Choriste du mois


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 03. To put a name to an unknown ginger.

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MessageSujet: 03. To put a name to an unknown ginger.   Dim 18 Mar - 21:42

Même si c'est délibérément pour ne jamais quitter le monde adolescent que Seth avait décidé d'être professeur, il ne pouvait se retenir d'une légère marque de mépris en voyant ces ahurit incapables de patienter calmement devant le bus. Il n'était pas du genre à s'agacer mais l'anxiété l'avait emporté. Cette visite il avait du la preparer seul car aucun des professeurs d'art ne l'aurait aidé forcément. Il était déjà en plein préparatifs du week end à Columbus et certains enseignants se montraient de toute façon ostensiblement agacés par son dynamisme. C'est comme si chacun de ses collègues à quelques exceptions près lui disait "mais pour qui tu te prends mon petit tu viens d'arriver et tu veux déjà tout remuer ?". Tant pis, c'était bien ses problèmes et les lycéens n'avaient pas à en pâtir dans son attitude. Cette visite de la galerie Preston il y tenait. Ce nouveau lieu de culture à Lima organisait en ce moment même une exposition sur un nouvel artiste hispanique, Ignacio Escaso. Il n'en avait aucune idée en vérité si cet artiste était prometteur ou non, il avait lu ça sur un blog, mieux apte à attester de la qualité de l'art contemporain que lui qui préférait évaluer la teneur jouissive des derniers numéros de X Men qu'il avait reçu la veille. Oui, Seth ne s'y connaissait pas vraiment en art et ne savait absolument pas plus ce que pouvait être "une installation empreinte d'arte povera baignée dans le symbolisme du XIXème", mais il tenait à offrir à ses élèves un accès à la culture qu'ils semblaient avoir totalement éludé, et comme un artiste mexicain faisait l'honneur de sa présence à Lima, autant inscrire cette visite dans le cadre du cours d'espagnol.

Seth était très fier de sa pédagogie et impressionné lui-même des montagnes qu'il avait fallu déplacer pour organiser cette sortie. La location d'un bus lui avait été imposée, la Gallerie Preston étant à une distance supérieure à celle qu'on pouvait faire à pied avec les élèves, mais aucune aide supplémentaire pour son budget ne lui avait été octroyée. Il avait tout de même réussi à tout bouclé, certes en se servant "un peu" dans la cagnotte de Schuester pour ses propres classes d'espagnol mais c'était pour la bonne cause. Il s'était au préalable renseigné auprès de la propriétaire de la galerie elle-même du potentiel de l'exposition. Anna Preston, une élégante et charmante jeune femme aux cheveux d'un roux magnifique, mais qui lui avait paru peut être un peu frigide et hautaine. Bref, il était fier de voir ce bus rouler à présent, plein de ces cerveaux vides qui ne demandaient qu'à être remplis ! Avec un sourire, il se dit que c'était finalement un bon présage pour les prochaines visite organisées. Le trajet n'avait pas duré longtemps, rappelant à nouveau la perte d'argent qu'avait été cette balade, et les élèves descendaient du bus pour s'engouffrer en trombe dans la galerie. Excusez moi ! Excusez moi, deux mots avant d'entrer ! Attention aux baies vitrées ! S'il vous plaît !" Cet appel à l'odre fut des plus pathétiques et ce fut à peine si quelques têtes s'étaient retournées. Il voyait ce flot de monstres prêts à s'encastrer dans la vitrine, l'agitation étant en tout point similaires à celle d'une migration de gnous. Peut être était il trop laxiste avec ces adolescent.

Il rentra à la suite de sa quarantaine d'élèves, c'est-à-dire une dizaine de plus que ce qu'il avait prévu, et contempla les environs et le contenu de cette fameuse exposition. Il n'en profitait pas des masses pour ainsi dire, trop occupé à rappeler à l'ordre des cris ou des rires bien trop bruyant pour ce genre de lieu presque religieux. La mine un peu absente, le regard allant d'oeuvre en oeuvre, toutes aussi incompréhensible les unes que les autres, il aperçut une jolie chevelure rousse. C'était avec certitude la jeune propriétaire Anna, il ne l'avait pas encore remercié pour tout ça, aucune excuse non plus pour la situation qui dégénérait. Il était temps de se rattraper. Il tenta de se frayer un passage parmi les étudiants agglutinés sur son chemin, devant un objet aussi impressionnant que dégoutant : une imitation de tête de cerfs en une espèce de mousse gonflante blanchâtre qui sortait d'un tuyau d'arrosage à motifs de fleurs hippies... Déroutant. Seth n'était plus très sûr que cette visite fut une bonne idée surtout quand il surprit ses élèves s'esclaffer après avoir donné une interprétation bien personnelle à l'objet de leur regard. "Un peu de sérieux s'il vous plaît ! C'est pas super mais on fait semblant !" Il était certain que s'il leur avouait qu'il partageait leur point de vue ils se montreraient compréhensifs et se comporteraient un peu plus en adultes. Et bien c'était une erreur puisque les adolescents crurent bon de l'intégrer à l'hilarité générale juste à côté de l'hôte qui les avait accueillis. Pour éviter d'être pris à parti et de se faire ridiculisé devant une véritable adulte, il tourna les talons pour réellement présenter ses excuses, il en était plus que temps. "Excusez moi, mademoiselle Preston ?" Il lui tapota légèrement l'épaule pour lui faire signe de se retourner.

Il ne put empêcher sa bouche de s'ouvrir sous l'effet de la surprise quand il se trouva finalement nez à nez avec une autre jeune rouquine qui ne lui était pas étrangère. Mitsy ? Cassie ? Impossible de retrouver son nom, elle l'avait laissé sur un papier avec son numéro de téléphone sur la table, qu'il avait retrouvé le lendemain soir d'une nuit très arrosée. Elle avait cet air pétillant dont il se souvenait très bien et qui l'avait sûrement séduit ce fameux soir au piano bar. La suite des événements après cette soirée fut typique d'une rencontre chaleureuse et nocturne, mais le matin, tout était devenu bien trop compliqué à gérer et Seth avait préféré la fuite sans jamais donner signe de vie. Que faisait elle ici ? Ils n'étaient pas supposés se revoir et c'était bien la dernière chose à laquelle le prof s'était préparé à affronter devant ses élèves. Il secoua la tête pour effacer sa mine surprise et tenta de prendre un peu plus de contenance. "Oh, euh, qu'est ce que tu fais là... je m'attendais pas à te voir, je t'avais prit pour la propriétaire." Seth espérai qu'elle lui donnerait très vite son nom car il allait être difficile de continuer ainsi. Il espérait en fait tout simplement que la conversation tournerait court.


Dernière édition par Seth Catalano le Jeu 23 Aoû - 12:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. To put a name to an unknown ginger.   Mar 27 Mar - 22:17

Lexie ne put s'empêcher de soupirer une énième fois en voyant l'exposition. Arte Povera. Ah ça pour être pauvre... Non mais franchement, on a pas idées. Elle déambula dans les allées pour la trois cent cinquantième fois - au moins - depuis le début de la journée, cherchant comment rendre cette installation moins ridicule. Bien entendu, elle, Anna et JJ arrivaient à y voir un intérêt. Enfin JJ pas vraiment, il trouvait ça moche et invendable et se félicitait d'avoir misé sur une expo brève. Initialement, si l'installation ne restait à Lima qu'une dizaine de jours, c'était pour créer un effet de curiosité, attiser les foules, donner envie. Mais allez donner envie avec une espèce de tête d'animal mort, des tas de détritus, un amas de linge formant la frontière mexicano-américaine, entre autres joyeusetés. Certes, il y avait quelques oeuvres qui valaient le coup, qui avaient une profondeur, un message, ce que la plupart des gens attendent de l'art en vérité. Le plus abruti des paysans de l'Ohio a des idées préconçues sur l'art comme vecteur d'un message à portée politique ou avant-gardiste, même s'il pense que c'est pour les hippies, les communistes et les étrangers. Mais là, avec une chose monstrueusement grande et éminemment phallique en plein coeur de l'expo, pas sûr que les spectateurs voient vraiment la critique de l'oppression américaine et de la corruption (oui, tas de déchets et imitations de choses mortes, symboles de la décadence, élémentaire mon cher Watson) du gouvernement mexicain. Personne ne comprendrait rien. Ca allait être un désastre criant. Autant la galerie avait étonnamment bien vendu les photographies de leur exposition d'ouverture, autant avec cette daube infamante ils étaient fichus. Il ne restait qu'à prier pour faire le buzz, un petit scandale ou bien avoir une si mauvaise presse que cela attirera les gens. On m'a parlé d'une exposition terriblement choquante et laide à la nouvelle galerie en ville, faudra que j'aille y faire un tour. C'est un moyen de glaner des visiteurs comme un autre et qui sait, l'artiste détourne des matériaux ordinaires pour en faire des oeuvres, peut être que les acheteurs sauront détourner les créations pour en faire des choses utiles et ordinaires. Boucler la boucle.

