Choriste du mois


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 02. Oh well, whatever, never mind.

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MessageSujet: 02. Oh well, whatever, never mind.   Dim 22 Jan - 0:26

Affalé sur une banquette pas le moins du monde confortable, Damon attrapa d'une main tremblante le verre qui reposait sur le bord de la table dans un équilibre quelque peu précaire. Il termina son whisky en une gorgée, grimaçant à peine lorsque le liquide passa sa gorge jusqu'à son estomac vide. Il n'avait encore une fois rien avalé de la journée, mis à part de l'alcool et quelques comprimés d'ecstasy, mais cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'il ne ressentait plus la sensation de faim. Il avait conscience de se ruiner la santé, de dépérir peu à peu, mais il s'en fichait. Plus rien ne comptait vraiment pour lui. Il n'avait ni avenir, ni but dans la vie. La seule personne qui avait réellement de l'importance était Candice, mais elle était tout aussi perdue que lui dans cette spirale infernale, et en aucun cas elle ne souhaiterait le voir s'assagir et arrêter cette vie de débauche. Les autres ne comptaient pas. Sa sœur, sa mère, ses anciens amis. Tous ces gens n'avaient plus aucune espèce d'importance pour lui. Il était seul, parfois accompagné de Candice, mais toujours errant dans ce monde qu'il avait choisi de rejoindre, le but étant toujours le même : s’enivrer et prendre des substances illicites jusqu'à oublier ses soucis, cette vie sans aucun intérêt et cette douleur lancinante dans sa jambe.

Ses lèvres se posèrent de nouveau sur le verre mais il se rappela qu'il était vide. Il se leva difficilement, manquant de s'étaler sur la table sale, et tituba vers le bar. De son regard flou, il chercha des yeux le serveur, Rick, sans succès. Passablement énervé – il n'avait pas encore assez bu – il fit claquer le verre vide sur la surface de bois, plus fort que prévu puisqu'il se brisa en tout petits morceaux dont certains virent se loger dans le creux de sa paume. Damon lâcha un grognement tout en clignant des yeux pour réussir à discerner la gravité de la blessure. « Bordel, Moon, qu'est-ce que tu as encore foutu ?! » La voix de Rick lui fit relever la tête un peu trop rapidement et il dut serrer les dents lorsqu'il sentit le malaise lui vriller les tempes. « Ta gueule, Rick. File moi un autre double whisky, et une put*in de serviette. Et ne me dis pas que j'ai trop bu, je te paye alors tu te la fermes. »
Le barman se contenta de lever les yeux au ciel en grommelant avant de le servir. Damon avala la moitié de son verre puis enroula tant bien que mal le tissus autour de sa main ensanglantée. Il termina l'alcool et pointa le verre du doigt. « Mec, sérieusement, je ne suis pas sûr que... » Damon se redressa brusquement et attrapa dans son poing le tee-shirt de l'homme. « Ecoute moi bien, Rick, » commença-t-il d'une voix traînante, « Tu me sers, et tu te tais. Et si jamais tu envisages d'appeler ma sœur, je peux t'assurer que tu le regretteras. » Lâchant sa prise, Damon tapota l'épaule du serveur avant de lui adresser un sourire légèrement menaçant. « Je vais aller m'assoir et tu vas gentiment m'apporter mon verre. » Sur ses dernier mots, il slaloma entre les autres ivrognes qui l'entouraient, bousculant certains d'entre eux sans prendre le temps de s'excuser. Il retrouva sa place initiale et s'y laissa tomber. Glissant sa main dans sa poche, il en sortit un petit sachet contenant son tout dernier comprimé de drogue. Il hésita quelques secondes à le prendre maintenant, sachant que la soirée ne faisait que commencer, mais il posa vite le cachet sur le bout de sa langue, se servant du verre que Rick venait de poser devant lui pour l'avaler. Dans peu de temps, il se sentirait mieux. L'ecstasy ferait disparaître les derniers sentiments négatifs qui lui donnaient envie de mettre son poing dans la figure du premier venu, et la douleur vive qui se dégageait de sa main ne serait plus qu'un mauvais souvenir.

