Choriste du mois


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 08. Quand les sentiments dépassent la raison.

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MessageSujet: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Sam 1 Oct - 22:27


(c) tumblr
Assis confortablement sur la banquette placée face au piano central, Gale restait muet, les bras ballants et le regard perdu au milieu des places vides de l’auditorium. Il soupira. Ce calme, si inaccoutumé à McKinley, le rendait mal à l’aise et le paralysait, alors qu’à l’inverse la perspective de tâter les touches du clavier le faisait intérieurement frémir d’envie. Les arts dans leur ensemble étaient vus d’un très mauvais œil, dans ce lycée, et même si son statut était déjà peu enviable, il hésitait profondément à s’infliger ça en plus. Sa philosophie, depuis ses premiers pas dans cette école, avait consisté à vivre lâchement dans l’ombre pour s’éviter les foudres des élèves les plus despotes. Et même si celle-ci avait fait ses preuves, Gale devait bien admettre que sa scolarité était bien loin d’être palpitante ou même que ses relations sociales se faisaient cruellement rares. C’était indubitablement la faute à cette fâcheuse habitude qu’il avait de refouler ses sentiments mais, à sa décharge, il avait grandi comme ça et aujourd’hui, il craignait de ne plus pouvoir faire preuve de sincérité sans être maladroit. Le blondinet avait ainsi souvent songé à quitter Lima, avec ou sans la bénédiction de ses parents, mais malgré toute l’aversion qu’il ressentait pour cette ville et ses habitants, quelque chose l’empêchait de s’en aller si vite. Quelque chose, ou plutôt quelqu’un.

Gale pensait trop fort, et avait peur de crier involontairement le nom de cette personne, qu’il attendait précisément. Son cœur se serrait douloureusement lorsque ce nom fatidique traversait son esprit, et cette sensation avait gagné en ampleur depuis les dernières semaines. A côté de ça, la jalousie ou encore d’autres sentiments tous aussi troublants n’avaient cessé de lui confirmer ce qu'il avait longtemps craint, alors qu’il savait obstinément que cette attirance n'était pas réciproque. Quelques gestes, quelques paroles, quelques regards étaient toutefois parvenus à le faire douter, mais son penchant rationnel lui criait fort que ça n’était là que le fruit de son imagination. Le blondinet n’y pouvait rien, et même s’il savait avec brio sauver les apparences, ses sentiments ne se laissaient pas duper de la sorte.

Assailli de toutes parts par une frustration insoutenable, les épaules du garçon s’affaissèrent et, dans un effort ultime, il posa maladroitement ses coudes sur le clavier ; quelques fausses notes se propagèrent dans la salle mais Gale n’y prêta pas attention. Il réfugia sa tête dans le creux de ses mains et, les yeux momentanément fermés, il laissa échapper le nom de celle qui lui causait tant de chagrin. « Cat ». Il prit le soin de murmurer et releva sa tête pour balayer la salle du regard ; il était toujours seul. Il ignorait s’il avait le droit de se trouver ici, mais avait entendu dire que certains élèves venaient régulièrement pour répéter –les membres des chorales comme les autres. Il fallait dire que très peu de spectacles étaient organisés dans cette école et d’ailleurs, en deux mois de scolarité, le jeune homme n’avait jamais eu vent de la moindre représentation quelle qu’elle soit. A cette idée, il se détendit un peu ; donner des leçons de piano bénévolement n’était certainement pas une pratique illégale –du moins, espérait-il.

Les minutes défilaient et l’heure fatidique –celle du rendez-vous- approchait ; ce constat fit bondir le cœur de Gale et ce dernier déglutit. Il étira soigneusement ses doigts moites et aspira profondément. Il se redressa puis plaça ses mains à hauteur de clavier, correctement cette fois-ci. Gale pressentait que l’attente serait terrible –mais pourquoi, au juste ?- et il jugea judicieux de distraire ses pensées en jouant un morceau ; avec un peu de chance, la musique parviendrait à lui éclaircir les idées. Sans réfléchir bien longtemps, ses doigts se faufilèrent jusqu’aux touches du piano puis valsèrent, et un son mélodieux résonna dans la salle. Concentré sur leur placement, le blondinet avait détaché son regard des alentours et laissa avec soulagement la douce musique lui caresser les tympans. Le rythme doux du morceau n’était pas anodin, le garçon savait que de cette manière, il ne tarderait pas à s’imprégner complètement de la musique pour se détendre. L’espace d’un instant, Gale eu même l’audace de fermer ses paupières mais les rouvrit rapidement lorsqu’une fausse note se glissa au milieu de morceau. Il sourit bêtement et regagna un air plus sérieux ; sa mère ne permettait jamais un tel écart lorsqu’il jouait en sa compagnie.

Lassé par cette première chanson, Gale fit une courte pause pour enchaîner avec une nouvelle, d’un genre différent. Celle-ci comportait des paroles, mais l’adolescent hésita un long moment avant de finalement fredonner quelque chose ; il était beaucoup trop timide pour chanter dans cet endroit, même seul. Il craignait toujours qu’une personne indésirable puisse entrer par une porte arrière et, pour rien au monde il ne voulait se donner en spectacle. Pourtant, les yeux rivés vers ses mains et l’esprit vide, il se laissa emporter par la chanson et, arrivé au refrain, chanta à pleine voix.

Lost and insecure, you found me, you found me
Lying on the floor, surrounded, surrounded

Mais subitement, il s’arrêta de jouer et ferma sa bouche. Il était sûr d’avoir entendu un bruit voisin et craignait que quelqu’un ne soit entré. De nouveau, il coula un regard circonspect vers le public, mais ne vit personne. Néanmoins, une voix grave ne tarda pas à s’adresser à lui et, en reconnaissance ce timbre, il sentit son cœur s’emballer de nouveau. Ce sentiment de malaise… il semblait que même la musique ne pouvait rien y faire.




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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Lun 3 Oct - 0:17

Le claquement régulier de ses talons sur le sol résonnait en écho dans les couloirs. La troisième heure avait sonné depuis longtemps, Ecaterina n’était pas en retard, elle n’avait pas cours à cette heure de la matinée. La jeune fille avait profité de son temps libre pour aider Quinn a terminer son devoir de français. Durant cette heure, Cat eu beaucoup de mal à se concentrer et seul le désir farouche de sa camarade à obtenir la moyenne l’avait contrainte à arrêter de rêvasser sitôt que le silence retombait. Quinn s’inquiéta de la voir si fébrile. Même si elle savait que les dernières semaines n’avaient pas été faciles pour elle, la voir autant dans les nuages lui mis la puce à l’oreille. Ce n’était pas dans ses habitudes : il y avait quelque chose qui se tramait. La head-cheerleader l’avait donc questionné en essayant de ne pas la brusquer. Ecaterina ne se rendit même pas compte qu’elle la cuisinait et elle tomba dans le panneau. Il ne fallut à Quinn qu’une demi-seconde pour comprendre ce qu’il se passait quand son amie lui avoua qu’elle avait rendez-vous plus tard avec Gale pour une leçon de piano improvisée. Brusquement, la jeune fille lui avait dit de partir en invoquant le fait qu’elle se débrouillerait très bien toute seule. Ecaterina la gratifia d’un regard appuyé avant de déposer un baiser sur la joue en lui soufflant un « merci » à peine audible au creux de son oreille. La cheerio lui fit promettre de l’appeler plus tard pour lui raconter tous les détails. Cat le lui avait promis, presque impressionnée par son expression autoritaire et elle quitta la bibliothèque sous son regard attendrit.

L’autre jour, Lynn lui avait dit qu’elle avait changé. Faux : elle n’avait pas changé, elle attendait juste la fin de l’année avec impatience comme tout le monde. L’été s’annonçait prometteur et… –menteuse ! Elle avait bel et bien changé et même si au fond ça ne la gênait pas tellement d’être un chouïa différente, Cat admettait que toute cette histoire la plongeait dans une confusion telle qu’elle redoutait parfois de se retrouver en sa présence. Gale était son ami. Tout s’était accumulé trop rapidement à son goût, elle s’était sentie dépassée par les événements. Cat n’avait pas eu le temps d’assurer ses arrières, de se protéger de ce genre de sentiments biscornus dont toutes les filles parlaient en permanence et qui lui faisait rouler des yeux tellement elle trouvait cela niais et ridicule –elle se trouvait dans cette posture maintenant et tous les moyens étaient bons pour passer le plus de temps avec lui. La jeune fille se sentait stupide en plus d’être totalement perdue.

La leçon de piano, c’était son idée. Elle avait toujours voulu apprendre à en jouer, mais elle n’en avait jamais eu l’occasion. Dorian avait essayé de lui apprendre des accords à la guitare. La leçon s’était terminée en éclat de rire parce qu’elle ne parvenait même pas à passer deux notes à cause de ses mains trop petites. Elle trouvait cela vil de s’en prendre à son physique de Lilliputienne, vraiment très bas. Dorian n’était pas un bon professeur de toute façon, tout était de sa faute si elle n’avait pas saisi la subtilité du truc ! En revanche, Gale paraissait très pédagogue. En même temps, Ecaterina passait son temps à boire ses paroles si bien qu’il aurait pu lui réciter le bottin qu’elle aurait trouvé cela passionnant.

La main serrée autour de la hanse de son sac, elle le remonta sur son épaule et vrilla à gauche en lançant des regards succincts à sa montre ; elle était en avance d’une bonne vingtaine minutes. C’était amusant, elle qui n’était pas ponctuelle d’habitude. Néanmoins, c’était plus fort qu’elle, elle n’avait pas envie de retourner à son casier. Elle était bien trop impatiente de le voir –de commencer cette satanée leçon de piano, se reprit-elle mentalement.

La porte de l’auditorium fut vite atteinte par la jeune fille qui s’arrêta nette. Soudainement contrariée, elle baissa le regard sur sa tenue. Quinn lui avait dit qu’elle était jolie, elle avait relativement confiance en son jugement et cessa de s’inquiéter. En définitive, ce n’était pas important, elle n’y prêtait pas attention les autres jours alors pourquoi le faire aujourd’hui ? Fixant la porte un moment, Ecaterina passa machinalement sa main dans ses longs cheveux puis trifouilla nerveusement dans son sac. Elle extirpa du fin fond de celui-ci, un baume à lèvre à la cerise dont elle s’appliqua une couche généreuse sur les lèvres –elle avait les lèvres sèches pas de quoi en faire toute une histoire ! Puis le rebouchant soigneusement, la jeune fille ne s’attarda plus et poussa la porte de l’auditorium en fermant les yeux.

