opérait dans l'esprit d'Hallie, si elle n'avait pas été dans les bonnes mains de ses nouvelles fréquentations, elle se serait certainement conduite comme une lâche et aurait laissé cette fille au bras de Keith une nouvelle fois.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   Jeu 25 Aoû - 0:10

Les yeux toujours rivés sur l'écran de son téléphone, Heather faisait de son mieux pour ignorer les regards qu'on pouvait lui lancer. Mais les doutes et le malaise qui l'étreignaient quelques instants plus tôt se dissipaient lentement. Cela était certainement du au fait que son esprit était occupé, dans le cas contraire l'attente aurait été bien plus insupportable et elle aurait fini par quitter le parking comme si de rien n'était. Mais elle ressentait le besoin de parler à Keith, elle trouvait totalement injuste la façon dont elle l'évitait ces derniers temps. Après tout, ils passaient de très bon moments tous les deux, elle ne voyait plus vraiment la raison qui l'avait poussée à prendre ses distances d'une manière aussi soudaine. Bien sûr, elle avait peur de ce que les gens pourrait penser, bien sûr elle avait peur de découvrir que Keith en vérité se servait d'elle et s'amusait un peu avec la petite nouvelle. Mais ce que Heather Swan redoutait le plus, c'était d'avouer qu'en vérité elle ressentait plus que de l'affection pour l'anglais. Plus elle y pensait, plus elle devait se rendre à l'évidence. On n'évite pas quelqu'un que l'on considère comme un ami, un garçon dont on craint la réaction si ses sentiments étaient différents des nôtres, si.

    « Bambi s'est égarée ? »


La jeune fille avait été sur le point de lever la tête pour scruter les alentours à la recherche de celui qu'elle attendait, quand cette remarque arriva à ses oreilles. Aussitôt la vision du groupe d'adolescentes qui se trouvait face à elle s'immisça dans son esprit et elle se sentit stupide de ne pas avoir surveillé leur réaction plus souvent. A présent elle allait devoir affronter leurs moqueries sans avoir pu s'y préparer une seule seconde. Mais quand elle croisa le regard de la blonde qui se trouvait face à elle, la surprise la figea pendant quelques secondes. Elle mit un certain temps avant de la reconnaître... Elle l'avait déjà vu au coté de Keith, elle faisait partie de son Glee Club. Et le jeune anglais lui en avait déjà parlé de façon très évasive... Hayley Holloway, ou Holly Halloway, son nom lui échappait. Mais dès l'instant où il avait prononcé son nom, la jeune fille avait vu clair. Heather n'avait jamais été dupe à ce jeu là, et le fait que cette fille soit la seule personne des Awesome Voices dont Keith ait accepté de parler voulait dire énormément. En la regardant de plus près, la jeune fille ne put s'empêcher de se sentir déçue. Elle pensait Keith différent des autres, elle ne pensait pas qu'il aurait pu tomber sous le charme d'une fille aussi artificielle. Car elle devait l'être sans aucun doute, abandonner son naturel au profit d'une chevelure platine n'avait rien de louable. C'en était même affligeant.

Mais si Heather voulait se comporter en amie, elle devait laisser de côté ses premières impressions peu flatteuses et essayer de lancer la conversation. Mais devant l'allure de la demoiselle, ce devait être bien loin de ses intentions. Elle lança une nouvelle pique tout en toisant Heather du regard. Oui, cette fille-là voulait la guerre, ni plus ni moins. Elle attendait sans doute que la rousse se lance tête baissée face à cet affront et se décide à tirer la première, mais déclarer la guerre n'avait jamais été dans sa nature. Mais si cette fille se décidait à l'attaquer sans aucune raison valable, elle n'était pas décidée à se laisser faire. Sans doute perdrait-elle l'amitié de Keith, si amitié il y avait, mais peu importe. Heather avait toujours été partagée entre la vision de sa mère, la diplomatie, et celle de son père, l'offensive. Face à cette blonde belliqueuse elle venait de décider de concocter un savant mélange de tout ça. Elle planta donc son regard bleu dans celui de la jeune fille, en conservant la surprise innocente qui avait pris possession de son visage quelques instants plus tôt.

    « Heu...excuse-moi, Hayley, c'est ça ? Mais il y a un problème ? »


Une question tout bonnement inutile. Bien évidemment qu'il y avait un problème, si un regard avait eu la faculté de tuer, Heather Swan ne serait tout simplement plus de ce monde.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   Lun 5 Sep - 16:57

