Choriste du mois


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 03. A secret ? Nah, forget about it.

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Sunny Palmer
MODO ; We are young
So let's set the world on fire
Age : 18 ans
Occupation : Modératrice à mes heures perdues
Humeur : Curieuse
Statut : Aussi célibataire qu'un surimi perdu dans l'océan
Etoiles : 3212

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Glee club favori : Ne se prononce pas
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MessageSujet: 03. A secret ? Nah, forget about it.   03. A secret ? Nah, forget about it. EmptyDim 1 Avr - 13:44

Incapable d’esquisser le moindre geste, Sunny fixa le footballeur d’un air qu’elle espérait plein d’une lassitude et d’une assurance qu’elle ne ressentait pas forcément. Il la fusillait du regard, furieux, et apparemment prêt à en découdre, et le fait de se retrouver face à une fille, toute minuscule comparé à lui, fragile et sans défenses, ne semblait pas l’inciter à se calmer. Cette colère, Sunny l’avait de nombreuses fois vu luire dans le regard de ceux qu’elle confrontait à leurs secrets, ceux à qui elle voulait faire du chantage ou ceux qu’elle harcelait de ses questions. Elle ne s’en était jamais préoccupée, trop intéressée par une seule chose : ses articles. Peu lui importait qu’elle fasse naître une rage sans nom, ou de la peur, ou un désir de vengeance. En vérité, elle ne s’était même jamais souciée des conséquences de tout ce qu’elle faisait. Mais il fallait bien qu’un jour, ça lui retombe dessus, et apparemment, ce jour venait d’arriver. Acculée contre le mur, elle était fière de constater qu’elle ne tremblait pas, et ce malgré la menace que représentait ce colosse. Il pouvait l’assommer d’une seule gifle, si l’envie lui en prenait, et apparemment, ce n’était justement pas l’envie qui lui manquait. Il faut dire qu’elle l’avait cherché, mais après tout, s’il n’avait rien à se cacher, il ne verrait aucun inconvénient à répondre à ses questions, non ? Elle était juste venue lui demander si les magazines qu’elle avait trouvés dans la boite à chaussures, au fond de son placard, chez lui, étaient à lui ou à l’homosexuel qui se cachait dans le dit placard. Comment elle l’avait su ? Et bien, ça n’avait pas été compliqué de se faire passer pour sa petite amie auprès de sa mère, et de prétendre venir récupérer un manuel qu’il avait emprunté. Elle avait ainsi eu accès à la chambre du footballeur, et ce qu’elle avait trouvé en fouillant avait dépassé ses espérances. Mais apparemment, le jeune homme n’appréciait que modérément le zèle dont elle avait fait preuve, et encore moins de voir que son petit secret venait d’être découvert et risquait d’être éventé. Et voilà pourquoi elle se retrouvait coincée, sur le point de se faire remettre les idées en place à coup de gifles.
A dire vrai, ce n’était pas la première fois qu’elle manquait de s’en prendre une. Elle passait son temps à chercher les ennuis, et elle en avait conscience. Elle essayait de découvrir ce que les autres cachaient, elle déterrait leurs plus sombres secrets, pour les agiter ensuite sous le nez de ses pauvres victimes. Elle faisait du chantage sans éprouver l’ombre d’un remord. Ceux qui avaient affaire à elle savaient qu’elle était sans pitié, aveuglée par son désir de pondre l’article du siècle. Et beaucoup voulaient qu’elle se rende compte à quel point c’était mal d’agir comme ça. Et enfin, quelques-uns, comme le footballeur, voulaient la faire taire une bonne fois pour toute. Pourtant, Sunny ne s’était jamais dit « cette fois, je vais me faire frapper ». Elle n’avait jamais eu peur de se retrouver dans ce genre de situation, même en sachant que c’était risqué de faire ce qu’elle faisait. Pour elle, ce qui comptait c’était d’avoir son article. Depuis son entrée au club de journalisme, et le début de sa collaboration avec Jonah, elle avait pris de grands risques, mais n’avait jamais eu de problèmes. Comme quoi, il y a un début à tout.

Inspirant à fond, Sunny tenta en vain de trouver une solution. Elle se trouvait dans un couloir complètement vide, en plein milieu de l’après-midi. Il n’y avait plus grand monde au lycée, à présent, la journée étant consacrée à un évènement quelconque qui avait attiré la majorité des lycéens en dehors. Et avec eux, les professeurs. En somme, elle était dans les ennuis jusqu’au cou, parce qu’il y avait peu de chance qui quiconque vienne l’aider.
A la base, si Sunny se retrouvait dans ce couloir, c’est parce qu’elle avait rendez-vous avec Harper Pritchard, qui devait lui donner sa réponse à la petite proposition que Sunny lui avait faite la semaine précédente. Ayant découvert le secret d’Harper, à savoir qu’elle faisait les devoirs des autres et passaient leurs examens à leur place, Sunny avait décidé de la faire chanter afin d’obtenir les noms de ceux qui faisaient appel à elle. Elle aurait ainsi pu avoir une petite liste des personnes qui avaient tout intérêt à ce que cela reste secret, et qui se plierait à ses exigences. Harper lui avait donné rendez-vous aujourd’hui, dans ce couloir, mais en croisant le footballeur, Sunny n’avait pu s’empêcher de lui faire savoir qu’elle avait découvert son secret, et que s’il voulait que ça en reste un, il allait devoir lui rendre un petit service en échange. Curieusement, le jeune homme n’avait pas très bien pris la chose.

« Tu sais, ce n’est pas la peine de réagir comme ça. » lança-t-elle avec un sourire, en penchant la tête sur le côté. « Après tout, ce n’est pas si grave d’être… Heu non, je n’ai rien dit, je n’ai rien dit ! » s’exclama-t-elle précipitamment en voyant que la veine sur le front du footballeur palpitait de plus en plus. Pinçant les lèvres en cherchant quoi dire pour calmer les choses, elle tendit les mains devant elle en signe d’apaisement. « Écoute, je ne dirais rien à personne. De toute évidence, nous n’avons pas la même vision des choses alors, disons qu’on en reste là, d’accord ? »

Ce à quoi répondit le footballeur par son poing allant s’écraser contre le casier qui se trouvait à quelques centimètres de Sunny. La blonde frémit. Ça aurait pu être ma tête, songea-t-elle. Elle esquissa un sourire hésitant : « Pas d’accord ? » couina-t-elle dans une tentative d’humour.

« Je te connais Palmer, je sais que tu n’en resteras pas là. Le seul moyen que j’ai pour que tu fermes ta grande gueule, c’est de te montrer ce qui t’arriveras si jamais tu l’ouvres. » grogna le footballeur en lui montrant son poing. De son autre main, il saisit le col de la veste de Sunny, la soulevant de quelques centimètres. Les pieds de la jeune fille ne touchaient plus le sol que par les orteils, et elle sentit de la sueur lui couler le long du dos. « D’habitude, je ne frappe pas les filles, mais pour toi, je ferais une exception. » La dernière chose que Sunny vit avant de fermer les yeux, c’est le poing du garçon qui reculait, prêt à la frapper en plein visage. Priant Dieu pour qu’il ne lui casse pas le nez, elle se tendit, et attendit que le coup vienne.
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Harper E. Pritchard
Not everybody just gets to blurt out how they fuckin’ feel every minute
Age : 20 ans
Occupation : Employée à mi-temps à la Lima Station, étudiante au Lima Health Sciences Program de l'Ohio State University
Humeur : Déstabilisée
Statut : En couple avec Jamie Ainsworth
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MessageSujet: Re: 03. A secret ? Nah, forget about it.   03. A secret ? Nah, forget about it. EmptyLun 2 Avr - 16:07

Les muscles tendus à l’extrême et sa queue de cheval fixée très haut au dessus de son crâne se balançant au rythme soutenu de sa course effrénée, Harper se vidait l’esprit. Il valait mieux qu’elle ait la tête froide pour se rendre au rendez-vous qu’elle avait fixé à Sunny Palmer, cette pimbêche aux allures de fée qui se prenait pour une grande journaliste d’investigation et qui la faisait chanter depuis une semaine –jour pour jour. Elle avait découvert son secret, elle savait. Harper avait été abasourdie par cette révélation, elle s’était pourtant donné un mal fou pour cacher toute cette histoire. Sunny était vraiment douée et si elle n’avait pas eu envie de lui mettre son poing dans la figure, elle lui aurait fait savoir à quel point elle était impressionnée par son talent. Mais le fait est qu’elle éprouvait de la haine à son égard. Elle ne pouvait pas l’encadrer et chaque fois qu’elle croisait son regard bleu larmoyant en cours, elle avait comme l’envie de l’attraper par la tignasse pour la traîner dans tout le lycée histoire de se venger. Seulement, elle avait abandonné cette idée très vite, jugeant qu’il valait peut-être mieux passer ses nerfs autrement. Sunny n’avait pas le droit de s’immiscer dans les affaires des autres sous prétexte de vouloir informer la petite communauté de McKinley High. Surtout quand il s’agissait de choses aussi graves. Harper n’avait pas bien pris cette confrontation, elle n’avait certes rien montré, mais elle y pensait sans arrêts depuis. Elle s’imaginait, déambulant dans les couloirs après que son secret ait été dévoilé dans le journal de l’école, les regards empreints de pitié des autres se posant impunément sur elle alors qu’elle n’avait rien demandé à personne. Elle ne voulait pas de leur pitié, elle ne voulait pas qu’ils se sentent obligés de la plaindre. Terminant son tour, la poitrine se soulevant à chacune de ses inspirations, elle se stoppa graduellement et lança un coup d’œil satisfaisait à la montre chronomètre à son poignet : encore une fois, elle venait de battre son propre record, elle était vraiment bonne. Tapant le bout de ses tennis contre la terre battue du terrain d’athlétisme, elle attrapa son pied gauche par l’arrière pour s’étirer. On était au mois de décembre, mais la chaleur provoquée par tous ses efforts lui avait fait retirer son sweat rouge aux couleurs de son lycée. Elle avait mis beaucoup d’espoir dans cette séance d’entraînement, elle aurait dû l’aider à prendre une décision de dernière minute concernant le marché que Sunny lui avait proposé, mais elle était toujours dans le flou. C’est vrai qu’elle lui avait dit qu’elle allait y réfléchir, seulement elle n’avait pas eu une minute à elle et puis, elle était bien décidée à la faire mariner un peu aussi, elle devait l’avouer. Sunny était peut-être têtue, mais Harper battait aussi des records dans cette discipline, la blondinette ne savait pas à qui elle se frottait ; elle jouerait avec elle jusqu’à ce qu’elle soit la première à plier… sauf si Sunny employait les grands moyens, là elle se ferait violence et arrêterait son manège pour la bonne cause. Attrapant son autre pied pour exécuter la même manœuvre, elle sentit une petite douleur aigüe dans son genou droit, mais elle l’ignora pour vérifier l’heure sur sa montre une seconde fois. Bon, elle était déjà en retard de quelques minutes, il fallait qu’elle y aille pour se débarrasser de cette histoire au plus vite. Et peut-être qu’ensuite, elle se sentirait mieux.

