Choriste du mois


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 02. Apocalypse now

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Age : 26 ans
Occupation : Co-directrice de la LPA et coach des Second Chances
Humeur : Déterminée
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Piece of Me
Chanson préférée du moment : Brave - Sara Bareilles
Glee club favori : Second Chances
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MessageSujet: 02. Apocalypse now   Dim 12 Fév - 15:29

Cassandra n'avait pas eu besoin de détourner le regard pour remarquer qu'un autre éclair venait de déchirer le ciel. Le grondement du tonnerre - tel un rugissement intempestif - n'allait plus tarder, mais sa concentration semblait imperturbable, contrairement à celle de ses choristes. C'était du moins l'impression qu'elle essayait avec succès de donner. Au fond, elle était aussi consciente que quiconque que ce duel avec la nature était perdu d'avance. Mais ce qu'elle savait également c'était qu'entre la fréquence détachée des répétitions et la soirée caritative qui approchait, les Second Chances n'étaient pas dans la mesure d'accumuler du retard. Ce qu'elle ignorait c'était si ces violents orages qui secouaient la ville étaient un signe de Dieu pour la convaincre d'abandonner ou s'ils s'apparentaient plus à une malédiction que lui aurait jeté Bryan Ryan. Ou un test, peut-être. Dans tous les cas elle était déterminée à venir à bout de ce numéro qui, ils l'espéraient tous, charmerait les plus réticents. Elle n'avait rien mis au hasard. Avec le temps, elle avait fini par repérer les forces et les faiblesses de chacun, et c'était bel et bien leur potentiel uniquement que verrait briller le peuple de Lima. Si au départ ce groupe d'amateurs n'avait pas de quoi se vanter, il avait aujourd'hui le très humble droit de se revendiquer comme étant une chorale. Cassie ignorait ce qu'il en était chez leurs concurrents, mais ici toutes les voix étaient mises en avant : l'intensité de la voix d'Elyah, la fragilité de celle d'Ashandra ou encore le vibrato facile de Billie Jean, tout le monde avait son rôle à jouer. C’était donc dans cette optique qu’avec Joanna elles avaient minutieusement découpé les paroles d’une des chansons de Kelly Clarkson. Un choix de chanson tout aussi minutieux que Cassie avait pourtant trouvé évident. Elle était tombée par hasard sur le clip et sans le moindre doute elle avait décidé que ce serait sur cette mélodie que se jouerait la réputation des Second Chances. Le rythme était entrainant, la signification bien plus digne qu’un discours qu’elle aurait pu prononcer sur la confiance et le dépassement de soi et le tout produit d’une artiste dont la carrière était honorable. Autant dire que Joanna n’avait pas objecté, elle avait au contraire raconté à tout le monde sa rencontre avec l’artiste dans les loges d’American Idol. Selon elle ç’avait été le plus beau jour de sa vie, et ironiquement c’était ce jour là qu’elle avait été éliminée. Cassie n’avait rien ajouté même si elle la soupçonnait malgré tout d’exagérer un tout petit peu.

Comme elle l'avait prévu la foudre tonna, et pourtant elle ne put réprimer un léger sursaut. Le vent soufflait avec fébrilité à l'extérieur, et l'on pouvait facilement entendre la frénésie avec laquelle la pluie battait le pavé des routes du vieux quartier. Lasse, Cassie renonça enfin à s'obstiner et s'écroula avec déception sur un des bancs qui parsemaient l'annexe. "Je crois qu'on va s'arrêter là pour aujourd'hui. Si les conditions ne s'améliorent pas d'ici la semaine prochaine je demanderai s'il est possible de louer l'auditorium de McKinley." annonça-t-elle en se dirigeant vers la porte. Curieuse elle jeta alors un coup d'œil à l'extérieur, et même si les conditions lui paraissaient chaotiques elle demeurait convaincue que son jugement était fortement influencé par sa contrariété. Si elle avait dû écourter la répétition, autant que ce soit parce que les éléments se déchainaient autour d'eux. Pour en avoir le cœur net elle entreprit d'ouvrir la porte. Avec l'aide d'une bourrasque qui l'envoya presque valser, la porte s'ouvrit à la volée et cogna contre le mur de pierre, si fort que Cassie ne serait pas étonnée d'y voir apparaitre une fissure. Elle puisa dans ses dernières forces pour la refermer avant de se tourner vers les choristes qui, vraisemblablement, n'avaient pas perdu une miette du spectacle qu'elle venait de leur offrir. "Je crois qu'il serait plus sage d'attendre un peu." ironisa-t-elle en esquissant un rictus.

Les réactions ne se firent pas attendre. Les plus téméraires, dont Joanna, prétextaient la proximité de leur véhicule ou encore un dîner important qui leur était impossible de manquer. Et même si Cassie se sentait angoissée pour eux, elle avait depuis longtemps abandonné l'idée de jouer les mamans pour tout le monde. Elle formula quelques arguments invalides mais finit rapidement par céder face à l'obstination des quelques choristes qui avaient décidé de braver la nature en colère. Ce n'était clairement pas son genre d'abdiquer si facilement mais une petite voix en elle lui indiquait qu'elle leur devait bien ça après avoir ignoré la tempête grandissante qui se jouait dehors tandis qu'ils essayaient avec docilité de chanter de plus en plus fort pour couvrir le bruit du déluge. Un par un elle les laissa alors se diriger vers la porte en bois, son cœur tambourinant comme celui d’une mère inquiète qui laisserait son enfant se diriger vers une mort certaine. Elle les salua d’un bref signe de la tête, rassemblant les quelques feuilles qu’avait éparpillées le vent lorsqu’elle l’avait laissé rentrer avec imprudence, puis constata les quelques raisonnables têtes qui avaient préféré écouter ses conseils. Elle ignorait si c’était parce qu’ils jugeaient qu’elle était de bon conseil ou par quelconque lâcheté, mais le résultat était le même. Ils étaient seuls dans une bâtisse autour de laquelle l’apocalypse semblait se mettre en place. "Eh bien je crois qu'il n'y a plus que nous." avisa-t-elle, un sourire qui se voulait rassurant pendu aux lèvres. Il ne leur restait plus qu’à allumer un cierge et prier de toute leur âme la bonté de Dieu.
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MessageSujet: Re: 02. Apocalypse now   Mar 14 Fév - 18:00

