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 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !

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MessageSujet: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Sam 5 Nov - 21:56



blame it on the alcohol
blame it on the vodka, blame it on the henny
blame it on the blue tap, got you feeling dizzy

Emma grimaça à la vue de la pile de dossiers qui se trouvaient face à elle. Levant un sourcil, elle reposa soigneusement son stylo près de sa souris d’ordinateur puis s’enfonça légèrement dans son siège. La journée avait été chargée, les élèves s’étaient succédés dans son bureau en ce début d’année, commençant déjà à s’intéresser aux brochures des diverses universités du Pays. La conseillère d’orientation de McKinley High était heureuse de voir qu’ils semblaient plus enthousiastes cette année, même si elle savait pertinemment que la plupart d’entre eux ne feraient pas partie des rangs de Yale ou d'Harvard l'année suivante, mais plutôt de ceux de l’Ohio State University. Et encore, seulement pour ceux qui mettraient les bouchées double en s’investissant dans leur travail scolaire avec plus d’assiduité. Emma fronça les sourcils, jeta un coup d’œil à sa montre et constata avec satisfaction qu’il était déjà seize heures. Cela ne signifiait qu’une seule chose : elle allait pouvoir rentrer chez elle. Se levant tranquillement de son siège, elle rangea correctement les dossiers à leur place et fit en sorte que son bureau soit ordonné avant de quitter la pièce, son sac en main.

Traversant les couloirs du lycée, elle sortit son portable de la poche de son manteau et déverrouilla le clavier. Un sourire se dessina aussitôt sur ses lèvres lorsque le nom « Will » s’afficha sur celui-ci. Ouvrant le message qu’il lui avait envoyé, son dynamisme retomba lorsqu’elle lut les phrases qu’il lui avait envoyées. Apparemment, il allait devoir travailler tard ce soir et il ne fallait pas qu’elle l’attende. Soupirant, Emma tapota avec agilité sur l’écran tactile afin de lui répondre. Lorsque le message fut envoyé, elle jeta un coup d’œil aux derniers messages envoyés et s’arrêta sur le nom d’Ecaterina. Elle plissa les yeux, puis son visage s’éclaira lorsqu’une idée lui traversa l’esprit. Elle savait exactement comment éviter l’ennui en rentrant chez elle. Ses doigts se remirent à pianoter sur l’écran et quelques secondes plus tard, elle replongea son portable dans sa poche.

« Salut Ecaterina. Will nous laisse seules ce soir, qu’en dis-tu d’un bon diner entre filles après avoir couché Emily ? »

*
« Maman ? Mamaaan ». Assise dans le fauteuil de son salon, Emma esquissa un sourire en entendant sa fille l’appeler. C’était le signal, celui qui signifiait « maman, j’ai fini de mettre mon pyjama, mes dents sont propres, je suis donc au fond de mon lit et j’attends ton câlin avant de m’endormir ». Se levant, la conseillère se dirigea vers la chambre de son enfant et lorsqu’elle arriva près de la porte de celle-ci, elle posa son doigt sur l’interrupteur afin d’éteindre la lumière. Rejoignant le lit de sa fille, elle s’allongea à ses côtés. Le « câlin du soir » était un rituel auquel ni Emma ni Will n’échappaient et si on aurait pu croire qu’il n’était bénéfique qu’à la fillette, c’était faux. La conseillère y tenait elle aussi, ces quelques minutes en tête à tête avec Emily étaient très précieuses pour elle. Aussi elle posa automatiquement sa main sur la joue de celle-ci, avant de lui déposer un baiser sur le front. Elles restèrent plusieurs minutes lovées l’une contre l’autre, avant qu’Emma ne daigne remuer légèrement. Elle sentait ses paupières se faire lourdes or elle ne pouvait pas s’endormir maintenant, pas après le repas qu’elle avait préparé pour Ecaterina et elle.

Levant le menton vers Emily qui pour une fois restait muette, elle l’embrassa délicatement sur la joue. « Je vais te laisser dormir ma chérie, Rina m’attend » Lui murmura-t-elle d’une voix douce. Rina, c’était le surnom qu’Emily avait donné à Ecaterina. La petite fille secoua la tête et s’accrocha au cou de sa mère. « Et papa ? Papa aussi doit me faire un câlin ». Emma chercha sa fille du regard avant de lui répondre. « Papa travaille, Ems. Mais je te promets qu’il viendra te faire un bisou en revenant. J’y veillerai personnellement ». Elle sentit que sa fille était sceptique, mais ce n’était pas la première fois que ce genre de chose arrivait et Emily était sage : il était rare qu’elle fasse une crise pour ce genre de chose. Ecartant une longue mèche brune de son visage, elle lui adressa un sourire. « Bonne nuit, mon ange ». Quittant le lit de sa fille, Emma fit quelques pas puis sortit de la chambre, non sans un dernier regard derrière elle. Mettant la porte contre, comme sa fille le lui réclamait toujours, elle se dirigea aussitôt vers la chambre d’Ecaterina puis tapota sur la porte. Elle attendit que la jeune fille lui réponde avant d’appuyer sur la poignée et de passer sa tête dans l’ouverture de la porte. « Emily est couchée et le diner est prêt. J’espère que tu as faim ! »

*
Emma croqua dans une dernière feuille de salade avant de laisser retomber sa fourchette dans son assiette, désormais vide. Cela faisait quasiment une heure qu’Emily était endormie, et la soirée se passait on ne peut mieux. Ecaterina avait visiblement apprécié son entrée, puis son plat… sans compter le vin qu’elle avait spécialement acheté pour cette soirée : la bouteille trônait fièrement sur la table, même s’il ne restait plus que le quart de son contenu. Sans s’en rendre compte, les verres de vin s’étaient succédé et pourtant tout allait toujours pour le mieux dans le meilleur des Mondes. A vrai dire, cela faisait longtemps qu’Emma n’avait pas passé une soirée aussi intéressante que celle-ci, et au moment où cette pensée lui traversa l’esprit, elle se dit qu’elle devrait en organiser plus souvent. Dès que Will lui annoncerait qu’il rentrerait tard, par exemple.

Prenant la bouteille de vin entre ses mains délicates, Emma servit automatiquement un nouveau verre à Ecaterina sans même lui demander son avis, avant de remplir le sien. L’esprit légèrement embrumé par l’alcool, elle reposa la bouteille sur la table avec un peu trop de force et écarquilla les yeux devant son geste. Posant une main devant ses lèvres, elle interrompit le rire qui s’était échappé de celles-ci tout en levant le menton vers la jolie blonde assise face à elle. Elle leva les épaules d’un air penaud avant de dégager une mèche rousse de son visage d’un geste fugace. « Il faudrait peut-être que je sois plus douce la prochaine fois, je ne voudrais pas réveiller Emily » Expliqua-t-elle. Passant une main légère sur son front, elle finit par attraper son verre et but une nouvelle gorgée de vin. Reportant son attention sur Ecaterina, elle cligna des yeux d’un air confus avant de lui poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis plusieurs minutes déjà. « Je ne devrais probablement pas m’occuper de ce qui ne me regarde pas mais… je suis curieuse de savoir comment tu as fait la connaissance de Seth… Seth Catalano, je veux dire. Il m’a parlé de toi la dernière fois, je ne savais même pas que vous vous connaissiez ! Cependant, il a refusé de me dire quoi que ce soit sur la nature de votre relation » Emma prit un air songeur, avant de croiser de nouveau le regard d’Ecaterina. « Hm, d’ailleurs je pense qu’il t’aime bien. Enfin… que dis-je, ça ne me regarde pas non plus, ce genre de choses… » La conseillère leva les yeux au ciel tandis que ses doigts tapotaient tranquillement sur son verre. Elle n’avait pas l’habitude d’aborder ce genre de sujets avec Ecaterina et pourtant cette fois-ci c’était presque naturel… comme si le vin qu’elle avait bu lui donnait des ailes.
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Dim 6 Nov - 18:03

Avec un sourcil subtilement arqué, Ecaterina fixait l’écran de son ordinateur tout en mordillant le bout de son petit doigt. Nerveusement, elle dépouilla d’un dernier coup de dents le reste de son vernis à ongles puis se redressa sur sa chaise en soufflant bruyamment, totalement dépitée par la situation. Cela faisait plus d’une heure maintenant qu’elle s’était installée devant son poste. Ecaterina s’était motivée tant bien que mal pour enfin réfléchir et se mettre à écrire quelque chose de convenable, une ébauche qu’elle retravaillerait plus tard. Elle voulait avancer, bon sang ! Mener à bien son projet et surtout retrouver cette lueur de talent dont elle était soi-disant dotée. Tout ça –l’écriture, les mots et toutes ces longues phrases, c’était censé être son avenir. La jeune femme n’avait pas le choix : elle devait se reprendre. Cette résolution impromptue valait pour l’écriture, mais pas seulement. Sa vie était devenue tellement compliquée, elle avait tellement changé en à peine quelques jours –elle se sentait trop vulnérable, faible. Elle en avait assez, elle était épuisée. Ecaterina ne sentait pas bien. Elle n’était pas elle… elle était une autre. Une fille qu’elle détestait –où était donc passé son vrai elle ? La blondinette n’en savait rien, mais il fallait lancer un avis de recherche et vissa : elle ne passerait jamais l’hiver à ce rythme-là.

Lançant un regard de défi à sa page à peine noircie, Ecaterina bloqua sa respiration dans sa poitrine et la relâcha aussitôt, soufflant une bourrasque puissante qui fit s’envoler tout les post-it disposés tout autour de son écran. Une heure. Une heure à fixer cette dernière phrase. Une heure à contempler les mots. Une heure à attendre que quelque chose arrive enfin. Une heure à prier mentalement pour qu’un miracle se produise. Une heure, c’était bien trop long. Subitement, la jeune femme ferma le clapet de son laptop et se leva, furieuse. Si elle n’y arrivait pas maintenant, elle y parviendrait plus tard –elle devait mettre toutes les chances de son côté alors si elle devait faire preuve d’un optimiste exacerbé, elle le ferait sans plus aucune hésitation. Il y a quelques jours, Ecaterina avait officialisé son retour à Lima, elle avait donc pensé que ce grand pas en avant aurait poussé son inspiration à se réveiller au moins un peu. Les gens d’ici l’inspiraient, ses amis avaient des histoires à lui raconter et elle se nourrissait de toutes les choses qui l’entouraient, de ses souvenirs. D’ordinaire, c’était comme cela qu'elle fonctionnait. Mais aujourd’hui, la blondinette à la jolie plume se sentait comme une coquille vide : il lui manquait quelque chose… elle savait de quoi il s’agissait bien sûr et malheureusement, elle s’était déjà résignée à ne jamais plus le retrouver.

Debout au milieu de la pièce, Ecaterina s’approcha de la fenêtre quand soudain son téléphone portable posé sur le bureau vibra. Détournant la tête, elle rebroussa chemin et consulta le message qu’on lui avait laissé :

« Salut Ecaterina. Will nous laisse seules ce soir, qu’en dis-tu d’un bon diner entre filles après avoir couché Emily ? »

Un sourire se dessina sur son visage. Ecaterina ne remercierait jamais assez Will et Emma de l’avoir accueilli dans leur foyer. Elle n’avait pas beaucoup d’argent et l’hôtel dans cette ville était bien trop onéreux pour aspirer y vivre quotidiennement. Envisager de prendre un appartement tout de suite, ce n’était même pas la peine d’y penser. Elle ne se sentait pas non plus d’attaque à retenter une colocation avec son frère aîné, c’était trop de souvenirs potentiels à affronter –chose qu’elle savait ne pas pouvoir gérer. Vivre avec Seth ? C’était hors de question. Ecaterina ne voulait pas s’imposer, il lui avait déjà fait une trop grande place jusque-là –place qu’elle estimait ne pas mériter. Emma avait très vite compris la situation dans laquelle Cat se trouvait. Elle l’avait, en quelque sorte, prise sous son aile. C’était assez drôle quand elle repensait à ces discussions qu’elles avaient eu dans le passé. Examinant une dernière fois le message, la jeune femme fut enthousiasmée par cette soirée et elle pianota rapidement sur son écran en élargissant son sourire.

« Une proposition comme celle-là ne peut pas se refuser. Je m’occupe du dessert. »

*
« Je peux vous aider, vous savez. » l’informa-t-elle dans un rire rauque. Elle disposa ses fleurs dans un sublime vase qu’Emma lui avait présenté puis enfin contourna le plan de travail pour y ajouter un peu d’eau. Le sourire aimable que sa colocataire lui lança signifiait qu’elle pouvait très bien se débrouiller toute seule et en allant poser le vase sur la table de la salle à manger, Ecaterina ajouta avec une pointe de fausse vexation « Très bien, Martha Stewart. Je suis dans ma chambre, au cas-où. »

L'étudiante pivota élégamment sur ses pieds –non pas sans lancer un regard gourmand vers le dessert qui trônait sur la table puis se dirigea (presque) à contrecœur dans sa chambre. Emily l’intercepta sournoisement au passage et s’accrocha à ses minuscules jambes. Ecaterina tenta d’avancer, les doigts boudinés de la petite fille encerclant ses cuisses. A force d’acharnement, elles atterrirent toutes les deux éclatées de rire sur le lit de la jeune femme qui attrapa un oreiller et en gratifia la petite d’un coup maîtrisé dans la figure. Ecaterina aimait beaucoup Emily. Elle pensait pourtant n’être pas faite pour s’entendre avec des têtards dans son genre. Sa mère lui avait toujours présenté les autres enfants de son âge comme étant des concurrents potentiels. Finalement, la blondinette les aimait bien et même si elle doutait très franchement de son statut de fausse grande-sœur qu’Emily lui avait attribué et bien, elle tentait au moins de se débrouiller avec les armes dont elle était détentrice : son humour et (surtout) ses longs cheveux blonds de princesse. Emily était la seule personne qui semblait l’apprécier, ces temps-ci et même si elle savait que tôt ou tard tout ça se terminerait –parce qu’elle finirait par vivre ailleurs, un jour- Ecaterina profitait un maximum de sa compagnie ; cette enfant était bien trop intelligente pour son âge.

Après un gros bisou humide sur la joue, Emily quitta sa chambre pour retrouver son propre lit. Ecaterina lui demanda de fermer la porte et étendue sur son matelas, elle fixa le plafond. Emily avait de la chance d’avoir des parents aussi concernés. Cela n’avait jamais été le cas pour elle. Pendant des années, elle avait pensé que sa mère était la seule responsable de son mal être latent, mais elle était forcée d’admettre que son père n’était pas tout blanc dans cette histoire. Fermant brièvement les yeux, la jeune femme chassa ses états d’âmes d’un revers de main et se redressa, s’asseyant sur son lit. C’est à ce moment qu’Emma tapota doucement à la porte et après l’avoir autorisé à ouvrir, celle-ci l’informa que le dîner était servi. Tant mieux, elle était morte de faim.

*
Baladant son verre entre ses doigts fins, Ecaterina suivait d’un regard absent les mouvements ondulés du liquide rouge qui passait d’un rebord à un autre. Elle n’avait jamais aimé l’alcool, elle ne buvait pas en réalité. Ce soir, c’était différent. Ecaterina avait voulu faire plaisir à Emma qui ne lésinait pas sur les verres de vin et quand elle y pensait, cela lui offrait une sérénité nouvelle –elle en avait bien besoin après tout. Le repas avait été excellent et cette combinaison agréable d'aliments bien cuisinées et d’alcool savoureux lui donnait envie de s’assoupir une minute. Néanmoins, elle ne pouvait pas faire cet affront à la conseillère d’orientation alors, reportant son verre à ses lèvres pulpeuses, elle le termina d'une traite puis le reposa sur la table. Précipitamment, Emma lui resservit une autre lampée et la remerciant en soulevant son verre au dessus de sa tête, Ecaterina la laissa terminer son assiette tranquillement. De son côté, elle se concentra de nouveau sur son verre plein.

Le bruit de la bouteille sur la table la fit sortir de son agréable torpeur et coulant un regard suspicieux sur son amie, elle plissa les yeux. Elle n’était pas en état de réfléchir, toutefois, elle avait la nette impression qu'elle aussi avait un peu trop abusée de ce nectar. Passant sa langue sur ses lèvres sucrées, Ecaterina se pencha sur son assiette. Glissant son verre à côté, elle chuchota :

« On devrait peut-être passer au salon. » Tout de suite, Ecaterina se leva ; elle appuya ses paumes fermes sur la table et fronça aussi vite les sourcils quand elle se rendit compte que la pièce tournait autour d’elle. De ce fait, elle se relaissa tomber sur sa chaise et ajouta d’une voix pâteuse « Peut-être pas, en fait. »

Elle ferma les yeux et s’accouda à la table. Pour quelqu’un qui ne buvait pas souvent, elle devait avouer qu’elle avait une superbe descente. Petit hic ? Ecaterina ne tenait absolument pas l’alcool. Peut-être aurait-elle dû prévenir Emma avant de la laisser l’abreuver de la sorte ? Oh, tant pis ! La vie était belle, la soirée encore plus et qu’est-ce qu’elle risquait, hein ? Non, tout allait bien. Maintenant sa tête si légère avec ses mains vacillantes, la jeune femme rouvrit les yeux quand la conseillère reprit la parole.

« Ah, Seth... Seth Catalano. » dit-elle lentement. Elle attrapa de nouveau son verre et se cala contre le dossier de sa chaise. Elle glissa son autre avant-bras sous son coude qui le soutint habilement. Ecaterina recommença sa petite danse du poignet, faisant dangereusement tanguer le liquide contre les rebords de son verre puis reporta son regard brillant sur Emma.

« On s’est rencontrés à la fac. Je le détestais… et puis un jour, il m’a fait un pamphlet sur les raisons qui poussent Batman à jouer les justiciers masqués et ça m’a beaucoup –mais alors beaucoup touchée. » Elle reprit sa respiration, tapotant ses ongles sur le verre « Vous savez, il adore Batman. Il se sent proche de lui –c’est le côté fils à papa qui veut ça, c'est mignon. » Rapidement, Ecaterina fronça les sourcils et leva son index en l’air, prise d’une illumination. Elle ajouta d’une voix plus fluette qu’à l’accoutumée « Mais grave erreur ! Les parents de Batman sont morts, Bruce Wayne s’est fait tout seul. Non… non ! C’est son majordome qui l’a élevé ! » Elle se mit à rire un moment puis but une longue gorgée de son verre qu’elle vida une nouvelle fois puis reposa rudement sur la table. Ecaterina avoua alors « Seth est mon ex-petit ami. Je suis un peu sa Catwoman –j’étais sa Catwoman, nuance. » Faisant passer sa longue chevelure blonde sur le côté de son épaule, elle s’arrêta en pleine manœuvre et devint raide comme un piquet. Graduellement, elle plissa les paupières et concentrée, elle fixa sa fourchette à gauche de son assiette. Elle s’intima avec une certaine nonchalance « Cat… Catwoman… Cat… Catwoman… » Et un rire plus sonore cette fois, s’échappa d’entre ses lèvres.
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Dim 6 Nov - 23:04



Emma n’avait pas l’habitude de boire ; à vrai dire elle n’avait jamais fait partie de cette catégorie de femmes qui trouvent un certain réconfort dans la boisson. Adolescente, elle n’avait connu ni grande cuite phénoménale, ni gueule de bois au lendemain de soirée. A l’université, elle n’avait pas rejoint les célèbres beuveries du jeudi ou vendredi soir, se contentant de se tenir à l’écart de ce genre d’événements qu’elle voyait d’un mauvais œil. Non, Emma Pillsbury était à bien des égards un véritable modèle en ce qui concernait l’alcool. La seule chose qu’elle buvait était du vin ou du champagne, pour les grandes occasions. Elle avait goûté de la tequila un jour, c’était vrai. Désirée Cravy l’avait entrainée dans le bar karaoké de Lima pour « une soirée entre filles », elle l’avait suppliée de son grand regard bleu de goûter aux joies de la boisson. Emma s’était laissée tenter après plusieurs secondes d’hésitation et n’avait pas mis longtemps à ressentir les effets de l’alcool. Cependant, elle n’avait pas forcé sur les verres et avait fini la soirée sans dérapage majeur, contrairement à sa meilleure amie de l’époque qui avait terminé la soirée allongée dans un canapé, chez la conseillère. Depuis ce temps-là, elle s’efforçait de rester loin des alcools forts, se contentant d’un verre de vin de temps en temps et encore, cela restait assez exceptionnel.

C’était sûrement la raison pour laquelle elle se sentait si troublée après avoir bu de si longues gorgées de ce bon vin qu’elle avait ramené, en faisant un détour par le supermarché avant de retrouver l’appartement. Pour le moment elle parvenait encore à faire attention à ses faits et gestes, même si la bouteille qu’elle avait posée brutalement sur la table montrait les limites de ce contrôle. Emma ne se faisait pourtant pas trop de soucis, elle n’avait pas conscience de la portée de ses mouvements et se sentait au contraire plus que bien. Détendue et apaisée, ses inquiétudes à propos de son travail s’étaient envolées et elle ne songeait plus qu’à une seule chose : profiter de cette soirée en compagnie d’Ecaterina.

Emma ne regrettait pas d’avoir proposé à cette dernière de s’installer avec elle. Même si l’appartement était déjà relativement animé grâce à la présence d'Emily qui était une vraie tornade à elle seule, Ecaterina apportait un peu plus de dynamisme dans sa vie. A vingt-deux ans, la jeune femme était complètement indépendante et il était aisé de vivre à ses côtés. De plus, sa présence apportait beaucoup à Emily qui la considérait comme une grande sœur, et qui savait qu’elle pouvait compter sur elle. La conseillère avait d’ailleurs était surprise de voir un tel lien se tisser entre Ecaterina et Emily, mais était néanmoins heureuse de constater les bienfaits de cette cohabitation pour le moins inattendue. Après tout, si on avait dit à Emma cinq ans auparavant qu’un jour, Ecaterina Robertson viendrait vivre chez elle, elle ne l’aurait probablement jamais cru. Elle aurait même peut-être éclaté de rire devant une telle absurdité. Car lorsqu’elle était lycéenne, la jolie blonde était loin d’être sa plus grande fan et elle n’hésitait pas à lui faire comprendre. La vie était tout de même bien faite, pensa Emma en croisant le regard de son ancienne élève. Aujourd’hui, elle peinait à imaginer son appartement sans la présence de « Rina », comme disait toujours sa fille.

Poussant un soupir exagérément long et fort, Emma continua de jouer avec son verre, en faisant claquer ses ongles sur ce dernier. Elle plissa les yeux et baissa son regard vers celui-ci, l’air soudainement intriguée. Elle fixa son contenu pendant plusieurs secondes avant d’hausser un sourcil et d’esquisser un sourire – à l’adresse du verre ? Évidemment. Son index se mit à glisser sur l’objet, comme si elle le consolait à l’aide d’une caresse. Elle avait à peine conscience de ce qu’elle faisait, mais elle s’amusait plutôt bien. Au bout de quelques secondes cependant, elle fronça les sourcils et jeta subitement un regard noir au verre. Secouant la tête comme s’il venait de l’insulter, elle s’empressa de le prendre entre ses mains et de vider d’une traite son contenu. Écarquillant les yeux tout en le reposant tranquillement sur la table, un frisson la parcourut et elle jeta un dernier coup d’œil au verre. « Vilain Robert, tu auras ma peau un jour » Chuchota-t-elle tranquillement dans un murmure difficilement audible.

Reportant son attention sur la jolie blonde qui lui faisait face, elle lui adressa un large sourire alors que l’intéressée semblait se réveiller en entendant les paroles d’Emma à propos de Seth. La conseillère ne put s’empêcher de soulever les sourcils d’un air suggestif en écoutant ce que sa jeune colocataire lui disait. Elle lui parla de Batman puis lui expliqua que Seth Catalano était en réalité son petit ami… ou plutôt son ex petit ami. Emma ouvrit de grands yeux ronds comme des billes en apprenant la nouvelle. « Oh-oh » lâcha-t-elle, les yeux brillants. Elle se rendit compte trop tard que pareil commentaire était loin d’être approprié, et posa sa main contre ses lèvres avec empressement d’un air fautif qui n’était pas sans rappeler l’air de sa propre fille quand elle faisait une bêtise. « Je veux dire… ça ne m’étonne pas. Enfin, vous deviez former un joli couple, c’est dommage que… ehmmm, je m’égare je pense ». Elle remua sur sa chaise d’un air gêné, n’osant pas s’aventurer dans de nouvelles explications, comprenant qu’elle ferait pire que mieux si elle poursuivait son petit discours dénué de sens.

Ecaterina fit alors mention de Catwoman, ce qui attira l’attention de la conseillère. Catwoman n’était autre que l’un de ses costumes d’Halloween – l’un de ses préférés. Will aussi avait un jour été son Batman. Oh, il y avait très longtemps bien sûr : cinq ans, cela représentait une éternité, n’est-ce pas ? Malheureusement à cette époque, elle n’avait pas pu sortir les griffes et jouer avec son fouet pour attirer l’attention du beau professeur d’espagnol. Eh oui, elle était alors en couple avec un autre ; dommage. Enfin… C’était de l’histoire ancienne, tout ça. Emma écarta ces pensées d’un geste de la main, comme si elle chassait un insecte venu l’ennuyer, puis offrit son plus beau sourire à son interlocutrice qui rit après avoir répété « Catwoman » et « Cat » plusieurs fois d’affilée. Emma voulut poser son coude sur la table mais celui-ci dérapa sur le bord et elle dut s’y reprendre à deux fois pour y parvenir. Relevant le menton vers Ecaterina elle éclata d’un petit rire cristallin avant de se dresser légèrement sur son siège. « Catwoman, haha ! Cat-Catwoman devait être jolie comme un cœur, adorablement mignonne même. Cat-Cutie » Ajouta-t-elle en souriant.

Elle fronça les sourcils et sonda le regard de la jeune femme d’un air sérieux. « Cutie… ce surnom te va très bien, tu sais ? Hm, oui, je t’appellerai comme ça dorénavant ». Les traits de son visage se détendirent. La jeune femme se pencha pour attraper la bouteille et s’apercevant que le verre de sa colocataire était déjà vide, elle versa le reste du vin en le partageant entre leurs deux verres. « Oups, on dirait qu’il ne reste plus rien. Enfin… ne t’en fais pas, je crois que Will a des réserves quelque part » Elle arqua un sourcil puis esquissa un sourire. Elle reposa la bouteille et attrapa son verre qu’elle souleva sans toutefois vider son contenu. Inclinant légèrement son visage sur le côté, elle scruta le regard de Cat. « Et donc… ce Seth, il fait partie de ton passé ? Ou il existe encore un petit espoir pour le cœur de Batman ? »
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Lun 7 Nov - 18:26

Le rire rauque de l’étudiante perdura encore quelques secondes puis subitement, s’arrêta quand elle se rendit compte que son petit manège était ridicule. Ses pupilles d’un bleu très clair se reposèrent instinctivement sur Emma qui était assise en face d’elle et reprenant ainsi sa parade capillaire, Ecaterina étala convenablement ses longues mèches lisses et soyeuses sur son épaule gauche. Lorsqu’Emma se mit à rire à son tour, Cat posa avec obstination ses prunelles sur elle, la fixant d’une façon peu amène –était-elle en train de se moquer d’elle ? La jeune femme fronça les sourcils, la toisant de nouveau d’un œil presque noir avant de s’appuyer contre le dossier de sa chaise en se dandinant à moitié. S’installant de profil, elle écouta Emma lui donner un surnom qui sonnait bien et, lui lançant des petites œillades en biais, elle estima qu’il était inutile de s’y opposer ; cette femme était ivre, il valait mieux ne pas la contrarier et pas tellement rassurée, la blondinette la gratifia d’un bref sourire hypocrite et détourna promptement le regard. Cette soirée était bizarre, tellement bizarre pensa-t-elle.

