Choriste du mois


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 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury

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MessageSujet: 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury   01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury EmptyDim 30 Oct - 20:20

Pillsbury miniature jouait bien sagement dans sa chambre. Sagement était en réalité un bien grand mot. La phrase exacte était plutôt qu’elle ne s’amusait pas à mettre l’appartement en désordre, croyant comme beaucoup de ses camarades que c’était des lutins qui passaient la nuit pour ranger. Les lutins étaient en fait les parents qui bien souvent trouvaient à peine le courage de ranger derrière leur progéniture avant d’aller se coucher et de recommencer le lendemain. Durant la petite enfance, c’était une corvée pour les parents, passer derrière leurs enfants. Quand ils grandissaient, s’ils s’y prenaient bien, les enfants apprenaient à ranger. S’ils étaient trop laxistes, rien n’évoluait et leur calvaire se poursuivait. Non, Emily ne faisait pas partie de ces petites filles qui mettaient le désordre, bien au contraire. La fillette rangeait quasiment tout ce qu’elle sortait. C’était comme si elle ne supportait pas que tout ne soit pas à sa place. Ses jouets sortaient rarement de sa chambre. A l’intérieur de celle-ci tout avait une place précise.

Pourtant ce jour là, quand elle entra dans sa chambre, la petite Schuester se rendit compte que quelque chose n’allait pas. Certaines de ses affaires avaient changé de place. Était-ce l’œuvre d’un de ses géniteurs ou de Ecaterina qui étaient rentrés dans sa chambre pour ranger quelque chose qui traînait ? C’était fort possible mais ce n’était pas à la bonne place. La petite fille sentit comme une toute petite compression au niveau de la poitrine. Elle ne savait pas expliquer ce qui lui arrivait, elle était bien trop jeune pour mettre un nom sur cette sensation. S’avançant dans la chambre, elle prit le jouet pour le remettre à la bonne place. La sensation disparut aussitôt et elle se sentit plus légère.

Emily se dirigea alors vers son petit poste stéréo. Elle n’avait pas droit à une télévision dans sa chambre mais à la musique, oui. Ses parents lui avaient montré comment l’utiliser et depuis, elle savait le faire toute seule comme une grande. Il suffisait d’appuyer sur un bouton pour l’allumer puis sur un autre pour ouvrir le compartiment et mettre le cd. Les dessins vers le haut avait dit sa maman, toujours. Il suffisait ensuite de refermer et d’appuyer sur le bouton où il y avait une seule flèche. La musique se fit alors entendre dans la chambre. Mais très vite, le cd se mit à sauter. La petite fille se mit devant sa mini chaine.

Un petit vent de panique souffla, qui ne dura pas longtemps. Elle avait déjà vu faire son père dans cette situation. Emily courut jusque dans la cuisine. Elle prit un torchon accroché et qui était à sa hauteur. Elle repartit aussitôt en courant dans sa chambre et appuya sur le bouton pour sortir le cd de la chaîne. Là, elle se mit à le frotter. Puis elle le posa sur son lit. Elle prit alors ses autres cd et les étala sur son dessus de lit. Sans savoir pourquoi elle faisait cela, la fillette ouvrit toutes les boites pour en sortir les cds. Elle se mit alors à les frotter un par un, avec soin, se coupant du monde extérieur et oubliant sa mère qui ne se trouvait pas loin.
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MessageSujet: Re: 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury   01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury EmptyLun 31 Oct - 3:30

Penchée sur son livre de compte, Emma Pillsbury étudiait avec attention la longue liste de chiffres recouvrant ses pages. S’il y avait bien une chose qu’elle n’aimait pas faire, c’était gérer la comptabilité de la LPA, l’association qu’elle avait fondée plus d’un an auparavant. A l’image de son travail de conseillère d’orientation, le statut de directrice de la Lima’s P. Association comportait quelques inconvénients. La jeune femme soupira puis laissa ses paupières retomber devant ses yeux, tandis qu’elle se prenait le visage entre les mains. Ces chiffres alignés lui donnaient presque la nausée, il fallait vraiment qu’elle trouve un comptable pour l’aider. Un professionnel, et non quelqu’un qui, comme elle, se débrouillait du mieux qu’elle le pouvait pour ne pas faire couler son affaire. Un sourire se dessina sur les lèvres d’Emma, se rappelant soudainement le désir qu’avait exprimé Will un jour, en prétendant vouloir quitter son poste de professeur d’espagnol pour devenir comptable dans une société qui recrutait, à l'époque. En réalité, ce n’était pas vraiment un choix personnel, puisqu'il avait été à l’époque poussé par les besoins de son ex-femme. Emma était alors en partie parvenue à le convaincre de rester à McKinley High. L’intéressée laissa un soupir lui échapper : cela faisait si longtemps, elle avait l’impression que vingt années s’étaient écoulées depuis.

Cela faisait désormais plus de cinq ans qu’Emma vivait avec Will. Il était loin, le temps où elle l’observait de ses grands yeux bruns sans pouvoir masquer son admiration pour le directeur des New Directions ; lointaine, l’époque où ils se tournaient sans cesse autour sans toutefois se trouver. En tout, ils avaient perdu une année et demie à se chercher et pourtant quand la conseillère y repensait, elle se disait que l’attente avait valu le coup et qu’elle ne regrettait pas la moindre chose. Elle était désormais fiancée à l’homme qu’elle aimait depuis des années, et mère d’une fille qu’elle n’avait jamais espéré avoir et qui était arrivée à un moment inattendu. Elle avait tout ce qu’elle désirait, était comblée sur tous les plans : sentimentalement, mais également professionnellement parlant. Ses finances se portaient plutôt bien, en dépit de la gérance d’une association qui ne lui rapportait pas un seul centime. Will et elle pouvaient couvrir les besoins de leur fille sans faire d’elle une enfant capricieuse, mais étaient également capable de lui faire plaisir quand l’envie leur en prenait.

Emma se redressa lentement sur sa chaise et leva le visage vers l’horloge murale qui annonçait quatre heures de l’après-midi. Un peu plus tôt, elle était allée récupérer sa fille à l'école maternelle, heureuse d’être pour une fois capable de le faire. D’ordinaire, son travail l’occupait et c’était Ecaterina ou Will qui s’occupaient d'aller la rechercher. Il fallait dire que les deux parents avaient des emplois du temps plutôt chargés : l’un devait gérer son travail de professeur d’espagnol en plus de la direction d’un des quatre Glee Clubs de la ville, tandis que l’autre devait combiner un poste de conseillère d’orientation et celui de directrice d’une association. En conséquence, la jeune femme ne parvenait pas toujours à s’occuper de sa fille comme elle le voulait et il arrivait même qu’elle regrette le fait de ne pas pouvoir passer suffisamment de temps avec elle. Si elle s’écoutait, elle la suivrait partout. Emma était une mère très attentive qui couvait beaucoup trop son enfant. Elle avait conscience que la plupart du temps, elle s’inquiétait de trop et ce même lorsque ce n’était pas justifié, mais elle ne pouvait pas faire autrement. Au fil des années, les craintes liées à sa phobie des microbes s’étaient atténuées, laissant place à une inquiétude permanente concernant sa fille. Elle se rassurait en se disant que c’était normal, mais au fond elle ne parvenait tout simplement pas à s’avouer qu’elle était tout simplement incapable de laisser son enfant tranquille, faisant d’elle une mère poule.

