Choriste du mois


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 02. Because boys will be boys

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MessageSujet: 02. Because boys will be boys   Sam 25 Fév - 2:44

Because boys will always be boys…


"Désolée, désolée, je sais, je suis en retard." lança Tara en poussant les portes de la librairie cet après midi là. Elle manqua de renverser un client qui sortait de l'établissement ainsi que les livres qu'il venait d'acheter mais la jeune blonde se rattrapa bien vite, absolument pas du tout gênée par le fait qu'elle était sur des talons aiguilles si haut qu'elle ressemblait à une tour de pise avec une perruque blonde quand elle marchait. Certes, la métaphore n'était pas la meilleure du monde mais c'était tout ce que Tara avait sous la main, ça et son célèbre sourire qu'elle réservait tout spécialement à Charlie quand elle arrivait en retard. Ce qui commençait à arriver de plus en plus souvent ces temps-ci mais qui comptait… Hein? Et puis déjà, il fallait expliquer ce qu'une gogo danseuse faisait dans une libraire, un bloc note à la main, un jean troué sur les hanches et un débardeur proclamant "Every time you look at my boobs, you owe me twenty bucks." C'était juste le début d'une très mauvaise blague… (Et pour le débardeur c'était très simple à expliquer, essayez donc de vous habiller après avoir dormi uniquement quatre heures et on verra.) Enfin bref, depuis quelques semaines déjà, la blonde se rendait à la libraire avec une dévotion presque religieuse et ce, uniquement parce que Charlie, une jeune femme à qui elle avait promis une droite dans la figure lors de leur première rencontre, s'était proposée de l'aider.

Les parents de Tara n'ayant jamais jugé son éducation comme quelque chose de nécessaire, la jeune femme se retrouvait des années plus tard sans presque rien, elle ne savait pratiquement pas lire ni écrire et certes, ce n'était pas un problème pour le métier qu'elle exerçait en ce moment même et pour être honnête, ce n'était pas si gênant que cela dans la vie de tous les jours… La vérité, c'était qu'au delà de sa passion pour la danse, Tara avait toujours rêvé de pouvoir aller à l'université et d'avoir un vrai diplôme un peu comme Charlie en fait. Mais ce n'était pas quelque chose qu'elle confiait au premier venu et encore moins qu'elle dirait haut et fort… Après tout, pour l'instant, son entourage se composait exclusivement d'homme à l'oeil un peu pervers qui… Pas la peine d'entrer dans les détails, Tara grimaçait déjà rien qu'en pensant à certains clients. Et non Tara n'était pas asociale, c'était juste que son travail lui prenait tout son temps libre et qu'elle prenait la danse très au sérieux, hors de question de se casser un bras ou une jambe par manque d'échauffement. Ce serait vraiment le comble du comble pour elle. Et puis il fallait qu'elle économise de l'argent pour s'acheter une nouvelle voiture, une nouvelle tenue de scène, oh et aussi remplir son frigo… Qui a dit que la vie d'une blonde était de tout repos hein?

Tara poussa un soupir avant de s'appuyer contre le comptoir, faisant face à Charlie. "Le bus a eu du retard et en plus j'ai eu du mal à me lever ce matin… J'ai eu des clients plutôt bizarre cette semaine… Enfin plutôt un en particulier." Tara n'était pas dû genre à se rappeler de tous les noms de tous les hommes qui étaient assis au premier rang et qui la regardaient danser, et ce même si parfois elle passait dans l'audience pour "remercier" son cher public. (Un exercice plus qu'hypocrite selon elle.) Mais en même temps, Wyatt Pillsbury n'était pas dû genre à passer inaperçu et encore moins après avoir bu quelque verres. Et puis qui ne reconnaît pas son gynécologiste? Oui, vous vous souvenez de moi? Si vous aviez votre tête entre mes jambes il y a deux jours… Talk about an awkward situation. Ajoutez à cela que le dit gynécologiste avait une bouille d'ange et un air un peu perdu quand il était sous les effets de l'alcool et il n'en avait pas fallu beaucoup plus pour que Tara se retrouve à ses côtés, en train de le regarder boire. Enfin dans la version officielle de l'histoire, qui était-elle pour refuser un verre? De plus, il avait demandé gentiment alors pourquoi pas… Sauf que Tara ne s'était pas du tout attendu aux confessions que lui avait faites le jeune homme, une haine sans nom pour un certain Will étant plus qu'évidente. L'époux de sa soeur visiblement, Tara se souvenait d'avoir grimacé en suggérant à Wyatt de juste sourire et de n'émasculer Will que si et seulement si sa soeur n'était pas heureuse.

