Choriste du mois


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 01. i need your help

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MessageSujet: 01. i need your help    01. i need your help  EmptyMar 6 Déc - 21:37

01. i need your help  Kristen7j 01. i need your help  550663trevino
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« OXANNA & AARON »


« Kenzo ! Estancias aqui ! » ordonna t'il, en levant un doigt dictateur au-dessus du museau du concerné. Le berger américain agita vivement la queue, avant de s’aplatir docilement sur la banquette arrière du véhicule. Aaron hocha brièvement la tête, satisfait ; il gratifia l'animal d'une caresse affectueuse, avant de claquer la portière et, de remonter la lanière de son sac sur son épaule. Columbus. Le jeune cubain se frotta les mains, tout en jetant quelques coups d’œil furtifs autour de lui, prudent ; puis, il s'engagea d'un bon pas, dans une ruelle secondaire. L'itinéraire depuis Lima touchait les deux heures de route et, il lui arrivait régulièrement d'avoir à faire navette entre les deux villes pour les besoins du garage de ses frères aînés ; néanmoins, ce soir-là, le déplacement en question n'avait rien d'anodin. Il leva les yeux lorsqu'il repéra l'enseigne qu'on lui avait préalablement indiqué et, il s'engouffra dans le hangar, spécialement aménagé pour l'occasion. Un combat libre. Machinalement, il carra les épaules et, se fraya difficilement un passage entre les spectateurs : « Hé Guevara ! Ça fait une plombe que je t'attends ! Dépêche-toi de te changer, j'te veux sur place dans cinq minutes ! » râla l'organisateur de la soirée - l'arbitre dont il remplissait les poches depuis plusieurs semaines, grâce à ses victoires consécutives. Le jeune homme répondit par un vague grognement affirmatif et, s'empressa de rejoindre les vestiaires qu'il venait de repérer. Il lâcha son sac sur le banc, avec une douceur relative et, se défit de son t-shirt d'un seul mouvement. Les combats libres n'étaient pas légaux aux États-Unis - à sa connaissance, ils ne l'étaient nulle part ailleurs ; toutefois, cela faisait bien deux années qu'il baignait dans le milieu. Il n'avait jamais daigné mettre ses proches au courant ; en conséquence, personne ne s'essayait à le questionner sur les divers hématomes qu'il pouvait afficher de temps à autres - étant l'heureux détenteur d'un épais historique d'actes impliquant la violence ; et, personne ne l'interrogeait non plus, sur l'argent qu'il pouvait récolter. Finalement, tout le monde y trouvait son compte, d'une certaine manière. Lui-même pouvait se défaire de son trop plein d'agressivité, tout en subvenant aux besoins financiers de sa famille. Et c'était très bien ainsi. Le cubain termina d'enrouler les bandes autour de ses poignets et, enfila les gants conventionnels avant de s'accorder un instant pour expirer profondément ; lorsqu'il sentit qu'il était prêt, il zippa expressément son sac et, se dirigea vers l'épicentre des exclamations furieuses.

Le jeune homme recracha furieusement le cale-dent qui protégeait jusqu'alors sa mâchoire des mauvais coups occasionnés par ce genre d'activité ; « Hé ! Toi, là ! Reviens ici ! » s'écria t'il, rompant inconsciemment l'assaut qu'il était en train de mener, tout en pointant le doigt vers un adolescent, qui enregistrait les détails du combat avec une caméra de bonne qualité, depuis le début de celui-ci. Le cubain s'approcha résolument des abords du ring, délimité par une foule de spectateurs ; soudainement, une douleur étourdissant le frappa en plein visage, le faisant tituber de quelques pas en retrait. Mécaniquement, il bloqua les chocs qui visait sa poitrine et, reçu un nouveau poing à la figure. Aveuglé, il donna deux rapides attaques frontales ; ses jambes se dérobèrent sous lui, lorsque son adversaire, avisé, réalisa un croc-en-jambe en ciseaux. S'escrimant à reprendre le contrôle du combat, il noua ses jambes autour du cou de son rival, qui se débloqua avec une aisance qui attisa la colère du cubain. Celui-ci se retrouva très rapidement bloqué sous le coude du colosse qu'il affrontait - situation, qu'il s'était appliqué à éviter depuis qu'il était entré en scène une dizaine de minutes plus tôt ; il sentit le sang afflué au niveau de son cou et, son visage devînt rouge. Il se débattit furieusement. Vainement. Incapable de déverrouiller l'étau qui l'étranglait et, refusant de se soumettre, il cligna des yeux, aux abords de l'évanouissement. Un nouvel impact expulsa l'air de ses poumons ; il tomba au sol avant d'avoir pu retrouver la moindre contenance et, sombra dans une courte inconscience.