Levant le stylo vers son cahier, elle s’apprêtait à y inscrire de nouvelles données lorsque des pas retentirent sur le parquet du salon. Haussant les sourcils, Emma tourna le visage et eut un sourire lorsqu’elle vit Emily courir en direction de la cuisine. Restant sagement assise sur sa chaise, elle secoua la tête de droite à gauche sans toutefois se départir de son sourire : à bien des abords, sa fille pouvait apparaitre comme une enfant calme et réservée… quand on ne la connaissait pas suffisamment pour reconnaitre qu’en réalité, il s’agissait d’une vraie tornade qui débarquait lorsque l’on s’y attendait le moins. Son dynamisme et sa spontanéité faisaient vivre le foyer dont elle était devenue le centre d’attention et ce même lorsque Ecaterina avait emménagé avec eux. Emma ne savait pas de qui elle tenait cet enthousiasme permanent, mais ce n’était sûrement pas d’elle qui avait toujours été une enfant sage et d’un calme surprenant.

La jeune maman sursauta lorsque sa fille réapparut devant la cuisine, avant de courir dans le sens inverse en direction de sa chambre, un torchon entre les mains. Ce détail intrigua Emma qui se demandait ce qu’Emily fabriquait. Les yeux plissés, elle jeta un regard aux stylos posés autour du cahier, puis décida de jeter l’éponge. Repoussant le livre de comptes, elle réajusta les stylos de façon à ce qu’ils soient disposés correctement les uns à côté des autres, puis se leva de sa chaise. Passant une main dans ses cheveux d’un roux dont l’éclat était resté intact au fil du temps, elle se dirigea tranquillement vers le couloir. La chambre de sa fille était juste en face de celle qu’elle partageait avec Will. Habituellement, il y avait toujours de la musique dans la chambre d’Emily qui connaissait la même passion que son père pour le chant. Sa petite voix frêle qui s’élevait pour reprendre les paroles des chansons était un véritable bonheur pour les oreilles. Sa voix avait la justesse de son père, et le timbre de sa mère. Cette dernière s’arrêta devant la porte entrouverte de la chambre de sa fille, qu’elle poussa légèrement afin d’apercevoir celle-ci, assise confortablement son lit, occupée à nettoyer des cds. Emma fronça aussitôt les sourcils. Ce comportement lui rappelait quelqu’un… Elle-même, en fait. Lorsqu’elle était petite, il n’était pas rare de la voir nettoyer le moindre objet qui était sur le point d’entrer en contact avec sa peau laiteuse. La jeune femme passa de longues secondes à contempler son enfant, étudiant ses mouvements avec attention. Il était étonnant de voir qu’âgée d’à peine quatre ans et demi, elle avait ces gestes précis et délicats que l’on associait d’ordinaire à un adulte. A croire qu’elle avait passé des heures entières à observer ceux de sa mère dans le but de pouvoir les reproduire avant exactitude plus tard.

Au bout de quelques minutes silencieuses, voyant que sa fille poursuivait son nettoyage, Emma décida d’entrer dans la chambre. Comme d’habitude, cette dernière était d’une propreté exemplaire et il n’y avait pas le moindre jouet qui trainait. Cela avait toujours étonné Will qui clamait souvent qu’à son âge, sa chambre était toujours un véritable capharnaüm ; à croire qu'au plus le désordre étouffait la pièce, au plus il était heureux. En revanche, Emma reconnaissait ce comportement qui était le sien lorsqu’elle était enfant. Cependant, s’il y avait bien une chose qu’elle voulait éviter, c’était que sa fille connaisse la même phobie qui lui avait gâché la vie pendant de si nombreuses années. Se rapprochant de la fillette, elle sourit lorsqu’elle rencontra les grands yeux verts de celle-ci. Ils avaient l’éclat vert de son père, et pourtant la forme de ses propres yeux. Les longs cheveux bruns de l’enfant retombaient sur ses épaules avec une telle grâce qu’Emma se demanda une fois de plus comment il était possible que sa fille soit aussi jolie. Avec ses joues légèrement rosées, son regard profond et sa peau diaphane, elle était aux yeux de la conseillère la plus belle petite fille qui soit... bien que son manque d'objectivité soit évident. Il fallait dire qu’elle ressemblait à son père… Secouant délicatement la tête pour chasser ses pensées, Emma s’assit finalement en face de sa fille, tout en faisant bien attention de ne pas écraser les cds qu’elle nettoyait avec tant de précision. « Tout va bien, ma chérie ? ». Elle jeta un coup d’œil appuyé aux cds, puis retrouva le regard d’Emily. Elle tendit délicatement le bras et dégagea l’une des longues mèches brunes de sa fille, la plaçant derrière son oreille. Laissant son bras retomber sur le couvre lit, elle esquissa un sourire qu’elle adressa à sa fille, puis poursuivit sur le même ton débordant d’affection. « Tu veux m’expliquer ce que tu es en train de faire, Ems ? Maman ne comprend pas ». Au fond, elle comprenait mieux que quiconque, mais elle se devait de savoir ce qu’il se passait dans la tête de son enfant.
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MessageSujet: Re: 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury   01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury EmptyLun 31 Oct - 16:47

Ce qui n’était au départ qu’un geste anodin finit par prendre une certaine ampleur. Le cd d’Emily sautait dans sa mini chaîne hifi. Si une grande majorité d’enfants aurait appelé à l’aide son père ou sa mère pour l’aider à mettre la musique, la petite fille réagissait autrement. Elle était très éveillée pour son âge. Elle côtoyait des enfants à l’école, parfois en dehors, mais son monde était essentiellement composé d’adultes et d’adolescents. Elle s’amusait comme toutes les petites filles de son âge mais passait également du temps à observer les grandes personnes qui l’entouraient. Les amis de ses parents, les membres des New Direction, chacun y passait dans son observation des adultes. Ses références principales restaient tout de même son père et sa mère. Si Will était son héros en matière de musique et de chant, pour les gestes du quotidien, Emily ne quittait pas Emma du regard. Elle avait ainsi remarqué que lorsqu’elle aidait sa maman à mettre la table, elle repassait derrière elle pour aligner les fourchettes et les couteaux. Ce n’était qu’un geste comme un autre pourtant la petite fille l’avait remarqué. Elle s’appliquait désormais à faire comme sa maman pour qu’elle ne remette pas en place derrière elle.

Dans le même style, elle avait bien vu la différence entre ses deux parents quand chacun travaillait à un coin de la table. Les stylos de Emma étaient parfaitement alignés alors que ceux de Will trainait devant lui ou sous ses piles de feuilles. Pour ce qui était de Emily, ses crayons de couleurs étaient en général alignés à côté de sa feuille. Elle ne les laissait s’éparpiller que si elle avait une autre idée en tête que le dessin et qui prenait le dessus dans son esprit. Comme la fois où elle voulait que papa et maman s’occupent d’elle. Elle devait rester avec Ecaterina et dessiner seulement son attention était tournée vers ses parents. Alors, quand elle était descendue de sa chaise, ses crayons étaient restés éparpillés sur la table. Ce jour là, elle avait réussi à atteindre son but, attirer l’attention de ses parents, puisqu’elle avait fait une bêtise en cassant un vase.

