Choriste du mois


Partagez | 
 

 01. If this was a movie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
I don't give a damn 'bout my bad reputation
Age : 25 ans
Occupation : Prof de guitare à domicile, travaille dans un foyer de groupe, chanteur du groupe Against The Odds
Humeur : Sérieuse
Statut : Autre moitié fiancée d'Ainston
Etoiles : 4932

Piece of Me
Chanson préférée du moment : This is gospel - Panic! At The Disco
Glee club favori : Ne se prononce pas
Vos relations:
I don't give a damn 'bout my bad reputation ♪
MessageSujet: 01. If this was a movie   Sam 19 Nov - 20:49

D'une démarche nonchalante, Timothy déambulait dans le parc universitaire, les yeux rivés sur le sol. De temps à autre il projetait un caillou au moyen d'un coup de pied peu enthousiaste ou s'arrêtait furtivement pour scruter les alentours, mais jamais il ne se retournait vers le bâtiment qui se dressait derrière lui. Son sac pendait sur son épaule, manquant à plusieurs reprises de glisser pour s'écraser sur le sol. Timothy devait avouer que c'était un signe à la fois troublant et particulièrement évocateur de sa situation. Il venait de s'échapper de son cours d'anthropologie, considérant que ne plus entendre la voix de son professeur - qui redoublait pourtant d'intensité au travers des haut-parleurs - était peut-être la seule façon que son corps avait de lui communiquer qu'il était temps de couper court à la torture. Il voulait faire semblant, il voulait faire plaisir à ceux qui comptaient le plus pour lui en prétendant faire quelque chose de sa vie, mais tout ceci ne lui ressemblait pas et ne lui ressemblerait probablement jamais. La chaleur étouffante des amphithéâtres et cette promiscuité qu'il était forcé de partager lui donnaient la sensation de n'être qu'un pion parmi les autres. Il n'avait pas envie d'être un pion. Il n'avait pas envie d'avoir des responsabilités et il avait encore moins envie de fouler le sol de cette université au sein de laquelle il se sentait étranger. Il avait brièvement ressenti la même chose à Londres, mais à un degré moins important, alors qu'il était forcé de faire des efforts pour s'intégrer. Ici, en Ohio, il avait des amis à Lima et s'en faire à la fac n'avait jamais été son objectif. A vrai dire, il n'était même pas certain d'avoir eu un objectif en envoyant sa candidature, sauf peut-être celui de taire l'insistance de sa mère qui commençait sérieusement à l'irriter.

Il respirait alors l'air doux de Columbus, livré à lui-même dans un monde qui lui semblait hostile. Le soleil brillait faiblement à travers les branches encore feuillues des arbres et le vent soufflait de temps à autre, une brise légère qui ne parvenait même pas à lui arracher un frisson. Quelques étudiants occupaient çà et là les bancs du parc, d'autres préféraient s'allonger dans l'herbe encore verte mais Timothy ne les voyait pas. Il voyait seulement son ombre et entendait le bruit irrégulier de ses pas qui frottaient contre le béton. Après avoir fait quelque mètre il lui vint soudainement l'envie de chanter.



Hello, hello
anybody out there?
'cause I don't hear a sound
alone, alone
I don't really know where the world is but I miss it now

I'm out on the edge and I'm screaming my name
like a fool at the top of my lungs
sometimes when I close my eyes I pretend I'm alright
but it's never enough
cause my echo, echo
is the only voice coming back
my shadow, shadow
is the only friend that I have ♫

Il entreprit alors de s'asseoir sur un banc voisin, sans même prêter attention aux autres personnes qui pouvaient bien se trouver autour de lui. Il avait cette curieuse impression d'être seul, hors du temps, comme lorsqu'il passait ses soirées de douce mélancolie assis sur le rebord de sa fenêtre, bercé par le vacarme paradoxalement apaisant qui régnait à l’extérieur de l'appartement qu'il partageait avec Leah et Christabella. Il adorait chanter pour lui, mais son expérience au lycée et même à Londres lui avait permis d'élargir cette perspective. Pour cette raison il en voudrait toujours à Bryan Ryan de les avoir abandonnés et d'avoir réduit leurs espoirs à tous à néant - chose que paradoxalement il avait toujours essayé de faire sans y parvenir véritablement. Tim avait bien entendu que les Awesome Voices étaient de retour en ville, mais sa rancune n'avait d'égal que son talent, et à moins d'un miracle cela demeurerait pour lui un simple souvenir à jamais gravé dans sa mémoire.
Tim puisait alors sa mélancolie de sa nostalgie incontrôlée et de ses disputes régulières avec Anna. Encore ce matin il lui avait fait une crise de jalousie parce qu'il considérait qu'elle fréquentait bien trop cet idiot de J.J. Il savait bien qu'éventuellement tout rentrerait dans l'ordre, c'était toujours le cas, mais parfois il s'en voulait de ne pas pouvoir lui offrir le genre de relation dont elle rêvait peut-être secrètement.