Ecaterina ne se posait déjà plus de questions : elle était prête. Elle descendit les marches de l’amphithéâtre avec grâce quand elle se rendit compte que quelqu’un avait déjà pris possession des lieux. L’adolescente soupira furieusement –elle était prête à jouer des coudes s’il le fallait ! Mais en relevant la tête, elle esquissa un bref sourire dès lors qu’elle s’aperçut qu’il s’agissait de Gale. Tant mieux : elle n’avait jamais réussi à atteindre personne avec ses petits poings. Lorsqu’elle descendit les marches, elle se dirigea tout de suite vers les quelques autres qui la mèneraient jusqu’au plateau de la scène. Gale semblait ne pas avoir remarqué sa présence, elle le devina quand il chantonna quelques notes alors qu’elle atteignait la scène. Il s’arrêta promptement et la jeune fille comprit qu’il savait que quelqu’un était ici.

« Je t’ai entendu. » claironna-t-elle d’un ton taquin en s’approchant du piano. Ecaterina se redressa légèrement en s’avançant encore un peu pour faire le tour puis elle posa ses mains tendues sur le dessus de l’instrument « Quinn m’a libérée plus tôt, alors je me suis dit que c’était peut-être le bon jour pour devenir un peu ponctuelle. »

Ecaterina prit une moue peu convaincue et laissa échapper un petit rire rauque puis enfin, tourna la tête vers Gale en lui souriant. Elle tentait de paraître la plus sereine possible, mais ses mains étaient si moites qu’elle pensait avoir laissé des traces sur l’acajou du piano. D’ailleurs, elle voulut le vérifier et pour se discréditer, elle marmotta :

« Je suis trop nerveuse, j’ai les mains moites. » avoua-t-elle d’un ton faussement détaché. Elle joignit ses paumes l’une à l’autre en resserrant ses doigts autour –elle jeta une œillade discrète aux traces potentielles : il n’y en avait pas. Soulagée, Cat cala ses mains jointes sous son menton puis se tourna vers le jeune homme dans un petit mouvement concis qui fit virevolter le jupon de sa robe « Prêt ? »


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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Mar 4 Oct - 21:57

Gale n’avait pas la moindre idée de la raison qui l’avait poussé à venir dans l’amphithéâtre avec une avance pareille. A l’accoutumée, il ne prenait jamais une telle précaution lorsqu’il s’agissait de se rendre à un rendez-vous –il se savait ponctuel, et ça lui suffisait. Seulement, celui de ce matin était un rendez-vous spécial, et le jeune homme n’avait pas su résister à cet étrange besoin de se rendre plus tôt que prévu à l’endroit convenu. Il s’était dit que peut-être, Ecaterina en ferait autant de son côté, et même s’il s’était trompé, il était satisfait d’avoir pu en profiter pour se préparer mentalement aux diverses émotions qui ne tarderaient pas à s’emparer de lui –comme c’était toujours le cas, dans de pareilles circonstances. D’ailleurs, la jeune fille était incontestablement la seule personne pour qui Gale s’évertuait à avoir des petites attentions et, même si cela n’avait rien de concrètement flagrant à première vue, il ne pouvait réprimer un sentiment de fierté profonde à l’idée qu’il était encore capable de montrer quelques marques d’affection. Mais il n’était pas dupe : il s’était beaucoup trop investi dans cet exercice et bientôt, il en paierait le prix fort, seulement son instinct lui soufflait de profiter de l’instant présent –ce qu’il faisait, pour l’heure, à la perfection. Sa faiblesse émotionnelle l’avait rendu plus humain qu’il ne l’était et, pour cela, il remerciait son amie du fond du cœur.

Il s’était arrêté brusquement de jouer en craignant qu’on l’espionnait et ne s’était pas trompé : la voix d’Ecaterina, qu’il chercha aussitôt du regard, vint résonner sur ses tympans et fit s’esquisser un large sourire presque niais sur ses lèvres fines. Son cœur s’accéléra modérément mais laissa présager de fortes palpitations pour la suite ; il ne prit même pas la peine d’essayer d’y faire quelque chose, il savait que c’était une peine perdue. La blondinette, toute en beauté, le rejoignit et vint se placer près du piano tandis que le jeune garçon, tout euphorique, se leva en guise de politesse. Il ne dit mot et feignit de ne pas avoir entendu la remarque de la jeune fille qui l’avait manifestement entendu chanter. Que pouvait-il dire, de toute manière ? Gale était un garçon infiniment modeste qui n’avait jamais voulu croire en ses talents musicaux ; d’ailleurs, il était persuadé que si ses parents ne l’avaient pas vivement poussé vers ce domaine, il ne s’y serait probablement jamais essayer. Le blondinet, circonspect et bêtement planté devant l’instrument, espérait simplement que Cat ne le charrie pas sur ça ; les opinions de la jeune fille comptant énormément à ses yeux. Son regard se perdit l’espace d’une seconde sur les pupilles de l’adolescente –encore et toujours d’un bleu limpide hypnotisant à souhait- mais il le détourna subitement : ce petit jeu aurait pu facilement se prolonger durant de longues heures, s’il l’avait voulu.

« Hey, je suis content que tu aies pu venir » bafouilla-t-il en gratifiant la jeune fille d’un regard complice. Quel euphémisme. En ce moment, Gale était chamboulé intérieurement, et ne savait pas vraiment ce qu’il était supposé faire. Son cœur lui disait de s’avancer pour enlacer tendrement son amie –après tout, n’était-ce pas ce que faisait les bons amis entre eux ? Sa tête, quant à elle, lui dictait de rester à sa place ; céder à la tentation aurait sans conteste tout gâché, si bien que Gale donna raison à sa tête. Jusque-là, songea-t-il, sa relation avec Ecaterina n’avait jamais été vraiment tactile –à quelques exceptions près- et fonctionnait pourtant très bien telle quelle. Perdu dans ses pensées, il fut happé de nouveau par la voix de son amie : celle-ci lui avoua qu’elle était nerveuse. Etrange coïncidence, il pouvait dire exactement la même chose mais se contenta de sourire une nouvelle fois, bien content de passer sous silence cette preuve supplémentaire de son malaise grandissant. Force était d’avouer qu’il avait aussi beaucoup de mal à se discréditer aux yeux de la jeune fille et ce même si, durant les nombreux jours qu’ils avaient passés ensemble, il n’avait pas raté une occasion de passer pour un idiot. Peut-être qu’au fond, la jeune fille l’appréciait pour celui qu’il était, mais toujours était-il que, s’il pouvait garder un minimum de crédibilité, Gale ne souhaitait pas laisser passer sa chance.

Ecaterina s’approcha un peu plus près –ce détail n’échappa pas à son petit cœur- et questionna l’adolescent pour savoir s’il était prêt. Ce dernier hocha distinctement la tête en signe d’approbation puis se décala vers l’extrémité droite de la banquette du piano pour y prendre place. Il leva la tête vers sa camarade et élargit son sourire : « Si toi aussi tu es prête, on peut commencer » . Gale, en réalisant que quelque chose n’allait pas, se sentit rougir subitement. Et pour cause, la banquette en question était beaucoup trop étroite pour contenir deux personnes si bien qu’instinctivement, le jeune homme se poussa vers l’extérieur, laissant ainsi un espace suffisant pour que la jeune fille puisse s’asseoir entièrement. Après tout, si quelqu’un avait tout intérêt à être à son aise, c’était bien elle. Mais Gale jugea bon de s’expliquer. « Je suis vraiment désolé, je n’avais pas réalisé à quel point les sièges sont étroits. Il va falloir qu’on se serre un peu, si ça ne t’embête pas » dit-il en élargissant un sourire. Si ça n’embêtait pas quelqu’un, en tous cas, c’était bien lui.

La jeune fille ne sembla pas émettre de protestation et s’assit donc à côté de lui –leurs bras étaient désormais côte à côte mais pour éviter une gêne superflue le jeune homme fit mine de ne pas remarquer ce détail. Ce qui était d’autant plus dur que le parfum de la jeune fille avait presqu’aussitôt envahi ses narines et la vision de sa chevelure soyeuse à portée de main n’arrangeait en rien la donne. Gale, qui s’obligeait à fixer le piano face à lui, fut bien forcé de tourner la tête pour s’adresser à sa camarade. Fort heureusement, la petite taille de cette dernière concevrait une distance de sécurité non négligeable dans ce genre de situation. « Je pense que pour l’instant, on va s’intéresser exclusivement au clavier. Je te parlerai du pédalier un peu plus tard –en fait, il ne produit pas de son, il sert seulement à ajouter quelques effets » engagea-t-il avec un ton étonnement sérieux qui le surprit lui-même. Une idée lui vint ensuite en tête et il reprit rapidement la parole : « Avant toute chose, si tu me montrais ce dont tu es capable ? » Cat ne lui avait pas vraiment dit quel était son niveau au piano ; c’était donc l’occasion rêvée d'en juger par lui-même.


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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Mer 5 Oct - 17:28

Était-elle prête ? Pas le moins du monde, mais la jeune fille ne pouvait plus faire marche-arrière, maintenant. Ce n’était pas la présence de Gale qui la dérangeait, bien au contraire, c’était plutôt la certitude de se ridiculiser devant lui qui la mettait passablement mal à l’aise. Ecaterina n’avait jamais réellement joué du piano, elle s’était essayée deux ou trois fois à pianoter sur l’un des synthétiseurs en exposition à la boutique dans laquelle son frère travaillait, mais c’était relativement différent ; ces cours n’étaient pas une bonne idée.

La blondinette regarda un moment autour d’elle quand Gale se leva pour la saluer. La lumière sur la scène était faible, c’était plus agréable que la lumière orange des gros spots qu’elle détestait. Elle était plusieurs fois venue dans cet amphithéâtre. Chaque fois qu’elle en était sortie, elle avait regretté du plus profond d’elle-même d’y avoir mis les pieds. Ecaterina ne voulait pas que la même chose se passe avec Gale et subitement, une autre vague d’appréhension monta en elle. Sans doute qu’elle aurait dû y réfléchir à deux fois avant de vouloir jouer les téméraires. Cependant, quelque chose de plus fort l’avait poussé à lui faire cette proposition et cela n’avait rien à avoir avec son désir de devenir une pianiste hors-paire.

