Choriste du mois


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 02. Comme mère et fille.

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MessageSujet: 02. Comme mère et fille.   Lun 20 Fév - 21:06

Installée un peu en retrait sous la lumière mauve tamisé de la salle de réception, Ecaterina observait la piste de danse d’un œil absent. Cette longue journée fut riche en émotions. Outres ce splendide mariage qui la ravissait au plus haut point, Cat avait affolé l’assistance en s’évanouissant à l’église –la cérémonie religieuse était toujours un peu ennuyeuse, elle avait cru bon mettre un peu d’ambiance en détournant l’attention. Certes inconsciemment, mais force était de constater que ça avait fait son petit effet. Enfin, ce n’était rien de bien méchant, mais elle devait avouer qu’elle s’était faite une jolie frayeur en tournant de l’œil de la sorte et les quelques regards indiscrets que lui lançaient certains des convives depuis le début de la soirée ne l’aidait pas à se détendre, loin de là. Le médecin avait parlé d’une attaque de panique, tu parles d’une blague. La robe qu’elle portait pendant la cérémonie ne lui avait rendu service, voilà tout. Elle avait beau être magnifique, Ecaterina s’était retrouvée tellement comprimée qu’elle en avait eu le souffle coupé. Pourtant, ses mesures avaient été prises plusieurs fois et à la dernière séance d’essayage, il s’était trouvé qu’elle lui allait comme un gant (elle soupçonnait Savannah Williams d’avoir saboté sa tenue pour se venger). Bref, c’était du passé maintenant. Elle avait retrouvé de bonnes couleurs et le bonheur de voir Will et Emma aussi comblés avait chassé ce petit incident impromptu de son esprit. Will et Emma. Ils méritaient d’être heureux ; Will était un homme incroyable, avenant et passionné qui enchaînait les pas chassés aussi bien que Justin Timberlake et Emma… Cat ne tarissait plus d’éloges à son égard. Sans doute qu’ils ne savaient pas qu’ils comptaient beaucoup pour Cat, mais elle ne leur en voulait pas le moins du monde. Tout ce qu’elle voulait, elle, c’est que tout aille bien pour eux ; peu importe s’ils leur rendaient ou pas son affection, ça ne l’empêchait pas de les aimer aussi fort qu’elle le pouvait, ils étaient la famille au sens commun du terme qu’elle n’avait jamais eu et à cet instant précis, quand son regard clair croisa les grandes soucoupes brunes d’Emma assise plus loin, la lueur de joie qui paraissait dans son regard lui donna la sensation de les apprécier encore un peu plus ; mieux encore de les aimer profondément.

Détournant le regard quand on l’appela au loin, Cat esquissa un sourire quand Emily se dandina furieusement à l’autre bout de la salle pour lui montrer à quel point elle savait bien remuer les fesses comme Beyoncé avant de courir à toutes allures pour rejoindre son père et ses amis. Ecaterina avait assisté à de nombreux mariages au cours de son enfance. Elle se souvenait qu’elle et ses parents se rendaient rarement aux fêtes de famille. L’emploi du temps de ministre de sa mère ne permettant jamais de faire une petite place pour les effusions de sentiments et les retrouvailles en tout genre. Mais à chaque fois qu’il y avait un grand mariage à célébrer, ils s’y rendaient tous ensemble, c’était une tradition. Annabelle aimait les mariages, c’était drôle quand on savait comment avait terminé le sien. La jeune fille n’avait jamais su pourquoi ; était-ce la joie des jeunes mariés qui l’emplissait d’un sentiment qu’elle ne retrouverait jamais avec son propre époux ou tout simplement la grandiloquence de l’évènement ? Au final, ce n’était pas important, c’était lors de ces fêtes qu’Ecaterina appréciait le plus sa mère. Elle agissait comme une vraie maman, elle paraissait même fière de ses enfants ; elle faisait tourner sa fille sur elle-même pour montrer à la grand-tante de Paris à quel point elle était jolie dans sa robe toute neuve et demandait même à son fils de raconter ses journées à l’école au cousin de Californie. Ecaterina s’entêtait à vouloir bannir tout un tas de souvenirs de sa mémoire, mais les mariages auxquels elle avait assisté, elle préférait ne pas les oublier ; il s’agissait de moments rares qu’elle préférait garder pour elle.

En pensant à sa mère, Ecaterina retourna instinctivement son visage vers Emma. Elles n’avaient pas eu le temps de discuter beaucoup au cours de la journée, c’est à peine si la blondinette avait pu lui dire à quel point elle était jolie dans sa robe de mariée. La voyant assise toute seule, elle se leva lentement, puis promptement, se ravisa. Peut-être qu’elle avait besoin d’un peu de calme. Après tout, elle venait de vivre l’une des plus belles journées de sa vie, il était normal qu’elle veuille rester seule pendant un temps pour savourer son bonheur. Néanmoins, l’occasion était trop belle et Ecaterina voulait vraiment s’entretenir avec elle, c’était le bon moment, elle le sentait. Restant debout un instant, ses doigts triturant le pendentif qu’elle portait autour du cou, elle fureta les recoins de la salle à la recherche de Gale. Trouvant rapidement son regard, elle lui indiqua d’un coup d’œil qu’elle allait rejoindre la jeune mariée et gratifiant Emma d’un petit signe signifiant qu’elle allait arriver, elle contourna toute une rangée de table d’un pas gracieux, un sourire pendu aux lèvres.

Elle s’était changée, entre temps. En réalité, il était hors de question qu’elle garde la robe qui lui avait valu de mourir en pleine cérémonie. Glenn McAllistair, un jeune styliste de la ville lui avait prêté une sublime robe bustier rose pastel resserrée (beaucoup moins que l’autre, cela va sans dire) dessous sa poitrine par un subtil nœud rose plus foncé et doté d’un jupon évasé plutôt long, mais fluide qui lui allait à merveille. Elle se sentait plus à l’aise, même si le rose n’était pas sa couleur de prédilection, elle n’en faisait pas toute une montagne, la couleur était de circonstance. Virevoltant à travers les tables, la blondinette arriva enfin à destination, lançant des regards par-ci, par-là et répondant aux sourires dont on la gratifiait quelques fois.

« Est-ce que j’ai le droit de m’asseoir ou Mister Schue va m’en vouloir de lui emprunter son épouse le temps d’une discussion entre filles ? » chuchota-t-elle exagérément en direction d’Emma quand elle arriva à sa hauteur.

Elle dissimula sa bouche avec sa main, lançant un faux regard effrayé très convainquant vers William qui discutait avec Sam et Gale un peu plus loin puis enfin, s’assit à côté d’Emma en émettant un petit rire sincère. Elle croisa les jambes, disposant convenable son jupon sous la table puis posa les mains sur ses genoux et enfin, tourna la tête vers la mariée. Ecaterina regarda Emma, contemplant avec convoitise son visage si joyeux qu’elle ne put s’empêcher de rire une autre fois alors que ses yeux se remplirent de larmes. Sans crier gare, elle se pencha sur la jeune femme et la serra dans ses bras nus.

« Je suis tellement ravie pour vous, Emma. » Elle la serra davantage dans ses bras, fermant les yeux très fort pour ne pas à se mettre à pleurer comme une enfant et rompit subitement son étreinte avant de poser fermement ses mains sur les épaules de la conseillère « Sincèrement, et je n’ai pas eu le temps de vous le dire encore, mais vous êtes magnifique dans cette robe. Beaucoup plus jolie que Kate Middleton, si vous voulez mon avis. » Elle sourit de toutes ses jolies dents. Attendant un cours instant, elle balaya son hésitation d’un geste désinvolte de la main et se dandinant sur sa chaise dans une fausse mine timide, elle étreignit de nouveau Emma et déposa même un furtif baiser sur sa joue au passage.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Jeu 29 Mar - 16:56, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 02. Comme mère et fille.   Ven 24 Fév - 19:08

Vêtue de sa robe de mariée dont elle ne parvenait décidément plus à se séparer, la conseillère d’orientation de McKinley High partageait une danse avec celui qui était désormais son mari. De sa vie, elle avait rarement été aussi heureuse que ce jour-là. Non seulement elle avait épousé l’homme de ses rêves, celui qu’elle aimait depuis de si nombreuses années et qui était le père de sa fille, mais elle était également parvenue à réunir tous ses amis ainsi que sa famille qui, à sa plus grande surprise, n’avait pas refusé l’invitation. Pourtant, lorsque la rouquine avait envoyé des invitations à ses tantes, grands oncles ou même cousins éloignés, cela avait été par pure politesse : Dieu savait qu’elle n’était pas la petite préférée de la famille, elle qui pendant longtemps avait été considérée comme le vilain petit canard des Pillsbury. Car en dépit de sa gentillesse et des sourires sincères qu'elle avait toujours adressé à l’ensemble de sa famille depuis toujours, on l’avait toujours perçue comme la petite dérangée qui aurait davantage eu sa place dans un hôpital psychiatrique que parmi la si fière famille Pillsbury. Cependant, à en voir l’enthousiasme inscrit sur les traits de tous, elle semblait avoir réussi l’incroyable pari de remonter dans l’estime générale. Certes, elle avait eu droit à quelques commentaires de ses tantes concernant les boucles brunes de son mari, mais le sourire de ce dernier avait visiblement charmé les médisantes et balayé leurs doutes, et la même chose s'était naturellement produite pour Emily, devant qui tout le Monde s’extasiait de façon plus ou moins exagérée –même Emma n’avait pas pu résister à l’envie d’éclater de rire lorsque la Tante Josette avait fait glisser sa paire de lunettes sur son nez afin de chercher les reflets roux dans les cheveux de la fillette. Ah, la famille Pillsbury, si elle n’existait pas, il faudrait probablement l’inventer.

Mais s’il y avait bien une personne en particulier dont la présence était plus qu'appréciée ce jour-là, il s’agissait bel et bien de son frère, Wyatt. La jeune femme n’était pas sans savoir qu’il ne portait pas Will dans son cœur, ce qui avait d’ailleurs toujours été un sujet de discorde. Aussi, lorsqu’elle lui avait envoyé l’invitation, elle avait longtemps douté et craint qu’il ne la refuse en lui ressassant ses sempiternels arguments tels que « tu mérites bien mieux que cet homme, Emma » ou encore « il n’est pas digne de confiance et finira inéluctablement par te briser le cœur ». Pourtant, contre toute attente, il avait accepté de venir à son mariage, mettant sa haine et son mauvais caractère de côté pour être là pour elle. Lorsqu’elle avait appris la nouvelle, elle avait littéralement sauté de joie, ne parvenant pas à réprimer les larmes qui avaient aussitôt bordé son regard. Que son frère soit là à son mariage représentait le plus beau cadeau qui soit : en dépit des brèves disputes qui éclataient lorsqu’elle essayait de le raisonner au sujet de Will, il était l’une des personnes les plus importantes de sa vie. Et sans son frère à ses côtés pour cette journée qui était sans l’ombre d’un doute l’une des plus belles de toute sa vie, ce mariage n’aurait pas eu la même saveur.

