Choriste du mois


Partagez | 
 

 08. White houses

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Age : 26 ans
Occupation : Co-directrice de la LPA et coach des Second Chances
Humeur : Déterminée
Statut : Célibataire
Etoiles : 1304

Piece of Me
Chanson préférée du moment : Brave - Sara Bareilles
Glee club favori : Second Chances
Vos relations:
MessageSujet: 08. White houses   Ven 23 Sep - 22:13



Sur la scène plongée dans l'obscurité, on s'activait aux derniers préparatifs avec un empressement particulièrement serein, comme dans une fourmilière qui s'adonnait à sa routine. Chacun essayait tant bien que mal de se positionner correctement, en prenant soin de ne renverser rien ni personne. Cassandra, anxieuse, glissa un dernier mot d'encouragement à sa sœur sur laquelle reposait l'ensemble de l'instrumentation. Un piano, classique et sans extravagance, était le seul véritable décor de la représentation. Sans plus attendre, Cassie se positionna devant son micro mais ne s'autorisa pas à trop s'approcher, de peur que les battements de son cœur ne retentissent amplifiés. Les murmures s'arrêtèrent soudainement, du moins sur la scène parce que dans le public retentissait un brouhaha particulièrement intense et sempiternel. Lorsque les lumières s'allumèrent enfin, le vacarme s'estompait mais Cassandra ne parvenait pas à apercevoir quoi que ce soit, bien trop aveuglée par les projecteurs. Quelques instants plus tard le halo glissa devant ses yeux, et même s'il lui fallut un moment pour se débarrasser des étoiles qui inondaient son champ de vision, elle parvenait tout de même à lire l'impatience sur le visage des élèves. Pas exactement l'impatience de découvrir enfin ce que réservait le Club d'abstinence, mais plutôt celle de pouvoir s'éclipser en toute impunité, lorsque tout serait terminé. Au fond Cassandra commençait à douter sérieusement de l'utilité de cette représentation. Elle avait la curieuse impression de devoir leur enseigner une leçon qu'ils croyaient déjà connaitre, comme dans ces moments où on abordaient avec eux le sujet du sexe. Ce sujet qu'ils maitrisaient si superficiellement et que, pourtant, ils étaient certains de dominer à la perfection. Leurs mines, au départ sceptiques, semblaient presque hilares. Cassandra se sentit mal à l'aise mais le regard prévenant de Miss Pillsbury l'aida à se focaliser sur sa tâche. Heureusement, elle ne portait pas de costume ridicule, plutôt une tenue dans laquelle elle se sentait libre et surtout, fidèle à elle-même. Sa longue jupe semblait flotter dans l'air, comme balayée par une douce brise qui viendrait de sous ses pieds. Pourtant elle avait beau examiner le sol, elle ne trouvait aucune trace de ventilation. Pour elle, c'était le signe que le spectacle devait commencer.

D'un discret signe de tête, elle ordonna à sa sœur de jouer la mélodie. C'était presque ironique, de voir Cassandra et Emma en premier plan et de constater que les New Directions étaient en retrait, plus loin sur une estrade. Des morceaux de tissu colorés dansaient comme des drapeaux au dessus de leurs têtes, plus pour détourner l'attention que pour représenter quoi que ce soit. En tournant légèrement la tête, Cassie aperçut les ventilateurs qui faisaient s'agiter sa jupe, tandis qu'une des membres du Club s'empara de la scène en exécutant quelques pas de danse classique. Pour cette représentation, Cassandra s'était largement inspirée du clip de Vanessa Carlton qu'elle trouvait à la fois poétique et explicite.
Emma chanta les premières paroles. Sa voix douce et pure ne pouvait pas mieux aller avec le message qu'elles avaient à transmettre.

    Crashed on the floor when I moved in
    This little bungalow with some strange new friends
    Stay up too late, and I'm too thin
    We promise each other it's 'til the end
    Now we're spinning empty bottles
    It's the five of us
    With pretty eyed boys girls die to trust
    I can't resist the day
    No, I can't resist the day ♫


Certaine que l'audience était captivée par Emma, Cassie s'autorisa à jeter un œil à sa sœur. Cette dernière faisait preuve d'un flegme assez déstabilisant au vue de son jeune âge, mais cela la rassura. D'un autre œil, elle ne pouvait s'empêcher de contempler la chorégraphie offerte par son amie du Club. Quand vint son tour de chanter, Cassandra ne se replia pas. Après tout, elle avait eu l'occasion de chanter plusieurs fois devant la paroisse depuis que son père lui avait autorisé son premier solo quelques mois plus tôt. Elle devait avouer y avoir pris goût. C'était bien plus qu'une douce mélodie destinée à enchanter les oreilles, c'était la façon la plus ravissante qui soit d'exprimer ses idéaux.

    Jenny screams out and it's no pose
    'Cause when she dances she goes and goes
    Beer through the nose on an inside joke
    And I'm so excited, I haven't spoken
    And she's so pretty, and she's so sure
    Maybe I'm more clever than a girl like her
    Summer's all in bloom
    Summer is ending soon ♫


Sans surprise, le public ne paraissait aucunement réceptif. Leurs sourires mesquins avaient disparu, ce qui rendait d'autant plus grave ce froncement de sourcils qu'affichait nombre d'entre eux. Même si Cassandra était terriblement offensée par leur manque de jugeote, elle ne se dérobait pas.

    It's alright and it's nice not to be so alone
    But I hold on to your secrets in white houses ♫


C'était incroyable, comme les voix d'Emma et de Cassandra s'accordaient si bien, comme si elles ne faisaient plus qu'un pour pouvoir captiver encore mieux les foules. La danseuse s'exécutait telle une âme vagabonde, perdue entre un rêve inachevé et un autre qui attendait son tour.

    Maybe I'm a little bit over my head
    I come undone at the things he said
    And he's so funny in his bright red shirt
    We were all in love and we all got hurt
    I sneak into his car's cracked leather seat
    The smell of gasoline in the summer heat
    Boy, we're going way too fast
    It's all too sweet to last

    It's alright
    And I put myself in his hands
    But I hold on to your secrets in white houses
    Love, or something ignites in my veins
    And I pray it never fades in white houses ♫


Cette fois-ci, c'était Cassandra qui fronçait les sourcils tandis que les élèves se regardaient, apparemment interloqués. Certains riaient, d'autres ne pouvait cacher leur incompréhension. Cassandra pivota vers Miss Pillsbury qui semblait n'avoir rien à se reprocher, si bien qu'elle haussa les épaules et reprit, par dessus les murmures qui se faisaient de plus en plus nombreux et intenses.

    My first time, hard to explain
    Rush of blood, oh, and a little bit of pain
    On a cloudy day, it's more common than you think
    He's my first mistake ♫


L'hystérie commençait à gagner la salle. Cassandra esquissa néanmoins un sourire parce que le public semblait grandement apprécier. Finalement, ils savaient se montrer réceptifs.
Derrière, les choristes grimaçaient, comme s'ils venaient de découvrir pour la première fois les paroles et que ça leur demandait de plus en plus d'efforts.

    Maybe you were all faster than me
    We gave each other up so easily
    These silly little wounds will never mend
    I feel so far from where I've been
    So I go, and I will not be back here again
    I'm gone as the day is fading on white houses
    I lied, wrote my injuries all in the dust
    In my heart is the five of us
    In white houses

    And you, maybe you'll remember me
    What I gave is yours to keep
    In white houses [x3] ♫


Les lumières s'éteignirent et les applaudissements, au départ peu convaincus, finirent par démontrer l'enthousiasme général dans lequel s'évaporaient les dernières notes de musique.

*

Ce jour était spécial pour le Club d'abstinence, une sorte de renaissance. La porte de la salle, grande ouverte, n'attendait que de voir débarquer de nouvelles têtes. La représentation semblait avoir fait sensation, si bien que c'était le sujet principal de toutes les conversations ce matin là. Cassandra n'avait jamais été habituée à ce qu'on la regarde avec tant d'admiration. Certains lui faisaient des clins d’œil lourds de sous-entendus qu'elle ne parvenait pourtant pas à déchiffrer, d'autres la félicitaient pour des raisons qu'elle croyait être les bonnes. Dès qu'elle avait franchi le seuil du Club, quelques minutes plus tôt, on l'avait prise d'assaut pour la remercier de son dévouement. Tout le monde était persuadé que dorénavant le Club figurait en haut de la pyramide hiérarchique du lycée, au moins après les sportifs et les cheerios. Miss Pillsbury, un peu plus en retrait, avait accepté d'intervenir en ce jour si particulier. "C'est avant tout Miss Pillsbury qu'il faut remercier, pour son implication et ses si précieux conseils." dit Cassandra en la gratifiant d'un sourire avenant. Ashandra et Grace, un peu plus loin, paraissaient aux anges. Cassie n'en avait pas tant demandé. Voir ses amis si motivés, c'était un cadeau qui n'avait pas de prix. C'était donc ça que l'on ressentait, lorsque l'on parvenait à réussir quelque chose ? Ce sentiment, si agréable, pourrait presque éveiller la convoitise chez quiconque le ressentait à un moment donné. Malgré tout Cassandra se réjouissait simplement des sourires qui illuminaient les visages de ses camarades. Pour elle, c'était ainsi qu'elle perçevait la réussite.
Pour l'heure, l'hystérie était toujours à son comble. Chacun contait ses exploits et pour une fois, personne ne semblait remettre en question son appartenance à ce groupe. Du moins pas pour le moment...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Sam 24 Sep - 5:32

Dans l’ombre des coulisses de l’amphithéâtre, Emma observait son reflet d’un air circonspect. C’était le grand jour, celui qu’elle avait légèrement redouté sans pour autant se l’avouer. Deux mois auparavant, Cassandra Hamilton était venue la voir dans ce même amphithéâtre, en lui demandant de l’aide ainsi que quelques conseils avisés afin de l’aider à redorer le blason du club d’abstinence. Depuis les infidélités passées de Quinn Fabray qui le dirigeait l’année précédente, les lycéens s’étaient totalement désintéressés du club et en avaient largement oublié le but véritable. Le club subissait ainsi quelques difficultés dans un Monde où la chasteté n’était plus source de fierté, mais plutôt de moqueries. Après quelques hésitations, Emma lui avait finalement proposé une performance devant l’ensemble du lycée, avec l’aide des New Directions, afin d’attirer des membres éventuels. Enthousiastes, elles avaient donc monté ce projet toutes les deux, pour le plus grand bonheur de la conseillère d’orientation qui était heureuse de pouvoir aider Cassandra dans une telle entreprise. Remettre les élèves dans le droit chemin, voilà qui était une noble cause qui plaisait beaucoup à la vierge-en-chef de McKinley High. Après avoir obtenu l’accord de Will et de son Glee Club, elles avaient pu commencer les répétitions qui à défaut d’être nombreuses, furent intenses. Et finalement, elles y étaient.

Soupirant, Emma délaissa son reflet et tourna les talons. S’approchant du grand rideau qui la séparait de la scène, la jeune femme fronça le nez avant de prendre entre son index et son pouce un pan du rideau avec délicatesse, tout en se persuadant qu'il était des plus propres. Elle repoussa légèrement le tissu et lorsque ses yeux croisèrent les centaines de visages tournés dans sa direction, elle se retira immédiatement et fit un pas en arrière. Prenant une grande inspiration, la conseillère essaya d’évacuer le stress qui l’atteignait déjà, puis s’avança vers l’entrée de la scène avec résolution et rejoignit Cassandra qui l’attendait au milieu de celle-ci. Aussitôt, elle retrouva sa détermination et bien qu’elle ne soit pas vraiment à l’aise à l’idée de chanter devant tous ses élèves, elle en donna l’impression en coulant un regard enthousiaste à l’adolescente qui se trouvait à ses côtés et qui semblait anxieuse. Ensemble, elles se dirigèrent vers leurs micros respectifs. Peu à peu, le brouhaha devint murmure, et tous les yeux se tournèrent vers elles. Emma se mordit la lèvre et jeta un coup d’œil aux New Directions qui étaient situés un peu plus loin, derrière elle. Se redressant, elle plissa les yeux, légèrement aveuglée par l’éclat des projecteurs qui l’avaient prise pour cible, puis se mit à chercher désespérément la seule personne qui, parmi cette foule, pouvait lui donner un peu de courage. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres quand ses grands yeux bruns rencontrèrent les siens, et l’espace d’une seconde, elle crut que l’adrénaline et l’enthousiasme étaient revenus.

Ce fut à cet instant précis que les doigts de Grace glissèrent sur le piano et que les premières notes rompirent le silence. N’ayant plus le temps de réfléchir, Emma se lança en interprétant le premier couplet de la chanson choisie par Cassandra.

Crashed on the floor when I moved in
This little bungalow with some strange new friends
Stay up too late, and I'm too thin
We promise each other it's 'til the end
Now we're spinning empty bottles
It's the five of us
With pretty eyed boys girls die to trust
I can't resist the day
No, I can't resist the day
Sa voix claire et aigue s’était tout naturellement imposée, suivant à la perfection les notes que jouait la sœur cadette de Cassandra. Il était si étrange de se retrouver sur cette scène. Emma avait toujours préféré le confort que lui offrait sa salle de bain pour pousser la chansonnette, bien trop réservée pour s’adonner à ce genre de spectacle que Will mettait en place. Et pourtant, elle se retrouvait à son tour sur la scène de cet amphithéâtre et elle y prenait même goût. Bien que les regards soient déstabilisants pour elle, elle appréciait le fait de se retrouver derrière ce micro, et surtout en compagnie de Cassandra. La conseillère cligna des yeux alors qu’elle laissait cette dernière reprendre le second couplet.

Jenny screams out and it's no pose
'Cause when she dances she goes and goes
Beer through the nose on an inside joke
And I'm so excited, I haven't spoken
And she's so pretty, and she's so sure
Maybe I'm more clever than a girl like her
Summer's all in bloom
Summer is ending soon
Emma esquissa un sourire lorsque Cassandra termina son couplet, captée par la voix de la jeune fille. Elle avait toutefois froncé les sourcils en entendant le mot « beer », tout comme elle l'avait fait la première fois qu'elle avait entendu la chanson. Malgré tout, elle ne doutait pas de la pureté qui émanait des paroles, rejoignant le point de vue de la présidente du club d’abstinence lorsque celle-ci lui avait assuré qu’il n’y avait meilleure chanson que celle-ci pour faire passer son message.

It's alright and it's nice not to be so alone
But I hold on to your secrets in white houses
Emma se tourna vers Cassandra, tandis qu’elles poursuivaient toutes les deux la chanson.

Maybe I'm a little bit over my head
I come undone at the things he said
And he's so funny in his bright red shirt
We were all in love and we all got hurt
I sneak into his car's cracked leather seat
The smell of gasoline in the summer heat
Boy, we're going way too fast
It's all too sweet to last

It's alright
And I put myself in his hands
But I hold on to your secrets in white houses
Love, or something ignites in my veins
And I pray it never fades in white houses
Emma haussa un sourcil en étudiant l’expression des élèves occupant les sièges des premiers rangs. Certains souriaient, d’autres semblaient perplexes. Troublée, elle retrouva le regard clair de Will qui l’observait d’un air étonné. Ne comprenant pas ce qu’il se passait, elle décida tout simplement de chasser les doutes et de focaliser son attention sur Cassandra, qui lui parut imperturbable.

My first time, hard to explain
Rush of blood, oh, and a little bit of pain
On a cloudy day, it's more common than you think
He's my first mistake
Le dernier couplet sembla agiter bon nombre d’élèves qui se dandinaient désormais sur leurs sièges. Emma décida de passer outre ces réactions étranges, sûre d’elle et du message qu’elle faisait passer. Après tout, la chanson racontait l’histoire de cette adolescente qui avait décidé de faire confiance à Dieu en rejoignant une bande d’amis croyants. Et les paroles concernant la douleur de sa première fois dans le Monde des prières et méditations n’étaient qu’une hyperbole destinée à insister sur la difficulté de s’y plonger complètement. Quant à la faute présentée, elle était certaine que ce n’était qu’une allusion aux péchés présentés dans la religion, pour appuyer le sens général de la chanson. Pour Emma, c’était là la seule explication envisageable. Rassurée, la jeune femme reprit les paroles, terminant la chanson en compagnie de Cassandra.

