Choriste du mois


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 07. A coffee, & a futur baby.

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MessageSujet: 07. A coffee, & a futur baby.    Ven 5 Aoû - 17:51

Vendredi soir. Je venais de rentrer à la maison, et me préparais pour ma soirée avec Edena. Elle avait envie de discuter, et nous nous étions mises d'accord sur une soirée au Starbucks Coffee. Je devais donc la rejoindre dans moins d'une heure là-bas. La semaine ayant été plutôt rude, je décidais de me remettre complètement en forme en prenant une longue douche brûlante, après laquelle je me recoiffais et me remaquillais entièrement. Je me mis rapidement une robe, enfilais des ballerines, pris mes clefs, un sac, et, après avoir souhaité une bonne soirée à ma grand-mère, sortis. L'air libre, un week-end en vue, une soirée avec ma meilleure amie... Rien de mieux pour échapper à ce quotidien infernal. Car oui, les semaines à McKinley étaient chargées en émotion.
Je sortis donc en forme de chez moi, pris ma voiture et arrivais avec une dizaine de minutes d'avance au café. Après être entrée, je jetais un rapide coup d'œil aux alentours pour être sûre qu'Edena n'était pas encore arrivée, et m'assis à la première table venue. J'attendis donc la venue d'Edena en réfléchissant.

A nous deux. A son arrivée à Lima. Son emménagement pas si loin de chez moi. Notre complicité immédiate, nos fous-rire, nos confidences, nos peurs, nos secrets. Et puis le jour où elle m'annonçait être enceinte. Les choses qui se compliquaient, se précipitaient. Que lui dire ? Comment réagir ? J'avais seulement voulu l'aider et c'est tout ce qui avait compté pendant longtemps. Lui montrer que je la soutenais. Que je restais avec elle. Quoiqu'il arrive. Les semaines passaient et je me sentais toujours aussi bien avec elle. Comme avec une sœur. Quelqu'un qui nous comprend, qui nous écoute. Qui nous ressemble... Le fait qu'elle ne soit plus Cheerleaders était tout à fait compréhensible, mais elle me manquait. Les occasions que j'avais de la voir étaient plus rares, et, si on se croisait, bien sûr, au lycée, je regrettais de passer moins de temps qu'avant, dont celui réservé aux entraînements, à faire l'idiote avec elle. Cette soirée où nous allions pouvoir discuter était une bonne occasion de prévoir d'autres choses avec elle.

Plongée dans mes pensées et souvenirs, un sourire rêveur sur les lèvres, je ne vis pas Edena arriver. Dès que je remarquais sa présence, une sorte de bonheur m'envahit immédiatement et m'éjecta de ma chaise. Je l'accueillis avec un sourire gigantesque sur le visage. Car c'était l'effet qu'Edena faisait. Une sorte de rayon de soleil en hiver, de vent frais en été, ce petit quelque chose qui vous apporte un sourire et la certitude d'être bien, là où il faut, de se sentir à sa place et inexplicablement heureux.

- Edena ! Tu vas bien ?

Je me rassis à ma place après l'avoir saluée, en face de la chaise où elle allait s'assoir. La voir en face de moi me faisait immédiatement me sentir à l'aise. J'eus un sourire en voyant son ventre arrondi, mais attendis qu'elle me réponde avant de lui parler du bébé ou de quoique ce soit.


[ Désolé, c'est assez nul, je me rattraperais au prochain ! ]
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MessageSujet: Re: 07. A coffee, & a futur baby.    Sam 6 Aoû - 1:47

C’était de la faute de l’oreiller – si! si! – il était le grand coupable de toute cette histoire. Edena était partie de l’école à trois heures trente à la fin normal des cours. Le vendredi était la journée légère d’Edena. Pas de tutorat, pas de bénévolat. La jeune demoiselle avait donc le droit de faire ce qui lui plaisait. Elle avait donc appelé Beverly, le jeudi pour savoir si elle était libre. Libre pour lui parler et venir avec elle. Oui, Edena avait quelque chose à dire à Beverly. Un rôle à lui confier. Naturellement Beverly avait accepté de la rencontrer pour boire un ou deux cafés au Starbuck – quoi que dans le cas d’Edena il y avait plus de chance que ça soit un jus ou un thé.

Mais bref, en ce vendredi d’après cours, la jeune demoiselle était arrivée à la maison après son dernier cours de la semaine. Elle était fatiguée, claquée. Le rendez-vous avait été mis pour six heures. Les deux femmes auraient la chance de manger les paninis et les salades qui étaient disponibles sur place. En arrivant à la maison, Edena n’avait comme seule intention que de se doucher et de se remaquiller. Mais voilà qu’elle avait fait une grave erreur. Elle avait gravi les escaliers qui menaient à sa chambre avec son sac à dos sur l’épaule. Elle l’avait déposé contre le bureau qui était dans sa chambre. Et puis elle avait jeté un coup d’œil à son lit qui lui avait rendu le regard. Bonjour petit oreiller. Une brève pensée avait traversé son esprit. Et si elle ne faisait qu’une toute petite sieste? Une minuscule petite sieste. Edena ne fit que s’assoir sur son lit. Programmer le cadran et elle sombra dans les bras de Morphée. La petite sieste d’une heure qu’elle fit entre quatre heures et cinq heures n’était pourtant pas prévue. Edena n’avait pas installé l’oreiller qu’elle plaçait entre ces jambes normalement depuis la dernière rencontre chez le médecin.

