Choriste du mois


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Ecaterina S. Robertson
nothing but sunshine and rainbows
Age : 26 ans
Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
Humeur : Changeante
Statut : Célibataire, "collabore" avec Tate Bartowski
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Chanson préférée du moment : ADELE – Rolling In the Deep
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MessageSujet: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptySam 31 Déc - 0:15

Elle ne savait pas ce qui lui était passé par la tête. Il était déjà trois heures du matin, l’heure à laquelle la ville entière était supposée dormir et où personne n’osait s’aventurer dans les rues par pure crainte. Il lui était déjà arrivé de ne pas trouver le sommeil, c’était quelque chose de courant depuis cinq ans. Cependant, jamais auparavant elle n’avait autant ressenti le besoin de s’aérer l’esprit.

Ecaterina avait éteint son ordinateur puis, s’était bêtement retrouvée devant la fenêtre de sa chambre à regarder la rue s’étalant par dessous, l’œil vide. Elle se demanda ce que pouvait bien faire Seth à cet instant précis avant de se souvenir qu’il était tard. Dans la foulée, elle se rappela aussi qu’elle n’avait plus le droit de se poser ce genre de question le concernant. C’était une mauvaise habitude qu’il fallait qu’elle perde et au plus vite, par respect tout au moins. Elle esquissa un bref sourire et son esprit ne mit pas longtemps à changer la donne. Ecaterina se demanda alors ce que Gale pouvait bien faire. Il devait déjà dormir, il était trois heures, après tout. Seul les gens comme elle ne dormaient pas. Elle n’avait plus cours et ne travaillait même pas le lendemain. Il était inutile qu’elle se mette en tête d’écrire un peu, elle savait déjà d’avance qu’elle ne s’y tiendrait pas. Sa journée ne serait pas constructive, elle irait sans doute récupérer Emily un peu plus tard dans la journée, c’est tout. Ses yeux clairs se détournèrent de la fenêtre et elle lança un regard morose à son ordinateur. Écrire lui paraissait si difficile alors que depuis quelques jours à peine, elle avait ce qu’il lui manquait. Foncièrement, elle était persuadée de pouvoir faire quelque chose de bien. Néanmoins, une peur qu’elle-même ne comprenait pas s’était installée petit à petit. Enfin, ce n’était peut-être pas le moment de penser à tout ça, il était trop tard pour aspirer trouver des réponses à ses questions. Secouant la tête, la jeune femme posa son front contre la vitre avant de soupirer par dépit –et Dorian alors, que faisait-il ?

Elle ne savait même pas si le studio était ouvert. Transie de froid, la blondinette se mordit la lèvre inférieure et hésita avant de pousser l’imposante porte située dans la ruelle et qui donnait accès à l’arrière boutique du Gramophone Record. Un rire inopiné s’échappa de ses lèvres lorsqu’elle l’ouvrit et rentrant sans se faire prier, Ecaterina élargit son sourire : Dorian était si prévisible quand il le voulait.

Ils s’étaient revus depuis son retour. De nombreuses fois à vrai dire. C’est en revoyant son frère aîné que la jeune femme s’était rendue compte à quel point il lui avait manqué pendant tout ce temps. Elle ne lui en voulait plus, Ecaterina avait tiré un trait sur toute cette rancœur qu’elle avait éprouvée à son égard. C’était pour cette raison qu’elle était partie parce qu’elle savait que si elle restait à proximité de lui, elle n’aurait pas été capable de lui pardonner ses erreurs. Des choses, elle en avait compris en cinq ans. Elle aimait son frère. C’était une relation qui lui avait beaucoup apporté. Il lui arrivait de penser à tout ces moments complices qu’ils avaient partagés ; si Cat était nostalgique ? Plus que ça. Seulement, elle restait sur ses gardes. Dorian avait changé, il avait mûri. Elle ne souhaitait pas s’imposer à lui –comme aux autres. Elle était de retour, certes. Mais, ce n’était pas pour cette raison que le monde devait s’arrêter de tourner.

Défaisant tout doucement la ceinture de son manteau, Ecaterina termina d’ouvrir ses quelques boutons et tira par manie sur les manches de ce vieux sweat aux couleurs de son université qu’elle portait pour dormir. Dorian lui avait parlé de son studio, c’était l’un de ses vœux les plus chers que d’avoir le sien, son studio à lui. Ecaterina avait mis du temps à s’y rendre. Encore une fois, elle estimait que cet endroit état celui de Dorian, elle n’avait rien à y faire. Il s’agissait de son havre de paix et elle souhaitait plus que tout qu’il le reste. Furetant du regard dans les alentours, elle constata que les lumières étaient allumés. Dorian devait être ici. La couleur rouge soutenue des murs lui fit plisser les yeux, mais son sourire ne quitta pas son visage. Elle était fatiguée, pourtant la fierté qui s’insinua dans tout son corps n’en fut pas moins intense ; il avait réussi à le créer son studio, elle était heureuse pour lui.

Avançant timidement dans l’allée, elle passa une main dans ses cheveux mal peignés. Elle aurait tout de même pu avoir la décence d’enfiler autre chose qu’un vieux jean pour l’occasion, se reprocha-t-elle. Aussi, elle s'engouffra plus franchement dans le bâtiment chaleureux et une autre porte s’étala devant ses pupilles. Incertaine, elle poussa une nouvelle fois la porte avant de passer timidement la tête par l’entrebâillement : personne.

Ecaterina fronça les sourcils puis lança un regard par-dessus son épaule. Elle se hissa même sur la pointe des pieds pour tenter d’apercevoir quelque chose –ou quelqu’un, mais manque de chance, elle ne vit rien. Poussée par la curiosité, Ecaterina entra dans la pièce. L’immense console avec tous ses boutons de couleurs s’étalait dans un coin et un siège trop imposant pour être réel était placé devant –Dorian voyait les choses en grand. Son regard vrilla instantanément sur la cabine d’enregistrement visible grâce à la baie vitrée qui séparait les deux endroits. Le micro qu'elle convoita du regard la fit se sentir toute euphorique. C’était sa première fois dans un vrai studio d’enregistrement.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Lun 13 Fév - 14:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptyLun 2 Jan - 14:40

Des applaudissements. Dorian applaudissait un groupe de musique, pas forcément parce qu'il avait aimé mais tout simplement par politesse. Très certainement par fatigue aussi, l'heure n'était pas vraiment propice à une réflexion très poussé. Il était 2h30 du matin, dans une petite bourgade de l'Ohio à environ 45 minutes de Lima, sa ville résidentielle à présent. Dorian assistait à un petit festival de musique, sans aucune prétention. Et il le sentait, les groupes étaient tous amateurs et aucun n'avait vraiment fait une bonne impression au fils Robertson. Les qualités de ceux-ci étaient vraiment faible pour simplement pouvoir penser à les produire. Pour Dorian, c'était donc un coup dans l'eau. Il allait revenir bredouille de cette soirée qui se révéla donc au final fortement inutile alors qu'il aurait pu sortir avec ses amis avec qui il ne sortait finalement plus trop. Il devait remédier à ça. Et sa sœur, il devait vraiment la reconquérir et en plus, l’amener chez les Urban Hymns. En parlant d'ami, c'est Declan Duprée qui appelait Dorian.

Le jeune homme était aussi employé du Gramophone Record, les deux étaient amis depuis longtemps et Declan avait toujours soutenu Dorian. C'était Declan qui était de fermeture ce soir et il expliqua à Dorian qu'il avait oublié de fermer la porte arrière du magasin et le studio d'enregistrement. Seul hic, Declan avait trop abusé ce soir là et il n'était pas dans l'état de conduire. Mais bon, Dorian ne lui en voulait pas, il était content que son ami s'était souvenu d'avoir oublier quelque chose, beau paradoxe pour un homme en état d'ivresse. Le fils Robertson quitta le champ et prit sa voiture tranquillement. Il n'avait pas forcément beaucoup bu ce soir-là, contrairement à son ami. Il pouvait donc fermer le magasin et le studio sans problème. Il en informa son ami et le laisse vaquer à ses occupations en espérant qu'il serait en forme pour le lendemain.

Dorian eut quelques minutes de marche avant de rejoindre sa vieille Ford Fiesta. Il en avait fait des trajets avec elle et elle ne l'avait jamais trahi. 11 ans qu'il l'avait maintenant, comme la différence d'âge de Dorian avec sa cadette, Ecaterina. Depuis qu'elle était revenue en ville, Dorian l'avait revu de temps en temps et cela ne faisait que conforter le manque qu'il avait ressenti pendant son départ. Sa petite sœur, il l'aimait plus que tout. Surtout, il voulait en profiter un maximum pour compenser ces quelques années où la communication entre les deux était inexistante. Il n'y avait pas un jour sans que Dorian ne pensa à sa sœur, soit naturellement, soit grâce à une petite anecdote qui fit revenir le souvenir de sa joyeuse cadette. Une chanson que les deux appréciaient et c'était réparti dans un état de mélancolie. La souffrance qu'avait contre-coupé le départ avait certes disparu depuis le retour de Cat mais pourtant, il y'avait toujours des moments plus difficiles les uns que les autres. Un peu comme un fumeur qui tente d'arrêter mais qui a toujours ce petit moment de remise en cause très pénible. Dorian espérait que cette tare allait diminuer, voir disparaître à jamais en sortant plus avec sa sœur, voir en l'intégrant aux Urban Hymns.

Ecaterina était talentueuse, il n'y avait aucun doute là-dessus mais le sujet de la chanson était relativement tabou pour la jeune femme. Lorsque les deux vivaient encore ensemble, ils faisaient un tabac dans les café-théâtre du coin. La voix mélodieuse et douce de Cat était appréciée et pourtant, celle-ci n'avait que trop peu chanté depuis leur séparation. Cela bouleversait le fils Robertson qui était parfaitement au courant du talent exceptionnel de sa cadette. Il aurait voulu la produire mais il savait qu'elle refuserait, ses écrits étaient vraiment sa passion. Mais il ne pouvait pas laisser la situation dans un tel état. Il avait une autre solution sous le coude, une alternative plus qu'acceptable pour Cat. Intégrer les Urban Hymns. C'était une chorale crée par Finn Hudson qui regroupait les anciens de McKinley High dont elle faisait partie. Mais surtout, elle connaissait déjà pas mal de choristes, dont Dorian. Il faisait parti des musiciens de ce groupe mais aussi chantait. Et comme si ce n'était pas déjà un tableau relativement idyllique pour le jeune homme, la possibilité de chanter avec sa sœur rendait l'opportunité presque surnaturelle. Il devait lui en parler quand il la verrait.

La voiture berçait Dorian et lorsqu'il mit pied à terre après cet trajet, ce fut d'un bien fou. Il n'était que 3h10, il avait été plus vite que prévu. Les lampadaires donnèrent un peu de vitalité au quartier si vide à cette heure là. Le Robertson mit ses mains dans ses poches de jean et fouilla pour trouver la clé de l'arrière cour. Il se souvint de la raison pour laquelle il était là et rigola. La fatigue s’emparait pour qu'il en soit à ce point-là. Il ouvrit l'imposante porte de l'arrière-cour du Gramophone Record. Elle était effectivement ouverte. Une fine pluie commençait à tomber et Dorian mit sa capuche sur la tête. Il devait se dépêcher de tout fermer pour pouvoir rentrer tranquillement, sans avoir à subir l'appréhension d'une chaussée trop humide. Il avança d'un pas sur vers son petit studio, tira ses manches pour ouvrir la poignée humidifiée par la pluie.