Maybe you were all faster than me
We gave each other up so easily
These silly little wounds will never mend
I feel so far from where I've been
So I go, and I will not be back here again
I'm gone as the day is fading on white houses
I lied, wrote my injuries all in the dust
In my heart is the five of us
In white houses

And you, maybe you'll remember me
What I gave is yours to keep
In white houses

And you, maybe you'll remember me
What I gave is yours to keep
In white houses

And you, maybe you'll remember me
What I gave is yours to keep
In white houses

*

Suite à la demande de Cassandra, Emma avait accepté de se joindre à la réunion du club d’abstinence. Elle était excitée à l’idée de voir de nouveaux membres arriver, et elle était certaine que cela arrivait compte tenu de la fièvre qui avait gagnée McKinley High suite à leur performance. Toutefois, pour la première fois de sa vie elle se sentait légèrement mal à l’aise dans cette salle de classe qui était réservée au club. Depuis que les choses s’étaient précipitées entre Will et elle, et qu’elle avait finalement décidé de lui faire confiance et de sauter le pas, elle ressentait une certaine culpabilité vis-à-vis de Cassandra et du club. Elle ne leur devait rien, bien sûr, mais avait l’impression d’être une sorte de traitre, désormais. Haussant les épaules, Emma essaya de chasser ces pensées négatives et pivota vers la présidente du club qui semblait irradier de bonheur. Cette dernière prononça quelques mots, en la remerciant pour son implication. Les lèvres de l’intéressée s’étirèrent pour dessiner un sourire. Elle secoua la tête, tout en restant toujours en retrait dans le fond de la pièce. « Je pense plutôt que le mérite te revient, Cassandra » Dit-elle sur un ton enthousiaste. « Ta persévérance est ce qui a permis de rendre les choses possibles, et tu es la seule que nous devons féliciter aujourd’hui ».


Dernière édition par Emma Pillsbury le Jeu 6 Oct - 7:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Sam 24 Sep - 12:14

La première fois qu’elle avait entendu parler de cette représentation, Ashandra avait à la fois été prise d’une peur panique et d’une joie intense. Une fois de plus Cassandra était la parfaite incarnation de tout le courage qu’elle n’aurait jamais. Elle savait mener le club d’abstinence avec une poigne de fer, ne cédant pas aux remarques désobligeantes qui ne manquaient pas de fuser sur leur passage, elle se dévouait corps et âme à la promotion de leurs idéaux. Malgré les questions insistantes de Shandy au cours des semaines qui avaient séparé l’annonce du spectacle et ce jour, la jolie blonde n’avait rien voulu lui dire sur les détails de la représentation. La seule chose dont elle était sûre c’était qu’il s’agissait d’un duo qu’elle chanterait avec Miss Pillsbury, Grace au piano et l’un des Glee club du lycée pour les chœurs. Et maintenant qu’elle se tenait devant les portes de l’amphithéâtre, au milieu d’une foule somme toute assez dense d’élèves venus assister à la représentation menée en collaboration avec les New Directions, la lycéenne était une fois de plus assaillie par le doute. Et si ça se passait mal ? Et si en plus d’être cette éternelle bande d’êtres primaires ils se montraient insultants ?

Les portes s’ouvrirent enfin et alors qu’elle s’engouffrait dans la grande salle verte le stress était à son comble. Elle resserra son emprise moite sur la main de son frère. Malgré les réticences de Damon elle avait réussi à l’y traîner plus ou moins de force, faisant appel à un peu de chantage affectif. Le club était sa seule joie dans le lycée, c’était le seul moment de la journée où elle rayonnait dans les murs de l’établissement, la seule chose qui provoquait des réactions immanquablement enflammées en dehors de sa chorale à l’église. Le footballeur en était conscient et ne voulait pas la blesser en se désintéressant complètement de ce qu’elle faisait. Il n’était par ailleurs pas le seul sportif à être venu. Le public qui attendait d’entrer était assez divers. On voyait des uniformes rouge et blanc en plus grand nombre que ce qu’elle aurait pu imaginer, des vestes des Titans, et bon nombre de lycéens. Pas une seconde elle ne pensa qu'ils aient pu venir uniquement avec de mauvaises intention, la jeune fille les redoutait mais gardait une assez grande naïveté malgré les épreuves de McKinley. Il allait falloir faire vite pour avoir une bonne place. L’entraînant à sa suite, ils descendirent les marches et allèrent s’asseoir au second rang, tout près de la scène, pour ne pas manquer une seule miette du spectacle qui se préparait. L’extinction des lumières de la salle et le projecteur braqué sur la scène où Cassandra et Emma Pillsbury se tenaient déjà droites devant leurs micros fit un instant taire l’audience. Adressant un petit signe de la main à son amie qui passa inaperçu, la jeune fille se cala au fond de son fauteuil, prenant la petite croix pendant à son cou dans l’une de ses mains et priant intérieurement pour que tout se passe pour le mieux. Quoi qu’il en soit la présidente avait l’air rayonnante et aveuglée par son admiration Ashandra aurait pu croire qu’elle avait fait ça toute sa vie et qu’elle se faisait plus de souci que la star du jour elle-même.

Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et ne s’apaisa qu’aux premières notes de piano. Elle ne reconnut pas la mélodie, et découvrait donc la chanson alors qu’Emma Pillsbury entamait le premier couplet de sa voix claire et haute. Ses grands yeux noirs brillaient dans la pénombre, absorbée par le spectacle, elle en avait presque oublié la présence des autres autour d’elle qui avaient repris les murmures à présent couverts par les notes entraînantes du piano. Quittant de temps à autre les silhouettes des chanteuses pour regarder Emily danser, le second couplet vint comme une surprise. Le ton de leur voix n’avait pas changé, mais elle n’en croyait pas ses oreilles. Se tournant immédiatement vers son frère pour se rassurer, celui-ci affichait une moue mi-amusée mi-confuse. Pendant un bref instant la lycéenne ne savait plus quoi penser. Comment Cassandra avait-elle pu choisir ce genre de chanson ? Autour d’elle les quelques élèves qui étaient jusques là plongés dans la plus grande apathie semblaient s’être réveillés et s’agitaient à présent sur leurs sièges. Il était tout simplement impossible qu’elle ait correctement entendu, elle avait dû se tromper, ou alors elle n’avait pas su lire de prime abord le message profond de la chanson. Oui. Il s’agissait de la présidente du club. Et de la conseillère d’orientation du lycée. Prise de honte en songeant à ses pensées malsaines, les dernières paroles vinrent la conforter dans sa nouvelle interprétation : il ne s’agissait que d’une ode à l’amitié. Et la réaction du public était enthousiaste ! L’excitation ambiante était contagieuse et sa poitrine se serrait sous le coup de la joie. Le choix de Cassie avait porté ses fruits. Ils avaient enfin compris le véritable message du club ! Se tournant vers Damon en se relevant à la fin de la représentation pour applaudir vivement, un large sourire illuminait son visage ; elle lui murmura à l’oreille :
    Tu as vu ! Oh je suis si contente que la chanson ait plu ! Je savais que Cassandra saurait montrer que le club est ouvert à tous…

Le bonheur se lisait sur ses traits. Mais malgré son enthousiasme débordant, son cadet était plus que réservé, il avait essayé de la retenir un instant pour lui dire quelque chose mais elle n’avait rien écouté, se faufilant immédiatement hors de la salle pour aller féliciter Grace dans les coulisses. Rien ne serait plus pareil à présent, peut-être qu’elle pourrait enfin marcher en paix dans les couloirs sans avoir peur des remarques blessantes sur son choix d’abstinence ou sur sa foi.

**

C’était la première réunion du club après la représentation qui s’était tenue quelques jours plus tôt. Pour l’occasion Miss Pillsbury était venue spécialement pour accueillir les nouveaux membres à la demande de la présidente. Ashandra avait déjà félicité Cassandra à de nombreuses reprises, et voir la porte qui donnait sur le couloir grande ouverte réveillait en elle une profonde satisfaction. La barrière invisible qui la séparait de la plupart des autres lycéens venait de tomber. Grâce à son amie. Grâce à la conseillère d’orientation. Elle discutait avidement avec la plus jeune des sœurs Hamilton dans un coin de la salle, dressant des plans sur la comète pour les prochaines réunions : il allait leur falloir plus de chaises maintenant que le club allait devenir populaire, elles pourraient peut-être refaire ce genre de spectacle ou bien obtenir des fonds pour un voyage. La réserve quant à l’arrivée de nouveaux membres qui la forcerait à surpasser une fois de plus sa timidité avait vite disparu. Il ne fallait pas être égoïste, le club était un lieu de partage et tout le monde avait le droit de le découvrir et d’en faire partie. Peut-être que si les inscriptions étaient suffisamment importantes elle n’aurait plus à craindre de recevoir de granité en pleine figure. Peut-être que des Cheerios reviendraient dans le club malgré l’absence de Quinn Fabray et participeraient à la promotion de la chasteté dans le lycée. Secrètement elle espérait que Ruby se déciderait à rejoindre le club, et si la pression de l'échelle sociale disparaissait rien ne pourrait plus l'en empêcher. Elle échangeait quelques mots avec la danseuse, lui adressant encore toutes ses félicitations pour son port et sa grâce sur scène. La jeune fille lui fit part de son hésitation sur le sens des paroles de la chanson de Vanessa Carlton, comme elle, Emily avait un instant douté du message religieux et profondément humain du texte. Shandy ne se défila pas, à présent tout à fait convaincue que le choix de Cassandra ne pouvait de toute façon être qu’infaillible et que Dieu avait une fois de plus caché ses messages dans la musique. Son pasteur avait raison en leur conseillant d’écouter de la musique plus contemporaine, celle-ci vous réservait de grandes surprises.

Échangeant un sourire avec Cassandra qui resplendissait encore plus que d’habitude à ses yeux au milieu de la salle, entourée d’un petit groupe de filles venues la féliciter, Shandy attendait appuyée contre une table au fond de la salle l’arrivée de leurs nouvelles recrues, jetant des coups d’œil anxieux et impatients vers la porte. Tout était parfait à cet instant et rien ne pouvait venir troubler cette joie, elle en était intimement persuadée.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Sam 24 Sep - 15:10

Comme tous les élèves du lycée, Glenn se dirigeait vers l'amphithéâtre où ils avaient été appelé pour assister à une représentation donnée par le club de chasteté. Il ne pouvait s'empêcher de lever les yeux au ciel, franchement il avait mieux à faire qu'écouter une bande de bigots chanter des cantiques ventant les mérites de faire abstinence jusqu'au mariage et autres balivernes. D'abord, il ne croyait pas en tout ça, et ensuite, il avait des tas de choses à faire plutôt que de rester ici. Néanmoins, c'était obligatoire et il ne pouvait pas y échapper. Le blond entra donc dans la salle avec le flots d'élèves et s'assit vers le fond de la salle, où il pourrait écouter son Ipod en toute tranquillité. En attendant le début du spectacle, Glenn sortit son Blackberry et joua à Jeune Styliste. Il sentit les lumières de l'amphithéâtre, se doutant que les projecteurs étaient braqués sur la scène, avant que les premières notes de la chanson ne démarre mais ne releva pas la tête, concentré sur la robe virtuelle qu'il créait. Il devait absolument trouver le motif … . Ses pensées furent interrompu par les premières paroles, chantées en duo par Miss Pillsbury et Cassandra Hamilton.

Crashed on the floor when I moved in
This little bungalow with some strange new friends
Stay up too late, and I'm too thin
We promise each other it's 'til the end
Now we're spinning empty bottles
It's the five of us
With pretty eyed boys girls die to trust
I can't resist the day
No, I can't resist the day

Que … que … quoi ? Il avait bien entendu ? Perplexe, le lycéen détacha le regard de son jeu pour le porter sur la scène où la représentation continuait. S'il en croyait les réactions des gens autour de lui, il n'était pas le seul à être surpris par le choix du club de chasteté. Tous connaissaient cette chanson et la plupart l'aimait bien. Après tout, Vanessa Carlton était une brillante chanteuse. Mais quand même, les paroles de White Houses étaient plus qu'explicites. Enfin, elles l'étaient pour tous le monde, sauf pour les principales concernée qui continuaient leur spectacle, magnifiquement ignorantes de ce qu'il se passait. Une grande partie du public riait sous cape, alors que les Cheerios et les sportifs se moquaient ouvertement des culs-bénits qui se ridiculisaient sans même le savoir. C'est alors qu'arriva la partie la plus controversée de la chanson, où Vanessa Carlton parlait de sa première fois et de ce qu'elle avait ressentit. Surement, Hamilton ou Miss Pillsbury allait s'apercevoir du véritable sens et sauter le passage. C'était obligé, même Brittany Spears aurait compris les paroles. C'était …

My first time, hard to explain
Rush of blood, oh, and a little bit of pain
On a cloudy day, it's more common than you think
He's my first mistake

In-cro-yable ! A cet instant précis, Glenn ne put se retenir et éclata de rire, couvrant rapidement sa bouche avec sa main pour étouffer le bruit. Oh par Chanel ! C'était absolument épique, il n'arrivait pas à croire qu'elles avaient put se tromper à ce point. Encore que Cassandra et les autres membres du club soient assez naïves pour ne pas comprendre le sens de la chanson, mais que Pillsbury, une adulte, puisse se faire avoir, c'était vraiment trop. Au moins, c'était très bien interprété et la danse était magnifique mais même la beauté du spectacle en lui même ne pouvait éteindre le fou rire du blond. Les voir comme ça dans leurs horribles jupes longues de Mormon, un véritable crime contre la mode, en train de chanter des paroles très sexuelles, voire pornographiques, alors qu'elles devaient être persuadées que ça parlait de Dieu et des petits chérubins ailés, symbole de la pureté et toutes ces bêtises.

