Choriste du mois


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 00. [Appartement Catalano] The last time.

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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: 00. [Appartement Catalano] The last time.   00. [Appartement Catalano] The last time. EmptySam 3 Mar - 19:20

Repue, Ecaterina s’était étendue sur le carrelage du salon, la main droite posée sur son abdomen se soulevant au rythme de sa respiration cadencée. La tête à l’intérieur d’un carton vide taille XXL, elle croisa brusquement les chevilles, sentant l’air chaud du dehors envelopper la pièce et vicieusement venir frôler ses mollets nus. Les jambes étendues à l’extérieur de la boîte, elle fixa d’une mine songeuse la matière brunâtre qui s’étendait au dessus de sa jolie tête blonde. La saison ne faisait que commencer. Pourtant, cette nostalgie que l’on ressent à la fin de l’été semblait plus que jamais présente dans le cœur de la jeune fille. Nous étions mi-juillet, mais Ecaterina avait l’étrange sensation de passer sa toute dernière soirée avec Seth. Si elle ne savait pas qu’ils se reverraient plusieurs fois avant que septembre n’arrive enfin, elle lui aurait proposé de faire le serment du petit doigt pour qu’il n’oublie jamais ce dernier tête-à-tête et qu’il lui jure même une fidélité amicale solennelle. C’était stupide, Ecaterina s’en voulait d’être aussi sensible à ce sujet. Ce n’était pas sa faute, la rumeur disait que les écrivains ont tendances à tout dramatiser, à croire qu’elle avait ça dans le sang. Il fallait bien qu’elle se fasse une raison, bon sang : Seth venait de s’installer dans cet appartement. Pour toujours, peut-être. Soudain, elle se rappela du désordre régnant encore dans le vestibule, de l’amas de cartons traînant dans chaque pièce de sa nouvelle forteresse de solitude. Timidement, elle se mit à sourire. Triturant la pointe de ses cheveux soyeux, elle se raccrochait à son souhait égoïste de le voir renoncer à son avenir. Derechef, elle se corrigea mentalement ; il venait presque de s’installer.

Cet emménagement n’avait rien d’impromptu, il était prévu depuis longtemps. En réalité, Ecaterina s’y était préparée, elle y avait bien été forcée. Néanmoins, sortir toutes ses affaires des paquetages qu’ils avaient tous les deux soigneusement préparés, placer ses vieux cadres sur ses nouvelles étagères qu’il avait peiné à monter lui-même et classer sa collection de dvd pourris par ordre alphabétique en prenant conscience qu’elle ne verrait plus jamais ces films qu’elle avait détesté alors, ça n’avait rien de très réjouissant. La séparation était imminente. Ecaterina n’avait pas imaginé qu’elle le prendrait aussi mal. Elle l’aimait, c’était son meilleur ami. Elle était ravie pour lui, il était sur le point d’entrer dans la vie active, c’était important. Plus encore, il le méritait vraiment. L’heureux diplômé allait vivre à Lima, la ville qu’elle avait connue lorsqu’elle était encore adolescente, un étrange hasard. Catalano allait la quitter… pour la bonne cause, certes. Mais pour de bon, aussi. Elle avait beau tenter de se convaincre que ce poste était une opportunité pour lui, ça ne l’empêchait pas de se sentir démunie face à la situation. Repartir seule à Cincinnati, suivre ses cours, rentrer chez elle et se terrer dans sa pauvre chambre de bonne en attendant que le temps passe, c’était ce qui l’attendrait à la fin de l’été.

Ecaterina était fragile. Revenir à Lima, c’était renouer avec ses souvenirs et devoir faire face à toute une vague de sentiments qui dormaient profondément en elle. Tout ça lui demandait des efforts particuliers pour ne pas s’effondrer. Elle devait affronter la dure réalité, assimiler que tout avait changé, que les gens n’étaient plus les mêmes. Ceux qu’elle recroisait pas hasard lui souriaient, la gratifiant de formule de politesse qu’elle exécrait par-dessus tout. Ils l’invitaient même parfois à passer un de ces quatre pour rattraper le temps perdu, comme ils aimaient si bien le dire. Ecaterina savait ce qu’ils pensaient, ça la blessait parce qu’elle savait qu’ils avaient raisons de la juger de cette manière, elle n’avait aucune excuse. Ce qui la faisait le plus souffrir, c’était de constater l’indifférence la plus complète avec laquelle Gale avait pris son retour. Son attitude était insupportable, d’autant plus qu’elle l’avait croisé plus d’une fois ne serait-ce qu’aujourd’hui. Elle l’avait fait souffrir, sans doute qu’il tentait de lui rendre la pareille et au final, il n’avait pas tort d’agir de cette façon. Elle avait cru pouvoir encaisser le choc, mais il s’avérait que les choses étaient nettement plus compliquées que les illusions puériles d’une jeune fille visiblement trop naïve.

Seth et Cat n’étaient arrivés en ville que depuis quelques temps, seulement. Le hasard (encore lui) avait voulu qu’ils se rendent au même endroit, au même moment et sautant sur l’occasion, c’était ensemble qu’ils avaient pris la route, se rassurant mutuellement sur le bon déroulement de leur voyage. Invitée au mariage de son amie Quinn, Ecaterina allait faire son grand retour à Lima. Seth savait ce que tout ça signifiait pour elle, il avait tout fait pour qu’elle se sente à l’aise. Elle ne s’attendait pas à ce qu’on lui déroule le tapis rouge ou qu’une salve d’applaudissement accompagne sa descente de voiture, c’était tout le contraire. Oxanna avait été la première à la serrer dans ses bras, et son enthousiasme à vouloir connaître les moindres détails de sa vie pendant son absence, l’avait détournée de sa principale mission : parler à Gale, ne serait-ce que pour le saluer.

Une journée entière à décharger des cartons, ça n’avait rien de reposant. Tout le poids qu’elle avait porté au cours de la journée commençait à progressivement peser sur ses frêles épaules. Si elle ne se reprenait, Ecaterina s’endormirait à coup sûr. S’obstinant à ne pas fermer ses paupières pourtant lourdes, la blondinette se hissa avec difficulté sur ses coudes. Seth, assis sur le sol lui aussi, terminait sa pizza avec bon appétit. Ebauchant un sourire moqueur en l’observant du coin de l’œil, elle fit couler son regard sur les reliefs de son propre repas et attrapa un bâtonnet de carotte qu’elle balança en direction du jeune homme.

« Hey ! Moi aussi j’existe, Superman. » Le bâtonnet de légume atteignit sa cible. Ecaterina se mit à rire, se calant confortablement sur ses deux coudes. Elle regarda Seth avec plus d’instance. Décidément, elle avait l’impression de devenir de plus en plus égocentrique. Elle était tellement préoccupée par la façon dont les choses allaient se dérouler par la suite qu’elle en oubliait parfois le propre ressenti de son ami. Bientôt, il ne serait plus juste Catalano, mais Señor Catalano. Il deviendrait professeur, un vrai professeur en exercice et plus un assistant sous-payé, chargé d’apporter le journal au titulaire. C’était ce qu’il avait toujours voulu, il était parvenu à aller jusqu’au bout de son désir le plus cher, elle l’admirait beaucoup pour ça. Plissant doucement les paupières, elle pencha alors la tête, s’apprêtant à rattraper son erreur et plantant son regard bleu limpide dans les yeux sombre de son interlocuteur, elle fini par presque murmurer « Est-ce que ça t’angoisse ? » La curiosité teintant sa voix naturellement rauque, elle ne s’en voulu par d’être aussi indiscrète ; elle voulait vraiment savoir. Se redressant pour de bon cette fois, elle posa ses paumes sur le sol, ne quittant pas Seth des yeux « Je veux dire, tu donnes l’impression d’être confiant, mais même Clark Kent va pleurer dans les jupes de sa mère quand la situation lui échappe. » Elle haussa les épaules avec fausse indifférence, un sourire malicieux illuminant ses traits. Elle n’était pas une spécialiste des comics, mais tentait toujours d’y faire allusion, ça l’amusait. Détournant enfin le regard, elle s’installa en tailleur puis s’étirant avec lenteur, cambrant la taille pour se réveiller, Cat termina par glisser ses mains sur ses cuisses. Reportant son attention sur Seth, elle ajouta d’un ton plus sérieux, plus doux « Parle-moi, Catalano. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Sam 17 Mar - 12:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 00. [Appartement Catalano] The last time.   00. [Appartement Catalano] The last time. EmptyDim 4 Mar - 15:14

Le micro ondes était déballé et le cours des choses pouvait reprendre son cours. Une fois l'appareil posé sur la cuisinière comme on gare une voiture en deux secondes, Seth, les mains sur les hanches, contempla cette merveille d'électroménager d'un sourire des plus béats ! Le jeune homme tenait à garder ses bonnes habitudes d'étudiant en matière de repas, c'est à dire aucune. Il n'était pas fan de la grande gastronomie quotidienne - il était d'ailleurs encore gavé du dernier et cours week end passé chez ses parents - et comptait bien préserver sa liberté en mangeant n'importe quoi selon ses envies. Dans ce registre, le génial appareil était roi. Seth s'empressa alors de trouver une prise puis de mettre une part de cette pizza qu'il avait acheté sur la route à réchauffé après s'être extasié assez longtemps pour que lui même se sente ridicule. La journée avait été rude en efforts physiques et le temps était venu de compenser la sueur déversée en graisse délicieuse à consommer ! Le tintement de la cloche du micro ondes réveilla Seth d'un bond, passant d'un état abattu par la fatigue à celui de chien fou post repas. Il prit son assiette et vit Ecaterina allongée sur le sol en se retournant, la tête dans un carton les jambes encore visibles. Il l'observa avec un sourire amusé avant de secouer la tête comme pour dire "toi alors !". Il se posa à côté de Cat et réalisa seulement à nouveau qu'il tenait son assiette entre les mains, la première bouchée alors à quelques secondes seulement.

Tout en mangeant il contemplait le chaos qui caractérise toujours un déménagement et se trouva dubitatif à l'idée que ce soit son appartement à lui, celui de l'adulte qu'il devenait, à quelques jours seulement maintenant des premiers vrais cours à donner à ces lycéens de Lima. Comment en était il arrivé à cet état de choses - lui qui ne voyait sa vie future que comme une oasis inaccessible, celle qu'on voit sans aucun doute mais qui jamais ne serait à portée de main - il n'en savait rien et se trouvait le premier surpris d'en être à ce point. Il éprouvait une certaine fierté également d'avoir construit cette vie loin de chez lui, loin de la facilité financière que lui promettait sa situation et que ses parents n'avaient cessé de lui proposer. Le mérite était une valeur que lui avait transmis son père et l'une de celle à laquelle Seth était le plus attaché. Ainsi il avait brillamment terminé ses études, contre les pronostics de tout son entourage familial, et s'engageait à présent dans cette aventure improbable et excitante. En contemplant les cartons, Seth se dit également qu'il en restait encore beaucoup à déballer, une réflexion moins poétique et cérébrale certes, mais qui voulait dire beaucoup, beaucoup de temps et d'énergie à consacrer encore à ces boîtes envahissantes. À ce moment là déjà, Seth savait pertinemment que son appartement resterait encore longtemps jonchés de reste du grand déballages, par flemme tout simplement, ou par peur d'éruption de sentiments peut être...