Parler de Seth ne la dérangeait absolument pas, il était quelqu’un qu’elle aimait profondément et leur relation lui avait fait beaucoup de bien. Seth était un garçon avenant et très drôle, il était vu comme un marginal dans sa famille et au fond, c’est ce qui lui plaisait le plus chez lui. Contrairement à elle, la vie de Seth avait été plutôt agréable jusqu’à aujourd’hui, sa seule hantise étant de vivre dans l’ombre de ce nom prestigieux qu’il portait – et accessoirement d’avoir assez de temps libre pour se rendre au Comic-Con de San Diego tous les ans. Pour faire oublier le milieu aisé duquel il venait, le jeune homme s’était donné beaucoup de mal. Ecaterina ne connaissait personne qui travaillait autant que lui –si ce n’est elle quand ça n’allait pas fort. Maintenant, il était professeur d’espagnol au lycée, c’est ce qu’il avait toujours voulu, il avait réussi son pari et tant pis si ses parents avaient imaginé un tout autre avenir pour leur fiston. Ecaterina était fière de son parcours, elle ne lui disait pas assez souvent à son goût.

Personne ne la connaissait aussi bien que Seth, il été parvenu à la dompter et à révéler des facettes insoupçonnées de la jeune femme. Elle aimait Seth, c’est vrai… mais pas assez pour que ce couple qu’ils formaient tout les deux ne perdure dans le temps. Tout était sa faute encore une fois, mais elle n’avait jamais su mentir convenablement et admettre qu’elle était prête à s’engager un peu plus dans leur relation, elle n’avait jamais pu le faire : elle n’était pas prête, elle ne l’aimait pas d’une façon qui incluait qu’ils finiraient leurs jours ensemble. Ecaterina lui avait longuement expliqué les raisons et Seth l’avait accepté. Fatalement, ils s’étaient séparés, mais leur amitié avait grandit au fil du temps –la jeune femme n’imaginait pas sa vie sans lui et inversement.

Fixant encore Emma avec inquiétude, Ecaterina haussa les sourcils quand celle-ci partagea le reste de la bouteille dans leurs deux verres respectifs. Non, non, elles devaient arrêter de boire… son esprit était trop embrumé, elle sentait qu’un tas de choses se bousculait dans son esprit ; elle voulait parler, beaucoup. Ce n’était pas dans ses habitudes et se redressant sur sa chaise, elle leva les mains devant elle en guise de capitulation.

« Non, non, non. Laissez les réserves de Will là où elles sont. » Ecaterina se pencha sur la table et approcha une main de sa bouche pour créer comme un aparté entre elles –elle regarda Emma avec ses petits yeux tout plissés et souffla « Je suis un petit peu… » Elle leva son autre main et approcha son index de son pouce pour illustrer son propos –elle loucha sur ses doigts un moment avant de reprendre contenance « … tout petit peu éméchée. » La jeune femme opina inlassablement du chef et écarquilla son regard en se reculant lentement. Encore une fois, elle leva les mains devant elle pour donner l'image qu’elle n'y était pour rien, cette fois : tout était de la faute d'Emma !

Laissant partir sa tête en arrière, Ecaterina fixa le plafond avec un certain intérêt. Elle attrapa une mèche de cheveux et la tournicota délicatement autour de son index. Emma paraissait curieuse d’en savoir davantage sur sa relation avec Seth. La jeune femme sentait que les mots lui brûlaient les lèvres, elle avait envie de répondre à ses questions, de s’attarder sur les détails et peu importe si cela la mettait dans une posture délicate ; elle avait besoin de parler, besoin de s’exprimer sur tout ça. Elle ne le faisait jamais, c’était trop difficile. Mais ce soir, elle se sentait libre. Seth était la seule personne avec laquelle elle avait parlé de… la blondinette se redressa. Elle se leva abruptement et contourna la table pour aller s’asseoir à côté d’Emma. Ecaterina s’accouda soudain au plateau et chuchota dans la précipitation :

« Je ne n’étais pas amoureuse de Seth. » Elle émit un petit rire incontrôlé, se penchant un peu plus sur Emma « Un soir… non. Un matin, en réalité… » Fronçant les sourcils, elle vrilla la tête et prit une petite moue boudeuse. Ses souvenirs étaient un peu confus… cependant, elle continua sur sa lancée « Vous savez quand on est un couple des choses se passent » Elle laissa traîner sa phrase, allongeant les dernières syllabes tout en regardant Emma avec insistance « parce qu’on s’aime et que les hormones, le désir et tout ça… »

Ecaterina fit des petits mouvements appuyés de la tête puis, résignée, roula des yeux avec ostentation. Elle avait toujours considéré Emma comme étant très prude, elle ne voulait pas la choquer. Néanmoins, elle se souvint qu’elle avait une enfant maintenant alors, elle avait bien succombé à la tentation –à moins que la cigogne n’y soit pour quelque chose… horreur ! Ecaterina ne voulait pas penser à ce qu’il se passait dans la chambre à coucher de la conseillère et souhaitant à tout prix chasser cette image malsaine de son esprit, elle secoua la tête en reprenant avec une certaine exaltation :

« Peu importe. Ce matin-là, pendant que… vous voyez ce que je veux dire –vous voyez, n’est-ce pas ? » Un petit doute s’empara d’elle alors qu’elle effectuait des moulinets frénétiques du poignet. Transparaissant sur son visage, elle tenta de dissiper son incertitude en attrapant vivement les mains d’Emma, la forçant ainsi à se tourner vers elle. Une lueur grave illumina ses pupilles et son ton fut direct « Emma, je me suis trompée de prénom. Je m’en souviens très bien, c’est clair dans mon esprit. Je n’ai pas dit Seth, comme j’aurais dû le faire parce qu’il était mon petit ami et que… et bien, vous savez… il était là. Dans le feu de l’action, si je peux me permettre. » Un furtif rire s’échappa de sa bouche puis recouvrant très rapidement son sérieux, elle avoua « J’ai murmuré Gale. » Hochant la tête en grossissant pour la énième fois les yeux, Ecaterina fronça les sourcils « C’est ça, Gale. C’était si embarrassant, humiliant même ! Et ça m’a causé pas mal de soucis. » Tendant la main vers la table, elle dessina des cercles imaginaires sur la surface lisse –elle baissa la voix « Après ce regrettable malentendu... regrettable malentendu ! » répéta t-elle « J’ai dû avouer à Seth que j’étais amoureuse d’un autre. » Ecaterina attrapa Emma par les épaules, la regardant droit dans les yeux en la secouant un chouïa d'avant en arrière « Parce que vous savez, Emma, je suis honnête. Oui ! Je suis quelqu’un d’intègre, tout à fait ! » Elle se désigna de la main avec détermination puis termina par soupirer longuement en lâchant la conseillère, lasse. Sautant subitement sur ses pieds, la blondinette se leva et enchaîna d’une traite « Seth m’a quitté et maintenant, je suis seule, ici. Quoi que non, il est ici lui aussi, mais vous, enfin vous... vous comprenez. »

Pivotant gracieusement sur elle-même, l'étudiante se dirigea d’un pas chancelant vers la cuisine. Elle se sentait libérée, c’était étrange. Pourtant au fond, elle savait que ce petit incident embarrassant n’était pas la cause de leur rupture, mais elle n’avait jamais pu s’empêcher de penser que cela avait beaucoup blessé Seth. Le pauvre, il avait dû être touché dans son ego de mâle et la jeune femme comprenait entièrement qu’il l’ait mal pris. Entrant dans la cuisine, Ecaterina se stoppa nette ; un sourire ouvertement malicieux se dessina sur son visage –ce genre de sourire qu’Emily faisait quand elle était prête à avouer une grosse bêtise. Elle éleva la voix pour que sa colocataire l’entende.

« J’ai volé –emprunté ! » tenta t-elle de se rattraper « Le yearbook de l’année 2011/2012 à la bibliothèque de McKinley pendant la réunion des anciens élèves juste pour savoir ce que Gale était devenu –absolument pathétique. » La jeune femme joignit ses mains d’un coup et applaudit bêtement en chantonnant joyeusement « J’ai comme l’impression que Cutie va avoir des problèmes ! » Ouvrant la bouche dans une expression stupéfaite, elle laissa échapper un mignon petit cri strident « Ça ferait un super titre de bouquin, ça ! »

Sur le buffet de la cuisine, une autre bouteille de vin l’attendait et sautillant littéralement jusqu’à elle, les paumes étroitement serrées l’une contre l’autre, la blondinette se résigna à s’approcher et l’empoigna : au diable les bonnes résolutions !
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Mar 8 Nov - 6:45

De toute évidence, il ne faudrait pas compter sur Emma Pillsbury pour ramener un peu de calme dans le salon de son appartement, ce soir-là. L’esprit embrumé par l’alcool, elle avait l’impression que ce qu’il se déroulait autour d’elle n’était pas tout à fait réel. C’était trop flou, trop vague, et ses gestes qu’elle ne contrôlait plus entièrement semblaient trop brusques comparé à la délicatesse dont elle était d’ordinaire dotée. Gonflant ses joues tout en roulant des yeux, elle resta ainsi pendant plusieurs secondes avant de relâcher l'air qu'elle avait fait prisonnier. Prenant son verre vide entre ses mains, elle reposa son dos contre le dossier de la chaise tout en échappant au regard clair de son interlocutrice pour examiner l’objet qu’elle tenait. Elle plissa les yeux, passant ses doigts sur la surface lisse du verre. Plusieurs années auparavant, elle aurait certainement pris une loupe pour l'étudier et être certaine que celui-ci était des plus propres avant de le saisir : la moindre trace de doigt l’aurait affolée. Pourtant, elle ne s’en souciait plus tellement aujourd’hui. Non pas parce qu’elle était de toute façon trop éméchée pour s’en rendre compte, mais plutôt grâce aux progrès considérables qu’elle avait fait par rapport à sa phobie. Désormais, sa vie n’était plus régie par celle-ci et en dépit de certaines manies qui ne l’avaient pas quittée, ses craintes s’étaient envolées.

Elle adressa un petit sourire à son verre – ce fameux Robert – avant de retrouver le regard d’Ecaterina qui avait l’air d’être dans le même état qu’elle. La jeune fille protesta lorsqu’Emma décida de vider le reste de la bouteille dans leurs deux verres, refusant même que la conseillère aille puiser dans les réserves de son fiancé. Emma se balança sur sa chaise, tout en riant lorsque la jolie blonde lui avoua être éméchée elle aussi. La conseillère leva alors sa main devant elle et exécuta le même geste que son amie : son index et son pouce se rapprochèrent et elle les regarda en gloussant de plus belle avant de jeter un coup d’œil en biais à Ecaterina. « Ah… je dirais plutôt que tu es éméchée comme… » Ses deux doigts se séparèrent, laissant un espace plus conséquent s’installer entre eux. « … comme ça, Cutie ». Elle laissa retomber lourdement sa main sur la table, tout en souriant largement. Elle ferma les yeux un court instant puis secoua la tête avec obstination avant de se figer subitement. « Mais ne t’inquiète, je suis une adulte responsable… Oui-oui » Elle hocha cette fois la tête en signe d’approbation, puis posa son index sur son menton. « Parfaitement : majeure, vaccinée, et responsable ! Je gère la situation ! ».

Emma dégagea ses doigts de son visage et se mit à fixer son index avec intérêt. Elle n’avait pas vraiment l’impression d’être responsable, ou tout du moins pas ce soir-là. Cependant, il fallait bien qu’elle se montre plus… adulte, non ? Bon, il était vrai qu’elle ne tenait pas très bien l’alcool puisque force était de constater qu’elle ne s’était jamais vraiment entrainée à cela au cours de sa vie. Mais… Tout irait bien, elle en était convaincue. Il n’y avait rien de mal à vouloir s’amuser un peu, tant que l’on était chez soi et que l’on ne causait pas de problème. Soupirant de plus belle, la conseillère écarta son doigt d'un air las pour étudier les traits du visage d’Ecaterina qui lui faisait face. Elle avait eu raison : ce surnom – Cutie – lui allait très bien. Elle n’avait aucun mal à comprendre l’admiration qu’Emily lui portait : Ecaterina avait l’air d’une poupée Barbie avec ses longs cheveux blonds et ses grands yeux clairs. Emma pouffa alors en se demandant si Ecaterina serait son type de femme si elle avait été un homme.

La jeune fille se leva alors de son siège et étonna la conseillère en allant s’installer sur la chaise qui se trouvait à côté d’elle. Elle lui parla aussitôt de Seth et lorsqu’elle fit allusion à ce qu’il se passait quand deux personnes formaient un couple, Emma posa ses doigts devant ses lèvres pour dissimuler son sourire. Ah mais oui, elle s’y était peut-être mise un peu tardivement, mais désormais elle savait très – très très – bien ce qu’il se passait dans la vie d’un couple. « Thinking of you is working up my appetite, looking forward to a little afternoon delight » se remémora Emma, un sourire rêveur prenant place sur ses lèvres avant qu’elle ne décide à s’administrer une petite claque sur sa joue, comme pour s’efforcer de ne pas penser à certaines choses… et par « certaines choses » il fallait comprendre certaines choses compromettantes qu’elle ne pouvait pas partager avec Ecaterina : ça non !

La jeune femme arbora un air faussement sérieux, faisant en réalité son possible pour ne pas commenter les paroles de la jolie Robertson. Elle plissa les yeux et acquiesça à chaque bout de phrase que la jolie blonde prononçait, alors que celle-ci lui avait empoigné la main. Reprenant son verre, Emma en but une petite gorgée… avant de se voir dans l’obligation de plaquer sa main libre contre sa bouche pour s’empêcher de tout recracher lorsqu’Ecaterina lui avoua avoir prononcé le nom de Gale en compagnie de Seth. Avalant avec difficulté le vin, elle écarquilla les yeux et fixa son interlocutrice d’un air profondément choqué avant d’imaginer la situation. Elle la vit alors : Ecaterina, dans les bras de ce bellâtre, murmurer le nom de Gale. Sans pouvoir s’en empêcher plus longtemps, elle éclata alors de rire. Prise d’un fou rire, elle leva sa main devant elle et laissa sa paume faire face à Ecaterina comme pour s’excuser.

Elle eut beaucoup de mal à reprendre son calme et ce n’est que lorsque la jeune femme posa ses mains sur ses épaules qu’elle s’arrêta net, légèrement interloquée par ce geste. Elle se laissa secouer par Ecaterina, alors que celle-ci jurait être quelqu’un d’intègre. « Oh mais je n’en doute pas ! ». Emma lui adressa un sourire, puis pouffa de nouveau en repensant à ce que venait de lui dire sa colocataire. « N’empêche, je n’ose pas imaginer la tête que ferait Will si jamais… si jamais je prononçais le nom de Carl pendant… » Elle s’interrompit soudainement et cligna des yeux. Son regard se leva en direction d’Ecaterina et elle ne put s’empêcher de rire une nouvelle fois lorsqu’une idée lui traversa l’esprit. « Cela dit, ce serait encore pire si c’était le nom de Ken… Tu imagines un peu ? KEN TANAKA ! » Elle ramena automatiquement sa main contre sa bouche, se rendant compte qu’elle avait réellement crié le nom de l’ancien coach des Titans. « Mince, je suis désolée... tu ne le connais même pas, en plus » Murmura-t-elle avant de jeter un coup d’œil furtif en direction du couloir menant aux chambres. Espérons qu’Emily ne se réveille pas, pensa-t-elle. Elle n’était pas vraiment en état de jouer les mères crédibles.

Ecaterina décida de se lever une nouvelle fois, et Emma la suivit du regard lorsqu’elle se dirigea vers la cuisine. Elle lui expliqua avoir emprunté un yearbook de McKinley afin de voir ce que Gale était devenu. La conseillère haussa un sourcil en entendant le nom de Gale, puis celui de l’année évoquée par Ecaterina, avant de sursauter sur sa chaise. Gale… Gale… Gale comme dans Gale Hemmens ? Elle posa une main sur chacune de ses joues, sentant celles-ci brûler inéluctablement sous ses doigts. Elle jeta un coup d’œil à son verre et profita de l’absence de sa jeune colocataire pour le vider, cette fois-ci lentement. Ses pensées étaient occupées par ce fameux Gale. Ecaterina revint dans le salon et Emma leva aussitôt ses grands yeux bruns vers elle. « Je me souviens bel et bien de Gale… » Elle laissa sa phrase trainer avant d’esquisser un sourire tout en ne quittant pas Ecaterina des yeux. « Oui je sais, tu te demandes sûrement comment : avec plus de six cents élèves par an à McKinley, comment puis-je me souvenir de tous ces visages ? N’est-ce pas ? ». Elle posa furtivement son regard sur son verre, comme pour se donner du courage, avant de retrouver les jolis yeux bleus. « Tu sais, je me souviens très bien de Gale, et d’ailleurs je le vois régulièrement maais, là n’est pas la question jeune fille ! ».

Emma soupira puis haussa les sourcils. Elle décida alors de se lever de sa chaise afin de faire face à sa colocataire. Un vertige l’atteignit et elle ouvrit grand les yeux en se sentant légèrement vaciller. Elle parvint toutefois à garder les pieds sur terre et attrapa la bouteille que tenait Ecaterina sans même lui demander son avis. « Je n’ai aucun mal à comprendre ton intérêt pour ce garçon… et ça ne m’étonne même pas que tu penses à lui dans… dans certaines situations ». Elle roula des yeux puis leva la bouteille devant elle, tout en penchant légèrement le visage. Elle haussa les épaules, se décidant enfin à faire part d’une petite révélation à cette chère Cutie. « Il faut dire qu’il est plutôt bien bâti… qu’il a plutôt – je dirais – certains atouts, ehm, comment formuler ça de façon correcte ? » Elle hésita, ne sachant comment avouer à Ecaterina qu’en réalité, elle avait déjà vu ce garçon nu – une seule fois bien entendu, il y avait très longtemps et elle avait immédiatement caché ses yeux en le croisant dans ces vestiaires ce jour-là, en tenue d'Adam.

Emma esquissa un sourire, amusée en se disant que de toute façon, son Will était dix fois plus sexy dans ce type de tenue… qui n'en était pas vraiment une. Elle fit alors un signe de la main et décida d’abandonner. « Oh non, oublie ça, cela n’a pas la moindre importance de toute façon ! ». Elle tourna les talons et posa la bouteille sur la table. Elle resta un moment immobile face à celle-ci, puis repartit s’asseoir sur la chaise qu’elle avait occupée toute la soirée. Elle poussa alors la bouteille en direction d’Ecaterina, comme pour la laisser s’en occuper. S’enfonçant sur sa chaise, la conseillère passa ses doigts entre ses mèches rousses. Dans un moment de lucidité, elle fixa le regard de la jeune femme près d’elle d’un air sérieux. « Et ce Gale, tu l’as revu depuis que tu es revenue ici ? » Demanda-t-elle d’une voix posée, se rendant compte que ses questions se faisaient réellement indiscrètes. Pourtant, cela ne lui semblait plus vraiment déplacé : après tout, Ecaterina semblait à l’aise avec les confidences, et puis ce n’était pas de la curiosité mal placée de toute façon. « Je suis sûre qu’Emily l’adorerait… elle l’appellerait Prince Charmant et te pousserait dans ses bras avant même que tu le réalises ».
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Mar 8 Nov - 17:45

Ken Tanaka. Ce nom que prononça Emma résonna dans l’esprit d’Ecaterina comme les cloches dans l’atmosphère le jour de Pâques –dans l’état où elle se trouvait, la pauvre fille n’avait pu trouver meilleure comparaison. Ken Tanaka. Elle en était sûre, elle avait déjà entendu ce patronyme, une fois… pendant une longue nuit d’été. Il faisait une température tropicale à Lima et la journée avait été épuisante à souhait. Une escapade au parc municipal avait suffit pour que sa charmante colocataire et sa mignonne petite fille ne s’endorment avant l’heure même du dîner. Dans sa chambre, allongée sur son lit, feuilletant avec concentration le livre de contes qu’elle avait emprunté à Emily, Ecaterina avait entendu murmurer Emma dans son sommeil. D’abord sceptique, la blondinette s’était brutalement redressée puis déposant avec soin l’ouvrage gribouillé, elle haussa les sourcils quand une deuxième fois, elle entendit : Ken Tanaka. Ni une, ni deux, elle s’était empressée d’abandonner ses occupations –sommes toutes passionnantes et n’avait pas résisté à la tentation. Curieuse d’en savoir davantage, elle avait collé son oreille contre le mur : un murmure passionné, rauque et chargé d’un désir tel que la jeune femme en fut elle-même un peu chamboulée.

Qui était donc ce Ken Tanaka ? Ecaterina ne pouvait pas en rester là, elle devait absolument en savoir plus. Elle avait peiné à mener sa petite enquête convenablement étant donné que les gens de son entourage ne semblaient pas tellement prompts à lui adresser la parole autrement que pour la questionner sur ce qu’elle avait fichu pendant toutes ces années. Oui, dans ces moments-là, Ecaterina regrettait amèrement la disparation tragique de Jacob Ben Israël. Elle savait que dans sa grande bonté d’âme et surtout en échange d’une pièce déjà portée de sa lingerie fine, Jacob l’aurait sans aucun doute aidé à mener à bien son investigation. Dieu qu’il lui manquait !

Enfin, la jeune femme avait appris que Ken Tanaka était l’ancien coach de l’équipe des Titans de WMHS. Ecaterina avait vu une photo de lui et, bien qu’elle ne fût pas du genre à juger sur le physique ou autre malformation de naissance, elle devait avouer qu’apprendre que la jeune femme avait été en couple avec ce spécimen l’avait profondément choquée. La rumeur disait même qu’ils avaient pour projet de se marier ! Deux théories s’étaient donc imposées à elle : soit Ken Tanaka était une personne extraordinaire. Sa gentillesse et ses petites attentions délicates avaient chassé cette image répugnante qu’il reflétait ou alors Emma était tellement désespérée qu’elle s’était entichée du premier venu pour oublier un autre ou se trouver une couverture pour cacher son homosexualité –Ken Tanaka était son alibi, c’était courant, tout le monde le faisait. Ecaterina pencha plutôt en faveur de la deuxième théorie, c’était un peu cruel… mais enfin, elle ne pouvait décemment pas faire autrement, il était ignoble ! Elle parvenait presque à sentir sa respiration lubrique et son regard porcin se poser sur elle. William Schuester était bien mieux, il n’y avait aucune comparaison possible. Frustrée de ne pas avoir su le fin mot de l’histoire, Ecaterina s’était difficilement résignée. Néanmoins, elle était toute de même forcée de féliciter silencieusement la jolie rousse d’avoir fait le bon choix et remerciait le ciel de lui avoir fait retrouver la raison ; Emma méritait bien mieux que ce type, c’était une évidence.

En possession de toutes ces informations, Ecaterina ne daigna pas se manifester quand Emma prononça son nom pourtant. Elle feinta de s’intéresser une nouvelle fois au plafond impeccable et se leva abruptement pour détourner son attention. Une toute petite vague d’embarras s’empara d’elle quand elle constata qu’elle venait tout de même de faire des révélations intimes à une femme qui l’avait conseillé dans le passé. C’était l’alcool, il n’y avait aucun doutes là-dessus et pour se rassurer, elle concéda qu’elle aurait tout oublié demain matin. De toute façon, Emma et Gale ne se connaissaient pas vraiment… du moins, c’est ce qu’elle pensait.

Maintenant dans la cuisine, Ecaterina sentit les vapeurs d’alcool lui monter encore un peu plus à la tête. Parler de Gale dans son état n’était pas une bonne chose et lorsqu’elle attrapa la nouvelle bouteille puis qu’elle se retourna pour rejoindra la salle à manger, elle s’apprêta à faire savoir à Emma qu’il valait mieux qu’elles changent de sujet, mais celle-ci enchaîna dans cette direction. Avançant d’un pas incertain, Ecaterina fronça les sourcils et se stoppa nette quand, visiblement troublée, la conseillère d’orientation lui avoua se souvenir de Gale. Oh, c’était évident qu’elle se souvenait, un visage comme celui-là, ça ne s’oublie pas aussi facilement et élargissant son sourire, l'étudiante voulu encore une fois ajouter quelque chose, mais Emma la pris de cours. Se penchant sur la table, Ecaterina attrapa le tire-bouchon non loin d’elle pour ouvrir la bouteille. Seulement, les paroles d’Emma la firent tiquer et se redressant graduellement, elle la fixa sans retenue.

« Vous voyez Gale régulièrement ? » questionna-t-elle en détachant avec attention chaque syllabe.

Emma ne répondit pas à sa question, continuant avec aisance son phrasé mesuré alors que la blondinette défaisait avec dextérité la capsule de la bouteille de vin. Sa vision commençait à lui jouer des tours et il fallut qu’elle s’y reprenne à deux fois avant de piquer correctement le fer du tire-bouchon dans le bouchon lui-même. Contrariée, Ecaterina ne parvenait pas à oublier les paroles de la conseillère et d’une voix absente, elle avoua :

« Je pense à lui tout le temps, en fait. » Secouant la tête pour reprendre ses esprits, elle se reconcentra sur la bouteille. La voix de sa colocataire –qui semblait bien connaître les atouts dont Gale était dotés, lui fit détourner l'attention et poser ses pupilles myosotis sur elle « Je… » commença-t-elle, penaude. Elle se força à plisser les yeux, les mots commençant à former des phrases sensées dans sa tête puis penchant le visage quand elle comprit enfin, elle le redressa la seconde suivante ; elle exécuta cette petite manœuvre plusieurs fois avant de reprendre, d’une petite voix étonnamment suraiguë « Emma, est-ce que vous avez une liaison avec Gale ? »

Toussant pour récupérer son timbre naturellement éraillé, la blondinette recouvra en même temps un semblant de confiance en elle et déposa brusquement le tire-bouchon sur la table tout en croisant les bras aussi vite. Ecaterina n’était pas une jeune femme jalouse, cela n’avait jamais fait partie de ses nombreux défauts. De toute façon, la situation actuelle ne lui permettait pas d’émettre des commentaires quant aux relations que le jeune homme avaient potentiellement de son côté –parce qu’Ecaterina était peut-être ivre, mais elle n’était pas naïve, elle savait que Gale avait dû voir d’autres filles dans sa vie au cours de ces années… franchement, à qui la faute ? Elle aurait dû la seule et l’unique, c’est vrai, mais elle s’était faite la malle ! Non, elle comprenait et elle ne le jugeait pas, au contraire : ce qui lui importait aujourd’hui, c’était qu’il soit heureux –s’il l’était avec Emma c’était encore mieux, elle avait confiance en elle.

