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 02. [Pension Preston] Like it Rough

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MessageSujet: 02. [Pension Preston] Like it Rough   Mar 24 Jan - 1:16

Le bruit du verre se fracassant contre les dalles du sol de la salle de séjour résonna presque avec mélodie aux oreilles de la jeune femme. Presque. Anna baissa les yeux puis releva la tête en secouant les mèches de sa frange, la scène se déroulant pour elle presque au ralenti.
En face d'elle se trouvaient Timothy et Samuel, en train de rire aux éclats. Un peu plus à droite, Lexie, Charlie, et Maddie s'évertuaient à décoiffer un Porter hilare, tandis que Santana et J.J semblaient plongés dans un débat existentiel à l'autre bout de la pièce, si l'on en croyait l'éclat de leur voix et l'animation de leurs visages.
Une fois de plus, l'aînée des Preston faisait bande à part.
En temps normal, elle s'en serait moqué, sachant pertinemment que l'un des pensionnaires finirait par remarquer son mutisme et viendrait la secouer avec une tendre brusquerie afin de s'assurer qu'elle ne perde pas une miette de l'amusement général.
Mais ce soir, la seule personne qui aurait pu, non, qui aurait DU lui arracher un sourire, se fichait éperdument d'elle, c'était du moins ce qu'elle avait décidé de penser.
La jeune femme avait passé sa journée à attendre cette soirée. C'était la première qu'ils auraient l'occasion de passer ensemble depuis des semaines -le reste des pensionnaires ne comptait même plus comme des intrus-, chacun d'eux ayant eu fort à faire ces derniers temps avec leurs occupations professionnelles et personnelles, Timothy oscillant entre son job au lycée et ses projets musicaux et Anna jonglant entre The Gallery et les obligations de l'entreprise familiale.
Elle avait senti l'agitation monter en elle toute l'après-midi et s'était montrée carrément insupportable à la galerie, J.J ayant même dû expressément lui demander de se calmer, sous peine de l'arroser à coup de mousse d'extincteur. Il savait pour sûr comment gérer une Preston puisque la petite rousse s'était ensuite tenue tranquille, trépidante et bouillonnante sous un calme apparent certes, pour le reste de la journée.

Quand elle avait ouvert la porte d'entrée pourtant, tout émoi avait disparu.
Elle aurait du le savoir, le sentir venir. Rien ni personne ne pouvait jamais le convaincre de passer aux soirées de la Pension Preston, surtout pas Anna. Il trouvait toujours le moyen de lui reprocher sa connivence avec J.J, son attitude aguicheuse avec Porter, ou des détails encore plus stupides comme le nombre de cigarettes qu'elle lui avait laissées ou la marque de bière qu'elle avait achetée.
Rien ni personne donc, sauf Samuel Youngblood, qui ce soir là, arborait fièrement sa mine suffisante la plus insupportable. Il n'était là que pour les beaux yeux de Madeleine et pour la perspective de boire des coups gratuitement en compagnie de son meilleur pote, avec la possibilité par ailleurs de s'effondrer sans risque de devoir reprendre le volant sur le premier canapé libre de la maison, et Dieu savait qu'il y en avait toujours un quelque part. Anna jugeait donc que la soirée commençait mal.
Elle les avait à peine salués, s'effaçant immédiatement pour les laisser passer et s'enfilant à leur suite dans le hall de la pension, jusque dans le grand séjour/salle des fêtes/tripot digne de la Prohibition où la soirée battait déjà son plein.
Immanquablement, ils attirèrent tous les regards, notamment ceux de sa nouvellement rousse colocataire, qui eut cependant assez d'esprit pour ignorer ces deux-là et s'en retourner à ses activités, c'est à dire le nouveau look capillaire de Mr Rhett.
Anna fit bien une tentative du côté de Lexie, mais au moment même où elle s'apprêtait à déverser sa rage grandissante sur sa petite soeur bienveillante, le téléphone de cette dernière sonna -certainement Wyatt- et l'aînée des Preston partit se réfugier dans la cuisine, non sans jeter un dernier regard courroucé à l'objet de sa colère.
Ses mains tremblèrent quand elle se versa le premier verre de brandy. Peuh, encore une sale habitude qu'elle tenait de Mr Preston. Il n'y avait que lui pour boire ce truc infâme et bien évidemment, qu'elle pour hériter de cette habitude. Lexie, elle, avait hérité de son goût pour les courses de lévriers, beaucoup plus chic et moins dangereux pour la santé direz-vous, quoique, mais Anna se contentait de supporter avec une ardeur toute guerrière son équipe de football préférée en sirotant quelques verres de cet alcool qu'elle-même jugeait infect.

La jeune femme en était à son quatrième verre en moins d'un quart d'heure quand elle réapparut dans la salle commune, le troisième venant d'être avalé d'un seul trait dans la cuisine. Et c'est ce quatrième verre qui vint s'écraser sourdement contre le sol, lorsqu'Anna, incapable de se maîtriser plus longtemps, remarqua une fois de plus avec aigreur l'incroyable complicité qui liait les deux jeunes hommes tandis qu'ils se moquaient sans la moindre retenue de la troupe de coiffeuses du dimanche.

-Bloody Hell, pesta-t-elle de son accent le plus britannique.

Elle ne chercha même pas à atténuer les dégâts, non plus à les réparer, mais se contenta de tourner les talons avant gravir les marches des escaliers quatre à quatre.
Elle ne s'arrêta qu'à l'avant-dernier étage, là où se trouvaient les chambres des filles et claqua avec fracas la porte de la salle de bain, poussant le loquet d'un coup sec. Elle s'avança vers le lavabo et appuya ses bras sur le rebord en soupirant bruyamment, elle tourna les deux robinets à fond, avant de dégager ses cheveux pour observer son visage dans le miroir, tandis que la vapeur d'eau chaude envahissait la pièce.
Quelle mouche venait donc de la piquer encore ?

Le bruit sourd d'un coup contre la porte et son prénom prononcé par une voix familière, hésitant entre la colère et la supplication, la firent se retourner.
Maintenant, il se rappelait qu'elle existait...

