Choriste du mois


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 07. Girls running wild

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MessageSujet: 07. Girls running wild   Dim 31 Juil - 11:08

Que la journée avait été longue pour Madeleine. Ella avait passé la nuit à regarder ses vieux DVD de Bollywood, les classiques de son coffret « Les classiques de Bollywood » : Guide (183 minutes de bonheur), Cœur Pur (120 minutes de larmes) et Haré Rama, Haré Krishna (149 minutes de rire). Soit près de 8h de films regardés dans le noir en compagnie de sa boîte de mouchoirs. Autant dire que son teint du matin avait déjà été plus frais. Mais elle avait avalé deux bon litres de café et elle s’était rendue au lycée avec de grosses lunettes de soleil sur les yeux pour éviter toute attaque furtive de la lumière de début mars. Et bien évidemment il fallait que ce soit ce jour-là que Figgins décide de venir faire le guet sur le parking et lui saute dessus à peine avait-elle posé un pied dans la cour débarquant du bus. Et bien évidemment en voyant arriver sa surveillante préférée avec de grosses lunettes de soleil à huit heure moins le quart il avait couru droit dans le piège des apparences et s’était mis en furie face à ce qu’il pensait être une gueule de bois à la Wild. Et ce n’est pas un exemple, et il aurait fallu se faire porter malade plutôt que de montrer ça à des jeunes, et vous savez bien que le lycée McKinley a déjà eu des problèmes d’alcoolémie récurrente chez les jeunes, et et et. Et voilà qu’elle avait déjà mal au crâne sans avoir passé les portes du vieux bâtiment. Affichée devant tous les élèves à l’heure pour une gueule de bois qu’elle n’avait même pas ! Et comme une joie n’arrive jamais seule, il avait décidé de la punir — comme si elle avait encore l’âge de se faire punir — en lui imposant le tour de guet de 10h et la surveillance de la cantine à midi, et la dernière ronde pour s’assurer que le lycée était bien vide. En somme, la trinité infernale pour Madeleine qui avait en sainte horreur les trois. Mais ce n’était pas comme si on lui donnait un quelconque choix dans cette affaire. La jeune femme avait fini par nier de toutes ses forces (et à raison pour une fois) le lendemain de soirée, clamer haut et fort son innocence, crier à l’injustice. C’était peine perdue, cet idiot de principal avait décidé de passer ses nerfs sur elle plutôt que sur les élèves… Elle allait donc devoir se les geler à 10h en attendant des retardataires qui n’arriveraient pas, parce qu’on était mercredi, et que pour une sombre raison dont elle ignorait tout, le mercredi, on n’était pas en retard à Lima. Et puis elle avait d’avance la nausée à l’idée de devoir surveiller la cantine. Tous ces plateaux repas à moitié mangés, et ce brouhaha incessant, un ou deux slushies qui traîneraient et qu’il faudrait brimer vaguement. Si elle ne mangeait jamais au self, il y avait bien une raison après tout.

Mais la journée s’était passée, elle avait enduré la punition comme une grande fille, même le midi, elle n’avait pas soufflé un mot de plainte. La scène resterait probablement dans les annales néanmoins : elle s’était assise sur une table au milieu du réfectoire, lunettes de soleil sur le nez, iPod branché, et elle regardait le flux des affamés prêts à tout, y compris à engloutir cette purée suspecte qui leur était proposée, pour assouvir leur faim. Par chance aucun membre du personnel n’avait fait de crochet par là et son style de surveillance très personnel et particulier resterait secret, du moins c’est ce qu’elle espérait. Puis vint le soir, 19h, et le lycée désespérément vidé de tous ses élèves mais qu’il fallait surveiller quand même pour s’assurer que personne ne soit resté derrière pour vandaliser quoi que ce soit comme quelques jours auparavant où elle était tombée nez à nez avec un énorme graffiti très disgracieux au dessus de photomontages hideux sur le coach de football Beiste. Si le championnat avait suscité de l’enthousiasme, celui-ci avait de toute évidence dépassé les bornes chez certains. Depuis lors il fallait faire le tour du lycée de manière plus stricte avant de fermer la porte pour éviter que les coupables qui couraient toujours dans la nature ne récidivent. C’est donc avec un grand sourire que la surveillante avait dit au revoir au principal à la porte du lycée en faisant mine d’aller faire sa ronde, mais au premier angle, elle vérifia qu’il avait bien disparu du lycée pour foncer droit vers le bureau des surveillants récupérer ses affaires sans plus attendre et rentrer chez elle. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire que des élèves fassent preuve d’un peu de zèle dans le championnat ? Après tout, elle aussi avait voulu tricher. Et surtout, quand c’est l’heure c’est l’heure, pas question de faire des heures supplémentaires pour les beaux yeux de Figgins. Sous prétexte que c’était une leçon qu’elle recevait pour avoir enfreint le règlement du lycée elle n’allait très certainement pas toucher de salaire pour ce tour ridicule. Alors les tours de garde à la Prison Break, à d’autres ! Elle s’était fait une tout autre idée de sa soirée, à commencer par le revisionnage de Slumdog Millionaire dont elle chantait déjà la bande originale en imitant les mouvements de la chorégraphie finale.

La blondinette était en train de taper en rythme dans ses mains en tournoyant sur elle-même quand elle remarqua au bout du couloir une silhouette accroupie devant la porte des vestiaires des cheerios. Cette tête rousse ne lui était pas étrangère loin de là. C’était à n’en pas douter Lexie Preston, la petite lycéenne déjantée qu’elle avait déjà coincée en train de vider un bac de beignets sur ordre de Sue Sylvester. Décidément cette fille avait un talent sans pareil pour se faire coincer… On se demandait comment elle avait fait pour ne pas détaler comme un lapin en entendant la surveillante arriver en chantant et dansant sans retenue dans le couloir. En s’approchant avec plus de discrétion Mad comprit vite qu’elle ne l’avait pas remarquée, trop concentrée à essayer d’ouvrir la porte avec une épingle à cheveux. La scène était sûrement hilarante à regarder : Lexie se la jouant double zéro 7 avec son épingle à cheveux et Madeleine debout juste derrière elle, à observer sa tentative lamentable et désespérée en essayant d’étouffer son fou rire.
    Alors c’est pour aujourd’hui ou pour demain cette porte ? finit-elle par lancer en riant à gorge déployée.

Mais elle eut à peine le temps de se moquer qu’elle entendit des bruits de pas venant du couloir adjacent. Contrairement à Lexie, la surveillante avait un bien meilleur instinct de fuite, et il ne l’avait pas trompée une fois de plus. Voilà que Figgins revenait sur ses pas ! Il avait dû oublier quelque chose, et s’il la trouvait là, à quelques encablures de son bureau, il allait comprendre qu’elle était en train d’ignorer superbement ses ordres et c’était signer son arrêt de mort ! Ni une ni deux, Mad attrapa Lexie par le bras à toute vitesse et fonça droit vers la première porte qui se présenta pour s’engouffrer dans la salle avec sa rouquine favorite. Manque de chance, elle avait eu de l’instinct pour fuir mais pas assez de jugeote pour choisir le lieu, et les voilà toutes les deux enfermées dans un placard à balai étroit, sans fenêtre pour vérifier que Figgins était parti. Ça s'annonçait glorieux.


Dernière édition par Madeleine Wild le Dim 25 Sep - 0:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Dim 31 Juil - 19:46

« Non, non, non. Je ne suis pas d'accord. » songea Lexie en ce beau matin. Son téléphone portable braillait « I gotta pocket full of sunshine, I gotta love and I know that it's all mine ! » et la voix de la chanteuse dont elle ne saurait dire le nom finit tout de même par l'arracher à son sommeil trop bref. Pourquoi dormir si peu? Le sommeil est crucial à l'adolescence non? Ouais, mais la pétillante rouquine avait un épisode de retard dans Pretty Little Liars et le téléchargement de No strings attached a pris un temps fou. Tout ça pour dire que la cadette des Preston a veillé devant son écran jusqu'à une heure parfaitement indécente et que le réveil est tombé comme un couperet au petit matin. Le lot des jeunes gens insouciants que voulez-vous.

Branchée en mode radar du matin, Lexie J failli percuter sa grande soeur adorée dans les escaliers et n'ouvrit guère la bouche avant d'avoir avalé sa deuxième tasse de café. Secouée par son père, qui vociférait à travers la maison « Les fiiiilles, on va être en retard !!! » elle se secoua enfin. Anna était prête, en clair le message était pour elle. Secouant sa crinière rousse pour faire comme si ce décoiffé était parfaitement maîtrisé, elle dévala les marches et bondit dans la voiture en lâchant un « Voilàààà » sonore, qui lui valut un froncement de sourcil paternel. Houlala, pas content el padre. Lexie eu donc la présence esprit de fermer sa grande bouche, une fois n'est pas coutume et entreprit de faire un bref inventaire de son immense sac.

Cette antre à malices était digne du sac en tapisserie de Mary Poppins ou de la pochette magique d'Hermione Granger, à la différence qu'on y trouvait souvent ce qu'on ne cherchait pas et qu'il y avait un sérieux défaut d'organisation là dedans. Perplexe quand à la présence d'une boîte d'Oreos périmés et d'une paire d'escarpins, Lexie fut prise de court par l'arrêt un peu brutal du véhicule devant le lycée et manqua de basculer contre sa soeur. Enfournant un livre fugueur dans le sac, elle fit une bise à son père avant de sautiller hors de la voiture, maugréant contre son uniforme. Pas qu'il fasse bien froid, mais la mini-jupe en toute saison c'est pas super super pratique. Enfin, le mec -oui, elle soupçonnait un homme de ce forfait- qui a créé les Cheerios devait avoir un certain humour ou l'esprit tordu.

En trottinant vers sa salle de cours, elle salua Madeleine de la main. Cette pionne était vraiment cool, elle lui avait évité une retenue soporifique au possible et puis, elle était marrante. Mais la pompom-girl n'avait guère le loisir de se perdre en élucubrations mentales sur la coolitude absolue de mademoiselle Wild, elle devait aller en... théâtre. Au moins un cours potable dans cette salade mal mélangée qu'étaient son cursus à McKinley. Non parce que franchement les cours d'anglais... Mais ils n'avaient pas lieu avant la fin de matinée, alors l'adolescente faisait l'effort de jouir de l'instant présent. Comme elle ne cessait de le conseiller à sa soeur. Et Lexie était de ces gens qui avaient la décence d'appliquer leurs propres recommandations.

Cela ne l'empêcha pas de passer le dit cours d'anglais à dessiner des fées et des pingouins sur son cahier, en rêvant à l'heure du repas. Son estomac gargouilla bruyamment, arrachant un regard un peu sévère du professeur. Elle esquissa un sourire contrit, essayant de prendre un air sérieux. La tentative dû apparaître comme concluante, puisque le prof lâcha l'affaire et elle pu vaquer à ses occupations. Enfin, la sonnerie retentit et elle se rua vers le self, où elle retrouva sa soeur à leur table habituelle, lunch box sur la table. Hors de question d'avaler les trucs pré-mâchés que servait la cantine, les Preston venaient équipées. D'un thermos de café notamment, indispensable à la survie de Lexie Antonia Jane Preston en milieu urbain comme rural. Sans café, pas de connexion des neurones, impossibilité à tenir le rythme, panne système. Et ce serait fort embêtant, une panne en plein entraînement des Cheerios d'ailleurs.