Alors que l'esprit enlevé de la jeune anglaise tournait à plein régime, sur ce qui pourrait faire la réussite ou l'échec cuisant de cette expo temporaire, l'arrivée d'un bus jaune plus tout jeune et plein de souvenirs devant la galerie lui servit de brusque piqûre de rappel. Les gosses. La visite. Aujourd'hui. Chouette. Et Anna n'était même pas là. Elle aurait pu sécher ces mômes et les terroriser rien qu'en les regardant. Mais Lex n'avait pas le super pouvoir du regard glaçant et n'inspirait pas franchement la crainte et l'autorité empreinte de respect. Avec son petit short noir, ses collants colorés, ses ongles vifs, son petit haut preppy et ses jambes infinies, elle ressemblait plus à une étudiante un peu hipster qu'à une imposante gérante de galerie d'art. C'était dans des moments comme celui-ci, où une horde de gamins bruyants venait faire à haute voix et en gloussant les remarques qu'elles redoutaient, que la rouquine regrettait Londres ou New-York. Les classes d'arts plastiques qui visitaient la Royal Academy of Arts dans un silence religieux. Les gamines new-yorkaises à tendance bobos qui traînaient au MOMA le samedi après-midi pour éviter les pouilleux. Une bande de snobs. Qu'elle aurait bien aimé voir franchir le seuil de sa galerie en lieu et place de ces joyeux abrutis. Ce fameux premier public de l'art contemporain, qui ne comprend pas et rejette en bloc. En plus, elle devait faire de la paperasse. Elle ne fit aucune remarque et fondit donc vers la caisse, se massant doucement l'arrête du nez. Lexie entendait les gamins rire et dire des grossièretés mais elle devait mettre la main sur cette décharge à faire signer au prof avant d'intervenir d'une façon ou d'une autre.

La jeune femme mit finalement la main sur le document et sentit qu'on lui tapotait l'épaule et qu'on l'interpellait. S'attendant à un prof dans la force de l'âge, elle ne put qu'ouvrir grand la bouche de stupeur en reconnaissant un visage doux et de charmantes frisettes. Diable, comment s'appelait-il? Un oeil sur le papier qu'elle tenait à la main le lui rappela. Seth Catalano. Professeur d'espagnol à WMHS. Voilà qui est fort drôle dis donc. La londonienne ne su rien faire d'autre qu'éclater de rire quand il lui expliqua qu'il l'avait prise pour la propriétaire, le plus silencieusement possible pour ne pas attirer le regard des élèves puis répondit avec un sourire en coin « Mais figures-toi que je suis la propriétaire aussi ! Tu as dû avoir l'immense plaisir de discuter avec mon adorable soeur Anna, mais je suis la Preston deuxième du nom, Lexie pour te servir. » Elle lui tendit le papier qui déchargeait la galerie de toute responsabilité juridique si un des sales morveux venait à trébucher sur un tuyau d'arrosage, par exemple et ajouta « Par contre si tu pouvais me signer ça avant, ce serait parfait. Je vais toucher deux mots aux gosses moi. » Elle laissa le professeur avec la paperasse, tâchant de garder contenance pour qu'ils puissent tout deux faire leur travail correctement et ne surtout, surtout pas se souvenir de la nuit délicieuse qu'ils avaient passée. La grande rousse s'approcha de la horde de lycéens et, plaçant son pouce et son index entre ses lèvres, émit un sifflement sonore, qui instaura un silence étonné. Les regards convergèrent vers sa longue silhouette et elle asséna un sourire de publicité pour dentifrice à son auditoire récalcitrant « Bienvenuuue à la galerie Preston jeunes gens, je vois que vous avez trouvé l'oeuvre la moins intéressante et la plus provocante de l'installation, bravo. Ah et à celui qui disait des choses pas très catholiques à propos de cette pauvre bête, oui, le tuyau est un phallus en situation d'impuissance symbolisant, d'après le commentaire de l'artiste, la dominance de l'homme sur l'animal et de la société sur l'homme. Vous en faites ce que vous voulez, mais personnellement je trouve ça sans intérêt. Par contre, vous devriez aller voir par là-bas, les collages sur papier mâché et votre professeur vous expliquera les joyeuses relations que ce pays entretient avec ses voisins. » Un silence de mort s'abattit sur l'assemblée et plus personne n'osa bouger un cil. Lexie posa une main sur sa hanche et fit un signe de tête vers le fond de la salle « Et bien, qu'attendez-vous? C'est par là. » Une tête blonde un peu plus alerte que les autres lança un regard vers monsieur Catalano, à qui la gérante de la galerie venait d'adresser un clin d'oeil complice, avant de se diriger vers l'oeuvre en question, entraînant ses camarades à sa suite. Ce qu'il ne fallait pas faire pour tenir des lycéens dans un haut lieu culturel.
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MessageSujet: Re: 03. To put a name to an unknown ginger.   Lun 2 Avr - 13:19

La propriétaire ? Si Seth avait su que cette fille avec qui il avait couché l'histoire d'un soir serait la propriétaire du lieu choisi pour une visite avec ses élèves, il ne se serait jamais jeté dans cette entreprise comme on se jette dans la gueule du loup. Il n'était pas superstitieux mais il aurait juré pourtant que le karma lui jouait un mauvais tour pour le punir d'avoir trompé Cat. Il ne l'avait pas techniquement trompé mais dans son esprit c'était tout comme. En tout cas le karma avait bien fait les choses puisqu'en plus d'avoir à gérer ce malaise, il aurait en plus doublement intérêt à tenir ses élèves histoire de ne pas être sujet aux foudres revanchardes d'une amante.
Lexie ! C'était son nom, un soupir de soulagement lui échappa quand elle le lui donna car elle venait de lui éviter pas mal de peine pour esquiver chaque mention à son prénom. Se doutait elle qu'il l'avait oublié ? Avait elle oublié elle qu'elle lui avait laissé ce mot ? Pourtant tout lui revint quand il entendit ce nom, il visualisa parfaitement ce papier malmené, griffonné à l'encre rouge de son stylo de correction dans la précipitation. Elle avait l'air en tout cas beaucoup plus à l'aise que lui, toujours aussi fraîche et la voix aussi enjouée qu'à leur rencontre. Elle lui tendit sans plus attendre la paperasse pour se débarrasser de toutes responsabilités sur le désastre plus que potentiel que pourraient causer le troupeau d'ados en furie dans la galerie et lui annonçât son intention de mettre les pendules à l'heure à ces ahuris. La situation le mettait encore plus mal à l'aise en constatant que manifestement Lexie se souvenait de lui mais qu'elle n'affichait pourtant aucune peine ou aucun autre sentiment qui serait plus qu'attendu dans une situation pareille. Elle était juste tout à fait normale et ça, Seth ne le comprenait pas. Encore dérouté par son attitude il se sentit un peu trop tardivement ridicule en pensant qu'elle allait elle même se charger de la discipline. « Je... » Trop tard, elle s'était déjà en allée en mission telle une pile électrique.

