Choriste du mois


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 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"

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MessageSujet: 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"   Mer 21 Sep - 18:31

***

Les bras tendus en appui sur le lavabo, Anna ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui lui était passé par la tête. Elle regardait les mèches de cheveux qui entouraient son visage d'un air hagard. Ses yeux se fixèrent sur le miroir et ce qu'elle y vit ne lui redonna pas beaucoup plus de courage. Sale temps pour l'aînée Preston.
Des flashs de l'après-midi précédente au parc avec Sam repassaient en boucle dans sa tête, la dispute qui s'en était suivie avec ses parents, la discussion au téléphone avec J.J jusqu'à trois heures du matin, pendant que Lexie répétait une énième fois tard le soir avec les cheerios. D'ailleurs, sa soeur avait sans doute du passer la nuit chez Quinn ou une autre des filles de l'équipe parce qu'Anna ne l'avait pas entendue rentrer. Ce n'était pas plus mal, ce qu'elle avait à lui annoncer aujourd'hui risquait fort peu d'enchanter la cadette Preston.

Anna s'était faite porter pâle, incapable d'affronter les regards toujours supicieux de ses petits camarades sur son passage. Elle avait pour habitude de s'en moquer éperdument et de ne marcher que plus tête haute, mais elle n'avait définitivement pas envie de croiser certaines personnes...
Son père était parti tôt, claquant bruyamment la porte pour bien souligner sa rage ouverte contre son aînée, Emilia Preston lui avait embrayé le pas, ne sachant pas très bien qui soutenir, de sa fille ou de son mari, et la rouquine ne doutait pas que sa mère avait du aller s'enfermer dans une quelconque salle obscure afin de ruminer le malaise qui envahissait la demeure Preston. Quant à Lexie... Lexie n'était pas encore rentrée du lycée. Cela n'allait pourtant pas tarder -il était déjà une heure avancée de l'après-midi - et il allait bien falloir qu'Anna trouve le courage de lui parler. Elle n'avait aucune idée de comment sa petite soeur allait réagir. A la nouvelle et à la dernière -et première- lubie capillaire d'Anna. Les Preston Sisters avaient survécu à beaucoup de choses au cours de ces 17 dernières années, mais allaient elles survivre à ça...

La jeune fille attrapa le sèche-cheveux qui traînait dans la salle de bains partagée par les deux soeurs. Les bouteilles de vernis coloré de Lexie étaient éparpillées un peu de partout, de même que quelques vêtements qu'elles avait l'habitude de mettre en commun, une peluche offerte par l'une des deux à l'autre (elles ne savaient même plus qui ou dans quelles circonstances) était lâchement abandonnée dans un angle de la pièce, tandis que des clichés des jeunes filles et des citations qu'elles adoraient (et qui la plupart du temps n'avait aucun sens) recouvraient les murs : "F*** Normality" ; "Let's get high and cuddle" ; "Crying is OK here".
Tout cela allait terriblement lui manquer. Elle n'était même pas sûre qu'elle puisse vivre, ou plutôt survivre sans. Et pourtant sa décision était prise, inéluctable.
Elle mit l'appareil électrique en marche et la chaleur qu'il dégageait provoqua une brève sensation de soulagement chez Anna, avant que l'angoisse ne se remette à lui labourer le ventre. Elle accéléra le mouvement, incapable de résister à la tristesse qui l'envahissait.

Ses cheveux étaient maintenant parfaitement secs et lui retombaient en vrac sur le visage. C'était tellement différent. Tellement elle et en même temps tellement moins... Preston. Elle ressemblait beaucoup plus à leur père avec cette nouvelle couleur... Ce qui ne rendrait pas sa tâche plus facile pour autant. Elle se tenait là, dans son t-shirt gris "I hartyr London", encore surprise par sa propre audace, quant une chanson qu'elle avait beaucoup aimée, beaucoup chantée avec Lexie J., lui revint brusquement en mémoire, complètement de circonstance. Les paroles s'échappèrent malgré elle de ses lèvres :

I'm holding on your rope
Got me ten feet off the ground
And I'm hearing what you say
But I just can't make a sound
You tell me that you need me
Then you go and cut me down
But wait...
You tell me that you're sorry
Didn't think I'd turn around and say...

Now it's too late to apologize, it's too late
I said it's too late to apologize, it's too late


I'd take another chance, take a fall, take a shot for you
And I need you like a heart needs a beat
(But that's nothing new)
Yeah yeah
I loved you with a fire red, now it's turning blue
And you say
"Sorry" like the angel Heaven let me think was you,
But I'm afraid...

Now it's too late to apologize, it's too late
I said it's too late to apologize, it's too late



Elle fut interrompue par le cliquetis de la porte d'entrée qui s'ouvrait et la voix de Lexie, manifestement agacée qui s'élevait. Essoufflée par cet exercice musical imprévu, Anna eut à peine le temps d'attraper une serviette de toilette et de l'entourer autour de sa tête qu'elle entendait déjà les pas de sa soeur, lourds de reproches, monter les escaliers quatre à quatre. Elle se précipita hors de la salle de bain, prenant tout de même une seconde pour vérifier qu'aucune mèche suspecte ne s'échappait de sa coiffure de fortune, et elle claqua la porte derrière elle. Le visage furibond de Lexie dépassait déjà de la dernière volée de marches et Anna n'eut d'autre choix que de rester adossée contre le battant, les mains derrière le dos, tenant encore la poignée de la porte entre ses doigts, comme une petite fille qui venait d'être prise en faute.
Dans la famille Preston, si l'on craignait les coups de sang du patriarche, il était aussi évident que ceux de la petite dernière suivaient leur voie royale...
Elle inspira un bon coup, ferma les yeux une fraction de seconde, puis lâcha en les fixant sur sa soeur :

-Avant que tu ne dises quoi que ce soit, sâche que j'ai de très bonnes explications...

