Choriste du mois


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 01. What can you say, after a so long time ?

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MessageSujet: 01. What can you say, after a so long time ?   01. What can you say, after a so long time ? EmptyJeu 5 Jan - 0:31

Heather était plantée depuis dix minutes à regarder la façade toute neuve qui portait fièrement l'enseigne « The Gallery ». Elle se trouvait assez en retrait du bâtiment pour éviter qu'on puisse la voir, son attitude était suffisamment étrange à son goût, inutile d'en rajouter. Car, rares étaient les personnes à hésiter avant d'entrer dans une galerie d'art, ces lieux étaient avant tout fait pour se cultiver et s'aérer l'esprit, toute réflexion sur la nécessité ou non d'entrer dans un tel endroit était inutile. Mais en cet instant précis, Heather Swan n'était pas comme tout le monde face à cette galerie d'art et plus le temps passait plus elle se sentait stupide à attendre bêtement qu'une solution lui tombe du ciel. Elle piétina très légèrement le sol dans l'espoir de se dégourdir les jambes et resserra un peu plus l'imperméable bleu qu'elle portait. Le mois de septembre défilait à présent, et le temps devenait de plus en plus humide. Elle commençait presque à avoir froid, ce qui n'arrangeait en rien le sentiment de honte qui l'enveloppait depuis quelques instants.

Pour savoir ce qui avait bien pu pousser la jeune femme à quitter le confort de son petit appartement un samedi après-midi, il faut revenir au matin-même. En se réveillant, Heather avait eu dans l'idée de faire le tri dans ses affaires, notamment dans les vieux cartons de cours qui traînaient encore chez ses parents. Au bord de l'hyperactivité, la jolie rousse s'était alors rendue dans la petite maison de banlieue dans laquelle vivaient encore Mr et Mrs Swan. Sa mère avait bien protesté en la voyant arriver, lui suggérant de laisser ses vieilles affaires où elles étaient, mais la jeune femme avait rétorqué qu'elle avait besoin de faire de la place pour toutes les autres bricoles qui ne logeraient bientôt plus dans son appartement. Réflexion qui avait arraché un soupir à sa mère, résignée à rendre les armes. Lors de ce nettoyage de printemps automnal, Heather avait déniché un carton sur le sommet de son armoire dont l'inscription « Memories from London » au feutre noir, l'avait intriguée. Et, au milieu de dizaines de babioles plus ou moins insignifiantes, pas moins de cinq albums photos qui débordaient littéralement de clichés. Prise dans un véritable tourbillon de nostalgie la jeune femme avait donc ressortit ces albums et s'était installée sur son lit pour les feuilleter. Elle avait parcouru toutes les photos avec une certaine mélancolie, un petit sourire nostalgique étirant ses lèvres. Et puis elle était tombé sur cette photo qu'elle aimait tant et qu'elle avait pourtant oublié.

Elle se souvenait encore clairement de tous les détails. Elle avait été dans un parc avec tous les amis londoniens qu'elle s'était fait et elle avait insisté pour que l'une d'entre elle immortalise le "quatuor de l'Ohio" : JJ et Lexie installés sur un banc et Anna et son sourire espiègle juste devant eux. Et juste derrière, qui tenait les deux acolytes par les épaules, Heather elle-même. Tous les quatre riaient aux éclats, elle ne se souvenait plus exactement pourquoi, de toutes façons les fous rires avaient été si nombreux lors de leurs escapades qu'il était impossible de se rappeler avec exactitude l'origine de chacun d'entre eux. En vérité, Heather a toujours pensé qu'il s'agissait plus d'un trio que d'un quatuor, les "Preston" avait accepté la petite américaine dans leur groupe, mais elle s'était toujours sentie à part. Quoiqu'il en soit, lorsque cette réflexion lui revint en mémoire, Heather ne put s'empêcher de penser à la façon dont elle les avait quitté et la façon dont elle s'était volatilisée. Malgré tout, ils avaient tous noué une certaine complicité et elle trouvait particulièrement puérile la façon dont elle était partie et la raison pour laquelle elle avait fait ça. Depuis, elle avait souvent repensé à eux et avait souvent hésité à les recontacter, pour leurs différents anniversaires, lorsqu'elle avait appris qu'ils étaient de retour à Lima et surtout lorsque toute la ville avait été invitée à l'inauguration de leur galerie d'art. Mais à chaque fois, Heather s'était dégonflée et à chaque fois elle s'en rendait presque malade. Cela faisait à présent plus de deux ans qu'elle les évitait et devant cette photo elle avait décidé que cela avait assez duré.

