Choriste du mois


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 08. Headlock, female version, (not smoother)

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MessageSujet: 08. Headlock, female version, (not smoother)   Ven 16 Sep - 16:26

    Savannah Williams, blonde, grande d’environ un mètre soixante-dix-sept, possédant de longs cheveux fins blonds ornés quelquefois de reflets foncés ainsi que de magnifiques yeux marron. De personnalité excentrique et capricieuse, la jeune adolescente de dix-huit ne mâche jamais ses mots. Bien sûr, elle a bien d’autre qualité et d’autres défauts mais elle s’en fichait de savoir lequel ça pouvait être ou non.

    Plantée devant le miroir de sa chambre, Blondie s’examinait de la tête aux pieds. Elle n’avait rien à envier aux autres, à ses amies, à tous ces mannequins anorexiques qu’on voyait dans les magazines de modes. Non rien du tout. Elle était quasiment parfaite. Quasiment car personne n’était réellement parfait au fond. Ses cheveux blonds tombant délicatement sur ses épaules, lui donnaient un petit côté ange, mais ses yeux parfaitement maquillés cassaient cette image suite au regard qu’elle se lançait à elle-même, à son propre reflet. Sa mère … elle ressemblait tellement à sa mère. C’était un manque atroce, abominable, inimaginable à la seule pensée de sa chère et tendre maman. Préférant laisser ses pensées de côté, et d’arrêter de repenser sans cesse à cet abruti qui se trouvait en ce moment même dans la même maison qu’elle, juste dans la cuisine en-dessous. La jeune fille s’attacha les cheveux avec une pince qui traînait sur son lit puis juste avant de choisir la tenue qu’elle allait mettre pour la journée qui allait commencer dans à peine une deux heures et quart, elle appuya sur le bouton on de son poste radio. Un objet qui se faisait apparemment vieux, ou du moins c’était l’aspect qu’il donnait vu le petit brin de poussière que l’on pouvait apercevoir.
    Doucement, le son de la mélodie se fit retentir dans la chambre de l’adolescente. Elle s’attendait à un peu de musique entraînante, qui ainsi aller lui faire passer moins de temps à choisir telle ou telle robe, mais à la place ce fut tout autre chose : Somewhere Only We Know de Keane. Durant quelques brèves secondes, l’étonnement fit son apparition sur son visage pour laisser place subitement à un petit sourire au coin des lèvres. D’un mouvement rapide, elle se retourna et sortit de son placard deux belles robes avec un collant à motif noir. Robe de couleur rouge ou robe de couleur blanche ? Le blanc c’était joli après tout … après mure réflexion, Blondie rangea les deux robes pour en ressortir un bleu différente. Voilà, son choix était fait. Apparemment ce n’avait pas été aussi long que ça. Bizarre, oui parfaitement bizarre. Il était rare qu’elle choisisse en quelques minutes les habits qu’elle allait porter pour la journée, ce n’était guère souvent. La plupart du temps, elle faisait une dizaine d’essaye avant de se rendre compte une heure avant de partir qu’elle était toujours en pyjama. Trêve de bavardage. La jeune fille examina la robe une nouvelle fois puis fila dans la salle de bain sans prêter une toute attention particulière à sa belle-mère, Mrs. Ainsworth qui apparemment venait juste de se lever et voulait aller dans cette salle de bain. Le son de la musique retentissait toujours haut et fort, et machinalement Savannah se mit à se laisser entraîner par les paroles de la chanson tout en prenant sa douche.
    « I walked across an empty land
    I knew the pathway like the back of my hand
    I felt the earth beneath my feet
    Sat by the river and it made me complete

    A simple thing where have you gone
    I'm getting old and I need something to rely on
    So tell me when you're gonna let me in
    I'm getting tired and I need somewhere to begin

    I came across a fallen tree
    I felt the branches of it looking at me
    Is this the place we used to love ?
    Is this the place that I've been dreaming of ? »

    Sa voix qui ressemblait à celle d’une diva de la pop, riche et puissante se fit entendre dans la maison. Elle ne fit pas attention aux remarques de son père qui lui ordonnait de se taire car il avait soi-disant besoin de sommeil. Elle n’écoutait jamais les ordres, elle détestait qu’on lui en donne et ce n’était pas demain ni même ce jour-là qu’elle allait prendre en compte de ses remarques ainsi que des critiques.

    Pas à pas, un pied devant l’autre, Savannah Williams marchait comme à son habitude dans les couloirs du lycée McKinley. Elle n’était pas arrivée en retard, elle n’essayait jamais d’accumuler les gaffes, ce fut donc une heure plus tôt qu’elle arriva au lycée, toute pimpante, toute rayonnante. Du moins en apparence car au fond elle n’était pas tel un petit rayon de soleil. Juste avant de prendre son petit-déjeuner, elle s’était pris la tête avec son père et sa belle-mère une nouvelle fois, qui lui reprochait son manque d’arrogance qu’on lui ordonnait quelque chose. En repartant elle avait clairement dit « A qui la faute ? » comme une pauvre victime que l’on martyrisait sans cesse avec des paroles assassines. Ce qui était entièrement faux, car elle le faisait exprès. Elle faisait exprès de franchir les limites qu’on lui fixait, juste pour voir sa réaction, pour voir leur réaction … Elle repensa à ça en arpentant les couloirs, en quête d’un endroit où se poser. Le foyer ? Trop de personnes qu’elle détestait physiquement. La bibliothèque ? Trop fréquenté ? Savannah s’arrêta deux minutes sans se préoccuper des personnes qu’elle gênait derrière elle. Elle avait quoi déjà comme cours après ? Cours de Français … ah oui ! Non c’est vrai ! Elle avait cours d’éducation physique et sportive. Un cours très mais alors très ennuyeux encore pire que les mathématiques d’ailleurs. La seule l’idée de passer une heure dans un cours avec des personnes qui soufflait comme des bœufs quand ils soufflaient et de nager dans un t-shirt rempli de sueur, la fit souffler d’exaspération. En y repensant elle ne savait même pas si elles les avaient amenés ces fichus affaires de sport … bon tant pis elle verrait bien le moment venu. Après avoir suffisamment réfléchi pour enfin faire un pas, elle se dirigea vers le gymnase et directement vers les vestiaires. Là au moins elle sera au calme, là au moins il n’y aurait pas tous ces abrutis et comme ça elle sera déjà prête pour son prochain cours.
    Elle posa son sac à dos noir par terre près d’un casier dans un grand fracas remarquant que visiblement il n’y avait personne à cette heure-ci même le coach Beiste. Puis elle se posa de tout son long par terre et ferma les yeux, laissant la rêverie la submergeait tranquillement.
    Deux minutes plus tard elle rouvrit les yeux, fronça les sourcils, se releva pour s’asseoir en tailleur. Un bruit. Elle venait d’entendre un bruit. C’était qui l’imbécile pour oser s’aventurer ici alors qu’elle y était ? Encore un nouveau ça … ou alors un looser. « Les vestiaires sont occupés ! Obligation de repasser plus tard sous peine de poursuites ! » Après ces courtes paroles qu’elle venait de s’écrier elle afficha un petit sourire hypocrite petit à petit qu'elle entendait les pas de la personne s’approchaient d’elle.