Soupirant, Damon se saisit de son téléphone portable et composa le numéro de Candice. Il s'ennuyait profondément ; aucune fille potable (ou avec laquelle il n'avait encore jamais couché) ne se trouvait à portée de mains et même s'il savait qu'il y avait peu de chance que Candice lui dise enfin oui à ce sujet, il aurait au moins quelqu'un avec qui se saouler jusqu'au bout de la nuit. Ce ne fut que lorsqu'il tomba sur son répondeur qu'il se rappela qu'elle passait la soirée à l'une de ces soirée de riches bien chiantes où son père la forçait à se montrer. Lançant son téléphone à travers la table, Damon reprit une rassade de whisky avant de parcourir du regard la salle à moitié pleine. La drogue commençait à faire effet et Damon savait que dans ces moments là il était moins regardant sur le physique des filles. Justement, une jolie rousse à la poitrine plus qu'attirante dans ce débardeur bien trop décolleté retint son attention. Son regard croisa le sien et Damon se contenta de lui adresser son sourire le plus séducteur et de pencher légèrement la tête enfin de l'inviter à sa table. Visiblement, il n'avait pas perdu de son charme puisque la jeune fille se dirigea directement vers lui. Le regard de Damon se perdit sur ses longues jambes nues avant de remonter juste au-dessus de la minuscule jupe noire, au niveau de ses hanches qu'elle roulait sans honte. Une fois à sa hauteur, la jolie rousse montra du doigt la banquette et murmura un « Je peux ? » sur un ton tout à fait adorable. Damon ne prit même pas la peine de lui répondre. Il saisit les hanches de la jeune fille et l'attira à lui avant de l'embrasser. Il se fichait bien de son nom et du reste. Elle n'était là que pour égayer sa soirée. Il savait pertinemment que Rick allait venir le foutre dehors s'il continuait à agir comme si la rouquine et lui étaient seuls, mais il s'en moquait tout autant. Cela, au moins, mettrait un peu de piment dans cette soirée mortellement ennuyeuse.
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MessageSujet: Re: 02. Oh well, whatever, never mind.   Mer 25 Jan - 22:10

Comme toute célibataire endurcie, après une dure journée de travail, Alanis avait pour habitude de se gaver de séries jusqu’à une heure avancée dans la nuit. Educatrice spécialisée, elle n’avait pas choisi une carrière facile. Même si elle se gardait bien de s’épancher à ce sujet, elle déplorait le fait de ne pas avoir un petit ami, qui l’attendait à la maison quand elle rentrait tard. Bien sûr, elle pouvait compter sur son chat - affamé - pour venir se frotter dans ses jambes dès qu’elle franchissait la porte d’entrée de son appartement. Ceci étant, la solitude pouvait s’avérer pesante. Aussi, après avoir pris une douche, et un dîner sur le pouce, elle était tombée d’épuisement sur son canapé. Elle avait épluché le programme télé, et avait porté son choix sur une série qu’elle affectionnait tout particulièrement : Les Desperate Housewives.

Même si elle avait vu et revu les épisodes un nombre incalculable de fois – au point de connaître par cœur certaines répliques particulièrement cinglantes de ses héroïnes préférées – elle savait que cette activité lui permettrait de se déconnecter pour quelques heures de la routine qu’était devenue son quotidien. Métro, boulot, dodo.
Confortablement installée, un plaid lui recouvrant les jambes, elle tenait un verre de vin d’une main, et caressait son chat de l’autre. C’était à ce moment là qu’elle entendit son téléphone sonner.

