Choriste du mois


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 02. You and I, we were born to die

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MessageSujet: 02. You and I, we were born to die   Sam 28 Jan - 22:08

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    La chanteuse avait une voix abominable. Les notes qui sortaient de sa gorge étaient plus désagréables que des ongles sur un tableau noir. Et pourtant son public était nombreux et l’écoutait avec une expression hypocrite sur le visage, l’air de dire « cette jeune femme a un réel avenir dans la musique ». Mais même la musique qui l’accompagnait était mauvaise : certaines notes étaient fausses, sans rythme entrainant. Et pourtant, deux ou trois couples s’étaient mis à danser, emportés dans l’ambiance chaude du piano-bar et de la boisson qui réchauffait leurs corps. La seule personne qui semblait ne pas apprécier le spectacle était assise seule à une table, un verre de bière à la main, vêtue une robe noire très glamour (recommandée par Miss Campbell bien sûr !). Il était rare de voir dans cet endroit une jeune femme blonde et sexy sans personne pour la draguer. Mais celle-ci était différente : elle avait tendance à attirer les regards, puis à les repousser en un second temps tant ses yeux transmettaient une tristesse profonde. Elle ne souriait jamais, même lorsqu’un ravissant serveur s’approchait d’elle. Non, pour cela, il lui fallait au moins une ou deux vodka doubles.

    Candice connaissait la chanteuse, elle était dans son lycée à l’époque où sa vie se résumait aux Cheerios, aux garçons et à la popularité. Pourtant, pas moyen de mettre un nom sur son visage. Elle aurait pu faire partie de ces choristes du Glee Club qu’elle martyrisait qu’elle ne s’en serait même pas souvenue. Avec une grimace de dégoût significative, elle baissa les yeux sur son smartphone flambant neuf – le précédent avait été volé lors d’une soirée qui s’était finie à l’hosto, au bord du coma éthylique. Aucun nouveau message. Elle poussa un long soupir d’ennui. Elle avait donné rendez-vous à Mutt dans ce bar, mais étant donné que leur dernière rencontre ne s’était pas particulièrement bien passée, il était tout à fait possible que le jeune homme lui pose un lapin. Après tout, c’était elle qui était allée le trouver en plein milieu des couloirs de McKinley High pour lui attirer des problèmes et lui mettre la honte devant la plupart des élèves ! Elle ne savait pas trop ce qui lui avait prit ce jour-là. Pourquoi était-elle allée là où elle n’avait plus sa place ? Par nostalgie ? Elle avait l’impression que c’était autre chose, mais elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Néanmoins ce jour-là, elle avait réalisé qu’elle et Mutt avaient pas mal de choses en commun et qu’elle l’avait peut-être jugé un peu vite. D’un autre côté, il lui avait menti sur son âge pour coucher avec elle lors de leur toute première rencontre … Aujourd’hui elle avait envie d’en savoir plus sur lui, ce pourquoi elle lui avait proposé de la rejoindre dans une ambiance plus tranquille, sans la pression du lycée. Elle ne savait pas trop à quoi s’attendre, et cela la stressait plus qu’autre chose. Si elle avait bien retenu quelque chose de ces deux entrevues avec Mutt, c’était qu’il était du genre imprévisible. Difficile d’anticiper ses réactions …

    Ses doigts dont les ongles étaient vernis d’un rouge pétant tapèrent à toute vitesse un message destiné à Mutt. A ressasser ses erreurs, elle allait finir par ne plus vouloir le voir !

    Citation :
    Hey ! T’arive kan ?

    Son pouce s'arrêta devant la touche ‘Envoyer’. S’il n’avait pas envie de venir, elle n’allait pas le forcer. Peu de gens voulaient d’elle, ce pourquoi elle était toujours aussi célibataire … Sentant les larmes venir toutes seules à cette pensée, elle parvint à les retenir sans ruiner son maquillage – ces crises étaient tellement fréquentes qu’elle parvenait à plus ou moins les gérer à présent. Elle appuya sur la touche ‘Effacer’, renonçant à envoyer le SMS. Il était peut-être juste un peu en retard, et elle un peu en avance … Elle l’espérait. Elle ne supporterait pas un énième rejet.

    La chanteuse entamait Born to die, chanson déprimante aux yeux de la blondinette qui était à deux doigts de quitter la salle, lorsque la porte s’ouvrit en grand. Un courant d’air frais arriva droit sur elle. Elle leva les yeux, excédée, et croisa le regard brun-vert de Mutt.

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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Dim 29 Jan - 13:34


Comment celà était-il arrivé ? Candice lui avait envoyé un message pour lui demander si il était disponible ce soir là. Pourquoi ? Comment ? Surtout après leur dernière confrontation, c'était plutôt étonnant de sa part. Quoi qu'il en soit, Mutt -et il ne sait pas pourquoi lui aussi d'ailleurs- avait répondu présent à la jeune femme. Il allait sortir un peu et peut être que nos deux jeunes personnes allaient mieux faire connaissance et de façon plus cordiale. Peut être était-ce parce qu'il s'était pris de sympathie malgré lui de Candice ? Peut être était-ce parce qu'il se voyait en elle en quelque sorte et qu'au fond, il avait envie d'en apprendre plus sur elle...

La soirée démarra mal pour Mutt qui se trouvait déjà en retard. La raison ? Son père. Il avait décidé de lui prendre la tête. Il ne voulait pas qu'il sorte ce soir là, ce qui n'était pas de l'avis de Mutt et il se voyait mal décommandé Candice. Il ne savait pas comment elle réagirait et il n'y tenait pas. Oui, sous ses airs rebelles se trouvaient un charmant garçon. Et puis on peut bien penser que l'éducation de son père ne soit pas totalement tombé dans l'oreille d'un sourd. Mais disons que le prétendu sourd avait le choix d'user de tout celà comme il l'entend.

Une grosse engueulade éclata chez eux et son père était bien décidé à le priver de sortie pour sa dernière colle. Mais Mutt ne se laissa pas démonter et de toute manière, il n'avait pas le droit de l'enfermer. Il lui priva néanmoins des clefs de sa voiture et Mutt dû se rendre à l'évidence: il allait devoir y aller à pied. Soit ! Ils habitaient dans le centre ville de toute manière. Quoi qu'il en soit, il n'entendit pas la fin des répliques de son père qu'il claqua la porte de leur appartement pour prendre la rue le plus vite possible. Il espérait que Candice soit encore là où elle se trouvait quand il arriverait. Il ne savait pas quoi penser d'elle et surtout ce qu'elle déciderait à faire si elle ne le voyait pas arriver.

Il avait pris un léger pas de course jusqu'au Piano-Bar, l'endroit où ils avaient rendez-vous. Il s'arrêta alors et décida de ne pas rentrer tout de suite. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Après ce qu'elle lui avait fait, il venait à s'inquiéter du fait qu'elle ne l'attende pas. Cette fille est une peste mais en même temps, elle avait un quelque chose qui la rendait particulière. Était-ce sa colère et sa peine constante ? Tous ces sentiments qu'il voyait en lui ? Peut être était celle qui allait le mieux le comprendre. Il regarda à travers la baie vitrée et la vit au bar. Portable à la main. Il la vit hésiter et le ranger. Mutt soupira longuement et se décida enfin à avancer.