Assis sur son banc, les jambes étendues de tout leur long, il simulait des accords de guitare, l'air curieusement enjoué.

listen, listen
I would take a whisper if
that's all you have to give... ♫

Une ombre vint rapidement le couper dans son élan d'enthousiasme soudain. Il n'avait pas pour autant envie de lever les yeux - plus par agacement qu'à cause d'une gêne quelconque - et se contenta donc de froncer les sourcils. Il releva finalement la tête lorsqu'il réalisa que l'ombre en question n'était pas disposée à bouger de si tôt, accompagnant son geste d'un soupir qui en disait long sur son état d'esprit actuel. Ne serait-il donc jamais tranquille ? "Qu'est-ce que tu me veux ? Et non je n'étais pas en train de faire de l'Air Guitar."
Pour lui c'était encore un de ses camarades de psychologie qui venait analyser son curieux comportement. Lui-même était censé faire la même chose mais lorsqu'on vivait à Lima et qu'on avait fréquenté pendant 5 ans les couloirs de McKinley, il était difficile de discerner un comportement normal d'un comportement étrange.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 01. If this was a movie   Ven 25 Nov - 15:25

Gale flânait la tête baissée, préoccupé par son projet de court métrage, en quête d’une idée novatrice, si rudimentaire fût-elle. La validation de son année, dixit son professeur de Multimédias, dépendait entièrement de ce travail qu’il avait hélas grand-peine à commencer. Il fallait dire les choses telles qu’elles étaient : ses camarades avaient choisi tous les sujets possibles et imaginables et ses probabilités de sortir du lot restaient minces. Si bien qu’il avait passé l’après-midi entière à bachoter dans un coin de la bibliothèque universitaire, sans que l’inspiration divine ne soit au rendez-vous. Néanmoins, n’étant pas d’une nature à se dégonfler, il se sentait prêt s’il le fallait à filmer le chihuahua de sa mégère de voisine à son insu pour raconter toutes les mésaventures que sa propriétaire lui faisait subir. Ce qui n’était incontestablement pas l’idée du siècle, en soit, mais une alternative à laquelle il songeait désormais sérieusement. Les semaines de cours passaient à vitesse folle et il était grand temps qu’il mette le doigt sur quelque chose de solide.

A l’accoutumée, errer dans le parc universitaire n’était pas sa tasse de thé. Endroit rêvé des jeunes couples qui exposent au grand jour leurs amourettes d’adolescents, ce spectacle d’échanges de baisers et de démonstration d’affection l’incommodait au plus haut point. Cette dérogation à ses habitudes n’était donc nullement désintéressée ; s’il voulait augmenter ses chances de dénicher l’idée du siècle, il fallait à tout prix qu’il élargisse ses horizons. Et force était d’admettre que la température encore généreuse pour la saison rendait cette balade en éclaireur tout à fait supportable –il gardait toutefois ses yeux rivés vers le sol, évitant soigneusement de poser son regard sur élèves allongés sur l’herbe ou assis sur les bancs qui jonchaient son passage. Il trainait les pieds, son sac à dos pendouillant négligemment sur son épaule, et de temps en temps la brise venait caresser son visage, faisant flotter quelques-unes de ses mèches de cheveux.

Le jeune garçon s’apprêtait à faire demi-tour lorsqu’un son de nature inconnue, mélodieux de surcroit, titilla ses tympans et le fit s’arrêter sur place. Il releva la tête juste à temps pour mettre un visage sur cette voix masculine ; un jeune garçon, marchant dans la direction opposée, s’approchait de lui sans vraisemblablement se soucier que quiconque pût l’entendre fredonner. Gale l’étudia avec intérêt à mesure que l’écart entre eux se réduisait. Ce visage, cette silhouette svelte et ces cheveux foncés lui étaient familiers. Il était quasiment convaincu qu’il s’agissait d’un ancien élève de McKinley, le lycée où il avait obtenu son diplôme, mais se résigna à baisser le regard trop tôt pour s’en assurer. Le mystérieux inconnu lui passa à côté sans l’apercevoir et Gale, planté au milieu du chemin, se retourna graduellement pour le suivre d’un regard ébahi. Il écarquilla les yeux ; sa vedette, son « histoire unique » venait de se présenter à lui et s’il ne faisait rien l’en empêcher, elle lui passerait bientôt sous le nez.

« Excuse-moi ! » lança-t-il, tout en marchant d’un pas décidé pour rattraper le jeune homme. Ce dernier ne sembla pas l’entendre et poursuivit sa route, mais Gale accéléra, bien décidé à ne pas le laisser filer si facilement. Finalement, l’individu vint s’asseoir sur un banc et Gale ralentit pour reprendre son souffle. Il songea qu’il était grandement temps qu’il reprenne une activité physique régulière. Passant ses doigts dans ses cheveux ébouriffés, il réfléchissait à la meilleure manière d’aborder la question. Même si une part de lui tentait de l’en dissuader, il restait persuadé qu’il ne passerait pas nécessairement pour un fou allié. Mordillant ses doigts, il aspira une grande bouffée d’air frai pour se donner un peu de courage et s’approcha de jeune homme. Il se racla la gorge dans une vaine tentative de capter son attention.

Il fut pris de court par les paroles de son interlocuteur. Celui-ci le questionna avec nonchalance sur la raison de sa présence. L’air contrit, Gale baissa les yeux vers le sol, sans se démonter pour autant. Il réfléchit quelques secondes mais, faute de meilleure approche, esquissa un sourire timide. « T’inquiète, l’Air Guitar ça me connaît ». Il hocha les épaules pour appuyer son propos et poursuivit. « Ça ne me regarde pas mais, tu n’étais pas à McKinley par hasard ? » s’enquit-il. « Ton visage m’est familier, même si j’essaie de garder le moins de souvenirs possible de cette époque-là ». Puis il se tut. Ça n’était pas dans ses habitudes de faire un brin de causette avec le premier venu mais il s’était laissé emporter. Il frotta ses cheveux avec gêne et reprit. « Je peux m’asseoir ? ».
Revenir en haut Aller en bas
avatar
I don't give a damn 'bout my bad reputation
Age : 25 ans
Occupation : Prof de guitare à domicile, travaille dans un foyer de groupe, chanteur du groupe Against The Odds
Humeur : Sérieuse
Statut : Autre moitié fiancée d'Ainston
Etoiles : 4932