Une goutte tombée sur son front, la ramena soudainement à la réalité. La pluie semblait décidée à la pousser à prendre une décision. La jeune femme soupira longuement et se dirigea alors vers la galerie qui lui faisait face, relevant le col de son imper pour se protéger de l'averse qui se faisait de plus en plus forte. Lorsqu'elle pénétra à l'intérieur elle fut soulagée de voir qu'il y avait peu de monde; si explications il devait y avoir, cela serait sûrement moins compliqué. Heather ébouriffa ses cheveux courts dans l'espoir de les sécher et commença à déambuler dans la pièce. Les talons de ses bottes claquaient sur le sol dans un bruit sec, malgré tous ses effort pour les faire taire. Elle lançait des regards intéressés aux différentes œuvres d'art qui se trouvaient ici. Elle qui adorait l'art, elle n'avait encore jamais mis les pieds ici, pour les raisons que nous avons évoquées plus haut. Elle prenait donc son temps, oubliant presque pourquoi elle était initialement venue, même si une possible et prochaine confrontation restait tout de même présente au fond de son esprit. Elle se demandait d'ailleurs sur qui elle tomberait en premier, mais dans tous les cas elle ne se sentirait pas à l'aise.

C'est alors qu'elle reconnut les longs cheveux flamboyants de la plus jeune des sœurs Preston. Lexie lui tournait le dos et ne semblait pas l'avoir remarquée. C'était sans doute avec elle qu'Heather avait crée le plus d'affinités, et cette idée ne fit que renforcer son sentiment de culpabilité. Elle s'avança légèrement vers Lexie et se stoppa aussitôt. Il n'était pas trop tard pour faire marche arrière. Mais en même temps, elle était là à présent, renoncer maintenant serait la chose la plus stupide qu'elle ait pu faire dans la journée. Finalement, elle préféra se racler la gorge pour signaler son absence et lancer un timide

« Salut, Lexie... »

Elle attendit que son ancienne camarade londonienne se retourne enfin et, après lui avoir adressé un sourire confus dont elle seule avait le secret, elle ne put s'empêcher de continuer dans les banalités.

« Comment tu vas ? »

Elle savait d'avance que lancer la conversation après tant d'années n'aurait pas été simple, mais jamais elle n'aurait cru cela aussi difficile. On s'attend toujours à avoir beaucoup de choses à se dire lorsqu'on s'est perdu de vue, mais en vérité c'est tout le contraire...surtout quand on se sent coupable.
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MessageSujet: Re: 01. What can you say, after a so long time ?   01. What can you say, after a so long time ? EmptyLun 9 Jan - 1:51

Lexie poussa un long soupir mélodramatique et se massa l'arrête du nez avec un air de business woman en pleine crise. Ce qu'elle était d'ailleurs. Une business woman invariablement perchée sur une paire de bottes avec une bonne dizaine de centimètres de talons, portant une robe-pull ornée des fameux bus rouges londoniens et un vernis à ongles bleu foncé en rappel, mais une business woman néanmoins. « Tu te fiches de moi là? » JJ hocha la tête, non malheureusement non. Il confirmait que l'artiste avait tout annulé. Il leur avait reprocher d'être incapable de vendre son art, encore moins de le comprendre, le tout par un très courageux e-mail. Génial, vraiment, chapeau l'artiste c'est le cas de le dire. Lexie rageait intérieurement. Quelle idées ils avaient eu aussi, d'accepter d'héberger les oeuvres de ce dégénéré cérébral qui s'entêtait à vouloir vendre son art à des prix plus qu'exorbitants. Même à New-York, où les hipsters de Brooklyn étaient prêts à investir beaucoup pour faire semblant d'être friands de post-moderne et de créations avant-gardistes, personne n'aurait mis autant d'argent dans une toile. Surtout une toile pareille. Certes, il était talentueux, maniait la couleur comme personne, blabla. Mais ça n'empêche que l'art abstrait, centré sur une recherche du coloris parfait et des formes pures ne plairaient pas à tout le monde. Surtout pas dans l'Ohio, où le Bleu de Klein n'était pas la référence ultime. La rouquine était au bord de la crise de nerfs et de larmes. Pourquoi tant d'efforts si personne n'y met un peu du sien hein? Ils ne voulaient pas céder à la faciliter en vendant des petites peintures faciles, lisses et sans âme mais qui ferait tourner la boutique. Ils ne voulaient pas vendre. Ils voulaient plaire, initier, ouvrir les horizons de la petite ville de Lima et montrer que ce coin reculé pouvait lui aussi être le siège de talent, d'art et de culture, que l'espoir n'était pas perdu en somme. Et l'infaillible optimisme de Lexie Preston ne l'abandonnerait pas. Il ne le fallait pas.

