Choriste du mois


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 01. Drunk girls are like a night of simplicity

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MessageSujet: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptyVen 30 Déc - 22:45


Lexie se souleva du canapé dans lequel elle commençait à végéter, le regard aussi vide que celui des poissons étalés sur les étals des marchands. La voix de Madeleine l'interpella alors bruyamment, la nouvellement rousse était visiblement aussi agacée qu'amusée « Je crois que ta copine a vomi Lexie et il est hors de question que je m'en charge. » La jeune Preston n'en attendait pas moi de sa chère colocataire et pris donc le parti d'enfiler une paire de pantoufles roses et pelucheuses qui, il fallait bien le dire, allait à merveille avec sa mini robe fleuri de chez Lipsy. Elle monta les escaliers, s'évertuant à vouloir enjamber une dernière marche non existante. La londonienne tangua une seconde puis parvient à reprendre rapidement ses esprits. Apparemment, la tequila commençait à avoir des effets sur son sens de l'équilibre. Et apparemment, c'était pire pour cette chère Charlie. La rouquine s'apprêtait à frapper à la porte de la salle de bains, mais ce fut une blonde inconnue mais charmante qui en sorti. Hum, on dirait que quelqu'un allait bien s'amuser ce soir, la question était de savoir qui. Elle trouva finalement sa jeune amie, sagement prostrée dans le hall de l'entrée, attendant je ne sais quel signe divin. Le point positif, c'était que ce n'était pas elle qui était à l'origine de l'odeur nauséabonde en provenance de la salle d'eau. Le premier point négatif, c'était que si Blondie avait la bonne idée de rester pour le petit-déjeuner, Anna risquait de lui tomber méchamment sur le coin de la figure. Et le second et bien, il résidait dans le fait que Charlie était clairement déchirée. Beurrée comme une tartine. Toastée comme un petit four. Pleine comme une amphore. Bref, elle s'était bien amusée en somme, la question était, combien de temps est-ce qu'elle allait pouvoir tenir? Parce que bon, il était vingt-deux heures quarante sept d'après la pendule de l'entrée et dans la Pension Preston, c'était à peine le début des hostilités.

Lexie s'affala dans le hall, face à son amie et étala ses longues jambes sur la moquette, un sourire aux lèvres. Elle n'était pas elle-même des plus sobres et trouvait donc la vie encore plus drôle qu'à l'accoutumée. Blondie repassa, tentant vainement de courir sur ses talons de douze avant de faire une chute remarquable, mêlant l'art de trébucher dans ses propres pieds et celui de la roulade. Elle se releva, après plusieurs tentatives et l'idée brillante d'enlever ses escarpins. Le rire de la jeune anglaise résonna encore longtemps dans tout l'étage et finalement, elle se tourna vers Charlie et asséna d'un ton docte « Toujours enlever ses chaussures quand on en a l'occasion honey, toujours. » Retrouvant un brin de sérieux, si tant est que Lexie Preston soit capable d'être sérieuse avec une demi-douzaine de shots de tequila dans le nez, elle regarda son amie et demanda doucement « Ca va chérie, on tient le coup? » Mais l'intéressée n'eut pas le temps de répondre, la sonnette de la porte d'entrée venant interrompre ce semblant de conversation. Moins péniblement qu'elle ne l'aurait cru, la maîtresse des lieux se redressa, prit la main de Charlie pour qu'elle se lève aussi et prenne un air présentable, puis alla ouvrir, n'ayant pas la moindre idée de qui on attendait. Les fêtes sauvages de la Pension Preston comprenaient toujours un certain nombres d'éléments extérieurs, invités par l'un ou l'autre des colocataires, dont il était impossible de connaître le nombre. Mais celui-là, Lexie le connaissait et il était même possible que ce soit elle qui l'ait invité « Mon lapiiin, entre donc ! » Elle se poussa pour le laisser passer puis ajouta en désignant ses charmantes pantoufles « Je ne suis pas vraiment décente comme tu peux le voir, j'espère que tu trouveras le coeur de me pardonner. » La rouquine se souvint soudainement de la présence de son amie et entreprit donc de jouer les parfaites hôtesses « Ooooh, où avais-je la tête, Charlie, Wyatt, Wyatt, Charlie. Charlie est un peu éméchée, sois indulgent lapin. Et honey, pour prévenir toutes interrogations futures, oui, il est toujours comme ça. » Elle sourit de toutes ses dents insolemment blanches, encore complétement inconsciente de sa bourde. « LEXIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE ! » Le cri, provenant de Maddie d'après ce qu'elle en déduisait les fit tous sursauter. La blonde inconnue venait encore d'émerger du sous sol pour foncer droit vers la salle de bains. Elle aurait des comptes à rendre celle-là. « Haem le devoir m'appelle mes petits amours, à plus taaaaard ! »


Dernière édition par Lexie A. Preston le Mer 4 Jan - 19:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptyDim 1 Jan - 23:08

Un verre, deux verres, ça passe. Trois verres, quatre verres, un peu moins. Mais si on passe la barre des cinq verres, c’est fatal – ou tout du moins, ça l’était pour Charlie. Cette dernière était affalée sur un canapé, un gobelet rouge à la main. Cela faisait bien longtemps qu’elle avait perdu toute notion du temps, et à l’heure actuelle, tout ce qui l’intéressait était le liquide qui remplissait son verre. Elle s’amusait à le secouer jusqu’à en faire renverser quelques gouttes, puis à le vider, et enfin à l’observer d’un air déconfit lorsqu’il ne restait plus rien. A ce moment-là, elle se levait généralement de son fauteuil et se dirigeait en courant vers Lexie pour qu’elle le lui remplisse à nouveau. Heureusement, celle-ci était plus généreuse, et ne lésinait jamais sur les moyens. Si bien que la pauvre Charlie avait bien du mal à y voir encore clair. Le monde tournait autour d’elle, et elle titubait dangereusement à chaque pas. Elle n’était déjà pas très adroite en temps normal, mais quand elle buvait à outrance comme ce soir-là, son sens de l’équilibre devenait encore plus douteux. Attention, ce n’était pas de sa faute si elle buvait ! Non, bien sûr, puisqu’on l’y avait forcée… enfin, c’était ce qu’elle disait et quand on la connaissait bien, il n’était pas difficile de la croire. Après tout, comment ne pas l’amener à boire quand on savait comment elle fonctionnait, après quelques verres ? La Charlie sage et réservée se transformait en une Charlie bavarde et hilarante, et il fallait avouer que c’était quand même bien plus amusant. Ah, pauvre Charlie, si naïve.

La moue boudeuse en observant son gobelet vide, la jeune fille secoua la tête d’un air désapprobateur. Il fallait qu’elle se lève, et qu’elle aille chercher une nouvelle dose d’alcool. Elle fronça les sourcils et s’apprêta à se lever lorsqu’une main se posa sur la sienne. Troublée, elle jeta un coup d’œil à la personne qui avait eu l’audace de la toucher, et arqua un sourcil. Elle ne connaissait pas ce type, mais en tout cas, elle savait qu’elle ne l’aimait pas. Elle s’enfonça dans le fauteuil et dégagea sa main de la sienne. Il esquissa un sourire et Charlie lui répondit en lui offrant encore sa plus belle moue boudeuse. Elle tourna légèrement le visage et désigna d’un signe du menton Lexie, un peu plus loin, puis reporta son attention sur l’inconnu. « Tu vois, la fille là-bas ? La petite rousse ? C’est ma copine, alors je crois qu’il serait préférable que tu mettes les voiles, si tu vois ce que je veux dire. Elle est parfois violente. Regarde » Sur ce, elle retroussa sa manche et lui montra le bleu logé près de son coude. Lexie n'avait rien à voir avec ce bleu, en réalité il résultait de l'une des multiples chutes qu'elle faisait au quotidien. Seulement, elle avait envie d'impressionner son interlocuteur. « Ouaip, très violente. Et ma copine, elle n’aime pas qu’on s’approche de moi. Genre, vraiment pas. Surtout les garçons. Elle est très jalouse, et elle dit toujours qu’un jour je la quitterai pour un garçon. Pfuaaahhhh, si seulement elle savait. Moi, j’aime pas les garçons. En fait, j’aime pas vraiment les filles non plus… Oui, voilà, c’est ça : je n’aime personne. Mon truc à moi, c'est le gobelet rouge » Elle hocha la tête d’un air confiant et leva sa main pour lui montrer son propre gobelet. « Tu ne le trouves pas adorable, toi ? » Lui demanda-t-elle. Elle s’apprêtait à poursuivre son monologue quand Lexie l’interpella. Se tournant vers le type, elle arqua un sourcil. « Bref, ce fut un plaisir de discuter avec toi, mais le devoir m’appelle. A plus ! ».

Charlie se leva du fauteuil et dut s’appuyer sur ce dernier pour ne pas trébucher. Elle avança avec difficulté vers Lexie et, une fois arrivée à sa hauteur, elle la serra dans ses bras. Ensuite, la jolie rousse lui servit un nouveau verre. Et puis un autre. Et encore un… Si bien qu’une heure plus tard, Charlie était dans un état encore plus déplorable qu’avant. S’éloignant du salon, elle fit le tour de la cuisine à la recherche d’Anna puis se dirigea vers l’entrée, ne la trouvant pas. Plus maladroite que jamais, elle se prit le pied dans un meuble et trébucha aussitôt, son gobelet volant loin d’elle. Exaspérée, la jeune femme parvint à s’assoir sur le parquet et tendant la main devant elle, elle plissa les yeux, comme si un quelconque pouvoir de télékinésie allait se manifester et qu’il lui permettrait de lui amener son verre sans qu’elle ne bouge de place. Après plusieurs secondes à se concentrer sur le gobelet, elle abandonna ses efforts et rampa vers celui-ci. Attrapant le fameux gobelet, ses lèvres esquissèrent un sourire. Elle finit par s’adosser au mur de l’entrée, réalisant qu’elle aurait de toute façon du mal à se relever. La brunette commença ainsi l’étude de son gobelet rouge, qu’elle fit tourner entre ses doigts pour mieux le contempler. Au bout de quelques secondes, elle avança le gobelet près de ses lèvres qui déposèrent y aussitôt un baiser. Et puis, ses bras retombèrent sur le sol et elle soupira longuement.

Ce fut à ce moment-là que Lexie choisit de descendre les marches des escaliers, avec la délicatesse d’un éléphant sourd. Charlie sursauta et adressa un coup d’œil intéressé en direction de la jolie rousse qui s’installa par terre, face à elle. La jeune fille la dévisagea longuement, trouvant son visage bien plus intéressant que la forme de son gobelet rouge. Elle avait de jolies pommettes… et puis de jolis yeux, de jolis cheveux. Elle inclina légèrement le visage sur le côté, comme pour admirer plus attentivement les traits de la rouquine. Celle-ci commença alors à enlever ses escarpins et Charlie rit à sa remarque. Prenant Lexie pour exemple, elle se pencha légèrement et retira elle-même ses chaussures qu’elle envoya voler loin dans la pièce. Il était vrai qu’elle se sentait bien mieux comme ça et elle adresse un nouveau sourire béat à son amie, comme pour la remercier d’avoir des idées aussi brillantes. Enfin, la jeune fille lui demanda si elle tenait le coup et Charlie hocha la tête. La sonnette retentit au même moment et tandis que l’hôtesse de la soirée tournait la tête pour jeter un coup d’œil à la porte, la brunette lui répondit. « Je tiens graave le coup, Prestie chér… hey, doucement ! ». Lexie l’attrapa et la força à se lever, ce qui la perturba grandement. A peine debout, elle trébucha de nouveau mais se rattrapa de justesse grâce à la main de son amie dans la sienne.

Quand Charlie découvrit le visage de l’invité mystère, elle plaqua une main contre sa bouche. En dépit de l’alcool qui embrumait considérablement son esprit, elle reconnaissait ces traits. Il s’agissait du gynécologue de Lima ! Celui qu’elle avait abandonné après une consultation qu’il n’avait pas eu le temps de terminer. Elle s’éclaircit la voix puis recula d’un pas, bouche bée. Sa surprise fut d’autant plus grande quand elle vit Lexie se pendre à son cou. Elle ne lui avait jamais dit qu’elle le connaissait, cette vilaine ! Lorsque le regard du gynécologue se posa sur elle, elle dissimula son propre visage derrière ses mains, comme si cela l’empêcherait de la reconnaitre. Elle voulut prendre la fuite et retrouver Anna qu’elle avait véritablement perdue au cours de la soirée, mais la soeur de celle-ci en décida autrement et fit les présentations. Charlie jeta son gobelet derrière son épaule, se prenant passablement pour une alcoolique russe, puis décocha un grand sourire à l’adresse du gynécologue. Lexie, cette lâche, les abandonna finalement et c’est ainsi qu’elle se retrouva en tête à tête avec ce type qui avait déjà posé ses mains sur elle. Secouant la tête avec insistance, Charlie fit un pas vers lui sans jamais se départir de son sourire. « Saluut docteur Pillsbury ». Elle le désigna du doigt et rit légèrement. « Vous ne portez pas votre blouse aujourd’hui ? C’est dommage, je l’aimais bien… ». Elle fit un autre pas puis, se retrouvant à quelques centimètres de lui, elle haussa les sourcils. Elle leva sa main vers le visage du médecin, l’approchant de sa peau puis se résigna soudainement et éloigna de nouveau ses doigts de lui. « En tout cas, vous êtes toujours aussi beau ».


Dernière édition par Charlie Watson-Brown le Lun 30 Jan - 20:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptySam 7 Jan - 15:59

Accoudé au garde-fou de son balcon Wyatt regardait le centre ville d’un air distrait. Portant son verre à ses lèvres pour terminer le fond de whisky qu’il s’était versé après avoir raccroché le téléphone, il soupira profondément. Emma l’avait appelé quelques minutes plus tôt, mais contrairement à leurs éternels coup de fils lorsqu’ils étaient à des centaines de kilomètres de distance, ce n’était pas pour lui raconter mais pour lui faire reproche du dernier cadeau qu’il avait fait à Emily. Bien sûr Will devait être derrière tout cela. Il avait horreur de voir qu’il avait les moyens de faire plaisir à sa nièce et ne perdait jamais une occasion de lui faire remarquer. Wyatt ne comprenait pas pourquoi il devait essuyer les leçons de morale de sa conseillère d’orientation de sœur quand tout ce qu’il avait fait c’était rendre une petite fille heureuse avec une nouvelle peluche. Qu’y avait-il de mal à cela ? Ce n’était pas un bijou, ce n’était pas un animal, ce n’était même pas une de ces peluches de marque qui valent les yeux de la tête. Il était allé se promener dans le parc avec elle, c’était prévu depuis des semaines, ils devaient passer toute l’après-midi ensemble et en la ramenant ils s’étaient arrêtés dans cette boutique pour les enfants d’un rose bonbon agressif. L’air frais qu’il inspira lui glaça la gorge et il referma la baie vitrée soigneusement après être rentré se réchauffer. Jetant un coup d’œil en direction de l’horloge, il réfléchit un instant aux différentes solutions qui s’offraient à lui maintenant. Une chose était sûre, il n’avait pas envie de rester seul chez lui à broyer du noir à cause de l’accrochage avec sa sœur. Il était sûrement trop tard pour appeler Samuel et prendre un verre, il avait dû partir plus tôt faire la tournée des bars en bonne compagnie... S’affalant dans le canapé en face de l’écran de télévision éteint il sortit son téléphone portable de sa poche pour regarder sur son calendrier ce qui était au programme ce soir là. Rien... Soupirant de plus belle il renversa sa tête sur le dossier et passa ses mains sur son visage pour glisser ses doigts dans ses cheveux châtains. Il ne s’était toujours pas décidé à retourner chez le coiffeur pour arranger ça... Un caprice de petit garçon qui avait pourtant eu l’effet escompté sur ses parents. Mais maintenant qu’il était à Lima, plus personne ne s’inquiéterait de la couleur de se cheveux, surtout pas sa sœur qui était bien loin des tendances ginger supremacists de la famille. De toute façon elle ne le remarquerait sûrement pas pensa-t-il avec amertume. Lui qui avait toujours été si proche d’Emma commençait à prendre conscience que quelque chose s’était cassé entre eux depuis que Will avait pris une place de plus en plus importante à ses côtés. Il ne se souvenait même plus de la dernière fois où ils s’étaient vus rien que tous les deux pour bavarder. Attrapant le livre posé sur l’accoudoir à sa droite, il l’ouvrit à l’endroit du marque-page pour lire quelques lignes avant de le laisser retomber sur son nez. Le médecin n’avait pas l’esprit à lire ou à regarder un film, il avait besoin de compagnie et d’un peu de tendresse pour le consoler de tous ses malheurs. Or il avait bel et bien un numéro de téléphone pour ces cas là. Se redressant pour récupérer l’appareil sur la table basse il fit glisser ses doigts sur l’écran pour le déverrouiller et une seconde plus tard il composait le numéro de Lexie Preston.

