Choriste du mois


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 01. [Ashmore'] Tristes retrouvailles

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MessageSujet: 01. [Ashmore'] Tristes retrouvailles   01. [Ashmore'] Tristes retrouvailles EmptyMer 26 Oct - 21:02

Citation :
Mon cher Ezrael,

Il est 1h du matin dans l’Ohio, ce qui signifie qu’en Angleterre il doit déjà être 7h, et tu dois probablement déjà être debout, devant ton thé, en bon anglais qui se respecte. Je reviens à peine de la soirée de célébration de remise des diplômes. J’ignorais qu’il était possible de boire autant d’alcool ! Clayton m’a ramené, comme il sait que je ne bois pas d’alcool il a tenu à rester sobre, mais j’ai assisté à un drôle de jeu consistant à boire le plus de verre en un temps limité, et le perdant doit boire encore davantage. C’était très étrange.
Il me tarde de pouvoir montrer mon diplôme à mes parents. J’ai travaillé si dur pour en arriver là, et ces cinq dernières années auront été parmi les plus éprouvantes de toute ma scolarité. Et voilà, je suis diplômée, et je peux si je le souhaite poursuivre et devenir généticienne. Pour l’heure, je ne suis pas encore fixée.

Je rentrerais début Septembre, j’ai eu la possibilité de rester travailler avec mon professeur tout l’été. J’ai hâte de revenir à Lima, de revoir ma famille, mes amis, de te revoir. Cinq années sans se voir, tu te rends compte ? Je ne pensais pas du tout que partir étudier dans deux universités différentes –deux pays différents, même- serait aussi pénible. Mais je suis contente, et impatiente de te revoir. D’après ta dernière lettre, tout va bien pour toi et j’en suis très heureuse. Tu passeras le bonjour à ta petite amie de ma part, et à ta sœur par la même occasion. Je trouve ça bien que vous viviez ensemble, je sais à quel point la famille c’est important pour toi. Et j’adore Nora, alors j’espère avoir l’occasion de la revoir très bientôt. D’ailleurs, à partir de maintenant j’enverrais tous mes courriers à l’adresse que tu m’as indiqué dans ta dernière lettre.
C’est une lettre assez courte, mais comme tu t’en doutes je suis épuisée, et puis d’ici quelques semaines nous aurons l’occasion de nous revoir. Mes parents sont en pleine organisation du mariage de ma petite sœur –tu te rends compte ! Tous mes frères et sœurs sont mariés à présent, je suis la seule à ne pas avoir la bague au doigt. J’espère que mes parents n’essaieront pas de me trouver un époux dans notre paroisse.

J’ai hâte d’être en Septembre, pour te revoir.
Avec toute mon affection,
Christa.


« Tu n’es plus notre fille. Tu n’as plus ta place ici. »

Christabella se repassait sans cesse ces terribles mots, que son père lui avait jeté au visage quelques heures auparavant. Elle avait patiemment attendu devant le pas de la porte, après que Leah l’ait déposé chez elle, que ses parents, ses frères et sœurs, rentrent de la paroisse. On était dimanche, et une fois par mois toute la famille Gillespie participait activement aux activités de l’Eglise, et c’est donc pendant plusieurs heures que Christabella avait patienté, déambulant dans le quartier, retrouvant peu à peu ses marques. Elle avait tant attendu ce moment, le moment où elle pourrait montrer fièrement son diplôme universitaire, celui qu’elle s’était donné tant de mal à obtenir. Elle se souvenait très bien du jour où elle avait quitté la maison de ses parents pour investir sa petite chambre universitaire, dans une résidence exclusivement habitée par des filles, et pendant cinq longues années elle avait travaillé avec acharnement, sacrifiant une année d’étude pour travailler dans un laboratoire, ce qui lui avait apporté une expérience non négligeable. A présent, elle pouvait poursuivre en se spécialisant en génie génétique, et elle avait tellement attendu le moment où elle dévoilerait son diplôme à ses parents. Elle était la seule des filles Gillespie à être allée à l’université, et elle voulait que sa famille partage sa joie d’être parvenue aussi loin.
Malheureusement, rien ne s’était passé comme elle l’avait prévu. Lorsque sa famille avait fini par rentrer, Christabella s’était retenue de leur bondir dessus. Elle ne les avait pas vus depuis près d’un an ! Mais ses frères et sœurs étaient passés près d’elle en lui accordant brièvement un regard et en murmurant un vague bonjour, et elle s’était retrouvée seule avec ses parents. Au souvenir de cette terrible conversation, le cœur de Christabella se serra, et elle ferma les yeux de toutes ses forces. Ses parents lui avaient reprochés d’avoir fait des études, d’être allée vivre loin de la maison familiale pendant ces cinq dernières années, et surtout, surtout, d’avoir eu un petit ami au lycée. Les choses avaient pris une tournure horrible, ses parents la traitant de fille facile –le terme qu’ils avaient utilisés avait terriblement blessé Christabella- et son père, furieux, l’avait finalement jeté dehors…

