Choriste du mois


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 03. You don't know me

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Occupation : Gérant du Gramophone Record, membre des AV et guitariste d'Against the odds
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MessageSujet: 03. You don't know me   03. You don't know me EmptyJeu 5 Avr - 20:46

"Tu veux un sac?"

Ryder secoua négativement la tête en souriant à la vendeuse blonde. C’était bizarre avec Ecaterina parce que tout les liait. Dorian était le frère de la jeune fille, elle était la petite-amie de son bon ami Gale, ils avaient été au même lycée, Savannah n’appréciait pas spécialement la blonde et tous les deux partageaient la même date de naissance! Pourtant, ils ne s’étaient vraiment adressés la parole. Tous les deux savaient qui était l’autre, mais sans plus. Ils se saluaient poliment lorsqu’ils se croisaient. Quoi qu’il en soit, il lui sourit et la remercia lorsqu’elle lui remit sa facture et sa monnaie. Le musicien empoigna les deux livres qu’il venait d’acheter et les mis sous son bras, souhaita une bonne journée à la vendeuse et sortit de la boutique.

Ryder décida de profiter du temps doux que lui offrait la fin de l’année pour aller faire sa lecture au parc Lincoln. Il embarqua donc dans sa voiture en laissant ses livres sur la banquette passager, direction le parc. Il se stationna en parallèle à la lisière de l’endroit. Il se retourna pour prendre ses livres avec lui et c’est là qu’il remarqua un petit carnet noir qu’il n’avait pas acheté. Il avait dû se trouver sous ses deux nouveaux livres et il avait dû le prendre en même temps que ces derniers lors de son départ, par inadvertance. Il saisit le cahier et le tourna de tous les bords pour vérifier s’il n’y avait pas un nom ou quelque chose du genre dessus qui indiquerait à qui il appartenait. Cela ressemblait à une sorte de journal intime. Ne trouvant rien, il ouvrit la première page. Toujours rien. Son regard glissa alors sur les écrits de la page suivante. Il les parcourut. C’était très bien écrit et les mots très songés. Il s’agissait de textes intimes qui décrivaient certes des sentiments, mais ça n’avait rien d’un journal. Il continua de feuilleter les pages. Plus il tournait de feuilles, plus les textes étaient mieux écrits, réfléchis, profonds, matures et personnels. Certains étaient durs et remplis de colère, alors que d’autres étaient doux et romantiques. Il s’était retourné plusieurs fois pour vérifier que personne n’était sur le siège arrière de sa voiture entrain de regarder ce qu’il faisait, mais il n’y avait que sa vieille guitare Betty. Il se sentait tellement comme un intrus qui s’était introduit dans les pensées de la personne qui avait écrit ces textes. Une fille probablement. L’écriture était fine et légèrement penchée. Aucun garçon ne pouvait écrire de cette façon. Les gars étaient faits d’une façon qu’il était impossible pour eux de bien écrire. Ryd savait que ce qu’il faisait était mal, mais il ne pouvait pas détacher les yeux de ces écrits. Il aurait dû retourner immédiatement à la librairie et remettre le carnet au comptoir en s’excusant d’être parti avec lui sans faire exprès, mais il en était incapable. Comme il aurait aimé pouvoir écrire de cette façon. Pouvoir tourner les phrases ainsi et trouver les mots justes pour décrire certains sentiments. Chaque fois qu’il avait tenté d’écrire quelque chose pour en faire une chanson, il n’était arrivé à rien. En fait, tout ce qu’il avait réussi à faire, était quelques phrases qu’un enfant de huit aurait pu écrire. Il était jaloux du talent de l’écrivain amateur, car à voir les pages quasi-intactes, l’auteur n’avait pas effacé ou retravaillé ses mots à plusieurs reprises. Cela semblait venir d’un seul coup et Ryder ne semblait pas avoir ce talent.

En continuant de feuilleter les pages, il tomba sur un texte ni trop profond, ni trop léger et pour une quelconque raison, le toucha. La situation qui était décrite pouvait arriver à n’importe qui et en lisant les phrases, une mélodie joyeuse qu’il avait improvisé alors qu’il était en tournée, lui revint à l’esprit. Il était certain que la musique avec quelques retouches pourraient très bien fonctionner sur ces paroles. Curieux et pressé de savoir, il s’empara de sa guitare et de son propre carnet dans lequel il écrivait les mélodies qu’il inventait, des paroles ou des phrases qui le touchaient. Il sortit de sa voiture et se dirigea vers une table à pique-nique qui se situait sous un chapiteau de bois. Il pourrait travailler sur sa chanson sans être trop dérangé, au moins le parc n’était pas très occupé à ce moment-là.

Le guitariste accorda rapidement son instrument à l’oreille et pinça un peu les cordes pour se dénouer les doigts et retrouver cette mélodie qui collerait bien à ce texte. Il écrivit, effaça, raya et rajouta des notes et des rythmes. Essayant ensuite ce qu’il venait d’écrire sur sa Betty. Il travailla pendant près d’une heure sur cette chanson. Une fois satisfait et sûr que tout serait parfait, il la tenta au complet sur sa guitare, paroles incluses.

Il se racla la gorge, se mis à l’aise sur la table, plaça le texte du mystérieux auteur sur sa caisse ouverte tel un chevalet et commença à jouer la petite introduction en tapant le rythme à l’aide de son pied, puis il chanta :

"I wanna ask you
Do you ever sit and wonder,
It's so strange
That we could be together for
So long, and never know, never care
What goes on in the other one's head?