Esquissant un bref sourire à l’intéressé lorsque celui-ci croisa son regard un peu plus loin, la jeune femme finit par écarter ses pensées pour se concentrer sur son mari qui menait la danse. Il avait toujours été plus à l’aise qu’elle lorsqu’il s’agissait d’évoluer sur l’une de ces pistes, et même si elle avait toujours peur de paraitre inexpérimentée à ses côtés, il fallait avouer qu’il était loin d’être désagréable d’avoir un cavalier aussi parfait.

Les dernières notes de la chanson s’élevèrent dans la salle, et Emma s’apprêtait à poser son visage contre la poitrine de Will lorsqu’elle sentit une douce pression sur ses épaules. La jeune femme croisa le regard de son mari qui lui adressa un sourire, puis elle se retourna pour découvrir le visage de son père. « Ma fille me ferait-elle l’honneur de partager une danse avec son vieux père ? » Demanda-t-il d’une voix amusée. Emma plissa le regard un instant, feignant l’hésitation, puis éclata de rire et accepta la main qu’il lui proposait. « Avec plaisir ». Abandonnant l’étreinte de son mari à qui elle adressa un sourire d’excuse, la jeune mariée rejoint son père sur le côté de la piste et ne tarda pas à enrouler ses bras autour de sa nuque. Ce geste lui arracha un nouveau sourire lorsqu’elle se souvint des nombreuses danses qu’elle avait partagées avec son père en étant jeune, la plupart du temps au cours des mariages de la famille. Il la prenait alors par la main et la faisait tournoyer toujours plus vite, l’entrainant dans des danses plus compliquées les unes que les autres qui la déstabilisaient toujours. Et elle riait, Dieu, elle riait tellement. A l’époque, c’était l’une des rares personnes qu’elle acceptait de toucher. Son frère en était une autre. Mais pas sa mère, et cela n’avait pas grand-chose à voir avec l’hygiène puisque cette dernière dégageait toujours un agréable parfum autour d’elle.

Emma plongea ses yeux bruns dans ceux de son père, plus clairs, et se détendit légèrement. « Tu sais, pour être tout à fait honnête, quand tu étais plus jeune, si on m'avait dit que tu parviendrais à avoir ta propre famille, je ne l'aurais probablement jamais cru. Et puis, si cela m’a un jour effleuré l’esprit, William n’aurait pas été la première personne à laquelle j’aurais songé mais… je suis content de te voir aussi épanouie, Emma ». La jeune femme haussa les sourcils et étudia longuement les traits de son père, que la vieillesse avait tiré. Il était vrai qu’il avait toujours cruellement manqué de tact –et en vérité, il venait une nouvelle fois de le lui prouver- mais elle pouvait néanmoins déceler une grande sincérité sur son visage. Aussi acquiesça-t-elle rapidement d’un signe de la tête, un sourire dessiné sur les lèvres. « Will est un homme bien, papa. Et il me rend heureuse ». Rusty Pillsbury ferma les yeux une seconde mais ne tarda toutefois pas à retrouver ses grands yeux bruns. Emma en profita pour jeter un coup d’œil furtif à son mari, qui dansait désormais un peu plus loin avec Emily. « C’est tout ce que je demande » Il prit une longue inspiration puis son air sérieux laissa place à une moue taquine qu’elle ne lui connaissait que trop bien. « Cependant –et si je peux me permettre- » Commença-t-il sur un ton qui se prêtait d’ordinaire aux confidences, « j’aimerais beaucoup que mon prochain petit fils ait les cheveux un tantinet plus clairs... j’espère que je peux te faire confiance, Emma » Murmura-t-il tout en jetant un regard entendu à ses mèches rousses. Pour lui faire plaisir, elle hocha le visage en signe d’approbation. « Je te promets d’essayer » Déclara-t-elle avec un sourire. Elle n’avait pas vraiment l’intention d’avoir un second enfant, mais autant faire plaisir à son père.

La chanson finit par toucher à sa fin et après quelques dernières plaisanteries qu’elle échangea avec son père, la conseillère décida d’aller se reposer autour de la table centrale. Cette dernière était plutôt calme : Ecaterina semblait plongée dans ses pensées devant son verre vide, tandis que Wyatt et Gale discutaient ensemble de l’autre côté, bientôt rejoints par Will. Un sourire aux lèvres en voyant que tout semblait se dérouler à la perfection, Emma prit place devant la table et attrapa son verre dans lequel elle versa de l’eau. Son regard ne tarda pas à se poser sur Emily qui faisait de nouveau le clown sur la piste. Dans sa petite robe rose bonbon qu’elle avait voulu porter pour la soirée, elle s’agitait dans tous les sens en envoyant des œillades appuyées à Ecaterina dont elle voulait de toute évidence attirer l’attention. La jeune femme fut amusée de voir l’enthousiasme de sa fille, et plus encore de constater que la complicité qu’elle partageait avec Cat était intacte. Lorsqu’Emma avait proposé à cette dernière de venir s’installer avec elle dans son appartement, il ne lui avait pas effleuré l’esprit qu’elle puisse si bien s’entendre avec sa fille. A vrai dire, au début, elle avait même craint qu’Emily finisse par l’ennuyer, elle qui était une enfant si vivante qui ne parvenait que rarement à rester en place. Pourtant, tout le contraire s’était produit et rapidement, une grande complicité avait lié la jolie blonde à la petite brunette. Désormais, elles étaient presque inséparables et il était courant de voir Emily trottiner derrière sa « princesse » dans l’appartement. Emma n’aurait pas pu rêver mieux. Au fil des mois, Ecaterina et elle étaient devenues si proches qu’elle la considérait parfois comme sa propre fille. Certes, elles n’avaient que dix ans d’écart et Emma n’aurait jamais pu être sa véritable mère, mais c’était tout comme.

Tournant le visage vers la jeune femme, elle constata que celle-ci était debout, son corps orienté dans sa direction, comme si elle s’apprêtait précisément à venir la voir. Emma leva le menton et lui adressa un sourire joyeux tandis qu’Ecaterina contournait les tables pour venir la rejoindre. Lorsqu’elle s’arrêta près d’elle, la jolie blonde lui demanda si elle avait le droit de s’asseoir à côté d'elle, prétextant avoir peur que Will lui en veuille de s’accaparer sa femme. La conseillère se mit à rire en voyant sa moue faussement effrayée, puis écarta la chaise à ses côtés, qu’elle lui présenta. Elle haussa aussitôt les sourcils et prit un air sérieux. « Il se peut que « Mister Schue » vous reproche de monopoliser mon attention, mais… on s’en fiche un peu, n’est-ce pas ? ». Abandonnant toute trace de gravité, la rouquine esquissa un large sourire et observa Cat s’asseoir près d’elle. Celle-ci l’observa silencieusement quelques secondes, comme si elle ne la reconnaissait pas. Et puis elle rit tranquillement avant de se pencher vers elle, les yeux brillants, lui disant être ravie pour elle.

Surprise par cette réaction, Emma serra néanmoins la jeune fille dans ses bras de la même façon qu’elle étreignait Emily lorsque celle-ci s'accrochait à elle ; comme si ce n’était pas une amie qu’elle enlaçait, mais sa fille. « Merci, Cat, ça me touche vraiment » Lui chuchota-t-elle, émue par la tendresse qu’elle avait pu entendre dans la voix de sa colocataire. Cette dernière finit toutefois par se reculer et, la prenant par les épaules, la complimenta sur sa tenue, non sans ajouter qu’elle la trouvait plus jolie que Kate Middleton. Ce commentaire qui était si digne d’Ecaterina amusa Emma, malgré le nœud qui s’était noué au fond de sa gorge lorsque l’émotion était apparue. Ecaterina se pencha de nouveau vers elle et après lui avoir déposé un baiser sur la joue, la serra encore un peu dans ses bras. « Vraiment ? Alors là, je dois dire que je suis flattée, Cat. Pour être honnête avec toi, j’ai toujours admiré Kate Middleton. Mais ne le dis à personne, d’accord ? Si mon père apprend que je rêve de ressembler à la princesse anglaise, il jubilera en pensant que je veux surtout ressembler à Kate pour être avec William, celui aux cheveux roux qui ne possède pas une seule bouclette brune, si tu vois ce que je veux dire ». Emma se recula légèrement pour pouvoir croiser le regard de la jolie blonde, et lui adressa un clin d’œil. Prenant la main de Cat dans les siennes, elle étudia un moment son regard avant d’ajouter quelques mots. « Cela dit, tu es encore plus resplendissante que moi, Cat. Quand Kate Middleton s’est mariée, tout le monde a clamé que sa jeune sœur et demoiselle d’honneur lui avait volé la vedette en étant encore plus jolie qu’elle. Je pense qu’on peut dire la même chose de toi aujourd’hui ». Emma plissa les yeux une seconde, puis reprit. « Et puis, puisque nous en sommes aux confidences, je peux t’avouer avoir vu de nombreux hommes se retourner sur ton passage, ce soir. J’ai même vu mon frère te jeter quelques coups d’œil tout à l’heure lorsque sa petite amie avait le dos tourné ! ».
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MessageSujet: Re: 02. Comme mère et fille.   Sam 25 Fév - 11:42

C’était étonnant de la part d’Ecaterina de faire preuve d’autant de sentimentalisme, elle qui, par pudeur, contrecarrait toujours ce qu’elle ressentait vraiment. On lui avait appris à ne pas faire trop étalage de ses sentiments, comme s’il s’agissait d’une maladie contagieuse et mortelle qu’il fallait à tout prix éradiquer de la surface de la planète. Néanmoins, ça ne l’empêchait pas de ressentir des choses, et d’exceptionnellement, les exprimer à voix haute. Sa mère était une femme froide, bourrue qui ne lui disait pas très souvent qu’elle l’aimait. Elle ne préférait pas y penser maintenant, mais tout ça avait dû jouer un rôle dans sa façon de se comporter, elle en était persuadée et n’avait pas besoin de l’entendre de la bouche d’un psychiatre pour le deviner : tout ses problèmes venaient de sa mère, point. En revanche son père était tout à fait à l’aise dans l’exercice ; il était un homme si chaleureux et si tendre qu’il ne lésinait pas sur les démonstrations d’affection lorsqu’il voyait (trop rarement) sa fille unique. Elle ne comptait plus le nombre exact de fois où il lui avait dit qu’elle était belle récemment et, mentant avec une décontraction qu’elle lui enviait encore plus que son talent pour l’écriture, l’avait bassiné sur le fait qu’elle avait dû prendre une bonne dizaine de centimètres. Dubitative, Ecaterina lui avait gentiment fait savoir qu’elle ne grandissait plus depuis l’âge de quinze ans, il avait baissé la tête comme un enfant prit la main dans le pot de confiture. Ecaterina aurait voulu être aussi chaleureuse, il n’y avait aucune honte à exprimer ce que l’on ressentait, après tout. Ce qui la sauvait, c’était sa nécessité d’être physiquement proche de ceux qu’elle aimait le plus. Elle avait besoin de sentir le contact de doigts glissant le long de sa nuque ou d’une paume lui encerclant le visage. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle avait toujours été prédisposée aux accolades affectueuses. Tout simplement parce qu’il était plus facile d’exprimer en caresse ce que l’on ressentait vraiment à l’intérieur.