Choquée, la jeune femme était restée de longues minutes devant la porte de la maison de ses parents, sa valise à ses pieds. Entre temps, la pluie s’était mise à tomber à grosses gouttes et elle s’était vite retrouvée trempée. Ne sachant quoi faire, elle avait attrapé sa valise, et s’était mise à marcher sans but. Le ciel s’assombrissait à mesure que les heures s’écoulaient, et alors que la plupart des gens courraient à travers les rues pour rentrer chez eux, s’abritant sous leur parapluie, Christabella marchait. Elle ne comprenait pas ce qui s’était passé. Elle ne comprenait pas pourquoi rien ne s’était déroulé comme elle l’avait escompté. Le matin même, elle avait choisi avec soin ses vêtements, parce que même si elle devait revoir ses parents, elle avait aussi prévu de passer voir Ezrael un peu plus tard. Elle avait longuement hésité avant de choisir un jean, une paire de ballerines argentées et une jolie chemise bohème bleue. Ces cinq années à Colombia l’avaient poussé à s’occuper un peu plus de son apparence, et elle prenait plaisir à s’habiller de façon plus féminine qu’au lycée. Terminée les pulls informes, et les tenues qui couvraient chaque parties de son corps. Même entièrement boutonnée, sa chemise dévoilait le bas de son cou, et l’adolescente qu’elle avait été, n’était plus. La jeune femme qu’elle était devenue était simple, mais féminine, et elle avait même eu l’audace de se percer les oreilles, où brillaient deux petites pierres bleues. Son diplôme en poche, elle avait coupé ses longs cheveux bruns, qui lui arrivaient à présent juste au menton. Mais pour l’heure, sous la pluie diluvienne, ils retombaient en mèches humides autour de son visage dégoulinant de pluie et de larmes mêlées. Sa jolie chemise était plaquée contre son corps, et elle avait les pieds gelés. Un éclair illumina le ciel, et le tonnerre qui suivit lui fit lever les yeux. Qu’allait-elle faire, à présent ?
Elle plongea la main dans sa poche et en sortit son téléphone portable. Devait-elle appeler Leah, ou Cassandra ? La première avait un shooting de prévu, et devait être occupée. Quand à la seconde, Christabella ne savait pas ce qu’était devenue sa vie. Résignée, elle rempocha son téléphone, et se remit à marcher, le cœur serré. C’est quand elle leva à nouveau les yeux qu’elle réalisa que ses pas l’avaient menés directement devant la porte de chez Ezrael. Inconsciemment, elle avait marché jusqu’à son nouvel appartement, celui qu’il partageait avec sa sœur. Cela faisait des heures qu’elle déambulait au hasard, passant et repassant dans les mêmes rues, elle était épuisée et malheureuse comme les pierres… et elle se retrouvait sur le pas de la porte de son ancien petit ami. Sans même s’en rendre compte, elle tendit le doigt et appuya sur la sonnette. Lorsque la porte s’ouvrit, toute la peine qu’elle éprouvait la submergea et elle laissa les larmes couler à nouveau sur son visage. Eclatant en sanglot, elle hoqueta quelques mots :

