Choriste du mois


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 07. Satan vs. God

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MessageSujet: 07. Satan vs. God   07. Satan vs. God EmptyMer 3 Aoû - 22:02

La journée avait pourtant bien commencé. Santana s’était occupée comme il se devait de deux losers qui l’avaient regardée d’un peu trop près, et sa popularité avait encore été prouvée lorsqu’elle avait ouvert son casier et y avait découvert une bonne dizaine de mots doux, certes ridicules et écœurants de niaiserie, mais tout de même plaisants. Ensuite, Coach Sylvester l’avait convoquée dans son bureau pour lui faire ce qui ressemblait vaguement à un compliment. Et puis il y avait ce soir, qu’elle attendait avec impatience. Cette soirée où seuls footballeurs et cheerios étaient conviés, et où l’alcool allait couler à flots. Elle avait déjà choisi la tenue qu’elle allait porter ; une minuscule robe noire au décolletée vertigineux, qui, elle le savait, allait faire tourner toutes les têtes. Elle avait tellement hâte que son sourire n’avait pas quitter son visage de la journée, en effrayant plus d’un au détour d’un couloir. Jusqu’à ce cours de chimie.
Santana détestait cette matière autant que les mathématiques, mais le côté pratique de la discipline l’amusait. Lily, son binôme de choc, et elle adoraient mélanger les produits pour créer de jolies couleurs, et pendant une petite heure Santana avait l’impression de retourner à l’époque de l’école maternelle. Aujourd’hui ne dérogeait pas à la règle, et Lily et elle trépignaient d’impatience en attendant devant la salle de classe. Mais il avait fallu qu’une grenouille de bénitier vienne tout gâcher.

Ashandra Moon, cette fille au prénom si éloignée du caractère de la personne qu’il représentait. Lorsque Santana avait entendu son nom pour la première fois, elle s’était imaginée une future copine de shopping. Avec un prénom pareil, Ashandra ne pouvait être qu’une fille populaire en devenir. Et pourtant… Moon était l’exacte opposé de Santana. Elle faisait partie de ces filles que la cheerio détestait plus que tout : coincées, mal habillées, prêchant la parole divine comme si elles étaient le nouveau messie. Elle l’avait vu de loin et ne lui avait jamais adressé la parole, mais s’était ouvertement moquée de celle qu’elle appelait maintenant le nouveau cul serré de McKinley maintes et maintes fois. Une pauvre fille insignifiante, mais tellement facile à critiquer. Santana la voyait éviter tout contact physique ou visuel avec n’importe quel garçon, faisant parfois des détours improbables pour échapper à ce qu’elle devait probablement appeler ’la tentation du diable’. Oui, cela amusait Santana au plus au point. Sauf aujourd’hui.

Miss Moon avait refusé de se partager cette heure de labo avec Hummel. Lorsque le professeur avait insisté, Ashandra avait supplié d’une façon complètement ridicule, et Santana était persuadée d’avoir vu les yeux de la jeune fille se remplir de larmes. Kurt Hummel, une tentation du diable… Ashandra ne risquait rien, et c’était ce qui avait amusé le plus Santana. Son ricanement n’avait pas échappé à leur enseignant, et sans qu’elle ne s’en rende compte, Santana s’était retrouvée en binôme avec Cul Serré.

Depuis, Santana bouillonnait. Ashandra Moon venait de ruiner sa journée parfaite, et elle n’allait faire qu’une bouchée de cette petite imbécile. Elle laissa la jeune fille s’occuper de la leçon du jour, se contentant de pousser de gros soupirs accompagnés de coups d’œil glacials. Lorsque le cours se termina enfin, Santana se leva prestement et suivit Ashandra qui s’échappait de la salle plus vite que Rachel Berry. Elle lui attrapa le bras et la poussa sans ménagemen contre le mur.

« Toi, tu restes ici et tu ne bouges pas. Toi et moi avons quelques petites choses à régler. »

Maintenant la jeune fille avec force, Santana attendit patiemment que tout le monde quitte la salle de classe avant de s’y engouffrer de nouveau sans relâcher sa prise autour du bras de Ashandra, claquant la porte derrière elle.
Elle reporta son attention sur la jeune fille, la détaillant des pieds à la tête. Santana était persuadée qu’Ashandra avait un de ces corps parfaits qui ferait chavirer le cœur de n’importe quel garçon normalement constitué, et elle possédait un visage magnifique que Santana enviait presque. Pourtant, tout ce potentiel était gâché par cette robe informe et cette coiffure négligée. La cheerio s’attarda un instant sur la croix qui pendait autour du coup d’Ashandra et un sourire naquit sur ses lèvres.
Elle la bouscula de nouveau, juste pour la forme, avant de prendre la parole.

« Tu vois, Cul Serré, s’il y a bien quelque chose que je ne supporte pas, c’est qu’on me pourrisse ma journée. Ça me met en colère, et crois-moi, ce n’est pas un sentiment que le commun des mortels souhaite faire naître chez Santana Lopez. Malheureusement pour toi, c’est ce que tu viens de faire, et tu penses bien que je ne peux pas laisser passez ça. Ce n’est pas mon genre d’être clémente, et je n’ai strictement rien à faire de ce que Dieu va penser de mon comportement lorsque je me serais venger de toi comme il se doit. Il ne te restera plus que les prières et tes yeux pour pleurer lorsque je me serais occupée de ton cas. »

Santana la relâcha et s’éloigna de quelques pas. Sa vengeance se devait d’être à la hauteur de sa colère, et elle s’accorda quelques instants de réflexion pour mettre au point un scénario parfait.
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MessageSujet: Re: 07. Satan vs. God   07. Satan vs. God EmptyJeu 4 Aoû - 1:09

Chaque jour passé au lycée McKinley était une épreuve que Dieu lui envoyait. Si elle ne parvenait pas encore à s’intégrer c’est qu’elle ne le méritait pas et qu’elle devait s’efforcer de mieux faire, Ashandra en était persuadée. Tous les matins, son frère s’engouffrait dans les couloirs avec bien plus d’assurance qu’elle, sa veste de football sur les épaules. À peine étaient-ils arrivés à Lima qu’il était allé voir le coach Beiste pour passer le test d’entrée dans l’équipe. Malgré tout ce qui s’était passé à Des Moines, Mickael n’avait pas peur d’aller vers les autres et de reprendre sa vie d’avant. Bien qu’il ait un an de moins qu’elle, il était bien plus fort, et Ashandra l’admirait énormément. Elle-même avait du mal à lever les yeux en marchant, alors parler à des élèves inconnus en faisant le premier pas, ça lui semblait une épreuve insurmontable. La veille elle avait assisté à l’agression d’une élève par trois cheerios : elles s’étaient mises en arc de cercle autour d’elle, des sourires radieux sur les lèvres, et puis elles avaient déversé tour à tour le contenu de leurs grands gobelets de glace pilée. Cette vision d’horreur avait purement et simplement traumatisé Ashandra qui était restée figée dans le couloir, collée à son casier, les yeux rivés sur la victime qui semblait ne pas être plus étonnée que cela. Lorsque les trois pestes aux jupes indécemment courtes s’étaient éloignées après un dernier regard de mépris et des ricanements maléfiques, la jeune fille s’était approchée doucement de sa camarade en lui tendant son mouchoir en tissu pour s’essuyer le visage qui ruisselait de cristaux violacés. Sans mot dire elle la regardait pleine de compassion, cherchant des paroles réconfortantes à lui adresser, mais elle n’osait pas. Tant et si bien que la victime finit par la dévisager d’un drôle d’air en lui rendant son mouchoir maculé de glace, sifflant un vague remerciement entre ses dents.

Qu’est-ce qui pouvait bien faire que les élèves de ce lycée se haïssent à ce point ? Bien sûr dans son lycée précédant la hiérarchie était de mise : il y avait les cheerios et les footballeurs en haut de la pyramide, puis les lycéens banals qui participaient ou non à des activités extra scolaires, et en bas de l’échelle les intellos qui vivaient dans leur monde fait de mathématiques ou bien les reines du drame qui vendaient leur âme pour jouer le premier rôle dans les pièces du lycée qui n’avaient jamais de succès. Mais tout semblait plus intense ici, plus contrasté, plus inviolable aussi. Si Shandy n’avait jamais été une reine de popularité, elle n’avait jamais été aussi bas dans la chaîne alimentaire des lycéens, et elle savait pertinemment qu’elle risquait l’agression à chaque instant. Pour éviter cela elle se faisait toute petite, ne se déplaçant dans le lycée qu’avec les foules, mangeant à l’écart du reste des élèves dans la cour le midi. De toute façon elle était trop timide pour demander à ses camarades de classe de manger à leur table, et puis elle préparait elle-même son déjeuner ainsi que celui de sa mère le matin. Mickael, lui, mangeait toujours à la cantine, entouré de ses amis. Les premiers jours il avait bien essayé de l’inviter à sa table, mais la simple pensée de manger à côté d’un garçon lui glaçait le sang. Il était hors de question qu’elle s’approche d’un membre du sexe opposé pour le moment, et pour longtemps. Non seulement elle l’avait promis à Dieu en quittant son ancienne maison, mais c’était aussi parce qu’elle avait peur de voir se reproduire la catastrophe de sa première et dernière relation d’adolescente. Les hommes étaient méchants, des êtres mauvais qui ne savaient pas voir au-delà des apparences et qui faisaient d’elle un objet. Chaque fois qu’elle sentait le regard de l’un d’eux se poser sur elle Ashandra en avait presque la chair de poule. L’idée qu’un footballeur puisse la frôler dans les couloirs la révulsait tellement qu’elle était parfois contrainte de faire demi-tour pour prendre un autre itinéraire, et ce n’était pas une mince affaire lorsqu’on refuse de se déplacer en dehors des heures de pointes.