Le dos et les jambes en compotes, elle avait encore l’oreiller d’étamper partout dans le visage tel un crime lorsqu’elle se tira du lit à cinq heures cinq. Elle se doucha rapidement mais hésita pendant un long moment ce qui – naturellement – la mit en retard. Il était six heure moins dix lorsqu’elle partait de la maison dans l’espoir qu’un miracle se produise et qu’elle arrive à l’heure au rendez-vous. Mais naturellement, il lui fallut tourné en rond pendant un bon cinq minutes avant de trouver une place de stationnement. Étonnamment ou ironiquement, en passant devant le Starbuck Coffee, la jeune demoiselle découvrit que le café était vide ou presque. Mais il était vrai qu’à six heures commençait les films au cinéma et qu’une bonne partie des gens y avaient l’habitude de passer les vendredis et les samedis soirs. Il était vrai qu’il n’y avait que peu de chose à faire pour s’occuper à Lima. Edena poussa la porte du café. Il faisait de plus en plus chaud dehors. Nous étions à la mi-mars. Avril reviendrait bientôt. Pendant un bref instant, elle chercha dans la mince foule où son amie s’était assise. La jeune demoiselle finit par la retrouver et la serra dans ses bras autant que le permettait son ventre de plus en plus rond. La jeune demoiselle sourit doucement. Il lui faisait du bien de se rapprocher de Beverly de nouveau. Elle était l’une des rares personnes qui venait d’avant sa maternité avec qui elle avait encore une relation extraordinaire. Edena s’assit sur la chaise pas encore prête à souper.
« Edena ! Tu vas bien? »
Edena sourit doucement. Sa main droite se posa sur son ventre. C’était inné en fait comme geste. L’adolescente sourit doucement. Avant de répliquer détendue avec un magnifique sourire, remisant sa fatigue dans une petite partie de son esprit.
« Je vais bien. Un peu fatiguée… Mais c’est normal. Toi? »
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MessageSujet: Re: 07. A coffee, & a futur baby.    Ven 12 Aoû - 19:06

Edena s'assit en face de moi, un sourire sur le visage, la main posée sur son ventre.

« Je vais bien. Un peu fatiguée… Mais c’est normal. Toi? »

Je ne m'étonnais pas de cette fatigue dont elle parlait. Entre la grossesse, et les cours, interminables... Cette fin de semaine était comme une grande inspiration d'oxygène après qu'on vous aie enfoncé la tête contre votre volonté sous l'eau. Une grande goulée d'air bienvenue et rassurante. A partir de laquelle vous commencez à vous détendre... Avant de replonger sous l'eau. Bien entendu. Vivement la fin des cours. Ou l'accouchement, selon les points de vue... Il me tardait de voir la bouille de l'enfant d'Edena. Lui ressemblerait-il ? Pas du tout ? Au niveau du physique ? Du caractère ? Je ne savais presque rien de lui. Mais j'étais déjà sûre qu'il hériterait de ce don à rendre heureux les gens autour de lui.

Mon pied se balançait au rythme de la musique d'ambiance qui résonnait dans le café. Si j'allais bien ? Bien sûr. J'allais toujours bien. Si je voulais extérioriser un malheur, j'avais mon remède. Mieux que n'importe quoi, médicaments, thérapies, psychologues... J'avais la danse. Et si j'avais vraiment besoin de parler, j'avais toujours un grand-mère et des amis à l'écoute. Comment aurais-je pu aller mal ? Vraiment mal ? Bien sûr, il y avait toujours cette lettre il y avait deux semaines qui aurait pu me pourrir la vie. J'avais vu qu'elle provenait de la prison la plus proche et l'avait brûlée sans la lire. Comme les deux autres précédentes, reçues pour mes deux derniers anniversaires. Mais il y a deux semaines, aucun évènement à fêter. Juste une lettre. Cela ne suffirait jamais à me rendre triste. Pas pour des gens qui ne le méritaient pas.

Je n'avais jamais ouvert une seule des lettres envoyées de mes parents. Ma grand-mère et moi étions d'accord pour trouver cette réaction puérile, mais nous nous entendions également sur le fait que je ne pouvais pas lire une lettre de mes parents sans m'y préparer. Mentalement, j'entends. Après toutes ces années... Je ne pardonnais pas mes parents.

Chaque enfant a déjà eu peur d'être abandonné par ses géniteurs. Que ce soit parce qu'ils étaient en retard à la garderie, parce qu'ils menaçaient de s'arrêter en voiture et de nous laisser sur le bord de la route, ou juste parce qu'ils nous grondaient pour une bêtise ou une autre, bien des enfants ressentirent cette peur terrifiante et bien souvent brève qu'est celle d'être abandonné.
Imaginez l'immense nuance entre imaginer un fait et le voir se dérouler sous ses yeux... Oui, j'avais été abandonnée par mes parents. A six ans. Et, plus de dix ans plus tard, cette trahison, cette rancœur, cette haine ne partait pas. Comme indélébile dans un cœur d'enfant.
Ce n'était pas qu'un abandon, c'était une faute, une faute immense, une erreur incroyable, presque aussi énorme que de croire qu'après tout ce temps, tout ces anniversaires plus tard, sans lettres, sans cadeaux, sans présence de parents allaient s'effacer en quelques mots griffonnés sur un papier qui puait l'hypocrisie.

D'accord. Peut-être était-ce exagéré. Peut-être étaient-ils honnêtes. Sincères. Peut-être regrettaient-ils la drogue, l'abandon de leur fille pour la case prison. Sûrement qu'ils regrettaient, qu'ils s'en voulaient. Que les remords les rongeaient à présent jour et nuit, quand ils se rendaient compte, bien trop tard, qu'ils avaient fait une énorme bêtise, qu'ils n'auraient jamais dû essayer la drogue et essayer de la vendre par la suite. De vendre leur malheur, leurs problèmes. Et alors ? Ne méritaient-ils pas de regretter amèrement ? De se détester ? N'était-ce pas de leur faute ? N'avaient-ils pas à s'en soucier plus tôt ? A réfléchir avant que les problèmes n'empirent ?
Non. Je n'étais pas une fille à problème, je n'étais pas du genre à détester n'importe qui. Je souriais aux passants sans les connaître, je respirais la joie de vivre, mais dès qu'on me parlait de mes parents, dès que j'y pensais, j'étais tellement hors de moi qu'il fallait se rendre à l'évidence. J'étais loin de leur avoir pardonné. De s'être mal comportés. D'avoir été des parents irresponsables et égoïstes. Et je savais tellement qu'Edena s'occuperait son enfant, qu'elle le chérirait, qu'elle l'aimerait de tout son cœur, que j'aimais encore moins mes parents et bien plus Edena. J'aurais tellement aimé avoir une mère comme elle. J'étais persuadée qu'elle ferait une bonne mère. Malgré ce que tout le monde pourrait dire. Malgré son jeune âge. Parce qu'une mère qui aime son enfant est forcément une bonne mère, n'est-ce pas ? Suffit-il d'aimer ? Oui. Bien sûr que oui. Parce que quand on aime un enfant on réfléchit avant de prendre de la drogue.
J'émergeais de mes pensées. Le mot drogue faisait souvent cet effet-là.

