Choriste du mois


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 02. That means bad things for you [CLOS]

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MessageSujet: 02. That means bad things for you [CLOS]   Ven 24 Fév - 22:33

« Va voir Harper ! »

La feuille de papier devant les yeux, Sunny était assise en salle d’études, au fond de la classe. Autour d’elle, les lycéens qui avaient décidés de passer leur heure de libre à travailler avaient le nez baissé sur leur cahier. Seules deux Cheerios, à l’autre bout de la salle, chuchotaient, toutes deux penchées sur un magazine de cheerleading, mais le surveillant en charge ne prenait pas la peine de les sermonner, trop occupé qu’il était à fixer le plafond d’un air absorbé. Sunny elle-même avait eu l’intention de travailler sur son devoir d’histoire, mais finalement, elle s’était concentrée sur ce qu’elle avait appris récemment, et qui l’avait intriguée au plus haut point. La veille, alors qu’elle soutirait des informations à un élève qui venait d’obtenir un excellent résultat à un examen, lui octroyant ainsi l’obtention d’une bourse d’étude, celui-ci avait lâché une information que Sunny n’avait pas manqué de noter. Elle s’était aussitôt engouffrée dans cette brèche.

« Va voir Harper. Harper Pritchard. C’est elle qui a passé l’examen à ma place. »

Son manuel d’histoire ouvert sur la table, Sunny fixait attentivement la feuille d’examen en question. Pratiquement toutes les réponses étaient justes, à part une ou deux petites fautes par-ci par-là, afin de conserver une certaine crédibilité sans doute. L’écriture était fine et soignée, pourtant il y avait bien quelques ratures, comme autant d’autres preuves que tout était en ordre. Et tout en haut de la feuille, en rouge vif, le A- qui avait ouvert la porte de l’université à un élève qui pourtant, ne le méritait pas. Il n’avait pas été difficile de lui faire cracher le morceau, Sunny pouvant se montrer convaincante, et lorsqu’on lui avait balancé un nom et un prénom, elle n’avait alors pas encore réalisé de quoi il s’agissait vraiment.

« Elle vend des devoirs et elle passe des examens à la place de ceux qui ont assez de fric pour la payer. Va voir Harper Pritchard. »

Il ne s’agissait pas d’un cas isolé, puisque la mystérieuse Harper Pritchard récidivait régulièrement, offrant ses connaissances à ceux qui en avaient besoin et qui pouvaient la payer. Mais pourquoi la blonde se livrait-elle à pareilles activités ? Car en la voyant, au premier abord, on n’aurait pu imaginer qu’elle trempait dans quoi que ce soit d’un tant soit peu louche, mais Sunny savait qu’il ne fallait pas se fier à une première impression. Elle jouait elle-même les innocentes à longueur de journée, se servant de son apparence angélique pour tromper et abuser ceux qui l’entouraient. Harper, avec ses boucles blondes et son joli minois, avait apparemment bien des choses à cacher, et Sunny avait aussitôt mené son enquête. Son dossier scolaire en main, elle avait appris qu’Harper était orpheline de père, qu’elle avait des frères plus jeunes qu’elle, mais rien qui ne puisse laisser envisager une éventuelle consommation de drogues, qui aurait pu la pousser à chercher de l’argent par tous les moyens. Elle avait donc demandé de l’aide à Jonah, afin qu’il découvre si les Pritchard avaient des problèmes d’argent. Perdue dans ses pensées, Sunny attendait un message de Jonah.
Aujourd’hui, il pleuvait des trombes, et la pluie ricochait contre la vitre en créant un martèlement que Sunny trouvait apaisant. Elle avait beau portait un prénom qui faisait irrémédiablement penser au soleil, elle n’en aimait pas moins les orages, et lorsqu’un éclair vint illuminer le ciel, elle leva brièvement les yeux pour jeter un coup d’œil à travers le rideau de pluie qui dégoulinait sur la vitre. Pourtant, en quittant la maison ce matin, le ciel était vaguement gris, l’air humide, mais sans plus. Prévoyante, Sunny avait chaussé des bottes imperméables et son parapluie, posé au sol à côté de sa chaise, elle était prête à affronter le mauvais temps. Avec un soupir, elle croisa les jambes, frottant la paume de ses mains contre son jean, et patienta. Plus que huit minutes avant la sonnerie. Ses révisions n’avaient pas du tout avancé, alors elle ferma son manuel. De toutes façons, elle n’avait pas la tête à ça, il ne lui tardait qu’une chose, que la cloche sonne afin qu’elle puisse se mettre à la recherche de Harper, qui en toute logique devait être actuellement en cours de math, d’après son emploi du temps. Si Sunny avait choisie de rester en étude au lieu d’aller à la bibliothèque, c’est qu’elle se trouvait près des casiers de l’aile ouest d McKinley, là où se situait le casier d’Harper. Un bon moyen de la voir à coups sûr.

L’écran de son portable s’alluma soudainement, et elle s’empressa d’ouvrir le message que Jonah venait de lui envoyer. En cliquant sur le fichier joint, elle put vérifier en direct le montant des dettes de la famille Pritchard, et sa bouche s’ouvrit légèrement sous le choc, avant de se refermer sur un sourire. Effectivement, il y avait de quoi s’alarmer, et essayer de trouver une solution. Mais pour Sunny, cela voulait surtout dire qu’Harper avait vraiment besoin de cette rentrée d’argent, et qu’elle serait certainement prête à tout pour ne pas se retrouver sans du jour au lendemain. Sunny avait vu le dossier scolaire d’Harper, elle savait qu’elle était très brillante. Faire les devoirs des autres ne devait pas lui prendre beaucoup de temps, et cela devait lui permettre de s’occuper de sa famille sans pour autant négliger son propre travail. Si elle devait renoncer à ça, il lui faudrait se trouver un job de serveuse, un boulot sous payé et qui en plus risquait de faire baisser ses notes. Elle avait donc tout intérêt à ce que rien ne change, et c’est précisément ce dont Sunny avait besoin. Lorsque la cloche sonna enfin, elle rangea rapidement ses affaires, ramassa son sac et son parapluie et fonça vers les casiers. Harper se trouvait déjà devant le sien –rapide, songea Sunny- elle n’eut donc plus qu’à s’appuyer sur le casier voisin, la feuille d’examen à la main, un sourire aux lèvres, la tête penchée sur le côté.

« J’espère que ça t’a rapporté beaucoup, parce que sans toi, jamais il n’aurait pu entrer à l’université. » lança-t-elle en guise de bonjour.


Dernière édition par Sunny Palmer le Dim 18 Mar - 17:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. That means bad things for you [CLOS]   Sam 25 Fév - 11:13

Harper avait la sensation qu’il pleuvait tout le temps à Lima. Elle ne connaissait pas le temps qu’il faisait dans les villes voisines, elle n’avait connu que cette petite bourgade depuis son enfance. Ce qui n’était pas pour lui déplaire –les grandes villes qu’elle voyait à la télévision lui faisaient peur. Elle était née à Columbus, ses parents se trouvant sur place quand elle décida de pointer le bout de son joli nez, mais c’est à Lima qu’elle avait toujours vécu, et à Lima qu’elle vivrait probablement toujours. Lorsqu’elle était sortie en catastrophe de la maison ce matin et qu’elle avait dû piquer un sprint jusqu’à sa vieille bagnole en décomposition, la perspective d’avoir une séance d’entraînement sous la pluie la fit sourire à pleine dents. Pour les autres membres de l’équipe, ce n’était pas agréable d’être trempé jusqu’à l’os après une journée de cours particulièrement harassante, mais pour la jolie blonde, il n’y avait rien de tel pour se remettre les idées en place et continuer à avancer dans la bonne direction. Elle était très vite redescendue de son petit nuage quand son plus jeune frère s’était accroché à ses chevilles, se mettant à pleurer toutes les larmes de son corps pour qu’elle ne le laisse pas aller à l’école, ce matin. Il savait très bien que ce n’était pas possible, et très furtivement, la blondinette lui en voulu d’être aussi cruel avec elle. Elle avait même eu les larmes aux yeux, mais ce n’était pas laissée aller. Depuis des semaines déjà, il ne prenait plus plaisir à aller à l’école, alors qu’il adorait ça encore l’an passé. Pour cause : ses camarades de classe se faisaient un malin plaisir de le persécuter dès lors qu’elle tournait les talons. Il était trop petit, n’était pas très loquace et les antécédents familiaux des Pritchard ne lui facilitait pas la tache –on ne choisit pas sa famille. Elle savait que ce n’était pas facile, surtout que le petit dernier de la lignée n’avait rien d’un bagarreur comme les jumeaux qui ne rataient pas une occasion de coller leur poing dans la figure au premier venu. Il était le plus sage, le plus fragile de la famille entière, Harper le savait. En conséquence, elle tentait de ne pas trop le couver pour qu’il ne souffre pas davantage. Qui plus est, l’adolescente était déjà dans le collimateur du directeur de l’école depuis la rentrée de son cadet (les parents abonnés absents des réunions parents/professeurs, ce n’était jamais un signe de cohésion familiale), elle préférait donc ne pas lui faire louper la classe pour ne pas lui attirer plus d’ennuis, même si ça lui demandait un effort considérable de le laisser seul dans cette bergerie gardée par des loups aux babines retroussés, tout crocs dehors, prêts à mordre.