« Non, non, non… » Regardant Emma avec insistant, elle prononça ces paroles avec exagérations, toutes lèvres dehors. Ecaterina s’installa de nouveau face à Emma, étalant le jupon de sa robe tout autour de sa chaise et faisant claquer ses lèvres l’une contre l’autre. Elle prit une posture élégante et déposa ses mains jointes sur ses genoux qu’elle avait croisés dans la foulée « C’est important. Très important, je veux savoir… c’est important. » répéta t-elle puis s’imaginant qu’Emma n’était toujours pas d’accord, elle ne chercha même pas à écouter sa réponse et la pointa d’un doigt menaçant « Vous voulez vous battre ? » Soudain, elle éclata d’un rire très rauque qui claironna dans toute la pièce ; elle tapa même dans ses mains « C’était une blague, vous ne feriez qu’une bouchée de moi, vous et vos sublimes jambes de gazelle –vous avez déjà pensé à faire du mannequinat ? » Dangereusement, Cat approcha sa main des longues jambes d’Emma et caressa l’un de ses genoux du bout des doigts. Analysant précipitamment la situation dans laquelle elle se trouvait, Ecaterina récupéra promptement sa main et se redressa lentement, fermant les yeux très fort en haussant les sourcils. Elle s’intima dans un souffle « Wow, je suis vraiment soûle. »

Emma lui demanda si elle avait revu Gale. Ecaterina rouvrit un œil alerte puis laissa partir sa tête sur le côté, ses longs cheveux dégringolant avec délicatesse « Je l’ai revu, en effet. »

Elle porta son attention sur la bouteille qu’elle avait laissé en plan et entrepris de l’ouvrir pour de bon, cette fois. Cat ne savait pas si elle avait envie d’en parler, même l’effet de l’alcool ne semblait pas dissiper cette douleur insupportable qui la terrassait quand elle pensait à Gale, au mal qu’elle lui avait fait. Parvenant à ouvrir la bouteille avec facilité, la jeune femme but une longue gorgée au goulot puis, tendit la bouteille à Emma. Celle-ci lui avoua qu’elle pensait qu’Emily l’adorerait –Ecaterina le pensait aussi et qu’elle le pousserait dans ses bras sans qu’elle ne s’en rende compte. Soudain sérieuse, les yeux de Cat se remplirent de larmes. Elle tourna la tête vers Emma et déglutit avec difficulté. Le vin ne lui semblait plus si bon à présent.

« Pendant le mariage de Sam et Quinn, j’ai promis à Emily de lui montrer comment dansent les vraies princesses à condition qu’elle me trouve le cavalier idéal –le prince parfait, comme elle disait. » Un petit sourire triste se dessina sur son visage et elle baissa la tête « Inutile de continuer, je pense que la suite est évidente. »

Furetant le sol du regard, Ecaterina inspira une grande bouffée d’air tiède qui s’insinua difficilement dans ses poumons ; elle laissa le silence s’installer. N’ayant plus tellement envie de parler, elle cilla frénétiquement en soupirant plusieurs fois d’affilée. Enfin, elle releva son joli minois et ne laissant pas Emma prendre une seule gorgée de vin, elle lui reprit la bouteille des mains, dévalant sans se poser de questions, une longue rasade d’alcool.
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Mer 9 Nov - 1:48


Gale Hemmens, Gale Hemmens, Gale Hemmens. Emma poussa un soupir et ramena son coude sur la table afin d’appuyer son menton sur la paume ouverte de sa main. Ce joli nom résonnait désormais dans son esprit avec insistance et elle avait beau toute faire pour l’écarter de ses pensées, elle n’y parvenait pas. Elle se souvenait de ce jour où elle l’avait découvert dans les vestiaires comme si cela s’était déroulé la veille ; son embarras en se retournant et en tombant nez à nez avec le garçon alors nu comme un vers, sans compter la panique qu’elle avait ressentie en réalisant ce qu’elle venait de voir. Il y avait de quoi être bouleversée, et la jeune femme avait d'ailleurs mis énormément de temps à s’en remettre. Les jours qui avaient suivi l'incident, elle avait évité l’adolescent avec soin. Et si son regard avait le malheur de croiser le sien au détour d’un couloir, ses joues reprenaient une teinte violacée qu’elle ne parvenait pas à maitriser. Cette scène l’avait longuement hantée, et elle se souvint même avoir un jour prié pour que Gale l’oublie. Et puis, imaginez un peu si quelqu’un les avait vus ? Autant dire que la conseillère se serait forgée une sacrée réputation !

Serrant les dents, Emma s’efforça de recentrer ses pensées sur Ecaterina qui l’observait d’un air étrange. Elle grimaça légèrement : elle n’aurait jamais dû renchérir sur le sujet. Elle était pratiquement sûre qu’à un moment ou à un autre, la jolie blonde aurait changé de sujet afin de ne pas s’enfoncer dans des explications plus que compromettantes au sujet du beau garçon qui occupait ses pensées. La conseillère lâcha un petit soupir puis retrouvant sa chaise, elle jeta un regard noir à son verre. De toute façon, tout était de sa faute : Robert l’avait poussée à commettre cette erreur, et désormais elle pouvait s’en mordre les doigts. Repoussant son verre sur la table vers la bouteille d’alcool d'un air boudeur, elle secoua la tête et leva le menton vers Ecaterina qui était toujours debout et qui venait d’attraper le tire-bouchon. L’étudiante l’observa d’un air sceptique avant de lui demander si elle voyait Gale régulièrement… alors que c’était justement ce qu’Emma venait d’affirmer. Celle-ci hésita une seconde mais ne répondit pas à la question, se contentant de poursuivre son petit discours sur les atouts que possédait le beau blondinet.

S’interrompant finalement, Emma détacha son regard de la jeune fille pour le poser sur la table d’un air absent. Son verre était vide et elle ne savait plus quoi faire de ses mains, maintenant qu’elle avait préféré prendre certaines distances avec Robert. Elle sentit une vague de confusion la submerger et elle cligna des yeux plusieurs fois, essayant de reprendre contenance sans toutefois comprendre comment elle pouvait être dans un état pareil. Après tout, elle n’avait bu que du vin. Pas de vodka, pas de tequila, non rien de tout ça. Juste du vin. Elle leva soudainement les yeux au ciel en se disant qu’elle devrait sûrement boire plus souvent… juste pour s’habituer et ne pas se sentir aussi euphorique après quelques verres seulement. Ses grands yeux bruns quittèrent la vue du plafond et se mirent à étudier la bouteille vide qui trônait sur la table, près de l’autre bouteille qu’Ecaterina s’efforçait d’ouvrir. Il était vrai qu’une bouteille de vin pour elles deux, c’était peut-être beaucoup, pensa la conseillère. Elle posa une main sur son front et se mordit la lèvre un instant, prise d’un nouveau vertige. Wow… décidément, cet alcool la mènerait à sa perte ce soir !

Ecaterina lui demanda alors si elle avait une liaison avec Gale et Emma se redressa aussitôt sur sa chaise, ses yeux exprimant l’incompréhension. Une liaison ? Et avec Gale, de surcroit ? Non mais, elle n’était pas une trainée… et encore moins une cougar ! De plus, elle aimait Will plus que personne et jamais, non jamais elle ne le tromperait avec qui que ce soit. Emma posa ses doigts sur sa joue, l’air choquée par la question de sa colocataire. « Une liaison… avec Gale ? Bien sûr que non, Cutie-Catwoman ! » Elle s’interrompit, jouant avec ses doigts qu’elle entortillait. « … Je l’admets : ce garçon a vraiment tout pour lui, mais il est bien trop jeune pour moi. Et surtout : j’ai un fiancé ! Et quel fiancé… ». Soupirant de façon théâtrale, elle prit un air rêveur en songeant à Will. Il était vrai qu’elle avait tiré le gros lot avec lui – sans faire de jeu de mot bien entendu. Il était tout ce dont elle avait toujours rêvé : sexy, drôle, sexy, intelligent, sexy, aimant et… sexy. Elle haussa les sourcils et se sentit soudainement seule sans lui. Elle lança un regard furtif en direction de l’entrée de l’appartement, rêvant soudainement qu’il arrive et, comme dans un film au ralenti, court vers elle avant de la prendre dans ses bras et de l’embrasser passionnément. Hélas, il n’y avait pas le moindre bruit provenant de l’entrée et Emma baissa son regard, visiblement déçue.

Tournant son visage triste vers Ecaterina, elle vit cette dernière s’installer de nouveau sur la chaise lui faisant face alors qu’elle la suppliait de poursuivre ce qu’elle avait commencé… ce qui signifiait : lui faire part de cet incident intervenu cinq ans auparavant entre Gale et elle. Emma fit la moue, ne souhaitant pas tout particulièrement révéler ce petit épisode humiliant de sa vie. Elle n’en avait jamais parlé à personne, bien trop honteuse. Même Will n’était pas au courant… et cela valait mieux ainsi, elle n’avait pas envie qu’il se moque d’elle. Elle haussa les épaules d’un air résigné, puis secoua la tête. « Bon d’accord mais tu dois me promettre… tu dois me promettre de ne le répéter à personne ! Je te fais confiance Cutie-Catwoman : si tu le répètes à quiconque, j’irai raconter à ton entourage des choses très compromettantes à ton sujet… comme, ehm, eh bien, la taille de tes sous-vêtements ! » Elle fit une pause et fronça les sourcils. Oups. « … Non pas que je connaisse ce genre de choses mais disons que ce ne serait pas difficile de… d’envoyer Emily en éclaireuse ».

Emma s’éclaircit la gorge d’un air gêné, puis se pencha en avant sur la table, approchant son visage de celui d’Ecaterina comme si elle s’apprêtait à lui faire quelques révélations supplémentaires. Ce qui, de toute évidence, était le cas. « Bon d’accord, je m’avoue vaincue. Cela s’est passé il y a cinq ans… au lycée McKinley. Pour une raison X ou Y, je me suis rendue dans les vestiaires et j’ai… et j’ai… et j’ai croisé Gale ! ». Elle fronça le nez tandis qu’elle regardait la jeune fille droit dans les yeux. « Le – tout petit - problème vois-tu, c’est qu’il n’était pas vraiment habillé. Je dirais même qu’il était… nu. Attention, il ne s’est absolument rien passé : cela va de soi. Disons que je l’ai simplement aidé à trouver une serviette pour ehm, dissimuler certaines choses, et puis c’est tout. Eh oui : comme ça » Elle claqua des doigts avant de se réinstaller confortablement sur sa chaise. La conseillère ne put s’empêcher de se trouver particulièrement idiote à cet instant précis. Elle jeta un regard à la bouteille que tenait Ecaterina et ressentit soudainement l’envie pressante de boire une nouvelle gorgée, histoire de se remettre les idées en place. Malheureusement, sa colocataire n’avait toujours pas réussi à l’ouvrir, et Emma n’avait pas envie de s’y essayer.

Avançant alors un poing vers elle, Cutie lui proposa de se battre d’un air qui n’était pas sans rappeler Rocky Balboa, puis éclata tout simplement de rire sous l’œil stupéfait d’Emma. Imperturbable, elle lui demanda si elle avait déjà fait du mannequinat et ce fut au tour de la rouquine d’éclater de rire. Du mannequinat ? Vraiment ? « Ehm, non pas spécialement. Je ne pense pas que je ferai un très bon mannequin… loin de là ! » Elle plissa les yeux et fixa Ecaterina d’un air perçant. « Contrairement à certaines : n’est-ce pas, chérie ? » Elle appuya sur le dernier mot tout en balançant le visage d’un air mystérieux. Ne pouvant pas garder son sérieux plus de trois secondes d’affilée, elle se contenta de rire, avant de sursauter en sentant une main froide s’attarder sur ses genoux. Elle écarquilla les yeux et observa la jeune fille qui lui faisait face de ses yeux ronds. Elle eut besoin de plusieurs secondes avant de réaliser ce qu’il venait de se passer et finalement, sortit de sa torpeur en esquissant un sourire. « Tu sais, tu es vraiment jolie Cutie mais… tu n’es pas mon type, tu m’en vois navrée ».

Son regard retrouva automatiquement la bouteille de vin sur laquelle elle loucha légèrement. C’est peut-être en voyant l’intérêt d’Emma pour la bouteille qu’Ecaterina décida de la porter à ses lèvres, après avoir confirmé qu’elle avait bel et bien revu Gale. Elle but pendant un moment avant de pousser l’objet vers Emma dont le regard s’illumina soudainement. Alors qu’elle fixait une fois de plus la bouteille, Ecaterina lui raconta ce qu’il s’était passé au mariage de Quinn et Sam. Levant graduellement les yeux dans sa direction, en oubliant le vin qui l’attirait tant, la conseillère vit alors le regard de sa colocataire se border de larmes et elle eut un pincement au cœur. « Oh ! » Fit-elle d’un air grave avant de se lever subitement. Elle fit le tour de la table et poussée dans son élan, oublia de s’arrêter devant la chaise d’Ecaterina ce qui l’obligea à faire un second tour pour aller s’asseoir près d’elle. Posant sa main sur son épaule, elle grossit les yeux. « Oh non, je ne veux pas te voir pleurer, Cutie ! Non, non et encore non ! Rappelle-toi : nous sommes là pour passer une soirée entre filles. Une soirée sans hommes et sans préoccupations » Elle leva l’index en l’air, s’apprêtant à ajouter quelque chose lorsqu’une idée lui traversa l’esprit. « Je sais comment te remonter le moral ! » S’exclama-t-elle d’un air enthousiaste.

Elle se leva de la chaise et se dirigea vers le salon avec empressement. Ouvrant l’un des tiroirs d’une commode, elle plissa les yeux tout en recherchant le cd. Un sourire radieux s'installa sur ses lèvres lorsqu’elle le trouva. Elle voulut alors se retourner et se prenant le pied dans le meuble, trébucha et se rattrapa in extremis au sofa près d’elle pour ne pas tomber. Sans perdre une once de dynamisme, elle leva le menton bien haut d’un air fier et repartit dans la salle à manger où elle glissa le cd dans une mini chaine hi-fi, qui se trouvait près de la porte séparant la pièce de la cuisine. Quelques secondes plus tard les premières notes de Touch-A Touch-A Touch-A Touch Me se firent entendre, arrachant un sourire à Emma qui s’approcha d’Ecaterina. « C’est l’une de mes chansons préférées ! Je sais… c’est un peu étrange mais moi, je l’adore ! ». Elle balança aussitôt la tête en rythme puis s’assit sur la chaise près d’Ecaterina. Elle récupéra au passage la bouteille de vin et vida grossièrement son contenu dans son verre. Elle avait beau être éméchée, elle ne l’était tout de même pas suffisamment pour boire au goulot après sa colocataire. Prenant son verre avec entrain, elle en but de longues gorgée. Elle fixa alors Ecaterina d’un air intrigué et arqua un sourcil en conséquence. « Batman et Gale mis à part, jolie comme tu es, je me demande comment tu fais pour être toujours célibataire, Cutie-Catwoman ». Elle releva les yeux puis détacha son regard du sien, l’air parfaitement innocente.
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Mer 9 Nov - 20:54

Emma n’avait pas de liaison avec Gale. Ce qui mine de rien, soulagea Ecaterina qui se détendit promptement. Elle savait qu’Emma aimait profondément Will, mais c’était la tendance de s’amouracher d’un petit jeune pour frimer et vivre des expériences torrides dans les ascenseurs, ou dans n’importe quel autre lieu public. La conseillère n’était pas à l’abri de tomber dans cette spirale infernale, elle était encore bien conservée pour son âge. En toute objectivité bien sûr, Ecaterina admettait que Gale était le genre de jeune homme qui attirait toutes les catégories d’âges. Même si au fond, cette histoire lui aurait fait de la peine, elle comprendrait aisément qu’Emma se soit laissé séduire par ses beaux yeux bleus, ses cheveux, son sourire, sa voix (elle soupira longuement, en y pensant) c’était totalement normal. Ecaterina était assez bien placée pour le comprendre, d’ailleurs : Gale Hemmens et ses atouts l’avaient sournoisement eu, elle aussi. Enfin, quand Emma parla de son fiancé, Ecaterina roula des yeux, agacée. Être amoureux était quelque chose de génial, un sentiment exaltant qui nous pousse souvent à faire des choses insensées, mais pour une jeune femme qui avait une vie sentimentale inexistante –son histoire avec Seth avait été sympathique, certes, mais elle n’avait plus jamais retenté l’expérience avec personne et voir des gens s’aimer autant, c’était un peu –comment l’expliquer, douloureux ?

A Lima, tout le monde semblait être heureux en amour. Honnêtement, la blondinette n’en pouvait plus. Elle se sentait oppressée par tous ces sentiments et les petits bisous du matin dont Will gratifiait Emma lui donnait presque la nausée : Sam et Quinn s’étaient mariés, elle était sincèrement ravie pour eux. De leur côté, Will et Emma se comportaient comme des adolescents, elle les supportait moins, mais elle se devait de faire des efforts, elle vivait chez eux, après tout. Et elle dans l’histoire ? Ecaterina se morfondait, seule dans son coin en enchaînant les paquets de Sour Patch Kids devant une téléréalité de mauvais goût –Jersey Shore, son plaisir coupable. C’était pathétique. Le pire, c’est qu’elle aimait plutôt ça. Le célibat, elle s’y était faite. Il n’y avait pas besoin d’y aller par quatre chemins pour décider des petites choses de la vie courante. Métro (façon de parler), boulot, dodo et comédies romantiques étaient devenue sa routine, son quotidien confortable. Quand elle avait besoin de tendresse, c’était facile : Ecaterina empruntait une peluche d’Emily et s’endormait avec elle pour trouver le réconfort et se rassurer –elle avait toujours eu peur du noir. Le plan de secours étant de s’inviter chez Seth, un paquet de bagels à la main en prétendant vouloir entamer un marathon Star-Wars pour se blottir contre lui, comme au bon vieux temps et s’endormir paisiblement –parce qu’elle devait avouer que Catalano était un matelas plus que confortable et son semblant de bouclettes brunes aussi doux que les poils synthétiques d’Urwin, l’ourson en peluche. Oui, à vingt-deux ans, Ecaterina Sara Robertson était aussi aigrie que la voisine du dessus –peut-être devait-elle penser à s’acheter un chat et se mettre à tricoter pour faire disparaître sa frustration ?

Son triste sort mise à part, sa curiosité venait d’être piquée à vif. Emma Pillsbury lui cachait quelque chose, la coquine. Elle avait été honnête en lui disant ne pas côtoyer Gale, mais il y avait bien baleine sous gravillon, elle en était persuadée. Ecaterina pouvait sentir l’odeur douceâtre de la honte émaner de la conseillère –ou alors était-ce toute simplement son parfum bon marché ? De ce fait, Cat insista : elle ne lui donnait pas le choix, elle voulait savoir et tout de suite. La jolie rousse lui demanda de lui promettre de ne rien dire ; elle commençait un peu à l’énerver, mais si elle voulait vraiment savoir, elle ne devait pas perdre patience alors, se laissant tomber en arrière et s’adossant confortablement au dossier de sa chaise, elle plaça sa main gauche sur le côté droit de sa poitrine, mais rectifia le tire une seconde plus tard en inversant la donne. Ecaterina récita avec sérieux :

« Main sur le cœur, l’autre sur La Torah, je prête serment et je jure de ne jamais trahir votre secret –aussi sale et honteux qu’il soit, j’en fais la promesse solennelle… » Dans le feu de l’action, elle ajouta « Alléluia, ma sœur. »

Puis, elle fronça le nez en se rendant compte que c’était stupide, chassant ses états d’âmes d’un mouvement de main. Néanmoins, elle ne se démonta pas et s’approcha avidement quand Emma commença son récit. Se penchant un maximum sur elle, Ecaterina plissa doucement les yeux en joignant ses mains près de son joli visage, les calant sous son menton. Elle sentait cette adrénaline, la même qui s’insinuait lentement, mais surement en elle lorsqu’elle regardait des films d’horreurs toute seule. Suspendue aux lèvres de la jeune femme, elle attendit la chute qui vint plus rapidement que ce qu’elle ne s’était imaginée. Émettant un tout petit cri de stupeur, elle fit un bond en arrière et écarquilla les yeux en fixant Emma.

« Quand… quand vous dites nu, vous voulez dire sans vêtements ? » questionna-t-elle en regardant à droite puis à gauche, l’air stupide. Mordant subitement sa lèvre inférieure, Ecaterina détourna le regard et posa son index sur son menton, en regardant en l’air « Et vous dites qu’il ne s’est rien passé entre vous… hum, hum, hum... » Faisant mine de réfléchir une seconde, la jeune femme ne mit pas longtemps avant d’émettre un petit rire hystérique –qui traduisait officiellement son soulagement et avec empressement, elle se pencha de nouveau sur Emma en gloussant comme une jeune fille en fleur « J’admire votre self-control parce que moi, même habillé, j’avais du mal à rester concentrée en sa présence. Je n’ose même pas imaginer ce qu’il se serait passé si les rôles avaient été inversés ! » Soudain, quelque chose lui vint à l’esprit et elle retrouva son sérieux. Fixant Emma, elle se redressa avec grâce « Attendez une seconde... » La mine contrite, Ecaterina plissa un œil expert, tournant le visage de manière à ce que l’on ne distingue que son profil « Qu’est-ce que vous fabriquiez dans les vestiaires des garçons ? »

Peu importe, se dit-elle et une autre fois, elle balaya l’air avec sa main. Un petit moment d’égarement la poussa à caresser le genou d’Emma. Oh, Ecaterina n’avait jamais eu de tendance lesbienne et elle ne comptait pas en avoir de si tôt, c’était une certitude. D’ailleurs, un peu gênée, elle haussa timidement les épaules quand Emma lui dit qu’elle la trouvait jolie, mais qu’elle n’était pas son type. Qu’elle se rassure : elle n’était pas son type non plus et préférant détourner son attention, Ecaterina tourna la tête avant d’attraper la bouteille à pleine main.

Ecaterina savait qu’elle n’aurait pas dû parler autant de Gale. Tout cet alcool n’était pas bon pour elle, ce qui ne l’empêcha pourtant pas de boire une longue gorgée à même la bouteille, sans se préoccuper d’Emma. Ecaterina s’était toujours moquée de ces filles qui en faisaient des tonnes et noyaient leur chagrin dans l’alcool ou la nourriture… mais quand elle y pensait, elle n’était pas mieux. Elle, elle gardait toute sa souffrance pour elle, néanmoins, elle travaillait tellement pour s’occuper l’esprit qu’elle en oubliait de dormir en période scolaire ; elle voulait oublier, mais en même temps… elle avait continué le piano par crainte que ses souvenirs ne s’effacent avec le temps. Tout était contradictoire, elle était perdue et la seule responsable de tout ce bazar sans nom et bien… c’était elle et c’était difficile. Emma sembla constater que quelque chose n’allait pas et après avoir fait un tour de manège autour de la grande table, elle s’installa face à la blondinette ; Emma avait raison, c’était une soirée entre filles.

« J’adore cette chanson, aussi ! » dit-elle dans un sourire lumineux, essuyant ses yeux quand Emma alluma la mini chaîne.

Tapant des mains, elle se laissa bercer par l’introduction, exécutant des petits mouvements langoureux de droite à gauche et s’arrêta nette quand Emma reprit la parole. Soupirant bruyamment, Ecaterina laissa ses pupilles se planter dans celles de son interlocutrice. Une petite pointe d’agacement fugace se fit ressentir dans le ton qu’elle employa.

« Je préfère que nous changions de sujet. » décréta-t-elle. Coulant un regard sur sa droite, une idée lui traversa l’esprit et appuyant ses paumes sur le siège de sa chaise, elle se pencha d’un même chef vers Emma, chuchotant avec malice « J’ai un tatouage, vous voulez le voir ? »

Ecaterina n’attendit pas sa réponse et se leva aussi soudainement que plus tôt. Elle s’était fait tatouer il y a plus d’un an déjà. Elle n’aimait pas spécialement tout ça, cela dit. Elle l’avait fait sur un coup de tête… sans se poser de questions juste parce qu’elle en avait eu envie et que ressentir autre chose que la douleur lancinante de la culpabilité qui la rongeait de jour en jour, lui plaisait : au moins, cette douleur-ci disparaitrait après coup, il n’y avait aucun doute à avoir. Sur le côté de sa hanche, débordant subtilement sur son bassin, était gravée en minuscules et élégants caractères, une phrase d’un auteur qu’elle appréciait : William Ernest Henley. Le poème dont elle était tirée comptait pour elle, il transcrivait au mot près ce qu’elle avait ressenti à une époque, ce poème était le sien : « I’m the master of my fate, I’m the captain of my soul. » Personne ne pouvait voir ces quelques mots inscrits dans sa chair : elle était la seule.

Le fait de vouloir partager ce secret avec Emma était lui aussi dû à l’impulsivité. Il fallait qu’elle se débarrasse de sa robe pour le lui montrer et bien qu’elle n’ait jamais été d’une pudeur exacerbée, elle devait bien avouer que cela la gênait. Dénouant avec dextérité la ceinture en tissu, Ecaterina entreprit de défaire ses quelques boutons. Seulement, la jeune femme releva la tête et cessa tout mouvement.

« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. J’imagine qu’après avoir vu » Ecaterina baissa les épaules et chuchota théâtralement « vous-savez-qui nu, me voir en sous-vêtements équivaut à débattre de qui est le meilleur Justin : Justin Timberlake ou Justin Bieber. » Un petit rire mesquin s’échappa de sa jolie bouche et cachant ses lèvres avec sa main tendue, elle souffla avec certitude « Justin Timberlake, bien sûr. » Reprenant ses esprits, elle secoua la tête « Bref. » trancha-t-elle. Se redressant avec impudence, Ecaterina se rassit, renouant vivement le nœud de sa ceinture « Mais j’ai des principes. Beaucoup de principes. » Étalant une nouvelle fois son jupon convenablement sur ses genoux, la blondinette reporta son attention sur la conseillère et termina avec tonitruance « Emma Pillsbury première du nom, vous n’obtiendrez rien de moi ce soir –non, rien de rien ! »
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Lun 14 Nov - 6:30


Emma cligna des yeux quelques secondes avant de laisser ses lèvres s’écarter en un sourire béat. Dans un geste mal assuré, la jeune femme leva une main vers son visage et se caressa délicatement le front avant de gonfler ses joues et de soupirer lourdement. Elle ne savait plus très bien ce qu’elle faisait, ni ce qu’elle disait d’ailleurs. Les mots s’envolaient presque de sa bouche, composant des phrases qui la surprenaient parfois. Depuis combien de temps était-elle dans cet état-là ? Quand avait-elle commencé à boire ? Elle n’en avait plus la moindre idée, tout ce qu’elle savait était qu’elle s’amusait plutôt bien et que les cheveux blonds de son interlocutrice n’avaient jamais été aussi blonds… Arquant finement un sourcil, elle se surprit à fixer les longs cheveux d’Ecaterina comme si c’était la première fois qu’elle les remarquait. Elle pencha légèrement le visage d’un côté puis de l’autre, avant de reculer son visage et d’acquiescer d’un signe du menton. Oui : Emily avait raison, Ecaterina ressemblait à une princesse. Avec ces grands yeux d’un bleu sombre, ces traits fins de poupée et ces hautes pommettes légèrement rosées, elle semblait tout droit sortie d’un conte de fée. Emma sursauta alors, se rappelant une série télévisée qu’elle avait suivie pendant quelques années… mais oui, c’était peut-être ça ! Ecaterina devait s’être évadée de Storybrooke quand elle était petite, et elle était en réalité Cendrillon… Ah, quand Emily apprendrait qu’elle vivait en réalité avec Cendrillon, elle serait sûrement aux anges !