Seth jeta un œil aux alentours et constata le désastre en puissance qui se préparait ici. Il jeta ensuite un œil sur la décharge de responsabilité attendant sa signature puis jaugea à nouveau le chahut de ses élèves. Après un dernier regard à la case « signez ici » il visualisa tous les ennuis qui l'attendaient une fois qu'elle serait griffonnée. Seth le savait, il manquait terriblement d'autorité et ne savait pas mettre de distance avec ses élèves, le tout réunis formait alors un merveilleux cocktail pour permettre aux lycéens de partir en sucette à la seconde et adieux budget de l'année, adieux espoir de manger en face de quelqu'un en salle des profs, adieux confiance de Figgins. Figgins ! Lui qui comptait certainement chaque dollars du lycée tous les soirs dans son lit ne lui pardonnerait jamais de l'obliger à lui déverser un sous de plus pour réparer les dégâts qu'il n'aurait même pas su éviter, peut être même qu'il pourrait perdre son poste... Lexie ne mettrait pas encore autant de zèle à reprendre les élèves une fois qu'elle serait couverte et il serait seul, totalement seul pour gérer la situation. Tout cela ne présageait tellement rien de bon pour la sortie à Columbus... Seth entreprit alors de garder le papier en main, mine de rien, essayant d'égarer l'attention de l'actuelle responsable pour éviter d'avoir à signer dans la case prévue à cet effet et ainsi devenir le nouveau cautionnaire des possibles dégâts. Il imagina ça tout à fait possible : il garde la feuille, ils discutent ensemble distraitement puis lui rend le papier vierge à la fin de la visite. Elle avait l'air moins pointilleuse que sa sœur aînée, peut être qu'elle n'y verrait que du feu.

Du feu, c'est à ça que ressemblaient ses cheveux, même quand il avait plongé ses mains dedans avant de lui caresser le visage et de l'embrasser en soupirant, l'haleine encore alcoolisée. C'était une très jolie fille pour sûr, elle était particulière et la voir vociférer ironiquement auprès des élèves lui tira un sourire.
Il secoua la tête pour effacer ce sourire ridicule. Et si un élève le surprenait, plongé dans ses souvenirs passionnés ? Ce n'était de toute façon même pas la peine de se réjouir à nouveau, le but de la manœuvre était d'enfouir cette histoire bien profondément. Pourtant, en la voyant s'en prendre aux élèves ainsi, il se dit que Lexie n'était peut être pas si tranquille elle aussi avec ses souvenirs de cette nuit là. Peut être lui en voulait elle de ne jamais avoir rappeler, après tout il ne savait rien d'elle et peut être que comme lui elle n'avait pas vraiment l'habitude d'un sexe débridé et anonyme comme celui auquel ils s'étaient adonnés. Peut être s'en prenait elle même aux gosses pour se décharger sur lui. Toutes ces suppositions étaient délirantes mais une chose était sûre, la situation n'était pas claire et ils n'allaient pas pouvoir continuer à l'éviter en faisant comme si de rien n'était. La jeune femme lui fit un clin d'œil et là Seth était sûr que ce n'était pas clair !

Quand elle revint à lui, il garda le papier dans ses mains comme prévu. Même s'il lui avait fait de la peine il n'était pas question pour autant d'avoir à ce point pitié en risquant d'affronter les foudres de Figgins, pour sûr, elle ne savait pas ce que c'était sinon jamais elle ne lui aurait tendu ce fichu papier. Oui, Seth était effrayé par Figgins et il y avait de quoi. Il s'éclaircit un peu la voix et tenta de garder son sang froid alors qu'il allait aborder le sujet que tout deux apparemment redoutaient. « Merci... pour les gosses, je m'en chargerait la prochaine fois. » Il se gratta le menton et s'éclaircit une nouvelle fois la gorge. « Aussi, je voulais m'excuser pour l'autre soir, de ne pas avoir donner signe de vie ensuite, c'est juste que... » Il était hors de question pour lui de passer pour un goujat et s'excuser fut même une assez bonne raison qui se suffisait à elle même pour aborder le sujet. Mais cette fois il baissa le ton de sa voix et se rapprocha d'elle pour être sûr que personne ne l'entendrait. « C'est juste que je n'ai pas l'habitude de... de coucher avec quelqu'un comme ça, je veux dire, quelqu'un que je ne connais pas alors, j'étais un peu confus tu vois. Mais ça n'a rien de personnel bien sûr ! C'était très bien, enfin je veux dire ce n'était pas le problème. Il y a pas de problème en fait c'est juste que... enfin tu m'as compris ! » Sa maladresse n'avait d'égal que la largeur de son sourire qu'il affichait maintenant l'air terriblement gêné. Plus que jamais il se cramponnait à cette feuille, car maintenant qu'il s'était ridiculisé à ce point, il était hors de question de prendre la responsabilité du reste.
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MessageSujet: Re: 03. To put a name to an unknown ginger.   Sam 7 Avr - 4:34

Les gamins s'avancèrent donc pour examiner de plus près l'oeuvre dont Lexie leur avait parlé, en espérant que cela les feraient un petit peu plus réfléchir que la précédente. Elle ne leur en voulait pas le moins du monde d'avoir émis quelques commentaires salaces, après tout l'oeuvre était éminemment phallique et cet artiste avait un léger problème avec la représentation saine des animaux. Mais, avec un peu de chance, les collages plus inspirés que la londonienne les avait obligé à aller voir leur donnerait un peu de grain à moudre. Empêcher les ados de penser au sexe et aux connotations perverses étaient quasiment impossible, mais peut-être que la confrontation à la violence de la politique américaine vis à vis de l'immigration mexicaine par le medium de l'art les occuperait deux minutes. La galeriste n'avait pas grande foi en leurs capacités d'analyse, ni même en l'effort qu'ils feraient pour regarder et comprendre la courte vidéo explicative qui accompagnait la série de collages. Elle connaissait les lycéens types de WMHS pour en avoir fréquenté deux années durant. Et certes, l'eau avait coulé sous les ponts depuis son passage au lycée, mais Figgins était toujours principale et la mentalité un peu limité de l'habitant de l'Ohio moyen n'avait que peu évolué. L'Amérique dans toute sa criante contradiction, comment pouvait-on avoir des abrutis finis comme ceux que McKinley laissait s'envoler dans la nature tous les ans et des lieux comme New-York, Broadway, Brooklyn? La plus grosse économie du monde et Jersey Shore? Des universités comme Harvard et un système d'éducation si médiocre avant les A-levels?

Lex eut néanmoins la joie de constater que la horde de sales gosses s'étaient un peu apaisée et que quelques-uns semblaient même prêter un semblant d'attention à l'exposition. Si un seul d'entre eux sortait d'ici en ayant appris un nouveau mot en espagnol ou avec un éveil quelconque sur l'art, la jeune femme n'aurait pas complètement perdu son temps. Elle continua à les surveiller du coin de l'oeil, en revenant vers le charmant professeur. Grands Dieux oui, elle l'avait presque oublié celui-là. La situation était légèrement étrange, considérant qu'elle se souvenait parfaitement de la tendresse de ses étreintes et du contact de leurs peaux brûlantes... La jeune Preston était parfaitement capables de rester professionnelle et même de ne pas remettre leur entrevue sur le tapis, après tout ils avaient passer un excellent moment et puis chacun s'en était allé de son côté. Il n'y avait rien de mal là dedans et leurs prochaines rencontres n'avaient pas nécessairement à être bizarres. Mais quelque chose dans la nervosité du jeune homme lui disait qu'il était de ceux à vouloir parler, mettre cartes sur table, s'excuser de fautes qu'il n'avait pas commises et donc de rendre tout cela plus complexe que ça n'avait à l'être. Elle ne se trompa pas d'ailleurs, il lui chuchotait des stupidités en s'enfonçant dans les méandres de l'interaction sociale ratée.