Enfin, la performance arriva à la fin et Glenn applaudit avec entrain, les joues couvertes de larmes de rires. Cela avait été beaucoup moins ennuyeux qu'il ne le pensait et il avait rit comme ça ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Rien que pour ça, elles méritaient des applaudissements.

~~~

Quelques jours plus tard, Glenn se trouvait près de la salle de réunion du club, tentant de se calmer avant d'y entrer. Il n'avait pas vraiment envie de vexer les membres en éclatant de rire dès son entrée dans la salle. En effet, le jeune homme avait décidé d'y assister pas parce qu'il avait été touché par la grâce du vieux barbu d'en haut et voulait se repentir et confesser ses péchés, mais simplement parce qu'il avait vraiment envie de savoir ce qui allait se dire aujourd'hui. Il ne savait pas si elles avaient pris conscience de leur erreur mais il voulait absolument voir la tête qu'elles feraient et leurs arguments pour se défendre. Le blond sentait qu'il allait encore avoir droit à un bon fou rire, et il se sentait d'humeur particulièrement taquine. Cela allait lui permettre de se détendre un peu avant la course folle pour les examens de fin d'année et la réunion lui empêchait d'assister au cours de maths ce qui était toujours un plus.

Après avoir pris de profondes inspirations, il s'avança et entra dans la salle où se trouvait déjà Cassandra, la présidente du club, ainsi que sa sœur, la danseuse, Miss Pillsbury et une jeune afro-américaine qu'il ne connaissait pas bien, Sandra ou Alexandra, un truc du style. Il se mordit l'intérieur de la joue pour s'empêcher de rire, le coin de ses lèvres tiquant vers le haut en un sourire réprimé. Il les salua rapidement et pris place à la table.

-Bonjour mesdemoiselles ! J'ai absolument adoré votre performance.

A cet instant, il s'empêcha de repartir dans un fou rire, les yeux rendu brillants par les larmes de rire réprimé, et regarda en l'air en récitant le nom de tous les créateurs qu'il connaissait. Pour un œil peu entraîné, on aurait pu croire qu'il priait, le regard illuminé par la foi et la grâce de Dieu.


Dernière édition par Glenn McAllistair le Mar 27 Sep - 11:11, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Sam 24 Sep - 17:08

La barbe, songeait Summer en prenant place dans l’amphithéâtre. Elle s’assit au milieu des autres Cheerios et croisa bras et jambes, bien décidée, comme toutes les autres filles, à boycotter ce stupide numéro. Si elle avait pu, elle aurait choisi n’importe quel autre endroit plutôt que se retrouver ici, à devoir écouter une bande de pintades effarouchées pousser la chansonnette. Il était déjà suffisamment pénible de devoir subir les deux chorales du lycée, si même le club de chasteté se mettait à chanter, mais où allait le monde. Glissant un regard à sa coach, qui se tenait avec ses « filles », Summer put constater que Sue Sylvester ne cachait pas son agacement et sa désapprobation, ce qui était normal, elles auraient toutes dû se trouver en plein entrainement, au lieu d’être ici. Avec les Nationales de cheerleading qui approchaient à grand pas, coach Sylvester était d’une humeur de chien, et devoir se farcir un spectacle de chant n’allait certes pas la calmer.
L’humeur de Summer n’était pas non plus au beau fixe. Elle parcourut la scène de son regard glacial, regrettant de ne pas avoir un sac d’œuf sous la main, ou mieux, un lance pierre. Mais pourquoi l’obligeait-on à assister à une telle idiotie ? Imitant la plupart de ses camarades, elle sortit son téléphone de son sac de sport, et se connecta à Internet, dédaignant royalement ce qui se passait autour d’elle. Elle vit que la lumière s’éteignait, mais constata du coin de l’œil qu’il y avait beaucoup de petits écrans de téléphone allumés par çi par là. Personne ne prenait soin de se dissimuler, et sachant que Sue Sylvester ne lui dirait rien, elle s’enfonça aussi confortablement que possible au fond de son siège, prête à s’ennuyer à mourir. Son doigt glissa sur l’écran tactile alors qu’elle faisait défiler le statut Facebook d’un garçon qui lui plaisait, alors que les premières notes de musique s’élevaient, et elle ne leva pas davantage la tête lorsque Miss Pillsbury se mit à chanter. Complètement sourde aux paroles, c’est un coup de coude de Madison, assise à ses côtés, qui lui fit lever la tête, et voyant que la blonde l’incitait à écouter, un sourire amusé aux lèvres, Summer prit la peine de tendre l’oreille… et resta interdite. Elle venait de reconnaitre, enfin, les paroles de White Houses, une chanson qui ne lui plaisait pas, mais qu’elle avait déjà entendue. Elle fronça ses jolis sourcils et fixa la scène, cherchant à savoir si les deux pitoyables chanteuses avaient conscience qu’elles chantaient tout sauf un chant religieux. Mais Miss Pillsbury et la bigote en chef semblaient contentes d’elles-mêmes, ce qui signifiaient qu’elles n’avaient strictement rien compris à la chanson. Dans le public les élèves commencèrent à s’agiter, et autour d’elle, les Cheerios ne se privaient pas pour bavarder et se moquer à voix haute, mais de là où elles se trouvaient, on ne devait pas les entendre sur scène. Stupéfaite, Summer secoua la tête. Un furieux sentiment de mépris l’envahit, et elle se renfonça dans son siège. Si ces dindes n’étaient pas fichues de comprendre un texte pourtant simple, c’est qu’il y avait plus urgent que de les décoincer avec une bonne partie de jambes en l’air. Il fallait dabord qu’elles aillent se nettoyer les oreilles et s’acheter une cervelle. Ignorant le reste du spectacle, elle se remit à pianoter sur son téléphone.

Ce n’est que le lendemain qu’elle réalisa qu’il y avait peut-être quelque chose d’exploitable, dans ce misérable show que leur avait infligé le club de chasteté. Après tout, ce club était ouvert à tout le monde, et Summer savait que plusieurs filles parmi les Cheerios en avaient autrefois fait parties, tout du moins pour passer le temps que par réelle implication. Elle-même ne voyait que de nouvelles cibles, parmi les filles qui y croyaient vraiment. Alors que Summer n’était plus vierge depuis longtemps –et ce, dans tous les sens du terme- elle aimait provoquer et choquer les plus prudes du lycée. Et après ce spectacle déplorable, la jeune fille se décida soudainement à se rendre à la prochaine réunion du club. C’est donc avec un sourire aux lèvres qu’elle franchit les portes de la salle qui servait de lieu de rassemblement au club, quelques jours plus tard, et elle s’arrêta dans l’encadrement de la porte, dardant son regard glacé sur les personnes présentes. Reconnaissant la tête blonde de Glenn, elle lui fit un clin d’œil pour le saluer, et sut aussitôt qu’il n’était pas vraiment là pour prier lui non plus. Son regard se posa sur Miss Pillsbury, qu’elle foudroya du regard. Elle n’avait pas oublié, oh non, que cette saleté de conseillère incapable d’ouvrir les cuisses pour effacer ce rictus coincé qui lui servait de sourire avait donné son dossier à celle qui était maintenant sa psychiatre, et elle estimait par ailleurs que c’était de sa faute si elle devait consulter une psy. Elle était déterminée à le lui faire payer, d’une façon ou d’une autre. Mais pas ici, pas tout de suite, et pas de façon directe. Reconnaissant ensuite Cassandra Hamilton, elle lui fit un sourire insolent et alluma cette petite lueur perverse dans ses yeux, celle qui avait le don de faire fuir la bigote n°1. Elle ignora somptueusement la petite sœur de celle-ci, j’ai nommé bigote junior, et termina avec… tiens tiens, Ashandra Moon. Summer avait entendue parler d’elle, et en la croisant un jour dans les couloirs, n’avait pu que constater qu’elle avait une véritable tête de victime ! C’est presque s’il n’y avait pas inscrit en lettres capitales « Frappez moi, je suis débile » sur son front. Et avec ce sourire niais affiché sur son visage, il était difficile de penser autrement.

« Miss Pillsbury. » dit-elle en guise de salutation, se passant de dire bonjour aux trois adolescentes présentes, et avec un mouvement du menton elle rejeta son abondante chevelure bouclée en arrière. Puisqu’aujourd’hui, il n’y avait pas entrainement de Cheerios, elle avait pu abandonner son uniforme, et portait spécialement pour l’occasion une robe -qu’elle avait acheté en compagnie de Glenn, maintenant qu’elle y pensait, sous les conseils de celui-ci- du style minimaliste, un blouson en cuir et des low boots à talons hauts. Rien de discret, de chaste, mais elle avait passé un long sautoir en perle avec une croix au bout, de manière si ironique qu’il aurait été bête de penser que c’était par croyance. Elle se glissa sur la chaise à côté de celle de Glenn. Le silence se fit, et elle choisit d’en profiter. « Alors ! Le club de chasteté est en passe de remonter sa cote de popularité, après votre petit spectacle. Je tiens à vous féliciter, car il était plus que temps que vous passiez toutes à la vitesse supérieure, si j’ose dire, et je suis contente de voir que vos croyances ne sont plus les seules choses sur lesquelles vous êtes à cheval. » lança-t-elle en levant un sourcil suggestif. « Nous sommes tous curieux de voir quelle est la prochaine position que vous prendrez toutes. »

Elle sut sans avoir besoin de le voir que Glenn faisait de gros efforts pour ne pas rire. Quand à elle, elle se maîtrisait si bien qu'on aurait pu la croire sincèrement intéressée par cette réunion.
Revenir en haut Aller en bas
Age : 26 ans
Occupation : Co-directrice de la LPA et coach des Second Chances
Humeur : Déterminée
Statut : Célibataire
Etoiles : 1304

Piece of Me
Chanson préférée du moment : Brave - Sara Bareilles
Glee club favori : Second Chances
Vos relations:
MessageSujet: Re: 08. White houses   Dim 25 Sep - 12:16

Le sourire étiré sur les lèvres de Cassandra n'avait d'égal que sa naïveté. Elle était persuadée, comme le reste des membres du Club, d'avoir remporté une bataille dans laquelle ils n'étaient même pas engagés. Entre ces quatre murs, la bonne humeur régnait, comme elle le faisait parmi les vainqueurs après chaque combat. Au fond, ce qu'elle ignorait totalement, c'était qu'il y avait toujours un prix à payer, des conséquences. Tandis qu'ici on laissait exploser sa joie, à l'extérieur on se posait certainement des questions. Mais Cassie était à des années lumières de ces préoccupations, parfaitement convaincue d'avoir enchanté un public justement désenchanté. Les effusions de joie s'atténuèrent enfin lorsque Miss Pillsbury prit la parole. Cette dernière ne bougeait pas, mais l'expression de son visage et l'allégresse dans sa voix en disaient bien plus que n'importe quel geste. Cassandra lui retourna son sourire. Elle aurait bien débattu des heures sur "à qui revenait le crédit", mais quelque chose lui disait qu'Emma ferait preuve d'autant de modestie qu'elle, à toute épreuve. C'était aussi la raison pour laquelle elle l'admirait tant. Elle incarnait presque tout ce qu'elle rêvait de devenir. Si Cassandra n'était pas certaine de vouloir suivre parfaitement l'exemple de sa mère, elle savait que Miss Pillsbury, elle, était un modèle à poursuivre.

Grace n'avait jamais pu jouir d'une telle notoriété. Cassie l'avait déjà félicitée maintes fois pour son travail, mais elle ne se lassait jamais d'entendre des compliments sur sa prestation. Au fond elle n'était pas bien certaine que c'était une bonne chose. Flatter sans cesse son égo ne lui était pas très bénéfique, elle qui rêvait de grimper jusqu'au sommet de l'échelle sociale du lycée. Et finalement, le crédit allait à chacun des membres du Club, pour leur loyauté et leur confiance, qui malgré quelques vacillements, ne leur avaient jamais fait défaut. "Nous devrions accorder le mérite à chacun d'entre nous. Bravo à tous, c'est grâce à vous que le Club est resplendissant aujourd'hui !" dit-elle en tapant timidement des mains, se dirigeant avec enthousiasme vers les quelques chaises disposées çà et là dans la pièce. Spécialement pour l'évènement, la table en O qui prenait une place monstrueuse avait été déménagée pour pouvoir rendre l'ambiance plus conviviale, au cas où de nouveaux membres feraient leur apparition. Aujourd'hui Cassie n'avait pas dans l'idée d'enseigner quoique ce soit sur le bienfait de l'abstinence. C'était plutôt une leçon de solidarité qu'ils semblaient comprendre d'eux-mêmes.

Alors qu'elle invitait les autres à prendre place, une première nouvelle recrue fit son apparition. Les yeux de Cassie pétillaient tellement qu'on pouvait se demander si elle n'était pas sur le point d'échapper une larme. Elle gratifia le blond - qu'elle connaissait plus de vue que de réputation - d'un sourire avenant tandis qu'il les félicitait sur leur prestation. Elle le remercia d'un simple signe de tête.
Elle le savait. Elle savait que cette performance inspirerait les âmes égarées et leur donnerait la foi et le courage de franchir le seuil de cette porte. Ce garçon en était la preuve tangible. Malgré tout Cassie ne savait pas comment réagir. Elle ignorait s'il était véritablement intéressé par le Club ou s'il n'était qu'un simple curieux qui voulait simplement constater comment se déroulaient les réunions. Ses interrogations furent bien rapidement balayées lorsque son regard croisa celui de Summer Davis qui, dans l'embrasure de la porte, paraissait presque angélique tant la lumière semblait se refléter sur elle. Cassie avait beau être naïve, elle savait que cette dernière n'avait absolument rien de bon et que le sautoir qu'elle arborait n'était qu'un gage de provocation. Cassandra plissa les yeux, préférant ignorer son manque de politesse plutôt que de lui faire remarquer. Et si elle avait été séduite par leur performance ? Après tout, ce n'était pas impossible. Et même si Cassie ne la portait aucunement dans son cœur, elle était consciente qu'avoir la Reine de McKinley dans ses rangs était un avantage considérable.

Après avoir pris place, Summer ouvrit le dialogue. Cette voix que Cassandra redoutait tant paraissait intéressée et sincère, même si certains mots - des morceaux de phrase, même - lui échappaient totalement. Au fond, cela ressemblait à un compliment. "Merci Summer, mais nous entendons bien camper sur nos positions. Le spectacle n'était qu'un moyen d'exposer à tous ce en quoi nous croyons... N'est-ce pas ?" demanda-t-elle à l'égard des autres membres du Club. Cassandra connaissait bien Summer. Cette dernière aimait se jouer d'elle et de ses sentiments. Son cœur commençait à s'emballer. Et si elle était venue tout gâcher ?
Dans la détresse, elle cherchait le regard de ses camarades. Elle croisa finalement celui d'Ashandra qui, particulièrement rassurant, lui rappelait qu'elle n'était pas seule. Finalement ce n'était qu'une simple bataille qu'ils avaient remporté.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Mar 27 Sep - 6:25

Le regard d’Emma balaya furtivement la pièce, les chaises encore vides et les quelques affiches accrochées aux murs, avant de se poser sur Cassandra. Un sourire se dessina aussitôt sur ses lèvres. S’il y avait bien une personne sur laquelle on pouvait aisément compter, à McKinley High, c’était bien Cassandra Hamilton. La conseillère se souvenait encore du jour où elle avait appris que c’était elle qui reprendrait le club d’abstinence du lycée. C’était au début du mois de septembre, cela ne datait donc pas d’hier, et pourtant le souvenir était si frais dans l’esprit de la jeune femme que c’était tout comme. C’était Sue Sylvester qui avait annoncé la nouvelle, un rictus narquois déformait son visage tandis qu’elle criait sur tous les toits que le club des vierges effarouchées avait trouvé nouveau preneur. Son regard s’était ensuite posé sur Emma, et son sourire s’était élargi. Elle n'avait rien ajouté, mais après tout, était-ce bien utile quand un seul regard suffisait ? Ce regard, il signifiait « qu’en penses-tu, Elma ? Tu devrais peut-être aller y faire un tour, toi aussi ». Cependant, l’intéressée n’en avait eu que faire des railleries de la tyrannique du lycée, bien trop heureuse de voir que le club était désormais entre de bonnes mains. Après les frasques de Quinn Fabray l’année précédente, elle avait eu peur que le club tombe aux oubliettes et soit complètement délaissé. Après tout, il avait été montré du doigt par bon nombre d’élèves lorsque son ancienne présidente était tombée enceinte. La théorie des cigognes pour rester dans le politiquement correct et préserver la réputation de la chaste Quinn ? Hélas, ils avaient passé l’âge.