« Hé ! Réveille-toi bordel ! Réveille-toi ! ». Une claque sèche vînt le tirer de sa torpeur ; il cligna des yeux, tentant de reprendre pied avec la réalité et, de se ré-habituer à l'éclairage puissant du néon au-dessus de lui. Une tête bouclée entra dans son champ de vision, tandis que les élancements de ses derniers contacts se faisaient douloureusement ressentir ; il perdit quelques instants à identifier la silhouette, comme étant celle de l'arbitre ; celle de Jimmy. « Mais qu'est-ce que tu as foutu, bon sang ?! Tu le tenais ! » s'exclama t'il, avec indignation. Le jeune cubain l'ignora quelques instants, frottant son crâne douloureux avant d'envoyer un regard noir au concerné : « C'te gosse ! Il avait une caméra ! Et il filmait ! Tu sais combien ça peut me coûter si cette vidéo sors sur internet ?! pendejo » rétorqua t'il, énervé. « Et tu sais combien ta petite défaite va me coûter ? T'as intérêt à te re-pointer d'ici deux jours - sinon j'peux t'assurer que tu vas en baver mon gars ! ». Jim intima à ses gros bras de le suivre d'un bref hochement de tête et, la troupe s'éclipsa prestement. Aaron entreprit de se relever et, sentit immédiatement ses muscles protestés. Il passa un pouce sur sa lèvre inférieure, complètement éclatée. Il n'osait pas même imaginer l'état pitoyable qu'il devait afficher. Il s'évertua au calme et, s'escrima à aligner deux pensées cohérentes : l'objectif : retrouver le gosse. Il s'empressa de rejoindre les vestiaires où son sac l'attendait et, chercha rapidement son téléphone portable ; lorsqu'il l'eut dégoté, il composa promptement le numéro d'Oxanna ; il savait qu'elle était dans les forces de l'ordre, néanmoins, elle était avant tout une amie, avec des compétences adaptées à la situation ; de plus, il comptait sur le facteur chance, pour qu'elle ne découvre jamais les raisons de cette faveur. Les tonalités résonnèrent contre son oreille et, durant quelques instants, il craignit qu'elle ne puisse répondre ; finalement, la voix de la jeune femme s'échappa du combiné : « Oxanna ? C'est Aaron. J'aurai besoin de ton aide. Tu pourrais me rejoindre au Soluna Café ? ». Il raccrocha quelques instants plus tard ; mentalement, il dressa une carte de la ville : il pourrait y être d'ici quatre minutes et, s'était suffisamment éloigné du poste de police pour ne pas le mettre mal à l'aise. Il fourra ses affaires dans son sac et, se dirigea au pas de course jusqu'à son véhicule.
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Oxanna Prescott
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Age : 24 ans
Occupation : Détective à la Police de Lima
Humeur : Enfin heureuse
Statut : En couple avec Keegan
Etoiles : 2957

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Chanson préférée du moment : death cab for cutie ; transatlanticism
Glee club favori : Urban Hymns
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MessageSujet: Re: 01. i need your help    01. i need your help  EmptyLun 12 Déc - 17:31

Oxanna se sentait complètement vidée après cette longue et dure journée de travail. Pour commencer, son patron lui avait mis une interminable pile de paperasse sur le bureau dès neuf heures du matin, et elle s’était échinée dessus jusqu’à la pause déjeuner. Ce qu’elle pouvait haïr cette partie du job ! Pourtant – et cela représentait une maigre consolation à ses yeux – elle savait que personne ne pouvait y couper, pas même ceux que le big boss considérait comme ses favoris. Sheldon aussi devait se mettre à jour dans ses dossiers et rapports aussi régulièrement que possible, et avait d’ailleurs passé une bonne partie du début de semaine à rester les pieds sous le bureau, le nez dans les feuilles A4. Comme quoi, être Agent du FBI n’avait parfois rien de bien excitant.
Sauf quand on se retrouvait sur le terrain, bien entendu. Dans l’après-midi, Oxanna avait eu un débriefing sur un meurtrier qui sévissait dans l’état voisin. Cela ne faisait évidemment pas partie de leur juridiction, mais Sheldon et sa nouvelle coéquipière avaient été envoyés là-bas pour apporter leur aide. Ils étaient dans le jus, leur spécialiste en profilage se retrouvant en arrêt de travail après une agression. Oxanna avait vu dans cette enquête une occasion de montrer de quoi elle était capable. Seulement dans l’histoire, elle avait juste oublié à quel point se mettre dans la tête d’un assassin pouvait être épuisant.

Ce soir, elle avait bien l’intention de se reposer, mais Sheldon semblait avoir d’autres plans pour sa jeune apprentie. « Alors ? Il nous a vus rentrer et il t’attend devant le bâtiment selon Jace, » lâcha-t-il d’un air profondément amusé, ce qui donna à Oxy l’envie de lui en mettre une. Elle se retint pourtant. Frapper son collègue serait plutôt mal vu, n’est-ce pas ? « Pour la énième fois, je ne suis pas intéressée. » « Pourquoi ? Il est mignon, intelligent… Bon, un peu geek sur les bords mais j’ai toujours pensé que ça te branchait bien. » « Alors arrête de penser, ça te réussit pas, » dit-elle sèchement en boutonnant son manteau. « Je rentre chez moi. » Sans attendre un mot de plus, telle une furie, Miss Prescott récupéra le sac à main qui pendait à son fauteuil de bureau et s’éloigna vers les ascenseurs.
Une fois arrivée à sa voiture, dans le parking souterrain, elle réalisa avoir réagi un peu trop violemment envers Sheldon. Normalement, le fait qu’il veuille lui trouver un petit-ami n’aurait pas du l’agacer à ce point : ils n’étaient que des coéquipiers et leur relation strictement professionnelle. Oui mais voilà, elle aurait préférée le sentir jaloux, elle aurait préféré qu’il fasse tout sauf la pousser dans les bras de l’expert en informatique du département, qui avait des vues sur elle depuis son arrivée.
En ce qui la concernait, l’unique Agent du Bureau qui l’intéressait était celui qui n’avait pas voulu de sa présence le jour où elle était revenue de Quantico. Celui qui avait essayé de convaincre son patron des heures durant de ne pas lui coller une bleue dans les pattes. Celui qui s’était montré odieux avec elle les premiers temps. Celui qui réussissait toujours à lui mettre les nerfs en pelote rien qu’avec son sourire suffisant.
Mais, contre toute attente et sans qu’elle ne puisse se l’expliquer, celui qu’elle aimait. Oxanna se l’avouait désormais même si elle n’était pas prête à le dire à qui que ce soit d’autre – et surtout pas au premier intéressé. Elle était tombée amoureuse de Sheldon, bien malgré elle et surtout, même s’ils ne se connaissaient que depuis peu de temps. Cela dit, le niveau de danger de leur métier et la confiance qu’ils devaient avoir l’un en l’autre sur le terrain, tout cela permettait de tisser des liens beaucoup plus rapidement que la moyenne. Et voilà où la jeune femme en était aujourd’hui…