La flamboyante rouquine mordit l'intérieur de sa joue pour ne pas éclater de rire, pensant que cela enverrait sans doute le mauvais message. Mais Seth était absolument adorable et hilarant, avec ses mimiques gênées, ses excuses minables, sa confusion... Il était comme les gamins de dix-huit ans qui débarquaient à la fac, se prenaient leur première cuite mémorable, se réveillait avec une fille inconnue le lendemain matin et se sentait obligé d'être gentil, de faire du café et de s'expliquer. Pourquoi diable certains hommes étaient-ils incapables de comprendre qu'avoir un vagin ne signifie pas forcément vouloir à tout prix trouver le grand amour ou l'image de son père dans chaque relation sexuelle ou encore être incapable d'assumer sa libido? Sex and the City n'a donc rien appris à ces messieurs? Mais la britannique se contint et posa une main apaisante sur le bras du professeur « Allons, allons, reprends-toi l'ami. Respire un grand coup et ça va aller hein. Te mets pas dans tes états pareils, on était deux adultes très consentants, qui ont passé un bon moment ensemble, voilà, pas de quoi en faire un plat. Y a pas de clause du one night stand qui stipule que tu dois rappeler la fille - ou le gars - le lendemain. A vrai dire si clause il y avait, elle serait plutôt inverse à mon avis. »

Elle digressait elle aussi, à croire que les diatribes verbales de son interlocuteur déteignait sur elle « Bref, pas de panique. Tout va très bien, je n'ai pas passé mes nuits à pleurer en chantant All by myself devant Bridget Jones, en mangeant des pots de glace depuis le triste matin de notre séparation. Et j'espère que toi non plus hein ! » Elle eut un rire léger, qui détourna l'attention de quelques-uns des lycéens. Ils avaient été tranquilles depuis près de cinq minutes, il fallait bien qu'ils s'agitent un peu. « Va falloir me signer cette décharge avant qu'il n'y en ai un qui s'étale en plein milieu de la galerie, ma soeur me tuerait si un gamin de ce foutu lycée entraînait notre première poursuite judiciaire. » Et Lexie elle-même voyait déjà la gazette local titrait quelque chose comme L'art tue, au plus grand plaisir de la mairesse. L'idéal serait bien sûr que les morveux se retiennent de faire quelconque idiotie, mais c'était peut-être une ambition un peu trop haute et mieux valait prévenir que guérir dans le coin.


Dernière édition par Lexie A. Preston le Ven 27 Avr - 3:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. To put a name to an unknown ginger.   Lun 23 Avr - 23:54

Manifestement, les deux jeunes gens n’étaient pas sur la même longueur d’onde et la main apaisante que Lexie posa sur le bras de Seth ne fit que le lui indiquer en lettre rouge capitale clignotante. Si le message n’était pas clair, il était le pire des demeurés et il se sentait à cet instant déjà bien assez ridicule pour éviter d’en rajouter, quoi que… Cela ne faisait aucun doute, la splendide rouquine était de ces femmes libérées, décomplexées et instinctives. Devant son naturel et sa facilité à poser des mots sur le malaise qui l’habitait il ne pouvait que constater le contraste affligeant avec ses bégaiements précédents et autant dire que la maturité dont elle faisait preuve le rendait plus idiot qu’un préadolescent de douze ans surpris avec le denier numéro de playboy dans son sac. De toute évidence les vraies femmes n’étaient pas aussi simples que Morticia ou Loïs Lane mais qu’y pouvait il, le magazine qui traînait dans son sac à lui n’était rien d’autre que la rubrique comics du Washington Post chipé à son père, rien de comparable en effet avec ses camarades !
Il aurait pourtant fallu bien plus qu’un Playboy pour pouvoir appréhender sereinement la situation, car devant le désastre total de sa crédibilité en chute libre il n’avait strictement rien à répondre. « Ouai t’as raison pas de quoi en faire un plat, un one night stand, un fast food quoi… ! » Il ne lui restait maintenant qu’une crédibilité en ruine, un zéro pointé sur l’échelle de l’humour qui fonctionne !

Malgré cela, la jeune femme continuait son cours de bonne manière en matière de sexe libre, sans l’ombre d’un doute, elle s’y connaissait, et elle s’y connaissait mieux que lui ! Mais Seth aussi savait ne pas rappeler sans remords le lendemain, il était juste un peu rouillé question sexe sans lendemain depuis la fac, depuis Ecaterina… Cat, c’est vis à vis d’elle qu’il était gêné surtout ! Même si les deux jeunes gens s’étaient mis d’accord pour une amitié parfaite, platonique et fusionnelle la sensation de l’avoir trompée lui serrait le ventre devant cette butineuse irradiante et sans scrupule, et c’était tout à son honneur, elle avait bien raison. Malgré ça, Seth devait mettre les choses au clair.
Pour qu’il ai l’esprit tranquille, le geek amoureux qu’il était ne désirait qu’une seule chose : faire promettre à Lexie de ne répéter tout cela à personne ! Lima n’était pas le lieu propice aux secrets et les secrets ont pourtant bien besoin d’être gardés par définition, d’une façon ou d’une autre, s’il n’étouffait pas l’affaire celle ci lui reviendrait aux oreilles avant même qu’il ai pu remonter dans le bus – Dieu qu’il l’attendait ce moment !
On pourrait croire que vouloir taire cette nuit torride relevait d’un manque de maturité viscéral, pourtant le problème était ailleurs. Comment reconquérir une ex quand elle vous croît être passé à autre chose, et si Seth apprendrait qu’il a couché avec Lexie à la montée du bus, Cat en entendrait parlé dès sa descente au plus tard !
Il n’allait pas être facile de monnayer le silence de Lexie sans s’enfoncer encore un peu plus dans le ridicule le plus abyssal qui soit, pourtant il allait falloir aborder le sujet de toute urgence. Après tout, temps pis pour la prestance il n’avait plus moyen de se récupérer maintenant !

Lexie n’avait pas été attristée par leur séparation ? Tant mieux car il lui faudrait oublier leur rencontre. « Puisqu’on en parle… » Impossible de quitter cet air contrit de constipé en détresse, impossible et cela ne rendait pas la tâche aisée. Lexie elle n’était pas décidée à éviter de la compliquer encore un peu car non seulement elle éclipsa le sujet mais en plus pour en revenir à cette foutue décharge de responsabilité ! Heureusement qu’elle n’était pas tombée enceinte il se serait retrouvé avec un bébé dans les bras et la mère en come back vers sa Majesté britannique fuyant ses responsabilités. En espérant qu’elle était pour l’avortement… Seth s’égarait manifestement en inspectant le papier d’une main, encore magnifiquement vierge de sa signature, totalement coi.

Les paroles s’envolent, les écrits restent disait on, c’était bien le problème… Mais heureusement pour lui, l’art contemporain est souvent clément avec les bavards et salvateur en moment de crise car c’est avec grand fracas qu’il sentit un choc rude à la tête, l’effondrement d’un objet lourd sur sa personne sans en douter. Le sauveur n’était autre que cette sculpture phallique repoussante, qu’il soutenait maintenant difficilement de ses mains, le visage irrémédiablement écrasé par l’extrémité de ce qu’ils appelaient entre eux de l’art !
Tous les regards s’étaient dirigés vers lui, il en était sûr, et il ne pouvait qu’imaginer la mine pâle et blafarde de la galeriste se voyant déjà au bord de la faillite. Il ne pouvait que l’imaginer évidemment, et aussi confortable que pouvait être le fait d’ignorer encore quelques instants sa réaction il n’en était pas entièrement satisfait en considérant sa position actuelle, le nez aplati par les reliefs immonde de cette chose si lourde qu’il en venait à se demander si elle n’était pas coulée en bronze, invraisemblable. Ses élèves, eux ne devait pas manquer une miette du spectacle, mais ils ignoraient encore toute l’ironie de l’histoire ! Quel comble de se faire assommer par l’attribut masculin quand vous venez rendre secrète votre infidélité… C’était comme un rappel à l’ordre, un coup du sort, la justice divine qui vous pointe du doigt en criant coupable via la fierté d’Adam…
S’il ne pourrait jamais retrouver une once de dignité après ça, il avait comme réconfort ce fichu papier qui gisait au sol et comme seul espoir qu’il y reste encore longtemps.
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MessageSujet: Re: 03. To put a name to an unknown ginger.   Dim 29 Avr - 16:32

Un... fast food? Avait-elle bien entendu? Autant Lexie n'était pas spécialement du genre à réclamer galanterie, subtilité, bouquets de roses, chocolats et grands mots d'amour, autant elle n'appréciait pas non plus la comparaison. Certes, une nuit, un one night stand donc, ce n'était pas grand chose et la rouquine n'était pas de celles qui font grand cas de ce genre d'évènements, comme elle s'était évertuée à l'expliquer, mais si métaphore culinaire il devait y avoir, elle aurait préféré que leur joyeuse partie de jambes en l'air soit associée à un apéritif savoureux, un caviar ou un foie gras. Vite dégusté, en quelques bouchées mais néanmoins savoureux. Un fast food, cela renvoyait à un imaginaire de goinfrerie et de graisse suintante fort peu engageante. La jeune femme eut toutefois la délicatesse de ne pas relever la bourde du jeune professeur, d'abord parce qu'ils étaient tous les deux au travail et qu'ils avaient d'autres chats à fouetter, ensuite parce qu'elle voyait bien que ce pauvre garçon était en train de perdre ses moyens. Visiblement, il était de la trempe des gentils, qui aiment être fidèles à leurs copines ou sont amoureux de leur meilleure copine depuis l'enfance. Bref, elle était prête à pardonner l'écart de langage, même si l'élégante qu'elle était - si, si, au fond, elle partageait avec sa soeur cette fameuse classe britannique - n'avait pas trouver grande saveur à la plaisanterie.