Ses lèvres pulpeuses pincées à l’extrême, Pritchard chassa ses pensées en renversant sa tête en arrière et étirant ses bras aussi haut qu’elle le pouvait, elle émit un bâillement discret qu’elle étouffa avec le dos de sa main. Elle avait beau faire bonne figure, elle était extenuée. Mais elle faisait avec parce qu’elle n’avait pas le choix. Ce matin, les exercices de mathématiques qui s’étalaient sous ses yeux ne la détendirent pas (oui, les maths, ça la détendait) et une nouvelle fois, elle se surprit à penser à son entraînement de ce soir ; la course était son seul moment de répit. Parfois, elle avait l’impression que ça faisait d’elle une personne égoïste d’avoir une passion aussi forte, un hobby prenant comme celui qui lui permettait de s’échapper de sa vie quotidienne –qui n’était pas une vie pour une jeune fille de son âge. La voix de son professeur lui fit subitement lever la tête, et aussi vite, elle referma son classeur, prenant un soin tout particulier à cacher ses notes consciencieusement reportées. Okay, les fameux exercices de maths qu’elle avait passées les dix dernières minutes à résoudre n’étaient pas les siens, mais ils entraient dans le programme et ce n’était pas un mal de faire des devoirs supplémentaires qu’elle sache. Lorsque Monsieur Matterface passa à côté d’elle, lui lançant une œillade amène, elle le gratifia d’un sourire tout aussi poli et posa ses deux mains à plat sur la couverture de son classeur. Elle lança un coup d’œil indiscret en direction de ses camarades ; cinq des élèves de sa classe avaient déjà eu recourt à ses services, et ses abrutis n’étaient toujours pas capable de résoudre une équation du premier degré sans tricher, c’était pathétique. Pathétique, mais amusant ! D’ailleurs, ce constat la fit rire intérieurement, et quand le bruit strident de la cloche se fit entendre, elle se leva la première, emportant son classeur avec elle.

Harper devait se dépêcher ; elle avait trois devoirs à rendre avant le début du prochain cours, et devait passer voir le jumeau numéro deux pour l’aider à terminer son devoir de français. Parce qu’Harper faisait peut-être les devoirs des crétins de sa classe, mais jamais elle ne ferait cet affront à ses frères ; s’ils voulaient réussir, ils devaient travailler ! Tant pis si les maths n’étaient pas leur fort ou s’ils n’iraient jamais en France pour frimer à coup de conjonction de coordination. Tournant à l’angle du couloir, la jeune fille se mordit la lèvre par habitude et se dirigea d’un pas conquérant vers son casier. Son ventre se mit à grogner, elle mourrait de faim, mais n’avait pas apporté de déjeuner. Ce n’était rien, il devait y encore y avoir un paquet de biscuits qui trainassait dans son casier. S’arrêtant devant celui-ci, elle composa sa combinaison et retint son souffle, furetant d’une main experte à l’intérieur. Elle s’apprêta à en sortir les devoirs qu’elle devait échanger quand une voix près de son oreille lui fit vriller la tête.

Sunny Palmer était connue comme le loup blanc, à WMHS. Harper n’essayait pas de savoir pourquoi. C’est vrai, elle était plutôt mignonne et connaissant un peu les énergumènes trainant dans les parages, elle se disait qu’elle avait dû être le joujou de toute une bande de mecs à un moment donné. Elle s’en fichait pas mal, à vrai dire, elle avait d’autres chats à fouetter. Haussant les sourcils quand elle s’adressa à elle, son regard glissa instinctivement sur la feuille d’examen qu’elle lui avait mis sous le nez. Harper reconnu son écriture et esquissa un sourire mi-satisfait, mi-goguenard quand ses pupilles d’un bleu limpide remarquèrent l’excellente note dans le coin de la feuille.

« Ce n’est pas mon meilleur score, mais je te promets de faire mieux la prochaine fois. » Elle concentra de nouveau son intérêt sur les éléments de son casier puis en extirpa une pochette en carton qu’elle glissa derechef sous son bras en refermant la porte. Une fois fermée, elle s’accota à celle-ci et regarda Sunny avec cette naturelle impudence « Écoute, Sunshine » commença-t-elle, lentement « Ça me plairait de tailler une bavette avec toi et de t'entendre me vanter les mérites de ta dernière visite chez l’orthodontiste, » Son regard se posa sur les dents de la jeune fille et elle toucha du bout de l’index les siennes, sentant la matière lisse glisser sous sa peau ; elle secoua la tête et reprit sur le même ton « Mais dans l’immédiat, j’ai des trucs à faire. Tu vois, des trucs de grands. » ajouta-t-elle sur le ton de la moquerie tout en se penchant sur elle pour créer un furtif aparté. Aussi, elle fit volte-face, tournant le dos à la jeune fille.

Harper faisait peut-être la fière, mais à l’intérieur, elle sentait son sang bouillir au point que le rouge lui monta aux joues. Elle avait toujours mis un point d’honneur à rester discrète sur son petit trafic. Elle savait ce qu’elle avait à perdre, et ce qu’elle risquait si le Principal Figgins et les autres hauts responsables des universités des environs venaient à apprendre qu’elle était une usurpatrice. Marchant d’un pas moins déterminé que la fois précédente, Harper fit mine d’être sereine ; si elle attrapait l’avorton qui avait vendu la mèche, elle lui ferait bouffer ses tables de multiplications.
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MessageSujet: Re: 02. That means bad things for you [CLOS]   Dim 4 Mar - 1:22

Pouvoir observer Harper de près, et non pas à la dérobade au coin d’un couloir comme elle l’avait fait ces derniers jours, donnait l’impression à Sunny de ne pas être en face de la bonne personne. Harper n’avait rien à voir avec l’opinion qu’on pourrait se faire en la voyant au premier abord. Elle avait de magnifiques cheveux, souples et brillants, du même blond que ceux de Sunny, et de très beaux yeux. Sa peau semblait n’avoir aucun défaut, et sa bouche pulpeuse devait en faire chavirer plus d’un, sans parler de son corps aux formes appétissantes. En réalité, elle avait tout de la fille populaire, marchant la tête haute dans les couloirs et régnant sur son petit monde. Rien à voir avec l’adolescente renfermée, au comportement mystérieux et calculateur, qui avait une famille en péril et qui repoussait les gens. Harper était un paradoxe à elle toute seule. Elle avait l’apparence d’une poupée, avec ses joues rondes et ses boucles blondes, mais en réalité, Sunny savait qu’elle était tout sauf fragile. C’était plus qu’une intuition, c’était une certitude. Elle était également persuadée que ce n’était pas seulement une question de tricherie, qui se cachait derrière ce visage parfait. L’insolence dont Harper fit preuve alors que Sunny agitait sous son nez la preuve flagrante que ce A- n’était pas de l’œuvre de cet élève médiocre avide d’entrer dans une bonne université, mais plutôt la sienne, à elle qui était si intelligente. Suffisamment pour ne jamais s’être fait prendre, d’ailleurs. Mais c’était sans compter sur Sunny, elle-même très perspicace. Si Harper espérait se défiler avec quelques remarques acides et moqueuses, elle se trompait lourdement. Il en fallait plus pour faire renoncer Sunny, qui haussa un sourcil amusé. Apparemment très sûre d’elle, et surtout persuadée qu’elle ne risquait pas de se faire prendre, Harper n’hésitait pas une seconde à avouer franchement que cet examen était son œuvre. Sa confiance en elle était de toute évidence inébranlable. Pas grave, Sunny était tout aussi confiante. Elle réussissait toujours à avoir ce qu’elle voulait. Et ce qu’elle voulait, ce n’était pas un aveu prononcé sur un ton moqueur.