L'entraînement en question, qui avait lieu après une poignée de nouveaux cours aussi simples que sans intérêt, avait d'ailleurs était rude. Le sens de la métaphore de Sue Sylvester demeurant aussi inégalable que son niveau d'exigences. Franchement, elle s'attendait à quoi? A ce que les filles connaissent déjà sur le bout des doigts les pas appris la veille, au bout d'une heure et demie d'épuisants exercices? Bien sûr mamie, bien sûr... Si Lexie prenait les choses à la légère et endurait la difficulté grâce à son humour renversant et sa capacité à ne jamais se laisser atteindre, certaines filles vivaient pour ses heures de défi, de sueur et de souffrance quotidiennes. Sans ça, elles n'étaient personne ici. La rouquine trouvait cela aussi triste qu'effrayant. Mais ce n'est pas pour autant qu'elle avait l'intention d'arrêter le cheer leading. Paradoxal? Peut-être, mais décrire la complexité du fil de pensée de la demoiselle serait bien plus périlleux.

Vidée d'une bonne partie de sa colossale énergie, Lexie se débrouilla quand même pour être retenue par la coach. Evidemment... Elle fit partie du groupe que Sylvester avait jugé mou et fut condamnée à faire dix fois le tour du gymnase au petit trot et à une trois séries de cinquante abdos. Magnifique... Mais la rousse ne se laissait pas abattre et ne bâcla pas sa séance, décidant que si Sue voulait qu'elle reste, elle resterait. Respirant bien, s'étirant, jouant les bonnes élèves elle fut donc la dernière à quitter la salle, dans un énième beuglement de sa coach. Elle se dirigea vers les vestiaires et en tournant le bouton de la porte, elle eu la désagréable surprise de trouver porte close. Quelle garce ! songea la lycéenne dans un grognement. Face à la porte imprenable, elle décida de se la jouer James Bond Girl. N'avaient-elles pas les jambes pour après tout?

La londonienne ôta donc une des pinces qui retenait sa chevelure de feu et entreprit d'ouvrir la porte du vestiaire avec. Un de ses amis « au pays » lui avait un jour appris à entrer dans les lieux clos avec ce qu'il avait alors appelé ses attributs féminins. Leçon 1: draguer les videurs. Leçon 2: si c'est vraiment fermé, ai toujours une épingle à cheveux sur toi. Et après, ouvre la porte avec. Ca semblait beaucoup plus facile avec le vieil appartement de Soho sur lequel elle s'était entraîné... Parce que là, elle avait vraiment l'impression que ce fichu battant de bois en avait après elle. « Tu me cherches hein? » lança-t-elle dans le silence des couloirs. Enfin le silence... Si elle avait prêté attention aux éléments l'entourant, elle aurait certainement entendu le tapage fait par sa surveillante préférée, qui tapait dans ses mains et chantonnait gaiement.

« Alors c’est pour aujourd’hui ou pour demain cette porte ? » lui lança alors la blonde, au bord de l'hilarité. L'intéressée se retourna vivement, sur le point de lancer une réplique très spirituelle sans doute. Mais malheureusement, l'oeil acéré de miss Wild les tint à l'abri d'une possible punition. Sans trop comprendre ce qui lui arrivait, Lexie se retrouva alors enfermée dans un placard en compagnie de la pionne. Coincée contre le mur et son sac de sport faisant barrage entre elle et Madeleine, la rouquine ne put que regarder sa vis à vis avec des yeux gros comme des soucoupes. Mais elle ne se laissa pas démonter et retrouva bien vite son aplomb légendaire « Tu sais, si tu voulais un tête un tête tu aurais pu m'emmener à Breadsticks plutôt que de m'enfermer dans un placard avec toi. » Toujours est-il qu'elle ne savait pas trop ce qui venait de se passer... De qui un pion se cache-t-il? D'un supérieur hiérarchique, prof acariâtre ou même principal. Madeleine Wild, bad girl? Lexie aurait tout loisir de lui poser la question, puisqu'elles étaient toutes deux prisonnières du lycée.


Dernière édition par Lexie A. Preston le Mar 9 Aoû - 3:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Mer 3 Aoû - 22:27

Ce qui aurait pu être un bon moment passé à se moquer de Lexie Preston et de ses idées saugrenues (comme essayer de crocheter la serrure du vestiaire des Cheerios) avant de rentrer se regarder un bon film, venait de tourner au drame. Comique certes, mais sur le coup Madeleine n’avait pas eu l’esprit à rire. Si elle se faisait prendre, elle devrait repasser par la case leçon de morale, et son quota avait déjà explosé pour la journée, la semaine, voire même le mois. Elle était surveillante, soit, mais pourquoi Figgins s’acharnait-il à ce point ? Elle était consciente que son sens des responsabilités n’était pas le plus développé possible, mais on était au lycée, pourquoi voyait-il tant d’importance dans chaque chose, le mystère restait entier pour la jeune femme. Ce n’est pas comme si ces lycéens allaient véritablement l’écouter pas vrai ? Si elle pouvait les aider, tant mieux, mais sinon, tant pis ! Ils avaient des parents, et des amis, ce n’était pas son rôle de jouer les conseillères ès responsabilité. Elle n’avait très clairement pas de leçon à donner à qui que ce soit en matière de maturité, alors pourquoi ne pouvait-elle pas simplement signer quelques mots d’excuse et appeler les parents en cas de problème ? Et puis faire la leçon aux élèves quand on veut se rapprocher d’eux, ce n’est pas des plus productif. En somme elle ne comprenait pas pourquoi en étant surveillante Figgins attendait d’elle le travail d’une psy, d’une confidente, d’une conseillère en plus de celui de membre de l’administration. Peut-être qu’elle n’aurait pas dû fuir en fin de compte, s’il l’avait vue avec Lexie à cette heure, la rouquine aurait peut-être eu des ennuis mais Mad certainement pas. On aurait pu croire qu’elle faisait effectivement sa ronde et qu’elle tombait sur une saboteuse qui cherchait à s’introduire dans le lycée avec effraction.

D’ailleurs, maintenant qu’elle y réfléchissait, coincée dans le placard à balais entre la porte et le sac volumineux de la lycéenne, pourquoi avait-elle eu le réflexe de l’embarquer ? La surveillante n’avait aucun intérêt à faire ça, mais c’était comme dans ses années de lycée, pas question d’en laisser une sur le carreau quand les autorités débarquent. Toute cette histoire était très excitante en fin de compte, son cœur battait à deux cents à l’heure dans sa poitrine. Elles risquaient gros toutes les deux si elles étaient coincées par Figgins. A fortiori enfermées ensemble dans un endroit aussi peu commun. La panique qui l’avait saisie au moment où elle avait repéré le principal avait laissé place à un sentiment bien plus agréable de complicité avec la jeune fille qui la regardait avec des yeux ronds comme des billes, de toute évidence surprise par la réaction que la blonde avait eue.
    Oh tu sais, Breadsticks c’est bien trop à la mode, on nous aurait reconnues, je préfère qu’on discute de manière plus intime. Et puis rien ne vaut une bonne serpillière pour rapprocher les gens, tu ne trouves pas ?

Elle rentrait sans trop de mal dans son jeu en espérant ne pas perdre complètement la face. Quoique dans une situation comme la sienne, remonter la pente n’était pas une mince affaire… Elle allait enchaîner sur une nouvelle remarque lorsqu’un claquement de pas un peu trop proche à son goût l’interrompit. Sans perdre une seconde la surveillante plaqua une main sur sa bouche et l’autre sur la bouche de Lexie au cas où elle aurait la brillante idée de parler, rire ou respirer un peu trop fort. Quelques secondes s’écoulèrent qui lui semblèrent une éternité, Mad réfléchissait au genre d’excuse qu’elle pourrait sortir pour se justifier : « je suis tombée sur elle par hasard, elle devait faire le ménage dans les vestiaires sur ordre de Sue mais elle ne trouvait pas le placard » ; ou encore « j’étais justement en train de demander à Lexie ce qu’elle faisait ici à cette heure » ; voire même « je vérifiais que personne ne s’était caché dans les placards quand je suis tombée sur elle, la pauvre elle a été enfermée par des camarades, j’essayais de lui faire dire les noms ». Enfin tirée de ses pensées, elle ôta ses mains de leurs visages les levant au ciel en signe de reddition. Apparemment plus de bruit dans le couloir, mais mieux valait attendre le bruit des pas de retour qui signeraient le départ de Figgins et la fermeture du lycée, elles trouveraient bien une sortie de secours pour s’échapper. En tout cas il fallait l’espérer parce que l’indien n’avait pas assez confiance en elle pour lui laisser les clefs du lycée, et passer la nuit ici n’avait rien de très engageant. La surveillante soupira profondément en laissant retomber sa tête vers l’avant, le regard fixé sur le sac de sport qui la séparait de Lexie.
    Mais au fait, tu ne veux pas m’expliquer ce que tu faisais en train de crocheter, ou plutôt de ne pas réussir à crocheter les vestiaires ? Tu t’es crue dans Mission Impossible ?

Sa voix était faible, presque inaudible, de peur que des oreilles ne traînent encore. Mais il fallait à tout prix détourner l’attention, en espérant que l’autre partie ne poserait pas trop de questions. Parce que si elle devait avouer qu’elle avait détalé devant Figgins pour ne pas être punie, elle deviendrait en moins de deux la risée du lycée. C’en était fini de sa réputation de sauvage et bonjour celle de la planquée. Peut-être que la lycéenne ne la balancerait pas, elle n’était pas du genre à enfoncer les autres pour améliorer sa côte de popularité. Et puis ce n’était pas comme si la réputation d’une surveillante avait de la valeur dans le coin. Madeleine essayait surtout de se rassurer, mais elle espérait que son copinage avec Lexie assurerait ses arrières.
    Et tu étais vraiment obligée d’avoir un sac aussi gros ? C’est à peine si on peut respirer là-dedans, tu as quoi à trimballer partout comme ça ? J’ai la poignée dans le dos en plus !

Mais alors qu’elle disait cette dernière phrase tout droit sortie d’une comédie, la surveillante réalisait qu’elle n’avait pas de poignée dans le dos. Baissant alors ses deux bras d’un coup, elle se mit à tâter frénétiquement la porte derrière elle pour trouver la fameuse poignée. Rien n’y faisait, même sans se retourner elle savait maintenant qu’à la liste des problèmes qu’elle venait de se créer, enfermée dans le placard était devenu un incontournable.
    Ah merveilleux… Ça c’est le pompon. Euh… Dis moi, tu sais crocheter les serrures qui n’existent pas ?

La jeune femme souriait pour essayer de détendre l’atmosphère, mais si elles ne trouvaient pas une solution très vite, elles devraient faire du bruit pour attirer l’attention, et donc se faire prendre, et donc endurer une longue leçon de morale voire même une punition supplémentaire. Et cette perspective-là n’enchantait pas Mad, loin de là.
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Jeu 4 Aoû - 15:45

Si on avait un jour dit à Lexie qu'elle se retrouverait enfermée dans un placard avec une pionne... Et bien vu son talent incroyable pour se mettre dans des situations pas possibles, elle y aurait sans doute cru en fait. Après tout, c'était certes rocambolesque mais si improbable. Enfin, il faut avouer que la définition de l'improbable selon Lexie Preston n'était peut-être pas le meilleur exemple qu'on puisse prendre. Toujours est-il que les faits étaient là et qu'ils ne servaient à rien de se répéter à quel point c'était incroyable. Et puis visiblement, les deux demoiselles avaient la situation bien en main. Ou du moins, elles savaient la prendre avec humour et ne faisaient pas de crise de claustrophobie. C'était déjà ça. « Oh tu sais, Breadsticks c’est bien trop à la mode, on nous aurait reconnues, je préfère qu’on discute de manière plus intime. Et puis rien ne vaut une bonne serpillière pour rapprocher les gens, tu ne trouves pas ? » Lexie esquissa un sourire puis répliqua du tac au tac « Tout à fait, même si je préfère les balais, c'est tellement plus drôle. »

Madeleine s'apprêtait à répondre et à lancer une intéressante discussion sur l'intimité que peuvent procurer les ustensiles ménagers, mais un bruit dans le couloir effraya la blondinette. Elle plaqua une main sur sa bouche et l'autre sur celle de Lexie, qui lui servit un sourire en coin et un regard taquin. La situation et les propos énoncés s'y prêtaient, elle n'y pouvait rien, elle était joueuse. Toutefois, elle aurait certainement moins envie de rire si la personne patrouillant dans le couloir venait à leur tomber dessus. Elle se voyait bien en train d'essayer de se justifier tiens ! « On examinait vos produits ménagers, je crois que vous allez être à cours en produit pour les vitres Mr Figgins. » L'idée était suffisamment cocasse pour qu'une part de l'esprit tortueux de la rouquine ai envie de la voir mise en oeuvre. Mais visiblement, Mad tenait à ne pas se faire prendre, presque plus qu'elle. Alors la jeune Preston garda un silence religieux, aux aguets. On se serait cru dans un de ces films à suspense où le meurtrier au couteau à beurre pourchasse les derniers survivants dans les couloirs déserts. Si un tel scénario catastrophe venait à se produire, Madeleine aurait probablement plus de chances de survie. Les blondes ont tendance à ne jamais mourir. Ou à se faire tuer en premier. Quitte ou double.