Après avoir attendu une dizaine de sonnerie il finit par tomber sur la messagerie. Raccrochant immédiatement pour ne pas avoir à écouter son message délirant, il hésita un instant puis se leva pour enfiler ses chaussures et attraper son manteau beige. C’était peut-être peine perdue, mais il avait tout de même envie de la voir. Descendant au garage il se glissa dans la voiture de sport rouge que son futur beau-frère détestait tant et qu’il avait payée si chère puis fit vrombir le moteur pour sortir du sous-sol et s’enfiler dans les rues de Lima direction la pension Preston. Dépassant l’angle de la rue où se trouvait The Gallery il sourit en se souvenant de leur rencontre peu commune. Elle lui avait tout de suite taper dans l’œil, bien plus que les quelques cadres qu’elle vendait dans la galerie familiale, et il ne l’avait pas caché. Lexie était exactement son type, une jolie fille, rousse, avec une poitrine des plus correctes. Physiquement elle était parfaite. Et c’était sans compter sur son caractère toujours enjoué et dynamique. Il n’entretenait pas exactement de relation avec elle, mais il ne lésinait en général pas sur les moyens pour lui faire plaisir. Wyatt n’était pas exactement un coureur, mais il fallait admettre que ses aventures d’un soir étaient plus nombreuses que ses vraies histoires. Lexie était entre les deux. C’était une amie avec qui il pouvait parler de tout, tout le temps, mais il n’était pas prêt à renoncer à la dimension sexuelle de leur relation simplement parce que c’était arrivé le plus naturellement du monde et qu’elle n’y était pas opposée non plus. Accélérant en s’éloignant des petites rues du centre pour arriver sur les boulevards de la banlieue, il finit par se stationner avec difficulté à quelques mètres de la pension. Les trottoirs longés de voitures et les fenêtres allumées à tous les étages ou presque étaient le signe annonciateur d’une nouvelle fête chez les Preston. Décidément, l’appétit de cette fille pour la vie était insatiable, et la tâche s’avérait plus difficile que prévue. Il aurait sans doute du mal à la décoller de ses amis et colocataire pour passer un peu de temps avec elle en tête à tête, mais maintenant qu’il était arrivé jusque là, autant tenter le coup. Dans le pire des cas il pourrait toujours s’amuser un peu et attendre que la fête se termine pour un peu plus d’intimité. Sonnant d’un coup sec, il entendait la musique et les rires des invités et squatteurs retentir derrière la porte. Il n’eut pas à attendre longtemps avant de voir apparaître une rousse remontée à bloc qui se jeta plus ou moins à son cou. Il avait bien fait de venir, à peine deux secondes en sa présence et voilà qu’il avait déjà retrouvé le sourire. Passant ses bras autour de sa taille pour la presser un peu contre lui, il relâcha son étreinte pour regarder de plus près sa tenue. Le regard arrêté par les chaussons rose fluo qui traînaient toujours au pied de son lit et qu’elle avait chaussés il ne put s’empêcher de rire. «Mais bien sûr je trouve que ça met vraiment tes jambes en valeur ce côté peluche. Mais tu ne les as pas assortis à ta tenue je ne te reconnais pas là ! Dire que tu m’as fait la morale là-dessus pendant une demi heure la dernière fois, je retiens la leçon et voilà que tout s’effondre...» Alors qu’il regardait avec tendresse, cette dernière finit par attirer son attention sur l’autre personne présente à la porte. Reportant son attention sur l’invité avec un large sourire, Wyatt se figea en découvrant une brunette qui était loin de lui être inconnue. Charlie... comme dans Charlie Watson-Brown, comme sur le carnet de santé qui trônait sur son bureau depuis plusieurs semaines après qu’elle se soit littéralement enfuie en courant de son cabinet. Arquant un sourcil étonné, le jeune homme sourit de plus belle en la voyant reculer d’un pas et cacher son visage derrière ses mains. Même éméchée elle se souvenait toujours de lui et donc de ce qu’elle avait fait ce jour-là. Il n’eut pas le temps de répondre à la remarque de Lexie que celle-ci avait déjà fui dans une autre direction appelée par un cri de désespoir ou de rage, le laissant en tête à tête avec la jeune fille. Cette dernière s’avança d’un pas chancelant dans sa direction en le saluant d’une voix qui trahissait elle aussi un très net abus d’alcool. Étendant le bras au cas où il faudrait la ramasser ou l’empêcher de tomber, il écouta sans ciller son babillage lui rendant son sourire amusé. «Oui je suis désolé mais elle ne m’a pas porté chance avec vous la dernière fois n’est-ce pas ?» On venait de lui donner une chance de retrouver la fuyarde et il n’allait pas la laisser s’en tirer à si bon compte cette fois-ci. Il y avait quelque chose de différent dans ses yeux, elle n’avait très clairement pas l’air d’être la même fille. Certes elle le dévorait du regard comme la dernière fois mais cette fois elle ne détournait pas le regard, elle ne tremblotait pas et surtout, elle venait de se rapprocher encore, portant sa main vers son visage sans oser le toucher. Ne sachant pas exactement comment interpréter ce comportement, Wyatt demeurait impassible tout à fait diverti par cette rencontre impromptue. Il éclata de rire en entendant sa dernière phrase, et se recula d’un pas en l’entraînant avec lui pour éviter de se faire bousculer par deux hystériques qui courraient dans la maison en criant. «Eh bien... merci, je suppose ?» L’alcool avait l’air de faire des miracles sur cette fille qui avait perdu tout le poids des inhibitions. «Vous n’êtes pas mal non plus dans ce genre de tenue.» La regardant de haut en bas, il prit le temps de la détailler à nouveau, sans souci d’un quelconque professionnalisme. «Est-ce que c’est une soirée à thème sans chaussures ?» demanda-t-il en pointant ses pieds nus sur le carrelage de l’entrée. Ne la perdant pas tout à fait du regard il commença à chercher Lexie dans la foule. La compagnie n’était pas désagréable mais tenir la jambe à une fille bourrée n’était pas exactement dans ses projets et celle-ci avait sûrement besoin d’être raccompagnée chez elle avant de faire des dégâts dans la maison.


Dernière édition par Wyatt Pillsbury le Mer 11 Jan - 21:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptyMar 10 Jan - 18:51

L'air de rien, Wyatt flatta discrètement l'hôtesse de maison, qui ne put retenir un petit sourire taquin. Il faut dire que les robes trop courtes étaient la spécialité de la maison, Santana et elle se faisaient presque concurrence dans ce domaine. La latino gagnait souvent, mais la jolie britannique n'était pas en reste et aimait assez faire profiter du spectacle de ses jambes minces et pâles. Néanmoins le doc marquait un point quant au manque d'assortiment de sa tenue et le rose pelucheux contrastait avec le motif fleuri du tissu. Mais, en bonne Preston, la grande rouquine ne se laissa pas démonter « Mais enfin lapin, tu vois bien que c'est une touche de rappel de certains coloris de la robe voyons. Je sais bien que tu faisais plus attention à la longueur qu'à la couleur, mais quand même ! » C'est sur cette subtile et délicate remarque, ô combien favorable à la défense de la cause féministe et à la fin du concept de femme-objet que la co-propriétaire des lieux fut appelée en urgence dans les méandres obscures de sa grande demeure, par un appel aussi sonore que désespéré. Lexie abandonna sans peine ses deux amis à leur sort, estimant qu'ils pourraient toujours faire connaissance s'ils trouvaient le temps long sans sa gracieuse présence. Sans savoir bien sûr que leur discussion risquait d'être des plus étranges, elle descendit les escaliers, d'où lui était parvenu le hurlement déchirant de sa colocataire.

Une fois arrivée, c'est sans surprise qu'elle vit une Madeleine révulsée tapotant vaguement le dos de la blonde qui ne tenait pas l'alcool. Voilà qui aurait pu faire un titre de téléfilm du dimanche. Ou d'un épisode de Friends, Celle qui ne tenait pas l'alcool. Bref, Blondie venait de rendre le liquide qu'elle avait ingurgité trop vite il y a quelques heures, dans un coin de la grande salle aménagée du sous-sol. Si Maddie n'avait pas crié, je suis sûre que les gens n'y auraient vu que du feu. D'ailleurs, avec le bruit de la musique, des rires, des bavardages, peu de gens ont daigné s'interroger sur l'origine de ce hurlement digne du pire film d'horreur de série Z. JJ, toujours là quand on a besoin de lui, débarque avec une serpillère et avant même que les plus réceptifs de l'assemblée commencent à transmettre le message, les dégâts sont réparés. Il faut dire que les Preston (au sens large) sont des experts quand il s'agit d'avoir tout à portée de main en cas d'imprévus. C'est loin d'être la première fois que Joachim a à nettoyer les rejets de quelqu'un d'autre malheureusement. Lexie fronça le nez, aguerrie dans l'exercice certes, mais ne s'y étant jamais vraiment habituée. Elle ne comprenait pas comment on pouvait être aussi peu maître de soit. La moindre des choses, c'est de viser un toilette, une bassine, un évier au pire. Franchement... Elle leva les yeux au ciel, échangea un regard lourd de sous entendu avec Wild puis aida l'inconnue à se relever, attrapant JJ au passage. Elle avait le pressentiment qu'il était celui qui avait introduit la fauteuse de trouble dans la Pension Preston...

Lexie soutint Blondie jusqu'à la salle de bains la plus proche, articulant plus ou moins silencieusement à l'intention de son ami « Tu l'a pêchée où celle là? » Il grimace, hoche la tête, signifiant clairement qu'il réalise amplement son erreur de parcours et que ce n'est pas la peine de remuer le couteau dans la plaie. La rouquine ne put s'empêcher de rire, mais presse le pas au vu des bruits étranges provenant de l'estomac de leur invitée. Elle dégagea une fille en micro jupette, qui ne laissait aucune place à l'imagination, mais beaucoup à sa peau pleine d'autobronzant, pour lâcher maladroitement Blondie sur le sol carrelé. Et elle était visiblement partie pour un deuxième tour. Lex grimaça mais eu l'obligeance de lui tenir les cheveux. Elle attrapa un élastique sur le rebord de la baignoire et noua grossièrement la chevelure blonde sur le sommet de sa tête, puis laissa JJ prendre le relais. Il la regarda avec un air ahuri, la suppliant du regard de ne pas l'abandonner à son sort sordide, avec mauvais jeu de mots et allitération volontaires. « Ta blonde, tes emmerdes mon grand. » répliqua simplement la britannique. Elle rit doucement en quittant la salle d'eau, ravit de voir Joachim endurer un peu les aléas que peut causer la volonté de mener la vie étudiante-même-si-on-est-plus-étudiants. La longiligne rousse descendit les escaliers avec une grâce pachydermique et s'apprêta à aller jeter un oeil sur la fête, qui battait son plein. Mais Lexie se souvint brusquement des deux compères qu'elles avaient laissés dans le hall d'entrée et fit donc un demi-tour abrupt pour les rejoindre.

Charlie tanguait un peu, penchant visiblement vers les bras du charmant docteur P. La petite Preston ne put retenir un sourire en coin et un regard espiègle qui en disaient long et débarqua comme une fleur dans la conversation, volant au secours de ce cher Wyatt. Il avait certainement autre chose de prévu que de baby-sitter ceux qui ne tenaient pas l'alcool. Et Lex était plutôt bien lancée sur cette voie, même s'il semblait se débrouiller comme un chef, puisque la petite C. tient encore sur ses deux pieds et qu'il n'y a pas de traces de renvoi de nourriture sur la moquette. Un bon point pour ces deux là. La rousse vint se entre eux, puis se loger près de son docteur favori et adressa un sourire à l'assemblée. « Vous n'avez pas fait de bêtises j'espère? » Elle émit un rire léger, comme une petite parenthèse, signifiant clairement qu'elle ne les accusait pas, au contraire. Néanmoins, Charlie n'était visiblement pas au mieux de sa forme et la maîtresse des lieux ne put que prendre un air un brin contrarié. Si Anna retrouvait deux cadavres dans ses canapés (ou le lit de JJ suivant comment évoluerait Blondie) elle allait piquer une crise du tonnerre. L'aînée des Preston n'avait guère approuver cette énième fête sans but alors si en plus elle voyait les dégâts dans le sous-sol. Ou qu'elle croisait Wyatt dans les escaliers. Yikes. Lexie le sentait mal sur ce coup.

Mais heureusement, la tequila ne lui avait pas encore complètement obstrué les neurones et elle profita donc d'un petit vent dans les voiles chez son amie pour mettre gentiment tout ce beau monde dehors. Elle prit donc doucement Charlie par les épaules et dit avec légèreté « Houla honey, je crois que la fête est finie pour toi hein ! » Sans laisser à personne le temps de comprendre ce qu'il se passait, elle se déchaussa et enfila ses imposantes pantoufles aux pieds de son amie, avant de lancer un regard digne d'un petit chiot maltraité « Dis lapin, tu voudrais pas me rendre un service? » Lexie battit innocemment des cils et enchaîna, la question étant d'ordre purement rhétorique « Tu viens d'arriver et t'as pas bu, alors si tu pouvais déposer Charlie chez elle ce serait vraiment gentil de ta part. Tu comprends je l'aurais bien laissée passer la nuit ici, mais Anna est d'une humeur de chien et on a eu quelques petits incidents de parcours déjà... » Puis, sur un ton plus confidentiel, la londonienne se pencha vers lui pour lui glisser à l'oreille « Je te revaudrai ça lapin, promis. » Elle se tourna ensuite vers Charlie, pour lui mettre un manteau sur le dos et l'enlacer avec douceur « Je suis désolée honey, mais je crois qu'il vaut mieux que tu rentres chez toi pour cette fois, je t'appelle demain et on ira boire un café si t'as pas trop la gueule de bois. » La jeune femme guida la petite troupe sur le porche, repoussa la porte dans son dos et les regarda s'éloigner en leur envoya un baiser d'un geste. Elle n'éprouvait bien sûr pas une once de culpabilité, estimant agir dans l'intérêt commun. Après tout, Wyatt n'avait pas envie de croiser une Anna mal lunée dans un corridor glacé à 2h du matin et Charlie ne voulait pas être réveillée aux aurores par l'odeur nauséabonde provenant du corps comateux de Blondie. Anna aurait moins de raisons de s'énerver et avec un peu de chance, ne s'énerverait pas du tout. Et Lex pouvait retourner à sa soirée sans avoir à craindre un autre débordement ou une crise de nerfs sororale. Win, win, win, win. Parfait, s'il restait de la tequila, cette soirée pouvait repartir comme sur des roulettes !
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptyLun 30 Jan - 20:20

Charlie n’avait jamais été très douée pour dissimuler ses émotions. Quand elle était petite, sa mère lui répétait à longueur de journée qu’elle pouvait deviner ce qu’elle pensait rien qu’en étudiant un minimum son regard; de toute évidence, Paige Brown connaissait bien sa fille ainée. Une telle transparence n’était pas forcément un atout au quotidien. Il lui était par exemple impossible de mentir avec un tant soit peu de conviction, une petite ride se formant entre ses deux sourcils à chaque fois qu’elle essayait de s’écarter de la vérité. Aussi, ses joues prenaient une teinte rosée quand elle se retrouvait plongée au cœur d’une situation délicate, et pis encore, lorsque la nervosité se faisait ressentir, elle ne pouvait s’empêcher d’agiter frénétiquement les jambes. Ses proches trouvaient cela divertissant, elle, beaucoup moins. Parfois, elle aurait aimé voler la neutralité de ces politiciens qui arboraient la même expression figée en toutes circonstances. Parce que s’il y avait bien quelque chose qui agaçait Charlie, c’était cette simplicité avec laquelle ses proches parvenaient à lire en elle comme dans un livre ouvert. Et autant dire que lorsque l’alcool se mêlait à son sang, la situation ne s’arrangeait guère.

Ainsi, à pieds nus sur le carrelage de l’entrée, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de dévorer Wyatt du regard. Lexie n’avait pas tardé à prendre la fuite après avoir entendu l’une de ses colocataires l’interpeller, ce qui laissait Charlie en charmante compagnie. Les yeux émeraude de celle-ci scrutèrent tranquillement le regard de Wyatt, à la recherche d’indices qui lui permettraient de cerner ce personnage qui l’intriguait tant. La première fois qu’elle l’avait rencontré, c’était dans le cabinet de gynécologie du jeune homme. Terrorisée à l’idée de se retrouver confrontée au plus grand des pervers, Charlie s’était laissée influencer par les préjugés et avait tout de suite vu en son gynécologue une menace. Pourtant, lorsqu’elle avait croisé le regard de Wyatt -et reconnu en lui qu’un homme comme les autres- elle était presque parvenue à se détendre. Presque, parce qu’elle avait quand même fini par prendre les jambes à son cou en quittant le cabinet au pas de course ; une attitude aussi ridicule que déconcertante.

