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 02. [Pension Preston] Haunted corridors

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MessageSujet: 02. [Pension Preston] Haunted corridors   Ven 9 Mar - 20:01

Se retournant doucement entre les draps, Wyatt ouvrit avec difficulté un œil pour regarder où il se trouvait. Allongé sur le dos, le visage enfoui dans la chevelure de Lexie qu’il tenait contre lui, il sentit les battements de son cœur coïncider avec le rythme paisible de sa respiration. Restant un instant dans cette position confortable de semi-conscience, il resserra son étreinte pour respirer son odeur. Sa peau moite contre lui, la chaleur de la grosse couverture qu’elle avait pris soin de tirer sur elle avant de s’assoupir. Un profond sentiment de bien-être l’envahit. On aurait dit une espèce de cocon dont il n’avait pas réellement envie de sortir. Refermant les yeux il dégagea son bras en essayant de ne pas réveiller la jolie rousse et pressa ses mains contre son visage en frottant ses yeux fatigués pour se tirer de cette torpeur. Combien de temps était-il resté à dormir ? Sûrement pas assez longtemps, le soleil ne donnait aucun signe de vie derrière les rideaux tirés et ses muscles étaient encore endoloris. Il n’avait pas fait de vraie nuit depuis un moment. La pression du mariage dont l’échéance n’avait cessé de se réduire était venue le tourmenter jusque dans son sommeil et Lexie avait été assez occupée par la galerie. Il riait parfois de sa dépendance aux femmes. Il ne dormait jamais aussi bien que lorsqu’il n’était pas seul, ce qui n’induisait pas qu’il aille chercher n’importe quelle compagnie pour la nuit. Pris dans ses propres contradictions, Wyatt laissait le temps soigner petit à petit son manque de sommeil plutôt que de renoncer à ses principes. Il avait beau savoir profiter de son côté séducteur, il n’était pas comme Samuel. Il appréciait la compagnie du jeune homme, sa candeur et son côté Don Juan mais il n’était pas envieux de son style de vie. Jamais la même femme, jamais le même réveil, ça n’était pas pour lui. Il avait ses rituels, ses habitudes, et il fallait vraiment qu’il ait vraiment confiance pour laisser quelqu’un entrer chez lui. Un vague grognement de la jeune femme attira à nouveau son attention dans la pièce. Dans ses souvenirs il n’avait pas vraiment attendu pour laisser Lexie passer le pas de sa porte. Mais elle était différente. Tiré de ses pensées il battit des cils doucement sans ouvrir tout à fait les yeux. Quelle heure était-il ? Il avait fini par perdre la notion du temps à ce maudit mariage et ne savait même pas à quelle heure ils avaient enfin réussi à arriver chez lui au terme de cette soirée mouvementée. Chez lui ? Ouvrant grands les yeux cette fois-ci, il se redressa contre la tête de lit pour observer plus attentivement le décor dans lequel il se trouvait. Très certainement pas sa chambre. Et au vu de la masse de papiers en tous genres et la décoration haute en couleurs, il était assez peu probable qu’ils aient atterri dans un hôtel. Ce qui ne laissait plus qu’une seule solution... La pension.

Soupirant devant cette constatation accablante, il tira la couverture qui avait glissé sur son ventre. Comment avait-il pu se laisser convaincre de venir ici déjà ? Peu importait, le mal était fait. Tournant la tête pour essayer de trouver un réveil, l’obscurité était trop grande pour qu’il réussisse à discerner l’heure. Après un dernier regard à la jeune femme, il posa un baiser léger sur son front avant de se faufiler hors du lit. Il n’aimait pas partir comme un voleur mais aux grands maux les grands remèdes. Il n’était pas sûr d’être en mesure d’affronter le petit-déjeuner en tête à tête avec tout le reste des habitants. Les fêtes de la Pension Preston étaient réputées pour leur ambiance toujours grandiose, mais si l’on enlevait l’alcool et les inconnus qui se tenaient entre lui et le reste de la fratrie Preston, l’atmosphère serait sûrement nettement moins conviviale. Enfilant son boxer, il fouilla les poches de son pantalon laissé à l’abandon quelques mètres plus loin pour trouver son téléphone portable. Presque quatre heure. Il n’était pas si tard mais tout le monde devait dormir à poings fermés. Et lui n’avait vraiment pas assez dormi. Une chance qu’il n’ait pas à aller travailler le lendemain matin. Après avoir rassemblé ses affaires éparpillées, il s’assit un instant sur l’imposant fauteuil devant l’amas de papiers terrifiant qui débordait du bureau. Est-ce qu’il fallait vraiment autant de paperasse pour faire marcher une galerie d’art ? Ne se laissant pas impressionner, il chercha une feuille plus ou moins vierge et une fois qu’il eut trouvé un stylo, le gynécologue s’appliqua à tracer de sa meilleure écriture un bref mot lui proposant un dîner le lendemain soir. Il lui devait tout de même une fière chandelle. Sans elle il aurait très certainement terminé la soirée passablement alcoolisé et ne se serait pas réveillé en charmante compagnie mais avec une gueule de bois carabinée. S’appuyant contre le dossier du fauteuil ses vêtements toujours sur les genoux il regarda vaguement les photos de Londres à la lumière de la lampe qu’il avait fini par allumer pour s’y retrouver dans tout ce bazar. Il n’était jamais allé à Londres. Ses prochaines vacances n’étaient pas pour tout de suite mais l’idée n’était pas mauvaise. Et il était plus ou moins assuré d’avoir un guide s’il l’emmenait avec lui. Passant le bout de ses doigts sur l’une des photos d’un paysage urbain, il rêvassa une seconde de plus avant de se décider à éteindre la lumière et enfiler son pantalon passablement froissé.

Il vérifia une dernière fois qu’il avait tout ce dont il avait besoin, boutonna vaguement sa chemise en gardant sa veste à la main et après une ultime caresse sur les cheveux de Lexie, il tourna tout doucement le bouton de la porte et se retrouva enfin dans le couloir plongé dans l’obscurité. C’était là que les ennuis risquaient de commencer. Tendant l’oreille pour prendre garde à ce que personne ne lui tombe dessus par surprise, le médecin fit quelques pas en direction de la rambarde à laquelle il s’accrocha pour descendre. Par ordre décroissant de danger il pouvait tomber sur la fausse rousse, le garçon qui avait répondu à l’annonce, Santana Lopez, Joachim et enfin, en haut de la pyramide des gens à éviter dans la pension : Anna Preston. Ce n’était un secret pour personne, la sœur aînée de la famille n’avait jamais vraiment apprécié sa relation avec Lexie. S’il avait été un de ses nombreux amis gays à la Gary, passe encore, mais le fait qu’il fréquente son lit en plus d’elle semblait lui poser problème et le jeune homme préférait en général l’éviter plutôt que d’entrer dans ses bonnes grâces. La discrétion n’avait jamais été son fort et bien évidemment sur trois marches descendues, deux avaient craquées ce qui lui tira un vague grognement de mécontentement. Est-ce que cette maison était même encore habitable ? Quatre heure du matin, il ne risquait rien, autant avancer franchement. Ses yeux qui fixaient les marches restantes butèrent néanmoins sur une paire de jambe dénudées qui même dans l’obscurité n’avaient rien de velu ou masculin. Adieu colocataire au prénom oublié et adieu meilleur ami. Fermant les yeux une seconde, il redressa la tête pour découvrir avec joie l’identité de sa compagnie nocturne. «Anna...» lâcha-t-il avec un sourire qui dissimulait bien son embarras momentané. «Quelle bonne surprise !» Ne prenant plus la peine de chuchoter maintenant que le pire scénario venait de se réaliser, il ne se privait pas de marquer l’ironie dans sa voix. «Moi qui pensais que tu n’étais pas un oiseau de nuit...»
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Haunted corridors   Dim 22 Avr - 0:52

Depuis sa -non- rupture avec Timothy, Anna compensait. Beaucoup. Avec beaucoup de choses.
Des beignets, du triffle fraîchement préparé par sa soeur, des donuts achetés par J.J, les cookies de la supérette à la sortie du centre ville de Lima ou encore du chocolat dont la date de péremption paraissait douteuse, trouvé au fond d'un placard surchargé de lait en poudre pour bébé.
Elle aurait pu noyer son chagrin dans l'alcool : elle préférait le faire dans le sucre. Beaucoup de sucre donc.