Dernière édition par Savannah Williams le Ven 7 Oct - 17:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 08. Headlock, female version, (not smoother)   Dim 18 Sep - 22:52

La crinière d'Anna. C'était tout ce qui dépassait de sa couette.
Des cheveux vifs comme le feu, que la jeune fille avait toutes les peines du monde à coiffer malgré leur apparente docilité, et qui, en toute logique matinale, s'étalaient sur le motif étoilé de ses draps, prenant la direction et les plis qu'ils souhaitaient, comme une toile d'araignée détruite par un coup de vent.
Pour une fois, elle n'était pas la première levée, et cela s'entendait.
Après la période Michael Jackson, c'était maintenant un autre Michael, George de son prénom, qui s'égosillait à travers les parois pourtant épaisses de la chambre de sa soeur. Lexie devait avoir un important entrainement avec la compétition des cheerios qui approchait, rien d'autre ne pouvait expliquer autant de matinalité de la part de sa cadette.

L'aînée des Preston grogna en s'enfonçant un peu plus loin sous les draps.
Elle ouvrit les yeux dans l'obscurité et la chaleur familière du tissu. Elle aimait cet entre-deux, pas encore bien réveillée mais plus complètement endormie. C'était là qu'elle pensait le mieux, malgré le sommeil qui embrumait encore un peu son esprit. Elle inspira profondément, le parfum de fleur d'oranger avec lequel sa mère parfumait le linge de maison montant doucement jusqu'à elle. Il allait lui falloir plus qu'une bonne dose de motivation pour affronter cette journée.
Rien de particulier sous la grisaille de McKinley mais les jours continuaient de défiler et les espoirs d'Anna de retourner à Londres de s'amenuiser.
John Preston l'avait trainée le week-end précédent jusqu'à Colombus pour lui donner une idée de ce à quoi ressemblaient les universités américaines. Sauf que la jeune fille savait très bien à quoi s'attendre : à tout sauf aux couloirs de King's College. Elle avait détesté le côté acidulé mais pas trop, histoire que les filles les plus populaires ne renoncent quand même pas aux études supérieures, les étendues de pelouse verte qui alternaient avec les bâtiments de plus ou moins bon goût, bref l'absence totale de solennité et de classe.

Faire de longues et brillantes études supérieures n'était pourtant pas dans ses ambitions pour qu'elle se soucie de cette éventualité, elle était toujours miraculeusement et médiocrement passée d'une année scolaire à une autre, frôlant le redoublement sans jamais y avoir droit. Mais cette fin d'année là était différente, c'était celle qui était supposée ouvrir les portes de son avenir. Et elle sentait qu'elle allait devoir se contenter d'un avenir américain. C'était du moins ce que papa Preston semblait avoir dans ses plans pour elle. Maman Preston se désintéressait complètement de la chose pour être d'une quelconque utilité, elle était persuadée que sa fille serait photographe, un point c'est tout, alors ici ou là-bas... Et Lexie avait encore une année à Lima devant elle.

En même temps que le refrain de "Wake me up before you go go" retentissait -ironie du sort merveilleuse -, Anna rabatit violemment sa couette et se jeta hors du lit.
Elle fut prête en un clin d'oeil : ablutions matinales dans la salle de bain adjacente à sa chambre, blouse large sur le pantalon carotte enfilée en quelques secondes, docs lacées jusqu'au tiers de la chaussure, trait de khol épais barbouillé sur et sous les paupières, un regard vers le miroir et la voilà qui franchissait déjà le seuil de la maison familiale tandis que son bras happait ses clés de voiture et sa sacoche, négligemment laissées sur la banquette en cuir dans l'entrée.

-Lexiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie, hurla-t-elle, mettant déjà le moteur en marche et faisant reculer le véhicule dans l'allée de graviers qui menait au portail. Le chemin de graviers plutôt, puisque la demeure Preston, immense et imposante, s'accompagnait également d'un jardin plutôt grandiose, et qu'il fallait quelques bonnes minutes avant de sortir du terrain familial.

Sa soeur lui adressa un signe confus par la fenêtre, signe qu'Anna ne prit même pas la peine de décrypter : tant pis pour elle.
Elle démarra pour de bon, sachant que cela lui vaudrait les foudres de l'intéressée, mais elles n'étaient plus à cela près.

Le crissement de ses freins sur le parking de McKinley fit se retourner plusieurs élèves qui la dévisagèrent avec animosité. Elle fut tentée de répliquer en donnant un bref -mais puissant- coup d'accélérateur mais se ravisa au dernier moment. A quoi bon. Dans trois mois, même si elle ne déménageait qu'à quelques kilomètres, elle serait débarrassée de cette ville et de ses habitants.
Tandis qu'elle claquait la portière du pick-up, fraîchement réparé, un sentiment de culpabilité s'empara d'elle et plutôt que de se diriger vers les salles de cours, elle prit la direction du gymnase, bien décidée à attendre sa soeur pour s'excuser.
Elle jeta un petit coup d'oeil à l'intérieur : encore vide. Anna prit alors la direction des vestiaires, n'ayant aucune envie d'attendre seule dans cet enfer boisé.
Elle ouvrit la porte et s'avança sans précautions, s'attendant à tout, sauf à se faire houspiller.
« Les vestiaires sont occupés ! Obligation de repasser plus tard sous peine de poursuites ! »
La voilà qui se trouvait nez à nez avec l'hystérique de service de McKinley. Savannah Williams. La fille qui essayait de ne pas se faire passer pour ce qu'elle était, c'est à dire la demi-soeur de Timothy Ainsworth.

*Oh non, songea-t-elle, pile ce qu'il me fallait pour améliorer cette matinée*

Et elle rebroussa chemin aussitôt, bien décidée à planter -une fois de plus- Blondie là.