Assise sur le siège conducteur de sa voiture, Oxanna soupira et tendit le bras pour récupérer son téléphone portable. Elle y était allée un peu fort, oui, et elle devait des excuses à Sheldon pour s’être montrée aussi sèche avec lui – sans compter qu’elle était partie sans lui dire au revoir, pas un mot. Elle composa rapidement un SMS à son attention et l’envoya. Bon, maintenant, elle se sentait mieux. Prête à prendre la route, se faire couler un bon bain chaud, et y rester autant que possible accompagnée de son livre de chevet.
A peine avait-elle démarré le moteur que son smartphone sonna. Oxy leva les yeux au ciel, persuadée que Sheldon, qui venait de recevoir son message, lui téléphonait pour une raison X ou Y – l’engueuler ? la remercier de son attention ? lui demander si elle s’était levée du mauvais pied ce matin ? Lorsqu’elle observa l’écran, elle découvrit que ce n’était pas son collègue de travail qui cherchait à la joindre – à moins qu’il n’ait modifié ses paramètres pour être en numéro masqué. Haussant un sourcil, elle décrocha. « Prescott. » « Oxanna ? C'est Aaron. J'aurai besoin de ton aide. Tu pourrais me rejoindre au Soluna Café ? » De son aide ? Pour quoi faire ? Une alarme se mit soudain à sonner dans la tête de la demoiselle. Elle détestait quand l’un de ses amis se trouvait dans le pétrin, et à en juger par la voix plutôt pressante d’Aaron, il avait sans aucun doute sauté dedans à pieds joints. « J’arrive tout de suite, j’en ai pour dix minutes, » dit-elle avant de raccrocher.

Le Soluna n’était pas très loin de son lieu de travail et si elle conduisait un peu plus vite que d’habitude, il lui serait peut-être possible de réduire à sept ou huit minutes. Non pas que chaque seconde compte – elle n’imaginait pas Aaron dans une situation pareille – toutefois elle ne pouvait s’empêcher de se faire du souci. Son ami n’était pas le genre à demander de l’aide : il aimait se débrouiller seul dans la difficulté – un point commun qu’ils partageaient. Alors, s’il en arrivait à lui téléphoner pour obtenir un coup de main, quelque chose d’important devait se tramer.
Rapidement et après avoir pesté contre quelques conducteurs bien trop lents, Oxy se retrouva devant le café en question. Elle gara sa voiture sur une place libre et rejoignit l’établissement. Lorsqu’elle entra, elle embrassa la grande pièce du regard et aperçut Aaron dans une alcôve, un peu à l’écart. Oxy eut tôt fait de s’asseoir en face de lui, prête à connaître la raison pour laquelle ils se retrouvaient à cette heure dans un café du centre-ville. « Alors, raconte-moi tout. En quoi puis-je t’être ut… ? » Elle se coupa alors même que ses yeux se posaient sur lui pour la première fois de la soirée. Il avait la lèvre inférieure complètement explosée, comme si le poing de Rambo en personne s’était abattu sur son visage. « Putain, Aaron, » jura-t-elle, incapable de se retenir. « Mais bon sang, qu’est-ce qui t’est arrivé ? »
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MessageSujet: Re: 01. i need your help    01. i need your help  EmptyMer 21 Déc - 15:43

Bien malgré lui, un soupir de soulagement quitta ses lèvres tuméfiées lorsqu'il perçu la réponse affirmative de son amie au travers du combiné. Généralement, il s'estimait suffisamment indépendant pour gérer ses propres affaires seul, sans impliquer un tiers ; néanmoins, depuis qu'il la connaissait, Oxanna avait toujours été une personne de confiance, sur laquelle il était certain de pouvoir compter - d'autant plus dans ce genre de situations - et, bien que désormais elle soit membre du bureau d'investigation fédéral de la ville, il avait envie de croire qu'elle ne le laisserait pas tomber pour autant. Dix minutes. Il raccrocha et, rangea son téléphone dans la poche de son jogging avant d'enfiler précipitamment son maillot de corps. Dix minutes, c'était largement suffisant pour qu'il arrive avant elle au Soluna. Il s'empressa de ranger le reste de ses affaires dans son sac et, s'accorda une paire de minutes afin de réaliser un brin de toilette, peu désireux d'arriver face à la fouine de Lima, avec une tête pareille. Il arracha sans ménagement les bandes qui maintenaient ses poignets et, s'approcha de l'évier ; il grimaça en découvrant la réflection de son visage dans le miroir fixé au mur carrelé, notant la présence de rougeurs douloureuses qui donneraient sûrement lieu à des hématomes le lendemain matin. Il s'aspergea copieusement le visage, chassant d'un même coup la poussière et, la sueur accumulée durant le combat qu'il venait de mener. Il s'appliqua à ignorer le noeud qui commençait à lui nouer vicieusement l'estomac ; il était conscient que les évènements avaient pris une tournure qui s'annonçait mauvaise pour lui. Plus précisément, sa liberté était entre les mains d'un gosse inconscient de l'influence qu'il possédait sur lui actuellement. Il était foutu.

À court de temps, le jeune homme s'empressa de rejoindre son propre véhicule et, jeta son sac sur la banquette arrière ; s'il avait été à Lima, il aurait certainement préféré rejoindre son point de rendez-vous à pieds. Néanmoins, ce quartier de Columbus n'était pas franchement réputé pour les bonnes vertues de ses habitants et, abandonner sa précieuse Chevrolet là, revenait à en confier les clés à un parfait inconnu - et, c'était en partie pourquoi Jimmy avait établi ses combats illégaux ici. Aucune personne en pleine possession de son instinct de survie ne mettraient consciemment les pieds ici, à moins évidemment d'aspirer à l'agression. D'une voix bien rendue rude par le stress, il réclama le silence à l'animal qui s'agitait à l'arrière. Celui-ci obéit docilement, percevant la nervosité qui animait son maître. Mettant le contact, Aaron réalisa une brusque marche arrière et, se fondit dans le trafic de la ville. Chaque minute qu'il perdait maintenant, était une minute offerte à ce gosse - ça le rendait fou, de savoir que son avenir proche, dépendait des agissements d'un autre. Il détestait ça. Il grilla un feu rouge, ignorant les klaxons qui résonnèrent sur son passage.

