Choriste du mois


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 01. Losing your mind

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MessageSujet: 01. Losing your mind   Lun 30 Aoû - 21:58

    Taleen était dans une colère noire, elle avait pris des Slushy dans la figure quatre fois dans la journée, elle n’avait plus d’affaires de rechange et dans son casier, une veste Dior, une robe en laine Prada et un pull Desigual étaiet recouverts de glace pillée. Elle tenait beaucoup à ses affaires et même si elle paierait sans problème le pressing pour qu’ils sortent comme neuf, elle détestait les voir dans cet état. Alors, quand elle reçut le dernier projectile qui impregna jusqu’à son soutien-gorge Victooria Secret, elle devint littéralement histérique. Elle se jeta sur la Cheerios brune et svelte qui riait aux éclats et commmença à lui tirer les cheveux jusqu’à ce qu’elles tombent toutes deux au sol. Une assemblée de lycéens les entourèrent et regardèrent le spectacle avec un certain amusement. Les lycéens lambdas encourageaient à voix basse Taleen et les étudiants populaires beuglaient pour que la Cheeerios reprenne le dessus. Mais, la blonde était déchaînée, emportée par l’humiliation, indignée par tant d’irrespect, elle frappait de toute sa petite force en visant particulièrement le nez. Elle voulait lui défoncer le visage tant pour se venger du Slushy que de la coach des cheerleaders qui serait indignée de se retrouver avec une pom pom défigurée. Elle n’hésitait pas à brandir ses ongles vernis rouges en espérant arracher un œil au passage. Elle se répétait sans cesse depuis des jours et des jours qu’elle valait mieux que ces brutes qui imposaient leur pouvoir par la terreur mais à présent, elle avait envie qu’ils aient tous peur d’elle, qu’ils la craignent pour être enfin tranquille.

    * Je suis meilleure que toi, espèce de vache anorexique, je ne suis peut-être pas populaire dans ce lycée mais moi je vais devenir une star. Et toi, tu finira prostituée ou secrétaire, ce qui revient un peu au même. Tu couchera de toutes façons sale p***, tu ne sais faire que ça secouer tes fesses plates. Alors je ne vais pas laisser une idiote me persécuter, je vais te tuer, c***asse ! *


    D’un coup, elle sentit une poigne s’abattre dans son dos et la soulever du sol. Elle remarqua que tous les élèves se dispersèrent rapidement et les rares qui osèrent rester non loin lui lancèrent un regard de pitié. Elle comprit très vite pourquoi en entendant la voix agressive sortir de la bouche de la personne l’ayant empoignée. Une voix de femme plutôt grave. Elle aperçut en premier lieu le survêtement rouge, puis la chevelure blonde délavée et enfin le visage haineux de Sue Sylvester. Elle lui criait :

      « Toi, espèce de petite gotho-pouff, tu crois que tu as le droit d’exploser le nez d’une de mes meilleures pom pom girl ? D’ailleurs, toi là, si tu as encore cette tronche demain, tu es virée ! » dit-elle en apparté à la Cheerios qui était en train de se relever. « Et toi, Lindsay Lohan, je te traîne chez Figgins et tu vas pouvoir t’inscrire aux cours par correspondance. »


    Quand elle disait qu’elle allait la traîner, elle ne mentait pas. Elle serrait son bras très fort et courait presque dans le couloir. Quand elles arrivèrent devant le bureau de Figgins, la secrétaire les arrêta et expliqua que le Directeur était à Las Vegas en train de jouer au poker pour essayer de payer des nouveaux stocks de papier toilette. La coach quelque peu désappointée n’abandonna pas pour autant l’idée de fourguer l’élève dans un des bureaux de l’administration. Elle enfonça presque la porte de Mlle Pilsbury sans frapper évidemment et envoya – au sens littéral du terme – Taleen s’asseoir. Elle s’écria :

      « Malade mentale, rencontre donc malade mentale junior. Cette petite pimbèche vient de péter le nez d’une de mes Cheerios, alors tu n’as qu’à signer un papier pour la déclarer complètement tarée et inapte à être scolarisée, même dans ce lycée de demeurés. »


    Elle resta plantée dans un coin de la pièce, les bras croisés puis finit par partir comme une furie en maudissant l’entraînement auquel elle devait assister et en assurant à la conseillère qu’elle avait intérêt à prendre de sérieuses dispositions pour que cette « boxeuse de bas étage » ne lui pourisse plus la vue quand elle parcourt les couloirs du lycée. Taleen toujours sur les nerfs à cause de sa journée d’humiliation, toujours couverte de glace pillée soupira quand la coach disparut de la pièce. Elle fixa ses pieds en triturant ses doigts sur ses genoux, elle se demandait ce qu’elle faisait là. Elle était en colère de se retrouver à la place du bourreau alors qu’elle était la victime depuis des jours et les méfaits des consommateurs de Slushy restaient impunis. Elle finit par regarder la rousse qui portait des vêtements de couleurs vives et extravagantes et conclut avec une voix agressive:

      « Elle le méritait ! »

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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Ven 3 Sep - 0:13

    En cette heure avancée de l’après-midi, la majorité des élèves se trouvaient dans leurs salles de cours. Une aubaine pour la conseillère d’orientation du lycée McKinley qui se retrouvait alors seule dans son bureau. Enfin, une aubaine, c’était un bien grand mot. Car ces moments pouvaient aussi se révéler être les pires de la journée : les instants de doute, où l’on réfléchit à s’en retourner la cervelle, à se demander si tout ce que l’on a fait jusqu’à présent était correct, à se demander s’il n’aurait pas pu y avoir une autre alternative. Un soupir passa le seuil des lèvres d’Emma Pillsbury. Assise devant son bureau, le regard vide, sa main gribouillant au hasard sur un cahier, la jeune femme était plongée dans ses pensées. A mille lieux de son entité physique, elle se retrouvait au pays des doutes, là où tout est problématique. Incertitudes, hésitations, perplexités. Tout cela menant toujours au même schéma conduisant lui-même au cœur du véritable problème. Will Schuester. Carl Howell. Le cœur contre la raison ; l’amour contre l’affection. Aimer un homme qui nous a déçu et sortir avec le remplaçant du premier, avec qui on n’est pas vraiment honnête parce qu’au fond, il constitue une sorte de distraction. Pourtant, lorsque des sentiments s’y mêlent, des sentiments tels que l’affection ou la tendresse, le schéma se complique encore un peu. C’est comme un cercle vicieux dont on ne sort jamais. Comme un casse-tête que l’on ne parvient pas à résoudre.

    Emma secoua vivement la tête, repoussant ces pensées qui revenaient sans cesse à la charge. Lâchant soudainement le crayon qu’elle tenait délicatement entre les doigts, son regard se posa sur le cahier posé devant elle. Les gribouillis étaient immondes, et au premier abord, sans queue ni tête. Pourtant, il y avait ce trait, là, qui semblait former la lettre « C ». Et celle-là, plus loin, n’était-ce pas un « W » ? Lâchant un nouveau soupir, la conseillère d’orientation déchira consciencieusement la page du cahier qu’elle jeta à la poubelle en dessous du bureau. Refermant le cahier, elle le disposa avec attention sur le coté droit du bureau, juste à coté de son pot de crayon, tout aussi parfaitement disposé. Son regard balaya furtivement les fournitures posées de-ci de-là sur la surface lisse du bureau, en quête d’un seul objet mal rangé. Tout était à sa place, évidemment, comme toujours dans le bureau de la jeune femme. Ici, tout était rangé de manière précise, suivant une logique que seule Emma comprenait. Et chaque fois qu’un élève rompait l’équilibre délicat instauré dans le bureau, elle se précipitait pour tout remettre à sa place. Comme si un crayon déposé maladroitement était synonyme de malheur. Car malgré les efforts qu’elle faisait, les thérapies qu’elle suivait, Emma avait du mal à se départir de ce problème, qui ressemblait à un disfonctionnement aux yeux des autres. Seul Will avait trouvé ça adorable, à une époque…

    Ses pensées se seraient certainement automatiquement redirigées vers le professeur d’espagnol, si Sue Sylvester n’avait pas franchit le seuil du bureau, le visage déformé par la fureur. Emma en sursauta presque, elle qui jusque là était plongée dans son propre univers et ses propres fichues lois. La jeune femme rousse lança un regard alerte au coach des cheerleader. Dans les yeux clairs de celle-ci dansaient des flammes de démence et de violence. Un regard qu’il ne valait mieux pas croiser, quelques en soient les circonstances. Hélas, il était déjà trop tard, et la vipère s’écriait déjà de sa voix grave :

      « Malade mentale, rencontre donc malade mentale junior. Cette petite pimbèche vient de péter le nez d’une de mes Cheerios, alors tu n’as qu’à signer un papier pour la déclarer complètement tarée et inapte à être scolarisée, même dans ce lycée de demeurés. »