Dernière édition par Anna L. Preston le Mar 27 Sep - 23:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 08. Headlock, female version, (not smoother)   Dim 25 Sep - 0:52


    La méchanceté gratuite ne résout aucuns conflits. La méchanceté tout court ne résout rien du tout. La violence, elle, ne fait qu’empirer, envenimer les choses. La seule chose qui tournait en rond dans l’esprit de Savannah Williams au moment même où elle entendait des bruits de pas venant dans sa direction, s’était de rabaisser cette personne. Elle n’avait aucune envie de lui sauter dans les bras, de lui dire « Hey toi ! Je me sentais seule d’un coup heureusement que t’es là ! » Non. Cela aurait pu être une de ses grandes et proches amies telle que Hallie, elle l’aurait accueilli avec des piques. Qui osait rompre ce doux et merveilleux moment de silence ? Elle aurait dû fermer la porte à clé pour être au calme avant tiens.

    Les yeux de Savannah cherchaient un point de repère où se poser délicatement. Entre ces multitudes couleurs qui ornaient la pièce ou plutôt l’espace réservés aux élèves c’est-à-dire les vestiaires, une couleur vive attira soudainement son attention. Du rouge. Une petite mèche rouge qui disparut aussitôt. Elle venait de rêver ou était ce bien réel ? Il n’y avait qu’une seule personne dans ce lycée qu’elle connaissait pour avoir cette couleur capillaire. Ce n’était qu’Anna Preston. Simple coïncidence ? Peut-être. Ou alors c’était un signe du destin … Affreux et dure serait les décisions du destin alors ! Méditant sur cette hypothèse qu’une jeune fille connu se serait introduit sûrement par mégarde dans la pièce, Blondie se leva et pencha la tête derrière un casier pour vérifier ses questions. Surprise fut quand elle remarque qu’en effet elle n’avait pas rêvassé de la crinière rousse et non plus des bruits de pas précipités. Un sourire hypocrite se dessina sur ses lèvres pour dévoiler de merveilles dents blanches parfaitement biens alignés. « Anna … ou encore devrais-je dire la petite amie de Tim. Tu fiches quoi ici ? Tu as soudainement eu des nausées du bébé que tu portes dans le ventre mais tu as changé d’avis quand tu m’as vu ou je rêve ? Dommage pour toi sincèrement que je sois là … » Fausse, méchante. C’était tout elle ça. Quand elle avait une personne dans le collimateur pour une quelconque raison, cette personne était sa cible, sa victime, celle qui avait le grand honneur d’être en proie à de véritables doutes sur son physique grâce à ses remarques. Sans pour autant quitter sa camarade qui ne faisait aucuns efforts pour ne montrer aucuns signes de joie face à la blonde, l’adolescente s’appuya contre le casier, les bras croisés. Le visage neutre, le sourire de joie hypocrite ayant subitement disparu, elle donnait l’impression d’être une de ses dealeuses ou encore une de ses rebelles qui essayait de vous ne déstabiliser rien qu’avec un regard qui vous transperçait au plus profond de vous-même. Et pour que cela marche, il fallait juste croire que vous en donner la curieuse impression sinon et bien … c’était un peu voir même vraiment loupé comme impression. « En parlant de bébé, finalement ça se voit que tu abordes un petit ventre rond. Je soupçonne ton poids d’en avoir pris un sacré coup avec cette expérience. » Ce n’était que le début d’une grande aventure, d’un long chapitre où Blondie passait non pas pour la gentille petite niaise princesse du roman mais pour la vilaine et tentatrice princesse. Avec son physique que tout le monde enviait, on n’avait aucune envie de ne pas devenir son amie après tout. Sauf que petit à petit, les masques commencent à se fissurer, à tomber et ainsi que le véritable visage est dévoilé au grand jour à l’humanité. Anna Preston devait avoir l’habitude, en ayant fait les frais lors de la récente conversation. Depuis elle devait sûrement voir Savannah comme une folle niaise qui gobait toutes les idioties qu’on lui disait. Mais non ! Elle savait très bien ce qu’elle disait était vrai, le fait qu’elle était enceinte se voyait très clairement, le fait est qu’elle était avec Tim son demi-frère se voyait dans les regards complices qu’elle lui jetait quand elle le croisait dans les regards et à sa façon mielleuse de prononcer en détachant chaque lettre, son prénom. Encore fallait-il que la principale concernée ose enfin l’avouer. Certes elle n’était pas encore prête ou encore d’autres excuses complètement bidon, elle ne pouvait le nier, c’était bien plus qu’une simple constations, c’était un fait !

    Marc Levy a dit : « Etrangement, on en veut souvent à la personne qui vous dit la vérité difficile à entendre, impossible à croire. » Savannah était donc prête. Elle était donc prête à entendre cette terrible vérité du « Oui je suis effectivement en couple avec ton frère ». Tant pis si cela allait faire monter en elle, une soudaine frustration, une soudaine pointe de jalousie et une soudaine haine pour cette fille qui avait réussi à donner et à faire comprendre véritablement le sens du mot amour à son demi-frère. Elle ne pouvait pas décrire pourquoi elle se sentait aussi jalouse d’un acte aussi stupide. Peut-être qu’en réalité, au fond d’elle, au plus profond de son âme, elle était aveuglée par ce manque d’amour, ce manque qui l’a si longtemps parcouru au long de sa vie. Un père absent depuis l’enfance, une mère lointaine qui a retrouvé le bonheur ailleurs, un frère sans nouvelle, était-ce donc ça la signification du mot amour ? On ne le sait que quand on a vécu ce moment de sa vie, c’est-à-dire ce moment où l’on se jette à l’eau et où on ose dire je t’aime à celui qu’on pense être une personne de confiance. En ce moment de totale sentiment de fleur bleu, Blondie avait fermé les yeux et avait oublié durant un laps de temps inconnu la présence de sa camarade. Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’elle se rendit compte que ses pensées étaient complètement stupides face à la situation du moment. Il fallait sérieusement qu’elle retrouve ses esprits et qu’enfin toutes ces questions qui la tourmentaient constamment disparaissent, même si pour cela elle devait passer plus d’une heure en compagnie de la fille qu’elle qualifiait comme son ennemie public number one rousse.