Pour ce qui était du nettoyage des disques, le geste était venu naturellement. Ce qui n’était qu’une vue au départ de son père qui l’avait fait sous ses yeux prit une proportion grandissante. La fillette prit le premier disque et le retourna. Son torchon dans sa petite main, elle entreprit de le nettoyer. Elle s’appliquait dans sa tâche pour la faire du mieux qu’elle pouvait. Quand elle eut fini, elle le reposa avec soin sur son lit. Puis elle prit le second et commença à reproduire le même geste. Chaque disque y passait. Elle en sortait un de sa boite, l’essuyait avec son torchon puis le remettait en place, sans fermer le couvercle. Il ne fallait surtout pas qu’elle les mélange sinon elle allait être embêter pour ranger ensuite les cds dans les bonnes boites. La petite fille prenait le cinquième disque dans sa main quand elle remarqua enfin la présence de sa maman. Ses grands yeux verts rencontrèrent ceux de la jeune femme. Naturellement, elle lui rendit son sourire. Sa maman souriait, Emily en faisait de même. Enfant joyeuse de nature, son humeur se calquait également parfois sur celle de ses parents. S’ils avaient le malheur de se disputer sous ses yeux, ce qui leur arriverait très rarement, elle devenait grincheuse et insupportable, pleurant pour un rien. Emily aurait eu un don, ça aurait été certainement l’empathie.

Gardant son petit sourire aux lèvres, la fillette reprit ses gestes pour s’occuper de son disque. Elle ne s’arrêta que lorsque Emma s’assit en face d’elle. « Tout va bien, ma chérie ? » Pourquoi maman posait-elle cette question ? La réponse vint naturellement, la petite fille fit un signe positif de la tête. Elle posa le torchon et le disque qu’elle tenait dans les mains avant de se retourner vers Emma, mettant une main sur sa bouche comme si elle venait d’être prise en flagrant délit de bêtise. Elle venait de se souvenir d’une phrase de ses parents, qui concernait la politesse, mais qui pour elle était un geste qu’elle devait faire au quotidien. Ne pas répondre par un signe de la tête. Elle avait une langue pour parler même si celle-ci ne s’arrêtait parfois pas d’être utilisée en babillage jusqu’au moment du coucher et des câlins. « Oui maman ». « Tu veux m’expliquer ce que tu es en train de faire, Ems ? Maman ne comprend pas. » La petite regarda sa mère avec de grands yeux ronds comme si cela devait être évident pour elle qu’elle comprenne ce qu’elle était en train de faire. Ses yeux verts ne quittaient pas ceux de Emma. « Je lave mes cds pour qu’ils marchent. Papa l’a fait. Et mon cd ne marchait pas. J’ai pris la serviette dans la cuisine pour le laver. Les autres sont sales maman, alors je dois les laver aussi. J’ai pas le droit, c’est une bêtise ? » La question sortit comme si de rien n’était même si Emily ne se sentait pas prise en faute. Elle ne faisait que reproduire les gestes de ses parents, à son échelle d’enfant.
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MessageSujet: Re: 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury   01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury EmptyMar 1 Nov - 22:24

Être mère signifiait avant tout être capable de gérer toutes les inquiétudes que ce statut entrainait. La crainte permanente que son enfant attrape une maladie quelconque, la crainte qu’en se réveillant un matin, il ne soit plus dans son lit. La peur de le perdre à jamais. Aux yeux d’Emma, une autre source d’angoisse avait toutefois fait son apparition dès qu’elle avait compris qu’elle était enceinte en cette journée de juin qui avait changé sa vie : elle avait peur que son futur enfant soit atteint du même trouble du comportement qu’elle. Elle était consciente que ce genre de phobie n’était en rien inscrit dans les gènes, et que ce n’était donc pas héréditaire. Cela ne l’empêchait pourtant pas d’y penser en permanence. Son plus grand regret dans sa propre vie était de ne pas avoir su combattre son trouble obsessionnel compulsif dès son plus jeune âge. Elle avait attendu bien trop longtemps avant d’accepter de voir un spécialiste qui pourrait l’aider, ce qu’elle n’avait fait qu’à l’âge de vingt-sept ans. Si elle s’y était prise à l’avance, elle n’aurait pas eu la même vie et elle en était plus que consciente. Heureusement pour elle, Will avait réussi à la remettre sur le droit chemin petit à petit. A force de détermination et de soutien moral, elle y était parvenue : ses craintes s’étaient atténuées et ne la hantaient plus avec la même force qu'auparavant. Elle gardait bien sûr quelques séquelles, on ne peut pas oublier vingt-sept ans de sa vie en un claquement de doigts. Mais elle était fière de ne plus en faire une obsession permanente.

La jeune femme en avait longtemps voulu à ses parents à ce sujet. Ils ne l’avaient jamais aidée à se battre, et avaient au contraire toujours considéré cette « spécificité » chez leur fille comme une tare et non un véritable problème qu’elle pouvait régler avec un peu d’aide. Sa mère, plus particulièrement, avait toujours perçu sa fille comme étant folle à cause de ce problème, sans se rendre compte qu’elle était certainement la cause majeure de celui-ci. Lorsqu’elle était petite, elle l’avait poussée à être différente en adoptant un comportement vis-à-vis d'Emma qui était loin d’être encourageant. Elles n’avaient jamais eu une relation très fusionnelle, Emma s’entendant bien mieux avec son père bien que ce dernier ne l’ait pas aidé non plus. A cette pensée, la conseillère d’orientation poussa un soupir tout en plongeant son regard dans celui de sa propre fille. Elle voulait éviter à Emily d’être comme elle, de souffrir d’une maladie aussi importante – parce que oui, c’était bel et bien une maladie. Elle ne voulait pas connaitre le même type d’humiliation constante qu’elle avait subi au cours de sa jeunesse, et qui avait même continué lorsqu’elle était devenue une adulte. C’était la raison pour laquelle elle faisait toujours attention quand celle-ci était dans les parages, veillant à ne pas montrer à quel point l’hygiène était une chose importante dans sa vie. Malheureusement pour elle, Emily semblait étudier le moindre de ses faits et gestes, et s’en imprégner pour mieux les répéter ensuite. Ecaterina lui avait d’ailleurs déjà fait remarquer une fois que la petite lui faisait penser à elle, parce qu’elle avait les mêmes gestes et qu’elle s’efforçait de tout faire « comme sa maman ». A vrai dire, Emma avait remarqué à quel point la fillette était soigneuse avec ses affaires, et très ordonnée. Cependant, le fait de la voir essuyer ses cds avec son torchon, si attentive et minutieuse, l’avait intriguée.

Emily acquiesça d’un signe de la tête lorsqu’elle lui demanda si tout allait bien. Elle posa son torchon et Emma soupira de soulagement : la voir s’appliquer autant pour nettoyer les objets étalés sur son lit la rendait nerveuse. Elle se revoyait à l’âge de sa fille faire la même chose, or c’était ce qu’elle cherchait à tout prix à éviter : qu’Emily devienne l’enfant qu’elle était. La fillette plaqua alors une main contre sa bouche et la conseillère leva un sourcil, intriguée par ce mouvement. Se rattrapant, l’intéressée lui répondit d’un air sage que tout allait bien avant d’expliquer à sa mère ce qu’elle faisait suite à la question de celle-ci. D’un air innocent, elle lui demanda si ce qu’elle faisait était une bêtise et Emma ne put s’empêcher d’esquisser un sourire même si la première partie de la réponse de sa fille l’inquiétait. « Les autres sont sales maman, alors je dois les laver aussi » Lui avait-elle dit. La phrase résonnait dans l’esprit de la conseillère qui effaça aussitôt son sourire, fronçant les sourcils d’un air perplexe. Cette réponse, elle l’avait tant de fois donnée à son père lorsqu’il lui demandait ce qu’elle était en train de faire... Soupirant très légèrement, Emma sonda le regard de sa fille un moment avant de rompre le silence à peine installé dans la pièce. « Non, ce n’est pas une bêtise ma puce. Tu n’as rien fait de grave, au contraire. Cependant… » Elle s’interrompit, réfléchissant à l’explication qu’elle pourrait donner à Emily. Elle prit la main de cette dernière dans la sienne, cette petite main minuscule. « Cependant, je me demandais pourquoi tu agissais de la sorte, voilà tout ».