Si Charlie avait été sobre, elle aurait certainement agi de la même façon : en prenant la fuite, honteuse d’avoir agi de la sorte la première fois mais ne pouvant tout bonnement pas prendre le risque de croiser une nouvelle fois le regard du gynécologue. Seulement, Charlie était très loin d’être sobre, et c’était la raison pour laquelle elle l’observait de la sorte, presque fascinée. Il fallait admettre que le médecin ne manquait pas de charme : elle ne savait plus si c’était ces lèvres pleines ou ce regard vert qui la troublait, mais il y avait quelque chose, elle le sentait. Peut-être n’était-ce l’alcool qui lui enivrait les sens… Ou peut-être pas. Haussant un sourcil, la jeune femme eut un sourire furtif en entendant les paroles du gynécologue à propos de la blouse blanche qu’il ne portait pas. Elle gloussa légèrement, incapable de retenir son hilarité quelque peu forcée. Il n’avait pas totalement tort : la blouse ne lui avait pas porté chance la première fois, et en dépit de ses paroles, Charlie préférait le voir sans. Il paraissait plus humain. Moins… gynécologue.

S’approchant légèrement de Wyatt tout en faisant de son mieux pour ne pas laisser ses jambes flageolantes la déstabiliser, elle ne put s’empêcher de le complimenter de nouveau. C’était comme si les mots s’envolaient tous seuls, et qu’elle n’avait plus aucun contrôle sur ses paroles. Elle remarqua néanmoins l’expression ravie du jeune homme lorsqu’il l’entendit, et le rire qui s’échappa de ses lèvres lui plut aussitôt. Encouragée par la réaction du gynécologue, elle s’approcha une fois de plus de lui, quand il recula d’un pas en l’entrainant à ses côtés pour éviter qu'elle ne tombe. Il la remercia finalement avant d’ajouter à son tour quelques compliments à son égard. Charlie passa une main sur sa joue brûlante, puis ne laissant pas transparaitre le trouble qui la gagnait, elle soutint son regard avec une détermination fiévreuse. « Merci » Répondit-elle avec simplicité. « Mais si j’avais su que je vous rencontrerais de nouveau ce soir, peut-être que j’aurais opté pour quelque chose de plus… ou de moins… enfin… ».

Laissant sa phrase en suspens, la jeune fille détourna cette fois-ci les yeux. Au plus elle observait le gynécologue, au plus elle ressentait le besoin grandissant de s’approcher de lui. Elle ne savait pas ce qui se passait, ce qui clochait ce soir-là, mais elle était de toute façon bien trop éméchée pour tenter de trouver une explication. Elle sentit le regard du gynécologue se balader sur elle, mais se contenta de fixer ses mains, les joues aussi rosies par l’alcool que par l’embarras. Quand il lui demanda s’il s’agissait d’une soirée à thème, faisant référence à ses pieds nus, elle secoua la tête d’un air réprobateur avant de plonger une nouvelle fois son regard dans le sien. « Nooope, monsieur le gynécologue. Mais vous ne devriez pas être si gêné, vous avez l’habitude de voir pire que ça, si vous voyez ce que je veux dire ». Elle esquissa un sourire lourd de sens, et s’apprêta à ajouter une phrase compromettante quand Lexie fit irruption dans la pièce. Elle leur demanda tout naturellement s’ils avaient fait des bêtises et Charlie se tourna légèrement vers elle, l’air innocente. La jeune fille s’éloigna finalement de Wyatt sur un coup de tête et se rapprocha de la jolie rousse. Entourant les épaules de Lexie de ses bras, elle lui offrit un câlin digne des teletubbies. Elle avait vaguement conscience que ce n’était pas de cette façon qu’elle remonterait dans l’estime de Wyatt, mais elle n’en avait que faire.

Après quelques secondes, Lexie décida néanmoins de couper court aux festivités en leur proposant gentiment mais fermement de repartir chez eux. Charlie fit la moue : elle aurait bien aimé s’amuser encore un peu. Elle ne se souvenait même plus du goût de la tequila sur sa langue ! Soupirant, elle accepta néanmoins les conseils de son amie et s’apprêta à se diriger vers la sortie quand Lexie demanda à Wyatt de la raccompagner. Charlie posa aussitôt les yeux sur ce dernier, ravie par la proposition de la rouquine. Entrainée par Lexie qui la poussait vers la sortie, elle fixait Wyatt du regard. La perspective de passer un peu plus de temps en sa compagnie était des plus alléchantes, et même si elle aurait poliment décliné l’invitation en temps normal, elle était désormais bien trop excitée pour le faire. Lorsqu’elle parvint sur le perron de la pension Preston, elle prit ainsi le bras de Wyatt et s’y accrocha avec fermeté. « En route, cow boy ! » Lança-t-elle d’une voix enthousiaste. Elle l’entraina avec elle vers la rue à peine éclairée par les lampadaires qui se dressaient de part et d’autre des longs trottoirs. Elle plissa les yeux en essayant de discerner les voitures alignées les unes derrière les autres, puis lança un coup d’œil en biais à son chevalier servant. « J’ai hâte de découvrir votre monture, mon cher Wyatt » S’exclama-t-elle tout en titubant lourdement sur le trottoir.
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptyDim 12 Fév - 22:41

La pension Preston aux heures de pointes des soirées sauvages était un phénomène à ne pas manquer pour tout fêtard qui se respecte à Lima. Wyatt n’y allait en général pas, non pas qu’il n’apprécie pas l’ambiance des fêtes à la sauce Lexie, mais bien plutôt parce qu’il redoutait de déraper et de devoir affronter l’aînée Preston qui de toute évidence n’appréciait pas particulièrement la relation qu’il entretenait avec sa petite sœur. Il aurait d’ailleurs été bien en peine s’il avait fallu définir précisément ladite relation. Convenance ? Accord tacite ? Les très hypocrites amitiés améliorées le rebutait et le mot de sex friend sonnait comme une insulte à ses oreilles délicates. Non, ils étaient juste bien ensemble et ne voyaient pas l’intérêt de s’enchaîner l’un à l’autre pour passer de bons moments. Lexie était une sorte de femme idéale pour ce genre de relation et sans jamais avoir à rien définir ils savaient parfaitement ce qu’ils faisaient. Mais la voir se tenir devant lui, avec ses chaussons ridicules et sa robe indécemment courte était quasiment de l’ordre du supplice. «Oh pardon. Je me laisse facilement déconcentrer avec de si jolies... fleurs.» Elle aimait jouer avec lui et lui courait à chaque fois. Sa remarque le fit rire mais de toute évidence le sort était contre eux car voilà qu’une seconde après elle lui était arrachée de force et il se retrouvait à baby-sitter la première patiente qui ait jamais pris la fuite face à lui. Certes la compagnie aurait pu être bien plus désagréable, et se retrouver avec la jeune Charlie dans les bras n’était pas exactement rebutant, mais il sentait ses projets pour la soirée s’évanouir à mesure que les secondes passaient. Détaillant sa tenue avec un sourire léger, il prenait garde à éviter les allers et venues des autres invités ivres qui venaient se perdre dans le cul-de-sac que représentait pour eux l’entrée qui ne recelait aucun cocktail, le dos presque collé au mur alors que Charlie s’avançait toujours plus. Levant un sourcil intrigué, il aurait donné cher pour être dans la tête de la jeune femme à cet instant. De toute évidence il lui faisait toujours le même effet que dans ses souvenirs. Il l’avait rencontrée pour la première fois à peine plus d’une semaine plus tôt et pourtant il était encore capable de restituer la plupart des détails de leur entrevue écourtée. Il savait que c’était inhabituel et n’avouait qu’à demi-mots qu’il était fasciné par cette fille. À la dernière répétition des Awesome Voices il avait même invité Samuel à prendre une bière chez lui pour essayer de la sortir de son système en en parlant avec humour. Pourtant le moment venu il avait été incapable de se moquer de sa fuite et de ce carnet de santé abandonné sur son bureau, et son plan initial s’était retourné contre lui, le laissant doublement perplexe. Elle était presque irritante tant elle s'immisçait facilement dans ses pensées. La simple vue de la couverture blanche du livret sur la pile de papiers à traiter suffisait à ramener son visage à sa mémoire, si bien qu’il avait d’abord cru à un mauvais tour de son cerveau fatigué quand il l’avait aperçue derrière Lexie. Elle était exactement telle qu’il se la rappelait. Ses épaules fines dévoilées cette fois par une robe légère, ses jambes maigres et ses grands yeux verts qui, bien qu’embrumés par l’alcool, passaient sur son visage encore et encore lui donnant l’agréable sensation d’être magnétique. Malgré le nouveau courage qu’elle semblait avoir trouvé dans l’alcool, il lui restait des élans de retenue qui faisait fuir ce radar vert émeraude qui le dévisageait sans vergogne. Mais qui donc était cette fille à la fois bien trop entreprenante et terriblement timide ? «Mais au contraire j’aurais été particulièrement peiné de ne pas profiter d’une si jolie robe.» Jetant un coup d’œil par dessus son épaule dans l’espoir de distinguer Lexie dans le petit attroupement en train de se former autour de l’entrée de la cuisine, il essayait surtout de se changer les idées, mais c’était peine perdue alors que l’étudiante avait décidé de lui sortir le grand jeu de la fille bourrée qui ne maîtrise plus rien. La regardant avec de grands yeux en entendant sa remarque tout à fait inattendue, il ne put s’empêcher d’éclater de rire en découvrant ce sourire presque pervers qu’elle arborait avec un naturel déconcertant. «Effectivement on peut voir ça comme ça. Mais je ne vous savais pas aussi intéressée par les mystères de la gynécologie.» ajouta-t-il avec malice.

Il n’eut cependant pas droit à une réponse car à peine Lexie était-elle revenue que la brunette s’envola de ses bras pour atterrir directement dans ceux de la propriétaire des lieux. Rendant son sourire à la jolie rousse il leva les mains vers le ciel consterné devant le spectacle qui lui était offert. «Je suis toujours sage non ?» Si Charlie décidait de rester collée à elle de cette manière, ses projets de s’éclipser pour priver les hôtes de l’organisatrice étaient en très grand péril. Il fallait qu’il trouve un moyen de la refourguer à quelqu’un d’autre au plus vite. Mais de toute évidence ce n’était pas dans les projets de Lexie qui prit sa voix la plus douce pour venir lui ronronner qu’elle avait besoin de lui pour quelque chose et il sentait que ce n’était absolument pas ce qu’il avait en tête en venant ici. La voir papillonner était rarement bon signe. D’expérience, il n’y avait que deux significations possible : soit elle avait trop de travail pour qu’ils puissent prolonger le rendez-vous, soit la pension était hors limite pour cause d’autorité sororale. Dans les deux cas, il rentrait chez lui bredouille. Il était déjà prêt à ronchonner quelque chose pour tenter de lui forcer la main quand elle lança le prénom de la sœur tant redoutée. La dernière fois qu’il avait croisé Anna dans les couloirs leur échange avait été aussi bref qu’intense quand il avait fallu justifier sa présence dans la vieille maison et son départ à des heures indues. Non. Vraiment. Il n’était pas prêt à remettre ça sur-le-champ, et quand Lexie faisait allusion à cette photographe asociale il se contentait de battre en retraite en exigeant compensation ultérieure. Son ego ne souffrait pas vraiment de ce genre de repli stratégique, tant qu’il ne cherchait pas Anna, elle ne dirait probablement rien à sa sœur le concernant, et ils pourraient continuer à se voir sans trop de complications. Le souffle de la rousse dans le creux de son oreille ne lui facilitait pas la tâche mais il finit par soupirer profondément en levant les yeux au plafond. «J’espère bien... Prépare toi parce que je ne vais pas être facile à contenter cette fois.» Mais à peine avait-il eu le temps de finir sa phrase qu’il se retrouvait dehors avec la brune et les chaussons roses sans même un baiser pour la route. Secouant la tête tout en tâtant ses poches pour chercher ses clefs, il descendit les marches du perron mais Charlie s’accrocha à son bras en le serrant de toutes ses forces contre sa poitrine qui n’avait définitivement pas augmenté depuis la dernière fois qu’il avait eu l’occasion de l’examiner de près, quoi qu’en dise le push-up qu’elle avait mis sous sa robe. Elle était déchaînée et le tirait sur les trottoirs en parlant bien plus fort qu’à l’accoutumée, si tant est qu’il ait pu la connaître en un rendez-vous, mais quelque part ça aidait à faire passer la pilule de cette soirée manquée, au moins il n’allait pas s’ennuyer. Il ne savait pas s’il devait lire dans son entrain à partir avec un quasi inconnu une habitude, même si la virginité révélée hypothéquait fortement cette solution, ou un traitement de faveur. Mais pourquoi aurait-elle préféré rentrer sagement chez elle plutôt que de rester à s’amuser avec de possibles amis ? Sauf si elle ne comptait pas rentrer sagement... Pressant le bouton du déverrouillage de sa voiture à cette idée, il eut un vague instant de culpabilité envers Lexie, lançant un dernier regard en direction de la grande bâtisse. Il n’y avait pas de grande promesse ou de fidélité à tout prix mais tout de même, elles avaient l’air d’être amies et la situation pourrait vite se révéler embarrassante s’il se laissait emporter. Ouvrant la portière passager de sa clinquante voiture de sport rouge payée les yeux de la tête et plus encore, il esquissa un sourire satisfait d’avance en prenant la jeune femme qui s’était éloignée par la main. «Plus monture que carrosse hmm ?» La poussant gentiment dans l’habitacle il hésita en se relevant un peu puis replongea pour boucler lui-même la ceinture de la jeune femme, prenant grand soin d’observer la moindre de ses réactions alors qu’il entrait dans son petit manège de proximité insolante, après tout pourquoi devrait il subir tous les caprices de ces dames, il savait mieux que personne s’amuser des réactions d’autrui et n’allait certainement pas s’en priver. D’ordinaire la Maserati avait son petit effet qui ne manquait pas de ravir son heureux propriétaire mais quelque chose lui disait qu’il n’était pas au bout de ses peines avec un tel phénomène à bord. Refermant la portière non sans un dernier sourire doucereux, il s’installa au volant, mettant le contact tout en s’informant enfin de la destination. «Prête à affronter le grand Ouest jeune fille ? Mais pour ça il faudrait éventuellement que vous me disiez où nous allons.»
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptyLun 13 Fév - 22:06

Plissant les yeux dans le nuit noire qui était tombée sur Lima depuis plusieurs heures déjà, Charlie peinait à discerner correctement ce qui se déroulait aux alentours. Devant elle, les invités regagnaient déjà leurs voitures, encouragés par la voix de Lexie qui résonnait derrière eux, leur souhaitant une bonne soirée. Les claquements de portières se mêlèrent au bruit des moteurs et aux éclats de rire, et les lèvres de la jeune fille dessinèrent un vague sourire lorsqu’elle détacha ses prunelles de la foule. Accrochée au bras de son cow boy aux dents blanches, Charlie sentait l’euphorie glisser et bouillonner dans ses veines. Il était rare qu’une telle adrénaline la secoue de la tête aux pieds : même lorsqu’elle se surprenait à vider cocktails sur cocktails et bières sur bières, elle ne ressentait pas ce genre de chose. D’ordinaire, soit elle devenait trop bavarde, soit elle partait dans un grand délire la poussant à commettre des gaffes qu’elle regrettait amèrement une fois que la gueule de bois était passée. Et pourtant, la présence de Wyatt à ses côtés semblait avoir réveillé quelque chose en elle : elle aurait presque voulu lâcher ce bras qui la soutenait pour faire voler les chaussons que Lexie lui avait prêtés, et esquisser des pas de danse sur les trottoirs. Séduite par l’idée, Charlie s’écarta soudainement du médecin après lui avoir adressé une œillade appuyée, et se débarrassa de ses chaussons. Se hissant sur la pointe de ses pieds, elle lança un clin d’œil au gynécologue et recula d’un pas mal assuré. Son pied heurta aussitôt un caillou et elle fronça le nez en perdant légèrement l’équilibre. Sentant ses jambes flancher, elle récupéra le bras de Wyatt en se jurant de ne plus jamais le lâcher. Elle n’était peut-être plus très nette, mais elle avait compris le message : inutile de fanfaronner devant le cow boy, car son état ne le lui permettait pas.