    Devant une fille comme cette rousse-ci, la blondinette se savait en sécurité, elle n'était définitivement pas le genre de fille à faire dans la violence, et n'avait rien d'une vraie gangsta killeuse. C'était sans doute pour cela qu'Hallie avait osé l'agresser aussi facilement, car elle se doutait bien qu'il n'y aura ni face contre trottoir ni cheveux en miettes. Et pourtant, comme le disait souvent sa mère, il fallait se méfier de l'eau qui dort. C'est pour ça qu'Hallie n'avait pas directement insulté la fille devant elle, non seulement car ce genre d'assauts finissait mal mais aussi car elle n'était pas non plus pour les insultes gratuites. L'ironie et la parole étaient deux arts tout aussi jouissifs à manipuler. Ainsi se trouvaient face à face Hallie Halloway, flirt d'un soir de Keith, un flirt qui avait presque sonné comme une déclaration d'amour aux yeux de l'ancienne brune, et Heather OnNeSaitCommentEtOnS'enTape, nouvelle et qui commençait déjà à faire des siennes. Pour une intégration, il était tellement plus facile de se fondre dans la masse, car même si son attitude laissait apparaître une fille vulgaire, Hallie pensait sincèrement qu'Heather n'avait pas conscience de ce qu'elle faisait. D'où cette mise au point. Et pour qu'une mise au point soit efficace, il fallait montrer son côté animal. La jeune Halloway n'était pas non plus arrivée au point de faire le genre de grondement gutturale des hyènes mais presque.

    Après une séance d'échange de regards, la rouquine fit enfin entendre sa voix, et ce qu'elle déclara était exactement comme Hallie le prévoyait: pas agressive mais elle avait son lot de piques. D'une, le nom était écorché, une erreur impardonnable surtout lorsque l'on avait devant soit une fille remontée, et de deux, elle jouait la carte de l'incompréhension, un comble dans un lycée comme McKinleigh où tout se savait. Evidemment, la choriste avait tâtonné le terrain en faisant une jolie propagande sur Heather avec ses anciens comme nouveaux amis, et ceux avaient fait de même, d'où la présence d'un groupe de filles près des deux adolescentes. Se sentant forte, et ayant un public à satisfaire, elle décida de se caler sur la même fréquence que sa cible. « Et toi, penses-tu que j'ai un problème ? », c'était assez casse figure comme question car tout était là pour montrer clairement qu'Hallie se payait la tête de la petite nouvelle.

    Un sourire fit son apparition sur le visage de la belle. Elle posa délicatement sa main sur l'épaule de sa rivale et d'une voix douce lui demande: « Mais toi, tu as un gros problème ». Le ton compatissant s'envola, l'Awesome Voice enleva sa main et l'essuya sur son jean, ce geste faisant office de provocation. C'était sale, tout comme c'était sale de toucher au potentiel petit ami d'une autre. Décidée à jouer la carte de l'intimidation, elle continua à scruter négativement la silhouette fine qui se dressait face à elle. Ouais, elle lui ressemblant un peu cette fille, c'était certainement pour ça que Keith s'affichait avec elle. Cela aurait également fait une parfaite provocation, mais elle préféra ne pas aller s'aventurer sur ce terrain là. Aussi, malgré un regard de tueuse en série, Hallie ouvrit une nouvelle fois la bouche. « Je ne sais pas d'où tu débarques comme ça mais ici, y'a des règles, nous sommes civilisés, nous respectons ce que les autres possèdent. Et quand cette règle est enfreinte, on agit. Tu comprends ? ». Le ton de garce commençait à s'accentuer, ce qui fit tout bonnement drôle à l'Halloway, elle qui pendant un moment adoptait une voix douce et et passive. Un vrai contraste qui venait une nouvelle fois montrer à quel point elle avait changé. Ne sachant pas encore si c'était un mal pour un bien, elle préféra ne pas se poser la question car l'ancienne Hallie comme la nouvelle aurait voulu régler cette situation.

    Le silence se faisait pesant, et à chaque fois qu'elle posait le regard sur cette fille, des images de l'Anglais et d'elle refaisaient surface, piquant directement Hallie au coeur, lui arrachant une légère douleur. La notion de coeur brisée n'était pas assez forte pour expliquer ce cheminement entre colère et tristesse.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   Lun 12 Sep - 22:46

Jamais la réserve d'Heather n'avait rimé avec naïveté, et pourtant elle avait beau chercher, elle ne voyait pas vraiment quelle mouche avait piqué la choriste blonde. Une idée lui était venue brièvement quand l'autre avait fait entendre sa voix railleuse, mais elle l'avait écartée tant elle la trouvait stupide. Pourtant, Keith semblait être le seul lien qui unissait les deux jeunes femmes, mais quelle fille normalement constituée pourrait jalouser la petite nouvelle discrète qui ne devait pas être la première cible des hommes ? Si sa meilleure amie pouvait se trouver dans sa tête, elle ne cesserait de rappeler à Heather à quel point elle était jolie et que sa discrétion pouvait lui apporter un charme fou, mais jamais l'intéressée n'avait écouté cet argument, et même face au regard enragé de la blonde elle ne pouvait y croire. Elle préférait se tourner vers des possibilités plus probantes, une place grillée dans la file menant à la cafétéria, une chute malencontreuse dans le couloir. Mais la rousse avait beau fouiller sa mémoire elle n'avait aucun souvenir de cet incident.