-C'est occupé, Ainsworth, et ça va l'être encore pour un petit moment. Tu ferais mieux de retourner en bas voir si tu ne manques à personne...
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Like it Rough   Mer 1 Fév - 14:13

Pendant près de cinq minutes Timothy s'était contenu de rire, moins pour déranger les voisins inexistants que pour signifier sa présence parasite et médisante. Mais c'était cinq minutes de trop, et le rire qu'il échappa n'avait rien de discret, malgré tous les efforts qu'il fournissait pour masquer son hilarité. Il ne savait pas vraiment pourquoi ce fou rire, si c'était l'humour vaseux de Samuel, l'effet inhibiteur de l'alcool, ou le ridicule du spectacle que lui offraient Madeleine, Charlie et Santana, mais toujours était-il qu’il sentait un poids en moins sur ses épaules. D'un coin de l'œil il apercevait Anna, mais, pour une raison qui lui échappait, il évitait soigneusement son regard. Depuis le début de la soirée elle lui avait semblé distante, presque froide et lui, tellement préoccupé, avait décrypté ce comportement comme étant une mise en garde : je suis de mauvaise humeur, tu ferais mieux de t'éloigner de moi si tu ne veux pas t'engager dans un débat totalement vain. Si au départ il s'était senti coupable de la condamner dans son mutisme, il avait rapidement fini par oublier sa présence. Le comble, quand on savait que c'était sous SON toit qu'il était à l'abri du vent et dans SON réfrigérateur qu'il piochait les bières qu'elle avait soigneusement choisies.
Appuyé avec négligence sur le rebord d'un meuble - une pièce authentique, certainement, qu'il s'évertuait à ne pas abîmer s'il ne voulait pas subir le courroux des Preston - il bavassait avec Samuel de choses futiles et insensées, parfois, ou s'adonnait à ce qu'il savait faire de mieux lors des soirées à la Pension : médire. Tout le monde y passait, à un moment ou un autre, mais curieusement les noms d'Anna et Madeleine étaient consciencieusement évités. C'était une règle tacite entre eux, s'ils ne voulaient pas terminer par se blâmer mutuellement d'être des crétins finis, dans un langage légèrement moins soutenu. Forcément, ils étaient tellement similaires que parfois ils arrivaient à ne plus se supporter. Ils se ressemblaient en tout point et pourtant, ils dénigraient les choix de l’autre. Samuel se demandait avec toute la candeur du monde pourquoi Anna et Tim, de son côté, s’efforçait avec pudeur néanmoins à lui faire comprendre que Madeleine et lui c’était aussi probable que la savane sur la banquise. Au fond l’un comme l’autre comprenait que ces choses là n’avaient pas d’explication véritable, mais ils s’acharnaient à vouloir déchiffrer l’indéchiffrable, défendre l’indéfendable. Alors la plupart du temps ils parlaient de leur travail, cette cour de récréation grandeur nature dans laquelle ils s’aventuraient deux à trois fois par semaine. Il y avait toujours de quoi alimenter une conversation et, par ailleurs, les anecdotes étaient souvent extrêmement drôles – pour un esprit cynique du moins.

Ce fut le fracas du verre sur le sol marbré qui attira finalement son attention sur Anna. S'il pouvait douter entre le rouge de honte et de colère, l'expression outragée qu'il pouvait lire sans aucun doute sur son visage ne mentait pas. Elle l'avait définitivement fait exprès. Et si au début il restait persuadé qu'elle finirait par rire de sa bêtise, il fut vite surpris de la tournure que prirent les évènements. Ni une ni deux elle enjambait les escaliers à une vitesse qu'il n'aurait jamais pu soupçonner. Tim demeura statique un instant, tandis que tous les regards se tournaient dans sa direction, singulièrement accusateurs et à la fois insistants sur la réaction qu'il se devait d'adopter. "Bien !" céda-t-il après avoir déposé au hasard sa bouteille et en évitant avec insouciance les débris de verre qui jonchaient le sol.
Guidé par le flux incessant de l'eau qui cognait contre la paroi du lavabo, il parvint finalement à l'étage où s'était réfugiée Anna. Naïvement il affaissa la poignée de la porte qui, bien évidemment, était verrouillée. Il insista malgré tout un instant, comme si sa volonté, aussi bornée soit-elle, pouvait être la clé de cette serrure. Il se résigna finalement, et décida d'employer une manière encore plus opportune : cogner contre la porte en suppliant son nom. C'était un réflexe à la fois terriblement idiot et pourtant naturel. "Anna !" implora-t-il. "Anna ouvre-moi !" Comme il s'y attendait plus ou moins, elle le pria avec courtoisie de voir ailleurs si elle y était. "Très bien, je t'attendrai ici." déclara-t-il en s'adossant contre le mur voisin. Avec nonchalance il se laissa glisser jusqu'à parvenir jusqu'au sol. Il étala alors ses jambes le long du couloir et plaqua avec force l'arrière de sa tête contre le papier peint ancien.

"C'est ridicule." grogna-t-il à demi-voix. Timothy savait bien qu'il était vrai pour lui et Anna plus que pour quiconque qu'il n'y avait qu'un pas entre l'amour et la haine. Insouciants, ils tendaient à franchir cette limite trop souvent. Il savait qu'à cet instant Anna le détestait de toute son âme. Il ressentait cette haine parfois. Mais ce n'était rien à côté du manque qu'il éprouvait lorsqu'elle n'était pas là. Il avait besoin d'elle. Aussi destructeur pouvait-être cet amour, il avait besoin d'elle pour aviver la flamme monotone de sa vie. Sans elle tout n'était que charbon et il appréciait que brûle en lui ce brasier ardent qui le consumait plus que lui ne le consumait. "Effronté... immature... attardé sentimental." cria-t-il pour que le bruit de l'eau ne couvre pas sa voix. C'était un jeu auquel ils s'adonnaient souvent. C'était leur façon à eux de se faire pardonner. Flatter l'égo de l'autre et descendre le sien plus bas que terre. Trois petits adjectifs. Trois défauts dont ils aimeraient - ou pas - se débarrasser. Un couple normal ferait sans doute l'inverse, confier à l'autre ses qualités les plus appréciées. Mais ils n'étaient pas un couple normal. A vrai dire, ils faisaient tout le contraire de ce que voulaient les conventions. "Tu vas me dire à quoi ça rime tout ça ?" demanda-t-il avec innocence. Il replia ses jambes jusqu'à sa poitrine et dévia légèrement la tête vers le mur. Il était persuadé qu'Anna faisait exactement la même chose de l'autre côté.
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Like it Rough   Sam 18 Fév - 22:33

-Je ne te le fais pas dire Ainsworth, maugréa la jeune fille en entendant l'énumération que faisait son petit ami de l'autre côté de la porte de la salle de bain.
Toujours appuyée contre le lavabo, elle l'écoutait tenter de la convaincre de lui ouvrir.
A quoi cela rimait-il ? Si seulement elle-même le savait...

Un froissement contre le mur lui avait laissé comprendre que Tim s'était assis et elle pouvait l'imaginer à même le sol, le dos contre le mur, sa mine nonchalante contenant à peine l'agacement déclenché par les caprices d'Anna. Elle se revoyait des années plus tôt, exactement dans la même position, assise dans le froid dans une rue de Londres, à attendre qu'il en finisse avec la première et seule visite à son père derrière les barreaux. Cet épisode de leur histoire avait scellé quelque chose de plus entre eux. De l'attraction irrépressible et de la passion destructrice, ils étaient passé sans transition au couple qui construit et se construit, aux complices de tous les instants, dans le conflit comme dans la cohésion.
Pourquoi fallait-il alors sans cesse tout remettre en question ?
Certainement parce que c'était la meilleure façon de fonctionner qu'ils avaient trouvé... Et parce qu'ils aimaient encore à se dire qu'ils n'étaient pas complètement dépendants l'un de l'autre, complètement dévoués à l'autre, même s'ils n'étaient finalement dupes ni l'un ni l'autre justement.