Il entra dans son petit paradis personnel, son havre de paix comme Declan l'appelait. Seul petit problème, le havre de paix était resté allumé tout la nuit. Cela alourdirait la facture d'électricité du magasin. Il remarqua une ombre qui bougeait à l'intérieur du studio, s'approcha doucement et remarqua une longue crinière blonde qu'il aurait reconnu sans problème. Et ce sweat-shirt, il savait à qui il appartenait. Cat était finalement rentré dans son chez-lui. Il s'approcha d'elle à petit-pas, ne voulant pas la déranger. il enleva sa capuche laissant place à une coiffure négligée mais vu l'heure, cela passerait. Il passa tout de même la main dans ses cheveux et l'utilisa pour ouvrir une autre porte. Il mit les mains dans ces poches et annonça d'une manière nonchalante. « Depuis quand as-tu ajouté le somnambulisme à tes nombreuses imperfections ? » Cat se retourna et tomba sur son frère, grand sourire sur le visage, apparemment aux anges de trouver sa cadette dans un lieu si magique pour lui.
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptyMar 3 Jan - 15:29

Les premiers pas de Cat sur scène ne faisaient pas partie des moments dont elle aimait se souvenir. Pour elle, la naissance de tout cet intérêt soudain pour la musique avait commencé quand, cinq ans auparavant, Dorian l’avait prise sous son aile. Le bougre était doué et usant de paroles habiles pour la convaincre, il avait réussi à la faire flancher en un claquement de doigt. Le marché qu’ils avaient passé à ce moment là lui semblait plutôt honnête et prenant sur elle, Ecaterina avait accepté le deal. Elle voulait lui faire plaisir et accepter de chanter quelques soirs par semaine dans des bars miteux, c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour le remercier de tout ce qu’il faisait pour elle.

Déjà à l’époque, Ecaterina n’était pas à l’aise en public. Son tout premier soir devant une assemblée avait été un tsunami d’émotions contradictoires ; en coulisse, ses mains étaient tellement moites et son cœur battait si fort qu’elle pensait défaillir avant même de monter sur scène. Pas téméraire pour un sou, elle avait tenté de se défiler plus d’une fois, mais son blondinet de frangin la guettait d’un œil plus que malicieux et finissait toujours par la ramener en coulisse –de gré ou de force. Enfin, il l’avait rassuré et lui avait servi tout un discours émouvant sur son soi-disant talent. Prête à y croire ne serait-ce qu’un peu, elle s’était contrainte à laisser tout son stress de côté.

L’heure de rentrer en scène. Tous ses yeux braqués sur elle, tous ses sourires désagréables. Ecaterina en était persuadée : tout ces gens devaient très certainement se moquer d’elle. En même temps, c’était amusant de voir une fille comme elle sur une scène de ce genre ; elle était si petite, paraissait si délicate et fragile. Les quelques gros bras dans la salle n’en auraient fait qu’une bouchée, c’était évident. Ce contraste semblait plaire à Dorian, car il savait que dès qu’elle ouvrirait la bouche, le jeu serait différent –ils le savaient tous les deux ; sa voix n’était pas celle d’une jeune fille de dix-sept ans. Rien que quand elle parlait le choc était saisissant. Si elle aimait cette différence ? Pas tellement, c’était un moyen de plus de se démarquer des autres, chose qu’elle essayait au maximum d’éviter. Qui plus est, cette voix suave et rocailleuse, Ecaterina l’avait héritée d’Annabelle. Autant dire qu’elle exécrait au plus haut point d’avoir à partager des points communs avec cette femme.

Bien avant cette première prestation, il était difficile pour Ecaterina de se rappeler ; lorsqu’elle avait dix sept ans, Dorian lui avait à de nombreuses fois parlé de ses moments où ils chantaient dans la voiture, où ailleurs quand ils étaient plus jeunes. Elle avait tenté, elle s’était donné du mal pour juste se souvenir, mais elle n’y arrivait pas. Pourtant, un nombre incalculable de choses qui s’étaient déroulées à cette époque dormait dans sa mémoire ; le départ de son père, entre autre. Mais ce genre de détails plutôt agréables, ces vrais souvenirs d’enfance… c’était comme si sa mémoire était programmée pour ne se souvenir que des moments les plus douloureux, c’était tellement triste et pathétique.

Se défaisant de sa veste, Ecaterina la posa sur le siège face à la console. Dorian et la musique, c’était une grande histoire d’amour. Ecaterina aimait penser que la seule femme de la vie de son frère, c’était sa guitare. D’un point de vue d’écrivain, elle trouvait cela particulièrement poétique. Du point de vue d’une jeune femme de vingt-deux ans à l’imagination débordante, ça l’était beaucoup moins, mais passons sur les détails scabreux.

La mine souriante, Ecaterina fureta cette grande machine du regard ; elle avait toujours rêvé de pouvoir presser l’un de ses boutons. Coulant un regard en biais sur une manette à levier à côté de sa main gauche, la tentation fut trop forte ; elle tira dessus, excitée comme une puce. Instantanément, un son strident résonna dans la cabine, de l’autre côté. La blondinette porta ses mains à sa bouche et haussa les épaules d‘un air coupable avant de se boucher furtivement les oreilles. Elle n’était pas très calée dans ce domaine, mais le son étant trop aiguë pour être agréable, elle pinça les lèvres et appuya au hasard sur tous les boutons de la console. Fort heureusement, tout redevint silencieux et nerveusement, Ecaterina laissa échapper un rire rauque ; le mythe de la blonde avait encore de beaux jours devant lui.

Prenant la décision de ne plus toucher à rien, Ecaterina se pencha pour avoir une vue sur la cabine. De nombreux instruments y était déposés ; une guitare, un synthétiseur et… un tambourin à grelots. Élargissant son sourire, elle fronça les sourcils, touchée. Ce tambourin, elle le reconnaissait, c’était le sien. A l’époque, c’était le seul moyen que Dorian avait trouvé pour qu’elle ne reste pas plantée comme un piquet en plein milieu de la scène. Le tambourin lui donnait l’occasion de bouger un peu, c’était un instrument qu’elle aimait. Elle n’avait pas eu le temps de l’emporter avec elle lors de son départ précipité. Se mordillant la lèvre, elle refoula une vague de larmes et se détourna de la console quand une voix qu’elle reconnu tout de suite la fit se stopper.

« Depuis que j’ai partagé la vie d’un insomniaque pendant deux ans. Tu te souviens de ces nuits où tu passais ton temps à câliner ta guitare jusqu’à quatre ou cinq heures du matin alors que tu prenais ton service à la boutique à huit heures ? » Ecaterina pencha doucement la tête et posa sa main sur le haut du dossier de la chaise, prenant appui sur une seule de ses jambes, nonchalamment « On prend les habitudes des gens avec lesquels on vit, tu devrais le savoir… » Elle ferma un œil, l’expression taquine puis, la changea rapidement en une fausse moue boudeuse « En parlant de nuit, je n’ai jamais osé te le dire, mais le manque de sommeil ne te va pas très bien au teint. »

Un court instant, la blondinette regarda son frère. Elle mentait, Dorian était toujours à son avantage même au réveil, même ivre et même quand il était censé ne pas être à son avantage, c’était totalement ridicule. Encore une fois, son sourire s’élargit et d’un même mouvement, elle s’approcha de lui pour l’étreindre. Se hissant sur la pointe des pieds, elle déposa un furtif baiser sur sa joue et le serrant dans ses bras, elle reprit :

« Tu sais que c’est dangereux de laisser un endroit comme celui-ci ouvert à une heure pareille ? Lima n’est pas le Bronx, mais… » Elle rompit l’étreinte avec son frère, se retrouvant à plat sur ses deux pieds et se tourna pour avoir une vue d’ensemble sur le studio « il doit y avoir plusieurs milliers de dollars de matos, ici. Je t’ai connu plus prudent, frangin. »
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptyDim 8 Jan - 0:37

Le sourire qui fendit le visage de sa cadette était tellement rassurant et plongeait rapidement Dorian dans des souvenirs que lui seul se remémorait et pourtant qu'est ce qu'il aurait aimé que sa soeur s'en souvienne également. Ces longs trajets en voiture vers la Connecticut où la famille passait une grande partie de ces vacances, sa soeur n'en avait que très peu de souvenirs. Et pourtant, Dorian s'en remémorait avec une facilité déconcertante, comme si c'était hier. La voiture roulait depuis plusieurs heures et avait quitté Cincinatti pour quelques semaines, de quoi se ressourcer en famille. Ainsi, un trajet relativement long les attendait. Le vieil autoradio de la voiture passait des tubes de l'époque. Dorian les aimait beaucoup, pas parce que c'était des grandes chansons mais tout bonnement parce qu'à force de les écouter, il les connaissait. Et il se devait de les aimer puisque c'était la station préférée de leur mère, Annabelle. De temps en temps, le jeune homme entonnait le refrain d'une chanson, lançait un regard confident et enjoué à sa soeur. Quelques secondes plus tard, elle se laissait finalement prendre au jeu et rejoignait son frère pour former un chœur charmant. Cependant, leur mère n'était pas d'accord. Ou plutôt, elle n'appréciait pas forcément que la voix de son fils couvre le sublime timbre de sa préférée. Par conséquent, après un regard foudroyant qui ferait peur à n'importe qui, Dorian arrêta net puis, se sentant toute seule, Cat stoppa aussi son chant. Au final, cela reprenait toujours un peu plus tard mais la fin était là-même. Pour le jeune Robertson, c'était un grand désappointement de ne pas pouvoir partager ces moments avec sa cadette mais il allait faire en sorte d'arriver un jour à interpréter entièrement une chanson avec elle.

Quelques jours après leur arrivée à Bridgeport, Dorian avait décidé de mettre son plan à l'exécution. après être sorti en famille, le jeune homme rentra dans sa chambre. Il resta quelques secondes sur son lit à attendre que Annabelle et Gabreel aillent se reposer. Puis, il prit sa guitare sous le bras, la fit passer par la fenêtre de la maison, qui était heureusement de plein-pied, puis fit de même avec son corps. Il se trouva rapidement à l'extérieur, tee-shirt moulant sur le corps et vint frapper à une autre fenêtre, celle de sa cadette. Celle-ci vint ouvrir quelques secondes après puis surprise laisse son frère rentrer. Il lui explique la raison de sa venue, il souhaitait juste une petite chanson avec sa soeur mais elle n'était pas forcée de le suivre. Ainsi, il entonna Killing me Softly des Fugees. Les accords et sa voix correspondirent parfaitement à ce qu'il avait espéré. Cat hésitait pour le premier refrain mais lors du second, elle laissa échapper sa magnifique voix. Heureux, Dorian se tut et accompagna sa cadette avec joie. Lorsque la chanson se finit, Dorian serra fortement Ecaterina dans ses bras et la remercia. C'était la première fois qu'il chantait avec mais pas la dernière fois. Les soirées s'enchainèrent de cette manière.

Leur relation était au beau fixe jusqu'à la fin de la relation entre leurs parents. Le divorce était inévitable et même acté. Annabelle avait eu le droit à la garde des enfants, pour son plus grand bonheur concernant Cat. Ainsi, l'attention ne se portait que sur la jeune fille. Dorian, après une énième dispute disparut de la demeure familiale. Il aurait aimé prendre sa cadette avec lui mais il ne savait pas où il allait et la rue n'est pas forcément un endroit pour une enfant. Ainsi, il ne se passa aucun jour sans que Dorian ne pense à Ecaterina, principalement lorsqu'il chantait pour gagner quelques pièces pour pouvoir se payer un rapide sandwich. Puis, Dorian décida d'aller voir son père après quelques jours dans la rue. Il n'en pouvait plus de son train de vie. Gabreel avait accueilli sa progéniture à bras ouvert, ravi que Dorian ait quitté le joug maternel. S'en suivit de nombreux moments entre père et fils qui renforcèrent une relation déjà solide.

Pendant ces quelques années de cohabitation entièrement masculine, tout allait clairement bien entre les deux. Dorian avait continué sa formation pour devenir ingénieur du son tandis que Gabreel continuait à écrire quelques nouvelles de temps à autre. Cependant, une seule chose ne tournait pas rond finalement. Le fils Robertson s'était toujours inquiété pour sa soeur, et cela dès le premier jour où il s'était installé avec Gabreel. Cependant, il y avait toujours quelque chose qui empêchait le jeune homme d'appeler sa cadette. Il ne voulait pas prendre le risque de se brouiller avec elle puisqu'elle ne l'avait pas revu depuis sa fugue. Mais aussi, il espérait au fond de lui que son départ avait fait prendre conscience à sa mère que son attitude était nocive à ces enfants. Finalement, elle était nocive pour elle puisque quelques années plus tard, elle mourait. Et Dorian n'avait pas appelé Cat. Pire encore, lors des funérailles, il lui avait lâchement menti. Un moment sombre que Dorian gommerait s'il en avait la possibilité.