    La conseillère d’orientation se redressa sur sa chaise, se raclant doucement la gorge. Son regard croisa alors celui de la lycéenne assise devant son bureau – Emma n’avait aucune idée de la façon dont elle était arrivée là. Elle avait déjà croisé la jeune fille dans les couloirs, il lui semblait. Un regard clair empreint de rage et d’incompréhension lorsqu’il croisait celui d’autres lycéens. C’était ce qui avait interpellé Emma d’ailleurs, la première fois. Enfin, il lui semblait également l’avoir vu parmi la chorale des New Directions. Une diva en herbe, donc. A en voir l’expression farouche, les longs cheveux blonds en bataille et les vêtements froissés de la jeune fille, elle avait du se jeter à corps perdu dans la bataille l’opposant à la Cheerios. Son regard croisant celui de Sue, Emma acquiesça d’un délicat geste de la tête, n’osant rien répondre. La coach repartit alors en furie dans les couloirs, laissant Emma avec une adolescente qui semblait en pleine crise. Celle-ci contemplait ses pieds, l’air de rien, faisant tout pour éviter les grands yeux bruns d’Emma. Les mains de cette dernières s’agitèrent sur le bureau, perturbée par tant de désordre dans l’apparence de la jeune fille. Enfin, celle-ci lui lança un coup d’œil furieux avant de lâcher d’un ton trahissant également sa colère :

      « Elle le méritait ! »

    Emma acquiesça à nouveau, ne sachant pas par où commencer. Elle se racla encore la gorge d’un air gêné, comme si elle avait peur des mots qui jailliraient bientôt d’entre ses lèvres. Finalement, elle décida de commencer par le commencement, et donc en toute logique, demander une explication à la jeune fille assise devant elle :

      « Alors, hm, j’imagine que tu as vraiment du amocher la Cheerios pour que Sue soit aussi énervée – bien que ce ne soit pas réellement une chose rare, ici. Bref, euh, passons : peux-tu m’expliquer ce qu’il s’est passé ? »

    Emma lança un sourire encourageant à son élève, adoptant une attitude qui se voulait rassurante et propice aux confidences.



Dernière édition par Emma Pillsbury le Dim 19 Sep - 23:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Dim 5 Sep - 19:41

    Taleen avait le visage gluant ainsi que ses cheveux qui avaient pris un quatrième Slushy. C’était le Slushy qui avait fait déborder le gobelet. Le Slushy de trop, l’humiliation de trop, la journée de trop. Elle en avait assez et la colère qu’elle ressentait était inédite. Jusqu’à présent, personne ne l’avait traitée de la sorte, elle était une petite star à Manhattan, les gens se pliaient à ses exigences et faisaient tout pour ne pas la contrarier. Elle s’était préparée à ce que ce soit différent au lycée McKinley mais elle n’avait jamais imaginé qu’on pourrait la traiter comme une moins que rien. Comment imaginer se faire traîner dans la glace pillée quand on vit avec une cour de sujets tel un reine ? Ces admirateurs, profiteurs, elle ne les aimait pas, elle n’avait pas confiance en eux mais maintenant ils lui manquaient. Ils avaient beau être hypocrites, ils ne ruinaient pas ses fringues et son brushing.

    Après avoir fait savoir à la conseillère que sa victime avait bien mérité la sentence qu’elle lui avait imposée. Elle resta à la regarder, certaine qu’elle allait se prendre de violentes remontrances. La mâchoire crispée, elle attendait les reproches et les engueulades pour pouvoir s’énerver verbalement à son tour. Mais ce ne fut pas ce qui vint, la rousse à la voix hésitante lui demanda simplement des explications. Elle se raclait doucement la gorge, bégaillait sur certains mots. Cette femme n’était absolument pas sûre d’elle et sa réaction agaça Taleen car elle ne lui donnait pas beaucoup de raisons de laisser sortir sa colère. Or, elle avait vraiment besoin de vider son sac. Après avoir bruyamment soupiré, la blonde s’écria en indiquant ses cheveux tout englués de glace pillée :

      « Voilà, ce qu’il s’est passé ! C’est le quatrième de la journée que je reçois en plein visage et je ne peux plus supporter d’être traitée comme ça ! Ca me rend dingue ces petites pimbêches qui se croient tout permis parce qu’elles portent un uniforme ignoble. Non mais c’est vrai, quoi ! C’est un affront à la liberté d’expression et à la mode de porter ces torchons identiques ! »


    Essoufflée comme si elle venait de courir un marathon, Taleen se rendit compte qu’elle avait parlé très vite sans respirer et qu’elle avait haussé le ton. Elle était tellement sur les nerfs qu’elle était proche de pleurer de rage et de ras le bol. Elle essuya ses yeux humides d’un revers de manche rapide. Le sort s’acharnait sur elle. D’abord le divorce de ses parents, la déception de découvrir son père sous son vrai jour, l’exil dans l’Ohio, un beau-père qu’elle ne supportait pas et puis maintenant, le lycée se transformait en enfer. Tout ça parce qu’elle aimait chanter, parce qu’elle faisait partie de la chorale… Non, tout ça, simplement parce que la coach des Cheerios voyait en elle une rivale. Taleen ajouta avec colère :

      « C’est cette folle de Sue Sylvester, elle a promis des récompenses pour les Cheerios qui réussiraient le mieux à m’humilier. Elle veut que je craque, que je quitte le lycée parce qu’elle est jalouse, elle a peur que je lui vole la vedette… Je le sais car Quinn l’a lu sur twitter. »


    Taleen était dans un tel état d’énervement qu’elle aurait pu s’arracher les cheveux si elle ne tenait pas tant à son apparence. Au lieu de ça, elle posa ses mains sur le bureau ultra rectiligne de la conseillère et se mit à tripoter le petit écriteau en métal sur lequel était gravé « Mlle Emma Pillsbury – Conseillère d’orientation ». Elle le fit tournoyer sans y prêter attention et en laissant des traces avec ses doigts collants de Slushy. Elle ne savait ce qu’elle espérait de la conseillère d’orientation, qu’elle la comprenne ? Qu’elle la défende ? Qu’elle dénonce la coach Sylvester au proviseur ? Peut-être tout simplement, qu’elle la conseille comme elle était sensée le faire.
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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Dim 5 Sep - 23:49

    Au fur et à mesure que les secondes passaient, Emma sentait l’atmosphère devenir plus intense. La jeune fille blonde assise face à elle semblait sur le point d’exploser : ses joues prenaient peu à peu une teinte rosée plus prononcée, et on aurait dit que ses yeux allaient bientôt s’échapper de leur orbite. S’il s’agissait d’une élève à la Rachel Berry, la conseillère d’orientation pouvait être certaine que la fille n’allait pas tarder à sortir de ses gonds et à crier assez fort pour réveiller jusqu’aux élèves somnolant sur leurs tables à l’autre bout du lycée. Le regard d’Emma se posa sur la glace pillée qui dégoulinaient des cheveux de la jeune fille. Le sol ne tarderait pas à être glissant, et elle s’imaginait déjà à genoux en train de nettoyer cette saleté avec entrain. Elle faillit laisser un soupir s’échapper : pourquoi fallait-il toujours que les élèves qu’amenaient Sue Sylvester dans son bureau soient toujours aussi sales ou amochés ? Ce devait être là le passe-temps favori du coach des Cheerios, lui envoyer les élèves les plus crasseux pour observer sa réaction. Elle imaginait d’ici l’expression satisfaite s’installer sur ses traits. Cette fois-ci, elle poussa discrètement un soupir, tout en gardant un œil sur la jeune fille qui, d’une seconde à l’autre, allait certainement se mettre à s’égosiller dans le bureau de la conseillère d’orientation.

      « Voilà, ce qu’il s’est passé ! C’est le quatrième de la journée que je reçois en plein visage et je ne peux plus supporter d’être traitée comme ça ! Ca me rend dingue ces petites pimbêches qui se croient tout permis parce qu’elles portent un uniforme ignoble. Non mais c’est vrai, quoi ! C’est un affront à la liberté d’expression et à la mode de porter ces torchons identiques ! »

    Emma faillit esquisser un sourire mais se reprit à temps et se contenta de garder une expression neutre. Le traditionnel schéma : celui autour duquel s’organisaient les relations au lycée McKinley ; il y avait les Cheerios et sportifs d’un coté, les autres de l’autre. Ca avait toujours été comme ça, et Emma le savait pour avoir reçu un nombre impressionnant de lycéens dépressifs, peu sûrs d’eux ou rebelles, se plaignant de cette hiérarchie. Evidemment, Emma n’y pouvait rien. Ce n’était pas une conseillère d’orientation qui pouvait arranger les choses, tout du moins pas si elle était seule à vouloir faire évoluer la situation. Car dans le clan adverse à celui des petits chanteurs en herbe peu populaires de chorales, il y avait la terrifiante Sue Sylvester, et autant dire que si un « combat » l’opposait à cette dernière, Emma y perdrait plus que des plumes. Fronçant les sourcils, la jeune femme rousse scruta le regard de l’élève, tentant d’attirer son attention avant de prendre la parole. Cette dernière s’agitait sur sa chaise, jetant des coups d’œil furtifs aux quatre coins de la pièce comme si elle s’attendait à voir surgir quelqu’un par derrière un mur. Emma prit une profonde inspiration sans jamais quitter la jeune fille du regard avant de commencer sa phrase :

      « Tu sais… »
      « C’est cette folle de Sue Sylvester, elle a promis des récompenses pour les Cheerios qui réussiraient le mieux à m’humilier. Elle veut que je craque, que je quitte le lycée parce qu’elle est jalouse, elle a peur que je lui vole la vedette… Je le sais car Quinn l’a lu sur twitter. »