« Ils m’ont jetés dehors. »
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MessageSujet: Re: 01. [Ashmore'] Tristes retrouvailles   01. [Ashmore'] Tristes retrouvailles EmptyVen 28 Oct - 2:26

Ezrael et Nora Ashmore ouvraient les derniers cartons de fournitures qui composaient leur vie. Ils déballaient chaque objet avec précaution, et leur octroyait une place aléatoire sur les étagères récemment posées. Quelques gestes répétitifs qui commençaient à devenir terriblement rébarbatifs après deux jours de rangement et d’installation, sans répit. Pourtant, ce déménagement s’annonçait pour l’un comme pour l’autre, comme un nouveau départ et une nouvelle ère, et cette simple idée plongeait les deux jeunes gens dans la joie et la bonne humeur.

Nora venait de se voir offrir son premier poste à temps complet et à durée indéterminée, suivit du salaire qui correspondait, bien entendu ; il s’agissait d’une véritable opportunité de se sédentariser pour de bon, pour elle, et de voir sur une période à long terme, ce à quoi les quelques années à venir pourraient ressembler. Quant à Ezrael, il était au beau milieu de ses études de médecine, et s’était décidé à revenir sur les pas de son adolescence, alors qu’il n’aurait jamais pensé, cinq ans plus tôt, remettre les pieds à Loserland, mieux connu sous le nom de Lima. Beaucoup disent que la vie est faîte de cycles, peut-être qu’en effet, le jeune homme était destiné à rester dans cette fameuse ville où il avait déjà passé trois ans de sa vie, et où il avait vécu tant de choses, aussi bien pénibles que palpitantes.

Alors qu’Ezrael terminait d’ordonner ses dernières affaires, Nora proposa qu’ils passent une petite soirée tous les deux en tête à tête et qu’ils rattrapent le temps perdu, depuis ces dernières années. Il fallait dire que la fratrie Ashmore n’avait pas eu la possibilité de se retrouver ensemble depuis le mariage de leur aînée, Delilah, et la naissance de leur adorable neveu, Milo, deux ans et demi plus tôt. Leurs relations familiales, bien qu’excellentes restaient des plus compliquées lorsqu’il s’agissait de se réunir au complet. Christian et Juliet, procréateurs de cette charmante lignée, vivaient à New York, dans un appartement d’une immensité cruelle, proposant une vue imprenable sur Central Park. À chaque fois que l’un de leurs enfants venaient pour leur rendre visite, le discours restait indubitablement le même : « cet appartement est vraiment beaucoup trop grand pour ton père et moi, pourquoi êtes-vous partis aussi loin, tous autant que vous êtes ? », et bien que cette réalité blessait profondément leurs parents, chacun préférait vivre leur vie aux quatre coins du monde. Del faisait officiellement sa vie à Cuba, auprès de son petit-ami, puis fiancé, et à présent mari, Joaquin, avec qui elle planifiait d’avoir des enfants, une maison digne d’un palace et un bateau pour se balader le dimanche après-midi. Nora s’était contentée de rester aux Etats-Unis faire ses études, mais elle ne pouvait cependant s’empêcher de se mouvoir de ville en ville, allant de San Francisco à Miami en passant par Phoenix, Washington D.C., Chicago, ou bien encore Colombus, où elle parvenait tout de même à rester suffisamment de temps pour étudier. Ezrael, quant à lui, s’était aventuré sur ses terres natales pour ses quelques années estudiantines. Il avait choisi la médecine, pour matière, au plus grand bonheur de son paternel, et avait eu l’honneur d’être accepté à Oxford pour suivre cette formation. Autant dire qu’il était très compliqué pour cette petite famille de se voir fréquemment et tous ensemble. C’est pourquoi, sans même une seule d’hésitation, Ezrael déposa un baiser sur la joue de sa chère sœur, et accepta avec plaisir la proposition qu’elle venait de lui faire.