Faisant un détour par le vestiaire à l’intérieur du bâtiment, elle décida d’y laisser ses affaires puisqu’elle viendrait prendre une douche après sa discussion avec Sunny. Elle fouilla dans son casier pour mettre engloutir deux chewing-gum à la chlorophylle, histoire d’avoir une haleine décente (elle détestait peut-être Sunny, mais ce n’était pas une raison pour lui souffler l’odeur de cette purée indigeste qu’elle avait ingéré à la cafeteria ce midi) puis empoigna une serviette éponge toute chaude déposée tout près de la porte et quitta les lieux aussi vite, ne vérifiant même pas son allure dans le miroir, elle n’en avait rien à faire d’être toute ruisselante de sueur. Elle fit un pas en avant et soudain, leva le bras pour vérifier si elle ne dégageait pas une odeur trop nauséabonde quand même et renifla deux fois rapidement ; elle ne sentait pas la rose, mais ça passerait, pensa-t-elle. Aussi, elle se contraint à baisser un peu son short court sur ses cuisses pour ne laisser rien apparaître de trop affriolant comme la petite culotte Super Nana qu’elle portait ce jour-là et qui datait de Mathusalem. Elle marcha dans le couloir jusqu’au point de rendez-vous, passant la serviette sur son visage rougi par l’effort. Elle n’allait pas accepter le marché de Sunny. Elle n’avait pas peur d’elle, loin de là. Elle essayait tout simplement de lui mettre les foins, mais Harper n’était pas dupe. Elle n’avait pas de cran, cette petite et dès qu’elle lui aurait montré la force de ses poings habiles, c’est elle qui mouillerait son pantalon, pas le contraire. Descendant les marches avec énergie, elle souffla un bon coup pour libérer ses poumons de se poids qui dormait dans sa poitrine. Elle sauta la dernière marche et tourna derechef à l’angle du couloir quand ses yeux aciers tombèrent sur une scène qui lui fit esquisser un sourire malicieux. Sunny, plaquée contre le mur par un footballeur, ses pieds battant l’air à quelques centimètres à peine du sol. Et bien, on dirait que Lilibeth n’était pas la seule à avoir des soucis avec la journaliste en herbe. Passant la serviette autour de son cou, Harper émit un petit rire en continuant son chemin jusqu’au deux jeunes gens. Elle ne lâcha pas la scène du regard presque soulagée d’être départie de cette corvée de faire avaler ses dents à la jeune fille. Néanmoins, elle ne trouvait pas les choses très équitables : ce grand costaud ne ferait qu’une bouchée d’elle. Et puis elle était tellement certaine qu’il tentait juste de lui faire peur que son enthousiasme à assister à la baston de l’année se dégonfla comme un ballon. Pourtant, quand elle remarqua que le poing du jeune homme se resserrer et qu’il s’approchait du visage poupin de Sunny, elle eut comme un reflexe et hurla :

« HEY ! » Mais quelle idiote ! Pourquoi ! Pourquoi avait-elle eu ce réflexe stupide ! Elle aurait dû le laisser terminer le travail, cela lui aurait évité de devoir dormir avec une poche de glace sur les doigts ce soir. Pour garder une contenance, l’adolescente se remit à rire en avançant encore un peu plus du ring. Elle gratifia le footballeur d’un sourire, lui posant la main sur l’épaule et tourna son visage rayonnant vers Sunny encore au dessus du sol « Et bien, blondie. On dirait qu’on est dans une posture délicate, c’est fâcheux. » dit-elle sur un ton goguenard qui fit rire l’imbécile à ses côtés. Elle la gratifia d’un autre sourire qui laissa entrevoir une rangée de dents parfaitement droites et lisses et tapotant sur l’épaule de l’armoire à glace sur lequel elle était appuyée, elle baissa la voix pour instaurer une atmosphère de confidence entre les trois larrons « Moi aussi j’ai super envie de lui mettre mon poing dans la figure, tu sais. C’est vraiment une garce, elle sait des choses incroyables. Je me demande comment elle fait : je parie sur des indics. Je suis à 100% sûre que la majorité des membres du Celibacy Club fait partie de ses sources les plus émérites. Ils jouent les enfants de cœur, mais au fond ce sont tous des pécheurs. J’ai surpris Jesus en train de renifler en douce les cheveux de Lisa Roberts pendant le cours de maths, l’autre jour. Chaste, mon œil. » Elle se remit à rire en compagnie du jeune homme qui buvait littéralement ses paroles, n’omettant pas de lancer des coups d’œil pervers à ses jambes dénudées. Elle hésitait encore à l’inciter à ne pas laisser tomber et le laisser briser ses quenottes. Seulement, quand elle tourna son visage vers la jeune fille et qu’elle vit la peur dans ses yeux, elle prit vite une décision : elle savait ce que ça faisait de se sentir démunie face à une montagne de soucis… elle ne pouvait pas la laisser comme ça, ça ne lui ressemblait pas ; elle s’en voudrait, beaucoup et cela même si elle la détestait, même si elles ne deviendraient jamais amies. Soupirant théâtralement en détournant lentement la tête pour regarder le jeune homme, elle ajouta dans un murmure inaudible et taquin « Moi aussi, je sais des choses d’ailleurs. » Faisant glisser sa langue sur ses dents parfaites, elle tapota une autre fois sur l’épaule du Titan et quitta sa place pour se placer aux côtés de Sunny toujours suspendue. Elle s’adossa au mur, posant son talon sur celui-ci. Jouant avec sa serviette accrochée à son cou en la faisant glisser de droite à gauche, elle continua « T’es gay, mec. T’as beau le cacher, mais tout le monde est au courant, ici. T’es un peu comme Jesus, tu vois. T’es pas discret, ça craint. Laisser traîner tes yeux tout près de l’arrière-train du Coach Evans, c’est franchement pas judicieux. Je te l’accorde, il est plutôt agréable à regarder… mais il est marié ! » Elle fronça soudain les sourcils et passa son index sur ses lèvres. Ses lèvres formèrent un O de surprise quand une idée lui traversa la tête et qu’elle le pointa du doigt « Tu devrais rejoindre le Celibacy Club ! » Le footballeur grogna dangereusement, lâchant Sunny. La suite se déroula très vite. Il tapa son poing droit dans sa main gauche en changeant de cible et n’hésita pas une seule seconde avant de viser Harper. Celle-ci le vit arriver et stoppa son entreprise en lui attrapant le poing ; elle avait de très bons réflexes. Elle serra très fort sa main dans sa paume pour faire tourner son poignet et lui faire une clef de bras alors que sa serviette tomba au sol. Elle leva son poing très haut dans ses omoplates pour le faire souffrir et chuchota tout près de son oreille en détachant chacune des syllabes qu’elle prononça « Ne joue pas à ça avec moi. Je ne suis pas Sunny, je n’ai pas peur de toi. » Et glissant son genou dans le creux du sien, elle lui fit une béquille qui le fit tomber au sol. Se redressant de toute sa taille, Harper le regarda par-dessous et se baissa doucement pour récupérer sa serviette, toujours en le regardant. Elle la remit autour de son cou, ne rompant pas ce contact visuel qui, elle en était sûre, le ferait flancher. Elle mâcha ostentatoirement son chewing-gum et après avoir mastiquer un long moment, fit une grosse bulle verte qui lui éclata dans la bouche. Le footballeur les regarda tout à tour. Humilié et surpris par l’aplomb de la blondinette, il se leva et prit ses jambes à son cou, s’enfuyant tout bonnement. Mâchant encore, Harper le regarda tourner à l’angle du couloir en haussant les sourcils. Elle fut tentée de lui balancer un juron avant qu’il disparaisse de sa vue, mais s’abstint finalement. Elle porta les mains à sa queue de cheval et en reniflant, elle la resserra très fort au dessus de sa tête tout en se retournant lentement vers Sunny. Elle la désigna d’un petit coup de menton désinvolte, se frottant le nez du dos de la main en reniflant encore, tel un boxeur après un combat éprouvant. Elle lança d’un ton abrupt « Ça va ? »
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Sunny Palmer
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MessageSujet: Re: 03. A secret ? Nah, forget about it.   03. A secret ? Nah, forget about it. EmptyMer 4 Avr - 18:29