Dernière édition par Savannah Williams le Dim 25 Sep - 16:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 08. Headlock, female version, (not smoother)   Dim 25 Sep - 3:43

Depuis un mois, Anna accumulait la malchance. Les disputes perpétuelles avec Lexie, le conflit permanent avec ses parents, ses notes qui dégringolaient -ce qui n'était pas pour arranger ses perspectives d'avenir universitaire- cette fichue expo qu'elle n'arrivait pas à monter...
Tout avait pourtant commencé plutôt innocemment : qu'est-ce que du vandalisme dans les couloirs vides de McKinley pour soutenir le championnat amical du lycée pouvait bien vous apporter de négatif hein ? Et bien cependant, c'était à croire que depuis que l'équipe de Sue avait terminé deuxième, la jeune fille était tombée en disgrâce. D'aucuns auraient parlé de Karma, pourquoi pas, mais en tout cas c'était un fait : tout tournait mal.
Alors, en cette matinée à peine ensoleillée de printemps à Lima, elle n'avait vraiment, mais vraiment pas besoin de se retrouver nez à nez avec cette blondinette à moitié cinglée et surtout persuadée qu'elle cherchait à la persécuter en sortant avec son frère. Ce qui par ailleurs était complètement tiré par les cheveux, sa relation avec le dit-frère s'arrêtant au sabotage nocturne cité ci-dessus. Mais c'était une toute autre histoire.
Malheureusement pour Anna donc, une fois de plus au cours de ce long mois, le destin semblait en avoir décidé autrement que de la laisser librement vaquer à ses occupations photographiques. Et elle avait bien envie de penser que pour s'acharner autant sur elle, c'est qu'elle avait du s'appeler Cassandre dans une autre vie...

Elle ne s'était pas détournée assez rapidement. Pas besoin d'en douter, sa camarade l'avait bien vue et reconnue, comme le confirmèrent les bruits de pas qui annonçaient son arrivée et sa voix qui se voulait mielleuse mais bourdonnait pourtant de sous-entendus...
« Anna … ou encore devrais-je dire la petite amie de Tim. Tu fiches quoi ici ? Tu as soudainement eu des nausées du bébé que tu portes dans le ventre mais tu as changé d’avis quand tu m’as vu ou je rêve ? Dommage pour toi sincèrement que je sois là … »
Voilà qu'elle remettait ça avec Ainsworth... C'était incroyable comme cette histoire pouvait l'obséder ! Anna fit face à Savannah doucement, ne prenant même pas la peine de camoufler l'agacement qu'elle provoquait chez elle.

-Savannah... Quelle coïncidence... Moi qui cherchait ma soeur justement, je tombe sur celle d'un autre...

Soit, la petite blonde maniait le sarcasme déguisé à la perfection, mais elle n'avait jamais encore été confrontée à une Anna Preston au meilleur de sa forme. La jeune fille aurait pu répliquer de manière cinglante, se laisser emporter par sa mauvaise humeur du matin, mais elle savait que les vestiaires risquaient de se remplir d'une minute à l'autre et espérait même secrètement que Lexie n'allait pas tarder. Pas le moment de se lancer dans un catfight donc.
Elle glissa par conséquent sur toute la partie "je-me-fiche-ouvertement-de-toi-mais-ne-va-surtout-pas-croire-que-je-te-le-dirais-franchement-pour-autant" et décida d'attaquer sur ce qu'elle maîtrisait. C'est à dire ce qu'elle fichait ici.

-Nous sommes encore en démocratie que je sache, non ? dit-elle en toisant sans vergogne son interlocutrice. Il me semble que j'ai le droit de me déplacer comme bon me semble dans l'enceinte de ce lycée... Et en parlant d'enceinte Savannah, je ne sais pas comment t'annoncer ça mais... Tu te montes des films ma grande...

Elle s'interrompit pour jauger son adversaire, car c'était bien de cela qu'il s'agissait. Tout était parti d'une simple blague. Une idée stupide qu'Anna, sans comprendre pourquoi, avait laissé s'échapper de sa bouche. Et l'autre avait mordu. Plus que mordu, elle avait couru, voire même volé. C'était fascinant. Que cette fille, qui devait connaître Timothy beaucoup plus intimement et depuis plus longtemps qu'elle, arrive à croire qu'il puisse y avoir un lien de cette nature entre eux. Et même si elle avait saisi qu'il y avait beaucoup d'amour et de sur-protection fraternelle dans cette réaction démesurée, la blondinette demeurait une énigme aux yeux d'Anna.

Une énigme qui ré-attaquait cependant avec beaucoup de conviction, et même un peu plus de méchanceté cette fois.
Anna laissa s'échapper un sourire, presque aussi cruel que narquois.

-Et si tu te mettais à critiquer le physique hein ? Ce sera tellement plus facile pour toi... Ce que j'aimerais savoir Savannah, c'est ce qui te dérange à ce point chez moi pour que tu fasses une telle fixation sur cette histoire ?

Malgré les remarques acerbes et l'animosité évidente, Anna n'arrivait pas à détester complètement Savannah. Pour sûr, elle la trouvait agaçante et totalement hystérique, mais quelque chose les rapprochait. Elle la comprenait, et elle se serait bien giflée pour ça. Était-ce une fois de plus la forte relation avec Lexie qui lui permettait, non pas d'excuser mais tout au moins de justifier ce délire, ou bien était-ce parce qu'Anna, malgré les grands airs qu'elle aimait se donner, n'était pas beaucoup plus apaisée et sereine que la blondinette qui lui tenait tête ce matin là, accoudée avec un air de défi contre un bout de casier. Un adversaire à son niveau donc, pas comme cette Figgins, qui ne savait même pas distinguer son sac à main de son parapluie.

-Et pour la dernière fois... Je ne suis pas la petite amie de Timothy. Je le connais à peine, il a simplement fallu qu'on fasse équipe pour...

La voilà qui se mettait à se justifier. Elle n'avait rien à se reprocher, elle n'avait rien fait de mal, et quand bien même il se serait passé quoi que ce soit avec Ainsworth, ce n'était certainement pas auprès de Savannah qu'elle irait chercher l'absolution. Elle secoua la tête. Il ne s'était RIEN passé avec Ainsworth. Ils n'avaient fait qu'obéir aux consignes de Sylvester, en les améliorant un peu à leur sauce, soit, et en essayant de collaborer sans s'étriper.
C'était incroyable, cette fille arrivait à la faire douter de ce qui s'était réellement passé ce soir là...

-Tu n'as qu'à lui demander de t'expliquer... Mais si j'étais toi j'omettrais la partie concernant le bébé.

Anna avait presque parlé d'un ton las. Elle observa Savannah, qui avait elle aussi l'air d'être plongée dans ses propres pensées. Le mot "bébé" sembla cependant raviver toute son attention. Raté.