Avec un petit hochement de tête, Ecaterina confirma (presque à contrecœur) qu’elle aussi était prête puis, déposant son sac au sol, elle fit quelques pas de plus pour s’installer à côté de Gale. Une expression dubitative passa sur son visage quand elle se rendit compte de la taille de la banquette face au piano ; leur proximité serait minimale. Cat s’y était préparée à vrai dire, puis elle se souvint que ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait tous les deux aussi proches. A cette pensée, son cœur bondit plusieurs fois dans sa poitrine avant qu’elle ne transforme ce furtif confusion en un sourire éclatant. Depuis quelques temps, elle s’était aperçue qu’elle parvenait plus ou moins gérer et à réguler un bon nombre de petits signes qui potentiellement trahiraient l’état de quasi euphorie (entre autre) dans laquelle elle se trouvait quand ils étaient ensemble. C’était gênant de devoir refouler tous ces sentiments. Pire, tous ces gestes qu’elle était tentée d’exécuter en permanence. Néanmoins, elle n’avait pas envie de brusquer les choses, elle ne savait même pas si le jeune homme ressentait autre chose que de l’amitié pour elle. Ecaterina s’était aventurée à lui tendre des perches, à le toucher quelques fois, mais il n’avait jamais répondu à ces petites incartades et même si elle avouait se sentir frustrée par son attitude, elle ne voulait en aucun cas tout gâcher alors, elle prenait sur elle.

L’adolescente s’approcha davantage du piano et enfin, s’assit lentement à côté de lui en évitant de le regarder ; elle plissa précautionneusement les plis de sa robe en s’installant « Pas de problèmes, j’ai confiance en toi. Tu ne tenteras pas de m’embrasser ou je ne sais quoi. » lança-t-elle dans un petit rire nerveux. Elle tourna soudain la tête vers lui et jugea bon de préciser promptement « Blague, excuse-moi, je suis nerveuse. » répéta-t-elle pour la seconde fois.

Ecaterina ferma les yeux en souriant avant de détourner le visage vers le clavier du piano. Elle ne desserra pas l’étreinte de ses mains jointes parce qu’elle ne savait tout simplement pas où les placer sans qu’elles ne frôlent accidentellement le jeune homme. La jeune fille voulait éviter tous silences gênés et autres regards appuyés dont ils étaient devenus des maîtres en la matière. C’est seulement quand Gale reprit la parole qu’elle posa ses mains incertaines sur ses genoux. Elle l’écouta avec attention ; il était trop sérieux, cela la fit légèrement sourire. Fronçant donc les sourcils dans une mine ouvertement amusée, elle sauta sur l’occasion pour le lui faire remarquer :

« Ouah, quel sérieux, tu m’impressionnes. Je dois t’appeler professeur ou quelque chose de ce genre ? » Elle retourna son joli minois vers lui et le gratifia d’un froncement de nez taquin suivit d’un tout petit coup d’épaule dont elle seule avait le secret. Très vite pourtant, son sourire s’effaça graduellement et elle se mordit la lèvre quand il lui demanda de lui montrer ce dont elle était capable « Hum… tu te souviens de ces pianos miniatures avec lesquels tu jouais quand tu étais enfant ? » Elle plissa les yeux en levant les mains devant elle pour illustrer ses propos avec des gestes un peu confus qui trahissait sa nervosité –assumée pour une fois « Ceux où, quand tu appuies sur un bouton, ils jouent une mélodie préenregistrée et toi tu dois faire mine d’être le meilleur pianiste de tout les temps ? » Ses yeux se posèrent instinctivement dans le regard du jeune homme et dans un sourire embarrassé, elle continua « C’est à peu près tout ce que je sais faire –et encore, je n’ai jamais été capable de faire semblant d’être Chopin en rythme. »

Elle qui voulait éviter de se ridiculiser, elle avait raté son coup et ne souhaitant pas aggraver son cas, elle préféra rester muette un court instant. Ecaterina baissa son regard qui détailla instantanément les touches du clavier. Avec hésitation, l’adolescente tendit la main droite pour frôler lentement du bout des doigts chacune d’entre-elles.

« On avait un piano à la maison, il appartenait à ma mère, mais elle n’en jouait pas très souvent. Je crois qu’elle n’aimait pas trop la musique. » dit-elle d’une voix lointaine. Par habitude, elle pinça les lèvres, estompant indirectement le baume à lèvres qu’elle avait appliqué plus tôt. Dans sa soudaine rêverie, Ecaterina pencha doucement la tête tout en continuant de caresser les touches sous ses doigts « Je l’ai entendu jouer une mélodie, une fois, c’était tellement rare alors ça m’a intrigué. Je lui ai demandé ce que c’était, elle m’a répondu : La Lettre à Élise. » Son chuchotis lui fit brièvement froncer les sourcils puis, elle redressa le visage pour le tourner d’un même chef vers le jeune homme. Elle esquissa un sourire en tentant de se reprendre et conclut brusquement, s'obligeant à parler un peu plus fort « Elle m’a appris le début, mais je ne m’en souviens pas du tout. J’ai essayé pourtant, c’est le genre de choses que ma mémoire ne veut pas emmagasiner. » Son sourire s’élargit presque tristement, elle secoua la tête en fermant les yeux avant de dégager du dos de la main, les cheveux de son visage « Tu n’es pas tombé sur la meilleure des élèves, tu vas me détester à la fin de ces leçons. »


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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Sam 8 Oct - 17:50

Le jeune homme n’était pas à proprement parlé incommodé par sa soudaine proximité avec la jeune fille ; au contraire, si l’on fermait les yeux sur toute la perturbation que cela engendrait dans son esprit, il se sentait rudement bien. A chaque fois, c’était à peu près la même chose, certes, mais leur relation avait commencé par un contact physique et Gale était persuadé que ce détail pouvait expliquer cet inextricable besoin de se rapprocher constamment de son amie. Il avait essayé à plusieurs reprises de le déjouer mais s’était toujours heurté à un échec ; il s’était donc fait une raison. Le seul détail qui le confortait dans son idée qu’il ne devenait pas fou était que ce besoin semblait réciproque. D’ailleurs, s’il se souvenait bien, c’était Cat qui s’était approchée de lui la première, durant l’épisode de la librairie, et c’était à partir de ce moment-là qu’il avait commencé à ressentir la nécessité de toucher la jeune fille –ne serait-ce même que pour la frôler. Mais fait est que le garçon avait peur de lui, toutes ces choses le dépassaient et il craignait de faire n’importe quoi. Il s’était donc imposé quelques limites et, lorsqu’il craignait de les franchir, reprenait un peu de distance avec Ecaterina. Le blondinet préférait de loin l’idée d’être un peu plus frustré à celle de devoir mettre un terme à sa camarade, et jusque-là il n’avait jamais failli à ce principe.

Un doute s’insinua dans l’esprit du garçon lorsque Cat lui lança qu’elle ne craignait rien puisqu’il ne tenterait pas de l’embrasser contre son grès. Un étonnement mêlé de panique firent élargir ses yeux et, déstabilisé par cette précision, il ne sut pas ce qu’il devait répondre. La jeune fille le remarqua sans doute puisque, presque aussitôt, elle ajouta qu’il s’agissait d’une blague –et Gale se détendit considérablement. Il fit mine de soupirer tout en rigolant comme pour montrer qu’il avait saisi la supercherie alors qu’au contraire, son cœur continuait à vibrer à rythme effréné sous le coup de la panique. Encore une fois, l’adolescent ignorait la raison pour laquelle les mots de son amie l’avaient fait paniqué de la sorte… ou non, à vrai dire, il savait pertinemment pourquoi. Pendant une demi-seconde, il avait craint qu’elle ait découvert la vraie nature de ses sentiments pour elle et, comme un vulgaire voleur pris sous le fait accompli, il n’avait pas pu s’empêcher de prendre peur. Heureusement, son faciès sérieux avait sauvé l’affaire et la blondinette, désormais assise à quelques millimètres de lui, ne semblait avait vu que du feu. Il jugea toutefois bon de révéler qu’il était lui aussi en proie à une nervosité extrême : « Tu n’es pas la seule, ne t’en fais pas. Regarde » dit-il tout en tendant une main tremblante devant lui, assez haut pour que la jeune fille puisse constater par elle-même.

Gale commença son discours avec sérieux. Beaucoup trop. Il s’en rendit compte et entreprit d’adopter un ton moins formel, mais fut doublé par sa camarade qui le taquina juste assez pour lui faire décrocher un sourire sensiblement vexé. Il fronça furtivement les sourcils et leva ses yeux vers sa camarade. « Pour aujourd’hui, tu peux m’appeler Gale, ça ira. Mais la prochaine fois, j’essaierai de venir avec mes lunettes rondes et les cheveux balayés vers l’arrière. Là, tu auras le droit de m’appeler monsieur » répliqua-t-il avec un ton faussement sérieux, cette fois-ci. Il se surprit à imaginer à quoi il ressemblerait s’il le faisait vraiment, puis effaça rapidement ces images de sa tête ; ça n’était définitivement pas son style.

Avec beaucoup de franchise, la jeune fille avoua ne pas savoir jouer du tout ; ça n’était pas un problème pour le blondinet –au contraire. « Ça ne fait rien, après tout tu es là pour apprendre. Et puis, on aura l’occasion de se voir plus souvent, comme ça » expliqua-t-il avec entrain, avant de réaliser à quel point sa dernière phrase pouvait prêter à confusion. Contrit, il tourna sa tête face au piano et serra ses mâchoires comme pour s’interdire de recommencer à nouveau. Il espérait que ce malheureux détail passe inaperçu et préféra se taire ; en fin de compte, le ton sérieux lui réussissait plutôt bien. Il coula un regard en biais vers son amie lorsqu’elle lui précisa que sa mère avait essayé de l’initier au piano, une fois –il était touché. Ecaterina ne parlait que très rarement de sa mère, il ne savait pas précisément pourquoi, mais l’entendre se confier à lui le bouleversait considérablement. Ce genre d’anecdotes devenait considérablement plus naturel, entre eux, ce qui signifiait qu’une grande confiance s’était peu à peu installée. Cette idée fit sourire le jeune homme –personne ne lui avait jamais accordé sa confiance de la sorte. « La Lettre à Elise, oui. C’est un classique de Beethoven » reprit-il après cette légère divagation mentale. « C’est un morceau très populaire et plutôt facile à jouer pour tout pianiste avancé. » Il fit une pause et s’autorisa un regard appuyé sur le visage de sa camarade. « Je te mentirais si je te disais que je le connais par cœur. Mais si tu veux, je peux te montrer les premières notes » proposa-t-il avec un enthousiasme évident.