Anna réussit enfin à se détacher du miroir et comme on retrouve machinalement une habitude familière, vint se poser à son tour contre la porte qui les séparait. La jeune fille se sentit aussitôt un peu moins en danger, même si elle bouillonnait encore d'une colère qu'elle ne s'expliquait pas. Cette position, le bruit de l'eau qui coulait encore et la présence de Tim à quelques mètres d'elle, avaient quelque chose de rassurant et d'apaisant. Et elle appréciait définitivement le fait qu'il n'ait pas hésité une seule seconde, ni même attendu avant de grimper la rejoindre à l'étage. Elle n'arrivait simplement pas à passer au delà de la déception de ne pas être, quand et comme elle le voulait -c'est à dire tout le temps- l'objet de toute son et ses attentions.

-Ca ne rime jamais à rien Tim, tu le sais bien, commença-t-elle, consciente qu'il réaliserait au son de sa voix qu'elle s'était rapprochée. J'espère au moins que la bière est bonne et que Samuel est content d'être venu, en revanche, je ne saisis pas bien ce que toi, tu fais là ici, ce soir, acheva-t-elle en haussant un peu le ton pour s'assurer qu'il n'en perde aucune miette.
Elle imaginait les autres au rez de chaussée, Samuel se délectant de la situation justement, tandis que les filles hésiteraient à monter voir de quoi il en retournait. Les membres de la pension étaient des habitués des crises de ménage Ainston et ils se gardaient bien d'intervenir, sauf quand la dispute en question menaçait de briser beaucoup trop de vaisselle innocente à leur goût.
Il aurait été beaucoup trop simple qu'elle cède, rentre dans son jeu et lui soumette à son tour trois adjectifs qui décrivaient combien elle pouvait être difficile à vivre. Ce n'était pas les idées qui manquaient, mais une fois de plus sa fierté la retenait et plutôt que de la ravaler comme il venait de le faire, elle choisissait le défi et l'arrogance. Au risque de perdre la partie.


Dernière édition par Anna L. Preston le Mar 28 Fév - 1:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Like it Rough   Dim 26 Fév - 16:46

Le mur qui les séparait n'était qu'un obstacle de plus dans leur invraisemblable relation. Une délicieuse métaphore qu'ils n'étaient pas dans la mesure d'interpréter présentement mais qui était on ne peut plus explicite. Un obstacle fragile que Tim n'avait pas de mal à fissurer lorsque, guidé par son impulsivité, il extériorisait sa rage au moyen d'un coup de poing qui lui faisait bien plus mal à lui qu'à son innocente victime. Cette paroi lisse et statique n'était que la matérialisation des épreuves qui avaient jalonnées leur relation, tant les aléas de la vie qui les avaient séparés que les personnes dont les blâmes ne manquaient jamais. Paradoxalement les barrières que l'on tentait vainement de dresser entre eux parvenaient plus à les rapprocher qu'autre chose. Timothy était maintenant très bien placé pour savoir que la psychologie inversée fonctionnait bien plus sur lui que le paternalisme qu'exerçaient les professeurs de lycée. Si jamais du jour au lendemain tous ses proches se mettaient à approuver ses choix, tant au niveau sentimental que professionnel, peut-être commencerait-il justement à les remettre en question. Pour l'heure ce mur, qu'il n'était pas enclin à détruire de peur qu'il ne fasse s'effondrer le reste des fondations plutôt instables de son couple, n'était qu'une cloison pas assez épaisse pour contenir le moindre son. Au final il ne leur restait qu'une solution miracle : user d'une diplomatie et d'un flegme qui leur allaient si mal d'ordinaire - même si Anna clamait avoir hérité du flegme britannique de ses parents - et prendre leur mal en patience pour recoller les morceaux brisés de leur propre vaisselle.

Anna ne faisait pas vraiment avancer la situation en approuvant les propos peu élogieux que Tim formulait à son propre égard mais pour dire vrai il n'en attendait pas plus. Lui qui roulait des yeux de son côté du mur se demandait si Anna s'amusait de sa docilité temporaire ou si au contraire l'expression figée de son visage trahissait un agacement encore plus exacerbé. Pour cette raison il aurait aimé ouvrir cette porte, c'est pourquoi mécaniquement il fixait la poignée, priant pour la voir céder à sa bonne foi. Il soupira un bon coup avant d'allonger ses jambes à nouveau, conscient que l'orgueil d'Anna pourrait lui faire passer la nuit adossé contre ce mur si peu confortable. Au rez-de-chaussée on n’entendait plus rien. Tim ne savait pas vraiment si c'était parce que les commères avec qui il partageait cette soirée tendaient une oreille trop attentive ou s'ils avaient décidé de profiter de l'ambiance plus chaleureuse du jardin plutôt que de balayer le verre brisé. Quoiqu'il en soit ils étaient à des années lumières de ses préoccupations à cet instant.

La voix d'Anna lui parut soudainement plus proche et pourtant plus lointaine que jamais. Elle qui était plus concernée que quiconque prenait ce ton détaché, arrogant, qu'il avait tant détesté lorsqu'il l'avait rencontrée pour la première fois. L'isolement était peut-être un avantage après tout, il pouvait ainsi hocher la tête en toute impunité, exprimer sa consternation sur un visage qu'Anna ne pouvait qu'imaginer - avec une certaine exactitude d'ailleurs. Comme souvent elle tournait la situation à son avantage. Ce n'était plus elle la fautive, le seul à blâmer pour cette scène de ménage improvisée était lui, bien évidemment. Il fronça les sourcils lorsqu'elle mentionna alors le prénom de Samuel. C'était donc Samuel le fautif, en réalité. Si la plupart des garçons confiaient ne rien comprendre aux mystères féminins, Tim lui avait droit à un spécimen bien plus complexe encore. Lorsqu'il mettait le doigt sur un potentiel problème il s'avérait que ce n'était jamais le bon. Tout ça n'avait aucun sens. Il devait en revanche avouer qu'Anna venait de soulever un point important. Que faisait-il ici ? Heureusement pour lui qu'elle ne le voyait pas parce que s'il avait dû répondre avec spontanéité il se serait sans doute enfoncé dans les méandres de son indignité. Il s'en voulait presque de douter de quelque chose qui, apparemment, aurait dû lui sembler évident. "C'est ça que tu me reproches alors, de m'amuser." dit-il après réflexion. Malgré lui il venait de renvoyer la balle du reproche dans le camp d'Anna, c'était ce qu'ils savaient faire de mieux tous les deux. Reconnaître leurs torts n'était pas véritablement leur point fort. Il était cependant fier de sa répartie maladroite. C'était peut-être ça en fait, Anna préférait le voir se morfondre dans le canapé pendant qu'elle parlait d'art contemporain avec JJ plutôt que d'inverser les rôles. Jalousie ou égoïsme ? L'un ne valait pas mieux que l'autre. "Viens-en aux faits Anna, qu'est-ce que tu me reproches ? J'ai pas envie de jouer aux devinettes. Quand je viens tu me reproches d'être là et quand je viens pas tu me le reproches aussi. Tu sais ce qui est le véritable problème ? C'est cette maison. T'as le droit à aucune intimité ici, c'est plus étouffant qu'autre chose."
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Like it Rough   Mar 28 Fév - 1:54