Dernière édition par Anna L. Preston le Mar 27 Sep - 23:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 08. Headlock, female version, (not smoother)   Lun 26 Sep - 21:12


    Savannah faisait mine de pas entendre la plupart des paroles d’Anna. Non, elle restait la plus passible qu’il soit ça. Si elle montrait un signe de faiblesse, c’était fichu. Elle pouvait faire une croix sur sa crédibilité et sur son mensonge où elle niait qu’elle n’était pas de la même famille que Tim. En parlant de ce mensonge, elle sentait bien qu’Anna ne la croyait pas, cela se lisait dans ses pupilles. Mais Blondie ne succomberait, tant mieux pour elle si elle l’avait découvert et tant pis si elle n’en était pas vraiment sûr. Le ton de sa voix sonnait dur, elle ne mâchait pas ses mots. Ce serait-elle rebeller depuis la dernière fois ? C’était une question qu’effectivement venait de se poser la jeune lycéenne avant de l’oublier dans les quelques minutes qui suivirent. Si elle croyait que sa phrase sensée être assassine, allait la brusquer … c’était raté. Même si le mépris semblait être à ce jour le meilleur ami de la blondinette, elle ne pouvait s’empêcher de se moquer ouvertement des propos de sa camarade, à chaque fois que celle-ci ouvrait la bouche. Un petit sourire par-là, un petit sourire par-ci, elle passait pour une véritable garce mais s’en moquait comme de l’an quarante.
    Récemment plongée dans ses pensées, elle était vite sortie de ces rêveries quand elle avait soudainement remarqué le monologue qui régnait dans la pièce. Un mot se fit entendre comme un écho dans sa tête : bébé. Elle venait de rêver ou elle venait de l’appeler « ma grande » en lui disant qu’elle se montait des films toute seule ? Si c’était un rêve, c’était un cauchemar abominable alors. « Attends … tu peux répéter ce que tu viens de dire là ? Je me monte des films toute seule ? Non mais il n’y a pas écrit idiote sur mon front, ça se voit que tu es enceinte comme si tu avais un bouton sur le nez ! Tu n’es trop pas crédible Anna … » Oui en effet la jeune fille venait de comprendre quelques minutes, voir une bonne dizaine de minutes plus tard, ce que sa camarade venait de dire, et réagissait seulement à ce moment-là. Voilà maintenant qu’elle se mettait à lui parler de son physique. Au début, sa phrase sonnait comme du charabia chinois mais elle commença peu à peu à comprendre. Oui en fait non elle ne comprenait pas du tout le sens de sa phrase. Qu’elle essaye de critiquer le physique ? Mais Diable c’est ce qu’elle faisait jour et nuit ! Ou alors c’était que le principal visé n’avait pas encore compris. « Ce qui me dérange chez toi … mais tu n’as pas encore compris ? Tout ! Tout me dérange ! Ta couleur de cheveux, tes yeux, tes lèvres, ton affreux pantalon couleur carotte ou orange je ne sais pas quoi ça me dérange ! Et puis arrête avec tes mensonges. Tu crois quoi, que je vais te gifler juste parce que tu me dis que oui en effet t’a embrassé Tim ? Je n’irais pas quand même juste qu’à la gifle, pas à ce point, désolé de te décevoir. » Son sourire hypocrite et moqueur avait subitement disparu de ses magnifiques lèvres, étant remplacé par une nouvelle fois un froncement de sourcils. Si une personne se mettait à vouloir aller subitement dans les vestiaires des filles du gymnase McKinley, il n’aurait même pas osé rentrer. Blondie savait que le ton provocateur, méchant, et surtout hautain et que plus elle parlait plus elle accentuait ses phrases en haussant le ton. Elle prenait toujours le temps, la minute pour rajouter dans presque toutes ses phrases « je suis désolée », en quelque sorte c’était un peu sa réplique moqueuse. Ça la faisait rire à l’intérieur d’elle-même de voir Anna s’en prendre plein la tête. Son péché mignon ? Provoquer les gens pour voir où était leurs limites, à quel niveau de méchanceté ils pouvaient aller. Et jusqu’à ce jour encore personne n’avait réussi à l’impressionner, même pas Tim ni son père, ni même sa propre mère.

    La mauvaise humeur pesait lourdement dans la pièce. Cela se faisait ressentir, cela se lisait sur les visages des deux jeunes filles, cela se faisait entendre. Si elles n’étaient pas encore en mode catfight roulage dans la boue, c’était bien parce que Savannah se contenait. Ce n’était pas dans ses habitudes d’avoir recours à la violence, mais quelque fois quand certaines personnes avaient le don pour l’énerver, elle ne contrôlait plus rien. L’envie de la gifler, rien que pour la façon qu’elle avait à se moquer d’elle avec son tas, devenait de plus en plus intense à chaque seconde que le temps défilait. Mais non, elle allait résister. Il fallait qu’elle ne succombe point à la tentation, c’était sa dignité qui était en jeu, ce n’était pas n’importe quoi à ses yeux. Pour la seconde fois de la journée, le monde de la rêverie s’ouvrit à elle. Elle s’imagina régler cette histoire une bonne fois pour toute. Mais ce fut de courte durée, retournant à la dure réalité dans le dixième de seconde qui suivit. Anna parlait maintenant de Tim. Après le physique c’était lui. Pile le sujet principal ! Encore et toujours Tim ! Le mystérieux rebelle ténébreux qui faisait chavirer pas mal de cœurs purs et innocents. Dire que c’était son demi-frère … cela ne l’étonnait point en fait, ça devait sûrement être de famille. « Lui demander de m’expliquer ? Mais lui demander de m’expliquer quoi ? Dois-je comprendre que tu n’es même pas capable de te défendre toute seule pour m’inciter à lui en parler ? De toute manière si tu es sa petite amie, il va bien le savoir tôt ou tard, surtout pour le bébé … Ah non j’oubliais c’est vrai que ce n’est qu’une fois de plus un pure mensonge tout droit sortie de la bouche d’Anna Preston ! » Savannah rancunière ? Ce serait mentir si elle disait que non. Elle l’avouait haut et fort comme tous ses autres défauts qui faisaient son charme, oui elle était rancunière. Et tant pis si elle était passé pour une idiote en gobant cette stupidité, elle n’allait pas oublier ce petit moment de totale incompréhension.



Dernière édition par Savannah Williams le Ven 30 Sep - 22:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 08. Headlock, female version, (not smoother)   Mar 27 Sep - 22:58

Le plus simple aurait été de gifler Savannah et d’en finir, là, tout de suite. Les deux jeunes filles se serait probablement roulées par terre, arraché des touffes de cheveux, cela aurait continué dans le sang et dans les larmes, Sue Sylvester aurait même été forcée d’intervenir, prenant des paris sur qui, de la blonde ou de la rousse, avait le plus de chances, et Lexie, à moitié hystérique, aurait tenté de dégager sa sœur de là. Probablement. Cela aurait au moins eu le mérite de clore la discussion, Mais ce n’est pas ce qui se passa.
Les deux lycéennes, têtes hautes et fières allures, continuaient de s’envoyer des piques sans broncher, de se défier mutuellement afin de savoir laquelle des deux allait céder à la solution de facilité.