La journée s’était pourtant passée sans trop d’encombre pour la jeune fille qui avait une fois de plus réussi à passer entre les mailles du filet tendu dans McKinley composé de garçons et de slushy. La journée de cours touchait bientôt à sa fin et elle pourrait rentrer chez elle le plus vite possible pour travailler la chanson de dimanche. La paroisse avait décidé de répéter une chanson de Sallie Martin cette fois-ci, « God put a rainbow in the sky », et elle voulait prendre plus d’assurance pour passer en première ligne dans le chœur. Tout cela lui mettait du baume au cœur et elle avait un large sourire sur les lèvres qui trahissait son impatience de petite fille. Mais son sourire lui fit vite enlevé lorsque le professeur de chimie lui annonça qu’elle devrait faire équipe avec un certain Kurt Hummel pour l’atelier de laboratoire du jour. La nouvelle pétrifia Ashandra qui sentit les larmes lui monter aux yeux sur le champ. Elle ne voulait pas se montrer si faible devant tout le monde, ce serait encore plus humiliant, mais elle ne pouvait pas faire équipe avec un garçon. La lycéenne ne prit même pas la peine de voir à quoi il ressemblait, elle ne le pouvait pas. Le simple fait d’entendre son nom avait suffi à la faire trembler. Après de longues supplications qui lui avaient valu des moqueries et des messes basses de la part de ses camarades, elle avait réussi à obtenir d’être en binôme avec une autre fille. Et quelle fille… Il ne s’agissait de personne d’autre que Santana Lopez elle-même. La cheerio incarnait plus ou moins tout ce que Shandy redoutait et réprouvait : l’uniforme qu’elle portait était encore plus court que tous ceux des autres filles, son attitude provocante face aux garçons ne laissait planer aucun doute quant à ses relations avec eux, elle était violente, acide et méchante. De plus elle semblait lui vouer une haine sans nom alors qu’elles ne s’étaient même jamais adressé la parole. L’heure de cours s’était passée sans trop d’encombre, la lycéenne avait soigneusement évité de croiser son regard et s’était évertuée à suivre tous les protocoles à la lettre pour ne pas être la cible potentielle de reproches. Dès que la cloche retentit elle s’enfuit de la classe, littéralement, ramassant ses affaires éparpillées sans prendre le temps de les remettre dans son sac. Tout pour ne plus rester une seconde en présence de ce démon qui semblait prête à lui sauter à la gorge. Une fois la porte passée elle ne put s’empêcher de lâcher un soupir de soulagement, se croyant à l’abri du danger, mais au moment où elle se relâchait un peu, elle sentit l’étau d’une poigne de fer sur son bras puis son dos vint heurter le mur violemment. Et voilà que ce qu’elle redoutait tant venait d’arriver : elle était dans la ligne de mire de Santana Lopez. Quelques instants après, le temps que la classe se vide de ses derniers occupants, elle était entraînée à l’intérieur, toujours fermement tenue par le bras. Ashandra était à présent dévisagée par la bête de haine qui semblait éprouver un malin plaisir à détailler ce corps qui lui faisait tant honte. Que pouvait-elle bien penser en la regardant de la sorte, un sourire sadique figé sur son visage pourtant si joli ? Le flot de paroles agressives qui s’échappa de ses lèvres laissa Ashandra sans voix pendant quelques secondes. Que voulez-vous répondre à une telle agression injustifiée ? La lycéenne avait une folle envie de prendre ses jambes à son cou, profitant d’une seconde d’inattention de la belle latino perdue dans ses pensées, mais elle était consciente que ce ne serait que repousser l’échéance, et qu’il faudrait tôt ou tard l’affronter. Autant se confronter à elle seule plutôt qu’à une bande de filles en jupes blanches et rouges armées de glace pilée, voilà ce qu’elle se disait pour se donner du courage.
    Je… je ne sais pas ce que je t’ai fait mais…

Sa voix s’était perdue au milieu de sa phrase. Elle ne tremblait pas, son regard ne vacillait plus, mais elle n’avait pas eu la force de garder la tête haute suffisamment longtemps pour parler au dos de son bourreau. Néanmois elle ne pouvait pas abandonner et laisser ses valeurs, les seules qui lui restaient, être bafouées de la sorte.
    Je ne vois pas pourquoi Dieu s’intéresserait à toi si tu lui tournes le dos. Dans sa grande bienveillance il ne t’accordera le pardon que si tu vas le lui demander, alors ne te pense pas victime de ses foudres.

Elle s’était avancée de quelque pas, tâchant tant bien que mal de relever la tête pour soutenir le regard de son adversaire qui lui faisait à présent face. Courage Ashandra, ce n’est qu’un mauvais moment, tu n’as pas peur. Il va t’aider, Il sait ce qui est juste. Sa voix tremblait toujours un peu lorsqu’elle prononça ces mots, mais elle n’avait buté sur aucun d’eux, ce qui était en soi une petite victoire. Pourtant elle regrettait déjà son audace et s'en mordait la lèvre inférieure. Elle allait se faire dévorer par la furie qui se tenait à quelques pas d'elle maintenant, c'était certain. Quelque chose en elle lui disait que son amour pour Dieu n'était pas ce qui aurait pu la sauver de Santana Lopez, mais il était trop tard.
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MessageSujet: Re: 07. Satan vs. God   07. Satan vs. God EmptyJeu 11 Aoû - 13:01


Santana avait été élevée dans une famille Catholique, et la religion tenait une grande place au sein de leur maison. La jeune fille se souvenait encore de ses communions, et des messes auxquelles les Lopez assistaient tous les dimanches. Pourtant déjà, à cette époque, Santana ne se sentait pas portée par le même sentiment que semblaient éprouver ses parents. La raison pour laquelle elle s’y rendait de bon cœur était les jolies robes que sa mère lui faisait porter spécialement pour entrer dans la maison de Dieu. Santana se voyait encore s’asseyant sur l’un des bancs inconfortables de l’église, entre son père et sa mère, passant le temps que durait de la messe à jouer avec les rubans de sa robe tout en jetant des regards aux alentours pour s’assurer que tous les gens de leur paroisse avait vu son nouveau vêtement. Plus jeune, ses parents s’assuraient qu’elle faisait sa prière tous les soirs, et la petite s’y attelait de mauvaise grâce. Puis le temps avait passé, et Horatio et Gloria avait relâché leur bride religieuse, acceptant de plus en plus son absence auprès d’eux et des autres fidèles le dimanche matin. Ses prières se faisaient plus rares, et lorsqu’elle s’agenouillait au pied de son lit ce n’était que pour souhaiter du mal à l’une de ses camarades de classe, ou pour demander cette nouvelle robe qu’elle avait aperçu dans la vitrine d’un grand magasin. Santana n’avait jamais vraiment cru en Dieu, mais s’était pliée aux règles familiales jusqu’à ce qu’elle soit en âge de faire ses propres choix. La mort brutale de sa grand-mère, qu’elle chérissait plus que tout, avait anéanti tout espoir de foi, et elle n’avait plus jamais assisté à la moindre messe. Si Dieu existait véritablement, Il n’était pas qu’amour, comme l’affirmait les prêtres, Il était cruel et égoïste, et Santana refusait de se mettre à genoux pour quelqu’un comme ça. La jeune fille ne refusait pas l’existence d’un Dieu ; mais même si ce dernier existait, elle avait choisit d’aller à l’encontre des règles fixées par les textes religieux, et elle se faisait un malin plaisir à jouer avec le feu en permanence.