    Emma cligna des yeux. Elle n’avait même pas eu le temps de terminer sa phrase que la jeune fille s’était précipité à l’interrompre, se rebellant cette fois contre Sue Sylvester. Hélas, qui n’avait pas déjà eu envie de se jeter sur le coach des Cheerios pour lui en boucher un coin ? Même Emma devait avouer que l’idée lui avait déjà traversé l’esprit quand Sue s’était mise à l’insulter, pour la énième fois, et pourtant elle était loin d’être la personne la plus violente du lycée. Soupirant de plus belle, la jeune femme accrocha le regard de Taleen :

      « Je sais à quel point il doit être difficile pour toi de supporter une telle situation, si tu savais le nombre de personnes qui viennent me parler de Sue, tous les jours. Mais si je peux te donner un conseil, ne tente jamais de provoquer Sue Sylvester, parce que tu peux être certaine qu’elle se vengera de n’importe quelle manière possible, par la suite. Je sais que tu es nouvelle ici, c’est pourquoi je préfère t’avertir : se mettre Sue Sylvester à dos, c’est comme signer son arrêt de mort. Hélas, personne ici ne semble pouvoir rivaliser avec elle, à part peut-être… »

    Emma s’interrompit soudainement à la pensée du nom qui s’était tout naturellement imposé dans son esprit quand il avait été question de pouvoir battre Sue. Elle secoua la tête de droite à gauche avant de reprendre :

      « Bref. Je te conseille de ne pas te préoccuper de ça, et de te concentrer plutôt sur des choses telles que tes études ou… pourquoi pas le Glee club ? C’est le meilleur moyen d’évacuer ce que tu peux ressentir, tu sais. Chanter, et extérioriser. Hm, crois-moi. »

    Emma lui lança un nouveau sourire d’encouragement, quand son regard se posa sur la main de Taleen, occupée à faire tourner l’écriteau en métal où était inscrit son nom. Les yeux de la jeune femme s’écarquillèrent et elle sentit le rythme de son cœur s’accélérer soudainement. Elle ne pouvait imaginer les traces de doigt qu’il y aurait sur l’objet. Elle eut un mouvement de recul avant d’avancer sa main vers celle de Taleen :

      « Hm, tu… tu veux bien me donner ça, s’il te plait ? »



Dernière édition par Emma Pillsbury le Dim 19 Sep - 23:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Mar 7 Sep - 18:24

    Taleen sentait le slushy sécher. Génial, pensa-t-elle, ça va être super agréable à enlever une fois que ça aurait bien durcit et que mes cheveux seront tous emmêlés. Je n’ai plus qu’à demander un mot de l’infirmière pour rentrer chez moi. Impossible que j’aille à la dernière heure de cours avec cette tignasse. En plus, je suis déjà en retard de dix minutes… L’avertissement de Mlle Pillsbury la sortit de ses pensées. Elle la prévenait sur le compte de Sue Sylvester. Il ne fallait pas s’en prendre à elle sous risque de provoquer des représailles violentes. Taleen s’en serait doutée à la façon dont les élèves s’écartaient sur son chemin. Tout le monde la craignait à McKinley, personne ne lui imposait rien, elle régnait sur le lycée. Et apparemment, elle se prenait pour une célébrité parce qu’elle faisait gagner ses Cheerios aux nationales depuis plusieurs années. Mais elle n’avait rien d’une star comme le père de Taleen, même Taleen était plus connue qu’elle, vu que son twitter était lu par des centaines de fans de son père. Alors, elle n’avait pas peur de la coach et elle ne voulait pas se laisser intimider.

    Et puis la conseillère le disait elle-même, elle ne comptait plus le nombre d’élèves qui venaient dans son bureau pour se plaindre de la coach. Alors ils seraient nombreux à se dresser contre elle s’ils le pouvaient. Elle avait une idée, elle allait créer un front de guerre pour mettre le professeur des Cheerios à terre. Et une fois qu’elle aurait connu l’humiliation suprême, une fois qu’elle aurait vu qu’à part ses Cheerios personne ne l’aimait dans ce lycée et sur la Terre entière, elle irait se retirer en ermite dans un coin encore plus paumé que Lima. Et alors, elle aurait gagné et elle aurait les champs libres à nouveau pour devenir populaire dans ce lycée. Car elle ne supporterait pas une année rythmée par les insultes, les Slushy et autres humiliations en tous genres comme la poubelle qu’on lui avait promise.

    La conseillère lui conseilla de ne pas se préoccuper de « ça ». Mais de quoi est-ce qu’elle parlait ? Du fait qu’elle était devenue la cible de la pire folle du lycée et donc par extensions de toutes ses Cheerios obéissantes ? Ou des Slushy qui passaient leurs temps à l’inonder ? De l’humiliation qu’elle n’avait encore jamais connu jusqu’ici ? Comment pourrait-elle ne pas y penser ? Elle ne pensait qu’à ça. Elle n’en avait pas dormi la nuit précédente, elle se sentait mal chez son beau-père et mal au lycée alors qu’est-ce qu’il lui restait ? Taleen perdit son sang-froid quand la conseillère lui demanda l’écriteau qu’elle tripotait. La blonde le fit glisser violemment sur la table en direction de la rousse. Il dérangea au passage trois stylos bien alignés sur le bureau et elle s’écria :

      « Vous voulez que je pense à autre chose ? Que je passe au dessus ? Et comment je fais quand chacune des minutes passées ici est pourrie par cette Sylvester et ses esclaves en uniforme ? Vous feriez quoi si vous receviez vous-même un litre de glace pillée au visage chaque jour, hein ? »


    Elle était au bord des larmes et pour ne pas le montrer, elle se leva brusquement et tourna le dos à la jeune femme. Elle essuya ses larmes qui se mêlaient à la glace pillée séchant sur ses joues. Elle se sentait sale, trahie et très seule malgré les connaissances qu’elle avait faites et ses collègues des chorales qui prenaient aussi leur lot d’humiliation. Elle était seule face à l’humiliation car elle ne l’avait jamais connue auparavant. Elle avait été choyée et gardée dans un environnement clos. Tout ceci lui était étranger et donc vraiment effrayant. Elle s’écria à nouveau, toujours le dos tourné :

      « Je ne vais pas laisser cette Sue Sylvester pourrir toute mon année et me pousser au suicide. Vous allez m’aider et me dire quels élèves se plaignent d’elle. On va tous se liguer contre elle. Elle vous a traitée de débile mentale, je suis sûre que vous ne l’aimez pas non plus. Aidez-moi, je vous en prie. Je ne pourrai pas survivre ici dans ces conditions, je devrai partir si ça continue et elle aura gagné dans ce cas… »


    Elle s’était retournée en la suppliant de l'aider. Si Emma Pillsbury l’aidait à former son armée anti-Sylvester alors la coach n’aurait plus aucune chance. Ils placeraient des seaux de Slushy au dessus de sa porte pour qu’ils tombent sur elle ou une de ses Cheerios. Elles inonderaient internet de photomontages la concernant, elles pourraient même la filmer et diffuser ses images en la tournant en ridicule. Ce serait si facile… Taleen en était persuadée, elle n’avait qu’à réunir une milice et le nombre ferait toute leur force. Elle imaginait déjà trouver de nombreuses recrues dans les rangs des deux Glee Clubs.

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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Jeu 9 Sep - 16:29

    La main toujours tendue vers la jeune fille aux longs cheveux de blé, la conseillère d’orientation scruta son regard l’espace de quelques secondes. Savait-elle qu’elle avait un problème avec le désordre, ou les microbes ? Ou n’avait-elle pas fait exprès de balader ses doigts pleins de glace pillés sur cette petite plaque métallique qu’Emma passait son temps à astiquer à l’aide d’un petit chiffon soigneusement plié au fond de son tiroir ? Quoiqu’il en soit, désormais, Emma ne voyait plus que les traces de doigt sur sa fameuse plaque et ses joues se teintèrent d’un rouge prononcé. Cela faisait des semaines qu’elle travaillait sur sa phobie, pourtant elle semblait toujours avoir autant d’impact sur elle, comme s’il s’agissait d’un trait permanant de sa personnalité, quelque chose dont elle ne parviendrait à se débarrasser qu’après de multiples efforts. Réprimant un soupir, Emma détourna le regard de la jeune fille en furie, s’agitant dans tous les sens sur sa malheureuse chaise. Soudain, dans un élan de fureur, elle envoya la plaque glisser sur le bureau, bousculant trois de ses crayons impeccablement placés sur la surface lisse et polie. Emma mit un certain temps à réagir, et entendit la plaque retomber de son coté, provoquant un bruit sourd et désagréable sur le sol du bureau de la conseillère d’orientation. Les yeux écarquillés, et bouche bée, Emma finit par se pencher pour ramasser la plaque qu’elle posa juste devant elle. Seul l’objet comptait, et si la jeune fille ne s’était pas écriée à travers la pièce, elle aurait très certainement oublié sa seule présence.