Things I've felt but I've never said
You said things that I never said
So I'll say something that I should have said long ago:

(You don't know me)
You don't know me at all
(You don't know me)
You don't know me at all (at all)"


Paroles par Ben Folds - You don't know me...
Mais on fait comme si c'était Charlie qui les avait écrites
BON! Tongue


Dernière édition par Ryder Crawford le Dim 29 Avr - 21:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 03. You don't know me   03. You don't know me EmptyDim 8 Avr - 22:10

« Non, Great Expectations n’a pas été écrit par Shakespeare, vous avez dû commettre une erreur en recopiant les références » Répéta une Charlie excédée devant l’impatience et l’entêtement de sa cliente. Bon sang, comment pouvait-on être à ce point ignorant ? Confondre Charles Dickens et William Shakespeare, c’était comme confondre Chris Martin et Bono, ou encore le père Noël et le père Fouettard ! Tentant malgré elle de reprendre son calme, la jeune libraire prit une longue inspiration avant de jeter un coup d’œil à Ecaterina qui semblait prendre un malin plaisir à l’observer se battre contre sa cliente. Derrière la neutralité de ses traits, Charlie pouvait aisément remarquer les yeux rieurs et brillants trahissant l’hilarité de celle qui était supposée l’aider. Soupirant de plus belle, la jeune femme se tourna vers sa cliente et esquissa le sourire hypocrite au possible de la vendeuse qui souhaite faire bonne figure en dépit de la débilité profonde de la clientèle. L’adolescente qui la fusillait du regard finit par abdiquer et lui demanda de la mener vers la section appropriée. « Si vous voulez bien me suivre… » Répondit Charlie d’une voix faussement enthousiaste. Abandonnant le petit carnet qu’elle avait toujours en mains sur le comptoir, elle contourna ce dernier et s’aventura parmi les différentes sections de la librairie afin de guider la lycéenne vers Charles Dickens, et non William Shakespeare. S’arrêtant à la section souhaitée, elle plissa les yeux et suivit du regard les rangées de livres classés par ordre alphabétique selon le patronyme des auteurs. La jeune femme connaissait quasiment les rayonnages par cœur et se hissa donc sur la pointe de ses pieds afin de récupérer Great Expectations, un grand classique de la littérature anglaise, qu’elle tendit à la lycéenne. Cette dernière ne tarda pas à soupirer en voyant le nombre de pages qu’il comportait et Charlie ne put s’empêcher de lui lancer un regard victorieux. « Oh ne vous laissez pas impressionner par le nombre de pages, ça se lit tout seul. Et à côté de cette lecture-là, je vous promets que Twilight vous paraitra bien fade ». Devant l’air furibond de l’adolescente, Charlie esquissa un nouveau sourire aussi superficiel que suffisant.

Retournant en caisse, la jeune femme retrouva Ecaterina qui saluait l’homme dont elle venait d’encaisser le chèque et qui repartait déjà en direction de la sortie. Satisfaite, la brunette se posta à côté de blondie et s’occupa de sa propre cliente qui n’en menait pas large et qui semblait même avoir perdu l’usage de la parole. Sans jamais se départir de son calme, elle la salua finalement et secoua la tête d’un air exaspéré dès qu’elle eut le dos tourné. « Tu sais, ce n’est pas comme ça que tu finiras employée du mois » Fit remarquer Ecaterina, qui avait ouvert le magazine people en dessous du comptoir en attendant les nouveaux clients. « La ferme, Blondie » Rétorqua-t-elle avec humeur avant de poser son regard sur le magazine que sa collègue lisait tranquillement. « Et tu devrais arrêter de t’abrutir avec ces conneries, à force de mater le cul de Kardashian, tu vas bousiller le peu de neurones qu'il te reste ». Charlie se retourna et, quittant le comptoir, partit s’occuper des piles de livres qui attendaient patiemment d’être rangés dans les rayons. La jeune femme n’était peut-être pas très costaud, mais elle parvenait à en porter plus d’une dizaine à la fois, ce qui constituait une grande fierté pour elle. Soulevant une pile de livres, elle se dirigea vers la section Philosophie et s’attela à la tâche. En ce samedi après-midi, la librairie était plutôt calme. La météo s’avérant clémente pour un mois de décembre, nombreux étaient les habitants qui avaient décidé d’en profiter en sirotant quelques boissons en terrasse, dans le centre-ville. Coincée à la librairie des vieux quartiers depuis onze heures du matin, Charlie n’avait pas cette chance et passait en réalité sa mauvaise humeur sur les pauvres clients qui osaient pousser la porte de la boutique. Depuis quelques semaines, elle rencontrait quelques difficultés à mettre un peu d’ordre dans sa vie ; entre les examens de fin de semestre qui approchaient dangereusement, le stress que cela engendrait, et sa vie sentimentale qui tombait plus ou moins en lambeaux depuis qu’elle était tombée sous le charme de son gynécologue qu’elle n’avait pas revu depuis des semaines, elle ne savait plus vraiment où donner de la tête. Elle faisait pourtant de son mieux pour retrouver une certaine contenance, s’occupant l’esprit en lisant des tonnes de bouquins et, plus récemment, elle avait même acheté un punching-ball avant de s’inscrire à quelques cours de yoga –solutions contradictoires mais qui semblaient néanmoins faire leur effet.