4h30. Comme un automate, la jeune femme sortit de son lit. La douleur de la séparation était physique et pour l'apaiser, Anna ne connaissait rien d'autre de plus efficace que la satisfaction d'engloutir sans éprouver le moindre remords une gaufre préparée la veille par Madeleine.
La nourriture n'avait jamais été une de ses faiblesses mais depuis l'ouverture de la galerie, elle devait bien reconnaître que c'était devenu sa source de réconfort numéro un, avec Timothy Ainsworth en deuxième position. Timothy ne répondant plus à l'appel, les membres de la pension Preston avaient bien compris qu'il était devenu dangereux de laisser traîner quoi que ce soit de sucré à portée de la photographe.

Seule dans l'osbcurité de la cuisine, Anna appréciait le silence qui l'enveloppait. Depuis quelques jours, elle parvenait à ne plus ressasser les atrocités qu'elle avait balancé à Tim et elle avait repris un rythme de sommeil normal dans son cas, c'est à dire des tranches de 3 heures entrecoupées de réveils en sursaut et de cauchemars récurrents.
Chacun de ses colocataires y avait mis du sien, et Maddie lui était tout bonnement devenue indispensable. Les gaufres étaient son idée, sa façon de prendre soin d'Anna même en pleine crise nocturne puisqu'elle savait que, de toute façon, cogitation intempestive il y aurait. Elle en avait préparé un plein plateau et Anna soupira de reconnaissance en attaquant avec avidité le pot de Nutella. Seul le bruit de sa cuillère, cognant sur le rebord de son assiette, résonnait dans la grande maison.

Il était toujours difficile de savoir qui exactement était présent et à quel emploi du temps saugrenu obéissaient les membres de la pension Preston.
Leurs horaires décalés, leurs rythmes de vie totalement opposés faisaient qu'il semblait extraordinaire que des gens aussi différents puissent cohabiter dans un même lieu en toute sérénité.
Et pourtant c'était bien le cas. Anna n'avait pas regretté une seule fois sa décision et elle ne serait retourné en arrière pour rien au monde.
Impossible de savoir donc s'il fallait laisser de quoi petit-déjeuner à toute la pension ou pas pour le lendemain matin... Plutôt que de se laisser culpabiliser -les regards noirs de J.J suffisaient quand elle arrivait systématiquement en retard le matin à la galerie- elle enfourna une dernière bouchée de pâte croustillante et moelleuse à la fois dans sa bouche et alluma la télévision machinalement.
Elle zappa quelques minutes, incapable de laisser son esprit se fixer sur quoi que ce soit. Tout et rien lui rappelaient qu'elle était malheureuse et qu'elle l'avait bien cherché.
Elle éteignit le poste d'un geste rageur et balança la télécommande sur le canapé le plus proche. La quantité de nourriture ingurgitée allait bientôt faire effet, elle pouvait monter s'allonger, le sommeil ne tarderait pas à venir.

Elle venait de gravir la première volée de marches quand elle remarqua le filet de noisette qui parsemait le t-shirt des Stones lui servant de pyjama. Décidément, elle avait tout gagné. Elle retourna brièvement dans la cuisine, humidifia un linge pour essayer de nettoyer les dégâts tout en retournant vers les étages. Concentrée sur sa nouvelle tâche, une ombre l'arrêta pourtant au bout de quelques marches. Comme au ralenti, elle leva les yeux, s'attendant à croiser n'importe lequel de ses colocataires mais certainement pas Wyatt Pillsbury, le petit-ami du moment de sa soeur. Enfin petit-ami, elle était gentille... Sex-friend convenait mieux.
Encore un peu abasourdie de le découvrir là, elle répliqua, pince-sans-rire :

-Agréable surprise en effet Wyatt...

Le nutella était maintenant réparti sur une encore plus large portion de sa chemise de nuit de fortune et y avoir ajouté de l'eau ne rendait la vision d'elle qu'encore plus misérable.
Anna n'aimait pas être prise au dépourvu, surtout quand cela ne la mettait pas à son avantage. Impitoyable, elle décida de ne pas laisser de répit au pauvre cadet Pillsbury.

-Je peux savoir ce que tu fais là, Wyatt ? Il est un peu tard pour une consultation tu ne trouves pas...
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Haunted corridors   Dim 22 Avr - 22:19

Ses doigts se resserrèrent sur l’étoffe de sa veste qu’il tenait à bout de bras, et pendant une brève seconde il regretta de ne pas avoir pris la peine de correctement reboutonner sa chemise. Est-ce que dieu avait décidé de lui faire passer une mauvaise soirée pour le punir de ne pas être intervenu dans l’union de sa sœur ? Est-ce qu’il aurait dû y voir un signe du destin et s’empresser de filer à la mairie pour détruire toute trace du certificat ? Il avait passé la soirée à échapper à toutes les embûches sur le chemin des sous-vêtements de Lexie Preston avec plus ou moins de succès pour réussir à enfin se débarrasser des derniers parias et la ramener à la Pension dans un élan d’empressement momentané qui lui avait fait oublier la menace au profit du plaisir. Il quittait tout juste la chaleur familière de ses bras et voilà qu’il se retrouvait confronté au blizzard du regard surpris de son ennemie numéro dans ces murs. Il n’avait jamais vraiment compris pourquoi elle le percevait comme l’ennemi public à abattre. Il n’était tout de même pas un si mauvais parti et beaucoup de familles se seraient damnées pour avoir une aussi belle prise au bras de la petite dernière. Sans doute que le manque d’officiel et de grands sentiments avait joué dans le mépris et la condescendance accrue de la photographe, mais il n’en demeurait pas moins que l’ego du gynécologue était chaque fois plus piqué par ses grands airs. Et quoi s’il couchait avec sa sœur ? Elle était majeure, vaccinée et plus que consentante. Elle n’avait donc pas son mot à dire. Toujours était-il qu’il n’était pas au bout de ses peines malgré l’heure tardive parce qu’elle n’avait pas l’air de se soucier de savoir si sa relation avec Lexie relevait ou non de sa juridiction. La vision de la sœur aînée de son amie dans un t-shirt informe, passé et tâché n’était pas exactement le rêve de sa fin de soirée mais elle se tenait entre lui et la porte et il lui faudrait son sésame pour terminer sa descente. Baissant à nouveau les yeux sur les jambes nues de la jeune femme, il ne réprima pas un sourire en constatant qu’elle avait beau être très différente de sa pétillante cadette avec ses airs d’intellectuelle artiste incomprise, les lignes de leurs jambes avaient une ressemblance frappante. Relevant le regard en ne manquant pas de détailler son apparat somme toute peu engageant à son goût, il ficha son regard vert obscur dans celui d’Anna en laissant les coins de sa bouche se lever un peu plus. Le conflit latent allait sans doute enfin éclater. Quelle joie. Il aurait presque eu envie de se pendre avec la cravate qu’il avait fourrée dans sa poche. Au moins, il n’était pas exactement pris au dépourvu conscient de l’épée de Damoclès qui risquait de s’abattre sur sa nuque. Et de toute façon moins que la jeune femme qui de toute évidence semblait encore plus contrariée que d’habitude de le trouver là. De soirées entières aux fêtes de la Pension à l’éviter et voilà que tous ses beaux efforts étaient ruinés à cause d’un insomnie boulimique de la rousse. S’il avait fallu trouver un peu de positif à tout cela ç’aurait sans doute été la mise au clair de leurs rapports tendus.