Mouais... Pitoyable et si peu convaincant. Il allait falloir faire tellement mieux que ça...
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MessageSujet: Re: 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"   Jeu 22 Sep - 23:02

« Haha très drôle Janet, vraiment. » Le ton de Lexie était sec, cassant. Très loin de son habituel babillage jovial et chaleureux. Mais il est des choses avec lesquelles elle refusait de plaisanter. Enfin plus exactement, des comportements qu'elle ne tolérerait pas chez ses camarades. On peut rire de tout, mais avec n'importe qui n'est-ce pas? « J'suis sérieuse, c'est Suzy qui me l'a dit et elle le sait parce qu'elle a entendu Savannah parler avec ta soeur et puis que... » La londonienne la fusilla du regard et lança « Tais toi ! Un mot de plus et j'transforme ta queue de cheval en serpillère. » Le ton était calme, une colère sourde et froide gagnant la jeune Preston à mesure que la voix criarde de la lycéenne résonnait dans ses oreilles. Aussi, elle ne se fit pas prier, laça ses chaussures et quitta les vestiaires sans demander son reste. Les gens n'avaient donc aucun respect? Cela dit, Savannah n'avait pas l'air du type de fille qui répand des rumeurs par sadisme. Et si Lexie ne la connaissait que de nom, Anna ne devait pas la connaître du tout, alors quel intérêt aurait-elle à dire ce genre de choses? De plus, elle n'avait pas croisé son aînée aujourd'hui, puisqu'elle avait prétexté un maux de ventre quelconque pour ne pas venir... Tout ça devenait louche et la longiligne rousse se sentait bouillir. Déjà que l'ambiance n'était pas au beau fixe dans la demeure Preston, il fallait que cette quiche vienne en rajouter une couche. Comment diable avait-elle fait son compte? Parce qu'après tout, les rumeurs naissent rarement du néant total, pas de fumée sans feu.

Pestant intérieurement durant le long -si long- trajet de bus, coincée entre une grand-mère acariâtre et son énorme sac de sport, Lexie perdait patience. Le coach Sylvester avait été particulièrement de mauvais poil aujourd'hui et elle l'avait plus ou moins relégué au bas de la pyramide, dans le sens le plus littéral du terme. Sans doute avait-elle eu vent de l'esclandre avec Santana et ne voulant pas s'en prendre à l'une de ses plus anciennes et plus renommées Cheerio, elle se rabattait sur la nouvelle... Lexie eut un long soupir, qui fait sursauter sa voisine, visiblement assoupie. Talent inouï que de s'endormir de la sorte dans les lieux publics. Qui bougent. Mais la londonienne ne fut pas égayée longtemps par cette pensée hors de propos et revint bien vite à sa mauvaise humeur. D'autant qu'elle craignait ce qu'elle trouverait en rentrant chez elle... Vu l'humeur de son père ce matin et le silence de sa mère, quelque chose avait dû se produire. Mais, en retard comme à son habitude, elle n'avait pas eu le temps de creuser la question. Voir son père s'énerver était néanmoins un bon indicateur de la gravité de la situation, lui qui était d'ordinaire souriant et placide et fuyait les conflits comme la peste. Ce qui est difficile lorsqu'on vit avec trois rousses hystériques, qu'on se le dise.

La cadette des Preston tempêta donc dans le hall d'entrée, lâchant son sac dans un bruit sourd pour parfaire la théâtralité de son entrée. Gran buvait du thé dans son jardin d'hiver et la réprimanda d'un froncement de sourcils et commença à parler, mais la jeune anglaise montait déjà les escaliers quatre à quatre, décidée à en découdre. Elle vit alors l'accusée, plaquée contre la porte de la salle de bains avec un air fautif et des excuses pré-mâchées, parfaitement vide de sens. Lexie la regarda avec une colère guère dissimulée et lança du tac au tac « Ah oui? J'ai hâaate de t'entendre, parce que d'après Janet, c'est Sam Evans qui t'as engrossé sur le parking du lycée alors tu vois, j'aimerais effectivement avoir ta version des faits ! Et des explications sur cette rumeur insensée ou sur l'humeur de papa ce matin aussi, ce serait pas mal. Après tout, il n'y a que toi et maman qui savaient le mettre dans cet état. » Cette dernière phrase était une attaque personnelle, gratuite et tout à fait mesquine, qui aurait d'ailleurs pu être évité, mais elle avait les nerfs à vif. Et voir sa soeur avec ce truc ridicule sur la tête et avec un insolent T-shirt "I ♥ London" l'agaçait plus encore. « Et puis c'est quoi cet accoutrement? » On avait pas idée, comme ça, à 16h30 un mardi, elle jouait à quoi? Elle avait plutôt intérêt à bel et bien avoir des explications en béton armé...


Dernière édition par Lexie A. Preston le Mer 28 Sep - 13:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"   Sam 24 Sep - 21:29

S’il y avait bien une chose que vous apprenaient des années de pratique lexionniennes, c’était celle-ci : ne jamais contre attaquer de face. Ou contredire le dit individu lexionien quand il s’avançait droit sur vous et agitait un doigt rageur devant vos yeux encore éblouis par la couleur de ses cheveux. Ce qui était donc précisément ce qui se produisait dans le cas d’Anna Preston.
On aurait pu croire que la jeune fille, en qualité d’aînée, de premier fruit du mélange de l’hystérie d’Emilia et de l’obstination de John, celle qui avait tracé le chemin, essuyé les erreurs de parcours, balayé la politesse et les chemisiers à cols Claudine, aurait pu en retirer quelques avantages, voire même une supériorité agaçante en matière de gestion lexionnienne… Mais non. Elle était toujours aussi désemparée quand la rage s’emparait de sa petite sœur et elle attendait patiemment que l’orage passe.
Néanmoins, son avantage certain, en qualité d’aînée, celle qui avait tracé le chemin, essuyé les erreurs de parcours, bla bla bla... c‘est que des années de pratique annalisaiennes ne vous rendaient pas plus à même de gérer le dit individu en question non plus, et si les colères de Lexie dévastaient tout sur leur passage, les réactions d’Anna, elles, étaient souvent imprévisibles. Et déconcertantes.
De sorte, en entendant les reproches de sa sœur, la jeune fille éclata tout bonnement de rire. Entre fou rire nerveux et véritables éclats non contenus, elle n’arrivait pas à se retenir et se laissa glisser le long du mur, couvrant son visage avec ses mains. Elle savait que cette attitude n’allait pas arranger ses affaires, mais c’était plus fort qu’elle. Que sa petite sœur puisse imaginer qu’elle était enceinte de Sam Evans dépassait ses délires les plus fous.

-Non mais sérieusement Lexie J. ? hoqueta-t-elle entre deux sursauts. Sa sœur la surplombait, attendant impatiemment une réponse qui risquait de ne pas la satisfaire. L’atmosphère feutrée et baroque de la demeure Preston rendait presque la scène surréaliste tant les couleurs tapageuses des deux sœurs –vêtements laminés pour Anna et cheveux flamboyants pour Lexie- dépareillaient avec le fin lambris des murs et la boiserie des escaliers. Anna devait vraiment être pitoyable avec son torchon sur la tête et son pyjama des mauvais jours, elle en avait parfaitement conscience… L’humeur ne s’était pas tellement prêtée à ce qu’elle accorde beaucoup d’attention à sa "toilette", comme aurait dit Granny.
Pourtant, sans se départir de son air amusé, elle retrouva sa dignité (et son mépris) de sœur aînée toute puissante en un clin d'oeil :

- Mais d’où est-ce que tu peux bien encore sortir des histoires pareilles ?