« Des trucs de grands ? » répéta Sunny en fronçant légèrement les sourcils avec un sourire, alors qu’Harper tournait les talons, s’éloignant à grands pas. Sunny fixa un instant le dos de la blonde qui s’éloignait, avant de bondir à sa suite, trottinant pour revenir à son niveau, tenant son sac d’une main. « Donc, tu avoues ! » lança-t-elle en coulant un regard vers Harper, pour voir sa réaction. Mais à part une petite tache rouge sur chacune de ses joues, Harper gardait son calme. Elle possédait apparemment une maîtrise d’elle-même sans commune mesure, ce qui impressionna grandement Sunny. Elle se jugeait excellente comédienne, et dotée d’un très bon sang froid –ce qui était parfois indispensable quand elle bluffait pour obtenir des informations qu’on ne voulait pas lui donner, ou quand on la menaçait après la parution d’un article trop révélateur. Elle savait rester calme et impassible, et elle savait jouer plusieurs cartes, de celle de l’innocente aux grands yeux humides, à celle de la « mean girl » sans foi ni loi. Et apparemment, Harper ne semblait pas du tout du genre à s’émouvoir. Pourtant, elle risquait très gros, si quelqu’un venait à apprendre qu’elle passait des examens à la place d’autres élèves. Outre une expulsion pure et simple du lycée, cela serait très certainement marqué dans son dossier scolaire. Et dans la mesure où les demandes d’inscription dans les universités étaient toujours accompagnées du dossier de l’élève, Harper risquait très fort de se voir refuser l’entrée à ces dernières. C’était prendre un très gros risque, pour quelques dollars, et ce même si cet argent suffisait à payer les dettes que sa famille avait accumulée. A moins qu’Harper n’ait tout simplement renoncée à l’idée d’aller à l’université pour faire des études, choisissant plutôt de s’occuper de sa famille au lieu d’elle-même. C’était un très gros sacrifice à faire. Mais de toutes façons, avec la situation financière de la famille Pritchard, Harper ne pourrait jamais se payer des études, et ce même si elle obtenait une bourse. Ce ne serait jamais suffisant.
Malheureusement, Sunny se fichait éperdument de ce qui pouvait pousser Harper à faire ce qu’elle faisait, ou ce qu’elle risquait si ça se savait. Au contraire, si Harper avait vraiment besoin de ces rentrées d’argent facile, Sunny pourrait facilement la faire chanter. Il lui suffirait de glisser quelques menaces au bon moment, et Harper ne pourrait que se plier à ses exigences. Sunny avait fait ça si souvent que le chantage était devenu comme une seconde nature pour elle. Elle jonglait avec les mensonges, les provocations et le bluff comme personne, et ne craignait pas de se salir les mains pour obtenir quelques informations juteuses qu’elle pourrait glisser dans l’un de ses articles. Avec Harper, elle avait l’impression d’avoir décroché le gros lot, un peu comme avec Nina qui avec la double-vie qu’elle se trimballait, ne pouvait que céder aux chantages de Sunny et lui fournir ce que cette dernière exigeait d’elle. C’était d’ailleurs curieux que Nina ne lui ait jamais parlé de ces petites tricheries, mais peut-être n’était-elle pas au courant que certains élèves payaient pour qu’on passe des examens à leur place.

« Ça fait longtemps que tu fais ça ? Faire les devoirs des autres, et passer leurs examens à leur place ? » demanda-t-elle tout en marchant. « Je sais que le niveau des élèves de McKinley est plutôt bas, mais je ne pensais pas qu’ils en étaient à demander aux autres de réfléchir pour eux. Enfin, ça ne devrait pas m’étonner. » commenta-t-elle en gratifiant les élèves qui les entouraient d’un regard qui en disait long sur l’opinion qu’elle avait les concernant. « Et donc, ils te paient pour ça. Tu te fais beaucoup d’argent ? C’est bizarre comme petit boulot, tu ne trouves pas ? Mais bon, c’est vrai qu’il y a un bon filon à exploiter. Tu as beaucoup de… clients ? Ah, c’est drôle, dis comme ça, on ne dirait pas que tu vends tes connaissances, mais plutôt que tu te prostitues. » ajouta-t-elle en riant, en glissant un nouveau regard vers Harper.
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MessageSujet: Re: 02. That means bad things for you [CLOS]   Dim 4 Mar - 15:53

Harper aurait effectivement pu être populaire. Elle était grande, blonde et même plutôt mince, malgré ses courbes bien dessinées. Si elle était jolie ? Peut-être bien, elle n’était pas désagréable à regarder en tout cas, c’est certain. En somme, cette fille était une parfaite candidate au poste de reine du lycée. Du moins, d’après les critères douteux qu’avaient mis en place les dirigeants du royaume WMHS. Harper n’était pas invisible aux yeux de ses camarades lycéens pour autant. Elle faisait partie de cette masse informe qui se baladait en groupe gloussant dès lors qu’on apprenait que Justin Bieber et Selena Gomez s’étaient faits tatouer leur prénoms respectifs sur les fesses ou elle ne savait où encore (elle ne préférait pas savoir) et qui relayait l’information via-twitter –les réseaux sociaux et Harper, une histoire de désamour déchirante. La jeune fille ne se cachait pas, elle était à l’aise dans cette jungle et arpentait les couloirs comme bon lui semblait : une adolescente normale dans un environnement plus ou moins sain. Ses heures de cours étaient les seuls moments où elle pouvait agir comme une fille de dix-sept ans, après tout et même certaine de n’avoir aucune responsabilités à honorer, elle ne profitait pas de ce cadeau qu’on lui offrait gracieusement. Harper avait parfois l’impression que ces couloirs étaient beaucoup moins hostiles que sa propre maison qui, une fois la porte fermée, se transformait en une prison dont elle ne pouvait s’échapper.

Dès lors qu’Harper passait les portes du lycée, on la remarquait. Pas seulement à cause de son faciès angélique et de sa démarche maîtrisée, elle avait de la prestance et, merci la bonne fée de la répartie cinglante qui s’était penchée sur son berceau à sa naissance, elle savait très bien s’en servir. Harper avait inscrit son nom dans le livre des records du lycée. Certes, ses résultats scolaires auraient mérités d’être pris en exemple par une bonne moitié de ces décérébrés, mais c’était surtout ses records de courses impressionnants qui lui valaient le plus d’éloges de la part de ses camarades. La photo officielle de son sacre l’an dernier était précieusement affichée dans une vitrine à l’entrée, à côté de tout un tas de trophées gagnés par les différents clubs du bahut. Elle faisait partie de l’élite des sportifs, elle en était fière et estimait mériter sa première place.

Malgré son potentiel évident, Harper n’était pas populaire. Elle s’était plusieurs fois demandé ce que ça faisait d’être le centre d’attention de toute une communauté d’hormones sur pattes prête à vous lécher les bottes pour avoir une place d’honneur dans votre estime et gravir les échelons à coup de caresses dans le sens du poil. Ça ne devait pas être désagréable, au contraire et elle s’était mise à s’imaginer, déambulant dans les couloirs, flanqués de deux Titans qui lui porteraient ses livres jusqu’à son casier. Très vite, elle était redescendue sur terre parce que ses soucis à elle, était beaucoup moins futiles que le dernier gloss à la mode que toutes ces pimbêches sans cervelles s’arracheraient très bientôt. Tout le monde enviait les populaires, ceux qui prétendaient le contraire n’étaient que des hypocrites ; même elle il lui arrivait de vouloir faire preuve d’autant d’égocentrisme, d’autant de légèreté…mais elle ne pouvait pas.

Sunny sur ses talons, Harper vadrouilla à travers cette marée d’épaules robustes pour rejoindre le premier étage. La blondinette venait de mettre le doigt sur ses activités illicites. Même si elle aimait l’école, voilà en revanche ce qu’elle détestait par-dessous tout –en plus de la bouillie de céleris du vendredi midi : les fouineurs comme cette sangsue de Palmer. Elle s’était toujours montrée discrète sur son petit business. Tu parles, elle savait très bien ce qu’elle encourait si tout son manège remontait aux oreilles du grand patron indien ! Peut-être qu’elle aurait moins dû faire preuve de zèle en la présence de miss-je-fourre-mon-nez-partout, mais elle ne pouvait décidément pas aller contre ses instincts et son instinct lui disait de lui faire fermer son clapet à cette pétasse. Bousculant un footballeur au passage, elle lui lança un regard noir avant de monter tout doucement les escaliers, tachant de ne pas prêter attention à Sunny derrière elle. Sa voix nasillarde lui irritait les tympans et posant son doigt sur son tragus, elle roula des yeux. Bon sang, lui arrivait-il de reprendre sa respiration au moins une fois entre deux questions à la mord-moi le nœud ? Faisant un petit écart pour laisser passer un élève qui descendait les escaliers dans le sens inverse d’elles, elle souffla bruyamment et se retourna soudain, faisant caler Sunny juste devant elle.

« Wow, la ferme. » Faisant un geste de la main qui lui signifiait de ne plus dire un mot, Harper planta ses pupilles bleus clair dans celles de la jeune fille « Arrête de piailler comme un oisillon qui attend la becquée. Si tu l’ouvres encore une fois aussi fort et en public, c’est moi qui vais m’en charger. Crois-moi, Palmer : tu n’as pas envie de goûter à ma spécialité. » La fixant avec insistance, Harper plissa les yeux quand la blonde face à elle se mit à rire à sa propre blague. Oh, oh, ce n’était pas la meilleure façon de s’adresser à Harper ; elle venait quasiment de la qualifier de prostituée et bien que les rumeurs sur son compte ne la touchaient absolument pas, Sunny venait néanmoins de faire une monumentale erreur. Attendant donc qu’un groupe descendent, la jeune fille s’appuya tout contre le mur et dit d’un ton très neutre « Si m’insulter fais partie de ta tactique pour me sous tirer des informations, ma belle, tu peux toujours courir. Pense ce que tu veux –que je me prostitue en l’occurrence– mais moi au moins, je viens en aide aux gens. Je ne passe pas mon temps à vouloir les démonter avec des rumeurs récoltées… » Elle s’arrêta, fronçant les sourcils comme si une évidence venait de lui effleurer l’esprit « Mais attends, personne ne sait comment tu sais tout ça. Tu as peut-être un repaire secret quelque part où tu négocies les dossiers les plus croustillants à traiter dans votre torchon. Hum, intéressant… » Pinçant les lèvres, Harper suivit du regard un grand brun qui passa tout près d’elle ; discuter dans les escaliers n’étaient peut-être pas une bonne idée, mais Harper savait que Sunny tenait elle aussi à sa discrétion et ça lui semblait malin de ne pas s’isoler. Elle n’avait pas l’intention de nier, Harper n’avait pas honte de ce qu’elle faisait. Dans un sourire malicieux, elle ajouta alors « Alors, c’est qui la pute maintenant ? »
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MessageSujet: Re: 02. That means bad things for you [CLOS]   Dim 4 Mar - 19:59