Elle fonça vers l'espèce de comptoir/bureau/caisse et y dégota un bout de papier, portant une adresse et un numéro de téléphone. La britannique le tendit à son bras droit et dit d'un ton précipité « Trouve moi cette fille, elle habite vers Colombus et on avait dit qu'on la rappellerait peut-être. Et ben c'est pas peut-être, tu l'appelle, tu vas la voir, tu lui promets de l'exposer si elle peut nous fournir des oeuvres d'ici ce week-end, tu lui promets une robe couleur du temps, tu la dragues, je m'en fiche, mais il nous la faut absolument. » Il fronça les sourcils, se souvenant de la dite fille. Un peu à l'ouest, sagement romantique, des oeuvres charmantes, qui ne manquaient pas de caractère. Rien d'extraordinaire. Mais c'était très bon et ils n'avaient pas le temps pour l'extraordinaire. « Tourne la pancarte JJ ! » lança Lexie à la cantonade. Après tout, il lui fallait décrocher quelques tableaux et réagencer l'espace de manière à ne pas faire voir qu'il manquait un bon tiers des toiles et que la seule sculpture du lot avait disparu. Elle se lança donc dans l'entreprise, n'entendant donc pas la porte s'ouvrir. Elle alla déposer quelques toiles au sous-sol et en remontant, elle entendit un raclement de gorge et une voix l'interpeller, par son prénom

L'intéressée se retourna, sa longue chevelure rousse fouettant l'air. La londonienne se planta fermement face à l'inconnue et s'apprêta à dire avec assurance le fameux « Désolée, nous sommes fermés mademoiselle. » Mais c'est alors qu'elle reconnu les traits fins, la peau diaphane, les yeux clairs. Les cheveux roux avaient été taillés sans pitié mais l'ensemble demeurait reconnaissable. Heather Swan. C'était tout bonnement impossible. « Comment tu vas ? » demanda l'apparition, de cette voix toujours un peu timide, un peu gênée. Un sourire confus sur les lèvres. Tout concordait. Mais... Mais pourquoi? Pourquoi elle, pourquoi maintenant? Heather s'était littéralement volatilisée de la vie des Preston au sens large. Et par littéralement, cela veut dire que du jour au lendemain, elle n'avait pas donné signe de vie. Lexie avait sans doute encore quelques affaires à elle quand Heather avait disparu de la surface de la terre. C'était à Londres. Avant la licence d'art? Il y a si longtemps déjà? Lexie ne savait plus, elle ne regardait pas le temps passé et n'était pas du genre à compter les années qui l'ont séparée des gens qu'elles avaient appréciés. Mais les circonstances du départ de la jeune fille avaient été floues, précipitées et demeuraient confuses pour Lexie.

Elle s'était toujours demandé ce qui l'avait poussé à faire ça, s'il y avait de sa faute. Elle avait fini par comprendre une partie des éléments, suite aux aveux de JJ. Heureusement qu'il était parti d'ailleurs, la confrontation aurait sans doute été rude. Mais enfin, une nuit coupable, un peu de culpabilité, de la gêne, de la honte, ça expliquait éventuellement qu'elle évite le londonien. Mais écrire une lettre à Lexie, à Anna, à n'importe qui de leur bande locale, aurait-ce été si difficile? Lexie ne lui en voulait pas vraiment bien sûr, elle était juste désespérée de comprendre, de trouver les pièces manquantes. Sans rien dire, elle alla vers la porte et tourna l'affichette qui indiquait « Sorry, we're closed. » Hors de question qu'un client débarque maintenant. La longiligne rousse s'assit alors sur l'une des banquettes qui étaient disposées au centre de la galerie, comme dans un musée. Elle regarda Heather un moment encore, histoire d'être sûre. La jeune Preston refoula tous les souvenirs d'elle qui jaillissaient soudain dans son esprit et demanda, un peu brusquement, un peu maladroitement « Qu'est-ce que tu fais là? Et surtout, t'étais où? » Lex n'était pas connu pour sa délicatesse. Et Heather Swan lui avait déjà filé entre les doigts une fois, hors de question de la laisser s'envoler sans mot dire encore. Il n'en était tout bonnement pas question.
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MessageSujet: Re: 01. What can you say, after a so long time ?   01. What can you say, after a so long time ? EmptyMar 31 Jan - 7:21

Heather se sentait de plus en plus mal à l'aise, elle se contentait de se balancer d'une jambe à l'autre, en attendant la moindre petite réaction de son (ancienne ?) amie. Elle s'attendait à tout, mais surtout à entendre des hurlements, des reproches, de la surprise, de la colère, des questionnements. Peu importe de la nature de tout cela, mais elle s'attendait au moins à quelque chose, elle cherchait juste la façon dont elle-même devrait réagir quand le moment serait venu. Mais ce qu'elle obtint fut pire que tout. Lexie semblait pétrifiée et ne disait pas un mot. Elle se dirigea simplement jusqu'à l'entrée où elle tourna l'écriteau qui indiquait à présent que la galerie était fermée. Elle s'installa ensuite sur une banquette face à Heather, toujours en silence. Ce silence c'était pire que tout, bien sûr il lui fallait certainement du temps pour avaler ce qui se passait sous ses yeux, mais Heather attendait presque impatiemment les premières reproches. Elle savait qu'il y en aurait, c'était tout ce qu'elle méritait. Mais pour le moment, elles tardaient et le silence pesant qui régnait dans la galerie déserte l'oppressait.