Il ouvrit la porte et posa son regard mordoré sur elle. Il eut un léger sourire gêné en vu du retard. Il finit par avancer vers elle. Elle était habillée d'une belle robe noire. Mutt baissa alors les yeux sur ses propres fringues. Avec cette dispute, il n'avait pas pris le temps de se changer et de s'habiller correctement. Il arborait un Jean large, un T-shirt basique, de baskets et une veste bleue marine. Il était à peine rasé qui plus est. Il s'avança vers elle et pensa qu'elle avait dû surement vider quelques verres en l'attendant. Il vint à s'asseoir sur le tabouret près d'elle et lui lança un rapide:

« Salut. Je suis désolé du retard... J'ai eu un... contretemps. Mon père... »

Il ne chercha pas non plus à se justifier plus que ca. Il leva la main pour se commander une boisson. Quand l'homme arriva à sa hauteur, il lui demanda ce qu'il voulait. Même s'il n'avait pas le droit car il n'avait pas encore 21 ans, Mutt demanda une bière. Le gars ne chercha pas plus loin et alla chercher sa commande. Ce n'était pas la première fois qu'il venait ici et avait déjà présenté sa fausse carte d'identité. De plus avec son allure et sa barbe naissante, il pouvait rapidement sembler plus vieux qu'il ne l'est. Oui, il ne pouvait pas s'en empêcher, mais dès qu'il avait pu prétendre être plus âgé, il ne s'était pas gêné. Il s'assit sur le tabouret près de Candice. Il se tourna légèrement vers la chanteuse et commanda:

« Sympa mais j'ai connu plus festif. »

Le type lui servit sa bière, Mutt l'en remercia tout en baissant les yeux sur sa boisson.
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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Dim 29 Jan - 17:55

    Mutt apparu, l’air inquiet, dans le champ de vision de Candice. Aussitôt, son coup d’œil automatique et expert – là aussi instauré par la célèbre Khloe Campbell – sur ses vêtements lui apprit que le jeune homme n’avait pas pris le temps de s’habiller aussi bien qu’elle. Peu lui importait, il avait déjà fait l’effort d’être venu : mieux valait ne pas trop lui en demander ce soir. D’ailleurs, elle l’avait déjà vu bien moins vêtu que ça, même si ses souvenirs de cette fameuse nuit demeuraient flous. Bref, cela n’expliquait pas pourquoi il avait l’air gêné. D’habitude, c’était elle qui était en retard. Elle était d’ailleurs incapable d’être à l’heure, et encore moins à l’avance ! Cette soirée avait été une exception, or celles-ci étaient aussi fréquentes qu’une éclipse de lune. Le jeune homme s’en excusa rapidement en accusant son père. Valable : Candice n’avait pas de père dur et elle était à présent totalement indépendante de lui, néanmoins il fut une période où celui-ci l’interdisait de sortie et d’argent de poche, après le mort de sa mère. Elle avait quinze ans et elle était révoltée contre tout : les règles, son père, la vie … Une rébellion qui ne s’était jamais totalement éteinte au fil des ans.

    Candice lui répondit par un haussement d’épaules. Elle ne savait pas vraiment quoi lui dire. « Ca va s’arranger, t’inquiète pas » ? C’était mal la connaître ! La blondinette n’avait jamais prononcé ces paroles de sa vie, même à ses plus proches amies, ça n’allait donc pas être un lycéen qu’elle connaissait à peine qui allait les entendre en premier. Elle se contenta du silence et l’observa commander sa bière, un sourcil en l’air.

    « T’es au courant que c’est pas légal ? T’as un sérieux problème avec les mensonges mec ! »

    Bien sûr, la jeune femme n’avait pas dit ça sur un ton de reproche. Elle n’était pas sa mère et il faisait ce qu’il voulait de sa vie. Cependant elle était plus âgée et donc en principe plus responsable que lui. De plus, dans sa tête il n’était encore qu’un gamin de dix-huit ans encore au lycée. Difficile de se retirer une idée pareille malgré ses efforts.

    « Sympa mais j'ai connu plus festif. » commenta-t-il.

    Candice grimaça en lorgnant la chanteuse. L’ambiance était certes différente des bars et boîtes de nuit qu’elle avait l’habitude de fréquenter, et c’était ce pourquoi elle avait choisi ce lieu pour leur rendez-vous. Ici, ils pourraient discuter plus tranquillement, sans avoir de musique techno à fond dans leurs oreilles.

    « Moi aussi. Mais ici au moins c’est ouvert aux moins de 21 ans, même apparemment si ça ne te dérange toujours pas. »

    Elle avala de longues gorgées de bières en lui adressant un clin d’œil. Elle s’était promise de lever le pied sur l’alcool rien qu’une soirée, mais ce défi personnel allait s’avérer plus difficile que prévu. Elle voulait lui montrer une partie sobre d’elle si rare qu’elle était parvenue à douter de ses capacités. La plupart des gens la trouvait plus cool après quelques verres de whisky. Elle reposa son verre vide sur le comptoir et s’obligea à tourner son tabouret vers Mutt pour ne pas regarder le serveur et lui en commander un autre. L’alcool semblait l’appeler, faisant vibrer le verre pour former les mots : « commande en un autre, tu as tellement soif ! ». Elle se força à faire la sourde-oreille et à regarder les yeux de Mutt et seulement les yeux de Mutt.

    « Tu sais quoi ? Toi et moi on devrait repartir à zéro. On efface tout. Je t’ai jugé un peu vite, je le reconnais et je m’en veux un peu. Vois ça comme … une seconde chance. »

    Elle lui tendit sa main, un peu tremblante à cause du manque de boisson et de drogue. Sur ses lèvres se dessina un sourire amical forcé. Sourire naturellement était devenu trop difficile pour elle ces derniers mois.

    « Salut ! Moi c’est Candice, j’ai vingt-trois ans. »
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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Dim 29 Jan - 22:14

Candice lui fit un commentaire sur le fait qu'il commandait une bière. Mutt eut un léger rire amusé. Il n'était pas un mythoman, juste qu'il n'aimait pas devoir suivre une quelconque autorité aussi bénigne soit il que d'attendre ses 21 ans pour pouvoir boire de l'alcool. Pour résumer l'autorité et Mutt ca faisait deux. Il se tourna vers Candice, et lui répondit tout en riant:

« Je dirai plutôt l'autorité. Je n'aime pas quand on me met des bâtons dans les roues... Mais en même temps, ne pas pouvoir flirter avec l'interdit rendrait ma vie si ennuyeuse. »

L'homme vint à lui donner le verre et Mutt fit une remarque sur la chanteuse. Il attrapa sa boisson et se tourna vers Candice. Elle continua sur son âge et Mutt se mit à rire de nouveau. Elle n'y allait pas par quatre chemins et c'est surement ca qui plaisait au garçon. Elle n'était pas du genre gnangnan à tourner autour du pot ou encore à minauder comme la plupart des filles qu'il connaissait. Il secoua la tête avant de continuer:

« L'âge... L'âge... Ce n'est qu'un chiffre qu'on nous fou sur des papiers d'identité. Tu sais qu'il y a longtemps, la plupart des gens ne savaient même pas quand ils étaient nés précisément ? Allez Candice... »

Il la poussa doucement d'un air taquin sur le côté alors qu'elle lui avait adressé un clin d'oeil. Ouais, peut être n'était il pas parti du bon pied mais en fin de compte il ne regrettait pas d'être venu la voir ce soir. Ils avaient des choses à mettre au point et puis, Candice n'était pas si garce qu'elle voulait bien le faire croire. Elle était juste perdue, comme lui... Il prit une mine maligne et eu un léger mouvement de sourcil quand elle lui parla de seconde chance. Notre garçon répondit:

« Seconde chance ? Mais je suis d'accord... J'ai p'tet pas été réglo. En même temps... »

Elle lui tendit une main qu'il décela tremblante. Mutt l'attrapa et sentit qu'elle n'était pas si franche que quand elle avait plus de verres dans le nez. Elle faisait un effort ce soir. Etait-ce pour lui ? En tout cas, il ne put s'empêcher de trouver ce geste adorable. Elle se présenta de nouveau comme si c'était la première fois qu'ils se voyaient. Mutt eu un sourire et répondit:

« Enchanté ! Je m'appelle Mutt Witwicky et mon âge... »

Il leva un sourcil tout en levant les yeux vers le plafond.

« Tu le connais déjà... Et comme tu le sais déjà ce ne sont que des chiffres pour moi. Un type peut bien avoir trente balais et avoir le mental d'un gars de dix ans et au contraire un jeune avoir le mental d'un type plus vieux... Et je ne parle pas de moi... »

Il lui fit un clin d’oeil en retour avant de porter son verre à ses lèvres et boire une gorgée.