Et voilà que Cassandra était arrivée et avait fait de son mieux pour relever le niveau, attirer de nouveaux membres, et redorer le blason de ce club dont tout le Monde se fichait plus ou moins. Emma poussa un léger soupir. Bien qu’elle n’ait jamais fait partie de cette association lors de ses propres années lycée à McKinley, ce club avait quelque chose de spécial à ses yeux. Peut-être parce qu’elle aussi s’était sentie concernée par ce dont il était question, à l’intérieur de ces murs ? Car même si elle n’avait jamais fait vœux de chasteté, même si elle n’avait jamais conservé sa virginité dans le seul but de suivre quelques valeurs religieuses, Emma avait longtemps été dans le même cas que ces jeunes filles ; vierge.

Les pensées d’Emma furent interrompues par l’entrée d’un garçon dans son champ de vision. Elle leva le menton, intéressée, et ses yeux se plissèrent en reconnaissant le nouvel arrivant. Glenn McAllistair. Voilà qui était plutôt étonnant, pensa la conseillère d’orientation. Elle connaissait le lycéen au même titre que tous les autres ; en sa qualité de conseillère d’orientation psychologue de McKinley High, elle connaissait absolument tous les élèves. Ils ne pouvaient lui échapper, après tout elle était la détentrice de leurs dossiers. Ainsi, même si elle se souvenait à peine de la dernière entrevue qu’elle avait eue avec l’adolescent, elle se rappelait très bien son attitude et son caractère. En l’occurrence un caractère qui, à première vue tout du moins, n’était pas vraiment de ceux que l’on associait avec un club d’abstinence comme celui de ce lycée. Intriguée, Emma le suivit du regard sans dire un mot. Il prit place autour de la table puis les salua chaleureusement d’un air particulièrement enthousiaste – peut-être trop enthousiaste, réflexion faite. Autour de la table, les sourires se dessinèrent sur les visages de jeunes filles. Ashandra, Cassandra, Grace : toutes les trois semblaient sous le charme du nouveau venu. Emma, elle, était plus sceptique. Il y avait quelque chose à propos de ce garçon qui la rendait méfiante, comme si le comportement qu’il adoptait n’était pas des plus naturels. Polie, elle le gratifia toutefois d’un sourire lorsque le regard du Glenn se posa sur elle. Elle n’ajouta rien, se disant qu’elle se trompait peut-être et que son instinct n’était finalement peut-être pas aussi fiable qu’elle ne le pensait.

Si la première arrivée au sein du groupe avait légèrement perturbée Emma, ce n’était pourtant rien comparé à la seconde personne qui fit son apparition sur le seuil de la porte grande ouverte de la salle de classe. Les yeux d’Emma s’arrondirent telles des billes parfaitement symétriques alors qu’elle dévisageait Summer Davis. L’adolescente croisa aussitôt son regard et la conseillère cligna des yeux, incrédule. Elle la salua d’un air poli, puis son regard pivota sur les autres personnes installées autour de la table. Contrairement à Glenn qu’elle ne connaissait pas si bien que ça en fin de compte, Summer Davis était bel et bien quelqu’un qu’Emma n’avait pas oublié. La cheerleader avait une réputation sulfureuse dans l’ensemble de l’établissement, à tel point que certaines rumeurs étaient même arrivées aux oreilles de la conseillère, qui pourtant n’était absolument pas le genre de personne à courir après les ragots. Bien au contraire. Au cours de ses rendez-vous avec l’adolescente, Emma avait conseillé à Summer de voir un psychiatre avant de donner son dossier à Jessica Randfield, l’une de ses amies. Par la suite, elle avait constaté que son geste n’avait pas réellement été apprécié par la principale intéressée. Oh bien sûr Summer ne lui jetait pas des tomates à chaque fois qu’elles se croisaient, afin d’adresser son mécontentement à la conseillère. Mais celle-ci n’était pas aveugle et lorsqu’elle croisait son regard, cela lui faisait toujours l’effet d’une décharge électrique tant les yeux clairs de la jolie brune étaient foudroyants.

Summer s’installa près de Glenn et malgré la distance entre la lycéenne et elle, Emma sentait toujours l’électricité faire vibrer l’air. D’une voix égale, Summer les félicita pour leur spectacle et la conseillère décela une pointe de sarcasme dans ses paroles. Malgré son innocence, elle fronça les sourcils lorsque la lycéenne leur avoua qu'elle était heureuse de voir que leurs croyances n’étaient pas la seule chose sur lesquelles elles étaient à cheval. Emma ne comprit pas tout à fait là où elle venait en venir, mais elle restait néanmoins certaine que ce ne devait pas être brillant et que les propos tenus par Summer n’avaient rien de très innocents. La conseillère croisa ses mains sur la table, tout en étudiant toujours les traits de la dernière venue en tentant de comprendre ce qu’il se passait. Parce que oui, quelque chose clochait : elle en était désormais certaine. Heureusement, Cassandra reprit rapidement la parole, sa voix douce et délicate contrastant avec le ton employé juste avant par la cheerleader. Emma acquiesça d’un signe de la tête, un sourire rassurant reprenant place sur ses lèvres en découvrant que Cassandra semblait elle aussi légèrement ébranlée par l’arrivée de Summer. Venant à la rescousse de la présidente du Celibacy Club, la conseillère prit aussitôt la parole. « Bien sûr, cela ne fait aucun doute. Ce spectacle a été monté dans le but d’appuyer les valeurs prônées par le club, afin d’attirer des lycéens qui, éventuellement, pourraient eux aussi être intéressés par celui-ci » Emma tourna le visage et esquissa un sourire à l’attention de Glenn, avant de poser son regard sur Summer. « Et visiblement, cela fonctionne puisque vous avez décidé de nous rejoindre aujourd’hui. Heureuse de voir que toi aussi tu souhaites emprunter ce chemin-là, Summer ». Si son sourire était sincère, elle n’était pourtant pas idiote. Emma savait très bien que le jour où Summer Davis rejoindrait un club d’abstinence par réelle foi, il gèlerait en enfer. Seulement, si elle se trouvait là aujourd’hui, dans cette salle de classe, la question était : pourquoi ? Oui, pourquoi ce soudain revirement de situation ? Mais surtout, que dissimulait cette attitude ? Emma se mordit la lèvre. De toute évidence, cette question ne possédait pas encore de réponse.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Mar 27 Sep - 19:36

En général Ashandra ne regardait pas devant elle lorsqu’elle marchait dans les couloirs, et la plupart des visages des lycéens de William McKinley lui étaient bien moins familiers que leurs pieds. Elle évitait toujours avec un soin infini les sportifs qu’on repérait à l’oreille parce qu’ils parlaient toujours plus fort que les autres et se déplaçaient en bande, ainsi que les Cheerios, qui fonctionnaient par trois et gloussaient invariablement en regardant les autres. Non, vraiment, elle n’avait pas besoin de les regarder pour savoir qui ils étaient. Mais à force de si bien ignorer tout le monde, elle ne savait pas quel genre d’élèves pourrait venir rejoindre le club après avoir entendu la performance de Cassandra et Miss Pillsbury. Personne qui soit dans sa classe, c’était certain. Elle ne voyait ni Santana Lopez, ni sa meilleure amie Lily Cartwright rejoindre le club. Quant à Kurt Hummel qu’elle avait vu dans le fond de la scène lors de la représentation, quelque chose lui disait qu’il n’était pas prêt à écouter les conseils de Dieu. Un garçon qui s’apprête à ce point cherche forcément plus d’attention que de préservation, et puis il avait déjà le Glee club. Elle avait beau passer en revue toutes les personnes qu’elle connaissait de vue, aucune ne semblait rentrer parfaitement dans le moule idéal du nouveau membre attendu comme le Messie.

Perdue dans ses pensées à essayer de trouver l’apparence idéale de leurs futurs camarades, elle ne remarqua pas l’entrée du nouvel arrivant avant que celui-ci ne lance d’un ton un peu moqueur un rapide bonjour. Il avait l’air… En réalité elle avait bien du mal à savoir de quoi il avait l’air. Il ne rentrait définitivement pas dans la catégorie de l’élève lambda qu’elle pensait voir arriver en premier, mais son compliment sur le spectacle dissipa ses doutes. Il ne fallait pas juger sur les apparences car celles-ci sont souvent trompeuses. Il pouvait très bien aimer s’habiller de manière… extravagante et vouloir soigner son âme et partager des valeurs saines. Il avait l’air extrêmement joyeux et souriait de manière démesurée mais elle le trouvait sympathique. Peut-être était-il encore un peu impressionné par sa première réunion comme elle l’avait elle-même été. Comme il s’était installé non loin de l’endroit où elle se tenait debout, Ashandra prit sur elle de s’approcher du garçon malgré sa répugnance habituelle pour le saluer et lui souhaiter la bienvenue. Allant même jusqu’à poser une main sur son épaule dans un élan d’enthousiasme à l’idée qu’il avait été convaincu par les efforts de Cassandra, elle murmura à côté de son oreille :
    Bonjour, je m’appelle Ashandra. J’espère que tu vas te plaire parmi nous.

Lui offrant un autre sourire gentil en clignant des yeux d’un air bienveillant, elle s’éloigna pour prendre place aux côtés de Grace qui avait fini par s’asseoir sur l’une des chaises disposées sans ordre dans la salle. Le club avait l’air vraiment différent, la porte n’était plus close, la traditionnelle table que présidait Cassandra lorsqu’elle faisait l’une de ses leçons avait été repoussée dans le fond, toute la solennité habituelle des réunions semblait s’être dissipée pour laisser place à de nouvelles têtes qui viendraient apporter comme une bouffée d’air frais. Jetant de temps à autre des regards furtifs en direction du jeune homme qui semblait décidément beaucoup s’amuser alors que la réunion n’avait pas encore commencé, la jeune fille se figea en voyant entrer une seconde personne dans la salle. Une fois de plus, ce n’était pas exactement ce à quoi elle s’attendait. Son visage ne lui était pas totalement inconnu contrairement à celui du garçon blond, mais elle n’arrivait pas à se remémorer dans quelles circonstances elle avait bien pu la rencontrer. Toujours était-il que son regard bleu perçant la troubla et elle crut y voir du mépris alors qu’elle balayait la salle d’un air assez suffisant. Son look était encore pire que celui du premier arrivant, robe courte et talons hauts, sans compter un décolleté plongeant. Ashandra se répéta plusieurs fois dans sa tête « ne pas juger sur les apparences, ne pas juger sur les apparences, ne pas juger sur les apparences » en fermant les yeux. Qui était-elle pour décider de la vie des autres et de ce qu’ils devaient ou ne devaient pas porter ? Si elle avait décidé de se joindre au club, elle était la bienvenue. Détournant le regard vers Cassandra pour s’enquérir de sa réaction face aux nouveaux arrivants, elle fut arrêtée par Grace qui tirait sur la manche de sa veste noire pour lui murmurer quelques mots qu’elle ne comprit pas car ils furent recouverts par le salut que la dernière arrivée lança à la conseillère d’orientation uniquement. De plus en plus dubitative quant aux véritables intentions de la jeune fille, l’afro-américaine se força à lui adresser un large sourire en lui cherchant des excuses pour son manque flagrant de politesse. Pourtant elle sembla se rattraper en complimentant à son tour le Club pour sa performance. Néanmoins quelque chose sonnait étrangement faux dans ce qu’elle disait, et Ashandra avait l’impression de reconnaître le même genre d’humour que celui de son frère lorsqu’il s’amusait à faire des jeux de mots graveleux pour embêter leur mère. Mais s’il y avait bien un endroit où les jeux de mots d’une telle vulgarité étaient proscrits c’était le Club de chasteté. Elle passa donc outre ces considérations à son avis hors de propos et hocha de la tête pour approuver la réponse de Cassandra. Deux nouveaux membres, c’était presque inimaginable un mois auparavant, le spectacle avait vraiment eu l’effet d’une épiphanie dans les rangs des lycéens et elle se surprenait à imaginer que d’autres ensuite les rejoindraient. Les mots de la conseillère d’orientation résumaient à merveille la situation présente et donnèrent encore davantage confiance à Ashandra qui après avoir laissé un blanc finit par dire d’une voix suffisamment forte pour se faire entendre de tous les présents :
    Je pense pouvoir parler au nom de tous en vous souhaitant la bienvenue. Nous sommes vraiment ravies que vous ayez décidé de nous rejoindre ! Peut-être est-ce faire preuve d’un peu de curiosité mais comme la réunion du club est un peu différente aujourd'hui… peut-être que… peut-être que vous pourriez nous raconter votre histoire et ce qui vous a amené jusqu’ici ?

Tout cela sonnait bien mieux dans sa tête, et malgré son enthousiasme à l’idée de voir le club devenir populaire, sa timidité avait fini par l’emporter et le rose lui était monté aux joues. Néanmoins elle aurait vraiment aimé en savoir plus sur ces deux personnes qui n’avaient a priori rien à voir avec le club et qui pourtant avaient été guidées jusqu’à lui par le chant de Cassandra Hamilton. Ignorant une fois de plus Grace qui semblait en veine de lui parler de quelque chose, la jeune fille les regardait tour à tour avec de grands yeux émerveillés et anxieux à l’idée d’entendre leurs réponses.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Mer 28 Sep - 19:56

Alors qu'il se retenait toujours de rire, la jeune fafro-américaine s'approcha de lui et le salua. Poli, il lui rendit son bonjour, évitant son regard pour ne pas se mettre à lui glousser sous le nez. Heureusement, une autre personne entra dans la pièce, détournant son attention. Évidemment, il reconnut immédiatement Summer Davis, et il sut que cette réunion allait être encore plus drôle parce qu'une chose était sûre, jamais sa chère Queen B ne serait venu pour intégrer le club. Bon, il n'était pas là pour ça lui non plus mais lui remplissait au moins le côté chaste du contrat, ce qui n'était absolument pas le cas de Summer. Quoiqu'il en soit, il était heureux de la voir ici et il lui sourit en réponse à son clin d'œil. Elle s'assit près de lui et prit la parole.

« Alors ! Le club de chasteté est en passe de remonter sa cote de popularité, après votre petit spectacle. Je tiens à vous féliciter, car il était plus que temps que vous passiez toutes à la vitesse supérieure, si j’ose dire, et je suis contente de voir que vos croyances ne sont plus les seules choses sur lesquelles vous êtes à cheval. Nous sommes tous curieux de voir quelle est la prochaine position que vous prendrez toutes. »

A ces mots, l'hilarité de Glenn, qui s'était un peu calmée, reparti de plus belle, manquant de le faire exploser de rire devant tout le monde. Il devait absolument se retenir, il aurait tout le temps de rire plus tard mais il voulait d'abord voir la tête que ferait les bigots du club en apprenant le véritable message qu'ils avaient fait passer. Malheureusement, il devenait de plus ne plus difficile de maintenir son self-contrôle. Cassandra, pauvre, pauvre Cassandra, n'avait pas du tout compris le véritable sens des mots de la cheerleader et en rajoutait allègrement une couche en parlant de rester sur leurs positions et du spectacle qui reflétait les valeurs qu'ils défendaient et tout. Glenn était de plus en plus impatient de tout avouer tellement cela promettait d'être grandiose. Il se savait mesquin mais pas autant et il aimait cette sensation, pour une fois qu'on pouvait rigoler. Ce fut finalement l'intervention de Pillsbury qui eu raison de lui. A peine eut-elle fini de parler des ''valeurs prônées par le club'' et de féliciter Summer pour sa soi-disante illumination divine et son soudain désir de chasteté et d'abstinence que Glenn explosait de rire, écoutant à peine les paroles insignifiantes d'Ashandra.

C'était d'abord de simples gloussements qui se changèrent rapidement en un fou rire incontrôlé. Au bout d'une minute, ses joues étaient trempées de larmes de rire, il avait mal au ventre et du mal à respirer. C'était simplement grandiose ! Il n'arrivait pas à croire qu'on pouvait être aussi naïf, s'était à se demander comment ces trois ingénues avaient fait pour survivre dans ce monde de brutes. Après plus de cinq minutes pendant lesquelles Glenn s'était légèrement appuyé contre Summer pour éviter de tomber de sa chaise, le blond se calma enfin, essuyant ses yeux avec un mouchoir en soie. Il se décida enfin à s'expliquer, ses paroles interrompues ci et là par des gloussements intempestifs.