Elle avait envie d’ajouter "Je te l’avais bien dit qu’à force de trainer avec des pompoms girls tu finirais par ramollir du ciboulot", mais quelque chose lui disait de ne pas tenter le diable. Et puis l’ironie de la situation quand on savait comment s’était terminée l’après-midi au parc avec Sam était juste d’un comique inégalable…

Un frisson parcourut pourtant l’échine d’Anna quand un souvenir traversa sa mémoire. Un autre visage de jeune fille poupin entouré de mèches blondes s’imposa à son esprit. L’éclair d’une phrase qu’elle avait prononcée. Une mauvaise blague qui n’aurait jamais, JAMAIS, du parvenir aux oreilles de sa petite sœur. Et elle éclata en reproches, parce que, cependant, autre avantage certain : Anna criait au moins aussi fort que Lexie. Voire plus.

-Qui-est-ce qui t’a raconté ça hein ? Et depuis quand est-ce que tu prêtes attention aux rumeurs qui circulent dans ce lycée ? Est-ce que je suis venue te demander des comptes moi, pour savoir ce que tu fichais à fricoter avec le sextoy en puissance de Santana Lopez ? Avec la moitié de McKinley au courant et les commentaires qui vont bon train ? Aaaaaaaaaah tu veux que je te donne des explications et des bonnes ? Toi d’abord ma grande !

Anna, s’était brusquement relevée, non sans quelque maladresse, et les sœurs se tenaient maintenant face à face, comme sur ces mauvaises affiches de comédies américaines. Si un étranger ou un autre membre de la famille Preston avait déboulé à ce moment là, il aurait pu palper la tension, brûlante, entre les deux jeunes filles.
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MessageSujet: Re: 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"   Sam 1 Oct - 15:03

Pour toute réponse, Anna se laissa lamentablement choir le long de la porte close, prise d'un fou rire terrible. Lexie serra les dents, agacée de l'attitude de sa soeur, qui ne voulait décidément pas comprendre la gravité de la situation. Elle n'était pas stupide, elle savait que leur situation ici était compliquée et qu'elle n'avait aucunement besoin de s'enfoncer un peu plus sur les chemins de sa solitude de paria. Si la cadette parvenait à se faire plus ou moins apprécier à McKinley c'était loin d'être le cas de sa soeur, qui ne fournissait pas les mêmes efforts et ne possédait pas le type de tempérament qui peut s'acclimater à un lycée américain. C'était une snob et elle s'estimait déjà au dessus des écoles qu'elles avaient fréquenter à Londres, alors ici, n'en parlons même pas. Mais Lexie voulait qu'elle s'adapte, qu'elle trouve sa place. Car si elle ne le faisait pas, sa réaction serait sûrement dévastatrice. Les choses n'allaient pas très bien sous le toit des Preston, leurs parents se disputaient, Gran criait par dessus le lot et Anna entrait souvent en conflit ouvert avec leur père. Quelque chose de plus grave et de plus important se tramait, alors si en plus elle était incapable de rester éloignée des rumeurs...

Autant les bruits pouvaient courir sur Lexie, cela venait avec son uniforme et était souvent mis sur le compte de la jalousie. Mais les gens discrets, auxquels personne ne prêtait une grande attention, s'ils venaient à être l'objet de rumeur, on les croirait plus facilement. Si Anna venait à se prendre un slushy ou se faire jeter dans une poubelle... Mais elle ne mesurait visiblement pas la portée de ce ragot, puisqu'elle lâcha entre deux rires nerveux « Non mais sérieusement Lexie J. ? » L'intéressée leva les yeux au ciel, commençant à perdre patience, alors que son aînée enchainait, non sans une certaine condescendance « Mais d’où est-ce que tu peux bien encore sortir des histoires pareilles ? » Mais, avant que Lexie puisse se défendre, la suite de l'accusation vint d'une traite furieuse « Qui-est-ce qui t’a raconté ça hein ? Et depuis quand est-ce que tu prêtes attention aux rumeurs qui circulent dans ce lycée ? Est-ce que je suis venue te demander des comptes moi, pour savoir ce que tu fichais à fricoter avec le sextoy en puissance de Santana Lopez ? Avec la moitié de McKinley au courant et les commentaires qui vont bon train ? Aaaaaaaaaah tu veux que je te donne des explications et des bonnes ? Toi d’abord ma grande ! »

Abasourdie, Lexie ne réfléchit pas plus longtemps et continua sur la lancée de cette dispute typiquement prestonienne « Mais tu te fous de ma gueule? On s'en fiche de cette rumeur à la noix, mais tu ne veux pas comprendre que tu ne peux pas faire ou dire tout ce dont tu as envie ! Btw, le sextoy a un nom, il s'appelle Thomas et il est très sympa, mais évidemment comme tu ne me demandes pas de comptes tu ne peux pas le savoir. Je sais très bien que tu ne t'es pas fait mettre enceinte et y a pas intérêt d'ailleurs ! Je veux juste savoir la vérité et te protéger là bas, parce que si ça arrive aux oreilles de certaines personnes et ben, t'es dans la merde ! » S'arrêtant une seconde pour respirer, elle ouvrit la bouche pour poursuivre, lorsque Anna fit un geste d'agacement brusque, faisant vaciller sa coiffe précaire. La serviette tomba et quelques mèches anormalement claires s'échappèrent, avant que tout sa chevelure ne soit exposée.

