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  00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild

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MessageSujet: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Mar 1 Nov - 0:16

« This could be para-para-paradise »

Filant dans les rues de Lima sur sa vespa orange vif Madeleine chantait à tue-tête. Les piétons interpellés par ce bruit anormal dans la rue ne pouvaient que se retourner sur son passage. Les fils blancs de ses écouteurs dépassaient de son casque rose à fleurs pour lequel elle avait dû faire des pieds et des mains. Entre ses jambes trônait un gros sac à main dans lequel elle transportait précieusement sa caméra et son appareil photo ainsi que tout son bazar habituel en plus des cours du matin qu’elle venait de terminer à Columbus. Une fois de plus elle n’avait pas joué la carte de la discrétion pour aller travailler l’après-midi à McKinley, mais elle savait que de toute façon Figgins ne dirait rien, parce qu’au fin fond de lui-même, malgré toutes les bêtises qu’elle faisait dans son dos, il l’aimait bien. Et aussi parce qu’elle se garderait bien de le croiser pendant son service, ayant développé un sixième sens après toutes ses années en tant que surveillante elle était capable de changer instinctivement d’itinéraire en sentant sa présence. Madeleine Wild avait finalement réussi à grandir un peu, mais un peu seulement. Lorsqu’elle était revenue de son année sabbatique en Inde, son job lui avait été rendu sans trop de difficultés. Elle avait repris le travail à mi-temps pour payer ses études, son emprunt et autres joies quotidiennes, mais il ne s’agissait plus du bagne comme avant. Sa relation avec certains élèves avait changé. Elle réussissait à ne plus se prendre autant pour une adolescente et savait mettre une certaine distance entre les lycéens et elle. L’année précédente elle avait même aidé plusieurs élèves en difficulté pour leurs dossiers de bourses, s’était engagée auprès de certains pour discuter avec leurs parents ou trouver des solutions pour un ramassage scolaire plus large. Son engagement dans l’association d’Emma Pillsbury n’était pas un hasard total, la jeune femme avait réussi à se sortir de son éternel égoïsme et elle savait qui remercier pour ça. Ses yeux se perdirent dans le vague alors qu’elle se plongeait dans les souvenirs de ces années passées qui restaient toujours aussi vifs dans son esprit, savamment entretenus par les films qu’elle montait inlassablement et les photos qu’elle retouchait méticuleusement. Malgré sa responsabilité flambant neuve, elle n’en restait pas moins totalement imprévisible et continuait à parler gaiement à des êtres imaginaires. Faisant vrombir le moteur du scooter pour redémarrer, les pans de sa robe bleu électrique flottaient délicatement autour de ses cuisses alors qu’elle repartait en trombes dans le froid de l’hiver. Elle avait fait le chemin tellement de fois qu’elle était convaincue de pouvoir le faire les yeux fermés et ne prêtait qu’une attention modérée à ce qui l’entourait, manquant souvent de se faire renverser sans même le remarquer. Se garant précipitamment juste à côté d’une rangée de vélos, la jeune femme sauta à terre sur ses chaussures à talons hauts qu’elle ne quittait qu’à de très rares occasions à l’extérieur de chez elle.

Se lançant dans les couloirs encore habités par quelques élèves à la traîne auxquels elle envoya un regard feignant la menace, elle sautillait presque, enthousiaste à l’idée de tomber sur Timothy Ainsworth ou Samuel Youngblood dans les couloirs. Il fallait admettre que Figgins avait eu du goût en choisissant les deux jeunes hommes pour lui servir de collègue, et remplir des papiers en leur compagnie était tout de suite plus amusant. Néanmoins le partage de son temps entre les études et le travail de surveillante restait assez compliqué et sa situation financière ne s’était guère améliorée en cinq années. En partant à l’aventure pendant deux ans, elle avait perdu son appartement dans le centre et n’avait rien trouvé de convenable dans la même gamme de prix à son retour. Fichue inflation, maudit propriétaire… Comme si la ville de Lima était une destination prisée de tous les migrants de la planète. Après de longues journées de recherches infructueuses, elle s’était donc résignée à emménager dans un studio encore plus petit pour pouvoir s’offrir une mobylette et aller à l’université sans dépendre des transports en commun. Depuis lors sa situation était presque précaire : un jour l’eau chaude ne montait plus à l’étage, le lendemain les radiateurs se mettaient en route en plein été. La jeune femme riait de cette situation folklorique qui avait tendance à lui rappeler les plus grands moments de ses allers et venues en Inde et préférait penser que c’était le piment de sa vie que de ne jamais savoir quand la prochaine canalisation la lâcherait ou si elle aurait le loisir d’assister en direct à un dégât des eaux.

Elle marchait gaiement dans les couloirs, fredonnant toujours sa chanson de Coldplay mais de manière plus discrète pour ne pas tout de suite attirer l’attention sur elle. Sans trop se faire d’illusions sur l’état de sa réputation parmi les élèves, elle évitait autant que faire se peut les remarques des deux autres surveillants qui ne perdaient pas une occasion de se moquer bêtement. La machine à slushy tournait inlassablement au fond du couloir d’entrée. Elle n’avait jamais été retirée, et pour autant qu’elle s’en souvienne pas une seule fois la surveillante ne l’avait vu éteinte. Saisissant un gobelet au hasard sur l’une des piles rangées à côté de la machine, la surveillante en versa une bonne quantité qu’elle recouvrit d’une petite opercule en plastique, dernière invention de Figgins pour limiter le slushage intempestif des losers du bas de l’échelle sociale. En réalité les pauvres lycéens recevaient à présent une capsule en plastique en plus de la glace pilée… On aurait pu croire qu’avec un renouvellement total des lycéens les us et coutumes de l’établissement auraient changé, mais ce genre de tradition passait les âges imperturbable. Madeleine rêvait secrètement de filmer une scène authentique de slushy, mais outre le fait qu’elle faisait toujours la sourde oreille à ce sujet pour ne pas mettre le doigt dans un engrenage qui aurait raison d’elle, sa crédibilité en prendrait un sérieux coup.

Un rapide coup d’œil à sa montre avant de rentrer dans le couloir de l’administration, elle avait au moins cinq minutes d’avance. Hors de question d’arriver en avance. La blonde tourna immédiatement les talons pour se rendre dans les toilettes les plus proches et retoucher son maquillage mais dans sa manœuvre elle manqua de se faire renverser par une lycéenne en furie qui fulminait contre Dieu sait quoi. Contente d’échapper à cette hystérique, elle le fut nettement moins en voyant qu’un peu de slushy avait réussi à se glisser hors du gobelet droit sur sa robe. Décidément ces couvercles ne servaient à rien… Pressant le pas vers sa destination initiale elle poussa la porte en marmonnant à voix haute « Non mais vraiment… Pourquoi est-ce qu’il laisse cette machine débile hein ? Et pourquoi est-ce que j’en prends moi aussi de ce truc, c’est que du sucre et de la flotte, des colorants… » Le monologue aurait pu se prolonger indéfiniment, mais un bruit de sanglot stoppa net le flot de parole de Madeleine qui s’immobilisa dans la pièce. Balayant les environs du regard la jeune femme arqua un sourcil. Deux choix s’offraient à elle : faire demi-tour et trouver d’autres toilettes pour nettoyer sa robe, éviter la séance de pleurs de ce qui devait être une lycéenne éplorée parce que larguée par son petit ami, ou douchée au granité, ou bien qui venait d’avoir une mauvaise note en mathématique. Ou bien, jouer les nouvelles Maddie, la fille bien, la surveillante responsable et soucieuse de ses élèves. Restant quelques secondes de plus bouche bée au milieu des toilettes, elle ne parvenait pas à prendre une décision quand un bruit provenant de l’une des stalles la fit tressauter provoquant la chute tragique du granité framboise. Poussant un cri épouvanté et s’écartant de la scène du crime Madeleine contemplait la scène apocalyptique au sol et en relevant les yeux tomba nez à nez avec une tête rousse qui ne lui état pas vraiment étrangère mais pas familière non plus. « Euh… Ça va ? »
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Mar 1 Nov - 0:30

-Va te faire foutre Ainsworth !

Et sans en attendre davantage, Anna tourna les talons. Tout ce chemin pour rien. Deux avions, une escale, un voisin de siège qui ronflait et une nuit blanche plus tard, et la voilà qui se heurtait encore et toujours au même problème : Timothy et sa fierté mal placée. Son mauvais caractère indécrottable. Et son obstination maladive.
La dernière fois qu’elle l’avait vu, il l’avait brusquement embrassée avant de sauter dans la même seconde, sans un regard en arrière, dans le premier taxi pour l’aéroport et le vol qui le ramènerait sans projet de retour de Londres à Lima. Près de 6 mois sans nouvelles et elle le retrouvait maintenant froid et distant, fanfaronnant comme si son nouveau statut à McKinley lui donnait des droits divins. Insupportablement agaçant. Et terriblement blessant.

Remontant les couloirs de McKinley avec rage, elle cherchait à mettre le plus d’espace possible entre elle et le bureau des surveillants. Elle avait toujours détesté ce lycée, elle venait de trouver une raison de plus de ne jamais y remettre les pieds.
Comment faisait-elle pour être aussi naïve quand on en venait à Ainsworth ? Qu’est-ce qui lui arrivait pour qu’elle perde inévitablement tout ce qui faisait d’elle l’imperturbable et distante Anna Preston pour se transformer en amoureuse transie, incapable de maitriser ses émotions de midinette ? Au fond d’elle tout au moins, parce que plutôt mourir que de laisser transparaître ne serait-ce que le quart de cela, surtout en la présence dudit Ainsworth.
Aveuglée par les larmes qui commençaient à dévaler ses joues sans même qu’elle puisse les contrôler, Anna poussa la première porte et se retrouva, ô ironie, dans les toilettes. Là où tout avait commencé. Appuyant sur le battant d’une des cabines, la jeune fille s’effondra sur le couvercle de la cuvette et laissa libre cours à son chagrin.
Granny Preston était morte depuis un peu plus d’un mois. L’idée du retour à Lima avait doucement germé dans l’esprit de l’aînée des sœurs Preston, encouragée par l’enthousiasme de Lexie et les multiples démarches engagées par J.J. . Mais Anna avait une raison de plus qu’eux de vouloir rentrer dans ce trou perdu qu’elle avait pourtant été tellement ravie de quitter. Et cette raison venait de lui exploser à la figure.
« Peu conventionnel », « atypique », « contre-nature », « grotesque », c’étaient les qualificatifs qui avaient déjà été employés pour décrire son couple avec Timothy. Ainston pour les intimes. Comme si dans l’esprit des gens, il était impossible que ces deux là aient vraiment éprouvé des sentiments l’un pour l’autre. Elle se rappelait avec amertume certains commentaires lus sur Facebook après le retour de Tim à Lima. Elle passait sur Savannah qui aurait certainement préféré la savoir mariée à Bryan Ryan plutôt qu’en couple avec son demi-frère: les deux jeunes femmes ne s’étaient jamais appréciées et il aurait fallu un miracle pour améliorer la situation.
Mais cet autre surveillant là, Youngblood… Elle ne le connaissait ni d’Eve ni d’Adam et pourtant, si elle avait pu lui arracher les yeux...
Au lieu de cela cependant, elle s’était contentée de se concentrer sur la galerie, travaillant d’arrache-pied pour convaincre ses parents et leurs éventuels sponsors du bien-fondé de la chose. Elle avait ignoré l’absence de lettres et de coups de fil et joué les filles trop distantes pour être honnêtes. Elle avait multiplié les contacts avec les membres du réseau de sa mère Emilia, elle-même artiste reconnue, pour faire en sorte que The Gallery devienne un lieu attrayant et avec un vrai potentiel, pas seulement le gadget d’une bande d’enfants privilégiés de Camden, qui avaient hérité d’un local et d’une grosse somme d’argent et ne savaient pas quoi en faire. Non, Anna s’était démenée, secondée sans faillir par J.J. dont la gouaille et le charisme parvenaient toujours à convaincre artistes et agents les plus réticents. Lexie n’était pas non plus en reste, arpentant tous les musées de New York, où elle finissait ses études, pour dégoter les dernières tendances et réunir quelques pièces maîtresses.