-Vous n'êtes pas sérieuses si ? Ce sont vraiment les val … valeurs que vous défendez ? Alors selon vous, on devrait tous allez dans des espèces de cabanes avec des gens bizarres, boire de l'alcool à gogo et perdre notre virginité avec des presqu'inconnus ? Et bien, le club d'abstinence à vraiment évoluer ! Moi qui pensait tomber sur un groupe de bigots bornés et étroits d'esprits surement contre le sexe avant le mariage, l'avortement et le mariage gay ! Je vous ai juger sans savoir et je m'en excuse … je crois. Bref, il serait tant de changer le nom du club non ? Parce que club d'abstinence ou club de chasteté ne convient plus vraiment. Que dites vous de club de la débauche ? Il y a aussi club de la luxure. Ou Centre d'accueil pour obsédés sexuels ? Il s'arrêta de parler quelques instants, faisant mine d'entrer dans une profonde réflexion, avant de reprendre la parole narquoisement tout en se tournant vers Summer. -Hum … Tous ces noms me paraissent absolument parfait pour ce club. Je ne sais pas quoi choisir. Qu'en penses-tu Summy chérie ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Jeu 29 Sep - 22:19

Dans la provocation, Summer excellait, et dans la méchanceté gratuite, elle était imbattable. Alors si on lui donnait l’occasion d’exprimer ses deux meilleurs talents, elle pouvait vite se montrer affreuse. Imbuvable. Cruelle. Elle adorait ça, et elle adorait encore plus quand on lui tendait le bâton pour se faire battre. Avec leur chanson, le trio de saintes lui avait fourni l’occasion idéale pour se faire ridiculiser. Sans avoir besoin de réfléchir, elle avait trouvé des sous-entendus qui auraient pu sembler évidents pour beaucoup de monde, mais il aurait été beaucoup moins marrant si Miss Pillsbury ou Cassandra avaient compris à quoi Summer faisait allusion. Comme elle s’y attendait, les bigotes ne comprirent rien du tout, mais Glenn en revanche vit tout de suite que les phrases avaient un double-sens, car du coin de l’œil Summer pouvait voir les épaules du garçon tressauter au rythme d’un fou rire qu’il peinait à maîtriser. Lorsque Miss Pillsbury la félicita d’avoir décidé de suivre le même chemin que les autres membres du club de chasteté, Summer se contenta d’un sourire énigmatique, les mains jointes et les doigts entrecroisés sagement posés sur le bureau devant lequel elle s’était assise. L’image parfaite de l’adolescente qui semble n’avoir rien à se reprocher, mais qui en réalité cache quelque chose de pas joli. Elle n’avait pas une très haute opinion de la conseillère –en vérité, elle la haïssait et la méprisait comme personne- mais elle savait que la jeune femme n’était pas complètement irrécupérable, et avait vu clair dans son jeu, et ce depuis le premier jour. Elle devinerait sans aucun doute que Summer n’était pas venu là pour prononcer des vœux de chasteté.

Ashandra était en train de leur proposer de se présenter, lorsque Glenn perdit tout contrôle sur lui-même, et son rire se fit clairement entendre dans la salle. Summer se tourna à demi vers lui, et ne put que constater qu’il n’en pouvait plus. Amusée, elle eut un vague sourire et guetta les réactions de Miss Pillsbury et de Cassandra, alors que Glenn finissait par se moquer des fameuses valeurs que le club avait voulu prôner avec cette chanson, avant de lui demander ce qu’elle pensait des nouveaux noms que le club pourrait prendre. La jeune fille ne dit rien, tout dabord, se contentant de sourire en fixant les deux chanteuses, et Ashandra qui dévorait littéralement des yeux Cassandra.

« Il n’y a rien de mal à suivre des inconnus pour boire de l’alcool et perdre sa virginité. Je l’ai bien fait, moi. » murmura-t-elle en vrillant son regard dans celui de Cassandra. Elle désigna Ashandra du menton et poursuivit : « Et puis vu comment elle mange la petite Cassandra du regard, tu crois vraiment qu’ils sont contre l’homosexualité ? », sous-entendant qu’Ashandra avait peut-être un faible pour la présidente du club. Elle inspira profondément et, tirant son sac de sous la table, elle le posa dessus, l’ouvrit et fouilla dedans : « Vous savez, cette chanson est assez connue parmi les jeunes d’aujourd’hui. Elle a même eu un certain succès, ce qui est normal dans la mesure où ses paroles sont des plus explicites. Et vous l’auriez compris si vous étiez –ah, je l’ai. Les grands sacs c’est peut-être à la mode mais j’ai toujours trop de choses dedans. » plaisanta-t-elle en sortant son téléphone de son sac et en l’agitant. « Donc, vous l’auriez compris si vous n’aviez pas… comment dire. » se demanda-t-elle en se tournant vers Glenn, comme pour chercher l’inspiration chez le jeune homme. « Un balai là où je pense. » lâcha-t-elle distraitement, son doigt glissant sur l’écran tactile du téléphone, et quelques secondes plus tard, elle faisait défiler les paroles de la fameuse chanson. « Bien, je vous explique. Ouvrez grand vos oreilles les filles, et accrochez-vous à vos ceintures de chasteté : je vais vous expliquer ce que veut dire cette chanson. »

Elle se leva, réajusta sa robe qui dévoilait le haut de ses cuisses, et se dirigea d’un pas chaloupé vers le tableau. Se saisissant d’un feutre, elle se mit à écrire les paroles les plus explicites de la chanson. Puis, se tournant vers le club, elle désigna les phrases une par une :

« Now we're spinning empty bottles : le jeu de la bouteille, vous connaissez ? On fait tourner une bouteille, et on roule une pelle à celui qui est désigné par la bouteille. Ça, c’est la version soft, bien sûr, de nos jours il existe une variante plus amusante. On embrasse toujours, mais pas forcément sur la bouche, si vous voyez ce que je veux dire. Non ? Peu importe. I sneak into his car's black leather seat… L’amour dans la voiture? Sur le siege arrière? Non, toujours pas ? Okay, alors là, c’est limpide comme le sang d’une pucelle : My first time, hard to explain , Rush of blood, oh, and a little bit of pain. Ca, c’est ce qui arrive quand on pert sa virginité. Votre chanson, là.. Elle parle de sexe. » conclut Summer en remettant le feutre à sa place, et elle retourna à sa place. « Par la grâce de notre Seigneur, ce qu’elles sont stupides. » souffla-t-elle à Glenn en roulant des yeux.
Revenir en haut Aller en bas
Age : 26 ans
Occupation : Co-directrice de la LPA et coach des Second Chances
Humeur : Déterminée
Statut : Célibataire
Etoiles : 1304

Piece of Me
Chanson préférée du moment : Brave - Sara Bareilles
Glee club favori : Second Chances
Vos relations:
MessageSujet: Re: 08. White houses   Mer 5 Oct - 20:49

Cassandra n'avait pas totalement tort quand elle s'imaginait avoir remporté une bataille. A vrai dire, à l'instant, la salle du Club en était le front principal. Il y avait les saintes d'esprit d'un côté et les âmes perverties de l'autre. Même si Cassie voulait croire dur comme fer que la représentation avait su convaincre, elle ne pouvait s'empêcher de douter, et restait à l'affut du moindre signe qui marquerait le début d'un nouvel assaut. Elle avait beau être innocente, elle se sentait tout à fait - trop même - confiante, entourée de gens qu'elle chérissait. Et pourtant, c'était un combat parfaitement équitable. Summer, à elle toute seule, pouvait sans doute prendre le dessus. Et Cassandra, beaucoup moins rassurée en constatant les effets que produisaient ses paroles, ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d’œil anxieux vers la porte. Elle s'attendait à ce que d'une minute à l'autre, une horde de Cheerios et de membres des Titans débarque pour les humilier comme ils savaient si bien le faire. Comme toujours lorsque l'angoisse s'emparait d'elle, elle jouait avec ses cheveux. Sa bonté la perdrait un jour. Elle ne pouvait pas se fier à Summer, c'était comme s'associer au Diable, ou pire. Elle nota simplement encore une fois son manque de politesse. Les reproches lui brûlaient les lèvres tant elle avait envie de les prononcer, mais sa raison l'emportait largement.

La voix de Miss Pillsbury lui procurait une sensation apaisante. Après tout elle était adulte, et en sa présence personne ne craignait rien. Cassie opinait au moindre mot qui sortait de sa bouche, au moindre son, même. Elle n'aurait pas dit mieux elle-même. Si la conseillère pensait que Summer était venue en paix, il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Elle poussa un soupir de soulagement, tandis qu'Ashandra pris à son tour la parole. Cette audace qui ne lui ressemblait absolument pas la rassura, d'autant plus que sa question paraissait tout à fait légitime. Tout le monde n'était apparemment pas du même avis. Le blond - dont Cassandra ignorait toujours le prénom - semblait pris d'un soudain fou rire, aussi inopportun qu'effrayant.

Révoltée par le flot d'absurdités qui émanait de sa bouche, Cassandra se sentait particulièrement offusquée. Elle était bien plus indignée que penaude. Cette chaleur qui parcourait son corps n'était pas due à la honte mais à la colère. C'était exactement ce qu'elle ressentait lorsque quelqu'un blasphémait. En l'occurrence ce n'était pas Dieu qui se sentait outragé mais elle. "Tu dis n'importe quoi." se contenta-t-elle de répondre. Elle se surprit à penser que le Club de la débauche et de la luxure existait déjà et qu'une de leur représentante leur tenait justement compagnie, mais elle n'avait pas le cran de l'exprimer tout haut, craignant bien trop les représailles.

Le regard de Summer, bien trop difficile à soutenir, lui fit baisser les yeux. Elle avait envie de se lever et de défendre ses convictions, avant de les chasser dans un élan de courage absolument pas spontané, mais ce n'était qu'un rêve qu'elle s'autorisait à peine à faire. Elle s'autorisa cependant à ignorer les premières paroles de Summer, comme cette dernière l'avait si bien fait vis-à-vis de celles de Miss Pillsbury ou d'Ashandra, même si elle bouillait d'envie de rétorquer comme elle avait si bien l'habitude de le faire. Malgré tout, elle concéda un regard à Ashandra qui devait probablement se sentir atrocement gênée par cette fausse révélation. Elle la gratifia d'un rictus qui se voulait rassurant mais qui trahissait trop bien ses craintes. Summer, quant à elle, venait de sortir son portable pour leur expliquer la véritable signification de cette chanson. Cassandra tiqua. Cette chanson, elle l'avait écoutée des centaines de fois. Ce n'était pas une pécheresse comme Summer qui pourrait l'éclairer mieux qu'elle ne l'était. "C'est faux, Vanessa parle de danse dans cette chanson. Elle a été forcée d'abandonner à cause d'une blessure mais a trouvé un exutoire dans la musique. J'espère que les autres élèves sont davantage familiarisés avec la subtilité que vous deux." rétorqua-t-elle en fusillant du regard Summer puis le blond. "Et ne jure pas, s'il-te-plait. Le Seigneur n'a rien à voir là dedans. Vous êtes les seuls responsables de votre perversion." dit-elle en se levant d'un bond.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Jeu 6 Oct - 7:00

Petit à petit, l’anxiété laissa place à un mauvais pressentiment que la conseillère ne parvint à calmer. Elle n’avait pourtant rien à se reprocher, après tout leur prestation sur la chanson White Houses avait été accueillie par de nombreux applaudissements de la part des élèves présents ce jour-là dans l’amphithéâtre. Emma n’aurait d’ailleurs jamais pensé faire l’objet de tant d’excitation car en dépit de son propre enthousiasme concernant cette idée de duo avec Cassandra, elle avait eu le sentiment que cela ne serait pas forcément un succès étant donné la difficulté de redorer le blason d’un club à l’historique controversée. Néanmoins, cela avait été une telle réussite que les principales intéressées en avaient été les premières étonnées. Rougissant sous la chaleur des néons qui étaient braqués sur elle, et le brouhaha que constituait la foule d’élèves en délire qui applaudissaient vivement, Emma avait ressenti une grande fierté. Elle se souvint s’être retournée vers la présidente du club d’abstinence, le souffle coupé par leur petit moment de gloire. Et pourtant, ce n’était pas la gratitude du public qui faisait sa fierté, mais bel et bien le sentiment d’être parvenue, à elles deux, à rendre à ce club son éclat d’antan. C’était la raison pour laquelle elle avait été ravie d’accepter la proposition de Cassandra lorsque cette dernière lui avait demandé de se joindre à la réunion du club. Elle avait eu hâte de voir les retombées de leur petite performance. Et voilà que ce qui s’annonçait être une joyeuse réunion entre jeunes innocents virait littéralement au cauchemar.

Emma sursauta sur son siège lorsque Glenn n’eut plus la force de réprimer son hilarité et se laissa emporter dans un fou rire qui recouvrit les paroles d'Ashandra, et rendit la jeune femme encore plus perplexe. Elle leva un sourcil et posa son regard brun sur l’adolescent qui ne parvenait plus à retrouver son sérieux. La conseillère avait beau chercher une explication à cela, elle n’en trouvait pas la moindre, et le sourire en coin arboré par Summer était encore plus déstabilisant. Que se passait-il entre ces deux-là ? Était-ce une sorte de blague qu’ils avaient orchestrée ensemble ? Car Emma n’était pas aveugle : il y avait bel et bien une certaine complicité entre le beau blond et la brune sulfureuse. Une ride se forma entre ses deux yeux tandis qu’elle retournait le problème dans tous le sens sans toutefois comprendre ce qu’il se déroulait sous son regard abasourdi. Elle s’éclaircit la voix et lança un regard interrogateur à Glenn qui finit par se calmer. Les paroles qu’il prononça ensuite eurent raison du calme de la conseillère qui ouvrit grand les yeux d’incrédulité.

Les phrases du lycéen résonnèrent en écho dans son esprit tourmenté alors que ses mains commençaient à s’agiter sur la table. « Aller dans des espèces de cabanes avec des gens bizarres, boire de l'alcool à gogo et perdre notre virginité avec des presqu'inconnus »… « Que dites-vous de club de la débauche ? Il y a aussi club de la luxure. Ou centre d'accueil pour obsédés sexuels ? ». Emma cligna des yeux, bouche bée et clairement déconcertée après avoir été témoin de tels propos. Propos tenus dans une salle qui faisait office de quartier général du Celibacy Club, qui plus est ! La panique la gagna et ses doigts se mirent à jouer les uns avec les autres, se croisant, se décroisant et se recroisant en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Ce jeu infernal ne prit fin que lorsque Summer prit la relève et enchaina avec de nouvelles paroles si profondément choquantes qu’Emma ne put s’empêcher de plaquer une main contre sa bouche lorsque l’explication des paroles lui fut faite. Ou tout du moins, l’explication des paroles selon Summer Davis qui, d’après bon nombre des footballers qu’Emma avait reçus dans son bureau, était la plus déjantée et nymphomane des lycéennes de McKinley. A l’évocation du baiser peu commun provoqué par ce fameux jeu de la bouteille, Emma afficha une moue dégoutée avant de laisser retomber sa main et de secouer la tête en signe de négation. C’était impossible. Invraisemblable et si peu crédible ! Comment aurait-elle pu passer à côté d’une interprétation pareille des paroles de la chanson ? Non… malgré son manque d’expérience – à l’époque, non pas qu’elle puisse aujourd’hui se vanter d’être aussi dévergondée que Summer Davis, mais disons qu’elle avait enfin rencontré le grand méchant loup, comme elle avait tant aimé l’appeler pendant tant d’années – c’était tout bonnement inconcevable.

Emma fronça les sourcils, tourmentée par les doutes qui s’étaient immiscés en elle. D’une part, elle était certaine de l’innocence qui émanait des paroles de la chanson. Elle l’avait écoutée tant de fois, l’avait même chantée à de si nombreuses reprises, qu’elle ne pouvait tout simplement pas admettre avoir fait cette erreur. D’un autre côté, l’interprétation que Summer faisait de la chanson semblait valide, même s’il fallait vraiment, vraiment, avoir l’esprit mal tourné pour la comprendre ainsi. Emma fronça le nez avant de lever le menton et de poser son regard sur Cassandra qui semblait fulminer. A la vue de la jeune fille, la conseillère se reprit aussitôt. Non : non, elle n’avait pas fait d’erreur. Cette chanson parlait bel et bien de foi et de religion, tout en métaphores pieuses et pleines de sens pour les personnes suffisamment pures pour les reconnaitre. La présidente du club reprit alors la parole et avança l’hypothèse du thème de la danse. Emma acquiesça en secouant aussitôt la tête pour approuver. Oui, la danse : elle-même y avait pensé en écoutant et réécoutant la chanson.