Cette soirée était exceptionnelle ; à soirée exceptionnelle, comportement exceptionnel. Ecaterina ne savait pas exactement ce qui la poussait à vouloir discuter avec Emma alors qu’elle sentait très bien qu’elle pouvait fondre en larmes à n’importe quel moment. De son point de vue, être autant à fleur de peau était dangereux ; la dernière fois qu’elle s’était trouvée si fragile, elle était partie sans se retourner, restant cinq ans sans donner de ses nouvelles. Justement, peut-être avait-elle gardé trop de choses pour elle et que, par elle ne sait quel hasard douteux, elles avaient décidées de se montrer ce soir. Ecaterina ne voulait pas qu’on la voit fragile parce que oui, elle était fragile. Pas au sens le plus craignos du terme, elle était heureuse et pleine de bon sentiment, c’était ça le hic : elle était amoureuse, très amoureuse et cet état second dans lequel elle se trouvait tout le temps, c’était la faute du grand blond qui lui lançait des œillades prononcées à l’autre bout de la salle. Oui, à ce moment très précis, Ecaterina en voulait à Hemmens d’être aussi parfait dans sa tenue de cérémonie, et serrant Emma un peu plus fort, elle se contraint à fermer subitement les yeux pour ne pas se laisser déconcentrer par la main qu’il venait de passer dans ses cheveux –il le faisait exprès, elle en était certaine. Toujours est-il qu’elle ne savait pas si sa condition de jeune fille amoureuse pouvait se lire sur ses traits, mais elle avait ressenti un changement flagrant dans son attitude depuis le début de sa relation avec Gale et son enthousiasme exacerbé en faisait, évidemment, partie. C’était assez déroutant, elle qui se complaisait dans son allure de mélancolique au regard triste spécialiste du sarcasme en tout genre. En même temps, il fallait qu’elle en profite et qu’elle se lance enfin pour exprimer tout ce qu’elle avait sur le cœur à la jeune mariée. Sinon elle ne le ferait jamais et enfouirait au plus profond d’elle-même toute la gratitude qu’elle ressentait à son encontre.

Le nez enfouit dans le creux de la nuque de la conseillère, Ecaterina respira instinctivement son parfum puis recula quand celle-ci lui confia un faux secret. Elle avait toujours admiré Kate Middleton, vraiment ? Incrédule, la blondinette arqua un sourcil, attendant la chute. Ah ! Le père d’Emma, un homme charmant ! Bien qu’un peu effrayant au premier abord, mais il se trouvait que Cat n’était pas connu pour sa sociabilité. Ce qu’il trouvait de particulier aux roux lui échappait. Toutefois, elle l’avait surpris à reluquer avec admiration la chevelure flamboyante de Lexie Preston, la cavalière so british de son rejeton. Il lui semblait même l’avoir entendu lui demander s’il s’agissait de sa couleur naturelle, quelle drôle de question ! Enfin, riant aux révélations d’Emma, Ecaterina posa son coude sur la table.

« J’ai toujours préféré le Prince Harry, il est moins conventionnel que son frère aîné. » Elle appuya son menton dans sa main grande ouverte, laissant son regard glisser doucement sur Gale au loin et ajouta d’un air totalement absorbé par ce qu’elle était en train de littéralement contempler « Il a de beaux cheveux, aussi. » Plissant les yeux en inclinant davantage le visage, elle pinça ses lèvres avec convoitise, toisant un peu trop longtemps le jeune homme avant de reprendre précipitamment ses esprits. Sonnée, elle détourna ses pupilles de son petit ami et les reposa sur Emma qui la gratifia d’un compliment –ce qui la fit étrangement rougir. Gênée, elle préféra user d’autodérision alors que ses pommettes prirent une couleur rose soutenu inhabituelle « J’espère qu’aucune photo de mes fesses n’apparaîtra sur le net, il y en a déjà suffisamment comme ça. » Elle se mit à rire à gorge déployée, laissant toute sa voix rocailleuse envelopper la pièce. Se rendant soudain compte de ce qu’elle venait d’avancer, elle s’arrêta nette, attrapant le poignet délicat de la mariée pour la rassurer « Je plaisante, Emma, c’était une blague. » Ou pas.

Détournant la tête, Ecaterina se concentra sur Emily, cette fois –il valait mieux pour son petit cœur. Emma en vint à parler des hommes qui s’étaient retournés sur son passage (chose qu’elle n’avait pas remarqué) au cours de la soirée. Elle glissa le prénom de son frère entre deux inspirations, mais trop captivée par le moonwalk improvisé d’Ems, il lui fallut un temps pour redescendre sur Terre. Le fait qu’Emma ait remarqué les regards indiscrets que lui avait lancé Wyatt la fit ébaucher un sourire moqueur.

« C’est l’effet Pippa Middleton, je présume. Il m’oubliera vite, je ne m’en fais pas pour lui. » murmura-t-elle, distraite. Elle simula l’indifférence, mais ne put s’empêcher de poser son regard bleu azur sur le jeune homme à quelques mètres, à peine, d’elle « Vous savez, je suis sincère. » enchaîna-t-elle d’un ton grave, et elle retourna prestement son joli minois sur Emma « William et vous, vous méritez votre bonheur. Je suis loin d’être une grenouille de bénitier, je ne connais même pas les prières chrétiennes d’usage, mais dès que l’occasion m’en sera donnée, je prierai pour votre mariage, je vous le promets. » Ses yeux papillonnèrent, considérant chaque expression du visage de sa voisine. Immédiatement, elle remua doucement la tête, comme si elle venait de dire une sottise « Mais vous n’avez pas besoin de prières, bien sûr. Je sais que ça fonctionnera entre vous, c’est évident, il suffit de vous regarder. Vous êtes faits l’un pour l’autre. » Ecaterina soupira avec contentement, mordant brièvement sa lèvre inférieure pour réprimer son sourire radieux. Elle regarda Gale avec tendresse pour la énième fois de la soirée, et compléta sereinement « Et dire que si je n’étais pas revenue, j’aurais manqué ce grand événement. » Elle s’interrompit, frissonnant pour de faux « Manquer le mariage princier de Lima, c’est comme ne pas être invitée à la Bar Mitsvah du cousin Jesse, ça peut vous gâcher une vie. »

Elle sourit en coin. Elle ne tarderait pas à rentrer dans le vif du sujet et à remercier Emma, elle sentait son flot de parole de délier lentement au fond de sa gorge. Mais avant toute chose, elle concéda dans un enthousiasme cocasse « Emma, je devrais peut-être commencer à vous tutoyer. Après tout, ma brosse à dents dort dans le même verre que la vôtre ! » Elle posa ses mains sur ses genoux, haussant timidement les épaules. Elle termina en marmottant d’une toute petite voix « Qu’est-ce que vous en dites ? »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Jeu 22 Mar - 18:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. Comme mère et fille.   Lun 5 Mar - 20:58

Emma ne s’était jamais préparée au rôle de mère. Lorsqu’elle avait découvert qu’elle était enceinte cinq ans plus tôt, elle avait rapidement paniqué, perdant tous ses moyens et plongeant dans un état semi dépressif entrainé par cette révélation qui l’affolait tant. Pourtant, elle n’était qu’en partie responsable du comportement qu’elle avait eu au cours de ces premiers mois de grossesse : en dépit des apparences, le quasi lavage de cerveau effectué par sa propre mère pendant son enfance avait également eu son rôle à jouer. Rose Pillsbury avait passé des années à s’acharner sur sa fille ainée, lui répétant qu’elle ne serait jamais capable de trouver un homme qui l’accepterait, elle et ses manies si extravagantes. Mais oui, qui voudrait d’une femme aussi déséquilibrée, aussi folle, qui ne pouvait s’empêcher d’agiter sa brosse à dents dans tous les sens dès que le moindre grain de poussière faisait son apparition dans son champ de vision ? La mère Pillsbury avait été claire sur ce point : personne ne se retournerait jamais sur le passage de sa fille, et ce en dépit de sa magnifique crinière flamboyante. Ces années de constante dépréciation avaient forgé le caractère de la jeune femme qui s’était refermée sur elle au fil du temps, se créant un monde dans lequel sa mission était de vaincre les microbes qui le peuplaient. Il n’avait jamais été question de tomber amoureuse, jamais question de tomber enceinte ; après tout, qui souhaiterait poser ses mains sur cette femme si fragile et étrange ? Et quand bien même un miracle se produirait, serait-elle suffisamment forte pour fermer les yeux sur ses craintes et assumer la présence d’un homme à ses côtés ? Non, bien sûr que non. Emma était vouée à rester seule jusqu’à la fin de ses jours.

En un sens, ce fameux jour où elle était tombée dans la fosse à purin n’avait été qu’un prétexte trouvé par Rose pour dévaloriser sa fille. Peut-être qu’avec un peu d’aide, un peu de soutien, elle serait parvenue à remonter la pente, à devenir une personne « normale ». Quelqu’un qui croque la vie à pleines dents en oubliant les obstacles qui se dressaient continuellement sur son chemin, quelqu’un qui ne se laisse pas aveugler par ses craintes. Au contraire, elle avait toujours été rabaissée en permanence et à ce niveau-là, on aurait même presque pu parler d’harcèlement ; harcèlement qui avait duré une vingtaine d’années.

Ce jour-là, en observant d’abord sa fille danser sur la piste de danse puis Ecaterina dans ses bras dont les yeux se faisaient larmoyants, Emma était pourtant fière de ce qu’elle avait accompli. Elle avait pris une revanche sur sa vie, une revanche sur son enfance avortée par les critiques d’une mère qui avait toujours été trop sévère, qui l’avait brisée graduellement sans se soucier des répercussions qu’une telle attitude pourrait provoquer. Certes, elle avait été plus que désorientée lorsqu’elle avait mis Emily au Monde, les doutes la submergeant au moment où elle avait aperçu pour la première fois le visage de son enfant. Mais elle n’avait pas échoué : elle était la mère de la plus adorable des petites filles, et avait réussi à construire une relation tout aussi forte avec celle qu’elle considérait désormais comme sa fille.