«Ashandra tu me feras le plaisir de rentrer tôt ce soir ! Je ne sais pas où tu étais passée hier soir mais je t’ai attendue pour dîner !» La voix de Dracy résonnait dans la cage d’escalier alors que la jeune femme enfilait un pull en voyant la couleur sombre du ciel. Cet automne était particulièrement ingrat, mais rien ne pouvait lui faire manquer une répétition des Second Chances. «Oui oui maman» elle se mordit la lèvre en réalisant que son ton était plus insolent qu’elle ne l’aurait souhaité. Mais elle ne prit pas le temps de réfléchir à une autre réponse plus appropriée, elle était majeure et vaccinée, elle n’était absolument pas tenue de rentrer pour dîner. En réalité elle avait passé la soirée de la veille au cabaret, mais ça elle se gardait bien d’aller le raconter à sa mère devenue plus puritaine que jamais depuis un sermon sur la jeunesse et la perversion de son pasteur qui ressemblait de plus en plus à un intégriste sectaire et de moins en moins à un chrétien. La jeune femme avait fini par trouver en elle assez de force pour faire preuve d’esprit critique ailleurs que dans ses commentaires littéraires et autres dissertations. Notamment à propos de sa mère et de ses lubies. Si elle s’était rendue dans ce lieu où elle n’aurait jamais pensé mettre les pieds c’était pour voir son ami Kurt chanter sur scène, et certainement pas pour traîner en compagnie du reste de la clientèle qui admirait bien autre chose que la voix du jeune garagiste. Elle gardait encore un souvenir ému des représentations des chorales du lycée et si la plupart des anciens choristes semblaient avoir cédé une nouvelle fois à la tentation du Glee Club, Kurt était lui resté en retrait. L’étudiante savait qu’il ne se remettait que mal de la mort de son père et qu’il broyait du noir. Son choix de chanson le disait bien assez par ailleurs, mais il était le seul qu’elle avait le loisir d’entendre chanter sans se sentir coupable d’espionnage. Depuis qu’elle avait recroisé Ruby au Bar Karaoké puis à la bibliothèque elle n’avait pas eu le cran de retourner la voir. Elle ne pouvait s’empêcher de lui en vouloir d’avoir rejoint les Awesome Voices alors qu’elles auraient pu se retrouver toutes les deux. Chassant ces pensée de son esprit, elle se mit au volant de sa voiture après avoir habilement esquivé sa mère qui tournait dans la cuisine comme une lionne en cage. La soirée de charité organisée par Ms Pillsbury-Schuester approchait à grands pas, et il était hors de question de faiblir en pensant à la concurrence, bien au contraire. Ce serait la première fois que les chorales pourraient estimer les forces et les faiblesses de chacun, leur première manifestation publique en dehors de la paroisse du père Hamilton, devant un public qui ne leur serait pas forcément hostile mais très certainement pas aussi bienveillant que les fidèles de l’église. À cette pensée sa peau se contracta sous l’excitation. Elle était prête à se donner corps et âme pour cette représentation, même si elle n’y tenait qu’un rôle de choriste. Joanna n’y était pas allée par quatre chemins lorsqu’il avait fallu répartir les rôles pour ce premier spectacle et Shandy n’était clairement pas dans les points forts pour le moment. Sa voix était trop faible et malgré ses efforts et son acharnement dans les répétitions elle ne trouvait toujours pas l’assurance nécessaire pour envoyer sa voix aussi fort que Ryan Fairchild pour qui cela semblait tout à fait inné.

Regardant une dernière fois le ciel à l’intérieur de sa voiture sur le parking, la jeune femme se faufila dans l’annexe en laissant son parapluie sur la plage arrière. Elle était déjà en retard et il n’y avait que quelques mètres entre la salle de répétition et sa place de stationnement, même si la pluie se mettait à tomber elle pourrait bien se mouiller un peu. Souriant aux autres choristes déjà présents mais évitant soigneusement de s’approcher de Peter Matterface avec qui elle ne se sentait toujours pas à l’aise depuis leur dernière entrevue, elle prit place à côté de Jude, lui serrant la main amicalement pour lui signaler sa présence sans interrompre sa conversation. Le calme se fit lorsque Cassie et Joanna finirent par arriver à leur tour. Tout était prêt pour une nouvelle répétition. Enfin, c’était sans compter sur la météo exécrable. Les chanteurs s’efforçaient de hausser la voix pour couvrir le bruit des averses qui battaient les carreaux du bâtiment en continu mais le vent qui sifflait tout aussi fort ne leur facilitait vraiment pas la tâche. Jetant de rapides coups d’œil anxieux vers le ciel de plus en plus noir, la choriste ne parvenait plus du tout à se faire entendre malgré ses efforts, tant et si bien qu’elle finit par mimer les paroles en regardant Jude d’un air suppliant, comme si elle allait pouvoir la sauver de cet embarras... Mais c’était sans compter sur la rigueur de Cassandra qui ne semblait absolument pas disposée à arrêter, probablement aussi inquiète qu’elle à propos de l’échéance à venir. Elle voulait que tout soit parfait, comme à son habitude, et se mettait sans doute bien plus de pression que tous les autres membres réunis, mais cette fois-ci la nature semblait l’emporter. Quand enfin le tonnerre gronda à l’extérieur la jolie bonde tressaillit avant de se laisser tomber lourdement sur le banc le plus proche. La perspective d’aller répéter au lycée n’enchantait pas particulièrement Ashandra. Elle avait déjà bien assez de mal à empêcher ses élèves de la harceler de questions personnelles très embarrassantes, il était tout simplement hors de question qu’ils viennent l’épier pendant son temps de loisir pour ensuite pouvoir se moquer d’elle lors des sessions de tutorat. Elle avait très envie de lui en toucher un mot mais quelque chose lui disait que Peter s’en chargerait sûrement le premier et que ça pourrait attendre un peu dans tous les cas. Ramassant ses affaires pour courir à sa voiture sans autre cérémonie, assez déçue de cette répétition écourtée où elle n’avait rien fait de bien, la jeune femme sursauta violemment en entendant le bruit de la porte contre le mur. Contemplant bouche bée le spectacle apocalyptique de la rue, elle ne parvint pas à retrouver son calme, tout à fait terrifiée par la tempête qui faisait rage dehors. Les quelques mètres qui la séparait de sa voiture venaient de croître de manière exponentielle et il était hors de question qu’elle conduise dans des conditions pareilles. Elle avait déjà bien assez de tracas lorsque les conditions étaient optimales pour se lancer à l’assaut de la fin du monde pour rentrer dîner à temps. La proposition de Cassandra tomba donc à pic et elle approuva en hochant vigoureusement la tête. «Oh oui je suis sûre que ça va bientôt se calmer ! Ça ne coûte rien d’attendre ensemble...» Mais la grande rousse juste derrière elle ne se fit pas prier pour prétexter un rendez-vous tout à fait essentiel à sa carrière et braver la foudre suivie par d’autres téméraires. Se rapprochant à nouveau de Jude elle tira sur la manche de la petite blonde «Dis tu ne vas pas partir sous cette tempête hein ?» Ses yeux bruns la suppliait presque, se portant tantôt sur Cassandra qui tentait une dernière fois de leur déconseiller de prendre la route, tantôt sur sa camarade dont elle tenait toujours fermement l’étoffe de ses vêtements.

Au final il ne resta plus que la petite brune qui les avait rejoint tardivement, Jude, Cassandra bien sûr, et Peter, contre toute attente. Apercevant un nouvel éclair dans le ciel elle entraîna son amie vers le centre de la salle pour être plus proche des autres. Ce n’est que de la pluie. Rien qu’un peu d’eau et de vent. La pensée positive et ses efforts pour relativiser la situation étaient vains mais elle se forçait à ne pas paniquer. Où était passé tout le courage qu’elle avait eu pour sortir de chez elle malgré le ciel menaçant ? S’accrochant tout à fait au bras de Jude, elle ne tremblait pas tout à fait mais ressemblait bien plus à un animal apeuré qu’à une jeune adulte en pleine possession de ses moyens. Elle aurait aimé faire la forte et ne pas se ridiculiser de la sorte en public mais c’était tout simplement impensable. Elle était paralysée par le tonnerre et même les grognements de Dracy qui allait encore l'attendre ce soir n'arrivait pas à avoir raison de cette peur irrationnelle. Détournant les yeux des vitres qui isolaient finalement plutôt bien malgré le bruit qui emplissait la salle, elle sourit timidement à Charlie en demandant timidement «Est-ce que tu... rentres à pied ?»
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MessageSujet: Re: 02. Apocalypse now   Lun 20 Fév - 12:00

« Lalalalala ». La capuche de son sweatshirt relevée pour se protéger le visage, Charlie se battait contre les rafales de vent et la pluie qui s’abattait sur les rues sombres de Lima pour poursuivre sa marche vers le QG des Second Chances. La météo à Lima avait rarement été aussi mauvaise. Les quelques arbres bordant les trottoirs des vieux quartiers s’agitaient de plus en plus fort, leurs feuilles s’envolant pour se recueillir sur le bitume trempé. La brise glacée frappait les joues de Charlie, et ses mèches brunes s’envolaient autour de son visage ; si jamais elle parvenait à rejoindre les autres Second Chances, autant dire qu’elle ne se ferait pas remarquer par son élégance, ce jour-là.