La lycéenne décolorée continua sur sa lancée provocatrice, sans pour autant lancer ouvertement les hostilités. Mais plus le temps avançait moins son ton ne plaisait à Heather. Elle jouait la carte du cynisme et la prenait vraiment pour une idiote finie, pour une gamine sortant de sa campagne et à qui on devait faire la leçon. La jeune fille devait prendre sur elle pour ne pas craquer. Pour ne pas rentrer dans ce jeu. Émotive, mais plus impulsive qu'hypersensible, Heather, malgré sa réserve, pouvait très bien exploser si on lui marchait un peu trop sur les pieds. Mais elle devait faire son possible pour ne pas se laisser emporter, elle ne savait pas encore jusqu'où pouvait aller cette fille. Cette fille, qui venait juste de poser la main sur son épaule ! Cette fois-ci, Heather émit un léger mouvement de recul, mais la blonde ne bougea pas d'un trait. Elle se contenta simplement de lancer une phrase, que la jeune fille perçut comme une menace, avant de retirer sa main qu'elle essuya soigneusement sur son jean. Les lèvres pincées, Heather ne disait rien, elle encaissait de moins en moins sereinement les coups, mais elle encaissait. Elle ne quittait plus son adversaire des yeux, attendant le prochain coup, prête à rebondir s'il le fallait. Elle avait voulu lancer la conversation pour désamorcer le conflit qui sommeillait, mais comme elle le pressentait elle devrait se lancer dans la bataille, tôt ou tard. L'autre ne voudrait rien entendre, persuadée d'avoir des raisons valables d'attaquer une fille qu'elle ne connaissait, pour ainsi dire pas.

Ces raisons ne tardèrent pas à arriver aux oreilles de la rousse, avec le même ton condescendant et provocateur. En réalisant que sa première idée avait été la bonne, Heather ne put s'empêcher de rire. Un fou rire nerveux qu'elle ne parvenait pas à contrôler. Ce rire traduisait tellement de choses. Elle se sentait stupide d'avoir laissé cette éventualité de côté, ce genre de jalousie était monnaie courante dans un tel milieu. Mais c'était également un rire moqueur, elle trouvait cette Hayley tellement ridicule, Keith avait un réel coup de cœur pour elle ça sautait aux yeux, mais jamais il n'avait laissé sous-entendre que tous les deux avaient une relation poussée. Et l'idée qu'une personne puisse en posséder une autre était d'une telle suffisance. Mais le plus drôle était sans doute ce qui agaçait le plus Heather. Ce ton condescendant avec lequel la blonde lui parlait, laissant sous-entendre que Heather ne connaissait rien à la vie civilisée. Elle ne savait pas d'où elle débarquait, et ça sautait aux yeux. Charlotte et Lima c'était le jour et la nuit, et elle n'avait même pas besoin d'argumenter pour savoir qu'elle valait mieux que cette bouseuse. Depuis plus de deux minutes Heather riait pour toutes ces raisons, pleurant presque. Le public qui assistait à leur échange ne devait guère comprendre cette réaction, sa «rivale», car visiblement elle devait la considérer comme telle, encore moins. Mais elle n'y pouvait rien, la situation était tellement risible. Et dangereuse aussi.

    « Excuse-moi. Je suis vraiment, vraiment désolée »


Entre deux éclats de rire, ses excuses n'avaient rien de très sincères, et elles ne l'étaient pas vraiment. Mais parler lui permettait d'essayer de se reprendre tant bien que mal. Après tout, dans un tel combat il valait mieux être concentrée, un mauvais coup pouvait vite arriver, qu'il soit verbal ou physique. Elle réussit difficilement à retrouver son calme, sa poitrine se soulevant de temps à autre pour étouffer un ultime rire. Elle essuya du bout des doigts les larmes qui commençaient à perler aux coins de ses yeux et replanta son regard bleu dans celui de la blonde.

    « Je suis désolée, mais tu te trompes sur toute la ligne. Je n'ai enfreint aucune règle, car je n'ai rien pris qui t'appartenait. Et si tu as pu croire le contraire, j'en suis vraiment désolée. »


Malgré les excuses qu'elle continuait d'adresser, elle commençait peu à peu à adopter le même ton et le même regard que son adversaire. Elle allait lui prouver par A plus B qu'elle venait de se planter royalement, tout en évitant soigneusement de prononcer le prénom de Keith. Cette fille devrait avouer par elle-même le béguin qu'elle avait pour lui, Heather ne se ridiculiserait pas en révélant aux yeux du monde (en tout cas aux yeux des lycéens qui passaient et qui laissaient traîner quelques oreilles) le nom de l'homme pour qui les deux lycéennes étaient en train de se battre.

