Choriste du mois


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 02. Le frère de la mariée.

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MessageSujet: 02. Le frère de la mariée.    Lun 20 Fév - 21:58

« Emily, tiens-toi tranquille. » chuchota-t-elle calmement, les sourcils froncés.

Le regard rivé sur les cheveux de la petite-fille, Ecaterina passa et repassa les mèches entre elles, jusqu’à ce qu’elles forment une natte souple. Suite à ses paroles, Emily se renfrogna, roulant des yeux au passage. Durant un quart de seconde, elle feinta la bouderie, mais trop agitée, elle ne put s’empêcher de passer timidement les doigts sur ses mèches soigneusement coiffées, anxieuse à l’idée que sa nounou ne rate la coiffure qu’elle lui avait promise. Ecaterina ébaucha un sourire lorsqu’elle croisa son regard dans le miroir ; leurs pupilles se fixèrent, mais Cat ne cessa de manier ses mèches avec doigté. Emily rougit, elle savait pourtant qu’elle pouvait lui faire confiance, il n’y avait qu’à la regarder : elle s’était coiffée et maquillée seule, elle était belle, encore plus que d’habitude –et elle n’avait même pas encore enfilé sa robe. Un sourire se dessina sur le visage d’Emily et progressivement, elle se détendit.

Ecaterina comprenait son excitation, elle était aussi agitée qu’elle depuis ce matin, en réalité. Il s’agissait d’un grand jour. Beaucoup de gens attendaient ce moment, c’était un évènement. Si elle était à la place d’Emily, Ecaterina ne savait pas comment est-ce qu’elle réagirait. Se mettrait-elle à courir dans tout les sens, heureuse à l’idée de partager ce bonheur avec les autres ? Se cacherait-elle dans un coin calme, prenant sur elle comme une grande ? Ecaterina n’en savait rien, et secouant la tête pour chasser ses pensées, elle se rappela que de toute façon, ses parents à elle ne se remarieraient jamais –pas ensemble, en tout cas. Ca ne la rendait pas triste, elle avait appris à s’y faire : sa mère était morte. Elle essayait de se souvenir de moments heureux qu’elle avait connu avec sa famille, le genre de moment qu’elle avait vécu depuis quatre mois avec Will, Emma et Emily, mais rien. Emily ne le savait pas encore, mais elle avait une chance inouïe d’être née dans une famille comme celle-ci.

« Tu as bientôt terminé, parce que je veux voir maman avec sa robe. » Emily arracha trop violemment Ecaterina à ses pensées, si bien qu’elle cligna des yeux, hébétée. Néanmoins, elle fixa avec une épingle la dernière natte au dessus de sa tête et examina son travail minutieux. Satisfaite, elle releva enfin le menton « Voilà, je crois que c’est terminé, princesse. » Comme frappée par une décharge électrique, Emily se leva d’un bon et s’approcha du miroir ; ses mains se portèrent par instinct à son visage ; elle entrouvrit les lèvres, admirative « C’est la même coiffure, celle que tu portais au mariage de Quinn. » Ecaterina opina lentement du chef et son sourire s’élargit à mesure qu’Emily contemplait son reflet dans le miroir « Tu m’as dit que tu l’aimais beaucoup, la première fois. Mais si tu veux, on a encore le temps de tout changer, ça ne prendra que quelques minutes… » dit-elle, inquiète.

Emily leva avec détermination la main devant elle, obligeant Ecaterina à se taire nette –ce qu’elle fit en pinçant les lèvres. Il lui arrivait parfois d’oublier à quel point Emily se comportait comme une adulte, ce n’était pas bien et elle se jura de ne plus jamais s’adresser à elle comme telle. Coulant un regard vers son reflet dans le miroir, Ecaterina cru percevoir des étoiles dans ses grands yeux vert, et avant qu’elle n’ait le temps de s’approcher davantage de la gamine, celle-ci la serra contre elle, passant ses bras autour de sa taille.

« C’est tout parfait comme je voulais, merci beaucoup. » Ecaterina bloqua son souffle ; sa plus grande crainte fut de la décevoir, mais elle semblait satisfaite, c’était tant mieux. Glissant une main sur la nuque de la petite, elle fit attention de ne pas toucher ses cheveux et rompit leur étreinte en détachant ses bras refermés sur ses hanches. Ecaterina s’accroupit face à elle, replaçant correctement les fines bretelles de la robe d’Emily qui ne tenaient pas très bien sur ses épaules « Tu peux aller voir maman, maintenant. »

Les yeux d’Emily se baladèrent sur le visage de la jeune femme, Ecaterina lui rendit son œillade avec autant d’intensité. Elle savait qu’elle n’était pas très douée avec les enfants, ce n’était pas un secret. Elle n’avait pas cet instinct maternel qu’avaient les autres jeunes femmes de son entourage. Elle ne savait pas comment faire, elle était un peu brutale, trop agressive –elle n’y pouvait rien, les enfants la détestaient de toute manière. Seulement avec Emily, c’était différent. Elle ne la voyait pas comme un poison mortel ; elle la considérait presque comme une sœur. Une petite sœur qu’elle pouvait protéger, conseiller même. C’était rassurant, presque gratifiant d’avoir une cause à défendre. Certes, elle n’avait pas grand-chose à faire. Juste à veiller qu’on la laisse tranquille, qu’on ne lui fasse pas de mal. Elle était prête à en découdre si quelqu’un touchait à un seul de ses cheveux.

Emily lui lança un dernier regard puis se retourna, encerclant précieusement sa coiffure avec ses mains. Ecaterina resta accroupit un moment. La regardant s’éloigner, elle secoua brièvement la tête quand elle se souvint :

« Oh, ma belle, attends une petite minute. » Ecaterina se leva, resserrant la ceinture de son peignoir en se dirigeant vers la coiffeuse. Elle fureta des yeux le plateau, jusqu’à ce que son regard se pose sur un tube de rouge à lèvre qu’elle attrapa sans se poser de question. Ecaterina pivota sur ses pieds en débouchant le tube, et Emily trottina jusqu’à elle en tapant dans ses mains, excitée « Je crois que maman t’as donné l’autorisation, approche. »

Elle n’eut pas besoin de le répéter deux fois que déjà Emily se planta face à elle. Une nouvelle fois, Ecaterina se baissa. Le tube dans une main, le bouchon dans l’autre, elle attrapa avec délicatesse le menton d’Emily et appliqua une discrète couche de rose-framboise sur sa bouche. Par petite touche, elle combla l’ourlet des lèvres de la petite-fille et une fois terminée, elle s’en appliqua à son tour puis le reboucha avant de lui tendre le tube, souriante.

« Garde-le, c’est un cadeau. » Du bout du pouce, Ecaterina estompa les pâtés mal étalés sur la bouche d’Emily, tout en pinçant la sienne, pour que tout soit homogène. Approchant davantage son visage de celui de la petite, Ecaterina baissa les yeux sur le tube qu’elle lui avait donné « Quand tu sens que tes lèvres sont sèches, tu en remets une petite touche. Mais attention, discrète la touche. » Emily hocha la tête, les lèvres pincées, le regard fixé sur le tube. Elle ne su quoi faire sur le moment et resta silencieuse avant de relever la tête, la mine illuminée. Ecaterina en profita pour déposer un baiser humide et coloré sur le bout de son petit nez puis, elle lui glissa à l’oreille « Tu as le droit de barbouiller le visage de Gale de baisers à la framboise, ça restera notre petit secret. » Emily éclata de rire, tortillant ses doigts, un peu gênée à cette idée et s’essuya le nez d’un revers de main ; elle le fronça alors, dubitative « Tu ne seras même pas un peu jalouse ? » Ecaterina ferma un œil en faisant la moue « Je pense pouvoir me remettre de cette trahison. » Emily éclata de nouveau de rire avant de s’arrêter promptement, les sourcils froncés « C’est quoi, une trahison ? » Ecaterina se mit à rire à son tour et se leva avec élégance « Je t’expliquerai plus tard, file ou tu ne verras pas maman avant la cérémonie. » L’argument fit mouche et Emily hocha la tête en se retournant. Elle se dirigea vers la porte, glissa son tube de rouge à lèvre dans la petite poche de sa robe pastel et lança à Ecaterina un dernier regard plein de gratitude.

Debout dans la pièce, Ecaterina regarda la porte se refermer et jeta un coup d’œil autour. Elle aurait préféré se préparer ailleurs que dans cette pièce froide et impersonnelle ou des tas de demoiselles d’honneur étaient passées. Passant une main fébrile sur son front, elle estima qu’il était temps pour elle d’enfiler sa robe. Aujourd’hui, elle n’avait pas le droit d’être en retard et elle tenait à voir Gale avant que tout le monde n’arrive, il l’aiderait à être moins nerveuse ; parce qu’elle l’était, nerveuse. Pour des tas de raisons ; parce qu’elle avait un rôle bien spécifique à jouer, parce qu’elle devait veiller sur Emily, parce qu’il s’agissait de la première fois qu’elle et Gale se présenteraient comme un couple, un vrai couple. En se dirigeant vers le centre de la pièce, Cat se mordit la lèvre. Elle espérait qu’Emily trouve la pièce où Emma se préparait. De toute façon, Jessica ne devait pas être bien loin. Se retournant face au miroir, Ecaterina plissa les yeux quand elle toisa son reflet. Cependant, elle ne s’attarda, reprenant ses esprits dans un furtif sursaut : la robe, elle devait enfiler sa robe.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Lun 5 Mar - 21:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Lun 20 Fév - 23:54

Nouant son nœud papillon devant le grand miroir de sa chambre, Wyatt fronçait les sourcils comme jamais. Son pantalon trônait toujours sur son lit et il n’avait même pas cherché sa veste de smoking. En réalité il n’avait pas la moindre envie de s’habiller pour se rendre à ce fichu mariage, et il aurait préféré se couper un bras plutôt que de devoir s’asseoir au premier rang à côté de ses parents conviés pour l’occasion. Seulement voilà, on ne lui avait pas demandé son avis le moins du monde. Emma qui était toujours si douce avait même eu recours à une espèce de pseudo-chantage affectif qui l’avait tout bonnement mis hors de lui. Oui, le jour fatidique était arrivé. Emma Pillsbury s’apprêtait à devenir Madame Schuester. Le simple fait de penser à ce nom lui arracha une quinte de toux incontrôlé de laquelle il rit malgré lui. Pour lui, une chose était sûre, elle allait faire la plus grosse erreur de sa vie. Et il allait devoir être au premier rang pour admirer la scène, en souriant pour les photographes, et en applaudissant les vœux de fidélité mensongers de cet idiot de Will. Non, vraiment, Wyatt était de très, très mauvaise humeur. Et même le message de Lexie auquel était joint une photo tout à fait charmante de la première étape de son choix de vêtements n’avait pas vraiment réussi à lui ôter cet air contrit du visage qu’il avait depuis qu’il avait ouvert les yeux. Une fois qu’il en eut terminé avec son nœud papillon noir, il observa un instant son reflet dans le miroir en pied. Il avait l’air particulièrement ridicule planté là en chaussettes, sa chemise d’un blanc immaculé pendant par dessus son sous-vêtement, parfaitement boutonnée, jusqu’aux boutons de manchette en or dans lesquels il avait investi pour l’occasion. Il avait mal dormi et son visage était un peu marqué par des cernes sombres qu’il ne pourrait pas cacher sous une couche effrayante de maquillage comme la tante Edwige. Ce n’était pas une surprise, toute la cérémonie le travaillait et il avait reçu l’interdiction formelle de passer à la pension sous peine de se voir chasser à coup de balai, non pas par Anna, mais par Glenn, le styliste survolté de ces dames à ce qu’il avait compris. Pourtant il aurait bien eu besoin de bras accueillants dans lesquels se lamenter un peu. Tous ses efforts pour dissuader sa sœur avaient été vains et son air chaque jour plus radieux à mesure que la cérémonie approchait étaient le signe s’il en fallait un qu’elle était persuadée de son bonheur futur. Bien sûr qu’il aurait aimé avoir les mêmes certitudes et donner sa sœur à un homme en qui il aurait pleinement confiance. Il aurait aimé pouvoir porter un toast sincère à la soirée, en parlant de son beau-frère comme d’un vieil ami, un grand frère avec qui il aurait partagé de nombreuses expériences. Au lieu de ça il devrait mentir entre ses dents en se forçant à ne pas être menaçant à l’encontre du futur marié. Du marié tout court, d’ailleurs. Soupirant une fois de plus il se laissa tomber sur le matelas et s’allongea un instant pour fixer le plafond. Qu’allait-il faire à ce mariage ? Will ne voulait pas de lui là-bas. Emma avait dû insister auprès des deux antagonistes. Il était brouillé avec ses parents et n’avait pas la moindre intention de leur parler au-delà des salutations d’usages. Toute cette soirée serait une vaste blague sur le ton très hypocrite des convenances. Tout cela le répugnait profondément. Et pourtant... C’était le mariage de sa seule et unique grande sœur, qu’il aimait plus que tout au monde.

Il lui restait encore une bonne heure à tourner en rond avant de pouvoir aller chercher la délicieuse créature qui lui servirait de cavalière. Une heure qu’il allait devoir mettre à profit pour répéter ses expressions “joie”, “émotion touchante” et “fierté” s’il voulait faire bonne figure tout le temps où il resterait en public. Il savait que tous ceux qui le connaissaient de près ou de loin seraient à l’affût de la moindre de ses réactions. Quoi de mieux pour égayer un mariage qu’un drame familial ? Même si la plupart d’entre eux étaient des amis ou des connaissances, il aurait l’impression d’être une bête de foire car nul n’ignorait la profonde antipathie qu’il avait pour William Schuester. Il ne s’en était jamais caché, bien au contraire. Mais malgré tous les avertissements, toutes les crises qu’il avait faites à Emma, elle n’en démordait pas. Il était l’homme de sa vie. Le seul qui soit capable de la rendre heureuse. Le père de sa fille. Dire qu’il était déçu était sans doute faible et assez éloigné de la vérité. Il aurait voulu tellement mieux pour elle. Parfois il avait l’impression d’être bien plus protecteur à son égard que son propre père. Rusty Pillsbury était tout sauf le modèle du père présent qui voulait conduire sa fille à l’autel, d’ailleurs Wyatt avait cru comprendre qu’il ne serait pas au bras de son aînée lorsque celle-ci descendrait la nef. Ils avaient toujours été si proches. Ils se racontaient tout dans les moindres détails de leur vie, souvent en version édulcorée pour le médecin qui n’y trouvait pas moins de satisfaction. Voir un sourire sur le visage de sa sœur était l’un des plus grands bonheurs qui soit pour lui, et aujourd’hui, il allait devoir se résigner à accepter que peut-être, peut-être que William ferait l’affaire. À contre-cœur il glissa le petit papier sur lequel il avait annoté quelques idées pour un toast aussi caustique que possible dans la poche de sa veste et après un ultime soupir, referma la porte de son appartement. Sans aller jusqu’à sourire, il se forçait à ne pas avoir l’air irrité ou même triste. Il devait récupérer Lexie sur le chemin, sacré détour en réalité mais qui en valait très certainement la chandelle d’après l’aperçu qui lui avait été offert, et puis il n’aurait d’autre choix que de rouler vers la salle des fêtes. Comme attendu la rousse était renversante, et sa discussion ne fut pas de trop pour le distraire sur le trajet. Serrant sa main dans la sienne, il lui sourit tendrement comme pour la remercier d’être là. Leur relation ne l’obligeait absolument à l’accompagner et pourtant elle n’avait pas hésité un instant lorsqu’il lui avait proposé de venir au mariage. En réalité il lui était profondément reconnaissant de ne pas le laisser seul face au reste des invités, mais il n’était pas certain qu’elle même s’en rende compte. Trêve de plaisanteries, il n’était plus qu’à cent mètres de la salle où tout allait se jouer pour de bon, sans retour en arrière possible. Bien sûr sa sœur pourrait toujours divorcer, mais jamais plus elle ne serait la même il le savait.