L'air s'était soudainement refroidi, et ce n'était pas la vapeur d'eau brûlante qui s'échappait du robinet, venant envelopper Anna dans une brume humide, qui allait réchauffer l'atmosphère. Comme à son habitude, la jeune fille avait regretté ses paroles à l'instant même où elles avaient franchi ses lèvres. Ce que Tim et elle considéraient comme de la fierté, ce qui les poussait à aller jusqu'au bout quoi qu'il leur en coûte, même de leur couple, était généralement décrit par les gens normaux comme de l'orgueil mal placé... Trop tard pour revenir en arrière, trop tard pour ravaler ses derniers mots, pour empêcher la dispute d'éclater.
Tout se passait en fait toujours comme dans un mauvais film avec Tim et Anna, tous les clichés étaient d'ailleurs réunis : la jeune fille de bonne famille, snob et propre sur elle, qui tombe amoureuse du bad boy tatoué, en fait pétri de bons sentiments et au passé douloureux, le non-consentement de leurs proches qui s'en suit, la rupture inévitable avant les retrouvailles, leurs âmes d'artistes torturés qui s'en mêlent...
Anna ne plaisantait pas quand elle disait que rien ne rimait à quoi que ce soit avec eux, leur histoire avait quelque chose de profondément fataliste et de désespérément épuisant.

Certes les circonstances ne les aidaient pas... Lexie était le seul membre de la famille Preston qui, si elle n'avait pas tout de même pas sauté de joie à l'annonce de la nouvelle, n'avait manifesté aucun mécontentement face à l'idée d'accueillir Tim au sein du clan. James et Emilia eux, avaient, comme c'était le cas depuis plusieurs années, pris le parti de ne pas approuver le choix de leur fille, même depuis leur Londres lointaine. Du côté du jeune homme, Savannah se plaisait à rappeler tous les jours à la rouquine qu'elle la détestait allègrement -et sans raison véritable.
Mais au delà de ces éléments extérieurs, Anna et Tim ne se faisaient pas de cadeau eux-même. Ou plutôt ils s'en étaient fait un, celui de se redonner une chance... Pour le résultat qui les faisait se tenir ce soir-là chacun de leur côté de ce mur.

-Oui c'est ça, je te reproche de t'amuser, répliqua la jeune fille avec fureur, tourna la tête comme si la porte en bois ne les séparait pas et que Tim se trouvait en fait être le pilier contre lequel elle était adossée.
La présence de la porte était salvatrice pourtant, Anna n'aurait pas donné cher de leur bonne tenue autrement. Ils n'en était jamais directement venus aux mains, se saisissant toujours d'objets domestiques en cas de dispute lambda, et d'effets personnels en cas de grosse crise, mais c'était un risque à courir avec Ainston, risque qu'aucun des protagonistes n'était encore prêt à prendre...

Elle se releva brutalement pour laisser libre cours à sa colère en entendant les énormités d'injustice que le jeune homme continuait de proférer.

-Tu vas te mettre à jouer à la victime hein maintenant Tim ? Le pauvre petit Timothy que la copine tortionnaire empêche de s'amuser... J'ai refermé la porte sur Samuel ce soir ? Je te demande de trouver un boulot plus lucratif ou est-ce que je passe mon temps à diminuer tout ce que tu accomplis ? Est-ce que je suis SI étouffante, est-ce que j'exige TANT de toi Timothy ? Parce que si oui, je me demande bien ce que tu fiches encore avec moi, et je ne voudrais SURTOUT pas te forcer à rester... Et ne viens pas remettre cette question de maison sur le tapis s'il te plait, alors qu'il suffisait d'un seul mot de toi pour que la pension Preston ne voie jamais le jour... Le fait est que tu ne supportes pas les gens avec qui je vis, tu es jaloux de la moindre micro-seconde qu'ils passent avec moi mais tu ne tiens pas 1 minute à discuter des mêmes sujets, non pas parce que tu ne peux pas hein, mais parce que tu ne VEUX pas... En fait finalement, c'est peut-être toi qui a des choses à me reprocher, conclut-elle avec amertume avant d'ajouter :

-Et question intimité, je ne crois pas qu'on soit beaucoup plus chanceux de ton côté, avec les deux greluches qui te servent de colocataires !

C'était injuste pour Christabella, qu'elle appréciait véritablement, mais tellement bien envoyé en ce qui concernait Leah...
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Like it Rough   Mar 28 Fév - 19:30

Peut-être n'y avait-il pas de problème. Anna avait peut-être juste cherché un moyen d'attirer son attention - qu'elle trouvait un peu trop centrée sur Samuel à son goût - et qu'après un bref instant d'auto délibération elle avait convenu que cette réaction serait suffisante. Elle ne s'était pas trompée. Tim devait avouer qu'elle était parfois rusée, un peu trop même pour que ce soit innocent. Il espérait foncièrement se tromper. Il savait Anna jalouse, il s'en amusait même parfois, mais pas possessive au point de se détruire en prenant soin de faire le plus de dommages collatéraux possibles. Cette maison était déjà assez étouffante comme il l'avait souligné pour qu'elle se mette elle aussi à vouloir l'enfermer dans une cage dans laquelle, au final, il finirait par mourir de solitude. Comment en étaient-ils arrivés jusqu'ici ? A vrai dire ils donnaient toutes les raisons du monde aux ennemis de leur couple de leur démontrer que leur amour n'était qu'une illusion à laquelle ils avaient fini par s'habituer. Peut-être étaient-ils justement piégés dans un rêve continu alors que le reste du monde essayait tant bien que mal de les ramener à la réalité. Ils semblaient être les seuls à y croire. C'était assez, en vérité, mais n'était-ce pas étrange ?
Aussi loin qu'il s'en souvienne Anna et lui s'étaient toujours reprochés des choses, et ce depuis leur première rencontre préméditée dans les couloirs inanimés de McKinley. Mais déjà ce jour là quelque chose en elle lui avait plu. Ce qu'il détestait chez elle était même ce qu'il appréciait le plus. Elle lui tenait tête et il en avait besoin. Elle le mettait hors de ses gonds et il en avait besoin. Il lui arrivait quand même de le soutenir, parfois, et il en avait également besoin. En fait elle était bien plus que la petite amie britannique qu'il avait présentée à sa mère de façon un peu maladroite. Elle était à la fois son amie et son ennemie. Et ça ils étaient les seuls disposés à le voir, tandis que cela arrangeait bien JJ ou le reste de sa famille d'insister sur le fait qu'il lui faisait mal, sans même se soucier que la réciproque était vraie.