En tout cas, tout était quasiment rentré dans l'ordre, leur relation était aujourd'hui au beau fixe mais on ne sait jamais de quoi est fait le lendemain. Ainsi, voir le visage angélique d'Ectarina rappelait à Dorian de ne pas gâcher cette seconde opportunité qu'il possédait. Ces cheveux blonds, cette tête pourtant innocente revivifiait le corps du fils Robertson, transi par le froid extérieur. Après sa petite apparition, Dorian eu le droit à une réplique toujours aussi pleine de malice et de simplicité qui caractérisait sa cadette. Ces petites taquineries lui avaient manqué. Surtout lorsqu'elle l'asticotait sur son physique. Dorian était mal rasé ce soir-là, habillé classiquement et pourtant, il n'aimait pas forcément qu'on le juge seulement sur son physique. Il était un bel homme, il le savait. Mais derrière cet agréable physique, il y avait aussi un cerveau, un caractère lui aussi tout aussi agréable. Malgré son impulsivité naturelle, Dorian tentait de compenser avec un humour relativement amusant. Le propriétaire d'un magasin de musique se doit d'avoir une culture musicale. Dorian l'avait, et en plus, il était vraiment calé en Histoire et en littérature. Certains mères souhaiteraient faire de lui leur gendre tellement il paraissait être un parti parfait pour leur fille. Et pourtant, Dorian n'avait toujours trouvé personne de concret. Quelques piges avec des jeunes filles mais très peu de relations durables. A 33 ans, il était surement temps de s'intéresser à ce côté là de sa vie. Et cela pourrait coïncider avec le retour dans sa vie de sa soeur.

Cette dernière s'approcha de lui et le serra fortement dans ses bras. Une étreinte si chaleureuse et rafraichissante à la fois. Sa soeur lui fit une remarque et elle avait bien raison de le faire. Dorian devrait commencer à se méfier du coin un peu plus, surtout depuis que son magasin marchait bien et que la rumeur d'un studio s'était répandu. Declan devrait faire désormais beaucoup plus attention. Sa concentration se reporta sur le magnifique visage de sa cadette. « Je suis parfaitement au courant de ça malheureusement. ». Une petit moue de la part de Dorian qui mit une main dans sa poche de jean et se recoiffa, enfin se passa la main dans les cheveux. « De toute manière, je suis bien vu par tous les petits caids de Lima, je leur ai fait ecouté quelques CD's de nouveaux rappeurs et maintenant, je suis comme un gourou pour eux. Bon point pour moi à ce niveau ! » Un grand sourire s'installa sur le visage du Robertson qui avança vers la table de son et s'assis sur une chaise. « Soeurette, je sais que tu as des attitudes de dealeuse de drogue de temps à autre, mais ça n'explique pas forcément ta présence ici à cette heure. Alors, aurais-je l'honneur d'entendre un de tes magnifiques récits me narrant ton arrivée jusque dans mon paradis ? ». Il avait parlé avec une note d'humour, il savait qu'elle lui aurait expliqué de toute façon mais il aimait parler de cette manière, un peu hautaine que lui donnait son statut de grand-frère mais qu'il faisait en sorte de tourner cela comme une phrase sans fond agressif. Au contraire, presque sensible !
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptyDim 8 Jan - 21:07

Entre Dorian et Ecaterina, les choses fonctionnaient de cette manière : ils se taquinaient et pointaient leurs défauts respectifs du doigt pour mieux s’envoyer gentiment sur les roses et éclater d’un rire franc au final. C’était peut-être grâce à son aîné que la jeune fille avait un sens de la repartie aussi aiguisé. Il était un bon professeur et les joutes verbales ne lui faisaient pas peur. Parfois, il leur arrivait de parler de choses sérieuses –bien plus souvent qu’elle ne l’imaginait. Ils étaient pudiques sur un bon nombre de choses : ils ne parlaient pas de leur mère ou de sentiments –quels qu’ils soient. Peut-être que Dorian était un peu plus ouvert à ce sujet. De son côté, la jeune femme n’était pas à l’aise quand il était question de ce genre de chose. Cat avait mis du temps à accepter le fait que l’on puisse l’aimer pour ce qu’elle était vraiment et non seulement par intérêt. C’était le résultat de vieilles blessures qu’elle avait peiné à guérir et il lui fallait toujours du temps avant de se lancer et dire clairement ce qu’elle ressentait, c’était ainsi.

L’affection –l’amour dans son ensemble était un sentiment qu’elle avait du mal à exprimer. Il faut dire aussi qu’on ne lui avait pas appris à être très expressive sur ce sujet. Elle n’avait jamais vu ses parents s’embrasser en sa présence. Ils se contentaient de petites caresses sur la main à l’heure du dîner ou de regards qu’elle avait du mal à interpréter quand elle était enfant, mais qui, en y repensant maintenant signifiaient tellement de choses. Son père était plus affectueux que sa mère. Il avait toujours été amoureux d’elle. Ecaterina pensait qu’il l’avait toujours aimé plus que de raison contrairement à elle. Cat trouvait ça triste. Romanesque, mais triste et quand le sujet de l’amour de sa vie était évoqué, la jeune femme percevait le regret dans la voix de son père, c’était douloureux. Elle se sentait proche de lui pour des tas de raisons. Ils ne se ressemblaient pas physiquement, mais ils partageaient de nombreux points communs. Et la culpabilité qu’il le rongeait chaque jour, Ecaterina était la seule à pouvoir la comprendre pour une raison simple : quoi qu’il arrive, elle aussi la ressentirait toute sa vie.

C’était l’une des raisons qui l’avait poussée à prendre mal le mensonge de son frère. Depuis toute petite elle se sentait proche de son père. Elle pensait qu’un lien solide les unissait : ils aimaient la littérature, ils écrivaient et étaient tous les deux des artistes un chouïa torturés. Dorian avait donné un grand coup de pied dans la fourmilière lorsqu’il lui avait révélé la vérité. Ce n’était pas tant le fait d’avoir été délaissée qui lui avait fait de la peine, c’était plutôt cette aisance qu’ils avaient eu à faire comme si de rien n’était pendant tout ce temps. Ecaterina avait des défauts, des tas, mais elle condamnait l’hypocrisie et force était de constater que deux des trois hommes de sa vie avaient cruellement manqué de cran sur ce coup. Plus que trahie, elle avait été déçue –c’était pire que tout.

Dans les bras de Dorian, Ecaterina respira son odeur. Elle s’était habituée à ce genre de détails, elle y était sensible. L’odeur de son frère, sa façon d’envoyer balader les choses quand il était en colère et son penchant pour la bière… elle aimait tout ça et cela même si c’était elle qui devait ranger l’appartement ou compter les bouteilles vides une fois la beuverie achevée. Quand elle se détacha de son frère, la blondinette détourna son regard, pas par pudeur, néanmoins. Peut-être qu’elle n’était pas à l’aise avec les sentiments, mais les démonstrations d’affection de ce genre, c’était son truc. C’était toujours le seul moyen qu’elle trouvait pour exprimer ce qu’elle n’osait pas dire. Elle aimait les étreintes et les accolades amicales. Sa mère l’aurait condamnée pour oser se comporter de la sorte en public, mais ce n’était plus important : sa mère n’était plus là.

Son regard se déporta sur la console de l’autre côté de la pièce. Dorian rejoint sa chaise et la jeune fille l’écouta. Cela l’amusa de l’entendre parler de la petite racaille de Lima. Elle éclata, d’ailleurs, d’un rire éraillé en le pointant d’un doigt taquin.

« M.C Robertson à la rescousse du petit caïd des banlieues. » Elle se mordit brièvement la lèvre en réprimant un rire et arqua un sourcil en penchant la tête alors qu’elle examina attentivement le visage détendu de son aîné. Elle retrouva soudain son sérieux « Tu devrais te laisser pousser la barbe, tu sais. Là, tu ressemblerais à un vrai gourou. Parce que si tu veux mon avis, tes yeux bleus et ton teint de porcelaine jure avec ton titre. Sans parler de ta façon de t’habiller. » Elle fit un pas en arrière et cette fois, condamna sa tenue « Des converses, Dorian. Tu es sérieux ? Tu as 33 ans, mon pote. Réveille-toi, les nanas de ton âge n’aspirent pas à sortir avec des ados attardés. Elles attendent le prince charmant –type Matt Damon ou Brad Pitt avec dix ans de moins. » Le plus sérieusement du monde, la blondinette fronça les sourcils et arrêta son regard sur la boucle de la ceinture douteuse que portait son frère. Elle concéda alors en grossissant son regard « Okay. Quand tu auras du temps devant toi, on ira faire les boutiques ensemble. »

L’air de rien, Ecaterina se mit à se mordiller le bout de son petit doigt. Pas bonne comédienne pour un sou, elle fini par éclater de rire. Oui, Dorian était parfait tel qu’il était ! Cependant, elle ne pouvait s’empêcher d’enfoncer le clou par taquinerie. Son rire rauque s’amenuisant au fur et à mesure, elle pivota donc sur ses pieds et leva la tête pour regarder le plafond lorsque la voix de son frère l’interpella une nouvelle fois. Plissant les paupières dans une mine de fausse vexation, Cat se retourna vers lui.

« Ah, ah, ah… » s’esclaffa-t-elle exagérément ; elle soupira en haussant les épaules « Je ne trouvais pas le sommeil. » Le regard fuyant, elle tapa la pointe de sa chaussure sur le sol et releva la tête pour enfin affronter le regard de son frère « J’ai du mal à m'endormir depuis que je suis revenue à Lima. Je me suis réhabituée à Cincinnati, aux bruits de la ville, la nuit –c’était comme une berceuse. » Un furtif sourire s’ébaucha sur son visage, elle rebaissa le visage « Ici, c’est trop calme, trop… paisible. »

Un moment, Cat resta silencieuse. Elle ne regrettait pas d’être revenue. Mais, elle disait vrai : elle s’était réhabituée à Cincinnati. Elle adorait sa ville. Lima à côté d’elle faisait pâle figure. Malheureusement –ou heureusement, cela dépendait de comment l’on voyait les choses- tous les gens qu’elle aimait se trouvaient ici. Elle devait s’y faire coûte que coûte. Il y a cinq ans, elle y était parvenue ; pourquoi pas, aujourd’hui ? Soucieuse de ne pas alourdir l’atmosphère, Ecaterina bloqua sa respiration dans sa poitrine avant d’ajouter avec détachement :

« Enfin. » Elle leva les sourcils puis lança un regard furtif aux alentours. Son sourire revenant de lui-même sans qu’elle n’ait à se forcer. Elle le sentait : la fierté qui emplissait tout son corps menaçait d’éclater « C’est un bel endroit. Coloré, c’est très joli. J’aime. » dit-elle en contemplant les lieux.

Elle devait dire à son frère qu’elle était heureuse pour lui. Ecaterina estimait que c’était important, elle ne savait pas trop pourquoi, au juste. Peut-être que cela lui était égal, mais elle ressentait comme le besoin de justifier ce grand sourire béat qui illuminait son visage. Glissant ses cheveux derrière ses oreilles, elle regarda une dernière fois la pièce dans son ensemble puis fronçant légèrement le nez, elle marmotta timidement :

« Tu as réussi à faire ce que tu voulais, je suis vraiment fière de toi. » Ses pupilles claires s’éternisèrent dans celles de son frère et se sentant rougir, elle inclina le visage pour dissimuler sa gêne « J’ai l’impression d’entendre parler papa, c’est flippant. » plaisanta-t-elle une dernière fois.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Jeu 19 Jan - 16:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptyJeu 12 Jan - 20:53

Cette petite attaque sur son style vestimentaire avait l'habitude de ne rien lui faire, encore moins lorsque c'était sa cadette qui en était à l'origine. Mais pourtant, aujourd'hui, il était particulièrement sur les nerfs, pas forcément à ce sujet. Quelques jours plutôt, il avait reçu un coup de fil de son banquier qui le pressait de venir le voir. Le Gramophone Record marchait bien depuis un moment. La reprise par Dorian avait redonné un élan un peu plus jeune et proche du consommateur qui aidait à booster les ventes. La recette de Dorian était simple, fidéliser au maximum le client pour qu'il reste dans le magasin mais aussi essayer de conseiller un maximum ces potentiels acheteur. Ainsi, en proposant d'autres alternatives ou des choix différents, les clients s'intéressaient à la musique et à la boutique en particulier. Très peu ne revenaient pas et les ventes se déroulaient bien. Un bouche-à-oreille faisait tout le tour de Lima mais il avait rapidement fini son tour. Depuis l'arrivée de Sue Sylvester au poste de maire, très peu s'intéressaient aux arts et au final, les parents n'encourageaient pas non plus les enfants. Autant dire que son business suivait une boucle sans fin si rien ne serait fait afin de changer les choses.