    « Et effectivement, tu ne sais pas d'où je débarque. Et tu peux me croire, je sais mieux que quiconque ici ce qu'est la civilisation. »


Elle n'aimait pas se mettre en avant et généraliser de cette façon, mais c'était le seul moyen de fermer le caquet de la poule qui lui faisait face. Elle avait d'ailleurs pris bien soin de lancer un regard très explicite lorsqu'elle prononça le «quiconque». La seule bouseuse qu'elle voulait attaquer c'était elle et personne d'autre. «Œil pour œil, dent pour dent», une devise barbare mais qui parfois était nécessaire pour faire entendre sa voix. Heather Swan la discrète avait réussi à effacer Heather Swan l'impulsive et la susceptible pendant deux mois, mais visiblement pas plus longtemps.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   Sam 1 Oct - 13:32

    Les minutes se suivaient et ne se ressemblaient pas, les sensations de la fausse blondinette changeant à chaque fois. Colère, tristesse, compassion puis de nouveau colère puis déception, rien ne se suivait, et cela avait pour effet de taper sur les nerfs de la choriste. Et la raison à tous ces changements était simple: discuter avec Heather. Enfin, discuter n'était pas le mot qui convenait ici, elles se chicanaient plutôt. Cette chicane faisait tout ressortir du trou abyssal qu'avait creusé Hallie pour y enfuir ses mauvais souvenirs. La plupart du temps, le nom d'Heather était associé à celui de l'Anglais, et l'un comme l'autre réussissait à faire sortir la mauvaise partie de la jeune lycéenne. Le temps d'une seconde, elle se disait que peut-être elle allait trop loin, que c'était complètement immature comme genre de comportement et qu'il fallait accepter que Keith ne soit pas plus amoureux qu'elle ne l'était elle. Du moins, au bout de cette seconde, la choriste se haïssait intérieurement d'avoir penser à faire la paix avec la rouquine en face d'elle, cela serait une grande marque de faiblesse et cela faisait déjà quelques semaines qu'on commençait à la voir autrement, alors, hors de question de faire chemin inverse. Surtout que sur le parking, là où se tenaient les deux nouvelles rivales, il y avait foule. C'était trop tard, il fallait aller jusqu'au bout.

    Néanmoins, cette petite envie de faire la paix s'envola radicalement lorsque l'autre se mit à rire. La raison s'il vous plaît ? Hallie l'ignorait, et au vue de cet éclat, qui surgissait juste après qu'elle ai pris la parole. Le foutage de gueule était visible, c'était aussi gros qu'une maison. Ce fou rire était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase, personne ne se ficherait plus de la tête d'Hallie, elle se l'était promis il y a quelques semaines. Un regard circulaire à la foule, et ces derniers semblaient être eux aussi dans l'incompréhension. Au moins, ils ne la suivaient pas dans son rire, c'était déjà ça. Passablement énervée, les poings serrés, les yeux de la lycéenne semblait envoyer des éclairs. Ce regard assassin faisait office de prévention. Car c'était à cet instant-ci qu'une idée bien noire traversa l'esprit nouvellement rebelle de l'ancienne brune: elle était prête à en venir aux mains, à dresser son poing devant le visage de la rouquine pour ensuite le lancer droit devant. Casser un nez serait peut-être une vengeance suffisante, la pauvre nouvelle élève s'en irait alors en pleurant et la foule serait en délire, comme dans les combats de gladiateurs !

    Patiente, ou le faisant croire, Hallie écouta le flot de paroles de la Swann, tout en se mordant la lèvre inférieure, ce qui montrait un certain agacement. Elle se contrôlait, mais les dernières phrases de la nouvelle commençaient à prendre les mêmes intentions arrogantes que celles de l'Awesome Voice. Marre de se tenir là, plantée comme un I, droite comme un piquet, une expression bien courante sortie de sa bouche afin de pouvoir changer le ton de la conversation, bien trop poli à son goût. « Ta gueule ! », voilà, c'était dit, c'était sorti, le cheminement avait été long mais cette remarque était finalement formulée. D'un pas déterminé, la blonde s'avança d'un pas en avant et continua. « Tu vas arrêter de me prendre pour une conne, ma petite. J'en ai marre d'être gentille avec toi alors je te préviens, tu restes à ta place, tu fais ta vie, du moment que cela n'empiète pas sur la mienne ! », vociféra Hallie, le ton grave et plus agressive que jamais. Ce qui devait suivre ce genre d'agressivité verbale suivit: la choriste poussa de ses deux mains celle qui lui causait du tort.