Ah... Première attaque de sarcasme. Encaissée sans ciller par Wyatt qui avait l’habitude des blagues douteuses sur sa profession et des remarques acides de la photographe. «Que ne ferait-on pas pour son métier lorsqu’on est passionné ?» lâcha-t-il en un soupir en prenant des airs rêveurs. Répondre par le sarcasme n’était sans doute pas la meilleure tactique à adopter mais il était hors de question qu’il brosse cette pimbêche qui ne le trouvait pas assez bien pour sa sœur dans le sens du poil, aussi roux soit-il. «Ta sœur se porte d’ailleurs à merveille, si ça t’intéresse.» L’air mauvais de la jeune femme ne l’engageait vraiment à rien mais s’il devait se trouver agressé alors qu’il quittait pacifiquement les lieux, il ne voulait pas être en reste et la laisser penser qu’elle maîtrisait la situation et serait capable de le mettre dans l’embarras. Il n’avait pas honte de sa relation avec la cadette, quoi qu’elle puisse en penser, et rien ni personne ne lui ferait abjurer les heures délicieuses qu’il venait de passer. Relevant le menton d’un air un peu plus arrogant en retrouvant doucement ses marques. C’était tout de même un comble d’approcher la trentaine et de se faire réprimander alors qu’il sortait de la chambre de sa maîtresse. Il savait Lexie proche de sa sœur mais à ce point cela prenait une dimension presque malsaine tant l’aînée maternait la cadette. Croiser Anna dans ces couloirs équivalait à rencontrer père et mère dans un dîner officiel où tout le monde s’attendait à ce qu’il fasse sa demande. Lui en voulait-elle de n’être qu’un régulier et pas un petit ami estampillé ? Était-elle même au courant que sa sœur elle-même n’aurait sans doute jamais approuvé ce genre de relation ? Alors pourquoi lui en vouloir à lui de ce que Lexie avait choisi elle-même ? Si elle voulait se plaindre qu’elle aille à la source et ne s’en prenne pas à lui comme bouc émissaire de la désapprobation des mœurs de la flamboyante londonienne. Plissant un peu les yeux pour mieux voir la tâche qui décorait la poitrine de la jeune femme au dessus de l’imprimé usé de son t-shirt, il discerna une tentative vaine d’effacer ce qui semblait être du chocolat, qui n’avait fait qu’une tâche d’humidité large et sale ne donnant pas un aspect très ragoutant à l’ensemble. «Et toi, Anna ? Une fringale nocturne ? Soudaine envie de sucre ? Je n’ai pas l’immense plaisir de te suivre au cabinet mais j’ignorais que tu attendais un rejeton ! Je ne manquerai pas de féliciter... Timothy n’est-ce pas ?» D’une voix basse et presque enjouée il descendit d’une marche supplémentaire pour se rapprocher de la jeune femme toujours plantée par pure provocation. Cette idée de grossesse était ridicule mais si elle s'énervait suffisamment peut-être dégagerait-elle la route vers la liberté. Il ne connaissait absolument pas ce garçon et n’avait entendu son nom qu’à quelques reprises dans la bouche de Lexie ou de Bryan Ryan mais son excellente mémoire lui était toujours d’un très grand secours dans ce genre de situation. Ce que certains auraient pris pour de l’attention était en réalité un froid calcul d’influence tendant à démontrer à cette chère petite qu’il la connaissait, et savait à son sujet plus de choses qu’elle n’en saurait jamais à son propos. Peu lui importaient qu’elle se moque de lui, de sa famille, de sa relation et qu’elle ne lui adresse la parole que pour lui envoyer une pique bien sentie et très anglaise, il saurait se passer de son amitié sans trop de difficultés. Mais si jamais il se trouvait qu’elle était bien éduquée derrière son apparence d’ours mal léché dans son grand manoir, peut-être qu’il réussirait à la mettre mal à l’aise pendant un bref laps de temps et cette satisfaction simple saurait parfaitement le combler avant d'achever son repli stratégique.
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Haunted corridors   Ven 27 Avr - 21:53

Une chose au moins était sûre, Wyatt Pillsbury était aussi ravi qu'elle de se trouver là.
Elle en savait très peu sur lui, mais les trois informations qu'elle détenait valaient leur pesant d'or : de une il était le frère de l'adorable -mais néanmoins névrosée- conseillère d'orientation du lycée, de deux sa réputation de gynécologue prêt à tout pour coucher avec ses patientes le précédait partout, et de trois, -surtout de trois- il partageait régulièrement le lit de sa soeur. Sa petite soeur. Son bébé petite soeur. Enfin bref, aucune de ces informations n'allait en sa faveur en tout cas.
Ce n'était pas le genre d'Anna de se mêler de la vie de Lexie, elle préférait de loin interférer dans celle de Madeleine, mais ce type-là, elle ne le sentait pas.
Ou alors c'était simplement que sa propre vie sentimentale virait au fiasco ces derniers temps ? Ou encore son besoin irrépressible de tout contrôler qui prenait le dessus...

La première tentative de pacification par l'humour de Wyatt tomba à plat. Elle ne lui posait pas des questions pour le plaisir qu'il les esquive.

-Je pense que je serais au courant avant toi si quelque chose n'allait pas chez Lexie, Wyatt...

En réalité, si elle avait pu se téléporter, Anna se serait déjà retrouvée au fond de son lit, sous la chaleur réconfortante de sa couette et sur le point de trouver le sommeil grâce à l'apaisement sans égal que lui procurait sa dose quotidienne de chocolat.
Mais elle était là et elle n'avait d'autre choix que celui de faire bonne figure si elle voulait sauver ce qui lui restait de dignité - facile à dire quand on portait un t-shirt ridicule barbouillé d'eau et de nutella.

-Après tout, qui es-tu, n'est-ce pas ? Pas tout à fait un petit-ami, à peine un régulier...

Elle se fichait bien de savoir qui il était à vrai dire... Le Prince William n'aurai pas reçu plus d'égards de sa part ce soir-là. Wyatt était juste au mauvais endroit, au mauvais moment.
Depuis le début de son adolescence, Anna traînait derrière elle une image de snobinarde asociale imbue d'elle même. Il y avait certainement une part de vérité dans cette vision que la plupart des gens retenait d'elle, et après en avoir souffert pendant quelques temps, elle avait fini par la cultiver, réalisant qu'elle s'épargnait bien des déceptions et des souffrances en prenant les autres de haut plutôt qu'en osant leur ouvrir son coeur et mettre à jour ses sentiments.
Elle admirait la volubilité et l'aisance de sa cadette, ce qui avait sans doute séduit Wyatt, mais trouvait tout de même qu'il était plus facile de se cantonner au rôle de d'aînée froide et distante. Timothy ne lui aurait d'ailleurs même pas jeté un regard si elle n'avait pas passé cette fameuse soirée à le contredire...
Timothy qui venait de resurgir dans la conversation, mais à sa grande surprise, dans la bouche de son interlocuteur. Anna l'observa sans rien dire, interdite. Que savait-il d'elle exactement, lui ? Ce que Lexie lui avait rapporté, certainement... Il allait falloir qu'elle aie une conversation sérieuse avec sa petite soeur.