Quand Sunny passait « à l’action », c’est-à-dire quand elle mettait une de ses cibles au pied du mur pour obtenir les informations qu’elle venait chercher, elle savait qu’elle pouvait se montrer étourdissante de paroles, mais cela faisait partie de son stratagème, au même titre que le bluff ou que les provocations. En débitant un flot continu de paroles, elle pouvait espérer diminuer la vigilance de son interlocuteur, émousser son attention. Le bluff et la provocation, c’était pour persuader celui qu’elle avait en face, qu’elle en savait beaucoup, beaucoup plus qu’il ne fallait, et qu’elle détenait toutes les armes en main pour le faire chanter s’il ou elle ne cédait pas immédiatement. Face à Harper, Sunny avait tout dabord opté pour le flot de paroles. Elle ne connaissait pas assez Harper, elle ne savait donc pas quelle méthode elle devait adopter, aussi avait-elle choisie la plus simple. Avant de savoir exactement à qui elle avait affaire, elle devait en apprendre plus sur son caractère, sa personnalité, et non pas seulement en se basant sur ce qu’elle avait appris en fouinant à droite et à gauche. On disait d’Harper qu’elle n’avait pas la langue dans sa poche, et que son intelligence n’avait d’égale que sa beauté. Elle avait toujours réponse à tout, et savait remettre les gens à leur place. Mais ça, ce n’était que la surface, que très peu de gens avaient pris la peine de gratter, probablement impressionnés ou effrayés par l’agressivité d’Harper. Sunny n’était ni impressionnée, ni effrayée, bien au contraire. Avant d’aller confronter Harper, Sunny s’était d’ailleurs demandé si elle avait déjà eu peur ou craint pour sa sécurité lorsqu’elle piégeait des élèves de 20 kg de plus qu’elle et qui pourraient l’assommer avec un seul poing, mais elle avait été bien incapable de trouver la réponse à cette question. Peut-être était-elle simplement inconsciente, mais en vérité, seule sa curiosité typique de la journaliste qu’elle était la poussait à prendre des risques en faisant chanter les autres. Elle se sentait comme investie d’une mission, celle de révéler toujours la vérité, même quand elle était très moche à entendre, et elle ne considérait pas les risques à prendre comme important. Ce qui était important, c’était ce qu’elle pourrait mettre dans son article. Alors, Harper avait peut-être la langue acérée, mais ce n’est pas ça qui suffirait à rendre Sunny prudente. C’était peut-être une erreur, car Harper ne mit pas longtemps à réagir lorsque Sunny eut le malheur de faire allusion à la prostitution, en comparant son activité au fait de vendre son corps. Alors que la journaliste se mordillait la lèvre en affichant une fausse expression contrite lorsque Harper lui intima fermement de se taire, la suite lu fit comprendre qu’elle venait de commettre une erreur. Elle cessa donc de rouler des yeux –les menaces, ça ne l’avait jamais vraiment impressionné.

« On m’a trop insulté pour que ça ait un quelconque effet sur moi. » informa-t-elle Harper d’un air distrait en se retournant pour jeter un coup d’œil au lycéen qui les avait frôlé.

Evidemment, elle ne dévoilerait pas à Harper ses méthodes pour soutirer des informations aux autres, et ça n’avait rien à voir avec une quelconque pratique sexuelle, loin de là. Non, quand elle voulait obtenir quelque chose, elle s’assurait dabord de connaitre un minimum sa cible. Elle posait des questions à droite et à gauche, se renseignait sur la vie de celui qu’elle visait en le suivant, par exemple. Si ses filatures ne donnaient rien –du genre, une petite photo compromettante d’une pratique illégale ou honteuse- elle faisait appel à Jonah, qui avec ses formidables et multiples atouts, lui fournissait ce qu’elle ne parvenait pas à trouver toute seule. Avec un dossier relatant en détail la vie privée de sa cible, Sunny pouvait faire ce en quoi elle excellait : le chantage. Elle gardait en général ce qui était le plus important pour la fin, se contentant de glisser quelques sous-entendus par-ci par-là. Le plus souvent, c’était largement suffisant, la peur que tout soit dévoilé au grand jour faisait le reste. C’était terrible, bien sûr, parce qu’Harper n’avait pas tort. Sunny faisait peser une pression horrible sur les épaules de pauvres adolescents qui avant qu’elle ne débarque, étaient insouciants. Elle les manipulait et se moquait des conséquences, du moment qu’elle obtenait ce qu’elle voulait. Harper avait visé juste, cela faisait beaucoup de mal autour d’elle. Sunny en avait conscience, mais sa mission de journaliste passait avant tout le reste.
En concentrant à nouveau son attention sur Harper, Sunny cligna des yeux en prenant une inspiration.

« Tu as raison, c’était malvenu de ma part de comparer ton intelligence à de la vulgaire prostitution. » admit-elle humblement. « Mais bref, je ne suis pas venue te voir pour ça. » Sunny eut un geste de la main pour signifier que cela n’avait pas d’importance, et du bout des doigts, elle lissa la feuille d’examen qu’elle tenait toujours. « En fait, peu m’importe que tu fasses ça depuis longtemps, ou depuis une semaine, et ça m’est égal de savoir que tu les fais payer 10 dollars ou une centaine. Quoi que, j’avoue, ça titille ma curiosité. J’y ai réfléchi, et je me suis dit que tu devais faire payer en fonction du service rendu. Un simple devoir doit couter moins cher qu’un examen passé à la place d’un élève. Est-ce que tu obtiens toujours la meilleure note, ou est-ce que tu fais exprès de faire quelques fautes pour que ça se remarque moins ? Parce que bon, un gros nul de footballeur, ou une Cheerios à la tête creuse, habitué à être en dernière place du peloton, et qui obtient soudainement une note excellente… Enfin, ce n’est pas le sujet ! » se reprit-elle en secouant la tête. En coulant un regard autour d’elle, elle monta une marche pour se rapprocher d’Harper. « Si je viens te voir, c’est parce que je sais que tu as besoin de cet argent. Et pas parce que tu veux t’acheter la dernière robe à la mode, ou même te payer une voiture, ni même un paquet de cigarettes. Je suis au courant, pour les dettes de ta famille. Je sais que tu as besoin de cet argent pour payer les factures, acheter des chaussures pour tes frères, ou des antidépresseurs pour ta mère. » souffla-t-elle. « Ne t’en fais pas ! Je ne dirais rien à personne ! Les autres n’ont pas besoin de savoir ton secret, et ça ne serait pas dans mon intérêt de le leur dire. Par contre, tu as quelque chose qui pourrait grandement m’intéresser. J’ai donc un marché à te proposer… » ajouta-t-elle en haussant un sourcil.
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MessageSujet: Re: 02. That means bad things for you [CLOS]   Mer 7 Mar - 15:43

Lilibeth ne trichait jamais. Peu importe la situation, elle restait toujours fidèle à elle-même. Que ce soit à l’école ou à la maison, avec ses frères ou ses camarades de classe et même avec les adultes à qui elle devait pourtant un profond respect. Elle se fichait éperdument de qui pouvait bien se trouver en face d’elle. Encore plus de la raison qu’ils invoquaient : tout le monde était logé à la même enseigne que ça leur plaise ou non. Des comptes –mise à part au banquier véreux de sa mère– elle n’en devait à personne, alors pourquoi utiliser la manière douce ? Elle ne tournait pas sa langue sept fois dans sa bouche pour dire le fond de sa pensée. Il s’agissait de sa marque de fabrique et on la respectait pour ça. Elle devait bien admettre qu’elle se sentait à l’aise dans le rôle de la rabat-joie de service. Il était cependant vrai qu’il lui arrivait d’être beaucoup plus douce avec son petit frère et sa mère malade parce qu’ils étaient fragiles et qu’il fallait à tout prix les ménager, à son sens. Mais pas avec les autres, jamais. La franchise était une chose que son père lui avait inculqué très tôt ; mieux valait dire les choses directement pour s’éviter de longues discussions inutiles, d’après lui. Harper était de son avis. La jolie blonde avait toujours souhaité garder cet état d’esprit, pour honorer sa mémoire en quelque sorte. De toute façon, elle n’était pas douée pour les longues tirades ennuyeuses. Cette franchise, ça lui rappelait quand il était encore vivant et que tout était nettement plus facile pour sa famille, pour elle aussi. Le bon vieux temps, comme elle disait. Néanmoins, Harper ne devait pas se laisser distraire et chassant bien vite ses tendres pensées, elle concentra toute son attention sur la sangsue à ses côtés.

