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 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets

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MessageSujet: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Lun 6 Fév - 23:07

Caressé par la fraicheur automnale, le jeune homme flânait sur le trottoir, sillonnant la rue d’un pas enthousiaste et vivace. Ces derniers-temps, il en fallait vraiment très peu à Gale pour se réjouir. Il était heureux de se lever aux aurores pour assister à ses cours, et éprouvait même un certain plaisir à recevoir les piques de ses camarades de classe bien plus préoccupés par leur réussite scolaire que son inexplicable béatitude. Sa mégère de voisine elle-même parvenait à lui décrocher un sourire amical — une véritable prouesse en soit. Un tel bouleversement chez lui ne pouvait trouver qu’une seule explication : il était amoureux. Cela faisait désormais plusieurs semaines qu’Ecaterina et Gale s’étaient réconciliés et pas un seul jour ne s’était passé sans que le jeune homme ne cherche à parler à la blondinette qui lui faisait littéralement tourner la tête. Dans le pire des cas, par texto ou par téléphone. La plupart du temps, il lui rendait visite sur son lieu de travail — la librairie, un endroit qui regorgeait de bons souvenirs. Cette fois-ci pourtant, la jeune fille l’avait invité à la rejoindre dans l’appartement des Schuester-Pillsbury, où elle vivait. Et la perspective de cette après-midi entière en toute intimité ne manquait pas de susciter chez le garçon un certain engouement.

Il bifurqua au détour d’une rue qu’il connaissait bien et afficha de nouveau un large sourire en apercevant l’entrée du bâtiment. Après avoir aspiré une dernière bouffée d’air frai, il pénétra dans l’entrée et se dirigea sans l’ombre d’une hésitation vers l’appartement 330. Ca n’était pas la première fois qu’il venait ici. Devenu proche de la famille Pillsbury avec les années, il avait déjà eu l’occasion de rendre visite au couple ne serait-ce qu’en la compagnie de Finn après la fin du lycée. Tout naturellement, il n’y était pas revenu depuis qu’il avait appris, lors du mariage de Sam, que Cat s’y était installée, mais bien décidé à chasser cette regrettable période de sa mémoire, il secoua brusquement la tête. Sans savoir pourquoi au juste, posté devant la porte, il sentit son cœur s’accélérer, sans doute nerveux à la perspective de passer l’après-midi avec la jeune fille dans un lieu pourtant si familier. Une situation incongrue, en somme. Il s’empressa malgré tout de sonner, profondément impatient d’enlacer Ecaterina.

Il ressentit une dernière palpitation dans la poitrine en voyant la poignée de la porter se tourner, et se figea en apercevant la petite silhouette qui se tenait derrière la porte entrouverte. Ca n’était pas Cat, mais bien Emily face à lui et Gale, surpris, bafouilla dans la précipitation avec un sourire gêné sur les lèvres quelque chose comme : « Heuuuu… Hey ! ». S’était-il trompé de date ? Pourtant bien sûr de lui, il ne se souvenait pas qu’Ecaterina ait mentionné la présence de la fille Schuester — et peu l’importait au final, c’était la présence d’Ecaterina qui comptait. Franchissant timidement le seuil de la porte sous les conseils d’Emily, Gale balaya du regard l’appartement sans parvenir à dénicher la jeune Robertson des yeux. Cette dernière manqua pourtant de le faire sursauter en déboulant à sa gauche, vraisemblablement mécontente, réprimandant la jeune fillette pour une raison qu’il ne comprit pas. La blondinette l’invita expressément à l’attendre dans sa chambre pendant que, précisa-t-elle, elle comptait s’occuper de divertir le petit monstre. Sans pouvoir parler — et beaucoup trop gêné pour opposer la moindre résistance — il s’exécuta, se dirigeant vers la porte indiquée par Cat.

Il s’introduisit rapidement dans la chambre, penaud, et referma aussitôt la porte derrière lui. D’un pas hésitant, il s’avança vers le lit, examinant la pièce du regard, et retira sa veste pour se mettre à l’aise. De la poche intérieure, il extirpa une rose entourée d’un papier plastique, qu’il avait pour le coup oublié d’offrir à la blondinette. A vrai dire, il n’avait pas même eu le temps de l’embrasser ; ce constat le fit sourire bêtement. Il posa donc délicatement la fleur sur le lit, accrocha sa veste sur le dossier d’une chaise et poursuivit sa découverte de la pièce. En grandissant, le blondinet avait appris que la chambre d’une personne pouvait parfois révéler beaucoup de choses à son propos, et force était d’admettre que jusqu’ici, Ecaterina s’était montrée très douée en matière de mystères et autres secrets la concernant. Le garçon ne savait pas vraiment s’il souhaitait découvrir tout ce qu’il y avait à savoir au sujet de sa petite amie ; au fond, il était persuadé de la connaitre déjà par cœur. Cependant, lorsqu’il aperçut quelques photos disposées sur une commode face à lui, il ne put réprimer l’envie d’y jeter un coup d’œil. Parmi les visages qu’il vit, il reconnut Dorian grâce à son faciès de beau gosse, et Lynn. Il grimaça en apercevant une photo de lui-même, avec les cheveux en bataille après que Cat l’ait décoiffé et tirant la langue. Quant au reste, il ne connaissait personne, et songea qu’il devrait la questionner à ce propos. Etait-ce indiscret ?

Derrière lui, la porte s’ouvrit subitement et en se retournant, Gale heurta du bout des doigts un cadre qui sous l’impact atterrit par terre. Légèrement rassuré en remarquant qu’aucun bruit de casse ne se fit entendre, il se confondit malgré tout en excuse face à Cat. « Oups, je suis désolé ! Je… » Il se pencha pour ramasser le cadre qu’il vit dans une boite en carton, au pied de la commode, et tendit son bras pour l’atteindre. Sentant ses pommettes rosir sous le coup de l’embarras, il profita d’être dos à Cat pour respirer un peu, et se résigna à lui faire face de nouveau lorsqu’il ferma son poing tenant la photo. « Voilà. » Il posa précipitamment le cadre à sa place, et ne nota que lorsqu’il l’examina l’objet pour s’assurer qu’il était intact qu’une nouvelle photo s’était glissée dans le creux du cadre, sur la vitre. C’étaient… des jambes, mais le jeune homme dû pencher la tête pour s’en assurer — la photo était à l’envers. Sans gêne, il ôta la photo pour l’observer de plus près. Il releva la tête vers Cat, qui curieusement ne dit rien. « Euh, ouah. Attends une minute. » Après quelques secondes de réflexion, il fronça ses sourcils et pencha sa tête, dubitatif. « C’est toi, sur cette photo ».


Dernière édition par Gale Hemmens le Ven 30 Mar - 0:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Jeu 9 Fév - 3:45

Sans ciller, Ecaterina ouvrit la première page du manuscrit qu’elle tenait entre les mains, prête à en découdre avec ce torchon sans nom. Il ne s’agissait pas d’un brouillon qu’on lui avait envoyé. Encore moins d’une pièce de théâtre qu’on jouerait dans l’auditorium du lycée. Non, ce tas de feuilles reliées, c’était son livre –le sien, celui qu’elle avait écrit. Bloquant sa respiration dans sa poitrine, elle gonfla les joues. Grossissant les yeux quand elle passa son regard critique de mot en mot, elle relâcha bruyamment son souffle. Elle ne l’avait jamais relu, pas même une fois. Elle avait préféré accorder toute sa confiance à Seth qui, la soudoyant avec sa fausse promesse de passer leurs prochaines vacances ailleurs qu’à Huntington Beach –ce vivier de fils à papa où il était né- avait pris l’exercice très au sérieux. Catalano était la seule personne qu’elle aimait suffisamment pour croire en son jugement, à l’époque. A la fin de sa lecture, il lui avait juré (quasi la larme à l’œil) que tout était parfait et que les gens aimeraient sa vision des choses « Quoi que tu en dises, » avait-il ajouté « tu es faite pour ça, Cat. » Il s’était planté et en beauté, quel idiot. En même temps, qu’est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour faire confiance à un garçon qui passait son temps libre à parler à une figurine en plastique ?

Portant son pouce à ses lèvres, Ecaterina croqua son extrémité en fronçant le nez et catastrophée par le niveau de sa première page, referma le manuscrit d’un coup sec. De toute façon, ce n’était pas le bon moment pour faire son introspection ; Gale était sur le point d'arriver, ce qui la réjouissait. Elle estimait qu’ils avaient du temps à rattraper alors, un après-midi tous les deux ne serait pas de trop. C’était avant qu’elle se souvienne qu’elle devait garder Emily. Elle était tellement distraite, ce n’était pas dans ses habitudes. Cependant, ce n’était pas désagréable d’avoir l’esprit ailleurs, surtout quand on savait qui était le responsable de son étourderie. Si elle devait blâmer quelqu’un, elle blâmerait Gale, sans hésitation. Enfin, toujours est-il que ce petit moment en tête-à-tête aller être compromis, mais elle improviserait, comme à chaque fois. Fronçant les sourcils, elle coula un regard sur le semblant de livre qu’elle tenait dans les mains, donnant l’impression de se demander pourquoi il était posé sur ses genoux. Peu importe, elle haussa les épaules et se pencha, le jetant d’un geste gracieux sur la table basse du salon où Emily était en train de dessiner. Se laissant glisser sur le sol, Ecaterina s’adossa au sofa. Elle laissa son regard vriller de la silhouette d’Emily, à son dessin en chantier. L’étudiant du coin de l’œil, Cat pencha la tête. Elle la trouvait un peu bougon, depuis ce matin. Toutefois, elle ne s’en formalisait pas. Elle savait qu’il lui en fallait peu pour se sentir mieux ; tout semblait plus simple quand on était enfant. Caressant du bout des doigts la pointe de ses cheveux, elle approcha son visage de l’oreille d’Emily, lui murmurant :

« J’ai une idée. La première qui ouvrira la porte sera exemptée de mettre la table, ce soir. » Emily ouvrit de grands yeux, tournant à moitié son visage vers Cat. On pouvait voir briller la lueur d’enthousiasme dans ses yeux.

Ecaterina se frotta les mains, s’apprêtant à mettre en place les règles de son jeu, mais la sonnette se fit entendre. Trop tard. N’attendant pas une seconde, Emily sauta sur ses pieds, trottinant jusqu’à l’entrée du living-room. La blondinette émit un léger rire en se levant avec un temps de retard et glissa avec habilité jusqu’à l'entrebâillement pour bifurquer jusqu’à l’entrée. C’était sans compter sur la mauvaise foi légendaire d’Emily qui eu l'idée de lui barrer la route avec son cheval à bascule rangé près du placard. S’offusquant, Ecaterina ouvrit la bouche. Forcée d’enjamber ce stupide cheval, elle ronchonna. Malgré sa certitude d’avoir échoué, elle tenta de rattraper son retard et déboula dans le vestibule, fusillant la gamine d’un regard mi-furieux, mi-amusé.

« Tu devrais avoir honte, petite tricheuse. » Emily pouffa, une main plaquée contre sa bouche.

Instantanément, le regard de Cat se posa sur le visage de Gale. Elle lui sourit, s’approchant de lui pour l’embrasser. Seulement, la chipie fut bien plus rapide et lui attrapa les mains avant qu’elle ne puisse faire un pas de plus. Du regard, Ecaterina tenta de faire lui faire comprendre de faire comme chez lui et indiqua une pièce à quelques pas. Emily la tira à l’opposé, ce qui l’obligea à avancer. Elle n’avait pas à craindre qu’elle soit agitée, Emily était plutôt sage, à l’accoutumée. De retour dans le salon, la petite fille se redirigea vers son dessin. La victoire passée, elle retrouva son attitude posée et ses feutres qu’elle déboucha un par un.

« Je vais essayer d’être sage, un petit peu. » Elle releva la tête, gratifiant la blondinette d’un franc sourire. Cachant sa bouche avec sa main, elle marmotta sur le ton de la confidence « Pardon pour le cheval. Papa dit que même si tu es aussi petite que moi, tu cours quand même vite. Je voulais gagner, c’est le jeu. » Ecaterina sourit en coin en s’accroupissant. Faisant mine de ne pas avoir entendu que Will se moquait d’elle en son absence, elle déposa un baiser sur le haut du crâne d’Emily « Merci, ma belle. »

Emily opina, retournant à ses tracés abstraits. Jetant un coup d’œil anxieux à la table, Cat mit un peu de temps avant de quitter le salon. Elle n’était pas loin, rien dans l’appartement n’était assez dangereux pour qu’un accident se produise, Will et Emma étaient des parents très consciencieux. Néanmoins, elle se sentait coupable. La vision d’Emily toute seule en train de dessiner lui fit baisser les yeux et froncer les sourcils, mais quelqu’un d’autre l’attendait. Passant une main dans ses cheveux, elle se retrouva devant la porte, inspira avec détermination, puis entra.

« Hey. » chuchota-t-elle, repoussant la porte derrière elle –juste assez pour laisser un mince interstice. Elle tourna le visage et sursauta quand Gale fit tomber un cadre posé sur la commode. Repoussant du dos de la main une mèche de cheveux, Cat ferma un œil « Je trouble déjà ta concentration ? Mais, tu viens à peine d’arriver ! Il va falloir travailler ça, si on veut pouvoir rester dans la même pièce sans que tu ne casses tout à ma simple vue. » La mine taquine, elle se mordit la lèvre réprimant son sourire. D'un même mouvement, elle s’avança vers le jeune homme, mais se raidit subitement quand elle constata ce qu’il tenait dans les mains.

