Choriste du mois


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 01. [Hamilton's] Give me a sign

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MessageSujet: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptyMar 1 Nov - 16:02

"Tu n'es pas sérieuse Cassandra ?" La principale intéressée se redressa machinalement, comme si l'on venait de la prendre en flagrant délit. "Désolée, je me suis assoupie. Tu sais quoi, je te rejoindrai. Tu diras à Emma que j'arriverai plus tard." Grace hocha les épaules mais ne se fit pas prier pour disparaître de l'embrasure de la porte. L'espace d'un instant Cassie avait trouvé le calme absolu. Sa famille avait beau lui dire qu'elle se démenait trop, elle n'en avait que faire. La misère dans le monde était sans repos ni trêve, il était hors de question qu'elle se repose alors que beaucoup de personnes comptaient sur elle et sur sa bonté sans égal. Assise sur son lit, elle s'étira sans retenue, sachant pertinemment qu'elle était seule dans la demeure Hamilton. Le pasteur travaillait, comme toujours, et c'était bien ironique de l'entendre reprocher à sa fille sa dévolution dans tout ce qu'elle entreprenait alors qu'il passait sa vie à aider les autres. Candace était partie depuis quelques jours rendre visite à son frère à Columbus. Dieu savait comme il avait été difficile pour la petite famille de la convaincre qu'ils s'en sortiraient sans elle. Et Grace venait de partir à l'instant, heureuse à l'idée de retrouver les nécessiteux de Lima qui sollicitaient l'aide de la Lima's P. Association.
Malgré une nausée passagère, Cassie entreprit de se lever. Elle sentit le sol se dérober sous ses pieds et les murs tourner autour d'elle mais bien rapidement elle réussit à dompter ce mal aussi fugitif que dérisoire. Elle saisit son portable et déclencha la musique, même si le bruit saccadé des gouttes de pluie qui s'écrasaient contre la vitre l'apaisait beaucoup. Une chanson de The Saturdays finit rapidement par couvrir cette douce mélodie naturelle dont elle aimait profiter quelque fois. Cette chanson était certainement l'un de ses nouveaux coups de cœur, et elle ne remercierait jamais assez Grace de lui permettre d'élargir toujours plus son répertoire musical.

La musique lui procurait une sensation curieusement stimulante, si bien qu'elle se sentait revivre. Un sourire vint illuminer son visage alors qu'elle s'assit devant le miroir de sa coiffeuse. Dans sa chambre, rien n'avait changé et pourtant tellement de choses avaient évoluées depuis ces cinq dernières années. Entre ces murs elle pouvait se permettre d'être cette adolescente rêveuse qu'elle était autrefois malgré cette image de femme accomplie que lui renvoyait le miroir. Elle fronça les sourcils en remarquant que son pendentif avait disparu. Elle avait pourtant l'habitude de l'accrocher au sommet de son miroir afin de ne jamais l'oublier. C'était un cadeau de la part des orphelins auxquels elle était venue en aide au Pérou. Il n'était pas particulièrement élégant ou symbole de richesse, mais pour elle il signifiait bien plus que ça. Elle poussa un soupir d'agacement, consciente que Grace aimait beaucoup porter ses affaires. C'était certainement elle qui l'avait emprunté avant de s'éclipser. Pas étonnant qu'elle n'avait pas rechigné lorsque Cassandra lui avait confié la rejoindre plus tard. Par mesure de précaution elle descendit du tabouret histoire de vérifier si elle ne l'avait pas déposé par erreur sur sa table de chevet. Rien. Elle se baissa pour vérifier sous le lit. Toujours rien. Dans le tiroir peut-être. Elle en sortit quelques photos mais aucune trace de son pendentif. C'était certain, Grace l'avait réquisitionné. Ce fut seulement au moment de ranger ce qu'elle avait retiré du tiroir qu'elle se rendit compte de la nature de ces photos. C'était toute sa vie, en quelque sorte. Elle sourit amèrement après être tombée sur une photo d'elle et Christabella. Elle ne se souvenait même pas avoir laissé tous ces souvenirs dans le tiroir de sa table de chevet. A l'avenir elle penserait à faire un album. Elle les rangea finalement, tandis que les dernières notes de musique s'évanouissaient, plongeant de nouveau la maison dans le silence total.

A ce moment même, la sonnette retentit. Cassie empoigna ses clés, persuadée que c'était Grace qui avait oublié les siennes. Elle dévala les escaliers, sans même prendre la peine de jeter un dernier coup d'œil au miroir et attrapa son manteau à la volée. "Tu es incroyable, tu ne penses pas à prendre tes clés mais mon pendentif par contre ce n'est pas un problème." dit-elle en ouvrant la porte. Ébahie, elle resta un instant sans voix en constatant que c'était Christabella qui occupait le pas de sa porte. "Christa ! Quelle surprise !" Spontanément, elle la prit dans ses bras avant de réaliser que peut-être ce geste pouvait sembler déplacé après tant d'années. "Je... entre." ajouta-t-elle en l'invitant d'un signe de la main. Finalement, elle serait certainement très en retard à l'association mais c’était bien le cadet de ses soucis pour le moment. Elles avaient tellement de temps à rattraper que celui qu’elle aurait à lui accorder ne serait probablement jamais suffisant, aussi long soit-il. "C'est curieux je viens justement de tomber sur des photos que nous avions prises à l'époque. Je devrais être plus attentives aux signes que m'envoie Dieu." dit-t-elle en la gratifiant d’un sourire avenant.

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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptyMar 1 Nov - 20:59

Pourquoi n’avait-elle pas prévenue Cassandra de son retour ? Christabella avait voulu faire une surprise à sa meilleure amie, enfin à celle qui détenait ce titre quand elles étaient encore au lycée. A présent, elle ne savait plus trop si c’était toujours le cas, mais malgré les dernières années pendant lesquelles les deux jeunes femmes ne s’étaient pas vues, Christabella n’avait pas oublié celle dont elle avait été si proche. Cassandra avait été sa meilleure amie, avec laquelle elle avait énormément de points communs, toutes deux ayant reçues le même enseignement religieux. Elles avaient eu le même passé, elles avaient les mêmes croyances, et la seule différence notable était que Christabella aspirait à connaitre une vie normale, poussée par la curiosité du monde extérieur, alors que Cassandra se contentait parfaitement de sa vie. Du moins, c’était le cas à l’époque, mais cinq années s’étaient écoulées, et même si elles avaient brièvement gardé contact par le biais de lettres envoyées occasionnellement, Christabella n’était pas vraiment au courant de ce qu’était devenue Cassandra. C’était dommage, parce qu’elle avait beaucoup compté pour Christa, et ce même si Cassie était parfois un peu trop virulente dans son désir d’apporter la bonne parole. Lorsqu’elle avait enfin réservé son billet de train pour Lima, Christabella s’était dit que ce serait une bonne idée de faire une surprise à Cassandra, et elle ne lui avait donc pas dit qu’elle revenait. Elle avait prévu de sonner à sa porte, un grand sourire aux lèvres, et les deux amies se seraient retrouvées, ravies et avec plein d’anecdotes à raconter sur leurs vies respectives. Et puis, Christabella avait affronté ses parents, qui l’avaient mise à la porte. Ce soir-là, Christabella aurait pu se rendre chez Cassie, mais elle avait manqué de courage. Elle avait eu peur que la situation ne soit trop perturbante, et pas des plus réjouissantes ; de plus, elle avait honte de s’être fait jeter dehors. Elle ne se sentait pas coupable, et était juste terrassée par la douleur, mais sur le moment elle ne s’était pas sentie capable de voir Cassie, et d’entendre celle-ci lui dire qu’elle n’aurait pas dû fréquenter Ezrael au lycée, ce qui, à la base, avait été l’élément déclencheur. Elle avait préféré attendre que sa situation s’améliore, avant d’aller retrouver Cassandra. Elle avait passé quelques jours chez Saphira, avant de retrouver un travail, et alors elle s’était mise à chercher un appartement. Leah lui avait alors proposé d’emménager avec elle, et Christabella avait accepté, reconnaissante. Maintenant qu’elle n’était plus sans domicile, elle s’était enfin décidée à se rendre chez Cassandra.
C’est donc légèrement anxieuse qu’elle sonna à la porte des Hamilton. La maison n’avait pas changé depuis la dernière fois qu’elle y était venue. Elle se souvenait de toutes ces après-midi passées ici, à réviser, à faire des gâteaux pour les ventes de charité ou à faire de simples travaux de couture pour les nécessiteux. Cassandra ne se sentait bien que lorsqu’elle venait en aide à ceux qui en avaient besoin, et sa générosité n’avait pas de limites. C’était une part de son caractère que Christabella aimait particulièrement, entre autre chose. Son amie avait toujours du temps à donner aux autres, et ce sans jamais rien demander en retour. Son anxiété disparut alors, cédant la place à la joie, lorsque Cassandra apparut dans l’encadrement de la porte, la surprise se lisant sur son beau visage. Un sourire naquit sur les lèvres de Christa, et elle rendit son accolade à Cassie, qui pourtant s’écarta bien vite, apparemment un peu mal à l’aise d’avoir eu ce geste, et Christabella eut comme un pincement au cœur. Avait-elle fait une erreur en venant ? Cassandra avait-elle tiré un trait sur elle ? Mais le sourire que son amie lui adressa ensuite la rassura et elle se détendit. Non, elle n’avait pas fait d’erreurs, elle avait juste pris Cassandra au dépourvu, et il ne fallait pas qu’elle oublie que cinq années s’étaient écoulées depuis la dernière fois qu’elles s’étaient vues.

« Tu es la personne la plus attentive aux messages divins qu’il m’a été donnée de rencontrer. » lui assura-t-elle en passant le pas de la porte.