Grimpant sur une mini-échelle, la jeune femme plaça un énième ouvrage de Chomsky sur l’étagère qui semblait graduellement plier sous le poids des livres. Elle frotta ses deux mains contre son jean afin d’éloigner la poussière de sa peau puis s’appliqua à descendre les quelques marches lorsqu’elle en rata une et perdit l’équilibre. La chute fut de courte durée et lorsqu’elle atterrit sur les fesses, elle lâcha un énième juron. Le rire d’Ecaterina ne tarda pas à retentir dans toute la boutique et, plus irritée que jamais, la brunette se releva avec empressement avant de donner un coup de pied dans l’étagère –ce qui, au passage, lui valut une nouvelle douleur qu’elle tacha d’ignorer. Le regard de la jeune femme se posa sur les deux livres qui n’avaient pas encore été rangés, puis sur la montre enroulée autour de son poignet. Avec surprise, elle découvrit qu’il était déjà dix-sept heures, ce qui ne signifiait qu’une seule chose : elle allait pouvoir rentrer chez elle, s’enfermer avec ses bouquins et réviser jusque tard dans la nuit. Certes, la perspective des révisions n’était pas des plus réjouissantes, mais au moins elle serait chez elle, loin de ces clients redoutables. Abandonnant les deux livres à leur sort, elle tourna les talons et rejoignit Blondie derrière le comptoir. Elle réunit ses affaires en moins d’une minute et s’apprêta à saluer Ecaterina lorsqu’elle se souvint de son petit carnet noir. Fronçant les sourcils, elle jeta un coup d’œil sous le comptoir puis sur les étagères derrière celui-ci. La panique la gagnant peu à peu, elle fit le tour de la boutique, repartit en direction des rayons qu’elle avait parcourus, inspecta même l’arrière-boutique, mais rien n’y fit : le carnet semblait s’être tout simplement volatilisé. « Dis-moi, Cat, tu n’aurais pas vu un petit carnet noir par hasard ? » Demanda la jeune femme en retournant auprès de sa collègue. Cette dernière hésita puis secoua la tête en signe de dénégation. « Et merde ! » Lâcha la libraire avant de s’appuyer contre le comptoir. Elle était pourtant certaine de l’avoir laissé là, avant de s’occuper de cette inculte de lycéenne. Ce carnet n’était pas banal, sa valeur était inestimable aux yeux de Charlie. Dedans, elle y inscrivait toutes ses pensées qu’elle rédigeait sous forme de petits textes. Parfois, ce qu’elle écrivait n’avait même rien à voir avec ce qu’elle ressentait, et elle se contentait de rédiger des histoires qui lui passaient par la tête. Cela n’avait peut-être aucune valeur, d’un point de vue général, mais c’était quelque chose d’extrêmement personnel. Se maudissant d’avoir été suffisamment stupide pour l’avoir laissé trainer sur ce fichu comptoir alors qu’elle ne s’en séparait jamais, elle attrapa son sac et quitta la boutique.

La jeune femme essaya de garder son calme, et pourtant, elle eut bien du mal à repousser les larmes qui lui montaient déjà aux yeux alors qu’elle conduisait afin de rentrer chez elle, plus penaude que jamais. S’arrêtant à un carrefour, elle jeta un coup d’œil au parc qui s’étendait à vue d’œil et décida d’ouvrir la vitre, désespérée. Elle posa son coude sur le rebord de la portière, puis soupira de nouveau en repensant à son carnet perdu. Devant elle, le feu rouge passa au vert, mais elle ne l’aperçut pas, perdue dans ses pensées. Ce fut à ce moment précis qu’elle entendit la voix masculine. Ne réagissant pas immédiatement, elle se laissa attendrir par le timbre de voix agréable et la perfection des notes de musique qui la précédait. De la guitare, bien sûr, et le joueur devait être sacrément doué : elle pouvait reconnaitre la justesse des accords et, fermant les yeux, elle s’imaginait même les répéter, ses doigts s’agitant sur le manche de l’instrument. La guitare avait toujours eu tendance à l'apaiser en période de crise. Pourtant, ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Fronçant les sourcils, elle réalisa soudainement à quel point les paroles de la chanson lui étaient familières. Interloquée, elle tendit l’oreille puis ouvrit de grands yeux, bouche bée. Elle se souvenait de ce texte-là, elle l’avait écrit récemment après avoir vu un film à l’eau de rose qui l’avait particulièrement émue. Elle y avait également mêlé quelques lignes qui auraient pu aisément s’appliquer à sa propre vie. Oui, cela ne faisait plus aucun doute désormais : la personne qui chantait devait forcément avoir récupéré son carnet. Comment ? Elle n’en avait aucune idée, mais elle devait le découvrir.

Les coups de klaxons qui retentirent derrière elle suffirent à la sortir de sa rêverie et elle redémarra en trombe, cherchant du regard une place de parking près du parc. Ne trouvant rien, elle se renfrogna et gara sa voiture devant un domicile sans se soucier des conséquences. Claquant la portière derrière elle, elle courut en direction du parc et retrouva rapidement la voix du chanteur dont elle se servit pour se guider. Il ne lui fallut pas plus d’une minute pour retrouver son voleur et, en l’apercevant, elle se souvint du client dont Ecaterina s’était occupé alors qu’elle-même avait dû prendre en charge la fan de Twilight. Elle en resta un moment interdite, à quelques mètres de lui. Il avait dû trouver le carnet et le prendre au passage, le faisant glisser dans son sac rempli des nouveaux livres dont il avait fait l’acquisition. La colère ne tarda pas à monter en elle. Non mais quel toupet ! Dérober son carnet, le parcourir, et se servir d’un texte pour créer une chanson qu’il chantait joyeusement dans le parc ! Si l’on ne pouvait parler de viol, c’était pourtant le terme qui clignotait désormais dans l’esprit confus et indigné de Charlie. Oui, c’était violer son intimité ! Contrariée au possible, elle fit quelques pas puis se posta devant lui. Croisant les bras devant sa poitrine, elle toisa son voleur une seconde puis son regard glissa sur le carnet qui était ouvert devant lui. Au bord de l’explosion, elle se pencha pour le ramasser. « Ça va, je ne te dérange pas trop ? Non parce que je ne voudrais pas me sentir de trop, tu comprends ! ». Feuilletant son carnet, elle reconnut sa propre écriture couchée sur chaque page qu'il contenait. « Non mais pour qui tu te prends, au juste ? Non seulement monsieur vole mon carnet, mais je vois qu’il n’a aucun remord à utiliser les textes ! C’est privé ! Privé ! Tu comprends ou je dois te ramener un dictionnaire pour que tu y vérifies la définition ? Abruti ! ».
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MessageSujet: Re: 03. You don't know me   03. You don't know me EmptyJeu 12 Avr - 15:51

Ryder était particulièrement fier du résultat que cela donnait. Bien sûr, il y avait encore quelques petites retouches à effectuer, mais le gros de la chanson était là. Il y avait bien un truc qui l’agaçait, mais il était incapable de mettre le doigt dessus. Probablement qu’à force de jouer et rejouer le morceau il trouverait. Il n’aimait être aussi excité pour une chanson qu’il avait réalisé à moitié, surtout qu’il ne savait même pas de qui provenait les paroles et que celles-ci se trouvaient dans un carnet ressemblant à un journal intime, mais il était heureux d’enfin pouvoir mettre des paroles sur l’une de ses compositions musicales. Il effaça quelques notes, réfléchit un peu en mâchouillant le bout de son crayon de plomb. Il écrivit un nouveau rythme, puis décida d’essayer à nouveau avec les modifications qu’il venait d’apporter.