Assise sur sa cuvette pourtant, ce 10 janvier 2016, jour qui marquait son retour officiel et pour de bon dans l’Ohio, à quelques mois de l’ouverture de la première galerie d’art de la ville, Anna avait tout sauf l’air épanouie.
Incapable de contrôler les sanglots, elle ne savait même plus pourquoi elle pleurait, si c’était de la rage de ne pas avoir pu ficher son poing dans la figure de Tim, le contrecoup de l’arrivée à Lima, ou tout simplement le fait de l’avoir revu. Et de se faire rabrouer quand c’était lui qui était en tort. Une fois de plus.
La jeune fille en était là de ses considérations éplorées quand le bruit de la porte se fit entendre, lui annonçant qu’elle n’était plus seule dans les toilettes.
C’était bien sa chance : elle était tout bonnement incapable d’apaiser le flot de larmes et continua de s’épancher, un peu moins bruyamment cependant.
Cela avait manifestement déboussolé le nouvel arrivant puisque les bruits de pas s’étaient interrompus, comme si l’on hésitait à aller plus loin. Anna ne pouvait que comprendre : qui pouvait bien avoir envie, un mardi matin, de jouer au travailleur social. Pas elle. C’est pourquoi elle se leva, bien décidée à abréger les souffrances du ou de la lycéenne –ne nous faisons pas d’illusions sur le respect de la non-mixité dans des toilettes de lycée, et celles de McKinley en particulier- et ouvrit la porte de la stalle avec un peu trop d’enthousiasme. Se produisit alors un évènement particulièrement sonore, comme si une bombe à eau venait de se répandre sur le sol. Abasourdie, Anna passa enfin la tête en dehors de la cabine des toilettes pour se trouver nez à nez avec une surveillante, Madeleine quelque chose, qui était déjà en service à l’époque de la terminale de la jeune fille. Elle était entourée d’une flaque fuchsia. Du slushy à la framboise. Décidément les choses n’avaient pas tant changé que ça à McKinley.
Elle pensa que l’incident lui permettrait de disparaître plus facilement et d’éviter les explications conventionnellement maladroites que son interlocutrice devait probablement attendre, mais elle n’avait pas le choix : elle ne pouvait sortir des toilettes sans marcher dans de la glace pilée, et toute asociale qu’elle était, Anna restait bien élevée. Elle se doutait que c’était la surprise de la voir surgir comme un diable hors de la cabine qui avait provoqué l’incident, et elle se devait de réparer un minimum les dégâts.
Évitant donc de répondre à la question que son interlocutrice lui avait posé avec gentillesse –et certainement obligation- elle se tourna vers un distributeur de serviettes en papier et en tendit un épais bloc à Madeleine avant de se baisser elle-même pour commencer à éponger le sol.


Dernière édition par Anna L. Preston le Mer 23 Nov - 21:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Sam 5 Nov - 2:49

Avoir cours à huit heure du matin à Columbus, cela signifiait se lever à l'aube pour faire la route et espérer arriver à l’heure. Et quand on s'appelle Madeleine Wild et qu'on découvre petit à petit les joies des logiciels de retouche photo, se coucher tôt n'est pas exactement chose aisée. Encore une fois elle s’était battue à mort avec les lumières et les couleurs d’une photo qu’elle avait fini par écarter de sa sélection pour son site internet. Cinq longues heures à essayer de comprendre la différence entre un calque et un effet de lumière. En vain. La jeune femme manquait cruellement de sommeil, et outre l'anti-cerne qu'elle avait appliqué sans grande parcimonie sous ses yeux bleus, elle était littéralement droguée au café. Elle en avait bu un grand bol en se levant, puis une autre tasse après sa douche en chantant sa chanson préférée du moment. Sur le chemin elle s'était arrêtée chez Starbucks pour s'acheter un grand latte macchiato qu’elle avait siroté d’une main tout en continuant à conduire le scooter aux couleurs criardes, et juste avant de rentrer en cours elle avait fait un crochet par le distributeur pour reprendre un petit expresso sucré. Avec une telle dose de caféine n'importe quel être normalement constitué aurait déjà fait une crise d'épilepsie, mais Madeleine avait passé tellement de temps à boire café sur café depuis qu'elle était entrée à la fac qu'elle ne tremblait même plus. En revanche, ses réactions étaient un peu trop vives parfois, comme celle qu'elle venait d'avoir en entendant le choc de la porte contre la paroi de la stalle. Résultat des courses, le granité s'était déversé sur le sol. C'était ça de moins dans son estomac… et sur ses hanches. Reportant son attention vers la fauteuse de trouble qui venait de sortir de sa cachette, Mad se mordit le coin de la lèvre inférieure. Pauvre fille… Elle avait les yeux rouges et son mascara avait coulé en laissant quelques jolies traînées noires à moitié essuyées. Elle ressemblait à un panda . Un panda roux. Mais est-ce que les panda roux avaient des cernes noires… Voilà qu’en un instant Madeleine avait dérivé de la cible de toute son attention professionnelle au pays des petits pandas sans vraiment s’en rendre compte. Plongée dans ces considérations hautement intellectuelles la surveillante mit un certain temps à réaliser qu'on lui tendant une pile de serviettes en papier sans un mot. Saisissant les feuilles blanches d’un air un peu honteux, elle dévisagea la jeune femme en face d'elle qui, sans prendre le temps de répondre à la question qui lui avait demandé tant d'efforts et de réflexion, s'était mise à essuyer la framboise qui s'était répandue au sol. C'était bien gentil de l'aider mais pour qui elle se prenait exactement ? Lady Di dans les toilettes de McKinley ? Elle ne lui demandait pas une dissertation en trois parties sur les raisons qui l'avaient amenée à pleurer toutes les larmes de son corps dans les toilettes du lycée, un simple "oui", aussi faux et hypocrite soit-il, aurait suffit à calmer les ardeurs responsables de la blonde. Mais maintenant elle se demandait ce qui pouvait être si horrible qu'elle refuse d'en parler.

Se baissant à son tour Madeleine constata avec horreur que ses sublimes chaussures bleues avaient, elles aussi souffert de l'agression par le slushy. « Han naaaaaaan ! Pas mes chaussures ! J'y crois pas… Pourquoi tant de haine ? Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal pour mériter ça… Non mais si je me pointe comme ça l'autre va se moquer de moi… Et puis, ah non non ! » Elle lâcha un petit paquet de serviettes au sol avec rage et saisit l'une d'elle pour essuyer ses chaussures, accroupies dans un équilibre précaire sur ses talons. Puis la constatation qu'elle n'était pas seule revint la frapper à nouveau. Ses yeux se levèrent doucement du sol vers la jeune femme qui continuait sa tâche, imperturbable, comme si elle ne pourrait s'en aller qu'après avoir essuyé le minimum vital histoire de ne pas paraître grossière. Incrédule face à cette attitude butée et renfrognée Madeleine cessa de s'activer à essayer de sauver le meubles pour la détailler un peu. Elle était bien trop vieille pour être élève ici, à moins que la nouvelle politique du lycée soit de permettre à tous les plus de 20 ans d'obtenir leur diplôme. Il y avait déjà un exemple dans les murs, mais contrairement au petit Gallagher, elle n'avait encore jamais vu la rouquine dans les couloirs. Qu'est-ce qu'un être humain sensé viendrait faire à McKinley s'il n'était pas obligé d'y revenir ? Un temps. Blessée par sa propre question qui remettait en doute sa santé mentale la surveillante finit par se décider à rompre à nouveau le silence de mort qui régnait dans les toilettes, lieu de recueillement s'il en était. « Bon euh… sinon tu t'appelles ? » Si elle ne voulait pas parler de ce qui l'avait faite pleurer c'était son droit, il n'y avait pas grand chose de glorieux dans le fait de pleurer comme une petite fille assise sur la cuvette des toilettes dans un lycée. Mais essuyer la glace pilée collante qui fondait déjà sur le sol dans le silence c'était trop pour la surveillante encore sous l'emprise de la caféine ingérée en grande quantité. « Tu vas peut-être me contredire mais j'ai comme la vague impression que je t'ai déjà vue, tu ne serais pas… euh… Lexie Preston, sa cousine, sa sœur, son aspirant sosie ? » C'était sans grande conviction qu'elle parlait mais elle n'avait vraiment pas envie de lui laisser la moindre chance de s'en tirer avec un vague grognement ou un petit hochement de tête en guise d'assentiment. Elle ne ressemblait pas vraiment à la Lexie qu'elle avait connue, mais comme elle était la seule rousse qu'elle ait rencontré à Lima en dehors de Miss Pillsbury, ça ne coûtait rien d'essayer, même si la théorie de la parenté restait la plus plausible. Elle voyait mal l'ancienne Cheerio dynamique au possible, aussi refermée sur elle-même et grognon, et puis elle l'aurait reconnue non ? Elle n'avait pas tant changé que ça en un peu moins de cinq ans. Qu'est-ce qu'elle était devenue d'ailleurs ? Finalement la thèse Pillsbury n’était peut-être pas à écarter étant donné la vitesse à laquelle elle était en train de frotter le sol pour effacer toute trace de l’incident. Contrairement à elle Mad réfléchissait beaucoup plus qu’elle n’agissait et elle se penchait de gauche à droite en essayant de resituer son visage dans une chronologie même vague. À s'agiter de la sorte toujours accroupie sur ses talons, l'inévitable finit par se produire et la surveillante tomba à la renverse dans un bruit qui s’apparentait au cri étouffé ou à un soupir inspiré suraigu. Ramenant immédiatement ses jambes écartées à elle en les repliant de chaque côté, genoux rapprochés, elle ne put s'empêcher d'éclater de rire devant l'absurdité totale de la situation. « Décidément, j'ai connu mieux comme journée. Robe tachée, granité renversé, chaussures tachées, et sous-vêtements exposés. Grand chelem ! Il manquerait plus que la robe se déchire et là je vais tout de suite jouer à la loterie. » Offrant un sourire de réconfort à l'inconnue Madeleine espérait détendre un peu l'atmosphère, bien qu'elle se fût volontiers passée de l'épisode du ridicule complet devant cette fausse inconnue.
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Mer 23 Nov - 21:30

Anna décida d'ignorer le regard insistant et plein de questions que la surveillante posait sur elle et elle continua de s'efforcer de réparer les dégâts répandus sur le sol des toilettes. Nul doute qu'elle se demandait quelle mouche avait bien pu piquer Anna, en apparence bien trop âgée pour être encore élève à McKinley, pour venir se livrer à une crise de larmes dans ce coin ô combien prisé par les lycéennes. Pourtant, avec un peu de chance, la jeune fille espérait qu'elle allait pouvoir se sortir de là sans même avoir à donner d'explications... Et elle épongeait les carreaux avec une attention et une patience toute particulière, évitant soigneusement de relever la tête vers Madeleine.
Mais c'était sans compter sur la personnalité de la blondinette qui lui faisait face, personnalité qui n'était pas sans rappeler l'exaltation d'une Lexie. Après tout, elle aussi aurait pu se mettre à crier au drame simplement parce que des gouttes de glace pilée avaient atterri sur ses chaussures.

Un peu décontenancée par la tirade mélodramatique de l'ancienne surveillante, Anna se mit à l'observer en douce malgré elle, sans pour autant renoncer à sa mine fermée et à son apparente volonté de faire gagner au petit carré de faïence qu'elle frottait avec ardeur le concours de propreté de la ville. Cette fille était un personnage, vraiment. On aurait dit qu'elle avait pendant quelques secondes complètement perdu de vue le fait qu'elle n'était pas seule, et, comme une adolescente en pleine crise de nerfs, avait laissé libre cours à toute l'hystérie qui l'habitait. Pour quelqu'un d'aussi renfermé qu'Anna, c'était... Impressionnant. Presque dans le bon sens du terme. Elle ne pouvait d'ailleurs s'empêcher de se demander ce qu'une fille aussi exubérante et libre faisait encore dans ce lycée. Les surveillants étaient généralement des étudiants qui succombaient à ce petit boulot ingrat pour avoir de quoi payer leurs études et Madeleine, depuis le temps qu'Anna avait quitté McKinley, devait largement avoir terminé les siennes. Elle avait quoi, presque la trentaine ? L'aînée des Preston sentait la curiosité s'emparer d'elle, tandis qu'elle essuyait d'un revers de main une larme qui n'avait pas fini de couler.
Elle devait avoir une mine affreuse, non pas qu'elle s'en préoccupait vraiment habituellement. Mais Tim n'était finalement qu'à quelques mètres d'elle et il serait trop heureux de constater qu'il avait toujours autant de pouvoir sur son ex petite amie. Il fallait qu'elle sorte de là aussi digne et intouchable qu'une Preston pouvait l'être...