Cette soirée n'était qu'une preuve de plus de leur extraordinaire capacité à broder une dispute à partir de rien. Tim aurait voulu que tout soit simple, qu'elle se décide sans réticence à ouvrir la porte et qu'elle l'accueille avec un sourire plus qu'avenant pour qu'ils puissent finalement redescendre bras dessus bras dessous comme si de rien n'était. Autant dire que cela ne se passait jamais ainsi. Ce n'était peut-être pas si idiot de dire que les opposés s'attirent, parce que l'orgueil de l'un était forcément écorné par l'humilité de l'autre. Que se passait-il lorsque les deux étaient aussi fiers l'un que l'autre ? C'était tout de suite plus compliqué. Inspirant fortement, Tim se jura de prendre sur lui et d'accueillir les critiques avec courtoisie dorénavant. Il n'avait véritablement pas envie de passer sa nuit à débattre d'un sujet dont la liste infinie des arguments l'animerait jusqu'à leur mort. Il accepterait le blâme, de toute façon il savait au fond de lui qu'il avait raison et qu'Anna agissait comme la gosse de riche égoïste qu'il exécrait plus que tout.

La partie s'annonçait plus difficile que prévu. Il encaissait avec sérénité les inepties que proférait Anna de l'autre côté du mur, mimant une position de yoga très certainement erronée qui lui semblait pourtant véridique, d'après l'idée qu'il en avait. Sauf qu'Anna avait clairement dépassé les bornes. Il aurait accepté la critique si elle lui avait reproché d'être trop absent mais qu'elle ne joue pas la petite-amie compréhensive alors qu'il savait très bien que sa condescendance masquait de l'ironie. Jamais elle ne lui avait demandé de trouver un meilleur travail mais n'était-ce pas ce qu'elle espérait au fond ? Elle n'avait pas fermé la porte au nez de Samuel mais c'était simplement parce qu'elle n'avait pas le monopole de la décision. Tim fronça les sourcils, l'air presque peiné. Elle se gardait bien de lui dire mais elle avait certainement des projets pour lui, pour eux, qu'il n'aurait jamais l'audace d'avoir. C'était tout le problème de venir de deux univers totalement opposés. Anna avait un héritage, une famille influente, de l'argent. Elle aurait beau dire que l'argent ne faisait pas tout elle ne ferait que se mentir une fois de plus. Elle n'avait pas de diplôme et pourtant elle tenait une galerie d'art plutôt prometteuse. Elle vivait dans une maison dans laquelle il aurait pu ranger tous les appartements dans lesquels il avait vécu avec sa mère pendant 10 ans. Une maison que sa mère rêvait sans doute d'avoir mais qu'elle n'avait et qu'il n'avait pas les moyens de lui offrir. Alors elle avait beau lui dire qu'elle se contentait de son boulot minable de surveillant à McKinley, il ne la croyait plus. Elle était comme ses parents au fond, elle aurait aimé qu'il soit un riche avocat qui aurait pu l'emmener en vacances dans leur résidence secondaire des Hamptons. Là où elle avait raison c'était en affirmant qu'il n'aimait pas les gens avec qui elle partageait son toit et avec qui elle passait clairement plus de temps qu'avec lui.

Blessé dans son orgueil, il déglutit, profondément soulagé de savoir qu'Anna ne pouvait pas s'imaginer une seule seconde à quel point son visage trahissait ses regrets. Il ne voulait pas lui faire ce cadeau. "Merci Anna, pour ta franchise." dit-il sans même prendre la peine de hausser le ton pour couvrir ce bruit d'eau qui commençait sérieusement à l'irriter. "Tu as raison tu n'exiges rien de moi et je déteste tes colocataires. Le pire est sans doute JJ mais ça tu le sais. Je le déteste de rire avec toi d'anecdotes que je ne comprends pas. Je fais semblant d'être amusé mais je ne le suis pas. Je déteste Santana... parce que c'est Santana. Je déteste Porter pour les mêmes raisons. Je déteste Madeleine parce qu'elle te rapporte tout, comme si j'étais un gamin qui avait besoin de surveillance alors que, aussi incroyable cela puisse paraître, JE suis surveillant. Puis Lexie je la déteste juste parce qu'il ne faut pas d'exception à la règle. Je crois que j'ai fait le tour. Voilà tous les gens avec qui tu passes des soirées formidables sans que je ne dise rien. Et voilà que pour une fois c'est à mon tour de rire à des blagues que tu ne comprends pas. Et ça t'embête, en fait." concéda-t-il d'une traite, comme si son cœur lui servait de prompteur tandis qu'il se croyait seul face à un auditoire invisible. "Et t'as raison question intimité c'est beaucoup mieux ici. Trois fois plus de monde mais trois fois plus de place. Je crois que ça se vaut." conclut-il en repliant sa jambe gauche sur laquelle il prit appui pour se relever. Ils avaient fait le tour de leurs problèmes, sans aucun doute.
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Like it Rough   Mer 29 Fév - 21:32

Quelque chose clochait.
Quelque chose dans la voix de Tim, dans le calme qu'il affichait manifestement depuis l'autre coté de leur mur de lamentations, la barrière infranchissable de la porte de la salle de bain.
Anna s'attendait à ce qu'il s'emporte, qu'il réponde à ses provocations avec véhémence.
En fait, elle aurait même aimé qu'il en soit ainsi, c'était préférable à cette force tranquille qui semblait le porter.
D'ordinaire chien fou qui se moquait éperdument des responsabilités et de l'image de loser et d'insolent qu'il renvoyait, le jeune homme apparaissait maintenant comme le seul être doué de raison au sein de leur couple.
L'explosion cependant ne se fit pas longtemps attendre.

Elle fut silencieuse et angoissante. Une décharge électrique qui fit frissonner Anna de tout son corps. La jeune fille avait dépassé les limites, brouillé le seuil de tolérance. Ne restait plus que la colère, la rage et peut-être la haine qui magnifiait leur relation depuis ses tout débuts.
Elle se mordit la lèvre en entendant la tirade de Tim, qui répondait aux atrocités de la sienne.
Un vers de Baudelaire trottait dans son esprit tandis qu'elle retenait des larmes qu'elle pensait sincères pour la première fois depuis très longtemps : "Sois sage, ô ma douleur, et tiens toi plus tranquille".
Anna n'avait pas pleuré depuis... Depuis que Tim l'avait repoussée quand elle avait fait le premier pas à son retour à Lima, quand elle s'était retrouvée à genoux dans une mare de slushy, épanchant le sel de ses pleurs mélangé à la framboise glacée sur l'épaule nouvellement amie d'une surveillante adorablement excentrique.
Ce jour-là, c'était lui qu'elle avait eu envie de voir débarquer à la pension Preston, c'était avec lui qu'elle aurait voulu partager la joie de la galerie qui prenait forme, encore avec lui qu'elle aurait ri des crises d'hystérie de ses deux partenaires face aux démarches diverses et variées, et avec lui, toujours, qu'elle aurait lentement fumé une cigarette, appréciant à chaque bouffée le gout terriblement familier, sans aucun besoin de parler pour comprendre que chaque instant passé au côté de l'autre était sans doute la chose la plus précieuse qu'ils avaient au monde à ce moment là.
Mais le sort en avait décidé autrement, et certes, la tornade Madeleine était entrée dans sa vie, pour le meilleur et pour le rire, mais leur histoire avait redémarré en grinçant, à tâtons, comme si, même s'ils étaient sûrs de l'impossibilité de vivre sans l'autre, ils allaient tout faire pour se prouver le contraire.