Finalement, les bruits de pas s'éloignèrent et sa compagne d'infortune se détendit un petit peu et en profita pour lui demander, à vois très basse « Mais au fait, tu ne veux pas m’expliquer ce que tu faisais en train de crocheter, ou plutôt de ne pas réussir à crocheter les vestiaires ? Tu t’es crue dans Mission Impossible ? » Lexie émit un petit son, proche du rire, tâchant de rester la plus silencieuse possible. « Le coach m'a retenue après l'entraînement et j'ai voulu partir la dernière pour ne pas être la seule à perdre mon temps tu vois. » Quel plan diaboliquement génial non? « Mais bon, le temps que je sorte du gymnase, quelqu'un était passé et avait fermé le vestiaire, donc je voulais récupérer mon autre sac, celui avec mes affaires de cours, mon porte-feuille tout ça. » Lamentable échec de la tentative d'ailleurs. Il fallait décidément qu'elle appelle JJ, pour qu'il la remette en contact avec ce type qui leur avait appris à forcer les portes de divers manières. Elle avait en l'occurrence perdu sa technique et manquait cruellement d'entraînement. Ce qui était peut-être un signe jouant en sa faveur d'ailleurs, prouvant qu'elle avait adopté une bonne conduite à Lima. Qu'elle avait essayé en tout cas.

Alors que Lexie s'apprêtait à retourner l'interrogatoire, curieuse de savoir pourquoi Wild ne se sentait pas prête à affronter le danger et à mentir effrontément à ses supérieurs hiérarchiques, la blonde relança la discussion, en maugréant « Et tu étais vraiment obligée d’avoir un sac aussi gros ? C’est à peine si on peut respirer là-dedans, tu as quoi à trimballer partout comme ça ? J’ai la poignée dans le dos en plus ! » La londonienne leva les yeux au ciel en mimant un très mâture et responsable « gnagna » avant de rétorquer aussi sec « Hey, plains-toi à Sylvester si ça te va pas hein ! J'ai mes pompons, un uniforme de rechange, des massues de jonglerie, des chaussures de sport, du déo, du gel douche, de la bouffe... Le nécessaire quoi. » Oui, bon, peut-être un tout petit plus que ça en fait... Mais la rousse ne savait pas voyager léger, même quand le voyage consistait en un aller journalier pour le gymnase du lycée. Que voulez-vous, les penchants filles peuvent ressortir par bien des aspects. Celui-ci en était un.

Mais Lexie fut bien vite intriguée par les gesticulations de la surveillante, qui semblait cherchait avec frénésie quelque chose dans son dos. Haussant un sourcil dubitatif, elle fixa la jeune femme, attendant une quelconque explication. « Ah merveilleux… Ça c’est le pompon. Euh… Dis moi, tu sais crocheter les serrures qui n’existent pas ? » Hein quoi? Lexie lâcha son gros sac, qu'elle tenta de caser dans un coin du placard, le retenant avec un manche à balais et un seau. Puis, la Cheerio se pencha un peu, histoire de voir de quoi parlait Madeleine. Et enfin, elle comprit. Si elle avait été dans un dessin animé, une petite ampoule se serait allumée au dessus de sa tête. « Oh merde... » lâcha-t-elle sans même s'excuser pour son vocable peu châtié. C'était de circonstances. La porte ne s'ouvrait pas de l'intérieur. Magnifique. « Euh non. » répondit-elle enfin, soudain moins enjouée. Mais tâchant de retrouver son dynamisme légendaire et son sourire ultra bright inébranlable elle ajouta « Mais je sais défoncer les portes. Faudra juste attendre qu'on soit sûres qu'il n'y ai personne. Et qu'on court très vite après. J'espère que tu connais un passage secret, sinon, on est bonnes pour compter sur mes maigres talents en entrée par effraction. Enfin en sortie pour le coup. » Comme souvent en situation de crise, la petite anglaise ne paniquait pas, mais se mettait à parler. En temps normal, elle n'avait déjà pas sa langue dans sa poche et un sacré débit. Mais là, elle parlait façon mitraillette et son charmant accent posh se fit plus prononcé que jamais. Le naturel revient toujours dans la crise et le dénuement non? Preuve en images. La rouquine échangea un regard avec sa co-détenue, ne sachant pas encore si le moment était bien choisi pour partir dans un fou rire ou pas.

Sa petite matière grise tournant à plein régime, Lexie essayait de dégager différentes pistes et de ne pas céder à la panique. Elles étaient deux vilains garnements connus et reconnus, avec une certaine expérience de la situation épique. Elles avaient de l'expérience. Elles s'en sortiraient. « Ca va aller. » asséna d'ailleurs la lycéenne à sa blonde compagne. Pas vrai, hein? Avait-elle envie de rajouter, mais elle évita sagement de le faire. Pas de panique. De la débrouillardise. Ca va aller.


Dernière édition par Lexie A. Preston le Mar 9 Aoû - 3:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Dim 7 Aoû - 0:23

Même aplatie contre le mur d’un placard Lexie Preston ne perdait rien de sa superbe. Dans la pénombre ambiante, Madeleine parvenait tout de même à percevoir ses réactions, notamment les larges sourires et autres mimiques qui accompagnaient ses répliques cinglantes. Décidément cette fille n’avait peur de rien, et elle ne se laissait pas démonter malgré ce qui pouvait facilement s’apparenter à une situation de crise. Son accent anglais ne trompait personne, et elle avait plus l’air d’une jeune fille de bonne famille importée du quartier de Kensington que d’une dure à cuire des quartiers populaires de la banlieue de Londres. Mais les apparences étaient trompeuses après tout, et si elle s’était lancée dans l’aventure de la tentative d’effraction dans les vestiaires, elle devait bien s’y connaître un peu. Quoi qu’il en soit Madeleine lui reconnaissait une persévérance et un self-control peu communs, et sa présence avait quelque chose de rassurant pour la surveillante qui avait du mal à voir le bout du tunnel à cet instant précis. En tout cas il ne faisait aucun doute que si la rouquine était sortie des faubourgs à la Camden, elle avait su s’intégrer à merveille dans le monde doré du haut de l’échelle sociale du lycée de Lima, et l’inventaire du sac surchargé qui séparait les corps des deux jeunes femmes en était un exemple remarquable. Sans compter qu’il fallait aller rechercher un second sac qui serait à n’en pas douter tout aussi gros que celui-ci. Mystères féminins du bourrage de sac que Mad se représentait à merveille, mais qu’à cet instant elle aurait volontiers troqué contre un peu d’oxygène et d’espace vital. Ce n’était pas exactement à ce genre de rapprochement qu’elle pensait quand elle s’était lancée à la conquête du cœur des élèves de McKinley. La compagnie aurait pu être plus désagréable, mais elle n’avait pas la tête à cela du tout. Tout défilait bien trop vite dans son esprit, elle essayait de se repasser les plans du lycée pour trouver une issue de secours, considérant bien sûr l’étape « sortir du placard » comme un acquis.

Dans les films d’action, l’héroïne garde toujours son calme. Elle est toujours impeccablement coiffée et fraîche, sans oublier sa répartie à toute épreuve. Mais on n’était pas dans un film d’action. Il n’y avait qu’à voir comme Mad passait sa main dans ses cheveux dorés pour les ébouriffer et les tirer dans tous les sens et par là-même témoigner son désarroi le plus total. Comment avait-elle pu concentrer autant de malchance en si peu de temps ? Sans tout à fait céder à la panique, la surveillante n’en menait pas large. Elle n’avait pas peur du noir, ni des endroits confinés, ni des monstres qui pouvaient vivre dans les seaux et sortir se venger la nuit, mais l’idée de passer la nuit coincée entre un manche à balais et un sac de sport ne la transportait pas de joie, c’était un euphémisme. Il était grand temps de trouver une solution pour se sortir de là avant de chercher à s’enfuir des maudits bâtiments du lycée. Malgré l’esprit optimiste de sa compagne de galère et ses mots encourageant, tout cela sentait horriblement mauvais. Elle voyait déjà la scène : toutes les deux dans le bureau de Figgins, la tête basse, regardant le bout de leurs chaussures comme si ça les aiderait à disparaître de la surface de la terre, et puis derrière le bureau terriblement large qui portait ce panneau prétentieux « Principal Figgins », l’indien-américain poussant de grands cris entre les longs paragraphes de son discours de réprimande. Dans son imagination, la jeune femme avait revêtu une combinaison orange comme celle que portent les prisonniers, ce qui donnait une tonalité très Prison Break à son placard. Quel dommage qu’elle n’ait pas pensé à se faire tatouer les plans du lycée sur le corps, ça lui aurait été bien utile… Si ça se trouve il y avait même une trappe secrète derrière le lino blanc du sol, il suffisait de soulever le coin pour la trouver et s’enfuir d’ici sur les traces d’un bandit de grand chemin. Et voilà que Madeleine était repartie dans son monde imaginaire, comme à chaque fois que la réalité ne lui plaisait pas. La solution de l’envolée lyrique ou illusoire était sa soupape de sécurité, sans même s’en rendre compte elle glissait doucement de la réalité à son propre monde, perdant toute connexion avec la première. Mais les mots de Lexie la ramenèrent plus vite qu’attendu dans le monde réel où rien n’allait comme elle le voulait.
    Mais oui ça va aller ! Bien sûr que ça va aller ! T’as peut-être appris à crocheter les serrures — soit dit en passant ça reste encore à prouver ça… — mais moi j’ai grandi à Lima, Ohio ! On fait pas semblant ici tu sais.

La blonde venait de croiser les bras sur sa poitrine en prenant une pause de cowboy fier d’étaler son pédigré. Il ne fallait pas se laisser abattre, elle n’allait pas faire moins bien qu’une fille de 17 ans quand même, le rire était une première solution à la tension qui commençait à s’accumuler. Ce n’était pas du Madeleine Wild, il fallait qu’elle se ressaisisse au plus vite et qu’elle cherche comment éviter de devoir défoncer la porte à grand renfort de coup de pieds.
    Dis-moi dans ton sac à la Mary Poppins tu n’aurais pas une carte bleue ou un truc en plastique un peu rigide ? Toi qui sais si bien faire la James Bond girl tu as déjà vu ça dans les films, ils glissent ça sous le loquet pour faire glisser je ne sais quoi et bam ça s’ouvre comme par magie. Avant de faire sortir le Hulk qui sommeille en toi j’aimerais qu’on essaye ça.