« Ça va toujours, quand tu es dans les parages. Quoi de beau ? Qu'ont donné tes dernières échographies ? »
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MessageSujet: Re: 07. A coffee, & a futur baby.    Sam 13 Aoû - 19:08

Beverly avait l’air d’être perdue dans ses pensées. Malgré le fait qu’Edena était enceinte, il n’y avait que les derniers mois qui avaient été difficile dans sa vie. Le reste n’avait été que du bonbon rose, énormément facile. Elle avait été choyée dans son enfance et son adolescence. Mais le passage dans la vie adulte était ardu.
« Ça va toujours, quand tu es dans les parages. »
L’une des nombreuses raisons pour lesquelles Edena Pénélope Miller adorait la compagnie de Beverly Paxton plus que celle de la majorité du monde venait juste de s’expliquer par elle-même. Edena se sentait tout sauf d’excellente compagnie depuis qu’elle était enceinte. Elle sautait, par exemple, les plombs pour un rien. Mais elle croyait ce que Beverly lui disait. Sa meilleure amie avait une influence positive sur elle. Et elle était l’une de seules qui n’avaient pas pris les jambes à son cou quand Edena lui avait dit qu’elle était enceinte d’Alexander et qu’elle n’avait aucune intention d’avorter. La jeune future maman savait donc qu’elle pourrait toujours compter sur l’avis et l’appui dans les cas plus difficile de Beverly.
« C’est tellement gentil de me dire ça. Faut pas… tu vas me faire pleurer. Ça va toujours mieux quand tu es là. Tu ne me regardes pas comme si j’allais avoir un extraterrestre qui allait me sortir du ventre. »
Pour ceux qui ne connaissait Edena que depuis quelques mois, cette action pouvait sembler étrange. Mais elle éclata d’un rire franc, un rire honnête qui n’était pas faux. Car Beverly appartenait à une autre ère dans la vie d’Edena. Elle appartenait à la période qui datait d’avant Alexander. Peu de gens datait de cette période. Elle avait douze quand elle était arrivée à Lima. Elle en avait treize, presque quatorze quand elle s’était mise en couple avec Alexander. Peu de gens avaient donc appartenu à la première époque. Mais quand Edena était avec son amie – ce qu’elle avait de plus proche qui ressemblait à une amie d’enfance, elle avait impression d’avoir encore douze ans et d’entrer dans son premier cours de danse après la réhabilitation où les filles lui avaient semblé se connaître comme elle connaissait toutes les filles de sa troupe à Chicago. Elle avait approché Beverly qu’elle avait déjà croisée quelque fois alors qu’elle faisait du vélo. Et elle était allée lui parler. Beverly avait été d’une grande aide pour l’aider à s’intégrer dans la ville. Malgré les moments les plus dur, Beverly avait toujours été là pour faire sourire Edena. Malgré sa grossesse, malgré la disparition d’Alex.
«Quoi de beau ? »
Depuis combien de temps Beverly et Edena n’avait pas parler? La dernière conversation devait sans aucun doute dater d’il y a plus de deux semaines. L’horaire d’Edena était chargé, celui de Beverly l’était autant sinon plus encore. Et il s’en était passé. Les lettres qu’Alex lui avait donné par le biais de son père et le retour de son père et de son frère d’Afghanistan. Le retour avait été dur à gérer pour Edena. Il y avait eu une avalanche d’émotion qui l’avait occupé. Plus d’une semaine après le retour la vie était revenue à la normale. Aussi normal qu’elle pouvait l’être quand on était enceinte de six mois à dix-neuf ans et qu’une bonne partie du monde nous dévisageait constamment parce que l’on s’affirmait à notre manière.
« Pas grand-chose. Mon père et mon frère sont revenus du front. »
Il y a quelque jours à peine, Edena aurait fondu en larme. En réalisant que la phrase était louche parce qu’Alex n’y était pas. Mais il se trouvait qu’une longue visite chez sa psychologue et une demi-douzaine de boîtes de mouchoirs plus tard, suffisait à analyser en profondeur la situation et la ramener dans des proportions raisonnable et à irriter de manière assez longue le nez d’une personne assez pour qu’elle se mette de l’aloes plusieurs fois par jours. La jeune demoiselle souriait. Comme si c’était une bonne nouvelle car après tout, le fait que son père et son frère n’étaient pas mort en Afghanistan était une excellente nouvelle, n’est-ce pas?
« Qu'ont donné tes dernières échographies ? »
Edena sourit. Était-ce le moment d’aborder le point chaud? La raison pour laquelle elle avait voulu parler à son amie plus qu’à son habitude. Non pas que la présence de Beverly lui soit nuisible – bien au contraire, Edena voulait la garder proche. Bien plus proche. Elle fit un petit signe de la main pour demander à Beverly d’attendre et fouilla dans son sac à main. Comme beaucoup de choses dans l’univers d’Edena, il était assez organisé et structuré. Elle trouva donc assez rapidement la photo qu’elle voulait trouver dans une petite enveloppe en carton brune de qualité moyenne frappé au logo du Saint-Rita Hospital. Elle en extirpa une photographie en noir et blanc de l’échographie. Edena avait réussit à en avoir plusieurs en soudoyant pratiquement l’infirmière et le radiologue. Mais elle avait au moins réussi. Elle donna la photo à Beverly en disant doucement.
«Ce n’est pas l’extraterrestre que tout le monde pense. Il est même assez mignon et il a commencé à pratiquer la boxe, normalement quand j’essaie de dormir la nuit. Ton futur ou ta future filleul va merveilleusement bien. Enfin, c’est si tu veux bien être la marraine. »
Edena avait attendu avant de larguer la bombe M. Comme elle avait attendu pour larguer la bombe P. Mais pas autant. Le choix avait été facile. Peu de personne de son âge l’avait appuyé inconditionnellement après l’annonce de sa grossesse. Beverly et Glenn était du nombre. Elle retenait présentement son souffle, assise sur la chaise du café, regardant Beverly. Et si elle refusait? Et si Beverly ne se sentait pas capable? Edena fixait la photo de l’échographie, c’était l’avenir de son bébé qui était en partie en jeu. On ne choisit pas une marraine à la légère chez les Miller. C’est une personne qui devient par procuration un membre de la grande fratrie. D’une grande famille qui s’aime et qui est très tolérante et unie.
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MessageSujet: Re: 07. A coffee, & a futur baby.    Jeu 18 Aoû - 19:46

