Choriste du mois


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 08. They say it's all right

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MessageSujet: 08. They say it's all right   08. They say it's all right EmptyVen 26 Aoû - 15:12

En arrivant à McKinley High, Ashandra avait fait deux découvertes : une bonne, et une mauvaise. La bonne surprise avait été celle du club de chasteté. Elle s’y sentait très à l’aise, entourée de personnes qui avaient fait les mêmes choix qu’elle ou qui, au moins, comprenaient ses choix et ne la jugeaient pas. Et puis elle y avait rencontré Cassandra Hamilton, à qui elle aurait presque voué un culte tant elle l’admirait. La présidente du club semblait passer au travers des épreuves du lycée sans inquiétude, la tête haute et si sûre d’elle. À côté de cela Ashandra continuait à raser inlassablement les murs, essayant tant bien que mal de se fondre dans la masse pour ne pas s’attirer d’ennuis. Des ennuis du genre de la deuxième innovation du lycée de Lima : le slushy.

Lorsqu’on fait partie du club de chasteté, qu’on est nouvelle dans la ville et que l’on ne suit pas les tendances du lycée, on fait définitivement partie du haut de la liste des victimes potentielles de cette pratique barbare et immature. Si l’on ajoute à cela le fait qu’Ashandra était en plus la tête de turc par excellence de Santana Lopez, il ne fallait pas être un génie pour réaliser bien vite qu’elle avait déjà été victime à plusieurs reprises du fameux jet de glace pilée, et que ça ne cesserait que le jour où elle quitterait le lycée. Toute sa vie elle se rappellerait de sa première rencontre impromptue avec un granité saveur Coca-Cola. Elle se rappellerait probablement de chacune de ces agressions, mais celle-là en particulier, la première, la plus violente, la plus injuste, la plus blessante. La scène s’était déroulée loin des yeux des quelques personnes sur lesquelles elle pouvait espérer compter dans les couloirs, la laissant seule avec son désespoir. La jeune fille fermait son casier après avoir rangé son cahier de littérature dans son sac à dos, se retournant doucement pour se diriger vers sa prochaine salle de cours sans prendre le risque de heurter quelqu’un, lorsqu’elle sentit en un instant une vague glaciale l’envelopper. Elle était restée figée un instant, les yeux fermés, tâchant de réaliser ce qui venait de se passer, avant de relever les yeux vers son agresseur, ou plutôt ses agresseurs : une bande de trois Cheerios de deuxième année qu’elle ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam, arborant un large sourire de satisfaction en laissant le gobelet tomber au sol d’un air triomphal. Bien sûr il n’y avait pas de surveillant ni de professeur dans les parages et la lycéenne était si paralysée par la peur qu’elle n’avait pas réalisé tout de suite que le chemisier blanc qu’elle portait était devenu transparent au contact de la glace qui fondait déjà, laissant de grosses traînées bleutées sur son passage. Autour d’elle résonnèrent quelques sifflements masculins qui lui firent l’impression d’une détonation à l’intérieur de sa poitrine. Il fallait qu’elle se cache, qu’elle se débarrasse de ce morceau de tissu devenu inutile pour se couvrir. Elle aurait voulu rentrer chez elle et pleurer, ne plus jamais remettre les pieds en cours, finir l’année par correspondance. Mais rien de tout cela n’était possible, et elle le savait. Le sucre piquait ses yeux, l’odeur de Coca-Cola l’agressait, le goût qui envahissait sa bouche restée bée sous le choc, toutes les sensations arrivaient en même temps dans un trop plein d’émotion qui provoqua immédiatement un sanglot qui secoua ses épaules. Elle avait passé une heure enfermée dans les toilettes avant de tomber par chance sur une connaissance du club qui lui avait prêté le haut d’une tenue de sport pour qu’elle puisse retourner en cours. Mais même une fois changée et nettoyée, l’odeur n’avait pas quitté sa peau ou ses cheveux, elle en avait eu des hauts le cœur à la simple vue de la machine à slushy pendant des semaines, sans parler du fait qu’elle ne se voyait toujours pas boire un verre de soda aujourd’hui. Le sentiment d’humiliation gratuite était sans doute un des pires qui soit, et la cicatrice de cette douloureuse expérience resterait à jamais gravée dans son cœur. Elle ne comprenait pas pourquoi. Pourquoi ce besoin de faire régner la loi du plus populaire par la peur ? Pourquoi se mesurer à plus faible que soi en mettant sa victime plus bas que terre ? Pourquoi ?