Plusieurs choses traversaient l’esprit de Sunny à ce moment précis. Elle se disait qu’elle avait mal aux orteils, parce qu’elles se tenaient sur la pointe des pieds, tirée vers le haut par l’énorme poing du footballeur qui tenait fermement le col de sa veste. Les muscles de ses mollets commençaient à trembler, comme après une heure de gym. Elle guettait le bruit d’une déchirure, qui serait le signe que sa veste n’avait pas supporté le traitement que le sportif lui infligeait, et bêtement elle songea que ce serait dommage, parce qu’elle aimait beaucoup cette veste. Et puis elle avait peur que le footballeur lui casse le nez, ou une dent, ce qui serait une catastrophe. Elle pouvait déjà imaginer son visage, son beau visage, abimé et couvert d’ecchymoses. Et puis, qui dit que le sportif, puisque capable de lever la main sur une fille, ne serait pas capable de faire pire ? Elle était toute seule, dans un couloir désert, dans une école pratiquement déserte, sans personne pour lui venir en aide. S’il décidait de s’amuser avec elle, elle ne pourrait pas se défendre. Alors seulement, Sunny comprit à quel point elle était mal. Il n’était plus seulement question de se faire bousculer et un peu abimée. Elle avait passé suffisamment de temps à lire des articles et des coupures de journaux pour savoir ce qu’il pouvait arriver à une fille sans défenses aux prises avec un individu de sexe masculin peu scrupuleux, et sans morale. Consciente de la situation périlleuse dans laquelle elle se trouvait, elle sentit son cœur rater un battement, et pria pour qu’il se contente de lui faire peur, ou même qu’il la frappe s’il le voulait, du moment qu’il n’allait pas plus loin.
Il lui vint vaguement à l’esprit que si elle ne passait pas autant de temps à mettre son nez dans les affaires des autres, à tout faire pour obtenir d’eux leur moindre petit secret, elle n’en serait pas là. Mais Sunny avait fait de son gout pour le journalisme un véritable talent. Elle était experte dans l’art de découvrir ce que les autres s’efforçaient de cacher. Ce ne serait pas un problème si elle gardait ses découvertes pour elle. Mais elle avait un but dans la vie, une ambition : devenir une grande journaliste, aussi célèbre que sa mère, meilleure qu’elle. Son désir de réussir prenait le pas sur tout le reste. Pour y parvenir, elle était prête à tout, même à égratigner les autres. Après tout, s’ils avaient des secrets, c’est qu’ils n’étaient pas tout à fait innocents. Mais au fond, elle savait qu’elle prenait le risque de se faire beaucoup d’ennemis. Est-ce qu’elle était prête à aller jusqu’au bout ? Oui, bien sûr. Elle n’était donc pas vraiment surprise qu’à force, quelqu’un ait perdu patiente et veuille lui faire payer ses indiscrétions et pire que tout, sa manie de faire du chantage. Elle ne regrettait donc pas. Elle espérait juste que la colère du garçon n’irait pas trop loin.

Un cri lui fit ouvrir les yeux, et elle sentit la prise sur sa veste se desserrer légèrement, mais pas suffisamment pour qu’elle puisse se libérer. Toujours clouée au mur, elle chercha du regard l’origine du cri, persuadée qu’il s’agissait d’une surveillante. Mais son regard rencontra celui d’Harper, qui avait un sourire jusqu’aux oreilles, et elle sut que ce n’était vraiment, vraiment pas son jour de chance. Avec le petit discours qu’elle avait tenue à la blonde la semaine passée, Sunny ne pouvait certes pas espérer de la part de celle-ci qu’elle lui vienne en aide, comme le prouvait son air satisfait et moqueur. Levant brièvement les yeux au ciel, tiraillée à présent entre la peur de s’en prendre une, et l’agacement, Sunny sut que c’était quitte ou double. Soit Harper profitait lâchement de la situation, et laissait le footballeur lui remettre les idées en place, se garantissant ainsi une certaine tranquillité et se vengeant de la pression que Sunny lui avait imposé au cours de la semaine qui venait de s’écouler ; soit elle mettait de côté leur différent, passait outre son propre ressentiment et venait au secours de l’adolescente. Sunny avait pris le temps de bien se renseigner sur Harper avant d’aller la voir, et elle en avait appris beaucoup sur elle. Harper vivait avec beaucoup trop de responsabilité pour une jeune fille de son âge. Obligée de grandir trop vite, de jouer à la maman et à la femme d’intérieur, perdue dans un monde dans lequel elle n’aurait pas dû entrer si vite et confrontée à des problèmes qu’elle n’aurait pas dû rencontrer si tôt, voir pas du tout. Cela l’avait considérablement endurcie, mais ne semblait pas l’avoir transformé en garce sans cœur. Elle était méfiante, sur la défensive, mais pas méchante. Alors que Sunny glissait un œil dans la direction d’Harper qui cherchait à attirer l’attention du sportif –et qui y parvenait, puisque furieusement attirante dans sa tenue de sport minimaliste, la peau luisante de transpiration comme si elle venait de s’adonner à autre chose qu’à une séance de gym- elle rencontra le regard de la blonde, et n’y lut pas forcément un désir de vengeance. Certes, elle semblait satisfaite de la situation, mais n’avait pas l’air de vouloir encourager le footballeur à lui casser la figure. Mais pourquoi cherchait-elle à attirer la colère du sportif sur elle ? Car Sunny ne put que constater ce fait : Harper venait d’insulter le footballeur, lui lançant à la figure une vérité que Sunny lui avait également dit quelques minutes auparavant.
En sentant ses jambes se dérober sous elle, Sunny comprit qu’on l’avait lâché, et elle vacilla avant de glisser sur le côté, se servant du mur comme d’un appui pour ne pas tomber, et elle s’écarta de quelques pas, des fourmis dans les mollets et ses orteils tout endoloris par la position inconfortable qu’elle avait tenue. Elle ne manqua pas une miette du spectacle qui se déroula sous ses yeux, très rapidement. L’immense garçon, musclé et furieux, fut rapidement immobilisé, puis mit au tapis par une Harper qui ne cilla même pas. Franchement impressionnée, Sunny ne pouvait la quitter du regard, et c’est à peine si elle tourna la tête vers le sportif qui prenait ses jambes à son cou, choisissant de conserver le peu de dignité qu’il avait en évitant un nouvel affront. Car de toute évidence, s’il persistait, Harper gagnerait à nouveau. Muette de stupéfaction, Sunny observa d’un œil nouveau Harper, la dévisageant de bas en haut, puis dans l’autre sens. Rien dans son apparence de poupée barbie bien proportionnée ne laissait soupçonner ce dont elle était capable, à savoir se défendre, mais également riposter.

« Je vais bien. » Sunny hocha la tête pour ponctuer ses paroles. Elle désigna d’un geste le couloir dans lequel le sportif avait disparu. « C’est pour ça que personne ne vient t’ennuyer. Je comprends mieux. » Oui, elle comprenait. Elle comprenait qu’Harper aurait pu dès le début lui casser la figure, la faire taire, mais qu’elle n’en avait rien fait. Elle laissa quelques secondes s’écouler, puis avoua faiblement sa plus grande crainte concernant ce qui venait de se dérouler. « J’ai eu peur qu’il ne se contente pas de me frapper. » dit-elle à voix basse, en se mordant les lèvres. Inspirant profondément, elle bloqua son souffle dans sa poitrine, puis le relâcha, un peu plus détendue à présent. « Merci Harper. » Elle voulait la remercier de l’avoir aidé, de ne pas avoir laissé le footballeur la cogner, de ne pas avoir profité de la situation pour obtenir vengeance. Elle voulait lui dire que c’était tout à son honneur d’être venu à son secours. Mais elle se contenta d’un simple merci, se doutant qu’Harper n’apprécierait pas forcément qu’elle se répande en long discours. Et puis, après tout, si Harper se trouvait là, c’était pour une bonne raison. Une tout autre raison.
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Harper E. Pritchard
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MessageSujet: Re: 03. A secret ? Nah, forget about it.   03. A secret ? Nah, forget about it. EmptyJeu 5 Avr - 17:38

Harper n’était pas méchante, c’était un fait. Elle se montrait bourrue la plupart du temps, mais ça ne l’empêchait pas de savoir faire la part des choses quand il le fallait. Elle était intelligente, rappelons-le. En croisant le regard humide de Sunny suspendue à quelques centimètres au dessus du sol, elle avait su déceler la peur dans ses grands yeux de poupée. Harper n’était pas cruelle, elle avait tout de suite deviné qu’il fallait qu’elle ravale sa rancœur pour lui venir en aide et la sauver de cette situation dont, elle en était persuadée, elle ne pourrait pas se sortir toute seule. Ce grand costaud allait faire de la chair à saucisse de cette mademoiselle-je-sais-tout. Jamais Harper n’aurait pu se le pardonner si elle l’avait laissé faire du mal à sa camarade, jamais et elle voulait s’éviter la culpabilité, elle avait déjà bien trop de chose à supporter. Les conflits, les combats, la guerre dans son ensemble, Harper l’avait en horreur depuis la mort de son père. Elle ne comprenait pas qu’on puisse aller au casse-pipe volontairement. Pourtant, on nous martelait d’images de guerre tous les jours à la télévision ! Que pouvait-il bien passer par la tête de ces jeunes-gens pour s’engager dans l’armée, pour signer leur arrêt de mort ? Quel rôle tenait les parents dans cette histoire? Ils encourageaient leurs enfants en leur vantant les mérites de la gratitude qu’ils recevraient pour être morts pour leur patrie ? Tu parles, la gratitude d’un peuple, ça ne valait pas grand-chose, elle était plutôt bien placée pour le savoir. La gratitude ne remplaçait pas un père, un oncle, un frère mort au front. La gratitude, ce n’était qu’une excuse minable pour grossir le rang incognito sans avoir à fournir d’effort, elle n’était pas dupe et jamais elle n’avalerait cet argument qui la faisait littéralement vomir. Sunny n’était pas mieux que ces inconscients, en réalité. Elle devait bien savoir qu’un jour où l’autre quelqu’un en aurait vraiment assez de son forcing incessant et finirait par lui mettre son poing dans la figure. Alors pourquoi s’obstinait-elle autant ? Pour récolter des éloges, des salves d’applaudissements ? Pour avoir toute la gratitude d’une horde d’élèves qui l’oublieraient à coup sûr une fois le lycée terminé ? Sunny ne se battait pas pour défendre sa nation, elle. Mais pour récolter des informations qui pouvaient bien briser la vie d’autrui, réduire en miette une réputation et rendre malheureux des personnes qui avaient mis de l’énergie à cacher leur plus noir secret. Harper était tolérante. Du moins, elle tentait de l’être, mais elle avouait que le petit manège de Sunny, elle avait beaucoup de mal à le comprendre et à l’accepter. Il y avait une différence entre être ambitieux et totalement imprudent. Sunny espérait peut-être devenir une grande journaliste, Harper ne serait pas étonnée de voir son nom inscrit à la fin d’un grand article traitant d’un sujet quelconque dans le futur. Néanmoins, elle devait apprendre à descendre de son piédestal et assimiler que ses actions n’étaient pas sans conséquences. Après coup, Harper regretta de ne pas l’avoir laissé se prendre un poing dans son visage si parfait parce que cela l’aurait sans doute aidé à enfin comprendre les choses et à la confronter à la dure réalité. Mais de toute façon, il était trop tard maintenant. Les regrets, c’était pour les mauviettes.