L’entrée de la maison était identique à son souvenir, et du peu qu’elle pouvait apercevoir, il ne lui semblait pas que le reste ait changé. Elle inspira à fond, retrouvant l’odeur familière de cette maison dans laquelle elle avait passé tant de temps, Cassandra étant la seule personne que ses parents lui avait permis de fréquenter. Elle se tourna vers la blonde et s’aperçut qu’elle, en revanche, avait changé. Bien sûr, elle avait les mêmes magnifiques cheveux qui retombaient souplement sur ses épaules, alors que Christabella, elle, avait fait couper les siens, et les mêmes grands yeux, et le même sourire. Heureuse et se félicitant d’être venue, la brune ne put contenir son émotion et prit à nouveau son amie dans ses bras.

« Tu m’as manqué Cassie. » dit-elle d’une voix émue, et en la lâchant elle s’essuya les yeux en riant. « Je suis contente de te voir. Tes parents ne sont pas là ? Et ta sœur ? » demanda-t-elle en levant les yeux vers l’étage, comme si elle pouvait voir à travers le plafond et répondre elle-même à sa question. « Je suis désolée, j’aurais dû venir te voir dès mon arrivée.. Je suis à Lima depuis un peu plus d’une semaine. Est-ce que tu vas bien ? » Un nouveau rire la secoua, plus amer celui-là. « Excuse-moi. On ne s’est pas vus depuis des années et tout ce que je trouve à te demander, c’est si tu vas bien. Je suis juste… heureuse. » souffla-t-elle.
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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptySam 5 Nov - 16:00

Au départ lorsque Cassandra avait aperçu Christabella sur le pas de sa porte, elle n'y avait pas cru. Peut-être s'était-elle une fois de plus assoupie sur son lit, bercée par l'impact régulier des gouttes de pluie sur les carreaux de la fenêtre de sa chambre ? Pourtant la scène avait l'air agréablement réelle et Cassie se rassura même en se disant que jamais elle n'aurait pu imaginer avec une telle précision le visage beaucoup plus mûr de son amie. Elle regretta un instant d'avoir écourté son étreinte mais dans un sens cette dernière lui confirmait bien que tout ceci n'était absolument pas le fruit de son imagination. Christabella se tenait bel et bien face à elle, aussi difficile était-ce à croire. Certes les deux jeunes femmes avaient entretenu tout ce temps un contact régulier mais il était indéniable que le lien qui les unissait n'avait jamais été aussi fragile. Christa était partie pour Columbus tandis que Cassandra était restée à Lima et entre temps il s'était passé beaucoup de choses. Des choses qu'elles semblaient disposées à partager l'une avec l'autre, comme le feraient deux véritables amies qui se retrouveraient après tant d'années de séparation.

Le sourire de Cassie ne cessait de s'élargir à mesure qu'elle réalisait ce qui était en train de lui arriver. Si elle le pouvait elle aurait remonté le temps, juste de quelques minutes, dans l'espoir de pouvoir se délecter encore une fois de cette surprise qui avait fait bondir son cœur dans sa poitrine. Elle aurait voulu sauter spontanément dans les bras de son amie mais elle se demandait toujours si ce serait convenable étant donné les circonstances. Elle caressa nerveusement ses cheveux tandis que Christa pénétrait dans le vestibule. Ce vestibule qu'elles avaient foulé tant de fois au fil des années et qui, à cet instant, semblait raviver tant de merveilleux souvenirs.

La seconde étreinte lui parut beaucoup plus vraie, comme si d'un coup tout devenait très clair dans son esprit. "Tu m'as manquée aussi." assura-t-elle tandis qu'elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Même si à l'époque du lycée Cassie éprouvait de la compassion pour son amie, elle n'avait jamais pu se vanter d'être aussi empathique qu'au moment présent. Les gestes, la voix, les expressions de Christa étaient si émouvants qu'elle se surprenait à s'essuyer les yeux d'un revers de la main elle aussi. "Non ils ne sont pas là. En fait les choses n'ont pas changé comme tu peux le voir, la famille est toujours aussi dévouée à la tâche." dit-elle. Cela aurait pu sonner comme de l'arrogance ou de la fausse modestie mais c'était en réalité tout le contraire. On pouvait même discerner une certaine pointe d'amertume dans sa voix. "Ne sois pas désolée, tu as certainement eu d'autres choses à régler entre temps." avoua-t-elle en secouant légèrement la tête. Elle gratifia ensuite son amie d'un nouveau sourire amusé. Elle n'avait jamais entendu Christa s'excuser autant de fois en si peu de temps. "C'est normal, on se laisse facilement submerger par l'euphorie. Tes yeux en disent bien plus que des mots." confia-t-elle les yeux brillant d'une joie partagée. "Mais pour te répondre je vais très bien. La question est de savoir si toi tu vas bien ! Installons-nous dans la cuisine, ce sera plus chaleureux. Tu as faim ou tu veux quelque chose à boire ?... Oh je sais !" dit-elle en si dirigeant vers la cuisine. Elle ouvrit le congélateur et en sortit un pot de crème glacée à la vanille puis sortit deux grandes cuillères d'un des tiroirs. Le vent n'était pas des plus chauds dehors, mais comme elle l'avait si bien dit, on se laissait facilement submerger par l'euphorie, si bien qu'il en devenait difficile de raisonner correctement. Elle déposa le pot sur la table de la cuisine américaine avant de s'asseoir sur un des tabourets. "Comme au bon vieux temps !" ajouta-t-elle avec nostalgie.

Assise en face de son amie, Cassie avait une irrésistible envie de la bombarder de questions. Elle n'était pourtant pas certaine que ce soit poli de sa part et décida donc de contrôler ses pulsions. S'il y avait bien une chose qui n'avait pas changé chez Cassandra, c'était sa curiosité maladive. En réalité, elle s'était presque accentuée alors que sa manie de faire du prosélytisme s'était calmée. Cassie était consciente d'avoir changé mais ce dont elle mourrait d'envie de savoir c'était si le même changement s'était opéré chez Christabella. A en juger par sa nouvelle coupe de cheveux, elle avait en effet grandi, tant physiquement que psychologiquement. Cassandra ne pouvait s'empêcher de voir ce passage des ciseaux comme un signe apparent de sa rébellion contre l'ordre établi par ses parents et par leurs convictions religieuses. De son côté, elle arborait toujours sa chevelure d'adolescente qui lui retombait dans le dos. C'était particulièrement révélateur selon elle : elle n'avait jamais pris de risques. Pour ça elle enviait légèrement Christa, bien qu'à l'époque c'était une chose qu'elle ne cessait de lui reprocher. Les choses avaient bien changé depuis tout ce temps. "Alors, comment ça se fait que tu sois de retour à Lima ?" demanda-t-elle. Elle était tellement obnubilé par ce que Christa pouvait bien avoir à lui conter qu'elle en avait même oublié de lui présenter la bague qu'elle arborait à son annulaire gauche. Décidément, Cassie était toujours aussi tête en l’air.
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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptyMar 8 Nov - 22:33

Voir que Cassandra l’accueillait avec un sourire et avec de la joie dans les yeux fit l’effet d’un baume sur le cœur blessé de Christabella. Ces dernières années lui avaient parues un peu étranges sans sa Cassie, à ses côtés. Leur amitié datait du début de lycée, lorsqu’elles s’étaient retrouvées sur les bancs du club de chasteté, réunies par des croyances qu’elles partageaient. Elles avaient eu tant de points communs ! Toutes deux avaient suivies leur scolarité dans un établissement privé, exclusivement féminin et tenu par des bonnes sœurs dont la rigidité n’avait d’égal que la sévérité, et c’est par curiosité qu’elles avaient foulés le sol de McKinley, avide de découvrir le monde, et pour Cassie, désireuse de prêcher la bonne parole. Elles avaient toutes les deux reçues une éducation religieuse très prononcée, celle de Christabella étant peut-être légèrement plus stricte et ne laissant aucune chance aux femmes. Elles avaient toutes les deux fait le vœu de rester pure jusqu’au mariage, et même si Christabella était sortie pendant plusieurs mois avec Ezrael, elle n’avait jamais rompu ce serment. Oui, tant de choses les avaient réunies. Cassandra avait été sa meilleure amie, et ce même si la blonde avait fortement désapprouvé son couple. Oui, elles avaient eu quelques divergences d’opinion, mais cela n’avait jamais entaché leur belle amitié, qui avait duré tout le temps du lycée. Et puis, Christabella était entrée en Biologie Moléculaire, persuadée que cela l’amènerait à avoir un bon travail dans le futur et certaine que c’était ce que ses parents voulaient pour elle ; et Cassandra s’était lancée dans des études de physique. Christabella avait vécue sur le campus pendant cinq ans : trois ans d’études, puis elle avait eu la chance de faire une année de stage professionnel dans un laboratoire, avant de terminer son cursus en Juin dernier. Cassandra était partie au Pérou pour une association humanitaire. Malgré toutes les lettres qu’elles avaient échangées, Christabella n’en savait pas plus, mais à la voir, Cassie avait l’air d’aller bien. Soulagée, et parfaitement heureuse, Christabella était à présent pressée d’en savoir davantage. Elle voulait savoir si Cassandra comptait poursuivre ses études, par exemple. Elle voulait rencontrer les amis qu’elle avait dû se faire à l’université. Et Christabella voulait pouvoir lui parler de sa propre expérience universitaire. Les soirées auxquelles elle avait assisté et qui l’avait stupéfaire par tout l’alcool qu’on y trouvait. Elle voulait lui parler de Clayton, avec qui elle avait passé la majeure partie de son temps pendant ses études, et qui avait poursuivi l’œuvre d’Ezrael, à savoir lui faire découvrir le monde. Elle voulait raconter à Cassandra la nuit qu’ils avaient passés tous les deux, à attendre l’ouverture exceptionnelle et nocturne du cinéma de la fac, pour une projection de films. Oui, il y avait tellement de choses qu’elles avaient à se raconter.