Et ce n’était pas la douce, innocente et naïve Ashandra qui allait la faire changer d’avis. Santana se contenta de fixer la jeune fille qui tentait tant bien que mal de parler sans que sa voix ne tremble. La cheerio s’amusait tellement qu’elle éclata d’un rire franc lorsque Ashandra évoqua Dieu et son pardon. Elle ne le voulait pas, ce pardon, puisqu’elle-même avait refuser de l’offrir à mort de sa grand-mère. Et puis, lui pardonner de quoi ? De profiter de la vie ? Santana faisait ce qui lui plaisait. Elle s’habillait, se coiffait, disait et agissait comme bon lui semblait, et elle était heureuse ainsi. Elle n’avait qu’une vie, jusqu’à preuve du contraire, et elle comptait en profiter sans regret. Et après-tout, n’était-ce pas Dieu, si dieu il y avait, qui lui avait offert ce corps et cette insolence, ainsi que ce pouvoir de séduction qui rendait sa vie si facile ? Pourquoi devait-elle s’en priver ? Pour un paradis qui n’existait peut-être pas ? Certainement pas. Elle refusait déjà de suivre les règles établies par une société qu’elle pouvait voir, elle n’allait donc pas suivre celle d’un être dont elle ignorait s’il existait ou non.

Un petit rire s’échappa de nouveau de ses lèvres. Ashandra Moon n’était peut-être qu’une pathétique et ridicule petite croyante, mais elle avait au moins le mérite d’être drôle. Cependant, Santana se devait de l’arrêter avant que la jeune fille ne parte dans des élucubrations alambiquées. Lorsqu’elle reprit la parole, elle s’assura que son ton soit suffisamment dur pour qu’Ashandra comprenne enfin qu’elle n’avait pas son mot à dire dans cette histoire.

« Parce que tu crois vraiment que c’est ce que je rechercher ? Le pardon d’un dieu qui n’existe probablement pas ? Sérieusement, Cul Serré, tu m’as bien regardé ? Je suis sûre que tu sais qui je suis, et tu connais donc ma réputation. J’aime le sexe et la méchanceté gratuite, et je suis l’une des meilleures lanceuses de slushie de cette école. Le pardon, ton dieu peut se le mettre où je pense, parce s’il existe vraiment, ce n’est qu’un con égoïste qui prend son pied en nous faisant souffrir. »

Santana vit le visage d’Ashandra se crisper sous ses paroles blasphématoires, et son sourire s’élargit. Dieu qu’elle s’amusait ! Cette conversation était en train de lui faire retrouver sa bonne humeur, et il ne manquait pas grand-chose pour qu’elle se sente enfin pleinement satisfaite. Une idée venait de germer dans son esprit diabolique.
Elle se rapprocha de la jeune fille jusqu’à ce que leurs corps ne soit plus qu’à quelque millimètres l’un de l’autre. Elle attrapa ensuite habilement le menton d’Ashandra et laissa ses doigts s’enfoncer dans la peau sensible de son cou.

« Tu sais ce qu’on va faire, Cul Serré ? A partir de maintenant, tu vas m’obéir au doigt et la l’œil. Tu devenir le parfait petit sous-fifre de Santana Lopez. Tu me porteras mon sac et mes cahiers lorsque je serais fatiguée, tu iras me chercher mon repas à la cantine, une bouteille d’eau quand j’aurais soif au milieu de la journée. Tu feras mes devoirs de maths et de chimie, parce que je déteste ça et que ça me fait perdre mon temps. Au besoin, tu rattacheras mes lacets et referas ma queue de cheval. Tu vas devenir mon ombre et faire tout ce que je te demanderais. »

Elle se tut un instant, laissant un silence pesant planer dans la salle. Dehors, tout était calme. Les lycéen avaient regagné leur salle de classe, alors qu’au même moment Santana venait de trouver la victime parfaite.
La cheerio resserra sa prise autour du cou d’Ashandra, un sourire sadique aux lèvres, avant d’asséner le coup de grâce :

« Malheureusement pour toi, tu ne peux pas refuser ma petite proposition. Car si tu ne fais pas ce que je te dis, je vais faire de ta vie un enfer, et plus jamais tu ne mettras les pieds à McKinley. Tu recevras une douche de slushie toutes les heures, sans exception. Et j’enverrais tous mes amis footballeurs pour qu’ils viennent te dire régulièrement bonjour. Ils sont plutôt très entreprenant, tu sais ? »

Elle éclata de rire à la pensée de Porter et de tous les autres, suivant Ashandra Moon à la trace. Dieu qu’elle était machiavélique, et comme elle était douée pour ça !
Elle reporta son attention sur Ashandra, laissant un sourire satisfait planer sur ses lèvres.

« Tout est clair ? Parce que j’ai bien envie d’un slushie cerise, là. »

Finalement, cette journée était bien plus intéressante qu’elle ne l’avait imaginée.

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MessageSujet: Re: 07. Satan vs. God   07. Satan vs. God EmptyMer 17 Aoû - 17:07

Avez-vous déjà entendu le rire du chat d’Alice au Pays des merveilles ? Pour Ashandra, ce rire avait toujours représenté le rire du diable. Un rire grave et rauque, qui semblait cacher un monde de mauvaises intentions terrifiantes. Eh bien de toute évidence la jeune fille s’était trompée sur la véritable identité du diable et le rire qui hanterait ses cauchemars à partir de ce jour serait probablement le rire beaucoup plus féminin de Santana Lopez. En voyant sa réaction face à la remarque qui avait réussi à passer le nœud dans sa gorge la jeune fille ne put s’empêcher de reculer à nouveau, ne souhaitant plus qu’une chose : fuir. Ou disparaître. Elle en était presque au point de vouloir vendre son âme pour ne plus se retrouver coincée entre un mur et le regard perçant de cette Cheerio qui cachait sûrement des nunchakus dans ses pompoms pour mieux abattre ses adversaires. Son ton glacial eut l’effet escompté et le corps de la jeune fille se raidit complètement, pas un muscle qui ne soit pas contracté, elle avait presque la chair de poule en la voyant s’approcher encore pour revenir à l’attaque. Blasphème sur blasphème. Elle s’amusait à la torturer gratuitement, comme ses anciens amis, ou considérés comme tels, l’avaient fait à Des Moines lorsque l’affaire de Parker Moon avait éclaté au grand jour. Pourquoi devait-elle toujours s’attirer des ennuis ? Pourquoi n’avait-elle pas le droit d’avoir une vie normale ? Elle se sentait coupable de s’être attiré les foudres de sa camarade. Tout était de sa faute, si elle avait accepté de garder son binôme d’origine jamais elle n’en serait arrivée là, personne ne l’aurait remarquée et elle aurait continué à faire profil bas dans les couloirs en évitant de croiser le regard des gens. Mais au-delà de la culpabilité qui pesait sur sa poitrine prête à exploser tant son cœur battait fort elle se sentait impuissante devant la colère de son agresseur. D’où pouvait venir une telle haine de Dieu, une telle rancœur qui alimentait sa violence permanente ? Où était la gloire dans le fait de se proclamer « lycéenne la plus redoutée » ? Avait-elle vraiment des amis sur qui compter quand le vent tournerait ? Ashandra savait ce que c’était que de se retrouver seule, et si elle avait choisi la voie de Dieu plutôt que celle de la colère c’était pour échapper à l’enfer. Et pas seulement l’enfer biblique auquel elle croyait dur comme fer, mais aussi l’enfer terrestre du noir qui emplit l’âme et ronge toute humanité. Le noir que l’on pouvait lire dans les yeux de Santana, qu’elle aurait pu lire si elle avait osé lever les yeux mais qu’elle devinait même en serrant les paupières à mesure que les mots venaient frapper ses oreilles.

Elle sentait son souffle sur sa peau, et quand elle sentit le contact de ses ongles sur sa gorge la contraignant à plonger son regard dans le sien la pauvre petite lâcha un soupir de désespoir. Acculée contre le mur personne ne la sauverait des griffes de sa tortionnaire qui marquaient sa chair au sens propre. Et ce nom qu’elle lui martelait « Cul serré », « Cul serré », et qui la poignardait dans le dos à chaque fois. On n’entendait que sa voix grave dans la salle, les couloirs s’étaient vidés, elle était en retard pour son prochain cours, mais c’était bien le cadet de ses soucis. Si elle en réchappait, elle se rendrait directement dans les toilettes pour vomir toute la bile venimeuse qu’elle endurait et pleurer jusqu’à ce qu’elle n’ait plus d’eau dans tout son corps. Elle refusait de pleurer sous le nez de son adversaire, elle n’en était pas digne, elle ne le méritait pas. Pas après ces insultes et ces insinuations honteuses sur l’existence de Dieu. Ashandra aurait voulu être une héroïne, une de ces femmes pleines de courage qui se tiennent droite face à l’ennemi, comme les saintes catholiques qu’elle ne pouvait s’empêcher d’admirer. Mutatis mutandis, elle n’était pas si différente de sainte Blandine face aux taureaux. Son sacrifice ne serait cependant pas remarqué et ne servirait d’exemple pour personne, et les cornes de son taureau à elle avaient la forme d’un gobelet en plastique qui dégageait une délicieuse odeur de fruit. Elle avait envie de hurler « pourquoi ? », elle ne comprenait pas d’où venait toute cette haine qu’elle lui déversait sur le corps, bien plus efficace que n’importe quel slushy cerise. Des menaces ? Des menaces de viol ? Est-ce que c’était cela qu’il fallait lire entre les lignes ? Ashandra avait dépassé l’état initial de choc, elle ne tenait plus sur ses jambes et ce n’était que parce que Santana était encore et toujours agrippée à sa gorge qu’elle se tenait droite. Elle aurait tant voulu que quelqu’un vienne chercher quelque chose dans la salle, ou bien que son frère la cherche. Mais pourquoi viendrait-il à sa rencontre à cette heure ? Il devait déjà être à l’entraînement de football à réussir son intégration dans ce lycée infernal peuplé de démons et d’esprits malins.
    Pa… pardon ?