Mais non, le médecin avait protesté, ses confessions d'ivrognes se poursuivant à un point tel que la blonde regrettait de ne pas avoir son téléphone portable ou son appareil photo sur elle. Il avait un plan disait-il, un plan parfait, prendre Will sur le fait, avec de véritables preuves et ainsi montrer à Emma qu'il n'avait pas changé, qu'il finissait toujours par tromper la femme avec qui il était. C'était bien entendu là que Tara entrait en scène, sa mission étant de séduire Will et de le pousser à croquer dans le fruit défendu. Et vous savez quoi? Peut être que c'était l'alcool ou l'ambiance unique du cabaret mais Tara se voyait tout à fait dans ce rôle. Elle pourrait même mettre une perruque noir jais et se rendre chez Will uniquement vêtu d'un trench coat et… et quoi? Tara avait juste dit oui pour faire taire les rêves les plus fous de Wyatt, ce fameux Will ne pouvait pas être si affreux que ça et il rigolerait certainement à la figure de Tara et la blonde lui expliquerait toute l'affaire, il irait trouver Wyatt, lui ferait un bon gros câlin bien fraternel et tout irait bien dans le meilleur du monde. Et au moins… quelqu'un aurait vu les seins de Tara alors… Elle ria intérieurement avant d'ajouter. "Dis tu connais un certain Wyatt Pillsbury… Tu ne devineras jamais ce qu'il m'a demandé?" Quoi? C'était juste trop beau pour que Tara ne le partage pas. Screw the books for once!
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MessageSujet: Re: 02. Because boys will be boys   Dim 4 Mar - 19:32

Le menton entre ses deux mains, coudes appuyés contre le comptoir de la caisse, Charlie n’eut pas la force de retenir l’énième bâillement qui vint agiter sa mâchoire. Cela faisait très exactement trois heures, six minutes et dix-huit secondes qu’elle avait pris son service à la librairie. En ce samedi après-midi ensoleillé, nombreux étaient les habitants qui décidaient de faire un arrêt à la librairie au beau milieu d’une promenade improvisée. Ainsi, à passé seize heures, elle avait eu droit à trois adolescentes réclamant le dernier coffret collector de la saga Twilight, une demi portion lui demandant où il pourrait trouver des revues « réservées aux adultes », un couple qui avait acheté une dizaine d’Harlan Coben, cinq mômes aux sourires édentés qui ne juraient que par superman, une jeune fille intéressée par Shakespeare, l’incontournable boulet qui la draguait toutes les semaines, et enfin tous les autres clients qui étaient repartis les mains vides mais le sourire aux lèvres –ou presque.

Non, l’après-midi n’avait pas été de tout repos pour Charlie, elle qui en l’absence d’Ecaterina se retrouvait seule dans la boutique avec Julian -le lycéen boutonneux en stage d’observation qui ne pouvait s’empêcher de la reluquer dès qu’il le pouvait. Et pourtant, la jeune fille était loin d’être au top de sa forme : la veille, elle avait passé une soirée mémorable à la Pension Preston, avant de se faire raccompagner par son gynécologue. Lorsqu’elle s’était réveillée ce matin-là, affalée dans le sofa de son salon, un mal de crâne insupportable s’était fait aussitôt ressentir. Ses membres étaient raides et elle pouvait sentir ses sous-vêtements encore humides sous la robe qu’elle n’avait pas eu la force de retirer. Pourtant, ce n’était encore rien comparé au petit cri qu’elle laissa échapper en découvrant son reflet dans le miroir de la salle de bain : son mascara avait coulé autour de ses yeux et sur le haut de ses pommettes, se mêlant aux cernes qui soulignaient son regard clair, tandis que ses cheveux bruns d’ordinaire si dociles partaient dans tous les sens, témoins d’une nuit sans doute agitée au bord du canapé. Bref, l’espace d’un instant elle se crut tout droit sortie de la série Skins, ou mieux encore, d’un film d’horreur. Heureusement pour elle, le maquillage savait parfois faire des miracles, et si elle n’avait pu gommer la fatigue comme elle avait effacé le mascara sur sa peau, elle était au moins parvenue à retrouver une allure plus ou moins humaine.