Piece of Me
Chanson préférée du moment : This is gospel - Panic! At The Disco
Glee club favori : Ne se prononce pas
Vos relations:
I don't give a damn 'bout my bad reputation ♪
MessageSujet: Re: 01. If this was a movie   Dim 27 Nov - 14:39

Le garçon en question n'était peut-être pas un étudiant en psychologie, après tout. Timothy pouvait l'affirmer avec une certitude presque trop assurée parce que dans le cas contraire il n'aurait pas affiché cet air penaud, aussi bref fut-il. D'ordinaire ses camarades - le mot était trop fort selon lui - faisaient preuve d'une impétuosité qui l'énervait au plus haut point. Baisser les yeux était clairement un signe de faiblesse qu'il n'était pas bon de manifester, au risque de se faire marcher sur les pieds tout le reste de l'année, jusqu'à ce que les plus ou moins longues vacances d'été se chargent de balayer les réputations. Après tout c'était un des atouts majeurs de l'université, contrairement au lycée où les étiquettes restaient collées à jamais. Timothy le toisait alors de haut en bas, puis de bas en haut, paradoxalement curieux d'avoir la réponse à sa question. Il arquait un sourcil, les yeux ronds, ce qui dans un sens ne devait pas arranger le malaise passager que semblait ressentir son interlocuteur. Il n'en avait que faire, si ce dernier n'était pas capable de percer son impertinence, c'était certainement qu'il n'était pas digne de prolonger cette discussion.

Apparemment le jeune homme avait plus de ressources qu'il ne l'aurait cru. Il glissa une petite réplique qui aurait pu sembler amicale, mais qui pour Timothy relevait d’un profond intérêt opportuniste. Pourquoi ne répondait-il pas tout simplement à sa question, au lieu de vouloir se le mettre dans la poche ? Tim arborait une expression de plus en plus dubitative et malgré cet air presque arrogant qu'il manifestait - il avait pris cette mauvaise habitude à cause d'Anna - il éprouvait presque de la compassion pour cet étudiant. Ce dernier continuait à éluder la question en empruntant divers chemins, tous aussi périlleux les uns que les autres. La mention de McKinley dans sa phrase captiva cependant l'attention de Timothy. Ce fut comme si ce nom avait provoqué en lui une décharge, chose qu'il ne ressentait que rarement durant ses cours. Il ne manifesta pas trop son intérêt, même s'il devait avouer se sentir intrigué. Ce n'était pourtant pas bien étonnant, tous les ratés - ambitieux de surcroît - de McKinley atterrissaient à Ohio State. Mais même si c'était le cas, Tim n'avait jamais croisé de visage familier depuis sa récente intégration, si bien qu'il se sentit, l'espace d'un instant, appartenir à ce monde de labeur et de constante compétition.

Timothy n'eut pas le temps de répondre que le jeune homme - dont il ne connaissait toujours pas le prénom - lui demanda la permission de s'asseoir. Il hocha les épaules et replia finalement ses jambes avant de s'asseoir dans une position convenable et décente. "Peu importe." se contenta-t-il de répondre. L'autre étudiant ne le savait certainement pas, mais il avait piqué sa curiosité, sinon il lui aurait clairement recommandé d'aller voir ailleurs s'il y était. Malgré tout il détestait cette distance qu'il prenait et cette manie qu'il avait de mettre des gants lorsqu'il s'adressait à lui. Ils faisaient tous ça. A une époque pas si lointaine c'était la méthode privilégiée par les adultes - aussi vaine que pathétique - pour lui arracher quelques confidences. Et même sans ses études de psychologie Timothy savait très bien que, foncièrement, c'était toujours le cas. Les gens tâtaient le terrain avant d'en venir au but. Parfois ça fonctionnait, parfois non. La plupart du temps ça ne faisait qu’envenimer son exaspération. Tim préférait clairement une personne franche et directe qui lui dirait sans ménagement qu’il était ridicule dans son genre plutôt qu’un pseudo psychologue qui tenterait de le lui prouver par a+b. C’était une perte de temps et il détestait perdre du temps - du moins quand il n’en était pas responsable. "Sérieusement, qu'est-ce que tu me veux ? Pas la peine de faire le mec cool et tout ça, tu as forcément quelque chose en tête" demanda-t-il en toute franchise. Lors de sa récente thérapie, la psychologue qu’il avait finalement accepté de consulter - pour faire plaisir à sa mère plus qu’autre chose - lui avait appris qu’il avait des tendances paranoïaques. Même si pour lui ce n’était que des conneries, il était difficile de nier les faits. Il était véritablement parano. "Mais si ça t'intéresse tant que ça, oui j'étais à McKinley. Par contre tu m'excuseras mais ton visage ne m'est absolument pas familier. Tu me diras depuis le temps j'ai certainement oublié." ajouta-t-il en détournant le regard. Lui qui s'était éclipsé de son cours pour rester tranquille avait finalement hérité d'une plaie. Si seulement ce gars pouvait énoncer la véritable raison de sa présence, cela faciliterait les choses... pour tous les deux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 01. If this was a movie   Lun 5 Déc - 22:48

Le garçon se rendait bien compte que ce qu’il racontait manquait cruellement de spontanéité, ou même d’intérêt. A vrai dire, Gale était tellement concentré sur ce qu’il devait –ou ne devait pas- raconter qu’il faisait tout bonnement le contraire de ce qu’il s’imaginait. Il n’était pas dupe et savait pertinement que les chances que son interlocuteur l’envoyât valser étaient très fortes, pourtant il s’installa sur le banc sans se faire prier. Il jugea que, de toute manière, fuir à toutes jambes aurait été une bien pire alternative. Furetant activement autour du lui, Gale cherchait le meilleur moyen de formuler sa proposition d’une manière un tant soit peu intelligible mais surtout convaincante. Au fond, il était conscient que tout ça pouvait paraître dingue ; lui-même n’aurait jamais accepté ce genre d’offre venant d’un parfait inconnu, mais il était trop tard pour faire machine arrière. D’autant plus que s’il ne s’évertuait pas à fournir une excuse valable à sa présence ici, sur ce banc, il sentait qu’il devrait bientôt essuyer tout un tas de remarques acerbes. Aussi se redressa-t-il pour cesser de gigoter nerveusement.