Perdant le fil de son monologue rageur, elle fixa sa grande soeur avec de grands yeux ébahis « Oh my... » chuchota-t-elle, légèrement en état de choc. Blonde. Anna était BLONDE. Ce n'était tellement pas elle... La couleur lui allait à ravir, la rendait plus femme que jeune fille d'ailleurs. Mais ce n'était pas elle. Ce n'était pas Preston. « Qu'est-ce que... Pourquoi tu... C'est à cause de Papa? » Les associations d'idées dans l'esprit de la jeune anglaise se faisaient de façon un peu chaotique, mais elle parvint à éclaircir son propos. « C'est pour ça que Papa était en colère ce matin? Ou tu l'as fait parce que vous vous êtes disputés? Pourquoi d'ailleurs? Enfin... Je... Tu ne... » Désarçonnée par l'acte hautement inattendu d'Anna Lee, elle secoua vivement la tête, essayant de s'aérer l'esprit. Elle tourna le dos à son aînée et poussa la porte de sa chambre, s'installant sur le lit comme si c'était le sien. Sa soeur la suivit, la porte claqua pour la forme et elles se regardèrent dans le blanc des yeux avec une froide et digne colère. Lexie était plus confuse que jamais et Anna était montée sur ses grands chevaux dont elle ne descendrait pas de si tôt. Cette conversation promettait d'être riche en émotions...
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MessageSujet: Re: 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"   Dim 30 Oct - 23:37

Naturellement, Anna ne pouvait que suivre Lexie dans sa chambre. Elle traînait piteusement sa serviette de bain à la main en franchissant le seuil et ne réussit pas à réprimer un sursaut quand elle fit presque malgré elle claquer sa porte.
Ça allait mal... La jeune fille n'avait jamais eu l'intention d'annoncer son départ à sa soeur de la sorte. Peut-être même n'avait-elle jamais eu l'intention de le lui annoncer du tout en fait... Elle aurait pu lui téléphoner de l'aéroport de Lima, ou mieux à son arrivée à Heathrow. Elle aurait ainsi évité non pas les crises de larmes mais surtout le regard courroucé et trahi que lui avait lancé Baby Preston. Regard qui ne s'était pas le moins du monde adouci depuis qu'elles avait pénétré dans la chambre.

Assises sur le lit d'Anna, les deux soeurs se faisaient face de façon plutôt maladroite, ce qui n'était pas dans leurs habitudes, même au plus fort d'une crise.
Anna aurait préféré que Lexie J. crie. Qu'elle lui hurle des insanités et des reproches, comme elle l'avait fait un peu plus tôt en lui expliquant qu'elle s'était encore fourrée dans des histoires pas très claires avec cette rumeur qui courait sur une possible grossesse.
Mais il fallait croire que découvrir la nouvelle couleur de cheveux d'Anna avait tétanisé Lexie. L'aînée des Preston n'était pas à l'aise avec son impulsion capillaire du jour et même si elle s'était attendue à des conséquences, elle n'avait sûrement pas anticipé une telle réaction. C'était bien un sentiment de trahison que devait ressentir sa cadette : la couleur de cheveux, plus que le caractère était ce qui les rassemblait le plus, devant le regard des étrangers comme au sein de leur propre famille et le geste d'Anna devait sonner comme un rejet de ce qui faisait d'elles les soeurs Preston aux yeux de Lexie.
Brusquement, tout sembla superflu à la jeune fille. Son rendez-vous raté avec Sam, son avenir à l'université, son retour en Angleterre, les rumeurs qui pouvaient courir sur leur compte... Elle avait envie de prendre sa soeur dans ses bras et de la convaincre de prendre le premier vol avec elle pour Londres. Leurs parents en avaient assez fait, en matière d'éducation comme en dégâts humains, et si Anna était majeure depuis quelques mois, Lexie le serait bien assez vite et sa soeur pourrait régler tous les autres détails en attendant. Une sorte de fuite digne des plus grands romans romantiques mais entre Prestons...

Sauf qu'il fallait bien être réaliste : Lexie s'en sortait plutôt pas mal à Lima, si l'on excluait ses démêlés récents avec Miss Lopez et Anna... Anna devait commencer à penser à elle. Alors la jeune fille inspira un bon coup et se décida à vider son sac.

-Ça n'a rien à voir avec Papa Lexie J. ... Enfin pas en ce qui concerne la couleur de cheveux du moins, dit-elle en entortillant machinalement une mèche nouvellement blonde autour de ses doigts. Et puis je pensais que tu n'étais pas là ce matin, reprit-elle légèrement agacée, plutôt que de t'occuper de mes affaires, est-ce que tu ne devrais pas te concentrer sur ce super championnat de gogo danseuses avec ta grande copine Quinn Fabray ?
Anna avait beau être décidée à se concentrer sur la partie la moins évidente de cette conversation Prestonienne, des bribes de ce que Lexie avait pu dire précédemment lui revenaient en mémoire... Et titillait son ego sur-dimensionné. Bien sûr qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait. Rien ni personne dans ce lycée ne l'impressionnait, et surtout pas ces abruties de cheerios ou les conventions de la vie lycéenne. Lexie le savait mieux que personne et elle n'avait pas à lui dicter sa conduite.
La jeune fille se mordit la lèvre cependant, peu désireuse de s'égarer et avant que sa soeur ne s'emballe à son tour, elle se lança à nouveau.

-Lexie, si je me suis disputée avec Papa ce matin, c'est à cause de l'université. Pendant que tu répétais hier nous avons abordé le sujet et... Je me suis inscrite à King's College Lexie J. ... Je repars à Londres dans 2 mois. Pour de bon.

Sa voix n'avait presque pas tremblé et elle releva les yeux vers sa soeur. Maintenant elle pouvait trembler.


Dernière édition par Anna L. Preston le Mer 23 Nov - 21:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"   Mar 1 Nov - 1:50

Pourquoi? Pourquoi avait-elle ressenti le besoin de faire ça? Ce n'était pas juste une couleur de cheveux après tout. Pour une fille, changer de coupe, c'est changer de tête, c'est le signe d'un nouveau de départ, d'un renouveau. Qu'est-ce qu'Anna voulait changer d'autre? Et qu'est-ce qui l'avait poussé à renier ce qui faisait leur singularité et leur union? Après tout, ça avait toujours été les Preston, les deux soeurs rousses, contre tous les autres. Lexie savait pertinemment que sa réaction était disproportionnée, que s'assoir avec un air hébété sur le lit de sa grande soeur ne changerait absolument rien. Après tout, elle faisait ce qu'elle voulait hein. Elle n'avait pas de comptes à lui rendre, comme elle le lui avait clairement fait comprendre. Les dents serrées, la cadette fixait les beaux cheveux blonds d'Anna sans franchement savoir quoi faire. Pleurer ou crier, tout ça aurait une teinte un tantinet trop mélodramatique pour la situation. Mais Lexie savait que tout ceci n'était que les prémisses de quelque chose de plus grave et de plus important. L'acte de sa soeur était lourd de sens, pas pour les autres peut-être, mais pour elles oui. Leurs cheveux étaient tout ce qu'elles avaient vraiment en commun, de notable, de clair. C'était aussi leur lien avec leur mère. Ca faisait partie d'elles. Mais visiblement, Anna remettait en cause cette vérité pré-établie. Il fallait qu'elle lui explique néanmoins, la jeune anglaise était incapable de jouer aux devinettes ou aux disputes détournées.