Un soupir franchit les lèvres de la brunette lorsque les souvenirs de la veille retrouvèrent le chemin de son esprit encore embrumé par la quantité d’alcool qu’elle avait avalée quelques heures auparavant. Elle pouvait aisément se remémorer Lexie la poussant à quitter les lieux en compagnie du Dr Pillsbury, puis il y avait eu la voiture de celui-ci, les taches de rousseurs sur son visage, ses lèvres contre les siennes, le lac dans lequel ils s’étaient baigné… et ses mains se pressant contre ses hanches. Secouant la tête pour faire fuir ces souvenirs interdits, Charlie choisit de détourner son attention en jetant un coup d’œil furtif à sa montre. D’après ce que celle-ci lui indiquait, Tara était une fois de plus en retard pour le cours que l’étudiante avait promis de lui donner pendant sa pause. Elle avait rencontré la jolie danseuse il y avait peu et lui donnait quelques cours depuis. D’après ce qu’elle avait compris, les parents de la jolie blonde ne l’avaient jamais vraiment poussée à s’intéresser aux études, si bien qu’aujourd’hui, elle avait de telles lacunes en anglais qu’elle était presque incapable de lire ou écrire correctement.

Tirant sur son t-shirt, Charlie se remit enfin en mouvement et quitta le comptoir pour retrouver Julian et lui demander de la remplacer pendant sa pause. Le lycéen accepta sans rechigner, la gratifiant même de son sempiternel sourire d’abruti fini. Levant les yeux au ciel tout en tournant les talons, la jeune fille secoua la tête d’un air exaspéré et retourna près du fameux comptoir. Elle tira l’une des chaises se trouvant derrière celui-ci et s’apprêta à s’asseoir lorsque la porte de la librairie s’ouvrit à la volée, la déstabilisant tellement qu’elle rata la chaise et se retrouva une seconde plus tard sur le parquet. Charlie grimaça et se releva non sans peine, les joues en feu. Décidément, la fatigue n’arrangeait en rien sa maladresse. Furibonde, elle donna un coup de pied si violent dans la chaise que celle-ci se renversa sur le côté.

Satisfaite, Charlie se tourna vers l’entrée de la librairie et découvrit Tara qui s’excusait déjà pour son retard. La mauvaise humeur de la brune s’envola dès que son regard se posa sur le t-shirt de la danseuse qui affichait une inscription provocatrice mais néanmoins amusante. S’appuyant à son tour contre le comptoir, Tara lui présenta rapidement les raisons de son retard. Charlie leva un sourcil lorsqu’elle fit mention des « clients plutôt bizarres » qu’elle avait eus au cours de la semaine, mais ne posa pas de question. La jeune fille n’était pas sans savoir que Tara travaillait dans le Cabaret de la ville, où ses jambes et sa souplesse attiraient chaque soir un bon nombre de clients. Charlie n’avait jamais mis les pieds dans cet endroit, mais elle avait toutefois entendu quelques rumeurs courir à son sujet. « Ah oui ? » Lui demanda-t-elle, plus par politesse que par réel intérêt. A vrai dire, elle préférait ignorer les activités de Tara : moins elle lui en disait, plus elle se sentirait à l’aise avec elle. « En tout cas, ne t’en fais pas pour l’heure, nous avons encore pas mal de temps devant nous » Ajouta-t-elle, de façon plus professionnelle.

Elle esquissa un sourire à l’attention de la jolie danseuse, avant de se pencher pour récupérer son sac qu’elle avait posé par terre contre le comptoir. Attrapant les manuels scolaires dans celui-ci, elle commença à se relever lorsque Tara lui posa LA question qu’elle n’aurait jamais dû poser. Se relevant trop brutalement, Charlie se cogna la tête contre le rebord du comptoir et renversa tous ses livres par terre. « Merde, merde, merde ! » Laissa-t-elle échapper avant de plaquer une main contre sa bouche… Il fallait vraiment qu’elle arrête de jurer comme un charretier à chaque fois que l’occasion se présentait, et surtout lorsqu’elle se trouvait en public. Se mordant la lèvre, elle se massa le crâne d’une main tandis que l’autre ramassait déjà les livres, épars sur le sol. Se redressant, la jeune fille plissa les yeux et posa les manuels sur le comptoir avant de croiser le regard de Tara. « Wyatt Pillsbury ? Je, ehm je… je le connais mais alors très très vaguement… pourquoi ? Qu’est-ce qu’il t’a demandé ? ». Charlie pouvait sentir son cœur battre contre sa poitrine alors que les souvenirs de la veille ressurgissaient de nouveau dans son esprit. Bon sang, pourquoi avait-il fallu que Tara prononce ce nom-là ?
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MessageSujet: Re: 02. Because boys will be boys   Sam 10 Mar - 20:20