"I wanna ask you
Do you ever sit and wonder,
It's so strange
That we could be together for
So long, and never know, never ca..."

Ce qui devait arriver, arriva. La propriétaire du petit carnet et l’auteur des paroles que le musicien était entrain de chanter se trouvait devant lui, l’air passablement mécontent. C’était bien sa chance. Ryder s’arrêta net de jouer, mal à l’aise et les joues teintées de rouge. Il déposa tranquillement sa guitare dans son étui. Il laissa la jeune fille déverser tout son fuel de colère sur lui. S’il avait appris une chose avec les filles de son entourage, c’était de ne jamais les couper lorsqu’elles étaient fâchées au risque d’envenimer leur colère. De toute façon, le jeune homme ne pouvait pas en vouloir à la brunette. Elle avait tous les droits d’être fâchée et de le traiter de tous les noms. "Tu écris vraiment bien" Lui dit-il une fois que la brunette eut terminé. Ce n’était peut-être pas la meilleure chose à dire, mais c’est tout ce qui lui était venu sur le coup. "Je veux dire…je suis vraiment désolé. Je mérite pleinement ta colère, même si elle est un peu dur." C’est vrai! On ne l’avait jamais traité d’abruti. Du moins, pas en plein visage et pas par une fille. Parce que cet adjectif était souvent sortit de la bouche de son père lors de son adolescence. "Crois-moi, je n’ai pas pris ton carnet volontairement. Il a dû se trouver sous mes livres lorsque je suis allé à la librairie et je l’ai tout simplement pris en même temps…Écoute, je sais ce que c’est le vol de droit d’auteur. Je suis vraiment désolé." Ryder s’en voulait beaucoup. Il parlait doucement pour tenter d’apaiser la jeune fille, mais il avait l’impression que peu importe ce qu’il allait dire, l’auteur en herbe ne le croirait pas, penserait qu’il la prenait pour une idiote et continuerait de lui crier dessus. Et il méritait tout cela. Il avait joué avec le feu. Dès qu’il avait ouvert ce carnet et qu’il avait lu les premières lignes de la première page, il s’était mit les pieds dans les plats. Le musicien ne savait plus quoi rajouter. Comment expliquer à son interlocutrice qu’il avait été littéralement attiré et fasciné par ses textes et son style d’écriture sans qu’elle ne le prenne pour un voyeur ou même un psychopathe? Comment lui dire qu’il tuerait pour être capable d’écrire et de tourner les phrases de cette façon? Pourtant, ces trois dernières années, avec tous les chanteurs, artistes et musiciens, il aurait dû apprendre tout cela et être capable d’écrire quelque chose…Il ne pouvait pas expliquer cela à la jeune fille, elle le traiterait illico de taré. Pourquoi ne s’était-il pas écouté dès le départ et n’était pas allé reporter le carnet à la librairie. Il se serait éviter bien des problèmes, même qu’au contraire la brunette aurait été très reconnaissante.

Finalement, il prit son propre carnet et déchira les pages sur lesquelles il avait écrit la musique et les tendit à la libraire. "Tiens, c’est la musique. Fais en ce que tu veux et encore désolé." C’était la chose qu’il pouvait faire. C’était dommage par contre, car il aurait aimé l’entendre avec tous les arrangements dans un studio, mais il s’était emballé trop vite. Il tenta un sourire timide vers la fille et il espérait qu’elle allait le croire.


Dernière édition par Ryder Crawford le Dim 29 Avr - 21:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. You don't know me   03. You don't know me EmptyDim 15 Avr - 19:10

Devant le garçon à la guitare, Charlie fulminait. Ce petit carnet noir était son bien le plus précieux, et à la seule idée que l’on puisse y toucher, elle avait l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Il avait appartenu à son héros, son père. Quelques mois plus tôt, en organisant un vide-grenier chez sa mère, elle l’avait découvert dans les cartons. Il était là, parmi toutes les babioles accumulées par son père au cours de ses dernières années, babioles dont sa mère n’était jamais parvenue à se séparer. Manuscrits de voyages, photographies en noir et blanc, une vieille caméra qui avait fait son temps, des tonnes de papiers recouverts de son écriture grossière, et parmi tout ceci, un petit carnet noir. En le découvrant, Charlie avait été surprise : elle n’avait jamais considéré son père comme un poète. Non, à ses yeux, il était un combattant, un héros qui avait pris la décision de partir à la guerre pour l’honneur de son pays. Pourtant, elle avait vite découvert qu’il n’était pas que cela. Certes, il était piètre rédacteur et il n’aurait probablement eu aucun avenir dans l’écriture, mais les trois premières pages du carnet étaient emplies de souvenirs et, en les parcourant, la jeune fille n’avait pu retenir ses larmes. Le cachant dans son sac, elle l’avait emporté chez elle puis avait soigneusement déchiré les trois premières pages qu’elle avait pliées et rangées dans un tiroir. Depuis il ne la quittait que rarement. Elle avait toujours eu l’habitude d’écrire dans des cahiers : elle était passionnée de littérature et en dehors de sa passion pour la guitare, la rédaction était son passe-temps favori. Elle écrivait tout et rien, des paroles de chanson mêlées à ses impressions personnelles. Ce n’étaient pas des journaux intimes à proprement parler, elle ne commençait pas à remplir les pages en inscrivant la sempiternelle formulation « cher journal » tout en y ajoutant la date du jour. Non, elle les considérait davantage comme de petits recueils, et quand elle eut enfin terminé son dernier cahier, elle avait décidé d’utiliser le carnet de son père pour y transposer ses pensées les plus intimes, les plus secrètes. Elle avait l’impression que par l’intermédiaire de l’écriture, elle parvenait encore à atteindre son héros, là-haut. Cela avait beau paraitre absurde, totalement dénué de sens ou de logique, mais elle y croyait quand même : ils partageaient une chose en commun, ce petit carnet totalement banal. Il s’agissait de leur secret à eux.

