Choriste du mois


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 03. Le jour d'après.

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Harper E. Pritchard
Not everybody just gets to blurt out how they fuckin’ feel every minute
Age : 20 ans
Occupation : Employée à mi-temps à la Lima Station, étudiante au Lima Health Sciences Program de l'Ohio State University
Humeur : Déstabilisée
Statut : En couple avec Jamie Ainsworth
Etoiles : 5836

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Chanson préférée du moment : BEYONCE – XO
Glee club favori : Je me fiche totalement des chorales
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MessageSujet: 03. Le jour d'après.    03. Le jour d'après.  EmptyVen 4 Mai - 14:53

Harper se revoyait encore : secouée par un puissant hoquet, le visage ruisselant de larmes, épuisée par ses recherches dans les moindres recoins de la ville, rongée par l’inquiétude. La possibilité que quelque chose de grave soit arrivé à sa mère lui avait fait perdre tout ses moyens. Elle pensait que quand ce garçon l’avait gentiment ramenée à la maison en lui affirmant qu’il l’avait retrouvé qui chantonnait l’air de rien dans le parc Lincoln, le poids latent qui entravait sa respiration se serait dissipé instantanément. Mais au contraire, il n’avait fait qu’accroître ce sentiment désagréable d’avoir échappé au pire. C’est après avoir bordé sa mère, lui assurant que tout irait bien maintenant qu’Harper avait tout bonnement éclaté en sanglots, rejoignant le salon où l’attendait le jeune homme qui s’était occupé de la fugueuse. Elle se laissa déborder par ses émotions, par la fatigue et par toutes les responsabilités qui pesaient trop lourds sur ses épaules désormais. Comment était-elle censée le regarder sans avoir à baisser les yeux, alors que quelques heures plus tôt, il la tenait dans ses bras en lui murmurant des paroles réconfortantes ? Assise à sa place habituelle, les yeux gonflés par le manque de sommeil, la jeune fille écoutait d’une oreille distraite son professeur d’Histoire s’extasier sur la Révolution Française. Harper ne souvenait même plus qu’il suivait le même cours d’histoire qu’elle à WMHS. Néanmoins, quand il s’était présenté à sa porte, elle l’avait reconnu d’emblée. Il faisait partie de l’équipe de hockey du lycée et semblait jouir d’une bonne réputation d’après les dires des filles de l’équipe d’athlétisme, mais Harper ne le connaissait pas plus que ça et après la soirée d’hier, elle avait encore moins envie de le connaître. Il paraissait gentil, pourtant. Du moins, la façon dont il l’avait rassuré après les grandes-eaux lui faisait penser qu’il n’était peut-être pas comme les autres brutes épaisses de son équipe. Il était resté une bonne partie de la nuit, l’écoutant parler de ses problèmes sans même l’interrompre. Si elle devait lui trouver une autre qualité en plus de sa gentillesse évidente, c’était qu’il savait écouter les gens, c’était indéniable. Le hic, c’est qu’elle ne parvenait plus à se souvenir de son prénom. Trop de choses avaient été dites, Harper avait le cerveau tellement en bouillie qu’elle était persuadée d’avoir raté son contrôle de maths qu’elle avait eu durant l’heure précédente. C’est son professeur qui tomberait des nues en constatant le désastre. Si seulement elle avait pu dormir ne serait-ce qu’une heure de plus, elle n’aurait eu aucun mal à faire bonne figure et à cartonner comme à chaque fois. Au lieu de ça, elle avait la nette impression que toute sa détresse se lisait sur son visage. Non-habituée à être gratifiée par des œillades désolées de la part de ses camarades, elle ne se sentait pas à sa place et resta muette, se contentant de prendre son cours comme une élève modèle.