Elle avait échappé ce son contre sa volonté, incapable de se retenir. Même sa timidité maladive et sa peur avaient des limites. La jolie noire avait été assommée par le choc. Comment pouvait-on menacer une autre fille de la sorte ? Est-ce qu’elle ne s’était jamais sentie souillée par tous ces hommes qu’elle avait pu connaître ? Elle disait aimer le sexe, très bien, mais est-ce qu’elle n’avait jamais trouvé que l’image qu’elle renvoyait était tout simplement dégradante et avilissante ? Santana lui faisait peur, mais elle lui faisait aussi pitié. Elle aurait aimé lui montrer que toute cette colère qu’elle avait en elle ne faisait que la ronger et que cette méchanceté gratuite ne l’aiderait pas à se sentir mieux. Ashandra aurait presque aimé la prendre dans ses bras, la serrer fort pour lui montrer que la chaleur d’un bon sentiment valait tous les jets de slushy glacés du monde. Ça aurait signé son arrêt de mort cela dit, et elle le savait, et puis elle avait bien trop peur pour en faire quoi que ce soit. Bien que tout ce qui était attendu d’elle à ce instant devait être un bref hochement de tête pour signifier qu’elle avait compris les ordres délirants de la Cheerio elle ne pouvait se résoudre à se condamner à passer le reste de sa vie de lycéenne à être servante de quelqu’un d’autre que Dieu. Elle avait le club de chasteté, et puis elle avait essayé de se faire des amis. La vie normale dont elle rêvait tant, elle refusait de la sacrifier sur l’autel de la crainte. Toujours aussi tétanisée, les yeux fixés sur les pupilles légèrement dilatées de la latino qui riait à nouveau. Elle finit par détourner le regard pour voir au loin à travers les vitres sales qui laissaient passer la lumière grise du mois de mars.
    Non… non je ne veux pas. Je ne comprends pas. Je n’ai rien fait ! Tes amis footballeurs ? Tu crois vraiment que tu vas obtenir quelque chose en me menaçant de… de…

La colère prenait le dessus sur la peur, elle ne savait même plus ce qu’elle disait, ni même pourquoi elle se permettait encore de parler alors qu’elle était toujours entre les mains de cette sadique. Comment réussir à soulager son cœur sans se faire tuer ? Comment s’échapper ? Il fallait que quelqu’un entre, il le fallait…
    Pourquoi est-ce que tu me fais ça ? Tu ne me connais pas, tu ne sais rien de moi, je n’ai pas à servir quelqu’un d’autre que Dieu, je n’ai pas à m’avilir pour toi, je n’ai pas à endurer ta méchanceté et la colère qui te hante, je n’ai pas à…

Et voilà qu’alors qu’elle s’était promis de ne pas pleurer devant l’ennemi une larme venait de rouler sur sa joue, lentement, laissant sur son passage une trace brûlante avant de venir s’écraser sur la main de Santana. Cette goutte d’eau salée serait comme une traînée de poudre et sa tortionnaire l’allumette, ou plutôt une goutte de sang qui réveillerait le requin déjà aux aguets.
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MessageSujet: Re: 07. Satan vs. God   07. Satan vs. God EmptyDim 28 Aoû - 13:17

La peur, la crainte de l’un de ses semblables ; ces sentiments, Santana ne les avait jamais éprouvés. La jeune fille avait toujours été celle qui inspirait la terreur, la personne que l’on redoutait par excellence. Dans les couloirs, les lycéens la surnommaient Satan, et ce n’était pas pour rien : elle était mauvaise et vindicative, savait taper là où ça faisait mal simplement en utilisant quelques paroles bien senties. Même plus jeune, au parc, entourée des autres enfants, elle était la personne qui faisait régner l’ordre dans l’espace de jeu : elle décidait de ceux qui pouvaient utiliser le toboggan ou la balançoire, ainsi que la durée de jeu autorisée et l’ordre de passage. Cependant, elle ne se voyait pas comme quelqu’un de foncièrement mauvais, juste comme une fille battante, sachant tenir tête pour éviter de se laisser marcher sur les pieds. Elle était une meneuse, celle que l’on suit et respecte, et les pauvres personnes qui osaient s’opposer à ce mode de fonctionnement réalisaient très vite qu’elles n’avaient pas le choix, ni l’once d’une chance de pouvoir se mesurer à elle. Santana était fière de son caractère, de cette carapace qu’elle avait créer autour d’elle-même. Devenant cette fille que l’on craint, elle éloignait ainsi toute possibilité de mauvaise surprise, de souffrance causée par l’un de ses camarades. Elle avait réalisé tôt que la vie n’était pas facile, et qu’il ne suffisait pas d’être gentil et serviable pour avancer sereinement et sans encombre. Le monde était rempli de gens de pouvoir, et Santana avait vite compris qu’il fallait se battre,et qu’elle devait devenir forte et respectée pour pouvoir vivre sa vie sans se faire écraser par autrui. Elle avait décidé d’être celle qui s’impose plutôt qu’une fille qui subit, d’être la personne qui effraie à la place de celle qui a peur. Elle ne craignait rien ni personne, et par conséquent était libre de faire ce qu’elle voulait, quand elle le voulait.
Non, Santana ne connaissait pas la peur, et c’était pour cette raison qu’elle n’éprouvait aucune empathie face au désespoir d’Ashandra. Elle lisait la terreur dans chacun de ses gestes, dans ses paupières serrées, dans sa voix faible et chevrotante. Le corps de sa pauvre victime était tendu et tremblant, et Santana la sentait prête à s’effondrer dès que la cheerio aurait lâché son cou gracile. Elle la laissa parler, curieuse de savoir ce qu’Ashandra avait à répondre à sa proposition, et ce même si rien ne pouvait faire changer Santana d’avis. La jeune croyante n’avait pas le choix, de toute façon.

Un curieux changement se produisit chez Ashandra, et Santana sentit la colère gronder dans le petit corps de la jolie noire. Bien qu’elle ne laissa rien paraître, gardant un visage impassible et resserrant légèrement sa prise autour du cou de son interlocutrice, Santana fut agréablement surprise par cette réaction. La jeune fille aimait persécuter celles et ceux qui la dérangeaient, et prenait un malin plaisir d’écraser ceux qui se montraient faibles et ne répliquaient pas, acceptant la sentence de la cheeleader sans se battre. Mais ce qu’elle préférait, c’était lorsque ses victimes répondaient à ses attaques et tentaient de lui tenir tête tout en sachant pertinemment qu’ils n’avaient pourtant aucun espoir de rédemption. Un certain intérêt naquit chez Santana, et elle observa avec amusement la jeune fille lever la voix et se débattre légèrement. Peut-être qu’elle pouvait tirer autre chose de ce cul béni qu’un simple statut de sous-fifre. Après tout, Ashandra ne serait pas la première fille que Santana façonnerait à son image, mais surtout à sa convenance. La cheerio en avait pris des jeunes filles sous son aile, transformant de gentilles petites lycéennes parfaites en machine à slushy aux paroles assassines. Cependant, Ashandra était différente, et serait bien plus difficile à convaincre et à avilir. Elle représentait un challenge de taille, mais la latina se sentait prête à relever le défi. Elle était Santana Lopez, elle était capable de tout, et si elle décidait de faire d’Ashandra Moon, grenouille de bénitier de son état, sa nouvelle création, elle y arriverait. Elle serait plus forte que la foi sans tâche de la jeune fille, plus forte que ce dieu à qui elle avait dédié sa vie.