    « Je vais nous faire à manger, dans ces cas là. Tu n’auras qu’à me rejoindre quand tu auras terminé. » ajouta-t-il avant de quitter la pièce.

Le jeune homme ouvrit les placards, à la recherche d’un casse-croûte pour deux, facile à préparer et convivial. Le point était vite fait ; il finit par jeter son dévolu sur une boîte de raviolis familiale, parfaite pour les repas improvisés. Ezrael sortit une casserole, ouvrit sa boîte de conserve, quand soudain la sonnette de l’interphone retentit dans l’appartement. Le jeune homme releva la tête, s’interrogeant sur qui cela pouvait bien être à une telle heure et à cette adresse encore inconnue du commun des mortels.

    « Tu attends quelqu’un ? » cria Ezrael à sa sœur, à l’autre bout de l’habitation. Elle répondit négativement, et il se précipita vers l’interrupteur.

Alors qu’il ouvrit la porte, une jeune fille monta les marches avant d’atteindre le pallier du troisième étage. Elle était brune, ses cheveux étaient mi-longs et trempés par la pluie torrentielle qui tombait dehors. Son visage semblait attaqué par le froid, la pluie et ce qui semblait être de la peine. Ses vêtements étaient déformés et collés à son corps, dû à toute l’humidité qu’ils renfermaient. Pourtant, elle restait cette belle et charmante jeune fille qu’elle avait l’habitude d’être. Ezrael la connaissait, et la connaissait même parfaitement bien. Il s’agissait de Christabella, sa petite amie de lycée, qu’il n’avait pas revue depuis près de quatre ans, à présent. Un étrange sentiment de flottement naquit dans son for intérieur. Il ignorait totalement ce qui était en train de se passer. Rêvait-il ?
Elle s’approcha de lui. Il discerna des larmes, couler sur le visage de la demoiselle, avant qu’elle n’éclate définitivement en sanglots sur le pas de sa porte. Elle semblait désespérée, et les quelques mots qu’elle prononça paracheva cette idée que se faisait Ezrael. Elle venait d’être mise à la porte par ses parents. Qu’avait-elle bien pu faire, pour mettre ses parents dans un tel état de fulmination ? Comment pouvait-on encore, de nos jours, jeter ses enfants dehors, sans scrupule ni culpabilité ?
Ezrael n’attendit pas une seconde de plus, et ne posa aucune question. Il s’approcha seulement de Christabella, et la prit dans ses bras. Il posa une main sur ses cheveux, l’autre dans son dos – comme au bon vieux temps –, afin qu’elle se calme et reprenne quelque peu ses esprits.

    « Calme-toi. Tout va bien se passer, j’en suis persuadé. » murmura Ezrael dans le creux de son l’oreille.

Le jeune homme avait du mal à comprendre la situation dans laquelle il se trouvait. Tout semblait complètement démentiel, et bien qu’il fût ravi de retrouver sa petite brune, ces retrouvailles ne semblaient pas en être.

    « Entre. Je vais te préparer un chocolat chaud. » finit-il par ajouter, après quelques instants de silence et sanglots sur le pallier.
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MessageSujet: Re: 01. [Ashmore'] Tristes retrouvailles   01. [Ashmore'] Tristes retrouvailles EmptyDim 30 Oct - 2:42