      « Vous voulez que je pense à autre chose ? Que je passe au dessus ? Et comment je fais quand chacune des minutes passées ici est pourrie par cette Sylvester et ses esclaves en uniforme ? Vous feriez quoi si vous receviez vous-même un litre de glace pillée au visage chaque jour, hein ? »

    Ecoutant d’une oreille distraite les dires de l’élève, Emma avait sorti de son tiroir son brave chiffon qui reposait dans le tiroir. Après y avoir appliqué quelques gouttes de « produit magique », comme elle aimait l’appeler parce qu’il l’aidait souvent à nettoyer ses ustensiles de travail, elle s’était mise à frotter énergiquement la petite plaque métallique, à la recherche de la moindre vilaine tâche de glace pillée. Quand elle eut terminé, elle reposa délicatement la plaque sur le devant du bureau, et après avoir replacé correctement les trois malheureux crayons témoins de la fureur de Taleen, elle reporta enfin son attention sur l’adolescente installée face à elle. Elle pouvait aisément lire l’humiliation et la honte de la jeune fille sur ses traits, et elle crut même apercevoir des larmes dans ses yeux d’un bleu profond. Emma repensa alors aux mots de la jeune fille « Vous feriez quoi si vous receviez vous-même un litre de glace pillée au visage chaque jour ? ». Hélas, pour Miss Pillsbury, ce n’était pas de la glace qu’elle recevait en plein visage quotidiennement, mais bel et bien un flot continu de moqueries concernant ses petites manies. Pas plus tard qu’hier, Ryan lui avait fait la réflexion, d’ailleurs. Bien sûr, elle était tellement habituée à ce genre d’ « attention » de la part de ses collègues ou même élèves, qu’elle n’y portait même plus attention. N’empêche que c’était aussi une humiliation comme une autre. Dans un sens, pour une femme comme Emma, cela valait mieux que de la glace dans les cheveux. C’est à cette pensée qu’elle tenta de calculer le nombre de douches qu’elle devrait prendre pour enlever jusqu’à la dernière goutte de cette glace.

    Taleen se leva alors brusquement de sa chaise, tournant le dos à la conseillère d’orientation qui n’eut pas le temps de répondre, encore une fois. La jeune fille semblait déchainée.

      « Je ne vais pas laisser cette Sue Sylvester pourrir toute mon année et me pousser au suicide. Vous allez m’aider et me dire quels élèves se plaignent d’elle. On va tous se liguer contre elle. Elle vous a traitée de débile mentale, je suis sûre que vous ne l’aimez pas non plus. Aidez-moi, je vous en prie. Je ne pourrai pas survivre ici dans ces conditions, je devrai partir si ça continue et elle aura gagné dans ce cas… »

    Parfois, le comportement de la jeune fille lui rappelait celui d’une autre élève du lycée, Rachel Berry. On aurait du que la jeune blonde avait autant de facilité qu’elle à se mettre rapidement en pétard, ou à vouloir sans cesse trouver de nouveaux moyens pour acquérir une certaine réputation auprès d’autres élèves de l’école. A la suggestion de Taleen, cependant, Emma fronça les sourcils. En tant que collègue de Sue, elle n’avait pas le droit d’aider une quelconque rébellion d’élève contre elle. Bien sûr, elle mourrait d’envie de donner ces noms qui semblaient si importants pour Taleen, mais elle ne voulait pas. Après tout, elle n’avait pas envie de perdre son travail, et en se liguant contre la coach des Cheerios, c’est ce qui pouvait parfaitement arriver, elle le savait pertinemment. Taleen s’étant retourné vers elle, Emma eut tout le loisir de planter son regard dans le sien.

      « Je suis vraiment désolée, mais je ne peux pas te donner ces noms. Il faut me comprendre. Tu penses être la seule que Sue Sylvester a dans le collimateur, mais si je veux être franche avec toi, tout le Monde l’est. Et je ne souhaite pas perdre mon travail pour t’avoir aidé à donner certains noms. »

    La jeune femme fit une pause, ses traits empreints de sérieux.

      « Hm, cependant, si tu veux un conseil, je te dirais simplement que les trois quarts des élèves de cette école se plaignent d’elle et qu’il ne sera pas vraiment difficile pour toi de les trouver. Non pas que je t’encourage à te liguer contre Sue. C’est évident. »

    Emma esquissa un nouveau sourire, espérant calmer la jeune fille.

      « En attendant, je suis censée te donner des conseils, et le meilleur que je puisse te donner est de tenter d’oublier ces cheerios : c’est en s’intéressant à elle que tu vas avoir des problèmes. Cela dit, je ne suis pas certaine que tu voudras suivre ces conseils, car tu sembles être quelqu’un qui a de la suite dans les idées. »

    Emma avança sa boite de mouchoirs vers Taleen, afin qu’elle puisse au moins se débarbouiller le visage.


Dernière édition par Emma Pillsbury le Dim 19 Sep - 23:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Jeu 16 Sep - 12:32

    Taleen était à bout de nerfs, elle sentait bien que la conseillère d’orientation ne la prenait pas au sérieux. Elle croyait que cette crise n’était qu’un petit caprice mais elle n’avait pas tous les éléments en sa possession pour saisir le véritable mal-être de la lycéenne. Déjà, Taleen doutait qu’elle sache quoique ce soit à propos de son père au vu de sa tenue vestimentaire bien proprette, elle n’avait pas l’air d’une fan de rock… Elle n’était donc pas consciente du contraste que venait de subir sa vie en passant de la vie de New-Yorkaise riche et populaire à celle d’outsider persécutée d’un petit lycée de Lima. Et puis, elle n’avait pas l’élément le plus important en tête. Elle ne savait pas que Taleen vivait un enfer avec son beau-père dès que sa mère était absente. Et donc, la jeune fille ne se sentait plus bien nul part… Ses seuls moments de répit étaient ceux passés auprès de ses camarades de chorale… Et encore, dernièrement ils se comportaient comme des bêtes enragées prête à s’entretuer. Ils étaient tous très remontés contre la chorale de Bryan Ryan et ne pensaient qu’à l’anéantir à coups de complots, espionnages et sabotages. Mais ils ne faisaient que créer confusion et conflits dans leurs propres rangs.

    Taleen s’indigna que Mlle Pillsbury ne la prenne pas au sérieux en lâchant un peu violemment la plaque métallique portant l’inscription de son nom et en s’écriant qu’elle ne pouvait pas passer au dessus et penser à autre chose. Elle était au bord des larmes et constatait que la femme en face d’elle ne s’intéressait qu’à son écriteau qu’elle polissait et débarrassait des traces de doigt collantes. Taleen, en se retournant pour ne pas être surprise les larmes aux yeux, observa ses mains dégoûtantes. Cette conseillère avait l’air d’avoir un grain vu la tête qu’elle avait tiré lorsque ses stylos s’étaient dérangés. Elle essuya ses larmes de ses mains collantes, se sentit encore plus vulnérable avec cette allure de sauvageonne. Si la jeune fille était encore capable de se rendre au lycée c’était grâce au soin qu’elle prenait à s’habiller, se rendre présentable. Et si les Cheerios l’aspergeaient volontiers de glace pillée, elle les voyait souvent lorgner avec envie sur ses vêtements et chaussures. Elles étaient toutes jalouses de son style parfait et c’était ce qui la consolait un peu. Reprenant le dessus sur l’émotion qui l’avait submergée, Taleen se retourna vers la conseillère super maniaque. Elle comprenait pourquoi l’affreuse Sylvester l’avait traitée de débile mentale à présent. Mais elle n’adhérait pas à cette insulte, c’était vrai que la femme avait l’air un peu dérangée mais entre les deux, la coach était sans aucun doute celle que Taleen enverrait directement en asile psychiatrique. Mlle Pillsbury avait l’air étrange avec ses grands yeux offusqués, son chiffon et ses crayons bien alignés, mais elle n’était pas violente, elle avait l’air d’une gentillesse extrême. Même si elle ne prenait pas la jeune fille au sérieux, elle le ferait bientôt. Alors que Sue Sylvester était incapable de ressentir la moindre émotion, c’était un automate psychopathe en survêtement ! Et Taleen ne se laisserait pas persécuter par une tarée pareille, elle allait se battre pour se faire une place de choix dans ce lycée. Qui avait donc décidé que faire partie du GLEE club était si honteux ? Elle avait trouvé sa croisade : rendre cool la chorale. Il y avait du boulot et elle aurait besoin de beaucoup de gens pour vaincre Sue et faire de la chorale un club « in ».