Il tenta d'ailleurs de répondre une nouvelle fois, de poursuivre la conversation, mais la pimpante londonienne lui coupa l'herbe sous le pied. Hors de question qu'il balance une autre imbécilité, Lexie serait alors obligée de rétorquer et cela risquait de durer longtemps. Et puis, il était clair que ce charmant individu espérait se défaire de ses responsabilités en refusant de signer la décharge. Anna allait la tuer. Elle lui avait bien dit de faire remplir toute la paperasse avant de recevoir le groupe, d'être en règle avant de les laisser franchir le seuil, que le moindre accident leur coûterait une fortune et risquerait fort de ruiner le peu de réputation que The Gallery était en train d'obtenir. Les trois gérants savaient également que l'exposition en cours avait été un mauvais calcul marketing. Ils s'étaient convaincus que la dimension engagée de l'arte povera saurait séduire un nouveau public, plus lettré, plus aisé. Mais la population de Lima ne correspondait guère à ses critères et il s'agissait d'abord d'attirer les gens dans la galerie avant de cibler des publics particuliers. La venue de ce groupe scolaire, même s'il ne payait presque rien, était donc du pain béni. Qui sait l'un d'eux aurait peut-être un parent riche prêt à investir dans un jeune artiste. Mouais. Toujours est-il que si quelque chose tournait mal, ce serait un désastre sans nom qui conduirait certainement au licenciement de Joy et à des pertes considérables.

Un frisson parcourut l'échine de Lexie, soudainement animée d'un fort mauvais pressentiment. Elle jeta un oeil aux étudiants, qui commençaient à bavarder de choses et d'autres sans grand intérêt pour les oeuvres, mais qui ne semblaient pas sur le point de tout foutre en l'air. La galeriste essaya de respirer, doucement, de reprendre constance, mais quand elle vit une jeune fille se retourner vivement pour faire un signe à son petit ami, une sueur froide s'empara d'elle. La scène sembla se dérouler au ralenti. Le sac de la petite blonde heurta la structure passablement instable et ce qui devait arriver arriva. Le tuyau vacilla et tomba droit sur la tête de Seth, sans que personne n'ai le temps de réagir. La situation aurait pu grandement faire rire la jolie rousse, si elle n'était pas aussi grave. Le professeur tentait de soutenir l'installation qui s'écroulait sur lui, tandis que l'hilarité avait gagné ses élèves. Pâle et raide comme un piquet, la jeune femme d'ordinaire si vive resta immobile et silencieuse quelques secondes. « Putaaaaaaaaain ! » lâcha-t-elle alors dans un cri, qui somma la bande de gosse au silence et lui valut quelques regards surpris. « Pardon, pardon, répétez pas ça à la maison ou à l'école. Et puis venez aider monsieur Catalano, bande de vauriens ! » Le ton était entre la plaisanterie et la colère, mais fut visiblement assez convaincant pour que quelques gamins viennent sauver leur enseignant de l'écrasement par sculpture phallique. Un accident diablement ironique, même s'ils n'en savaient rien.

Lexie ré-arrangea l'installation, pendant que quelques élèves plus sympathiques que les autres s'inquiétaient vaguement du sort de Seth. La sculpture ne ressemblait plus à grand chose et la jeune galeriste soupira. C'était déjà moche à la base, mais là... « Excusez-moi une seconde. » Elle s'éloigna vers l'arrière-boutique, portable en main et passa un rapide coup de téléphone à JJ pour l'informer de la situation. Elle se fit bien sûr engueuler, mais il parvinrent à se mettre d'accord pour qu'il vienne au plus vite et qu'il l'aide à tout arranger avant qu'Anna ne se rende compte de quoique ce soit. S'il y avait bien une chose qui pouvait empêcher Joachim de s'emporter contre la cadette des Preston, c'était la crainte de l'aînée. Lex revint rapidement, ramassa la feuille volante qui traînait au sol et se planta devant le petit groupe « Quand on vous dit de toucher à rien jeunes gens... Bref, tout baigne, pas blessé? » Elle adressa un vague signe de tête au professeur et sourit, tendant stylo et document, le mettant clairement au pied du mur face à ses élèves « Ca va devenir urgent de signer. » Avant que Lexie ne perde son calme et mette tout le monde à la porte sans plus de cérémonie. Ce n'était pas comme si ces gosses allaient retenir quoique ce soit de cette visite, hormis Monsieur Catalano s'est pris un pénis sur la figure. Elle se retint de lever les yeux au ciel et tendit des petits papiers aux lycéens « Bien, faites un tour de la galerie, ne faites rien tomber par pitié et notez vos impressions et venez me les donner quand vous aurez fini. Ca n'a rien à voir avec vos cours, vous ne serez pas notés, mais ça ne veut pas dire que vous devez écrire n'importe quoi. Allez au boulot ! »

Elle avait étonnamment réussi à assoir son autorité sur la bande de mômes, visiblement plus efficace en quelques minutes que leur prof en plusieurs heures de cours hebdomadaires. Quel métier ingrat que celui d'enseignant, vous essayez désespérément d'apprendre des choses à des jeunes gens en pleine crise existentielle qui n'ont aucun intérêt notable pour votre passionnante discipline. C'était beaucoup plus facile de se poser en grande gueule en talons avec des cheveux rouges, une allure des plus loufoques et d'obtenir plus une légère crainte que du respect. Lexie se tourna finalement vers l'infortuné professeur et dit « Biiien, la paperasse est réglée désormais? Où en étions-nous? »
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MessageSujet: Re: 03. To put a name to an unknown ginger.   Ven 18 Mai - 22:54

Cette sculpture, aussi moche qu’elle pouvait être donnait au moins tout son sens au point que la gent masculine donnait à ses parties intimes car si cette choses n’était pas faite de plomb, qu’on lui en donne le composant pour assommer Hemmens efficacement. Si personne ne réagissait il finirait totalement écrasé, sûrement sans vie car déjà Seth sentait ses bras et ses cuisses trembler jusqu’à lui en faire mal, sûrement le dernier sursaut de vie qui agissait ses muscles avant le long coma dans lequel il risquait de plonger. La seule chose qui le garda à la réalité loin de ses scénarios catastrophe fut le crie strident que poussa Lexie, plus préoccupée certainement par le désastre financier encouru que celui de nature humaine. La décharge de responsabilité non signée sur le sol, la demoiselle avait en effet des raisons de paniquer.
Bien heureusement, sauver sa galerie de la faillite impliquait aussi de le sauver lui. Lexie interpella les élèves certainement ahurit à aider « Monsieur Catalano ». C’était certain, l’appeler monsieur ne lui donnait pas envie de tenir cette chose plus longtemps, il détestait ce caractère formel qui entourait sa profession, on lui avait d’ailleurs répété plusieurs fois de l’être un peu plus, formel, à entendre moins copain, avec ses élèves. Peut être que se montrer amical avec les gosses s’avérait payant et salvateur puisque quelques uns s’étaient jetés à son secours. Ils ne s’y étaient peut être pas jeter, mais ce qui était sûr c’est qu’aucun d’eux n’aurait bougé le petit doigt pour Peter… Quelque uns restèrent même pour s’inquiéter du sort de leur prof, si ce n’était pas révélateur d’un bon capital sympathie ça ! « Hey m’sieur, pas trop sonné ? » Pour sûr tout allait beaucoup mieux maintenant que la seconde d’avant, et que celle qui allait venir. « Comme après s’être fait assommé par un pénis Richston ! » Malgré tout, cette chute de l’objet sur ses boucles l’avait sonné un peu plus qui ne l’admettait et quand Lexie lui demanda quelques minutes il acquiesçât en grimaçant tout en se frottant la tête.
Alors que Lexie s’en était finalement partie à ses occupations, Seth voulu ramasser ce fichu papier mais les élèves autour de lui se montrait anormalement compatissant et empathique. Avant même qu’il n’ait pu s’en débarrasser après avoir échangé quelques blagues sur cette histoire qui s’y prêtait beaucoup trop bien, elle revint très vite avec le papier en question dans les mains, armée d’un stylo et cette fois décidée à le lui faire signer.