    La foule autour d'elles semblaient interloqués, puisque tous avait formulé un même "OH" de surprise. Oui, qui aurait imaginé que cette fille blonde prononcerait de telle parole et intimiderait une fille verbalement puis physiquement ? Celle qui semblait inexistante, transparente et inoffensive était dorénavant une véritable tigresse. Une fois de plus, une pensée pour Savannah, qui aurait été fière d'elle. D'une colère encore contrôlable, Hallie approcha sa tête pour une nouvelle intimidation, qui conclurait plutôt bien cette explication des plus mouvementés : « Je me suis bien fait entendre, Bambi ? », cela avait été prononcé dans la même tonalité qu'avant, toujours plein d'assurance et d'arrogance. Pourtant, il fallait noter que Bambi était mis en relief, Hallie avait bien insisté sur ce nom, qui faisait un remplaçant parfait pour le mot « pétasse ».
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   Ven 7 Oct - 13:49

    « Ta gueule ! »

Cette phrase sonna comme l'ouverture officielle des hostilités. L'arrogance de la choriste avait laissé place à un agacement certain et même à de la colère qu'elle n'arrivait plus à contenir. Heather avait bien senti que la tension montait d'un cran alors qu'elle prenait la parole, elle avait bien vu le poing de sa rivale se serrait au fur et à mesure que le temps passait. Mais cette agression verbale, cette petite expression toute bête plus violente qu'elle peut en avoir l'air, surpris la jeune lycéenne et eut pour effet de la couper dans son élan. Elle était prête à répliquer une nouvelle fois, à expliquer clairement à cette fille qu'il n'y avait rien entre Keith et elle, mais au lieu de cela elle restait interdite face à celle qui voulait de nouveau reprendre le contrôle, incapable de prononcer la moindre parole. Comment avait-elle pu se mettre dans cette situation ? Et surtout comment allait-elle s'en sortir en limitant au mieux la casse ? Car il était évident qu'il allait y en avoir, les spectateurs qui assistaient à leur petite guéguerre attendaient du sang et rien de plus. Si elles devaient en venir aux mains, Heather savait qu'elle n'avait aucune chance, elle ne connaissait rien de son adversaire, mais elle savait qu'elle ne ferait jamais le poids.

L'autre profita du silence de la rousse pour reprendre ses avertissements là où elle les avait laissés. Elle trouvait sa réaction totalement injuste et déplacé. Comment cette fille pouvait-elle lui demander de faire sa vie alors qu'elle venait l'agresser ouvertement ? Comment pouvait-elle lui demander de rester à sa place alors que justement elle n'avait rien fait de répréhensible et ne demandait rien à personne ? La suite ne mit Heather que plus en colère et plus mal à l'aise que jamais. La Awesome Voice plaque ses deux mains sur la poitrine de la jeune fille et la repoussa violemment. Heather n'eut pas le temps de réagir et buta contre le grillage qui se trouvait derrière elle. Elle poussa un petit cri de surprise lança un regard dure à Halloway. Le sang battait ses tempes avec violence, embuant son esprit pendant quelques minutes et l'empêchant d'entendre les dernières paroles de la blonde. Des larmes de rage s'accumulaient peu à peu au fond de sa gorge. Elle les ravala rapidement, si une seule larme venait à s'échapper, elle était finie.

Elle ne pouvait plus reculer, la foule attendait sa réaction avec autant d'impatience que la révélation du gagnant d'American Idol. Elle trouvait ce voyeurisme totalement déplacé, et elle aurait préféré discuter avec cette fille en privé, mais elle n'avait pas le choix et devait faire avec. D'autant plus que la nouvelle d'une bagarre entre filles avaient du se répandre dans tout le lycée à présent, et la foule s'épaississait à vue d'œil. Heather se surprit à espérer que Keith soit parmi eux, et mette un terme à cette mascarade ridicule. Mais il n'était pas là et de toutes façons Heather devait se débrouiller seule. C'était le seul moyen pour elle de remettre cette blonde agressive à sa place.

Lors de la bousculade, son sac avait légèrement glissé de son épaule. Celui-ci tomba au sol dans un bruit sourd lorsque la rousse le jeta en arrière. Les spectateurs retenaient leur souffle s'attendant à assister à une réplique sanglante.
    « Tu manques vraiment pas de culot ! Je ne t'ai rien demandé et je ne pense pas avoir fait quoique ce soit qui mérite autant d'agressivité de ta part. C'est toi qui vient m'emmerder, et tu me demandes de rester à ma place ? J'aimerais que tu m'expliques là. »

Le prénom de l'anglais lui brûlait les lèvres, elle voulait compléter sa réplique par un « Si c'est à cause de Keith, tu te fais des idées. ». Mais elle ignorait comment aller réagir la blonde. Il y avait désormais beaucoup trop de monde pour balancer une telle chose et c'était le crash assuré.
    « Si tu veux discuter, je t'écoute. Mais pas ici. » ajouta-t-elle en lançant un bref regard à la foule.