Lorsque Sunny lui assura que tout allait bien, la blondinette lui répondit d’un hochement de tête concis, sans prononcer un seul mot. Elle avait vraiment dû avoir peur, elle était si petite et fragile ! Elle devait avoir une force de caractère impressionnante pour récolter autant d’informations, elle s’en rendit compte seulement maintenant et instantanément, sa posture changea. Ses épaules s’affaissèrent et son visage s’adoucit. Peut-être qu’au final, elle jouait dans la même cours. Un rire goguenard s’échappa de ses lèvres quand la journaliste pointa du doigt les raisons pour lesquelles on ne venait pas l’embêter. Ah ça, pour se défendre, Harper savait se défendre. Son père avait toujours mis un point d’honneur à faire d’elle un petit soldat. Elle savait charger une arme, la nettoyer et était une pro du self-défense. Ce n’était pas des talents très glorieux, mais au moins, c’était utile –la preuve en était. Mastiquant son chewing-gum en cadence, elle haussa les épaules alors que son rire s’amenuisa dans le couloir, s’approchant un peu plus d’elle.

« Bah ! C’est rien. C’est juste une clef de bras, il s’en remettra. Si tu veux, je pourrais t’apprendre et hop. » Elle lui attrapa le poignet, tourna son bras dans son dos et remonta raisonnablement son bras au creux de ses omoplates pour ne pas lui faire mal. Elle esquissa un faible sourire tout près de son visage, ravie de son petit effet et murmura près de son oreille « Tu vois, en trois coups. Facile. » Puis elle la lâcha tout de suite avant d’attraper l’extrémité de sa serviette humide, tirant légèrement dessus en tapotant la pointe de ses tennis sur le sol impeccable. Le silence s’installa entre elles. Harper lui lança une œillade en coin. Elle avait eu de la chance de tomber sur cet imbécile, tout de même. Parce qu’elle aussi avait pensé à l’éventualité d’autre chose qu’un coup de poing dans la figure. Elle ne comptait plus le nombre d’obsédé sexuel dans ce lycée… En même temps, ils étaient ados, c’était normal que leurs hormones les titillent tout le temps. Enfin, elle n’avait pas le temps d’être titillée par ses hormones, mais c’était une autre histoire. Sunny dû lire dans ses pensées parce qu’elle annonça à voix haute sa plus grande crainte. Harper tourna son visage vers elle et opina doucement pour lui faire comprendre qu’elle saisissait. Elle fut tentée de ne rien dire. De simplement venir lui tapoter sur l’épaule pour la réconforter, mais c’était trop pour elle, elle n’était pas douée pour les accolades. Du coup, pour faire baisser la tension d’un cran, elle lança « Je crois qu’il t’aurait laissé tranquille. T’es pas assez poilue à son goût. » La fin de sa blague raisonna en écho dans le couloir désert. Elle devait l’admettre ; elle aussi avait eu peur, en réalité. Elle était sûre d’elle, mais elle n’était pas bien costaud non plus. Elle était grande, musclée et rapide mais elle restait une fille. Ressentant soudain une boule dans son estomac, un rire grave s’évada de sa jolie bouche pulpeuse. Ça y’est, la pression retombait. Elle rit de bon cœur, longtemps, laissant toute la crainte qu’elle avait ressentit s’échapper de son corps et se courba pour poser ses mains sur ses genoux en reprenant son souffle. Au fur et à mesure, elle cessa de rire et les remerciements de Sunny lui vinrent aux oreilles. Une seconde fois, elle lança « Bah ! C’est rien. » en haussant les épaules. Elle remercia intérieurement la blondinette de ne pas en faire trop et de ne pas essayer de la prendre dans ses bras ou toutes ces choses ridicules qu’elle voyait sans cesse dans les couloirs du bahut quand untel venait en aide à untel. Au moins, elles étaient sur la même longueur d’onde en ce qui concernant les effusions de sentiments, ce n’était pas plus mal. Se mordant la lèvre subitement, Harper n’avait pas oublié pourquoi elle était venue dans ce couloir et toute la pitié qu’elle avait eue pour la jeune fille se dissipa fugacement. Son visage retrouva son masque de dureté ; elle n’avait toujours pas fait de choix, elle était coincée. Harper savait que bientôt, Sunny n’hésiterait pas à lui demander sa réponse. Portant les mains à sa queue de cheval un peu défaite, elle la fit glisser nonchalamment entre ses doigts pour se détresser et roulant des yeux en soufflant bruyamment, elle préféra abréger tout de suite et dit sur un ton déterminé « Allez, pose-la ta question qu’on en finisse, Palmer. »
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Sunny Palmer
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MessageSujet: Re: 03. A secret ? Nah, forget about it.   03. A secret ? Nah, forget about it. EmptyVen 6 Avr - 22:14

C’est quelque chose que Sunny n’aurait pu découvrir au gré de ses enquêtes ou auprès des gens à qui elle arrachait des informations. Bien sûr, elle savait qu’Harper s’était vite forgé la réputation de ne pas se laisser faire, et beaucoup semblaient avoir choisi de l’éviter. Sunny avait cru que c’était grâce à un sens de la répartie hors norme, un caractère affirmé et du sang-froid, mais ce n’était pas uniquement la raison qui poussait la majorité des lycéens de McKinley à ne pas marcher sur les pieds d’Harper. Elle savait jouer des poings. Elle avait apparemment appris à se défendre, à riposter en cas d’attaque, ou bien à attaquer elle-même. Sunny n’avait jamais pensé qu’Harper était une petite chose fragile, de toute façon, du genre à parler fort mais à se défiler au moindre vrai problème. Mais jamais elle n’aurait cru que cette magnifique blonde était en fait une véritable guerrière. Elle se mit à considérer la jeune fille autrement, non pas comme une source d’information qu’il lui fallait se mettre dans la poche à tout prix, mais comme quelqu’un qui méritait du respect, quelqu’un de fort. La gratitude qu’elle ressentait fut vite rejointe par une bouffée d’admiration. Pourtant, Sunny n’admirait pas grand monde. Elle vouait un véritable culte à sa mère en tant que journaliste, parce qu’elle avait su se tailler une solide réputation avec ses articles, et elle voulait devenir comme elle plus tard –d’où son terrible penchant pour les enquêtes et le chantage. Mais à ce moment précis, elle admirait Harper. Certes, quand elle avait appris la situation précaire dans laquelle la jeune fille se trouvait, avec un père décédé, une famille à gérer, de l’argent à trouver et les services sociaux à éloigner au maximum, Sunny n’avait pu que remarquer le courage dont faisait preuve la blonde. Elle s’était vaguement demandé comment elle-même aurait réagi, en pareilles circonstances. Comme elle était fille unique, elle n’avait pas à s’occuper de frères ou sœurs à s’occuper. Mais si elle perdait son père et sa mère, et que l’argent venait cruellement à manquer ? Qu’elle avait une maison à tenir ? Et des dettes qui s’accumulaient ? Elle se jugeait plutôt forte de caractère, mais elle était loin, très loin d’égaler Harper. L’admiration qu’elle avait pourtant pu éprouver à l’encontre d’Harper à ce moment-là n’était rien comparée à ce qu’elle ressentait à présent. Elle se sentait toute minuscule et insignifiante, à côté d’elle, ce qui ne lui arrivait jamais.
Alors qu’elle lui signifiait brièvement qu’elle comprenait mieux pourquoi on la laissait en paix, Harper lui fit une rapide démonstration de sa fameuse clé au bras. Sans comprendre ce qui lui arrivait, Sunny se retrouva dans la même posture que le footballeur quelques secondes auparavant, mais fut vite relâchée, et elle s’efforça de dissimuler la pointe d’admiration, et avouons-le, d’envie, qu’elle ressentait. Au moins, cela lui permettait de penser à autre chose qu’à ce qui venait de se passer, et déjà, la tension retombait peu à peu, puis finit par disparaitre quand Harper, peut-être dans une tentative pour alléger l’atmosphère, lança une plaisanterie qui fit franchement rire Sunny, et leurs deux rires résonnèrent en même temps dans le couloir. Alors qu’une semaine, à la même heure et au même endroit, Harper avait semblé sur le point de lui rabattre son caquet à grand coup de gifles, aujourd’hui non seulement elle venait de lui sauver la mise, mais voilà qu’elles riaient toutes les deux, comme si Sunny ne lui avait jamais fait cet odieux chantage, comme si elles étaient amies, ou au moins des camarades de classe qui s’entendent bien. Amies, elles auraient pu l’être d’ailleurs. Il aurait suffi que Sunny tienne sa langue, et s’abstienne de lui faire du chantage. Elles n’avaient qu’un an de différence, après tout. Sunny pouvait sentir qu’elles avaient quelques points communs, comme leur caractère affirmé, pour commencer. Etait-ce suffisant pour se lier d’amitié avec quelqu’un ? Sunny n’en était pas certaine, mais elle avait la certitude qu’elle aurait pu bien s’entendre avec Harper, qui comme elle, semblait ne pas trop apprécier ses camarades de classe, peut-être pour d’autres raisons, mais le résultat était le même. Seulement voilà, Sunny était venue la trouver parce qu’elle voulait quelque chose, une chose qu’elle était prête à obtenir, par tous les moyens, aussi vils et honteux soient-ils.