Utilisant sa main libre Emma attrapa un cd qui, d’après ce qu’elle avait compris, attendait encore d’être nettoyé. Arquant un sourcil, la jeune femme réprima un nouveau soupir en apercevant à son tour la fine pellicule de poussière recouvrant l’objet. Telle mère, telle fille : elle n’avait qu’une envie, emprunter le chiffon d’Emily pour retirer cette poussière. Se mordant la lèvre inférieure pour y résister, elle inclina légèrement le cd avant de lever son regard vers Emily. « Tu veux que maman te dise un secret, Ems ? » Elle lui adressa un sourire et reposa le cd sur le couvre lit. Penchant délicatement le visage vers sa fille, elle réduisit l'espace qui les séparait. « Les doigts d’une petite fille de ton âge ne devraient pas être occupés à nettoyer quoi que ce soit » Murmura-t-elle sur un ton se prêtant aux confidences. « Ils devraient plutôt dessiner, jouer avec tes jolies poupées, ou même câliner celles qui sont tristes ». Elle se redressa légèrement, tout en observant sa fille dont les grands yeux verts la dévisageaient. Si seulement elle pouvait la persuader de ne pas l’imiter…
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MessageSujet: Re: 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury   01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury EmptyMer 2 Nov - 17:46

Emily n’avait pas menti à sa mère en lui disant ce qu’elle faisait. Elle demanda même si c’était une bêtise, craignant de ne pas avoir le droit de faire comme maman. Le sourire disparut du visage de Emma et dans la seconde qui suivit, la fillette esquissa une petite moue inquiète. Ça n’était pas bon signe quand maman arrêtait de sourire, elle ne le faisait que très rarement, fort heureusement. « Non, ce n’est pas une bêtise ma puce. Tu n’as rien fait de grave, au contraire. Cependant… » Elle allait se retrouver avec une interdiction de recommencer car c’était un travail de grandes personnes de nettoyer ?
La petite main de Emily serra celle de Emma, très fort, comme si elle était une bouée de sauvetage qui l’empêcherait de se noyer. C’était exactement ce que représentait sa mère pour la fillette, surtout au moment du coucher. Si maman n’était pas là à cause de son travail à l’association pour lui faire son câlin du soir, elle avait énormément de mal à s’endormir. Papa lui faisait bien le double de câlins pour combler le vide pourtant ce n’était pas la même chose. Quand Emma n’était pas là, il arrivait parfois qu’elle se lève, quittant la chaleur des couvertures. Elle arrivait pieds nus dans le salon et venait se blottir contre son père sur le canapé. Et elle s’endormait là, sa petite tête reposant sur la poitrine de papa, et écoutant son cœur battre.

Emma prit un disque sur le lit. Emily ne la quitta pas du regard. Elle vit également la saleté et elle serra sa main un peu plus fort dans celle de sa mère. Son réflexe aurait été de reprendre son torchon mais elle ne voulait pas que sa mère la gronde. Elle attendrait qu’elle quitte la chambre pour reprendre son petit rituel. « Tu veux que maman te dise un secret, Ems ? » Finalement, elle allait oublier son idée de continuer à nettoyer les disques si Emma lui confiait un secret. Les prunelles vertes se mirent à briller. Maman allait lui dire un secret, quelque chose qui seraient entre elles et dont son père ne serait pas dans la confidence. Emily était impatiente de savoir.
Maman allait lui dire quelque chose à l’oreille comme elle le faisait parfois avec papa pour qu’elle n’entende pas. « Oh oui, un secret comme les grands. » Elle se sentait déjà fière et grande avant de savoir de quoi le secret allait parler. La petite tendit l’oreille tandis que sa mère se rapprochait. Elle retenait presque son souffle sans le remarquer. Elle saurait écrire, sans nul doute aurait-elle consigné le secret qui allait suivre dans son journal de princesse. Comme la fois où elle avait coupé une mèche de cheveux à Ecaterina et qu’elle l’avait glissé dans son journal. Rina n’avait pas été contente du tout ce jour là et Emily n’avait pas compris pourquoi. Elle était une princesse, il fallait qu’elle soit dans son livre de princesse !

« Les doigts d’une petite fille de ton âge ne devraient pas être occupés à nettoyer quoi que ce soit » La petite fille regarda aussitôt les doigts de sa main qui ne tenait pas celle de sa maman. Elle ouvrit la bouche, ne comprenant pas vraiment de quoi elle voulait parler. Puis elle répondit à son tour. « C’est pour faire comme toi maman. » Malgré sa petite taille, elle voulait se rendre utile et aider maman. Nettoyer les objets, ranger. C’était ce que faisait souvent sa mère et qui était presque à sa portée pour qu’elle le fasse toute seule. Elle l’aidait pour la cuisine aussi parfois, en montant sur une chaise à côté d’elle. Mais elle n’avait pas le droit à certaines choses, comme le couteau. Trop dangereux avait dit maman un jour. Un torchon ce n’était pas dangereux, si ?

La bouille d’Emily exprimait l’incompréhension. Le secret qu’elle avait hâte d’entendre n’était pas à la hauteur de ses espérances. Maman voulait qu’elle dessine, joue avec ses poupées et les câline. La petite fille le faisait déjà, elle passait des heures à jouer même si au dessin, elle préférait la musique et le chant. « Mes poupées peuvent laver avec moi ? Je suis pas triste quand je lave alors elles non plus ? » La petite Schuester avait plein de ressources en réserve. Elle continuerait à les exprimer jusqu’à ce que sa mère arrive à lui faire entendre raison. Chose qui ne serait pas aisée vu qu’elle était aussi entêtée que son père. Et si Emma y parvenait enfin, combien de temps cela durerait-il avant qu’elle ne recommence à faire comme elle, telle était la question…
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MessageSujet: Re: 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury   01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury EmptyJeu 3 Nov - 5:00

Emma avait beau connaitre l’obstination de sa fille – quelque chose qu’elle tenait bien évidemment de son père – elle espérait toutefois que cette fois-ci, elle suivrait ses conseils et préfèrerait la compagnie de ses poupées à celle des chiffons. Ses grands yeux bruns ancrés dans ceux de son enfant, elle avait pourtant l’impression d’y lire une certaine détermination qu’elle aurait certainement du mal à effacer. Plissant les yeux, la conseillère d’orientation scruta avec davantage d’attention le regard clair de son enfant et l’espace d’un instant, crut fixer son petit ami. Il était étonnant de constater à quel point Emily Pillsbury-Schuester ressemblait à son père. Pendant sa grossesse, Emma avait à de nombreuses reprises énoncé le vœu que son bébé porte les mêmes traits que Will, et il s’était avéré à la naissance qu’il soit plus au moins exaucé. En grandissant, la ressemblance entre eux s’était encore plus accentuée, ce qui troublait parfois la jeune femme. Si Emily possédait les doux traits d’Emma et la forme de son visage, quand sa mère l’observait, c’était Will qu’elle voyait à travers elle. Ses grands yeux verts étaient les siens, et même si son petit ami lui disait souvent que la petite l’observait du même air que sa maman – un air qui le faisait « fondre » d’après ses propres paroles – ils étaient pourtant identiques à ceux de son père. Elle tenait également ses longs cheveux bruns légèrement ondulés de lui, ce qui avait fait sourire Emma malgré elle lorsqu’elle avait découvert que son enfant n’était pas rousse comme ses parents l’auraient souhaité, mais bel et bien brune. Les grands-parents d’Emily essayaient de se rassurer en disant que leur petite fille avait des reflets roux indéniables, surtout au soleil où l’éclat flamboyant de ses longues mèches était d’après eux flagrant, mais Emma savait que ce n’était qu’une excuse pour se consoler.