Pourquoi s'était-elle dirigé vers l'endroit où vivait Ezrael? Christabella ne savait même pas. Ils ne s'étaient pas revus depuis des années, et s'étaient contentés d'échanger des lettres et quelques coups de fil de temps à autre. Tous deux avaient été très occupés par leurs études, qui exigeaient de leur part beaucoup de temps et de travail, et s'ils avaient toujours pensé à se donner des nouvelles de manière régulière, la distance avait été bien trop grande pour leur permettre de garder ce lien si fort, qu'ils avaient au lycée. De plus, et malgré le fait que leur relation amoureuse ait été un des plus belles choses que Christabella ait connu, Ezrael s'était à ce jour remis en couple avec une autre, et Christa savait qu'il était heureux, ce qu'elle ne pouvait que lui souhaiter. Elle savait que le temps du "Christael" était révolu, et elle l'avait accepté. Et même si elle avait certes prévu de retrouver le garçon le plus tôt possible, à présent qu'ils vivaient à nouveau dans la même ville, elle n'avait certes pas pensé que cela se ferait de cette façon. Pourtant, ses pas l'avaient mené par automatisme à cette adresse, qu'elle avait du mémoriser sans y prendre garde. Bien que son esprit soit entièrement tourné sur la scène terrible qu'elle venait de vivre, son coeur brisé par les paroles de ses parents l'avait mené vers la seule personne qui l'ait toujours comprise, mieux que personne, le seul garçon qui ait su la faire frémir, le seul qu'elle ait jamais aimé : Ezrael.
Néanmoins, lorsqu'il ouvrit la porte, elle ne pensa pas un seul instant au bonheur qu'elle aurait du éprouver à le revoir, et éclata en sanglots. Quel triste spectacle elle devait offrir, debout dans l'entrée, trempée de la tête au pied, gelée et tremblante, à pleurer comme une madeleine. Elle qui s'était efforcée, lors de leur toute dernière entrevue, avant qu'il ne parte pour l'Angleterre, de lui laisser un souvenir agréable malgré la déchirure que leur rupture avait représenté, voilà qu'elle réapparaissait dans un état plus que pitoyable. Mais c'est sans hésitation qu'il la prit dans ses bras, sans tenir compte des ses vêtements mouillés, et il la serra dans ses bras, comme il avait toujours eu l'habitude de le faire du temps où ils sortaient ensembles, et même avant : avec beaucoup de délicatesse, comme si elle était un objet fragile à manipuler avec précaution, et toujours en lui laissant cet espace d'intimité qu'il n'avait jamais osé briser, sachant à quel point elle n'était pas prête à être proche d'un garçon. Ezrael n'avait pas changé, il était toujours aussi gentleman.

Le front posé sur l'épaule du jeune homme, Christabella continua de pleurer pendant ce qui lui semblait une éternité, et ce ne fut que lorsqu'elle parvint à calmer ses sanglots qu'il lui proposa d'entrer, lui offrant une boisson chaude pour se réchauffer. Alors la jeune femme réalisa à quel point elle avait froid, et un frisson la secoua. Elle le suivit, dégoulinante de pluie, ses bagages à la main, et resta un moment dans l'entrée de l'appartement, la porte close derrière elle, sans trop savoir quoi faire, les yeux gonflés et débordant de larmes. Hésitant, elle finit par poser ses valises, et inspira à fond pour se calmer. Suivant Ezrael jusqu'à la cuisine, elle finit par entendre un bruit en provenance d'une des pièces de l'appartement, et elle se figea.

" Ta soeur est là. " constata-t-elle d'une voix brisée, et elle renifla en se tordant les mains. " Je suis désolée, je ne voulais pas vous déranger, je sais que tu viens à peine de revenir, et je sais que tu es occupé, avec ton emménagement et ton internat qui commence... je ne sais même pas pourquoi je suis ici, ni même comment j'ai fini par arriver devant ton nouveau chez toi. Je ne savais pas du tout où aller. J'aurais pu aller chez Leah, c'est elle qui m'a récupéré à la gare, mais elle devait travailler. J'aurais pu aller chez Cassandra, mais je ne sais pas comment elle m'aurait accueillie, et je n'avais pas la force de... de subir ça une nouvelle fois. " débita-t-elle, le menton tremblant et en essuyant de nouvelles larmes qui coulaient.