Contraint de lâcher Lexie presque immédiatement, il fut entraîné à l’écart par son père. «Tu n’as toujours pas changé cette ridicule couleur de cheveux à ce que je vois.» Levant les yeux au ciel le jeune homme se dégagea de son emprise en soupirant, brisant pour la première fois la promesse qu’il s’était faite d’en finir avec tout cet air brassé en sortant de chez lui. «Je vais très bien aussi, merci de le demander. Est-ce que tu aurais abandonné maman au buffet ? Tu sais qu’Emma ne va pas aimer ça si les petits-fours ne sont pas alignés quand elle fera son entrée triomphale.» Il n’arrivait pas à croire qu’elle les avait invités malgré tout ce qu’ils avaient pu dire sur elle. Leurs parents étaient des cas un peu à part de ginger supremacists extrémistes tout à fait exécrables et imbus de leur personne, et il avait du mal à comprendre comment il avait pu s’entendre avec eux tout ce temps. L’amour filial a ses raisons que la raison ignore... Le seul point commun qui leur restait était donc le peu d’estime qu’ils portaient tous à Will, mais étrangement, ça n’apportait aucune satisfaction au fils prodigue qui cherchait déjà à se débarrasser de son paternel pour retrouver sa partenaire. Il aurait voulu voir Emma mais elle devait déjà être en pleins préparatifs et il n’avait pas particulièrement envie de risquer une brouille avant la cérémonie. Pour elle il était prêt à avaler toute sa rancœur et faire semblant d’être tout à fait heureux. Elle y croirait sûrement, naïve comme elle l’était. Sa grande sœur... Coupant son père au milieu d’un monologue dont il n’avait pas même écouté le début, ses yeux se mirent à chercher sa nièce qui elle devait être visible et qui lui rendrait probablement le sourire de manière plus efficace que n’importe qui d’autre. «Tu n’aurais pas vu Ems par hasard ? La petite chipie, j’espère qu’elle porte le collier qu’on a acheté ensemble la dernière fois !» Malgré quelques ronchonnements pour manifester son mécontentement, son père finit par lui dire qu’elle était partie avec une “Rina” pour se préparer la dernière fois qu’il l’avait vue. Rina ? Voilà une autre personne susceptible de lui rendre le sourire. La baby-sitter et colocataire du couple, une petite blonde tout à fait piquante, avait été des plus claires lorsqu’il lui avait parlé pour la première fois : Emma et Will étaient heureux ensemble, et il n’avait rien à faire là-dedans. Interloqué par tant de confiance en elle et en Will, le jeune homme avait tout de suite pris goût à des conversations relevées avec la jeune femme qui ne se faisait pas prier pour l’envoyer sur les roses quand il s’agissait de convaincre Emma que le bonheur était ailleurs. Marchant droit vers l’annexe de la salle où s’étaient installés des vestiaires de fortune pour les demoiselles d’honneur, il poussa doucement la porte dans l’espoir de surprendre sa nièce. Mais ce qu’il surprit, contrairement à ses attentes, ce fut une blonde à peine plus grande que celle qu’il cherchait, à moitié nue, en train de se battre avec une fermeture éclair récalcitrante. Au moins il ne s’était pas trompé sur un point : elle avait su lui rendre le sourire avant même d’ouvrir la bouche. «Besoin d’un coup de main peut-être ?» lança-t-il depuis la porte qu’il avait refermée tout aussi discrètement. «N’allez pas vous fâcher, je jure sur ma vie que je ne venais pas épier les demoiselles d’honneur ! On m’a dit que je pourrais trouver la plus jolie des petites filles de Lima avec vous... mais j’ai l’impression qu’on m’a trompé.» Un sourire carnassier aux lèvres, il contempla un instant de plus la jeune femme qui avait décidément bien plus qu’un caractère bien trempé.
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Mar 21 Fév - 15:14

Lorsqu’elle progressa jusqu’à la penderie, Ecaterina passa devant la fenêtre qui dominait la pièce et offrait une vue d’ensemble sur le paysage verdoyant à l’extérieur. La foule qu’elle apercevait en bas des marches happa toute son attention et s’arrêtant un instant, elle se posta derrière pour tranquillement observer les invités qui commençaient déjà à arriver. C’était amusant la façon dont les choses évoluaient. Il y a cinq ans, quand elle avait vu Emma pour la toute dernière fois, jamais elle n’aurait pu imaginer qu’elle finirait demoiselle d’honneur à son mariage. Si on lui avait dit qu’elle deviendrait même amie avec la jeune femme, elle aurait sans doute envoyé paître ce pauvre fou qui avait osé émettre cette idée et de la façon la plus subtile qu’il soit –probablement à coup de Tolstoï sur la tête. La blondinette pouvait remercier Emma d’être aussi gentille avec elle, elle qui lui avait donné toutes les raisons du monde pour la laisser se débrouiller seule. Elle n’exagérait pas les choses en admettant avoir été exécrable avec la conseillère. Ecaterina connaissait peu de personne capable de pardonner le genre d’affront dont elle avait gratifié la jeune femme à l'époque. En pensant aux sarcasmes qu’elle utilisait constamment et qui concernaient les broches hideuses qu’Emma continuait à porter, Ecaterina secoua la tête en fermant les paupières, une petite pointe de regret s’infiltrant peu à peu dans son cœur. Broches moches mise à part, Emma était une femme bien, elle méritait amplement son bonheur. En regardant dehors, la blondinette aperçut Rachel Berry et Jesse St-James descendre de leur voiture de luxe –tellement ostentatoire, pensa-t-elle. La chanteuse, vêtue d’une robe sublime sous son gros manteau d’hiver, leva la tête vers la fenêtre, croisant le regard de l’espionne. Ecaterina lui attribua un petit signe de la main, accompagné d’un sourire cordial puis détourna lentement la tête pour retourner à ses occupations. Il fallait qu’elle arrête de penser ou elle n’arriverait jamais à temps pour faire son entrée.

Reprenant son chemin, Ecaterina posa une main sur ses cheveux noués en chignon compliqué. Les essayages de robes, les grands préparatifs... elle avait connu tout ça, ce n’était pas quelque chose de désagréable en soi. Du moins, lorsqu’on était seul parce que partager une coiffeuse avec quinze filles survoltées et prêtes à en découdre à coup de brosse à cheveux, ça n’avait rien d’enthousiasmant, au contraire. Fort heureusement, Jessica n’avait rien d’un pitbull portant du rouge à lèvres, il s’avérait même qu’elle l’appréciait. Descendant la fermeture éclair de la house de protection qui gardait sa robe, la jeune fille gonfla très fort les joues et posa les mains sur ses hanches, une fois la tenue apparente. Cette robe était magnifique, et pour l’avoir enfilée plusieurs fois au cours de ces derniers jours, très agréable à porter. Ce n’était qu’une robe de demoiselle d’honneur, mais le styliste qu’avait engagé Emma s’était donné un mal fou pour faire de chaque tenue, une pièce unique. Sur celle de Cat, il y avait des broderies en strass très discrets sur le bustier maintenu par des lanières étroites qui s’attachaient dans le dos, laissant apparaître sa chute de reins. Le créateur avait jugé qu’elle était la plus apte à porter ce genre de pièce –laisser Emily porter une tenue comme celle-ci, c’était tomber dans la vulgarité à coup sûr. Pinçant les lèvres, Ecaterina s’éleva sur la pointe des pieds pour décrocher la tenue de son cintre et une fois entre ses mains, elle palpa le tissu du bout des doigts avant de dénouer la ceinture de son peignoir en éponge puis de le laisser tomber à ses pieds pour se changer. Lors des essayages, la jeune fille n’était pas seule pour se vêtir. Glenn était toujours avec elle pour accrocher ses lanières ou faire les dernières retouches qui concernaient presque toujours la longueur du jupon. En l’enfilant avec précaution, remontant le bustier sur sa poitrine, elle paniqua anormalement en se demandant comment elle se débrouillerait pour attacher ces fameuses lanières et son cœur s’emballa trop vite. Les mains maintenant farouchement le bustier en place, elle s’apprêta à appeler à l’aide quand une voix grave derrière elle se fit entendre

Le frère de la mariée. Ecaterina entrouvrit la bouche, surprise et plus par réflexe que par pudeur, resserra l’étau sur sa poitrine. Si Emma était une femme bonne et dévouée, Ecaterina ne savait pas quoi penser de son frère. Il était charmant, elle n’en disconvenait pas, mais son opinion avait très vite changée quand, sans prendre de pincettes, il lui avait fait savoir qu’il n’acceptait pas que son aînée se soit amourachée d’un homme comme William Schuester. Il lui avait clairement fait sentir toute l’hostilité qu’il avait à l’égard de son ancien professeur d’espagnol, et bien que moins proche de ce dernier que de sa future épouse, la jeune femme avait ressenti un certain mal à l’aise face à cette confession. Elle ne connaissait pas suffisamment William, elle ne lui connaissait pas d’autres relations amoureuses passées, mais elle était persuadée que jamais il ne tromperait Emma ; il était le père de sa fille, elle savait qu’il ferait tout pour leur assurer la sécurité et ce n’était pas la peur irrationnelle d’un frère de laisser sa sœur faire sa vie avec un autre homme qui allait la convaincre du contraire.

Dans une posture délicate, Ecaterina hésita à faire face à Wyatt. Elle se contenta donc de lui lancer un regard par-dessus son épaule nue, alors qu’il se justifiait quant à sa présence dans cette pièce. Détournant la tête une seconde, la blondinette esquissa un joli sourire, amusée par l’empressement avec lequel il argumentait son intrusion.

« Je ne vais pas me fâcher, rassurez-vous. Pas maintenant, en tout cas. » répondit-elle sur le ton de la plaisanterie, sentant tout de même une tension désagréable s’installer entre eux. Les mains tenant toujours son bustier, elle lança un regard absent à la fenêtre en face. Aussi vite, elle roula des yeux, par dépit. Elle devait se rendre à l’évidence, si elle voulait sortir d’ici toute habillée, elle allait effectivement avoir besoin de son aide. Prenant soin de ne pas se tourner totalement, elle tendit gracieusement la main vers le jeune homme, et lui faisant signe de s’approcher, elle ajouta « Mais puisque vous êtes là, oui. Aidez-moi à attacher ces lanières. »

Suivant le parcours de Wyatt d’un œil inquisiteur, Ecaterina positionna convenablement son bustier sur sa poitrine, sentant l’étreinte des lanières la comprimer d’une façon étonnante. Le souffle du jeune homme lui courrait agréablement dans la nuque, mais elle devait avouer qu’elle n’en avait que faire ; ce qui l’inquiétait le plus, c’était la sensation étrange de s’être fait réduire les poumons sitôt la première bretelle attachée. Respirant avec une certaine difficulté, la blondinette posa une main sur son abdomen, ouvrant sensiblement la bouche pour avoir plus d’air ; elle ne comprenait pas, cette robe lui allait encore comme un gant, la veille ! Elle avait peut-être pris un déjeuner trop copieux ou alors, sa poitrine avait doublée de volume au cours de la nuit –les mystères de la nature. Toutefois, obligée de faire bonne figure, elle se redressa et cette fois, se tourna complètement face à Wyatt. Elle baissa la tête, jouant avec le jupon de sa splendide robe pour le placer convenablement sur ses pieds déchaussés. Elle aimait le mauve, la couleur lui allait plutôt bien au teint. Néanmoins, Ecaterina ne se regarderait pas dans le miroir, elle jugeait que ça n’en valait pas la peine. Passant une nouvelle fois une main sur son ventre, elle inspira une furtive bouffée d’oxygène qui resta bloquée dans sa gorge ; pour garder contenance, elle sourit poliment.

« Merci, votre aide m’a été très précieuse. » Elle plissa les paupières, glissant son regard bleu acier sur la tenue du jeune homme ; il était très élégant. Elargissant son sourire, Ecaterina fit mine de dégager une poussière sur l’épaule de son costume, lui intimant « Le noir vous va à ravir, vraiment. » Elle remarqua le nœud papillon à son cou et ne put s’empêcher de le replacer correctement, se hissant sur la pointe des pieds pour avoir une meilleure vue « Et je ne parle pas du nœud papillon. Voilà, comme ça. » termina-t-elle, faisant papillonner ses doigts autour des cocardes. Ses yeux se posèrent furtivement sur ceux de Wyatt et battant des cils un moment, elle haussa une épaule dans un sourire timide (elle redressa une seconde fois son nœud papillon) « C’est bien que vous soyez venu. » lui glissa-t-elle à mi-voix avant de subitement se détourner puis de se diriger vers la coiffeuse. Elle continua avec entrain « Emily est partie rejoindre Emma. Je ne sais pas si la mariée se montrera avant l’heure fatidique, mais on m’a dit que vous étiez plutôt téméraire. » Elle évita son reflet dans le miroir, attrapant la paire de boucles d’oreilles discrètes déposée sur la coiffeuse ; elle enfila la première en penchant la tête, se retournant de nouveau vers Wyatt « Troisième porte à gauche en sortant de cette pièce. » précisa-elle, calmement.

Bouclant son fermoir, elle enfila la seconde, fixant le jeune homme avec une certaine défiance dans le regard. Elle faisait tout pour ne pas alourdir l’atmosphère, mais au fond, Ecaterina savait que s’il la titillait un peu trop, elle n’allait pas se laisser faire. Elle avait beau se sentir entravée par la robe qu’elle portait, la jeune fille n’avait pas peur de lui. Du moins… elle essayait de s’en convaincre.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mer 22 Fév - 12:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Mar 21 Fév - 21:39

Elle avait beau se marier avec un professeur d’espagnol tout à fait médiocre, Emma n’avait pas fait les choses à moitié pour son mariage et à en croire la densité croissante dans la salle des fêtes, ce n’était pas simplement tout Lima qui était convié, mais l’ensemble du comté. C’était à se demander comment son père avait fait pour le repérer aussi vite dans une foule aussi dense... Deux roux ensembles, voilà qui avait dû titiller son radar supremaciste. C’était la seule explication qui lui venait à l’esprit et outre le fait qu’elle soit drôle, il n’avait pas envie d’imaginer qu’il l’avait traqué dans l’idée de se coller à lui telle la bernique à son rocher pour le reste de la journée. Outre Will, Rusty était sans doute la personne qu’il avait le moins envie de voir lors des réjouissances mondaines du jour. Leur relation était plus que froide depuis qu’il avait tenté de le marier de force à une gourde rousse, fille d’un riche concessionnaire roux, membre émérite de la fraternité des Ginger Supremacists de Mansfield. De quel droit croyait-il disposer pour oser s’immiscer dans sa vie de la sorte ? Pire encore, il n’avait pas compris son refus net et définitif et l’avait traité de tous les noms parce qu’il avait osé lui répondre. Il n’avait plus quinze ans et l’une des seules raisons pour lesquelles il était resté si longtemps chez ses parents, outre sa paresse chronique qui l’avait encouragé à poursuivre sur la voie de l’oisiveté en occupant une chambre dans la maison où il serait nourri et blanchi sans frais, était qu’ils ne lui demandaient jamais rien. Il était libre comme l’air du moment qu’il réussissait tout ce qu’il entreprenait. Chance pour eux, Wyatt se targuait d’être parfait et jusqu’alors rien ne lui avait jamais vraiment résisté. Pourtant depuis qu’il avait emménagé à Lima quelques craquelures étaient venues fissurer durablement son rapport au reste de la famille Pillsbury. Pas question de reparler à ses parents tant qu’ils ne se seraient pas excusés. Et ses discussions avec Emma n’avait plus la même saveur qu’antan. Il n’était plus son confident, il s’en doutait. Les conseils avisés qu’il lui prodiguait venaient sûrement de quelqu’un d’autre que lui maintenant, quelqu’un de bien moins doué c’était certain, mais qui ne dirait pas de mal de son cher fiancé à la moindre occasion. Parfois il lui arrivait de regretter les mots durs qu’il avait pour la choucroute ambulante dont elle était folle amoureuse. Pas par égard pour lui, ça non, mais parce qu’il voyait bien que tout ceci lui causait beaucoup de peine et qu’un fossé se creusait entre eux, fossé face auquel il était impuissant, bien trop têtu pour accepter d’emprunter le pont Schuester pour la rejoindre sur l’autre rive. Plus grand que la plupart des invités, il n’avait pas de mal à garder le cap vers les vestiaires malgré le flot continu et de plus en plus inquiétant d’invités. Où diable allait-elle ranger toutes ces personnes qu’elle ne connaissait pour la plupart pas ou peu ? Finalement la place qui lui était réservée au premier rang du côté de la mariée ne serait pas de trop et il préférait encore s’asseoir à côté de sa mère plutôt que de se mêler à cette populace qui avait déjà commencé à cancaner sur les tenues et autres détails parfaitement futiles.