La journée avait été des plus banales ce jour là, l’heure de déjeuner s’achevait et pour une fois son frère s’était tenu éloigné de ses amis pour partager son repas avec elle. Jamais elle n’avait osé lui demander s'il avait lui-même agressé quelqu’un au lycée en usant de son statut de sportif. Sans doute avait elle trop peur de la réponse. Il était la seule connaissance qu’elle avait dans les hauts cercles de McKinley, et il ne se vantait sans doute pas d’être le petit frère de la fille coincée du club de chasteté… Elle ne lui en voulait pas, elle l'aimait plus que tout, c'était son frère et elle n'avait pas à lui imposer ses choix. Ils évoluaient dans deux mondes opposés mais se retrouvaient toujours le soir, chez eux, à l'abri des jugements et des divisions sociales du lycée. En réalité elle connaissait une autre personne : Ruby Caldwell. Elles étaient dans la même classe, et bien que la jeune fille soit membre de la caste des cheerleaders il y avait quelque chose en elle qui la rendait différente des autres. Ashandra et elle avaient un point commun qui les avait rapprochées : leur timidité. Mais il y avait celle qui l’avait surmontée et se baladait sans craindre les attaques de slushy dans sa courte jupe rouge, et celle qui n’en sortait pas et fuyait les uniformes de Cheerios comme la peste. Shandy appréciait beaucoup de discuter avec Ruby, elle avait un caractère assez doux et généreux et elle l’admirait de pouvoir affronter le regard des autres comme elle le faisait, même si son choix d’appartenir à l’équipe de Sue Sylvester restait un mystère. Comme pour son frère elle n’avait jamais osé lui demander pourquoi elle s’était lancée dans le cheerleading plutôt que dans une chorale ou dans un club de théâtre. La lycéenne avait jusqu’à présent préféré éviter la question et rester amie avec Ruby, même si à chaque agression qu’elle vivait la question lui brûlait les lèvres.

Après un bref coup d’œil sur sa montre, elle se pressa vers son casier pour récupérer son sac de sport. Sa prochaine heure et demie de cours elle la passerait sûrement dans le gymnase à faire des agrès puisque le temps d’avril ne semblait pas permettre d’aller à l’extérieur. Prenant grand soin d’éviter les footballeurs dans les couloirs, son trajet se déroula sans encombre, seulement avant de pousser la porte des vestiaires son regard fut attiré par un petit attroupement de Cheerios. Parmi elles, Ruby. Et devant elles, un lycéen couvert de glace pilée rouge sang. Cerise à n’en pas douter. En reconnaissant le parfum du slushy à cette distance Ashandra eut un violent pincement au cœur. La jeune fille fit volte-face pour s’engouffrer dans les vestiaires et se changer en tâchant de se sortir les images de slushy de la tête. Pourquoi Ruby était-elle là ? Elle faisait partie des Cheerios après tout… Mais de la voir pour la première fois associée à ce genre de scène avait profondément choqué Ashandra dont les mains tremblaient légèrement. Elle se sentait trahie. Ce n’était pas comme si elle l’avait vue jeter le contenu du gobelet à la figure de sa victime, mais en la voyant passer à son tour la porte du gymnase pour venir s’échauffer avec elle, son cœur explosa.
    Comment tu as pu faire ça ? Je… Je ne comprends pas pourquoi on fait ça ? Pourquoi est-ce que les gens acceptent ce traitement ? Pourquoi est-ce que personne ne dit rien ?