Elle suivit Cassandra qui la conduisit jusque dans la cuisine, et Christabella s’assit sur le banc où, comme cela lui était arrivé des dizaines et des dizaines de fois, elle s’était tenue, adolescente, avec Cassandra. Elle réalisa soudain qu’à l’époque, elle venait bien plus souvent chez Cassie, que l’inverse. Lorsqu’elle avait présenté la jeune fille à ses parents, ceux-ci avaient aussitôt approuvés cette amitié, et n’avait donc jamais vu aucun inconvénients à ce qu’elles se fréquentent aussi souvent. Et de fait, Christabella était venue chez les Hamilton de très nombreuses fois. Et comme elles le faisaient alors, Cassie sortit un gros pot de crème glacée, et lui tendit une cuillère avec un sourire malicieux. Avec un léger rire, Christa ôta sa veste, s’empara de la cuillère et la plongea dans la glace. Elle prit un instant pour répondre à la question de Cassie, enfournant la cuillère dans sa bouche et laissant fondre la glace sur sa langue. Le regard baissé, elle avala puis prit son courage à deux mains : de toute façon, elles allaient bien devoir aborder le sujet.

« Je suis revenue pour le mariage de ma petite sœur. » commença-t-elle sur un ton prudent. « Mes parents lui ont trouvés un gentil garçon de la paroisse, ils ont juste dû attendre les dix-huit ans d’Amélie. » Elle jeta un coup d’œil à la pendule murale. « Elle doit prononcer ses vœux à l’instant où je te parle. »

Plongeant à nouveau sa cuillère dans le pot de crème glacée, elle hésita à poursuivre, et n’en trouva pas la force. Elle choisit de détourner la conversation, en espérant que Cassie avait su soigner sa curiosité et qu’elle ne lui poserait aucune question.

« Mais je vais vivre ici maintenant. » sourit-elle avec un enthousiasme forcé. « J’hésite juste à poursuivre en Génie Génétique comme je l’avais prévu au départ. Clayton me conseille de m’inscrire plutôt dans une filière qui me plait plus, mais.. » Elle s’interrompit, la gorge serrée à la pensée de ce jour terrible où ses parents l’avaient mises à la porte. « Je ne sais pas. Je verrais bien. » conclut-elle avec un geste évasif. « Et toi, tu continues en Physique ? Je me souviens que tu voulais arrêter, mais maintenant que tu es diplômée, tu vas faire quoi ? »

Légèrement honteuse devant sa propre lâcheté, elle s’efforça de n’en rien laisser paraitre.
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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptySam 12 Nov - 16:27

Le délicat parfum de la vanille ramenait Cassie plusieurs années en arrière. Malgré la multitude de souvenirs chaleureux qu'elle gardait de leur amitié, elle ne pouvait s'empêcher se rappeler avoir été une amie trop protectrice, voire envahissante. Avec du recul elle se rendait compte qu’elle avait été dure à de nombreuses reprises, même si elle demeurait convaincue d'avoir eu raison. Ezrael avait été sans aucun doute le point culminant de leurs divergences d'opinion mais curieusement Cassie était prête, aujourd'hui, à ce que Christa lui avoue former de nouveau un couple avec lui. A l'époque elle y était fortement opposée parce que ce n'était pas convenable pour une adolescente de 18 ans - pour leurs familles, du moins - mais désormais cela sonnait comme une évidence. Et ce même s'il l'avait faite souffrir et qu'elle avait dû panser ses déboires sentimentaux. Cassandra se félicitait au moins d'avoir pu empêcher son amie de se livrer totalement à lui même si elle savait foncièrement qu'elle n'y était pour rien. Elle n'aurait pas supporté devoir partager les regrets de Christabella comme elle l'avait fait avec ceux Ashandra ; ç'aurait été la goutte qui aurait fait déborder le vase.

Ce n'était pourtant pas ainsi qu'elle voyait Christabella à cet instant. Elle voyait une femme accomplie qui avait toujours agi selon ses propres choix. Christabella était extrêmement courageuse et c'était une chose que Cassandra n'aurait jamais pu réaliser cinq ans plus tôt. En réalité elle aurait même pensé le contraire - et c'était ce qu'elle avait fait-. La jeune Cassie voyait en Christabella une fille inconstante contrôlée par le dictat de la mode. C'était pourtant tout l'inverse. Elle avait fait ce que Cassie n'avait pas fait : profiter - chose qu'elle ne regrettait pas pour autant -.

La question de Cassandra sembla peser dans l'air, un long moment. Et la réponse de Christa, qui aurait dû être tout aussi lourde, était emplie d'une légèreté affreusement paradoxale. Le ton avec lequel elle avait fait cette confession semblait parfaitement indifférent alors qu'il aurait dû être plus grave, presque mélancolique. Cassandra resta bouche bée un instant, si bien que la glace qu'elle avait pioché avec sa cuillère commençait à fondre et à s'égoutter sur le comptoir. Comment pouvait-elle lui faire une révélation si importante avec un tel stoïcisme ? Décidément quelque chose s'était produit chez les Gillespie. Cassie avait déjà remarqué le fossé qui s'était creusé entre sa famille et celle de son amie. Plus les années passaient et moins elle entendait parler des prouesses de Monsieur et Madame Gillespie. Elle en avait conclu qu'il ne valait mieux plus parler de Christa à ses parents même si cela lui déchirait le cœur. "Ta sœur est en train de se marier et toi tu manges de la crème glacée avec moi ? Qu'est-ce que tu ne me dis pas Christa ? Tu n'approuves pas son mariage ?" demanda-t-elle, confuse et les yeux écarquillés. Ce n'était sans doute pas la raison. Cassie se disait que si Christa s'était mariée avec Ezrael l'année de ses 18 ans elle aurait quand même assisté à la cérémonie, et ce malgré son absolue désapprobation. Elle assisterait même au mariage de sa sœur avec n'importe quel idiot, pour peu qu'il la rende heureuse. Mais apparemment l'idée avait à peine effleuré l'esprit de Christa qui se tenait devant elle avec la plus grande innocence du monde, vêtue comme le serait n'importe quelle jeune femme n'importe quel jour - et autant dire qu'un mariage n'était pas n'importe quel jour pour une femme digne de ce nom -.

Christa continuait son explication tandis que Cassandra portait la glace quelque peu fondue à sa bouche. Elle déposa ensuite la cuillère, peu disposée à continuer à céder au péché de gourmandise. "Je croyais que tu aimais ça la génétique sinon tu n'aurais pas bravé les exigences de ton père, n'est-ce pas ?" questionna-t-elle, de plus en plus interloquée. "En fait je voulais m'arrêter après mon diplôme pour pouvoir me consacrer entièrement à l'humanitaire mais Jeremy refuse de me voir abandonner mon rêve. Je ne sais plus trop ce dont je rêve à vrai dire..."
Depuis son voyage au Pérou Cassie ne cessait de se questionner sur son avenir. La question était désormais de savoir si elle voulait travailler à temps plein à l'association ou si elle devait continuer à s'accrocher à ses aspirations de jeune fille. Elle esquissa une moue de déception. "Il a raison, je n'arriverai à rien avec un modeste diplôme de physique. Je dois aller plus loin si je veux vraiment obtenir le poste que je convoite... nos problèmes aux lycées me paraissent tellement dérisoires aujourd'hui." dit-elle sur le ton de la plaisanterie.
Elle secoua la tête indistinctement, surprise par la capacité qu'elle avait eue à se laisser embarquer. D'ordinaire elle ne parlait pas de ses problèmes, elle écoutait ceux des autres, manie qu'on lui reprochait très souvent. Surtout que quelque chose lui disait que ses questions existentielles ne valaient absolument rien à côté de ce qu'avait à lui raconter Christa. "En tout cas je suis très heureuse que tu reviennes habiter ici !" dit-elle. Sa remarque lui paraissait tellement inopportune qu'elle baissa machinalement les yeux.
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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptySam 26 Nov - 22:54