Alors que Seth mangeait goulument sa part de pizza, dont le goût dégoutant n'atteignait en rien sa frénésie, Cat se manifesta, la tête à présent à découvert, en lui lançant un bâtonnets de carotte en pleine figure pour exprimer sa jalousie ! "Du calme Lois, Superman est très occupé comme tu peux le voir !" Sur ces mots, Seth engouffra une bouchée encore puis renvoya le dit bâtonnet en direction de Cat en lui souriant avec malice, la bouche encore pleine. Il n'en était pas arrivé là tout seul, la jolie blonde qui se trouvait encore dans le carton quelques secondes auparavant, l'avaient en effet accompagné dans son voyage. Lima était la ville de son adolescence et la ville que Cat fuyait également, alors quand Seth apprit que le hasard l'avait affecté dans cette ville modeste, il encouragea son amie à venir avec lui, l'assurant de son soutien et de sa présence pour affronter ce retour qui s'annonçait difficile. Pourtant, Seth savait bien qu'elle y retrouverait Gale, celui qu'elle n'avait pu oublier durant leur relation à Cincinnati, que c'était même l'une des raisons de son retour. Cette perspective n'enchantait pas le jeune homme car de toute évidence il aimait encore Cat d'une passion profonde qu'il avait senti toujours plus forte que l'amour qu'il recevait en retour, sans jamais souffrir de cette situation pour autant, et il s'efforcerait de ne pas souffrir de cette ci, au moins pour ne pas faire souffrir Cat. Wow, il ne pensait pas qu'autant de souffrance guettait en réalité sa vie. Il avait surtout peur pour son amie, il la sentait plus fragile et anxieuse depuis leur décision de faire le chemin ensemble et ne pouvait supporter cette idée. Il ne pouvait non plus supporter celle de savoir que Cat repartirait seule à Cincinnati, seule dans les galères, seule sans lui, et lui restant sans elle. Il se demandait comment celle qui se trouvait maintenant assise à côté de lui envisageait ce retour qui n'était pas si lointain, s'ils se reverraient assez souvent une fois chacun dans une ville, lui dans la sienne et elle dans celle qui avait été la leur pendant plus d'un an.

Tandis que Seth se tourmentait l'esprit en s'inquiétant pour Cat, celle ci pris la parole en s'inquiétant pour lui, assaisonnant ses questionnements de références aux comics qui attendrissaient beaucoup Seth, car en réalité, son amie n'y connaissait rien en BD, mais elle essayait et s'amusait elle même en bidouillant de tout cela. "Eh deux secondes avant j'était Superman et maintenant je suis Clark, pourquoi cette destitution !?" Alors que Seth continuait sur le ton de la plaisanterie, Cat répondit par un sourire qui signifiait qu'elle voulait parler de sujet un peu plus importants que de super héros, alors il reprit un peu plus sérieusement, d'un ton rassurant. "T'en fait pas pour moi, Clark est un journaliste plein de ressources !" Encore perdu puisque Cat insista pour qu'il se confie à elle, ce qu'ils faisaient facilement entre eux. En vérité, Seth était moins anxieux pour lui que pour elle mais il ne savait pas si elle se sentirait soulagée d'en parler ou si elle préférait profiter de ce moment sans penser à ses problèmes. Elle voulait être là pour lui, et cette attention lui donnait encore plus envie de lui offrir la réciproque, il avait l'habitude de prendre soin d'elle et de l'encourager alors s'il ne pouvait pas le faire dans les derniers moments de cette journée qui scellait leur vie ensemble, à quoi tout cela aurait il servit ? "Ok Robertson, oui, je peux pas dire que je déborde de sérénité à l'idée de cette installation" Seth regardait Cat d'un sourire espiègle comme un enfant qui avoue une faute, il ne voulait pas qu'elle s'inquiète mais ils avaient toujours joué la carte de la sincérité entre eux. Il baissa la tête un cours instant puis repris plus sérieusement. "En vérité, je suis beaucoup plus inquiet pou toi que pour moi. Je sais que ton retour ici est angoissant pour toi et je suis sûr aussi que le retour à Cincinnati ne seras pas plus heureux." Il regardait Cat dans les yeux en essayant de savoir si l'angoisse montait ou non avant de détourner le regard et de lui montrer la pièce en la parcourant du regard et des gestes. "Et puis j'ai pas envie que tu partes, comment vont se vider tous ces cartons ? Je peux te dire qu'on en a pour plus d'une journée." Il se leva pour retourner près du carton de la pizza, il prit une part qu'il allait mettre au micro ondes et se tourna vers Cat en s'appuyant sur le mur, la regardant d'un air attendrit. "Je ne veux pas qu'on parle de ça si tu n'en a pas envie, mais je veux juste que tu ne soit pas inquiète à mon propos, je vais bien, les choses suivent leurs cours ! Tu veux de la pizza ? Elle est dégoutante !" Une nouvelle fois la bouche pleine de cette part froide, le sourire aux lèvres, Seth pencha la tête et la reposa contre le mur en continuant d'observer Cat. Il aimait cette vie à deux et aurait voulu qu'elle soit effective bien plus qu'en cette unique journée de déménagement.


Dernière édition par Seth Catalano le Dim 11 Mar - 4:52, édité 1 fois
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 00. [Appartement Catalano] The last time.   00. [Appartement Catalano] The last time. EmptyDim 4 Mar - 18:51

Ecaterina aimait Seth, elle l’aimait profondément. Peut-être pas aussi fort que lui semblait l’aimer –elle en était désolée– mais elle l’aimait tout de même. Elle n’essayait pas de s’en convaincre pour sauver les apparences, c’était la stricte vérité. Seth était son ami, son confident, celui qui l’avait fait changer, celui avec qui elle aimait passer tout son temps tellement il lui offrait du réconfort et de l’optimisme. Il était sa bouée, son pilier, elle ne pouvait pas imaginer vivre sans son Seth. Ils étaient différents, c’est sans doute pour cette raison qu’ils s’entendaient aussi bien ; lui l’éternel adolescent, elle l’éternelle mélancolique aux débats intérieurs torturés, ils faisaient la paire ! Plus que tout, Ecaterina voulait son bonheur. Elle voulait que tout lui réussisse parce qu’il s’en était donné les moyens et qu’il valait mille fois la vie merveilleuse qui s’offrait à lui. Il aurait pu se reposer sur ses acquis, compter sur la fortune ostentatoire de sa mère pour s’en sortir, mais jamais il n’avait formulé cette idée. Il voulait s’en sortir de son propre chef, tout comme elle. Au final, c’était ce qui les avait rapprochés, leur besoin vital d’indépendance. Seth était né dans une famille très riche. Dans une ville où l’apparence et les faux-semblants avaient une place prépondérante, il avait grandi, solitaire. La première fois qu’ils s’étaient rencontrés et que Seth lui avait dit qu’il était originaire d’Huntinghton Beach, Ecaterina s’était très vite monté la tête. Elle connaissait cette ville grandiose, y avait passé un peu de temps avec sa grand-mère lors d’expéditions improvisées et avait été effaré des spécimens qu’on y trouvait. La seule chose qu’elle aimait à Huntinghton, c’était la vue splendide qui s’offrait aux touristes trainant tout près de ce restaurant vintage de la marina où ils servaient des sundaes à la cerise et aux éclats de chocolat –son dessert préféré. Ce gringalet à la boucle soyeuse, ses sarcasmes et son amour pour Spiderman l’avait tellement agacé qu’elle avait tout fait pour l’éviter les jours suivants sur le campus. Elle n’avait jamais été très sociable, mais devenir l’amie d’un nerd invétéré, ce n’était décidément pas dans ses plans, on les disait trop tenaces pour être honnête. Puis, ils s’étaient recroisés plusieurs fois, Cat l’avait trouvé drôle. Elle s’était aperçue qu’elle devait lui laisser le bénéfice du doute, il était un garçon bien et plein d’audace, elle aimait ça. Il aurait très bien pu la juger sur son apparence et la prendre pour une imbécile au quotient intellectuel inférieur à son tour de poitrine, mais il l’avait toujours encouragé à suivre ses désirs. C’est quand elle avait compris la chance qu’elle avait d’avoir un ami aussi dévoué qu’ils étaient devenus inséparables jusqu’à ce qu’ils finissent par devenir bien plus que de simples amis.

Laissant ses propres inquiétudes de côté, Ecaterina se concentra sur l’état d’esprit de Seth. Même si la rentrée n’était prévue que dans un bon mois, elle voulait savoir comment il vivait cette plongée prochaine dans le monde adulte. Cat connaissait ce lycée, elle savait qu’il n’était pas des plus agréables d’y enseigner, mais elle n’était pas sans savoir non plus que Catalano avait des méthodes d’apprentissage bien à lui qui feraient sans aucun doute son petit effet auprès des jeunes. Ecaterina ne doutait pas que les élèves se mettraient à l’adorer dès lors qu’il franchirait les portes de WMHS. Il fera chavirer le cœur d’une demi-douzaine de jeunes filles en fleurs et se sentira pousser des ailes. Elle le voyait déjà d’ici, arborant sa mine des grands jours, son sourire de charmeur du dimanche illuminant son visage mal rasé. Cette image lui arracha un froncement de nez réprobateur, d’ailleurs. Il devrait collaborer avec William Schuester, son ancien professeur d’espagnol, un homme passionné, lui aussi. Ecaterina n’avait pas à s’inquiéter. Elle connaissait Schuester et se souvenait qu’il était du genre à venir en aide aux petits nouveaux : Seth serait entre de bonnes mains, c’était incontestable alors, pourquoi tout ça l’angoissait-il autant ?

La réponse de son ami ne lui convenait pas et retroussant les lèvres, elle le regarda plus attentivement. Il lui avouait ne pas être serein, au fond. Intérieurement, la jeune fille le remercia d’être aussi franc avec elle. Rapidement, il détourna le sujet et Ecaterina se leva en roulant des yeux à cause de ses propos. Lui aussi s’inquiétait pour elle, elle aurait dû sans douter, elle admettait ne pas se comporter comme d’habitude, ça devait être déroutant pour lui et elle regrettait de ne pas être capable de cacher son trouble face à son retour. Néanmoins, elle préféra ne pas faire preuve d’autant de franchise que le jeune homme et se hissant sur ses pieds nus, elle glissa avec feint enthousiasme.