Si la tactique Prison Break semblait quelque peu compromise, ça ne coûtait pas grand chose que d’essayer de faire comme dans les films. Avec un peu de chance elle avait même la carte magnétique de la réserve de papier dans sa poche pour tenter le coup ! Aussitôt dit, aussitôt fait, après une brève auto-fouille corporelle la surveillante dégaina son pass avec une lueur dans les yeux, tout espoir n’était pas perdu ! Collant l’oreille à la porte une dernière fois pour s’assurer que personne ne rôdait, la surveillante s’accroupit pour essayer de bidouiller l’interstice entre la porte et le cadre. Ce n’était qu’une porte de placard après tout, elle n’allait pas lui résister infiniment ! Agitant frénétiquement la carte au niveau du loquet, la surveillante en profitait pour passer ses nerfs jusqu’au moment où le clic divin se fit entendre. La surprise lui fit lâcher le bout de plastique. Est-ce que sa technique en carton sortie des films d’espionnage à trois sous venait de fonctionner ? La surveillante avait du mal à s’en convaincre, et pourtant, elle poussa la porte du placard à balais pour avancer de quelques pas à quatre pattes dans le couloir et s’assurer de sa liberté retrouvée. Se retournant vers Lexie un grand sourire aux lèvres, elle se dressa sur ses genoux ouvrant grand les bras vers le ciel en signe de victoire et ne put retenir le cri qui allait avec tant de mise en scène. Mais elles avaient tout de même passé un sacré moment enfermées là-dedans, et ces précieuses minutes ne lui seraient jamais rendues. Tout ça c’était de la faute de Figgins. Et même si l’on dit que la vengeance est un plat qui se mange froid, Miss Wild n’avait jamais été reconnue pour sa grande patience. Et une idée diaboliquement tentante venait de naître dans son esprit fertile. Fixant son regard cristallin sur la jeune fille qui n’était pas au bout de ses peines elle lança pleine d’espoir :
    Dites-moi charmante demoiselle, auriez-vous quelques minutes de votre temps à m’accorder encore ? Il y a quelque chose que j’aimerais faire avant de quitter le lycée : le principal m’a demandé de modifier l’heure du test de l’alarme incendie demain et j’ai oublié de le faire. Je ne suis pas très douée en informatique alors j’aurais grand usage d’un coup de main…

Le pari était risqué. Figgins était toujours là à traîner quelque part sournoisement, il n’était pas question de se faire enfermer et de devoir sortir en passant par une fenêtre, et le mensonge était tellement énorme que la rousse le remarquerait forcément. Il fallait donc espérer qu’elle rentre dans le jeu et que les deux hors-la-loi parviennent à mettre ce plan à exécution suffisamment vite pour fuir sans tomber sur le vieux vautour. Tout ça pour semer un peu de zizanie le lendemain et faire perdre son temps à Figgins… Œil pour œil, dent pour dent. Décidément Mad n’était pas très mature, mais au moins elle s’amusait, et c’était ce qui comptait, non ?
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Mar 9 Aoû - 3:47

L'imagination fertile de Lexie tournait à pleine régime, imaginant les scénarios les plus improbables pour se tirer de ce pétrin. Comme elle l'avait dit, elle pouvait toujours éclater la porte d'un bon coup de pied. Ca, elle savait vraiment le faire, la technique était certes plus brutale, mais plus facile à appliquer. D'ailleurs, elle avait même exploser la porte de la chambre d'Anna de cette façon à Londres, après un conflit assez violent. Ce devait être un peu avant le déménagement, période de tensions s'il en avait été. Mais l'heure n'était pas aux souvenirs et comme Madeleine ne semblait pas tout à fait convaincue par les capacités de la jeune Preston pour entrer et sortir par effraction, il faudrait peut-être songer à un plan B. Voir C, D, E... « Mais oui ça va aller ! Bien sûr que ça va aller ! T’as peut-être appris à crocheter les serrures — soit dit en passant ça reste encore à prouver ça… — mais moi j’ai grandi à Lima, Ohio ! On fait pas semblant ici tu sais. » La rouquine lui lança un regard un peu dubitatif, sourcils haussés. Pas qu'elle doute de ses talents cachés de bad girl de l'Ohio, mais tout de même. Jusqu'ici, la surveillante n'avait guère fait montre d'un aplomb et d'une efficacité à tomber par terre et si l'une des deux avaient un instant songé à céder à la panique, c'était bien Madeleine Wild. Mais, intéressée, l'adolescente l'observa donc activer son propre mode Arsène Lupin, qui espérons le serait un rien plus efficace que le sien.

La blondinette prit une posture proche du gardien de prison féroce -ce qui au vu de la situation était des plus doucement ironique- avant d'asséner « Dis-moi dans ton sac à la Mary Poppins tu n’aurais pas une carte bleue ou un truc en plastique un peu rigide ? Toi qui sais si bien faire la James Bond girl tu as déjà vu ça dans les films, ils glissent ça sous le loquet pour faire glisser je ne sais quoi et bam ça s’ouvre comme par magie. Avant de faire sortir le Hulk qui sommeille en toi j’aimerais qu’on essaye ça. » Ah, pas bête ça. Pas bête du tout, elle avait effectivement de la ressource notre GI Joe des plaines de l'Ouest. Lexie sourit donc de toutes ses jolies dents et lança « Brillant Wild, tout simplement brillant. Mais navrée, je n'ai pas le nécessaire, mon portefeuille est bien entendu... dans mon autre sac ! » Cela aurait été trop beau et hormis dans les comédies à deux livres cinquante, on a jamais ce qu'il faut au bon moment. Dans un film, les deux jeunes femmes auraient déjà trouvé un moyen de sortir de là avec des répliques encore meilleures que celles qui avaient fusées de l'esprit vif de la jeune londonienne. Mais ô miracle la chance semblait tourner pour les deux prisonnières, à moins que les scénaristes de leurs vies aient simplement l'esprit un peu alambiqué et l'amour du jeu.

La pionne dégaina en effet une carte en plastique de sa poche, le genre de trucs dont on a besoin pour faire des photocopies ou manger dans une cantine. Mais quel génie ! Pour un peu, Lexie lui aurait sauté au cou pour l'enlacer avec vigueur. Mais bon, elle préférait ne surtout pas la déconcentrer, au risque de perdre leur maigre chance de sortir d'ici sans avoir à exploser une porte. Lexie contint donc le flot de paroles qui menaçait de sortir et qui aurait stressé sa compagne d'infortune plus qu'autre chose. Pas sûr que l'on ai envie d'entendre des choses comme « Oh myy Gooood, tu vas y arriver, t'es sûre? Non mais où t'as eu l'idée de faire ça, c'est géniaaaal !!! » quand on essaie de forcer un battant de bois avec un rectangle de quelques centimètres carré. L'heure était grave, il ne fallait surtout pas interrompre Madeleine l'aventurière dans sa périlleuse entreprise. Le suspense était à son comble et Lexie retenait son souffle, scrutant les gesticulations de la blonde avec intensité. Elle priait intérieurement tous les dieux dont elle connaissait le nom, espérant que l'un d'eux ai l'amabilité d'entendre son appel. Peut-être aurait-elle dû aller à la messe plus souvent, Dieu s'il existait, aurait eu le loisir de connaître la bonté de son âme et aurait volontiers voler à sa rescousse.

Mais visiblement, il n'y avait nul besoin d'intervention divine. Ou peut-être en était-ce justement une. En tout cas, la porte était ouverte et Madeleine semblait abasourdie par sa propre victoire. Lexie se remit enfin à respirer et lâcha un « Yeeees !!! » peut-être un rien trop sonore. Elle mit donc ses deux mains devant sa bouche, honteuse et confuse, jurant qu'on ne l'y prendrait plus. La surveillante quant à elle quitta le placard en catimini, encore à quatre pattes, apparemment choquée de leur réussite et de leur chance insolente. Qui avait dit que se retrouvait enfermée dans un placard après la fermeture du lycée était un obstacle insurmontable? La petite team de choc était là pour prouver le contraire ! A genoux, les bras levés vers le ciel, Madeleine Wild criait victoire avec le plus de pathos possible et la scène était tout à fait touchante. Lexie en aurait versé une larme, si elle n'avait pas été occupée à tirer son sac du capharnaüm de ce placard, en essayant de pas tout renverser dans un vacarme monumental. La tentative était plus difficile qu'il n'y paraissait, mais la rousse parvint tout de même à s'extirper de sa prison ménagère et à rejoindre la surveillante à l'air libre. Enfin libre... Le périple n'était pas terminé pour nos deux baroudeuses urbaines. Sac sur l'épaule, elle se planta donc face à Madeleine, un large sourire sur le visage. Plus de placard. Voilà une pensée réconfortante.

« Dites-moi charmante demoiselle, auriez-vous quelques minutes de votre temps à m’accorder encore ? Il y a quelque chose que j’aimerais faire avant de quitter le lycée : le principal m’a demandé de modifier l’heure du test de l’alarme incendie demain et j’ai oublié de le faire. Je ne suis pas très douée en informatique alors j’aurais grand usage d’un coup de main… » Un fin sourire naquit sur les lèvres de la Cheerio. Ca sentait l'arnaque, à plein nez et miss Preston était plutôt douée pour voir les coups fourrés venir. Généralement, elle avait même le chic pour les lancer. Ou à défaut d'y sauter à pieds joints. Comme maintenant. Il est extrêmement difficile de résister à l'appel d'une bêtise éhontée, surtout quand vous y avez pris goût. La britannique était peut-être un peu puérile et se mettait régulièrement dans la mélasse, mais que vaudrait la vie sans un peu de risque? Et là, il y avait du niveau, un joli défi. McKinley n'avait pas vraiment eu le loisir de profiter des talents exceptionnels de Lexie Antonia Jane Preston pour les sales plans, les fausses idées de génie et les escapades nocturnes. Et là, elle faisait du trois en un, mieux que les détachants ! Elle hocha donc la tête, un air mutin sur sa bouille souriante « Avec plaisir mademoiselle Wild, je contribuerai avec joie à la bonne marche de ce lycée ! » C'était peut-être un trop. Mais c'était drôle.

La petite anglaise suivit donc la surveillante jusqu'au bureau de Figgins, ce qui revenait à se jeter dans la gueule du loup. Elle abandonna son lourd fardeau devant la porte imprenable du vestiaire des Cheerios, espérant pouvoir repasser par là avant de rentrer chez elle. D'ailleurs, elle profita du trajet pour envoyer un bref sms à son père « Je mange un morceau chez Quinn, ne m'attendez pas pour dîner. A ce soir, bisous. » Heureusement que la rouquine avait des réserves de nourriture un peu partout, cette expédition ne lui coûterait pas son repas du soir. Les deux demoiselles marchèrent en catimini dans les couloirs déserts, sursautant au moindre grincement de porte et de se retournant toutes les trente secondes, guettant la moindre ombre, le moindre mouvement. Elles étaient risibles, mais assumaient la situation avec un aplomb certain. Enfin, elles s'engouffrèrent dans le lieu sacré. Lexie s'installa dans le fauteuil de Figgins, ayant une impression toute illusoire de pouvoir. La pompom girl regarda alors son acolyte, perplexe. « Tu penses qu'il faut aller où? Dans quel programme j'veux dire, gestion? » La petite rousse avait une furieuse envie de fouiller l'ordinateur de fond en comble pour y trouver des informations privées, mais sa curiosité malsaine était mal venue. Il fallait se concentrer sur la mission, avant que l'appareil ne s'auto détruise. Tom Cruise avait quand même eu du culot d'appeler ses navets Mission Impossible. Lui ne serait sûrement pas capable de cracker le système. Qui avait comme mot de passe mckinleyhigh. Certes. Mais il fallait y penser hein !
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Mer 10 Aoû - 16:14

Toujours à genoux au milieu du couloir, au sommet de sa gloire après le tour de maître de la carte magnétique — qui soit dit en passant était maintenant un souvenir tant elle était tordue et rayée — Madeleine aurait volontiers sauté de joie en voyant le large sourire de la Cheerio. Mais sauter à genoux n’est pas une tâche aisée, et de drama queen point trop n’en faut. Elle se contenta donc de baisser enfin ses bras pour joindre ses mains de contentement.
    Le lycée William McKinley compte sur vous Lexie Preston, je suis sûre que je vais pouvoir faire mon devoir en moins de deux grâce à toi. Ça aurait été vraiment dommage de ne pas y penser.