Secouant la tête tout en se promettant de ne jamais révéler le secret d’Ecaterina à quiconque – en dehors de sa fille – pour ne pas troubler sa colocataire, Emma écouta cette dernière lui demander ce qu’elle fabriquait dans les vestiaires des garçons, lors de cette fameuse fois où elle avait malencontreusement fait la rencontre de Gale Jr. La conseillère haussa les épaules, sans toutefois répondre aux interrogations d’Ecaterina. La situation était suffisamment embarrassante comme ça sans qu’elle n’en rajoute une couche. D’ailleurs, elle ne se souvenait même plus de la raison qui l’avait poussée à se rendre dans cet endroit respirant la testostérone à plein nez. Peut-être qu’elle cherchait Will ce jour-là ? Hm, non cela semblait idiot, Will ne se rendait jamais dans cette partie du lycée. Le seul sport qu’il pratiquait n’avait rien à voir avec ceux qui étaient de rigueur à McKinley… Emma gloussa légèrement à cette pensée. Décidément l’alcool la conduisait à penser à de drôles de choses !

Lorsque par la suite Ecaterina montra quelques signes de faiblesse et qu’elle dut en l’occurrence trouver un moyen de détendre l’atmosphère, Emma pensa immédiatement à mettre un peu de musique. Elle aurait très bien pu choisir un album de The Black Eyed Peas ou encore Katy Perry – même si cette dernière l’avait toujours plus ou moins agacée – afin de rendre l’ambiance plus festive, mais quand son regard s’était arrêté sur son cd fétiche dérivé de la comédie musicale The Rocky Horror Picture Show, elle n’avait eu d’autre choix que de le prendre. Emma avait toujours été fascinée par ce show : quand elle était plus jeune, elle adorait se trémousser sur Time Warp ou encore Sweet Transvestite – d’ailleurs, il n’était pas rare d’entendre sa mère protester lorsqu’elle s’écriait « I see you shiver with antici… pation » à plein poumons dans sa chambre. Elle avait toujours eu ce petit faible pour Rocky, et même si son torse luisait d’une façon étrange dans le film, elle ne parvenait généralement pas à détacher son regard de sa musculature parfaite. C’était d’ailleurs probablement la raison pour laquelle Touch-A Touch-A Touch Me était l’une de ses chansons préférées. Certes la scène du film était particulièrement osée, si bien qu’elle fermait toujours étroitement les yeux au cours de certains passages, mais elle ne pouvait s’empêcher d’envier Janet de tomber dans les bras de ce beau Rocky à ce moment précis… et d’envier Susan Sarandon, par la même occasion.

Emma poussa un soupir tandis que les paroles de la chanson commençaient à se faire entendre dans la salle à manger. Elle avait pris soin de ne pas pousser le bouton volume au maximum, elle avait beau être complètement pompette elle n’en oubliait néanmoins pas la présence de sa fille dans l’appartement. Elle sourit de plus belle en constatant qu’Ecaterina appréciait à la fois son geste et la chanson qu’elle avait choisie : un nouveau point commun qu’elles partageaient, ce qui en faisait désormais deux : elles aimaient toutes les deux et le vin et la voix de Janet Weiss.

Quand Emma demanda à Ecaterina comment il était possible qu’elle soit encore célibataire, celle-ci se montra légèrement agacée et lui répondit tout simplement qu’il était préférable qu’elles changent de sujet. La jeune femme fit la moue, puis plaça son coude sur la table et posa son visage sur son poing fermé d’un air boudeur. « C’est bien dommage. J’ai un petit frère, tu sais, et je suis sûre qu’il t’aimerait bien ! En plus il gagne bien sa vie, il est médecin ! Enfin médecin pour les femmes, je veux… je veux dire ». Emma eut un frisson en se souvenant que Wyatt passait ses journées entières à voir des femmes nues défiler dans son bureau. Elle se redressa sur son siège, laissant son bras retomber près de son verre. « Mais bon, je te comprends : changeons de sujet si tu le souhaites ! ».

Prenant son verre entre ses mains, Emma but une longue gorgée de vin puis le reposa sur la table. Elle grimaça légèrement, sentant sa gorge légèrement brûler sans qu’elle n’en comprenne la raison. Concentrant toute son attention sur Ecaterina, elle fut la première surprise lorsque celle-ci lui annonça qu’elle avait un tatouage, lui demandant même si elle voulait le voir. Écarquillant les yeux d’un air incrédule, Emma se figea sur son siège, dévisageant sa colocataire. Un tatouage ? Mais… quel genre de tatouage ? Un petit cœur niché au creux de sa cheville, ou plutôt le nom d’un ex petit ami gravé autour de son poignet ? Elle n’eut pourtant pas le temps de se pencher davantage sur la question puisque Ecaterina se leva d’un bond, commençant à se déshabiller sous le regard paniqué d’Emma. Celle-ci leva une main devant elle, comme pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas envie de la voir nue, mais heureusement pour elle la jolie blonde sembla retrouver ses esprits et s’interrompit subitement. « Wow ! J’ai vraiment cru que tu allais faire voler ta petite culotte à travers la pièce, tu m'as fait une peur bleue ! ». Emma pouffa légèrement à cette pensée, puis s’arrêta en entendant les paroles de la chanson. « Touch-A Touch-A Touch Me, I wanna be dirty, thrill me chill me fulfill me, creature of the night » … Hm, cette soirée était vraiment très étrange.

Ecaterina mentionna alors de nouveau l’épisode « Gale Jr à découvert », ce qui fit froncer le nez de la conseillère qui détourna le regard une seconde. « Oh tu sais, je ne m’en souviens même plus… » Fit-elle d’un air innocent. Heureusement pour elle, Emma ne mentait pas. Après tout, cela s’était déroulé cinq années plus tôt, et elle n’était pas du genre à ressasser ce souvenir des plus gênants. « Tout ce que je peux te dire, c’est que Will est bien… oui bieen plus musclé que tu-sais-qui ! ». De nouveau elle arbora une expression rêveuse en songeant à son futur mari, puis se mit à fixer la bague de fiançailles qu’elle portait en permanence. Il était vrai qu’elle n’avait rien à envier à quiconque : son fiancé à elle avait des abdos en béton, ce qui restait un mystère pour Emma : comment parvenait-il à garder une forme pareille alors qu’il ne faisait pas de sport ? En cinq ans, il n’avait pas pris le moindre petit ventre, et ce en dépit de ces bières qu’il s’autorise parfois !

Soupirant, la jeune femme entreprit de plonger son regard dans celui de sa colocataire tout en levant son verre en l’air. Elle approcha légèrement son visage du sien et plissa les yeux. « Will a des tablettes de chocolat blanc superbes » Murmura-t-elle sur un ton qui se prêtait aux confidences. Elle ramena son verre à ses lèvres puis quelques secondes plus tard, consentit à poursuivre son petit discours. « Je crois qu’il en est plutôt fier d’ailleurs, une fois je l’ai même entendu leur parler. C’est tellement… adorable ». Elle caressa son verre tout en se remémorant ce petit épisode, avant d’éclater d’un rire franc. « Ce doit être un truc de mec. On a beau dire que les femmes font attention à elles, les hommes sont bien pires ! Ils peuvent s’admirer des heures durant devant leur miroir et il faut toujours les rassurer en leur disant qu’ils sont les plus beaux, les plus séduisants, les plus… bla bla bla ».

Elle balança dangereusement son verre et faillit répandre du vin sur la nappe de la table avant de se reprendre juste à temps. Elle jeta alors un coup d’œil en direction de Robert et lui adressa un nouveau regard noir avant de boire d’une traite le reste du vin. Sans prévenir, elle frappa alors la table de son poing. « Hey, tu connais le jeu action ou vérité ? Désirée m’a appris ça un jour, c’est amusant ! Et puis c’est le meilleur moyen de ne pas se morfondre… je crois ». Emma sourit en se souvenant de la fois où Désirée l’avait presque forcée à jouer à ce jeu. Avant même d’attendre la réponse d’Ecaterina, elle lui demanda alors d'un air mystérieux : « Action ou vérité, Cutie-Catwoman ? »
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Mer 16 Nov - 15:39

Non, c’était décidé : Ecaterina ne se déshabillerait pas en présence d’Emma, ce soir –ni un autre soir, d’ailleurs. Elle ne savait pas vraiment ce qu’il lui était passé par la tête pour ne serait-ce que penser à la possibilité de jouer la strip-teaseuse amateur devant son ancienne conseillère d’orientation psychologue, mais imaginant subitement la scène, elle s’était rétractée. Dieu merci, elle s’était reprit à temps ! C’était un fait : l’alcool était responsable de son agitation. Ecaterina qui était si réservée et même un peu froide (il fallait bien l’avouer) était en train de perdre toute sa crédibilité, sa réputation allait en pâtir ! Bien sûr que non, elle avait confiance en Emma et savait qu’elle n’oserait jamais la mettre dans une situation embarrassante en révélant ses petites travers insoupçonnés à quiconque. Oh, si seulement Seth la voyait à cet instant précis. Lui non plus ne devait pas savoir ce qu’il s’était passé dans cet appartement pour la bonne et simple raison qu’il lui en voudrait de ne pas avoir pensé à l’inviter –toujours partant pour les plans foireux, le fanatique de Flash Gordon. L’obsédé sexuel en lui aurait sans aucun doute profité de la situation, il l’aurait peut-être même incité à le montrer, ce fameux tatouage. Même si, le petit chanceux était le seul sur cette planète à l’avoir vu, frôlé du bout des doigts et que sais-je encore –à cette pensée, Ecaterina pencha la tête, arquant un sourcil malicieusement. Soudain pensive, la blondinette plissa les yeux : même ivre morte, Ecaterina était certaine de ne plus jamais répondre à ses avances –sauf peut-être si… non, jamais. Dommage, il se trouvait qu’il était plutôt doué en la matière. Secouant brièvement la tête pour s’éclaircir les idées, la jeune femme reposa son attention sur Emma. Les paroles tendancieuses de la chanson qui passait en arrière fond la troublèrent un instant encore, mais bien vite, elle recouvra son sang froid.

Emma lui parla de son frère. Ecaterina ignorait qu’elle en avait un et c’est un tantinet curieuse qu’elle s’installa de nouveau sur sa chaise –toute habillée, fort heureusement. Coulant un regard vers le plafond, la jeune femme s’imagina : il ne devait pas être tellement différent de sa sœur. Il devait être grand, très mince aussi. Bien sûr, il devait être roux, le visage constellé de tâches de rousseurs trop mignonnes (un sourire idiot se dessina furtivement au coin de ses lèvres charnues). Le frère Pillsbury devait porter des cardigans de couleurs assortis à ses chaussettes ainsi que de grosses lunettes à montures d’écailles, hideuses et passées de mode. Un autre sourire se dessina sur le visage de la jeune femme. C’est vrai qu’Ecaterina aimait beaucoup Emma, mais parfois, il lui arrivait de penser qu’elle avait des goûts en matière de vêtements un peu douteux et ronde comme une queue de pelle, la blondinette n’avait pas assez de force de dessiner dans son esprit un portrait plus attrayant de ce garçon, c’était dramatique. Enfin, peut-être que ce frère mystère était totalement différent de la conseillère, en réalité. Après tout, Dorian était très différent de Cat : il était très grand (voir, trop grand) moins blond qu’elle et cent fois plus séduisant. Ils avaient les mêmes yeux, c’est vrai. Bon sang, si elle n'était pas sa sœur, elle serait sûrement tombée amoureuse de lui au point de le poursuivre dans la rue pour quémander un rencard –non, ce n’était pas son genre de faire ce genre de chose. Dorian était génial, il lui avait manqué plus que n’importe qui au cours de toutes ses années… même plus que Gale –ou au moins autant, mais elle estimait que c’était normal, il lui avait, certes, fait beaucoup de mal, mais il restait son frère : sa famille, elle lui avait pardonné. Posant ses mains délicates sur ses genoux, l’étudiante regarda Emma.

« Vous voulez faire de moi votre belle-sœur ? » dit-elle, une pointe d’amusement dans le ton. Elle se redressa, ajoutant « Ecaterina Pillsbury. Je trouve que ça ne sonne pas très bien, on dirait le pseudonyme d’une star du porno. » Elle pencha doucement la tête, continuant avec quiétude « Ecaterina Pillsbury, le retour. » Cat se mit à rire un petit moment, mais son éclat ne perdura pas bien longtemps ; graduellement, il s’amenuisa et elle murmura avec nostalgie « Jacob disait que mon prénom lui faisait penser à une prostituée slovaque. » La jeune femme soupira, presque rêveuse « Il me manque parfois, vous savez. »

L’alcool lui faisait dire des énormités, mais de toute façon, elle ne s’en souviendrait même pas le lendemain matin, alors ! Soupirant une nouvelle fois, elle pensa qu’elle aimerait beaucoup connaître le frère d’Emma. Peut-être qu’un jour, elle en aurait l’occasion. S’il était aussi gentil que sa sœur, cela devrait plutôt bien coller entre eux. Détournant le visage, Ecaterina se mordilla brièvement la lèvre ; elle sentait la fatigue la terrasser et plusieurs fois, elle ouvrit très grand ses yeux pour ne pas s’endormir. Il ne fallait plus qu’elle boive d’alcool si elle voulait terminer la soirée.

Une nouvelle fois, Emma entama son sujet de conversation préférée : William Schuester. Le brillant et sexy et talentueux, William Schuester. Ecaterina fit une légère grimace en l’entendant s’extasier sur les tablettes de chocolats blanc de son fiancé et levant sa main devant elle comme pour lui faire comprendre qu’elle ne voulait pas en savoir plus, elle décréta d’une voix ferme :

« Wow, wow, wow… du calme. » Elle eu un petit mouvement de recul, la mine toujours grimaçante « Je vous adore, vous et Will, mais Mister Schue reste mon ancien professeur et je trouve ça très malsain que vous me fassiez part de ses attributs alors qu’il y a cinq ans de cela, j’étais encore la jeune fille à l’accent douteux assise au rang du milieu. » Opinant du chef, elle retrouva son joli minois souriant et avoua à mi-voix, tout en se penchant sur Emma « Mister Schue était mon professeur préféré. J’étais nulle en espagnol, mais il m’a toujours dit de persévérer. » Un sourire éclatant passa sur son visage, et elle reprit « En plus, je dois avouer que je le trouve très bel homme… dans le genre trentenaire qui porte des gilets tricotés par mamie, s'entend. » Encore une fois, elle sourit bêtement « Je le préfère lui à Mister Ryan. » Soudain, elle s’arrêta. Ecaterina fronça les sourcils, contemplant bizarrement le visage d’Emma, elle demanda d’une toute petite voix très fluette « Vous avez... hum… vous avez des nouvelles de Bryan Ryan ? »

Faisant glisser sa main sur la table, Ecaterina dessina des petits cercles sur la surface lisse, comme si de rien n’était, lançant des petits regards succincts au plafond. Elle ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie –si plaie il y avait, mais depuis son retour, elle n’avait pas tellement entendu parler de l’ancien directeur des Awesome Voices qui était tout de même l’un des personnages clef de Lima, à son sens. En fait, elle avait appris qu’il avait fait une courte carrière à Broadway, mais que sa vie avait basculé à cause d’un incident malheureux. Non pas que ça l’intéressait vraiment de savoir ce qu’il était devenu, mais… bref, la question était posée maintenant et attendant sagement la réponse d’Emma, elle continua à fureter du regard à droite puis à gauche en faisant mine de siffloter.

La voix d’Emma retentie brusquement à ses oreilles et se redressant dans un violent sursaut, Ecaterina tourna vivement la tête vers elle. Un jeu ? Opinant du chef avec enthousiasme, elle répondit :

« Je veux jouer ! » Se tournant sur sa chaise, elle tapota dans ses mains telle une cheerleader surexcitée et redressa le menton –avant de commencer toute partie, elle révéla « Mon jeu préféré, c’est le cinq minutes dans le placard. Vous connaissez ? » Un petit rire s’échappa de ses lèvres, et elle enchaina « Il y la variante : cinq minutes dans l’ascenseur. C’est Seth qui m’a initiée, mais je déteste les ascenseurs. » Hochant encore la tête, elle posa son index sur sa bouche, faisant fi de ce qu’elle venait de dire et se concentra, attentivement. Après une longue minute, elle hurla quasiment « Vérité ! » Posant sa main sur sa bouche en pouffant de rire, elle marmotta « Oh, je suis désolée. »
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Lun 21 Nov - 8:00


A ce stade de la soirée, il n’aurait été guère étonnant de voir celle que tout le Monde appelait affectueusement Ms P - et qui deviendrait bientôt Mrs S – monter sur la table du salon afin d’épater la galerie, qui n’était en réalité composée que d’une seule et même personne : Ecaterina. A vrai dire la jolie rousse avait bu tellement de vin que ses pensées commençaient sérieusement à être totalement dénuées de sens, et l’on ne comptait plus le nombre de fois où elle clignait les yeux d’un air étrange, comme si elle se rendait compte qu’elle venait d’atterrir dans une quatrième dimension. Il fallait dire que cela en avait tout l’air : quiconque aurait débarqué dans la pièce à cet instant précis aurait cru soit à une mauvaise blague, soit à un rêve étrange. Et pourtant, tout ceci était bel et bien réel… Oui, Emma était éméchée – une chose qui ne lui était jamais arrivée de sa vie – et Ecaterina n’était pas mal non plus dans le genre « au plus je dis de bêtises, au mieux je me porte ». Mais qui pouvait vraiment leur en vouloir ? Elles étaient jeunes – cessez donc de croire que passé la trentaine, les rides vous attaquent -, elles étaient en bonne santé, et elles profitaient un peu de la vie comme il se le devait. Et si révélations embarrassantes, gestes totalement insensés, et gueule de bois au petit matin il devait y avoir, alors il y aurait ! Et puis, Emma n’aurait qu’à emprunter les lunettes de soleil de son fiancé pour dissimuler son regard de zombie desséché aux élèves qui, dès le lendemain matin, viendraient de nouveau s’asseoir face à elle dans son bureau.

Balançant ses épaules au rythme de la musique tout en agitant son visage avec une telle énergie que ses cheveux roux s’envolaient autour de celui-ci, la jeune femme se sentait incroyablement bien. Que soit béni le jour où elle avait proposé à « Cutie-Catwoman » d’emménager avec Will, Emily et elle. Oh, cela n’avait pas été une chose aisée : l’intéressée était plutôt obstinée dans son genre. Seulement, elle n’avait pas vraiment eu le choix, si elle voulait rester à Lima il fallait bien qu’elle trouve un endroit où dormir, et l’hôtel de luxe qui avait remplacé ce regretté motel du vieux quartier (surtout regretté par les marie couche-toi là de Lima, en fait) n’était pas vraiment abordable à moins que l’on ne soit un jet setter de renommée, ou un italien milliardaire – italien parce que oui, les italiens sont toujours pleins aux as. Alors, Ecaterina avait cédé et voilà où cela l’avait menée : seule en compagnie d’une rouquine trentenaire qui ne tenait pas la boisson et qui observait ses cheveux blonds de princesse avec une admiration qu’elle ne parvenait plus à contenir.

Ne pouvant tout simplement pas s’en empêcher, Emma avait finalement mis son frère sur le tapis (au sens figuré). Il fallait dire qu’elle l’aimait, son petit frangin : il était parfait, après tout ! Il était médecin, il gagnait bien sa vie, c’était un gentleman, il avait une voix merveilleuse, et en plus de cela… non, en fait c’était déjà bien suffisant comme ça. La seule ombre au tableau ? Il vouait une haine toute particulière à son fiancé. On aurait pu penser qu’il était jaloux : eh bien oui, William Schuester était parfait lui aussi et cela pouvait attirer la jalousie. Cependant, Emma savait que le problème ne se situait pas là. Wyatt ne l’aimait pas parce qu’une fois, elle avait eu le malheur de lui raconter que Will avait été embarqué dans une partie de jambes en l’air avec un coach de Glee Club, alors qu’il était censé être en couple avec elle. Elle avait également fait mention d’une certain April, et elle s’en mordait les doigts maintenant. Si elle avait su les conséquences que cela aurait, elle n’aurait jamais parlé à Wyatt de ces diverses… regrettables aventures.

Ecaterina sembla toutefois amusée par le sujet, demandant à Emma si elle voulait faire d’elle sa belle-sœur. Cette dernière éclata aussitôt de rire en imaginant le beau couple que cela ferait. Ils seraient magnifiques : une sorte de Barbie et Ken des temps modernes… enfin, Ken n’était pas censé être recouvert de tâches de rousseurs mais ce pourrait être encore plus original. « Ecaterina Pillsbury » Répéta Emma d’un air soudainement songeur. Elle arrondit les yeux lorsque la jolie blonde lui parle de films pornos et elle plaqua son index contre les lèvres de Cutie-Catwoman. Son autre main se posa sur sa poitrine, près de son cœur. « Doux Jésus ! Ce mot est interdit dans cet appartement, voyons ! Si jamais Emily t’entendait… elle serait capable de répéter ça à sa maitresse. Pour quel genre de mère je passerais, après ? Et Will, tu as pensé à Will ? La maitresse s’imaginerait qu’il est une sorte de sosie de Barney Stinson… et je ne veux pas que la maitresse de ma petite fille pense des choses pareilles, la comparaison est peu flatteuse ».

Elle s’interrompit un instant puis soupira, expirant tout l’air de ses poumons jusqu’à ce que ces derniers se contractent. « Enfin bref… Je serais heureuse que tu sois ma belle-sœur, en effet » annonça-t-elle d’un air des plus solennels. Elle retira l’index qu’elle avait posé sur les lèvres d’Ecaterina et poursuivit avec calme. « Bientôt Emily réclamera une petite sœur, ce que je ne suis pas disposée à lui offrir dans l’immédiat, vois-tu. Alors, si elle pouvait avoir quelques cousins princiers pour la distraire, cela ne me dérangerait pas vraiment ».

Emma roula ensuite des yeux, ne désirant pas ajouter le moindre commentaire suite à la remarque d’Ecaterina qui lui avoua que Jacob – supposé Ben Israël, qui d’autre ? – lui manquait. Après tout, son regard en disait suffisamment long sur ce qu’elle pensait de cette révélation. Jacob… Il n’avait jamais été un modèle de sainteté, ce garçon. A l’époque, elle était toujours paniquée à l’idée de le recevoir dans son bureau pour la simple et bonne raison qu’une fois qu’il était assis face à elle, il ne voulait plus quitter la pièce. Il lui décrivait pendant d’interminables minutes à quel point la poitrine de Rachel le faisait rêver, lui racontait qu’il tenait un journal intime dans lequel il racontait ses aventures sexuelles – imaginées – sans lésiner sur les détails. Enfin, il ne manquait jamais d’éloges au sujet d’Ecaterina qui, il disait, le mettait dans tous ses états. Emma n’avait jamais cherché à comprendre ce qu’une telle chose sous-entendait, bien trop horrifiée par les récits du garçon pour essayer d’en savoir plus à ce sujet.

Chassant de ses pensées le défunt Jacob Ben Israel, la conseillère d’orientation se concentra plutôt sur le cas de son futur petit mari… le merveilleux et formidable William Schuester. Elle ne pouvait tout simplement pas s’en empêcher, c’était plus fort qu’elle : il fallait qu’elle parle de lui. Si elle avait suffisamment de self control pour éviter de raconter en long, en large et en travers à quel point il était le meilleur homme sur Terre, elle n’en avait toutefois pas assez pour s’empêcher de parler de ses merveilleuses tablettes de chocolat. Ce n’était pourtant pas son genre de dévoiler sa vie privée de la sorte. Emma était au contraire plutôt discrète et réservée d’ordinaire, pas du tout le genre de personne à raconter des détails croustillants à n’importe qui. Seulement voilà : elle était bien trop bavarde ce soir-là et cela lui jouait de vilains tours.

Dieu merci, Ecaterina la freina tout de suite dans ses révélations musclées concernant le beau Schuester. Emma l’écouta ainsi parler de « son ancien professeur préféré de McKinley » sans ouvrir la bouche cette fois. Elle fronça néanmoins les sourcils et afficha une moue boudeuse en entendant la référence de la jolie blonde concernant les « gilets tricotés par mamie ». Ces gilets étaient les plus beaux qui soit, et le goût de Will en ce qui concernait les vêtements était divin… enfin, en temps normal elle aurait plutôt pensé à un adjectif un peu moins « fort », mais en l’occurrence elle n’était pas capable de réfléchir correctement. Emma acquiesça cependant du menton d’un air résigné avant de s’arrêter net quand Ecaterina fit référence à Bryan Ryan. Bryan Ryan. Ce nom sonnait plutôt bien dans l’esprit de la conseillère qui sourit bêtement après quelques secondes. Elle n’avait pas eu l’occasion de le voir énormément ces derniers temps, à vrai dire. Oh, il ne lui manquait pas non plus des masses : après tout, il n’était qu’une connaissance, rien de plus. Pourtant, elle devait avouer que ses répliques acerbes et ses moqueries à son sujet lui manquaient… et son petit sourire en coin aussi, si mesquin et attachant à la fois.

« Bryan Ryan… ah, ce bon vieux Bryan ! » S’exclama-t-elle sans raison. « Non, en réalité cela fait un moment que je ne l’ai pas vu. Je sais simplement qu’il est revenu en ville, et qu’il a connu son petit moment de gloire grâce à un rôle de drag queen dans une comédie musicale nommée… hm, « Priscille dépravée du dessert », je crois. C’est tout Bryan, ça » Ajouta-t-elle avec amusement. « Et aux dernières nouvelles, il a décidé de retrouver son rôle de directeur de Glee Club ici, à Lima. Mon petit frère fait partie de la chorale, d’ailleurs… ». Légèrement contrariée par cette dernière information, Emma se tut. Elle n’avait jamais approuvé la décision de son frère à ce sujet, puisqu’elle n’était motivée selon elle que par l’envie de s’attirer les foudres de Will… pour changer. Prenant son verre dans sa main droite, elle se tourna vers Ecaterina qu’elle observa d’un air inquisiteur. « Pourquoi cette question, d’ailleurs ? Ne me dis pas que tu as un faible pour Bryan Ryan ! Cet homme a beau être séduisant, il n’est pas très fréquentable si tu veux mon avis ». Emma inclina le visage et se mordit la lèvre inférieure. « Oh, et ne vas surtout pas répéter à Will la partie « Bryan Ryan est séduisant » s’il te plait… on ne sait jamais ».