« C’est tellement gentil de me dire ça. Faut pas… tu vas me faire pleurer. Ça va toujours mieux quand tu es là. Tu ne me regardes pas comme si j’allais avoir un extraterrestre qui allait me sortir du ventre. »

Au début, je me sentis presque choquée par sa phrase. Un extraterrestre ? Je savais qu'Edena subissait des moqueries et des insultes au lycée, qu'elle avait la vie dure parfois -en partie à cause de Summer Davis-, mais qu'elle tenait le coup malgré tout. Une raison de plus pour laquelle je l'admirais énormément. Edena éclata de rire, et aussitôt, je me sentis rassurée. Son bonheur étant contagieux, je souris presque immédiatement, avant qu'elle ne réponde à ma question.

« Pas grand-chose. Mon père et mon frère sont revenus du front. »

Je savais à quel point le sujet était... Compliqué. Je comprenais et partageais la peine d'Edena comme si c'était la mienne. Je savais à quel point le fait qu'elle en sourit était un petit miracle. Un miracle en marche. Qu'un jour elle serait guérie. Qu'elle pourrait se marier, avoir d'autres enfants sans se sentir mal en pensant à tout cela. Aucune larme, rien, juste un sourire ; peut-être se forçait-elle, peut-être pas ; en tout cas, elle progressait et je m'en rendais compte. Parler du front, c'était penser à Alexander. Et penser à lui, c'était se rappeler sa mort, la douleur subie suite à cette mort... Et donc, parler du front avait été impossible pendant un moment. Aujourd'hui, Edena en parlait. Et en souriait. C'était un pas en avant. C'était comme si elle voyait à présent le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide.

« Ton père, ton frère, bientôt, ton bébé. Et moi. Tu ne seras jamais seule, Edena. »

Je tenais à le préciser. Parce que, même si personne ne remplacerait Alexander, aucune des personnes que je venais de citer n'abandonnerais jamais Edena. Ne lui ferais jamais de mal. Quoiqu'il arrive, il fallait qu'elle le sache. Parce que je savais que c'était important pour elle d'être entourée. Important pour tout le monde. D'avoir des gens à qui se confier, des épaules sur lesquelles pleurer parfois ; des gens pour nous aider quand on en a besoin. Et même si Edena allait mieux, il y avait certains moments dans sa vie où elle aurait peut-être besoin de nouveau de gens sur qui s'appuyer. Et je voulais en faire partie.
Edena fouilla un instant dans son sac, et sortit presque aussitôt une photo. Bien sûr, il est difficile de s'extasier devant les photos en noir et blanc sans grands détails sur le bébé lui-même, mais l'idée que tout allait bien et qu'il avait l'air tout à fait normal était déjà assez rassurante pour être ému devant une échographie. Sans oublier que c'était une des seules choses qu'on avait sur le bébé avant sa naissance, et que c'était génial de pouvoir avoir une photo de quelqu'un avant même qu'il ne naisse. Je pris la photo pour le regarder de plus près, intimidée par cette preuve inéluctable qu'un petit être était en train de vivre et de commencer à se construire dans le ventre d'une fille extraordinaire.

«Ce n’est pas l’extraterrestre que tout le monde pense. Il est même assez mignon et il a commencé à pratiquer la boxe, normalement quand j’essaie de dormir la nuit. »

Je n'aurais jamais imaginé un extraterrestre, bien entendu, mais l'idée du boxeur ne m'étais pas encore venue à l'esprit non plus. J'eus un sourire, en espérant qu'Edena parvenait tout de même à dormir, quelques fois...

«Ton futur ou ta future filleul va merveilleusement bien. Enfin, c’est si tu veux bien être la marraine. »

Sa déclaration me laissa d'abord sans voix. Moi ? La Marraine de son enfant ?
C'était tellement... Énorme, gigantesque, magique comme idée. Je serais responsable, en partie, d'un enfant. Elle... Edena se rendait-elle compte de tout ce que sa phrase signifiait pour moi ? Sûrement. Elle me connaissait mieux que personne. Mais l'idée qu'elle m'ait choisie, moi était tout simplement... Merveilleuse. C'était une sorte de preuve personnelle, de me dire que je pouvais être meilleure que mes parents à moi - et c'était une perspective tellement rassurante. L'idée de pouvoir faire rire un enfant, d'être une sorte de deuxième mère, de m'occuper de lui si jamais il arrivait quoique ce soit à Edena... Et face à Edena, qui avait voulu ce bébé, ce bébé qui était la seule chose qui lui restait réellement d'Alexander, une des choses, pour ne pas dire celle, qui comptait le plus pour elle. C'était donc un honneur particulier et immense que de se voir poser la question. Cette proposition qui était à la fois effrayante et...

« Waw... Bien sûr que je veux bien ! »

Je me levais pour serrer Edena dans mes bras le plus fort que me le permettait son ventre - et je me rendis compte que je pleurais. Edena dans mes bras, la photo de mon futur filleul ou future filleule dans la main, je venais d'accepter la proposition la plus incroyable qu'on m'aie jamais faite.

