Choriste du mois


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 03. [Immeuble Hemmens/Catalano] The girl is mine

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MessageSujet: 03. [Immeuble Hemmens/Catalano] The girl is mine   Mer 2 Mai - 16:48


Nobody said it was easy; it’s such a shame for us to part. Une, deux, une, deux. Nobody said it was easy; no one ever said it would be this hard. Une, deux, une, deux. Interrompant brusquement le rythme soutenu de ses foulées, Gale lâcha un grand soupir et secoua la tête avant de se résigner à arracher les écouteurs de ses oreilles, fatigué de l’atmosphère déprimante, presque tragique, dans laquelle chaque chanson le plongeait davantage. Profitant de cette pause pour reprendre un peu son souffle, il balaya la rue d’un regard désabusé, étirant ses jambes sur la marche du trottoir encore désert. Le silence qui régnait dans ce coin-là de la ville pouvait sembler affligeant, mais le jeune homme s’y complaisait—il avait lui-même du mal à y croire. Depuis sa toute récente altercation avec Ecaterina, la solitude était le meilleur remède à ses maux, et courir tous les matins jusqu’à perdre haleine le meilleur moyen qu’il avait trouvé pour s’isoler. Le premier jour, il était resté bêtement cloitré dans sa chambre, refusant l’aide d’un Finn préoccupé, mais il avait rapidement compris que se morfondre n’avait fait qu’empirer les choses pour lui. Au fond de son lit, il n’avait pas cessé de s’imaginer Cat et Seth, collés l’un contre l’autre et riant aux éclats face à lui, seul et le cœur brisé. J’ai couché avec Seth : cette phrase ne cessait de lui trotter dans l’esprit. Finn lui avait alors suggéré de prendre l’air, et même si Gale n’avais finalement céder que pour lui faire plaisir, son colocataire ne s’était pas trompé : son petit footing matinal lui vidait l’esprit à tel point qu’il en venait presque à oublier ses tracas. A plusieurs reprises, il s’était empressé de rentrer chez lui pour prévenir Cat qu’il avait couru quelques kilomètres de plus que la veille, avant de souvenir de la situation. Il savait que ce mutisme entre eux ne pouvait pas durer longtemps, qu’il fallait qu’ils s’expliquent plus calmement. Mais le blondinet faisait confiance à son cœur endolori qui lui disait d’attendre—d’attendre encore un peu.

Reprenant sa course, il bifurqua à plusieurs reprises avant de pénétrer dans la rue voisine à la sienne, admirant inlassablement la buée qui sortait de sa bouche pour venir flotter en l’air à chaque expiration. Les yeux rivés au sol, il leva la tête juste à temps pour apercevoir un conteneur à ordures planté au milieu du passage, en plein dans sa trajectoire. Evitant l’obstacle de justesse, il laissa échapper un « Wow » de surprise puis esquissa un sourire furtif, fier d’être indemne. Il tourna une dernière fois à l’embranchement suivant pour s’engouffrer dans une rue étroite, à peine plus déserte que les autres—la sienne. Réduisant la cadence de ses pas à l’approche de l’entrée de son immeuble, Gale s’arrêta net, haletant, et s’octroya une pause bien méritée. Il passa une main sur son front brulant puis balaya du bout des doigts ses cheveux mouillés de sueur vers l’arrière, examinant longuement la façade des appartements empilés au-dessus de sa tête. Il lui arrivait quelquefois de se demander pourquoi il s’obstinait à rester vivre à Lima quand il passait le plus clair de son temps à étudier ailleurs. C’était pourtant simple : Lima regorgeait de souvenirs, de bons comme de mauvais, et c’était aussi la ville où vivaient tous ses amis—la ville où vivait Cat. Lima, ou le repère des losers. Il se souvenait clairement du portrait peu flatteur qu’on lui en avait dépeint à son arrivée, mais il était bien forcé d’admettre qu’il s’était attaché à cet endroit. Peut-être qu’au fond, lui aussi était devenu un loser.

Il poussa la large porte pour entrer, et ne put réprimer un rire nerveux en apercevant brièvement du coin de l’œil son reflet dans la vitre. Son survêtement et ses écouteurs pendouillant du col lui donnaient presque l’allure d’un sportif qu’il n’était pas, ce qui le ramena quelques années en arrière, lorsqu’il faisait partie de l’équipe de football de son lycée. Anéanti par le décès de sa mère, il n’avait en effet pas trouvé d’autre alternative pour se changer les idées que rejoindre ce groupe de brutes épaisses qu’étaient les Titans—il les avait côtoyés un bon partie de son année scolaire, mais en gardait toujours une image peu élogieuse. Le seul véritable avantage qu’il en retenait était d’avoir passé une année à peu près tranquille, sans avancer dans les couloirs avec la peur au ventre, craignant à tout moment d’être aspergé de sorbet glacé. Il soupira : à cette époque, tout était tellement plus simple.

Chassant cette idée de sa tête, il avança d’une démarche peu vivace vers la cage d’ascenseur face à lui. C’était faire preuve d’une certaine paresse, surtout après un footing, mais les chances qu’il avait de croiser son indésirable voisin dans l’escalier étaient beaucoup trop fortes à son goût—le choix était donc rapidement fait. Il entra en hâte dans l’engin relativement vétuste et appuya sur le bouton. A peine eut-il relâché la pression de son doigt qu’il entendit la porte de l’immeuble s’ouvrir brusquement, et perçut les bruits de pas accélérés qui se dirigeaient vers l’ascenseur. Il sortit juste à temps de sa bulle pour tendre le pied vers l’avant, bloquant la fermeture de la porte. Fixant les numéros des étages à moitié effacés sur la paroi grisâtre, il parla sans même se retourner. « Quel étage ? », demanda-t-il poliment. Légèrement énervé de ne percevoir aucune réponse, il pencha sa tête vers l’arrière, et resta figé une demi-seconde en posant ses yeux sur l’individu qui venait de pénétrer dans l’ascenseur. Seth. Tentant par tous les moyens de stopper la porte, il arriva un poil trop tard, laissant sa main s’échouer lamentablement sur la fente désormais infime. Il soupira sans même essayer de le cacher. Passer même ne serait-ce que trente secondes à côté de lui, c’était déjà bien plus qu’il ne pouvait supporter.
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MessageSujet: Re: 03. [Immeuble Hemmens/Catalano] The girl is mine   Lun 14 Mai - 21:37