Afin de s’éloigner du sujet ambigu que constituait « Bryan Ryan », ou encore « tablettes de chocolat blanc de William Schuester », Emma proposa un petit jeu à Ecaterina. Cette dernière ne tarda pas à faire montre du plus grand des enthousiasmes devant cette perspective, lui révélant même que son jeu préféré était un certain « cinq minutes dans le placard ». Emma fronça les sourcils : de toute évidence elle ne connaissait pas ce jeu. « Non, je ne le connais pas… Mais si tu veux, on pourra y jouer après ? Cela pourrait être amusant. Enfin, il faudra tout de même me mettre au courant des règles du jeu avant, Cutie-Catwoman ». En attendant la réponse d’Ecaterina au sujet du fameux « action et vérité », Emma but une nouvelle gorgée de son verre qu’elle finit par vider. Sacré Robert, il n’était décidément pas à la hauteur de ses ambitions.

Ecaterina finit par s’écrier qu’elle choisissait vérité, et Emma sursauta tant la voix d’ordinaire si grave de la jeune fille paraissait désormais nasillarde au possible. Elle reposa aussitôt Robert sur la table avant de lever ses yeux bruns vers son interlocutrice d’un air on ne peut plus sérieux. « Vérité, dis-tu ? ». Elle avança son visage de celui de la jeune fille et agrandit exagérément les yeux. « C’est ton dernier mot ? » Demanda-t-elle, d'un air qui n'était pas sans rappeler celui du présentateur de Who wants to be a millionaire ?. Riant à son tour de ses propres sottises, elle se reconcentra cependant très rapidement. Levant son verre vide devant elle, elle réfléchit à la question qu’elle pourrait poser… si toutefois elle était encore capable de réfléchir à cette heure avancée, et après avoir bu tant d’alcool. « Hmmm » Continua-t-elle, ne parvenant à se décider. Au bout de quelques secondes supplémentaires qu’elle occupa bien évidemment en versant de nouveau du vin dans son verre – non sans en faire tomber quelques gouttes sur la jolie nappe au passage – elle finit par avoir une illumination, et se prenant probablement pour Jimmy Neutron, cria : « Eurêka ! ». Ses lèvres s’étirèrent en un sourire satisfait. « Alors… quelle est la plus grande honte que tu as connu dans ta vie ? » Demanda-t-elle finalement d’un air mystérieux.
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Mer 23 Nov - 19:26

Emma s’offusqua lorsqu’Ecaterina parla de films pornos. Très vite, son doigt se glissa sur ses lèvres rosées et fronçant les sourcils, la blondinette coula un regard anxieux sur cet index menaçant qui lui fermait la bouche. Oh, que la conseillère pouvait être puritaine ! C’est vrai qu’Emily n’avait que cinq ans et qu’il fallait éviter d’aborder ce genre de sujet en sa présence, c’était une évidence, la jeune femme était peut-être un peu brute de décoffrage, mais elle n’était pas stupide. Ecaterina était bien placée pour savoir qu’il fallait toujours tenter de garder l’innocence d’un enfant aussi longtemps que possible pour que cela n’ait pas de répercussion sur son comportement une fois adolescent ; c’était ce qu’il lui avait manqué : on l’avait toujours considérée comme une adulte. Avoir une enfance digne de ce nom rentrait ainsi dans les règles élémentaires pour avoir une vie saine, du moins, de son point de vue. La sexualité, cela faisait partie de la vie, après tout. Certes, ce moment délicat de l’explication du « comment on fait les bébés » pour les parents devait être particulièrement difficile, mais il valait mieux mettre au courant les jeunes gens assez tôt que de les laisser s’informer tout seul sur le tard ! Si Emma ne prenait pas le problème à bras le corps, des drames pouvaient arriver –ne se souvenait-elle pas du cas Quinn Fabray ?

Quand elle aurait quinze ans, Emily deviendrait curieuse. Le lycée, c’est le moment où les hormones entrent en ébullition, là où les copains se mettent à parler de sexe, sans arrêts. Oui, à la simple évocation des bouclettes de n’importe quel mâle bien constitué, Emily deviendrait toute chose, c’était une certitude. La découverte de son corps, du plaisir (autre que de s’enfiler des plaquettes de chocolat à longueur de temps, s’entend), l’éveil des sens et les rêves douteux s’imposeront à elle, elle paniquera et tentera de comprendre, de s’informer. Emily en viendrait à explorer –seule, ou accompagnée toutes les possibilités que lui offre son corps. Elle découvrira qu’être souple et en bonne santé peut vous permettre d’avoir une sexualité épanouie. Oui, Ecaterina était souple, et en bonne santé, mais le sujet n’était pas là ! Emma devait s’attendre à se faire questionner et bien que répondre aux interrogations des adolescents boutonneux était son métier depuis bien des années, conseiller sa propre fille sur la meilleure marque de préservatifs à utiliser pour sa première fois n’était pas une chose facile à subir ; Emma devait se préparer à cette possibilité, il n’est jamais trop tôt !

Fixant Emma dans une moue boudeuse, Ecaterina la laissa terminer son monologue sur l’image que la maîtresse d’Emily pourrait bien avoir de William et elle-même. Ils étaient des parents géniaux, ce n’était pas un petit mot malencontreux qui changerait cela. Mais soit, la jeune femme ne pipa mot et dans une expression décidée, elle opina du chef pour montrer à Emma que jamais plus elle ne parlerait de films peu recommandables dans cet appartement.

La jolie rousse en vint alors à lui dire qu’elle serait ravie de l’avoir comme belle-sœur : ah, ah ! Cette chère Emma était si drôle ! C’était une chose qui n’arriverait pas. Bien qu’Ecaterina fût persuadée que le jeune frère de sa colocataire était charmant, elle n’était pas prête à se marier de si tôt et avec quiconque. Bien sûr qu’elle était comme toutes les jeunes femmes de son âge : la robe blanche, la belle cérémonie et tout le toutim, cela la faisait rêver. Elle s’en était rendu compte lors du mariage de Sam et Quinn, quand émue, elle avait versé une petite larme lors de l’échange des vœux. Elle n’avait pas eu de mal à s’imaginer à la place de Quinn, d’ailleurs. C’était quelque chose qui lui faisait envie, elle ne le cachait pas. Néanmoins, elle avait quelques principes de base qui faisaient sans doute un peu vieux jeu compte tenu de l’époque à laquelle elle vivait : se marier, c’était un gage d’amour, il faut être sûr des sentiments qu’on éprouve pour la personne à qui l’on va donner son cœur. Or, mise à part Gale, Cat n’aimait personne au point de se lier à elle pour la vie alors… tant pis pour la robe blanche et les petits-fours, mais le prochain mariage qui aurait lieu à Lima ne serait pas le sien.

Ecaterina écarquilla soudain les yeux lorsque que le sujet des enfants fût mis sur le tapis : oh, oh ! Deux petites secondes, il était hors de question d’osciller dans cette direction ! Ecaterina n’était pas faite pour être mère, elle avait une enfance désastreuse et la seule figure maternelle qu’elle avait eu dans sa vie, c’était sa grand-mère, une femme géniale et passionnée. N’empêche qu’elle n’aurait pas d’enfant pour la bonne et simple raison qu’elle était intimement convaincue qu’elle serait la pire mère sur terre puis franchement, elle était beaucoup trop jeune ; c’est vrai qu’elle s’en sortait bien avec Emily, mais elle la considérait comme une petite sœur, c’était beaucoup plus facile ! Le sang d’Annabelle Robertson coulait en elle et dieu que c’était la preuve irréfutable qu’elle ne pourrait recevoir le diplôme de la meilleure mère du monde, jamais.

Pour faire plaisir à Emma, Ecaterina opina avec enthousiasme avant de détourner la tête, grossissant son regard dans une expression un tantinet hypocrite. Elle attrapa son verre par réflexe et le siffla sans y réfléchir, alors qu’il était vide ; les quelques gouttes trainassant encore dans le fond d’échouèrent au fond de sa gorge et la bouche pâteuse, elle fit claquer sa langue contre son palais.

La voix lointaine d’Emma résonna encore une fois, et Ecaterina retourna son regard vitreux sur elle. C’est elle-même qui avait commencé par entamer le sujet Bryan Ryan pour elle ne savait trop quelle raison, en réalité. Bryan avait été son voisin de pallier pendant quelques mois. Ils avaient partagé un petit duo improvisé un soir, et farouchement convaincue que le directeur des Awesome Voices s’était un peu amouraché d’elle, la blondinette avait passé une bonne partie de l’année scolaire à l’éviter. Les vieux dans son genre, ce n’était franchement pas son type et comme le disait si bien Emma, il n’apparaissait pas comme un modèle de vertu –il lui avait laissé un joint en partant, c’était de la pure incitation à la débauche, tout ça. Enfin. Cat ne l’avait plus jamais revu, que ce soit dans l’immeuble où ils vivaient, ou même au lycée puisqu’elle était une cible mouvante particulièrement douée. La seule fois où elle avait reparlé de ce duo langoureux, c’était avec Emma. Elle s’était trouvée stupide en plus de ressentir l’un des plus grosses hontes de toute sa vie. Non, il n’y avait aucune raison à cette question, elle souhaitait juste savoir.

« Et bien vous savez, il était mon voisin quand j’avais dix-sept ans. » commença-t-elle, la voix ensommeillée « Je voulais juste savoir ce qu’il était devenu, comme j’aimerais savoir ce qu’est devenue Mademoiselle Cravy ou tiens, cette surveillante déjantée… Madeline… Madeleine… Madeleine Wild ! » Un petit rire succinct s’échappa de sa bouche, elle secoua même la tête en se souvenant de la dite surveillante et ajouta avec quiétude « Ils faisaient partie de mon quotidien, comme vous. »

Une autre vague de nostalgie s’empara d’elle. Ecaterina haussa les sourcils, et se redressa avec nonchalance alors qu’Emma lui demande si elle trouvait Bryan séduisant. La jeune femme éclata d’un rire cristallin, riant un long moment avant de se rendre compte que la conseillère était sérieuse. Derechef, son rire se stoppa.

« Vous êtes sérieuse ? » Examinant son expression, elle n’eut pas besoin de connaître sa réponse et d’un balayement de main, elle reprit « Bah ! C’est lui qui semblait m’apprécier. Moi, il me faisait un peu peur puis, vous savez, les relations cachées élèves/professeurs, c’est peut-être excitant, mais ça n’a jamais fait partie de mes fantasmes inavoués. » Un instant, elle plissa les yeux et se relaissa tomber en arrière ; elle fixa la jeune femme, un petit sourire en coin « En revanche, j’ai toujours pensé que vous feriez un beau couple, tous les deux. Le loup et l’agneau. » Elle fit résonner un autre rire dans la pièce, puis pointa son index sur Emma, le secouant avec vivacité lorsqu’elle lui dit de ne pas parler de la façon dont elle avait qualifié Bryan, à Will « Je sais garder des secrets. Si vous voulez mon avis, William n’a pas de souci à se faire ; il est sexy. »

Ecaterina se rendit compte trop tard de ce qu’elle venait de dire, mais feinta la décontraction en roulant des épaules, profitant de la musique de fond. Après tout, Emma avait vu l’amour de sa vie à moitié –complètement, d’ailleurs– nu, alors dire que son fiancé était sexy, ce n’était franchement pas dramatique en comparaison ! Le temps du jeu arriva, et Ecaterina –après avoir fait part de son jeu préféré à Emma, accepta de se prêter à une petite séance « d’action-vérité ». Elle fit comprendre à la conseillère par un clin d’œil malicieux qu’elle l’informerait des règles du « cinq minutes dans le placard » plus tard puis, patienta sagement alors que la jeune femme cherchait quelque chose à lui proposer. La regardant avec intérêt, Ecaterina tapota le bout de ses ongles sur le bois de la table. Le temps commençait à se faire long et, quand Emma lui fit une blague douteuse, elle ne décocha même pas un sourire : bon, elle la posait sa question, ou bien ? Arquant un sourcil, Ecaterina tendit ses doigts repliés devant elle, examinant sa manucure parfaite et reporta son attention sur la jolie rousse quand elle daigna enfin la lui poser, sa satanée question –question qui lui fit rouler des yeux, exaspérée par tant de manque d’imagination.

« Elle craint, votre question. » lança-t-elle d’une voix nasillarde. Elle sauta brusquement sur ses pieds et attrapa la main d’Emma « On va tout de suite jouer à mon jeu, il est plus amusant ! » Ecaterina tira la conseillère pour qu’elle se lève, et l’emmena d’un pas rapide jusqu’au placard de ldu vestibule « Le cinq minutes dans le placard, c’est simple. » commença-t-elle, d’un ton expert « Lors des soirées étudiants, on vous donne un petit carton à l’entrée, carton sur lequel vous devez reporter le nom de cinq personnes qui vous plaisent – et qui sont invitées, forcément, sinon ça n’a plus rien de drôle. » Arrivant près du placard, Ecaterina ouvrit la porte coulissante et estima la taille. Parfait ! Il était suffisamment grand pour contenir au moins deux personnes ! Joignant les mains, elle se retourna vers Emma, la mine illuminée « Au cours de la soirée, on pioche parmi ces cinq noms et vous avez le droit à cinq minutes d’intimité dans le placard avec l'heureux élu ! » Un grand sourire se dessina sur son visage, et elle prit une grand inspiration –elle roula les yeux, laissant sa tête partir sur le côté tout en prenant appuis sur une seule de ses jambes « Bien sûr, vous pouvez mettre à profit ces cinq minutes comme vous le souhaitez. On ne vous oblige à rien, mais vous vous doutez que très souvent, les deux enfermés dans le placard ne se contentent pas de jouer aux cartes. » Elle marqua une courte pause et enchaina très vite, se penchant sur Emma « Avec Catalano, on se racontait nos rêves ! »

Ecaterina se mit à rire bêtement –un rire rauque, très peu distingué et sautilla sur place en attrapa Emma par les poignets ; elle la serra spontanément dans ses bras. Après un longue minute à l’étreindre, la jeune femme se redressa lentement ; ses yeux bleus clairs se teintant d’une lueur malicieuse, Ecaterina fixa Emma avec une certaine intensité et chuchota de sa voix chaude « Êtes-vous prête à passer cinq minutes dans le placard avec moi ? »
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Lun 5 Déc - 5:50

Si son regard était posé sur Ecaterina, Emma ne l’examinait pas pour autant. A vrai dire l’espace d’une seconde, elle se sentit aussi vide que son verre. Tout cet alcool l’aurait presque épuisée, et elle éprouvait même une certaine compassion à l'égard des alcooliques, désormais : ce qu’il fallait être courageux, pour boire toute la sainte journée. Non, vraiment, Emma n’avait jamais autant bu de sa vie, et elle se sentait terriblement… distante, et sans la moindre énergie. L’alcool pouvait avoir de drôles d’effets, effets qu'elle n'avait jamais soupçonné. Les seules fois où elle buvait un peu de vin étaient lors des visites de ses parents –parce que croyez-le ou non, mais il fallait se donner du courage pour affronter Rose, Rusty et leurs idées de suprématistes à la noix-, lors des grandes occasions et… c’était à peu près tout. L’alcool était pour elle un terrain inconnu : on ne lui comptait aucune cuite au lycée, ni même à la fac où elle ne participait jamais aux si célèbres beuveries organisées par les élèves de l’Ohio State University.

Avec Ecaterina, elle n’avait jamais eu l’intention de boire jusqu’à dire des énormités qu’elle n’aurait jamais osé prononcer dans son état normal. Et pourtant, voilà où ces verres de vin l’avait menée ! Elle avait l’esprit brouillé, des images étranges plein la tête, et surtout les mots semblaient s’échapper d’entre ses lèvres sans qu’elle puisse exercer le moindre contrôle sur eux. Elle s’en voudrait sûrement le lendemain, lorsqu’il faudrait se réveiller, préparer ses affaires et retourner au lycée et même à la LPA. Elle aurait certainement le regard vitreux et surtout un teint cadavérique qui jurerait avec sa tignasse rousse. Cependant, elle s’en rendait à peine compte pour le moment. Les conséquences de ses actes ? Pouah, qu’était-ce donc que cette bête-là ?

Sortant de son état second, Emma plissa les yeux et haussa les épaules derechef. Son regard vrilla en direction de Robert le téméraire et elle fronça le nez à la vue de la seule présence de l’air dans le verre. Elle avait beau approcher ses grands yeux bruns de l’objet, elle ne découvrait pas pour autant la moindre goutte de vin à l’intérieur de celui-ci, ce qui lui arracha un long soupir, peut-être un brin exagéré. De fait, elle leva les yeux en direction d’Ecaterina et se mit à l’observer d’un air des plus sérieux. Cette jeune fille était vraiment d’une beauté saisissante, le genre de beauté qu’Emma regardait avec envie du temps de sa jeunesse. Les superbes cheerleaders au corps athlétique, au regard de glace et à la crinière dorée, c’était certes un cliché mais si la plupart des filles les détestaient c’était parce qu’au fond, elles les enviaient. Emma, elle, aurait apprécié avoir ce type de silhouette et pourtant, d’un autre côté, elle préférait ne pas attirer l’attention sur elle et se confondre avec le décor. Cela lui évitait que l’on se moque d’elle et de ses tocs incessants ; ses cheveux d’un roux flamboyant faisaient déjà suffisamment tourner les têtes comme cela, alors imaginez un peu si en plus de cela elle possédait de longues jambes magnifiques recouvertes par le seul tissu d’une mini –jupe qui ne cachait quasiment rien. Non non, ce genre de fille, elle préférait les envier sans pour autant les jalouser. Et en l’occurrence, Emma n’enviait même plus Ecaterina ; elle avait désormais passé l’âge pour ce genre de choses.

Décollant le petit doigt de son verre dont elle s’était emparée sans même s’en rendre compte, Emma s’autorisa un nouveau sourire lorsque son interlocutrice aborda le sujet de Bryan Ryan. Ah, Bryan Ryan. Emma ne savait pas vraiment pourquoi ce personnage de Lima intéressait autant ses habitants, mais il y avait définitivement quelque chose chez lui qui semblait piquer à vif l’intérêt de la maigre population de la ville. Et c’était d’autant plus vrai depuis qu’il était revenu à Lima après sa carrière sur les planches de Broadway. Emma avait pendant longtemps entendu les bruits de couloir dans l’enceinte du lycée, et les commentaires intéressés de ses élèves en ce qui concernant l’ancien –et nouveau- directeur des Awesome Voices. « Bryan Ryan a été nominé par tel juré pour obtenir tel award », « la performance de Bryan Ryan à Broadway a encore été saluée dans le New York Times » ou encore « Bryan Ryan est un Dieu vivant, il mérite sa place là-bas ». Oui, bon, c’était bien avant qu’il ne s’en prenne à un fan et que l’affaire fasse un scandale à New York. Dans tous les cas, la notoriété de Bryan Ryan impressionnait les habitants de Lima ; ou tout du moins était-ce l’impression d’Emma qui pour sa part n’avait fait que lever un sourcil intéressé en lisant les articles le concernant dans le journal de la ville. Malgré leur amitié, ou tout du moins le semblant d’amitié fragile qui existait entre eux, ils n’avaient pas vraiment gardé le contact lorsqu’il était parti. Et c’était sûrement la raison pour laquelle elle était si peu informée à son sujet.

Interrompant le fil de ses pensées, Ecaterina lui rappela que du temps où elle était lycéenne, Bryan Ryan était son voisin de palier. Emma esquissa une brève grimace à cette mention. En effet, elle se souvenait bel et bien de ce petit détail, qui était d’ailleurs associé à un autre souvenir qu’elle ne parvenait à retrouver. Quelques secondes passèrent avant que la jeune femme n’arrondisse finalement les yeux, sa main libre se posant aussitôt sur son front qu’elle tapa brièvement. Mais oui ! Ecaterina lui avait déjà raconté une soirée passée en la présence de Bryan Ryan -soirée qui soit dit en passant n’était pas très reluisante. Emma parvenait même à se souvenir d’une (énième) dispute qui avait éclaté entre le directeur des Awesome Voices et elle à ce sujet. Heureusement pour elle, Ecaterina orienta la discussion vers Désirée Cravy, qui avait été son professeur de littérature, puis Madeleine Wild, sa surveillante. Elle disait que ces personnes avaient fait partie de son quotidien.

« Tu as raison » Se contenta d’ajouter Emma dans un premier temps. Posant Robert sur la table avec délicatesse, ses doigts se dirigèrent naturellement vers son cardigan afin de jouer distraitement avec la broche qui y était accrochée. Désirée Cravy... à chaque fois que ce nom traversait son esprit, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. Encore cinq ans après, elle regrettait la façon dont elle était partie, sans la moindre explication. Elle n’avait jamais plus eu de nouvelles d’elle, pas la moindre lettre ni un seul petit mail. Absolument rien. Pour s’éviter de penser trop longtemps à celle qui pendant un moment avait été la meilleure amie qu’elle n’avait jamais eue, ses pensées se concentrèrent sur Madeleine Wild. Oh, elle aussi avait quitté un temps Lima, mais était finalement revenue et avait renoué avec McKinley High par la même occasion. Si elle avait conservé son tempérament excentrique, elle avait tout de même évolué, et en bien. Désormais, elles entretenaient de bonnes relations et Emma appréciait la surveillante qui, inéluctablement cependant, lui rappelait Désirée.

Elle soupira de nouveau, avant de secouer la tête. « Madeleine Wild travaille toujours à McKinley » Ajouta-t-elle à l’adresse de Cutie-Catwoman. Un sourire se dessina sur ses lèvres, et l’alcool qu’elle avait bu frappant de nouveau, elle ajouta quelques mots d’une voix amusée. « Égale à elle-même : elle passe plus de temps à s’amuser avec les élèves en fredonnant les chansons des Beatles, qu’à faire son travail… mais elle n’en reste pas moins terriblement drôle et attachante ».

Ecaterina lui expliqua alors la nature de sa relation avec Bryan et ses doutes concernant l’intérêt que ce dernier lui portait très certainement. Pendant ce temps, Emma se contenta de secouer la tête au rythme de la musique, qui était désormais « Time Warp ». Elle ferma les yeux une seconde, et commença à remuer sur sa chaise à la Gilbert Montagné –figure peu américaine mais très reconnue au niveau international (on y croit tous) : qui ne connaissait pas le fameux « on va s’aimer, sur une étoile ou sur un oreiller » ? ; Paroles qui n’avaient d’ailleurs aucun sens, depuis quand on s’aimait sur une étoile ?

Sa petite chorégraphie des plus entrainantes fut interrompue lorsque la jeune fille fit mention d’un possible couple qu’elle, Emma Rose Pillsbury, pourrait former avec Bryan Ryan. Emma s’immobilisa et ouvrit aussitôt les yeux qui n’avaient jamais semblé aussi ronds. Elle examina l’expression d’Ecaterina et quand elle comprit que celle-ci ne plaisantait pas le moins du Monde, elle éclata tout simplement d’un rire franc et spontané. Bryan et elle ? Pourquoi pas Will et Sue, pendant qu’on y était ? Il n’y avait pas à dire : Ecaterina était dotée d’une imagination impressionnante. Emma eut la plus grande difficulté à se calmer, les larmes roulant sur ses joues. A chaque fois qu’elle essayait de retrouver son sérieux, l’image de Bryan et elle s’imposait à elle et elle repartait de plus d’elle dans une hilarité qui était loin d’être feinte. Quand elle parvint enfin à faire cesser ses gloussements et que ses épaules se stabilisèrent finalement, elle passa le revers de sa main sur ses pommettes, écrasant les larmes qui s’y étaient attardées.

« Non mais je me demande où tu vas chercher tout ça ! Le loup et l’agneau ? Si tu veux un conseil, il faudrait arrêter de lire Twilight. Le jour où je m’imaginerai en compagnie de Bryan Ryan, le drag queen de Broadway, je te prie de me croire : il gèlera en enfer. Néanmoins, je dois avouer que je suis très impressionnée par l’imagination dont tu fais preuve ». Entendant à peine le commentaire d’Ecaterina à propos de Will, Emma s’efforça de chasser les images qui venaient d’affluer dans son esprit, mis à rude épreuve par les suggestions loufoques de sa colocataire qui, décidément, était complètement déchainée ce soir-là. La prochaine fois, elle y réfléchirait à deux fois avant de lui proposer un nouveau verre de vin !

Souhaitant détendre l’atmosphère – qui, en réalité, était déjà on ne pouvait plus détendue – Emma proposa un jeu à Ecaterina. Si elle opta pour le traditionnel « action ou vérité », la conseillère eut le plus grand mal à trouver une question adéquate à poser à la jolie blonde. Lorsqu’elle lui proposa finalement de lui dévoiler sa plus grande honte, Ecaterina se rétracta et, décidant que cette question n’était pas terrible, elle lui proposa de passer directement à son jeu à elle. Emma leva un sourcil, amusée par l’idée. « Ma question ne craint pas, je dirais plutôt que tu te défiles, Cutie-Catwoman » Dit-elle d’un air taquin. Elle n’eut pas le temps d’ajouter quoi que ce soit qu’Ecaterina l’attrapait déjà afin de l’entrainer vers l’entrée. Emma jeta un regard dubitatif en direction du placard, se demandant en quoi consistait ce jeu qui enthousiasmait tant la jeune fille. Cette dernière ne tarda pas à se lancer dans de grandes explications qui impressionnèrent Emma. Pourtant, elle ne tarda pas à froncer le nez d’un air désapprobateur en comprenant ce que sous-entendait Ecaterina quand elle disait que la plupart du temps, les étudiants ne jouaient pas aux cartes. Ah, ces jeunes. Ils étaient véritablement tous obsédés par la même chose. Emma, elle, aurait mis ces cinq minutes à profit pour faire un peu de nettoyage dans le placard, pas pour bécoter une personne qu’elle ne connaissait pas. Enfin, de toute façon elle ne bécotait pas à cet âge-là.

Dans un élan d’enthousiasme, Ecaterina se jeta alors dans ses bras. Emma, légèrement déroutée par une telle réaction, ne la commenta pourtant pas et se contenta d’esquisser un sourire. Il était rare que la jeune fille s’adonne à ce genre de geste, et même si elle était plus qu’éméchée à l’heure qu’il était, ce détail ne lui échappa pas. Elle n’était pas spécialement fan de ce genre de geste qu’elle avait évité pendant de longues années, et pourtant cela n’était pas inconfortable. En cet instant si particulier, Emma n’eut pas l’impression de serrer dans ses bras une amie, mais plutôt une fille. Ecaterina avait beau être trop vieille pour être son enfant, ce fut ce qu’elle ressentit… Enfin, avant de commencer à glousser bêtement lorsqu’elle la jolie blonde lui demanda si elle était prête à passer cinq minutes dans le placard avec elle. Emma se dégagea de son étreinte et, plissant les yeux, elle plongea son regard dans le sien. Elle changea d’avis une seconde plus tard, et se penchant vers Ecaterina, elle lui adressa un large sourire. « C’est parti ! Enfin… Il faut que cela soit notre petit secret… Il ne faudrait surtout pas faire mention d’un tel incident à Will, on est d’accord ? ».