Elle avait parlé un peu trop fort et les quelques autres couples qui s’échauffaient déjà en attendant l’arrivée du professeur se retournèrent pour la dévisager. Ashandra bien trop consciente de ce qui l’entourait baissa immédiatement la voix et en s’asseyant sur le sol, les yeux fixant la pointe de ses pieds étendus elle reprit avec une pointe d’animosité mêlée d’espoir :
    Dis-moi que je me trompe Ruby… dis moi que j’ai mal vu…

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Ruby Caldwell
Ruby Caldwell
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MessageSujet: Re: 08. They say it's all right   08. They say it's all right EmptyDim 28 Aoû - 15:14

Arborant son sourire habituel, Ruby accompagnée de quelques camarades Cheerios arpentait les couloirs à la recherche du casiers de l'une d'elles. Si cette escorte semblait logique de par leur équipe commune, il était difficile pour les autres de se douter à quel point être à leur côté n'avait pas été gagné d'avance. Alors qu'elle n'était encore que cette nouvelle arrivée fraichement dans un nouveau lycée, les seules pom-pom girls qui lui avaient tenu compagnie avaient chacune un minimum de sa personnalité. Mais ce jour-ci, quelques adolescentes connues pour leur fort caractère avaient rejoint le lot, et étant naturellement plus célèbres, elles semblaient en être la tête. Avant d'arriver à McKinley à cause de ce qu'elle avait vécu, la jeune fille ignorait la réputation exécrable de ces demoiselles en uniforme rouge et blanc et ne se doutait pas le moins du monde faire partie du même groupe que les persécutrices qu'elle avait tant fuies dans son ancien établissement. En le rejoignant, elle pouvait enfin dire adieu à son statut de victime mais accueillir alors les critiques injustifiées portées à son égard. Cependant, à contrario de ce que pouvaient penser les lycéens qui ne la connaissaient pas, lorsqu'elle se baladait à la main avec l'un de ces slushies parfum tropical, ce n'était certainement pas pour le gaspiller en le lançant sur le premier "looser" qu'elle croiserait. Non, sa gourmandise et ses principes lui interdisaient catégoriquement. C'est donc avec une légère ironie qu'elle considéra sa situation. Tout en approchant à grand pas du casier, elle jeta un regard en coin aux filles arrogantes, hautaines et sournoises qui se trouvaient pourtant là avec la grande timide pudique qu'elle était - ce secret étant toujours bien dissimulé des vipères de Sue Sylvester et des autres en qui elle n'avait pas accordé sa totale confiance –, ce dont elles ne s'étaient encore jamais douté.

Bien évidemment, ces cheerleaders n'étaient pas toutes ses amies, seules deux d'entre elles avaient le privilège d'en faire partie – ou plutôt Ruby avait le privilège de pouvoir les compter parmi celles-ci. Jamais la brunette n'aurait été de son plein gré retrouver ces personnes pour une traversée de couloir, étant certaine d'avoir un air menaçant. Toujours fidèle à elle-même, elle préférait adopter l'attitude de la lycéenne normale et sage... juste habillée en version very short. La Cheerio avec qui elle restait à la base s'était en fait incluse à ce troupeau, obligeant ainsi la petite Ruby à suivre. Voilà donc comment elle s'était retrouvée dans cette situation. Avec sa naïveté habituelle, elle n'aurait soupçonné en aucun cas que l'appétissant slushy à la cerise que l'une de ses camarades tenait dans ses mains finirait autre part que dans son estomac, persuadée que ces filles avaient comme elle un esprit ouvert et bienveillant. C'est alors qu'un lycéen sans mauvaises intentions ouvrit son casier un peu trop rapidement, sans apparemment prendre garde à celle qui s'apprêtait à faire de même avec le sien. On entendit le son sourd et métallique du choc qu'avait causé la porte sur le visage de la belle. La mine de cette dernière se crispa, ses sourcils se froncèrent et ses yeux se fermèrent. Lorsqu'elle les rouvrit, l'expression de rage qu'elle affichait n'était comparable à aucune de celles que Ruby avait été donnée de voir au cours de sa vie entière. Elle avait à ses côtés une cheerleader en colère. La blessée porta une main à son nez et poussa un juron avant de laisser exploser sa fureur. « Nan mais je rêve, espèce d'abruti! Tu pouvais pas faire gaffe sale c*n! ». De son côté, le jeune homme avait le visage livide et restait bouche bée face à ce groupe de filles en uniforme. Son attaque involontaire allait lui coûter gros, il en était convaincu. « Oh mon Dieu, je... je suis désolée, tu vas bien, tu n'as rien de cassé? ». La timide brunette s'était faite toute petite et n'osait plus bouger, pétrifiée par ce qui venait de se passer. Elle pouvait douter à présent de la sagesse de ses coéquipières. « T'as intérêt à dégager sur le champs. » « Attends je peux t'emmener à l'inf... ». Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Ruby sursauta tout en plissant ses yeux, bouche grande ouverte comme si le jet de glace pilée rouge vif venait non pas d'atterrir sur le pauvre garçon mais sur sa propre figure. Impossible de remuer un seul de ses membres, elle ne parvint pas à venir secourir la véritable victime. Cette dernière grimaçait horriblement, les épaules relevées, les doigts crispés, ses vêtements recolorés et rendus transparents par le liquide froid de la boisson légèrement fondue. Le regard de la douce pom-pom girl se perdit dans le vide et une fois ses esprits retrouvés, elle fit volte-face. Lâche et incapable, elle pressa le pas jusqu'aux vestiaires du lycée afin de ne pas laisser paraître à ces harpies sa stupéfaction. Sa soi-disant amie, pendant ce temps, semblait simuler à la perfection la personnalité insupportable des élèves de Sylvester.