Quelques instants plus tard, il claquait la portière de sa voiture et, se dirigeait d'un pas vif vers l'entrée du Soluna, enfilant dans un même temps un large gilet de laine. Le cubain se renfrogna en reconnaissant le gérant ; l'homme avait des opinions très arrêtées sur l'immigration, les étrangers et, donc par extension, vis-à-vis de lui. Ils avaient déjà eu quelques accrocs par le passé et, Aaron savait que le vieil homme userait de n'importe quel prétexte pour le jeter dehors - la non consommation par exemple. Par conséquent, avant même que le propriétaire des lieux n'ait eu le temps de lui faire la moindre remarque, le cubain commanda deux cafés et, s'installa à une table du fond, de sorte à garder l'entrée dans son champ de vision. Il se passa une main dans les cheveux, affichant une décontraction purement fictive. Il consulta furtivement sa montre et, se voua à une attente qui lui semblait interminable.

Oxanna fit son apparition quelques instants plus tard ; il lui adressa un discret signe de la main et, elle le rejoignit très rapidement. Dès qu'elle fut assise en face de lui, le jeune homme se détendit. Il lui offrit un sourire en coin douloureux lorsqu'elle s'interrompit soudainement dans sa phrase, remarquant l'état dans lequel il se trouvait. Il aurait préféré qu'elle n'y fasse pas attention, mais d'un autre côté, c'était difficilement manquable. Le problème étant, les explications ; car voyez-vous, le cubain ne pouvait décemment pas confier ses activités à la jeune recrue du FBI. Il n'aimait pas l'idée de la placer dans une position telle que celle-ci mais, il n'aurait pu contacter personne d'autre. « Je ... » commença t'il ; il fut interrompu par l'arrivée importune du gérant qui déposa leurs consommations devant eux et, resta planter, la mine suspicieuse. « Vous voulez du sucre ? » demanda t'il alors, s'attardant, au plus grand agacement du cubain. « Non, merci ça ira. » répondit-il d'une voix tendue. « Un petit gateau pour la demoiselle peut-être ? » insista t'il. « Non. Mais merci de vos attentions, on s'en souviendra la prochaine fois. » répliqua t'il, d'un ton qui laissait clairement entendre que la présence du gérant était indésirée. Celui-ci céda et, s'éloigna légèrement, vers une plante verte non loin de là - qui dû lui sembler particulièrement sèche, car il s'éloigna un instant pour revenir une minute deux plus tard, avec un vaporisateur. Aaron le dévisagea désagréablement, avec méfiance, avant de reporter son attention vers Oxanna. « Il s'avère qu'une petite grand-mère n'a pas apprécié que je la double au supermarché. Je sais pas ce qu'elle trimballait dans son sac, mais ça a été plutôt efficace comme tu vois. » déclara t'il ironiquement, en désignant son visage en roulant des yeux. « Rien de grave rassure-toi. Mais j'aurai besoin de ton aide. » reprit-il. Il trempa ses lèvres dans le café qu'on venait de lui servir et, grimaça. Il n'aimait pas vraiment ça, mais l'arôme parvenait toujours à le tirer de n'importe quelle torpeur. « Quelqu'un a filmé mon passage à tabac. Et j'ai besoin de retrouver cette vidéo avant qu'il la diffuse. C'est plutôt moyen pour un type comme moi d'avoir une vidéo de lui se mettre KO sur internet. » argumenta t'il, tentant d'insuffler la sincérité dans ses demi-vérités. « J'ai besoin de récupérer ce film. Tu penses que c'est dans tes cordes ? » l'interrogea t'il, avec espoir.

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MessageSujet: Re: 01. i need your help    01. i need your help  EmptyVen 23 Déc - 12:20

La blondinette était passée par beaucoup de phases. Elle avait eu sa période « insolente » tout au long de sa scolarité – surtout à McKinley, où les professeurs se souvenaient sans aucun doute encore de son passage. Puis en mûrissant un peu, elle s’était calmée pour devenir obéissante, dans l’unique but de grimper les échelons au FBI et de construire sa carrière. Oxy gardait toutefois un certain cynisme qui semblait lui coller à la peau depuis sa plus tendre enfance, et qui lui permettait de se protéger. Cependant, s’il y avait une chose qui ne la caractérisait pas, c’était bien « grossière ». Son paternel ne l’avait pas élevée pour sortir des gros mots à tout bout de champ, et bien qu’elle en dise relativement souvent comme toute personne normale faisant face à une situation précise, Oxanna n’en abusait jamais. Oui mais là, elle aurait pu sortir toute la panoplie si elle ne s’était pas retenue au dernier moment – et surtout, si le patron du café n’avait pas interrompu la conversation. Qu’était-il arrivé à Aaron ? Ca sentait surtout mauvais quand elle y pensait : sa blessure à la lèvre et son coup de fil étaient forcément liés. Dans quelle histoire avait-il trempé ? S’était-il mis dans le pétrin sans plus pouvoir en sortir si ce n’était avec l’aide d’un agent du gouvernement ? Et encore, c’était un bien grand mot. La jeune femme débarquait tout juste dans le métier et n’avait pas assez de relations et d’expérience pour prétendre à des faveurs.

Alors que l’on déposait son café juste devant elle, Oxanna se surprit à prier très fort pour que ses hypothèses soient fausses. Complètement athée voir anti-religion, cela ne lui ressemblait pas du tout, et les choses devaient forcément avoir atteint un état critique pour qu’on la surprenne à espérer d’un inconnu dans le ciel que tout s’arrange. En l’occurrence, Aaron ne lui avait encore rien dit et si ça se trouvait, Oxy se faisait des films. Oui mais alors dans ce cas, pourquoi son sixième sens lui soufflait le contraire ? Comme si l’attente n’était pas déjà assez longue, le patron s’attardait à leur table, alors que la blondinette se languissait d’une explication. Outre les réponses concises d’Aaron visant à lui montrer qu’il les dérangeait, Oxy entreprit de lui lancer un regard noir lorsqu’il proposa un gâteau. Il finit par comprendre, s’éloignant sans un mot de plus, et l’agent se tourna vers son ami sans perdre davantage de temps. « Bon alors, raconte, » lâcha-t-elle, tentant de dissimuler un trouble qui ne cessait de grandir à chaque seconde.