Elle se laissa tomber sur une chaise et serra ses deux mains l'une contre l'autre pour les empêcher de trembler. Ses cheveux goûtaient dans son cou mais elle ne le remarqua pas, trop occupée à fixer la table pendant qu'Ezrael s'affairait dans la cuisine, et elle accepta le chocolat chaud avec gratitude. Après une gorgée bienfaitrice, elle cessa peu à peu de trembler, les mains serrés autour de sa tasse, et la seconde gorgée la laissa interdite pendant quelques instants, alors qu'elle savourait le chocolat sur sa langue, puis un sourire tremblant se dessina sur ses lèvres.

" Tu t'en es souvenu. Tu as mis de la vanille dedans. " souffla-t-elle en levant son regard mouillé vers le jeune homme, et la vision d'Ezrael, près d'elle, compatissant et le regard bienveillant la fit pleurer à nouveau. Elle repoussa une mèche trempée en arrière et poursuivit : " Je voulais faire une surprise à mes parents. Je n'avais pas réussi à les joindre au téléphone ces deux dernières semaines.. maintenant je crois qu'en fait, ils filtraient mes appels. " murmura-t-elle d'une voix douloureuse. " Ils m'ont reniés et... ils ne veulent... plus de moi. Qu'est ce que je vais devenir...? " souffla-t-elle, les larmes dévalant ses joues et s'écrasant sur sa chemise trempée de pluie. " Je n'ai plus de maison. Je n'ai.. plus.. " La douleur fut trop forte et elle éclata à nouveau en sanglots incontrôlables.
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MessageSujet: Re: 01. [Ashmore'] Tristes retrouvailles   01. [Ashmore'] Tristes retrouvailles EmptyMer 21 Déc - 19:00

Alors qu’Ezrael posait la tasse de chocolat sur la table, une tête flottante fit son apparition dans le couloir. Il s’agissait de Nora qui désirait savoir à quoi correspondaient les bruits de sanglots qui parvenaient jusqu’à ses oreilles. Elle avait passé la tête en dehors de la chambre du fond du couloir, et semblait épier les deux jeunes adultes. Ses cheveux noués en queue de cheval tombaient disgracieusement sur ses épaules, et sa frange lui cachait presque la vue. Elle fit un geste pour se dégager le front, qui attira l’attention d’Ezrael. Ses yeux dérivèrent légèrement du visage de Christabella à celui de Nora, qui semblait vouloir jouer les espionnes dans le couloir, afin de comprendre sur quoi portait la fameuse conversation, et surtout qui était cette fameuse demoiselle dont elle ne pouvait apercevoir que les cheveux trempés. Ezrael comprit rapidement que cette fameuse soirée fraternelle qu’ils avaient eu l’intention de partager à prime abord, allait devoir être ajournée. Le jeune homme, fixant toujours son aînée, fit une moue, exprimant à la fois son regret de ne pas pouvoir être avec elle, et surtout l’implorant de ne pas bouger de cette pièce où elle se trouvait. Il ne voulait en aucun cas mettre Christabella mal à l’aise, et il savait parfaitement que si Nora apparaissait soudainement, la demoiselle ne voudrait plus se confier.

Nora retourna dans la chambre, laissant son frère dans une quasi-intimité. À croire qu’elle était persuadée qu’elle aurait tous les détails dès le départ de Christabella – ce qui n’était pas complètement faux, cela-dit. Ezrael posa alors de nouveau son regard sur son ex-petite amie, l’observant profiter du breuvage qu’il avait préparé pour elle. Elle était anéantie, ses yeux parlaient pour elle ; elle restait cependant magnifique, et rayonnante, malgré les larmes qui roulaient continuellement sur ses joues, son nez devenu rougeâtre à cause du froid et de la pluie, et de ses cheveux dégoulinant. Lorsque les lèvres bleutées de la brunette se mirent à remuer de nouveau, Ezrael se concentra, et plongea son regard dans celui de Christabella, écoutant seulement ce qu’elle avait sur le cœur. Il n’était pas là pour lui donner de ses nouvelles, certainement pas. C’était à elle de parler.

