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 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.

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MessageSujet: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptyLun 14 Nov - 0:25

Le garçon fixait, l’air incrédule, l’écran de son poste de télévision, tout en zappant frénétiquement les chaînes câblées en quête d’un programme pour la soirée. Ses longues recherches n’aboutirent qu’à une rediffusion en russe d’un classique d’Almodóvar, mais abasourdi par la voix aigre de la doubleuse principale, il se résigna à éteindre l’appareil et ferma les yeux. Un silence de plomb retomba dans la pièce et, lamentablement avachi sur le canapé du salon, il soupira en signe de dépit. Il détestait définitivement la fin de la semaine. C’était le prix qu’il devait payer depuis qu’il avait décidé de conjurer son mauvais sort en se privant –au possible- d’une vie sociale trop active. Mais il devait bien admettre que, même si sa combine semblait porter ses fruits, il aurait volontiers donné tout ce qu’il avait pour passer la soirée ailleurs qu’ici, les orteils en éventail et la table basse recouverte de fiches de cours empilées et menaçant de s’envoler au moindre courant d’air. L’horloge indiquait 21H et il jugea qu’il était beaucoup trop tard pour espérer improviser convenablement une soirée entre garçons. Tous devaient certainement vaquer à de bien plus palpitantes occupations qu’une partie de poker bidon ou le visionnage d’un vieux dvd à moitié rayé.

Dans un vague effort, Gale se redressa et saisit un oreiller qu’il serra contre lui. Ces derniers temps, il manquait cruellement d’affection. A vrai dire, cette impression était revenue depuis que Sam et Quinn s’étaient mariés et que, rebuté par ce trop-plein d’affection, il préférait ne pas traîner dans leur petit nid d’amour. C’était la même chose avec Ryder, sans parler de Finn qui s’était amouraché de sa voisine mystérieuse. Gale était seul, il avait lui-même choisi de l’être, mais ne se complaisait pas pour autant dans ce semblant de quiétude. L’air bougon, il adopta une posture plus correcte et pencha sa tête contre le dossier rembourré et douillet de son canapé. Tout en essayant de remettre de l’ordre dans ses idées, son regard se perdit dans le ciel assombri et embrumé que laissait entrevoir la fenêtre du salon. Les étoiles scintillaient faiblement mais surent capter son attention. Il souffla et fronça ses sourcils ; il avait rudement besoin de prendre l’air.

Sa moue paresseuse ne l’empêcha pas d’enfiler à toutes jambes ses chaussures et la première veste qu’il eut à portée de main. Le garçon ne fit pas attention à ses vêtements ; là où il se rendait, il n’avait pas besoin d’une tenue convenable. Il examina l’endroit avec circonspection mais fut surprit en constatant que le désordre était moins préoccupant qu’il ne l’avait pensé ; aussi s’empressa-t-il de prendre la porte, l’air presque enjoué. L’endroit où il s’apprêtait à aller pouvait sembler ridicule, il en était bien conscient, mais ce qu’il considérait être comme son plaisir coupable ne manquait pas d’atouts et de charme à ses yeux. Avec rythme, il monta les escaliers en colimaçon délabrés jusqu’à aboutir face à une porte vétuste mais solide qui grinça lorsqu’il l’entrouvrit pour laisser pénétrer l’air frai du soir. Le toit du bâtiment s’étalait devant lui, et une douce brise vint l’accueillir en caressant sa joue. Il aspira profondément.

Ca n’était pas la première fois qu’il venait ici, malgré les indénombrables inscriptions ‘défense d’entrer’ qui jonchaient l’escalier et la porte qu’il tenait d’une main ferme. Lors de sa première visite, il avait machinalement lâché la porte qui s’était fermée derrière-lui, sans se rendre compte que la poignée externe était arrachée. Une bêtise qui s’était soldée par une nuit à la belle étoile, du moins jusqu’à ce qu’un résident ne l’entende tambouriner avec force contre la porte et vienne lui porter secours. Soigneusement, il cala une pierre pour maintenir la porte et, après s’être assuré qu’il ne craignait pas une seconde fois d’être bloqué, il déambula avec décontraction sur le toit désert de l’immeuble. Ici, il n’avait pas de réseau et rien ne pouvait perturber sa contemplation du ciel étoilé ; un sentiment de plénitude l’envahissait. Il s’approcha du rebord pour observer la rue voisine, les lampadaires laissant seulement deviner les ombres de quelques passants qui empruntaient chacun des trajectoires différentes avant de finalement disparaître de son champ de vision.

La hauteur à laquelle il se trouvait était dérisoire, mais Gale n’y prêtait pas attention. Lima n’avait jamais eu la prétention de compter des immeubles gigantesques. Après avoir fait à maintes reprises fois le tour des lieux, il vint s’installer contre un vieux et gros tuyau rouillé qu’il savait inutilisé ; il croisa ses jambes et pencha sa tête vers le ciel. D’ici, les étoiles semblaient briller plus fort que jamais et rien d’autre que les bruits faiblards des voitures en dessous ne venait chatouiller ses tympans. Il ferma les yeux un court et entreprit de se vider la tête en laissant l’air frai envahir ses poumons. Seulement, un bruit irritant qu’il reconnut tout de suite ne manqua pas de le faire sursauter. Il jura intérieurement en réalisant ce qui venait de se passer ; derrière-lui, la portée s’était refermée.


Dernière édition par Gale Hemmens le Sam 31 Déc - 23:49, édité 1 fois
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptyLun 14 Nov - 18:17

Ne prenant pas la peine de relire le long mail qu’elle venait de rédiger, Cat se résigna : bloquant sa respiration, elle cliqua sur l’onglet « envoyer ». Dans à peine quelques jours, elle ne serait plus étudiante à l’Université de Cincinnati –elle ne serait plus étudiante tout court. Ce n’était pas ce qu’elle voulait, mais elle devait faire des choix et tout arrêter lui semblait être la meilleure issue si elle voulait continuer à avancer… ou pas, elle n’en savait rien, à vrai dire. Calant son ordinateur sur ses cuisses, elle croisa ses chevilles tendues sur l’accoudoir du fauteuil, se demandant comment son professeur de Littérature prendrait la nouvelle. Essaierait-il de la convaincre de rester, de ne pas abandonner et de lutter jusqu’à ce que mort s’en suive ? Quand cette pensée lui frôla l’esprit, la blondinette émit un petit rire amusé ; c’est vrai qu’il était du genre à tout dramatiser.

Un long soupir de satisfaction se fit entendre dans la pièce ce qui l’obligea à tourner la tête ; Seth était endormi depuis une heure peut-être et à la vue du sourire profondément idiot affiché sur son visage, elle fronça les sourcils ; qu’il dorme ou pas, cela lui était égal. Ecaterina avait juste besoin d’une présence, et même s’il était ailleurs, blotti confortablement dans les bras de Morphée, il était tout de même là, avec elle et c’était tout ce qui lui importait. Reportant promptement son attention sur l’écran de son ordinateur, la jeune femme tapota ses petits doigts sur le trackpad puis vérifia consciencieusement l’heure : il était tard, il fallait qu’elle rentre. Soupirant elle aussi, elle ferma le clapet de son laptop avant de se rasseoir convenablement et d’enfin se lever avec élégance. Elle fureta d’un œil absent la table basse et au milieu des copies corrigées de Seth, elle dénicha un bloc de post-it. Glissant son ordinateur sur la table, elle s’accroupie et attrapa un stylo, rédigeant une petite note à l’intention du dormeur. Relevant le visage, Ecaterina le regarda un long moment. Seth était un garçon gentil, il s’était construit tout un monde et pensait que le seul remède à ses soucis était de se rendre à une convention X-Men grimé en Wolverine. Parfois, il lui arrivait de se demander s’il était malheureux au fond, mais elle savait que si c’était le cas, il n’hésiterait pas à la solliciter ; n’empêche qu’elle s’inquiétait, c’était comme ça. Sous ce calme olympien, se cachait une jeune étudiante angoissée, elle en prenait de plus en plus conscience au fil des années. Enfin, la question n’était pas là ce soir et se relevant avec douceur, elle redéposa son stylo sur la table avant de s’approcher de lui, à pas de loup. Ecaterina se pencha, déposa un long baiser sur son front et colla le post-it à l’endroit même où son baume à lèvres avait laissé une subtile trace. Esquissant un sourire attendri en se redressant, elle contourna ensuite la table basse, récupéra son ordinateur et ses chaussures plus loin puis, se dirigea vers la porte de l’appartement.

Après avoir rassemblé toutes ses petites affaires –sa veste, le dernier cupcake sur le comptoir de la cuisine, son sac et d’avoir glissé son ordinateur dans celui-ci, la blondinette jeta un regard circulaire dans l’appartement en savourant l’ultime bouchée de son gâteau. Elle se décida enfin à partir quand Seth changea de position sur le canapé. N’enfilant même pas ses chaussures, elle referma la porte avec délicatesse et n’attendit pas plus longtemps pour s’engager dans le couloir de l’immeuble. Dans moins de vingt-minutes, elle serait de retour chez Will et Emma. Leur immeuble ne se trouvait qu’à quelques pâtés de maisons de celui de Seth et bien que ses petites jambes fussent le sujet de plaisanterie préféré de son ex-petit ami, Ecaterina trottinait plutôt vite. N'étant pas très fan des ascenseurs, elle se dirigea vers les escaliers. Peut-être fallait-il qu’elle se chausse et se couvre un minimum avant de descendre ? Il y avait toujours des courants d’air désagréables dans la cage d’escaliers. Seulement, jetant un regard anxieux par-dessus son épaule, son attention fut happée par une jeune fille qui déboula toute paniquée près d’elle. Ecaterina la reconnu tout de suite, elle vivait à l’étage du dessus.

« Hey, ça va ? » demanda-t-elle à la jeune fille. Inquiète, elle s’arrêta complètement en fronçant les sourcils alors que la brunette sembla enfin s’apercevoir de sa présence. Tortillant ses doigts, Ecaterina remarqua qu’elle trépignait littéralement sur place « C’est juste mon chat, je crois qu’il s’est enfuit. J’avais promis à ma mère que si j’avais un chat, je m’en occuperais, mais… » Ecaterina se détendit ; aucun psychopathe ne la poursuivait, c’était déjà ça. Souriant légèrement, elle posa une main réconfortante sur son épaule (c’était humiliant, cette gamine la dépassait de deux bonnes têtes) « Ne te mets pas dans des états pareils, ce n’est qu’un chat. » La gratifiant d’un autre sourire compatissant, Cat opina du chef puis s’arrêtant soudain, elle ajouta avec détermination « Je vais t’aider, on va se répartir l’immeuble, d’accord ? Tu n’as qu’à vérifier le rez-de-chaussée et les deux premiers étages, je m’occupe du reste. » Un courant d’air la fit tressaillir. Alerte, Cat détourna le regard vers l’escalier qui menait jusqu’au toit. Se penchant légèrement, elle constata que la porte y était grande ouverte. Aussi, elle se concentra de nouveau sur la jeune fille et dans un dernier sourire rassurant, elle ajouta « Je commence par le toit. »

L’adolescente hocha la tête avec enthousiasme, rebroussant chemin à grandes enjambées alors qu’Ecaterina la regarda s’éloigner. Se ressaisissant avant de tourner les talons, la jeune femme s’avançant avec certitude vers l’escalier en colimaçon ; elle posa sa veste et son sac sur la première marche et enfila ses ballerines avant de monter en petite foulée les quelques marches de l’escalier. Son chat ne devait pas être très loin, il devait s’être faufilé par la porte du toit. Ce monde était rempli d’imbéciles ! Il y avait une interdiction de placarder sur le mur, cette porte aurait dû rester fermée, non ?

Arrivant en haut des escaliers, la blondinette sentit l’air froid caresser ses bras et ses jambes nues –mettre des robes courtes en automne devrait être interdit. N’ayant pas trop le temps de jouer les délicates, Ecaterina décréta qu’elle devait se faire violence ; il n’était question que de quelques minutes après tout. S’engouffrant énergiquement par la porte, Cat butta son pied droit contre une pierre posée au sol. Elle ne s’y attarda pas, mais quand elle voulu s’engager davantage sur la terrasse et que la porte se ferma dans un bruit sourd juste derrière-elle, la jeune femme sursauta et fit volte-face. Roulant des yeux, elle souffla bruyamment ; son regard se posa instinctivement sur la poignée inexistante de la porte.

« Non, non, non, non… » répéta-t-elle dans un murmure rauque tout en s’avançant paniquée vers la porte close.