Il espérait du fond du coeur qu'un déclic allait apparaitre dans l'esprit des habitants de Lima, quelque chose qui les ferait prendre conscience du bienfait de la musique. C'est pour cela qu'il avait rejoint les Urban Hymns. Un groupe de chanteurs sans réelle grande prétention, juste des amis qui s'apprécient, la plupart des anciens de McKinley High, et qui se retrouvent pour chanter ensemble. Dorian était en partie l’intrus du groupe. De part son âge déjà, il surclassait la plupart de ces camarades d'une dizaine d'années. Même si ce n'était pas un problème pour lui, étant relativement sociable et resté grand enfant, cela l'était pour certains qui remettait en cause sa présence. Mais cela, il commençait à faire avec, il s'était habitué à ces petites piques. De plus, il avait réussi à gagner leur confiance puisque venant de Cincinnati, il ne connaissait aucune de ces personnes et leurs histoires lui étaient totalement inconnues. Pas plus mal diront certains. Dorian était donc arrivé comme une fleur dans ce groupe déjà bien soudé. Et pourtant, au fur et à mesure, il le considérait comme une grande bande de futurs amis que la musique réunira.

Pourtant, au départ, Dorian était réticent. C'était Finn Hudson, le leader du groupe, qui était venu un jour au magasin. Il avait entendu parler de ce petit studio qui avait été construit et voulait l’utiliser pour voir s'il n'avait rien perdu de ces années lycéennes. D'abord sceptique, Dorian voyait dans les yeux de ce garçon un amour pour la musique. Et dans ces temps de crise comme il aimait appeler la tyrannie Sue Sylvester qui régnait sur Lima, il ne se pouvait pas de perdre un probable allié. Ainsi, le fils Robertson emmena Finn dans son petit studio d'enregistrement et mis tout en place pour que le jeune homme puisse performer. Il avait choisi In the Air Tonight de Phil Collins. Le jeune mécanicien s'installa donc à la batterie et commença sa performance. Même avant que la chanson ne débute, Dorian était relativement impressionné par le choix de Finn puisqu'il était également un amoureux de l'artiste chauve. Rapidement, Finn se mit dans le rythme de la chanson et de l'autre côté de la vitrine, le propriétaire du Gramophone observait attentivement les mouvements de bras sur la batterie. Il avait du talent se dit-il. A la fin de la chanson, il s'approche de Finn et applaudit. La prestation était vraiment très bonne. L'ancien quaterback de McKinley High le remercia et demanda s'il pouvait faire quelque chose pour le remercier.

Dorian demanda simplement un petit duo sur une chanson qu'il appréciait interpréter avec sa cadette, Ecaterina. Le fils Robertson prit sa guitare à la main, sortit les partitions d'un petit tiroir du studio et les donna à Finn qui se mit à la batterie. Les deux hommes interprétèrent I'm Still Standing d'Elton John. Dorian éprouva un plaisir qu'il n'avait pas ressenti depuis de nombreux années, depuis la faute qu'il avait fait entrainant le départ de sa soeur. Il se rendit compte qu'elle lui manquait tellement et que pour le moment, il préférait ne pas la brusquer pour avoir l'espoir de la revoir. Cette performance ouvrit aussi les yeux de Finn qui apprécia réellement leur duo mais surtout le talent du Robertson. Son talent à la guitare et à un degré moindre, sa voix. Ainsi, tout naturellement, le grand brun demanda au propriétaire du gramophone de rejoindre ce nouveau groupe qu'il créait. Et Dorian accepta tout naturellement, espérant que cette sensation qui l'avait transporté durant le duo allait se reproduire. C'est ainsi qu'il était devenu un membre à part entière des Urban Hymns, au même titre que les anciens membres de McKinley High.

Il n'espérait qu'une chose à présent, faire rentrer sa soeur dans les Urban hymns. Ce serait encore plus simple puisqu’elle avait été à McKinley High aussi. C'était le bon moment pour lui faire sa proposition et essayer de la réconcilier avec le chant. Il plongea son regard dans celui de sa soeur et d'un air serein répondit à sa petite pique sur ses vêtements. « Je les aime mes converses, elles ont du vécu ! Et tu sais, ça fait du bien d'avoir un petit côté jeune, les filles de ton âge aiment les converses.». Et pourtant, il n'aspirait plus tellement à ce genre de conquêtes, il voulait tout simplement trouver quelqu'un, se poser et vivre une vraie vie de couple. Mais en attendant, il n'arrivait pas à trouver et continuait ces petits coups d'un soir. Comme une déchirure qui ne cessait de s'agrandir à chaque soirée. « Je suis sûr que c'est toi qui a aucun goût ! Ou alors tu es jalouse de mes Converses. Je t'en offrirai à ton anniversaire, ne t'inquiètes pas.». Un grand sourire s'étendait sur la visage de Dorian, il savait pertinemment que ce cadeau ne serait pas forcément le bienvenue. Et la petite remarque de sa cadette sur une possible journée shopping le ravit. De cette manière, il pourrait vraiment passer une journée avec elle et lui acheter un petit quelque chose pour se faire pardonner de tout ce qu'il a pu lui faire vivre durant ces difficiles années de cohabitation, voir même d'éloignement. Le visage de Dorian s'illuminait, son teint relativement pâle paraissait presque normal à la lueur des spots du studio d'enregistrement. Le rire rauque de sa cadette lui avait manqué.

Dorian avait cette mauvaise habitude de plisser les yeux quand quelque chose le contrariait et entendre Cat dire qu'elle dormait mal le peinait. Elle qui était déjà assez fatiguée avec son quotidien, la bibliothèque, ne pouvait même plus profiter de la nuit pour se reposer. Enfin, Dorian vivait de la même manière. Il ne dormait que quelques heures et pour le moment, il ne le vivait pas trop mal mais il y'a un moment où il lui faudrait commencer à mettre un frein à ces attitudes d'insomniaques. Il était quand même 3h10.

Dorian resta assis sur sa chaise, passa sa main dans ses cheveux en les ébouriffant et se mit dans une position attentive à tout ce que sa soeur disait. Il connaissait parfaitement cette petite tête blonde. Et il savait ce qu'elle ressentait. Lima représentait beaucoup pour elle et il comprenait les raisons de son retour. Le compliment sur la pièce le réconforta dans son idée que ce studio d'enregistrement était parfait. « De toute manière ma petite Cat, si tu n'avais pas aimé, mon pied t'aurais gracieusement botté les fesses loin d'ici ! ». Le rire rauque de Dorian résonna dans la pièce, si sa cadette avait détesté la pièce, il l'aurait très certainement changé de couleur. Et il n'aurait certainement pas pris un malin plaisir à la faire sortir du studio d'enregistrement. Et cette petite félicitation qu'il recevait lui fit chaud au coeur. C'est vrai qu'il reconnut le ton de leur père. Il vit les yeux d'Ecaterina se baisser mais il se leva et la serra dans les bras et lui susurra quelques mots à l'oreille. « Merci beaucoup. Ne t'inquiètes pas, tes rêves vont devenir réalités plus tôt que tu le penses. Et ça parce que tu es talentueuse. Et en plus, tu es une Robertson !» dit-il avec un large sourire sur le visage. il lui déposa une petite bise sur le front. « Tu as toujours eu cet air brillant qu'avait papa. Et le plus énervant chez lui, c'est qu'il a toujours raison. Tu as hérité de ça surtout. Et de la voix de maman. Cette magnifique voix que tu utilises trop peu et que tu devrais faire sortir. Laisse ce petit oiseau sortir de sa cage, il ne craint rien ici.».. Il aimait énormément la voix de sa soeur mais le fait qu'elle ressemblait à celle de leur mère était un frein pour Ecaterina. Comme tout ce qui touchait à leur mère.
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptyVen 13 Jan - 15:55

Ecaterina grimaça quand Dorian évoqua la possibilité de sortir avec une fille de son âge. Enfin non, il n’avait rien évoqué du tout, mais elle n’était pas dupe. Dorian restait un homme, et les filles de l’âge de Cat était sans doute celles qui avaient le plus de succès auprès des hommes de la stature de Dorian, c’était comme ça. Néanmoins, elle ne releva pas et se contenta de sourire, lui lançant un regard par-dessous ses longs cils. Elle lui connaissait quelques conquêtes, jamais rien de sérieux. Ecaterina se demandait comment est-ce qu’elle réagirait s’il venait à rencontrer une fille avec laquelle il construirait des choses, planifierait un avenir. Elle serait heureuse pour lui, c’était certain, mais elle savait qu’au fond, quelque chose la pousserait à tester cette fille en question… juste pour vérifier si elle était digne de lui ; Ecaterina tenait au bonheur de son frère, il l’avait fait souffrir, mais elle ne voulait pas qu’il souffre en retour, elle n’avait pas l’esprit vengeur. Dorian ne s’en rendait peut-être pas compte, et ses quelques travers –dont l’alcool et les insomnies, faisaient barrages à l’évidence, seulement, il était un homme méritant, sensé avec un réel avenir. Il était ambitieux et droit. Peut-être un peu menteur sur les bords, mais personne n’est parfait. A quoi pourrait ressembler la femme de sa vie ? Ecaterina n’en savait rien. Elle sera différente de leur mère, accessible et gentille. Il méritait de rencontrer quelqu’un de bien, et en le regardant plisser les yeux, elle prit conscience que c’était ce qui lui manquait aujourd’hui ; une fille à aimer.

Secouant la tête pour retrouver ses esprits, Ecaterina cru bon de lui présenter ses félicitations pour son studio. C’était sincère, elle était fière de ce qu’il avait accompli. Elle regrettait de ne pas avoir été présente pendant la réalisation de l’un de ses rêves, mais elle ne pouvait définitivement pas revenir en arrière alors, il ne fallait plus qu’elle y pense. Quand Dorian la remercia par une accolade chaleureuse, la blondinette ferma les yeux ; les quelques mots qu’il prononça au creux de son oreille lui firent monter les larmes aux yeux. Il avait tort, ses rêves ne se réaliseraient pas, plus maintenant. Elle avait tout gâché, elle n’avait plus d’avenir, elle errait sans but en pensant que la seule présence de Gale pourrait la satisfaire –ce qui n’était pas faux, mais Ecaterina était une jeune femme intelligente, elle devait utiliser ses dons, mais pour quoi faire exactement ? S’intimant de se reprendre, elle préféra ne pas s’attarder dans cette direction. Ecaterina ferma plus fort les yeux lorsque son frère déposa un baiser sur son front ; ça aussi, c’était quelque chose qui lui avait manqué. Aussi, elle émit un léger rire quand Dorian lui rappela qu’elle était une Robertson.

« Jusqu’à la pointe des cheveux. » lança t-elle en triturant l’une de ses longues mèches. Dorian continua sur sa lancée, et Ecaterina fronça les sourcils, attentive. Il parlait avec tellement d’aisance, elle en était toujours impressionnée. Il se trompait, ce n’était pas elle qui avait hérité de son père, c’était lui ; physiquement, il lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, elle en était d’ailleurs un peu jalouse « C’est vrai que j’ai toujours raison, moi aussi. Enfin, la plupart du temps. » dit-elle en feintant le sérieux. Rapidement, elle retrouva son sourire, suivant du regard son frère qui rejoignit sa chaise.