Quelle poisse ! Parfois Seth se trouvait réellement ridicule et s’accordait avec la pensée collective pour considérer sa passion pour les comics totalement puérile et démesurée, mais il ne se le répétait qu’après un excès frénétique au book store spécialisé en la matière du centre commercial. Comment diable résister à l’arrivage d’édition limitée d’un cross over X Men/Daredevil à Lima ? C’était déjà irréel mais dans le fin fond de l’Ohio cela prenait des airs de miracle. C’est donc la conscience parfaitement tranquille qu’ils s’étaient fait porté fiévreux auprès du lycée pour faire la queue parmi la minuscule vingtaine de passionnés comme lui. L’appel à Figgins avait été une épreuve périlleuse mais c’était ça où un appel à Peyton qui ne se remettait toujours pas de l’escapade à Columbus…
Tout s’était parfaitement déroulé dans l’effort et le labeur. Oui car ils n’étaient peut être qu’une vingtaine, mais cette vingtaine de geek en puissance s’étaient tous naïvement imaginé un gros arrivage de bouquin alors qu’en fait il n’en demeurait que trois qui se battaient fièrement en duel sur le présentoir de la boutique. Seth était sorti vainqueur de cette bataille et se disaient que même s’il pouvait être ridicule en cet instant dans les rues du centre ville à se pavaner sa BD sous le bras, il se considérait tout de même comme le plus fréquentable des individus qu’il avait pu affronter quelques minutes avant…
Le sourire au lèvre donc, BD sous le bras toujours, il marchait à grande enjambée sur le trottoir en balançant un peut trop le bras. Malgré cet air confiant et cette assurance insolente, il ne pouvait parfois s’empêcher de jeter quelques regards furtifs parmi les rues larges et aérées pour guetter la possible embuscade des boutonneux malchanceux et frustrés par la défaite, considérant la hargne dont ils avaient fait preuve au moment de l’ouverture des grille du magasin, Seth les croyait tout à fait capables de le suivre et de se jeter sur lui pour lui dérober le précieux sésame ! Prit légèrement de panique à cette idée, il serra son trésor étroitement contre sa poitrine et accéléra significativement la marche. Quand il aperçut la porte de l’immeuble à l’angle, son cœur se mit à battre sous cette excitation qui vous prend quand vous êtes si près du but et hors de question pour Seth de se faire avoir, coiffé sur le poteau !

En passant enfin la lourde porte, toujours aussi nerveux, il aperçut l’ascenseur prêt à monter et s’élança sans réfléchir à l’intérieur après avoir assurer ses arrières par un rapide coup d’œil à l’extérieur. Il préférait l’ascenseur pour la prudence, on aurait pu le suivre dans les escaliers, sans compter que s’il croisait son voisin de pallier dans la cage d’escalier il aurait été prit en étau sans échappatoire possible. Par chance, la porte fut stoppée par un bon samaritain qui pensait sûrement que l’urgence était toute autre que d’échapper à des geeks en furie.
En entrant en trombe dans la cage de l’ascenseur il percuta légèrement la paroi pour stopper sa course et fit volte face en apercevant son miraculeux sauveur. S’il avait su qu’en échappant aux premiers ennemis il tomberait dans la gueule du second… Gale Hemmens. C’était comme marcher sur un tas de feuille et tomber la seconde d’après dans un trou aussi profond que l’agacement qu’il eut envers lui même. Sous le prétexte ridicule de vouloir échapper aux fauves à lunettes qui ne l’avaient sûrement jamais suivis il avait renoncé exceptionnellement aux escaliers. Cependant Gale ne parut pas s’être encore aperçut à ce moment de l’heureuse compagnie dont il avait écopé en tendant son pied en avant et sans même se retourner, il demanda l’étage. Seth, pétrifié, hésita entre la sortie en douce ou la réponse insolente, au lieu de ça l’hésitation le fit taire et Gale se retourna évidemment pour connaître l’identité du muet.
Comme un idiot, la seule réponse que Seth pu donner à la mine dépitée – le mot était faible – de Gale fut un de ses demi sourire crispé de gêne qui ne trahissait que trop bien un « tant pis » malvenu. Sans ciller, Gale tenta d’arrêter les portes de l’ascenseur mais elles s’étaient déjà refermées sur eux.
Seth leva la tête au plafond et souffla bruyamment avant de réaliser qu’il n’était pas en position de réellement se plaindre. Enfin après tout, bien sûr que si, il détestait Gale, en tout bien tout honneur et possédait entièrement le droit de se plaindre de la proximité qui leur était imposée pour quelques secondes, mais dans sa tête seulement. Il était le trouble fait, et le blondinet la victime dans cette affaire. « Troisième étage… Enfin, je veux dire, tu sais bien, évidemment… » Encore une fois il avait manqué une occasion de se taire et sa tentative pour se montrer un peu plus cordial s’était transformée en parfaite réussite pour se ridiculiser. Il détesta encore un peu plus son voisin pour s’être lui même ridiculisé auprès de lui alors qu’il n’était déjà pas en position de force et instinctivement, il cacha sa BD derrière lui pour éviter tout mépris supplémentaire tout en fusillant Gale du regard alors que celui ci lui faisait dos.

Le silence repris jusqu’à ce bruit sourd et brusque qui accompagna l’arrêt de la cabine. La secousse qui survint leur fit perdre violemment l’équilibre manquant ainsi de les faire basculer sur le sol. Pour éviter cela, Seth fut forcé de se soutenir à l’épaule de Gale qu’il empoigna avec force mais qu’il s’empressa de dessaisir aussi vite. « Putain ! » Cette fois s’en était trop ! La cabine était encore tombée en panne et le seul compagnon d’infortune qu’il s’était ramassé était le moins amical de tous, il aurait même préféré se retrouver avec la vieille du dessus et son chat attaqué d’une espèce de calvitie infecte.
Avec l’arrêt de la cabine les lumières s’étaient éteintes elles aussi. Seth sortit son portable pour les illuminer un peu et surtout pour éclairer le visage de Gale. « Tu veux pas appuyer sur les boutons, tenter un truc je sais pas moi » Le ton condescendant et pressant de sa voix lui était inhabituel – quoiqu’avec lui pas tant que ça – mais comme il le remarqua sur son portable, aucun réseau téléphonique ne pénétrait cette fichue boîte de fer et il était hors de question de laisser s’écouler une éternité en présence de Gale Hemmens dans un huis clos d’à peine deux mètres carré.
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MessageSujet: Re: 03. [Immeuble Hemmens/Catalano] The girl is mine   Mar 22 Mai - 22:03

Gale n’était pas totalement étranger à ce genre de situation un peu cocasse, au contraire. Il avait le vif souvenir d’une rencontre très embarrassante avec sa conseillère d’orientation dans les vestiaires de McKinley—la jeune femme était alors tout bonnement tombée sur lui, nu comme un vers, à la sortie de sa douche. C’était toujours un peu gênant mais il avait pour habitude de se dire qu’après cet épisode, rien de pire ne pouvait lui arriver. Pourtant, à cet instant, cette pensée ne suffisait pas à la rassurer. Comme si les images qui envahissaient la moindre de ses pensées depuis plusieurs jours n’étaient pas suffisamment douloureuses comme ça, il fallait que son voisin en rajoute un couche en ayant l’audace de s’approcher si près de lui. Sa mauvaise fois était peut-être exagérée, mais le blondinet était persuadé qu’il le faisait exprès—après tout, il avait brillamment réussi à les faire rompre, Cat et lui. Mais c’était plus que ça : quelque chose dans l’expression faussement embarrassée—pourquoi ne souriait-il pas, en bon vainqueur ?—de Seth lui déplaisait profondément. Et leur soudaine proximité n’arrangeait en rien la donne. Sentant son pouls s’accélérer sous le coup de la colère, il empoigna la poignée attachée à la paroi derrière lui et détourna son regard pour venir fixer la fente de la porte avec une soudaine admiration. Seulement quelques secondes—il ne devait tenir que quelques secondes, se rassurait-il.

La réponse du jeune bouclé l’irrita un peu plus : bien sûr, qu’il savait quel étage. Gale regretta soudain d’avoir trop rapidement pressé le bouton, s’imaginant pouvoir catapulter l’indésirable de la cabine au premier étage pour finir sa montée tranquille—c’était raté. Sans même faire l’effort de se retenir, il laissa échapper un soupir exagéré, sans piper mot. Dans une situation pareille, le silence était irrémédiablement la meilleure alternative qui se présentait à eux, et comme il n’ajouta rien il conclut que cette option plaisait tout autant à son voisin. A croire qu’ils pouvaient finalement se mettre d’accord sur quelque chose. En fermant les yeux, le blondinet eut la soudaine impression de se retrouver seul, et, apaisé par cette image, il tourna un peu plus le dos à Seth. Il se sentait épié mais peu lui importait. Son voisin ne valait même pas la peine qu’il lui accorde ne serait-ce qu’un regard.