Pourtant, la fillette ne tenait pas seulement de son père en ce qui concernait le physique. Bien plus agitée qu’Emma lorsqu’elle était enfant, Emily était pleine de vie et semblait avoir besoin de beaucoup d’attention pour se sentir à l’aise. Malheureusement, elle avait également hérité de l’entêtement de son père, et savait généralement ce qu’elle voulait dans la vie, ainsi que les différents moyens qui s’offraient à elle pour obtenir ce dont elle rêvait. La plupart du temps, là où un sourire de son père suffisait pour charmer la conseillère lorsqu’il avait besoin de s’attirer ses faveurs, Emily choisissait de faire passer ces mêmes émotions par l’intermédiaire de son regard et de sa moue adorable à laquelle peu de personnes étaient capables de résister. Will comme Emma étaient les premiers à céder à ces tentatives d’attendrissement, et contre toute attente, lorsque Ecaterina était arrivée quelques semaines plus tôt, elle avait adopté le même comportement que le couple envers la fillette. Ce « don » aurait pu faire d'Emily une enfant capricieuse, cependant elle semblait connaitre ses limites.

Emma soupira légèrement, croisant fugacement les doigts tout en espérant que son enfant ne lui donnerait pas du fil à retordre cette fois-ci. Elle avait beau puiser dans la maigre autorité qu’elle possédait, c’était en général insuffisant pour résister aux volontés d’Emily. Or, elle ne pouvait échouer cette fois-ci : elle devait faire comprendre à son enfant qu’elle ne devait pas recopier le comportement de sa mère quand celle-ci se mettait à nettoyer et astiquer tout ce qui se trouvait en travers de son chemin. Elle s’était fait la promesse plusieurs années auparavant de ne pas laisser sa fille répéter les mêmes erreurs qu’elle, de la laisser se sentir peu à peu étouffer par une maladie comme la mysophobie. Elle était passée par là, et ne souhaitait ça à personne d’autre – et surtout pas la prunelle de ses yeux. Connaissant la passion d’Emily pour les secrets en tous genres, c’est en lui proposant de lui en révéler un qu’elle parvint à attirer son attention. Les yeux de la fillette s’éclairèrent à la mention du mot « secret » et l’expression de son visage révéla rapidement son impatience. Emily lui répondit avec enthousiasme, tendant l’oreille vers Emma afin de recueillir le secret de cette dernière. Il était difficile pour l’adulte de résister au regard saisissant de sa propre fille, et elle se concentra donc pour ne pas perdre le fil de ses pensées. Elle lui révéla ainsi le fameux secret qui, elle le comprit vite, n’était pas spécialement du goût de la petite fille de quatre ans et demi. Malgré ses explications, Emily lui dit qu’elle agissait comme ça pour faire « comme maman », ce qui arracha un soupir à celle-ci. Elle ne s’était donc pas trompée : la petite cherchait bel et bien à calquer son comportement sur le sien.

La fillette s’empressa de demander si ses poupées pouvaient laver avec elle, paraissant suggérer qu’elle pouvait s’amuser avec elles tout en s’adonnant à son petit nettoyage. Emma se mordit la lèvre, baissant le regard vers les cds posés sur le lit. Comment expliquer à une enfant de cet âge-là que son comportement était anormal, et qu’elle devait se contenter d’agir comme tous les autres petites filles de son âge ? Comment lui faire comprendre que si elle continuait à vouloir à tout prix agir comme Emma, elle passerait les prochaines années à devoir se battre contre les humiliations de ses camarades, mais également contre elle-même car tôt ou tard, elle comprendrait que cette obsession l’empêcherait de vivre une vie normale ? Elle passerait à côté de tant de choses formidables, serait continuellement en marge, jamais sur la même longueur d’onde que les autres. Les grands yeux bruns d’Emma, voilés par la tristesse, finirent par retrouver ceux de sa fille. Elle se revoyait encore, à l’âge de sept ans, en train d'essayer de couper à l’aide des dents les cordons que sa mère avaient glissés autour de ses mains, pour l’empêcher de tout nettoyer avec frénésie. Elle secoua la tête, refoulant ce souvenir. Elle n’avait pas le droit de laisser sa fille continuer comme cela. Elle se l’était juré. Serrant dans sa main les doigts minuscules d’Emily, la jeune maman l’observa d’un air sérieux. « Ça ne marche pas comme ça, Ems » Lui déclara-t-elle sur un ton doux en dépit de sa voix légèrement cassée. Caressant le dos de la main de sa petite fille à l’aide de son pouce, elle poursuivit. « Tu te souviens de tes petits copains de la classe maternelle, ma chérie ? ». Emma haussa légèrement les sourcils, ses lèvres s’efforçant quant à elle de rester neutres. « Est-ce que ça leur arrive de prendre ce genre de chiffons, et de nettoyer les objets qu’ils salissent ? Non, bien sûr que non. J’imagine qu’ils ne s’occupent pas de savoir si leurs jouets sont un peu sales, tant qu’ils s’amusent avec ceux-ci. Eh bien, ils ont… ils ont raison, il n’y a pas lieu de s’en inquiéter et c’est eux que tu devrais imiter ma puce, pas moi ». De sa main libre, Emma caressa la joue de sa fille avant de repousser les boites de cd du lit pour se rapprocher d’elle. « Les grandes personnes ne sont pas toujours celles qu’il faut imiter, Ems »
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MessageSujet: Re: 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury   01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury EmptySam 5 Nov - 14:39

«  Ça ne marche pas comme ça, Ems. » Emily venait de tenter de convaincre sa mère qu’elle s’amusait. Dans la logique de la petite fille, si ses poupées pouvaient dessiner avec elle, ou lui faire des câlins, elles pouvaient également l’aider à nettoyer. Le raisonnement était simple mais très clair. Apparemment, il ne l’était pas pour sa maman. La fillette esquissa une moue triste, sa mère ne semblait pas vouloir qu’elle fasse comme elle. Pourtant elle l’aimait sa maman, elle voulait être comme elle quand elle serait grande. En même temps, elle voulait aussi être comme son papa. Danser aussi bien que lui et savoir jouer du Ukulé comme elle appelait l’instrument. Alors pourquoi maman ne voulait pas qu’elle lui ressemble.

Emma évoqua alors ses copains de maternelle. La petite bouille triste s’effaça un instant à l’évocation de ses camarades. Elle aimait jouer avec eux, faire quelques bêtises également. Ce qu’elle préférait, c’était les jours de pluie. Emily entrainait alors ses camarades avec elle et c’était à celui qui sauterait dans le plus de flaques d’eau. Les maitres d’école qui les surveillaient également durant les récréations les réprimandaient en leur demandant d’aller s’abriter sous le préau. Elle s’exécutait alors, suivant les autres, mais en trainant les pieds. Jouer sous le préau était beaucoup moins amusant que de sauter dans les flaques…

Emma lui demanda si ses petits camarades faisaient la même chose qu’elle. La fillette se mit alors à réfléchir durant quelques secondes. Maman avait raison, elle n’en avait vu aucun se promener avec un chiffon dans la main. Elle non plus ne le faisait pas à l’école, alors peut être que maman se trompait et qu’ils le faisaient chez eux ? Pour ce qui était de la saleté des jouets, Emma avait raison. Emily baissa la tête, comme prise en faute. Certains jouets à l’école étaient sales et chacun jouait avec, ne se préoccupant pas de savoir s’ils allaient y mettre plein de feutres ou de peinture dessus, et ne se préoccupant pas non plus de savoir s’il y avait de la poussière ou non dessus. La main d’Emma vint se poser sur la joue de l’enfant. Emily ne releva pas la tête, maman avait raison. Elle ne comprenait pas très bien encore la raison mais c’était ainsi.