Heurtant l’épaule d’un grand blond à l'air épuisé dans les couloirs, il s’excusa vaguement d’un signe de la main avant de pousser la porte où était indiqué “Demoiselles d’honneur” sur une grossière feuille de papier. Comme quoi, l’envers du décor était toujours plus intéressant que le clinquant mariage qui avait apparemment attiré quelques paparazzis pour une raison qui lui échappait. La jeune femme ne se retourna pas en entendant sa voix à l’autre bout de la pièce et son empressement à resserrer sa robe autour de sa poitrine élargit le sourire qui illuminait à présent son visage. Peut-être était-ce idiot à dire mais les femmes à demi-nues c’était son truc à lui, et il ne se sentait vraiment bien qu’en leur présence. «On reconnaît bien là la main de fer qui dresse Emily ! De toute façon, vous n’avez pas à vous en faire, je suis bien plus sage qu’elle.» dit-il sur le même ton moqueur en s’approchant à pas de loup de la belle blonde qui semblait lui faire signe. Se plantant juste derrière elle, il constata que ce qu’il avait d’abord pris pour une innocente fermeture éclair était en réalité un enchevêtrement assez complexe de rubans qui passaient en tous sens dans des anneaux, laissant sa chute de reins d’un blanc laiteux à la vue de tous. «Jolie robe.» se contenta-t-il de murmure près de son oreille en attrapant deux lanières au hasard pour tâcher de comprendre le fonctionnement de cet écrin mauve. Alors qu’il commençait à lacer la première rangée, le médecin remarqua la gêne évidente de la jeune femme qui semblait retenir son souffle pour tenir dans le bustier. Arquant un sourcil surpris il essaya de distendre un peu les jolies boucles qu’il venait de faire. Mais après deux essais infructueux qui déformaient la jolie courbe de la robe qui épousait parfaitement les formes de la jeune femme, constatant l’entêtement de la demoiselle d’honneur qui souriait comme si de rien n’était il paracheva le tout d’un nœud digne d’une suture un peu plus étroit que les autres. «Et voilà pour vous jeune fille. On vous croirait sortie d’un de ces magazines pour mariées qu’Emma a dû feuilleter pour organiser tout ça. Entre nous soit dit, est-ce qu’elles sont vraiment faites pour être portées ?» Ses grands yeux verts glissaient le long d’Ecaterina sans gêne, s’attardant sur les broderies et la poitrine somme toute généreuse qu’elles décoraient, avant de retrouver le regard bleu qui le dévisageait en retour. Échange rituel de bons procédés ou pas, la petite blonde se hissa sur la pointe de ses pieds nus pour se mettre à la hauteur de son nœud papillon après qui elle en avait. Se laissant gentiment faire en la toisant de toute sa hauteur, il sourit à ses compliments. Il ne savait pas si elle avait quelque chose à lui demander mais elle commençait en beauté en choisissant de le brosser dans le sens du poil.

Et en effet, la remarque sur sa présence ne se fit pas attendre. Elle savait sans doute mieux que quiconque qu’il n’avait absolument aucune envie d’être là. Il n’avait pas mâché ses mots en sa compagnie et avait même tenté plusieurs fois de la rallier à sa cause. En vain bien évidemment. Fronçant les sourcils l’espace d’une seconde, le gynécologue se ressaisit en affichant de nouveau son sourire le plus éclatant, aussi brillant qu’ironique. «Je n’allais tout de même pas manquer une occasion pareille et ne pas sortir mon plus beau smoking devant le tout Lima.» Mais la jeune femme n’avait pas semblé noter le changement de ton sensible et continuait avec autant d’entrain qu’auparavant. La mention de l’heure fatidique lui rappela qu’il ne restait plus que quelques minutes avant que tous ses espoirs ne soient réduits à néant et son regard se ternit dans le dos d’Ecaterina qui continuait à se préparer, imperturbable. Téméraire... Était-ce Emma qui le lui avait dit ? Ou bien Will, en se plaignant de l’une de leur trop fréquente rencontre — comprendre accrochage — au dîner ? Toujours était-il qu’il ne se sentait pas d’humeur courageuse aujourd’hui car pas une fois il n’avait envisagé de se lever au cours de la cérémonie pour tout interrompre d’un solennel je m’y oppose. Sans doute que tout ceci était trop grandiloquent et romanesque pour le cartésien accompli qu’il était. Oubliant l’espace d’un instant la compagnie qu’il avait il fixait le sol d’un air vide, sans trouver quoi répondre ou bien la force d’aller voir ailleurs s’il trouvait Emily. Il était maintenant clair qu’il n’avait pas envie de voir sa sœur avant que tout ne soit terminé. À coup sûr il lui enverrait une remarque acerbe qui ferait probablement monter les larmes à ses grands yeux de biche proche de l'apoplexie vue l'heure. Tiraillé entre son envie de tout tenter pour la persuader que ce n’était qu’une grossière erreur et sa résignation à la laisser faire, il voulait avant tout s’occuper l’esprit, de préférence sans avoir à se frotter au reste des invités qui n’auraient que des mots de félicitations à lui adresser. Comme s’il avait envie qu’on le félicite pour le mariage de sa sœur ! Rien n’aurait pu lui faire plus plaisir que de faire avaler tout le panier de riz à Will en sortant de la salle, au lieu de ça il jetterait sa petite poignée, docile. En fait, se retrouver ici, à l’écart des autres était une aubaine dont il n’avait pas jusqu’alors vraiment pris conscience. S’asseyant sur l’un des fauteuils de la salle, il était désormais tout à fait décidé à rester et à trouver le moyen de passer le temps jusqu’au début de la cérémonie avec la demoiselle d’honneur qu’il devait à présent convaincre de rester. «En fin de compte je ne pense pas que ce soit une bonne idée. On ne sait jamais, si je croise William sur le chemin, il va certainement vouloir me parler pour m’expliquer à quel point ma présence est importante pour Emma, qu’il m’en serait vraiment reconnaissant si j’acceptais de porter un toast pour le dîner... Et il paraît que voir la mariée avant la cérémonie porte malheur. Nous ne voulons pas d’un tel présage, n’est-ce pas ?» Sa tête légèrement inclinée sur le côté, il avait l’air bien trop serein pour être honnête. «Enfin nous...» Laissant le silence engloutir la fin de sa phrase, il fit mine de s’intéresser tout à coup à ses précieux boutons de manchette dans l’espoir d’avoir accroché la jeune femme et de s’être assuré un passe-temps pour les prochaines minutes.
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Mer 22 Fév - 14:48

Personne autour de la jeune fille ne semblait s’en apercevoir, mais Ecaterina tenait à ce mariage comme à a prunelle de ses grands yeux bleus. Ce n’était pas la même chose qu’avec celui de Sam et Quinn qui s’était déroulé quelques mois plus tôt, où elle était arrivée une poignée d’heures seulement, avant la cérémonie. Elle avait obéit au doigt et à l’œil aux directives autoritaires de l’organisateur, faisant tout ce qu’on lui demandait sans broncher et assistant sagement à la célébration qui avait suivi. Pour ce mariage, les choses étaient relativement différentes. Beaucoup de gens attendaient ce jour avec impatience et parfois, Ecaterina avait la sensation d’assister à un mariage princier tant on lui rabattait les oreilles avec les petits détails inutiles (de son humble point de vue) de la cérémonie. C’était agréable, presque enivrant de sentir les gens aussi exaltés à l’idée de cette célébration, et d’un autre côté, passablement agaçant pour une jeune fille de son acabit (comprenez ; aussi revêche). Néanmoins, Ecaterina faisait tout ce qui était en son possible pour ne pas paraître impétueuse et éviter de répondre sèchement aux vautours en mal de scoop sur le bon déroulement des opérations. Contenant habilement son exaspération, elle participait aux préparatifs. Donnant de son précieux temps pour feuilleter des revues de décorations douteuses en compagnie de sa charmante colocataire, elle allait même jusqu’à jouer les conseillères avisées, un comble ! Elle l’avait fait de bonnes grâces, c’est vrai. Elle appréciait Will et Emma, ce n’était plus un secret. Elle leur était redevable, elle en avait pleinement conscience et parce qu’elle était plutôt à cheval sur les principes, elle estimait que c’était la moindre des choses que de leur filer un coup de main, aussi désuet fut-il. Ecaterina tenait à eux, à leur bonheur encore plus. Et si ce bonheur commençait par un mariage qui devait se dérouler tel qu’Emma l’avait toujours imaginé, soit. Tant pis si les couleurs étaient trop pastels à son goût ou si le choix de la musique laissait à désirer, ce n’était pas son mariage, elle n’avait aucun jugement à émettre. Elle se devait juste d’être là, de les épauler. Aussi, elle se contenterait du sourire qui illuminera le visage de ses amis après l’échange des vœux, elle n’avait besoin de rien d’autre.

C’est à cause de cette dévotion attendrissante au couple qu’Emma formait avec William que Wyatt et Ecaterina étaient autant sur la défensive lorsqu’ils étaient dans la même pièce. Si la jeune fille pensait pouvoir entretenir avec lui des rapports cordiaux, elle avait vite changé son fusil d’épaule quand le jeune homme avait tenté de la rallier à sa cause ; faire rompre sa sœur aînée avec l’homme de sa vie. Même si elle devait avouer qu’elle trouvait son entreprise particulièrement touchante, Ecaterina ne prenait pas ses paroles à la légère pour autant et au fil du temps, elle avait vu naître en elle comme un sentiment de profonde anxiété chaque fois qu’elle croisait son regard avide. Wyatt était un homme qui avait réussi, il n’était pas difficile de se rendre compte que tout ce qu’il voulait, il l’obtenait et sans peine. S’il se donnait vraiment les moyens de mettre en péril le ménage de sa sœur, sans doute qu’il parviendrait à le faire voler en éclat. Elle le comprenait, elle aussi connaissait ce sentiment ; elle avait un frère aîné qu’elle aimait plus que sa propre vie et pour qui elle exigeait le meilleur. Mais de là à s’immiscer aussi fort dans ses affaires, il y avait toute une montagne à gravir. Non, Ecaterina n’avait pas peur de Wyatt ; c’était en fait sa détermination qu’elle redoutait le plus.

Fixant d’une main experte ses boucles d’oreilles, Ecaterina laissa son regard se perdre un peu trop longtemps sur le visage serein de Wyatt, assis sur un fauteuil à quelques pas. Elle se demanda qu’elle genre de relation lui et Emma entretenaient lorsqu’ils étaient enfants. Ils étaient certainement très proches pour que le jeune homme prenne autant à cœur l’avenir de son aînée. Ces derniers-temps, la conseillère ne parlait pas de son frère. Sans doute parce que c’était trop douloureux pour elle de savoir qu’il s’opposait tout bonnement à sa prochaine union avec William. Un petit pincement au cœur contraint la jeune fille à détourner les pupilles et par habitude, elle passa sa main sur ses cheveux attachés.

Marchant jusqu’au centre de la pièce, Ecaterina chercha ses chaussures du regard. Elle sentait le manque s’oxygène se répandre dans tout son corps, lui donnant une migraine fulgurante qu’elle n’avait pas prémédité. Toutefois, elle continua à évoluer avec grâce. Sa mère aurait été fière de la voir faire comme si tout allait bien alors qu’elle était clairement en train de provoquer sa perte et écoutant d’une oreille faussement distraite les paroles de Wyatt, elle fronça les sourcils. Les mains posées sur ses hanches redessinées, elle passa la pièce au crible d’un simple coup d’œil, ne se souvenant pas de l’endroit où elle avait fichu ces satanées chaussures quand alors, le discours du jeune homme la fit tiquer. Pivotant lentement vers lui, elle inclina la tête et planta directement son regard dans le sien. C’est lui qui avait commencé par la reluquer d’une façon discourtoise, (elle avait remarqué que ses yeux s’étaient un peu trop attardés sur sa poitrine, mais elle n’avait pas relevé, à quoi bon ?) alors elle ne s’excuserait pas de le regarder avec autant d’audace. Se mordant la lèvre en arquant un sourcil, la mine amusée, elle pencha davantage la tête et se dirigea vers lui, haussant une épaule, désinvolte.

« Une chanson vaut mieux qu’un toast, vous savez. Emma ne tarit pas d’éloges sur votre voix de baryton. Je serai curieuse d’entendre ça. » Elle pinça délicatement les lèvres, levant brièvement les sourcils tout en s’installant élégamment –non sans difficultés à cause du bustier trop serré– sur le bras du fauteuil face à celui de Wyatt. Pendant un temps, elle ne dit rien. Elle se contenta d’analyser consciencieusement son discours, étudiant les expressions de son visage avec un profond intérêt. Une nouvelle fois et dans une mine contemplative, elle pencha la tête alors que son regard glissait de son œil gauche à son œil droit. Elle fini par plisser les yeux et prononcer dans un chuchotis « Vous l’aimez beaucoup, votre sœur. »

Constat inutile, mais Ecaterina fut tentée un instant de croire que, si elle le prenait par les sentiments, il reviendrait à la raison. Le « nous » qu’il prononça la fit furtivement sourire, mais pas de joie. Elle savait très bien qu’il ne s’incluait pas dedans et la feinte décontraction qu’il montra en s’intéressant à ses boutons de manchettes, la fit se redresser en soupirant.

« Je suis convaincue que ce sera un très beau mariage et qu’il se déroulera sans encombres. Votre costume fera sensation auprès de la gente féminine et vous oublierez même votre amertume quand Emma vous suppliera de danser avec elle. » Croisant ses chevilles sous sa robe, elle passa ses doigts sur son bustier, sentant les reliefs des strass lui effleurer sensiblement la paume de ses mains. En relevant le visage, un sourire en coin se dessina sur son visage et elle ajouta « J’ose espérer que vous me réserverez au moins une petite danse, Wyatt. » Son sourire s’élargit alors que ses yeux l’observèrent pour la énième fois. Graduellement, la ligne charnue de ses lèvres s’affaissèrent et elle conclut très sérieusement « Je ne sais pas quels sont vos projets. Pour être franche avec vous, je ne suis pas certaine de vouloir les connaître. » Ses traits se durcirent instantanément alors que lentement, elle se leva. Redressant la tête avec détermination, elle lui lança un regard qui se voulait poli. Debout face au jeune homme encore assis, elle admettait qu’elle était en train de le prendre –au sens propre comme au figuré– de haut « Peu importe ce que vous avez prévu, je ne vous laisserez pas gâcher cette journée. » Et soutenant son regard, Ecaterina le gratifia d’un dernier sourire de façade avant de battre en retraite et d’avancer dans la pièce.
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Ven 24 Fév - 3:42

Jouant avec ses manches, les jambes croisées battant l’air avec toute la nonchalance du monde, Wyatt devait avouer qu’il était assez satisfait de sa sortie. Son regard accroché à celui de la petite blonde qui ne semblait pas décidée à détourner les yeux, il sentit immédiatement que non seulement il avait fait mouche, mais qu’elle était prête à en découdre. On ne pouvait pas vraiment dire qu’elle n’avait pas l’air aussi hargneuse qu’elle pouvait l’être. Il suffisait de fixer ses grands yeux froids pour comprendre qu’elle ne vous laisserait pas vous approcher en toute impunité. C’était sans doute la raison pour laquelle le gynécologue semblait apprécier Ecaterina en dépit des refus somme toute assez nombreux qu’il avait essuyés. Plantée au milieu de la pièce, dans cette robe de toute évidence trop étroite pour elle, elle semblait le défier du regard et qui était-il pour décliner ce que lui même avait pris soin de déclencher. Ses manières et ses mimiques étaient autant d’allumettes qu’elle semblait prendre un malin plaisir à craquer sous son nez. Elle attendait une réaction de sa part ? Elle serait sans doute déçue, après l’épisode du trajet retour de la pension Preston à la désormais fameuse Ashwood Avenue, Wyatt se sentait capable d’affronter n’importe quelle situation dans le plus grand calme et un flegme digne des plus britanniques représentants de la communauté de Lima. Au contraire, le médecin prenait un malin plaisir à l’observer depuis son fauteuil particulièrement inconfortable. Est-ce qu’ils avaient pensé le design des fauteuils pourtant attractif pour l’œil spécialement pour que les demoiselles d’honneur ne s’y attardent pas et arrivent à l’heure à la cérémonie ? Notant dans un coin de sa tête de demander au responsable l’adresse de son fournisseur pour se débarrasser de ses patientes les plus collantes, Wyatt se redressa pour se rapprocher de la jolie blonde assise en face de lui et dont les joues prenaient une teinte de plus en plus rosée probablement à cause de la robe et pas de sa présence, il le regrettait. «Oh vraiment ? Ça ne m’étonne pas d’elle, elle a dû m’entendre chanter trois fois et voilà qu’elle ne “tarit pas d’éloges” sur ma voix. Elle devait vraiment manquer de qualités à faire valoir auprès de vous ce jour-là.» Haussant à nouveau un sourcil supérieur, il se doutait qu’Ecaterina avait choisit de le brosser dans le sens du poil pour tâcher de l’apaiser ou pire, de se le mettre dans la poche. C’était assez bien joué de sa part, seulement cette fois-ci ça ne suffirait pas, et malgré la très haute estime qu’il avait de lui-même, l’autodérision avait toujours fait partie du personnage qu’il se construisait. Or ce jour-là il n’avait rien à perdre si ce n’était du temps, et cette petite discussion dans le secret d’une salle de préparation serait sans doute la dernière occasion qu’il aurait de dire tout haut ce qu’il pensait de cette union. «Toujours est-il que je doute que Bryan soit enthousiaste à l’idée que l’un de ses nouveaux chanteurs ne vienne déballer tout ce talent digne d’éloges au mariage de son rival favori.» En réalité, le jeune homme doutait fort que le directeur de sa chorale vienne assister à la cérémonie ou à la fête qui s’ensuivrait. La seule personne qui pouvait détester William Schuester plus que lui-même était sans doute l’ancienne star du music hall revenu dans sa ville natale. Malgré toute l’admiration qu’il avait pour Bryan Ryan et l’enthousiasme face à sa haine viscérale à l’égard du professeur d’espagnol, il n’avait jamais vraiment cherché à savoir d’où elle lui venait. À coup sûr leurs motifs ne se recoupaient pas, et Wyatt se portait bien mieux en n’imaginant pas les rapports qu’il avait pu entretenir avec sa sœur à l’époque du lycée. Bien sûr il y avait toute cette histoire de chorales rivales et de championnat perdu, mais cela suffisait-il réellement à prendre en grippe aussi violemment son adversaire ? Il ne semblait pas partager la même animosité pour Finn Hudson qu’il ignorait royalement alors qu’il avait aussi fait partie des vainqueurs de l’époque ou même pour Cassandra Hamilton qu’il avait tout de même essayé de boycotter à en croire la rumeur. «Une chanson ou mes bons vœux... Me voilà donc condamné au silence... Qui ne dit mot consent, ou quelque chose de ce genre. J’espère que l’assemblée aura appris ses dictons populaires.»