Aborder le sujet de ses parents allait forcément venir sur le tapis, et Christabella savait pertinemment qu’en allant chez Cassandra, elle ne couperait pas à une longue explication détaillée. Elle n’en avait pas envie. Ce n’est pas qu’elle estimait que cela ne regardait pas Cassandra, car c’était faux, d’une certaine façon. Cassandra avait très souvent rendue visite à Christa lorsqu’elles étaient encore au lycée, elle avait donc fait la connaissance des parents Gillespie et pendant les trois années à McKinley, elle les avait revue de très nombreuses fois et les connaissait donc bien. Dans la mesure où elle avait été –était toujours ?- la meilleure amie de Christabella, si quelque chose se passait mal, elle était en droit de le savoir. Et puis, ce n’aurait pas été correct envers Cassandra et l’amitié qu’elles avaient eu l’une pour l’autre. Le problème, c’est qu’elle ne s’en sentait pas forcément le courage, et ce même si elle l’avait voulu. C’était encore très récent, et même si sa situation s’était aujourd’hui très nettement améliorée, dans la mesure où elle avait un toit au-dessus de sa tête, et un petit boulot pour payer ses dépenses courantes. Comme en plus Leah, qui l’avait accueillie, ne lui faisait payer qu’un loyer dérisoire et plus symbolique qu’autre chose, Christabella pouvait mettre à nouveau de l’argent de côté, et se constituer un petit capital, puisque ses parents n’avaient jamais pris la peine de lui ouvrir un compte épargne. A présent, Christa devait se débrouiller intégralement toute seule, et elle avait pu se rendre pleinement compte de ce que ses parents, au caractère si étroit et aux croyances si extrêmes, n’avaient pas fait la moitié de ce qu’ils auraient dû faire. Sans Leah, sans le responsable du cinéma qui lui avait généreusement redonné le poste qu’elle avait longtemps occupées adolescente, sans ses amis qui l’avaient soutenue, elle ne sait pas si elle aurait pu remonter la pente. Mais maintenant, elle s’en sortait bien. Elle hésitait encore sur les études qu’elle voulait poursuivre, ne sachant trop si la génétique lui convenait toujours, et désireuse de se lancer plutôt dans quelque chose qui lui plairait davantage. Il y avait bien une filière qui la tentait terriblement, mais elle ne voulait pas avoir perdu ces cinq dernières années, elle envisageait donc de faire un double-cursus, l’un par correspondance, l’autre en circuit normal, pour pouvoir jongler avec son job. Elle était habituée à travailler dur, très dur, et cela ne l’effrayait pas, il fallait juste qu’elle se décide. En attendant, elle pouvait s’acclimater peu à peu à sa nouvelle vie en colocation. Leah était adorable, très facile à vivre, et Christabella s’était suffisamment ouverte sur le monde extérieur pour ne plus être choquée par le choix de vie de la blonde. Concernant son deuxième colocataire, c’était un peu différent. Timothy était un drôle de personnage, pas vraiment renfermé, mais pas franchement sociable non plus, et Christabella avait bien remarqué la façon dont il la regardait : comme si elle était une drôle de créature provenant d’un système solaire lointain. Elle en était encore à essayer de l’habituer à sa présence par de petites attentions, mais pour l’instant, c’était peu concluant.
Aurait-elle voulu passer à autre chose –et elle venait pourtant d’essayer en changeant de sujet de conversation- qu’elle ne l’aurait pas pu, Cassandra ne lui en laissant pas l’occasion en remarquant bien que quelque chose clochait. Peut-être que si Christabella avait usé de mensonges, racontant qu’elle était revenue parce que Lima lui manquait, ou même simplement qu’elle n’avait plus droit à un logement universitaire. Cassandra n’y aurait vu que du feu, et la conversation aurait pu poursuivre. Mais Christabella faisait partie de ces gens qui ne mentent jamais, ou très peu. Pour autant qu’elle s’en souvienne, il ne lui semblait pas avoir déjà menti à Cassandra. Certes, elle avait omis de lui parler immédiatement de sa relation avec Ezrael, mais c’était parce qu’elle savait que Cassie désapprouverait, et au final, lorsque cette dernière l’avait appris, elle n’avait pas nié. Non, jamais elle ne lui avait menti. En fait, les seules personnes à qui Christabella avait déjà menti se trouvaient être ses parents, quelle ironie. Lorsqu’elle s’était mise à sortir avec Ezrael, elle avait dû recourir au mensonge, prétextant des devoirs à faire à la bibliothèque, des promenades avec Cassandra, des heures supplémentaires au cinéma, pour pouvoir voir Ezrael autant qu’elle le souhaitait. Elle n’avait d’ailleurs pas éprouvé de difficultés à le faire, maintenant qu’elle y pensait, alors qu’elle répugnait à mentir à Cassandra. C’est pour cela qu’elle avait fait mention du mariage de sa petite sœur, la véritable raison de son retour à Lima.
Pourtant, elle aurait voulu pouvoir attraper les perches qu’inconsciemment lui tendait Cassandra, et lui poser des questions sur ses projets d’avenir, que ce soit pour ses études ou pour l’humanitaire, elle aurait même voulu lui demander qui pouvait bien être ce Jeremy dont elle n’avait pas manqué de noter la présence dans les paroles de son amie. Mais non, elle devait être honnête. Cassandra le méritait, après tout.

Elle contempla sa cuillère pendant un instant, cherchant le courage. Oui, Cassie avait raison, les petits problèmes qu’elles avaient pu rencontrer à l’époque où elles étaient encore au lycée semblaient minimes comparé à ce qu’elles vivaient aujourd’hui, et ce même par rapport au moment où il leur avait fallu se décider pour une université, et des études, même quand elles avaient dû attendre la réponse d’une demande de bourse sans quoi elles ne pourraient faire d’études. Ces petites décisions qui à ce moment leur avait paru si difficile à prendre, n’étaient rien. Aujourd’hui, Cassie semblait se débattre entre son amour inconditionné pour le genre humain, qui la poussait sans cesse à venir en aide aux autres, et son rêve de devenir un jour physicienne. Christabella lui offrit un regard compatissant, et posa brièvement sa main sur le bras de son ami, en un rapide signe de réconfort.

« Je comprends. Aider les autres, c’est ce que tu es. Devenir physicienne, c’est ce que tu aimerais être. Je te l’ai souvent répété quand on était au lycée, mais tu exiges trop de toi-même. Tu es comme un ballon dans lequel on voudrait souffler, mais si on souffle trop, il explose. » résuma-t-elle simplement. « Ne force pas trop, et laisse parler ton cœur. Tu as déjà la réponse à tes questions. Il ne manque plus qu’un évènement qui la fera surgir. » glissa-t-elle d’une voix douce, avec un sourire triste, et elle sut qu’elle trouverait la force de se confier à Cassandra. L’amitié qu’elle avait pour elle était peut-être différente, les années l’ayant quelque peu émoussée, mais elle tenait encore à elle. « Cassandra… » commença-t-elle.

Elle posa sa cuillère devant elle, et observa la lumière se refléter sur le métal. D’une main elle lissa sa frange, pour la passer ensuite dans ses cheveux qu’elle portait court, à présent. Après une profonde inspiration, elle se lança : « Ce que je vais te dire est long et douloureux. Mais tu es mon amie, et tu mérites que je te le dise. Quand je suis rentrée à Lima, après les vacances d’été, je n’avais prévenu personne de la date de mon arrivée. Je voulais faire une surprise, notamment à mes parents, et même s’ils savaient que je serais présente pour le mariage d’Amélie, je leur avais caché que je rentrerais avant. Et quand je suis arrivée chez moi… hum… mes parents… venaient d’apprendre pour Ezrael, et pour eux, ça n’a fait que confirmer l’opinion qu’ils avaient de moi. » Les paroles que son père et sa mère lui avaient tenu, ce jour-là, lui revinrent en mémoire, avec une précision dont elle se serait bien passée, mais elle serra les dents et poursuivit : « Ils m’ont dit que je n’avais cessé de les décevoir, et ce dès que j’ai voulu entrer à McKinley. Mes choix en matière d’éducation leur ont également déplu. J’avais cru que je devais faire de longues études pour obtenir un bon travail, parce que je l’avais entendu dire par mon père. J’étais persuadée que c’était ce qu’il voulait pour moi, alors je me suis lancée en génétique parce que je trouvais cela sécurisant, avec de grandes perspectives d’avenir. J’ai cru que mes parents seraient fiers de moi, comme il l’était pour ceux de mes frères qui sont allés à l’université. Mais en vérité, quand on est une femme chez les Gillespie, on doit juste se taire et faire des enfants. » lâcha-t-elle avec un mélange de rage et de douleur. « Mes parents voulaient en fait que j’arrête l’école après le collège, que je me marie avec quelqu’un qu’ils auraient trouvés pour moi, et que je ponde gentiment une armée d’enfants, comme ma mère l’a fait, et comme mes sœurs l’ont fait. Le lycée les a déçu, mais l’université, n’en parlons pas, et le fait de passer cinq ans sur le campus les a persuadé que j’avais passé mon temps dans des orgies ! Ils sont persuadés que j’ai perdu ma virginité avec… avec des tas de garçons, et mon père m’a traité de… de putain. » Sa voix se cassa sur ce mot, mais elle ne pouvait plus s’arrêter : « Je les ai déçus, je les dégoute, et pas seulement mes parents, toute ma famille. Ils m’ont mise à la porte, ils m’ont bannie de chez eux. Toute ma famille m’a rejetée, Cassandra. » dit-elle en lui jetant un regard perçant mais humide. « Voilà ce que je ne te disais pas. Je n’ai plus de famille. »conclut-elle d’un ton douloureux, et elle essuya une larme, une seule et unique larme. Elle avait tellement pleuré, mais au moins cela l’empêchait d’éclater en sanglot à cet instant. La gorge néanmoins serrée, elle ouvrit la bouche pour poursuive, mais maintenant que tout était dit, elle ne pouvait qu’attendre la réaction de Cassandra.
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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptySam 3 Déc - 18:25

Cassandra savait bien qu'il y avait certains sujets qu'il ne valait mieux pas aborder avec Christabella. C'était le cas au lycée et, de toute évidence, c'était encore le cas aujourd'hui. Dans un sens elle avait envie de passer outre, de ne pas s'attarder sur des détails pas si futiles que ça de la vie de son amie, mais elle ne pouvait s'y résoudre. De toute évidence, même si Christa tentait vainement d'éluder la question, Cassie était réceptive à sa détresse et à ce désir pourtant dissimulé qu'elle avait de se confier. C'en était presque agaçant, de voir à quel point elle pouvait parfois se comporter en trop bonne amie. L'amie attentive, l'amie (trop) soucieuse, l'amie réconfortante. Sa personnalité ne se réduisait pourtant pas à ce nombre de qualités que les gens avaient tendance à souligner trop souvent. Elle avait récemment croisé Caitlin qui était la preuve vivante de son altruisme imparfait. Et maintenant Christa, qui se dressait devant elle, lui rappelait amèrement qu'elle avait été absente tout ce temps, malgré les échanges de lettres et les quelques coups de téléphone. Elle parut se rétracter un moment, comme si le désir de ravaler ses mots la hantait sans arrêt. Elle ne pouvait pas se permettre de tirer trop fort sur ce lien encore fragile qui la rattachait à Christa, peut-être était-ce encore trop tôt ? Elle détestait presque cette curieuse impression de déjà vu qui n'avait pourtant rien à voir avec la réalité.