Ecaterina n’était pas seulement une colocataire à ses yeux, ni même une amie proche. Malgré l’entêtement et le mauvais caractère de la jolie blonde lorsqu’elle était encore au lycée, Emma n’avait jamais baissé les bras et s’était au contraire battue pour qu’elle lui fasse enfin confiance et décide d’accepter son aide. Aujourd’hui, elle pouvait être fière des efforts qu’elle avait faits à cette période de sa vie : car elle n’était plus seulement la mère d’une petite fille de quatre ans, mais également celle d’une jeune adulte. Et Ecaterina avait beau être complètement différente d’elle et avoir des opinions parfois opposées aux siennes, ce lien qui les unissait gommait toutes ces différences et ne conservait que le meilleur : la force des sentiments qu’elles éprouvaient l’une envers l’autre, ou tout du moins, ceux qu’Emma ressentait à l’égard d’Ecaterina. De la tendresse, de l’admiration, de l’amitié, mais aussi beaucoup de gratitude.

Soupirant légèrement en resserrant l’étreinte de ses bras autour de la jeune fille, elle trouva le regard de Will au fond de la salle et lui sourit furtivement avant de reporter son attention sur Ecaterina. Celle-ci n’avait pu s’empêcher de faire quelques commentaires à propos de la famille royale, lui confiant préférer le Prince Harry au Prince William non sans s’attarder une seconde sur la souplesse de ses cheveux roux. Un sourire se dessina sur les lèvres de la conseillère d’orientation : finalement, son père n’était peut-être pas le seul à savoir apprécier de jolies mèches rousses. « Tu as raison, le Prince Harry est plutôt pas mal dans son genre, lui aussi… Quoiqu’un peu trop jeune pour moi, peut-être ». Plissant les yeux, la jeune femme plongea son regard dans celui d’Ecaterina qui s’était finalement reculée, puis les traits de son visage se détendirent de nouveau. « Je n’ai jamais été attirée par les plus jeunes… Je pense que je préférerais encore voler le Prince Charles à sa si, ehm, charmante femme, plutôt que m’attirer les faveurs de son fils cadet ». Elle sourit de nouveau, mais en voyant l’expression d’Ecaterina, se rattrapa aussitôt. « Ne fais pas cette tête, Cat, ce n’est qu’une plaisanterie : Charles n’est vraiment pas un sex-symbol… ». Esquissant une moue dégoûtée, elle fronça le nez et grimaça à outrance pour souligner le peu d’intérêt qu’elle portait au futur Roi de Grande Bretagne.

Heureusement, elle ne fut pas la seule à plaisanter, Ecaterina ne tardant pas à lui parler des photos de ses fesses, assurant espérer qu’aucune d’entre elles ne fasse son apparition sur la toile. Incrédule, Emma ouvrit grand les yeux : existait-il réellement de telles photos de sa jeune protégée ? Avant qu’elle ne puisse formuler la moindre interrogation, la jolie blonde lui attrapa le poignet tout en lui rassurant que ce n’était qu’une blague et qu’elle plaisantait. Se détendant, Emma soupira de soulagement. Certes, elle ne renierait pas Cat pour autant s’il s’avérait que cette révélation était vraie, seulement il fallait avouer que cela ne l’aurait pas mise à l’aise non plus.

Changement subtilement de sujet, Emma complimenta Ecaterina, lui avouant avoir remarqué de nombreux hommes se retourner sur son passage, y compris Wyatt. Ne la prenant pas véritablement au sérieux, la principale concernée lui assura qu’il ne s’agissait là que de l’effet Pippa Middleton. La conseillère acquiesça d’un signe du menton, souriant de plus belle. Au fond, elle avait toujours espéré qu’un jour, Wyatt tomberait sous le charme d’Ecaterina. Malheureusement pour elle, cette dernière n’était pas suffisamment rousse pour son ginger supremacist de frère qui avait préféré suivre les traces de son père en s’entichant de la très rousse Lexie Preston. Mais Emma ne désespérait pas pour autant : peut-être qu’un jour, leurs chemins se croiseraient et qu’Ecaterina entrerait vraiment dans la famille Pillsbury !

Laissant de côté plaisanteries et références à la famille royale, Ecaterina lui fit finalement part de ses impressions concernant le couple qu’Emma formait avec Will. La conseillère écouta attentivement le petit discours qu’elle lui fit et, émue, étudia longuement les traits de son interlocutrice après que celle-ci ait retrouvé le silence. Elle avait du mal à exprimer l’émotion qu’elle ressentait à ce moment précis. Ecaterina avait toujours respecté son couple, mais Emma n’aurait jamais pensé qu’elle puisse avoir une telle opinion de celui-ci. Après quelques secondes de silence, elle sortit néanmoins de son mutisme après l’esquisse d’un énième sourire. « Oh, merci beaucoup Cat, je… » Elle s’interrompit un instant, sentant les larmes qui menaçaient de border son regard sombre. « M-merci beaucoup » Répéta-t-elle, sans être capable d’ajouter le moindre commentaire. Ecaterina lui dit alors que si elle n’était jamais revenue, elle aurait manqué ce mariage, et ces paroles permirent à Emma de retrouver son sempiternel sourire, et même le peu d’humour qu’elle possédait. « Bien sûr que non. Je serais venue jusqu’en Californie si besoin pour te convaincre de venir. Crois-moi, je sais me montrer convaincante parfois ». Arquant un sourcil, elle finit par laisser échapper un petit rire, prenant la main d’Ecaterina dans la sienne.

Lorsqu’Ecaterina proposa de la tutoyer, Emma posa sa main libre sur sa poitrine de façon théâtrale, poussant un long soupir. « Doux Jésus, si tu savais à quel point j’attendais le moment où tu arrêterais de me vouvoyer ! Non vraiment, je commençais même à désespérer, j’ai bien cru que ce moment n’arriverait jamais ». Son sourire s’élargit légèrement tandis qu’elle reposait sa main sur son genou. « A chaque fois que tu me vouvoies j’ai l’impression d’avoir une cinquantaine d’années, et si je sais que ce jour finira par arriver, je ne suis pas tout à fait prête à le voir venir, si tu vois ce que je veux dire… Enfin, bref, je pense que ça répond à ta question : oui, bien sûr que tu peux me tutoyer. Mieux encore : je te supplie de me tutoyer, Cat ». Satisfaite, la jeune femme reposa son dos contre le dossier de sa chaise, sans jamais détourner son regard d’Ecaterina. Puis, fronçant les sourcils, une expression inquiète fit alors son apparition sur ses traits fins. « Rassure-moi, Ecaterina, je n’ai pas l’air d’une cinquantenaire ? ».
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MessageSujet: Re: 02. Comme mère et fille.   Jeu 8 Mar - 17:19

Ce n’était plus un secret : les rapports que Cat entretenaient avec sa mère étaient catastrophiques. Toute la rancœur qu’elle éprouvait encore aujourd’hui à son égard, elle s’était contrainte à la garder enfouie, préférant lui obéir au doigt et à l’œil par crainte qu’elle ne l’abandonne, elle aussi. Les quelques individus qui l’entouraient pendant cette période étaient tous témoins de l’acharnement de cette mère assoiffée de reconnaissance à faire de sa fille une étoile montante. Pourtant, jamais personne n’avait rien fait pour la sortir de cette situation ; ils la trouvaient si mignonne et tellement photogénique, c’aurait été un crime de laisser une poupée pareille dans la nature. Sa place était bien ici, sur cette chaise trop haute, à se faire tartiner les joues de fard trop rouge et de paillettes clinquantes. De toute façon, on ne discutait pas les ordres d’Annabelle. Le faire c’était comme s’engager dans une mission suicide. Dans ce milieu, des lâches incapables de protéger une enfant de moins de dix ans au péril de leurs misérables existences, il y en avait tout une poignée, inutile de compter sur eux pour se jeter dans la gueule de la grande méchante sorcière. Ecaterina reprochait des tas de choses à cette femme. Elle ne pouvait assurément pas faire comme si son enfance s’était déroulée à merveille. Il se trouvait en plus que tout ses maux lui venaient d’elle –ses plus gros défauts, aussi– alors autant faire les choses en conséquence et la détester de tout son être lui semblait être une punition juste en comparaison au gâchis monumentale qu’elle avait fait de la vie de la jeune fille. Cette dernière en souffrait, elle essayait d’avancer et de laisser toute cette période derrière elle. Elle y parvenait, assez aisément, à vrai dire. Néanmoins à certains moments, ses souvenirs resurgissaient, la prenant par surprise. Ce n’était pas tous les jours évident, surtout que bon nombre de ses soucis relationnels provenaient de tout ce cirque dans lequel elle avait été engagée à ses dépends pour tenir le rôle du clown triste. Mais Ecaterina s’en sortait, il le devait. Annabelle ne lui avait pas donné suffisamment d’amour alors qu’il s’agissait de la seule chose qu’elle lui demandait. Oh, de l’attention en revanche, elle lui en avait beaucoup donnée, c’était un fait. Elle considérait sa propre fille comme son gagne-pain. De quoi rendre vertes de jalousie les copines –qu’elle n’avait jamais eu puisque privée d’école et de contacts avec les enfants de son âge. La petite Cat, rusée et observatrice, s’en rendit compte au fil du temps. Ça ne fut pas quelque chose de très agréable à assimiler, elle avait beaucoup pleuré. Elle aurait pu se rebeller, prendre le bus pour s’enfuir et retrouver son père. Seulement, elle n’avait pas eu le courage de la faire, elle était bien trop jeune encore. Qui plus est, Annabelle restait sa mère. Elle avait des défauts, des tas. Ecaterina n’était pas la dernière à pointer avec malice ses failles les plus grossières, mais elle était la seule, l’unique personne qui ne l’avait jamais laissée tomber. Elle se servait d’elle, elle en était consciente. Pour autant, elle s’était obstinée à rester accrochée à elle jusqu’à sa disparition. Cat n’allait pas à l’encontre de ses décisions. Il lui arrivait de vouloir donner son opinion sur une tenue qu’elle choisissait toujours à sa place. Pendant la nuit entière, elle se préparait à contrarier ses plans, pensant aux arguments bétons qui lui permettraient de gagner la partie contre cette féroce adversaire. Cependant, dès qu’elle se trouvait face à cette grande blonde au regard acier, elle capitulait, instantanément. Sa mère était la seule personne qui avait réussi à faire d’Ecaterina une enfant docile, chétive. Elle l’avait dressée pour qu’elle devienne intéressante aux yeux des directeurs de casting, elle estimait même avoir plutôt bien remplie la part du marché. Cat avait peur d’elle. Elle ne l’avait jamais frappée pourtant, juste réprimandée en paroles. Malheureusement, c’était ça le plus douloureux parce qu’elle ne lésinait pas sur les reproches pour faire culpabiliser sa cadette. C’était de cette manière qu’elle était parvenue à la garder auprès d’elle.