« Alors, tu veux me connaitre ? Vas falloir que tu poses les bonnes questions. »

Il finit par repousser son verre. Elle faisait des efforts visibles face à lui, il en ferait peut être de même ce soir. Il attrapa le serveur en passant et lui dit:

« Vous me verserez un Coca s'il vous plait. »

Oui, il pouvait se trouver incroyablement imprévisible des fois. Il se tourna de nouveau vers Candice et ajouta:

« N'empêches, commander un Coca plutôt qu'une bière... Ca fait beaucoup moins classe... Et ne me dis pas le contraire. »
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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Sam 4 Fév - 22:23

    Candice ne regrettait pas d’avoir donné une seconde chance à Mutt. Pour l’instant, tout se passait tellement bien que c’en était vraiment bizarre ! Elle qui avait toujours cru que les chiens et les chats ne pouvaient pas être amis réalisait qu’elle s’était bêtement trompée. A vrai dire, elle n’avait jamais fait l’effort de connaître des personnes plus jeunes qu’elle. Au lycée, elle snobait les premières années alors qu’elle était passée de justesse en deuxième. Et il en avait toujours été ainsi jusqu’à présent. Pourtant, elle essayait de se rappeler régulièrement que Mutt n’avait pas l’âge légal pour rentrer dans n’importe quelle boîte de nuit. Il avait l’air si mature, en particulier une fois tiré de ce lycée, qu’il faisait facilement plus de vingt ans !

    « L'âge... L'âge... Ce n'est qu'un chiffre qu'on nous fou sur des papiers d'identité. Tu sais qu'il y a longtemps, la plupart des gens ne savaient même pas quand ils étaient nés précisément ? Allez Candice... »

    Mutt avait prononcé ces mots comme une réponse à ses réflexions. La jeune femme était assez étonnée par leur soudaine familiarité, et pourtant elle avait l’impression de le connaitre depuis longtemps. Sans doute était-ce parce que finalement, ils se ressemblaient plus qu’ils ne l’auraient cru … Elle réfléchit une seconde à ses paroles.

    « Comment tu … »

    Elle ne finit pas sa phrase, la suite lui semblait soudainement stupide. Mutt allait au lycée et il ne pouvait pas être plus nul qu’elle l’avait été. Il avait forcément eu des cours d’histoire ennuyeux où on lui avait expliqué qu’une certaine partie de la population ignorait la date exacte de leur naissance il y a quelques siècles. Mais elle, elle n’en savait rien du tout et elle se sentait comme une enfant, ignorante et idiote. Voilà pourquoi elle n’acheva pas sa phrase et laissa couler.

    Mutt lui rendit sa poignée de main tremblante avec un sourire amical. Candice avait besoin d’encore quelques verres pour véritablement se détendre. Sauf qu’elle s’était promis de faire des efforts … Et qu’une fois commencé, elle ne pourrait plus s’arrêter, elle en était consciente. Or elle ne voulait pas montrer ses dépendances dès leur « premier second soir ». Celles-ci avaient tendance à faire fuir, ou bien à la faire passer pour une proie facile … Pourquoi voulait-elle faire bonne impression devant Mutt ? La véritable raison restait un mystère.

    « Ca tombe bien, j’en ai beaucoup ! L’enquête Wtwicky est ouverte ! » répliqua-t-elle.

    Un rire resta coincé dans sa gorge. Il ne sortira pas facilement ce soir, sauf si … Mutt commanda un Coca, ce qui fit ouvrir de grands yeux à la blondinette. Impressionnant de sa part, il fallait l’avouer. Cette petite attention la touchait vraiment, même plus que nécessaire. Non, elle s’interdisait de pleurer ce soir ! Chaque petite émotion plus haute qu’une autre lui faisait monter des larmes, souvent pour un rien. Elle savait qu’elle n’était pas comme ça normalement. C’est ce que le Docteur Randfield appelait une dépression, nom que Candice avait du mal à accepter. Elle réussit à se calmer rapidement et tenta même de cacher son instant de faiblesse en rattrapant le serveur.

    « La même chose s’il vous plait ! » ajouta-t-elle.

    Après tout, on pouvait être adulte et raisonnable, non ? Même si, comme le disait le lycéen, on en perdait un peu de fierté.

    « Je suis assez mal placée pour te dire le contraire. »

    Le serveur leur apporta leurs verres plein de cette boisson pétillante que Candice buvait très rarement, puisqu’à côté d’un verre de whisky elle ne faisait clairement pas le poids. Elle leva son verre vers le jeune homme.

    « A notre classe disparue aussi vite que la bière ? »

    Elle claqua son verre contre celui du jeune homme et but une grande gorgée.

    « Alors, ces questions ! Déjà, pourquoi ton prof t’a appelé Henry l’autre jour ? Parce que si tu n’es pas mythomane, tu dois avoir une bonne raison pour changer de nom … »


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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Lun 6 Fév - 19:16

Candice commença une phrase qu'elle laissa en suspens. Mutt eut un léger mouvement de sourcil sans rien dire. Oui, elle ne semblait pas connaitre ca. Ce n'était pas grave. Il sourit. Ce n'était pas de la moquerie, loin de là, juste qu'il se disait qu'il se sentait parfois hors norme. Qui savait ce genre de choses sérieusement ? Il n'y avait que lui... Le type qui se tapait une moyenne très médiocre et qui manquait des redoublements à chaque fois. Mais Mutt maîtrisait ses moyennes. Il savait ce qu'il devait faire pour passer dans la classe ensuite sans pour autant passer pour un as. Juste ce qu'il faut. Génie ou idiotie ? Celà reste encore à voir...

Il rit de nouveau quand elle lui lança la réplique "Enquête Witwicky ouverte". Ouais on peut appeler ca comme ca... Il ne pensait pas que le courant allait si bien passer au final. Mais était-il prêt à tout avouer à Candice ce soir ? Non, pas encore... Il y avait des blessures qu'il garderait au fond de lui. Il ne la connaissait pas encore assez et elle était une fille très explosive qui pouvait cracher tout ce qu'elle avait sur le coeur dès qu'elle était en colère. Tout en faisant une fausse moue dubitative, il dit:

« Oula ! Je vais devoir me méfier... »

Il commanda un Coca pour montrer, qu'il n'était pas un si mauvais "sale gosse". Candice en fit de même. Mutt eut un léger sourire en coin en la regardant. Il crut déceler une pointe d'émotion qu'elle tentait vainement de cacher. Mais celà ne manqua pas à Mutt. Oui, il savait ce que c'était de se retrouver dans cet état là... La dépression ca s'appelait. Il ne le disait pas, mais était ce ce qui le rongeait ? Surement... Il le savait depuis longtemps, et ses sautes d'humeur, n'était pas que le signe d'une force de caractère énorme mais aussi qu'il était bel et bien mal dans ses pompes. Mais il avait aussi cette grande capacité à cacher tout ca. Un parfait comédien... Un caméléon qui savait se fondre dans le paysage. Mais rare connaisse sa vraie nature. Bien qu'elle restait celle qu'il avait à l'instant présent face à Candice. Il la regarda avec ce sourire doux et ce regard qui en disait long sur ses pensées. Ou plutôt celle qu'il voulait lui montrer à cet instant. Elle leva son verre pour trinquer. Mutt en fit pareil et dans un tintement de verre il dit:

« Oui. A notre classe perdue ! Indéniablement ! »

Il porta le verre à ses lèvres et but une gorgée à son tour avant de reposer le verre sur le comptoir. Elle lui lança alors sa première question. Oui... Celle que beaucoup de monde lui posait d'ordinaire. Il rit doucement à ca et lui répondit, mettant fin à ce mystère.