La tranquillité fut de courte durée et tout à coup, la cabine se mit à trembler violemment, faisant légèrement sursauter Gale. Heureusement, sa prise sur la poignée lui assura un certain équilibre, ce qui n’était pas le cas de l’importun qui, à sa plus grande surprise, empoigna son épaule avec fermeté. De ce contact incommodant ou de l’arrêt subit de l’ascenseur, il ne savait pas lequel le déboussola le plus—toujours fut-il qu’il ne dit rien et se contenta de faire face à Seth lorsque les secousses stoppèrent. Ils étaient bloqués, dans le noir. Au regard de la situation, Gale n’était pas certain que ce dernier détail était une si mauvaise chose—au moins, il n’avait plus à supporter sa vue. Mais s’il espérait en oublier la présence de son voisin pour autant, il s’était mis le doigt dans l’œil : celui-ci s’empressa de jurer, ce qui fit percuter Gale. Bloqué. Dans le noir. Avec son voisin. Il écarquilla les yeux, mais les referma aussitôt, ébloui par l’éclairage du portable de Seth. C’était à croire que le sort s’acharnait contre lui.

Un sentiment confus de panique et d’animosité le figea sur place mais rapidement le timbre désagréable du jeune professeur le titilla une fois de plus. C’était la goutte de trop. Ses sourcils se froncèrent presqu’au point de se rejoindre et, imitant Seth, il brandit son téléphone hors de sa poche pour éclairer d’une lumière éblouissante le visage de son interlocuteur, avant de rétorquer d’un ton sec et moralisateur : « T’es débile ou tu le fais exprès ? » . Il secoua la tête et entrouvrit sa bouche pour ponctuer l’accusation, observant attentivement sa réaction. « L’électricité est coupée, par quel miracle veux-tu que les boutons fonctionnent ? » . De sa main libre il vint tapoter sur le clavier pour confirmer sa théorie et à son plus grand bonheur—devait-il s’estimer heureux d’avoir raison ?—il avait vu juste. Plutôt que de s’acharner inutilement, il pointa son portable vers la porte de l’ascenseur dans l’espoir que peut-être la secousse ait débloquée la sécurité. Tendant l’appareil vers son voisin, il ajouta « Tiens. Et éclaire-moi. » et vint de ses deux mains forcer la porte pour la desceller. Rien n’y fit.

« La porte est bloquée elle aussi » , dit-il avant de soupirer une nouvelle fois. Il reprit son portable pour de nouveau discerner le visage de son voisin. « Il faut attendre, c’est tout ce qu’il y a faire. Le concierge va bien finir par s’apercevoir que quelque chose cloche. » expliqua-t-il en levant les yeux au plafond. C’était étrange. C’était sans doute la première fois que les deux garçons se retrouvaient seuls dans la même pièce pendant plus de quelques secondes, et la perspective de ne pas avoir à faire semblant de le supporter—il ne faisait cet effort que pour satisfaire son ex-petite amie—ne mécontentait pas entièrement le blondinet. Quelque chose lui disait que l’énergumène lui devait quelques explications, et s’il pouvait faire passer le temps de quelque manière que ce fût, il jugea qu’il était légitime d’en profiter. Il était au moins certain que l’autre n’avait pas la moindre chance de se défiler—il jubilait presque à cette idée. S’adossant à la paroi derrière lui, il pencha la tête et fronça un peu plus les sourcils. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour lancer des piques à son voisin : « Je te jure, Catalano, si tu me dis que tu es claustro ou quelque chose dans le genre, je préfère te tuer tout de suite »
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MessageSujet: Re: 03. [Immeuble Hemmens/Catalano] The girl is mine   Sam 9 Juin - 22:46

Coincé dans un ascenseur avec Gale Hemmens pour compagnon, le pire des cauchemars aurait eut du mal à rivaliser avec ce scénario désespérément ironique. Non satisfait d'avoir sortit son portable pour éclairer l'obscurité et tirer en plus une sale grimace à son voisin, ce dernier sortit son téléphone à son tour pour lui éblouir la face. C'était de bonne guerre, une guerre puérile et ridicule mais Seth grimaça à son tour et déjà, il détestait Gale plus que la veille, et c'était peu dire qu'il était persuadé que cela lui était impossible.
Monsieur Hemmens ne paraissait pas plus enchanté que lui d'être coincé en sa présence, et ne se priva pas non plus pour se montrer condescendant à son tour. « Débile » ? Il voulait donc devenir insultant ? Seth ne répondit rien, il se contenta de fulminer intérieurement, devant tant de mépris il ne valait mieux pas que le jeune prof commence à s'emporter. Hemmens avait tout intérêt à se taire très vite, car Seth se chargerait de lui faire fermer son clapet pour de bon dans le cas contraire. Il sentait une insupportable rage l'emplir entièrement et rien que le son de sa voix lui hérissait les poils.
Le jeune homme n'était pas quelqu'un d'habituellement colérique, il n'aimait pas être dans cet état de colère d'ailleurs. On avait pour habitude de l'apprécier et de lui trouver une sympathie naturelle, certainement grâce à ses gaffes répétées. Mais il était tout de même fait de chair et d'os et comme tout humain naturellement constitué, l'amour était souvent source de haine, pour la personne aimée ou pour une autre. Dans le cas présent, l'autre protagoniste de ce triangle impossible à démêler était Gale ici présent. D'aussi loin qu'il se souvienne, jamais il n'avait détesté quelqu'un avec autant de force et de passion. Jamais, il en était sûr. Il avait tenté de se montrer sympathique, compréhensif, impassible mais maintenant à quoi bon ? Il n'y avait plus personne à satisfaire en jouant la comédie.