En parlant de Preston tiens... Voilà que l'ombre de Lexie aussi venait faire un tour par là. La petite rousse dévisagea Madeleine après que celle-ci aie mentionné sa ressemblance, pourtant moins frappante aujourd'hui, avec sa petite soeur. Lexie était restée une année de plus à Lima et Anna ne doutait pas que malgré une année de terminale un peu erratique - les deux Preston se parlaient à peine à l'époque - sa cadette avait su se constituer un réseau solide, notamment grâce à son caractère extraverti et sa personnalité solaire. Et elle n'aurait pas été étonnée qu'elle se lie d'amitié avec quelqu'un comme Madeleine. La jeune femme allait pourtant être déçue si elle croyait retrouver chez Anna les mêmes traits de caractères que ceux de Lexie.

-Je suis sa soeur, Anna Preston, dit-elle en se relevant doucement pour jeter le tas de serviettes usagées. Je t'aurais bien serré la main mais... laissa-t-elle en suspens en désignant ses mains mouillées par le nettoyage intempestif du sol. Elle les essuya à revers contre son jean en faisant une petite mimique désolée.

-J'étais aussi élève à Mckinley, continua-t-elle en se tournant vers le distributeur d'essuie-main, histoire de renouveller leur stock puisque les dégâts slushiens semblaient vouloir leur résister. Mais tu as dû la connaître une année de plus, elle a un an de moins que moi...

Elle allait poursuivre en lui demandant sans la moindre gêne comment il se faisait qu'elle aussi se trouve là, quand elle vit la pauvre fille, à force d'agitation, exécuter une cascade malencontreuse et glisser en s'étalant de tout son long contre la flaque mal essuyée de glace à la framboise. Beurk.
Anna se précipita pour s'assurer qu'elle ne se soit -quand même- pas fait mal.

-Tout va bien ? demanda-t-elle en se baissant, avant d'être complètement rassurée par l'éclat de rire de la jeune femme. Elle ne put s'empêcher de sourire à son tour en entendant son commentaire désabusé.

-C'est vrai... On fait mieux comme démarrage de journée... Je crois que la première personne à passer la porte nous trouverait plutôt pitoyables... Je vais finir par croire que ce lycée dégage des ondes malfaisantes, termina-t-elle en faisant un petit sourire contrit à Madeleine.
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Sam 10 Déc - 0:27

L’éternel optimisme de la surveillante avec le plus d’ancienneté de WMHS était une fois de plus justifié : enfin, la rouquine venait de lui adresser la parole. Dieu soit louée Lexie Preston et... sa sœur à laquelle elle venait d’arracher une réaction. Ça pour être inattendu, il fallait bien admettre que Madeleine était un peu abasourdie par cette révélation. L’air de famille était vague mais elle avait réussi à percer le mystère de la communauté rousse de Lima. Cela ne faisait plus le moindre doute maintenant, elle devait être un génie. Oui, tout à fait, il fallait bien ça pour réussir à arracher un mot à la reine des glaces en plein essorage du carrelage. Elle avait l’air moins froide qu’au premier abord quand elle se décidait à desserrer les lèvres. Bon on était toujours loin de l’entrain prestionnien auquel elle avait été habituée, mais elle était mignonne avec ses petites mimiques désolées. Regardant la jeune femme montrer ses mains souillées de granité à la framboise, elle lui rendit un sourire en gloussant doucement. «Effectivement, je te pardonne va, Anna Preston.» Maintenant qu’elle avait réussi à l’identifier il fallait qu’elle parvienne à se répéter ce nom le plus de fois possible pour ne pas la confondre avec Lexie et tout mélanger, au risque de la vexer et de devoir continuer à se faire la conversation à elle-même jusqu’à achèvement de la tâche de nettoyage consciencieux. Malgré les nombreux mois qu’elle avait passés aux côtés des deux autres bras cassés qui faisaient office de surveillants dans le lycée, il était rare qu’elle passe une semaine sans appeler l’un par le prénom de l’autre. Parfois elle le faisait par pure malice, simplement pour voir la réaction de sa victime, en général assez décevante étant donné que l’un comme l’autre excellaient dans l’art du je m’en foutisme, ou alors parce qu’elle n’arrivait tout simplement pas à coller des noms sur les gens. Elle ne s’était jamais trompée une seule fois avec ses amis imaginaires, mais pour ce qui était des créatures en chair et en os, leur identité était généralement nimbée d’un flou artistique qui n’avait rien à envier à l’une de ses photos ratées. Si elle se souvenait encore de Lexie Preston presque cinq ans après c’était surtout parce qu’elles avaient vécu des choses assez intenses ensemble. Cet épisode du placard resterait à jamais dans sa mémoire. Elle se souvenait encore comme si c’était hier du vol plané qu’elle avait fait dans le couloir de l’aile ouest, glissant sur une serpillère fourbe laissée là par un des fameux «techniciens de surface» — comme il convenait de les appeler maintenant — de McKinley dont la silhouette de zombie était si claire dans son esprit qu’elle aurait pu la redessiner à la demande, eût-elle su faire autre chose que des dessins dont l’abstraction l’enviait à la pauvreté. Leur relation était partie de cette soirée à McKinley d’abord coincées dans une remise avec assez d’espace vital pour une demi personne puis en mission commando dans le bureau du principal. Et puis elles avait continué à bavarder de temps à autre dans les couloirs après le fou rire qu’elles avaient eu le lendemain en voyant le chaos total dans lequel le lycée était plongé à cause de l’alarme incendie. Elle n’avait plus jamais eu l’occasion de faire d’aussi bons coups à Figgins depuis. Son cœur se serra en repensant à ces jours lointains. Elle aurait d’ailleurs eu toutes les peines du monde à expliquer pourquoi est-ce qu’elle était tout à coup prise par cette bouffée de mélancolie. La blonde avait fini par se décider à changer, suivre les conseils avisés de la conseillère d’orientation du lycée dont elle s’était d’abord moquée. L’Inde, les courts-métrages, les photos... Toutes ces choses qu’elle n’aurait jamais cru avoir un jour. Elle avait réussi à trouver quelque chose qui l’intéresse vraiment, pour plus de cinq minutes, et elle y mettait tout son cœur. Elle menait une vie assez normale d’étudiante, à peine plus vieille que la moyenne, et traîner à McKinley était devenu une telle habitude qu’elle se demandait parfois si elle pourrait jamais travailler ailleurs.

Si elle avait connu la petite sœur, la jolie frimousse de l’aînée ne lui disait absolument rien en dehors de cette ressemblance plutôt hasardeuse. Elle n’était pas censée reconnaître tout les anciens élèves cinq ans après, personne ne lui en tiendrait rigueur, mais sa mauvaise mémoire lui jouait encore de vilains tours, il aurait été surprenant que Lexie ne parle jamais de sa sœur si celle-ci avait été au lycée en même temps qu’elle. Toutefois à en juger par le traitement de mépris total auquel elle avait d’abord eu droit, Madeleine supposa que la jeune femme ne se vexerait pas en voyant qu’elle ne la reconnaissait pas le moins du monde. «Ah vraiment ? Oui j’ai bien connu Lexie, un sacré numéro il faut bien l’admettre, j’ai bien ri avec elle à l’époque... En revanche je dois bien avouer être passée à côté de l’aînée de la famille...» Laissant un moment de silence, elle se replongea dans ses pensées jusqu’au moment fatidique de sa chute, riant de plus belle en voyant enfin un sourire se dessiner sur les lèvres de sa nouvelle amie panda. Au final ce n’était pas une si mauvaise chose. Elle n’avait jamais eu peur du ridicule et si cela pouvait aider à détendre l’atmosphère, son teinturier trouverait bien le moyen de sauver les meubles. «Je suis sûre que tout ça n’est qu’un complot de Youngblood et Ainsworth, les fourbes. D’ailleurs ça ne m’étonnerait qu’à moitié qu’ils soient derrière la porte en train de guetter ma sortie triomphale, leur fichu sixième sens. Ils ont dû embaucher un de leurs vampires...» Soufflant fortement en signe de mécontentement, Madeleine gonfla les joues un bref instant à l’évocation de leur plan machiavélique pour effrayer Figgins à tout moment et faire l’école buissonnière quand ça leur chantait. Elle les détestait. Tous les deux. Elle les détestait surtout d’avoir trouvé une meilleure excuse qu’elle en si peu de temps. Elle les détestait de si bien s’entendre. Elle détestait Timothy de toujours tout balancer et elle détestait Samuel de toujours avoir ce maudit sourire supérieur. Mais elle détestait surtout le fait qu’elle doive admettre que le travail était bien plus amusant depuis qu’ils étaient là. Il était rare qu’ils travaillent tous les trois en même temps, tâchant de répartir leurs horaires de cours. Pourtant le simple fait de savoir que quelqu’un d’autre avait essayé d’avancer dans le tri infini des dossiers dans le bureau des surveillants tout en préparant un plan pour nuire à Figgins était une forme de consolation. Après ce blanc dans la conversation où elle s’était une fois de plus laissée aspirer par le flot de ses pensées sans queue ni tête, la surveillante reporta son regard sur Anna, la dévisageant comme pour essayer de voir ce qui pouvait bien se tramer à l’intérieur de son esprit. Mais rien n’y faisait ses expressions ne transparaissaient guère sur son visage fermé. «Enfin bref ! Qu’est-ce qu’une ancienne élève vient faire ici, si la question n’est pas indiscrète ?» Ne jamais rien lâcher. Maintenant qu’elles étaient toutes les deux dans un même état avancé de ridicule elle serait peut-être plus encline à la confession...
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Mar 20 Déc - 21:21

L'éternelle comparaison entre les soeurs Preston... Voilà une chose à laquelle Anna n'échappait pas depuis l'âge... Euh, depuis la première année de son existence finalement et l'arrivée de ce petit bébé rougeaud, et bien sur finalement aussi roux que son aînée, au sein du clan Preston.
C'était toujours à laquelle serait la plus jolie, la plus enjouée, la plus artiste, la plus sociable... Et Anna savait que dans la plupart des cas, c'était Lexie qui remportait la mise, elle lui laissait d'ailleurs bien volontiers son avance...
Le plus drôle dans tout ça, c'est qu'aucune compétition n'avait jamais existé entre les deux jeunes filles, que ce soit pour l'affection parentale, qu'elles se partageaient bien justement, ou pour la course à la réussite. Leurs personnalités radicalement différentes ne leur avaient jamais donné l'impression qu'elles avaient quoi que ce soit à se prouver l'une à l'autre, ou plutôt l'une contre l'autre, et leur complémentarité, dans la folie comme dans l'adversité, faisait qu'elles se considéraient finalement comme une seule entité, avec tous les avantages que pouvaient tout de même procurer deux caractères si distincts et tant d'habilités différentes.

Madeleine donc venait de se frotter à la deuxième soeur (ou à la première selon l'ordre que l'on choisissait), et comme il fallait s'y attendre, elle paraissait plutôt surprise du décalage énorme auquel elle était confrontée. Anna, à nouveau, ne put se retenir de sourire, tant la surveillante, avec son naturel désarmant, mettait en oeuvre tous ses efforts pour clarifier la situation.

-Oui Lexie est un sacré numéro... Elle s'est un peu calmée, commença-t-elle avant de secouer la tête. Non, en fait non, ce serait inexact de dire ça : elle n'a absolument pas changé, disons qu'elle a un peu... grandi ? acheva-t-elle en souriant. Et il n'y a rien d'étonnant à ce que tu sois passée à coté de l'aînée, je n'ai fait moi-même que passer dans ce lycée...

Aaaah McKinley... 6 mois de rage, de déboires et de souvenirs. Un crush à sens unique et sans lendemain (enfin jusqu'à l'été suivant et son séjour mémorable chez Sam Evans), un échec total en ce qui concernait le projet de se faire des amis, une brouille familiale qui durait encore... Finalement, tout ce que lui avait apporté ce lycée, c'était la révélation de son besoin d'ailleurs et d'indépendance, indépendance qu'elle avait acquise dès les premiers mois de son retour à Londres. Et n'oublions pas la rencontre avec celui à cause de qui elle s'était réfugiée en larmes dans les toilettes...
Bref, Anna n'était pas fâchée de ne plus avoir de liens avec ce lycée... Et même si elle avait ressenti un léger pincement au coeur en parcourant les couloirs, elle admirait des gens qui, comme Madeleine, étaient capables de supporter un même endroit aussi longtemps. A l'âge de la surveillante - elle devait avoir quoi, 4 ou 5 ans de plus que l'aînée des Preston ? - un tel record de longévité devenait presque suspect et demandait des éclaircissements, aussi lui jeta-t-elle un regard en coin...