Il s’emparât sans conviction du nécessaire pour apposer sa signature tandis que Lexie se débarrassait des élèves environnants. Décidément, elle avait un peu plus d’autorité que lui, beaucoup plus même puisqu’en moins de temps pour le dire, les jérémiades avaient cessée autour de lui. « Bonne idée tiens, c’est un devoir en fait, vous me rendrez ça en cours ! Remarque sur la sculpture phallique interdite, c’est un sujet sensible à présent ! » Il se tourna vers Lexie avec un sourire gêné, comme pour s’excuser d’avoir profité de son intervention pour faire croire qu’il était un prof exemplaire. C’était un bon prof en réalité, ses élèves ne progressaient pas des masses pour la plupart mais dans un autre état que l’Ohio, il s’était convaincu lui même qu’il aurait fait des merveilles, mais il ne faisait pas des miracles.
Sans plus pouvoir s’échapper à présent, il posa les yeux à nouveau sur cette infortunée décharge de responsabilité. Lexie, visiblement impatiente se retourna face à lui avec son sourire magnifique et s’enquit de lui réclamer une seconde fois sa signature cette fois en considérant que c’était une chose réglée. « En fait c’est pas totalement terminé avec la paperasse… » Il le savait, maintenant il ne pouvait plus y échappé, mais il n’y avait pas que cette épée de Damoclès qui lui pendrait au dessus de la tête une fois qu’il aurait griffonné sa signature, sa nuit avec Lexie devait rester secrète, et aussi ridicule que cela eusse pu paraître il avait dans l’idée de faire d’une pierre deux coups et de régler le tout en même temps. Avec un sourire crispé, qui traduisait bien la crainte qu’il éprouvait qu’elle lui rit au nez, il s’adressa tout penaud à Lexie. « Est ce que je peux te proposer un deal ? Enfin non non c’est pas vraiment un deal, enfin je veux dire bien sûr que je vais la signer c’est pas ultimatum que je te lance ! Mais après tout, un One night stand ? C’est comme ça que tu dis ? C’est un deal aussi, deux personnes qui prennent ce qu’elles ont à prendre de l’autre, non ? Donc je me disaiiiiis… » Une dernière syllabe interminable pour combattre son hésitation à se lancer et il continua. « Que si je te signais cette décharge de responsabilité, tu accepterais de ne parler à personne de ce qu’il s’est passé entre nous ? J’ai rien à cacher hein, c’était pas une infidélité et j’ai pas à avoir honte d’avoir partagé ce moment avec toi, je veux dire je pourrais être plutôt fier d’avoir couché avec toi, je le suis d’ailleurs, t’es superbe, mais ça veut pas dire que je te considère comme un trophée, c’est pas toi le problème en fait, c’est pas moi non plus, mais c’est pas une infidélité… Enfin bref, je préfèrerais que ça reste entre nous ! T’es… D’accord ? »
Un débit de parole incroyable, des mains qui s’agitent à une vitesse folle, la mine crispée, Seth se perdait dans de multiples explications et tergiversions qui ne faisaient que l’enterrer un peu plus dans la tombe du ridicule. Mais au moins elle savait à présent qu’il voulait qu’elle tienne sa langue, c’était déjà ça. Seulement, toujours gêné de lui faire un tel chantage il signa le papier sans réfléchir et lui tendit la feuille avant de réaliser une nouvelle fois que ses élèves parcourait la galerie parmi des œuvres sûrement hors de son budget annuel… « Tiens voilà, c’est signé, j’ai plus qu’à me pendre dans ma baignoire maintenant, même si j'ai pas de baignoire… Alors, je peux compter sur toi ? »
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MessageSujet: Re: 03. To put a name to an unknown ginger.   Mar 22 Mai - 0:10

Fidèle à l'image qu'il avait donné jusque là, Seth profita de l'intervention de la jeune galeriste pour accaparer l'attention de ses élèves et transforma ce qui n'était qu'une simple distraction en devoir. Enfin, de toute manière, la distraction était plus pour la pimpante rouquine que pour les lycéens abrutis par leur petite vie rangée. Voir leurs commentaires sur une exposition qui, soyons honnêtes, n'avait rien d'un franc succès et était franchement hors de leur capacité de compréhension aurait sans doute été des plus distrayants pour les jeunes propriétaires de la galerie. Lexie s'était parfaitement imaginée lisant à voix haute avec Joachim les remarques innocentes, les blagues plus ou moins bien trouvées, les commentaires incongrus. Mais ce vil professeur lui avait arraché tout son bon plaisir... Elle refusa néanmoins se se laisser abattre et profita de la lente dispersion des gamins pour lancer à la cantonade « Donnez les moi avant de les rendre à votre prof, je les photocopierai dans l'arrière-boutique. Vos avis peuvent nos être très utiles. » Elle leur assèna un sourire façon pub pour dentifrice blancheur, puis les laissa vagabonder à travers l'expo, priant secrètement pour qu'ils ne fassent pas d'avantage de dégâts. Expliquer à l'artiste le chahut qu'avait subi ce qu'il croyait être sa pièce maîtresse allait déjà être compliqué, pas besoin de s'attirer encore plus d'ennuis. Le type était relativement perché cela dit, avec un rien de persuasion - et Dieu sait que le clan Preston en a à revendre - nul doute que l'affaire passerait comme une lettre à la Poste. Il suffirait de lui dire que c'était une nouvelle approche. Si un mec est capable de faire une installation avec une tête de bestiole, un tuyau d'arrosage et un rien de perversité, nul doute qu'il est prêt à accepter le caractère spontané et curieux de l'art. Ouais. Ca passerait.

Pour l'heure, la cadette des Preston avait d'autres chats à fouetter, en l'occurrence convaincre ce petit bonhomme bouclé de bien vouloir assumer la responsabilité de ses actes. Il avait voulu emmener des enfants stupides se confronter à un art incompréhensible, c'était son affaire. Il fallait qu'il puisse décharger ce qui n'était que le lieu de réception de sa bande de fauves des conséquences d'un éventuel accident. Outre le fait que s'ils cassaient quelque chose, il allait devoir payer, si un des mômes trébuchait sur le sol parfaitement récuré et se cassait une jambe, c'était aussi sa faute. L'art pour tous oui, mais sans que ça coûte quoique ce soit à The Gallery. Ils avaient déjà assez de soucis comme ça et étaient encore loin d'entrer dans leur frais, pas besoin d'un accident de parcours. Mais pour une raison ou une autre - et elles ne manquaient pas, Lexie en était bien consciente - le jeune professeur était réticent à l'idée de signer ce foutu papier. A sa place, la rouquine aurait elle aussi fait des pieds et des mains jusqu'à la fin de la visite pour se tirer de cet épineux problème. Sauf qu'elle l'aurait beaucoup mieux fait. Et manque de bol, elle ne se laisserait pas avoir par cet ado attardé bégayant. Il était adorable, ça ne faisait aucun doute, mais il faisait quand même un peu peine à voir le brave garçon. Beaucoup moins sexy dans son environnement naturel que dans la chaleur d'un bar. Dommage. Enfin, surtout pour lui, Lex n'avait absolument pas le temps et encore moins l'envie de s'attarder sur leur passé commun. Et encore, le terme lui semblait un peu fort.