Ecaterina se sentit blêmir. Fixant la photo entre les doigts de Gale, deux solutions s’imposèrent à elle : nier ou assumer. Pendant un temps, elle fut tentée de nier. Après tout, c’était la chose la plus facile à faire, ça n’engendrerait aucune explication. Lorsqu’elle avait abordé son passé avec Seth, Cat avait joué carte sur table. Il n’avait pas fait dans la dentelle. Il avait voulu voir toutes les photos qu’elle avait en sa possession, connaître tous les détails de sa vie, même les plus douloureux. Au final, elle s’était sentie beaucoup mieux, même si forcément un peu secouée par ce déballage impromptu. Seth n’avait jamais été très subtil, contrairement à Gale. Alors, même si ses mains devenaient moites, elle savait quel était le bon choix, il n’y avait pas besoin de tergiverser. Oui, mais. La certitude dans le ton de Gale la ramena sur terre et clignant bêtement des yeux, Ecaterina se ressaisit aussitôt.

« C’est moi. » lança-t-elle d’un ton faussement guilleret, reprenant son chemin jusqu’à lui. Récupérant la photo, elle n’y lança même pas un regard et la déchira en deux en se retournant vers la commode. Sûre d’y trouver un livre, elle y glissa les vestiges de sa plus grande honte à l’intérieur. Contrainte d'agir, elle pivota pour affronter Gale. Cat soutint son regard pendant une seconde avant de finalement battre des paupières et de céder, pour mieux détourner les pupilles. Soupirant légèrement, elle jugea judicieux de faire une note d’humour douteux, haussant une épaule avec désinvolture « C’était soit faire des photos, soit faire du porno. J’ai choisi les photos parce que malgré tout, il me reste un semblant de dignité. »

Hochant la tête pour se convaincre elle-même, Ecaterina glissa une mèche de cheveux derrière son oreille. Fuyant le regard de Gale, la jeune fille ébaucha un sourire pénible et secoua doucement la tête en le contournant, sans même prendre le temps de l'embrasser. Embarrassée, elle se mordit trop fort la lèvre. Une fois encore, Cat se trouvait au pied du mur et elle devrait faire face. Ce qui risquait d’être beaucoup moins évident que la première fois.
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Mer 29 Fév - 3:14

Pourquoi fallait-il toujours qu’il soit aussi maladroit ? Cinq ans, cela faisait cinq longues années que Gale était tombé sous le charme de Cat et même après tout ce temps, la présence de la blondinette le mettait toujours dans le même état. Peut-être était-ce une bonne chose, ou du moins un signe indubitable qu’il l’aimait toujours comme au premier jour, mais quelquefois, cette attitude avait le don de l’énerver au plus haut point. Lorsque, quelques années plus tôt, il avait tenté d’étouffer son chagrin en sortant avec d’autres filles, il n’avait jamais eu de mal à faire preuve d’un certain détachement ni même d’une nonchalance à leur égard. Il avait toujours su du plus profond de son cœur que ces amourettes de lycéen ne signifiaient rien, alors instinctivement il n’avait fait aucun effort pour être un garçon bien dont elles pouvaient fièrement tenir la main dans les couloirs du lycée. Avec Ecaterina, c’était radicalement différent. Il l’aimait, et l’aimait tellement qu’il faisait tout ce qu’il pouvait pour la rendre fière — et jusqu’ici, il était bien forcé de croire que ces efforts portaient leurs fruits. Ecaterina méritait bien mieux que lui, il en restait persuadé. Il n’était pas sans se douter que tout un tas de garçons avait dû lui tourner autour, et continueraient incontestablement à le faire ; tous certainement bien plus forts, plus beaux ou plus amusants que lui. Mais non, c’était bien lui qu’elle avait choisi : celui qui, cinq ans plus tôt, l’avait presque assommée au détour d’un couloir de McKinley. Et un jour, son père lui avait-il dit « quand j’ai réalisé que ta mère me donnait envie d’être une meilleure personne, j’ai su que c’était la femme de ma vie ». Cela prendrait sans doute du temps, mais il savait pertinemment qu’Ecaterina serait là pour l’aider à changer. Elle le lui avait promis.

Cette promesse qu’il s’était fait à lui-même, il eut l’impression de la bafouer en parcourant si intrusivement la chambre d’Ecaterina sans même attendre son retour. Alors pourquoi diable l’avait-il fait ? Il n’en savait trop rien, tout comme il ignorait pourquoi sa maladresse légendaire avait presque aussitôt pris le dessus lorsque la porte s’était ouverte dans son dos. C’était peut-être un sentiment de peur qui le poussait à agir comme ça — d’être constamment aussi méfiant. La peur toujours de perdre à nouveau celle qui lui était chère, malgré toutes les promesses qu’ils s’étaient faits. C’était plus fort que lui, il n’y pouvait rien. La rancœur qu’il avait d’abord ressentie à l’égard de la blondinette avait bel et bien disparu. Mais à la place, c’était une peur profonde qui s’était installée, fruit des cinq années durant lesquelles il avait espéré retrouver Ecaterina ailleurs que dans ses rêves, où il s’était réveillé chaque matin une larme à l’œil. Se retrouver dans cette chambre était donc pour lui comme un signe inespéré, une preuve solide que tout cela était bien réel. Ridicule d’avoir déjà manqué de casser quelque chose, il jura donc mentalement et se somma de se calmer. C’était toujours la même chose ; à chaque fois qu’il voulait bien faire, il faisait tout de travers. Il n’arrangea pas vraiment les choses et empira même la situation en questionnant sa petite amie sur la photo qu’il avait malencontreusement attrapée du bout de ses doigts. D’abord gêné de faire preuve d’une pareille indiscrétion, il entreprit de s’excuser mais fut coupé dans son élan par la réponse étonnamment vive de la jeune fille. A peine eut-il le temps d’y jeter rapidement un second coup d’œil (rares étaient les fois où il avait observé les jambes d’Ecaterina sous un angle comme celui-là) que la blondinette avait déjà déchiré le cliché en deux et glissé les deux morceaux dans les pages d’un bouquin. Embarrassé, Gale se figea sur place, secouant simplement la tête pour suivre Cat d’un regard intrigué. Ses mains tremblotantes virent se réfugier dans les poches de son jean ; encore une fois, il avait tout gâché.

La blague de la jeune fille lui fit réaliser d’une certaine manière que c’était bien plus sérieux que ça n’en avait l’air. Involontairement, il venait de toucher quelque chose, et ses soupçons se confirmèrent lorsque la jeune fille lui passa à côté sans même l’embrasser, tout en évitant son regard. Il fronça les sourcils en signe d’incompréhension puis daigna s’avancer pour faire quelque chose. Il fit quelques pas pour venir se poster juste derrière elle. L’entourant avec son bras, il la serra suffisamment fermement pour qu’elle s’adosse sur sa poitrine ; il se baissa légèrement pour déposer un baiser sur sa joue gauche, avant de murmurer d’un ton rassurant : « Ne dis pas de bêtise. Cette photo est très jolie, je ne vois pas ce qui te gêne ». Mais le problème venait d’ailleurs, incontestablement. Considérant avoir été assez indiscret comme ça, il ne s’aventura pas à poser plus de questions ; leur premier vrai rendez-vous en tête-à-tête (ou presque) méritait d’être réussi. Après avoir caressé du bout du nez le haut du crâne de la blondinette, il desserra son étreinte pour saisir expressément la fleur déposée sur le lit. Se tenant toujours derrière elle, il plaça sa tête par-dessus l’épaule de Cat et tendit la rose devant ses yeux. Un brin de fierté lui décrocha un large sourire, puis il marmonna « C’est terriblement cliché et ça manque cruellement d’originalité, mais puisqu’on s’était dit qu’on devait rattraper le temps perdu, j’ai pensé qu’elle te ferait plaisir ». Il déposa un second baiser juste à côté de l’oreille de la jeune fille avant de renchérir d’un ton plus taquin cette fois « Mais si elle ne te plait, je peux toujours l’offrir à Emily, tu sais. Je suis persuadé qu’elle sera ravie ». Il approcha ses lèvres de l’oreille gauche de Cat pour venir y murmurer, plus solennel « Tu m’as manqué ».

Son cœur battait aussi fort que d’habitude mais Gale n’y prêtait pas attention. Il fallait croire qu’il avait fini par s’y habituer. Frôlant du bout des doigts la fine chevelure dorée sous ses yeux, le jeune homme conservait cette position plus qu’équivoque et son regard se perdit un moment sur le papier peint de la chambre. Quand il y pensait, c’était peut-être la première fois qu’il empiétait sur l’intimité de la jeune, alors qu’au contraire, elle avait déjà visité plusieurs fois sa chambre d’adolescent quand ils n’étaient encore qu’au lycée. Il se souvenait encore qu’à l’époque, la première fois qu'elle était venue, il avait voulu ranger sa chambres dans les moindres recoins, de peur que la jeune fille ne déniche tout un tas d'objets embarrassants qu'il avait conservé — comme une vieille collection de mangas poussiéreux, entre autres — mais que finalement, il n’avait rien changé. Cette pièce non plus, n’avait pas l’air changée : elle avait l’air intacte, vraie. Cela pouvait paraître anodin mais dans l’esprit de Gale, cela signifiait beaucoup. Notamment qu’elle était prête à partager avec lui le moindre de ses secrets. « Alors, tu me fais visiter ? ».
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Mer 29 Fév - 20:50

Ses pommettes virant au rose soutenu, Ecaterina tenta de calmer le feu de ses joues en déposant le dos de sa main gauche sur chacune d’elles, apaisant furtivement ses soudaines bouffées de chaleur. Sa gêne, elle, n’était pas prête de se dissiper et ce constat lui fit pincer très fort les lèvres. Instinctivement, elle s’était détournée de Gale, alors qu’ils ne s’étaient pas vus depuis plusieurs jours et que l’embrasser faisait incontestablement partie des choses dont elle avait le plus envie à cet instant précis ; ce rendez-vous, elle l’attendait sans doute autant que lui. Il ne fallait pas qu’elle fasse tout un drame de cette malheureuse photo. Ecaterina aurait tellement voulu être capable de sourire et d’affirmer avec naturel qu’il s’agissait bien d’elle ! Ranger tranquillement ce cliché et passer à autre chose pour profiter de l’instant présent. Au lieu de quoi, la jeune fille s’était immédiatement braquée, préférant utiliser le sarcasme plutôt que d’affronter les choses une bonne fois pour toute. Sa réaction n’était pas correcte, elle regrettait d’être aussi revêche et estimait que Gale ne le méritait vraiment pas. Ecaterina avait confiance en lui plus qu’en n’importe qui d’autre. Elle savait qu’elle ne devait pas craindre son jugement parce qu’il était amoureux d’elle et qu’aimer quelqu’un c’était aussi apprendre à accepter les détails peu glorieux d’un passé farouchement dissimulé. Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de redouter sa réaction. Peut-être était-ce normal, elle n’en savait rien. Elle n’avait jamais éprouvé ce sentiment lorsqu’elle était avec Seth. Elle avait honte d’avoir fait ces photos pour de l’argent, comme elle avait honte d’avoir été faible au point de s’être laissé mener à la baguette par sa propre mère. Accepter de renouer avec la photographie, c’était lui donner raison et elle s’en voulait d’avoir finalement été dans son sens alors qu’elle s’était battue pour s’en sortir pendant très longtemps. Imaginer qu’on puisse lui reprocher sa lâcheté, c’était toucher la corde sensible ; parce qu’en réalité, le vrai fond du problème ce n’était pas tant que Gale soit tombé sur ce cliché –plutôt joli, à première vue. Des paires de jambes, il avait dû en voir quelques-unes, elle ne se formalisait pas pour un peu trop de chair exposée, elle s’en fichait pas mal, à vrai dire. En revanche, devoir se justifier sur celui-ci la mènerait forcément à parler de sa mère, de son enfance et encore aujourd’hui, elle sentait qu’aborder ce sujet, c’était au dessus de ses forces.

Gale n’était pas stupide. L’attitude qu’Ecaterina affichait lorsqu’ils étaient encore au lycée n’était pas celle d’une adolescente normalement constituée et le fait qu’elle ne vive même pas avec ses parents avait dû lui mettre la puce à l’oreille, ça n’avait rien d’une situation commune. Pourtant, il ne lui avait jamais posé de questions indiscrètes, alors qu’elle-même ne s’était pas gênée pour assouvir sa curiosité –toujours dans la limite du raisonnable–, apprenant à le connaître à travers les réponses qu’il lui fournissait. La jeune fille avait été envieuse de savoir qu’il vivait avec ses deux parents. Encore plus de constater qu’ils étaient heureux et que le bonheur et l’harmonie régnant dans leur foyer étaient contagieux. Les adolescents sont ingrats avec leur parent. Ecaterina elle, aurait tout donné pour vivre une vie de famille saine. Néanmoins, elle ne lui avait jamais fait savoir qu’une toute petite part d’elle était secrètement jalouse de la chance qu’il avait eue. A un moment donné, elle avait tenté de s’y faire une petite place en agissant en bonne copine, acceptant les invitations de la mère du jeune homme à rester dîner quand elle passait l’aider pour ses devoirs de français, avant de se rendre compte qu’elle était en train de tomber amoureuse de lui et de considérablement réduire ses visites, par pure crainte que les choses ne se compliquent –elles s’étaient compliquées, malgré tout.

Ecaterina aimait l’attitude de Gale. Il avait toujours été doux et particulièrement avenant avec elle. La preuve en était : elle venait encore une fois de prouver son manque cruel de tact et il trouvait le moyen de lui glisser un compliment au creux de son oreille. Les joues brûlantes et les mains posées sur son bureau, Cat ferma les yeux quand elle sentit les bras du jeune homme se refermer autour d’elle. Le baiser qu’il déposa sur sa joue la fit esquisser un petit sourire et elle posa tout doucement l’arrière de sa tête contre sa poitrine, gardant ses paupières closes. Quelque chose en elle l’empêchait de clarifier la situation, ça n’avait rien d’agréable et encore une fois, Ecaterina se sentit bien lâche. Toutefois, elle fit mine de se détendre et minauda :

« J’aurais préféré que tu tombes sur mes dernières photos de vacances. Mais, je conçois qu’une vue pareille te plaise. J’aurais réagi de la même façon que toi, si les rôles avaient été inversés. » Elle ouvrit un œil avec malice, tournant suffisamment la tête pour le regarder. Il desserra son étreinte et fronçant les sourcils dans une fausse mine bougonne, Ecaterina ouvrit le deuxième œil.