Santana laissa un sourire pleinement satisfait étendre ses lèvres, mais celui-ci se changea bien vite en une grimace peu esthétique lorsqu’elle remarqua la larme qui glissait inéluctablement sur la joue rebondie d’Ashandra. La déception remplaça alors tout autre sentiment chez la cheerio, et le peu d’intérêt qu’elle avait éprouvé pour la jeune fille disparut aussi rapidement qu’il était arrivé. D’un mouvement brusque, elle attrapa les cheveux d’Ashandra et la rapprocha d’elle.

“Tu n’as pas le choix, Cul Serré. Et je vais te le prouver.”


Elle se dirigea vers la porte, les cheveux de la jolie noire toujours prisonniers de son poing rageur. Elle ouvrit la porte le plus silencieusement possible avant de s’assurer que personne ne traînait dans le lycée. Comme prévu, tous les lycéens avaient rejoint leur salle de classe respective, et les couloirs étaient vides de tout témoin gênant. Se tournant vers sa victime, Santana murmura un “Tu ouvres ta bouche de cul béni et je t’achève.” puis traîna prestement Ashandra jusqu’aux toilettes les plus proches. La rage grondait en elle, et elle devait se faire violence pour ne pas blesser physiquement la jeune fille.
S’il y avait bien quelque chose que Santana détestait par dessus tout, c’était les larmes. Brittany pouvait en témoigner, les pleurs la rendaient folle de rage, et même lorsque sa propre meilleure amie se laissait aller à quelques larmes plus ou moins justifiées, Santana explosait et se transformait en furie que rien ne pouvait calmer. Pleurer était un signe de faiblesse que la cheerio ne supportait pas, et Ashandra Moon allait vite le comprendre.

Santana ouvrit avec force la porte de l’un des boxes avant de pousser la jeune fille à l’intérieur. Sans lui laisser le temps de réfléchir, elle plongea le visage d’Ashandra dans le trou béant jusqu’à ce que le nez de sa victime ne soit qu’à quelques malheureux millimètres de l’eau sale et jaunâtre. Lorsqu’elle reprit la parole, sa voix tremblait d’une colère mal contenue.

“Je me fiche de tes états d’âme et de ce que tu peux bien penser de la situation. Tu n’es rien d’autre qu’une pauvre fille pathétique et tu me fais pitié. Je suis plus forte que toi, et je peux faire ce que je veux de ta petite personne. Maintenant, tu as le choix : soit tu t’excuses de m’avoir tenu tête et tu fais tout ce que je te dis, ou bien tu continues de penser que tu peux me dominer, et tu passeras le reste de la journée avec une odeur de pisse dans les cheveux. Et crois-moi, ça ne sera que le début d’une longue et amusante partie de plaisir.”
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MessageSujet: Re: 07. Satan vs. God   07. Satan vs. God EmptyMer 31 Aoû - 22:19

Une simple larme. L’espace d’un frémissement de ses paupières qui se refermaient en un battement doux. Ses longs cils noirs dépourvus de tout artifice avaient laissé place à une seule larme qui n’avait pas été ravalée dans le silence étranglé de la jeune fille. Et cette seule perle d’eau salée qui s’était frayé sans mal un chemin sur son visage sans maquillage pour venir mourir dans les bras de son bourreau avait uniquement réussi à déchaîner une rage encore plus vive. Une tornade dans une goutte d’eau, c’était toute l’absurdité du lycée qui semblait s’insurger contre la pauvre Ashandra, incapable de desserrer les lèvres à nouveau. Ses pupilles dilatées par la peur oscillaient à toute vitesse de gauche à droite, captivées par le regard de braise de la Cheerio. Elle ne saurait jamais pourquoi un large sourire était venu se loger sur le visage tordu de colère qui se tenait à quelques centimètres du sien. Tout ce qu’elle sentait à présent c’était la douleur de ses cheveux tirés vers l’arrière. Son cœur battait à tout rompre, prêt à exploser à tout instant, comme un petit animal pris dans les phares d’une voiture, elle s’était figée. Elle n’osait plus parler. Elle n’osait plus respirer. Elle n’osait plus exister. Elle assistait impuissante à la scène qu’elle était en train de vivre, comme si chacun de ses mouvements était empêché par de longs fils de laine grise qui arrachaient sa peau dans un frottement déchirant et la retenaient en arrière alors qu’on la traînait de force hors de la salle. Ashandra ne comprenait même plus les paroles qui lui avaient été crachées par la brune. C’était comme si son esprit s’était arrêté de fonctionner pour la protéger, pour bloquer toute possibilité de se souvenir qu’elle avait été là un jour de sa vie. Certains se battent pour lutter contre l’assaillant, pour arracher jusque dans leur dernier soupir une victoire incertaine, et d’autres restent simplement figés, paralysés par la peur, incapables de réagir. Ashandra faisait partie de ceux-là. Pour une quelconque raison, elle se trouvait à présent dans le couloir. La lumière était moins aveuglante, le bruit de leurs pas précipités résonnait contre les murs couverts de casiers, et puis il y avait toujours cette douleur à l’arrière de son crâne. Santana enfonça une porte, puis une deuxième, et voilà qu’elle se trouvait à présent projetée sur le sol sans ménagement. La douleur engendrée par le choc de ses genoux contre les carreaux au sol s’ajoutait à celle qu’elle ressentait toujours et qui lui rappelait à chaque instant qu’elle était à la merci de ce monstre assoiffé de son sang.

L’adolescente n’aurait pas cru se retrouver si vite dans les toilettes, et l’odeur écœurante accentua encore la nausée qui la harcelait depuis de longues minutes. Elle ne résistait plus à présent. C’était comme si toutes ses forces l’avaient abandonnée maintenant qu’elle se trouvait sur le sol. Ses muscles tétanisés commençaient à se relâcher laissant place à une apathie totale. Sa tête tournait, elle ne savait plus vraiment où elle était, ni pourquoi elle était arrivée là. Elle aurait voulu se retourner, mais le poing d’acier de Santana la maintenait dans cette position inconfortable pour mieux l’humilier. Qu’espérait-elle ? Si elle pouvait tirer la moindre satisfaction dans le fait de la torturer alors qu’elle en finisse, qu’elle la douche de toute la glace pilée que pouvait contenir le gros silo qui trônait dans le couloir, qu’elle lui arrache les cheveux, qu’elle plante ses griffes acérées dans sa peau fine, qu’elle achève de la noyer dans l’eau souillée qui frémissait devant ses narines. Mais qu’elle s’en aille. Qu’elle la laisse seule avec son désespoir.

Elle ne pleurait pas. Elle ne tremblait plus. Tout semblait si fade tout à coup. Elle ne sentait même plus l’odeur immonde qui émanait des toilettes au-dessus desquelles elle était courbée. Au creux de son ventre la crampe qui la tourmentait ne se faisait plus autant sentir. Est-ce que son heure était venue ? Dieu était-il venu la chercher ? Est-ce qu’il avait décidé de venir la reprendre à ce monde dans lequel elle ne parvenait plus à s’intégrer malgré ses efforts ? Sentant que petit à petit la conscience lui échappait alors que la Cheerio était repartie dans une tirade de haine qu’elle n’entendait pas, la jeune fille commença à murmurer tout doucement une prière.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua
sicut in caelo et in terra.

Elle répétait le début du Notre Père, persuadée au fond de son cœur qu’elle allait mourir de peur, que la douce lumière qu’elle voyait c’était son sauveur venu la protéger en l’arrachant à cette enveloppe charnelle qu’elle abhorrait. En réalité alors qu’elle prononçait les derniers mots ce ne fut pas Dieu qui vint la chercher, et la dernière chose qu’elle entendit avant de perdre conscience fut un grand claquement et un éclat de voix grave.

***

Ashandra espérait que le paradis serait un endroit accueillant. Elle croyait ce que son pasteur lui avait dit quand elle n’était encore qu’une enfant à l’enterrement de sa grand-mère : Dieu accordait la grâce à tous ceux qui la lui demandaient, toutes les âmes se retrouvent au paradis et elles attendent ensemble le jour de la résurrection. La lycéenne n’avait pas vraiment réfléchi à la mort et à ce que cela signifierait pour elle. Jamais elle n’avait songé à mettre fin à ses jours, son amour de la vie était bien trop grand, si Dieu lui avait permis d’exister, il fallait qu’elle profite de chaque seconde malgré les difficultés qui pouvaient se dresser sur son chemin. L’image qu’elle avait de l’au-delà ressemblait à celle qu’on trouve dans les films : une vaste étendue de nuages duveteux, un fond bleu immense, de l’air frais qui ouvre paisiblement la voie au défunt. Lorsqu’elle reprit conscience elle fut tout d’abord frappée par la dureté du sol sur lequel elle reposait. Est-ce que les nuages étaient si durs ? Et l’air n’était pas frais, il y avait même une odeur de détergent qui flottait autour d’elle. Où donc était-elle ? La jolie noire ouvrit d’un coup les yeux, se redressant brusquement pour regarder autour d’elle. Le nuage sur lequel elle pensait reposer n’était que la banquette du bureau des surveillants, et la seule autre âme en vue était celle de Santana, bien incarnée, toujours aussi furieuse, assise sur une chaise à l’opposé de la salle. Ébahie par cette scène, la lycéenne ne put que balbutier quelques mots interrogateurs à l’attention de la latino :
    Que s’est-il passé ? Où sommes-nous ? Où m’as-tu emmenée ?