« Donne-moi ta main » poursuivit-il sans attendre de réaction verbale de la part de son amie. La jeune fille s’exécuta et Gale, sans réfléchir, lui saisit sa main pour venir la placer très délicatement vers le côté droit du clavier. Cette exercice fut plus simple et plus naturel qu’il l’aurait cru et le jeune homme, toujours avec douceur, écarta les doigts de sa camarade pour les placer sur deux touches différentes –il gardait ses yeux braqués vers le clavier pour ne pas assister à la moindre réaction de sa camarade. Lorsqu’il eut terminé, il disposa sa main droite parfaitement au-dessus de celle de sa camarade pour donner une légère impulsion sur la touche. « Voilà. Ce sont ces deux touches qui produisent les deux premières notes du morceau –et tout ça est répété trois fois. Ecoute » dit le jeune homme avant d’appuyer successivement, avec un rythme lent, sur les deux touches qui produisirent un son à la fois doux et aigu. « Ça ne ressemble pas à grand-chose, je te l’accorde, mais c’est déjà une bonne chose si tu arrives à reproduire ça avec un rythme plus rapide. » Il ôta sa main de celle de la blondinette –son cœur palpitait terriblement et il craignait qu’un contact prolongé ne fasse qu’empirer les choses. « Tu sais, je crois que c’est une chanson d’amour, à la base. » enchérit-il sans mesurer l’impact de ses mots –encore une fois. Dans la précipitation, il tenta de rattraper ses mots : « Tu veux essayer de le refaire seule ? » .


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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Dim 9 Oct - 2:23

Lorsque Cat s’installa à côté de Gale son pouls redevint calme. La jeune fille s’était contrainte à s’habituer à toutes ces choses chez lui qui faisaient s’accélérer son rythme cardiaque à la moindre occasion. Elle n’avait entre autre, jamais renié le fait que sa voix lui plaisait, sa façon de lui parler tout particulièrement. Gale choisissait toujours les bons mots pour la rassurer ou l’intonation juste qui la mettait sur la piste et lui permettait de comprendre l’état d’esprit dans lequel il se trouvait sur le moment. Rien qu’au son de sa voix, elle savait quand ça n’allait pas. C’était important pour Cat, elle s’y accrochait farouchement parce que comme elle, Gale n’était pas du genre à se livrer facilement. C’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour tenter de le percer à jour sans avoir à jouer la carte de l’amie trop curieuse. C’était peut-être un peu sournois, mais cela prouvait qu’elle tenait assez à lui pour réfuter l’idée de lui forcer la main et de l’assaillir de questions auxquelles il n’avait pas envie de répondre. Même si cela faisait plusieurs mois qu’ils se connaissaient, Cat était consciente qu’il lui faudrait encore du temps avant qu’il ne lui fasse entièrement confiance. Elle comprenait, et ne lui en voulait pas d’être réticent face à cet exercice.

Les genoux étroitement serrés, Ecaterina se rendit compte que sa piteuse blague avait eu le don de décontenancer Gale, mais préférant faire comme si elle n’avait rien remarqué, elle profita de cette occasion pour cesser de réfléchir à la position la plus adéquate de s’asseoir sans qu’aucun contact ne vienne alourdir l’atmosphère. Gale la rassura en affirmant qu’il était aussi nerveux qu’elle et il positionna sa main devant le clavier. Cat constata qu’il ne mentait pas à cause des tremblements qui secouaient ses doigts. Elle ne comprenait pas pourquoi il était aussi nerveux, il n’allait pas perdre de sa crédibilité en se ridiculisant devant elle ; il était un bon pianiste.

Dire qu’elle ne s’y connaissait pas en musique était peut-être un peu exagéré. Cat n’était pas musicienne, c’était un fait avéré, mais elle avait une certaine musicalité. Elle savait bouger en rythme, chanter en rythme et sa voix éraillée était naturellement juste. Dorian le lui avait fait remarquer dès la première fois où elle avait marmonné une chanson de Miley Cyrus (chacun ses faiblesses) dans la voiture. Elle était peut-être douée, elle n’en savait fichtre rien, mais ce n’était pas son ambition première que de devenir la nouvelle Maria Callas. Elle était intimement convaincue que la musique était un bon moyen pour s’extérioriser tout comme l’écriture, pourtant. Elle avait toujours eu envie d’apprendre le piano, c’était un instrument qui lui plaisait pour des centaines de raisons. Quand Gale lui avait fait savoir qu’il en jouait, il lui avait fallu du temps pour oser lui faire la proposition qui les avait menés dans cet amphithéâtre. Maintenant, elle le regrettait un peu parce que le sourire que Gale ébaucha dès lors qu’elle lui avoua ne pas savoir jouer du tout lui fit baisser la tête et que personne n’était apte à faire se sentir Cat ridicule : il pouvait au moins se féliciter d’avoir été le premier.

Les yeux furetant dans les motifs de sa robe, Cat regarda Gale quand il reprit la parole. Elle pinça les lèvres et haussa les sourcils sous la surprise : se voir plus souvent ? La jeune fille esquissa un sourire. Ils se voyaient déjà très souvent –ce qui n’était pas un reproche. Néanmoins, le fait qu’il avoue ouvertement vouloir la voir encore plus lui fit plaisir et c’est avec difficulté qu’elle détourna les yeux pour à son tour lui faire des confidences. Sa mère n’était pas son sujet de discussion préféré, toutefois, elle avait besoin de lui faire comprendre des choses et de lui faire partager des souvenirs d’enfance. Ecaterina voulait qu’il sache pourquoi elle était aussi distante en glissant de temps à autres des allusions à certains faits, mais elle n’était jamais parvenue rentrer dans le vif du sujet sans se rétracter au dernier moment et abandonner la bataille.

« D’accord, montre-moi. » répondit-elle après une minute à fixer les touches. Ecaterina s’attendait à ce que Gale exécute la série de notes et se redressa en conséquence, mais au lieu de ça, il lui proposa de lui donner sa main. La jeune fille tourna la tête vers lui et chercha à sonder son regard un moment avant de finalement céder et de lui tendre la main ;

Gale avait nettement plus chaud qu’elle, ce qui eu pour don de la rassurer. Ses propres doigts étaient glacés et cela la gênait de potentiellement coller des frissons à son camarade. Pourtant, elle ne dit rien et se laissa faire. Ecaterina pencha le visage, l’approchant davantage de l’épaule de Gale au point de la frôler avec sa joue. Il posa la paume de sa main contre le dos de la sienne et pressa juste comme il faut ses doigts experts pour qu’elle puisse faire quelques notes –c’était un contact agréable.

« Tes mains sont immenses. » murmura-elle exagérément en souriant. Elle retourna sa propre main pour qu’elle se retrouve paume contre celle de Gale « Je n’ai pas des mains de pianiste, elles sont trop petites et mes doigts sont toujours glacés. Les tiens sont chauds, c’est étrange. » Spontanément, elle entrecroisa ses doigts à ceux de Gale et resserra leur étreinte ;

L’image lui plaisait. En revanche, Cat fit de son mieux pour ne pas affronter le regard de Gale dans l’instant –ne s’était-elle pas promit d’être raisonnable, aujourd’hui ? D’ailleurs, il souffla sur la braise en lui avouant que cette chanson était une chanson d’amour à la base. Elle ne le savait pas et ne chercha pas à mettre en doute sa parole, elle resta muette alors que le rythme de son cœur commençait à dangereusement s’accélérer. C’est seulement après quelques secondes de silence durant lesquelles elle passa et repassa ses petits doigts entre ceux de son camarade qu’elle se décida à rompre brusquement ce contact ;

« Ehm, je vais essayer. » reprit-t-elle en s’éloignant lentement de Gale. Cat balança une mèche de cheveux derrière son épaule et plaça sa main droite au dessus du clavier. Elle était troublée, elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même et prenant une légère inspiration, elle s’apprêta à donner l’impulsion suffisante pour rejouer les notes. Seulement, elle s’arrête en court de route quand un petit doute s’insinua dans son esprit tout chamboulé « Trois fois, c’est ça ? » Tachant de reprendre ses esprits, elle se concentra, mais c’était peine perdue. Fermant les yeux en riant un moment, elle posa les mains sur ses paupières ; elle ne se souvenait plus de quelles touches il fallait qu’elle presse. Pinçant les lèvres pour retrouver son sérieux alors qu’elle sentait ses joues s’empourprer sous le coup de l’émotion, Cat tourna le regard vers Gale. La main droite plaquée contre sa propre joue brûlante, elle fronça le nez en se mordant la lèvre inférieure pour réprimer un autre rire « Tu peux me remontrer ? »


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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Mar 11 Oct - 23:49

Gale se surprenait lui-même ; il ne savait pas qu’il pouvait être bon pédagogue. Malgré une gêne fâcheuse, il parvenait remarquablement bien à enchaîner plusieurs phrases intelligibles à la suite –dans de pareilles circonstances, c’était sans doute une première. Ecaterina était nullement étrangère à ces efforts constants que le garçon peinait habituellement à mettre en œuvre ; à vrai dire, il le faisait uniquement pour elle. C’était une chose qu’il ne contrôlait pas mais qui, curieusement, lui plaisait beaucoup : jusqu’ici, personne n’avait fait naître en lui un pareil besoin d’être une meilleure personne. Ses parents, peut-être, mais d’une manière différente : il n’avait jamais vraiment eu à faire beaucoup d’efforts pour les rendre fiers. La blondinette, au contraire, était une fille hors du commun, largement au-dessus des jeunes filles de son âge, et Gale détestait catégoriquement l’idée de ne pas être à sa hauteur. Ils étaient sur la même longueur d’onde, ça ne faisait aucun doute ; mais d’incessantes remises en question faisaient que Gale ne pouvait s’empêcher de douter de lui ; il était persuadé que Cat était trop bien pour lui.

Pourtant la jeune fille semblait bel et bien l’apprécier elle-aussi à sa juste valeur et le jeune garçon avait accepté cette idée de cours particuliers avec énormément d’enthousiasme. Gale et Cat passaient déjà le plus clair de leur temps ensemble, c’était indéniable, mais ce moment d’intimité supplémentaire était en aucun cas superflu. Souvent, leurs rencontres se passaient dans les couloirs du lycée, sous les yeux inquisiteurs de tous les élèves, et il savait que cette situation n’était pas la plus propice aux discussions sérieuses –ou intimes, disons. A l’abri du regard des autres (dont ils se moquaient pourtant éperdument), Gale sentait qu’il pouvait s’ouvrir plus librement à sa camarade. Et, qui sait, peut-être enfin oser lui avouer ce qui ne cessait de le ronger depuis leur toute première rencontre. Chaque chose en son temps, songea-t-il, gardant en tête que le principal motif de cette rencontre n’était pas celui-là.