Il n’arrivait pas à décider si elle se moquait gentiment de lui pour le forcer à rentrer dans le rang ou si elle se souciait vraiment de ce qu’il pouvait penser. Les chances étaient minces qu’elle ait eu une révélation sur l’incapacité chronique de Will Schuester à être un bon époux pour Emma dans les dernières minutes, ce qui laissait donc une demoiselle d’honneur inquiète pour la cérémonie à venir, coincée dans une robe qui l’oppressait à vue d’œil, mais suffisamment têtue pour faire abstraction de tout le reste et se concentrer sur son objectif, à savoir : lui. Bien sûr qu’il l’aimait. Pourquoi aurait-il choisi Lima dans le cas contraire ? C’était certes leur ville natale mais avec son talent et sa capacité à s’intégrer dans n’importe quel groupe il aurait sans doute pu s’installer n’importe où. Pourquoi aurait-il fait des pieds et des mains pour essayer de la dissuader d’épouser ce crétin s’il ne se souciait pas au plus haut point de son bonheur ? Accepter de se brouiller avec elle était sans doute l’une des plus belles preuves d’amour dont il soit capable mais s’en rendait-elle même compte ? Probablement pas. Elle était bien trop obsédée par la relation détestable qu’il entretenait avec son fiancé pour penser qu’il ne se complaisait pas dans la colère gratuitement. Il était persuadé qu’il ne lui serait pas fidèle, qu’il bafouerait sa confiance et ôterait à son joli regard toute l’innocence qu’il avait gardé malgré les années. Wyatt ne lui en voulait pas, il était le plus jeune mais avait sans doute grandi plus vite qu’elle après avoir réalisé qu’elle avait besoin de son aide. Depuis qu’il l’avait poussée dans la fosse à purin de cette ferme, le jeune homme avait toujours porté avec joie et honneur la charge que pouvait représenter la maladie de sa sœur. Il fallait admettre qu’elle avait fait des progrès impressionnants dans ce domaine ces cinq dernières années et que l’assemblée se rassure, elle n’astiquerait probablement pas son alliance avant de la passer à son doigt. Mais cette nouvelle autonomie signifiait-elle aussi la fin de leur relation privilégiée ? Trop de questions se bousculaient dans son esprit et il ne fut tiré de ses pensées que par la voix grave d’Ecaterina qui résonnait à nouveau tout près de ses oreilles. Il ne savait si le ton de sa voix trahissait de l’exaspération ou de la fatigue, toujours était-il que sa remarque sonna particulièrement mal et ne trouva pas la même grâce que les précédentes à ses yeux. Le sourire mystérieux sur ses lèvres n’apaisa pas ses doutes et il se laissa à nouveau tomber dans le fond de son fauteuil de torture. «Je crains fort devoir décevoir la gent féminine, mais ma cavalière n’apprécierait pas que je me laisse déborder par un carnet de bal trop chargé. Mais si c’est vous je peux bien faire une exception.» Évitant soigneusement le sujet du mariage, il mentait avec un aplomb certain. Elle n’était pas censée savoir qu’il était accompagné de Lexie Preston et encore moins que l’exclusivité de la valse ne faisait pas partie des clauses du contrat.

Enfin elle y venait. Enfin elle se décidait à cesser de le flatter en vain pour aller au cœur du sujet. La laissant s’approcher de lui pour le toiser de toute sa hauteur, il n’avait pas lâché ce regard azur qui vous aurait glacé en un instant comme celui de la méduse. Il n’avait bien évidemment aucun plan, il resterait sagement muté dans un silence insupportable en assistant à toute cette mascarade et il s’apprêtait à le lui dire de la manière la plus ironique qui soit quand elle sentit le besoin de le provoquer plus directement encore. La suivant du regard sans bouger, il ne put s’empêcher d’éclater de rire. Un éclat aussi bref qu’intense provoqué par ce sérieux soudain de la jeune fille qui semblait prendre très à cœur le bonheur de William et Emma. Il n’avait encore rien dit qu’elle en venait déjà aux menaces. Peut-être que derrières ses apparences calmes elle se faisait bien plus de souci, comme si la réussite ou l’échec de la journée dépendrait de sa capacité à le contenir. La laissant s’éloigner de quelques pas, il lança finalement sur un ton amusé «Vous savez, j’ai l’impression que c’est mon premier mariage. Je ne suis même pas sûr qu’ils disent vraiment cette phrase comme dans les films...» Prenant son menton entre ses doigts pour feindre une réflexion intense, il claqua des doigts en désignant la jeune femme avec une mine plus rayonnante. «Si quelqu’un s’oppose à cette union blabla, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais. Je ne me trompe pas ?» Se mettant enfin sur ses pieds après un rapide coup d’œil à sa montre, il lui restait moins de dix minutes avant le début de l’office. S’il partait maintenant il aurait des chances de ne pas croiser le marié, juste le temps de récupérer Lexie pour aller s’installer au premier rang tant redouté. «De toute façon quoi que j’aie prévu, votre contre-attaque sera sans doute bien meilleure et je m’avouerai vaincu pour la journée.» Posant une main dans le creux de ses reins il ouvra la porte de sa main libre et exerça une légère pression pour la pousser gentiment hors de la salle sans pour autant en sortir le premier. «Et dans le cas contraire eh bien, Will aura trouvé la mariée en tenue sans moi. À présent je suis sûr qu’on vous attend et vous avez une journée à ne pas gâcher. Permettez donc que je vous fausse compagnie pour confier une mission à ma nièce.»


Dernière édition par Wyatt Pillsbury le Sam 25 Fév - 14:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Ven 24 Fév - 14:40

On avait tendance à sous-estimer Ecaterina à cause de sa beauté. Elle n’en voulait à personne, elle savait à quel point il était facile de juger dès la première impression. C’était instinctif de se faire une idée de la personne en face de vous sans la connaître, juste en listant mentalement ses qualités (ou défauts) physique. C’était une chose qu’elle avait toujours pointé du doigt, faisant la guerre aux préjugés dès que l’occasion lui en était donnée. Elle l’avait aussi beaucoup craint à une certaine époque, mais en grandissant, elle s’était aperçu que la nature humaine était faite ainsi et qu’elle-même parfois s’adonnait à ce petit travers qui faisait naître en elle un sentiment bizarre de répulsion. Comme quoi, même les meilleurs agissent comme des moutons. On faisait toute une histoire d’un physique avantageux, comme si avoir un grain de peau parfait et un teint lumineux pouvait changer toute une vie et vous faire décrocher un ticket pour mener une destinée prospère. Ecaterina avait une longueur d’avance sur ces personnes qui pensaient que le physique avait une place majeure dans leur existence. Elle avait été le centre d’attention d’un groupe d’individus qui ne juraient que par l’apparence pendant des années et pourtant, ça ne l’avait pas rendu heureuse, c’était même tout l’inverse. Elle s’était cachée, s’était détestée et continuait à éprouver une profonde antipathie pour sa propre personne à cause de toute cette sollicitude. Ce n’était pas évident à gérer, et à moins d’avoir vécu ce genre d’expérience, très peu de gens pouvaient prétendre savoir ce que cela faisait réellement de vivre avec une mauvaise opinion de soi-même. Lorsqu’on la voyait pour la première fois, c’était donc son physique qui lui servait de carte de visite ; blonde aux yeux bleus, le visage poupin et ridiculement petite… elle était consciente de l’image qu’elle projetait et des pensées qui pouvaient passer par la tête de certaines énergumènes qu’elle rencontrait au détour d’un escabeau, à la librairie. Sa mère lui avait trop souvent répété qu’elle n’était bonne qu’à faire la belle, elle l’avait cru avant de comprendre qu’elle était bien plus que ça. N’empêche que c’était blessant de savoir qu’une majorité d’une assemblée quelconque ne vous prenez que pour une pimbêche sans cervelle avec des atouts nécessaires pour faire tourner bien des têtes. Ce n’est pas ce qu’elle était, Ecaterina était brillante, déterminée. Elle prenait rarement des pincettes pour exprimer son point de vue et le nombre de fois où elle avait cloué le bec à tout un parterre d’ingrats ne pouvaient même plus se compter sur les doigts d’une seule main tant c’était devenu chose courante. C’était jouissif de remettre en cause les jugements hâtifs de ce genre de personne, Ecaterina en avait fait sa spécialité.

Wyatt était lui aussi tombé dans le piège, c’était navrant, d’ailleurs. Ecaterina était persuadée qu’il la savait capable de beaucoup de chose, mais cette expression railleuse qui passait régulièrement sur son visage enchanteur trahissait ses réelles pensées ; il ne la prenait pas au sérieux, Ecaterina le sentait et le coup de pression subtil dont elle venait de le gratifier avait pour principal but de lui faire comprendre qu’elle n’était pas qu’une simple figurante dans cette cérémonie. Il avait été impressionné par sa façon de l’envoyer sur les roses dès leur première rencontre, s’attendant sans doute à ce qu’elle n’aille dans son sens, fascinée par cette aisance dont il faisait preuve en permanence, mais ça ne l’empêchait pas de croire qu’elle n’était pas aussi opiniâtre qu’elle le laissait transparaître. Il avait tout faux. Elle n’irait pas jusqu’à dire qu’elle était dangereuse, mais elle ne baisserait pas les bras sous prétexte que l’attitude de crapule à nœud papillon de son interlocuteur lui plaisait. Le temps où elle se laissait submerger par la moindre difficulté était bel et bien révolu ; elle était devenue une femme qui, à défaut d’être sûre d’elle, avait confiance à son instinct et si son instinct lui criait de ne pas le laisser fourrer son nez dans des affaires qui ne le regardaient pas, elle l’écouterait. Peu importe les conséquences, elle savait ce qu’elle voulait, elle l’aurait.

Furetant toujours d’un œil distrait les recoins de la pièce à la recherche de ses chaussures, Ecaterina esquissa un sourire malicieux quand Wyatt lui fit savoir qu’il n’était pas venu seul. Elle ne lui connaissait pas de petite-amie, mais était ravie de savoir qu’il ne passerait pas la soirée à ronchonner en solitaire. Ses pupilles se posant sur la paire de chaussures tant convoitée, elle se dirigea vers le coin et les enfila aussitôt ; une paire de ballerines simples de la couleur de sa robe, pas de chaussures à talons, cette fois-ci. Elle roula des yeux, exaspérée. Elle allait encore une fois se ridiculiser, Jessica devait mesurer plus de vingt centimètres qu’elle. Sans parler de toutes ces invitées montées sur des échasses et qui la regarderait de haut toute la soirée ! Pourquoi fallait-il qu’on lui mettre des bâtons dans les roues, comme ça ? La robe, maintenant les chaussures… posant une main fébrile sur ses tempes, elle ferma les yeux. Cette migraine devenait insupportable et elle sentait la chaleur lui monter dangereusement aux pommettes (signe chez elle d’un malaise certain). Les affronts perpétuels de Wyatt n’arrangeaient pas les choses, elle devait admettre que, bien que plaisante pour une joueuse comme elle, la situation devenait particulièrement stressante. Elle fut tenter de demander au jeune homme s’il ne se baladait pas avec un tube d’aspirine dans ses chaussettes, mais se souvint qu’il était médecin ; certes pas médecin dans le sens le plus général du terme, mais il avait certaine notion. Cependant, elle préférait mourir plutôt que de dépendre du diagnostique de ce garçon qui la mettait dans une posture délicate. De ce fait, elle continua à souffrir en silence.

Ses derniers propos firent froncer les sourcils à la jeune fille. Jamais de la vie il n’oserait s’opposer publiquement à ce mariage. Très furtivement, un gros doute s’insinua dans l’esprit d’Ecaterina, accentuant sa mine brusquement endurcie. Bien sûr qu’il en était capable. Contrairement à lui, Cat ne le sous-estimait pas et cette constatation fit accélérer son rythme cardiaque si fort qu’elle ressentit un étourdissement soudain qui l’obligea à se cramponner discrètement à la coiffeuse.