L'odeur de cerise acidulée fut bientôt remplacée par celle du déodorant, permettant à la jeune fille de retrouver son calme. Jamais depuis son premier jour à McKinley elle ne s'était retrouvée dans le feu de l'action lors d'une de ces agressions (les ayant toujours observées de loin) ni n'aurait pensé culpabiliser à ce point. Le gobelet ne lui appartenait pourtant pas et ce geste ne venait pas d'elle, mais le manque de courage dont elle avait fait preuve la dégoutait énormément. Un flot de pensées se bousculaient dans sa tête; à ce stade où toutes les Cheerios se battaient pour obtenir le grand prix des Nationales de cette année, il était hors de question de se brouiller entre équipières et sa réaction aurait été la bonne; d'autre part cela ne lui ressemblait pas, elle si compréhensive, tolérante et à l'écoute. Le remord la rongeait et la mettait hors d'elle, et finalement déterminée elle décida d'aller présenter ses excuses à ce jeune homme dès la fin de son cours. À l'idée de passer une bonne séance de gym, Ruby se détendit tout en passant la porte du gymnase. Là se trouvait déjà tout un attroupement d'élèves en jogging. La première personne qu'elle aperçut, ce fut Ashandra Moon, une lycéenne que miss Caldwell avait rencontré dans un élan de vaillance de la part de l'afro-américaine. L'audace dont cette dernière fit preuve en allant lui adresser la parole la première fois aurait bien pu la perdre si elle n'était pas tombée sur cette cheerleader. Le courant passa fort bien, Ashandra et elles avaient de nombreux points commun, notamment leur grande timidité qui ne tarda pas à être mise à découvert. Ruby était pourtant l'une de ces filles arborant les initiales du lycée sur leur haut rouge et blanc et portant cette jupette extra courte qui volait au moindre coup de vent. C'était ce que Shandy admirait chez elle, oser s'afficher malgré sa pudeur. Cependant, sa démarche rapide et son expression irritée suggérait tout le contraire.

Avant même de pouvoir demander ce qui n'allait pas, la pom-pom fut accablée de reproches, la lycéenne s'étant emportée dans une incompréhension totale à son égard. Sans qu'elle ait eu besoin d'expliquer quoi que ce soit, la brunette comprit à regret qu'elle avait assisté à toute la scène qui s'était déroulé dans les couloirs. Touchée, elle n'arriva pas tout de suite à trouver les mots pour se justifier et attendit qu'Ashandra termine ce qu'elle avait à dire. Quelques élèves aux alentours l'ayant entendue, le ton baissa. La déception se lisant sur ses traits, Ruby voulut briser son silence, pleine de chagrin. Elle se mit à genoux aux côtés de son amie, les mains sur les cuisses, la voix claire et moyennement calme. « Je suis désolée, ce n'est pas ce que je voulais. Mais je ne savais pas comment réagir, Sylvester m'aurait cloué à son mur en guise de nouveau trophée si j'avais trahie les filles, les Nationales sont trop proches pour que l'on soit en désaccord! ». Elle tentait vainement de s'en sortir, ne trouvant pas de motifs assez convaincants pour expliquer le fait qu'elle n'ait pas secouru le lycéen en proie à ces furies. « Ce traitement est injuste je suis d'accord et je resterai toujours de cet avis, mais mets toi à ma place! Qu'est-ce que tu aurais fait ? ». Elle aurait sans doute accompli ce qu'elle n'avait pas eu le cran de faire: se révolter, ou tout au moins sortir quelques mouchoirs pour éponger la victime. Ruby expira, honteuse d'avoir en quelque sorte trahie la confiance d'Ashandra et celle qu'elle s'accordait.
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MessageSujet: Re: 08. They say it's all right   08. They say it's all right EmptyLun 5 Sep - 20:13