Ce fut à son tour d’attraper le poignet de la jolie blonde, et écartant de sa main libre la porte du placard, elle s’engouffra dedans. Elle eut beaucoup de difficultés à se faire une place, l’espace étant plutôt restreint, mais elle parvint toutefois à s’y installer après s’être accroupie. Ecaterina la rejoignit aussitôt, et pouffant de rire comme une fillette, Emma avança sa main vers la porte qu’elle referma. L’obscurité inonda aussitôt l’endroit et elle ouvrit ses grands yeux bruns d’un air médusé. Une seconde plus tard, son rire retentit de nouveau. Elle sentait Ecaterina à ses côtés, et il était étrange d’être confiné dans un endroit aussi étroit en sa compagnie. Elle avait l’impression d’être de nouveau une adolescente, et non une femme de trente-deux ans… Et encore, ce n’était pas le genre de chose qu’elle faisait, lorsqu’elle avait quinze ans de moins. Lorsqu’elle se tut après plusieurs secondes d’hilarité, Emma remua légèrement. « C’est vraiment un drôle de jeu… J’aurais presque peur si je ne te faisais pas confiance ». Elle eut un sourire qui fut bien sûr invisible aux yeux de son interlocutrice. Tournant le visage vers elle sans pour autant parvenir à discerner les traits de son visage, elle chuchota : « J’ai du mal à t’imaginer raconter des rêves dans un endroit pareil. Tu es sûre de ne rien me cacher, Cutie-Catwoman ? »
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Mer 7 Déc - 21:34

Les opposés s’attirent. C’est ce que l’on n’avait cessé de dire à Ecaterina, tout au long de sa vie. La meilleure illustration restait incontestablement le mariage de ses parents. C’est pourquoi, elle n’avait eu de mal à imaginer Bryan et Emma ensemble. Elle n’avait jamais eu l’occasion de s’entretenir avec eux alors qu’ils se trouvaient dans la même pièce, mais la jeune femme ressentait cette tension palpable dès lors que la conseillère prononçait le prénom de l’ancien directeur des Awesome Voices. Emma pouvait utiliser tous les stratagèmes du monde pour lui faire croire qu’elle ne mangeait pas de ce pain là si cela lui chantait. Seulement, Ecaterina n’était pas dupe, oh que non. Blonde, mais très perspicace, elle s’était tout de suite rendu compte de cette évidence et ce depuis une éternité. Il y avait bien quelque chose entre eux, quelque chose de latent, une attirance inexplicable. Bryan était la porte du frigo, Emma était le magnet. Paf. Ils adhéraient parfaitement l’un à l’autre et malgré leurs façons radicalement différentes de voir les choses, ils étaient compatibles et il n’y avait pas besoin de tergiverser des heures là-dessus, il fallait s’y faire et l’accepter. Emma n’y pouvait rien, c’était la science qui voulait ça, il était donc inutile qu’elle lui mente. Si elle se sentait réellement attirée par Bryan, elle ne devait pas en avoir honte, au contraire –ah, la science et ses mystères.

Observant sa colocataire lorsqu’elle tenta farouchement de la convaincre que jamais, ô grand jamais, il ne se passerait quelque chose entre elle et lui, la blondinette resta silencieuse. L’image de Bryan et Emma en couple lui plaisait, et pas qu’un peu, elle devait l’admettre. C’est vrai qu’elle aimait beaucoup William. Il était un père extraordinaire, gentil et avenant. Détail non négligeable : il était visiblement très amoureux de sa dulcinée qui le lui rendait bien en ne pouvant s’empêcher de vendre ses atouts –sa voix, ses bouclettes, ses talents de danseur de claquettes à quiconque voulait bien l’entendre. Cependant, Bryan restait le bad boy de l’histoire et les filles adoraient les vilains dans son genre. Emma ne devait pas déroger à cette stupide règle. Sous se airs de Bree Van de Kamp sûre d’elle, et heureuse avec son Rex (ou n’importe quel autre de ses nombreux époux et amants, ne soyons pas tatillons) se cachait en réalité une Susan Mayer, maladroite et en détresse. Qui passait son temps à sauver Susan Mayer ? Mike Delfino, le bad boy. Si les séries télévisées mettaient en lumière ce genre de relations à risques –parce que Mike avait beau être charmant (et plombier) il n’en restait pas moins un homme aux tendances limites meurtrières- il ne fallait pas bouder son plaisir dans la réalité et sauter le pas ; toutes les filles rêves d’être sauvées par le faux-rebelle qui terrorise les enfants au square, le mercredi après-midi.

Malheureusement, Ecaterina savait que cela n’arriverait jamais. Emma et Will allaient se marier, ils avaient une petite fille adorable et une vie de famille déjà bien rodée. Une attirance physique ne signifiait pas qu’un couple pouvait fonctionner, elle en avait conscience. C’était certes, dommage, mais Ecaterina ne se permettrait jamais de remettre le jugement d’Emma en doute à haute et intelligible voix et cela même si elle avait déjà trouvé un nom pour le couple improbable qu’elle formait avec Bryan dans son esprit embrumé par les vapeurs d’alcool. Elle garderait tout ça pour elle, c’était triste. Puis, qui sait ? Peut-être qu’un jour, trop éméchée comme en ce moment, Emma rencontrerait Bryan à moitié stone et une chose en entrainant une autre, ils copuleraient sous le kiosque à musique du Parc Lincoln. Tout pouvait arriver, la preuve : n’était-ce pas elle qui était complètement ivre, ce soir ?

Parenthèses Bryan Ryan mise à part, Ecaterina voulu initier Emma aux joies du « cinq minutes dans le placard. » Sa question étant tellement banale qu’elle décida de prendre les choses en mains. Derechef, Emma l’accusa de se défiler ; ce n’était pas vrai. Ecaterina ne se défilait pas… ce n’était plus son genre de fuir face aux difficultés, maintenant, elle assumait, tout et cela même si ce n’était pas très glorieux. Seulement là, elle disait vrai : elle trouvait que la question de la conseillère craignait et n’étant pas en état pour réfléchir et fureter dans son esprit à la recherche d’un souvenir particulièrement embarrassant, elle prit le coche et l’emmena vers le placard –lieu de débauche et de jeu en tout genre… surtout de débauche, se souvint-elle.

Après une explication sommaire des règles du jeu, Ecaterina attendit le feu vert d’Emma. Celle-ci prit un instant avant de lui répondre et se décida enfin ; lorsqu’elle lui demanda de garder le secret, la blondinette fit mine de fermer sa bouche à double tour et jeta la clef invisible par-dessus son épaule. C’est Emma qui ouvrit le placard, et soudain peu rassurée, la jeune femme fronça les sourcils. Même si elle adorait ce jeu, elle devait avouer que se retrouver dans un endroit aussi sombre ne la rassurait pas des masses. Cat avait peur du noir, ce n’était pas un secret et le visage inquiet, elle se pencha timidement vers le placard. Les mains jointes comme une petite fille modèle sur le devant du jupon de sa robe, elle regarda à droite, puis à gauche pour vérifier s’il n’y avait pas d’interrupteur, mais rien. Ecaterina ne pouvait plus faire marche-arrière, Emma semblait si heureuse de participer à ce jeu alors, prenant courageusement sur elle, Cat entra dans le petit endroit et laissa Emma refermer la porte derrière elle ; il faisait noir, beaucoup trop noir.

Se calant contre la paroi du placard, Ecaterina chercha la main d’Emma dans l’obscurité. Elle avait beau être ivre, ce qui, normalement aurait dû la rendre plus téméraire, cela n’empêcha son petit cœur de faire des bonds incontrôlés dans sa poitrine. Ce qui la rassura, ce fut de savoir qu’Emma elle non plus, n’était pas très à l’aise. Souhaitant sauver les apparences, Cat se mordit la lèvre et marmotta avec une pointe d’humour dans le ton :

« Vous savez, je ne suis jamais rentrée dans un placard avec une fille. » Un petit rire nerveux claironna dans l’habitacle et bien vite, la jeune femme l’arrêta. En réalité, ce fut la prise de parole d’Emma qui la fit se stopper si vite. Elle n’aimait pas vraiment les insinuations qu’elle venait de proférer et lâchant la main de son interlocutrice, elle fronça les sourcils, contrariée « Pour qui est-ce que vous me prenez, Emma ? » demanda-t-elle, véritablement offusquée. Elle la fixa dans l’obscurité puis de rage, elle croisa les bras sur sa poitrine « Ce n’est pas parce que je suis tatouée que je ne suis une dépravée, c’est trop facile comme conclusion ! » dit-elle avant de continuer sur le même ton « Pour votre gouverne, je n’ai eu qu’un seul petit ami dans ma vie. C’est avec lui que j’ai perdu ma virginité et non, ça ne s’est pas passé dans un placard. Catalano aime les endroits secs et douillets. Le placard, c’est beaucoup trop moite, il a des allergies ! » Clignant furieusement des yeux, elle tenta de se retourner pour faire face au mur, mais trop à l’étroit, elle ne parvint pas à se retourner complètement et se cogna la tête contre le mur. Pourtant, elle ne se plaignit pas sur le moment et ajouta avec sarcasme –cherchant à tâtons la bosse qui se formait sur son front « Vous qui êtes si à cheval sur les principes, Emily n’a pas été déposé devant votre porte à ce que je sache ! » Un autre rire, plus goguenard cette fois, s’échappa d’entre ses lèvres et elle murmura sur un ton acerbe « Hypocrite. » La douleur de son front se réveilla subitement « Aïe ! » Les larmes lui montèrent aux yeux et gémissant à moitié, elle se retourna sur Emma et la poussa de sa main libre « Vous prenez trop de place ! »
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Lun 12 Déc - 5:12

Si l’on avait dit à Emma qu’elle se retrouverait un jour enfermée dans un placard avec Ecaterina Sara Robertson – ou avec n’importe quelle autre personne, d’ailleurs - elle ne l’aurait certainement jamais cru. A vrai dire, s’amuser dans les placards n’était pas vraiment le passe-temps favori de la conseillère d’orientation qui n’avait jamais considéré ce meuble comme un terrain de jeux. Elle passait parfois du temps à l’intérieur de ceux-ci, dire le contraire aurait été mentir ; mais ce n’était jamais sans son chiffon et ses produits ménagers. A l’image de tout autre meuble figurant dans le mobilier de l’appartement Schuester-Pillsbury, il était nettoyé de fond en comble : aucune vilaine toile d’araignée ne l’abritait, et encore moins d’agaçantes trainées de poussière.

Toutefois, la vie réservait parfois de drôles de surprises, et c’était l’une de celles-ci qu’Emma expérimentait à présent. Accroupie à l’intérieur du petit meuble, ses grands yeux bruns furetant à droite et à gauche dans l’espoir d’apercevoir ne serait-ce qu’un maigre faisceau lumineux, elle était bel et bien prise au piège aux côtés d’Ecaterina. La jeune femme ne savait pas vraiment pourquoi elle avait accepté ce jeu avec elle : quel était l’intérêt de s’enfermer dans un meuble avec sa colocataire qui au passage avait dix ans de moins qu’elle, afin d’y passer cinq minutes ? La conseillère haussa les épaules : elle n’en avait pas la moindre idée. Cela semblait ridicule et pourtant elle ne pouvait s’empêcher d’arborer un large sourire. L’alcool avait depuis longtemps brouillé ses idées, et elle agissait désormais sur des coups de tête, sans réfléchir aux conséquences de ses actes. Ce n’était pas plus mal dans un sens : elle qui n’avait jamais expérimenté la moindre « folie » en dehors de ses astiquages frénétiques à l’aide de ses multiples brosses à dents, avait enfin un aperçu de ce qu’était la vraie vie, celle où l’on s’amuse en faisant des bêtises.

Ah, si seulement Will était là pour la voir… Emma plissa aussitôt les yeux dans l’obscurité. Peut-être était-il préférable qu’il ne la voie jamais dans cet état, en fait. Elle aurait si honte si une telle chose arrivait… quoi que sur le moment, elle se contenterait probablement d’éclater de rire en le pointant du doigt, ses épaules victimes de secousses incontrôlables. Heureusement pour elle, Will n’était toujours pas rentré. Il ne verrait donc pas sa fiancée dans un piteux état, ni les bouteilles de vin vides sur la table de salon, ni même le tatouage d’Ecaterina… ah non, il ne devait surtout pas voir ça !

Soupirant doucement, la conseillère se tourna légèrement vers l’étudiante qui se trouvait à côté d’elle et qui s’était empressée de lui attraper la main lorsqu’elle s’était faite une place dans le placard de tous les péchés… enfin, ce n’était qu’une façon de parler. Emma ne parvenait toujours pas à discerner clairement les traits de la jolie poupée Barbie qui se trouvait à côté d’elle, et retint un énième soupir. Elle n’avait jamais été claustrophobe – niveau phobie, elle était déjà suffisamment gâtée comme ça sans en rajouter – cependant elle devait avouer que l’obscurité des lieux la rendait presque perplexe, et ce même l’esprit assombri par le vin. Pauvre Harry Potter, elle savait ce que c’était désormais que d’être enfermé dans un placard. Emma comprenait enfin pourquoi ce petit lutin avait l’air si déprimé à chaque fois qu’elle voyait l’un de ses films.

S’agrippant elle aussi aux doigts d’Ecaterina comme pour se donner du courage, Emma sourit en entendant la voix de celle-ci s’élever dans l’habitacle. Étrangement, cela la rassurait de l’entendre parler à son tour. Elle se sentait définitivement moins seule de cette façon car en dépit de la main de l’étudiante dans la sienne, elle n'était pas très rassurée. Ecaterina lui avoua n’être jamais entrée dans un placard avant avec une fille, et la conseillère ne put s’empêcher de laisser un petit gloussement lui échapper. « Ah bon ? Que c’est étonnant ! Moi pourtant j’adore ça : entrer dans des placards avec d’autres filles, c’est… fascinant ! » Elle éclata d’un rire franc avant de secouer la tête d’un air hilare. « Non, c’est une blague » Ajouta-t-elle, au cas où Ecaterina n’aurait pas soulevé la subtilité de ses plaisanteries... de très mauvais goût. Elle avait déjà attendu vingt-sept ans avant de perdre sa virginité, alors pensez-vous : une fille ? Jamais de la vie.

Emma savait pourtant que c’était la mode depuis quelques années : les relations homosexuelles. Les magazines traitant ce sujet se vendaient comme des petits pains, et les gens ne semblaient plus être apeurés à l’idée de s’afficher en compagnie d’un petit ami du même sexe que le leur. Au lycée McKinley comme à travers son association, la LPA, Emma avait fait ce constat. Pourtant, ce n’était jamais une idée qui lui avait traversé l’esprit. Le grand méchant loup, comme elle aimait à l’appeler, l’avait déjà assez terrifiée comme ça, alors imaginez un peu son malaise quant aux vilaines louves que la ville de Lima pouvait bien abriter.

Baissant ses yeux bruns vers sa main, elle inclina délicatement la tête en essayant de voir ses propres doigts liés à ceux d’Ecaterina. Elle qui avait toujours eu peur des contacts physiques, elle était servie : son corps était collé à celui de la jeune fille, à qui elle tenait la main. Elle haussa un sourcil, soudainement inquiète, quand ses pensées furent interrompues par Ecaterina qui décida de lui lâcher la main. Visiblement vexée par sa dernière remarque, elle lui demanda pour qui elle la prenait avant d’affirmer qu’elle n’était pas une dépravée, et ce en dépit du tatouage qu’elle possédait. Emma pouffa un peu plus à la mention de ce fameux tatouage qu’elle n’avait d’ailleurs pas eu l’occasion de voir… et heureusement, parce que si en plus la jolie blonde se déshabillait vraiment face à elle, les choses deviendraient véritablement étranges.

Sur le même ton, Ecaterina lui apprit qu’elle n’avait connu qu’un seul homme, son fameux fana de bandes dessinées, et que c’était avec lui qu’elle avait perdu sa virginité. Emma roula des yeux : ce n’était pas qu’elle ne souhaitait pas connaitre les détails de la vie privée de la jeune fille, mais elle en avait déjà suffisamment appris comme ça en une seule soirée. « Oh-oh » Commença-t-elle avant de se raviser. « Non en fait je préfère me taire, pour une fois ». Sa main désormais libre se posa sur l’épaule de Cutie-Catwoman, au moment où celle-ci lui disait d’un air accusateur qu’Emily n’était pas arrivée par l’opération du Saint Esprit. Emma soupira lourdement et un petit sourire se forma au coin de ses lèvres en repensant à cette fameuse après-midi où elle avait conçu sa fille unique. Et dire que cet après-midi-là coïncidait avec la perte de sa virginité… la vie était décidément pleine de surprises. « Je confirme… C’est de la faute de l’afternoon delight, à vrai dire. Ahh, l’afternoon delight, Cutie-Catwoman, c’est toute une histoire. Un jour, j’ai apporté un dessert à Will, et puis tout a dérapé. Nous voulions tous les deux danser, malheureusement nous ne parlions pas du même type de danse ». Emma posa son index sur son menton, l’air soudainement songeur. Elle secoua la tête, son sourire redessinant toujours ses lèvres. « Lui imaginait des chorégraphies un tantinet plus compliquées… C’est un homme, après tout il ne fallait pas s’étonner… ».

Emma ne savait pas vraiment comment elle avait fait pour en arriver à parler de cet épisode de sa vie, mais ses joues virèrent rapidement au rouge cramoisi lorsqu’elle comprit ce qu’elle venait de révéler. Décidant de détourner le sujet, elle s’apprêta à prendre la parole lorsqu’Ecaterina lâcha une plainte. Visiblement, elle s’était cognée quelque part et la douleur l’avait poussée à lâcher ce petit cri tout à fait ridicule. Si ridicule d’ailleurs, qu’Emma éclata de rire à son tour, ne parvenant pas à dissimuler son hilarité face à une telle situation. Cependant, elle ne tarda pas à se taire lorsque l’étudiante la repoussa soudainement, en lui disant qu’elle prenait trop de place. Se renfrognant aussitôt, la jeune femme fronça le nez et se tourna vers la silhouette d’Ecaterina qu’elle avait beaucoup de mal à distinguer. « Hey ! » Lança-t-elle à la jeune fille. « Ne me dis pas que je prends trop de place, c’est faux et puis… et puis c’est toi qui m’étouffes à moitié là ! Je t’avais dit d’arrêter de forcer sur le Nutella tous les matins, mais tu ne m’écoutes jamais… ».

Se rendant compte que cette dernière réplique cinglante ne serait peut-être pas du goût de sa colocataire, Emma esquissa une grimace. Si elle ne voulait pas se faire éjecter du placard d’un coup de pied aux fesses, il fallait qu’elle se rattrape, et rapidement. Elle se rapprocha d’Ecaterina, ou tout du moins se pencha vers elle tant elles étaient déjà proches, et tendit ses bras vers elle. Cherchant à tâtons la jeune fille en faisant bien attention à éviter certaines parties de son corps, elle parvint finalement à l’envelopper de ses bras. « Je suis désolée, je ne voulais pas dire ça. Tu n’es pas grosse, bien au contraire, je n’ai vu une fille aussi… ehm, aussi… aussi bien proportionnée que toi » Elle sourit puis rit de nouveau. Posant son visage contre l’épaule d’Ecaterina, elle poursuivit : « Et attention, il n’y a aucun sous-entendu derrière tout ça, ne vas pas te faire d’idées... ».
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Mer 14 Déc - 18:15

Ecaterina ne s’énervait pas très souvent, elle préférait mille fois prendre sur elle et rester dans son coin plutôt que de se mettre à hurler et chercher à tout prix le conflit. L’épisode avec Dorian restait un cas exceptionnel, elle s’était sentie trahi, attaquée et lui en vouloir avait été la première chose qui s’était imposée à elle, bien avant la fuite. Cat était plutôt du genre à faire le premier pas dans la réconciliation, arborant cette petite moue adorable dont elle seule avait le secret et qui fonctionnait sur n’importe qui. Elle détestait les disputes, cela lui rappelait de trop mauvais souvenirs d’enfance, voilà pourquoi elle les évitait. Ce qui prouvait donc bien qu’elle était plus que pompette, ce soir. Dans son état normal, la jolie blonde n’aurait jamais osé pousser la conseillère de la sorte en proférant des insultes –qu’elle pensait, sur le moment. Emma devait avoir au moins quinze centimètres en plus qu’elle (sans compter ceux de ses talons) et fatalement, son poids devait être plus lourd que le sien. Si elle en avait envie, elle pouvait faire de la jeune femme de la chair à saucisse. C’est seulement après l’avoir vivement poussée qu’elle s’en rendit compte et qu’intérieurement, elle paniqua. Fort heureusement, elle savait qu’Emma n’était pas non plus du genre à s’adonner à ce genre de petites bassesses… d’ordinaire. Là, les choses étaient différentes, elles étaient dans le même état et ne sachant pas réellement comment sa colocataire réagirait, elle se frotta le front avec vigueur cherchant une position confortable tout en attendant le moment où Emma lui sauterait dessus toutes griffes dehors.

Pendant ce temps, la blondinette revint mentalement sur les précédents propos de la jeune femme. Elle avait déjà entendu dire que l’afternoon delight était un dessert. Mais comme toute passionnée de littérature, elle se souvenait que dans de nombreux ouvrages, l’afternoon delight n’était pas décrit comme étant une simple gourmandise. Du moins, pas une gourmandise comestible. Cela la choqua d’entendre Emma s’étendre de la sorte sur sa vie intime. Dès lors qu’elle parla de chorégraphies compliquées auxquelles Will avait pensé, elle se boucha les oreilles et fit mine de fureter les environs du regard en fredonnant pour couvrir les propos d’Emma. C’était déjà difficile de se faire à l’idée que Will et Emma aient une vie sexuelle, mais en plus savoir que c’était son ancien professeur d’espagnol qui était le chef des opérations, cela la mettait particulièrement mal à l’aise. Soudain, une image troublante du jeune homme au milieu du salon exécutant un mouvement trop sensuel du bassin la fit brusquement fermer les yeux, et secouer la tête. Désormais, lorsqu’elle entendrait du bruit dans la chambre d’à côté, elle se forcerait à se recouvrir les oreilles avec son oreiller ! C’était comme si elle surprenait ses propres parents en plein action : de quoi être traumatisée à vie.

Bientôt, Emma réagit à sa bousculade. Ecaterina rouvrit les yeux, essayant de chasser cette image de William à moitié nu dans chaque pièces de l’appartement et se concentra sur son interlocutrice, visiblement énervée. C’était la première fois qu’elle entendait Emma hausser le ton. Même avec Emily, elle ne se permettait jamais d’élever la voix, ce qui l’impressionnait beaucoup ; cela lui rappelait sa propre mère, qui préférait utiliser des phrases assassines plutôt que de s’obliger à la gronder pour de bon. Elle avait hérité de cette particularité d’elle, malheureusement. Cela lui faisait peur de savoir qu’un jour où l’autre, elle lui ressemblerait peut-être. Ecaterina avait déjà hérité d’une bonne moitié de ses caractéristiques physique et de sa voix, si en plus elle devenait aussi détestable qu’elle… non, elle ne deviendrait jamais comme elle : elle, elle avait au moins une conscience. Néanmoins, la remarque d’Emma la blessa. Saisit par sa petite pique, elle fronça les sourcils, baissant la tête en essayant de percevoir la pointe de ses ballerines dans le noir. Trop violemment, tout cela la fit redescendre de son petit nuage. Certes, elle savait qu’il ne fallait pas lui en tenir rigueur, Emma était alcoolisée et elle-même avait sans doute dû dire des choses qu’elle regretterait le lendemain matin, mais le fait est qu’elle s’en prenne à son physique lui fit du mal. Ecaterina avait vécu ça toute son enfance, toute son adolescence et cela faisait des années maintenant que personne n’avait jamais osé lui refaire une remarque vexante sur n’importe quel détail de sa silhouette, ou elle ne savait quoi encore. Non, elle n’était pas sûre d’elle comme un bon nombre de personnes semblaient le penser et lorsque la voix d’Emma claironna dans l’habitacle, elle cru une nouvelle fois entendre sa mère et instantanément, sa gorge se serra.

Pourtant, Emma s’excusa très vite. Ecaterina esquissa un sourire timide et sentit les mains de la conseillère se poser sur elle, pour la réconforter sans aucun doute. Décidant une fois pour toute de ne pas lui en tenir compte, Ecaterina opina du chef et laissa Emma poser sa tête sur son épaule : sa gorge était encore douloureuse et elle resta longtemps silencieuse jusqu’à ce que, fronçant graduellement les sourcils, elle reprenne du poil de la bête et lance avec un naturel déconcertant :

« Emma, est-ce que vous avez déjà embrassé une fille ? » La jeune femme se redressa un petit peu, tournant à demi son joli minois vers la conseillère en tentant de distinguer son visage dans le noir. Ecaterina trouvait qu’Emma était plutôt à l’aise avec elle. Elle se permettait de la regarder longtemps, de la toucher même et soudain, des soupçons se mirent à germer dans son esprit. Cependant, pour ne pas alourdir l’atmosphère, elle préféra ajouter « Oh, je ne vous juge pas, vous savez. Je n’ai rien contre ce genre de pratique, c’est devenu courant. » Elle élargit son sourire, s’appuyant nonchalamment contre la paroi du placard « Les filles font souvent ce genre de choses entre elles. Quand elles ont quatorze ans et qu’elles ne savent pas vraiment comment embrasser un garçon, elles demandent à leur meilleure amie de leur rouler un patin et l’affaire est dans le sac. » Elle opina du chef, sûre de ce qu’elle avançait et fronça le nez, son regard se réfugiant avec quiétude sur le plafond « Ou alors, il y a ce truc avec le stylo. Vous mettez l’extrémité de votre stylo dans votre bouche et vous faites tourner votre langue tout autour. Une fois dans le sens des aiguilles d’une montre, une autre fois dans le sens contraire. C’est un bon entraînement, il parait. » Faisant des mouvements circulaires avec son index pour accompagner son discours, elle s’arrêta brusquement et tourna promptement sa tête vers Emma avant de hausser les épaules avec une certaine désinvolture « C’est ce qu’on m’a raconté. Personnellement, je n’ai jamais eu besoin de m’exercer, je suis naturellement douée avec ma langue. »

Une nouvelle fois, elle opina inlassablement du chef, puis plissa les paupières en détournant le visage, sereine. Elle ne se rendit absolument pas compte du propos tendancieux qu’elle venait de prononcer et se mit à doucement chantonner en tapotant les paumes de ses mains sur ses cuisses. Ecaterina n’avait jamais été de près comme de loin attirée par les filles. Pourtant, elle en avait côtoyé des tas et de très jolies. Même si dans la petite bourgade qu’était Lima, l’homosexualité avait encore du mal à passer, chez la jeune fille, cela n’avait absolument rien de répréhensible, au contraire. Chacun était libre de vivre sa sexualité comme il l’entendait et que cela soit avec un homme, une femme ou un poisson rouge, soit : elle ne jugeait personne. Réfléchissant un moment, elle arqua subtilement un sourcil et murmura d’un ton absent :

« Je devrais peut-être essayer pour voir. Je suis persuadée que Quinn serait partante, elle est mon amie, après tout. Entre amies, ça se fait, n’est-ce pas ? » Elle émit un petit rire ouvertement malicieux et retourna son visage vers Emma. Cat pencha doucement la tête puis pinça les lèvres, estompant le goût du vin qui s’y était déposé. Dans un sourire, elle fredonna « I kissed a girl and I liked it, the taste of her cherry chapstick... » Sa voix suave s’amenuisant dans le petit endroit et elle sourit. Se stoppant alors, Ecaterina laissa le silence s’installer dans le placard. Elle commençait à avoir trop chaud, la bosse sur son front devenait douloureuse et l’alcool commençait à lui tourner sur le cœur. Aussi, elle passa lentement sa langue sur sa lèvre supérieure et se réveillant de sa subite rêverie, elle décréta d’un ton concis « Les cinq minutes sont passées. »
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Jeu 15 Déc - 5:34

Emma Pillsbury ne contrôlait plus ses faits et gestes ; à vrai dire, elle ne contrôlait plus grand-chose à l’heure qu’il était. Celle que l’on associait d’ordinaire à des cardigans de toutes les couleurs, une hygiène de vie irréprochable, et même des conseils avisés était ce soir-là dans un état tout à fait différent. Peu lui importait la façon dont ses cheveux étaient coiffés, tant pis si elle plissait sa jupe en s’accroupissant de la sorte dans un placard. Et plus important encore : au Diable, les bonnes manières et les sujets tabou. Jamais la conseillère d’orientation de William McKinley High School ne se serait comportée de la sorte en temps normal. Mais voilà, le fait était qu’elle expérimentait une toute nouvelle facette de la vie : un territoire qui jusque-là lui avait été complètement inconnu. Elle n’avait jamais compris comment l’on pouvait en venir à boire et, petit à petit, prendre goût à cela. Mais maintenant qu’elle avait elle aussi fait ses débuts sur ce terrain de jeu des plus attrayants, elle devait avouer qu’il y avait un certain plaisir à se sentir dans sa bulle, sans devoir supporter le poids des aléas du quotidien sur ses épaules… Ou plutôt, elle l’avouerait demain puisqu’elle n’était pas en l’état de tirer de telles conclusions pour le moment.