Anna voyait les poings de la blondinette se crisper et elle sentait qu’elle n’était pas la seule à essayer de faire bonne figure. Mais l’aînée des Preston ne cèderait pas non plus
Après tout, se disait-elle, qu’est-ce que Savannah faisait d’autre sinon l’insulter, et lui dire, qu’en fait, elle avait pris pas mal de kilos depuis leur dernière discussion dans les couloirs. Ce que sa grand-mère faisait régulièrement depuis que le clan Preston avait déménagé à Lima, si on réfléchissait bien. On pouvait même dire que Granny Preston était passée maitresse en l’art d’adresser des reproches déguisés à ses petites filles. Elle pouvait donc survivre sans nul doute aux attaques de sa féline adversaire.
Parce que Savannah avait tout d'un chat... Le regard enjôleur et le pelage soyeux en apparence, mais prête à vous envoyer un sacré coup de griffes si vous vous approchiez trop de son territoire.

« Attends … tu peux répéter ce que tu viens de dire là ? Je me monte des films toute seule ? Non mais il n’y a pas écrit idiote sur mon front, ça se voit que tu es enceinte comme si tu avais un bouton sur le nez ! Tu n’es trop pas crédible Anna … »

Pas trop crédible... Tout le contraire de la jeune fille justement, qui recherchait la crédibilité avant, par et pour tout. L’année à McKinley s’était pourtant écoulée sans qu’Anna ne parvienne à conquérir quoi que ce soit, de la reconnaissance du club de photo au coeur de son crush du moment, ce qui la confortait dans son désir d’ailleurs. Fuir certes, et pour aller s’enfermer à l’université dans de nouvelles conventions qui ne lui correspondraient pas, mais il lui fallait coûte que coûte tirer un trait sur la cage dorée et peut-être même sans doute sur la fusion sans limites avec Lexie. Se prouver qu'elle valait quelque chose, et pas juste parce qu'elle était une Preston, les Preston qui réussissaient tout, étaient reconnus partout, même si c'était un peu moins le cas à Lima.

-Au moins ça a le mérite d’être clair, siffla-t-elle quand Savannah lui expliqua avec venin "ce qui la dérangeait chez elle".
Anna aurait pu jurer que si Timothy Ainsworth avait été devant elle, elle lui aurait fait payer cher de ne pas mieux savoir retenir son chien de garde. Ou si elle avait eu assez de cran, elle l’aurait embrassé justement, histoire d’en donner pour son argent à cette Williams qui fulminait sans retenue.

Anna Preston. Elle prononçait son nom avec tellement de rage et de mépris... Dans d'autres circonstances, cela aurait beaucoup amusé l'adolescente, qui se fichait bien qu'on l'apprécie. Mais les choses commençaient à prendre une tournure beaucoup trop personnelle et Anna sentait une sorte de malaise monter en elle. Sans pour autant chercher à apaiser les choses - elle n'était quand même sensée à ce point là -, elle répliqua avec un calme admirable, presque effrayant quand on connaissait l'éclat des disputes prestoniennes. Toujours cette fichue connexion qu'elle n'arrivait pas à expliquer avec la blondinette.

-Et oui, Savannah… Tout ça n’est qu’un pur mensonge, sorti tout droit de la bouche d’Anna Preston. D’ailleurs si tu ne l’as jamais rencontrée, je vais te la présenter. De taille moyenne, plutôt rousse hein, à vrai dire, c’est même la première chose qu’on remarque chez elle. Mignonne je dirais, même si elle se fond dans la foule des poupées Barbies de McKinley. Pas très sociable, elle a du mal avec les gens, flanquée d’une petite sœur –tu la reconnaitras à sa couleur de cheveux- pour qui elle se plierait en quatre… Ah et elle a eu le malheur de devoir faire équipe avec ton demi-frère pour le championnat de football. Ce qui doit d’ailleurs être la seule raison pour laquelle ces deux là se sont un jour adressé la parole. Donc non, pas de bébé, pas de petite amie cachée. Je suis désolée de te decevoir, ce n’est que moi.

Toujours au même endroit, les deux lycéennes n'avaient pas bougé malgré la pression qui montait indéniablement de leur échange. Un bruit se fit entendre dans le couloir : les premiers élèves commençaient à arriver. Sans réfléchir et avant que Savannah ne puisse réagir, Anna se rua sur le loquet qu'elle tourna de façon à verrouiller la porte. La poignée battit un instant dans le vide tandis qu'une voix féminine se faisait entendre, râlant contre les aléas de ce lycée où rien ne tournait décidément comme il le fallait. Ce n'était pas Anna qui allait la contredire. La jeune fille se retourna doucement vers Savannah.

-Et en ce qui concerne les mensonges, je suppose qu'on est quittes... Ou est-ce que tu vas continuer à nier qu'Ainsworth et toi, vous êtes de la même famille ?

Cette conversation devait être terminée dans le calme et entre quatre yeux, et elle le serait. Ou pas.
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MessageSujet: Re: 08. Headlock, female version, (not smoother)   Dim 2 Oct - 15:02

    Le malaise était défini par un sentiment de honte, par des mains moites et par la bouche subitement sèche. Être gêné était souvent décrit comme être un petit timide. Mais parfois ce n’était pas souvent le cas. La situation ou encore les mots vous donnait une petite touche de rouge aux joues et une sensation de chaleur vous parcourait alors le corps. La haine, elle, elle était traduite dans le dictionnaire comme une hostilité très intense vers une personne. Une hostilité qui était souvent perçu comme froide et calculée. A ce sujet d’ailleurs George Lucas a dit dans son fameux film américain Star Wars « La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance. »