Ecaterina savait qu’elle devait se justifier, même si elle était persuadée que l’idée n’avait même pas effleurée l’esprit de son petit ami. Ça aurait dû être facile, pourtant. Elle était sûre de ce qu’elle ressentait pour lui, elle n’en avait jamais douté et foncièrement, elle pensait que ça l’aiderait à avancer dans la bonne direction de se confier un peu et de parler des choses qu’elle préférait taire, d’ordinaire. Mettre toute de suite les choses à plat, c’était s’assurer de partir sur de bonnes bases –Dieu sait qu’ils en avaient besoin. Mais non, elle n’y arrivait pas. Ecaterina avait beaucoup trop peur que la façon dont Gale la regardait aujourd’hui change après ça. Elle l’avait déjà déçu, une fois. Elle ne voulait jamais revoir cette déception traverser son regard, c’était pire que tout, elle ne le supporterait pas. Joignant les mains en espérant qu’il revienne vite, la blondinette inclina alors le visage en émettant un tout petit gémissement attendri, remarquant enfin ce qu’il tenait à la main. Se mordant la lèvre inférieure en souriant, elle fronça le nez en même temps, suivant son court trajet du coin de l’œil. Elle n’était décidément pas douée ; Gale maîtrisait les petites attentions beaucoup mieux qu’elle.

« Tu fais ça bien, je suis impressionnée. » Prenant la rose, Ecaterina répondit au baiser du jeune homme, lui en donnant un furtif au coin de sa bouche « Merci, elle me plaît. Ems sera verte de jalousie, elle adore les roses. Ça sera ma petite vengeance pour son coup bas de tout à l’heure ; les enfants sont des fourbes, Hemmens. » Elle se mit à rire brièvement, repensant à l’expression sur le visage d’Emily après sa victoire puis baissa la tête après avoir effleurée du bout du nez la joue de Gale ; son teint retrouva sa couleur naturelle, mais le poids qu’elle ressentait dans sa poitrine ne s’allégea pas. Elle regarda la fleur un moment puis fit pivoter son visage un tout petit peu plus quand elle l’entendit lui murmurer qu’elle lui avait manqué ; il savait attirer son attention, c’était indéniable et elle se mit à sourire, encore une fois. Se mordillant la lèvre pour ne pas se trahir, elle déposa délicatement sa fleur sur son bureau et se retourna pour lui faire face. Il lui demanda si elle comptait lui faire visiter. La blondinette eut un autre sourire fugace qu’elle transforma aussi vite en un air de fausse réflexion, la paume de sa main droite fermement posée sur son bureau en bois « Hum, ce n’est que ma chambre. Elle est petite, tu en auras vite fait le tour. » Passant sa langue sur ses lèvres sucrées, elle soupira avec nonchalance. D’un même chef, Cat se décida enfin à lentement glisser l’un de ses bras autour de ses épaules. Se hissant sur la pointe des pieds, elle pencha son visage de façon à ce que ses lèvres frôlent celles de Gale quand elle reprendra la parole –ce qu’elle fit plus tôt que prévu « J’avais oublié qu’Emily serait là, tu dois m’en vouloir, non ? » Elle pressa sensiblement sa bouche contre la sienne, resserrant l’étau de son bras sur ses épaules un peu plus encore, elle ne ferma pas les yeux pour directement affronter son regard « J’ai de quoi me faire pardonner, j’avais quelques projets… » Cette fois, elle l’embrassa pour de bon, posant sa main sur sa nuque tiède. Elle rompit soudainement le baiser et prenant une expression détachée, défit tout contact avec lui en s’éloignant juste un peu « Enfin, si tu tiens vraiment à visiter… » Elle haussa les épaules « C’est toi l’invité, je dois me plier à ta demande, c’est la règle. » chuchota-t-elle exagérément en levant les mains devant elle.

Aiguiser sa curiosité en parlant de ses projets (qui tombaient à l’eau, étant donné la présence d’Emily à quelques mètres à peine d’eux) et détourner son esprit du cliché qu’il avait vu plus tôt était la tactique la plus sournoise qui lui était venue à l’esprit. Ecaterina ignorait la façon dont Gale avait perçu cette photo, mais elle le savait suffisamment diplomate pour ne pas enfoncer le clou et ne pas la mettre dans l’embarras. Mais, malheureusement, elle ne pouvait pas l’empêcher de penser et elle imaginait que ce genre d’instantané d’une partie du corps de sa petite amie devait un peu le troubler. Du moins, elle l’espérait. Il lui avait dit qu’il la trouvait jolie, mais si elle s’était retrouvée à sa place, Ecaterina aurait été tenté de se poser plus de questions.
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Dim 4 Mar - 16:46

Malgré son attitude manifestement indifférente, la photo n’avait pas manqué d’attiser la curiosité du jeune homme. Au fond de lui, il brûlait d’envie de comprendre le malaise provoqué chez sa petite amie à la simple vue du cliché, pourtant quelque chose de plus fort l’en empêchait. Cinq ans, c’était le temps qu’il leur fallait rattraper. Après tout, n’était-ce pas humain de vouloir savourer les bonnes choses sans s’attarder sur les mauvaises ? Gale n’en était pas si sûr : fermer les yeux et éluder n’avaient jamais été les bonnes solutions. Non, c’était une toute autre raison qui le poussait à ne pas se montrer trop indiscret — la jalousie. Quelque chose lui disait que ce cliché avait quelque chose à voir avec Seth (son simple prénom lui faisait froncer les sourcils), et Gale craignait de s’emporter s’il s’avérait qu’il avait raison. Il n’avait pas oublié le sentiment qu’il avait éprouvé lorsqu’il avait appris de la bouche de Finn Hudson, au lycée, que ce dernier avait impunément embrassé Cat avant qu’ils ne sortent ensemble. C’était puéril, il le savait, mais avec toute la bonne volonté du monde il ne pouvait pas s’en empêcher. Il était jaloux, c’était sans doute l’un de ses plus gros défauts, et la simple vision de Seth photographiant les jambes nues de la jeune fille faisait germer en lui une colère sans nom. Mais non, il lui fallait réprimer cette fureur : leur premier vrai rendez-vous se devait d’être parfait. Foncièrement, il savait qu’il ne pourrait pas s’empêcher de poser la question fatidique à Ecaterina, mais s’il y avait bien une chose qu’il avait apprise durant son année de scolarité aux côtés de la jeune fille, c’était qu’elle détestait qu’on se mêle de sa vie privée. Il savait que Cat lui faisait confiance désormais : elle le lui avait dit, et il la croyait, mais lorsqu’il percevait la difficulté que semblait représenter chaque évocation de son passé, ce manque d’informations lui donnait la nette impression d’être impuissant — et il l’était. Son enfance à lui, à quelques détails près, avait été des plus calmes et tranquilles. Il n’avait aucune idée de la souffrance qu’elle pouvait ressentir. Dorian lui en avait touché quelques mots, c’était vrai, mais avait-il les épaules assez lourdes pour partager le chagrin de la blondinette ? Il en était persuadé ; c’était son cœur qui l’en avait convaincu.

Des images farfelues se faufilèrent dans l’esprit du jeune homme lorsque Cat évoqua l’hypothèse que les rôles aient pu être inversés. Il n’y croyait pas une seule seconde : il n’était pas du tout photogénique. Il n’y avait qu’à regarder la photo de lui qui trônait sur la commode derrière-lui, il n’était même pas fichu de grimacer correctement. Alors certes, il était là question de ses jambes, mais quelque chose au fond de lui lui disait que même s’il avait dû photographier seulement les siennes, il aurait trouvé le moyen de gâcher la photo d’une manière ou d’une autre. Cette idée le fit sourire, et il répondit simplement à Cat en secouant la tête pour dire non. Gale fut malgré tout satisfait que la fleur plaise à la blondinette, car même si elle devait l’ignorait, c’était la première fois qu’il offrait une rose à une fille. Le jeu des petites attentions, c’était encore nouveau pour lui, mais il était tenté de croire qu’il s’en sortait bien — il entreprit d’ailleurs de se vanter à ce propos mais le baiser de la jeune fille au coin de sa bouche le coupa dans son élan. Il se contenta de sourire, béat. Son sourire laissa ensuite place à une moue plus sérieuse lorsque la blondinette lui fit remarquer qu’il s’agissait d’une petite chambre. Il frotta mécaniquement ses cheveux ébouriffés puis pointa son index vers le haut, collé contre son nez. « Mince alors. Je suis déçu. Moi qui espérais de tout cœur une visite guidée de ta garde-robe — et par garde-robe, j’entends aussi ton tiroir à sous-vêtements — tu viens d’anéantir tous mes espoirs » plaisanta-t-il avec un air faussement miné, avant d’étirer ses lèvres pour afficher un sourire taquin « c’est tant pis pour moi, j’imagine ». Il s’avança puis Cat l’embrassa avant de s’excuser concernant la présence imprévue d’Emily — qui, il l’espérait fort, n’avait pas entendu ses derniers propos un tantinet indécents. « C’est pas grave » eut-il à peine de temps de murmurer avant que la blondinette lui fasse part de ses fameux projets qui ne manquèrent pas de retenir l’attention du garçon. « Des projets, hein ? Intéressant » souligna-t-il d’un ton faussement désintéressé et trop sérieux pour être vrai. Il ne put s’empêcher de regarder tour à tour le visage illuminé de sa petite amie et le lit à côté de lui, puis plongea son regard vers le sol tout en éclatant de rire. « Dommage, j’étais partant pour la bataille de polochon, tu sais. Vraiment dommage… » plaisanta-t-il avant de se rapprocher d’Ecaterina et de glisser sa main sur sa joue pour l’embrasser, plus longtemps cette fois. « Ça n’est que partie remise » lui souffla-t-il au creux de l’oreille avant de la serrer contre lui sans raison si ce n’était son envie de la câliner.

Le jeune homme se redressa doucement puis plongea ses yeux dans ceux d’Ecaterina un petit moment. Ce petit exercice de contemplation le fit réfléchir intensément sur un moyen de dévier la conversation vers le sujet qu’il brûlait d’aborder. Doucement, il fit glisser ses mains posées sur les épaules de la jeune fille jusqu’à ses hanches. Une part de lui avait toujours de mal à réaliser qu’elle était là pour de bon et la moindre de ces caresses suffisait à soulager cette inquiétude. Penchant la tête, Gale sourit timidement avant de se lancer. « Tu sais, si tu tiens vraiment à te faire pardonner, je pense avoir une idée ». Piètre stratège sur ce coup, la jeune fille comprendrait sans doute très vite la ruse du blondinet, bien décidé à ne pas lâcher l’affaire. « Cette fameuse photo, tu n’en aurais pas d’autres dans ce genre-là, par hasard ? » demanda-t-il, roulant les yeux pour feindre l’innocence. « Non pas que j’aimerais en avoir une, hein… Enfin, si, en fait. Pour un usage purement privé, ça va de soi ». Il leva les mains en l’air, ce qui lui donna l’air encore plus ridicule. Avec Ecaterina en face de lui, il faisait un très mauvais comédien.

Il soupira, désespéré de son propre cas, et se rapprocha de la jeune fille pour l’enlacer de nouveau. Peut-être s’était-il trompé, peut-être que le fond du problème était bien plus grave qu’il ne l’avait imaginé. Que se passerait-il si c’était le cas ? Lui en voudrait-elle ? Serré contre la jeune fille, il diminua encore davantage l’espace entre eux et massa ses longs cheveux dorés d’une main experte. « Ou si tu n’as pas envie de répondre à cette question, on peut simplement rester comme ça. Tant que tu es là, ça me va ».
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Mar 6 Mar - 17:53

Tout en plissant les paupières, Ecaterina réagit silencieusement aux propos de Gale qui réclamait une visite guidée de son tiroir à sous-vêtements –rien que ça. Elle inclina doucement le visage et feignit encore une fois de cogiter quand elle daigna enfin ouvrir la bouche « Ceux que je porte aujourd’hui sont plutôt jolis, si ma mémoire est bonne –et elle l’est, bonne. » Elle fronça subitement le nez, précisant dans un sourire ouvertement espiègle « Ma mémoire, s’entend. » Cat hocha sensiblement la tête en pinçant les lèvres dans un faux effort de concentration pour se rappeler leur exacte couleur. Gale ne devait pas se souvenir que toutes les perches que l’on tendait à la jolie blonde, elle les attrapait sans se faire prier. S’il tentait de faire un peu d’humour pour la déstabiliser, elle s’évertuerait à prendre tout au premier degré histoire de pimenter le tout, et étant donné son désir profond de détourner complètement l’attention de son petit ami des fameuses photos secrètes, elle y mettrait encore plus du sien que d’ordinaire. Elle était prête à parier que très bientôt, ça ne serait plus elle qui ressentirait un certain trouble, mais bel et bien lui et pour d’autres raisons que de simples clichés compromettants d’une partie de son corps mise à nue. Ecaterina ne maîtrisait peut-être pas les petites attentions adorables comme lui, mais elle avait d’autres talents notables. Aussi, elle baissa la tête et défit l’air de rien un bouton de son chemisier céruse, puis un autre. Elle s’arrêta tout juste à temps pour ne pas en dévoiler trop, laissant entrevoir la peau lisse de son décolleté attrayant. Etant la seule à avoir une vue imprenable sur sa poitrine, elle y jeta un coup d’œil furtif avant de reprendre d’un ton parfaitement calme et naturel « Ils sont noirs, de la dentelle. Je te les montrerais bien, seulement… » Elle coula un regard lent vers la porte entrouverte pour lui rappeler encore une fois qu’ils n’étaient pas totalement seuls, puis reporta aussitôt son attention sur le visage du jeune homme ; elle ébaucha un sourire malicieux, haussant les épaules avec une nonchalance confondante « Tant pis ! Ça n’est que partie remise, comme tu dis. »

Sournoise, Cat. Elle était parfaitement consciente du pouvoir qu’elle avait sur le jeune homme puisqu’il exerçait la même emprise sur sa petite personne. Lui promettre un peu de dentelle, c’était stimuler sa curiosité ; et plus encore. Elle savait ce qu’elle faisait. Ecaterina n’était pas étrangère à ces insinuations poussées. Elle ne s’en voulait même pas d’user de ce genre de tactique. Bon, un tout petit à cause de la présence –elle n’irait pas jusqu’à dire indésirable, elle adorait Ems– à quelques mètres d’une enfant d’à peine cinq ans, mais s’il s’avérait qu’une baladeuse s’attardait un peu trop longtemps sur sa cuisse au détour d’une discussion sur le temps d’automne, elle saurait se faire discrète et en profiterait pour la rendre, cette caresse. Gale et Cat étaient des adultes consentants qui, ils ne cessaient de le répéter depuis le soir où ils s’étaient réconciliés, avaient beaucoup trop de temps à rattraper. Les longues conversations nocturnes, les baisers langoureux et les caresses fugaces ne remplaceraient jamais l’attirance physique notoire qu’ils avaient l’un pour l’autre. Ils ne se tiendraient pas la main jusqu’à la fin des temps, il fallait dépasser ce stade. Des choses devaient se passer et si Ecaterina pouvait faire comprendre à Gale que le plus tôt serait le mieux, elle ne s’en priverait pas. Certes, sa petite mascarade n’était qu’un moyen de reprendre le contrôle sur cette situation fâcheuse qui lui échappait. Cependant, dans le fond, Cat lui signalait aussi qu’elle était prête (un euphémisme) pour autre chose que ses longues caresses sur sa joue douce et ses doigts habiles lui replaçant avec délicatesse une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille.