-Je ne vois absolument pas à quoi tu fais allusion Pillsbury, répliqua-t-elle d'un air mauvais. Je suis chez moi et rien ne m'empêche de dévaliser mon frigo si l'envie m'en prend, si ? Et tu peux toujours rêver si tu crois pouvoir me convaincre d'aller jusqu'à ton cabinet un jour... Je préfère encore un accouchement naturel à la perspective de te voir poser les mains sur moi... Et Ainsworth et moi avons rompu pour ta gouverne, tes informations datent un peu...

La jeune femme faisait tout son possible pour garder son calme et sa distance, mais il lui fallait se rendre à l'évidence : c'était la première fois qu'elle admettait sa rupture, et qui plus est à un inconnu. Ça faisait mal, très mal.
Diable, pourquoi fallait-il qu'il lui barre l'accès à son étage de la sorte ?
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Haunted corridors   Dim 29 Avr - 0:49

Le moins qu’on puisse dire c’est que le terme d’humour ne semblait fonctionner que dans un sens pour la rousse revêche, et sa remarque n’eut pour effet que de la froisser un peu plus si cela était possible. Soupirant en l’entendant, Wyatt sentit une vague de désespoir s’abattre sur ses épaules. Pour combien de temps exactement en aurait-il à essayer de justifier une relation qui ne vivait que sur l’absence de justification ? Il se maudissait de ne pas avoir passé la nuit là et d’attendre le matin pour s’éclipser tandis que Lexie s’assurerait de détourner l’attention de tout le monde. Et pourquoi avait-il fallu qu’elle décide de remonter au moment même où il se réveillait et prenait cette décision complètement idiote ? De toutes les heures totalement improbables de la nuit, il avait fallu que le destin le force à affronter la seule jolie rousse pour qui il éprouvait une vraie antipathie. Antipathie de toute évidence plus que partagée à en juger par l’air passablement excédé et l’agressivité notable dans la voix d’Anna qui donnait l’impression de persifler comme Méduse essayant de foudroyer sa proie pour la transformer en statue de pierre d’un regard. Sa remarque ne laissait pas de place à l’équivoque, ce qui la gênait chez lui c’était sa sœur, un point c’est tout. S’il était tombé sur elle à la galerie la première fois qu’il s’y était rendu pour investir dans une nouvelle déco pour la salle d’attente du cabinet les choses se seraient sans doute passées très différemment. Peut-être que son âme de supremacist aurait cherché à sympathiser mais il n’aurait très certainement pas remis les pieds là-bas une fois la conversation terminée. Il se jugeait différent d’Emma, mais les différences entre les deux sœurs étaient encore bien plus grandes et malheureusement pour la plus âgée, elle ne semblait pas avoir été aussi bien vue que sa cadette par la fée-marraine. Cette femme était impossible à vivre. Chaque fois qu’il avait eu affaire à elle de manière aussi rapide qu’intense, elle avait été infecte avec lui, suffisante et méprisante. En réalité, elle avait plus l’air de Cerbère que d’un être humain à le fusiller du regard depuis sa marche d’escalier, prête à lui sauter à la gorge à la prochaine mention de Lexie qu’il ferait. Ce n’était tout de même pas sa faute si sa petite sœur préférait coucher avec lui plutôt que de partir en quête du prince charmant ! Mais il garderait ce genre de réflexion pour lui, elle avait beau n’avoir qu’une tête, il n’avait pas envie de se retrouver déchiqueté entre les dents acérées de l’anglaise assoiffée de son sang. Tout du moins c’était ce qu’il pensait jusqu’à ce qu’elle décide d’en rajouter une couche. «À peine un régulier...» répéta-t-il dépité. «Mais quel âge est-ce que tu as au juste ? C’est ça qui te tracasse ? Je n’ai pas déposé mon étiquette à l’entrée avant de me déshabiller ?» Il n’avait pas envie de s’opposer à elle de manière brutale mais la jeune femme jouait un peu trop sur ses nerfs et la torpeur du sommeil était bel et bien envolée.

Prenant sur lui pour passer outre, il se lança à son tour à l’assaut de son adversaire pour la déloger de cette supériorité qu’elle pensait avoir sur lui. Oui, elle était peut-être chez elle, et c’était peut-être sa sœur, mais a priori personne ne lui avait demandé son avis sur les allers et venues dans cette maison. Surtout quand on voyait l’état des invités de la Pension aux fêtes de la cadette... Elle était tout de même sacrément gonflée de lui faire des reproches à lui sous prétexte qu’elle ne contrôlait pas la moindre relation de Lex’. Wyatt était certes très mal placé pour donner ce genre de leçon quand on considérait qu’il avait passé les quatre derniers mois de sa vie à essayer d’empêcher le mariage de sa sœur à tout prix pour embrasser un échec cuisant qui le conduisait droit vers les abus de boisson à répétition et au lit de sa petite sœur ce soir là pour essayer de trouver un peu de repos après une cérémonie moralement épuisante. Mais ça, Anna l’ignorait sûrement, comme elle ignorait peut-être jusqu’à son nom de famille. Ah non, elle le connaissait. Uniquement pour lui jeter au visage comme une poignée de sable, mais c’était presque flatteur d’avoir un nom et un prénom. Hochant la tête alors qu’elle semblait déterminée à vider ses crochets venimeux, il lui offrit même un large sourire une fois qu’elle eut terminé de s’en prendre à lui gratuitement. «Je suis vraiment navré de l’apprendre. Je devais être trop occupé à mettre mes mains sur quelqu’un d’autre pour suivre tes frasques amoureuses. Mais vraiment, je me demande comment on peut vouloir se séparer d’une femme comme toi.» C’était bas, mais mérité. Et il fallait tout de même admettre que ce Timothy, quel qu’il soit, devait être sourd et aveugle pour supporter une furie pareille. Un peu artiste sur les bords en plus pour ne rien arranger, vouloir s’imposer ce genre d’esprit dérangé à toute heure du jour et de la nuit alors qu’on n’y est pas tenu relevait du suicide ou du masochisme pour le gynécologue. «Sans doute qu’il n’avait pas passé le test du petit ami estampillé de Lexie. Elle s’est plainte ? Elle a décrété que c’était un bon à rien ? Que tu n’avais rien à faire avec lui ? Que tu méritais mieux ? Tu t’es pliée à sa volonté pour montrer le bon exemple dans l’espoir qu’elle arrête de me voir ?» Descendant une fois de plus de sa marche pour se planter juste devant Anna, il répondit à sa grimace par un sourire encore plus large. Il n’avait pas pour habitude d’enfoncer le couteau dans la plaie avec les femmes, réservant ce traitement aux hommes qu’il appréciait généralement nettement moins. Seulement Anna ne comptait pas comme une femme. Elle aurait pu déambuler nue au milieu de son escalier que l’attention du médecin n’en aurait pas été piquée. Son sale caractère l’emportait sur son joli minois. Et de loin. «Ou alors tu as décrété que je n’avais rien à faire avec Lexie parce que tu viens d’être larguée et que tu te goinfres de chocolat en secret au milieu de la nuit ?» D’une voix assassine il termina cette accumulation de questions qui fâchent en inclinant légèrement la tête sur le côté. Il était censé ne pas chercher la guerre, mais c’était tout simplement plus fort que lui. Il ne réussirait pas à se laisser gentiment marcher dessus par cette intello hystérico-boulimique.
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Haunted corridors   Lun 28 Mai - 19:55