Harper ne l’avait d’ailleurs pas oublié, puisque très vite, elle se concentra sur la raison qui les avait amenées toutes les deux dans ce couloir. Redevenant sérieuse à son tour, Sunny considéra la blonde en face d’elle sans rien dire. Oui, elle voulait cette liste d’élèves, cette liste de tricheurs dont elle pourrait se servir. Elle avait déjà des projets. Elle enquêterait sur chacun d’entre eux, réunissant toutes les informations possibles, et s’ils s’avéraient qu’ils détenaient quelque chose d’encore plus intéressant pour Sunny, elle irait les trouver, les mettrait eux aussi au pied du mur, pour les forcer à lui en donner plus, mais seulement si cela lui permettait de faire un bon article par la suite. Et si jamais les élèves en question n’étaient que de simples tricheurs, et bien, elle pourrait toujours en citer un ou deux sur le blog de Jonah, selon l’attitude qu’ils avaient eu envers elle, par exemple. Sunny avait tout prévu, comme d’habitude. Mais pour cela, il lui fallait cette liste. Harper avait dû se constituer une clientèle assez fournie, et Sunny voulait en profiter. Tant pis si cela mettait à mal le petit business d’Harper.
Vraiment ? Harper avait besoin de cet argent. Sa famille était criblée de dettes, son avenir était de toute façon bien compromis. Mais cette argent lui était vraiment nécessaire, il lui servait à maintenir sa famille hors de soucis plus gros. Si elle avait choisie de vendre son intelligence à ceux qui en manquaient, ce devait être pour ne pas être obligée de prendre un petit boulot du genre de serveuse ou caissière dans un fast-food, le genre qui vous bouffe votre énergie, et n’est même pas bien payé. Or, Harper devait avoir besoin de toute sa force, pour porter sa famille à bout de bras comme elle le faisait. Sans cette source de revenus, elle serait obligée de se tourner vers un moyen plus honnête, mais moins rémunérateur, de subvenir à ses besoins, et ses ennuis n’en finiraient jamais. Depuis qu’elle s’était décidée à devenir journaliste, Sunny avait laissé derrière elle des élèves aux prises avec les conséquences de ses révélations. Il y avait eu des couples brisés, des réputations ruinées, des amitiés anéanties… elle avait fait beaucoup de dégât. Mais ce n’était pas grand-chose, en fin de compte. S’en prendre à Harper, c’était risquer que toute sa famille soit touchée, d’une façon ou d’une autre. Cela en valait-il vraiment la peine ?

« Qu’est ce qui se passera, si tu n’as plus de clients chez les lycéens ? Comment tu gagneras de l’argent ? » demanda-t-elle doucement, curieuse de savoir si Harper avait déjà réfléchi à un plan B.
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Harper E. Pritchard
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MessageSujet: Re: 03. A secret ? Nah, forget about it.   03. A secret ? Nah, forget about it. EmptySam 7 Avr - 0:16

Harper n’attendait pas de traitement de faveur de la part de la petite journaliste qui la faisait chanter. En vérité, elle n’avait même pas pensé que Sunny puisse remettre en cause le pourquoi de leur présence dans ce couloir désert à une heure pareille, alors que tous les élèves de McKinley vaquaient depuis plus d’une heure à leurs occupations. Harper était assez intuitive, elle ne connaissait pas très bien Sunny, mais elle savait que les gens comme elle, ne prenaient pas le malheur des autres en pitié. Au contraire, ils se faisaient un plaisir de profiter de ce malheur pour faire des gorges chaudes au milieu de la communauté –pour Sunny, au sein même de leur établissement scolaire. Autant dire, la cage aux lions. Cette jungle hostile et grouillante des bêtes les plus venimeuses qui lui était donné de côtoyer dans son quotidien. Et quand bien même ; Harper ne voulait pas de sa pitié. Elle préférait la lui cracher à la figure plutôt que d’avoir à l’affronter. C’était trop douloureux de voir dans le regard des autres que votre situation est sans issue, elle n’était pas assez costaud pour le supporter. C’est vrai qu’elle aurait cent fois voulu ne pas avoir à être victime d’un chantage pareil. Elle s’en serait bien passée, à vrai dire. Ce n’était que des soucis en plus, elle n’avait vraiment pas besoin de ça. Mais quémander un peu de sollicitude de la part de sa soi-disant camarade de classe, c’était juste impensable de son point de vue. C’était comme si elle s’abaissait à faire l’aumône, et si Harper s’était bien promis une chose au cours de sa toute jeune vie, c’est que jamais elle n’aurait à tendre la main ; plutôt mourir. Elle lui avait peut-être sauvé la mise et, n’ayons pas peur des mots, sauvé sa petite vie misérable grâce à son savoir-faire impressionnant, mais ce n’était pas une raison pour prendre ce prétexte et passer-outre les règles du petit jeu malsain que Sunny elle-même avait mis en place. Elle souhaitait jouer, elles joueraient ensemble. Son père lui avait appris à affronter les choses. A ne jamais fuir quand l’ennemi se présentait à elle, l’arme au poing. C’était une évidence, elle était profondément ennuyée par toute cette histoire, mais elle avait assez d’amour propre pour ne pas se défiler, cela ferait bien trop plaisir à la blondinette de parvenir à trouver une faille chez l’athlète de haut niveau au mental d’acier qu’elle était. Sunny n’avait peut-être pas la carrure d’un soldat surentraîné, mais Harper la voyait comme l’ennemie la plus redoutable qu’elle n’avait jamais eu à affronter. A côté d’elle, les dettes, les factures et la misère n’étaient que de petits joueurs. Parce qu’au moins, elle parvenait tout de même à venir à bout d’eux, même si ça prenait du temps et lui pompait toute son énergie. Alors qu’avec Sunny, Harper n’était sûre de rien. Elle ne savait pas à quoi s’attendre, et quand son estomac se contracta douloureusement, la forçant à poser sa main sur son abdomen, elle comprit quelque chose : elle avait peur d’elle. Soudain, un silence pesant plana dans le couloir dès lors qu’Harper termina sa petite phrase censée relancer les hostilités entre elles, pour en finir une fois pour toute. Elle redoutait profondément les paroles de Sunny, tellement qu’elle tendit l’oreille, prête à bondir au cas-où. Elle les redoutait parce qu’elle savait qu’elle devait absolument faire un choix et que, trop tard, elle se rendit compte qu’elle était tout bonnement incapable de choisir. Ce n’était pourtant pas nouveau pour elle, elle devait faire des choix cruciaux tous les jours ! Cependant, les choses étaient différentes. Cette fois, elle avait l’impression que Sunny détenait l’avenir de sa famille entre ses doigts crochus de journaliste en herbe assoiffée de scoop bien juteux, qu’elle jetterait aux fauves pour assouvir leur gros appétit. Harper avait été trop arrogante, encore une fois. Ce n’était pas de sa faute, au final. Etre confronté à des situations difficiles vous forge une carapace telle, qu’à un moment donné, même la plus humble des personnes pense pouvoir se sortir de toutes les impasses, même les plus tortueuses, persuadée d’avoir déjà affronté le pire. Mais qu’est-ce que le pire ? Personne n’est infaillible, la preuve.

Il suffisait juste qu’elle fasse un choix, bon sang. Maintenant les deux côtés humides de sa serviette accrochée à son cou, le cerveau de Lilibeth entra en ébullition, prêt à fureter les moindres recoins des kits de survis mentaux qu’elle avait mis en plus au cours de toutes ces années de galère. Quand alors, la voix de Sunny résonna à son tour dans l’arène. Elle voulait dire, dans le couloir. Sa question lui fit hausser les sourcils, surprise. S’en souciait-elle vraiment ? Est-ce que cela l’importait réellement de savoir ce qu’il adviendrait de sa famille si elle n’avait plus cette branche à laquelle elle pouvait se raccrocher ? En plantant son regard dans le sien, Harper essaya de chercher la réponse. Elle ne parvint à déceler que de la curiosité, mais la douceur dans son ton ne trompait pas. Peut-être ne devrait-elle par lui faire confiance, elle l’avait déjà bernée une fois, elle pouvait recommencer. Mais le poids dans son ventre ne faisait qu’accroître son malaise et sans préméditation, elle répondit calmement :

« Je bosse à la gare routière après les cours. Ça paie bien, même pour quelques heures seulement. Le patron est sympa, il dit que je suis plutôt un bon élément, que je suis une bonne petite ; que je suis courageuse. » Les commissures de ses lèvres se relevèrent pour dessiner un furtif sourire sur son visage, mais retombèrent aussitôt. La naïveté avec laquelle elle prononça ses paroles l’agaça profondément, et déroutée par son propre ton, elle détourna la tête dans un autre sourire de façade, cette fois. Pourtant, elle ne faiblit pas puis continua sur sa lancée « Je suppose que je devrais laisser-tomber les cours pour y travailler à plein temps. Ma mère à besoin de beaucoup de… » Ses prunelles bleues regardèrent au loin, ses doigts se crispants autours de sa serviette « Bref. » trancha-t-elle. Sa mère avait besoin de beaucoup de médicaments. En fait, avec les dettes accumulées, son traitement était ce qui coûtait le plus cher à la famille. Ils n’avaient pas d’assurance maladie, ils devaient payer plein pot et ça, pour n’importe quel médicament. Si elle ne gagnait pas suffisamment d’argent, sa mère ne guérirait pas, c’était aussi simple que ça. Se mordant brièvement la lèvre, elle battit des paupières tout en baissant les yeux, gardant toujours la tête tournée « Mes frères sont trop jeunes. Enfin, les jumeaux ont l’âge de se chercher un petit job, mais je sais ce que c’est de ne pas pouvoir vivre comme les jeunes de son âge. Tu vois, j’ai pas envie qu’ils connaissent la même chose alors, je préfère serrer les dents et prendre sur moi, c’est que ma mère ferait si… » Encore une fois, elle s’arrêta. Parler de sa mère, c’était plus douloureux que tout le reste. Elle le sentait parce que chaque fois qu’elle s’engageait dans cette voie, sa voix se fêlait, c’était instantané. Cherchant à reprendre sur elle, la jeune fille compta jusqu’à trois dans sa tête puis se redressant sur ses tennis usées, elle regarda de nouveau Sunny en tournant la tête vers elle. Elle voulu la fusiller du regard, mais elle s’aperçut que son œillade assassine n’eut pas l’effet escompté. De ce fait, elle dit, sur la défensive « De toute façon, qu’est-ce que ça peut bien te faire ? Excuse-moi de briser tout tes espoirs, mais t’as rien d’une mère Teresa et contrairement à l’autre imbécile qui a voulu te refaire le portrait, je te vois mal entrer au Celibacy Club. L’éclat de l’auréole te donnerait l’air encore plus idiote. » Chassez le naturel… Elle dodelina de la tête, fendant l’air avec sa queue de cheval « Fais-moi confiance, reste dans le camp du vice. Ça te sied mieux au teint. »
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Sunny Palmer
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MessageSujet: Re: 03. A secret ? Nah, forget about it.   03. A secret ? Nah, forget about it. EmptyDim 15 Avr - 21:48