« Et ton bébé sera peut-être un boxeur, mais jamais un extraterrestre, même s'il naissait avec une peau verte. Ce sera le plus bel enfant du monde parce que ce sera le tien... Merci Edena... »
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MessageSujet: Re: 07. A coffee, & a futur baby.    Ven 19 Aoû - 2:46

L’image de l’extraterrestre était celle qui décrivait le mieux la réaction des gens face à la maternité d’Edena. Elle se sentait souvent pointée du doigt et désignée comme mise à part des autres. L’adolescente savait très bien lorsqu’elle avait décidé d’avoir un enfant avec Alexander qu’elle arrêterait de répondre à la norme sociale en vigueur à Lima. Ici, il fallait être marié et avoir un boulot stable pour être de bon parent. Ici, il fallait répondre à cet idiot de cliché de famille heureuse et parfaite. Et Bien, Edena n’avait jamais eu l’intention de se conformer à cette norme. Alexander avait été d’accord. Au diable les qu’en dira-t-on. Edena les envoyait tous balader ceux qui la considéraient trop jeune pour être une bonne mère.
«Ton père, ton frère, bientôt, ton bébé. Et moi. Tu ne seras jamais seule, Edena. »
C’était justement ce point qui avait convaincu Edena que ce n’était pas une mauvaise idée d’avoir un enfant aussi jeune. Elle avait toujours été bien entourée. Edena provenait d’une famille de la classe moyenne ayant beaucoup d’enfant quand même pour l’époque. Une fois par semaine, les membres de la famille Miller se contactaient pour s’échanger des nouvelles. Ainsi, il était toujours possible d’avoir des nouvelles des deux ainés Miller. Elliot pouvait montrer des photos de ces deux enfants et parler pendant des heures de son centre de réhabilitation pour les jeunes à problème. La maison jeunesse d’Elliot était comme un autre enfant. Il avait été créé suite au décès d’un de ses meilleurs amis et le centre portait aujourd’hui son nom. Evan lui, se faisait beaucoup plus avare de parole. Il parlait souvent de ses amourettes qui tournaient facilement au vinaigre. Et il y avait les deux frères Miller qui vivaient encore à la maison. Erik qui attendait d’avoir l’argent pour s’acheter une maison et la faire ajuster à ces besoins d’handicapé. Et Edgar. Edgar était encore aux études et il était militaire. Jamais, jamais Elizabeth n’aurait permis qu’il ne quitte la maison. Le fait que ses frères étaient de retour montait la résistance d’Edena à toutes les horreurs que la vie pouvait réserver. La jeune demoiselle était aussi entourée d’un cercle d’amis précieux qui ne se fiaient pas aux apparences. Parmi lesquels il y avait Sasha, Beverly, Glenn...
« Je sais que je ne serais jamais seule. Mais ça fait bizarre de… qu’il ne soit pas là. Mais il y a le bébé. Qui va m’aider. C’est une bouée de sauvetage à moi toute seule. Je ne la partagerais pas avec beaucoup de gens. »
Était-ce égoïste de sa part? Son enfant était sa résistance et la seule raison pour laquelle à l’annonce du décès d’Alexander elle n’avait pas été complètement terrassée par la nouvelle. Les gens la dévisageaient sans cesse en lui collant cette étiquette de jeune fille irresponsable. Parce qu’elle était enceinte et qu’elle n’avait pas la bague au doigt. Quand les gens réaliseraient dans quinze ans à quel point elle était une mère extraordinaire, même si elle n’aurait que vingt ans de plus que son enfant, ils s’en mordront les droit. Parce qu’Edena croyait au vieux principe qu’il ne fallait pas une seule personne pour élever un enfant mais bien tout un village ou une ville pour former le caractère d’un être humain et lui montrer la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal.

C’était justement parce qu’Edena accordait autant d’importance à ce principe qu’elle avait tenu à ce que la marraine et le parrain de son enfant soit des personnes en qui elle avait une confiance aveugle. Des gens qui partageaient ce même système de valeur. Des gens qui, Edena le savait, seraient toujours présent pour son enfant. C’était pour cette raison qu’elle avait insisté auprès d’Alexander pour que Beverly soit la marraine. Elle avait insisté dès qu’elle avait su qu’ils acceptaient d’essayer d’avoir un enfant. Elle sentait que sa meilleure amie était le meilleur choix. L’histoire plutôt complexe de Beverly avec ces parents la pousseraient à s’impliquer. Car Edena savait très bien que sa grande amie était pleine d’amour à revendre. Des tonnes et des tonnes d’amour pour des gens qui lui étaient importants. Elle attendit donc la réaction. Le regard de Beverly semblait incrédule. Et Edena croisait ses doigts sur la table priant le seigneur qu’elle dise oui. Beverly était son soleil. Et elle serait le soleil de son fils ou de sa fille. En silence, la jeune future maman paniquait encore (comme pour faire changement) en s’inquétant si elle disait non, si elle refusait, si elle avait par sa nouvelle complètement couper la voix de Beverly. Si Berverly n’était même pas capable de dire qu’elle était d’accord, si …
« Waw... Bien sûr que je veux bien ! »
Il aurait pu s’écouler des secondes, des minutes, des heures voire même des jours entre les deux qu’Edena aurait retenu son souffle. Elle avait été si soulagée d’entendre la phrase. C’était beaucoup de responsabilité que de devenir marraine. Mais ce n’était pas la même chose que de devenir une mère. L’enfant d’Edena serait baptisé dans une église. Même si Edena n’en était pas fan. Parce que c’était une décision du couple. Non pas une décision qui ne relevait que d’elle. L’adolescente ferma doucement les yeux. Des larmes lui montaient aux yeux. Pour une rare fois, c’était des larmes de joie. Des larmes qui rimaient avec le bonheur et l’espoir. L’espoir d’une nouvelle vie quand le monde finirait par reprendre un sens normal. Quand il arrêterait de tourner en slowmotion. L’adolescente vit son amie se lever et sentit les bras l’enserrer avec douceur. Elle aussi avait les yeux plein d’eau. Des larmes de joie. Des larmes de fierté probablement un peu. Edena sentit aussi tôt les larmes coulés sur ses joues. Une véritable pression venait de retomber. Elle se sentait libre et elle avait le droit de respirer à nouveau un peu plus. Le fait de choisir une marraine rendait le tout si réaliste… si vrai qu’elle ne pouvait qu’être heureuse.
« Et ton bébé sera peut-être un boxeur, mais jamais un extraterrestre, même s'il naissait avec une peau verte. Ce sera le plus bel enfant du monde parce que ce sera le tien... Merci Edena... »
La proposition incroyable avait rétabli un peu plus les pas vers l’avant d’Edena. Elle avançait de nouveau. Même si c’était à pas de souris. Elle avançait vers un avenir meilleur. Elle était tellement deux que le câlin que sa meilleure amie voulait lui faire n’en avait pas l’air d’un. Mais elle s’en foutait. Elle avait accepté. Contenant mal sa joie, Edena prit doucement la main de l’heureuse future marraine et la déposa en douceur sur le ventre où s’agitait l’enfant.
«Lui aussi te dit merci. Parce que je sais que c’est la bonne chose à faire et que tu seras à la hauteur. Alexander et moi savions que tu serais le bon choix. Et c’est sûr qu’il va être magnifique, il va ressembler à son père. Il ne peut être que magnifique s’il ressemble à papa. »
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MessageSujet: Re: 07. A coffee, & a futur baby.    Ven 2 Sep - 21:23