« Les grandes personnes ne sont pas toujours celles qu’il faut imiter, Ems » Les grands yeux verts se relevèrent pour rencontrer ceux de sa mère. Emily avait un air triste, comme si elle était sur le point de pleurer. « Pardon maman. » Elle détacha sa main de celle que tenait Emma. La fillette couvrit alors la distance qui la séparait de sa mère. Elle passa ses bras d’enfant autour de son cou et se serra contre elle pour un câlin. Elle se sentait prise en faute et voulait se faire pardonner avec un câlin mère-fille. Les petits bras serrèrent très fort le cou d’Emma. Elle avait enfoui sa tête contre l’épaule de sa mère. L’odeur du parfum d’Emma arriva jusqu’aux narines de la fillette. Elle adorait cette odeur, cela lui faisait penser à des bonbons, allez savoir pourquoi.
A plusieurs reprises, elle s’était introduite discrètement dans la salle de bain pour trouver le flacon de parfum. Mais maman l’avait mis en hauteur pour qu’elle ne joue pas avec. Tout comme il en avait été de même avec celui de son père, ou son rasoir pour qu’elle ne se coupe pas, ou encore la bombe de mousse à raser. Tout ça parce qu’une fois, elle avait pris la bombe de papa et qu’elle avait voulu faire comme il faisait mais à ses poupées homme. Papa se rasait pour ne pas faire de bisou qui pique, il fallait que ses poupées homme fassent de même. Au final, il y avait eu de la mousse à raser sur le sol de la chambre, sur quelques meubles et ses parents l’avaient réprimandée avant de tout nettoyer. Emily avait bien essayé de les aider à le faire ce jour là mais Will n’avait pas voulu, lui disant au passage une phrase du genre ‘jeune fille tu restes à l’écart’. Phrase qu’elle avait écouté en faisant profil bas et en observant ses parents assise bien sagement sur son lit.

La fillette s’écarta un peu de sa mère, ses mains se posant sur les épaules de celle-ci. Ses grands yeux se plongèrent dans les yeux bruns d’Emma. Les traits de son visage laissaient montrer un air sérieux et quelque chose d’autre. Derrière cet air sérieux, il y avait comme une peur. « Si je continue à faire des bêtises ou à imiter les grands, tu m’aimeras plus maman ? »
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MessageSujet: Re: 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury   01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury EmptyDim 6 Nov - 7:21

Emma ne s’était jamais préparée au rôle de mère. Pendant de longues années, elle avait grandi avec la certitude qu’elle ne trouverait jamais quelqu’un qui pourrait supporter la phobie dont elle souffrait depuis presque toujours. Marginale au lycée, cela ne s’était pas grandement amélioré lorsqu’elle avait rejoint les bancs de l’université de l’Ohio State. A l’époque, elle observait les couples se tenir la main avec envie, quand elle-même était effrayée à l’idée de frôler la moindre personne. Lorsque ses parents lui demandaient quand elle aurait enfin le courage de sortir avec un homme, elle haussait les épaules et déclarait d’une voix peu convaincante qu’elle n’avait besoin de personne dans sa vie car elle se sentait parfaitement bien seule. Hélas, elle ne parvenait même pas à s’en persuader, alors comment ses propres parents auraient pu avaler un pareil mensonge ? La vérité était que la solitude la rongeait depuis qu'elle était enfant et qu’elle mourrait d’envie d’être normale, d'être « comme les autres » et pouvoir partager sa vie avec quelqu’un.

Quand Emily était arrivée dans sa vie, elle avait longtemps douté de sa capacité à être une bonne mère. Elle avait beau conseiller des adolescents tous les jours et avoir fait des études de psychologie, cette fois-ci il ne s'agissait pas de n'importe qui. C’était sa fille, la sienne. Autant dire qu’elle n’avait pas le droit à l’erreur. Au fil du temps, elle s’était habituée à ce nouveau rôle, en venant même à se demander comment elle avait pu être assez idiote pour clamer qu’elle n’aurait jamais d’enfant, car cela s’imposait désormais comme une évidence. Emily était, avec Will, la personne qui importait le plus dans sa vie. Elle était censée agir comme un modèle pour elle, et pourtant elle apprenait également beaucoup de choses par l’intermédiaire de son enfant. Et si Emily avait besoin de sa mère pour grandir, Emma avait tout autant besoin d’elle pour survivre. Sa fille était sa plus grande fierté, et parfois elle se demandait même comment elle avait été capable de mettre au monde une fillette comme elle, tant elle représentait la perfection à ses yeux. Aussi était-ce la raison pour laquelle elle était si vigilante et si prudente avec elle.

Elle le savait mieux que quiconque : il ne suffisait pas de grand-chose pour marquer et même briser une vie. Un traumatisme qui se déroule pendant l’enfance ; une mère qui vous compare à une bête de foire ; un manque d’affection qui fait naitre un sentiment de solitude dont il est difficile de se débarrasser. Emma n'avait pas le droit de laisser cette si jolie petite fille répéter ses propres erreurs. Si elle avait redoublé d’énergie et de détermination pour se débarrasser de ses manies qu’avait entrainé son trouble obsessionnel compulsif, c’était en grande partie pour sa fille. Aujourd’hui, elle ne passait plus toute la sainte journée en compagnie de ses chiffons et de ses désinfectants pour les mains. C’était l’une des multiples métamorphoses que son rôle de mère lui avait apporté. Et aujourd’hui, elle avait un devoir vis-à-vis de sa fille : celui de ne pas laisser une autre vie se fissurer petit à petit à cause de craintes permanentes qui vous gâchent la vie.

Dans les grands yeux verts d’Emily, Emma aperçut de l’incompréhension mêlée à une grande confusion. Il était difficile pour elle d’expliquer à sa fille, avec des mots simples qui sauraient être à sa portée, que ce qu’elle faisait était mal pour elle. Elle était encore trop petite pour le comprendre, mais c’était à cet âge-là que les choses devaient être expliquées ; après, il serait trop tard. Le regard de la fillette se voila de tristesse, arrachant un pincement au cœur de sa mère. Elle n’avait pas la moindre envie de voir cette moue s’afficher sur le visage de son enfant, c’était si douloureux pour elle. Elle se pinça les lèvres : pour son bien, elle n’avait pas le droit de laisser tomber cette leçon de moral. Un jour, Emily comprendrait. Baissant la tête, cette dernière évita le regard de sa mère avant de s’excuser d’une voix à peine audible. La petite fille retira sa main de la sienne et s’avança vers Emma. Elle entoura alors son cou de ses bras minuscules, posant son visage sur son épaule comme pour rechercher du réconfort. La jeune maman eut un sourire triste puis enlaça Emily dans ses bras. Il était étonnant de voir à quel point cette étreinte était aussi importante pour la fille que pour la mère. Le souffle brûlant de la fillette chatouillait la peau d’Emma, qui poussa un soupir avant de fermer les yeux quelques secondes. Elle caressa d’un geste mécanique les mèches brunes de sa fille de ses doigts, se sentant apaisée par la respiration de la fillette qu’elle pouvait entendre. Au bout d’une poignée de secondes, Emma ouvrit les yeux et se souvint des excuses de sa fille. « Ce n’est pas grave, Ems. Tu ne pouvais pas savoir… » Lui murmura-t-elle. En effet, Emily ne se rendait pas compte que les gestes qu’elle reproduisait auraient une incidence douloureuse sur sa vie si elle continuait ainsi.