Lexie ne la lâchait pas des yeux, elle la dévisageait de haut en bas, un peu perdue. Comme si elle essayait de garder en mémoire chacune des images que lui renvoyait Heather. Comme si elle n'était qu'un songe qui allait bientôt s'évaporer. Heather en profita pour faire de même, pour regarder celle qu'elle n'avait osé revoir depuis deux longues années. Lexie Preston n'avait pas changé d'un pouce, toujours les mêmes longues boucles flamboyantes et les mêmes grands yeux bruns. Elle semblait pourtant avoir gagné en maturité, mais c'était peut-être dû au fait que son habituel sourire avait été remplacé par une mine déconfite et...en fait Heather était incapable de définir clairement ce que pouvait bien représenter l'air qu'afficher Lexie. Surprise et incompréhension ? Très certainement. Déception ? Probable.

Lexie rompit enfin l'horrible silence dans lequel elle s'était installée. Deux questions s'étaient enchaînées, simples, concises. Comme un fouet qui claque l'air. Deux questions posées de façons plutôt brusques mais cela convenait à Heather, c'était toujours mieux que ce long silence à s'observer dans le blanc des yeux et à attendre que le temps passe. Heather esquissa un sourire, elle ne méritait vraiment pas mieux que ces interrogations posées sèchement, sans aucune délicatesse.

« J'ai juste voulu passer te voir, savoir comment tu allais. Et pour répondre à ta deuxième question, j'étais sous la pluie à me demander bêtement si je devais rentrer. »

Le sourire de la jeune femme s'effaça aussitôt et elle marqua un arrêt. Bordel, ce n'était pas le moment de faire de l'humour, c'était beaucoup trop tôt. Son teint pâle blêmit encore davantage, elle fixa un instant ses bottes en daim avant de reporter son regard sur son amie.

« J'ai merdé Lex ! Complètement merdé, je le sais ! C'est pour ça que je ne suis jamais passé vous voir depuis votre retour. C'est lâche, c'est puéril, mais c'est comme ça. J'aurais du venir avant, j'aurais du donner des nouvelles. Mais plus on attend, plus c'est difficile de faire le premier pas. Tu peux m'engueuler, tu peux me virer d'ici si tu veux, je l'ai mérité. »

Tout se bousculait dans son esprit. Jamais elle n'avait eu à s'excuser de la sorte, en même temps jamais elle ne s'était conduit aussi connement. Et c'était incroyablement difficile de trouver les mots justes devant quelqu'un qui ne devait même plus avoir envie de vous adresser la parole. Heather posa ses mains sur sa tête, comme pour l'aider à y voir plus clair dans toutes les idées qui se bousculaient à l'intérieur.

« Je suis vraiment désolée d'avoir tant tardé à venir. Je suis désolée de ne pas avoir donné de nouvelles. J'ai merdé. Vraiment, vraiment merdé. »
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MessageSujet: Re: 01. What can you say, after a so long time ?   01. What can you say, after a so long time ? EmptyVen 17 Fév - 15:06

Heather diffusait de la gêne et de l'embarras par tous les pores, on aurait dit qu'il n'y avait aucun endroit où elle aurait moins voulu être. Pourtant elle était bel et bien là et c'était probablement le plus extraordinaire. Diable, après si longtemps, vraiment. Cela dénotait soit un certain sentimentalisme romantique, le besoin de remettre les pendules à l'heure et éventuellement, d'obtenir des retrouvailles larmoyantes et idylliques. Soit une stupidité sans nom. La plupart des gens qui abandonnent leurs amis sans explications, un beau matin, n'ont pas le culot de pointer le bout de leur nez des années plus tard. Avec pour toute excuse un ça va. Lexie hésitait à être en colère. Une part d'elle en avait envie, envie de demander à cette fille pour qui elle se prenait, si elle croyait vraiment qu'il suffisait de se montrer pour effacer des mois et des mois de silence. Mais, elle savait très bien que ça ne servirait à rien. Ce n'est pas comme si Heather avait été sa meilleure amie depuis l'enfance ou quelque chose dans ce goût là. Bien sûr, elle l'avait appréciée, elles avaient été plutôt proches. Mais, elles pouvaient toujours reconstruire, repartir de zéro. En quelque sorte, on ne fait pas table rase du passé simplement parce qu'on le décide. Lexie était une spécialiste du déni mais même elle avait des limites. Alors, elle voulait d'abord comprendre. C'était vraiment le plus important pour elle en cet instant. Elle n'avait pas été dévastée, ce n'était nullement comparable au cataclysme émotionnel qu'avait causé le départ de sa soeur. Un pincement au coeur tout au plus, de sentir que leur amitié n'avait pas été assez solide et qu'une petite peine de coeur l'avait balayé en une nuit. Le plus littéralement du monde d'ailleurs...