La Madeleine en question, pataugeait toujours dans son slushy à la framboise et se mit à maudire les auteurs de ce qui était selon elle un complot. Auteurs dont les noms n'étaient que trop familiers aux oreilles d'Anna.

-Ah... Ainsworth et Youngblood... Je ne te le fais pas dire... Ces deux-là mériteraient d'être pendus en place publique pour crime contre le bon déroulement de la vie d'autrui, lâcha-t-elle avec amertume. Il n'y aurait en effet rien eu d'étonnant à ce qu'ils se soient amusés à traficoter l'appareil à slushies pour rendre la vie infernale à tous les lycéens qui auraient soudain eu une envie irrépressible de glace pilée... Irrécupérables...

Sans qu'elle le sente venir, et alors qu'elle s'apprêtait à répondre à la dernière question de la blondinette, qui lui était décidément de plus en plus sympathique, et avant de se mettre à l'interroger sur son propre parcours, Anna sentit son visage se crisper, et malgré elle, elle éclata en sanglots. Encore une fois. Et en public qui plus était. La jeune fille était à nouveau mortifiée, et pourtant, incapable de se ressaisir, elle se retrouva bientôt sur le sol à son tour, glissant lamentablement dans le reste d'amas glacé et rosâtre et contre la surveillante, trempant ses collants luxueux directement importés de Londres ainsi que les papiers qui dépassaient de son sac bandoulière, et elle se prit la tête entre ses mains.

-Je suis désolée, désolée, je ne sais pas ce qu'il me prend, hoqueta-t-elle entre deux sanglots. C'est ce fichu nom que je n'avais plus l'habitude d'entendre...
Puis, relevant soudain la tête, les traces de khôl marquant cette fois franchement son visage :

-Et qu'est ce que c'est encore que cette histoire de vampires ? Qu'est-ce qu'il est allé inventer ?

Elle replongea aussi vite entre ses mains, moité gémissante, moitié menaçante:

-Je le déteste, ooooooh je le déteste !
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Mar 3 Jan - 20:08

L’accent de la jeune anglaise et son port de tête haut malgré la situation faisait sourire Madeleine qui l’observait autant voire plus qu’elle n’épongeait les dégâts. Contrairement à la petite sœur il y avait quelque chose de fondamentalement calme chez cette fille. C’était comme si les événements glissaient sur elle sans l’atteindre. Ce qui par ailleurs était assez surprenant quand on voyait les traces noires laissées par son souvenir de maquillage. La différence était frappante, et même sans la connaître il ne fallait pas être particulièrement perspicace pour se rendre compte que les deux sœurs n’avaient sans doute en commun qu’une tignasse rousse et un accent ahurissant. Lorsqu’elle était petite, Madeleine aimait imaginer qu’elle avait une sœur. Elle aurait été plus jeune qu’elle, aussi blonde, mais avec les cheveux bouclés comme leur père. Elle en aurait pris grand soin tout en se gardant bien de lui faire remarquer. Un peu comme un super héros, elle aurait surveillé ses pas dans l’ombre. Cinq ans d’écart, sept tout au plus, elles n’auraient jamais été dans les même écoles mais Maddie aurait fièrement ouvert la voie. Toutes ces soirées passées à jouer seule dans sa chambre elle aurait pu les partager avec quelqu’un. Les secrets qu’elle confiait à ses amis imaginaires, les conseils qu’elle attendait d’eux, l’admiration qu’elle n’avait jamais de la part de sa mère tyrannique, elle aurait pu tirer tout ça de la petite sœur prodigue. Seulement voilà, sa mère avait refusé de tomber enceinte une seconde fois. Elle était même allée jusqu’à renvoyer dans les dents de sa petite tête blonde qu’elle avait suffisamment à faire avec une seule fille désobéissante pour aller déformer son corps une seconde fois. La jeune femme lui en avait toujours tenu rigueur et avait même secrètement espéré que son père la trompe et aille faire un enfant à l’une de ses maîtresses. Une demi-sœur restait une sœur après tout, et le simple fait d’imaginer la tête de sa mère en découvrant un enfant de son infidèle de mari suffisait pour que Madeleine soit comblée. L’adolescence avait été particulièrement tendue dans la maison Wild, et le lycée était l’un des rares endroits où elle échappait complètement au contrôle maternel et pouvait être elle-même. Les murs maudits de McKinley gardaient ces précieux souvenirs pour elle, et bien qu’elle n’y pensât jamais en temps normal, cette rencontre inopinée avec une ancienne élève faisait remonter en elle toutes sortes de sentiments. Ses yeux se perdirent dans le vague un bref instant, mais elle reprit vite contact avec la réalité en entendant la réponse de cette “Anna Preston”. Arquant un sourcil interrogateur, elle fronça la bouche assez déroutée par sa réponse. Est-ce qu’elle faisait de l’anonymat sa religion ? La regardant de plus près elle avait encore plus de mal à saisir. Elle était vraiment jolie, et elle avait les plus grandes peines du monde à se la représenter en adolescente boutonneuse tête de turc des Cheerios les plus zélées de Sue Sylvester. Mais après tout... Elle pouvait comprendre qu’on ne veuille pas laisser de trace au lycée. Peut-être qu’elle faisait partie de ces artistes un peu bohème qui attendent l’université pour briller et se faire remarquer dans le milieu. Les années lycées sont certainement les plus éphémères, et tenter de revenir sur les lieux du crime pour tâcher de faire revivre la vieille flamme d’une gloire passée était peine perdue. Nul n’aurait été plus à même de le dire que la blonde surveillante baignant dans le slushy.

Contre toute attente, les noms de ses deux incapables de collègues semblaient plutôt familiers à la rousse qui cracha un commentaire des plus amers à leur sujet. Madeleine explosa de rire en l’entendant pester contre eux et portant sa main pleine de slushy à sa bouche pour cacher cet éclat de rire, elle s’en barbouilla par mégarde. Essuyant les gouttes de substance collante restées sur son menton du revers du poignet, elle plongea son regard dans celui d’Anna pour retrouver un peu de sérieux et essayer de comprendre ce qui pouvait bien tourner dans sa tête. «Alors comme ça tu connais les vilains de McKinley ? Mais je te le confirme, je pense qu’ils ont signé comme empêcheurs de tourner en rond plutôt que comme surveillants. Ce n’est pas que je les évite, mais il faut presque un radar pour détecter leurs humeurs et fuir en conséquence.» Toute guillerette à l’idée de partager quelques anecdotes sur les compères je m’en foutistes, Madeleine fut coupée nette dans son élan en voyant la pauvre fille fondre en larme et s’étaler sur le sol aussi lamentablement qu’elle. Bouche bée devant ce spectacle de la quatrième dimension elle ne savait plus quoi faire d’elle. Toutes les deux étalées dans la glace pilée rose, le spectacle était de plus en plus glorieux. La surveillante n’avait jamais été douée avec les larmes. Elle-même ne pleurait jamais. Sauf devant les films bien entendu. Alors gérer les excès sentimentaux des autres, très peu pour elle. Est-ce qu’elle n’avait pas des amis à appeler plutôt que de venir dans les toilettes de son ancien lycée ? Et puis qu’est-ce qu’elle foutait là d’abord ! Les sanglots avaient précédé sa réponse mais après un instant de gémissements enfin la curiosité de la surveillante allait être assouvie. En partie... Quel nom ? Est-ce que ce maudit Samuel avait encore frappé ? Il était vrai que les collants imbibés de framboise avaient l’air assez chers mais de là à supposer qu’elle était suffisamment riche pour être dans sa zone de chasse... Et puis elle était de toute évidence plus jeune. Non elle ne collait pas vraiment au profil type des cougars en cabriolet qui venaient chercher son coureur en chef quelques fois à la sortie des cours. Timothy ? Est-ce que le nom d’Ainsworth suffisait pour provoquer une telle hécatombe ? Elle releva le bout du nez pour dévoiler un visage encore plus ravagé par les traînées de noir. La jeune femme avait vraiment du mal à imaginer le jeune homme provoquer de telles larmes chez une fille. Elle ne connaissait pas les détails de sa vie sentimentale et s’en passait très volontiers jusqu’à présent, mais elle ne se l’était jamais représenté comme un tombeur. Il était beau, ça c’était indéniable, et il avait le charme de ces rebelles inatteignables qui attire les filles sages, mais étrangement, elle n’avait même jamais considéré la possibilité de tenter quoi que ce soit avec lui. Et grand bien lui avait pris de toute évidence. Si c’était pour être jetée si violemment qu’on en soit réduite à pleurer dans les toilettes les plus proches, elle passerait son tour, merci. Contemplant quelques secondes de plus le spectacle désolant qui lui faisait face, elle finit par sortir de sa torpeur et attrapa un morceau de papier qui n’avait pas encore servi à essuyer le granité pour essuyer les pommettes baignées de larmes de sa comparse. Tendant les bras vers son visage elle se rapprocha un peu, toujours en plein dans la flaque de glace fondue — un peu plus un peu moins — et passa elle même le mouchoir sur sa joue gauche. Elle la regarda avec tendresse pendant un instant avant de réaliser ce qu’elle était en train de faire. Lâchant le morceau de papier sous le coup de la surprise, Madeleine écarquillait les yeux comme terrorisée par son propre comportement. Quelle mouche avait bien pu la piquer pour qu’elle se mette à materner de la sorte cette pleurnicheuse ? Poussant sur ses pieds pour se reculer de quelques centimètres à nouveau elle tendit encore un mouchoir à la jeune femme sans la toucher cette fois-ci. S’apprêtant à répondre à sa question, un sourire timide accroché aux lèvres elle fut coupée par un accès de rage qui a fit se reculer de plusieurs centimètres une nouvelle fois. Laissant un instant de blanc elle finit par reprendre d’un ton hésitant, de peur de la brusquer à nouveau et de repartir pour une série d’imprécations larmoyantes «C’est leur nouvelle excuse pour... filer à l’anglaise.» Pouffant bêtement de rire à sa propre remarque, elle leva les yeux au plafond pour reprendre son sérieux et éviter une possible œillade noire de l’anglaise nageant dans la framboise. «Mais... lequel hein ? Je veux dire... Il y en a un qui a un passif plus lourd que l’autre mais comment dire... Tu ne... enfin... Bref ! T’es pas son genre quoi, après ça ne veut pas dire qu’il ne te mangerait pas pour le quatre heure, au contraire. Je dirais que tu es trop jolie pour qu’il te laisse passer sans rien tenter. Mais il faut me le dire je vais lui dire ses quatre vérités moi tu vas voir, nan mais c’est quoi ces façons franchement.» Oui, vraiment, pour déclencher un tel accès de fureur elle ne voyait que Youngblood et son maudit sourire enjôleur. La pauvre petite avait dû affronter l’effet rouleau compresseur du beau brun qui vidait les portes-feuilles aussi vite qu’il débitait des mots doux. «Allez allez ! On se ressaisit ! Ça ne vaut pas le coup de pleurer pour cet abruti. Mais un conseil, si tu dois lui trouver un remplaçant, ne traîne pas trop par ici... L’autre ne doit pas valoir beaucoup mieux même s’il cache son jeu. Trop beaux pour leur bien, oui oui.»
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Sam 7 Jan - 1:13

Voir Anna pleurer devant une parfaite inconnue était une scène d'une probabilité hautement... improbable justement. Même Lexie, dans ses jours de soeur adorée les plus fastes, avait rarement, voire jamais, eu cet honneur.
Pourtant, c'était bien devant la surveillante la plus loufoque de McKinley que la jeune fille était en train de se répandre et de se transformer en bisounours de la pire espèce : le bisounours amoureux et pleurnichard.
Mais c'était plus fort qu'elle et rien ne pouvait stopper le flot de ses larmes, même sa fierté toute britannique.
Elle entendait, plus qu'elle ne la voyait, à moitié cachée par ses mains et ses sanglots, Madeleine, qui tentait de mettre en avant le côté comique et ridicule des sempiternels enfantillages de ses collègues de travail. Cela aurait dû la conforter dans sa sympathie pour la jeune femme et la remettre d'aplomb, mais non, décidément, elle semblait bien partie pour se transformer en fontaine pendant au moins les 30 prochaines minutes à venir, là dans les toilettes de ce lycée qu'elle avait quitté depuis déjà 5 longues années.