Lorsque Gale glissa ses mains de ses épaules à ses hanches, Ecaterina cambra la taille et se hissant sur la pointe des pieds, elle l’embrassa furtivement, passant ses doigts dans les cheveux sur sa nuque. Il reprit la parole et effleurant une toute dernière fois sa bouche avec la sienne, Cat recula un peu le visage pour le regarder dans les yeux –tentative qui échoua puisqu’elle ne quitta pas ses lèvres du regard. Pourtant, elle se contraint à murmurer « Je t’écoute. » Mais descendit très vite de son nuage quand sa question lui arriva aux oreilles. Ecaterina cilla plusieurs fois avant de lever, à contrecœur, les yeux pour l’affronter pour de bon. Il était plus obstiné qu’elle le pensait sur le sujet et elle regretta de ne pas avoir ouvert en plus un ou deux (ou même trois, autant faire les choses convenablement) boutons de son chemiser. Pour autant, elle ne perdit pas la face et se détachant de lui, elle se recala sur ses petits pieds, croisant les bras sur son décolleté apparent « Pour un usage purement privé ? » répéta-t-elle à sa suite. Elle se mit à rire en baissant brièvement la tête, ses cheveux soyeux suivant le mouvement « Soit j'ai l’esprit très mal placé, soit tu viens de te vendre tout seul, Hemmens. Je ne sais pas si je dois être flattée d’être celle qui hante tes pensées perverses dans tes moments purement privés. » insista-t-elle. Elle dessina même des guillemets invisibles au dessus de sa tête, relevant le menton en grossissant les yeux. Consciente que son agacement soudain était lié aux indiscrétions du jeune homme, elle laissa un silence lourd s’installer. Elle le regarda juste fixement en se mordant la lèvre par habitude et resserrant l’étreinte de ses bras autour de sa propre poitrine. Assez vite, Gale revint vers elle, pourtant et la prenant de nouveau tout contre lui, rectifia le tir ; c’était trop tard. Ecaterina n’était plus très à l’aise, maintenant. Toutefois, elle tacha de ne pas le montrer. Rompant leur étreinte, la blondinette resta plantée sur ses pieds –toute petite quand elle n’était pas chaussée ou juchée sur ses orteils– et murmura « Tu m’as pour de bon, en vrai. Je ne suis pas une experte en matière d’auto-complimentation, mais je crois quand même que je vaux plus le coup qu’une vulgaire photo, non ? » Son ton venait radicalement de changer et cette toute petite voix timide avec laquelle elle s’exprimait maintenant n’était pas coutumière. Elle s’en rendit compte trop tard, mais n’eut pas la force de changer de ton. Passant nerveusement une main dans ses cheveux, elle maintint sa mèche en arrière, laissant sa main se poser sur sa propre nuque. Ce n’était pas si terrible que ça, il fallait qu’elle le fasse. Il le fallait, elle se sentirait nettement mieux après. Détournant la tête, Ecaterina ferma brièvement les yeux, claquant sa langue contre son palais et soudainement se dirigea vers le carton où toutes ses photos dormaient. Celles qu’elle avait faites quand elle était enfant, adolescente et celles dont elle était la moins fière. Elle l’empoigna d’une main ferme, le planquant sur son abdomen puis elle se retourna vers Gale derrière elle « Assieds-toi sur le lit, je vais te montrer. »

Son cœur se mit à battre la chamade, mais elle ne pouvait plus faire marche-arrière. Elle allait parler avec Gale des choses les moins glorieuses de son existence, il fallait qu’elle garde le cap et ne se laisse pas submerger. Injustement, elle lui en voulait de ne pas avoir compris que tout ça était trop douloureux pour elle pour qu’elle se mette à en parler en plein après-midi pendant un rendez-vous qui ne devait rien avoir de plus sérieux que la tonne de baisers qu’ils auraient dû échanger. Pinçant les lèvres, Ecaterina s’installa à côté de Gale. Fixant le contenu de la boîte en carton en fronçant les sourcils, elle retint sa respiration. Le gros classeur noir qu’elle avait récupéré dans son ancienne chambre que Dorian avait gardé intacte après son départ, recelait de tous ses souvenirs d’enfance –de toute son enfance tout court. Elle ne l’avait jamais ouvert, elle savait juste qu’il existait. Ses yeux glissèrent sur une grosse pile de photos, les plus récentes qu’elle avait faites à Cincinnati. Elle choisit tout d’abord de s’intéresser aux moins indécentes ; celles du classeur sur lesquelles elle avait entre dix-huit mois et quinze ans. Elle extirpa le gros dossier de la boîte qu’elle déposa à ses pieds et tournant à peine son visage vers Gale, elle dit d’un ton monocorde en lui tendant le fameux classeur :

« Si tu préfères celles où on ne voit pas mon visage, elles sont-là. » Elle désigna le carton à ses pieds d’un coup de menton. Ecaterina baissa les yeux, fixant les clichés dans la boîte. Se sentant soudain obligée de se justifier, elle enchaîna d’une traite « Je les aie faites parce que j’avais besoin d’argent. J’avais mon prêt étudiant à rembourser et mon loyer à payer et les petits jobs que je faisais n’étaient pas très bien rémunérés, je voulais me débrouiller toute seule. Je suis tombée sur cette annonce, j’ai quelques talents de négociatrice –ça me vient de ma mère, elle était douée, elle aussi– alors je me suis lancée ! J’avais de l’expérience. Je suis plutôt photogénique, comme tu pourras le constater, et ça ne demandait pas qu’on voit mon visage, juste… » Ne relevant pas la tête, elle se mordit doucement la lèvre inférieure, ne terminant pas sa phrase, c'était trop difficile. S’astreignant à regarder Gale, Ecaterina posa d’un même chef sa main sur le classeur noir et dans un sourire pénible, elle ajouta avec douceur « Celles-ci sont plus jolies, je t'assure. Je suis beaucoup plus jeune aussi. Je t’en prie, Gale… » Elle tenta une nouvelle fois de sourire, mais fronça les sourcils à la place alors que ses doigts se crispèrent d'eux-même sur la couverture de son book. La gorge nouée, Ecaterina préféra conclure en fermant les yeux « Ne me juge pas. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mar 13 Mar - 1:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Mar 13 Mar - 0:33

Un sourire espiègle se dessina sur ses lèvres et ses yeux, soudainement captivés par les mains habiles de la jeune fille, surveillèrent le moindre de ses faits et gestes. Gale n’était pas encore très bien habitué à tout ça : il avait du mal à réaliser que, maintenant qu’ils étaient vraiment en couple, Cat et lui pouvaient largement dépasser le stade des petites caresses échangées au détour du rayon d’une librairie. Du moins, c’est la première chose qui lui vint à l’esprit lorsque la blondinette déboutonna son chemisier juste assez pour laisser entrevoir son décolleté. A court de mots, il se contenta de mordre sa lèvre inférieure, enjôlé, puis se frotta le visage nerveusement pour tenter d’atténuer ce besoin irrépressible de couler un regard vers la poitrine encore bien dissimulée de la jeune femme. Sur ce terrain-là, il semblait clair qu’il ne pouvait pas rivaliser : il doutait fort qu’ôter son tee-shirt produisît le même effet sur la jeune fille — il était donc impossible de lui rendre la pareille. Gale avait beau faire preuve d’une galanterie sans faille, il n’en restait pas moins un garçon normalement constitué ; et ce genre de choses-là pouvaient difficilement le laisser indifférent. Aussi soupira-t-il lorsque la jeune femme appuya ses derniers propos, étrangement plus disposé à cette fameuse "bataille de polochons". Mais Gale tenta de se reprendre, et un regard furtif en direction de la porte de la chambre suffit à calmer ses ardeurs. Ce petit jeu de séduction lui plaisait beaucoup, mais quelque chose lui disait qu’ils ne tarderaient pas à passer à autre chose. Du moins, une chose était claire dans son esprit ; si la blondinette continuait dans cette voie, ça ne faisait aucun doute qu’il serait le premier à craquer.

Foncièrement, le jeune homme ne savait pas très bien ce qui les avait empêchés de s’adonner à d’autres activités que se tripoter, s’embrasser à outrance ou simplement discuter jusqu’ici, si ce n’était peut-être un manque flagrant d’intimité depuis leur réconciliation. Gale aimait Cat, ça ne faisait aucun doute, et peut-être inconsciemment redoutait-il de gâcher leur relation à trop vouloir précipiter les choses. C’était une belle hyperbole lorsqu’on savait qu’ils s’aimaient depuis cinq longues années, mais si le garçon n’avait pas voulu franchir le pas plus tôt, c’est qu’il croyait bien faire. Il n’en avait jamais vraiment discuté avec sa petite amie, mais Cat lui avait toujours semblé savourer cette attente autant que lui — ou du moins, c’est ce dont il essayait de se persuader, planté devant ce décolleté cruellement attrayant.

Détourner la conversation était donc la meilleure chose qu’il pût faire ; pourtant, le blondinet n’aboutit pas vraiment au résultat qu’il avait escompté. Jouer la carte de l’humour en prétextant s’intéresser aux fameuses photos de la jeune fille pour son propre usage sembla au contraire créer un certain malaise : il s’en rendit compte un peu trop tard lorsque, après avoir tenté de se rattraper, la jeune fille brisa leur étreinte. Ce fut le signe avant-coureur qui lui fit réaliser, avant même que Cat ne prît la parole, qu’il aurait eu mieux fait de se taire. La jeune femme eut l’air profondément vexée par ses propos si bien que Gale resta coi, se sommant mentalement d’arrêter de se comporter en parfait imbécile. Ses mains trouvèrent refuge dans le creux de ses poches et il arbora une mine contrite, mais déjà suffisamment tiraillé par la culpabilité il ne répondit rien pour sa défense : quelque chose lui disait que l’agacement de la jeune fille n’était pas seulement dû à ses paroles maladroites. Cat devait très bien savoir qu’il n’avait pas manifesté son intérêt pour ces photos dans ce sens-là ; il ne se lassait jamais de lui dire à quel point il l’aimait plus que tout — et certainement bien plus que de simples clichés. Quelque chose d’inhabituel dans la voix de la jeune fille l’empêcha de l’en assurer pourtant, et il se contenta, infiniment penaud, d’obéir à la jeune fille qui l’invita à s’asseoir sur le lit. Ce genre de malaise entre eux n’était pas totalement nouveau ; en réalité, celui qui s’était installé quelques semaines plus tôt lors de leurs retrouvailles avait été bien pire. Gale ne savait pas ce qu’il devait faire pour autant, ne désirant qu’une seule chose : laisser cette histoire de photos de côté et enlacer sa petite amie, ou tout du moins lui décrocher un sourire. La suivant du regard sans en perdre une miette, son regard se posa sur le carton qu’il avait aperçu plus tôt, désormais dans les bras de la jeune fille. Se redressant trop tard pour essayer de l’aider, il s’empressa de se rasseoir, et rapidement Cat le rejoignit. Après avoir fureté un petit moment dans la boîte, elle lui tendit un classeur noir, et Gale le saisit sans rechigner pour ne pas la contrarier d’avantage. Spontanément, elle lui expliqua ce que contenait ce carton, ajoutant qu’elle n’avait pas eu d’autre alternative que d’accepter d’être prise en photo pour réussir à joindre les deux bouts. Chamboulé, le jeune homme s’en voulut aussitôt d’avoir inconsciemment poussé Cat à devoir lui avouer ce genre de choses — des choses manifestement très douloureuses — et lorsqu’elle lui demanda de ne pas la juger, il se rapprocha d’elle. Délicatement, il posa ses mains contre les joues douces de la jeune femme, et planta son regard troublé dans le sien ; d’un ton qui se voulait rassurant et rempli de conviction, il rompit le silence. « Cat, jamais je ne me permettrais jamais de te juger, tu m’entends ? » . Instinctivement, il lui caressa les cheveux et replaça une mèche flottant sur son front derrière son oreille. « Il y a beaucoup de choses dont je suis pas fier, c’est comme ça. On fait tous du mieux qu’on peut. » Il se redressa un peu mais ses pupilles restèrent figées dans celles de Cat. « Lorsque j’ai compris pourquoi tu étais partie, j’ai eu très peur de ce qu’il pourrait t’arriver si tu ne tenais pas le coup toute seule. Je craignais le pire, ton frère aussi, mais regarde-toi aujourd’hui. Tu t’es débrouillée admirablement bien, quelques soient les chemins que tu as empruntés. » Une étincelle admirative fit briller ses yeux ; il était sincère, malgré le chemin périlleux qu’elle avait suivi, elle s’en était sortie — toute seule. « Tu sais, quand on s’est embrassés pour la première fois à l’amphithéâtre il y a cinq ans, je me suis trompé quand je t’ai dit que tu étais une fille belle, drôle et intelligente. En fait, tu es bien plus que ça. Tu es une femme forte, Cat. Que tu le veuilles ou non. Je crois que ça fait déjà plusieurs années que je le sais mais le chagrin m’empêchait de m’en rendre compte. »