Face à Sunny, Harper ne changea pas d’attitude. Puis quoi encore ? Lui faire ce cadeau, c’était lui faire savoir qu’elle acceptait le fait qu’elle lui gravite autour comme une mouche autour d’un pot de confiture. Elle ne l’acceptait pas. Elle devait dégager, vissa. Harper ne lui avait pas menti, elle avait des choses à faire et parler chiffons avec une fille dans son genre n’était définitivement pas dans ses plans. Toutefois, Sunny venait de subtilement l’insulter. Trop fière pour partir sur un tel affront, elle devait se défendre en conséquence. Lui retourner ses accusations était la meilleure défense qui lui était venue à l’esprit sur le moment –tout simplement pathétique, pensa-t-elle, elle était plus douée que ça d’habitude, bon sang ! Pendant une seconde, Harper s’imagina lui mettre son poing dans la figure, histoire de rendre moins lisse ce visage si angélique et effacer son sourire de parfaite abrutie, mais estima qu’elle aurait quelques problèmes et qu’il n’était peut-être pas très judicieux de passer à tabac une journaliste en herbe qui, vraisemblablement, avait des informations top secrètes sur son compte ; elle trouverait bien un autre moyen de lui faire payer son insouciance. Elle se contraint alors de ne plus penser à sa blanche main lui collant la dérouillée du siècle. Au moins, Sunny paraissait intelligente et dès lors que, très ouvertement, la blondinette l’insulta en retour, elle admit avoir commis une erreur. Bonne fille, se dit-elle et l’écoutant continuer avec l’expression la plus impassible qui lui était possible d’arborer, elle arqua d’un geste expert son sourcil gauche, trépignant à l’intérieur. Elle devait bien avouer que Sunny était talentueuse dans ce qui semblait être son domaine. Elle parlait trop, c’était agaçant au possible, mais elle attirait l’attention et savait très bien amener les choses, telle une grande journaliste d’investigation. Harper n’était pas une spécialiste, mais il semblait que la jeune fille ait un talent inné et le talent, Harper le respectait. Se taisant pendant toute sa tirade, l’adolescente piqua un fard quand sa camarade en vint aux choses sérieuses ; les dettes de sa famille, entre autre. Décidément oui, elle était vraiment très douée en plus d’être bien informée.

Comment pouvait-elle savoir ? Si Harper se saignait aux quatre veines, ce n’était pas seulement pour offrir une meilleure vie à ses cadets, elle voulait aussi et plus que tout garder la dignité de sa mère intacte. Elle n’était pas stupide, elle était consciente que les gens autour d’elle savaient qu’elle n’était pas au meilleur de sa forme. Au lycée, on connaissait Mariella, elle y avait travaillé pendant très longtemps, voyant des tas de professeurs et d’élèves défiler au fil des années, se construisant une réputation des plus honorables. Secrétaire du principal Figgins, elle était appréciée. Douce et tellement gentille, sa démission soudaine avait été comprise, mais bon nombre de petits employés –ceux de la cafétéria ou même parfois les professeurs eux-mêmes– lui demandait de la saluer. Ils ne connaissaient l’histoire que dans les grandes lignes. Ce qui se passait en réalité, sa propre fille se donnait un mal fou pour le cacher, ce n’était pas glorieux. Harper avait peut être un tempérament de feu, mais elle savait restait discrète quand il s’agissait de protéger les siens. Le regard d’Harper changea et l’expression dure de ses traits se changea en un masque de tristesse qu’elle se força à ne pas garder trop longtemps. Se décollant du mur, elle jeta un coup anxieux à droite puis à gauche du grand escalier et murmura :

« Écoute, blondie, je ne sais pas comment tu sais tout ça, mais tu as intérêt à… » Sunny la prit de court, lui affirmant qu’elle ne dirait rien à personne. Elle ne savait pas si elle pouvait lui faire confiance, mais elle décida de tenter le diable et opina du chef pour lui signifier qu’elle la croyait. Harper se mordit subitement la lèvre, nerveuse. Elle fit tout pour éviter le regard de la blondinette. Elle était piégée, elle le savait. Sunny avait plus d’informations sur elle qu’elle le pensait, et en plus de tenir son avenir entre ses mains, elle détenait aussi la clef de son secret. Suivant une nouvelle fois un grand gaillard qui descendait les marches et qui lui fit un clin d’œil au passage, lui arrachant une grimace de dégoût, Harper pinça doucement les lèvres, tentant de se débattre comme elle le pouvait avec ses tergiversions intérieures ; que pouvait-elle faire ? Partir et laisser Sunny en plan en plein milieu de l’escalier ? La mettre en rogne, c’était risquer d’avoir un article lui étant dédié dans le prochain numéro du journal du bahut. Certes, elle lui avait dit qu’elle garderait le silence, mais Harper n’était pas stupide. Elles étaient au lycée, une parole ne valait rien et chacun était prêt au pire des coups bas pour arriver à ses fins. Poussant un soupir résigné, la dernière phrase de Sunny la fit serrer les dents, et dans un effort ultime pour ne pas craquer, elle répondit « Très bien, c’est quoi le deal ? Attends. » Elle baissa la tête vers les marches qu’elles venaient de monter, et se décollant du mur, lui prit doucement le bras pour qu’elles les descendent à l'unissons. Harper tourna à l’angle des marches, se retrouvant dans une espèce de vestibule à l’abri des regards « On sera mieux là. Maintenant accouche, Palmer. »


Dernière édition par Harper E. Pritchard le Mar 13 Mar - 17:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. That means bad things for you [CLOS]   Lun 12 Mar - 0:30

Oui, ce que Sunny voulait, ce n’était pas balancer Harper, car cela ne lui rapporterait rien. Elle savait très bien que si elle se précipitait dans le bureau du principal Figgins pour lui raconter que non seulement ses élèves payaient pour qu’on fasse leur devoir à leur place, mais qu’en plus, l’une des meilleures élèves de son établissement bas de gamme était celle qui les faisait payer, il prendrait des mesures drastiques. Le lycée de McKinley High ne pouvait se vanter d’avoir parmi ses rangs des élèves réellement doués, qui pourraient marquer sur leur curriculum vitae qu’ils avaient fréquenté ce petit lycée de l’Ohio. Il n’y avait que très peu d’anciens élèves qui avaient réussis leur vie, et Mr Figgins devait penser qu’Harper, avec son niveau scolaire, irait dans une brillante université, et obtiendrait un bon métier, et il pourrait alors se vanter d’avoir pu compter cette élève dans les rangs de son lycée. Aussi, si cela venait à se savoir, Mr Figgins ne prendrait pas le risque d’entacher la réputation déjà plus que salie de son école, il renverrait aussitôt Harper, ou si elle avait de la chance, il l’exclurait pour une semaine et cela figurerait dans le dossier scolaire de la blonde. Toute chance d’avoir un bel avenir serait aussitôt ruinée, si tant est qu’elle ait déjà eu une chance d’en avoir un. Sunny n’en était pas encore là, le choix d’une université n’était pas sa préoccupation première, mais Harper avait bien dû y penser, et la journaliste en herbe savait que les frais d’inscription pouvaient parfois être très élevés. Bien sûr, il existait des bourses d’études, et nul doute qu’Harper en obtiendrait une le moment venu, mais ce ne serait jamais suffisant. La plupart des élèves de dernière année avaient un petit boulot à côté des cours, afin d’économiser suffisamment d’argent pour subvenir aux petites dépenses une fois qu’ils quitteraient la maison familiale, surtout si leurs parents n’étaient pas en mesure de leur venir en aide. Malheureusement pour Harper, l’argent qu’elle récoltait avec son petit business n’était pas mis de côté pour ses études, mais servaient à payer les factures, aussi même si elle gagnait une bourse d’étude et l’entrée dans une bonne université, ce ne serait jamais suffisant. Elle était coincée à Lima. Alors en fait, qu’elle ait un dossier irréprochable, ou pas, ne jouait pas beaucoup dans la balance. Mais ce n’était pas une raison pour aller tout dire à Figgins. Avec cette histoire, Sunny avait vu plus gros, plus intéressant –du moins pour elle. Restait à savoir si Harper serait d’accord pour lui fournir ce qu’elle désirait. Et de toute évidence, Harper savait qu’elle avait beaucoup à perdre si elle repoussait Sunny. Cette dernière avait bien vite compris qu’elle ne s’en prenait pas seulement à une lycéenne qui avait de petites combines pour lui faire gagner de l’argent. Harper était suffisamment intelligente pour deviner que si elle faisait taire Sunny avec une paire de gifles, tout serait dévoilé.

Planquées dans un coin sombre sous l’escalier, les deux jeunes filles se faisaient toujours face, et Sunny s’autorisa un petit sourire rassurant, qui voulait dire « ne t’en fais pas Harper, je ne vais rien te demander d’horrible ou de dégoutant ». Son visage arborait l’expression angélique typique de Sunny Harper la journaliste, une expression que tout le monde connaissait, et que certains avaient même appris à redouter. Des élèves comme Nina, par exemple, victime préférée des chantages de Sunny. Mais elle doutait qu’Harper soit le même genre que Nina la cheerios mythomane. Non, Harper se battait tous les jours pour survivre, alors ce n’était très certainement pas Sunny qui allait l’inquiéter ou même simplement l’effrayer. Elle avait dû voir bien pire, avec la perte de son père et sa famille à gérer. Sunny en avait conscience, mais c’était plus fort qu’elle, elle avait tellement pris l’habitude d’arborer cette petite expression, ce doux sourire, la tête penchée sur le côté, que c’était devenue une seconde nature.