Lorsque le jeune homme lui parla d’une grand-mère mécontente, qui l’aurait soi-disant frappé, Oxy le dévisagea mais garda un air totalement neutre. En son for intérieur, elle savait qu’il mentait. Elle le connaissait assez bien pour s’en rendre compte, d’autant qu’elle avait étudié durant des années afin d’être capable de ce genre de prouesses. Pour le moment, elle se contenta toutefois de ne rien laisser paraître et écouta Aaron avec une attention toute particulière, pesant et analysant chacun de ses mots, chacun de ses gestes. Déformation professionnelle certes, mais apparemment cela lui serait bien utile aujourd’hui. Le mécanicien ajouta qu’il aimerait récupérer la vidéo de ce passage à tabac – par une mamie ! – et lui demanda avec espoir si cela lui serait possible.

Oxanna laissa le silence s’installer entre eux, et en profita pour boire une gorgée de son café. Une grimace déforma ses traits car elle faillit se brûler la gorge. Reposant la tasse, elle posa ses coudes sur la table et joignit ses deux mains. On aurait pu croire qu’elle invoquait Dieu, mais non, c’était plus ou moins sa position de force attitrée. Sans se départir de son air des plus indéchiffrables, elle s’exprima posément, calmement. « Ca dépend. Si le magasin a une caméra de surveillance, je pourrais visionner les cassettes et lancer une reconnaissance faciale sur la personne qui a filmé – dans la mesure du possible. » Elle soupira, plongeant ses yeux dans les siens comme si elle cherchait à le sonder. « Mais toi et moi, on sait pertinemment que le responsable de ton état n’est pas une grand-mère mécontente, et que ça ne s’est pas non plus passé aux caisses d’un supermarché, huh ? » Nouveau silence, et elle reprit. « Tu ne t’es jamais dit que mentir à une profileuse, c’était pas franchement un bon plan ? » Cette fois, elle eut du mal à dissimuler son agacement. Aaron venait de lui mentir en espérant qu’elle ne découvre rien, et en plus il lui demandait de jouer de son métier pour le sortir de ce faux-pas. S’il voulait son aide, il lui faudrait être totalement transparent avec elle. Oxy n’accepterait aucune alternative. Elle détestait qu’on la prenne pour un jambon.

« Ecoute, » lâcha-t-elle finalement, choisissant de ne pas s’engueuler avec Aaron et qu’elle en avait assez dit pour qu’il comprenne la leçon. « Tu me connais, je serai toujours prête à aider mes proches et tu en fais partie. Mais la seule chose que je demande en contrepartie, c’est la franchise. Comment tu espères que je sois là pour toi si tout ce que sais faire c’est me mener en bateau pour arriver à tes fins ? Tu es parfaitement conscient que je ne le supporte pas, alors – et je ne te le dirais qu’une fois – si les prochains mots qui sortent de ta bouche dans les secondes à venir ne sont que davantage de mensonges, je quitterais cette table et tu n’auras plus qu’à te débrouiller tout seul. » Au moins, il savait à quoi s’en tenir. Oxanna l’adorait, même si elle ne partageait pas une relation tout à fait normale avec lui – ils s’étaient perdus de vue pendant longtemps avant de se retrouver, et étaient donc loin de se connaître par cœur. Néanmoins, la jeune femme savait qu’ils tenaient là une amitié solide, car les années sans se voir n’avait aucunement entaché leur lien. Elle lui faisait confiance à un tel point que si elle devait remettre sa propre vie entre ses mains, elle le ferait sans hésiter. Par conséquent, n’était-il pas simplement légitime qu’elle en demande autant de sa part ?
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MessageSujet: Re: 01. i need your help    01. i need your help  EmptyDim 15 Jan - 16:22

Tandis qu'il essayait de justifier son état auprès de son amie, en utilisant les premières argumentations qui traversaient son esprit légèrement confus, le jeune homme s'escrima à ignorer les élancements qui émanaient de sa lèvres inférieure et, du reste de son corps douloureux. Bien entendu, ce n'était pas la première fois qu'il récoltait des coups aussi sévères suite à un combat - en réalité, il avait déjà eu à sa charge, des bilans bien plus sérieux que celui-ci - toutefois, les fois précédentes, il n'avait pas été dans l'obligation de poursuivre un adolescent inconscient de la portée de ses actions, sur sa propre vie future. Généralement, les combats libres dans lesquels il se plongeait était un moyen d'épuiser toute la frustration qu'il avait en lui - toute la colère qu'il éprouvait envers le monde et, surtout envers lui-même. Il n'en venait jamais vraiment à bout, cela dit. La souffrance physique était une espèce de sortie de secours - elle lui permettait entre autre, de se concentrer sur nulle autre chose que sa présence récurrente. De plus, elle était bien plus facile à supporter, que celle-ci pesait sur sa poitrine, à chaque fois qu'il constatait l'absence de son père, chez eux.