Gale lui tendit son propre portable, où plutôt le lui mit entre les mains et l'ordonna presque de l'éclairer. Si vouloir appuyer sur un quelconque bouton d'urgence était débile comme il le disait, que dire de sa démarche ? Ça l'était toujours moins que d'essayer d'ouvrir une porte d'ascenseur avec ses mains. Sûrement le blondinet trouvait il bon de prétendre être en mesure de montrer ses gros bras. Seth sourit dans son dos tout en secouant la tête histoire d'évacuer un peu la pression. Il rit même un peu devant l'échec cuisant et trop prévisible du garçon. Du fou rire nerveux ou de l'excès de violence soudain, Seth n'en était pas loin.
La porte était bloquée ? Très pertinent ! « C'est vrai ?! » Il ne fallait pas espérer que le jeune brun se taise indéfiniment et tenta d'exprimer tout son mépris dans ce ton faussement surpris. Seth l'espérait, Gale devait se sentir ridicule à cet instant. Il était ridicule. Il était muet, caustique, sans relief, que diable lui trouvait Ecaterina ! « Ouaiiii on va attendre...Tes idées sont vraiment brillantes ! » Seth se retourna pour faire dos à Gale et éviter ainsi de croiser son regard et même son visage. C'est vrai, il n'avait rien à proposer non plus, mais le jeune homme ne pouvait s'empêcher de lui envoyer tout ce qu'il pouvait. Il savait qu'il devait se contrôler mais devenait nerveux devant le calme apparent du blondinet. Il commença à faire les cent pas, autant que le peu d'espace disponible le permettait au moins et s'agitait sous la pression.
Il frottait ses mains, les secouait, se tapoter les lèvres, se les mordait. Comment Cat pouvait le préférer à lui ? Il devenait mauvais, il le savait et détestait ça mais ses adieux avec son ancienne amie maintenant étaient encore tout frais dans sa mémoire et s'il ne la voyait plus, si elle avait décidé de rompre tout contact avec lui, c'était uniquement la faute de Gale.
Devant le stress de son voisin, Gale lui conseilla de ne pas lui annoncer une claustrophobie soudaine sinon, il le tuait ? Évidemment pas au sens littéral, il espérait ne pas avoir à faire à un psychopathe en tout cas, mais cette fois c'en était trop. Il regarda Gale un court instant tout en continuant de marcher de long en large les des mains jointes devant sa bouche. Cette remarque relevait uniquement de la provocation et Seth avait beau être un parfait boulet très souvent, il savait encore quand on se payait sa tête. Il s'arrêta, fit dos à son voisin de pallier puis leva les yeux au plafond. « Nan mais t'es... »
Sa main le démangeait. Comment osait il la ramener encore ? Il avait tout, il avait Cat, pourquoi se plaindre. À cause de lui, ses espoirs d'être aimé à nouveau par elle était perdu, à jamais, il en était sûr, et il trouvait encore le moyen de venir le provoquer ainsi comme si c'était utile alors qu'ils étaient coincés dans cet ascenseur. Seth faisait son possible pour se contrôler et sentait qu'il faisait monter sa colère tout seul en lui inutilement.
Pourtant, en un instant et sans qu'il réfléchisse, il se retourna et colla son poing dans la belle gueule du blondinet.

Il ne l'avait pas volé celle ci et c'était pour Seth une telle libération de lui mettre une bonne correction ! Seulement la jouissance fit place à la douleur. Seth n'était pas un bagarreur confirmé, ni quelqu'un de trop bien bâti et ce poing dans la mâchoire lui avait vraiment meurtrit la main. Il secoua cette dernière tout en grimaçant de douleur, sans même pouvoir profiter de voir la tête de Gale. « Aaaou la vache t'as une sacrée mâchoire... »
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MessageSujet: Re: 03. [Immeuble Hemmens/Catalano] The girl is mine   Sam 16 Juin - 0:43

Des vagues de colère accablèrent le jeune homme qui peinait à se contenir face à la seule vision de son voisin tout près de lui. Pourtant, Gale se surprenait lui-même à faire preuve d’une placidité presque effrayante, contredite seulement par les traits de son visage et la dureté de ses mots. Face à une situation pareille, il savait que le calme n’était pas de rigueur : ils étaient coincés dans un ascenseur plus vieux que Mathusalem et, malgré ses dires, il n’avait pas la moindre idée de comment s’en sortir—ni même s’ils s’en sortiraient. La présence incongrue de son voisin entravait toute cette angoisse, et le blondinet n’était pas certain que ce soit une bonne chose—l’inverse aurait été préférable. Sa séparation avec Ecaterina était encore trop fraiche pour qu’il puisse espérer penser à autre chose, il le comprenait maintenant, et craignait de savoir quel serait le résultat de toute cette haine refoulée.

Inspectant au moyen de sa lampe de fortune la paroi face à lui, le jeune homme soupira bruyamment pour éviter de répondre sèchement au bouclé. En temps de crise, même les ennemis les plus mortels étaient censés faire une trêve pour conjuguer leurs efforts : ils n’arrivaient même pas à faire semblant. Peut-être n’était-ce que le résultat de toute la mascarade qu’ils mettaient en scène à chaque fois qu’ils se croisaient en présence de la jeune femme. Un juste retournement de situation. Gale n’en savait rien. Il voyait seulement qu’ils préféraient s’envoyer des vacheries plutôt que trouver une vraie solution à leur problème et trouvait ça pitoyable. Le blondinet était le seul en position d’insulter l’autre.

« Eh bien, si tu as mieux à proposer, je t’écoute ! », lança-t-il sur un ton agacé tout en se retournant pour constater la réaction de son interlocuteur. Il eut un rire sardonique en remarquant que celui-ci lui tournait dos—ce lâche. « Appeler Superman à la rescousse, peut-être ? Ah ben non, j’oubliais, » il secoua son portable en l’air pour faire vaciller l’éclairage projeté sur la paroi face à Seth « pas de réseau ! ». Le bouclé ne répondit rien mais Gale vit son dos se crisper juste face à lui, une satisfaction personnelle qu’il savoura. Reprenant conscience de la situation, son sourire en coin se dissipa pour laisser place à un air plus sérieux—malgré ses efforts de concentration, il ne put réprimer une nouvelle attaque verbale, qui cette fois-ci fit réagir son voisin. Ce dernier répondit quelque chose en bredouillant et se retourna d’un bloc. Gale eut tout juste le temps de discerner la silhouette de son voisin, lançant son poing sur son visage.

Surpris par ce coup, le blondinet n’eut pas le temps de le parer et le garçon le heurta en pleine joue. Il sentit une douleur diffuse sur le côté gauche de son visage et porta machinalement une main fébrile à l’endroit de l’impact tandis que son regard, teinté de surprise et de dégoût, vint s’assurer que son assaillant ne s’apprêtait pas à renchérir. Seth n’était pas une brute, il en était désormais certain : agitant sa main en signe de douleur, il venait manifestement de se faire prendre à son propre jeu—bien fait, pensa Gale. Celui-ci, habitué après une année en tant que footballeur au lycée à recevoir les coups les plus violents, jugea d’ailleurs la douleur raisonnable et reprit possession de ses mains rapidement. Le seul véritable atout du bouclé était l’effet de surprise : il venait de le perdre.

Très indulgent de nature, le blondinet ne se sentait pourtant pas capable de laisser passer ce coup, si faible fût-il : serrant ses mâchoires et jetant un regard noir dans la direction du brun grimaçant, il s’élança pour riposter de toutes ses forces. Son poing serré s’écrasa sur la jugulaire du jeune garçon pour ensuite venir percuter l'aile de son nez dans un bruit furtif. Ils pouvaient au moins s’accorder sur une chose : l’exercice était d’une jouissance phénoménale. Le blondinet ne laissa pas le temps à son voisin d’éponger le sang coulant de sa narine avec ses doigts : avec son autre main, il lança un uppercut au-dessus de son nombril. Son poing s’enfonça et il l’entendit expulser l’air en un bloc compact. De nouveau, il ne lui offrit aucun répit et l’empêcha de se plier en deux en plaquant son avant-bras sur son cou pour aplatir son voisin sur une paroi. Il reprit son téléphone pour éclaire le visage de Seth, à quelques centimètres du sien.