« Non, ça va. Je gère tout ça d’une main de maître, et puis regarde ! » Elle fléchit soudain les genoux pour attraper sa salade qu’elle tendit au jeune homme pour qu’il constate son contenu partiellement vide « Ta-dah ! Je mange toujours autant, c’est plutôt rassurant, je trouve. Ça signifie que tout va bien dans le meilleur des mondes. Tu sais comme je suis : quand je commence à ne plus manger c’est que je couve quelque chose. » Le ton trop enthousiaste de sa voix la surprenait elle-même. Se rendant compte qu’elle en faisait beaucoup trop, elle posa sa salade sur la table basse, près du carton à pizza de Seth. Quand celui-ci aborda son retour imminent à Cincinnati, la jeune fille baissa la tête, passant par habitude une main dans ses longs cheveux « Mon retour à Cincinnati n’est pas prévu pour tout de suite, Seth. » Preuve de la gravité de la situation : elle l’appelait par son prénom « Je préfère qu’on évite le sujet, je me sens nauséeuse. » ajouta-t-elle, plus sérieuse. Elle gratifia le jeune homme d’une timide œillade par-dessous ses longs cils. Elle évita de trop s’attarder sur son visage souriant pour qu’il ne parvienne à lire rien de plus que la fatigue accumulée au cours de cette longue journée et discrètement, elle détourna les yeux.

Inconsciemment, Seth mit les pieds dans le plat quand il lui avoua ouvertement qu’il ne voulait pas qu’elle parte. Il avait beau avoir dit ça sur le ton de la plaisanterie en ajouter une chute machiste à souhait, la jeune fille savait qu’il ne prenait pas ça à la légère. Elle le connaissait, ils agissaient parfois de la même façon : la plaisanterie, c’était un bon moyen de faire passer les choses comme une lettre à la poste. Seulement là, Cat n’était pas dans une période propice et les paroles de Seth lui firent froncer les sourcils, soucieuse. Aussi, il dû se rendre compte de son silence soudain et brusquement, il lui proposa de la pizza. Ecaterina tourna le visage vers lui : il la regardait fixement, l’arrière de sa tête posée tout contre le mur. Croisant son regard, elle sentait que si elle le regardait trop longtemps, elle se mettrait à pleurer comme une enfant qui perd son doudou préféré et elle ne voulait pas que le poids du torrent de larmes qu’elle verserait repose sur les épaules de son ex-petit ami. Alors, elle baissa les yeux par pudeur, encore une fois.

« Elle est au jambon ta pizza, Catalano. A moins d’avoir switchée d’esprit avec une carnivore la nuit dernière, je suis toujours végétarienne. » Sans prévenir, un souvenir remonta à la surface. Tournant vivement la tête vers le grand brun, Ecaterina le pointa du doigt, un sourire naturel se dessinant au coin de sa bouche « Notre premier Thanksgiving à Huntinghton, tu te souviens ? » demanda-t-elle en grossissant le regard « Quand ta grand-mère à appris que je ne mangerais pas la dinde qu’elle avait passé la journée entière à farcir, j’ai su qu’elle ne m’aimerait jamais. Elle m’a dit que c’était un total manque de respect. C’était grandiloquent, j’ai eu l’impression de retomber en enfance, humiliant. » Elle sourit un peu, penchant la tête sur le côté « Tu sais, je ne te l’ai jamais dit, mais j’ai pensé à en goûter un petit morceau pour qu’elle arrête de me fixer avec autant d’animosité. Elle m’a toujours beaucoup fait peur, ta grand-mère. » Ecaterina se mit à rire, se souvenant de la dite grand-mère en train de mastiquer sa dinde à grand coup de dents, la fourchette brandit près de son visage et une lueur meurtrière animant ses traits tout ridés –elle frissonna. S’approchant par instinct de Seth, elle se mordit la lèvre, réprimant son rire « Je dois dire que c’est ce qui risque de me manquer le plus, ta famille de tarés. » Cette fois, elle rit de bon cœur et passant par habitude sa main dans la mèche de devant de Seth, elle ajouta en serrant les dents « Ça et cette tignasse indomptable. Quand est-ce que tu vas te décider à aller chez le coiffeur, Catalano ? Tes bouclettes sont pratiquement aussi longues que ma frange –et je l’ai faite couper la semaine dernière ! » Ecaterina tira un peu plus sur la poignée de cheveux qu’elle tenait entre ses doigts, faisant basculer légèrement la tête de Seth en avant. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour atteindre une hauteur convenable et donna un tout petit coup de menton sur le front de Seth pour le faire basculer dans le sens inverse. Récupérant sa main, elle lui subtilisa sa part de pizza pour aller la passer au micro-onde dans la cuisine, à côté. C’était exactement ce genre de moment qui lui manquerait.
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MessageSujet: Re: 00. [Appartement Catalano] The last time.   00. [Appartement Catalano] The last time. EmptyLun 5 Mar - 5:15

Des souvenirs. C'est tout ce qui hantait cette pièce et les cartons qui la remplissait, et les pensées de Cat apparemment. À la proposition idiote d'une une part de sa pizza jonchée de lardons caoutchouteux à son amie végétarienne celle ci avait répondu par le souvenir de Thanksgiving passé ensemble chez sa grand mère maternelle à Huntington dans cette somptueuse demeure et cette assemblée de fous furieux. Seth n'avait jamais vraiment aimé Thanksgiving, non pas dans ce que cela représentait mais dans la perspective d'un repas avec toute la famille réunie, et toute sa famille signifiait souvent beaucoup, et pas que du positif. Ce repas dont parlait Cat n'avait pas été plus agréable malgré sa présence car comme elle s'en souvenait malheureusement, on n'avait pas vraiment fait bon accueil à celle qui ne pouvait manger cette fameuse dinde. "Quelle bande de malades...! Seth s'était senti forcé de commenter en secouant la tête l'air indigné quand Cat lui avoua avoir failli céder à sa grand mère. C'était une femme impressionnante avec qui il n'avait jamais été à l'aise non plus. Se remémorer des souvenirs de leur vie commune l'amusait et l'enchantait, comme si la mémoire devenait présente un instant, comme s'ils n'allaient plus jamais se quitter, additionnant alors tout les deux de nombreux autres souvenirs affreux de Thanksgiving à celui ci. Mais Cat rappela qu'il n'y aurait pas d'autre Thanksgiving ensemble alors qu'elle s'approchait de lui. Elle se rapprochait et insistait pourtant sur la distance qui les séparerait, le manque de l'un et de l'autre qui les habiterait bientôt. Les paroles de Cat lui serrèrent le coeur un instant alors même que ses précédentes l'eut allégé. Cette vie là ne pouvait elle lui convenir, celle qu'ils menaient à l'instant : elle qui plongeait sa main dans ses cheveux, lui se laissant faire, docile et attendri. Ils avaient tout deux le sourire alors pourquoi ? Seth les connaissait les pourquoi et il était inutile de revenir dessus.

Mais tu détestes quand j'ai les cheveux court ! Tu te souviens la tête que tu m'avait faite quand on s'était retrouvé à l'aéroport après les fêtes ? Ce jour là, j'ai juré de laissé les boucles prendre un peu de liberté !" Cat relâcha son emprise sur ces boucles folles et lui donna un petit coup de menton sur le front, sur la pointe des pieds. Seth avait cru en toute innocence qu'elle allait l'embrasser un instant, accélérant légèrement les pulsations de son coeur qui n'eurent pas le temps de s'emballer car Cat repartit aussitôt mettre sa part de pizza à réchauffer après lui avoir prise des mains. Seth aimait et détestait à la fois cette proximité qui persistait toujours entre eux. Après tout, il n'allait pas éviter tout contact après plus d'un an de relation, c'eut été ridicule de leur part. Mais ces jeux qui perduraient, ces parades et ces séductions purement amicales - simples résidus du passé - n'était que trop addictifs sans même faire croire encore à des promesses évasives. Les choses étaient claires, et malgré tout cela c'était peut être mieux ainsi.

Seth suivi Cat dans la cuisine et se posta derrière elle en plongeant ses mains dans ses cheveux à son tour pour lui ébouriffer une seconde avant de s'emparer d'un bocal d'herbes ayant déjà été sortit des cartons par quelques miracles. "Moi aussi elle me manquera cette tignasse !" Quand le tintement de la cloche se fit à nouveau entendre, Cat lui tendit sa part qu'il parsema de ces herbes en question sans lui reprendre des mains. "Ce serait toujours pas assez vert pour toi là ? Regarde on voit plus le jambon, un vrai gazon !" Seth lui reprit sa part et lui pinça le nez gentiment avec un clin d'oeil pour ponctuer sa plaisanterie. Il retourna dans le salon et se posta au milieu des cartons en les analysant tous un par un ! "T'avais raison j'aurai du les étiqueter ! Je t'écouterai un peu plus la prochaine fois quand il est question d'organisation." Il se retourna un instant en souriant pour avoir l'approbation de Cat puis engouffra une première bouchée de cette nouvelle part avant de retourner son attention vers les carton à nouveau en mettant une main dans une poche. Il les parcourait du regard sans conviction d'un air dubitatif, il en cherchait un en particulier manifestement. Il en enjamba une première rangée et s'accroupi en posant sa pizza sur nul ne savait quoi pour en ouvrir un violemment. Il fouilla rapidement le contenu de la boîte et en sortit une enveloppe en papier craft. Il vérifia son contenu puis prit place lourdement sur le canapé en poussant les affaires qui l'encombraient.

"Tu peux venir voir Cat s'il te plaît ?"La jeune femme s'executa et pris place à ses côté tandis que Seth affichait une mine souriante et embarrassée. Tout en sortant lentement le contenu de l'enveloppe il expliqua avec confusion à Cat de quoi il s'agissait exactement. "Bon.. je tenais à te donner quelque chose aujourd'hui, deux petites choses en fait, juste pour marquer le coup tu vois. Je veux pas la jouer mélo mais c'est juste comme ça... enfin bref tu verras ! Te moques pas hein, tu sais que c'est pas mon fort ce genre de truc !" Il regardait son amie à qui il ne pouvait cacher son embarras tant il paraissait s'embourber dans ses propos. Il lui tendit d'abord ce qui ressemblait à un magazine sur lequel était écrit Cat + Seth = Onze avec en couverture des dessins de Seth lui même, qui ne se voulaient manifestement pas sérieux vu la qualité ! "C'est un genre de fanfiction nous mettant en scène toi et moi... Je te prie de le lire au trente millième degrés ! On y affronte notamment le propriétaire de mon ancien appart de Cincinnati, ce vieux croulant ! Tu pourras te vanter d'être la seule au monde à posseder un album unique, collector et dédicacé "Catalano" ! C'est un privilège dont peu de gens peuvent se targuer crois moi !" Seth parlait très vite sous le coup du stress et agitait les mains dans tout les sens, montrant ci et ça sur la couverture, essayant d'éviter le regard de Cat, beaucoup trop géné. Il posa sa main sur la bouche de cette dernière avant de continuer.Ne dis rien encore, j'y arriverai jamais si je dois le faire en deux fois ! Il sortit cette fois de l'enveloppe ce qui ressemblait à un pendentif métallique et sphérique bleu nuit agrémenté d'un dessin blanc de la taille d'une grosse noix, un objet totalement kitch et de mauvais goût que Seth posa délicatement dans les mains de Cat. "Oui c'est... une planète, c'est un souvenir du planétarium..! Le dessin dessus c'est la constellation du poisson volant, je me souviens qu'on avait eu un fou rire là dessus, je sais plus pourquoi ! Seth, plus géné encore, se frottait le front, le visage rougis par le malaise dans lequel il se trouvait, mais il reprit plus calmement. "C'est surtout parce que c'est notre endroit à nous ce planétarium et je voulais que tu aies quelque chose pour te souvenir de tout ça. Qui sait le poisson volant pourrait te redonner le sourire dans les petits coups de déprime !"