Il fut un temps où Ecaterina pensait naïvement que toutes les mères étaient censées se comporter de cette façon. Ça n’avait pas duré longtemps, elle avait fini par comprendre que cette relation qu’elle entretenait avec la sienne n’avait rien de normale. Une mère était supposée aider ses enfants à bien grandir et à leur fournir les outils nécessaires pour mener une vie sereine et prospère, pas les casser dès que l’occasion leur en était donnée. Elle devait leur donner des repères, leur apprendre les petites choses de la vie. Ce passage de flambeau était naturel, c’était instinctif. Du moins, c’est comme ça qu’Ecaterina voyait une vraie mère. La personne la plus proche de cette image –peut-être trop idyllique, elle n’en disconvenait pas–, c’était Emma. Elle lui donné des repères, des conseils et l’aidait à avancer dans une bonne direction sans pour autant la ménager ou la considérer comme une enfant. Certes, peut-être qu’une mère et sa fille ne vidaient pas des bouteilles de vins en l’absence des hommes de la maison et ne s’enfermaient pas dans des placards pour tester les jeux douteux en vogue dans les soirées étudiantes, mais passons sur ce petit écart de conduite.

Tournée vers Emma, Ecaterina attendit sa réponse concernant son autorisation de la vouvoyer. Peut-être qu’elle avait manqué d’amour, mais elle avait été très bien élevée. Elle avait des manières et restait une jeune fille de bonne famille ; ses parents avaient mis un point d’honneur à inculquer certains codes de bonne conduite à leurs enfants et le vouvoiement en faisait partie. Ecaterina ne tutoyait pas les gens naturellement, elle demandait la permission. C’était sans doute ridicule et vieux jeu, mais c’était comme ça. Suivant les mouvements d’Emma avec une attention avide, son visage se rembrunit alors que sa réponse se faisait attendre. Une seconde à peine plus tard, la conseillère accepta sa demande. C’est soulagé que la blondinette expira de l’air, la main posée sur sa poitrine. Elle se détendit et laissa échapper un rire lorsque le visage d’Emma s’assombrit brusquement, inquiète de l’âge qu’on pouvait bien lui donner.

« Vous faites bien plus jeune que ça, Emma. » Elle ferma les yeux en se mordant très fort les lèvres. Elle n’y arrivait pas, c’était vraiment trop étrange, pas naturel ! Aussi, Ecaterina rouvrit les paupières, inclinant la tête en grossissant les yeux en même temps « Tu fais bien plus jeune que ça. » corrigea-t-elle, amusée. D’ailleurs, elle se remit à rire et se pencha sur Emma pour lui murmurer « C’est trop bizarre comme sensation, mais ça sonne plutôt bien ! »

Cette fois, elle pinça les lèvres en se redressant et laissa son regard vadrouiller de part et d’autre de la piste de danse. Le temps était venu, l’état d’esprit dans lequel elle était s’y prêtait. Pivotant sur sa chaise, la jeune fille tourna tout son corps vers Emma. Il ne fallait pas qu’elle se laisse submerger, elle avait déjà fait des dégâts pendant la cérémonie, si elle se mettait à pleurer, on penserait qu’elle ne sait pas se tenir et ne serait plus jamais invitée au mariage de ses amis –ce qui à son sens était un affront, elle aimait tellement les mariages ! Surtout en ce moment, elle et sa niaiserie d’amoureuse transie s’émerveillait à la vue d’un simple bouquet de roses. Mignon, certes, mais passablement embarrassant. Dégageant son front d’une mèche de cheveux, elle coula un regard vers Emily qui la gratifia d’un sourire toutes dents dehors en remuant encore une fois les fesses à tout va. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette petite danse lui donna du courage. Prenant une longue inspiration, elle cligna des yeux un petit moment puis enfin, se lança avec incertitude :

« Le moment n’est pas opportun, je suis désolée. Tu veux profiter de la fête, c’est ta soirée. Seulement, si je ne fais pas ça tout de suite, je n’aurai pas le courage de le faire plus tard. » Ses yeux croisèrent le regard de Wyatt au loin. Elle fit glisser ses pupilles sur un autre endroit reculé de la pièce. Ecaterina le sentait encore en colère contre elle, il avait raison. Toutefois, elle ne se laissa pas distraire pas les œillades semi-furieuses du docteur et sur le même ton, elle poursuivit « Je te dois beaucoup, Emma. Je veux que tu le sache. » Elle leva très furtivement les yeux. N’affrontant toujours pas directement les yeux de la jeune femme, elle se contenta de lancer des petits regards à son profil « Pas de larmes, d'accord ? Si tu te mets à pleurer, je vais me sentir obligée de t’accompagner. Mon mascara va dégouliner, je vais devoir expliquer les raisons à Gale qui va se moquer de mon sentimentalisme à la mord-moi le nœud et je vais avoir l’air encore plus ridicule que quand je me suis effondrée aux pieds de l’autel. Ce qui, entre nous soit dit, a mis un peu d’ambiance, non ? Le pasteur Hamilton est franchement ennuyeux, je pense que Cassandra devrait prendre sa place, vraiment. Au moins, elle attire l’attention –mais ce n’est pas le sujet, pardon. » Un petit rire nerveux s’échappa de ses lèvres alors qu’elle reprenait une grande inspiration. Regardant Emma, rapidement –trop rapidement, elle continua plus calmement « Retient tes larmes, s’il te plaît. Je vais essayer de faire court, promis. » Un petit sourire sincère accompagna sa tirade. Ses yeux se remplirent de larmes qu’elle tenta de ravaler et se mordant la langue, elle fini pas sagement poser ses mains sur ses genoux « Quand je suis revenue, tu m’as accordée une seconde chance avant tout le monde. Si tu ne m’avais pas donnée l’opportunité de rester, si tu ne m’avais pas proposée cette colocation totalement farfelue, je ne sais pas comment aurait été ma vie à Cincinnati. » Elle s’interrompit puis plissa les yeux, jetant un regard en l’air en s’imaginant sans mal « Je me vois bien en train de me morfondre sur le départ de Catalano en ressassant entre deux coups de fil désespérés mes plus grosses erreurs. Et c’est qu’elles sont nombreuses ces petites bêtes, de quoi être occupée pendant une bonne décennie ! Hum, tout ça bien sûr en me goinfrant de glace chocolat/rhum payée avec de la petite monnaie trouvée au fond des poches d’un vieux jean usé ou même volée à l’épicerie du coin, tiens ! Une vie de rêve, c’est incontestable. » Joignant les mains sur ses genoux, Ecaterina tourna la tête. Elle regarda la piste en la secouant doucement, son sourire amer s’amenuisant au fur et à mesure « Je suis revenue parce que j’en avais très envie, mais si tu n’avais pas insisté pour que je reste à la fin de l'été… » Ecaterina tourna la tête vers Emma. Cette fois, elle affronta son regard puis posant la main sur son front, elle baissa la tête, le nez froncé. Elle était consciente d’être ridicule, mais ses intentions étaient sincères. Dans un rire, elle cru bon ajouter « J’ai promis de faire court, je crois que c’est raté. » Très embarrassée, elle prit un instant avant de relever menton, mais une fois qu’elle croisa de nouveau les grandes soucoupes brunes de son interlocutrice, elle répéta avec beaucoup de douceur « Merci beaucoup, Emma. » Soudain, elle posa ses mains sur ses propres joues et prenant une expression effarée, elle glissa dans un murmure précipité « Mon dieu. Je ne me pensais pas capable d’autant de mièvrerie. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Jeu 22 Mar - 18:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. Comme mère et fille.   Lun 19 Mar - 22:30

Quittant furtivement la lueur réconfortante brillant dans les yeux clairs d’Ecaterina, Emma balaya la salle du regard, son sourire s’intensifiant sur ses lèvres au fur et à mesure qu’elle passait en revue tous les invités présents ce jour-là. Si on lui avait un jour dit qu’elle parviendrait à organiser un tel mariage, elle ne l’aurait probablement jamais cru. Bercée par les contes de fée que son père lui racontait le soir lorsqu’elle était enfant, et les Walt Disney qu’elle regardait en boucle sur la petite télévision du salon quelques années plus tard, la jeune femme avait toujours admiré les mariages présents dans ces livres et dessins animés ; c’était même la partie qu’elle préférait, celle qu’elle attendait patiemment et qui la faisait toujours sourire lorsqu’elle arrivait enfin. Rêveuse dans l’âme et peut-être trop utopiste sur les bords, l’enfant qu’elle était rêvassait sans cesse du prince charmant et se prêtait aux jeux des déguisements dès que l’occasion se présentait. Ainsi, à chaque Halloween, la petite rouquine ressortait sa petite robe de princesse du placard, ainsi qu’un diadème semblable à celui qu’elle portait ce soir-là à son mariage. Ces contes de fée avaient forgé son caractère : elle avait toujours été naïve, sensible, idéaliste, et sûrement un peu trop faible pour un Monde qui n’avait rien à voir avec un conte de fée grandeur nature. Contre sa mère qui trouvait toujours quelque chose à lui reprocher et qui passait son temps à lui donner des surnoms plus ridicules les uns que les autres, elle restait de marbre, se renfermant sur elle en suivant docilement les ordres de Rose Pillsbury sans jamais y opposer la moindre résistance. Vingt ans plus tard, si Emma s’était libérée de ses troubles obsessionnels compulsives engendrés par un traumatisme intervenu au cours de son enfant et d’une éducation souvent trop stricte, elle n’en avait pourtant pas perdu son côté rêveur. Ainsi, quand Will avait fait sa demande en mariage à McKinley au mois de février dernier, la jeune femme s’était immédiatement lancée à corps perdu dans les préparatifs pour faire de ce mariage le plus beau jour de sa vie. Tout portait à croire que ses efforts n’avaient pas été vains : elle s’était réveillée ce matin-là avec un sourire qui ne l’avait pas quitté de la journée : elle avait eu le privilège de voir son rêve se réaliser, et elle-même avait du mal à croire que tout ceci n’était pas qu’un songe –elle s’était d’ailleurs pincée à plusieurs reprises, certaine que tout ceci était bien trop beau pour être réel.

Reportant son attention sur Ecaterina tout en réprimant un nouveau soupir de contentement, la jeune mariée accueillit la réponse de la jeune femme avec un énième sourire. La conseillère d’orientation de McKinley High avait beau ne pas faire partie de cette catégorie de femmes qui se plaignaient toujours de leur physique, elle faisait néanmoins attention à celui-ci : elle avait une hygiène de vie irréprochable et ne fréquentait jamais les Wendy’s, McDonalds et autres fast-food typiquement américains, ce qui lui garantissait une ligne que beaucoup auraient pu lui envier. Posant sa main sur celle de la jolie blonde, les traits du visage de la jeune femme se détendirent et elle rit avec légèreté lorsqu’Ecaterina se rendit compte qu’elle l’avait encore une fois vouvoyée. « Tu as raison, ça sonne même très bien. Et puis, après tout ce que l’on a vécu ensemble, je ne te considère plus comme une adolescente : nous sommes sur un pied d’égalité, le tutoiement est donc de rigueur, jeune fille ». Emma lui offrit un nouveau clin d’œil en repensant à cette fameuse soirée où elles avaient toutes les deux vidé une bouteille de vin en l’absence de Will… Elle n’était pas prête de l’oublier, d’ailleurs, et si elle n’en était pas particulièrement fière, elle chérissait néanmoins beaucoup ce souvenir : ce soir-là, elle s’était encore rapprochée d’Ecaterina, et en dépit du nombre de bêtises qu’elles avaient pu dire toutes les deux, elles s’étaient énormément amusées.