Tara ne s'attendait très certainement pas à ce genre de réaction de la part de Charlie. Un bref hochement d'épaules peut être, ou un air faussement amusé, enfin tout sauf… Tout sauf ça.La blonde regarda l'autre jeune femme avec des grands yeux alors que cette dernière venait de se cogner la tête. Okay… Elle connaissait Wyatt Pillsbury ou bien sa tête avait accidentellement rencontré le comptoir? Très bonne question, car parfois la danseuse se disait qu'elle et Charlie appartenaient à deux univers singulièrement différents et qu'elles ne pouvaient pas rencontrer les mêmes personnes. Elles n'avaient pratiquement rien en commun et pendant que Charlie avait passé les dernières années de sa vie à se concentrer sur ses études, à savoir avec qui elle allait au bal de promo, si cette dissertation était bien à rendre pour cette semaine ci et pas la semaine dernière… Tara, elle avait visité beaucoup plus d'états et de villes qu'elle ne pouvait le compter ou même dont elle pouvait encore se souvenir. Au final, seuls les cartes des postales restaient. Non, les noms s'effaçaient, celui des autostoppeurs sympas ou des serveurs qui la laissaient boire et manger à l'oeil. Oui, il ne restait que la marque de cette voiture dans laquelle elle avait dormi pour aller d'un point A à un point B, un t-shirt acheté dans un certain marché, etc… Le reste n'avait pas tellement d'importance enfin de compte. Sur la route, Tara avait l'impression d'avoir vécu dix ans alors qu'en fait, il ne s'agissait que de quelques années, impossible de faire comprendre ce genre d'impression à quelqu'un d'autre. Ni même à quelqu'un comme Charlie. Mais Tara n'était pas du genre à abandonner. La preuve Charlie semblait connaître Wyatt, elle savait donc, contrairement à ce que pouvait penser Tara, ce qu'était un homme. Oui, parfois Tara s'interrogeait, elle avait soit, premièrement, complètement dégoûtée Charlie du genre masculin avec les histoires sur ses clients, soit la brune était le genre d'étudiante qui ne s'amusait pas beaucoup. "Euh… est-ce ça va? Tu n'es pas trop fait mal?" demanda finalement Tara, se rendant enfin compte qu'elle venait de fixer Charlie depuis au moins une bonne minute avec les yeux grands ouverts. (Oh moins, elle avait la bouche fermée.)

"Et moi qui pensais que j'étais maladroite…" ajouta la blonde sans vraiment y penser. C'est vrai, en dehors de la scène du Cabaret, elle était la championne pour les accidents en tout genre. Elle avait failli mettre le feu à sa première voiture à cause de sa maladresse. Non, à la place elle avait mis le feu à une de ses vestes en cuir… Et aussi le reste de ses vêtements, et elle avait été contrainte de rentrer chez elle en petite tenue. Mais bon, elle avait seize ans et à l'époque, cela lui avait paru comme la meilleure solution. (Ce qui était toujours le cas soit dit en passant.) Tara rigola légèrement avant de relever la tête vers Charlie. Oups, la brune penserait très certainement qu'elle était en train de se moquer d'elle, alors que ce n'était pas du tout le cas, loin de là. "Désolée ce n'est pas très drôle…" Si un peu, mais pas la peine d'enfoncer le clou, pauvre Charlie, elle devait s'être faire mal en plus. Au moins, désormais Tara était certaine d'avoir son attention. Ni une, ni deux, la blonde s'assit sur le comptoir en un simple mouvement de hanches et croisa les jambes. Signe plus qu'évident que son histoire allait être intéressante. (Si, si, je vous assure.)"Enfin bref, Wyatt. Wyatt Pillsbury, mignon pour un gynécologiste… C'est mieux quand on sait qu'il va.. enfin tu sais quoi…" Parce qu'il y avait encore des sujets qu'elle n'était pas encore prête à aborder avec Charlie. Non pas que Tara avait quoi que ce soit de croustillant à raconter à ce sujet, tout le monde avait tendance à croire qu'elle avait une vie sexuelle complètement déjantée sous prétexte qu'elle montrait ses seins à des dizaines d'inconnus tous les week ends. Eh bien non, la vie sentimentale de Tara frôlait le néant absolue et la jeune femme ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Elle savait parfaitement qu'elle avait un caractère épouvantable et elle ne supportait pas toutes ces règles comme quoi une femme était censée bien se comporter et devenir un véritable modèle d'élégance devant un homme. Petit ami ou pas, si Tara avait envie de remettre ses sous vêtements en place… Elle le ferait. Enfin pas là tout de suite…