    C’est alors qu’elle demanda à Emma Pillsbury de lui communiquer les noms des élèves qui se plaignaient d’elle. Elle vit la rousse froncer les sourcils et réfléchir un instant, elle sentit qu’un dilemme se jouait dans son esprit. Elle n’avait pas le droit de communiquer des informations sur ce que les élèves venaient lui dire et encore moins de participer à une rébellion contre un professeur du lycée. Mais elle mourrait d’envie de voir les étudiants se dresser devant la coach tyrannique et lui rabattre son caquet. Mais elle finit par refuser en lui précisant qu’elle n’était pas un cas isolé et que chaque élève de McKinley se trouvait dans le collimateur de Sue. Puis, elle lui donna un conseil avec un sourire en coin. Selon elle, il serait très facile de trouver les intéressés puisqu’un élève sur quatre avait de quoi vouloir se venger de cette entraineuse. Elle ajouta tout de même qu’elle était contre cette idée de revanche et que Taleen s’attirerait plus d’ennuis en s’intéressant aux Cheerios qu’en les évitant. La lycéenne finit par se rasseoir et, d’une voix redevenue plus calme, elle répondit :

      « Vous avez raison, j’ai de la suite dans les idées. Mais je ne fais pas cela par plaisir, c’est une nécessité. Ce lycée ne sera jamais un endroit vivable avec cette coach dans les parages ! Mais merci pour vos conseils. »


    Elle attrapa les mouchoirs que la conseillère lui tendait et entreprit d’éponger le liquide de son visage et de ses cheveux. C’était une vraie catastrophe, le papier restait collé à sa peau et ça n’arrangeait pas vraiment les choses. Dès qu’elle sortirait du bureau, elle se ruerait dans sa voiture et irait prendre une douche chez sa mère et son beau-père. Elle se promit de quitter la pièce avant la fin des cours afin de croiser le moins de personnes possibles dans les couloirs, elle ne voulait pas qu’on la voit ainsi et risquer de se prendre un nouveau projectile. Elle avait eu sa dose pour la journée. Elle s’acharna à enlever le plus de Slushy possible en ajoutant :

      « La chorale, c’est la seule chose bien dans ma vie en ce moment… Alors, j’aimerai tellement que ce soit plus simple d’en faire partie. Que ce soit « cool »… Pour ça, il faudrait qu’on gagne les nationales cette année. Mais dans ce cas, ce sera un peu plus cool l’année prochaine, quand je ne serai plus là… »

    Taleen faisait référence à la garde partagée de ses parents. L’année prochaine, elle serait à nouveau scolarisée à Manhattan, elle retrouverait ses amis, quitterait son violent beau-père et retrouverait son père absent. D’un côté, elle mourrait d’envie de quitter Lima et tous ses problèmes : Slushy, beau-père… Mais, elle avait trouvé des amis qui lui semblaient sincères ici et il y avait cette chorale qu’elle aimait beaucoup. Dans son lycée ultra huppé à New-York, il n’y avait pas Glee Club, les lycéens faisaient partie du groupe de golf ou de lecture. Ca lui manquerait contrairement aux Cheerios et aux Slushy… Et si elle parvenait à donner une meilleure image de la chorale, elle ne pourrait même pas en profiter. Elle reviendrait juste pour son année de terminale et Quinn, Mercedes et les autres seraient à l’université.

    Taleen avait fini d’enlever le surplus de glace pillée, elle avait les mouchoirs collants dans les mains et fit attention à ne pas les déposer sur la surface brillante et lisse du bureau. Elle se leva et les déposa dans la poubelle près de la conseillère d’orientation ? Celle-ci semblait de son côté alors elle voulait la garder. Taleen ne devrait pas tarder à rentrer chez elle, elle resta donc debout proche de la porte. Elle hésita un instant, elle avait envie de se confier, elle avait envie d’avoir un avis extérieur de sa situation. Elle déglutit difficilement et finit par demander :

      « Mlle Pillsbury… Avant que je parte, je peux vous poser une question ? » Elle marqua une pause pour que la conseillère d’orientation puisse acquiescer et poursuivit. « Si, disons, au lycée ça se passait très mal pour vous tous les jours, si vous vous faisiez humilier et qu’en rentrant chez vous… Ben… Quelqu’un vous attendait pour mettre toute votre maison sans dessus dessous devant vos yeux… Si c’était tous les jours comme ça, eh bien, vous feriez quoi ? »


    Taleen avait utilisé la phobie plutôt évidente du désordre de Mlle Pillsbury pour adapter sa situation à la sienne. Elle voulait un conseil plus personnel mais ne se décidait pas à parler de l’ambiance qui régnait chez elle. Elle avait trop peur que personne ne la croit et surtout, son beau-père la faisait chanter, il avait de quoi rendre sa mère folle de déception. Et Taleen ne voulait pas décevoir sa mère, elle avait déjà essayé de rendre fier son père en vain alors elle ne voulait pas briser le lien fragile qu’elle avait crée avec sa mère depuis son arrivée à Lima.
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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Dim 19 Sep - 23:37

    Emma n’avait pas hésité à esquisser un sourire à la jeune fille, tout en usant de l’ironie dans ses paroles, en espérant l’adoucir un peu. Car telle était sa méthode de travail : ne jamais hausser le ton devant des élèves perdus ou en proie à la plus grande des fureurs. Emma Pillsbury n’était pas celles qui noyaient les élèves sous les reproches, à l’image du coach Sylvester par exemple. En fait, c’était même tout le contraire. Avec son sourire bienveillant et ses conseils, elle apparaissait plutôt comme quelqu’un dont la seule préoccupation est d’aider autrui, et non le rabaisser en permanence. Car si la jeune femme n’appréciait pas le comportement de sa collègue coach des Cheerios, ce n’était pas seulement pour ses multiples moqueries à son égard, la provoquant à propos de sa mysophobie ou de son manque sérieux de sex appeal. Non. Emma avait beaucoup plus de mal avec les insultes et gestes qu’elle pouvait avoir vis-à-vis des élèves. Combien de fois l’avait-elle vu bousculer violemment ces derniers contre leurs casiers lorsqu’elle était contrariée ? Combien de fois jurait-elle devant eux, en les faisant passer pour des moins que rien ? Il ne fallait pas se voiler la face ; si l’ambiance était aussi électrique en ce moment au lycée McKinley, c’était en partie du à Sue et à son si mauvais caractère.

    Emma abandonna ses reproches intérieurs à l’égard de sa collègue quand Taleen prit la parole.

      « Vous avez raison, j’ai de la suite dans les idées. Mais je ne fais pas cela par plaisir, c’est une nécessité. Ce lycée ne sera jamais un endroit vivable avec cette coach dans les parages ! Mais merci pour vos conseils. »

    Emma esquissa un nouveau sourire en guise de réponse. L’attitude de la jeune fille face à Emma sembla changer. Son regard s’adoucit et elle finit par s’asseoir, prenant calmement les mouchoirs tendus par la conseillère d’orientation. Cette dernière espérait que cela signifierait la fin de la tempête ; car elle en avait vu des élèves en colère, franchir le seuil de sa porte, mais il fallait avouer que la fureur de Taleen était assez exceptionnelle. D’ailleurs, la jeune femme ne savait plus très bien quoi penser de ce comportement. Etait-ce simplement un caprice, pour cette enfant de star – car oui, bien que le rock ne soit pas exactement le domaine de prédilection d’Emma, elle avait lu dossier de Taleen et était au courant de sa scolarité passée parmi la jeunesse huppée de New York – ou ne s’agissait-il que d’une simple façade derrière laquelle elle se protégeait pour ne pas mettre en avant d’autres problèmes bien plus importants que de la glace pillée dans ses cheveux blonds ? Songeuse, Emma se rappela de nombreux cas similaires. Après tout, de fortes personnalités comme Taleen n’avaient sûrement pas l’habitude de se confier. Laissant ses doutes de coté, Emma se mit à analyser le comportement de la jeune fille. Cette dernière s’acharnait sur les mouchoirs qu’elle lui avait proposé, tentant d’effacer du mieux qu’elle le pouvait toute trace de glace sur sa peau. On aurait dit qu’elle ne se battait pas seulement contre le liquide collant, mais qu’elle trouvait surtout là un moyen d’extérioriser toute la colère qu’elle pouvait ressentir. Haussant un sourcil, Emma l’observa avec attention.

      « La chorale, c’est la seule chose bien dans ma vie en ce moment… Alors, j’aimerai tellement que ce soit plus simple d’en faire partie. Que ce soit « cool »… Pour ça, il faudrait qu’on gagne les nationales cette année. Mais dans ce cas, ce sera un peu plus cool l’année prochaine, quand je ne serai plus là… »

    Alors tel était le plan : faire une année ici avant de retourner à Manhattan ? Cela devait être d’autant plus difficile à gérer quand on savait qu’il ne servait à rien de s’attacher aux autres lycéens, puisqu’à la fin de l’année, on repartait en direction du lycée d’origine. Pour une adolescente de l’âge de Taleen, cela devait difficile à vivre, surtout si dans son autre lycée elle était populaire – or s’il y en avait bien une qui savait à quel point la popularité pour les jeunes était quelque chose de primordial, c’était bien Emma – et que dans celui-ci, elle en était réduite à se jeter sur les cheerios pour montrer qu’elle ne se laissait pas faire. La conseillère d’orientation avait tout de suite considéré Taleen comme un personnage capricieux mais peut-être que finalement, elle se cachait derrière ce trait de sa personnalité pour se défendre et en oublier le dépaysement complet qu’elle subissait.