Cat tourna subitement la tête vers l’horizon et referma la bouche, déglutissant difficilement : elle était coincée, ici, sur ce toit… et en plus, il faisait nuit –son pire cauchemar. La lueur des réverbères était bien trop faible pour la rassurer. Bon sang, les lois du karma jouaient contre elle ! La blondinette n’aimait pas le noir. En fait, elle dormait même avec une veilleuse et ça, c’était franchement ridicule. Soudain, l’air lui parut glacial et serrant les bras sur sa poitrine pour recouvrer un peu de chaleur, elle contempla le ciel un court moment, réfléchissant à toute allure. Il devait bien y avoir un escalier de secours, non ? Prenant courageusement sur elle, Cat secoua ses doigts dans le vide et exécuta quelques pas avant d’obliquer sur sa droite, mais stoppée dans son élan, elle sursauta violemment et s’arrêta brusquement ; elle n’était pas seule sur ce toit.

« Tu m’as fait peur. » La main plaquée sur le haut de sa poitrine, elle voulu expliquer son vif sursaut ainsi que sa respiration saccadée. Même dans l’obscurité, Cat n’avait pas besoin de se concentrer pour savoir de qui il s’agissait, son ombre lui suffisait – le hasard, encore et toujours. Désignant de la main la porte derrière elle, la blondinette tenta de calmer sa respiration en vain. Cependant, elle concéda « Je… la porte, elle s’est refermée… derrière moi. » Baissant brièvement la tête, Ecaterina s’obligea à la relever pourtant, et baissa la main. Recroisant les bras fébrilement, la blondinette évita soigneusement de regarder Gale. La providence n’était décidément pas de son côté, ce soir.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mer 23 Nov - 1:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptySam 19 Nov - 0:48

Gale contemplait l’horizon et son visage se crispa soudainement. Qu’avait-il bien pu se passer ? Persuadé d’avoir convenablement bloqué la porte à son arrivée, il ne parvenait pas à trouver de faille expliquant que celle-ci pût s’être refermée. Cela faisait plusieurs soirs qu’il venait traîner sur le toit, et jamais ô grand jamais il n’avait eu à renouveler son expérience de nuit à la belle étoile. C’était presque certain : quelque chose de louche se tramait. Tandis que son esprit recherchait toutes les causes possibles de cet incident, il entreprit de se relever pour constater directement ce qu’il s’était produit. Mais, une fois accroupi, il se figea et haussa les sourcils ; des bruits de pas venaient de briser le silence environnant et se rapprochaient dangereusement de sa position. Le jeune homme retint sa respiration quelques secondes mais abandonna tout espoir de ne pas être pris sur le fait accompli. Il connaissait suffisamment les lieux pour savoir pertinemment qu’il n’y avait aucune autre issue que la porte ; or, le mystérieux inconnu venait de la fermer. Le pouls de Gale ralentit subitement à cette idée. Si cette personne connaissait l’endroit, elle n’aurait certainement jamais commis l’erreur stupide de s’y enfermer. Il soupira ; au fond, peut-être ne craignait-il rien.

Il se résigna finalement à se relever pour apercevoir l’individu mais son enthousiasme à l’idée de ne pas être seul dans cette galère laissa rapidement place à une profonde anxiété. Ces cheveux, cette silhouette, il les aurait reconnus entre mille. Ecaterina. Le garçon eut un mouvement de recul instinctif et son visage se teinta de défiance ; il ne s’attendait tout simplement pas à la revoir dans de pareilles conditions. Durant de longues heures il s’était imaginé à quoi ressembleraient leurs vraies retrouvailles, en tête à tête, mais il était bien loin de se douter que ce moment viendrait si vite. Il ne savait pas ce qu’il devait lui dire, ni même s’il devait lui adresser la parole. Comme bien souvent, il devrait improviser. L’obscurité lui offrait un léger avantage et Gale adopta un air neutre. Il ne se sentait pas le courage de devoir constamment froncer les sourcils pour faire preuve de remontrances.

Lorsqu’ils s’étaient revus pour la première fois depuis leur séparation, au mariage de Quinn et Sam, Gale s’était malgré lui efforcé d’éviter la jeune fille autant que possible, avant que le hasard ne finisse par les réunir le temps d’une danse. Les circonstances étaient alors différentes et le garçon avait dû se montrer courtois ; évitant soigneusement de réclamer les explications qu’il n’espérait plus avoir depuis déjà quelques années. Il était d’ailleurs bien tenté d’assaillir la jeune fille de questions –il pensait le mériter- mais quelque chose l’en empêchait. Il refusait de montrer à quel point tout ça l’affectait encore aujourd’hui. Il avait passé de longs mois, de longues années à essayer d’oublier Cat sans ne jamais y parvenir, et maintenant que son chagrin s’était atténué, il s’opposait à l’idée de souffrir à nouveau. Il était temps qu’il aille de l’avant.

Cat lui confirma que la portée s’était fermée et Gale serra ses mâchoires et ne répondit rien. Il fut tenté de lui faire remarquer que tout ça était de sa faute mais s’abstint. Il songea que chercher le conflit ne l’avancerait à rien ; le silence suffisait à exprimer ce qu’il pouvait ressentir. Le jeune homme préférait se concentrer sur le moyen de sortir d’ici, même s’il savait qu’il devrait certainement restait un bon moment en compagnie de la blondinette. Il lança un regard à Ecaterina mais celle-ci semblait l’éviter ; elle n’avait même pas la décence de le regarder en face. Roulant ses yeux, il s’avança puis contourna la jeune fille pour se poster devant la porte qu’il examina d’un œil expert. Il fronça les sourcils en constatant qu’elle était bel et bien fermée, mais ne pipa mot. A la place, il se recula de quelques mètres puis, après avoir jugé que sa distance était suffisante, chargea la porte de toutes ses forces pour l’enfoncer. En vain. Gale fut projeté et atterrit pitoyablement sur le sol, le bras endolori, et il se sentit rougir à l’idée de s’être tourné en ridicule de la sorte. Il ne put réprimer un gémissement en touchant son bras mais parvint toutefois à se relever. Cette fois, c’était lui qui évitait de regarder la blondinette. « C’est bien ce que je craignais. On est bloqués » répondit-il enfin, d’un ton neutre.

Une douleur lancinante se propageait dans tout son bras mais Gale feignit de ne pas la ressentir. Il plaqua le membre contre sa poitrine et s’avança vers le bord du toit ; à nouveau, la faible activité dans la rue capta son attention. « Je suppose qu’il va falloir attendre qu’on vienne nous chercher » précisa-t-il sans se retourner. Il ne se sentait pas la force de laisser un silence pesant s’installer, même si Cat était incontestablement la dernière personne avec laquelle il voulait parler. Il se souvenait toujours de ce jour, cinq ans plus tôt, où Lynn lui avait annoncé qu’il ne la reverrait plus jamais sans qu’il ne sache pourquoi. Et maintenant qu’elle se trouvait là, à peine quelques centimètres derrière-lui, il ne savait pas comment se comporter. Ses sentiments à l’égard de la jeune fille étaient confus ; longtemps il avait voulu la retrouver, longtemps il avait rêvé de pouvoir de nouveau la serrer contre lui. Mais cette blessure s’était refermée, Gale en était persuadé. Il était hors de question de la rouvrir.

« Attends une minute » s’exclama le jeune homme, tout en se retournant par réflexe vers la jeune fille « qu’est-ce que tu fais ici, d’ailleurs ? ». Cette question ne lui avait pas traversé l’esprit plus tôt mais lui parut sur le moment évidente. Puis il réalisa qu’il n’avait pas besoin d'attendre de réponse ; son idiot de voisin devait certainement avoir quelque chose à voir là-dedans. Il s’esclaffa discrètement. L’espace d’une demi-seconde, il s’était imaginé que la jeune femme avait voulu lui rendre visite, à lui. Qu’est-ce qu’il pouvait se montrer naïf, parfois.
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptySam 19 Nov - 16:41

Si Ecaterina évitait de regarder Gale ce n’était pas parce qu’elle craignait de devoir affronter son regard, au contraire. Elle avait envie de le regarder, de lui parler aussi et lors du mariage de Sam et Quinn, elle n’avait pu s’empêcher de le chercher discrètement du regard chaque fois que l’occasion lui en était donnée. Seulement, elle s’était très vite rendue compte que de son côté, le jeune homme faisait tout pour ne pas se retrouver face à elle. Avant son grand retour à Lima, Cat s’était mise des barrières : si les gens ne voulaient pas lui parler, elle ne les forcerait pas à le faire. Elle n’empiéterait pas sur leur vie et sur ce qu’ils avaient construit ici, elle estimait que cela était normal de ne pas s’imposer et faire du forcing n’était décidément pas sa tasse de thé et encore moins son genre. Durant cette soirée, la jeune femme s’était alors difficilement abstenue de solliciter Gale puis avait fini par s’isoler à la table des enfants, passant une bonne partie de la soirée à discuter du dernier épisode des Totally Spies avec une gamine exécrable aux dents beaucoup trop grandes pour être réelles. Jusqu’à ce qu’Emily ne vienne la sauver et lui rappeler dans une expression faussement boudeuse cette promesse qu’elle lui avait faite un peu plus tôt ; parce que le destin est un petit farceur, c’était avec Gale qu’elle avait voulu la voir danser comme une vraie princesse de conte de fée. Ils ne s’étaient pas parlé, à peine regardé, mais rien que le fait de sentir sa main sur sa taille et sa joue tout près de la sienne l’avait troublée, si bien qu’elle était partie plus tôt, pour tranquillement encaisser le choc. Non, Cat ne craignait pas de le regarder. Elle ne voulait tout simplement pas le brusquer ou lui donner une raison supplémentaire de la détester encore un peu plus.

Un silence s’installa après sa confirmation. Ecaterina n’était pas idiote, elle savait très bien ce que cette longue pause signifiait. Il était loin le temps où ce genre de calme impromptu la mettait dans des états de quasi euphorie et où elle trouvait cela presque agréable de juste entendre leur respiration et cette tension évidente les envelopper. Maintenant, elle était mal à l’aise et explorant du regard les alentours, son cœur se mit à batte trop fort sauf que cette fois, ça n’avait rien à avoir avec un désir quelconque : l’appréhension montait tout doucement en elle et l’obscurité n’arrangeait pas son cas. Même si la présence de Gale aurait dû la rassurer, son indifférence ne faisait qu’accroître son embarras.

Quand Gale la contourna, Ecaterina ferma tout doucement les yeux après son passage et resserra les bras autour de sa poitrine. Bien sûr qu’elle s’était préparée à sa réaction, mais c’était différent de se faire toute une idée d’une situation et de la vivre en direct : c’était nettement plus douloureux et le pire dans l’histoire, c’est qu’elle ne pouvait pas rejeter la faute sur quelqu’un d’autre : elle était la seule, l’unique fautive. Ses doigts frôlant ses avant bras, elle inspira une courte bouffée d’air frais puis se décida à se retourner pour retrouver Gale dans son champ de vision. Il tenta de défoncer la porte à coup d’épaule et lorsqu’il rata son coup et se retrouva projeté au sol, la blondinette eu le reflexe de s’approcher pour l’aider à se relever. Cependant, Gale fut plus rapide. Cat se redressa doucement, se sentant un peu stupide d’avoir réagi aussi vite puis détourna la tête et plissa les yeux, observant d’un œil absent le toit voisin. Forcément, il confirma ses craintes : ils étaient bloqués sur le toit, tous les deux. Cela aurait dû l’enchanter de ne pas être seule, mais elle avait du mal à se réjouir à l’idée de passer une partie de la nuit avec quelqu’un qui n’avait pas envie de la voir. Elle comprenait tout ça, elle ne lui en voulait pas. Néanmoins, Cat ne pouvait pas nier qu’elle était triste… pourtant, elle se forcerait à jouer la carte du sourire, elle était douée pour ça et visiblement, le temps était venu pour elle de le prouver.

Une nouvelle fois, Gale passa devant elle. La tête baissée, la jeune femme le suivit d’un regard lancé par-dessous et glissa une mèche de cheveux derrière son oreille. Les retrouvailles qu’elles s’étaient imaginées ne ressemblaient pas vraiment à la réalité… même si dans sa version imaginaire, les choses étaient loin d’être roses, elles n’étaient pas non plus glaciales et à cette pensée, Cat eu comme l’impression qu’un coup de vent sournois souffla près de son oreille et un frisson lui parcourut l’échine, la forçant se redresser un peu. Gale lui notifia qu’il faudrait qu’ils attendent que quelqu’un vienne les chercher, Ecaterina opina timidement du chef ; elle espérait que la jeune fille au chat aurait la présence d’esprit de venir vérifier si elle était descendue du toit.

Ecaterina se détestait d’être aussi silencieuse –entre tout autre détails parce qu’à ce moment précis, elle se détestait pour de tas de raisons différentes. Mais que pouvait-elle dire ? Gale ne semblait pas empreint à la discussion et l’éclairage sommaire de la rue du dessous la plongeait dans une anxiété irrationnelle ; elle n’était pas en état de faire un longs discours. Relevant la tête, son regard se posa instinctivement sur la silhouette de Gale, posté près du bord. Lui tournant le dos, Ecaterina en profita pour l’observer sans craindre de se faire repérer, mais il se retourna brusquement et pour la première fois depuis longtemps, elle croisa son regard ; il lui demanda ce qu’elle faisait ici et ne le lâchant pas des yeux, elle se contraint à ciller avant de déporter son regard ailleurs, en faisant mine de réfléchir.