Le jeune cubain écourta promptement le récit de ses prétendues aventures de la soirée, ne souhaitant pas entrer dans l'invention de détails qu'il jugeait inutiles pour la poursuite des évènements et, qui auraient pu lui porter préjudice par la suite - il n'était jamais à l'abri d'une confusion, surtout en présence d'Oxanna qui veillait au grain. Il était inutile de préciser à quel point il lui répugnait de mentir aussi ouvertement à la jeune femme ; bien qu'ils n'aient jamais été très démonstratifs l'un envers l'autre au cours des années - ce n'était définitivement pas leur genre - Aaron plaçait une confiance quasi aveugle entre les mains de la Fouine - savoir qu'il entachait potentiellement celle qu'elle mettait entre les siennes, lui laissait un goût des plus âpres sur la langue. Néanmoins, il existait des choses dans sa vie qu'il ne pouvait décemment pas lui confier aussi facilement, dont la nature de ces activités-là. D'une part, parce qu'il ne souhaitait pas que la nouvelle se répandent et, d'autre part, parce que cela mettrait la jeune recrue du FBI dans une position plutôt inconfortable - surtout, si elle venait à devoir signaler les délits du jeune homme, ou à choisir de le garder pour elle, au risque de voir sa carrière avortée. Par ailleurs, cela représentait l'un des derniers conflits qui agitaient la fratrie Guevara - l'une des raisons, dont ses frères s'armaient, pour qu'il cesse de fréquenter la jeune femme. Ils étaient persuadés que si elle venait à découvrir les affaires douteuses qu'abritait l'arrière-salle de leur garage, elle les vendraient aussitôt aux autorités, sans le moindre scrupule. Toutefois, Rafael et Antonio ne connaissaient pas Oxanna - et, lui-même ne préférait pas songer aux probabilités que cette situation n'advienne.

Toutefois, si en temps normal il était difficile de berner la jeune femme, en l'était actuel des choses, l'entreprise semblait impossible à réaliser. L'expression qu'elle arbora suite à ses explications insensées, lui ôta toutes possibilités de retomber sur ses pattes et, de modifier le moindre détail de sa version initiale : elle avait saisi qu'il avait des réticences à lui confier la véritable version des faits - et, par conséquent, ne tarda pas à lui réclamer celle-ci. Le ton sans réplique qu'elle employa le fit tiquer et, durant un instant, il s'enferma dans un silence buté. Il regarda ailleurs durant quelques instants, repérant la présence récurrente du gérant qui ne manqua pas de faire jaillir son irritation : « Votre mère vous a pas appris à respecter l'intimité des gens ? Cassez-vous » s'énerva t'il, très peu disposé à se montrer patient avec l'importun, sentant une migraine poindre. Il se tourna de nouveau vers la Fouine et, but d'une traite sa propre tasse de café brûlante - il savait que le tenancier ne tarderait pas à le mettre dehors, pour son attitude très peu civilisée. Aaron finit par darder ses yeux dans ceux de la jeune femme et, soupira, contrarié : « Tu sais que je t'apprécie beaucoup Oxanna, après toutes ses années et, que si je te mens aujourd'hui c'est que j'ai une excellente raison de le faire. Maintenant que tu es dans le FBI ... » commença t'il. Il s'interrompit pour jeter un nouveau coup d’œil par-dessus son épaule, afin de s'assurer de l'absence d'oreilles indiscrètes avant de poursuivre : « J'aurai préféré pouvoir me débrouiller tout seul, tu me connais. Mais ça dépasse largement mes compétences. Ce qu'il y a sur cet enregistrement ... ». Durant quelques instants, il hésita à poursuivre. Il imaginait plutôt bien la réaction de son amie à sa prochaine annonce et, celle-ci était de très mauvaise augure pour ses fesses : ironique n'est-ce pas ? Il ne craignait guère de se faire démolir le portrait par des gaillards de cent kilos et, comme il redoutait les remontages de bretelles de la demoiselle. Certainement que le jugement d'Oxanna avait beaucoup plus d'importance pour lui, que les quelques hématomes qu'il récoltait après ses luttes. « Le gamin a vraiment filmé quelque chose de compromettant pour moi ... il a enregistré un combat libre. Tu sais ce que c'est, n'est-ce pas ? ». Il marqua une courte pause, avant d'enchaîner : « En temps normal, les matchs ne sont pas filmés - c'est interdit ; quoi qu'il en soit, l'ado a dû réussir à se faufiler avec sa caméra. S'il poste sa vidéo et qu'on m'identifie dessus, je suis complètement grillé. » exposa t'il, finalement franc. « Je sais ce que tu vas dire : on récolte ce que l'on sème et, je n'aurai pas dû m'engager là-dedans en premier lieu mais, il y a des choses que je ne peux vraiment pas t'expliquer avec des mots. » conclut-il, en détournant le regard, lui offrant une vue sur sa pommette tuméfiée. Non, décidément, il s'imaginait mal lui expliquer, pourquoi il était entré dans ce milieu-là. Il n'avait pas du tout envie de parler de son père maintenant. « Est-ce que tu vas m'aider ? » finit-il par lui demander, en relâchant la tension qu'il avait sur ses épaules.
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Oxanna Prescott
OXY ∞ Home sweet home.
Age : 24 ans
Occupation : Détective à la Police de Lima
Humeur : Enfin heureuse
Statut : En couple avec Keegan
Etoiles : 2957

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Chanson préférée du moment : death cab for cutie ; transatlanticism
Glee club favori : Urban Hymns
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MessageSujet: Re: 01. i need your help    01. i need your help  EmptyDim 29 Jan - 13:44

En réagissait de manière aussi forte et provocante aux mensonges de son ami, Oxanna avait conscience que ses mots risquaient de le braquer plutôt que de le forcer à s’ouvrir. Elle connaissait assez bien Aaron pour savoir que son impulsivité n’avait d’égal que son caractère de dur à cuire, et qu’il n’était pas du genre à recevoir des ordres. Encore moins lorsqu’ils provenaient d’une petite blondinette de son âge, qu’il retrouvait après de longues années de silence. Qu’elle soit des autorités ou pas, en cet instant précis, Miss Prescott n’avait aucun droit sur lui. Seulement, d’un point de vue uniquement personnel – donc sans parler des doutes qui la taraudaient sur ce qui s’était vraiment passé – elle ne pouvait pas faire comme si le comportement d’Aaron ne la blessait pas : bien au contraire, elle se sentait lésée, prise pour un pion, et ce sentiment était le plus désagréable au monde de son point de vue. Surtout lorsqu’une personne sensée être « un ami » en était à l’origine. Comment Aaron pouvait-il espérer son aide s’il refusait de lui dire la vérité ? La pensait-il vraiment si stupide ? Avait-il oublié qu’elle avait étudié le comportement humain ces cinq dernières années, pour être capable de voir quand on lui mentait ou non ?