Lorsqu’elle avait croisé le regard d’Ecaterina, après lui avoir fait une remarque sur son physique, elle avait vu la douleur briller dans les yeux bleus de la jolie blonde aux allures de poupée Barbie. Si Emma n’avait pas bu, la réaction aurait été immédiate : ses joues auraient pris une légère teinte rosée, puis elle se serait confondue en excuses, culpabilisant d’avoir pu être l’auteur de telles paroles. Elle n’était pas capable d’hausser le ton de la voix d'habitude, ce qui était signe qu'elle avait peut-être trop bu. Car d'ordinaire lorsqu’elle essayait celle-ci montait plutôt dans les aigus. Cela avait toujours été comme ça, pour elle. Depuis qu’elle était enfant, elle avait appris à baisser les yeux quand sa mère la réprimandait, ou encore à laisser faire son frère quand ce dernier prenait un malin plaisir à faire d’elle la victime de ses nombreuses blagues. En grandissant, elle s’était habituée à faire partie du second plan, à paraitre invisible aux yeux des autres. Elle évitait les autres parce qu’elle avait peur qu’ils se moquent d’elle, et non en raison d’un quelconque sentiment de supériorité. C’était ce qui l’avait conditionnée à toujours rester aussi calme et posée.

Les fois où elle s’était véritablement énervée au cours de sa vie se comptaient presque sur les doigts d’une seule main. La fois où ces coachs de glee club adverses avaient trichés lors des Sectionals, celle où elle n’avait pu s’empêcher d’aller voir Figgins après avoir appris sa décision d’éliminer le club des New Directions… ou encore celle où Bryan Ryan avait fait irruption dans son bureau après avoir entendu dire qu’elle avait soumis l’idée à Figgins d’unir les deux chorales du lycée lors d’une flashmob. Et pourtant, elle n’hurlait jamais, y compris quand elle était particulièrement énervée : elle en était incapable. Même contre sa propre fille – ou plutôt : surtout contre sa propre fille - une telle chose était impossible.

Malgré son alcoolisme, elle avait été capable de reconnaitre cette petite flamme dans le regard d’Ecaterina. Et si elle n’avait pas eu la réaction qu’elle aurait en temps normale, elle avait quand même compris son erreur et avait présenté ses excuses à l’intéressée avant de la prendre dans ses bras. Elle se sentit apaisée à la seconde où elle devina que les muscles de la jolie blonde s’étaient relâchés et que sa colère s’était envolée. Un petit silence suivit la déclaration de la conseillère. Ce silence lui permit de souffler cinq secondes. Elle leva les yeux dans l’obscurité du meuble et, de sa main libre, repoussa quelques mèches rousses en arrière. Elle se surprit à penser de nouveau à Will – ce qui n’était pas si surprenant, en fin de compte – en se demandant ce qu’il pouvait bien faire à l’heure qu’il était. Elle s’amusait énormément en compagnie d’Ecaterina, cependant elle aurait aimé que Will aussi soit là pour être avec elles. Oh bien entendu, en sa présence elle n’aurait jamais été aussi bavarde et aurait certainement passé sous silence les parties gênantes comme le « parfois, Will parle à ses tablettes de chocolat blanc » ou encore « Will imaginait des chorégraphies plus élaborées ». Emma sourit légèrement en se souvenant de cette dernière remarque, avant de rire discrètement. Elle l’aimait tellement, son Will...

Sa partenaire de jeu du soir rompit rapidement le silence, en choisissant de lui poser une question des plus étonnantes ; sans complexe, Ecaterina lui demanda si elle avait déjà embrassé une fille. La première réaction de la conseillère fut bien sûr de glousser sur l’épaule de sa camarade. « Cette fois-ci, c’est à moi de te poser la question, Cutie-Catwoman : pour qui me prends-tu donc ? Embrasser une femme ? Bien sûr que non, je n’ai jamais… je n’ai jamais… ». Emma s’interrompit, ses yeux s’écarquillant graduellement. Si à première vue, la question de sa colocataire semblait idiote et insensée, en y réfléchissant davantage, Emma se rendit compte que cela ne l’était pas tant.

Embrasser une femme ? En fait, cela lui était arrivé une seule fois. Et qui d’autre que Désirée Cravy pour être l’auteur d’un tel baiser ? A vrai dire, si Emma avait pu l’éviter elle l’aurait certainement fait, seulement sa meilleure amie de l’époque l’avait prise au dépourvu en agissant si rapidement qu’au moment où elle comprit ce qu’il se passait, il était déjà trop tard. Après avoir appris qu’elle n’était pas enceinte, la blonde sulfureuse lui avait sauté dessus et avait pris en otage ses lèvres pendant une seconde à peine. Une telle réaction de sa part n’aurait pas dû étonner Emma : après tout, elle était celle qui avait réussi à lui faire boire de la tequila dans le bar karaoké de la ville, et avait même réussi à lui faire avouer qu’au fond, elle n’aimait pas Carl Howell... contrairement à Will Schuester.

Pourtant, cela faisait si longtemps qu’Emma avait presque oublié ce « petit » épisode. Et puisqu’elle avait bu plus que de raison ce soir-là, elle avait mis plus de temps à s’en souvenir. Elle sursauta légèrement puis retira son visage de l’épaule d’Ecaterina. Plaquant une main sur ses lèvres, elle se redressa et ses yeux ronds brillèrent dans le noir. « En fait, cela m’est déjà arrivé… J’en ai bien peur ». Elle fit la moue et balança légèrement la tête. « Tu connais Désirée Cravy, n’est-ce pas ? … Suis-je bête, bien sûre que tu la connais, elle était ton professeur de littérature ! » S’exclama-t-elle, tout en secouant la tête d’un air hilare. « Eh bien… il y a de ça très, trèès longtemps, je l’ai surprise dans les toilettes un test de grossesse à la main. La pauvre pensait qu’elle était enceinte et, de peur que ses craintes soient confirmés par le résultat affiché sur le petit objet – et crois-moi, je sais ce que c’est – elle m’a demandé de lire le résultat. Seulement, quand je lui ai annoncé qu’elle n’était pas enceinte, elle m’a littéralement sauté dessus et a soudainement pressé ses lèvres contre les miennes ». Emma prononça les derniers mots de façon très rapide, comme si cela pouvait diminuer l’importance des faits. Elle plissa le yeux et posa le bout de ses doigts sur ses lèvres, l'air pensive avant de secouer la tête et de poursuivre. « Je n’ai rien pu faire pour l’en empêcher, je le jure ». Elle leva la main comme pour montrer qu’elle ne croisait pas les doigts, avant de se souvenir qu’Ecaterina ne pouvait pas la voir. Déçue, elle reposa sa main sur le sol. « Et puis, cela n’a duré qu’une seconde de toute façon ». Étourdie par toutes ses révélations, Emma poussa un long soupir. D’un côté, elle avait honte… et d’un autre, elle se disait que ce n’était pas si grave de toute façon. Enfin… tant que Will n’apprenait pas ce qu’il s’était passé, bien sûr.

Pendant ce temps-là, sa colocataire lui expliqua qu’elle ne la jugeait pas puisque c’était devenu une pratique courante. Emma se retourna de nouveau vers sa silhouette qu’elle apercevait à peine, et fronça le nez d’un air visiblement dégoûté. Poursuivant ses explications, Ecaterina lui appris les tendances du moment chez les jeunes filles de quatorze ans, tout en l’informant également de la « technique du stylo ». La conseillère secoua la tête d’un air confus et au moment où l’étudiante lui dit qu’elle était « naturellement douée avec sa langue », Emma avança sa main dans le but de la poser sur son poignet et de l'arrêter dans son élan. Manquant sa cible, ses doigts atteignirent l’épaule de la jeune fille et glissèrent le long de son bras pour finalement saisir son poignet – sans violence aucune, bien entendu.

« Oh épargne-moi, je t’en prie ! Je ne veux pas en savoir davantage ! ». Elle grimaça de nouveau et imaginant un stylo dans la bouche d’Emily, frissonna d’horreur. Elle ne préférait même pas imaginer tous les microbes qui pouvaient être impliqués dans ce genre d’exercices. Pouah ! Ses doigts entourant toujours le poignet d’Ecaterina, elle inclina légèrement le visage et s’expliqua. « Ne te vexe pas : je suis très contente de savoir que tu te débrouilles bien avec ta langue, seulement ce genre de choses me fait un peu peur, je dois l’admettre… Disons que j’ai une fille de presque cinq ans et que je préfère ne pas l’imaginer la langue fourrée dans… dans la bouche d’un… d’un… enfin bref, tu m’as très bien comprise de toute façon ! ».

Lâchant prise, Emma laissa sa main retomber sur le sol. La prenant par surprise, Ecaterina renchérit en lui disant qu’elle devrait peut-être essayer, elle aussi. Haussant les sourcils, la conseillère leva d’un même mouvement les yeux au ciel, un peu exaspérée. Pourquoi s’acharner à embrasser des filles quand les garçons avaient de si jolies lèvres ? Emma réprima un petit rire en posant de nouveau ses doigts contre ses lèvres. Par « garçons » elle pensait surtout à Will, en réalité. En fait, elle ne serait pas contre un peu de frivolité non plus… Oups. Une expression béate collée au visage, elle se mordit la lèvre inférieure. Heureusement qu’Ecaterina Robertson ne se la jouait pas à la Edward Cullen, parce que si elle était capable de lire ses pensées en cet instant précis, sa réputation volerait en éclats.

Riant de plus belle en entendant Ecaterina chanter les paroles de Katy Perry, Emma s’interrompit cependant quand elle lui dit que les cinq minutes étaient passées. La conseillère avait beau ne pas apprécier la façon dont elle était confinée dans ce placard, elle avait tout de même trouvé l’expérience plutôt amusante et n’avait pas vu le temps passer. « D’accord » Souffla-t-elle à sa voisine. Au moment où cette dernière s’avança dans le but de repousser la porte du meuble, Emma attrapa son bras d’un geste rapide. « Attends ! » Dit-elle sur un ton empressé. Elle plissa les yeux dans l’obscurité et posa son propre index sur les lèvres d’Ecaterina, comme pour lui intimer de se taire. Quelques secondes passèrent et elle haussa les sourcils : elle était certaine d’avoir entendu un bruit ! Dégageant finalement son doigt du visage de sa colocataire, elle approcha ses lèvres de son oreille. « Je crois que j’ai entendu un bruit, Cutie-Catwoman » Chuchota-t-elle. Elle ne savait pas s’il s’agissait du simple produit de son imagination ou non, mais elle était pourtant sûre d’avoir entendu un petit craquement. « J’ai peur… » Révéla-t-elle sur le même ton. Elle enroula ses bras autour du corps de l’étudiante et posa son visage contre son dos.
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Lun 19 Déc - 15:20

Oh, oh. Ecaterina venait apparemment de toucher un nerf. Dès lors qu’elle comprit qu’effectivement, sa colocataire avait déjà bel et bien embrassée une fille, elle grossit les yeux sous l’effet de la surprise : était-elle donc la seule à ne pas s’être aventurée de l’autre côté de la barrière ? Elle avait posé cette question pour la forme, sachant pertinemment qu’Emma n’était pas du genre à exploiter cette facette de sa sexualité et voilà qu’elle tombait dans son propre piège. Jamais elle n’aurait dû la questionner sur ce sujet, car au fond d’elle, elle préférait ne pas savoir. L’image de son ancien professeur de littérature s’imposa à elle. Blonde, grande, d’une beauté saisissante… en même temps, c’est vrai qu’on ne pouvait pas en vouloir à Emma d’avoir succombé à ses nombreux atouts. Néanmoins, la blondinette ne souhaitait pas connaître les détails de ce rapide échange de microbes. Seulement, Emma donnait l’impression de vouloir se dédouaner de cette expérience somme toute enrichissante, Ecaterina n’en disconvenait pas. D’une oreille plus que distraite, la jeune femme l’écouta donc lui raconter cette mésaventure ; Emma ne semblait pas particulièrement honteuse d’avoir été assaillit de la sorte par Désirée et cela lui fit esquisser un sourire moqueur. Dis donc, c’est qu’elle cachait plutôt bien son jeu, la conseillère d’orientation !

C’est à ce moment là qu’Ecaterina se rendit compte qu’au fond, elle ne connaissait pas bien Emma. De son côté, sa colocataire connaissait de nombreux détails de sa vie ; elle avait eu entre les mains son dossier scolaire qui relatait ses antécédents familiaux et autres broutilles dont elle ne souhaitait toujours pas parler, aujourd’hui. Avec Seth, Emma était peut-être celle qui connaissait le plus de choses à son sujet, c’était drôle quand on savait qu’à l’époque, elle s’était refermée comme une huître lors de leur toute première rencontre où elle était partie en lui priant de la laisser tranquille. En revanche, la jeune femme ne savait rien d’elle, de son enfance et de sa vie en général. Ecaterina se souvenait de cet entretien impromptu qu’elles avaient eu dans l’auditorium de WMHS. Durant cette discussion, elle s’était aperçue qu’elles se ressemblaient beaucoup ; elles avaient toutes les deux quelques névroses qu’elles avaient finies par maîtriser et surtout, l’image qu’elle projetait ne reflétait pas la réalité. En coulant un regard furtif vers la conseillère, une vague de profonde sympathie à son égard monta en elle. Elle n’oublierait jamais cette soirée, c’était une évidence et elle se jura qu’une fois sobre et reposée, elle tenterait d’en savoir davantage sur Emma et cela même si en retour, elle devait elle aussi se dévoiler un peu plus.

Emma semblait choquée par les révélations d’Ecaterina sur ses talents innés. Certes, elle admettait qu’elle était peut-être allée trop loin, cette fois. C’est pourquoi, roulant des yeux quant à la phrase qu’Emma prononça en retour, elle préféra s’abstenir de tout commentaire et enfin, mettre fin à leur petite escapade dans le placard de l’entrée. Étrangement, elle n’avait pas trouvé cela très drôle peut-être parce qu’Emma n’était pas une très bonne partenaire de jeu. Ecaterina regretta Seth à ce moment très précis, et soupirant en l’imaginant tout seul dans son canapé en train de corriger tout un paquet de copies, elle culpabilisa. La prochaine fois, elle l’inviterait ; plus on est de fous, plus on rit.

S’apprêtant donc à sortir de l’habitacle, Ecaterina tendit la main. La chaleur devenait étouffante dans ce petit endroit et pendant une fraction de seconde, elle cru dégobiller sur les chaussures de la conseillère d’orientation. Fort heureusement, rien de tout cela ne se passa. Cependant, Emma lui demanda subitement d’attendre et posa son index sur ses lèvres endolories. Surprise, la jeune femme fronça les sourcils. Emma lui disait avoir entendu un bruit. Tendant l’oreille par instinct, la blondinette resta à l’affût du moindre mouvement dans l’appartement, mais après quelques secondes, elle n’entendait toujours rien.

« C’est sans doute Ems, on devrait vraiment sortir, elle va se mettre à paniquer si elle ne vous trouve pas. » chuchota-t-elle exagérément, elle aussi. Repoussant l’index d’Emma, elle entrouvrit la porte, mais Emma la serra tout contre elle en exprimant sa peur. Ecaterina sentit les joues brûlantes de la conseillère tout contre son dos, et inspira une grande bouffée d’air, agacée « Arrêtez vos enfantillages ! Les monstres ça n’existe pas et les cambrioleurs sont plus bruyants que ça. Lâ… lâchez… Emma, lâchez-moi ! » Elle voulu se défaire de l’étreinte de la conseillère, toutefois, elle la tenait bien trop fort au point de lui couper le souffle. Essayant de bruyamment reprendre sa respiration, Ecaterina resta soudain immobile, tachant de se calmer « Si vous… si vous ne me lâchez pas, je… je vomis… je vomis sur vos chaussures ! »

Son rythme cardiaque avait considérablement augmenté, ce n’était pas très agréable et au fur et à mesure, cela devenait même un peu douloureux. Le sang battait à ses tempes, sa tête commençant à tout doucement lui tourner. Ecaterina sentait son front perler et le tissu de sa robe se coller contre sa peau moite à mesure qu’Emma la retenait de force –la chaleur corporelle de la jeune femme n’arrangeait pas son cas, d’ailleurs. Sa menace ne fonctionna pas, la blondinette devait absolument trouver une solution pour se défaire de son emprise. Fermant brièvement les yeux, elle tenta de desserrer les doigts de sa colocataire calés dessous sa poitrine, mais elle n’y parvint toujours pas. L’oxygène commençait à lui manquer et elle se mit à paniquer quant alors, elle eu une idée ; par une manœuvre habile, elle lui marcha sur le pied, lui écrasant les orteils avec le talon de sa ballerine. Cette fois, Emma lâcha prise et Ecaterina en profita pour rapidement s’extirper du placard. Une fois à l’extérieur, elle inspira une grande bouffée d’air tiède. Se courbant légèrement, elle posa ses mains sur ses hanches, tentant tant bien que mal de retrouver un rythme cardiaque régulier. Quelques étoiles dansaient devant ses pupilles et la lumière criarde du vestibule lui fit plisser les paupières –sa tête devint douloureuse, elle préféra mettre ceci sur le compte de la bosse qui s’était formée sur son front plutôt qu’à son trop plein d’alcool. Ecaterina ne se sentait vraiment pas bien et lorsqu’elle entendit un bruit dans la cuisine, elle pensa tout d’abord qu’il s’agissait du fruit de son imagination. Sauf qu’une seconde fois, elle entendit des verres tinter et soudain prise de panique, elle se dirigea de nouveau vers le placard, apeurée et poussant Emma sans ménagement pour qu’elle y entre, elle s’y engouffra à sa suite et referma la porte, effrayée ; Emma avait raison, il y avait quelqu’un dans l’appartement.

« Je crois que j’ai entendu du bruit, Emma. » marmotta-t-elle, pas rassurée du tout. Ecaterina posa sa main sur ses lèvres, furetant à toute vitesse dans son esprit embrumé ; sa bouche devint pâteuse et se fut plus difficile pour elle de s’exprimer, mais après quelques déglutitions pénibles, elle parvint à ouvrir la bouche…cependant, aucun son ne daigna en sortir.

Dans l’obscurité, l’anxiété de la jeune femme monta. Elle battit l’air avec sa main, s’éventant pour trouver un peu de fraîcheur, mais rien n’arrangeait sa situation. Il fallait qu’elles sortent de se placard, qu’elles aillent vérifier si Emily allait bien au moins ! Prise d’un élan de courage, Ecaterina exécuta quelques signes de la main ; elle avait vu cette technique dans un documentaire sur la guerre du Panama. Lors des assauts, les soldats communiquaient par geste. Seth utilisait parfois ce langage quand il ne voulait pas que les autres comprennent ce qu’il avait à lui dire. Dans la pénombre, Ecaterina exécuta donc quelques mouvements experts ; elle désigna Emma de la main, puis elle se désigna elle-même et enfin, la porte derrière elle en tapotant ses mains l’une contre l’autre ou en entrecroisant ses doigts entre eux. Mais, un autre bruit concis la fit violemment sursauter. Cat laissa échapper un petit cri incontrôlé puis, elle se rapprocha d’Emma par réflexe avant de la serrer dans ses bras. Son cœur battait à tout rompre et effrayée, presque tremblante, elle enfouit son nez dans le creux de l’épaule de la conseillère, crispant ses doigts autour de son épaule libre ; les rôles étaient inversés, maintenant.
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Sam 24 Déc - 14:40

Désormais terrifiée, Emma s’accrochait à Ecaterina comme si sa propre vie en dépendait. En temps normal, elle n’aurait peut-être pas eu aussi peur. Seulement voilà, en temps normal, elle n’aurait jamais été s’enfermer dans un placard non plus. L’alcool rendait les choses un million de fois plus confuses. Au plus les minutes passaient, au plus elle se sentait mal en point. Le vin lui martelait le crâne, et ses gestes semblaient manquer de précision. Le fait d’être accroupie au fond d’un placard n’était pas si mal, en fin de compte : au moins, elle ne pouvait pas tomber par terre puisqu’elle y était déjà. Pourtant, il commençait à faire vraiment chaud dans cet espace réduit et la chaleur alourdissait ses sens. Quand Emma sentit Ecaterina s’agiter près d’elle dans le seul but de s’échapper du meuble, elle comprit que c’était pour cette raison précise. Après tout, elle non plus ne faisait plus la fière. La sueur commençait à perler à fines gouttes sur ses tempes et son corps était raidi. Quant à ses articulations, elles semblaient douloureuses après avoir passé plusieurs minutes dans la même position.

Cependant, Emma ne voulait pas quitter le placard, ou tout du moins ne le voulait plus. Pas maintenant qu’elle avait entendu ce bruit dans son appartement. Depuis qu’elle était toute petite, elle avait toujours eu une peur monstre des cambrioleurs et autres prédateurs nocturnes. Pendant longtemps elle avait eu pour habitude de réciter une sorte de petite prière le soir, avant de laisser ses paupières retomber devant ses yeux et se laisser emporter par Morphée. Oui, chaque soir elle priait pour que ceux qu’elle dénommait naïvement les « méchants » ne viennent pas interrompre la quiétude de sa maison. Elle avait eu beaucoup de mal à se départir de cette petite manie d’ailleurs, et cela avait même été un problème quand, à l’adolescence, elle avait dû gagner de l’argent en faisant du baby-sitting. Terrifiée à l’idée de se faire agresser par une bande de cambrioleurs, elle était la plupart du temps plus affolée que l’enfant lui-même lorsqu’elle entendait un craquement résonner dans l’habitacle. Bien sûr, depuis le temps cette peur avait plus ou moins disparue, surtout depuis qu’elle vivait avec son professeur d’espagnol. S’il arrivait qu’elle entende un bruit qui la fasse frémir pendant la nuit, elle n’avait qu’à se réfugier dans ses bras et elle se sentait en sécurité. Mais cette fois, avec Ecaterina, tout était différent. Elles étaient deux jeunes femmes –l’une un peu plus que l’autre-, il y avait une enfant de quatre ans avec elles et l’alcool qu’elles avaient bu ne seraient pas un allié mais plutôt un autre obstacle.

Posant son front contre le dos de la jolie blonde, Emma serra fermement les paupières tout en essayant de se convaincre que ce bruit qu’elle avait entendu n’était que pur produit de son imagination. Allez, Emma, ne sois pas idiote, l’immeuble est bien protégé et tes voisins ne sont pas du genre à faire irruption dans ton appartement en pleine nuit. Elle leva un sourcil sceptique quand elle se souvint du voisin du dessus qu’elle avait toujours trouvé des plus étranges. Il s’appelait Mr Culligan et restait en permanence cloitré dans son appartement. Les seules fois où elle le croisait, il lui adressait un sourire de sadique si bien qu’elle accélérait alors toujours le pas. Mais oui, c’était donc ça ! Mr Culligan avait dû avoir vent de l’absence de Will et en avait profité pour se glisser dans leur appartement. Les doigts d’Emma se crispèrent autour d’Ecaterina. Non ! Non, elle ne voulait pas connaitre un sort terrible ! Elle ne pouvait pas sortir de ce placard, elle en était tout bonnement incapable.

Ecaterina commença à la repousser avec force, lui disant que c’était sûrement Ems et qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Elle, en revanche, allait paniquer si elle ne les trouvait pas ajouta-t-elle. Les yeux de la conseillère s’ouvrirent comme des billes. Ems ! Elle ne pouvait pas laisser Ems en compagnie de Mr Culligan, qui sait ce que ce monstre allait lui faire. Pétrifiée, elle ne parvint toutefois pas à lâcher Ecaterina. Elle était bien trop apeurée pour sortir du placard, et maintenant qu’elle s’était souvenue de sa fille qui dormait dans sa chambre, elle était encore plus terrifiée. Elle était sa mère, elle se devait d’agir pour la sauver des griffes du voisin dément mais soudain, ses muscles ne réagissaient plus et elle se retrouva plongée dans la torpeur.

« Non Cutie-Catwoman, je ne peux pas bouger » Lui souffla-t-elle d’une voix si basse qu’on ne pourrait pas l’entendre de l’extérieur. La jeune fille insista alors, se débattant contre elle pour qu’elle la lâche enfin mais Emma tint bon et se raccrocha à elle avec plus d’insistance encore. Ecaterina la menaça alors de vomir sur ses chaussures et la conseillère fronça les sourcils, choquée. Ah non, pas ses chaussures, il s’agissait de l’une des paires qu’elle préférait ! Elle fronça le nez et secoua la tête en signe de dénégation. Kurt Hummel avait déjà vomi une fois sur elle –non, même deux fois en réalité- et elle en gardait un très mauvais souvenir. Elle se souvenait encore de l’odeur de sa peau après cela et serra les dents. C’était si lâche de la menacer de la sorte, en s’attaquant à son point faible ! Mais de nouveau, elle ne s’exécuta en se disant qu’Ecaterina n’oserait de toute façon jamais faire une chose pareille.