« Hum. Mon ami Seth vit ici. J’allais rentrer, mais la petite brune du quatrième avait besoin d’aide pour… » Ecaterina se stoppa, indécise, les doigts triturant cette vieille bague qu’elle portait à l’annulaire droit. Elle entendait sa propre voix se faire hésitante, et cela la perturba beaucoup. Elle préféra ne pas continuer sa phrase, elle craignait que Gale ne lui ai posé cette question que par formalité et non par réel intérêt. Qui plus est, son petit rire pas si discret lui fit perdre pied et gênée, Cat soupira.

C’était étrange, Gale l’intimidait. Ecaterina se souvenait avoir toujours été plus ou moins fasciné par lui, par quelques détails de son physique et de sa personnalité, mais elle avait presque oublié à quel point il pouvait être beau. D’ailleurs, elle esquissa un bref sourire en lançant un regard discret à ses cheveux ; il avait changé, sa posture avait changé, sa façon de se déplacer aussi et élargissant son sourire, elle baissa timidement la tête, s’exprimant spontanément cette fois.

« Tes cheveux, ça te donne l’air plus vieux. » dit-elle avec quiétude. Elle releva la tête, en fronçant les sourcils alors qu’un maladroit et furtif sourire s’ébaucha une nouvelle fois sur son visage « Enfin, tu l’es, plus vieux. » se reprit-elle, gauche avant de glisser ses cheveux à deux mains derrière ses oreilles –elle se trouva stupide, cependant, elle ne se démonta pas « Mais, c’est… tu parais plus mystérieux, c’est joli ; ça te va plutôt bien. »

S’approchant perplexe du bord, la jeune femme pinça les lèvres, repoussant une ou deux mèches de cheveux pour se donner une contenance. Elle savait qu’entamer la conversation sur les changements capillaires du jeune homme était un peu grotesque, mais c’était toujours mieux que de rentrer dans le vif du sujet et d’entrée de jeu lui implorer le pardon. Mordant sa lèvre inférieure, elle s’approcha un peu plus du bord du toit que Gale auparavant et monta sur la haute balustrade, se retrouvant quasiment à la taille du jeune homme. Dos tourné, elle se pencha un peu dans le vide pour jauger la hauteur. Dans la rue, l’éclairage était plus fort et cette source de lumière lui redonna un peu confiance. Bloquant sa respiration dans sa poitrine, elle se retourna enfin et planta son regard dans celui de Gale. Elle l’observa un moment, fronçant parfois les sourcils. Joignant d’abord ses propres mains devant elle, elle défit subitement leur étreinte, tendant avec hésitation ses mains vers le visage de Gale ; elle savait qu’elle n’avait pas le droit de le toucher, pas après toutes ces années, pas après ce qu’elle lui avait fait et en ne sachant pas comment il réagirait. Pourtant, elle ne s’en empêcha pas et encercla son visage avec ses petites mains. Elle le fixa encore un temps, et leur proximité le lui permettant, elle se pencha lentement vers lui puis déposa son front contre le sien.

« Je suis tellement, tellement désolée. » murmura-t-elle, la voix étouffée après un instant de silence.

Fermant les yeux avec force, Ecaterina changea la position de ses mains et les glissa furtivement sur la nuque de Gale puis s’y contraignant, elle se redressa avec délicatesse pour rompre ce semblant d’étreinte : ce n'était peut-être pas suffisant, mais en attendant, c'était tout ce qu'elle était capable de lui fournir.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mar 28 Fév - 15:40, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptyDim 20 Nov - 19:22

Accoudé à la rambarde, Gale réprima un ricanement sardonique lorsqu’il entendit Ecaterina prononcer le nom de Seth. Il lui était déjà arrivé plusieurs fois de surprendre ces deux-là ensemble, alors qu’il rentrait chez lui, et ne s’était pas gêné pour se faufiler dans un recoin discret et les espionner en douce. Il ne savait pas pourquoi il avait fait ça, mais avait parfaitement compris que quelque chose se passait entre eux. Et même s’il était convaincu du contraire, il voyait cette relation d’un très mauvais œil. Il aurait été naïf de croire qu’après tant d’années, la blondinette puisse encore avoir des sentiments pour lui, toutefois ce constat avait eu l’effet d’une bombe. Alors que, de son côté, leur relation avortée le faisait encore souffrir et l’empêchait de bâtir un quelconque lien amoureux solide, elle ne semblait pas avoir eu de mal à trouver quelqu’un pour le remplacer. Gale avait toujours pensé qu’il avait compté ne serait-ce qu’un peu pour la jeune fille mais il était bien tenté de croire qu’il s’était trompé. Peut-être qu’après tout, ça n’était jamais qu’un vulgaire amour de lycée. Du moins pour elle.

Il se rembrunit et ne répondit pas, son voisin étant certainement le dernier sujet sur lequel il souhaitait s’épancher. Il tâta son bras pour vérifier son état et gémit discrètement une seconde fois. La douleur perdurait. Balayant du regard des immeubles voisins, il laissa s’installer un silence qui lui convenait. Il craignait de se mettre en colère et ça n’était certainement pas le meilleur moment choisi : s’il devait passer les prochaines heures coincé ici avec la jeune fille, il préférait que leurs rapports restent neutres. Gale souffla et fut happé par la buée qu’il produisit ; la température continuait à baisser. Bientôt son blouson ne suffirait plus à le protéger suffisamment du froid, il fallait qu’ils trouvent une solution.

Il consentit à regarder Ecaterina en face lorsque celle-ci reprit la parole, mais ce qui lui sembla être un compliment ne lui fit décrocher aucun sourire. Il était déterminé à faire des efforts mais c’était beaucoup trop lui demander de faire comme si de rien n’était. Il fronça les sourcils et s’efforça de répondre ; quoiqu’il en dise, il se sentait flatté. « J’avais juste envie de changer » expliqua-t-il avec une voix grêle. Il baissa le regard et entreprit de passer une main dans ses cheveux, avant de se souvenir que son bras le faisait souffrir. « Merci ». Le jeune homme n’arrivait pas à retourner de compliments à la jeune fille ; sur le plan physique, elle n’avait pas vraiment changée, elle était toujours aussi belle. Mais son regard bleu perçant fixé sur lui n’enlevait rien à ce qu’elle lui avait fait subir, et il songea qu’elle comprendrait. Respirant à pleins poumons l’air frai, Gale leva sa tête vers le ciel. La brume s’était dissipée et désormais les étoiles étaient très nettes, c’était un spectacle magnifique. La nuit l’avait toujours fasciné et les moments de quiétude qu’il passait à essayer de trouver chaque constellation lui rappelait sa mère. Il ferma les yeux, bouleversé.

Les bruits de pas lui firent baisser la tête ; il fut surpris de voir que Cat s’approchait de lui. Il ne bougea pas d’un iota, pourtant, et suivit la jeune fille du regard avec nonchalance. Elle le rejoignit et observa la rue à son tour, Gale quant à lui continuait à la fixer, sans ciller, observant les reflets de la lumière dans sa chevelure toujours aussi parfaite. Puis il secoua brièvement la tête. Il perdait de vue ce que ce genre de détails -cette chevelure, ce visage, ces yeux- lui avait couté, la première fois. Le garçon entreprit de se relever pour regagner de la distance mais la jeune femme se tourna vers lui à ce moment et le fixa. C’était étrange. Son cœur battait très fort, lui criait de s’enfuir mais il se figea. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas observé Cat d’aussi près –malgré sa mésaventure lors du mariage- et cette soudaine proximité le troublait, bien plus qu’il ne se l’était imaginé. Sentir les mains de Cat contre ses joues n’arrangea rien, mais il s’efforça de ne rien montrer ; il ne savait même pas s’il devait l’autoriser à le toucher. Néanmoins, il n’opposa aucune résistance et bientôt leurs fronts se touchèrent sans que Gale ne sût quoi faire. Encore aujourd’hui, c’était Cat qui le guidait. Ca n’avait pas changé.

La jeune femme rompit le silence et formula des excuses qui le firent redescendre sur terre. Au fond, ça n’était pas des excuses à proprement parler qu’il recherchait. Plutôt des explications. Longtemps il s’était demandé pourquoi la jeune fille avait quitté Lima du jour au lendemain, sans prévenir personne. Longtemps il s’était remis en question pour savoir si ce départ précipité avait quelque chose à voir avec lui. Certes, il en voulait à Cat, même énormément. Mais il ne voulait pas condamner la jeune fille pour autant, pas avant de connaitre ses raisons.

« Désolée ? » répliqua-t-il, tout en braquant son regard dans la direction opposée. Il se retourna vers elle et la fixa, les sourcils froncés et les mâchoires serrées. « J’étais mort d’inquiétude » ajouta-t-il sur un ton de reproche. Il fit une pause mais ses yeux restèrent plantés dans ceux de la blondinette. « Je suis allé jusqu’à Cincinnati pour te retrouver, je… » Il laissa sa phrase en suspend et braqua les yeux vers le sol –il sentait que de mauvais souvenirs menaçaient de refaire surface. « Je cherche juste à comprendre ». L’air défait, il s’assit par terre, le dos contre la rambarde et posa ses bras sur ses genoux. Ses yeux piquaient et ce semblant d’obscurité fût la seule solution qu’il trouva ; il n’avait pas envie que Cat voit ses yeux larmoyants. Heureusement, il parvint à se calmer.

Après un instant d’hésitation, il sortit le pendentif qu’il portait autour du coup puis entoura la chaîne autour de sa main. Il caressa la lettre avec son pousse puis leva les yeux vers Ecaterina. Disposés comme ça, elle était plus grande que lui, c’était curieux. « J’ai porté ça autour du cou. Tout le temps. Je croyais que ça voulait dire quelque chose » grommela-t-il tout en tendant son bras vers le haut. « Je reviendrai ou on se reparlera, quelque chose comme ça ». Il se mordit la lèvre, ferma les yeux et dirigea son bras vers Ecaterina. « Il t’appartient, reprends-le ».
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptyLun 21 Nov - 19:21

Il y a cinq ans, dans l’auditorium du lycée, Ecaterina ne s’était pas posé la question de savoir comment Gale prendrait ses caresses. Elle avait passé beaucoup de temps à contrecarrer ses vagues de tendresse que, sûre de son coup cette fois, elle n’avait pas lésiné sur les démonstrations d’affection. Cette époque lui paraissait si lointaine, et même si elle ne doutait pas des sentiments qu’elle éprouvait encore à son égard, il lui arrivait de se demander si cette leçon de piano était bien réelle. C’était la culpabilité qui pesait trop lourd sur ses épaules qui la ramenait bien souvent à la réalité parce qu’une douleur comme celle-ci ne pouvait être que le résultat d’une histoire qu’elle avait réellement vécue.

Elle ne pouvait décemment pas l’ignorer : Ecaterina lui devait des explications. Elle avait préparé des centaines de discours dans la perspective de se retrouver face à une opportunité comme celle-ci. Néanmoins, toutes ces phrases auxquelles elle avait longtemps songé s’étaient envolées. Tout s’entremêlait et elle qui pensait pouvoir garder son sang-froid fut prise d’un pressentiment indicible qui l’obligea à baisser la tête. De toute façon, Gale ne donnait pas l’impression de s’intéresser aux regrets qui transparaissaient dans son regard, il était donc inutile de s’acharner à le fixer avec autant d’intensité.

Cat commençait à sentir le froid lui mordre la peau, et c’est par habitude qu’elle croisa les bras, espérant se réchauffer au moins un peu. Se contraignant à grelotter discrètement, c’est la voix de Gale qui lui fit de nouveau relever le visage. Il lui fit part de son inquiétude. Son cœur se serra douloureusement, elle détourna même les yeux en pinçant les lèvres. Il avait le droit de lui en vouloir. Gale pouvait même lui faire tout les reproches qui lui passaient par la tête si cela pouvait lui permettre d’être un tant soit peu soulagé. Ecaterina savait qu’elle l’avait fait souffrir. Elle ne se considérait pas comme étant le centre de son univers, mais elle parvenait difficilement à oublier la sincérité avec laquelle il lui avait dit qu’il l’aimait. Ce genre de chose reste gravée, peu importe les événements se déroulant par la suite. Cat était consciente que leur histoire n’aurait pas été qu’une simple amourette de lycée. La preuve en était : après toutes ces années de silence, après une tentative fâcheuse avec un autre garçon, elle-même continuait à ressentir des choses pour lui –des choses encore plus fortes encore qu’il y a cinq ans.