Depuis quelques semaines, il était devenu évident pour TOUS les membres de la pension Preston qu'Anna n'était plus que l'ombre d'elle-même. Encore plus que lors de sa première rupture avec Tim, la jeune femme s'était mise à agir de façon insensée, comme si rien de toute façon ne comptait plus. Et si c'était Madeleine qui faisait de son mieux pour gérer au quotidien les lubies de la petite rousse, comme les envies soudaines de maïs grillé ou les crises de "Je-suis-sure-que-c'est-lui-que-j'ai-vu-au-supermarché-mais-si-au-rayon-produits-intimes-tu-vois-je-t'avais-dit-qu'il-me-remplacerait-la-faute-à-Youngblood-ça-encore", Anna développait doucement mais sûrement une obsession pour la vie privée de sa petite soeur. Ce qui n'était encore jamais arrivé dans la famille Preston. Jamais.
Les parents Preston ne se mêlaient pas de la vie sentimentale de leurs filles, bien trop occupés à gérer la leur, déjà bien assez confuse, et Lexie et Anna semblaient avoir passé cet accord tacite qui consistait à laisser couler et à accepter les coups de coeur de l'autre puisque de toute façon, soyons honnêtes, aucun d'entre eux/elles ne serait jamais capable d'égaler la soeur.
Jusqu'à Tim, Tim qui était arrivé au moment où Lexie partait, justement.
Anna n'avait jamais fait le rapprochement auparavant, mais peut-être que c'était une des raisons qui avaient rendu les choses aussi intenses entre les deux jeunes gens. La cadette des Preston avait connu cet amour à distance, côtoyant très peu Timothy alors qu'elle terminait ses études aux USA et n'ayant que les maigres retours dont Anna lui faisait part sur cette histoire d'amour à rebondissements.
Tim ayant à présent à nouveau disparu, la logique voulait que la jeune femme reporte toute son attention sur Lexie. Et sur Wyatt également par conséquent.

Le gynécologue se tenait toujours bien devant elle, comme un mauvais rêve dont on arrive pas à se réveiller, même en se secouant fortement, et il n'était manifestement pas si endormi que ça puisqu'il répliquait avec brio aux attaques de la jeune femme.

-Rassure-toi Wyatt, je ne suis pas assez jeune pour rentrer dans le cercle des petites oies innocentes derrière lesquelles tu cours... Non pas que je considère Lexie comme l'une d'entre elles, loin de là, continua-t-elle immédiatement avant qu'il ne puisse enchaîner et lui dire à quel point elle se trompait sur sa propre soeur. Elle aurait été capable de lui arracher les yeux s'il avait fait une telle chose de toute façon.

-Mais je connais les types dans ton genre, qui ne se gênent pas pour user et abuser de leur petit minois angélique et de leur situation professionnelle plus ou moins avantageuse dans le but ultime de rameuter au fond de leur lit toutes les pauvres demoiselles en détresse et en mal d'affection qui passent. Lexie n'est pas comme ça, tu le sais aussi bien que moi. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne souffrira pas quand tu la laissera misérablement tomber sans explications pour la première cliente de ton cabinet venue. Et ça Wyatt Pillsbury, je te le ferai bien évidemment payer, tu peux en être sûr... Parce que je ne crois pas que tu puisses au fond te dire que tu n'as rien à te reprocher... Si ?

Une fois de plus, Anna se montrait beaucoup plus sévère et moralisatrice qu'elle ne voulait l'être, ais elle ne connaissait pas d'autre moyen de faire passer ses messages. Et la façon dont il se plut à lui renvoyer son échec avec Timothy à la figure acheva de ne lui faire rien regretter.
Ignorant donc l'ironie criante de ses remarques, Anna ne se laissa pas démonter et poursuivit.

-Je te remercie pour ta compassion Pillsbury, mais je n'en ai pas besoin. Ce qui se passe entre Ainsworth et moi ne concerne qu'Ainsworth et moi, c'est peut-être pour ça que tu n'es pas au courant des dernières nouvelles. par contre, ce qui se passe sous MON toit, avec MA petite soeur, ME regarde, j'en ai bien peur...

Anna priait surtout pour que Lexie n'aie pas été prise à son tour d'une insomnie et se soit mise à la recherche de son prince charmant du moment. Une telle phrase dans la bouche de sa soeur l'aurait hérissée et aurait provoqué une crise Preston sans avec précédents, même si techniquement et sur le papier, en qualité d'aînée, c'était bien à Anna qu'incombait la responsabilité de la maison. Un détail que Wyatt Pillsbury ignorait certainement mais qu'elle n'allait pas se gêner pour mettre en avant, quitte à s'expliquer auprès de Lexie ensuite. Ce serait sa parole contre la sienne.

-Que j'ai été larguée n'a donc rien à voir avec tout ça, mais je te remercie une fois de plus de t'en inquiéter Wyatt. D'ailleurs, si tu veux tout savoir, je n'ai pas été larguée, c'est moi qui...

Un tremblement fit s'interrompre Anna et la jeune femme se mordit la lèvre inférieure si fortement qu'elle sentit le goût acre du sang sur sa langue. C'était toujours mieux que celui amer des larmes.
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Haunted corridors   Dim 3 Juin - 21:27

Anna était coriace. Il lui accordait au moins cette qualité, si c’en était une. Elle ne se laissait pas démonter alors qu’elle venait d’être surprise la main dans le pot de miel quand elle s’y attendait le moins. Quelque part au fin fond de lui-même, Wyatt aurait pu éprouver de la compassion pour elle, voire des remords pour avoir envahi sans le vouloir son intimité alors qu’elle s’adonnait au colmatage de son cœur brisé à grand coup de pâte à tartiner. Seulement elle s’était braquée contre lui de toutes ses forces et, malgré l’heure, n’avait pas l’air en proie au sommeil après avoir gonflé son estomac de toute la nourriture sucrée alentours, prête à en découdre jusqu’à ce que mort s’ensuive. Sa mort à lui, de préférence. Or le gynécologue n’avait absolument pas de place pour un enterrement dans son emploi du temps chargé. Il frappait dur pour tenter de la blesser suffisamment sans toutefois dépasser les bornes. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre et quoi qu’il puisse en penser, elle jouait un rôle primordial dans la vie de Lexie. Ç’aurait été dommage de se brouiller avec sa meilleure amie pour ce genre de raison totalement idiote et évitable grâce à un peu de self-control. Il prit donc une profonde inspiration alors qu’elle semblait vouloir en rajouter une couche sur tout le mal qu’elle pensait de lui. Dans son esprit il avait de toute évidence l’air d’un petit coq au joli plumage qui s’occupe de détourner le reste de la basse-cour du droit chemin. Comparaison amusante mais néanmoins irritante pour le jeune homme qui n’appréciait pas d’être considéré comme le dernier des coureurs. Il avait certes eu un certain nombre de petites amies avec lesquelles il s’était plus ou moins engagé, mais jamais il ne les avait pas trompées et jamais il n’avait cherché à partir en chasse une fois la rupture consommée. Il n’avait pas eu la chance de trouver la bonne, un point c’est tout. Était-ce de sa faute s’il était attirant ? Non. Il n’allait tout de même pas rejeter une jolie femme sous prétexte qu’elle n’était pas la première et que ça déplaisait à Anna Preston. Personne n’avait son mot à dire sur ses relations. Ni Anna qui avait décidé de jouer la carte de l’ingérence, ni Lexie qui s’en moquait éperdument, ni même sa famille. Preuve s’il en était, la dernière fois qu’on avait essayé de s’immiscer dans ses affaires, cela s’était soldé par un rendez-vous chez le coiffeur pour assombrir ses cheveux de manière drastique et vengeresse, et un déménagement express pour Lima. Les Pillsbury avaient toujours offert à Wyatt une très grande liberté. Tant que ses résultats restaient excellents et qu’il montrait son nez au dîner de temps à autre il était libre de fréquenter qui il voulait comme il le voulait, et il ne s’était pas gêné pour profiter de cette marge de manœuvre comme n’importe quelle personne sensée. Il aimait beaucoup ses parents, et il respectait leurs convictions. Rester à vivre sous leur toit pendant toutes ses années n’avait pas été un poids pour lui tant qu’il trouvait ailleurs son indépendance. Seulement dès qu’ils s’étaient mêlés de le marier à la première supremacist qui passait, il avait claqué la porte comme une tempête blanche et avait disparu sans donner de nouvelles. Sans doute était-ce hypocrite de sa part alors que le petit frère qu’il était s’était abondamment mêlé des affaires de sa sœur avec Schuester, mais ça Anna l’ignorait et il se garderait bien de le lui faire savoir.