Wyatt l’amena jusqu’à sa voiture, et Charlie se laissa docilement faire. Elle ne le connaissait peut-être pas beaucoup, mais se sentait néanmoins en confiance avec lui. En dépit de l’alcool qui embrumait largement ses pensées, elle savait qu’elle ne risquait rien à ses côtés. Elle n’avait pourtant jamais accordé sa confiance avec facilité, elle qui refusait depuis des années de s’approcher d’un seul homme, imaginant toujours que leurs mauvaises intentions finiraient par la blesser de manière inéluctable, comme cela avait déjà été le cas par le passé. Au fond, c’était sa façon à elle de se protéger : en s’éloignant des hommes, elle assurait une distance de sécurité qui lui permettait de reprendre confiance en elle. C’était une chose que ses amies n’avaient d'ailleurs jamais compris. Combien de fois Oxanna avait-elle tenté de la sortir de sa bulle ? Combien de fois lui avait-on répété qu’elle gâchait ses plus belles années en s’entêtant à se refermer sur elle ? Sa mère avait été la première à le faire, suivie de ses amies et même de la psychologue qu’elle avait été amenée à voir. Et malgré tous leurs efforts combinés, cela n’avait pas fonctionné. Au fond, Charlie n’était qu’un petit bout de femme apeuré, qui ne parvenait à se libérer de ses craintes que lorsque l’alcool s’en mêlait.

Fronçant les sourcils, la jeune fille sourit en entendant la remarque de Wyatt à propos de sa voiture. Elle posa aussitôt les yeux sur cette dernière et resta un moment interloquée. En effet, cela n’avait rien à voir avec la monture qu’elle s’était imaginée : la voiture de sport d’un rouge éclatant était remarquable. Elle ne s’y connaissait peut-être pas beaucoup en voitures mais elle était certaine que ce petit bijou devait avoir une valeur inestimable. Se tournant légèrement vers Wyatt pour accrocher ses grands yeux verts, elle acquiesça. « Mmh, je confirme. Peut-être que je t’ai mal jugé, en fin de compte : tu n’as rien d’un cow boy… cela dit, c’est peut-être mieux ainsi ». Laissant Wyatt prendre les devants en se penchant pour lui ouvrir la portière côté passager, Charlie inclina légèrement le visage et ses yeux glissèrent tranquillement le long du dos du gynécologue. Quand ce dernier se retourna, elle sursauta légèrement et sentit ses joues s’empourprer –et cette fois, cela n’avait rien à voir avec l’alcool. Haussant innocemment les sourcils, elle fit un pas vers la voiture et se pencha à son tour pour prendre place sur le siège. Sa main se posa sur la ceinture, mais Wyatt fut plus rapide qu’elle et s’en empara. Son visage à quelques centimètres du sien, Charlie posa son regard sur le sien et retint son souffle. Elle ne parvenait pas à comprendre ce qui se passait, et pourtant elle sentit une vague de désir la submerger, si bien qu’elle frissonna légèrement et soupira de soulagement lorsqu’il finit par se retirer pour refermer la portière.

Lorsque Wyatt se plaça enfin derrière le volant tout en lui demandant la destination, Charlie se tourna vers lui et étudia légèrement les traits de son visage, laissant le silence en suspens. En réalité, elle n’avait pas vraiment envie de rentrer chez elle : elle se sentait bien trop à l’aise dans cette voiture si confortable, et c’était bien sûr sans compter le charmant médecin qui en était l'heureux propriétaire. Fascinée par les taches de rousseur qui parsemaient son visage, Charlie s’approcha légèrement de lui et fit la moue. Elle veilla à laisser ses mains sagement posées sur ses genoux, afin de ne pas être tentée de retracer du bout des doigts les traits du visage de son beau gynécologue. Elle n’avait jamais été aussi intriguée de sa vie à propos d’une personne. On ne pouvait pas dire que leur première rencontre se soit déroulée de la façon la plus naturelle qui soit, et Charlie se souvenait encore de la terreur qui l’avait surprise lorsqu’il lui avait demandé de se dénuder. Pourtant, elle ne parvenait à faire taire l’attirance qu’elle ressentait. Tout chez lui la captivait : de ses lèvres pleines à son regard énigmatique et sérieux jusqu’à la lenteur de ses gestes et le charme qu’il dégageait. En fermant les yeux, elle pouvait presque de nouveau sentir ses mains sur sa peau nue, une sensation aussi agréable qu’effrayante. Finalement, peut-être n’était-ce pas le cabinet de gynécologie qui l’avait fait fuir la dernière fois : peut-être que c’était l’attirance qu’elle avait éprouvé à son égard qui l’avait prise au dépourvu.

Ouvrant les yeux, elle recula légèrement et tenta d’éloigner vainement son regard de son visage. « Je n'ai jamais été aussi prête, à vrai dire ». Elle leva un sourcil et poursuivit sur le même ton joueur. « Quant à la destination, je ne suis pas très difficile, tu sais ». Esquissant cette fois un vrai sourire, elle écarta une mèche brune de son visage qu’elle replaça distraitement derrière son oreille. « J’irai où tu iras, mon pays sera toi, j’irai où tu iras, qu’importe la place, qu’importe l’endroit » Chanta-t-elle dans un français des plus approximatifs. Portant une main devant ses lèvres, elle gloussa légèrement. Elle ne savait plus vraiment pourquoi elle chantait du Céline Dion, ni même la raison qui l’avait amenée à être ici, dans cette voiture, aux côtés d’un type aussi canon que le Dr Pillsbury, mais la vérité était qu’elle s’en fichait plutôt pas mal. Tout ce qui importait était qu’elle s’amuse, et ce même si cela finissait par lasser le médecin. Fronçant les sourcils, elle laissa sa main retomber et se tut un moment, essayant de reprendre ses esprits. De nouveau, observant le visage de Wyatt, elle s’approcha inévitablement de lui, et ce sans même s’en rendre compte. C’était comme s’il exerçait une sorte de magnétisme sur elle, quelque chose qu’elle ne parvenait à éviter. « Hm, je ne vis pas très loin d’ici, en vérité. 3450, Ashwood Avenue » Souffla-t-elle après quelques secondes de silence. « Mais si vous désirez faire plusieurs détours et ainsi allonger le temps du trajet, ça ne me dérange pas non plus ». Avec un sourire, elle se redressa sur son siège puis posa finalement son dos sur celui-ci, plus ou moins consciente du regard que Wyatt posait désormais sur elle.
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptyMer 15 Fév - 0:23

La voir tituber de droite à gauche en lançant ses horribles chaussons roses, Wyatt avait l’impression de revenir cinq ans auparavant à l’une des nombreuses fêtes étudiantes organisées par la faculté de médecine. Ce n’était un mystère pour personne, outre leur capacité à apprendre des livres entiers par cœur, les médecins étaient d’excellents buveurs à la fidélité douteuse. Question fidélité le rouquin était implacable, d’autant plus implacable qu’il prenait grand soin d’éviter toute relation suivie pour ne pas faillir à ses grands principes. Mais question alcool en revanche, il fallait admettre que son foie n’avait plus rien à prouver à personne. Ces derniers temps il s’était remis à boire, plus seulement un verre de temps à autre mais de vraies grosses cuites qui vibraient dans son crâne le lendemain. Pourtant ce soir là, la brunette avait bu pour deux et le voilà réduit à jouer les Sam d’une soirée à laquelle il n’avait même pas participé. La confiance avec laquelle Lexie l’avait renvoyé avec son amie était un peu déroutante. Est-ce qu’elle attendait de lui une fidélité et une moralité si irréprochables qu’il ne poserait pas les mains sur une fille totalement ivre qui n’était qu’à deux doigts de se jeter dans ses bras ? C’était en soi de la torture. En vérité Lexie n’était pas du genre à réfléchir à ce genre de détails, elle n’avait probablement pas réfléchi au-delà de l’occasion en or de commencer à évacuer les fêtards indésirables avant que Crinière de feu n°1 ne sorte de sa grotte ou chambre noire. Et Wyatt devait maintenant trouver tout seul les tenants et les aboutissants de cette fin de soirée inattendue. Souriant en la voyant s’accrocher à nouveau à son bras après avoir lamentablement perdu l’équilibre, il passa une main bienveillante sur sa joue pour remettre une mèche de cheveux derrière son oreille. Il n’était pas à ce point en manque d’affection pour sauter sur la première venue. Il se contenterait de la ramener chez elle et de jouer un peu. Rien de bien méchant. Enfin... c’était le plan initial. Mais ce regard vert mâtiné d’innocence et de désir le troublait. Est-ce qu’elle se rendait compte de l’effet que pouvaient avoir toutes ces réactions totalement dépourvues de contrôle ? Alors qu’il bouclait sa ceinture il ne sentit pas son souffle sur sa peau, elle avait purement et simplement arrêté de respirer et il réprima à grand peine un pouffement de rire. De toute évidence il ne manquait pas de talent à ce petit jeu et contrairement à elle, il était parfaitement sobre et calculait la moindre de ses réactions. Refermant sa portière il sifflota quelques notes d’un morceau qu’il avait entendu à la radio en venant et s’installa le plus tranquillement du monde, impassible sous le regard avide de Charlie qui semblait approcher son visage du sien sans même s’en rendre compte. Se tournant alors vers elle en lui demandant leur destination pour voir jusqu’où elle irait, elle eut un éclair de lucidité et retourna dans le fond de son siège. Décevant.

Un tour de clef dans le starter et il ne put résister à la tentation de faire ronronner le moteur. Coupant immédiatement la radio qui allait se remettre à chanter à tue-tête, il ne perdit pas une miette des paroles de l’étudiante, manquant presque de s’étouffer et de faire caler la voiture en relâchant l’embrayage. Remontant les mains sur le volant pour s’y cramponner et s’assurer qu’il avait correctement entendu, elle lui offrait une moue qui ne laissait pas vraiment de place à l’équivoque. Alors là, elle venait de marquer un point dans la guerre de celui qui déstabiliserait l’autre. Le rouge lui en serait presque monté aux joues d’entendre ce genre de réplique tout droit sortie d’une série romantico-dramatique. Lexie, j’espère que tu trouveras le cœur de me pardonner pour ta petite amie, mais la partie s’annonce plus serrée que je ne le pensais. Dieu seul savait combien de propositions de ce genre il avait entendues, mais c’était la première fois que ça sonnait de manière aussi sincère à ses oreilles. Il se maudissait intérieurement d’avoir retenu les détails de son dossier et il aurait tout donné pour avoir le droit de ne pas se souvenir de leur première entrevue mouvementée. Soit cette fille était passablement excitée, soit elle jouait à un jeu très dangereux et ne savait pas à qui elle se frottait. Il voulait bien jouer les chevaliers servants, cochers, cow-boys à l’occasion, mais il ne fallait tout de même pas espérer qu’il reste gentiment assis à se faire allumer par une fille loin d’être repoussante aussi plate et brune soit-elle sans piper mot. Mais loin de se rétracter, elle en rajoutait une couche en laissant traîner sa voix pleine de sous-entendus pour se mettre à chanter dans une langue qu’il ne connaissait pas mais supposait être du français. Regrettant un instant d’avoir pris espagnol et russe au lycée il essaya tant bien que mal de deviner le sens que pouvaient receler ces mots qu’elle baragouinait derrière sa main à présent. Et puis après tout quelle importance... Elle était ivre et lui faisait des avances presque indécentes alors qu’il était certain qu’elle était aussi vierge que la mère de Dieu. Prenant une profonde inspiration il la regarda en hochant la tête puis dans un sourire enfonça l’accélérateur pour sortir en trombe de sa place de stationnement, laissant derrière eux le reste des cadavres alcoolisés échoués sur le trottoir de la petite rue. «Eh bien... en route pour une petite ballade dans Lima by night. Crois-moi tu n’es pas près de l’oublier ce tour là.» Elle était en train de le rendre fou à lui susurrer des mots doux à l’oreille avec un air aussi angélique sur le visage, il se mettait à dire n’importe quoi mais ne se laissait pas démonter et lui rendit ce même regard appuyé qu’elle n’arrêtait pas de lui servir. À tel point qu’il se sentait presque coupable de détournement de mineure et voyait déjà son procès en grandes pompes et les doigts pointés sur lui le couvrant d’opprobre. Voilà qui allait faire sa réputation à Lima : le gynécologue qui déflore les innocentes sur la banquette avant de sa voiture de sport. Ça allait faire les délices de la gazette, il n’en doutait pas un seul instant. Pressant un peu plus son pied sur la pédale il laissa derrière lui le quartier et les témoins potentiels pour virer à droite sans vraiment savoir où il allait. Il avait beau avoir une mémoire tout à fait remarquable, les adresses ce n’était pas son fort. Bien sûr, il aurait pu allumer le système de navigation et se laisser gentiment guider jusqu’au 3450 Ashwood Avenue, mais la tentation de prendre un détour était bien trop forte à présent et il y avait été invité après tout. Ralentissant pour prendre le temps de la regarder à nouveau, il mordit l’intérieur de sa joue en voyant l’étoffe de la robe déjà courte remonter sur ses cuisses pâles. Regarde la route. Concentre toi sur la route. Ne pense pas à la fille. Mais ces grands yeux papillonnants, plein d’étoiles et de langueur, qui le regardaient comme s’il était une sorte de bonbon géant c’était trop pour qu’il reste parfaitement froid et indifférent. «Pour les détours ça dépend de ce que tu as à me proposer.» mentit-il entre ses dents. Elle s’était remise à le vouvoyer mais lui n’était plus exactement en mesure de jouer la carte du médecin professionnel et inaccessible. Au contraire il peinait à garder des distances de sécurité et son poing se contractait sur le levier de vitesse pour ne pas aller vagabonder ailleurs. Prenant à nouveau une direction au hasard, il reposa son regard sur la route où défilaient les lampadaires éclairant faiblement la route à une vitesse sans doute trop élevée, mais il n’avait pas envie de décélérer. Baissant la vitre de son côté, il laissa le vent froid battre ses joues et fouetter ses cheveux, calmant tant bien que mal le nœud qu’il sentait au creux de son estomac. Le silence était insoutenable mais il ne se résolvait pas à le briser de peur de laisser libre cours à ses pensées. Contraint de s’arrêter à un croisement, il ne repartit pas tout de suite, laissant son regard se perdre à droite puis à gauche sans rien reconnaître. Toutes les rues étaient semblables et rien ne ressemblait plus à une maison qu’une autre maison. Il avait réussi à se perdre en beauté mais ne jeta pas même un regard en direction de l’ordinateur de bord. « Eh bien je crois que le raccourci ne m’a pas réussi. Lima est peut-être plus grande que je ne l’aurais pensé.» Posant son regard gris sur elle, il laissa un filet de voix grave s’échapper à nouveau de ses lèvres entrouvertes. «J’imagine que Mr. Watson n’apprécierait pas que j’emmène sa petite fille à l’aventure pas vrai ?» Après s’être assuré que personne n’était apparu au milieu de la banlieue déserte, il se tourna un peu plus vers elle. «Mais je ne suis pas sûr de vouloir retrouver le chemin tout de suite.» Souriant dans l’obscurité de l’habitacle il aurait voulu passer ses doigts dans ses cheveux et sur la courbe de sa nuque mais il n’osait pas bouger de peur de courir au dérapage. «Ni même de pouvoir d’ailleurs.» finit-il par ajouter en riant pour dissiper la tension qu’il créait malgré lui.
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptyLun 20 Fév - 23:02

Un sourire béat collé aux lèvres, Charlie ne se rendait plus vraiment compte de ce qu’elle disait. Les vapeurs de tout cet alcool ingurgité au cours de la soirée lui donnaient le vertige, et autant dire que la présence du beau gynécologue à ses côtés n’arrangeait guère les choses. Quelques verres, et voilà que la jeune fille si innocente et parfois même carrément prude s’était métamorphosée en une charmante créature avenante, qui vous dévorait du regard tout en laissant trainer quelques sous-entendus par-ci par-là. En temps normal, Charlie n’aurait jamais réagi comme ça. Si elle avait revu le médecin dans un tout autre contexte, elle aurait certainement essayé de le fuir une nouvelle fois. Cependant il s’avérait qu’avec tout cet alcool dans le sang, elle s’était libérée à la fois de ses peurs et principes, flirtant dangereusement avec ses limites. C’était bien simple : au plus elle se rapprochait du garçon, au plus elle se sentait attirée par lui. Ses lèvres pleines semblaient lui envoyer des messages de détresse, tandis que son beau regard vert embrasait ses sens. Et Charlie était si désorientée par la situation qu’elle ne parvenait plus à garder le moindre contrôle sur sa personne. Incapable de réfléchir avant d’agir, elle fonçait tête baissée vers un dénouement qu’elle regretterait peut-être si elle ne réfrénait pas ses désirs. Malheureusement, elle-même n’était pas certaine de vouloir éviter de telles conclusions.