Elle lança un regard désabusé à la pendule accrochée au mur de sa cuisine. Il était minuit passée. Ce devait être un coup de fil de la plus haute importance – qui avait peut-être un rapport direct avec son travail – mais l’éducatrice décida de faire la sourde oreille, complètement absorbée dans sa série. Peu lui importait la raison de cet appel, il ferait jour le lendemain, et son interlocuteur n’avait qu’à lui laisser un message. Mais ce dernier la relança à plusieurs reprises, et face à autant d’instance elle se résigna à se lever et à aller chercher son portable. Elle poussa délicatement son chat pour le faire déguerpir de ses jambes, qui lâcha un miaulement boudeur au passage, et se rendit dans le couloir d’un pas nonchalant.

Qui que soit son interlocuteur, il allait l’entendre. Ce n’était pas des heures pour passer des coups de fil. Elle attrapa son sac à main, et en sortit son Iphone. Elle reconnut immédiatement l’identité de la personne qui cherchait à la joindre depuis près d’une demi-heure. Damon Moon. Un de ses anciens jeunes, comme elle aimait les appeler. Elle avait suivi cet adolescent difficile jusqu’à ce qu’il atteigne la majorité. A présent âgé de vingt et un ans, Alanis n’était plus responsable de lui. Pour autant, Damon était loin d’en avoir fini avec ses vieux démons. La jeune éducatrice essayait de garder un œil sur lui de loin. La sœur du jeune homme l’avait informée récemment qu’il ne s’était toujours pas acquitté de sa dépendance à l’alcool. Aussi, Alanis décrocha son portable avec appréhension.

Première surprise, l’homme qui était au bout du fil n’était pas Damon. Il se présenta comme étant un certain Rick, serveur au cabaret. Perplexe, la jeune femme lui demanda quelle était la nature du problème, même si elle s’était déjà fait sa petite idée. Rick l’informa que Damon était ivre mort, et que son comportement commençait à être inapproprié dans un établissement de standing, tel le cabaret de Lima. Il poursuivit en lui intimant que les videurs l’avaient mis dehors de force, et qu’il était très inquiet à l’idée de que le jeune adulte ne prenne la route pour rentrer chez lui. Alanis l’écouta sans piper mot, et n’ouvrit finalement la bouche que pour remercier ce Rick de l’avoir prévenue.

Elle raccrocha en lâchant un profond soupir. Sa petite soirée série semblait largement compromise. Elle se rendit jusqu’à son dressing, où elle attrapa les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main, les enfila dans la hâte, et sauta dans sa voiture pour prendre la direction du cabaret. Par chance, elle ne vivait pas très loin. En même pas dix minutes, elle arrivait sur le parking de l’établissement, et fut soulagée de voir que le véhicule de Damon était toujours stationné. Au moins, il n’avait pas eu le temps de prendre la route, c’était déjà un bon point. Essayant de dissimuler son stress, elle se dirigea jusqu’à la devanture du cabaret. Damon était là, en train d’en découdre avec l’un des videurs. Apparemment, il avait du mal à digérer le fait qu’il ait été mis dehors sans ménagements, et refusait de quitter les lieux tant qu’il n’aurait pas récupéré son téléphone.

Ni une, ni deux, Alanis s’interposa entre les deux hommes avant que la situation ne dégénère de manière fâcheuse. « Bonsoir monsieur, je vous prie d’excuser ce jeune homme. Je suis son éducatrice. Cet écart de conduite ne se reproduira plus. » Elle conclut son discours en lançant un regard charmeur au molosse qui gardait l’entrée, puis reporta son attention sur Damon. « Suis moi. » se contenta-t-elle de dire à son ancien protégé.