Emma profita du bref instant où l’attention de la jeune fille fut détournée pour laisser son regard papillonner en direction de Will, assis un peu plus loin. Son mari… il était tellement étrange de pouvoir l’appeler enfin ainsi. Le simple fait de porter son nom la rendait heureuse : elle était désormais Emma Pillsbury-Schuester, et avait les mêmes initiales que sa fille. Cela pouvait sembler anodin pour n’importe qui, mais cela ne l’était pas aux yeux de la conseillère. C’était ce genre de détail qui rendait son sourire permanent, ce genre de détail qui faisait de ce mariage un événement exceptionnel à ses yeux.

Levant un sourcil en voyant Holly s’approcher de Will, elle s’empressa toutefois de retrouver le regard de Cat : rien, non rien, ne viendrait entacher le bonheur que lui procurait cette journée. Ecaterina ne tarda pas à se tourner vers elle, l’air nerveuse. La jeune femme haussa un sourcil lorsqu’elle entendit les premières paroles de sa demoiselle d’honneur qui lui annonça être désolée pour ce qu’elle s’apprêtait à dire. La curiosité piquée à vif, Emma inclina légèrement le visage, plongeant son regard brun dans celui d’Ecaterina, attendant patiemment la suite. Au cours du discours qui suivit, elle ne prononça pas un seul mot, se contentant de laisser parler la jolie blonde sans jamais l’interrompre. Et si cette dernière l’avait presque suppliée de ne pas pleurer, les larmes ne tardèrent pourtant pas à border ses grands yeux sombres. Serrant les dents, elle acquiesça à plusieurs reprises mais ne quitta jamais le regard de sa colocataire qui se fit quant à lui fuyant par moments. Elle tint pourtant bon : nulle larme ne vint dégringoler ses joues et elle parvint à garder son calme alors qu’à l’intérieur, une foule d’émotions se faisait ressentir.

Qu’Ecaterina puisse penser de telles choses d’elle lui faisait non seulement incroyablement plaisir, mais la réconfortait dans l’idée que cette relation qui s’était développée entre elles au cours de ces quelques mois qu’elles avaient passés ensemble, dépassait la simple amitié. Et Ecaterina avait beau lui dire qu’elle lui devait énormément de choses, la réciproque était tout aussi sincère. La jeune fille lui avait apporté beaucoup : elle avait là pour l’aider avec Emily, devenant une sorte de grande sœur pour elle. Mais il n’y avait pas que ça : Emma avait le sentiment qu’elle pouvait compter sur quelqu’un, qu’elle pouvait avoir une confiance aveugle en elle parce qu’elle savait qu’elle ne la décevrait pas. Elles avaient partagé beaucoup de choses, et ce lien qui les unissait était sacré pour la conseillère.

La gorge nouée, Emma se mordilla l’intérieur de la joue puis baissa un instant les yeux, reniflant doucement et le plus discrètement possible afin qu’Ecaterina ne le remarque pas. Elle releva le regard vers celle-ci une poignée de secondes plus tard, lorsqu’elle fut certaine qu’elle ne fondrait pas en larmes. Ancrant ses yeux aux siens, elle esquissa un sourire puis acquiesça derechef. « C’est loin d’être mièvre, Cat, et tu n’imagines probablement pas à quel point tout ce que tu viens de me dire me touche ». Prenant une grande inspiration, elle poursuivit d’une voix aigüe. « Je n’ai jamais regretté de t’avoir proposé de rester chez nous, pas un seul instant. Tu fais partie intégrante de la famille désormais, j’espère que tu le sais ; tu n’es pas seulement une colocataire, ni une simple amie. Pour Emily, tu as agi comme une sœur, il n’y a qu’à voir la façon dont elle te regarde… elle t’admire beaucoup, vraiment beaucoup » continua Emma avant de marquer une nouvelle pause lorsque sa voix se brisa. Posant son index sous un œil, elle effaça les quelques larmes qui menaçaient de rouler sur sa joue, puis s’éclaircit la voix. « Je ne vais pas pleurer, ne t’en fais pas » ajouta-t-elle avec un sourire, tout en essayant de s’en persuader elle-même. « Cela n’a pas toujours été évident entre nous : quand tu étais au lycée et que tu me détestais –oui, n’ayons pas peur des mots- » Elle esquissa un nouveau sourire en songeant à toutes les confrontations qu’elle avait eues avec Ecaterina. « Quand tu étais au lycée, je n’aurais jamais pu croire que tu deviendrais une personne aussi importante pour moi… » Emma sentit le nœud au fond de sa gorge se renforcer, et détourna le regard une nouvelle fois, les lèvres tremblotantes. Les larmes affluaient au bord de ses yeux, mais elle secoua la tête pour les chasser, et après avoir passé le revers de sa main sur chaque joue, elle posa son regard sur Cat. « Tu as ta propre famille, Cat. Ton propre frère, ton propre père. Des oncles et des tantes un peu partout, j’imagine, et une grand-mère à Cincinnati. Pourtant, je te considère vraiment comme un membre de ma famille également… A mes yeux, tu es comme une fille, je voulais que tu le saches ».

Écartant une mèche rousse de son visage, la conseillère s’approcha d’Ecaterina et, cette fois-ci, elle fut celle qui l’étreignit. Elle ferma étroitement les yeux dans le dos de la belle blonde, peinant à ne pas se laisser déborder par toutes les émotions qui se bousculaient en elle. Mais la mariée ne pouvait pleurer à son propre mariage. Elle prit donc plusieurs inspirations et tenta de se calmer du mieux qu’elle le pouvait pour ne pas céder à sa sensibilité à fleur de peau. Quand elle jugea être suffisamment forte pour croiser le regard bleu d’Ecaterina, elle s’écarta légèrement et plongea ses yeux dans les siens. Ne voulant pas tomber dans le mélodrame et souhaitant à tout prix éloigner les larmes de ses yeux, elle décida de jouer de nouveau la carte de l’humour, ce qui permettrait peut-être de détendre à la fois ses muscles et l’atmosphère. « Enfin, je ne peux pas vraiment être ta mère : tu as dit que je « faisais jeune » et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde » lança la mariée avec amusement. « Disons que je serais… » Emma plissa les yeux et hésita un moment, puis son visage s’éclaira : « une marraine ! Ou, une cousine, puisque j’ai l’air si jeune ». Un grand sourire aux lèvres, elle tapota doucement l’épaule d’Ecaterina tout en riant de plus belle, sa gorge nouée se desserrant graduellement.
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MessageSujet: Re: 02. Comme mère et fille.   Mar 20 Mar - 17:02

Il était rare de la part de la jeune fille de se livrer à ce genre d’exercice. Dire clairement aux gens qu’elle les aime, ça ne faisait pas partie de son passe-temps favori, elle ne l’avait jamais caché et ce n’était d’ailleurs pas difficile à constater. C’est vrai qu’elle faisait des efforts, des tas, pour gommer ce défaut qui dressait des remparts entre elle et le monde entier (n’ayons pas peur d’en faire trop). Toutefois, elle avait parfois l’impression que ce n’était pas suffisant pour son entourage et que les gens la prenaient toujours pour une sauvage fermée au dialogue. C’était de sa faute, elle n’en disconvenait pas, loin de là et au fur et à mesure, elle avait fini par se résigner. N’était-ce pas eux qui devaient se faire à son caractère spécial ? C’est vrai, ce n’était pas elle qui devait en changer, personne n’avait le droit de le lui demander. Ecaterina tentait toujours de garder son flegme naturel, mais quand il s’agissait de sentiments réels, ses pommettes parfaites s’empourpraient immédiatement comme celles une adolescente prise en flagrant délit d’espionnage de voisin d’en face dont elle était amoureuse depuis le jardin d’enfant. Elle restait sur la réserve, tout le temps. On lui avait appris à le faire, elle avait élevé dans un environnement réfractaire à tout débordement d’affection. Il fut un temps où elle regrettait d’être aussi froide, si distante par rapport à la tendresse qu’elle pouvait ressentir à l’égard de certaine personne, mais au fil du temps, elle estimait que ce n’était pas une si mauvaise chose, finalement. Elle ne supportait pas les étreintes exacerbées et les compliments hypocrites. Chez elle, tout se passait en privé, on ne pouvait pas la blâmer d’être pudique à ce sujet. En public, elle préférait cent fois une caresse discrète à des étreintes enflammées ou de longues phrases pleines de bons sentiments parce qu’elle n’était pas douée pour ça, et qu’elle se sentait très vite ridicule à déballer avec autant de mièvrerie ce qu’elle avait réellement sur le cœur. C’était dans sa nature, elle était faite ainsi et ceux qui n’étaient pas en phase avec la façon dont elle faisait les choses n’étaient pas des gens qui tenaient réellement à elle. Ce fait était ancré dans son esprit, elle était pour une fois persuadée qu’elle avait entièrement raison. Ecaterina était telle qu’elle était, point.

En revanche, lorsqu’elle se mettait à dire ce qu’elle ressentait vraiment, elle n’y allait pas de main morte. Chez Cat, soit tout était blanc, soit tout était noir, il n’y avait pas de gris. Quand elle détestait quelqu’un, c’était pour de bon. Elle n’était pourtant pas du genre à s’encombrer de rancœurs futiles. Mais si des ressentiments grandissaient en elle, c’est qu’elle devait avoir des raisons suffisantes. Ecaterina était la spécialiste du calme olympien, après tout alors, quand sa carapace de sérénité se brisait, c’est que quelque chose de plus important qu’une simple dispute se tramait. La preuve avec Dorian, il y a cinq ans. Aussi, elle était rancunière et têtue, elle n’aimait pas le conflit, mais se défendait plutôt bien en matière de répartie. Pourtant, elle ne laissait pas à aller à la méchanceté gratuite ; arrogante, certes, mais pas hargneuse pour un sou. Elle était souvent la première à aller s’excuser –pas si arrogante que ça, au fond. Quand elle aimait, elle ne faisait pas les choses à moitié, c’était pour un bon bout de temps et les raisons qui la forçaient à ne plus ressentir une once de sentiment pour quelqu’un qu’elle aimait profondément devaient être aussi bonnes que celles qui la poussaient à avoir des ennemis. Gale en était le parfait exemple et Emma s’introduisait dans la lignée. Certes, elle ne lui ferait pas de déclaration d’amour sur le toit d’un immeuble par un temps glacial, mais elle prendrait du temps pour lui montrer toute sa gratitude lors de son mariage. C’est bien ce qu’elle était en train de faire, non ?