« Oh, je vous en prie. » commença-t-elle dans un sourire condescendant, reprenant lentement son souffle « Ne me flattez pas, Wyatt. » répondit-elle à son sarcasme sur sa potentielle –et meilleure- contre attaque. Son regard passa machinalement du sol impeccable de la pièce au visage du médecin. Elle n’éprouvait plus aucune satisfaction à le fixer avec désinvolture, maintenant et elle détourna aussi vite le regard vers l’horloge accrochée au mur tout en se redressant, relevant qu’il était temps d’y aller. Droite, Ecaterina posa une main sur le haut de sa poitrine, replaçant convenablement le pendentif qu’elle portait autour du cou et se dirigeant vers la porte, elle souffla à l’adresse du jeune homme « C’est l’heure, allons-y. » Wyatt lui ouvrit la porte et posa ses doigts dans le creux de ses reins. Ses mains étaient devenues froides, ce qui fit sourire la jeune fille qui, parée à user une toute dernière fois de son ironie légendaire, se tourna vers lui une fois qu’il consentit à sortir de la pièce. Elle lui attrapa délicatement le poignet et se penchant sur lui, Ecaterina lui glissa tout près de son oreille « Vos doigts sont gelés, vous devriez penser à vous réchauffer avant de prendre place au premier rang. Il fait toujours très froid dans les Eglises. Je ne tiens pas à ce que quelques degrés en moins vous soit fatal. Je trouverais ça dommage que vous ratiez le baiser final. » Observant sa réaction par-dessous ses longs cils, elle cligna une fois, un petit sourire se dessinant sur ses lèvres. Puis enfin, elle lui lâcha le poignet, prenant le chemin vers l’escalier. Dans un regard insistant, elle termina d’un ton catégorique « Ne soyez pas en retard. » Et elle descendit lentement les marches pour rejoindre le rez-de-chaussée.
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Lun 27 Fév - 0:59

La voir froncer les sourcils de la sorte en entendant sa remarque lui arracha un nouveau sourire qui ne devait sans doute pas arranger le courroux qu’il provoquait en elle. Il ne se moquait pas exactement d’elle. Au contraire il comprenait étrangement ce qu’elle pouvait ressentir. S’il avait été à sa place, et que Will Schuester n’avait pas été un idiot volage incompétent fauché et donc détestable, il aurait très certainement mis Lima sans dessus dessous pour que le mariage de sa grande sœur soit parfait et bien plus encore. La voir essayer de le toiser de toute sa petite taille avait quelque chose d’amusant certes, mais plus encore que cela, force était de constater qu’elle l’impressionnait de détermination. Ses joues prenaient une teinte de plus en plus pâle alors qu’elle devait commencer à manquer d’oxygène, mais le gynécologue ne laissa rien paraître de ce diagnostic on ne peut plus simpliste la voyant s’entêter. Après tout, si elle préférait s’étouffer plutôt que de lui demander de l’aide ou d’admettre qu’elle avait grossi depuis les premiers essayages, grand bien lui fasse. Avec un peu de chance, elle tournerait de l’œil avant que les vœux ne soient prononcés, et il n’aurait pas même besoin de lever le petit doigt pour troubler l’union maudite. Alors qu’il prenait conscience que le destin était peut-être de son côté et contre le professeur d’espagnol, son visage s’illuminait littéralement et son sourire pincé laissait désormais voir ses jolies dents blanches. Aussi cruel que cela put-être pour Ecaterina, il fallait admettre que toute cette confiance en elle commençait à l’agacer. Il n’avait pas l’habitude qu’on lui résiste à ce point, et les circonstances n’étaient pas exactement propices pour qu’il profite pleinement du jeu. Que ce soit son joli minois ou sa rhétorique assassine, Wyatt n’avait presque jamais essuyé de refus. Son intelligence et son charisme avaient toujours œuvré en sa faveur, et là où ils péchaient, la chance prenait le relais. Les adversaires à sa taille ne couraient pas les rues, et il tâchait souvent d’en faire des alliés solides plutôt que de s’opposer bêtement à plus fort que lui. C’était ce qui l’avait rapproché de Hallie Halloway chez les Awesome Voices. Certes, elle n’était pas ce qu’on pouvait appeler une adversaire, mais elle brillait d’une intelligence rare et ne se laissait pas démonter par un peu de sarcasme. De ce point de vue la demoiselle d’honneur et elle se ressemblaient un peu, et il avait presque des scrupules à être aussi mesquin avec elle. Peut-être que dans une autre vie ils auraient eu l’occasion de s’entendre à merveille, mais dans celle-ci, la jolie baby-sitter ne serait jamais vraiment de son côté et il y avait donc peu de chance qu’ils soient jamais réellement amis. C’était presque avec regret qu’il la poussait vers le couloir, la condamnant à des souffrances certaines enserrée dans son étau de gaze mauve. Hésitant un instant de plus à la laisser partir sans essayer d’arranger un peu sa tenue pour libérer sa cage thoracique de toute la pression qui faisait gonfler sa poitrine dans le bustier, il chassa cette idée en imaginant la tête de William au moment où l’on devrait interrompre la cérémonie. Après tout, il aurait même pu donner un tour de plus, s’il avait su.

Il n’avait pas posé sa paume sur sa peau qu’il sentait déjà les doigts de la jeune femme sur son poignet qui prenait soin d’ôter sa main de son dos nu. S’inclinant de quelques centimètres en la voyant s’approcher pour lui murmurer à l’oreille, il plissa les yeux avec malice en entendant sa remarque, et lui sourit à nouveau d’un air bienveillant. Décidément, quel dommage qu’elle ait choisi le camp adverse... Wyatt se redressa en joignant ses mains devant sa bouche pour souffler sur ses doigts refroidis avant d’ajouter sur le même ton sarcastique dont il n’avait pu se départir avec elle «Je suis sûr que la cérémonie ne durera pas si longtemps ne vous en faites pas pour moi.» La voyant s’éloigner de quelques pas en direction des escaliers de béton, il porta sa main à son front pour lui adresser un salut militaire avant qu’elle ne disparaisse de sa vue. Le laissant seul avec ses pensées pour les dix dernières minutes qui précèderaient la cérémonie. Incapable de bouger de l’embrasure de la porte, il hésitait à descendre immédiatement pour rejoindre Lexie qui avait dû se faufiler jusqu’à la table des boissons ou bien se faire enlever par sa mère si elle avait repéré sa tête rousse dans la foule. Il finit néanmoins par revenir au centre de la pièce, laissant la porte ouverte derrière lui. Avait-il réellement envie qu’Ecaterina s’évanouisse au milieu de la cérémonie ? Serait-il capable de voir le visage horrifié de sa sœur qui s’inquiéterait pour son témoin autant que pour la suite de son mariage fortement compromise ? Il était à peu près certain que si un incident devait se produire Emma ne laisserait pas le sermon reprendre son cours avant d’avoir la certitude que tout irait bien pour la petite blonde et de la ramener avec elle dans l’église. C’était autant de pensées contradictoires qui se pressaient dans son esprit et il était figé sur place, incapable de prendre une décision, malmené par sa raison qui le poussait à empêcher cette union à tout prix et son cœur qui lui intimait de laisser sa sœur être heureuse en se trompant. Il soupira une fois de plus et se mit à rire doucement, accablé par tant d’indécision. C’était ridicule. Quoi qu’il puisse faire ou penser, à ce stade, rien n’arrêterait plus Emma et William, et tout ce qu’il lui restait à faire c’était de se plier à ce qu’on attendait de lui : un sourire au premier rang. Tournant le regard vers la petite pendule dont le tictac résonnait dans la pièce silence, il finit enfin par bouger, se penchant vers la fenêtre pour voir si le flot des invités s’était enfin tari, il prit le parti de retrouver Ecaterina avant la cérémonie pour lui apporter un peu de soulagement. Descendant les escaliers d’un pas tranquille, il resta un instant perché sur l’avant-dernière marche pour essayer de repérer la jeune femme. Mais outre sa taille ridiculement petite, le nombre de personnes enfermées dans cette anti-chambre géante était bien trop important — et sûrement supérieur à la limite autorisée — pour qu’il puisse espérer la trouver. Il n’avait par ailleurs jamais été doué aux jeux d’observation où il fallait trouver un petit personnage dans une image représentant une foule. Il avait certes abandonné l’idée d’aller contre la cérémonie, mais il n’allait pas pousser le vice jusqu’à faire l’effort de la retrouver. Elle était grande et saurait s’occuper d’elle en demandant de l’aide à quelqu’un d’autre que lui.

Après avoir récupéré sa cavalière, non sans mal, Wyatt prit le bras de Lexie pour le presser tendrement contre lui et pénétrer dans l’église avec les autres invités qui se pressaient pour avoir les meilleures places. La sienne l’attendait, au premier rang à droite. Bien en vue. Il n’était pas sûr que Lexie ait vraiment le droit de s’y asseoir avec lui étant donné la nature de leurs relations, mais il fallait avouer que la morale bien pensante de l’Église chrétienne était à des milliers de kilomètres de ses préoccupations et il aurait sûrement besoin de quelqu’un à qui se raccrocher si jamais tout se déroulait sans encombre. Les cinq dernières minutes lui parurent une éternité. Le murmure des autres convives dans la salle bourdonnait à ses oreilles et il n’arrivait plus à concentrer son esprit sur quoi que ce fût. Était-il pour ? Était-il contre ? Devait-il laisser les choses se faire ? Devait-il s’y opposer ? Est-ce qu’il faisait ça pour le bien d’Emma ou par lâcheté ? Tiré de ses pensées par une main étrangère qu’il sentit se poser sur son épaule, il se retourna vivement pour tomber nez-à-nez avec sa mère déjà en larmes. Il ne l’avait pas entendue venir mais ce fut surtout la vue qu’elle lui offrit qui le fit sursauter. Son mascara trop copieusement appliqué dégoulinait le long de ses joues sur lesquelles elle avait appliqué beaucoup trop de rose et les rides autour de ses yeux étaient désormais aussi noires que des mines de charbon. «Oh maman...» Se tournant tout à fait vers elle, il tira son mouchoir blanc de la poche de sa veste pour essuyer ses joues en souriant. Jamais il n’aurait pensé que sa mère put être aussi touchée par le mariage de sa fille aînée. Bien sûr elle l’aimait et elle ne souhaitait sûrement que son bonheur, mais elle avait toujours été si critique et cruelle à son égard. Il se souvenait encore comme si c’était hier de sa remarque à propos de Will lorsqu’Emma leur avait annoncé qu’elle était enceinte d’Ems. Et de toutes les piques qu’elle avait pu lancer à propos de sa maladie. Et pourtant... Voilà qu’elle fondait en larmes de manière tout à fait inesthétique avant même que la mariée ait fait son entrée. «Où est papa ?» demanda-t-il en le cherchant du regard derrière elle. «À ton avis Wyatt ? Où est le père de la mariée le jour de son mariage ? Je te pensais plus futé que ça mon fils.» Décidément, même à travers ses sanglots Rose Pillsbury n’avait rien perdu de la verve dont son cadet avait en grande partie hérité. Finalement Rusty la conduirait à l’autel... Comme il s’était trompé à leur sujet. En fin de compte il était le seul qui soit encore en train de se battre contre ce mariage. Même ses parents plus opiniâtre que n’importe quel être humain normalement constitué avaient cédé pour Emma. Un sourire embarrassé se dessina sur ses lèvres puis la musique du grand orgue retentit dans leur dos et comme un seul homme l’assemblée se leva. Le bruit des pas de sa sœur était caché par la marche nuptiale qui couvrait tout les bruits dans l’église mais il sentait qu’elle s’approchait. Son cœur s’emballait alors qu’elle ne devait plus être qu’à quelques mètres de lui, à quelques mètres de l’autel, à quelques mètre de William qui avait fini par faire son apparition. Sans s’en rendre compte il avait pris la main de sa mère qu’il pressait dans la sienne. Ses yeux croisèrent ceux d’Emma qui avançait fièrement au bras de leur père. Elle était rayonnante de bonheur et ses petites billes brunes brillaient de joie. Il ferma les yeux une seconde, incapable de soutenir son regard plus longtemps. Et lorsqu’il desserra les paupières, il vit Jessica la psychiatre qui faisait aussi office de témoin, et Ecaterina qui n’avait pas changé de tenue ni desserré les nœuds qu’il avait fait, et qui malgré son attitude impeccable devait souffrir le martyr.

Fixant la scène avec angoisse, il ne savait plus s’il redoutait les mots de consentement mutuel ou bien l’état de la jeune femme qui se tenait droite devant Emily parée elle aussi d’une charmante petite robe mauve. Tout devait être si parfait dans l’esprit d’Emma. Le pasteur Hamilton prononça finalement cette phrase dramatique dont il avait menacé Ecaterina, et sans même tourner les yeux vers elle, prenant le pari qu’elle se laisserait déconcentrer pour regarder dans sa direction, il forma un “oui” silencieux clairement lisible sur ses lèvres mais ne bougea pas de sa place. Malgré son air impassible, quelque chose venait de se rompre en lui et plus rien à présent ne serait tout à fait pareil. Il acceptait de se ranger à cette union, et ne trouva pas la force de regarder l’échange des alliances, fixant le sol d’un air morne. C’était fini. Elle était Emma Pillsbury-Schuester.
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Lun 27 Fév - 21:19

Quel était le véritable rôle d’une demoiselle d’honneur ? Cat ne s’était jamais posé la question avant qu’Emma ne lui propose de devenir la sienne à son propre mariage. Bien sûr, elle était au courant que la future mariée devait choisir des jeunes femmes en qui elle avait toute confiance. Toutefois, elle n’imaginait pas qu’il y avait toute une mythologie derrière cette coutume. Elle reconnaissait que ce fut une surprise pour elle d’être la seconde personne que la future Madame Schuester avait sollicité. En dépit du fait qu’elles s’étaient considérablement rapprochées depuis des semaines, elle pensait que son choix se serait porté sur Quinn qu’elle fréquentait depuis bien plus longtemps. Néanmoins, en bonne curieuse qui se respecte, Ecaterina s’était tout de même renseignée sur cette tradition avant de se lancer à corps perdu dans ce rôle qu’elle prenait très à cœur. Elle avait donc appris que par le passé, les demoiselles d’honneur (vierges, bien sûr) étaient censées être du même âge que la mariée. Le jour de la célébration, celles-ci devaient porter la même robe que celle qui allait se faire passer la bague au doigt. Les gens pensaient que, si des jaloux aux intentions mauvaises se précipitaient aux portes de l’église pour nuire au bonheur de la belle, les contraindre à se retrouver face à toute une rangée de jeunes filles à la même tenue les induiraient en erreur et que, égarés par cette frappante ressemblance, ils laisseraient en paix la bienheureuse. La jeune fille aimait cette légende, elle la trouvait plus jolie que le simple gage de confiance qu’une telle proposition engendrait ; et sans qu’elle ne s’en aperçoive, elle avait endossé ce rôle à la perfection. Ecaterina n’était peut-être plus vierge (que Dieu lui pardonne) et ne portait même pas une robe similaire à celle de la conseillère, mais elle avait réussi à repousser le malin avec aplomb et tout ça dans le simple but de préserver le bonheur de la mariée. Quoi qu’on en dise, elle honorait la légende.

En descendant les escaliers avec grâce, la toute dernière phrase que Wyatt lui avait malicieusement glissée à l’oreille la plongea dans une réflexion intense. La demoiselle d’honneur ne savait pas précisément si le frère de la mariée faisait du zèle ou s’il comptait mettre à mal le bon déroulement de la cérémonie comme il l’avait laissé sous-entendre un peu plus tôt, mais s’approchant dangereusement du hall bruyant, Ecaterina ressentit une angoisse latente se répandre dans tout son corps qui –au fur et à mesure que son souffle s’amenuisait dans ses poumons– lui paraissait tout endolori. Comme s’il s’agissait de son propre mariage, elle voulait que tout soit parfait. Il n’y avait pas de place pour l’imprévu : tout était écrit, le destin devait faire son travail, c’était ainsi. Lorsqu’elle regardait William et Emma, elle se disait que parfois, le destin faisait drôlement bien les choses. Même si elle regrettait l’aspect niaiseux de certains détails de leur histoire, elle ne pouvait décidément pas réfuter la tendresse qu’elle éprouvait pourtant à l’égard de celle-ci. S’arrêtant en plein milieu des escaliers, la jeune femme posa une main fébrile sur sa poitrine saillante, sentant sa cage thoracique se rapetisser de seconde en seconde. Elle avait déjà porté des tenues très désagréables, mais celle-ci remportait le premier prix, haut la main. Cependant, elle n’avait pas le temps de faire une réclamation au styliste de la cérémonie, ni même de desserrer les nœuds étroits que le docteur avait consciencieusement noués dans son dos, car dans quelques minutes à peine, la cérémonie allait commencer.

Reprenant sa respiration avec peine, Ecaterina releva courageusement la tête et, regardant droit devant elle, elle s’intima de continuer son chemin. La perspective de voir enfin Gale la fit accélérer le pas au détriment de la douleur lancinante qui enveloppait sa chute de reins toute entière. Sautant la dernière marche avec prudence, elle chercha tout naturellement le jeune homme du regard, tentant de garder une attitude confiante en se mordant la lèvre inférieure dans un effort d’attention. Quelques invités trainant encore dans le couloir, sans doute dans l’espoir d’apercevoir la mariée avant l’heure fatidique, se retournèrent sur elle, la toisant sans égards en émettant des chuchotis appréciateurs qu’elle fit mine de ne pas entendre. Se hissant sur la pointe de ses ballerines pour trouver son petit ami, Ecaterina fit un pas dans l’allée. Juchée sur ses orteils, elle ébaucha un sourire quand elle l’aperçut un peu plus loin. Elle s’approcha de lui en repoussant par habitude une mèche de cheveux invisible sur son front. Il était très élégant, ce qui ne calma pas les battements accélérés de son cœur. Elle était navrée pour Wyatt, mais il lui piquait officiellement la première place dans son top cinq des plus charmants à cette cérémonie. Elargissant son sourire, elle fit virevolter le jupon de sa robe quand le regard du jeune homme se posa sur elle et sans attendre aucun commentaire de sa part, elle déposa un furtif baiser sur sa joue puis un plus long sur ses lèvres. Occultant les curieux dans son dos, elle tenta de l’emmener à l’abri des regards en lui prenant délicatement la main. Malheureusement, Emily choisit ce moment pour se montrer de nouveau. Elle lui encercla très fort la taille, résignant la blondinette à remettre sa minute seule avec Gale pour plus tard. Sous la pression des petits bras potelés d’Ems, Ecaterina ferma doucement les yeux et émit un discret gémissement qui fit froncer les sourcils à Gale qui serra sa main plus fort. Demandant gentiment à Emily de la lâcher, elle répondit au regard interrogateur du jeune homme par une caresse dans ses cheveux et lui conseilla d’aller s’asseoir après qu’il l’ait, à son tour, embrassé sur la joue.