C'étai exactement ce qui se passait ce soir, et une fois de plus, Anna était l'instigatrice de ce petit jeu malsain...
"Sois sage, ô ma douleur, et tiens toi plus tranquille"...
La jeune fille regrettait déjà ce qu'elle allait faire, mais ils s'étaient déjà aventurés beaucoup trop loin pour qu'ils puissent reculer, lui ou elle.
La franchise et la rudesse des paroles de Timothy l'avaient heurtée de plein fouet et l'obligeaient à voir une vérité qu'elle refusait depuis fort longtemps : leurs différent(ce)s prenaient bien trop souvent le dessus de leur sentiments. S'aimer à se détruire n'était pas viable, le moment était peut-être venu de mettre le holà...
Posant ses mains sur le bois de la porte, à son tour, elle inspira longuement. Elle ferma les yeux une fraction de seconde avant de les rouvrir pour reprendre la parole d'une voix faiblement assurée.

-Tu as raison, ça m'embête. Rien ne m'embête plus que de ne pas être le centre de tes préoccupations, Timothy Ainsworth, lâcha-t-elle avec une pointe d'ironie, alors qu'elle ne faisait qu'énoncer la pure vérité. Et j'ai raison quand je dis que tu as des choses à me reprocher. Tu m'en reproches même tellement que ça te bouffe et tu en oublies tes propres erreurs, et tes propres préjugés. Si c'est véritablement ce que tu penses, alors c'est que tu ne me connais pas... Ou que je me suis largement trompée sur ton compte. Peut-être que j'aurais du écouter tous ceux qui nous martèlent depuis des années que rien de bon ne peut sortir de cette relation, qu'elle est vouée à l'échec, que tu n'es qu'un sale égoïste qui de toute façon, n'hésitera pas à me quitter pour la première pouffiasse venue si le coeur lui en dit. Une fois de plus, je me suis misérablement fourvoyée et ce sera la seule bonne raison qui pourra me pousser à te présenter des excuses, puisque, dans les deux cas, je t'ai fait perdre un temps et une énergie précieux, tout comme à moi. Pour le reste... Ne t'attends pas à ce que je m'excuse de fréquenter qui je fréquente ou de penser ce que je pense... Et encore moins à ce que je sacrifie quoi ou qui que ce soit pour toi.

Anna aurait pu faire à son tour le détail de ses connaissances à lui qu'elle détestait, ou bien s'attarder à défendre Santana, Porter, Madeleine, J.J et Lexie, mais cela aurait été une autre perte de temps justement. Et elle n'avait plus de temps à perdre.
Le coeur battant, le visage fermé dans un rictus de douleur, elle appuya son front contre la paroi de la porte.
"Sois sage..."
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Like it Rough   Jeu 1 Mar - 2:15

Loin de Timothy l'idée de s'apitoyer sur son sort. Il n'était pas qu'une pauvre victime dans l'histoire et il en était parfaitement conscient. Il avait simplement estimé que pour une fois dans sa vie il avait le droit d'exprimer ses sentiments, sans utiliser le filtre plutôt pratique des sarcasmes ou autres impostures de ce genre. S'il n'avait pas le droit d'être sincère avec Anna, de lui expliquer ses joies comme ses peines, alors avec qui se devait-il de l'être ? Avec Samuel ? Certainement pas. Ce dernier devait même sans doute penser que Tim était un roc, un insouciant avec lequel il appréciait rire et s'amuser sans jamais avoir besoin de parler de choses sérieuses. Le seul moyen qu'il avait de déverser ses émotions résidait dans la musique. Sa musique. Mais ce soir il n'y avait que lui et ce mur. Lui et cette frustration de ne jamais savoir ce qu'il avait bien pu faire de mal. Cette constante boule au ventre, cette épée de Damoclès qui menaçait sans arrêt son couple étaient tant de raisons qui l'avait poussées à se confier ce soir à la seule personne au monde face à laquelle il avait le droit d'être lui-même sans craindre d'être jugé. Et pourtant l'histoire de quelques minutes il avait eu la désagréable impression de l'être. Les mots d'Anna, malgré cette distance qu'elle prenait, l'atteignaient au plus profond de lui. Il ne savait pas si c'était la séparation rassurante de ce mur entre leurs deux corps qui le poussait à réagir différemment, mais toujours était-il que pour une fois dans sa vie il avait abandonné le masque de glace qu'il arborait constamment. Anna n'avait pas été juste avec lui. Il avait même eu l'impression qu'elle avait été cruelle. Il la soupçonnait même de l'avoir fait exprès parce qu'elle n'était pas vraiment de ces gens qui manipulaient les mots avec autant d'aisance que les produits les plus toxiques. Il savait qu'elle les choisissait soigneusement pour exprimer avec l'exactitude la plus certaine ses ressentiments.
Lui non plus n'avait pas été tendre, il devait le reconnaître. Il n'avait peut-être pas été juste non plus, surtout envers Lexie ou Madeleine qu'il ne détestait pas autant que son orgueil l'avait incité à le dire. Mais il avait été sincère. Anna l'avait peut-être été également, après tout. Et c'était bien là que le bât blessait. Arrivé un moment où ce n'était plus Anna qu'il fallait remettre en question, pas plus que lui. C'était eux.

Une fois debout le sol lui parut se mouvoir sous ses pieds. Il ignorait si c'était l'effet tardif de l'alcool sur son système ou si c'était simplement leurs paroles échangées qui lui attaquaient le cerveau. Une main plaquée sur le front il posa l'autre frénétiquement sur le mur d'en face pour s'éviter une chute trop brusque. Décidément quelque chose le retenait ici. Si ça n'en tenait qu'à lui il s'enfuirait tel le lâche qu'il n'avait foncièrement jamais été. Il laisserait Anna tergiverser sur sa dernière tirade, la conscience tranquille, sans avoir à se préoccuper de rebondir sur une réaction qu'il savait à l'avance véhémente. Misérable, il laissa glisser sa main le long du mur alors qu'il retournait à la case départ : sur le sol. C'est là où il avait toujours été après tout, au raz du sol. Quelle belle ironie. Il aurait beau faire des choses de sa vie qu'un élément extérieur le rabaisserait toujours au rang qui lui correspondait le mieux. Peut-être que la famille d'Anna avait raison en fin de compte. Peut-être qu'il ne la méritait pas. En fait il ne doutait pas qu'il ne la méritait pas. Il avait simplement été égoïste pour s'en rendre compte. Pour une fois qu'il avait réussi quelque chose il avait voulu s'y accrocher, non sans peine cependant.