La réalité semblait malgré tout prendre le dessus. Le contact de la main de Christabella sur son bras et sa voix délicate étaient on ne peut plus réels. Tout comme ces mots d'une extrême gentillesse qu'elle lui glissait avec tout le naturel du monde. Sûrement avait-elle raison, Cassie était trop exigeante avec elle-même en plus de l'être avec les autres. Jour après jour elle craignait de devenir le tyran qu'elle avait longtemps redouté. Quand allait-elle exploser ? Lorsqu'elle serait agacée par les gazouillis incessants des commères du dernier rang en physique moléculaire ? Lorsque la livraison des plateaux repas à la LPA serait incomplète ? Ou lorsqu'un membre de sa chorale oserait laisser s'échapper une fausse note ? Cassie savait bien qu'éventuellement, ce serait ses proches qui feraient les frais de son intransigeance. Elle n'en avait pas envie. Christa avait raison, peut-être devrait-elle arrêter de forcer. Elle opina indistinctement du chef, cependant dubitative. Un évènement ferait surgir la réponse à ses interrogations ? Son scepticisme laissa rapidement place à un sourire amusé. C'était Christa désormais qui jouait les prophètes. Ce n'était pas si désagréable après tout, de se laisser guider par quelqu'un d'autre que soi-même.
"Je crois que cet évènement est déjà survenu, justement." dit-elle sans trop s'impliquer. Christabella n'était pas censée ignorer cet été inoubliable qu'avait passé son amie au Pérou, comme pouvaient en témoigner les quelques lettres qu'elle lui avait envoyées cette année là, et selon Cassandra ce programme humanitaire avait été un tournant dans sa vie, tant au niveau professionnel que sentimental. Peut-être était-il temps d'arrêter de s'accrocher à un rêve qu'elle ne faisait plus. "Ce n'est qu'un dilemme parmi tant d'autres, n'est-ce pas ?" avoua-t-elle finalement, sans se départir de son sourire.

Au moment où Christa prononça son prénom, Cassie avait pressenti que les révélations à venir prendraient une toute autre ampleur. Machinalement elle referma le couvercle du pot de glace, la tête toujours levée en direction de Christa. La première tirade de cette dernière lui arracha un frisson. Plusieurs questions se bousculaient déjà dans sa tête, comme par exemple celle de savoir si Christa la soupçonnait elle d'avoir divulgué la vérité à ses parents ou pourquoi elle ne l'avait pas prévenue plus tôt ? Pendant tout ce temps elle s'était reposée sur des gens qui manifestement étaient plus à même de l'aider qu'elle ne l'était. Mais le problème n'était pas là, Cassandra n'avait pas le droit d'être égoïste à cet instant. Elle n'avait pas le droit de lui reprocher quoique ce soit, et encore moins le fait d'avoir voulu garder quelque chose pour elle, pour une fois.
Christa continuait son monologue tandis que Cassandra expérimentait des émotions aux antipodes les unes des autres. L'affliction, la compassion, la consternation, l'indignation... tant de mots qui décrivaient dans un ordre incertain ce qu'elle avait éprouvé. Son expression était grave. Elle se sentait tellement idiote d'avoir énoncé des problèmes si dérisoires quelques instants plus tôt qu'elle baissa la tête l'espace d'une seconde. Elle entreprit enfin de se lever, fit le tour de la table, et enferma son amie dans une étreinte qu'elle n'avait plus envie de contrôler. "Tu auras toujours de la famille Christabella, ici c'est chez toi." murmura-t-elle. Elle se redressa finalement, secouant la tête, la main droite posée sur sa poitrine comme pour l'empêcher de se briser. "C'est incroyable, je savais ton père austère mais là sa réaction dépasse l'entendement. Il n'a pas droit de te traiter ainsi ! Je suis tellement, tellement désolée." dit-elle, le souffle coupé. "Ta mère n'a pas réagi ?" demanda-t-elle enfin, l'air quelque peu gêné. "Tu sais que tu es toujours la bienvenue ici tout comme tu es la bienvenue à l'église. Une pasteur ne devrait pas réagir de la sorte, c'est indigne de sa vocation." ajouta-t-elle en s'écroulant sur un tabouret. "Je m'en veux tellement d'avoir voulu aider le monde entier alors que je n'ai rien pu faire pour toi. Pourquoi ne me l'as-tu pas dit plus tôt, Christa ?" conclut-elle sur une note mélancolique totalement dénuée de tout reproche.
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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptyMer 14 Déc - 16:06

Après avoir passé des journées entières à pleurer, à chercher la force de remonter la pente, à se battre contre sa douleur pour se relever, Christabella était persuadée qu’elle ne pourrait plus jamais pleurer, qu’elle avait épuisé son stock de larmes et que même ses glandes lacrymales devaient être atrophiées à force d’avoir trop servies. Se voir rejetée par ses parents, par toute sa famille, lui avait fait énormément de mal. Après sa terrible entrevue avec ses parents, elle avait tenté de retourner les voir, mais ses parents n’avaient pas daignés lui ouvrir la porte. Elle s’était présenté à l’Eglise le dimanche suivant, mais sa mère lui avait sifflé de déguerpir si elle ne voulait pas que la police vienne la déloger du banc de l’Eglise sur lequel elle s’était assise. La police, rien de moins ! En désespoir de cause, Christa s’était tournée vers ses frères et sœurs, mais parmi les dix-huit autres enfants de la famille Gillespie, pas un seul n’avait répondu à son appel. Ses sœurs lui avaient tourné le dos en la gratifiant d’un regard au mieux, méprisant, au pire, haineux. Quand à ses frères, après quelques insultes bien senties, ils l’avaient mise à la porte de l’Eglise, tout simplement. Christabella n’en revenait toujours pas de ce que sa propre famille lui faisait subir. Il lui avait fallu prendre sur elle, car elle ne pouvait se permettre de se morfondre. Elle n’avait plus de toit, plus d’endroits où aller, et de maigres économies. Saphira l’avait gentiment accueillie le temps qu’elle trouve un travail et un appartement, et elle avait eu la chance de trouver un petit boulot rapidement. C’est sans trop y croire qu’elle s’était présentée devant son ancien employeur, qui lui avait redonné le poste qu’elle avait occupée lorsqu’elle n’était qu’une lycéenne. A présent, elle travaillait à mi-temps au cinéma de Lima, et ce modeste emploi aurait pu lui permettre de trouver un studio, si elle n’avait pas parlé de ses problèmes à Leah. La blonde, qui se cherchait des colocataires, ne lui avait pas laissé le choix, et à présent, Christabella vivait dans un superbe appartement, pour un loyer ridicule. Elle était confortablement installée, et avait de quoi vivre. C’était malgré tout une bien maigre compensation pour ce qu’elle endurait tous les jours. Elle devait se lever le matin, et aller en cours, ou travailler, avec la pensée que ses parents ne voulaient plus d’elle, que sa famille l’avait rejeté. Elle était reconnaissante à ses amis qui lui étaient venus en aide, mais cela ne pouvait remplacer une famille.
Et pourtant, à certains moments elle se surprenait à en vouloir à ses parents. Pour elle, c’était peut-être le signe qu’elle commençait à aller mieux. Outre la certitude d’avoir été traitée avec une profonde injustice, elle commençait à réaliser à quel point ses parents n’avaient pas été des modèles de parentalité. Elle se retrouvait dans un monde d’adulte dont elle ne connaissait rien. En tant que lycéenne, ou même étudiante, les choses étaient plutôt simples, mais en tant qu’adulte salariée, c’était tout autre chose. Elle devait se débrouiller avec tout un tas de paperasses auxquelles elle ne comprenait strictement rien, et elle n’avait personne pour l’aider. C’est quelque chose que normalement ses parents auraient dû faire, mais qu’ils n’avaient jamais jugé utile de faire. Pourquoi Christabella aurait-elle eu besoin de comprendre le monde, son mari aurait été là pour tout faire à sa place ! Forcément, elle se retrouvait bien embêtée à présent. Cela faisait beaucoup à gérer, entre son chagrin, ses angoisses, son stress de l’inconnu, et les décisions concernant son avenir… elle ne savait plus où elle en était. Mais elle savait qu’elle se sentait en colère contre ses parents, qui de son avis, n’avaient pas remplis leur rôle, jamais. Ni son père, ni sa mère. A part lui enjoindre de ne jamais s’écarter du chemin que Dieu avait tracé pour elle, ils n’avaient rien fait d’autre. Curieusement, Christabella s’était souvenue, il y a peu, d’un épisode qu’elle n’avait pas jugé important sur le coup, mais qui prenait un sens tout différent aujourd’hui. Toute jeune adolescente, Christabella venait de connaitre ses premiers changements propres à une femme, et alors que sa mère lui expliquait ce que cela voulait dire, elle avait ajouté qu’il était temps pour elle de songer à devenir une bonne mère et épouse. A partir de ce moment, elle avait tenu à ce que Christabella apprenne la cuisine, et elle lui avait doucement enseignée comment s’occuper d’un enfant. A l’époque, Christabella s’était laissé faire, presque contente de passer plus de temps avec sa mère et ses sœurs, mais aujourd’hui, elle comprenait que sa mère, voyant que sa fille avait ses premières règles, voulait la former à n’être qu’une femme au foyer et rien d’autre, au détriment de tout le reste. Aujourd’hui, Christabella savait cuisiner, et changer une couche, mais elle avait conscience que ses connaissances, elle ne les devait qu’au désir de sa mère qui ne voyait en elle qu’une… qu’une poule pondeuse. Pour cela, elle lui en voulait. Elle en voulait à ses parents qui, enfermés dans des croyances poussées à l’extrême, l’avait repoussé, elle qui aspirait à autre chose que de devenir une bonne mère. Peut-être que le ressentiment qu’elle commençait tout doucement à éprouver l’aiderait à s’en sortir, mais ce n’était qu’un sentiment bien dérisoire face à sa douleur.