« Je m'appelle Henry Witwicky... Troisième... En gros, je suis le troisième Henry de la famille. Mon grand père s'appelait comme ca, mon père... et maintenant moi. Mutt est le nom que je me suis donné... »

Il se laissait encore appeler Henry dans ses jeunes années. Il s'est donné ce nom juste après son premier renvoi et quand il a commencé à se forger sa nouvelle identité. Mutt n'avait jamais sû qu'il avait hérité de ce nom là, car c'était les dernières volontés de sa mère. Son père ne lui avait jamais fait part et aimait contourner le sujet.

« Donc non, ce n'est pas un mensonge. Disons que Henry III c'est pas le nom le plus cool du monde. Et puis c'est pas comme ca que je vais me faire un nom au lycée. Si tu vois ce que je veux dire... Bon je l'ai quand même supporté jusqu'à l'âge de mes quatorze piges... Mon premier renvois aussi. Après, j'ai décidé de changer la donne... Et puis s'appeler comme un père qui passe son temps à vous prendre la tête, c'est pas gégé. »

Il porta de nouveau son verre à ses lèvres. Peu de gens lui demandait pour quelle raison on l'appelait Mutt et pas par son vrai nom. Il faut dire que peu de gens osait aussi. Sachant que Mutt en argot Newyorkais voulait dire chien bâtard. Ce n'était pas par hasard qu'il avait choisi ce nom si particulier.

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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Dim 26 Fév - 15:54

    Candice se sentait de plus en plus intriguée par Mutt. Le jeune homme était finalement plus difficile à cerner que prévu. Loin des murs du lycée, il était tellement différent que c’en était déconcertant. Un autre Mutt Witwicky. Plus gentil, plus drôle, plus cool … La blondinette était à présent rassurée : ses intuitions étaient bonnes et elle allait passer une bonne soirée. Enfin … A condition que cette fichue chanteuse se la ferme. Si elle avait été un peu plus alcoolisée, elle lui aurait lancé quelque chose à la figure – un verre aurait fait l’affaire – en la traitant de tous les noms de son répertoire. Et s’il y avait eu Damon en face d’elle, elle aurait déjà pris quelque chose de bien plus fort que de la boisson … Elle savait l’influence que pouvait avoir son meilleur ami sur elle, bien qu’elle ne s’en soit jamais plainte. Elle s’amusait avec lui d’une manière très différente et bien moins correcte qu’avec Mutt et leurs Coca Cola, mais cela la dérangeait moins qu’elle ne l’aurait imaginé. N’était-ce pas la vie qu’elle aurait souhaitée ? Normale, sans addictions, juste des sorties avec de véritables amis, sans une consommation au-delà du raisonnable et sans le moindre gramme de drogue. Elle avait jusqu’ici refusé catégoriquement cette existence passive, affirmant qu’elle était heureuse ainsi. Sauf qu’une fois devant ce qu’elle aurait du devenir si rien n’était allé de travers, ses certitudes étaient ébranlées.

    Candice tourna la tête afin de cacher un regard humide. Elle était devenue professionnelle dans l’art et la manière de cacher ses larmes et sa tristesse. Elle tentait de se concentrer tant bien que mal sur les explications de Mutt et de son prénom. Tout cela lui semblait bien loin de ses pensées obscures. Elle s’efforça de suivre le fil de la conversation, secouant la tête d’haut en bas ou de droite à gauches aux bons moments bien que sans grande conviction. En fait, l’origine de son prénom lui semblait plutôt amusante : elle se surprit à glisser sur ses lèvres un petit sourire amusé. Lorsqu’il eu fini ses explications, elle avala une grande gorgée de Coca et repoussa une mèche rebelle derrière ses oreilles.

    « Tu ne t’entends pas avec ton père ? »

    Candice s’entendait mieux avec son père depuis son départ de la maison familiale. Elle se souvenait de leurs disputes plus ou moins violentes qui remontaient à quelques années tout au plus. A l’époque, comme toute adolescente qui se respecte, elle se révoltait contre tout et n’importe quoi, à commencer par ses limites. De ce fait, elle crisait contre celui qui les lui imposait : son père. Sa mère étant décédée, celui-ci tentait de remplacer sa femme, en vain. Il n’avait jamais été très doué dans le rôle de la maman, et Candice ne pouvait le blâmer pour cela. En effet, elle regrettait de lui en avoir fait voir de toutes les couleurs. En vérité, elle l’aimait énormément. Bien qu’il se soit remarié, elle voyait toujours en lui leur petite famille à deux.

    « Et ta mère ? » finit-elle par demander en s’apercevant subitement qu’il n’avait jamais évoqué son second parent.
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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Jeu 1 Mar - 18:35

Mutt ne savait pas pourquoi il parlait de tout celà à Candice. Enfin si il le savait. Il supposait qu'il pouvait la comprendre. Et il y avait cette lueur dans son regard. Une lueur qui lui rappelait la sienne aussi. Il se ressemblait mais seulement en parti. Mutt savait qu'il était aussi très différent d'elle. Ils ne venaient pas d'un même milieu, et elle avait été de ceux qu'il n'aimait pas quand elle était au lycée. Oui, il le savait alors pourquoi dévoilait-il devant elle une partie de sa personnalité ? Il savait qu'il pouvait s'en mordre les doigts. Mais pas ce soir... La différence qui faisait état entre eux deux était principalement que Candice pouvait dépasser les limites mais en était elle consciente à chaque fois ? Mutt lui, savait l'instant où il venait à franchir une limite et le faisait délibérément. Tout était sous contrôle... ou presque. Parce qu'avec tout ca, s'accompagnait le fait que Mutt était aussi ce genre de gars à fleur de peau. Il pouvait se mettre en colère rapidement, ou encore ressentir de la peine à outrance. Bien entendu dans ce second cas, il venait à se cacher pour ne pas que ses larmes viennent à devenir publics. Pour résumer ? Mutt vivait dans l'extrême. Trop sentimental, trop buté, trop intelligent, trop... tout ! Il devait agir comme ca. Devait ? Non, c'était plutôt le résultat de ses années chaotiques passées à New York. Et ces années ne semblaient pas se terminer.

Quoi qu'il en soit, Candice le surprenait et il se sentait bien de parler avec elle. Celà changeait de la majorité des lycéens avec qui il pouvait avoir des discussions puériles. Non. Il ne savait rien de la vraie vie. De la vraie galère. Elle lui posa de nouveau une question. Une nouvelle question que peu de gens osait lui demander... Il baissa les yeux vers le bois sombre de la table. Bien sûr qu'il avait un problème avec son père. Ca avait toujours été comme ca. Il but de nouveau une gorgé de son Coca avant de répondre.

« Le problème avec mon père, c'est qu'il veut tout contrôler autour de moi. Et... il ne m'a jamais écouté vraiment. Quand j'ai eu des problèmes... Je parle de gros problèmes... Il a préféré voir un délinquant en moi, plutôt qu'un fils qui avait été la victime dans l'affaire. Je ne sais pas pourquoi il s'obstine comme ca d'ailleurs... C'est après ca que j'ai commencé à foutre le bordel pour de bon. Autant qu'on m'accuse pour des choses que je fais non ? »

Il appréciait son père quand même. C'était sa seule famille, mais il aurait tellement préféré avoir un père à l'écoute, plutôt qu'un sale revêche de la vie. Mais il devait faire avec. C'était comme ca. Candice vint à lui poser alors une autre question. Une question déconcertante que, et là, il en est sûr, personne ne lui a posé avant. Mutt se contenta d'un sourire triste. Peut être s'intéresserait-on à lui pour une fois ? Et réellement pour ce qu'il était. Il soupira longuement et dit simplement:

« Ma mère est morte. Et avant que tu dises quelque chose, je ne l'ai jamais connu donc je ne peux dire qu'elle me manque vraiment. Bien qu'une présence féminine serait le bienvenue à la maison pour apaiser les tensions. Je pense que si ma mère aurait été encore présente, l'histoire des Witwicky se serait déroulé différemment. D'après ce que j'ai su, elle a eu un accident de voiture alors qu'elle était enceinte de moi. J'ai survécu, pas elle... »

Il pourrait dire qu'il était touché par cette situation si il s'était souvenu de quelque chose. Mais à vrai dire la douleur de la perte était moindre sans les souvenirs. Mais il pouvait la sentir en son père. Dans son regard, dans ses paroles, dans ses gestes... Oui. Il s'était venu à se dire un jour si il ne lui reprochait pas la mort de sa mère. C'était idiot de penser celà et bien normal en vu de la situation.