Ignorant Emily qui sautillait sur ses pieds comme une dératée, Ecaterina regarda Gale s’éloigner. Elle voulait s’assurer qu’il ne s’inquiète pas, mais eu la mauvaise surprise de déceler dans sa dernière œillade une profonde inquiétude qui ne lui plaisait pas. Remarquant Wyatt et Lexie à sa suite, elle détourna le regard, sentant son cœur gonfler sous l’effet de l’adrénaline. Elle sentait qu’elle n’était pas bien, que la migraine qui enveloppait son crâne n’était pas bon signe, que les fourmillements à l’extrémité de ses doigts tièdes ne se dissiperaient pas, mais elle ne pouvait pas se résoudre à avouer son malaise à quiconque. Pas parce qu’elle avait honte d’avoir pris un gramme pendant son déjeuner, elle se fichait pas mal de ce détail futile, mais parce que retarder la cérémonie, c’était faire patienter William et Emma encore un peu et persuadée que la conseillère d’orientation était en train d’exécuter une danse de la joie mentale dans sa tour d’ivoire, apprêtée telle une princesse de conte de fée, elle décida qu’elle prendrait son mal en patience.

« Rina, on dirait que tes joues sont toutes délavées ! » Ecaterina glissa son regard absent sur Emily qui la fixait d’une mine incrédule, les sourcils et le nez froncés. Elle dû se rendre compte que sa petite remarque pouvait être blessante et rajouta expressément « Mais tu es quand même trop jolie ! » La blondinette gratifia la petite fille d’un clin d’œil complice, et posant sa main sur l’une de ses épaules, l’emmena près de l’entrée de l’église « Ça va aller, ma belle. J’ai juste la migraine. Va prendre ton petit bouquet, Jessica ne va pas tarder à revenir. » Emily s’exécuta. Utilisant sa courte absence, Ecaterina essaya d’inspirer une profonde bouffée d’air –en vain.

A partir de ce moment, tout se déroula très vite pour la jeune fille. Les derniers invités s’installèrent dans l’église alors que William traversa le grand vestibule, la mine stressée. Au passage, il vint serrer la jeune fille dans ses bras, la remerciant d’être présente et d’avoir accepté de s’occuper d’Emily pendant tout ce temps. Ecaterina ne se départit pas de son calme. Malgré ses yeux brillants, elle ne versa pas une seule larme. Elle encouragea le jeune marié, replaça convenablement la veste de son costume, puis lui montra l’allée d’un coup d’œil entendu, lui souhaitant bonne chance et pressant timidement ses longs doigts dans sa paume. Ecaterina ne pouvait s’empêcher de penser à Wyatt ; dans quel état d’esprit se trouvait-il à présent ? Attendait-il le bon moment pour mettre cette célébration en péril ou avait-il abandonné toute idée de faire des vagues ? Ce questionnement ne lui rendit pas service et sentant un étourdissement l’assaillir de plein fouet au moment le moins opportun (quand Emma descendit les escaliers à son tour), elle posa son front moite tout contre l’épaule nue de Jessica, qui lui demanda si tout allait bien en lui frôlant la joue du dos de la main. Ecaterina concéda que oui, qu’elle était juste très émue et en parfaite demoiselle d’honneur, alla aider son amie à descendre les marches. Le bonheur dans les yeux d’Emma était tel que les deux blondes ne purent s’empêcher de rire. Aucunes d’elles ne pleura pourtant, elles se contentèrent juste de replacer sa traîne derrière elle, de faire les dernières retouches sur son sublime diadème et d’élargir les pétales de son bouquets de fleurs fraîches. Emma insista pour les serrer toutes les deux dans ses bras, et l’effervescence provoquée par cette étreinte agréable, donna des bouffées de chaleur à la jeune fille qui la rompit en premier, mal à l’aise. Le coucou de l’entrée résonna dans la pièce silencieuse : le temps était arrivé.

Les demoiselles d’honneur passèrent en premier. Si l’image du regard des autres glissant sur elle avait été sa plus grande angoisse pendant des semaines et des semaines, Ecaterina admettait que maintenant, elle s’en fichait pas mal qu’on la regarde. C’était Wyatt qui la contrariait. Même pas sa robe qui l’empêchait de respirer, lui donnant l’impression d’être prisonnière ; la seule chose qui l’empêchait de profiter pleinement de ce moment intense, c’était Wyatt et entièrement Wyatt. Elle parvenait à sentir son souffle tiède sur sa nuque, ses doigts glacés contre sa peau et elle savait –oui, elle savait– qu’il était en train de la regarder. Elle le détestait, ayant même l’idée saugrenue de lui faire avaler son bouquet une fois la cérémonie terminée. Les yeux rivés devant elle, Cat ne croisa le regard de personne. Sa respiration coincée dans sa poitrine qui se soulevait dangereusement à chaque inspiration pénible se faisait de plus en plus douloureuse, elle s’obligea à tout de même lancer un sourire à William qui la regardait d’un œil bienveillant. Emily passa derrière elle, son bouquet coincé sous le bras, un panier dans les mains rempli de pétales de fleurs mauves qu’elle lançait où bon lui semblait. Ses éclats de rire firent se joindre une partie des convives à son hilarité. Elle paraissait heureuse de voir ses parents s’unir, Ecaterina la comprenait. Se plaçant sur la droite de William, Ecaterina échangea un regard avec son frère aîné, témoin du marié et esquissa un sourire quand il lui chuchota qu’elle était magnifique –elle lui retourna le compliment, chuchotant elle aussi quand elle arriva tout près de lui.

Le tour d’Emma arriva. Tout le monde se leva, un grondement d’impatience se faisant tout doucement entendre. Ecaterina profita de cette occasion pour se retourner face à l’autel, posant une main encore plus tremblante sur son cœur qui commençait à s’affoler plus que de raison. Elle ne vit rien arriver, trop occupée à reprendre sa respiration en petite goulée pendant que la majorité des invités avaient leur attention tournée vers la mariée souriante. Lorsque le père d’Emma la déposa devant l’autel, l’embrassant avec tendresse sur sa joue empourprée, Ecaterina retrouva sa posture droite, impeccable. Elle posa son bouquet sur l’estrade à ses pieds et joignit les mains devant elle pour écouter l’échange des vœux. Vint alors le moment tant redouté. Ecaterina tacha de ne pas perdre pied et rapprocha Emily d’elle après qu’elle ait apporté les alliances à ses parents. Elle posa ses doigts maintenant brûlants sur ses épaules, comme si le contact de sa peau contre la sienne pouvait la calmer, la rassurer.

« Très bien, avant l’échange des vœux, je dois d’abord poser la fameuse question. » Ecaterina pinça ses lèvres colorées, sentant le goût de la framboise s’insinuer dans sa bouche pâteuse. Ce goût familier l’écœura, elle se força donc à ne pas déglutir, apeurée à l’idée de dégobiller sur l’autel. Littéralement pendue aux lèvres du pasteur Hamilton, elle transforma son sourire pincé en une grimace éprouvée « Si quelqu’un s’oppose à cette union, qu’il parle maintenant… » Ce fut plus fort qu’elle. Alors qu’elle s’était juré de ne même pas lui jeter un regard, Ecaterina tourna son regard anxieux vers Wyatt, installé au premier rang. Elle ne croisa pas son regard, elle étudia juste son expression impassible. La phrase du pasteur restant en suspend, Ecaterina cru voir toute une ribambelle d’étoiles défiler devant ses yeux –des rouges, des bleues, des jaunes… « Ou se taise à jamais. » Les lèvres de Wyatt remuèrent au ralenti. Ecaterina écarquilla instantanément les yeux, prête à le voir se lever, impuissante. Le sang battant furieusement à ses tempes, la jeune fille lâcha les épaules d’Emily. Dans le feu de l’action, elle exécuta même un pas déterminé en avant.

Ecaterina aurait voulu faire quelque chose de plus. L’empêcher de gâcher le plus beau jour de la vie de sa sœur –l’empêcher de lui faire du mal, tout simplement. Elle concevait qu’il veuille la protéger, mais c’état sa vie. Il n’avait pas le droit de décider pour Emma qui elle pouvait épouser ou non, c’était son choix. Elle aurait voulu lui crier d’arrêter et de le faire sortir pour ne pas le laisser intervenir… mais au lieu de ça, quand une poignée de regards se tourna vers elle et que ses poumons ne répondirent plus, le sol se déroba sous ses pieds et elle s’effondra.
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Mer 29 Fév - 18:34

Coincé entre sa mère qui continuait à sangloter silencieusement en enserrant son mouchoir dans ses doigts eux-mêmes teintés de noir et Lexie que la cérémonie semblait profondément ennuyer, Wyatt n’avait eu aucun mal à faire abstraction du reste des présents pour s’enfermer dans ses propres pensées. Il avait regardé Emily passer en jetant ses fleurs comme si sa vie en dépendait, souriant copieusement à l’assemblée, fière de jouer un rôle dans la grande fête. Combien de fois avait-elle mimé ce geste lorsqu’ils passaient une après-midi à jouer tous les deux ? «Je serai habillée comme une princesse, et j’aurai même le droit d’avoir une coiffure de princesse comme Rina ! Et et... Tu m’écoutes Tonton ? Et je jetterai des fleurs, et j’aurai un bouquet, et je serai tout devant avec les grands !» Le babil de sa nièce lui revenait en mémoire alors qu’il lui adressa un clin d’œil malicieux en levant les pouces au ciel pour la féliciter de si bien s’acquitter de cette tâche au combien importante. Il savait qu’elle était heureuse de ce mariage tardif. Elle ne comprenait sans doute pas ce que tout cela allait changer dans la vie de ses parents. Pour elle ils étaient déjà un couple insoluble, ses parents, son papa adoré et sa maman, la plus jolie du monde. Ils vivaient ensemble, tout avait toujours été comme ça, et il n’avait jamais joué le jeu de lui répondre sincèrement lorsqu’elle avait pu lui poster la question. Emily était certes une enfant, mais s’il la gâtait bien plus que de raison Wyatt ne lui parlait jamais comme à un bébé. Il ne supportait pas ces gens qui l’infantilisaient alors qu’elle était tout à fait en mesure de comprendre ce qui se tramait dans la vie des grands. Il préférait encore détourner son attention au fait de lui mentir. Bien qu’il évitât généralement de se montrer hostile à Will en présence de cette petite tête brune, la joie de cette petite fille ne réussissait pas à le convaincre que cette union était valable. Pourtant, elle était sans doute la preuve la plus éclatante que ce couple qu’il abhorrait plus que tout n’était pas aussi horrible qu’il voulait bien se l’imaginer. En réalité, il avait été égoïste en pensant qu’il pourrait présenter quelqu’un d’autre à Emma, pour essayer de lui ouvrir les yeux. Scott Burlingame s’était montré particulièrement entreprenant avec lui, cherchant sans cesse à obtenir des informations sur Emma, sur l’état de son couple, sur ce qu’il pensait de la situation. Wyatt n’avait pas mis longtemps à cerner le personnage du professeur de littérature qu’il avait même fini par considérer comme un ami. Il était bien mieux que William Schuester à son sens, plus posé, plus fidèle, plus... Toutes les raisons étaient bonnes pour trouver un remplaçant à son beau-frère. Mais pas une fois il n’avait pensé à ce que penserait Emily si jamais ça devait arriver. Il n’avait jamais imaginé la situation dans laquelle elle se trouverait si ses parents qu’elle aimait plus que tout se séparaient. Où irait-elle ? Avec Emma, très certainement. Mais elle devrait sans doute vivre l’enfer des gardes partagées. Serait-elle capable d’appeler un autre homme “papa” ? Toute l’amertume de Wyatt face à ce mariage se transformait petit à petit en honte. Il n’avait pas été mieux que William dans cette histoire. Il avait été égoïste, il n’avait jamais vraiment accepté de penser à ce que pourraient vivre Emma et Emily si ce qu’il désirait tant finissait par se produire.

Était-ce la fin imminente de sa lutte, abrégée par la célébration de ce mariage ou bien l’église qui avait cet effet sur lui ? Jamais il n’avait autant réfléchi à la situation. Jamais sous cet angle en tout cas. Pour la première fois, il acceptait de regarder plus loin que le bout de son nez. Enfin il dépassait le jugement borné qu’il avait eu jusqu’alors. Toutes ces disputes. Tous ces coups de fil terminés dans un silence pesant. Tous ces rendez-vous manqués. Son jugement sur William ne changeait pas. Il ne l’aimait pas. Il se méfiait de lui et de sa versatilité. Il cachait bien son jeu à Emma mais il savait que la première impression qu’il avait eue sur lui était la bonne. Il serait incapable de la rendre heureuse mais elle, elle saurait se rendre heureuse avec lui. Elle vivait dans cette belle illusion de cet homme parfait qui n’existait que dans son esprit, et ça lui suffisait. En essayant de tirer sa sœur de sa torpeur amoureuse qui la rendait aveugle même après cinq années passées aux côtés de William, il n’avait fait que la braquer et détruire un peu plus chaque jour la relation qu’ils avaient eue jusqu’alors. Il s’en voulait terriblement d’avoir été aussi brusque. Et il espérait qu’elle le pardonnerait. Qu’ils se retrouveraient un jour pour parler comme avant. Qu’il regagnerait son cœur et sa confiance. Qu’il aurait la même place à ses côtés. La voyant passer devant lui dans sa belle robe blanche, son cœur se serra un peu plus. Fermant les yeux pour chasser ces pensées, il aurait voulu que l’on passe tout de suite aux choses sérieuses et que le bon pasteur Hamilton abrège son laïus sur le bonheur et le mariage et toutes ces choses passablement ennuyeuses. Lançant un regard en coin dans la direction de Lexie pour s’assurer qu’elle ne s’était pas endormie, il sourit en voyant son visage enjoué lorsque leurs regards se croisèrent. Elle devait traîner sur les bancs des églises à peu près autant que lui et la savoir présente pour le reste de la soirée était une garantie qu’il ne mourrait pas d’ennui. Enfin on arrivait aux choses sérieuses, reportant son regard vert émeraude sur la scène qui avait lieu sur l’autel, il cessa de respirer. Son cerveau était comme paralysé, incapable de prendre un décision, il ne voyait plus William ou Emily ou les témoins ou même le pasteur, il ne voyait plus qu’Emma qui souriait plus que jamais et dont les mains tremblaient presque d’impatience. Il savait que dans moins d’une minute elle aurait un petit anneau d’or à la main gauche et que pour elle, ce serait bien plus qu’un symbole.

S’il n’avait pas levé les yeux vers Ecaterina pour accrocher son regard, ce n’était pas parce qu’il était si sûr qu’elle tomberait dans son piège, mais plutôt parce qu’il était persuadé qu’il n’existait plus pour elle à cet instant. Tout le monde retenait son souffle attendant que les vœux soient enfin échangés pour pouvoir sortir de cette église glaciale et aller se réchauffer dans la salle des fêtes apprêtée pour l’occasion. Et la blonde plus que n’importe qui d’autre devait attendre le moment M avec anxiété et impatience. S’il ne savait pas exactement ce que sa sœur avait fait pour elle, il n’était pas aveugle et s’était vite rendu compte que c’était cette gratitude qui nourrissait sa détermination à protéger leur union sacrée. Ecaterina... La pauvre Ecaterina qui retenait sa respiration pour ne pas faire exploser le bustier qu’il avait savamment noué. La supportrice fidèle des futurs époux qui n’avait pas hésité une seconde à lui tenir tête et à lui faire comprendre qu’elle était prête à tout pour le faire taire. Elle n’aurait sans doute pas pu faire grand chose contre lui de là où elle était. Elle avait dû se sentir impuissante en le voyant assis là, l’air parfaitement calme et maître de lui encadré par deux rousses flamboyantes, dans son élément. Le regard fixé sur le sol en pierre, son esprit était vide. Il était incapable de penser. Incapable d’entendre la suite de la cérémonie. Il refusait d’entendre en réalité. Il avait même perdu la notion du temps et la seconde qui s’était écoulée lui avait paru une éternité mais sa mère le tira de ses non-pensées en le secouant violemment.