Non, décidément, Oxanna était beaucoup trop vexée pour songer à le ménager, alors tant pis s’il le prenait mal mais elle ne regrettait pas de l’avoir bousculé un peu. De nouveau silencieuse, traquant le moindre geste et la moindre expression de son visage en espérant deviner ce qui lui passait par la tête, Oxy le vit rapidement se renfrogner. Apparemment, elle avait fait mouche. Incapable de soutenir son regard, Aaron détourna les yeux un instant et fit mine d’observer les alentours. Il en profita par ailleurs pour engueuler de nouveau le gérant qui les observait toujours, comme s’il espérait récolter une information croustillante en épiant la conversation des deux amis. D’ordinaire, Oxanna n’aurait pas tiqué, mais en l’occurrence, Aaron avait sans aucun doute quelque chose d’important et de secret à lui dire. Sinon, il ne l’aurait pas appelée en urgence et surtout, il n’aurait jamais espéré que ses salades passent pour ne pas avoir à lui en parler réellement. Et puis quelque part et même si elle détestait ça, elle pressentait qu’un truc ne tournait pas rond. Alors, elle se leva de table, rejoignit le gérant et discrètement afin de ne pas alerter les autres clients – ce qui, inévitablement, attirerait davantage l’attention sur eux – elle sortit son badge d’Agent du FBI. « Il s’agit d’une discussion privée, Monsieur, donc j’apprécierais que vous nous laissiez un minimum d’espace, c’est compris ? » Embarrassée, le gérant se contenta d’acquiescer et de s’éloigner – pour de bon cette fois. Ravie de cette intervention qui les en avait débarrassés, la jeune femme retourna s’asseoir à sa table et plongea de nouveau son regard dans celui d’Aaron.

Il termina d’une traite son café comme pour se donner une certaine contenance et là encore, elle recommença à s’inquiéter. Il n’avait pas l’habitude de réagir comme ça, de tourner autour du pot cent cinquante ans et surtout, de devoir ingurgiter autant de caféine pour arriver à balancer ce qu’il avait sur le cœur. Tout comme Oxanna, Aaron était franc, parfois trop. Il n’avait peur de rien et surtout pas de dire ce qu’il pensait, peu importe les conséquences que cela engendrait. Alors pourquoi autant de cérémonie aujourd’hui ? A son tour et sans aucun doute pour masquer son appréhension, Oxy trempa ses lèvres dans sa tasse. Ce fut au même moment qu’Aaron se décida enfin à parler et, l’espérait-elle, pour dire autre chose que des conneries. Il lui avoua tout d’abord qu’il l’appréciait et que s’il avait tenté de lui faire avaler une couleuvre, c’était uniquement parce qu’elle faisait partie du FBI. Ouch, cela signifiait donc qu’ils allaient parler illégal. Dans le cas contraire, elle ne voyait pas en quoi son badge et son flingue seraient un problème. Quand il l’informa qu’il aurait préféré se débrouiller tout seul, elle hocha simplement la tête, marquant sa compréhension – là encore, ils partageaient un point commun car tous deux détestaient demander de l’aide, réglant généralement leurs soucis tout seuls. Sauf que là, Aaron n’avait apparemment pas le choix que de faire intervenir son amie s’il désirait surmonter cet obstacle quel qu’il soit.

Les mots « combat libre » la firent sortir de ses gonds. Elle écarquilla les yeux et ses lèvres formèrent un O de surprise. Un court instant, elle resta silencieuse, incapable de réagir. Dans sa tête, ses pensées se bousculaient : des pensées autrefois emmêlées, sans aucun lien visible entre elles, et qui s’emboitaient désormais comme un puzzle. Alors c’était ça ? C’était de là que provenaient les bleus ou les coupures qu’Aaron présentait parfois ? Elle qui pensait – innocemment – qu’il se tannait pour déconner avec ses frères ou qu’il jouait les gros durs avec ceux qui l’ennuyaient ! Et réellement, il se prenait des coups lors de combats libres ? Oxy n’en revenait pas. Comment avait-elle pu passer à côté de l’évidence-même ? Elle aurait du le deviner, elle aurait du le savoir ! Ignorant la question, qu’elle espérait rhétorique, de son ami – il l’avait déjà bien assez prise pour une bleue aujourd’hui, Oxanna le laissa enchaîner afin d’obtenir de plus amples explications. A la fin de celles-ci, il voulut savoir si elle accepterait de l’aider ou non.