Mordillant sa lèvre inférieure tout en essayant de réprimer la fureur qui l’agitait, elle jeta un nouveau regard assassin à son interlocuteur. C'est vrai, il n’avait pas vraiment l’étoffe d’un voleur : au contraire, il paraissait plutôt calme et serein, et les grands yeux clairs qu’il posait sur elle semblaient empreints de sincérité. Mais Charlie était aveuglée, aveuglée par la colère mais aussi la panique qui la gagnait peu à peu alors qu’elle réalisait enfin que ce garçon avait lu tous ses textes. Il ne s’était pas arrêté à la première page ; ce texte qu’il avait repris se trouvait presque au milieu du carnet. Tous ses états d’âme, toutes ses pensées… tout, oui tout se trouvait au cœur de ce livret. Elle y contait ses malheurs comme ses bonheurs, donnait du sens à ses craintes les plus profondément ancrées, narrait ses plus grandes hontes qu’elle dissimulait parfois derrière quelques métaphores bien tournées. Et voilà que son intimité était brisée. Les pommettes de la jeune fille prirent une teinte rosée et elle posa le revers de sa main contre ses tempes qui semblaient s’enflammer. Elle ne voulait montrer aucun signe de faiblesse, mais derrière son irritation grandissante, elle se sentait déjà fléchir. Ce n’était vraiment pas sa journée.

Brisant le silence qui s’était installé entre eux suite aux insultes de l’étudiante, l’étranger lui fit un compliment sur sa façon d’écrire. Charlie arqua un sourcil, prête à lui demander s’il se payait sa tête. Elle lui disait qu’il était un abruti, et lui, tout ce qu’il trouvait à lui répondre était qu’elle écrivait bien ? Décidément, ce garçon était encore plus culotté qu’elle n’aurait pu l’imaginer. « Oh merci, tu ne peux pas savoir à quel point je me sens mieux d’entendre ça de la bouche d’un parfait inconnu qui ne connait rien de moi » Répliqua-t-elle sur un ton sarcastique, avant de secouer la tête avec agacement. Néanmoins, le garçon ne se départit par de son calme, au contraire, il se fondit en excuses. Charlie ignora sa dernière remarque –elle était peut-être dure, mais c’était amplement mérité- et serra les mâchoires. Elle lui coula un nouveau regard avant de lâcher un long soupir. Elle ne pouvait pas le nier : il avait l’air franc, et lorsqu’il lui dit que tout ceci n’était qu’un accident et que le carnet avait dû glisser dans son sac alors qu’il payait ses livres à la librairie, elle fut même tentée de le croire. Seulement, il semblait omettre un détail de taille : ce carnet s’était peut-être retrouvé dans son sac par erreur, mais il ne s’était pas gêné pour le lire à la première occasion. Et c’était précisément ce qu’elle lui reprochait : avoir lu ses textes et les avoir utilisés pour ses chansons.

« Okay, mais la prochaine fois évite de lire ce qui ne t’appartient pas » Répondit-elle, sa voix s’adoucissant malgré elle. Oh, elle n’était pas prête de lui pardonner. Elle ne le connaissait ni d’Eve ni d’Adam, et il s’était permis de découvrir des choses qui ne le regardaient absolument pas. Cependant, force était d’admettre que ses intentions n’avaient pas été fondamentalement mauvaises : au plus elle le regardait, au plus cette vérité s’imposait à elle. Charlie n’avait pas un mauvais fond, elle disait peut-être beaucoup de grossièretés et sa susceptibilité était souvent à fleur de peau, mais elle était surtout réservée. C’était précisément ce trait de sa personnalité qui l’avait conduite à se comporter de la sorte. Elle était exaspérée et agacée, certes, mais il y avait une raison à cela. Soupirant de plus belle, elle regarda avec surprise le garçon face à elle déchirer les pages de son propre carnet qu’il lança dans sa direction. D’un air désolé, il s’excusa une nouvelle fois après lui avoir dit de faire ce qu’elle voulait de sa musique. Levant les yeux au ciel, Charlie se mit à taper frénétiquement le sol de son pied. « C’est bon, pas besoin de prendre cet air aussi abattu non plus » Lança-t-elle sèchement. Partagée entre l’envie de mettre une baffe à ce type et celle d’accepter ses excuses, elle ne parvenait à se décider. Finalement, elle se pencha et ramassa les feuilles sur lesquelles il avait écrit la chanson. Ou plutôt leur chanson, dans ce cas précis. Silencieuse, elle parcourut les vers de ses yeux, prenant tout son temps pour juger le travail du guitariste. Elle devait avouer que c’était loin d’être mauvais, il était parvenu à réajuster son texte pour en faire une chanson en apparence légère mais qui était en réalité pleine de relief. Levant les yeux de sa feuille, elle jeta un coup d’œil à son voleur et se mordit l’intérieur de la joue. Le combat reprenait, et cette fois-ci, ce n’était plus la fureur contre la compassion, mais la colère contre la curiosité. « Je ne vois pas pourquoi tu voles les textes des autres, tu as l’air plutôt doué, non ? » Demanda-t-elle d’un air indifférent et un brin amer. Pourtant, c’était bien sa curiosité qui avait fini par l’emporter.
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MessageSujet: Re: 03. You don't know me   03. You don't know me EmptyJeu 3 Mai - 3:09

Ryder se doutait bien de ce que la jeune brunette pouvait ressentir. Lui-même aurait certainement réagit de la même façon si on lui avait volé ou pris ses compositions musicales et ensuite qu’on les avait joué sans son consentement. D’accord, il avait fait exactement ce qu’il ne voulait pas qu’on lui fasse. Il n’avait pas d’excuses valables et s’en voulait énormément. Il n’était pas un voleur. Avant de faire quoi que ce soit avec cette chanson, il serait allé s’informer à la librairie pour avoir l’accord de l’auteur. Il connaissait suffisamment le domaine pour savoir qu’on ne rigolait pas avec le plagiat et le droit d’auteur. Il n’aurait pas non plus risqué de salir son nom dans l’industrie pour une telle histoire.