Baissant la tête, il porta son attention sur le classeur noir posé sur ses cuisses et la main de la jeune fille juste au-dessus. Il y porta la sienne et serra celle de la jeune fille d’une poignée réconfortante. « Tu n’es pas obligée de me montrer ça maintenant, si c’est trop difficile. Je comprends que tu n’en aie pas envie. » Penchant sa tête dans la direction de la jeune fille, il la gratifia d’un sourire chaleureux et d’un regard amoureux. Il respecterait le choix de la jeune fille qu’elle décide ou non de faire marche-arrière ; il ne voulait surtout pas jouer au petit ami trop intrusif dès le premier vrai rendez-vous. Force était pourtant d’admettre que Gale ne connaissait que très peu d’éléments concernant l’enfance de Cat, voire presque aucun, si bien qu’il se sentait soudainement presque déstabilisé — et craignait plus que tout le moindre faux pas. La seule chose qu’il voulait avec certitude à ce moment précis, il la murmura d’une voix grêle : « Rappelle-toi juste que, quoiqu’il arrive, je suis là pour toi. Pour le meilleur et pour le pire. »
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Mer 14 Mar - 16:46

Elle y était presque. Un effort encore et elle n’aurait plus de secrets pour lui. Ecaterina en avait voulu à Gale, un peu plus tôt. Il aurait dû s’apercevoir qu’aborder ce sujet la plongeait dans de douloureux souvenirs. Avec un temps de retard, il s’en était rendu compte et la blondinette avait fini par profondément regretter d’avoir ressenti de la colère à son égard. Elle n’avait pas le droit de lui reprocher de vouloir en savoir plus sur sa petite-amie, c'était humain. Ce n’était surtout pas juste puisqu’il s’avérait qu’elle aussi aurait aimé en savoir davantage à son sujet, mais elle se contraignait à ne pas être trop curieuse. Elle voulait laisser le temps passer, les choses s’installer tout en douceur. Ecaterina craignait de le faire fuir. Après tout, tout un flot de questions indiscrètes dormait en elle depuis cinq longues années. Elle avait des amies qui ne laissaient pas de répit à leur partenaire, elle ne souhaitait pas devenir comme elles, jamais. Elle préférait donc prendre son mal en patience et sagement attendre qu’un déclic se produise et que tout ça vienne de lui. Elle lui laissait son espace vital. Ecaterina lui faisait confiance et savait s’effacer quand il le fallait, ça faisait partie des qualités dont elle était détentrice qui la rendait fière –merci papa. La blondinette croyait tout connaître sur Gale, mais elle devait bien admettre qu’elle se berçait d’illusions. Elle ignorait un tas de choses sur son passé, comme il en ignorait des tas sur le sien. D’une certaine manière, ils étaient à égalité sur ce point. Ils avaient fait une énorme erreur en gardant leurs secrets pour eux, il y a cinq ans. Cat ne voulait pas réitérer ce désastre. Plus que tout, elle voulait que leur relation fonctionne. Depuis le soir de leur réconciliation, elle s'en donnait les moyens et visiblement, elle ne se débrouillait pas trop mal. Même si elle devait passer par cette phase difficile pour être certaine de rester avec le garçon qu’elle aimait aussi longtemps qu’il voudrait bien d’elle, elle était prête à tout ; même à se faire violence. Il la connaissait sans la connaître, c’était aussi simple que ça. Revenir sur son enfance, c’était faire la lumière sur son comportement . C’est vrai, Gale avait appris à déchiffrer son attitude, à décoder tout ces petits détails invisibles aux yeux des autres et ça, dès leur toute première rencontre. Néanmoins, il ne devait pas comprendre pourquoi elle semblait se refermer sur elle-même dès lors qu’on parlait de sa mère ou quand il s’aventurait à lui faire un compliment sur n’importe quel trait de son physique ou de son caractère imprévisible. Se rendant brusquement compte que son couple ne fonctionnerait jamais si elle ne lui parlait pas, Ecaterina comprit enfin : elle devait lui montrer ces photos, c’était primordial.

Cat avait peut-être pris conscience de l’évidence, mais elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une profonde angoisse. Les yeux fermés, elle avait peur de craquer et de ne pas pouvoir prononcer intelligiblement les mots : d’être ridicule, tout simplement. Le silence s’installa sitôt qu’elle termina sa tirade affolée. Elle laissa le temps passer. Une, deux, trois interminables secondes s’écoulèrent… et le tic-tac, d’ordinaire imperceptible, de sa montre résonna désagréablement à ses oreilles. Si Gale pouvait prononcer ne serait-ce qu’un mot ou même une insulte, elle se sentirait rassurée. Pendant un instant, elle pensa à utiliser les grands moyens et à lui pincer la cuisse pour le faire réagir, mais après l’épisode du chemisier, elle estima qu’il prendrait peut-être son geste pour une invitation à lui sauter dessus -ce qui lui aurait évité bien du tracas, en y réfléchissant. Mieux que des paroles, les mains du jeune homme lui encerclèrent le visage. Immédiatement, elle se sentit apaisée et rouvrit les yeux pour le regarder. Cat ne savait pas trop pourquoi elle lui avait demandé de ne pas la juger, car si elle était bien sûre d’une chose, c’est que jamais Gale ne se permettrait de le faire. Elle lui en avait donné l’occasion sur le toit. Pour autant, il n’avait pas saisi cette aubaine alors qu’elle lui avait quasiment tendu le bâton pour se faire battre. Il aurait pu lui dire qu’elle n’était pas courageuse, qu’elle l’avait fait souffrir et l’asséner de tout un tas de reproches qu’elle méritait, mais jusqu’à présent, il s’était abstenu de le faire. Ecaterina estimait donc qu’il ne s’aventurerait plus dans cette direction, plus maintenant alors qu'ils semblaient se rapprocher de jour en jour. Suivant du regard le moindre de ses gestes, elle pencha la tête en esquissant un sourire, l’écoutant parler. Entendre tout ça de la bouche de Gale aurait dû la toucher, et ses yeux brillants comme jamais prouvaient que, foncièrement, elle devait l’être, mais ce n’était pas le cas. Ecaterina avait parfois l’impression qu’il la voyait plus géniale qu’elle ne l’était en réalité. C’était ça qui la blessait parce qu’elle savait qu’il était bien loin de la réalité. Aussi, elle ne le contraria pas et fronçant le nez, elle lui attrapa le menton à deux doigts et murmura :

« Tu dis tout ça parce que t’es amoureux de moi, Hemmens. » Le forçant à opiner, elle fit de même de son côté. Souriant et fronçant un peu plus le nez encore, elle se pencha pour l'embrasser sous son œil droit puis frôla sa joue du bout de son nez avant de se redresser. Maintenant toujours la petite pression sur son menton, elle reprit avec la même douceur que plus tôt « Tu souviens que je suis partie cinq ans parce que j’avais la trouille de ne pas réussir à pardonner à mon frère ? » Elle déplora de mettre les pieds dans le plat. Elle ne pouvait pas se refaire, de toute manière, elle était comme ça et c’est ce qui faisait tout son charme, non ? Glissant son pouce sur les lèvres de Gale, elle les caressa furtivement et récupéra sa main qu’elle posa avec la seconde sur le gros classeur noir « Ce n’est pas vraiment ce que j’appelle être une femme forte. Quinn est forte, moi je suis juste… moi et tu vois, c’est bien ça le problème. » Elle baissa graduellement la tête en l’inclinant davantage puis donna un tout petit coup d’épaule à Gale pour le faire basculer, laissant le silence reprendre possession des lieux.

Ses yeux retrouvèrent bien vite le classeur qui lui causait tant de soucis. Suite aux éloges de son petit-ami, elle était presque parvenue à l’oublier. Ses deux mains plantées sur la couverture, elle cilla quand vint s’ajouter celle de Gale. Il lui donnait le choix de lui montrer ou pas ces photos, mais après tout ses compliments, elle se sentit obligée de satisfaire sa demande. Se mordant légèrement la lèvre, elle glissa la même mèche que Gale avait remise plus tôt derrière son oreille et poussant avec délicatesse sa main de son classeur, elle se leva avec autant de grâce. Son regard fixé sur ce qu’elle tenait entre ses doigts, elle s’allongea sur le ventre et posa l’espèce de gros livre sous ses yeux. Hésitant un instant, elle tourna la tête vers Gale pour lui dire :

« Dépêche-toi, avant que je ne change d’avis. » En attendant que Gale s’installe à ses côtés, Cat prit une grande inspiration qui lui arracha les poumons et fit exploser son cœur. Elle y était. Elle allait regarder les photos qu'elle n'avait jamais voulu regarder. Elle ne savait pas exactement ce qu’elle ressentait, ni même l'état d'esprit dans lequel elle se trouvait, actuellement. Croisant les chevilles, elle glissa sa main sous l'imposante couverture. Soulevant doucement la page, elle s’apprêta à l’ouvrir. Tournant son joli minois vers Gale, elle s'arrêta à mi-chemin et en inspirant, elle lui lança « Ma mère était actrice. Pas une actrice connue à travers tout le pays, elle jouait dans une sitcom bidon qui passait sur la chaîne locale. Mais la comédie, c’était son truc à elle, sa passion. » Ecaterina s’aperçut alors qu’un lien étroit unissait sa mère, une femme qu’elle détestait de tout son être, et son petit ami, la personne qu’elle aimait le plus au monde. Préférant occulter ce hasard douteux, elle arqua un sourcil, incrédule. Abandonnant sans hésitation le classeur en le repoussant sur son oreiller, elle se tourna sur le côté. Elle appuya son coude sur son matelas douillet et crispa son poing, appuyant sa tempe sur celui-ci. Elle se défilait, clairement. Enfin, pas réellement. Elle estimait juste devoir le mettre au courant de certains détails avant de lui montrer les clichés. La genèse de son malheur, tout un programme. Fermant un œil après avoir jeté un furtif coup d’œil à la porte entrouverte, elle continua « Elle s’est fait virer à l’annonce de sa grossesse, ça a été un choc. Elle ne voulait déjà pas de cet enfant, alors quand elle reçu le script du dernier épisode où son personnage devait mourir dans d’atroces souffrances, elle l’a détesté encore plus. Dorian n’a pas eu de chance. » Elle émit un rire très furtif et nerveux tout en tendant sa main pour la poser sur le cou de Gale, caressant lentement les cheveux à sa portée. Toutefois, elle ne s'arrêta pas de parler. Son ton devint au fur et à mesure beaucoup plus lointain, songeur « Des années plus tard, mon père voulait un autre enfant. Je crois qu’Annabelle était tellement désespérée qu’elle a tout de suite pensé qu’un autre bébé pourrait la sauver. Oh, ne t’imagine pas que son instinct maternel s’était révélé suite à la naissance de Dorian. Rien n’était jamais désintéressé avec elle, elle avait toujours une idée derrière la tête. Du coup, elle a accepté le deal. Ne me pose pas de questions sur les détails de ma conception. J’ai du mal à imaginer mes parents dans ce genre de position, mais mon père se fera un plaisir de te renseigner quand vous vous rencontrerez, j’en suis persuadée. » ajouta-elle sur le ton de la plaisanterie. Se redressant tout doucement, elle l’embrassa sur le front au passage et enchaîna « Neuf mois plus tard, devine qui pointait le bout de son nez ? » Elle glissa ses mains sous son propre menton et battit théâtralement des cils, elle rit même pendant une fraction de seconde puis s’allongea sur le dos, cette fois. Instinctivement, elle posa ses mains sur son ventre et son regard fureta le plafond qui s'étalait au dessus d'elle. Elle se contraint à marquer une longue pause. Elle s’éternisait, elle brodait pour repousser l’échéance. Sentant la pression monter au creux de son estomac, elle se tut encore un moment puis finalement, déclara prestement « J’ai été mannequin. Je n’ai jamais défilé, j’étais trop petite et puis on est dans l’Ohio, pas à New-York. Mais, j’ai quand même gagné des tas de concours de beauté ridicules et j’ai fait de la pub pour des entreprises de la région pendant des années -ce qui explique toutes ces photos. J’ai commencé à dix-huit mois, j’étais super mignonne quand j’étais bébé. Je bavais très peu, d’après la rumeur. » Elle l’avait fait, elle avait réussi. Pourtant, elle ne se sentait pas soulagée. Ecaterina garda son regard planté sur le plafond, cherchant une faille, un défaut quelconque pour y reporter toute son attention et détourner ses pensées. Cependant, même les endroits les plus inaccessibles de cette chambre n’échappaient pas à la vigilance d’Emma. Tout était trop lisse, trop parfait. Esquissant un sourire de façade, elle reprit ses esprits. Cherchant par réflexe la main de Gale à ses côtés, elle la trouva tout naturellement et y glissa la sienne, terminant plus calmement « Annabelle est devenue mon manager. Elle m’aimait beaucoup moins que les strass et les paillettes, j’étais sa chose. Un peu comme Lindsay Lohan et sa botoxée de mère. Sauf que je ne suis pas rousse et que ma mère n’aurait jamais acceptée que je me défonce au crack. Tu sais que c’est hyper mauvais pour le teint ? » Cat et son ironie. Une façon de rendre les choses plus légères alors qu’elles pesaient si lourd sur sa conscience. Fronçant durement les sourcils, ses yeux commencèrent à lui picoter un peu trop à son goût alors, elle pressa sa paume plus fort contre celle de Gale et se mordit la lèvre, fermant les yeux en même temps. Elle adorait faire croire aux gens qu’elle ne se souvenait plus de cette période, mais après avoir avoué ce qu’elle était vraiment, des éclairs de souvenirs s’étaient allumées dans sa mémoire. En réalité, elle se souvenait de beaucoup trop de choses, c'était ça le plus douloureux. Pourtant, elle ne craqua pas. Soulevant les paupières, Cat roula doucement sur le côté pour regarder Gale –ce qu’elle fit pendant quelques minutes en n’essayant même pas d'éviter son regard–. Cherchant à se tranquilliser, elle mit un terme à tout ses doutes en déposant un petit baiser sur ses lèvres.
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Lun 26 Mar - 0:45