« Tu sais que je fais partie de l’équipe journalistique du lycée, je ne t’apprends rien. Mon passe-temps favori, en fait, c’est de récolter un maximum d’informations sur les autres. Ca fait de moi une fouine, je te l’accorde. On a tous nos petits défauts. Et pour avoir ce que je veux, j’ai besoin d’avoir quelques… disons, sources. » Elle mima des parenthèses avec ses doigts pour encadrer ce mot, accompagné d’un haussement de sourcils éloquent. « J’en ai quelques-unes, et ce que je vais te demander, c’est simplement d’en devenir une toi aussi. Tu noteras que ce n’est pas une proposition que je te fais. » précisa-t-elle. « Tu fais les devoirs d’un tas d’élèves. Tu passes les examens à leur place. Tu as leurs noms. C’est ça que je veux, cette liste de noms. Je ne vais pas t’expliquer pourquoi, tu devineras facilement pourquoi j’en ai besoin. »

Avec cette liste, Sunny aurait un excellent moyen de pression, pour commencer. Les élèves à qui appartiendraient ces noms n’auraient d’autre choix que de se plier à ses exigences, sous peine que tout soit dévoilé. S’ils avaient quoi que ce soit d’autre à lui cacher, ils cracheraient vite le morceau. Dans le cas contraire, et bien ils auraient sûrement quelque chose à lui raconter sur un ami malchanceux qui s’était confié à la mauvaise personne. Dans tous les cas, elle sortirait gagnante de ce marché qu’elle voulait passer avec Harper.

« Toi, ça ne t’engage à rien de me dire de qui il s’agit, et eux ne sauront jamais que tu les as balancés. J’ai une certaine réputation ici, personne ne sera étonné si je leur dit que j’ai tout découvert, et au pire j’inventerais un mensonge : qu’ils n’ont pas été discrets, qu’un autre élève qui triche les a balancés, que j’ai entendu les profs en parler entre eux… s’ils sont assez bête pour avoir recours aux services de quelqu’un d’autre, je n’aurais pas de mal à obtenir ce que je veux de leur part. Donc tu n’as pas à t’en faire, je ne mettrais pas ton business à mal. Il pourrait m’être bien trop utile à moi aussi, pour que je mette tout en péril. » Elle tendit la main devant elle afin qu’Harper la serre. « Alors, marché conclu ? »
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MessageSujet: Re: 02. That means bad things for you [CLOS]   Mar 13 Mar - 19:40

Si Harper tentait farouchement de cacher la panique qui s’était emparée d’elle aussitôt que la jeune blonde avait évoqué les dettes de sa famille, elle ne pouvait pas contraindre son esprit –particulièrement vagabond lorsqu’elle se retrouvait aux pieds du mur– à s’imaginer tout un tas de choses farfelues. Qu’est-ce que Sunny pourrait bien lui demander ? Sa curiosité était titillée. Cette garce toute pleine d’un enthousiasme chipé à la blonde idiote des Totally Spies savait y faire, elle la détestait encore plus, tiens ! Descendant les marches avec détermination, elle la fit pivoter pour la ramener dans un coin reculé, presque lugubre et peu rassurant. Lançant un regard de part et d’autre du vestibule, l’imagination d’Harper se mit à tourner à plein régime, alors qu’étrangement, son estomac vide se tordit en une crampe d’anxiété qui n’était pas habituelle ; Harper avait peur. Si Sunny voulait vraiment un scoop, c’était la frousse qu’elle ressentait à ce moment très précis qu’elle devait pointer du doigt et pas son stupide petit business nécessaire à la survie de sa famille. Néanmoins, pleine d’arrogance, l’intello fit mine d’être tout à fait à l’aise, et reportant son attention sur Sunny, elle la toisa avec une impertinence quasi naturelle, faisant papillonner ses longs cils comme pour lui envoyer des décharges d’électricité dans sa sale face de fouine agaçante. Bon dieu, qu’attendait-elle d’elle ?

Plantant son regard clair dans ceux de son interlocutrice, elle plissa graduellement les yeux en quête d’un indice qui trahirait ses intentions. Elle essaya tant bien que mal d’analyser sa façon de se comporter en la gratifiant de petites œillades courroucées, ses paupières se plissant davantage à chacune de ses inspirations, mais nada ! Harper ne décela rien et frustrée de ne pas être assez douée pour comprendre le langage corporel, elle se cramponna à ses délires de blonde à demi-apeurée. C’était un fait, les mœurs à WMHS n’étaient pas des plus recommandables, elles étaient même plutôt craignos à son humble avis et ce n’était pas l’épidémie de mononucléose de la semaine dernière qui lui prouverait le contraire. Rewind ! L’été dernier, Harper fut volontaire pour faire partie de la surveillance du camp d’été du bahut pour les attardés. Rectification : pour des Titans sexuellement attirés par tout ce qui bouge et plus précisément par les franges des jupettes des Cheerios. Les jumeaux l’ayant tannée toute l’année pour participer à ce délire de feux de camps, marshmallows grillés et jeux de balles en plein air, elle avait finalement accepté de les inscrire et de raquer suffisamment d’argent pour qu’ils passent de bonnes vacances au moins une fois dans leur vie. La condition ? Qu’elle fasse partie des surveillants de ce camp débile. Elle avait confiance en eux, mais ne tenait pas à se retrouver avec une ado enceinte sur le dos, elle n’avait pas la force d’élever un autre rejeton. Peut-être en faisait-elle trop, mais le jumeau numéro un était bien du genre à laisser son petit oiseau profiter de la nature chatoyante qui s’offrait à lui. Une nuit sur le camp, alarmée par des grognements assourdissants, elle s’était aventurée parmi les tentes. Avançant à pas de loup, elle avait ouvert la cloison de tissu en pointant les fautifs avec sa lampe torche. Elle aurait dû s’abstenir parce qu’elle avait trouvé Stacy Hamilton et Matt Stuart en train de forniquer. La bougie tue-moustiques qu’ils avaient allumée pour rendre cet endroit intime et romantique (elle toussa sans s’en apercevoir) avait failli faire brûler la tente, mais Harper était réactive et après que le jeune homme –très très en forme, elle s’en souvenait comme si c’était hier- ait poussé un dernier gémissement d’otarie surexcitée, elle souffla sur la bougie pour leur laisser un peu de –euh– d’intimité ? Stacy s’était retrouvée enceinte et Matt l’avait largué la semaine d’après pour son frère ; aucun hétéro ne gémissait comme une otarie surexcitée.

Ne lâchant par la blonde du regard, Harper se demanda si Sunny était du genre à avoir des mœurs légères, elle aussi. Doux Jésus ! Lui proposerait-elle une partie fine dans son repaire secret ? C’est vrai, elle avait parlé de prostitution après tout et même si elle avait avoué s’être trompée en l’insultant, elle attendait peut-être de lui tirer les vers du nez pour –littéralement– la mettre à nue. Oh non ! Elle avait besoin d’argent, certes ! Mais le jour où elle vendrait son corps pour pouvoir acheter un paquet de céréales n’était pas près d’arriver et persuadée sur le coup que la soi-disant (parce qu’elle se mit à en douter de ce fait !) journaliste voulait lui proposer un petit rencard coquin, elle ouvrit la bouche pour refuser d'emblée. Encore une fois, Sunny fut plus rapide et promptement, Harper se détendit. Bon, ce qu’elle avançait n’était pas plus réjouissant qu’un cinq-à-sept dans la remise du concierge, mais au moins elle n’eut pas l’air ridicule et détournant le regard pour garder une contenance, elle tendit l’oreille.

Du blabla ! Voilà ce qu’elle était en train de lui servir. Des paroles tournées de façon à faire passer sa proposition pour quelque chose de tout à fait honnête. Des clous, elles n’avaient pas la même conception de l’honnêteté. Arquant un sourcil en retrouvant toute de suite toute sa superbe, Harper croisa les bras sur sa poitrine et recula la tête pour regarder Sunny, l’arrogance luisant de nouveau dans ses perçantes pupilles. Elle voulait donc qu’elle lui serve de source et qu’elle balance les noms de ceux qu’elle aidait ? Elle aurait dû s’en douter, elle avait cruellement manqué d’intelligence sur ce coup –ça arrivait même aux meilleurs d’entre nous, n’est-ce pas ? La main de Sunny se tendit devant elle pour qu’elle la lui serre. Un petit rire amer s’échappa de le bouche pulpeuse d’Harper. Elle la pinça, en baissant la tête, continuant de rire avec décontraction.