Dans une situation idéale, après avoir découvert ce petit bijou de carnet contenant des textes touchants, drôles, intimes et colériques, bref des textes écrits d’une merveilleuse façon et dont Ryder voulait apprendre à écrire, ce dernier serait retourné à la libraire pour rendre le livre et demander à qui il appartenait et demandé comment cette personne réussissait à écrire de cette façon. La personne pas dupe du tout aurait alors compris qu’il avait lu ces écrits et se serait mis en colère. Ryder l’aurait alors calmé en s’excusant et en lui expliquant qu’il n’avait pas exactement tout lu, mais qu’il souhaitait avoir des trucs pour mettre ses sentiments par écrit et choisir les mots justes pour en faire des chansons par la suite. Touchée, la personne aurait accepté. Mais comme il s’agit de Ryder et que rien ne se passait jamais comme il le souhaitait dans sa vie, ce n’était pas ce qui s’était passé. La propriétaire du carnet était venue à lui et avait tout chamboulé. Bien sûr, quelques éléments de son histoire hypothétique avaient été suivis à la lettre, mais il n’allait pas être aussi évident de s’en sortir.

Et la balle était maintenant dans le camp de la fille. Soit elle croyait à ses excuses et à sa sincérité et se calmait, soit elle continuait de croire qu’il avait volé son cahier et continuait de déverser sa colère sur lui. À voir sa posture crispée et ses traits furieux, l’auteur ne semblait pas vouloir en démordre. Tant qu’à lui, Ryder gardait son calme habituel. Peu à peu, l’effet posé du garçon sembla se refléter chez la jeune fille. Elle semblait tout d’un coup plus détendue. Ce qui se refléta dans ses paroles. Ryder lui sourit timidement. "Oui, promis. Je crois que j’ai eu ma leçon." Lui répondit-il en se frottant l’arrière de la tête. Le jeune brun n’avait pas du tout aimé cette situation. Surtout qu’il avait le rôle du méchant, alors que c’était loin d’être ses intentions. Bien que calmée, elle ne semblait pas lui avoir tout à fait pardonné vu comment elle réagit assez sèchement. C’était juste, mais il ne savait pas quoi faire d’autre. Il avait tout dit pour sa défense. Elle avait retrouvé son carnet, il lui avait donné sa musique et son travail sur la chanson. C’était réglé, non? Du moins, en partie.

Pourtant, elle restait là devant lui. Il aurait cru qu’elle serait partie en courant en lui criant quelques injures de plus avant, maintenant qu’il n’avait plus rien d’elle, mais elle lui posa une question que lui-même se posait à tous les jours. Ryder pouffa légèrement de rire en secouant la tête. C’était bien ça le problème! Le musicien aurait dû être capable d’écrire des paroles de chanson. Il possédait tous les outils et les atouts pour réussir. Il baignait dans la musique depuis ses 12 ans. Il avait travaillé toute son adolescence au Gramophone. Il lisait sur la musique, allait à des concerts dès qu’il le pouvait, écoutait des concerts live en DVD, il naviguait sur des sites de musique toute la journée, il écoutait, il apprenait, il jouait bien d’une dizaine d’instruments et ces trois dernières années, il avait vécu avec des musiciens, des chanteurs, des compositeurs et des interprète et il avait rencontré une multitude d’artistes avec lesquels il avait appris et reçu des conseils. Ryder avait essayé et essayait toujours d’écrire quelque chose de potable sans toutefois y arriver. Pourtant, musicalement, il n’y avait aucun problème à composer. Les notes et les rythmes lui venaient naturellement et sans efforts, mais dès qu’il fallait y coller des paroles, il n’y avait rien qui fonctionnait. C’était le néant total. "Oui. J’ai l’air doué…" Il mima des guillemets avec ses doigts lorsqu’il dit le mot « air ». Il n’aimait pas évoquer cette petite faiblesse. Il voulait tellement être un musicien-compositeur accompli. "Pour la musique ça va…Pour les paroles, j’y arrive tout simplement pas. Écoute, je n’ai pas voulu lire tes volontairement. D’ailleurs, je ne les ais pas tous lus et la plupart seulement en diagonal et je n’ai pas fait attention à ce qu’ils représentaient, si ça peut te rassurer. J’ai seulement été conquis par ton style d’écriture, par tes phrases, tes métaphores et tes images projetées. C’est ce que j’aimerais réussir à faire." Voilà, c’était dit. Ryder avait avoué pourquoi la brunette l’avait pris sur le fait avec l’un de ses textes. Encore une fois, allait-elle le croire? Elle était tranquillisée à présent et la dernière chose que voulait Ryder était de l’éreinté à nouveau.