En vérité, c'est à JJ qu'elle en avait voulu à l'époque. Il savait que la petite rousse était relativement timide et fragile, ils avaient tous perçu sa délicatesse, son trouble quand certains sujets étaient soulevés. Car la bande de Camden n'était pas exactement connue pour sa subtilité et son langage châtié... Mais Heather s'était acclimatée, un peu décoincée aussi, sans doute. Alors Lexie voulait savoir, connaître le fond de sa pensée. Quel autre évènement avait eu lieu? Car pour la jeune Preston, le départ de leur amie avait toujours été un puzzle auquel il manquait une pièce, plus qu'un souvenir triste ou une source de colère. Quelque chose clochait, les éléments ne concordaient pas. Aussi la regardait-elle avec l'espoir qu'elle allait éclairer sa lanterne, en berne depuis des années. Heather commença par une plaisanterie, à la quelle la gérante de la galerie répliqua par un sourire. Elle lui était reconnaissante de vouloir détendre un peu l'atmosphère, de ne pas transformer en des retrouvailles à la Jane Austen. La longiligne rousse n'était pas exactement une fan des étalements sentimentaux. Enfin si, cela avait une tournure dramatique que son coeur d'actrice ratée ne pouvait qu'apprécier. Mais, dans la plupart de ses rapports, elle préférait miser sur la bonne humeur, la plaisanterie et les explications directes sans cris et larmes. Seule sa famille avait le pouvoir véritable de déclencher la drama queen shakespearienne qui sommeillait au fond d'elle. Elle regarda donc Heather avec douceur, attendant tout de même qu'elle en vienne au fait.

Mais la londonienne fut un peu déçue du discours de la jeune femme. Elle avait obtenue des excuses, la constatation qu'elle avait très mal géré sur ce coup. Mais ce n'était là que des choses que Lexie savait. Evidemment qu'elle était désolée. Heather était un modèle de douceur, de gentillesse et la culpabilité devait la rogner depuis un moment maintenant. Mais Lex ne lui en voulait et elle ne voulait pas l'entendre répéter qu'elle était désolée à toutes les sauces. Ce qu'elle voulait, c'était qu'elle lui dise pourquoi elle était partie. Vraiment. Pour pouvoir enterrer cette affaire une bonne fois pour toutes, tout mettre à plat et voir ce qu'elles feraient à partir de là. Mais, la rouquine eut la gentillesse de ne pas donner dans l'attaque -trop- frontale. « Je ne t'en veux pas Heather, je ne t'en ai pas voulu. Enfin je ne crois pas. » Elle prit une grande inspiration et continua « Mais, pourquoi tu es partie? Et j'aimerai que tu me donnes toutes les vraies raisons. J'ai vraiment... besoin de comprendre. » Elle plia ses longues jambes sous elle, en un geste familier et posa ses yeux bruns sur le visage si pâle de miss Swan. Elle la regardait avec douceur, compréhension. Sans haine, sans rancune. Elle ne mentait nullement. De toute façon, Lexie Preston ne mentait pas. Enfin, pas dans ce genre de circonstances en tout cas. Elle sourit à Heather, l'encourageant à vider son sac. La britannique avait l'impression que cela ferait du bien à tout le monde.
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MessageSujet: Re: 01. What can you say, after a so long time ?   01. What can you say, after a so long time ? EmptyLun 27 Fév - 1:17

Pourquoi tout devait toujours être aussi compliqué ? Pourquoi fallait-il toujours qu'on fasse le mauvais choix ? Pourquoi n'avait-elle pas simplement dit la vérité à JJ plutôt que de boire plus que de raison ? Pourquoi n'avait-elle pas discuté avec Lex plutôt que de quitter sa vie d'une façon aussi stupide ? On ne revient jamais en arrière, sa mère le lui avait assez souvent dit, mais parfois quand on voyait Heather Swan agir de la sorte, on pouvait se demander si elle avait bien intégré ce principe. Non, le retour en arrière était un concept idéalisé, une chimère qu'on rêvait de voir devenir possible, tout en étant conscient que cela n'arriverait pas. Tout au mieux on pouvait essayer de faire table rase du passé, mais les erreurs commises resteraient bien là, telles d'infimes cicatrices qui ne demanderaient qu'à réapparaître à la première occasion. Fallait-il alors simplement s'excuser pour enclencher ce processus ? Heather en doutait, mais elle ressentait le besoin de le faire. Et à vrai dire, elle ne savait pas quoi faire d'autre. Elle était bien consciente que l'heure des explications était venue, mais après toutes ces années, elle ne savait toujours pas comment réagir, peut-être même le savait-elle encore moins.