Cassandra se leva alors d’un bond et Emma réagit au quart de tour. Elle se leva à son tour et s’avança vers la présidente du club, puis posa brièvement une main sur l’épaule de la jolie blonde avant de se tourner vers Summer et Glenn. Elle fronça les sourcils, et la confusion des dernières minutes s’estompa, la déception se lisant désormais sur ses traits d’ordinaire si doux. « Je dois avouer que je suis déçue par vos comportements, je ne m’attendais pas à tant d’insolence » Elle inclina légèrement le visage et se mordit la lèvre. Ses grands yeux bruns contrariés dévisagèrent les deux acolytes l’un après l’autre. « Surtout dans cette pièce, et au cours d’une réunion du club de surcroit, ce n’est pas très respectueux envers le travail fourni par Cassandra ». Elle coula un regard à cette dernière et désigna du menton la chaise qu’elle avait délaissée tout en lui adressant un sourire. « Tu ne devrais quitter la table comme cela Cassandra, ce n’est pas à toi de le faire » Dit-elle sur un ton plus léger. Elle se retourna ensuite faire les deux élèves qui, en revanche, n’avaient rien à faire dans cette pièce, et soupira de plus belle. Elle croisa le regard de la cheerleader et sourcilla. Elle n’avait pas pour habitude de s’imposer dans un conflit et manquait clairement d’autorité, mais elle ne tolérait pas non plus autant d’audace et d’impertinence de la part des élèves de ce lycée. Elle avait l’impression de revoir les sourires moqueurs que lui lançaient les adolescents de McKinley lorsqu’elle se mettait à frotter avec entrain les couverts au réfectoire, ou qu’elle grimaçait devant les footballers qui revenaient, la sueur perlant sur la moindre parcelle visible de leur peau, après un entrainement. Un frisson la parcourut et sa contrariété se renforça.

« Je ne pense pas qu’il soit correct de tenir de tels propos ici, c’est déplacé en plus d’être discourtois » Sa voix pourtant si douce était empreinte d’une certaine amertume qu’elle ne parvenait à gommer. Elle fronça les sourcils puis ajouta quelques mots. « Cependant, si vous avez des commentaires de ce genre à faire, je suis prête à les écouter dans mon bureau, puisque vous savez que vous y êtes tous les deux les bienvenus. Je crois même que j’ai quelques pamphlets à ce sujet… ». Oubliant l’espace de quelques secondes la crise du moment, elle se redressa et prit un air songeur, plissant les yeux tout en essayant de se souvenir des titres accrocheurs de ses chers dépliants. Elle était certaine qu’il y en avait un concernant les personnes qui voyaient des références aux plaisirs charnels un peu partout… autrement dit les personnes à l’esprit définitivement mal tourné. Elle se souvenait même en avoir ri un jour en le feuilletant, pensant qu’elle devrait peut-être le proposer à quelques-unes de ses collègues un peu trop penchées sur le sujet. Malgré ses efforts, elle ne parvenait toutefois pas à retrouver le titre du fameux pamphlet auquel elle faisait allusion. Il y avait bien le sempiternel « I can’t stop touching myself » cela dit, mais ce n’était pas exactement ça… Ne parvenant plus à se souvenir du slogan de son pamphlet, Emma secoua la tête afin de mettre un terme à ce moment d’égarement, et posa son regard sur Ashandra, qui semblait être la plus silencieuse du groupe.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Jeu 6 Oct - 11:41

Une fois de plus c’était au moment où Ashandra avait décidé d’accorder sa confiance aux autres et de se lancer à parler que tout s’effondrait. Le blond qui ne s’était toujours pas présenté venait de partir d’un fou rire démentiel qui avait recouvert toute autre forme de bruit dans la salle. Il avait l’air d’un fou, d’un illuminé, mais plutôt du genre que Dieu a délaissé pour se concentrer sur quelqu’un d’autre qui serait plus vertueux et destiné à de plus grandes choses. Mais son rire de baleine qui terrifia la lycéenne n’était rien en comparaison du flot de parole incontrôlé et incontrôlable qui s’échappa ensuite de sa bouche. En entendant son discours sans queue ni tête elle se raidit de plus en plus sur sa chaise, s’enfermant à présent dans un mutisme absolu, fixant avec de grands yeux ronds cet énergumène sorti d’une autre galaxie. De quoi parlait-il ? Qu’est-ce que c’était que cette histoire de cabanes bizarres et d’alcool et de… Le fait d’entendre de sa bouche le mot de virginité fit battre le sang plus fort dans ses tempes. Qui était-il pour juger le club de chasteté ? Qu’en connaissait-il lui des valeurs chrétiennes ? De toute évidence ses parents avaient oublié de lui inculquer les valeurs les plus fondamentales de la religion : le respect et la tolérance. Elle avait beau être confrontée encore et toujours aux mêmes remarques ignorantes, à la même méchanceté profonde, Ashandra tombait chaque fois des nues en voyant à quel point les autres jeunes de son âge étaient stupides. Ses yeux se fermèrent très fort, comme pour chasser un mauvais rêve qui serait venu la hanter jusque dans le club où pourtant elle était d’ordinaire protégée de ce genre d’attaques. Elle n’avait plus qu’une envie : les mettre à la porte et fermer celle-ci à double tour pour être sûre qu’ils ne reviendraient plus jamais. Elle aurait voulu poser ses mains contre ses oreilles pour ne plus rien entendre mais celle que l’on appelait Summer vint rajouter une couche aux insanités absurdes du blond. La première phrase que celle-ci prononça suffit pour que son sang ne fasse qu’un tour. Si elle en avait eu le courage ou la force elle se serait levée pour mettre une gifle. Mais pour qui se prenait-elle ? Et ce regard de défi qu’elle lançait sans cesse à Cassandra. Et maintenant ces allusions honteuses. Détournant le regard pour le planter sur le sol la lycéenne se sentait coupable d’avoir cherché Cassandra du regard pour trouver du réconfort et de la confiance. Elle aurait aimé pouvoir la regarder à présent pour chercher encore son soutien alors qu’elle perdait progressivement pied dans cette discussion qui dépassait largement sa capacité d’endurance.

La présidente s’était contentée d’une remarque simple qui niait purement et simplement tout le contenu de la logorrhée du blond possédé par une espèce de démon rieur. Elle qui d’habitude ne mâchait pas ses mots en assénant de manière claire et nette ses opinions, quelque chose semblait la retenir à cet instant, et sa mesure n’était pas très rassurante pour Ashandra qui se fiait avant tout à ses paroles. Qu’y avait-il de si terrifiant qui l’empêche de renvoyer ces deux monstres de là d’où ils venaient ? Le doute l’habitait de plus en plus à mesure que la brune machiavélique continuait imperturbable son laïus censé expliquer les paroles de la chanson choisie par Emma Pillsbury et Cassandra. Son ton était insupportable et hautain, elle s’était dirigée vers le tableau pour tracer d’une lettre illisible les paroles qu’elle recopiait depuis son écran de téléphone, incapable de retenir elle-même les quelques phrases du fameux couplet qui semblait tant les obséder. Jetant des coups d’œil anxieux vers la conseillère d’orientation dans l’espoir qu’elle intervienne en tant qu’adulte, la jeune fille espérait que quelqu’un l’arrête et que tous ses souvenirs sortent immédiatement de son esprit. Elle aurait voulu crier pour que tout ceci s’arrête. Ils se trouvaient drôles à venir ainsi les tourmenter, persuadés de détenir toute la vérité ? Personne ne venait leur dire qu’ils étaient eux-mêmes les meneurs de leur club de la débauche et de la luxure alors pourquoi étaient-ils venus si ce n’était que pour se moquer ? Est-ce qu’ils n’avaient rien d’autre à faire ? Est-ce qu’ils voulaient décourager les autres ?

Tout était insupportable, toutes leurs paroles absurdes ne faisaient que lui rappeler le premier sens qu’elle avait vu dans la chanson en l’entendant lors de la représentation et qui la ramenait invariablement à Des Moines, ses anciens amis, son ex petit ami pour qui elle avait elle-même bu de l’alcool et fait l’expérience de cette douleur qu’elle ne se pardonnerait jamais. Ses yeux s’embuèrent alors que Summer blasphémait une fois de plus mais la jeune fille retint ses larmes en tournant enfin la tête vers Cassandra l’air désespéré. Celle-ci essayait malgré tout de sourire, cependant la crainte était clairement lisible sur son visage. Son ton si serein d’habitude s’emportait à présent marqué par la colère et l’indignation. Elle était glaciale, mais tout ceci ne semblait que provoquer une plus grande hilarité, exprimée ou contenue, chez leurs opposants venus ici sans aucune intention d’écouter les membres du club. C’était à cause d’eux que d’autres lycéens ne viendraient pas à la réunion ce jour-là, parce qu’ils avaient dû faire passer le mot dans les couloirs en diffusant cette interprétation honteuse d’une chanson qui pourtant avait si bien su rendre ce qu’étaient les difficultés d’être une adolescente aujourd’hui, partagée entre ses amis, la pression des autres, les épreuves de la vie. Hochant la tête avec ferveur en écoutant l’interprétation de Cassandra elle ne put réprimer un soupir de soulagement lorsque enfin Miss Pillsbury prit la parole. Elle avait un ton plus adulte, ses paroles étaient apaisantes, mais une fois trahie Ashandra redoutait une nouvelle vague de moquerie de la part des deux acolytes qui ressemblaient à des hyènes le dos courbé par le rire, montrant les crocs pour être bien sûres d’avoir le dessus. Timidement la jeune fille s’adressa à la conseillère malgré sa peur de se voir une fois de plus ignorée même dans son propre camp :
    Je… je ne crois pas qu’ils s’intéressent vraiment à la chanson Mademoiselle. Ils sont venus se moquer dans l’espoir que leur esprit perverti vienne semer le doute dans le club. Mais ils se trompent, n’est-ce pas ?

Levant à présent son regard rempli d’espoir et d’appréhension vers Cassandra qui se tenait toujours aussi droite à côté de la rousse, elle respira profondément pour ajouter toujours de sa voix vacillante :
    S’ils croient que la vie ne tourne qu’autour du fait de… de… d’ouvrir ses jambes pour le premier venu, alors nous ne pouvons rien pour eux et leur vie n’aura pas d’autre sens tant qu’ils n’auront pas ouvert les yeux sur nos vraies valeurs.

Une fois de plus sa jolie peau sombre dissimulait le rouge pourpre qui aurait pu lui monter aux joues en prononçant ces mots maladroits. Elle regrettait déjà d’avoir ouvert la bouche et les entendait déjà claironner que oui il fallait se décoincer et profiter des joies de la vie en riant de plus belle. Mais qu’y connaissaient-ils, eux, aux joies de la vie lorsque leur seule source de rire était de venir se moquer du club de chasteté aveuglés par leur propre ignorance ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Ven 7 Oct - 13:09

Glenn sourit en entendant la phrase murmurer par Summer, il n'était pas forcément d'accord avec elle mais n'avait rien contre les gens qui le faisait. Ensuite, elle lui fit remarquer le regard que portait l'amie de Cassandra, celle dont il n'avait pas prit le peine de retenir le nom, et ria dans sa barbe. Il n'avait pas remarqué jusqu'à présent mais c'était vrai que la façon dont elle la mangeait des yeux était plutôt équivoque, dans un genre super flippant. La cheerleader se fit ensuite un devoir d'expliquer les paroles de la chanson à cette bande d'ignares illuminés tandis que lui même regardait l'expression de leur visage avec la plus grande attention, pressé de voir le choc se dessiner. Et cela ne manqua pas, aucune des personnes présentes dans la pièce ne parvint à cacher le doute que sa chère amie distillait avec sagacité, comme une veuve noire s'amusant avec sa proie avant de l'avaler. Et encore une fois, il fut bien content d'être du côté de la Queen B. Enfin, elle revint à sa place et lui glissa son opinion sur les bigotes, lui arrachant un autre gloussement.

Après un instant de silence, la présidente du club, que Glenn avait déjà rebaptisé Grognon, leur révéla le soi-disant vrai sens de la chanson, comme quoi Vanessa aurait eut une blessure qui l'aurait empêcher de danser et aurait trouver un exutoire de la musique. Tout ce qu'elle disait était vrai, mais ce n'était pas ce ça que la chanson parlait, et franchement les paroles étaient assez explicites ! Un sourire amusé et condescendant ourla les lèvres du blond lorsque Sainte Cinglée se leva d'un bond dans le but, peut-être, de paraître menaçante. Ce qui était assez risible parce que même armée d'un Kalachnikov, elle n'aurait pas fait peur à qui que ce soit. Il espérait franchement qu'Emma serait assez intelligente pour voir et assumer leur erreur, c'était quand même pathétique la façon dont les membres de ce club creusait leur propre tombe, mais il fut déçu. Non seulement, elle ne les crut pas mais elle proposa de les psychanalyser pour leurs pseudo-problèmes d'interprétation. Même si ceux-ci avait existé, Glenn pensait qu'une femme qui ne pouvait manger de fruits sans les laver au Karcher et qui, apparemment, était rester vierge jusqu'à un âge assez avancé n'avait absolument aucun droit de juger les autres et de leurs donner des conseils tous plus farfelus les uns que les autres. Enfin, le clou du spectacle arriva avec l'intervention de Simplet. Haussant les sourcils, Il se tourna vers son amie.

-Elle vient bien de nous traiter d'esprit ''perverti'' et de putain, c'est bien ça ?. Il se tourna vers la petite afro-américaine et lui offrit un sourire, démentit par le regard gris glacial qu'il portait sur elle. Ce n'est pas très chrétien ça ! Surtout de la part de quelqu'un qui s'est habillé dans le noir ce matin ! Je pense que tu vas devoir aller de confesser et faire pénitence ma petite. T'as manqué à ce truc là « Respecter son prochain comme soi même » ou alors c'est « aimer son prochain » ? Bref, tu vas surement finir en Enfer pour avoir dit ça, c'est très blessant ! J'ai des principes après tout, le jour où je donnerais ce genre de baiser, je préfère que ce soit avec quelqu'un que je connais !

Quand il en eut assez de la faire tourner en bourrique, il se tourna vers les deux autres membres de la Trinité, une flamme assez inquiétante dans le regard. Il avait décidé de leur faire entendre raison et il n'avait plus envie d'être gentil. Avec sa voix la plus mielleuse, il entreprit d'expliquer à son tour, parlant doucement, comme on s'adresse à un enfant attardé.

-Mesdemoiselles, croyez bien que cela me brise le cœur d'éclater votre petite bulle magique pleine de niaiserie et de horreurs vestimentaires mais, cette chanson ne parle pas de notre pot Jésus Christ, mais bel et bien de sexe. Et du sexe alcoolisé avec ça. Et avant que vous ne partiez dans des délires sur notre supposée perversion, sachez que ce n'est pas notre interprétation, mais bel et bien la vérité. Vous n'allez pas me dire que vous n'avez pas entendu les rires quand vous chantiez non ? Surtout au moment de My first time, hard to explain , Rush of blood, oh, and a little bit of pain ! Sachant qu'elles ne le croiraient surement pas, Glenn sortit à son tour son portable et tapa « White Houses interprétation » sur son moteur de recherche avant de se lever et de se diriger vers ces ersatz de Charlie's Angels. Il tendit l'appareil à Cassandra puis changea d'avis et le passa à Pillsaddict, se disant qu'elle devait être un peu plus rationnel que son acolyte missionnaire. -Regardez, les paroles sont décortiquées une par une, alors comme on dit. Enjoy !

Sur ce, il retourna à sa place, en chantonnant Amazing Grace juste assez fort pour énerver tous les religieux de la salle. Tout ceci promettait d'être grandiose ! Il se remit à observer le gang des pucelles et remarque qu'Ashandra n'arrivait pas à détacher son regard de Cassandra et il ne put retenir une dernière pique.

-Oh, Grognon et Simplet ? Il désigna la blonde et la brune tour à tour. -Lorsque vous vous déciderez enfin à vivre votre amour au grand jour et que vous souhaitez avoir des enfants ensemble, adoptez les. Ils auront peut-être la chance d'échapper à l'intelligence déficiente qui semble courir dans vos gênes.


Dernière édition par Glenn McAllistair le Lun 10 Oct - 1:11, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Lun 10 Oct - 1:00