Pressant le pas, la jeune fille fronça les sourcils tout en secouant ses mains plongées dans ses poches. « Lalalalala » Fredonna-t-elle à nouveau. Depuis qu’elle avait quitté sa petite maisonnette, elle essayait de repousser sa mauvaise humeur en échauffant sa voix du mieux qu’elle le pouvait. En tant que nouvelle membre de la chorale qu’elle avait choisie, elle n’avait pas le droit à l’erreur. Elle savait que les autres choristes s’intéresseraient de près à son cas, et qu’à la moindre fausse note, on la reprendrait. Or, Charlie n’était pas une chanteuse née : elle n’avait jamais pris le moindre cours de chant, et il serait mentir que d’affirmer qu’elle avait une voix digne de Céline Dion. Non, sa voix était peut-être douce et harmonieuse, mais elle manquait très clairement de puissance, et à côté des autres membres des Second Chances, elle ne se sentait pas à la hauteur. La seule chose qui lui permettrait peut-être de relever le niveau était l’aisance qu’elle avait lorsqu’elle avait une guitare entre les mains ; c’était d’ailleurs ce qui avait convaincu Cassandra de lui donner sa chance, ou tout du moins était-ce l’explication qui lui semblait la plus rationnelle quant au désir de la jolie blonde de l’inviter parmi les siens.

« Lalalalala... putain ! ». Se renfrognant en ne parvenant pas à atteindre la note la plus élevée, Charlie fronça le nez et poussa un long soupir. Il n’y avait plus qu’à prier pour que Cassandra soit clémente en accordant les solos à d’autres personnes, comme Ryan ou Joanna ; des personnes qui elles, méritaient vraiment leur place au sein de cette chorale. Un sentiment d’infériorité envahit aussitôt la brunette dont l’admiration pour ses nouveaux camarades ne connaissait pas de frontière. C’était l’une des multiples raisons qui l’avait poussée à accepter la proposition de la directrice des Second Chances : le talent de ses membres, mais aussi leur aptitude à reconnaitre leurs faiblesses et à les surmonter pour pouvoir avancer. Charlie ne pouvait pas prétendre connaitre chacun des membres car il était encore trop tôt pour cela. Cependant, en les observant agir dans la petite annexe de l’église, elle en était arrivée à la conclusion que peu importaient les différences d’âge ou de caractères, car lorsqu’ils chantaient, c’était la détermination qui primait et les unissait. Et en dépit des doutes qui l’assaillaient à chaque fois qu’elle se retrouvait plongée au cœur de cet univers, elle se sentait néanmoins à sa place : elle n’était peut-être pas Céline Dion, c’était certain, mais elle avait envie de progresser, et au fond, c’était peut-être sa volonté qui faisait d’elle une Second Chance.

Parvenant enfin à l’annexe, Charlie ouvrit la porte et s’engouffra aussitôt dans la grande salle. Plusieurs membres étaient déjà présents et à défaut de pouvoir affirmer les connaitre tous, leurs prénoms lui étaient familiers. La jeune fille adressa un sourire à Cassandra et retira sa capuche. Elle était trempée jusqu’aux os et se fit un plaisir de se débarrasser de son manteau. Ses longs cheveux bruns étaient humides et elle était à peu près certaine que sa tenue ne serait pas particulièrement approuvée –sweatshirt trempé, paire de jeans trempée, baskets trempées- mais l’avantage de faire partie des Second Chances, était que ce genre de détail était rapidement oublié si bien qu’elle était à peu près certaine qu’on ne lui ferait pas la moindre remarque. Se frottant les mains l’une contre l’autre pour assurer la circulation du sang dans ses doigts complètement glacés, elle jeta un coup d’œil à la guitare qui l’attendait sagement au fond de la salle et aussitôt, un sourire refit son apparition sur son visage rougi par le froid.

La répétition ne tarda pas à commencer. Concentrée, Charlie avait récupéré son instrument de prédilection -celui même dont elle était tombée amoureuse la première fois qu’elle avait mis les pieds dans l’annexe- et s’efforça de suivre les consignes de la directrice. Pourtant, malgré sa concentration et son enthousiasme, elle ne pouvait s’empêcher de jeter des coups d’œil inquiets en direction des fenêtres. La pluie battait les vitres avec force, et les nuages menaçants qui embrumaient le ciel gris lui donnaient des frissons dans le dos. Charlie n’avait jamais eu peur de l’orage, mais la perspective de rentrer chez elle à pied sous ces torrents d’eau n’était pas très rassurante. Alors elle essayait de se détacher de ce sinistre spectacle en se concentrant uniquement sur sa guitare et la justesse de sa voix.

Cassandra semblait faire de son mieux pour que la répétition ne se déroule sans encombre, et pourtant Charlie remarqua rapidement qu’elle n’était pas la seule que l’orage alarmait. Lorsque des éclairs firent leur apparition dans le ciel sombre, la directrice des Second Chances décréta qu’il vaudrait peut-être mieux mettre un terme à cette répétition, et Charlie crut entendre des soupirs de soulagement s'élever autour d’elle. Reposant sa guitare là où elle l’avait trouvée non sans une certaine déception, elle se tourna vers le groupe. D’après ce qu’elle voyait, certains membres avaient décidé de quitter la salle en dépit des avertissements de Cassandra. Un sourcil haussé, Charlie observa les plus courageux quitter les lieux. Il fallait être fou pour s’aventurer dans les rues sous une tempête pareille !