Il avait droit à une leçon de morale dans les règles de l’art et ne pouvait plus retenir les soupirs que lui arrachaient chacune de ses remarques. Une montagne de clichés tous plus affligeants les uns que les autres. Le médecin n’avait même plus la force d’essayer de l’interrompre pour démentir. Elle était lancée et mieux valait attendre qu’elle ait tout sorti de son système pour tenter une réponse qui ne serait pas écoutée, une fois de plus. Il ne comprenait pas ses craintes et trouvait cette lubie pour ses patientes tout à fait idiote. Jamais il n’aurait pu coucher avec une patiente du cabinet. D’un point de vue éthique ç’aurait été déplorable, et puis il ne voyait pas ses patientes comme de potentiels objets de désir sexuel. Ce n’était tout simplement pas possible et il lâcha un discret rire sardonique qui montrait le peu de cas qu’il faisait de ses accusations. Jusqu’à ce qu’elle lui colle sa culpabilité sous le nez. Tout compte fait, il avait éventuellement quelque chose à se reprocher. Un petit quelque chose qui avait été un jour dans son cabinet, sous la forme d’une très jolie brune, et qui était accessoirement une bonne amie de Lexie... L’image de Charlie Watson-Brown se matérialisa dans son esprit avec une précision regrettable. Il avait enfin réussi à se changer les idées en passant la soirée avec Lexie, à boire, danser et éviter soigneusement toutes les embûches menant jusqu’à sa chambre à coucher, et voilà qu’une remarque désagréable lui rappelait les derniers moments qu’il avait passés en compagnie de la jeune étudiante qui collait malheureusement assez bien à l’image de la petite oie innocente détournée du droit chemin... Ses mains sur elle et ses lèvres pressantes, le désir insatiable qu’il ressentait sans pouvoir l’expliquer, et l’amère culpabilité de n’avoir rien dit à la jolie rousse qui dormait encore dans les draps qu’il venait de quitter, tout ceci coupa net son envie de rire encore de la paranoïa protectrice. Allait-il quitter Lexie pour trouver Charlie ? Il était trop tôt pour le dire. Lorsqu’il avait fini par raccompagner la jeune femme chez elle après leur petite escapade dans le lac, l’atmosphère avait été considérablement refroidie et il était peu vraisemblable qu’il se revoient. Dire qu’il n’avait pas été préoccupé de ce que Lexie en penserait aurait été un mensonge. Il ne pensait pas l’avoir trompée. Après tout, elle avait sûrement elle aussi de petits à-côtés. C’était la règle du jeu. Non. Il n’avait rien à se reprocher. Et il n’avait pas à la quitter, puisqu’ils n’étaient pas ensemble. Pas comme ça en tout cas. Pas comme un couple. Reprenant un peu de consistance après avoir été déstabilisé par sa question, il se redressa de toute sa hauteur pour répondre calmement. «Je suis flatté que tu me trouves des airs angéliques. Je ne pensais pas avoir droit à ce genre de compliment de ta part !» dit-il avec un large sourire feignant la naïveté. Mais elle était repartie de plus belle à lui faire la morale malgré ses attaques. «Je ne sais pas ce que tu t’imagines, mais je ne vais pas lui “briser le cœur”. Elle n’a pas besoin que tu la couves et que tu fasses le tour de ses amants pour t’assurer que personne ne lui fait du mal...» soupira-t-il «Elle est majeure et vaccinée, et à ce que je sache il n’y a pas de corde à son balcon pour que le prince charmant vienne la sauver des griffes de son bourreau. Mon dieu mais quand vas-tu te décider à comprendre que ce n’est PAS comme ça ? Elle n’a rien à me reprocher. Et je n’ai rien à dire sur ce qu’elle fait et qui elle voit.» L’irritation qu’il ressentait alors qu’il était plus ou moins contraint de s’expliquer gommait habilement le malaise qu’il avait un instant ressenti.

L’hypocrisie dont elle faisait preuve ne faisait qu’aggraver l’impatience du jeune homme qui ne rêvait plus que de claquer la porte avec fracas et de ne plus remettre les pieds dans cette maudite baraque tant que cette folle furieuse y serait. Qu’elle garde ses problèmes de cœur pour elle et qu’elle lui lâche la grappe avant de lui en créer. Elle n’avait pas l’air de vouloir comprendre que derrière cette méchanceté gratuite dont il faisait preuve se cachait un profond désintérêt et surtout une envie de mettre un terme au débat. Non, elle préférait continuer, et en rajouter une couche. Seulement cette fois sa voix se brisa alors qu’elle se mordait outrageusement la lèvre. Ouvrant de grands yeux ronds en décelant des yeux luisants dans l’obscurité et les épaules tremblantes de la jeune femme, Wyatt s’immobilisa complètement face à cette scène largement plus désarçonnante que toutes les piques qu’elle lui avait adressé jusqu’alors. Est-ce que... Non... Ce n’était pas possible. Elle n’était tout de même pas en train de... Anna Preston au bord des larmes face à son ennemi juré ? Pris d’un mouvement de recul, le gynécologue hésitait encore sur la marche à suivre. Il était en grande partie responsable de son état présent. Il avait poussé et poussé encore en enfonçant la lame de cette rupture qu’il venait de découvrir dans la plaie visiblement béante qu’elle avait laissé dans le cœur étonnamment sensible de la rousse. Et maintenant ? Devait-il porter le coup de grâce en l’achevant une bonne fois pour toute, la bousculer pour passer en force et laisser à d’autres le soin de la consoler ? Ou bien devait-il enterrer un instant la hache de guerre pour s’excuser ? Il était faible face aux larmes d’une femme. Pour la première fois, Anna avait l’air d’une femme, nimbée dans sa fragilité dévoilée par l’effondrement d’un pan de sa fierté hautaine. Pour la première fois depuis que le ton avait monté d’un cran il avait de vrais scrupules à agir en parfait salaud. Fronçant les sourcils, incapable de bouger, il cherchait et cherchait mais ne trouvait pas la solution. «Ça ne me regarde pas.» finit-il par lâcher en levant les yeux au plafond. Il ferait mine de n’avoir rien vu. Elle n’était pas la seule à avoir un ego tatillon. Il n’était pas capable de la consoler ou de s’excuser pour ce qu’il avait dit alors il ne s’en donnerait pas l’occasion. «Alors j’apprécierais que tu ne jettes pas ton dévolu sur moi pour passer le temps et ne pas penser à ton ex.»
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Haunted corridors   Mer 13 Juin - 19:58

Anna en aurait presque pleuré, de soulagement cette fois : plutôt que d'en profiter pour l'achever lâchement, Wyatt lui offrait une porte de sortie parfaite et l'escortait même jusqu'au seuil de sa chambre si l'on pouvait dire, avec une haie d'honneur en plus. Admirable de la part de ce garçon dont elle avait une bien piètre opinion.
Bien. Il avait raison, ça ne le regardait pas, non en effet.
N'importe quel autre vautour, une Savannah Williams tiens, se serait jeté sur elle pour avoir le fin mot de l'histoire, mais le frère Pillsbury lui, tout autant lassé qu'elle de cette joute nocturne, sans doute, battait en retraite subtilement, ignorant le cas Ainsworth, mais non sans avoir au préalable exprimé une dernière opinion sur le sujet qui les divisait, à savoir Lexie Preston. Pas folle la guêpe, malgré tout.