Edena avait dit qu'elle ne partagerait pas son bébé avec beaucoup de gens parce qu'il était sa bouée de sauvetage. Elle venait pourtant de me proposer d'être sa marraine... Cela représentait sûrement beaucoup pour elle. C'était à la fois un engagement et une promesse. Bon, je ne me mariais pas, mais c'était presque aussi important à mes yeux. Edena me prit la main et la posa sur son ventre. Imaginer qu'un bébé y reposait était assez étrange, mais Edena valait bien deux personne à elle toute seule. C'était valable avec ou sans bébé, mais cela paraissait d'autant plus vrai qu'elle allait donner la vie à un petit ange.

«Lui aussi te dit merci. Parce que je sais que c’est la bonne chose à faire et que tu seras à la hauteur. Alexander et moi savions que tu serais le bon choix. Et c’est sûr qu’il va être magnifique, il va ressembler à son père. Il ne peut être que magnifique s’il ressemble à papa. »

Je secouais la tête, me rappelant combien il était agréable de détacher ses cheveux quand on était pas obligée d'être la cheerleader et lycéenne voulue. Je n'étais pas d'accord entièrement avec le dernier point. D'un autre côté, savoir qu'Edena y avait réfléchi avec Alexander représentait beaucoup pour moi. Parce que je n'étais pas une fille choisie au hasard. Alexander avait été d'accord. C'était tellement gentil de sa part... Et tellement adorable venant d'Edena. Sans aucun doute, elle aurait été celle que j'aurais choisi de mon côté. Mais je n'y avais pas vraiment réfléchi... Parce que même si elle ne m'avait pas fait cette magnifique proposition, je savais que j'aurais accepté de le garder quand Edena serait en train de travailler, que je l'aurais amené une fois par semaine au cinéma ou au restaurant, que je l'aurais emmené en balade et que je m'en serais occupée comme de mon fils. Ou mon neveu. Car Edena était comme ma sœur. Et qu'après tout ce qu'elle avait traversé, elle méritait bien qu'on l'aide. Qu'on la protège, qu'on l'épaule. Edena était tellement extraordinaire... J'aurais tout donné pour elle. Et si son bébé comptait pour elle, il comptait presque autant pour moi. C'est pour cela qu'il me semblait juste de préciser la raison pour laquelle j'avais secoué la tête, la raison pour laquelle ce qu'elle avait dit n'était pas entièrement vrai.

« Non Edena, il sera beau en te ressemblant aussi. En vous ressemblant à tous les deux. Tu vois, une preuve de votre amour, et aussi beau que l'amour que tu lui porteras. »

Et Edena n'était pas que belle, elle était resplendissante, par son sourire, ses yeux encore brillants, son ventre arrondi où ma main était toujours posée, et surtout par son courage.
Je ne savais pas si ce que j'avais dit était clair, mais dans ma tête, ça l'était parfaitement. Un bébé qui n'est pas fait par amour ne peut pas être beau... Ce qui ne voulait bien sûr pas dire qu'Edena n'aurait pas le droit de tomber amoureuse d'un autre lorsqu'elle serait prête. Simplement qu'au moment où le bébé avait vu le jour, il était né par amour. Et qu'il ne pourrait donc qu'être à la hauteur de cet amour.
Et puis, une idée me vînt à l'esprit. Le bébé hantait déjà mes pensées, mais dans ma tête, je me représentais déjà un bébé tout beau tout propre et surtout habillé. Je savais qu'à l'accouchement, il ne serait pas si beau et propre que cela, mais qu'une fois un bon bain de pris, il serait déjà drôlement mignon, mais pour les habits...

Bien sûr, Edena avait peut-être déjà acheté plein de choses pour lui, mais en tant que marraine, je me devais de lui préparer une super garde-robe, pas vrai ? Sans oublier doudous et tout ce qui allait avec. Et s'il en avait déjà... Et bien, la petite Beverly avait adoré les peluches et les comptait par dizaines. Si le petit d'Edena avait plusieurs peluches, ça ne ferait de mal à personne ! Autant commencer à le gâter, même avant qu'il arrive, pas vrai ?

« Ça te dirait Edena, qu'un de ces jours on se fasse une séance shopping bébé ? Pour lui trouver plein de jolis trucs à se mettre... Et puis on pourra toujours faire quelques magasins pour nous. »

Bien sûr, je savais qu'il y avait des magasins spéciaux pour trouver des vêtements de femme enceinte confortables, agréables et jolis, mais on en trouvait dans plusieurs autres magasins non spécialisés. Elles pourraient toujours passer dans ces magasins-là, et acheter des jolis habits pour la future maman dès qu'elle aurait retrouvé son ventre "habituel". Sans oublier des petits ensemble tout mignons, des chaussures qui tiennent dans la pomme de la main et qu'on trouve microscopiques... Je m'étais toujours demandé comment on pouvait avoir des pieds aussi petits. Même pour des bébés.

J'avais le chic pour m'emballer avant de connaître les réponses. Je savais que beaucoup regardaient le ventre d'Edena avec dégoût ou surprise, mais pour moi, ce ventre était une merveilleuse promesse et un petit bijou. En fait, je regardais déjà son ventre avec tendresse. Était-ce normal, ou fou ? Normal, d'après moi. Fou pour qui voudra, et, au fond, l'avis des autres n'avais aucune importance. Même quand il était blessant, il fallait parvenir à l'ignorer. Qu'ils pensent que c'était un extraterrestre, il ratait une des merveilles du monde. Tant pis pour eux. Peut-être que quand ils verraient la petite bouille de mon futur...Filleul, ils se rendraient compte à quel point ils s'étaient trompés. A quel point il n'était pas un extraterrestre mais le plus charmant des bébés.