Elles étaient toutes les deux dans l’escalade de bêtises et l’impatience se lisait sur leurs visages. La jeune fille était très clairement consciente que ce qui allait se passer dans les minutes qui allaient suivre devrait rester strictement confidentiel. La surveillante n’avait jamais eu une conduite exemplaire, mais en se lançant à l’assaut du bureau de Figgins elle achevait de briser tous les interdits qui restaient encore. Ça la vengerait de toutes les heures de colles qu’elle avait dû surveiller à la place de professeurs fainéants, de la montagne de papiers administratifs qu’elle avait encore à rentrer dans un ordinateur vétuste auquel elle ne comprenait rien, et puis aussi des leçons de morale qu’il lui assenait dès qu’il la croisait. Oui, elle n’était pas exactement l’employé modèle du mois, mais elle avait annoncé la couleur dès le jour de son entretien d’embauche en débarquant sur ses talons aiguilles dans une robe vertigineusement décolletée. Ce décolleté était probablement responsable à 80% de son poste, mais elle n’était pas du genre à se plaindre de ce genre de piston. Après tout, c’était son corps, qu’y avait-il de mal à profiter de ce qu’on a ? Toujours était-il qu’elle faisait tout de même ce qu’on lui demandait, plus ou moins bien, plus ou moins rapidement, mais elle était à peu près à l’heure tous les matins, et elle surveillait. La mission du pédagogue et l’éternel laïus sur l’accompagnement des élèves vers l’âge adulte des décisions et de l’orientation qu’il lui servait à la première occasion elle passait outre une fois de plus. Cette fois ci elle entraînait même une élève avec elle dans ses bêtises… Mais les remords ne l’habitaient pas le moins du monde, au contraire. Madeleine s’amusait comme une folle à jouer les vengeurs masqués dans les couloirs sombres de McKinley by night. Lexie avait poussé un cri de soulagement et de joie lorsqu’elle avait enfin réussi à ouvrir la porte, il fallait donc espérer que personne ne l’ait entendu, sans quoi leur plan tombait à l’eau. La surveillante avait activé le mode espionne en papier mâché pour se déplacer dans les couloirs. Elle guettait le moindre bruit avec angoisse, longeait les murs couverts de casiers, se plaquait contre les poteaux aux intersections de couloirs pour s’assurer que personne ne venait à leur rencontre, prête à courir pour sa vie. C’était encore plus jouissif que lorsqu’elle avait filé un temps les élèves qui faisaient partie de son équipe de football pour le championnat, parce que la pression était plus réelle, si elle se faisait prendre c’était fini. L’adrénaline aurait pu être sa drogue si son côté pantouflarde ne prenait pas le dessus la plupart du temps. Mais devant une telle occasion, elle en rajoutait pour profiter de cette divine sensation qui fait s’emballer votre cœur, vous coupe le souffle, vous fait accomplir des merveilles qu’en temps normal vous n’auriez même pas songé à accomplir.

Après ce périple de quelques 200 mètres riche en rebondissement dans les couloirs, la surveillante poussa doucement la porte du bureau de l’administration, s’assurant une ultime fois que tout était calme et que la voie était libre. Se retournant vers Lexie qui trouvait ce moment de tension intense opportun pour envoyer des messages à dieu sait, qui la jeune femme fronça les sourcils et posa un doigts sur sa bouche pour lui indiquer de se faire discrète au cas où toutes ses précautions ne seraient pas suffisantes et qu’elles doivent passer en mission commando pour s’extraire de la grotte figginsienne. Mais tout était calme, elle se dirigea finalement vers le bureau pour allumer la lumière tandis que Lexie s’installait dans le gros fauteuil en cuir pour s’occuper de l’ordinateur. Bien évidemment il y avait un mot de passe, mais avant que Mad n’ait le temps d’ouvrir la bouche la rouquine avait déjà passé le portail de sécurité. Restant pantoise devant tant d’efficacité devant un ordinateur la blonde mit quelques instants avant de réaliser qu’on lui avait posé une question. Fermant alors sa bouche restée béante elle se concentra un instant sur l’écran rempli d’icônes en tous genres qui ne lui disaient absolument rien… Elle aurait vraiment dû prendre quelques cours d’informatique, elle se le promettait, pour la cinq milliardième fois de sa vie, un jour elle saurait se servir d’une de ces maudites machines. Mais elle n’avait pas besoin de savoir le faire, si elle avait eu l’idée de l’alarme à la base c’est qu’elle avait surpris une conversation entre Sue Sylvester et Shannon Beiste à ce propos. Les deux femmes se plaignaient de l’alarme qui allait entraver le bon déroulement de leurs entraînements respectifs. Ah… en y réfléchissant mieux elles n’avaient jamais dit comment changer l’heure de l’alarme sur l’ordinateur. Bon. Grandiose.
    Euh… Oui, oui, gestion, ça doit être ça. Ou pas, attends c’est pas la comptabilité ça « gestion » ? Moi je ne veux pas savoir ce qu’il fait avec l’argent sale de la plaque tournant qu’est Lima. Si on remonte jusqu’à nous les trafiquants vont nous traquer et on ne pourra plus jamais revenir, tu imagines ? Adieu famille, adieu amis, adieux slushys… ce serait dramatique.

Un peu d’humour pour noyer son ignorance, ça passerait comme une lettre à la poste. Figgins ne devait pas être un si grand génie en informatique, il devait garder les protocoles à suivre sur des papiers quelque part ! Après tout il avait fait venir sa secrétaire pour imprimer les feuilles qui indiquaient comment rentrer les absences dans l’ordinateur lorsqu’il l’avait chargée de cette nouvelle tâche qui ferait entrer le lycée dans l’ère du numérique. La jeune femme se mit donc à chercher un peu partout sur le bureau, dans les range papiers qui trônaient à droite et à gauche de l’écran. Ne trouvant toujours rien elle finit par s’attaquer aux tiroirs, laissant Lexie fouiller dans l’ordinateur et comptant sur son honnêteté pour ne pas trop aller regarder du côté des sujets d’examens… Par chance il n’y avait pas besoin de clef pour les ouvrir et après trois essais infructueux elle trouva enfin son sésame : un gros dossier blanc « Protocoles informatiques ». Lâchant la pile de papier sur le bureau, elle la sépara en deux pour accélérer le processus, quelque chose lui disait qu’elles n’allaient pas tarder à se faire prendre, étant donné l’heure. Si Figgins était peut-être parti, les employés de l’entretien ne tarderaient pas, et si on les trouvait là ensemble, l’une échevelée et le souffle court à s’être agitée pour fouiller partout, l’autre clairement mineure, un gros sac de sport sur les genoux assise devant l’ordinateur, c’était cuit. Même la meilleure menteuse ne pourrait pas faire croire que leurs raisons étaient bonnes, leurs visages à cet instant crierait « coupable ». Mettant enfin la main sur la section sécurité et alarmes, la blonde tendit fièrement a liasse de papier à Lexie, comptant bien la laisser se débrouiller avec le monstre numérique.
    Alors pour l’heure, il me semble que ce devait être 13h15, demain… Tu penses que tu peux me changer ça ? Le principal a parfois de drôles d’idées, j’espère que tout le monde gardera son calme.

Gardant le voile du mensonge pour sauver la face Madeleine se pouvait s’empêcher de sourire largement à l’idée de voir le lycée en panique, au beau milieu du second service au self, une première vague de lycéens à peine rentrés en classe et déjà en train de ressortir affolés par une alarme imprévue. La scène serait sûrement proche de l’apocalypse, un pur chef d’œuvre. Pour un peu elle se serait presque portée volontaire pour surveiller la cantine, rien que pour assister en direct au chaos qui y règnerait à coup sûr entre les Cheerios soucieuses de ne pas se tâcher pour garder la vie sauve à l'entraînement et les autres qui profiteraient sûrement de la confusion pour se venger d’une ou deux (mille) vacheries qu’ils avaient eu à endurer.
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Jeu 11 Aoû - 18:27

Si Lexie avait pris le temps de s'arrêter pour repenser à la situation, elle aurait sans doute éclaté de rire. Ou au moins, aurait-elle pris conscience du côté ridicule de sa posture. Franchement, il est choses plus gratifiantes que de parcourir les couloirs en se prenant pour une Totally Spies, avant de cracker l'ordinateur du principal. Dieux, serait-ce illégal? Mais la pensée n'effleura pas vraiment l'esprit entreprenant de mademoiselle Preston. Elle préférait fouiner l'ordinateur de Figgins, en large sourire aux lèvres. Madeleine n'a pas malheureusement pas l'air très informée sur le fonctionnement informatique du lycée. « Euh… Oui, oui, gestion, ça doit être ça. Ou pas, attends c’est pas la comptabilité ça « gestion » ? Moi je ne veux pas savoir ce qu’il fait avec l’argent sale de la plaque tournante qu’est Lima. Si on remonte jusqu’à nous les trafiquants vont nous traquer et on ne pourra plus jamais revenir, tu imagines ? Adieu famille, adieu amis, adieux slushys… ce serait dramatique. » Elle rit légèrement, imaginant aisément une scène pareille. La rouquine se visualisa, en train d'ouvrir un fichier par accident et tombant sur un trafic quelconque ou du blanchiment d'argent, ce qui l'entraînera dans une course poursuite folle avec Madeleine, digne d'un épisode de Starsky et Hutch...

Cependant, le fait était que Wild n'avait pas la moindre idée de la façon dont elle pouvait remplir son travail imaginaire. C'était tout de suite moins drôle. Mine de rien, les deux jeunes femmes n'avaient pas toute la nuit devant elles. Figgins pouvait tout à fait être encore en train de rôder dans le coin, après tout, chacun sait que les gens de son espèce n'ont pas de vie privée et passent leur temps au boulot. Echangeant un regard avec Mad, qui voulait dire quelque chose comme « t'es gonflée hein, si j'me fais prendre à cause de toi, tu vas manger. » Ou peut-être pas. Lexie se voyait mal vendre la surveillante. Elle avait beau être une enquiquineuse de premier ordre -demandez donc à sa soeur- la londonienne n'était pas du genre à balancer. Avec sa bande de faux punks, ils avaient souvent eu pour devise quelque chose du même ordre que celle des mousquetaires « un pour tous et tous pour un. » Mais la lycéenne évitait surtout de penser à l'éventualité du flagrant délit. Si ça devait arriver, elle improviserait. Comme toujours. Et ne s'en sortirait probablement pas à très bon compte mais enfin, une heure de colle de plus ou de moins. Lexie entreprit donc de chercher un fichier, un programme, quelque chose qui pourrait lui permettre de mettre leur plan à exécution. Elle évita soigneusement le petit icône avec des inscriptions en indien, même si elle était titillée par sa curiosité. Fort heureusement, Madeleine avait eu plus de chance dans sa recherche papier. Cela n'étonnait pas la britannique plus que ça, Figgins avait un côté vieille école et il devait certainement garder un tas de papiers, de fiches d'explication et de notes. Le bronx en somme. Génération internet, Lexie était bien incapable de se passer de son laptop, où elle stockait absolument tout, de ses devoirs à ses photos de vacances en passant par les films et la musique. Ce qui ne l'empêchait pas d'apprécier les livres et les choses plus traditionnelles, elle trouvait simplement la technologie bien pratique pour le... rangement dirons-nous.