Au départ, Summer avait considéré Cassandra et sa bande d’oies blanches comme des filles juste un peu naïves, qui n’avaient jamais levé le nez de leur Sainte Bible. Si elle aimait se moquer d’elles et les tourner en bourrique, elle n’avait pas forcément une mauvaise opinion de ces filles. Elle les prenait juste pour des gamines qui ne comprenaient rien au monde qui les entourait, de petites filles un peu sottes. Mais aujourd’hui, elle pouvait se rendre compte à quel point elle s’était trompée, et à quel point elle avait sous-estimé la bêtise des filles du club de chasteté. En fait, elles n’étaient pas simplement naïves, elles étaient également aveugles et sourdes, et complètement stupides. Elles refusaient de comprendre, ou bien souffraient réellement d’un déficit intellectuel important, comme le fit très justement remarquer Glenn. Il n’avait pas tort. Pour que Cassandra, dans son immense bêtise, restait persuadée que, malgré l’explication que Summer venait de lui fournir, la chanson parlait de danse, de musique ; pour que Miss Pillsbury, dans sa grande naïveté, estimait qu’il était de son devoir de leur venir en aide pour qu’ils se sortent de la perversion dans laquelle ils s’étaient vautrés ; pour que Ashandra-je-suis-débile-et-c’est-marqué-sur-mon-front ait la conviction qu’ils étaient de toutes manières irrécupérables : c’est que le club de chasteté était devenu le repère des bas du plafond. Quoi que, Ashandra n’avait peut-être pas complètement tort, il n’y avait plus rien à faire pour Summer, qui aimait trop le sexe et faire la fête, et qui ne trouverait sûrement pas de place au Paradis. Elle avait davantage sa place en Enfer, où elle pourrait se rouler dans la luxure avec les autres pécheurs. Dans tous les cas, il n’y avait de toute évidence plus rien à espérer pour le salut de ces filles, dans le sens où elles étaient trop bêtes pour comprendre quoi que ce soit. Cela fit sourire Summer, d’imaginer que les brebis perdues n’étaient peut-être celles qu’on pensait…

Elle laissa Cassandra et sa petite amie se récrier et les dénigrer, restant silencieuse et pratiquement immobile, se contentant de les regarder tour à tour, ses yeux étincelants de provocation ou d’ironie, selon qui elle regardait. Summer avait certes la réplique facile, mais en général, elle ne sautait pas à la gorge des gens, attendant patiemment que le silence retombe pour briser un à un les arguments qu’on lui avait balancé, réduisant en miettes la confiance que les gens qui osaient l’affronter étaient difficilement parvenus à ériger avec leurs discours. Elle était très forte pour cela. Son silence et son impassibilité la rendaient difficiles à déchiffrer. On ne savait pas si elle se fichait de ce qui se passait autour d’elle, s’ennuyant presque, ou si elle écoutait vraiment ce qu’on lui disait, enregistrant tout très soigneusement, observant les gens qu’elle avait en face d’elle.
Amusée par les paroles que Glenn venaient de tenir à l’encontre du duo de cul serrés, elle laissa le garçon leur expliquer à son tour le véritable sens de la chanson, et lorsqu’enfin le silence revint, alors que Miss Pillsbury tenait encore le portable de Glenn dans les mains.

« La subtilité, hein.. » murmura-t-elle en plongeant son regard dans celui de Cassandra. « Parce que Glenn et moi vivons notre vie selon des principes qui vous sont insupportables, nous sommes incapables de comprendre ce qui est subtil. Nous sommes trop pervertis pour cela, évidemment. Parce que j’aime le sexe avec les garçons et les filles, je ne peux plus être sauvée. » dit-elle en glissant son regard vers Ashandra. « Je suis juste bonne à être psychanalysée, décortiquée par une armée de psychiatres. » siffla-t-elle en fusillant Emma de ses yeux glacés. Mais elle revint vers Cassandra. « En vérité, c’est parce que j’ai l’âme souillée que cela m’a vraiment ouvert les yeux. Regarde toi, Cassandra. Si pure, si pleine de passions et de convictions… tu n’as pas peur qu’un jour, cela se retourne contre toi ? Un jour, tu seras face à un homme, tu l’auras épousée, et il sera temps pour toi de te laisser aller à gouter au plaisir de la chair, et alors seulement tu comprendras à quel point tu t’es trompée. Et si seulement c’était sur ce seul sujet que tu te trompais. En fait, tu sais déjà à quel point tu fais erreur, à quel point tu te trompes de chemin. Tu as peur, parce que tu n’es pas certaine que tes paroles, tes gestes et tes serments sont justifiés. Tu pries un Dieu que tu n’as jamais vu, qui existe ou pas, peu importe, mais un jour tu te retrouveras devant ton mari, ou tes enfants, et tu sauras que tu as eu tort. Que tu as été complètement aveugle. Tu le sais, et c’est pour ça que tu te révoltes face aux gens comme moi. Parce que moi, contrairement à toi, je comprends ce monde, ce que tu ne pourras jamais faire. Et quand tu le réaliseras, le Dieu que tu aimes tant ne lèvera pas le petit doigt pour t’aider. Tu seras toute seule, comme maintenant. »

Elle la gratifia d’un petit sourire carnassier, et désigna soudain Ashandra du doigt.

« Si tu veux des conseils sur ce qu’est vraiment la vie avec un homme, tu devrais lui demander. N’est-ce pas Ashandra ? Parce que toi, c’est après avoir ouvert les jambes que tu as compris les valeurs de la vie. » Son sourire s’élargit. « On ne tient pas un tel discours quand on ne sait pas de quoi on parle, et seule une fille qui n’est plus pure sait que c’est en trouvant ces fameuses valeurs qu’on peut être sauvée et pardonnée pour avoir commis le péché de chair. »

Satisfaite, elle se pencha vers Glenn.

« Ces filles du club de chasteté, ce n’est plus ce que c’était. » lui glissa-t-elle avec sarcasme, puis elle lança à voix forte : « Miss Pillsbury ? Vous avez compris de quoi nous voulions parler ? »
Revenir en haut Aller en bas
Age : 26 ans
Occupation : Co-directrice de la LPA et coach des Second Chances
Humeur : Déterminée
Statut : Célibataire
Etoiles : 1304

Piece of Me
Chanson préférée du moment : Brave - Sara Bareilles
Glee club favori : Second Chances
Vos relations:
MessageSujet: Re: 08. White houses   Mar 11 Oct - 14:11

A cet instant Cassandra avait envie de pleurer. De rage, de déception, mais son esprit lui ordonnait de demeurer stoïque. Elle était la présidente du Club, l'instigatrice de ce spectacle et c'était son rôle de rester forte, comme toujours. Elle n'était pas préparée à affronter une telle opposition. Les préparatifs de la représentation s'étaient faits avec la meilleure volonté du monde et, finalement, le public semblait l'avoir ressenti. La nuit suivante elle avait rêvé d'une salle comblée, de visages admiratifs et enjoués, prêts à dévoiler au grand jour des convictions longtemps refoulées. A la place elle avait eu droit à deux malheureux visages dont le but était bien clair : les faire capituler. Cassie devait bien ça au reste du Club, elle leur devait ce courage et cette force d'esprit, sans quoi tout irait de travers. Elle sonda la pièce, le cœur serré à chaque fois qu'elle croisait le regard d'un de ses camarades, persuadée qu'ils commençaient à croire à toutes ces horreurs que racontaient Summer et son acolyte diabolique. Cassandra elle-même se surprenait à douter de ses certitudes mais une voix intérieure lui assurait que c'était elle qui avait raison. Elle s'en voulait presque de douter, considérant que c'était une forme de traitrise. Elle était une traitresse envers elle-même et envers ses amis. Envers ses croyances et les idéaux qu'elle prônait.

La main d'Emma Pillsbury sur son épaule la rassura. Elle n'était pas seule, elle était loin d'être seule. Summer et le blond l'étaient, et même si leurs techniques mesquines pour insinuer le doute semblaient fonctionner, ils le demeuraient. Cassie entreprit de se rasseoir, comme le lui avait implicitement fait comprendre Miss Pillsbury, désormais disposée à reprendre son calme. La rousse avait raison, ce n'était pas à elle de se lever, elle avait tout à fait sa place ici. Malgré tout elle détournait la tête, fixant le mur comme si ce qu'il avait à dire était plus pertinent que les aberrations de Summer. Sa gorge devenait anormalement sèche et son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'Ashandra insista sur le fait qu'ils se trompaient. Cassandra était-elle si transparente ? Le doute se lisait-il si facilement sur son visage ? Elle déglutit, avant d'opiner maladroitement.

Les paroles du blond lui paraissaient lointaines, comme lorsqu'elle buttait sur le sens d'une phrase au lieu d'attendre la suite. Il parlait de chrétienté, comme s'il était mieux placé qu'elles pour juger de ce qui était bien ou non. "Elle n'a jamais dit ce mot particulièrement vulgaire que tu viens d'employer, c'est ton esprit qui l'a déformé, tout comme il a déformé le sens de cette chanson." assura-t-elle à l'égard du blond. Elle n'avait pas osé reprendre le terme de "putain" qu'il avait pourtant si consciencieusement choisi et quelque chose lui disait qu'il lui ferait remarquer. Elle ignora finalement sa tentative d'explication, parfaitement indifférente à ses propos. S'il voulait illustrer ses arguments douteux, utiliser internet était la dernière chose à faire. Cassandra savait bien que la toile était infestée d'idioties comme il en déblatérait et elle ne serait même pas étonnée de savoir que c'était lui qui s'était empressé de décortiquer la chanson sur le net pour, dans un élan de bonté incroyable, partager sa science infuse. Elle ignora également sa causticité, se focalisant davantage sur Summer qui avait encore beaucoup à dire.

Cassie acquiesçait à chacun de ses propos. Elle notait parfaitement l'ironie dans son ton, mais pour elle cela n'avait absolument rien d'ironique. Oui elle était incapable de comprendre ce qui était subtil. Oui elle ne pouvait plus être sauvée. Oui elle était bonne pour la psychanalyse. "Je ne vois absolument pas où tu veux en venir Summer. Mais tu sais quoi ? Je vais vous laisser le bénéfice du doute. Vous voyez du sexe dans cette chanson, nous voyons de l'espoir. Pour ceux qui pensent comme nous les portes du Club sont grande ouvertes. Pour les autres elles sont naturellement fermées. Je crois qu'au final tout le monde y gagne. Nous avons touché les plus dignes et nous avons amusé les autres."
Elle se mordit la lèvre lorsque Summer fit allusion au passé d'Ashandra. Si elle croyait que Cassie l'ignorait elle se trompait. Le blond et elle avaient beau croire qu'elle jugeait, ils se trompaient. En fait, ils avaient tort sur toute la ligne. Elle concéda un regard encourageant à son amie - qui devait probablement se sentir encore plus mal que quelques minutes plus tôt - avant de rétorquer une dernière fois. "Tu as raison sur ce point Summer, les filles du Club de chasteté ne sont plus ce qu'elles étaient. Aujourd'hui elles sont vraiment chastes."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Ven 14 Oct - 7:20

Les choses s’étaient enchainées à une telle vitesse que cela dépassait la conseillère d’orientation qui, désormais debout non loin de Cassandra, balayait du regard les visages des élèves assis autour de la table. Les paroles de Summer résonnaient toujours dans son esprit brouillé. Elle n’aurait jamais pu imaginer qu’une telle interprétation puisse être faite des paroles de la chanson. Cela dit, venant de la cheerleader, elle restait sceptique : cette dernière n’était pas réputée pour prôner des valeurs telles que l’abstinence, bien au contraire, si bien qu’Emma se demandait si elle n’avait pas tout simplement inventé son histoire de toutes pièces, dans le seul but d’embarrasser les membres de ce club. Fronçant les sourcils, Emma posa son regard sur Glenn qui avait toujours quelques larmes aux coins des yeux, et arborait sans complexe un air hilare. S’agissait-il d’un complot organisé par le beau blond et la brune ténébreuse, ou l’ensemble du lycée avait compris de travers les paroles ? Elle se souvenait à la perfection de l’enthousiasme des lycéens assis dans l’amphithéâtre lorsque la musique s’était finalement interrompue, après que Grace ait joué les dernières notes. Il était vrai qu’elle n’avait jamais vraiment cru en l’innocence de ses élèves, l’adolescence étant une période où les hormones agissent avec férocité. Cependant, de là à imaginer qu’il n’y en avait pas un qui ait compris le véritable sens de la chanson White Houses… Cela paraissait invraisemblable.

Emma soupira légèrement, tandis que la voix d’Ashandra s’élevait dans la pièce, rompant le bref silence qui s’était installé après son petit discours. La jeune fille s’adressa à elle, lui expliquant les sombres intentions du duo de choc, avant de lui demander si Summer et Glenn avaient tort ou non. Emma acquiesça d’un signe de la tête en signe d’approbation, un sourire rassurant se dessinant automatiquement sur ses lèvres. « Bien sûr, Ashandra » Répondit-elle avant que l’intéressée ne s’adresse à la présidente du club dont les traits étaient tirés par l’amertume. Emma s’apprêta à répondre, afin de rassurer de nouveau ses troupes, mais cette fois Glenn fut plus rapide. Les yeux de la conseillère s’arrondirent de plus en plus au fil de son discours, choquée par tant d’obscénités prononcées en un laps de temps si court. Elle fut tant abasourdie par les paroles du garçon qu’elle ne parvint à trouver les mots pour répliquer. Cela faisait désormais plus de trois ans qu’elle travaillait à McKinley, et elle n’avait jamais été témoin d’une scène pareille. Bouche bée et profondément troublée par les propos de Glenn, elle l’observa un moment sans rien dire, avant de s’appuyer doucement sur l’une des chaises près desquelles elle se tenait, droite comme un piquet.

C’est à ce moment précis que Summer Davis reprit la parole, et si quelques minutes plus tôt Emma pensait que la situation ne pouvait pas être pire que cela, elle se trompait largement. S’en prenant directement à Ashandra, la cheerios accusa l’adolescente de connaitre parfaitement le sujet de la sexualité, dans des termes qui auraient fait rougir Emma à l’âge de ces lycéennes. Elle plissa les sourcils lorsque Summer lui demanda si elle avait compris de quoi elle parlait. Certes, la conseillère n’était peut-être pas l’adulte que préféraient les adolescents dans ce lycée, à cause de la place qu’elle occupait. Cependant, on ne lui avait jamais montré tant d’insolence et si peu de respect. Emma secoua légèrement la tête, tandis que la déception se lisait sur ses traits. Elle aurait tant aimé pouvoir faire plus pour Summer, pouvoir l’aider. Et pourtant la jeune fille semblait lui filer entre les doigts à chaque fois. Emma ne put s’empêcher de pousser un nouveau soupir, tandis que l’irritation se frayait petit à petit un chemin en elle. Cette situation la mettait mal à l’aise, mais elle était surtout en colère de voir à quel point il était facile pour ces deux élèves de rabaisser en quelques minutes un club qui, au fil des semaines, était devenu de plus en plus important aux yeux de la conseillère. Mais ce n’était pas tout. Quelques paroles avaient suffi pour briser tous les efforts que Cassandra et elle avaient fournis au cours de ces dernières semaines. Elle ne ressentait plus la moindre fierté désormais, car la désillusion et la contrariété avaient pris le relai.

Emma laissa Cassandra réagir, tout en acquiesçant derechef à chaque fois que celle-ci prononçait une phrase. Elle admirait le calme avait lequel elle parlait, alors qu’il était évident qu’un flot de ressentiments la submergeait. La conseillère baissa les yeux vers le sol, essayant de réunir ses pensées. Son regard brun se posa alors sur sa main qui était posée sur la chaise et se rendant soudainement compte de son erreur, elle la retira aussitôt, le nez froncé et l’air dégoûté. Relevant le menton vers ses interlocuteurs, elle tenta de reprendre une certaine contenance tout en frottant discrètement la paume de sa main sur sa jupe. Elle jeta un regard à Summer, s’éclaircit la gorge, et tout en essayant de taire l’envie de sortir son gel désinfectant de son sac à main, elle prit la parole. « J’ai parfaitement compris, Summer » Dit-elle, haussant les sourcils. « Il faut toutefois avoir une sacrée imagination pour comprendre de telles choses, et je pense qu’une petite conversation dans mon bureau ne serait pas de trop. Cependant, je pense que ce petit jeu a suffisamment duré. Nous sommes dans une salle réservée au club d’abstinence, et vous êtes allés bien trop loin » Emma se pinça la lèvre, puis ramena ses mains l’une dans l’autre, une manière comme une autre de masquer son embarras. Elle n’était pas très douée quand il s’agissait d’être autoritaire, pourtant elle était l’adulte dans cette salle et elle ne pouvait pas laisser les choses se poursuivre d’une telle façon. Ah, si seulement Will était là pour lui donner un coup de main, lui au moins savait comment s’y prendre dans ce genre de situations…