Tournant des yeux déconcertés vers elle en ne la reconnaissant pas dans ce genre d’attitude même si elle avait paru particulièrement émue, il ne tarda pas à comprendre ce qui venait de se passer. «Mon dieu Wyatt ne reste pas planté là ! Va faire quelque chose !» La demoiselle d’honneur gisait sur le sol derrière une Emily paniquée et au bord des larmes, Emma s’était retournée pour s’agenouiller à ses côtés, Jessica semblait prostrée et son frère venait lui aussi de se jeter sur elle alors qu’un autre blond dans l’assemblée se levait comme un diable sort de sa boîte. Se relevant doucement, il marcha d’un pas lent et assuré vers l’autel où tout le monde paniquait gaiement. «Écartez-vous. Elle a besoin d’air.» lâcha-t-il d’un ton froid et professionnel. S’il voulait avoir une chance de calmer cette bande hystérique il devait faire preuve du plus grand calme. Considérant la situation un instant, il ne pouvait décemment pas la déshabiller au milieu de la nef, devant son frère qui plus est. Levant les yeux vers le grand blond baraqué, il l’ignora pour passer ses mains sous le corps de la jeune femme et la soulever. Chance, elle était petite et mince, il n’aurait donc pas à se ridiculiser en public en demandant à superman ici présent de la porter à sa place. «Pas de panique, c’est sûrement toute l’excitation du mariage qui lui est montée à la tête.» reprit-il de sa voix la plus grave. Se tournant vers Emma, il évita ses yeux mais après une seconde d’hésitation il se décida à parler. «Continuez. Je m’occupe d’elle.» Ne laissant pas à sa sœur une chance de protester, il enchaîna d’un ton ferme «Elle n’aurait pas voulu que tu arrêtes la cérémonie. Elle sera là au mariage civil de toute façon. Continuez.» Il avait mal d’avoir à prononcer ces mots. Jamais il n’aurait pensé que lui-même serait assez stupide pour ne pas profiter d’une telle occasion. Il l’avait prévu. Il l’avait imaginé. Et voilà qu’il sabordait ses propres plans. Ecaterina Robertson 1 - 0 Wyatt Pillsbury, tu n’es qu’un idiot et tu le regretteras. Sentant la petite main de sa nièce s’accrocher à son pantalon, il lui sourit «Rina va bien Ems, tonton va s’occuper d’elle, je suis médecin tu le sais.» Le corps sans vie de la blonde commençait à peser dans ses bras et donnant un léger à-coup pour la replacer correctement contre sa poitrine, il sortit de l’église par une petite porte latérale que le supposé petit-ami s’était empressé d’ouvrir. Mais alors qu’il s’apprêtait à lui emboîter le pas, Wyatt l’arrêta d’un commentaire décidé. «Je n’ai pas besoin d’aide, merci.» et repoussa la porte en bois devant son visage stupéfait. Il peina dans les escaliers pour la ramener à la salle de préparation où ils avaient discuté plus tôt puis déposant enfin son chargement sur un des fauteuils de la salle, il secoua les bras pour réactiver sa circulation. Un corps inanimé pesait définitivement plus lourd et il n’était pas près de réitérer l’expérience. Ne perdant pas plus de temps il dénoua d’une main l’ensemble des nœuds qu’il avait faits et desserra la robe jusqu’à voir ses sous-vêtements. Se redressant il la contempla un instant hésitant sur la marche à suivre. Il ne fallait pas qu’il se laisse déconcentrer par un peu de dentelle, il en avait vu d’autres, très clairement. Il était médecin certes, mais son domaine d’expertise à lui se trouvait bien plus bas. Lui mettant une petite claque, il attendit un instant de voir s’il tirait quelque chose de cette tactique. Il ignorait encore si Emma avait exécuté ses ordres et il ne tenait pas particulièrement à ce qu’on lui tombe dessus avec cette fille quasiment déshabillée et lui qui la regardait. Vu de l’extérieur tout ceci aurait l’air terriblement suspect et les bras du frère et du blond étaient bien trop épais pour qu’il prenne ce genre de risque. S’approchant de son oreille alors qu’elle semblait reprendre des couleurs et que sa poitrine avait recommencé à se soulever de manière plus prononcée il murmura dans un souffle chaud «Si vous ne vous réveillez pas je vais devoir en venir au bouche à bouche, je n’hésiterai pas une seconde vous savez.» S’écartant d’elle alors qu’elle reprenait conscience il sourit devant sa mine effarée, soit par sa remarque soit parce qu’elle venait de réaliser ce qui venait de se passer. «Eh oui... vous avez servi mes intérêts mieux que quiconque Ecaterina, je dois avouer que j’ai manqué votre prestation, mais le résultat était grandiose. Digne d’une grande tragédienne. Le tout baigné dans une lumière tamisée d’église...» Laissant passer une seconde de silence il finit par continuer pour ne pas prendre le risque de la voir s’évanouir à nouveau sous le choc «Je plaisante. La cérémonie devrait être en train de suivre son cours et à l’heure qu’il est Miss Pillsbury n’existe plus.» Un air triste passa sur son visage qui ternit son sourire qui se voulait sarcastique. «Vous auriez été fière, un vrai petit soldat de l’armée pour la défense du mariage Pillsbury-Schuester.»
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Ven 2 Mar - 16:55

Ecaterina n’était plus là, elle n’avait rien vu venir. Une seconde plus tôt, elle fixait le visage impassible de Wyatt, littéralement suspendue à ses lèvres, attendant qu’il ne mette sa menace à exécution et puis, plus rien. Le décor de l’église se flouta, elle cru entendre la voix du pasteur Hamilton se brouiller, comme un vieil enregistrement audio usé. Elle eu la sensation d’avoir la chair de poule, elle n’était plus sûre de rien. De toute façon, était-ce important ? D’autres enjeux étaient à prendre en considération, alors elle concéda que non, ça n’était définitivement pas important. Pendant un court laps de temps, elle oublia : le mariage n’existait plus. Son angoisse profonde, cette vague intense de ressentiments à l’égard du frère de la mariée, le frère de la mariée lui-même, n’existaient plus. Où avait-elle atterri ? Son dos partiellement nu heurta le sol froid de l’église, mais cette décharge glaciale ne lui arracha même pas un frisson. Le dos de sa main tiède se posa d’elle-même sur son visage beaucoup trop pâle, figé. Elle ne souriait plus, éteinte. Dans une comédie dramatique, une telle scène aurait eue un franc succès, raflant la palme de l’effet de surprise le plus réussi. Néanmoins, Ecaterina n’était pas certaine que cet accès de faiblesse soit vu d’un très bon œil ailleurs que dans les festivals de cinéma. Même dans cet état de semi-conscience, elle parvenait à comprendre pourquoi ; venait-elle de tout gâcher ?

Elle avait tellement mal à la tête. Elle n’était plus là, non. La douleur dans sa poitrine non plus, les fourmillements dans ses doigts tremblants d’anxiété avaient disparus. Son cœur vibrant bien trop fort lui donnait l’impression de s’être arrêté, lui aussi, sans doute épuisé d’avoir pompé avec autant de résolution pour qu’elle ne s’effondre lamentablement en plein milieu d’une heureuse célébration. Le bougre, il avait failli à sa mission. Il était aussi faible qu’elle, elle se jura alors de tenter de l’endurcir, au moins pour la forme. Mais pourquoi, pourquoi sa tête continuait-elle à lui faire aussi mal ? Probablement parce que son esprit, lui, ne s’était pas arrêté. Au contraire, il tournait à plein régime. Dommage, elle n’aurait pas dit non à un peu de répit mental. Elle n’avait plus de force, elle se sentait vide, épuisée ; sa détermination, son enthousiasme, son envie irrationnelle de bien faire… tout s’était envolé quand l’air bloqué dans sa poitrine l’étouffa, au point de la faire s’évanouir. Dans un vrombissement inquiétant, sa mémoire se remit en marche ; nous étions le 22 octobre 2016 dans la petite église de Lima pour célébrer le mariage de William et Emma.

Ecaterina ne reprit pas conscience. Etendue de tout son long près de l’autel, elle entendit des babillements suspects qui lui firent comprendre qu’on s’agitait tout autour d’elle. Elle ne reconnu pas les voix, trop absorbée par les informations qui fusaient dans sa tête. Mariage, Wyatt, église, Wyatt, demoiselle d’honneur, Wyatt, bustier, Wyatt, manque d’air, Wyatt, Wyatt, Wyatt. Pourtant, Ecaterina était persuadée que bientôt, on la prendrait en mains. C’était étrange, elle s’était sentie tellement mal, comme l’esclave d’un enchevêtrement de lacets trop serrés. Maintenant, même les impulsions violentes de son mal de crâne semblaient se dissiper très lentement. Le sol de l’église lui parut même moins froid, plus douillet ; elle était étendue sur du coton. Du coton tiède, ce n’était pas désagréable, elle y serait bien restée encore un peu. Promptement, la jeune fille redescendit de son nuage de ouate quand des mains fermes la décollèrent du sol : le mariage. Maintenue près d’un corps robuste, chaud, elle posa machinalement sa tête sur ce qu’elle supposait être l’épaule de l’inconnu, sentant des doigts lui enserrer délicatement la taille. Décidément, on la secourait beaucoup trop à son goût, ces derniers temps.

Est-ce que le mariage allait être annulé ? Au fur et à mesure, les idées de la blondinette se remirent en place. Elle pouvait compter sur Gale pour rassurer les gens. Il la connaissait par cœur, il savait qu’elle ne voudrait pas que le mariage soit interrompu par sa faute et qu’elle voudrait que tout continue, tant pis si elle manquait l’échange des vœux. La vidéo de l’événement, les souvenirs d’Emma, tout ça lui suffirait. Elle accepterait d’avoir manqué ce moment crucial. Mais si Wyatt était intervenu ? Si finalement, il était parvenu à la prendre de court et que son évanouissement était survenu trop tard pour éviter la catastrophe ? Ecaterina ne se le pardonnerait. Jamais elle ne se remettrait de l’avoir laissé arriver à ses fins avec autant de facilité, jamais. Elle avait mis tant d’énergie à le convaincre de laisser sa sœur faire sa vie, elle ne voulait pas que ses nombreux efforts pour faire de cette journée une journée inoubliable, sans d’autres larmes que les larmes de joie que la mariée versera quand son époux se penchera sur elle pour l’embrasser avec tendresse, ne soient réduits à néant à cause de Wyatt, l’arrogant. Elle ne se le pardonnerait pas, certes. Mais elle ne lui pardonnerait pas non plus.

Ecaterina connaissait ce sentiment douloureux de trahison. Avec Dorian, elle avait vécu la même chose. Quand il lui avait révélé la vérité, quand il lui avait dit qu’il l’avait laissé seule avec sa mère pour partir retrouver son père, le monde s’était effondré. Elle n’avait pas su remonter à la surface. Elle était partie parce que c’était ce qu’on lui avait appris et que d’après elle, c’était la meilleure chose à faire. Même si elle faisait mine de ne plus lui en vouloir, d’avoir réussi à passer l’éponge sur ce détail difficile de leur relation, elle sentait bien qu’au fond, cette rancœur était toujours présente ; elle le sera toujours, quoi qu’elle fasse. Elle avait souffert pendant des années, elle avait été contrainte à la solitude, entre autre et lui… lui, il avait connu la satisfaction d’avoir un père présent, un vrai parent avec qui construire quelque chose, pas elle. Elle manquait de repère, sa vision des choses était faussée à cause de l’attitude de ceux qui l’avait abandonnée. Personne ne pouvait comprendre, elle n’essayait plus de leur expliquer, de toute façon. Elle ne voulait pas qu’Emma ressente ce sentiment, qu’elle se mette à détester son frère si fort qu’elle ne veuille plus jamais le revoir, ni même lui parler. C’est vrai, son bonheur était ce qu’elle voulait préserver avant tout, car elle lui avait donné une seconde chance avant tout le monde, qu’elle lui avait donné les moyens de s’expliquer, mais pas seulement. Perdre un frère, c’était comme perdre une part de soi-même et Ecaterina savait que malgré sa gentillesse, malgré toute cette bienveillance qui émanait de la conseillère, une part d’elle ne pourrait s’empêcher de profondément haïr Wyatt et ça, Emma ne pourrait pas le supporter.

Combien de temps était-elle restée inconsciente ? Les paupières closes, Ecaterina avait perdu la notion du temps. Sous elle, elle ne sentit plus les doigts délicats la maintenir précautionneusement. Une matière douce et soyeuse frôla sa peau, et cette fois, elle frissonna. Immanquablement, elle remarqua que sa cage thoracique s’était dégagée et en ouvrant subitement les yeux, elle inspira une profonde bouffée d’air qui la fit tousser et se redresser avec difficulté : elle avait froid. Il lui fallut un temps avant de se rendre compte que quelqu’un lui parlait. Doucement, la main posée sur sa poitrine se soulevant au rythme de l’air qui s’y engouffrait de nouveau, elle leva les yeux. Wyatt se tenait à côté d’elle, debout, cet air de parfait gentleman illuminant ses traits réguliers. Ceux-ci semblèrent se rembrunir quand il la rassura, lui disant que la cérémonie n’avait pas été interrompue. Au creux de son estomac, Ecaterina sentit un poids certain s’alléger, progressivement. Un courant d’air lui fit croiser les bras, et baissant le regard sur sa robe défaite, elle préféra occulter la possibilité que ça soit Wyatt qui lui soit venue en aide et d’une toute petite voix, demanda :

« Où est Gale ? » Elle releva les yeux, tirant sur son bustier pour ne pas dévoiler trop de peau à celui qui, elle en était certaine, en avait déjà bien assez vu. Evitant son regard, elle déglutit avec difficulté et fronça les sourcils à sa dernière phrase. Elle était sonnée, mais consciente et elle ne réprima pas l’envie qui s’imposait de lui dire le fond de sa pensée « Fière de toi… » Elle prit le droit de le tutoyer, fatiguée de jouer à la jeune fille polie et marqua une pause après avoir émit un tout petit rire amer, osant enfin affronter son regard « Est-ce que tu t’es posé la question de savoir ce que ça ferait à ta sœur de te voir s’opposer à son bonheur à la vue et au su de tous ? Tu as beau être convaincu que Will n’est pas l’homme qu’il lui faut et qu’il est infidèle, indigne d’elle et je ne sais quoi encore… » Elle plissa les yeux, la douleur de tête ne désemplissant pas ; ce n’était peut-être pas le bon moment pour partir dans de grands discours « Emma, c’est lui qu’elle aime. » Elle fronça les sourcils, peinant encore une fois à déglutir « Et je sais qu’elle t’aime aussi parce que tu es son frère. Je ne sais pas si tu t’imagines le mal que ça fait de ne pas se sentir soutenu par les gens qu’on aime le plus. Je sais que tes parents n’aiment pas Will. Emma, ce n’est pas de ton jugement dont elle avait besoin. Elle avait besoin de tes encouragements. Elle avait besoin du soutien que tes parents ne lui ont pas accordé. De ton assurance que tout se passerait bien. Elle attendait tout simplement que tu tiennes ton rôle de frère. » Secouant la tête, elle esquissa un sourire furtif « Tes intentions son louables, tu veux la protéger. Je comprends, je t’assure… » Elle haussa les épaules, pinçant doucement les lèvres en fermant les paupières ; elle se résigna, elle était en train de tenir un rôle qui ne lui plaisait pas : celui de moralisatrice. Elle n’était pas douée pour ça, elle sentait encore le poids de la culpabilité peser sur ses épaules malgré toutes les excuses qu’elle avait prononcées. Ce n’était pas honnête que de lui faire la morale alors qu’au fond, elle n’était peut-être pas mieux que lui. Encore étourdie, elle préféra s’arrêter là, sentant une boule se former dans sa gorge engourdie. Ecaterina prenait cette histoire trop à cœur, ce n’était pas bon. De ce fait, elle concéda avec douceur « Tu as fait ce qu’il fallait, Wyatt. » Elle baissa une seconde fois les yeux sur son bustier. Elle voulu lever la main devant elle, avant de se souvenir que si elle lâchait la pression sur sa poitrine, son corset se ferait la malle. Aussi, elle s’abstint, ajoutant « Merci de m’avoir libérée de cette fichue robe. »
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Dim 4 Mar - 21:15