« Loïs Lane croit encore au Père Noël, c’est mignon. » dit-elle sur le ton de la moquerie et elle releva la tête, décroisant les bras. Elle pointant ses deux index sur la jeune fille et continua « Je vois exactement où tu veux en venir, j’ai pigé. Ton speech était très convainquant, t’as répété avant ? Non parce que je dois dire que je me suis laissée avoir à un moment ! T’es douée, c’est clair. » Elle balaya tout ça d’un revers de main puis coula un regard de côté en penchant la tête « Le truc, c’est que je ne vois pas vraiment pourquoi tu fais tout ça. Tu vois, fourrer ton nez dans ce qui ne te regarde pas. Okay, c’est vrai que c’est mal de tricher. J’irai surement en enfer pour ça et je ne parle pas de ceux à qui je rends ce service, mais devenir ta source pour ta satisfaction personnelle ; non merci. » Elle rit une autre fois, retournant son visage vers Sunny en ouvrant grand les yeux « Tout le monde s’en fout de savoir qui triche ou qui ne triche pas. Des choses bien plus croustillantes se passent à McKinley, je croyais que t’étais au courant, la fouine. » La main de Sunny encore tendue devant elle, Harper la repoussa du bout des doigts, arborant une grimace donnant l’impression de craindre de se faire contaminer par la peste « Puis franchement, elle craint ton offre. Tu crois peut-être que je me mettrais en danger pour tes beaux yeux ? Navrée, t’es définitivement pas mon type. » Haussant un sourcil, elle esquissa un sourire en coin, repoussant une mèche de cheveux derrière son épaule « Rien n’est gratuit, tu devrais le savoir. » Reprenant une grande inspiration, Harper glissa ses pouces dans les poches de son jean et se pencha tout près de l’oreille de Sunny pour lui murmurer « En gros, ça veut dire que... » Elle se pencha encore un peu « Toi et ton offre piteuse, vous pouvez aller vous faire voir. » Et haussant les épaules en faisant claquer sa langue sur son palais, elle n’attendit aucune réaction de sa part puis tourna les talons.
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MessageSujet: Re: 02. That means bad things for you [CLOS]   Mar 13 Mar - 23:47

Lorsque Sunny décidait de faire appel au chantage afin d’obtenir ce qu’elle voulait, elle avait l’occasion de voir de nombreuses expressions sur le visage de ceux et celles à qui elle s’en prenait. De l’incrédulité, forcément : « mais de quoi elle me parle là ? ». Puis venait ce sentiment d’horreur, à l’idée que s’ils ne cédaient pas au chantage, leurs plus noirs secrets seraient dévoilés aux yeux de tous, mettant à mal une position sociale si durement acquise. Imaginer la réaction de tous quand tout serait dévoilé au grand jour pouvait être effrayant : « Ma vie est terminée ! Je vais creuser un trou pour m’y enterrer ! » -bien que cela soit un tantinet mélodramatique de considérer un simple secret dévoilé comme la fin d’une ère, le système qui régnait à McKinley High obligeait tout le monde à arborer un masque qu’il ne fallait surtout pas perdre, si on ne voulait pas perdre en prime ses avantages. Et finalement, suivait la colère, qui s’affichait nettement sur leurs visages, les enlaidissant : « Comment cette petite peste ose-t-elle me faire du chantage ? A moi ? » assorti d’un sentiment de résignation qui se concluait systématiquement en un puissant dégout à l’encontre de la journaliste : « Elle vendrait son âme au diable pour un article dans son stupide journal ! ». Habituée, Sunny n’y prenait plus garde. Elle se fichait bien de ce que les autres pouvaient penser d’elle ou de son attitude, du moment qu’à la fin, elle obtenait ce qu’elle voulait.
L’irritation et la fierté passaient tour à tour dans les yeux d’Harper. Peut-être était-elle fortement agacée par le comportement de Sunny, son babillage incessant, le fait qu’elle soit au courant ou peut-être même qu’elle vienne lui adresser la parole ; face à cette adolescente minuscule à la langue bien pendue, peut-être se sentait-elle supérieure et intouchable, persuadée que Sunny aurait trop peur d’éventuelles représailles pour oser faire quoi que ce soit contre elle. Il fallait bien lui reconnaitre qu’outre son sang-froid, elle possédait une assurance qui semblait inébranlable que Sunny aurait presque pu lui envier, si elle-même n’était pas aussi sûre d’elle que possible. Aussi ne réagit-elle pas aux moqueries d’Harper, se laissant tourner en dérision sans broncher. Qu’importe qu’Harper ne la prenne pas au sérieux, Sunny en avait également l’habitude. Qui pourrait se sentir menacé par une petite blonde aux grands yeux clairs, toute minuscule comparée à un énorme footballeur, quand bien même celle-ci aurait soi-disant des secrets à révéler. A première vue, Sunny n’avait rien d’inquiétant, bien au contraire, elle n’était donc pas autrement surprise quand elle ne récoltait que des sourires méprisants ou des moqueries comme aujourd’hui. Parce qu’au final, elle obtenait quand même toujours ce qu’elle voulait.

« Tu as choisi ton université Harper ? »lança-t-elle à voix forte pour retenir l’attention d’Harper, qui avait déjà tourné les talons pour s’éloigner, lui signifiant son mépris même pas dissimulé par ce geste. Laissant passer quelques secondes pour être certaine que les mots avaient fait mouche, elle fit quelques pas pour rejoindre Harper, mais resta derrière elle, fixant sa nuque. « J’ai vu ton dossier scolaire, il est impeccable. Tes notes sont excellentes, et avec tes résultats en athlétisme, tu peux prétendre à deux types de bourses scolaires. Ça t’ouvrirait les portes d’universités certes modestes, mais tout à fait honorables. Tu pourrais faire des études, et avoir un bon métier. Tu pourrais te sortir du pétrin dans lequel tu es plongée, ou alors offrir une meilleure vie à ta famille. Mais ça, uniquement si ton dossier reste aussi parfait qu’il ne l’est. » Tout en parlant, elle se rapprocha encore un peu. « Si l’administration vient à savoir à quel petit trafic tu t’adonnes, tu risques gros. Et je ne te parle pas de retenues, ou d’exclusion. Ce sera inscrit sur ton dossier. Tous les bureaux d’admission à qui tu enverras tes demandes d’inscriptions y auront accès, et en grosses lettres rouges il y aura marqué que tu as été mêlée à une affaire de tricherie. » chuchota-t-elle en passant près d’Harper pour la dépasser et se retrouver face à elle. « Et tu te retrouveras à tout jamais coincée à Lima, à passer le balai dans une pizzeria pour un salaire de misère qui ne te permettra jamais de régler les problèmes d’argent de ta famille. Ce serait dommage. » sourit-elle en penchant la tête de côté, l’image même de l’adolescente innocente et sans histoire. Elle fixa Harper un moment, avant de laisser son sourire disparaitre peu à peu pour poursuivre : « Ce n’était pas une proposition. Soit tu me donnes ce que je t’ai demandé, soit d’ici demain tout le monde sera au courant de ce que tu fais. Et si tu t’imagines que je ne trouverais pas une bonne explication à fournir quand on me demandera d’où je tiens ça, il me suffira de raconter que j’ai entendu deux élèves en parler, ou que je t’ai simplement vu à l’œuvre, et je pourrais même amener un élève à témoigner pour appuyer mes dires. Je peux me montrer très convaincante quand je veux quelque chose. » Haussant les sourcils d’une façon significative, elle recula d’un pas en levant la feuille d’examen qu’elle tenait toujours à la main. « Le Principal Figgins ne trouvera peut-être pas mon histoire si piteuse que ça. » conclut-elle.
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MessageSujet: Re: 02. That means bad things for you [CLOS]   Dim 18 Mar - 16:10

« Morue. » ajouta mentalement Harper quand elle tourna les talons. Derechef, la voix fluette de Sunny résonna de nouveau à ses oreilles irritées, ce qui lui fit rouler les yeux, agacée par son entêtement –ne se résignait-elle donc jamais ? Harper attendit la chute, le regard rivé sur le corridor que représentaient les couloirs bondés de McKinley. Elle attendit que Sunny développe sa pensée et qu’elle mette tout doucement en route son petit manège bien rôdé, elle lui laissait le temps de se faire la main sur elle, Harper était loyale. Droite sur ses pieds, la jeune fille se figea sans réellement s’en apercevoir. Sunny Palmer ici présente était clairement en train de l’attaquer, de la titiller sur des choses délicates. C’était futé, certes, mais totalement stupide de sa part et pour cause : soit elle était inconsciente, soit elle ne savait pas exactement qui elle avait en face d’elle et ce constat fit sourire la blondinette qui, la tête penchée sur le côté, pivota graduellement sur ses pieds pour la fusiller d’un regard sans équivoque ; elle allait lui faire la peau en parole, ou en geste, mais elle allait se la faire.

Du haut de sa stature d’adolescente bien trop fière pour se laisser marcher sur les pieds par une pimbêche de son acabit, Harper devait se défendre, c’était obligatoire et si elle ne se contraignait pas à le faire, elle le regretterait. On lui avait appris à répondre aux frappes ennemies, et même si à première vue, Sunny n’avait rien d’une terroriste, ça n’empêchait pas qu’elle soit dans sa ligne de mire et qu’elle serait prête à tirer si l’occasion se présentait : pas de pitié, pour personne. Si Harper lui tombait dessus, elle ne devrait s’en prendre qu’à elle-même. Les contacts physiques, ça ne lui faisait pas peur. Mais apparemment, la journaliste en herbe n’avait pas l’air de le savoir. Pritchard devait rétorquer, elle devait le faire et les joutes les plus acerbes fusaient dans son esprit en ébullition, elle était prête. Seulement, les arguments que Sunny étaient en train de lui fournir la déstabilisèrent soudain, la laissant coite face à l’assaillante. Harper aurait pu faire mine de croire qu’elle n’oserait jamais utiliser contre elle tout ce qu’elle savait à son sujet, mais elle n’était pas idiote. Sunny était tout à fait capable de la dénoncer pour se venger en conséquence du magistral refus dont elle venait de la gratifier –avec classe et politesse, du Harper tout craché. Elle percevait quelque chose dans le regard de cette fille, une malhonnêteté qui lui faisait froid dans le dos. Elle n’avait jamais prétendu vouloir être son amie, mais cette froideur et ses fausses mimiques de petite-fille sage la dissuadaient davantage de l’approcher d’un peu trop près : cette fille puait le double-jeu à plein nez.