Ce qu'elle savait au contraire, c'était que ses excuses mièvres ne contenteraient nullement Lexie. Dans ce genre de situation on espère toujours que l'autre vous tombe dans les bras en vous pardonnant tout et que l'histoire se termine dans un flot de larmes et de rires. Mais honnêtement, en dehors des films romantiques pour adolescentes, peut-on réellement assister à une telle chose ? En tout cas Lexie semblait sereine et prête à écouter tout ce que l'autre rousse pourrait lui dire. Rien ne laissait donc présager des retrouvailles larmoyantes mais plutôt des explications claires et détaillées. Ce que Heather ne se sentait pas capable de faire, mais elle ne se plaignait pas. Elle ne lisait ni reproche ni colère dans le regard de la londonienne, ce qui était déjà un excellent point. Mais comme elle l'avait compris, les questions de Lexie n'étaient pas terminées. Peut-être ne faisaient-elles que commencer. Qui pouvait lui en vouloir, sincèrement ? Heather trouvait même cela légitime. L'ennui c'est qu'elle ne savait pas quoi dire, ni comment amener les choses de la façon la plus claire. Tous les détails de son départ se bousculaient dans sa tête, elle ne savait par où commencer et craignait que son récit devienne rapidement incompréhensible.

Et quand on y réfléchissait, il n'y avait pourtant rien d'extraordinaire dans son histoire, c'était peut-être ce dont elle avait le plus honte. Elle s'était emportée pour...rien ! Absolument rien. Des futilités qui semblaient à présent tellement dérisoires. Un coup de téléphone, le besoin de se changer les idées et de parler, un peu trop d'alcool entraînant une nuit dont elle n'avait plus vraiment tous les détails. Ce genre de choses arrivaient à beaucoup de gens. Rares étaient les idiots qui disparaissaient pour si peu pendant des mois. Quand elle aurait vidé son sac, Lexie se foutrait certainement d'elle, peut-être la sermonnerait-elle gentiment ou bien elle laisserait sa colère éclater. En tout cas, Lexie Preston était quelqu'un d'entier qui trichait rarement avec les sentiments. A présent, elle semblait disposée à écouter le récit de Heather et ne voulait pas la laisser filer avant qu'elle ait fini. La jeune fille n'avait donc d'autres choix que celui de se lancer.

« C'est parti de rien cette histoire, j'ai paniqué et j'ai voulu m'éloigner un peu de tout et de tout le monde. Je devais partir pour Paris, vous le saviez tous, c'était imminent. J'ai juste cru que partir plus tôt serait la meilleure chose à faire, pour des tas de raison. J'avais pas prévu de garder le silence aussi longtemps mais j'ai perdu le contrôle. »

Elle s'arrêta quelques instants, cherchant ses mots. Elle planta ses yeux bleus dans ceux de Lexie comme pour s'assurer qu'elle ne parlait pas dans le vide et que ce moment tant redouté était bien réel. Puis elle se dirigea doucement vers la banquette sur laquelle se trouvait la londonienne et vint s'assoir à côté d'elle, avec la même douceur, la même lenteur, comme si elle craignait mal agir. Les jambes serrées l'une contre l'autre, elle se tordait nerveusement les mains. Elle s'humecta les lèvres pour mieux se préparer à reprendre son récit et regarda de nouveau Lexie. Un fin sourire étira ses lèvres, mi-désolé, mi-amusé. Les mots ne demandaient qu'à sortir d'eux-même, et la personne qui lui faisait face attendait simplement qu'ils viennent. Alors pourquoi était-ce si compliqué ?

« Quand je suis partie pour l'Europe j'ai quitté mon petit-ami de l'époque, la distance et tout ça j'avais peur de ne pas pouvoir le gérer. » Elle butait parfois sur les mots et prenait son temps pour parler. Au départ elle s'était dit qu'elle devrait tout balancer d'une traite comme lorsqu'on arrache un pansement. Mais son récit aurait été incompréhensible et l'idée de devoir tout recommencer ne l'enchantait pas vraiment. « Enfin, il n'y avait pas que ça, mais bref. On a gardé contact, on s'appelait régulièrement. J'en ai jamais parlé pour beaucoup de raisons, l'histoire était plutôt compliquée. » Et elle l'était toujours songeait la rouquine au fond d'elle-même, bien que moins mélodramatique qu'à l'époque. « Et puis un jour je me suis rendue compte que je n'avais pour ainsi dire plus de nouvelles et j'ai voulu l'appeler. Je m'en suis mordue les doigts par la suite. Il était distant et indifférent au possible et ne cessait de me parler de la vie formidable qu'il menait à Lima. Mon ego en a pris un sacré coup, et je me suis rendue compte qu'après presque un an sans le revoir, j'avais encore du mal à tourner la page. Du coup je m'étais dit que je ne devais pas me laisser abattre et c'est comme ça que je suis arrivée chez vous avec une bouteille de vodka. »

Elle marqua une légère pause au souvenir de ces soirées mémorables qui les avaient menés dans tous les pubs de Londres, ces soirées entre filles devant un verre et un pot de glace, à rire de tout et à parler de rien. Cette soirée là aurait dû être comme toutes les autres, à la seule différence qu'elle ne voulait voir que Lexie et qu'elle aurait peut-être versé une ou deux larmes. Quoiqu'il en soit, rien ne s'était passé comme elle l'avait prévu.