-Les princes charmants ça n'existe pas Wyatt, ne t'inquiète pas, je ne sors pas du dernier film Disney, j'ai grandi à Camden où le seul mec capable de grimper à ton balcon est, primo, certainement bourré, deuzio, encore plus certainement décidé à voler ton téléphone, un ordinateur ou n'importe quoi d'autre qui aura de la valeur à ses yeux à cette heure-là de la nuit...

Ce qu'il y avait de bien avec ceux-là au moins, eut-elle envie d'ajouter, c'est qu'il n'y avait en effet aucun risque qu'ils ne brisent le coeur de sa petite soeur, ils se contenteraient du carreau.
Mais pour une fois au cours de la discussion, la jeune femme se retint. Wyatt avait raison et quoi qu'il en coûte à Anna, il connaissait manifestement très bien Lexie.
Sa soeur n'avait aucune envie de se poser, peut-être encore moins d'être fidèle, Anna le savait, elle avait été comme elle. L'amour, le couple, la relation à gérer au quotidien, tout lui était tombé dessus alors qu'elle s'y attendait le moins. Ses parents la voyaient déjà finir vieille fille et elle avait déjoué tous les pronostics en se lançant à grande vitesse et sans filet dans son histoire avec Timothy.
C'était simplement ses réflexes de grande soeur ultra protectrice et sa propre tristesse qui se réveillaient au contact de Wyatt Pillsbury, laissant Anna perplexe et beaucoup plus réactive qu'elle ne l'aurait été en temps normal.

La dernière tirade de la jeune femme lui avait permis de reprendre un peu de poil de la bête et de contenance. Parler de Camden était beaucoup moins personnel qu'évoquer le nouvel échec qui ébranlait sa vie amoureuse. Une fois de plus, et alors qu'elle en était déjà à sa deuxième tentative, Anna Preston s'était montrée trop fière, trop exigeante, trop obstinée, trop Anna en somme, pour reconnaître qu'elle avait besoin de quelqu'un d'autre pour exister, et non, contrairement à ce que suggérait Wyatt, même passer ses nerfs sur de quasi inconnus à une heure trop matinale pour être honnête et après s'être gavée de chocolat ne suffisait pas à panser cette plaie qui, décidément, lui donnait l'impression de ne jamais vouloir se refermer.

-Comme si c'était aussi facile que ça, marmonna Anna. Je voudrais bien t'y voir moi... Mais tu es plutôt le genre de type auquel les filles pensent désespérément, hein, ce n'est pas toi qui irait soupirer à la lune à propos d'une jolie blonde, brune, rousse ou whatever, qui t'aurait fait tourner la tête...

Sans même s'en rendre compte, Anna était repartie dans les piques et les préjugés. Pourtant quelque chose dans l'attitude du bien-trop-sûr-de-lui-pour-que-ça-ne-cache-pas-quelque-chose gynécologue la fit hésiter, et elle demanda d'une voix incertaine :

-Si ?
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Haunted corridors   Ven 15 Juin - 22:11

À la seconde où il termina sa phrase, Wyatt sut qu’il avait fait le mauvais choix. Elle l’aimait bourré de clichés, tête de truc absolue de tous ses cauchemars, monstre assoiffé de lingerie fine, tortionnaire d’innocentes brisées dans la fleur de l’âge par ses mains baladeuses ? Il aurait dû lui servir le vilain docteur sur un plateau d’argent. Au lieu de cela il s’était contenté de la laisser s’en tirer. Il avait accepté de baisser les armes alors que les défenses de l’adversaire venaient de s’effondrer et que son air arrogant le hantait encore suffisamment pour mettre un point final au débat. Maintenant elle allait s’imaginer qu’il avait pitié d’elle ou, pire, qu’il était humain et qu’il avait sûrement lui aussi une faiblesse quelque part qui lui avait inspiré cet élan de bonté inattendu. Ce qui, bien sûr, lui donnait le droit d’en rajouter une couche et de remonter au créneau en ravalant des larmes qui avaient peut-être été feintes tant elles avait disparu vite. Robin des bois à Camden, il fallait avouer que c’était assez peu vraisemblable. Quoiqu’il vît tout à fait Lexie dans le rôle de la princesse malgré elle qui ne rêve que de se mêler au peuple pour lui distribuer art et culture (à condition de garder sa paire de chaussures hors de prix). Malgré la présence de bon nombre de DVD estampillés Disney sur les étagères de sa télévision grâce à sa nièce, il n’arrivait pas à trouver un seul personnage qui colle à Anna. Quel genre d’auteur sain d’esprit et désireux de vendre quelques volumes irait imaginer une sœur surprotectrice qui chasse les prétendants riches, beaux et intelligents (oui, de toute évidence, Wyatt avait l’étoffe d’un prince, ça ne faisait pas l’ombre d’un pli, même sa nièce le disait) à coup de balai ? Quoi qu’il eût fait, elle aurait trouvé le moyen de le lui reprocher. Être un petit ami modèle lui demandant la main de sa sœur aurait été vol, coucher avec elle parce qu’ils s’entendaient à merveille relevait presque du viol. Il fallait se résigner. Jamais ils n’auraient aucune affinité. Elle n’était de toute façon pas la première à le détester avec autant de vigueur, et ne serait certainement pas la dernière. Il saurait se faire une raison sans trop de mal.

La transition aurait été si facile. “Il se fait d’ailleurs tard alors je te prie de m’excuser”. En moins poli et plus agressif bien sûr, mais n’importe quoi pourvu qu’elle le congédie d’une manière ou d’une autre, qu’elle lui rende la liberté dont il avait été privé depuis qu’elle faisait barrière de son corps dans cet escalier trop étroit comparé à la taille indécente de cette maison. Elle lui vouait une haine aveugle, pourquoi s’acharner à le retenir ? Il était clair qu’elle avait su faire entendre son opinion et qu’il n’en avait toujours rien à faire. Le dialogue était vain, autant y couper court et rentrer chacun chez soi. Il avait eu une lueur d’espoir l’espace d’une seconde et s’était vu confortablement installé sur le siège conducteur de sa voiture garée devant la porte d’entrée, lueur trop vite étouffée par le retour de la mégère gonflée d’assurance, à nouveau debout sur ses deux pieds, prête à frapper. Pourquoi ? Parce qu’elle était blessée, et que quoi qu’elle en dise, elle se vengeait sur lui jusqu’à plus soif en lui assénant de grands coups de clichés qui égratignaient presque son ego. Les gens pensaient-ils vraiment cela de lui ? Donnait-il vraiment l’impression d’être un démon séducteur comme le lui reprochaient ses détracteurs ? Être gynécologue ne signifiait pas être un pervers fini, mais tant pis, cette fois il ne referait pas la même erreur, il allait lui clouer le bec et rentrer. Charlie était un problème qui ne regardait personne d’autre que lui, Lexie à la rigueur, mais certainement pas sa sœur qui voulait maintenant se lancer dans un échange d’égal à égal. Dis moi quels sont tes malheurs et je te raconterai les miens, très peu pour lui, merci. Il avait déjà eu une masse d’informations bien trop conséquente sur ce que pouvait être la vie privée de l’aînée Preston pour la soirée, si elle espérait compenser en lui soutirant des informations elle pouvait toujours se brosser. La seule personne à qui il se confiait sur sa vie sentimentale, en évitant de rentrer dans des détails gênants, c’était sa sœur. Et ces derniers temps un vent glacial soufflait sur leur relation. Le mariage n’avait été qu’une trêve qui s’était achevée quand il avait quitté la salle des fêtes au bras de l’incandescente rousse qui dormait encore sans avoir la moindre idée du mauvais traitement que son prétendant était en train de recevoir. Sans doute se moquerait-elle lorsqu’il lui raconterait cet intermède nocturne et lui promettrait des choses indicibles pour racheter la conduite de sa sœur. Vivre avec Lex était un jeu où Anna était sans aucun doute la case prison. Malheureusement pour lui il n’avait pas tiré de joker pour sortir. Il ne serait libéré d’Anna que le jour où il déciderait d’arrêter la partie, ce qui n’était pas près d’arriver si ça ne tenait qu’à lui.