Entrer à l’école c’est en quelque sorte faire ses premiers pas dans une société où tout est soumis à un système de groupes. Dès son plus jeune âge Shandy avait lutté pour s’intégrer correctement. Elle n’arrivait pas à entrer dans la logique de la course à la popularité, dans le badinage de la conversation sans but. Le lycée était un défi de chaque jour où l’ordre imposé était inébranlable : il y avait les plus populaires, sportifs et cheerleaders, ceux qui se fondent dans le décor, le lycéen lambda, et les losers, glee clubs, club de chasteté et autres clubs. Le but des lycéens lambda était d’accéder à la popularité en organisant des fêtes, en fréquentant les bonnes personnes et critiquant les autres, en s’habillant à la mode. Le but des losers était de survivre dans cette jungle hostile tout en préservant ce qu’ils avaient de cher, le chant, leurs valeurs, quoi que ce soit que le slushy ne peut pas effacer. Une fois que l’on faisait partie d’un des deux groupes en haut de l’échelle, il fallait montrer qu’on en faisait partie, afficher clairement ses couleurs. Shandy l’avait vite compris en voyant que son frère ne quittait jamais sa veste des Titans flambant neuve, même à la maison, si elle n’était pas sur son dos, elle n’était jamais loin. Et puis il fallait se déplacer en bande, toujours. Les trios de Cheerios étaient tellement courants qu’on avait du mal à les distinguer les unes des autres. Il en allait de même des footballeurs. Sans oser les regarder directement de peur de se faire remarquer à son tour, la jeune fille n’avait pu s’empêcher d’observer tous ces phénomènes du coin de l’œil en se collant le plus possible aux parois de casiers pour ne pas risquer d’entrer en contact avec eux. C’était comme si l’instinct grégaire était surdéveloppé chez eux, il y avait le chef du troupeau et les clans qui gravitaient autour de lui. Tout le monde avait un rôle dans la chaîne alimentaire, un rôle plus ou moins choisi et assumé qu’il fallait jouer contre sa volonté.

Sa classe n’échappait bien évidemment pas au modèle, elle le constatait une fois de plus en faisant un rapide et discret tour d’horizon des élèves qui avaient jeté sur elle des regards furieux pour avoir osé parler un peu plus haut que d’ordinaire. Il y avait quelques sportifs qui se retrouvaient pendant les cours de sport, revêtant toujours leur maillot des Titans, quel que soit le sport pratiqué, pour affirmer cette glorieuse appartenance à l’équipe qui ne semblait pourtant pas faire de miracles sur un terrain. C’était en quelque sorte leur croix à eux, et le football leur religion. Jusque-là Ashandra approuvait leur comportement, elle se rappelait toujours avec tendresse des dimanches après-midi où ses frères et son père se rendaient au stade pour assister aux matchs ensemble, tous habillés aux couleurs de leur équipe préférée. Mais au lycée ce n’était pas la passion du sport qui semblait les animer mais plutôt celle de la popularité et des filles… De la même manière les Cheerios avaient tendance à ne jamais se mêler aux autres, toujours dans leur uniforme, près des sportifs, le regard mauvais et le sourire aux lèvres. Rares étaient celles qui fréquentaient ouvertement d’autres lycéens ne faisant pas partie du Who’s who de McKinley. Ruby était l’une de celles-là malgré sa timidité, et elle osait même parler à Ashandra devant ses amies en rouge et blanc, ce qui aurait sûrement pu lui valoir des ennuis. Shandy l’évitait d’ailleurs lorsque Santana était dans les parages, il ne fallait pas tenter le diable en lui montrant une nouvelle cible pour ses crises de violence débridée. La lycéenne admirait la force de caractère de cette petite brune capable de dépasser les limites imposées par les cotes de popularité. Bien que réservée, elle ne se laissait pas dicter son comportement, elle avait certains idéaux, et elle ne pliait pas sous la pression des autres. Tout du moins c’est ce que la jolie afro-américaine avait cru jusqu’à présent. Mais quand elle l’avait vue plantée immobile alors qu’une fois de plus l’une de ses partenaires en jupette s’était servie d’un innocent pour passer ses nerfs, l’image qu’elle avait de sa camarade avait été écornée. La chute avait été d’autant plus dure qu’elle l’avait placée très haut dans son estime et qu’elle fondait de grands espoirs en elle pour faire le lien entre son monde et celui du lycée.