Gale n’avait jamais eu l’intention de piétiner sur l’intimité de la blondinette comme il en avait le sentiment à ce moment précis. C’était une chose qu’il s’était d’ailleurs fermement interdit de faire, car il savait mieux que personne à quel point Cat détestait ça —lui aussi, en y réfléchissant bien. Sans doute ses mauvaises expériences sentimentales y étaient-elles pour quelque chose ; les quelques rares filles que le jeune homme avait fréquenté durant sa dernière année de lycée n’avaient pu s’empêcher d’être soit trop envahissantes soit trop indiscrètes concernant sa vie avant Lima —un sujet particulièrement douloureux après la disparition de sa mère— ce qui avait bien souvent servi de prétexte à des ruptures plus ou moins anticipées de sa part. En vérité, c’était surtout son amour sempiternel pour Cat qui l’y avait poussé. Cette part de mystères entre eux n’était donc pas totalement irréfléchie ; il tentait de se persuader qu’il ne servait à rien de brusquer les choses, et que les confidences viendraient avec le temps. Quelque part, il se doutait que c’était un gros risque à prendre, ils en avaient d’ailleurs fait la douloureuse expérience par le passé, mais il ne pouvait se résoudre à se montrer trop curieux —alors que foncièrement, il l’était, plus qu’il ne voulait bien le laisser paraître. Il sentait que les affres d’une nouvelle crise entre eux seraient bien trop difficiles à supporter.

Il comprit rapidement l’impétuosité de la jeune fille face à sa remarque concernant les photos, et même s’il entreprit de réparer son erreur en la complimentant en toute franchise, Gale ne fut pas convaincu que ses paroles aient vraiment servi à quelque chose. Cela ne faisait aucun doute, il avait bien affaire à Cat —une experte en matière de sous-estime. Il adopta un air bougon lorsqu’elle attrapa son menton et lui expliqua que c’était par amour qu’il la complimentait. N’opposant aucune résistance, il entreprit de rétorquer quelque chose mais resta muet, troublé par le baiser déposé sous son œil et fut bien forcé de laisser la jeune femme poursuivre. Elle ajouta que son départ ne relevait en rien d’un quelconque courage, arguant que Quinn était bien plus forte qu’elle. Profondément chagriné, le garçon eut un pincement au cœur, et le bleu de ses yeux se troubla. Le regard toujours rivé droit vers celui de Cat, il monta sa main vers le visage de la jeune fille pour lui caresser la joue. Il était amoureux d’elle, certes. Mais est-ce que ça l’empêchait pour autant de rester objectif ? Il savait que non, mais sur ce point-là, il doutait qu’elle et lui puissent un jour pouvoir se mettre d’accord. « Je n’ai pas dit que tu étais parfaite, tu sais. Personne ne l’est » répondit-il, un poil ronchon. « Et puis en voici la preuve, tu manques cruellement de confiance en toi, c’est dingue » . Un sourire taquin éclaira son visage —il perdait toute crédibilité, mais c’était une bonne chose s’il pouvait déjà lui décrocher un sourire. « Mais c’est vrai, tu as raison, je suis amoureux de toi. Je pense que je suis voué à t’idéaliser et à te complimenter pour l’éternité. Dommage pour toi, Robertson, on dirait que tu as choisi le mauvais gars » . Il pencha la tête et haussa les épaules, les yeux toujours plongés sur la blondinette. Même son plus gros défaut la rendait désirable.

Il offrit à Cat le choix de lui montrer ou non le fameux classeur, conscient de la difficulté que tout cela pouvait représenter. S’il était curieux, Gale n’en restait pas moins humain ; et la dernière des choses qu’il voulait faire était incontestablement faire souffrir sa petite amie. Il gardait en mémoire le moment où, sur le toit de son immeuble, la blondinette s’était mise à pleurer par sa faute —il s’était alors montré froid, plus indifférent que jamais— et il refusait de lui causer une nouvelle fois un chagrin pareil. Lorsqu’elle souffrait, c’était une partie de lui-même qui souffrait ; il ne voulait pas lui infliger cette peine-là. Mais Cat lui fit comprendre qu’elle se sentait prête, et même s’il savait que sa décision était en partie motivée par ses remarques indiscrètes à propos des clichés, il se plia et s’installa à côté d’elle. Une chose était sûre : il ne la lâcherait pas.

Confortablement allongé sur le lit, il se tut et porta toute son attention sur la jeune femme ; à part son joli minois, il ne percevait rien d’autre que l’agréable parfum qui semblait se dégager de l’épaisse couette sous son nez qui faisait un support douillet. Se tournant vers Cat, il posa son coude sur le lit pour se redresser légèrement ; il l’écouta évoquer, non sans quelques palpitations mais profondément captivé, le souvenir de sa mère —pour la toute première fois. Dorian lui en avait très rarement parlé, mais en chaque fois dans des termes peu flatteurs, et il comprit bien rapidement pourquoi. Cat expliqua que la première grossesse de sa mère n’était pas voulue, qu’elle lui avait coûté son travail et rapidement ses pensées se tournèrent vers Dorian —il n’avait pas eu de chance, ça non. Son visage se teinta de chagrin mais Gale ne pipa mot, toujours concentré sur sa petite amie. Cat tendit sa main pour caresser son cou et il en profita pour lui caresser le bras. Elle évoqua ensuite les circonstances de sa naissance, et le blondinet sentit son cœur s’arrêter lorsque, enfin, elle lui avoua avoir travaillé comme mannequin plus jeune —ou plutôt, que sa mère l’y avait forcé pour compenser sa gloire avortée. Profondément dérouté, à court de mot, il resta muet et se contenta d’accueillir chaleureusement la main de Cat au creux de la sienne : tout ça était beaucoup plus que ce à quoi il avait pu s’attendre. Encore une fois, il n’avait rien compris. La souffrance de la blondinette était pire que ce qu’il s’était imaginé, et soudain tout devenait plus clair dans son esprit. La Cat qu’il avait rencontré à McKinley cinq ans plus tôt n’avait pas éludé ses questions concernant son passé sans raison —non, à présent il savait pourquoi. Il ne put réprimer un vague de chagrin envers la jeune fille, puis une seconde lorsqu’il constata le courage avec lequel elle le fixait. Ils s’embrassèrent puis Gale mit fin au silence. Sous aucun prétexte il ne la laisserait seule.

« Je suis sincèrement désolé que tout ça te soit arrivé, tu étais si jeune. Je… » déclara-t-il, attristé. Il se redressa légèrement pour être à hauteur de sa petite amie, allongée sur le dos. Penché au-dessus d’elle, il afficha un air bouleversé. « Je n’avais pas réalisé que tout ça était aussi grave, je suis vraiment un idiot » . Du bout des doigts, il caressa sa joue et descendit sur son cou en quelques mouvements. Ses yeux restèrent fixés dans les siens. « Tu es superbe. Maman disait toujours que tu ressemblais à un mannequin, quand on était au lycée. Je n’ai jamais voulu te le dire pour ne pas que tu t’imagines qu’il ne s’agissait que d’une manière détournée de te complimenter. Quel crétin je fais, vraiment » Il secoua la tête, sans vraiment savoir pourquoi il n’avait pu s’empêchait de glisser cette anecdote —qu’il jugea un peu trop tard déplacée. « J’imagine que dans ton cas, être jolie ne t’a pas apporté que des bonnes choses. » chuchota-t-il, ôtant quelques mèches du front de la jeune fille pour venir y déposer un baiser. Au lieu de se relever, il baissa davantage sa tête pour lui glisser au creux de l’oreille. « Tu n’as plus à porter ce fardeau toute seule, maintenant. Je ne suis pas aussi fort que toi, mais je vais essayer. Je te le promets » et il l’embrassa sur les lèvres, pour l’empêcher de le contredire, plus longtemps cette fois-ci. Se relevant doucement, toujours penché au-dessus d’elle, il fit l’effort d’esquisser un sourire réconfortant : il était sincère dans ce qu’il disait, même s’il pouvait sembler maladroit.

Mettant volontairement l’album photos de côté, il crut bon de se confier à son tour. Il se rallongea de son côté du lit, sur le dos, puis fixa le plafond d’un regard contemplateur et songeur. Rien dans son passé n’égalait toute la douleur qu’avait pu ressentir sa petite amie, mais au fond il ne pouvait rien y changer. Il était sans doute plus chanceux qu’elle, un point c’est tout. « Je crois que si mes parents avaient pu faire de moi un musicien très jeune, ils l’auraient fait. Le truc, c’est que j’étais nul. Je refusais de rester assis face à un piano, et je crois que j’étais plus intéressé par la possibilité de construire un arc avec les cordes de la guitare de mon père que par le son qu’elles pouvaient bien produire. » Il fronça légèrement les sourcils, dans un mince espoir de faire sourire Cat. « J’étais un garçon plutôt turbulent, dans ma jeunesse. D’ailleurs je soupçonne mes parents d’avoir refusé de m’offrir un petit frère pour Noël à cause de ça. » Une pointe d’humour s’insinua dans sa voix mais il parvint à contenir toutes les péripéties honteuses qui lui venaient à l’esprit —Cat n’était pas d’humeur à entendre tout, ça, certainement pas. Au lieu de ça, il reprit son souffla avant de murmurer, plus sérieusement « J’aimerais pouvoir changer tout ça, tu sais. Tout ce qu’il t’est arrivé. Mais j’en suis incapable, Cat. Je peux juste te promettre de t’aider à vivre avec et à oublier si tu en as envie. Je te l’ai déjà dit : je suis avec toi, quoiqu’il arrive » .
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Mar 27 Mar - 2:43

Ecaterina n’avait jamais eu confiance en elle. Passée à la loupe pendant une bonne partie de sa jeune vie, assénée par les remarques d’une femme détestable qui se fichait éperdument des répercussions qu’elles pourraient bien avoir sur la psychologie d’une enfant déjà fragilisée par des départs trop nombreux, elle n’avait jamais eu l’occasion de s’apercevoir de toutes les qualités dont elle était détentrice puisqu’on passait le temps à la contraindre à porter les habits d’une autre. Entre fiction et réalité, elle avouait s’être très souvent égarée : elle n’avait jamais su définir exactement qui elle était. Elle ne le savait pas encore aujourd’hui. Cat pensait que pour mettre le doigt sur sa nature profonde, il fallait avoir un minimum d’estime de soi, ce qui n’était définitivement pas son cas. Elle tentait de se trouver des qualités. Elle se savait intelligente, plutôt drôle aussi et dans ces bons jours, il lui arrivait parfois même de penser qu’elle était bienveillante à sa manière, mais ça ne suffisait pas. D’une certaine façon, les commentaires acerbes, les regards pleins de sous-entendus blessants l’avaient détruite, plus qu’on ne pouvait l’imaginer. Lorsqu’elle avait grandi, atteignant l’adolescence tant redoutée par son manager de mère, Cat avait fatalement commencé à développer des atouts trop généreux de l’avis de cette dernière –qui priait au moins toutes les heures pour que son trésor prenne en hauteur plutôt qu’en largeur. Dieu ne l’avait pas entendu : adieu les podiums, bonjour le début de la déchéance. Les choses s’étaient empirées, passant d’une atmosphère déjà pesante à un climat perpétuellement tendu, insupportable à vivre qui l’astreignait à accueillir les reproches avec ce même sourire –naturel, mais un tantinet mélancolique– qu’elle arborait chaque fois qu’elle sentait qu’elle allait se mettre à pleurer et qui faisait pétiller ses yeux humides comme pour silencieusement rassurer ses interlocuteurs et leur faire comprendre qu’elle gérait la situation. C’est à partir de cette période qu’Ecaterina avait su que quoi qu’elle fasse, elle ne serait jamais assez bien pour celle qui l’avait mise au monde. Quand sa mère était partie, cette sensation n’avait jamais désemplie et depuis, la blondinette vivait quotidiennement avec ce fardeau. C’était pour cette raison qu’elle préférait user de l’arrogance. C’était facile de paraître sûr de soi et totalement serein face aux agressions extérieures. Gale avait raison sur son manque de confiance, Cat ne le contredit pas ; même pas pour la forme. Néanmoins, elle restait persuadée qu’il la surévaluait, il s’avérait qu’elle avait rarement tort. Tiens, une qualité qu’elle devrait retenir pour la prochaine fois. D’ailleurs, le fait qu’il ajoute avec maladresse qu’il était voué à l’idéaliser durant toute sa vie la conforta dans son idée : l’amour rend aveugle et lorsqu’il ouvrirait enfin les yeux, elle serait la première à lui glisser au creux de l’oreille : « Je te l’avais bien dit. »