Plusieurs secondes passèrent avant que Blondie ne décide de lui marcher sur le pied. Emma plaqua une main contre sa bouche pour ne pas échapper un petit cri de douleur et, croisant le regard de la jeune fille, lui lança un regard irrité. Elle porta aussitôt ses doigts à ses orteils qu’elle massa délicatement tout en regardant avec horreur Ecaterina sortir du placard. Trouillarde jusqu’au bout, elle faillit refermer la porte derrière celle-ci et rester seule dans le placard, loin de Mr Culligan, mais n’osa pas laisser sa jeune compère seule –celle-ci avait beau être une vilaine briseuse d’os, elle restait tout de même une amie. Elle commença ainsi à en sortir à contre cœur et respira elle aussi de grandes goulées d’air. Il était vrai qu’Ecaterina avait raison sur un point : l’air était plus respirable. A peine eut-elle terminé de reprendre son souffle qu’un bruit se fit entendre du côté de la cuisine. Emma sentit ses os se glacer. Ah ! Et qui était la plus folle des deux maintenant ? Certainement pas elle, qui savait bien que quelqu’un se trouvait dans la maison. Autant dire que lorsque sa colocataire la poussa une nouvelle fois à l’intérieur du placard, elle n’opposa pas la moindre résistance. Quelques secondes plus tard, elles étaient de retour dans l’obscurité et la chaleur.

Le corps d’Emma fut traversé de frissons. Elle remarqua à peine les gestes d’Ecaterina, tellement obnubilée par la peur qui la dévorait qu’elle en oubliait tout le reste. La jolie blonde la serra alors dans ses bras quand un bruit se fit encore entendre. La conseillère tapota doucement de la main sur le dos de Cutie, comme elle le faisait toujours avec Emily quand celle-ci prenait peur pour une raison X ou Y. Elle n’aimait pourtant pas le rôle qu’elle tenait car au fond, elle était certaine d’être la plus effrayée des deux. « Je-je crois qu’il s’agit de Mr Culligan, le voisin du dessus » Lui chuchota-t-elle pour la tenir au courant. Elle prit une grande inspiration et poursuivit, sur le même ton. « C’est un drôle de type et… oui, je pense que c’est lui ». Ah, si seulement Will était là avec elle ! Ses doigts commencèrent à caresser les longues mèches blondes d’Ecaterina, éparses dans son dos, toujours dans le but de la rassurer. « Oh, Cutie, si je meurs ce soir, sache que je t’aurais vraiment apprécié. Merci pour… ». Des bruits de pas lui parvinrent aux oreilles et Emma jeta un regard horrifié en direction de la porte du placard qui les dissimulait. Elle serra Ecaterina un peu plus fort dans ses bras tandis que le grincement de la poignée se fit entendre. La porte commença alors à s’ouvrir, lentement, très lentement. Sans pouvoir s’en empêcher plus longtemps, les yeux bordés de larmes de terreur, Emma poussa un cri à l’intérieur du placard.
« AHHHHHHHHHHHH »
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Sam 7 Jan - 16:44


Je soupirais bruyamment, prenant ma tête entre mes mains et me laissant tomber au fond de ma chaise. Enfin j'avais terminé de corriger toutes ses copies. La journée avait été très longue et j'étais impatient de retrouver le confort de mon lit. Il y a quelques heures, j'avais envoyé un message à Emma pour lui dire que je travaillerais tard ce soir. J'avais une répétition du Glee Club, puis j'avais donné un cours de soutien d'espagnol pour une petite dizaine d'élèves volontaires. Ce cours s'est terminé assez tard et entre temps j'avais commencé à corriger ma pile de copies. Une fois tous les élèves partis, j'avais décidé de ne rentrer qu'une fois avoir terminé ce que j'avais commencé. Je laissais glisser mes mains sur mon visage fatigué aux traits certainement tirés et jeté un coup d’œil à ma montre. Il se faisait vraiment tard … Je m'empressais de terminer la dernière copie et ranger toutes mes affaires dans ma sacoche. Il fallait que je rentre si je ne voulais pas qu'Emma s'inquiète. J'attrapais ma veste au passage et sortais de ma salle, la fermant à clé derrière moi. Je traversais le long couloir du lycée qui était plongé dans l'obscurité et le silence total. Un sourire étirait mes lèvres lorsque je passais devant le bureau de ma fiancée. Je secouais doucement la tête, amusé, et sortais de l'établissement pour me diriger vers ma voiture. Le froid me frappa de plein fouet. Je remontais le col de ma veste et me dépêchais de monter dans ma voiture. Je me frottais les mains pour me réchauffer avant de mettre le contact et de démarrer en direction de l'appartement. J'étais vraiment pressé de rentrer …

Je courais jusqu'à la porte d'entrée que j'ouvrais à l'aide de mon épaule. Le silence dans lequel était plongé l'appartement m'étonna. Je fronçais doucement les sourcils et posais ma sacoche par terre, à l'entrée. J'avançais et entrais dans la salle à manger, mon étonnement se renforçait un peu plus lorsque j'apercevais sur la table deux verres et une bouteille de vin vide ainsi qu'une autre commencée. Emma ne buvait jamais, ou alors très rarement, d'alcool. Je jetais un regard vers le salon : personne. Aucun bruit non plus. Emily, elle, devait sûrement être couchée. Dans un geste de maladresse, mon pied heurta une chaise, je manquais de peu de tomber, mais je me rattrapa à temps à la table. Je me retournais brusquement en entendant un bruit provenant du hall d'entrée. Un frisson parcourut mon échine. J'attrapais la bouteille vide et revenais sur mes pas, en faisant le moins de bruit possible. J'attendais quelques minutes et un nouveau bruit léger éclata, je compris alors que cela venait du placard. Mon palpitant s'accélérait alors que ma main libre se posait sur la poignée du placard, l'autre tenant la bouteille vide. On ne sait jamais. Peut-être était-ce un cambrioleur … Je comptais jusqu'à trois dans ma tête et levais la bouteille au-dessus de ma tête, prêt à assommer le voleur qui se trouvait peut-être enfermé. J'ouvrais la porte d'un geste brusque alors qu'un crie sortait du placard. Je ne pus m'empêcher de crier également. Mon cœur loupa un battement, puis je me rendis compte que la personne, ou plutôt les personnes, cachées dans le placard n'étaient pas des voleurs, mais bien Emma et Ecaterina. Ma bouche s'entrouvrait légèrement d'étonnement et mes sourcils se fronçaient à nouveau sous le coup de l'incompréhension. « Emma ? Ecaterina ? » Je baissais la bouteille que je tenais encore dans ma main. « Vous pouvez me dire à quoi vous jouer ? » Je levais les yeux au ciel. Je pouvais encore sentir mon cœur battre la chamade. Que pouvaient-elles bien faire dans le placard, toutes les deux ? Un odeur de vin pouvait se faire sentir dans le placard. Je commençais à deviner qui avaient vidé les bouteilles posaient sur la table -dont celle que je tenais dans la main. J'attrapais la main d'Emma et l'aidais à sortir du placard, et faisais de même pour Ecaterina. C'est à ce moment là que je me rendis compte qu'elle était saoule. La situation aurait pu me faire rire si je n'avais pas eu aussi peur quelques minutes plus tôt. Je n'avais jamais vu Emma saoule et je n'avais jamais pu l'imaginer dans cet état. Je les regardais chacune leur tour attendant des explications. De retour dans la salle à manger, je posais la bouteille sur la table. Et dire que j'aurais pu assommer ma fiancée ou encore la nourrice de ma fille avec cette dernière sous le coup de la panique … Je me demandais vraiment ce qui avait pu passer par l'esprit des deux femmes pour faire une chose aussi insensée. Mes pensées se redirigèrent vers Emily. Au vu de l'état des deux jeunes femmes, je priais pour que ma fille soit dans son lit et qu'elle n'ai surtout rien vu de tout ça. « Emy est couchée, pas vrai ? » Je me laissais tomber dans une des chaises autour de la table. Je m'accoudais sur cette dernière et soupirais longuement en m'appuyant sur une de mes mains. Mon regard se posa sur Emma. Un léger rire traversait mes lèvres, c'était plus fort que moi. A vrai, je n'étais pas plus étonné que ça de voir Ecaterina saoule, mais Emma, c'était une autre histoire. Jamais je n'aurais pu croire que ma fiancée puisse se mettre dans un tel état. « Vous devriez vous voir quand même … » soufflais-je réellement amusé par la situation. Je continuais de sourire légèrement en observant les deux jeunes femmes. Apparemment, elles avaient décidé de profiter de mon absence pour s'amuser un peu. Il y avait vraiment de quoi rire.
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Dim 8 Jan - 16:22

Le voisin du dessus. Ecaterina plissa les paupières en tachant de se souvenir de ce fameux voisin qu’Emma qualifiait de « drôle de type ». Décidément, ça ne lui disait rien. Pourtant, elle était assez physionomiste. Un don hérité de sa mère qui avait le chic pour se souvenir des beaux visages disait-elle. Tu parles d’un don utile, c’est comme faire tenir une cuillère sur le bout de son nez : ça craint et ça ne sert strictement à rien si ce n’est à amuser la galerie pendant les fêtes de famille. Si ce drôle de type avait eu une quelconque tare physique, elle s’en serait donc souvenue, forcément. Mais non, ça ne lui revenait pas. L’immeuble dans lequel se trouvait l’appartement de Will et Emma était relativement calme. Parfois dans son sommeil, il lui arrivait d’entendre des grincements de sommier qui venaient d’en haut, mais elle n’y prêtait plus attention. Elle ne savait même pas que c’était un homme qui vivait dans l’appartement du dessus. Divaguant à moitié à cause des vapeurs d’alcool, Ecaterina se jura de faire une fournée de muffins et de les apporter à ses voisins dès le lendemain pour rattraper sa grossière erreur.

Cependant, sa rêverie fut de courte durée. Elle avait un autre problème à régler que faire travailler sa mémoire défaillante ; il y avait du bruit dans l’appartement, elle avait peur et le mélange d’alcool et de nourriture commençait à tout doucement lui retourner l’estomac. Elle avait envie de vomir, de dormir plus que tout et cette peur qui montait vicieusement en elle n’arrangeait pas les choses. Est-ce que Monsieur Culligan était assez téméraire pour s’introduire dans l’appartement de ses charmants voisins ? Ecaterina n’en savait fichtre rien et n’en avait que faire. Son problème maintenant était de se sortir de ce pétrin. Mais comment ? Les doigts crispés autour de l’épaule de sa colocataire, elle chercha un moyen de se faufiler à l’extérieur de l’habitacle. Ce n’était pas difficile à constater : Ecaterina était petite et les sprints qu’elle piquait pour arriver à l’heure au travail prouvaient qu’elle était aussi extrêmement rapide. Elle ne mettrait donc pas beaucoup de temps à courir pour rejoindre la porte et s’extirper de l’appartement maudit. Néanmoins, il y avait Emma et surtout, Emily. Certes, Ecaterina n’avait jamais été courageuse. Elle ne l’assumait pas totalement face aux autres, mais elle en avait pleinement conscience, ce n’était pas glorieux. Il s’agissait d’une facette de sa personnalité qui la dérangeait et en quelques années, elle était parvenue à corriger ce défaut –autant dire qu’elle en avait vraiment bavé. Son départ d’il y a cinq ans était en partie dû à ce manque cruel de courage. Si elle était lâche ? Le terme était peut-être un peu trop fort. Elle n’était juste pas très audacieuse, elle n’était sans doute pas la seule. Cela ne se lisait peut-être pas sur son visage, mais elle avait peur, c’était aussi simple que ça –et qui pouvait se permettre de la blâmer d’avoir peur ?

Emma parla de mourir. Ecaterina sentit un courant glacial lui passer dans le dos, la forçant à cambrer la taille et se raidir aussi rapidement. Tout à coup, elle eu l’impression de redevenir une petite fille. S’agrippant à Emma avec force, elle fut tentée de geindre et de se mettre à sangloter, mais cette impression désagréable d’être devenue muette l’empêcha de prononcer quoi que ce soit. Elle aussi appréciait Emma, de plus en plus. Elle regrettait tout ces entretiens qu’elles avaient eu dans le passé et qui s’étaient tous terminés dans de drôles de conditions : Ecaterina n’avait jamais voulu de mal à Emma et vice-versa. Pire, elle aurait très certainement pu l’aider à régler certains de ses soucis. Dans un élan de courage, la blondinette voulu marmotter quelques regrets, toutefois, elle fut coupée dans son entreprise par le long cliquetis de la poignée du placard qui se mit à tourner lentement, trop lentement. Fermant très fort les yeux, Ecaterina approcha aussi près que possible son visage de celui d’Emma et l’enfouit pour la seconde fois au creux de son cou.

Le cri d’Emma résonna violemment aux tympans d’Ecaterina qui se mordit si fort la lèvre inférieure qu’elle en sortit toute blanche. Attendant sagement son châtiment, elle fronça pourtant les sourcils lorsqu’elle se rendit compte que la conseillère ne fut pas la seule à s’être mise à crier comme une fillette. Sortant son joli minois du cou de sa colocataire, Ecaterina tourna la tête vers la source soudaine de lumière. William lui apparut, l’œil hagard, une bouteille à la main. Le fixant avec des yeux de merlan frit, il fallut à la jeune femme plusieurs minutes pour comprendre la situation ; le bruit, William, le placard, William, la bouteille… un grand sourire illumina son visage et sans attendre que le jeune homme l’aide à sortir de l’étroitesse du meuble, elle s’agrippa à son cou et l’étreignit avec enthousiasme.

« Mister Schuester, vous êtes mon héros. » minauda-t-elle en déposant un long baiser humide sur sa joue mal rasée. Elle ne le lâcha pas et s’accrocha à lui comme à une bouée avant qu’il ne la repousse et qu’elle se retrouve droite sur ses pieds vacillants « J’ai toujours su que vous étiez le meilleur. Je vous ai toujours préféré aux autres professeurs et ouah… » Elle s’approcha de nouveau de Will. Trouvant subitement un grand intérêt à ses bouclettes, elle se pencha sur lui en plissant les yeux et sans en avoir la permission, passa ses doigts dans ses cheveux « Vos cheveux, Mister Schue. Vos bouclettes ! Je me suis toujours demandé si elles étaient naturelles. Elles sont douces –vous voulez un massage ? On peut aller dans la salle de bain vous et moi, je vous ferez un shampooing. » dit-elle avec le plus grand des sérieux, furetant avidement les moindres détails des boucles de William. Obliquant la tête, elle approcha davantage ses yeux des mèches de son ancien professeur d’espagnol et loucha sur la perfection de ses bouclettes « Ouah… pourtant Seth en a de fameuses, mais les vôtres… William, vos bouclettes sont les plus jolies bouclettes qu’il m’est été donné de voir dans toute ma misérable vie, ouais. »

Elle se redressa de toute sa petite taille en claquant des doigts devant son visage. Soudainement, Ecaterina s’étira en gémissant puis, passant ses mains dans ses propres cheveux, elle étira ses longues mèches de part et d’autre de ses épaules.

« Cette soirée… cette soirée… » Elle bailla, ne prenant même pas la peine de mettre sa main devant sa bouche par politesse « Cette soirée fut d’une décadence to-ta-le. » Brusquement alerte, Ecaterina leva le menton, l’air passablement contrarié « Quelle heure est-il ? » « demanda-t-elle et n’attendant pas de réponse, elle concéda dans un rire entendu « Il doit être très tard, je suppose. Allez, allez… tout le monde au lit, il y a école, demain ! » Elle joignit ses poings devant elle et haussa les épaules en feintant l’enthousiasme puis se détourna de la table encore jonchée du relief de leur repas.

Plus que vaseuse, Ecaterina fit un effort pour ne pas dégobiller sur le parquet de la salle à manger. Elle fit glisser son regard sur Emma puis sur William puis encore une fois sur Emma. Posant une main sur son abdomen un chouïa douloureux, la jeune femme s’approcha de sa colocataire et la prit dans ses bras. Une longue étreinte, sincère. Elle était peut-être trop ivre pour lui dire tout ce qu’elle avait réellement sur le cœur, mais elle espérait que ce câlin impromptu soit assez significatif pour la jeune femme. En se détachant d’elle, Ecaterina plongea ses pupilles claires dans les grandes soucoupes brunes de la conseillère et murmura pour qu’elle seule puisse l’entendre :

« Merci, Emma. » Elle pressa son épaule un moment avant de soupirer nonchalamment et de reporter son attention sur William assis à la table. Une nouvelle fois, elle s’approcha de lui puis déposa un baiser sur le bout de son propre index avant de le presser sur les lèvres de son colocataire « Hasta luego, mon héros. » Mentalement, elle nota la superbe rime qu’elle venait de faire et s’en félicita puis enfin gratifia William d’un petit clin d’œil malicieux.

Elle se dirigea vers la porte d’entrée d’un pas franc et décidé et une fois face à la porte, Ecaterina se rendit compte que ce n’était pas la bonne direction. Eclatant d’un petit rire gêné, elle se retourna en balançant des bras d’avant en arrière. Pointant la porte de sa chambre du doigt, elle s’apprêta à se justifier, mais elle estima qu’il était plus raisonnable de la boucler. De ce fait, elle reprit son chemin dans le sens inverse et se réorienta vers sa chambre : au moins ce soir, elle dormirait comme un loir.
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MessageSujet: Re: 01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !   Dim 8 Jan - 19:16

Emma n’avait jamais été une grande amatrice de sensations fortes. Quand elle était petite et que ses parents l’emmenaient dans des parcs d’attractions, elle s’efforçait de garder une distance respectable entre elle et les grands huit délirants devant lesquels elle laissait découvrir un visage horrifié. Ses yeux bruns n’étaient jamais assez grands pour refléter la peur qui courait en elle lorsqu’elle voyait son petit frère grimper sur ces machines terrifiantes. La plupart du temps, elle choisissait alors de fermer les yeux, ne préférant pas le voir s’époumoner, tête en bas. En grandissant, elle avait développé le besoin de se conforter dans sa petite routine et de ne jamais rien laisser la surprendre. Elle maudissait les poussées d’adrénaline de la même façon qu’elle détestait le changement et c’était la raison pour laquelle elle essayait toujours d’être parée devant n’importe quelle éventualité. La première fois qu’elle s’était sentie entièrement désarmée devant une situation avait été celle de sa rencontre avec William Schuester, le charmant professeur d’espagnol qu’elle avait accidentellement bousculé au détour d’un couloir. Et puis, il y avait eu Ken. Et Carl. Et enfin, ce fameux bal de la Saint Valentin qui avait été le lieu de ses retrouvailles avec Will. Sans compter sa grossesse impromptue, quelques mois plus tard. Pourtant, si tous ces événements l’avaient troublée et déboussolée, ils avaient toujours eu d’agréables conclusions. Mais qu’en était-il de cette soirée ? Tapie avec Ecaterina dans le placard, Emma redoutait véritablement le pire. Elle n’imaginait que trop bien la porte du placard s’ouvrir et révéler la silhouette menaçante de Mr Culligan. Ses lèvres s’étireraient en un rictus déplaisant, et puis il abattrait tout naturellement le couteau de cuisine sur Ecaterina et elle. Avec un peu de chance, le couteau atteindra rapidement son cœur de sorte qu’elle ne souffrira pas beaucoup. Seulement, elle était à peu près certaine qu’il s’amuserait à la torturer avant de la tuer. Ce genre d’homme était si sadique que la mort seule ne lui suffirait pas : c’était la lueur de pitié dans les prunelles de ses victimes qui le ferait jubiler.

Emma sentit un nouveau frisson lui parcourir l’échine. L’alcool lui embrumait tant l’esprit que même l’image de Mr Culligan était déformée dans sa tête. Le pauvre, il n’était déjà pas très charismatique avec son nez tordu et ses petits yeux noirs – sans parler de ses cheveux gras qui dégoutaient à chaque fois la conseillère d’orientation – mais si en plus elle lui attribuait une mâchoire carrée et des dents aiguisés, autant dire qu’il avait le total look du tueur en série. Serrant fermement Ecaterina entre ses bras frêles, elle regarda avec horreur la porte du placard s’ouvrir petit à petit. Elle allait mourir, c’était certain. Et le pire, c’est qu’elle ne s’était jamais préparée à mourir. Non, elle avait toujours balayée cette éventualité d’un revers de la main. Secouant la tête avec horreur, elle entendit le grincement de la porte et se mordit si fort l’intérieur de la joue qu’elle reconnut presque aussitôt le goût âcre du sang sur le bout de sa langue. Les larmes de terreur lui brouillèrent rapidement la vue et avant même de pouvoir reconnaitre la personne qui se tenait derrière la porte du placard, elle poussa un grand cri à la fois effrayé et effrayant. Elle sentit Ecaterina se figer dans ses bras, tandis que ses propres ongles s’enfonçaient dangereusement dans les paumes de ses mains.

Emma ferma les yeux, s’apprêtant à recevoir le premier coup de couteau en pleine épaule. Un cri horrifié se fit entendre mais aveuglée par la peur, elle ne le reconnut pas, certaine qu’il s’agissait en réalité d’Ecaterina qui s’égosillait dans ses bras. Son propre cri se poursuivait, incapable qu’elle était de se taire. Les larmes se mirent à rouler sur ses joues, dégringolant de ses pommettes et courant le long de son visage pour s’écraser dans son cou. Une seconde ou deux passèrent et ne sentant toujours pas la pointe du couteau sur sa peau, elle décida d’ouvrir les yeux. Son visage se tourna peu à peu vers l’ouverture de la porte et entre ses larmes, elle découvrit un visage qui lui était familier… Mais qui n’était certainement pas celui de Mr Culligan. Sous le choc, elle ravala son cri et ouvrit de grands yeux étonnés. Mais non, bien sûr que ce n’était pas Mr Culligan ! C’était Will ! Will, son amoureux, son fiancé, son sauveur... qui tenait une bouteille de vin vide dans sa main droite. Le regard de la conseillère passa du visage surpris de son petit ami à la bouteille de vin dans sa main et elle en resta un moment interloquée. Et alors que Will lui tendait une main pour l’aider à sortir, elle éclata tout simplement de rire. Lorsque ses jambes rencontrèrent enfin le parquet de l’entrée, elle posa ses deux mains sur son ventre et se pencha en avant, riant aux éclats tandis qu’Ecaterina sortait à son tour du placard. Incapable de s’arrêter, elle ne se préoccupa même pas du discours flatteur que sa colocataire adressait à son futur mari. Les mains toujours posées sur son ventre, elle se redressa au bout d’une minute et parvenant à retrouver son calme, elle se retourna et aperçut Ecaterina occupée à détailler les bouclettes de son fiancé tandis qu’ils s’avançaient tous les deux vers la salle à manger. Emma fronça un sourcil puis en voyant l’expression de Will, elle repartit dans un nouveau fou rire.

La conseillère essaya de rattraper les deux compères, mais c’était bien sûr sans compter son taux d’alcoolémie. Elle tituba dangereusement à chaque pas, et lorsqu’elle arriva finalement dans la salle à manger, elle s’arrêta à côté de la table afin de s’appuyer sur cette dernière et ainsi éviter de tomber. Quand elle parvint finalement à se calmer une nouvelle fois, elle jeta un coup d’œil furtif à Ecaterina qui baillait à s’en décrocher la mâchoire. Emma inclina légèrement le visage pour l’observer, mais la jeune fille s’approchait déjà d’elle pour la prendre dans ses bras. La jeune femme fut légèrement déstabilisée par ce geste et dut s’agripper fermement aux épaules de la jolie blonde pour rester droite. Et puis, elle desserra son étreinte et se dégagea de son emprise afin de plonger ses yeux clairs dans les siens. Ecaterina la remercia, et la conseillère se contenta d’acquiescer d’un signe de la tête. Ce n’est que lorsque la jeune fille repartit vers sa chambre qu’Emma croisa enfin le regard de Will. Elle s’approcha doucement de lui, puis s’assit sur ses genoux et entoura son cou de ses bras. Elle était si heureuse qu’il soit là, avec elle. Sa présence était bien plus appréciable que celle du voisin du dessus, il n’y avait aucun doute là-dessus. Emma inspira un grand coup et esquissa un sourire en reconnaissant l’odeur si familière de son fiancé. Elle finit cependant par se redresser sur ses genoux et ancra son regard au sien. Elle émit une sorte de petit rire étouffé, puis se reprit tout doucement. « Ahhhh, Will, je suis tellement contente que tu sois là ! Je promets de ne plus jamais toucher aux bouteilles de vin, oh ça oui, plus jamais ». Elle posa son index au-dessus de son sourcil et fit la moue : « Ça tourne là-dedans, et je crois que j’ai un peu mal au ventre, aussi ».

Laissant son bras retomber, elle fronça sévèrement les sourcils puis secoua la tête d’un air qui n’était pas sans rappeler celui de sa propre fille quand celle-ci était contrariée. Sa main retrouva celle de Will et elle croisa ses doigts entre les siens. Elle se mordit la lèvre inférieure puis leva de nouveau son regard brun vers celui du professeur d’espagnol. Se levant soudainement de la chaise, elle tira sur la main de son petit ami pour qu’il la suive. « Tu viens ? » Lui demanda-t-elle, impatiente. Elle se dirigea aussitôt vers leur chambre et quand elle se retrouva face à la porte de celle-ci, elle la poussa avec son pied tout en gloussant. Tirant toujours fermement sur la main de Will, elle se dirigea vers leur lit et grimpa sur celui-ci. Elle s’assit tranquillement sur le lit et lâcha finalement les doigts de Will pour se pencher et retirer ses chaussures qu’elle envoya valser à l’autre bout de la chambre. Quand ses pieds furent enfin libres, elle se retourna vers son fiancé et lui offrit son plus sourire, pouffant de nouveau. La jeune femme bascula sur ses genoux et avança vers lui. Au dernier moment, elle se redressa, prit les mains de Will, parvint à se hisser sur ses pieds, et l’entraina de force à faire la même chose. Debout sur son lit, elle se pencha sur la pointe de ses pieds et posa ses lèvres contre les siennes. En dépit de l’alcool qui lui tambourinait toujours le crâne, elle parvint à rester debout sur le couvre lit sans vaciller. Elle posa ses deux mains sur la taille de Will, et l’embrassa avidement comme si elle ne l'avait pas vu depuis des mois. Elle avait l’impression que toute la pièce tournait autour d’elle, mais elle parvint quand même à interrompre le baiser au bout de plusieurs secondes, et lorsqu'elle dégagea son visage du sien, elle accrocha suffisamment le regard de son fiancé pour ne pas tomber du lit. « Tu sais », commença-t-elle, « je suis drôlement contente que tu nous aies trouvé. Tu es cent fois plus beau que Mr Culligan, et surtout mille fois plus attirant que lui ». Elle haussa les sourcils d’un air subtil, puis recula d’un pas et retira ses mains posées sur Will. Un grand sourire dessiné sur ses lèvres, la jeune femme s’avança vers le bord de son lit et rit légèrement avant de se retourner, puis de se laisser basculer en arrière. Atterrissant sur le dos, Emma éclata de rire comme une gamine et posa automatiquement ses mains devant sa bouche. Lorsque son rire s’estompa enfin derrière ses doigts, elle s’étira de tout son long. Quand Will la rejoignit finalement, elle se lova dans ses bras et plusieurs minutes plus tard, elle dormait à poings fermés… un certain Mr Culligan occupant ses rêves.

Moralité de l’histoire : ne jamais vider une bouteille de vin avec sa colocataire quand on ne tient pas l’alcool.

rp clos

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01. [Appartement Pillsbury/Schuester] Blame It on the Alcohol !

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