« C'est JJ qui m'a ouvert et qui m'a dit que vous étiez parties je ne sais où Anna et toi. Mes plans étaient légèrement bouleversés, je ne me voyais pas discuter de mes problèmes de filles avec lui. Alors on s'est contentés de vider la bouteille tous les deux. Au bout d'un petit moment on s'est bien rendu compte qu'on avait forcé, un rien nous faisait rire, on tenait à peine debout, mais on continuait. Et puis je l'ai embrassé. A ce moment-là ça me paraissait clair dans ma tête, je voulais juste me venger de l'autre et lui prouver que moi aussi je pouvais passer à autre chose. Quand on y pense c'est fou ce qu'on peut être bête avec un verre de trop. » Un rire nerveux s'échappa alors de sa gorge avant qu'elle reprenne. « Pour la suite je ne te fais pas dessins, et JJ a dû te raconter une partie de l'histoire je pense. »

La fin était certainement la plus difficile à avouer. Heather ne s'était pas enfuie, car ici le terme n'était pas exagéré, à cause de quelconques sentiments non partagés. Elle considérait Joachim comme un ami, et cette histoire ne révélait pas des sentiments enfouis au plus profond d'elle-même. Il n'y avait, une fois encore, que dans les comédies romantiques qu'on trouvait pareil scénario. Elle avait eu honte, oui, et l'attitude plus qu'indifférente de l'anglais le lendemain l'avait mise en colère, oui. Elle avait été vexée, sans aucun doute. Mais s'il n'y avait eu que JJ elle aurait simplement pris ses distances avec lui. Inutile de quitter le pays pour si peu, même si elle avait eu particulièrement honte.

« Quand j'ai réalisé ce qu'on avait fait, j'ai vraiment eu honte de moi. Vous aviez fait l'effort de m'intégrer dans votre groupe et l'idée que vous puissiez me prendre pour une fille facile m'était insupportable. Je ne sais pas pourquoi, mais cette hypothèse m'a traversé l'esprit. Et puis...j'avoue que j'ai eu peur de ta réaction. J'ai eu peur que tu prennes la défense de JJ, que tu sois déçue de mon comportement et que tu te mettes en colère. Quitte à te mettre en rogne, quitte à te décevoir je préférais le faire le plus loin possible. En deux jours, j'avais trouvé un tas de raison de partir, de me déconnecter un peu. Je crois que j'ai légèrement pété les plombs. Je m'étais dit que je vous appellerais une fois à Paris. Et puis j'ai eu la trouille, ensuite j'ai oublié et plus le temps passait plus je me disais que ça ne servait plus à rien... »

Heather passa alors une main contre son visage et éclata de rire. Un rire nerveux, comme le précédent, qu'elle n'avait pu retenir tant la situation lui semblait plus ridicule encore maintenant qu'elle déblatérait toute son histoire.

« C'est totalement débile ! » lâcha-t-elle lorsqu'elle réussit à retrouver son calme, à peine quelques secondes plus tard.

Oui, l'histoire n'était pas si longue que ça, comme toutes les histoires de ce genre et elle frisait le ridicule. Mais c'est le propre de toutes les erreurs. Heather tourna de nouveau la tête vers Lexie, espérant avoir répondu à certaines de ses questions et espérant plus que tout avoir fait un pas vers la rédemption.
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MessageSujet: Re: 01. What can you say, after a so long time ?   01. What can you say, after a so long time ? EmptyJeu 1 Mar - 0:09

Lexie fixait Heather sans gêne ou retenue, laissant ses prunelles parler pour elle et montrer à l'autre rouquine que tout ce qu'elle disait était vrai. Elle ne lui en avait jamais voulu -ou du moins, pas assez pour s'en souvenir- et surtout, surtout, elle avait grand besoin d'explications. La petite Preston était d'une curiosité que d'aucun qualifierait de maladive et, bien qu'elle ne soit absolument pas une scientifique dans l'âme et qu'elle se complaisait dans le joyeux désordre qu'était son existence, quand il s'agissait des êtres humains et de ses rapports avec eux, la jeune femme avait une attitude très analytique. Elle se targuait d'être une experte en décodage du langage corporel et trouvait toute étude sur la communication fascinante. Elle adorait entendre les récits des gens, comprendre leurs motivations. Elle avait beau s'en plaindre, mais les confidences et les épanchements lui plaisaient, voire la touchaient. Son amour inconditionnel pour les romans de Tolstoï, Austen, les pièces de Shakespeare et les films de Woody Allen s'expliquait par ce besoin quasi irrationnel de saisir les émotions, de les comprendre, les cerner pleinement. Cela expliquait peut-être son amour pour l'art, forme d'expression de soi des plus abouties. Entourée de ces tableaux à moitié décrochés, dans cette galerie pleine de problèmes et d'avenir, Lexie sentait que c'était le moment idéal pour que tout soit mis au clair avec Heather.