HJ:
 
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MessageSujet: Re: 07. A coffee, & a futur baby.    Mar 6 Sep - 4:14

On dit souvent qu’aucun amour n’est inconditionnel, sauf l’amour qu’un parent éprouve pour son enfant. Jamais Edena n’avait cru que c’était totalement vrai. Elle avait aimé sans condition et sans limite. Elle avait découvert un jeune homme qui avait été son amour dès le premier regard. Elle s’était remise en question, parce qu’il était trois ans plus vieux qu’elle. Parce qu’il évoluait dans un cercle différent que celui qu’Edena grandissait à cet époque. Il était Roméo et elle était Juliette. Il venait d’une toute petite famille éclatée. Elle venait d’une grande famille plus soudée que jamais par la perte des jambes de l’un de ses membres. Edena venait d’une famille qui sans être riche avait donné les clefs à leurs enfants pour qu’ils deviennent chacun une personne unique qui avait réussi dans la vie. Alexander venait d’une famille plus défavorisé. Il aimait l’armée, mais il n’avait aussi pas eu le choix de s’engager dans l’armée pour devenir quelqu’un car l’armée américaine paye les études de ces anciens soldats. Même si Alexander n’était pas sur de vouloir être autre chose qu’un homme du front et un homme d’action, il avait en partie choisit l’armée de terre américaine pour avoir ce choix, si jamais il choisissait de lâcher ou de déserter. La jeune femme le savait. Mais elle l’avait aimé, malgré les quelques rares défauts. Jamais Edena n’avait cru qu’elle serait un jour le genre de fille qui croyait en un coup de foudre. Jamais elle n’avait cru qu’elle serait arrivée à ces dix-neuf ans de cette manière. Mais tout ce qu’Edena avait accompli dans sa vie jusqu’à date c’était par amour. Par amour de ses parents, par amour de ses frères, par amour de la vie, par amour de son Alexander à elle seule – son Roméo à elle, par amour de sa communauté, par amour de l’école. Voilà quel était le plus grand problème d’Edena. Elle aimait aimé inconditionnellement. Aimer au point de se faire teindre en blonde. Aimer au point de laisser l’homme qu’elle aime partir au front. Aimer au point d’oublier comment l’on vit sans avoir une personne à aimer à ces côtés. C’était pour cette raison que les derniers mois étaient aussi secs. Aussi aride. Au moins, elle avait ses amis qu’elle aimait d’amitié. Qu’elle aimait pour leur patience. Qu’elle aimait pour leur chaleur. Qu’elle aimait pour leur gentillesse. Qu’elle aimait tout simplement. La jeune demoiselle sourit doucement.
« Non Edena, il sera beau en te ressemblant aussi. En vous ressemblant à tous les deux. Tu vois, une preuve de votre amour, et aussi beau que l'amour que tu lui porteras. »
C’était pour cette raison qu’Edena gardait Beverly aussi proche d’elle. Parce que la jeune future maman avait tendance surtout ces derniers temps à trop idolâtrer son Alexander. À trop honorer la mémoire de cet homme qu’elle avait aimé sans condition et de tout son cœur. Beverly était toujours là pour dire le « parce que je le vaux bien. » qu’Edena était incapable d’admettre à elle-même.

La jeune demoiselle ne pouvait s’empêcher de penser à une foule de chose qu’elle s’empêchait de faire parce qu’elle ne valait pas nécessairement. Elle sacrifiait beaucoup ces temps-ci. Par amour pour cette petite vie. Toutes les fêtes, toute l’attention que certaines personnes lui avaient donné mais qu’elle n’avait pas nécessairement voulu prendre, toutes les excuses qu’elle aurait à aller présenter à des gens qu’elle avait probablement blessé en voulant se protéger de ce besoin d’aimer qui la prenait trop souvent. De ce besoin d’être aimée, appréciée et utile quand elle n’avait besoin que d’une seule et unique chose et c’était de penser à elle parce que oui, Edena le valait bien au fond.
« Merci beaucoup. Mais j’aimerais quand même avoir un minuscule Alexander, comme petit rayon de soleil juste à moi. Comme exactement… la preuve de notre amour, à moi et Alex. Merci de me dire tout ça.»
Des larmes immobiles perlèrent au coin des yeux d’Edena. Ce n’était pas des larmes de tristesse pour une rare fois. Elle avait l’impression d’être soulager d’un petit poids de plus. Elle avait l’impression de pouvoir avancer un peu plus facilement maintenant qu’elle savait qu’elle aurait une marraine parfaite pour son enfant. C’était une pierre qui lui pesait. Un petit poids qui la retenait vers le bas. La jeune demoiselle savait que de là-haut son Alex regardait et qu’il approuvait doucement. Edena n’avait jamais vraiment cru à une vie après la vie. Parce qu’elle n’avait jamais vraiment fréquenté une église de manière régulière. Mais la mort d’Alexander avait remis une partie des éléments en reliefs. Peut-être qu’une vie après la vie était une manière d’expliquer pourquoi un jeune homme d’à peine vingt-deux ans, un Roméo, perdait la vie dans une vie aussi absurde. La jeune demoiselle se rassurait donc parfois en disant qu’il devait être heureux de certaines de ses actions. Et Edena était sûre qu’elle verrait chacune de ces actions dans son enfant. Chacun de ces petites approbations dont elle avait besoin.
« Ça te dirait Edena, qu'un de ces jours on se fasse une séance shopping bébé ? Pour lui trouver plein de jolis trucs à se mettre... Et puis on pourra toujours faire quelques magasins pour nous. »
Un immense sourire illumina le visage d’Edena. Elle avait souvent tendance à aller magasiner quand elle se sentait un peu morose, quand elle se sentait seule, quand elle n’était pas sûre de ce qu’elle allait faire dans la vie, quand elle doutait, quand elle était heureuse. Non, ce n’était pas une dépendante au magasinage et sa carte de débit ne pleurait pas encore des larmes de sang au moindre petit mouvement sur un guichet. Mais il ne pouvait empêcher que la jeune demoiselle était sérieusement en train de devenir dépendante aux petites boutique.
« Oh! J’ai aucune opposition contre le magasinage. Ma mère ne me pardonnera peut-être pas encore une autre virée de shopping. Mais je sais que je vais encore craquer sur les peluches, les ensembles… sérieusement, il ne devrait pas faire les grenouillères aussi adorables. Ou les toutes petites tuques pour les enfants d’un mois. Les chaussons. On dirait que tu peux manger les orteils ou faire des bisous sur le bedon. God. Faut que l’on aille magasiner. »
Edena n’avait pas été capable de retenir son entrain. Les mots shopping et bébé ne devrait jamais être mis ensemble dans la même phrase. Jamais, jamais Edena n’avait été une fan absolue de tout ce qui concernait les longues journées de magasinage. La jeune demoiselle était hors de contrôle dès que l’on venait simplement à mentionner le magasinage dans les quelques petites pour enfants et de maternité que contenait la place Bellefontaine et le petit centre d’achat. Elle s’était même surprise à sortir du comté dans sa voiture pour avoir accès à un plus grand nombre de boutiques. Ce n’était pas à toutes les fois qu’elle achetait pour une véritable fortune en vêtements miniature. Mais quand elle se laissait attendrir par une pièce de vêtements ou pour un jouet pour bébé, n’essayez pas la technique du raisonnement. Et sérieusement, il n’en fallait absolument pas beaucoup pour faire craquer Edena pour un ensemble.