Fixant son bouquin d’histoire, Harper ferma très doucement les yeux. Elle n’avait plus de forces, elle comptait bien sur la pause de 10 heures pour reprendre un peu du poil de la bête en engloutissant une barre énergisante. S’obligeant à tenir bon jusqu’à la fin du cours, elle bloqua la respiration dans sa poitrine puis leva la tête, dégageant avec son stylo une mèche de cheveux qui lui barrait le front lorsqu’elle croisa son regard – ce regard. Peut-être qu’il cherchait à la questionner des yeux pour s’assurer que tout allait bien aujourd’hui, mais cette insistance troubla Harper qui entrouvrit la bouche sous le coup de la surprise. Elle ne voulait plus avoir à l’affronter directement. Il savait des choses sur elle que seule Sunny Palmer connaissait et ce n’était pas au cours d’une séance shopping qu’elle les lui avait confiées, la journaliste en herbe avait lutté pour connaître les secrets d’Harper Pritchard, mettant son nez dans des affaires qui ne la regardait pas le moins du monde. Lui, elle n’avait eu aucun mal à lui parler ce qui avait soulagé la jeune fille au moins jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Sans doute qu’il s’était trouvé au bon endroit au bon moment, elle ne voyait que ça. N’empêche qu’elle refusait de devoir lui parler de nouveau ; ils ne deviendraient pas amis. Harper avait trop honte d’avoir autant manqué de self-control, ça ne lui ressemblait pas. Elle n’avait pas le droit de craquer. Si elle craquait, c’était toute sa famille qui en pâtirait et pour elle, c’était inconcevable ; le petit dernier était trop jeune pour vivre dans la rue, elle refusait de devoir faire l’aumône. Longtemps encore, ses yeux restèrent plantés dans ceux du jeune homme quand la cloche sonna ce qui l’obligea à lâcher prise avant lui. Battant des cils en baissant la tête, Harper resta un moment inerte à se demander pourquoi il la regardait avec autant d’insistance avant de brusquement reprendre vie, se hâtant de ranger ses affaires, souhaitant quitter la salle le plus vite possible. La voix grave de son professeur s’éleva encore dans la pièce, ordonnant à ses élèves de noter leurs devoirs. Mais à l’heure actuelle, les devoirs n’étaient pas la principale préoccupation d’Harper. Ce qu’elle voulait, c’était fuir ce regard bleu perçant et mettre le plus de distance entre elle et lui en allant se réfugier sous les gradins du gymnase pour faire un somme en attenant l’heure suivante. Elle n’en avait strictement rien à fiche de la Révolution Française ! Profitant que son professeur ait le dos tourné, l’adolescente empoigna ses bouquins et se leva, furibonde. Elle manqua de rentrer dans une armoire à glace qui se levait en même temps qu’elle au passage, mais le gratifiant d’un regard noir, il la laissa passer en n’omettant pas de couler un regard sur son postérieur. Harper ne vérifia pas si Pépito (elle se souvenait que le prénom du jeune homme au regard azur commençait par la lettre « p » et elle trouvait que Pépito lui allait plutôt bien au teint) la suivait des yeux ou s’il la suivait tout court. Finalement, ça lui importait peu puisqu’elle voulait le fuir ! Et passant la première rangée de tables sans jeter un regard à quiconque, la blondinette sortit de la salle aussitôt. L’étape un était une réussite, il n’oserait jamais la rattraper.
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MessageSujet: Re: 03. Le jour d'après.    03. Le jour d'après.  EmptyMar 22 Mai - 19:06