Cherchant à dissiper sa furieuse envie de pleurer, Cat se pencha sur Gale pour l’embrasser. Elle ne voulait pas qu’il la regarde différemment après cette révélation ridicule. Tellement mièvre, digne d’un mauvais épisode de la sitcom dans laquelle sa mère jouait. Elle se souvenait comme si c’était hier des jours où elle avait parlé à Oxanna puis à Seth de son passé. Cat avait eu peur qu’ils la prennent en pitié, qu’ils se mettent à être désolés pour elle et qu’ils la traite en petite poupée fragile. Il s’agissait d’une de ses plus grandes craintes et déceler des larmes dans leurs yeux, sentir qu’ils repassaient en vue tout ce qu’elle avait dû manquer pendant son enfance, elle avait tout ça en horreur. Mais, ils ne l’avaient jamais traité différemment par la suite et ça avait renforcé leur lien. La jeune fille avait fini par devenir amie avec Oxanna et il était inutile qu’elle s’attarde sur son étroite relation avec Seth. Aussi, Cat se souvenait douloureusement de Finn et de la façon dont il lui avait avoué qu’il était au courant depuis le début pour ses photos. Devant ses yeux, l'adolescente qu'elle était alors avait vu défiler tous les jours qu’ils avaient passés ensemble depuis sa rentrée à McKinley. Sur le tard, elle avait compris que les regards dont il la gratifiait en douce n’avaient en rien à voir avec une amitié sincère. Elle avait été déçue, ce qui avait sonné la fin de leur semblant d’amitié. Rompant son baiser avec Gale, Ecaterina n’eut pas le courage de le regarder dans les yeux et s’allongea en fronçant les sourcils, elle plongea son regard dans le plafond. Elle attendit un moment, se battant avec les picotements désagréables dans sa gorge et s’apprêta à dire quelque chose quand le jeune homme la prit de court. Ecaterina ferma lentement les yeux : il était exactement en train de lui dire ce qu’elle refusait d’entendre ; c’en était trop pour elle. De nouveau, elle ferma les paupières, mais pour éviter que ses larmes ne roulent sur ses joues, cette fois. Bien forcée de l’écouter, Cat se mordit la lèvre inférieure en réprimant ses sanglots. Elle sentit son souffle lui caresser le visage, ses longs doigts s’attarder dans son cou avant de déplacer quelques mèches de cheveux sur son front, et quand il déposa un baiser sur celui-ci, elle ouvrit enfin les yeux, cillant pour chasser les gouttelettes de ses cils. Ses lèvres près de son oreille, elle glissa sa main sur la nuque du jeune homme pour le rapprocher davantage d’elle, réagissait instantanément à son souffle qui lui réchauffa la peau et assimilant ses paroles, elle resta muette. De toute façon, elle n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit que Gale la fit taire avec un baiser.

Ecaterina se laissa faire, ne répondant même pas à son baiser, mais pressa davantage ses doigts sur sa nuque. D’ordinaire, elle aurait profité de l’occasion pour être plus entreprenante, mais elle n’avait même pas envie de se donner du mal pour rendre les choses plus sensuelles. Cat laissa Gale détacher ses lèvres des siennes et s’allonger à ses côtés, choisissant de garder le silence, ayant trop peur de lui faire ressentir la déception qui l’avait trop brusquement assaillie. Elle ne bougea pas. Elle sentait pourtant qu’elle avait besoin de lui et qu’elle voulait le toucher pour se rassurer, entre autre. Cependant, n’ayant pas trop de mal à se faire violence pour une fois, elle resta un long moment à l’écouter parler, gardant ses mains pour elle et furetant toujours le plafond blanc du regard. Sa réaction, elle la savait stupide. Seulement, elle n’attendait pas ça de lui : elle aurait voulu qu’il ne soit pas désolé pour elle, qu’il ne pointe pas du doigt que sa soi-disant beauté ne l’avait pas aidée et qu’il ne lui dise pas que sa mère avait compris la mascarade bien avant lui. Le pauvre, il était tellement gentil. Au fond, Cat savait que ses paroles étaient tout bonnement maladroites. Il n’y pouvait rien si elle était d’une complexité affligeante et peu à peu, elle se détendit. Ce n’était pas lui qu’elle devait blâmer, c’était elle. La situation n’était pas aisée pour eux deux, elle n’était pas la seule à se retrouver démunie ; elle lui avait donné tout un flot d’informations en à peine quelques minutes, il devait être autant perdu qu’elle ne l’était ; en une heure à peine, elle était parvenue à ressentir deux fois des sentiments négatifs à son égard, ça ne lui plaisait pas. Passant sa langue sur ses lèvres, elle soupira discrètement, se sommant de revenir à la raison et se tourna pour s’approcher de lui et déposer sa tête contre sa poitrine. Elle ne parla toujours pas, mais esquissa un mince sourire en l’imaginant enfant. Cat aurait voulu qu’il continu à lui parler de lui, mais il revint à un ton plus sérieux qui lui fit crisper ses doigts qui caressaient le poignet du jeune homme. Avec tout le respect qu’elle lui devait et avec tout l’amour qu’elle lui portait, elle n’avait jamais eu besoin de personne pour vivre la situation et l’oublier... ça n’allait pas commencer aujourd'hui –ici, dans cette chambre. Reprenant vie, la blondinette se redressa, se tournant pour se retrouver sur le ventre. Elle posa ses coudes sur le dessus de lit et fronça les sourcils en cherchant ses mots. Laissant son regard papillonner de part et d’autre du visage de Gale, Cat n’affronta toutefois pas directement son regard.

« C’est déjà fait, tu sais. » murmura-t-elle avec une douceur non feinte. Elle retroussa les lèvres, un petit sourire passant furtivement sur son visage. Cat inclina la tête alors qu’elle explicita « Je vis avec et j’oublie. Je ne te demande pas de m’aider, je me débrouille bien toute seule. On a tous une ou plusieurs croix à porter. Tes intentions sont louables, mais mon enfance, ma mère et tous ces trucs de départs et de fuites, ce sont les miennes, pas les tiennes, Gale. » Elle déglutit difficilement, se rendant compte que son ton s’était un peu durcit. Concentrée à écailler le reste de son vernis à ongles rouge coquelicot sur son pouce gauche, cela l’aida à éviter le regard du jeune homme, car elle sentait qu’elle était sur le point de se remettre à pleurer. Marquant alors une courte pause, celle-ci calma les tremblements dans sa voix puis, retrouvant son ton rauque habituel, elle reprit avec plus de douceur encore « Je veux juste que tu comprennes… tu m’as dit que c’est que tu voulais toi aussi, sur le toit, tu te souviens ? » Elle leva la tête en fronçant davantage les sourcils et abandonnant ses doigts incertains, elle baissa les coudes pour s’approcher encore un peu de Gale et positionner son visage tout près de son oreille, faisant glisser sa main droite de l’abdomen du jeune homme à sa clavicule, se raccrochant à lui. Elle aurait voulu ajouter quelque chose, mais elle n’en fit rien et l’embrassa deux fois le long de sa mâchoire avant d’atteindre ses lèvres et d’y accorder l’intention nécessaire pour enfin mettre un terme à cette conversation interminable. Elle était persuadée que le calme d’Emily ne durerait plus très longtemps et bien décidée à faire l’impasse sur ses larmes et sa tristesse, Cat agrippa avec délicatesse le col du t-shirt de Gale pour le contraindre à se redresser un peu et bascula sur le dos, raffermissant la pression de ses lèvres contre les siennes.
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Mer 28 Mar - 0:00

Cat n’avait pas besoin de lui pour oublier, bien sûr que non. La jeune fille s’était parfaitement débrouillée seule jusqu’ici et il ne se rendit compte qu’après coup qu’il avait parlé trop vite. C’était d’autant plus gênant pour lui parce qu’il savait parfaitement que, si la situation était inversée, lui aussi aurait refusé de mêler la blondinette à ses histoires—il fut malgré tout surpris lorsqu’elle lui annonça avec spontanéité qu’elle se débrouillait très bien toute seule. Dans sa tête, elle venait clairement de refuser son aide, et l’entendre dans sa bouche avec ses propres mots le piqua légèrement au vif—il ne laissa rien paraître cependant et se contenta de serrer avec amertume ses mâchoires, continuant à l’écouter attentivement. Au fond de lui, il savait que tout ça n’était qu’un moyen comme un autre de le préserver—ou de se préserver elle-même, en s’évitant de devoir reparler de tout ça avec lui par la suite—mais Gale restait persuadé que la blondinette ne faisait pas le bon choix en déclinant son soutien. Ils étaient, l’un comme l’autre, très peu doués pour étaler leurs sentiments, mais en tant que couple n’étaient-ils pas censés dépasser ce genre de choses pour jouir pleinement de leur relation ? Le doute s’insinua dans l’esprit du blondinet qui ferma les paupières quelques secondes, laissant seulement les paroles de Cat perturber le flux de ses pensées. Il ne pouvait pas l’obliger à vouloir partager cette dure épreuve avec lui, mais il détestait tout autant la perspective de faire comme si de rien n’était, comme si cette conversation n’avait jamais vraiment existé. Il ne la verrait pas pour autant différemment : elle n’avait pas choisi d’endurer le joug de sa mère, qu’elle le veuille ou non, elle n’était qu’une victime. Il fallait qu’il lui fasse comprendre que son entreprise n’était pas motivée par un quelconque sentiment de pitié, mais par amour. A plusieurs reprises il lui avait répété qu’il l’aimait et qu’il l’aimerait toujours, pour le meilleur et pour le pire. N’était-ce pas une preuve suffisante de sa bonne volonté ?

Gale était loin d’être dupe : il savait que lorsqu’elle lui disait oublier son passé, elle était encore loin du compte. Indubitablement à cause de ses yeux larmoyants qu’elle s’efforça de cacher mais qui le frappèrent immédiatement lorsqu’il plongea une nouvelle fois ses yeux sur son visage frêle. Un pincement au cœur le fit se taire plus longtemps qu’il ne l’avait prévu, réalisant que d'une certaine manière, il n’était pas entièrement étranger à ce chagrin. Il se laissa donc faire mais le frottement de la main de Cat sur sa poitrine ne suffit pas à soulager ce sentiment lancinant de culpabilité germé depuis déjà quelques minutes en lui. Il s’imagina ce qu’il aurait pu se passer s’il n’était pas tombé comme un idiot sur ce cliché, à son arrivée, et regretta presque de ne pas être resté à sa place comme il l’aurait fait en temps normal. Leur premier rendez-vous serait inoubliable et riche en émotions, c’était certain. Mais pas pour les bonnes raisons. Allongé et silencieux, Gale n’était plus très sûr que renchérir sur ce sujet-là était la chose à faire—c’était prendre le risque de rendre Cat encore plus triste, ou pire, de la mettre en colère. Mais une part de lui-même restait persuadée que simplement balayer ce sujet du revers de la main et passer à autre chose créerait sans conteste un malaise entre eux. Il préféra donc continuer dans sa lancée, à ses risques et périls.

« Je voulais comprendre et j’ai compris, Cat » concéda-t-il avant de s’éclaircir la voix. Elle avait entièrement raison : lorsqu’ils s’étaient retrouvés sur le toit de son immeuble, Gale n’avait pas exigé quoi que ce soit d’autre, mais la révélation de sa petite amie avec largement changé la donne. Il n’était pas d’un naturel envahissant, mais il ne pouvait tout bonnement pas encaisser la révélation qu’elle venait de lui faire sans ne serait-ce que lui affirmer son soutien. Avait-il tort ? Au fond, tout ça ne le regardait pas du tout, mais encore une fois aimer une personne n’était-ce pas tout partager avec elle ? Il faisait le tour de cette question depuis beaucoup trop longtemps sans jamais y trouver la réponse, si bien qu’il estima légitime de lui poser directement. Lorsqu’elle ses lèvres se détachèrent de celles de Cat après un long baiser, il se lança, articulant avec un grain de timidité au fond de sa voix : « Simplement, je pensais juste que… que c’est le genre de choses qu’on doit faire pour la personne qu’on aime. Parce que je t’aime et que même si je n’ai pas traversé les mêmes épreuves que toi, je ne supporte pas l’idée de te laisser gérer ça toute seule, je n’y peux rien. Je t’ai déjà perdue une fois à cause de ça et je n’ai pas envie que ça recommence—je ne le supporterais pas. » Il évita dans un premier temps le regard de Cat et reprit son souffle. Il espérait qu’elle comprendrait ses raisons, qu’elle ne lui en voudrait pas d’insister autant. Ses yeux trouvèrent ceux de Cat mais face à son faciès attristé, ses lèvres restèrent scellées et les mots qui traversèrent son esprit restèrent bloqués au fond de sa gorge. Tout ça était décidément nouveau pour lui.