Son visage s'était légèrement adouci mais sa voix restait très dure. Elle ne voulait pas perdre trop de terrain face à son adversaire, mais à cet instant elle avait le sentiment de se trouver dans une impasse.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   Sam 29 Oct - 14:19

    Tout était dit, du moins, selon Hallie. Il lui semblait avoir été très clair et elle s'attendait vraiment à ce que la rouquine s'en aille, honteuse d'avoir été humilié par une looseuse de choriste devant tout le monde. Déjà des feux d'artifices célébraient sa victoire dans sa tête. Un sourire des plus narquois s'inscrit sur le visage à présent dur de la jeune lycéenne, elle pavanait, elle était plutôt fière d'avoir gagnée cette bataille-ci, voir la guerre, puisqu'il était évident pour elle que Heather allait retourner dans son trou creusé par l'ignorance et qu'à présent son nom allait disparaître de toutes les bouches. De son côté, la jeune Halloway pourrait enfin se mettre avec le beau Campbell, ils seraient enfin heureux et elle pourrait redevenir la gentille Hallie. Puisqu'il ne fallait absolument pas croire qu'elle aimait être comme ça, loin de là, mais ses nouvelles fréquentations lui avaient enseigné que pour garder ce qui était acquis, montrer les crocs étaient nécessaire. Et dire qu'elle n'avait jamais osé lever la voix avant ! Cela lui aurait évité bien des situations et des angoisses. Néanmoins, son adversaire ne semblait pas avoir pris la résolution de laisser tomber et de se faire oublier. Il paraissait qu'elle avait décidé de garder sa fierté et de se battre jusqu'au bout, même si dans son cas, l'intimidation et la ruse des bousculades étaient inexistant. Ce fut la même rengaine que depuis le début, Hallie ne bronchait pas, ces paroles elle les avait déjà entendu maintes et maintes fois. Quand Heather allait-elle enfin apprendre à se taire et à accepter une défaite ? Une envie de lui dire qu'elle s'enfonçait s'installait à l'intérieur de l'adolescente nouvellement blonde, mais l'entraide était à proscrire dans ces moments-ci.

    « T'en as pas marre de demander pourquoi à chaque fois ? » vociféra Hallie, à nouveau colérique. Paranoïaque, elle se disait déjà qu'elle avait cerné le stratagême de sa rivale, elle avait compris son plan pour l'éloigner de Keith et elle comptait bien le déjouer. « Oooh, j'ai compris ! » lui fit-elle alors, reculant d'un pas et en pointant le doigt en avant, adoptant ainsi la position parfaite de la personne qui venait d'élucider un mystère des plus complets. « Tu joues la pauvre innocente pour me faire passer pour une folle aux yeux de tous ! Mais ça ne marchera pas ! », vu de l'extérieur, on pourrait être atteint d'une incompréhension des plus totales, et porter un jugement correct à la Hallie qui se dressait à présent: elle était dans un état second, quasi-proche du pétage de plomb. Des grimaces se succédèrent sur son visage, son regard semblait lancer des éclairs et cet index en avant prenait l'apparence d'une véritable épée. Jamais une fille n'avait paru aussi menaçante. Elle bouillait littéralement à l'intérieur, si bien qu'elle explosa à cet instant: « Tu veux parler avec mooi ? Et en privé ? Tu as des choses à cacher aux autres ? Comme le fait que tu ne sois qu'une grosse nympho ! ». Elle n'avait vraiment pas pesé ses mots cette fois-ci. Tout avait été dit de façon très explicite, de façon à ce que tout le monde puisse comprendre qu'il y avait vraiment un problème entre les deux, de façon à déjouer ce soit-disant plan machiavélique, de façon à ce qu'elle paraisse moins folle qu'elle n'en avait l'air. Pour tout dire, de façon à ce que Heather paraisse bien plus coupable qu'elle.

    Derrière elles, une certaine agitation se faisait ressentir. Tous se disait que cela commençait à devenir encore plus intéressant, et tous, attendait un geste agressif de la part d'Heather. Sachant pertinemment qu'elle ne ferait rien, Hallie s'autorisa à sourire. Un sourire mesquin, farouche, un sourire vraiment malin puisqu'à cet instant, son adversaire était entrain de perdre de la crédibilité sur place. Si elle ne se défendait pas, elle deviendrait la risée, une nouvelle looseuse, cela serait drôle. Pendant un temps du moins. Puisqu'aussi bizarre et insensé que cela pouvait paraître, Hallie ne souhaitait pas réellement de mal à Heather, juste qu'elle prenne conscience que ce qu'elle faisait était mal. Elle en était arrivée à un point où la remise en question était impossible, repoussant la fatidique question: Et si rien de tout cela était réel ?

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   Mar 22 Nov - 17:57

Devant l'air passablement indifférent de la blonde, Heather comprenait que sa nouvelle approche diplomatique était un échec cuisant, mais elle voulait tenir bon. Si elle devait durcir le ton, la petite nouvelle courait droit vers le lynchage collectif. Alors, elle s'accrochait péniblement à l'idée que cette fille n'était pas aussi stupide et bornée qu'elle s'en donnait l'air et qu'elle finirait par voir que Heather ne cherche qu'à lui faire ouvrir les yeux sur la futilité de leur dispute. Mais la jeune fille sentait la conversation s'enlisait, elle ne savait laquelle des deu était la plus stupide en vérité. Celle qui restait campée sur ses positions qui lui laissaient croire que tout le monde était méchant, ou l'autre qui insistait à vouloir trouver la solution la plus arrangeante possible. Solution qui, bien évidemment, n'existait pas.