Si Madeleine ressentit de la gêne à la soudaine crise de son interlocutrice, elle ne le fit pas sentir. Du moins pas tout de suite. Pour sûr, elle s'était interrompue aussitôt que l'aînée Preston avait fondu en larmes, mais cela ne l'avait pas empêchée de réagir le plus gentiment du monde.
Anna frissonna d'abord au contact du papier, bien plus rêche qu'un mouchoir, contre sa joue, mais au lieu d'amorcer un mouvement de recul, comme elle l'aurait fait avec n'importe qui d'autre, elle sentit au contraire une bouffée d'apaisement et de gratitude l'envahir. C'était le geste le plus adorable qu'on ait eu à son égard depuis des années, voire depuis toujours.
Bien sûr, Lexie lui faisait des câlins à tour de bras, notamment après chacune de leurs disputes explosives, mais elle était sa soeur, qui plus est sa petite soeur, et leur amour était inconditionnel, tout comme leurs preuves d'affection. Timothy aussi, à sa manière, avait su se montrer attentionné et prévenant à chaque fois que le besoin s'en était fait ressentir, de façon bourrue et maladroite certes, mais tellement attendrissante. Pourtant lui non plus n'avait pas tant de mérite que ça aux yeux d'Anna, son statut de petit-ami justifiant qu'il fasse voler en éclats sa légendaire "badassness". Et puis quand on voyait comment tout cela se terminait...
Mais Madeleine, bien qu'elle soit familière par son statut et par ce lieu qui les réunissait, Madeleine n'avait rien en commun avec Anna, rien à lui prouver, rien à lui devoir, et malgré cela...

La jeune femme écarta enfin ses mains pour laisser filtrer un peu de son visage bouleversé et rougi.
Elle attrapa le tissu tendu d'une main tremblante, articulant un "merci" qui ressemblait plus à un "bouge de là" par sa rudesse et son manque de sympathie, et commença à se tamponner les yeux, tout en jetant un regard de biais à la blonde exubérante, qui semblait finalement, presque aussi mal à l'aise qu'elle en pareille situation.
La réponse à sa question précédente la fit sourire, et elle se mit à hocher la tête, riant presque de sa propre bêtise.
Filer à l'anglaise... Tout à fait Tim. Ses origines le rattrapaient à chaque fois qu'il faisait face à ses démons -son enfance, ses obligations étudiantes ou familiales, l'engagement auprès de quelqu'un - et sans le savoir, Madeleine avait fait mouche.
Anna se mit alors à la dévisager avec une franche curiosité. A quel point connaissait elle le surveillant ? Est-ce qu'ils s'entendaient bien, est-ce que... Est-ce qu'il lui plaisait même ?
Comme en réponse à ses interrogations, la blondinette se lança alors dans une tirade qui avait finalement pour but de démêler le pourquoi de cette crise de nerfs, tout en clarifiant une fois pour toute la situation : oui Timothy et elle s'étaient séparés parce que ni l'un ni l'autre ne se sentait prêt à faire face à une vraie histoire d'amour, passionnelle, exigeante, déchirante, et surtout exclusive, et non, il ne s'était pas contenté de se morfondre dans son coin depuis son départ de Londres et s'était transformé en bourreau des coeurs, comme elle le pressentait.
Anna dû lutter pour ne pas que les larmes se remettent à couler : entendre de la bouche de Madeleine ce que des personnes comme Savannah ou Youngblood s'acharnaient à répéter était encore plus dur. Elle n'était "pas son genre" et pourtant "[...]trop jolie pour qu'il [la] laisse passer sans rien tenter"... Elle avait toujours refusé de croire que c'était ce qui se passait, lui et leur faisant aveuglément confiance... Mais elle reprit aussitôt ses esprits quand la surveillante annonça d'un ton décidé qu'elle allait -de ce pas ou presque- lui demander des comptes.

-Non, non, non, non, non, surtout pas, il n'y a rien à dire, ça fait des mois que c'est fini de toute façon... On l'avait décidé d'un commun accord, il était évident qu'on était pas faits pour être ensemble, mentit-elle avec aplomb. Je ne sais pas ce à quoi je m'attendais en revenant ici, ni même pourquoi je suis venue...

Anna commença à se redresser, faisant passer le semblant de mouchoir de son visage à ses collants trempés.

-Merci Madeleine, vraiment, merci... Et je vais suivre tes conseils, éviter de traîner ici, plutôt pour ne pas le recroiser que pour lui chercher un remplaçant d'ailleurs, continua-t-elle avec un petit sourire désabusé.

C'est alors qu'elle remarqua que parmi les feuilles échappées de son sac et qui surnageaient gaiement dans le reste de glace pilée, se trouvaient les copies de l'annonce de recherche de colocataires pour la demeure Preston, autrement dit l'autre raison de sa sortie dans le centre de Lima. Merde. Lexie allait la tuer si elle ne déposait pas ces papiers dans les boutiques de la ville aujourd'hui...
Tout en les ramassant avec consternation, elle ne put s'empêcher de demander :

-Et, si je peux me permettre... Je suppose que tu travailles avec lui depuis son retour à Lima... Tu le connais bien ? Vous êtes proches toi et Tim ?

Elle avait essayé de poser sa question de l'air le plus détaché possible, priant pour que Madeleine ne perçoive pas la curiosité et la tension dans sa voix.


Dernière édition par Anna L. Preston le Mar 24 Jan - 1:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Mer 11 Jan - 18:13

En toute honnêteté, Madeleine se demandait pourquoi elle était encore là à essayer de remonter le morale à cette fille qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Ses progrès dans le domaine du soutien apporté aux élèves du lycée avaient été remarquables en cinq ans, mais après tout, elle ne faisait que le travail pour lequel elle était payée. Tandis que là, rien ne la forçait à rester et aider cette belle inconnue à sécher ses larmes. D’aucuns auraient osé mentionner les principes de bases de l’humanité, mais s’il y avait bien une chose qu’elle savait c’était que l’homme moderne se fait passer avant tous les autres. Essayez un peu de tomber en public : la plupart des gens vont vous regarder d’un air benêt en se demandant ce qui avait bien pu arriver pour que vous en arriviez là, d’autres se moqueront et passeront leur chemin, certains vous regarderont avec un air contrit, hésitant à s’exposer à ce qu’ils pensent être de la honte en vous ramassant, et puis si vous avez un peu de chance, un courageux dans le lot de tous ces anonymes viendra vous demander si tout va bien et vous remettra sur pieds avec force sourires. Non, vraiment, l’humanité avait des progrès à faire dans le domaine de l’altruisme. Madeleine la première. Combien de fois avait-elle sciemment ignoré une petite vieille dans le bus parce que la journée avait été longue et qu’elle n’avait pas envie de céder sa place ? Combien de fois avait-elle gardé ses maigres centimes pour s’offrir un café à la fac plutôt que de les donner au sans-abri qui créchait à l’entrée du campus ? Peut-être que ce n’était qu’une rétribution du karma, pour toutes les fois où elle avait refusé d’être une bonne personne, la voilà contrainte de jouer les bonnes samaritaines avec cette presque inconnue et d’endurer le supplice des supplices : les larmes d’amour.

Elle n’était pas rebutée par cette attitude. Mais elle la trouvait faible. Quelles qu’aient été les circonstances de cette rupture, elle n’était pas en sucre, elle n’avait pas besoin de pleurer pour le sortir de son système. En réalité, Maddie était un peu jalouse de cette franchise. Comment faisait-elle pour être aussi honnête avec elle-même alors qu’elle devait se sentir blessée et humiliée ? Est-ce qu’elle n’avait pas un peu de fierté qui l’empêchait de se laisser aller de la sorte ? L’année passée, pour la première fois de sa vie la surveillante avait eu une peine de cœur, et pas des moindres. Elle n’avait jamais été douée avec les relations amoureuses, préférant les amourettes de passage aux grandes déclarations. Pourtant, elle était tombée dans le piège classique de l’ex. Et il avait bien fallu un Ashton Kinney pour la faire craquer et la mettre au trente-sixième dessous. Sa relation avec l’ancien professeur de chimie du lycée remontait à tellement longtemps... et pourtant elle se souvenait encore de leur première rencontre. Elle était au lycée et lui à l’université, elle avait tout de suite flashé sur ses airs rebelles qui contrastaient de manière dramatique avec son sérieux imperturbable. Ils étaient resté longtemps ensemble, mais leur relation avait fini par se consumer et avant même qu’ils ne le réalisent ils étaient séparés de fait. Ça aurait pu faire partie de ses souvenirs d’adolescente, mais il avait fallu qu’elle le retrouve au lycée McKinley en tant que professeur. Les retrouvailles avaient été mouvementées, un peu précipitées par un championnat de football unique auquel elle avait participé, elle s’était retrouvée un peu perdue face à un Ash abattue par sa rupture fraîche avec sa grande copine de l’époque. Pourtant elle n’était pas tombée dans le panneau, elle n’était pas allée frapper à sa porte un soir avec une ou deux bouteilles de vin pour le consoler. Non, elle avait jugé que ce genre de comportement n’était pas digne de Madeleine Wild et avait laissé à une autre le soin de recoller les morceaux du professeur le plus sexy de McKinley. Elle avait perdu toute trace de lui, une fois de plus, sans vraiment chercher à savoir ce qu’il était devenu elle avait continué sa vie à elle en laissant largement de côté tout ce qui pouvait impliquer de près ou de loin une relation. Les fêtes étudiantes de sa première avaient suffi à palier le manque d’affection, et puis l’Inde avait eu son lot de rencontres, mais tout était toujours frappé au sceau de l’éphémère. Pas le temps, pas l’envie, pas la force de donner plus à ses partenaires, elle se disait toujours qu’elle avait la vie devant elle pour trouver l’âme sœur cachée quelque part. Une romantique dans l’âme ? Pas vraiment... fataliste était sûrement une meilleure définition, elle vivait avec sans y réfléchir. Et puis elle l’avait revu. Toujours à McKinley. Comme si ce maudit lycée leur criait qu’ils devaient être ensemble après tout. Ils ne s’étaient jamais fâchés, n’avaient jamais vraiment réussi à être amis, et il avait une fâcheuse tendance à être beau. Autant elle se souvenait encore du jour où elle s’était installée à côté de lui dans sa jupette de cheerio au lycée, autant elle aurait été incapable de déterminer qui avait approché l’autre en premier cette fois-ci. C’était arrivé. Ils s’étaient remis ensemble, et elle s’était laissée prendre au jeu de la relation stable. Il était toujours gentil, toujours attentionné, un peu trop sérieux, mais elle avait accepté de renoncer à cette pseudo liberté qui consistait à lui être infidèle à la première occasion. Pourtant, après de longs mois de tumulte où tout n’était pas rose, où il se fâchaient à mort pour mieux retomber dans les bras l’un de l’autre, elle avait été larguée comme si de rien n’était. Il était parti. Sans un regard en arrière. Il l’avait laissée pour repartir en Europe faire de la recherche sur une stupide molécule. Pas une seconde il n’avait pensé à lui proposer de le suivre. Ça ne lui avait pas effleuré l’esprit qu’elle était peut-être sérieuse, que pour elle passer la moitié de son temps dans son appartement ça voulait dire autre chose que d’avoir la flemme de faire ses propres courses. Rien que d’y repenser, elle sentait son cœur se serrer, les muscles de sa mâchoire contractés et saillant sur ses joues. Elle s’était laissée aller à repenser à lui alors qu’elle se l’était formellement interdit et venait tout naturellement de rouvrir seule les blessures encore fraîches du départ de cet idiot de chercheur à la manque. Se concentrant le plus possible sur la situation présente, elle engagea Anna à se reprendre, dissimulant de la sorte son propre embarras derrière un entrain et un intérêt démesuré pour la jeune femme. Des mois qu’elle avait rompu et elle était encore capable de se mettre dans des états pareils ? Madeleine ouvrit de grands yeux effarés devant cette réponse. Est-ce qu’elle allait encore se faire mal toute seule dans son coin pendant des mois ? Sans vraiment savoir pourquoi, malgré le ton ferme et décidé de l’aînée Preston, elle savait qu’elle mentait. La raison de son passage à WMHS était aussi trouble que limpide. On ne pouvait pas expliquer cette maudite force invincible qui vous empêche de lâcher l’affaire même quand tout est fini... «On me la fait pas à moi va... Mais c’est comme tu veux, de toute façon j’évite de lui parler moi aussi. Il a cette sale manie de me faire du rentre-dedans dès qu’il en a l’occasion pour je ne sais quelle raison, je préfère m’épargner ça.» Sa voix était à la fois résignée et mélancolique, incapable de dissimuler tout à fait sa peine. Courbant l’échine sous le poids de toutes ces pensées sombres qui l’assaillaient à son tour, Madeleine souffla en regardant la flaque de slushy dans laquelle elles baignaient, jouant du bout des doigts avec les quelques cristaux qui n’avaient pas encore fondu. «Même si je suppose que tu préfèrerais partir d’ici en courant pour ne pas lui faire le plaisir de te voir dans cet état, je pense qu’on n'est pas vraiment en état là... Je peux te proposer une douche chaude gratuite chez les Cheerios et un vieux survêtement aux couleurs du lycée si ça t’intéresse. C’est ce que je vais faire donc tant qu'à faire... L’eau chaude est morte chez moi de toute façon.» finit-elle par marmonner.