Une douleur qui lui explosa à la figure lorsque Cassie, spontanément, la prit dans ses bras. A cette étreinte, Christabella sentit son cœur fondre, et alors qu’elle pensait ne plus être capable de pleurer, de grosses larmes se mirent à couleur sur ses joues, et elle éclata en sanglots silencieux. Elle savoura ce moment d’intimité avec sa meilleure amie. Même si les années et la distance les avaient éloignées l’une de l’autre, Cassandra était, et resterait toujours, sa meilleure amie, celle avec qui elle avait le plus de points communs, celle dont elle se sentait la plus proche. Ce lien qu’elle avait toujours ressenti entre elle et Cassie avait résisté à cet éloignement, elle pouvait le sentir. Plus que tout le reste, cela lui fit énormément de bien. Elle laissa les larmes dévaler ses joues pour s’écraser sur son pull, et lorsque Cassie finit par s’écarter, elle fouilla dans ses poches, en sortit un mouchoir et entreprit d’éponger ses larmes.

« Ma mère est complètement d’accord avec mon père. » bredouilla-t-elle d’une voix enrouée, et elle se moucha, effaçant les dernières traces de son chagrin. « Elle m’a dit que si je m’approchais de la maison ou de l’Eglise de mon père, elle appellerait la police. » expliqua-t-elle d’une voix plus ferme en rangeant son mouchoir. Elle inspira profondément, et constata avec une agréable surprise qu’elle parvenait à se calmer plus vite qu’avant. Un signe de plus qu’elle remontait doucement la pente. « Je voulais dabord me relever, avant de t’en parler. Je me suis retrouvée sans toit, sans travail et sans argent. Il fallait que je retombe sur mes pieds avant d’être capable de venir te voir. Sinon, cela aurait complètement gâché nos retrouvailles. Excuse-moi d’avoir attendue avant de venir te voir. Je ne voulais pas que tu me vois comme la fille qui s’est fait mettre à la porte, mais comme celle qui s’en est sorti. Maintenant, ça va mieux. J’ai récupéré mon travail au cinéma, et j’ai même un appartement. C’est difficile, parce que je ne sais pas me débrouiller en tant qu’adulte. Personne ne m’a jamais appris comment faire. » Elle sourit avec amertume, et inspira une nouvelle fois, jusqu’à sentir son corps se détendre. Seuls ses yeux rouges et gonflés témoignaient qu’elle avait pleuré. « Je me sens mieux, de te l’avoir dit. Tes parents vont très certainement en entendre parler, surtout quand je vais me retrouver sur un banc de l’Eglise de ton père. Mais c’est rassurant, de savoir qu’ici, on m’acceptera toujours, quoi que j’ai pu faire. Même si, dans le cas présent, je n’ai rien fait de ce que mes parents m’ont accusée. Ils n’ont pas voulu croire que j’étais toujours vierge. »soupira-t-elle, et elle se passa la main sur le visage, remontant jusqu’à ses cheveux et ébouriffa ses mèches courtes. Elle resta silencieuse un instant, puis haussa les épaules.

« Et bien, je crois qu’en matière de nouvelle ahurissante, je te bats à plates coutures, à moins que tu ne m’aies pas encore tout dit .. ? » fit-elle en haussant légèrement les sourcils.

A présent que la vérité était faite sur ce qu’elle vivait, elle avait envie de passer à autre chose. Si jamais elle éprouvait le besoin de parler plus de tout cela, elle savait que Cassandra l’écouterait. Mais pour l’heure, elle voulait changer de sujet, et elle savait là aussi que Cassie comprendrait. Consciente de sa chance, elle se sentit, pour la première fois, heureuse d’être revenue.
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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptyJeu 22 Déc - 15:38

Les mains plaquées sur ses genoux, Cassandra fut parcourue d'un frisson qu'elle réprima aussitôt. Et si elle avait été à la place de Christabella ? Si c'était elle qui s'était faite excommunier de sa propre famille, pour l'insuffisante raison qu'elle avait fait des choix qui ne convenaient qu'à elle ? Christabella n'avait pas été égoïste, elle avait seulement grandi trop vite. Son entrée à McKinley avait été pour elle une renaissance, une renaissance que Cassie avait planifiée pour elle mais qui n'avait vraisemblablement jamais eu lieu. Le visage de cette dernière s'assombrit, proie aux doutes. Bien plus qu'une question de fierté, c'était une question d'honneur, c'était pour cette raison que Christa n'avait pas osé lui parler de ses déboires plus tôt. Et même si Cassandra comprenait, elle ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir un peu. Lorsqu'on entretenait une relation comme la leur, l'honneur n'avait pas sa place, il ne pouvait se permettre de s'ériger en barrière le temps que les choses s'arrangent. Cassandra resta muette un long moment. Elle se demandait avec on ne peut plus de sérieux comment elle aurait réagi si jamais ses parents n'avaient pas accepté sa relation avec Jeremy. Elle se demandait également vers qui elle se serait tournée si jamais on l'avait chassée de sous ce toit qui l'avait abritée depuis sa naissance. Elle hocha imperceptiblement la tête, tellement absorbée par ses propres pensées qu'elle ne faisait plus attention à ce qui l'entourait. Christabella avait peut-être raison. Cependant la blonde ne lui en voulait pas moins pour autant. Elle en voulait à son père également, qui ne lui avait rien dit durant tout ce temps, alors qu'elle était foncièrement persuadée qu'il était au courant, et ce depuis le début. C'était évidemment pour cette raison que les Hamilton ne fréquentaient plus les Gillespie le vendredi soir. Quelle naïve avait-elle fait. La seule personne à qui elle devait en vouloir c'était bien elle. Pour avoir été si égocentrique qu'elle n'en voyait même plus le monde s'écrouler autour d'elle. Elle avait ses études, la chorale, la LPA, et même si la plupart de ces activités bénéficiaient aux autres, il y avait bien une part en elle qui en récoltait les fruits de la même façon.

La scène était tellement pathétique que Cassandra se retenait - non sans mal - de verser quelques larmes. Malgré tout elle voyait bien que ses yeux s'embuaient et c'était un cercle vicieux auquel elle ne pouvait réchapper. Elle cligna alors des paupières et laissa perler une goutte salée au coin de sa joue. Avec un peu de chance Christa n'y verrait que du feu étant donné l'absence de soleil. Lima était une ville bien triste, si bien que Cassie en vint à se demander ce qui pouvait bien la retenir ici. Et la réponse lui vint immédiatement. Elle était d'une limpidité déconcertante même. Absolument tout la retenait ici. Sa famille avant tout, ses amis, sa vie. Elle feignit s'enlever une poussière dans l'œil pour pouvoir essuyer sa larme d'un geste délicat, avant de reposer sa main sur ses genoux. On lui reprochait souvent d'avoir un balai dans un endroit qu'elle n'oserait citer, mais c'était simplement qu'elle avait été élevée ainsi. Pour dire vrai elle craignait justement de se prendre un coup de balai si jamais elle avait l'audace de se tenir de façon inconvenante. Et de toute évidence les mauvaises habitudes ne partaient pas avec l'âge. A 23 ans elle s'adonnait toujours au même rituel.

Le ton soudainement plus assuré de Christa sembla raviver son éclat. Cassie leva immédiatement les yeux et les plongea dans ceux de son amie. Il était clair que Cassandra préférait tempérer une Christa trop enjouée plutôt que devoir lui faire reprendre goût à la vie. Elle était ainsi mais ce n'était pas pour autant qu'elle aurait fui ses responsabilités si jamais Christa avait sonné à sa porte une semaine plus tôt. "Je suis sûre qu'elle le regrettera. Mais c'est bien hypocrite de leur part de faire des sermons à leurs enfants alors qu'ils sont incapables d'agir en bons chrétiens. J'espère qu'ils ont une foi inébranlable, parce que ce n'est pas pour leurs actes qu'ils auront droit au salut." dit-elle avec une animosité qu'elle peinait à dissimuler. Elle leur en voulait tellement qu'elle n'osait imaginer ce que son amie avait bien pu ressentir et ce qu'elle ressentait même à l'instant. De la haine ? Ou de la compassion ? Une chose était certaine, les bancs de l'église de M. Gillespie ne tarderaient pas à se vider. Qui voudrait se faire guider par un homme qui était totalement imperméable à ses propres prédications ? Cassie n'osait pas le dire tout haut, mais c'était définitivement l'hôpital qui se foutait de la charité. "Et de toute façon que ferait la police ? C'est hors de leurs compétences." ajouta-t-elle en hochant la tête, les sourcils légèrement froncés.

"A vrai dire je t'en veux un peu mais tu me connais, l'amertume aura coulée d'ici cinq minutes. J'aimerais juste qu'il n'y ait pas de tabou entre nous... Je sais, j'étais loin de dire une chose pareille il y a quelques années, mais c'est pourtant la vérité. Que ce soit une bonne ou une mauvaise nouvelle, je suis capable d'encaisser." confia-t-elle avec cette assurance qui la caractérisait tant. "En tout cas je connais quelqu'un qui pourra sans doute t'aider pour tout ce qui est administratif. Si tu acceptes mon aide, bien entendu." avoua-t-elle enfin, un sourire en coin.