Explorant le toit du regard, Ecaterina serra davantage ses bras autour d’elle alors que ses yeux se remplirent de larmes. Ne préférant pas se trahir, elle garda la tête tournée un moment, même quand Gale lui avoua avoir été à Cincinnati pour la retrouver. Forcément, elle n’était pas au courant. D’ailleurs, cela lui fit de la peine de se souvenir que la première destination à laquelle elle avait pensé était Cincinnati, mais que la proximité avec Lima étant moindre, elle avait désiré s’éloigner encore. Un court silence retomba sur le toit avant que Gale ne lui dise qu’il souhaitait juste comprendre. Refoulant ses larmes, Ecaterina opina doucement du chef. Elle aurait voulu lui dire qu’elle l’aiderait à comprendre, mais les sanglots bloqués dans sa poitrine eurent pour effet de la laisser muette.

Volontairement ou non, Gale lui asséna le coup de grâce. Lorsqu’il reprit la parole, Ecaterina baissa machinalement ses yeux humides sur lui et paralysée par la surprise, elle parvint tout juste à froncer les sourcils ; il avait gardé son pendentif. Chose qui ne signifiait rien aux yeux des autres, mais qui avait une importance toute particulière pour elle. La blondinette ne lui avait pas laissé par hasard : ce pendentif avait une histoire. Ce bijou, c’était sa grand-mère qui le lui avait offert, cette même grand-mère avec laquelle elle avait passé deux ans après son départ de Lima. Elle le lui avait donné en douce en lui disant qu’il fallait qu’elle le porte toujours sur elle pour pouvoir ressentir toute son affection et que, lorsqu’elle se retrouverait seule et triste, elle n’aurait qu’à se souvenir de la personne qui lui avait offert ce pendentif –elle, la personne qui l’aimait le plus au monde. Elle avait ajouté que même les montagnes qui lui paraissaient les plus insurmontables à gravir deviendraient des collines faciles à atteindre quand elle ressentirait tout l’amour que ce bijou portait en lui. Dès lors, Cat ne l’avait plus jamais quitté.

Profondément touchée, Ecaterina sentit ses yeux lui picoter, mais elle ne consentit pas à laisser ses larmes couler. Non, cela vint tout seul lorsque Gale lui demanda de reprendre son pendentif. Il ne s’en rendait sans doute pas compte, mais il venait de lui briser le cœur et de la pire façon qu’il soit à ses yeux. Si c’était ce qu’il cherchait, il avait réussi sa mission et haut la main. Peut-être qu’il voulait qu’elle ressente la même souffrance que lui. Sauf que c’était déjà le cas… mais ça, il ne devait sûrement pas l’avoir compris. Serrant les dents, le ton sans équivoque de Gale la força à lui obéir sans rechigner, même si elle s’opposait mentalement à cette idée : Ecaterina ébaucha un sourire pénible et délicatement, récupéra son pendentif. Maintenant entre ses doigts, la jeune femme ne su quoi en faire. La vue troublée par ses larmes, Ecaterina cilla un petit moment pour chasser les gouttelettes nichées sur ses longs cils. Sans réfléchir, elle s’approcha du côté gauche de Gale et prit de la distance, s’asseyant assez loin pour ne pas l’indisposer. Les choses étaient irréfutables maintenant, ce pendentif qu’elle venait de récupérer sonnait la fin officielle de leur histoire, non ? Du moins, c’est comme ça qu’elle prenait les choses. Fermant les yeux un moment, Cat replia les jambes tout contre sa poitrine, recouvrant difficilement un peu de chaleur puis détourna une nouvelle fois la tête. Elle tenta d’étouffer discrètement un sanglot avant de rouvrir les yeux et enfin déposa le pendentif à ses côtés, sur le sol.

« Mon père était encore amoureux de ma mère quand il est parti de la maison. » marmotta-t-elle, la voix pleine de larmes « Je le sais parce qu’il me l’a dit. » Gardant son regard fixé sur le pendentif au sol, Cat daigna relever les yeux et reposa l’arrière de sa tête contre la rambarde, les lèvres serrées. D’un geste gracieux, elle chassa les larmes au coin de ses yeux « J’étais très jeune, mais je me souviens de la discussion qu’on a eue juste avant son départ. Je lui ai demandé pourquoi il partait, et il m’a répondu que c’était plus facile de partir que de se battre pour ce qu’on veut vraiment. » Un petit sourire se dessina au coin de ses lèvres, elle leva le regard vers le ciel ; la lueur de la Lune la rassura « Il aimait ma mère, mais il n’avait pas la force d’entrer en conflit avec elle à cause de ses sentiments, alors pour les préserver, pour se préserver lui-même et pour tenter de lui pardonner, il est parti. » Elle marqua une courte pause, observant toujours le ciel avec intérêt « De ce fait, il a gardé cette image qu’il avait toujours eue d’elle. Malgré toutes ses erreurs, elle restera toujours son premier amour. »

Elle n’avait pas la force de lui raconter toute l’histoire. De toute manière, son enfance ne valait pas la peine que l’on s’y attarde. Se mordant la lèvre, Cat élargit son sourire, ce qui offrait un contraste désarmant avec les larmes qui bordaient ses yeux. Elle avait soif, et ses larmes en étaient la cause, mais elle n’y prêta pas plus attention même si cela n’était pas agréable pour elle de parler avec la bouche aussi sèche. Entourant ses genoux avec ses bras, elle poursuivit avec sérénité :

« J’ai grandi avec l’idée que, lorsque les choses se compliquent, la meilleure des solutions, c’est de partir et de foncer tête baissée, sans regarder en arrière. Peu importe les répercussions. » Laissant ses mains glisser de ses genoux jusqu’à ses chevilles nues, la jeune femme tenta de créer un peu de chaleur, mais en vain. Elle tourna la tête vers Gale, assit loin d’elle, mais n’attarda pas son regard sur lui par décence « Tu sais, j’ai toujours cru que les choses se déroulaient de cette manière dans toutes les familles. » Un petit rire amer s’échappa de ses lèvres, et elle pencha la tête, ses longs cheveux frôlant ses épaules ; elle chuchota « J’étais naïve. » Elle haussa un peu le ton, reprenant avec plus de sérieux « Lorsque Dorian est parti lui aussi, ça m'a fait beaucoup de peine. Seulement, c’était devenu quelque chose de commun. Puis quelques années plus tard, ma mère... »

Ecaterina laissa sa phrase en suspend, fronçant les sourcils puis baissant la tête. Quand elle parlait de sa mère lorsqu’elle était adolescente, Cat n’était jamais triste. Cela aussi, c’était quelque chose qui avait changé ; elle avait appris à l’apprécier rien qu’un peu. La gorge nouée, le cœur gonflé et frigorifiée, la blondinette passa une main dans ses cheveux. Elle resta silencieuse un moment. Elle se doutait que Gale connaissait les raisons de son départ, Dorian lui avait dit qu’ils se voyaient beaucoup lors de son absence, il avait donc dû lui en parler et répondre à sa place à ses questions. C’est pourquoi elle préféra ne pas y revenir. Gale devait juste saisir qu’à cette époque, perdue et blessée, Ecaterina n’avait pas trouvé un autre moyen que d’imiter l’attitude de ceux qui étaient parti bien avant elle. Elle ne se cherchait pas d’excuse. Cependant, cela avait eu des répercussions sur son comportement, c’était indéniable.

Reportant son attention sur le pendentif qu’elle glissa entre ses doigts, elle réfléchit un moment « J’étais en Californie, les deux premières années. Je voulais déjà revenir dès la première semaine. » avoua-t-elle subitement, le ton encore plus rauque que d’ordinaire. Fixant son bijou, elle hésita avant de reprendre, mais continua à mi-voix « J’ai pensé à toi à chaque secondes et ce n’est pas une image, Gale. C’est la vérité. » Lançant un petit regard en biais vers le jeune homme, elle s’octroya le droit de le regarder –ce qu’elle fit. Ses yeux s’embuèrent de nouveau et la bouche entrouverte, elle ne parvint plus à trouver ses mots « J’ai… j’ai aussi pensé que je devrais m’expliquer. J’ai pensé aux reproches que tu allais me faire. J’ai pensé que les choses seraient différentes. » Un spasme incontrôlé la força à tourner la tête dans la direction opposée. Tentant de retrouver très vite ses esprits, elle recouvrit délicatement le pendentif avec son autre main « J’aimerais que tu le garde. Que tu le porte ou non, ça m’est égal, mais garde-le. »

Cat regarda le bijou encore un instant puis, reposa ses pupilles claires sur Gale et conclut dans un effort considérable pour ne pas éclater en sanglots « S’il te plaît. »
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptyLun 28 Nov - 12:45

Gale soupira et ferma les paupières, chamboulé. Depuis qu’il avait appris qu’Ecaterina était rentrée à Lima pour de bon, il s’était souvent imaginé à quoi ressembleraient les propos qu’il lui tiendrait –leur rencontre étant inévitable. Il avait passé de longues heures à trouver le moyen de lui faire comprendre ce que son départ lui avait coûté, tout en s’imaginant les excuses qu’elle essaierait de lui faire avaler et le regard nonchalant et indifférent qu’il lui jetterait en retour. Et jusqu’ici, il était forcé de croire que son plan marchait à merveille, Cat semblait gênée et l’insouciance dont il faisait preuve l’étonnait lui-même. Seulement, il avait omis un détail important. Être un sans-cœur n’était pas dans ses mœurs, et ça n’était pas en l’espace de quelques minutes que cela changerait. Quelque part, un semblant de culpabilité s’empara de lui : c’était la toute première fois qu’il faisait pleurer quelqu’un –et pas n’importe qui. Il n’aimait pas ça, et même si Ecaterina méritait que le blondinet l’assomme à coup de reproches, il ne s’en sentait plus le courage. Ni l’envie. Son visage se détendit et il expira calmement.

Le pendentif qu’il venait de rendre à sa vraie propriétaire lui manquerait incontestablement. Et pour cause, cela faisait plus de cinq années qu’il le portait, chaque jour, et le tripotait inlassablement à la moindre occasion. L’air de rien, il s’y était attaché. Le bijou lui rappelait un période de son adolescence qui lui plaisait, même si les souvenirs qui y étaient associés étaient pour la plupart très douloureux. Mais ça n’était pas le sien. Il revenait à la jeune fille de droit qui, il le savait, y tenait beaucoup elle aussi –pour des raisons différentes, certes. Il passa un doigt sur son cou et lorsqu’il ne sentit rien d’autre que sa peau, il bascula la tête en arrière et fronça les yeux. Cette fois c’était officiel, Gale n’avait plus aucun souvenir qui le rattachait à Cat.

La jeune femme prit la parole et Gale pencha la tête dans sa direction. Cette fois il l’écouta attentivement, songeant que les seules paroles qu’il avait réussies à formuler jusqu’ici n’avaient rien fait pour arranger la situation. La blondinette commença par lui parler de ses parents et, interloqué, Gale adopta un air grave tout en la fixant du coin de l’œil. Il ne connaissait pas grand-chose de la famille d’Ecaterina, si ce n’était que son frère était un type extraordinaire avec qui il avait fini par se lier d’amitié. Ce discours le toucha profondément, bien plus qu’il ne le laissa paraître, et le bleu de ses yeux se troubla. Autrefois, il s’était douté que quelque chose de grave s’était produit dans sa famille ; son attitude détachée au lycée lui avait largement mis la puce à l’oreille. Mais ça n’avait rien changé au fait qu’il était tombé éperdument amoureux d’elle, au point de ne plus pouvoir penser à autre chose. La confidence n’avait jamais été dans leurs habitudes, à l’un comme à l’autre, et il fut forcé d’admirer le courage avec lequel elle venait de s’ouvrir à lui –même si la douleur était toujours là.

Dorian lui avait expliqué pourquoi sa sœur s’était envolée du jour au lendemain sans explication et même s’il avait compris, Gale ne demandait qu’une seule chose : que Cat lui parle elle-aussi, avec ses propres mots. Son cœur se serra un peu plus lorsqu’elle précisa qu’elle avait voulu rentrer dès les premiers jours. Il connaissait suffisamment la jeune fille pour savoir qu’elle était sincère mais, pris d’un regret, il se força à baisser les yeux vers le sol. Leur dernier moment d’intimité comme celui-ci remontait à la leçon de piano dans l’auditorium, et lorsqu’il y repensait, il s’imaginait ce qu’il aurait pu –aurait dû- faire pour l’empêcher de partir. Il se doutait que ça n’était pas de sa faute, mais s’il avait eu le pouvoir de changer les choses, il l’aurait indubitablement fait ; il aurait profité de ce dernier moment pour l’embrasser, encore et encore, en préparation aux cinq douloureuses et pénibles années qui suivraient. Hélas, tout ça n’était pas dans ses cordes, et à présent il semblait trop tard pour faire marche arrière. Après cette soirée, Cat ne voudrait certainement jamais le revoir et c’était peut-être une bonne chose, au fond.