La jeune femme reprit confiance, puis poursuivit. « J’aimerais donc que vous quittiez cette salle… » Face à son ton si peu convaincant, Emma s’éclaircit de nouveau la voix puis afficha un air qui se voulait plus sérieux. « Tous les deux » ajouta-t-elle à l’adresse de Summer et Glenn. « Les portes du club vous seront toujours ouvertes néanmoins, mais pas pour ce genre de discours, j’en suis navrée ». Emma se tourna finalement vers Cassandra et fit quelques pas dans sa direction. « Tu ne dois pas te décourager, Cassandra » Déclara-t-elle sur un ton plus doux. « Je suis désolée que les choses se soient déroulées de cette façon, mais baisser les bras maintenant serait leur donner raison. Tu peux être fière de ce que tu as fait, dans cet amphithéâtre, et ne pas considérer cela comme un échec » De nouveau, elle posa sa main sur l’épaule de l’adolescente qui était maintenant assise. « Et je te promets que tu auras toujours mon soutien concernant ce club » Ajouta-t-elle avant d’esquisser un sourire à l’intéressée.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Ven 14 Oct - 18:43

Ses joues étaient brûlantes tant la honte d’avoir prononcé de telles paroles était grande, mais Ashandra ne supportait plus la présence des deux lycéens dans la salle. Le simple fait de les voir se tenir là du haut de leur arrogance, persuadés qu’ils avaient raison et tout prêts à réduire à néant le dur labeur de la présidente du club la rendait malade. Elle poussa un soupir profond mais néanmoins discret pour soulager sa poitrine sur laquelle pesait tout le poids de ces attaques injustifiées. Elle ne savait plus s’ils agressaient le club de Chasteté en tant que tel ou bien ses membres, ou bien Cassandra et Emma… Pendant un bref instant, elle s’était sentie soulagée après avoir entendu la voix douce de la conseillère, mais le trouble était revenu au galop lorsque le blond s’adressa à l’assemblée en déformant ses paroles de manière caricaturale. Il fallait donc qu’elle parle d’une voix si faible que les personnes à qui elle s’adressaient aient du mal à l’entendre pour qu’il parvienne à comprendre ce qu’elle disait ? À moins que son ouïe ne se soit développée qu’autour de son obsession perverse à voir le « péché de chair » partout à tel point qu’une phrase qui n’aborde pas ce sujet passe inaperçue. L’afro-américaine lui jeta un regard noir qu’elle détourna immédiatement en voyant qu’à son tour, il avait posé les yeux sur elle, dans l’espoir de l’intimider un peu plus. Mais il ne lui en fallait pas tant pour se sentir mal à l’aise. Il y avait quelque chose d’étrange chez ce garçon qu’elle ne parvenait pas à comprendre, mais elle n’aimait pas qu’il la dévisage ou bien qu’il détaille sa tenue comme il s’entêtait à le faire arborant ce petit sourire en coin. Ses paroles la faisaient bouillir de rage. Elle ne savait même plus quelle attitude adopter tant ses propos la blessait. La jeune fille ne comprenait pas même la moitié des phrases qu’il débitait d’un ton monocorde et qui mélangeaient arbitrairement toute sorte de dogmes et de clichés qui n’avaient plus grand chose à voir avec la religion chrétienne telle qu’elle la connaissait et la vivait. Shandy se sentait tellement impuissante face à ce genre d’attaques, elle qui ne savait pas parler fort ou bien se fâcher, comment pouvait-elle espérer lutter avec deux lycéens complètement décomplexés prêts à afficher à la face du monde leurs péchés ? Ils étaient très clairement plus forts qu’elle et ils le savaient, ce qui ne faisait qu’accentuer son désespoir face à son incapacité à défendre le club qu’elle aimait. Elle fut toutefois soulagée en entendant à nouveau la voix de Cassandra qui montait au créneau pour la défendre et ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en retrouvant son éternel ton ferme et rassurant. Voyant qu’elle ignorait le reste de la tirade, la jeune fille hocha de la tête sans ajouter un mot, préférant suivre son exemple et ne pas lui offrir une nouvelle chance de tout déformer. Son sourire s’élargit en le voyant sortir à son tour son téléphone portable et le mettre sous le nez de Cassandra et Emma, dans l’espoir qu’Internet vienne porter le coup de grâce à leur conviction. Peut-être était-il plus naïf qu’elle ne l’aurait cru, mais il n’en était pas moins méchant et acide.

Cette première vague avait attristé la jeune fille. Ce n’était pourtant rien comparé à l’horrible assurance de la brune. Elle parlait d’une voix si imperturbable et si amère que les mots qui s’échappaient de ses lèvres couvertes d’une épaisse couche de gloss. Toute cette colère qu’elle canalisait à merveille dans des phrases soigneusement pesées était bien plus efficace que l’emportement de son camarade de jeu. Elle lui rappelait terriblement Santana, mais une version plus calme et plus effrayante encore du démon en jupe courte. Que ce soit dans le blasphème ou l’apologie d’une sexualité en dehors du mariage, elle était bien loin de renvoyer une image de bonheur et de bien-être, et quelque part Ashandra savait qu’elle se faisait plus de tort à elle-même qu’au club en disant de telles choses. Peut-être qu’elle saurait tenir les autres lycéens éloignés du club mais ce n’était pas avec de tels propos qu’elle parviendrait à chasser les membres déjà présents. Jetant un coup d’œil vers Grace qui regardait la scène sans oser prendre part, son sang se figea en entendant son nom. La lycéenne arrogante pointait son doigt dans sa direction, affichant toujours le même sourire satisfait. Dans un premier temps, la lycéenne ne comprit pas ce qu’elle venait de dire, mais une fois qu’elle eut achevé sa phrase, ses pupilles se dilatèrent sous l’effet de la peur et son corps tout entier se raidit en un frisson. Comment savait-elle ? Qui le lui avait dit ? Personne ne savait. Pas même son frère. Il n’y avait qu’à Cassandra qu’elle avait osé en parler pour la première fois quelques jours plus tôt et il était tout simplement impossible que cette dernière l’ait répété. Est-ce qu’elle l’avait deviné ? Est-ce que ça se voyait sur elle ? S’entendre dire qu’elle n’était plus pure par Summer équivalait à un coup de poignard en plein cœur. Elle se sentait sale. Son regard troublé par la confusion fixait ses genoux, elle ne savait plus où se mettre, n’osait plus regarder autour d’elle malgré les regards interrogateurs qui se posaient sur elle. Elle voulait démentir ces propos, la remettre à sa place et lui interdire de se comparer à elle mais elle n’en avait pas le droit. La cruelle vérité venait de lui être envoyée en plein visage et son cœur battait si fort qu’elle aurait pu s’évanouir. Les mots restaient bloqués dans sa gorge nouée. Elle aurait voulu s’enfuir ou se cacher dans un coin, mais la voix de Cassandra vint rompre le silence en contournant habilement ces accusations fondées pour la première fois depuis qu’ils avaient fait leur entrée. Submergée par l’émotion, elle ne sentait plus ses jambes et comprit à peine ce que mademoiselle Pillsbury disait à leurs hôtes mal intentionnés. Tout son esprit était occupé par la crainte que les autres filles la regardent différemment maintenant et qu’elles aient cru ce que Summer avait dit. Si Cassandra avait dû l’apprendre de cette manière, elle ne se le serait jamais pardonné et elle remerciait le ciel d’avoir laissé s’échapper ce secret qu’elle ne portait plus seule désormais.
    Vous n’avez aucune idée de ce que c’est que le club de chasteté… Vous parlez de chrétienté et de péché mais votre ignorance vous empêche de voir que nous, nous ne jugeons pas ceux qui cherchent de l’aide.

Sa propre voix l’avait surprise. Plus grave que d’ordinaire, plus posée, presque confiante, elle n’avait pas buté sur ses mots. Elle s’était efforcée de parler en pensant à ce que Cassandra dirait, à ce qu’elle pouvait penser à cet instant, comme pour se convaincre qu’elle n’était pas seule à penser cela. Lorsque mademoiselle Pillsbury les eut enfin invités à sortir ses épaules se relâchèrent soudainement. Après que la conseillère adressa une dernière phrase réconfortante à la blonde qui portait encore les marques de sa colère sur son joli visage Shandy trouva la force de se relever pour se rapprocher de Cassandra, et aussi pour éviter les questions des autres filles. Pressant doucement sa main sur son épaule avec un sourire timide elle murmura un discret merci.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Sam 15 Oct - 20:10

Un sourire narquois étira les lèvres de Glenn lorsque Summer pris la parole. Ainsi, Simplet n'était pas aussi pure qu'elle voulait bien le faire croire ! Bien sur, le blond était conscient qu'il s'agissait peut-être d'une simple attaque de son amie mais la tête et la rougeur qui s'étendait sur le visage de la jeune fille suffit à révéler la vérité. Une envie de rire monta de nouveau en lui qu'il réprima tant bien que mal avant de se désintéresser complètement des trois gourdes qui se trouvaient en face de lui. Il avait récupéré son portable et pianotait furieusement dessus envoyant des sms à qui le voulait. Distraitement, il sortit sa montre à gousset pour regarder l'heure avant de se pencher vers Summer, coupant sans s'en apercevoir la parole à Miss Pillsbury.

-Je vais faire du shopping à Columbus après, tu veux venir ? Ils font des soldes apparemment et j'ai vu un magnifique veston que je dois absolument avoir. Et puis, il y avait une jolie robe que je voulais te montrer.

Après qu'elle lui eut répondu, il se tourna vers leurs détracteurs, et regarda Cassandra droit dans les yeux, mettant toute la moquerie qu'il pouvait dans ses yeux trop clair tandis qu'il souriait sardoniquement. Il était las de tout ceci, il s'était bien amusé à leurs dépens mais il avait des choses bien plus importante à faire et des personnes plus importantes à voir plutôt que ces missionnaires ratés.

- Écoutez les filles, que vous ne me croyez pas, j'en ai rien à faire. Je sais que toute l'école a compris la même chose que nous, demandez à vos petits potes du Glee Club, ils vous le diront eux même, si vous n'y croyiez toujours pas quand un vingtaine d'élèves passeront ici dans le même but que nous.

Au moment où il prononçait ses mots, un groupe de lycéens hilares, parmi lesquels il n'y avait aucune cheerio et aucun footeux (d'ailleurs, le blond ne les connaissaient pas) passa les portes du club.

''Alors, c'est ici, le club où on organise un voyage où on pourra boire de l'alcool et baiser sans risque ?!''

Glenn ria tout en se levant, se préparant à partir.

-C'est bien ici ! D'ailleurs, ce club a le soutien d'un membre estimé du corps enseignant. Miss Pillsbury, ici présente, vient à l'instant de confier qu'elle était on ne peut plus fier du travail de sa présidente, Cassandra Hamilton. Et puis, cette jeune fille a déjà pas mal d'expérience dans ce domaine. Finit-il en désignant Ashandra d'un signe de tête, sans se soucier de révéler son secret. Elle prônait les valeurs de son Seigneur, alors elle devait obéir à tous ses dogmes lesquels n'incluait pas le mensonge par omission. Sur ce, je dois y aller, j'ai plein de choses intéressantes à faire !

Il se dirigea vers la porte, prenant soin de frôler la blonde, en profitant pour lui souffler à l'oreille et lui apporter l'estocade finale.

-Bravo Grognon et félicitation pour le travail que tu as accompli, bonne chance pour te sortir de tout cela quand Figgins te convoquera pour avoir oser ''déshonorer'' l'école en chantant une chanson scabreuse. Parce que, sois en sûr, des tas de parents outrés appellerons le lycée ce soir.

Il lui envoya un baiser, adressa un clin d'œil à Ashandra et un signe de tête à la conseillère avant de s'éclipser. Il s'appuya contre les casiers près de la porte, attendant la sortie de Summer (et surtout, ne souhaitant pas perdre une miette de ce qu'elle leur dirait).
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 08. White houses   Sam 15 Oct - 21:35

Summer s’ennuyait. Au début, elle avait trouvé l’idée de se moquer des filles du club réjouissante, et il fallait bien avouer qu’elle s’était amusée, surtout face à Cassandra et Ashandra. Se dire qu’elles n’avaient pas compris la chanson, et qu’elle allait pouvoir le leur faire remarquer et se moquer copieusement d’elles lui avait plu, et l’avait distraite. Quand elles s’étaient obstinées, Miss Pillsbury en tête, la Cheerios avait revu son opinion les concernant à la baisse, sachant désormais qu’elle n’avait plus seulement affaire à des bigotes et une femme coincée, mais également à des personnes stupides, qui refusaient d’ouvrir les yeux sur le monde qui les entourait. A partir de ce moment-là, Summer s’était désintéressée de leur cas. Il faut dire que se retrouver face à des idiotes, c’était une chose, mais se retrouver devant des idiotes aveugles, c’était beaucoup moins marrant. Et si au début elle avait trouvé cela amusant, maintenant, elle s’ennuyait franchement. La seule présence de Glenn ne parvenait plus à la distraire, et la perspective de se moquer des culs serrés ne l’intéressait plus. Bras et jambes croisées, le visage fermé, elle laissait son visage glisser de Cassandra à Ashandra, ne sachant plus trop si elle avait envie de poursuivre ce petit jeu ou si elle avait plutôt envie de rentrer chez elle. Cassandra semblait toujours aussi convaincue, certaine que la réputation du club était saine et sauve, ses membres ayant effacées les traces que Quinn Fabray avait laissée derrière elle. Si on lui demandait son avis, Summer pensait le contraire.
Glenn était déjà passé à autre chose, lui aussi, et lorsqu’il lui proposa d’aller faire les magasins, elle acquiesça d’un bref hochement de tête. Elle le laissa se lever, restant immobile, assise sur sa chaise, et lorsqu’un groupe d’élèves se profila dans l’encadrement de la porte, comme par un ironique hasard, pour enfoncer le clou, elle sentit qu’il était également le moment pour elle de tirer sa révérence. Elle se leva gracieusement, remit avec soin sa chaise en place, et rejeta sa lourde chevelure en arrière.

« J’ai une bonne connaissance de la bible, aussi surprenant que cela puisse paraitre. Je sais, par exemple, qu’il y a parfois certaines personnes qui sont en contact avec Dieu, et que celui-ci leur transmet certains messages, d’une façon ou d’une autre. Ces gens, on les appelle des prophètes, et ce qu’ils sont chargés de communiquer au commun des mortels, cela s’appelle des prophéties, comme vous le savez sûrement. Rassurez-vous, je ne suis pas en communion avec Dieu qui, dans son infinie sagesse, a vite compris qu’il n’y avait plus rien à espérer de moi. » s’amusa-t-elle. « Néanmoins, je suis quand même en mesure de vous faire une prophétie. »

Elle gratifia le club, et plus particulièrement Miss Pillsbury, Cassandra et miss débile d’un regard de profond mépris qu’elle ne chercha même pas à dissimuler. Elle s’exprima pourtant avec politesse, sachant qu’il y avait une limite à ne pas dépasser.

« Je peux vous prédire qu’il y a très peu de chance qu’un jour, une adolescente qui voit du sexe partout se tourne vers une adulte qui a déjà de sacré gros problèmes à résoudre avec sa propre santé mentale. Je peux vous prédire que ce club n’aura jamais une bonne réputation. Les membres auront beau être aussi pures et chastes qu’elles le veulent, le club de chasteté est, et sera pour toujours, un ramassis de filles à l’esprit obscurci et étroit, et tant qu’il existera, vous serez d’excellentes cibles pour les élèves qui eux, ont une vie. Rien d’autre. Je peux vous prédire que vous serez toujours les victimes des autres. Les brebis à jamais condamnées à être dévorées par les loups. » susurra-t-elle d’un ton séducteur, son sourire carnassier refaisant son apparition. « Et, ceci n’est pas une prédiction, mais un constat : ceux qui regardent les autres avec pitié en les jugeant ignorants, sont souvent les plus aveugles. Je vous souhaite de passer une bonne journée. »

Elle les gratifia d’un regard éloquent, et rejoignit Glenn, l’esprit déjà entièrement consacré à sa future séance de shopping.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: 08. White houses   

Revenir en haut Aller en bas
 

08. White houses

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Glee RPG :: 
Archives
 :: Archives Saison 1 :: Episode 8
-