De toute évidence Christa avait envie de changer de sujet. Cassie ne la comprenait que trop, même si s'étendre sur les problèmes des autres avait toujours été ce qu'elle préférait. Certains pourraient croire que c'était pour qu'elle puisse se complaire dans sa propre vie mais c'était faux. Il existait encore des gens qui faisaient preuve d'altruisme, aussi difficile était-ce à croire dans une ville comme Lima.
Cassandra fit mine de réfléchir lorsque Christa supposa qu'elle avait des choses à lui dire. Pour le coup elle n'était pas certaine de savoir si son amie sous-entendait véritablement qu'elle avait des choses à lui dire ou pas. Quoiqu'il en soit elle avait en effet quelques nouvelles à lui annoncer. "En effet il y a une chose que je t'ai pas dite..." révéla-t-elle en laissant planer un certain doute. "Je vais me marier !" cria-t-elle en bondissant de son tabouret pour montrer la bague qu'elle portait. Elle n'avait pas vraiment envie d'exploser de joie après les confidences que venait de lui faire Christabella, mais c'était plus fort qu'elle. "C'est assez récent, à peine un mois, et j'ai voulu te le dire à plusieurs reprises mais je me suis dit que c'était une nouvelle à annoncer de vive voix. J'ai eu raison n'est-ce pas ?" demanda-t-elle avec un regard des plus persuasifs.
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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptyVen 13 Jan - 14:11

A présent qu’elle avait avoué la terrible vérité à Cassandra, Christabella se sentait comme libérée d’un terrible poids. Se faire rejeter par sa famille au grand complet –et pour Christa, cela voulait quand même dire près d’une vingtaine de personnes !- et se faire mettre à la porte avait été un coup dur pour elle. Elle s’était sentie blessée, bien entendu, et elle en souffrait encore à présent. Mais elle s’était également sentie honteuse. Elle avait l’impression d’avoir commis une ignominie, alors qu’en vérité, elle n’avait rien eu à se reprocher si ce n’est par rapport aux critères de ses parents. Mais pour les quelques rares personnes au courant de ce qui venait de lui arriver, elle n’était pas fautive. Tout le monde n’avait de cesse de lui assurer que non, elle n’était pas coupable, qu’elle n’avait rien fait de mal, et que seuls ses parents étaient responsables de sa situation. Intérieurement, Christabella se disait qu’ils avaient raison. Elle était simplement allée à l’université –qui plus est, Colombus ne se trouvait qu’à deux heures de voiture, ce n’est pas comme si elle avait mis tout le pays entre elle et ses parents. Elle avait décroché un diplôme, s’assurant un avenir si ce n’est brillant, au moins tout à fait respectable. Et même si elle avait considérablement mûrie, gagné en assurance, et avait réussie à se libérer du carcan religieux dans laquelle sa famille l’avait enfermée, elle n’en avait pas pour autant renoncer à ses habitudes d’autrefois. Elle continuait à faire sa prière tous les soirs, et dès qu’elle avait un dimanche de libre, elle allait à la messe –même si elle devait reconnaitre que cela n’arrivait plus trop souvent, ayant trop de travail et peu de temps libre, même pour le jour du Seigneur. Mais quand bien même elle s’était retrouvée plongée dans un univers fait de fêtes, d’alcool et d’une liberté sexuelle effarante, elle avait gardé des principes très clairs. En cinq ans, elle n’avait bu qu’un seul et unique verre d’alcool, le jour de ses 21 ans –et encore, c’était de la bière, et elle avait détesté, se promettant de se contenter de sodas à l’avenir. Elle n’avait jamais touché à la drogue. Et, plus important, elle avait respecté son serment de rester vierge jusqu’au mariage. Suite à sa rupture avec Ezrael, elle n’avait laissé aucun garçon la toucher autrement que pour lui serrer la main, ou lui ébouriffer les cheveux, comme le faisait parfois Clayton. Elle n’était pas ressortie avec qui que ce soit, et ainsi, à 23 ans, elle était encore vierge et comptait bien le rester jusqu’à… enfin, elle comptait bien le rester. Alors non, elle n’avait pas l’impression d’avoir fait quoi que ce soit de mal. C’est peut-être plus tard, qu’elle pourrait se rassurer en disant que le problème ne venait pas d’elle, mais bien de ses parents, à l’esprit étroit et ultra conservateur. Mais cela prendrait du temps. Pour l’heure, elle ne pouvait s’empêcher de se repasser les terribles paroles que lui avaient lancées son père et sa mère, et elle se revoyait, devant le pas de la porte, sous la pluie, ses valises à ses pieds. Tout son esprit était focalisé sur cette terrible sensation d’abandon.

Soulagée, dans tous les cas, d’avoir pu se confier à sa meilleure amie, Christabella put se rendre compte à quel point cela lui avait manqué, de pouvoir simplement s’asseoir près de Cassandra, pour lui parler de ce qui n’allait pas. Les souvenirs du lycée étaient encore suffisamment vivaces, et Christa se souvenait parfaitement des innombrables fois où elle s’était tournée vers Cassie, et que celle-ci l’avait rassuré, avec cette confiance inébranlable en ses convictions, et en ce qu’elle était. Au fil des années, Christabella avait fini elle aussi par gagner en assurance, mais elle ne pouvait se le cacher, elle avait encore besoin de la foi de Cassandra, qui savait la rassurer. Son sourire confiant et doux à la fois, sa posture droite et ses mains fermement posées sur ses genoux, tout chez Cassandra inspirait une maîtrise de sa vie que Christa trouvait rassurante. Et cela lui fit du bien, de savoir que Cassandra était là, à présent, pour l’aider, pour la soutenir, et même lorsqu’elle se fit doucement réprimander pour ne pas être venue plus tôt, elle sentit que la pression sur ses épaules diminuait.
« J’aurais toujours besoin de toi Cassie. » souffla-t-elle doucement, les yeux baissés et le cœur emplit de gratitude.
Et c’était vrai. Les années et la distance avaient beau les avoir éloignées l’une de l’autre, leur avoir fait emprunter des chemins différents, elles n’en restaient pas moins amies. Cassandra était la première, et la seule meilleure amie que Christa ait jamais eue. Heureuse de se retrouver là, simplement, à quelques centimètres de celle qui comptait tant pour elle, lui donna l’impression étrange d’être… chez elle. Elle posa la main sur sa poitrine, comptant les battements de son cœur, alors que cette impression se transformait en certitude. Elle se sentait en sécurité, et cela lui fit un bien fou. Laissant cette sensation fleurir en elle, elle put lever les yeux et esquisser un sourire plus assuré.

La conversation finit par dériver vers un tout autre sujet, et lorsque Cassie laissa planer un silence, elle sut que ce que son instinct lui avait soufflé était juste. Elle avait bien senti qu’il y avait quelque chose, elle ne s’était donc pas trompée. Haussant légèrement les sourcils, elle patienta une seconde, puis une autre… et la bombe explosa. Sursautant, la jeune femme se retint d’une main au comptoir, alors que Cassie agitait sous son nez sa main, lui débitant sur un ton joyeux la nouvelle : elle allait se marier. Le regard de Christa passa du visage de son amie, à ses doigts, et elle se reprocha de ne pas avoir remarqué plus tôt l’éclat caractéristique d’une bague de fiançailles. Pourtant, elle savait bien que Cassie ne portait pas de bijoux, ou très peu. Mais elle n’avait rien vu, et ne s’était pas doutée une seule seconde de ce qui se passait. Absolument ébahie, elle finit par se rendre compte qu’elle était restée la bouche ouverte, alors que la situation attendait une réaction. Refermant la bouche, elle tendit la main pour saisir celle de son amie, et son regard put détailler la fameuse bague. La lumière s’y reflétait délicatement. Incapable de prononcer le moindre mot, elle resta sans bouger, alors que Cassie lui demandait si elle avait bien fait de ne pas le lui avouer par téléphone. Christa ne put qu’hocher la tête, et elle se força à se ressaisir. Son regard rencontra celui de Cassandra, et elle put mesure tout le bonheur que ce futur mariage lui apportait. Ses yeux brillaient, elle semblait… heureuse.

« Oh Cassie. » chuchota Christabella, et elle entoura son amie de ses bras pour la serrer contre elle. L’émotion menaçait de la submerger à nouveau, mais c’était cette fois la joie et non pas la tristesse. « Je suis tellement, tellement heureuse pour toi. » Lorsqu’elle s’écarta, ce fut pour offrir un sourire à Cassandra. « Regarde-toi, tu as l’air tellement… » Elle s’interrompit, se demandant alors si elle avait eu la même expression, du temps où elle fréquentait Ezrael. C’était plus que probable. Les joues rouges, les yeux brillants, un sourire aux lèvres qui semblait ne jamais vouloir s’effacer. A l’époque, elle était amoureuse. Cassandra l’était-elle également ? Elle scruta le visage sans défaut de sa meilleure amie, cherchant un signe de l’amour qu’elle devait éprouver pour son futur époux. « Dis-moi tout. Je veux tout savoir. Comment il s’appelle. Ce qu’il fait dans la vie. Et quand je pourrais le voir. Je dois m’assurer qu’il est digne de toi. » ajouta-t-elle malicieusement.
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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptySam 14 Jan - 16:21

Cassandra espérait secrètement que Christabella ne lui en voudrait pas de lui avoir dissimulé pendant près de 2 années une relation qui se voulait plus que sérieuse. Lorsqu'elles avaient quitté les bancs du lycée, les garçons passaient très certainement en dernier sur la liste de leurs préoccupations, tout simplement parce qu'ils n'avaient jamais intéressé Cassie, pour une raison plus ou moins obscure, et parce que la plaie qu'avait laissée Ezrael dans le cœur de Christa nécessiterait sans doute plus de temps à guérir qu'elle ne voulait bien le croire. Même si elles n'avaient jamais conclu de pacte stipulant une distance de sécurité entre les garçons et elles, les deux jeunes femmes savaient au fond d'elles que c'était sans doute ce qui se produirait. Depuis sa rencontre avec Jeremy, Cassie avait de nombreuse fois tenté de mentionner son nom quelque part, dans une lettre, un mail, ou même un simple texto, mais à chaque reprise elle s'empressait d'effacer ces quelques mots qui lui étaient si concrets pour elle mais qui demeuraient de simples mots pour Christa. Il lui semblait toujours que la nouvelle tombait comme un cheveu sur la soupe, et que même si Christa ne lui reprocherait rien, elle trouverait ça curieux de son côté. Durant longtemps ç'avait été Christa qui lui racontait ses histoires sentimentales et maintenant que c'était à son tour, l'habitude faisait qu'elle avait l'impression de sonner faux. Et pas à un seul instant, en 2 ans, elle était parvenue à lui énoncer clairement comme une vérité, comme une confession, comme une simple nouvelle, rien de plus. Alors même si à cet instant elle se sentait euphorique à l'idée de partager une information longtemps dissimulée, elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver au fond d'elle une pointe d'angoisse.