S’il espérait s’en sortir à si bon compte, il se mettait le doigt dans l’œil. Car si Alanis semblait avoir réussi à le préserver d’une bagarre avec le videur, elle avait bel et bien l’intention de lui passer un savon.
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MessageSujet: Re: 02. Oh well, whatever, never mind.   Dim 5 Fév - 17:58

Tout s'était passé beaucoup trop vite. Il venait de glisser ses mains sous la jupe de la rousse au décolletée de rêve, savourant le contact de sa peau nue sous ses paumes, quand Rick, accompagné du colosse qui gardait l'entrée du cabaret, lui avaient sauté dessus, emportant la fille et son corps parfait loin de lui. En moins de temps qu'il ne lui avait fallu pour crier une ou deux insultes, il s'était retrouvé dehors, dans le froid hivernal, vociférant jurons sur jurons à un vigile visiblement insensible face à son comportement. Il n'avait pas envie de rentrer chez lui. Il était encore tôt, du moins pour lui, et l'idée même de finir la soirée sous le regard accusateur de sa sœur lui donnait la nausée. Bien décidé à prolonger sa soirée dans un endroit plus accueillant, Damon se dirigea vers sa voiture tout en cherchant à tâtons son téléphone portable. Il n'avait aucune idée d'où aller. L'alcool et la drogue qui avaient à présent pris entièrement possession de son organisme, l'empêchaient de réfléchir correctement et il avait donc besoin d'une aide extérieure pour se sortir de ce moment de solitude. Pourtant, il avait beau fouiller ses poches encore et encore, aucune trace de son téléphone. Il s'arrêta au milieu du parking, son cerveau fonctionnant à plein régime – du moins au maximum de ce que son état lui permettait – avant de se retourner brusquement. Il courut plus qu'il ne marcha vers l'homme qui gardait la porte, la rage l'aveuglant presque. « Rends-moi mon téléphone, connard. » Le colosse resta impassible, ne prenant même pas la peine de lui adressa un coup d'oeil. Sentant la colère monter en lui et poussé par une montée d'adrénaline qui l'empêchait de réfléchir, Damon laissa son poing rencontrer le visage imperturbable du vigile. Ce fut lorsque l'homme lui jeta un regard assassin que Damon se rendit compte de son erreur. Pourtant, il ne recula pas, et ouvrit les bras, invitant son adversaire à un combat qu'il savait perdu d'avance mais qui le mettait dans un état d'euphorie auquel il ne pouvait résister. « Allez viens ! Qu'est-ce que tu attends ? Viens ! Je ne partirais pas tant que je n'aurais pas mon téléphone. Si je dois te casser la gueule pour ça, je le ferais.» Damon ressentait déjà le plaisir que ce combat à mains nues allait lui procurer, et c'était avec impatience qu'il attendait le premier coup, près à l'éviter.

Pourtant, rien ne vint. Ou plutôt quelqu'un s'interposa entre eux, sorti de nulle part. Alanis Velasco, son ancienne éducatrice. La seule personne qui lui avait plus ou moins donné envie de s'en sortir, avant que tout ne s'écroule de nouveau. Damon observa, interdit, Alanis flirter avec le vigile qui recula légèrement tout en lui rendant son sourire. Damon le savait mieux que quiconque, personne ne pouvait résister à la jeune femme, et le colosse qui, quelques minutes plus tôt, s'apprêtait à lui refaire le portrait, ne faisait pas non plus figure d'exception. Damon resta silencieux tandis qu'Alanis lui intimait de le suivre, obéissant à la jeune femme, la tête baissé et le regard fixé sur le bout de ses chaussures. Il avait honte. Que sa sœur vienne le chercher était une chose. Peut importait la colère qu'elle éprouvait, il était son frère, et malheureusement pour elle elle n'avait pas vraiment le choix. Pour Alanis, c'était différent. Deux années durant, la jeune femme avait tenté de l'aider, de le faire sortir de cette spirale infernale dans laquelle il s'était peu à peu perdu. Elle avait presque réussi, mais il avait passé l'âge légal pour se faire suivre par quelqu'un comme Alanis et se retrouver de nouveau seul, loin de ses conseils et de ses encouragements n'avait fait qu'augmenter ses dépendances. Depuis, Damon l'évitait comme la peste. Lorsqu'il la croisait dans Lima, il changeait de trottoir ou se cachait derrière une voiture, incapable de supporter l'idée qu'elle le voit ainsi, un garçon détruit, pâle copie de ce qu'il avait pu être par le passé. Il pensait même qu'elle l'avait oublié. Il n'était rien d'autre qu'un énième dossier pour elle après tout. Des garçons comme lui, elle en voyait des dizaines par semaine, et il n'était pas plus exceptionnel qu'un autre, au contraire. Et pourtant elle était là, à pratiquement une heure du matin, trop peu habillée pour affronter une nuit si froide comme si elle avait mis les premiers vêtements qu'elle avait trouvé juste pour venir le sortir du pétrin dans lequel il s'était fourré et qu'il méritait amplement.