Dorian cita leur mère, et les pulsations cardiaques de Cat s’affolèrent. C’était tellement rare de l’entendre prononcer le mot « maman » qu’elle en fut bouleversée. Elle n’avait pas envie de parler d’elle. Qui plus est dans ses termes ; sa voix magnifique, avait-il dit. Coulant un regard au plafond, un sourire de façade s’afficha sur son visage ; elle le trouva subitement injuste d’aborder ce sujet, à cette heure… elle se sentait trop vulnérable, elle n’avait pas dormi, ça serait trop facile de la faire craquer. Néanmoins, elle ne dit rien et resta silencieuse. Dorian aimait sa voix, il le lui avait dit à ne nombreuses reprises. Le fait qu’il parle tout à coup de ce semblant de don qu’elle avait en sa possession lui mit la puce à l’oreille et suspicieuse, elle reposa ses pupilles adoucies sur lui.

« Dis-moi, Robertson Junior. Tu ne serais pas en train d’essayer de me dire quelque chose ? » Elle plissa les paupières en pinçant les lèvres et s’assit sur une table, un peu plus loin. Elle le fixa, examinant ses expression puis, croisa les bras « Tu veux me faire chanter, ici ? » demanda-t-elle, perplexe. Ecaterina ne dit rien un instant, puis se mit à rire, basculant la tête en arrière « Tu sais, ça fait cinq ans que je ne chante plus, même pas sous la douche. J’ai perdu le rythme, la justesse –je ne suis même pas certaine de me souvenir de comment on fait. » Passant une main dans ses cheveux, elle baissa le regard et dit dans un murmure rauque « Et puis, c’est un lieu sacré, c’est comme une église ; seuls les habitués ont le droit de pousser la chansonnette dans un endroit pareil. »

Rentrant la tête dans ses épaules, elle leva le regard, le détournant rapidement en souriant puis, décroisa les bras. Elle appréciait les efforts de son frère. Toutefois, elle n’avait jamais été convaincue par son talent. Elle aimait chanter, comme tout le monde. Elle se souvenait de ces moment dans sa chambre à honteusement s’époumoner sur du Miley Cyrus quand Dorian n’était pas présent –il aurait été tellement désolé d’être le témoin du déclin des goûts musicaux de sa sœur. Chanter, c’était se libérer de toute la pression, de tous les soucis du quotidien, se défouler sur autre chose qu’un punching-ball ; chanter avait des vertus thérapeutiques. Cependant, cela la ramenait cinq ans plus tôt et elle n’était pas sûre de vouloir redevenir cette fille. Elle n’y était pas forcée, c’est vrai, mais elle savait qu’elle serait tentée de choisir la facilité et le personnage de la jeune adolescente torturée qu’elle était, elle le connaissait par cœur ; alors qu’elle avait du mal à se faire à la jeune femme sensible et adulte qu’elle était devenue.

S’éclaircissant soudain la voix, la blondinette sauta avec élégance de son perchoir et joignit les mains devant elle après avoir brièvement pointée du doigt la cabine de l’autre côté.

« J’ai vu que tu avais gardé mon instrument de prédilection. » dit-elle, en jetant un coup d’œil au tambourin à travers la vitre. Elle resserra l’étreinte de ses mains, sentant ses paumes devenir moites sans raison ; elle reprit « Tu m’as remplacée ? Quand je suis partie, tu as… » Une nouvelle fois, elle s’éclaircit la voix, sentant sa gorge se serrer douloureusement « Tu as engagé quelqu’un d’autre pour t’accompagner, une autre fille ? » Trouvant sa question stupide, elle secoua la tête et relâcha la pression de ses mains. Elle fit claquer ses paumes sur ses cuisses puis, elle y ajouta un geste nonchalant de la main, comme pour balayer sa question « Oublie ça, ça n’a plus d’importance, maintenant. » Elle releva la tête, esquissant un rapide sourire. Ecaterina désigna du menton les instruments de l’autre côté de la vitre « Tu ne me fais pas visiter les lieux ? »
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptyDim 15 Jan - 16:15

Dorian sourit lorsque sa soeur comprit finalement tout son petit manège. Bien évidemment qu'il avait quelque chose à lui dire et il voulait lui proposer cela immédiatement mais le fils Robertson savait pertinemment que sa cadette refuserait si elle n'avait pas au moins rechanté auparavant. Et c'était donc son objectif avant toute chose. Faire pousser la chansonnette à sa cadette. Ensuite il pourrait mettre le sujet des Urban Hymns sur le tapis. Faire intégrer Cat' dans la chorale serait tout simplement magique, avec une voix pareil, ils deviendraient tout simplement le meilleur groupe de Lima. Avec cette voix qui ressemblait tellement à celle de leur mère.

Dorian se demandait même comment il avait pu utiliser le mot "maman" devant Ectaerina. Cela avait du surprendre sa cadette d'entendre ce mot sortir de la bouche de l'homme en face d'elle. Il était inéluctable qu'un moment ou un autre, l'un des deux amènerait ce sujet sur le tapis mais il savait parfaitement qu'au final, il resterait tabou et que chacun laisserait leur mère là où elle était, dans sa tombe.

Le propriétaire du Gramophone regarda sa soeur droit dans les yeux et ne vit rien en elle qui aurait pu lui rappeler sa défunte génitrice, celle qui était la source de tous ces complexes. Celle qui avait détruit une famille par son obsession pour sa petite personne et de voir son héritage se prospérer à travers sa fille, celle dont elle aurait souhaité être unique. C'est ainsi tout naturellement qu'elle avait mit de côté son erreur, son fils, Dorian. Bien évidemment, Gabreel n'avait pas la même opinion que sa femme et ainsi redouble d'effort pour protéger le jeune garçon du courroux d’Annabelle. Ainsi, il prit le rôle que refusait la femme et continuait de s'occuper d'Ectaerina.

Plus les années passaient, plus il devenait difficile pour Dorian de comprendre sa mère. Elle s'acharnait constamment sur lui, elle était devenue la source des ses angoisses et cauchemars nocturnes. Rien de ce qu'il pouvait faire ne satisferait sa mère. Annabelle était intransigeante sur son sujet, ou plutôt, elle ne s’occuperait pas de lui, il devra apprendre à se débrouiller tout seul, "comme un homme". Ce fut relativement dur pour Dorian de vivre avec une mère haineuse envers son cas et un père qui ne pouvait faire que de son mieux pour combler ce manque. Il essaya et réussit par intermittence lorsqu'il acheta par exemple sa première guitare pour Dorian. Bien évidemment, elle accompagna le bonheur et le malheur de Dorian au quotidien. Elle était même source des railleries de sa mère, parfois même des ses critiques les plus acerbes. Et pourtant, cela lui passait au-dessus, il avait trouver son défouloir, quelque chose qui lui permettrait de s'évader lorsque les attaques perpétuelles de sa génitrice se feraient trop oppressante pour un jeune homme de son âge.

Il n'y avait rien de mieux que le frottement des cordes de la guitare pour complaire Annabelle dans son rôle de mère tyrannique. Encore plus lorsque Dorian emmenait sa cadette dans ses facéties. Ainsi, les punitions tombèrent régulièrement, la privation de guitare étant monnaie courante pour la jeune femme. Mais, Gabreel venait toujours à la rescousse de l'adolescent en rapportant toujours sa guitare un peu plus tôt que prévu. C'est ainsi que l'auteur devint rapidement un modèle pour Dorian, quelqu'un en qui on pouvait avoir confiance et aimant. Le fils Robertson trouva d'autres endroits pour pratiquer sa passion, il commençait déjà à jouer dans des petits cafés, parfois dans la rue lorsque sa mère le privait d'argent de poche. Rapidement, il s'améliora. Son don brut devenait un talent exploité. Et quand il jouait quelques chansons à son père, évidemment lorsque Annabelle était parti dans un de ces périples qu'elle aimait faire en trainant Ecaterina avec elle, Gabreel le lui rendait bien en le félicitant, chose trop rare pour l'adolescent. La guitare devint rapidement une partie indispensable dans la vie de Dorian contrairement à leur mère.

Et bien heureusement, malgré toute cette éducation encadrée, Ecaterina n'avait reçu que très peu de traits de caractères de leur génitrice. Cependant, elle avait tout de même héritait de cette voix sublime, de cette classe et prestance qu'avait leur mère mais surtout cette beauté que tant de femmes jalousaient. Ce sourire de façade qui s'était élargi sur le visage de la jeune blonde avait une signification tout à fait différente que celui d’Annabelle. Cette dernière souriait lorsqu'elle faisait le mal, quand elle se délectait des torts qu'elle pouvait causer. Chez Ectaerina, c'était un sourire radieux, plein de vitalité et quasi immédiatement contagieux. Ainsi, Dorian sourit à son tour, bêtement et sans aucune raison apparente mais sa cadette faisait ressortir cette joie de vivre en lui.

« Robertson Junior ?! Très bien Robertson Senior !». Une simple manière de détourner l'attention de sa cadette de la proposition, il tenait à la manière dont son plan allait se passer. Dorian enleva une main de sa poche et pris un crayon qu'il fini tourner entre ses doigts. Assis sur sa chaise, le propriétaire du Gramophone observa sa soeur de haut en bas et l'imagina avec une dizaine d'années de plus. Toujours une belle femme, évidemment mais un large sourire s'évinça sur son visage en pensant à sa situation amoureuse. Mariée, toujours célibataire voir mère, il savait que de toute de manière, elle saurait manier à la perfection touts ces status. Il espérait du fond du coeur qu'elle trouverait chaussure à son pied. Et selon Dorian, Gale pouvait correspondre.

Le fils Robertson revint à la réalité lorsque sa cadette l'assena d'une nouvelle question. Elle était coriace, comme un malinois, elle avait flairer la trace et à présent, elle n'abandonnerait pas. Elle était folle et Dorian comptait bien lui mettre la vérité en face d'elle. « Arrête avec toutes tes balivernes. Chanter, c'est comme faire du vélo, une fois pratiqué, il est impossible d'oublier. Il suffit juste de se remettre en selle. ». Le propriétaire du studio sentait que si sa cadette était hésitante, ce n'était pas à cause du lieu ou autre chose, elle était juste hésitante concernant son talent. Et c'était normal, tout le monde l'était, encore plus une amatrice. Mais Dorian appréciait sa voix, cette prestance sur scène et pas seulement parce qu'il était son frère. D'un point de vue tout à fait objectif, il avait beaucoup d'estime pour la voix de sa soeur. Ecaterina était talentueuse, il en était convaincu, il suffisait juste de la persuader elle. « Et bien ? Quel est le problème de chanter dans mon jardin. Au contraire, autant commencé ici, tu es à l’abri de tous les regards, nous sommes juste tout les deux, comme au bon vieux temps dans l'appartement. » dit-il d'une voix calme et assurée. Il ne fallait pas la brusquer, juste toucher la corde sensible pour que toutes ces émotions remontent à la surface.