Elle se résolut toutefois à passer au crible le tas de feuilles que la pionne avait posé devant elle, sans grande conviction. Retenues, notes, absences... Elle avait décroché le gros lot et une part d'elle-même avait très envie de se plonger dans ses petites fiches et découvrir l'envers du décor. Ca pouvait servir... Mais bon, elles n'étaient pas là pour ça ! Et Mad avait visiblement eu plus de chance et elle lui tendit le dossier portant la mention « Sécurité et alarmes. » La rouquine s'en empara d'un geste vif et y plongea rapidement, sachant que s'éterniser dans ce bureau n'était pas du tout une bonne idée. « Alors pour l’heure, il me semble que ce devait être 13h15, demain… Tu penses que tu peux me changer ça ? Le principal a parfois de drôles d’idées, j’espère que tout le monde gardera son calme. » L'anglaise esquissa un sourire, l'idée était diabolique. Géniale, mais diabolique. Et la Cheerio était très contente de pouvoir profiter du chaos ambiant pour échapper à une soporifique heure de pseudo littérature. Elle hocha donc vivement la tête, suivant de son doigt maculé de jaune canari les instructions papier. « Aucun soucis, c'est simple comme bonjour. Conçu pour que Figgins s'en sorte je suppose, y a trois clics à faire. » Système, sécurité, alarmes, alarme incendie, réglages, horaire. Et paf, c'est dans la boîte. « Si j'avais su, je serais venue faire un tour par ici plus tôt hein. » L'endroit comme le PC n'avaient rien d'une forteresse imprenable. On imagine souvent les centres d'administration comme des lieux extrêmement protégés et très sécurisés, alors qu'en réalité... Il n'y qu'à voir nos deux drôles de dames pour comprendre que prendre d'assaut le centre de décision de McKinley n'était pas la mer à boire.

Désormais familière avec l'équipement, vétuste mais efficace, Lexie lança un coup d'oeil à la porte avant de dire « Tu sais, je pourrais désactiver les alarmes des issues de secours sans doute... Ca nous évitera d'avoir à passer par une fenêtre pour sortir... Ah et t'as un pass pour le vestiaire des Cheerios? Parce que sinon, on doit pouvoir en dégoter un ici. » Voyant le visage interloqué de la blondinette, la londonienne ajouta « Ben oui, je vais pas laisser mon argent, les clés de chez moi et toutes mes affaires là-bas jusqu'à l'entraînement de demain, y aura bien un couillon pour aller me les piquer. » L'argument était logique et, puisqu'elle avait participé à son opération alarme incendie, Lexie s'estimait en droit de demander un service en retour. Et le sien était d'ailleurs bien plus recevable, il n'incluait pas d'effraction dans le bureau du principal déjà !
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Sam 20 Aoû - 11:25

De toute évidence Madeleine avait trouvé en Lexie la complice idéale. Tout du moins c’était ce que le large sourire qui illuminait le visage de la jeune fille laissait présager. Du haut de son incompétence absolue en matière d’informatique, la surveillante suivit les deux premiers gestes de la jeune fille qui semblait s’en sortir à merveille avec son ennemi juré l’ordinateur puis se mit à rassembler de nouveau les papiers. Ce n’était pas le tout d’entrer par effraction dans le bureau du proviseur et le système informatique du lycée, mais il fallait aussi effacer ses traces. Bon, par chance il ne s’agissait pas d’un épisode des Experts, et personne ne viendrait relever les empreintes digitales sur le bureau ou la poignée de porte. Mais la blonde, assez friande de ce genre de série de temps à autre, ne put s’empêcher de prêter la plus grande attention aux détails. Enfin, à ceci près qu’elle renversa une pile de papier avec la sienne au moment de vouloir la ranger. Pendant que Lexie s’extasiait sur la facilité avec laquelle elles étaient entrées ici Mad se précipitait sur les papiers éparpillés au sol à côté du bureau.
    Ah non hein ! Après si ça se remarque qui est-ce qu’on envoie faire des tours de ronde la nuit ? C’est bibi ! Déjà que je dois me les coltiner le soir à cause d’un maudit graffiti… Pff il était même pas beau en plus ! Faire des tours le soir pour un coup de bombe tout moche, c’est une honte.

Elle grommelait dans sa barbe en remettant les dossiers d’aplomb, s’efforçant tant bien que mal de ne pas y jeter de coup d’œil trop prolongé. Même si elle travaillait à l’administration, elle n’avait pas accès à tous les dossiers, notamment à ceux des membres du personnel enseignant. Et elle se gardait bien, en règle générale, de s’approcher du maudit bureau dans lequel elle était condamnée à rester quelques instants de plus à cause de sa maladresse. Toutefois sa sainteté dans le crime atteint sa limite lorsqu’elle déchiffra au passage le nom de Désirée Cravy sur l’une des couvertures en papier rigide. Son amie avait disparu du jour au lendemain, sans laisser de numéro de téléphone utilisable, pas une trace, pas un au revoir. Mad n’avait pas l’habitude de ce genre de traitement, d’habitude c’était plutôt elle qui laissait les gens sur le carreau après un vague au revoir. Or se retrouver dans la situation inverse, confrontée à l’absence d’un être qui lui était somme toute cher, sa première amie à Lima depuis son retour, à chaque fois qu’elle y pensait, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver un léger pincement au cœur. Elle allait céder à la tentation d’en savoir plus sur ce départ inexpliqué voire même d’obtenir un numéro ou une adresse qu’elle aurait laissés au lycée au cas où ses futurs employeurs voudraient vérifier ses références — comme si avoir enseigné à WMHS était une référence — mais elle fut coupée dans son élan par une nouvelle remarque de la jeune rouquine. Tirée de ses pensées à la vitesse de la lumière elle laissa échapper un petit rire sarcastique avant de répondre :
    Mais nous allons sortir par la grande porte ma chère, après un exploit pareil je ne vois pas pourquoi on nous refuserait l’honneur de sortir par l’entrée principale pour être accueillies par la foule en délire de nos admirateurs secrets qui doivent se faire un sang d’encre à cette heure en ne nous voyant pas arriver chez nous selon le planning habituel.

Madeleine délirait, comme toujours. Plus les ennuis sont grands, plus la folie est douce. Pour appuyer ses paroles elle fit même un petit signe de la main dans le vide comme la reine d’Angleterre saluant son peuple depuis son balcon et rangea soigneusement le dossier de Miss Cravy dans la pile avec son autre main. Il valait mieux pour tout le monde que la situation en reste là. Si elle n’avait pas voulu lui dire au revoir, grand bien lui fasse. Ce n’était très certainement pas la farouche Mad Wild qui allait lui courir après. Blessée dans son orgueil d’avoir été abandonnée la jeune femme reposa les dossiers à leur place d’origine avant de se retourner dépitée vers la Cheerio. Il allait encore falloir faire un détour avant de sortir de cet enfer sans se faire prendre.
    Tu pousses ta chance Lexie Preston, tu le sais ça au moins ? Si j’emprunte la clef ici je ne me refais pas le chemin inverse pour la remettre à sa place, donc tu as intérêt à me trouver une bonne raison si jamais Figgins me demande pourquoi je l’ai alors qu’elle était rangée soigneusement…

La jeune femme fit un rapide tour d’horizon du bureau pour essayer de repérer les clefs dans tout ce bazar. Sérieusement, ce bureau était encore plus mal rangé que celui des surveillants qu’on ne qualifiait de « bureau » que du bout des lèvres et de manière totalement hypocrite. Mais alors qu’elle allait se déplacer dans la pièce pour chercher quelque chose qui ressemble à un portemanteau spécial clefs, la surveillante finit par réaliser qu’elles étaient sous son nez depuis le début, au milieu du bureau, derrière la fameuse plaque au nom si gracieux de John Figgins. C’est donc en les attrapant qu’elle termina sa phrase laissée en suspens un instant :
    … au milieu du bazar ambiant. Et puis tu dois vraiment rouler sur l’or pour craindre qu’on te vole ton sac dans le vestiaire. De mon temps — et si tu me fais une remarque sur mon grand âge ça va barder — y avait même pas de serrure sur cette maudite porte, si bien que toutes les envieuses du lycée avaient le loisir d’entrer pendant qu’on travaillait d’arrache-pied sur nos chorégraphies… Ah les pestes, j’ai perdu pas mal de fringues avec ce genre de bêtises.

Au final, elle appréciait sûrement la lycéenne parce qu’elle lui rappelait un peu celle qu’elle avait été au lycée. Une grande gueule, qui n’a pas peur du ridicule et qui fait les choses de manière franche et directe. Et puis elle n’avait pas posé de question sur le pourquoi du comment de l’épisode « placard à balais », et elle l’avait aussi suivie dans sa combine d’alarme incendie sans broncher. Ce côté espiègle et discret ferait sûrement sa perte, ou sa grande réussite. Toutes ces raisons avaient poussé la surveillante à risquer un peu plus pour lui rendre ce service, elle tendit donc les clefs à la jeune fille en arquant un sourcil.
    Moi aussi je dois aller récupérer mes affaires, alors tu fais vite, rendez-vous dans trois minutes devant le vestiaire des Cheerios pour le passage de relais — ou de clefs, c’est pareil — et le sprint final vers la sortie. Si tu te fais prendre, tu cours, et tu m’attends à l’arrêt de bus, tu trouveras bien un moyen de te planquer là-bas.

Jetant un dernier coup d’œil par-dessus son épaule pour s’assurer que tout était en ordre Mad sortit enfin du bureau derrière la lycéenne, toujours en mode espionne furtive qui esquive les ombres. Mais à force de regarder derrière elle, elle n’en regardait plus là où elle mettait les pieds, tant et si bien que la jeune femme acheva sa soirée de manière spectaculaire en mettant le pied sur une serpillière mouillée qui la fit glisser et tomber à la renverse dans un vacarme pas possible. Laissant échapper un chapelet de plaintes mêlées de juron, Madeleine se releva en se frottant les fesses, s’attendant déjà à devoir vivre en cohabitation pacifique avec de magnifiques ecchymoses pour les jours à venir. Cependant une serpillière ne vient jamais seule, c’est connu, et son heureux propriétaire ne tarda pas à pointer le bout de son nez, rameuté par le bruit de la chute. Gardant un calme olympien qui ne fut trahi qu’une microseconde par un léger plissement de nez la jeune femme lui adressa un sourire chaleureux.
    Haha, je ne savais pas qu’il fallait se méfier des serpillières à ce point, quelle coquine ! Elle m’a attaquée en traître !