La jeune fille secoua la tête, la désapprobation se lisant sur ses traits. Elle fut néanmoins heureuse lorsque Cassandra referma la porte de l’annexe et se retourna vers les quelques membres qui avaient décidé de rester au chaud. A côté de Charlie, Ashandra annonça que la tempête ne s’éterniserait probablement pas, et la brunette acquiesça calmement d’un signe de la tête. De toute façon, Charlie n’était pas suffisamment téméraire pour affronter cette météo, alors autant prendre son mal en patience. Lorsqu’Ashandra se tourna vers elle pour lui demander si elle était supposée rentrer à pied, la jeune fille sortit de son mutisme en la gratifiant d’un sourire. « Oui, je ne vis pas très loin mais je n’ai aucune envie de repartir maintenant… J’espère simplement ne pas devoir attendre trop longtemps. ». Tournant légèrement les talons, Charlie jeta un nouveau regard au ciel sombre derrière les vitres humides et haussa les épaules. Une chanson lui vint à l'esprit en voyant le spectacle effrayant qui se jouait à l'extérieur et sans même s'en rendre compte, elle commença à fredonner d'une voix basse, comme si cela pouvait apaiser son inquiétude. « I've been watching the skies, they've been turning blood red, not a doubt in my mind anymore, there's a storm up ahead... »
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MessageSujet: Re: 02. Apocalypse now   Ven 24 Fév - 19:32

Jude n’aimait pas le froid. Ni même l’humidité. Le simple fait de marcher dans ces eaux boueuses et froides dans la rue la faisait frissonner. Mais elle avait quand même pris son courage à deux mains et était sorti de sa maison où elle était si bien. Emmitouflé dans son écharpe de couleur verte foncé jusqu’aux oreilles, ses cheveux relèves en forme de petit chignon romantique, les mains enfoncés dans les poches de son manteau long noir, la jeune femme traçait sous la pluie battante. Ses talons tapaient contre le bitume humide, et elle manqua plus d’une fois de glisser par mégarde. A pas de fourmis, elle arriva à l’église. Elle sourit quand elle vit Cassandra toujours aussi radieuse avec ses magnifiques cheveux longs. Puis elle prit sa place habituelle pour commencer la répétition.

Sa voix se mélangeait à celles de ses camarades. Mais elle restait néanmoins toute frêle, presque inaudible. Elle sentit la présence d’Ashandra à ses côtés, ce qui la rassura quelques minutes. Elle la vit lui mimer quelques paroles, ce qui lui décrocha un petit rire discret. Jude n’avait jamais compris pourquoi Ashandra se mettait autant la pression à chanter alors qu’elle chantait divinement bien … c’était et cela resterait un grand mystère pour son cerveau de petite blonde. Baissant les bras à l’idée de chanter toujours plus haut et toujours plus fort, elle mit la main à son appareil auditif comme si ce geste pouvait servir à quelque chose. Combien de fois déjà avait-elle voulu l’envoyer valser au fin fond de la pièce ? Sauf que cela n’était malheureusement pas possible. Sans cet appareil, elle accumulerait à vitesse grand V les fautes en chantant. Elle soupira puis se contenta d’observer le ciel à travers les vitres colorés. La pluie avait fait place à un ciel noir qui n’annonçait pas vraiment de bonnes nouvelles. Lorsque soudainement un tonnerre se fit entendre de l’extérieur, la jeune blonde ne put s’empêcher de sursauter par surprise. Apparemment ce n’était pas son jour … la pluie puis enfin le tonnerre. Elle détestait ces averses, elle préférait largement le calme, le soleil. La seule pensée qui lui venait en ce moment-même était une envie grandissante de partir rapidement de l’église pour se faufiler chez soi, à l’abri. Il manquerait plus qu’il y arrive quelque chose à son appareil et ce serait la fin du monde à ses yeux … Ses yeux de couleur clairs observaient le mouvement de Cassie. Le claquement de la porte contre le mur la fit sursauter une nouvelle fois. Mais le spectacle qui s’offrait sous ces yeux manqua de la faire tomber par terre. Stupéfaite, elle voyait les feuilles des arbres bougés à une vitesse hallucinante suite à la tempête qui faisait rage. De nombreuses voitures manquaient de vaciller sur le côté. Elle se mordit la joue intérieure comme pour se dire qu’en fait tout ceci n’était qu’un rêve, un vilain cauchemar. Que dans quelques minutes elle allait se réveiller, un rayon de soleil traversant la fenêtre de sa chambre. Une voix la fit sortir de sa rêverie. Ashandra tirait sur sa manche, comme si elle était rendue compte que son amie était partie ailleurs un petit moment. Elle arrêta de se mordre la joue sous le coup de la douleur, ressentant un mince filet de sang dans sa bouche et se tourna vers la belle brune. « Non … non je pense plutôt que je vais rester ici Shandy … » Elle peina à articuler ses quelques mots, ne se rendant pas encore compte de ce qui était en train de se passer. Elle avait bien envie de se mettre des gifles mais il fallait qu’elle se rendre à l’évidence : Elle n’était pas en train de rêver. C’était bel et bien la dure et monstrueuse réalité.

Un second grondement sonore se fit entendre. Et Jude tressaillit une nouvelle fois sous l’effet de la surprise. Elle ne repoussa pas Shandy qui s’était accrochée à elle comme à un animal apeurée. Pour la simple et bonne raison que l’avoir à ses côtés la rassurait pour le moment. Plusieurs fois, elle jetait des regards inquiets à Cassie. Elle n’avait pas vraiment l’air rassurée elle non plus. Son regard fit un mouvement circulaire dans la pièce. Ils n’étaient pas beaucoup apparemment. Elle reconnut Peter son ami, il avait toujours ce visage impassible devant chaque situation d’ailleurs … puis elle vit une brunette mais ne réussit pas à mettre un prénom sur son visage. Apparemment elle aussi ne montrait aucuns signes d’inquiétude se contentant juste de chanter une chanson qu’elle trouvait sans doute approprié à la situation. C’était idiot de penser que ce temps était vraiment grave, qu’il allait se passer des choses affreuses, inévitables que tout le monde aurait pu prévoir, mais c’était réellement ce qu’elle pensait sans pouvoir s’en empêcher.

Jude pria. Elle fit des mouvements pour finir avec la croix comme ses parents lui avaient appris étant petite. Quand elle rouvrit les yeux elle fit un petit sourire à Ashandra qui voulait se montrer rassurant puis se dirigea vers Cassandra. Au fond, elle ne lui avait jamais vraiment adressé la parole. Elle ne se rappelait même plus si elle était au courant pour son problème auditif peut-être Joanna … dans les deux cas ce n’était pas le meilleur moment pour y penser après tout. « Et si …. La pluie ne s’arrêtait pas ? Si cette tempête faisait des dégâts ? » Ce n’était pas vraiment le genre de la jeune femme de perdre autant ses moyens et d’être aussi pessimiste face à une situation où elle se retrouvait bloqué avec comme seul arme la parole. Les gouttes de pluie résonnaient de plus en plus fort dans l’église. Plic, ploc, plic, ploc. Jude avait l’impression de revivre un mauvais moment. Tout le monde avait un mauvais souvenir lié à la pluie, au ciel noir, à l’orage et pour elle il faisait parmi des choses dont elle aurait préféré oublier. « Hello hurricane … » Autant faire dans le mélodramatique, prier pour leur bonne âme tout en allumant un cierge après tout non ?