Ecaterina pointa l'autre côté de la salle, c'était la cabine d'enregistrement. Au fond de celle-ci, il avait rangé tous les instruments qu'il avait pu engrangé au fil des années. Et parmi eux, il y'avait ce petit tambourin. Dorian l'avait mis en évidence, comme pour se souvenir de sa soeur à chaque moment de la journée. Et le propriétaire était heureux que sa cadette l'ait remarqué. Il esquissa un rapide sourire puis fit une mine déconfite lorsqu'Ecaterina posa sa question avec une fausse malice. La voix de Dorian s'éclaircit, il remit son col de polo en place puis passa rapidement la main dans ces cheveux ébouriffés avant de la remettre à l'intérieur de sa poche de jeans. Il se frotta les mains et son visage s'illumina. « Je vais pouvoir faire les deux en même temps. Alors ici, tu vois le canapé, j'ai couché avec une guitariste vraiment pas mal, elle devait avoir ton âge en plus. ». En voyant le regard déconfit de sa cadette, Dorian éclata de rire. Bien évidemment qu'il n'avait jamais remplacé sa soeur. Depuis le départ d'Ecaterina, le tambourin n'avait touché aucune mains autre que celle de la famille. Et le fils Robertson ne l'aurait jamais permis non plus. Il fit rentrer sa soeur dans la cabine d'enregistrement puis sortit rapidement. Il ferma la porte et fit un petit coucou à travers la vitre. « Il va falloir me faire plaisir pour que tu puisses sortir. Et quoi de mieux qu'une petite chansonnette. Je suis tout ouïe !». Finalement, il fallait peut-être forcé le destin.
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptyMar 17 Jan - 17:32

« Et je n’ai jamais appris à faire de vélo ! » le coupa-t-elle, se jetant immédiatement sur la perche qu'il venait de lui tendre. Se décollant de la table, Ecaterina pointa son index devant elle, un sourire naturel s’affichant sur son visage « Papa voulait m’apprendre à faire du vélo, tu te souviens ? Il a tenté plusieurs fois, mais Annabelle n’était jamais d’accord, elle disait qu’une chute au mauvais endroit pouvait ruiner ma carrière. » Elle dessina des guillemets invisibles au dessus de sa tête en émettant un rire, puis baissa le menton –qu’elle releva aussitôt, un sourcil arqué « Je lui ai désobéi, une fois. Papa et toi, vous n’étiez déjà plus là… je devais avoir une dizaine d’années ou peut-être un peu moins, je ne sais plus. » Elle plissa les paupières, son sourire s’élargit « J’étais toujours seule, le dimanche matin alors, ce jour là, j’en ai profité pour grimper sur ton vieux vélo. Tu sais, ce truc boueux avec le guidon tordu ? » Ecaterina pencha la tête, glissant machinalement une mèche derrière son oreille. Elle concentra toute son attention sur ses mains, triturant ses doigts un à un « Je n’étais déjà pas très grande à l’époque, j’ai perdu l’équilibre en voulant m’asseoir ; je suis tombée sur les genoux. Je me suis écorchée le gauche, une grosse écorchure, je saignais beaucoup. » Une nouvelle fois, elle se mit à rire tout en secouant la tête, jouant par habitude avec la bague qu’elle portait toujours « Elle est rentrée à ce moment-là. Elle m’a trouvée en sanglots dans le garage, les genoux pleins de sang. Mais la première chose qui lui est venue à l’esprit, ce n’est pas de me réconforter. Non, elle m’a grondée puis, a appelé l’agence pour prévenir que nous serions en retard. Elle c’est bien évidemment débarrassée du vélo dans la foulée ; une demi-heure après seulement, elle m’emmenait à l’hôpital. » Ecaterina se mordit la lèvre, les sourcils haussés. Elle leva la tête, coula une furtive œillade en direction de son frère et en grossissant le regard, elle ajouta en chuchotant exagérément « Annabelle et ses priorités. » Un profond soupir plus tard, elle conclut en débitant d’une traite « Je ne sais toujours pas faire de vélo. Mais ! J’ai gagné une super cicatrice de rebelle –et les cicatrices, c’est sexy. »

Elle se détourna de Dorian pour lui faire dos, gardant son sourire. Elle ne savait pas pourquoi elle lui racontait cette histoire, parce qu’elle avait sans doute besoin d’en parler. Toutefois, Ecaterina jugea que c’était inapproprié de sa part alors, préférant faire dériver la discussion, elle écouta tout simplement Dorian argumenter sa requête. Dos tourné, Ecaterina ferma lentement les yeux quand celui-ci évoqua le bon vieux temps. Encore une fois, elle le trouva gonflé d’aborder ce sujet alors qu’il savait pertinemment qu’elle regrettait amèrement cette période. Néanmoins, elle ne lui en tenu par rigueur pour la bonne et simple raison qu’elle n’était pas venue ici pour remuer le couteau dans la plaie. Dorian avait le mérite de la connaître par cœur. Elle était persuadée qu’il l’avait fait exprès pour qu’elle se mette à réfléchir, pour qu’elle accepte ce semblant de petit service qu’il lui demandait et force était de constater que sa méthode fonctionnait à merveille sur elle. Mentalement, elle lui attribua tout de même un nom d’oiseau bien pensé. Faisant volte-face, Ecaterina s’apprêta à dire quelque chose. Furetant dans son esprit, elle tenta de trouver une pique assez acerbe pour le clouer sur place, mais rien ne daigna sortir ; une première.

Si elle chantait, si elle cédait à la tentation, c’était terminé. Dorian gagnerait la partie, il serait heureux comme un imbécile et aurait la preuve que sa petite sœur aime encore s’adonner à ce passe-temps. D’un geste de la main, Cat balaya ses pensées en même temps que ses longs cheveux, agacée. Il était hors de question qu’elle lui donne la satisfaction de remporter cette bataille, plutôt mourir ! Fronçant les sourcils, Ecaterina se raccrocha aux branchages, sautant sur l’occasion pour lui demander de visiter l’endroit. C’était tout à fait ça, il fallait qu’elle continue à détourner son attention et parler de ce sublime lieu, lui semblait être une bonne tactique. Elle pouvait même commencer à flatter son égo si c’était nécessaire, il oublierait très vite sa tentative de vouloir lui faire pousser la chansonnette. Joignant les mains sous son menton, la blondinette tourna rapidement la tête quand il désigna le canapé. Grimaçant quant à ses propos, elle le poussa à l’extérieur du studio pour qu’il lui montre enfin la cabine de l’autre côté. Ecaterina fut soulagée d’apprendre qu’il ne l’avait jamais remplacée. Le duo qu’il formait autrefois, c’était leur truc à eux. Cat n’aurait pas eu le courage de le lui faire savoir, mais s’il c’était avéré que Dorian ait engagé quelqu’un d’autre durant cette période, elle aurait eu du mal à l'avaler.

En parfait gentleman, Dorian la fit passer devant lui. La jeune fille n’eut pas le temps de se retourner, qu’elle entendit le cliquetis du verrou de la porte résonner à ses oreilles –horreur. Scandalisée, elle ouvrit la bouche et tapa de toute la force de ses paumes sur la surface dure en se hissant sur la pointe des pieds pour regarder par le hublot tout en haut de la porte. Il l’avait enfermé dans la cabine ! Quel traître ! Fulminant de rage, Ecaterina quitta la porte, puis fixa son frère à travers la vitre ; elle ne l’entendait pas, et elle savait que lui non plus. Dans les films, les techniciens de studios appuyaient toujours sur des boutons compliqués pour communiquer avec les artistes dans la cabine. Plissant les yeux avec rage, elle lui lança des petits regards courroucés ; elle tendit le pouce, pointa sa gorge avec celui-ci et mima d’égorger son frère. Consciente qu’il ne l’entendait pas, elle eut le courage de marmotter dans un grand sourire hypocrite :

« Souris, abruti. Profite d’être encore vivant, ça risque de ne pas durer longtemps. » Elle sourit davantage en hochant la tête et enfin se retourna subitement en croisant les bras sur sa poitrine.

L’étroitesse de la pièce lui fit lever la tête et fixer le plafond. Ecaterina détestait l’obscurité et les endroits confinés encore plus. Ce n’était un secret pour personne dans son entourage, Dorian lui-même le savait. Oh ! Une seconde fois, Ecaterina ouvrit grand la bouche, outrée. Elle avait déjà été enfermé dans un endroit aussi petit, elle avait su garder son calme… elle pouvait donc très bien gérer… ou pas. Elle n’était pas seule dans cette pièce à l’époque et elle savait que Dorian était capable de partir et de la laisser toute la nuit ici, s’il le fallait. Glissant des regards à droite et à gauche, Ecaterina posa ses pupilles claires sur le synthétiseur qui happa aussitôt son attention. Les paupières papillonnantes, elle bloqua sa respiration. Ce n’était qu’une chanson, pas de quoi en faire un drame. Pinçant les lèvres et roulant des yeux, elle s’avança vers le clavier et, dégageant son visage de ses longs cheveux, elle posa instinctivement ses petits doigts dessus. Soupirant profondément, Cat tourna la tête vers la vitre, jetant un regard à Dorian.

« Hey, l'idiot, tu m’entends ? » Elle appuya consécutivement sur deux touches. Le son du synthétiseur se rependant immédiatement dans la pièce bien isolée ; elle commença son intro avec aisance, échangeant avec lui un regard taquin « Je suppose que tu me laisse le choix de la chanson, alors… » Se redressant élégamment, Ecaterina reposa son regard décidé sur le clavier ; elle inspira profondément et...

Oh, brother I can’t, I can’t get trough
I’ve been trying hard to reach you ‘cause I don’t know what to do
Oh, brother I can’t believe it’s true
I’m so scared about the future and I wanna talk to you
Oh, I wanna talk to you
Si elle avait choisi cette chanson au hasard ? Absolument pas, elle s’était imposée d’elle-même, il s’agissait d’une évidence. Elle reflétait son état d’esprit, et le pourquoi elle était venue ce soir, Dorian aurait la réponse à sa question concernant sa venue dans son studio. Connaissant la partition par cœur, elle était la première chanson qu’elle avait su jouer au piano sans faire d’erreur. C’était la toute première fois qu’elle jouait devant quelqu’un d'autre que sa grand-mère, elle n’était même pas angoissée. Sans doute trop fatiguée pour se rendre compte de l’enjeu que cela représentait vraiment. Ignorant le son de sa propre voix, suave et éraillée, Cat se concentra sur le clavier, le visage serein ;

You can take a picture of something you see
In the future where will I be ?
You can climb a ladder up to the sun
Or write a song nobody has sung or do
Something that’s never been done
L’acoustique dans la pièce était parfaite –normal pour une cabine d'enregistrement. Chris Martin avait la voix beaucoup trop aiguë, comparée à la sienne. Elle dû donc faire des changements de ton qui rendait la chanson plus apaisante et peut-être moins joyeuse dans la mélodie par rapport à l’originale. Qui plus est, cette chanson était une chanson faite pour la guitare basse, pas pour le piano. Tant pis, elle ne jouait pas de guitare, elle. Dans le fond, ce changement n’était pas tellement déplaisant, la chanson était réinterprétée d’une autre manière, c’est tout. Ecaterina esquissa un bref sourire, plus par habitude que par joie. Regardant ses doigts filer sur les touches sans avoir besoin de se poser de questions, elle ne se souvenait plus si elle avait dit à Dorian qu’elle s’était mise –qu’elle avait continué serait plus exact, le piano après son départ. Ça n’avait pas tellement d’importance, en fin de compte. Fronçant les sourcils, Ecaterina releva la tête et fixa le mur devant elle ;

Are you lost or incomplete ?
Do you feel like a puzzle, you can’t find you missing piece ?
Tell me how do you feel ?
Well I feel like they’re talking in a language I don’t speak
And they’re talking to me
Tenant la note assez longtemps, la blondinette s’arrêta subitement pourtant, n’enchaînant pas sur le refrain, comme elle aurait dû le faire. Ecaterina retira ses doigts du clavier, ne terminant pas la chanson. Dorian avait eu ce qu’il voulait, non ? Elle avait perdu la bataille alors, il était inutile qu’elle s’acharne, elle avait cédé, elle s’en voulait ; elle n’avait jamais été une très bonne perdante. Regardant un moment les touches du clavier, elle se mordit l'intérieur de la joue, puis s’éclaircit la voix comme si de rien n’était. Après un moment de réflexion, Cat contourna le synthétiseur, se plaça devant la vitre et dans une petite révérence parfaitement maîtrisée, elle lança avec un chouïa d’amertume dans le ton : « Votre altesse est-elle satisfaite ? »
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptySam 21 Jan - 23:55

Quel plaisir de voir cette petite tête blonde devenir aussi rouge qu'une tomate. Dorian souriait ans pouvoir s'arrêter alors que la colère fulmina chez sa soeur. C'était tout à fait normal qu'elle ait réagit de cette manière, qui ne l'aurait pas fait. Ce n'était pas la première fois que Dorian utilisait cette technique. Depuis qu'il avait crée ce studio, il avait fait la même chose avec une de ces employées qui volait des CDs mais qui refusait catégoriquement de l'avouer. Après avoir feinté de partir en éteignant les lumières, elle avait fini par affirmer son escroquerie. Cette pièce était vraiment pratique pour ce genre de situation. Encore plus avec une tête de mule, comme Ecaterina. Rien ou presque ne pouvait la faire changer d'avis, principalement par rapport à la chanson. En tout cas, ce serait un défi pour elle. La jeune Robertson savait pertinemment que son grand frère n'était pas du genre à plier, comme le démontrait les expériences passées. Pour savoir qui allait avoir le dernier mot, cela se terminait souvent avec une victoire de Dorian, lorsqu'Annabelle n'intervenait pas pour arrêter cette querelle enfantine qui lui tapait sur les nerfs. Et avant toute chose, le fils Robertson croisa les doigts pour que les poings de sa soeur ne casse pas la vitre et qu'au lieu de détruire son si cher matériel, qu'elle irait chanter pour le sublimer.