Il s’éclaircit la voix mais fut coupé dans son élan par le jeune homme à côté de lui. Ce dernier, d’un ton plutôt expéditif qui happa Gale, lui fit comprendre qu’il ne servait à rien d’adopter un ton décontracté avec lui : il avait clairement compris que sa démarche n’était pas purement désintéressée. Le jeune homme eut le réflexe de mordre sa lèvre inférieure, sans pour autant baisser son regard. Pris sur le fait accompli, il chercha furtivement le moyen de rétablir la situation. Ses années de théâtre l’avaient rendu plutôt doué dans ce domaine, pourtant force était de constater qu’assis sur ce banc, rien ne lui venait à l’esprit. Curieusement, le garçon qui se trouvait à quelques centimètres l’intriguait au plus haut point. Ça n’avait rien à voir avec sa façon de s’habiller ni même les indénombrables tatouages qui recouvraient ses bras ; c’était l’aura qu’il dégageait. Mais Gale n’eut pas vraiment le temps de chercher de plus profondes explications : se sentant fusillé du regard, il jugea bon de mettre fin à son mutisme exagéré. « Désolé » déclara-t-il en premier lieu. Dans la précipitation, il avait oublié de se montrer poli et il voulait avant tout essayer de rectifier le tir –si encore c’était possible. Il secoua furtivement la tête et tendit sa main vers l’individu. « Je m’appelle Gale. Gale Hemmens. Je suis en troisième année de Multimédias ». Si Gale se souvenait de lui, ça n’avait pas du tout l’air d’être réciproque, mais ce détail ne le fit pas reculer. Peu importe, songea-t-il, ça n’était pas l’objet de sa visite, de toute manière. Le garçon avait juste essayé d’être sympathique mais manifestement, ça n’était pas une démarche qui semblait satisfaire son interlocuteur. Qu’à cela ne tienne ! S’il fallait en venir aux faits, autant s’y mettre au plus vite.

« Tu as raison. J’ai quelque chose à te demander. Et même si j’ai le pressentiment que ma requête risque de t’amuser plutôt qu’autre chose, je te la soumets malgré tout » Son ton n’était pas aussi décidé qu’il l’aurait souhaité mais qu’importait. Gale avait laissé tomber l’idée de gagner un minimum de crédibilité en usant d’artifices aussi grotesques ; l’essentiel était désormais qu’il puisse dire ce qu’il avait en dire, même en chantant s’il le fallait. Il eut le courage pour braquer ses pupilles bleues sur celles du garçon qui l’impressionna encore davantage –mais il ne laissa paraître aucun signe et se contenta de déglutir discrètement. « Voilà, c’est débile, complètement débile mais… il y a ce projet… » poursuivit-il, tout en cherchant ses mots pour éviter toute maladresse « ce projet de court-métrage que je dois réaliser avec pour intitulé ‘Une Histoire Unique de Columbus’ ». Il était surpris que le jeune homme lui accorde de l’attention mais ne s’attarda pas pour venir à bout de ses explications. Il était temps qu’il lui explique de but en blanc en quoi tout ça pouvait bien le concerner. Après une courte pause, il reprit : « Et comme je suis un gars totalement masochiste, je voulais savoir si tu voulais bien figurer, dans ce fameux court-métrage ». Il détourna son regard avant d’avoir terminé sa phrase pour contempler avec une admiration grotesque la poubelle qui se trouvait à quelques mètres du banc. Mais il n’avait pas terminé, non. En fait, c’était indubitablement le pire qui restait à venir. Mais peu importe, tout était presque dit, désormais, et il n’avait plus rien à perdre. Avec un peu de chance, le jeune homme aurait la décence de seulement lui rire au nez et de s’éclipser en suivant. Il ajouta : « Figurer, mais genre, comme vedette principale. Enfin tu vois ? ».

Si Gale avait écouté son corps à cet instant, il serait parti en courant à toute vitesse et surtout sans se retourner pour avoir à faire face aux moqueries que son interlocuteur devait déjà certainement lui préparer. Cette montée soudaine d’adrénaline lui plaisait, pourtant, et il ne bougea pas d’un poil. Lorsqu’enfin le silence, pourtant très bref, lui parut d’une cruauté extrême, il osa se retourner vers son camarade. Il était prêt à recevoir toutes les insultes du monde.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
I don't give a damn 'bout my bad reputation
Age : 25 ans
Occupation : Prof de guitare à domicile, travaille dans un foyer de groupe, chanteur du groupe Against The Odds
Humeur : Sérieuse
Statut : Autre moitié fiancée d'Ainston
Etoiles : 4932

Piece of Me
Chanson préférée du moment : This is gospel - Panic! At The Disco
Glee club favori : Ne se prononce pas
Vos relations:
I don't give a damn 'bout my bad reputation ♪
MessageSujet: Re: 01. If this was a movie   Dim 18 Déc - 16:46