« Voilà tu connais une partie de ma vie maintenant. J'ai juste envie que l'année scolaire se termine pour ma part. Que je fasse partie de la cours des grands. J'en ai ma claque, je veux m'envoler. Avec ou sans diplôme je m'en cogne... Bien que mon père voudra que j'ai mon diplôme. Il est bien capable de me faire redoubler alors je suppose que je l'aurai de justesse. »

Il eut un sourire triste en coin et ajouta:

« Et qu'est-il arrivé à la belle Candice Connell ? Je te raconte mes humeurs noires, mais j'aimerai bien en connaitre un peu plus à ton sujet aussi. Tu étais pourtant populaire ? Qu'est ce qui t'empêche de ne plus l'être aujourd'hui ? J'aimerai que tu me parles un peu de toi, ta famille... Moi, chui un loser, fils de prof pour couronner le tout. D'une famille pauvre et qui n'a jamais cherché la gloire. »
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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Dim 4 Mar - 11:41

    « Ma mère est morte. Et avant que tu dises quelque chose, je ne l'ai jamais connu donc je ne peux dire qu'elle me manque vraiment. Bien qu'une présence féminine serait le bienvenue à la maison pour apaiser les tensions. Je pense que si ma mère aurait été encore présente, l'histoire des Witwicky se serait déroulé différemment. D'après ce que j'ai su, elle a eu un accident de voiture alors qu'elle était enceinte de moi. J'ai survécu, pas elle... »

    Candice s’apprêtait à lui dire qu’elle était désolée, au lieu de quoi elle ne répondit pas. Pendant un instant, elle avait cru qu’ils étaient tous les deux issus du même monde monoparental qui leur avait attribué cette vie parfois si différente des autres. Néanmoins leur point commun d’avoir perdu leur mère n’en était pas véritablement un en fin de compte. Elle pleurait toujours la disparition de la sienne, tandis que Mutt vivait sans cette tristesse permanente qui lui lacérait le cœur à chaque fois qu’elle y pensait. Elle en était presque jalouse. Bien que ces quatorze premières années de sa vie avaient été entourées d’un doux parfum de barbapapa, elle était tombée si vite de son petit nuage qu’elle s’était brisée en heurtant la dure réalité. Et maintenant qu’elle était en mille morceaux, elle ne parvenait plus à rassembler les pièces de ce puzzle interminable. Mutt, au contraire, vivait une vie plus ou moins normale, malgré quelques problèmes « de parcours » … Elle ne comptait pas creuser davantage de ce côté-là pour la soirée, devinant que ses problèmes à New York étaient un sujet épineux. Elle l’interrogerait plus tard si elle en avait l’occasion. La curiosité était bien trop forte pour qu’elle le laisse tranquille trop longtemps.

    « Voilà tu connais une partie de ma vie maintenant. J'ai juste envie que l'année scolaire se termine pour ma part. Que je fasse partie de la cours des grands. J'en ai ma claque, je veux m'envoler. Avec ou sans diplôme je m'en cogne... Bien que mon père voudra que j'ai mon diplôme. Il est bien capable de me faire redoubler alors je suppose que je l'aurai de justesse. »

    La jolie blonde grimaça. Ce discours, elle l’avait déjà prononcé quelques années auparavant. Elle l’avait regretté amèrement par la suite. Après tout, bien que l’échec de son diplôme n’eût été une surprise pour personne, il avait causé sa chute en Enfer. Une reine était tombée et beaucoup avaient profité de la faille pour s’y engouffrer, ne faisant d’elle que l’ombre d’elle-même. Plus de popularité, plus d’amis, plus personne. Le vide.

    « Essaie de l’avoir quand même. Crois-en une ignorante qui a été la risée de tout Lima à cause de ça. »

    Elle baissa les yeux, honteuse d’avouer qu’elle n’avait pas obtenu ce fichu bout de papier.

    « Et qu'est-il arrivé à la belle Candice Connell ? Je te raconte mes humeurs noires, mais j'aimerai bien en connaitre un peu plus à ton sujet aussi. Tu étais pourtant populaire ? Qu'est ce qui t'empêche de ne plus l'être aujourd'hui ? J'aimerai que tu me parles un peu de toi, ta famille... Moi, chui un loser, fils de prof pour couronner le tout. D'une famille pauvre et qui n'a jamais cherché la gloire. »

    A son tour, un petit sourire triste se glissa sur les lèvres de la jeune femme. Elle n’aimait pas raconter sa vie à n’importe qui, bien que Mutt ne soit pas tout à fait n’importe qui. Il venait de se confier en partie à elle, elle se devait de lui rendre la pareille … et faire abstraction de sa douleur.

    « Hé bien … Être riche ne veut pas dire être heureux non plus. Mon père est ingénieur et il s’est remarié il n’y a pas très longtemps, ma mère est morte dans un accident de voiture il y a neuf ans. Au début, j’arrivais tout juste à me rendre compte qu’elle n’était plus là, donc tout allait bien … Puis j’ai présenté cette femme à mon père pour le rendre heureux parce que je voyais bien qu’il était plus mal que moi … et quand ça a collé entre eux je me suis rendue compte qu’elle n’était bel et bien plus là, et là c’était à mon tour d’être malheureuse. »

    Candice n’osait toujours pas lever les yeux vers Mutt de peur de voir sa réaction. Peut-être riait-il aux larmes en face d’elle, se moquant de ce qu’elle ressentait. Les larmes embuaient à nouveau ses yeux, elle n’était plus sûre de tenir longtemps. Pourtant, elle ne pouvait plus arrêter de se décharger. Cela faisait un bien fou.

    « C’est arrivé à peu près en même temps que la fin du lycée. Comme j’ai raté mon diplôme, je suis devenue « la fille qui a foiré le truc le plus important de sa vie ». Du coup j’ai commencé à fréquenter des personnes qui … qui avaient aussi des problèmes. »

    Elle repensa à Damon, son meilleur ami. Lui aussi avait été élève à McKinley et, comme elle, il avait sombré dans les excès pour oublier la misère de sa vie. Comme des compagnons de galère, ils se soutenaient et se comprenaient mieux que quiconque au monde. Qui pouvait se venter d’avoir un ami pareil ? Candice ne s’en séparerait jamais malgré tout ce qu’on pouvait dire sur lui. Elle était fière de l’avoir à ses côtés, bien qu’elle ne le lui ait jamais dit. Il était son grand-frère de cœur, quoi qu’en pensent les autres.

    « Ca m’a aidé à me sentir mieux. Je fais la fête, je sors, je m’amuse … Rien de bien passionnant ! » conclut-elle en un mol haussement d’épaules.