De l'autre côté de la séparation, le propriétaire du studio voyait bien sa cadette hésiter. Elle regardait de haut en bas, se mordillait la lèvre inférieur, signe chez elle d'une certaine tension. Si beaucoup prenaient la chanson comme un plaisir, quelque chose de tout sauf sérieux, Cat' avait tellement de respect pour la musique qu'au final, elle en faisait souvent tout un cinéma pour quelques minutes de prestation vocale. Elle remarqua le synthétiseur après quelques secondes de recherche. Et leurs yeux clairs se croisèrent. Alors que Dorian était accoudé sur sa table de mixage, Ecaterina était prête à commencer alors sa chanson. La petite remarque de sa cadette le fit sourire. Quelque chose qui ne plu pas forcément à la blonde qui foudroya son frère du regard. de quoi le rendre encore plus joyeux au final. Les première notes qui sortirent de l'instrument furent déjà très belles. Mais lorsque la voix d'Ectaerina commença à se calquer dessus, elles étaient vraiment magiques. Dorian commençait déjà à être transporté dans la chanson. Une petite attaque pour le choix de la chanson ? Dorian s'en contre-fichait royalement tant que des mots sortaient de la bouche de sa cadette.

Certes la relation entre les deux enfants Robertson avait connu un long moment de creux. Les deux après avoir été réellement proches, ne s’adressèrent même plus la parole durant un long laps de temps. Et maintenant, ils se retrouvaient dans un studio à 3 heures du matin, une porte fermée à clé les séparant. Il y'avait de quoi être chamboulé, notamment pour une personne aussi sensible qu'Ectaerina. Alors quand elle entonna son premier couplet, il reprit finalement conscience de son rôle. Il devait être un grand frère aimant, confident. Et il ne l'avait pas réellement été. Le visage du fils Robertson se figea alors. Sa pâleur récurrente était alors un peu plus prononcé. Tout d'un coup, tout s'éclaircissait pour lui. Sa soeur avait ressentit un manque de lui, d'attention et il pouvait le comprendre puisque ce sentiment était réciproque. Et à présent, il fallait qu'il soit ce dont il avait toujours eu un peu peur. Un grand frère sur qui se reposer. A 33 ans passé, il y'allait bien avoir un tournant dans sa vie. Et si c'était ce soir ? Le soirée qui ferait prendre conscience à Dorian qu'il n'était plus qu'un enfant, quasi fils unique. Mais qu'il avait une soeur qui n'attendait qu'un peu d'attention, une boutique à faire tourner et des amis à conserver. Et pour cela, il faudrait se donner presque à 200%. Il était temps de franchir la phase de l'adolescence. Il le ferait pour sa Cat'.

Alors que le refrain était sensé commencer, la jeune et jolie blonde s'arrêta brusquement. Et pourtant, cette voisx suave et éraillée méritait de continuer. Dorian était déçu. Certes il avait gagné son pari, il avait réussi à faire chanter sa soeur. Mais il trouvait que les effets qu'il avait prévu n'étaient pas escomptés. Au final, le jeune propriétaire n'avait peut-être pas forcément gagné son pari. Enfin, la seconde partie : inciter sa cadette à rejoindre les Urban Hymns, était encore à développer. Le blondinet se mordilla la lèvre inférieur lui aussi. Il calculait déjà ses prochaines initiatives pour faire en sorte que sa soeur accepte cette proposition très certainement invraisemblable à son égard. Pendant qu'elle restait devant le synthé, Dorian réfléchit rapidement à la suite des opérations. Il en cassa même son cure-dents en pensant trop fort. Mais surtout en appuyant trop fortement dessus avec ses dents. Il enleva rapidement les bouts qui restaient dans sa bouche et se leva. Il mit les mains dans ses poches, laissant juste ses pouces dépasser. Il donna un rapide coup de pied dans la petite corbeille en papier puis jeta un œil au studio. A travers la vitre, Ecaterina s'était relevée et à présent se dirigeait vers lui. Cette petit blonde ne manquait vraiment pas d'air. Chanter aussi divinement bien et pourtant nier ce talent. Il fallait le vouloir. De plus, elle fit une petite révérence en mimant le mouvement de la robe avec son vieux sweat-shirt qui datait de l’université. Et appeler Dorian son altesse était peut-être un peu gros. Enfin, il fallait jouer sur les mots. Dorian s'approcha du petit micro posé sur la table de mixage et avec un grand sourire lança : « Je n'aime pas forcément quand tu m’appelles altesse. A présent, tu devras m'appeler Robertson Ier ! ». Rien de mieux pour remuer le couteau dans la plaie.

Le propriétaire du gramophone et du studio éteignit ensuite le micro puis s'approcha de la porte. Juste avant que sa soeur ne sorte en furie, il prit sa guitare autour du cou. Il mit les mains dessus, sentant ce poids qui l'avait accompagné des années durant. Il déclencha le loquet afin d'ouvrir la porte. Avant toute chose, il applaudit sa soeur pour sa prestation, lui affirma qu'elle n'avait rien perdu et qu'au contraire, comme un bon vin, elle s'est bonifié durant ces années d’abstinence. Il regarde sa soeur droit dans les yeux, le fixant d'un air sur de lui. Et pourtant, au fond de lui-même, il était un peu terrifié de chanter dans cette condition si spéciale. Il avait un unique but unique mais qui avait cependant tant de valeur sentimentale à ses yeux. Faire rentrer sa cadette dans son Glee Club serait une aubaine pour elle de se remémorer de ces années lycées, d'être avec ses copines de cette période et en plus, de retrouver Dorian. Ce dernier souhaitait avant tout profiter de sa cadette un maximum et cela pourrait être un bon alibi, en plus d'ajouter la voix de Cat' à l'armada déjà présente. Ces deux familles seraient alors réunies. Les deux blonds se fixèrent pendant quelques secondes, le temps que le propriétaire se souvienne de la partition de la chanson qu'il allait interpréter. Sa soeur ne voyait pas forcément où il allait en venir. C'est alors que le bruit des cordes s'entrechoquant avec les doigts du guitariste commença. Puis vint s'ajouter par dessus la voix de Dorian.

Well you done done me and you bet I felt it
I tried to be chill but you're so hot that I melted
I fell right through the cracks
And now I'm trying to get back
Before the cool done run out
I'll be giving it my bestest
Nothing's going to stop me but divine intervention
I reckon it's again my turn, to win some or learn some

Bizarrement, le fils Robertson ne faisait même plus attention à la position de ses doigts tellement l'intensité était forte et le parfait du moment était absorbant. L'eye contact avec sa cadette avait duré pendant tout le premier couplet. Bleu dans bleu. Les deux ne firent que de se contempler. Dorian repoussa alors rapidement sa guitare dans son dos puis mit un genou à terre.

But I won't hesitate no more, no more
It cannot wait, I'm yours
Cela comptait beaucoup que sa soeur sache ça. Qu'il serait toujours là pour elle, peu importe ce qu'il arrive et peu importe dans quelle embrouille elle serait. Il était à présent prêt à endosser ce rôle à plein temps.
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Ecaterina S. Robertson
nothing but sunshine and rainbows
Age : 26 ans
Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
Humeur : Changeante
Statut : Célibataire, "collabore" avec Tate Bartowski
Etoiles : 11641

Piece of Me
Chanson préférée du moment : ADELE – Rolling In the Deep
Glee club favori : Awesome Voices
Vos relations:
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptyLun 23 Jan - 18:21

Face à la vitre, il était inutile de préciser qu’Ecaterina s’en voulait d’avoir été aussi faible. Elle aurait pu continuer à refuser de se plier au jeu de son abruti de frangin, mais au lieu de ça, Cat se rendit compte qu’elle n’en avait pas envie et que cette opportunité que Dorian lui donnait, elle devait la saisir. Elle ne savait pas pourquoi, elle le ressentait, c’est tout. Bien sûr, pousser la chansonnette ne réglerait pas ses soucis et n’apaiserait pas sa culpabilité. Néanmoins, elle trouverait peut-être un peu de réconfort. A ce moment de la nuit, c’était tout ce dont elle avait besoin et peut-être qu’après ça, Ecaterina trouverait enfin le sommeil.

Dorian ne comprendrait peut-être pas le message qu’elle voulait lui faire passer à travers cette chanson. Après tout, ils avaient tout les deux changés au cours de ces cinq années, ils ne se connaissaient plus aussi bien qu’avant et la donne était différente, ils avaient évolués ; la communication s’avérait moins facile qu’auparavant. Cat avait souvent l’impression que Dorian avait une fausse image d’elle parce qu’elle avait eu les bonnes grâces de leur mère. Malgré ce qu’il semblait penser, elle n’était pas infaillible, loin de là. Ecaterina était encore très jeune et perdue, effrayée à l’idée de prendre les mauvaises décisions –qui s’ajouteraient à celles qu’elle avait déjà prisent. Autour d’elle, personne ne semblait capables de l’aiguiller dans ses choix et bien qu’elle fût entourée de gens qu’elle aimait profondément, elle se sentait seule ; tout ses amis avaient un travail ou étudiaient dans une branche qui leur plaisait. Ecaterina, elle, était juste là. Elle souriait sur commande, faisait acte de présence et répondait machinalement aux questions qu’on lui posait de temps à autre ; elle avait la sensation d’avoir fait un bon de sept ans en arrière, elle n’était rien d’autre que ce que sa mère avait fait d’elle, c’était douloureux à constater.

Pourtant, tachant de garder le cap, Ecaterina fronça les sourcils quand Dorian la reprit sur le titre qu’elle devait employer à son attention ; Robertson Ier, c’était leur père… il ne manquait pas de toupet, le frangin. Toutefois, la blondinette lui adressa un sourire narquois et se détourna aussitôt de la vitre, feintant la bouderie. Chanter ne lui avait pas fait autant de bien, à vrai dire. Cela lui avait juste fait prendre conscience que, même si elle était revenue dans un endroit qui lui était cher, elle ne parvenait toujours pas à avancer. Certes, ça ne faisait que quelques semaines à peine qu’elle était de retour, elle devait se donner du temps pour retomber sur ses pieds, mais elle ne parvenait pas à se projeter. Elle se souvenait des soirées avec Seth où ils essayaient de s’imaginer ce qu’ils deviendraient plus tard. A cette époque, elle parvenait à mettre des mots sur ses désirs, à crier haut et fort qu’elle voulait faire tout comme son père, qu’elle voulait écrire et rien d’autre. Maintenant, elle avait peur d’exprimer tout ça à voix haute, car elle avait échoué, qu’elle n’avait même pas été capable de convaincre une maison d’édition ; elle qui était venue dans le studio d’enregistrement de son frère pour éviter de se torturer l’esprit, elle repartirait la tête pleine et pas de la façon la plus agréable qui soit.

Enfin, Dorian vint la rejoindre dans la cabine. Ecaterina ne se précipita pas en dehors de la pièce, malgré sa phobie des espaces de ce genre. Bizarrement, même si l’endroit restait trop étroit à son goût, elle se sentait en sécurité. La couleur chaude des murs était réconfortante et l’espace occupé par les instruments lui réchauffait le cœur. Il lui fallut du temps avant de se rendre compte que son frère avait empoigné sa guitare et quand elle tourna la tête vers lui, ses pupilles incertaines trouvèrent instantanément les siennes ; ils se regardèrent un temps pendant que Dorian commençait à jouer, et machinalement, Ecaterina s’assit sur le seul siège de la pièce, tout près de la porte. Cela faisait bien trop longtemps qu’elle ne l’avait pas entendu jouer –jouer une chanson qu’elle adorait, qui plus est. Il y avait toujours quelques vidéos qu’il avait mis en ligne sur le net et qu’elle continuait à regarder en douce lorsqu’elle était encore à Cincinnati, mais c’était différent en live ; lui, il était vraiment doué. Cela paraissait tellement facile pour Dorian, c’était inné ; la musique vivait en lui.