Il savait que Cat ne voulait pas parler de son départ et il ne voulait pas la tourmenter, mais cela signifiait beaucoup en effet pour Seth de rester auprès d'elle de quelques manières que ce soit, il savait très bien qu'elle ne l'oublierait pas, qu'ils se reverraient, mais que pouvait il faire d'autre pour qu'ils gardent encore quelques attaches avant d'être jetés dans le vide tout les deux. Il allait bientôt être seul à Lima, et elle repartirait tout aussi seule à Cincinnati, alors si un petit objet, aussi moche et ridicule soit il, pouvait l'emmener un peu avec elle, il voulait faire parti du voyage. Cette gêne n'était pas tant le résultat de l''embarras que l'émotion qu'il ressentait en ce moment de lui offrir ces toutes dernières choses qu'il pouvait encore lui donner.


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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 00. [Appartement Catalano] The last time.   00. [Appartement Catalano] The last time. EmptyMar 6 Mar - 1:48

« C’est faux, je ne déteste pas quand tu as les cheveux courts. » A peine Seth avait-il terminé sa phrase qu’Ecaterina se sentit obligée de se défendre d’un ton presque solennel. Elle enjamba un carton ouvert puis un deuxième en lançant de furtifs coups d’œil dégoutés à la part de pizza infecte qu’elle tenait entre ses doigts. Bien sûr qu’elle se souvenait du moment dont Seth parlait. Cat se rappelait qu’elle s’était attendue à le retrouver avec toute sa masse de cheveux indisciplinés, frétillant d’impatience à l’idée d’y glisser sa petite main après des jours de séparation. Le choc fut rude ! Tellement qu’elle ne l’avait même pas reconnu de l’autre côté de la vitre ! Parvenant aisément à imaginer son expression déconfite lors de ces retrouvailles programmées, elle se stoppa brusquement entre l’entrée du salon et de la cuisine ; elle rectifia, de bonne foi « Okay, je déteste ça. Tu marques un point. » Reprenant son court chemin jusqu’au micro-onde, elle sourit quand elle remarqua que Seth la suivait. Calant sa hanche fine contre le plan de travail, elle se retourna d’un même chef pour le regarder et croisa les bras sur sa poitrine. Il passa à son tour sa main dans ses longs cheveux, lui ébouriffant sans scrupules sa frange fraîchement coupée. Sa réaction ne se fit pas attendre : Ecaterina se mit à rire « Tu trouveras bien une autre blonde plus grande que moi et avec des cheveux qui sentiront aussi bons que les miens. J’en connais quelques-unes, peut-être que je pourrais… » Elle posa avec malice son index sur sa bouche, le tapotant tout doucement sur son ourlet délicat en parfaite innocente. Elle accompagna son geste d’un plissement de paupières, laissant sa phrase en suspens. Promptement, elle baissa le poignet pour débiter d’une traite « Non, elles sont toutes mariées. Soit à un homme, soit à leur travail. A croire que je suis la seule petite blonde au doux parfum de noix de coco que tu dois fréquenter ; le destin, Catalano, le destin. » glissa-elle dans un murmure amusant, imitant la voix aux accents mystiques d’une voyante à la sauvette. Le micro-onde derrière elle s’arrêta. D’un geste expert, elle sortit la part de pizza toute brûlante de son habitacle. Seth fit une réflexion sur ses préférences alimentaires en parsemant le bout caoutchouteux d’herbes qu’il adorait. Elle lui lança un regard faussement assassin puis le laissa reprendre son repas. Quand il tourna les talons pour retourner au salon, Ecaterina lui donna une tape fourbe derrière la tête pour le punir gentiment de ses moqueries dont elle était pourtant habituée.

Suite à leur séparation, Cat n’avait pas souhaité rompre le contact avec Seth. Ils avaient décidé de ne plus se comporter comme un couple, mais ils restaient amis. C’était difficile, surtout au début. Ils leur arrivaient de se regarder trop longtemps après une discussion sérieuse ou d’inciter l’autre à rester passer la nuit dans leurs appartements respectifs tout en sachant très bien que, une chose en entraînant une autre, ils finiraient par se retrouver dans le même lit et pas obligatoirement habillés. Mais maintenant, les choses étaient claires et concises ; ils n’étaient plus un couple, ils étaient amis. Quelques fois, Ecaterina se mettait à douter. Elle était amoureuse d’un autre, cependant, elle se sentait bien avec Seth. Elle aimait tout chez lui ; ses baisers, ses blagues douteuses, ses caresses, sa détermination, ses références de nerd aussi pathétiques que ses talents culinaires (qui consistaient à prendre le téléphone et se faire livrer à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit). Ils avaient été un couple pendant plus d’un an. De son point de vue, il s'agissait d'une preuve tangible que les choses collaient parfaitement entre eux et qu’ils pouvaient être ensemble. Il était le seul garçon qu’elle avait connu –dans tout les sens du terme. Il l’avait guidé dans des domaines qu’elle n’avait jamais expérimentés auparavant. Elle lui faisait confiance, elle savait que c’était réciproque. Son père lui avait dit qu’on se remettait d’un amour de jeunesse manqué, que ça faisait partie des choses difficiles, certes, mais que ça faisait grandir. Ecaterina avait essayé, elle avait tout fait pour ne plus y penser, pour ignorer ce manque qu’elle ressentait au plus profond de son être. Mais rien n’y avait fait, elle n’y était pas parvenue. Elle avait fait tant d’effort ! Elle s’était donnée un mal fou pour que sa relation avec Seth perdure dans le temps et pour qu’elle fonctionne. Finalement, c’est elle qui avait tout gâché, encore une fois. Ecaterina avait fini par avouer à son petit ami qu’elle n’était pas amoureuse de lui. Qu’elle l’aimait, mais pas assez. Il aurait pu l’abandonner, la laisser mariner dans ses doutes, sa culpabilité. Ce n’était pas rendre justice à Catalano que d’imaginer qu’il était du genre à laisser une pauvre fille fragile se débattre comme une folle avec ses sentiments biscornus. Il avait accepté la séparation. Néanmoins, il ne l’avait pas abandonné pour autant.

Dans la cuisine, Ecaterina entendit Seth lui parler d’étiquetage de cartons. Elle émit un rire, signifiant clairement qu’elle se payait sa tête. Elle dénicha un verre dans l’évier, fit couler le robinet d’eau froide pour y déverser un peu de liquide pour se réhydrater. Elle n’eut pas le temps de terminer son verre que Seth lui demanda de venir. Derechef, la blondinette vida son contenu dans le contenant en inox et pivota sur ses pieds, se dirigeant d’un pas serein vers le salon. Elle avait dû faire une boulette et mal ranger l’un de ses volumes d’un comics quelconque. Elle n’avait jamais compris comment il fallait les classer et n’était pas prête de le savoir puisqu’il ne s’agissait pas de ça. Au fond, elle était rassurée. Elle ne se sentait pas parée à se faire sermonner par Catalano, le pro de l’organisation. Fronçant doucement les sourcils, Cat glissa les mains dans les poches arrière de son short en jean. Son cœur se mit à battre trop fort quand Seth lui avoua vouloir lui offrir quelque chose. Oh non, Catalano… fronçant un peu plus les sourcils elle s’approcha, lentement. Se postant à ses côtés, elle posa instinctivement sa joue sur le bras du jeune homme en attendant patiemment de découvrir le présent. Ses yeux se remplirent de larmes lorsqu’elle attrapa graduellement –donnant l'impression d'avoir peur de l'abîmer– le semblant de magazine qu’il lui tendait, fier.

« Seth… » commença-elle simplement en contemplant littéralement la couverture.

Elle leva la tête pour continuer, mais fût coupée dans son élan par la main tiède qu’il posa sur sa bouche. Sans discuter, elle obéit, sachant très bien qu’il n’était pas à l’aise dans cet exercice. Elle se tût donc, lui confirmant d’un hochement de tête qu’elle ne l’interromprait plus. Elle aurait dû se sentir embarrassée, gênée par les attentions du jeune homme, mais au contraire, elle était touchée. Vraiment très touchée, elle sentait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine et sa vue se brouiller au fur et à mesure qu'il poursuivait sa tirade. Elle allait se mettre à pleurer. Là, tout de suite. Presque certaine qu’une larme ne tarderait pas à venir s’écraser sur sa pommette saillante, Ecaterina eut le réflex de poser ses doigts sur celle-ci, mais la trouva sèche. Seth reprit la parole, lui portant un coup involontaire en plus. La main tendue devant elle, elle ébaucha un sourire quand les propos du jeune homme prirent forme dans son esprit ; le planétarium, leur premier baiser. Elle releva doucement le menton, cherchant le regard du gringalet. Cat constata qu’il était gêné et que le teint de son visage avait prit une couleur plus soutenue. Mentalement, elle sourit une fois encore. Ne pipant mot, elle referma sa main sur le bijou qu’il venait de lui donner puis posa la couverture du magazine tout contre sa poitrine, précieusement. Quand soudain, sentant les larmes border ses beaux yeux bleus…

« Espèce de crétin ! » lança-t-elle, l’assénant d’un coup de poing (ridicule, étant donné sa force moindre) dans l’épaule. Elle empoigna son magazine –le cadeau qu’il venait de lui faire– et lui donna un coup dans l’estomac avec celui-ci, ne la ménageant pas le moins du monde « T'es qu'un crétin, Catalano ! T’es qu’un crétin ! » répéta-t-elle en se mordant la lèvre inférieure très fort « Je-ne-suis-pas-encore-partie-crétin-crétin-CRÉTIN ! » Elle prit la peine de détacher chaque mot, les ponctuant de petits coups à l’aveuglette. S’arrêtant brusquement de la frapper avec son magazine, elle plongea ses yeux brillants dans ceux du jeune homme qui se protégeait la tête comme il le pouvait. Sans prévenir, Ecaterina s’approcha de lui pour le serrer dans ses bras « Merci –merci Seth. » Elle pressa aussi fort qu’elle le put son corps contre le sien, juchée sur ses orteils pour atteindre ses épaules. Elle enfouit même son nez dans le col de son t-shirt avant de redresser sensiblement la tête pour murmurer tout doucement à son oreille « Je n’ai rien à te donner en retour. Tu aurais dû me dire que cette soirée se terminerait pas des adieux, j’aurais essayé de marquer le coup en portant ma panoplie de Wonderwoman. »