    Ravalant une énième fois ses larmes, elle osa relever les yeux vers Mutt, sans cacher une certaine crainte vis-à-vis de sa réaction.
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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Ven 9 Mar - 22:50

Candice l'écouta simplement parler de lui. Il lui avoua des parties de son passé que personne ne connaissait encore à Lima. A vrai dire, il se sentait bien avec Candice et le fait de pouvoir parler comme ca, totalement sobrement était une chose particulièrement agréable. Il sentait qu'il commençait à vraiment bien apprécier Candice. Quand il lui avoua pour son diplôme, il la vit faire une grimace. Celà ne lui plaisait pas, à l'évidence. Elle accompagna alors les paroles à sa pensée. Il eut un petit sourire triste quand elle lui dit ca. Alors c'était donc ca. Mutt répondit alors:

« Ok. J'en tiendrai compte. Je ferai en sorte de l'avoir alors. »

Il lui fit un léger clin d'oeil. Il pouvait l'avoir sans mal en réalité. Il était un cancre au lycée parce qu'il se faisait passer pour un cancre face à son père. Il avait remarqué que ca le faisait tourner bourrique. Fils de prof qui ne réussit pas ses études... C'était le comble pour lui. Mais il prenait note de ce que disait Candice et puis avec son diplôme, il aurait bien plus de voix ouvertes que sans... C'est indéniable. Il posa alors sa main sur l'avant bras de la blondinette pour dire:

« Tu sais. Il n'est jamais trop tard pour essayer de l'avoir. Enfin je dis ca, mais... je sais que ca doit pas être évident pour toi. »

Il ne savait pas trop comment, elle prendrait ce commentaire là. Pas du tout. Il recula finalement sa main et regarda son verre de Coca. Juste après qu'il lui posa la question sur sa vie, elle commença à la raconter. Mutt sentit tout de suite que c'était difficile pour elle. Qu'elle parlait de choses difficiles. Mutt, lui, avait omis ces passages là. Oui, c'était un peu lâche de sa part. Peut être se confiera-t-il plus tard dans la soirée. Elle ne le regardait pas. Elle aussi avait perdu sa mère mais plus récemment et c'était bien plus douloureux que ce que Mutt avait pu ressentir. Il connaissait ce vide, mais peut être pas autant que Candice. Il la laissa parler. Il l'écouta avec respect et attention. Elle n'était pas heureuse. Mutt ne l'était pas non plus, mais ce n'était pas le même type de malheur. Et là, il se dit que ses problèmes semblaient bien moindre comparés à ceux de la jeune fille. Il la sentait tendue et elle semblait avoir peur de sa réaction. Quand elle termina. Mutt continuait de la fixer paisiblement et après quelques petites secondes de silence, il lui dit:

« Woaw... » Une légère pause de nouveau. « ... Candice... Je sais... Je suis le type qui fait tout pour faire foirer sa vie mais... Tu sais... Quand je te vois me parler comme ca, je ne peux me dire simplement quelle fille formidable tu es. Tu as le droit au bonheur comme comme tout le monde. Ne te décourages pas à le trouver. Tu as encore la vie devant toi. C'est à toi de décider de changer. Comme le fait de venir choisir entre prendre une bière ou un Coca... Ok, c'est moi qui dit ca... »

Il savait qu'elle avait dépassé les limites depuis longtemps. Il en avait profité l'espace d'une soirée et surement que ce soir, il le regrettait. Dans un sourire triste, il finit par lui avouer.

« Moi, je suis un pauvre type hypocrite. Tu as raison depuis le début, je mens sur pas mal de choses. Je ne suis pas ce que je parais être et je n'ai pas envie de le montrer parce que je sais qu'au final, je suis le mec le plus pitoyable qu'il soit. » Il fit une légère pause, but une gorgée de son Coca et continua. « Tu vas me traiter de sale con après ce que je vais te dire. Je passe mon temps à... faire les idiots, me comporter comme tel; Bon, j'ai jamais vraiment tenté de faire un vrai test de QI. Mais je sais que je sais vraiment beaucoup de choses, et que je comprends rapidement... tout ! Ou presque... Même si je fais croire à Mr. Schuester que je parle comme une vache espagnole, mais en réalité je gère très bien la langue, comme plusieurs autres langues d'ailleurs. Mon diplôme. Je peux l'avoir... Je gère moi-même ma moyenne. Mes notes... Jusqu'au millième près. Si je veux avoir tel moyenne en telle matière. Je vais savoir faire en sorte de l'avoir. Mais... Je fais tout pour tout foirer. Pourquoi ? Mon père en premier... Ca le fait totalement disjoncter de voir que son fils comme ca... Puis... »

Il ne sait pas si il arriverait à lui dire totalement. Son regard se perdant dans le vide, ses sourcils se froncèrent doucement.

« ... Puis... être un petit intello gentil et surtout fils de prof... Ca n'apporte que des emmerdes. De grosses emmerdes que je ne veux plus jamais revivre. Être un cancre rebelle, ca aide à vous foutre la paix. »

Et il commençait à vider son sac, comme Candice. Étrange soirée pour nos deux jeunes gens.
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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Dim 11 Mar - 15:47

    Candice sentait une compassion chez Mutt qu’elle n’avait que très peu ressentie chez les personnes qui écoutaient ses malheurs. Il l’écoutait, et mieux encore, la soutenait avec une étonnante force, alors que lui-même peinait à porter le poids de son propres malheurs sur ses épaules. Si elle avait su qui il était vraiment dès le départ, elle ne l’aurait pas descendu devant tout le lycée lors de leur dernière rencontre. Il n’était pas un lycéen banal, il était bien trop mature par rapport aux autres. Même elle était beaucoup moins mature que lui à 18 ans. Si elle avait été un peu plus adulte, elle aurait bossé et obtenu son diplôme. Il était une exception, réalisa la blondinette. Non, il était exceptionnel.

    Le jeune homme posa une main rassurante sur son avant-bras qui la surprit un peu, bien qu’elle ne réagisse pas. Ce contact lui rappela brusquement cette fameuse nuit de leur rencontre, bien que ses souvenirs soient toujours très flous. Une soirée aussi excellente, ça ne s’oubliait pas aussi facilement. Quelques flash lui étaient restés : ses mains fermes autour de son corps, sa chaleur … Elle avait presque envie d’y regoûter, rien qu’une fois. Les mots de Mutt la ramenèrent subitement à la réalité.

    « Pas question. Jamais je ne retournerais au lycée, et suivre des cours par correspondance ou particuliers ne m’intéressent pas … Je n’ai jamais été très scolaire. J’assume ce que j’ai fait, je ne veux pas le repasser. »

    Il retira finalement sa main, peut-être à cause de la façon de parler un peu sèche qu’elle avait eue et qu’elle avait aussitôt regrettée. Elle savait qu’il avait raison, mais elle refusait tout de même de céder à cette idée. Elle se sentait obligée de payer le prix fort pour ses erreurs. Elle avait fait l’idiote, elle devait en subir les conséquences … Même si elle-même se rendait compte que cette solution était inutile et stupide. Elle lui raconta ensuite ses « mésaventures », et encore, elle lui épargnait les pires détails comme la mort de sa mère survenue le jour de son anniversaire. Depuis, elle ne fêtait les plus. Ce n’était plus la fête du jour de sa naissance mais celle du jour de la mort de sa mère. Lorsqu’elle releva les yeux vers Mutt, il la fixait avec cette compassion qui la surprendrait toujours. La plupart des gens qui entendaient ce discours la traitaient de « pauvre fille ». Lui lui disait qu’elle était formidable. Cela la fit sourire. Il parvenait même à lui faire oublier sa tristesse, une grande première.

    Candice l’écouta avec la même attention. Elle s’était bien doutée qu’il n’était pas aussi cancre qu’il en avait l’air, en particulier lorsqu’elle l’avait vu se rattacher à un stupide livre comme à la prunelle de ses yeux. Livre qu’elle n’avait pu déchiffrer tant il était insignifiant pour elle. Cette différence d’intelligence lui avait mis un sacré coup : elle s’était sentie comme une illettrée devant un ingénieur. Elle comprenait mieux ce malaise à présent.

    « T’es pas con Mutt. Pas du tout. » se contenta-t-elle de dire lorsqu’il eut fini.

    Elle porta son verre à ses lèvres. Les secondes passèrent. Elle pensa entre-temps que cette soirée était vraiment bizarre. Sa main tremblait, elle tenait difficilement son verre. Néanmoins, elle sentait monter en elle quelque chose dont elle ne se souvenait plus. Un sentiment proche de la joie tout en en étant très loin. Il l’épatait, vraiment. Ses grands yeux bleus-verts en témoignaient.