Elle n’avait pas de montre à son poignet et sur les murs nus de la salle il n’y avait aucune horloge qui indiquât l’heure. Combien de temps était-elle restée inanimée ? Qui était venue à sa rescousse ? Autant de questions qui battaient dans ses tempes et qui ne trouvaient pas de réponse. Une chose était certaine, elle n’était plus sur le sol des toilettes. Après un instant d’hésitation la jeune fille finit par se lever pour s’approcher du bureau et prit dans ses mains le papier imprimé posé en évidence sur une petite pile de dossiers. Absorbée par sa lecture, elle n’entendait plus rien autour d’elle.
Santana A. Lopez, rapport de demande d’expulsion temporaire. A été trouvée en compagnie d’une autre lycéenne dans les toilettes en train d’exercer un acte de bisutage violent. Renvoi demandé : 3 jours. Sanction supplémentaire : lettre d’excuse officielle, deux heure de retenue hebdomadaire pendant un mois.
Son nom n’était pas mentionné, mais la date ne laissait aucun doute. Alors voilà tout ce qui s’était passé ? Un surveillant était entré à temps pour l’arrêter ? Ainsi couché sur le papier tout ceci avait l’air terriblement simple. C’était comme si en déchirant le papier encore entre ses mains tout ne serait plus qu’un mauvais rêve. Comme si elle n’avait jamais croisé ce démon en jupe courte qui était encore à quelques mètres qu’elle. Reposant la feuille là où elle l’avait prise et ne sachant plus quoi faire la lycéenne disciplinée revint s’asseoir en face de Santana sur la banquette, lissant les pans de sa robe froissée, le regard droit, dirigé vers le sol. Sentant que c’était une mauvaise idée, elle ne put s’empêcher de reprendre la parole.
    Est-ce que… est-ce que tu as été punie ? Est-ce qu’il est… trop tard ?

L’afro-américaine ne s’inquiétait pas réellement du sort de Santana, mais elle savait que si elle était renvoyée, son quotidien n’en serait que plus infernal à son retour. Tout ce qu’elle voulait c’était qu’elle l’oublie, qu’elle l’ignore, qu’elle s’en tienne à quelques granités comme pour tous les autres. Elle pouvait endurer la crainte de ces gifles glacées qui ne pouvaient plus rien contre son ego meurtri, mais elle ne pourrait pas vivre dans la peur constante de se faire agresser. Malgré la terreur qui s’était à nouveau emparée de son corps engourdi, Ashandra rassemblait ses forces, prête à négocier sa rédemption.
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MessageSujet: Re: 07. Satan vs. God   07. Satan vs. God EmptyJeu 22 Sep - 16:42

Santana avait déjà été folle de rage ; si elle devait être honnête, cela lui arrivait plutôt souvent ces derniers mois. La plupart du temps, il n'y avait aucune raison apparente : le moindre petit faux pas d'une tierce personne la faisait sortir de ses gongs et la transformait en furie incontrôlable que personne, ni même elle-même , n'arrivait à calmer. Dans ces moments là, Santana devenait cette fille effrayante et profondément cruelle qui détruisait tout sur son passage sans se soucier le moins du monde des conséquences. Peut-être que son père avait raison après tout ; peut-être que quelque chose n'allait pas chez elle, et qu'elle avait vraiment besoin de parler à quelqu'un à propos de ces excès de colère qui faisaient d'elle la terreur de McKinley. Ou peut-être que ce côté méchant et sadique n'était qu'un trait de sa personnalité ; Brittany était trop naïve, Berry prétentieuse tandis qu'elle était malveillante et proche d'une certaine folie. Alors que ses ongles s'enfonçaient dans la peau délicate de sa victime, Santana se demanda si suivre ses pulsions était toujours la meilleure chose à faire. La colère l'aveuglait, mais à présent elle n'était plus très sûre de la raison de tant de rage ; elle n'arrivait plus à se souvenir avec précision ce que la jeune fille, dont le visage était un peu trop proche de l'eau sale et malodorante et qui récitait dans un chuchotement à peine perceptible une prière désespérée, avait bien pu lui faire pour qu'elle déverse ainsi des torrents de violence et d'agressivité. Soudain, sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi, Santana sentit qu'il était temps pour elle d'arrêter là, de laisser partir l'autre lycéenne avec une dernière menace. Tout avait déjà été trop loin, de toute façon, et Ashandra avait très certainement compris la leçon.

Mais alors que son corps, encore tremblant de rage, peinait à lui répondre, la porte des toilettes s'ouvrit brusquement, révélant un des surveillants. Tout se passa ensuite très vite. Au moment où l'homme lui hurlait de lâcher cette pauvre fille, Santana sentit le corps d'Ashandra se détendre subitement, et la cheerio eut toutes les peines du monde à la rattraper avant que son visage ne rencontre l'eau croupie. Elle tira la jeune fille en arrière et, ignorant les cris répétés du surveillant, l'allongea à même le sol. La jolie noire semblait s'être évanouie, et un sentiment de panique naquit chez Santana. L'avait-elle blessée à ce point ? Elle se pencha sur le corps inanimé de la jeune fille et tapota sa joue.

« Cul Serré ? Moon, allez, ouvre les yeux. » Elle répéta ces paroles, son inquiétude grandissant au fil des secondes. Alors qu'elle s'apprêtait à gifler Ashandra – c'était bien ce qu'ils faisaient dans les films, n'est-ce pas ? – le surveillant attrapa son bras et la releva sans ménagement.

« Dans mon bureau, Mademoiselle Lopez. Tout de suite. » Santana obéit sans rien dire, jetant de brefs coups d’œil par-dessus son épaule, observant avec appréhension le surveillant – Brian ? Jensen ? – qui transportait avec précaution le corps inerte de sa victime. Une fois arrivée, Santana s'assit sur l'une des chaises inconfortables et observa en silence l'homme déposer Ashandra sur la petite banquette en faux cuir d'un vert douteux.

« Tu vas avoir de gros problèmes cette fois-ci, Santana. » lui dit-il sans la regarder tout en se dirigeant vers le bureau. « Tu ne vas pas t'en tirer aussi facilement, contrairement à d'habitude. Peut-être que ça te servira enfin de leçon. »

Santana ne dit rien. Elle savait qu'elle risquait beaucoup, et qu'elle avait été trop loin. Elle était assez intelligente pour savoir qu'objecter à ce moment précis ne ferait qu'aggraver son cas. Elle était de toute façon incapable d'articuler le moindre mot, tant la panique lui enserrait la gorge. Les heures de retenues ne lui faisaient pas peur, elle avait l'habitude. Mais elle ne voulait pas être suspendue. Cela pouvait mettre à mal sa position au sein des Cheerios, mais surtout tout cela serait inscrit sur son dossier, et elle ne voulait pas gâcher ses chances d'aller étudier à Paris. Pourtant, elle resta silencieuse. Le mal était fait, elle ne pouvait plus revenir en arrière.

Le surveillant était à présent penché sur son bureau, un stylo à la main. Il ne devait pas avoir plus de 22 ou 23 ans, et rien qu'en le regardant, Santana pouvait dire qu'il avait fait partir de ceux, comme Ashandra, qui se faisaient brimer à l'école. Il n'était pas beau, plutôt petit, et avait gardé ses rondeurs d'enfant. Tout en lui, son visage fermé, ses gestes saccadés, la façon dont son regard dur se posait sur elle, prouvait à quel point il avait souffert, et combien il haïssait les gens comme elle. Santana savait que sa punition allait être exemplaire, comme s'il punissait ses anciens persécuteurs à travers elle. Le supplier ne mènerait à rien, et elle n'avait plus qu'à attendre. Lorsqu’il se redressa, Santana déglutit péniblement. Il passa à côté d'elle et s'arrêta. Ses yeux croisèrent les siens, et la jeune fille détourna le regard, incapable malgré elle de lire combien elle le dégoûtait.