      « Je peux comprendre, Taleen… tu sais, ce n’est pas parce que tu ne seras sûrement plus là l’an prochain que tu ne peux pas te jeter corps et âme dans cette chorale pour la mener jusqu’aux nationales et surtout, pour les gagner. Hm, au contraire, je pense que ce serait pour toi le parfait moyen d’oublier tout le reste… »

    L’élève acquiesça et se leva de sa chaise, les mains pleines de mouchoirs collants de glace. Emma remarqua que la jeune fille ne déposa pas tout simplement ces derniers sur son bureau, et prit la peine d’aller les jeter dans la poubelle – elle avait certainement du remarquer la propreté du bureau et le coté maniaque de la jeune femme. La différence entre la jeune fille qui venait de se lever et celle qui avait littéralement explosé peu après être entrée dans son bureau était flagrante. Emma remarqua tout de suite le changement d’attitude de la jeune fille – après tout, elle était psychologue, et savait évaluer l’autre. Aussi, elle vit l’hésitation se peindre sur les traits de Taleen : comme si elle ne savait pas si elle devait parler de quelque chose, ou qu’une question la tourmentait. Finalement, son regard croisa le sien, et elle finit par déclarer, de sa voix hésitante, aux douces intonations contrastant avec le ton offusqué qu’elle avait prit jusqu’à maintenant :

      « Mlle Pillsbury… Avant que je parte, je peux vous poser une question ? Si, disons, au lycée ça se passait très mal pour vous tous les jours, si vous vous faisiez humilier et qu’en rentrant chez vous… Ben… Quelqu’un vous attendait pour mettre toute votre maison sans dessus dessous devant vos yeux… Si c’était tous les jours comme ça, eh bien, vous feriez quoi ? »

    Fronçant une nouvelle fois les sourcils, la jeune femme observa le visage de Taleen d’un œil inquisiteur. Cette fois-ci, le doute n’était pas permis : il y avait sûrement quelque chose qu’elle cachait. Une chose qui semblait aussi terrifiante pour elle, que de rentrer chez soi le soir et de retrouver sa maison en désordre pour Emma – et cette simple idée la terrifiait.

      « Taleen s’il y a quelque chose dont tu veux me parler mais que tu n’oses pas, sûrement parce que je ne suis qu’une étrangère à tes yeux, ou bien parce que tu n’as pas confiance, alors sache qu’au contraire, je suis là pour t’écouter. Et puis, tu sais ce qu’on dit du secret professionnel, je n’ai aucun droit d’aller parler des problèmes de mes élèves à quelqu’un d’autre. »
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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Sam 9 Oct - 1:28

    Taleen était près de la porte, elle l’avait entrouverte mais sur une impulsion, elle avait posé une question dont elle aimerait obtenir la réponse à tout prix. Comment se comporter dans cette situation difficile : une vie au lycée difficile et un univers familial hostile. Elle n’était pas prête à raconter ce qu’il se passait chez elle, mais elle lançait une perche. Elle révélait à demi-mots qu’il y avait un problème chez elle. Parce qu’elle avait envie d’en parler. Même si elle passait du temps à casser du sucre sur le dos de son beau-père avec Timothy, ils n’en parlaient jamais vraiment sérieusement. Ils décompressaient de leurs problèmes respectueux en cherchant les pires conneries à faire pour faire enrager leur ennemi. Mais ils ne parlaient jamais de leurs sentiments ou de ce qui se passait réellement et concrètement avec cet intrus dans leur famille. L’énervement et la fureur qui l’avaient gagnée suite au énième Slushy de la journée laissaient place à la lassitude et à l’émotivité. Elle ne voulait pas regagner les couloirs du lycée mais elle n’avait pas non plus envie de rentrer dans la villa de sa mère et de son beau-père. Elle ne se sentait bien nulle part en ce moment, si ce n’était dans la salle de répétitions des New Directions. Et elle avait envie d’en parler en quelques sortes, sans trop en dire.

    M
    ais n’en avait-elle déjà pas trop dit ? Quand elle vit le regard soucieux de la conseillère d’orientation, elle espéra que celle-ci n’allait pas lui tirer les vers du nez. Elle voulait régler ce problème tout seul sans blesser sa ère. Cette dernière était tellement heureuse pour une fois, elle avait laissé tomber les excès. Elle n’était plus une grande clubbeuse, mondaine et addict à de nombreuses substances propres à la Jet Set. Même si Taleen n’avait jamais eu la confirmation, elle étaitt certaine que sa mère prenait de la drogue pendant cette période. Maintenant qu’elle était heureuse avec son ami, elle avait retrouvé une vie saine. Si elle apprenait que son nouvel amour était violent, tyrannique, elle en perdrait probablement l’esprit. Il ne fallait pas que quelqu’un s’en mêle, il fallait que Taleen trouve le moyen de provoquer la rupture sans que ça ne blesse trop sa mère. Mais maintenant qu’elle avait lancé un pavé dans la mare, elle devait donner quelque chose à la conseillère d’orientation. Si elle s’enfuyait comme ça en refusant de s’expliquer, la curiosité et l’inquiétude de Mlle Pillsbury n’en seraient que démultipliées. De plus, la conseillère lui assurait qu’avec le secret professionnel, elle n’était autorisé à parler à personne de ce que lui dirait la lycéenne. Mais Taleen savait que c’était en partie faux, si un élève lui avouait qu’il était battu tous les jours chez lui mais la suppliait de n’en rien dire, elle serait tout de même obligée de le signaler aux services sociaux. Taleen n’en était pas à ce stade, elle ne subissait pas de violence plus poussée que des gifles à répétitions. Elle avait quelques bleus car son beau-père, sous l’effet de la colère, l’avait plusieurs fois saisie avec brusquerie par le bras et envoyée au sol. Taleen voyait dans ses yeux qu’il n’avait qu’une envie : la tabasser. Mais le fait que sa mère rentrait assez souvent l’empêchait de franchir le pas. Certainement ne se retiendrait-il plus quand il aurait réussi à l’épouser et à lui faire signer un contrat de mariage qui le rendrait richissime en cas d’un divorce hypothétique. Il retenait sa violence physique de s’exprimer donc, mais toute sa haine était transmise par ses paroles. Si la vie de la rockeuse en herbe était très difficile, elle pourrait devenir rapidement invivable et même dangereuse si sa mère épousait cet enfoiré…

    La lycéenne s’éloigna de la porte pour se placer à mi chemin entre celle-ci et le bureau briqué de la rousse maniaque. Elle fixa ses chaussures d’un air gêné, puis elle se décida à parler enfin :

      « Je sais que vous voulez m’aider, Mlle Pilsbury, et j’ai envie de vous en parler… Et si vous me promettez de n’en parler à personne alors je veux bien vous en dire plus… »


    Mais elle s’arrêta là, incapable de formuler ce qu’elle avait en tête. Elle ne devait pas parler de la violence de son beau-père, tout d’abord parce que la conseillère pourrait douter de son témoignage étant donné qu’il n’était pas moins que le shérif de Lima. Il faisait partie des notables de la ville. Cette pensée donnait des nausées à la jeune fille, elle ne pouvait l’imaginer serrer des mains en public avec un sourire bienveillant. Ce type était fou, cupide et manipulateur. La transformation de son attitude en présence de sa mère et lorsque celle-ci quittait la maison était radicale et effrayante. Il pouvait être dans la même journée un mari aimant et attentionné et un beau-père violent et déséquilibré. Elle pouvait toujours dire qu’elle ne s’entendait pas avec lui et que les tensions à la maison étaient nombreuses. Elle passerait certainement pour une adolescente récalcitrante et la conseillère en concluerait certainement que le shérif était héroïque de supporter une rebelle pareille sous son toit. Non, Taleen ne voulait pas de ça. Elle devait tout de même faire comprendre à Emma que ce type était un salaud. Ses mains étaient jointes et ses doigts ne cessaient de s’entremêler, de se serrer et de se déserrer sous l’effet du stress. Elle les observait machinalement et finit par rejoindre le siège qu’elle venait de quitter sans pour autant regarder la rousse dans les yeux. Elle avait peur qu’elle n’y lise le désespoir qu’elle ressentait vraiment et la peur que son beau-père lui inspirait de plus en plus. Elle soupira et se lança :

      « C’est mon beau-père, il passe son temps à me rabaisser. Il ne m’aime pas du tout… Tout est bon pour me faire péter un câble. Je n’ai aucune envie de rentrer chez moi quand ma mère n’est pas dans les parages. Parce qu’il se sert de moi comme d’un punchingball. Enfin, il se défoule verbalement sur moi, je veux dire !»