Pourquoi faisait-elle ça ? Pourquoi n'abandonnait-elle pas ses sarcasmes, juste une minute ? Le combat était déloyal. Il avait voulu jouer la carte de la sincérité et elle continuait à bluffer, sans arrêt, comme pour insister sur le fait que cette étiquette ne collait pas du tout à l'image qu'elle avait de lui. Il commençait sérieusement à en avoir assez de ses remarques cinglantes. Il savait néanmoins qu'elle ne le faisait pas exprès cette fois-ci. Elle était ainsi. Arrogante à souhait. Sa parole valait bien mieux que la sienne, pour sûr. Il se tourna dos au mur, pris d'une soudaine bouffée de chaleur. Quelques mèches de ses cheveux collaient misérablement sur son front luisant. D'un geste désespéré il caressa ses tempes qui le menaçaient d'exploser. Le bruit de l'eau lui parvenait deux fois plus fort aux oreilles. Combien de litres avait-elle gâché au juste ? Trente ? Cinquante ? A croire que son séjour en Afrique ne lui avait pas appris grand chose.

Il s'était attendu à la virulence avec laquelle elle aurait rétorqué. Il appréciait d'ailleurs ce trait de caractère chez elle, il aimait s'y confronter. Mais pas cette fois. Il aurait au contraire fortement apprécié qu'elle ne réponde rien, qu'elle ouvre la porte et qu'elle s'excuse. Peut-être qu'au fond il s'apitoyait sur son sort. Mais il estimait ne pas avoir mérité ce quart d'heure d'une vérité qu'il espérait fausse. Elle mentait. Ou alors elle était trop lasse pour continuer à se battre pour un couple qu'elle savait vain. Malgré sa gorge sèche Tim n'arrivait pas à déglutir. Cela lui faisait trop mal. Elle voulait peut-être qu'il la déteste pour que la séparation soit moins douloureuse. Si c'était le cas elle devait revoir ses classiques. Il la détestait mais le coup qu'elle lui avait assené n'en était pas moins lancinant. "Impressionnant. Un pauvre verre brisé pour une tempête pareille. Je pensais qu'on valait mieux que ça." dit-il en appuyant sa tête contre le mur. "On dirait que je ne te connais pas et que tu ne me connais pas non plus en fin de compte. Je crois que tu l'as très bien dit, on a vraiment perdu notre temps. Mais sache une chose, j'avais tout le loisir de te remplacer par la première pouffiasse venue pendant notre séparation mais je ne l'ai pas fait. Alors les conneries qu'on te martèle depuis des années tu peux te les garder. Si tu commences à croire tout ce qu'on raconte sur nous c'est peut-être parce qu'on arrive à un point de non retour. Mais me dis pas que je suis qu'un sale égoïste ok. C'est pas juste. Par contre tu as raison sur un point, en aucun cas je voudrais que tu sacrifies quoique ce soit pour moi. Pas même une seconde de plus de ton précieux temps. J'espère quand même que tu ne regretteras pas ton retour à Lima. En ce qui me concerne je n'ai plus rien à dire."

En dépit de son esprit brumeux il se leva sans grand peine, certainement motivé par l'envie de ne pas croiser le regard d'Anna lorsqu'elle ouvrirait la porte. Si elle décidait un jour de l'ouvrir. Il s'en voulait presque de ne pas verser de larme mais Anna avait bien fait en sorte de ne rien lui faire regretter. Elle avait dit ce qu'elle ressentait, du moins ce que les autres ressentaient, et il n'y avait plus à débattre. Rien que le fait d'avoir cru une seule seconde ce que les autres avaient bien pu raconter sur lui était une preuve suffisante. Elle ne l'avait peut-être pas cru à proprement parler, mais elle avait émis l'hypothèse. Autant dire qu'il l'avait bien entendue. Si elle-même commençait à douter de leur couple alors peut-être s’était-il lui aussi fourvoyé tout ce temps.
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Like it Rough   Ven 2 Mar - 22:31

Anna ouvrit la porte abruptement, butant presque sur un Timothy dont les traits ne laissaient pas deviner s'il était affecté par le contenu et la violence de leur échange ou simplement par leur soirée de beuverie.
Il n'y aurait rien eu de plus simple que de retrouver la position que la jeune fille avait quelques instants plus tôt de l'autre côté de la porte, mais cette fois au contact rassurant du sol, en s'installant auprès de Tim.
Le toucher de sa peau l'apaisait toujours et il suffisait qu'elle sente son souffle dans son cou pour avoir l'impression qu'elle était en sécurité.
Pas ce soir, songea-t-elle avec regret, remarquant la distance qui se creusait irrémédiablement entre eux.
Depuis qu'elle avait franchi la porte, elle évitait soigneusement le regard du jeune homme, et elle était prête à parier qu'il faisait de même. Ou alors non, au contraire, il l'observait furieusement, cherchant à faire se craqueler sa coquille.

Dieu qu'elle devait avoir une mine affreuse !
Son khôl, qu'elle appliquait toujours avec abondance, devait avoir coulé sous l'effet de la chaleur et de l'humidité et était assorti au visage luisant du surveillant. Ils formaient en fait un spectacle pitoyable et auraient certainement ri d'eux-mêmes en d'autres circonstances : l'auto-dérision était un de leurs points forts, qu'il s'agisse de se moquer d'eux en tant qu'entités distinctes ou d'eux, le couple Ainston qui déchaînait les passions et défrayait la chronique.

Aimait-elle assez Tim, se demandait-elle ? Ce n'était pas la question...
Elle n'avait en fait aucun doute sur ses sentiments, il était le seul qu'elle avait vraiment aimé, le premier aussi.
Avant lui, il y en avait eu d'autres, à Londres, qu'elle évitait soigneusement depuis.
Il y avait eu Sam aussi, pour qui elle éprouvait toujours une grande tendresse mais qui n'avait pas réveillé en elle la tempête de sentiments que Tim avait déclenchée, et ce dès cette première nuit dans les couloirs de McKinley.
C'était ironique en un sens quand on y pensait : ils avaient commencé leur histoire dans l'opposition et l'orgueil et s'apprêtaient à la finir dans le même était d'esprit.

Malgré elle, son bras s'avança vers l'épaule du jeune homme et elle le frôla avant de reculer à nouveau. Elle se passa la main dans les cheveux. Tout était tellement compliqué ce soir.

-Tout ça pour ça, comme tu dis... Et savoir si on valait mieux que ça... J'ai bien l'impression que non à voir les horreurs qu'on s'envoie dans la figure depuis une bonne vingtaine de minutes...

Anna parlait maintenant d'une voix blanche et monocorde. La jeune femme sentait que la rage était passée mais les dégâts, eux, irréparables.
Elle osa enfin affronter le regard de Tim et ce qu'elle lut dans ses yeux la conforta dans son idée : une décision venait d'être prise, plus rien de pouvait les ramener en arrière.