« Ça n'a rien à voir avec Papa Lexie J. ... Enfin pas en ce qui concerne la couleur de cheveux du moins. Et puis je pensais que tu n'étais pas là ce matin, plutôt que de t'occuper de mes affaires, est-ce que tu ne devrais pas te concentrer sur ce super championnat de gogo danseuses avec ta grande copine Quinn Fabray ? » Lexie la regarda gravement, trop gravement d'ailleurs. Ce n'était pas comme ça que les choses se passaient d'ordinaire. D'habitude, Lexie J. aurait crié, aurait trouvé une quelconque réplique bien sentie pour relever la conversation d'un de ses traits d'esprit. Mais le coeur n'y était pas, elle voulait juste que la vérité sorte de but en blanc et non pas passer par des détours et des conversations annexes. Pas d'excuses, de prétextes. Pas aujourd'hui. « C'est pas drôle Anna. » se contenta-t-elle de répliquer. Cette dernière reprit donc son inimitable air sérieux, le vrai, celui de circonstances. « Lexie, si je me suis disputée avec Papa ce matin, c'est à cause de l'université. Pendant que tu répétais hier nous avons abordé le sujet et... Je me suis inscrite à King's College Lexie J. ... Je repars à Londres dans 2 mois. Pour de bon. » Pas un mot plus haut que l'autre. Un calme olympien. Comment pouvait-elle?

Chose relativement exceptionnelle, Lexie ne dit rien pendant de longues secondes. Pas un mot, pas un geste, bien loin de son hyperactivité habituelle. La nouvelle l'avait sonné. Elle partait. Au fond, Anna était tout ce qu'elle avait. Une terrible tragédie se jouait dans le coeur de la petite Preston, incapable de prendre de la distance et d'envisager l'idée que ce pouvait être la meilleure option pour sa soeur et à long terme, pour tout le monde. Et King's College était un des rêves d'Anna. Là où la petite voyait plutôt Oxford, l'aînée adorait passer devant l'université londonienne et s'y imaginer. Lexie le savait mais n'était pas en mesure de l'accepter. Le profond sentiment d'abandon qu'elle ressentait prenait le pas sur les sincères félicitations qu'elle aurait voulu lui adresser. « Tu peux pas me laisser Anna Lee. Tu peux pas... » sa voix était faible, comme si la rousse savait que ce qu'elle était en train de faire était abject. Mais elle ne pouvait pas la laisser après tout. Pas ici, pas avec leur famille en miettes. Pas maintenant. C'était trop dur. Elle ne tiendrait pas. « T'aurais pas pu... attendre? Aller moins loin? J'vais faire comment moi Anna? Je peux pas sans toi. J'peux pas. »

Des larmes silencieuses s'échappèrent des yeux clairs de la jeune britannique, qui les essuya d'un geste rageur. La lycéenne ne voulait pas pleurer, elle voulait hurler. Lui crier qu'elle n'était qu'une égoïste, qu'elle n'avait pas besoin de retourner à Londres sans elle. Anna aurait pu, dû l'attendre. Elles auraient dû partir ensemble. Repartir à la conquête de leur ville natale, débarrassée de leurs contraintes dans ce trou minable. Lima était l'enfer sur terre et y vivre sans Anna résulterait en la perte de son peu de santé mentale sans doute. La Cheerio se laissa basculer sur le lit et regarda le plafond, les informations et les idées tournant à toute allure dans son esprit. Elle était incapable de voir autre chose que son intérêt personnel et la peine de cette trahison, de cet abandon la dévorait tout entière et annihilait tout. Douleur et colère. Rien d'autre. Une grande colère, froide et intense comme elle ne l'avait sans doute jamais connu. « J'te le pardonnerai pas. » lâcha Lexie, en le pensant de toute son âme en cette seconde. Elle regretterait amèrement cette phrase sans doute. Mais ce soir, rien n'était moins vrai.


Dernière édition par Lexie A. Preston le Mer 30 Nov - 18:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"   Mar 15 Nov - 23:28

En entendant le son altéré de la voix de sa petite soeur, Anna sentit son coeur se serrer.
Lexie était d'abord restée silencieuse, presque impassible, comme si elle avait besoin de ce temps de latence pour absorber l'information que son aînée venait de lui jeter à la figure. Il n'y avait pas de bonne façon pour Anna d'annoncer son départ, il n'y en aurait pas eu quel que soit le contexte, ce qui ne rendait pas les choses moins difficiles. La jeune fille savait très bien ce que ressentait sa cadette, tout simplement parce que les mêmes sentiments l'auraient envahie si les rôles avaient été inversés.
Vivre sans Lexie était la chose la plus contre-nature qui pouvait lui arriver. L'imaginer était inimaginable. Comment avait-elle pris sa décision alors ? Comme on se jette dans un lac glacé : sans réfléchir.

Anna observait sa petite soeur sans pouvoir bouger. Elle était véritablement, et certainement pour la première fois de leur vie commune, démunie. Pour la première fois, c'était elle qui était à l'origine de la détresse de Lexie. Les innombrables disputes ne comptaient pas, pas plus que les désaccords quotidiens, les coups donnés contre les portes, les menaces mises à exécution, les chignons crêpés, et Dieu sait que les cheveux Preston en avait pâti... Non pour la première fois, Anna le sentait, elles touchaient le point de non retour.

-Lexie, commença-t-elle, incapable d'utiliser plus longtemps le diminutif dont elle seule avec l'exclusivité, avant de s'interrompre aussitôt. A quoi bon ? Elle était incapable d'exprimer le moindre sentiment, la moindre compassion envers qui que ce soit... Elle n'avait jamais été celle sur qui on pouvait compter pour remonter le moral, adoucir les peines. Trouver les mots justes oui, partir en guerre pour une noble cause, quand vous voulez, mais ce qui touchait au mystère des sentiments et de la relation à autrui... Il était difficile de croire que le partage des qualités et des défauts ait été fait de façon aussi tranchée chez les Preston, et pourtant, là où l'une pêchait, l'autre était là pour relever le flambeau. Deux parfaites moitiés de pomme, ce qui ajoutait encore à la difficulté de la séparation.

Ce que Lexie lui disait était vrai. Elle ne pouvait pas la laisser, elle devait attendre. C'était ce que la Anna d'il y a trois mois aurait fait. Elle aurait envoyé baladé Papa Preston, certes, mais aurait atterri dans une université à quelques miles de là où se trouvait Lexie, pas à Lima, mais à Colombus peut-être, pour être sûre d'avoir sa soeur à portée de main et de voix dès que le besoin s'en serait fait ressentir pour l'une ou pour l'autre. Mais il fallait croire que le déménagement avait tout changé. Anna avait pris conscience que les jeunes filles étaient deux entités à part entière. A quel moment cela s'était-il produit ? Elle n'aurait sû dire. Peut-être que de voir que Lexie pouvait véritablement s'épanouir auprès d'autres personnes, Quinn, Cassandra, avait été un élément déclencheur. Peut-être que discuter de leurs rêves communs avec Sam lui avait aussi mis la puce à l'oreille. Toujours était-il qu'il fallait qu'elles s'émancipent l'une de l'autre, et que l'entrée d'Anna à l'université était l'occasion rêvée.