Dernière édition par Jude Eisenberg le Mer 29 Fév - 13:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. Apocalypse now   Mar 28 Fév - 15:04

"I'm singing in the rain, just singing in the rain..."
Peter sautait de flaques en flaques, sa cigarette trempée à la bouche. Il avait renoncé à la fumer, mais ne pouvait se résoudre à la jeter. Elle lui avait coûté assez cher. Il hésita un instant à la remettre dans son paquet pour la faire sécher, mais il s'abstint. Il y avait des limites à la pingrerie. En plus, il était arrivé. Tant pis, ses centimes se désagrégeraient dans l'eau sale. Il poussa la porte de l'annexe de l'église, créant un puissant courant d'air. Il s'ébroua, éclaboussant copieusement au passage les manteaux déjà accrochés aux portants. "Ils seront trempés en sortant de toute façon, chacun sa part." Il se débarrassa du sien, et se dirigea vers le fond de la salle, où un petit groupe commençait à s'installer. Peter avait rejoint la chorale des Second Chances en début d'année, après avoir réalisé que ses soirées se limitaient à la correction des copies, la lecture ou quelques rendez-vous épisodiques. Il se refusait à passer son temps avec le chat du voisin pour seule compagnie. Il avait entendu parler des chorales proposées en activité périscolaire, mais n'y voyait qu'un prétexte obscur, cachant des groupes de paroles, types alcooliques anonymes ou cheerleaders au régime. Ce n'est qu'en entendant Ashandra Moon en parler un jour à la vie scolaire qu'il se décida à assister à une séance. Si elle en faisait partie, deux options étaient possibles: Soit il s'agissait d'un regroupement de pucelles pieuses, soit d'une chorale religieuse. De quoi rire à défaut d'être intéressant. Il s'était donc rendu à l'annexe de l'église, et avait pris place sur un banc, dans un coin. Il n'avait pas spécialement accroché, mais l'ambiance était plutôt bonne, et Cassandra Hamilton - magnifique mais trop jeune- semblait gérer son petit monde correctement, en prenant en compte les remarques de chacun. Il s'était surpris par la suite à fredonner les chansons entendues lors des répétitions dans sa douche; s'il ne s'agissait pas de la naissance d'une vocation, il était tout de même admis que l'idée de pousser la chansonnette - juste pour voir- le tentait bien.

Peter s'était donc inscrit, et s'astreignait depuis à assister aux répétitions de façon régulière, même s'il était en retard dans ses corrections. Cela lui permettait d'oublier quelques temps son statut de professeur, et de rentrer chez lui disponible pour relire les copies infâmes de ses élèves ignorants. Il arriva à hauteur des autres, et salua Jude d'un mouvement discret de tête. Pas besoin d'étaler leur amitié devant les autres. Il était toujours surpris de voir la jeune fille chanter; elle avait une jolie voix, douce et frêle. Lui n'avait pour ainsi dire aucun talent; mais les autres n'étaient pas non plus des popstars. Là où certains se dénigraient en permanence, Peter se surclassait. Et quand ce n'était vraiment pas possible, il se considérait - au pire- à l'égal des autres. Cela lui conférait une confiance aveugle en lui-même, ce qui lui avait souvent sauvé la mise.
Ashandra passa la porte à son tour, alors que la répétition commençait. La jolie métisse passa devant lui sans lui adresser un regard. Leur dernière rencontre avait dû laisser des traces; tant mieux. Peter esquissa un sourire en repensant à leur confrontation. Il avait peut-être poussé la plaisanterie un peu loin, mais après tout il n'y avait pas de mal à rire un peu. Peter redirigea son attention sur la musique, et tenta de hausser sa voix au maximum. La tempête faisait rage à l'extérieur, les branches des arbres fouettant les vitraux avec un bruit assourdissant. Le jeune professeur n'aimait pas l'orage. L'obscurité, le vent, les éclairs... Tout ça participait à le rendre mal à l'aise. Peter se sentait alors tout petit face à la puissance des éléments: un sentiment détestable. Plus l'heure avançait, plus cela empirait. La lumière grésillait, menaçant de s'éteindre d'un instant à l'autre. Cassandra finit par décider d'écourter la répétition; Personne ne s'entendait plus. La jeune femme évoqua l'idée de poursuivre dans l'enceinte de WHMS la prochaine fois, pour éviter les désagrément relatifs à la météo. Comme personne ne semblait réagir, Peter pris la parole.
"En tant que professeur, j'apprécierai de ne pas m'exhiber dans une salle où les élèves pourraient m'entendre ou me voir. Ce genre de comportement s'appelle ni plus ni moins qu'un suicide social." Il s'approcha des fenêtres, priant pour que la tempête s'éloigne. L'espoir fait vivre. Plus le temps passait, plus la perspective de pouvoir rentrer s'amenuisait. Quelques courageux tentèrent leur chance, et se risquèrent dehors. Peter aurait bien mendié un trajet en voiture, mais plutôt mourir que devoir un service à un de ces inconnus. Les quelques restants se regroupèrent comme des pingouins dans le blizzard; comme si ça allait les protéger. Peu désireux de rester dans son coin, Peter s'assit du côté de Jude et d'Ashandra, à bonne distance toutefois. La soirée promettait d'être longue. Il allait falloir trouver une distraction.

"Est-ce que quelqu'un aurait du feu?"
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MessageSujet: Re: 02. Apocalypse now   Sam 31 Mar - 18:42

    Kelly Clarkson. Ce n’était pas son idole, mais presque…Joanna avait rencontré l’artiste à trois reprises, et à chaque fois elle était sortie de cette rencontre des étoiles plein les yeux. A vrai dire, son entourage ne comprenait pas comment, à son âge, on pouvait encore être « fan » de quelqu’un à ce point ; mais la jeune femme préférait écouter ses goûts plutôt que les avis des autres.
    En l’occurrence, lorsqu’elle apprit que Cassandra avait choisi une des chansons de Kelly Clarkson, la brune fut presque incrédule mais ô combien enthousiaste. Elle ne pensait pas que son style allait lui plaire, c’était si…différent de ce que les Second Chances chantaient habituellement. Il faut dire que Hillsong et l’artiste n’appartenaient pas vraiment au même registre…Bien que la seconde soit croyante également, Joanna pensait que jamais Cassandra ne serait capable de sortir dans son domaine de prédilection ; mais force était d’admettre qu’elle s’était trompée, et cette pensée améliora son moral.
    « Voyons jusqu’où je pourrai pousser le vice… » pensa-t-elle pour elle-même, un curieux petit sourire qui en disait long apparaissant sur ses lèvres.

    Elle revint à l’instant présent lorsque Cassandra introduisit la répétition, présentant la chanson qu’elle avait donc choisie, et qu'elles avaient découpé ensemble par la suite, sous le regard de Joanna qui était assise un peu en retrait, l’air attentif et intérieurement très fière d’elle-même. Lorsque la blonde se tourna vers elle-même, la jeune brune quitta sa chaise et annonça juste :
    « Cette chanson est très différente de celles que nous chantons d’habitude, mais les paroles sont plutôt claires et Cassandra et moi pensons que ce sera un titre qui pourra nous pousser vers le haut. Annoncer de quel bois nous sommes faits ! »
    Elle s’empara du micro, et chanta le premier couplet et le premier refrain de Stronger (What Doesn’t Kill You) avec un enthousiasme presque trop débordant, sous le regard de la directrice des Second Chances et de ses choristes.
    Cet extrait terminé, Joanna s’éclaircit la gorge, fatiguée d’avoir dû chanter plus fort que d’habitude pour couvrir le bruit fracassant qui provenait de l’extérieur. En se rendant à la répétition, la jeune femme avait jeté de fréquents coup d’œil au ciel, qui était de plus en plus menaçant. Mais maintenant qu’ils avaient avancé dans la séance, les éléments semblaient se déchaîner de plus en plus et la brune se demandait comment elle allait bien pouvoir rentrer chez elle.