    « T’es un génie ! Un peu comme ces mecs qu’on voit à la télé et qu’on pense qu’ils sont bons à rien, alors qu’ils sont super intelligents quand on leur fait faire des tests. » Le nom lui échappait. Tant pis. « Enfin bref, c’est incroyable ! »

    Elle aurait voulu lui dire qu’il devrait travailler rien qu’un peu, juste de quoi avoir la moyenne, mais ses arguments n’étaient rien face à ceux du jeune homme. Elle non plus n’aurait pas aimé être l’intello doublée de la fille d’un prof. Elle était bien contente que son père n’ait jamais choisi la voie de l’enseignement.

    « Et que comptes-tu faire à l’avenir ? Retourner à New York ? »

    Candice posa son coude sur le comptoir. Elle peinait à cacher ses tremblements. Elle avait terriblement envie de sortir fumer une cigarette, mais Mutt ne fumait visiblement pas, et elle n’avait pas envie de mettre cette conversation sur pause juste pour aller s’en griller une … Elle força son regard à ne pas dévier du visage du garçon, puisqu’il avait tendance à fixer la porte d’entrée où la vitrine laissait entrevoir les fumeurs sortis cinq minutes. Elle se mordit la lèvre inférieure, impuissante face à ses envies. Elle ne savait pas comment lui dire qu’elle avait besoin de sortir.

    « On sort, deux minutes ? » lança-t-elle avec un petit sourire d’excuse.
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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Ven 16 Mar - 14:18

Candice ne semblait pas vouloir du tout avoir son diplôme. Mutt eut peur qu'elle se braque sur le coup. Bien qu'il savait qu'elle pouvait le faire, et qu'il pourrait l'aider. Il en avait les capacités. Mais il comprenait son point de vue et la fierté qu'elle devait avoir. Mutt avait la même. Mais sa vie serait bien plus simple si elle avait ses diplômes. Mutt fit tourner son verre entre ses doigts et bien que ses paroles étaient sans appels, il répondit:

« Hum... Comme tu veux. Sinon, si tu repenses à la question, saches que je suis là. Et bien entendu, ce truc là n'a pas besoin d'être ébruité. Tu peux compter sur moi. »

Mais il ne s'y attarda pas. Il savait que la jeune femme avait du mal d'en parler et que si elle voulait y changer, elle le ferait d'elle-même. En tout cas, il serait là en cas de besoin. Mutt lui parla alors de son grand secret. Il faisait semblant d'être un imbécile de première mais au final, il était un type très intelligent. Quand elle lui fit plusieurs remarques, Mutt ne put s'empêcher de sourire. Il n'était peut être pas aussi doués que certains petits génies mais il s'en sortait. Quand il voyait que Candice cherchait ses mots, il lui répondit:

« Non... Je suis pas autiste... Je suis juste... un p'tit con intelligent qui gâche sa vie simplement parce qu'il est en rogne contre son père pour des raisons absurdes. » Il rit doucement à ca. « Après mes études à Lima ? Je sais pas. Surement. New-York... Il y a une foule de possibilité mais c'est aussi la jungle. Je n'ai pas de projets pour l'avenir mais j'espère ne pas suivre les traces de mon paternel. J'veux dire, il est vraiment chiant... Enfin c'est pas que ca... Je n'arrive pas à le comprendre. »

Il resta un moment silencieux. Il ne remarqua pas tout de suite le malaise de Candice. Il releva la tête quand il la vit tendre le regard vers l'extérieur. Mutt jeta un oeil rapide. Il vit des fumeurs dehors. C'était surement ca. A vrai dire et pour tout avouer, Mutt n'était pas ce genre de type à ne pas fumer ni boire en soirée. Donc quand elle lui demanda si ils pouvaient sortir un instant, celà le fit sourire. Pas un sourire moqueur, mais plutôt tendre. Il voyait bien ses tremblements et son manque se faisait sentir. Il acquiesça doucement en réponse à sa question. Il se leva et l'accompagna. Il fumait mais ne semblait pas autant accroc que la blondinette. Il se mettait à vraiment apprécier la jeune femme, elle l'étonnait un peu plus à chaque instant. Sous ses airs d'ancienne reine du lycée se cachait une fille qui avait été malmené par la vie. Un peu comme lui... Peut être pire que lui... Disons qu'elle avait eu quelques expériences en plus que lui et qu'elle était plus âgée. Le tournant de Mutt arriverait bientôt et il le savait. C'était à lui de décider. Mais en avait-il vraiment envie, en fin de compte ? Quand ils passèrent la porte, il lui dit:

« Ca m'arrive de fumer tu sais. Je suis bien le type qui boit de l'alcool alors qu'il est mineur. »

Il lui fit un clin d'oeil amical. Il sortit un paquet de sa poche et en proposa à la jeune femme dans un sourire. Déjà pas de boissons alcoolisés, mais aussi faire ceinture au niveau de la cigarette, ca risquait de faire beaucoup. Il en porta une seconde vers ses lèvres tout en sortant un briquet. Il alluma celle de Candice en premier avant de s'occuper de la sienne.

« Tu sais Candice. Je pense à ce que tu m'as dit tout à l'heure et je crois que tu n'as pas tout à fait tord. Je mens... beaucoup. Mais ca, je sais d'où ca vient. A force de ne jamais croire en ce que je dis, je finis par raconter des mensonges. Ce que veulent entendre les grandes personnes. Ce n'est pas forcément le meilleur moyen mais je crois qu'au final, on finit par prendre un mauvais pli. »

Il reprit une bouffé de sa cigarette avant de recracher la fumée. Il eut alors un léger sourire. C'était bien la première fois depuis longtemps, qu'il pouvait se sentir et devenir lui-même réellement. Bien qu'au final, il restait un garçon qui avait été blessé très profondément. Tellement profondément qu'il savait que celà ne guérirait jamais totalement. Mais déjà se retrouver avec une personne hors du lycée qui pouvait tenir un discours autre de Demain on a une interro de Geo ? changeait beaucoup la donne.

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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Dim 8 Avr - 18:37

    Les lumières commençaient à briller un peu trop fort et la musique à être un peu plus désastreuse qu’elle ne l’était déjà au goût de Candice. L’air lui manquait douloureusement, à un point qu’elle se demanda si elle n’allait pas s’évanouir. Elle se raisonna vite : non, c’était juste un effet du manque. Rare étaient ses soirées sans qu’elle ne boive aussi peu. Son corps s’était transformé en éponge : si elle ne buvait pas, elle se desséchait et aucune autre boisson ne viendrait à son secours. Elle était consciente de cette spirale infernale, bien qu’elle tentait de l’oublier constamment. Il en était de même pour les drogues dures qu’elle prenait : elle y était accro, elle carburait à ça comme certains pouvaient carburer à la caféine. Pourtant, voir son propre corps hors de son contrôle la rendait vulnérable, comme si Candice n’était plus qu’une ombre cachée derrière toutes ces addictions qui prenaient une place monumentale dans sa vie quotidienne.

    Mais avec Mutt, c’était différent. L’ombre redevenait elle-même. Une fille naturelle, drôle et attachante, au fond. Pas la fille populaire et garce du lycée, ni celle dépressive et ivre du samedi soir – enfin … de tous les soirs de la semaine ! –, juste Candice. Ils se levèrent et elle en profita pour glisser un billet sur le comptoir, accompagné d’un petit signe de la main qui signifiait « gardez la monnaie ». D’accord, en tant qu’homme Mutt allait peut-être y voir un manque de respect en sa petite fierté de mec, mais tant pis. Elle ne voulait plus remettre les pieds à l’intérieur et écouter cette horrible chanteuse. L’air frais fut une véritable bénédiction. La nuit était fraiche et apaisante, sombre mais éclairée par les lumières des bars et des lampadaires du Vieux Quartier de Lima.

    « Mmmm … Pas faux. » lui répondit-elle avec une petite moue. L’idée que Mutt ne fume pas lui semblait soudainement stupide, puisqu’il allait bien à des soirées interdites aux mineurs.