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MessageSujet: Re: 03. You don't know me   03. You don't know me EmptySam 5 Mai - 16:18

Droite comme un piquet, Charlie toisait toujours Ryder, le jaugeant de sa moue boudeuse et renfrognée. Bien qu’elle ne lui ait toujours pas pardonné le vol qui l’avait menée à lui, sa colère était retombée, laissant place à une curiosité qu’elle n’était parvenue à dissimuler. C’était tout elle, ça. S’égosiller, faire de grands gestes, bref, sortir le grand jeu pour finalement abandonner son masque de colère. D’ordinaire, elle ne réservait pas ce type d’attitude aux étrangers. Plus réservée, elle leur renvoyait l’image de la fille un peu paumée, discrète, à la limite de la timidité. Malheureusement pour son voleur, si l’on s’en prenait à des choses aussi personnelles qu’un carnet et des textes intimes, son mauvais caractère reprenait inévitablement le dessus et elle ne tardait pas à révéler ses défauts. Rares étaient les personnes qui connaissaient cette facette de sa personnalité ; à vrai dire, elles pouvaient même se compter sur les doigts d’une seule main. Sa mère, son petit frère, Ecaterina, et Lexie, qui commençait à la connaitre elle aussi. Pour tous les autres, elle était la douce Charlie, la maladroite un peu naïve dont on ne se méfiait pas suffisamment. Celle qui, à l’Ohio State University, ne se mêlait que rarement à la foule, en dehors des quelques soirées étudiantes auxquelles elle participait et au terme desquelles elle finissait toujours dans un sacré état. Une fois, sa photo avait même figuré dans la rubrique « faits divers » de la gazette du campus. Un exploit pour Miss Invisible, même si elle aurait largement préféré éviter ce type de mauvaise publicité.

Soupirant de plus belle, elle sonda avec plus d’intensité le regard de son interlocuteur, puis son visage. Elle n’avait pas fait attention à celui-ci jusqu’à présent, trop obnubilée qu’elle était par la rage qui l’avait aveuglée –et qui l’aveuglait toujours un peu, en fait. Pourtant, maintenant qu’elle scrutait plus attentivement ces traits bien définis, ce visage peu ordinaire qui aurait eu sa place dans un magazine, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir cette impression de déjà-vu. Comme si, envers et contre tout, ce visage lui était familier. Son regard glissa sur la guitare près du garçon et elle fronça les sourcils. A nouveau, sa curiosité revint à la charge, la secouant de toutes parts. Elle était certaine de ne l’avoir jamais croisé à Lima. Il aurait pu être un client à la librairie, mais elle était plutôt physionomiste et avait une excellente mémoire lorsqu’il s’agissait de repérer la clientèle. Fronçant le nez, elle finit par hausser les épaules, penaude. Non, elle ne parvenait à mettre un nom sur ce visage et cela ne faisait qu’accroitre son agacement, alors autant lâcher l’affaire et arrêter de se torturer, ça valait mieux pour elle de toute façon.

Serrant le carnet contre sa poitrine, elle acquiesça vaguement lorsque le voleur lui promit de ne plus jamais fourrer son nez dans les affaires des autres. Au fond, elle ne savait pas vraiment si elle pouvait lui faire confiance, mais quelque chose dans ce regard clair lui affirmait qu’il n’avait ni l’étoffe d’un menteur, ni la carrure d’un brigand. Il n’y avait qu’à voir la facilité déconcertante avec laquelle elle parvenait à obtenir de lui ce qu’elle voulait : en dépit de ses insultes, de son attitude envers lui, il ne bronchait pas et semblait vraiment désolé de lui avoir porté préjudice. Cette vérité sauta aux yeux de la jeune fille qui réalisa alors l’honnêteté du guitariste. Alors oui, peut-être qu’elle était trop naïve mais sa méfiance retombait déjà, à l’instar de sa fureur qui n’était plus qu’un vague souvenir. Charlie Watson-Brown, la lunatique de service avec laquelle on ne savait jamais sur quel pied danser. Après un nouveau soupir, elle écouta les nouvelles paroles du chanteur et haussa un sourcil lorsqu’il la complimenta sur son style d’écriture ; de toute évidence, elle ne s’y attendait pas. Elle écrivait depuis des années, mais avait toujours conservé ses petits carnets loin des regards indiscrets. L’écriture représentait pour elle une passion secrète, quelque chose qu’elle ne souhaitait partager avec personne, pas même avec ses proches. Écrire était à ses yeux un exutoire, une façon de se libérer de toutes ces choses qu’elle ne pouvait résolument pas prononcer à voix haute. Quand son père avait trouvé la mort à la guerre, elle avait commencé à écrire sur les murs de sa chambre, au crayon gris, pour exprimer la douleur qu’elle ne parvenait à libérer. Et puis, elle avait abandonné, jusqu’à cette année de Terminale durant laquelle elle avait reçus de nouveaux chocs, aux conséquences désastreuses. Depuis, elle ne s’arrêtait plus. Certains aiment le football, d’autres sont férus d’art. Son truc à elle, c’étaient l’écriture et la guitare.

Levant les yeux au ciel, elle esquissa finalement un pas en direction de Ken, se résignant à abandonner le rôle de la capricieuse de service pour retrouver un peu d’humanité. Elle était bien trop intriguée par ce type, de toute façon. « Toi, tu sais parler aux femmes » Lança-t-elle d’une voix empreinte d’ironie. L’ombre d’un sourire vint se dessiner sur ses lèvres, même si elle savait qu’il était quelque peu forcé. Haussant un sourcil, elle parvint à retrouver un semblant de calme et ancra son regard dans celui de l’inconnu. « Okay, donc si j’ai bien compris, tu es doué pour la musique mais tu ne parviens pas à écrire ? Pourtant… » Elle s’interrompit soudainement et, plissant les yeux, comprit enfin ce qui lui avait échappé. Elle avait déjà vu ce garçon, elle ne s’était pas trompée. En revanche, elle ne l’avait jamais rencontré en personne… elle l’avait vu dans un magazine ! Son visage s’illumina quand elle comprit qu’elle tenait enfin la pièce manquante du puzzle. « Dis, tu ne serais pas le guitariste de Berry par hasard ? Je suis certaine de t’avoir déjà vu dans l’un des magazines de Cat… ». Une nouvelle fois, elle jeta un coup d’œil à la guitare puis, relevant le menton, afficha un sourire satisfait. S’il s’avérait qu’elle avait raison, alors elle avait devant elle une personne qui partageait sa passion, et qui en vivait même. Guitariste. Elle secoua légèrement la tête, tentant de remettre un peu d’ordre dans ses pensées. « Je ne suis pas une groupie de Berry, si ça peut te rassurer, et si tu es son guitariste, ne compte pas sur moi pour te sauter dessus afin de te demander un autographe, c’est pas vraiment mon genre ». Cette fois-ci, elle esquissa un sourire sincère. Elle n’en oubliait pas le fâcheux incident, certes, mais maintenant qu’elle savait qui se tenait face à elle, sa curiosité avait annihilé toutes les autres émotions négatives qu’elle avait pu avoir à l’encontre de son voleur.
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Age : 27 ans
Occupation : Gérant du Gramophone Record, membre des AV et guitariste d'Against the odds
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MessageSujet: Re: 03. You don't know me   03. You don't know me EmptyVen 15 Juin - 3:39