Un sourire s’afficha sur son visage. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle remarque la pointe de vanille qu’il avait dissimulé dans sa tasse. Cette anecdote remontait à cette après-midi qu’ils avaient passée tous les deux, où ils s’étaient retrouvés au parc alors qu’il pleuvait des trombes d’eau, et s’étaient embrassés de longues minutes, sous la pluie, comme dans les films à l’eau de rose. Ezrael avait amené Christabella chez lui, lui avait offert une douche et un chocolat chaud. Elle avait demandé s’il avait de la vanille chez lui, ce dont il ne possédait évidemment pas. Il s’était alors déplacé jusqu’à l’épicerie du coin, et s’était procuré une gousse qu’il avait ramené pour sa bien-aimée. Toute cette histoire restait dans les annales de leur couple, et depuis ce jour, Ezrael ne consommait plus de chocolat sans y ajouter un brin de vanille.

Le sourire qu’il arborait se transforma rapidement en une grimace, lorsque les larmes coulèrent de nouveau sur le minois de Christabella. Il ne fit aucune remarque, mais prit sa main dans la sienne, en signe de soutien. Elle en avait certainement un grand besoin, et bien qu’ils ne se soient pas vus depuis de longues années, il serait toujours là pour elle, quoi qu’il arrive. Elle continuait de sangloter, de plus en plus fort. Les mots se faisaient difficiles à prononcer, et son souffle devenait de plus en plus haletant. Ezrael ne put s’en empêcher. Il se leva, et s’approcha de Christabella. Il la prit de nouveau dans ses bras, et la serra très fort contre lui. Il avait une sainte horreur des gens tristes, et de voir des larmes couler sur des visages, lui brisaient littéralement le cœur, mais lorsqu’il s’agissait d’une personne à qui il tenait tout particulièrement, tout devenait d’autant plus blessant et difficile à supporter pour le jeune homme.
    « Shht. N’aie pas peur, je suis là... Tu trouveras une solution, ne t’inquiète pas. Et je suis persuadé que tes parents comprendront qu’ils y sont peut-être allés un peu fort. Dans le pire des cas, tu as des amis, qui sont là pour toi. Tout va bien maintenant. Calme-toi, je t’en prie… »
Ezrael sentait l’odeur enivrante de la jeune femme. Il connaissait ce parfum, elle n’en avait peut-être jamais changé. Il vivait comme une sensation de déjà vu à cet instant. C’était comme s’il se retrouvait cinq ans plus tôt, à tenir la jolie adolescente prude et coincée dans ses bras, et lui souffler à l’oreille qu’ils finiront bien par se revoir un jour, qu’il avait passé les meilleurs moments de sa vie, et qu’il l’aimait de tout son cœur. Ezrael rouvrit les yeux, préférant oublier cette période lointaine et révolue de sa vie.
    « Ecoute, maintenant que tu es ici, il est hors-de-question que tu repartes. Je vais aller te chercher une serviette, tu risques d’attraper du mal. Et Nora doit bien avoir des vêtements qui t’iront. Tu peux vivre ici aussi longtemps que tu voudras, sens-toi comme chez toi, vraiment… »
Ezrael passa son pouce sur la joue et sous les yeux de Christabella, de manière à lui essuyer ses larmes. Il fallait qu’elle reprenne le dessus, bien que tout ceci soit très difficile pour elle. Le jeune homme se rendit rapidement dans la salle de bain pour chercher une serviette, et Nora mit un pyjama et quelques habits à la disposition de la demoiselle. Ils voulaient qu’elle se sente comme chez elle, à défaut de ne pas y être.
    « Tu dois mourir de faim… Tu veux manger quelque chose peut-être ? »
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