« Je vais chercher le principal et coach Sylvester. Si tu touches à un seul cheveux d'Ashandra pendant mon absence, tu peux dire adieu à McKinley et à tout avenir scolaire, suis-je suffisamment clair ? »
Santana se contenta de hocher la tête. Il lança une feuille de papier sur ses genoux et quitta la pièce, non sans lui jeter un dernier regard. Santana attendit quelques secondes que son cœur arrête de battre à la chamade puis se saisit de la feuille d'une main tremblante. Ses yeux parcoururent les quelques lignes rapidement, et Santana reteint avec peine un sanglot. Elle s'en doutait, et en toute honnêteté elle le méritait. Elle pensait même que la punition serait davantage conséquente, mais le mot « renvoi » suffisait à lui seul à faire naître quelques larmes de colère dans ses yeux trop secs. Qu'allait-elle dire à son père ? Comment allait réagir la coach ? Qu'allait-elle devenir si cet écart de conduite l'empêchait de s'envoler pour la France ?

Incapable de tenir en place, Santana se leva brusquement. Elle se dirigea vers le bureau où elle posa la feuille, bien en évidence. Elle retourna s’asseoir et posa les yeux sur la raison de tous ses problèmes. Ashandra Moon, celle pour qui la cheerio n'éprouvait qu'un profond mépris teinté d'une colère indescriptible. Santana savait qu'elle avait dépassé les bornes, qu'elle avait été beaucoup trop loin, pour peu sinon aucune raison réellement valable. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de détester profondément la jeune fille, au point de vouloir se venger dès que celle-ci ouvrirait les yeux. Pourquoi ? Santana ne savait plus. Tout se mélangeait, la peur, la colère, la tristesse, la déception. Elle qui avait toujours voulu rendre sa mère fière, qui avait tout fait pour se surpasser et plaire à ses parents, elle n'avait réussi qu'à devenir ce monstre de rage qui déversait sa frustration sur ceux qui étaient incapables de se défendre. Cependant, elle ne détestait pas ce qu'elle était devenue. Elle était forte, les gens la craignaient autant qu'ils la respectaient, et Santana savait combien cela l'aiderait à affronter les problèmes que lui apporterait son avenir. Elle avait conscience d'aller trop loin, parfois, mais cela ne l'empêchait pas de continuer, de voir jusqu'où elle pouvait aller tout en testant ses limites. Elle ne supportait pas l'idée qu'une fille faible comme Ashandra Moon puisse se laisser maltraiter de la sorte sans rien dire, se contentant d'accuser les coups en silence. Elle ne comprenait pas ces personnes qui ne se battaient pas pour ce qu'ils étaient, pour ce qu'ils représentaient, pour ce en quoi ils croyaient. Elle méprisait ces gens faibles plus qu'elle ne méprisait son propre comportement.

Ashandra choisit ce moment pour reprendre conscience. Santana se contenta d'observer ses faits et gestes, ne la quittant pas des yeux un instant. La jeune fille émergea doucement avant de s'asseoir précautionneusement. Santana voyait qu'elle était perdue, mais lorsque le regard d'Ashandra se posa sur elle, son expression se transforma brusquement, et la cheerio ne put manquer la peur panique qui teinta les prunelles de son ancienne victime. Santana resta silencieuse malgré la question qu'elle venait de lui poser. Elle ne dit rien non plus lorsque Ashandra parcourut du regard la feuille qu'elle venait tout juste de poser. Elle attendit un sourire, n'importe quelle réaction qui montrerait combien Ashandra était ravie de la position dans laquelle se trouvait son tortionnaire. Mais rien ne vint. La jeune fille reposa le bout de papier et se réinstalla sur la banquette, le corps tendu. Lorsqu'elle reprit la parole, elle ne lui jeta pas un seul regard. Sa voix tremblait légèrement, et Santana réalisa combien Ashandra avait peur d'elle.

« Ne te fais pas plus bête que tu ne l'es, Cul Serré. Tu viens de lire le rapport, tu sais donc ce qui m'attends. »

Santana résista à l'envie de se lever pour rejoindre Ashandra. Si le surveillant revenait à ce moment précis, elle risquait bien plus que trois jours d'exclusion, et elle n'était pas prête à prendre ce risque. Pourtant, elle ne souhaitait pas non plus en rester là, et donner l'impression à l'autre lycéenne qu'elle avait gagné la partie. Ashandra restait la victime dans cette affaire, et ce n'était pas trois mots sur une feuille de papier qui allait changer cela.

« Puisqu'on en parle, je tiens à te dire dès maintenant qu'aucun mot sur cette lettre qu'on m'oblige à t'écrire ne sera sincère. Je ne regrette rien, et si c'était à refaire, je plongerai encore ta tête dans les toilettes avec délectation. »
C'était faux, mais Ashandra n'était pas censée savoir qu'elle s'en voulait d'avoir été aussi loin. Peut importait les conséquences, sa réputation se devait de rester intacte.

« Et bien entendu, tout cela ne restera pas impuni. Tu as eu de la chance cette fois-ci, mais je ferais plus attention à partir de maintenant. Je vais faire de ta vie un enfer, sans que tu ne puisses jamais prouver quoi que ce soit aux surveillants ou aux professeurs. J'ai déjà quelques idées, et j'ai hâte de les mettre en pratique. Crois-moi, nous allons beaucoup nous amuser. »

Elle laissa échapper un petit rire satisfait, mais intérieurement, Santana se détestait. Mais elle était arrivée à un point de non retour, et elle ne voyait pas d'autre échappatoire que de menacer la jeune fille. Elle ne pouvait pas s'excuser et lui dire qu'elle la laisserait tranquille. Elle n'était pas ce genre de personne, elle n'avait aucune pitié. Enfin, c'était ce que tout le monde pensait, et cette réputation la satisfaisait. Et si elle devait, pour la garder, bousculer Ashandra tous les jours, elle le ferait. Elle resterait cette fille perfide et insensible jusqu'à ce que le lycée se termine. Ensuite... Ensuite elle quitterait cette ville de losers et pourrait alors enfin vivre cette vie qu'elle rêvait, en étant elle-même.


Dernière édition par Santana A. Lopez le Ven 14 Oct - 19:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 07. Satan vs. God   07. Satan vs. God EmptyDim 25 Sep - 23:11

Toujours assise sur le canapé, pressant ses genoux l’un contre l’autre si fort que ses articulations lui faisaient presque mal, Ashandra ne levait pas les yeux du sol, ayant perdu toute notion de temps. Tous ses sens étaient en éveil après avoir perdu quelques minutes tout contact avec la réalité. Elle guettait les bruits de pas dans le couloir en espérant la venue du surveillant qui la libérerait de l’enceinte oppressante du lycée. Sous ses semelles, elle sentait que le sol accrochait un peu, et l’odeur de javel qui flottait encore dans l’air était presque insoutenable. Malgré tout elle respirait profondément. Lentement. Chaque inspiration qu’elle prenait était à la fois un soulagement qui lui prouvait qu’elle était encore en vie et un coup de poing qui lui rappelait qu’elle devrait encore souffrir la présence de Santana Lopez. Sans avoir à la regarder elle savait. Elle sentait jusque dans sa chair qu’elle était encore en colère et qu’elle la détestait. Elle devait même lui en vouloir bien plus maintenant qu’elle allait écoper d’une punition sévère à cause d’elle. Si le simple fait de se retrouver assise à côté d’elle pendant une heure de chimie pouvait la mettre dans une rage telle qu’elle était capable de l’agresser physiquement, la lycéenne redoutait plus que tout la vengeance qu’elle devrait essuyer. Le silence qui avait suivi la réponse sèche de Santana la tuait tout doucement, incapable d’ouvrir la bouche à nouveau.