-Bien sûr que tu peux Lexie, arriva-t-elle tout de même à articuler d'une voix sourde. Ce n'est pas si loin, ce n'est pas pour si longtemps...
A son tour, l'aînée des Preston se faisait surprendre par l'émotion et sentait des sanglots entraver sa gorge. Elle n'était pas inquiète pour sa soeur. Elle s'en sortirait bien sans elle. Peut-être bien mieux qu'avec elle, et de toute façon, mieux qu'elle. Lexie avait une capacité d'adaptation incroyable, un vrai petit caméléon, comme ses ongles qui changeaient de teinte plus vite que vous n'aviez le temps de vous en apercevoir. Anna se traînait, et il était plus dur de se traîner à Lima qu'à Londres, et malgré ce que sa cadette lui reprochait, elle détestait s'apitoyer sur son sort... Elle avait finalement pris la seule décision qui lui semblait envisageable pour leur survie à toutes les deux. Si elles restaient ensemble à Lima, elles courraient à la catastrophe, l'une d'entre elle y laisserait des plumes, si ce n'était pas les deux. Et Anna n'était pas prête à se laisser une fois de plus rattraper par ses démons.

Elle allait à nouveau essayer de proférer une quelconque banalité sur la façon dont Lexie allait se remettre de son départ quand sa petite soeur lâcha la seule vérité que redoutait l'aînée des Preston. La menace plus que justifiée que Lexie mettrait à exécution sans le moindre remords. Pourtant les poings d'Anna se serrèrent et elle en voulut instantanément à sa cadette de réagir de la sorte. Une petite fille pourrie gâtée, voilà ce qu'elle était. Elle-même n'aurait pas hésité à voler jusqu'à New York dans l'instant si elle en avait eu la possibilité. Sauf que c'était Anna qui était l'aînée, c'était elle qui avait un an de plus, qui rejoignait la fac avant l'autre, et la jeune fille se surprit à se demander si, après tout, les choses se seraient passées différemment à Londres ? Qui pouvait dire que la séparation n'aurait pas été aussi difficile même au sein de la même ville ? Parce que séparation il y aurait eu de toute façon. Séparation d'avec l'enfance, d'avec les habitudes, d'avec leur petit monde Prestonien si bien rôdé...

-Tu sais que je dois le faire Lexie, et que c'est ce qu'il fallait faire... Peu importe que tu me pardonnes ou pas. C'est ma décision et elle ne changera pas...
Sa voix avait été plus dure qu'elle ne l'escomptait, trahissant son envie de trop bien faire et une assurance qu'elle ne possédait pas, mais il fallait bien ça pour faire face à la tempête grondissante allongée sur son lit.
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MessageSujet: Re: 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"   Lun 28 Nov - 19:12

Evidemment Anna ne comprennait pas. Enfin si, elle comprennait parfaitement, Anna la comprennait toujours. C'était la seule. Quand les gens regardaient la petite Lexie avec un air interrogatif, sans comprendre les mots qui sortaient de sa bouche à des centaines de miles à l'heure, sans comprendre la tornade d'idées qui déferlait dans sa tête, sa soeur était là. Elle saisissait la moindre nuance dans sa voix et savait deviner son humeur quand elle passait le pas de la porte en rentrant des cours. Elle traduisait au reste du monde, à leur mère en particulier, ce qui se déroulait dans l'esprit farfelu de sa cadette. Bien sûr, elle ne savait pas décrypter les émotions, n'était absolument pas faite pour les dédbordements de sentiments qui agitaient parfois Lexie. Mais néanmoins, inconsciemment ou non, Anna devait se douter de la déchirure qu'elle avait causé dans le coeur et l'esprit de sa soeur. Elle le voyait clairement, dans ses yeux vides et son corps mollement étalé sur le lit. Cette apathie inhabituelle illustrait à merveille l'horreur et l'aberration qu'était cette conversation pour la petite rousse. Comment était-il concevable d'envisager la possibilité d'une existence sans Anna? Lexie était adaptable, endurante, facile à vivre. Mais s'adapter à une telle séparation n'était pas quelque chose qu'elle était prête à faire. Vivre loin de ses parents n'aurait posé aucun problème. Vivre sans JJ avait été dur, mais le départ n'était pas de leur fait et malgré la douleur des premiers temps, ça fonctionnait toujours. Mais vivre sans Anna... Non. Elle s'y refusait.

Mais Anna fit mine de ne pas le comprendre. La Cheerio ne la regardait pas, l'entendait plus qu'elle ne l'écoutait et ses mots glissaient sur elle comme les banalités qu'ils étaient. Tu vas y arriver, voyons Lexie, ne dit pas de bêtises. Comme s'il suffisait de ça. Comme si des propos sans saveur pouvait panser la douleur qui la tiraillait de toutes parts. Son corps tout entier lui faisait mal. Elle ressentait physiquement la peine qu'elle venait de lui infliger. Bloquer les larmes qui ne demandaient qu'à couler lui brûlait la gorge, sa respiration se faisait plus sifflante et saccadée. Et les mots si inutiles et vains de sa soeur la rendait folle d'une colère qu'elle n'arrivait pas à faire sortir. Peut-être s'y refusait-elle, pour ne pas engendrer de pathos et éviter toute réconciliation larmoyante digne d'un soap opéra. Elles en auraient été capables. Mais Lexie ne voulait pas de paix. Elle ne voulait pas donner sa bénédiction, elle voulait provoquer le conflit et faire culpabiliser sa soeur. Elle voulait la garder près d'elle. Elle était prête à délibérément entraver l'hypothétique réussite professionnelle de sa soeur par pur caprice. Et savoir à quel point c'était égoïste et mesquin ne l'arrêterait sûrement pas. Elle refusait de pardonner, de prendre du recul et d'avoir une vie d'ensemble optimiste. Non, Lexie Preston s'enfonçait dans le rejet, l'amertume et la douloureuse rage.