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MessageSujet: Re: 07. A coffee, & a futur baby.    Jeu 13 Oct - 20:58

« Merci beaucoup. Mais j’aimerais quand même avoir un minuscule Alexander, comme petit rayon de soleil juste à moi. Comme exactement… la preuve de notre amour, à moi et Alex. Merci de me dire tout ça.»

Edena avait le regard brillant, mais ses lèvres étirées en sourire étaient rassurantes. Elle allait mieux. Un petit rayon de soleil ne qui ne ferait pas que faire fondre la glace et réchauffer le cœur d'Edena. Non, ce serait un deuxième soleil dans ma vie à moi aussi...

Les gens qui veulent ne pas vous blesser vous disent souvent qu'on ne choisit pas sa famille. Combien de fois avais-je entendu cette phrase ? Oui, j'avais des géniteurs dealers de drogues, et alors ? Ma mère, c'était ma grand-mère. C'était la famille que je choisissais, celle que je voulais. La différence entre celle qui m'avait mise au monde sans le vouloir, et celle qui s'occupait de moi et de ma place dans ce monde chaque jour depuis plus d'une quinzaine d'années, c'était la différence entre ma mère biologique, et celle que je m'étais choisie.

Edena, elle, faisait partie de cette famille-là, celle dont j'avais besoin et qui m'aidait à avancer chaque jour. La famille que je m'étais choisie. Son bébé, c'était comme ma propre famille qui s'élargissait. Ce petit garçon, c'était comme mon fils à moi, ou mon neveu, ou quelqu'un pour qui je serais là, tout simplement... Edena était un soleil, lui aussi, et l'idée d'avoir plusieurs soleil à moi toute seule me rendait juste heureuse. Et puis, c'était une vision d'avenir réjouissante ; car je voyais le fait d'être la marraine de son enfant comme une promesse de ne jamais trop m'éloigner d'Edena, même après le lycée, même avec des complications, des études différentes ou quoique ce soit qui aurait pu mettre notre amitié en péril. Parce que je ne voulais pas la perdre. Pour rien au monde.

Bien sûr, on dit toujours qu'il y a e lycée et après. Qu'on perd tout le monde de vue, qu'on se construit en tant qu'adulte dans la société. Mais honnêtement, moi adulte? Je m'étais toujours vue avec Edena. Nous avions une relation adulte, si on peut dire. Ce n'était pas juste une amie avec qui je faisais du shopping ou avec qui je parlais dans un café, malgré ce que n'importe qui pourrait croire aux premiers abords. Non, Edena était bien plus que cela. Nous étions assez matures toutes les deux, alors je ne voyais vraiment pas pourquoi notre complicité disparaîtrait avec l'âge.

Être la marraine de son enfant, ce n'était pas simplement cette promesse... C'était trop de choses pour que je puisse y penser dans un café qui se remplissait à vue d'œil, où les gens échangeaient des banalités, et où un fond de musique donnait une ambiance... Bruyante. Pas forcément désagréable, mais trop festive. Cette sorte de rugissement permanent m'empêchait de réfléchir. Et au fond, cela faisait aussi du bien de ne pas se prendre la tête après une journée de cours. Voir Edena, du monde, sans avoir à se concentrer, à réfléchir, c'était juste un bon moment bien mérité et très attendu. C'est sûrement pour cela que, malgré mes idées contraires, je me mis à parler de shopping. Oui, Edena était plus qu'une fille avec qui on sort pour s'amuser, mais ça ne voulait pas dire qu'elle ne pouvait pas être ce genre de personne non plus de temps en temps.

Quand je me mis à parler de shopping-bébé, le visage de ma meilleure amie s'éclaira.

« Oh! J’ai aucune opposition contre le magasinage. Ma mère ne me pardonnera peut-être pas encore une autre virée de shopping. Mais je sais que je vais encore craquer sur les peluches, les ensembles… sérieusement, il ne devrait pas faire les grenouillères aussi adorables. Ou les toutes petites tuques pour les enfants d’un mois. Les chaussons. On dirait que tu peux manger les orteils ou faire des bisous sur le bedon. God. Faut que l’on aille magasiner. »

Cet enthousiasme que mettait Edena dans des choses aussi simples était juste... Adorable ? Aussi adorable que les chaussons et peluches pour bébé, je vous l'accorde...

« Bon. Demain après-midi, t'es libre? »


[ Tu veux terminer le sujet, peut-être? La deuxième saison approche, et le principal a été dit, je crois ? :) Si tu veux, je peux aussi éditer et le terminer, n'hésite pas à m'envoyer un MP Wink ]
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07. A coffee, & a futur baby.

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