Damon l'observa du coin de l'oeil. Elle ne le regardait pas, se contentant de marcher d'un pas vif et décidé vers ce qui semblait être sa voiture. Retenant un soupir, Damon s'arrêta et s'éclaircit la gorge. Qu'était-il en train de faire ? Qu'il décide de foutre sa vie en l'air était une chose, c'était son problème et il pouvait faire ce que bon lui semblait après tout. Mais impliquer des personnes innocentes, surtout quelqu'un comme Alanis ? Non, il en était hors de question. « Mademoiselle Velasco ? Je pense que vous pouvez me laisser ici. Je vous promets que je vais juste aller à ma voiture et rentrer chez moi. » Bon, c'était une demie vérité, parce qu'il était hors de question qu'il retourne tranquillement chez lui. Il avait besoin de boire. Et probablement de fumer un ou deux joints. Mais ça, la jeune femme n'était pas obligée de le savoir. Avant qu'elle n'ait le temps de prendre la parole, il ajouta sur un ton assuré qui le surpris lui même : « Je suis désolé que vous vous soyez dérangée pour moi. Je vous promets d'effacer votre numéro de mon téléphone. Si je le récupère un jour... » Il se balança d'une jambe sur l'autre, soudain mal à l'aise face au regard perçant de son ancienne éducatrice. « Bon bah... Bonne soirée ! » Il se retourna, bien décidé à rejoindre sa voiture avant que la jolie brune ne l'en empêche.
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MessageSujet: Re: 02. Oh well, whatever, never mind.   Dim 8 Avr - 21:03

S’il y avait bien une chose qu’Alanis avait compris, c’était que les jeunes femmes qui avaient la chance d’être gâtées par la nature pouvaient aisément obtenir ce qu’elles voulaient, d’un simple sourire ou d’un simple regard. D’ailleurs pour s’extirper des situations difficiles, la latino n’hésitait pas à dégainer l’une ou l’autre de ces deux armes redoutables. Pour obtenir la clémence du policier qui l’avait surprise en train de téléphoner au volant, ou pour que son voisin l’aide à monter ses sacs de courses jusqu’à son appartement, situé au dernier étage d’une bâtisse ancienne et dépourvue d’ascenseur. Alanis était consciente de l’attraction qu’elle pouvait exercer sur les hommes, et son pouvoir de séduction s’avérait d’une grande utilité dans sa vie de tous les jours. Aussi, elle n’avait eu besoin que d’un battement de cils pour détourner l’attention du videur qui était prêt à en découdre avec Damon, devant les portes du cabaret.

De toute évidence, ce dernier ne s’attendait pas à voir débarquer son ancienne éducatrice, à en juger par l’expression de stupeur qui s’était ébauchée sur son visage juvénile, mais néanmoins marqué par toutes les épreuves qui avaient jalonné sa courte existence. Damon Moon, adolescent rebelle et inflexible avait été placé sous la responsabilité d’Alanis pendant plusieurs années. Même si la brune s’était heurtée à toutes les difficultés du monde pour établir un dialogue et pour tisser une confiance avec cet écorché vif, elle était passé outre la mauvaise volonté du jeune homme et son acharnement avait fini payer. Au fil du temps, elle avait su gagner son respect cela lui avait permit d’influencer certains de ses choix de vie. Alanis l’avait convaincu que trouver un emploi l’aiderait à se reprendre en main. Néanmoins, elle n’était pas parvenue à le soustraire à sa dépendance à l’alcool et aux substances illicites.