Ecaterina ne cherchait pas à ce qu’Emma lui retourne ses louanges, loin de là. Cependant, c’est ce qu’elle fit et surprise par la tournure que prenait la conversation, la blondinette se tut, touchée. Ce que la conseillère lui disait était la chose la plus importante qu’on ne lui ait jamais dite. Sa famille n’était pas un modèle de cohésion, Emma était au courant, elle était donc consciente de l’impact que ces paroles auraient sur la jeune fille. Elle n’avait jamais pensé agir en grande sœur vis-à-vis d’Emily, elle tentait juste de faire de son mieux pour bien s’entendre avec elle. Elle adorait cette gamine, elle la voyait grandir. Emily la rendait plus confiante, d’un certain côté. En jouant avec elle, en échangeant des choses et en partageant sa maigre expérience de la vie, elle se rendait compte qu’elle n’était pas comme sa mère… elle était loin de l’être, c’était rassurant. Ecaterina espérait qu’Emily retienne des choses de ce qu’elle tentait de lui inculquer. Elle n’essayait pas de remplacer Emma, jamais, ce n’était pas son rôle et elle n’avait pas le quart de talent qu’Emma avait en tant que mère, ça paraissait tellement naturel chez elle, mais elle était bien obligée de partager ses valeurs avec elle quand elles passaient du temps ensemble, ce qui arrivait très souvent. Ce n’était sans doute pas grand-chose pour une enfant de son âge, seulement si elle lui disait un jour vouloir écrire des histoires quand elle deviendrait plus grande, elle serait la nounou la plus heureuse du monde et elle saurait que ses efforts n’auront pas été vains. Emma la reprit dans ses bras et elle se laissa faire, fermant les yeux. Elle la considérait comme sa fille. Son cœur se mit à battre à tout rompre, mais elle ne pleura pas, sentant juste une joie immense la transpercer de part en part. Elle ne savait pas quoi répondre à ses paroles ! Elle était bouleversée, heureuse et soulagée d’avoir eu le courage d’interagir avec Emma avec autant de sincérité. Encore un temps, elle la serra dans ses bras, toujours coite et planant à demi. Rompant leur étreinte, elle rit avec un temps de retard à ses propos et reporta son attention sur la piste. Ses yeux trouvèrent Emily, et se battant avec sa gorge sèche, elle lança :

« Tu trouves que Gale et moi on pourrait prétendre au titre de Ken et Barbie de Lima ? » Elle fronça les sourcils quand Emily poussa un autre enfant de l’assistance sans le ménager. La petite éclata de rire en levant le devant de robe pour lui montrer ses mollets, faisant la grimace ; oui bon, parfois Emily n’était pas un modèle de tenue. Ecaterina tourna subitement la tête vers Emma. Quel drôle de moyen de détourner la conversation ! Elle devait avouer que le compliment –où elle ne savait quoi au juste– qu’Emily leur avait fait plus tôt l’avait un tantinet plongé dans une réflexion intense. Elle se fichait pas mal à vrai dire de l’image que son couple pouvait donner, mais ce qualificatif la travaillait, elle ne l’aimait pas du tout. Plongeant son regard dans celui d’Emma, ses yeux s’écarquillèrent soudain, signe annonciateur d’un débit de parole effréné. Bingo ! Elle débita d’une traite « Parce que tu sais foncièrement, je n’ai rien contre Ken et Barbie. Mise à part que Barbie ne donne pas l’impression d’avoir inventé le nucléaire et qu’elle ne porte jamais de culotte. » Un peu plus, elle fronça les sourcils. Passant très discrètement sa main sur son ventre, elle vérifia si elle en portait bien une et constatant que oui, elle opina deux furtives fois du chef, rassurée, avant de reprendre « Je ne trouve pas ça très flatteur. Pour moi, Ken et Barbie, c’est plutôt Sam et Quinn. Alors, venant de moi, ça n’a rien de péjoratif, rassure-toi ! En plus, Quinn a la taille requise, alors que moi, ma croissance s’est arrêtée quand j’avais quatorze ans. » Elle glissa un regard aux chaussures plates qu’elle portait et bougonna une seconde avant de reprendre « Seulement, tu comprends… » Relevant le visage, son regard se posa instinctivement sur Gale qui repoussait encore une fois une mèche de cheveux en riant aux éclats. Se stoppant subitement, elle pencha la tête en plissant graduellement les yeux « Elle a raison. Il n’aurait pas dû se reteindre les cheveux en blond. Je n’avais jamais remarqué qu’il avait les dents aussi blanches. C’est impressionnant, vu de loin. » Ses paupières se plissèrent davantage, transformant ses grands yeux bleus en de petites fentes sans pupilles. Elle se perdit dans la contemplation de l’éclat des dents de Gale, oubliant quasiment la présence d’Emma à ses côtés puis sursautant d’un coup, elle cligna des yeux et cilla bêtement, donnant l’impression de ne plus savoir où est-ce qu’elle était.
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MessageSujet: Re: 02. Comme mère et fille.   Jeu 29 Mar - 9:35

La réaction d’Ecaterina ne se fit pas attendre ; rapidement, l’émotion apparut dans ses grands yeux clairs et lorsqu’Emma la prit dans ses bras, elle put aisément sentir la fébrilité de la jeune femme. Il était pourtant rare que la jolie colocataire laisse ses émotions reprendre le dessus. Lorsque Cat était au lycée, Emma ne cessait d’imaginer un masque porté par l’adolescente d’autrefois, pour dissimuler des émotions qu’elle préférait enfouir au plus profond d’elle sans jamais les dévoiler. Il n’était pas rare de rencontrer des élèves se protégeant de la même façon, à McKinley : la plupart d’entre eux considéraient la sensibilité comme une faiblesse, et si jamais ils étaient dotés d’une telle qualité –oui, aux yeux d’Emma, il s’agissait bel et bien d’une qualité- alors ils essayaient de s’en débarrasser du mieux qu’ils le pouvaient. Les « faibles » n’avaient pas leur place dans la hiérarchie cruelle du lycée, il n’y avait que les personnes indifférentes et psychologiquement résistantes qui parvenaient à s’en sortir et Emma le savait mieux que quiconque. Lorsqu’elle-même était lycéenne à McKinley, elle était perçue comme le vilain petit canard que l’on évitait à cause de ses nombreuses manies. Incapable de relever le menton avec dignité, de renvoyer les piques que ses petits camarades lui envoyaient sempiternellement, ou même de sortir de la bulle fragile dans laquelle elle s’était terrée, si une pyramide de la popularité avait pu être établie, alors elle se serait inéluctablement trouvée tout en bas.

Mais Emma n’était pas Ecaterina, et Ecaterina n’était pas non plus Emma ; elles étaient deux personnes complètement différentes. La première avait toujours été frêle et craintive, une attitude que son éducation avait forgée. Elle n’avait jamais essayé de se cacher derrière des faux semblants, préférant de loin se renfermer sur elle-même pour éviter la violence d’un Monde sans pitié. En grandissant, elle avait fait de nombreux efforts et cela avait payé : canalisant ses troubles obsessionnels compulsifs et prenant un peu confiance en elle, elle était devenue une femme épanouie. Grâce à Will, puis Emily, elle n’avait plus rien à voir avec l’adolescente chétive qui se baladait tête baissée dans les couloirs de McKinley, dont elle rasait les murs. Quant à la seconde, après une fuite inopinée de Lima, elle était revenue plus forte que jamais. Ecaterina n’avait jamais été faible, et c’était là la principale différence qui existait entre les deux femmes. Cinq ans plus tôt, Cat avait beau camoufler ce qu’elle ressentait, elle n’avait pour autant jamais fait partie des losers de la ville. Forte et indépendante, elle s’affirmait sans se laisser écraser par les pimbêches que McKinley High abritait. Emma avait beaucoup d’admiration pour une telle force de caractère, et en dépit de son âge, s’il fallait déterminer qui de Cat ou Emma était la plus forte, alors la réponse ne faisait aucun doute : il s’agissait d’Ecaterina.

Tout était une histoire d’éducation. La rouquine ne serait peut-être pas devenue si chétive sans les dévalorisations constantes d’une mère sévère, et la jolie blonde n’aurait probablement pas élaboré un moyen de se surprotéger sans arrêt si elle n’avait pas été élevée par une mère ambitieuse qui, lorsqu’elle plongeait son regard dans celui de sa fille, se satisfaisait d’avoir mis au Monde une personne aussi adorable que photogénique. Emma n’avait bien sûr jamais rencontré la mère d’Ecaterina : comment l’aurait-elle pu, alors qu’à l’arrivée de la jeune fille à McKinley, elle était déjà orpheline ? Cependant, le dossier de la jeune fille était déjà bien fourni, à l’époque, et en apprenant davantage sur la famille de cette dernière, elle n’avait eu aucun mal à remettre les pièces du puzzle en place. Il était évident que derrière son masque d’indifférence Ecaterina souffrait beaucoup, et si elle avait souvent rejeté l’aide de sa conseillère d’orientation, elle avait pourtant toujours eu besoin de son aide sans vouloir se l’avouer. Aujourd’hui, les deux jeunes femmes étaient unies et se soutenaient mutuellement. Emma lui avait dit qu’elle faisait partie de sa famille et qu’elle la considérait comme une fille –ou une filleule. Mais elle avait en réalité autant besoin de Cat que celle-ci avait besoin d’elle : l’équation fonctionnait dans les deux sens. Voilà pourquoi leur relation était si forte.

Emma sentit les bras de la jeune fille se poser dans son dos et écarta alors les pensées qui se heurtaient dans son esprit. Décidément, elles n’étaient pas avares d’embrassades, en ce jour si spécial aux yeux de la conseillère. Cette dernière finit par s’éloigner de sa demoiselle d’honneur et un sourire se dessina automatiquement sur ses lèvres brillantes lorsqu’elle entendit le rire d’Ecaterina. Ses yeux se firent distants tandis qu’Emma continuait de l’observer, muette après le monologue qu’elle lui avait délivré. Cat lui posa alors une question étonnante, si éloignée de leur précédente conversation que les sourcils de la mariée se froncèrent. Après tout, elle ne devrait pas être étonnée : elle-même pouvait s’avérer très douée lorsqu’il s’agissait de détourner une conversation, pour éviter larmes ou colère en fonction de la situation dans laquelle elle se trouvait. Hésitant un instant, elle finit par acquiescer. « Je pense en effet que si un tel concours existait, il est très probable que vous en gagneriez le premier prix, oui… Cela dit, je ne serais pas très étonnée si une compétition de ce genre faisait un jour son apparition à Lima, avec notre chère mairesse, rien n’est impossible ».