-Tu as raison sur un point Ainsworth, non en fait, même sur deux, remarqua-t-elle avec ironie. Ce n'est absolument pas juste et nous ne nous connaissons certainement pas aussi bien que nous le pensions. Je vais donc te laisser tout le loisir de me remplacer par la dernière cheerio, la nouvelle meilleure amie de Savannah ou l'ex-dernière conquete de Samuel et consacrer mon précieux temps, comme tu dis, aux gens qui en veulent vraiment...

Comme si c'était ce qu'elle attendait de lui, ce qu'elle voulait. Elle se trouvait loin des clichés des filles de son âge qui rêvaient de se marier, de fonder une famille avec un homme bien sous tous rapports, avec une bonne situation. Elle, elle avait besoin de ce défi permanent, de ces joutes verbales et affectives, elle avait besoin de se sentir exister et vibrer à travers l'autre, de se sentir grandie par leur différence, qui faisait leur force. Et elle avait l'impression que tout ça, ce qu'elle était, Tim l'avait oublié.

-Moi non plus je n'ai plus rien à dire... Je ne te montre pas le chemin vers la sortie, tu le connais bien mieux que celui qui amène ici... Pense juste à récupérer ton ami au passage s'il te plait...

Et sur ces entrefaites, Anna tourna les talons et claqua la porte de la salle de bains derrière elle.
Elle attrapa le clavier de son téléphone et commença à composer un message qui sommait Madeleine de monter la retrouver en urgence.
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Like it Rough   Sam 10 Mar - 19:52

La façon dont Anna ouvrit la porte lui parut presque irréelle, aussi flottante qu'un rêve qu'il aurait aimé être en train de faire. Même si au fond de lui il avait fort espéré ne pas avoir à jauger la peine d'Anna, une partie de son être était heureux de voir qu'il valait mieux qu'une rupture avec mur interposé. Il aurait même clairement préféré se réveiller avec un mal de crâne assommant sur le canapé du rez-de-chaussée plutôt que de s'avouer que tout ceci était vrai. Pourtant quelque chose lui ordonnait - son orgueil peut-être - de feindre à nouveau cette expression d'indifférence qui lui épargnait la pitié des autres. Il avait encore moins besoin de celle d'Anna que de celle du Principal Figgins lorsqu'il avait déposé son CV à son bureau un an plus tôt. Si jamais elle lisait l'affliction sur son visage et qu'elle s'en voulait, il ne pourrait se pardonner à lui-même le fait d'avoir été si faible. Malgré son allure peu flatteuse elle ne semblait pas regretter cet échange inopiné de vérité auquel ils avaient daigné s'honorer l'un et l'autre. C'était peut-être elle qui avait été égoïste, d'avoir voulu le préserver si longtemps de tous ces doutes qui la hantaient à propos d'eux. Il avait finalement fallu attendre jusqu'à ce jour pour qu'elle parvienne à lui avouer que le reste du monde avait sans doute raison, qu'ils se berçaient d'illusions et que ces éternelles disputes en étaient la preuve la plus considérable. Fixant le mur en face de lui il ne remarquait même pas avec quel soin Anna évitait de confronter son regard. Elle essayait sans doute d'esquiver la réalité, encore une fois.

S'il y avait une chose dont Timothy était certain, c'était qu'à aucun moment ses sentiments pour Anna avaient été factices. Il n'avait jamais été question de s'engager dans une relation avec elle pour l'insuffisante raison que le monde entier s'y opposait. Elle avait sans doute été l'unique personne qui avait su voir plus loin en lui que ce qu'il voulait bien montrer. Malgré sa peine dissimulée et son indignation naissante, il devait avouer lui être reconnaissant d'avoir bien voulu perdre son temps avec lui, ne serait-ce que pour comprendre qu'il jouait un rôle. Peut-être que leur destin n'était pas de finir ensemble mais simplement de se trouver pour mieux se perdre. En vérité Tim s'était lui aussi souvent demandé pourquoi il se donnait tant de mal pour faire durer cette relation alors que tous les signes montraient qu'elle était vouée à l'échec. Au final Anna les avait peut-être libérés d'un fardeau... leur fardeau. Il avait encore une fois été trop faible pour y mettre fin lui-même.

Lorsque son regard croisa enfin celui d'Anna, il put y lire exactement la même chose que ce qu'il ressentait : la désillusion. Hormis cela son regard était vide, son ton monocorde - comme si son âme venait de se briser - et sa posture témoignait de sa lassitude. Tim était un peu pareil. La haine et la tristesse qu'il ressentait se complétaient juste assez pour modeler une expression neutre. Sur le coup, il ne regrettait rien. Il avait l'impression d'être imperméable à ses propres sentiments mais pourtant bien conscient que sa tête commençait à le marteler. Il avait simplement envie de s'endormir et de tout oublier. D'oublier ces quatre années durant lesquelles ils avaient entretenu un mensonge. Ce ne serait jamais aussi simple.
"Ferme-la Anna." dit-il avec épuisement, comme pour lui signifier qu'il en avait assez de devoir rétorquer sans arrêt à ses attaques. Jusqu'au bout elle ferait preuve de mauvaise foi et si au départ cela avait le don de l'amuser, il ne ressentait plus l'envie ni le besoin de se défendre face à elle. Il la gratifia simplement d'un signe de la main lorsqu'elle l'invita à sortir, sans même noter cette touche de mépris qu'elle adopta en parlant de Samuel. Ce dernier comprendrait bien par lui-même de toute façon que l'heure n'était plus à la fête.
La tête haute, la poitrine bombée, il foula la première marche d'un escalier qui lui paraissait interminable. Il savait qu'une fois dehors tout serait terminé.



My tears run down like razorblades
And no, I'm not the one to blame
It's you, or is it me?
And all the words we never say
Come out and now we're all ashamed
And there's no sense in playing games
When you've done all you can do

But now it's over, it's over, why is it over?
We had the chance to make it
Now it's over, it's over, it can't be over
I wish that I could take it back
But it's over ♫

Arrivé au premier étage il manqua de rentrer dans Madeleine qui détalait, probablement alertée par Anna. Finalement elle n'était pas aussi sûre d'elle qu'elle pouvait bien le prétendre.
Sans même noter sa présence elle continua son ascension tandis que Tim s'éloignait. Il sentait bien tous les regards se poser sur lui alors qu'il traversait le vestibule et malgré la consistance qu'il voulait bien se donner il devait bien leur rester assez de bon sens pour comprendre que les choses allaient mal.

I lose myself in all these fights
I lose my sense of wrong and right
I cry, I cry
It's shaking from the pain that's in my head
I just wanna crawl into my bed
And throw away the life I led
But I won't let it die, but I won't let it die ♫

Sans même avoir détourné les yeux il parvint à la porte qu'il ouvrit sans grande difficulté. Après avoir pris une grande inspiration il s'enfonça dans la lueur de la nuit, résigné à toujours regarder droit devant lui. Dorénavant il n'était plus question de regarder en arrière.

It's over, it's over, why is it over?
We had the chance to make it
Now it's over, it's over, it can't be over
I wish that I could take it back ♫
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02. [Pension Preston] Like it Rough

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