Finalement, la fillette s’écarta et Emma l’attira sur ses genoux. Posant ses petites mains sur les épaules de sa mère, Ems plongea ses grands yeux verts dans les siens et la conseillère fut surprise de déceler comme de la terreur dans le regard de son enfant. D’une voix inquiète, celle-ci lui demanda si sa mère cesserait de l’aimer si elle continuait à agir de la sorte. Emma plissa les yeux, bouleversée par la phrase de sa fille. Comment pouvait-elle croire une chose pareille ? Mais elle se rappela aussitôt les doutes de sa jeunesse, et la surprise s’effaça, laissant place à un trouble encore plus profond. Emma aussi avait longtemps eut peur de ne pas être aimée de ses parents, et en particulier de sa mère. C’était une crainte que tous les enfants avaient. Cependant Emma ne laisserait pas sa fille douter d’une chose pareille. Jamais. Refoulant une larme qui était prête à border son regard brun, Emma secoua la tête tout en attrapant l’une des mains d’Emily posée sur son épaule, qu’elle recouvrit de ses deux mains. « Bien sûr que non, ma chérie. Maman t’aimera toujours, tu m’entends ? Toujours ». Elle déposa un baiser furtif sur le front de sa fille, avant de poursuivre. « Je ne veux pas que tu sois triste, Ems. Il faut simplement que tu comprennes que si je te demande d’arrêter, c’est pour ton bien. Parce que… parce que si tu fais comme maman, un jour tu seras malheureuse. Et je veux que tu sois heureuse, ma puce, je veux que tu restes une enfant joyeuse et pleine de vie, et que tu grandisses en restant la même. J-je sais que c’est difficile à comprendre pour le moment, c’est pourquoi il faut que tu me fasses confiance, mon ange ». Elle esquissa un sourire puis leva une main en direction du visage de sa fille, avant de poser son index sur le coin de ses lèvres qu’elle tapota légèrement d’un air taquin. « Tu sais que tu es plus jolie quand tu souris ? Qu’en dis-tu ? Tu serais capable de me dessiner ton plus beau sourire ? »
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MessageSujet: Re: 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury   01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury EmptyDim 6 Nov - 22:36

Un jour viendrait sans doute où elle ne partagerait plus ce genre de moment avec sa mère, ou même avec son père. Emily était encore dans un âge où elle avait besoin de beaucoup de tendresse, et celle-ci passait par les câlins qu’elle avait avec ses parents. Elle en faisait de nombreux à Will, pourtant ce n’était pas la même chose que ceux qu’elle échangeait avec Emma. Avec papa, c’était de la tendresse, mais aussi de l’amusement, de la fascination et une passion commune. Avec maman, c’était de la tendresse à l’état pur. Il n’y avait rien de mieux que les bras d’Emma quand elle souhaitait se sentir en sécurité, trouver du réconfort ou qu’elle se sentait triste. Quatre ans avaient passé depuis sa naissance mais c’était comme si le cordon ombilical n’était pas encore coupé. Emily avait besoin d’Emma tout comme cette dernière avait besoin d’elle. Il y avait besoin de maman quand la lumière s’éteignait le soir dans sa chambre. La fillette avait peur du noir. Il lui fallait donc un moment et des mots rassurants de la part d’Emma pour qu’elle s’endorme apaisée. Les étoiles phosphorescentes que Will avait collé au au plafond au dessus de son lit l’aidaient à avoir moins peur. La porte de sa chambre qui restait entrouverte également. Ce qu’il y avait de plus rassurant restait de loin les bras d’Emma et sa voix douce.

Emily pensait avoir mal agi, elle était triste et se collait à sa mère. Elle craignait même que celle-ci finisse par ne plus l’aimer un jour. Car elle faisait les choses de travers, et aussi pour une autre raison… « Bien sûr que non, ma chérie. Maman t’aimera toujours, tu m’entends ? Toujours ». La petite fille commença à mieux respirer à cette annonce même si elle n’était pas encore entièrement soulagée. Emma enchaîna, demandant à sa fille de lui faire confiance. C’était déjà le cas, la petite faisait entièrement confiance en ses parents. Elle les aimait autant qu’elle les admirait. « Beth est triste des fois à cause de sa maman. Pourquoi y’a des mamans qui n’aiment plus ? » La petite se colla contre sa mère, laissant sa main entre celles d’Emma. Elle pensait à sa copine d’école Beth. Elle n’avait pas de papa, et sa maman ne l’aimait plus. Du moins c’était ce qu’elle supposait et Emily ne comprenait pas pourquoi, sans doute car elle, avait la chance d’avoir des parents aimants et attentionnés qui s’occupaient énormément d’elle et qui prenaient du temps pour qu’elle ne se sente jamais délaisser. Il y avait du bon dans ce comportement car la fillette était très proche d’eux, mais du coup, elle avait du mal à comprendre, et surtout à accepter quand ils avaient du travail et ne pouvaient pas s’occuper d’elle autant qu’elle l’aurait voulu.

La main libre de l’enfant quitta l’épaule d’Emma pour descendre et jouer avec le haut de son vêtement. Elle le prenait de ses petits doigts et le triturait sans vraiment avoir conscience de ce qu’elle était en train de faire. Elle se souvint brusquement d’une phrase que sa mère venait de prononcer dans son long discours et qui attirait son attention. Comme tous les enfants, en général les paroles rentraient par une oreille et ressortaient par l’autre, ne gardant au passage que ce qui les intéressait pour les faire rebondir. « T’es triste maman ? T’as moi et papa, pourquoi t’es triste ? Car on n’est pas sages des fois ? » Elle affichait une petite moue d’incompréhension. Maman avait dit qu’elle était triste et elle ne savait pas pourquoi. Elle faisait des bêtises et papa ? Il faisait des bêtises de grands ? Elle se demanda en quoi pouvait bien consister des bêtises d’adultes. Peut-être était-ce mettre de la boue de partout en rentrant les jours de pluie. Ou alors parce que papa mettait des papiers de partout quand il travaillait et que maman n’aimait pas ça car elle rangeait correctement les siens.

Un index posé sur le coin de ses lèvres tira rapidement Emily de ses pensées et de son imagination enfantine. « Tu sais que tu es plus jolie quand tu souris ? Qu’en dis-tu ? Tu serais capable de me dessiner ton plus beau sourire ? » Les paroles firent rapidement mouche dans le cœur de l’enfant. Elle aurait pu répliquer à sa maman qu’elle était toujours jolie, même quand elle ne souriait pas mais elle ne le fit pas. Ses lèvres s’entrouvrirent et l’esquisse d’un sourire apparut au coin des lèvres. Les grands yeux verts rencontrèrent ceux de sa mère. Les lèvres s’étirèrent en même temps, laissant place à un vrai sourire. Et là, le plus naturellement du monde, tout en souriant, une phrase qu’elle répétait souvent à ses parents sortit de la bouche de la petite Schuester. « Je t’aime fort fort maman. »
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MessageSujet: Re: 01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury   01 • We are one like the earth and sky • Emily Schuester & Emma Pillsbury EmptyMar 8 Nov - 4:40

Ces moments qu’elle partageait avec sa fille étaient toujours précieux aux yeux d’Emma. Parfois elle avait tendance à penser qu’elle ne passait pas suffisamment de temps avec elle, qu’elle était une mauvaise mère à cause de son emploi du temps chargé. La jeune femme avait grandi en poussant des soupirs devant les films montrant des parents absents qui comblaient ce vide en gâtant leurs enfants. Longtemps, elle avait pointé du doigt ce genre de comportement, se disant que si jamais un jour elle-même devenait mère – cette probabilité frôlant les 5% de chance de son point de vue – elle n’agirait jamais de la sorte et mettrait sa vie professionnelle de côté au profit de son, ou de ses enfants. Pourtant, maintenant qu’elle regardait sa fille droit dans les yeux en prenant conscience que ces moments entre elles n’étaient pas aussi nombreux qu’elle l’aurait voulu, elle se rendait compte qu’elle n’avait pas respecté sa promesse. Certes, ce n’était pas son statut de conseillère d’orientation à McKinley High qui lui prenait le plus de temps : une fois qu’elle quittait les bâtiments le soir, son travail s’arrêtait là. En revanche, elle ne pouvait pas en dire autant de son association – la LPA.