Laissant passer un silence de mort, la surveillante finit par se remettre en marche sans insister davantage avec un petit signe de tête devant l’absence totale de réaction de la part de l’employé zombie venu hanter le couloir avec sa serpillière malfaisante. Un œil sur la montre, l’autre sur le sol pour ne pas recommencer le même genre d’expérience elle finit enfin par récupérer ses affaires et repartir par un autre chemin que celui du fantôme nettoyeur pour rejoindre Lexie.
    Tout est en ordre maintenant ? On peut y aller votre altesse ?
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Ven 26 Aoû - 16:41

Madeleine n'approuvait visiblement pas l'idée de faire un tour sur des bases plus régulières dans le bureau de Figgins. Pourtant, Lexie aurait volontiers remis les pieds dans ce bureau pour faire sauter quelques heures de colle par exemple. Ou faire disparaître une ou deux absences. Enfin, elle ne manquait pas de raisons pour revenir par ici et puis c'était si facile... La tentation promettait d'être grande, mais la surveillante ne l'entendait pas de cette oreille « Ah non hein ! Après si ça se remarque qui est-ce qu’on envoie faire des tours de ronde la nuit ? C’est bibi ! Déjà que je dois me les coltiner le soir à cause d’un maudit graffiti… Pff il était même pas beau en plus ! Faire des tours le soir pour un coup de bombe tout moche, c’est une honte. » Graffiti hein? La rouquine voyait tout à fait de quoi Mad parlait et en savait d'ailleurs probablement plus qu'elle à ce sujet. Mais elle se refusait à tout commentaire, elle avait beau apprécier la blondinette, il était hors de question qu'elle s'aventure sur une pente aussi savonneuse. Elle éluda donc la partie mentionnant le tag et joua la carte de la compassion, qu'elle éprouvait sincèrement par ailleurs, se coltiner des rondes dans un lycée vide pour un malheureux incident, ce devait être contraignant. « Ah oui, navrée Mad, promis, je n'entrerai plus par effraction dans le bureau de Figgins. » Elle esquissa un sourire en coin et ajouta, malicieuse « Du moins, pas sans ta permission. »

Tandis que Lexie s'activait pour programmer l'alarme, la pionne rangeait les piles de papier désordonnées qui s'étaient empilées sur le bureau suite à leurs recherches et ramassait les feuillets qui étaient tombés. Elle s'attarda un instant sur un dossier, l'air d'être un peu perdue dans ses pensées ou ses souvenirs. La rouquine interrompit ses cliquetis incessants et coula un regard interrogateur vers elle, elle aurait juré qu'un voile de tristesse s'était brièvement abattu sur le visage solaire de la surveillante. Etant elle-même une spécialiste pour présenter un sourire inusable et une bonne humeur sans failles pour masquer ses sentiments plus sombres, Lexie s'abstint de toute question. Elle n'apprécierait pas que l'on voit clair dans son jeu et que l'on cherche à la sonder, aussi, bien qu'elle ignorât les raisons du trouble de Madeleine, la jeune fille pouvait les comprendre. La rouquine évita donc soigneusement toute inquisition, se contentant de suggérer de pousser encore un peu leur chance en trifouillant le système de sécurité. Mais la blondinette voyait encore plus grand « Mais nous allons sortir par la grande porte ma chère, après un exploit pareil je ne vois pas pourquoi on nous refuserait l’honneur de sortir par l’entrée principale pour être accueillies par la foule en délire de nos admirateurs secrets qui doivent se faire un sang d’encre à cette heure en ne nous voyant pas arriver chez nous selon le planning habituel. » Lexie eut un rire léger, appréciant l'humour inébranlable de Madeleine qui, même dans leur situation un brin périlleuse, savait voir l'aspect comique des choses et avaient toujours le mot pour rire. Cette fille était rafraîchissante au possible et avec une mère un tantinet dépressive, une soeur encline au spleen et un père plongé dans le déni encore plus qu'elle, Lexie était plus qu'heureuse de trouver en la pétillante pionne de quoi se changer les idées. On peut dire que cette aventure aura eu le mérite de la distraire. « T'as raison, maintenant qu'on a été jusque là, on va pas freiner notre culot en si bon chemin. » Le culot ça paye, la londonienne en avait fait plus d'une fois l'expérience.

La petite Preston ne se priva donc pas de demander un petit détour pour récupérer ses affaires, sachant très bien que certaines Cheerio ne se gêneraient pas pour lui voler son sac, par pure méchanceté ou plaisanterie, ces filles sont parfois plus fournies au niveau du soutien-gorge que du QI, malheureusement. Mad n'était pas enchantée à cette idée visiblement et elle lui lança un regard découragé, après avoir rangé les derniers dossiers. « Tu pousses ta chance Lexie Preston, tu le sais ça au moins ? Si j’emprunte la clef ici je ne me refais pas le chemin inverse pour la remettre à sa place, donc tu as intérêt à me trouver une bonne raison si jamais Figgins me demande pourquoi je l’ai alors qu’elle était rangée soigneusement… » La surveillante fit un rapide tour d'horizon du bureau, avant de mettre la main sur le précieux sésame. « … au milieu du bazar ambiant. Et puis tu dois vraiment rouler sur l’or pour craindre qu’on te vole ton sac dans le vestiaire. De mon temps — et si tu me fais une remarque sur mon grand âge ça va barder — y avait même pas de serrure sur cette maudite porte, si bien que toutes les envieuses du lycée avaient le loisir d’entrer pendant qu’on travaillait d’arrache-pied sur nos chorégraphies… Ah les pestes, j’ai perdu pas mal de fringues avec ce genre de bêtises. » Un sourire des plus innocents et enjôleurs illumina le visage de la jeune anglaise, qui répliqua dans un battement de cils. « Oui je sais, j'en demande beaucoup, mais je sais aussi que tu es tellement gentille et à l'écoute des élèves que tu ne me refuseras pas ça. Et tu n'auras qu'à dire que tu l'as trouvée par terre dans un couloir, ça prouvera que tu as fait ta ronde avec zèle et ça rejettera la faute sur lui, principal indigne qui perd ses clefs. » Le bavardage extravagant de la blonde avait gagné Lexie, qui n'avait pas grand besoin d'être poussée sur la voie des phrases lancées dans un seul souffle façon mitraillette. La rouquine reprit toutefois son souffle et continua son joyeux babillage en bondissant du fauteuil royal « Et tu sais, les choses n'ont pas franchement changées hein, l'apparition d'une serrure n'empêche pas les pestes de voler des fringues pour faire des blagues ou de se servir dans ce qui leur plaît. J'ai un top vintage de chez Vivienne Westwood qui a disparu dans la garde robe d'une sale petite jalouse, alors je fais gaffe maintenant ! » En plus c'était sa mère qui lui avait payé le dit vêtement, il en avait donc d'autant plus de valeur pour la lycéenne. Et Emilia avait fait une scène digne d'un drame Shakespearien en entendant la nouvelle, l'accusant presque d'avoir fait exprès parce que le cadeau venait d'elle...

Mais la petite Preston n'avait pas de temps à perdre en digression mentale dans laquelle elle administrait une paire de claques bienvenues à sa génitrice et saisit donc les clés que lui tendait Madeleine. « Moi aussi je dois aller récupérer mes affaires, alors tu fais vite, rendez-vous dans trois minutes devant le vestiaire des Cheerios pour le passage de relais — ou de clefs, c’est pareil — et le sprint final vers la sortie. Si tu te fais prendre, tu cours, et tu m’attends à l’arrêt de bus, tu trouveras bien un moyen de te planquer là-bas. » Lexie préféra ne pas demander ce qu'elle ferait au cas où la porte d'entrée ne s'ouvrirait pas et opina donc du chef en lançant un « Ok boss ! » moqueur, avant de s'élancer d'un pas félin -ou tout du moins, le plus léger possible- vers le vestiaire. Alors qu'elle attendait l'arrivée des clefs et donc de la pionne, elle se plaqua contre le mur en attendant un bruit sourd un peu plus loin. Croyant bêtement que se coller au mur lui permettrait de se fondre en lui, elle pria de toutes ses forces tous les noms divins qui lui passaient par la tête, espérant ne pas se faire prendre. Si près du but, ce serait dommage. Mais la silhouette blonde et franchement reconnaissable de miss Wild apparut au bout du couloir et la cheer leader reprit une posture plus décontractée. La surveillante lui tendit les clefs et il s'avéra que ce type d'accessoires est quand l'idéal pour ouvrir une porte. Elle récupéra rapidement son sac de ville, lui aussi plutôt volumineux. Chargée comme une mule, elle revint auprès de Mad, lui rendant son sésame après avoir pris soin de verrouiller de nouveau les vestiaires. « Tout est en ordre maintenant ? On peut y aller votre altesse ? » lui demanda-t-elle. Avec un sourire espiègle, Lexie lui fit signe de se diriger vers la sortie et dit « Oui, merci fidèle sujette, votre aide a été fort précieuse, vous en serez récompensée comme il se doit ! » Un léger éclat de rire franchit ses lèvres, tandis qu'elles entreprenaient leur marche finale vers la sortie.

Toujours un rien anxieuse, Lexie guettait le moindre bruit et au moment de pousser la porte d'entrée, elle chercha le soutien de sa compagne d'infortune. Dans un accord tacite, elles poussèrent ensemble le battant de l'entrée, la rouquine redoutant le bruit strident de l'alarme. Mais rien ne se passa, leur chance insolente était encore avec elle. Une fois sur le parking, la londonienne laissa échappa un soupir de soulagement, puis tendit la main dans les airs « High five ! » Ca méritait au moins ça.
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Mar 30 Aoû - 23:56

La surveillante boitait presque tant la douleur dans sa fesse encore engourdie par le choc était forte. Elle ne s’était pas ratée sur le coup, et qui allait lui passer de l’arnica hein ? Certainement pas son sexy collègue le prof de bio, à son grand regret. Elle se voyait tout à fait débarquer dans le labo, dans sa robe bleue — c’était toujours la robe bleue dans ses fantaisies centrées sur les garçons — elle s’avancerait doucement vers le bureau du professeur surbooké avec son petit tube de crème, l’air naïf et embarrassé, et la bouche en cœur elle lui demanderait un service de l’air le plus innocent qui soit. On en arrivait juste à la partie intéressante que le couloir se terminait et qu’elle apercevait la Cheerio aplatie contre le mur dans l’espoir qu’on ne la verrait pas. Madeleine ne put retenir un profond soupir… Les jeunes de nos jours, aucun sens commun. C’était connu, quand on craint pour sa vie, on court, et après on discute. Par chance il semblait bien qu’elles étaient seules, si l’on exceptait monsieur le zombie et sa serpillière infernale. Regardant la lycéenne disparaître derrière la porte des vestiaires la jeune femme se laissa glisser doucement le long de la paroi émettant un léger gémissement lorsqu’elle entra finalement en contact avec le sol. Décidément, cette soirée passée avec Lexie Preston elle n’était pas près de l’oublier.

Cette petite avait beau avoir un don pour s’attirer des ennuis, elle dégageait une aura d’optimisme et de joie de vivre qui enchantait Mad. Alors qu’elle patientait assise par terre de l’autre côté du couloir, à deux pas du placard dans lequel elles avaient été enfermées, elle réfléchissait à la vie que menaient les lycéens aujourd’hui. La différence n’était pas flagrante à son sens : toujours la même pyramide sociale, toujours les mêmes slushies, les mêmes conflits. On pouvait ajouter Twitter et l’internet sur les téléphones portables, certes, mais au fond ça ne faisait qu’accentuer les tendances déjà perverse de la loi des couloirs. Comment est-ce qu’une fille qui a priori n’avait rien de méprisant ni d’hautain avait-elle pu s’engager dans les Cheerios de Sylvester ? Prestige de l’uniforme ? Envie d’intégration à tout prix ? Rien qu’à son accent, il ne fallait pas être diplômé d’Harvard pour savoir qu’elle ne venait pas du coin, et qu’à McKinley comme dans tout Lima, les étrangers n’étaient pas toujours les bienvenus. Combien de fois l’accent de sa mère leur avait valu des regards incendiaires quand elle était petite. Dès l’école primaire, elle avait pris le pli de l’accent très américain pour éviter les ennuis. Malgré son insouciance et son éternelle légèreté la blondinette avait toujours su comment faire partie des forts. Pas une fois elle n’avait croisé un slushy en quatre années de lycée, et ce malgré sa place dans une chorale — passe encore — et dans le club d’échec pour lequel elle avait joué quelques tournois, crime capital qui éclipsait jusqu'à l'uniforme de Cheerio pour des sportifs renfrognés. Si l’on considère qu’être membre d’une chorale et exister est un motif suffisant pour se retrouver couvert de glace pilée, ça avait quelque chose du miracle. Comment Figgins avait-il pu passer toutes ces années à la tête de McKinley sans songer un instant à faire supprimer les machines à granité ? Il ne pouvait pas ignorer ce qui se passait dans les murs du lycée à longueur de journée, on ne passait pas un jour sans voir au moins un lycéen d’une couleur suspecte se précipiter dans les toilettes les plus proches. Et si la serpillière sur laquelle elle était tombée quelques minutes plus tôt était si glissante, la surveillante était prête à parier que c’était à cause de longues heures passées à éponger des cristaux de sucre fondus ! Pourtant maintenant qu’elle y réfléchissait, elle n’avait jamais mis une seule heure de colle pour slushy… Bon, elle n’avait pas mis d’heure de colle tout court non plus, mais alors qu’elle avait assisté à plusieurs lancers remarquables jamais la surveillante ne s’était emportée. Est-ce qu’elle était dans le lot de ceux qui regardent sans agir maintenant qu’elle était passée du côté des chevaliers Jedis censés défendre les faibles et faire régner le règlement ? De toute façon, si elle était du bon côté de la force, elle n’en était qu’au stade de jeune Padawan, on lui pardonnerait ses erreurs de jeunesse, et Figgins — ou Yoggins pour les intimes de la Guerre des Étoiles — était le seul à blâmer. Cet homme était son enfer sur pieds et elle riait toute seule de voir sa tête le lendemain quand ce serait la panique à cause de l’alarme incendie.