Hypnotisée par le regard du gynécologue, la jeune fille resta un long moment muette, les yeux dans les siens, tentant de déceler le moindre indice concernant les intentions du garçon. D’après ce qu’elle avait pu comprendre en dépit de ses pensées embrumées, il semblait fort proche de Lexie, l’une de ses meilleures amies. Charlie ne savait pas ce que cela pouvait bien impliquer, mais s’il y avait en revanche bien une chose dont elle était certaine, c’était que la rouquine n’avait jamais fait mention du beau Pillsbury devant elle. Sobre ou saoule, elle s’en serait rendu compte. Aussi poussa-t-elle un soupir, secouant légèrement la tête pour chasser ces pensées troublantes. Lexie ou pas Lexie, elle n’était de toute façon pas en mesure de contrôler les choses, ou même d’éprouver le moindre remord. Et puis, ce n’était pas comme si elle s’était jetée sur le bel Apollon. Ou tout du moins, pas encore.

Esquissant un vague sourire lorsque Wyatt lui promit qu’elle n’oublierait jamais cette balade, elle dégagea brièvement son regard du sien pour apercevoir la ville qui défilait derrière les vitres de la voiture de sport. Il ne faisait aucun doute que le médecin cherchait à l’impressionner en appuyant de la sorte sur la pédale, mais Charlie n’avait aucun mal à rentrer dans son jeu, ouvrant de grands yeux verts émerveillés et riant même en sentant la vitesse lui donner le tournis. Pour éviter de tourner de l’œil, elle ne tarda pas à se tourner de nouveau vers le beau brun à qui elle accorda toute son attention. C’était en quelque sorte son point de repère : tant qu’il restait dans son champ de vision, elle ne craignait rien. Adieu vertiges et autres malaises, le médecin constituait à lui seul le parfait remède contre les effets secondaires de l’alcool. Enfin, presque.

La voiture ralentit légèrement, et Charlie sentit ses joues rosir sous le regard insistant de Wyatt. Une certaine chaleur commençait à envelopper l’habitacle, et la jeune fille se mordilla la lèvre inférieure. Posant innocemment une main sur sa cuisse, elle reporta son attention sur les taches de rousseur du docteur Pillsbury et haussa les sourcils lorsqu’il mentionna les détours qu’il pourrait emprunter. Décidément, ce garçon n’était pas médecin pour rien : ses yeux brillaient d’intelligence et il ne faisait désormais plus l’ombre d’un doute qu’il avait parfaitement analysé les réactions qu’il provoquait chez elle. Pas le moins du monde effrayée par cette pensée, Charlie lui adressa un sourire lourd de sens. « Peu m'importent les détours, tant que cela prend un peu plus de temps que prévu et que cela nous mène à la bonne destination, cela me convient ». Elle ne put s’empêcher de dévoiler de nouveau un petit gloussement qu’elle interrompit en posant délicatement sa main libre devant ses lèvres. S’enfonçant dans le fond de son siège, droite comme un piquet, son regard parcourut tranquillement le visage de Wyatt, sa nuque, puis son épaule jusqu’au bout de ses doigts si crispés contre le volant. L’espace d’une seconde, la jeune fille se demanda si elle avait le moindre effet sur lui. Depuis le début, elle avait été absorbée par les sentiments complexes qui la dévoraient toute entière sous le regard troublant du médecin, mais peut-être n’était-il pas non plus indifférent à ce qui se déroulait dans cette fameuse voiture ? Oui, peut-être que cette tension qu’elle parvenait à discerner chez lui n’était pas totalement étrangère à la proximité qui existait entre eux ? S’éclaircissant la voix d’un air embarrassé, Charlie sentit aussitôt son cœur tambouriner contre sa poitrine.

Passé la confusion que ces hypothèses animaient chez elle, une certaine confiance la submergea. Alors que le médecin ouvrait la vitre, elle suivit son geste avec attention et lui adressa même un nouveau sourire lorsque son regard croisa le sien. Wyatt s’arrêta finalement au beau milieu d’une rue inconnue, et Charlie sentit un frisson lui parcourir l’échine lorsqu’il reprit la parole. Elle tiqua néanmoins à la mention de son père, et serra les dents un instant alors que la vague image qu’elle avait conservé de lui s’imposait à elle. Parler de Charlie Watson entrainait inéluctablement de nombreux souvenirs, souvenirs qu’elle était parvenue à écarter longtemps de sa mémoire pour éviter que les cicatrices ne saignent de nouveau. Non, il ne fallait pas parler de Monsieur Watson. Monsieur Watson ne vivait que dans ses songes ; il ne vivait qu’avec Alice Watson-Brown, la jeune fille qu’elle serait probablement devenue sans la disparition subite de son héros.

Sans prendre la peine de réfléchir, Charlie quitta la chaleur de son siège pour se pencher vers Wyatt. Levant sa main autrefois posée sur sa cuisse, elle posa délicatement son index sur les lèvres du beau médecin. Elle sentit une certaine électricité dans son regard mais elle ne recula pas, se contentant de fermer les yeux une seconde tandis que le rire de Wyatt continuait de résonner dans ses oreilles. Il lui avait dit ne pas vouloir retrouver le chemin, ou plutôt ne pas en avoir l’envie. Ouvrant ses grands yeux clairs qu'elle posa sur lui, elle acquiesça d’un hochement de la tête. « Tu sais », commença-t-elle, si proche de lui qu’elle en oublia encore une fois de le vouvoyer, « je ne pense pas que « Monsieur Watson » s’opposerait à cette… aventure. Ni lui, ni personne d’ailleurs ». Son regard se concentra une seconde sur l’index qu’elle pressait contre les lèvres du médecin, et cette vision lui arracha un sourire. « Je n’ai pas vraiment envie de rentrer tout de suite non plus ». Charlie plissa les yeux un instant, et son index quitta les lèvres de Wyatt pour glisser sur ses joues parsemées de taches de rousseur. « Et puis, on dit que la nuit tombée, Lima se révèle parfois pleine de surprises. Ça m’a toujours intrigué, mais n’étant pas très téméraire je n’ai jamais osé vérifier cette théorie ». Elle laissa ses doigts se poser contre l’épaule du médecin, tandis que son regard quittait ses yeux clairs pour se diriger furtivement vers les mèches châtains qu’il possédait. Sous la faible lumière des lampadaires qui semblaient entourer la voiture, elle remarqua quelques reflets roux qui l’amusèrent. Résistant à l’envie de passer ses doigts dans ses cheveux, elle détourna une fois de plus le regard pour retrouver les yeux du garçon. Soulevant adroitement un sourcil, elle abandonna finalement son sourire. Se rapprochant si près de lui qu’elle pouvait sentir son souffle lui chatouiller la peau, elle retint sa respiration un moment. Au bout de quelques longues secondes silencieuses, elle écarta sa main de son épaule ainsi que son visage du sien tout en reprenant sa respiration. « Enfin, ce ne sont que des rumeurs, je ne sais pas ce que ça vaut » dit-elle d'un air désinvolte, tout en chassant cette idée d’un revers de la main
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptyVen 24 Fév - 19:08

Le jeune homme n’était toujours pas sûr de savoir ce à quoi Charlie avait décidé de jouer mais, au moins, il était fixé sur la destination. Il ne la ramènerait pas chez lui. Pas ce soir en tout cas. Et pas dans cet état. Et cette remarque bien innocente était venue comme un soulagement pour lui. On pouvait accuser Wyatt de bien des choses, mais il avait au moins sa conscience pour lui. Certes, il était manipulateur, moqueur, parfois imbu de sa personne et arrogant à souhait, mais jamais il n’aurait forcé quelqu’un à faire ce dont il n’avait pas envie. Et Charlie encore moins. Or ce soir là, la brunette ne semblait pas exactement en mesure de décider ce dont elle avait vraiment envie ou pas. Et malgré tout le désir et la curiosité qu’on pouvait lire dans ses yeux, le médecin sentait qu’au fond il ne serait qu’une expérience dans sa vie d’étudiante. Un tour en voiture de sport, un homme plus âgé qu’elle, le tout sur fond d’ivresse, voilà de quoi cancaner à l’université pour les prochaines semaines. Ou bien elle cherchait simplement à rendre sa première fois tant redoutée un peu plus attractive qu’un footballeur ivre dans une soirée étudiante à Columbus. Jamais encore il n’avait eu affaire à une vierge. Pas dans sa vie privée en tout cas. Et il fallait admettre que cette idée ne le laissait pas en paix. La perspective de se réveiller le lendemain matin aux côtés d’une fille complètement paniquée à l’idée d’avoir perdu sa virginité sans s’en rendre compte était tout sauf excitante, et il se concentrait sur cette fin probable pour apaiser ses nerfs en pelote. Charlie n’était pas une fille pour lui. Il avait besoin de quelqu’un de plus mature, de plus expérimenté, quelqu’un qui soit capable de supporter ses tendances infantilisantes à vouloir se réfugier dans les bras d’une femme dès que son moral était en berne. Est-ce que ses bras minces seraient capable de l’envelopper tout entier et de lui donner cette chaleur qu’il recherchait plus que tout ? Laissant à nouveau son regard quitter la route pour se poser discrètement sur elle un instant, elle avait l’air bien, totalement à son aise sur le siège passager. Heureuse presque. Et la sincérité avec laquelle elle semblait lui demander de prendre ce maudit détour... Elle avait l’air si fragile, à sa merci, complètement enivrée, autant par sa présence que par l’alcool. Quel âge avait-il pour se laisser prendre au jeu de la sorte ? Sa poitrine pesait lourd sous sa chemise boutonnée négligemment et il ne put retenir un sourire idiot. Cette fille était en train de le rendre tout sucre, tout miel et étrangement il n’était pas totalement réticent face à cette idée. Le seul bémol, et de taille, était qu’il ne se sentait pas la force de rester le parfait gentleman qu’il avait décidé d’être. Cette association n’était définitivement pas une bonne idée, mais il n’arrivait pas à se résigner à la laisser repartir.

Arrêté au milieu de la route, les yeux plongés dans ceux de la jeune femme, si son corps ne trahissait rien, il ne ressentait pas moins une gêne profonde. Après l’image de la catastrophe du lendemain matin voilà qu’il invoquait l’autorité parentale pour se convaincre lui-même que tout ceci n’était qu’une mauvaise idée et qu’il ferait bien mieux de retrouver son chemin et fissa. Mais à peine avait-il achevé sa phrase qu’elle se tenait à quelques centimètres de lui, posant un doigt sur sa bouche pour l’obliger à se taire. Ses lèvres entrouvertes laissaient s’échapper un souffle chaud sur sa peau qu’il était si près de goûter. Ses pupilles dilatées par l’obscurité qui avaient dévoré presque tout le vert de ses iris vibraient sans trêve de gauche à droite sous le coup de la surprise. Ce n’est qu’une fille bourrée. Ce n’est pas elle qui te touche, c’est l’alcool. Ne rentre pas dans son jeu. Ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’une fille se jette sur toi, tout va bien. S’intimant l’ordre de rester placide de toutes ses forces, le sourire sur ses lèvres s’était étendu malgré lui et son corps ne semblait plus vraiment disposé à écouter toute cette raison qui le tenait dans le rang. Tout ce qu’elle faisait avivait un peu plus le désir naissant qu’il avait pour cette étudiante en mal de sensations fortes. Ses paupières closes le plus tranquillement du monde, sa bouche fine, son visage aux angles si prononcés, tout ceci n’était qu’à quelques centimètres de lui et il n’avait pas le droit d’y toucher. Il aurait voulu frôler ce doigt qui lui imposait le silence avec ses dents. Il aurait voulu saisir sa main dans la sienne, entremêler ses doigts avec les siens pour partager plus de cette chaleur qui contrastait tant avec le froid de l’extérieur qui continuait à s’immiscer sans effet dans la voiture. Il aurait voulu saisir ses cheveux détachés pour entraîner sa tête en arrière et dégager son cou pour y plonger son visage et laisser une marque qui lui interdirait d’oublier ce qu’elle lui avait fait endurer. La sensation de son doigt glissant sur son visage le força à fermer les yeux un instant, il déglutit discrètement. Si elle ne s'était pas encore rendu compte de l’effet qu’elle avait sur lui, à une telle distance le gynécologue ne comptait plus sauver les apparences. Le bout de son nez était quasiment contre le sien et l’envie qu’il avait de l’embrasser n’avait encore jamais été aussi forte, l’empêchant de réagir à sa remarque. Où donc était passée toute cette verve intarissable dont il faisait sans cesse preuve ? Passant le bout de sa langue sur sa lèvre inférieure pour humidifier sa bouche sèche, il haussa les sourcils à son tour et alors qu’elle lui offrait de nouveau un peu d’espace pour respirer, il se rua sur sa ceinture pour la déboucler. Sortant de la voiture en un clin d’œil, toujours sans un mot, il fit le tour du capot pour se placer à côté de sa portière l’ouvrant d’un coup sec. «Il paraîtrait que je suis particulièrement téméraire.» lâcha t’il, s’appuyant sur le toit de la voiture en se baissant vers la jeune femme interloquée avant de lui tendre la main. «Toujours intéressée ?» La question était en réalité bien rhétorique et à peine avait-elle laissé la courroie qui la retenait qu’il avait saisi sa main pour mêler ses doigts aux siens. Prenant soin de verrouiller le véhicule, il entraîna Charlie au hasard des rues, marchant d’un air déterminé en laissant derrière lui la voiture stationnée au milieu de nulle part. Il ne risquait probablement pas grand chose en l’abandonnant, et il avait bien d’autres choses en tête pour s’en inquiéter.

Contrairement à ce à quoi il s’était attendu, ses paumes étaient parfaitement sèches. L’alcool faisait vraiment des merveilles sur cette petite qu’il avait déjà vue tremblante sur une chaise répondant à des questions banales. Mais sa peau contre la sienne avait l’air brûlante et lui fit resserrer l’étreinte de sa main qui semblait presque glacée en comparaison. Le bruit de ses pas sur le trottoir en asphalte était la seule chose que l’on entendait, avec le bruit délicat du tissu de sa robe se froissant alors qu’elle pressait le pas pour suivre les grandes foulées qu’il lui imposait. «J’ai l’air sûr de moi pas vrai ?» finit-il lâcher après une dizaine de mètres supplémentaires «En réalité je n’ai pas la moindre idée d’où nous sommes.» Interrompant sa marche sans lâcher sa main, il se tourna vers elle avec un sourire faussement embarrassé et posa le revers de sa main contre son front pour prendre sa température sans un commentaire. Faisant enfin glisser ses doigts le long de ses mèches brunes, il fit mine d’en replacer une derrière son oreille avant de la laisser retomber à sa place, il fixait ses yeux dans la lumière blanche du lampadaire. Le fait de n’être plus enfermé dans l’espace restreint de la voiture avait fait tomber les barrières physiques dont il s’était jusqu’alors embarrassé. «J’aurais bien poussé les recherches de surprises jusqu’au parc mais je crois que tes pieds ne vont pas être tout à fait d’accord avec cette suggestion.» Baissant les yeux sur les pieds nus de la jeune fille, il détacha enfin ses doigts de son petit poing pour resserrer les pans du manteau que Lexie avait posé sur les épaules de la jeune femme avant de partir sur sa poitrine. «Besoin d’une source de chaleur supplémentaire ?» Ses yeux remontèrent le long de ses jambes dénudées avec envie pour retrouver ce regard perçant posé sur lui. Pile, il l’embrassait. Face, il la ramenait à la voiture. Mais pourquoi diable n’avait-il jamais de monnaie quand il en avait besoin ?
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptySam 25 Fév - 1:45

Complètement dans son monde, Charlie ne parvenait plus vraiment à faire la part des choses et s’entêtait à être excessive dans tout ce qu’elle entreprenait. L’alcool qui faisait toujours son effet sur sa pauvre personne était en grande partie responsable de ce comportement, mais il n’en était pas l’unique raison. En réalité, la présence de Wyatt Pillsbury à ses côtés dans cet endroit si confiné avait le même effet sur elle que la tequila qu’elle avait bue sans retenue à la pension. C’était bien simple : elle ne parvenait à décoller son regard du sien, comme subjuguée par leur éclat. Et si elle avait eu quelques doutes concernant ses intentions, ils furent rapidement balayés lorsqu’elle perçut dans ses yeux cette lueur qui ne trompait pas ; elle n’avait peut-être jamais croisé un regard empreint de désir, mais elle savait néanmoins en reconnaitre un. Docile, Wyatt s’était laissé faire alors qu’elle passait tranquillement ses doigts sur sa peau douce, son souffle chaud caressant la peau du garçon. Elle avait senti une certaine électricité passer entre eux, et autant dire que la proximité de leurs visages n’avait pas été suffisante aux yeux de Charlie. De loin, le gynécologue paraissait sur ses gardes, presque méfiant devant la brunette. Et pourtant, ce soudain rapprochement avait permis à Charlie de faire tomber le masque de Wyatt, et de découvrir ce qui se cachait derrière. De près, non seulement il était mille fois plus attirant et lui donnait des idées qu’elle jurait ne jamais avoir eues auparavant, mais il semblait surtout plus vulnérable, presque à sa merci.