    E
    lle avait rapidement réctifié en se rendant compte que le terme de punchingball qui pouvait signifier tête de turc comme réceptacle de coups répétés pouvait laisser entendre qu’il la frappait. Ce n’était pas totalement faux mais elle ne voulait pas que la conseillère le sache. Cette confession semblait faire du bien à la jeune fille, elle était contente d’avoir partagé une partie de son mal-être avec une adulte. D’autant que Mlle Pilsbury semblait quelqu’un de très professionnel et avait l’air de se soucier de ses élèves. Cela ne semblait pas courant dans ce lycée entre Sue Sylvester qui martyrisait les lycéens, le proviseur qui ne s’intéressait qu’aux comptes serrés du lycée et les professeurs un peu tarés qui enseignaient ici. Mais est-ce que ce professionnalisme ne pousserait pas la jeune femme à parler à sa mère ou son beau-père ? Taleen espérait qu’il n’en serait rien.
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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Lun 11 Oct - 10:13

    Emma observa longuement le visage de Taleen, toujours plantée comme un piquet près de la porte de son bureau. La jeune fille semblait hésitante, comme si elle ne savait pas si elle devait se livrer à la conseillère d’orientation ou au contraire, garder ses soucis pour elle. Emma leva un sourcil, en attente d’une possible réponse. Elle savait à quel point les élèves restaient toujours un peu méfiant quant à se confier à elle. Pourtant, elle était conseillère d’orientation, après tout. Elle avait fait des études de psychologie, avait acquis une certaine connaissance sur l’être humain et si elle était sur cette chaise aujourd’hui, c’était parce qu’elle avait choisi de consacrer sa vie à aider les autres, à leur donner des conseils, et ce sur n’importe quels sujets. Les élèves restaient parfois sceptiques, Emma le savait : le premier réflexe qu’ils avaient étaient de se renfermer, de garder tout pour soi et de jouer avec les apparences, de telle sorte que personne ne puisse se douter des problèmes qu’ils avaient. Toutefois, ils devraient le savoir : elle était là pour ça, là pour les aider et les guider. De plus, elle ne pouvait même pas parler de ces problèmes à l’extérieur, ou toutefois ne pouvait-elle pas révéler ce que chaque élève disait. Parfois, cela constituait un véritable problème. Emma avait déjà été confrontée à des cas plutôt graves : des viols, menaces ou même violences à répétition ; des adolescents qui ne croyaient plus en rien, traumatisés parce qu’ils avaient vu ou vécu. Dans ces cas-ci, elle devait alors tenter d’aider les élèves à se reconstruire. Parfois, s’ils étaient d’accord de se faire aider, elle appelait les parents, voire carrément les services sociaux. Mais étant liée au secret professionnel, elle devait d’abord les convaincre d’en parler sans avoir le droit de prendre cette initiative seule.

    Face au visage de la jeune fille, Emma ne se doutait pas un seul instant qu’elle puisse être confrontée à ce genre de problème sérieux. A première vue, elle n’était qu’une adolescente mal dans sa peau après un déménagement qui l’avait bouleversé : elle avait du quitter ses repères et ses amis. Face à cela, son seul moyen avait été d’essayer de reprendre le dessus en devenant populaire et en prouvant à quiconque qu’il ne suffisait pas de porter l’uniforme des Cheerios pour se faire respecter au lycée McKinley. Malheureusement pour elle, et Emma le savait mieux que quiconque, c’était le cas, et les apprentis chanteurs n’étaient pas très bien accueillis et Sue Sylvester elle-même veillait à ce que cet ordre ne soit pas dérangé, mettant en avant ses chères Cheerios et faisant tout ce qu’elle pouvait pour ridiculiser les Glee clubs – elle avait d’autant plus de travail qu’elle avait désormais deux clubs sur lesquels veiller. Soupirant à cette idée, Emma aperçut alors Taleen qui se rapprochait de son bureau, avant de se figer au beau milieu de la pièce. La jeune femme plongea son regard dans celui de l’élève, qui se relevait toujours être incertain. Finalement, Taleen baissa les yeux et répondit :

      « Je sais que vous voulez m’aider, Mlle Pillsbury, et j’ai envie de vous en parler… Et si vous me promettez de n’en parler à personne alors je veux bien vous en dire plus… »

    La voix de l’adolescente se rompit et elle garda son regard rivé au sol. Emma se rendit compte que son instinct ne l’avait pas trompée : il y avait bien quelque chose en dessous de cette carapace que s’était construit Taleen ; quelque chose dont elle avait peur de parler, à voir la manière qu’elle avait de marcher sur des œufs, hésitant plus à chaque seconde de révéler l’étendue de son problème. Alors Emma patienta un instant, attendant de voir si l’élève allait répondre. Celle-ci semblait en pleine réflexion et la conseillère d’orientation ne savait pas si elle allait finir par se livrer à elle. Alors pour lui donner un peu de courage, elle lui répondit :

      «Si tu as envie de m’en parler, alors fais-le. Tu dois te confier et arrêter de tout garder pour toi Taleen. Parle-moi et je te promets de ne pas aller le raconter. Cela ne sortira pas de ce bureau, fais-moi confiance. »

    Emma espérait que ces paroles parviendraient à mettre en confiance la jeune fille et qu’elle finirait par lui dire ce qui n’allait pas. Elle fut donc agréablement surprise lorsqu’elle la vit s’approcher et finalement se rassoir sur la chaise face à elle. Malgré ce geste qui semblait être une preuve de confiance, l’adolescente ne se résolut pas à croiser de nouveau le regard d’Emma qui, patiente, attendait simplement qu’elle prenne son courage à deux mains et finisse par lui parler. Après un soupir, Taleen finit par dire :

      « C’est mon beau-père, il passe son temps à me rabaisser. Il ne m’aime pas du tout… Tout est bon pour me faire péter un câble. Je n’ai aucune envie de rentrer chez moi quand ma mère n’est pas dans les parages. Parce qu’il se sert de moi comme d’un punching-ball. Enfin, il se défoule verbalement sur moi, je veux dire ! »

    Emma acquiesça doucement d’un signe de la tête. Les histoires de belle-mère ou de beau-père, ça la connaissait. Elle ne comptait plus les cas de divorce de parents qui rendaient les enfants vulnérables et dénués de confiance. Car lorsque les parents se séparaient, la première réaction chez les enfants était de se dire que c’était de leur faute, ce qui n’était jamais le cas. Ensuite, ils se mettaient à douter de valeurs fondamentales telles que l’amour, la fidélité ou la confiance, se disant que si ces deux figures emblématiques qui constituaient leur modèle sur Terre ne s’aimaient plus ou ne désiraient plus être ensemble, alors l’amour n’existait pas et personne ne pouvait prétendre tomber amoureux. Ensuite, il y avait la seconde étape : lorsque les parents retrouvaient un partenaire. A ce moment-là, les enfants ne voyaient en ces derniers que de vulgaires remplaçants, et malgré la séparation définitive des parents, ressentaient une certaine trahison de la part des parents. Emma savait tout ça : elle l’avait vu et essayé d’aider ceux qui étaient les plus malmenés dans l’histoire : ceux qui se retrouvaient au milieu. Cela expliquait la haine que vouaient la plupart à leur beau-père ou belle-mère.

    Pourtant, dans le cas de Taleen, il semblait que ça aille plus loin que ça. Emma avait retenu un terme essentiel : punching-ball. Elle avait remarqué à quel point la jeune fille s’était dépêché de se reprendre après l’utilisation de cette expression, comme si elle venait de commettre une gaffe : Emma était loin d’être aveugle et l’avait tout de suite remarqué. Cela semblait donc plus grave que ce qu’elle ne pensait. Hésitant, elle finit par répondre d’une voix douce et posée :

      « Quand tu dis qu’il se sert de toi comme un punching-ball, tu es certaine de ne parler que du coté « verbal » ? D’après ce que tu me dis, tu as l’air d’avoir peur de lui, peur d’être dans la même maison que lui lorsque ta mère n’est pas là… As-tu déjà essayé d’en parler avec ta mère ? Je sais que c’est difficile, étant donné la situation, mais ne penses-tu pas que tu devrais essayer de lui en parler ? Tu n’es pas obligée de lui sauter dessus en lui disant que tu détestes ton beau-père d’emblée, mais tu peux toujours lui confier tes doutes, elle t’écoutera. »

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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Lun 11 Oct - 17:20

    La promesse de Mlle Pillsbury de ne rien révéler de ce qui serait dit dans ce bureau donna un peu de courage à Taleen même si elle gardait dans un coin de sa tête à l’esprit que ce n’était jamais quelque chose de certain. Si Taleen lui avouait un meurtre, elle serait bien obligée d’aller en parler à la police. Il en serait de même si elle lui révélait que son beau-père était violent. Bien sur, elle ne voulait pas trop se plaindre non plus car les histoires de violence familiale sont bien plus sordides que celle qu’elle pourrait raconter sur le champs. Après tout, le shérif ne faisait aucun mal à sa mère, il donnait l’illusion d’être le parfait petit copain, un homme sur lequel il faut mettre le grappin dessus à grands coups de robe blanches, alliances et mairie. C’était le pire cauchemar de Taleen : que son beau père épouse sa mère. Car là, ce serait réellement l’enfer. Mais pour l’instant, Taleen ne se sentait pas une victime… A vrai dire, elle n’était pas une enfant facile et elle le savait. Elle avait reçu des gifles, très violentes, il fallait l’avouer mais seulement des gifles. Pas de coup de poing, pas d’objets jetés au visage, pas de cigarette écrasée sur la peau ou ce genre de trucs atroces que les hommes violents faisaient parfois subir à leurs famille. Taleen ne se sentait pas légitime à se plaindre, il y avait tellement pire. Et puis, si elle en disait trop cela pouvait revenir aux oreilles de sa mère et elle ne voulait pas qu’elle apprenne que son nouvel amour était un fou furieux. Il fallait mieux qu’elle pense qu’il était un simple salaud, Taleen travaillait pour que cela se produise, elle vaait déjà prévu de cacher des sous-vêtements féminins dans les affaires du shérif pour que sa mère les y découvre. Elle n’avait pas encore mis son plan en action car elle avait très peur que son beau-père s’en rende compte avant sa mère et se venge…