« Eh bien Catalano… qu’est-ce qu’il t’arrive ?... L’obscurité te rend nerveux ? », dit-il tout en reprenant son souffle, la haine transparaissant dans ses yeux. Plus le jeune homme essayait de se débattre et plus Gale forçait—raisonnablement, mais suffisamment pour le contraindre à le regarder en face. « Parce que tu sais, aux dernières nouvelles si y’en a un ici qui mérite qu’on lui casse la figure, c’est pas moi ! » Un sourire narquois étira ses lèvres et l’incompréhension qu’il lut sur le visage du brun le fit sortir un peu plus de ses gonds. « Ca ne t’a pas suffi, de briser mon couple ? Tu veux quoi, maintenant ? Me briser le nez ? Me crever un œil peut-être ? » A voir la lueur dans le yeux de Seth, celui-ci n’était pas au courant : Gale se souvint que la dernière fois qu’ils s’étaient vus, Cat lui avait avoué avoir eu un différend avec son meilleur ami. Il poursuivit, sans changer d’un iota « Qu’est-ce que tu lui as fait ? Qu’est-ce que tu lui as dit pour qu’elle cède, hein ? » le questionna-t-il avec un grain de peine dans sa voix. Il appuya un dernière fois pour s’assurer que la douleur perdure puis finit par le lâcher pour reprendre de la distance. Dans son trajet, il posa le pied sur ce qu’il jugea être du papier, impression confirmée par l’éclairage de son téléphone—un comic book victime leur dispute, visiblement. « Garde ta salive, va. On risque d’en avoir besoin pour sortir de là. »
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MessageSujet: Re: 03. [Immeuble Hemmens/Catalano] The girl is mine   Lun 25 Juin - 0:42

Tout seul. Le coup était véritablement partit tout seul. Cela ne voulait pas dire pour autant que Seth regrettait son geste, bien au contraire, il espérait même que le blondinet la ramènerait un peu moins et qu'enfin, il aurait la paix. Seulement, et c'était bien malheureux, le jeune homme n'eut le temps de profiter de la jouissance d'exprimer physiquement sa haine que le temps du coup en lui même, car l'instant d'après c'est surtout la douleur qui l'attendait. Une douleur vive sur les phalanges qui occultait tout plaisir. La chose était tout de même incroyable, même lorsqu'il tentait de mettre Hemmens hors d'état de nuire à son humeur, ce dernier avait encore le dernier mot et réussissait à lui en faire baver, de quoi alimenter encore un peu plus l'animosité qu'il ressentait à son égard, celle ci n'avait pas même eut le temps de se décharger avec ce coups qu'il détestait son rival encore un peu plus.
Concentré sur sa main qu'il tenait fermement de l'autre tout en grimaçant, Seth ne prêtait guère attention au regard noir qu'on lui adressait sur le banc des vaincus – oui, il pensait être sortit victorieux d'un combat qu'il avait imaginé court – et pourtant, il s'en serait délecté. Tout autant que le regard, il ignorait le poing fumant qui s'approchait dangereusement et avant même qu'il ne puisse comprendre quoique ce soit, une douleur des plus vives se fit ressentir au coin de sa mâchoire jusqu'à s'étendre à son nez. Si seulement il l'avait mis K.O... S'il l'on s'en tenait aux faits, la colère d'Hemmens surpassait largement celle de son challenger Catalano, puisque fort de ce premier coup, le blondinet ne se fit pas prier pour en porter un second dans le ventre alors que Seth n'avait pas même eut le temps de lui lancer une seule insulte à la figure, l'une de celle qui pleuvaient dans son esprit mais qu'il était incapable de proférer tant son souffle fut coupé.
En vérité, la haine devait se valoir des deux côtés, égale l'une à l'autre. Mais ça c'était avant que Gale ne lance sa troisième offensive en plaquant avec violence le jeune prof totalement désarmé et décomposé contre la paroi de l'ascenseur, tout en le maintenant par le cou avec son avant bras. Oui, à cet instant, Seth en était certain, il était devenu le plus haineux des deux, seulement il n'était plus en mesure de le montrer.

Quoi de pire que d'avoir un ennemi ? Avoir un ennemi contre qui on ne peut absolument rien faire alors que l'humiliation est à son paroxysme. Les jambes fébriles, le nez en sang, le souffle court, Seth était à la merci de son agresseur, totalement. Dans une démonstration de son flegme incroyable, il trouva encore le moyen de manifester son exaspération en roulant des yeux, mais il lui était bien difficile d'articuler un mot, et il était hors de question de réclamer sa clémence quand son amour propre ne faisait déjà plus partie de ce monde. Ébloui comme un lapin sur la route par le portable qu'on tendait devant son visage, il tentait de se débattre furtivement, mais Gale paraissait bien décidé à lui faire la peau. Seth espérait au moins que ce n'était pas un psychopathe caché, cette info aurait pu faire fuir Ecaterina au moins, mais il se serait retrouvé six pieds sous terre avant même qu'elle ne l'apprenne !
Les choses prirent une toute autre tournure quand Hemmens sembla lassé de jouer les grosses brutes pour parler un peu avec Seth, immobilisé et le nez en sang. Pas de chance, la parole ne lui était pas donnée, mais il était pourtant hors de question qu'il se taise, même dans ces circonstances ! Il n'allait pas laissé Hemmens lui enlever son droit de lui casser la figure. Il prit une grande inspiration, la plus grande qu'il puisse en tout cas et ferma un instant les yeux quand Gale resserra un plus son étreinte quand il essaya de se débattre tout en levant furtivement le doigt pour prendre la parole. « Si je peux me permettre, j'en ai eut plus que ce que je méritait... » Malheureusement ce n'était pas avec cette voix amochée par l'étranglement modéré qu'il subissait qu'il allait interrompre le bourreau puisqu'il était apparemment décidé à parler couple à présent. Seth se contenta de serrer les dents, enfin conscient qu'il ne pourrait pas argumenter dans ces conditions et roula une nouvelle fois des yeux en unique réponse à sa dernière question. La sueur perlait sur son front et son corps tremblait de toute part, de douleur, de colère, d'indignation et d'envie meurtrière. Il ne se risquerait pas pourtant à une nouvelle attaque, il avait bien saisi qu'il y avait eut injustice dans la distribution des forces à la naissance.
Finalement, Gale appuya une dernière fois sur son cou avant de lâcher prise, laissant tomber Seth sur le sol celui ci s'écroulant à genoux pour tousser et cracher tout le sang qui baignait dans sa bouche.

« Garde ta salive ? C'est du sang que je vais te cracher à la tronche ! Salopard j'ai bien cru que t'allais me tuer, t'es malade. » Il s'adossa finalement contre le mur pour reprendre son souffle, sans perdre à l'esprit les propos de son voisin. Seth préférait de loin argumenter tout en mépris et en ironie plutôt que te casser la tronche à quelqu'un, même si cette fois ci, il s'était avoué qu'il avait sous estimé le plaisir d'une bonne droite qui couchait un ennemi à terre. Dans les faits, c'était lui qui se retrouvait à terre mais qu'importe. Les esprits bien au clair, il reprit plus calmement sans perdre l'effronterie dans sa voix. « Qu'est ce que je lui ai fait ? Je dirais plutôt, qu'est ce que tu ne lui as pas fait ! » La provocation était facile, d'autant plus que Cat n'avait jamais partagé sa vie sexuelle avec Seth, bien évidemment. Il reprit sans attendre plus sérieusement et cette fois dans le but de lui faire ouvrir les yeux. « Elle m'aime encore c'est tout. C'est tout ce que je lui ai fait. Et tu ne pourras rien faire contre ça, absolument rien. Je sais qu'on partage quelque chose de bien plus fort que tout ce que tu lui as apporté, d'ailleurs qu'est ce que tu lui as apporté, de ce que j'en sais, rien, à part de la souffrance pendant cinq ans. »
Seth ne sentait plus la douleur à présent, ne restait que le désir de le mettre plus bas que terre devant l'évidence. Il se leva et fit face au blondinet, avec presque un sourire en coin qui céda très vite la place à un ton plus dur. « Alors ton couple, j'en ai rien à foutre tant que je sentirai que t'as pas foutu en l'air tout ce qu'on a vécu ensemble quand tu faisait je ne sais quoi pendant cinq ans ! » Seth perdait le contrôle et s'était emporté en hurlant dans la cabine. Finalement, il n'avait pas tort dans Star Wars, la colère menait à la haine puis à la tristesse, ou bien l'inverse, il n'en était plus très sûr, mais c'est bien de l'amertume qui lui restait dans la gorge, de l'amertume et de la tristesse. Il se laissa une nouvelle fois glisser contre le mur puis regardait Gale plus calmement à présent. « Ça pourra pas s'arranger hein ? C'est la merde et c'est tout, c'est ça ? » Seth baissa les yeux, songeur, et réalisa presque comme si c'était une nouveauté, qu'il y avait toujours un perdant, et si jusque là il était persuadé de pouvoir récupéré Cat, c'est parce qu'il ne s'était jamais confronté à son concurrent...
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MessageSujet: Re: 03. [Immeuble Hemmens/Catalano] The girl is mine   Mar 10 Juil - 2:16