La fatigue de la veille devenait réellement dure à supporter pour Phillip. Ces escapades nocturnes ne l’aidaient pas forcément à arriver en forme pour une journée de classe bien fournie. Sa première heure de cours se résumaient à un mutisme complet et une courte sieste avant que son professeur d’anglais ne découvre c e repos improvisé. Le fils Hampton fut alors prié de sortir de classe, il en profita alors pour se diriger vers le patio du lycée pour s’allonger sur un banc quelques minutes. Enfin, plusieurs, puisque la sonnerie ne l’éveilla même pas, ce fut un professeur qui le tira de son sommeil. En retard, l’hockeyeur se faufila dans les couloirs assez rapidement vers sa salle de cours. Il entra alors que tout le monde était assis. Poliment, Phil s’excusa auprès de son professeur d’Histoire et chercha des yeux une place. Mais il croisa avant tout le regard las d’Harper. Deux tables plus loin, un siège était libre. Le lycéen s’y installa tranquillement et posa son livre d’Histoire sur la table avant de s’étaler d’une manière peu convenable sur la chaise. Après avoir écouté les premières minutes du cours avec une concentration qu’il ne pensait pas avoir, Phillip tourna la tête vers sa gauche pour observer Harper. Elle semblait tout autant fatiguée que lui par la nuit précédente. Néanmoins, maintenant, Phillip savait qu’elle ne pouvait pas se reposer sur ses lauriers et sécher un cours aurait été synonyme pour elle d’abandonner sa famille. Fatalement, le lycéen avait été au courant de ce petit secret qu’il n’aurait jamais du découvrir. Que personne n’aurait du découvrir. Il avait été là au mauvais moment pour l’adolescente. Même si le soutien de Phil a pu lui être d’une certaine aide, elle devait se douter qu’elle s’était mise toute seule en danger. D’un coup, elle était sous la menace de quelqu’un d’autre qu’elle. Et Phillip pouvait comprendre cette sensation. Même s’il savait son secret parfaitement gardé, il ne perdait pas de vue la possibilité d’une bourde commise par l’un de ses complices. Mentir n’est pas une chose aisée, surtout au quotidien. La famille Hampton en faisait les frais, elle ne pouvait réellement se confier à qui que ce soit. Les parents de l’adolescent dévirent mentir à propos du fils illégitime qu’avait eu Phillip, même simulé une nouvelle grossesse. Et feindre tout ça alors que l’enfant était dans une pièce à côté était un travail pesant psychologiquement. Cela avait fait grandir le fils Hampton, mais avant tout, il serait redevable à jamais à ses parents d’avoir couvert son enfant. Cependant, cette situation de mensonge permanent opprimait le lycéen qui ne pouvait profiter réellement de son fils comme tel. Sauf lorsqu’ils étaient seuls, tous les deux, à la maison. Ou alors lorsqu’ils sortaient pour une balade dans le parc, comme la veille.

Phillip poussait joyeusement la poussette, sifflotant l’air de la berceuse que sa mère lui chantait lorsqu’il était lui-même bambin. C’était des moments que le fils Hampton appréciait, des événements où il pouvait se retrouver tout seul avec Gabriel, sans la barrière du mensonge. L’enfant semblait dormir à poings fermés, la balade allait donc tourner court. Tout d’un coup, sur l’air sifflé par Phil, une voix vint se superposer, chantant à tue-tête. L’adolescent tourna la tête dans tous les sens pour voir d’où provenait le son. Les buissons s’écartèrent et une femme sortit de ceux-ci. Elle semblait fatiguée, totalement perdue mais en quelque sorte enthousiaste à propos d’avoir trouvé quelqu’un. Elle supplia Phillip de la ramener chez elle. Finalement, ce n’était pas de l’enthousiasme qu’elle ressentait. Ais de la peur, la peur d’être seule. Pour le fils Hampton, la réponse était claire, il l’aiderait. Elle lui souffla à l’oreille le nom de sa fille pour qu’il puisse chercher sur son téléphone son adresse. Harper Pritchard, il connaissait ce nom, il partageait un cours d’histoire ensemble mais il ne l’avait jamais remarqué plus que ça. Phil se souvenait d’elle comme une fille brillante et charmante mais pas comme quelqu’un qui pourrait mettre sa mère dehors en pleine nuit. Le lycéen prit alors la main de la femme et traversèrent le parc avant de rejoindre la demeure Pritchard, quelques blocs plus loin. La mère de famille s’intéressait particulièrement à Gabriel pendant le trajet. Elle expliquait sa situation familiale mais n’écoutait que d’une oreille. Il préparait déjà son sermon pour l’adolescente. Arrivé devant la maison, Harper faisait les cents pas dans le jardin et semblait s’inquiéter. Lorsqu’elle vit sa mère, elle se jeta dans les bras de sa mère et l’emmena dans la maison sans que Phil ne puisse toucher deux mots à la charmante blonde. Cette dernière l’invita tout de même à rentrer, en guise de remerciement. Le jeune homme entra dans la demeure, s’assieds sur le canapé, se remémorant son speech à l’attention d’Harper. Mais lorsqu’elle arriva auprès de lui, elle éclata en sanglots et se réfugia dans ses bras. A ce moment là, Phillip n’avait aucune idée de ce qu’il pouvait dire, il ne pouvait qu’écouter. Il comprit, ne chercha pas à réprimer la jeune femme. Le fils Hampton comprit que son secret n’était pas le plus lourd à porter au final.