    Taleen en racontant seulement ce qu’elle voulait que sache la conseillère fit une gaffe monstrueuse. Elle utilisa le terme « punchingball ». Encore si elle ne s’était pas reprise avec empressement, ce mot aurait paru anodin. Mais elle s’était grillée toute seule et elle se sentait très mal à l’aise à présent. Il ne fallait pas qu’elle parle ou alors tout s’enchaînerait. La tristesse de sa mère, la colère de son beau-père… Peut-être tuerait-il la jeune rockeuse et sa mère sous l’effet de la rage ? Taleen ne connaissait pas les limites de cet homme mais il l’effrayait. Elle sentait qu’il retenait ses excès de violence et que c’était difficile pour lui, alors quand il déciderait de tout laisser sortir ? Qu’est-ce qu’il se passerait ? Non il ne fallait pas qu’elle révèle à la conseillère d’orientation ce qu’il se passait chez elle. Ou alors ce serait la catastrophe. Alors quand la jeune femme releva l’empressement avec lequel elle avait rectifié sa phrase et lui demanda si ces brimades étaient vraiment uniquement verbales. Elle blêmit légèrement. Elle tenta de cacher la panique qui s’emparait d’elle et répondit du ton le plus neutre qui lui était possible d’employer :

      « Mais oui, vous dîtes n’importe quoi. Mon beau-père est le shérif de Lima. C’est juste qu’on ne s’entend pas… Voilà. »


    Il fallait qu’elle quitte ce bureau et vite car la jeune femme en face d’elle était en train de la percer à jour. Il ne fallait pas que ça se produise, absolument pas. Elle se leva d’un bond, replaça son sac à main sur l’épaule et acquiesça aux paroles de la conseillère sans pour autant lui adresser un seul regard. Elle faisait mine de gratter des restants de Slushy sur ses doigts poisseux. Sa tête hochait aux conseils de la rousse : oui elle en parlerait à sa mère. Elle sourit légèrement pour signifier à la femme que c’était une très bonne idée. Mais en réalité c’était tout sauf une bonne idée et elle ne suivrait absolument pas ce conseil. Parce que de toutes façons, elle allait soit blesser sa mère soit être blessée personnellement. Oui, car il y avait une autre possibilité : que sa mère ne la croit pas. Après tout ce n’était pas si difficile à imaginer, elle était folle amoureuse du shérif qui se comportait en sa présence comme le prince charmant et elle n’avait jamais été vraiment proche de sa fille. Taleen conclut :

      « Merci de m’avoir écoutée et conseillée, Miss P. Je dois y aller maintenant, je ne veux pas croiser des élèves avec une tête pareille. Au revoir. »


    Elle osa tout de même croiser le regard de la jolie rousse et comprit que c’était fichu. Maintenant, elle était persuadée qu’il y avait un problème grave chez Taleen et elle allait certainement creuser dans ce sens. La blonde se dirigea vers la porte en faisant attention à ne pas se précipiter pour que ça n’ait pas l’ai suspect. Elle poussa la porte, la franchit et la laissa se refermer toute seule. Elle observa le couloir vide et soupira de soulagement. Elle ne voulait pas avoir à affronter les regards moqueurs de ses compagnons de classes. L’accueil familial serait suffisant pour achever de lui miner le moral. La cloche allait bientôt retentir, elle s’empressa de se diriger vers la sortie, elle se tourna pour observer la porte du bureau de Mlle Pillsbury et pria pour qu’elle ne la retienne pas dans sa fuite, elle n’avait plus la force de mentir avec crédibilité. Si tant est qu’elle ait été crédible à un seul instant.
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MessageSujet: Re: 01. Losing your mind   Jeu 14 Oct - 14:55

    Emma observait Taleen tout en espérant que ses paroles parviendraient à la convaincre d’en parler avec sa mère. Elle savait que ce n’était pas toujours facile. En général la communication entre mères et filles avait du mal à se faire, surtout au moment de l’adolescence quand la plupart des jeunes prennent leurs parents pour des imbéciles ou des ignorants, et qu’ils passent davantage de temps à se plaindre qu’à les remercier pour tout ce qu’ils font pour eux. Emma avait déjà pu le constater à de nombreuses reprises, et ce même avant qu’elle commence ses études dans la psychologie. Pourtant, elle n’avait jamais réellement eu ce genre de problème chez elle. Au contraire, elle avait été proche de sa mère et n'avait jamais hésité à lui confier ses doutes. C’était la seule avec qui elle pouvait le faire, car elle ne désirait pas en parler avec le peu d’amis qu’elle avait. Alors quand elle en avait gros sur le cœur, elle prenait sa mère à part. Celle-ci comprenant, elle l’emmenait loin de la maison : dans un parc ou un centre commercial pour se changer les idées, laissant la jeune Emma lui raconter ce qui n’allait pas. Si seulement toutes les adolescentes faisaient ça, tout serait beaucoup plus simple. Dans le cas de Taleen, elle pourrait parler de ses craintes quant à son beau-père.

    Toutefois, malgré l’espoir de la conseillère d’orientation, la jeune fille installée face à elle ne semblait pas convaincue par ses conseils. Taleen blêmissait à vue d’œil et Emma n’était pas sûre qu’elle prenne ses conseils en considération. La plupart du temps, elle parvenait à convaincre les élèves, n’hésitant pas à présenter ses fameux prospectus pour appuyer ses propos. Mais il ne fallait pas croire que tous les lycéens suivaient à la lettre les conseils qu’elle donnait : il y en avait aussi beaucoup qui venaient dans son bureau parce qu’ils y étaient obligés, envoyés par un professeur, voire même le directeur. Ces derniers faisaient donc bonne figure en s’installant sur la fameuse chaise face au bureau d’Emma, écoutaient d’une oreille distraite les conseils qu’elle leur donnait, puis s’en allaient en oubliant tout ce qu’elle avait bien pu dire. Et ce, malgré toute l’énergie qu’elle déployait pour eux, mettant toujours toute la meilleure volonté du Monde à pouvoir aider certains élèves. Malheureusement, il s’avérait que les lycéens étaient justement les plus difficiles à convaincre. C’était pour ça qu’elle avait accepté cette place de conseillère d’orientation à McKinley après tout : parce qu’elle espérait pouvoir faire changer les choses, et non s’asseoir sur un fauteuil confortable (et propre), toute la journée, en écoutant des patients venus se plaindre, et ne donnant que de rapides conseils en fin de séance. Emma voulait avoir un rôle actif : elle avait le sentiment que les lycéens étaient ceux qui réclamaient le plus d’attention étant donné qu’ils traversaient une période de crise, l’adolescence.

    Les craintes de la jeune femme semblèrent fondées, car dès que Taleen reprit la parole, elle entendit au ton de sa voix qu’elle était paniquée :

      « Mais oui, vous dîtes n’importe quoi. Mon beau-père est le shérif de Lima. C’est juste qu’on ne s’entend pas… Voilà. »

    Emma leva un sourcil interrogateur. Elle avait lu le dossier de Taleen et ne s’était pourtant pas souvenu que le shérif de Lima était son beau-père. Cela pouvait expliquer la méfiance de la jeune fille : peut-être avait-elle peur que si Emma en parlait autour d’elle, cela finirait forcément par arriver aux oreilles de son beau-père. Ce qui n’arriverait jamais de toute façon, car comme elle lui avait déjà dit, elle n’avait pas le droit de répéter à quiconque ce que lui disait Taleen. Toutefois, elle n’eut pas le loisir de méditer davantage sur la question, car l’adolescente se leva soudainement d’un bond. Elle retrouva le regard d’Emma qui cru percevoir de l’agitation dans ses yeux bleus. Pourtant, elle tentait certainement de sauver les apparences car elle acquiesça d’un signe de la tête, comme si elle était d’accord avec ce qu’elle venait de dire, avant d’esquisser un sourire qui se voulait rassurant mais qui sonnait faux aux yeux de la conseillère d’orientation.

      « Merci de m’avoir écoutée et conseillée, Miss P. Je dois y aller maintenant, je ne veux pas croiser des élèves avec une tête pareille. Au revoir. »

    Emma fronça cette fois-ci les sourcils, alertée par la précipitation de la jeune fille. Cette dernière se dirigea vers la porte dans une drôle de démarche et elle eut tout juste le temps de se lever et d’ajouter :

      « Non, attend, tu pourrais rester je peux t’aider à… »

    A arranger sa tenue, telle aurait du être la fin de la phrase d’Emma si la porte n’avait pas claqué derrière Taleen qui s’était aventuré dans les couloirs, plus impatiente que jamais à l’idée de sortir de ce bureau. Emma poussa un soupir. Elle était certaine que la jeune fille ne lui avait pas tout dit, et qu’il y avait quelque chose là-dessous qui n’était pas clair. Malheureusement, si elle voulait le découvrir, il faudrait faire avec le caractère explosif de l’adolescente, ce qui ne s’annonçait pas être une partie de plaisir. La jeune femme se dirigea vers les tiroirs remplis de dossiers d’élèves et chercha celui de Taleen : elle souhaitait y jeter un nouveau coup d’œil en espérant que cela l’aiderait à comprendre ce que traversait la jeune fille. Elle se rassit ensuite sa chaise, calmement, et commença à lire le dossier, cherchant le moindre indice susceptible de l’aider. Pourtant, au bout de quelques minutes seulement, ses pensées se redirigèrent directement vers Will Schuester… puis Carl Howell.


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