Tim avait beau vouloir se persuader qu'il avait changé, au fond il savait qu'il demeurait le même. La question était plutôt de savoir s'il était possible de devenir une autre personne, au fil du temps, malgré des apparences souvent trompeuses. Pour ce qui était des siennes, elles étaient particulièrement révélatrices. Tim ne doutait même pas que son interlocuteur se soit, à un moment donné, attendu à une réponse froide et détachée. Était-il si transparent ? Il ne s'était jamais fait la remarque, mais peut-être qu'après tout le problème venait de lui. Mais force était de constater qu'il n'en avait absolument rien à faire. Soit, il restait ce garçon impulsif et réfractaire qui feignait sans arrêt se ficher de tout mais il ne s'en portait pas plus mal malgré tout. Trop de fois on avait bafoué sa confiance, trop de fois on l'avait traité comme un moins que rien et il était temps que la roue tourne. Quitte à déambuler seul pendant 4 ans dans le parc universitaire avec son ombre pour seule compagnie. De toute manière les étudiants de OSU étaient tous des bouseux qui se prenaient pour l'élite des ratés. A croire que l'ironie le suivrait partout, où qu'il aille.

Entre deux répliques, Tim en profitait pour soupirer impunément. Il voulait montrer son agacement, mais pas trop. C'était une curieuse méthode qu'il devait avouer ne jamais avoir utilisé jusque là. Rester détaché mais entretenir cet intérêt qu'on pouvait bien lui porter. Après réflexion il lui semblait bien avoir déjà usé de ce stratagème par le passé, mais curieusement cela n'avait jamais porté ses fruits. Sûrement était-ce aussi difficile qu'entretenir une relation amoureuse saine, chose qu'il n'était pas encore certain de maîtriser. Est-ce que ce gars était de bon conseil ? Certainement, même s'il n'était absolument pas subtil. Et la morsure de la lèvre inférieure, réaction typique de la personne mal à l'aise - du moins dans le cas présent cela ne ressemblait pas à une tentative exagérée de séduction dont usaient parfois certaines filles dans les bars.
Le garçon brisa enfin le silence pour s'excuser. Il venait de se faire traiter, implicitement, d'opportuniste, mais il trouvait quand même le moyen de formuler des excuses. Timothy hésitait entre éprouver de la peine ou de l'amusement, même si son manque flagrant d'empathie faisait plutôt pencher la balance vers ce dernier. Il secoua imperceptiblement la tête en signe de désespoir, avant de répondre malgré tout aux convenances. "Timothy Ainsworth." dit-il sans même porter attention à la main amicale que lui tendait Gale. Poli d'accord mais pas trop non plus. "Première année de psychologie." ajouta-t-il, l'air pensif. "Tu dois te demander autant que moi ce que je fous ici alors on évitera de se poser la question." Il hocha les épaules. Bien-sûr qu'il savait ce qu'il faisait ici, c'était tout simplement pour faire plaisir à ses proches. Il avait aussi eu, l'espace d'un instant, dans l'idée d'obtenir son diplôme pour pouvoir aider les adolescents paumés comme lui mais, au final, cela lui semblait beaucoup trop ironique pour devenir une réalité. D'accord c'était tout aussi ironique que Miss Pillsbury qui conseillait les autres, mais tout de même, ça ne lui ressemblait pas. Il chassa bien vite ces rêveries totalement saugrenues de son esprit avant de porter à nouveau son attention sur Gale. Son nom lui disait peut-être quelque chose après tout. Vaguement. Ou alors son cerveau inventait des choses maintenant qu'il n'avait plus de doute. Quoiqu'il en soit le visage de son interlocuteur, quant à lui, ne lui disait toujours rien. Ni de près ni de loin.

Ce dernier ne tarda pas à en venir aux confidences. Enfin, pensait Tim ! Peut-être n'était-ce pas qu'un simple hasard s'il étudiait la psychologie après tout. Tim ne put s'empêcher d’acquiescer lorsque Gale lui avoua que sa requête risquait de l'amuser. Amuser n'était pas vraiment le mot qu'il aurait employé mais certes, il y avait des chances qu'elle le fasse sourire, ou du moins entreprendre d'envisager de penser à sourire. Décidément ce Gale était perspicace : il savait également à l'avance que sa proposition était débile. Tim soutenait son regard. Pour une raison plus ou moins malsaine cela l'amusait de voir l'étudiant en multimédia s'emmêler à force de trop vouloir peser ses mots. Puis il en vint finalement aux faits - après avoir voulu le cuisiner pendant cinq bonnes minutes. Tim demeura totalement impassible, les yeux levés au ciel. Après cinq secondes de réflexion il répondit enfin, le regard vaguement dans le vide, perdu entre celui de Gale et l'horizon. "Attends je récapitule : tu veux que je sois l'objet de ton court-métrage à l'intitulé grotesque ? Nan mais sérieux, c'est quoi ce truc 'une histoire unique de Columbus' ? Et tu me trouves assez fascinant pour obtenir une bonne note ? Tu ferais mieux de filmer la chute des feuilles d'automne, crois-moi c'est bien plus divertissant." dit-il en toute sympathie. Peut-être que foncièrement il se sentait un peu flatté par cette proposition, mais il avait déjà donné pour la caméra et il n'en gardait pas forcément de bons souvenirs. L'objectif et lui n'avaient jamais fait bon ménage, et même Leah le savait alors qu'elle lui proposait parfois de poser l'espace de deux misérables minutes. "Je veux bien te croire, tu es légèrement maso sur les bords et moi j'ai l'air sadique, mais tu te trompes, ça collera pas ton histoire. Tu demandes souvent ce genre de choses aux gens ? C'est un peu effrayant si tu veux mon avis, tu ferais mieux d'afficher quelques annonces, parce que là ça fait limite pervers slash voyeur. Bonne chance pour ta recherche en tout cas." dit-il en fouinant dans son sac à la recherche de son iPod. Pour lui, la conversation était on ne peut plus terminée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 01. If this was a movie   Mar 28 Fév - 0:57