La blague de la jeune fille concernant ce prétendu baiser volé laissa le jeune homme perplexe pour une seule raison. Quelques semaines plus tôt, Finn Hudson lui avait ouvertement dit qu’il avait embrassé Ecaterina sans le consentement de cette dernière et, même après toute cette période, cette histoire dont il ignorait l’authenticité le troublait toujours un peu. Au fond, tout ça ne le regardait pas, et Cat n’avait aucun compte à lui rendre, seulement le sentiment de jalousie éveillé par cette anecdote faisait qu’il était curieux à l’idée d’en parler avec elle. Mais pas aujourd’hui ; les circonstances étaient trop agréables pour que le jeune homme ose glisser un détail pareil. Finn était un sombre crétin qui ne devait pour rien au monde gâcher ce petit moment en tête à tête.

Dans un élan de courage, le jeune garçon prit un énorme risque en demandant à la jeune fille de lui tendre sa main, mais il fut ravi de constater que celle-ci s’exécuta sans protester et la gratifia d’un sourire chaleureux. Il la guida jusqu’au clavier, réduisant ainsi l’espace entre eux, mais Gale resta concentré sur la main de sa camarade qu’il tenait délicatement. La sienne était immense, en comparaison, et la jeune fille le lui fit remarquer ; son sourire s’élargit. La remarque suivant le fit au contraire douter. C’était vrai qu’il avait très chaud mais, lorsqu’on était en proie à ses émotions comme il l’était, n’était-ce pas une chose normale ? Est-ce que cela signifiait que la jeune fille était parfaitement sereine, malgré ses dires ? Son sourire s’effaça un moment, il ne sut pas quoi répondre et laissa le silence le faire à sa place. Ecaterina, de son côté, fit quelque chose qu’il le troubla au plus haut point ; sans prévenir, elle retourna sa main, entrecroisa ses doigts avec les siens et serra leur étreinte. Gale n’y comprenait rien ; il savait juste que son cœur venait à nouveau d’exploser dans sa poitrine et que, l’espace d’une seconde, il fut tenté de voir là un signe prometteur quant aux sentiments de la jeune fille. Il refusait que celle-ci ne se dévalorise et marmonna avec une voix douce : « Ne dis pas de bêtise. Tes mains sont magnifiques » puis il resserra le lien à son tour.

Le contact fut rompu et la jeune fille entreprit de reproduire les six notes qu’il venait de lui montrer. Gale, confus à souhait, plaça sa main sous sa cuisse et regarda avec intérêt la jeune fille. Elle avait l’air hésitante, gênée, et il ne put réprimer un sourire amusé à la vue de cette image : il n’était pas habitué à voir la Cat vulnérable qu’il avait à côté de lui. Il hocha distinctement la tête en réponse à sa question et posa de nouveau son regard sur sa main, dirigée avec incertitude vers la partie droite du clavier. Etait-elle aussi troublée que lui ? Gale ne savait plus quoi penser et s’ôta cette question de la tête : son amie réclamait son aide. Il ne se fit pas prier et saisit sa main. Cette fois cependant, il plaça simplement les doigts de la jeune fille au bon endroit et retira la sienne. Sans s’en rendre vraiment compte, il caressa du bout de ses doigts le dos de la main de Cat désormais appuyée sur les touches ; il se sentit rougir presque aussitôt. « Désolé » dit-il avec une pointe de gêne, tout en tournant le regard vers le public.

La suite des évènements n’était pas préméditée. Malgré son embarras, le jeune garçon parvint à se retourner vers sa camarade. Il savait qu’il s’en voudrait certainement d’oser parler comme il s’apprêtait à la faire mais jugeait que cette caresse était un bon présage. Il ignorait si le courage qu’il l’animait soudainement demeurerait mais il ne se sentait pas prêt à essuyer un nouvel échec. Il se tourna face à son amie toujours concentrée sur le piano ; son cœur s’accéléra considérablement mais il parvint à ouvrir la bouche. « C’est certainement ni le bon moment, ni le bon endroit… » déclara-t-il, avec une voix hésitante mais ses yeux rivés droit vers le visage de la jeune fille « Mais je tenais à ce que tu saches… » poursuivit-il, toujours en improvisant son discours –il sentait désormais ses joues brûler comme jamais, signe indubitable de son anxiété. « …tu es une fille extraordinaire, Ecaterina Robertson. » Son regard se posa sur une mèche de cheveux de la blondinette ; avec beaucoup de grâce, il approcha sa main du visage de son amie et la replaça avec grande délicatesse derrière son oreille. C’était la toute première fois qu’il osait toucher autrement que du regard cette chevelure si parfaite, mais les émotions se bousculèrent tellement qu’il ne put distinguer ce que cela provoquait chez lui. « Ne te moques surtout pas mais, tout m’a l’air tellement banal, quand tu n’es pas là » déclara-t-il, fronçant les sourcils face à ses propos mièvres et terriblement fades. Il baissa graduellement la tête vers le sol et plissa les yeux ; il aurait mieux fait de se taire.


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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Mer 12 Oct - 19:52

Ecaterina était une jeune fille particulièrement attentive quand il s’agissait d’apprendre de nouvelles choses ; elle était intelligente en plus d’être studieuse et ce n’était pas un problème pour elle d’enchaîner les heures de cours ; contrairement à ses camarades de classe, elle aimait étudier. Passer des soirées en tête à tête avec ses bouquins était l’un de ses plaisirs coupables. C’était pathétique, mais Cat n’avait jamais prétendu avoir une vie palpitante comme les autres filles de son acabit.

Pour certaines personnes, il était plus facile de penser qu’à cause de la couleur de ses cheveux –entre autre, Ecaterina n’était qu’une bonne à rien. Il y a des semaines de cela, elle se serait rangée de leur côté en acceptant cette fatalité. Seulement maintenant, elle savait qu’elle n’était pas une bonne à rien. Du moins, c’est ce qu’elle pensait jusqu’à ce moment, parce qu’incapable de remettre dans le bon ordre les notes que Gale lui avait montré, elle se mit à paniquer comme devant une interrogation surprise qu’elle n’avait pas préparée. Cat savait pourtant très bien gérer la pression, c’était devenu son quotidien depuis des mois. Elle pensait donc qu’elle réussirait comme à chaque fois à faire l’impasse sur ce contact agréable en changeant de sujet, mais ce n’était pas le cas cette fois. La blondinette jouait un peu trop avec le feu, c’en était d’autant plus étonnant qu’elle n’avait jamais été d’une témérité exemplaire. Il fallait qu’ils se parlent sérieusement pour enfin cesser de se mettre dans ce genre de situations embarrassantes et enfin être fixés sur la réelle nature de leur relation. Ils jouaient avec leurs émotions tous les deux, c’était dangereux et ce n’était plus supportable pour Cat qui passerait la fin de son année scolaire en sachant pertinemment qu’elle était amoureuse de ce garçon, mais que, trop effrayée à l’idée de la non-réciprocité de ces sentiments, elle se contraindrait à faire l’autruche. S’éloigner de lui ? C’était inenvisageable. Si les choses devenaient trop compliquer à gérer, la jeune fille savait comment cela finirait ; elle ne voulait pas qu’une erreur vienne mettre fin à leur relation. Ecaterina en avait fait l’expérience avec Finn et c’était plus qu’évident qu’elle ne souhaitait pas rejouer le mauvais remake de la flamboyante première version, c’était bien trop douloureux.

Gale lui reprit la main, Ecaterina fronça légèrement les sourcils alors que son rire éraillé s’atténua au fur et à mesure qu’il la caressait ; il n’était plus question de leçon de piano à présent, ils essayaient juste de se trouver des excuses pour se frôler du bout des doigts et même si Cat voulait éprouver de la culpabilité quant au fait qu’elle profitait un peu de la situation, elle en était tout bonnement incapable pour une raison simple : elle n’était plus la seule à apprécier ces contacts, Gale aussi semblait se laisser prendre au jeu.

Les yeux rivés sur le clavier, Cat pinça délicatement les lèvres et ne bougea plus pendant une minute. Elle ne se sentait plus apte à faire quoi que se soit et se ridiculiser alors qu’ils semblaient se rapprocher de secondes en secondes n’était définitivement pas dans ses plans. Tout se bousculaient dans sa tête, elle voulait lui parler et lui avouer que tout ça n’était qu’une supercherie de plus pour qu’ils se retrouvent tous les deux ailleurs que dans les couloirs. Cependant, c’était trop difficile, les mots semblaient rester coincer au fond de sa gorge alors que son cœur battait si fort qu’elle pensait avec naïveté qu’il exploserait à tout moment ; elle ne savait pas comment s’y prendre.

« Gale… » commença-t-elle courageusement, mais elle fut surprise de constater qu’elle n’était pas la seule à vouloir parler ;

Ecaterina tourna son visage vers Gale, le ton de sa voix présageait quelque chose de sérieux, ce qui eu le don de faire surgir de nulle part une vague d’anxiété qui s’insinua dans la moindre parcelle de son corps au point de la faire frissonner. Les choses prenaient un tournant radical. Gale hésitait, mais en même temps, il semblait déterminé à lui dire ce qu’il avait à lui avouer. Ecaterina ne savait pas si elle devait le laisser continuer ou le prendre de court ; elle ne voulait pas laisser filer cet élan de courage qui semblait s’être emparé d’elle. Néanmoins, Cat se laissa submerger par les paroles de Gale et fut incapable de réagir. Ses pupilles claires se plongèrent dans les siennes, elle essaya de déceler ce qu’il allait lui dire, mais elle était trop distraite par son cœur qui cognait trop fort et ses fourmillements étranges qui la chatouillait jusqu’à la racine de ses longs cheveux. C’est seulement quand le jeune homme approcha sa main de son visage qu’elle daigna reprendre vie ; elle suivit méticuleusement sa main chaude du regard alors qu’il replaça une mèche de cheveux derrière son oreille en frôlant sa joue au passage. Un instant, Ecaterina cru avoir cessé de respirer, mais quand il reprit la parole et qu’elle ébaucha un sourire timide, elle se rendit compte qu’elle était en vie et que tout ça était bien réel.