La scène se figea un instant. Après avoir sautillé de joie, Cassie retenait son souffle, anxieuse de ne pas véritablement savoir sur quel pied danser. Elle inspecta furtivement le regard de Christa qui lui semblait paradoxalement vide et émerveillé à la fois. Les secondes lui paraissaient des heures, des heures pendant lesquelles elle avait largement le temps de nourrir ses regrets. Et si elle n'avait pas choisi le bon moment ? Et si cela sonnait encore plus invraisemblable aux oreilles de Christa que ça l'aurait été si elle l'avait glissé dans une modeste lettre, entre deux paragraphes ? Elle déglutit, puis finit par expirer fortement lorsque son amie la serra dans une étreinte sincère. "J'ai l'air d'une femme, c'est ce que dit ma mère." dit-elle pour conclure la phrase de Christa. Cette dernière semblait aussi radieuse qu'elle à cet instant si bien que tous les doutes qu'elle avait expérimentés quelques instants plus tôt s'envolèrent soudainement. Elle n'aurait jamais pu rêver une scène si parfaite. Tout était... parfait, il n'y avait pas d'autre mot.

Cassie aurait dû se douter qu'on finirait par l'assaillir de questions. Elle aurait fait la même chose, dans des proportions encore plus élevées. Elle ne put s'empêcher d'échapper un petit rire et un sourire resplendissant éclairait sans arrêt son visage. Un sourire qui ne pouvait pas mieux prouver à quel point son bonheur était sincère. Elle invita son amie à s'asseoir, persuadée qu'elle en aurait pour des heures et des heures à rattraper le temps perdu. Mais elle était prête à les passer auprès d'elle si jamais Christa le voulait.
"Il s'appelle Jeremy, on s'est rencontré au Pérou lors de la mission humanitaire dont je t'ai parlée dans une de mes lettres." Ces quelques anecdotes avaient le don de lui rappeler avec une précision certaine ces deux mois extraordinaires passés aux côtés de pauvres orphelins. Qui aurait pu se douter qu'elle rencontrerait aussi l'homme avec lequel elle était désormais engagée à se marier ? Pas elle en tout cas. Leur rencontre paraissait si naturelle et pourtant si orchestrée. Elle ne doutait pas que Dieu en avait décidé ainsi en lui permettant de voyager pour la première fois de sa vie hors des États-Unis. Lorsqu'il s'était penché pour la première fois vers elle, instinctivement elle avait su quoi faire. D'ordinaire elle aurait pris ses jambes à son coup mais cette fois-ci elle s'était sentie incapable de bouger, incapable de tourner le dos à son destin.
"Tu le verras sûrement à l'association d'Emma Pillsbury, il y travaille occasionnellement en tant que bénévole. Je devais justement y aller lorsque je t'ai ouvert la porte. Pour le moment il travaille en tant qu'éducateur à l'école primaire mais ce qui l'intéresse c'est plutôt l'art et le cinéma." expliqua-t-elle avec assurance, comme si elle livrait un discours qu'elle avait longtemps répété. A vrai dire c'était le cas, elle avait dû se préparer à la confrontation entre lui et ses parents, même si au final il avait bien mieux parlé qu'elle. "Tu sais il a déjà rencontré mes parents, et par miracle nous sommes encore ensemble, alors je suppose qu'il est digne." dit-elle sur le ton de la plaisanterie. "Tu devrais m'accompagner à l'association, on le croisera peut-être et ce sera aussi une bonne occasion pour demander à Emma de t'aiguiller dans toutes tes démarches."
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MessageSujet: Re: 01. [Hamilton's] Give me a sign   01. [Hamilton's] Give me a sign EmptyVen 20 Jan - 22:40

L’espace d’un instant, Christabella put oublier sa triste situation. La nouvelle que Cassandra venait de lui annoncer lui mettait du baume au cœur. Elle avait l’impression que malgré les horreurs que ses parents lui avaient crachées à la figure, il y avait toujours… de l’espoir ? C’était peut-être stupide, mais elle le ressentait de cette façon. Au cours des derniers jours, elle s’était dit que ses parents avaient raison, que tout ce qu’elle avait fait, c’était mal. De sombres pensées l’avaient traversée, tournant en boucle dans sa tête, la rendant encore plus malheureuse qu’elle ne l’était. Au final, elle avait fini par se convaincre qu’elle ne méritait pas d’être heureuse, puisqu’elle avait tant déçu ses parents. Elle ne méritait pas non plus d’aimer, et d’ailleurs, l’amour semblait être une mauvaise chose, puisque, toujours selon les critères de ses parents, elle n’était pas sensée aimer l’homme avec lequel elle passerait ses jours, mais être une bonne épouse pour lui, savoir tenir sa maison et lui faire une flopée d’enfants. Sa relation avec Ezrael lui avait presque semblé être une infamie. Pourtant son cœur lui avait soufflé que non, qu’elle avait eu raison de vivre cette histoire, et que seuls ses parents avaient eu tort. Perdue, elle l’avait été. Jusqu’à ce que Cassandra lui apporte la lumière, par une simple déclaration. Quelques mots porteurs d’espoir, une libération bienfaitrice et qui déverrouilla quelque chose en Christabella. Elle connaissait parfaitement Cassandra, et elle savait que sa meilleure amie n’aurait jamais, jamais, accepté d’épouser quelqu’un si elle n’avait pas été certaine, au plus profond d’elle-même, que cet homme était fait pour elle, et serait bon pour elle. Ce Jeremy devait être une bonne personne, sinon Cassandra ne l’aurait pas choisie pour passer le reste de sa vie avec elle. Et ce choix donnait à Christabella la certitude que celui qu’elle avait fait, concernant Ezrael, n’était pas mauvais. Cela lui fit un bien fou, et elle sentit sa peine s’alléger.

Alors que Cassandra lui expliquait en quelques mots brefs et concis, comment elle avait fait la connaissance de Jeremy, Christabella se rendit compte que cette relation durait depuis déjà un petit moment. Les fiançailles étaient certes récentes, le couple se fréquentait pourtant depuis longtemps, ce qui confirmait bien que le choix de Cassandra s’était porté sur un garçon bien, sinon, elle ne lui aurait pas laissé la moindre chance. Le visage de Cassie exprimait une joie intense, et en même temps, elle semblait sereine, comme persuadée que Jeremy représentait pour elle l’idéal masculin, son idéal. Il devait répondre aux critères exigeants de la jeune fille, qui avait curieusement toujours considéré le genre masculin comme entachés par un crétinisme prononcé, et Christabella n’avait pas toujours pu lui donner tort. Jeremy devait être spécial, et Christa se surprit à vouloir le rencontrer au plus tôt, pas seulement pour s’assurer que Cassie n’était pas aveuglée par les beaux discours d’un beau parleur, mais également parce que, si son amie l’avait choisi lui et pas un autre, il devait valoir la peine qu’on fasse sa connaissance. Christabella se demanda distraitement à quoi il pouvait bien ressembler. Bien sûr, Cassandra et elle avaient élevées toutes les deux dans l’optique que l’apparence extérieure n’était pas le plus important, loin de là, et que la beauté de l’âme importait plus que tout le reste. Elles n’avaient toutes deux qu’une seule et unique relation amoureuse au compteur, même si celle de Christabella s’était terminé il y a bien longtemps, mais Ezrael était un très beau garçon, au physique avantageux et au sourire désarmant. Pourtant, ce n’était absolument pas ça qui avait attiré Christabella, et elle se demanda si Cassie avait elle aussi trouvé un homme qui, en plus de répondre parfaitement à ses besoins et ses attentes, était mignon. Elle savait que, même si ce Jeremy était moche, Cassie l’aurait choisie tout de même, du moment qu’il lui correspondait. Mais son amie était si adorable, avec ses beaux cheveux qui renvoyaient délicatement la lumière du soleil, sa peau blanche, que Christa ne parvenait pas à l’imaginer avec quelqu’un de… moins beau. Elle se morigéna à l’instant même où ces pensées lui effleurèrent l’esprit. La beauté physique n’avait aucune importance. Aurait-elle donc oublié ce précepte moral ? Elle pouvait presque entendre sa mère la sermonner en lui répétant que ce n’est pas pour son visage que Dieu la jugerait digne ou non d’aller au Paradis, mais pour la beauté de son âme.
L’allusion au cinéma lui fit dresser l’oreille, et sa hâte de rencontrer le jeune homme ne fit que croitre. Elle s’imaginait déjà faire sa connaissance et tisser un lien amical basé sur leurs connaissances cinématographiques. Elle avait hâte, sincèrement.

« Ce serait avec plaisir. » répondit-elle doucement à la proposition de Cassie de l’accompagner à l’association que tenait Emma Pillsbury, la conseillère de McKinley. Christabella ne l’avait que très rarement consulté, et ce n’était à l’époque que pour obtenir une aide pour remplir ses dossiers d’inscription à l’université, et ses demandes de bourse. Emma s’était alors révélé d’une grande aide, Christa s’en souvenait. Revoir la conseillère ne la dérangeait pas, bien au contraire, et elle faisait confiance à Cassie : si elle lui disait qu’Emma pouvait l’aider, c’était vrai. « J’ai besoin d’aide. Je me souviens bien de Miss Pillsbury. Elle saura quoi faire. » approuva-t-elle en se laissant glisser du tabouret sur lequel elle était perchée. Son regard rencontra celui de Cassandra, et elle lui glissa un sourire, prenant sa main dans la sienne et la serrant doucement. « C’est tellement bon de te revoir Cassandra. » souffla-t-elle. Elle laissa un court instant s’écouler, puis brisa ce moment d’émotion en frappant dans ses mains. « Allons-y, et j’espère bien que ton Jeremy sera présent. J’ai hâte de faire sa connaissance. » lança-t-elle, alors qu’elles se dirigeaient vers l’entrée.

Elle était sincère. Revoir Cassandra était, pour l’instant, la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis son retour à Lima.

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