A McKinley, il y avait les élèves issus de famille aisée, qui ne manquaient de rien et ne se privaient pas pour étaler leur fortune aux yeux de tous, à grands coups de vêtements griffés qu’ils ne portaient jamais plus d’une fois, de sacs à main et de chaussures hors de prix, sans oublier la voiture brillante et au moteur vrombissant. Et puis il y avait ceux qui venaient de familles plus modestes, qui peinaient à joindre les deux bouts, ne pouvaient offrir à leurs enfants que le strict minimum, et encore. On les reconnaissait facilement, ils ne portaient pas les dernières tenues à la mode, venaient au lycée en bus, et leur chaussures étaient usées jusqu’à la corde. Sunny se trouvaient entre les deux. Fille unique d’un couple qui avait brillamment réussi, elle vivait confortablement, mais n’avait pas non plus tout ce qu’elle voulait. Sa voiture était d’occasion, elle n’avait pas énormément d’argent de poche, et devaient attendre les soldes pour avoir des vêtements neufs. Comme beaucoup de monde, en somme. Elle n’avait pour l’instant pas besoin d’un petit boulot, et ses parents ne l’obligeaient pas à en avoir un d’ailleurs. Ils lui avaient constitué un petit pécule pour ses études, qui dormaient sagement en attendant le jour où elle en aurait besoin. De toutes façons, elle n’était pas certaine de pouvoir caser des heures de travail en plus dans son emploi du temps déjà surchargé. Entre ses cours, son travail au club de journalisme qui lui prenait un temps considérable puisqu’elle avait une place de journaliste number one à défendre, sans parler de ses activités extra-scolaire dont ses parents ignoraient tout, mais qui l’accaparaient beaucoup, elle n’avait plus trop de temps pour autre chose. Mais elle y songeait quand même.
Harper faisait malheureusement partie des gens excessivement pauvres. Sunny avait eu entre ses mains les relevés de banque de la famille Pritchard, avec mentionné dessus le montant de leur dettes, et ce n’était vraiment pas rassurant pour l’avenir d’Harper. Ce qu’elle parvenait à récolter, en faisant les devoirs des autres et en passant leur examen à leur place, devait lui être vraiment très utile. Peut-être s’en servait-elle pour payer quelques factures. Ou pour faire les courses afin de nourrir ses frères, ou pour leur acheter des vêtements, bref, elle pouvait difficilement s’en passer. Comme elle le lui expliqua, elle avait un autre travail, un vrai celui-ci, un petit job d’étudiant qui apparemment n’était pas trop ingrat. Cela lui suffirait-il si jamais elle n’avait plus la possibilité de faire payer les élèves de McKinley ? Sûrement pas. Si cela avait été le cas, Harper n’aurait pas été dans l‘obligation d’en venir à cette petite combine. Et si Sunny l’en privait, en l’obligeant à révéler des noms d’élèves qui, une fois mis devant le fait accompli, saurait d’où venait la fuite et se passerait de ses services, Harper devrait trouver une autre rentrée d’argent. Comme elle était majeure, elle pouvait si le besoin s’en faisait sentir, quitter le lycée. Ce qui tirerait un trait définitif sur toutes chances d’avoir un meilleur avenir professionnel, à moins de passer sa vie au même endroit en espérant obtenir une promotion minable. Elle serait condamnée à avoir une vie difficile, à se battre pour finir le mois sans être dans le rouge. Et si elle devait le faire, il était évident que ce serait sans hésitation qu’elle abandonnerait ses études, et sa vie, pour subvenir aux besoins de sa famille, cela ne faisait aucun doute. Sunny ne connaissait pas tous les détails de la vie d’Harper, elle n’était au courant que des problèmes financiers de la famille Pritchard, mais lorsque la blonde laissa échapper quelques bribes d’informations concernant sa mère, Sunny sut que la situation était bien plus tragique qu’il n’y paraissait. Elle fronça les sourcils, et l’espace d’un instant, se demanda si Jonah pourrait lui fournir les dossiers médicaux de Mme Pritchard… avant de se rendre compte qu’elle poussait la curiosité beaucoup, beaucoup trop loin. Se giflant mentalement, elle se demanda distraitement jusqu’où était capable d’aller. Elle était bien décidée à faire carrière dans le journalisme, et à être autant, sinon plus, reconnue que sa mère, qu’elle idolâtrait carrément. Elle savait que pour obtenir sa réputation, sa mère avait dû faire des choses bien peu recommandables, et Sunny avait toujours été prête à faire de même. Mais était-elle vraiment capable de fouiner dans la vie de cette fille, de déterrer des secrets qu’elle s’efforçait de cacher, de ruiner sa vie, juste pour satisfaire sa curiosité, et accroitre son réseau d’informateurs ? Le pire, c’est que oui, elle en était capable. Elle aurait pu forcer Harper à lui donner cette fichue liste de noms, et elle n’aurait rien eu à faire des conséquences. Si Harper perdait tous ses clients, se retrouvait à devoir travailler à plein temps, si le secret de sa famille était dévoilée et si les services sociaux s’intéressaient à leur cas avant de placer ses frères en famille d’accueil, cela lui était égal. Elle aurait à sa disposition des élèves à qui elle pourrait faire du chantage, où qu’elle pourrait menacer et/ou dénoncer si le besoin ou l’envie s’en faisait sentir. Le reste n’avait pas d’importance.

Les confessions d’Harper prirent subitement fin, et elle se mit à lui cracher quelques phrases bien senties à la figure que Sunny encaissa sans broncher, et sans même vraiment réagir. Elle était bien trop occupée à se demander si elle avait une morale, ou si elle en était totalement dépourvue. Elle cligna des yeux, revenant sur terre et dans la situation présente, et posa son regard sur Harper, la fixant un moment sans rien dire. « J’étais juste curieuse. » dit-elle distraitement. Elle croisa les bras, se mordilla les lèvres et réfléchit à toute vitesse. « Cette liste de noms me serait très utile. » Puisqu’Harper avait été honnête avec elle, autant l’être également. « Je suis sûre que je pourrais en tirer quelque chose. Tu sais maintenant que je ne me gêne pas pour faire du chantage, et l’idée d’être dénoncée à Figgins pour tricherie pourrait en pousser plus d’un à me dévoiler tout ce qu’ils savent sur leurs amis. L’autre jour, tu disais qu’il y avait plus intéressant qu’une simple affaire de tricherie, et tu avais raison. C’est pour ça que je suis venue te trouver. » expliqua-t-elle doucement, en glissant un regard par en dessous à Harper. « Plus tard, je veux devenir une grande journaliste. Je suis prête à tout pour ça. Et pour ça, il faut se salir les mains. Ce qui ne me dérange absolument pas. Alors tu vois, ton auréole… » Elle n’acheva pas sa phrase, se contentant de sourire, et de hausser un sourcil qui en disait long sur ce qu’elle pensait du fait qu’elle ne serait jamais un ange. Levant le menton et plissant les yeux, elle jaugea Harper du regard. « Pourquoi tu ne t’es pas contentée de me frapper ? Une bonne gifle, il parait que ça remet les idées en place. Ou mieux, pour ne pas te fatiguer, pourquoi tu n’as pas laissé ce crétin s’occuper de moi ? Tu n’aurais plus eu à te soucier de moi. Excuse-moi, mais ça m’intrigue. » Son regard se fit interrogateur.
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Harper E. Pritchard
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MessageSujet: Re: 03. A secret ? Nah, forget about it.   03. A secret ? Nah, forget about it. EmptyLun 16 Avr - 22:34

Ce n’était pas dans les habitudes de Lilibeth de se laisser aller à des confidences. Elle ne savait pas ce qui l’avait poussé à en dire plus que nécessaire sur sa situation, mais le fait était qu’elle avait eu la langue trop pendue, cette fois. Malheureusement, elle n’avait pas le pouvoir d’effacer les quelques secondes qui venaient de s’écouler. Tant pis, Harper ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. Elle saurait parfaitement le gérer, comme toujours. La lueur de curiosité qui s’anima dans le regard de Sunny ne plu pas du tout à sa camarade qui s’efforça d'aussitôt détourner les yeux dans la direction opposée, sentant ses larmes gonfler aux ras de ses longs cils. Sunny était irrécupérable, ce n’était pas croyable. Elle avait supputé sur le fait que la jeune journaliste n’avait aucuns scrupules, elle ne s’était pas trompée ; elle en avait la preuve maintenant. Ce regard avide d’informations lui donnait la chair de poule. Et c’est par réflexe qu’elle se frotta l’avant-bras avec sa main encore moite, ayant l’impression de ressentir comme un frisson glacial lui parcourir son corps tendu. Laissant son regard embué s’aventurer au bout du long couloir, il ne lui fallu pas plus d’une seconde pour se reprendre. Harper ne pouvait pas flancher, pas devant cette fille. Elle ne lui donnerait pas le plaisir de la voir s’effondrer. Ce fut d’ailleurs avec une mine impassible qu’elle retourna les yeux vers celle-ci, et son visage se teinta d’une amertume qu’elle n’essaya même pas de dissimuler, tant elle la dégoutait. Sunny se remit à babiller, avec un sourire qu’Harper jugeait comme condescendant, lui expliquant le pourquoi de son obstination. Harper savait pourquoi elle faisait tout ça, elle n’avait pas besoin de gaspiller sa si précieuse salive pour la mettre au parfum. Elle n’avait pas envie de copiner avec elle sous prétexte qu’elle s’était aventurée à aller plus loin dans son discours. Un petit sourire sardonique se dessina au coin de sa bouche pulpeuse, et tout en levant les sourcils, Harper déclara :

« Je suis curieuse, moi aussi. » Elle croisa les bras sur sa poitrine. La mine de profond dédain qu’elle arborait plus tôt se transforma alors en un masque de suspicion. Ses yeux se plissèrent, elle chercha ses mots un moment, puis enfin, daigna reprendre la parole « Lequel de tes parents est journaliste ? » Arquant un sourcil, son sourire en coin s’élargit graduellement. Elle fixa Sunny, sans ciller. Elle paraissait si jeune, si fragile même. Harper ne voulait pas l’attaquer, elle souhaitait juste mettre des mots sur son attitude. Pourquoi ? Parce que pour la première fois de sa vie, Harper ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas que cette fille au visage d’ange, soit prête à se salir autant, comme elle le disait. Son esprit virevoltant dans tous les sens, elle n’attendit pas sa réponse « Maman, je parie. Elle est ton modèle, tu veux faire tout comme elle pour plaire à Papa. Typique. » Faisant balancer sa longue queue de cheval de droite à gauche, elle rompit le contact de ses yeux plongés dans ceux de Sunny. Fronçant les sourcils, Harper inspira une grande bouffée d’air, et dans un soupir bruyant, elle ajouta « J’ai lu un tas de truc là-dessus. Mais dis moi, t’es pas un peu vieille pour faire ton Œdipe ? » Une fois encore, Harper la jaugea avec impétuosité, passant au crible sa tenue, les bracelets qu’elle portait aux poignets, et même ses boucles blondes. N’empêche qu’elle avait de quoi tromper son monde, cette pimbêche. Lasse, elle fini par hausser les épaules en détournant la tête, agacée de vouloir à tout prix lui chercher des raisons ; elle était peut-être tout simplement mauvaise.