    Alors que le chœur entamait la chanson, après avoir eu le texte sous les yeux, Joanna remarqua que la panique de Cassandra semblait s’intensifier à mesure que les éclairs se rapprochaient. Et lorsque la jeune femme poussa un soupir et annonça la fin de la séance, la brune se dit qu’après tout, les membres des Second Chances avaient été incapables de se concentrer, alors que les paroles étaient si prenantes…Elle croisa le regard de la jeune blonde, qui semblait légèrement perplexe. Elle la vit se diriger vers la porte, l’ouvrir et se voir quasi projetée quelques mètres plus loin par la force de la tempête qui faisait rage à l’extérieur. Cassandra conseilla à tous d’attendre ici le temps que tout se calme ; et elle leva les yeux au ciel, presque impatiemment. Elle aurait aimé pouvoir rentrer tôt ce soir, et marmonna quelques mots pour elle-même, puis se leva et marcha jusqu’à la porte. Elle croisa alors le regard inquiet, voire pétrifié de sa collègue, et réfléchit quelques instants.
    Avec cette tempête, elle n’était même pas sûre de pouvoir rentrer chez elle en un seul morceau. Il aurait sûrement été stupide de prendre la route au volant d’un véhicule avec ces conditions météorologiques…Se résignant à passer un peu de temps avec les membres de la chorale qu’elle co-dirigeait, elle fit demi-tour et se posta à la hauteur de Cassandra, qui sembla légèrement soulagée et un peu surprise.

    Lorsqu’elle constata qu’effectivement, il ne restait que peu de personnes présentes dans la pièce, elle soupira et dit entre ses lèvres :
    « En même temps, il faudrait être fou pour vouloir sortir avec un temps pareil… ! Honnêtement, vous avez vu à quel point le vent souffle dehors ?! Si je rentre dans ma voiture maintenant, je suis certaine de m’envoler avec…J’ai toujours rêvé de faire de la montgolfière, mais pas avec mon véhicule personnel, merci bien… ! »
    Elle entendit Jude émettre des doutes quant à la fin de la tempête, et si ils restaient bloqués ici ? Plusieurs parlaient d’allumer des cierges, de la bonté de Dieu, etc.
    Se retenant pour ne pas lever une énième fois les yeux au ciel, elle sourit en entendit Peter parler de suicide social alors que Cassandra émettait l’idée de louer l’auditorium de McKinley. Joanna savait que l’homme était professeur de maths au lycée, et elle comprenait bien ses réticences à répéter là-bas, mais il fallait être pragmatique après tout…
    « Oui, je comprends que tu ne préfères pas répéter là-bas, mais je ne sais pas si on peut se permettre de rater une répétition…C’est le problème ! »
    Observant les personnes rassemblées dans la petite annexe de l’église où le père de Cassandra officiait, elle se fit une réflexion : la soirée risquait d’être longue, peut-être morose, voire remplie d’inquiétudes latentes. Il allait falloir trouver une occupation, quelle qu’elle soit…
    « On fait un jeu ? »
    Ces mots sonnèrent puérils dans la bouche de la jeune femme, mais c’était la seule idée qui lui était parvenue à l’esprit tandis qu’elle cherchait à rompre le silence pesant qui régnait dans la pièce. Voyant les regards interrogateurs autour d’elle, elle ajouta, souriante :
    « Bah quoi ? On ne va pas rester à se regarder dans le blanc des yeux toute la soirée, si ? Je trouverais ça plus drôle…A moins que vous ayiiez d’autres idées ? On peut chanter, évidemment… »
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MessageSujet: Re: 02. Apocalypse now   Dim 1 Avr - 17:42

Cassandra était rassurée de constater que malgré la crainte qu'éveillait en elle cette tempête, il lui restait assez de crédibilité pour convaincre une poignée de ces choristes de patienter à ses côtés. Jusque là elle avait été trop absorbée par la répétition pour se laisser envahir par ses démons, mais maintenant que le silence régnait presque dans l'annexe, elle avait tout le loisir de constater la force du vent et la vigueur avec laquelle les éclairs frappaient la terre. L'un d'entre eux lui sembla même tellement proche qu'elle se préparait mentalement à réprimer le sursaut de terreur que lui imposerait le grondement du tonnerre. Depuis qu'elle avait vu La guerre des mondes, Cassie ne pouvait s'empêcher de voir les éclairs comme un moyen peu subtil dont usaient les extraterrestres pour rejoindre les vaisseaux qui sommeillaient sous les pieds des Hommes depuis des millions d'années. Cassandra avait certes grandi, mais sa conviction qu'une autre forme de vie existait quelque part n'avait jamais disparu. Jeremy le savait, et même si au départ il lui avait ri au nez, il avait finalement réalisé à quel point elle prenait ce sujet à cœur. Heureusement pour elle, ni ses choristes ni les bénévoles à la LPA n'étaient au courant, et c'était pour cette raison qu'elle se devait d'afficher une mine assurée et positive, même si foncièrement elle tremblait de peur. Droite comme un piquet, elle gratifia Ashandra d'un sourire réconfortant, avant de se tourner vers Peter qui s'était installé près d'elle. Elle ne pouvait s'empêcher de voir ce geste comme une marque de défit, et malgré cet air hypocrite qu'elle affichait, elle ne le portait pas véritablement dans son cœur.

Ashandra et elle se racontaient tout, et récemment elle lui avait conté sa mésaventure au supermarché avec ce monstre d'arrogance qu'était Peter Matterface. Cet homme était fort, parce qu'il était parvenu à faire ce que personne avant lui n'avait pu se vanter d'accomplir : énerver Ashandra Moon. Cassie savait mieux que quiconque comme son amie était un modèle de zèle et de sérénité, si bien que sa confession éveilla en elle des suspicions qu'elle était convaincue d'avoir refoulées tout ce temps. Peter semblait peu sociable et sa voix semblait se confondre parfaitement dans les chœurs, si bien qu'on pouvait facilement le soupçonner de faire semblant. Mais Cassie ne le laisserait pas s'en sortir de la sorte, et s'il voulait faire ses preuves en tant que véritable membre des SC, il aurait à prouver sa loyauté d'une façon ou d'une autre. Après tout, il pourrait très bien être la taupe d'une autre chorale. Depuis le jour où Bryan Ryan lui avait rendue visite et l'avait félicitée pour ses numéros, Cassie s'efforçait de trouver une explication à son extrême perspicacité. Son attention s'était alors portée sur Peter Matterface, qu'elle dévisageait avec politesse. Elle haussa les sourcils, les yeux ronds comme des soucoupes, lorsqu'il demanda avec détachement si quelqu'un avait du feu. "Quelques cierges sont déjà allumés, sinon je ne vois pas à quoi pourrait vous servir du feu. Vous ne comptez pas fumer dans un endroit saint n'est-ce pas ?" dit-elle en s'approchant du fond de l'annexe, là où s’étaient regroupés les quelques êtres censés de cette chorale. Elle s'assit près d'Ashandra, tandis que Joanna proposait avec un sérieux déconcertant de faire un jeu. Dans un sens elle n'avait pas tort, l'ambiance serait moins lourde si chacun acceptait de la jouer bon enfant.