Les sanglots étouffant sa voix trahissaient la plaisanterie qu’elle peinait à articuler. Sentant le métal de la planète qu’elle tenait fermement dans sa main s’enfoncer dans sa paume moite, elle ne défit pas son étreinte, mais l'ouvrit lentement. Fixement, elle regarda la planète en étouffant un petit rire, se souvenant de la constellation du poisson volant ; ce qui avait suivit, elle s’en souvenait aussi. Petit à petit, elle détacha son menton posé sur l’épaule du jeune homme, continuant à fixer la fameuse planète au creux de sa main. Ses souvenirs remontant à la surface, elle fronça les sourcils dans un effort de concentration. Progressivement, son regard incertain glissa du bijou dans sa paume, aux lèvres du grand brun qui elles se trouvaient à quelques centimètres à peine des siennes. Bien sûr qu'elle avait quelque chose à lui donner en retour. Sur le qui-vive, elle retint sa respiration et sans même y réfléchir, Ecaterina s’inclina davantage pour délicatement poser sa bouche tout contre celle de Seth.
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MessageSujet: Re: 00. [Appartement Catalano] The last time.   00. [Appartement Catalano] The last time. EmptyVen 9 Mar - 18:17

Deux enfants, voilà ce qu'ils étaient ! Lui, rouge jusqu'au front se tordant les mains avec un sourire qui accusait une gêne attendrissante, elle, au comble de l'embarras et de l'émotion, le frappant faussement pour se venger de l'avoir prise au dépourvu. Deux enfants dépassés par leurs sentiments, tout cons l'un à côté de l'autre, mais baigné de cette tension étrange qui les liait à présent, presque tangible et palpable. Cat continuait de frapper son ami qui de son côté tentait de se protéger, les bras tendus devant lui, sans conviction, le rire ayant fait place à son silence pudique."Eh aucune pitié pour Cat + Seth ?! Aïe ! Aoutch !"Les éclats de leur voix qui résonnaient dans la pièce furent surpris par la soudaine étreinte de Cat pour remercier Seth. Elle fut aussi imprévisible que saisissante, la jeune femme l'entourant tout entier de ses bras, le serrant si fort qu'il affichât d'abord une mine hébétée . Il répondit enfin en l'enlaçant avec tendresse à son tour. Cat + Seth ? C'était définitivement pour lui la combinaison gagnante malgré le traitement qu'avait subi le magazine ! Là, dans ses bras il la savait en sécurité, lui offrant au moins un maigre abris face à la mélancolie qui pouvait l'assaillir parfois, sans prévenir, sournoisement. En vérité, dans ses bras à elle, il se sentait tout autant calme et serein devant les moments seuls qui l'attendait au départ de la petite blonde, qu'il savait pourtant si forte malgré ce qu'elle croyait. Il n'aurait quitté ce nid de quiétude qu'il avaient façonné ensemble pour rien au monde, juste pour se lover dans les bras l'un de l'autre, au chaud, le coeur léger. Alors qu'il sentait son souffle dans son cou, Seth posa le menton sur sa tête blonde en caressent ses cheveux, l'enveloppant encore un peu plus comme pour lui signifier qu'elle n'avait rien à craindre, qu'il serait toujours là contre elle, elle contre lui."De rien, de rien Ecaterina" Tandis qu'elle redressait la tête légèrement, il posa ses mains sur ses joues et lui donna son plus large sourire.

Oh non ! Cat ! Il n'a jamais été question d'adieux du moins pas maintenant, je te laisse au moins le temps de trouver ton costume ! Je suis désolé, je ne pensais pas que ça t'atteindrai à ce point" Ecaterina s'était mise à sangloter silencieusement alors qu'elle tentait à nouveau de blaguer, mais cette fois l'émotion l'avait emporté et cette fois il n'était plus question de jouer les langues de bois comique, les enfants ayant peut être assez grandi en quelques instants pour affronter la réalité. Chaque sursaut qui rythmait ses pleurs tenaillait Seth au bord de l'émotion également. Il la serra un peu plus fort comme s'il essorait une éponge pour l'assécher un peu. Le silence qui s'installait dans l'appartement amena Seth à parcourir ce dernier du regard, l'amenant sur le panneau posé au coin du mur qu'il avait en face de lui sur lequel était attachées des photos de toute sorte. Parmi elles, il s'attarda sur le cliché de Cat de son appartement dévasté par une semaine de révision, les cours, les fringues et la bouffe ne formait alors qu'un tapis de décombres post apocalyptique. Ces reliques du passé étaient précieuses, et leur valeur de témoignage d'un temps qui ne serait plus jamais lui poignarda le coeur d'une prise de conscience dont il s'était bien gardé jusqu'à présent. Ses yeux s'humidifièrent quand il étreignit Cat encore un peu plus fort, pour s'éponger lui même à son tour des larmes qui programmaient de couler l'instant d'après. Il ne fallait pas qu'il pleure, il ne le pouvait pas, pas devant Cat. Il devait lui montrer qu'il était fort et qu'il le resterait face à la situation, qu'il le serait même pour deux s'il le fallait. Il avait pris pour habitude d'encourager sa petite amie, de l'amener à surpasser ce qu'elle ne s'était jamais imaginer pouvoir surpasser, lui montrer la force de caractère qu'elle ignorait avoir. Peut être que sans lui, Cat n'aurait jamais envoyer son manuscrit à son éditeur, poussée par la foi qu'il avait toujours eu en elle. En même temps il se sentait coupable de l'avoir amener aux larmes avec ses cadeaux à la con ! Elle lui avait pourtant dit qu'elle ne voulait pas penser à son départ, à la fin de l'été, qu'elle préférait éviter le sujet et lui n'avait pas tenu plus de quelques minutes avant de plonger dans cet enveloppe kraft, ticket pour la séance mouchoir. "Je suis désolé d'avoir déballé tout ça maintenant, je sais que tu ne voulais pas te prendre la tête avec toutes ces histoires... Mais c'est pas un cadeau d'adieu, on est là pour le moment tout les deux et j'ai voulu en profiter pour te donner ces trucs ! Je..."

Les lèvres de Cat qui vinrent se poser contre les siennes l'arrêtèrent net, sans prévenir, ni même un mince avertissement prononcé ou suggéré avant ce baiser. Seth avait sûrement plongé trop loin dans ses pensées pour le voir arrivé, et garda les yeux grands ouverts, écarquillés avant de les refermer et de glisser ses mains dans la nuque blonde de la voleuse de baiser. Cette dernière initiative de Cat avait balayé toutes les réflexions intérieures du jeune homme et c'est en répondant à ses lèvres avec un peu plus de fougue que Seth se laissa guider par l'instant, oubliant toutes autre considérations du passé, du futur. "Qu'est ce qu'on fait ?!" Son front contre le sien, il lui posa cette question dans un soupir, juste pour prétendre ensuite l'avoir posé, pour se convaincre lui même qu'il avait tenté de considéré la situation avec raison alors qu'il l'embrassa à nouveau avec plus de passion. Ce dernier baiser ce fit plus hésitant néanmoins, de leur part à tout les deux, moins impulsif et franc que le précédent, l'appel à la raison de Seth ayant finalement fait son effet. Leur lèvre se quittèrent, toujours proches, un peu comme eux bientôt. Sa main toujours dans sa nuque, son pouce lui caressant la joue, il baissa la tête avant de lui sourire, un sourire caressé par le souffle de la jeune fille dont le visage était toujours à quelques centimètres. Seth savait qu'il valait mieux en rester là malgré tout, ils auraient regretté d'avoir laissé courir leurs envies un peu plus loin. D'autant plus que Seth ne voulait pas mettre Cat dans la confusion, elle allait bientôt s'en aller et il voulait qu'elle soit persuadée qu'il vivait la situation avec sérénité et facilité, qu'elle ne lui était aucunement pénible, et poursuivre la séance d'adieu sensuel n'y aurait pas aidé. "Je croyais que ce n'était pas une soirée d'adieu ? Alors si ça ce n'est pas un baiser d'adieu, vous jouez avec le feu Wonderwoman !"

La plaisanterie avait repris ses droits et leurs visages s'éloignèrent définitivement, peut être destinés à ne plus jamais être aussi proche l'un de l'autre. Seth avait glissé ses mains sur les bras puis sur les mais de Cat qu'il tint quelques secondes avant les lâcher délicatement. Son coeur ne retrouvait plus son calme car même si la bonne décision avait été prise, elle avait été la moins désirable.


Dernière édition par Seth Catalano le Dim 11 Mar - 17:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 00. [Appartement Catalano] The last time.   00. [Appartement Catalano] The last time. EmptySam 10 Mar - 21:30

« Seth, tais-toi… » parvint-elle à chuchoter entre deux baisers alors que Seth lui demanda dans un souffle ce qu’ils faisaient exactement. Durant un instant, elle fut tentée d’user de ses célèbres sarcasmes pour explicitement lui annoncer qu’ils étaient tout simplement en train de s’embrasser à pleine bouche au beau milieu de son salon flambant neuf, mais considéra qu’il était inutile qu’elle se fatigue à lui faire un dessin étant donné la façon dont il s’appliquait à lui rendre son innocent (elle s’entêtait à vouloir y croire) baiser. La petite planète dans une main et le magazine dans l’autre, Ecaterina diminua davantage l’espace entre eux, jusqu’à sentir à travers son top au tissu léger le cœur de son ami –ou peu importe comment elle devait le qualifier à ce moment précis– battre à tout rompre contre sa poitrine. Poussée par cette vague de désir impromptue, elle se résigna même à laisser tomber le magazine au sol pour enfin poser tendrement sa main libre sur son visage, ne lésinant pas sur l’intention qu’elle mettait à prolonger cette étreinte agréable. La jeune fille ne savait pas ce qu’ils faisaient, elle non plus. C’était son initiative, c’est vrai. Pourtant, elle n’y avait pas réfléchi au préalable. Leurs souvenirs communs, ses cadeaux qui l’avaient touchée, leur proximité, cette tension palpable… elle n’avait rien vu venir et voilà où ça la menait. Hissée sur la pointe des pieds, s’imprégnant littéralement du dernier moment d’intimité qu’elle vivrait avec ce garçon, elle oublia. Elle ne se posait même plus de questions, elle était ailleurs. L’emménagement de Seth, son propre retour à Cincinnati, la vie monotone qui l’attendait dès lors qu’elle posera le pied sur le bitume de la gare routière… plus rien n’avait d’importance. Ecaterina était clairement prête à capituler ! Prête à arrêter de se mettre des œillères avec autant d’hardiesse, prête à concéder une bonne fois pour toute qu’elle devait cesser de s’obstiner ! Quoi qu’elle fasse, elle savait que le grand blond de l’autre côté de ce mur ne la remarquerait même pas. Elle avait vraiment voulu se battre, mais ça devenait trop difficile. Ecaterina cherchait désespérément quelqu’un à qui s’accrocher. Elle savait que seule dans cette grande ville qu’elle retrouverait bientôt –sa ville natale, cette jungle qui lui paraissait si hostile depuis l’annonce du départ de Seth–, elle ne tiendrait pas le coup. Pour Ecaterina, Seth restait le meilleur remède à sa paix intérieure. Présenté de cette façon, on aurait pu croire qu’elle le prenait pour la cinquième roue du carrosse. Ce n’était pas le cas, tout était beaucoup plus compliqué, elle-même en avait assez d’être autant torturée. Ce baiser volé marquait peut-être un tournant, pour la blondinette. Est-ce qu'elle tenterait de faire tout son possible pour ne plus se poser autant de questions ? Elle était tellement lasse ! Elle voulait devenir une jeune fille de vingt-deux ans normale, menant une existence sans questions existentielles qui perpétuellement lui gâchait la vie. Cette remise en question, cette culpabilité… ce n’était pas sain. Ecaterina devait à tout prix changer, c’était pour son bien. Elle avait la sensation que son avenir en dépendait. Seth, Cat le connaissait par cœur. Elle sentait dans chaque parcelles de son corps (et mieux encore : dans son petit cœur meurtri) qu’elle pouvait faire des efforts pour lui. Ils étaient un couple plutôt mignon et apprécié dans leur entourage –nonobstant la détermination de la grand-mère du jeune homme à vouloir faire de la petite-amie de son petit-fils de la chair à saucisse, s’entend. Certes, elle garderait toujours le souvenir de Gale, jamais elle ne pourrait se résoudre à l’oublier, mais Seth… Seth lui offrait la sécurité et à quelques semaines à peine de son retour à sa routine, c’était tout ce dont elle avait besoin.