Depuis toute petite, même avant que sa mère ne s’en remette complètement à Dieu, elle avait été élevée dans les valeurs chrétiennes de pardon, d’humanité et d’amour. Elle avait toujours été une fille timide et réservée, mais souriante et gentille. Son caractère doux et optimiste n’avait pas été écorné par les épreuves de Des Moines. Elle trouvait toujours son bonheur dans les choses de la vie les plus simples : une promenade au bord de l’eau, un pique-nique au soleil, une chanson, un sourire… Au fond d’elle-même brûlait sans cesse le flambeau de la vie, et bien que passive elle regardait avec avidité et envie les plus courageux qui faisaient des choses si extraordinaires. Un jour, elle aussi oserait franchir le pas et monter sur une scène. Elle voyagerait. Elle irait à la rencontre des gens avec confiance.
Dans le lycée même si elle craignait la plupart des Cheerios, elle ne leur en voulait pas personnellement et ne les détestait jamais. Parmi elle, elle connaissait Ruby, et elle l’admirait pour ce qu’elle était : une grande sportive, et une danseuse talentueuse. Santana était réputée pour être une excellente cheerleader, et si elle n’avait pas été si foncièrement méchante avec tout le monde, Ashandra aurait pu voir en elle plus que la latino à la réputation sulfureuse qui était sur toutes les lèvres et tous les Twitters. Qu’est-ce que les autres pouvaient lui trouver ? Elle était jolie. Plantureuse, elle assumait parfaitement son corps et rayonnait de confiance en elle. L’afro-américaine jeta un coup d’œil sur son propre corps. Elles n’étaient pas si différentes physiquement. Santana était sans doute plus grande qu’elle. Ce n’était peut-être qu’une illusion qui la rendait plus imposante tant elle était fière de son propre corps, qu’elle n’hésitait pas à dévoiler dans de bien trop grands détails. Mais est-ce que cela était vraiment suffisant pour la rendre heureuse ? Avait-elle même jamais eu de véritable relations avec les autres ? Avait-elle des amis qui s’intéressaient à elle sans arrière-pensée, sans se servir de sa réputation ou simplement pour ne pas être sur sa liste noire ? Des amis, Ashandra ne pouvait pas réellement se vanter d’en avoir. Elle s’entendait bien avec les filles du Club d’abstinence, elle aimait croire qu’elle serait amie avec chacune d’elle, et en particulier Cassandra, il y avait Ruby, mais c’était en somme tout. Et elle ne reprendrait sûrement jamais contact avec les personnes qui lui avait tourné le dos à Des Moines. Elle n’avait de leçons à donner à personne, vraiment, et cette idée la fit sourire amèrement dans sa bulle impénétrable. Toutes ces pensées tournaient dans sa tête pour chasser la peur qui la tétanisait encore en attendant le retour du surveillant. La lycéenne essayait de se couper totalement de la source de ses craintes qui ne se tenait qu’à quelques pas.

Le silence n’avait pourtant pas duré. Elle avait cru que Santana voulait couper court à toute communication avec elle, la méprisant trop pour ne serait-ce que lui adresser la parole. Mais la voix grave et froide de la Cheerio avait coupé son flot de pensées. De quoi parlait-elle ? Ne comprenant pas immédiatement qu’il s’agissait de la punition qu’elle devrait faire, Shandy releva le nez pour jeter un regard un peu perdu à sa tortionnaire. Tout était encore flou pour elle et ses jambes qui l’avaient soutenue un instant auparavant pour marcher jusqu’au bureau étaient redevenues du coton en entendant les quelques mots qu’on lui avait adressés. Pourquoi fallait-il qu’elle insiste à ce point ? Son cœur s’insurgeait dans sa poitrine, elle avait l’impression qu’il frappait le plus fort possible, pour heurter ses côtes, pour sortir de sa cage thoracique et se libérer de l’enveloppe charnelle inutile qui le protégeait bien mal. Passant ses doigts tremblants dans quelques boucles de cheveux qui revenaient devant ses yeux, sortis du petit serre-tête qui retenait en arrière l’essentiel de sa chevelure au moment où Santana l’avait agrippée pour la première fois, elle reposa ses yeux sur le sol ne supportant pas de la regarder. Elle frissonna, comme si le couperet était tombé à la dernière remarque venimeuse de la pompom girl. Elle avait espéré un instant qu’elle s’en voudrait. Elle avait naïvement cru qu’elle aurait réalisé la violence de ses actes en la voyant inanimée, victime de ses brimades. Mais de toute évidence il lui en fallait plus car elle riait encore. Le même rire glacial qui gelait ses os. Pourtant quelque chose sonnait faux dans toutes ces menaces, comme si elle se forçait à remettre une couche au vernis de frayeur toute puissante qui l’entourait. Ashandra ne voulait pas le voir parce qu’à cet instant elle ne pensait qu’à s’enfuir, mais il y avait en Santana Lopez plus d’humanité qu’elle ne laissait voir. Tout ce qui l’obnubilait c’était le futur. Comment survivre. Comment éviter Santana et ses envoyés à tout prix. Elle priait déjà Dieu pour qu’il l’aide dans cette tâche, qu’il guide ses pas loin de ceux de son ennemie mortelle, qu’il la protège. Mais le rire démoniaque de cette fille la terrorisait, à tel point qu’elle sursauta sans oser desserrer les lèvres. Plus jamais elle ne lui adresserait la parole, elle n’avait plus qu’à attendre le retour du surveillant et elle pourrait rentrer chez elle. Elle mettrait la musique très fort dans la maison vide et elle chanterait jusqu’à essoufflement. Elle chanterait sa colère, elle chanterait sa peur, elle chanterait son désespoir. Et puis lorsqu’elle tomberait d’épuisement, elle irait peut-être à la paroisse pour s’asseoir sur un banc et prier à l’abri dans la maison de Dieu. Et puis tout irait mieux.

La tension était à son comble, Santana attendait une réponse, elle la dévisageait si intensément que c’était comme si sa peau sentait le mouvement de ses yeux sur elle. Puis enfin la porte s’ouvrit d’un coup sec et le surveillant revint, seul. Ashandra se releva brusquement, le regard plein d’espoir, les yeux brillants de larmes de soulagement qu’elle retenait pour ne pas paraître plus pathétique qu’elle ne l’était déjà. Le jeune homme lui sourit avec bienveillance et s’approcha d’elle en esquissant un mouvement du bras pour la toucher et la rassurer mais la jeune fille recula pour mettre de la distance entre eux. Le simple fait d’imaginer qu’il ait déjà pu la toucher la rendait mal à l’aise. Pourquoi avait-il fallu que ce soit un homme ? Inconsciemment son soulagement était atténué par cette présence masculine qui la troublait. Luttant pour ne rien laisser paraître, elle fit un petit signe de tête pour saluer le surveillant visiblement interloqué par sa réaction de recul.
    Ça va Ashandra ? Tu as perdu connaissance tout à l’heure, est-ce que tu te souviens de ce qui s’est passé ?

Comme elle aurait aimé ne pas se souvenir. Tout aurait été plus simple. Un trou noir était sûrement plus facile à endurer que les souvenirs encore si précis qu’elle avait l’impression de revivre la scène tout entière à chaque fois que l’uniforme rouge et blanc entrait dans son champ de vision. Il faudrait maintenant qu’elle vive avec cette expérience pour le reste de sa vie au lycée McKinley, et reprendre confiance après de tels débuts ne serait pas une mince affaire pour la lycéenne déjà fragile. Mais elle força un sourire timide pour répondre d’une voix presque inaudible :
    Oui… je me souviens, mais je vais bien maintenant, je voudrais rentrer chez moi… Est-ce que j’ai le droit ?

Le surveillant avait visiblement l’air embêté par sa réponse, mais elle n’avait nullement l’intention de lui raconter ce qui s’était passé. Elle ne voulait en parler à personne. Elle voulait oublier le plus vite possible. Et elle ne voulait pas répéter ce qu’avait fait Santana sous son nez, ç’aurait été comme la narguer alors qu’elle s’était assurée qu’elle avait bien compris que sa situation n’avait pas changé et qu’elle lui ferait payer cette expulsion.
    J’étais malade, j’avais mal au cœur et j’ai dû aller… j’ai dû aller vomir et Santana était là. Je ne sais pas quand je me suis évanouie, mais je vais mieux. Je veux rentrer. Ce n’est pas la peine d’appeler ma mère, je n’habite pas très loin.

Ashandra mentait terriblement mal, et elle avait conscience que c’était un péché, que c’était mal de mentir à un adulte, mais elle préférait encore cela à la perspective d’ajouter à ses ennuis en racontant ce qui s’était passé. Sa voix tremblait toujours légèrement et son débit de parole était lent. C’était presque une torture de l’entendre parler, articulant à peine, sa voix se perdait dans de longs silences. Puis vint le coup de grâce qui lui poignarda le cœur mais qu’elle jugea nécessaire pour convaincre le surveillant et pouvoir s’échapper d’ici le plus vite possible. Se tournant doucement vers la chaise à droite de la porte, elle murmura :
    Merci… Santana.

Elle avait envie de pleurer, dégoûtée par sa propre lâcheté. Elle n’avait plus aucun amour-propre et les meurtrissures dans son âme étaient si profondes qu’elle les sentait comme un fer chauffé à blanc. Elle aurait fait n’importe quoi pour pouvoir disparaître à cet instant, elle fixait avec intensité le surveillant dans l’espoir que tout ceci soit réglé. Il avait l’air visiblement dubitatif, presque déçu sans qu’elle ne comprenne pourquoi, résigné. Il lui fit un petit signe de la main pour lui ouvrir le passage vers la sortie en s’écartant du chemin, indiquant néanmoins à Santana de rester un instant. Sans attendre une seconde de plus Ashandra se rua vers le canapé pour récupérer ses affaires qui avaient été posées en désordre et sortit de la salle presque en courant, jetant un ultime regard en direction de Santana dans l’espoir que ce mensonge qui la ferait tant souffrir ait un peu apaisé sa colère et qu’elle l’oublierait plus facilement.

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