Personne n'eut le temps de répondre qu'un flash éblouissant filtra à travers les vitraux. Placide, Cassie demeura figée, alors qu'elle formulait mentalement des prières décousues. Même si elle s'y était attendu, le rugissement du tonnerre sembla la secouer, et sans même qu'elle puisse y faire quelque chose les lumières s'éteignirent brusquement, les abandonnant à la chaleur timide des cierges qui brûlaient par ci par là dans la pièce. Quelle ironie, il n'était plus question de se regarder dans le blanc des yeux maintenant que l'obscurité les avait recouverts de son voile morne et sinistre. "Pas de panique, je suis sûre que le courant va être rapidement rétabli." rassura-t-elle sans même y croire, alors qu'elle entendait déjà des murmures d'inquiétude s'élever autour d'elle. "Je crois que finalement du feu serait une bonne idée." dit-elle en se levant avec incertitude, se dirigeant à tâtons vers l’un des cierges les plus coriaces que la bourrasque avait épargné. Une fois parvenue jusqu’à lui, elle l’empoigna fermement, avant de se tourner vers l’ombre de ses amis. "Vous devriez en prendre un chacun, je vais m'occuper d'allumer les autres... ou peut-être pas." rectifia-t-elle, apparemment peu disposée à s'aventurer dans les méandres de la nuit.
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MessageSujet: Re: 02. Apocalypse now   Lun 2 Avr - 18:49

Accrochée à Jude comme à la vie, l’afro-américaine ne quittait pas des yeux les vitres derrière lesquelles la tempête faisait rage. Tout le monde semblait étrangement calme et pourtant l’atmosphère était électrique dans l’annexe, et elle ne parvenait pas à calmer les battements de son cœur mis à rude épreuve par ce temps apocalyptique. Comme attendu, Peter ne se gêna pas pour envoyer une remarque cinglante à Cassandra concernant les répétitions dans l’auditorium. Bien qu’elle n’appréciât pas son ton, Shandy devait bien avouer qu’elle était un peu soulagée à l’idée de pouvoir échapper à ce genre de situation. Les lois dans les couloirs de McKinley étaient toujours inchangées depuis l’époque où elle-même fréquentait les couloirs en tant qu’élève, et les chorales quelles qu’elles soient n’étaient pas bien vues. Que ce soit un effet du mandat de Sue Sylvester ou la raison pour laquelle elle l’avait emporté à la mairie, Lima n’était dans l’ensemble pas vraiment acquise à la cause artistique. Et comptait pourtant quatre chorales. Le paradoxe était aussi amusant qu’inquiétant et la première compétition serait sans doute éprouvante pour Ashandra qui se voyait encore mal chanter devant un public hostile. La paroisse était une chose, les commères ne manquaient pas et certains n’étaient pas exactement enthousiastes, mais au moins l’assistance était bienveillante et il n’y avait pas à redouter une attaque de tomates volantes. Avant les sectionals il fallait encore passer par la case du gala de charité organisé par la future Madame Schuester, et là, le danger serait redoutable. Elle préférait donc repousser le plus possible l’échéance de cette rencontre avec la malveillance qu’elle redoutait tant et ne pas avoir à chanter au lycée. Rares seraient les lycéens à se déplacer aux compétitions et c’était sans doute triste mais très bien ainsi. Les enfants membres de la chorale de William Schuester seraient les seuls à savoir que Peter et elle appartenaient aussi à une chorale et ce serait mieux pour tout le monde. Acquiesçant en silence sans oser regarder Cassandra, elle fut soulagée d’entendre la réponse positive de Joanna qui était beaucoup plus modérée que leur directrice pour une fois. Ils seraient prêts pour la compétition. Elle le savait. Elle répéterait en dehors des heures communes pour s’améliorer, comme toujours, et peut-être que si elle trouvait un peu de temps, elle pourrait se joindre à Jude et Charlie pour mettre leurs efforts en commun et essayer de se connaître un peu plus.

Se tournant vers la brune, elle eut un pincement au cœur. La pauvre était littéralement trempée depuis qu’elle était arrivée et Ashandra avait eu un peu pitié d’elle en imaginant qu’elle tomberait malade pour une chanson qu’on s’était entêté à répéter alors qu’on ne s’entendait même pas chanter soi-même. Mais elle n’avait absolument pas pipé, peu importe le nombre de fois qu’il avait fallu recommencer, elle avait continué à jouer de la guitare sans broncher. Elle ne connaissait pas grand chose de la jeune femme qui avait récemment rejoint leur petite troupe. Une ou deux fois depuis elle l’avait croisée sur le campus, mais elles ne fréquentaient pas les mêmes départements et jamais elle n’avait osé lui proposer de prendre un café ensemble pour apprendre à se connaître. Pourtant, avec Jude, elle était sûrement la choriste avec laquelle elle aurait le plus de chances de s’entendre. Se promettant intérieurement de laisser ses scrupules au vestiaire la prochaine fois, elle lui rendit timidement son sourire. «Je pourrais te ramener si tu veux... Quand ça se sera calmé bien sûr.» proposa-t-elle sans lâcher sa voisine. Elle s’apprêtait à renouveler ses efforts pour engager la conversation, mais son attention fut à nouveau distraite par Peter qui avait l’air de vouloir fumer à présent. Roulant des yeux dans la direction opposée au professeur de mathématique qui s’était sensiblement rapproché, Ashandra soupira devant un tel manque de manières avant de lui lancer un regard noir. Où pensait-il être franchement ? Sa présence ici restait un mystère qu’elle n’était plus disposée à percer. Leur dernier échange avait été très mouvementé, et le bruit de la pluie sur les vitres ne faisait que lui rappeler le martèlement sourd de l’eau sur le toit du parking couvert où elle avait perdu son calme. Seule Cassandra était au courant de cet épisode et elle l’avait consciencieusement évité depuis, comme promis. Pourquoi n’était-il pas parti avec les autres ? Lui qui prétendait n’avoir peur de rien ni de personne, voilà qu’il refusait de se mouiller ? La jeune femme le soupçonnait de rester uniquement pour l’ennuyer mais garda ses réflexions pour elle-même et reporta son regard sur Cassandra qui avait l’air plus que nerveuse face à cette situation. Visiblement, elle n’était pas la seule à avoir peur de l’orage... Charlie fredonnait à côté d’elle lorsque Joanna lança haut et clair l’idée de faire un jeu. D’abord sceptique, Ashandra reconsidéra rapidement la situation. Jouer à quelque chose lui permettrait de penser à autre chose qu’aux bruits terrifiants de l’extérieur, et puis tout le monde pourrait apprendre à se connaître. Elle n’avait aucune envie de jouer avec l’homme ronchon à sa gauche, mais les autres rescapés aiguillonnaient sa curiosité maladive et elle était prête à prendre le risque qu’il accepte pour les autres membres. «On nous a fait faire ça au lycée... Une après-midi, les nouveaux membres de l’équipe pédagogique se sont tous retrouvés pour faire des activités, pour apprendre à se connaître. C’était assez amusant ! » dit-elle avec le plus d’enthousiasme possible pour dissimuler sa peur. «Enfin... ceux qui le voulaient bien.» ajoutait-elle en lançant à nouveau un regard dans la direction de Peter avant de détourner les yeux en croisant les siens. «Quelque chose comme le téléphone arabe ou... Je ne sais pas, ce que vous voulez... N’importe quoi...» Baissant immédiatement le regard, elle sursauta en laissant s’échapper un gémissement de ses lèvres lorsque le courant sauta. Scellant ses lèvres sous l’effet de la panique, elle voyait déjà le pire des scénarios et lâcha la manche de son pull pour s’accrocher au tissu humide de celui de Charlie. Est-ce que cette maudite tempête allait cesser un jour ? Même Cassandra avait l’air de franchement perdre son sang-froid dans cette histoire. Elle aurait voulu trouver quelque chose à dire pour rassurer son amie, mais sa bouche restait sèche et scellée par la bouffée d’angoisse causée par la coupure de courant. Respirant tant bien que mal, elle pressa un peu plus ses genoux l’un contre l’autre en agitant ses talons qui frappaient le sol à intervalles réguliers. « Eh bien maintenant on va avoir du mal à jouer à quelque chose où il faut se voir...» finit-elle par susurrer avec un sourire nerveux et crispé en ne lâchant pas ses voisines pour partir à la recherche d’un quelconque cierge.
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MessageSujet: Re: 02. Apocalypse now   Jeu 5 Avr - 19:00