Son regard bleu azur se reposa sans cesse sur le visage sans défaut de la blonde pendant toute l’heure. Il ne prêta aucune attention aux noms qu’énumérait le professeur, sur sa copie, il balancerait un Louis avec un nombre tiré au hasard. Phillip demeurait plutôt intrigué par l’attitude de la blonde aujourd’hui. Il comprenait parfaitement qu’elle n’avait pas envie de revenir sur les événements de la veille mais néanmoins le jeune homme n’attendait qu’un geste de l’adolescente. Un sourire, un signe d’affection. Ils étaient liés à présent et ce même si cela ne lui plaisait pas plus que ça. Phil l’observa tout le long du cours, promenant ses yeux des cheveux dorés d’Harper jusqu’à ses mains qui couchaient son écriture sur le papier. La sonnerie retentit dans la salle, sortant le hockeyeur de sa rêverie. C’était l’heure de la pause. Phillip attendait ce moment depuis un bout de temps. Il aurait souhaité prendre une petite collation avant de repartir travailler mais avant tout, il souhaitait s’expliquer avec Harper. Et justement, cette dernière venait de quitter la salle en trombe, manquant de se prendre le champion de lutte de McKinley. Phillip plongea rapidement ses cahiers dans son sac et l’enfila à une vitesse impressionnante. Il était un petit peu en retard par rapport à Harper, il ne la suivait que grâce aux reflets ambrés de la chevelure de la jeune femme qu’il apercevait entre les élèves atteignant leurs casiers. Au détour d’un couloir, le fils Hampton l’agrippa par l’épaule, lui tirant un petit cri de surprise. Posant chaleureusement son autre main sur l’épaule gauche de l’adolescente, il l’accompagna vers la porte de sortie qui menait à un petit patio, calme, vide de monde. Phillip la poussa en direction d’un petit pont et l’asseyant de force sans être trop brute. Il devait lui parler, s’expliquer, comprendre son attitude, leur relation. Doucement, il se plaça à côté d’elle, buste tourné pour plonger son regard dans le sien. Harper ne semblait pas ravie de ce tête à tête avec le populaire Hampton. Ce dernier devrait donc redoubler d’efforts pour la convaincre. « Pendant quelques minutes, j’ai eu l’impression d’être ce psychopathe dans Scream que toutes les filles fuient. » lança t’il d’une manière anodine, pour détendre l’atmosphère. Son large sourire se confronta à l’indifférence de ses propos. La charmante blonde tenta de se lever à nouveau pour partir mais Phillip lui prit la main et l’installa à nouveau contre lui. Comme la veille. « Tu penses pouvoir me fuir toute la vie ? Autant en discuter tous les deux, comme des adultes tu crois pas ? » insista t’il en espérant la faire rester à ses côtés. « Je comprends parfaitement que tu ne veuilles pas reparler d’hier mais je veux parler de nous. Qu’est ce que tu attends de moi, qu’est ce que je peux faire pour t’aider. Je suis pas là pour t’enfoncer plus que tu ne l’es Harper. Au contraire, je te tends ma main alors ne crache pas dedans parce que nombre de salauds t’attendent au tournant pour te piéger et pour te foutre à la rue toi, ta mère et tes frères. » Soudain, il se rendit compte que les mots étaient sortis tout seuls. Il aurait souhaité les édulcoré un peu, mais Harper était une forte tête et la confronter directement était peut-être un moyen de lui remettre les idées en place et accepter la présence de Phillip dans sa vie, dans son secret à présent.

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Harper E. Pritchard
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MessageSujet: Re: 03. Le jour d'après.    03. Le jour d'après.  EmptyMer 23 Mai - 16:04