La voyant ramasser ses affaires éparpillées, elle l’aida distraitement à sauver les papiers encore intacts de la noyade. «Tu sais on est juste... Euh ? Comment ça Tim ? Tim comme dans Timothy Ainsworth ? Attends... C’est lui ?! C’est avec lui que tu sortais ?!» Laissant s’échapper une feuille blanche qu'elle tenait du bout des doigts sous le coup de la surprise, la surveillante resta bouche bée devant cette révélation. Alors finalement le petit avait du potentiel de briseur de cœur aussi... Décidément Figgins faisait n’importe quoi. «Je... euh oui, enfin non, on se... Comment dire haha, je t’avoue que je pensais que c’était Samuel alors euh tu me prends un peu au dépourvu là.» Riant nerveusement en réalisant son erreur, elle remit les feuilles qu'elle agrippait en ordre, posant enfin son regard dessus pour ne pas croiser celui de la jeune femme, passablement embarrassée par ce malentendu. Inconsciemment elle venait d’accorder une première victoire sur elle au surveillant en herbe et elle n’aimait pas ça du tout. Elle ferait attention à l’éviter les semaines suivantes, c’était certain. Lisant le titre imprimé en gras, ses yeux s’illuminèrent tout à coup, oubliant tout autre problème ou discussion préalablement engagée. «Oh ! Ohhhh ! Oh mon dieu ! Tu cherches des colocataires ? Dis-moi que tu ne viens pas de retirer les annonces parce que tu as trouvé pitié pitié pitié.» Serrant le tas de prospectus contre sa poitrine, tâchant copieusement le premier exemplaire, elle regardait Anna d’un air suppliant comme une petite enfant qui demanderait un bonbon à son père usant de toute la force de son être mignon et attendrissant.
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Jeu 12 Jan - 20:45

Anna venait tout juste de reprendre son souffle quand elle eut l'impression d'étouffer à nouveau. Elle barbotait toujours a moitié dans le slushy gelé certes, mais elle avait repris un peu de contenance, et ses papiers aussi, enfin jusqu'à ce que Madeleine ne lui réponde.
Elle se faisait même la réflexion que, peut-être, Lexie n'allait pas tant lui en vouloir que ça finalement... De toute façon en proposant une telle annonce dans les rues de Lima, ils risquaient d'attirer les weirdoes et les losers en priorité, ils le savaient, et ce n'était pas les taches rose framboise délavées qui allaient empêcher ces gens là de répondre à l'annonce. Anna l'espérait en tout cas, parce qu'ils avaient VRAIMENT besoin de trouver deux autres colocataires, sous peine de devoir rendre des comptes beaucoup moins agréables à la seule personne à laquelle la jeune femme n'avaient aucune envie d'en rendre justement, James Preston, 3ème du nom, et accessoirement père chéri de Lexie et beaucoup moins d'Anna...

Les Prestons ne manquaient pas d'argent, loin de là, et l'héritage de Granny avait grandement assuré les années à venir de ses deux petites filles. Pourtant, quand le trio Lexie-J.J.-Anna s'était lancé dans l'aventure de la galerie, ils avaient décidé d'investir le moins possible dans les murs et les fioritures, retapant tout eux-mêmes ou presque grâce au génie, aux connaissances et au savoir faire de Joachim -que feraient-elles sans lui les soeurs Preston ? Pas grand chose à vrai dire...-, pour épargner au maximum en prévision des expositions, des déplacements, de la communication et des frais à venir avec le vernissage. De plus, The Gallery était leur rêve, leur projet à tous les trois et ils étaient bien décidés à la laisser loin du reste de l'entreprise Preston, dont Anna était devenue principale gérante au départ de ses parents pour Londres, condition suprême en fait pour que les soeurs aient le droit de mettre en forme ce que le reste de la famille considérait comme un "caprice", tout artistes qu'ils étaient, et réinvestissent l'ancienne warehouse du centre ville en la transformant en "objet de décoration" -les mots de leur mère- plutôt qu'"en lieu lucratif et utile" -les mots de leur père-.
Le fait est, donc, qu'ils avaient encore de la marge avant de venir à bout de leur réserve, mais le palier avait tout de même drôlement baissé... Et ils leur restaient deux chambres vides dans la pension Preston.
Tout avait été décidé un soir, alors qu'ils se disputaient joyeusement dans le salon. Santana avait débarqué, légèrement agacée, un petit Liam bien trop éveillé pour l'heure qu'il était dans les bras, et avait suggéré, si cela pouvait résoudre les problèmes de hurlements nocturnes, qu'ils louent le reste des chambres à autrui, ce que Lexie s'était empressée de trouver "wonderful".
J.J. et Anna avaient réagi avec beaucoup plus de réticence -qui voudrait habiter avec un bébé qui pleure encore la nuit, une mère célibataire plutôt sanguine, une hystérique multicolore, un snob aux tendances dépressives et une asociale pathologique ? Et bien certainement du monde à Lima finalement, voir les weirdoes et les losers mentionnés ci-dessus...
La mission du jour d'Anna donc, consistait à leur fournir de potentiels intéressés en déposant ces annonces dans les lieux les plus stratégiques possibles, dont McKinley -les surveillants et professeurs débutants étaient prêts à vivre dans n'importe quelles conditions- mais elle venait d'être une fois de plus mise à mal.

Ainsi donc, non seulement Madeleine connaissait Timothy mais, il lui faisait, selon ses propres mots "du rentre-dedans"...
Ah il était certain que celle-ci serait beaucoup plus du goût de Savannah. Blonde, un peu excentrique, loin de l'air sévère et peu engageant d'Anna au premier abord. Elle se mit alors à détailler la jeune femme avec plus d'attention et se fit la remarque qu'il avait fort raison, elle était délicieuse... Et adorable, vraiment adorable.
Cela ne semblait pas la déranger le moins du monde d'apprendre que celui qui la draguait ouvertement avait pu briser le coeur d'une autre et l'aînée Preston admirait la désinvolture avec laquelle elle changea presque aussitôt de sujet.
Une douche, sortir d'ici, ne pas le croiser. Trois actions qui s'emboîtaient parfaitement dans l'esprit de la pauvre Anna, encore trop abasourdie par la révélation qui venait de lui être faite pour réagir plus violemment.

-Euh, voui, merci, ce n'est pas de refus, acquiesça-t-elle doucement en continuant de rassembler ses feuilles éparpillées, quand ce fut au tour de Madeleine d'être manifestement déstabilisée par sa question. Quoi, qu'est-ce qu'elle avait dit ? Est-ce qu'en plus de changer de vie et de copine, il avait aussi changé de prénom ?
Il fallut en fait à Anna plusieurs secondes pour comprendre qu'il y avait méprise sur la personne. Dans les deux sens.

-Bien sûr que c'est avec lui que je sortais, qui d'autre ? Non, ne me dis pas que tu pensais sérieusement à Youngblood, commença-t-elle avant que la surveillante ne le lui confirme avec un petit gloussement nerveux. Alors elle éclata brusquement d'un fou rire, sonore et irrépressible .

-Moi et Youngblood ? Sérieusement ? Plutôt mourir empalée que de sortir avec ce, ce... Mais attends, ça veut dire que c'est lui qui te draguait en fait ? Waow ! Et tu en parles de façon aussi détachée ? Il fait courir la moitié des filles de Lima et toi tu lui résistes ? Et bien, il va t'avoir dans la peau, je peux te le dire...

Anna était impressionnée, autant par l'attitude de la blondinette face à Youngblood que par sa propre volubilité... Il était rare qu'elle se sente à l'aise de la sorte aussi rapidement avec quelqu'un. Avec son tact habituel elle venait tout de même de balancer à Madeleine que son Samuel ne valait pas grand chose à ses yeux, ce que nombre de filles seraient loin d'apprécier, mais quelque chose lui disait qu'elle ne prenait pas beaucoup de risques...
Et même si elle ne côtoyait Youngblood que de loin, elle était prête à parier, d'autant plus maintenant qu'elle l'avait rencontrée, qu'il donnerait beaucoup pour arriver à ses fins avec sa collègue de boulot...

Des millions de questions lui brûlaient les lèvres, à propos de sa collaboration avec Tim, de sa cohabitation avec ces deux phénomènes, mais elle fut prise de vitesse par la surveillante. Et retomba de haut.

-Euh, non, non, j'allais les mettre, je venais demander l'autorisation à Tim en fait. Quoique, disons plutôt que c'était un faux prétexte pour lui faire savoir que j'étais de retour grimaça-t-elle, pestant intérieurement contre sa propre bêtise. Mais je DOIS les poser avant ce soir, sinon Lexie me tuera, soupira Anna. Pourquoi est-ce que ça t'intéresse reprit-elle, intriguée par la mine suppliante de Madeleine, tu cherches un appartement ?

Voilà qui prenait une tournure tout à fait inattendue songea la jeune fille, qui commençait déjà à se demander à quoi cela pouvait ressembler de vivre au quotidien avec Madeleine Wild...
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Ven 27 Jan - 20:47

Devant la révélation tardive de l’identité du fameux petit-ami Madeleine se sentit tellement prise de court qu’elle éclata de rire comme une perdue. Il fallait dire que ces derniers jours Samuel s’était montré étonnamment pressant et elle avait été contrainte de le rembarrer plusieurs fois par service... Elle n’était pas obsédée par lui, non. Bien sûr il avait un visage plutôt agréable à regarder et il était assez bien bâti, mais elle n’avait absolument pas la tête à ça depuis qu’elle avait été lamentablement larguée quatre petits mois auparavant. Elle s’était même surprise à penser qu’il avait de faux airs d’Ashton quand il était de profil. Et c’était précisément la raison qui faisait que jamais elle ne sortirait avec lui. Madeleine Wild n’était pas de ces filles qui tombent bêtement amoureuses de gens qui se ressemblent simplement pour se consoler. Son ego ne s’était toujours pas remis de la séparation des plus froides et malgré toute la chaleur que le surveillant semblait disposer à partager, elle refusait toujours très poliment, avec humour. Il était de toute façon trop jeune pour elle. Son penchant pour les hommes plus mûrs était une faiblesse qu’elle admettait assez facilement, mais elle n’allait très certainement pas en informer ce pauvre garçon qui semblait se complaire dans l’idée qu’il n’avait qu’à claquer des doigts pour obtenir tout ce qu’il voulait. La blonde rougit un peu de ses conclusions hâtives et enfouit son visage dans ses mains pour cacher son embarras à Anna qui était à son tour partie d’un fou rire. Sa remarque la piqua au vif... Après tout c’était vrai, elle le disait elle-même, c’était le roi du one-night stand et du rendez-vous galant payant, il était assez peu vraisemblable qu’il ait pu construire une relation suffisamment forte avec une fille pour réussir à la faire pleurer comme ça. Et pourtant elle l’avait directement considéré comme le candidat le plus sérieux. Repensant à ses derniers cours d’analyse filmique où ils avaient passé de longues heures en séminaire à débattre des intentions du metteur en scène, elle se souvint avec horreur des conclusions du séminaire : si elle l’avait pensé c’est qu’elle l’envisageait... «Ouais non... tu as raison c’est... Samuel Youngblood en couple avec quelqu’un je pense que c’est l’excès de slushy qui m’a gelé les neurones là.» Sans aller jusqu’à se sentir troublée, elle était très clairement dérangée par ce qu’elle avait pu penser. Ce qu’elle pensait être de l’acidité avait l’air de se transformer en déni et il n’en était pas question. Elle ne l’aimait pas, elle aimait juste voir sa mine déconfite lorsqu’elle le croisait au bras d’une autre fille et les petites rides aux coins de ses yeux quand il souriait de toutes ses dents en insistant malgré ses refus nets et immédiats. Mais la remarque de la jolie rousse la tira de ses grandes considérations freudiennes. Elle avait raison, qui sortirait sérieusement avec ce gigolo en devenir qui avait écopé de travaux d’intérêt général pour une raison dont elle ignorait tout ? Arquant un sourcil dubitatif elle regardait la mine ébahie de son interlocutrice. «Beh... c’est pas vraiment un exploit, j’veux dire... C’est Samuel. Il est hot mais j’ai plus vraiment 17 ans. Et je doute fort qu’il m’ait dans la peau tu vois, avec les trois quart des filles de Lima après lui il va bien trouver de quoi se changer les idées» ajouta-t-elle en levant les yeux au ciel. Malgré son égarement passager, elle ne se faisait absolument aucune illusion sur le Youngblood en question et l’image qu’il renvoyait à une fille normalement constituée, dont les hormones en folies ne prenaient pas le dessus s’entend. Elle était intriguée par cette attitude si confiante de la jeune femme qu’elle n’avait encore jamais vue. Quand est-ce qu’elle était venue les voir pour les connaître aussi bien ? Preuve s’il en était que son coureur de collègue avait sûrement le temps d’aller chasser sur tous les terrains de la ville en dehors de son champ de vision. Secouant la tête en signe d’approbation elle se sentait encore plus stupide maintenant, et pas seulement parce qu’elle était assise dans le granité fondu.