Soudain Hallie se mit à hurler (oui, son prénom revint en mémoire de la rousse aussi rapidement qu'il en était sorti). Adoptant un comportement proche de l'hystérie paranoïaque, elle ne cessait d'agiter son doigt avec un air menaçant, tout en dévoilant tout haut la théorie abracadabrante qu'elle venait de mettre sur pied. Si Heather n'était pas aussi préoccupée de son sort, elle aurait pu prendre pitié de cette pauvre fille qui ne semblait même plus dissocier la vérité des films qu'elle devait se faire depuis des semaines. Mais pour le moment, la rousse n'avait ni le temps ni l'envie de se préoccuper de la santé mentale de sa rivale. L'intérêt de plus en plus grand de la foule la rendait mal à l'aise, elle ne connaissait pas exactement la réputation de cette Hallie, mais elle savait que quoi qu'il arrive les lycéens prendraient son parti. Elle ne savait plus vraiment quoi faire, l'envie de battre en retraite était de plus en plus tentante. Elle serait ainsi catégorisée directement dans le club des loosers, mais au moins, elle aurait plus de temps pour pouvoir se dépêtrer de cette histoire.

Une nouvelle fois, le ton agressif de la blonde laissa échapper une autre insulte. Plus puissante et plus menaçante que tout ce qui avait été lâché auparavant. Le teint écarlate de Heather devint blême. Soudain, pour la première fois depuis le début de cette dispute, elle réussit à occulter cette foule oppressante. Pour la première fois depuis longtemps, elle était décidée à ne pas se laisser faire. Jamais personne ne l'avait insulté de la sorte, mais elle ne se sentait même pas humiliée. La rage prenait le dessus, une rage sourde qui ne demandait qu'à éclater. Elle jaugea alors Hallie du regard et se mit alors à applaudir, un sourire narquois apparaissant sur son visage.

« Bravo, bel argument, je te félicite. Vraiment, je ne sais pas quoi dire devant une telle preuve d'intelligence. Je suis nouvelle ici et très honnêtement, je crois que si j'étais réellement nymphomane les gens le sauraient peut-être avant moi. Mais visiblement, tu as l'air bien plus perspicace que tout le monde. Bravo, bravo. »

Elle émit un rire arrogant et volontairement moqueur à l'attention de cette garce qui se donnait le droit de réduire sa réputation déjà bien basse pour une petite histoire de jalousie. Elle reprit alors son sang-froid aussi soudainement qu'elle l'avait perdu. Elle se planta devant Hallie en lui lançant un regard noir dans lequel on pouvait néanmoins lire de la déception et de la pitié. Elle ramassa lentement son sac et fit une tentative pour partir.

« Keith m'a beaucoup parlé de toi, tu sais. Et pour tout te dire j'étais curieuse de faire ta connaissance. Mais je découvre qu'il est finalement comme tous les hommes, seulement attiré par une blondasse qui jure plus par la taille de son bonnet que par celui de son cerveau. Honnêtement Hallie, je m'attendais à mieux de lui, à mieux de toi. A moins que tu te sentes obligée de jouer un rôle pour m'impressionner. »

Heather tourna alors le dos à Hallie et commença à partir, espérant que les spectateurs la laissent partir. « En tout cas, je suis incapable de dire ce qui est le plus pathétique à mes yeux. » ajouta-t-elle avec un regard désolé avant de se frayer difficilement un chemin au milieu de la foule désarçonnée.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   Mar 29 Nov - 21:51

    Cet état quasi proche de la paranoïa avait un véritable effet néfaste sur la lycéenne, il s'était imposé comme ça, apparu de nulle part et s'imprégnait en Hallie maintenant, et cet état lui avait pourtant semblé si normal. En regardant Heather, son attitude toujours très droite, juste jusqu'au bout des ongles et qui s'essayait à être diplomate plutôt qu'agressive comme l'était l'ancienne brunette, cela avait évidemment le don de l'énerver encore plus, l'état paranoïa qui voulait ça, mais aussi et surtout réussissait à l'impressionner. Un simple plongeon dans l'énorme océan de ses yeux révélait à Hallie tout le ridicule de sa scène. Elle s'en rendait compte petit à petit, le chemin avait été long mais le mécanisme de marche arrière était en cours. Du moins, en arrière-pensée, puisqu'en apparence, la jeune Halloway était prête à cogner la fille qui lui faisait face, et l'effet de foule autour d'elles ne lui ordonnait qu'une chose: donner du spectacle et s'en prendre physiquement à Heather. Et du spectacle, ils ont failli en avoir lorsque la rouquine ouvrit la bouche afin de protester aux accusations que lui portait la blonde mais aussi à son insulte.