Elle conclut son discours en lui demandant de reprendre le pendentif et surpris, Gale posa de nouveau un regard plus détendu cette fois sur Ecaterina. Il ne savait pas s’il avait le droit d’accepter mais au fond, il en avait très envie. Est-ce que cela signifiait qu’elle était d’accord pour qu’ils se revoient, qu’elle refusait qu’ils coupent définitivement contact ? Il n’en savait trop rien, tout lui semblait tellement confus. « Je sais ce qu’il représente pour toi. Mais si tu insistes, je veux bien le garder » répondit-il, tout en esquissant un semi-sourire inopiné. A vrai dire, il se sentait tellement penaud à l’idée de causer du chagrin à la blondinette qu’il était prêt à faire tout ce qu’il fallait pour se racheter. La jeune fille lui tendit timidement le bijou et Gale l’attrapa sans se faire prier, mais se stoppa net lorsqu’il frôla ses doigts fins. Il se mit sur ses genoux et écarquilla soudainement les sourcils. « Tu es gelée ! » déclara-t-il après avoir enfilé le collier autour de son cou. Instinctivement, il déboutonna son manteau et le tendit hâtivement vers la jeune fille grelotante. « Tiens, mets ça. » Il se leva et se dirigea vers la porte qu’il cogna trois fois avec son poing.

« La vieille mégère du cinquième fait sortir son chien, le soir. On n’a plus qu’à prier pour qu’elle ne soit pas sourde » ajouta-t-il. Il s’adossa contre la porte, frottant son bras encore endolori et reporta son attention sur la jeune fille. Ce serait bientôt à son tour d’avoir froid mais ses muscles étaient sans doute plus épais que ceux d’Ecaterina. Si leur confinement se prolongeait, bientôt ils n’auraient plus d’autre choix que de trottiner ou de marcher pour espérer ne pas mourir de froid.

« Dorian m’a expliqué pourquoi tu es partie, tu sais. » Il souffla sur ses mains pour se réchauffer mais ne put réprimer un frisson. « Il a été vraiment génial avec moi. » Cette dernière réplique lui décrocha un sourire sincère. Il continuait à regarder Cat avec intensité. « Le chagrin était toujours là, mais j’ai réussi à le supporter, en gardant espoir. Et puis… » Il serra ses mâchoires et déglutit avec peine pour terminer sa phrase. « et puis ma mère est morte. » conclut-il avec peine. Il ne savait pas vraiment ce qui le poussait à lui dire ça mais c’était toujours mieux qu’un ramassis de reproches dénués d’intérêt. « Ça a été très dur. Maman n’était plus là, toi non plus. Au lycée, c’était l’horreur. Bref. » Il frotta ses bras activement avec ses mains, puis s’arrêta. De nouveau, ses pupilles se posèrent sur celles de la jeune fille. « Je suis content que tu aies décidé de rester ».
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptyMar 29 Nov - 18:15

Le fait que Gale accepte de reprendre son pendentif fit furtivement sourire Ecaterina qui, toutefois, se hâta de récupérer sa main après l’échange. Le point de pression qu’elle ressentait au niveau de sa poitrine se détendit promptement et respirant plus facilement, elle inspira une grande bouffée d’air pour retrouver son calme ; elle avait suffisamment pleuré pour ce soir et mentalement, elle se somma d’arrêter de geindre.

Ecaterina avait beaucoup trop pleuré pendant cinq ans, ce qui était assez drôle à constater quand on savait qu’à dix-sept ans, elle était la seule de sa classe à ne pas avoir fondu en larmes après la projection en cours de Littérature d’une adaptation d’un livre de Nicholas Sparks –une vraie dure à cuire, la petite. La Cat insensible, c’était du passé et elle détestait cette nouvelle facette d’elle-même. Elle avait toujours été fragile, certes, mais auparavant, elle parvenait à le cacher sans trop se donner de mal, ce qui n’était plus le cas depuis bien des années. C’était trop difficile. Elle ne pouvait pas nier qu’elle penserait longtemps à cette discussion après coup, mais c’était nécessaire et peut-être qu’ensuite, elle se sentirait enfin libérée. Séchant ses dernières larmes d’un revers de main, Ecaterina fronça les sourcils lorsque Gale lui tendit sa veste et retourna son joli minois vers lui. Elle était frigorifiée, mais elle ne savait pas si c’était une bonne chose de laisser le jeune homme mourir de froid à sa place. Il avait beau être grand et fort, elle ne trouvait cela pas très juste que ça soit lui qui soit obligé de payer pour son zèle ; elle aurait dû enfiler sa veste avant de sortir, elle avait été trop sûre d’elle, sur ce coup. Néanmoins, elle se résigna à saisir ce blouson –encore une fois, le ton décidé de Gale l’impressionna et n’ayant pas la force de refuser, elle l’enfila sans se faire prier.

Beaucoup trop grande pour elle, cette veste eue pour effet de la réchauffer presque instantanément. Ecaterina se sentit un chouïa coupable de priver Gale de cette chaleur, et à sa suite, elle se leva en refermant avec délicatesse les quelques boutons du blouson. L’odeur du jeune homme embaumait la moindre parcelle de tissu, ce qui n’était pas désagréable. L’air de rien, elle enfouit son nez dans le col, respirant discrètement cette odeur et s’avança près de la porte pour le rejoindre ; peut-être que s’ils se mettaient à maltraiter cette pauvre porte tous les deux en cadence quelqu’un parviendrait à les entendre dans l’immeuble ? Lançant un regard en biais à la porte, la blondinette pinça les lèvres. En avait-elle vraiment envie ? Est-ce que l’éventualité que quelqu’un vienne enfin leur ouvrir était vraiment ce qu’elle voulait ? Honnêtement, elle n’en savait rien. Cat était mal à l’aise, triste et cette coïncidence la mettait au pied du mur. Cependant, cette rencontre hasardeuse était peut-être le meilleur moment pour eux de faire le point. Ecaterina avait déjà commencé, ce n’était sans doute pas si mal qu’ils soient bloqués ici. Elle avait imaginé la situation autrement, mais ne sachant pas comment les choses évolueraient, peut-être était-ce judicieux de saisir cette occasion inespérée ?

Les manches trop longues de la veste de Gale recouvrant ses mains, Ecaterina glissa difficilement une mèche de cheveux derrière son oreille. Le jeune homme lui parla de Dorian ce qui la fit esquisser un autre sourire, attendrie. Elle avait toujours su qu’ils s’entendraient bien. Cat était persuadée qu’au fond, le fait de savoir que sa sœur était amoureuse d’un garçon comme Gale rassurait Dorian. Son rôle de grand-frère était de faire comme s’il allait torturer, assassiner ou que sais-je encore, n’importe quel individu qui s’approcherait un peu trop près de sa petite-sœur histoire de, mais il rentrerait dans le jeu et ne tenterait jamais de nuire aux relations de sa cadette. Quand Cat avait su que Dorian et Gale avait été proches durant son absence, cela l’avait tranquillisée, car même si à un moment de son existence, elle en avait beaucoup voulu à son frère aîné, il restait la personne la plus importante à ses yeux. Toute cette histoire n’avait pas été facile pour elle, mais elle ne l’avait pas été pour lui non plus –elle ne l’avait été pour personne. Trop de gens avait soufferts et qu’elle le veuille ou non, elle se devait de rectifier le tir.

La jeune femme s’apprêta à glisser quelque chose entre le discours de Gale, mais ses paroles suivantes la firent se stopper dans son élan. Elle comprenait mieux son changement d’attitude, maintenant et chagrinée par la nouvelle de la mort de sa mère, elle baissa graduellement la tête. Ecaterina savait à quel point Gale et ses parents étaient proches. Elle parvenait à imaginer la douleur qu’il avait pu ressentir à ce moment là. Si elle l’avait su à l’époque, cela aurait été un fait qui l’aurait forcé à rentrer à Lima.

Ils n’avaient jamais été très doués pour les grandes confidences, celles que Cat avait faites un peu plus tôt étaient exceptionnelles et cela prouvait qu’elle avait peut-être bien changé, au fond. Ecaterina se souvenait de leur rencontre, lorsque Gale s’était exprimé sur son déménagement et que manquant cruellement de tact, la jeune fille avait mis les pieds dans le plat ; elle ne voulait pas faire la même erreur. Ecaterina ne voulait pas bousculer Gale et le forcer à se confier à ce sujet, puis de toute façon, même si elle se savait assez solide pour endosser ce genre de chose, elle comprenait aisément qu’il ne veuille pas en discuter avec elle. On ne pouvait pas vraiment dire qu’elle soit la personne la mieux placée pour l’épauler ; elle ne savait même pas s’ils étaient encore amis, aujourd’hui.

En relevant la tête, les pupilles de Cat se posèrent dans celles de Gale qu’elle gratifia d’un petit sourire triste puis enfin, elle s’approcha davantage de lui. Elle se posta à ses côtés, s’adossa à la porte et spontanément posa sa joue tout contre l’épaule du jeune homme ; ce n’était sans doute pas grand-chose, et peut-être qu’elle le regretterait, mais elle espérait qu’il voit en son geste une façon silencieuse de lui dire qu’elle était là s’il en avait besoin et qu’elle était désolée, vraiment désolée pour sa mère.

« Emma est persuasive. » dit-elle à mi-voix, enchainant sur la dernière phrase de Gale. Fermant doucement les yeux en sentant sa chaleur contre sa joue, elle continua avec un petit sourire « Tu ne vas sans doute pas me croire, mais Lima me manquait. » Soupirant en ouvrant les yeux, Cat s’appuya davantage sur son épaule et fronça les sourcils « J’ai continué le piano, après mon départ. » ajouta-t-elle machinalement alors qu’elle fixait d’un air absent le toit d’en face. Soudainement, elle fronça les nez puis roula des yeux « Je joue toujours aussi mal. » Elle émit un petit rire rauque et tourna la tête, frôlant du bout des lèvres le tissu du tee-shirt de Gale. Elle enfouit son nez dans le creux de son épaule puis, reprit son sérieux en se redressant « C’est parce que je n’ai pas eu de bons professeurs. Ils étaient tous beaucoup moins pédagogues que toi. »

Un autre sourire se dessina sur son visage puis estimant que le message devait être reçu maintenant, elle rompit son étreinte et joignit les mains –ou plutôt les manches devant elle, en furetant les alentours du regard. Le silence qui retomba sur le toit l’embarrassa, d’ailleurs. Elle souhaitait dire tellement de choses qu’elle ne savait pas vraiment par où commencer. Néanmoins, elle retourna son visage vers Gale et l’inclinant un peu, elle commença timidement.

« Comment tout ça va se passer ? » Fixant avec incertitude le profil de Gale, Ecaterina pinça brièvement les lèvres avant de se contraindre à regarder dans la direction opposée « On vit dans la même ville, maintenant. » Elle repencha la tête, regardant une nouvelle fois le toit d’en face avec intérêt « On a les mêmes amis, aussi. » Cillant un moment, la blondinette inspira une concise bouffée d’air frais et prenant sur elle, elle débita d’un ton déterminé « Si tu ne veux plus me voir, ni même me parler, je comprendrais et je n’essaierais pas de te forcer à le faire. Tu as construit des choses ici et c’est bien. Je suis heureuse de voir que tu as réussi à te faire à la vie à Lima, finalement. » Marquant une courte pause, Cat se décolla subitement du mur et se posta face à Gale. Haussant les épaules, elle le regarda avec attention « Je ne veux pas m’imposer. Si tu veux continuer à faire comme si je n’existais pas, ça me va. Si c’est ce que tu veux. » insista-t-elle. Elle chercha son regard. Elle fut tentée de le forcer à la regarder en face en lui tournant le visage, mais s’abstint en se souvenant qu’elle avait déjà eu ce geste il y a cinq ans, dans l’auditorium du lycée. Pourtant, elle cru bon d’ajouter sans vraiment y songer au préalable « Je ne suis pas partie parce que je ne t’aimais pas, au contraire. »

Un instant, Ecaterina continua de regarder Gale avant de se rendre compte de l’impact que pourrait avoir ses paroles sur lui. Elle ferma les yeux, posa très brièvement ses mains dessus et soupira bruyamment avant de furieusement dégager une mèche de cheveux sur son front puis, de se retourner, dépitée.
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptyLun 5 Déc - 21:40

Gale avait eu tort de croire qu’il pourrait en vouloir suffisamment à Cat pour l’ignorer comme une vulgaire étrangère. Quelques mots, quelques gestes avaient suffi pour qu’il s’adoucisse, et voilà qu’à présent la blondinette était blottie confortablement contre lui, comme si rien ne s’était passé. Le jeune homme était conscient que se laisser faire de la sorte pouvait lui coûter cher, mais l’emprise qu’avait Ecaterina sur lui était bien plus forte que sa raison –c’était comme s’ils ne s’étaient jamais vraiment quittés. Il avait froid, tremblotait par intermittence, mais se sentait bien et souriait même bêtement sans raison. Il coula un regard en biais vers la jeune femme, la tête posée sur son épaule, et songea à ce à quoi auraient pu ressembler ces cinq dernières années, si elle avait été là. Durant tout ce temps, il n’avait pas connu le bonheur, et même si ses amis l’avaient toujours soutenu, ce qui lui apportait Cat était radicalement différent. Avec elle, il se sentait fort, protecteur, même jaloux, et tout ça n’avait pas vraiment changé. Il détestait Seth depuis qu’il savait qu’il côtoyait Cat, et se sentait prêt à tout pour que la blondinette le choisisse à lui et pas un autre. Il n’avait pas voulu se l’admettre plus tôt, mais c’était pourtant bien vrai. Ses sentiments n’avaient pas changé.