Dans une tentative désespérée d’échapper à son triste sort et de devoir s’étendre encore sur le sujet Ainsblood qui lui avait apporté autant de distractions que d’ennuis, son attention se concentra sur les papiers qu’elle venait de saisir. C’était un véritable signe divin. Au moment même où elle allait se résigner à passer le prochain mois à prendre ses douches dans les vestiaires des Cheerios, prenant par là même le risque d’être surprise par le merveilleux Timothy. Elle était à peu près certaine que c'était lui qui fumait parfois en cachette sous la ventilation quand il avait la flemme de sortir. Et si elle devait avoir une certitude dans ce monde, c’était à coup sûr que le tatoué utiliserait ça contre elle d’une manière ou d’une autre. Il ne la balancerait pas, ce serait bien trop facile, mais les «services» rendus allaient augmenter de manière exponentielle et elle était tout sauf prête à endurer les caprices du jeune homme. Pire... si Samuel la surprenait elle pouvait dire adieu à ce qui lui restait de vertu. En plus cette fille avait l’air tout à fait charmante, outre le fait qu’elle pleurait dans les toilettes du lycée, et dotée d’un sens de l’humour incisif comme elle les aimait. «Lui demander l’autorisation ?» Affichant un sourire qui ne masquait pas sa surprise, elle fut soudain prise de panique à l’idée que cette autorisation et ce prétexte soient synonyme de cohabitation potentielle avec le plus fourbe du trio infernal de McKinley. Toute la joie et l’espoir qui l’avaient envahie une seconde plus tôt venaient de retomber brutalement, et même la mention de Lexie ne lui redonna pas le sourire. Ses grands yeux qui luisaient d’impatience boudaient à présent le destin qui venait de lui renvoyer le battant de la porte en pleine figure. «Oui mais...» Toutes ces histoires de revenir, de Tim, de Youngblood, Madeleine n’arrivait même plus à réfléchir correctement. Avant de prendre plus de risques il fallait qu’elle comprenne ce qui se tramait chez les sœurs Preston. Laissant sa curiosité prendre le dessus, elle se redressa tant bien que mal en glissant assez peu élégamment dans la flaque rosâtre et tendant sa main à Anna qui avait fini de sauver ses annonces de la noyade pour l’aider à se relever elle lui glissa d’un air faussement innocent : «Il avait une place réservée et...» Sa remarque était de toute évidence particulièrement déplacée et une fois de plus elle n’avait pas fait preuve de beaucoup de tact. Si elle était venue lui demander de vivre avec elle et qu’elle était maintenant un avatar de panda roux tout à fait convaincant il était assez peu vraisemblable qu’il ait accepté. Avant même d’entendre la réponse de la jeune femme elle plaqua une main contre sa bouche et l’autre sur celle de sa camarade de galère. Parlant à toute vitesse derrière ses doigts elle la regardait avec un air sincèrement désolé «Nan j’ai rien dit, pardon, ça me regarde pas du tout du tout oulala. La vie privée de Timothy pouah non non, et la tienne ! Oh oui la tienne, aucune envie de la raconter à Maddie Mad hein, non non je comprends.» Retirant sa main du visage de la jeune femme qu’elle venait d’agresser littéralement, elle lui sourit en plissant les yeux «J’ai pas l’impression que ce soit vraiment le bon moment pour en parler en plus...» Est-ce que c’était Samuel qui la hantait encore ou bien est-ce qu’elle avait fini par laisser son cerveau geler ? «Tu sais quoi... dans le pire des cas, j’ai le droit de garder une affiche ? Genre celle qui a...» S’essuyant les doigts sur le souvenir qui lui servait de robe elle saisit l’une des pages sur le dessus de la pile légèrement tâchée. «de la framboise en bonus. Je ne risque pas d’oublier d’où elle vient celle-là au moins.»
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Lun 20 Fév - 2:28

Anna sourit malicieusement en voyant Madeleine tenter de se dépêtrer de la situation. Tiens, tiens, non, en fait elle ne se dépêtrait pas, elle se JUSTIFIAIT à en croire son petit air gêné, la façon dont elle évitait soigneusement le regard de l'aînée des Preston, et ce petit haussement d'épaules... Il fallait donc croire que Youngblood, tout imbuvable et irrécupérable qu'il était, avait bel et bien réussi à faire une nouvelle victime...
Sans cesser de sourire et acquiesçant à sa remarque bateau sur le mérite tout limité de ce que la petite rousse considérait pourtant bel et bien comme un exploit, résister au sex-appeal de Samuel, Anna se mit à observer minutieusement la surveillante. Cette victime là serait différente, et elle n'était pas sûre que le jeune homme en ait véritablement conscience... Ou alors si, justement, et c'était pour ça qu'il ne s'était encore rien passé...
C'est alors qu'une pensée frappa soudainement Anna, provoquant presque un mouvement de recul chez la jeune fille : il s'était peut-être déjà passé quelque chose entre ces deux-là et Madeleine essayait simplement de se couvrir du mieux possible, ne voulant pas se faire cataloguer comme une potiche de plus sur le tableau de chasse de son partenaire de travail. Elle plissa les yeux, comme si scruter la blondinette allait lui apporter la réponse à toutes ses questions... Enfin à sa question du moment.

Celle de Madeleine la sortit alors de ses pensées avec brusquerie et lui rappela que tout ceci n'était que spéculations. Et cela la ramenait à une réalité bien moins agréable que les potentielles parties de jambes en l'air entre surveillants de McKinley : son surveillant à elle se la jouait, lui, inaccessible.

-Oui enfin, balbutia-t-elle en attrapant la main généreusement tendue par Madeleine, son autorisation d'afficher l'annonce dans McKinley hein... Pourquoi, tu croyais que j'allais lui demander l'autorisation d'accueillir des gens chez moi ? Il manquerait plus que ça tiens... Est-ce qu'il s'est gêné lui, pour emménager avec ces pimbêches, maugréa-t-elle en achevant de se relever, plus pour elle que pour que la blondinette entende...

A en croire la réaction de la surveillante, c'était pourtant bien ce que cette dernière avait en tête. Cette fois ce fut au tour d'Anna de rester sans voix : il était apparemment invraisemblable pour Madeleine que Timothy et l'aînée des Preston aient pu former un couple, mais par contre, elle était toute disposée à croire que la jeune femme se languisse de lui au point de le supplier d'emménager avec elle et sa soeur ? Seigneur, soit cette fille était folle, soit Anna se méprenait totalement sur l'image d'elle qu'elle renvoyait à autrui...

Quand la même main qui venait de l'aider à se relever se plaqua avec fermeté sur sa bouche, elle n'eut plus de doute : Madeleine était sérieusement allumée.
Mais dans le bon sens, le sens qui faisait qu'Anna la verrait bien intégrer la pension Preston... Entre les lubies de Lexie et les élucubrations de J.J, elle ne dépareillerait pas. Elle n'était pas sûre de ce que Santana penserait de cette pièce rapportée de plus, mais la jolie latino en avait vu d'autres, et ce n'était pas une blonde délirante au milieu de rousses hystériques qui allait lui faire peur...

Passant ses doigts sur ses lèvres nouvellement libérées de la pression de Madeleine, Anna prit un instant avant d'inspirer et de se lancer :

-Tu sais, je ne suis pas sûre qu'il y ait vraiment besoin que tu gardes ce prospectus... Enfin si, tu peux le garder en souvenir de ce malentendu mémorable et de cette chute pitoyable dans les toilettes de McKinley, mais si tu es toujours partante pour cette douche... Je te propose de venir la prendre directement à l'adresse indiquée ici, poursuivit-elle en pointant du doigt une ligne en gras sur la petite affichette. Bien sûr, ça veut dire qu'il va falloir que tu passes toute ta journée dans cette robe collante, à sentir la framboise, ce qui n'est peut-être pas une bonne idée, reprit-elle... Mais en tout cas, si tu cherches un toit... Je pense que tu es la bienvenue chez nous !

La jeune fille sourit timidement à son interlocutrice, avant de remettre la main sur son sac trempé. Elle ne put réprimer un frémissement de dégoût.

-Pouah... Heureusement que j'ai laissé mon appareil photo dans le coffre pour cette fois...

Cherchant à cacher son malaise après cette déclaration d'amitié potentielle inopinée, elle se mit à sautiller d'un pied sur l'autre avant de poursuivre :

-Et sinon... Est-ce que tu as un plan pour sortir d'ici sans croiser ni l'un ni l'autre de tes deux collègues de travail ?


Dernière édition par Anna L. Preston le Mar 28 Fév - 2:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Jeu 23 Fév - 20:15

Parcourue par un frisson, Madeleine regarda ses mains pleines de cristaux fondus et un coup d’œil à sa montre la terrifia en un instant. Combien de temps était-elle restée assise là à baigner dans la glace alors qu’elle aurait déjà dû être rentrée au bureau des surveillants depuis belle lurette. S’il devait y avoir un élève en retard aujourd’hui, il devrait se débrouiller pour entrer en cours sans l’aide du personnel au combien compétent de ce lycée car elle n’en doutait pas, le couple infernal des beaux bruns ténébreux était sûrement de sortie quelque part dans les couloirs ou ailleurs. Il était rare qu’ils aient à travailler ensemble un même jour. Après tout, si Figgins s’était lancé dans la création d’un nouveau poste c’était aussi parce qu’elle n’était plus aussi disponible que quatre ans auparavant. Les étudiants en manque d’argent connaissant Lima comme leur poche ne devaient pas manquer et pourtant son choix s’était porté sur Samuel Youngblood, ancien délinquant qui ne faisait probablement rien de ses journées pour être en forme la nuit et partir à l’assaut de toutes les soirées de Lima. La jolie blonde devait avouer que si elle appréciait le fait d’avoir un aussi joli garçon sous les yeux, son cas restait un mystère complet. Elle n’arrivait pas à le cerner complètement. Dès qu’elle pensait pouvoir le ranger dans la catégorie des don juans écervelés il disait ou faisait quelque chose qui la déroutait. De plus il n’avait pas l’air idiot du tout, simplement il était dramatiquement passéiste et ne cherchait sans doute pas plus loin que le bout de son nez. Au fond, il lui rappelait ses vingt ans, quand elle vivait chaque jour comme le dernier, ne prêtant pas attention à ce qui viendrait le lendemain, changeant d’adresse à volonté. Elle aussi s’était laissée bercer par la douce mélodie de la routine : venir travailler tous les jours, recevoir un maigre salaire à la fin du mois dont elle était obligée de s’accomoder, s’amuser. Et puis elle avait été contrainte d’ouvrir les yeux. Figgins l’avait acculée en lui prenant un rendez-vous avec Emma Pillsbury et au terme d’un entretien qu’elle avait imaginé comme une vaste blague, la surveillante délurée avait bien vite déchanté. Elle valait bien moins que tous ces jeunes qui rêvaient à de grandes universités, à des bourses, à un métier qui leur apporterait satisfaction et des salaires décents. Elle était restée une adolescente attardée qui vivait au dessus de ses moyens voilà tout. Mais à force de persévérance elle s’en était tiré. La jeune femme avait compris quels étaient ses rêves, et se donnait les moyens de les réaliser à présent. Plus jamais elle ne prendrait son avenir à la légère et même si elle continuait à paraître aussi légère et insouciante, ses projets restaient au cœur de ses préoccupations. Bien plus haut sur la liste des choses urgentes que d’appeler son propriétaires pour le menacer d’un procès s’il ne rétablissait pas l’eau chaude dans la demi-journée. Levant les yeux vers la porte qui par chance ne s’était toujours pas ouverte, elle soupira discrètement devant cette constatation accablante : quelque part au fin fond de son âme, elle avait de la compassion pour Samuel, voire de l’affection. Encore une chose qu’elle ferait bien de garder pour elle si elle voulait avoir une chance de pouvoir faire deux pas tranquille dans les couloirs.