Mais visiblement, il était particulièrement retourné par cette situation et se lança dans un monologue aussi confus qu'hilarant pour la britannique. Elle le regarda déblatérer à toute allure des bribes de phrases n'ayant qu'un vague rapport entre elles et eut beaucoup de mal à garder tout son sérieux. Sur le coup, la rousse avait cruellement envie d'éclater de rire, au moins pour rendre la scène moins embarrassante pour lui. C'était un spectacle à la fois si charmant, si mignon et si risible qu'elle ne savait même pas quoi penser en vérité. Des années de pratique du théâtre et une maîtrise naturelle de l'improvisation - et disons le, une pratique certaine du mensonge devant les autorités parentales et scolaires - lui permit de conserver un visage impassible tout au long de son speech rocambolesque. Ce garçon parlait beaucoup trop pour son propre bien. Car autant c'était plus que drôle et digne d'une sitcom adolescente que Lexie regarderait volontiers, autant elle n'avait pas spécialement envie d'avoir cette discussion. Elle n'avait plus seize ans, oui elle était une jeune femme sexuellement active et assez libérée à ce propos et non, elle n'avait pas envie d'en faire un drame. Un brin mélodramatique ce garçon. Elle lâcha un soupir, rapidement suivi par un petit sourire, histoire de pas passer pour la mégère de service. Voyant qu'il avait enfin apposé sa signature sur le précieux document, elle s'empressa de s'en emparer et de le ranger dans une pochette sur un coin du comptoir. Voilà une bonne chose de faite. Maintenant, elle allait pouvoir mettre les pendules à l'heure avec Monsieur Prude.

« Commence par respirer un coup mon gars et prie pour que tes élèves aient fait leur quota de conneries pour la journée. » Nouveau sourire époustouflant de starlette sur le tapis rouge cannois. Il était temps d'entrer dans le vif du sujet. « Et maintenant tu vas m'écouter et te calmer d'accord? Oui, on a couché ensemble et oui, c'était bien. Je t'interdis formellement de dire le contraire d'ailleurs, soit dit en passant. Bref. On s'est protégé, et de toute façon j'utilise un contraceptif. On a fait de mal à personne. On s'est bien amusé. On en a pas reparlé, on en reparle pas si tu veux. Alors, pour l'amour de Dieu, détends-toi, tu n'es pas un de ces lycéens bon sang ! Ce n'est pas comme si tu avais juré chasteté et que tu allais te prendre un slushy dans la face en retournant en cours, alors conduis-toi donc comme l'homme sûr de lui, mâture et intelligent qui se cache derrière cette tignasse de demoiselle effarouchée et arrête de faire une montagne pour rien. » Bon, elle avait peut-être était un peu trop franche. Peut-être un peu méchante aussi, la comparaison avec une demoiselle n'était pas forcément nécessaire. Mais grands dieux, il avait besoin qu'on lui secoue les miches un peu ! Quel âge avait-il bon sang? Si elle avait su qu'il était un tel petit garçon, Lexie aurait sans doute pris son mal en patience jusqu'à son prochain rendez-vous avec Wyatt. Oui, ça, ce n'était pas garanti. Il valait mieux que les choses se déroulent ainsi en fin de compte. Il fallait bien que quelqu'un ramène Seth Catalano au monde réel des adultes libres et consentants.
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MessageSujet: Re: 03. To put a name to an unknown ginger.   Dim 24 Juin - 22:51

Un souffle profond et long s'échappa de sa poitrine, comme Lexie le lui avait conseillé. C'est vrai que Seth pouvait être légèrement stressé, mais comment rester calme en de telle circonstance, avec de telles explications à formuler ? Étrangement, il obéissait à cette jolie rousse qui de toute façon, paraissait être l'une de celle qui prennent les choses en main, mais surtout, Seth sentait que la situation lui échappait complètement. Ce n'était plus les élèves qui l'inquiétaient, non, de ce côté il s'était fait une raison malheureusement. Mais c'était pour le jeune prof un impératif capital que Lexie ne parle de leur histoire d'un soir à personne, et ainsi, éviter que Cat ne l'apprenne. Certes, tout cela pouvait paraître puéril mais parfois, souvent même, monsieur Catalano faisait office du parfait contre exemple de l'adulte stable, établi et équilibré. Son soucis n'était pas de paraître mature ou non de toute façon, Lexie devrait se taire sur ce coups là et c'était là tout ce qui lui importait.
Mais les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaite et Seth était en la matière encore une fois un parfait exemple. L'exemple du type qui se complique la vie et s'embourbe dans des situations et des discours qui ne trouvent de problème nul part. Lexie en effet, ne paraissait l'entendre de la même oreille que son amant d'un soir, où alors, elle n'avait pas l'entière conscience de l'importance du problème de Seth, et surtout à quel point il était embêtant pour lui.

Une tirade incroyable sur le sexe d'un soir débuta alors au milieu de ses propres élèves, juste à coté de cette sculpture phallique assassine... La galeriste ne semblait plus voir les ado tout autour d'eux tandis que Seth sentait son timbre de voix monter dangereusement dans ses élans professoral à propos de plaisir et protection ! Allait elle se taire un jour ? Mais le jeune californien était quelqu'un de poli et jamais il ne se serait permit de lui couper la parole, pas directement en tout cas, car même quand les gens aurait mérité le contraire, il fallait les laisser parler...
Tout en se grattant la nuque, en s'ébouriffant les cheveux, en souriant bêtement et en jetant des regards en coin vers les élèves les plus proches, il tentait de faire signe de baisser le ton de sa main, mais encore une fois, sans être trop direct, si bien que le signal n'allait certainement pas passer au récepteur... Voyant qu'elle continuait, il préférait regarder le sol, d'autant plus qu'il s'en prenait plein la figure ! Mais peu importait, une fois qu'il lui aurait expliquer clairement la situation, il pourrait lui demander explicitement de ne rien dire et partir ensuite en courant, peut être même pourrait il glaner quelques conseils féminin en passant !
Mais pour l'heure, il devait se concentrer à ramasser sa fierté, éclatée en morceau sur le sol... « Wow ! » Le jeune homme laissa passer un instant de silence, tout en se frottant les cheveux et en grimaçant, sans vraiment savoir comment répondre à tout ça. Dans le fond, Miss Preston n'avait pas tort, mais le problème de fond n'était pas là. Et le problème de fond, il allait bientôt l'aborder en passant aux confidences... « Wow ! Je suppose que t'as raison mais... »

Seth souffla un bon coup puis s'assit par terre en s'adossant contre le mur, il avait manifestement oublié qu'il était le prof qui avait conduit tout ces ados en furie qui commençaient d'ailleurs a drôlement s'agiter. Il patienta un instant, juste le temps que Lexie prenne place à ses côtés, et le courrier du cœur fut ouvert ! « C'est pas cette nuit qu'on a passé ensemble le problème tu vois, le soucis, c'est cette fille, que j'arrive pas à oublier, parce que je pense qu'elle m'a pas oublié non plus. Oui parce qu'il y a ce mec aussi, le revenant de son époque du lycée à cause de qui tout à foirer, un véritable con ! On a essayé de faire ami ami, avec la fille je veux dire, mais ça a pas marché et tout ça parce que je pense qu'on a encore un truc à vivre tout les deux... » Il tourna la tête vers Lexie et la fixa dans les yeux avec insistance. « J'en suis même sûr, c'est pas fini ! » Il détourna les yeux puis souffla encore une fois. Après tout, il n'avait jamais confié ça à qui que ce soit, même pas à Jeremy, ni même à Peter, et étrangement, cela le soulageait beaucoup plus qu'il ne l'avait imaginé. Sûrement avait il sous estimé à quel point Cat pouvait occuper ses pensées. Évidemment, trouver comme première confidente une presque inconnue avec qui il avait passé une nuit, ce n'était certainement pas la chose a plus subtile qu'il ait faite, mais après tout, il n'était pas à ça près question maladresse, surtout pour cette journée. « Dooonc, c'est pour ça que je préfèrerais que tu gardes ça pour toi. Si cette fille l'apprend, elle pensera que je suis passé à autre chose, elle sera peut être même soulagée ! Et jamais elle ne pourra s'imaginer que chaque jour, elle occupe un peu plus mes pensées. Je crois même que j'y pense plus qu'à la prochaine sortie du cross over de Marvel... »