Ecaterina plongea sa main dans les cheveux de Seth, resserrant son étreinte comme pour se rassurer. Elle ressentait néanmoins sa résistance alors que de son côté, elle était parée à passer à l’étape au dessus. L’hésitation de Seth devint soudain contagieuse. De ce fait, Cat se contraint à lentement glisser sa main sur son épaule pour calmer tant bien que mal sa prise d’initiatives. Aussi, quand elle sentit les lèvres du jeune homme se détacher peu à peu, elle raffermit la pression des siennes, mais perdit bien vite la bataille et se retrouva les yeux fermés, la respiration incertaine à profondément regretter de ne pas avoir eu plus d’emprise sur lui dans cette partie. Pinçant ses lèvres gonflées par ce long baiser, elle n’ouvrit pas tout de suite les yeux, posant à son tour son front contre celui de Seth et encerclant son visage avec ses mains pour sentir son souffle lui caresser la bouche une toute dernière fois. Un peu sonnée, elle esquissa quand même un sourire à sa dernière phrase, reprenant sa respiration avec un temps de retard. Prête à rétorquer à sa blague, Cat se redressa pour de bon, retrouvant sa position initiale –droite, plantée sur ses deux pieds–, mais happée par toute cette tension émanant d'eux, elle fit papillonner ses yeux de part et d’autre du visage du garçon, ne croyant pas une seule seconde à ce qu’elle avait elle-même déclenché. Il avait raison, elle jouait avec le feu et il semblait qu’elle venait même de se brûler. Dans sa main, la planète avait formée un cercle régulier. Elle n’eut cela dit pas le temps de l’examiner plus longtemps puisque Seth lui caressa les bras avant de lui prendre les mains avec douceur. Troublée par son geste, Ecaterina releva le menton puis, dans un sourire timide, elle marmotta :

« Qu’est-ce que je vais devenir, Catalano ? Dans moins d’un mois, le temps sera vraiment venu de se dire adieu. Tu y as pensé, toi ? Parce que moi j’y pense tous les jours. Je sais que tu vas me dire le contraire en ressortant ton discours pompeux sur la façon incroyable avec laquelle je gère les situations de crise, mais je ne vais pas m’en sortir toute seule. J’ai vraiment besoin de toi. » insista-t-elle en appuyant à outrance sur ses derniers mots. Elle baissa les yeux pour regarder ses mains dans celles de Seth et préféra récupérer les siennes, bien trop tentée par l’idée d’entrecroiser leurs doigts. Ce qu’elle considérait comme un geste d’affection trop significatif qu’elle ne pouvait plus se permettre, pas après ce baiser fougueux. Pendant un moment, Ecaterina se tut. Elle cherchait ses mots par pure crainte d’en faire beaucoup trop. Aussi, après avoir bloquée sa respiration dans sa poitrine, elle reprit posément « Tes cheveux ne seront pas la seule chose que je vais regretter, je m'en fiche pas mal, en fait. Toi, tu vas me manquer, Seth. Je te signale que tu es mon seul ami, imbécile. » Pour la forme, elle l’asséna d’un petit coup en plus dans les côtes pendant que son rire rauque enveloppa la pièce toute entière. Le laissant s’amenuiser en écho jusqu’à ce que le silence retombe, elle glissa dans un murmure complice « Tu embrasses toujours aussi bien… » Un petit sourire se dessina au coin de sa bouche, elle détourna furtivement la tête pour le dissimuler, mais ne pouvant faire abstraction de la situation, elle se ravisa pour ajouter, les paupières plissées « Je suis persuadée qu’il t’a plu, ce baiser. Tu peux voir ça comme un cadeau, si ça te chante. Je n’ai pas assez de fric pour te payer le dernier numéro de l'une de tes bd débiles, j’espère que tu ne m’en voudras pas. »

La malice laissant place à son embarras, Ecaterina examina la réaction de Seth face à elle. Finalement, elle coula un regard sur le bijou dans sa main et le replia pour s'en faire un bracelet qu’elle passa tout naturellement autour de son poignet gauche. Elle se souvenait du soir où ils avaient décidé de rompre. Bizarrement, elle avait beaucoup pleuré en rentrant chez elle. Elle savait qu’ils se reverraient, mais pendant un court laps de temps, elle avait cru que les choses ne seraient plus jamais comme avant et qu’ils s’éloigneraient au fil des années. Le contraire s’était produit ; ils semblaient encore plus proches qu’à l’époque. Comme quoi, il était inutile d’avoir un contact charnel avec quelqu’un pour renforcer une relation. Pensant à cette période, elle reprit distraitement, le timbre de sa voix se faisant nettement plus aigue qu’à l’accoutumée ;

« On n’a jamais fait ce truc de la dernière fois, tu sais ? » Tournant le pendentif vers l’extérieur, elle fit glisser la chaîne sur son poignet délicat, observant la constellation représentée d’un air absent, la balançant devant ses yeux bleus. Elle lança une œillade par dessous à Seth, et constatant qu’il ne voyait visiblement pas à quoi elle faisait allusion, elle roula des pupilles « Quand on a rompu, on s’est juste fait la promesse quasi solennelle de ne plus agir comme un couple parce qu'il s'agissait de la meilleure chose à faire, à notre sens. On n’a jamais scellé cette promesse par un dernier baiser ou... une dernière nuit… » Riant nerveusement, elle pencha la tête sur le côté, ses longs cheveux dorés frôlant ses joues empourprées. Derechef, elle grossit les yeux, se préparant psychologiquement à la suite de sa phrase « Je suppose qu’inconsciemment, même si on est tous les deux persuadés que tout est fini entre nous, » Elle marqua une pause –trop longue à son goût, ce qui pouvait passer pour une marque de doute profond « on a toujours su que ce genre d’accident arriverait, tôt ou tard. On est trop... » Collant ses petits poings l'un à l'autre, elle les consolida par une pression supplémentaire, ne terminant pas sa phrase, car persuadée que Seth verrait exactement où est-ce qu'elle voulait en venir. Le silence retombant, elle sépara ses poings pour fixer son tout nouveau bracelet. Brusquement, et pour se remettre les idées en place, Ecaterina secoua la tête avec virulence avant de glisser ses cheveux à deux mains derrière ses oreilles brûlantes. Pour se donner une contenance, elle balaya précipitamment tout ce qu’elle venait de dire d’un revers de main « Oublie ça, tu veux ? Si tu n’as plus besoin de moi, je crois que je vais rentrer. » Se mordant la lèvre, elle se força à sourire en haussant les épaules « Je… tout ça, » Elle engloba la pièce d’un petit coup de menton, finissant par reposer son regard limpide sur Seth « c’est trop pour moi. » Et elle le contourna, sans attendre. Passant très vite à côté de Seth, ses doigts palpèrent son propre front avec incertitude alors qu'elle se dirigeait d'un pas déterminé vers la porte d'entrée.


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MessageSujet: Re: 00. [Appartement Catalano] The last time.   00. [Appartement Catalano] The last time. EmptyDim 11 Mar - 22:17

Elle avouait enfin que la suite des événements l'effrayait, que la perspective de repartir et de rester seule à Cincinnati la terrifiait. Il ne pouvait plus la rassurer, car cet appel de détresse était bien trop pour lui. Ce cri qui appelait des secours, des réponses et des solutions lui perçait les oreilles et le coeur. Il n'avait rien de tout ça, juste sa peur et son angoisse en retour, celles de l'échéance du départ de Cat qui approchait. En vérité, il était aussi abattu qu'elle à l'idée de ces adieux, il n'était peut être plus le plus fort des deux, le remparts qui les avait protégés parfois, Ecaterina et lui, des mauvais coups du sort, des coups de déprime et de tous les autres coups tout court. Bien sûr qu'il lui répéterait les mêmes choses que d'habitude : qu'elle était forte, bien plus qu'elle ne le pensait, et qu'elle s'en sortirait. Il ne lui disait pas ça pour la bercer d'illusion ou pour endormir ses craintes d'un coup placebo bien dosé, il y croyait vraiment, il voyait réellement cette flamme dans ses yeux dont elle ne percevait que rarement la lumière et la chaleur. Mais cette fois, il lui aurait dit avec moins de conviction, et c'est pour cette raison qu'il baissa la tête dans un premier temps, gardant un silence plus sage que des paroles trop peu convaincantes. Comment lui dire que tout irai bien quand il n'y croyait pas lui même... Malgré tout il ne pouvait pas laisser cet appel sans réponse, si inutile puisse t'elle être."N'y pense pas Cat s'il te plaît, ce n'est pas des adieux, on se reverra. Je t'enverrai une mèche de cheveux que tu conserveras dans un bocal près de toi si tu veux !" Il agrémenta cette énième plaisanterie par un sourire qui ne taisait rien de sa tristesse. Il baissa la tête à nouveau pour contempler les mains délicates de la jeune fille dans les siennes, qui tenaient toujours le pendentif à l'effigie du poisson volant, cet objet ridicule qui semblait maintenant les lier par les mains. Cette liaison n'était pas si forte que cela puisque Cat ramena à elle ses deux mains, que Seth abandonna doucement.