"Bref… Il m'a monté tout un plan à propos du mari de sa soeur, qu'il n'apprécie pas du tout et blablabla… Pour faire court, je suis censée draguer le mari de sa soeur, pour que ce cher Wyatt puisse nous prendre en flagrant délit et ainsi faire rompre le joli couple… Ne me demande pas pourquoi j'ai dit oui, je crois bien que toutes ces heures de danse finissent par me monter à la tête!" Traduction, j'étais bourrée, il a profité d'un moment où j'étais vulnérable. Ce qui était complètement faux dans le cas de Tara… L'alcool ne la rendait pas vulnérable… Ça lui donnait juste envie de mettre son poing dans la figure aux gens un peu trop collants."Où est-ce que je voulais en venir déjà? Ah oui, c'est fou tout ce que ce Wyatt est prêt à faire, pas vrai?" Tara se tourna enfin vers Charlie, un sourire aux lèvres. Oui, parce que ce n'était pas un monologue.
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MessageSujet: Re: 02. Because boys will be boys   Jeu 29 Mar - 10:40

Serrant les mâchoires, Charlie maudissait à la fois sa sempiternelle maladresse et ce nom que Tara venait de prononcer. Wyatt Pillsbury. Non, vraiment, parmi tous les hommes qui existaient à Lima, pourquoi la jolie blonde avait choisi d’orienter la conversation vers lui, le seul qui soit capable de la faire frémir de la tête aux pieds –tant et si bien qu’elle ne savait même plus si elle tremblait de peur ou de désir pour lui. S’agrippant au bord du comptoir, elle essaya en vain de chasser la foule de souvenirs qui affluait dans son esprit tourmenté par les péripéties de la veille. Elle n’avait jamais prévu de tomber sous le charme ravageur de son gynécologue et à vrai dire, jusque-là elle s’était toujours imaginée qu’elle finirait sa vie seule, avec pour seule compagnie quelques tricots et chats. Elle avait depuis longtemps fait une croix sur la gente masculine ; depuis qu’elle avait connu sa première déception, elle s’était jurée que celle-ci serait également la dernière. Pendant des années, elle était parvenue à prendre ses distances avec les hommes : elle les avait chassés jusqu’au dernier, en faisant en sorte qu’ils n’aient plus le moindre espoir la concernant. Cela n’avait pas toujours été simple, elle s’était remise en question à de si nombreuses reprises qu’elle ne les comptait même plus. Et puis il était arrivé dans sa vie, et avait mis celle-ci sens dessus dessous. Et le pire dans tout ça ? Elle était incapable de trouver une explication rationnelle à l’attirance qu’elle éprouvait pour le gynécologue qu’elle avait craint à leur première rencontre. Si seulement elle pouvait trouver un moyen de l’écarter de ses pensées, si seulement il pouvait disparaitre de sa vie… Mais non. A chaque fois qu’elle essayait de l’oublier, ses efforts étaient vains et elle se surprenait même à songer longuement à son visage pâle, à son regard troublant. Et lorsqu’elle s’en rendait compte, il était déjà trop tard.

Soupirant lourdement devant son interlocutrice, elle s’empressa de reporter son attention sur cette dernière tout en gommant avec acharnement l’image du médecin qui s’était redessinée dans son esprit. S’inquiétant de l’état de son amie, Tara lui demanda si tout allait bien, ce à quoi Charlie acquiesça d’un air las avant de lever furtivement les yeux au ciel en entendant la seconde remarque de la blonde piquante. « Oh, ne t’inquiète pas, je pense que s’il existait un concours de maladresse dans cette ville, j’en gagnerais le premier prix sans problème ». Sa voix n’exprimait pas la moindre ironie. Charlie était exténuée, que ce soit physiquement ou psychologiquement, et avait bien du mal à retrouver son sourire. Haussant les épaules, elle se mit à éparpiller les manuels sur le comptoir, comme si cela pourrait attirer l’attention de Tara. Peut-être que si elle l’obligeait à se mettre au travail, elle ne lui révélerait jamais ce qu’elle savait sur Wyatt Pillsbury ? Et à l’heure actuelle, elle préférait de loin ignorer tout de ce mystérieux gynécologue, plutôt que d’en apprendre davantage sur son compte. Mieux valait faire en sorte de détourner totalement son attention de ce sujet épineux, et éviter à Charlie de trébucher à la moindre occasion lorsqu’elle entendrait son nom retentir.