Ecaterina voulait lui dire que c’était pareil pour elle, mais elle resta coite. Elle était toujours trop maladroite dans ce genre de circonstances, elle ne préférait même pas imaginer la façon dont tourneraient les choses si elle se mettait à faire un monologue alors qu’elle n’avait qu’une seule envie à cet instant. Gale s’apprêtait à baisser la tête, mais Cat n’était pas prête à laisser filer sa chance ; elle ne pouvait pas continuer à être aussi réfractaire à ce que les autres pouvaient éprouver à son égard, ou même à ses propres sentiments. Cat devait saisir cette perche que Gale lui tendait et tant pis pour les conséquences ; elle réfléchissait bien trop avant d’agir, il était temps qu’elle fasse le contraire pour une fois.

L’écart entre eux était si mince qu'il ne lui fallut qu’une seconde pour se redresser lentement et se pencher pour atteindre ses lèvres et délicatement y poser les siennes. Ecaterina ferma les yeux avec un petit temps de retard, mais ne relâcha pas son étreinte, au contraire ; elle glissa sa main sur l’épaule du jeune homme en réduisant davantage l’espace qui les séparait. Plus rien n’avait d’importance maintenant, elle ne réfléchissait plus ; elle avait enfin osé faire ce dont elle avait envie depuis des jours. Il ne s’agissait peut-être que d’un petit baiser innocent, mais pour elle, cela signifiait bien plus ; elle n’avait pas eu besoin de parler pour lui faire comprendre qu’elle ressentait plus que de l’amitié pour lui. Fermant étroitement les paupières, c’est après un moment qu’elle se contraint à rompre son baiser et à rouvrir les yeux, la respiration incertaine. Se trouvant à quelques centimètres à peine du visage de Gale, elle sentit la peur l’envahir quand elle ne parvint à déchiffrer sa réaction après son initiative. Elle avait peut-être fait une erreur, après tout, ce que Gale lui avait dit cadrait aussi avec une déclaration impromptue d’amitié. Ecaterina fronça soudainement les sourcils, baissant la tête d’un même chef ;

« Pardon, je suis… je suis désolée. » Un peu plus, ses sourcils se froncèrent, elle ferma brièvement les paupières en glissant nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille ;

Elle était embarrassée, troublée et comme depuis le début, elle ne savait pas quoi dire pour rattraper la situation. Ecaterina l’avait embrassé sans savoir réellement ce que Gale avait voulu dire. C’était une erreur, mais en même temps ; est-ce que c’était aussi mal que ça ? Totalement perdue, la jeune fille pinça doucement les lèvres, estompant le peu de baume qui recouvrait sa bouche maintenant. La seule chose qui lui vint à l’esprit fut de se lever avec hésitation et de quitter son siège. Cat ne regrettait absolument pas de l’avoir embrassé et –elle avait menti, elle n’en était même pas désolée, mais elle appréhendait la suite alors la meilleure chose à faire d’après elle c'était, d’au moins, s’éloigner de lui.


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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Mer 26 Oct - 22:58

Etait-il en train de rêver ? Les dernières paroles qu’avait formulées Gale résonnaient dans son esprit et il sentait que son cœur était sur le point de bondir hors de sa poitrine. A plusieurs reprises, il s’intima mentalement de se réveiller pour de bon, mais en vain. La caresse, la déclaration implicite d’amour : tout ça s’était bel et bien produit. Il s’apprêtait à fermer les yeux lorsqu’il vit le visage de Cat s’approcher du sien ; il se figea subitement et laissa la blondinette réduire l’espace désormais infime entre eux. Puis il ferma ses paupières. Le contact des lèvres d’Ecaterina contre les siennes était une nouvelle sensation qui le fit frissonner de plaisir. Craignant de commettre la moindre maladresse, le garçon se laissa guider par sa camarade, et ne réalisa que quelques secondes plus tard que cette dernière venait de glisser sa main sur son épaule. Malgré sa position inconfortable sur la banquette, Gale était heureux ; il avait du mal à réaliser ce qui lui arrivait et ne souhaitait qu’une chose : que ce moment s’éternise. Les lèvres d’Ecaterina étaient douces, sucrées, des saveurs qui lui donnaient envie d’y goûter, encore et encore. Son parfum avait envahi ses narines et, privé de sa vue, le jeune homme se laissait volontiers envoûter par cette association d’odeurs délicates. Flottant d’allégresse, il ne rouvrit les yeux que lorsque le contact fut rompu, et recula lentement son visage pour contempler celui de la jeune fille.

Un sentiment de regret s’entremêla à l’euphorie du blondinet. Pendant de nombreuses années, il avait été intimement convaincu qu’il ne pourrait jamais aimer personne. Persuadé de pouvoir surpasser ce genre de sentiment, il savait désormais qu’il avait eu tort. Durant toutes ces années, il n’avait jamais respiré le bonheur comme à cet instant et ce constat le fit douter. Etait-il passé à côté d’autres moments prospères comme celui-ci ? Peu l’importait, au fond. Il aimait Ecaterina et c’était réciproque ; rien ne pouvait détruire cet enivrement. Cette confusion sembla se lire sur son visage car son amie (devait-il l’appeler autrement ?) se confondit en excuse.

Il sourit, amusé. S’ils devaient commencer à s’excuser pour chaque acte inapproprié des dernières minutes, Gale était incontestablement le plus fautif. En cela, les deux adolescents se ressemblaient beaucoup ; ils doutaient constamment. Mais le blondinet n’était pas un idiot : ce baiser signifiait clairement quelque chose et il n’était désormais plus question de réfléchir à outrance avant de passer à l’acte. Cat n’avait pas de raison de lui demander pardon et il devait le lui faire comprendre ; pourtant, il était persuadé que les mots ne suffiraient pas. Alors, recouvrant un peu ses esprits, le jeune homme esquissa un large sourire puis plongea son regard dans les pupilles de son interlocutrice. Refoulant sa peur, il ne lui fallut que quelques secondes pour tendre ses mains et les glisser avec adresse contre les joues de sa camarade. Avant qu’elle n’ait pu dire mot, il l’embrassa avec ardeur, creusant avec le bout de ses doigts dans sa chevelure fine et brillante. Enflammé par son désir, Gale fut émerveillé par sa propre réaction : il s’enivrait du contact des lèvres de Cat contre les siennes et s’imprégnait de son parfum. Vibrant d’une profonde satisfaction, il se résigna à rompre leur lien, beaucoup trop vite à son goût, et se redressa convenablement sur son siège. « Ecaterina, je… » Murmura-t-il avant qu’une idée ne lui traverse l’esprit.

Cherchant par tous les moyens à mettre des mots clairs sur ses sentiments, il saisit avec douceur la main gauche de sa camarade qu’il plaqua contre sa propre poitrine. Il recouvrit sa main douce et frêle avec la sienne et parvenait à sentir même au travers les battements accélérés de son cœur. « Tu sens ça ? » lui demanda-t-il sans attendre de réponse de sa part –son regard solennel tranchait avec l’expression réjouie qui faisait briller ses yeux bleus. « Je ressens la même chose à chaque fois que je t’aperçois. » Il baissa sa tête, cherchant ses mots, mais reprit le dessus rapidement ; il était trop tard pour faire marche arrière. Il voulait que Cat sache quels étaient ses vrais sentiments pour elle, et ces palpitations semblaient être la meilleure preuve possible. « Au début, tout ça n’était pas très clair et j’avais du mal à réaliser ce qui était en train de m’arriver. Mais depuis cette histoire, à la librairie, je sais. » Sa voix tremblotait mais ses propos étaient clairs. D’un geste, il décolla la main d’Ecaterina et l’entrecroisa à nouveau avec la sienne ; il voulait que ce contact perdure.

« Mon cœur t’appartient depuis notre accident » expliqua-t-il, toujours incertain de la portée de ses mots. « Je… » hésitant, il porta la main de sa camarade vers le haut et y déposa un baiser furtif. Toutes ces prises d’initiative, c’était nouveau pour lui –mais il n’en démordait pas, il fallait qu’il aille jusqu’au bout. « Je… » Il releva son regard vers la blondinette, qui devait s’impatienter et aspira une grande bouffée d’air frai. « Je t’aime, Cat » déclara-t-il enfin, avec incertitude, et l’anxiété lui fit fermer les yeux comme par crainte d’une réaction inattendue de la part de sa camarade. Tout était dit, désormais, et Gale ne se sentait pas soulagé pour autant. Effrayé à la perspective que ses sentiments soient trop forts, démesurés aux yeux de la jeune fille, il avait tout de même pris le risque de mettre en danger leur relation. Tiraillé par ce trop-plein d’émotions en si peu de temps, il resserra la main de la jeune fille un peu plus.
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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Jeu 27 Oct - 22:56

La jeune fille resta silencieuse, examinant la moindre des réactions de Gale qui paraissait si confus qu’elle ressenti comme le besoin de s’excuser –ce qu’elle fit avec incertitude, cependant. Ecaterina l’avait embrassée sans qu’il ne s’y attende, sans réfléchir aux conséquences de son acte, et de l’effet désastreux que cela pourrait bien avoir sur leur relation. C’était exactement ce qu’elle avait reproché à Finn. Maintenant qu’elle se retrouvait dans sa position, elle trouvait tout cela bien moins évident. Bien sûr, les choses étaient relativement différentes, il n’y avait pas de tiers personne d’incluse dans cette histoire et au fond, elle était tellement sûre des sentiments qu’elle éprouvait à son égard que sur le moment, Ecaterina ne s’inquiéta même plus de savoir si Gale ressentait la même chose pour elle. Pourtant, quand le silence retomba, et que ses pupilles claires se plongèrent dans celles du jeune homme, un sentiment étrange l’enveloppa ; si elle avait commis une erreur, elle ne pourrait jamais se le pardonner. Et s’il la repoussait ? Si Gale lui disait qu’il valait mieux qu’ils restent amis, et qu’ils gardent leurs distances pendant un temps, calquant ce même discours dont elle avait gratifié son ami quarterback ? Ecaterina en était persuadée ; elle ne pourrait pas l’accepter, mais en même temps, elle ne pouvait pas obliger quelqu’un à l’aimer ; elle était perdue.