Toujours assise par terre, Ashandra avait ramené ses genoux à elle pour tenter de se dissimuler derrière ses jambes en notant que certains garçons la regardaient à présent en souriant. Elle ne voulait pas qu’ils la voient, en fait elle aurait aimé que personne ne la voie telle qu’elle était, son corps la dérangeait, et les cours de sport étaient un supplice parce qu’elle devait l’exposer. Cachée derrière le rempart de ses jambes en position défensive elle regardait le visage de Ruby se décomposer à présent dans le silence troublé par les murmures du persiflage qui les cernaient. Trahir les filles ? Est-ce que c’était donc si important de faire partie des Cheerios pour elle ? L’afro-américaine faisait en général preuve de mauvaise foi à leur sujet, elle refusait d’admettre qu’elles étaient aussi des athlètes et pas seulement des monstres, assoiffées de slushy. Et en entendant son amie parler ainsi son cœur se serra de nouveau. C’était comme si elle la trahissait elle en faisant le choix de se taire pour le bien de l’équipe. Tout lui paraissait bien trop personnel, elle n’avait pas été la victime pour une fois mais l’odeur de cerise était si présente dans son esprit qu’elle avait l’impression qu’elle se dégageait de sa propre chevelure. Elle avait la chair de poule comme si la glace s’était abattue une fois de plus sur elle. Fermant ses paupières un peu plus fort la lycéenne tâchait de se débarrasser de cette sensation qui la hantait. Et elle voulait qu’elle se mette à sa place dans cas conditions ?
    Je suis désolée mais ne peux pas me mettre à ta place Ruby. Je ne pourrai jamais me mettre à ta place. Moi je suis celle que l’on arrose de slushy, je n’ai jamais été de l’autre côté du gobelet et ça n’arrivera jamais. Tu es immunisée par ton uniforme, et tu ne pourras jamais comprendre ce que c’est que de devoir marcher dans les couloirs en se demandant quand sera la prochaine attaque.

L’amertume était sensible dans le ton de sa voix, elle ne voulait pas paraître trop aigrie ou bien jouer les victimes mais tous ses mots sonnaient comme des reproches. Elle assumait ses choix, et si elle devait pour cela être douchée de glace pilée tout les jours eh bien elle tiendrait le coup, tant bien que mal. Elle avait réussi à tenir tête à Santana Lopez pour un bref instant, elle ne cèderait pas devant une autre. Tous les soir,s elle priait Dieu un peu plus pour qu’il lui donne le courage de tenir, elle avait cru en Ruby, en sa sincérité, mais tout était brouillé maintenant.
    Mais je vois que tu ne nies pas… Est-ce que tu… est-ce que c’est toi qui…

La question butait sur ses lèvres tremblantes sans jamais les passer. Que ferait-elle si jamais la réponse était positive ? La jeune fille ne voulait pas même envisager cette possibilité, mais elle ne pouvait s’en empêcher, les mêmes images revenaient encore et toujours, l’obsédant chaque fois comme un cauchemar que l’on fait toutes les nuits et qui vous réveille en sueur, le souffle court. Quoi qu’elle fasse il revenait, et ce cauchemar-là, il était bien réel.

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