Avoir l’avantage sur un homme plus âgé et connaitre la satisfaction de savoir le déstabiliser était une chose unique en son genre, une chose que Charlie n’avait jamais expérimentée par le passé. Elle qui passait le plus clair de son temps à fuir les hommes n’était pas censée pouvoir faire ce genre de chose. C’était elle, la prétendue victime. Pourtant, il apparaissait de plus en plus clair qu’elle était elle aussi capable de jouer avec le médecin, et maintenant qu’elle l’avait compris, elle ne souhaitait plus s’arrêter, repoussant ses limites pour voir jusqu’où cela la mènerait. Peut-être qu’elle finirait par le regretter, mais cette sensation de pouvoir et de confiance en soi, si rare chez l’étudiante, était bien trop intéressante à exploiter pour qu’elle ne jette l’éponge. Non, elle en avait assez de jouer les petites filles chétives, assez de laisser ses craintes reprendre le dessus à chaque fois. Elle voulait vivre, elle voulait se perdre avec Wyatt et surtout, elle ne voulait plus jamais retrouver ce qu’elle connaissait. Ce soir-là, elle choisissait l’inconnu.

Retirant ses doigts de l’épaule du médecin, Charlie se recula finalement et s’enfonça dans son siège, se demandant quelle serait la suite des événements. Elle était curieuse de connaitre la réaction du gynécologue : combien de temps parviendrait-il à rester sagement assis derrière son volant ? Comptait-il la laisser s’amuser seule, en l’attirant vers lui à chaque fois ? Charlie plissa les yeux un instant, alors que son regard se perdait de nouveau dans la nuit noire qui lui faisait face. Les choses semblaient presque irréelles, presque trop abstraites. Et pourtant, elle pouvait encore entendre la respiration de Wyatt à ses côtés. Un bruit résonna alors dans l’habitacle, faisant sursauter la jeune fille qui se tourna aussitôt vers son chevalier servant : le gynécologue venait de détacher sa ceinture, et le voilà qui ouvrait déjà sa portière pour sortir de la voiture. Perplexe, Charlie fronça les sourcils. Allait-il vraiment la laisser seule dans cette voiture ? Ses doutes furent néanmoins rapidement balayés lorsque sa propre portière s’ouvrit, dévoilant le visage de Wyatt. Lui tendant la main, il lui demanda si elle était toujours intéressée de découvrir ce qu’elle avait appelé « les surprises de Lima ». N’hésitant pas une seconde, elle s’empressa de retirer sa ceinture de sécurité et se laissa emporter par Wyatt qui mêla ses doigts aux siens.

Pieds nus sur le bitume, son sens de la gravité largement perturbé par son taux d’alcoolémie, Charlie connaissait quelques difficultés à suivre Wyatt. Elle regretta un moment l’image des chaussons roses de Lexie qu’elle avait abandonnés dans la rue, sentant la plante de ses pieds s’écorcher au fur et à mesure qu’elle pressait le pas. La force du médecin l’aida néanmoins à tenir bon et elle parvint finalement à adopter la même allure que lui. Après quelques minutes de course dans les rues inconnues de Lima, Wyatt s’arrêta si brusquement que Charlie en perdit l’équilibre et dut se raccrocher à sa main pour éviter de tomber. Se tournant vers elle, il lui révéla n’avoir aucune idée de ce qu’il faisait, en dépit des apparences. La jeune fille ouvrit la bouche pour lui répondre, mais fut interrompue par le garçon qui s’approcha d’elle et posa une main sur son front. Charlie sentit son cœur cogner avec force contre sa poitrine, et lorsqu’il passa ses doigts entre ses cheveux, elle ne put s’empêcher de fermer les yeux, la respiration lourde. Elle ne savait plus vraiment si c’était le désir ou l’alcool qui lui faisait tourner la tête, mais elle se retrouva rapidement à bout de souffle. C’était la première fois qu’il la touchait vraiment, qu’il faisait un pas vers elle. Il lui avait pris la main, puis avait écarté cette mèche brune qu’il avait replacée derrière son oreille. Incapable du moindre geste, elle resta immobile face à lui jusqu’à ce que sa main ne retombe, à la déception de la jeune fille. Elle voulait qu’il continue, pourtant. Elle voulait qu’il se rapproche encore un peu d’elle.

Ouvrant les yeux, elle les plissa pour discerner le regard de Wyatt dans la noirceur de la nuit. Ce dernier ajouta qu’il aurait voulu aller jusqu’au parc mais qu’il craignait que ses pieds ne la supportent pas jusque-là. Charlie haussa les épaules, et rapidement un sourire se redessina sur ses lèvres. Elle fit un pas vers lui, serrant ses doigts contre les siens, ne voulant plus le lâcher. « Comme tu veux, cow boy » Répondit-elle, si peu intéressée par leur destination. Qu’ils soient dans un parc ou dans une rue déserte, peu lui importait. Tout ce qui comptait désormais était la présence du jeune homme à ses côtés. Elle le connaissait à peine et elle en avait vaguement conscience, mais elle se sentait néanmoins en sécurité avec lui, et plus important encore, il faisait naitre en elle des sentiments qu’elle ne connaissait pas et qui l’attiraient de façon inéluctable.

Wyatt détacha ses doigts des siens, et Charlie poussa un petit soupir de mécontentement avant de sourire lorsqu’il posa ses doigts sur le manteau, faisant glisser ses doigts sur le tissu. Il lui demanda si elle avait besoin de chaleur, et cette fois ce fut à son tour d’être prise au dépourvu. Elle leva son visage vers le sien, laissant les secondes s’échapper alors que le silence constituait pour le moment sa seule réponse. Réduisant la distance qui les séparait et qu’elle jugeait toujours trop importante, elle leva sa main qu’elle plaça sur son épaule. Il était plus grand qu’elle, si bien qu’elle dut se hisser sur la pointe des pieds pour que son visage soit à la même hauteur que le sien. Sa main chaude remonta sur sa nuque, et elle suivit son propre geste du regard jusqu’à ce que ses doigts n’atteignent son visage. Elle redessina du bout du doigt ses taches de rousseur sur ses pommettes, le contour de ses lèvres un peu plus bas, frôla son menton avant de redescendre vers sa nuque pour venir s’y loger définitivement.

Elle ne voulait pas renoncer. Peut importaient les conséquences de ses actes, elle voulait vivre l’instant présent. Carpe Diem, voilà ce à quoi elle aspirait. Approchant son visage du sien, elle l’écarta au dernier moment pour se pencher vers son oreille sur laquelle ses lèvres glissèrent. « Tout dépend de ce que tu peux me proposer ». Elle esquissa un sourire, déposa furtivement un baiser au creux de sa nuque, puis posa sa main libre dans le dos de Wyatt. « Je suis tout ouïe ».
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptySam 25 Fév - 4:12

Serrant un peu plus sa main dans la sienne, Wyatt s’éloignait de la voiture où il avait abandonné le peu de bon sens qui lui restait à grandes enjambées. Il ne pensait plus à son père. Il ne pensait plus au désastre du lendemain matin. Il ne pensait plus à Lexie. Il ne se souvenait même plus de la raison pour laquelle il s’était rendu à la pension ce soir-là. Tout cela lui semblait tellement lointain, et il n’était plus obsédé que par une seule chose. Une seule personne. Qui n’avait pas l’air disposée à lui rendre sa liberté. À cet instant tout ce qui l’obsédait c’était de sortir cette fille de sa tête alors que chaque pas qu’elle faisait en trottinant derrière lui était un pas de plus vers le monopole de ses pensées. Elle qui avait l’air si naïve, si profondément inexpérimentée et sage, elle réussissait à le faire tourner en bourrique avec une facilité déconcertante là où d’autres s’étaient déjà cassé les dents. En quelques minutes elle avait réussi à se frayer un chemin jusqu’à son cœur qui battait bien plus vite que d’ordinaire dans sa poitrine. Son col ouvert le gênait et il tira sur les pans de sa chemise pour exposer sa peau au froid mordant de la nuit. Il avait l’impression d’étouffer dans son propre corps, tant ce genre de sensations lui était étranger. C’était la première fois que le contrôle de son personnage lui échappait. Jamais il ne se laissait déborder. Sans être hypocrite ou malhonnête, Wyatt était fondamentalement quelqu’un de méfiant. Si l’on obtenait assez facilement sa confiance, rien de plus difficile que de la regagner une fois bafouée. Les personnes de son entourage qu’il considérait comme réellement proches se comptait sans doute sur les doigts d’une main. Et bien sûr ses conquêtes féminines n’échappaient pas à la règle. Plus encore que les autres elles devaient être capable de la plus parfaite honnêteté avec lui. La réciproque était en revanche fortement compromise. Son talent pour écouter les autres lui avait souvent servi à détourner l’attention loin de lui et de ses intérêts ou pire de sa famille. Il préférait prendre ses distances, couper le contact et aller voir ailleurs plutôt que de laisser une femme s’approcher un peu trop près de ce qui aurait pu ressembler à des sentiments. Téméraire, peut-être, mais aussi et peut-être surtout fragile et peureux. Mais cette fois-ci c’était différent. Sans la connaître, sans lui parler, il sentait que cette fille était à même de gagner sa confiance, qu’elle ne le trahirait pas à la moindre occasion. Pas parce qu’elle était faible, mais parce qu’elle était elle. Cette douleur lancinante dans ses poumons ce n’était pas une quelconque maladie. Le nœud s’épanouissant dans son dos ce n’était pas le résultat de la fatigue accumulée au cours de cette longue journée. Sa mauvaise foi ne l’emporterait pas et s’il ne savait pas démêler le désir insoutenable qui le hantait du reste, il savait que cette avidité ne serait pas comblée s’il prenait le parti de la dévorer immédiatement. Il avait envie de l’amener plus près de lui, de sentir sa peau contre la sienne, d’entendre son pouls pulser aussi vite que le sien. Il voulait s’assurer une fois de plus qu’il n’était pas le seul à endurer ce mal et que toutes les cartes du jeu n’étaient pas entre ses mains à elle.

Son parfum qui s’était estompé dans la brise légère qui faisait flotter ses cheveux fins mêlé à l’alcool qui restait sur sa peau créait une odeur entêtante dont il appréciait chaque note. Il enregistrait chaque pas, chaque impression de ses phalanges se pressant contre les siennes pour garder l’équilibre. Le médecin allait bien trop vite, il en avait conscience, mais il ne se sentait pas la force de ralentir. Il l’attachait à elle en la forçant à se cramponner à lui comme à la vie pour mettre autant de distance possible entre les petites maisons et eux. Et elle se laissait faire comme une poupée de chiffon, brûlante et essoufflée. Ses yeux sur lui et sa bouche close, ne laissant échapper aucun commentaire sarcastique, le laissant en proie à toutes ces interrogations dans le silence, il avait envie de les posséder. Il avait envie de s’assurer qu’ils ne regarderait jamais plus personne de la même manière, qu’il était le seul qu’elle avait osé défier ainsi, et petit à petit il comprenait qu’il était tombé dans un piège qu’il avait lui-même tendu tant de fois. S’immobilisant net, il n’avait pas regardé le chemin qu’ils avaient emprunté et ne se souvenait même plus du nom de la rue. Il n’y avait plus rien pour le sauver que la venue improbable d’un tiers pour troubler ce couple inattendu. À quoi jouait-elle avec lui ? Qu’attendait-elle qu’il fasse ? Il était prêt à vendre père et mère pour avoir le droit de savoir ce qu’elle pensait à cet instant, derrière ses paupières closes. Sa poitrine qui se soulevait à un rythme saccadé qui aurait pu lui laisser imaginer qu’elle redoutait ce contact qu’il lui imposait, qu’elle n’était pas prête encore à ce qu’il la touche et que la distance était encore de mise. Pourtant il refusait d’y renoncer encore, et son égoïsme le poussait à garder en otage cette main si fine entre ses doigts effilés. Lorsqu’elle rouvrit enfin les yeux pour le dévisager, il lui avait semblé l’espace d’une seconde discerner de la déception dans son regard. Comme si elle avait voulu qu’il prolonge cette invasion. Sans doute se faisait-il des idées. Il n’était plus en état d’analyser quoi que ce fût maintenant, ivre de ce désir interdit. Il ne savait plus quoi faire pour apaiser sa soif d’elle sans pour autant perdre de vue qu’il n’avait pas le droit de la toucher. Souriant alors qu’elle l’appelait à nouveau cow-boy, il avait envie de pincer ses lèvres pour l’obliger à se taire, à ne pas user de ce ton désinvolte avec lui si elle ne voulait pas courir à sa propre perte. La moue boudeuse qui vint répondre à la rupture de l’étreinte de leurs mains fit se serrer son cœur sans qu’il ne comprenne pourquoi. Tout se passait trop vite pour son esprit de scientifique habitué à tout décortiquer et tout analyser pour choisir la meilleure des options. Il ne s’agissait pas de faire une expérience ou d’établir un diagnostic. Il n’avait plus aucun outil à sa disposition pour l’aider à comprendre ce par quoi il était en train de passer. Perdu dans ses pensées qu’il essayait tant bien que mal de rassembler, il ne la vit pas s’approcher à nouveau, et ce n’est qu’en sentant son souffle sur son visage qu’il réalisa qu’une nouvelle manche était sur le point de se jouer. Il n’aurait pas su dire si le bruit discret qu’il discernait était le bruit des battements de son propre cœur ou celui de Charlie. Sa main dans son cou provoqua un frisson qui lui hérissa la peau. Ce n’était pas le froid. Ce n’était pas l’angoisse ou l’avidité qui empêchait son esprit de trouver le repos et de reprendre son flegme habituel. C’était quelque chose de tout à fait inouï et nouveau pour lui. Sentant qu’elle traçait encore et encore les courbes de son visage, il ne s’empêcha pas cette fois de mordiller la chair de son pouce qu’elle laissa s’attarder sur ses lèvres pleines.