C’était suite à un héritage qu’elle avait décidé de la fonder et l’inauguration avait eu lieu l’année précédente. La jeune femme avait pris cette décision dans le but d’étendre son travail de conseillère qui se limitait au lycée, à la ville complète. Par cette démarche, elle voulait proposer un service qui ne la concernait pas et qui n’était destiné qu’à aider les autres. En créant cette association avec Cassandra Hamilton, elle pensait ne pas être débordée de travail : après tout, cela ne lui rapportait pas d’argent, et elle était censée faire du bénévolat plus qu’autre chose. Et puis petit à petit, elle s’était rendu compte de toute la paperasse et de toutes les démarches administratives qu’entrainait la gérance d’une association de cet acabit. Elle avait alors accordé moins de temps à Emily, partant parfois avant son réveil, et rentrant trop tard le soir pour lui faire le câlin qui l’apaisait avant qu’elle ne s’endorme. Bien sûr cela n’arrivait pas tous les jours – et Dieu merci – mais il lui arrivait d’avoir l’impression d’échouer dans sa tâche de mère, en voulant absolument être sur tous les fronts et tout gérer seule.

Emma soupira légèrement, plantant son regard brun dans celui de sa fille en savourant ces secondes qu’elle passait en tête à tête avec elle et qui n’avaient pas de prix. Elle avait énormément de mal à être autoritaire avec Emily, et c’était peut-être la raison pour laquelle elle éprouvait certaines difficultés à lui faire comprendre qu’elle ne devait pas continuer à l’imiter, elle, sa mère. Certains parents se seraient contentés de la regarder d’un air strict en lui interdisant de recommencer. Emma en était quant à elle incapable, et était de toute façon persuadée que c’était à force de douceur et de calme qu’elle parviendrait à faire comprendre les choses à sa fille. Elle avait la forte impression que ces enfants que l’on sermonnait à longueur de journée ne bénéficiaient pas de la sévérité des parents : au contraire, selon elle, au plus on interdisait à un petit garçon ou à une petite fille de faire une chose, au plus il ou elle s’efforcerait de n’en faire qu’à sa tête. Alors peut-être aurait-elle une chance avec Emily en faisant ce qu’elle avait toujours fait avec elle : tenter de lui expliquer avec des mots simples la raison pour laquelle elle devait éviter tel ou tel comportement.

Ses lèvres dessinant toujours un sourire à l’adresse de sa fille, Emma écouta avec attention le commentaire que fit celle-ci à propos de Beth. La conseillère haussa aussitôt un sourcil, son sourire disparaissant l’espace d’une seconde. Elle savait qui était Beth : il s’agissait de la fille de Shelby Corcoran. Beth était la meilleure amie d’Emily et était venue plusieurs fois goûter à l’appartement sous le regard vigilant de Will ou Emma. C’était ainsi qu’elle avait découvert que la petite n’était autre que la fille de l’ancienne coach des Vocal Adrenaline, quelque chose qui l’avait surprise : elle n’avait jamais su qu'elle avait mis au Monde cet enfant, des années auparavant. Il fallait dire qu’elle n’était pas non plus une grande fan de cette femme-là. Emma secoua un instant la tête, chassant ces pensées pour se reconcentrer sur le visage angélique de sa propre fille. Elle retrouva son sourire puis se mordit légèrement la lèvre avant de lui répondre. « Je suis sûre que la maman de Beth l’aime très fort, elle aussi. Peut-être qu’elle ne le lui dit pas suffisamment souvent et que par conséquent, Beth pense qu’elle ne l’aime pas. Mais il est impossible pour une maman de cesser d’aimer son enfant, n’imagine pas de telles choses ma chérie ».

Emily pressa son tout petit corps contre celui de sa mère, avant de poser sa main sur son épaule. Emma ne pouvait plus détacher son regard de sa fille, subjuguée par cette petite moue adorable qu’elle avait. La fillette semblait quant à elle plongée dans ses pensées, si bien que le silence retomba durant quelques secondes. Au bout d'un moment cependant, Emily leva son regard vert en direction de celui de sa mère, l’air inquiète. D’une voix douce, elle lui demanda si elle était triste et si c’était parce qu’elle et son père n’étaient pas sages. Emma fronça les sourcils, intriguée par les paroles de sa fille. Comment pouvait-elle imaginer que sa maman n’était pas heureuse, alors qu’elle avait la plus merveilleuse des petites filles ? Puis, elle se souvint de ses propres paroles : « parce que si tu fais comme maman, un jour tu seras malheureuse ». Visiblement, la fillette avait mal interprété son discours.

Certes, elle avait été malheureuse pendant un bon lot d’années, mais c’était terminé maintenant. Elle avait tout ce qu’elle désirait : une vie professionnelle qu’elle aimait, et plus important encore : un petit-ami et une fille qu’elle aimait plus que tout. Sans compter cette bague de fiançailles qu’elle portait à l’annulaire de sa main gauche, promesse d’un mariage qui arriverait bientôt. « Mais non ma puce, je ne suis pas triste, voyons » De nouveau, elle ne put s’empêcher de serrer la main de sa fille dans la sienne. « C’est même tout le contraire : je t’ai toi et ton papa. J’ai tout ce qu’il me faut pour être heureuse ». Elle inclina légèrement le visage tout en scrutant toujours les prunelles de son enfant. « Et tu sais ce qui me rend le plus heureuse, Ems ? Le fait de savoir que tu l’es aussi. C’est pour ça que je demande de ne plus t’amuser avec les chiffons : parce que ça pourrait te rendre triste. Et si tu es triste, alors maman est triste aussi »

Emma essaya de détendre l’atmosphère en proposant à sa fille de lui adresser son plus beau sourire. Elle n’avait pas envie de voir cette moue abattue sur son visage, cela lui faisait un pincement au cœur. Une seconde à peine plus tard, l’air sombre d’Emily disparut et un sourire prit place sur les lèvres de l’enfant. « Ah, c’est bien mieux ainsi » Dit-elle, souriant elle aussi. Ses doigts se mirent à jouer avec les longues mèches brunes d’Emily, tandis que celle-ci l’observait toujours. Elle lui déclara alors l’aimer et Emma fut désarçonnée par la sincérité qui perçait dans la voix de sa fille. Ce genre de phrase était inestimable, et elle ne se lassait jamais de l’entendre. Elle la serra aussitôt dans ses bras et ferma les yeux pendant un instant. La jeune maman déposa un baiser sur la joue d’Emily puis approcha ses lèvres de son oreille. « Moi aussi je t’aime, ma puce » Lui murmura-t-elle.
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