Tout juste majeur, Damon n’était plus tenu de se faire suivre par un éducateur . Cela faisait déjà plusieurs semaines qu’il avait quitté le centre dans lequel travaillait la brune et qu’en outre, il ne lui donnait plus de nouvelles. Cependant, Alanis en obtenait facilement de la bouche d’Ashandra, qu’elle croisait régulièrement à l’église le dimanche matin. Cette dernière l’avait informée de la spirale infernale dans laquelle s’était engouffré son petit frère, dont l’existence se résumait aux soirées alcoolisées, à la débauche et à la violence. Désemparée, l’aînée des enfants Moon avait fini par demander à Alanis de contacter Damon. A plusieurs reprises, la latino avait essayé de lui téléphoner, mais le jeune homme n’avait jamais daigné répondre à ses appels. Elle était même allée jusqu’à se présenter au garage Hummel dans l’espoir de le croiser, et avait échangé quelques mots avec le patron de l’établissement. En discutant avec Kurt, Alanis avait appris que son protégé ne se rendait plus sur son lieu de travail, et qu’il risquait de perdre ce poste qu’il s’était échiné à obtenir.

Etait-ce l’alcool qui le rendait docile, ou bien était-il intimidé par la présence d’Alanis ? Peut-être un mélange des deux. En tout cas, Damon n’avait pas objecté l’ordre que la brune lui avait donné et en silence, ils marchaient côte à côte sur le parking. La jeune femme avait du mal à dissimuler sa colère. Aussi, elle se retranchait dans le mutisme, par crainte que des paroles peu amènes ne s’échappent de ses lèvres. Damon la décevait au plus haut point ; elle avait l’impression d’avoir perdu son temps avec lui, mais en fin de compte, ce qui la peinait le plus, c’était son impuissance face à sa détresse. Alanis était très attachée à Damon – comme à tous les adolescents qu’elle avait aidé dans le passé – et le voir se fourvoyer de cette manière la désespérait.

Même si elle ne prononçait pas le moindre mot, son visage devait trahir son exaspération. Puisque lorsque le jeune adulte brisa le silence, il s’amenda pour sa conduite et promit à la brune d’effacer ses coordonnées de son répertoire. Son regard croisa pendant quelques secondes celui d’Alanis. Puis il fit volte face et s’avança vers son véhicule, déterminé à rentrer chez lui par ses propres moyens, comme il l’avait dit quelques secondes plus tôt. L’éducatrice lâcha un soupir d’agacement, et pressa le pas pour l’intercepter. « Parce que tu te crois capable de rentrer chez toi en voiture ? » s’exclama-t-elle en s’agrippant à son bras. « Tu n’y arriverais même pas en marchant, vu la façon dont tu titubes ». Elle l’observa un moment. L’expression courroucée de son regard s’atténua progressivement. « Je ne te laisserais pas faire, Damon. Tu as encore besoin de moi, même si tu es considéré comme un adulte aux yeux de la loi. Et même si c’est trop dégradant à admettre pour toi. Alors, tu vas me faire le plaisir de t’asseoir dans ma voiture, sans faire d’histoires. » Le ton d’Alanis était dépourvu d’agressivité, mais son discours était ferme. C’était là toute la difficulté de son travail d’éducatrice ; trouver un juste milieu pour instaurer un climat de confiance avec ses jeunes, tout en faisant en sorte de conserver une certaine distance pour qu’ils respectent son autorité.
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MessageSujet: Re: 02. Oh well, whatever, never mind.   

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