Évidemment, Ecaterina s’arrêta sur les paroles qu’il prononçait. Lui non plus ne l’avait pas choisi au hasard sa chanson et sans qu’elle n’ait pu le contrôler, ses yeux se remplirent de larmes. Préférant détourner la tête, elle rompu le contact de leurs pupilles en baissant le menton et attendit la fin de la chanson ; Dorian en profita pour s’agenouiller face à elle, et elle releva graduellement les yeux. Ils étaient à la même taille dorénavant, elle eu donc le loisir de contempler son visage, la vue troublée par ses larmes, puis après un moment, elle se pencha et le prit dans ses bras et par habitude, elle le serra bien trop fort.

« Je ne devrais pas te le dire, » commença-t-elle, la voix étouffée par le tee-shirt de son aîné. Elle rompit lentement leur étreinte, laissant ses mains posées sur les épaules de son frère « Mais tu es le meilleur frère qu’une fille comme moi puisse avoir. » Elle esquissa un sourire sans joie. Une larme roula sur sa joue et derechef, elle la chassa d’un revers de main ; elle émit un furtif éclat de rire, et tapota sa joue tout doucement avec sa manche pour faire bonne figure « Même si tu prends un malin plaisir à me faire pleurer. Tu as hérité du côté sadique de ta mère, Robertson. »

Un autre rire poli, de façade s’échappa de sa jolie bouche, et elle laissa ses yeux papillonner de part et d’autre du visage de son frère. Elle sentait le goût des larmes dans sa bouche, elle avait soif. Ecaterina voulait lui dire à quel point elle était perdue et désolée de lui avoir causé autant de souci pendant toutes ces années, mais elle ne parvenait pas à former des phrases correctes, alors que tout semblait très clair dans son esprit. Un moment encore, elle laissa le silence perdurer, puis secouant brièvement la tête en cillant frénétiquement, elle se leva d’un bond.

« Je –je devrais peut-être y aller. » Elle tira sur les manches de son sweat-shirt, puis glissa ses longs cheveux derrière ses oreilles avant de contourner Dorian avec hésitation. Aussi, elle s’arrêta à mi-chemin. Pivotant sur ses pieds, Ecaterina hésita, et enfin, reprit la parole « Gale m’a dit que tu lui avais parlé quand je suis partie, que tu lui avais expliqué pourquoi… » marmotta-t-elle, la main tendue devant elle ; elle continua, après s’être mordu la lèvre inférieure « Tu n’étais pas obligé de le faire. » Fermant fort les paupières, elle crispa ses doigts devant elle pour s’éviter d’éclater en sanglots. Elle enchaîna, le ton mi-déterminé, mi-doux « Je sais que tu étais autant en colère que moi, que tu ne savais pas exactement ce qu’il se passait entre lui et moi. Pour tout un tas d’autres raisons, tu aurais pu le laisser. Seulement, tu ne l’as pas fait, alors » S’éclaircissant la voix, Ecaterina se racla péniblement la gorge. Haussant les épaules, elle esquissa un sourire reconnaissant « Ce n’est peut-être plus important pour toi maintenant, mais » Le temps de relever les yeux, elle marqua une pause alors que brièvement son sourire s'élargit « Merci, Dorian. »

Une nouvelle fois, Ecaterina glissa une mèche de cheveux derrière son oreille et maladroitement, désigna le petit couloir derrière elle de la main pour lui faire comprendre qu’elle devait reprendre ses affaires. Elle préféra éviter le regard de son frère, et s’échappa de la cabine pour rejoindre la console et récupérer son manteau.
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MessageSujet: Re: 01. 3:00 am.   01. 3:00 am. EmptyLun 13 Fév - 12:30

De nombreuses années étaient passées et pourtant le parfum était toujours le même. La poigne un peu trop forte de sa cadette était compensée par le désir comblé d'être peau contre peau. Depuis le retour de la jeune blonde, ils n'avait jamais été aussi proche autant sur le plan physique que sentimental. Cette soirée avait permis de remettre les choses en place, comme leur père l'aurait voulu. La tête de sa cadette plongée dans son cou, Dorian humait le parfum si agréable de sa jeune soeur. Il se rappelait ces longues soirées d'hiver où il tentait de se tenir chaud. Puis il était parti, presque comme un voleur après une énième dispute avec sa génitrice. C'était la goutte d'eau qui a fait débordé le vase. Et malheureusement, à ce moment-là, il ne se rendait pas compte de la conséquence de son acte. Il quittait le domaine familiale, sa mère tyrannique mais avant tout, il abandonnait totalement sa cadette. Il avait fait passer son désir avant une priorité, celle de supporter toutes les remarques désagréables de leur mère. C'était certainement trop à supporter pour un adolescent. Mais ça l'était beaucoup plus pour une jeune fille qui n'avait rien demandé. En faisant son sac, il n'avait qu'une seul idée en tête : quitter la tanière de Satan. Soudain, sa soeur entra doucement dans sa chambre, sans aucun bruit. L'art de la discrétion était devenu un vrai talent chez les Robertson. Elle faisait de son mieux pour cacher sa tristesse; elle tenait un objet dans son dos.

Sa guitare. Annabelle l'avait confisqué la veille parce qu'elle avait surpris l'adolescent en jouer dans la chambre de sa petite soeur. La sentence avait été immédiate, l'instrument de musique avait été réquisitionné malgré les protestations des gamins. Le côté tyrannique de sa mère qui ressortait assurément. En partant elle claqua la porte, laissant ses enfants seuls. La rage monta en Dorian qui préféra dormir au lieu de faire quelque chose qu'il aurait regretté. Ainsi, il quitta sa cadette sans un mot. Et le lendemain, elle était là, dans sa chambre, les yeux bouffies par l'émotion. Elle avait du entendre la dispute de sa chambre. Mais elle avait été assez maligne pour se faufiler dans la chambre de leur mère pour récupérer la guitare. Elle tendit l'instrument religieusement vers son ainé qui le prit et la remercia. Il continuait à faire ses bagages en silence, sous les yeux choqués d'Ectaerina. Il releva la tête et lui lança un petit sourire. Il ouvrit largement ses bras pour qu'elle plonge se blottir dedans. Elle n'était pas idiote, elle avait compris que c'était le moment de se séparer. Dorian caressa les cheveux de sa cadette qui pleurait sur son épaule. Il lui fit une bise sur la joue et lui murmura à l'oreille : « Sois forte. »

Il n'était jamais revenu, du moins, il avait essayé. Sa vie n'était pas glorieuse, il vivait aux crochets de son père et même s'il avait réellement voulu l’amener avec lui, il se serait heurté à un mur, Annabelle. Laisser partir son seul enfant aurait été impensable pour la mère. Elle voulait tellement le modeler à sa façon que la rigueur que cela entrainait ne laissait pas de place à un départ précipité. Par conséquent, rien ne fit fait pour sauver Ecaterina de leur mère. Dorian s'en voulait de ne pas avoir la force d'aller le chercher mais il ne souhaitait pas revoir cette bonne femme qui était la source de ses plus grandes angoisses. De ce fait, inexorablement, ce fut un cercle vicieux, lorsqu'il pensait à sa cadette, le souvenir de sa mère revenait quasi-automatiquement. Chaque fois qu'il jouait de la guitare, il se souvenait de ce visage enfantin complètement chamboulé par les événements qui ne dépendaient pas de sa bonne volonté. Et Dorian s'en voulait tellement que lorsqu'il croisa à nouveau sa cadette, ce fut silence radio sur cet événement. Il était heureux de la retrouver mais au fond de lui, il y'avait ce sentiment de culpabilité. Il ne fallait pas brusquer ces retrouvailles alors le fils Robertson fit le choix de dissimuler sa vie avec son père. Choix qu'il regrettera.

Et pourtant elle affirmait qu'il était le meilleur frangin qu'elle aurait pu avoir. Dorian avait du mal à se faire à cette idée, notamment avec toute la peine qu'il avait pu lui infliger. Les circonstances aidant, cela touchait néanmoins le fils Robertson. Lui qui n’arrêtait pas de se remettre en question par rapport à sa relation avec sa cadette, tenait enfin une preuve concrète de son attachement. Lui aussi commençait à avoir les larmes qui montèrent mais il les retenait tant bien que mal. Les yeux brillants, il toisa sa cadette du regard lorsqu'elle le compara à sa mère. Il ne voulait rien avoir en commun avec elle, encore moins sa méchanceté. Mais apparemment, c'était juste une blague, cela rassura Dorian. C'était sa plus grande hantise, ressembler un jour à Annabelle, cette femme sans cœur. Le blondinet passa une main dans les cheveux de sa soeur puis essuya les quelques gouttes que la main d'Ectaerina n'avait pas réussie à enlever.

Il ne savait pas forcément si c'était des larmes de joie qui roulaient sur le visage pâlot de sa soeur. En tout cas, il les prit allègrement pour ça. Lui aussi était ravi d'avoir retrouvé un semblant de complicité avec sa cadette. Toutes ces années de mensonge puis sans aucune nouvelle pesaient lourd sur le cœur et la conscience du jeune homme. Il s'en était longtemps voulu et s'était résigné à oublier fatalement sa soeur. Comme dans tous les déchirements familiaux, il y'avait bien un moment ou un autre où on se devait de faire son deuil. Dorian commençait petit à petit à l'assumer mais le retour d'Ectaerina avait tout chamboulé. Pour son plus grand plaisir évidemment.

Soudain, Cat remercia son ainé pour la manière dont il avait traité Gale. Gale, un ami de Dorian mais avant tout le petit copain de sa soeur. En tant que frère, et protecteur de surcroit, il avait tout de suite vu d'un mauvais oeil l'arrivé d'un prétendant. Il ne voulait pas qu'on blesse la jeune fille comme leur mère avait pu le faire ou bien lui même, mais elle n'était pas au courant pour le moment. Avec beaucoup d'appréhension, il surveillait le jeune homme, analysait le moindre de ces mouvements, paroles. Méfiant, il ne pouvait que constater leur rapprochement, sans rien pouvoir y faire. Enfin, lorsqu'il comprit que le jeune homme aussi ressentait quelque chose pour Ecaterina, il le prévint. Pas brusquement mais avec des mots assez fort pour bien que l'idée de blesser la blondinette ne lui effleure jamais l'esprit. Petit à petit, il se prenait d'affection pour le garçon, un très bon parti au demeurant. Puis la vérité tomba entrainant le départ de Cat. Le premier réflexe du fils Robertson, après avoir décuvé, était d'appeler Gale pour lui expliquer clairement la situation. Finalement, c'était peut-être lui qui a le plus souffert du départ de la jeune fille. Presque naturellement, Dorian prit le jeune homme sous son aile et un vrai lien d'amitié se noua entre les deux. Ainsi, la pilule passa plus facilement pour les deux même si le sujet Ecaterina était épineux. Au fond de lui, Dorian savait et espérait que les deux finiraient ensemble tellement leur relation était forte. Et cet épisode n'aurait que renforcé ce lien.

« C'était tout à fait normal, j'apprécie Gale, c'est un bon garçon et il ne méritait pas de vivre ça par ma faute. » confessa Dorian les yeux baissés vers le sol lorsqu'il évoqua sa faute. Même encore aujourd'hui il s'en voulait d'avoir précipité le départ de sa soeur. Le blondinet releva lentement et voyait sa cadette se diriger lentement vers le corridor. « Attends, je vais te raccompagner jusqu'à la porte. » lança t'il à sa cadette qui se retourna. Il prit le blouson de Cat' puis lui fit s'enfiler.

« Comme au bon vieux temps. » souffla t'il. Il éteignit rapidement les lumières, ferma les portes à clé. Cette soirée avait été riche en émotion mais Dorian ne se gêna pas à en rajouter une couche avant de partir. Il avait oublié de lui faire sa proposition mais c'était maintenant ou jamais.« Cat', fais moi le plaisir de rejoindre les Urban Hymns. Beaucoup de tes anciens amis sont là-bas et aimeraient te revoir. Et écouter ta voix.» Dorian sentit l'appréhension dans sa voix qui tendit dans les aigus. Pour paraitre moins stressé, il ajouta avec un clin d'oeil : « Je ne te demande pas une réponse immédiate. Réfléchis y juste.». Sans attendre aucune réponse, Dorian s'approcha de sa cadette et lui effleura le front avec une bise. Il souffla une bonne matinée à sa cadette qui s'évanouissait dans la nuit.

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