Le sang froid de Gale avait ses propres limites, et si le jeune bouclé avait cru ne serait-ce que l’espace d’une seconde échapper aux représailles du blondinet, il s’était mis le doigt dans l’œil. Ce dernier ne regrettait pas son geste : Seth pouvait même lui annoncer qu’il ne s’agissait là que d’un stratagème vicieux pour pousser Ecaterina à le détester encore plus, rien ne pouvait gâcher son profond soulagement. A part peut-être sa soudaine reprise de conscience de la situation actuelle, plus que fâcheuse : toujours coincés entre deux étages, leur petite altercation ne semblait pas avoir suffi à alerter les plus proches voisins—ces crétins devaient certainement faire la sieste ou vaquer à des occupations bien trop accaparantes telles que le voyeurisme de pallier. Il ne leur restait donc plus qu’à crier au secours à pleins poumons, ou à attendre que la vieille peau du dernier finisse par s’étonner que sa cabine d’ascenseur fétiche ne vienne pas la chercher. Son seul espoir de survie résidait donc dans une mégère sénescente qu’il détestait—génial. Tapotant désespérément sur l’écran de son téléphone, il lâcha un énième soupir. Le réseau était toujours coupé. Ainsi s’achèverait donc le scénario de sa triste vie : étouffé par manque d’oxygène avec pour seule dernière vision le visage ensanglanté de son rival agonisant. Quelle poisse, pensa-t-il, c’était bien pire que tout ce qu’il s’était imaginé. Il fallait vraiment qu’il trouve une solution—ou dans le pire des scénarios, une jolie image à contempler sur son téléphone avant de casser sa pipe.

Sa méditation fut de courte durée car rapidement Seth, assis aussi loin que possible de lui, reprit la parole pour réprimander la violence avec laquelle il l’avait frappé. Concentré, Gale laissa échapper un rictus, effaré par un tel mélange d’audace et de mauvaise foi, et se contenta de feindre une lecture palpitante de l’écran de son téléphone portable. Il n’était pas cinglé, il savait pertinemment qu’il n’avait pas épargné cet idiot, et pour autant il n’estimait pas non plus avoir exagéré. Rejetant d’ordinaire la violence, il n’avait fait que se défendre, certes avec acharnement, mais le bouclé avait lui-même tendu le bâton pour se faire battre. Le blondinet n’avait plus rien à lui dire, il avait vidé son sac, et si le brun s’accrochait à l’espoir que sa mine de chien hargneux, sa fine silhouette meurtrie ou ses reproches lui vaudraient les excuses les plus plates du jeune homme, c’était très mal le connaître. Seth se risqua alors à répondre à sa dernière question, ce qui attira son attention. Il n’avait curieusement pas vraiment cherché à obtenir de réponses précises : il s’était déjà suffisamment torturé l’esprit en voulant les trouver lui-même. Il tendit toutefois l’oreille, piqué de curiosité.

Il resta de marbre, mais son cœur, lui, se serra douloureusement en réaction à la réponse vague de son voisin : pris au dépourvu, il ne dit rien, ne cherchant même pas à nier. Avec beaucoup d’amertume, il réalisa simplement que même lui—la personne qu’il estimait la plus désintéressée de son couple—avait clairement compris qu’il était le seul responsable de la redoutable erreur de la blondinette. Cat n’était pas foncièrement infidèle, Gale le savait. Cet incident n’était que le résultat de son incompétence et son fâcheux don pour faire les choses de travers—il était bel et bien le dernier à s’en rendre compte, c’en était d’autant plus cuisant qu’il était désormais trop tard. Gale laissa donc à son voisin le loisir de le descendre encore davantage, mais ses propos tournèrent plus au ridicule qu’autre chose. Il prétexta avec conviction que Cat était toujours amoureuse de lui, et que la flemme entre eux restait intacte malgré leur séparation. Mais ce qui l’étonna davantage furent les délires du bouclé concernant la prétendue souffrance qu’il avait causé à la jeune femme après son départ de Lima : enfermé dans ses convictions, il en devenait carrément puéril.

« Ferme-la Roméo, et ouvre les yeux. » lâcha-t-il sans laisser à son interlocuteur l’occasion d’ajouter autre chose. « Si Cat et moi avons rompu, il ne t’est pas venu à l’idée que c’était pour une autre raison que ta petite personne ? Tu crois quoi au juste ? Que tu es le centre du monde ? », renchérit-il. « Si, comme tu le prétends, elle est toujours amoureuse de toi comme au premier jour, alors tu peux m’expliquer pourquoi elle n’est pas venue te retrouver après s’être (il mima des guillemets avec ses doigts) débarrassée de moi ? Laisse-moi deviner… tu n’étais même pas au courant qu’on est plus ensemble, je me trompe ? ». Il haussa les sourcils, sûr de lui. S’il s’était par le passé voilé la face concernant son couple soi-disant irréprochable, Seth n’avait pas l’air mieux avec son prétendu amour inextinguible. « Et oui, si tu croyais que c’était un jeu, je suis désolé de te décevoir mais tu t’es planté. Il n’y a pas de gagnant, pas de perdant. Juste deux idiots amoureux de la même fille, voilà tout. » Gale ne savait pas très bien s’il essayait de se rassurer ou d’épargner une déception supplémentaire à cette andouille, toujours était-il qu’il avait sous-estimé le pouvoir d’une conversation en toute franchise. « Eh oui, grande nouvelle ! Moi aussi je suis amoureux d’elle ! » ajouta-t-il, faussement étonné. « Et si tu étais mieux informé, tu saurais que je ne me suis pas tourné les pouces, pendant ces cinq ans. J’ai autant souffert qu’elle, peut-être même plus. » Il fit une pause. Ce n’était plus tellement la colère, mais surtout la frustration mêlée au regret qui transparaissait dans sa voix. Ce qui ne l’empêcha pas de le gratifier d’un air très dur. « Tu sais ce que ça fait d’apprendre que la fille que tu aimes est partie sans savoir pourquoi ? »