    Savannah ne ressentait en aucun cas un sentiment de malaise en ce moment-là, mais la haine, cette sombre haine qui habitait son cœur depuis quelques jours était bel et bien présente. La citation du célèbre réalisateur ayant traversé pendant un court instant son esprit, elle se mit à méditer sur cette phrase. La peur … c’est ce qu’elle avait ressenti quand elle avait eu l’impression que Tim lui cachait quelque chose. Cette peur d’abandon, de se retrouver seule une nouvelle fois, de réaliser que les sentiments éprouvés pour une personne n’étaient point réciproques, de comprendre qu’à ses yeux elle n’était qu’en fait la blonde demi-sœur qui a fait irruption dans sa vie soudainement. Elle savait qu’elle disait n’importe quoi, qu’elle se faisait des films, mais elle se fichait de voir si elle avait tort ou non, c’était des questions qui allaient rester éternellement sans réponse. La vérité risquant de provoquer un sentiment bien trop compliqué à expliquer. La colère … un sentiment très fort qu’elle avait ressenti dès qu’elle avait croisé le regard d’Anna. Selon elle, c’était sa faute si toutes ses questions sans réponses tournaient sans arrêt, à répétition, dans sa tête. Pourquoi elle ? Pourquoi une fille qu’elle ne connaissait pas il y a encore quelques semaines ? Dès la première impression, son visage ne lui avait inspiré que du mépris, de la jalousie. Ce qui était très différent de ses réactions habituels … La haine semblable à la colère. Au fil des jours qu’elle l’avait croisé, qu’elle avait croisé Tim qui lui souriait tranquillement le matin au petit-déjeuner, avait conduit à une sombre haine, à une incompréhension totale de ses sentiments qu’elle éprouvait, à une indifférence totale aux personnes qui lui montraient à quel point ils tenaient à elle. La haine avait pris le dessus, la haine avait fait disparaître l’amour, la seule chose qui faisait rayonner sa vie. La souffrance … elle ne l’avait que très peu ressenti depuis quelques temps. Les larmes remontaient à quelques mois voir quelques années, ce n’était pas des larmes mais plutôt de la colère qui avait eu besoin de s’exprimer par des cris et des pleurs. Un moyen très pratique pour se libérer de tout ce qu’il y avait de néfaste à l’intérieur de son cœur, un moyen sans douleur à première vue. Mais au fond d’elle, la souffrance était toujours présente. Elle pouvait faire tous les sourires du monde qu’elle voulait, rire jusqu’à en avoir mal au ventre pendant des heures, pleurer jusqu’à se dessécher, la souffrance serait toujours présente malgré elle. Et la vérité ne faisait qu’empirer les choses.

    Les poings toujours crispés, les sourcils toujours froncés méchamment, Savannah se contrôlait pour tenir tête avec dignité à sa camarade. Si elle ne prenait pas sur elle, elle l’aurait déjà fait tomber par terre, gifler avec rage, et envoyer valser contre un des casiers du gymnase. Non la tigresse ne devait pas s’énerver pour si peu. C’est vrai quoi, ce n’était pas la fin du monde, l’apocalypse après tout si ? Elle scrutait de ses prunelles claires chaque détail du visage de la rousse qui se tenait devant elle. Cette dernière prononçait des paroles avec un ton insignifiant, comme si elle se fichait des conséquences que pouvait bien avoir chaque mot qui s’échappait de ses fines lèvres. Pas de bébé, pas d’amie cachée … c’était difficile à croire. Blondie était têtue, et elle n’arrivait pas à croire que c’était véritablement vrai. Elle n’était pas sa petite amie … elle mentait. Ça se voyait elle avait les yeux qui brillait à chaque fois qu’elle prononçait son prénom, Blondie savait que la rousse ne se gênerait pas pour voler un magnifique et tendre baiser à son cher demi-frère. « Dis-moi ce que tu veux Anna … je ne te crois pas. Il y a quelque chose entre Tim et toi et c’est … inexplicable. » Sa voix était lasse, froide, elle commençait à en avoir marre. Ses ongles commencèrent à entrer dans sa peau, tellement elle serrait les poings sous l’effet de l’exaspération. Elle la prenait pour une idiote, et elle n’aimait pas ça. Non elle n’aimait pas qu’on la prenne pour la stupide blonde de dix-huit ans naïve à qui on rigole au nez. Le dernier qui faisait ça signait un pacte, un affreux pacte, à jamais scellé et indélébile, ineffaçable. Au moment même où elle allait exprimer toute la rage qui l’envahissait, des bruits de pas se firent attendre. Elle n’eut même pas le temps de bouger le petit doigt, que sa camarade se rua vers la poignée de la porte de la porte. Des râlements, des pas qui faisaient marche arrière, puis plus rien. Puis ce fut le silence. Elles étaient une nouvelle fois face à face, seul leur souffle se faisant entendre. La chevelure rousse virevolta tout doucement vers la blonde. « Et en ce qui concerne les mensonges, je suppose qu'on est quittes... Ou est-ce que tu vas continuer à nier qu'Ainsworth et toi, vous êtes de la même famille ? » La bouche de la jeune lycéenne resta scellé. Aucuns mots ne parviennent à sortir de sa bouche. Encore une fois ça se retournait contre elle. Une nouvelle fois, elle était confronté à de qu’elle redoutait. Pourquoi, Ô Diable pourquoi, la conversation ne pouvait-elle pas tourner autour de Anna et Tim tout simplement ? Pourquoi il fallait qu’elle tourne autour d’elle ? Lui dire la vérité, lui faire entendre ce qu’elle voulait aurait été lui donner de la satisfaction, remplir son cœur d’allégresse et surtout se rabaisser à un niveau si bas. « D’après toi je suis une menteuse. Et c’est toi qui ose me dire ça en me regardant droit dans les yeux … Je ne vais pas te répondre. Et tu sais pourquoi ? Car je ne vois pas en quoi ça changerait quelque chose, en quoi ça changerait la vision que tu as de moi. La vérité n’effacera pas la haine au contraire ça ne fera que la renforcer. Alors avant que je ne sois plus capable de me contrôler et avant que je t’arrange sérieusement comme il se doit, je te conseille de retourner à tes occupations. » La violence ne résout rien. La violence était un moyen tout comme les pleurs qui servaient à exprimer réellement ce que l’on ressentait tout au fond de soi. Qui aurait cru que Savannah aurait un jour eu autant de haine pour une personne au point d’avoir un sentiment violent et destructeur ? Personne mise à part elle en fait.