Esquissant quelques pas de-ci de-là afin de réchauffer ses membres engourdis par le froid, Charlie restait en retrait par rapport au groupe principal qui, déjà, s’animait afin de se mettre d’accord sur la marche à suivre concernant la tempête et leur isolement forcé dans l’annexe. Ayant le statut de nouveau membre des Second Chances, la jeune femme préférait de loin rester muette devant les propositions de chacun, tout en suivant la conversation avec attention. Ce n’était pas de l’arrogance, bien au contraire : elle ne voulait tout simplement pas avoir l’air de s’imposer. Réservée, elle avait toujours rencontré énormément de difficultés à s’affirmer lorsqu’elle était en présence de personnes qu’elle ne connaissait pas, ou très peu. Chez les Second Chances, c’était la même chose. Occupée avec sa guitare pendant les répétitions, elle n’essayait pas de converser avec les autres membres et ce même si une telle chose lui aurait probablement plu. Non, elle s’occupait uniquement de son instrument et se contentait de faire ce qu’on lui demandait tout en prenant soin d’inspecter les moindres faits et gestes de ses petits camarades afin d’apprendre à les connaitre, à sa façon. Peut-être que dans quelques semaines elle parviendrait à faire le premier pas et à les aborder, mais pour le moment, elle était bien trop intimidée et, sans vouloir jouer les marginales pour autant, s’avérait être très calme au cours des répétitions de la chorale.

Ce fut la voix posée d’Ashandra qui la sortit de sa rêverie : la jolie afro-américaine lui proposait de la ramener après la répétition. Surprise devant un tel élan de générosité, Charlie haussa les sourcils tout en scrutant le regard sombre de la jeune femme. Elle ne la connaissait pas beaucoup, mais d’après ce que lui avaient appris les répétitions auxquelles elle avait assisté, Ashandra était une fille très douce et diplomate. Au contraire de Peter qui s’emportait pour un rien et qui affichait en permanence un air bougon, ou encore de Billie Jean qui ne pouvait jamais rester en place plus de cinq secondes d’affilée, Ashandra était toujours étonnamment calme et sereine. Charlie ne l’avait jamais vue s’énerver contre quiconque. Les quelques conclusions qu’elle avait pu tirer de ces dernières séances lui suffisaient pour savoir qu’elle pouvait avoir confiance en elle, et un telle certitude fit naitre un nouveau sourire sur ses lèvres. « Vraiment ? Tu es certaine que ça ne te dérange pas ? » Lui demanda-t-elle d’une voix posée. A vrai dire, au vu de la tempête qui s’abattait à l’extérieur de l’établissement, elle avait déjà prévu de piquer un sprint jusque chez elle en sortant, mais si elle pouvait éviter quelques chutes spectaculaires sur la chaussée glissante, c’était toujours ça de pris. « Merci beaucoup, en tout cas. C’est très gentil ». Esquissant un nouveau sourire à l’adresse de la jeune femme, elle tacha de noter dans un coin de sa tête qu’elle devrait peut-être essayer de se rapprocher davantage d’Ashandra. Elle ne la connaissait peut-être pas beaucoup, mais quelque chose lui disait qu’elles pourraient bien s’entendre toutes les deux.

Reportant son attention sur le groupe principal des « rescapés » de la répétition, Charlie fronça un sourcil en entendant Peter leur demander du feu. Décidément, ce personnage était aussi intriguant qu’agaçant et elle avait bien du mal à comprendre ce qu’il faisait ici, alors qu’il passait le plus clair de son temps à geindre et se plaindre, prétendant sans doute être trop bien pour eux. Plissant le nez, la jeune femme enfonça ses deux mains dans la poche encore humide de son sweatshirt. Ah, si seulement ce fichu orage pouvait prendre fin ! Malgré la bonne entente du groupe, les esprits commençaient déjà à s’échauffer : l’électricité emplissait l’air. Jetant un coup d’œil peiné à la guitare qu’elle avait reposée une minute plus tôt, elle poussa un long soupir. Depuis qu’elle avait quitté son instrument, l’air glacé qu’elle était parvenue à chasser en jouant revenait à la charge. En jetant un regard bref à ses vêtements encore trempés, elle secoua la tête d’un air réprobateur : avec la chance qu’elle se trainait, en plus de rester enfermée tout un samedi après-midi dans l’annexe, elle tomberait très probablement malade. Super.

Alors que Peter ronchonnait dans son coin, que Joanna proposait spontanément de faire un jeu et qu’Ashandra leur faisait part de quelques souvenirs remontant à ses années lycée, Charlie finit par lever le menton en direction des fenêtres de la salle et observa avec un calme olympien les éclairs qui déchiraient le ciel. Si la jeune femme n’était pas une fan de films d’horreur, elle était certaine que les pires histoires commençaient toujours de cette façon : un groupe de jeunes cloitrés dans un endroit isolé, une tempête faisant rage à l’extérieur, la lumière faiblissant à vue d’œil… voilà des ingrédients qui devaient composer la meilleure recette qui soit, en matière d’horreur. En jetant un coup d’œil en coin à Peter, elle l’imaginait déjà sortir les crocs et les planter dans la peau de la personne la plus proche. Elle entendait les cris de Jude et d’Ashandra, une musique sinistre en fond sonore qui n’augurait rien de très bon, et le rire démoniaque de Peter qui résonnait inlassablement dans l’annexe. Frémissant de nouveau, Charlie écarta rapidement les images que son imagination, au bord de l’explosion, avait créées. Le climat était suffisamment tendu comme ça, inutile d’en rajouter.

Comme en réponse aux craintes de la jeune femme, un nouvel éclair scinda le ciel en deux et les lumières de l’annexe s’éteignirent presque immédiatement. Clignant des yeux dans la pénombre, la jeune femme se tourna vers Cassandra lorsqu’elle sentit une main se renfermer sur son bras. Peter ! Sursautant violemment, l’étudiante ouvrit de grands yeux et ravala sa salive tout en jetant un coup d’œil à son bourreau aux dents limées… Plissant les yeux, elle aperçut le visage d’Ashandra et soupira de soulagement. Derrière elle, la voix de Cassandra retentit : elle essayait de les rassurer mais sa propre voix ne lui disait rien qui vaille. Immobile, Charlie n’osait remuer le moindre membre de peur de marcher sur quelqu’un. Fronçant les sourcils, elle inclina le visage et croisa le regard d’Ashandra. « Je n’ai peut-être pas peur de l’orage mais le noir, moi, ça m’effraie un peu… » Confia-t-elle à voix basse afin qu’Ashandra seule puisse l’entendre. Elle était peut-être loin d’être rassurée, mais elle n’avait pas non plus envie de passer pour la peureuse de service.
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