Mais comme la rouquine le craignait, cela ne fonctionna absolument pas. Sa grande soeur était intraitable et la voix sèche et le ton faussement empreint d'assurance le prouvaient. Aucune concession. Chez aucun des deux partis. Peut-être les soeurs Preston étaient-elles vouées à se séparer -possiblement en mauvais termes- mais elles n'en demeuraient pas moins superbement fidèles à elles-mêmes. Têtues, acharnées à l'extrême et spécialistes de la mauvaise décision au mauvais moment. Ce n'était pas faute de savoir que l'on court à des peines plus grandes et une période difficile à vivre. Encore faut-il y courir de son plein grè, la tête haute, fière. Stupides. Elles étaient stupides mais déterminées. « C'est loin, c'est long et ça va tout changer. Maman va devenir encore plus tarée, Papa dira rien et ça va le tuer de l'intérieur. Et ce sera ta faute. Mais vas-y, vis ta vie, fais des photos, amuses-toi bien. Vas-y et oublie-moi. » La gamine se roula en boule sur le lit de son aînée et contempla le mur qui lui faisait face, empli de photographies en noir et blanc, de posters, de petits mots et de dessins, qu'elle avait envie d'arracher et de piétiner. Elle ajouta, toujours de ce ton amer qui lui allait si mal « Tu dis des conneries tu sais, j'y arriverai pas. J'te jure. Mais c'est pas grave, tu t'en fous alors c'est pas grave. » Brusquement elle se redressa, se planta devant sa soeur en tremblant de rage. Elle tremblait, elle avait une furieuse envie de faire claquer sa main contre la joue d'Anna. Elle se contenta de serrer les dents, son visage si rieur déformé par le flot d'émotions qui l'envahissait. Des larmes coulaient sans même qu'elle s'en rende compte, ni qu'elle sache si c'était de la colère ou de la peine. Tout était dur et confus. « Et maintenant? On fait quoi? On continue à faire comme si tout allait bien, on fait tes valises en rigolant et on fait une petite blague à Lopez et à sa clique avant de partir? Et je vais faire quoi, moi, sans toi? Acheter un chat? » Un rire jaune secoua la jeune fille avant de se briser dans un bruit sec et désagréable. Plantées face à face dans un silence soudain oppressant, les soeurs Preston jouaient leur avenir, dans une discussion houleuse, presque insensée. Une altercation qu'elles n'auraient sans doute jamais voulu avoir mais qui marquait la fin d'une ère. Not as we...
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MessageSujet: Re: 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"   Sam 17 Déc - 0:56

... But I as I.
C'était du grand Preston. Dire le contraire de ce qu'on pensait pour ne jamais, au grand jamais, perdre la face, surtout devant l'"autre" soeur...
Lexie voulait la faire culpabiliser et elle y arrivait. Elle était bien sans doute la seule personne sur terre a avoir ce pouvoir sur elle. Évoquer la folie de leur mère, un détail, Emilia Preston vivait dans son monde depuis bien trop longtemps pour que quiconque ne se formalise d'un changement d'humeur de plus. La colère de leur père ? Oui, James en voudrait à mort à son aînée, et serait certainement moins tendre avec sa cadette... Mais là encore c'était de bonne guerre : le père et la première de ses filles étaient comme chien et chat, trop différents pour se comprendre, ou au contraire trop identiques pour se supporter. Imaginer Lexie faire face seule à tout ça ? Bien sûr que c'était difficile, mais était-ce un service à lui rendre que de se sacrifier une année de plus pour la protéger ? la protéger de quoi d'ailleurs... Sa dernière altercation avec la furie Lopez avait bien prouvé que, quoiqu'inconsciente, sa petite soeur était tout à fait capable de se défendre. Certes, elle se jetait toujours dans la gueule du loup et allait probablement se heurter à plus fort qu'elle, mais Anna faisait aveuglément confiance à Lexie pour se sortir avec brio des situations les plus délicates...
Elle se retint de poser sa main sur le dos de la gamine rageuse qui se mettait à bouder furieusement sur le lit de sa grande soeur. Cela les ramenait des années en arrière, quand la petite Lexie trouvait refuge dans la chambre d'Anna à Londres après une quelconque dispute avec leur mère et où sa soeur devait s'armer de la plus grande des patiences pour lui faire entendre raison et retourner à un rythme de vie normal autre que de passer sa soirée roulée en boule entre deux couvertures. C'était d'ailleurs généralement quand Anna perdait son calme à son tour que la cadette revenait sur le chemin de la sagesse et, juste avant que les situations ne s'inversent, se décidait à se montrer "plus adulte que notre folle de mère", comme elle disait si bien.

Anna acceptait les reproches et les coups verbaux de sa soeur avec un calme qui l'étonnait. Elle sentait que Lexie elle-même était déstabilisée par son assurance et son détachement apparent. Leurs regards se croisèrent quand la cadette se redressa, prête à faire éclater toute sa rage dans un mouvement de bras qu'elle contint par Anna ne savait quel miracle. Elles se toisèrent, longtemps, avant que Lexie ne se laisse à nouveau aller à ses reproches, déclenchant non pas la compassion mais l'agacement de sa soeur.

-"On" ne va rien faire du tout Lexie... "On" ne va pas préparer mes valises en écoutant du Wham ! ni conspirer à la meilleure façon de se venger de Santana Lopez... Non, TU vas finir ton année et essayer de ne pas te faire tuer avant le début de la prochaine et JE vais préparer ce départ comme il se doit... Bien qu'il n'y ait pas grand chose à préparer justement... Et pour l'amour de Dieu, cesse toute cette comédie, tu sais très bien que Papa et Maman te paieront un billet d'avion pour Londres quand tu le voudras ! Le contraire est peu probable malheureusement, ajouta-t-elle avec un petit sourire amer. La jeune fille savait que le prix de son indépendance serait lourd à payer et elle avait déjà prévu de demander à J.J de l'aider à se trouver un travail d'appoint. On était déshérité pour moins que ça chez les Preston...

-Si tu en a fini de ta crise de petite fille pourrie gâtée, je vais retourner me laver les cheveux, lâcha Anna d'une voix métallique, en se détournant pour ignorer les larmes qui coulaient sur les joues de Lexie et que sa soeur ne semblait même pas sentir. Fermer son coeur si ce n'était ses yeux, faire comme si de rien n'était, ne pas revenir sur sa décision...

-Tu n'es pas obligée d'être toujours là quand j'en aurai fini avec la salle de bains...reprit-elle. Mais je crois qu'il est encore trop tôt pour espérer te voir agir comme une fille de ton âge, sensée et raisonnable, acheva-t-elle avec froideur en se dirigeant vers la porte. Qu'il y avait-il de plus à dire ? Sans doute rien... Le duo Prestonien tel qu'il avait toujours été connaissait ses dernières heures et ses deux membres n'étaient pas prêts de s'en remettre.