Soupirant bruyamment, il baissa à nouveau les yeux sur elle pour la toiser de toute sa hauteur. Il ne cherchait même plus à dissimuler le mépris qu’il ressentait pour la jeune femme à cet instant précis. Qu’espérait-elle à la fin ? Une réponse enflammée lui confiant tous les problèmes de son existence ? Même pas en rêve. Elle savait parfaitement qu’il ne lui dirait jamais rien qui ne soit absolument nécessaire ou déjà de notoriété publique. «Qu’est-ce que tu veux à la fin Anna ?» lâcha-t-il agacé. Non, il ne se mourrait pas d’amour après avoir été abandonné pour un autre. Non, il n’avait jamais eu à souffrir de peine de cœur particulière. Chaque rupture avait son lot de désagréments et d’inconforts, mais est-ce que ce n’était pas normal de ressentir de la peine lorsque l’on se sépare d’un être qu’on avait cru aimer un temps ? Il n’aimait pas ruminer les choses. Il était certes un peu beau parleur, mais il n’aimait pas tourner en rond et laisser les choses s’envenimer comme maintenant. Alors non, il ne soupirait pas à la lune à propos de la jolie brune qui avait forcé sa voie jusque dans ses pensées contre sa volonté. Il avait préféré arrêter les choses avant de déraper complètement dans l’eau du lac et revenir sagement trouver Lexie. «Je ne suis pas là pour discuter avec toi de mes relations passées ou présentes. Alors maintenant, avant que la lune ne disparaisse et que je ne puisse plus lui confier mes peines, j’aimerais rentrer chez moi.» déclara-t-il en la poussant sans ménagement de sa marche pour forcer le passage. Descendant de quelques marches supplémentaires, il se retourna avec un sourire mesquin pour ajouter : «À moins que tu ne m’invites gracieusement pour le petit-déjeuner ? Auquel cas je retourne me coucher immédiatement.»
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MessageSujet: Re: 02. [Pension Preston] Haunted corridors   Jeu 5 Juil - 0:49

L'esprit et la raison avaient-ils quittés Anna en même temps que Tim ? Ou peu importait qui avait pris la décision de larguer l'autre le premier, le résultat étant le même, elle devenait folle.
Pourquoi s'acharnait-elle à tenter de se lancer dans une discussion, qui plus est amicale, avec ce bon à rien de Pillsbury ?
Il fallait qu'elle arrête, qu'elle farfouille dans un placard à la recherche des derniers paquets de biscuits que ses colocataires sans pitié avaient dû cacher et qu'elle retourne se coucher.
C'est ce qu'elle allait faire. Immédiatement.

Anna soupira en montant quelques marches supplémentaires, bousculant Wyatt au passage et se trouvant cette fois plus haut que lui, non seulement sur l'escalier mais aussi sur l'échelle de l'humiliation et du gâchis. Elle se comportait comme une petite fille capricieuse et bien trop exigeante, deux traits de caractère qui étaient habituellement exacerbés par la fatigue, le stress ou la présence de Timothy. Et qu'apparemment ce gynécologue à la noix avait également le privilège de mettre en avant.
Elle n'allait pas lui laisser le plaisir d'avoir le dernier mot de la nuit. Et s'il parlait de leur engueulade nocturne à Lexie, ce serait toujours l'occasion de régler ses affaires de soeur sur-protectrice avec la cadette Preston.

-Wyatt Pillsbury, je ne veux rien du tout de toi, lança-t-elle en s'appuyant contre la rampe, donnant l'impression d'une adolescente attardée dans son t-shirt rock n' roll, en pleine dispute avec ses parents. Rien sauf retrouver mon lit. Tu peux donc aller hurler à la lune ou retrouver ton 5ème rendez-vous de la soirée, je m'en fiche tant que je peux DORMIR et oublier cette désagréable rencontre.

Aucune des deux options n'était assurée et Anna sentit tout à coup une bouffée d'angoisse l'envahir. Combien de temps encore allait durer cette sensation d'insécurité et de vulnérabilité permanentes ? Elle avait beau passer tout son temps libre à surveiller son téléphone, rien, le néant, nada. Tim ne céderait pas cette fois, et il allait bien falloir qu'elle se décide soit à tirer un trait sur lui, soit à s'abaisser plus bas que terre pour le reconquérir.
Le besoin de sucre, impérial, rejaillit aussitôt.
Alors une nouvelle fois et laissant le jeune homme sans doute aussi abasourdi qu'agacé, elle le poussa sans ménagement, fonça d'une traite vers la cuisine et les placards salvateurs et réapparut dans le couloir fièrement chargée de deux boites de Ginger Nuts. Le ridicule ne tuait pas, elle en était à présent persuadée, surtout quand on méprisait cordialement son ennemi.

-Fais ce que tu veux, donc... Ca m'étonne que tu aies envie de passer la nuit ici, je t'aurais imaginé courant à droite à gauche vers d'autres horizons féminins, mais je dois bien reconnaître que le goût du café de Lexie est incomparable et que la vue de la baie vitrée, même en hiver, est à tomber.
Je ne te montre pas le chemin Wyatt, tu sais où la chambre de ma petite soeur se trouve. Bonne nuit et rappelle toi... Tu auras affaire à moi si quoi que ce soit la rend triste.


L'aînée des Preston cessa de menacer son interlocuteur en agitant le paquet orange de biscuits devant ses yeux et se remit à monter les escaliers, sans un dernier regard pour celui qu'elle venait de malmener.
Tandis qu'elle passait au premier étage, elle s'arrêta devant la chambre de Lexie et ouvrit la porte avec précaution. Sa soeur dormait, ignorant tout du drame shakespearien qui s'était joué au rez de chaussée. Elle la regarda un instant, attendrie et hésitant presque à se glisser entre ses draps pour être sûre de trouver le sommeil, mais la pensée que Wyatt allait peut-être revenir se coucher auprès d'elle l'en empêcha et elle quitta la pièce sur la pointe des pieds.
Il fallait qu'elle trouve une solution, ou plutôt, il fallait qu'elle assume que la seule solution existante impliquait un peu de remise en question et de malmenage d'ego.
Anna Lisa Emilia Preston savait donc parfaitement ce qu'il lui restait à faire.
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02. [Pension Preston] Haunted corridors

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