Il la dévorait du regard alors qu’elle semblait absorbée par ses propres mains, dans une autre dimension où il n’était que l’accessoire de toute cette mascarade. Elle le mettait hors de lui. Il ne se reconnaissait plus, ne savait plus quoi faire, quoi penser, où aller. Elle avait l’air si libre de toute inquiétude, ne faisant que ce qui lui plaisait sans se soucier des conséquences. Testait-elle encore sa résistance à son petit jeu de séduction ? Faisait-elle ses premières armes de manière tout à fait brillante en se servant de son pauvre cœur comme d’un cobaye. Toutes ces questions n’arrangeaient pas le rythme de ses pulsations qui semblait vouloir crever le plafond. L’aile de son nez contre le sien elle n’était plus qu’à quelques millimètres de sa bouche et pourtant une fois de plus elle détourna le visage pour lui murmurer à l’oreille. Sentant ses lèvres se poser dans son cou, son sang ne fit qu’un tour et il l’attira tout à fait contre lui, faisant tomber la veste qu’il venait de réajuster sur ses épaules. Une main pressant doucement ses hanches contre lui la forçant à rester sur la pointe de ses pieds, la seconde se fraya un chemin dans son dos, traçant les courbes de son corps pour venir s’enfouir dans sa chevelure brune. Serrant les doigts avec autant de délicatesse que de fermeté sur les mèches qui ondulaient négligemment, il pencha sa tête sur le côté, ses yeux plantés dans les siens. Incapable de résister plus longtemps Wyatt posa ses lèvres contre sa tempe, brossant sa peau contre la sienne, l’effleurant à peine sans former de baiser. Descendant doucement le long de ses cheveux, il saisit le lobe de son oreille sans boucle entre ses dents, sans la mordre, laissant échapper un soupir d’impatience il ne pressait pas la découverte lente et intime de ce visage qu’il avait tant scruté aujourd’hui. Poursuivant sa lente course jusqu’à sa mâchoire, il déposa pour la première fois un vrai baiser sur l’angle de son os, puis un second dans le creux de son cou. Il inspira son odeur, ne relâchant ni l’étreinte sur ses hanches, ni celle de ses cheveux. Si elle le voulait, elle pouvait le repousser à tout instant. Mais il était incapable de penser à cette perspective. Les yeux fermés pour imprimer dans sa mémoire cet instant, il laissa son prénom s’échapper dans un soupir «Charlie.» Desserrant les doigts de sa main droite qui retenait sa tête, il posa son front contre le sien, n’osant pas desserrer les paupières de peur de trouver une mine effrayée sur les traits de la jeune fille. Pressant son nez contre le sien, il finit par lentement ouvrir les yeux, ne regardant rien d’autre que ses pupilles dilatées. Hésitant un instant supplémentaire, frottant sa peau contre la sienne, incapable de se décider, il finit par doucement prendre possession de sa lèvre inférieure, y déposant un baiser sans violence mais légèrement vacillant, ne laissant plus le moindre doute sur le désir qui faisait rage à l’intérieur de son corps et contre lequel il luttait à grand peines. «Je crois que finalement, je vais avoir besoin d’un tour dans le lac.» souffla-t-il mi-amusé, mi-épuisé, après avoir enfin réussi à détacher ses lèvres des siennes. Relâchant son étreinte il la laissa retoucher terre, et malgré sa carrure somme toute peu impressionnante, il passa son bras derrière ses cuisses et l'autre dans son dos, la soulevant de terre en la contraignant de s’accrocher à son cou pour ne pas perdre l’équilibre. Il était incapable de dire où il se trouvait quelques secondes plus tôt et pourtant il marchait droit dans une direction qu’il ne connaissait pas, persuadé d’y trouver l’orée du parc, les allées piétonnes et le petit lac artificiel qui y avait été creusé. Sentant son corps chaud contre le sien, il n’avait pas pris la peine de ramasser le vêtement prêté par Lexie mais l’excitation de leurs deux corps semblait être une source de chaleur suffisante. Il marchait, encore et encore, laissant passer les maisons, les rares lampadaires, et puis enfin, dans un silence étrangement apaisant, il fit face à un petit parapet blanc. Au moins son instinct ne l’avait pas trompé et il y avait bien de l’eau par ici. Wyatt déposa son précieux chargement sur le rebord du pont, restant un instant entre ses jambes à la regarder sans rien dire, puis s’arracha à elle pour ôter ses chaussures et descendre pieds nus vers l’eau sombre dont le contact glacial parvint à le tirer de sa torpeur presque mécanique.
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptySam 25 Fév - 15:38

La brise glacée de la nuit avait beau lui brûler les joues, Charlie ne ressentait pourtant pas le froid qui agitait ses mèches brunes. L’adrénaline à elle seule l’enveloppait toute entière, la protégeant des caprices de l’automne. Hissée sur la pointe de ses pieds devant Wyatt, elle ne pouvait dégager son visage du sien, fascinée par l’expression que son visage arborait. En dépit du jeu qu’elle avait initié, elle aurait pu rester des heures dans cette position, le regard rivé sur ses traits. D’ailleurs, c’était ce que sa raison lui conseillait de faire : ne plus esquisser le moindre mouvement et laisser le médecin reprendre les rênes de la soirée, tout comme elle venait précisément de le lui demander en acceptant d’entendre les propositions qu’il pourrait lui faire. Elle avait conscience que cette phrase était lourde de sens, qu’elle pouvait la mener en territoire inconnu, là où elle n’aurait jamais osé s’aventurer avant de revoir la moue charismatique du gynécologue sur le seuil de la pension Preston. Mais c’était plus fort qu’elle.

Au fur et à mesure que les secondes s’envolaient, l’attirance qu’elle ressentait à l’égard de Wyatt prenait de l’assurance, et la sage Charlie avait laissé aux vestiaires peurs et autres craintes. De sa vie, elle n’avait connu qu’un homme, qu’une seule et unique relation qui s’était soldée par une conclusion douloureuse qui avait été la raison de son vœux de s’éloigner de la gente masculine afin de se protéger. Des hommes qui la draguaient plus ou moins ouvertement, elle en croisait parfois, et s’efforçait de les fuir en trouvant toujours de bonnes raisons à cela. En revanche, des Wyatt, elle n’en connaissait qu’un. La première fois qu’elle l’avait vu, elle avait été terrorisée à l’idée qu’il ne découvre tous les secrets d’une vierge de vingt-et-un ans. Elle l’avait d’abord pris pour un monstre pervers avant de comprendre son erreur. Puis, il était apparu comme un garçon énigmatique à ses yeux, et ce soir-là, elle découvrait une nouvelle facette de sa personnalité, une chose qu’elle n’aurait jamais imaginé entrevoir : Wyatt était séduisant, Wyatt était attirant, Wyatt l’obsédait, et pis encore, Wyatt faisait naitre en elle des choses insensées. Elle ne savait pas où cette suite logique la mènerait, mais une chose était certaine : elle n’avait pas envie d’en finir avec lui. Non, elle voulait rester à ses côtés, être la seule personne qui ait un tant soit peu d’intérêt à ses yeux. Elle était éméchée, c’était certain, mais cette conviction était trop profondément ancrée en elle pour qu’elle ne soit que l’un des multiples effets d’une soirée alcoolisée.

Alors que ses doigts s’aventuraient une nouvelle fois sur le visage du médecin, absorbée par son propre geste, elle se sentit frémir malgré elle. En dépit de la lenteur infinie de ses gestes, ces derniers trahissaient son désir grandissant pour le jeune homme. Elle avait envie de frôler la moindre parcelle de sa peau, de voir ses yeux s’animer de langueur. Elle voulait sentir son propre cœur se battre contre une course effrénée dans laquelle il ne tarderait pas à se lancer. Aussi poursuivit-elle son excursion inopinée à travers les taches de rousseur du médecin, souriant lorsqu’il lui mordit le doigt, agrandissant le champ de ses découvertes lorsque sa main retrouva naturellement le cou du garçon qu’elle ne put s’empêcher de goûter quelques secondes plus tard. Immobile près de son oreille, elle laissa ses paupières retomber devant ses yeux lorsque le silence plana au-dessus du couple. Sa respiration haletante rendait son souffle chaud et quand elle sentit une main se presser contre ses hanches, elle se mordit brutalement la lèvre, surprise par la réactivité de Wyatt. Elle se laissa néanmoins faire sans ciller. Le manteau que Lexie avait posé sur ses épaules avant qu’elle ne quitte la pension glissa et s’échoua à ses pieds sans qu’elle n’essaye seulement de le rattraper. Elle n’avait pas froid, de toute façon ; elle n’avait nul besoin de cette couche de vêtement supplémentaire qui rendait la chaleur plus suffocante encore.

Sentant le vent vibrer sur sa peau nue à la hauteur de ses bras alors qu’elle semblait immunisée contre le froid, elle accueillit la seconde main de Wyatt qui s’aventura dans son dos d’un nouveau soupir. Ses doigts retrouvèrent ses mèches brunes avec lesquelles il joua et lentement, la jeune fille recula son visage, abandonnant son cou pour pouvoir affronter l’océan vert qui le fixait. Elle soutint son regard en dépit de son palpitant qui bondissait dans sa poitrine et dont la vigueur la déstabilisait. Et les choses ne s’arrangèrent guère lorsqu’il décida de poser ses lèvres sur son visage. Ces dernières rasèrent sa peau, laissant une brûlure à chaque endroit qu’il effleurait. Toujours sur la pointe des pieds, soutenue par la fermeté du bras du médecin, elle ferma les yeux pour mieux apprécier cette sensation inconnue qui résonnait comme un danger. Cette fois-ci, c’était elle qui était à sa merci, elle qu’il détenait. Elle n’avait pour autant aucune envie de se débattre, bien au contraire, son corps en redemandait. Il saisit alors son lobe et Charlie laissa un gémissement lui échapper. Ses pensées devenaient plus brumeuses encore, et la proximité du visage de Wyatt mit un terme aux dernières bonnes résolutions qui auraient pu éventuellement la retenir. Elle avait pourtant tiré un trait définitif sur son innocence coutumière, car dans les bras du Dr Pillsbury, elle ne pouvait plus se permettre la moindre candeur. Il faisait d’elle une femme plus affirmée : au fond, elle commençait à croire que ce n’était plus l’alcool qui guidait ses gestes, mais bel et bien l’excitation qu’elle sentait vibrer en elle.

Wyatt déposa un baiser sur sa peau avant de prononcer distinctement son prénom. Les paupières closes, un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme tandis que le médecin s’en approchait sérieusement. Charlie rouvrit les yeux un instant pour découvrir ceux de Wyatt qui la scrutaient. Son propre regard se fit insistant avant qu’il ne se détache progressivement de ses prunelles pour s’attarder sur les lèvres du gynécologue qu’elle désirait contre les siennes. Elle ne savait pas si son message était passé ou si Wyatt s’était laissé guider par ses propres désirs, mais il mit néanmoins un terme à son impatience en s’emparant de ses lèvres après quelques secondes de flottement. Ce simple échange, si léger, assura néanmoins la certitude de Charlie quant à ces sentiments qu’elle sentait éclore au fond d’elle. Impossible qu’elle oublie le moindre détail de cette soirée si inattendue : les vapeurs de l’alcool commençaient déjà à s’envoler, le désir ayant pris le relai pour la mener vers des sentiers jusque-là inexplorés.

Dégageant son visage d’à peine quelques millimètres, le médecin lui annonça avoir grand besoin d’un tour au lac. Arquant un sourcil, surprise, Charlie l’observa un instant sans mot dire avant qu’un sourire ne prenne place sur ses lèvres. « J'ignorais qu’il existait un lac par ici, mais je suis impatiente de découvrir les nouvelles bonnes surprises que Lima me réserve sans doute ». Sa main se posa furtivement sur son torse, et puis il relâcha son étreinte et ses pieds retrouvèrent le bitume. Elle s’apprêta à lui reprendre la main afin qu’il lui montre ce fameux lac qu’il venait de mentionner, mais il en décida autrement et faisant glisser ses mains à des endroits stratégiques, il se pencha vers elle pour la soulever contre lui. Nouant ses bras derrière la nuque du gynécologue, Charlie se tint à lui comme si sa vie en dépendait. Wyatt commença alors à marcher et elle ne se concentra que sur les taches de rousseur qui parsemaient sa peau, ignorant la route qu’il empruntait. Alors que les secondes s’échappaient, elle approcha encore son visage du sien pour laisser ses lèvres parcourir son menton. Son amusement fut néanmoins de courte durée puisqu’ils arrivèrent finalement près d’un petit lac.

Charlie détacha ses grands yeux du visage de son gynécologue pour observer la découverte qu’il venait de faire. Souriant de plus belle, la jeune fille retrouva la terre ferme lorsque Wyatt la redéposa et elle se tourna vers l’eau sombre avec envie. Le médecin resta un moment immobile puis, se débarrassant de ses chaussures, l’abandonna pour s’avancer vers la surface lisse et obscure du lac. Charlie le laissa prendre un peu d'avance, ses yeux détaillant sa silhouette alors qu’il s’éloignait progressivement d’elle. Et puis, seule loin de lui, elle jeta un coup d’œil à son propre corps, passant en revue le peu de vêtements qu’elle avait encore sur le dos, c’est-à-dire la robe qui dissimulait le haut de son corps ainsi qu’une partie de ses cuisses, et puis ses sous-vêtements. Relevant le menton pour apercevoir Wyatt qui s’enfonçait de plus en plus dans l’eau glacée, elle décida qu’elle ne pouvait pas rester plus longtemps seule et engagea quelques pas mal assurés dans sa direction afin de le rejoindre.

Lorsque ses pieds atteignirent le bord du lac, elle hésita un moment puis balaya son incertitude d’un revers de la main. Elle fit de nouveaux pas et sentit un frisson lui parcourir l’échine lorsque le froid manqua de faire trembler ses membres. Déterminée, elle se souvint de la chaleur de l’étreinte de Wyatt pour passer outre le contact glacé. Accélérant, elle parvint à la hauteur du garçon alors que l’eau lui arrivait déjà à la taille et que son corps tout entier semblait n’être qu’un bloc de glace. Tremblotante, elle serra les poings et s’arrêta près du médecin qu’elle dévisagea un peu sous le faible éclat de l’astre lunaire qui semblait les surveiller. Levant ses deux mains vers lui, elle les posa sur ses épaules et sourit de nouveau. Les doigts de sa main droite glissèrent sur sa chemise humide et s’attardèrent sur les premiers boutons qui dissimulaient son torse. Ses yeux suivirent avec attention son geste, alors que l’hésitation la prit un moment au dépourvu. Patientant un moment elle haussa un sourcil puis son index fit le tour du premier bouton avant que son pouce ne s’en mêle pour le défaire avec une certaine tranquillité. Le sourire de la brunette s’élargit, mais elle décida d’en rester là et sa main retomba le long de son corps, attrapant au passage les doigts du médecin. Esquissant un dernier pas pour mettre un terme à la distance qui les séparait une fois de plus, sa main logée dans sa nuque remonta sur les cheveux du jeune homme. « C’est la première fois que je viens ici » Avoua-t-elle dans un murmure à peine audible. « C’est une jolie surprise, merci cow boy ». Sans hésiter une seconde supplémentaire, elle remonta sur la pointe de ses pieds et ses lèvres se pressèrent de nouveau contre les siennes. Leur premier baiser n’avait pas fait écho à la force de ses sentiments et du désir qui s’y mêlait avec ténacité. Charlie ne tenait plus en place, elle n’avait jamais expérimenté une telle aventure et brûlait d’envie de découvrir Wyatt. En fait, elle brûlait d’envie tout court. Ses lèvres se firent insistantes contre celles du médecin, ses doigts s’accrochant à ses mèches brunes et son corps ne réclamant que le sien. C’était la première fois qu’elle ressentait un désir pareil, la première fois qu’elle osait vraiment laisser libre cours à ses envies sans se soucier de ce qu’il pourrait en advenir. Et maintenant qu’elle avait gagné l’attention du médecin, elle voulait être certaine de ne plus la perdre.
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptySam 25 Fév - 17:48

Sa bouche tremblante contre la sienne lui avait donné l’impression d’une décharge qui bien loin de le libérer du tourment auquel il était en proie semblait avoir aggravé son cas. Elle ne bougeait pas dans ses bras, attachant son corps au sien sans se débattre, soupirant de plaisir à côté de son oreille, étouffant les dernières lueurs de retenue qui essayaient d’affleurer à sa conscience. Il n’était d’ordinaire pas de ces amants passionnés qui perdent tous leurs moyens pour se laisser avaler par le besoin presque physique de posséder leur partenaire tout entier. Il aimait le contrôle, la patience qui ne faisait qu’augmenter le plaisir, il préférait étendre la durée du jeu pour profiter encore et encore de la chaleur réconfortante du corps de l’autre. Mais cette fois il ne parvenait plus à tout contrôler et son esprit d’ordinaire si vif était comme engourdi par trop d’informations contradictoires. Il savait que ce qu’il était en train de faire n’était pas bien, qu’il n’aurait pas dû céder à la tentation de poser ses mains sur cette fille. Pas seulement parce qu’elle semblait être amie avec Lexie, ni même parce qu’elle était vierge et ivre, mais simplement parce qu’elle méritait sans doute mieux qu’un coup d’un soir. Or il n’était pas sûr d’être capable de lui offrir plus. Pas maintenant. Il n’était pas capable de l’aimer, et demain matin, quand il ferait à nouveau jour, cette angoisse qu’il ressentait en sa présence aurait disparu. Depuis qu’elle avait passé la porte de son cabinet elle avait été un mystère. Elle s’était laissée faire sans protester, nimbée de toute sa réserve innocente, jusqu’à ce qu’elle décide de s’enfuir en courant en laissant son carnet de santé en guise de pantoufle de vair. Il avait été fasciné par la manière dont elle le regardait sans s’en rendre compte. Elle était différente des filles qu’il avait l’occasion de fréquenter, une patiente pas comme les autres qui avait eu si peur de se confier à lui qu’elle avait dû quitter le cabinet sans un regard en arrière. Et maintenant elle ne détachait plus son corps du sien, lui imposant une lente exploration de chaque centimètre de sa peau pour la faire sienne. La lenteur avec laquelle il progressait avec ses lèvres en descendant le long de son visage le rendait fou mais il n’arrivait pas à se libérer de ce poids et de ces hésitations qui ne faisaient qu’attiser son envie de transgresser ce qui lui était interdit. Il avait l’impression de s’être dédoublé et de s’observer lutter contre ses propre désirs qu’il n’essayait plus de cacher. L’alcool avait fait tomber les barrières de ses inhibitions, et elle avait entrepris de laisser libre cours à ses impressions sans faire cas de ce que le gynécologue pouvait en penser.