Une fois qu’elle eût passé le seuil de la porte, Harper respira. Elle tourna aussitôt à gauche pour rejoindre le gymnase. Elle ne passerait pas par son casier, tout ce dont elle avait besoin était déjà dans son sac, et elle sourit à la perspective de se retrouver seule, en paix, sous les gradins crasseux, le raclement des tennis de l’équipe de basket tintant comme une douce mélodie à ses oreilles d’athlète émérite. En plus d’être épuisée par sa nuit, Harper n’était pas à l’aise, aujourd’hui. Lorsqu’elle descendit l’escalier, elle eut la nette impression que tous les regards se tournèrent en sa direction sans qu’elle sache pourquoi. Elle vérifia sa tenue, constata que tout était en ordre. Il lui arrivait de ne pas se rendre compte d’une tache sur ses vêtements, elle n’avait pas le temps de se pomponner. Fronçant les sourcils en levant la tête, des chuchotements accompagnèrent ses pas : avait-elle quelque chose entre les dents ? D’habitude, pourtant, les couloirs de WMHS ne lui paraissaient pas si hostiles. Elle s’en sortait bien, mais avec ce garçon qu’elle avait mis dans la confidence sans le vouloir, elle ne savait plus comment se positionner. L’attitude la plus évidente à adopter, selon elle, était de l’éviter. Elle était douée à ce jeu, elle passait son temps à ignorer les autres, et faire comme si elle était la seule survivante d’une guerre à laquelle on l’avait obligée à participer. Ça aurait été facile de survivre si elle s’était retrouvée la seule soldate à régner sur les ruines du champ de bataille qu’était son existence. Souvent, il lui arrivait de se demander comment celle-ci aurait pu être si elle n’avait pas eu à se soucier de sa mère et de ses frères. Personne ne pouvait lui en vouloir de juste chercher à savoir ce que ça ferait d’être une adolescente comme les autres. Ne penser à rien d’autre qu’à ses notes, pour elle, ça aurait été le paradis. Mais, le paradis n’existait pas, elle avait cessé d’y croire depuis longtemps. Son père était mort au front, sa mère était devenue folle et ses imbéciles de frères passaient leur temps à s’attirer des ennuis. Si elle ne croyait plus au paradis, elle était au moins sûre d’une chose ; l’enfer, lui, était bien réel.

Exposées de cette façon, les choses pouvaient paraître difficiles à vivre. Elles l’étaient, irrémédiablement, mais Harper avait déjà prouvé qu’elle était forte. Elle s’en sortait, elle n’avait pas le choix. Il lui arrivait de craquer lorsqu’elle s'isolait dans sa chambre, et qu’elle s’installait à son bureau pour boucler les devoirs qui lui rapporteraient assez d’argent pour faire les courses et payer les pilules de sa mère. Elle se donnait cinq à dix minutes pour pleurer, pour se vider de toute cette pression, de toute cette haine qu’elle avait en elle. Car elle était en colère au moins contre la Terre entière, c’était pour cette raison qu’elle se montrait aussi froide. Craquer en public, c’était impensable pour Harper. C’est pourquoi cette séance de larmes en présence de Pépito – ou peu importe son prénom – la taraudait. Il y avait une faille dans le système du robot Prichard et visiblement, personne n’était à même de réparer cette erreur, même pas elle. Poursuivant son chemin en ignorant les badauds, elle ne pensa pas à regarder par-dessus son épaule. Cet échange de regards avec son camarade l’avait contrainte à prendre la fuite et, sûre d'elle, elle était persuadée que jamais ce garçon ne la rattraperait. La rumeur selon laquelle elle était capable de faire de la chair à saucisse de n’importe qui n’était pas fausse. Harper n’hésiterait pas une seconde à lui retourner une prise de karaté s’il se montrait trop insistant. S’apprêtant à tourner à l’angle du couloir, la jeune fille émit un bâillement discret en passant ses doigts dans ses longs cheveux, quand une main lui agrippa l’épaule. Elle sentit qu’on se rapprochait d’elle, la forçant à suivre une autre direction.