La blondinette voulait se lever juste pour essayer de recouvrer ses esprits, et rassembler ses idées. Il fallait que Gale comprenne que ce qu’elle ressentait pour lui était sérieux. Néanmoins, Cat n’avait aucune idée de la façon dont elle pouvait mettre les choses en forme pour le lui dire sans paraître trop naïve. Encore un temps, Ecaterina regarda son visage ; il ébaucha un sourire qui la rassura, mais pas assez pour calmer les battements de son cœur qui étaient si accélérés que cela en devenait douloureux. Dans une tentative désespérée, Cat détourna le regard, et s’apprêtant à se lever, elle soupira par dépit. Seulement, les mains de Gale encerclèrent doucement son visage, et il l’embrassa à son tour.

Ecaterina n’était pas une experte en la matière. Quand Finn l’avait embrassée, elle n’avait pas aimé le contact de ses lèvres contre les siennes, parce qu’elle ne le considérait pas comme un petit ami potentiel, qu’elle l’aimait, certes, mais pas de la bonne façon. Elle n’en gardait pas un très bon souvenir. Elle essayait de l’oublier, mais il s’agissait de son premier baiser, comment était-elle censée faire l’impasse sur ce détail ? Elle était bien obligée de vivre avec l’idée que cette première expérience avait été une catastrophe. Mais ici, dans cet amphithéâtre, les choses n’étaient pas les mêmes : Gale était le garçon qu’elle aimait, et ses gestes étaient si tendres, si parfaitement synchronisés qu’elle préféra se laisser conduire. Gale glissa ses doigts dans ses cheveux, et une vague de chaleur se répandit dans tout son corps. Elle qui pensait être pleinement satisfaite par ce baiser, ne put refouler cet élan d’exaltation qui la poussa à souder son visage à celui de Gale, et à poser à son tour, sa main droite sur sa nuque ; même si un petit doute subsistait dans son esprit, Ecaterina était à moitié convaincue que le jeune homme ressentait peut-être lui aussi bien plus que de l’amitié pour elle.

Gale rompit leur baiser. Ecaterina ferma davantage les paupières quand il s’éloigna d’elle, laissant sa main glisser une nouvelle fois sur son épaule, la bouche encore entrouverte. Ce genre de baiser faisait partie de ceux qui lui donnait envie d’en recevoir d’autre, et une pointe de frustration s’empara d’elle quand leurs lèvres se détachèrent brusquement. Le murmure prononcé par le jeune homme lui fit enfin ouvrir les yeux. Presque instinctivement, son regard se posa sur sa bouche, il lui fallu plusieurs secondes avant de planter ses pupilles dans les siennes, et prendre conscience qu’il voulait lui parler. Gale lui prit la main, et d’un même chef, Ecaterina récupéra la deuxième délicatement, frôlant du bout des doigts l’ovale de son visage ;

Quand il posa sa main sur sa poitrine, elle esquissa un sourire ; s’il savait à quel point son cœur pouvait lui aussi battre fort. Gale recouvra sa petite main avec ses doigts, et Ecaterina pencha doucement la tête, laissant ses cheveux dégringoler sur le côté de son épaule, elle passa alors en revue chaque détails de son visage, chaque expressions ; ils ne se connaissaient pas tellement, au final. Gale ignorait des tas de choses sur elle, et réciproquement. Ils parlaient beaucoup, c’est vrai, mais certains aspects de leurs vies n’avaient jamais été abordés ; cela n’empêchait pas pour autant que la blondinette avait l’impression de le connaître par cœur. Gale parla de la librairie, et Ecaterina émit un léger rire ; c’était aussi à ce moment qu’elle avait eu le déclic. Non, en réalité, elle l’avait eu bien avant, mais c’est à partir de cette soirée très précise qu’elle avait décidé d’arrêter de renier l’évidence ; elle était amoureuse de lui.

Il était difficile pour Ecaterina de mettre des mots sur ce qu’elle ressentait à présent. Elle était heureuse, cela ne faisait aucun doute, mais en même temps, un sentiment d’angoisse la contraignait à ne pas parler. La jeune fille tendit sa main libre, dégageant les cheveux que Gale avait sur le front en l’écoutant attentivement ; elle saluait son courage parce qu’elle était tout bonnement incapable de faire la même chose que lui et de dire aussi clairement ce qu’elle éprouvait sans avoir l’impression d’en faire des tonnes. Elle voulait lui avouer des tas de choses, être précise, mais elle n’y parvenait pas ; les mots ne voulaient pas sortir. Ce petit sentiment de culpabilité s’intensifia lorsque Gale prononça les trois mots qu’elle pensait très fort, mais qui ne voulaient pas se frayer un chemin entre ses lèvres ; il l’aimait c’était sûr, il venait de le lui dire. Instantanément, la jeune fille releva la tête. Sa gorge se serra soudainement, et ses yeux s’embuèrent aussitôt ; elle paniquait.

« Gale, je… » commença-t-elle, mais sa voix se brisa rapidement. Personne ne l’avait jamais aimé pour ce qu’elle était vraiment, personne ne lui avait même jamais dit, et son initiative la bouleversa, car elle était consciente qu’elle mettrait beaucoup de temps à lui rendre la pareille ; pourquoi devait-elle toujours trouver un moyen de rendre les choses faciles, aussi compliquées ?

Gale resserra l’étreinte de leurs doigts, Ecaterina choisit pourtant ce moment pour la défaire. La tête baissée, elle fronça les sourcils avant de passer discrètement un doigt au coin de son œil gauche pour vérifier si elle ne pleurait pas ; non, elle tiendrait bon, mais sa carapace en avait pris un sacré coup. Dorénavant, elle ne pouvait plus faire semblant, et la Cat vulnérable qu’elle tentait de cacher depuis des mois était plus que jamais présente ;

« Je suis amoureuse de toi. » reprit-elle en relevant la tête ; elle se pencha, et déposa un furtif baiser sur les lèvres de Gale, avant de se reculer légèrement pour affronter son regard « Vraiment, et je veux vivre quelque chose avec toi. Je… » Les trémolos de sa voix la perturbérent ; elle détourna la tête puis se leva pour de bon cette fois « C’est nouveau pour moi, tout ça. Je ne pense pas être faite pour ce genre de chose, je suis trop… pas assez… »

Une nouvelle fois, Ecaterina fronça les sourcils en fermant les yeux. Elle pivota sur ses pieds, tournant le dos à Gale. Nerveusement, la jeune fille passa ses mains dans ses long cheveux, maintenant les mèches avec ses doigts crispés un instant ; elle inspira une légère bouffée d’air, puis se retourna en continuant, les yeux brillants « Je te fais confiance, alors promets-moi que tu ne me laisseras pas te faire de mal. »
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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Dim 6 Nov - 0:49

Gale n’était pas étranger aux déclarations d’amour ; à vrai dire, sur scène il avait eu l’occasion d’en formuler à de nombreuses reprises. Mais ici, même si le lieu pouvait sembler de circonstance, ça n’était pas le comédien en herbe qui avait parlé. Seul son cœur l’avait guidé. Comme à chaque fois qu’il ressentait la présence de la blondinette, sa carapace d’acteur était neutralisée et il devait faire face à des sentiments sous-jacents que, pourtant, il parvenait habituellement à refouler avec aise. Cat était la seule personne qui lui faisait cet effet-là, et même s’il était rassuré à l’idée de pouvoir agir spontanément avec la jeune fille, il craignait de souffrir s’il s’avérait que son amour n’était pas réciproque. Son soulagement suite à sa déclaration fut de bien courte durée lorsqu’il constata son impact sur la blondinette ; troublée, elle semblait peiner à lui répondre. Sceptique, le jeune homme coula un regard en biais vers le piano tout en se mordillant la lèvre inférieure. Se pouvait-il que ces deux baisers ne signifient rien ? Confus, il regrettait amèrement la leçon de piano initialement prévue. C’était sans doute la dernière fois qu’il oserait parler avec la jeune fille et la perspective de la croiser quotidiennement avec l’indifférence la plus totale lui fendait le cœur. Il ne tiendrait pas le choc.

Cat brisa le silence et le son mélodieux de sa voix fit émerger le jeune homme. Il plongea à nouveau son regard sur le visage de sa camarade, vraisemblablement prête à lui avouer quelque chose, et ne pipa mot. Elle lui déclara, à sa plus grande stupeur, qu’elle aussi était amoureuse de lui. Subitement soulagé, le garçon soupira discrètement. Il tenta de glisser quelques mots à son tour mais fut interrompu par la blondinette ; celle-ci, furtivement, lui avait déposé un baiser sur les lèvres. Un sourire illumina le visage du jeune garçon, et en l’espace de seulement quelques secondes, tous les nuages de doutes qui planaient sur sa tête s’étaient dissipés. Réalisant soudainement la situation, son visage se rembrunit alors qu’il songeait avec intérêt au tournant que venait de prendre leur relation et ses conséquences. Même s’il savait pertinemment que ses rapports avec la jeune fille ne changeraient pas, il ne put s’empêcher de s’imaginer traversant fièrement les couloirs du lycée à ses côtés tout en serrant sa main. Il émit un léger rire : la seule personne à laquelle il devait montrer son amour, c’était elle. Pas ces potiches invétérées de cheerios, et encore moins ces brutes épaisses de footballeurs.

La jeune fille poursuivit son discours et se leva pour s’éloigner ; elle prétendait qu’elle n’était pas faite pour ce genre de relation. Perplexe, Gale fit passer une jambe de l’autre côté de la banquette pour faire face à la blondinette qui lui tournait dos. Il réfugia ses mains dans ses poches puis fixa d’une œil circonspect la chevelure d’Ecaterina. Au fond, il savait où elle voulait en venir. Lui-même n’y connaissait rien en amour et il était certain que ses maladresses à répétitions ne tarderaient pas à se multiplier maintenant que leurs rapports seraient différents. Mais son amour, lui aussi, était bien réel. Ne valait-il donc pas la peine d’être vécu, au prix de quelques risques évidents ? Il ne se posait désormais plus la question et se sentait prêt à convaincre la jeune fille, pourtant, elle n’émit qu’une seule condition. Leurs regards se croisèrent et l’adolescent tenta de percer la signification de ces derniers mots. Comment Cat pouvait-elle lui faire du mal ? Eludant mentalement la question, il se contenta d’acquiescer. « Promis » précisa-t-il avec sérieux.