Bien que la jeune fille venait tout juste de lui montrer tout l’étendu de son talent en matière de colère, Ryder avait tout de même remarqué qu’elle ne semblait pas très à l’aise avec cette émotion. Une personne plus obstinée n’aurait pas lâché prise aussi facilement et ne lui aurait certainement pas pardonné aussi rapidement. Bon, peut-être qu’elle ne lui avait pas tout à fait pardonné, mais au moins elle ne lui criait plus dessus. En fait, la brunette était du genre à garder ses émotions pour elle et tout écrire dans son carnet, comme il en avait eu la preuve. Le musicien avait assisté à un rare emportement de la part de l’auteur. Sa faute devait donc être importante, mais il avait eu sa leçon. Tout cela était bien sûr des hypothèses. Ryder ne connaissait pas du tout celle qui se trouvait devant lui et il n’était pas non plus psychologue, mais il ne fallait pas faire ce métier pour supposer de telles choses. Au moins, il ne risquerait plus de refaire la même erreur. La prochaine fois qu’il tomberait par hasard sur un carnet ressemblant de près ou de loin à un journal intime, il ne l’ouvrirait pas et irait immédiatement placarder des affiches sur les poteaux électriques pour retrouver le propriétaire.

Il pouffa de rire à la remarque de la brunette, en regardant le sol, légèrement embarrassé. Même si son commentaire sonnait plutôt ironique, c’était tout de même drôle. On lui faisait souvent cette remarque, qu’il savait parler aux filles et qu’il était bon avec elles, mais lui, il ne s’était jamais vu comme un tombeur. Il ne faisait pas exprès pour être poli avec la gente féminine, c’était sa personnalité et il les respectait tout simplement. Le fait d’avoir été toute son enfance et son adolescence avec Leah avait grandement aidé. Aussi, il avait vu comment certains garçons et hommes, particulièrement ses deux frères sportifs, traitaient les filles et il n’avait jamais été vraiment d’accord avec cela.

Charlie ne le savait peut-être pas, mais elle possédait un véritable don. Pour elle, il s’agissait seulement de mettre sur papier les sentiments et émotions qu’elle ressentait. Pour Ryder, ce qu’il avait pu lire, c’était tout simplement de l’art. Tous les auteurs en herbe rêveraient d’avoir ce talent. Pouvoir écrire sans réfléchir et avoir un résultat plus que satisfaisant. "Exactem…" Sa réponse resta en suspension et il fixa à son tour Charlie qui semblait avoir, tout d’un coup, une illumination. Ryder ne comprenait pas trop cette réaction, il fronça à son tour les sourcils et se retourna pour vérifier si elle ne regardait pas quelque chose derrière lui, mais il n’y avait rien. La réponse à sa question ne se fit pas attendre et il en resta bouche-bée. Il ne s’attendait vraiment pas à cela! C’était l’une des premières fois qu’on le reconnaissait. Il était le guitariste de Rachel Berry, mais loin d’être une star. Il avait participé à deux ou trois séances photos officielles pour promouvoir la tournée nord-américaine, mais toujours en arrière-plan. Il était apparu aussi à quelques reprises dans des photos prises par des paparazzis, alors qu’il était de sortie avec Rachel. Il n’était donc pas habitué d’être reconnu et de toute façon ce n’était pas son but, mais c’était tout de même bizarre. Il ne se demandait pas comment devait se sentir Rachel, alors qu’elle se faisait reconnaitre et arrêter pour signer des autographes ou prendre photos avec des fans à tous les deux pas. Quoi que elle, elle devait adorer toute cette attention! Il acquiesça de la tête, peut-être avec moins d’enthousiasme qu’on aurait pu le croire. Même s’il était fier de participer à l’aventure Berry, il se posait beaucoup de questions dernièrement et l’une d’elle concernait sa participation à la prochaine tournée, mais ça c’était une autre histoire. "De toute façon, elle ne vaudrait pas grand-chose..." Lui répondit-il en haussant les épaules, sourire en coin. Pour la première fois depuis leur rencontre orageuse, la tension était tombée.

Le guitariste souhaitait tout de même savoir une chose, mais il n’osait pas lui demander. Il ne voulait pas trop pousser sa chance, mais il voulait savoir ce qu’elle avait pensé de la chanson et ce qu’il en avait fait. Savoir s’il était aussi bon compositeur qu’il le pensait. Tous ses proches louangeaient ce qu’il créait, mais ils n’étaient pas tous objectifs. Au moins, il y avait Anna sur qui il pouvait compter pour lui dire la vérité, mais comme il l’avait promis à Charlie, il n’allait pas pouvoir montrer cette chanson à sa belle-sœur, à moins que la brunette lui donne son consentement, mais on en était pas encore là. "Ehm…je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie…loin de là…" Il se tortilla sur le banc, embarrassé. Tout allait mieux à présent et il sentait qu’elle allait à nouveau se mettre en colère. "…mais t’en a pensé quoi de la chanson…parce que je l’ai trouvé bien, mais il manquait quelque chose et je ne sais pas exactement quoi…Peut-être que tu t’y connais…" Il sentait qu’il s’enfonçait de plus en plus, mais le mal était fait, si mal il y avait. Tant pis, si elle le prenait mal, il lui avait promis de ne plus la jouer et il tiendrait sa promesse, seulement il voulait savoir pour son évolution musicale à lui.
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