Gale ne s’était jusque-là jamais heurté à un pareil exemple de nonchalance. En général, c’était plutôt lui qui employait cette méthode lorsqu’on venait l’importuner sur son temps libre. Il concevait donc parfaitement l’obstination avec laquelle le jeune homme face à lui avait refusé de lui serrer la main, ou encore le regard presque dédaigneux qu’il lui lançait. A vrai dire, si les rôles étaient inversés, il ne doutait pas une seule seconde qu’il eût pu faire la même chose. C’était dans sa nature : il avait beau être un garçon parfaitement amical et avenant, parfois il n’avait tout simplement pas envie de faire d’effort. C’était d’ailleurs certainement la seule chose qui lui permettait d’encaisser les regards ou remarques caustiques du jeune homme en face ; il se raccrochait au mince espoir que, peut-être qu’au fond de lui, l’individu employait une méthode similaire à la sienne. Il acceptait donc sa sentence sans rechigner. Certains y auraient sans doute vu un signe de faiblesse assez évident, mais Gale n’était pas de cet avis. Il savait parfaitement se défendre lorsqu’il en ressentait le besoin — or là, ça n’était pas le cas.

Timothy Ainsworth : ce patronyme lui était sans conteste familier. C’était d’autant plus étrange que, depuis la fin de sa scolarité à Lima, le blondinet avait mis un point d’honneur à en oublier les moindres détails, notamment à cause de sa déception amoureuse. Timothy faisait partie de ces gens dont on se rappelle sans nécessairement les connaitre. Et Gale n’était pas sans savoir que c’était pour de mauvaises raisons ; il était différent des autres adolescents, voilà pourquoi. Tout comme il se souvenait parfaitement de cet abruti de Jacob Ben Israël — même si ces deux-là n’avaient strictement rien en commun. Au fond, peut-être avait-il eu tort. Maintenant qu’il y réfléchissait, il se rendait compte que sa proposition (si elle n’était pas déjà suffisamment déplacée) pouvait carrément blesser le jeune homme en face de lui. S’il l’avait choisi à lui, ça n’était pas pour cette raison-là. Après tout, Gale lui aussi s’était toujours perçu comme différent — la différence était que Timothy, lui, n’avait pas peur de l’affirmer. Etait-ce un brin d’admiration qui avait poussé Gale vers le jeune Ainsworth ? Il n’en savait trop rien. La seule chose dont il était sûr c’était qu’il aurait bientôt l’air d’un pervers et d’un abruti, alors au final, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ?

Tiraillé par le doute, il ne se dégonfla pas et la réaction du garçon fut sans appel. Sans surprise, il se moqua de son projet et lui expliqua surtout qu’il n’avait aucun intérêt à le choisir lui plutôt que quelqu’un d’autre. Il semblait persuadé de n’avoir rien d’unique, et Gale fronça les sourcils en signe d’incompréhension. Ce manque d’estime de soi était-il bien réel ou le garçon cherchait-il simplement des arguments pour se débarrasser de lui ? Il penchait plutôt pour la première mais ne s’attarda pas plus longtemps sur cette question. Il profita d’une pause de son interlocuteur pour lui répondre, d’un ton plus affirmé cette fois. « Tu as tort, je pense que tu as un profil parfait. Tu passerais très bien à l’écran » dit-il, ponctuant sa phrase d’un petit signe des mains pour imiter un cadran placé devant ses yeux. Puis, réalisant son erreur, il se retourna pour faire face au vide, portant une main au front et grimaçant. « Ouah, c’est sans doute le truc le plus gay que j’ai jamais dit à quelqu’un ». Il se redressa malgré tout, piqué au vif par la réplique du garçon, avant de poursuivre. « J’avoue, ce projet craint vraiment. Je soupçonne les profs de nous coller des trucs aussi merdiques simplement pour nous voir trimer. Ou alors, ils tiennent à ce que les autres nous collent une étiquette de pervers, au choix. Avec tous les geeks qu’on compte dans notre filière, ils n’ont vraiment pas besoin de ça » expliqua-t-il, sans craindre de voir un de ses chers camarades de classe débouler pour lui démontrer que, non, ce projet n’est pas dénué d’intérêt. Plus détendu, Gale plongea un regard vers le parc, sans vraiment se soucier si l’attention que semblait lui accorder Timothy était réelle. Du moment qu’il pouvait défendre sa cause, il n’en demandait pas plus. « Je vais être honnête avec toi, au début je voulais proposer ça au clodo à l’entrée du parc, et puis on s’est croisés. Alors en bon pervers voyeuriste, je me suis dit que ça valait la peine d’essayer. » Il fixa sans gêne le jeune garçon pendant que celui-ci furetait à l’intérieur de son sac, vraisemblablement peu intéressé par son discours. Gale avait l’impression d’être un véritable boulet, il s’interrompit.