Ses tentatives pour détourner l’attention de Tara échouèrent lamentablement, et la libraire s’en rendit bien vite compte. En effet, la jeune fille s’assit sur le comptoir avec une certaine désinvolture avant de se retourner vers Charlie. Cette dernière arqua un sourcil, se demandant ce que dirait son patron s’il surprenait la belle habituée du Cabaret sur son cher comptoir. Enfin… il s’agissait quand même de Tara, alors il y avait fort à parier qu’elle jouerait de ses charmes et qu’au final, le patron soit suffisamment captivé pour tout oublier de ce petit incident. Et au vu des multiples charmes de Tara, elle était à peu près certaine qu’il lui proposerait même une augmentation. Hm, oui, finalement elle ne commenterait peut-être pas le comportement de sa prétendue élève.

D’une voix presque rêveuse, Tara mentionna de nouveau Wyatt, et aux mots « mignon comme un gynécologue », Charlie frissonna encore. Ça pour être mignon… La jeune fille pouvait encore apercevoir les taches de rousseur parsemant son visage, cette bouche si… Hm. La libraire frappa le comptoir du poing et se mordit l’intérieur de la joue. Il fallait que ça cesse ! Il fallait qu’elle arrête de fantasmer de la sorte ! Elle n’avait aucune chance, elle le savait, alors à quoi bon s’entêter ? Passablement agacée, Charlie lança sans le vouloir un regard peu amène à Blondie et se souvint alors de la fin de sa phrase, laissée en suspens. Fronçant les sourcils, elle sentit sa curiosité excitée par la perspective d’une nouvelle révélation. « C’est mieux quand on sait qu’il va quoi ? » Lui demanda-t-elle, ne pouvant s’empêcher de joueurs les investigatrices en quête d’informations. Et puis, elle se souvint de ses résolutions, et tapa le sol de son pied avec irritation.

Partagée entre le besoin d’en savoir plus et celui de ne rien savoir du tout, Charlie ne parvenait plus à savoir ce qu’elle désirait vraiment et laissa donc Tara poursuivre ses explications sans qu’elle ne l’interrompe. En apprenant les projets de celui qui, cette nuit encore, l’entrainait dans des sentiers dangereux, elle en resta un moment muette. Elle n’aurait jamais pu imaginer que de tels désirs de vengeance pouvaient exister derrière le visage aux traits si fins du gynécologue. Et c’était là la dure réalité des choses : en dépit de la proximité dont ils faisaient preuve à chacune de leurs rencontres, elle ne connaissait rien de lui, et inversement. Il demeurait un mystère à ses yeux, un mystère qu’elle ne parvenait à percer, et qu’elle n’était même pas certaine de vouloir percer d’ailleurs. S’éclaircissant la voix, elle scruta longuement le regard de Tara avant de lui répondre. « Je… Wow, en effet, il m’a l’air sacrément dérangé, ce garçon » Finit-elle par lancer, se souvenant qu’elle n’était pas vraiment censée le connaitre. Elle hésita un moment, ne sachant toujours pas si elle voulait entendre la suite de l’histoire ou non. Elle avait pourtant terriblement envie d’écouter l’histoire de Tara, ça oui. Mais voulait-elle véritablement connaitre plus en profondeur le caractère de celui qui la troublait ? Rien n’était moins sûr. Finalement, après de nouvelles secondes laissées en suspens, sa curiosité l’emporta plus ou moins. « Alors, tu es censée séduire le beau-frère, faire en sorte qu’il succombe à tes… charmes, et ainsi espérer faire voler en éclat le mariage de la sœur de ce Wyatt ? » Récita-t-elle. « Eh bien… on ne peut pas dire que ce soit un ange, ce Wyatt » Poursuivit-elle, d’un air sarcastique. Ça pour être un ange, il n’en était probablement pas un… et ce, bien que tout chez lui soit divin aux yeux de la jeune fille. « Tu vas vraiment le faire ? Mais… qu’est-ce que tu y gagnes, au juste dans cette histoire ? Il… Ce Wyatt, il t’a promis quelque chose en retour ? ». Charlie n’était pas certaine de vouloir connaitre la réponse d’une telle question, mais tant pis, c’était plus fort qu’elle, il fallait qu’elle sache.
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02. Because boys will be boys

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