Il jugea toutefois qu’il n’était pas bon de précipiter les choses, et se retint de faire ce dont il avait pourtant très envie. Paradoxalement, leur séparation lui avait fait réaliser que leur manque de dialogue avait indubitablement joué pour beaucoup dans le départ de la jeune fille. S’il avait su ce dont elle souffrait cinq ans plus tôt, il aurait très certainement été à même de la réconforter ou même de déceler ce besoin irrépressible de prendre de la distance avec tout son entourage. Pour cette raison, il s’était lui-aussi senti responsable de ce départ impromptu –avant de finalement attribuer tous les torts à la jeune fille par dépit. Parler restait donc la meilleure chose à faire ; il en était presque persuadé.

Gale croyait volontiers Cat lorsqu’elle lui dit que Lima lui avait manqué. A son arrivée, le jeune homme avait catégoriquement détesté cet endroit, au même titre que son lycée et ses occupants. Malgré tout, au fil du temps, il s’y était fait une place, et y avait rencontré des personnes vraiment extraordinaires sans qui il n’imaginait plus sa vie désormais ; Cat en était la preuve elle-même. Aujourd’hui, même s’il lui arrivait de retourner dans l’Indiana pour retrouver sa famille et ses vieilles connaissances, il savait que Lima était son chez lui –et qu’elle le resterait certainement pour un bon moment. « Si tu me disais que McKinley High t’a manqué, j’aurais du mal à te croire » répondit-il avec amusement, avant que Cat ne reprenne la parole. Il fut touché en apprenant qu’elle avait continué à apprendre le piano –ou du moins qu’elle avait essayé. Il était heureux de savoir que, même éloignée, elle avait pensé à lui –même ne serait-ce qu’un petit peu. Son sourire s’élargit par flatterie. « C’était trop difficile pour eux de rester concentré avec une élève aussi craquante, j’imagine. » dit-il avec une pointe de taquinerie, abandonnant définitivement son ton décidé. « Tu es une élève sérieuse, je ne vois que cette explication ». Il tourna son visage et fixa Cat dans la pénombre, l’air enjoué. On ne pouvait pas vraiment dire qu’il s’était montré très pédagogue lui non plus.

Toujours appuyé contre la porte, il leva la tête vers le ciel lorsqu’il sentit un silence s’installer. Ça n’était pourtant pas un silence pesant cette fois-ci ; l’atmosphère s’était sensiblement détendue et Gale admirait, béat, le ciel parsemé d’étoiles. Il souffla et vit la buée flotter en l’air, chose toute bête qui le fascinait déjà très jeune. Il pencha la tête vers la jeune fille qui reprit la parole, et décela un air grave sur son visage ; il tendit son oreille pour l’écouter attentivement. Cat soulevait un point intéressant ; qu’adviendrait-il pour eux, à partir de cette soirée ? Même si la réponse lui paraissait évidente, Gale hésitait et réfugia instinctivement son regard vers le sol. Il se sentait bête d’avoir cru, simplement l’espace de quelques secondes, qui tout repartirait comme si de rien n’était. La jeune fille s’en remettait à sa décision mais il ne sut pas quoi répondre. Il n’était pas sûr de vouloir qu’ils restent simplement amis mais si c’était le prix à payer pour espérer de nouveau une relation saine entre eux, Gale se sentait capable de faire ce douloureux compromis. Mais pour combien de temps ? Il répondit d’un ton grave. « Je t’ai attendu –je t’attends depuis cinq ans, Cat ». Il se redressa et contourna la jeune fille pour se poster face à elle, et chercha son regard. « Je refuse de te perdre à nouveau ». Il fronça les sourcils et plaça sa main contre la joue chaude et douce de la jeune fille.

Sa voix grêle tremblotait à cause de la fraicheur mais son regard ne flancha pas. « Ça risque d’être difficile au début. De rester simplement ton ami » il arqua un sourcil et hocha les épaules avec résignation « Mais si c’est le prix à payer, je suis prêt à faire cet effort ». Difficile restait un euphémisme, mais Gale ne voulait pas gâcher sa seule chance de renouer avec Cat, pas après leur séparation et l’annonce de son installation à Lima. Il en doutait sérieusement mais peut-être qu’au fond, il finirait par s’habituer à cette situation –après tout, il fut un temps où Cat et lui étaient seulement des amis, songea-t-il. Il s’avança vers la jeune fille et réduisit l’écart infime entre eux ; il se baissa légèrement pour déposer un baiser sur son front et l’enlaça ensuite. C’était étrange ; il ne sentait pas le corps de la blondinette sous l’épaisseur de son manteau mais ce contact lui redonna le sourire. Mais, conscient de s’être emporté, il rompit cet étreinte et fit un pas en arrière. « Ma vie ici n’est pas si géniale, tu sais » expliqua-t-il avec sérieux, sentant ses pommettes rougir suite à son petit écart « J’aime Lima, j’aime ses habitants. Mais ici, il me manque quelque chose ».

Il fit quelques pas pour réchauffer ses orteils et se posta de nouveau face à la porte fermée. Au fond, cette situation ne lui déplaisait pas du tout. Pourtant, Gale grimaçait. Ça n’était pas à cause du froid qui lui martelait la peau, ni à cause des fourmis dans son bras encore douloureux. La douleur venait de sa poitrine, et il savait que tous les remèdes du monde ne pouvaient rien y faire. Dépité, il plaqua son front contre la porte et ferma les yeux. « Quelqu'un. Il me manque quelqu’un »
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptyMar 6 Déc - 18:49

Gale marquait un point : McKinley ne lui avait absolument pas manqué. Skyline était différent de son premier lycée. Établissement public, il était pourtant réputé pour être un lycée d’élite où le sport avait une place très importante dans la vie de ses élèves. Ecaterina avait réussi ses tests d’entrée haut la main, malheureusement, elle avait dû repiquer son année de première ; à cause de son départ précipité de Lima, elle n’avait pas eu le temps de terminer ses examens, et son dossier scolaire en avait injustement pâti. Toujours est-il que la discipline était respectée, à Skyline. Elle n’avait jamais assisté à des scènes d’humiliations comme à McKinley. C’était un lycée plutôt cool, et les élèves, en parfaits californiens qui se respectent, l’étaient tout autant. D’ailleurs, il avait été facile pour la blondinette de se fondre dans la masse ; malgré sa petite taille qui contrastait ridiculement avec les jambes interminables de ses camarades de classe, elle avait le physique d’une fille d’ici, toutes les élèves lui ressemblaient sur le campus et personne ne s’était réellement occupé de l’intégration de la petite nouvelle. Ces deux années avaient été tranquilles, Cat était une très bonne élève et les professeurs étaient satisfaits de son parcours. Bien sûr, au fil du temps, des élèves –des garçons, beaucoup de garçons- avaient tenté d’en savoir plus sur elle. Cette fois-ci, elle ne s’était laissé berner par personne. Ecaterina ne s’était fait aucuns amis, là-bas. De toute façon, deux ans plus tard, elle n’aurait plus eu de leur nouvelle. Elle avait déjà assez donné dans le genre, et préférant se consacrer à ses études plutôt qu’à la fondation de tout un tas de relations inutiles, la jeune fille avait fini le lycée comme elle l’avait commencé –c'est-à-dire, seule.

La jeune femme s’était promis de ne forcer la main à personne. Pourtant, la tête posée sur l’épaule de Gale, Ecaterina avait l’impression de profiter de la situation, voir même d’en abuser. C’est ce qui la força à prendre sur elle et à enfin rentrer dans le vif du sujet : eux. Qu’est-ce qu’il se passerait entre eux après cette soirée ? Ils s’ignoreraient, ou au contraire, ils renoueraient pour devenir de simples amis ? Quand elle disait qu’elle se contraindrait à respecter la décision du jeune homme, elle disait vrai et tentait d’y mettre toute la bonne foi dont elle était dotée, même si au fond, elle savait très bien ce qu’elle voulait. Néanmoins, elle était parfaitement consciente que rien ne serait facile ; il était déjà compliqué pour elle de passer devant la porte de son appartement tous les jours alors, accepter l’idée de faire comme s’il n’existait pas, c’était un défi qu’elle se forcerait à relever si c’était réellement ce qu’il voulait. Navrée de manquer autant de tact, la blondinette se retourna après son petit discours improvisé. Elle ne voulait pas qu’un échange de regard trop appuyé lui fasse perdre cet élan de courage qui semblait s’être soudainement emparé d’elle ; les yeux du jeune homme restaient son point faible.

Lançant des œillades indécises au ciel, Ecaterina patienta. Elle devait connaître les désirs de Gale. Foncièrement, elle croyait qu’il éprouvait encore des choses pour elle, elle le sentait et jusqu’à présent, elle avait toujours eu une bonne intuition. Cependant, elle avait besoin de l’entendre, d’en être persuadée avant de faire le grand saut et de lui dire enfin tout ce qu’elle avait sur le cœur. Il était inutile qu’elle se ridiculise si au final, tout cela ne servait strictement à rien. L’attente devint trop pesante, Ecaterina ferma brusquement les yeux et s’apprêta à se retourner lorsque Gale la prit de court et se posta face à elle. Les traits de son visage de détendirent promptement, et elle pencha la tête ; son cœur se mit à battre trop fort dès lors qu’il lui avoua l’avoir attendu, et quand sa main fraîche frôla sa joue, elle retint sa respiration, n’hésitant pas elle aussi à affronter directement son regard.

« Je ne peux pas. » glissa-t-elle d’une toute petite voix. Elle secoua doucement la tête en détournant le regard ; elle repoussa délicatement la main de Gale –ce qui lui coûta beaucoup, d’ailleurs, puis lança un regard furtif aux étoiles aux dessus d’eux « Je ne peux pas être simplement ton amie, et toi non plus, tu le sais. » Peut-être était-ce un peu trop honnête, mais c’était tant pis : à ce moment précis, elle n’avait plus rien à perdre alors, autant jouer franc jeu et arrêter de se raconter des histoires. Elle était trop fatiguée. Elle ajouta alors, retrouvant son timbre normal –rauque et déterminé « Moi aussi, je suis prête à faire des efforts, mais ça ne durera pas longtemps. »

Le baiser que le jeune homme déposa sur son front lui fit fermer les yeux, et se figer par surprise ; c’était un geste auquel elle ne s’attendait pas, tout comme l’étreinte dont il la gratifia à peine quelques secondes plus tard. Instinctivement, Ecaterina l’entoura avec ses bras et se serra contre Gale ; elle savait que cela non plus, ça ne durerait pas longtemps.

« Je n’ai pas tenu ma promesse. » Comme elle s’y était attendue, cette fois, Gale brisa leur étreinte et se résignant à lui laisser faire un pas en arrière, Ecaterina fronça les sourcils tout en continuant sur sa lancée « J’ai changé, je suis différente aujourd’hui, j’ai grandi. Je peux faire face maintenant, on m’a appris à le faire. Mon père avait tort, il faut se battre. » Une vague impromptue de chaleur s’insinua en elle ; elle était décidée. Se redressant de toute sa petitesse, Ecaterina se mordit très brièvement la lèvre inférieure puis débita avec douceur « C’est pour cette raison que je suis revenue, et c’est aussi pour cette raison que j’ai décidé de rester. J’ai beau prétendre le contraire, mais c’est toi qui m’a ramené à Lima, pas seulement Quinn, et son mariage. J’avais envie de te voir, ça fait cinq ans que j’ai envie de te revoir… de te revoir, et de m’excuser. »

Très vite, elle baissa le visage. Elle ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin. Ecaterina sentait que tout un flot de paroles lui brûlait la gorge ; elle avait attendu trop longtemps pour s’exprimer, et maintenant que l’occasion lui en était donnée, maintenant que Gale était devant elle et qu’elle se sentait assez forte pour lui faire comprendre la vraie nature de ses sentiments et les vraies raisons de son retour en ville, elle ne pouvait plus faire marche-arrière. Gale fit quelques pas pour rejoindre la porte, Cat le suivit sans attendre.