La blondinette tenta de deviner pourquoi il s’était engagé dans ce genre de choses. Quelles étaient les raisons qui l’avaient poussé à se faire de l’argent en combattant d’autres personnes ? Viendrait un jour où il tomberait sur un adversaire encore plus coriace, et où il finirait aux urgences voire pire ! Oxy avait étudié un cas de ce genre durant ses études à l’université. Deux hommes retrouvés morts dans un terrain vague, et au final les enquêteurs étaient remontés jusqu’à une organisation de combats libres. Les cadavres n’étaient autres que deux concurrents qui s’étaient fait tuer durant la bagarre après avoir reçu un coup mal placé, ou bien après en avoir reçu trois fois trop, parce que le mec qui leur servait d’arbitre était trop occupé à reluquer les nanas présentes pour se soucier du combat. « Je vais t’aider, oui bien sûr, » dit-elle finalement en haussant les épaules. Aaron était son ami, alors elle ne voyait pas comment elle pourrait refuser de le sortir de ce mauvais pas. Elle ne voulait pas le voir finir en prison et encore moins sur la table d’autopsie de la police locale. « Mais il faut que tu me promettes que tu vas arrêter. C’est dangereux, Aaron ! » Elle murmurait plus qu’autre chose maintenant, et s’était avancée pour qu’il l’entende. « Peu importe ce qui te pousse à engager ces combats, je suis sûre que tu peux trouver une autre solution. » Elle évita d’évoquer l’argent, qui était normalement la motivation principale de telles activités, mais elle était consciente qu’Aaron n’apprécierait pas – comme toute personne, il avait sa fierté. « J’en connais assez sur ce genre de choses pour savoir ça finit toujours par mal tourner. Grâce à mon boulot je pourrais peut-être t’éviter d’être dans les parages quand les flics se décideront à faire une descente, mais je suis bien incapable de t’empêcher de ramasser un coup fatal ! » Elle soupira et termina sa tasse de café, avant de relever les yeux sur Aaron puis d’ajouter, l’air plus calme mais surtout las. « Ecoute, tu sais que quoi qu’il arrive je t’aiderai. Alors je ne te l’impose pas comme une condition mais je te le demande en tant qu’amie : s’il te plait, arrête ça. Arrête ça tout de suite. » Et dans sa tête, Oxanna était déjà en train de réfléchir à ce qu’elle ferait pour le forcer si besoin, en fonction de ce qu’il lui répondrait. Car elle s’en faisait la promesse solennelle : qu’il le veuille ou non, il venait de participer à son dernier combat et de récolter ses dernières blessures.
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MessageSujet: Re: 01. i need your help    01. i need your help  EmptyJeu 23 Fév - 13:54

La conversation avait adopté un tournant qu'il n'était guère certain d'apprécier ; toutefois, il consenti à garder ses fesses vissées sur sa chaise et, à faire preuve d'un minimum de courtoisie envers la recrue du Bureau. Le jeune homme se passa une main sur le bas du visage, laissant échapper un inaudible soupir : de toute évidence, son inhérent manque de tact lui avait de nouveau fait défaut. Il n'avait guère besoin d'un diplôme en psychologie pour deviner que ses mots antérieurs étaient mal reçus. Il lui suffisait d'observer la succession d'expressions qui traversaient furtivement le visage de la jeune femme, pour saisir la maladresse de ses propres manœuvres et, propos. Il connaissait suffisamment Oxanna pour savoir qu'elle n'appréciait en aucun cas d'être prise pour une idiote, ou pour un simple instrument et que son précédent manque de franchise n'allait pas dans le sens à lui faire penser le contraire, malgré ses motivations initiales. Aaron n'était pas très adroit, ni même à l'aise, avec les mots - d'autant plus lorsqu'il s'agissait de confidences. Mentalement, il se maudit de ne pas avoir eu la jugeote de sélectionner un endroit plus intime pour accueillir ce genre de révélations. La présence récurrente du gérant autour de leur table suffisait à mettre ses nerfs à l'épreuve, amenuisant sensiblement sa réserve de patience jusqu'à la rendre dérisoire. Tandis qu'il s'apprêtait à râler une énième fois, de manière bien moins aimable que précédemment, Oxanna saisit le taureau par les cornes et, traversa subrepticement la salle. Suivant ses gestes du regard, Aaron la vit sortir son insigne et, un bref rictus apparu sur ses lèvres lorsqu'il avisa la mine embarrassée du gestionnaire. Mais quel abruti.

Le mécanicien se décida finalement à déballer la vérité aux yeux de la Fouine, après avoir tourné autour du pot durant quelques instants - ce n'était certainement pas dans ses habitudes de prendre ce genre de précautions, sans en venir directement au but de la conversation ; mais d'un autre côté, il n'avait pas à choisir d'avouer la nature de ses activités tous les jours. La stupéfaction apparue soudainement sur le visage de la recrue, sans qu'il ne daigne émettre le moindre commentaire. Il privilégia l'usage du silence, plutôt que d'ouvrir la bouche pour dire une connerie de mauvais goût. Il savait que les combats libres avaient mauvaise réputation et, qu'en conséquence, il n'échapperait pas à l'avis de la blondinette sur la question - bien qu'honnêtement, il s'en serait volontiers passer. Il n'avait pas envie d'en débattre avec elle, ni avec personne d'autres en réalité. Ce choix d'activités touchait des sujets - un sujet - qu'il ne souhaitait aborder avec quiconque. Il savait que s'il venait à en parler un jour, ce serait extrêmement éprouvant. Il savait que s'il laissait cette trappe s'entrouvrir, il ne parviendrait pas à contenir le flot de culpabilité, de rancune, de colère et de souffrances qui en jaillirait. Qu'il pourrait en hurler de toute la puissance de sa voix, sans en être apaisé. En réalité, il doutait de pouvoir l'être un jour.

« Ne me demande pas une promesse que tu me sais incapable de tenir » répondit-il à voix basse, dardant son regard sombre dans les pupilles azurées de la jeune femme. Il ne désirait pas se montrer imperméable à l'anxiété de son amie, ni même la froisser en répondant sur un ton plus dur qu'il ne l'aurait souhaité. Tâche difficile. Ses traits s'adoucirent légèrement, sans que ses yeux ne perdent leur éclat déterminé : « Je suis conscient d'avoir mis les pieds dans un milieu dangereux. Mais je ne peux pas m'arrêter maintenant, je n'ai pas d'alternative. Et honnêtement, je n'en veux pas d'autre. Je ne peux pas t'expliquer le pourquoi du comment, même s'il est possible que tu comprennes. » reprit-il, sans se détourner d'elle un instant. « J'assume chaque coup que je prends, d'accord ? Et si tu tiens vraiment à ce que je te promette quelque chose, je te promets de quitter dès que j'en aurait plus besoin. » déclara t'il, sincèrement. Ils s'observèrent durant quelques instants, silencieux. « Merci » finit-il par ajouter sobrement. La présence et, l'attitude de son amie représentait beaucoup à ses yeux en cet instant précis et, il n'avait que rarement véhiculé cette forme de gratitude auparavant.


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