Prenant ses aises, le blondinet détendit ses jambes puis fit basculer sa tête en arrière un court moment. Fermant les yeux avec effort, il se creusa l’esprit pour décider ce qu’il devait faire à présent. Vraisemblablement, le jeune homme ne semblait pas prédisposé à s’entretenir davantage avec lui ; ce qui était dommage, car on il ne se frottait pas à une pareille franchise tous les jours. De nouveau la tête droite, il se tourna vers son interlocuteur qui sortait des écouteurs de son sac. « Je ne laisse pas tomber tu sais » souffla-t-il avec obstination et un semblant de conviction pour titiller l’intérêt de l’adolescent. « Eh ouais, je suis pervers, voyeur ET têtu. Il faudra t’y faire ».
Revenir en haut Aller en bas
avatar
I don't give a damn 'bout my bad reputation
Age : 25 ans
Occupation : Prof de guitare à domicile, travaille dans un foyer de groupe, chanteur du groupe Against The Odds
Humeur : Sérieuse
Statut : Autre moitié fiancée d'Ainston
Etoiles : 4932

Piece of Me
Chanson préférée du moment : This is gospel - Panic! At The Disco
Glee club favori : Ne se prononce pas
Vos relations:
I don't give a damn 'bout my bad reputation ♪
MessageSujet: Re: 01. If this was a movie   Ven 30 Mar - 12:10

Les mains plongées dans son sac, Timothy guettait avec une attention particulière l'ombre de son interlocuteur, qui semblait l'envelopper comme essayaient de le faire ses arguments décousus. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne se résigne à l'inclure dans son projet idiot, le laissant seul avec sa musique. La situation commença à devenir embarrassante lorsque 10 secondes plus tard il sentait toujours le regard insistant de Gale posé sur lui, comme si ce geste banal qu'il était en train d'exécuter était une nouvelle source de fascination. Timothy ne savait pas véritablement où se mettre, il était à la fois profondément agacé par son opiniâtreté et presque amadoué par cette inspiration qu'il suscitait de toute évidence à son égard. S'il était si passionnant, il le saurait, et il aurait même fini par se convaincre que cette arrogance qu'il feignait parfaitement était tout à fait naturelle. Mais les années avaient beau défiler que son estime de soi restait malencontreusement la même. Il avait appris à se méfier des autres et ses tendances paranoïaques n'allaient certainement pas aller en la faveur de l'étudiant en multimédias. Piqué au vif, il abandonna sa fouille infructueuse - il avait fait exprès de chercher lorsqu'il s'était rendu compte que son iPod était dans la poche de son pantalon - et s'adossa sur le banc, le regard perdu. Il évitait à tout prix celui de Gale pour lui faire comprendre qu'il ne se préoccupait plus de sa présence parasite, mais de toute évidence le blondinet était un coriace. S'il ne l'avait pas menacé d'en venir aux mains, c'était simplement parce que sa voix et son visage lui étaient familiers, quelque part. Il n'avait pas menti lorsqu'il avait confié ne pas se souvenir de lui, mais le simple fait de savoir qu'il avait fréquenté McKinley suffisait à le rassurer.

Gale ne s'en rendait peut-être pas compte, mais à mesure qu'il parlait il s'engluait encore plus dans ses arguments vaseux et peu flatteurs. Tim se disait qu'il était bien mieux derrière la caméra que devant, parce que s'il n'arrivait pas à le persuader de sa bonne foi c'était qu'il était vraiment mauvais. Non pas que Tim était facilement influençable, au contraire, mais il savait reconnaître lorsque quelqu'un savait capter son attention... il savait le reconnaître intérieurement du moins. Seulement, malgré son manque de ressources, Gale avait su l'intéresser en jouant la carte de l'auto dérision. Tim savait que l'auto dérision était, paradoxalement, un signe de manque de confiance en soi. Du moins ça l'était dans son cas. Il valait mieux éclipser le malaise de cette façon plutôt que de montrer au monde entier la fragilité de son égo. Alors malgré ce désintérêt profond qu'il affichait, Tim l'écoutait attentivement. Il n’avait que ça à faire, après tout.

L'aveu du blond lui arracha presque un sourire. Cynique ou sincère, toujours était-il qu'il s'était senti beaucoup moins flatté d'un coup d'avoir été choisi pour faire la doublure d'un clodo. "Merci, je suis vraiment rassuré d'avoir plus de valeur artistique qu'un clodo." dit-il, une main posée sur le cœur pour feindre sa gratitude. Tim avait beaucoup de mal à se l'avouer, mais Gale avait tout de même quelque chose d'attendrissant. Il était clairement ce gars qui fasait copain-copain avec tout le monde parce que son caractère malléable lui permettait de se fondre dans divers décors. Peut-être qu'il valait quelque chose devant la caméra, après tout. Avec nonchalance, Tim se redressa, avant de se tourner vers le jeune homme. "Qu'est-ce que tu attends de moi exactement ? Que je continue à vivre normalement en sachant qu'une caméra est fixée sur moi sans arrêt ? Ça s'appelle de la télé réalité, et j'ai déjà donné." confia-t-il en toute franchise, sans hausser le ton ou trahir une quelconque animosité. Il inspira fortement avant de fixer à nouveau l'horizon face à lui. Cette histoire de téléréalité pour MTV l'avait réellement traumatisé, si bien qu'il ne sentait plus capable de s'exposer ainsi au reste du monde. Il valait bien mieux pour lui que ses gestes appartiennent au présent plutôt que de les enfermer dans une vidéo intemporelle. C'était égoïste, mais Gale ne l'était-il pas lui aussi au fond ? "Pourquoi est-ce que c'est si important pour toi ?" demanda-t-il finalement, immobile.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
MessageSujet: Re: 01. If this was a movie   Mar 24 Avr - 16:48