N’abandonnant pas une seule seconde son sourire, la conseillère tiqua néanmoins lorsqu’elle vit les sourcils de Cat se froncer, absorbée par la scène qui semblait se jouer dans son dos. La curiosité piquée à vif, Emma se retourna et son regard se posa aussitôt sur sa fille unique qui riait aux éclats à côté d’une autre fillette. Le rire d’Emily était sûrement la plus jolie des mélodies qui lui ait été donné d’entendre, et lorsque son regard retrouva celui d’Ecaterina, ses yeux semblaient luire encore plus intensément qu’auparavant. Son interlocutrice préférée partit alors dans un débat solitaire concernant la stupidité manifeste de Barbie, le couple que Quinn formait avec Sam et qui était susceptible de lui voler le prix du plus beau couple de poupées, mais également la coloration de Gale qui avait semblait-il ruiné toutes leurs chances de former le plus beau duo de Lima.

Interloquée par les premières paroles, Emma s’inquiéta un moment de l’état psychologique de son amie, avant d’éclater de rire en écoutant sa dernière réplique. Posant une main devant ses lèvres pour masquer le rire qui s’échappait du fond de sa gorge, elle mit plusieurs secondes avant de retrouver son calme. « Tu es sûre que ça va, Cat ? » Lança-t-elle, amusée, avant de poser le revers de sa main contre le front de la jeune fille, comme pour s’inquiéter de la fièvre qu’elle aurait pu attraper. Riant de plus belle en retirant sa main du front de Cat, elle dégagea une mèche rousse de son visage qu’elle coinça derrière son oreille. « Si je peux te faire une confidence, je le préférais également lorsqu’il était brun. Certes, il ne peut se vanter d’avoir de jolies bouclettes, mais cela lui allait quand même très bien ». Marquant une pause, elle posa ses deux mains sur ses genoux et plissa le tissu de sa robe de mariée. « Qui sait, peut-être même que tu attraperas le bouquet, tout à l’heure. Et tu sais ce qu’une telle chose signifierait, n’est-ce pas ? ». En voyant le regard béat qu’Ecaterina posait sur son petit ami, situé un peu plus loin derrière Emma, le sourire de la jeune femme s'élargit. Il fallait être aveugle pour ne pas voir à quel point Cat semblait amoureuse, et la voir heureuse rassurait la conseillère. « Tu sais, » Commença-t-elle, « tu peux aller le rejoindre, si tu le souhaites : tu n’es pas obligée de jouer les granny-sitters, et je suis sûre que ton petit ami doit m’en vouloir de ne pas le laisser profiter un peu de sa cavalière ». Emma lui adressa un clin d’œil, puis son propre regard se posa furtivement sur Will avant de retrouver celui d’Ecaterina. Caressant du bout des doigts son diadème, Emma soupira de contentement : non seulement cette soirée répondait à toutes ses attentes, mais elle lui révélait même des surprises inespérées.
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MessageSujet: Re: 02. Comme mère et fille.   Jeu 29 Mar - 16:55

Il arrivait parfois que Cat parte dans des envolées lyriques qui traduisaient toute son anxiété. Son débit de parole se faisait plus rapide et ses pupilles affolées vrillaient de part et d’autre de ses orbites, comme si elle lisait un long texte sur un prompteur tout droit planté devant elle. En règle générale, elle se stoppait à temps, se rendant compte de la stupidité de ses paroles, mais cette fois, elle continua son monologue en fixant Gale, au loin. Ils ne s’étaient pas beaucoup parlé depuis le début de la soirée, se contentant de regards insistants et de petites attentions discrètes sous la table, et Ecaterina sentit soudain le besoin irrépressible d’entendre sa voix jusque quelques secondes. Seulement, elle s’abstint de se lever pour le rejoindre et resta sagement assise, continuant sa contemplation en écoutant les réponses d’Emma d’une oreille distraite. Elle n’avait pas à s’inquiéter quant à l’avenir de leur relation. Cinq ans passés à espérer le revoir un jour l’avait conforté dans l’idée qu’il était l’homme de sa vie, ça ne faisait aucun doute. Néanmoins, c’était dans sa nature de chercher compliqué même lorsque les choses paraissaient aussi limpides que l’eau fraîche d’une fontaine. Elle était amoureuse de Gale, irrévocablement. Elle ne remettait pas ses sentiments en cause, c’était eux qui l’avaient contrainte à rester dans cette ville et à ne pas se laisser dépérir après son départ de Lima, il y a cinq ans. Elle s’était accrochée à l’idée qu’ils se reverraient, même si ce n’était que pour être noyée sous une cascade de reproches qu’elle méritait, de toute façon. Au moins, il ne l’oublierait pas et au final, c’était ça le plus important, non ? Ecaterina était sûre de ce qu’elle ressentait depuis le jour où ils s’étaient télescopés dans les couloirs de McKinley. Toutefois, il lui arrivait de douter pendant une fraction de seconde des sentiments que Gale pouvait avoir à son égard. Oh, il lui disait qu’il l’aimait, ça elle ne se lassait pas de l’entendre… mais le fait qu’il l’idéalise un peu trop à son goût lui faisait penser qu’il se cramponnait à l’image d’une fille qu’elle n’était pas, qu’il se mettait comme des œillères. C’est vrai, ils ne se connaissaient pas, pas vraiment en tout cas. Chacun d’eux était restés sur l’image de l’autre lorsqu’ils étaient encore adolescents. Ils avaient changés, évolués ; ils étaient devenus adultes. Leurs réactions et leurs ressentis n’étaient plus les mêmes, c’était normal. Jusqu’à présent, les choses se déroulaient très bien entre eux. On appelait ça la lune de miel –à cette pensée, elle esquissa un furtif sourire en coulant un regard en biais vers Emma. A chaque fois que quelqu’un prononçait le prénom de son petit ami, Ecaterina avait la sensation d’avoir toute une colonie de papillons qui dégringolaient dans son petit ventre. Elle le trouvait tellement parfait, tellement gentil avec elle… ça ne durerait pas. Elle se connaissait par cœur, elle savait qu’à un moment donné, toute la gentillesse du jeune homme l’agacerait et qu’elle finirait par le pousser à sortir de ses gonds pour qu’il se réveille un peu et arrête de prendre la vie comme un conte de fée. Elle, elle savait très bien que la vie était loin d’être un conte de fée : est-ce que ça faisait d’elle quelqu’un de mauvais pour autant ? Non, pas du tout. Elle ne passerait pas sa vie à lui tenir la main pour lui montrer la dure réalité de la vie, elle ne supporterait pas de tenir ce rôle très longtemps… c’est ça qui la faisait douter, pas ses sentiments. Ils étaient différents ; elle paraissait trop impulsive comparé à lui, trop passionnée peut-être et elle savait pertinemment qu’un jour où l’autre, cela lui porterait préjudice. Les yeux plantés devant elle, Cat fronça les sourcils en entendant de nouveau la voix d’Emma à ses côtés. Sans vraiment savoir pourquoi, elle la coupa dans son discours :

« Comment tu as su que Will était le bon ? » Ses yeux se détachèrent de Gale et elle tourna son joli minois vers la conseillère. Ses joues rosissant à vue d’œil, elle baissa la tête « Vous êtes différents Will et toi et c’est ce que je trouve le plus beau dans votre couple. C’est que vous vous complétez, l’un et l’autre. Will est du genre à faire tout sur un coup de tête, à être tellement passionné qu’il en oublierait presque de se nourrir. Alors que toi… toi, tu es douce. Tu réussis toujours à le canaliser ; moi, je ne suis pas douce. Je tiens le rôle de Will dans l’histoire, et ça… » Elle marqua une pause, butant sur ses propres mots « Ça me fait peur. » Elle avait osé l’avouer. Se mordant violemment la lèvre, elle toucha du bout des doigts les broderies de paillettes sur sa robe rose « Ça doit être fatigant. De toujours devoir lui dire stop –enfin pas tellement, sinon tu ne te serais pas mariée avec lui, je suppose. » Elle leva la tête dans un sourire timide. Baissant soudain le ton, elle enchaîna alors très vite « Je suis amoureuse de Gale, vraiment. Je n’ai pas suffisamment de mots pour exprimer à quel point d’ailleurs, mais… » Un bruit de ballon qu’on éclate résonna derrière elle et la fit se stopper en plein milieu de sa phrase. Les enfants plus loin se mirent à rire de bon cœur, faisant fermer les yeux à la jeune fille. Se retournant brusquement pour regarder derrière elle, elle perdit le fil de sa pensée. C’est la voix d’Emma qui la ramena à la vie quand elle lui parla du bouquet qu’elle pourrait potentiellement attraper. Rien de mieux pour la faire paniquer : parler mariage et bébé alors qu’elle avait l’impression d’avoir encore du lait au bout du nez. Emma n’avait pas choisi la bonne méthode pour attirer de nouveau son attention et la blondinette se sentit blêmir aussitôt et ses mains devinrent étrangement moites. Néanmoins, elle tenta de garder bonne figure et se redressa de toute sa petitesse pour reprendre du poil de la bête. Avec gentillesse, elle concéda en hochant négativement la tête « Humhum, je n’attraperai pas le bouquet, pas ce soir. C’est Cassandra qui l’aura. Si Dieu existe vraiment, la logique voudrait qu’elle soit la prochaine sur la liste… » Elle arqua un sourcil en jetant un coup d’œil au plafond comme pour lancer une œillade complice au Tout-Puissant « Quoi que je ne crois pas que le Seigneur en ait quelque chose à faire de la logique. » Une nouvelle fois, elle fit glisser son regard sur Gale. Elle n’avait pas eu le temps de terminer sa phrase, tout à l’heure et mentalement, elle se somma d’arrêter de vouloir tout rendre compliqué. Elle l’aimait, il l’aimait ; point. Aussi, elle ne put s’empêcher de dire « Je m’inquiète pour nous. Mais, je crois que c’est bon signe, non ? Ça veut dire que ça compte. » Ne lâchant pas Gale du regard, Cat opina du chef pour appuyer ses propos et retourna derechef son visage vers Emma qu’elle gratifia d’un grand sourire alors qu’elle lui proposa d’aller le rejoindre. Ecaterina fronça tout doucement le nez et lui attrapa doucement la main pour qu’elle se lève « Il peut attendre encore un peu ; lève-toi. » Se levant à sa suite, Cat se plaça devant elle. D’un ton très pompeux, elle ajouta « Madame Pillsbury-Schuester, me feriez vous l’incommensurable honneur de danser avec moi ? » Elle lui prit sa seconde main, les serrant délicatement dans ses paumes. La chanson qui passa en fond sonore la fit sautiller sur place et dans une mine suppliante, elle la regarda de nouveau « S’il te plaîîîîîîîîîît ! J’adore cette chanson, je t’en prie ! Et regarde ! » Elle lui lâcha les mains pour tourner sur elle-même alors que le long jupon de sa robe virevolta autour d’elle, laissant une traînée rosâtre tour autour. Se retrouvant face à Emma, elle plia ses bras devant sa poitrine en riant aux éclats, perdant l’équilibre une seconde avant de lui reprendre les mains et de l’entraîner vers la piste de danse « Allez, tu n’as pas le choix de toute façon ! » Et contournant les tables ensemble, elles terminèrent par se retrouver en plein milieu de la piste alors qu’Emily ne tarda pas à les rejoindre.

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