« Je sais –je sais que je n’ai pas le droit de te dire tout ça, mais j’ai trop longtemps hésité, la coupe est pleine. » Ne sachant pas quoi faire de ses petites mains, Ecaterina les leva devant elle avant de les baisser aussitôt. Dans un haussement de sourcil, elle regarda sur sa droite, cherchant à peine ses mots –tout ça dormait en elle depuis un trop gros nombre d’années, tout paraissait tellement naturel « Quand on était au lycée, j’ai mis des mois à accepter le fait que je t’aimais toi, et pas un autre. » Sa voix tremblota un instant, mais elle se reprit très vite et après sa courte pause, elle fit un pas supplémentaire dans la direction de Gale « Maintenant, on est adultes. Il ne faut pas précipiter les choses, c’est vrai. Mais, ça nous a joués des tours dans le passé, non ? Alors, autant prendre le taureau par les cornes et avancer. »

Ecaterina se surprenait elle-même. Le ton de sa voix, sa façon de faire et son attitude ; elle se rendait seulement compte maintenant qu’elle avait réellement changé, que ce n’était pas juste un fait dont elle essayait de se convaincre, mais que c’était bel et bien la réalité. A l’époque, elle n’aurait jamais été aussi concise. Elle n’aurait jamais osé être aussi honnête tout simplement parce qu’il s’agissait de ce qu’elle ressentait vraiment. Ses pupilles croisèrent celles de Gale, et fronçant brusquement les sourcils, Cat baissa de nouveau la tête.

« Tu m’en veux. C’est normal, je n’essaie pas de te convaincre de me pardonner ou d’accepter de me refaire une place dans ta vie –même si c’est que je veux. » avoua-t-elle. Pinçant les lèvres, elle attendit une seconde puis elle haussa légèrement les épaules « Je respecte toute la rancœur que tu peux avoir à mon égard, je me suis préparée à ce que tu me déteste. » Laissant partir sa tête en arrière, la blondinette se mordit violemment la lèvre alors que ses yeux scrutèrent machinalement le ciel. Dans un sourire douloureux, elle poursuivit « Te savoir tout près sans pouvoir te parler, c’est insupportable. » Son sourire pénible perdura encore un temps. Enfin, elle reporta son attention sur le jeune homme, perdant graduellement son sourire « On a du temps à rattraper, Gale. J’ai des choses à te dire, et je sais que toi aussi. »

Elle examina la réaction de Gale qui lui avoua qu’il aimait Lima, mais qu’il lui manquait quelque chose –quelqu’un. Dos à la blondinette, le jeune homme posa son front contre la porte. Ecaterina s’approcha encore un peu. Elle se plaça derrière lui, et n’hésitant pas une seule seconde, l’entoura pour la seconde fois de la soirée avec ses bras. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour atteindre sa nuque et y posa lentement ses lèvres ; elle murmura :

« Je peux être ce quelqu’un. Je suis là, je ne bougerai pas. » Elle resserra son étreinte, fermant les yeux « Je n’ai plus dix sept ans, j’ai compris tout un tas de choses. Cinq ans, c’est long. Beaucoup trop long, j’ai eu le temps de réfléchir et… » Cette fois, Cat déposa un baiser sur la nuque de Gale puis, baissant davantage la voix, elle termina « Je t’aime, ça à toujours été le cas et ça le sera toujours ; qu’on soit ensemble ou pas, que tu me déteste ou non. »
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptyVen 9 Déc - 14:26

La jeune fille avait entièrement raison lorsqu’elle disait qu’une simple amitié entre eux était vouée à l’échec. Il le savait parfaitement parce que, à plusieurs reprises, son père lui avait expliqué à quel point il était difficile de faire table rase et de simplement fermer les yeux comme on le souhaiterait en matière de sentiments. Et ce qu’il éprouvait à cet instant pour Ecaterina n’avait pas changé depuis le moment où ils s’étaient quittés ; au contraire, son amour n’avait cessé d’augmenter. Il n’y avait qu’à voir la manière dont il se comportait à son égard : même après cinq années de séparation, il n’hésitait pas à l’embrasser sur le front ou la prendre dans ses bras –et c’était réciproque. Gale était perdu. Lorsque la jeune fille face à lui reprit la parole, il plongea son regard attristé dans ses pupilles claires ; si cette soirée était la dernière qu’ils passaient ensemble à se parler, il comptait en profiter pour la contempler dans toute sa beauté, rien qu’une dernière fois.

Il sut immédiatement de quelle promesse Cat lui parlait, il ne l’avait pas oubliée. Lorsqu’ils s’étaient embrassés pour la première fois, dans l’auditorium de leur ancien lycée, la blondinette et lui s’étaient tous deux fait une promesse mais curieusement aucun n’avait tenu la sienne ; si Cat avait changé, Gale avait souffert par sa faute. Ironiquement, le jeune homme ne trouvait pas ce constat tout à fait affligeant : après tout, n’étaient-ils pas à proprement parler à égalité ? C’était difficile de ne pas se rendre compte à quel point la jeune fille avait mûri –elle le disait elle-même. En quelques minutes, elle s’était confiée à lui bien pu facilement qu’elle ne l’avait fait par le passé. Mais Gale ne considérait pas ça comme une mauvaise chose. Il aimait la Cat de son lycée et certainement la Cat en face de lui tout autant, voire plus. Son pouls s’accéléra d’ailleurs en un rien de temps lorsqu’elle lui avoua la vraie raison de son retour à Lima –c’était lui. Troublé, il se figea avant qu’elle ne continue son discours : s’agissait-il d’une manière de lui avouer qu’elle l’aimait encore ? Une faible lueur d’espoir germa dans son esprit et le jeune homme, stoïque, poursuivit sa contemplation. Dans son tumulte, il réalisa toutefois que les rôles semblaient inversés ; c’était Cat qui ouvrait son cœur et lui qui se taisait. Mais plus pour très longtemps, songea-t-il.

Face à la porte, le front plaqué contre la surface en métal refroidie par la brise, les épaules du jeune homme s’affaissèrent. Il ferma les yeux en soupirant mais ses pensées restaient tournées vers Cat ; celle-ci ajouta qu’elle ne voulait plus commettre la même erreur que par le passé, qu’il n’était plus question de refouler ses sentiments à son égard. La jeune fille s’approcha de lui en précisant qu’elle comprenait sa rancœur, mais qu’elle ne supportait pas l’idée de ne plus le revoir. Malheureusement, le jeune homme restait paralysé par un torrent d’émotions et ne comprenait pas clairement ce que tout cela impliquait quant à la nature des sentiments d’Ecaterina. Il lui expliqua toutefois que sa vie à Lima n’était pas aussi idyllique qu’elle aurait pu le croire ; il lui restait un vide à combler. Ce quelqu’un dont il parlait était évidemment la blondinette qui, il l’espérait, le comprendrait bien rapidement. Le brouillard dans son esprit l’empêchait de dire clairement ce qu’il avait sur le cœur, aussi secoua-t-il sa tête pour cesser de se tourmenter davantage. Cat avait entièrement raison ; il ne servait à rien de passer par quatre chemins ou même de nier l’évidence. S’encourageant mentalement à sauter le pas, le garçon aspira profondément mais fut coupé dans son élan par le contact des lèvres de Cat contre sa nuque.

Un frisson de plaisir se propagea dans tout son corps et il laissa échapper un nouveau soupir, soulagé. Il ne savait pas si c’était l’effet du baiser de Cat contre sa nuque ou sa déclaration d’amour, mais subitement Gale ressentit un désir profond pour la jeune fille –un désir physique. Il pivota délicatement sur lui-même et, de nouveau face à la jeune fille, lui accorda un large sourire, plus détendu et amusé cette fois-ci. Sa vision du toit de l’immeuble calma ses ardeurs mais la lueur malicieuse dans ses yeux n’était pas prête de disparaître ; après un bref échange de regards appuyés avec la blondinette, il consentit à lui répondre, l’air enjoué. « Je ne peux pas te détester. J’ai essayé, je n’y arrive pas ». Il profita de cette proximité pour caresser la joue de la jeune fille du bout de l’index. Ses yeux restaient plantés dans les siens. « Moi aussi, j’ai changé, tu sais. C’est normal » expliqua-t-il avec un ton rassurant, un sourire étirant ses lèvres. « Mais mes sentiments pour toi sont toujours les mêmes –ils le seront toujours ». Il glissa ses mains sur la nuque de Cat, et se pencha pour déposer son front contre le sien. Il murmura : « Je t’aime. Je pense à toi chaque jour depuis que tu es partie. Tu… » et pencha son visage davantage jusqu’à ce que leurs nez, cette fois, se frôlent. « Tu m’obsèdes. Tu habites chacune de mes pensées –Je t’aime, Cat ». Il se tut et ferma les yeux pour sentir la respiration de la jeune fille lui caresser les lèvres. « Ne pars plus jamais comme ça, promets-le moi » chuchota-t-il, glissant ses mains autour de la jeune fille pour rapprocher au maximum leurs deux silhouettes.

Vibrant d’un désir si longtemps refoulé, le garçon n’attendit pas la réponse de Cat. Il l’embrassa avec passion, goûtant ainsi au doux parfum de ses lèvres, et resserra un peu plus leur étreinte. Réchauffé par ce lien et la satisfaction qui l’envahit subitement, il fit durer le plaisir, comme pour souder les lèvres de Cat avec les siennes. Cette saveur ne lui était pas étrangère, il s’en était imprégné plusieurs années plus tôt, et elle ne l’avait jamais vraiment quitté. Ce baiser n’avait rien des baisers innocents qu’ils avaient pu s’échanger dans l’auditorium. Le jeune homme s’en rendit compte car, lorsqu’il se résigna à éloigner son visage de celui de Cat, son désir pour elle n’avait fait qu’augmenter. Néanmoins, compte tenu des circonstances, il se contenta de sourire bêtement en apercevant l’expression chamboulée de la jeune femme à quelques centimètres de lui. « Désolé, c’était plus fort que moi ».
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptyDim 11 Déc - 0:34

Bien qu’elle ait encore de nombreuses choses à dire, Ecaterina se sentait soulagée. Sa tête était plus légère, et l’air glacial tout autour semblait s’insinuer plus facilement dans ses poumons –ce qui ne lui était plus arrivé depuis longtemps. Cat savait que dire à voix haute ce qu’elle pensait tout bas l’aiderait beaucoup à se sentir mieux, mais elle n’avait jamais espéré que cela soit aussi soudain. Qui plus est, ce n’était pas le plus important pour elle, même si se sentir aussi exaltée n’avait rien de désagréable. Toutefois, elle était parvenue à faire comprendre à Gale qu’elle l’aimait. Elle le lui avait dit, clairement, c’était une première. Sa réaction, Ecaterina l’appréhendait. Les lèvres posées sur sa nuque, elle hésita un long moment avant de relâcher son étreinte, resserrant aussi délicatement que possible ses bras autour de lui puis bien obligée de renoncer, elle déposa un dernier baiser près de son oreille avant de se retrouver à plat sur ses deux pieds. Cat avait à de maintes fois imaginé l’attitude de Gale suite à ce genre de propos, mais bizarrement, elle ne se s’était jamais demandée comment est-ce qu’elle réagirait si jamais il lui disait que tout ça n’avait plus aucune importance pour lui, désormais. Elle vivrait avec, c’était une évidence, mais après ?

Dans le fond, Ecaterina avait conscience qu’elle allait trop loin. Cela ne faisait que quelques semaines qu’elle avait décidé de rentrer. Jamais auparavant elle n’avait tenté de contacter Gale pour avoir une discussion avec lui, alors qu’elle savait pertinemment qu’ils se croiseraient de nouveau. Elle n’avait pas osé, ne sachant pas comment s’y prendre. Cat avait peur, elle avait tellement de faits à se reprocher qu’elle estimait que cela devait être normal, même si, au final, cela prouvait une fois encore que son penchant pour la lâcheté n’avait pas disparu. Ce soir, elle était là, tout près de lui. Elle se permettait de lui dire des choses qu’elle ne lui avait jamais dites pour, à défaut de régler totalement la situation, au moins l’apaiser. C’était difficile parce qu’elle se rappelait que la dernière fois qu’ils s’étaient vus en tête-à-tête, la seule chose qu’elle avait eu envie de faire c’était de l’embrasser. Néanmoins, elle réussissait à prendre sur elle, elle n’avait pas le choix. C’était sa punition, elle l’acceptait.