Bien entendu, elles ne repartiraient pas comme en quarante, bras dessus, bras dessous à rire grassement en buvant des bières ou à courir les rues à la recherche de la bonne paire de chaussures. Son amitié avec la jolie rousse s'était construite de petits riens, de quelques private jokes, de sourires en coin, de regards entendus et de petites scènes du quotidien. C'était une amitié de circonstance, qui s'était épanouie dans la vie de tous les jours et la question était de savoir si elle pouvait renaître de ses cendres dans une ville différente. Alors qu'elle était des personnes un tantinet différentes. Pouvaient-elles créer de nouveaux liens ici, dans cet endroit qui semblait parfois absorber toutes les énergies et vous envoyer votre passé encore brûlant au visage? Peut-être...

Heather lui fit une brève introduction, sans s'attarder dans les détails. Elle lui brossait le tableau avant d'entrer dans le vif du sujet. La galeriste attendit patiemment, la regarda avec le pus de calme possible. Nerveuse, agitée, Heather vint finalement s'asseoir près de son amie, avec cette grâce, cette élégance désinvolte qui la caractérisaient. Elle mit du temps à se lancer, comme si elle préparait mentalement ce qu'elle allait dire, qu'elle pesait d'avance son discours. Lex répondit à son sourire délicat, tenter de l'imiter. Mais la londonienne avait une certaine brusquerie qui ne lui permettait pas de manier ses expressions avec finesse et subtilité et le sourire fut franc, presque agressif sans doute. Néanmoins, la jeune femme trouva le coeur d'entamer son récit, que la jeune Preston écouta avec soin ses yeux plantés dans les siens, enregistrant le moindre trémolo dans sa voix et tous les tremblements de ses mains. Doucement, prenant son temps pour bien s'expliquer, son ancienne amie lui dévoila la fameuse pièce manquante que la grande rousse avait tant cherché. Elle aurait presque pu s'arrêter là. Le reste, JJ le lui avait partiellement raconté et elle le devinait. Mais c'était ça, c'était ce petit ami dont elle n'avait jamais entendu parler qui donnait un sens à tout le reste. Le point de départ, la motivation, ce que Lexie passait son temps à essayer de trouver. Elle avait raison d'être aussi entêtée, du moins le pensait-elle, car les comportements des êtres humains peuvent toujours s'expliquer. D'une façon ou d'une autre.

La suite de l'histoire lui fut néanmoins contée et elle écouta avec la même attention, d'abord pour ne pas être impolie, ensuite pour s'assurer qu'elle n'avait en effet éludé aucun élément. L'ex. La prise de conscience. La vodka. JJ. La fameuse nuit. La honte. La peur. La panique presque. La fuite. La lâcheté. Comme elle le disait elle-même dans un éclat de rire nerveux, quand on prenait un peu de perspective sur l'ensemble, c'était un raisonnement bancal et un peu idiot. Lexie Preston n'était pas franchement de celles qui jugent pour s'être abandonnée à un coup d'un soir. Elle n'était pas du genre à être jalouse des filles qui passaient dans le lit de son meilleur ami, sinon elle aurait de quoi s'énerver pour toute une vie. Elle était compréhensive, loyale, franche. Evidemment, elle les aurait peut-être un peu taquiné. Enfin surtout JJ. La londonienne n'était pas sans savoir qu'Heather était plus sensible et... délicate que le reste de leur bande débridée. Anna aurait peut-être fait une remarque condescendante, eu un rire mal venu, gratifié Heather et Joachim d'un de ses regards glaçants. Encore que. L'aînée des Preston était tout aussi imprévisible que les autres. Mais ce qui était fait était fait, il ne servait à rien de se lamenter sur la façon dont les choses auraient dû être faites. Il était inutile de s'échanger des « Tu aurais pu m'en parler tu sais. » ou des « Je suis tellement désolée, c'est trop dommage. » C'était fait. Lexie avait eu ses réponses.

Elle sourit donc une nouvelle fois, avec une certaine malice et de la bonne humeur. La jeune femme prit son amie dans ses bras et la serra contre elle quelques instants, comme pour se souvenir de ce qu'elles avaient, se rappeler pourquoi elles avaient été proches. Elle défit son étreinte rapidement, se leva d'un bond agile et parla enfin « Bien. Je comprends. Le déni, la couardise, la fuite en avant, c'est un peu ma spécialité. » Nouveau regard taquin et sourire en coin. « Mais je n'ai pas envie de ressasser de vieux fantôme, alors allons déjeuner et tu vas me raconter un peu ce que tu as fais depuis le temps qu'on ne s'est pas vues ! » Joignant le geste à la parole, Lex laissa les toiles en plan, envoya un bref texto à sa soeur pour lui dire de venir s'occuper de la boutique, prit son sac et claqua la porte. Cette journée s'annonçait plus prometteuse que prévue.
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