Il se fichait bien d’avoir l’air ridicule : Gale vivait peut-être ses derniers instants dans ce foutu ascenseur, il ne voyait pas vraiment l’intérêt de refouler tout ça plus longtemps. Cat et lui s’étaient séparés, et pourtant il était certain qu’il l’aimait toujours. Se pouvait-il que son crétin de voisin ressente la même chose ? Tout s’embrouillait, à tel point que Gale perdit l’équilibre et vint à son tour s’adosser à la cabine pour glisser jusqu’au sol. Désormais à hauteur du bouclé, il se risqua à projeter la lumière de son téléphone dans sa direction. Seth semblait à bout de souffle et le sang étalé par ses doigts sur son visage n’arrangeait rien, mais Gale refusa de s'enquérir de son état. Au lieu de ça, il fureta dans le fond de sa poche pour en extirper un paquet de mouchoirs en papier. Dans un incommensurable élan de commisération, il le lui tendit. « Essuie-toi ! ».
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MessageSujet: Re: 03. [Immeuble Hemmens/Catalano] The girl is mine   Mar 24 Juil - 13:51

Sans que les deux jeunes hommes ne s'en rendent vraiment compte, le ton de la conversation avait doucement changé. Gale et Seth n'étaient sûrement pas ce genre d'homme habitué à faire le coq, encore moins à rester planté sur leur fierté et leur position jusqu'à ce que mort s'en suive. L'échange avait déjà été brutal et certainnement que les deux protagonisyes n'avaient ni l'envie ni l'énergie nécessaire pour poursuivre le combat.
Il ne s'échangeaient pas des mots doux non plus, le ton restait rude et l'antipathie qui les liait restait encore palpable, mais l'amertume avait pris le dessus sur la colère. Ils étaient tout deux coincés dans cette cabine à partager leurs déboires et leurs décéptions avec la personne qui leur était pour sûr la plus hostile. De son côté, Seth en voulait toujours à Ken pour ce méchant coup qui l'avait bien amoché. Il ne le montrait pas et faisait son possible pour rester de marbre mais son nez et son estomac lui faisaient un mal de chien. La passion avec laquelle il avait défendu son amour pour Cat avait sûrement réussi à éloigner la douleur quelques instants également mais elle faisait son grand retour à présent. Sîtot que Gale lui fit fermer son clapet, Seth ressentit à nouveau la douleur en pleine figure, car apparement, la heine n'avait pas l'effet curatif de l'amour... Il avait beau rester concentrer sur la figure détéstable du blondinet, son nez continuait à le matraquer.

La tête levée vers Gale, le regard dur comme celui d'un enfant mécontent qu'on réprimendait, il serrait les dents en scrutant chaque élément de son visage. C'était dingue, même ses sourcils l'agacaient. Tout en l'écoutant, Seth se demanda s'il détéstait son voisin pour ce qu'il était réellement ou pour ce qu'il représentait au fond ? Dans une autre vie, une vie sans Ecaterina par exemple, auraient ils pu s'entendre ? Impossible. Seth roula des yeux en entendant les remarques basses et mesquines qu'il recevait et savait que c'était impoossible. Il le percevait comme hautain, suffisant, fier de lui, trop prétentieux... Il avait tout simplement l'impression qu'ils étaient en tout point opposés. Etait il seulement drôle ? Etait ce un bon coup au moins ? Avec tout les éléments qu'il avait c'était forcément quelque chose qu'il ignorait dans ses compétences qui avait du séduire Cat...
Gale mit enfin un terme aux pensées plus que terre à terre et ridicules de Seth quand il lui apprit que le couple avait rompu. Instinctivement, il releva les yeux, et la douleur disparu quelques secondes. Alors c'était fait, ils n'étaient plus ensemble. Pour Seth, cela ne pouvait vouloir dire qu'une chose, Cat était dans le trouble le plus totall, un trouble qui pouvait lui être profitable. A moins qu'elle en ai juste eut assez de ces histoires. Gale le ramena sur terre en effet quand il lui rappella que Cat ne l'avait pas pour autant rappellé.
Il avait la nette et désagréable impression que ce monsieur je sais tout lui faisait la morale et lui parlait comme à un idiot. Il était décidément bien trop suffisant. Mais encore une fois Gale lui révéla l'évidence, celle que Lexie Preston lui avait déjà ennoncé. Toute cette histoire n'était qu'un foutu triangle amoureux, et pourtant Seth était persuadé que tout ça n'existait que dans les soap pour ménagère déséspérée. Si c'était le cas, Hemmens se trompait lourdement, il y avait forcément un perdant dans les trois protagoniste engagés. Jusqu'à maintenant, ça avait été Seth, maintenant, il se prenait à éspérer que la roue tourne définitivement en sa faveur. En vérité Seth n'avait jamais pensé qu'ils étaient trois, il n'y avait toujours eut que Seth et Cat pour lui, mais comme il l'énonça à voix haute, Seth se rendit compte de la même façon que Gale Hemmens aussi était amoureux, réellement.

Il n'avait pas envie de répondre à ses questions et se contenta de le regarder tout en s'essuyant doucement le nez pour éviter de s'infliger une douleur supplémentaire. Maintenant qu'il connaissait la position de Gale, il se sentait un peu plus mélancolique. Il n'avait pas peur pour ce prétentieux, mais peut être se voyait il un peu en lui, dans le simple fait qu'il aimait Ecaterina aussi, à l'exception près que Gale semblait véritablement accuser le coup de cette rupture, il la portait sur son visage et dans sa voix, elle devait être récente. Sûrement avaient ils rompu après que Cat lui ait annoncé son écart dans la cabine. Il était certain qu'elle dirait la vérité, il savait que ça ne ressemblait pas à miss Robertson de garder un secret connaissant ses piètres qualités de menteuses et son goût pour la franchise. Elle avait d'ailleurs aidé Seth à dire les choses, à les énoncer spontanément quand parfois il préférait les garder pour lui. Tout ce temps elle avait pensé être celle qui avait été portée vers le meilleur d'elle même mais en vérité, cet échange avait marché dans les deux sens. Peut être que Seth s'était un peu échappé de son monde intérieur au profit du monde réel avec elle....
Il n'en savait rien, il ne savait plus ce qu'ils avaient vécu, à quelle intensité maintenant qu'il voyait le désarroi de Gale, pas beaucoup moins pitoyable que lui en somme.

Le silence s'était installé dans la cabine mais Hemmens le rompit en tendant ce paquet de mouchoir vers son ennemi. L'invitation à s'en emparer n'était pas des plus sympathique mais Seth fit l'effort de tendre le bras à son tour, n'ayant pas vraiment le choix de toute les façons. Il sortit un mmouchoir à la hâte pour très vite s'éponger le nez avant de constater avec effroi le rouge qui imbibait déjà abondemment le bout de papier. « Wow... j'en ai au moins pour des jours, si ça se trouve j'ai même le nez cassé... » Il porta le mouchoir à son nez à nouveau puis regarda Gale, hésitant après un moment de silence. Devait il le remercier ? Il aurait sûrement l'air ridicule avec la voix de canard qui s'échapperai de sa bouche, son nez étant parfaitement obstrué en cet instant. Et puis c'était une marque de reconnaissance qu'il ne méritait pas vraiment après tout, c'était de sa faute. « Merci... pour le mouchoir... »
Sans quitter son mouchoir et sans pouvoir se taire davantage, Seth s'enquit de rattaquer encore une fois, jugeant certainnement que l'ambiance n'était plus assez hostile. Seth était bavard et parfois même agaçant, c'était comme ça, il ne pouvait pas se taire. « Pour être honnête, j'ai jamais cru que tu aimais Cat, je pensais que tu n'aimais que toi et ton reflet... Sûrement en extase quans tu brosses tes dents super blanche et tout. Je le pense toujours d'ailleurs ! »Il jugea pourtant qu'il en avait trop fait, et voyant son voisin rouler des yeux, il fit de même avant d'ajouter « C'est bon, j'arrête les sarcasmes... j'ai pas envie que tu te la joue Hulk encore une fois pour me pêter ce qui me reste de correct sur le visage... J'arrête vraiment... désolé. » Ils allaient peut être y rester dans cette cabine, et si Seth ne ressentait pas beaucoup plus de sympathie pour le blondinet, il 'avait plus non plus l'énergie nécéssaire pour attaquer encore une fois. Il quitta ce ton amer sans se montrer tendre et decida d'interroger Gale sur ses propres interrogations. Ils étaient dans la même situation après tout, il avait sûrement les mêmes questionnements, d'autant plus que cela faisait maintenant un moment que Seth n'avait pas eut de nouvelles de Cat et il comprit dans cette cabine qu'elle aussi souffrait peut être de cette situation. « Est ce que... enfin comment tu penses que Cat voit les choses. On aura peut être jamais le moyen de le savoir, te voir pianoter ton téléphone, c'est peut être la dernière chose que je verrai qui sait... » Au fond, Seth n'y croyait pas. On ne pouvait quand même pas mourir das un ascensseur ? « Tu crois qu'on peut mourir dans un ascensseur ? »
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MessageSujet: Re: 03. [Immeuble Hemmens/Catalano] The girl is mine   Jeu 23 Aoû - 23:20