Tout ce que Sunny disait, Harper savait que c’était vrai. Elle avait raison sur toute la ligne, et c’était douloureux de l’entendre de la bouche de quelqu’un pour qui elle commençait à avoir une profonde antipathie. Elle était peut-être fière et têtue, mais elle savait acquiescer quand il le fallait et force était de constater qu’elle ne pouvait se permettre de contredire la jeune fille, sur ce coup. Ça lui faisait mal d’être aussi placide, de ne pas être capable de le remettre à sa place, cependant elle ne dit rien et garda le silence, continuant de la fixer avec agressivité. Sunny prétendait lui laisser le choix, mais en réalité, ce qu’elle attendait sagement, c’est que la blondinette accepte son offre, tout simplement. C’était du chantage, pur et dur. Harper n’avait jamais été confronté à ce genre de tactique, même elle n’en usait pas avec ses clients, elle n’était peut-être pas prête à tout, finalement. Ses yeux bleus vagabondèrent de part et d’autre du visage angélique de l’adolescente face à elle ; qu’est-ce qui pouvait pousser quelqu’un comme elle à faire tout ça ? Harper avait beau retourner ses questions dans tous les sens, elle ne parvenait pas à mettre le doigt sur des réponses satisfaisantes. Après tout, Sunny aussi avait ses secrets, mais contrairement à elle, Harper n’irait pas fouiner pour en savoir davantage parce qu’au fond, elle n’en avait strictement rien à faire.

Non, Harper n’avait pas le choix. Continuer de jouer les rebelles et l’envoyer sur les roses, c’était se contraindre au suicide. Elle était peut-être courageuse et déterminée, mais elle n’était pas folle. Une seconde fois, l’envie irrépressible de mettre son poing dans la figure de Sunny lui traversa l’esprit. Toutefois, elle savait que ça ne résoudrait rien et qu’au contraire, son attaque aurait pour effet de propager l’incendie et que si elle se laissait porter par ses pulsions, elle se ferait renvoyer dans la journée, à coup sûr. Harper avait dix-sept ans et toute la vie devant elle. Elle était intelligente, elle avait de l’avenir malgré les circonstances. Elle le sentait, elle le savait ! Sunny aussi, c’était bien ça le problème et elle utilisait ses capacités pour la faire chanter. Plantant son regard incertain dans les pupilles claires de son interlocutrice, Harper hésita. Elle lui assurait la discrétion… néanmoins si des noms commençaient à sortir dans le journal de l’école, les autres prendraient peur et Harper se retrouverait sur le carreau. Que devait-elle faire ? Posant brusquement ses paumes sur ses yeux fermés, la blondinette fit basculer sa tête en arrière en émettant une complainte. Aussi vite, elle baissa les mains et fixa le plafond au dessus d’elle, comme si la réponse s’y trouvait, gravée entre la crasse et la peinture écaillée. Sunny disait qu’elle pouvait se montrer très convaincante… ah ça, elle n’en doutait pas une seconde. Redressant le menton, Harper attrapa violemment la feuille du test qu’elle lui tendait, et pour calmer la vague de violence qui s’emparait d’elle, chiffonna le papier entre ses doigts.

« Je peux y réfléchir ou ton offre s’autodétruira avant blablabla… tu connais la suite. » balança-t-elle, le ton neutre. Elle se mordit furieusement la lèvre et secoua la tête en jetant un regard sur le côté « Je savais que ça allait me retomber sur le dos un de ces jours, il a fallu que tu viennes y fourrer ton nez, Palmer. Inutile de te dire qu’on deviendra jamais amies, et que si tu as besoin d’aide en maths, il ne faudra pas compter sur moi. » Chiffonnant le bout de papier entre ses doigts, elle toisa sans ménagement la petite blonde et lui jeta sa boulette en plein milieu du front « Tu auras ma réponse à la fin de la semaine. Vendredi, même heure, même endroit. » Et avant qu’elle ne réattaque, Harper se hâte de se retourner et d’avancer dans le couloir, se faisant la malle sans même une dernière œillade assassine.
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MessageSujet: Re: 02. That means bad things for you [CLOS]   Dim 18 Mar - 17:01

Grande adepte du chantage, Sunny avait vite compris que son talent pour dénicher les plus noirs secrets de ses camarades pourrait s’avérer très utile en cas de non-coopération. Elle ne comptait plus les fois où, peu impressionnés par sa carrure de moustique, les lycéens qu’elle confrontait, armée d’informations secrètes à leur sujet, l’avaient joyeusement rembarrée, avec certes moins d’élégance qu’Harper. On l’avait copieusement insultée, menacée, on avait même pleurée devant elle, dans une piètre tentative pour l’attendrir –piètre, et vaine tentative- mais Harper avait choisi d’user de sa répartie pour remettre Sunny à sa place. Elle avait raison en pensant qu’Harper n’était pas à sa place dans son rôle de lycéenne lambda, ni même à sa place dans ce minable lycée. Elle était destinée à faire de grandes choses, et ce serait plus que dommage qu’un tel talent soit gâché. En d’autres circonstances, Sunny aurait pu être touchée par la triste histoire d’Harper. Elle aurait pu se sentir compatissante, et essayer d’être amie avec elle-même. Elle aurait pu lui trouver un vrai petit boulot, grâce à ses relations, ainsi Harper n’aurait plus eu à prendre de risques. Mais Sunny était une journaliste, et de la pire espèce. Bien qu’encore très jeune, elle avait vite abandonnée toute conscience humaine, ne se souciant que des articles qu’elle pourrait écrire. C’est pourquoi elle était si douée pour le chantage. Une fois ses armes en main, elle n’avait aucune hésitation, et aucun remord. Ni aucune peur, d'ailleurs, et c’était peut-être une erreur. Un jour, on ne se contenterait pas de la menacer, et elle se retrouverait avec un bel œil au beurre noir, ou pire. Mais c’était les risques du métier, comme elle aimait à se le répéter. Cette phrase, elle l’avait entendue maintes et maintes fois de la bouche de sa propre mère, et elle l’avait adopté. Que lui importait d’être frappée, si au final elle obtenait ce qu’elle voulait ? User de chantage, se montrer déloyale et insensible, mentir et jouer la comédie, rien n’avait d’importance. Les insultes, les moqueries, le regard craintif, elle n’entendait rien et ne voyait rien. Seul comptait le moment où ses articles paraissaient dans le journal du lycée, et le moment où elle pouvait lire ses billets sur le bloq qu’elle tenait avec Jonah. Le reste n’avait aucune importance.
Honteusement douée pour faire chanter ses camarades, Sunny savait quoi dire pour convaincre ceux qui rechignaient à lui fournir ce qu’elle voulait. Ils avaient peur, ils étaient furieux, et c’était normal. Mais elle avait toujours les mots justes pour balayer leur refus et les contraindre à faire ce qu’elle voulait. Pourtant, c’était mal. C’était horrible. Se servir des faiblesses des autres pour les forcer à faire des choses dont ils n’avaient pas envie, les menacer de leur enlever tout ce qui comptait pour eux, les laisser avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête… Sunny ferait une excellente journaliste plus tard. Redoutable, sans foi ni loi, impitoyable, mais excellente. Sa mère serait fière.

Attendant patiemment une réaction d’Harper, Sunny se demanda si un jour, quelqu’un lui dirait vraiment non. Pour de bon, sans que cette faible tentative soit balayée par les arguments qu’elle avait toujours en réserve. Que se passerait-il, ce jour-là ? Elle s’imagina Harper, lui disant une nouvelle fois d’aller se faire voir. Elle se voyait se diriger vers le bureau de Figgins, y entrer pour un prétexte bidon, et au final, ne rien lui dire. Elle en ressortirait comme elle en était entrée, mais après s’être assurée qu’Harper l’aurait vu entrer. Et puis le soir, elle irait rejoindre Jonah, et avec son aide, obtiendrait l’adresse de tous les élèves qui, subitement, avaient vu leurs résultats subir une très forte hausse. Et à leurs parents, elle enverrait un mail anonyme pour leur expliquer comment leurs chères têtes blondes étaient parvenues à réaliser cet exploit alors qu’ils parvenaient avec difficulté à orthographier correctement leurs propres prénoms. Harper perdrait alors tous ces clients. Ensuite, tous les parents iraient voir Mr Figgins pour lui parler des affaires de tricherie, puisqu’évidemment il serait précisé dans le mail que quelqu’un est à l’origine de tout cela. Harper serait aussitôt accusée, et cela aura eu le même effet que si Sunny était allée en personne voir le principal. Sauf que jamais son nom ne sera cité, lui garantissant l’anonymat et la sécurité.
Mais cela ne se produirait apparemment pas puisqu’Harper lui fit savoir, assez sèchement, qu’elle lui donnerait une réponse dans une semaine. Que de théâtralité, songea Sunny en ramassant la boulette de papier qui avait rebondi sur son front. Mais elle s’en fichait. D’un geste, elle balança le papier dans une poubelle. Car après tout, elle avait gagné.
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