Attendant le verdict, Gale faisait s’entrechoquer les cailloux avec ses chaussures, la mine défaite. Que lui avait-il pris de se rabaisser de la sorte, au juste ? Il était pourtant clair que le jeune homme à côté de lui se fichait éperdument de ses états d’âme, tout comme il se fichait de son projet d’ailleurs. Pourtant, il n’avait pas menti : il savait se montrer têtu lorsque l’enjeu en valait la chandelle. Dans le cas présent, il avait sans doute exagéré, mais ne s’en rendit compte que trop tard. L’humour, l’autodérision, les compliments, rien n’y avait fait, il devait se faire une raison. Sans doute le jeune blondinet avait-il placé beaucoup trop d’espoir en sa force de persuasion, peut-être aurait-il dû arrêter de débiter ses arguments à deux balles plus tôt, ne serait-ce que pour éviter de se ridiculiser davantage. C’était indéniable, il s’était planté—et en beauté. S’apprêtant à se lever pour disparaître aussi vite que possible, il fut interrompu par la voix de Timothy qui s’échina malgré tout à lui répondre, mettant fin à son mutisme embarrassant. Déstabilisé, le garçon tourna la tête vers son interlocuteur, toujours aussi nonchalant, et le brun l’informa qu’il se sentait rassuré à l’idée d’être un meilleur modèle qu’un clochard. Fier de cette boutade, Gale esquissa un grand sourire, sentant l’espoir renaître. Cela montrait au moins que les deux garçons étaient sensibles au même type d’humour, un constat plutôt réconfortant—et s’il ne s’était pas tant ridiculisé que ça, après tout. Gale aimait beaucoup la force de caractère du jeune homme : il était différent de la plupart des personnes qu’il avait rencontrées. A bien y réfléchir, il n’y avait qu’une seule personne qui était parvenue à l’intimider de la sorte, et c’était nul autre qu’Ecaterina, lorsqu’il l’avait vue pour la toute première fois. C’était bien évidemment pour des raisons différentes—le charme de la blondinette avait rapidement eut raison de lui—mais l’aura mystérieuse de Timothy suscitait tout autant de curiosité chez lui, si bien qu’il resta assis pour l’écouter d’une oreille attentive.

Sa réplique suivante l’intrigua davantage : implicitement, il avoua avoir déjà expérimenté la télé-réalité. Un détail que le jeune Hemmens estima encourageant, car c’était la preuve que son voisin avait de l’expérience. Toutefois, il se résigna à ne pas lui poser de question à ce sujet : ce n’étaient pas ses affaires et même s’il sentait que toutes ses chances de le convaincre n’avaient pas disparu, il ne tenait pas à prendre de risques inutiles. Gale se concentra plutôt sur la question du jeune homme ; pour lui, il paraissait évident que ça n’était en rien de la télé-réalité—il avait beaucoup de difficultés à s’imaginer en train de suivre le brun comme son ombre pendant que celui-ci continuait à vivre paisiblement. Non, tout ça n’avait aucun intérêt, et il secoua presque aussitôt la tête pour faire comprendre à Timothy qu’il se trompait. Mais la méprise était parfaitement compréhensible, si bien qu’il ne tarda pas à s’expliquer. « En réalité, ce projet c’est plutôt l’inverse. On parle de l’histoire unique de quelqu’un, et je pense que c’est intéressant que ce soit cette personne qui raconte sa propre histoire, en s’adressant directement à la caméra ». Sa moue sérieuse contredisait l’incertitude dans sa voix, mais peu satisfait de son explication, il reprit rapidement la parole, déglutissant avec difficulté. « Admettons. Tu es ce fameux quelqu’un. Il s’agirait pas tellement de raconter ce que tu fais tous les jours, car sans vouloir te vexer, je m’imagine très mal en train de te filmer sous la douche, mais… mais plutôt de voir comment tu perçois ce qui t’encoure, à la fac par exemple. » Il leva la tête puis fit un signe de la main pour désigner les groupes élèves défilant dans l’allée ou installés un peu partout dans le parc. « Je ne vais pas t’apprendre que cet endroit est rempli d’idiots, et tu m’as l’air d’être plutôt franc. Alors pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour descendre tout ce beau monde ? C’est un projet scolaire, tout est permis » acheva-t-il, haussant les épaules et esquissant un sourire timide pour appuyer ses propos.

Gale disait vrai. Il ne savait pas si sa scolarité à McKinley y était pour quelque chose, mais les étudiants de Columbus lui semblaient tout autant débiles que ne l’étaient ceux de Lima. Peut-être était-ce lui, au fond, qui ne s’était jamais vraiment habitué à la mentalité des habitants de l’Ohio. Mais quelques-unes de ses rencontres au lycée lui laissaient penser le contraire. Lorsqu’il lui demanda pourquoi tout ça était si important pour lui, le blondinet serra légèrement ses mâchoires, fronçant les sourcils. C’était pourtant évident : Timothy dégageait quelque chose de très fort, quelque chose qui plaisait beaucoup au caméraman en herbe. Mais il écarta bien vite l’idée de lui annoncer de cette manière-là—il n’avait pas tellement eu tort de le qualifier de pervers, au fond. « Ecoute, tu viens de McKinley, je suis persuadé que tu as le même regard que moi sur cet endroit. C’est ça, que je cherche. » dit-il avec conviction, balayant les alentours du regard pour finalement venir fixer son interlocuteur une nouvelle fois. « Et puis, c’est sans doute difficile à croire mais j’ai un peu d’expérience en tant que comédien. Crois-moi, tu as le charisme parfait pour passer devant la caméra. »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: 01. If this was a movie   

Revenir en haut Aller en bas
 

01. If this was a movie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Glee RPG :: 
Archives
 :: Archives Saison 2 :: Episode 1
-