Trouvant soudainement la banquette inconfortable, le jeune garçon se leva à son tour et après avoir caressé de l’index le couvercle du piano, se rapprocha d’Ecaterina pour finalement se poster en face d’elle. Debout, les choses étaient différentes, leurs tailles respectives leur offrant une certaine distance de sécurité. « J’aimerais que tu me promettes quelque chose en échange » dit-il avec une pointe d’amusement dans sa voix. Son sourire se dissipa puis il fixa avec douceur les pupilles de la jeune fille, attentive. « Quoiqu’il se passe entre nous, je veux que tu restes la même. Fidèle à toi-même, quoiqu’il arrive » . Son expression grave était sincère et il ne put s’empêcher de caresser d’un geste expert quelques mèches de la jeune fille –il en avait tellement envie que, maintenant que l’opportunité lui était offerte, il ne pouvait pas laisser passer sa chance. « Tu es une fille belle, drôle, intelligente et même si je sais que tu en doutes, j’ai envie que tu te voies telle que tu es vraiment » . Il baissa légèrement sa tête en avant et déposa un baiser sur le front de la jeune fille ; à l’endroit exact où, quelques mois plus tôt, il l’avait blessé involontairement. Puis, sans attendre de réaction de la part de la blondinette, il l’encercla de ses longs bras et l’enlaça tendrement. « Je suis là pour toi, Cat. Pour quoi que ce soit. »

Certes, Gale ne connaissait pas parfaitement Cat. A vrai dire, il ignorait beaucoup de détails sur sa vie et ne demandait qu’à en apprendre davantage à son sujet. Mais à cet instant, son cœur vibrait d’une profonde satisfaction et ce sentiment lui suffisait largement. Il aimait Cat. Cat l’aimait. Il n’avait pas besoin d’en savoir plus ; rien ne pouvait briser cette confiance aveugle qu’il lui vouait. Pour la première fois de sa vie, Gale se sentait prêt à tout pour protéger quelqu’un d’autre. Il n’était certainement pas le petit ami idéal, ça ne faisait aucun doute. Mais lorsqu’il sentait la jeune fille blottie contre lui, il se sentait plus fort que jamais.
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MessageSujet: Re: 08. Quand les sentiments dépassent la raison.   Dim 6 Nov - 23:00

Si Gale n’avait pas pris l’initiative de lui révéler ce qu’il ressentait vraiment pour elle, Cat n’aurait sans doute pas eu le courage de le faire. Elle ne plaisantait pas quand elle disait ne pas être douée pour ce genre de relation. L’amour était déjà un sentiment plutôt compliqué, on le lui avait déjà expliqué à de maintes reprises. Tout lui paraissait tellement abstrait, trop hors de sa portée qu'elle était sincèrement persuadée de ne pas être faite pour ça. En plus d'être novice, Ecaterina avait littéralement peur de souffrir. C’était toujours la même rengaine, elle en était consciente et elle-même se lassait parfois de sa complexité : elle avait déjà beaucoup trop souffert, elle n’aurait pas dit non à quelques années de répit. C’est vrai qu'à cause de cela, elle préférait tout garder pour elle, aux risques de laisser filer sa chance et de faire une croix sur les quelques personnes qu’elle pensait aimer –ou tout du moins, apprécier. Les gens à qui elle tenait le plus l’avait tous à un moment donné fait souffrir. Vivre ensemble ou mourir seul, disait-on ? Il semblait qu’Ecaterina avait déjà fait son choix et depuis bien longtemps –c’était peut-être triste, mais c’était comme ça, après tout. Cependant, la jeune fille ne s’était pas imaginée que tout ses plans déjà bien organisés seraient un jour chamboulés à la pensée même de ces deux beaux yeux bleus qu’elle sentait fixés sur son dos et ce sourire qu’elle adorait ; elle était maintenant forcée de revoir sa partition et rapidement. Ecaterina n’avait pas le droit à l’erreur.

L’argumentation était bien trop facile à utiliser : il était évident qu’on ne lui avait pas donné le bon exemple alors, comment était-elle censée se débrouiller avec les fondations bancales qu’on lui avait fournies ? Ecaterina était de bonne foi, elle essayait de faire des efforts pour s’ouvrir aux autres. Elle s’était adoucie depuis quelques temps, elle avait accepté le fait qu’elle était amoureuse de Gale –elle pouvait difficilement le nier à vrai dire. Cette conversation à cœur ouvert n’était pas comparable à tout ce qu’elle s’était imaginée. Non, c’était bien mieux en réalité, nettement et irrévocablement. Néanmoins, cherchant toujours le moyen de se trouver des défauts en plus, la blondinette était donc farouchement convaincue d’être née avec un gène spécial, celui qui l’obligeait inconsciemment à faire du mal aux autres –encore aurait-il fallu que le gène de la souffrance existe. Cette phrase qu’elle venait de prononcer paraissait peut-être désuète, mais elle ne l’était pas : Cat ne voulait pas faire souffrir Gale, jamais. Peut-être qu’elle exagérait et que sa condition paraissait stupide aux yeux du jeune homme, mais elle comptait vraiment sur lui : Ecaterina le savait incapable de la faire souffrir en retour alors, il faudrait qu’il l’aide et lui apprenne à devenir aussi téméraire que lui.

La promesse que lui fit Gale lui permis de se détendre un peu. Elle s’en voulait d’être aussi maladroite, de ne pas être capable de lui rendre la pareille et de ne pas pouvoir être aussi sincère qu’il l’avait été avec elle. Ecaterina savait qu’elle l’aimait au moins autant –si ce n’est davantage- que lui semblait l’aimer, mais elle ne savait pas comment l’exprimer. Elle se sentait un peu égoïste de ne pas pouvoir le partager avec lui parce que ce sentiment était extraordinaire. Ce qui lui manquait, c’était de vraiment lui faire comprendre qu’elle était prête à tout pour lui… cela viendrait avec le temps. Il fallait peut-être qu’elle soit patiente et qu’elle règle quelques problèmes avant de parvenir à franchir ce cap –il l’aiderait, il lui avait promis.

Quand il se leva à son tour, Ecaterina le suivit des yeux. Elle se demandait comment elle avait réussi à ne pas craquer durant toutes ses semaines alors qu’elle avait l’impression d’avoir envie de l’embrasser constamment. Ce qui à la réflexion, n’était pas du tout déplaisant, mais ils étaient au lycée et Ecaterina n’était pas du genre à se compromettre. Délicatement, elle glissa une mèche de cheveux derrière son oreille puis leva la tête quand Gale arriva en face d’elle : il était beaucoup plus grand, cela l’amusa parce qu’elle était parvenue à oublier ce détail lorsqu’ils étaient encore assis. Les remarques sur leur différence de taille risqueraient d’être nombreuses, ce qui lui fit esquisser un furtif sourire ; ils étaient un couple, maintenant.

Gale était face à elle, désormais et il lui demanda une faveur en échange de celle qu’elle-même lui avait demandé. Ecaterina pencha doucement la tête et pinça les lèvres, attendant patiemment sa requête. Une petite pointe d’appréhension fit s’accélérer son cœur, elle parvint, toutefois, à rester suffisamment calme et quand il reprit la parole, elle ébaucha un sourire, touchée par ses propos. Pourtant, elle ne put s’empêcher de ressentir de l’embarras : elle avait comme l’impression que Gale avait une estime bien trop haute d’elle. Il serait déçu en apprenant à la connaître davantage : elle n’était pas cette fille qu’il venait de décrire. Mais tant pis, quitte à jouer les égoïstes, autant le faire jusqu’au bout. Cat n’était plus prête à le laisser filer et tant qu’il garderait cette image d’elle, ils seraient ensemble… elle évita donc de le contredire et glissa naturellement ses bras autour de son cou. Une petite impulsion lui permis de se hisser sur la pointe des pieds pour qu’elle puisse affronter son regard.

« Hey, regarde-moi. » La jolie blondinette attrapa doucement le menton du jeune homme et tourna son visage pour qu’il la regarde bien en face. Ses yeux l’examinant avec attention, elle empoigna avec délicatesse les cheveux sur sa nuque puis fronça les sourcils dans une fausse mine boudeuse « Ne sois pas si sérieux. » chuchota-t-elle exagérément avant de déposer deux petits baisers consécutifs sur ses lèvres. Aussi, Ecaterina resserra son étreinte quand il lui dit qu’il était là pour elle. Se hissant davantage sur la pointe de ses ballerines, l'adolescente cilla un court instant puis fixa ses pupilles bleutées avec intensité « C’est réciproque, tu le sais ? Pour quoi que ce soit. » répéta-t-elle en réduisant encore l'espace entre eux et frôlant tout doucement sa bouche avec la sienne, n’y déposant aucun baiser cette fois.

Ecaterina ne savait pas que la sonnerie résonnait aussi dans l’auditorium et quand le cri strident de celle-ci retenti dans l’endroit majestueux, elle ferma les paupières avec force et posa son front contre le menton de Gale.

« J’ai cours. » bougonna-t-elle. A contrecœur, elle laissa glisser ses bras pour enfin le libérer de son étroite étreinte. Ecaterina n’avait pas envie de partir et prenant une mine tristounette, elle se dirigea d'un pas trainant vers son sac posé au sol pour le récupérer. Elle se tourna ensuite vers le jeune homme en plissant les paupières « Alors… c’est officiel, nous deux ? » demanda-t-elle en toute connaissance de cause. Elle le couva du regard et détourna la tête ; un sourire incontrôlé se dessina au coin de ses lèvres. Glissant son sac sur son épaule, elle le rejoignit en arquant un sourcil, l’air malicieux « Merci pour cette fabuleuse leçon de piano, professeur. » ajouta-t-elle en riant brièvement. Soudainement, elle écarquilla les yeux, le pointant du doigt « Oh, mais attends. » Elle se souvint de sa blague du début du cours –sur un potentiel baiser volé et se forçant à froncer les sourcils, elle murmura « Je t’ai embrassé la première... » Elle s'approcha un peu plus en redressant lentement la tête «... et tu sais ce que ça veut dire ? » Ecaterina se hissa une nouvelle fois sur la pointe des pieds pour lui voler un dernier baiser ; elle ajouta dans un autre murmure rauque « Que tu ne devrais pas me faire confiance. » Puis enfin, elle le regarda furtivement –non sans intensité puis se dirigea vers les quelques marches qui lui permettrait de descendre de scène.

Elle n’avait pas besoin de lui dire qu’ils se reverraient dans la journée, cela lui paraissait tellement évident. D’ailleurs, ils se verraient tous les jours de la semaine, ils étudiaient dans le même lycée. En passant dans la fosse devant la scène, Ecaterina gratifia Gale d’un dernier sourire et obliqua pour monter les marches jusqu’à la sortie ; ils se reverraient dans la journée, elle ne devait pas s’en faire... il n’y avait aucun doute.

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08. Quand les sentiments dépassent la raison.

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