    Néanmoins, une parole seule n'aurait pas suffit à calmer Hallie maintenant, mais accompagnée d'un geste très théâtral qu'était l'applaudissement, c'était une autre affaire. Voir s'unir et se désunir les mains de la rousse avait un drôle d'effet sur la pianiste. Et certainement parce que c'était là le signe de toute la grandeur d'esprit d'Heather, qui préférait rester elle-même plutôt que de s'enfermer dans un rôle qui était aux antipodes de ce qu'elle était. Cet applaudissement sonnait là la fin du spectacle, le rideau se leva enfin, laissant découvrir une fausse actrice, une fille qui brusquement venait de se recevoir une claque dans la figure. La violence n'aidait pas forcément à faire entendre raison donc, un simple geste suffisait à tout remettre en question. Le corps d'Hallie se refroidissait à mesure que la rouquine s'exprimait, dans une ironie propre au maîtrise de la langue, de ceux qui savent raisonner des choses et non passer à l'attaque. Un malaise profond s'installa en la choriste. Un malaise qui s'intensifia considérablement quand la fille vint à ses pieds reprendre son sac, lui offrant au passage un regard des plus durs.

    Penaude, les mains le long du corps et le regard troublé, Hallie n'en tenait plus large. En une fraction de seconde, elle venait de passer de dominatrice, de favorite du public à la perdante, celle qui s'est bien fait avoir. Néanmoins, ce n'était pas tant l'opinion que les gens pourront bien se faire d'elle qui l'inquiétait le plus, mais c'était le regard qu'elle portait sur le comportement qu'elle venait d'avoir. C'était pathétique, et ce dernier regard que lui avait adressé Heather était mérité. Hallie s'était conduite comme une garce et maintenant elle était considérée comme tel par la nouvelle, et par les autres certainement car déjà, un silence pesant vint s'abattre sur le parking. Comme si tout était dit, déjà à gauche on pouvait apercevoir deux filles qui reprenaient leur chemin vers la voiture de l'une, et à droite, trois garçons qui avaient précédemment le sourire aux lèvres venaient de pousser un soupire d'exaspération et quittaient la foule pour retourner à leur occupation première. Peut-être était-ce l'émotion qui créa cette boule dans la gorge d'Hallie ? Peut-être c'était sa propre honte qui l'empêchait d'avaler sa salive ? Mais c'était certain que la minette n'avait rien gagné, au contraire, elle avait perdu bien des choses: son estime de soi, son esprit consciencieux, ses valeurs..

    Néanmoins, Heather n'en avait pas fini. Comment la blâmer après avoir subi tant d'attaques de la part d'Hallie ? Elle avait entamé un sujet qui touchait profondément la pianiste, elle devait le savoir pour en parler avec le plus de sincérité possible. Car dans ces paroles-là, il n'y avait rien de pareil au ton précédemment utilisé, ici, c'était l'amer déception qui venait tout remplacer. Dur à écouter, surtout après avoir pris une douche froide de ce type, la jeune Halloway laissa s'échapper un mot: « Arrête ». Le regard sur le sol, les mots de sa "rivale" la frappaient en plein estomac, ils étaient durs à avaler, à supporter. La jeune fille s'essayait à contrôler ses émotions, elle se mordait la lèvre inférieure encaissant ce que disait celle qui s'était trouvée dans la même position. Être ridicule et arracher de son identité n'avaient jamais eu plus de sens qu'à ce moment-même.

    De son champ de vision s'écchappaient les chaussures d'Heather. Hallie pouvait donc en conclure qu'elle s'était enfin retirée, ayant juger nécessaire de s'arrêter là, elle avait du mesurer l'impact de ses paroles. Hallie espérait qu'elle était fière d'elle, car personne n'avait réussi à la blesser autant, pas même les cheerios ou ses bourreaux de tous les jours. Avant, Hallie n'en avait pas tenu large, elle était restée elle-même et vivait bien, puis elle avait changé, était entrée dans sa phase de rébellion. C'était sans doute là que les choses avaient dérappé, une poussée de confiance avait eu raison d'Hallie. C'était ici une belle leçon de morale qui s'était illustrée, cela pourrait faire une bonne fable, elle en était sûre. Mais pour le moment, la sensation de se sentir comme un déchet s'emparait d'elle, l'idée d'avoir été plus fausse que jamais la tuait. C'est donc sans un mot et toujours la tête baissée qu'elle quitta le demi-cercle qui restait. Au pas de course, elle fuit ce qu'il restait de sa maladresse, de son erreur. Les derniers intéressés devaient donc être satisfait tout compte fait: une fille avait bien pleuré mais ce n'était pas celle qu'on aurait pu pensé au début.

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: 07. Jalousie, quand tu nous tiens...   

Revenir en haut Aller en bas
 

07. Jalousie, quand tu nous tiens...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Glee RPG :: 
Archives
 :: Archives Saison 1 :: Episode 7
-