Dernière édition par Anna L. Preston le Sam 31 Déc - 22:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"   Sam 31 Déc - 1:02

Lexie était toujours secouée de tremblements nerveux, elle était dans un état d'agitation qu'elle n'avait jamais connu. Elle était animée d'une rage pure et entière, une colère comme jamais son esprit n'en avait conçue. Une colère venue du coeur, d'un ego blessé et de cette tendance à réagir dans l'instinct, à se placer dans l'affect dans ses rapports à autrui. La londonienne n'était pas de ceux qui pèsent le pour et le contre de chaque situation et savent en tirer le meilleur, pour eux et pour autrui. Elle n'était pas capable d'un détachement vis à vis de la situation, d'une vue d'ensemble, d'une décision mûrement réfléchi. Et en règle générale, cela faisait juste d'elle une fille spontanée, qui dit les choses qui lui passent par la tête et commet quelques maladresses. Une fille drôle, naturelle, dont les bourdes sont largement compensées par un sourire solaire et une sincère curiosité pour absolument tout. Courir droit devant, ne pas se retourner, ne pas regretter. Elle était sûrement en passe de commettre la première grosse infraction à cette règle de vie cependant.

Car sa spontanéité et sa fierté mal placée faisait aussi qu'elle n'était pas en mesure de contenir ses émotions et d'arrondir les angles, de prendre sur elle. Pas avec sa soeur, avec qui elle menait un bras de fer permanent entre amour viscéral et rivalité inconsciente. Pas avec sa soeur, qui saisissait tout, qui pouvait lire en sa cadette mieux qu'en elle-même parfois. La petite rousse avait besoin de sa grande soeur, de cette présence quotidienne, de cette relation. Elle la considérait comme acquise et ne supporterait de perdre cela aussi. Lexie avait déjà dû renoncer à JJ, au reste de ses amis et maintenant, il lui fallait quitter la seule personne dont elle aurait dit sans hésiter un centième de secondes « elle ne m'abandonnera jamais. » Elle lui avait donné sa confiance entière et absolue, elle lui avait permis de sonder son âme et son coeur de fonds en combles. Anna avait toutes les clés mais elle fermait la porte. Et Lexie n'était pas capable d'attendre qu'elle veuille bien ouvrir, elle tambourinait sur le battant en hurlant, désespérée à l'idée de ne pas être entendue. Et au final, son message en sortait bien trop abrupt et violent pour être correctement compris. Encore une fois, les deux soeurs ne parvenaient pas à faire passer leurs émotions en acceptant et en comprenant celles de l'autre. L'autre devenait ennemi, devenait menaçant.

Pour Lexie, c'était Anna qui avait tout enclenché. Et parler du futur était certes une énième manière de vouloir la faire culpabiliser, mais c'était aussi une main discrètement, voire involontairement tendue. Une main qui ne demandait qu'à être serrée. La petite Preston voulait entendre des mots rassurants, même pour les rejeter et crier. Elle voulait une preuve, que ce ne serait pas la fin, qu'elle ne la quitterait jamais complètement. Qu'elles pourraient se retrouver n'importe où, n'importe quand et retrouvaient leur étrange (dés)accord. Mais les mots d'Anna vinrent heurter la cadette en plein coeur, faucher son courage et ses espoirs. Sa respiration saccadée se calma, elle prit de longues et profondes inspirations, sans quitter sa soeur des yeux. Elle traquait le moindre signe de faiblesse dans son attitude robotique, mais son aînée était visiblement beaucoup plus déterminée qu'elle à foutre en l'air leur entière relation. Soit, il en serait ainsi. Doucement, la rouquine s'assit sur le bord du lit. Elle avait les yeux dans le vide et le teint étrangement pâle, même pour l'anglaise qu'elle était.

Et en plus, Anna osait mettre sur le tapis le fait que leurs parents ne feraient pas pour elle ce qu'ils feraient pour Lexie. Elle osait les accuser de ce qui n'était rien d'autre que SA décision égoïste et stupide, puisqu'elle tenait tellement à marquer une nette insistance dans le choix des adjectifs possessifs. Bouillonant de ce tumulte d'émotions qui la chamboulaient de toute part, la Cheerio déglutit péniblement et cessa de lutter. Si sa soeur était prête à de telles bassesses pour s'assurer que Lexie ne remuerait pas ciel et terre pour la faire changer d'avis et bien, autant ne pas voir jusqu'où elle se sentait prête à aller. Pour la jeune Preston, c'était suffisant et elle en avait déjà trop entendu pour aujourd'hui. Pour longtemps en réalité. Elle rétorqua donc d'une voix sans timbre et sans vie qui ne lui correspondait en rien « Je ne vois pas pourquoi je m'embêterai à investir dans un séjour auprès de quelqu'un qui a visiblement atteint son seuil de tolérance vis à vis de moi. Tu te suffis à toi-même on dirait Anna. Grand bien te fasse. »

Et bien sûr, elle fut accusée d'être une gamine capricieuse et trop gâtée. Bien sûr. Mais en attendant, ce n'était pas elle qui se teignait en blonde sur un coup de tête et décidait donc de changer de vie et d'envoyer chier toute sa famille en fuyant à l'autre bout du monde. Mais par contre, c'était effectivement elle qui aurait à encaisser le contre-coup, à être le témoin des élans romantico-dépressifs de sa mère, du mutisme blessée de son père et de l'émiettement du couple parental, déjà en bonne voie depuis le déménagement. C'était elle qui resterait derrière et qui regardait les morceaux tomber. Mais à l'heure actuelle, ce serait simplement elle qui jouerait jusqu'à la fin le rôle qu'Anna avait décidé de lui assigner. Un sourire en coin et un air de peste vinrent masquer sa douleur et elle répliqua avec insolence « Fais donc, si tu laves beaucoup, peut-être que la couleur va finir par ressembler à quelque chose d'autre qu'un oeuf écrasé. Et ne t'en fais pas, je n'avais aucune intention de rester là, j'ai à faire. Mais malheureusement, sweety, je ne serais jamais sensée et raisonnable. J'aurais trop peur de finir comme toi. » Sur ce, elle tourna les talons et quitta la pièce d'un pas rapide, sans être fuyant et en gardant la tête haute jusqu'au seuil de sa chambre. Là, la petite rousse claqua la porte et se laissa tomber sur son lit. Les larmes revinrent rapidement dans un flot continu mais fort heureusement silencieux. Hors de question qu'elle l'entende pleurer, elle ne le méritait pas.
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08. [Prestons'] "This time I as I... And not as We"

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