Choses qu’elles n’avaient pas en commun, c’était indéniable. La voix de Sunny résonna à ses oreilles, Harper – bien obligée – se concentra de nouveau sur elle. Elle osa lui poser la question qui la taraudait, elle aussi. En croisant le regard de Sunny, elle fut tenter de lui en mettre une pour rectifier le tir, et lui faire ravaler sa question idiote, mais Harper ne donnait pas des coups pour le plaisir. On l’attaquait, elle ripostait en conséquence. Elle ne s’en prenait jamais à des – le terme pouvait paraître naïf – innocents. Ses coups étaient nets, précis. Elle ne donnait pas de coup de pied au hasard ; elle savait exactement où atteindre sa cible et les répercussions que son coup engendrerait. Harper était impulsive, mais elle n’usait pas de la violence pour arriver à ses fins. Elle n’était pas assez cruelle pour ça, elle n’était même pas méchante. Elle se battait juste avec les armes qu’on lui avait données. Laisser Sunny se faire ravaler le portrait lui aurait valu des années et des années de culpabilité. Elle n’avait pas le temps pour la culpabilité. Pendant un moment, Harper regarda Sunny sans parler. Elle ne voulait pas lui répondre, elle trouvait que ce n’était pas nécessaire. C’est pourtant en roulant des yeux qu’elle s’astreint à rouvrir la bouche, mais son ton laissait transparaître tout son agacement :

« T’es vraiment idiote. » Elle glissa une mèche, échappée de sa queue de cheval, derrière son oreille, et dans petit un rire, elle dit « Laisse-tomber. Le principal, c’est que ton joli visage a été épargné, tu devrais plutôt t’en réjouir au lieu de chercher à comprendre pourquoi. Tu vas pouvoir continuer à faire l’innocente en toute beauté. » Elle fit un grand sourire hypocrite, mimant l’éclat de ses dents parfaites avec son pouce et son index, puis coula un regard sur sa droite en refaisant tomber sa main près de son flan – non sans gratifier Sunny d’un regard plein de reproches. Elle commençait à s’impatienter, elle n’était pas venue ici pour avoir une discussion avec la jeune fille, elles avaient un marché à conclure. A cette pensée, l’estomac d’Harper se tordit douloureusement. Elle n’avait pas fait son choix, elle ne savait pas quoi faire. Elle décida alors de ne pas mentir, et en défaisant sa queue de cheval, elle vint s’adosser au mur près de sa camarade, posant son talon sur celui-ci « Je ne sais pas si je vais accepter ton offre, je risque gros. » Jouant avec son élastique, elle baissa ses yeux sur ses doigts avant de passer sa main dans ses cheveux humides « J’ai… » Elle déglutit tout doucement, pinçant les lèvres avec la même intention « J’ai besoin de cet argent. Si je te donne la liste, je vais perdre des clients... » Elle laissa sa phrase en suspens pour mieux reprendre, dans un éclat de rire sans joie « Ne me laisse pas te supplier de lâcher l’affaire, Palmer. »
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Sunny Palmer
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MessageSujet: Re: 03. A secret ? Nah, forget about it.   03. A secret ? Nah, forget about it. EmptyVen 25 Mai - 18:07

Dans son esprit, Sunny se repassait les informations qu'Harper avait laissé échapper, certaines par mégarde et d'autres pour satisfaire la curiosité de la journaliste. Il lui était difficile de comprendre les motivations d'Harper, et les détails de sa vie qui l'avaient poussé à devoir s'enfoncer dans des combines pour trouver de l'argent. En comprenant que cela avait à voir avec sa mère, Sunny sut que la situation devait être bien pire que ce qu'elle avait pu imaginer. Mais elle avait du mal à se mettre à la place d'Harper, qui avait eu l'occasion de se venger de son maître chanteur, que ce soit de sa main ou de la main de quelqu'un d'autre. Bon, elle l'avait quand même bien fait mariner en jouant la fille complice du footballeur, mais au final, elle lui avait été d'un grand secours. Comment pouvait-on garder un tel sens de l'honneur quand on se retrouve dans une telle situation ? Et si Sunny s'était retrouvé avec la vie d'Harper ? Si les rôles avaient été inversés, et que Sunny avait dû gérer sa famille, affronter des dettes monumentales, garder tout ça secret pour éviter que ses frères ne soient placés en famille d'accueil, subvenir au besoin de tout le monde, et mener sa scolarité par dessus le marché, aurait-elle su garder son self-contrôle face à une petite peste venu lui faire du chantage ? Bien que n'étant pas violente, en menant une vie aussi difficile, Sunny aurait sûrement fini par développer une certaine rage qui l'aurait poussé à frapper avant de réfléchir. Et pourtant, Harper avait su garder son calme.
Sunny ne l'avouerait jamais, mais à cet instant précis, elle se mit à éprouver une féroce admiration à l'encontre de la blonde qui lui faisait face, et qui semblait vouloir à tout prix lui expliquer par a+b qu'elle devait avoir un léger problème d'ordre psychologique, pour vouloir à ce point ressembler à sa mère. Harper n'était pas seulement intelligente, elle était également très perspicace, car oui, Sunny voulait devenir comme sa journaliste de mère. Et cette dernière n'était désormais plus la seule personne sur terre à laquelle Sunny vouait de l'admiration. Parce qu'à sa place, elle aurait fait les mauvais choix, parce qu'elle aurait préféré laisser son maître chanteur se faire casser la figure, parce qu'elle n'aurait pas eu le cran dont Harper faisait preuve, tout simplement, Sunny ressentit comme une drôle d'envie... de lui ressembler. Sentant ses joues rougir à mesure qu'elle prenait conscience de ce fait, la journaliste en herbe baissa les yeux, pile au moment où Harper la traitait d'idiote, ce qui aurait pu laisser penser que les mots avaient un quelconque effet sur elle, alors que comme à son habitude elle ne se sentait pas concernée par les insultes.

Mais pour le coup, Sunny se sentait quand même pas mal idiote, parce que toutes ses bonnes résolutions -enfin disons plutôt ses résolutions, parce que vu les répercussions que cela pouvait avoir, on ne pouvait pas vraiment dire qu'elles étaient bonnes- toutes ses bonnes résolutions donc, semblaient partir en fumée à mesure qu'elle se rendait compte de l'effet que lui faisait Harper. Elle qui s'était toujours enorgueillie de sa capacité à séparer les sentiments et le professionnalisme ! Les nombreuses fois où elle s'était royalement moqué des conséquences, obsédée par l'article qu'elle voulait écrire, tout cela était balayé par une blonde agressive, insolente, et pauvre. Depuis quand était-elle devenue si sensible ? Ou plutôt, depuis quand se souciait-elle des conséquences de ses actes, de ce que pourrait entraîner sa passion pour le journalisme ? Sunny n'était pas seulement surprise, elle s'en voulait également d'envisager de laisser partir Harper sans rien lui demander. " Ce n'est pas en me traitant d'idiote et en m'insultant toutes les cinq minutes que tu me convaincras de te laisser tranquille. " murmura-t-elle néanmoins, en ponctuant ses paroles avec un regard d'avertissement en direction d'Harper. Elle la suivie des yeux alors que cette dernière la rejoignait contre le mur et s'y appuyait, ses longs cheveux blonds retombant, emmêlés, sur ses épaules. Répugnant à briser le silence qui suivit la supplication qui n'en était pas une d'Harper, Sunny inspira à fond. Elle voulait cette liste de noms, elle la voulait plus que tout. Elle avait déjà quelques élèves vers lesquels se tourner lorsqu'elle voulait des infos, des élèves qui avaient de lourds secrets qu'ils ne voulaient surtout pas voir dévoilés -comme Nina, qui jonglait habilement entre sa vie de fille à papa aux résultats et à l'attitude exemplaire, et sa réputation de peste en uniforme de Cheerios. La cheerleader était une mine inépuisable de scoops, et subissait depuis un moment le chantage de Sunny. Mais ce n'était jamais suffisant pour la blonde, qui savait qu'il fallait sans cesse renouveler ses sources si elle voulait garder la priorité sur les secrets de McKinley. Avec cette liste... elle n'osait imaginer qui s'y trouvait. Des élèves bien sous tout rapport, qu'elle pourrait honteusement faire chanter, ou dénoncer s'il s'avérait qu'ils s'étaient mal comportés avec elle. Elle aurait soit une vengeance, soit de nouveaux informateurs. Dans les deux cas, elle sortirait gagnante !
Mais en contrepartie, Harper se retrouvait sans cette source de revenus qui lui était indispensable. Et alors ? Après tout, ce qui pouvait arriver à la jeune fille, Sunny n'en avait rien à faire. Enfin, c'est ce qui aurait normalement du se passer. Sauf que pour la première fois, Sunny n'avait pas envie de simplement détourner les yeux et oublier les dégâts qu'elle avait causé. Face à des filles comme Nina, qui mettait un point d'honneur à se comporter comme des garçes, c'était facile de leur faire du mal en les menaçant. Cela n'empêchait certes pas Sunny de dormir le soir. Mais Harper n'avait pas mérité ce qui lui arrivait. Elle avait beau être incroyablement insolente et faire preuve d'une violence verbale rare chez une fille... elle ne méritait pas ça.