Un petit coup dans les côtes, - "Aoutch" lâcha t'il, impassible et souriant - "imbécile", c'était bien Cat et Seth qui se rétractaient, ou plutôt qui noyaient les événements encore une fois dans une guimauve bien marrante de copain ! Mais la jeune fille n'était pas disposée à jouer trop longtemps aux copains : Seth rougis d'une légère gêne quand elle se mit à aborder verbalement ce baiser ! Le jeune homme, un peu pudique, crispa les lèvres sur le côté avec un sourire. "On embrasse toujours mieux quand on a une très bonne partenaire... Où c'est plutôt pour la danse ça, ou bien... Bref ! J'aurais préféré que ce ne soit pas un baiser d'adieu en tout cas et il aurait été parfait mais bon..." La voix de Seth s'éteignit dans un rire étouffé pudiquement. Il ne savait pas comment parler de tout ça dans ces circonstances. Verbaliser le fait que ce baiser serait le dernier et l'unique à présent, qu'il scellait leur amour passé par le sceau de l'amitié désormais, c'était encore un peu trop tôt pour lui tout de suite, aussi compréhensif qu'il était pourtant par rapport à la situation. Il ne pouvait rester là face à elle placidement après ce baiser passionné tout juste échangé et débattre de la suite des choses destinée plus platonique que jamais. Il la désirait si fort en cet instant, la contemplait encore de si près, leur souffle caressant tour à tour la peau de l'autre avec une si douce chaleur, comment ne pas céder et briser tout serment de ses deux mains libres en l'embrassant à nouveau et qu'elle reste jusqu'au matin, et celui d'après... et encore celui d'après.

Ecaterina aborda en effet ce serment qu'ils s'étaient fait le soir de leur rupture. Ils agiraient en ami, rien de plus. C'est alors qu'elle évoqua ce qui semblait exactement faire écho au désir de Seth, qui le rongeai à présent. Il ne pouvait pas articuler un mot sur le sujet, déjà trop affaibli par celle qui évoqua un dernier baiser - fait ! - une dernière nuit... Seth plongea un peu plus profondément ses yeux dans les siens. Qu'attendait t'elle de lui, là à cet instant ? Comment ne pas être sûr qu'elle n'attendait qu'un geste de sa part pour rester, comme un appel lancer pour la sauver en abandonnant cette fois les mots et les encouragement et laisser parler le désir ? Il plissa les yeux comme si avec un effort il pourrait distinguer un mot, une injonction tout au font de sa pupille, cachés à celui qui n'est pas assez attentif. Il ne voulait pas prendre le risque de tenter de l'embrasser encore une fois sans être sûr que c'était ce qu'elle lui demandait implicitement ! Ah pourquoi ne pas utiliser les vrais mots pour demander les choses sans passer par milles et un détours se demandait il ! Il ne prêtait plus attention à ce qu'elle disait, trop occuper dans ses fouilles au coeur de l'anatomie oculaire mais il senti vaguement que le ton d'Ecaterina changea et modifia le rapport entre eux subitement. "C'est trop pour moi" ? À peine Seth eût il compris ce qu'il se passait que Cat tourna irrémédiablement les talons. Elle avançait fermement, certainement sans aucune intention de se retourner vers la porte de sortie. "Cat ?!..."

Ses interrogations ridicules ne permirent pas à Seth d'empêcher la jeune fille de s'emparer de son sac et de passer le pas de la porte en vitesse sans un mot. Cette dernière claqua avec le fracas le même que celui dans lequel Ecaterina avait quitté l'appartement, ceci sans sortir Seth de sa torpeur, toujours sous le coups du changement qui s'était opéré en quelques minutes. Il en était sûr à présent, et trop tardivement, qu'elle avait lancé un appel à celui avec qui elle avait espérer des adieux jusqu'au matin au milieu des cartons et du bazar ambiant, en parfaite symbiose avec celui qui régnait dans leur ésprit en ce moment. Elle était sûrement parties, soit vexées, soit pleines de désillusion face au silence qu'avait gardé Seth. Il était bien placé pour le savoir, il n'y avait rien de pire que des sentiments non réciproques dans leurs intensités. Elle avait oublié son magazine, Cat + Seth gisait là sur le sol, parmi le reste des cochonneries ambiantes. Il observa le magazine un instant puis la porte par laquelle Cat s'était enfuie, laissant Seth seul comme un con au milieu des cartons et du silence. Il réfléchi, sept moins quatre faisait trois, oui, ce qui ne l'avançait pas beaucoup, à part l'informer que c'était un triple idiot... C'était donc à ça qu'allait ressembler sa vie sans elle ? Ce silence, cette solitude, ce vide immense ? S'il avait pu retarder cette échéance ne serait ce que d'une nuit il l'aurait fait ! Il le pouvait peut être encore...

En un instant, son coeur ne fit qu'un tour et il se mit à courir vers la porte d'entrée. Il rencontra sur son passage un carton plus grand qu'il ne l'avait prévu et s'effondra sur le sol. "Aouuuh !" Il se releva en boitant jusqu'à la porte, il l'ouvrit d'un coup et pencha la tête par dessus la rampe pour voir à quelle vitesse elle avait progresser dans la descente des escaliers. Elle était déjà au premier étage bientôt et il restait à Seth deux escaliers encore à descendre pour la rattrapper. Il se mit à les descendre à toute vitesse, son coeur semblant les dévaler encore plus vite, tout en l'appelant en criant ! La seule chose qu'il redoutait en vérité, c'était Gale qui pouvait faire son apparition d'un moment à l'autre, Seth espérant juste qu'il était absent pour le bonheur de tous ! "CAAAAAT !!! Attends !" Ecaterina l'entendait certainement mais continuait de descendre calmement sans ralentir la cadence pour autant. Alors qu'elle était à quelques marches du rez de chaussée Seth arrivait à sa hauteur, lui attrapa le bras pour la retourner et l'embrassa sans plus de discours. Son coeur explosa finalement sur la ligne d'arrivée, ivre de bonheur. Il la fit reculer délicatement sur l'espace de la quatrième marche sur laquelle ils se trouvaient jusqu'au mur, Il caressa sa joue et plongea sa main dans ses cheveux en faisant tomber son sac de son épaule de l'autre main. Il mit enfin les deux main dans son cou, ses pouces lui caressant les joues et détacha ses lèvres des siennes pour coller son front contre le sien. "Reste avec moi ce soir Ecaterina, reste et faisons l'amour jusqu'au matin pour nous dire au revoir..."
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 00. [Appartement Catalano] The last time.   00. [Appartement Catalano] The last time. EmptyMar 13 Mar - 1:35

Il n’avait rien compris. Il n’avait pas saisi que tout ce qu’elle attendait de lui, c’était un simple geste de sa part. Un baiser en plus, une subtile caresse sur sa nuque tiède, une invitation à rester pour de nouveau s’abandonner à lui et pouvoir enfin se sentir rassurée. Une fois pour toute, elle voulait ancrer dans sa petite tête que tout irait pour le mieux. Que chacun de leur côté, ils s’en sortiraient, qu’ils se reverraient. Cincinnati n’était qu’à deux heures et vingt minutes de Lima, ce n’était pas le bout du monde. Les jambes en coton, l’esprit de la jeune fille se mit à vagabonder. Elle comprenait encore plus pourquoi Gale lui en voulait autant d’être partie sans lui dire au revoir, à présent. S’il l’aimait autant qu’il le lui avait dit à l‘époque du lycée, il avait dû ressentir cette même frustration qui l’enveloppait toute entière. Il avait dû avoir peur pour celle qu’il avait considérée comme sa petite-amie pendant une poignée d’heures, mais également pour son propre avenir –tout comme elle, maintenant. Cette pensée fugace tournée vers l’appartement d’en face la fit atterrir trop violemment. C’était étrange, en un claquement de doigts, elle se sentit proche de Gale comme jamais, alors que cinq ans s’étaient écoulés sans qu’ils n’échangent un mot, même pas un signe de tête polie ou un sourire de façade. Juste une danse improvisée au cours du mariage de leurs amis qui avait été fatal à la jeune fille qui s’était contrainte à quitter la fête plus tôt que prévu, au bord de l’explosion. Ecaterina leva la tête, assommée. Soudain, elle en voulu à Seth de l’obliger à revenir aussi vite à la raison alors qu’une seconde plus tôt, la seule chose qu’elle exigeait de lui c’était qu’il l’emmène loin de ces cartons, loin de ces souvenirs et qu’ils se disent au revoir, comme il se devait. Elle se rendit compte que ce désir n’était que factice, qu’elle cherchait une dose d’une drogue quelconque pour trouver la paix cinq, dix, quinze, vingt minutes ou plus encore. Cependant, il apparaissait que l’anesthésie ne faisait plus son effet, le réveil était trop douloureux ; elle ne se sentait pas prête à assumer la rééducation. L’hésitation du jeune homme, cette résistance qui l’avait contaminée lors de leur baiser, c’était ce qui l’avait poussé à ressasser cette douleur insurmontable puis à se détourner de lui. Peu à peu, elle reprit conscience de la situation : elle était dans l’appartement de Seth, ils s’étaient embrassés, mais elle n’en avait pas réellement eu envie –qu’est-ce qui n’allait pas chez elle ? Réfléchissant furieusement, Cat baissa la tête. Le silence retombant dans la pièce pesant trop lourd sur ses frêles épaules, la fatigue la terrassa. Ce baiser, ce n’était qu’un geste impulsif, du désespoir à l’état pur. C’était tout bonnement pathétique, pensa-t-elle et pour se punir, elle se mordit la lèvre inférieure. La honte s’emparant brusquement d’elle, elle tenta de se convaincre que tout ça ne voulait rien dire, oubliant avec une audace ahurissante qu’elle avait pendant une fraction de seconde pensée à déposer les armes pour laisser Gale filer pour de bon ; elle n’était pas prête pour ça non plus, il lui restait encore un mois pour tenter une approche en douceur et soulager son cœur.

Le silence de Seth n’arrangea pas les choses. Elle avait voulu lui forcer la main en utilisant des arguments qu’elle avait inventés de toute pièce. Elle était quasiment certaine d’arriver à ses fins, elle s’était trompée. Seth avait gagné en résistance, elle en fut impressionnée, d’ailleurs, lui qui ne défiait jamais bien longtemps ses sous-entendus ou ses œillades pleines de malice. La honte s’insinua davantage dans tout son corps, c’est ce qui l’obligea à quitter le salon. Sa tête reprenait possession de ses droits et son cœur… son cœur lui disait de partir, de rentrer et de se coucher pour oublier l’erreur monumentale qu’ils auraient pu faire si le jeune homme ne lui avait pas implicitement fait comprendre qu’il valait mieux qu’elle cesse son petit manège ridicule. Sans se retourner, Ecaterina attrapa ses chaussures et son sac, elle continua jusqu’à la porte et, sans même lancer un dernier regard à Seth, elle quitta l’appartement. Elle claqua la porte –beaucoup plus fort qu’elle ne l’aurait voulu–, en colère contre elle-même et contre toute cette satanée nostalgie qui régnait en maître dans cet appartement stupide. S’adossant à la porte, elle ferma les yeux. Elle n’avait pas envie de pleurer tout de suite. Elle attendrait d’être seule pour le faire. Prenant une grande bouffée d’air, elle grimaça quand la boule qui s’était formée dans sa gorge l’empêcha de déglutir normalement, et d’un même chef, elle rouvrit les yeux pour fixer la porte juste devant elle. Qu’est-ce qui l’empêchait de sonner chez Gale, au fond ? Juste la peur de le voir indifférent à son discours, à sa présence et surtout à ses sincères et plus plates excuses. Battant des cils, elle se résigna à détourner les pupilles –non sans se demander ce qu’il pouvait bien faire à cette heure-là– puis à rechausser ses ballerines avant de prendre la direction des escaliers, pour enfin s’échapper de cette étroite et étouffante impasse dans laquelle elle s’était engouffrée.