    Elle attrapa une cigarette dans le paquet qu’il lui tentait et le laissa l’allumer. Elle en tira une longue bouffée régénératrice tout en l’écoutant avec un peu plus d’attention, maintenant que ses poumons étaient à nouveau engourdis par la fumée. Lorsqu’il eut fini, elle haussa les épaules et tira une seconde fois sur la cigarette.

    « On a tous des raisons de mentir. Par exemple ça fait des mois que mon père croit que j’essaie de trouver un travail, mais je lui mens pour le protéger. Pour qu’il ne s’inquiète pas. C’est normal. Je lui raconte n’importe quoi, que je suis arrivée en retard, qu’ils cherchaient quelqu’un de plus qualifié … On veut tous être intéressants à un moment ou à un autre, non ? »

    Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, Candice s’assura que sa petite voiture de sport rouge était toujours garée au coin de la rue. Hors de question de venir à pieds avec des talons pareils bien entendu ! Et puis, on ne savait jamais qui on pouvait croiser à cette heure du soir … Elle désigna la voiture du menton et se tourna vers Mutt.

    « Ma voiture est garée à côté, tu es venu à pieds ? Je te raccompagne ? »


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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Mar 17 Avr - 14:40

Candice et Mutt se trouvait à l'extérieur et fumaient ensemble. Mutt commençait à vraiment bien aimer Candice. Même si leur première approche avait été comme entre chien et chat. L'un voulant bouffer le nez de l'autre. En fin de compte tout s'était réglé. Quoi qu'il en soit, ils avaient chacun leur lot de problème et surtout plus ils discutaient plus il voyait en eux, deux jeunes gens aillant vécu des évènements qui les ont poussé à grandir plus vite à un moment donné.

Candice le rassura sur ses mensonges. Après tout... on mentait tous. Il n'avait pas à s'en faire... Bien entendu, mentir aux parents étaient la chose que chacun faisait le plus. Le garçon s'étonna qu'elle ne cherche pas du travail plus que ca aussi. Et Mutt était devenu un as à ce jeu là. Il acquiesça et prit une inspiration sur sa cigarette. Il recracha la fumée et répondit:

« Ouais, t'as raison dans un sens. » Il fronça néanmoins les sourcils et ajouta. « Bien que ton père aurait raison de te blâmer. Tu dois faire en sorte d'avoir un travail. » Il sourit. « Ouais, je suis pas ton père, juste ton pote... Enfin j'espère au moins être entré dans cette catégorie après cette petite soirée. J'te dis ca... Mais je ne suis pas non plus un modèle. »

Il finit sa cigarette et la jeta dans le caniveau. Candice lui proposa de le raccompagner. Ce n'était pas de refus. Son père lui aillant confisqué ses clefs pour ne pas qu'il sorte. Il craignait pourtant son retour chez lui. Avec un peu de chance, son paternel était en train de dormir. Dans un sourire, il dit:

« Si ca te dérange pas. Mon pater a eut la merveilleuse idée de me confisquer mes clefs de voiture pour m'empêcher de sortir ce soir. Raison de mon retard. Mais comme tu le vois, je suis là. Comme si il pouvait m'arrêter si facilement. »

Oui, il jouait souvent avec les nerfs de son père. Il détestait son autorité. Depuis qu'il n'avait plus daigné l'écouter, celà s'était aggravé. Il commença à suivre Candice, jusqu'à sa voiture. Dans un sourire, il ajouta:

« En tout cas, défier l'autorité de mon père a eu quelque chose de bon. Sinon on ne se serait jamais réconcilié et en plus tu m'aurai pris pour le type qui t'a posa un sacré lapin. »

Non Mut n'était pas si goujat que ca. Sous ses allures de rebelle, il était vraiment un type serviable et adorable, qu'on oubliait très difficilement. Malheureusement, il est aussi du genre très émotif qui n'hésite pas à exploser quand on vient à trop le chercher.

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MessageSujet: Re: 02. You and I, we were born to die   Dim 22 Avr - 11:49

    Mutt était exactement le type de mec qui connaissait la valeur du bien et du mal tout en en faisant abstraction. Il savait que rester sous les économies de ses parents, c’était mal. Ce qu’il faisait au lycée, c’était carrément idiot. Bosser, c’était bien, c’était rentrer dans la norme – chose que Candice refusait obstinément et qui ferrait lever les yeux de son père vers le plafond si jamais il l’entendait. Mutt était comme elle : il ne se pliait pas à la norme, il faisait comme bon lui plaisait, et c’était sans doute ce qui plaisait tant à la jolie blonde chez lui. Elle ne répondit pas lorsqu’il lui dit qu’il vaudrait mieux qu’elle trouve un travail quand même. Elle le savait, elle en était consciente, mais qui dit travail dit moins de fêtes qui se terminent à six heures du matin puisque ce serait l’heure où elle se lèverait. Il lui faudrait opérer à un changement de vie radical, ce à quoi elle n’était pas encore prête. Et puis quel patron voudrait voir son employée empestant la clope et l’alcool dès huit heures du matin ? Elle se ferait renvoyer au bout de quelques jours, si jamais elle passait miraculeusement l’entretien d’embauche – ce qui n’était encore jamais arrivé.

    « Je pense que tu es rentré dans cette catégorie, oui … » répondit-elle en baissant les yeux, songeuse.

    En vérité, ses rares amis se fichaient royalement de ce qu’elle pouvait faire de sa vie. Mutt n’était donc pas un « pote » comme les autres. Il s’intéressait à elle, mais aussi à ce qui lui était arrivé à la sortie du lycée et à ce qu’elle vivait encore à ce jour. Un pote, oui, mais un ami comme on n’en trouvait plus dans le monde de Candice. Cette dernière entraina le jeune homme vers la petite voiture rouge étincelante dans la nuit, mais à pas lents afin de faire durer un peu la soirée. Elle n’avait pas envie qu’elle s’achève si vite, même s’ils ne pouvaient pas rester ensemble toute la nuit. Elle l’aurait bien invité à dormir chez elle, mais la première fois avait causé tant d’agitation ensuite qu’elle préférait éviter.

    « En tout cas, défier l'autorité de mon père a eu quelque chose de bon. Sinon on ne se serait jamais réconcilié et en plus tu m'aurai pris pour le type qui t'a posé un sacré lapin. »

    Pour la première fois de la soirée, Candice laissa échapper un petit rire. Elle avait justement pensé qu’il allait lui poser un lapin avant qu’il n’arrive en retard. Sauf qu’après cette soirée elle avait l’impression de mieux connaitre le lycéen, or elle savait à présent qu’il n’était pas du genre à répondre à une invitation pour ne pas s’y rendre ensuite. Malgré ce qu’il disait sur son père, Mutt n’était pas mal élevé. En fait, il pourrait même plaire à son père ! pensa-t-elle avec amusement.

    « C’est vrai que ça valait le coup. » avoua-t-elle en sortant ses clefs de son sac à main. « J’aurais cru que tu en serais capable si tu n’étais pas venu. Mais après cette soirée … Je suis presque sûre que ce n’est pas ton genre. »

    La voiture émit un petit son signalant l’ouverture des portes. Un cadeau de son père pour ses dix-huit ans – bien qu’elle détestait qu’on lui offre des cadeaux à son anniversaire ppuisque la date correspondait à celle de la mort de sa mère. Voilà déjà cinq ans que cette petite merveille la suivait partout. Elle s’assit du côté conducteur et laissa Mutt s’installer à côté d’elle.

    « Tu habites où ? »

    Candice démarra et laissa Mutt lui montrer le chemin.

    « En tout cas, le dossier Witwicky est plutôt rempli maintenant. Bien sûr, tout ça restera entre nous, tu peux me faire confiance là-dessus. »

    Bon, d’accord, peut-être pas entièrement confiance dans les cas où elle serait bourrée ou sous l’emprise de la drogue. Dans ces états-là, les langues se délient et Candice est capable de lâcher n’importe quelle information si un petit malin pose les bonnes questions.
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02. You and I, we were born to die

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