En coulant un regard songeur en direction du couloir dans lequel le footballeur avait disparu, Sunny sut ce qu'elle allait faire. Et cela ne l'enchantait pas le moins du monde.

" Tu m'as aidé alors que tu n'y étais pas obligé. Moi, je n'aurais pas pu, si j'avais été à ta place. " fit-elle doucement remarquer, le regard fixé sur ses chaussures. " Je ne veux plus de cette liste de noms. J'ai toujours envie de savoir qui triche aux examens, parce que ça pourrait m'être très utile, mais je ne veux pas que tu en paies le prix. Ce n'est pas de ta faute, après tout, si les élèves de ce lycée sont tous des débiles. " Elle haussa les épaules d'un air léger. " Je laisse tomber ! " conclut-elle en s'écartant vivement du mur, et les mains dans le dos, elle lança un rapide coup d'oeil à Harper, lui taisant ce qu'elle pensait réellement la concernant -qu'elle méritait tellement mieux que cette vie, et qu'elle l'admirait énormément. Une idée lui traversa subitement l'esprit, et elle se retourna vers Harper. " Je ne dirais jamais rien à personne, mais j'aimerais te demander deux choses : la première, c'est de m'apprendre ce petit truc que tu as fait à cet idiot, tout à l'heure. Ce mouvement qui l'a complètement immobilisé. C'était très impressionnant, je voudrais que tu m'apprennes. Si tu veux bien. " Elle ponctua ses paroles d'un petit sourire, très différent de celui, innocent et hypocrite, qu'elle avait en général lorsqu'elle s'adressait aux gens. " Et ensuite, il faudrait que tu fasses un peu plus attention. Parce que si moi j'ai réussi à percer ton secret, il ne faudra pas longtemps avant que quelqu'un d'autre le découvre. Alors, sois un peu plus prudente. " conseilla-t-elle simplement.
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Harper E. Pritchard
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MessageSujet: Re: 03. A secret ? Nah, forget about it.   03. A secret ? Nah, forget about it. EmptyLun 28 Mai - 19:57

Lorsque Sunny la prévint que ce n’était pas en l’insultant qu’elle réussirait à la convaincre de lui ficher la paix, Harper laissa échapper un éclat de rire teinté de moquerie. Sunny avait beau vouloir se donner de grands airs de journaliste qui avait assez de cran pour mettre sa réputation de fille à papa bien sous tout rapport à mal, au fond, elle restait une gamine. Harper parvenait à détecter le lait qu’elle avait encore sur le bout du nez ! Ce chantage grotesque en était la preuve tangible, d’ailleurs ; à la maternelle, Sunny devait être redoutable. Harper ne serait pas étonnée d’apprendre qu’elle était du genre à racketter ses petits camarades pour avoir plus de gelée de framboise le midi, à la cantine. À la différence de cette dernière, Harper n’essayait pas de donner une image d’elle qui ne reflétait pas la réalité, car il fallait être aveugle pour ne pas se rendre compte que Sunny jouait sur les deux tableaux. Lilibeth assumait ce qu’elle était. Elle estimait aussi que si elle avait été faite de cette façon, c’était pour une bonne raison, autre que de faire peur à tous ceux qui s’approchaient trop près d’elle. Se cacher sous des sourires enjôleurs, rouler des hanches, et embrigader tout son petit monde dans une comédie dont elle serait l’actrice principale, ce n’était pas dans ses habitudes, et ça ne le serait jamais. Elle savait qu’elle était d’une insolence rare, seulement, elle savait aussi qu’elle était plus mûre qu’une bonne partie des élèves de ce lycée. Les autres faisaient des projets, rêvaient de grandeur. Au final, peu d’entre eux réalisaient vraiment leur souhait. C’était pour cette raison qu’Harper passée son temps à dire qu’ils étaient profondément idiots. Être intelligent, ce n’était pas avoir un gros quotient intellectuel, ou être capable de résoudre des équations sans même prendre le temps d’y réfléchir. Non, être intelligent, c’était comprendre que tous les rêves auxquels ils songeaient en secret ne se réaliseraient jamais. Harper ne menait pas la grande vie, elle ne s’accrochait à aucun espoir, pourtant, elle avait tout compris, et c’était ça, sa plus grande force.

Elle, il ne lui serait jamais venu à l’esprit de faire chanter quelqu’un ; quand elle voulait quelque chose, elle n’y allait pas par quatre chemins. À quoi bon tourner autour du pot ? Vouloir user d’une information délicate concernant n’importe qui, c’était sadique, et la blondinette ajouta cet adjectif peu flatteur à la longue liste noire de ceux qu’elle gardait en réserve pour qualifier Sunny Palmer. Elles n’avaient décidément rien en commun. Son talon posé contre le mur, elle tritura du bout des doigts les pointes de ses longs cheveux, pendant que son rire rauque s’amenuisa. Elle avait repris du poil de la bête, et la fragilité qu’elle avait fait transparaître plus tôt, c’était envolé. C’était facile avec quelqu’un comme Sunny face à elle, elle avait tellement de ressentiments à son égard ! Levant graduellement les pupilles, Harper la fixa, faussement étonnée. Elle se décolla du mur, et posa une main sur sa poitrine, faisant mine d’être désolée d’avoir, il lui semblait, blessé son ego.

« Oh, j’ai heurté ta sensibilité, princesse. » Elle laissa sa main posée sur sa poitrine, et fit s’affaisser les coins de sa bouche, avant de tendre son doigt pour venir dessiner une larme invisible dégringolant de sa propre joue. Elle reprit très vite son faciès impudent, puis fronça les sourcils avec agressivité « Si tu t’attends à des excuses de ma part, tu peux toujours courir. » Elle haussa les épaules, penchant furtivement la tête en esquissant un sourire en biais. Encore une fois, Sunny pointa du doigt le fait qu’elle l’avait aidé. Bon Dieu, si elle osait de nouveau remettre ça sur le tapis, Harper finirait vraiment par regretter de ne pas l’avait laissé profiter de ce ravalement de façade dont monsieur gay refoulé voulait la gratifier « Ouais, et bien, moi, je ne suis pas toi. La prochaine fois, rappelle-moi de te laisser passer à tabac, comme ça, tu te sentiras moins seule quand l’heure sera venue pour toi de rejoindre ton purgatoire. »

Sentant le stress la ronger de l’intérieur, Harper ne montra rien pourtant, et se détourna pour la énième fois de la jeune fille debout à ses côtés. Elle avait encore cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, et son avenir était entre les mains de cette blonde aux airs angéliques. Harper ne s’attendait pas à ce que Sunny flanche, en réalité. Elle avait l’air pugnace, beaucoup trop, et ça avait le don de l’agacer. Elle sentait le piège se refermer sur elle, ça n’avait rien d’agréable, et si elle n’était pas aussi fière, sans doute qu’elle aurait pris la fuite pour échapper à ce guet-apens dans lequel elle s’était jetée en toute connaissance de cause. Toutefois, le retournement de situation qui la frappa de plein fouet fut tellement violent, que la jeune athlète retourna vivement son minois vers son interlocutrice, ses cheveux virevoltant sous son brusque coup de tête. Elle fixa Sunny, abasourdie. Elle l’écouta attentivement terminer sa phrase, ne l’interrompant même pas pour reprendre sa respiration. Que devait-elle lui dire ? Devait-elle la remercier ? Harper ne s’en sentait pas capable, et lorsque la journaliste conclut enfin, l’adolescente arbora un air contrit, choquée par la façon dont la vapeur s’était renversée au cours de ces quelques secondes. En toute honnêteté, même si elle l’avait espéré, elle ne s’y était pas préparée. Bien sûr, elle ne repousserait pas cette perche qu’elle lui tendait, mais prise au dépourvu, elle ne sut quoi répondre. Alors, contre toute attente, elle lui sourit. Un vrai sourire, sincère, illuminant son visage dans son entièreté. Peu de gens avaient le loisir de voir Harper sourire aussi franchement, c’était un évènement. Néanmoins, elle savait qu’elle ne pouvait pas se contenter de lui sourire, et recouvrant très vite cette expression mélancolique qui la caractérisait, elle cligna des yeux, se préparant à parler.

« Alors, ça veut dire qu’on est quitte. » Elle pinça les lèvres, éclatant de rire en s’imaginant donner des cours de self-défense à Sunny : c’était impensable. Elle lui était peut-être redevable, mais il ne fallait pas pousser le bouchon « Je crois que coach Beiste donne des cours de kick-boxing le mardi soir, tu devrais pouvoir trouver un créneau dans ton emploi du temps de ministre pour t’y rendre. Moi, je risque de te tuer dès les premières secondes. Je ne te supporte pas, Palmer. » Tapant le bout de sa chaussure sur le sol, Harper releva la tête. Étrangement, ses conseils ne la mirent pas en colère, mais elle se garda bien de montrer quoi que ce soit, et elle répondit avec ironie « Et toi, fais attention à toi. Je suppose que tu dois garder des tas de scoops sous le coude, et je ne serai pas toujours là pour te sauver la mise. Mine de rien, ce crétin aurait pu te briser les dents. » Souriant légèrement, Harper resta silencieuse pendant un moment, n’osant plus rien dire de peur d’en faire des tonnes.

Harper ne lui avait pas dit merci, elle ne le ferait pas, ça ne servait à rien. Lançant des petites œillades à la dérobée à Sunny, gênée par ce climat serein, elle finit par se retourner pour reprendre son chemin, ayant dans l’idée de rejoindre les vestiaires. Elle ne se retourna pas, ne fit pas de signe de la main en direction de Sunny ; elles n’étaient pas amies, mais elles n’étaient plus ennemies.

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