Sur ses lèvres, Cat sentait encore l’engourdissement agréable du long baiser qu’elle avait échangé avec le jeune homme, vestige temporaire de ce qu’elle ferait tout pour oublier à partir du premier étage qu’elle ne mettrait plus longtemps à atteindre. Par reflexe, elle posa ses doigts sur sa bouche, passant doucement son index le long de sa lèvre supérieure. Elle ne savait pas comment elle faisait pour descendre ces marches avec autant de résolution, le pied martelant en cadence le sol de l’immeuble. Entre elle et Seth, il n’y avait aucun conflit, juste une incompréhension d’un quart de seconde. Ça n’arrivait pas souvent, le caractère exceptionnel de la chose la troublait beaucoup. Demain matin, quand Ecaterina prendrait son téléphone pour l’appeler, se comporterait-il comme avant ? Est-ce que les blagues vaseuses et les éclats de rire rauques de la jeune fille lui feront oublier cet incident ? Elle essayait de l’imaginer, mais cette douce illusion ne parvenait pas se frayer un chemin déterminé dans son esprit, ce qui eu comme effet de la faire douter. Ce dernier méfait, celui qu’elle avait impunément accompli, s’ajouta alors à sa liste de craintes déjà longue comme le bras. L’esprit embrumé, Cat arriva non loin du rez-de-chaussée sans vraiment s’en apercevoir. C’est la voix de Seth qui lui fit redresser le visage puis jeter un regard en haut, constatant qu’il s’était penché par-dessus la rambarde ; le magazine, elle l’avait oublié. Serrant les dents en poussant un juron contre elle-même, elle ne s’arrêta pas pour autant, continuant de descendre, sachant très bien qu’il finirait par la rattraper de toute façon. Elle aurait pu le récupérer le lendemain, bon sang. Aux vues des circonstances, il aurait pu la laisser s’échapper. Ce nouveau face à face ne présageait rien de bon, elle se mit même à le redouter. Sa main droite tenant fermement la hanse de son sac, elle pinça les lèvres, entendant les bruits de pas de Seth s’approcher dangereusement d’elle puis se sentant pivoter contre son grès, elle virevolta de l’autre côté et sentit les lèvres du jeune homme se poser fermement contre les siennes.

Tête ou cœur –un choix s’imposait, était-elle prête à se décider ? Surprise par ce contact, elle fronça les sourcils, se laissant conduire jusqu’au mur, ses mains se crispant d’elles-mêmes sur les épaules du jeune homme qui lui attrapa le visage à deux mains. Les yeux grands ouverts, Cat les ferma très fort quand l’arrière de son crâne heurta délicatement le mur pendant que son sac descendit de son épaule jusqu’à son coude, formant un angle étrange. Sa tête –cette lâche, creuse et contradictoire– lui disait de répondre à ce baiser. De laisser sa bouche trouver la lèvre supérieure de Seth, puis sa lèvre inférieure et de le prolonger jusqu’à la soif. Un baiser de plus, un baiser de moins, ça ne faisait pas grande différence. Ouvrant davantage la bouche, réagissant à la pression grandissante des lèvres de Seth contre les siennes, elle abdiqua. Le bout de ses doigts s’enfonçant dans ses épaules, elle contraint Seth à s’approcher d’elle ; elle voulait sentir sa chaleur. Toute l’étreinte du corps du garçon imbriquant un peu plus son dos nu contre le mur glacé, Cat frissonna et gênée par son sac pendouillant à son coude, elle baissa le bras pour le faire tomber au sol dans un bruit étouffé. Il avait enfin compris, cet idiot. Etait-il trop tard ? Parce que son cœur –intuitif, brisé, mais plein de bons sentiments– lui disait de tout arrêter sur le champ. De le laisser partir pour se cantonner à son objectif : Gale, toujours. Laissant glisser sa main gauche sur le torse de Seth, Cat pressa sa paume pour sentir les pulsations de son cœur. Tête ou cœur ? L’une lui promettait une nuit de paix, une échappatoire charnelle qu’elle avait sollicitée plus tôt. L’autre la ferait souffrir des jours durant, la laissant seule avec sa peine. Se grandissant, cambrant les reins, Cat attrapa doucement la main de Seth qu’elle déposa délicatement dans son dos alors que sa propre main droite trouva sa nuque. Contractant ses doigts très forts contre sa peau, elle relâcha sa force commandée par le désir (elle restait humaine) quand les lèvres de Seth se détachèrent des siennes. Elle ne baissa pas la main pour autant, expirant très lentement pour que son souffle n’effleure pas le visage de Seth. Front contre front, ce qu’il lui souffla entre deux inspirations saccadées la força à faire très vite un choix. Sous ses paupières closes, elle sentait ses pupilles s’écarquiller sous la panique. Tête ou cœur ?

« C’est trop tard. » souffla-t-elle. Cœur. Elle avait choisi, c’était terminé. Elle garda ses yeux fermés et avança la tête pour que sa bouche touche celle de Seth « Je suis désolée. » Emprisonnant la lèvre supérieure de Seth entre les siennes, elle y déposa un petit baiser puis un deuxième puis un troisème et enfin un dernier, beaucoup plus long, qu’elle accompagna d’une pression de doigts contre sa nuque. Sensiblement, elle détacha ses lèvres puis posant ses mains sur les joues du jeune homme, elle appuya encore un peu son front contre le sien et répéta plus fort « Je suis désolée, Seth. » Pour de bon, Cat éloigna son visage et se courba aussitôt pour récupérer son sac. Elle n’affronta pas le regard de Seth et posa de nouveau sa main sur sa poitrine pour qu’il se recule pour ainsi la laisser passer –ce qu’il fit, sans opposer la moindre résistance. Enfonçant sa main dans ses cheveux, elle ouvrit la bouche pour soulager ses poumons, mais rien ne se passa. Le goût des larmes rempli sa bouche, elle se força à déglutir avec peine. Glissant son sac sur son épaule, elle pinça les lèvres pour estomper cette sensation d’ankylose qui était devenue désagréable puis, pour de bon, descendit les marches, les yeux bordés de larmes. Elle n’avait pas besoin de pleurer, pourtant. Elle pouvait avoir confiance en son cœur, il ne s’était encore jamais trompé.
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MessageSujet: Re: 00. [Appartement Catalano] The last time.   00. [Appartement Catalano] The last time. EmptySam 17 Mar - 2:33

La tension montait toujours plus entre leurs corps qui se faisaient plus proches, bercés par les battements de leur coeur qui se répondaient entre quelques soupirs. Seth avait posé la question qui signerait le prologue de cette journée, heureux ou pas. Il s'en voulait d'avoir fait l'idiot et de n'avoir réalisé que trop tard l'insistance des appels de Cat. Mais maintenant il en était sûr, la faute était réparée, il s'était rattrapé et la chaleur qui les envahissait ne pouvait pas mentir sur la suite des événements. Pour lui c'était une certitude, s'il devait se quitter cela se ferait dans la passion la plus folle d'une dernière nuit.

Il était trop tard. Trop tard. Ecaterina anéantit tout espoir en soupirant l'acte de mort de leur relation, comme ça en un souffle. Il ne pouvait pas être trop tard, il l'avait rattrapé juste avant qu'elle ne franchisse la porte du halle, juste sur le fil, il avait sauvé leur histoire d'un fil mais il l'avait fait. Ils s'embrassaient encore comment cela pouvait il être trop tard. Alors que la jeune fille continuait de jouer en contre temps, mêlant les baisers aux coups de poignards, Seth insista et répondait à ses lèvres qu'il croyait encore à sa portée. il croyait encore que tout n'était pas perdu. Mais il est trop tard après... La main d'Ecaterina le poussa légèrement, faible de milles excuses indicibles. Cette main qui annonçait la distance après la proximité. Seth n'y résista pas, résigné et abattu. Il s'écarta pour la laisser passer. Il restait malgré tout près d'elle, immobile, toujours là s'il était trop tôt pour se quitter finalement, mais Cat s'engouffra à l'extérieur irrémédiablement.

Il s'assit sur les marches et plongea son visages dans ses mains pour cacher les larmes qu'il ne pouvait retenir. Elle avait peut être fait ce qui lui semblait juste, mais avait elle fait ce qui était bon pour eux. Peu importait ! Elle avait pris sa décision et n'avait fait que mettre en acte ce qu'ils tentaient de se répéter sans cesse. Leur histoire était terminée et elle était celle qui avait eu le courage de le dire et de le faire. Il ne l'aurait jamais fait car il avait toujours espéré depuis le soir où ils se mirent d'accord pour rompre en ami que leurs sentiments reprendraient le dessus, que tôt ou tard elle finirait par se résoudre à abandonner Gale. Et alors, même s'il avait été le seul à l'aimer sans retour, il l'aurait assez aimé pour deux ! Il ne lui en voulait pas pourtant, il avait été égoïste de vouloir la garder pour lui seul sans être sûr de pouvoir la rendre heureuse, il était même sûr que ce n'était pas lui qui était destiné à faire son bonheur, le voisin d'en face y était mieux disposé.

Il remonta l'escalier avec une nonchalance déprimante, comme un guerrier qui s'en revenait dépouillé après la bataille. Il jeta un coup d'oeil à la porte voisine à la sienne avec un regard qui disait "voilà tu as gagné finalement !" puis rentra vaincu dans son appartement vide de cette présence si familière et chaleureuse. Il était là planté au milieu de ses cartons qui lui rappelaient plus que jamais que la suite de l'histoire, il la continuait seul. Au sol, Cat + Seth gisait toujours sur le sol, abandonné là dans le carnage général, comme eux. Il s'assit en tailleur, le prit dans ses main et esquissa un sourire, celui plein de nostalgie déjà, et, toujours les larmes aux yeux, il l'ouvrit pour le lire une dernière fois. Il ne lui en voulait pas, elle reviendrait chercher son présent demain après l'avoir appelé, et même si ses sentiments resteraient bien longtemps aussi fort qu'en ce dernier jour, une nouvelle histoire commençait. Il avait besoin d'elle. Elle avait besoin de lui. Il n'était pas trop tard pour ça finalement.


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