Il se somma mentalement de réagir pour ne pas laisser un silence pesant s’installer entre eux mais en vain. Gale s’en voulait d’être aussi nul, se rendant à nouveau compte à quel point Cat méritait mieux. Elle était forte, quoiqu’elle en dise, et certainement beaucoup plus que lui. En colère contre lui-même, il se redressa et tourna le dos à Cat pour se rasseoir sur le bord du lit. Ses jambes, en proie à la frustration, se mirent à trembler frénétiquement lorsque ses pieds retrouvèrent le sol. Son visage vint quant à lui se réfugier au creux de se mains et il frotta ses yeux tout en ajoutant, d’un ton envieux : « Seth est certainement beaucoup plus doué que moi pour tout ça, hein ? Il te connait mieux—après tout, vous êtes restés longtemps ensemble tous les deux. Je, je… je suis désolé de ne pas être à la hauteur et de faire tout de travers. Vraiment. » Puis il fixa le sol, sans même se retourner. Il n’aimait pas cette situation, et s’il ne s’agissait pas de Cat il était certain qu’il serait déjà parti à toutes jambes d’ici.
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Mer 28 Mar - 18:52

Et ils y venaient enfin. Les lèvres encore à quelques centimètres à peine de celles du jeune homme, Ecaterina fronça les sourcils, stupéfaite. Quand Gale reprit la parole, elle l’observa attentivement, sa petite main toujours posée sur son visage. La mine défaite, elle chercha son regard pour déceler n’importe quel indice qui la mettrait sur une piste quelconque. Ils n’avaient jamais réellement reparlé de la fuite de la jeune fille, cinq ans plus tôt. Pour une fois, cela ne venait pas forcément d’elle. Il s’agissait juste d’un sujet qui ne se glissait pas aussi aisément qu’un autre dans une conversation banale. Toutes les choses concernant cette période avait été plus ou moins dites. Du moins, au sens de Cat. Il n’y avait donc plus rien à ajouter : tout était clair entre eux, ses arguments tenaient la route. Cat savait que Gale lui avait pardonné parce qu’il le lui avait répété. Tant de fois, d’ailleurs, qu’elle avait parfois la nette impression qu’il tentait de s’en convaincre lui-même. C’est pourquoi quand il lui énonça le fait qu’il l’avait déjà perdue une fois à cause de quelques détails de son passé qu’ils avaient évoqué sur le toit, elle se sentit soudain très mal à l’aise au point de détourner la tête en se mordant la lèvre inférieure dans le but de réprimer ce léger rire amer coincé dans sa gorge. Elle ne s’attendait pas à ça, pas du tout. Elle ne comprenait pas pourquoi il remettait cette histoire sur le tapis alors qu’elle venait de vivre quelque chose de très éprouvant duquel elle mettrait probablement du temps à se remettre tellement elle avait cru ne jamais pouvoir en parler de nouveau. Il ne s’en rendait pas compte, cependant il venait de subtilement lui faire comprendre que la promesse qu’elle lui avait faite –le fait qu’elle ne partirait plus–, il n’en croyait pas un traître mot. Ça lui faisait mal, très mal et son palpitant se mit à battre plus fort, remplaçant le semblant de désir qu’elle avait eu pour lui quelques secondes plus tôt, pas une rancœur progressive, vicieuse. Au lieu de chercher un moyen de lui faire des reproches sans la vexer et en utilisant toutes ses longues phrases bien construites, elle aurait préféré qu’il lui dise les choses directement, sans passer par des détours dont elle avait dû mal à détecter la cohérence. Au moins, elle aurait été à même de se défendre avec la répartie la plus cinglante qu’elle avait en réserve. Le visage tourné, elle pinça les lèvres, cherchant brusquement à dissiper le goût de celles de Gale. Gardant le silence un temps, elle pensait que, comme plus tôt, cette colère impromptue disparaîtrait quand elle assimilerait le fait qu’il avait agit maladroitement. Sauf que, pour le coup, elle en avait assez qu’il agisse maladroitement. Les secondes passèrent, sa colère ne désemplie pas. Pourtant, elle ne fit rien. Elle resta allongée, la tête tournée à l’opposée de celle de Gale penché au dessus d’elle, attendant patiemment qu’il comprenne tout seul qu’il valait mieux qu’il ne tente plus aucune approche pour aujourd’hui. Elle aurait pu en retour lui dire qu’elle l’aimait elle aussi, mais elle resta muette. Ne bougeant pas d’un iota, elle consentit tout de même à battre des cils lorsqu’il s'assit au bord du lit. Etendue, Cat fixa le plafond ; tout ça à cause d’une malheureuse photo. Elle avait toujours su que ça lui amènerait des problèmes. Elle ne savait toujours pas pourquoi elles les avaient gardées. Elle aurait plutôt dû les brûler. De toute façon, elles ne constituaient pas quelque chose d’important à ses yeux. A court de mot, elle chercha quelque chose à prononcer, n’importe quoi. Mais rien ne lui vint et c’est encore une fois Gale qui rompit le silence. Cette fois, Ecaterina ne sombra pas dans la léthargie. Au contraire, elle sembla se réveiller d’un coup d’un seul et se redressa pour fixer les épaules de son petit ami, la mine empreinte de confusion. Qu’est-ce que Seth venait faire dans cette histoire ? Hébétée, Cat cligna furieusement des paupières et fronça très fort les sourcils en essayant de comprendre, mais force était de constater qu’elle était un peu trop blonde pour comprendre les méandres de la logique tordue de son petit ami. Et ce fut plus fort qu’elle :

« Qu’est-ce que Seth vient faire là-dedans ? » demanda-t-elle d’un ton monocorde. Il ne lui semblait pas avoir parlé de lui au cours de leur discussion. Ou alors, elle l’avait fait involontairement. Se repassant en vitesse rapide le film de l’heure qui venait de s’écouler, elle fut rassurée : elle n’était pas la responsable d’une bourde pareille –pour une fois qu’elle n’avait rien à se reprocher. En retrait par rapport à Gale, Cat se décida à s’approcher de lui et glissa jusqu’au bord du lit. Dans un petit rire entre soupir et surprise, elle lança « De quelle hauteur tu parles ? Tu n’as pas à être à la hauteur de personne. Ce n’est pas une compétition, Gale. » Elle fut tentée de faire une blague sur le fait qu’il était déjà à sa hauteur –et même au-delà– étant donné la cruelle différence de centimètres qui les séparaient, mais il se trouvait qu’à cet instant précis, elle n’avait pas vraiment envie de faire des boutades. Evitant de le toucher, Ecaterina se leva alors en glissant ses deux mains dans ses longs cheveux un peu défaits. Se retournant vers lui, le jupon de sa jupe virevolta sous l’effet « C’est vrai, tu as raison. Je suis restée longtemps avec Seth. Mais, ça nous a demandé du travail, des efforts, je… » Un sourire furtif passa sur son visage. Un sourire sans joie qui traduisait toute la confusion dans laquelle il l’avait plongé en à peine quelques secondes. Ce sourire disparaissant derechef, elle tenta de retrouver une mine neutre. Glissant très vite une mèche de cheveux derrière son oreille brûlante, elle ajouta alors « Tu devrais partir, Gale. De toute façon, Emily a besoin de moi. Ce n’était pas une bonne idée ce rendez-vous. » Elle hocha discrètement la tête pour souligner ses paroles. Immédiatement, ses yeux se posèrent sur le carton aux pieds du lit et elle le désigna d’un coup de menton « Tu peux les prendre, si tu veux. Le book aussi. Je vais bien finir pas m’en débarrasser un jour où l’autre, autant que ce soit toi qui les gardent. » Elle marqua une courte pause pour croiser les bras sur sa poitrine, les deux boutons qu’elle avait défait plut tôt encore ouverts. Elle se mit à sourire, narquoisement « On ne sait jamais, tu sais, au cas où l’envie me reprendrait de me tirer d’ici. » Elle coula un rapide regard vers Gale. Cat secoua la tête en émettant un dernier soupir plein d’aigreur, détournant son regard redevenu sec. En colère et déçue, elle se dirigea vers l’entrée de sa chambre, passant une main à l’arrière de sa tête pour aplatir ses cheveux en bataille puis ouvrit la porte pour en sortir. Elle n’avait même pas envie de lui dire au revoir.
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MessageSujet: Re: 02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets   Ven 30 Mar - 0:42

Gale avait parfaitement conscience des risques auxquels il venait de s’exposer en insistant aussi lourdement—il connaissait suffisamment Cat pour savoir que ses paroles ne suffiraient pas à la faire changer d’avis et qu’elle ne se gênerait pas pour l’envoyer promener s’il l’agaçait—et il ne s’était pas trompé. Sa démarche n’était pourtant rien d’autre qu’une preuve supplémentaire de l’intérêt qu’il lui portait : il avait beau ne pas être un expert en matière de relations amoureuses, il savait très bien que ça ne résumait pas seulement à des caresses et des baisers échangés à outrance—il voulait lui offrir bien plus. Pour la toute première fois en cinq années, Cat venait de lui ouvrir les portes de son passé douloureux. Qu’avait-elle espéré de sa part, au juste ? Qu’il hoche simplement la tête et continue à lui parler droit dans les yeux comme si de rien n’était ? Elle s’en sentait peut-être capable mais pas lui : il préférait largement une dispute fructueuse à un silence forcé. Peut-être aurait-il dû attendre, peut-être n’était-elle pas suffisamment prête à s’étaler plus qu’elle ne l’avait déjà fait sur le sujet—il n’en savait rien, ce genre de souffrance lui était entièrement inconnue. Il se rendit simplement compte trop tard qu’il avait commis une grave erreur. En essayant de plaider sa cause, il avait ouvertement remis en question la parole de sa petite amie, la promesse qu’elle lui avait faite à son retour, sur le toit—qu’elle ne recommencerait plus, qu’elle était revenue pour de bon. C’était, à ses yeux, beaucoup plus grave que glisser Seth sans raison au milieu de ses propos, et un flot d’excuses s’accumulèrent au fond de sa gorge pour tenter désespérément de rattraper le coup. Mais il était trop tard. Avant qu’il ne puisse reprendre la parole, la voix de Cat se fit entendre derrière-lui d’un ton qui lui coupa toute envie de l’interrompre : elle n’était pas ravie, et loin de l’être. Son ton le fit grimacer. Comme un gamin qu’on réprimande mais qui persiste à croire qu’il n’a rien fait de mal, le jeune homme ne répondit rien et serra simplement ses dents. La jeune femme avait raison, Seth n’avait rien à voir là-dedans, mais la mauvaise foi qui s’était répandue en lui à toute vitesse lui ôta les mots de la bouche et l’empêcha de répondre. Quoiqu’il pût dire, il avait tort et il se contenta de pencher la tête en avant, consterné. La situation commençait sérieusement à lui déplaire—il n’était plus très sûr s’il devait s’en vouloir seulement à lui-même ou partager les torts avec la blondinette—si bien qu’il envisagea de quitter la pièce sans même se retourner.

Cette idée se dissipa lorsque la jeune femme se glissa à côté de lui, à distance plus raisonnable qu’à l’accoutumée, et renchérit dans un rire qui le fit tourner la tête dans le sens opposé. Gale ne savait pas très bien s’il s’était avait eu à un quelconque moment l’impression d’être en compétition avec Seth—il savait juste qu’il était jaloux et estimait que c’était légitime. Au fond, il ne connaissait rien de l’histoire qu’avait vécu Cat avec le brun, si ce n’était que leur relation avait duré un bout de temps, et ne voulait pas s’en mêler. Mais il lui paraissait évident que son voisin devait mieux s’y prendre que lui : il avait largement eu le temps d’apprendre à connaître Cat, alors que Gale, inexpérimenté, devait avoir l’air gauche et constamment maladroit en comparaison. Il était tout simplement terrifié à l’idée de décevoir Cat—et c’est qu’il venait justement de faire, involontairement. Alors plutôt que d’essayer de se justifier et de risquer d’aggraver son cas, il se contenta de répondre avec dépit : « Laisse tomber ». La jeune femme confirma ses soupçons concernant Seth mais il fit mine de ne pas entendre, gardant ses yeux braqués vers la table de chevet à sa gauche. Il daigna la regarder ensuite, et la suivit d’un regard circonspect lorsqu’elle se leva pour l’inviter à s’en aller. Sans montrer le moindre signe d’étonnement—il s’y était attendu, d’une certaine manière—le garçon se leva à son tour, prenant la peine de tirer légèrement la couverture pour faire disparaitre les plis qui laissaient vaguement deviner sa silhouette allongée à côté de celle de Cat. Se tournant vers elle, il évita volontairement ses yeux, fixant la porte de la chambre avec ressentiment, et hocha la tête pour acquiescer. Lorsqu’elle lui offrit la possibilité d’emporter le carton et le book, ses traits se durcirent et affichèrent une moue confuse, avant d’oser la regarder de nouveau pour lui répondre d’une voix fragile : « Garde-les. Après tout tu as raison : ce sont ton enfance, ta mère, ton départ. Ça ne me regarde pas ». Après sa remarque concernant la photo de ses jambes un peu plus tôt, il estimait que s’en aller avec ce carton serait quelque peu malsain—si elle n’était pas là pour lui montrer ces clichés, ça n’avait plus de sens. Ses yeux vinrent se réfugier au sol lorsque Cat, souriant, lui déclara sur un ton caustique qu’il lui valait mieux accepter, au cas où elle décidait de partir de nouveau.

Gêné, il se mordit la lèvre inférieure et ne redressa la tête que lorsque la jeune fille franchit la porte—il l’avait bien cherché. Jugeant qu’il valait mieux pour lui de s’éclipser, il balaya avec une amertume sans nom la chambre une dernière fois. Dieu seul savait ce qu’il aurait pu se produire s’il n’avait pas autant insisté. Accablé par le regret, il attrapa sa veste et l’enfila, jetant un dernier coup d’œil à la rose posée sur son bureau. Il aurait aimé pouvoir effacer les dernières minutes qui venaient de s’écouler mais c’était trop tard : il venait officiellement de gâcher leur premier rendez-vous, en beauté. Sans faire de bruit, il sortit de la chambre et se dirigea directement vers la porte de sortie. Coulant un regard vers la gauche, il aperçut Cat discutant avec Emilie face à son dessin et tout un tas de crayons de couleurs étalés autour. La blondinette ne le regarda pas et, attristé, il se résigna à sortir sans la déranger davantage. « Au revoir » souffla-t-il simplement avant de fermer la porte derrière lui. A l’extérieur, il resta planté sur le palier de l’appartement pendant deux bonnes minutes, dans un mince espoir que la porte s’ouvre de nouveau—mais non. Il leva les yeux vers le ciel puis consentit à partir, dévalant les escaliers d’un pas nonchalant. Il fallait qu’il réfléchisse à un moyen d’arranger la situation.

—Topic Clos—
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02. [Appartement Schuester/Pillsbury] Nothing makes us so lonely as our secrets

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