Tout semblait avoir commencé comme un jeu pour elle. Un défi pour terminer une soirée alcoolisée pour l’une et ennuyeuse pour l’autre en beauté. Joueur aguerri contre débutante chanceuse, le match ne s’annonçait pas aussi serré. Lorsqu’il avait fermé la portière de sa voiture en sortant de chez Lexie, il s’était imaginé la faire rougir avec deux ou trois remarques lourdes de sous-entendus et puis la ramener à la porte de chez elle en faisant ronfler le moteur de sa voiture. Tout, mais pas cette situation. Jamais il n’aurait pu se voir marcher d’un pas tranquille, perdu dans la banlieue de Lima, serrant cette fille dans ses bras. Et pourtant, c’était ce qu’il s’apprêtait à faire. Elle n’était pas épaisse mais son corps était doux contre le sien, sans qu’il ne se heurte à un os, ses doigts se serraient sur le tissu de la robe courte, qui faisait figure de maigre défense contre la vague de désir qui grossissait à mesure qu'elle réagissait à son toucher, et s’entortillaient dans ses mèches brunes. Ses mots qui avaient l’air si innocents trahissaient pourtant l’ambition de sa soirée : découvrir de nouvelles choses. Et sur la liste de ces nouvelles choses, il avait l’air de figurer en bonne position. Le sentiment de n’être qu’un jouet pour Charlie était à la fois un réconfort et une source étrange de douleur. Il n’avait pas l’intention de reproduire ce genre d’expérience avec elle. Elle lui faisait bien trop peur. Elle était imprévisible, avide, exigeante. Il était certes habitué à se plier au rythme imposé par Lexie, aux relations houleuses qui se consumaient à la vitesse de la lumière, mais avec la rouquine ou ces filles qui voulaient ajouter un médecin à la liste de leurs conquêtes, il savait à quoi s’en tenir. S’il avait fallu choisir une relation avec la cadette Preston, elle aurait sans doute été amicale. Il pouvait avoir confiance en elle et lui confier ses peurs et ses envies sans craindre que ça ne se retourne contre lui. Avec les vampires aux courbes attrayantes, il n’y avait rien à attendre au petit matin et le presque anonymat était une forme de soulagement qui le libérait de toute contrainte. Avec Charlie au contraire, il ne savait pas à quoi s’en tenir. Elle n’était pas une amie, mais elle n’était pas une inconnue. Elle lui avait semblé si sage mais lui dévoilait à présent une toute nouvelle facette de sa personnalité à laquelle il n’aurait même jamais songé. Est-ce qu’elle ne faisait que jouer ? Est-ce qu’elle cherchait à se rapprocher de lui ? Il ne savait rien d’elle, en dehors des données purement professionnelles qu’il avait recueillies. Il ne savait pas quel genre de père, ou de sœur, elle avait, et à quel risque il s’exposait à jouant ainsi avec le feu. Il ne savait même pas si elle n’avait pas un petit-ami qui viendrait exiger des représailles en découvrant ce qui s’était passé ce soir-là. Cette fille là refusait de se laisser enfermer dans une catégorie bien déterminée. Unique et intrigante, les étiquettes qu’il voulait lui coller pour se rassurer ne tenaient pas plus de cinq minutes et le plongeait à nouveau dans le désarroi.

Il ne devait pas se laisser endormir par la chaleur douce qu’elle lui procurait ou les baisers qu’elle déposait sur son visage qui semblait la fasciner. Lorsqu’il réussit à s’arracher à elle pour respirer l’air froid et calmer son corps et son esprit en ébullition, il n’hésita pas une seconde à entrer dans l’eau noire. Il ne savait pas où il marchait, jusqu’à quelle profondeur il irait. Pendant un instant il avait songé à baigner ses chevilles en relevant simplement son jean foncé, mais le contact du liquide glacial sur sa peau l’aidait à retrouver son calme et sans s’en rendre compte il était déjà immergé jusqu’aux genoux. Le dos tourné au pont, il l’entendit descendre du rebord et le clapotis de l’eau dans son dos contracta à nouveau tous ses muscles qui s’étaient relâchés un instant. N’arrêtant pas sa progression pour autant, il s’enfonçait dans le petit lac du Parc Lincoln au bord duquel il avait l’habitude de venir paresser les fins d’après-midi où il ne travaillait pas. Ce point de verdure domestiquée dans la ville lui apportait d’ordinaire la paix dont il avait besoin après une rude journée lorsqu’il avait besoin de solitude. Enfant des villes, il appréciait ce semblant de campagne qui rompait avec les maisons uniformes et les murs de béton. Mais cette fois-ci, rien n’arrivait à apaiser les battements de son cœur et l’anxiété qu’il ressentait à l’idée de déraper. Il avait déjà considérablement entamé la limite qu’il s’était fixée, mais plus il essayait de se convaincre qu’au fond tout ceci n’avait pas la moindre importance et qu’il ne devait pas accorder autant d’attention aux conséquences que ses actes pourraient avoir sur la jeune fille, plus il se sentait oppressé. La sensation de son pantalon humide contre sa peau gelée entravait à présent sa marche et il cessa complètement de bouger en sentant ses mains sur ses épaules. Un sourire se dessina malgré lui sur ses lèvres en distinguant ses traits dans la lumière faible de la lune décroissante. Plus elle le touchait, plus elle jouait avec ses cheveux ou les boutons de sa chemise qui prenait l’eau, et plus il peinait à ne pas la ramener immédiatement sur la rive pour mettre un terme à cette danse en en finissant une bonne fois pour toute avec ces détours. Serrant les doigts qui étaient revenus trouver les siens, il lui rendit ce baiser maladroit qu’elle prolongeait de manière presque désespérée. Sa main libre vint se poser sur sa hanche, glissant doucement dans l’eau pour venir frôler sa cuisse, remontant le tissu mouillé de sa robe. Il ne savait plus dire si c’était l’eau gelée qui rendait sa peau aussi chaude ou bien si elle avait de la fièvre, mais son haleine brûlante était un réconfort qui annulait tous les bienfaits que le froid lui avait apportés. Il ne sentait plus le poids de toute cette morale qu’il s’imposait en faufilant ses doigts habiles sous ses vêtements. Il avait envie d’elle. Peu importait qu’elle soit vierge, jeune, amie avec Lexie. Il n’aurait de repos que s’il goûtait enfin à ce fruit défendu. Toutefois un bruit provenant de la route le tira de cet état second dans lequel il s’enfonçait avec délice. Ouvrant de grands yeux effarés, il réalisait enfin ce qu’il était en train de faire et lâcha la main de la jeune femme, s’écartant de quelques pas. «Je ne pense pas que ce soit une bonne idée en fin de compte.» Son regard dans le sien, il ne put supporter d’y lire ses pensées et s’en détacha pour chercher au loin la source de ces bruits. Aux abords de la rive opposée il lui sembla reconnaître des silhouettes humaines, et ce n’est qu’en entendant soudain un choc violent sur l’eau suivi d’éclats de rire qu’il comprit qu’ils n’étaient plus les seuls à se baigner dans le lac. Hésitant un instant, il attrapa à nouveau sa main pour la tirer à sa suite hors de l’eau aussi discrètement que possible. «Mieux vaut ne pas rester là, je pense qu’on ferait mieux de retourner à la voiture.» murmura-t-il sans plus lui accorder un regard. Il se sentait coupable d’avoir cédé, coupable de s’être laissé déborder par cette envie bestiale de la faire sienne, coupable d’avoir trompé la confiance de cette fille naïve qui ne savait sûrement pas à quoi elle s’exposait. Ramassant ses chaussures à côté du pont sans relâcher la main de Charlie, il aurait voulu combler le silence qui s’était installé, mais aucune idée de génie ne semblait lui venir. Il se contenta donc de baisser les yeux et de rebrousser chemin, sans avoir de certitude sur la route qu’ils avaient empruntée depuis la voiture. «Je suis désolé.» souffla-t-il en ouvrant un peu l’étau de ses doigts sans pour autant lâcher complètement sa paume mouillée. Le souffle vent du froid était à présent tout à fait insoutenable et le fait qu’il soit trempés n’aidait très certainement pas. Résigné, il se détacha d’elle pour poser son manteau qui n’avait que peu pris l’eau sur ses épaules, les frottant doucement pendant quelques secondes.
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MessageSujet: Re: 01. Drunk girls are like a night of simplicity   01. Drunk girls are like a night of simplicity EmptyMar 6 Mar - 21:40

Partagée entre l’ivresse de la nuit et le désir qu’elle ressentait pour Wyatt, Charlie n’était plus vraiment consciente de la portée de ses gestes. L’eau sombre dans laquelle elle s’était aventurée semblait être une métaphore de l’état second dans lequel elle s’était noyée à la rencontre du Dr Pillsbury, dans l’entrée de la Pension Preston. Elle était pourtant presque habituée à l’alcool et aux soirées étudiantes de l’Ohio State University, auxquelles on l’amenait de gré ou de force et qui l’entrainaient toujours dans une spirale d’événements au dénouement incertain. Seulement, il n’y avait jamais eu personne comme Wyatt dans ces soirées : au pire, quelques garçons bien éméchés qui avaient trop abusé des jeux de l’alcool et qui la draguaient sans retenue, mais auxquels elle parvenait toujours à échapper ; au mieux, on lui fichait la paix et elle plongeait seule dans un univers flou et vaporeux dans lequel il était bon de laisser ses soucis aux vestiaires.

En un sens, Wyatt constituait à la fois le problème et sa solution. Depuis leur premier rendez-vous, il l’avait fascinée, et si elle l’avait d’abord pris pour un monstre de la pire espèce au spéculus facile, elle s’était vite rendu compte de sa bêtise en découvrant un médecin attentionné au sourire charismatique. Sa pudeur l’avait amenée à le fuir de façon inopinée, et le mystère du Dr Pillsbury l’avait alors hantée jusqu’à cette nouvelle rencontre. Qui était-il ? Pourquoi attachait-elle tant d’importance à ce qu’il avait pu penser de son départ précipité du cabinet ? Pourquoi la perspective d’une nouvelle rencontre la terrifiait tant ? Wyatt était son problème parce qu’il causait en elle des choses qu’elle s’évertuait à refouler depuis des années. Elle ne voulait plus tomber amoureuse, ne voulait plus se sentir attiré par un homme. Elle préférait de loin se protéger en restant seule plutôt que de repartir en terrain inconnu au risque de devoir affronter ses craintes et au final, d’être de nouveau trompée. C’était bien trop douloureux, elle en avait déjà fait l’expérience auparavant et cela l’avait brisée. En faisant la rencontre de Wyatt, elle s’était laissée séduire par les taches de rousseur et le look du médecin sérieux qui n’hésitait pourtant pas à lui lancer quelques piques au passage. Elle ne s’en était pas rendu compte au début : elle avait été tellement absorbée par ses réactions qu’elle n’avait pas compris qu’elle s’enfonçait dangereusement dans un cercle dont elle ne pourrait peut-être plus jamais sortir. Et s’il était prématuré d’affirmer qu’elle nourrissait le moindre sentiment à l’égard du gynécologue, l’attirance qu’elle ressentait pour lui était quant à elle bien réelle.

Et pourtant, s’il représentait à lui seul un mystère qu’elle ne demandait qu’à résoudre en dépit des réticences enfouies depuis longtemps en elle, le médecin était également une solution aux problèmes de la jeune fille. Il ne ressemblait à aucun autre. Elle ne le connaissait pas, mais n’avait pour autant pas la force de le rejeter. Au contraire, au plus il s’approchait d’elle, au plus ses peurs s’envolaient. Et s’il s’éloignait, elle recommençait à avoir peur, à être en proie à des doutes qui ne la quittaient plus. Alors si elle parvenait à s’oublier quelques secondes dans ses bras, à ne se concentrer que sur son souffle qui lui chatouillait la peau, à ses yeux qui l’hypnotisaient tant, à ses lèvres qu’elle voulait contre les siennes, peut-être que ses appréhensions s’en iraient pour de bon ? Si elle faisait tomber la carapace qu’elle s’était progressivement forgée, peut-être retrouverait-elle suffisamment de confiance pour faire fuir ses craintes et les repousser si loin qu’ils ne pourraient plus jamais l’atteindre ?

Ces questions semblaient flotter loin, très loin dans l’esprit égaré de la jeune fille. Elle n’analysait pas la situation, et pourtant son comportement suivait une certaine logique dont elle n’avait pas pleinement conscience. Attrapant les mains de Wyatt sous l’eau, elle ne tarda pas à se laisser emporter dans un nouvel élan motivé par le désir en s’emparant de ses lèvres spontanément. Loin de rester indifférent au rapprochement quasi forcé dont il était victime, le médecin répondit rapidement à son baiser et leurs lèvres se firent de plus en plus pressantes. Alors que l’eau froide du lac aurait dû faire trembler tous ses membres, c’était en réalité la proximité avec Wyatt qui la faisait frémir. Elle sentit bientôt les doigts du garçon lui frôler la taille, avant de remonter avec détermination, s’aventurant sous la robe qu’elle portait et qui semblait de trop dans cette situation précise. Charlie savait quelle serait l’issue de ces caresses, et de peur peut-être de se laisser surprendre par les limites qu’elle s’était imposée en mettant un terme à ce qui était en train de se passer, elle lâcha la main libre de Wyatt et posa les siennes sur les joues du médecin. Elle sourit contre ses lèvres et s’apprêta à l’attirer davantage près d’elle lorsqu’un bruit brisa le silence de la nuit. Fronçant les sourcils, la jeune fille vit son partenaire lui échapper. Faisant disparaitre les dernières secondes qu’ils avaient partagées, il décida que ce petit jeu était terminé. Reprenant sa respiration, Charlie recula d’un pas pour mieux l’observer alors que déjà, il fuyait son regard. Elle resta un moment figée, jusqu’à ce qu’il reprenne sa main après avoir ajouté qu’il vaudrait peut-être mieux retrouver la voiture.

Trempée jusqu’aux os, elle se contenta de le suivre, n’opposant pas la moindre résistance. Petit à petit, elle comprit que tout ce qui s’était passé au cours de cette soirée n’avait plus la moindre importance, parce que Wyatt la ramènerait chez elle et l’oublierait probablement très vite. Elle s’était fait avoir, une fois de plus, mais ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. Après tout, elle aurait dû s’en douter : comment un garçon comme Wyatt Pillsbury aurait pu s’intéresser à elle ? Ses épaules s’affaissèrent, et elle ne fit plus attention à ses pieds nus qui lui faisaient si mal contre le sol dur, ni à l’eau qui continuait de ruisseler sur son corps et la faisait grelotter. Elle n’était plus qu’une poupée de chiffon que l’on trainait derrière soi, un vulgaire jouet dont on se débarrassait. Lorsque Wyatt lui dit être désolé, elle ne réagit pas ; et lorsqu’il posa son manteau sur ses épaules, elle riva les yeux au sol, honteuse. Elle n’avait plus envie que l’on prenne soin d’elle, mais était trop faible pour le lui faire comprendre.

Détachant ses doigts des siens, elle se dégagea doucement de son étreinte et se remit à marcher dans les rues de Lima, le manteau du médecin la protégeant un minimum du vent glacé qui lui brûlait les joues. Elle finit par apercevoir la voiture de sport de Wyatt et sans un mot, s’installa sur le siège côté passager dès qu’il déverrouilla les portières. Cette fois-ci, il n’essaya pas de boucler sa ceinture et elle lui en fut reconnaissante. Echappant de nouveau à l’emprise du regard du médecin, la jeune fille tourna le visage vers la vitre qui était de son côté et observa les rues de la ville défiler sous ses yeux. Le silence dans la voiture était pesant, lourd, mais constant. Plongée dans ses pensées, Charlie ne détourna pas une fois le regard pour scruter celui du conducteur. Son visage finit cependant par se poser contre la vitre froide et elle ferma les yeux pour échapper à la réalité. Ce n’est que lorsque la voiture s’arrêta enfin, après ce qui semblait être des heures, qu’elle les rouvrit. Baissant les yeux vers ses genoux, elle réajusta les pans de sa robe contre ses cuisses, et hésita un instant avant d’ouvrir la portière. « Bonne nuit » Lança-t-elle d’une voix triste au médecin sans pour autant lui accorder un dernier regard. Elle se dépêcha de sortir de l’habitacle, ne souhaitant pas le voir changer d’avis, et se dirigea vers sa maison. Elle avait oublié son sac chez Lexie mais cela ne l’empêcha pas de pouvoir rentrer chez elle, récupérant la clé qu’elle laissait toujours sous le tapis devant la porte. Tel un robot, elle claqua la porte derrière elle, la verrouilla, et balança la clé devant elle. Quelques secondes plus tard, elle était allongée sur le canapé du salon et s’apprêtait à connaitre une nuit agitée, peuplée de songes angoissants et autres cauchemars sordides.

RP CLOS
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