Cette salle d’apparence banale devait en réalité être parfaitement conçue pour empêcher tout débordement et retard lors des mariages, c’en était presque diabolique, et Wyatt avait encore beaucoup à apprendre du propriétaire s’il voulait redécorer le cabinet de manière efficace. Non seulement les sièges étaient inconfortables pour la plupart, mais en plus le chauffage ne marchait que de manière incertaine et la peau couverte de chair de poule de la jeune femme en était une preuve éclatante. Il la fixait de ses grands yeux, la regardant s’éveiller doucement, l’air attendri par les premiers mots de la jeune femme. Il n’était pas certain de se souvenir du nom de son frère mais il ne sonnait pas comme ça dans son esprit. Ce qui ne laissait donc que le blond à qui il avait claqué la porte au nez et qui devait désormais se faire un sang d’encre en imaginant sa très chère petite amie entre ses mains expertes. Ceci expliquait aussi l’angoisse dans ses yeux en le voyant la soulever de terre et l’emporter loin de lui. S’il avait été assis plus près il aurait sûrement pris les choses en main, seulement Wyatt n’était pas prêt à manquer l’occasion de se sauver, sans compter qu’il savait au moins quoi faire, dans les grandes lignes. Mais si l’image était amusante, elle n’arrangeait rien à la précarité de sa situation : lui et une jeune femme à demi nue seuls dans une salle reculée du premier étage. «Le blond qui n’était pas derrière le marié je suppose ? Il est resté derrière, je n’aurais pas voulu avoir à affronter les foudres d’un petit ami jaloux si vous aviez eu besoin d’une réanimation un peu plus poussée.» siffla-t-il avec ironie. Accompagnant sa remarque d’un sourire en coin, il détourna les yeux de sa poitrine pour regarder par la fenêtre en la voyant réajuster sa robe sur elle. Il aurait voulu en terminer le plus vite possible avec tout cela, et profiter de cette occasion pour s’éclipser et ne pas retourner à la cérémonie. Il avait fait tellement d’efforts pour penser à Emma et la ménager. Pour se tenir à distance malgré l’envie étouffante de lui dire une ultime fois qu’elle se trompait. Cette fois-ci il avait accepté de réfléchir à tout, comme inspiré par l’atmosphère solennelle de l’église, et malgré ce que sa raison lui avait dicté, il regrettait d’avoir encouragé Emma à poursuivre le mariage. Il savait qu’il ne serait pas capable d’y retourner avec le sourire, et il aurait préféré mettre un peu de distance avec sa sœur aînée, au moins pour la prochaine demi-heure. Une heure ç’aurait sans doute été trop demander, ne serait-ce qu’à cause des photographies de mariage qui lui imposeraient de poser avec sa famille. Encore tellement de formalités à accomplir... La soirée serait longue, sans aucun doute. Il devrait affronter les félicitations cette fois. Pire, il devrait adresser ses propres félicitations au couple lors du dîner. Il n’avait toujours aucune idée de ce qu’il pourrait dire et la perspective de se faire porter pâle comme un écolier apeuré par la rentrée devenait de plus en plus vraisemblable pour le jeune homme. Soupirant discrètement, il ne se départit néanmoins pas de son sourire terni un instant par toute cette peine qui l’habitait, tenant la tête haute en annonçant ironiquement ses exploits du jour.

Il ne s’attendait certes pas à de sincères félicitations étant donnée la nature de sa déclaration, mais contre toute attente, ce petit bout de blonde qui un instant auparavant était pelotonnée contre lui se mettait à le tutoyer et à s’énerver seule contre lui. Pire, elle se débattait pour trouver la force de le réprimander. Ses sourcils se froncèrent immédiatement en entendant les premières phrases et surtout le ton qu’elle employait avec lui. Il n’avait pas besoin d’écouter la suite pour savoir ce qu’elle lui dirait. Il sentait tous les reproches qu’elle allait lui faire comme s’ils avaient été gravés dans sa peau diaphane. Il s’était fait les mêmes. Il avait fait le deuil de ses projets pour empêcher sa sœur d’épouser cet homme méprisable grâce à eux. Il était passé par toutes les étapes au cours de la cérémonie. Le choc en voyant Emma dans sa robe, rayonnante de bonheur, en voyant son père marcher dans l’allée centrale en compagnie de sa sœur, en voyant sa mère en larmes, couverte de maquillage. Le déni, en refusant de voir William sur l’autel, en refusant de comprendre qu’il était trop tard, en imaginant qu’il avait peut-être encore une chance de tout arrêter si Ecaterina choisissait le bon moment pour s’évanouir. La colère, contre lui-même essentiellement, une rage presque désespérée contre son incapacité à ouvrir les yeux de sa sœur, contre sa passivité, contre William qui s’en tirait avec ce dont il rêvait. La tristesse, bien réelle, qu’il ressentait toujours en imaginant que le professeur d’espagnol la rendrait malheureuse et que lui ne pourrait plus rien. La résignation, quand il avait accepté de ne rien dire au mariage, de s’asseoir en silence et de n’esquisser que du bout des lèvres son opposition. L’acceptation et la reconstruction viendraient sans doute plus tard. Un jour. Mais pas aujourd’hui, ça non. C’était trop tôt. Sous ses grands airs arrogants et sûr de lui, Wyatt restait toujours un peu le petit garçon hyperactif et émotif qu’il avait été un jour. Il avait besoin d’un peu de soutien, d’une présence amicale... Et voilà qu’on venait lui agiter sous le nez des réflexions toutes faites, proférées par une quasi inconnue. Son sang ne fit qu’un tour à ces mots “s’opposer à son bonheur”. Il n’arrivait pas à décider si elle l’avait fait exprès ou bien si elle s’en prenait à lui pour masquer la honte de s’être évanouie au milieu de l’église, mais la jeune femme venait de le mettre dans une rage folle. Pour qui se prenait-elle à le juger de la sorte. De quel droit est-ce qu’elle s’estimait capable de juger sa situation ? Le gynécologue resta aussi droit et immobile qu’auparavant, mais ses yeux qui la regardaient avec compassion un instant auparavant n’étaient plus emplis que de mépris. Était-ce vraiment nécessaire de lui faire la leçon alors qu’il venait de prendre la décision la plus dure et la plus douloureuse de toute sa vie ? Était-ce vraiment nécessaire de venir lui reparler de William Schuester et de sa grande sœur alors qu’il avait réussi à fuir la réalité du mariage pour quelques minutes ?

Il ne dit rien, l’écouta avec la plus grande attention, patiemment. Il la regarda se débattre contre la fatigue pour lui asséner quelques coups supplémentaires. Et quand elle eut fini, il se contenta de la regarder de toute sa hauteur. «Je ne pense pas que tu comprennes, Ecaterina.» commença-t-il par rectifier en insistant lourdement sur ce tutoiement dont il ne voulait pas et qu’il n’avait pas apprécié dans la bouche de la jeune femme parce qu’il l’avait considéré comme un manque flagrant de respect qui n’avait rien à voir avec la proximité. «Et je pense surtout que ça ne te regarde pas. Tu es peut-être amie avec William et Emma, mais je n’ai pas de leçon à recevoir, ni de toi, ni de personne. Le jour où ton frère épousera une femme que tu détestes du plus profond de toi-même en t’expliquant à quel point elle est parfaite, peut-être que tu auras le droit de venir me trouver. Et encore. Tu n’as aucune idée de ce qui se passe entre ma sœur et moi, et ça ne regarde que nous.» Son ton était sec et cassant, il était en colère mais ne se laissait pas aller à hausser le ton ou à rougir. Il restait parfaitement maître de lui-même, bien trop habitué à ce genre de provocations de la part de William pour être emporté par une quelconque émotion vive. «Quant à ce que j’ai fait ou non aujourd’hui, je te saurais gré de ne plus le mentionner. D’ailleurs, j’apprécierais que nous gardions cette petite discussion entre nous.» Ôtant la veste de son costume, il la jeta sur la jeune femme qui s’entêtait à serrer son bustier contre sa poitrine découverte en évitant consciencieusement son regard. «Tu n’auras qu’à la rendre à Lexie Preston ou à ma mère ou la laisser là quand tu auras trouvé de quoi te changer, peu m’importe, mais cesse un peu de grelotter.» Après un demi-tour net sur les talons pour marcher droit vers la porte, il se retourna dans l’embrasure pour la regarder une dernière fois, entrouvrit les lèvres pour lui dire une dernière chose, mais renonçant finalement, il claqua la porte derrière lui. Inspirant profondément, il descendit les marches jusqu’au hall, se dirigea vers le buffet pour y attraper un verre déjà servi puis après en avoir siroté une gorgée, soupira à nouveau. Ses belles résolutions de ne plus souffler toute sa résignation s’étaient envolées et sa colère contre Ecaterina n’avait pas réussi à effacer de ses pensées tout le dépit qui le rongeait. Il sortit finalement de la salle pour s’asseoir sur la volée de marches. L’air était froid, surtout sans sa veste, mais il ne pleuvait pas. Une journée d’accalmie dans la météo infernale du mois d’octobre. Posant son verre à côté de lui, il prit sa tête entre ses mains pour glisser ses doigts dans ses cheveux châtains et dissimuler ses yeux à la lumière blanche du soleil. Dire que la journée ne faisait que commencer...
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MessageSujet: Re: 02. Le frère de la mariée.    Lun 5 Mar - 20:29

L’opinion qu’avait eue Ecaterina un peu plus tôt sur cette grande pièce n’avait pas changé malgré les moult péripéties qui s’étaient déroulées au début de la cérémonie qui continuait de suivre, très certainement, son cours au rez-de-chaussée. Elle la trouvait toujours autant impersonnelle, aussi inhospitalière. La lumière aveuglante qui baignait les hauts plafonds lui fit plisser les paupières. La tête encore douloureuse, elle avait été trop téméraire ; parler avec autant d’aplomb, alors que sa bouche était aussi sèche que le désert d’Atacama, ne fut pas le choix le plus judicieux qu’elle avait fait, aujourd’hui. Peut-être était-ce dû à sa perte de conscience ou, plus probablement, à la tension palpable qui persistait à s’installer entre Wyatt et la blondinette, mais le froid glacial qui régnait dans cette antichambre était désagréable, presque malsain. Par réflexe, Cat protégea sa poitrine, tirant sur son bustier défait un peu plus haut. Dans le fond, elle n’avait rien contre Wyatt. Elle pensait même qu’ils auraient pu plutôt bien s’entendre et partager des centres d’intérêts communs. Ils devaient se ressembler plus qu’il ne l’imaginait. Cette façon particulière de toujours faire tourner les situations les plus délicates à leur avantage était une preuve irréfutable qu’ils usaient des mêmes ressources. Non, Cat n’avait vraiment rien contre le jeune médecin. Elle lui reprochait tout simplement de ne pas avoir pris la peine de voir plus loin que le bout de son nez des jours avant la cérémonie. Les relations fraternelles étaient compliquées, elle était plutôt bien placée pour le savoir. C’était vraisemblablement pour cette raison qu’elle s’était permise de donner son point de vue sur l’attitude regrettable du jeune homme avec autant de virulence. Ce n’était pas quelque chose qu’elle faisait, d’habitude. Ecaterina estimait avoir déjà bien assez de soucis dans sa vie, et se mêler de ceux des autres, émettre des avis personnels sur des situations qu’elle ne connaissait que dans les grandes lignes (voir pas du tout), ça n’était définitivement pas son genre. Elle était curieuse, elle l’admettait très souvent, mais son envie d’être au courant avait ses limites et les histoires de cœur, les petits drames intimes n’entraient pas dans sa liste d’indiscrétions dont elle se délectait entre deux bouchées de cupcakes au gingembre –trop peu pour elle. Sa propre attitude la surprenait, elle ne se reconnaissait pas. Emma était importante pour Ecaterina. Elle l’avait déjà compris depuis un bon nombre de semaines déjà, mais cette évidence venait tout juste de clairement se dessiner dans l’esprit brouillon de cette petite jeune fille encore sonnée par son évanouissement impromptu ; Emma comptait tant pour elle qu’elle était prête à mettre ses principes les plus honorables de côté. Quitte à se faire quelques ennemis pendant la bataille –ici le propre frère de la conseillère.

S’emporter dans une longue tirade dégoulinante d’une morale douteuse avait rendu Ecaterina encore plus mal à l’aise, vaseuse. A demi-nue, elle eu l’impression d’être l’une de ces filles qui se jugeaient, après coup, trop bien pour cet amant dont elle avait réussi à en tirer tout ce qu’elle souhaitait. Le cadre n’était pas des plus flatteurs, et par la force des choses, elle se sentit honteuse. Elle regrettait d’avoir ouvert la bouche. Elle le regretta immédiatement après s’être aperçue qu’elle avait dépassé les bornes et que les traits de Wyatt s’était tout à coup durcis. Cat ne voulait pas le prendre de haut, elle ne voulait pas le blesser non plus et lorsqu’il rétorqua en la tutoyant à son tour, elle se trouva tellement ridicule qu’elle baissa la tête, penaude. Pendant tout le discours de Wyatt, Ecaterina ne releva pas les yeux parce qu’elle savait qu’il avait raison et qu’il avait tout à fait le droit d’utiliser ces arguments pour se défendre comme bon lui semblait. Après tout, elle n’avait pas cherché à le ménager, elle. Le juger de la sorte était tout à fait irrespectueux à son égard, indigne de sa propre façon habituelle d’agir. C’était une erreur, Ecaterina ne chercha pas à se trouver des circonstances atténuantes. Elle n’aurait pas dû, point. Elle devait s’excuser. C’était peut-être trop tard. Les mots qu’elle avait employés n’étaient sans doute pas pardonnables –son ton présomptueux, encore moins. Cependant, elle tenait à le faire et préciser, avec toute l’humilité dont elle pouvait faire preuve, qu’elle avait peut-être forcé le trait en prenant le médecin à partie de cette manière ; les conflits, ce n’était pas son fort, elle ne savait pas les gérer. Devoir ignorer le jeune homme jusqu’à la fin de ses jours ne serait sans doute pas agréable, elle avait déjà tenté l’expérience une fois avec quelqu’un qu’elle aimait profondément, ça n’avait pas fonctionné. Elle ne préférait pas avoir à user de cette tactique puérile pour dormir tranquille. Déglutissant maintenant plus facilement, la jeune fille s’apprêta à lever la tête pour affronter le regard de son interlocuteur, mais fut coupée dans son élan par la veste que Wyatt venait littéralement de lui jeter à la figure. Ecaterina sursauta sous le frôlement brusque du tissu onéreux tout contre sa joue brûlante, ce qui la sortit violemment de sa torpeur. Elle avait fauté, certes. Mais il n’était pas nécessaire de rajouter à son embarras en la traitant avec autant d’ingratitude, elle s’en voulait déjà suffisamment comme ça. Toutefois, prenant sur elle, elle ne dit rien et le remercia d’un simple signe de tête. Toutes les excuses qu’elle voulait lui faire s’étaient évaporées dès lors qu’elle avait croisé son regard méprisant, et enfilant précautionneusement la veste sur ses épaules dénudées, elle ne s’excusa pas, laissant un silence lourd de sens s’installer peu à peu dans la pièce hostile. Wyatt prit le coche : il tourna les talons. Ecaterina fixa sa silhouette s’éloigner, sentant enfin sa migraine se dissiper. Pinçant ses lèvres sèches, elle planta son regard humide dans les pupilles déterminées du docteur, et sans y réfléchir au préalable, elle murmura :

« Wyatt, je… » La porte se claqua si brusquement qu’elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Le courant d’air faisant tressauter la blondinette, elle ferma les yeux très forts. Si elle n’avait pas été aussi fière, elle aurait dit à Wyatt qu’elle était désolée malgré qu’il l’ait injustement traité comme une traînée à qui on offre sa veste par pitié. Les paupières closes, elle pinça les lèvres un peu plus fort, sentant l’amertume des mots coincés dans sa gorge envahir sa langue.

La journée n’était pas terminée, Wyatt et Ecaterina continueraient à se croiser tout au long de la réception, ils partageraient même la même table. Comment cela se déroulerait-il ? Ils tenaient tous les deux à Emma, ils l’avaient prouvés chacun à leur manière. Elle était certaine qu’ils feraient tout leur possible pour que cette petite divergence d’opinion –ce conflit grotesque– ne vienne gâcher la célébration. Mais, après ? Ecaterina fronça les sourcils, angoissée par la perspective de croiser les yeux plein de reproches du docteur dans l’assemblée. Osant enfin soulever ses paupières, ses yeux myosotis se remplirent de larmes ; elle n’aimait pas cette attitude, elle détestait par-dessous tout être obligée de montrer les côtés les moins glorieux de sa personnalité. Elle ressemblait beaucoup trop à sa mère, dans ces moments-là. Prenant conscience de son corps, elle s’aperçut que tous les signes de fatigue et de stress qu’elle avait ressenti plus tôt s’étaient envolés ; il y avait juste cette boule énorme et désagréable qui lui obstruait la trachée.

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