Elle avait sous-estimé la volonté de Pépito. D’ordinaire, le premier réflexe de Lilibeth aurait été de mettre son poing dans la figure du malotru. Personne ne la touchait sans s’en sortir avec au moins une dent cassée. Mais, quand elle leva timidement la tête en s’apercevant de l’identité de ce dernier, elle rongea son frein, rentrant la tête dans les épaules, impressionnée par son imposante carrure et, surtout, par la façon avec laquelle il la conduisait. Elle comprenait pourquoi tout le monde la regardait, il devait la suivre depuis qu’elle avait quitté la classe. Qu’est-ce qu’il attendait d’elle ? Qu’elle le remercie ? Elle l’avait déjà remercié, bon sang. Enfin, elle avait essayé de lui faire comprendre toute la gratitude qu’elle avait à son égard en espérant le plus sincèrement du monde qu’il était doté d’un tant soit peu de perspicacité. Prisonnière des mains du garçon, Harper déglutit avec une certaine difficulté, se laissant guider à travers le couloir, jusqu’à l’entrée, isolée du reste. Rien ne l’empêchait de s’enfuir, rien ne lui interdisait de s’arrêter, néanmoins, elle ne fit rien et se laissa asseoir, docile. C’est lorsqu’il reprit la parole qu’elle tenta une embardée fourbe. Elle se leva d’un bon pour se diriger vers la porte, mais il la retint et l’assit de nouveau, tenant fermement sa main dans la sienne. La veille, ce genre de petite attention ne l’avait pas gêné, mais ils étaient au lycée, elle avait recouvré tout son calme, sa détresse était passée, elle n’avait plus besoin qu’on la réconforte. Levant la tête vers le jeune homme, elle crispa ses doigts dans les siens, jetant un regard par la porte vitrée qui donnait sur les couloirs, la mine déconfite. Si l’opinion des autres lui importait peu, elle n’avait, cependant, pas envie qu’on la voie dans cette posture, elle n’avait pas besoin que d’autres rumeurs circulent sur son compte. Et même si pour Harper, les choses étaient très claires, elle comprenait que le fait de voir deux jeunes gens aussi près l’un de l’autre pouvait prêter à confusion, alors redoublant d’effort, elle libéra sa main, quand la phrase du garçon la fit tiquer.

« Nous ? » Il continua sur sa lancée ne lui laissant pas le temps de parler et, balayant son visage d’un regard affolé, Harper récupéra sa main pour de bon, attendant qu’il termine sa tirade. Une fois qu’il eut terminé, elle fronça les sourcils « Ça y’est, t’as fini de t’emballer ? Je peux en placer une, ou tu vas mettre un genou à terre pour me chanter la sérénade ? » Elle s’installa mieux sur son siège, croisant les jambes. La bouche sèche, Harper ne se laissa pas déstabiliser toutefois, et lançant des petits regards en biais au jeune homme, elle reprit « Premièrement, il n’y a pas de nous. C’est toi d’un côté, moi de l’autre ; le nous n’existe pas. Désolée de t’avoir donné de faux espoirs, t’es un grand garçon, tu t’en remettras. » Elle pinça délicatement ses lèvres, puis se décida à se tourner vers lui, la mine plus dure. Elle se pencha, baissa la voix et, vérifiant que personne ne s’intéresse à eux, elle enchaîna d’une traite « Deuxièmement, pour qui tu te prends ? Parce que j’ai craqué au mauvais moment, tu penses que j’ai besoin qu’on m’aide ? Si tu ne t’en étais pas rendu compte, idiot, j’ai eu la trouille de ma vie ! C’est normal de pleurer quand on a peur. » tenta-t-elle d’argumenter, ne prenant pas le temps de reprendre sa respiration entre deux phrases « Encore une fois, navrée de te décevoir, mais la seule chose dont j’ai besoin, c’est qu’on me fiche la paix. Je m’en suis toujours très bien sortie toute seule, je n’ai pas besoin de ta pitié. Je te remercie d’avoir ramené ma mère à la maison, c’était un geste généreux. » Elle prit soin de ne pas le remercier pour son réconfort, embarrassée. Elle se sentit soulagée lorsque quelqu’un entra dans le patio. Brusquement, Harper se recula du jeune homme en baissant la tête, attendant que l’intrus passe. Elle se mordit la lèvre, puis finit par soupirer en se levant lentement « Tu sais écouter les gens, c’est une qualité. J’avais besoin de parler à ce moment-là, tu étais là et… » Hésitant un moment, elle tendit la main pour toucher son épaule – ce qu’elle fit, maladroitement « Merci. Je sais que tu garderas tout ça pour toi. » Un petit temps encore, elle laissa sa main sur son épaule, puis se contraignant à briser cette étreinte, tourna les talons pour rejoindre la sortie ; elle s’arrêta juste devant, glissant une mèche derrière son oreille « Pour tout t’avouer, je ne me souviens même plus de ton prénom. » avoua-t-elle, penaude. Elle aurait dû partir maintenant, pousser la porte, et le laisser seul dans cette pièce, mais elle n’en fit rien. Elle posa ses doigts sur la poignée, voulu l’enclencher pour libérer l’entrée, mais rien de se passa ; consciemment ou pas, Harper resta plantée devant la porte, attendant qu’il lui donne enfin son prénom.
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