Quittant son air songeur, il songea tout de même encore un peu. Il se rendit compte qu'il avait une fille juste à côté de lui, et que ça ne faisait pas un pli qu'elle saurait mieux quoi faire que lui. Il tapa gentiment l'épaule de sa confidente comme si un éclair lumineux lui avait électrifié l'esprit en lui apportant l'idée brillante de trouver un support féminin en la personne de Lexie Preston, rencontre d'un soir avec qui il avait partagé une nuit. Du point de vue de Seth, c'était brillant, du point de vue de toute autre personne, c'était pire que déplacé. « Eh mais tu pourrais me dire quoi faire toi ! Mais oui, t'as bien dû vivre cette situation au moins une fois : Tu quittes un mec pour aller retrouver un con mais le premier mec est toujours là, et à ce moment là, que fait le premier mec pour que tu retournes avec lui à la fin de l'histoire ? Ouai comme ça ça ressemble à une devinette, mais pour moi c'est un vrai casse tête ! » Un sourire béat aux coins des lèvres, le jeune prof n'était pas peu fier de sa trouvaille.
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MessageSujet: Re: 03. To put a name to an unknown ginger.   Mer 4 Juil - 13:51

En voyant son air confus et cette main qui passait et repassait dans sa tignasse frisée, Lexie se sentit presque coupable de l'avoir descendu en flèche aussi rapidement. A force de vivre au milieu de forts caractères, de personnages hauts en couleurs, avec un humour et une répartie qui ne connaissaient pas le repos et qui savaient endurer l'ironie et la moquerie amicale, la jeune galeriste en oubliait parfois que le monde ne fonctionne pas comme la Pension Preston et ses satellites. Les gens ont parfois besoin de douceur et de diplomatie. Sauf que la britannique usait de toute sa patience au travail, avec les artistes tarés et égocentriques qui passaient cette porte et elle n'en avait pas forcément pour ses one night stands qui n'arrivait pas à vivre avec leur libertinage. Aussi, malgré la vague de tendresse qu'elle éprouvait pour ce garçon perdu digne de Peter Pan, elle refusait de jouer les Wendy et restait ferme sur sa position. Il fallait bien qu'il s'endurcisse, on ne pouvait pas vivre dans la société actuelle avec un tempérament digne d'un personnage féminin de roman de moeurs du XIX° siècle. Elle gardait donc son air légèrement arrogant et sa mine assurée, histoire de garder constance et de ne pas trop s'apitoyer sur le sort du jeune professeur. Néanmoins, quand il s'écroula au sol avec un air désespéré qui n'aurait pas fait tâche dans un film de Woody Allen et s'adossa contre le comptoir, sans prêter attention aux gamins ennuyés dont il avait la charge, Lex consentit à baisser un peu sa garde et s'assit à ses côtés. Pour être parfaitement honnête, elle était également titillée par la curiosité. Tout ça sentait la confidence à plein nez et au fil du temps, la jeune Preston avait développé un goût - certes un peu malsain mais diablement amusant - pour les potins en tout genre et les confessions. Et comme depuis quelques temps, elle semblait émettre un signal sonore particulier qui attirait à elle les coeurs en peine, autant accepter la situation et en profiter un peu. D'autant plus qu'elle ne s'expliquait absolument pas pourquoi les gens lui faisaient des confidences, à elle, Lexie Antonia Jane Preston, célibataire ultime tout droit sortie d'un épisode de Sex and The City et phobique de l'engagement. Peut-être que son assurance bien affirmée et sa franchise sans fioritures incitaient les gens à lui demander conseil. Ou alors elle avait juste un visage qui inspirait confiance. Anna aurait sans doute mis en doute cette affirmation, mais fort heureusement Seth Catalano ne la connaissait pas aussi bien. Sinon, il n'aurait sans doute pas vidé son sac de la sorte.

La londonienne l'écouta néanmoins avec patience, démêlant sans trop de difficulté le fouillis verbal du jeune homme. Ce n'était pas si compliqué qu'il voulait bien le croire au final. Un triangle amoureux. Vieux comme le monde. Et ça ne se termine jamais bien. Pas besoin de l'avoir vécu pour le savoir, c'était un fait avéré que toute pièce de cinéma, télévision et littérature pour adolescent(e)s exploitait au moins une fois. Mais en croisant son regard passionné quand il affirma qu'il était convaincu de son futur avec sa belle, Lexie sentit revenir cette compassion qu'elle avait éprouvé pour lui un peu plus tôt. Vraiment, où avait-il vécu pendant ses années lycée? C'était généralement à cette époque que l'on apprenait à régler ses petites affaires de coeur - ou d'autre chose - sans avoir à s'épancher auprès d'une quasi inconnue sur le sol d'une galerie d'art. Il avait d'ailleurs de la chance d'être tombé sur une jeune femme friande de ce type d'histoires, même si elle affirmait volontiers le contraire, et qui n'avait aucun problème à faire la conversation à des inconnus. D'aucun aurait pu trouver cette conversation des plus déplacées. Mais pas Lexie Preston. Cela dit, ça n'empêchait pas la rouquine d'avoir un avis à donner, qui déplairait sûrement à son interlocuteur. Mais il lui avait posé une question et pensait visiblement que parce qu'elle était de sexe féminin, elle aurait une réponse divine à lui apportait. Il fallait sans doute commencer par éclaircir ce point d'ailleurs. « Alors, premièrement mon chou, je me dois de t'informer que toutes les femmes ne pensent pas pareil et n'ont pas les mêmes réactions dans une situation donnée. Nous ne sommes pas toutes reliées par téléphatie et je ne peux pas te dire comment conquérir une fille que je ne connais pas. » Elle lui servit un sourire un rien moqueur mais plutôt attendri, avant de continuer sur sa lancée « D'ailleurs, je n'ai jamais vécu ce genre de situations figures-toi, je tends même à les éviter en choisissant avec soin mes amis, mes amours et mes amants. » Elle faillit ajouter, en règle général, mais cela aurait peut-être vexé le pauvre professeur, qui avait déjà vu son amour propre enterré et n'avait pas besoin qu'elle en rajoute une couche. Ca pouvait même passer pour un compliment indirect et ça ne lui ferait pas de mal.

Finalement, la pimpante rousse en arriva au coeur du problème de cette rubrique de courrier du coeur improvisée « Ce que je peux te dire par contre, c'est qu'à mon sens dans cette situation, une fille raisonnable devrait larguer ses deux prétendants et s'offrir une bonne soirée avec de bonnes copines et des teq paf. Mais bon, tout le monde ne règle pas ses problèmes sentimentaux d'une façon aussi efficace. » Un brin plus sérieuse, elle essaya d'apporter une opinion un tant soit peu constructive et émis une hypothèse à laquelle il n'avait peut-être pas songé « Mais, tu n'as jamais pensé que passer à autre chose, la laisser partir pouvait être la solution? Si elle est avec un autre gars et que tu te morfonds au milieu de tes BD, c'est peut-être que vous n'êtes pas vraiment faits l'un pour l'autre. Ou que ce n'est pas le bon moment. Dans tous les cas, lâcher prise maintenant vous permettra sûrement d'y voir plus clair. Si vraiment elle n'est pas heureuse avec son copain et que ce n'est pas juste ta présence qui la perturbe et ben elle le plaquera de toute façon. Et là, tu pourras retenter ta chance et si ça doit marcher, ça marchera. Bon personnellement je ne crois pas une seconde en ces conneries de gens faits pour être ensemble et d'amour éternel, mais si tu continues à revenir vers elle après avoir pris de la distance, ma foi fais-toi plaisir et défie les statistiques de divorce. » Clairement, elle n'était pas la meilleure des conseillères matrimoniales. Dans un mouvement souple, elle se redressa, lissa ses vêtements et servit un franc sourire à l'éploré « Après, je ne suis qu'une célibataire invétérée qui préférera une soirée entre amis à un dîner en amoureux, alors qui suis-je pour te donner conseil? » La question étant purement rhétorique, elle ne lui laissa pas le temps de finir et, après un coup d'oeil à la pendule, ajouta « Par contre votre visite se termine dans un quart d'heure, tu devrais peut être songer à ramasser ton troupeau. » Les gamins commençaient visiblement à avoir user tout le semblant d'intérêt qu'ils pouvaient avoir pour l'exposition et le chahut se faisait de plus en plus perceptible. Il était temps pour Seth de remettre son costume de prof et d'oublier un instant sa vie sentimentale aussi épique d'ordinaire.
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03. To put a name to an unknown ginger.

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