Se relevant d’un bond en voyant réapparaître la chevelure rousse Mad récupéra ses clefs et arqua un sourcil devant la réponse de la jeune fille. Culottée jusqu’au bout. C'était peut-être tout simplement ça la raison de son embrigadement dans l’escouade de choc des jupettes rouges. La surveillante ne manqua bien évidemment pas l’occasion de rentrer dans son jeu en faisant une profonde révérence accompagnée de moult moulinets du poignet droit, mimant le pan d’une robe avec son autre main.
    Sa majesté est trop bonne vraiment. Votre humble servante a hâte de voir ce qu’elle lui réserve. Mais si sa majesté avait l’extrême bonté de presser son auguste séant pour que nous sortions de cet enfer, votre servante la plus dévouée en serait ravie, si sa majesté voit ce que son sujet préféré veut dire.

Question discrétion les francs éclats de rire qui résonnaient dans les couloirs venaient de ruiner leurs efforts en un clin d’œil. Et pour tout dire Madeleine était tellement soulagée de voir enfin le bout du tunnel qu’elle ne se souciait plus vraiment de ce qui pouvait leur arriver. L’employé zombie qui l’avait vue était de toute évidence apathique et sourd-muet, ce n’était pas ça qui l’enverrait donner l’alarme au gardien de nuit qui avait dû arriver depuis quelques minutes. Marchant d’un pas plus léger à côté de la lycéenne qui ressemblait plus à un mulet qu’autre chose avec ses deux sacs monstrueux. La douleur était oubliée rien qu’à la perspective de prendre le premier bus qui passerait pour rentrer se mettre dans le fond de son lit avec un plateau télé. Son humeur avait changé de façon si brutale qu’elle mourrait d’envie de chanter à présent, poussant la porte en même temps que Lexie qui semblait encore inquiétée par quelque chose la surveillante prit une profonde bouffée d’air frais. Se tournant vers sa complice pour frapper dans ses mains tendues.
    Tu m’étonnes, mission remplie avec succès Lexie Preston, je vous adoube chevalier de l’ordre des Jedis de la nuit ! Ah… quelle soirée, il va s’en mordre les doigts…

Cédant finalement à son envie de chanter toute sa rancœur pour le proviseur. Théâtrale comme à son habitude Mad se tourna face au lycée pour s’en éloigner, en marchant à rebours, une main sur le cœur et l’autre tendue vers la grosse horloge qui ornait la façade et entonna de sa voix grave :
    Watching over your school, got me ten feet off the ground, and I’m hearing what you say but I just can’t make a sound, you tell me that you need me then you go and cut me down, but wait ! You tell me that you’re sorry, you didn’t think I’d turn around and sayyyy

Se tournant vers Lexie avec un sourire ravageur la jeune femme riait tout en reprenant plus haut en limitant les fausses notes tant bien que mal tournant à présent sur elle-même en continuant son chemin jusqu’ à l’arrêt. Qu’ils étaient loin les cours de chant, mais que ça faisait du bien de lâcher ce qu’on avait sur le cœur en le fredonnant…
    That it’s too laaaate to apologize, it’s too laaaaate ! Oh I said it’s too laaaate, to apologize, too laaaate, too laaaate, oooohoooo.

Finalement accrochée au poteau du bus en tournant autour de l’axe Mad finit par se taire et revenir un peu sur ses pas vers la lycéenne hilare.
    Je suis désolée votre altesse, mais si vous comptiez sur un carrosse vous n’avez pas tiré le bon numéro. Le mien s’est fait la malle avec un autre prince, mais je vous raccompagne chez vous par la première citrouille en commun qui passe si vous le voulez, il n’est pas si tard que ça mais les ennuis sont inversement proportionnels à la longueur de sa jupe il me semble. À toi de voir.
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MessageSujet: Re: 07. Girls running wild   Lun 12 Sep - 21:33

Le passage de la porte, l'ultime étape de leur voyage au bout de l'enfer. Oui enfin, vous l'aurez compris, mademoiselle Preston possède un certain sens du mélodrame. Elle regardait donc avec attention Madeleine, ne pouvant toutefois s'empêcher de s'esclaffer à son tissu d'imbécilités. Elle avait ses limites que voulez-vous et comment résister à un franc éclat de rire? « Sa majesté est trop bonne vraiment. Votre humble servante a hâte de voir ce qu’elle lui réserve. Mais si sa majesté avait l’extrême bonté de presser son auguste séant pour que nous sortions de cet enfer, votre servante la plus dévouée en serait ravie, si sa majesté voit ce que son sujet préféré veut dire. » Prenant une pose et une démarche de princesse la lycéenne rétorqua « Vous serez agréablement surprise ma brave amie, n'en doutez point. Et vous avez raison, pressons, je ne voudrais pas que le reste de la Cour nous voit dans une telle situation, ils vous jalouseraient tant que cela serait insupportable pour vous ! » Les rires s'affirmaient, ce qui risquait de démentir fortement les propos de son Auguste Altesse Royale, mais la chance était avec elles ce soir. Cela dit, Lexie n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle offrirait à la surveillante en dédommagement du temps perdu et en remerciement pour l'amusante soirée. Car, ce n'était pas là des paroles en l'air, elle comptait bien mener leur petite blague jusqu'au bout. Il lui fallait trouver quelque chose d'original, ou qui puisse lui rappeler cette soirée de rêve. Un balai peut-être. Gravé d'un solennel In Memoriam. Mais l'imagination fertile de la petite Preston divaguait et il était grand temps de se sortir de ce trou à rats !

Et ce fut rapidement chose faite, pas d'alarmes, pas de gardiens de nuit et pas de chiens féroces. Tout allait bien. Cela valait donc bien qu'elles se tapent dans la main et s'auto-congratule un peu. « Tu m’étonnes, mission remplie avec succès Lexie Preston, je vous adoube chevalier de l’ordre des Jedis de la nuit ! Ah… quelle soirée, il va s’en mordre les doigts… » Le Padawan en question s'inclina avec respect, la main droite sur le coeur et une mine émue. Un grand moment « J'accepte avec un immense honneur... Et oui, doux Jésus, je paierais cher pour voir sa tête ! » Enfin... Pas trop non plus, mais l'idée était là. Imaginait le petit homme, l'air hébété, cherchant désespérément comment arrêter le bruit assourdissant... Et ne trouvant la solution à son dilemme que trop tard, une fois que la foule d'étudiants se sera dispersée à travers le lycée, sans doute perdue pour la journée. Haha, le plan était diaboliquement génial tout de même. Simple, efficace, parfait. Alors que Lexie se demandait si elle allait oui ou non prévenir sa soeur -sans doute le ferait-elle quand même, juste pour avoir le plaisir de lui raconter ce moment fou- Mad se lança dans une improvisation musicale. La rousse ne lui connaissait pas de penchants type glee club, mais elle en était ravie, adorant l'art et donc la musique. C'est qu'elle chantait plutôt bien en plus la bougresse « Watching over your school, got me ten feet off the ground, and I’m hearing what you say but I just can’t make a sound, you tell me that you need me then you go and cut me down, but wait ! You tell me that you’re sorry, you didn’t think I’d turn around and sayyyy » La londonienne eut un rire en entendant le discret changement de paroles, puis se joignit à elle pour le refrain. Après tout, pas de raisons de s'en priver. Même si ce n'était pas son domaine de prédilection, Lexie aimait bien chantait et n'était pas trop mauvaise. Elle avait l'oreille et une voix relativement jolie, pas de quoi s'extasier mais assez pour ne pas se couvrir de ridicule en karaoké. « That it’s too laaaate to apologize, it’s too laaaaate ! Oh I said it’s too laaaate, to apologize, too laaaate, too laaaate, oooohoooo. »

Se lançant en solo et contribuant donc à conclure cette soirée sur une note magistrale -métaphoriquement parlant bien sûr, pas vocalement- la Cheerio entama la suite de la chanson, un peu plus haut que sa comparse. En vérité, elle ne pouvait tout simplement pas atteindre les notes trop basses, mais elle décida de faire comme s'il y avait deux voix et fit donc son propre mix and match pour suivre la lancée de Madeleine « I'd take another chance, take a fall, take a shot for youuu. And I need you like a heart needs a beat, but that's nothing new. Yeaaah yeaaah. I loved you with a fire reeed, now it's turning bluuuue. And you say sorry, like the Angel, heaven let me think was youuu, but I'm afraid : it's too laaate to apologize, it's too laaate ! I said it's too laaate to apologize, it's too laaate! Woahooo woah ! » Les deux demoiselles chantèrent le refrain et quelques gargouillements vocaux de fin ensemble, omettant les répétitions finales que comportait la version originale. Elles valaient bien One Republic hein et on manque de bons girls band de nos jours. Mais plutôt que de proposer l'idée à sa blonde amie, qui aurait eu l'extravagance de l'approuver, Lexie préféra s'applaudir tandis que Mad, perchée sur un poteau, venait de se rendre compte que l'intermède musical était terminé. Riant de sa pose, la lycéenne se calme enfin, écoutant la suite des propos extravagants de la surveillante « Je suis désolée votre altesse, mais si vous comptiez sur un carrosse vous n’avez pas tiré le bon numéro. Le mien s’est fait la malle avec un autre prince, mais je vous raccompagne chez vous par la première citrouille en commun qui passe si vous le voulez, il n’est pas si tard que ça mais les ennuis sont inversement proportionnels à la longueur de sa jupe il me semble. À toi de voir. » Un peu perturbée par la partie « chantons joyeusement Apologize » Lexie mit quelques secondes à comprendre les propos de Mad et à y réagir. Elle sourit finalement et répondit « Bien entendu, toutefois, mon palais étant isolé dans quelques lointaines contrées, je prends le véhicule jusqu'à ce que son conducteur refuse d'aller plus loin et marche encore un peu après ça, alors je ne voudrais pas vous faire faire de détours, vous en avez assez fait pour ce soir, loyale sujette ! Et j'ai du déo. » Devant la mine surprise de la pionne elle ajouta « Oui, pour mettre dans les yeux, en cas d'agression. » Voyons, c'était logique.

Les complices de méfaits sautèrent donc dans ce qui ressemblait au dernier bus. En tout cas, il était relativement vide et si le trajet en compagnie de Miss Wild fut amusant, une fois seule, Lexie se vit dans l'obligation de changer de siège. Elle était en effet assise bien trop près d'un fermier a l'air étrange et comme l'avait souligné la pionne, sa jupe laissait peu de place à l'imagination et il ne devait pas lui en falloir beaucoup à celui là. La grande rouquine parvint tout de même à convaincre le chauffeur de bus bougon de pousser un peu loin et de s'arrêter à un arrêt imaginaire, lui épargnant un peu de marche à pieds. Elle arriva enfin chez elle, lâcha ses sacs dans sa chambre et fonça vers celle d'Anna au son d'un joyeux « Tu ne devineras JAMAIS ce qui vient de m'arriver ! »

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07. Girls running wild

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