Dans l’attente, la blondinette pinça les lèvres, trépignant à l’intérieur. La chaleur que lui offrait la veste du jeune homme devint brusquement étouffante, alors qu’elle sentait encore la brise environnante lui chatouiller les chevilles et nerveuse, elle se contraignit à la déboutonner et remonter légèrement les manches, dans l’espoir de se sentir moins brûlante. Lorsqu’il se retourna pour enfin lui faire face, Cat se figea ; elle leva timidement la tête et se rendit compte qu’il souriait, ce qui indépendamment de sa volonté, la fit froncer les sourcils. Son regard se planta directement dans celui de Gale et littéralement suspendue à ses lèvres, elle patienta encore un peu avant qu’il ne consente enfin à lui parler. Ecaterina fronça davantage les sourcils, mais pas par mécontentement. Elle parvint même à esquisser un sourire alors que les doigts de Gale caressèrent sa joue. Elle ferma brièvement les yeux, tentant de refouler cette vague de sentiments gênants qui s’emparaient d’elle à ce moment. Elle avait envie de pleurer, encore une fois, et elle ne pouvait décemment pas se le permettre –pas maintenant.

Gale ne la détestait pas. Pourtant, elle lui avait donné toutes les raisons possibles pour la haïr de tout son être. Néanmoins, savoir qu’il avait échoué dans son entreprise la réconforta et lui permis de se détendre. Pour de bon, enfin. Les yeux fermés, elle laissa le jeune homme glisser ses mains sur sa nuque, ce qui fit accélérer ses pulsations. D’un même mouvement, elle posa doucement les siennes sur ses poignets. Bizarrement, elle se sentait comme vidée à présent. Ecaterina était épuisée, elle avait reculé pendant des années pour ne pas revenir à Lima, pour laisser une chance à Gale de se reconstruire, ne sachant pas si de son côté, il était toujours amoureux d’elle. Aujourd’hui, ils étaient revenus au point de départ, ce qui la réjouissait… mais en même temps, le poids de tous ces moments passés à ruminer, la mettait dans un état d’abattement qu’elle n’avait pas vu venir et seule sa volonté de ne pas gâcher ces retrouvailles la forçait à ne pas s’effondrer.

Front contre front, la blondinette percevait les lèvres de Gale à quelques centimètres à peine des siennes. De ce fait, elle rouvrit les yeux. S’ils s’embrassaient maintenant, il aurait beaucoup de mal à se débarrasser d’elle. Cependant, suite à sa déclaration, Ecaterina prit conscience que ce n’était pas du tout ce qu’il voulait ; elle ne s’était donc pas trompée. Se préparant à lui faire sa promesse –à savoir qu’elle ne partirait plus, elle sentit les mains de Gale la rapprocher davantage de lui. Cat perdit soudain pieds et se tut, le laissant prendre toutes les initiatives. Les yeux fixant les lèvres de Gale, Ecaterina se laissa donc embrasser.

Personne ne l’avait jamais embrassé de cette façon. Ecaterina n’avait, certes, pas beaucoup de points de comparaison, mais elle savait reconnaître un petit baiser pour la forme, d’un vrai baiser fougueux comme celui-ci. Parfois, il lui était arrivé de penser à la sensation des lèvres de Gale contre les siennes. Elle se souvenait du baume à lèvres qu’elle portait ce jour là. C’était la raison pour laquelle elle ne l’avait jamais changé. C’était étonnant, la façon dont les choses étaient restées très claires dans son esprit, c’était d’autant plus douloureux qu’ils ne s’étaient embrassés que quelques fois, seulement et que lorsqu’elle avait quitté l’auditorium, elle pensait pouvoir l’embrasser autant qu’elle le souhaiterait dans l’heure suivante. Mais, les choses ne s’étaient pas déroulées de cette manière. Ici, cela n’avait plus rien avoir. Le premier baiser qu’ils avaient échangé était un baiser d’adolescents maladroits, inexpérimentés. Or, ils avaient grandit et même si cette idée lui faisait inconsciemment de la peine, ils avaient tous les deux connus d’autres personnes au cours de ces cinq ans. Ecaterina percevait le désir de Gale à travers ce baiser, ce qui le rendait plus agréable encore. Pressant tout doucement son corps contre le sien, Ecaterina se mit une nouvelle fois sur la pointe des pieds pour lui éviter de se dévisser le cou. Elle se félicita mentalement d’avoir eu un petit coup de chaud tout à l’heure, ce qui l’avait forcé à déboutonner cette veste. Maintenant, c’était la chaleur qui émanait de lui qui la gardait au chaud, et forcément, c’était nettement plus stimulant.

Gale rompit leur baiser. Ecaterina se contraignit à ne pas renchérir tout de suite, histoire de calmer le jeu. Ses pommettes étaient brûlantes, et étourdie par le manque d’oxygène, elle ferma plus fort les yeux. Cependant, elle ne put s’empêcher de s’approcher encore un peu de lui et frôlant tout doucement ses lèvres avec les siennes, elle examina d’un œil espiègle sa réaction. Les excuses du jeune homme la firent sourire. Elle coula alors un dernier coup d’œil avide à ses lèvres puis murmura :

« On a cinq ans à rattraper, tu n’as pas à t’excuser. » Elle l’embrassa lentement puis élargit son sourire en faisant glisser ses doigts sur son épaule. Dans la foulée, elle prit une fausse mine de réflexion, furetant le ciel du regard « Et si tu ne l’avais pas fait, j’aurais été obligée de me dévouer. » Malicieusement, Cat fronça le nez tout en rebaissant le regard sur le visage de Gale et déposa un autre baiser au coin de sa bouche. Enfin, elle reprit son sérieux avant de juste le prendre dans ses bras, le serrant encore plus fort « Je ne partirai plus jamais, je te le promets. » dit-elle simplement avec douceur.

Ne relâchant pas son étreinte, Ecaterina planta son regard sur la porte, en face d’elle. Juchée sur la pointe des pieds, mais le menton posé sur l'épaule de Gale, elle enfonça délicatement le bout de ses doigts dans ses cheveux, puis elle prit une profonde inspiration pour continuer « On a besoin de parler –ce soir. » précisa-t-elle.

Les choses ne pressaient pas, c’est vrai. Mais Ecaterina n’avait plus envie de rentrer maintenant et de toute façon, s’ils restaient bloqués toute la nuit ici, autant mettre tout ce temps à profit. La fatigue et le désir avaient beau être là, elle se sentait plus éveillée que jamais et prête. Se redressant légèrement, elle se décolla un petit peu de Gale et le fixa droit dans les yeux ; elle s’apprêta à continuer mais brusquement, la porte s’ouvrit.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Sam 31 Déc - 18:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say.   01. [Immeuble Hemmens/Catalano] Long time no see, long time no say. EmptySam 31 Déc - 15:19

Dans la lumière déclinante des étoiles, les yeux de Gale brillaient d’une vive lueur. Le baiser fougueux qu’il venait d’échanger avec Cat l’avait étrangement réchauffé et il se surprit à vouloir retirer subitement son pull. S’il s’était excusé de ne pas avoir su maitriser son geste, il ne regrettait pour rien au monde d’avoir à nouveau goûté aux lèvres de la blondinette. Celle-ci, visiblement consentante, lui fit remarquer qu’ils avaient de longues années à rattraper ; un sourire complaisant étira la bouche du garçon. Il entreprit de murmurer quelque chose en retour mais fut coupé dans son élan par la jeune fille qui lui rendit son baiser. Fermant les paupières, il savoura ce nouveau contact charnel avec elle et, sentant un désir profond s’attiser en lui, se retint de renchérir tout de suite lorsqu’elle éloigna sensiblement son visage. A la place, la jeune femme lui souffla une promesse. Celle de ne plus jamais partir. Les yeux bleus de Gale lui lancèrent un remerciement muet et il la serra contre lui. Confortablement blotti contre Cat, il caressa ses cheveux avec sa joue et plongea ses yeux vers l’horizon, lâchant un soupir de soulagement. Cela faisait cinq ans qu’il avait attendu ce moment et l’espace d’une seconde il craignit que tout cela ne fût qu’un rêve. Un souffle glacial martelant sa joue dissipa son inquiétude.

Après le long chemin tortueux, semé d’embûches qu’il avait parcouru depuis leur séparation précoce, Gale se sentait apaisé. Il songea qu’il était à sa place, ici, dans les bras de celle qu’il aimait, sous ce ciel tapissé d’étoiles, et ce constat le fit sourire bêtement. Les choses seraient certainement différentes, à partir de maintenant, et même s’il n’était pas sûr de le mériter, il était prêt à accueillir le bonheur qu’on lui tendait à bras ouverts. Ecaterina précisa qu’il fallait qu’ils parlent et Gale secoua sa tête pour acquiescer. Cela semblait évident qu’ils avaient des tas de choses à se dire, et même si le jeune garçon, foncièrement, pensait à une autre façon de terminer la soirée il songea que la discussion était préférable. « Je ne comptais pas te laisser t’échapper si facilement » répliqua-t-il, avec taquinerie, surtout au regard de la situation actuelle. Son regard se teinta d’espièglerie lorsqu’ils se décollèrent mais Gale n’eut pas le temps de glisser sa réplique suivante. Derrière lui, il entendit le grincement de la porte indiquer qu’ils n’étaient plus tous seuls à présent.

Il fit volte-face et se posta à la gauche d’Ecaterina, les yeux rivés vers l’entrebâillement de la porte qui laissait deviner une silhouette féminine ; c’était la jeune fille dont lui avait parlé Cat quelques minutes plus tôt. Un sourire béat aux lèvres, la gamine, qui portait précieusement dans ses bras un chat tigré, gratifia la blondinette d’un regard enjoué. Gale, qui ne comprit pas tout de suite, s’avança malgré tout vers la porte pour la bloquer fermement avec son bras, préférant s’assurer de ne pas laisser passer cette opportunité de quitter les lieux. Sa présence eut l’air de déstabiliser la brunette dans un premier temps mais son visage se détendit lorsqu’elle sembla le reconnaître. « Je l’ai retrouvé » expliqua-t-elle à Cat, caressant le félin qui ronronnait bruyamment en guise de confirmation. « Le vilain s’était réfugié dans le local du concierge ». Gale, le yeux rivés au sol, saisit la même pierre qu’auparavant pour bloquer la porte et après s’être assuré qu’il ne craignait pas d’autre mauvaise surprise, fit quelques pas pour rejoindre les filles. « Salut Alice » adressa-t-il à sa voisine. Cette dernière, certainement peu accoutumée à voir le jeune homme sous un bon jour, ne répondit rien. Gale ne se formalisa pas –il n’avait jamais réellement cherché à sympathiser avec les habitants de son immeuble.

« On te doit une fière chandelle, tu sais » précisa-t-il tout en échangeant un sourire amusé avec Cat. Même si Alice ne comprendrait pas, c’était un peu grâce à elle qu’ils s’étaient retrouvés ici, ce soir, et qu’ils s’étaient parlé. Gale eut l’initiative de prendre la main d’Ecaterina pour la joindre avec la sienne, la toute première fois face à une tierce personne, et s’en félicita. Un sentiment de fierté s’insinua en lui mais il ne laissa rien paraître. Tournant son visage vers la blondinette, il ajouta « si tu n’étais pas venue nous ouvrir, je n’ose même pas imaginer ce qui aurait pu nous arriver » puis se mordit la lèvre, réprimant avec difficulté un fou-rire. En réalité, il savait pertinemment comment aurait terminé la soirée –Cat aussi. Et même si désormais cela paraissait compromis Gale n’abandonna pas pour autant ses velléités de finir la soirée avec la jeune femme. « On y va ? »

Laissant volontairement la brunette passer la porte en première, Gale et Cat se résignèrent malgré tout à avancer lorsqu’elle se retourna dans leur direction, suspicieuse. Une dernière fois donc, le jeune homme balaya l’endroit du regard ; il n’oublierait sans doute jamais cette soirée et voulait en garder autant de détails que possible. Une fois à l’intérieur, réchauffé presque aussitôt, il serra plus fort la main de Cat puis échangea un regard avec elle. A la force de ses yeux, il lui ordonnait une seule chose : reste avec moi.

***

Arrivés devant la porte de son appartement, Gale sortit avec difficulté la clé de sa poche, trop occupé à embrasser Cat pour se concentrer sur autre chose. Tout en s’avançant lentement pour introduire la clé dans la serrure, il continuait à caresser fougueusement ses cheveux de sa main libre, avide de retrouver un semblant d’intimité une fois à l’intérieur. La jeune femme s’écarta toutefois sensiblement et Gale parvint à calmer ses ardeurs pour l’écouter. Elle lui concéda que si elle ne se dépêchait pas, Will et Emma seraient certainement très inquiets. Il soupira mais garda un sourire pendu aux lèvres ; il savait qu’elle ne voulait pas se défiler, ça n’était simplement pas le bon jour. Il lui proposa de la raccompagner mais Cat déclina son offre, prétextant que toutes les bonnes choses avaient une fin. Un tantinet bougon, il se plia à sa volonté et l’embrassa une dernière fois. Gale savait qu’ils se reverraient bientôt mais gardait un mauvais souvenir de ce moment où ils s'étaient dit au revoir, cinq ans plus tôt, en guise d'adieux. C’était certain : si elle recommençait, cette fois, il se sentait prêt à remuer ciel et terre pour la retrouver.

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