Se redressant pour essayer de se sortir de ce mauvais pas de manière un peu plus active, la réponse de la rousse lui rendit immédiatement le sourire. Décidément Timothy Ainsworth avait l’air d’avoir une vie bien plus passionnante que celle du faux rebelle placide et détaché qu’il interprétait au lycée. Notant dans un coin de sa tête de le charrier sur sa nouvelle adresse et la compagnie apparemment charmante qui froissait sa petite-amie, elle opina du chef l’air très concernée par ce qu’Anna laissait échapper plus ou moins consciemment. Elle ne s’en doutait probablement pas mais la relation qui la liait à son cher et tendre était des plus houleuses, et si ce n’était pas la guerre ouverte entre eux, leurs personnalités ne manquait pas de s’entrechoquer de manière plus ou moins violente dans une pluie de remarques acerbes. Certes, elle ne connaissait pas Anna, mais imaginer qu’une jeune femme aussi intense dans ses réactions puisse se contenter d’un observateur fourbe était assez amusant et elle aurait sûrement adoré assister à une de leurs engueulades qui promettaient d’être riches en couleur. Ne pouvant tout à fait réprimer cette pointe de curiosité, elle s’en mordit les doigts et s’empressa de théâtralement interrompre toute réponse potentielle, bien qu’elle pût lire clairement la surprise et la perplexité dans les yeux de sa victime. Plutôt que de penser à ce couple loufoque elle aurait bien mieux fait de réfléchir à un moyen de sortir de là pour aller se changer. Un coup d’œil dans le miroir sale derrière Anna lui rendit un reflet assez peu flatteur. Sa robe était encore plus ruinée que ce qu’elle avait pu imaginer. Ses hanches étaient littéralement couvertes de cristaux rosés en train de fondre, et ses jambes poissaient contre les mailles fines de ses collants. Les vestiaires des Cheerios ne devaient pas être à plus de cinquante mètres. Le tout était de réussir à sortir sans se faire voir, forcer le casier de la coach pour lui emprunter une serviette et attraper un jogging dans la pile des affaires oubliées. Simple comme bonjour. Buffothy et Bladuel devaient être partis faire leur tour de chasse. Figgins avaient probablement un entretien avec un des professeurs en manque de matériel. Les retardataires devaient faire la queue devant son bureau vide. Trépignant presque d’impatience à l’idée de se débarrasser de cette substance dégoûtante elle froissa un peu la feuille qu’elle avait prise entre ses doigts. Et puis ce serait le moment ou jamais d’évaluer ses chances de se faire prendre si jamais elle était contrainte de squatter les douches communes de McKinley un peu plus longtemps... Cette affichette tachée n’aurait pas pu mieux tomber, et même si elle se sentait un peu mal à l’aise à l’idée de visiter la maison de Lexie Preston dans la perspective d’y emménager, ce n’était pas comme si elle pouvait faire la fine bouche. «J’avoue que l’idée est tentante, j’imagine que votre salle de bain est moins ouverte au premier voyeur qui passe... Mais si je ne retourne pas travailler Figgins va me taper sur le doigts.» Se surprenant déjà à imaginer la tête que Lexie ferait si elle la voyait venir visiter la maison, la surveillante était en train de céder sans même s’en rendre compte à la tentation de cette solution miraculeuse proposée par une rousse envoyée des dieux. Pourtant malgré l’apparente simplicité de la situation, elle se doutait que vivre avec d’anciens élèves ayant dans les cinq ans de moins qu’elle ne serait pas une mince affaire. Mais, elle était toujours étudiante. Et puis, elle n’était pas particulièrement mature. Elle était sociable. Discrète s’il le fallait. Et surtout, surtout, fauchée. Rendant son sourire à Anna, la surveillante était de plus en plus perdue dans ses pensées. «Je... visiterais avec plaisir malgré tout. Je ne dis pas que vous m’aurez sur les bras tout de suite, mais... Peut-être que c’est un signe divin envoyé directement par Timothy en te faisant tomber dans mes bras après tout. On ne va pas le contrarier pas vrai !»

À peine avait-elle eu le temps de terminer sa phrase qu’une nouvelle perche lui était tendue et elle aurait presque suspecté la jeune femme d’être une stalkeuse des surveillants de ce lycée si elle n’avait pas eu l’air si revêche lorsqu’elle lui avait adressé la parole pour la première fois. «Appareil ? Toi aussi tu ne te balades jamais sans ton œil de verre ?» plaisanta-t-elle en posant la feuille sur le rebord d’un lavabo pour se rincer les mains et éponger un peu la glace dont elle était enduite. «Tu fais des études de photographie à l’OSU ? Je ne t’ai jamais vu dans le département mais je ne me vante pas de connaître tout le monde... Je suis en troisième année, cinéma, enfin... Ouais cinéma.» Secouant ses doigts qui ne collaient plus pour évacuer l’eau qui en dégouttait, elle se retourna à nouveau vers Anna et la sortie. «Pour la sortie en revanche... Je crois qu’un sprint vers les vestiaires reste notre seule option. Pas très rassurant je sais, mais après tout, si j’ai eu la chance de te croiser toi et ton annonce, tout espoir est permis non ?» S’avançant vers la porte avec un sourire assuré, la blonde posa la main sur la poignée et après avoir serré un instant les paupières, elle poussa résolument le battant. Son sang ne fit qu’un tour en apercevant juste devant elle Figgins en grande conversation avec le nouveau professeur de physique. Refermant la porte dans un grand claquement. Elle se frappa le front en réalisant qu’elle n’aurait pas mieux fait si elle avait voulu attirer l’attention. En fait, l’occasion était rêvée, il ne saurait jamais combien de temps elle avait été enfermée là-dedans, et il n’oserait pas lui refuser de rentrer plus tôt que prévu si elle prenait son air de chaton malheureux le plus élaboré en public. Se retournant une seconde vers Anna en lui faisant un clin d’œil, elle rouvrit la porte et sans grande surprise elle retrouva son chef préféré, bras croisés devant elle et avant même de lui laisser le temps d’ouvrir la bouche, elle exposa à la vue de tous son état misérable. «Je suis vraiment désolée monsieur ! J’ai glissé dans les toilettes en essayant de coincer un footballer en train de faire je ne sais quoi dans les toilettes des filles, et cette charmante jeune femme a voulu m’aider et elle est tombée aussi, non mais regardez moi ça ! Il faut vraiment dire au concierge d’utiliser moins de produits c’est dangereux regardez un peu l’état dans lequel je suis !» Prenant le jeune professeur à témoin, elle étirait sa robe pour faire démonstration de tous les dégâts. «En fait j’allais justement venir vous trouver... vous pensez que je peux rentrer me changer ?» Quelques papillonnement plus tard, l’indien tempêtait ailleurs en grognant après les accidents du travail et la nouvelle marque de détergent... Plus aucun intérêt pour Madeleine rayonnante comme jamais. «Finalement... Si c’est toujours ok pour la douche et la visite, je crois qu’on peut s’arranger...»
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MessageSujet: Re: 00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild    Ven 11 Mai - 1:31

L'audace d'Anna lui avait laissé un sourire mi-timide mi-coupable sur le visage. Il n'était pas dans ses habitudes d'inviter de parfaits inconnus chez elle, et il aurait sans doute été préférable que Madeleine réponde par la négative. Pourtant, une grande partie de la jeune femme ne pouvait s'empêcher d'espérer que la surveillante allait accepter, mieux que Lexie allait rentrer inopinément et que cette histoire de colocation serait réglée dans la journée, enfin pour une des chambres au moins.
Elle cacha sa déception devant les obligations professionnelles de Madeleine par un hochement de tête compréhensif et un haussement d'épaules quant aux signes Ainsworthiens. Dieu et Anna savaient justement qu'ils n'étaient pas toujours de bon augure, mais le grand manitou semblait avoir pitié de ses déboires et autres démêlés avec le bad boy de McKinley et lui accorder un peu de répit sous la forme exubérante de Mlle Wild...

C'était un coup de coeur amical aussi agréable qu'inattendu, et comme pour ajouter encore à la confusion de l'aînée des Preston, la mention de l'appareil photo déclencha chez son interlocutrice une nouvelle salve de constatation de points communs potentiels. Anna encaissa la mention de cette nouvelle connexion sans trop broncher, tandis que Madeleine préparait sa sortie en tentant de se redonner forme humaine à grand renfort d'eau et de serviettes. Bonne idée, songea-t-elle en prenant exemple sur la surveillante.

-Non, j'ai beaucoup pratiqué en tant qu'amatrice au lycée, je voulais faire partie du club photo mais je crois qu'ils n'ont jamais vraiment voulu de moi. Et j'ai étudié l'histoire et les techniques de la photographie pendant une année à King's College. A Londres. Oui, parce que j'étais à Londres ces 5 dernières années... Mais j'ai arrêté, pas tout à fait mon truc. Les études je veux dire.

Elle aurait pu enchaîner en expliquant qu'elle avait réussi à vivre de sa passion et combien elle espérait réussir à la transmettre et à la partager grâce à la galerie, mais au lieu de cela, Anna retomba dans un mutisme maladroit. Elle ne s'épanchait jamais sur les raisons qui l'avaient poussée à abandonner ses études à deux reprises, et elle espérait que Madeleine ne s'apercevrait pas de sa gêne ou comprendrait qu'il y avait là matière à ne pas creuser, du moins pas tout de suite.

La scène qui suivit se déroula comme dans un film.
Anna avait grimacé à la pensée de piquer un sprint dans les couloirs de McKinley -oui, elle croyait toujours aux chiens qui hantaient ces halls à la poursuite d'élèves à la chair tendre- mais elle se préparait à suivre sa compagne d'infortune dans cette course contre le reste des surveillants afin de préserver ce qu'il leur restait de réputation.
Elle se tenait prête à bondir quand elle vit Madeleine refermer aussi sec la porte qu'elle avait à peine ouverte, pour finalement la rouvrir et se retrouver nez à nez avec un proviseur Figgins qui n'avait pas changé d'une once et paraissait -légèrement- contrarié. Welcome back to McKinley, pensa Anna, tandis qu'elle écoutait la surveillante inventer de toutes pièces une histoire aussi farfelue qu'incompréhensible pour justifier l'état des toilettes, et le leur.
La dose de folie et le quota de persuasion de Miss Wild semblèrent porter leurs fruits puisque Figgins, bon gré mal gré, disparut en maugréant, ayant auparavant accordé le reste de sa journée à son employée trempée, employée qui, le sourire triomphant, attendait une réaction de la part de la petite rousse.

La jeune femme sourit une fois de plus, bluffée par l'attitude de la blondinette.

-En route alors... Je te propose quand même de courir jusqu'à mon pick-up pour éviter que les rencontres indésirables ne se multiplient... Je te raccompagnerai chez-toi plus tard si tu veux ? Et je vais essayer de joindre Lexie sur le chemin... On verra si les signes divins de Timothy nous portent chance...

Jetant un dernier coup d'oeil aux toilettes et espérant sincèrement qu'elle n'y remettrait pas les pieds de si tôt, Anna inspira un grand coup, se tapota les joues, et en franchit le seuil telle une espionne en mission spéciale, Madeleine sur les talons. Le début d'une complicité contre laquelle aucun des bad boys de McKinley ne pourrait lutter.
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00. Slushy, sanglots et autres tracas (10 janvier 2016) | Anna L. Preston & Madeleine Wild

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