Lorsqu’il observa Seth attraper le mouchoir qu’il lui tendait, tenant sa lampe torche de fortune d’une main ferme, Gale comprit d’où provenait toute la rage qu’il avait senti le besoin d’extérioriser, ne pouvant pas rêver meilleur prétexte qu’une première attaque de son voisin. C’était une jalousie bien plus profonde que celle nourrie par son petit cinq à sept avec son ex-petite amie : il était désormais conforté dans la certitude que le bouclé était bien plus bénéfique à la blondinette que lui ne pourrait jamais l’être, et ce douloureux constat le poussait à douter. Se pouvait-il que cet idiot eût raison ? Qu’il y ait toujours un gagnant et un perdant ? Si c’était le cas, ça n’était clairement pas lui qui l’emportait—Gale ne pouvait s’empêcher de passer ses journées à chercher ce qu’il avait apporté de bien à Cat, en vain. Enfermé dans son orgueil, il garda tout ça pour lui, n’offrant rien d’autre que son air impassible à son voisin affaibli. Tous les deux n’étaient pas tellement différents, lorsqu’il y songeait. Pas seulement parce qu’ils avaient jeté leur dévolu sur la même fille, mais aussi parce qu’ils en souffraient sérieusement. A côté de leurs tourments respectifs, la douleur physique pouvait sembler bien dérisoire. L’était-elle vraiment ? Le blondinet se surprit à grimacer dans l’obscurité en observant le mouchoir de Seth se teinter de rouge vif. Peut-être que non, en fin de compte.

L’atmosphère était radicalement différente : habitée d’un silence pesant, la cabine d’ascenseur ne laissait résonner rien d’autre que les souffles irréguliers des deux jeunes garçons. Confiné, l’air chauffait rapidement et les premières répercussions de leur hausse de ton se faisaient ressentir—rester assis était bel et bien la meilleure chose à faire. Préoccupé par la tournure des choses, Gale ne répondit pas aux remerciements de Seth, estimant que la seule échappatoire possible à leur mort par asphyxie restait de se taire, et ce le plus longtemps possible. Mais le bouclé ne semblait pas du même avis : comme toujours, il lança quelques piques bien méritées à Gale qui, la main toujours en l’air pour tenter de braver l’obscurité, s’étonna lui-même à sourire en retour. Pas nerveusement ou par moquerie, mais sincèrement : il ne savait pas si la chaleur y était pour quelque chose, mais l’humour de Seth venait de l’atteindre. C’était sans doute une sensation d’euphorie naturelle qui ne faisait qu’accompagner son profond soulagement : l’intéressé venait de comprendre que son amour pour Cat était sincère, et réciproquement. « Tu sais quoi ? Je pensais exactement la même chose à ton sujet. A part peut-être que t’imaginais te refaire les bouclettes plutôt que te brosser les dents mais… tu saisis l’idée », avoua-t-il d’un ton plus calme, faisait doucement basculer sa tête, amortie par la paroi de l’ascenseur.

Seth et Gale n’étaient pas très doués pour s’échanger des paroles neutres, dénuées d’une quelconque attaque plus ou moins volontaire dans le fond, si bien que le bouclé aborda le seul sujet qui pouvait encore leur assurer une longue conversation : Ecaterina. Entendre son voisin lui poser toutes ces questions à propos de la jeune femme était particulièrement déroutant. Outre le fait qu’ils ne discutaient jamais dans un calme aussi olympien, Gale s’était toujours imaginé que son voisin était le genre de personne qui, parce qu’il avait clairement connu une relation amoureuse avec Cat plus longue que la sienne, racontait à qui voulait l’entendre qu’il connaissait son ex-petite amie mieux que personne. Hélas, le blondinet n’était pas plus avancé que lui—en fait, il se sentait plus perdu que jamais depuis leur violente rupture. « Elle est très difficile à saisir. C’est la première chose qui m’a plu chez elle… Enfin… » à part ses cheveux, pensa-t-il. Sans s’en rendre compte, il lança un sourire teinté d’amertume en l’air. Puis il se ressaisit. « Je pense qu’elle souffre beaucoup. A cause de toi (il s’empressa de poursuivre en imaginant le regard de Seth le fusiller), à cause de moi et surtout à cause de cette foutue guerre débile. Regarde-nous ! ». Son ton s’était un peu levé, leurs coups n’avaient mené à rien. Sauf si, dans le pire des scénarios, Cat venait à être au courant de leur accrochage : ils la feraient souffrir, encore une fois. Exaspéré, Gale soupira. Il ne laisserait pas ça arriver.

« Hé, hé, arrête, tu vas nous porter la poisse », rétorqua-t-il à la question suivante du jeune bouclé. Il ne savait pas vraiment si mourir dans un ascenseur était possible, et pour l’heure, il préférait ne pas le savoir. « Je sais pas toi mais l’idée de nous voir tous les deux—toi, agoniser et moi en train de te serrer la main et de te lire un passage de ton comic dans mon dernier souffle—me donne bien envie de m’en sortir, hein ? » Il souriait (une première en présence de son voisin), signe flagrant de son humour, qui pourtant n’était pas de circonstance. Pour une fois, Seth eut l’air d’accord avec lui, et hocha ostensiblement la tête. S’éclaircissant la voix, il pointa l’écran de son téléphone vers le haut en quête d’une ouverture qui, si elle ne pouvait pas leur permettre de s’échapper, pouvait au moins leur assurer une aération convenable. Bingo. « Attends voir, tu crois qu’on pourrait soulever ce truc, là-haut ? » Il haussa les épaules dans la pénombre, « ils font ça tout le temps dans les films ». Sans attendre de répondre, il bondit sur ses pieds pour s’y essayer. Plus haut qu’il ne l’avait imaginé, il frôla à peine le plafond du bout des doigts. « Je ne vais pas y arriver tout seul. Par contre, tu pourrais monter sur mes épaules… », songea-t-il à haute voix sans vraiment réfléchir—et ça n’était pas nécessaire, il ne leur restait pas vraiment le choix. Alors, sans gamberger plus longtemps, il pointa l’éclairage de son portable vers son voisin, et lui tendit cette fois sa poignée de main. « Une trêve ? ». C’est alors que l’éclairage de l’ascenseur se remit en marche.
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