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MessageSujet: Re: 08. Headlock, female version, (not smoother)   Mar 4 Oct - 23:42

Savannah n'était pas le genre de fille qu'Anna aurait décrite comme impressionnante. En général, quand on menace de s'en prendre physiquement à vous, ni plus ni moins, vous vous attendez à avoir en face quelqu'un d'imposant ou, au moins en apparence, plutôt tête brûlée. Ce qui ne collait pas avec Savannah. Absolument pas.
Blondie, comme Anna la surnommait en son for intérieur sans savoir qu'il s'agissait en fait du dminutif le plus commun pour désigner la demi-soeur d'Ainsworth, et bien Blondie ne correspondait en rien à tout ça.
Menue, jolie, un sourire avenant, un petit air de ne pas y toucher, certes, mais une aura qui faisait immédiatement penser à un ange.
C'était les cheveux peut-être. Anna avait toujours pensé que les cheveux blonds jouaient en la faveur de leurs propriétaires, leur conférant ce elle-ne-savait-quoi qui donnait envie à leurs interlocuteurs de leur accorder le bon Dieu sans confession.
Les soeurs Preston au contraire, bien qu'extrêmement fières de leurs crinières rousses, n'avaient jamais bénéficié d'une quelconque sympathie au premier regard, et si Lexie arrivait toujours très vite à faire oublier ce côté indomptable et un peu sorcière qu'elles produisaient quand on posait les yeux sur elles, le manque franc -et assumé- de sociabilité d'Anna n'arrangeait pas les choses dans son cas.
Elle n'arrivait cependant pas à savoir si, blonde, elle parviendrait mieux à faire oublier son arrogance et sa supériorité prestoniennes naturelles... L'avenir ne manquerait pas de lui donner l'occasion d'être fixée à ce propos.

Dévisageant son interlocutrice qui venait de terminer sa tirade haineuse, la jeune fille se fit la réflexion qu'en ce qui la concernait, il ne fallait pas se fier aux apparences.
Savannah, sous ses airs angéliques, venait de passer sans transition du chat à la tigresse
-Je ne t'ai pas traitée de menteuse, Savannah, je viens simplement de dire qu'en matière de mensonge, toi et moi... commença-t-elle avant de s'interrompre subitement.
Anna était quelqu'un de raisonnable, de fiable. Plus mesurée, plus posée que sa soeur, elle était généralement celle vers qui les gens se tournaient en cas de coup dur ou s'ils avaient besoin de conseils parce qu'ils savaient qu'on pouvait toujours compter sur sa pondérance et sur son calme.
Ce que les gens ignoraient en revanche, c'est qu'en cas d'attaque personnelle, la jeune fille n'avait plus aucun sens de la mesure.
Quand l'affront la touchait de près, elle aussi était capable de sortir les griffes : elle ne voyait plus venir le danger et s'exposait, elle et ses faiblesses, sans pour autant cesser d'appuyer cruellement là où ça faisait mal.
C'était ce petit côté borderline qui donnait tout leur parfum aux disputes Preston les plus réussies, puisqu'Anna répondait aux attaques toujours à point de Lexie par son cinglant cynisme légendaire.
Une chose pourtant chez Savannah la destabilisait, encore et encore, et l'empêchait de se lancer dans ce cercle vicieux. Elle avait bien eu envie de partir au quart de tour à plusieurs reprises, mais quelque chose dans l'attitude de la blondinette la retenait, plus que les bruits dans le couloir qui s'étaient maintenant complètement estompés.
Elle ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi elle réagissait aussi fortement pour une simple histoire de petite amie cachée. Elle passait sur le lien avec Ainsworth, décrit comme "inexplicable" alors que l'explication à trouver n'avait cessé de lui être rabâchée...
Cela allait clairement au delà de la simple jalousie, et Anna se mordit la lèvre pour ne pas suggérer à Savannah que son cas relevait certainement de la psychiatrie et qu'elle pouvait sans doute lui procurer le numéro du thérapeute de Mme Preston.
La jeune fille savait cependant qu'il n'y avait rien de pire que les histoires de famille et elle avait reconnu en Blondie une autre victime des psychoses parentales... Victime qui lui donnait des envies de meurtre, certes, mais victime tout de même.

-Oublie ce que je viens de dire, poursuivit-elle alors finalement. Toi et moi n'avons rien en commun n'est-ce pas ? acheva-t-elle non sans un sourire désapprobateur.
L'aînée des Preston n'était pas acoutumée à essuyer les états d'âme d'autrui. Elle était même tout bonnement incapable de gérer les trop plein d'émotion et les débordements d'affection, dans un sens ou dans l'autre, qui la mettaient toujours terriblement mal à l'aise.
Elle était cependant assez douée en relations humaines pour savoir qu'elle n'était pas la personne à qui Savannah choisirait de se confier malgré sa détresse évidente. Elle avait visiblement quelques différents à régler avec son demi frère et peut-être même avec le reste de sa famille, mais la petite rousse n'avait de toute façon aucune envie d'y être mêlée.
Elle choisit donc, une fois de plus depuis qu'elle avait croisé la route de Miss Williams, de faire profil bas et d'ignorer la provocation. Lexie aurait été tellement fière d'elle.

La porte s'ouvrit soudainement et avec fracas dans le dos d'Anna. L'une des élèves mécontentes de tout à l'heure était manifestement partie à la recherche d'un des surveillants de McKinley pour pouvoir enfin pénétrer dans les vestiaires du gymnase.
Ce dernier, qu'Anna connaissait de vue - pas le plus vif, elle aurait préféré avoir affaire à Madeleine Wild, cela aurait pris une tournure beaucoup plus drôle - jeta un regard courroucé aux deux jeunes filles, avant de leur adresser une remarque acide :

-Qu'est-ce que vous faisiez enfermées là-dedans toutes les deux hein ? Vous avez de la chance qu'il soit encore tôt, j'aurais été obligé de prendre vos noms et d'en rendre compte au proviseur autrement...

Anna haussa les épaules sans même se retourner. Elle continuait de fixer Savannah, tandis que les élèves, des cheerios pour la plupart, commençaient à prendre possession des lieux en dévisageant les deux occupantes, les fixant soit avec mépris, soit en échangeant quelques gloussements qui en disaient long sur les absurdités qu'elles pouvaient penser.
Elle profita du brouhaha qui envahissait la pièce pour glisser une dernière phrase à Savannah.
-Tu n'as aucune idée de la vision que je peux avoir de toi Williams... En tout cas, quoi que tu penses, dis-toi que c'est certainement très éloigné de la vérité justement, et peux-être pas aussi négatif que tu ne veux bien le croire...

En d'autres circonstances, Anna aurait peut-être été capable de s'excuser pour avoir inventé un mensonge aussi énorme, mais bien qu'elle éprouvât de la compassion pour la blondinette qui lui faisait face, il était hors de question de lui procurer cette joie.
Un éclair rouge passa dans son champ de vision tandis qu'elle était pour la énième fois bousculée par une élève qu'elle devait gêner sur son passage vers les douches. Lexie. Et des excuses qu'il lui fallait pour le coup bel et bien présenter, sous peine de rendre ces prochains mois à Lima plus insupportables que les dix plaies d'Egypte...
Sans plus prêter la moindre attention à Savannah, elle ressortit des vestiaires et se lança à la poursuite de sa petite soeur.
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08. Headlock, female version, (not smoother)

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